Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale
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- BULLETIN
- DE LA
- s. E. ». H.
- Bibliothèque
- ÇS
- L’INDUSTRIE NATIONALE
- PUBLIÉ
- SOUS LA DIRECTION DES SECRÉTAIRES DE LA SOCIÉTÉ
- MM. ED. COLLIGNON & AIMÉ GIRARD
- CINQUIÈME SÉRIE. — TOME I. — 1896
- Pour faire partie de la Sociéti, il faut être présenté par un membre et être nommé par le Conseil d’administration.
- (Extrait du Reglement.)
- MD C CCI
- PARIS
- SIÈGE DE IA SOCIÉTÉ, RUE DE RENNES, 41
- 1896
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- SECRÉTARIAT DE LA SOCIÉTÉ
- RÉDACTION DU RULLETIN
- Communications, dépôts, renseignements, abonnements au Bulletin tous les jours, de 2 à 4 heures.
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- 95e ANNÉE.
- Cinquième Série, Tome I.
- JANVIER 1890.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- CONSEIL D’ADMINISTRATION
- LISTE DES MEMBRES TITULAIRES, DES MEMBRES HONORAIRES ET DES MEMBRES CORRESPONDANTS ARRÊTÉE DANS LA SÉANCE DES ÉLECTIONS
- du 10 janvier 1896 pour l’année 1896
- BUREAU
- Année
- de l’entrée / • j .
- au Conseil. t*VeSldeïlt.
- 1883. —Mascart (C. #), membre de l’Institut, professeur au Collège de France, directeur du Bureau central météorologique, 176, rue de l’Université.
- Vice-présidents.
- 1883. — Carnot (Adolphe) (0. #), inspecteur général des mines, inspecteur de l’École supérieure des mines, 60, boulevard Saint-Michel.
- 1886. —- Hirsch (#), ingénieur en chef des ponts et chaussées, professeur de méca-
- nique au Conservatoire des arts et métiers et à l’École des ponts et chaussées, 1, rue de Castiglione.
- 1885. — Appert (Léon) (0. #), ingénieur manufacturier, 50, rue de Londres.
- 1887. — Cheysson (O. #), inspecteur général des ponts et chaussées, 115, boulevard
- Saint-Germain.
- Secrétaires.
- 1876. — Collignon (Ed.) (O. #), inspecteur général des ponts et chaussées, rue des Saints-Pères, 28.
- 1876. — Aimé-Gjrard (O. #), membre de l’Institut, professeur au Conservatoire des arts et métiers, boulevard Henri IV, 44.
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- CONSEIL D’ADMINISTRATION. ---- JANVIER 1890.
- Année de l’entrée au Conseil.
- T) 'ésorier.
- 1868. — Goupil du Préfeln (#), boulevard Haussmann, 77.
- Censeurs.
- 1864. — Legrand (AL), vice-secrétaire de la Société des amis des sciences, rue Bel-Respiro, 11.
- 1884. — Bordet, ancien inspecteur des finances, administrateur de la Compagnie des forges de Châtillon et Commentrv, boulevard Saint-Germain, 181.
- Commission des fonds.
- 1884. — Bordet, ancien inspecteur des finances, administrateur de la Compagnie des forges de Châtillon et Commentrv, boulevard Saint-Germain, 181, Président. 1864. — Legrand (Al.), vice-secrétaire de la Société des amis des sciences, rue Bel-Respiro, 11.
- 1868. — Goupil de Préfeln (#), boulevard Haussmann, 77.
- 1876. — Bischoffshebi (R.) (#), membre de l’Institut, rue Taitbout, 3.
- 1887. —Pereire (Henry), ingénieur des arts et manufactures, administrateur de la
- Compagnie des chemins de fer du Midi, boulevard de Courcelles, 33.
- 1888. — Fouret, examinateur d’admission à l’École polytechnique, rue Washington, 16.
- 1891. —D’Eiciithal (Eug.), administrateur de la Compagnie des chemins de fer du
- Midi, boulevard Malesherbes, 144.
- 1892. — Heurteau (ü. &), ingénieur en chef des mines, directeur de la Compagnie du
- chemin de fer d’Orléans, rue de Clichy, 17.
- 1892. — Billotte (&), secrétaire général de la Banque de France, rue de la Vrillière, 1.
- 1893. — Daubrée (Lucien) (O. •&), directeur général des forêts, avenue Duquesne, 26.
- Comité des arts mécaniques.
- 1869. — Haton de la Goupjllière (C. &), membre de l’Institut, directeur de l’École supérieure des mines, boulevard Saint-Michel, 60, Président.
- 1876. — Pierre (A.-C.-P.) (G. &), colonel d’artillerie en retraite, rue de Varenne, 14.
- 1876. — Collignon (Ed.) (O. *fr), inspecteur général des ponts et chaussées, rue des
- Saints-Pères, 28.
- 1877. — Boutillier (ÿ£), inspecteur général des ponts et chaussées, professeur à l’Ecole
- des ponts et chaussées et à l’Ecole centrale des arts et manufactures, rue de Madrid, 24.
- 1878. — De Comberousse (O. #), ingénieur, professeur au Conservatoire des arts
- et métiers et à l’École centrale des arts et manufactures, rue Saint-Lazare, 94.
- 1881. — Simon (Ed.), ingénieur, boulevard du Montparnasse, 89.
- 1884. — Brüll (#), ingénieur, ancien élève de l’École polytechnique, boulevard Malesherbes, 117.
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- Année de l'entrée au Conseil.
- CONSEIL D’ADMINISTRATION. ---- JANVIER 1806.
- 1885. — Tresca (Alfred) (#), professeur à l’École centrale des arts et manufactures
- et à l’Institut national agronomique, rue Turbigo, 57.
- 1886. — Hirsch (#), ingénieur en chef des ponts et chaussées, professeur au Con-
- servatoire des arts et métiers, rue Castiglione, 1.
- 1890. — Bienaymé (C. #), inspecteur général du Génie maritime, rue de Rennes, 74.
- 1891. — Imbs ($*), professeur au Conservatoire des arts et métiers, rue Greuze, 20. 1891.—Sauvage ingénieur des mines, professeur à l'École des mines, rue
- Chaptal, 4.
- 1893. — Flamant (O. #), inspecteur général des ponts et chaussées, avenue de Vil-
- liers, 76.
- 1894. — Linder (C. ÿç ), inspecteur général des mines, 38, rue du Luxembourg.
- 1894. — Rai-fard (Nicolas-Jules), ingénieur civil, 5, avenue d’Orléans.
- Comité des arts chimiques.
- 1872. —Troost (O. #), membre de l’Institut, professeur à la Faculté des sciences, rue Bonaparte, 84, Président.
- 1862. — De Luynes (Victor) (O. #), professeur au Conservatoire des arts et métiers, rue de Bagneux, 16.
- 1876. —Schutzenberger (P.) (O. #), professeur au Collège de France, membre de l’Académie de médecine, rue Séguier, 18.
- 1876. — Aimé-Girard (O. #), membre de l’Institut, professeur au Conservatoire des
- arts et métiers, boulevard Henri IV, 44.
- 1877. — Bérard (E.-P.) (O. #), secrétaire, du Comité consultatif des arts et manufac-
- tures, rue Casimir-Delavigne, 2.
- 1880. — Vincent (C.) (#), professeur à l’École centrale des arts et manufactures, boulevard Saint-Germain, 28.
- 1880. —Jungfleiscii (#), professeur au Conservatoire des arts et métiers et à l’Ecole de pharmacie, rue des Écoles, 38.
- 1883. — Carnot (Adolphe) (O. #), inspecteur général des mines, inspecteur de l'École
- supérieure des mines, boulevard Saint-Michel, 60.
- 1884. — Cailletet (O. #), membre de l'Institut, boulevard Saint-Michel, 75.
- 1885. — Le Chatelier (Henri) (#), ingénieur en chef des mines, professeur à l’Ecole
- supérieure des mines, rue Notre-Dame-des-Champs, 73.
- 1885. — Biver (Hector) (#), administrateur de la Compagnie de Saint-Gobain, rue Meissonier, 8.
- 1885. Poirrier (#), sénateur, ancien présidentde la Chambre de commerce de Paris, rue Lafayette, 105.
- 1887. Vee (Amédée) (#), ancien président du syndicat des produits chimiques, rue Vieille-du-Temple, 24.
- 1889. Vieille (O. #), ingénieur des poudres et salpêtres, quai Bourbon, 19.
- 1890. Jordan (S.) (O. #), ingénieur civil, professeur à l'École centrale des arts et
- manufactures, rue Viète, 5.
- 1895. Duclaux (O. #), membre de 1 Institut, 35 éi.5,rue de Fleurus.
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- CONSEIL D’ADMINISTRATION. ---- JANVIER J896.
- Comité des arts économiques.
- 1876. — Sebert (général H.) (G. #), administrateur de la Société des forges et chantiers de la Méditerranée, rue Brémontier, 14, Président.
- 1861. —LeRoux (F.-P.) (#), professeur à l’École de pharmacie, boulevard Montparnasse, 120.
- 1866. — Bouilhet (Henri) (O. #), ingénieur-manufacturier, rue de Bondy, 56.
- 1876. — Rousselle (H.) (O. üfc), inspecteur général des ponts et chaussées en retraite, rue Saint-Guillaume, 21.
- 1876. — Fernet(E.) (O. #),inspecteurgénéralde rinstructionpublique,ruede Médicis,9. 1883. —Bardy (#), directeur du laboratoire central des contributions indirectes, rue du Général-Foy, 26.
- 1883. — Mascart (C. #), membre de l’Institut, professeur au Collège de France, directeur du Bureau central météorologique, rue de l’Université, 176.
- 1883. — Laussedat (G. #), colonel du génie, membre de l’Institut, directeur du Conservatoire des arts et métiers, rue Saint-Martin, 292.
- 1885. — Prunier(L.), professeur à l’École supérieure de pharmacie, membre de l’Aca-
- démie de médecine, boulevard de Port-Royal, 119. •
- 1886. — Becquerel (Henri) (#), membre de l’Institut, boulevard Saint-Germain, 21.
- 1887. — Carpentier (O. #), ingénieur, ancien élève de l’École polytechnique, rue du
- Luxembourg, 34.
- 1888. — Mayer (O. &), ingénieur en chef conseil de la Compagnie des chemins de fer de
- l’Ouest, boulevard Malesherbes, 66.
- 1888. — Raymond (O. #), directeur de l’École supérieure de télégraphie, boulevard de Courcelles, 87.
- 1891. — Rouart (Henri) (O. #), ingénieur-constructeur, boulevard Voltaire, 137.
- 1893. —- Fontaine (O. #), ingénieur civil, rue Saint-Georges, 52.
- 1893. —• Violle (O. #), professeur au Conservatoire des arts et métiers, 89, boulevard Saint-Michel.
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- Année de l’entrée au Conseil.
- Comité d’agriculture.
- 1864. — Chatin (O. #), membre de l’Institut, rue de Rennes, 149, Président.
- 1866. — Tisserand (Eug.) (G. O. ifc), conseiller d’État, directeur au ministère de l’Agriculture, rue du Cirque, 17.
- 1866. —Heuzé (Gustave) (O. #), inspecteur général honoraire de l’agriculture, rue Berthier, 27, à Versailles.
- 1879. — Risler (O. #), directeur de l’Institut agronomique, rue de Rennes, 106 bis.
- 1879. — ScHLŒSiNG (O. #), membre de l’Institut, directeur de l’École d’application des
- manufactures de l’Etat, quai d’Orsay, 67.
- 1880. —Ronna (C. #), ingénieur, membre du Conseil supérieur de l’agriculture,
- avenue du Trocadéro, 19.
- 1881. — Lavalard (Ed.) (O. #), membre du Conseil supérieur de l’agriculture, maître
- de conférences à l’Institut national agronomique, rue Gounod, 8.
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- CONSEIL D’ADMINISTRATION. ---- JANVIER 1896.
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- Année de l’entrée au Conseil.
- 1882. — Muntz (Achille) (O. #), professeur à l’Institut national agronomique, rue de Condé, 14.
- 1882. — Prillieux (E.) (O. #), inspecteur général de l’enseignement agricole, professeur à l’Institut national agronomique, rue Cambacérès, 14.
- 1884. — Muret (#), membre de la Société nationale d’agriculture de France, place du
- Théâtre-Français, 4.
- 1885. — Le baron Thénard (Arnould) (#), chimiste-agriculteur, place Saint-Sul-
- pice, 6.
- 1888. — Liébaut (O. #), président honoraire de la Chambre syndicale des ingénieurs-
- constructeurs-mécaniciens, avenue Marceau, 72.
- 1889. — Krantz (O. &), député, boulevard Saint-Germain, 226.
- 1893. — Cornu (Maxime) (#), professeur de culture au Muséum d’histoire naturelle, rue Cuvier, 27.
- Comité des constructions et des beaux-arts.
- 1879. — Rossigneux (Ch.) (#), architecte, quai d’Anjou, 23.
- 1876. — Bunel (H.) (#), ingénieur, architecte en chef de la Préfecture de police, rue du Rocher, 67.
- 1876. — Davanne (O. #), président du comité d’administration de la Société française de photographie, rue des Petits-Champs, 82.
- 1876. — Dufresne de Saint-Léon (comte H.) (O. #), inspecteur général de l’Université, rue Pierre-Charron, 61.
- 1876. — Guillaume (Eug.) (C. #), membre de l’Institut, directeur de l’Académie de France, à Rome.
- 1876. —• De Salverte (comte Georges) (O. #), maître des requêtes honoraire au Conseil d’État, avenue Marceau, 54.
- 1876. — Huet (Edmond) (O. #), inspecteur général des ponts et chaussées, sous-directeur des travaux de Paris, boulevard Raspail, 12.
- 1879. — Yoisin-Bey (O. &), inspecteur général des ponts et chaussées, en retraite, rue Scribe, 3.
- 1884. — Schlemmer (0. #), inspecteur général des ponts et chaussées, en retraite, bou-
- levard Saint-Germain, 70.
- 1885. — Romilly (Félix de), ancien président de la Société française de physique,
- avenue Montaigne, 25.
- 1885. — Appert (Léon) (O. #), ingénieur-manufacturier, rue de Londres, 50.
- 1892. — Froment-Meurice (#), fabricant d’orfèvrerie, rue Saint-Honoré, 372.
- 1892. — Pector (Sosthène), membre du conseil d’administration de la Société française de photographie, 9, rue Lincoln.
- 1895. — Bouguereau (C. #), artiste peintre, membre de l’Institut, rue Notre-Dame-des-Champs, 75.
- 1895. — Belin (E.) éditeur, rue de Yaugirard, 52.
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- CONSEIL D’ADMINISTRATION. ---- JANVIER 1896.
- Comité du commerce.
- Année de l’entrée au Conseil.
- 1856.—Block (Maurice) (*fr), membre de l’Institut, rue de l’Assomption, 63, à Auteuil, Président.
- 1858. — Rondot (Natalis) (C. #), ancien délégué de la Chambre de commerce de Lyon, 20, rue Saint-Joseph, à Lyon.
- 1864. — Lavollée (Ch.) (#), ancien préfet, rue de Passy, 78.
- 1866. — Say (Léon), député, membre de l’Institut, rue Fresnel, 21.
- 1869. — Ghristofle (Paul) (O. #), manufacturier, rue deBondy, 56.
- 1869. — Roy (Gustave) (G. #), ancien présidentde la Chambre de commerce de Paris, membre du Comité consultatif des arts et manufactures, rue de Tilsitt, 12.
- 1873. - Magnier (E.) (#), négociant, rue de l’Arcade, 16.
- 1887. — Cheysson (O. #), inspecteur général des ponts et chaussées, boulevard Saint-Germain, 115.
- 1890. — Gibon (#), ancien directeur des usines de Commentry, rue de Grenelle, 42.
- 1892. — Grüner (Ev, ngénieur civil des mines, secrétaire du comité central des houillères de France, rue Férou, 6.
- Commission du Bulletin.
- Collignon et Aimé-Girard, secrétaires ; Daubrée, Henry Pereire, IIaton de la Gou-pillière, Imbs, Bérard, Le Chatelier, Sebert, Bardy, Ronna, Prillieux, Appert, Belin, Block, Lavollée.
- MEMBRES HONORAIRES.
- Vice-présidents.
- 1864. — M. C. Lavollée (#), membre du Comité du commerce, 78, rue de Passy. 1876. — M. le colonel Pierre, 14, rue de Varennes.
- Comité des arts mécaniques.
- 1884. — M. Lévy (Maurice) (O. &), membre de l’Institut, professeur au collège de France et de l’Ecole centrale, 15, avenue du Trocadéro.
- 1891. — M. Richard (Gustave), ingénieur civil des mines, agent général de la Société, 44, rue de Rennes.
- Comité des Arts économiques.
- 1856. — Trélat (Émile) (O. #), architecte, professeur au Conservatoire des arts et métiers, boulevard Montparnasse, 136.
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- CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- JANVIER 1896.
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- MEMBRES CORRESPONDANTS
- Comité des arts mécaniques.
- Correspondants français.
- Buffaud, mécanicien-constructeur, chemin de Baraban, 27, à Lyon.
- Petit (Émile), ingénieur civil, au château de Suduirant (Gironde).
- Bietrix, directeur de l’usine de la Chaléassière, à Saint-Étienne (Loire).
- Buxtorf, mécanicien à Troves (Aube).
- Cadiat, directeur des établissements de constructions mécaniques Mouraille et Cie, à Toulon (Var).
- Correspondants étrangers.
- Chapman (Henry), ingénieur-conseil, à Londres.
- Dwelshauvers-Dery, ingénieur, professeur à l’Université de Liège.
- Sellers (W.), constructeur-mécanicien, à Philadelphie (États-Unis).
- Llauradô, ingénieur en chef des forets d’Espagne, à Barcelone.
- Habicu, directeur de l’École des mines à Lima.
- Thurston, professeur à la Cornell University d’Ithaca (État de New-York). Waltiier-Meunier, ingénieur en chef de l’Association des propriétaires de machines à vapeur, à Mulhouse.
- Comité des arts chimiques.
- Correspondants français.
- Guimet fils, manufacturier, à Lyon.
- Peciiiney, directeur de la Société des produits chimiques d’Alais.
- Manhès, directeur de la Société métallurgique du cuivre, à Lyon.
- Kessler, fabricant de produits chimiques, à Clermont-Ferrand.
- Darblay, manufacturier, à Essonnes (Seine-et-Oise).
- Schneider, manufacturier, au Creuzot.
- Boire (Emile), administrateur des sucreries de Bourdon (Puy-de-Dôme).
- Petitpont (Gustave), manufacturier, à Choisy-le-Roi.
- Brustlein, directeur des usines Jacob Holtzer et Cie, à Unieux (Loire).
- Correspondants étrangers.
- Abel (Frédéric-Auguste), président de la commission gouvernementale des explosifs, à Londres.
- Lowtiiian Bell,chimiste-manufacturier, à Rounton-Grange, Northallerton(Angleterre). Canizzaro, professeur à l’Université de Rome.
- Mendeleef, professeur de l’Université de Saint-Pétersbourg.
- Roscoe (Henry), Enfield 10, Bramham garden’s, South-Kensington (S. W.). Londres.
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- CONSEIL D ADMINISTRATION.
- JANVIER 1896.
- Comité des arts économiques.
- Correspondants français.
- Berjot, pharmacien-chimiste, à Caen (Calvados).
- Loreau, manufacturier, àBriare.
- Chardonnet (comte de), ancien élève de l’École polytechnique.
- Correspondants étrangers.
- Cole (Henry), directeur du Kensington-Museum, Thurloe square (S. W.), à Londres. Frankland, professeur de chimie à l’École royale des mines, correspondant de l’Académie des sciences, 14, Lancastergate, Hyde-Park, à Londres.
- Crookes (William), directeur du journal The Chemical News, à Londres.
- Preece, électricien en chef des télégraphes de l’État, à Londres.
- Elihu-Thomson, électricien en chef delà Société 77Aomsow-//ous^on,àLynn-Mass(États-Unis). Steinlen, ingénieur-constructeur, à Gand (Belgique).
- Comité d’agriculture.
- Correspondants français.
- Le Cler, ingénieur des polders de la Vendée.
- Mares (Henri), correspondant de l’Académie des sciences, à Montpellier. Perret (Michel), agriculteur, à Tullins (Isère), place d’Iéna, 7.
- Puilippar, directeur de l’École d’agriculture de Grignon.
- Rémond, agriculteur à Minpincien, par Guignes-Rabutin (Seine-et-Marne). Grosjean, inspecteur général de l’enseignement agricole.
- Cocuard, président de la Société d’agriculture de Montmédy.
- Milliau (Ernest), chimiste, à Marseille.
- Briot, inspecteur des forêts, à Chambéry (Savoie).
- Correspondants étrangers.
- Juhlin-Dannfelt, Great Winchester Street, 127 (E. G.), à Londres.
- Gilbert (l)r), membre de la Société royale de Londres, à Rothamstead (Angleterre). Lawes (sir Bennett), membre de la Société royale de Londres, à Rothamstead (Angleterre).
- Miraglia, directeur de l’Agriculture, à Rome.
- Annenkoff (général), à Saint-Pétersbourg.
- Marcano, professeur d’économie rurale à l’Université de Caracas (Venezuela).
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- CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- JANVIER 1896.
- H
- Comité du commerce.
- Correspondants français.
- Bergasse, négociant, à Marseille.
- Fabre (Cyprien), président de la Chambre de commerce, à Marseille. Sévène, président de la Chambre de commerce de Lyon.
- Walbaum, président de la Chambre de commerce de Reims.
- Seydoux, manufacturier au Cateau (Nord).
- Permezel, membre de la Chambre de commerce de Lyon. Bessonneau, manufacturier, consul de Belgique, à Angers.
- Aynard, député, président de la Chambre de commerce de Lyon.
- Correspondants étrangers.
- Hemptine (comte Paul de), à Gand (Belgique).
- Mevissen, conseiller intime du commerce, ancien président de la Chambre de commerce de Cologne.
- Reader Lack (Esq.), directeur du Patent-Office, à Londres.
- Rada y Delgado (Juan de Dios), sénateur, à Madrid.
- Bodio (commandeur), directeur général de la statistique du royaume d’Italie, à Rome.
- Gifitn, directeur de la statistique du Board of Trade, à Londres.
- Carroll (D. Wright), commissaire du département du travail, à Washington (États-Unis).
- Comité des constructions et des beaux-arts.
- Correspondants français.
- Paris, manufacturier, au Bourget (Seine-et-Oise).
- Pepratz (Eugène), ancien banquier, à Perpignan.
- Correspondants étrangers.
- Carlos Relvas, à Gollega (Portugal).
- Pollok-Antoni, ingénieur-consultant, à Washington (États-Unis).
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- ARTS CHIMIQUES
- Rapport fait, au nom du Comité dos Arts chimiques, par M. E.-P. Bérard, sur deux Appareils respirateurs, présentés l’un par M. le Dr Détourbe, rue Boulle, 3, Paris, l’autre par M. Détroye, médecin-vétérinaire à Limoges.
- Messieurs,
- Dans votre séance du 13 juillet 1894, vous avez entendu une intéressante communication de M. Henry Mamy (1), ingénieur des arts et manufactures, qui vous a rendu compte d’un concours ouvert par l’Association des industriels de France contre les accidents du travail. Ce concours avait pour objet de primer des Masques ou Appareils respirateurs destinés à protéger les ouvriers contre les poussières qui se dégagent de beaucoup d’opérations industrielles. M. Mamy, au nom de l’association, intéressante à tant d’égards, dont il est le directeur, décernait le prix au masque construit par M. Détroye, non sans avoir rendu pleine justice à l’appareil qui avait été présenté par M. Détourbe, et qui se recommandait par d’autres mérites.
- La communication de M. Mamy a été renvoyée à votre commission du Bulletin, qui en a voté l’impression au Bulletin in extenso, avec description et figures des principaux masques produits au concours.
- Depuis le 30 novembre 1893, époque à laquelle a été fermé le concours précité, MM. Détourbe et Détroye, stimulés par l’hommage public rendu à leurs travaux, se sont, chacun de leur côté, efforcés de perfectionner le moyen de protection dont ils étaient inventeurs : l’un et l’autre présentent actuellement à la Société d’Encouragement un appareil nouveau, différant sensiblement de ceux que M. Mamy a décrits devant vous. Le présent rapport a pour objet de vous faire connaître ces perfectionnements, avec l’appréciation de votre Comité des Arls chimiques.
- Disons d’abord que les appareils dont il s’agit sont accompagnés de mémoires scientifiques rédigés par les auteurs, soit sur l’anatomie des organes à couvrir ou à protéger, soit sur l’action des poussières dans l’organisme, soit sur les lésions que produisent ces poussières dans les voies respiratoires.
- (I) Numéro de septembre 1894, p. 571.
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- APPAREILS RESPIRATEURS.
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- Sans méconnaître l’intérêt de ces études, nous les considérons comme ne rentrant pas dans le cadre de celles que poursuit la Société d’Encoura-gement pour l’industrie nationale : votre Comité des Arts chimiques, se plaçant en dehors de toute question touchant aux sciences médicales, ne relèvera, dans les travaux de MM. Détourbe et Détroye, que les appareils qu’ils ont présentés et leur application aux industries dégageant des poussières.
- 1° Masque construit par M. Dé-tourbe.
- Le masque construit par M. Détourbe forme une enveloppe continue des voies respiratoires extérieures et il constitue (fig. 1 à 4), un véritable masque, dans le sens que l’on attribue d’ordinaire à ce mot.
- Par une étude approfondie du relief facial, selon la taille, le sexe et la race, M. Détourbe a établi trois numéros de masques, parmi lesquels chaque ouvrier choisit celui qui s’applique le mieux à sa figure.
- Le contour du masque a été aussi soigneusement que possible combiné de façon à appliquer rigoureusement sur la face. De plus, la forme adoptée et l’élasticité du métal, l’aluminium, employé pour former la carcasse solide du masque permettent, moyennant certaines flexions exercées sur ladite carcasse, d’y apporter des modifications de détail en conformité du relief des traits de chaque individu. Par ces dispositions, par une bande de feutre cousue à cheval sur le bord et qui presse sur les téguments, enfin par un levier qui prend appui sur le front, le masque place la bouche et le nez du sujet dans une cage hermétique.
- Cette cage présentant à peu près la forme d’un tronc de pyramide est formée, sur les parois, par des plaques continues en aluminium, et, en avant, par un réseau mobile de même métal (fig. 2).
- Ce réseau, qui fonctionne comme une sorte de volet, emprisonne et maintient (fig. 3) une plaque de ouate ordinaire. C’est précisément cette
- Fi". I. — Masque Delourbe garni adapté au visage.
- 1. Petite courbure supérieure. 2. Grande courbure inférieure. ?.. Courbure latérale. 4. Angle latéral et bande inférieure. r>. Levier et bande supérieure. 6. Portc-treillisséc.
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- ouate qui forme filtre pour l’air inspiré et qui protège l’ouvrier contre les poussières.
- Des dispositions simples permettent de faire (fig. £) le rechange de ce fdtre de ouate, lorsqu’il est obstrué par les poussières ou altéré par les vapeurs et gaz éliminés dans l’expiration.
- La dépense occasionnée par le rechange de cette feuille de ouate peut être
- considérée comme nulle.
- Quant au masque lui-même, il coûte 10 francs.
- 11 résulte d’un dossier dont je dois la communication à l’obligeance de M. Mamy que 150 masques environ du système Dé-tourbe ont été vendus à diverses compagnies ou maisons industrielles, parmi lesquelles nous distinguons : la Société des aciéries de Firminy, la Société des aciéries de Longwy, M. Boulanger, faïencier à Choisy-le-Roi, la Société des glaceries de Saint-Gobain, etc. Des lettres émanant de douze ou quinze établissements dans lesquels les ouvriers ont fait usage des masques Détourbe témoignent à la presque unanimité des services qu’ils ont rendus. On les a employés avec succès pour protéger les ouvriers contre les poussières dégagées dans la pulvérisation des matières pour verreries, fonderies et faïenceries, contre celles qui se produisent dans l’émaillage des poteries, dans l’épail-lage et l’effilochage des tissus de laine, dans le broyage des scories de déphosphoration, dans le polissage des métaux, dans le cardage du crin, enfin contre les fumées produites par la fusion du plomb.
- Parmi les témoignages cités en faveur du masque Détourbe nous relevons
- Fig. 2. — Masque Détourbe non garni vu en avant.
- 1. Porte troillissée relevée. 2. Base. 3. Sommet et treillis postérieur. 4. Face latérale. 5. Face inférieure. 6. Bord latéral. 7. Bord supérieur. 8. Ouverture antérieure.
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- celui de M. Bricogne, ingénieur en chef au chemin de fer du Nord, qui a suivi de près, dans les ateliers de Paris et d’Amiens, les effets de ce masque sur quatre hommes employés aux travaux de cardage, et qui a constaté, par des expériences précises, l’amélioration de leur appétit, de leur sommeil, de leur expectoration et de leur état général.
- 2° Appareil protecteur construit par M. Dètroye.
- Le mérite particulier de M. Dé-troye est d’avoir résolument renoncé aux errements antérieurs en matière de masques et réalisé une combinaison originale qui doit porter le nom d’appareil protecteur de la respiration, contre les effets des poussières.
- Cet appareil se compose de deux pièces :
- Le respirateur buccal (fig. 5) ;
- Le respirateur nasal (fig. 6).
- Le respirateur buccal a la forme d’un segment d’ellipsoïde : il ferme la bouche par application, sur les lèvres, d’un caoutchouc pneumatique. Le segment est formé par une double lame en aluminium percillé.
- Entre les deux lames, on étend le filtre à air en ouate, qui est serré et maintenu par la pression de deux verrous.
- Le respirateur nasal affecte à peu près la forme d’une pyramide : l’application de ce respirateur sur le visage, le fonctionnement et le maintien du filtre en ouate sont garantis par les dispositions déjà indiquées pour le respi-
- Fk
- 3. — Masque Détourbe. Coupe médiane verticale.
- a, Angle supérieur, b, Angle inférieur. 1. Hauteur, ab, Hauteur faciale (bouche ouverte de 5 millimètres) et hauteur de la partie métallique du masque, cd, Hauteur du masque (feutre compris), 2. Profondeur. 3. Chambre à air. 4. Chambre filtrante et ouate. 5. Porte treillissée. 6. Treillis postérieur. 7. Intervalle vide de 2 millimètres entre le pourtour de la porte treillissée et le masque. 8. Levier. 9. Anneau. 10. Charnière.
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- rateur buccal. La respiration nasale étant plus normale-et de courant plus rapide que la respiration buccale, la sortie de l’air est ménagée au moyen
- d’une soupape en forme de volet disposée à la partie supérieure. Un auvent limite les mouvements de ce volet et le protège contre les chocs extérieurs.
- De ces dispositions, résulte une grande simplicité de construction, et par suite un bon marché relatif.
- Le respirateur buccal se vend 1 fr. 50; le respirateur nasal vaut 3 fr. S0 ; prix total : 5 francs.
- Un document que nous avons joint au dossier établit que 350 à 400 de ces appareils ont été vendus : les ateliers de construction de l’État à
- Fig. 4. — Masque Détourbe. Pose de la feuille de ouate.
- Vue de face Vue de côté
- Plan
- Partie mobile^
- Fig, 5. — Masque Détroye. Respirateur buccal.
- Limoges, la Compagnie houillère de Bessèges, la Société des forges et fonderies de Sougland (Aisne), les verreries et cristalleries de Saint-Denis, les
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- Vue de côté
- Coupe
- fabriques de céruse d’Auderghem (Belgique), les forges de Corravilliers (Haute-Saône), M. Scellier, fondeur à Voujaucourt (Doubs), la Société de Commentry-Fourchambault, divers porcelainiers de Limoges, etc., en ont fait l’essai ; les chefs de ces établissements se déclarent en général satisfaits. Plusieurs d’entre eux font valoir un avantage de l’appareil Détroye : leurs ouvriers prennent l’habitude de respirer par le nez et ne font usage que du respirateur nasal; ils sont ainsi libres de causer, et plus à l’aise que ceux qui portent l’appareil complet.
- 11 résulte de notre information que l’appareil Détroye a rendu des services pour la protection des ouvriers dans les travaux de polissage et d’aiguisage, dans le broyage des matières céramiques et des silex, dans l’émaillage des poteries, dans les houillères, dans les usines à plomb et dérivés, dans les fabriques de drap et les fabriques de produits chimiques.
- L’attention de votre Comité des Arts chimiques s’est portée avec un intérêt particulier sur les bons effets déjà obtenus et régulièrement constatés du masque Détourbe et de d’appareil Détroye.
- La question de la protection des ouvriers contre les poussières industrielles est une de celles qui sollicitent le plus particulièrement les efforts des chefs d’atelier et des hygiénistes. Elle préoccupe l’administration qui, aux termes de lois nouvelles, doit pourvoir à la sauvegarde des ouvriers tout en tenant compte des nécessités techniques : pour certaines industries, telles que la fabrication de la chaux et du plâtre, la pulvérisation des matières minérales, le cardage du crin, le danger naît de l’abondance des poussières ; dans d’autres, telles que l’émaillage des porcelaines par saupoudrage ou la Tome I. — 95e année. 5° série. — Janvier 1896. 2
- Fig. 6. — Masque Détroye. Respirateur nasal.
- Dans certains masques Détroye la soupape, so trouve placée au haut de l’appareil, et ia ouate hydrophile prise dans une enveloppe perforée, couvrant tout le masque jusqu’à la hauteur de la soupape.
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- fabrication du vert de Schweinfurt, le danger est dû à leur caractère nocif.
- Pour se protéger, l’ouvrier travaillant à ces industries attachait autrefois un mouchoir ou une éponge mouillée au-devant de sa bouche; de plus, dans certains ateliers, tels que les émailleries, le patron fournissait à chaque ouvrier une ration quotidienne de lait. Les appareils Détourbe et Détroye marquent évidemment un grand progrès sur ces moyens de protection, et un patron émailleur fait justement remarquer qu’affranchi, par l’emploi du masque, d’une dépense de 0 fr. 30 par jour, prix de la ration de lait qu’il fournit à son ouvrier, il aura bientôt amorti la dépense d’achat de l’appareil.
- Nous ne nous dissimulons pas que les masques ou appareils respirateurs ne réalisent pas d’une façon absolue le problème de la protection des voies respiratoires dans des conditions d’hygiène parfaite, et qu’ils ne doivent pas être considérés comme le moyen décisif d’assainir les industries à poussières.
- Les masques, qu’ils soient continus comme celui de M. Détourbe, ou discontinus comme celui de M. Détroye, provoquent toujours un peu de congestion ou tout au moins de chaleur et de sueur à la face. De plus, dans certains travaux très poussiéreux, ceux des houillères par exemple, le filtre s’encrasse vite et fonctionne imparfaitement.
- En réalité, l’assainissement des industries à poussières s’obtiendra, comme celui de toutes les industries insalubres, par le progrès industriel, et, ainsi que l’a si judicieusement fait remarquer M. de Ereycinet, c’est du perfectionnement des appareils et des procédés qu’il faut l’attendre.
- Mais, en l’état, et étant donné l’outillage et les moyens dont l’industrie dispose actuellement, le masque Détourbe et l’appareil Détroye marquent une amélioration très importante dans la protection des ouvriers, et méritent les encouragements de la Société.
- Votre Comité des Arts chimiques n’avait pas, comme l’Association des industriels contre les accidents, ouvert de concours sur les appareils de l’espèce : il n’a donc pas à se prononcer sur les avantages relatifs des deux systèmes. Il se borne à constater que le masque Détourbe et l’appareil Détroye rendent tous les deux des services au point de vue de la salubrité des industries, que tous les deux peuvent être utilement employés, selon la nature du travail et selon le choix des ouvriers. Nous vous proposons, Messieurs, de vous associer à cette appréciation, et aussi de joindre vos efforts aux nôtres pour vaincre la répugnance que les ouvriers manifestent
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- pour l’emploi des masques et protecteurs analogues. Les appareils de M. Détourbe et de M. Détroye, par leur légèreté et leur bonne adaptation, sont de nature à aider puissamment tous ceux qui luttent contre le même préjugé.
- En résumé, nous avons l’honneur, au nom de votre Comité des Arts chimiques, de vous proposer de remercier M. Détourbe et M. Détroye de leurs intéressantes communications et de voter l’insertion du présent rapport, avec dessins, au Bulletin de la Société.
- Signé : E.-P. Bérard, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance le 13 décembre 1895.
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- AGRICULTURE
- Rapport fait par M. Lavalard, au nom du Comité <TAgriculture sur le frein de voiture de MM. Gloos et Schmalzer.
- Mi\I. P. Cloos et Ed. Schmalzer, demeurant 1 et 3, sente des Guérets, rue de l’Est, à Boulogne-sur-Seine, ont adressé à la Société d’Encourage-ment pour l’industrie nationale un frein de voiture qu’ils ont créé dans le but d’assurer plus d’efficacité dans le service et plus de sécurité pour les voyageurs.
- Voici les principaux avantages que présente l’appareil, d’après les inventeurs :
- 1° Il supprime les secousses lorsqu’une circonstance quelconque force d’arrêter brusquement;
- 2° Le cheval n’est plus forcé de lutter contre le poids et l’élan du véhicule, ce qui est, pour lui, non seulement une cause de fatigue, mais encore de chutes presque toujours dangereuses;
- 3° On évite les inconvénients de la mécanique qui serre trop ou pas assez, n’agit pas instantanément, et ne peut rendre service en cas d’obstacle forçant d’arrêter brusquement;
- 4° Ce frein, au contraire, agit aussi rapidement qu’on le veut au moment du danger, tout en serrant progressivement quand il s’agit de pente à descendre. Le cheval se trouve ainsi puissamment secondé, sans qu’il y ait pour lui ni fatigue ni cause d’accidents;
- 5° Les chevaux ne peuvent plus s’emporter ou, du moins, leur course se trouve modérée par l’action du frein, ce qui facilite l’arrêt du cheval, et évite tous dangers pour les hommes et les animaux;
- 6° Le frein, tout en agissant aussi instantanément qu’on le veut, reste fermé tant qu’on le désire. On peut donc descendre de la voiture, la quitter sans crainte que le cheval puisse échapper ni causer d’accidents à lui ou aux passants.
- Sans pouvoir affirmer que le frein en question tienne toutes les promesses faites par les inventeurs, nous pouvons reconnaître qu’il a certainement beaucoup d’avantages.
- D’abord, nous devons reconnaître que son emploi ne peut être fait que
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- FREIN DE VOITURE.
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- sur les voitures légères cle l’agriculture, de même que sur les voitures de luxe des villes.
- C’est pourquoi le Conseil avait eu raison de le faire étudier par le Comité des Arts mécaniques, qui se trouvait bien mieux qualifié que nous pour vous rendre compte de son fonctionnement.
- Quoi qu’il en soit, nous l’avons étudié avec le plus grand soin, et nous
- Fig. 1, 2 cl, 3. — Frein Cloos et Sclimalzer.
- Coupes longitudinale et y:, détail de la bande C.
- E, essieu avec boîte II. a. moyeu à frotte B. F. manivelle du frein dilatant par G/’.quand on la tire, la bande fendue C recouverte de cuir et rivée sur la frette D. solidaire de l'essieu, de manière à faire frein, serrant le manchon au moyeu a boîte.
- nous proposons d’en faire un essai complet sur des voitures légères, coupés, victorias, etc.
- Ce frein, à simple action, paraît très pratique pour ces voitures, parce qu’il permet d’enrayer les roues instantanément sans le secours d’aucun organe déprimant l’ensemble de la voiture, et qu’il laisse aux roues toute leur légèreté d’aspect.
- Dans les freins à simple action déjà connus, le moyeu est garni d’une frette sur laquelle s’enroule soit une corde métallique, soit un collier.
- 11 est difficile de dissimuler ces organes qui, indépendamment de leur forme peu gracieuse, se salissent et se dégradent assez rapidement.
- Dans le frein de MM. Cloos et Sclimalzer, le moyeu conserve sa forme
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- légère, et le collier qui produit le serrage, étant logé dans la rondelle d’essieu, est invisible et mieux protégé.
- Ce frein est commandé, comme on le voit sur lafigure ci-contre, par une pédale placée sous le pied du cocher. Quand ce dernier agit sur la pédale, le collier à ressort logé dans la rondelle d’essieu vient s’enrouler autour de la tête de la boîte de roue. Ce collier est formé d’une tôle flexible garnie d’une bande de cuir. Grâce à l’adhérence du cuir, la roue est enrayée presque instantanément.
- Les difficultés de la circulation dans Paris deviennent de plus en plus grandes à certaines heures, et l’usage du frein sur les voitures légères et de luxe permettrait d’éviter bien des accidents.
- Cependant, à cause des inconvénients que présentaient les freins proposés jusqu’ici, les principales maisons de carrosserie n’en ont fait qu’une application très restreinte.
- Ces inconvénients disparaissent presque complètement avec le frein de MM. Cloos et Schmalzer, et il faut louer ces inventeurs d’avoir trouvé l’ingénieuse disposition qu’ils proposent, et qui, appliquée aux voitures de luxe, paraît susceptible d’avenir.
- C’est pourquoi le Comité d’Agriculture propose au Conseil l’insertion du présent rapport dans le Bulletin de la Société.
- Signé: Lavalard, rapporteur.
- Approuvé en séance le 10 janvier 1896.
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- ARTS CHIMIQUES
- L’OEuvre industrielle de Pasteur, par M. E. Duciaux (1), membre du Conseil.
- Messieurs,
- « La Société d’Encouragement a pour but, disent vos Statuts, l’amélioration et le perfectionnement de toutes les branches de l’industrie nationale. » Vous avez toujours mis votre honneur à ne pas séparer le progrès industriel du progrès scientifique, à ne jamais chercher le perfectionnement pratique en dehors d’un perfectionnement théorique antérieur. Je pense me conformer à cette tradition, pieusement maintenue par tous les illustres présidents qui se sont succédé à votre tête, en vous montrant ce soir de quel progrès industriel peut devenir l’origine un progrès dans la théorie. Cet exemple, je l’emprunte à l’œuvre d’un maître qui pourrait en fournir bien d’autres, aux études de Pasteur sur les fermentations.
- Quand il a débuté dans ce sujet, ce qu’on savait sur la fermentation était réduit à peu de chose. On connaissait la multiplication que subit la levure dans la fermentation alcoolique. Cagniard-Latour, Schwann, Turpin, Mitscherlich avaient très sagement rattaché l’un à l’autre les deux phénomènes de la végétation de la levure et de la transformation du sucre. Mais, envisagée à ce point de vue, la fermentation alcoolique semblait une exception. On ne retrouvait ni levure, ni rien qui lui ressemblât dans la fermentation qui aigrit le lait, dans celle qui précède la cuisson du pain, dans les fermentations diverses que le sucre ou l’amidon peuvent subir en présence ou en l’absence de carbonate de chaux. En revanche, ces fermentations présentaient un caractère commun, celui d’exiger toutes, pour leur mise en train, un peu de matière organique en voie de décomposition. La formule classique pour obtenir, par exemple, une fermentation lactique était de mettre dans un flacon de l’eau, du sucre, de la craie, un peu de fromage pourri ou de viande gâtée, et d’abandonner les choses à elles-mêmes. Sur cette remarque générale, Liebig avait fondé une théorie, générale aussi, de pi fermentation, dans laquelle il attribuait le rôle principal, le rôle moteur du phénomène à cette matière organique morte et en voie de destruction qui semblait nécessaire partout. Dans un désir immodéré de systématisation, il avait étendu cette théorie à la fermentation alcoolique elle-même et, pour lui, c’était non pas parce que la levure se reproduisait, mais parce qu’après s’être repro-
- (I) Conférence faite à la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, le 27 décembre 1895.
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- duite, elle mourait pendant la fermentation, qu’elle entraînait le sucre dans son mouvement de décomposition, en le transformant en alcool et en acide carbonique.
- Je n’ai pas à juger cette théorie au point de vue scientifique, mais il m’est bien permis de lui demander ce qu’elle valait au point de vue industriel, et de quel secours elle pouvait être quand on se trouvait dans l’embarras. On voit tout de suite où était sa faiblesse : c'est qu’elle ne disait rien de précis au sujet du mécanisme moteur, au sujet de cette matière organique qu’il fallait prendre à un degré de décomposition sur lequel on ne savait rien et on ne pouvait rien. Il fallait, par exemple, d’après le travail de Boutron et Frémy, que le fromage employé pour mettre en train une fermentation butyrique fut un peu plus décomposé que pour une fermentation lactique. Mais qu’était-ce que du fromage plus gâté, moins gâté? L’industrie la mieux assise était celle de la fermentation alcoolique, précisément à cause de l’emploi de la levure, qui était, en somme, un ferment assez bien défini : mais quand cette levure marchait mal ou ne marchait plus, le brasseur s’adressait en vain à la théorie pour lui demander les moyens de remettre sa fabrication sur pied. Il ne devait avoir recours qu’à son expérience : aussi était-il souvent embarrassé.
- Fiévreusement, il reprenait une à une toutes les opérations, modifiait tel ou tel détail dans l’espoir d’obtenir l’amélioration de l’ensemble. Sa plus sûre ressource était de demander à un voisin, momentanément plus favorisé, un peu de bonne levure pour recommencer sa fabrication interrompue ou compromise. Mais ce n’est pas sans péril qu’on transporte ainsi une levure dans une brasserie nouvelle, et au milieu de conditions de température et de fabrication auxquelles elle n’est pas habituée. Pendant qu’elle s’acclimate, le type de la bière fabriquée change : leclient, pourpeu qu’il soit amateur ou connaisseur, se plaint ; et, quand tout est de nouveau rentré dans l’ordre, on n’est jamais sûr de voir les choses durer. Une industrie soumise à de pareils aléas n’est pas une industrie assise ; et, dès lors, il est arrivé ce qui devait arriver : c’est qu’elle ne prospérait que là où elle était favorisée par des circonstances extérieures, par exemple, par des questions de climat. Dans tous les pays du centre de l’Europe, où les hivers sont régulièrement froids et où on peut être sûr de récolter de la glace à bon marché, s’était installée et prospérait la fabrication des bières basses, fabriquées à basse température et conservées au froid. En Angleterre, dans le Nord et l’Ouest de la France, où les hivers sont souvent tempérés, c’était, au contraire, la bière haute, fabriquée et conservée à la température moyenne de l’année, et c’est ainsi que même les habitudes de la consommation avaient fini par éprouver le contre-coup des incertitudes de la théorie.
- Tel était l’état des choses au moment où Pasteur est entré dans l’étude des fermentations; et, dès son premier mémoire sur la fermentation lactique, inséré
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- en 1867 dans les Annales de chimie et de physique, la question change subitement de face. Ce mémoire introduit, en effet, dans la science, trois notions de la plus haute importance.
- Lapremière, c’est que la fermentation alcoolique ne fait pas exception, comme on le croyait, à une prétendue règle générale, et que toutes les autres fermentations, au contraire, se comportent comme elle. JDans chacune on trouve, non pas de la levure, mais un être semblable à la levure par ses propriétés, c’est-à-dire capable de se multiplier en même temps que s’accomplit, dans le liquidé, la trans-
- i
- Fig. 1.
- formation à laquelle il préside. Tous ces êtres sont différents de forme, et différents par leur mode de multiplication. La fig. 1 en représente quelques-uns. On y voit d’abord, disséminées dans tout le champ, des cellules oblongues et volumineuses qui sont de la levure de bière ; celle-ci se reproduit par bourgeonnement. En un point du globule, naît une petite vésicule qui grossit, atteint les dimensions du globule mère, et, devenue adulte, commence à proliférer à son tour. Le secteur 1 représente de petits bâtonnets cylindriques, que nous apprendrons bientôt à connaître sous le nom de ferments du vin tourné. Il se reproduisent par scissiparité, c’est-à-dire que le bâtonnet s’allonge, se coupe en son milieu par une
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- cloison qui épaissit de plus en plus, et qui finit par séparer deux êtres doués chacun d’une vie indépendante. Dans le secteur 2, est ce que nous avons appelé tout à l’heure le ferment lactique. Ce sont de petits articles presque deux fois plus longs que larges, étranglés en leur milieu et se reproduisant comme les bacilles du secteur 1, c’est-à-dire que l’article s’allonge, se coupe en deux par un plan médian, et que les deux parties s’étranglent à leur tour en leur milieu, de façon à donner deux êtres en tout semblables, comme forme et comme dimension, à celui dont ils procèdent. Le secteur 3 représente les bâtonnets qui accompagnent d’ordinaire la putréfaction des matières organiques. Ils sont plus dodus que ceux du secteur 2. Ils en diffèrent en outre en ce qu’ils sont mobiles et se promènent dans la goutte d’infusion placée sous le microscope, en évitant les obstacles, allant à ce qu’ils aiment, fuyant ce qu’ils redoutent, manifestant une sorte de conscience et de libre arbitre. Dans le secteur 4, on voit des chapelets de grains qui sont le ferment des vins gras ou filants ; ce sont de petites sphères bien rondes lorsqu’elles ne sont pas en voie de prolifération, mais qui s’allongent dans le sens du chapelet pendant la période de multiplication, se coupent en deux par une cloison transversale, à droite et à gauche de laquelle les deux parties du globule s’arrondissent avant de recommencer. Le secteur 5 représente un être très voisin, comme forme, de celui du secteur 2, mais très différent comme propriétés, c’est le ferment, acétique, qui préside à la fabrication du vinaigre. En 7, on voit des petites sphères réunies par 2 ou par 4 en carré, c’est ce qu’on appelle dessarcines. Elles sont parfois très difficiles à distinguerdesgranulations amorphes, que représente le secteur 6, et qui sont des débris de matières organiques. Ces débris sont pourtant plus irréguliers de forme, de dimension et de contours.
- Tous ces êtres sont assez différents de forme pour pouvoir être distingués et reconnus au microscope ; mais ce qui les différencie encore mieux c’est l’ensemble de leurs propriétés, qui sont spécifiques, c’est-à-dire qui se relrouvenl les mêmes lorsque les êtres sont les mêmes. L’idée de l’être et l’idée de fonction sont inséparables.
- Cette notion de spécificité, introduite ainsi dans la science en opposition avec l’idée de banalité, que Liebig avait attachée au mot de ferment, avait une conséquence que Pasteur avait remarquée en passant, et sur laquelle il est revenu plus tard. Parler de propriétés spécifiques, c’est évoquer l’idée de descendance, de filiation, c’est éloigner l’hypothèse des générations spontanées, et ainsi s’est trouvée introduite dans la science la notion générale du ferment vivant, descendant d’êtres tout pareils à lui, doué de propriétés spécifiques, dont faisait partie la propriété de provoquer la fermentation ou les fermentations auxquelles ce ferment présidait.
- Ce n’est pas tout : ces ferments sont très petits, insaisissables, comment les séparer, et, puisque la fermentation est une culture, comment les cultiver à l’état
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- l’oeuvre industrielle de pasteur.
- n
- pur ? A cela encore Pasteur répond : « en faisant va rier la composition du milieu. » Chacun de ces êtres a ses besoins, ses préférences, ses exigences. Donnez-lui satisfaction, et il va se reproduire et se multiplier dans une mesure plus rapide qu’aucun de ses congénères. Si un de ces germes était à l’origine mélangé avec mille autres germes identiques ou différents entre eux, dès la première culture il y aura égalité, mille du premier contre mille de l’ensemble des autres. Dès, la seconde culture, il y aura de même mille du premier contre un du mélange,
- Fig. 2. — Levure haute vieille et rajeunie.
- et à la troisième, où la proportion sera de un million, on pourra admettre que le premier germe est seul développé et occupe seul le terrain.
- Il y a un dernier pas à faire. Comment suivre cette culture, et la surveiller? Sur ce point, Pasteur a apporté une amélioration pratique qui ne paraîtra pas sans importance à tous ceux qui fréquentent les laboratoires. Les matières organiques en voie de décomposition, qu’on se croyait obligé autrefois d’introduire dans les liquides qu’on voulait faire fermenter, en gênaient beaucoup et parfois en rendaient impossible l’observation microscopique. Certaines espèces vivantes, par exemple le ferment lactique, ressemblent parfois tellement à des granulations de matières mortes qu’il est très difficile de les distinguer, et
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- c’étaient des difficultés de cette nature qui en ont longtemps retardé la découverte. Si Pasteur les a si bien vus le premier, c’est que, au contraire de ses devanciers, il ajoutait la matière organique à l’état de dissolution dans les liquides de fermentation, lesquels, au départ, étaient limpides. Tout ce que la fermentation y faisait apparaître pouvait donc nettement s’observer au microscope.
- Ainsi, nature animée et caractères spécifiques des ferments, méthodes de cultures par l’appropriation des milieux, moyens de suivre au microscope la purification et la marche de ces cultures, voilà les trois conquêtes que nous
- Fig. 3. — Cellules de levure vieille disjointes (côté gauche) et rajeunie dans un moût sucré (côté droit)
- (Grossissement 400).
- apportait ce petit mémoire de 16 pages sur la fermentation lactique, mémoire curieux, écrit avec une véritable allégresse de plume, où Pasteur ne s’arrête pas à prouver ce qu’il avance, et où il compte, on le voit, et il le dit presque, sur la netteté, la précision, la coordination régulière des notions qu’il apporte, pour entraîner les convictions. La lumière se prouve par elle-même.
- Et, ainsi qu’il était juste, ces notions nouvelles et précises sont devenues de suite l’origine d’un grand progrès industriel. La brasserie les a utilisées la première. Elle a appris ce que c’était qu’une levure pure, et comment on pouvait
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- en obtenir. En purifiant ainsi ses cultures de levures, elle est arrivée à voir qu’il y en avait plusieurs, distinctes parfois par leurs formes, par les conditions de température et de milieu qu’elles préfèrent, et conservant ces propriétés d’une façon assez régulière pour qu’on puisse les croire^fixées ; bref, on est ainsi arrivé à distinguer des races. Toutes les levures ont, comme propriété spécifique, de donner, aux dépens du sucre, des proportions à peu près constantes d’alcool, d’acide carbonique, d’acide succinique, de glycérine. Mais elles ne se comportent pas identiquement de même dans les mêmes milieux. La brasserie connaissait
- Fig. 4. — Saccharomyccs pastonanus en cultures suivies (Grossissement 400).
- la levure haute et la levure basse. Dans la levure haute, les deux globules dont lTm provient de l’autre par le procédé que nous avons décrit plus haut restent unis et recommencent à proliférer chacun pour son compte, de sorte qu’il en résulte un ensemble irrégulier de quatre globules, qui en donne lui-même un nouveau, de huit globules, c’est ce que représente la fig. 2. Dans la levure basse, au contraire, les globules se séparent aussitôt après prolifération, et on ne voit jamais dans le liquide que deux groupes de deux globules en voie de prolifération, ainsi que le montre la fig. 3. Ces deux levures qui donnent : la première les bières françaises et anglaises, la seconde les bières allemandes et autrichien-
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- nés travaillent à des températures différentes, mais ne deviennent pas identiques quand on les fait travailler à la même température. Pasteur s’est assuré qu’il y avait de même plusieurs levures hautes et basses, chacune se distinguant des autres par les petites modifications de goût qu’elle apportait dans la bière. La fig. 4 représente par exemple une levure basse qui n’est pas identique à celle de la fig. 3. Depuis, Hansen a découvert que quelques levures pouvaient apporter des goûts défectueux et devaient être rejetées ou exclues d’une bonne fabrication. Tout cela, l’industrie est maintenant capable de le faire. Chaque brasserie se double d’un laboratoire, dans lequel on conserve à l’étatpur, en les rajeunissant constamment, la ou les levures employées dans la brasserie.Quand celles qui sont entrées dans la fabrication s’y sont épuisées ou contaminées, et qu’elles faiblissent, on les supprime et on les remplace en recourant aux réserves du laboratoire.
- Le vigneron a mis plus de temps que le brasseur à profiter de ces découvertes ; c’est qu’il semblait exempt des soucis de la fermentation. Une cuve de vendange fermente spontanément, sans qu’on ait à y ajouter de la levure. Les germes du ferment sont apportés dans la cuve en même temps que le raisin, collés sur la pellicule du fruit ou sur le bois de la grappe. On n’a pas tardé à s’apercevoir que ces germes étaient différents les uns des autres, et que, dans tous les pays où la culture de la vigne était un peu ancienne, il y avait, acclimatée aux conditions de sol, de climat et de cépage, une levure autochtone qui entrait pour quelque chose dans la saveur et les qualités organoleptiques du vin que produit la région. La Champagne, par exemple, est habitée, sur ses coteaux les plus fameux, par une levure toujours la même, qui donne un peu de saveur et de fin bouquet aux liquides, môme les plus plats, dans lesquels on la cultive. C’est une levure distinguée : il y a de même des levures banales et vulgaires. Sur cette constatation, les imaginations se sont échauffées, et on a cru que l’emploi des levures des bons crus donnerait du cachet et de la valeur à des vins quelconques. C’était oublier que les qualités d’un vin dépendent surtout du cépage d’abord, des pratiques de la vinification ensuite, puis, dans une mesure beaucoup plus faible, des qualités de la levure qui peuvent, du reste, s’accorder, ou bien, au contraire, être en discordance avec celles du raisin et celles qu’apporte le mode de traitement. Au lieu de procéder à l’aveuglette, comme on l’a fait à l’origine, il faut donc faire des expériences. Là encore, le progrès scientifique doit précéder le progrès industriel, Ces expériences seront longues, car, à cause de la variabilité dans les conditions de maturation de la vendange d’une année à l’autre, les moûts de deux années consécutives dans un même pays ne se ressemblent jamais, et il est possible que la levure qui se sera montrée la meilleure pour un moût déterminé ne soit pas encore la meilleure l’année suivante pour le moût du même raisin, où les quantités de sucre et d’acide sont différentes. Mais, dans ces recherches
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- on a des moyens de travail, on sait le but à atteindre, et le succès n’est qu’une affaire de temps et d’efforts.
- Ce n’est pas tout : les notions nouvelles que Pasteur apportait dans la science avaient une autre conséquence. Dans la théorie de Liebig, le ferment était quelque chose en voie de décomposition permanente, dont l’action ne cessait pas quand^tout le sucre avait disparu d’un vin; et, comme conséquence, on pensait que les vins travaillaient toujours, c’est-à-dire étaient sans cesse en voie de transformation. La progression naturelle des phénomènes de vieillissement sem-
- Fig. 5. — Ferment du vin amer. A gauche : jeune avec cristaux de bitartrate de potasse; à droite : vieux avec matière colorante et tartrate de chaux.
- blait donner raison à cette interprétation, qui, en effet, sous ce point de vue, n’était pas absolument fausse. Elle l’était au contraire lorsqu’elle attribuait à une déviation spontanée de ce travail de maturation les diverses maladies dont le vin pouvait devenir le siège.
- Pour Pasteur, au contraire, la levure, ferment spécifique du sucre, devant cesser son action lorsque le sucre avait disparu; et, s’il survenait dans le liquide des transformations nouvelles, se traduisant par des viciations de goût, elles ne pouvaient être que l’œuvre de ferments nouveaux. Ces ferments, on devait pou-
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- voir les observer au microscope, et leur reconnaître aussi des propriétés spécifiques, c’est-à-dire mettre leurs formes en relation avec la nature des modifications chimiques produites dans le vin et des changements de saveur qui les accompagnent. C’est une conséquence directe que l’expérience vérifia pleinement, et, en quelques jours, Pasteur apprit à distinguer les ferments des trois maladies principales du vin, l’amertume des vins de Bourgogne, la graisse des vins de Champagne, la pousse ou tourne des vins communs. Nous avons déjà appris à connaître, dans la fig. 1, les ferments de la tourne et de la graisse. La fig. 5 représente, dans la moitié gauche, les filaments des vins amers avec leurs allures raides. Dans la moitié droite, ce sont les mêmes filaments mais vieillis, couverts d’une couche de matière colorante qui les épaissit, et qui forme, en outre, les plaques irrégulières qu’on voit sur la figure. Les formes géométriques et régulières sont des cristaux de tartrate de chaux.
- La cause de la maladie étant connue, le remède se présentait de lui-même. Il fallait empêcher ces ferments nuisibles de se développer dans le vin. Aujourd’hui, le moyen le plus simple serait de filtrer ce vin, aussitôt que la levure y a accompli son œuvre, au travers de ces filtres puissants qui arrêtent les microbes et dont le plus connu est le filtre Chamberland : c’est au moyen de cette filtration fine qu’on obtient ces bières limpides et brillantes à l’œil qui se font une place de plus en plus grande sur le marché, parce que, débarrassées de tout germe, elles sont des bières de garde, et qu’ainsi, à l’éclat, elles joignent la solidité. Pasteur avait donné une autre solution du problème : le chauffage à 5b° ou 60°, qui ne nuit en rien au vin, et le débarrasse de ses parasites. C’est cette pratique, entrée depuis dans l’industrie sous le nom de pasteurisation, qui sert en ce moment à la conservation temporaire des laits. Son emploi est plus restreint pour les vins, pour lesquels elle a été faite, mais elle est beaucoup plus répandue que ne le disent les négociants qui se cachent pour l’employer.
- Parmi ces maladies, il y eu a line qui fait l'objet d'une industrie, c’est l’acétification, ou transformation d’un vin en vinaigre. Orléans est célèbre pour ses vinaigreries. Il y a là des fabriques séculaires et des tonneaux d’acétification, ce qu’on appelle des mères d<> vinaigre, séculaires aussi, sur lesquelles on veille avec un soin jaloux, et qu’on se transmet en héritage sans y rien changer, parce que l’expérience a appris que lorsqu’une d’elles a, pour une cause quelconque, cessé de fonctionner, ce n’est que très péniblement qu’on la remet en train. Cette sujétion oblige à fabriquer constamment quel que soit l’état du marché ; et, à ce point de vue, l’industrie du vinaigre était, comme la brasserie, une industrie mal assise, parce qu’elle n’avait pour base que la pratique, mais non la théorie.
- Comme dans les autres maladies du vin, Pasteur trouva ici un ferment spécifique, le mgcoderma aceti, agent actif de transport de l’oxygène de l’air sur l’alcool, et vivant en couche mince à la surface du liquide. Ce sont de petits
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- articles étranglés en leur milieu, et se reproduisant avec une activité merveilleuse. Cet être connu, que reste-t-il à faire? Lui appliquer les notions du mémoire sur la fermentation lactique, chercher quel est le liquide sur lequel il se développe le plus vite et le mieux. L’expérience apprend que, ce qu’il préfère, c’est un vin déjà dépouillé, pas trop alcoolique et un peu acide. Là, il se multiplie si vite qu’on pourrait, en 48 heures, en couvrir une surface égale à celle de la salle où je parle, ce qui en exigerait des millions de millions de millions. Dès lors, le problème est résolu, on peut le reproduire à volonté sur chaque barrique de vin à acétilicr, profiter de sa jeunesse pendant laquelle il est très actif, 11e
- Fig. G. — Corpuscules Ru. ver à, soie.
- pas le laisser vieillir, comme dans la fabrication d’Orléans, et conduire sa vinai-grerie au lieu d’ètre conduit par elle, c’est-à-dire, interrompre sa fabrication quand elle est inutile ou onéreuse, la proportionner aux besoins, bref ètremaître chez soi de par la science.
- Nous n’avons pas fini. Nous n’avons étudié jusqu’ici le- développement dos ferments que sur des liquides inertes. Oue doit-il arriver lorsqu’ils se développent au milieu des liquides ou dans les tissus des êtres vivants? Ils y apportent
- Tome 1. — 9M‘ année. .'>• sérié.
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- nécessairement leurs propriétés spécifiques que nous venons de voir, et leur intervention dans un mécanisme qui doit fonctionner sans eux ne peut qu’amener des dislocations se traduisant par des maladies ou aboutissant à la mort. C’est là une conséquence que Pasteur avait tirée depuis longtemps, mais qu’il hésitait un peu à vérifier, car il n’était niphysiologiste ni médecin ; il fallut, pour le pousser dans cette voie, finsistance que mit son maître Dumas à l’attirer vers l’étude de la maladie des vers à soie, qui désolait alors le Midi de la France.
- Cette maladie, Pasteur l’a vu depuis, est due au développement, dans les tissus du ver, de la chrysalide ou du papillon du Bombyx mori d’un parasite particulier, le corpuscule, sorte de cellule oblongue en forme d’reuf, qu’on voit disséminé sur la fig. 6, au milieu de granulations rondes et plus petites qui sont des nodules d’urates, et de débris divers, parmi lesquels on distingue à gauche un fragment de plumule de l’aile du papillon. Ce corpuscule, tout en étant une espèce microscopique, est tout à fait différents des microbes ordinaires des fermentations. Mais les moyens d’étude trouvés pour ces derniers s’appliquent à toutes les espèces vivantes. Le choix du milieu de culture était même tout fait, puisqu’on avait, pour cela, l’animal lui-même. Il fallait seulement étudier les propriétés de ce parasite, sa physiologie, de façon à saisir le point où il devenait vulnérable.
- Cette étude bien dirigée conduisit, ainsi qu’on pouvait s’y attendre, au moyen cherché. Pour que le parasite qui a envahi un ver l’affaiblisse assez pour le rendre incapable de faire son cocon, c’est-à-dire d’être utilisable industriellement, il faut de 2b à 30 jours. Or, la vie de l’animal à l’étal de ver est de 3b jours seulement. Il faut donc, pour qu’un ver ne puisse faire son cocon, qu’il soit envahi tout jeune, à l’époque où il est le moins exposé à la contagion. En revanche, s’il peut arriver au cocon, les corpuscules vont continuer à se développer chez lui pendant sa vie de chrysalide et de papillon, pourront passer dans l’œuf que pondra la femelle, et le ver sortant de ces œufs, corpusculeux dès sa naissances, sera arrêté par la maladie à cinq ou six jours de distance du cocon, de sorte que des vers issus de parents fortement corpusculeux ne donneront aucune récolte industrielle.
- La conclusion s’impose. Il faut, pour être assuré contre la maladie des corpuscules, avoir recours à des graines assurées contre l’hérédité et pondues par un papillon sans corpuscules. Pour les vers issus de ces graines, la contagion pourra se produire, mais no les empêchera pas d’arriver en presque totalité jusqu’au cocon. Si on protège contre la contagion ces vers sains, leurs chrysalides et leurs papillons seront exempts de toute tare héréditaire, la génération nouvelle qui en proviendra sera saine à son tour; et voilà résolu, toujours par l’application de ces mêmes méthodes, que nous venons de voir si fécondes au point de vue des fermentations, un problème nouveau, cette fois physiologique, pathologique et industriel, dont la solution vaut des millions au pays.
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- Ici nous sommes au seuil de l’élude des maladies humaines, et je dois m’arrêter, d’abord parce que je parle devant une société d’encouragement à l’industrie, puis parce que cette nouvelle partie, ce nouveau développement de l’œuvre de Pasteur, n’a pu se faire qu’avec un principe nouveau, ce principe de Y atténuation des virus qui restera une des grandes conquêtes du siècle. Tout ce que j’ai passé en revue est, au contraire, le développement logique et harmonieux des principes posés en 1857 à propos de l’étude de la fermentation lactique, et c’est précisément cette unité que j’ai voulu mettre en lumière devant vous.
- Messieurs, un hasard de dates fait que le jour où je vous parle de Pasteur soit précisément l’anniversaire du jour de sa naissance, celui où nous avions l’habitude de lui apporter nos compliments et nos souhaits. Ces hommages de reconnaissance et d’affection vont aujourd’hui devant une tombe. Je voudrais avoir réussi à vous donner une idée plus précise de ce que valait le maître que nous pleurons, et de la grandeur de la perte qu’ont faite en lui la Science et la Patrie.
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- Revue des perfectionnements récents apportés a la fabrication des grands produits
- CHIMIQUES : ACIDE CHLORHYDRIQUE, CHLORURES DÉCOLORANTS, SOUDE, PAR M. A.
- Buisine, professeur de chimie industrielle à la Faculté des sciences de Lille (1).
- Le chlorure de sodium, vulgairement le sel, qui constitue la matière première dont la décomposition fournit les produits chimiquesimporlantsdont nous allons nous occuper, peut, par des procédés différents, donner naissance d’une part à la soude et d’autre part à l’acide chlorhydrique ou au chlore.
- Pour arriver à ce résultat, trois procédés principaux sont aujourd’hui en présence :
- 1° Le procédé Leblanc qui, depuis sou apparition, a été successivement perfectionné et a atteint à peu près le maximum de ce qu’il peut donner.
- ï2° Le procédé à l’ammoniaque qui, malgré le défaut capital qui le caractérise et qui consiste dans la perte du chlore du chlorure de sodium mis en œuvre, a pris rapidement une extension telle que le procédé Leblanc est aujourd’hui passé au second rang.
- d° Les procédés électrolytiques, récemment préconisés, encore à l’étude, mais dont on entrevoit déjà le succès, et sur lesquels toute l’attention des fabricants est Fixée.
- Parmi ces trois procédés, la prépondérance appartient sans conteste, pour le moment, au procédé à l’ammoniaque.
- Après une longue lutte entre ce procédé et le procédé Leblanc, il s’est établi entre eux, pour l’approvisionnement du marché, un équilibre très logique, très rationnel, résultant des avantages et des défauts de l’un et de l’autre,
- La coexistence des deux procédés a fait disparaître la surproduction, autrefois inévitable et, par suite, l’avilissement de prix du chlorure de chaux, en permettant de limiter aux besoins de la consommation, sans qu’il y ait excès de l’un ou de l’autre, à la fois la production de la soude, du chlore, de l’acide chlorhydrique et du sulfate de soude, qui dérivent de la même matière première. Le procédé à l’ammoniaque fournit surtout la soude et le procédé Leblanc fournit surtout l’acide chlorhydrique, le chlorure de chaux et le sulfate de soude, que réclame la verrerie; l’excédent de ce dernier produit est seul transformé en soude par l’ancien procédé.
- (1) Voir la Revue des perfectionnements apportés à la fabrication de l’acide sulfurique, par M. Sorel, au Bulletin de la Société dl Encouragement, n° de février 1895, p. 138.
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- Cet équilibre aurait pu se maintenir longtemps encore si deux causes, qui peuvent tout modifier, n’étaient intervenues : nous voulons parler des progrès accomplis récemment dans l’extraction du chlore des résidus do la fabrication do la soude à l’ammoniaque et de l’apparition des procédés électrolytiques.
- Ce sont les progrès réalisés dans cette voie, progrès dont les conséquences peuvent être considérables pour l’industrie des grands produits chimiques, qui vont surtout nous occuper dans cette Revue.
- I. — PROCÉDÉ LEBLANC
- Le procédé Leblanc, qui date d’un siècle à peu près, a été, pendant plus de cinquante ans, seul à produire toute la soude nécessaire à la consommation. Il peut donc compter une longue ère de prospérité.
- Puis est venu le procédé à l’ammoniaque, dont les progrès incessants ont diminué peu à peu l’importance du procédé Leblanc, et l’ont amoindri au point qu’aujourd’hui l’existence de celui-ci semble fortement compromise.
- Dans presque toutes les usines françaises, les fours à soude Leblanc sont éteints.
- Même pour la fabrication des cristaux de soude et de la soude caustique, on emploie, dans beaucoup de nos usines, la soude à l’ammoniaque.
- En Allemagne, on cite encore de grandes usines travaillant par le procédé Leblanc, mais c’est surtout en Angleterre que celui-ci est resté appliqué.
- Eu Angleterre, la production des usines fabricant la soude par le procédé Le-blancest encore supérieure àcelle des usines travaillant par le procédé à l’ammoniaque ; néanmoins, celles-ci gagnent peu à peu du Lorrain. Ainsi, d’après M. l’inspecteur EJestcher, la quantité de sel converti en soude, en Angleterre, en 1892, a été de 824 490 tonnes, dont 319593 tonnes ont été employées par les usines employant le procédé Leblanc, et 304 897 tonnes par les usines travaillant à l’ammoniaque .
- Cette situation Lient aux conditions particulières dans lesquelles se trouvent les fabriques anglaises, en particulier au bas prix de la houille et à la grande production de chlore de ces usines. Au point de vue de la production, du reste, l’Angleterre tient la tête dans l’industrie des grands produits chimiques.
- Le procédé Leblanc ne résiste encore que grâce aux lacunes qui existent dans l’ensemble du procédé à l’ammoniaque, mais cette dernière chance de salut semble devoir lui échapper bientôt.
- Jusqu’à présent, en effet, on n’a pas trouvé un procédé réellement pratique pour retirer le chlore des résidus de la fabrication de la soude à l’ammoniaque. De nombreuses recherches, cependant, ont été faites dans cette direction ; les pro-
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- cédés Weldon-Pechiney, Schlœsing, Mond, etc., sont le résultat de ces intéressantes tentatives.
- Par suite, aujourd’hui, le procédé à l’ammoniaque ne fournit que de la soude, tandis que le procédé Leblanc donne surtout de l’acide chlorhydrique et du chlore ; le sulfate de soude qui en résulte est vendu pour la verrerie ou transformé en soude.
- La production par le procédé Leblanc est donc surtout commandée actuellement par les demandes en chlore et acide chlorhydrique. Mais les conditions pourraient bientôt changer. De grands progrès ont été, en effet, réalisés récemment dans les procédés d’extraction du chlore des résidus de la fabrication de la soude à l’ammoniaque. M. Schlœsing notamment a donné un nouveau procédé que nous décrirons plus loin, et dont le succès, déjà entrevu, porterait certainement le dernier coup au procédé Leblanc.
- Quoi qu’il en soit, s’il disparaît définitivement, le procédé Leblanc n’en aura pas moins résisté vaillamment et il restera, comme témoignage de cette lutte, de remarquables travaux formant un ensemble de recherches qui complètent admirablement l’œuvre de Leblanc.
- Poussés toujours par la nécessité de diminuerleur prix de revient, les fabricants de soude Leblanc ont cherché, en effet, à tirer tout le parti possible de ce procédé, et ont perfectionné jusque dans leurs plus petits détails leur travail et leur matériel .
- La plupart de ces améliorations déjà anciennes sontbien connues, etnousnenous y arrêterons pas (1). Le perfectionnement le plus important qui ait été apporté dans cet ordre d’idées estceluiquiapour butl’extractiondu soufre des charrées. Plusieurs procédés, souvent décrits, ont été proposés successivement dans ce but, entre autres le procédé Chance et Claus, qui fonctionne aujourd’hui dans quelques usines (2).
- La récupération en nature ou sous forme de combinaison directement utilisable du soufre contenu dans les résidus de la fabrication de la soude Leblanc par un procédé simple et pratique peut en effet améliorer la situation des usines travaillant par ce procédé.
- Malheureusement, la méthode Chance et Claus, évidemment la meilleure, n’a pas donné tous les résultats qu’on en attendait. Elle est loin d’être parfaite, et ne donne pas la solution complète du problème. Les imperfections proviennent surtout de la difficulté d’absorber ou de détruire complètement, et d’une façon
- (1) Journal of the Society of Chemical Industry, t. VIII, p. 3ol.
- (2) Nous croyons inutile de nous arrêter à ce procédé, dont on trouvera du reste une excellente description dans un article de M. Kynaston, paru dans the Journal of the Society of Chemical Industry, t. XII, p. 893, et dont une traduction a été donnée dans le Moniteur scientifique du Dr Quesneville, janvier 1894, p. 46.
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- économique, l’hydrogène sulfuré qui se dégage des fours Clans. Quoi qu’il en soit, les usines de la société anglaise the United alcali Company régénèrent, dit-on, par an de 40 000 à 50 000 tonnes de soufre parce procédé.
- La valeur actuelle du procédé Leblanc en face du procédé à l’ammoniaque est donc parfaitement définie, et l’on peut se rendre compte de ce qu’il sera jusqu’au jour où l’extraction du chlore des résidus de la soude à l’ammoniaque sera définitivement résolue. Sa situation, on le voit, ne laisse pas d’être précaire et elle le devient davantage encore si on envisage le succès, même partiel, des procédés électrolytiques dont nous parlerons plus loin.
- Acide chlorhydrique. — La production de l’acide chlorhydrique est une des opérations que comprend l’ensemble du procédé Leblanc ; elle donne en même temps le sulfate de soude employé surtout par la verrerie ; rien ne fait prévoir qu’il puisse se produire de changement sur ce point.
- L’acide chlorhydrique est toujours préparé par les anciennes méthodes. La réaction de l’acide sulfurique sur le sel marin qui lui donne naissance se fait dans les appareils si souvent décrits : fours à sulfate ordinaires ou fours à moufle, et rien n’a été changé dans les procédés de condensation. Nous ne voyons donc rien de particulier à signaler à ce sujet.
- En Angleterre, par suite de la faveur dont jouit encore le procédé Leblanc, l’acide chlorhydrique est abondant. Dans certaines usines même on en produit plus qu’il n'en faut pour satisfaire aux demandes et pour la production du chlore.
- Dans les usines françaises sa production est généralement limitée aux demandes en acide chlorhydrique et en chlorure décolorant.
- Le procédé si ingénieux de production directe du sulfate de soude et de l’acide chlorhydrique, imaginé par Iïargraeves, ne semble pas s’être beaucoup développé. Toutefois, l’idée de Hargraeves a été appliquée par M. Kolb, dans les établissements Kuhlmann, pour purifier les gaz des fours à sulfate qui doivent être dirigés dans les appareils Deacon ; en passant sur les briquettes de sel marin, ces gaz abandonnent, en effet, l’acide sulfureux et les vapeurs d’acide sulfurique qui, mélangées au gaz chlorhydrique, sont très défavorables au fonctionnement do l’appareil et par suite au rendement en chlore.
- Chlore et chlorures décolorants. — Les tentatives faites pour remplacer le chlore dans le blanchiment et dans la désinfection n’ont guère abouti; dans quelques papeteries cependant on a installé le blanchiment électrique. Sauf la fabrication des chlorates, qu’on produit aujourd’hui par l’électrolyse des chlorures alcalins, la fabrication du chlore n’a rien perdu de son importance. C’est toujours sous forme de chlorure de chaux sec qu’on le livre. Quelques usines fabriquent aussi de l’hypochlorite de chaux en solution concentrée.
- Ajoutons qu’on trouve actuellement dans le commerce du chlore liquéfié, que
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- livrent dans des cylindres en fer l’usine de Salindres, la fabrique de produits chimiques de Mannheim et la « Rhenania » d’Aix-la-Chapelle (1). Les usages de ce produit sont encore très limités ; il est surtout employé dans les laboratoires et dans les usines de matières colorantes ou autres produits organiques.
- Le chlore nécessaire pour la fabrication du chlorure de chaux est obtenu aujourd’hui presque exclusivement par le procédé Deacon. Le procédé Weldon, qui a eu une si belle période de prospérité,est maintenant à peu près abandonné.
- C’est donc le procédé Deacon qui est aujourd’hui en faveur; en sera-t-il ainsi longtemps encore ? Il serait imprudent de se prononcer en présence des procédés rivaux qu’on voit surgir.
- Ce procédé, du reste, est loin d’ètre parfait, malgré les perfectionnements qui y ont été successivement apportés par MM. Hurter, llascnclever, Ivolb, etc.
- Les principaux reproches qu’on lui fait sont :
- 1° De ne permettre pratiquement que l’emploi des gaz de la cuvette des fours à sulfate, dont une partie seulement est transformée en chlore par le chlorure de cuivre de la garniture.
- 2° De fournir un rendement assez faible, 40 p. 100 environ, de la totalité de l’acide chlorhydrique du four à sulfate.
- 3° De donner des gaz pauvres en chlore, contenant seulement de 6 à 8 p. 100 en volume.
- Nous ne croyons pas nécessaire de décrire ce procédé bien connu aujourd’hui. On en trouvera d’ailleurs une excellente description dans le Dictionnaire de Wnrtz (1er et 2° suppléments) et dans un mémoire de M. Kolh, administrateur des établissements Kuhlmann, publié dans le Bulletin de la Société industrielle du Nord de la France (2).
- Ce procédé a été installé d’abord en France dans les établissements Kuhlmann et il y a été l’objet do sérieux perfectionnements. Les gaz pauvres en chlore ainsi produits ont été utilisés au début pour la fabrication des hypochlorites liquides, puis, plus tard, à la suite de l’installation de chambres à chlorures spéciales, ils ont pu être employés à la fabrication du chlorure de chaux sec. Aujourd’hui, on produit ainsi des chlorures à haut titre aussi bien qu’avec le gaz riche en chlore des anciens procédés.
- Etant, donné les imperfections du procédé Deacon, on a fait de nombreuses recherches surtout en vue de mieux utiliser l’acide chlorhydrique qui n’est plus aujourd’hui un résidu sans valeur.
- Parmi les procédés qui ont été proposés, il n’en est aucun qui présente d’intérêt au point de vue pratique.
- Tel est le procédé Reychler et de Wilde, dont on trouvera une description
- 1) Bulletin de la Société chimique de Paris, 189,'J, E V, p. .'UiS.
- (2) Bulletin delà Société industrielle du Nord de la France. 1891. p. ilil.
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- dans le Bulletin de la Société chimique de Paris, 1891, t. V, p. o3G. Il n’est pas à notre connaissance d’nsine qui l’applique.
- On s’est beaucoup occupé, dans ces derniers temps, des procédés basés sur l’action de l’acide chlorhydrique sur l’acide azotique. Plusieurs brevets ont été pris pour l’application de cette réaction, mais aucun d’eux ne paraît avoir été essayé en grand d’une façon sérieuse. MM. Lunge et Pelet ont soumis à un examen critique cos différents procédés, et, on trouvera dans leur mémoire, publié dans le numéro du 1er janvier 1895 de la Zeitschrift far angeumndt C/iemie et dont une traduction a été donnée par le Moniteur scientifique, numéro de juin 1895, p. 417, l’exposé complet delà question.
- Chlorate de potassium. — Le chlore, il y a peu de temps encore, était aussi employé dans l’industrie des grands produits chimiques pour la fabrication des chlorates (1).
- Les anciens procédés sont presque complètement abandonnés aujourd’hui et on produit la majeure partie, sinon la totalité, des chlorates que demande la consommation par voie électrolytique.
- C’est, en effet, par la fabrication des chlorates que les procédés électrolytiques, sur lesquels on fonde tant d’espérances, se sont implantés dans l’industrie des grands produits chimiques.
- Nous dirons quelques mots de cette fabrication des chlorates dans la suite de cet article, à propos de l’électrolyse des chlorures alcalins.
- II.--PROCÉDÉ A L’AMMONfAQUE
- II. y a quarante ans environ (2), M. Schlœsing publiait, on collaboration avec M. Roland, dans les Annales de phgsique et de chimie, un mémoire sur la fabrication de la soude à l’ammoniaque; ce mémoire donnait les résultats obtenus dans leur usine de Puteaux, la première qui ait été installée pour l’application industrielle du procédé.
- C’était le premier travail sur l’application de la réaction, indiquée en 1838 par Dyar et Memming, pour la transformation du chlorure de sodium en carbonate de soude par le bicarbonate d’ammoniaque.
- Cette étude, pleine de données intéressantes, de documents précieux, fut plus tard d’un grand secours à tous ceux qui s’occupèrent de la question.
- Les conditions dans lesquelles doit être faite la réaction y sont très exaete-
- (lj A Salindres, ou a préparé les chlorates par le chlorate de magnésie, avec le chlore du procédé Weldon-Péchiney. Le procédé est décrit dans la conférence faite par M. Millot à la Société chimique de Paris, en 1888.
- (2) Annales de Physique et de Chimie, 1808, t. XIV, p. 5.
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- ment indiquées; la composition des liqueurs, des précipités, des eaux mères, etc., y sont données ; rien n’a été changé depuis et il semble que ces analyses soient celles des usines qui fonctionnent aujourd’hui.
- O11 sait que, malheureusement, MM. Schlœsing et Roland ne réussirent pas dans leur tentative, et que l’usine de Puteaux dut fermer.
- Cela tient surtout à ce que, dans ce procédé, une notable partie du sel échappe à la réaction; or, à cetLc époque, le sel était grevé d’un droit de 10 francs par 100 kilos, et MM. Schlœsing et Roland ne purent obtenir le dégrèvement du sel non utilisé.
- Plus tard, en 1863, dans leur petite usine de Couillet, en Belgique, MM. Sol-vay réussirent complètement, après une longue période d'essais, grâce àl’adop*-tion d’appareils appropriés.
- On sait tout le succès qu’ils eurent depuis. MM. Solvav ont installé en France une usine colossale à Varangeville-Dombasle, près de Nancy, qui fut longtemps la seule exploitant le procédé.
- Depuis, la Société Solvay a construit ou laissé construire par les concessionnaires de ses brevets d’importantes usines en Allemagne, en Amérique, en Angleterre, en Russie, etc.
- Plus tard, d’autres usines furent installées en France : parM. Boulouvard dans le Midi, par M. Daguin dans l’Est. En Allemagne également quelques usines, la Ycrein chemischen Fabriken de Mannheim entre autres, exploitent des procédés indépendants du procédé Solvay pour la fabrication de la soude à l’ammoniaque.
- La fabrication de la soude à l’ammoniaque s’est considérablement développée, et prend chaque jour plus d’extension. En Europe, sur le continent du moins, la soude à l’ammoniaque a presque complètement remplacé la soude Leblanc ; ainsi, dans l’Est de la France, il se fabrique annuellement de 140 000 à loO 000 tonnes de carbonate de soude parle procédé à l’ammoniaque et la seule usine Solvay à Varangeville-Dombasle en fait, pour sa part, de 110 000 à 120 000 tonnes par an. La Société Solvay doit installer une seconde usine en France, aux Salins de Giraud.
- En Angleterre, où le procédé Leblanc est cependant encore très en honneur, une seule société, la Compagnie Brunner et Mond, qui représente, il est vrai, la plus grande production du monde, a fabriqué, en 1892, 169 000 tonnes de sel de soude par le procédé à l’ammoniaque.
- Les perfectionnements apportés au procédé primitif sont nombreux, la plupart déjà anciens et suffisamment connus pour que nous ne croyions pas devoir nous y arrêter. Ce sont, du reste, des améliorations de détail consistant, le plus souvent, dans la forme des appareils.
- Le point capital, celui dont dépend tout le succès du procédé, est évidemment celui qui consiste à réduire autant que possible les pertes en ammoniaque, l’auxiliaire coûteux qui sert à la transformation.
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- Par des améliorations successives, on est parvenu peu à peu à réduire laperte en ammoniaque à environ 0 kil., 300 par 1 000 kilos de sel de soude à 98°.
- Pour arriver à ce résultat, il a fallu construire des appareils parfaitement étanches, dont le métal ne soit pas attaqué par l’alcali; il a fallu rendre complète l’action de la chaux sur les eaux mères pour décomposer la totalité du sel ammoniac, et enfin imaginer des appareils de lavage des gaz pour absorber la presque totalité de l’ammoniaque entraînée.
- Les prix de revient sont ainsi tombés peu à peu, et, aujourd’hui, ceux-ci ne paraissent pas dépasser 5 francs par 100 kilos. On voit par là à quel degré de perfectionnement on est arrivé, quoiqu’on n’utilise pas encore le chlore des eaux mères.
- Les différents appareils qui servent à faire les opérations successives que comprend le procédé ont été tour à tour perfectionnés.
- Les colonnes pour la saturation des saumures ammoniacales par l’acide carbonique, dont le premier modèle a été donné par MM. Solvay, ont été améliorées, par la suite, de différentes façons. On a donné aux plateaux des formes plus commodes, puis on a proposé de remplacer la colonne unique de grandes’dimen sions par plusieurs colonnes plus petites, etc. (1).
- Ces colonnes présentent quelques inconvénients : d’abord, dans ces vastes appareils, il est difficile de régler la température, de l’empêcher de s’élever, et, dans ces conditions, la carbonatation peut se faire mal; il en résulte qu’on n’obtient pas toujours le bicarbonate de soude sous la forme granuleuse convenable et que le précipité est difficile à travailler. De plus, ces colonnes s’incrustent de dépôts, les tôles perforées se bouchent, et il faut, de temps en temps, les nettoyer par un couranL de vapeur, ce qui amène des interruptions dans le travail.
- Aussi, la tendance, aujourd’hui, est-elle à abandonner ces appareils pour revenir aux anciens carbonateurs combinés en batterie, dans lesquels les inconvénients que nous venons de signaler disparaissent en grande partie.
- Dans l’ensemble des opérations qui constituent le procédé à l’ammoniaque, celle de la calcination du bicarbonate de soude a également exercé beaucoup la sagacité des ingénieurs. On emploie soit des torréfacteurs, soit des cuvettes munies d’un arbre central autour duquel se meuvent des racloirs; on a essayé de même des appareils à fonctionnement continu, des fours à chauffage direct de la matière placée dans des caisses ou des wagonnets, etc.
- La Société Marcheville, Daguin et Cio, la Société Solvay ont breveté des appareils spéciaux. Le dernier appareil breveté par MM. Solvay est un cylindre tournant en tôle, dont le fonctionnement est continu. Des organes spéciaux ont été combinés pour l’entrée et la sortie de la matière, organes au moyen desquels l’avan-
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- cernent, du produit se fait régulièrement. Une lourde chaîne racle les parois pour empêcher la formation d’incrustations. En outre, pour faciliter l’opération on mélang'e au bicarbonate de soude une certaine quantité de soude déjà calcinée (1).
- La distillation de l’ammoniaque des eaux mères se fait à peu près partout maintenant dans des appareils à colonne, qui fonctionnent d’une façon continue, et dont le travail est très régulier et très économique. On objectait à l’appareil à colonne la dépense nécessitée par l’excès de chaux qu’il faut employer, lorsque le lait de chaux est pompé directement dans l’appareil. Plusieurs fabricants ont obvié à cet inconvénient en mélangeant d’avance aux eaux mères, débarrassées d’acide carbonique dans des appareils spéciaux, la quantité de chaux nécessaire pour leur décomposition.
- M. H. Schreib, qui s’est beaucoup occupé de la fabrication de la soude à l’ammoniaque, a donné un procédé de traitement des eaux mères du bicarbonate de soude dans le but de les faire rentrer dans le travail et d’éviter ainsi les pertes en chlorure de sodium. Son procédé repose sur le principe suivant :
- Le chlorure de sodium agit sur une solution concentrée de chlorhydrate d’ammoniaque en précipitant une partie de ce sel, tandis que le chlorure de sodium se dissout jusqu’à ce que les deux sels soieut contenus en proportions équivalentes dans la liqueur. La solution du chlorure double ainsi obtenue peut dissoudre une forte proportion de carbonate d’ammoniaque et, dans ces conditions, il se forme un précipité abondant de chlorhydrate d’ammoniaque. Si on opère à basse température, on sépare une plus grande quantité de chlorhydrate d’ammoniaque et la liqueur peut alors dissoudre du chlorure de sodium.
- En opérant sur la lessive régénérée de cette façon, on arrive à décomposer autant de chlorure de sodium que dans le procédé habituel par l’emploi de la solution de chlorure de sodium seule. Il ne peut se produire de perturbation que lorsque, par le sel gemme employé, il entre uni1 trop grande quantité de sulfate dans la marche du procédé.
- L’auteur a décrit l’application en grand de son procédé dans la Zeitschrift fur anqewand/e Chimie, 1888, p. 282 et 1889, pp. 445 et 486. Un extrait de ces mémoires a été donné dans le Bulletin de la Société chimique de Paris, 4 890, 1. IV, p. 165.
- M. Schreib estime à 200 kilos la quantité de chlorure de sodium mise en œuvre pour fabriquer 100 kilos de carbonate de soude par le procédé à l’ammoniaque; par sa méthode, qui permet de récupérer le chlorure de sodium restant dans les eaux mères du bicarbonate de soude, on ne consommerait plus, d’après lui, que 115 à 120 kilos de sel, ce qui correspondrait à une économie de 80 kilos de sel par 100 kilos de carbonate de soude fabriqué.
- (l'î Haller, l'Industrie chimique, p. 118.
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- Le progrès le plus important qui ait été réalisé dans le procédé de fabrication de la soude à l’ammoniaque depuis sa mise en exploitation est dû à M. Schlœsin0'. Après la fermeture de l’usine de Puteaux, où fut essayé pour la première fois le procédé, M. Sclilœsing n’abandonna pas la question et, il y a une douzaine d’années, il lit breveter un nouveau système très original qui, expérimenté depuis lors en Angleterre, a reçu la sanction définitive de l’expérience industrielle.
- Le procédé à l’ammoniaque, tel qu'il est appliqué jusqu’à présent, malgré tous ses avantages, présente de sérieux inconvénients : il nécessite un matériel coûteux, délicat, compliqué; il exige une force motrice considérable, employée surtout à refouler de grands volumes de gaz, sous une pression assez forte, dans les colonnes de carbonatation. De plus, quand la carbonatation ne s’est pas bien faite, on obtient des précipités légers, difficiles à travailler. Lnlîn, les appareils s’incrustent, ce qui nécessite des nettoyages assez fréquents, à la suite desquels les tôles mises à nu donnent des soudes légèrement ferrugineuses.
- Par son nouveau procédé, M. Sclilœsing fait disparaître la plupart de ces inconvénients. Le principe de ce procédé est le suivant :
- Au lieu de sursaturer par le gaz carbonique la saumure ammoniacale, M. Sclilœsing fait agir la solution de sel marin sur le bicarbonate d’ammoniaque, en petits cristaux, préparé à part.
- Ce procédé a été expérimenté pour la première fois dans une usine anglaise, celle de MM. Dell frères, à Middlesbrougb (Yorksliire) ; depuis quelques années, il fonctionne régulièrement, et on y produit ainsi 20 tonnes de sel de soude par jour. C’est peu évidemment, si on compare cette production à celle des grandes usines anglaises, mais il est question de l’augmenter; on assure que la maison Brunner et Moud, la plus grande fabrique de soude à l’ammoniaque d’Angleterre, a l’intention de l’adopter.
- Yoici quelques renseignements sur ce procédé, tel qu’il est appliqué dans l’usine de MM. Bell.
- La première opération consiste à préparer le bicarbonate d’ammoniaque cristallisé. Pour cela, on prend une solution aqueuse d’ammoniaque à 10 p. 100 environ et, dans une fabrication continue, les eaux mères du bicarbonate d’ammoniaque amenées par addition d’ammoniaque au degré de concentration voulu. On fait agir sur cette solution l’acide carbonique produit par des fours à chaux. La réaction se fait dans des tours à coke où le liquide tombe en pluie. Ces tours sont accouplées deux par deux et la tuyauterie est disposée de telle façon que chacune peut être successivement la première ou la deuxième. Au début, ces tours étaient en bois; MM. Bell les construisent actuellement en fonte, et cela sans aucuninconvénicnt.
- Les liquides sont refoulés par des pompes dans des réservoirs d’alimentation situés à 10 mètres de hauteur environ.
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- Les gaz des fours à chaux sont amenés directement et sans pression au bas de la première tour, qu’ils traversent, pour passer ensuite dans la seconde, et, de là, dans une colonne à coke qui sert de laveur et retient la petite quantité d’ammoniaque qui est entraînée. Il se forme du carbonate neutre, puis des sesqui-carbonates, et enfin du bicarbonate. La réaction produit une élévation de température, et, comme le liquide n’est pas refroidi, il ne se forme pas ou il se forme très peu de dépôt cristallin dans la tour; en tout cas, on dissout ce dépôt en changeant la circulation des liquides, c’est-à-dire en faisant arriver la solution ammoniacale dans la seconde tour où il se produit surtout.
- A la fin de l’opération, il est nécessaire d’avoir des gaz riches en acide carbonique, et même de l’acide carbonique pur. Autrefois, on l’obtenait en recueillant le gaz qui se dégage dans la calcination du bicarbonate de soude. M. Schlœsing-a abandonné l’usage de cette source d’acide carbonique, dont il n’a pas besoin. Il retire maintenant l’acide carbonique pur, par un procédé très original, des eaux mères du bicarbonate de soude.
- Il dissocie par l’action delà chaleur les vapeurs de carbonate d’ammoniaque qu’elles émettent, puis il condense l’ammoniaque et laisse dégager l’acide carbonique pur, qu’il envoie dans les tours d’absorption.
- L’ammoniaque étant ainsi saturée d’acide carbonique, on amène la liqueur dans un bac où on la refroidit par un courant d’eau. Il se dépose, dans ces conditions, d’abondants cristaux de bicarbonate d’ammoniaque de 1 millimètre de diamètre environ. Ces précipités sont recueillis sur le double fond perforé d’un grand cylindre qui peut contenir 4 tonnes environ de bicarbonate d’ammoniaque cristallisé et grenu.
- L’eau mère est reprise pour servir à la production de l’acide carbonique pur comme il a été dit, puis elle entre dans le travail.
- La double décomposition entre le bicarbonate d’ammoniaque et le chlorure de sodium se fait très rapidement. Il suffit, pour cela, de faire couler la solution de sel sur le bicarbonate d’ammoniaque. La liqueur est répartie uniformément sur le tas au moyen d’un distributeur; elle traverse lentement la niasse, et est recueillie au fond du cylindre. Le bicarbonate de soude se substitue au bicarbonate d’ammoniaque, et l’eau mère emporte le chlorhydrate d’ammoniaque.
- Lorsque la solution de sel a agi, on fait tomber par le même distributeur de l’eau pure pour laver le bicarbonate de soude, puis ce sel est enlevé par une ouverture pratiquée au fond du cylindre.
- Pour calciner le bicarbonate de soude, M. Schlœsing emploie de préférence des fours à sole, et il laisse perdre l’acide carbonique qui se dégage, car il trouve suffisamment d’acide carbonique pur par le procédé dont nous avons parlé plus haut.
- Tel est le nouveau procédé de M. Shlœsing ; ses avantages sont incontestables :
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- 1° Le matériel qu’il nécessite est très simple, peu coûteux, si on le compare à celui des autres usines travaillant parle procédé à rammouiaque. Il se compose simplement de cylindres en tôle, de pompes pour faire circuler les liquides et d’un four à sole pour la calcination du bicarbonate de soude. Les gaz traversant librement les appareils d’absorption, il ne faut plus de pompes puissantes pour refouler de grands volumes de gaz sous de fortes pressions.
- 2° Les pertes en ammoniaque sont minimes, presque nulles.
- 3° Le sel est plus dense que celui obtenu dans le procédé primitif.
- On peut ajouter que ce procédé n’a plus à faire ses preuves; la sanction industrielle peut être considérée comme acquise par un fonctionnement continu de dix années. Il n’est pas douteux qu’il ait beaucoup d’avenir. Déjà, en Angleterre, il est question de l’appliquer dans de grandes usines et il est probable qu’il nous re_ viendra ensuite en France.
- Extraction, du chlore des résidus de la fabrication, de la soude à U ammoniaque. — Le procédé à l’ammoniaque, qui fournit le carbonate de soude dans des conditions si avantageuses, a l’inconvénient capital de laisser perdre le chlore qui est rejeté sous forme de chlorure de calcium. Aussi, dès le début de son application, le problème de la récupération du chlore des résidus de la fabrication de la soude à l’ammoniaque s’est-il posé et a été étudié de tous côtés. On sait toutes les tentatives qui ont été faites dans ce sens, et il serait long de citer tous les brevets qui ont été pris à ce sujet, la plupart d’ailleurs sont impraticables et sans valeur. Aujourd’hui cependant il semble que la solution de ce grand problème industriel soit prochaine; en tous cas, des progrès récents ont fait faire un grand pas à la question.
- Les nombreux procédés qui ont été proposés se divisent en trois classes :
- 1° Ceux dans lesquels on a cherché à combiner l’extraction de l’acide chlorhydrique et du chlore avec la régénération de l’ammoniaque, par traitement direct du chlorhydrate d’ammoniaque.
- 2° Ceux qui ont pour but le traitement du chlorure de calcium résultant de la décomposition préalable du chlorhydrate d’ammoniaque par la chaux.
- 3° Ceux qui ont trait à la décomposition du chlorure de magnésium obtenu de même par la décomposition préalable du chlorhydrate d’ammoniaque.
- La difficulté d’évaporer sans décomposition les dissolutions de chlorhydrate d’ammoniaque rend incertain le succès des procédés de la première sorte. M. Moud et la Société Solvay ont fait breveter cependant d’intéressantes dispositions (1); nous ne décrirons que le dernier procédé, indiqué parM. Mond, de la maison Brunner et Mond, deINortwich.
- Ce procédé très original fut accueilli à son apparition avec quelque incré-
- (1) On en lira la description dans le Dictionnaire de chimie de Wurtz, 2e supplément, article Chlore, p. 1092.
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- dulité, mais il parait, qu’on produit ainsi huit à dix tonnes de chlorure de chaux par jour dans Fusine de Winnington. Tout d’abord, pour isoler le chlorure d’ammonium des eaux mères, M. Moud les soumet à la congélation.
- La seconde opération est la décomposition du chlorure d’ammonium par la magnésie; la décomposition se fait à sec. Dans ce but, le sel est volatilisé à la température de 300° environ dans un récipient contenant du chlorure de zinc.
- Le récipient est en fer; il est muni d’un doublage en antimoine ou en alliage d’antimoine, de façon à proléger le fer contre l’action de l’acide chlorhydrique. Quant au bain de chlorure de zinc, il a deux buts : il empêche la température d’atteindre le point de fusion de l’antimoine, et il rend le dégagement gazeux beaucoup plus régulier. Le mélange des gaz provenant de la décomposition du chlorhydrate d’ammoniaque est dirigé dans un second récipient contenant de la magnésie; l’acide chlorhydrique est absorbé par la magnésie, tandis que l’ammoniaque est recueillie à sa sortie de l’appareil, et rentre dans la fabrication.
- Enfin, dans la phase suivante, on décompose Je chlorure de magnésium par l’air à i 000°, comme dans le procédé Weldon-Péchiney.
- Le procédé le plus généralement suivi pour chasser l'ammoniaque des eaux mères du bicarbonate de soude est celui qui consiste à les traiter par la chaux. Il en résulte comme résidu du chlorure de calcium.
- Les tentatives faites jusqu’à présent pour rendre utilisable le chlore du chlorure de calcium n’ont pas été couronnées de succès.
- Les procédés proposés reposent sur l’action à haute température, en présence d’air ou de vapeur d’eau, de la silice, des argiles, etc. sur le chlorure de calcium. MM. Solvay ont montré que les argiles attaquent plus facilement le chlorure de calcium que la silice et ont fait breveter un four spécial pour effectuer cette décomposition (1).
- Si, au lieu cl’air, ou fait passer un courant de vapeur d'eau surchauffée on obtient de l’acide chlorhydrique.
- Ces procédés sont très coûteux, car ils nécessitent beaucoup de combustible.
- De tous les procédés proposés pour extraire le chlore des résidus de la fabrication de la soude à l’ammoniaque, les plus,intéressants sont ceux qui reposent sur la décomposition du chlorure de magnésium, car c’est ainsi qu’on s’est approché le plus de la solution.
- La solution de ce problème intéresse non seulement les fabricants de soude à l'ammoniaque, mais encore les usines de Stassfurt, où le chlorure de magnésium constitue un résidu important, puisque ces usines en rejettent plus de 200 000 tonnes par an, quantité supérieure à celle nécessaire pour la fabrication de la totalité des produits chlorés consommés dans le monde entier.
- (1) Bulletin de la Société chimique de Paris. 1891, l. V. p. 119 et Dictionnaire de chimie de Wurlz. A ï'U|ipic il 11• nI, p. 1092.
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- La première difficulté, qui se présente dans le traitement des résidus de la soude à l’ammoniaque est l’obtention de ce chlorure de magnésium. La magnésie ne décompose le chlorhydrate d’ammoniaque qu’avec une très grande lenteur; c’est un gros inconvénient dans la pratique industrielle. Toutefois, on peut tourner la difficulté en décomposant les eaux mères par la chaux, puis en traitant la solution de chlorure de calcium tenant en suspension de la magnésie par un courant d’acide carbonique; on obtient une solution de chlorure de magnésium et du carbonate de chaux.
- Le chlore du chlorure de magnésium peut être extrait soit sous forme d’acide chlorhydrique, soit sous forme de chlore, soit enfin, en partie, sous forme de chlore et en partie sous forme d’acide chlorhydrique.
- Le chlorure de magnésium sec, décomposé par la vapeur d’eau surchauffée, donne de l’acide chlorhydrique, et, décomposé à haute température en présence de l’air, il donne du chlore.
- Telles sont les réactions sur lesquelles sont basés les procédés de traitement du chlorure de magnésium en vue de la fabrication du chlore et de l’acide chlorhydrique.
- La solution de chlorure de magnésium peut être évaporée sans perte d’acide chlorhydrique jusqu’à la formation de l’hydrate MgCl2 + 6 H20; elle marque alors 45° B et bouta 156°; si on pousse plus loin la concentration, il y a dégagement d’acide chlorhydrique.
- On peut chasser complètement l’eau de ce sel en le chauffant à 550°, mais il perd alors 50 p. 100 environ de son chlore sous forme d’acide chlorhydrique, et le résidu est un oxychlorure de magnésium MgO, MgCl2.
- L’oxychlorure de magnésium chauffé au rouge dans un courant d’air sec donne du chlore et de la magnésie. La rapidité et l’achèvement de cette réaction sont subordonnés à l’état physique de l’oxychlorure, qui fournit, dans certains cas, des gaz renfermant jusqu’à 8 p. 100 en volume de chlore. Mais, môme dans les conditions les plus favorables, la décomposition nécessite une haute température longtemps maintenue, c’est-à-dire une forte dépense de combustible.
- Tous les procédés de traitement du chlorure de magnésium reposent sur la préparation d’un oxychlorure dans un état de porosité permettant de remplir ces conditions, et pouvant supporter les plus fortes chaleurs sans fondre.
- M. Eschellmann a analysé dans un excellent article, paru dans la Chemical Industry (1889, p. 2, 25 et 51) et dont un extrait a été donné dans le Bulletin de la Société chimique de Paris, 1890, t. III, p. 472 à 481, tous les brevets qui ont été pris à ce sujet, et dans le détail desquels nous ne croyons pas devoir entrer.
- De tous ces procédés, nous ne citerons que le procédé Weldon-Péchiney, qui a été essayé industriellement à l’usine de Salindres, où il a donné d’intéressants résultats, et le procédé Sehlœsing. On trouvera la description du procédé Wel-Tome I. — 95e année. ae série. — .Janvier 1896. 4
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- don-Péchiney, dans une conférence faite par M. Millot à la Société chimique de Paris en 1888 et dans le deuxième supplément du Dictionnaire de Wiir/z, article « Chlore ».
- Le procédé Weldon-Péchiney a été surtout un succès pour les ingénieurs qui ont eu à surmonter des difficultés considérables.
- L’idée de l’application de ce procédé est abandonnée en France depuis le succès du procédé Deacon; mais, légèrement modifié, il est installé, paraît-il, dans la plus importante des fabriques autrichiennes de soude à l’ammoniaque, à Sezakova en Galicie, où il donnerait d’excellents résultats. On transforme d’abord les lessives de chlorure de calcium en lessives de chlorure de magnésium au moyen de la magnésie et de l’acide carbonique, et le chlorurejde magnésium est décomposé dans un appareil Péchiney à foyer mobile.
- Les principales causes d’insuccès de ce procédé sont : la grande complication des appareils et la grande dépense en combustible. Les expériences de Salindres ont démontré, en effet, que la production d’une tonne de chlorure de chaux exige 6 tonnes de combustible, quantité qui pourrait sans doute être diminuée, mais qui, en tous cas, resterait considérable.
- Le procédé Schlcesing est certainement, aujourd’hui, le plus perfectionné de to îs ceux qui sont basés sur la décomposition du chlorure de magnésium, et il semble apporter une solution pratique de ce problème si important. Comme complément à son nouveau procédé de fabrication de la soude, M. Schlœsing a fait breveter (en 1887 et en 1891) un système d’extraction du chlore ou de l’acide chlorhydrique des résidus de la fabrication.
- Depuis cinq ans, ce procédé est expérimenté et perfectionné dans l’usine de MM. Bell et les résultats sont des plus satisfaisants. Nous allons rapidement en donner les principes.
- Les eaux mères du bicarbonate de soude sont d’abord soumises à l’ébullition pour chasser le carbonate d’ammoniaque qu’elles renferment, puis additionnées de magnésie et chauffées pour chasser l’ammoniaque du chlorhydrate en dissolution.
- L’ammoniaque condensée rentre dans le travail.
- La solution de chlorure de magnésium, contenant du chlorure de sodium, est concentrée parles moyens les plus économiques. Jusqu’à un certain degré, tant que le chlorure de magnésium ne se décompose pas, on peut employer les chaudières ordinaires et utiliser la vapeur; dans le cours de la concentration, on sépare, bien entendu, le chlorure de sodium qui se dépose.
- La concentration doit ensuite se poursuivre dans des appareils spéciaux; ce sont des cuvettes en fonte munies d’agitateurs en forme de râteaux et des cylindres horizontaux traversés dans toute leur longueur par un agitateur à lames hélicoïdales, dans lesquels la masse passe successivement, et où elle est chauffée progressivement jusqu’au rouge naissant.
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- Pour éviter la décomposition du chlorure de magnésium et empêcher le départ d’acide chlorhydrique, M. Schlœsing emploie un moyen très original, qui consiste à faire cette concentration dans une atmosphère d’acide chlorhydrique. La présence constante d’un excès d’acide chlorhydrique dans la période de concentration suspend l’action décomposante de la vapeur d’eau, comme l’a montré Dumas, et permet d’obtenir Je chlorure parfaitement anhydre et ne contenant que 15 p. 100 de magnésie environ. On ne perd sous forme d’acide chlorhydrique que le cinquième environ du chlore du chlorure de magnésium. L’opération n’eu est cependant pas moins laborieuse, car le chlorure de magnésium perd difficilement la totalité de son eau.
- Les vapeurs qui se dégagent de l’appareil de séchage sont condensées et donnent une solution étendue d’acide chlorhydrique; quant au gaz acide chlorhydrique libre non condensé, il est constamment renvoyé dans le four. On réalise ainsi très simplement les conditions indiquées précédemment.
- Pour la fabrication du chlore, le chlorure de magnésium anhydre est placé dans un four à moufle, non pas sur la sole directement, mais sur un double fond formé de dalles perforées et disposées de manière à laisser un vide entre elles et la paroi.
- On étend le chlorure sur une épaisseur de 0m,20 environ. L’espace libre au-dessus est mis en communication avec une canalisation apportant de l’air surchauffé, tandis que le dessous est relié avec des tuyaux entraînant le chlore.
- On chauffe au rouge sombre ; l’air traverse ainsi la masse de chlorure de magnésium, et on règle le courant comme il convient pour la bonne marche de l’opération.
- Les gaz qui sortent de l’appareil sont plus riches que ceux obtenus dans les appareils Deacon ; ils renferment de 12 à 15 p. 100 de chlore.
- Quant à la magnésie qui est le résidu de l'opération elle rentre dans le travail.
- Ce système de traitement du chlorure de magnésium présente de grands avantages sur celui de Weldon-Péchiney, cela n’est pas douteux. Si quelques-unes des objections qu’on faisait à ce dernier, notamment la grande dépense de combustible, subsistent, les autres disparaissent dans le procédé Schlœsing qui, en tous cas, a fait faire un grand pas à la question.
- Avec ce procédé de fabrication du chlore, M. Schlœsing a complété l’œuvre qu’il poursuit depuis plus de quarante ans, et il donne ainsi une solution complète de ce problème si important de la fabrication de la soude à l’ammoniaque, dont il fut d’ailleurs le premier à s’occuper.
- Si ces résultats n’attirent pas davantage l’attention des fabricants, cela tient très probablement à ce que ceux-ci sont tout entiers à l’étude des procédés électrolytiques, sur lesquels on fonde de grandes espérances, qui peut-être ne se réaliseront pas de sitôt.
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- Le succès du procédé Schlœsing pourrait avoir, d’ailleurs, une conséquence grave : il pourrait amener une grande perturbation dans l’industrie du chlorure de chaux; celle-ci aurait, en effet, dans ces conditions, tout intérêt à se concentrer dans les régions où le chlorure de magnésium est obtenu comme résidu. Aux salins de Giraud, sur les gisements Stassfurt, par exemple, l’industrie des sels de potassium obtient en quantité considérable, comme eaux résiduelles, une solution saturée à froid de chlorure de magnésium qui se prêterait admirablement à ce traitement.
- III. — PROCÉDÉS ÉLECTROLYTIQUES
- On sait que, lorsqu’on fait passer un courant électrique dans une solution aqueuse concentrée de sel marin, on obtient au pôle positif un dégagement de chlore et au pôle négatif du sodium qui, en présence de l’eau, donne de la soude et un dégagement d’hydrogène.
- Dans une cuve sans diaphragme, les éléments ainsi séparés se recombinent, et on obtient par suite de l’hypochlorite, puis du chlorate. Mais, si on sépare les deux électrodes par une cloison poreuse, on maintient isolés les éléments du chlorure, c’est-à-dire qu’on a du chlore autour du pôle positif et, au pôle négatif, de la soude qu’on peut recueillir. La réaction se fait de même avec une solution aqueuse de chlorure de potassium.
- Au lieu des solutions aqueuses, on peut opérer sur les sels fondus; on obtient, dans ce cas , le métal d'un côté, le chlore de l’autre.
- Les solutions aqueuses d’acide chlorhydrique soumises de même à l’électro-lyse donnent du chlore et de l’hydrogène.
- Tel est le principe des procédés électrolytiques qu’on cherche à appliquer dans l’industrie des grands produits chimiques.
- On voit qu’on peut obtenir ainsi le chlore, la soude, la potasse, les hypo-chlorilcs, les chlorates et, cela, à première vue, par des moyens très simples si on envisage la complication du procédé Leblanc et du procédé à l’ammoniaque au moyen desquels on fabrique aujourd’hui les mêmes produits.
- Ces réactions étaient bien connues ; mais, jusque dans ces derniers temps, on ne pouvait songer à les appliquer en grand, faute de sources électriques suffisantes. Aujourd’hui, grâce aux immenses progrès réalisés dans la production des courants continus par les générateurs mécaniques d’électricité, il n’en est plus de même, et on comprend toute la faveur dont ces procédés sont maintenant l’objet.
- On s’est mis à les étudier de toutes parts; dans beaucoup d’usines, on a entrepris des recherches à ce sujet ut installé des appareils d’essais.
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- Le nombre des brevets pris témoigne de l’activité des chercheurs. Il serait bien long de les analyser et même de les citer tous. Ce travail serait du reste complètement dépourvu d’intérêt, d’autant plus que les renseignements que l’on peut obtenir à ce sujet sont tous incomplets et manquent le plus souvent de précision. Il faut attendre que chacun ait fait ses preuves pour se prononcer sur ceux qui présentent un intérêt industriel. La question est encore fort embrouillée et, pour le moment, on ne peut que signaler, sur la foi des auteurs, des tentatives plus ou moins heureuses.
- Très simples à première vue, ces procédés présentent dans l’application de sérieuses difficultés. C’est au point que certains prétendent qu’il n’y a pas un procédé viable parmi tous ceux qui ont été prônés pour décomposer par élec-trolyse les solutions de chlorure de sodium.
- Il en serait de même de l’électrolyse des sels fondus; là aussi on a éprouvé beaucoup de déboires.
- Une des causes principales des échecs qu’ont subis ces méthodes réside dans la difficulté de trouver des diaphragmes et des anodes appropriés. C’est l’obstacle auquel on s’est heurté d’abord dans l’application des procédés électrolytiques.
- Il faut, en effet, une anode qui ne se désagrège pas rapidement sous l’action du chlore naissant et un diaphragme poreux qui empêche la soude caustique entourant Ja cathode de se recombiner avec le chlore entourant l’anode, et cela, sans augmenter la résistance opposée au courant dans de trop grandes proportions.
- Comme électrodes, on a proposé le charbon de cornue, malheureusement peu résistant au chlore. On a cherché à le rendre moins attaquable en le calcinant préalablement à haute température seul ou après l’avoir imprégné de certaines substances organiques telles que du goudron, du sucre, etc.
- On a préconisé aussi certains phosphures et siliciures métalliques, notamment le ferro-silicium.
- Le platine lui-même est rapidement attaqué parle chore, mais le platine iridié, paraît-il, l’est à peine. Le platine iridié à 9 p. 100 d’iridium est l’alliage qui donne les meilleurs résultats. Malheureusement son prix élevé est un grand obstacle à son emploi pour la construction des électrodes.
- Gomme diaphragmes, on a proposé successivement une foule de corps. Les membranes animales ou le parchemin végétal ont l’inconvénient d’être peu résistants ; on a cherché à les consolider en les imprégnant de sang coagulé, d’albumine, de dépôts adhérents minéraux, de chaux ou de magnésie, etc.; les cloisons en calcaire, en terre réfractaire ou en ciment donnent d’assez bons résultats; les tissus d’amiante ne sont pas assez serrés pour constituer des diaphragmes suffisamment imperméables, mais on peut les enduire d’une couche de ciment ou de kaolin et les cuire au four à porcelaine; M. Audréoli donne la préférence à la porcelaine d’amiante; M. Greenwood se sert de cloisons en verre ou en au-
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- doiso percées de trous, entre lesquelles se trouve delà pâte d’amiante; MM. Hcr-mite et Dubosc font usage d’un diaphragme liquide et mobile de mercure; MM. Roberts et Caldwelle proposent de se servir comme diaphragme, du sel même à réduire, sous sa forme solide, dans un dispositif spécial.
- Enfin, récemment, on a supprimé cette difficulté en supprimant le diaphragme, comme on le verra plus loin.
- Un autre obstacle de la méthode c’est que, arrivée à un certain degré de concentration, la solution de soude caustique qui se forme dans le compartiment négatif cesse de s’enrichir; au début, en effet, l’action du courant se porte sur le chlorure de sodium seul; il se forme de la soude caustique dont la proportion va en augmentant, puis, à partir d’une certaine proportion, cette soude caustique elle-même s’électrolyse. Dès lors, le rendement est presque nul. La solution alcaline atteint donc un maximum, maximum qui est assez bas, car on ne peut pas décomposer plus de 14 p. 100 du sel marin. Il faut alors faire passer la solution dans des appareils à concentration pour séparer le sel et obtenir la soude à peu près pure. A 50 degrés Baumé, tout le sel est précipité. Pour éviter cet inconvénient, MM. C. Ilermite et A. Dubosc électrolysent le chlorure de sodium en présence d’argile ou d’alumine gélatineuse,de façon à former du silicate ou de l’alumi-nate de sodium qui est décomposé par l’acide carbonique. M. Kellner empêche la soude caustique et le chlore de se recombiner en introduisant du gaz carbonique dans le liquide de la cathode et en précipitant la soude sous forme de bicarbonate.
- MM. Parker et Robinson ajoutent au liquide baignant la cathode une matière grasse qui se transforme en savon; celui-ci est séparé et décomposé par l’acide carbonique.
- Beaucoup de dispositifs ont été proposés pour opérer pratiquement la décomposition du chlorure de sodium par électrolyse ; mais nous n’en citerons que quelques-uns pris dans chacun des principaux types d’appareils.
- L’appareil de M. Hermite est établi de façon à donner des hypochlorites.
- Il consiste en une cuve en fonte galvanisée dans laquelle on fait circuler la solution du chlorure alcalin à électrolyser.
- Les électrodes négatives sont formées par uu certain nombre de disques en zinc montés sur deux arbres qui tournent lentement. Entre chaque paire de disques en zinc, sont placées les électrodes positives, dont la surface active est constituée par de la toile de platine, maintenue par un cadre en ébonite qui donne la raideui nécessaire. La partie supérieure des toiles de platine est soudée à une pièce de plomb et parfaitement isolée.
- Chaque cadre ou électrode positive communique par la pièce de plomb avec une barre de cuivre qui traverse l’électrolyseur ; le contact est fait au moyen d’un écrou, et chaque électrode peut être enlevée en marche sans gêner le bon fonctionnement de l’appareil.
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- Cette barre de cuivre, à laquelle sont fixées les électrodes positives, est en communication avec le pôle négatif de la dynamo.
- Quand on emploie plusieurs électrolyseurs, on les monte en tension.
- On fait généralement passer dans les électrolyseurs un courant électrique de 1 000 à 1 200 ampères, avec une force électro-motrice de 5 volts.
- On règle récoulement de la solution du chlorure alcalin de façon à avoir une solution d’hypochlorite au degré chlorométrique demandé.
- Les cuves installées par M. Greenwood ont 6 mètres de long sur 1 mètre de large et 23 centimètres de profondeur; elles sont divisées en 00 compartiments : 30 pour les anodes en charbon et 30 pour les cathodes en fer.
- Voici un appareil breveté par les manufactures de produits chimiques du Nord, et actuellement en expérience dans les établissements Kuhlmann.
- Cet appareil consiste en une série de cadres munis alternativement de lames conductrices (platine iridié à 10 p. 100) et de diaphragmes de telle sorte, qu’après serrage des cadres les uns contre les autres, on obtient une série de compartiments fermés d’une part par le cadre lui-même, d’autre part par une face de la lame conductrice et par la face d’une lame poreuse. Le courant arrive par une extrémité de l’appareil et sort par l’autre; les lames intermédiaires ont par suite une polarité différente sur leurs deux faces. Au moyen de canaux convenablement aménagés dans les parois des cadres, on sépare les liquides rentrant ou sortant de l’appareil, et cela pour chaque pôle. La disposition spéciale de la partie supérieure de l’appareil permet de séparer les gaz produits par électrolyse.
- Cet appareil est particulièrement convenable pour la fabrication de la soude caustique et du chlore, car il présente le minimum de résistance au passage du courant, la distance entre les électrodes étant de 33 millimètres seulement; il est de plus très facilement démontable, se prête cà la marche continue; il est peu volumineux. On peut facilement supprimer tel ou tel cadre détérioré sans que, pour cela, la marche de l’appareil soit diminuée. Cet appareil est très robuste et peut être utilisé même dans le cas des électrolytes chauffés, comme pour le chlorate de potasse par exemple.
- Les essais ont donné comme résultat un rendement de 1 kilo de soude caustique par 4 kilowatt-heures ; on obtient de plus la quantité correspondante de chlore gazeux qui peut être utilisé pour la fabrication du chlorure de chaux.
- MM W. Spilker et C. Lœwe ont fait breveter un procédé original, qui fonctionne dans une usine allemande. Les avantages de ce procédé consisteraient en ce que la production de l’alcali et du chlore est continue et tout à fait indépendante de la concentration, et en ce que l’acali est obtenu sous forme de lessive pure, sans chlorure alcalin.
- Les auteurs ont reconnu qu’on obtient une électrolyse proportionnelle à l’in-
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- tensité du courant lorsqu’on ne plonge que l’électrode positive dans la solution de chlorure alcalin. Celle-ci est séparée de la cellule négative par un diaphragme poreux contenant une solution de carbonate de soude sursaturée d’acide carbonique. La cellule anode perd son alcali, par une sorte d’osmose électrique avec dégagement de chlore, tandis que l’alcali passe dans la cathode et forme, avec le bicarbonate qui s’y trouve déjà, du carbonate neutre, en même temps qu’il se dégage de l’hydrogène.
- L’appareil se compose d’une série de cellules couplées anodes avec anodes, cathodes avec cathodes. Un courant continu de chlorure alcalin arrive dans la cellule positive la plus élevée, tandisqu’une solution faiblede carbonate de soude, sursaturée d’acide carbonique, s’écoule parallèlement dans la cellule négative. On recueille au bas de cette dernière une solution de carbonate neutre, tandis que l’ensemble des cellules positives enfermées dans un espace clos fournit un courant de chlore.
- L’emploi du mercure comme électrode a été proposé par un certain nombre d’inventeurs et paraît avoir fait faire un réel progrès à la question.
- L’emploi du mercure comme électrode négative permet, en effet, de fixer le sodium formé sous forme d’amalgame ; en faisant circuler le mercure, on peut éliminer le sodium du champ de la réaction au fur et à mesure de sa formation et empêcher ainsi les actions secondaires. Le système rend inutile le diaphragme.
- MM. Despeisses, Nolff, Grcenvood, Atkins et Applegarth, Sindin Larsen, Castner, Kellner, Stormer, etc., ont étudié ce procédé et ont décrit des appareils spéciaux pour le mettre eu pratique.
- L’appareil de M. Despeisses est le plus simple. U consiste en une cuve non conductrice, divisée en deux compartiments par une cloison non conductrice également, descendant presque jusqu’au fond. Celui-ci est recouvert d’une couche de mercure dans lequel plonge la cloison et qui est relié au pôle négatif.
- Dans un des compartiments, au-dessus du mercure, se trouve la solution saline avec l’anode, dans l’autre de l’eau. L’amalgame de sodium, formé dans le premier, se diffuse promptement à travers la masse de mercure, et est décomposé dans l’autre par l’eau en formant de la soude.
- L’appareil deM. Castner consiste en un récipient large et peu profond, divisé en trois compartiments par deux cloisons allant du haut presque jusqu’au fond.
- Au-dessus, les compartiments sont fermés par des couvercles hermétiques. Le fond renferme une couche de mercure assez liante pour atteindre les cloisons et pour isoler les trois compartiments. Line solution concentrée de sel est maintenue en circulation dans les éléments extérieurs, et les anodes en charbon sont placés dans cette solution, près de la surface du mercure. Il circule dans le compartiment du milieu de l’eau pure, dans laquelle plonge une cathode en fer. Au passage du courant électrique, le mercure contenu dans les éléments extérieurs
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- sert de cathode et absorbe le sodium métallique, tandis que du gaz chlore se dégage aux anodes et passe dans une conduite de gaz mise en communication avec le couvercle. Le sodium se répand dans le mercure renfermé dans l’élément central, et cette diffusion est favorisée par un léger mouvement oscillant communiqué à l’ensemble du récipient par un mécanisme approprié.
- Dans ce compartiment central, le mercure sert d’anode et la plaque de fer de cathode. L’eau se décompose, l’hydrogène se dégage à la cathode, tandis que l’oxygène dégagé à l’anode formée par le mercure oxyde le sodium qui y est contenu pour donner de l’oxyde de sodium ; celui-ci, combiné avec l'eau, donne de la soude caustique.
- Les accessoires de chaque récipient sont des conduites reliées aux compartiments extérieurs pour faire circuler la solulion de sel, une tuyauterie pour enlever le chlore el des conduites reliées au compartiment central pour fournir de l’eau et entraîner la solution de soude.
- Le courant employé est de 550 ampères et 4 volts. Les pertes sont très faibles ; on utilise 90 p. 100 du courant.
- La soude caustique obtenue est très pure et le gaz chlore dégagé de l’appareil ne contient pas plus de 3 p. 100 d’hydrogène.
- Ce système est appliqué à Qldbury, près de Birmingham.
- Actuellement, avec une dépense de force de 110 chevaux, on produit 1 200 livres de soude caustique et 1 000 livres de chlore par vingt-quatre heures.
- L’appareil de M.Si nding-Larsen est cylindrique, à deux compartiments concentriques. Le mercure,qui se trouveau fond de la couronne, est maintenu en mouvement par une roue à aube. Il passe dans la solution saline électrolysée,placée dans le compartiment central, puis vient dans la couronne, où il cède le sodium à l’eau.
- Dans l’appareil Kellner, le mercure est aussi constamment en mouvement ; il passe successivement du bac où la solution est électrolysée dans un autre bac contenant de l’eau, d’où il est refoulé par une pompe dans l’électrolyseur.
- M. Kellner a décrit un dispositif permettant d’utiliser la chaleur dégagée par l’action du sodium sur l’eau à la production d’un courant qui est employé dans l’opération et diminue d’autant la quantité d’énergie électrique à engendrer.
- Il propose aussi d’utiliser l’hydrogène qui prend naissance dans la décomposition de l’amalgame à la production d’ammoniaque. Pour cela, il suffit de remplacer l’eau par une solution de nitrate de soude qui est réduit par l’hydrogène en ammoniaque et soude caustique.
- Des tentatives ont été faites pour électrolyser le sel en fusion, mais ces procédés n’ont pas encore été essayés en grand d’une façon sérieuse.
- M. Vautin a cherché à obtenir ainsi le sodium sous forme d’un alliage avec le plomb. Son appareil est une chaudière garnie intérieurement d’une couche de magnésie et munie d’un couvercle fermant hermétiquement. Au fond, se trouve,
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- une couche de plomb fondu surmontée d’une couche de chlorure de sodium également fondu. La chaudière porte trois orifices. Le premier sert au dégagement du chlore. Dans le second, s’engage une tige de charbon de cornue reliée au pôle positif et plongeant dans l’électrolyte. Le troisième orifice est muni d’un tube en terre réfractaire traversé par un conducteur en fer qui plonge dans le plomb fondu. Ce conducteur est relié au pôle négatif. Le sodium est mis en liberté et s’allie au plomb dont la surface forme la véritable cathode. On obtient ainsi un alliage renfermant de 15 à 25 p. 100 de sodium, décomposable par l’eau en donnant de la soude caustique.
- On voit, par ces quelques exemples, que des progrès sérieux ont été réalisés dans la voie des procédés électrolytiques, et, déjà, un assez grand nombre d’usines ont installé, au moins à titre d’essai, la fabrication du chlore et des alcalis par électrolyse. Dans certaines usines, on serait sorti, dit-on, de la période d’essais, et on cite déjà, pour quelques-unes, des productions assez notables. [Certains auteurs, M. Lunge entre autres, vont même jusqu’à prétendre que l’existence du procédé Leblanc n’est plus qu’une question de quelques années.
- Quoi qu’il en soit, on annonce la formation en Angleterre d’une société au capital de 300 000 £ sous le nom de « The Castner-Kellner Alkali C° » pour l’exploitation des brevets Castner et Kellner. D’autre part, les brevets Kellner ont été achetés par la Société Solvay.
- Il est incontestable que les derniers perfectionnements apportés dans les procédés de production de la soude et du chlore par électrolyse ont inspiré la plus grande confiance aux fabricants, et que nous allons assister à la tentative la plus importante qui ait été faite dans l’industrie de la soude depuis de nombreuses années. Que produira cette tentative? Allons-nous assister à une révolution profonde dans l’industrie des grands produits chimiques?
- En tous cas, il n’est pas douteux que les progrès de la fabrication électrolytique de la soude pourront porter, dans un avenir plus ou moins prochain, un coup sensible aux procédés actuels.
- Mais il faut aussi reconnaître que, pour la mise en exploitation régulière de ces procédés, il reste encore quelques grosses difficultés à vaincre. Le problème n’est pas complètement résolu. Outre certaines difficultés matérielles qui restent à vaincre, il y a le prix de revient, sur lequel on n’a encore aucune donnée pratique.
- D’après les calculs de MM. Cross et Bevan, l’électrolyse permettrait la fabrication combinée du chlore et des alcalis à des prix très rémunérateurs. Mais on n’est pas encore fixé là-dessus par l’expérience. D’autre part, le prix de revient de la soude à l’ammoniaque ne dépasse pas 5 francs, sans le chlore, que le procédé Schlœsing paraît devoirfournir dans de bonnes conditions. II semble difficile que les procédés électrolytiques fournissent cet alcali à un prix beaucoup inférieur.
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- Pour arriver à de grandes productions, ce qui est indispensable pour la soude, il faudrait, en effet, multiplier le nombre des appareils et, en somme, le procédé nécessiterait un matériel important, coûteux. La force motrice nécessaire serait considérable. Il est vrai qu’on pourrait utiliser les forces naturelles. On aurait grand intérêt à installer ces usines là où se trouvent des forces motrices hydrauliques et aussi les matières premières indispensables : le sel, le calcaire, etc.
- Mais, dans ces conditions, il y aurait à considérer les frais de transport des produits fabriqués. De plus, on ne déplace pas facilement des industries de cette importance.
- Quoi qu’il en soit, dans l’hypothèse du succès complet des procédés électrolytiques, c’est surtout le procédé Leblanc, avecla fabrication concomitante duchlorepar les procédés actuels, qui serait atteint et qui, peut-être, disparaîtrait complètement.
- Le procédé à l’ammoniaque résistera, bien qu’amoindri, à côté des procédés électrolytiques, et restera pour longtemps encore le régulateur du marché. Il jouera, en présence des procédés électrolytiques, le rôle que le procédé Leblanc joue actuellement en face de lui.Il s’établira, entre le procédé à l’ammoniaque et les procédés électrolytiques, un équilibre dans la production ; cela est inévitable.
- L’électrolyse du chlorure de sodium fournit, en effet, le chlore et l’alcali dans des rapports qui ne cadrent pas avec les besoins de la consommation.
- L’Europe, par exemple, consomme au moins six fois plus de soude que de chlorure de chaux, alors que, par l’électrolyse, on produirait environ deux fois autant de chlorure de chaux que de soude.
- Cette surproduction du chlorure de chaux ne manquerait pas de faire baisser considérablement le prix de ce produit et des autres préparations chlorées, si bien que les bénéfices présumés de la fabrication électrolytique, basés sur les cours normaux actuels des deux produits, se trouveraient abaissés dans de telles proportions que le procédé cesserait d’être avantageux.
- La production de la soude électrolytique serait donc probablement limitée par les demandes en chlore; le procédé à l’ammoniaque fournirait le reste.
- Mais, malgré tout, il n’est pas prouvé que le procédé à l’ammoniaque ne resterait pas maître de la situation si, comme on peut l’espérer, on résolvait pratiquement l’extraction du chlore et de l’acide chlorhydrique des résidus.
- Éleclrolyse du chlorure de potassium. — Les procédés de décomposition du chlorure de sodium dont nous venons de parler sont évidemment applicables au chlorure de potassium et, en outre, dans des conditions autrement avantageuses.
- S’il reste encore des doutes sur le succès définitif des procédés électrolytiques appliqués au chlorure de sodium, il n’est plus permis d’en avoir dans leur application au chlorure de potassium. L’électrolyse du chlorure de potassium est certainement aujourd’hui le meilleur procédé de fabrication de la potasse.
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- Pour la potasse, en effet, les conditions ne sont plus du tout les mêmes que pour la soude, bien que les procédés employés soient les mêmes.
- D’abord, le rendement est beaucoup supérieur; en vertu delà loi de Faraday, un même courant décompose des quantités équivalentes de chlorure de potassium et de chlorure de sodium et, comme le poids moléculaire de chlorure de potassium est beaucoup plus élevé que celui du chlorure de sodium, on a, pour une même intensité de courant, beaucoup plus de potasse.
- D’autre part, le prix de la potasse est beaucoup plus élevé que celui de la soude; les sources naturelles (potasse des vinasses, potasse de suint) sont insuffisantes, et le procédé Leblanc appliqué au chlorure de potassium ne réussit pas aussi bien que pour la soude.
- Enfin, la consommation de la potasse est moins grande que celle de la soude et il en résulte que l’application des procédés électrolytiques au chlorure de potassium ne peut pas jeter sur le marché des quantités de chlore capables d’y amener une perturbation.
- Ce procédé de fabrication de la potasse est installé depuis un certain temps dans quelques usines allemandes qui exploitent le chlorure de Stassfurt. On emploie les procédés de MM. Spilker et Lœwe.
- C’est à la fabrique de Greshcim qu’appartient le mérite d’avoir, la première, après une série de tâtonnements qui ont duré cinq ans, résolu industriellement ce problème important. La matière première employée est le chlorure de po'as-sium de Stassfurt, qu’on y décompose en potasse caustique très pure d’une part et en chlore d’autre part; ce dernier est ensuite converti en chlorure de chaux.
- Fabrication des chlorates par électrolyse. —- On peut oxyder directement les chlorures alcalins par électrolyse, et obtenir ainsi les chlorates.
- La fabrication des chlorates par électrolyse des chlorures est aujourd’hui une question complètement résolue.Cette nouvelle méthode présente du reste de tels avantages que les anciens procédés de fabrication sont abandonnés.
- Les procédés qu’on utilise sont ceux de MM. Gall et de Montlaur. On emploie des solutions concentrées de chlorure de potassium et on fait l’électrolyse à chaud, vers 80°.
- Une usine importante a été installée à Vallorbes ( Suisse), près de Pontarlier, pour cette fabrication. On y utilise les chutes de l’Orbe qui mettent plus de 3 000 chevaux à sa disposition. Une deuxième usine a été construite en France, à Saint-Michel-de-Maurienne, et une autre en Suède, à Mansho.
- On trouvera une description de l’usine de Vallorbes dans unarticledeM. Karda paru dans les numéros de juillet et décembre 1894 du Moniteur scientifi//ue.
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- Unification des méthodes d’essais de résistance des matériaux par M. L. Bâclé, ingénieur civil des mines, membre de la Société (1).
- Je dois, tout d’abord, m’excuser auprès de vous d’aborder un sujet aussi spécial, d’une nature aussi sévère que la question de l’unification des méthodes d’essai des matériaux de construction ; elle n’a même pas l’attrait des études de science pure, lesquelles apportent en elles-mêmes leur satisfaction propre, parce qu’elles répondent à un besoin permanent de notre intelligence toujours curieuse de scruter plus avant les secrets de la nature ; ici, au contraire, il ne s’agit pas de découvrir des lois inconnues, des aperçus nouveaux sur l’organisation de la matière; mais seulement d’apprécier les matériaux que nous voulons mettre en œuvre de façon à en déceler dans la mesure du possible les défauts cachés, à reconnaître en un mot s’ils sont en mesure de satisfaire à la fonction, de remplir le rôle que nous leur destinons.
- C’est donc là une question toute pratique, qui peut paraître n’intéresser que les entrepreneurs ou les constructeurs, et cependant, si l’on veut bien y réfléchir, on est amené à reconnaître qu’elle présente une importance indiscutable et qu’elle répond effectivement à un intérêt général.
- Elle arrive en effet à mettre enjeu la sécurité de chacun de nous ; quand nous voyageons en chemin de fer, quand nous nous confions en un mot d’une manière ou d’une autre à tous ces mécanismes que l’industrie met en œuvre actuellement, et qui font aujourd’hui partie intégrante de notre vie moderne, il nous importe de savoir que les matériaux qui ont servi à instituer la voie sur laquelle nous allons circuler, les machines et les wagons qui vont nous emporter d’une vitesse vertigineuse, ces matériaux en un mot constituent bien des pièces parfaitement saines capables de supporter sans rupture les efforts qui leur sont appliqués. C’est là une question qui se pose pour ainsi dire à chaque instant, aussitôt que nous nous trouvons en présence d’une construction quelconque, non seulement des mécanismes mobiles, mais même d’un ouvrage d’art entièrement fixe comme le pont qui élève son arche élancée par-dessus la rivière ou la vallée, la digue qui résiste à la poussée des eaux, ou même les édifices proprement dits.
- Nous pouvons dire sans doute que, au point de vue théorique, la question de la résistance des matériaux est étudiée aujourd’hui avec une précision qu’on
- (l) Communication fai ta à la Société d'Encourat/cinenl en sa séance du 10 janvier 1800.
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- n’avait jamais pu atteindre auparavant. On s’est attaché, en effet, à analyser les efforts complexes auxquel les pièces sont soumises, et on a pu faire, dans bien des cas, une synthèse donnant des résultats se rapprochant assez bien de la réalité; par de savants calculs, on a pu en déduire la forme théorique la mieux appropriée ; mais, cela fait, après ces longues et profondes recherches, nous retombons toujours sur la même objection fondamentale : Les pièces que vous allez mettre en œuvre, n’ont-elles pas quelque défaut caché susceptible de compromettre leur résistance ou leur durée ?
- Et vous voyez que la même difficulté se retrouve à chaque instant sous nos pas; partout et toujours, pour les constructions les plus diverses, qu'il s'agisse de mécanismes mobiles ou d’ouvrages d’art, il faut que nous soyons en mesure de dire si les matériaux employés étaient bien de qualité appropriée à leur destination. A ce point de vue donc, nous pouvons dire avec raison que toutes les tentatives faites pour nous mettre en mesure de répondre à cette question essentielle présentent réellement un intérêt général.
- Vous pouvez objecter toutefois que la qualité de ces matériaux pourrait être garantie par la provenance, par la marque de fabrique, et qu’il devrait donc suffire le plus souvent d’un examen extérieur suffisamment soigné pour apprécier la nature d’une pièce déterminée.
- Cette garantie de la marque de fabrique pouvait, en effet, suffire autrefois pour les métaux, par exemple : dans l’ancienne sidérurgie, chaque province industrielle ne traitait alors que certains minerais bien constants, d’après des méthodes également déterminées, et elle obtenait par suite des produits bien réguliers qui se trouvaient définis pour ainsi dire par leur marque de provenance ; mais aujourd’hui il n’en est plus de même. L’intervention du métal fondu, qui remplace d’une façon à peu près complète le fer soudé tel que nos pères le connaissaient, a bouleversé complètement la métallurgie ; il a permis, en effet, de préparer des aciers avec des minerais de toute provenance, d’y faire intervenir même certaines sortes qu’on aurait rejetées autrefois comme tenant des matières impropres nuisibles à la qualité d’un bon fer; c’était le cas, par exemple, pour les minerais phosphoreux, qu’on arrive à débarrasser maintenant de cet élément nuisible pour le concentrer dans la scorie, dont on a même pu faire ainsi un élément fertilisant pour l’agriculture,
- Dans ces conditions nouvelles, il est impossible d’apprécier la qualité d’un acier par un examen extérieur, par la seule provenance, et il faut recourir à des essais plusintimes, mettant en jeu les propriétés du métal. La même observation se retrouvera du reste pour tous les matériaux d’agglomération artificielle formés, eux aussi, d’une proportion déterminée d’éléments convenables, et il est impossible d’en apprécier les qualités d’après le seul aspect extérieur.
- On se trouve donc amené à effectuer des essais spéciaux dont les résultats
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- devront mettre en évidence les qualités intimes de ces matériaux artificiels, qualités impossibles à déceler autrement.
- Pour les métaux, ce sont les administrations militaires de la marine et de la guerre qui, les premières, sont entrées dans cette voie : demandant, en effet, au métal, pour les applications qu’elles ont en vue, le maximum des propriétés de résistance et de malléabilité dont il est susceptible, elles avaient un besoin particulièrement urgent d’être lixées sur ces propriétés intrinsèques, et c’est ainsi qu’elles ont imaginé des essais mécaniques de toute nature : de traction, de pliage et de choc, etc., pour manifester ces propriétés.
- Les administrations de chemins de fer ont suivi cet exemple, ainsi que les ateliers particuliers de construction, de sorte que les essais mécaniques sont devenus aujourd’hui d’un usage tout à fait général, et la préparation des éprouvettes arrive même à occuper, dans les grandes usines, l’action de véritables ateliers. Seulement, ces essais sont effectués le plus souvent dans des conditions variables d’un établissement à un autre, ce qui leur enlève par conséquent toute valeur comparative et diminue grandement l’autorité des résultats acquis. On a pu reconnaître en effet, dans l’essai de traction par exemple, que la façon de préparer l’éprouvette, les dimensions qui lui sont données, la section et la longueur utile influent grandement sur les résultats obtenus, sur la charge de rupture et particulièrement sur l’allongement. On comprend donc que l’indication des résultats obtenus ne doit pas être séparée de celle des conditions mêmes de l’expérience, car, autrement, elle perd toute valeur.
- On voit par là tout l’intérêt que présente l’uniformisation des méthodes d’essai pour le public en général comme pour les consommateurs, mais surtout, pourrait-on dire, pour les producteurs eux-mêmes; car l’indication des résultats demandés, qu’il faut obtenir dans des conditions uniformes toujours invariables, leur permet alors d’apprécier bien exactement la qualité que le consommateur a en vue; s’il s’agit, en un mot, d’un métal dur ou ductile, tandis que autrement, il leur est impossible de s’en faire une idée bien nette, puisque les conditions mêmes de l’essai peuvent exercer une influence comparable à celle qui tient à la qualité même du métal.
- Ces considérations, un peu longues peut-être, vous montrent l’intérêt essentiel qui s’attache à l’uniformisation des méthodes d’essai, et vous expliquent ainsi que le bureau de notre Société, toujours soucieux des grandes questions qui intéressent l’industrie, ait cru nécessaire de faire exposer devant vous l’état actuel de cette question. Cette décision s’explique d’autant mieux que notre Société vient de mener à bonne fin une autre unification non moins importante, celle des filetages, qui est appelée à exercer l’influence la plus heureuse dans toutes les constructions mécaniques; d’autre part un grand nombre des membres de son bureau font partie de la Commission officielle instituée au ministère
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- des Travaux publics pour l’étude de l’unification; ils ont apporté, dans les séances de la Commission et des Comités d’étude, le concours de leur grand talent et de leur haute autorité, et l’honneur des résultats acquis dans cette tentative généreuse d’intérêt général leur revient ainsi de plein droit pour une grande partie.
- En raison, précisément, du grand intérêt que présente cette unification des méthodes d’essai des matériaux, la question est agitée depuis plusieurs années dans les pays industriels; et, en 1884, M. Bauschinger, professeur à l'école de Munich, fonda une conférence qui se proposait précisément de faire l'étude des décisions à prendre relativement aux diverses méthodes d’essai pour les rendre bien uniformes.
- Cette conférence, absolument libre, composée simplement de membres volontaires, a tenu jusqu’à présent cinq sessions, dont la dernière à Zurich, au mois de septembre dernier.
- Ces réunions ont rendu ce grand service d’avoir préparé le terrain en habn tuant les esprits à cette idée de l’unilication ; mais les décisions qu’elles ont émises manquaient un peu de coordination, car elles étaient prises à des dates assez éloignées par des personnes différentes, n’ayant plus présent à l’esprit le souvenir des motifs qui avaient pu amener un congrès antérieur à adopter une solution differente. Néanmoins, les décisions de la conférence jouissent d’une grande autorité dans les pays de langue allemande, notamment en ce qui concerne les ciments.
- 11 était désirable toutefois, pour que les décisions prises puissent acquérir toute l’autorité désirable, qu’elles soient préparées par une réunion de membres compétents, ayant reçu mandatdes administrations auxquelles ils appartenaient, et pouvant ainsi les engager dans une certaine mesure. Les gouvernements seuls ont qualité pour constituer une pareille réunion de délégués revêtus d’un mandat officiel, et les congrès techniques qui se tinrent à l’occasion de l’Exposition universelle de 1889, congrès de mécanique appliquée et congrès des constructions, émirent en effet le vœu que l’administration voulût bien constituer une commission officielle à cet effet.
- Le gouvernement, se souvenant que la France avait été la plus grande initiatrice de ces tentatives d’unification qui ont enrichi le patrimoine commun de l’humanité, fit étudier la question par les services techniques intéressés, etdécida, en 1891, la création de la commission officielle dans laquelle on fit entrer des délégués des grandes administrations de l’Etat exécutant des constructions, des ingénieurs des compagnies de chemins de fer et des usines productrices, afin de représenter d’une façon équitable les divers intérêts en présence.
- Il ne s’agissait d’ailleurs, à aucun point de vue, suivant l’expression employée par M. le Président de la Commission dans son éloquent discours d’ouverture.
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- d’établir une classification rigoureuse, en quelque sorte mathématique, des matériaux de construction, ni de déterminer des types officiels et invariables, de fixer des coefficients de résistance ou d’allongement; toute liberté au contraire doit être laissée au constructeur. La Commission n’avait pas pour mission d’imposer tel essai déterminé pour une application spécifiée, elle devait dire seulement quelles sont, en l’état actuel, les méthodes et les formes d’épreuve méritant d’être recommandées, et les définir en même temps pour le présent et pour un avenir plus ou moins long.
- La présidence de la Commission fut attribuée à M. Picard, l’éminent ingénieur entre les mains de qui sont remises aujourd’hui les destinées de notre prochaine Exposition universelle; M. Ilaton de la Goupillière fut nommé vice-président, et donna un concours particulièrement actif aux travaux de la Commission, M. Debray, secrétaire général, en fut en quelque sorte la cheville ouvrière. Les séances du Comité d’études de la section des métaux furent présidées par M. le général Gras assisté de MM. Polonceau, Godron, Fénoux et Ricour comme vice-présidents; celles du Comité de la section B, comprenant les matériaux autres que les métaux, furent présidées par M. l’inspecteur des ponts et chaussées Guillemin, remplacé ces temps derniers par M. Gay, assisté de MM. Charles Garnier, Durand-Claye et Rrull comme vice-présidents.
- Les deux Comités d’étude s’attachèrent à faire, des diverses méthodes d’essai, un examen méthodique et détaillé, qui n’avait jamais été réalisé antérieurement, de façon à bien coordonner les décisions prises, à les rattacher entre elles sans contradiction, à constituer en un mot un ensemble raisonné sans superfétation ni lacune. Quarante-trois rapports particuliers ont été présentés à la section des métaux, par MM. Raclé, Barba (seul ou en collaboration avec M. Duplaix), Brust-lein, Clérault, Considère, Daymard, Durant, Flamant, Gandillot, Lebasteur (seul ou en collaboration avec M. Arnould), A. Le Chatelier, Michel Lévy (en collaboration avec M. Walckenaer), Martel, Osmond, Polonceau, Pourcel, Pralon, Sauvage, Tougas, membres de la Commission, ainsi que MM. A. Carnot, Charpy, Guillemin, de Place, collaborateurs auxquels celle-ci avait fait appel. Trente et un rapports ont été présentés à la section des matériaux autres que les métaux par MM. Alexandre, Brüll, Candlot, Debray, Durand-Claye, Feret, H. Le Chatelier, Ribaucourt et Siméon, membres de la Commission, ainsi que MM. Dardenne et Morel, collaborateurs. Les décisions prises sont développées dans deux rapports généraux, qui constituent en quelque sorte l’exposé des motifs à l’appui; le premier, pour les métaux, rédigé par MM. Bâclé et Debray, et le second, pour les matériaux différents, dû à M. Alexandre. Ces deux documents résument les travaux de la Commission, dont ils sont en quelque sorte l’aboutissement, et ce sont eux que je voudrais aujourd’hui analyser brièvement devant vous, afin de vous montrer l’économie de ces travaux.
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- Yous m’excuserez d’ailleurs si j’insiste de préférence sur les métaux, que j'ai étudiés plus spécialement.
- ÉTUDE DES RAPPORTS GÉNÉRAUX. — MÉTAUX
- Les méthodes d’investigation des métaux peuvent se ramener à trois types différents qui forment les grandes divisions du rapport :
- Essais physiques, essais chimiques et essais mécaniques.
- ESSAIS PHYSIQUES
- Les essais physiques ont pour hut d’apprécier le métal au point de vue physique; ils étudient en même temps les variations qu’éprouvent les constantes caractéristiques sous l’influence des causes purement physiques qui peuvent intervenir dans le mode de préparation et l’emploi du métal.
- Fondés d’abord sur la simple observation extérieure, qui ne pouvait pas donner des résultats de grande valeur comparative, ces essais peuvent être effectués aujourd’hui dans des conditions de haute précision, et ils sont certainement appelés à prendre, dans l’ensemble des méthodes d’appréciation des métaux, une place des plus importantes et une autorité qu’on n’aurait pas soupçonnées il y a quelques années seulement.
- Ces essais physiques embrassent trois méthodes principales : l’examen physique du métal, la détermination de certaines constantes qui le caractérisent, comme la densité et la conductibilité électrique, la détermination des températures critiques et celle des variations qu’elles éprouvent dans le travail d’élaboration, par exemple, sous l’influence des actions purement physiques de chauffage et de refroidissement.
- L’observation extérieure, effectuée par un praticien exercé, peut donner certainement une appréciation éclairée de la qualité des métaux, mais c'est là évidemment une méthode qui n’est pas susceptible d’une grande précision. Cependant, comme l’examen des cassures présente toutefois une importance particulière, on s’est attaché à trouver le moyen de les définir, et on a créé à cet effet des types de cassures empruntés à une classification déjà adoptée par la fonderie de Rourges et désignés par les neuf premières lettres de l’alphabet.
- Les observateurs familiarisés avec l’aspect de ces repères peuvent dire immédiatement si une cassure déterminée rentre dans le type A ou D par exemple, et en donner ainsi une idée dans un rapport écrit.
- Le Comité a créé également, dans le cas du laiton, une classification analogue
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- d’après l’aspect extérieur du métal après 'recuit, en utilisant les beaux travaux de M. le commandant Pralon.
- Il y a lieu de penser du reste, avec M. le colonel Boyer, qu’on pourrait étendre cette classification aux fers et aciers, et la question est actuellement à l’étude.
- A côté de cet examen des cassures pratiqué à l’œil nu, qui donne déjà des résultats si importants, il y a place pour un examen plus approfondi, pratiqué sous un grossissement pouvant atteindre aujourd’hui 700 ou 800 diamètres, soit sur les cassures, soit de préférence sur les sections polies du métal.
- C’est, en un mot, la métallographie microscopique qui vient substituer ses procédés de précision à l’examen superficiel dont on était obligé de se contenter antérieurement, qui nous permet ainsi de scruter la constitution intime du métal, nous apportant par là même un enseignement théorique du plus haut intérêt, et nous permettant en outre de reconnaître les défauts cachés de la pièce étudiée.
- M. Guillemin a montré, en ce qui concerne en particulier les alliages du cuivre, que les images ainsi obtenues permettent de classer immédiatement, d’après leur composition, les alliages usuels de bronze, de laiton et de métal blanc, de distinguer leurs grandes variétés, et d’apprécier le degré d’affinage du cuivre. M. Osmond, qui se consacre actuellement à l’étude micrographique des aciers, obtient également des images que son œil expérimenté sait interpréter dans des conditions analogues, et cet observateur éminent a exposé du reste, il y a quelque temps, devant la Société, dans une conférence des plus curieuses, l’importance des résultats qu’il obtient (1). Cetle méthode est encore sans doute à ses débuts, mais nous pouvons dire qu’elle ouvre un horizon absolument nouveau pour l’appréciation des propriétés des métaux, car elle permet de reconnaître, dans les images qu’elle fournit, la trace des opérations successives que le métal a subies, et elle est appelée sans doute à fournir dans l’avenir un moyen d’investigation particulièrement précieux. La plupart des grandes forges commencent à pratiquer aujourd’hui ces observations, le temps n’est pas loin sans doute où le laboratoire d’essais physiques deviendra le guide nécessaire de la fabrication, et prendra, dans nos usines, la place importante que le laboratoire d’essais chimiques a conquise depuis l’apparition du métal fondu.
- Cette science est encore fort éloignée sans doute du but qui lui est assigné, et il ne saurait être certainement question de fairer entrer dès maintenant dans la pratique courante des spéculations empruntées à l’étude delà microstructure, mais c’est déjà beaucoup que d’entrevoir ce but et de pouvoir assigner les voies à suivre pour l’atteindre; la Commission, sans émettre aucune prescription à ce^ égard, devait donc signaler dès maintenant le grand intérêt de ces études, en émettant le vœu que les savants distingués qui les ont entreprises réussissent à les mener à bonne fin.
- (1) Bulletin de mai 1895.
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- Parmi les procédés d’examen extérieur, il convient aussi de mentionner les essais de résonance qui donnent des résultats intéressants lorsqu’ils sont pra_. tiqués par des personnes exercées. M. le commandant de Place a même imaginé un appareil qui permet, en quelque sorte, de sonder les pièces métalliques et d’apprécier l’importance des vides qu’elles peuvent renfermer d’après la résonance.
- Si nous passons maintenant à la détermination de certaines constantes physiques, comme la densité, la conductibilité thermique ou électrique, nous trouvons là divers moyens intéressants d’apprécier les qualités de certains métaux lorsqu’ils se distinguent nettement des autres à ce point de vue. L’histoire nous raconte du reste, comme vous savez, comment Archimède réussit à mettre en évidence, par une simple détermination de densité, la nature du métal employé à la fabrication de la couronne du roi Héron, et, lorsqu’il s’agit par exemple d’aluminium ou de plomb, il est évident qu’on aurait tort de négliger l’observation de la densité.
- Le Comité a donc tenu à examiner cette question et il a rappelé les précautions à prendre pour obtenir des résultats bien exacts et comparables. Pour la mesure de la conductibilité électrique, il s’est borné à reprendre les règles déjà formulées par le Congrès des électriciens.
- En dehors de ces déterminations physiques, les aciers sont encore définis par leurs points critiques, par les transformations intimes qu’ils éprouvent à certaines températures déterminées, et qui sont accusées par des paliers sur les courbes de chauffage et de refroidissement.
- Il y a là, en un mot, un procédé d’investigation des plus intéressants, magistralement étudié par M. Osmond, et tout récemment par M. Charpy dont vous vous rappelez encore la belle conférence, et il est appelé certainement à un grand avenir (1).
- Le Comité ne pourrait pas négliger de le mentionner à côté de la métallo-graphie microscopique.
- Il en est de même de la trempe qui met enjeu un certain nombre de facteurs dont l’influence est encore mal connue, et qui a été étudiée également dans Je remarquable travail de M. Charpy.
- MÉTHODES D’ESSAIS CHIMIQUES
- Après cet examen rapide des méthodes d’essais physiques, que la Commission ne pouvait pas négliger, bien qu’elles constituent surtout des méthodes d’avenir, nous passons aux méthodes d’essais chimiques qui sont entrées depuis longtemps dans la pratique.
- (I) Bulletin de juin 1896.
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- Ces méthodes s’écartaient du reste un peu de l’objet proprement dit des travaux de la Commission, et nous les avons signalées surtout pour ne rien omettre, et pour en tirer l’occasion de rappeler aux expérimentateurs de l’avenir un certain nombre de questions toujours pendantes qui intéressent les essais chimiques. Telles sont, par exemple, l’étude de la résistance des métaux à la rouille, des causes de corrosion des enduits protecteurs, etc.
- Ajoutons enfin que, sur cette question des essais chimiques, la Commission a eu l’heureuse fortune de provoquer un travail magistral dans lequel M. Ad. Carnot a bien voulu développer, en les discutant, les méthodes les plus précises actuellement employées pour l’analyse des aciers et la recherche des corps étrangers, utiles ou nuisibles qu’ils peuvent contenir. Ce beau travail, résumant des données fort difficiles à réunir autrement, deviendra certainement le vade mecitm des chimistes de nos usines, et notre Comité a tenu à remercier M. Ad. Carnot de ce nouveau et important service rendu à l’industrie métallurgique.
- MÉTHODES D’ESSAIS MÉCANIQUES
- Recommandations communes.
- Nous arrivons maintenant aux essais mécaniques, qui formaient la partie essentielle des travaux de la Commission, et qui occupent à ce titre une place prédominante dans le rapport général.
- La troisième partie est consacrée à l’étude des recommandations communes à toutes les méthodes d’essai; l’examen détaillé de celles-ci fait l’objet de la quatrième partie.
- CHAPITRE I. — Observations générales.
- Un premier chapitre d’observations générales expose l’ordre adopté dans la répartition des matières, il analyse les circonstances diverses susceptibles d’influer sur les résultats, et indique les points sur lesquels peut porter l’unification; il expose en même temps la méthode adoptée pour assurer la coordination des décisions prises relativement à chaque essai en particulier.
- Les essais sur éprouvettes comportent évidemment une unification plus complète que les essais sur pièces, et c’est à eux surtout que le Comité s’est attaché dans ces études. Les décisions prises à cet égard visent un certain nombre d’essais particuliers, en s’appuyant parfois sur des expériences spécialement instituées à cet effet. Il n’était pas possible, au cours des deux sessions, d’embrasser dans une étude détaillée toutes les méthodes d’épreuve, même en s’en tenant seulement à ce qui concerne les éprouvettes, et le Comité a dû reporter à une session ultérieure les décisions relatives à quelques-unes d’entre elles. Il en est
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- de même en ce qui concerne les pièces finies qui n’ont pu être étudiées aussi que d’une manière en quelque sorte exceptionnelle.
- Les méthodes d’essai opérant par action continue et graduée, comportent, dans le cas général, une unification plus complète que les méthodes agissant par effort brusquement développé.
- La question s’est posée, à cet égard : de l’importance relative des divers essais et du degré de précision qu’on en peut espérer. En ce qui concerne la traction en particulier, c’est l’épreuve qui paraît donner les résultats les plus réguliers et les plus facilement comparables, et la plupart des membres du Comité ont été d’avis qu’il convenait d’accompagner les épreuves de toute nature d’un essai à la traction lorsqu’on voulait obtenir une appréciation complète de la qualité du métal. Ces essais simultanés permettent d’ailleurs de rechercher également s’il existe une relation entre les résultats des diverses méthodes d’épreuve.
- Cette opinion n’a pas été unanime toutefois, et quelques-uns de nos collègues ont fait remarquer que les renseignements apportés dans cette épreuve ne sont pas non plus des éléments susceptibles de caractériser toujours la qualité du métal d’une façon bien rigoureuse et précise, mais ne peuvent guère aussi qu’être considérés seulement comme des données approximatives.
- Cette observation prend du reste une importance particulière dans les essais pratiqués sur éprouvettes de faible section, si l’on tient compte de la constitution hétérogène des métaux.
- Cette notion du manqua d’homoyénéité constitutionnel, qui se dégage de toutes les recherches modernes et qui donne aux épreuves physiques leur physionomie particulière, ne saurait être négligée non plus dans l’étude des essais mécaniques, car elle influe grandement sur la valeur absolue des résultats qu’on peut espérer dans les essais de précision pratiqués sur barreaux de faible section.
- Le métal fondu est un agrégat complexe d’éléments hétérogènes, assemblage de granules empâtées dans un ciment de nature différente, ces éléments se comportent donc d’une manière également diverse sous l'action d’un effort de déformation déterminé, et la résistance du barreau varie par suite avec leur répartition, variable elle-même dans la section de rupture.
- Cette variation, qui affecte la mesure de la charge de rupture, se retrouve encore plus prononcée en ce qui concerne l’allongement; car, même avant l’apparition de la striction, il ne se répartit pas non plus d’une manière absolument uniforme dans toute l’étendue de la longueur utile de l’éprouvette soumise à l’essai, et on est obligé de reconnaître, en pressant le phénomène, que dans cet essai à la traction qui, parmi toutes les méthodes d’épreuve, comporte cependant les mesures les plus précises, la charge de rupture n’est pas toujours absolument proportionnelle à la section, ni l’allongement réparti à la longueur intéressée. C’est là
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- un fait qui se dégage nettement des observations de précision faites au cours des essais de traction sur les aciers par le laboratoire de l’Ecole des ponts et chaussées, ainsi que des remarquables travaux de M. le commandant Pralon sur les laitons.
- Partant de ces observations, un de nos collègues les plus autorisés, qui a effectué sur l’essai de traction de longues et importantes recherches, qui l’a étudié au double point de vue théorique et pratique, avec les ressources combinées de l’analyse laplus savante et des ateliers les mieux outillés, en est arrivé lui-même à douter de la valeur réelle de cette épreuve dont il avait contribué plus que personne à fixer les lois nécessaires; il a fait remarquer qu’elle ne répond pas toujours aux sacrifices qu’elle exige, car les résultats qu’elle apporte n’ont jamais la valeur absolue qu’on voudrait leur attribuer ni au point de vue de la résistance observée ni surtout à celui de l’allongement. M. Barba a pu montrer, en effet, en soumettant à l’essai de traction différentes sections d’une même éprouvette, que la résistance présente des variations importantes dans toute l’étendue de la longueur utile, et que ces variations peuvent même atteindre 15 à 20 p. 100. Les allongements relevés après rupture donnent même des variations encore plus accentuées.
- Ce sont là certainement des irrégularités incontestables, et elles sont souvent plus marquées sur des éprouvettes différentes détachées cependant sur une même pièce, ainsi que M. Sauvage a pu le constater sur divers produits commerciaux.
- Il ne faudrait pas trop se hâter cependant de condamner l’essai de traction d’après ces premiers résultats, car ces variations si accentuées ne se retrouvent plus sur les pièces de qualité supérieure, dans lesquelles un forgeage énergique a pu rétablir l’homogénéité nécessaire, comme c’est le cas pour les pièces destinées aux applications militaires.
- S’il accuse les irrégularités de métal avec une fidélité parfois excessive, c’est qu’il constit ue, à certains égards, un instrument de recherche trop précis peut-être, possédant une exactitude que les autres méthodes d’essai ne peuvent atteindre.
- Il ne faut pas oublier, par contre, que cet essai exige de nombreuses éprouvettes, dont la préparation devient longue et dispendieuse, et, en outre, les résultats qu’il apporte sont trop localisés et ne peuvent pas donner une idée de la qualité moyenne de la pièce; il reste donc indispensable d’effectuer d’autres essais appropriés plus spécialement à l’usage auquel celle-ci est destinée, et il serait fort intéressant de trouver une autre méthode d’épreuve utilisant en quelque sorte le travail même que le métal doit subir dans son utilisation industrielle, comme le cisaillement et surtout le poinçonnage, s’il est possible d’en tirer des renseignements bien indépendants de l’opérateur et comparables à ceux que fournit l’essai à la traction. Nous reviendrons du reste sur cette question en étudiant individuellement les diverses méthodes d’essai.
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- CHAPITRE II. — Préparation des éprouvettes.
- Après cette étude comparative, qui était peut-être, à certains égards, un peu en dehors de la mission de la Commission, celle-ci n’ayant pas à se prononcer sur le choix à faire entre les divers essais, mais seulement à définir la façon de les effectuer, le rapport général étudie, dans un chapitre suivant, les questions se rattachant à la préparation des éprouvettes, comme l’état du métal, l’emplacement à adopter pour les prises d’essai, les précautions à observer dans le travail de confection des éprouvettes.
- Les recommandations adoptées ont été longuement étudiées et il serait trop long de les exposer toutes ici. Je puis dire seulement quelles se résument dans cette formule consistant à dire qu’il faut éviter, dans la préparation de l’éprouvette toute opération susceptible de modifier les résultats en altérant le métal d’une façon quelconque, une fois qu’on l’a amené à l’état où on désire l’apprécier.
- CHAPITRES III ET IY. — lufluence de la température et de la durée.
- Poursuivant l’examen des conditions générales susceptibles d’influer sur les résultats des essais, nous avons étudié ensuite l’action des températures déterminées, hautes et basses, ainsi que celle de la durée en nous aidant des belles recherches de M. A. Le Chatelier.
- Les essais effectués à haute température ont montré surtout la grande sensibilité du métal dès qu’on arrive à dépasser 100°. Les déformations même très faibles produisent alors des altérations permanentes qui se retrouvent ensuite à la température ordinaire, et c’est là une considération qui présente aujourd’hui d’autant plus d’intérêt pour les métaux appelés à supporter des températures élevées dans les appareils industriels que ces températures vont continuellement en augmentant avec la pression de marche des appareils à vapeur; il convient donc de s’en préoccuper dans l’établissement de ces appareils.
- Quant aux températures froides, inférieures à 0°, leur action sur les fers et aciers s’exerce surtout en ce qui concerne la fragilité au choc. M. Le Chatelier observe en effet qu’elle reste très faible lorsqu’il s’agit d’efforts lents, comme c’est le cas dans l’essai à la traction, tandis qu’elle est très considérable lorsqu’il s’agit de chocs ou efforts rapides; elle se traduit par l’accroissement de la fragilité à mesure que la température devient plus basse, en même temps que, pour réaliser une déformation de grandeur déterminée, il faut un choc de plus en plus intense.
- Ces observations ont formé le point de départ des recommandations adoptées
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- par la Commission en ce qui concerne l’action do la température dans les essais courants.
- Ces recommandations visent d’ailleurs surtout l’essai au choc, car l’épreuve à la traction est peu affectée par les variations de la température.
- En ce qui concerne la durée, les expériences effectuées par M. Considère et M.A. Le Chatelier ont montré, contrairement à ce qu’avaient pensé Yicat et Thurs-ton, que les déformations déterminées par Vaction d’un effort de longue durée ne s’accroissent pas proportionnellement au temps; elles tendent au contraire vers une limite déterminée, généralement peu différente de celle que peut fournir par exemple un essai à la traction pratiqué dans les conditions de rapidité ordinaires. Pour le cuivre et ses alliages, de même que pour l’aluminium, la charge de rupture réelle, ou charge maximum que le métal peut supporter indéfiniment, est inférieure sans doute à la charge de rupture obtenue dans un essai de quelques minutes, mais la différence ne dépasse pas 1 à 2 kilogr. par millim. carré pour les éprouvettes d’une certaine section; elle est un peu plus sensible, toutefois, pour les éprouvetles de faible section comme les fils.
- Cette différence s’explique d’ailleurs par cette considération que les grosses éprouvettes subissent un échauffement plus marqué que les fils sous l’influence d’un essai à la traction de courte durée, et comme l’élévation de température a pour effet de réduire la résistance à la rupture, elle atténue par là même l’écart avec cette résistance réelle.
- Quant à l’influence de la durée de l’essai sur l’allongement, elle est encore moins marquée que sur la charge de rupture, tant qu’on opère toutefois à la température ordinaire.
- Ces observations paraissent établir, comme on voit, que, pour les essais à la traction, il n’y a pas trop à se préoccuper de la durée de l’essai, tant qu’il n’en résulte pas d’échauffement sensible sur les barreaux expérimentés.
- CHAPITRE Y. — Machines d'essai.
- Le chapitre V du rapport général aborde ensuite l’examen des machines d’essai en exposant les recommandations adoptées à cet égard par la Commission sur la proposition de MM. Lebasteur et Arnould.
- Le rapport distingue, dans cette étude, deux types principaux de machines comportant des prescriptions bien différentes : celles qui opèrent par action graduée et celles qui opèrent par action brusque.
- Parmi les premières, en ce qui concerne les machines d’essai à la traction, il insiste pour qu’elles aient un organe de mesure indépendant de l’organe transmetteur de l’effort exercé.
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- Il indique les précautions à observer dans la construction des machines à levier et dans celle des machines hydrauliques; il insiste sur la nécessité d’avoir des dispositions facilitant l’entretien et surtout la vérification par un procédé net et précis.
- Gomme précision à rechercher dans ces appareils, la Commission admet qu’il suffit, dans le cas général, d’une approximation atteignant 1/250° du demi-effort maximum.
- Un grand nombre de ces recommandations trouvent aussi leur application sur les appareils d’essai à la compression, à la llexion, au pliage, au courbage, à la torsion, etc.
- En ce qui concerne les appareils opérant par action brusque, ce sont généralement des moutons à déclic, pour lesquels la condition essentielle à remplir consiste évidemment à éviter toute absorption de force vive en dehors du choc proprement dit.
- Les recommandations émises à cet effet par la Commission, sur la proposition de M. Clérault, portent que le mouton doit tomber bien verticalement, sans déviation imprimée ou non par le déclic, avec frottement minimum; il doit avoir son centre de gravité aussi bas que possible.
- La chabotte doit présenter une masse incompressible suffisamment considérable atteignant, par exemple, 15 à 20 fois celle du mouton.
- CHAPITRE VI. — Examen des grandeurs à mesurer.
- Nous passons ensuite à l’examen des grandeurs à mesurer dans les essais, lequel fait l’objet du chapitre VI.
- Dans tout essai poussé jusqu’à rupture, on doit s’attacher évidemment à noter les efforts développés et les déformations correspondantes, tant au moment de la rupture que pendant la durée môme de l’essai, toutes les fois qu’on observe un phénomène intéressant.
- Un premier examen de ces divers essais montre immédiatement l’existence des deux périodes caractéristiques qui se retrouvent dans toute épreuve opérée sous une action continue.
- Pendant la première, la pièce ne présente que des déformations momentanées qui disparaissent avec l’effort exercé; elle peut donc les supporter sans danger, c’est la période. élastique. Vient ensuite une période de déformations permanentes, affectant la pièce sur toute sa longueur; ces déformations, faibles d’abord, vont continuellement en augmentant avec l’effort exercé jusqu’à déterminer la rupture.
- Celle-ci ne se produit généralement pas d’ailleurs d’une manière brusque et
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- subite, mais on observe, au contraire, que les déformations se localisent plus ou moins, en un point déterminé dès que la charge développée a atteint sa valeur maximum, et la séparation complète s’opère sous un effort graduellement décroissant.
- On voit immédiatement que les observations à faire à l'occasion de ces divers essais devront porter surtout sur les phénomènes qui caractérisent chacune de ces périodes, c’est-à-dire les efforts et les déformations correspondant à leurs limites respectives. On se trouvera donc amené à observer dans l’essai à la traction, par exemple, la limite élastique avec l’allongement correspondant, puis, dans la période des déformations permanentes, l’effort maximum atteint avec l’allongement réparti, et enfin, pour la période de striction, si on veut la distinguer, la charge effective de rupture avec l’allongement localisé.
- L’indication générale ainsi posée serait suffisante si on pouvait définir facilement, en pratique, l’instant précis qui sépare les grandes périodes, assigner en un mot l’effort limite auquel s’arrêtent les déformations purement momentanées; mais, si l’on veut procéder à une observation précise et déterminer exactement cette charge limite en partant de la définition théorique, on reconnaît qu’il est à peu près impossible d’obtenir le retour absolu à sa longueur initiale d’une pièce qui vient d’être soumise à un effort important.
- Dans cette situation, on se trouve donc amené à abandonner d’une façon au moins provisoire-la définition théorique de la limite élastique, et à rechercher une définition pratique dans l’observation même des phénomènes qui se produisent au cours de l’essai, à examiner, en un mot, si ce passage d’une période à l’autre, qui a pour effet de compromettre définitivement la résistance de la pièce, ne se traduit pas extérieurement par un fait bien défini.
- On observe ainsi, par exemple, que, dans l’essai des métaux recuits, il se produit, à la fin de la période élastique, un moment où l'effort exercé reste stationnaire pendant que l’allongement s’augmente d’une façon appréciable; on a donc proposé de prendre en pratique la valeur de cet effort comme mesure de la limite élastique, en la désignant sous le nom de limite apparente.
- A un autre point de vue, on a observé également que, pendant la période élastique, les allongements, toujours très faibles à l’origine, restent sensiblement proportionnels aux efforts développés, tandis, qu’à la fin de cette période, l’accroissement devient plus rapide et varie suivant une loi nouvelle différente de la première; il y a donc, là encore, le moyen de trouver une nouvelle mesure de la limite élastique en partant de la considération des allongements.
- Dans l’impossibilité de trouver le moyen pratique de dégager la valeur exacte de la limite théorique, la Commission s’est décidée à conserver ces mesures diverses d’un élément dont la considération présente une si grande importance dans la mise en œuvre des matériaux. Elle a donc distingué :
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- 1° La limite théorique, au-dessous de laquelle Jes déformations cessent d’être momentanées ;
- 2° La limite proportionnelle, correspondant au point où les déformations ces-cent d’être proportionnelles aux efforts ;
- 3° La limite apprente, correspondant au point où les déformations prennent une valeur accentuée sans augmentation de l’effort exercé.
- Les mêmes observations se retrouveraient dans tous les essais par action graduée, et la Commission a donc estimé que, dans une étude scientifique du métal, sinon dans un essai pratique, il convenait de les relever dans la mesure du possible, en même temps que les déformations correspondantes, si on veut définir avec précision la transition de la période élastique à celle des déformations permanentes.
- CHAPITRES VII ET VIII. — T7, erminologies mécanique et technique.
- Les chapitres VII et VIII, qui complètent la troisième partiedu rapport général , sont consacrés exclusivement à l’étude de la terminologie mécanique et technique. Le Comité a voulu essayer en effet, dans le but de prévenir toute ambiguïté de langage, de définir d’une part les dénominations à appliquer aux diverses propriétés qui trouvent leur mesure dans les essais mécaniques des métaux, et, d’autre part, les propriétés techniques qu’on peut avoir à considérer dans Je travail et les applications des métaux. Il y a là en effet un sujet d’étude particulièrement intéressant, dont la solution serait susceptible de rendre à l’industrie de grands services; mais ce travail, particulièrement délicat, n’a pu être complètement terminé dans la première session, etje ne puis encore vous en exposer l’économie.
- ESSAIS MÉCANIQUES — ÉTUDE DÉTAILLÉE DES DIVERSES MÉTHODES D’ESSAI
- PREMIÈRE CLASSE. — méthodes d’épreuve opérant par action graduée
- Nous avons étudié successivement la traction, la compression, la flexion par pression continue, le pliage avec ses dérivés, cintrage et courbage, puis les essais mixtes de cisaillement et de poinçonnage.
- Essais à la traction.
- L’épreuve à la traction est la plus répandue et la plus étudiée de toutes les méthodes d’essai; elle soumet le métal à un mode d’effort que la plupart des
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- pièces ont souvent à supporter en service; elle permet d’en apprécier à la fois la résistance et la ductilité en apportant des résultats qui peuvent être considérés comme indépendants de l’opérateur.
- La Commission s’est donc attachée spécialement à cet essai; l’un de nos collègues les plus compétents en a fait l’objet de plusieurs communications. D’autre part, divers sous-comités ont bien voulu se charger d’élucider, par des expériences spéciales, les points les plus intéressants que soulève cet essai, notamment l’observation précise des limites de la période élastique, les variations qu’elles présentent suivant les circonstances de l’essai, les questions relatives à lamesure des allongements, la distinction éventuelle entre l’allongement réparti et l’allongement de striction, la relation à observer entre la longueur et la section du barreau, l’influence de la forme des têtes et du mode d’attache, les recommandations spéciales aux essais sur métaux mous, etc.
- Toutes ces questions ont été longuement discutées au sein du Comité ; plusieurs de nos collègues ont apporté à cet égard des observations fort compétentes, et l’accord a pu s’établir sur les décisions adoptées sans qu’il y ait cependant toujours eu unanimité complète.
- Il m’est impossible de développer devant vous les diverses décisions adoptées touchant l’essai à la traction; je me bornerai simplement à vous indiquer, à titre d’exemple, celles qui touchent les dimensions à donner aux éprouvettes.
- La Commission a décidé de déterminer ces dimensions d’après la loi de similitude formulée, en 1878, par MM. Lebasteur et Marié.
- Cette loi a été étendue, en 1880, par M. Barba, aux éprouvettes à section rectangulaire, et cet éminent ingénieur l’a justifiée en même temps par de nombreuses expériences et de savants calculs, de sorte qu’elle est connue à l’étranger sous son nom.
- Cette loi porte, comme vous savez, que les éprouvettes de f ormes géométriquement semblables donnent les mêmes allongements relatifs.
- Partant de là, la Commission a décidé d’adopter la relation fondamentale A2 = 66.66 Q, laquelle définit immédiatement la longueur A en fonction de la section Q. Elle a adopté comme type principal l’éprouvette ayant 200 millimètres de longueur, qui reçoit ainsi, par application de la formule, une section de 600mm2. A côté de cette longueur type de 200 millimètres, elle a admis également trois autres longueurs plus courtes, correspondant aux sections de 300, 150 et 75mm2.
- Cette formule vise d’abord les éprouvettes circulaires, mais celles de forme carrée ou rectangulaire ont été déterminées dans des conditions analogues en partant du même rapport fondamental.
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- Essais de compression.
- La Commission a distingué l’essai effectué sur pièces courtes et l’essai sur pièces longues, qui est Y épreuve de flambement, au sujet de laquelle M. Considère a effectué des expériences particulièrement intéressantes.
- Dans l’étude de l’essai sur pièces courtes, la Commission a défini les dimensions à donner aux éprouvettes suivant qu’il s’agit de déterminer seulement la limite élastique du métal ou de pousser l’épreuve jusqu’à obtenir la désagrégation complète.
- Pour l’essai de flambement, elle a indiqué également, d’après les considérations développées par M. Considère, les conditions à observer pour obtenir des résultats bien comparables, et écarter les causes de variations qui avaient affecté les recherches antérieures.
- Essais de flexion.
- Les essais de flexion ont été étudiés en distinguant également les essais sur éprouvettes, comme les barreaux de fonte et les lames d’acier à ressorts, et les essais sur pièces finies, comme les ressorts, les rails et les éclisses.
- Je n’insisterai pas sur les décisions adoptées relativement à ces essais, car elles ne modifient pas d’une façon sensible les méthodes habituellement suivies.
- Essais de pliage, cintrage et courbage.
- La Commission a distingué, dans cette épreuve, trois méthodes d’action différentes : le pliage, qui est la déformation obtenue en déterminant un pli initial au milieu de la barrette; le cintrage, qui est l’enroulement sur mandrin, et enfin le courbage, qui est le cintrage opéré librement sans mandrin.
- La Commission s’est attachée à réglementer ces trois méthodes d’essai dans la mesure du possible, tout en leur laissant la simplicité qui en fait le principal intérêt.
- Essais de torsion.
- La torsion a été étudiée surtout au point de vue scientifique; la Commission a signalé toutefois certaines machines au moyen desquelles on pourra exécuter cette épreuve dans des conditions pratiques satisfaisantes, mais la question n’est pas encore assez étudiée pour qu’il soit possible de proposer une réglementation.
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- Essais mixtes de cisaillement et de poinçonnage.
- Le cisaillement et le poinçonnage sont des opérations qui se rencontrent très fréquemment au cours de Futilisation industrielle des métaux, et il serait très intéressant de pouvoir les utiliser comme méthodes d’épreuve afin d’en tirer un renseignement défini sur la qualité de ces métaux. Malheureusement les études théoriques effectuées jusqu’à présent ne donnaient aucun moyen pratique de recueillir cette indication, et la Commission n’a émis par suite aucune prescription à ce sujet.
- Depuis lors, la question a fait un pas qui paraît devoir être important : M. Frémont a organisé en effet un appareil particulièrement simple, permettant de relever les diagrammes de poinçonnage et de cisaillement sans aucune installation spéciale, et les expériences que j’ai effectuées en collaboration avec lui ont montré que les diagrammes ainsi obtenus se reproduisaient toujours fidèlement avec la même barre, qu’ils donnaient des indications bien caractéristiques au moyen desquelles il est possible d’apprécier la résistance et la malléabilité du métal dans des conditions comparables à la traction.
- Il y a donc lieu de penser que cette méthode d'essai, qui est particulièrement simple et économique, est appelée à se répandre en pratique.
- DEUXIÈME CLASSE. — méthodes d’épreuve opérant par action brusque
- La Commission a distingué trois méthodes d’épreuve opérant par choc : la flexion, la pénétration superficielle, et la perforation par le tir d'un projectile.
- La flexion par choc est l’épreuve la plus fréquemment employée en pratique courante, elle met en jeu une qualité de résistance toute spéciale absolument distincte de la propriété de résister aux efforts lents et continus.
- Comme les résultats obtenus dans cette méthode d’épreuve dépendent en grande partie des conditions d’exécution de l’essai, la Commission s’est attachée à définir celles-ci dans tous les détails, comme la forme des éprouvettes, l’installation des appuis, celle du mouton, la forme à lui donner.
- L’épreuve de pénétration superficielle par choc est un mode d’essai peu connu mais particulièrement intéressant, dont l’importance a été nettement mise en évidence par les recherches personnelles de M. le colonel Martel. Cet essai présente en effet l’avantage de s’appliquer directement sur la pièce même à examiner sans exiger aucun découpage de barreau ; il permet ainsi de comparer facilement la résistance du métal en ses différents points et d’apprécier par suite la résistance et l’homogénéité sur toute l’étendue de la pièce.
- L’essai de perforation par choc est appliqué exclusivement par les administra-
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- tions militaires pour apprécier la résistance des cuirassements; il ne reçoit aucune autre application industrielle. Il a fait l’objet de nombreuses études dans lesquelles on s’est attaché à déterminer la vitesse dont un projectile doit être animé pour traverser une cuirasse d’épaisseur et de résistance déterminées. La Commission a pris connaissance avec intérêt de ces divers travaux, qui éclairent ainsi une méthode de haute valeur pour l’appréciation des qualités des métaux; mais elle n’avait, du reste, aucun avis à émettre sur l’unification.
- TROISIÈME CLASSE. — étude de la dureté et de la fragilité
- Le chapitre premier étudie, d’après les travaux de M. Osmond,les diverses définitions qu’on peut donner de ces propriétés vaguement désignées dans le langage courant sous les noms de dureté, fragilité et plasticité ; il en déduit certaines méthodes de mesure qu’on peut adopter pour les déterminer.
- Parmi ces méthodes, le chapitre II examine plus spécialement l’essai de dureté par striage et celui de résistance à l’usure, et signale l’intérêt que présente dans ce cas l’emploi du scléromètre.
- Comme le maniement de cet appareil, très curieux au point de vue scientifique, exige des précautions fort délicates, l’emploi en restera certainement fort limité en pratique et nous ne croyons donc pas devoir y insister ici.
- Le chapitre III examine une méthode d’essai particulièrement intéressante, proposée par M. Considère pour déceler la fragilité de certains aciers, qui, comme l’expérience en montre des exemples, peuvent se rompre en service sous une cause insignifiante en apparence tout en ayant donné aux essais de recette des résultats bien satisfaisants. Il s’agit de l’épreuve de pliage après écrouissage à froid par poinçonnage ou après incision.
- Cette méthode paraît appelée à dégager d’une façon bien évidente l’écrouissage provoqué par l’opération de poinçonnage, qui se trouve ainsi accusé nettement dans les résultats de l’essai de pliage, car l’angle obtenu avant l’apparition des criques permet de distinguer sans hésitation le degré de fragilité des aciers expérimentés. C’est donc une méthode à recommander, bien que, en pratique, suivant l’observation faite à la récente conférence de Zurich, on ne rencontre plus guère aujourd’hui, en raison des progrès réalisés dans la fabrication des aciers, ces exemples de ruptures prématurées, quasi spontanées, qui,à l’origine de l’emploi du métal fondu, avaient soulevé une émotion si justifiée.
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- QUATRIÈME CLASSE. — essais de fabrication
- La quatrième classe étudie les essais de fabrication proprement dits, dans lesquels on s’attache, suivant la pratique habituelle des ateliers de construction, à reproduire pour ainsi dire les conditions mêmes de la mise en service ; on prélève par exemple un échantillon de tôle avec lequel on cherche à exécuter une pièce identique à celle qu’on veut obtenir avec la fourniture entière; dans d’autres cas, on soumet cet échantillon à des épreuves de façonnage, de poinçonnage, d’élargissement, d’aplatissement à froid ou à chaud, de façon à donner la reproduction complète du travail qu’on a en vue.
- On peut arriver ainsi à déterminer à l’avance la manière dont les produits expérimentés supporteront le travail de façonnage ou même l’effort qu’ils devront subir en service, et ces essais pratiques apportent évidemment avec eux un enseignement des plus intéressants. La Commission ne pouvait donc pas en négliger l’examen, mais nous n’avons pas à y insister ici, car ces épreuves ne sont pas susceptibles de la même précision que les précédentes.
- CINQUIÈME CLASSE. — essais spéciaux pratiqués
- SUR CERTAINES PIÈCES FINIES
- Cette classe comprend diverses méthodes d’épreuves applicables à certains produits spéciaux bien déterminés. Là encore du reste, comme elle l’avait fait précédemment, la Commission s’est toujours gardée d’émettre aucune appréciation sur la préférence accordée à une méthode d’épreuve particulière dans l’essai de telle ou telle pièce finie; elle a seulement cherché à réglementer la manière d’exécuter les épreuves applicables à ce type de pièce.
- C’est dans ces conditions qu’elle a examiné les essais des fils métalliques, ceux des câbles et chaînes, des rivets, des tuyaux et tubes, ainsi que l’essai à la pression hydraulique qui s’effectue sur les pièces assemblées, chaudières, réservoirs, etc.
- Les méthodes ainsi étudiées à ce point de vue sont du reste le plus souvent les mêmes que celles examinées précédemment d’une façon plus générale, et, par suite, les recommandations déjà émises leur sont également applicables; nous n’aurons donc pas à y insister ici, et nous signalerons seulement les particularités les plus caractéristiques de ces essais sur pièces finies.
- Les méthodes d’épreuve des fils métalliques comportent l’essai de traction, l’essai de pliage, d’enroulement et de torsion.
- Les recommandations adoptées à cet égard insistent sur l’intérêt d’effectuer ces épreuves à la machine plutôt qu’à la main pour obtenir des résultats bien comparables.
- Tome I. — 95° année. 5e série. — Janvier 1896.
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- Au cours de l’étude qu’elle a faite des fils, la Commission a été amenée à signaler l’heureuse initiative prise par la Société d'Encouragement en vue de Yuni-f cation des jauges; elle a tenu à appuyer de son autorité morale le principe des efforts de notre Société, et à contribuer ainsi, pour sa part, au succès qui est venu les récompener.
- Pour ce qui concerne les câbles, la Commission a étudié plus spécialement l’essai de traction qui s’opère alors dans des conditions un peu particulières; elle a signalé également certaines méthodes d’essai de souplesse, qui sont malheureusement peu appliquées, malgré l’intérêt qu’elles présenteraient pour l’appréciation de la fatigue des câbles en service. Elle a donc émis le vœu que les études soient continuées sur ces essais, de même que sur l’épreuve de traction par choc.
- En ce qui concerne les chaînes, la Commission a étudié l’essai de traction gradué effectué sous charge modérée ou poussé jusqu’à rupture, et comme ces produits ont également à supporter en service des chocs de grande intensité, elle a émis le vœu que les recherches soient continuées sur la traction par choc de même que pour les câbles.
- Les rivets sont généralement essayés par pliage, par traction ou par une épreuve de résistance effectuée en essayant de séparer au moyen d’une tranche deux bandes assemblées par les rivets étudiés.
- La Commission a signalé en outre une méthode intéressante appliquée par le service du matériel roulant de la Cie P.-L.-M. et qui a l’avantage de faire intervenir la résistance au choc ou au cisaillement dans l’appréciation de la qualité des rivets.
- Les tubes et tuyaux sont soumis ordinairement à un essai à la pression hydraulique ; ils doivent subir d’autre part des épreuves de malléabilité portant sur la qualité du métal : essais de cintrage, de retournement, de rabattement de la collerette, de mandrinage et d’aplatissement, essais de soudure pour ceux qui sont fabriqués par ce procédé.
- Les épreuves appliquées en particulier aux tubes à fumée en fer ou en laiton des chaudières de locomotives devaient recevoir une mention spéciale au point de vue des travaux de la Commission, car elles sont déjà uniformisées en pratique, et la Commission n’avait, pour ainsi dire, qu’à constater un accord déjà obtenu.
- L’étude des essais à la pression hydraulique terminait enfin les travaux de la première session de la Section des Métaux.
- Ainsi que le remarquent MM. Michel Lévy et Walckenaer, cette épreuve présente des caractères particuliers de précision qu’on ne retrouve au même degré dans aucune autre, et qui lui donnent donc un intérêt tout spécial.
- L’épreuve à la pression hydraulique est imposée, comme on sait, par les règlements administratifs et les cahiers des charges, pour servir à l’appréciation de la
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- résistance des ouvrages de chaudronnerie, réservoirs ou chaudières, et de certaines pièces évidées, tubes, corps d'obus, etc., qui ont à supporter en service des pressions élevées. La Commission n’avait pas à discuter les prescriptions de ces règlements, elle s’est bornée à émettre les recommandations nécessaires pour permettre d’effectuer l’épreuve dans les conditions de précision les plus satisfaisantes afin d’en retirer tous les renseignements qu’elle comporte. Elle a montré, en même temps, que cette épreuve pouvait être étendue également, avec l’aide de dispositifs appropriés, à l’étude des déformations de flexion sur des plaques planes comme les tôles par exemple qui doivent servir à la construction des chaudières. Ces recherches présentent même un grand intérêt théorique au point de vue de la détermination des formes à donner aux éléments des chaudières, et il serait à désirer qu’elles puissent pénétrer davantage dans la pratique.
- MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION AUTRES QUE LES MÉTAUX
- Le rapport général exposant les décisions de la section B a été présenté par M. Alexandre, il s’occupe des matériaux d’agglomération et spécialement des ciments dont l’étude présente en effet une importance toute particulière.
- Une première partie expose les considérations générales qui ont guidé le comité dans ses discussions.
- En ce qui concerne la question du choix des essais, M. Alexandre montre qu’il ne convenait pas, comme certains membres l’avaient pensé, de mettre à part, parmi les divers essais en usage, quelques-uns en petit nombre, et de les recommander exclusivement pour servir à apprécier la qualité des matériaux.
- Cette élimination aurait sans doute permis au comité de se borner à formuler quelques règles nettes et précises, et facilité en même temps l’unification désirée; mais, par contre, la majorité a estimé avec raison que, dans l’état actuel de nos connaissances sur les matériaux d’agrégation de maçonnerie, il n’était pas possible d’affirmer que tels ou tels essais sont nécessaires et suffisants pour caractériser d’une manière générale les produits de bonne qualité.
- Il faut, du reste, observer aussi que ces essais sont destinés surtout à reconnaître si le produit expérimenté possède les propriétés qu’on a en vue, et ils varient donc nécessairement avec celles-ci.
- Le Comité a tenu d’ailleurs à distinguer, dans les essais pratiqués sur les produits d’agrégation gâchés avec de l’eau seule ou mélangée avec le sable, ceux qu’on appelle normaux, et qui sont opérés sur des dosages bien précisés, dans des conditions de confection, de conservation et d’âge correspondant au mortier
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- spécial dont on fera usage. C’est le seul moyen, en effet, pour obtenir des résultats comparables pouvant servir à caractériser dans des conditions bien déterminées les produits expérimentés. Tout en distinguant ainsi les essais normaux, le Comité n’a pas pensé cependant qu’il y eût lieu de chercher à indiquer les chiffres qui, dans ces essais, devaient caractériser les produits de bonne qualité. Les travaux de la Commission devaient être limités en effet à l’étude des méthodes d’essai sans qu’elle ait à fixer une sorte de classement des produits d’après les résultats obtenus dans les épreuves.
- Le Comité a donc écarté sans hésitation l’idée d’arrêter les bases d’un classement par qualité des matériaux de même nature, et il a même reconnu après examen qu’il ne convenait pas non plus de procéder à une classification officielle de ces matériaux, car il serait trop difficile d’une part de donner à cette classification une base satisfaisante et incontestée, et, d’autre part, celle-ci aurait pour effet d’apporter un trouble profond dans tous les usages industriels en obligeant à modifier des dénominations consacrées souvent par un usage local. Il faut observer du reste que les méthodes étudiées peuvent s’appliquer indistinctement aux essais des produits de toute espèce, tels que ciments portland, romains, de laitiers, de grappiers, chaux hydraulique, etc., et les légères modifications à faire subir à ces méthodes, en ce qui concerne quelques-uns des essais relatifs aux chaux et aux ciments à prise rapide, peuvent être effectuées sans que l’absence de classification doive amener la moindre hésitation chez les expérimentateurs.
- Ces observations générales ainsi posées, le rapport aborde ensuite l’étude détaillée des méthodes d’essai applicables aux matériaux envisagés : les ciments, les chaux, les sables et les plâtres, lesquelles forment autant de parties distinctes dans ce travail.
- ESSAIS DES CIMENTS
- Les ciments ont fait l’objet d’une étude particulièrement détaillée, le Comité a envisagé leurs propriétés à seize points de vue différents, comportant d’une part l’étude des matières pulvérulentes, et d’autre part, celle des pâtes et mortiers gâchés, et il a examiné, dans les divers cas, les méthodes d’essai appropriées.
- Ces méthodes, ainsi qu’il a été dit, s’appliquent d’une manière générale à tous les produits actuellement connus sous le nom de ciments, mais la rapidité de prise de quelques-uns d’entre eux conduit seulement pour certains essais à apporter aux dispositions adoptées quelques modifications d’ailleurs peu importantes qui sont signalées en leur lieu et place au cours du rapport.
- Nous allons passer en revue ces diverses propriétés en signalant, pour chacune d’elles, les conclusions adoptées.
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- ÉTUDE DES MATIÈRES PULVÉRULENTES
- 1° Détermination de la finesse de la monture. — Le Comité s’est attaché à réglementer à ce point de vue le choix des tamis, leur mode d’emploi et l’expression des résultats.
- Pour le choix des tamis, il recommande d’adopter les trois tamis à mailles carrées ci-après définis, au moyen desquels on fractionnera l’échantillon en quatre lots.
- 1° Tamis de 324 mailles, soit 18 par centimètre linéaire avec fils de 0nim,20 de diamètre.
- 2° Tamis de 900 mailles, soit 30 par centimètre linéaire avec fils de 0mm,lo de diamètre.
- 3° Tamis de 4 900 mailles, soit 70 par centimètre linéaire, avec fils de 0mm,0o de diamètre.
- En ce qui concerne le mode d’emploi, on opérera sur des échantillons de 100 grammes, et le tamisage à la main sera considéré comme terminé lorsqu’il passera moins de 0§r,l de matière sous Faction de 2o tours de bras.
- L’emploi de la machine à secousses est recommandé toutefois pour éliminer rapidement la plus grande partie de la fine poussière.
- D’une façon générale, le tamisage complet à la machine est recommandé; mais le Comité n’a pas pensé que, en l’état de la question, il lui fut possible d’émettre encore aucune recommandation à ce sujet.
- Pour l’expression des résultats, on devra totaliser, pour chaque tamis, les résidus qui ne sont pas susceptibles d’y passer.
- 2° Détermination du pouls spécifique. — La dé termination du poids spécifique présente son intérêt pour distinguer la nature des produits, car les diverses espèces de ciments ont en môme temps des différences de densité appréciables; mais elle ne donne pas cependant des indications aussi précises au point de vue de la qualité d’un produit déterminé, car les différences de poids spécifiques des incuits et des surcuits d’une même fournée ne sont guère supérieures aux erreurs admises dans la pratique des laboratoires.
- Il faut donc opérer avec une grande précision si on veut obtenir des renseignements à ce point de vue.
- La méthode employée consiste, en général, à déterminer le volume réel d’un poids connu de la poudre expérimentée en l’introduisant dans un vase gradué rempli d’un liquide dont on note la variation de volume.
- Sans recommander aucun appareil à l’exclusion des autres parmi ceux qui sont en usage, le Comité s’est borné à demander que la précision de l'appareil
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- soit suffisante pour donner au moins la première décimale avec certitude, et la seconde avec une approximation de deux unités.
- En ce qui concerne les précautions à prendre, on devra s’assurer que le ciment est bien franchement pulvérulent. On mélangera intimement avec le reste de l’échantillon sur la totalité duquel on doit opérer, les parties retenues par le tamis de 900 mailles, ainsi que celles agglomérées par l’humidité après qu’elles auront été réduites en poudre et passées à ce tamis.
- On se servira comme liquide de la benzine ou de l’essence minérale.
- On maintiendra la température constante pendant toute la durée de l’opération sans dépasser jamais 15°.
- On renouvellera l’essai une ou plusieurs fois jusqu’à ce qu’on obtienne des résultats concordants.
- 3° Détermination de la densité apparente. — La densité apparente s’obtient^ comme on le prévoit immédiatement, par la pesée d’un volume déterminé de la poudre; mais, si l’épreuve ainsi définie paraît fort simple, il faut reconnaître cependant qu’elle a besoin d’être précisée d’une façon très minutieuse pour donner des résultats comparables, car autrement ces résultats sont affectés par le degré d’humidité, les dimensions des grains de poudre, celles même du vase où on l’introduit pour la peser, par le procédé de remplissage, etc.
- Le Comité s’est donc attaché adonner la définition précise des conditions à observer dans cet essai; il demande, par exemple, que l’épreuve soit effectuée sur le ciment tel qu’il est livré et sur la fine poussière ayant passé au tamis de 4 900.
- En ce qui concerne les conditions mêmes de l’opération, il recommande d’opérer sur une mesure cylindrique ayant un litre de capacité et 0m,10 de hauteur, en effectuant le remplissage au moyen de l’entonnoir à tamis ; il décrit d’ailleurs de façon minutieuse les précautions à observer dans ce travail, mais il serait trop long de les reproduire ici.
- Il demande enfin d’affectuer toujours cinq opérations successives, et d’adopter comme poids du litre la moyenne des résultats ainsi obtenue.
- 4a Analyse chimique. — L’analyse chimique doit figurer parmi les méthodes d’essai des ciments, car elle fournit des renseignements de grande utilité, et le Comité a tenu à la recommander, mais en laissant cependant aux opérateurs toute liberté de choix pour la méthode à employer.
- En ce qui concerne ces essais, il demande d’effectuer les analyses complètes, et d’indiquer individuellement tous les éléments trouvés sans essayer de les grouper.
- A défaut d’analyse complète, on s’attachera plus spécialement aux dosages des matières volatiles.
- 3° Essais d’homogénéité. — Le Comité a pensé qu’il était intéressant de chercher à déterminer directement l’homogénéité du ciment pulvérulent par un
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- examen opéré à la loupe ; il a donc recommandé à cet effet d’effectuer des observations sur la matière retenue par le tamis de 4 900 mailles, en adoptant successivement les grossissements de 3 diamètres pour l’examen d’ensemble et de 8 pour l’examen de détail.
- Si cet examen révèle la présence de grains qu’on puisse soupçonner provenir de matières étrangères au ciment, on cherchera à vérifier la nature de ces grains d’une façon précise.
- ÉTUDE DES PATES ET MORTIERS
- 6° Confection des pâtes et mortiers. — Les essais qui viennent d’être mentionnés portent seulement, ainsi que nous venons de le remarquer, sur le ciment pris à l’état pulvérulent, ils doivent être complétés par d’autres épreuves, affectant alors le ciment mis en œuvre, par un malaxage opéré soit avec de l’eau seulement pour constituer une pâte de ciment, soit avec de l’eau et du sable pour former un mortier.
- On conçoit immédiatement que les essais normaux relatifs aux pâtes de ciment et aux mortiers ne peuvent donner des résultats comparables qu’autant que ces pâtes et ces mortiers ont été confectionnés suivant des règles identiques, et il était donc nécessaire, avant d’aller plus loin, que le Comité établit la définition des pâtes et mortiers normaux sur lesquels on doit opérer.
- En ce qui concerne les pâtes obtenues, comme il a été dit, par le malaxage de la poudre de ciment dans de l’eau, il est incontestable que la nature de l’eau employée doit exercer une certaine influence sur les résultats; il faut donc écarter les eaux trop chargées de sels, surtout les eaux séléniteuses, mais le Comité n’a pas pensé toutefois qu’il convînt de prescrire absolument l’eau distillée, et il s’est borné à recommander l’eau simplement potable.
- Pour les ciments qui doivent être préparés avec l’eau de mer, il faut aussi veiller à n’employer qu’une eau de composition normale.
- La pâte normale à obtenir par l’action de l’eau sur le ciment pulvérulent pourrait être définie à la rigueur en déterminant une proportion fixe d’eau à employer dans le gâchage, mais cette solution présenterait un inconvénient sérieux, car la proportion d’eau ainsi adoptée ne pourrait être qu’une moyenne qui serait loin de convenir à tous les ciments; il est donc préférable de définir la consistance à laquelle la pâte doit être amenée.
- Le Comité a décidé d’employer à cet effet la sonde de consistance imaginée par M. le professeur Tetmajer, laquelle se compose d’une tige en métal poli, de forme cylindrique, ayant 1 millimètre de diamètre, chargée d’un poids de 300 grammes et mobile verticalement dans une glissière. La tige doit être propre et sèche, et terminée par une section nette et d’équerre. On la laisse tomber avec
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- précaution sur un Ht de pâte préparé dans des conditions de gâchage bien définies et remplissant une boîte de dimensions déterminées. On considère comme normale la pâte dont la consistance sera telle que l’épaisseur de la couche restant entre le fond de la boîte et l’extrémité de la sonde, au moment où celle-ci cessera de s’enfoncer par son propre poids, atteigne une quantité déterminée à l’avance, soit 6 millimètres.
- Si nous passons maintenant à l’examen des mortiers normaux, nous trouvons un élément nouveau, le sable, pour lequel il faut définir également le type normal, avant de régler la composition même du mortier.
- Comme sable normal, le Comité a adopté celui de la plage de Leucate (Aube), qui présente l’avantage d’être un sable naturel, de préférence à celui de Cherbourg, obtenu artificiellement en écrasant des débris de carrière de quartzite.
- Le sable de Leucate présente en outre une grande constance, tant au point de vue de la composition chimique que de la structure des grains.
- Le Comité a distingué deux types de sable normal, le sable simple, formé de grains ayant passé au tamis en tôle perforée de trous de lmm,o de diamètre et ayant été retenus par le tamis à trous de 1 millimètre, et le sable composé, formé par un mélange en poids égaux de sables de trois grosseurs différentes ainsi définies : le n° 1 compris entre 1 millimètre et 0mm,o, le n° 2 entre lmm,o et 1 millimètre, et le n° 3 entre 2 millimètres et lmm,o.
- Arrivant maintenant à la question des mortiers normaux, le Comité a dû créer deux types différents, l'un, le mortier plastique, destiné aux divers essais autres que ceux de rupture, pour lequel il s’est attaché à se rapprocher autant que possible des compositions employées dans la pratique; l’autre, un mortier sec, ayant une résistance beaucoup plus élevée, qui servira exclusivement pour les essais de rupture. L’emploi de ces mortiers secs s’est d’ailleurs déjà généralisé dans l’industrie pour ces essais, bien qu’ils diffèrent cependant des mortiers employés en pratique, et il y aurait eu de grands inconvénients à vouloir modifier sur ce point en France seulement les habitudes acquises, et on ne pourra le faire que par voie d’une entente internationale, qu’il serait désirable d’ailleurs de provoquer.
- Les mortiers normaux sont dosés en poids à raison de une partie de ciment pour trois parties de sable, et sont gâchés, suivant la nature des essais, à l’eau potable ou à l’eau de mer.
- Pour confectionner le mortier sec, on emploiera le sable normal simple, en prenant pour le gâchage une quantité d’eau déterminée à l’avance.
- Pour le mortier plastique, on emploiera le sable normal composé, en prenant pour le gâchage une quantité d’eau suffisante pour que le mortier acquière une consistance plastique définie d’autre part.
- 7° Essais de prise. — L’essai de prise a pour but d’étudier le durcissement
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- progressif qui transforme en une masse solide la pâte plastique obtenue par le mélange avec l’eau, soit qu’il s’agisse d’obtenir une pâte de ciment ou un mortier.
- Les points intéressants à déterminer sont évidemment le début et la fin de ]a prise. Le début est l’instant à partir duquel on ne peut plus regâcher la pâte sans troubler la marche de son durcissement et modifier la résistance finale; la fin de la prise serait le moment où la matière, jusqu’alors plus ou moins pâteuse, passe à l’état de corps solide, s’il était possible de le préciser, ou encore celui où elle acquiert son maximum de dureté.
- On voit immédiatement que ces définitions purement théoriques ne peuvent servir de base à une observation pratique, et il faut y substituer des définitions conventionnelles.
- En ce qui concerne les pâtes, ces définitions ont pu être données en observant la pénétration, dans la pâte étudiée, d’une aiguille spéciale, dite aiguille Vicat, laquelle est en métal, de forme cylindrique, d’un millimètre carré de section, soit lmm,13 de diamètre, et pesant 300 grammes. La tige doit être lisse, propre et sèche, terminée en outre par une section nette d’équerre.
- Le début de la prise est l’instant où cette aiguille, descendue normalement à la surface de la pâte avec précaution et sans qu’on lui fasse acquérir de vitesse, ne peut plus pénétrer jusqu’au fond de la boite.
- La fin de la prise est l’instant à partir duquel la surface de la pâte peut supporter la même aiguille sans qu’elle y pénètre d’une quantité appréciable.
- Les durées correspondantes sont comptées à partir du moment où l’eau de gâchage a été mise en contact avec le ciment.
- Il est bien entendu d’ailleurs que les précautions à observer dans la préparation de la pâte, les formes à donner à la boîte qui la reçoit ont été minutieusement déterminées d’autre part, comme il a été indiqué.
- L’expérience ayant montré que le phénomène de la prise est toujours accompagné d’un certain dégagement de chaleur, dont les variations peuvent fournir ainsi des indications utiles, principalement dans le cas des ciments à prise lente, le Comité a pensé en outre qu’il était intéressant de continuer les expériences à ce sujet.
- Les difficultés rencontrées pour donner avec les pâtes une définition précise de la prise s’aggravent encore lorsque l’on passe aux mortiers, et, pour ceux-ci, le Comité a même dû renoncer à définir le début de la prise.
- On a reconnu en effet que, pour constituer un mortier auquel on puisse appliquer les dispositions adoptées pour les pâtes de ciment, il faudrait employer un sable extrêmement fin, passant dans le tamis de 900 mailles, et retenu par celui de 4 900: mais un pareil mortier diffère tellement de ceux qu’emploient les chantiers, que les observations dont il serait l’objet ne peuvent plus fournir au-
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- cune indication sur la façon dont les mortiers réels se comporteront en pratique.
- Le Comité s’est donc borné à étudier la fin de la prise qui, en pratique, est considérée souvent comme atteinte lorsque le mortier supporte sans déformation la pression du pouce. Le Comité a cherché à apporter un peu de précision dans cette définition, en s’aidant de la notion de la sonde de consistance précédemment définie, et disant que, sous la charge de 5 kilogrammes, descendue avec toutes les précautions indiquées pour l’aiguille Yicat, cette sonde ne devra pas pénétrer dans le mortier d’une façon appréciable
- Comme ces questions sont loin du reste d’être encore complètement élucidées, le Comité a émis le vœu que les études déjà entreprises à cet effet soient poursuivies par les expérimentateurs.
- 8° Essais de traction. — Pour les ciments, plus encore que pour les métaux, toutes les circonstances accessoires de l’essai : la forme et le mode de préparation de l’éprouvette, le mode d’exécution de l’essai, etc., exercent une influence considérable sur les résultats obtenus, et il importait donc de tout définir avec précision afin de rendre ces résultats bien comparables.
- Je n’entrerai pas du reste dans le détail des minutieuses précautions indiquées à cet effet, pour ne pas développer ce résumé outre mesure.
- 9° Essais de compression. — Les essais de compression présentent, pour les ciments, un intérêt considérable, qui, dans l’opinion d’un certain nombre de personnes compétentes, dépasse même celui des essais à la traction ; toutefois, ils ont l’inconvénient d’exiger des appareils de grande puissance, et d’un prix relativement élevé.
- Quoi qu’il en soit, au point de vue de l’exécution de l’essai, les circonstances accessoires jouent là aussi un rôle considérable, moins grand peut-être que dans l’essai à la traction, et le Comité a donc tenu là aussi à recommander les mêmes définitions minutieuses et précises.
- 10° Essai de rupture par flexion. — L’essai à la flexion n’est pas encore entré dans la pratique, mais une étude faite à ce sujet par M. Durand-Claye a montré que cet essai présentait des avantages sérieux, faisant même prévoir que la substitution de cette épreuve à celle de traction pourra s’imposer dans l’avenir.
- Il faut reconnaître, en effet, dit M. Alexandre, que les éprouvettes se trouvent alors définies par deux chiffres seulement : longueur et côté de la section, les dispositions des moules sont très simples, et comme la charge de rupture est faible, les appareils employés peuvent être exempts de complication, les griffes se trouvant alors remplacées par des couteaux d’un agencement facile.
- Le Comité a donc tenu à recommander ces essais de rupture par flexion, et il a défini en même temps les précautions à observer et les dimensions à donner aux éprouvettes.
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- 11° Essais de défor?nation. — Ces essais ont pour but d’apprécier les altérations que les mortiers hydrauliques peuvent subir avec le temps sous l’effet de certains agents comme l’eau et l’acide carbonique, lesquels se trouvent en contact permanent avec tous les ouvrages en maçonnerie exposés à l’air ou immergés ; ils agissent sur eux avec plus ou moins d’intensité et d’une manière continue, notamment sur les expansifs qu’ils renferment : chaux et magnésie anhydre libres.
- L’altération dont il s’agit se traduit par des phénomènes d’apparence variée. Si les ciments sont parfaitement homogènes au point de vue de la composition et de la grosseur des grains et si les blocs de mortier sont soumis à des actions identiques sur toutes leurs faces, la déformation peut se réduire à un gonflement uniforme sans manifestation d’aucune fissure ; dans le cas contraire, les irrégularités du gonflement amènent soit des soulèvements d’écailles, soit des fissures, soit des gondolements qui rendent l’altération visible sans qu’on ait besoin de procéder à aucune mesure.
- On peut déceler ces déformations en employant diverses méthodes qui peuvent se rattacher à deux groupes distincts, suivant qu’elles opèrent à longue échéance en plaçant les ciments dans des milieux analogues à ceux dans lesquels ils seront employés, ou à bref délai en provoquant d’une façon rapide, par un traitement approprié, des altérations qui autrement ne se révéleraient qu’au bout d’un temps assez long.
- Parmi ces méthodes rapides, on peut citer l’addition du chlorure de calcium dans l’eau de gâchage du ciment, qui a pour effet d’amener l’extinction de la chaux et d’activer, par suite, les déformations des mortiers contenant de la chaux à l’état libre; mais l’action de ce sel est nulle sur la magnésie, et, d’autre part, on ne peut pas affirmer que les mortiers ne supportant pas cet essai seraient tous incapables de résister dans l’eau douce. Par suite, le Comité n’a pas cru devoir recommander cette méthode, non plus que celle qui consiste à recourir à l’action de la chaleur en mettant à l’étuve ou au four, à la température du rouge, les galettes de mortier à étudier.
- Il n’a retenu, comme méthode rapide, que l’emploi de la cuisson par immersion dans l’eau chaude, et encore en considérant cette méthode comme applicable seulement aux ciments à prise lente.
- Il a défini minutieusement, comme il l’a fait pour les épreuves précédentes, les précautions à observer dans les deux cas, soit qu’on veuille recourir à la méthode à longue échéance, soit à la méthode rapide.
- 12° Essai de rendement. — La détermination du volume que devront fournir les agglomérants hydrauliques qu’on se propose d’employer présente une certaine importance dans la préparation des projets de construction, et il convient donc d’y affecter une épreuve spéciale.
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- Dans le cas des pâtes, la définition du rendement universellement admise est donnéepar le volume obtenu en gâchant avec de l’eau l’unité de poids de ciment.
- Pour les mortiers, le Comité a adopté une définition analogue en considérant le rendement comme le volume obtenu par le gâchage à consistance plastique de l’unité de poids du mélange de ciment et de sable dans la proportion adoptée.
- Dans la détermination du rendement, on doit éviter l’introduction de l’air qui arrive à s’incorporer intimement à la masse, fournissant ainsi un produit poreux dont on ne peut apprécier le volume exact.
- La méthode recommandée pour éviter cet inconvénient consiste à opérer dans une éprouvette qu’on remplit seulement par petites quantités, en ayant soin de les tasser très légèrement pour n’emprisonner que peu de bulles d’air.
- D’après les décisions admises par le Comité, on gâche 1 kilo de matières sèches et on introduit la pâte ou le mortier dans une éprouvette cylindrique en verre gradué d’un litre de capacité.
- 13° Essai de porosité. — La détermination de la porosité, c’est-à-dire celle de l’importance des vides renfermés dans le mortier, implique évidemment celle du volume plein rapproché du volume apparent, et elle pourrait donc se faire en principe d’après les méthodes indiquées en physique en recourant par exemple à l’immersion dans l’eau.
- Il est facile de reconnaître toutefois que l'application de cette règle aux mortiers exige des précautions spéciales, car ces produits peuvent absorber des quantités d’eau variables susceptibles de fausser les résultats.
- D’après les décisions du Comité, le volume plein se détermine en prenant la différence du poids de l’éprouvette sèche pesée dans l’air et du poids de l’éprouvette imbibée d’eau et pesée dans l’eau.
- Ces opérations doivent être faites d’ailleurs en prenant toutes les précautions indiquées pour se mettre à l’abri des causes d’erreur.
- Quant au volume apparent, on le détermine par des mesures directes, si l’éprouvette présente une forme géométrique.
- Dans le cas contraire, on mesurera le volume en prenant la différence entre les poids de l’éprouvette pesée dans l’eau et dans l’air, mais en ayant soin de maintenir constant son état d’imbibition, ce à quoi on arrive en la protégeant par une couche de suif.
- 14° Essai de perméabilité. — La détermination de la perméabilité des mortiers aux liquides et même aux gaz présente un grand intérêt au point de vue des constructions ; la perméabilité aux gaz n’a pas encore fait l’objet d’études suffisantes pour qu’il soit posssible de définir déjà la méthode à adopter dans cette épreuve, mais il n’en est pas de même pour la perméabilité à l’eau, et le Comité a tenu à réglementer la méthode à employer.
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- D’après les décisions adoptées par lui, la perméabilité est exprimée par le nombre de litres d’eau écoulés à l’heure à travers un bloc cubique de 50 centimètres carrés de surface, l’eau étant amenée par un tube de verre de 0mm,35 de diamètre et 0mm,ll de hauteur scellé verticalement à l’aide de ciment pur sur la face supérieure du bloc posé en délit, et préalablement repiquée pour mettre le mortier bien à vif. La hauteur de charge sera variable : 0m,10,1 mètre ou 10 mètres, suivant la perméabilité des mortiers.
- Avant de commencer les expériences, le bloc sera immergé dans un bac pendant 48 heures avec les précautions nécessaires pour arriver à l’imbibition complète.
- 15° Essai de décomposition par l'eau de mer. — L’eau demer exerce une action destructive très énergique sur les mortiers de ciment ; il est donc très intéressant de pouvoir les apprécier à ce point de vue ; le Comité a étudié la question tout en reconnaissant qu’il est à peu près impossible de réaliser dans un laboratoire les conditions que les mortiers doivent rencontrer dans la mer libre.
- En analysant le mode d’action de la mer, il a reconnu qu’il y avait lieu de procéder à deux sortes d’essai : les uns par immersion et les autres par filtration, et il a défini les conditions à observer dans les deux cas afin- de rendre les résultats comparables.
- 160 Essai d'adhérence. — Pour qu’une construction présente des garanties sérieuses de durée, il ne suffit pas, dit M. Alexandre, que les matériaux dont elle est composée offrent la résistance nécessaire pour supporter les efforts auxquels ils sont soumis, il faut encore que ces matériaux soient convenablement reliés entre eux, qu’ils adhèrent bien les uns aux autres.
- Il est donc intéressant de faire un essai à ce point de vue, afin de pouvoir apprécier la force d’adhérence du ciment qu’on emploie.
- Les expériences effectuées à cet effet sont encore peu nombreuses, et le Comité a dû proposer, dans ce cas, une méthode spéciale d’essais par traction qui n’avait pu recevoir encore la sanction de la pratique, mais qui a paru la mieux indiquée pour fournir le résultat demandé.
- Dans cette méthode, on opère sur des éprouvettes en forme de double T confectionnées dans un moule spécial, en employant chacune des deux matières dont on veut mesurer l’adhérence pour constituer l’une des moitiés de l’éprouvette.
- On observe d’ailleurs, dans la préparation de l’éprouvette, les précautions précédemment indiquées, et, dans l’exécution de l’essai, celles qui sont relatives à l’épreuve de rupture par traction.
- ESSAIS DES CHAUX
- Chaux hydrauliques. — Les méthodes d’essai indiquées pour les ciments sont généralement applicables aux chaux hydrauliques, sauf certaines observations de détail sur lesquelles nous aurons peu à insister.
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- Nous dirons seulement que le Comité a constaté, par exemple, qu’il n’y avait pas d’intérêt à fixer une méthode uniforme par la réduction en poudre des chaux en pierre, car il est impossible de reproduire dans les laboratoires les conditions d’emploi des chantiers.
- En ce qui concerne la détermination de la finesse de ce blutage, on a reconnu qu’il y aurait inconvénient à conserver le tamis le plus fin, à 4 900 mailles, dont les fils s’usent rapidement lorsque la chaux n’est pas bien sèche, et on l’a donc remplacé parle tamis à 2 02$ mailles, comprenant, par centimètre linéaire, 45 fils de 0mnyl de diamètre.
- Dans la définition des mortiers normaux, le Comité a décidé de distinguer, par analogie avec ce qui a été fait pour les ciments, le mortier sec, caractérisé par le rapport de 1 à 3, et le mortier plastique par le rapport de 1 à 5.
- Chaux grasses. — Les chaux grasses ne sont guère essayées en pratique, mais le Comité a tenu cependant à examiner s’il n’y aurait pas lieu d’étendre à ces produits quelques-unes des prescriptions adoptées pour les ciments et les chaux hydrauliques.
- Il a reconnu, dans cette étude, que les seules épreuves à effectuer sur la chaux devaient avoir pour but d’en apprécier la pureté ou le rendement.
- La pureté peut être déterminée au moyen de l’analyse chimique ou par un procédé plus simple, fondé sur la solubilité de la chaux dans un grand volume d’eau, par lévigation, en réduisant en pâte un poids déterminé qu’on place ensuite dans un courant d’eau où la chaux seule doit se trouver dissoute.
- Le rendement comporte la détermination du volume de pâte à consistance normale fourni par un kilogramme de chaux en pierres, il ne peut être apprécié dans des conditions comparables qu’en précisant soigneusement la méthode adoptée pour l’extinction de la chaux.
- Le Comité a réglé cette question en proposant d’éteindre d’abord la chaux par immersion, puis de la gâcher avec la quantité d’eau nécessaire pour l’amener à la consistance plastique normale ; on opère ensuite comme pour apprécier le rendement en pâte des ciments.
- ESSAI DES POUZZOLANES
- Le Comité a étudié spécialement les essais des trass, qui sont fort employés dans la région du Nord; les pouzzolanes italiennes étant à peu près abandonnées aujourd’hui dans celle du Midi.
- Le trass est un produit volcanique que l’on extrait de carrières situées dans le voisinage de Coblentz. Il arrive en France à l’état de pierres dans les chantiers où il est ensuite broyé.
- Pour tout ce qui concerne l’examen du trass à l’état pulvérulent, on peut
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- suivre les règles indiquées précédemment pour les ciments; mais la confection des pâtes et mortiers normaux, impliquant l’addition de chaux, se trouve affectée par la qualité de la chaux employée, et il est nécessaire de définir celle-ci avec précision.
- Les conférences allemandes avaient demandé qu’on adoptât exclusivement la chaux grasse provenant de la calcination du marbre, et le Comité a adopté de son côté cette décision, de même que le dosage des conférences allemandes en trass, chaux et sable pour la confection des mortiers.
- Le sable employé dans le mortier normal sera le sable moyen composé, et le gâchage sera effectué avec l’eau potable.
- Les essais pratiqués sur les pâtes et mortiers de trass sont d’ailleurs analogues à ceux des ciments, ils comportent simplement certaines observations de détail sur lesquelles nous ne pouvons pas insister.
- ESSAI DES SABLES DESTINÉS A LA CONFECTION DES MORTIERS
- La composition des sables employés à la confection des mortiers, la nature, les formes et les dimensions des grains, exercent une influence incontestable sur les qualités des mortiers obtenus, et il est donc intéressant d’effectuer certains essais pour apprécier 1rs diverses propriétés des sables expérimentés.
- Au point de vue de la composition granulométrique, le Comité a décidé de distinguer dans les sables trois grosseurs différentes, en fixant la grosseur maximum à o millimètres.
- D’après ses définitions, le sable gros est celui dont les grains passent au tamis de 5 millimètres, mais sont retenus par le tamis de 2 millimètres.
- Le sable moyen comporte les grains qui passent au tamis de 2 millimètres et sont retenus par celui de 0mm,5.
- Le sable fin comporte les grains traversant ce dernier tamis.
- Il y aurait aussi à distinguer la forme des grains, mais il est très difficile d’en donner une définition précise.
- On pourra déterminer en outre la nature minéralogique en séparant les divers éléments par lévigation, puis la densité absolue et la densité apparente suivant la méthode indiquée pour le ciment pulvérulent.
- On effectuera enfin des essais comparatifs de mise en œuvre en préparant des mortiers plastiques, confectionnés à dose égale d’un même ciment ou d’une même chaux, d’une part avec le sable normal composé, et d’autre part avec le sable à essayer.
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- ESSAI DES PLATRES
- Les essais de plâtres sont peu répandus dans l’usage courant, mais il est cependant d’un intérêt incontestable de déterminer également, pour ces produits, des méthodes d’épreuve permettant de reconnaître s’ils possèdent les qualités correspondantes à leurs divers emplois.
- Le Comité a donc tenu à examiner la question, bien qu’elle ait été peu étudiée jusqu’à présent, et il a émis à ce sujet certaines règles imitées autant que possible de celles qui touchent les ciments pour la détermination de la finesse de mouture et de la composition chimique; il a prescrit également d’effectuer les essais de prise et de rendement.
- En terminant, il a exprimé le vœu que les études soient poursuivies sur cette question des plâtres, notamment pour la détermination de la résistance qu’ils présentent à l’air ambiant, la mesure de leurs déformations, gonflement et retrait, et celle de leur force d’adhérence.
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- MÉTALLURGIE
- Analyse d’un rapport de John Olivier Arnold sur l’Influence du carbone sur le fer par M. R. Masse, ingénieur civil des mines.
- L’influence du carbone sur le fer est une question d’un grand et international intérêt, et, dans ces vingt-cinq dernières années, elle a été l’objet de nombreuses recherches de la part des métallurgistes et des physiciens en Amérique, en Angleterre, en France, en Allemagne, en Russie et en Suède.
- Ces recherches ont eu pour résultat l’obtention d’un nombre considérable de faits précieux et l’établissement de quelques théories plus ou moins exactes. Toutefois, on n’a pas encore établi une théorie des lois fondamentales régissant la physique de l’acier qui soit admise généralement.
- HISTORIQUE
- Pour résumer l’ensemble des travaux qui ont été faits sur cette matière, il faudrait donner à ce mémoire une longueur qu’il ne comporte pas. D'ailleurs les excellentes bibliographies de M. Osmond (Journal of ihe Iron and Steel lnstitule, n° 1, 1890) et de M. Hadfîeld (même publication, n° 1, 1894) résument parfaitement les origines et la succession des recherches qui ont été effectuées. Les noms qui y sont cités sont ceux de savants et de chercheurs distingués comme Abel, Akerman, Roberts-Austen, Bar-rett, Barus, Brinell, Le Chatellier, Gore, Hadfield, Howe, Ledebur, Martens, Müller, Osmond, Sorby,Tchernoff, Wedding et Werth.
- Les travaux de MM. Brinell et Tchernoffqui traitent de l’importance des points critiques sur les manipulations pratiques de l’acier, sont en connexion directe avec le sujet de ce mémoire et méritent une attention toute particulière.
- Les métallurgistes sont redevables à MM. Abel et Müller d’avoir séparément découvert que, dans l’acier non trempé, le carbone existe principalement à l’état de combinaison définie, de formule Fe3 G.
- Les travaux qui ont produit les plus importants résultats sont sans nul doute : 1° l’application du microscope faite par le DT Sorby à l’étude des aciers qu’il assimile à des roches cristallines; 2° la reprise et l’achèvement, par M. Osmond, des travaux de MM. Barrett, Brinell, Gore et Tchernoff sur les points critiques de l’acier. Malheureusement pour les métallurgistes, MM. Osmond et Sorby tirent de leurs travaux des conséquences différentes quant à l’emploi pratique de l’acier.
- Le Dr Sorby émet l’opinion, qu’à froid, l’acier non trempé, riche en carbone, est constitué par des couches alternatives de fer doux et d’un composé de fer et de carbone extrêmement dur ; lorsqu’un pareil acier est chauffé, les couches dures forment avec le fer un autre composé, stable seulement à haute température, qui, par refroidissement, donne de nouveau des couches alternées de fer et d’un composé dur très heureusement nommé « le constituant perlé » ou perlite à cause des interférences de couleurs qu’il présente. Le Dr Sorby n’émet par contre aucune opinion définitive sur la structure des aciers trempés.
- M. Osmond a été amené, tant par ses études personnelles que par celles exécutées Tome I. — 95e année. o° série. — Janvier 1896. 7
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- MÉTALLURGIE.
- JANVIER 1896.
- avec M. Werth, à des conclusions fortement soutenues d’ailleurs par le professeur Roberts-Austen. Il pense que le carbone existe surtout à l’état Fe3C dans l’acier froid, non trempé, mais que, lorsqu’on chauffe un tel acier à une température un peu supérieure à 700° C, il y a dissociation du fer et du carbone, absorption de chaleur au point critique Art, et que les atonies de carbone à l’état libre, non graphitoïde, sont simplement dissous dans la masse des atomes de fer.
- Le présent travail expose l’ensemble des résultats de cinq années de recherches entreprises pour fixer ce point important. Les conclusions auxquelles elles ont conduit semblent expliquer d’une manière satisfaisante les multiples et mystérieux effets du carbone sur le fer dans des conditions de température variables, et cela non seulement au point de vue théorique, mais aussi au point de vue pratique, car ces conclusions sont d’accord avec l’expérience de chaque jour dans la métallurgie de l’acier.
- L’auteur sait très bien que ses assertions et ses preuves doivent très naturellement être soumises à un examen critique avant d’être acceptées d’une manière complète.
- La réflexion suivante s’imposera probablement d’elle-même : que, si les nombreux et habiles observateurs ci-dessus énumérés n’ont pu résoudre un problème aussi difficile, est-il vraisemblable qu’un seul expérimentateur ait pu y réussir par une recherche isolée? L’auteur répond à cela que, dans les recherches précédentes, les observations avaient été limitées à un ou deux points seulement, et que, dans ces conditions, le problème n’était pas susceptible de recevoir une solution complète.
- Le plan d’étude adopté par l’auteur est le suivant :
- 1° Préparation de séries de lingots d’acier absolument sains, pesant 18kil,65, présentant une section de 19o2,35, et composés de fer et de carbone (les proportions de ce dernier élément variant avec les échantillons). Dans les lingots martelés et laminés en barres de 27mm,2 de diamètre, la teneur en carbone est comprise entre 0,1 et 1,5 p.100; on a de la sorte une suite d’aciers, depuis les plus doux jusqu’aux plus durs qui soient usités en pratique, avec le pourcentage d’impuretés le plus petit possible.
- 2° Analyse chimique complète de chaque échantillon.
- 3° Détermination du carbone à ses divers états dans les aciers normaux, recuits et trempés.
- 4° Étude des propriétés mécaniques des aciers normaux, recuits et trempés, soumis à la compression, et des aciers normaux et recuits soumis à la traction.
- 5° Étude de la structure microscopique des divers aciers normaux, recuits et trempés.
- 6° Mesure, pour les divers aciers, et d’après la méthode de M. Osmond, de la chaleur absorbée pendant leur échauffement ou dégagée pendant leur refroidissement par suite du changement d’état du carbone au point ARX ; détermination de la chaleur dégagée pendant le revenu des aciers trempés.
- 7° Comparaison des propriétés magnétiques des aciers trempés et des aciers revenus.
- 8° Détermination des points corrélatifs (s’il y en a) enregistrés par les diverses méthodes d’observation.
- PARTIE CHIMIQUE
- Les analyses furent faites sur des échantillons prélevés, au foret, dans la partie centrale de chaque barre. Le carbone fut déterminé avec grand soin par combustion ; les résultats sont résumés dans le tableau I.
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- INFLUENCE DU CARBONE SUR LE FER
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- TABLEAU I
- Analyses des échantillons d’Acier.
- ACIERS Nos CARBONE TOTAL C GRAPHITE dans aciers recuits SILICIUM Si MANGANÈSE Mn PHOSPHORE P. SOUFRE S ALUMINIUM Ai. FER (par différence) Fe ENSEMBLE dos IMPURETÉS
- 1 0,08 )) 0,03 0,02 0,02 0,03 0,02 99,80 0,12
- r 0,21 » 0,05 0,05 0,02 0,03 0,02 99,62 0,17
- 2 0,38 » 0,03 0,0S 0,02 0,02 0,03 99,44 0,18
- 3 0,59 » 0,07 0,10 0,02 0,02 0,03 99,17 0,24
- 3' 0,74 » 0,05 0,01 0,02 0,02 0,02 99,14 0,12
- 4 0,89 )) 0,03 0,09 0,02 0,02 0,03 98,92 0,19
- 5 1,20 0,28 0,07 0,15 0,02 0,02 0,03 98,51 0,29
- 6 1,47 1,14 0,08 0,13 0,02 0,01 0,04 98,25 0,28
- Les types 1' et 3' sont des résultats moyens obtenus par interpolation, et ont été intercalés dans l’ensemble des recherches.
- La détermination des divers états du carbone dans trois des types d’acier est due à M. A.-A. Read, professeur de métallurgie à l’Université de Cardiff, dont l’habileté dans cette branche délicate de l’analyse chimique est un sûr garant de l’exactitude des résultats. Chaque type d’acier a été analysé sous ses trois formes : normal, recuit et trempé. Les résultats sont consignés dans le tableau IL
- TABLEAU II
- Différents états du carbone dans les Aciers normaux, recuits ou trempés.
- NUMÉROS des ACIERS POIDS étudiés gr- POIDS des résidus secs à 1008» C gr. ASPECT dos RÉSIDUS SECS ANALYSE. Fer DES RÉS Carbone DUS SECS Eau (1) CARBONE à l'état Fe3 C CARBONE à l’état d’hydrate CARBONE perdu comme hydro- carbures CARBONE total p. 100
- / Normal. . 3,283 0,1481 poudre gris foncé. . 89,65 6,87 3,48 0,31 )) 0,07 0,33
- 2 | Recuit . . 3,345 0,1485 lamelles très petites argentines 91,58 7,18 1,24 0,32 » 0,06 0,38
- \ Trempé. . 3,257" 0,0325 poudre brun-noir. . 29,54 24,19 46,27 0,02 0,22 0,14 0,38
- i Normal. . 6,641 0,8665 poudre gris foncé. . 89,87 6,47 3,66 0,85 » 0,04 0,89
- 4 l Recuit. . 6,922 0,8173 lamelles très petites argentines 92,05 6,97 0,97 0,83 » 0,06 0,89
- f Trempé. . 5,635 0,1055 poudre brun-noir. . 37,15 35,55 27,30 0,05 0,61 0,23 0,89
- / Normal. . 5,306 0,4210 poudre gris foncé. . 76,01 18,20 5,79 0,43 1,02(2) 0,02 1,47
- 6 | Recuit. . 5,880 0,1085 pendre noire d’aspect métalliq. 22,86 73,09 4,05 0,03 0,18(3) 0,12 1,47
- V Trempé. . 5,096 0,1400 poudre brun-noir. . 28,57 42,71 28,72 0,06 1,17 0,24 1,47
- (1) Obtenue par différence et contenant une petite quantité d’alumine.
- (2) Carbone libre.
- (3) A ajouter aussi 1,14 p. 100 de graphite.
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- MÉTALLURGIE. --- JANVIER 1896.
- Il faut remarquer que, dans les aciers n° 2 (0,38 p. 100 de carbone) normaux et recuits, environ 83 p. 100 du carbone total se trouvent à l’état de combinaison définie Fe3C. Pour les deux mômes catégories, dans l’acier n° 4 (89 p. 100 de carbone), 93 p. 100 du carbone total sont à ce même état. Dans les exemples recuits, le carbure a cristallisé en plaquettes argentines; dans les types normaux, il a constitué des grains et des zones mal définies. Les figures 4, 6, 10 et 17 montrent l’aspect de ces deux formes de carbure sur des sections vues au microscope avec un grossissement de 600 diamètres.
- Dans le cas de l’acier n° 6 recuit, les résultats de l’analyse et l’aspect de la figure seront éclaircis plus tard.
- Ce qui concerne l’acier n° 6 (1,47 p. 100 de carbone), dans les conditions normales, est unique dans la série : moins de 1,5 p. 100 du carbone total ont été perdus à l’état d’hydrocarbure, mais on n’a obtenu que 29 p. 100 du carbone total à l’état Fe3 C, et, au contraire, 70 p. 100 environ de carbone libre. Si l’on se reporte à la figure 2 (p. 103), on peut remarquer que la section présente au microscope non seulement les plages de carbure diffusé habituelles dans les aciers normaux, mais, de plus, des stries de carbure Fe3 C cristallisé.
- PARTIE MÉCANIQUE
- 1° Définitions.
- Donnons tout d’abord quelques définitions fixant bien nettement ce que l’on appellera, au cours de ce travail, aciers « normaux », « recuits » et « trempés ».
- Les aciers normaux, aussitôt à leur sortie des laminoirs, ont été portés à une température d’environ 1000° C. dans des moufles, puis abandonnés au refroidissement à l’air.
- Les aciers recuits ont été chauffés dans la chaux vive, à 1000° C. environ, dans un creuset de fonte fermé pendant soixante-douze heures, puis soumis au refroidissement lent pendant cent heures dans un four luté.
- Les aciers trempés ont été portés à la température de 1000° C. environ en moufle fermé puis, aussitôt après, rapidement plongés dans une grande quantité d’eau froide.
- 2° Essais à la, traction.
- Les résultats fournis par ces essais et relatifs aux aciers normaux et recuits sont groupés dans les tableaux III et IV.
- L’influence du carbone sur la ténacité est mise en évidence par les courbes du graphique A (p. 101) dans lequel les ordonnées représentent les efforts de traction maxima.
- Son influence sur la ductilité est visible sur le graphique B, dans lequel on a porté en ordonnées les allongements p. cent des échantillons essayés.
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- INFLUENCE DU CARBONE SUR LE FER.
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- TABLEAU III
- Essais à la traction sur Aciers normaux.
- (Pièces d’essais de 5 centimètres de long et tcm,4 de diamètre.)
- NUMÉROS DES ACIERS CARBONE LIMITE élastique TRACTION maxima ALLON- GEMENT RÉDUCTION de Section ASPECT DE LA FRACTURE
- p. 100 Tonnes sar cmq. p. 100 p. 100
- 1 0,08 1,92 3,37 46,6 74,8 grenue, grise, bords soyeux.
- r 0,21 2,69 4,00 42,1 67,8 — — —
- 2 0,38 2,82 4,71 34,5 56,3 — — —
- 3 0,59 3,12 6,74 19,9 22,7 cristalline.
- 4 0,89 3,91 8,23 13,0 15,4 —
- 5 1,20 5,62 9,71 8,0 7,8 —
- 6 1,47 5,08 8,77 2,8 3,3
- Chacun des résultats des i premiers échantillons est la moyenne de deux essais ; ceux des 3 derniers échantillons sont respectivement les moyennes de 3 essais.
- Graphique à.
- Influence du carbone sur la ténacité des aciers normaux ou recuits.
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- MÉTALLURGIE.
- JANVIER 1896.
- TABLEAU IV
- Essais à la traction sur Aciers recuits.
- (Pièces d’essai de 5 centimètres de long et lcm, 4 de diamètre.)
- NUMÉROS DES ACIERS CARBONE LIMITE élastique TRACTION maxima ALLON- GEMENT RÉDUCTION de Section ASPECT DE LA CASSURE
- p. 100 Tonnes tar cmq. p. 100 p. 100
- 1 0,08 •1,39 2,89 52,7 76,7 grise, grenue, bords soyeux.
- U 0,21 1,42 3,35 42,3 65,7 — — —
- 2 0,38 1,50 3,94 35,0 50,6 — — —
- 3 0,59 1,79 5,02 22,0 23,3 cristalline.
- 4 0,89 2,65 5,78 4,5 4,2 —
- 5 1,20 2,55 5,18 0,0 4,9 —
- 6 1,47 1,59 3,52 19,0 17,7 sombre, grenue, fibreuse.
- Graphique B.
- Influence du carbone sur la ductilité des aciers normaux ou recuits.
- Il faut remarquer que la ténacité des aciers normaux atteint sa valeur la plus grande pour 1,2 p. 100 de carbone, et que cela coïncide avec le complet développement d’un remarquable changement dans la structure de l’acier vue au microscope
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- INFLUENCE DU CARBONE SUR LE FER.
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- (empâtement des cristaux d’acier par un réseau de Fe3C cristallisé). Lorsque la teneur en carbone augmente (1,47 p. 100 par exemple), ces membranes de carbure Fe3 C deviennent plus nombreuses et plus serrées et la ténacité diminue (fig. 1 et 2).
- Fig. 1. Fig. 2.
- Acier il" o normal. Acier n° 6 normal.
- (1,20 p. 100 cle carbone.) - 1,47 p. 100 de carbone.)
- Les écarts entre les courbes des aciers recuits et des aciers normaux (graphique A) mesurent la diminution de ténacité due au recuit par suite de la transformation du carbure Fe3 C diffusé en carbure cristallisé. Le maximum de ténacité a lieu, dans la série des aciers recuits, pour le n° 4 (0,89 p. 100 de carbone); la courbe redescend ensuite à cause de la séparation du graphite (fig. 14 à 17).
- Les courbes de ductilité (graphique B) méritent une très sérieuse attention. On doit remarquer en effet que, jusqu’à 0,65 p. 100 de teneur en carbone, la ductilité des aciers recuits est faiblement supérieure à celle des aciers normaux, mais que pour des teneurs comprises entre 0,65 et 0,9 p. 100, la ductilité des aciers recuits est notablement plus faible que celle des aciers normaux (1). L’inspection de la figure 13 fait ressortir , dans la structure de l’acier n° 4, des plages de Fe3 G cristallisé orientées dans des directions diverses et constituées par d’innombrables stries parallèles. A parlir de 0,89 p. 100 de carbone, la courbe de ductilité se relève, et ce mouvement est dû sans doute au dédoublement du carbure en fer libre et graphite.
- (1) Cela n’est pas évident; on a une valeur pour 0,65 et une autre pour 0,89 p. 100 de carbone, mais il ne s’ensuit pas que toutes les valeurs intermédiaires soient situées sur la droite qui joint les points correspondants aux deux valeurs particulières précitées. Il est possible, au contraire (et cela serait, d ailleurs, plus en harmonie avec les idées de l’auteur), que la ductibilité des aciers recuits ne devienne inférieure à celle des acides normaux que pour une teneur en carbone voisine de 0,89 p. 100. Il est regrettable qu’on n’ait pas d’essais dans le voisinage de cette teneur. R. M.
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- MÉTALLURGIE.
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- 3° Essais à la compression.
- Les résultats fournis par ces essais ont été réunis dans le tableau V, et mis en évidence sous une autre forme par le graphique G. p. 105, relatif à la compression la plus élevée.
- Les pièces soumises à l’essai avaient lcm,4 de diamètre et une longueur de 2 diamètres environ.
- Le tableau suivant donne en millimètres les écrasements des divers échantillons soumis à des pressions croissantes allant jusqu’à 25375 kilos sur la section de la pièce, soit 15 860 kilos par centimètre carré.
- TABLEAU Y
- Essais à la compression.
- PRESSIOSS en kilos NATURE de l’acier NUMÉROS DES TYPES D’ACIER ESSAYÉS
- 1 i ' 2 3 4 5 6
- m/m m / m m /Tn m/m m/m m/m m/m
- Normaux. . •1,8288 0,9398 0,8128 0.2794 0,1270 0,1778 0,2540
- 5.075 Recuits . . 1.3970 1,7526 1,3208 0,7620 0,5588 0,6350 1,3970
- Trempés. . 0,4572 0,3048 0,2540 0,0000 0,0000 0,0000 0,0000
- Normaux. 7,5437 ,5,4863 4,0385 1,4224 0,4572 0,3048 0,5080
- 10.150 1 Recuits . . 8,3311 7,7723 6,2229 3,1495 1,6510 1,9812 7,2389
- Trempés. . 4,5719 1,4986 0,5588 0,0000 0,0000 0,0000 0,0000
- Normaux. . 12,8778 10,9728 9,3725 5,0799 1,4732 0,8128 0,9398
- 15.225 < Recuits . . 13,7160 13,4366 11,9380 8,3819 5,8831 6,6039 13,2080
- ! Trempes. . 10,2870 6,2483 1,0668 0,0254 0,0000 0,0000 0,0000
- , Normaux. . 16,0020 14,8590 13,3858 9,3978 4,8259 2,5400 3,2765
- 20.300 | Recuits . . 16,7640 16,9164 15,9258 J 2,9032 9,7026 11,1252 17,2720
- ( Trempés. . 14,4018 13,5382 4,1655 0,0508 0,0000 0,0000 0,0000
- [ Normaux. . 17,7038 16,4592 15,2654 12,0396 8,2803 8,1279 Casse.
- 25.375 1 Recuits . . 18,4403 17,6022 16,7132 14,3510 11,8364 13,2332 Casse.
- f Trempés. . 16,0528 14,5034 Casse. (1)0,1524 0,0000 0,0000 0,0000
- carlione 1 ! Normaux. . i 0,08 0,21 0,38 0,59 0,89 1,20 (2)1,47
- comUné < Recuits . . 1
- p. 100 | Trempés. . i | 0,08 0,21 0,38 0,59 0,89 (3)0,92 (4)0,35
- (1) L’acier trempé n° 3 accuse uue compression de 0,25 m/m à 30 450 kilos mais entre 30 000 et 35 000 kilos il se désagrège avec explosion.
- (2) Il existait un peu do graphite dans ce spécimen.
- (3) Il y avait 0,28 p. 100 de graphite dans cet échantillon.
- (4) Il y avait 1,14 p. 100 de graphite dans celui-là.
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- INFLUENCE DU CARBONE SUR LE FER.
- L’auteur affirme énergiquement que les expériences de compression sont, de beaucoup, les meilleures pour s’assurer mécaniquement de la rigidité moléculaire des métaux, parce que, dans cette méthode, les effets de la cohésion inter-cristalline sont réduits à leur minimum.
- Graphique C.
- Action de la compression sur divers aciers.
- Carbone, p. cent.
- R. Position approximative obtenue en prolongeant la courbe an moyen du dernier point de compression noté avant rupture.
- La courbe des aciers normaux ( — graphique C) montre que l’écrasement va en diminuant jusqu’à 0,89 p. 100 de carbone, et reste pratiquement stationnaire jusqu’à 1,5 p. 100 ; l’auteur croit devoir penser que la ligne pointillée jusqu’en I indique l’écrasement réel, car la branche descendante de la courbe est due à une séparation inattendue du graphite, et, en même temps, à l’apparition, dans la masse moléculaire,, de parcelles de fer doux.
- La courbe des aciers recuits ( —, graphique C), jusqu’à 0,89 p. 100 de carbone, montre graphiquement l’influence sur l’écrasement de la transformation du carbure Fe3C diffusé en carbure Fe3C cristallisé. Au delà de 0,89 p. 100 de carbone, la courbe, descend rapidement jusqu’à 1,47 p. 100 (la masse contient du graphite). L’écrasement est alors aussi considérable que pour le fer presque pur; cela est dû sans doute au
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- MÉTALLURGIE.
- JANVIER 1896.
- dépôt de cristaux de graphite, susceptibles eux-mêmes de supporter une certaine compression (voir les diverses micro-sections).
- La courbe des aciers trempés (=, graphique G) est la plus remarquable et la plus importante. Elle montre que l’écrasement diminue très rapidement quand la teneur, en carbone passe de 0,2 à 0,6 p. 100, et que, lorsqu’elle atteint 0,89 p. 100, l’écrasement devient nul; il est d’ailleurs extrêmement faible pour des teneurs comprises entre 0,6 et 0,89 p. 100.
- On est donc conduit à penser que les métaux considérés contiennent un sous-carbure de fer extrêmement dur, en quantités proportionnelles aux teneurs en carbone, et que, pour 0,89 p. 100 de carbone, ce sous-carbure constitue 100 p. 100 du métal.
- La notable décroissance de l'écrasement entre 0,38 et 0,39 p. 100 de carbone s’explique facilement, si l’on considère les micro-sections (flg. 3, 10 et 21), et le tableau IX ci-après. On remarquera, en effet, que l’acier n° 3 contient environ 33 p. 100 de fer théoriquement libre, tandis que l’acier n° 2 en contient environ 58 p. 100, le reste du métal étant du sous-carbure extra-dur. Aussi peut-on se figurer l’acier n° 2 comme analogue à une masse de plomb dans laquelle seraient en suspension des fragments de verre, et l’aciern°3 comme analogue à une masse de verre tenant en suspensiondes fragments de plomb. Il est clair que les fragments de plomb ne pourraient pas diminuer beaucoup la rigidité de la masse de verre, pas plus que les fragments de verre ne pourraient empêcher la masse de plomb de s’écraser sous l’influence de la compression.
- En définitive, les essais mécaniques ont mis en évidence la tendance qu’ont la plupart des courbes représentatives à se briser lorsque la teneur en carbone atteint 0,89 p. 100. On rencontrera par la suite des modifications correspondantes dans la micro-structure des aciers et dans les courbes thermiques et magnétiques, et l’on verra que ces modifications sont toutes dues à une cause commune constituant l’assise fondamentale sur laquelle on édifiera la véritable théorie physico-chimique de l’acier.
- PARTIE MICROSCOPIQUE
- L’étude de cette branche très importante de la métallurgie de l’acier, inaugurée il y a trente ans par le docteur Sorby, a provoqué un mouvement considérable sur le continent. En Allemagne, principalement, de grands progrès ont été faits dans cette voie sous la direction du professeur Martens. Par contre, les métallurgistes anglais l’ont presque négligée ou dédaigneusement condamnée, jusqu’à une époque toute récente. *
- L’obtention d’une section parfaite, délicatement polie, la détermination de la véritable structure du métal à l’aide de puissants engins, présentent des difficultés matérielles considérables. L’auteur n’a surmonté ces obstacles qu’après quelques années de laborieux travaux; il en a été amplement récompensé en découvrant que les lois qui président à la constitution du fer contenant des proportions variables de carbone, sont fixes et concordantes pour des conditions physiques déterminées; bref, il a pu dégager d’un obscur chaos un ordre d’idées extrêmement intéressant, qui fournit la clef de la question qu’il étudiait.
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- INFLUENCE DU CARBONE SUR LE FER.
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- ÉLÉMENTS CONSTITUTIFS DU FER ET DES ACIERS AU CARBONE
- Fer pur. — Le fer parfaitement pur ne se trouve pas dans le commerce, mais, dans le Lancashire, on trouve des barres fondues au creuset et laminées contenant en moyenne 99,8 p. 100 de fer, et présentant des groupements de cristaux métalliques chimiquement purs. On les reconnaît de suite à leurs faces et à leurs angles bien définis, et à ce fait qu’ils restents brillants et polis, même après plusieurs attaques à l’acide nitrique très dilué, qui pénètre très légèrement et met en évidence les fines lignes de démarcation des cristaux.
- LaTigure*ci-contre donne une reproduction des cristaux de fer pur observés au
- Cristaux de fer pur (Grossissement 600).
- microscope, à la lumière directe, et amplifiés à 600 diamètres. Leur forme géométrique se rapproche beaucoup de celle que donneraient des intersections de cubes et d’octaèdres avec prédominance des faces cubiques.
- Il est rare cependant d’avoir des cristaux aussi géométriques et aussi bien définis que ceux qui sont ici figurés ; cela tient aux phénomènes de torsion qui se produisent dans le métal pendant le refroidissement qui suit la cristallisation : les expériences de 1 auteur (Journal of the Iron and Steel Inslitute, 1894, n° 1) ont montré que cela se produit à une température rouge modérée, entre 750° et 720° C.
- Fer légèrement impur. — Dans le fer forgé et les aciers doux, les cristaux de fer pur sont souvent quelque peu contaminés par un faible résidu de carbone, il en résulte que, par le polissage-attaque, la surface devient rugueuse et prend une teinte brun pâle. La proportion de carbone engagé est alors très faible; elle excède rarement 0,05 p. 100, et son influence mécanique est insensible.
- L auteur ne veut pas, pour le moment, établir de distinction entre les deux espèces de cristaux de fer, bien que la nature exacte du carbure contenu dans les cristaux
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- MÉTALLURGIE.
- JANVIER 1896.
- teintés ait un intérêt au point de vue moléculaire et soit en connexion avec le point AR3 d’Osmond. Lorsque des aciers très doux sont soumis dans le vide à l’action prolongée d’une température de 1400° G. puis refroidis à l’air, la micro-structure de ces aciers subit un changement bien net : les groupements de carbure normal disparaissent et font place à un plus grand nombre de cristaux teintés. Ces faits sont en corrélation avec une élévation permanente de la chaleur dégagée pendant le refroidissement au point AR3; le point AR1 disparaît alors, et la position du point AR3 s’élève de 10°C environ. Ces résultats sont d’accord avec l’hypothèse d’après laquelle il pourrait exister des traces d’un carbure de fer intermédiaire entre le carbure normal Fe3C et le très important sous-carbure que nous étudierons ci-après (1).
- Carbure normal diffusé. — Il correspond au « fer amorphe » du docteur Müller. Lorsqu’on immerge les sections polies dans l’acide nitrique très étendu, elles sont immédiatement et partiellement couvertes d’une pellicule brun foncé de matière charbonneuse colorée.
- Les surfaces foncées sont constituées, comme on le verra plus tard, par du fer contenant environ 13 p. 100 de carbure normal Fe3C répandu au travers delà masse sous forme de petites plaquettes ou de grains irréguliers. Elles sont aussi le premier degré de formation du constituant perlé.
- Constituant perlé. — C’est dans les aciers recuits que ce constituant est le plus développé ; il présente les alternances bien connues de lamelles dures et douces découvertes par le docteur Sorby. On sait déjà que les lamelles dures sont des cristaux de Fe3C, les lamelles douces étant du fer presque pur. Les lamelles parallèles de carbure peuvent être ondulées ou droites, leur épaisseur et la distance qui les sépare sont très variables. Lorsque les intervalles de fer doux sont très larges, on voit distinctement les lamelles de carbure en relief, car le polissage a creusé le fer. Les sections contenant beaucoup de constituant perlé présentent après polissage des aspects superbes de perles et d’opales qui sont permanents si le polissage est très soigné.
- Carbure normal cristallisé (Fe3C). — Cette substance, seule de son espèce dans la matière perlée, peut se former en filons à larges sections ou en masses isolées. Il faut un œil exercé pour la distinguer du fer parfaitement pur, mais, comme règle, le fait qu’elle apparaît toujours en relief avec une surface brillante argentée suffit pour la faire reconnaître.
- Graphite. — C’est le « carbone de revenu » de Ledebur. Pour les métallurgistes anglais, il était difficile de choisir une dénomination plus malheureuse. « Carbone de recuit » eût été meilleur, mais, pour qu’il n’y ait aucun doute sur sa nature, l’auteur emploiera au cours de ce travail le nom de « graphite » comme correspondant à cette substance. Elle se présente, dans les aciers, sous forme de points noirs arrondis (plus rarement en courtes masses serpentines) bien nettement définis sur un arrière-plan de fer pâle.
- Sous-carbure de fer. — Il reste encore un constituant à décrire. Il ne se rencontre
- (1) La distinction entre ccs deux fers semble un peu subtile et ne correspond à aucun caractère net tement tranche de l’observation au microscope.
- M. Osmond a fait remarquer (Analyse micro graphique des aciers au carbone, Bulletin de la Société d'Encouragement, mai 1895) que le fer pur, ou du moins pratiquement pur, la « ferrite » de Howe, se colore ou 11e se colore pas par l’acide azotique suivant un certain nombre de circonstances complexes. Il conclut non pas à l’existence de deux types distincts, mais à la nécessité de contrôler par d’autres réactifs les indications fournies par l’acide azotique.
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- que dans l’acier trempé ou trempé et revenu. Lorsqu’on attaque légèrement la section, elle conserve son poli mais prend une teinte de mine de plomb due à une couche très légère d’une matière charbonneuse noire. Ce constituant paraît homogène et non cristallin, mais il est probablement formé de cristaux ténus dont les arêtes sont invisibles au microscope ou obscurcies par le faible dépôt charbonneux.
- Lorsqu'on attaque profondément la section, la substance se couvre d’un dépôt noir velouté, qu’on peut enlever avec le doigt et qui tache.
- L’auteur va maintenant fournir les preuves microscopiques, thermiques et magnétiques (concluantes à son avis) d’après lesquelles cette substance ne serait pas une modification allotropique du fer, mais bien un carbure de fer défini (quoique instable et très atténué) d’une dureté considérable et correspondant à la formule Fe24C.
- DÉTAIL DES OPÉRATIONS AU MICROSCOPE
- Les ligures ci-jointes ont toutes été obtenues par l’observation au microscope, et les dessins ont été réduits ensuite par la photographie au diamètre du champ d’observation microscopique. L’application de cette méthode a nécessité un travail considérable, mais les structures sont ainsi reproduites avec une exactitude im-
- Acier n° 1 normal. Acier n° 2 normal.
- (0,08 p. 100 de carbone.) (0,38 p. 100 de carbone.)
- possible à obtenir directement par la photographie. On a employé dans tous les cas l’éclairement direct.
- Acier normal n° 1 (0,08 p. 100 de carbone). Figure 4. — La structure consiste en cristaux de fer irréguliers parmi lesquels sont sobrement distribués quelques rares petits nœuds sombres, analogues aux amas de carbure normal diffusé. En comparant
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- cette section avec celle d’un fer pur, on constate que la présence des 0,08 p. 100 de carbone est péremptoirement révélée par l’observation au microscope.
- Acier recuit n° 1 (0,08 p. 100 de carbone). Figure 6. — Le recuit a eu manifestement pour effet d’augmenter la grandeur et la régularité de forme des cristaux de fer; de plus, il a amené la concentration du carbure Fe3C en amas isolés de constituant perlé grossier entouré de maillons sectionnés de Fe:sC cristallisé.
- Aciers normaux et recuits n° F (0,21 p. 100 de carbone). — Les sections de ces métaux sont, sous tous les rapports, intermédiaires entre celles des aciers 1 et 2 : aussi n’a-t-on pas jugé nécessaire d’en donner la gravure.
- Acier normal n° 2 (0,38 p. 100 de carbone). Figure 5. — Cette section se compose d’un
- Fig. 7.
- Fig. 6.
- Acier n° 1, recuit. (0.08 p. L00 de carbone.)
- Acier n° 2, recuit. (0.38, p. 100 de carbone.;
- mélange de cristaux de fer et de masses sombres, larges et irrégulières, de carbure normal diffusé; ce dernier occupant en moyenne la moitié de la section.
- Acier recuit n° 2 ( 0,38 p. 100 de carbone). Figure 7. — Le recuit rend les cristaux de fer plus grands et plus réguliers, par suite de l’agrégation des surfaces sombres; par le refroidissement, les éléments constitutifs de celles-ci se séparent, et forment des stries de Fe3C cristallisé, séparées par des intervalles de fer. Ces groupes de stries alternées sont partiellement entourés par des cordons sectionnés de Fe3C qui, quelquefois même, se prolongent isolément et viennent séparer les grands cristaux de fer.
- Acier recuit n° 2 (0,38 p. 100 de carbone) (Figure 7). — Cette figure donne l’aspect général de la structure d’une section relativement étendue; elle a l’apparence d’un pavage mosaïque irrégulier, formé de nombreux cristaux de fer clairs et de grands espaces irréguliers de matière perlée reflétant les plus vives couleurs. Un tel grossis-
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- sement (cent diamètres) est insuffisant pour qu’on puisse discerner la nature des stries du constituant perlé.
- Influence du recuit sur l'acier doux moulé. — Comme l’acier n° 2 contient à peu près la même proportion de carbone p. 100 que les moulages de première classe, il y a lieu d’en profiter pour discuter ici les principes généraux de l’opération du recuit. L’oxydation superficielle résultant de ce procédé sera négligée, car ses effets sont relativement faibles, et on ne veut considérer l’action du recuit que sur la portion de l’acier qui ne subit aucune altération dans sa composition chimique.
- Les idées admises par les métallurgistes sur cette matière sont souvent très fausses. On a dit, dans les manuels aussi bien que dans les revues pratiques, que le recuit donnait naissance à des cristaux plus petits. En réalité, les cristaux d’un acier recuit sont toujours plus grands que ceux qui existaient dans le métal avant le recuit. La théorie des cristaux plus petits est due sans doute à une confusion de l’effet avec la cause.
- Après le recuit, les cristaux du métal brisé paraissent à l’œil plus petits qu’avant le recuit; cela tient à ce fait que, pendant les essais de rupture, les cristaux s’allongent et qu’on observe ainsi les extrémités de ces cristaux, ductiles et par conséquent étirés, et non pas (comme dans le cas du métal cassant non recuit) les facettes primitives. Aussi, considère-t-on fréquemment comme cristaux distincts dans la fracture d’un acier fondu non recuit de véritables groupes de cristaux délimités par des linéaments d’une grande fragilité inter-cristalline suivant lesquels se produisent tout naturellement les ruptures. On peut poser en principe que la fracture d’un acier a peu ou point de rapports avec sa micro-structure.
- On a dit aussi que le recuit avait pour effet de mélanger plus intimement le fer et le constituant perlé : dans cette voie, le docteur Sorby a été considéré comme une au. torité. La conclusion générale de ce savant était exacte et tout à fait différente de celle qui lui fut attribuée; la confusion semble avoir été amenée par une interprétation inexacte du mot « segregate » (ségrégation).
- La véritable influence du recuit sur un acier mi-doux, contenant par exemple 0,35 p. 100 de carbone, est la suivante :
- 1° Les cristaux relativement petits et tordus du métal primitif sont devenus plus grands et ont pris une forme plus géométrique, dégagés qu’ils sont des tensions intérieures; la cohésion inter-cristalline, primitivement faible, s’est beaucoup accrue.
- 2° Les zones carburées qui, dans le métal non recuit, se présentent généralement en masses irrégulières allongées, se rassemblent pendant le refroidissement lent en masses arrondies ou présentant la forme de harpes ; cette dernière forme favorise le développement et la continuité des cristaux de fer.
- 3° Les surfaces arrondies ou en forme de harpes dans l’intérieur desquelles est concentré le carbure de fer normal se divisent, pendant le refroidissement lent, enlamelles de Fe3C cristallisé, séparées par de larges intervalles de fer. La continuité des cristaux de fer n’est cependant pas parfaite; elle est rompue par les filets sectionnés qui entourent partiellement les surfaces carburées lamellaires. Ainsi, les longs linéaments formés par la juxtaposition de deux constituants distincts se brisent, s’ouvrent, et le fer apparaît partout d’une manière presque continue. En fait, le carbone est concentré dans de petites plages en suspension dans le fer, et constituant seulement 5 p. 100 environ de la totalité du métal, au lieu d’être disséminé dans des surfaces plus ou moins continues et formant environ 40 p. 100 de la masse totale.
- Les considérations précédentes sont communes aux aciers forgés aussi bien qu’au
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- métal fondu ; cependant, elles s’appliquent tout particulièrement à ce dernier, dans lequel la cohésion inter-cristalline est généralement faible; tel n’est pas toujours le cas pour les aciers forgés, car le travail auquel on les a soumis a déjà remédié au défaut de cohésion d’une manière analogue à ce qui se produit lors du recuit.
- Pour rendre plus tangibles les faits ci-dessus, on a amplifié et rapproché, en lig. 8 et 9, deux demi-figures relatives l’une à l’acier n° 2 normal, l’autre à l’acier n° 2 recuit. Les sections dont on s’est servi avaient été très légèrement attaquées de manière à mettre en relief seulement les éléments carbonés sans développer les lignes de jonction inter-cristallines.
- Les diverses sections de l’acier n° 2 montrent clairement que les idées admises,
- Fig. 8 et 9. — Aciers n° 2, normal et recuit. (0,38 p. 100 de carbone.)
- d’après lesquelles l’acier serait constitué par des séries de cellules cémentées, sont erronées. Gomme on l’a déjà établi, des stries de carbure cémenté peuvent se révéler çà et là dans les jonctions des cristaux de fer, mais c’est un accident exceptionnel et non pas la règle générale. Si, réellement, les cristaux de fer étaient soudés entre eux par du carbure Fe3C, un acier doux serait aisément brisé par le choc d’un lourd marteau à deux mains.
- L’auteur, après de nombreuses expériences, émet avec confiance la conclusion suivante :
- Si la cohésion existant entre les faces des cristaux (cohésion inter-cristalline) est affaiblie par une cause sérieuse quelconque (chimique, thermique ou mécanique), le métal paraîtra très cassant à cause de la rupture qui se produira, sous l’influence d’un choc subit, le long des lignes de jonction; et cela en dépit de la cohésion moléculaire, qui peut être parfaite, et de la ductilité individuelle des cristaux.
- De ce qui précède, il ressort évidemment qu’un môme métal peut être doux au
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- forage et à la compression, et cependant casser sous le choc, tout en ne présentant, que peu ou point de ductilité à la traction. L’auteur ne peut pas encore fournir de procédés de mesure de la faiblesse inter-cristalline au moyen du microscope, mais il espère que bientôt de semblables évaluations seront possibles. Le fait que, dans le fer presque pur, la cohésion inter-cristalline et la cohésion moléculaire peuvent être égales, est prouvé par les essais à la traction de l’acier n° 1. Ce métal recuit est composé (flg. 6) de grands cristaux bien définis, cependant son allongement a été de 53 p. 100 et la réduction de section au point de rupture a atteint 77 p. 100.
- Acier normaln° 3(0,59 p. 100 de carbone). Figure 10. — Dans cette section les plages
- Fig. 10. Fig. 11.
- Acier n° 3 normal. Acier n° 4 normal.
- (0,59 p. 100 de carbone.) (0.S9 p. 100 de carbone.)
- sombres de carbure normal prédominent; les cristaux de fer sont isolés et fortement tordus.
- Acier recuit n° 3. (0,59 p. 100 de carbone). Figure 12. — Cette section confirme et présente sur une plus grande échelle le fait constaté pour l’acier n° 2 recuit : la transformation des plages sombres en veines de carbure Fe3C cristallisé séparées par de larges intervalles de fer.
- Acier n° 3' (0,74 p. 100 de carbone). Légèrement recuit. — Cette section est, à tous les points de vue, intermédiaire entre les sections normales des aciers nos 3 et 4.
- Acier normal n° 4 (0,89 p. 100 de carbone). Figure 11. — Cette section présente un caractère d’une importance capitale pour la théorie de l’acier que l’auteur veut établir ici. Elle est entièrement constituée de cristaux mal définis formant des plages sombres de fer contenant en suspension du carbure normal, tandis que les cristaux de fer dépourvus de carbure ont tout à fait disparu. En d’autres termes, le fer contenant 0,89 p. 100 de carbone présente un point critique microscopique qui sera désigné par Tome I. — 95e année. 5e série. — Janvier 1896. 8
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- la suite sous le nom de point de saturation; les aciers contenant moins de 0,89 p. 100 de carbone seront appelés « non saturés », ceux contenant plus de 0,89 p. 100 de carbone seront « sursaturés ».
- Acier recuit n° 4 (0,89 p. 100 de carbone). Figure 13. — Cette section est composée entièrement par du constituant perlé. Les stries cristallines de Fe:iC sont disposées en lignes presque parallèles, tantôt droites, tantôt ondulées. On rencontre aussi de petites masses isolées de ce mélange. Les épaisseurs des lames de carbure et des intervalles de fer sont extrêmement variables. Dans une certaine plage, les lames dures ont un tel relief (dû à l’usure plus profonde du fer doux des intervalles) que l’ombre projetée en est visible sur la figure. La section de cet acier, entièrement formé de matière perlée, offre à la vue un magnifique coloris, tout à fait analogue à celui de la nacre des perles.
- Acier n° 3 recuit.
- Acier n° 4 recuit.
- (0.59 p. 100 de carbone.)
- (0,89 P- 100 de carbone.)
- Acier normal n° 5 (1,2 p. 100 de carbone). Figure 1. — La plus grande partie de cette section est analogue à celle de l’acier normal n° 1; cependant chaque cristal ou groupe de cristaux est entouré de mailles sectionnées de Fe3C; on rencontre aussi des stries isolées de ce dernier élément. Il ne faut pas oublier que les filets de carbure qui semblent, en section, constituer un réseau grossier et irrégulier, forment en réalité, à l’in_ térieur du solide, des membranes enveloppantes plus ou moins parfaites; cela est mis en évidence par ce fait que les sections longitudinales et transversales présentent les mêmes caractères.
- Acier recuit n° 5 (0,92 p. 100 de carbone combiné ; 0,28 p. 100 de graphite). Figure 14. — Cette section présente des caractères d’un intérêt spécial ; elle comporte deux aspects distincts qui sont reproduits dans les deux demi-sections de la figure 14. Dans l’une on peut constater des cristaux ou des groupes de cristaux entourés de mailles à grande
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- section de Fe3C. Ces grosses membranes sont dues évidemment à la réunion, pendant le refroidissement lent, des membranes relativement petites qui existent dans l’acier normal. Dans l’autre, où les mailles sont absentes, on observe des morceaux arrondis de graphite placés, pour la plupart, au centre de plages de fer brillant; le reste de la section est composé, comme d’ordinaire, de constituant perlé. On observe ainsi que, lorsque les masses de carbure atteignent une certaine importance, elles se comportent comme de la fonte blanche fortement carbonée, et se décomposent en fer presque pur et en graphite. On verra, au sujet de l’acier recuit n° (3, à quelle température se fait cette dissociation.
- Acier normal n° 6 (1,47 p. 100 de carbone). Figure 2. —Dans cette section, le Fe3C diffusé ressort sur un arrière-plan de fer sombre très découpé par des mailles de Fe3C
- Fig. 14 cl io. — Acier n° 5 recuit.
- (0,92 p. 100 carbone combiné; 0,18 p. 100 graphite.)
- cristallisé. Les cristaux enclavés contiennent aussi de larges réseaux, — en forme de fougères, — de carbure cristallisé; l’ensemble formant au microscope un objectif magnifique et brillant.
- Acier recuit n° 6 (0,33 p. 100 de carbone combiné; 1,14 p. 100 de graphite). Figure 16. — Un tiers environ de cette section est formé de constituant perlé ; les deux autres tiers sont composés de grands cristaux de fer tachés par du graphite en masses sombres, rondes ou faiblement serpentines. Ces dernières doivent se former au dessous de la température de 685° environ, correspondante au point Àti, de transformation du carbone. En effet les grandes masses de carbure décrites au sujet de l’acier recuit n° 5 devraient, dans le cas présent, être plus grandes encore, et non seulement elles se sont totalement décomposées, mais, de plus, elles ont évidemment récolté une grande partie du carbure existant en petites plaquettes dans le constituant perlé. Or, comme les plaquettes ainsi réunies n’ont pas cristallisé en dessus de 680° C.,
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- il s’ensuit nécessairement que la décomposition du carbure Fe3C contenu en fer et graphite doit se produire à la température correspondante au point AR, ou au-dessous, c’est-à-dire à une basse chaleur rouge.
- Les travaux de M. B. W. Winder ont montré que cette séparation du fer et du graphite était facilitée par la pression. On a observé, en effet, qu’un fil d’acier dur quittant le laminoir à une basse température rouge contenait toujours du graphite en fortes proportions, tandis que ce même acier terminé à une haute température rouge était presque dépourvu de carbone libre.
- Acier recuii n° 6 (0,33 p. 100 de carbone combiné ; 1,14 p. 100 de graphite). Figure 18.
- — Cette section montre l’aspect d’une grande aire de métal graphitoïde; on y voit les cristaux de fer, les taches de graphite et les masses irrégulières du constituant perlé qui contient les 0,33 p. 100 de carbone combiné existant dans le métal. Au grossissement de 100 diamètres, le microscope ne permet pas de voir les différentes stries du constituant perlé qui donne seulement un jeu de splendides couleurs,
- Les trois sections précédentes montrent donc que les aciers sursaturés sont toujours très sujets à laisser déposer du graphite pendant le recuit; ce phénomène est rarement ou jamais observé au point de saturation ou en dessous.
- Les faits relatés ci-dessus sont connus de l’auteur depuis trois ans environ; il lésa vérifiés par l’étude d’autres séries d’aciers analogues à ceux qui sont décrits ici. Mais comme il s’aperçut inopinément que les aciers les plus durs contenaient environ 0,3 p. 100 de manganèse, l’auteur rejeta les premières, séries et fit un groupement plus exact des
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- aciers sur lesquels il devait commencer de nouvelles recherches. Le résultat a montré que la présence du manganèse en proportions relativement fortes, dans les aciers durs, ne modifie pas sérieusement les faits acquis, et que, dès lors, les études faites sur les
- Fig. 18.
- Fig. 19.
- Acier n° 6 trempé. (1,47 p. 100 de carbone.)
- Acier n° 6 recuit.
- (0,33 p. 100 carbone; 1,14 p. 100 graphite.
- premières séries viennent confirmer des observations dont l’évidence est encore augmentée par l’examen de plusieurs types d’acier commercial.
- THÉORIE GÉNÉRALE FONDÉE SUR LES RÉSULTATS DE L’OBSERVATION AU MICROSCOPE
- Les résultats de l’observation des micro-structures sont interprétés par l’auteur de la façon suivante :
- 1° Pour les aciers non saturés (contenant moins de 0,89 p. 100 de carbone),la localisation strictement définie des aires de carbure normal diffusé et de carbure cristallisé, semble justifier indubitable ment la conclusion générale du DrSorby : à savoir, qu’il existe, aux hautes températures, un mélange de fer et de carbone qui, pendant le refroidissement, se subdivise en fer et en uncomposé extrêmement dur très riche en carbone.
- 2° Le fait que les aires sombres carbonées augmentent dans les aciers normaux avec la proportion de carbone contenu est incompatible avec la théorie d’après laquelle, à haute température, le carbone libre se trouverait, dans le métal, à l’état de simple dissolution. Dans une telle hypothèse, en effet, le carbure de fer devrait être également distribué après son dépôt in situ pendant le refroidissement ; l’observation microscopique après attaque devrait montrer une surface presque homogène, d’autant plus sombre que la proportion de carbone serait plus grande.
- ,. Si l’on admet que les aires sombres des aciers normaux et les aires striées des
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- aciers recuits correspondants sont dues à la désorganisation d’un composé existant à des températures supérieures au point ARn il s’ensuit nécessairement, qu’au point de saturation (0,89 p. 100 de carbone), la totalité du fer est combinée avec le carbone, et que le pourcentage de carbone, dans cet acier saturé, est le même que dans la formule du composé en question. Ce composé, qui doit contenir0,89p.!00decarbone et99,llp. 100 de fer, aura donc la formule Fe 24 C, à laquelle correspond 0,884 p. 100 de carbone.
- Dans le cas d’un acier sursaturé obtenu par additions successives de carbone, on peut raisonner comme suit : quand le fer est combiné avec 0,89 p. 100 de carbone, il est converti complètement en sous-carbure Fe24C; si l’on ajoute du carbone, une portion du sous-carbure est transformée en carbure normal Fe;î C d’après la formule :
- Fe 24 C -+- 7 C = 8 Fe3 C.
- La masse fondue est alors composée d’un mélange de carbure normal et de sous-carbure de fer. Au cours du refroidissement, le sous-carbure se décompose en cristaux de fer mal définis, semés de Fe3C diffusé, pendant que le surplus de carbure normal forme des membranes enveloppant les cristaux irréguliers provenant de la décomposition du sous-carbure.
- STRUCTURES DES ACIERS TREMPÉS
- Pour donner une preuve plus concluante encore de l’exactitude de la théorie dont nous venons de parler, il était évidemment nécessaire de déterminer la structure des aciers trempés en dessus et en dessous du point de saturation et à ce point de saturation même.
- Quand on se rappelle que le savant Dr Sorby a échoué dans tous les efforts qu’il a faits pour obtenir des sections convenables d’aciers trempés, il ne semble pas surpre-naut que (bien qu’en possession de procédés supérieurs) l’auteur n’ait obtenu de résultats sérieux qu’après plusieurs années d’expériences.
- A une époque relativement récente, il découvrit qu’il était absolument nécessaire de tremper les échantillons à une température voisine du rouge blanc, en évitant tout contact direct soit avec l’air, soit avec l’eau. En effet, l’action décarbonisante, exercée sur le métal par une pellicule d’oxyde magnétique formée à la surface de la pièce, s’exerce irrégulièrement, et à une telle profondeur qu’il est presque impossible de polir les surfaces partiellement décarbonisées sans détruire la structure de l’acier.
- Cet inconvénient inévitable disparut finalement grâce à un procédé simple quoiqu’un peu coûteux. Chaque micro-section fut polie et enchâssée de manière étanche entre des plaques minces du même acier, comme il est indiqué dans la figure20 ci-contre. Lamicro-sectionainsien-châssée futalors portée lentement à une température voisine de 1050° C., puis plongée avec la plus grande rapidité possible dans un large réservoir d’eau glacée. En séchant etretirant les enveloppes, on trouve la micro-sectiontoute brillante etabsolument inoxy-dée, bien qu’elle eût été maintenue à la température du rouge blanc pendant une demi-heure. En attaquant légèrementles troissections types, onaobtenu les résultats ci-après.
- SS;
- v
- SS
- sdlv
- Fig. 20.
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- Acier trempé n° 2 (0,38 p. 100 de carbone). Fig. 21. — Après l’attaque, l’échantillon présente une texture rugueuse et une teinte quelquepeugris noir; en enlevant légèrement le dépôt gris, on constate dans l’acier deux constituants distincts : du fer libre, et une substance amorphe à laquelle l’acide communique une coloration sombre. Le fer prédomine en certains points, le constituant sombre en d’autres ; l’auteur affirme que ce dernier n’est autre que du sous-carbure de fer. La soudaineté du refroidissement semble avoir dispersé le fer dans la substance sombre en masses de grosseurs irrégulières et de formes étranges ; plusieurs parcelles sont certainement trop petites pour être séparément caractérisées au microscope.
- Acier trempé. n° 4 (0,89 p. 100 de carbone). Fig. 22. —Cette section, après une attaque très légère, conserve son poli, mais prend une apparence « noir de plomb ».
- Fi0'. Ji. Fi-, 22.
- Acier n° 2 trempé. Acier n° 4 trempé.
- (0,38 p. 100 de carbone.) (0,89 p. 100 de carbone.)
- Quand on l’observe au microscope, elle présente à première vue une surface claire, colorée en brun, dans laquelle on ne distingue aucune structure cristalline. Un examen prolongé et attentif permet de constater que cette surface possède une rugosité grenue indéfinie, mais aucune jonction cristalline n’apparaît.
- Il est néanmoins probable que la masse est réellement formée de cristaux minuscules, dont les lignes de jonction échappent à l’observation microscopique ou sont dissimulées par un faible dépôt carboné.
- C’est la seule section pratiquement homogène qui ait été obtenue par l’auteur au cours de nombreuses années d’études approfondies sur la micro-structure du fer et de l’acier.
- Acier trempé n° 6 (1,47 p. 100 de carbone). Fig. 19. —Cette section s’est comportée à l’attaque absolument comme l’acier trempé n° 4 ; le fond même de la section est
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- tout à fait semblable à ce que donne le métal saturé; mais, sur toute la surface, apparaît un réseau de fines mailles avec des stries isolées et de petits amas irréguliers d’une substance qui, au microscope, correspond en tous points au earbure Fe3 C.
- Les micro-structures des aciers trempés semblent donc en concordance avec la théorie de l’auteur.
- L’acier non saturé possède une structure telle qu’on peut l’attendre d’un mélange de fer et de sous-carbure subitement refroidi. La nature hétérogène de l’acier trempé non saturé est plus visible encore dans le cas d’un acier à canon, trempé à l’huile et contenant 0,3 p. 100 de carbone : les aires presque noires de sous-carbure sont bizarrement éparpillées dans le fer pur.
- L’acier saturé remplit bien la condition d’homogénéité théoriquement nécessaire.
- Quant à l’acier sursaturé, il révèle d’une manière décisive la présence supplémentaire de mailles de carbure de fer normal.
- PARTIE PHYSIQUE
- Les résultats observés dans la section microscopique semblent démentir d’eux-mêmes la solution théorique de M. Osmond (modification allotropique « dure » du fer) ; au contraire, ils sont en concordance parfaite avec la théorie du sous-carbure énoncée par l’auteur. Il reste néanmoins à soumettre les deux théories à l’épreuve de l’inappréciable méthode d’observation thermale instituée par M. Osmond.
- Si la solution théorique d’Osmond est exacte, et si la chaleur dégagée au point critique AR,, pendant le refroidissement, est due à la combinaison du carbone libre dissous avec le fer et à la formation de Fe3C, on doit le constater aisément. En effet, M.Osmond a établi, dans les limites des aciers les plus durs, que, plus la proportion de carbone en dissolution est grande, plus sont grandes aussi la proportion de Fe3 C formé, et, par suite, la chaleur dégagée au point critique ARK
- Au contraire, si c’est la théorie de l’auteur qui est exacte, elle doit nécessairement donner lieu à une observation assez frappante, car la quantité de chaleur dégagée au point ARt, pendant le refroidissement, devra être maxima pour le métal contenant 0,884 p. 100 de carbone.
- Détails sur les observations thermales. — On fit un grand nombre d’observations préliminaires, qui ont déjà été décrites dans le journal de YIron and Steel Institute, n° 1, 1894. On constata que, au cours d’échauffements répétés, une arrivée d’air, même partielle, décarbonisait la surface et déterminait visiblement une perturbation dans la concordance des résultats ; en conséquence, on se décida à opérer dans le vide sur des barres polies. Le vide, pendant les observations, fut maintenu à 7 millimètres de mercure environ, et, dans ces conditions, les barres polies purent être portées plusieurs fois au rouge vif sans être oxydées et sans perdre leur brillant. On jugea nécessaire d’effectuer le premier échauffement à une température supérieure à 1000° G. et d’aspirer alors les gaz contenus dans le métal. Le dégagement de ces gaz détermina d’ordinaire un abaissement de 75 à 100 millimètres dans le vide. Le dégagement de gaz, très faible au-dessous de 750°, devint très vif avant même que la température de 800° fût atteinte. Les seconds et troisièmes refroidissements succédèrent à des élévations initiales de température voisines de 950°C.
- On observa les chaleurs absorbées pendant les seconds et les troisièmes échaufte-ments ; on observa aussi les chaleurs dégagées pendant les seconds et les troisièmes
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- refroidissements : les moyennes respectives des résultats de ces observations sont groupées dans le tableau YI, et représentées dans le graphique D.
- Les quantités de chaleurs furent calculées en comparant la courbe de refroidissement pratiquement observée et la courbe théorique qu’on aurait dû avoir si aucun phénomène anormal ne s’était produit.
- Graphique D.
- théorique, et ; observée le, réfboidissement thècrriijue et observée, t VéchazilfeTTunt. Refroidissement.
- / ^ Gourbi Court, pendant
- \ /' // Ns N Courût '\jCcurbe
- // ff / i '/ / fsendiu
- Echauffement
- /ooS o, 21 0,38 ofig 0,74 o£.o 1,4-7
- o o.Z 0,4 o,6 o,8 i,o i,z 1,4 1,6
- Carbone, p. cent
- TABLEAU YI
- Mesures pyrométriques de la récalescence.
- NUMÉROS des ACIERS TENEURS en carbone p. 100 ÉLÉVATION DE TEMPÉRATURE au point AR( pendant le refroidissement ABAISSEMENTS DE TEMPÉRATURE au point AR, pendand réchauffement
- Indication pyrométrique en m/m Elévations en degrés de la température Indication pyrométrique en m/m Abaissements en degrés de la température
- p. 100 degrés degrés
- 1 0,08 0,7 2,2 » »
- 1' 0,21 2,7 8,4 » »
- 2 0,38 9,1 28,2 » »
- 3 0,59 15,0 46,5 10,5 32,6
- 3' 0,74 20,0 62,0 14,0 43,4
- 4 0,89 23,0 73,2 17,8 55,2
- 5 1,20 21,3 66,0 16,4 50,8
- 6 1,47 17,3 53,6 13,0 40,3
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- MÉTALLURGIE.
- JANVIER 1896.
- 1° Expériences pendant le refroidissement : pour les aciers nos I, U, 2 et 3, le point ARj, étant séparé des autres, fut déterminé directement au moyen de la courbe ; pour les aciers nos 3', 4, 5 et 6, la quantité de chaleur totale étant dégagée en un seul point fut calculée, et on en défalqua la chaleur dégagée aux points AR, AR, dans l’acier n° 1.
- 2° Expériences pendant réchauffement : pour les aciers nos 3, 3', 4, 5 et 6, la chaleur totale absorbée fut calculée, et on en défalqua la chaleur absorbée dans le cas de l’acier n° 1 aux points AR2 AR3.
- On peut remarquer, dans les deux courbes, un coude brusque correspondant à la teneur de 0,89 p. 100 de carbone, en concordance avec la théorie de l’auteur; en fait, ce coude est meme plus accentué que ne l’exigerait la théorie ; le dégagement ou l’absorption de chaleur pour l’acier n° 6 ne devraient être inférieurs que de 10 p. 100 à ce qu’ils sont pour l’acier n° 4 (tableau IX). Cette différence tient probablement à une légère dissociation du fer et du carbone au point de changement, dissociation absorbant une petite quantité de chaleur. Des analyses faites sur des pièces d’aciers nos 5 et 6 ayant subi le phénomène de la récalescence ont montré que, sur 4 grammes, il y avait 0,05 et 0,29 p. 100 de graphite. Cette séparation du graphite est évidemment due au refroidissement quelque peu lent qui suit le premier échauffement à 1000° prolongé dans le but de chasser les gaz de l’acier.
- Les résultats thermiques, d’accord avec les micro-structures, justifient péremptoirement les idées de l’auteur : à savoir que la chaleur dégagée ou absorbée au point AR, est due non pas à la transformation du carbone libre dissous en Fe:i C ou à la décomposition du Fe’C en carbone dissous et fer libre, mais bien à la carburation du sous-carbure Fe24 C pour former Fe:JC, ou à la réduction du Fe3C en Fe24C; les formules de réaction étant respectivement :
- Fe24C = Fe3 C -+- 21 Fe (chaleur dégagée)
- Fe;J C + 21 Fe = FenC 'chaleur absorbée).
- Le revenu de l'acier. — On a vu que le sous-carbure de fer Fe2iC était un composé chimiquement très instable; son instabilité thermique est également très remarquable. On a étudié la décomposition du sous-carbure en opérant sur un échantillon d’acier n,J 4 trempé à haute température (on a vu plus haut que le métal est alors pratiquement homogène et composé de Fe24 C).
- Il est difficile de se rendre compté de la totalité de la chaleur dégagée par la carbonisation du sous-carbure et la production de carbure normal, car laréaction commence à une température basse, voisine de 100°. Ce dégagement de chaleur ne peut être mis en évidence que par la comparaison des vitesses d’échauffement d’un acier trempé et d’un acier normal, toutes choses égales d’ailleurs (graphique E).
- Une pareille évolution devrait être représentée par une bande horizontale telle que X. Pourtant, le phénomène présente un accroissement de rapidité vers 250° ; atteint son maximnm à 300° environ, et est complet dans le voisinage de 400°. Ges variations de vitesse à chaque température sont indiquées sur le graphique parles aires noires.
- Dans l’intervalle AA, la matière est principalement du sous-carbure ; dans l’intervalle BB, c’estun mélange de 87 p. 100 de Fe et de 13 p. 100 de Fe:! C ; enfin, en C, sous l’influence de la haute température à laquelle le métal a été soumis, ce carbure s’est de nouveau transformé en sous-carbure Fe24G. Si l’acier est alors trempé, le même cycle peut être reproduit.
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- INFLUENCE DU CARBONE SUR LE FER.
- 123
- Si l’on veut avoir une manifestation pratique des effets mécaniques résultant de ces transformations, il suffit de prendre un petit barreau d’acier à 0,9 p. 100 de carbone et de le tremper à haute température ; après trempe, l’arête du barreau raye le verre et les limes les plus dures s’émoussent sur lui ; si maintenant on le chauffe pendant cinquante minutes au bain de sable à 300°, on obtient un métal qui, après refroidis sement, peut être limé avec facilité.
- Graphique E.
- Courbe d’échauffement do l’acier trempé il” 4 pendant le revenu.
- Degrés centigrades.
- Il est bien évident, qu’en arrêtant le changement d’état en différents points par un refroidissement brusque, on pourra modifier à sa guise les propriétés cassantes du Fe24 G adamantin en transformant une portion plus ou moins considérable de ce sous-carbure en iFe3 G -F 21 Fe).
- PROPRIÉTÉS MAGNÉTIQUES
- Les barres employées (y compris un échantillon d’acier manganésé trempé d’Hadfield) avaient 120 millimètres de long et 10 millimètres de diamètre. Elles furent échauffées lentement dans le vide à la température de 850° G., puis subitement refroidies dans un réservoir d’eau froide. Après avoir été soigneusemenl polies à la toile d’émeri, elles furentsoumisespendantcinq minutesàl’aimantation dans l’intérieur d’une bobine en bois autour de laquelle s’enroulaient plus de 1 000 spires de fil métallique. Le courant était fourni par cinq accumulateurs, et sa constance vérifiée en un point du circuit.
- La perméabilité comparative de chaque barre fut déterminée par déviation au moyen d’un magnétomètre consistant en un simple barreau aimanté suspendu par un fil de soie dans l’intérieur d’une cloche. Le petit barreau aimanté fut muni de longues aiguilles de verre afin de permettre la lecture des degrés de déviation à 0°,I près.
- La comparaison du magnétisme permanent de chaque barre fut faite au bout de vingt-quatre heures ; de plus, on laissa tomber chacun des aimants cinquante fois d’une hauteur de 0m,760 sur du bois, afin de faire disparaître le magnétisme temporaire. Des précautions spéciales furent prises pour éviter toute induction mutuelle des barreaux. Les inten-, sites magnétiques comparatives furent, dès lors, déterminées par déviation et par
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- MÉTALLURGIE.
- JANVIER 1896.
- oscillation; les résultats fournis par les deux méthodes sont tout à fait concordants, sauf pour l’acier 1', sans que l’auteur ait pu s’expliquer cette anomalie.
- Les valeurs obtenues sont groupées dans le tableau YII ci-après, et ont permis d’obtenir les graphiques G et H.
- TABLEAU VII
- Observations magnétiques sur les Aciers trempés.
- NUMÉROS TENEURS eu carbone PERMÉABILITÉ MAGNÉTIQUE MAGNÉTISME PERMANENT
- des AOIERS DÉVIATIONS au magnétomètro (bobine et barreau) TANGENTES DÉVIATIONS au magnétomètre TANGENTES DURÉES d’une oscillation CARRÉS des INVERSES
- p. 100 degrés degrés secondes
- î 0,08 36,25 0,73323 3,75 0,06534 59,60 2,81
- i' 0,21 33,10 0,70281 12 » 0,21255 40,60 6,07
- 2 0,38 34,30 0,68215. 19,50 0,35412 26,56 14,17
- 3 0,39 32 « 0,62487 31 » 0,60086 20,36 24,12
- 3' 0,74 31,73 0,61882 32 » 0,62487 20,10 24,75
- 4 0,89 29 » 0,55431 38,50 0,79543 17,98 30,93
- 5 1,20 25,50 0,47698 38,85 0,80546 17,80 31,56
- 0 Acier 1,47 24,40 0,45362 38,50 0,79543 17,88 31,28
- manganèse de Iladl’ield 1 » » )) )) N’oscille pas »
- Les déviations ne sont pas comparables dans les colonnes du tableau concernant soit la perméabilité magnétique, soit le magnétisme permanent. La déviation correspondant à la bobine elle-même est de 13°,5 dans les essais de perméabilité magnétique ; elle est de 9°,5 dans les essais de magnétisme permanent relatifs aux aciers nos 4, 5 et 6.
- L’auteur s’appuie sur ces résultats et sur d’autres non détaillés ici pour établir provisoirement, et toutes choses égales d’ailleurs, les lois suivantes relatives au fer et aux aciers au carbone trempés :
- 1. La perméabilité magnétique est inverse ment proportionnelle à la teneur en carbone.
- 2. Le magnétisme permanent est proportionnel à la teneur en carbures de fer.
- 3. Dans le métal contenant 0,1 à 0,9 p. 100 de carbone, le magnétisme permanent est directement proportionnel à la teneur en sous-carbure de fer.
- Il faut observer que la courbe du magnétisme permanent (graphique H) présente un coude brusque à 0,89 p. 100 de carbone, analogue à ceux déjà observés dans les courbes thermiques et mécaniques (graphiques A, B, C, D), et correspondant exactement au point de saturation défini au cours des observations microscopiques.
- Si la troisième loi est exacte, il s’ensuit nécessairement que toute modification ayant pour effet la transformation d’une partie du sous-carbure en carbure normal, .devra correspondre à une diminution du magnétisme permanent des aciers trempés au carbone. Les expériences sur le « revenu » de l’acier n° 4 (graphique E) ont montré
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- INFLUENCE DU CARBONE SUR LE FER.
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- que la carbonisation du sous-carbure et sa transformation en carbure normal présentait son maximum de rapidité à 300°. En conséquence, la série des barreaux aimantés.
- Graphique G.
- Graphique H.
- Courtes des perméabilités magnétiques comparatives des aciers trempés.
- Tangentes.
- Courbes relatives au magnétisme permanent des aciers trempés.
- ___»..théorique,.
- __»-..observée après un.
- revenu de 3o minutes à 3oo°.
- fut chauffée pendant une demi-heure à cette température au bain de sable. Les résultats obtenus sont 'groupés dans le tableau VIII, et l’on a tracé dans le graphique H la courbe représentative du magnétisme résiduel.
- TABLEAU VIII
- Influence du Revenu sur le magnétisme permanent des Aciers trempés.
- NUMÉROS des ACIERS TENEURS en carbone MAGNÉTISME PERMANENT avant le Revenu MAGNÉTISME après 30 minutes PERMANENT de Revenu à 300»
- Déviations Tangentes Déviations Tangentes
- 1). 100 degrés degrés^
- 1 0,08 3,75 0,06554 0,3 0,00521
- 1' 0,21 12,00 0,21255 4,3 0,07519
- 2 0,38 19,50 0,35412 5,3 0,09277
- 3 0,59 31,00 0,60086 4,2 0,07344
- 3' 0,74 32,00 0,62487 5,3 0,09277
- 4 0,89 38,50 0,79543 4,6 0,08046
- 5 1,20 38,85 0,80546 1,6 0-, 02619
- 6 1,47 38,50 0,79543 2,6 0,04544
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- MÉTALLURGIE.
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- Il est peut-être prématuré de raisonner sur les propriétés magnétiques comparatives du sous-carbure de fer et du carbure normal.
- Pourtant, l’aspect de la courbe des aciers trempés aimantés (graphique H) montre que l’intensité magnétique de ces aciers peut être maintenue au delà du point de saturation par suite de phénomènes d’induction entre le sous-carbure et le carbure normal supplémentaire existant dans les aciers sursaturés.
- Il est certain qu’on arrivera à déterminer les caractéristiques magnétiques des deux carbures de fer par une série d’expériences comparatives sur les propriétés magnétiques des aciers recuits et des aciers trempés. Pour mener à bonne fin de telles recherches, l’auteur vient de préparer une série de barres laminées analogues à celles qui ont été décrites dans le présent travail, mais dans lesquelles le total des impuretés ne dépassera pas 0,1 p. 100 environ.
- Comme résultat des essais préliminaires, il semble certain que le magnétisme des aciers non trempés est principalement du magnétisme temporaire.
- RÉSUMÉ
- I. — Les constituants de l’Acier sont les suivants :
- (a) Cristaux de fer pur restant brillants après attaque.
- (h) Cristaux de fer légèrement impur, qui prennent à l’attaque une tein te pâle, probablement due à de faibles proportions d’un carbure intermédiaire de formule hypothétique Fe10C.
- (c) Carbure de fer normal Fe3C, qui se présente dans le métal sous trois formes distinctes : carbure émulsif, se présentant à l’état de division extrême dans les aciers revenus; carbure diffusé, se présentant sous forme de granules ou de petites stries mal définies dans les aciers normaux; enfin carbure cristallisé, se présentant en lamelles nettement définies, dans quelques aciers normaux et dans les aciers recuits.
- (d) Sous-carbure de fer FenC, composé d’une dureté considérable, se rencontrant dans les aciers trempés et dans les aciers revenus. Cette substance est décomposée par les acides les plus dilués et, à 400°, elle se transforme en Fe3C et Fe libre, avec dégagement de chaleur. Une des propriétés les plus remarquables de ce composé, c’est sa capacité pour le magnétisme permanent.
- (e) Graphite (d’après le nom que lui a donné l’auteur) ; correspond au « carbone de revenu » de Ledebur.
- L’existence du carbure Fe2iC est prouvée par ce fait que le fer contenant 0,89 p. 100 de carbone présente plusieurs points critiques corrélatifs mis en évidence par différents procédés d’observation ci-après résumés :
- 1° Des points de saturation bien indiqués par les micro-structures des aciers normaux, recuits et trempés;
- 2° Un maximum net dans la courbe ayant pour ordonnées les quantités de chaleur absorbées ou dégagées au point ARX et pour abscisses les pourcentages de carbone.
- 3° L’existence, dans les courbes de compression des aciers trempés, d’un point d’arrêt, à partir duquel la fluidité moléculaire cesse complètement.
- 4° Un maximum net dans la courbe ayant pour coordonnées les pourcentages en carbone d’une part, et, d’autre part, le magnétisme permanent des aciers trempés.
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- INFLUENCE DU CARBONE SUR LE FER.
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- II. — L'influence du recuit est la suivante :
- (a) Il détermine une augmentation des dimensions des cristaux et aussi de la cohésion intercristalline lorsque celle-ci était originairement faible ou affaiblie.
- (b) Il transforme les masses allongées de fer contenant du carbure Fe3C diffusé en zones compactes arrondies formées de lamelles de Fe3C cristallisé, entre lesquelles le fer est plus ou moins intercalé.
- III. — Les constituants théoriques des aciers trempés et des aciers normaux sont répartis approximativement comme il est indiqué dans le tableau IX. Les pourcentages qui y sont indiqués ne peuvent pas être bien exacts parce que, dans la pratique, et en dessous du point de saturation, les aciers trempés contiennent toujours de petites quantités de Fe3C et les aciers normaux de petites quantités d’un carbure intermédiaire (Fe10C??). Dans les aciers revenus, on peut rencontrer une variété presque illimitée de constitutions, et, par suite, observer toutes les propriétés mécaniques possibles.
- TABLEAU IX
- Composition théorique approximative des Aciers normaux et trempés établie d’après la théorie du sous-carbure de fer sus-énoncée.
- TENEURS on CARBONE ACIERS TREMPÉS aciers normaux
- Fc Fe21 C Fe? C Fe Fe3 C
- p. 100 p. 100 p. 100 p- 100 p. 100 p. 100
- 0,1 89 11 0 99 1
- 0,2 78 22 0 97 3
- 0,3 67 33 0 95 ')
- 0,4 56 44 0 94 6
- 0,3 45 55 0 93 7
- 0,6 34 66 0 91 9
- 0,7 22 78 0 90 10
- 0,8 11 89 0 88 12
- 0,9 0 100 0 87 13
- 1,0 0 99 1 85 15
- 1,1 0 97 3 84 16
- 1,2 0 93 5 82 18
- 1,3 0 93 7 81 19
- 1,4 0 91 9 79 21
- 1,5 0 89 11 77 23
- IV. — La théorie du sous-carbure est en concordance avec les observations quotidiennes de la pratique. Par exemple, on sait depuis longtemps que l’acier au carbone seul, contenant 0,85 p. 100 de carbone, est le meilleur lorsqu’on veut à la fois du tranchant et une résistance suffisante au choc; un tel acier est par suite employé pour les outils à froid. On sait aussi qu’un acier à 1,3 p. 100 de carbone serait impropre à un tel usage, parce qu’il se crevasserait et se désagrégerait. La raison en est simple ;
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- MÉTALLURGIE. --- JANVIER 1896.
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- un tel acier est sillonné de lignes de faiblesse aux jonctions des grains de sous-carbure avec les membranes du carbure normal en excès. D’un autre côté, pour les outils de tours, il faut un acier plus dur que celui contenant 0,9 p. 100 de carbone ; dans ce cas, aucun choc ne devant se produire, l’excès de Fe3C augmente la dureté du sous-carbure et, d’autre part,fournit 10 p. 100 d’une substance incapable de se réduire sous l’influence de la chaleur de frottement. Il est de même évident qu’un acier contenant beaucoup moins de 0,9 p. 100 de carbone ne pourra fournir d’outils tranchants à cause de l’existence de particules de fer doux au milieu de la masse de sous-carbure dur.
- Il est important, au point de vue pratique, de bien remarquer, qu’en chauffant à l’air un acier saturé, la surface du métal tombera en dessous du point de saturation par suite de l’oxydation atmosphérique d’une certaine quantité de carbone, et que cette perte de carbone sera irrémédiable. Au contraire, si l’acier est sursaturé, le Fe3C en surplus agira comme réserve et maintiendra la saturation du métal.
- Les principes ci-dessus énoncés s’appliquent directement à toutes les variétés de fer pur ou d’acier au carbone, mais ils ne peuvent servir que de bases d’opération pour les autres compositions métalliques. En ce qui concerne l’interminable débat sur les blindages et les obus destinés à les percer, on n’obtiendra une base scientifique de fabrication qu’après avoir étudié plus à fond les propriétés des carbures doubles formés avec le fer par le silicium, le manganèse, le nickel, le chrome et le tungstène.
- R. Masse.
- NOTES DE CHIMIE ET DE MÉTALLURGIE
- INDUSTRIES CHIMIQUES DIVERSES
- Sur la vulcanisation du caoutchouc (Cari Otto Weber) [Cs. (1) 31 mai 1895,
- p. 436].
- L’action du chlorure de soufre dans la vulcanisation à froid du caoutchouc est une simple réaction d’addition, dont le produit final serait la combinaison définie C10HJ0S2C12. Ce corps perd facilement son chlore sous l’action de la chaleur ou en présence de l’aniline, sans que les propriétés de la matière soient sensiblement modifiées. Les bromures et iodures de soufre se comportent de même.
- Action de la gélatine sur les dissolutions salines (S. Mills et W. Sawers). [Cs. mars 1895, 252).
- La gélatine absorbe et retient après lavages certains sels métalliques.
- En même temps, ses propriétés, et, en particulier, sa solubilité, sont considérablement modifiées. Exemple : alunage.
- Au contact de l’alun de chrome, la gélatine absorbe un sulfate basique de chrome et renferme : Cr203. 4,4 p. 100; So3. 5,2 p. 100. Elle est alors insoluble dans l’eau bouil-
- (1) Journal of the Society of Chemical Industry.
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- INDUSTRIES CHIMIQUES DIVERSES.
- i 29
- lante, mais soluble à une douce chaleur dans l’acide acétique étendu de deux fois son volume d’eau (vernis photographique).
- Avec l’alun d’alumine, la gélatine absorbe :
- Al2CU 3,7 p. 100
- Avec le sulfate de nickel :
- NiO 1.2 p. 100
- Avec le sulfate de cobalt :
- CoO 3,7 p. 100
- Avec le sulfate de cuivre :
- CuO 4.7 p. 100
- SO3 3,4 p. 100.
- SO3 0,0 p. 100.
- SO3 0,0 p. 100.
- SO3 0,0 p. 100.
- Avec le sulfate de zinc, il n’y a pas d’absorption.
- Utilisation de la magnésie obtenue comme sous-produit dans la fabrication de l’acide carbonique par la calcination du carbonate de magnésie naturel. (H. Endemann) [Cs. février 1895, 127].
- La magnésie provenant de la calcination du carbonate de l’île d’Eubée employé à la fabrication de l’acide carbonique serait aujourd’hui sans usage. Cette magnésie pourrait servir à la fabrication de pierres artificielles en la gâchant soit avec une solution de chlorure de magnésium, soit mieux avec une solution d’oxalate d’ammoniaque.
- La composition suivante est recommandée :
- Magnésie.......................................... 1 partie
- Oxalate............................................... I •—
- Sable............................................. 3 •—
- Cailloux quartzeux................................ 1 —
- Cette magnésie peut également servir à la fabrication de la magnésie blanche des pharmaciens (carbonate basique) par l’action du bicarbonate de soude employée en présence d’un grand excès d’eau à la température de 65°.
- Magnésie................................ I partie
- Bicarbonate de soude.................... 3,2 —
- Eau..................................... 23 —
- La réaction est achevée au bout d’une heure.
- Le procédé Hermite pour le traitement des eaux vannes. (Sir Henry Roscoe). [Cs. mars 1895, 224].
- Résumé des expériences chimiques et bactériologiques faites sur le procédé Hermite à la ville de Worthing, sous les auspices de l’Institutanglais d’hygiène médicale.
- Les résultats de cette étude sont que l’eau de mer électrolysée donne une solution très instable, qui a perdu au bout de vingt-quatre heures ses propriétés désinfectantes.
- Pour obtenir 0gr,5 de chlore par litre sur 1 mètre cube d’eau de mer, il faut employer un courant de 250 ampères avec une force électromotrice de 6 volts, travaillant pendant deux heures et demie.
- Ce liquide enlève toute odeur aux matières fécales et stérilise à peu près complètement les matières liquides, mais ne désagrège pas les matières solides, et, par suite, ne les stérilise pas à l’intérieur.
- Tome I. — 95e année. 5° série. — Janvier 1896.
- 9
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- NOTES DE CHIMIE ET DE MÉTALLURGIE.
- JANVIER 1896.
- Le liquide stérilisant doit être employé au plus une heure après sa fabrication, dans les proportions suivantes :
- A la teneur de 0sr’o de chlore par litre, 10 fois le volume de l'eau vanne.
- — 0sr,5 — 6
- — 0er,75 — 2
- — 1 — 1
- Utilisation des ordures ménagères à Rochdale. (P. Brookenau) [Cs. avril 1895, 340].
- Les matières fécales sont transformées en engrais par dessiccation dans un four rotatif de 6 mètres de long et 2 mètres de diamètre. Les ordures ménagères proprement dites sont brûlées, et leur chaleur de combustion est utilisée dans l’opération précédente. Composition des matières produites, des gaz dégagés, et données numériques relatives au rendement des différentes opérations,
- La dessication à l’air chaud. (E. Cook) [Cs. mai 1895, 421].
- Appareil destiné à la dessiccation des grains, et combiné de façon àpermettre l’emploi direct des gaz provenant de la combustion du charbon. Le principe de la méthode consiste à faire circuler le même air un grand nombre de fois dans l’appareil de dessiccation, en y ajoutant à chaque fois un volume de gaz chaud égal au volume d’air humide définitivement évacué dehors. On évite ainsi de brûler les matières qui craignent une température trop élevée, La chambre des dessiccations est une tour carrée de 4 mètres de côté sur 15 mètres de hauteur, dans laquelle les grains descendent en cascade par le jeu intermittent de supports métalliques qui reçoivent un mouvement périodique d’oscillation. Ce système présenterait, sur le procédé actuel de dessiccation des grains, l’avantage de donner une économie de moitié dans la dépense de combustible et de main-d’œuvre.
- COMBUSTIBLES
- Un cas de combustion spontanée. (Alsberg) [Cs. novembre 1895, 947].
- Certains miniums donnent lieu à des combustions dites spontanées. Elles sont produites en réalité par le voisinage d’une flamme ou d’un corps incandescent. Le corps combustible est un composé plombeux de l’éosine que l’on mêle souvent au minium véritable Pb'CP pour en aviver la couleur.
- Enrichissement du gaz d’éclairage. (Stenhouse) [Cs. 31 mars 1895, 435].
- Résultats d’expériences montrant que la benzine pure et le benzol sont à peu près équivalents.Les essences de pétrole ont un rendement beaucoup moindre, de sorte que, malgré leurs prix inférieurs, elles sont moins avantageuses. Pour obtenir un même enrichissement du gaz, il faut employer 2,25 fois plus de ces essences que de benzol.
- Carburation du gaz. (W. Irwin) [Cs. 29 juin, 1895, 546].
- Étude expérimentale très soignée sur la carburation du gaz. Voici quelques-uns des résultats donnés :
- 1 OOU parties d’eau dissolvent 1,45 parties de benzine.
- — — 0,57 — de toluène.
- — — 0,12 — de xylène.
- — — 0,00 — d’heptane.
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-
- INDUSTRIES CHIMIQUES DIVERSES.
- 131
- Les carbures saturés, en passant dans un tube chauffé au rouge, se décomposent en benzine et formène. Ce dernier se décompose à son tour, à une température plus élevée, en acétylène et hydrogène.
- Le gaz ordinaire, dépouillé de son pouvoir éclairant au contact de l’acide sulfurique, et enrichi avec de la benzine, de l’heptane ou de la naphtaline, a donné les résultats suivants, rapportés à la combustion de 105 litres (1). Les expériences ont été faites avec
- un brûleur B ray n° 4.
- Benzine Pouvoir éclairant (1) Hoptane Pouvoir éclairant
- grammes par litre. en carcels. grammes par litre. en carcels.
- 0,000 0,05 0,000 0,05
- 0,022 0,09 0,053 0,15
- 0,038 0,27 0,101 0,44
- 0,054 0,52 0,156 0,75
- 0,063 0,66 Naphtaline
- 0,088 1,40 —
- 0,123 2,05 0,000 0,05
- 0,046 1,45
- 0,062 1,85
- Des expériences analogues ont été faites sur l’hydrogène et sur le gaz à l’eau.
- Fours à coke Semet-Solway. (J. Darby) [Cs. 30 avril, 1895, 336].
- Description des fours construits aux aciéries Brymbo et Cie. Indications sur les résultats obtenus dans une campagne d’une année.
- Du coke de Durham, tenant 23,3 de matières volatiles à l’essai, adonné 80,5 p. 100 de coke sec. La production annuelle de ces fours est quadruple de celle des fours ordit naires. Des chaleurs perdues sont utilisées en vaporisant dans des chaudières une quantité d’eau un peu supérieure au poids du coke produit. On peut encore utiliser ce-excès de chaleur en ne brûlant pas tous les gaz produits dans les fours, mais en s’en servant pour actionner des moteurs à gaz. Le pouvoir éclairant de ce gaz n’est guère que les trois quarts de celui du gaz d’éclairage de Londres. Sa composition est :
- CO^ .
- CO .
- o.
- Az .
- H .
- CH1.
- CnHSl
- Suppression de la fumée dans les foyers à marche intermittente. (Le Neve Foster [Cs. janvier, 1895, IX].
- L’auteur rappelle la réglementation anglaise qui n’interdit l’émission de fumées noires que lorsqu’elles sont en quantités suffisantes pour être nuisibles. La quantité jugée nuisible varie d’une ville à l’autre.
- Il propose l’institution d’inspecteurs du gouvernement, qui décideraient, sur des bases scientifiques, ce qu’il est possible d’exiger des différentes catégories d’usines.
- (1) Les transformations ont été faites en supposant que le gaz de Londres, dit à 16 bougies, donne 1 carcel pour 105 litres.
- 3,27
- 7,95
- 0,23
- 1,99
- 52,77
- 31,27
- 2,57
- 100,05
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- 132
- NOTES DE CHIMIE ET DE MÉTALLURGIE. ----- JANVIER 1896.
- Pouvoir éclairant des gaz carbonés. (Lewis et Wright) [Cs. janvier, 1895,103J.
- Un grand nombre d’expériences faites sur le pouvoir éclairant des différents gaz et mélanges sont passés en revue. Il importe de brûler chaque gaz dans un brûleur qui lui soit convenablement approprié. Les résultats obtenus en brûlant un gaz riche dans un brûleur fait pour un gaz pauvre sont tout à fait erronés.
- A la suite de ce mémoire, se trouvent quelques analyses de gaz d’éclairage.
- Gaz de Londres. Gaz do Canncl. Gaz de pétrole
- Il2 51,8 36 4,8
- CO 9,1 6,8 0,2
- CH* 31,8 37,8 53,7
- CnH"' 5,2 16,4 41,2
- Az- 2,1 2,9 0,9
- Pouvoir éclairant pour 105 litres. 1,1 1,95 3,91
- Composition des atmosphères ou s’éteignent les différentes flammes. (F.
- Clowes) [Cs. avril 1895, 345].
- Atmosphères.
- Mfivnmps ____ ^ r —--------
- 0 _ Az CO:
- Alcool 15 80,7 4,3
- Esprit de bois 15,6 80,2 4,2
- Huile de colza 16,4 80,5 3,1
- Bou°ic 15,7 81,1 3,
- Hydrogène 5,o 94,5 »
- Oxvde de carbone 13,3 74,4 12,2
- Formène 15,6 82,1 2,3
- Gaz d’éclairage 11,3 83,8 4,9
- L’air expiré par les poumons après un séjour de 40 séances a pour composition :
- O Az CO-
- 14.9 SU 3,7
- MÉTALLURGIE
- FEU
- Appareil de chargement pour four Martin. |^SuE (1), 1895, 940].
- Inconvénients du chargement à la main et même de certains moyens mécaniques compliqués où la cuiller de chargement est fixée à l’appareil. En outre, de grands espaces sont nécessaires dans ce dernier cas. Avantages de l’appareil électrique de l’usine Wellinausch à Thurlow, près Philadelphie. Description de l’appareil. L’espace libre nécessaire n’est que de 8 mètres, la cuiller de chargement étant mobile et attachée à un balancier.
- Considérations sur la trempe de l’acier. (A. Ledebur) [SuE, 1895, 943].
- Après avoir rappelé les deux théories en présence : l°changement d’état du carbone, et 2° allotropie, théorie de M.Osmond, l’auteur examine les quatre questions suivantes :
- a. Le travail à froid cause-t-il un changement dans l’état du fer? On aurait ainsi un état 8.
- b. La trempe par immersion cause-t-elle un changement dans l’état du fer?
- c. Les états et 8 sont-ils les mômes?
- (1) Stuhl und Eisen.
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- INDUSTRIES CHIMIQUES DIVERSES.
- 133
- d. L’effet de la trempe repose-t-il sur le changement d’état du carbone ou sur le changement d’état du fer?
- A propos de la question c il y a lieu de citer l’exemple des plumes d’acier qui, par le recuit gagnent en élasticité si on les prend dans du fer étiré, et ne gagnent rien si elles sont trempées.
- L’auteur rappelle ensuite les expériences de M. Charpy et celles de Howe, ainsi que sa théorie carbo-allotropique. Il dit enfin que l’observation semblerait démontrer que le travail mécanique, joint à des causes précises mais non encore définies, peut empêcher ou provoquer des changements d’état du carbone.
- Nouvelles aciéries en Allemagne et autres pays. [SuE, 1895, 901].
- L’acierie Johnson en Lorraine.
- Tôle contre fer. (Hœdicke) [SuE, 1895, 889].
- Substitution de la tôle à la fonte.
- Exemples : serrures, tenailles, pinces, roulettes, affûts de la maison Krupp, boîtes à graisses, roues de wagon, cadres de voitures.
- MÉTAUX AUTRES QUE LE FER
- Histoire de mon procédé d’extraction du nickel. (Ludwig Mond) [Gs. 945].
- L. Mond raconte comment il a été amené à la découverte du nickel carbonyle. En cherchant à préparer du chlore par le traitement des sous-produits de la fabrication de la soude à l’ammoniaque, il se servit d’un appareil destiné à faire réagir la vapeur de chlorure d’ammonium sur de la magnésie. Cet appareil possédait des valves en nickel, métal peu altérable. A la surface, il se forma un dépôt noir charbonneux, qui ne pouvait provenir que de la décomposition de l’oxyde de carbone en présence du nickel. Voulant se débarrasser de l’oxyde de carbone en excès, il envoya ce gaz dans un brûleur à flamme bleue. En laissant refroidir l’appareil et continuant le courant gazeux, à un certain moment, la flamme devint éclairante. M. Mond découvrit alors dans l’oxyde de carbone, la présence de vapeurs du nouveau corps Ni (CO) '1.
- Traitement des minerais de zinc complexes. (Peter Hart) [Cs.juin 1895, 544],
- La blende impure est traitée par de l’acide sulfurique; la masse est chauffée au rouge sombre pour décomposer les sulfates peu stables, puis traitée par l’eau pour dissoudre les sulfates de zinc, cuivre et cadmium.
- L’acide sulfureux produit sert à régénérer une quantité d’acide sulfurique égale à celle qui a été employée.
- Quelques alliages d’argent. (J. Fowler et Hartog) [Cs. mars 1895, *243].
- Les alliages de l’argent avec 5 p. 100 de zinc, cadmium, étain, nickel, sont malléables et prennent un beau poli. Ils se ternissent plus vite que l’argent pur, mais se nettoient aussi plus facilement. L’alliage à 10 p. 100 d’aluminium n’est pas du tout malléable. Les essais faits pour obtenir des dépôts électrolytiques de zinc-argent ont échoué. Les dépôts cadmium-argent s’obtiennent au contraire facilement avec une composition quelconque, mais il est difficile d’obtenir une composition uniforme en tous les points d’une même pièce. L’alliage 60 argent-40 cadmium est dur et fragile. Sa cassure présente une belle couleur rose.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- LA CIRCULATION DE l’eAU DANS LES CHAUDIÈRES TUBULÉES.
- EXPÉRIENCES DE M. YaiTOW
- M. Yarrow, le constructeur de torpilleurs bien connu, a récemment exécuté, sur la question encore controversée de la circulation dans les chaudières tubulées ou à tubes d’eau, une série d’expériences très intéressantes en elles-mêmes et en raison de l’intérêt que présente l’emploi de plus en plus répandu de ces chaudières à la mer, sous leur
- Fig. 1.
- forme ordinaire (Belleville, Wilcox...), ou sous la forme plus active encore des types express (Normand, Yarrow, Dn Temple, etc.).
- Ces expériences sont au nombre de onze :
- lr° Expérience. — Cette expérience fut exécutée sous la pression atmosphériqueàl’aide de l’appareil fig. 1, constitué par un tube de verre en U, représentant un élément de la chaudière, débouchant dans un cylindre qui en figure le réservoir de vapeur, et pouvant être chauffé par des becs de gaz répartis à volonté. Ce cylindre porte un fléau de balance avec, au bout d’un fil, un flotteur plongeant dans la branche droite du tube et se déplaçant devant un quadrant gradué de + à — 45°, à gauche et à droite de la verticale. Au repos, ce fléau occupelaposition indiquée enüg. 1, à — 45°. Quand on chauffe le tube
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- CIRCULATION DE l’eAU DANS LES CHAUDIÈRES TUBULÉES.
- 135
- de gauche, l’eau descendant dans le tube de droite amène le fléau [d’abord, à — 12° avec deux becs de gaz, puis à — 5° avec trois becs ; puis, quand on chauffe les deux tubes à la fois, la circulation s’accentuant amène le fléau, successivement à + 10° avec un bec et à 15° avec deux becs, et enfin à -+- 20° avec trois becs sur chaque tube.
- On voit que la circulation augmente avec l’intensité de la chaleur indépendamment de son mode de distribution sur les branches ascendante et descendante du tube.
- 2e Expérience. — Dans cette expérience, on remplace le flotteur de l’appareil précédent par une petite hélice transmettant son mouvementé un compteur indiquant ainsi la vitesse de la circulation. Cette vitesse était de 180 millimètres par seconde avec
- deux becs sur le tube ascendant et de 210 millimètres avec trois becs, de 230 millimètres avec trois becs sur le tube ascendant et un sur le descendant, de 230 millimètres avec trois becs sur le tube ascendant et deux sur le descendant, et enfin de 273 millimètres avec trois becs sur chaque tube.
- La vitesse de la circulation augmente donc avec l’intensité du chauffage, indépendamment de la répartition de la chaleur. Les vitesses ainsi constatées sont diminuées de celles en un tube libre par la résistance de l’hélice et son recul.
- En outre, les quelques bulles de vapeur formées dans le tube descendant, au droit des flammes de gaz, disparaissent très rapidement, de sorte qu’il ne reste probablement pas de vapeur dans un tube descendant chauffé rapidement, l’augmentation
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- JANVIER 1896.
- graduelle de la charge de l’eau, à mesure qu’elle descend, permettant l’accroissement corrélatif de sa température sans formation de vapeur; la vapeur se forme, au contraire, dans le tube ascendant, à la fois par la chaleur de ses becs et par la diminution de la charge de l’eau à mesure qu’elle s’élève.
- 3° Expérience. — Cette expérience, exécutée avec un appareil analogue au précédent, mais à tubes inclinés, a donné les mêmes résultats généraux.
- 4° Expérience.—Exécutée avec l’appareil fig. 2, composé de trois tubes verticaux débouchant au haut dans un dôme de vapeur et au bas dans un tube horizontal chauf-
- Fig. 3 et 4.
- fés par les flammes de Bunsen frappant sur le tube de droite, dont les gaz s’échappaient par la cheminée de gauche, conditions analogues à celles du chauffage des chaudières Yarrow. La circulation était instable ; il y avait tantôt deux courants descendants dans les tubes froids et un ascendant dans le tube chaud, tantôt un courant descendant dans le tube de gauche et deux courants montants dans ceux de droite. On put, dans cet appareil, vaporiser jusqu’à 9 livres par pied carré de surface de chauffe par heure (44k par mètre carré).
- 5e Expérience. — Exécutée avec l’appareil fig. 3, composé de deux tubes presque verticaux, réunis au bas,par un raccord,avec tube vertical médian d’arrière, communi-
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- CIRCULATION DE l’eâU DANS LES CHAUDIÈRES TUBULÉES.
- 137
- quant avec le milieu du fond de la chambre de vapeur. En chauffant les deux tubes d’avant, on provoque une circulation descendant par le tube du milieu et qui, une fois établie, s’améliore si l’on chauffe aussi ce tube.
- 6e Expérience.— Exécutée sous la pression atmosphérique, comme les précédentes, avec un tube vertical analogue à celui de la fig. 1, dans les branches duquel on pouvait injecter de l’air. Une fois la circulation établie en injectaut de l’air dans le tube montant, une injection d’air dans le tube descendant augmentait la circulation qui conservait ensuite sa vitesse même après suppression de l’air dans le tube montant.
- 7e Expérience. — Sous une pression de 10 atmosphères, avec un tube en U vertical analogue à celui de la figure 1, trois brûleurs d’un côté et cinq de l’autre. Une fois la circulation amorcée en allumant les trois brûleurs du tube ascendant, elle s’accélère énormément en allumant en plus les cinq du tube descendant, puis en éteignant les trois brûleurs du tube montant.
- 10e Expérience. — Exécutée à haute pression sur un élément de chaudière à tubes droits (fig. 4), chauffée à un bout par la flamme d’un foyer à vent forcé transversalement à la rangée de tubes, dont le plus éloigné du feu et le troisième renfermaient chacun une petite hélice pour indiquer le sens de la vitesse de la circulation. Après l’allumage, et en forçant les feux, il se produisaittoujours un courant descendant dans l’un de ces tubes ou dans tous les deux, il en était de même dans le deuxième tube à partir du bout, de sorte qu’il y avait toujours circulation descendante dans au moins deux tubes.
- 11e- Expérience. —Semblable àla précédente, mais avec des regards en verre permettant de voir la circulation dans le haut des tubes. Résultats identiques à ceux de la première expérience. On peut obtenir, avec les chaudières Yarrow au vent forcé, une vaporisation allant jusqu’à 25 livres par pied carré de chauffe (122 kilos par mètre carré), mais sans économie. Il faut, pour réduire la dépense de combustible, descendre beaucoup plus bas en pratique.
- L’expérience n° 7 a démontré que la circulation ne pouvait guère se maintenir sûrement qu’à partir d’une pression de 3kil,5; elle est irréalisable à 2 kilos, et se maintient d’autant mieux que la pression est plus forte, probablement à cause de la diminution du débit d’eau de la circulation descendante occasionnée par le grand volume qu’occupe, aux basses pressions, la vapeur formée dans les tubes montants et qui les encombre.
- Pour déterminer l'action de la chaleur sur les tubes soumis à un feu violent, on y disposa une tige traversant le tube et la chambre de vapeur et pourvu d’une pointe indiquant les dilatations relatives du tube. On ne put en découvrir aucune, ce qui montre que la température moyenne du tube est très peu différente de celle du mélange d’eau et de vapeur en circulation, et qu’il n’y a pas nécessité de remplacer les tubes droits par des tubes courbes pour parer aux efforts dus aux inégalités de dilatation, autant du moins que la circulation se maintient suffisamment active.
- G. R.
- BÉLIER DECŒUR
- Dans ce bélier, on s’est efforcé d’augmenter le rendement en diminuant le plus possible la vitesse de l’eau au sortir du clapet d’échappement ou de fuite d (fig. 5), et en
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- JANVIER 1896.
- rapprochant le plus possible ce clapet de ceux de refoulement e. Ces derniers clapets sont concaves de façon à faciliter leur levée, parfaitement guidés et chargés par des ressorts réglables en h i.Le canal de fuite c se prolonge par un tuyau débouchant dans l’eau d’un bassin de fuite ou d’évacuation, ce qui permet de placer le bélier à un niveau quelconque, et évite les rentrées d ’air: le tuyau d’évacuation forme ainsi un siphon qui
- Fig. ">. —Bélier Decœur, coupe verticale.
- a, amenée de l’eau motrice, n, évacuation de l'eau motrice en excès; d, clapet d’évacuation et de retenue, à tige d1, avec ressorts n et o, rég'lables par la vis m à palet de fixations; p. q. levier permettant de soulever d' pour la mise en train du bélier.
- n, soupapes de refoulement, à tiges guidées en /'et ressorts y, réglages en i; /', matelas d'air avec soupape /. pour évacuer l’excès d’air; b. refoulement.
- Fig. 6 et 7. — Grand bélier Decœur. Coupes verticale et horizontale AB et CD.
- s, grande soupape d’évacuation plate, à ressorts de réglage no. reliés à s par le cadre t, avec ressorts wx.
- Pour les autres lettres, même légende qu’en lig. 5.
- G- —
- permet d’utiliser les plus faibles chutes, et le matelas d’air f peut fonctionner sans renifflard parce qu’il y rentre assez d’air à chaque coup par m, autour de la tige cl' de d. L’excès d’air s’évacue par la soupape k, placée un peu au-dessus du refoulement b. On peut d’ailleurs facilement éviter un trop grand excès d’air en installant le bélier dans un bassin assez profond pour submerger le manchon fileté m, par lequel on règle
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- DÉCHARGEUR DE CHARBON. 139
- la tension du ressort no du clapet d. La mise en train du bélier s’opère en levant ce clapet au moyen du levier q.
- Dans les grands béliers, on remplace (fig. 6) la soupape d’évacuation d par une grande soupape plane s, reliée par les attaches s', à ressorts a, et les cadres t *, aux ressorts de réglage no.
- G. R.
- DECHARGEUR DE CHARBON LONG
- Get appareil,remarquable par sa hardiesse et sa simplicité, consiste (fig. 8 et 9) en un cylindre de 3m,30 de diamètre intérieur, 3m,80 de diamètre extérieur et 13 mètres de
- Fig. 8. — Déchargeur T. Long après bascule.
- long. Placé, au repos, à 9 mètres du sol, au niveau de la voie qui amène les charbons, dans la position indiquée à gauche de la figure 9, il reçoit un à un les wagons à décharger qui lui sont amenés par une locomotive de manœuvre, puis assujettis solidement par
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- NOTES DE MECANIQUE.
- JANVIER 1896.
- deux poutres longitudinales latérales à serrage hydraulique et par des cales automatiques. Ceci fait, on admet, d’un coup de levier, la vapeur, sous une pression de 6 atmosphères, à un cylindre de 750m/m de diamètre sur 6 mètres de course, dont la tige de piston, convenablement moutlée, remonte le rouleau de la position indiquée à gauche de la'figure 9 à celle indiquée à droite et en figure 8, où le wagon se vide d'un coup dans la trémie qui mène le charbon au bateau en chargement. Pendant ce déchar-
- Fig. 9. — Décliargeur T Long en chargement et basculé.
- gement du wagon, le bec de la trémie reste horizontal, de manière que le charbon s’y dépose le plus doucement possible ; puis, pendant que le déchargeur revient avec son wagon vide à sa position primitive, le bec, manœuvré par une machine spéciale, s’abaisse lentement pour amener le charbon au bateau sans le briser.
- Le cylindre déchargeur roule sur ses voies par trois bandages percés de trous de 0m,10 de diamètre, s’emboîtant sur des pointes correspondantes disposées sur les voies de manière à constituer une sorte de guidage par crémaillère très simple et parfaitement suffisant.
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- TRANSMISSION DE FORCE PAR l’AIR COMPRIMÉ.
- 141
- L’un de ces appareils, construit par l’Exelsior Iron Work C° S. (Cleveland), installé aux docks de Cleveland (Ohio), a pu décharger jusqu’à un wagon par minute, sans bris de charbon, et fonctionne avec la plus grande régularité (1).
- G. R.
- TRANSMISSION DE FORCE PAR l’AIR COMPRIMÉ A LA NORTH STAR MINING C° (CALIFORNIE)
- Cette transmission est remarquable en elle-même par son importance dans une
- Fig. 10. — Roue Pelton et compresseur (le la North Star Mining C°.
- région où l’on emploie de préférence l’électricité, et aussi parce que les compresseurs
- (1) Scienlific American, 16 nov. 1895.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- JANVIER 1896.
- d’air y sont actionnées par une roue Pelton (1) de dimensions exceptionnelles, représentée par la figure 10.
- L’eau est amenée à cette roue par une canalisation en tubes d’acier rivés de 50 centimètres de diamètre, sous une pression de 25 atmosphères. La roue, de 3m,65 de diamètre, constituée comme une roue de vélocipède, fait HO tours par minute, et reçoit son eau d’un ajutage de 40 millimètres de diamètre, à réglage automatique. On estime son rendement à 85 p. 100. Son arbre, en acier, de 250 millimètres de diamètre, actionne directement deux compresseurs compound à cylindres de 250 et 460 millimètres de diamètre sur 610 de course : vitesse du piston 2 mètres par seconde. L’air comprimé dans les grands cylindres à 2k10 et à 70°, passe d'abord dans un refroi-disseur formé de 50 tubes en cuivre de 25 millimètres de diamètre sur 5m,40 de long, placés dans le puits de la roue, dont l’air prend la température, et, de là, il se rend aux petits cylindres qui le compriment à 6k,30. Il est ensuite envoyé au réservoir de la mine par un tuyau de 300 mètres de long et de 150 millimètres de diamètre.
- De ce réservoir, l’air passe à un réchauffeur tubulaire chauffé par un foyer, et qui le porte à 140°, en augmentant son volume d’environ 43 p. 100.
- Cet air actionne un treuil d’extraction constitué par une machine Corliss compound à cylindres enveloppés, avec lumières de distribution légèrement agrandies. Il passe du réchauffeur au petit cylindre de cette Corliss, où sa température s’abaisse par la détente à 55e, puis il traverse, avant l’arrivée au grand cylindre, un second réchauffeur, qui le porte à 140°; do ce cylindre, il se rend, par un caniveau en briques, dans un vestiaire pour les mineurs.
- Dans la mine, l’air comprimé actionne une pompe pouvant refouler par minute 2 720 litres à 150 mètres; l’air, amené à la pompe par une canalisation bien isolée, n’est pas réchauffé, et s’échappe dans le puits, à une température assez basse pour le rafraîchir. Il actionne aussi les perforatrices de la mine.
- On estime que les compresseurs enverront au puits de la mine assez d’air froid comprimé pour développer, sans être réchauffé, une puissance de 175 chevaux, qui, avec une dépense journalière de 15 francs de charbon pourle réchauffage, serait portée à 250 chevaux. L’eau coûte environ 0 fr. OU par mètre cube, ce qui, y compris le charbon nécessaire au réchauffage, amènerait le prix de revient brut de l’air comprimé à environ 0 fr. 50 par cheval et par jour de 24 heures, ou à 150 fr. par cheval et par mois, soit, en ajoutant 25 francs pour le personnel, l’huile, l’entretien et l’amortissement, à 175 francs par cheval et par mois, taux certainement modéré, étant donné le prix élevé du charbon et de l’eau sur la côte de Californie (2).
- il) Bulletin d’octobre 1894, p. 710.
- (2) Engineering NewSj 19 décembre 189.7.
- G. R.
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- LA PHOTOGRAPHIE CATHODIQUE DE ROütgeil
- Les découvertes de M. Rontgen sur la photographie au moyen des rayons de Crookes excitant aujourd’hui un très vif intérêt, nous donnons ci-dessous la traduction du mémoire même publié par M. Rontgen dans les Annales de la Société physico-médicale de Wurtsbourg de décembre 1895.
- 1. Lorsqu’on fait passer la décharge d’une puissante bobine d’induction au travers d’un tube à vide de Heltorf, ou d’un tube de Crookes ou de Lenard suffisamment raréfié, que l’on entoure complètement ces tubes d’une enveloppe de carton noir et mince, et que l’on amène, dans une chambre noire, en présence de ce tube, un papier enduit de platinocyanure de baryum sur l’une de ses faces, on voit cette face, qu’elle soit tournée du côté du tube ou du côté opposé, s’éclairer d’une fluorescence brillante. Cette fluorescence est encore visible à deux mètres de distance, et il est facile de s’assurer qu’elle est occasionnée entièrement par la décharge électrique seule.
- 2. On se trouve donc en présence d’un agent (agens) des plus remarquables, capable de traverser le papier noir, tout à fait opaque aux rayons ultra-violets du soleil ou de l’arc, et il est intéressant de savoir si cet agent peut traverser ou pénétrer d’autres corps. Or, il est facile de démontrer que tous les corps sont transparents pour cet agent, mais à des degrés différents. Le papier, par exemple, est très transparent. La fluorescence se manifeste sur l’écran même derrière un volume de 1 000 pages (1) ; l’encre d’imprimerie n’oppose presque aucun obstacle au passage des radiations : de même, une carte laisse parfaitement passer ces rayons, la fluorescence se produit encore au travers de deux paquets de cartes. De même encore pour une feuille d’étain; il faut en superposer plusieurs pour projeter une ombre visible sur l’écran. Un bloc de bois est transparent : des planches de sapin de deux à trois centimètres d’épaisseur sont très transparentes. Une tôle d’aluminium de 15 millimètres d’épaisseur laisse encore passer les rayons x - c’est le nom que je leur donne pour abréger — mais en diminuant beaucoup la fluorescence. Ils traversent plusieurs centimètres d’ébonite. Le verre se comporte différemment suivant qu’il renferme on non du plomb. Le verre plombeux ou flint est beaucoup plus opaque que le verre ordinaire. Si l’on place la main entre le tube et l’écran fluorescent, on y voit se profiler l’ombre noire des os sur l’ombre plus pâle de la main dont les contours sont vaguement indiqués (fig. 1).
- L’eau, le sulfure de carbone et quelques autres liquides sont transparents, mais je n’ai pas pu voir si l’eau est plus ou moins transparente que l’air. Le cuivre, le plomb, l’argent, l’or et le platine laissent passer les rayons, mais seulement au travers de faibles épaisseurs; une feuille de platine de 0mm,2 les arrête presque entièrement; l’argent et le cuivre sont moins opaques. Le plomb est opaque sur une épaisseur de lmm,5. Un carrelet de bois de 20 millimètres de côté, peint à la céruse sur une de ses faces, projette une ombre épaisse quand on oppose cette face perpendiculairement aux rayons a?, et pas d’ombre quand elle leur est parallèle. Les sels métalliques solides ou en dissolution se comportent comme 'leurs métaux.
- 3. D’après ces expériences et d’autres, la perméabilité ou la transparence des corps aux rayons x dépendrait presque totalement de la densité de ces corps, sans être néanmoins fonction de cette densité seule, car, parmi des plaques de même épaisseur
- (1) J’entends par transparence d’un corps le rapport de l’éclat d’un écran fluorescent placé derrière ce corps à l’éclat de ce même écran sans interposition de ce corps.
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- 144
- LA PHOTOGRAPHIE CATHODIQUE.
- JANVIER 1896.
- en spath d’Islande, en verre, en aluminium et en quartz, la plaque de spath est beaucoup moins transparente que les autres, bien qu’à peu près de même densité.
- i. Dans tous les cas, l’opacité augmente avec l’épaisseur, des corps. Afin de déterminer la loi d’augmentation de l’opacité avec l’épaisseur j’ai fait des expériences sur des plaques photographiques recouvertes de feuilles d’étain en nombres variables et superposées en gradins de manière à présenter des épaisseurs graduellement croissantes ; j’en étudierai les résultats quand je serai en possession de l’appareil photométrique nécessaire.
- 5. Des feuilles de platine, de plomb, d’aluminium et de zinc laminées jusqu’à donner la même transparence pour toutes ont fourni les résultats du tableau ci-dessous :
- Epaisseur en millimètres. Epaisseurs relatives e. Densités d Produit e X d.
- Platine 0,018 1 21,5 21,5
- Plomb 0,05 3 11,3 33,9
- Zinc 0,10 6 7,1 42,6
- Aluminium 3,5 200 2,6 412
- On voit que l’opacité croit moins vite que le produit de l’épaisseur par la densité.
- 6. Les rayons x ne déterminent pas la fluorescence du platinocyanure de baryum seulement, mais aussi celles du sulfure de calcium, du verre d’urane, du spath d’Islande, du cristal de roche, etc.
- La sensibilité des plaques photographiques sèches aux rayons x présente un intérêt spécial : elle permettra d’observer et de fixer les phénomènes sans danger d’erreurs ; j’ai pu confirmer ainsi un grand nombre d’observations faites primitivement sur l’écran fluorescent. Cette sensibilité permet, en outre, d’utiliser la transparence du bois et du carton aux rayons x. On peut leur exposer les plaques sans les sortir de leur châssis en bois,et opérer aussi en pleine lumière; mais il faut se garer du tube de Crookes en expérience comme d’une source lumineuse, et ne pas lui exposer inconsidérément les plaques même enveloppées de linge ou de bois. On ne sait pas encore si la réaction chimique des sels d’argent de la plaque photographique est déterminée directement par. les rayons ce; il se peut qu’elle soit provoquée par la lumière phosphorescente qui, comme nous l’avons dit plus haut, peut se produire sur la plaque de verre ou sur la pellicule de gélatine. On peut employer des pellicules aussi bien que des plaques.
- La rétine ne perçoit pas ces rayons : l’œil, même tout près du tube, ne voit rien, bien que ses milieux soient parfaitement transparents aux rayons x.
- Après avoir étudié la transparence des différents corps aux rayons x, j’abordai l'étude de leur passage au travers des prismes.
- L’eau et le sulfate de carbone, en prismes d’angles de réfraction de 30°, ne donnent, ni avec l’écran fluorescent ni avec la plaque photographique, aucune trace de réfraction des rayons x, tandis qu'avec la lumière ordinaire ils donnaient, sur l’écran et sur la plaque, des images réfractées écartées de 10 et 20 millimètres de l’image non réfractée. Avec des prismes de 30° en aluminium et en ébonite, j’ai pu obtenir, sur la plaque photographique, peut-être des traces de réfraction, mais fort incertaines, en tout cas si faibles que l’indice de réfraction des rayons x, pour ces corps, ne dépasse certainement pas 1,05. Dans ce même cas, je ne pus, avec l’écran fluorescent, constater aucune apparence de réfraction.
- Les prismes en métaux plus denses que l’aluminium n’ont, jusqu’à présent, fourni aucun résultat peut-être en raison de leur grande opacité.
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- En raison de l’importance que présente la question de la non-réfrangibilité des
- Fig. 1. — Photographie cathodique d’une main dont l’un des doigts porte une bague (Photogravoe sans retouche aucune sur l’original allemand).
- rayons x au passage d’un milieu dans un autre, il est heureux qu’on puisse l’aborder par une autre méthode que celle des prismes. Les corps à l’état de poussières fines Tome I. — 95e année. 5e série. — Janvier 1890. 10
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- ne laissent, sous une épaisseur suffisante, passer que très peu de la lumière incidente, presque totalement dispersée par la réflexion et la réfraction, mais, au contraire, elles sont, à épaisseur égale, tout aussi transparentes qu’à l’état solide pour les rayons x,de sorte qu’il ne s’y produit ni réfraction ni réflexion ordinaire, à un degré appréciable. L’expérience a été faite avec du cristal de roche pulvérisé, de l’argent électrolytique en poudre et de la poudre de zinc que l’on emploie dans les fabriques de produits chimiques. Dans aucun cas l’on ne put observer une différence de transparence entre les corps solides ou en poudre, ni sur la plaque photographique ni sur l’écran phosphorescent.
- Il résulte de ce qui précède que les rayons x ne peuvent être concentrés par des lentilles; on l’a vérifié au moyen de grandes lentilles en verre et en ébonite. L’ombre d’une tige ronde est plus sombre au milieu que sur les bords, celle d’un tube rempli d’une matière plus transparente que la sienne est, au contraire, moins sombre au milieu que vers les bords.
- Bien que ces expériences et d’autres aient, à mon avis, complètement démontré la non-réflexion ordinaire des rayons x, je citerai néanmoins l’expérience suivante, qui semble tout d’abord contredire cette affirmation : j’exposai aux rayons x le côté du verre d’une plaque photographique protégée par du papier noir, et dont le côté sensible était étoilé de paillettes de zinc, d’aluminium, de plomb et de platine. Le développement des négatifs montra que les parties ainsi recouvertes par les paillettes étaient beaucoup plus noires que le reste de la plaque, principalement sous le zinc, presque pas sous l’aluminium, de sorte que les autres métaux paraissaient avoir réfléchi les rayons. Pour m’assurer de la véritable cause du noircissement plus accentué de la plaque sous les paillettes, je glissai entre elles et la plaque sensible une feuille d’aluminium imperméable aux rayons ulra-lumineux violets, mais tout à fait transparents aux rayons x, et j’obtins les mêmes résultats que précédemment, démontrant que ces rayons étaient réellement réfléchis par le plomb, le platine et le zinc. Mais, en rapprochant ce fait de ce que les corps en poudre ou rugueux sont aussi transparenls à ces rayons que solides et polis, on voit que le phénomène en question n’est pas dû à la réflexion ordinaire, qui ne se produit pas, mais à ce que ces paillettes métalliques se comportaient par rapport aux rayons x comme un milieu trouble par rapport à la lumière.
- D’autre part, l’absence de réfraction au passage d’un milieu dans un autre paraît démontrer que ces rayons x traversent toutes les substances avec la même vitesse, et cela, dans un milieu universel, renfermant les particules matérielles qui empêchent la propagation de ces rayons proportionnellement à la densité des corps.
- 9. Il se pourrait que la disposition des particules dans les corps influençât leur transparence suivant, par exemple, que les rayons traversent le spath parallèlement ou perpendiculairement à son axe, mais les expériences exécutées sur le quartz, et le spath ont donné des résultats négatifs.
- 10. On sait que Lenard a, d’après ses belles recherches sur le passage des rayons cathodiques de Hettorf au travers de minces feuilles d’aluminium, conclu que ces rayons étaient des actions de l’éther et traversaient diffusément tous les corps. Je puis en dire autant de mes rayons.
- Dans son dernièr travail, Lenard a déterminé les coefficients d’absorption de différents corps pour les rayons cathodiques, entre autres pour l’air atmosphérique aux pressions de 4,1, 3,4, 3,1, kilos par centimètre carré, et démontré qu’ils dépendaient
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- du degré de vide dans le tube de décharge. J’ai, pour déterminer la tension de décharge
- Fig. 2. — Photographie cathodique d’une boussole renfermée dans une boite en bois (photogravée sans L retouche ni réduction), les ombres noires aux extrémités de l’epreuve indiquent les armatures métalliques de la boite. . . ,
- par la longueur de l’étincelle, employé presque toujours le môme degré de vide;j ai pu,
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- au moyen d’un photomètre de Weber, le seul en ma possession, comparer les intensités lumineuses de mon écran fluorescent à des distances du tube de 100 et 5200 millim., et j’ai trouvé, par trois essais concordants, que cette intensité varie à peu près
- Fig. 3. — Photographie d’une main par Stanton, d’après « Nature » de Londres.
- en raison inverse du carré des distances de l’écran au tube. L’air absorbe donc les rayons x beaucoup moins que les rayons cathodiques, résultat d’ailleurs d’accord avec ce fait que la fluorescence est encore visible sur un écran à 2 mètres du tube.
- Les autres corps se comportent en général comme l’air : ils sont plus transparents aux rayons x qu’aux rayons cathodiques.
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- 11. Une autre différence entre les rayons cathodiques et les rayons oc, consiste en ce que je n’ai jamais pu, même avec un champ magnétique des plus puissants, dévier le moins du monde les rayons x sous l’action d’un aimant. La déviation magnétique caractérise au contraire les rayons cathodiques. Herter et Lenard ont même fait remarquer qu’il existe différentes espèces de rajons cathodiques : « distincts les uns des autres par leur puissance phosphorescente, leur absorption et leur déviation magnétique », cette dernière toujours très considérable.
- 12. Des expériences portant principalement sur cette question, il résulte que le point du tube de décharge le plus fluorescent doit être considéré comme celui d’où les rayons x se dispersent dans toutes les directions : c’est aussi le point de concentration des rayons cathodiques. Si l’on dévie ces rayons par un aimant, le centre des rayons x se déplace aussi ; ils rayonnent du nouveau centre des rayons cathodiques.
- D’autre part, les rayons x, qui ne sont pas déviés, ne sont pas des rayons cathodiques non altérés, réfléchis et traversant le verre du tube : et d’après Lenard, on ne pourrait attribuer à la plus grande densité du verre à l’extérieur du tube cette grande différence dans la « déviabilité » des deux espèces de rayons.
- J’en conclus que les rayons a1 ne sont pas identiques aux rayons cathodiques, mais engendrés par eux aux parois de verre du tube de décharge.
- 13. Ce phénomène ne se produit pas seulement dans le verre, mais aussi dans l’aluminium, comme j’ai pu le constater avec un appareil fermé par une plaque d’aluminium de 2 millimètres d’épaisseur.
- U. On peut justifier le nom de « Rayons » donné à l’influence émanant des parois du tube de décharge par les ombres très régulières qu’ils projettent quand on interpose des objets plus ou moins transparents entre le tube de décharge et la plaque photographique : j’ai pu photographier ainsi'plusieurs de ces ombres très curieuses, par exemple, le contour d’une porte séparant la salle dans laquelle se trouvait le tube de décharge de celle qui renfermait l’appareil photographique et peinte à la céruse; l’ombre des os d’une main (fîg. 1), d’un fil de fer enroulé sur un bâton, d’un poids enfermé dans une boîte en bois, d’une boussole dont l’aiguille est entièrement enveloppée de métal (fîg. 2) d’un morceau de métal dont le manque d’homogénéité a été révélé par les rayons x, etc...
- Pour démontrer la propagation rectiligne des rayons x, j’ai pu photographier un trou d’aiguille au moyen du tube de décharge recouvert de papier noir : c’est une image faible mais exacte.
- 13. J’ai essayé, mais en vain, peut-être à cause de leur faible intensité, de déterminer avec les rayons x des phénomènes d’interférence.
- 16. J’ai entrepris seulement des recherches sur l’action des forces électrostatiques sur les rayons x.
- 17. En ce qui concerne la nature de ces rayons x, qui ne sont pas cathodiques, nous sommes amenés à penser tout d’abord, en raison de leurs propriétés fluorescentes et chimiques, qu’ils sont de la lumière ultra-violette, mais, en ce cas, ils devraient :
- 1° Se réfracter en passant d’un milieu dans un autre;
- 2° Se réfléchir sensiblement;
- 3° Se polariser par les procédés habituels;
- 4° Ne pas être absorbés presque proportionnellement à la densité des corps interposés.
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- Sous une autre forme, il faudrait admettre que ces rayons ultra-violets se comportent tout autrement que les autres rayons lumineux, ce qui me paraît inadmissible.
- D’autre part, il existe certainement une relation quelconque entre ces rayons et les rayons lumineux par les ombres qu’ils projettent, ainsi qu’en leur activité chimique et de fluorescence. Or on sait depuis longtemps qu’il peut se produire dans l’éther non seulement des vibrations transversales, mais aussi des vibrations longitudinales, et, d’après certains physiciens, ces vibrations longitudinales doivent exister, bien qu’on n’en ait pas encore démontré expérimentalement l’existence.
- Ces rayons.z-ne seraient-ils pas produits par des vibrations longitudinales del’éther?
- Je le crois de plus en plus, à mesure que mes recherches s’étendent, bien que je reconnaisse les nécessités d’une démonstration plus rigoureuse de cette hypothèse ( 1 ). »
- Dans un intéressant article publié par la « Nature » de Londres (2), M. Swinton fait remarquer que la découverte de l’action photogénique des tubes de Crookes ne revient pas toute entière à Rontgen. Hertz avait déjà fait remarquer la transparence des feuilles de métal aux rayons cathodiques de Crookes, et Lenard, dans ses recherches publiées il y a deux ans, indique nettement la propriété photogénique de ces rayons. Il se servait d’un tube pourvu d’un volet d’aluminium, que les rayons cathodiques traversaient plus facilement, et il obtint ainsi des ombres photographiques presque identiques à celles de Rontgen au travers des feuilles de carton ou d’alumi-minium interposées entre le volet et la plaque photographique. Rontgen a démontré l’inutilité de ce volet parce que la partie photogénique des radiations cathodiques traverse le verre du tube.
- M. Stanton a répété avec succès, en Angleterre, les expériences de Rontgen avec des plaques en gélatino-bromure ordinaires enfermées dans leurs châssis, sur le plat en bois duquel on plaçait les objets à reproduire : en bois, en ébonite, eu aluminium, etc., il suffit de les exposer pendant quelques minutes aux radiations d’un tube de Crookes disposé au-dessus du châssis pour en obtenir des photographies cathodiques. Les résultats sont meilleurs et plus rapides si l’on remplace la face de bois du châssis opposée au tube par une feuille d’ébonite ou d’aluminium.
- En remplaçant la bobine de Rumkorf par un transformateur à isolement d’huile de Tesla, dont le primaire était traversé par la décharge d’une batterie de douze bouteilles de Leyde de 2 litres, chargées par un courant alternative 20 000 volts, on obtient des photographies beaucoup plus rapides et plus nettes. Les électrodes des tubes de Crookes doivent être, de préférence, plates et petites. La photographie représentée par la figure 3 a exigé une exposition de 20 minutes derrière une plaque d’aluminium de 0mm,2 d’épaisseur, avec un tube de Crookes renfermant un peu de matière blanche phosphorescente, probablement du sulfure de baryum, el maintenu renversé verticalement avec sa partie la plus basse à 50inm au-dessus de la main. En remplaçant l’aluminium par une feuille d’ébonile mince, la durée de l’exposition se réduit à A minutes, et cette durée pourrait sans doute être considérablementréduite en remplaçant, comme le faisait Lenard, une partie du verre du tube de Crookes par de l’aluminium beaucoup plus transparent qce le verre aux rayons cathodiques. G. R.
- (1) Consulter sur la Lumière lonr/itudinale lu travail de G. .laumann, Annales de Wiedmann, nu 1. 1896, p. 147-183 (G. R,).
- (2) 23 janvier 1896.
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- PROCÈS-VERBAUX
- Séance du 27 décembre 1895.
- Présidence de M. Mascart, président.
- Dépouillement de la correspondance. — MM. Collignon et Aimé Girard, secrétaires, dépouillent la correspondance.
- M. C. Frémont, 124, rue de Clignancourt, 3. Communications, à l’Académie des Sciences, sur le cisaillement et le poinçonnage des métaux. (Arts mécaniques.)
- M. Chapsal, ingénieur à la Compagnie de l’Ouest. Frein continu électropneumatique. (Arts mécaniques.)
- M. Charlet, 30, rue Alain-Chartier. Appareil pour mesurer immédiatement les distances. (Arts mécaniques.)
- M. Lioret, à Moret (Seine-et-Marne). Fourneau gazogène pour l’utilisation des combustibles inférieurs. (Arts mécaniques.)
- M. Garçon, 75, boulevard Saint-Michel, dépose un pli cacheté remis aux archives.
- M. T. Moison, à Mouy (Oise). Mémoire descriptif d’une essoreuse continue. (Arts économiques.)
- M. L. Marchlewski (Manchester). Note sur la synthèse du sucre de canne. (Commission du prix des Arts chimiques.)
- M. F. Bcde (Coventry). Fabrication de l’ammoniaque, de l’acide chlorhydrique et du chlore en partant du chlorhydrate d’ammoniaque. (Commission du prix de Chimie.)
- M. A. Pivont, à Coureilles près Charleroi. Etude scientifique delà combustion dans les fours chauffés au gaz. (Commission du prix de Chimie.)
- Un anonyme. Etude sur l’industrie de Villedieu-les-Poêles, sous la devise : Labor improbus omnia vincit, concourant pour le prix du Commerce.
- Correspondance imprimée. — MM. les Secrétaires présentent au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages mentionnés à la page 1396 du Bulletin de décembre et qui sont envoyés pour examen aux comités compétents.
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- Nominations de membres de la Société. — Sont nommés membres de la Société :
- M. Amagat, correspondant de l’Institut, présenté par MM. Sc.hu/zenberger, Eaton de Ja Goupillière et G. Richard.
- M. Fortin, directeur de l’usine à gaz de Carcassonne, présenté par M. G. Richard.
- M. Lencauchez, ingénieur civil, présenté par M. G. Richard.
- Conférence. — M. Duc lait x fait une conférence sur h œuvre industrielle de Pasteur.
- Cette conférence, reproduite in extenso au présent Bulletin, p. 20, est saluée par les applaudissements prolongés de l’auditoire. M. le Président en remercie vivement M. Duclaux, et le félicite d’avoir su traiter cet important sujet avec tant de clarté, d’élégance et de précision.
- Dépouillement du scrutin pour l’élection du Bureau. — Le dépouillement du scrutin n’ayant pas donné le nombre de voix exigé par les statuts, l’élection du Bureau est renvoyée à la prochaine séance.
- Séance du 10 janvier 1896.
- Présidence de M. Mascart, président.
- Dépouillement de la correspondance. — MM. Collignon et Aimé Girard, secrétaires, dépouillent la correspondance.
- Remerciements de M. Chalmeton, directeur des Forges de Denain et d’Anzin, pour l’envoi de sa carte de membre, et de M. L. Demimuid, pour l’annuité de brevet accordée à son système de fermeture de carafes.
- M. A. de Lencauchez. Mémoire sur les fours à gaz. (Comité de Chimie).
- M. L. So/ier. Logomètre pour faciliter la mise à point des modèles, statues, (Renvoyé ou Comité des Beaux-Arts).
- Les mémoires anonymes suivants pour le concours du prix du Commerce :
- La distillation des mélasses en France. Devise : « Rien ne doit se perdre dans une industrie ».
- L industrie minotiére en France.
- L’industrie des constructions navales en France.
- Mémoires concourant pour les prix de Chimie :
- M. Charles Dépeçais, à Portici. Sur la récupération du chlore g ne contient le chlorure de calcium sous forme d’acide chlorhydrique.
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- M. Ch. Bourquin. Décomposition du sel marin par le sulfate d’ammoniaque.
- M. Sidersky. Contrôle chimique de la distillerie agricole.
- MM. J. Haqreaves et Th. Bird. Éleclrolyse des chlorures, bromures, iodures.
- M. L. Lefèvre. Traité des matières colorantes, 2 vol. in-8, 1 630 pages. Paris, Masson.
- Pour le prix Giffard :
- M. Bourquoin. Procédé pour agglomérer les combustibles.
- Pour le prix d’Agriculture :
- M. L.-R. Brunet. Étude géologique, agricole et économique de la Dordogne.
- M. P.-C. Floret. Expériences sur mes vignes, ma cave et mon vin.
- Pour les prix des Constructions et Beaux-Arts :
- M. Bourquin. Procédé pour empêcher les bois de jouer. Réalisation d’une matière plastique imitant le marbre ou la terre cuite.
- M. F. Charter. Procédé de lithographie.
- M. les Secrétaires présentent au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages mentionnés à la page 158 du présent Bulletin, qui sont renvoyés aux comités compétents.
- Nominations de membres de ea Société. — Sont nommés membres de la Société :
- M. Haller, professeur de chimie à la Faculté des sciences de Nancy, présenté par MM. Mascart et Le C hâte lier.
- MM. Ponthus et Therode, constructeurs d’instruments de précision, présentés par MM. le général Sebert et Barthélémy.
- M. Bui sine, professeur à la Faculté des sciences de Lille, présenté par M. Aimé Girard.
- Société industrielle du nord cle la France, présentée par M. Aimé Girard.
- Société industrielle de Creil, présentée par M. G. Richard.
- Communications. —M. Alf. Tresca, membre du Conseil, présente à la Société un système de chauffage à vapeur, imaginé par M. Charles Bourdon, professeur à l’Ecole centrale des arts et manufactures, et membre de la Société.
- Il rappelle que, dans les chauffages au moyen de la circulation de vapeur à haute pression, il est nécessaire de munir l’appareil de production de vapeur de tous les dispositifs de sûreté et d'alimentation exigés en ce qui concerne les chaudières à vapeur, et qui ne permettent de confier ces appareils qu’à un personnel expérimenté.
- Sous le nom de vaporigène, M. Bourdon a disposé une chaudière à basse pression n’exigeant pas tous ces appareils accessoires. Cet appareil se compose d’une chaudière ordinairement verticale, à simples parcours des gaz brûlés, ou
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- à retour de flammes, en communication avec un réservoir également vertical rempli d’eau et ouvert cà l’air libre à sa partie supérieure.
- Lorsque la vapeur produite exerce sa pression sur le liquide contenu dans la chaudière, il se produit une dénivellation des surfaces de niveau dans les vases communicants, dénivellation d’autant plus grande que la pression est plus élevée ; un tube, branché sur la conduite de vapeur, débouche dans le second récipient, et permet l’échappement libre de la vapeur produite lorsque sa pression, correspondant à une dénivellation donnée, atteint une limite qu’on ne veut pas dépasser.
- Des régulateurs de pression, basés sur deux principes différents, dont M. Tresca donne la description, permettent, en agissant soit sur un papillon disposé dans la cheminée, soit sur un registre permettant l’entrée de l’air extérieur en un point de la paroi de cette cheminée, de modérer automatiquement le tirage lorsque la pression de la vapeur augmente.
- M. Tresca décrit, d’une manière sommaire, les appareils radiateurs permettant le chauffage de différents locaux au moyen de la circulation de vapeur, et il fait remarquer qu’il est possible de disposer le vaporigène, les canalisations de vapeur et d’eau condensée, ainsi que les radiateurs au même niveau, en se servant d’un appareil auto-élévateur permettant, au moyen d’une petite chaudière supplémentaire formée par un tube en fer disposé dans le foyer, de relever l’eau chaude provenant de la condensation à un niveau supérieur à celui du réservoir attenant à la chaudière, pour pouvoir se servir constamment de la même eau. Cette disposition permet d’appliquer ce mode de chauffage aux appartements constitués de différentes pièces au même niveau, et en disposant la chaudière dans la cuisine, par exemple.
- M. Tresca termine sa communication en donnant quelques chiffres relatifs à trois installations fixes,de différentes importances, prises parmiles vingt-deux applications existant au 1er décembre dernier, et il ajoute que ce même système a été appliqué au chauffage de 34 voitures des tramways de Lyon et à 8 voitures du rapide de Bordeaux, pour ne citer que les applications les plus importantes.
- M. le Président remercie M. Tresca de son intéressante communication, qui sera renvoyée au Comité des Arts économiques.
- M. L. Bâclé, ingénieur civil des mines, membre de la Société, présente, sur les méthodes d'unification des essais de résistance des matériaux, une très intéressante communication, reproduite à la page 61 du présent Bulletin.
- M. E. Ha bdy. Sur l'application des vibrations sonores à l'analyse des mélanges d'cdr et d'un gaz de densité différente, spécialement de grisou.
- M. E. Hardy fait connaître les perfectionnements qu’il a apportés à l’analyse
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- acoustique des gaz, et les résultats auxquels il est parvenu depuis la note présentée en son nom, le 24 novembre 1893, par M. le colonel Laussedat.
- Il rappelle d’abord sommairement le principe de cette analyse.
- Si l’on fait parler en même temps deux tuyaux d’orgue accordés à l’unisson à l’aide de deux souffleries distinctes, alimentées toutes deux d’air pur, on obtient un son unique pur, et il ne se produit pas de battements. Mais, si l’une des souffleries est alimentée avec un mélange d’air et d’une quantité même très minime d’un gaz de densité différente, il se produit alors des battements dont le nombre, en un temps donné, est proportionnel à la quantité de gaz étranger mélangé à l’air.
- L’appareil est disposé de telle manière que le mélange gazeux puisé dans la mine se débarrasse, dans un laveur, de tout l’acide carbonique qu’il pouvait contenir. De plus, les deux gaz sont ramenés à la même température et au même degré hygrométrique. Les battements sont entendus au moyen de tubes acoustiques.
- Pour transmettre à distance les indications de l’appareil, un microphone est installé sur chacun des tuyaux sonores. Le courant électrique les traverse successivement, et passe ensuite dans un récepteur téléphonique ordinaire placé en dehors de la mine, à une distance quelconque de l’appareil. Ce récepteur répète, en les accentuant, soit le son pur des tuyaux d’orgue, soit les battements qu’ils produisent par suite de la présence du grisou.
- Pour enregistrer le nombre des battements produits pendant un temps donné, et, par suite, la quantité de gaz étranger mélangé à l’air, un résonateur fermé par une membrane est mis en relation avec les deux tuyaux sonores par deux tubes acoustiques. Un style d’argent repose sur cette membrane, et suit toutes ses vibrations. Lors des grandes vibrations de la membrane, correspondant aux battements, ce style vient toucher une vis de contact. Le courant électrique est donc fermé pendant un instant à chaque battement.
- Une horloge tire continuellement une large bande de papier, et établit, chaque cinq minutes, un contact électrique qui dure exactement vingt secondes.
- Le courant électrique venant du style d’argent et de sa vis de contact passe par ce contact de vingt secondes avant d’arriver à un relais télégraphique. Il s’ensuit que le relais fonctionne seulement à chaque battement produit pendant les vingt secondes d’observation.
- Le courant d’une pile locale commandée par ce relais passe dans un électroaimant chaque fois que le relais fonctionne, cet électro-aimant fait avancer à chaque fois d’une petite quantité une aiguille portant une molette encrée. Cette molette dépose un point sur la bande de papier à chacun des mouvements de l’aiguille, c’est-à-dire à chaque battement qui a lieu pendant les vingt secondes d’observation.
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- A la fin du contact de vingt secondes, l'aiguille s’arrête, et, quelques instants après, un débrayage commandé par l’horloge ramène l’aiguille et sa molette à zéro. Tout est donc prêt pour une nouvelle observation.
- M. le Président remercie M. Hardy de son intéressante communication, qui sera renvoyée au Comité des 'Arts économiques.
- Election du bureau, — Dépouillement du scrutin. M. le Président, assisté de MM. Collignon et A imé Girard, secrétaires, annonce le résultat du scrutin, et proclame la composition du bureau pour I89(i, mentionnée en tête du présent Bulletin.
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- BIBLIOGRAPHIE
- contrôle des instalealions ÉLECTRIQUES, par M. V. Monmerqué (1).
- Le contrôle des installations électriques est une question aujourd’hui des plus importantes et des plus difficiles dans tous les pays civilisés, mais elle est chez nous particulièrement délicate parce que l’ingérence administrative y est venue, plus que partout ailleurs, ajouter aux difficultés techniques inévitables des complications de toutes sortes, qui rendent parfois presque impraticable l’exploitation ou même rétablissement sérieux de certains réseaux. Aussi, n’est-il pas étonnant de voir M. H. Fontaine, dans la préface qu’il a mise en tête du livre de M. Monmerqué, attribuer en grande partie à cette ingérence administrative le retard où se trouve la France dans l’ensemble des applications de l’électricité. Il en signale bien une autre cause : la puissance et l’habileté des gaziers qui ont « si bien défendu leur prétendu droit au monopole de l’éclairage par canalisation que le Conseil d’État, lui-même, leur est devenu extrêmement favorable » ; mais, ce monopole, c’est encore de l’administration. De fait, les magnifiques espérances que faisaient présager pour notre pays, en matière d’électricité, le succès sans précédent de l’exposition si véritablement révélatrice de 1881 ne se sont pas réalisées, et l’on peut dire que l’avance prise par Paris à cette époque, avec tant d’éclat pour notre pays, est actuellement perdue.
- On trouvera, dans le livre de M. Monmerqué, — principalement aux chapitres 8, 9, 10 et 13, — l’exposé des principaux règlements, lois, décrets, ordonnances, circulaires, arrêtés, etc., du ministre de l’intérieur, du ministre des travaux publics^ du préfet de la Seine, du préfet de police (2) etc... ; nous n’insisterons pas sur cette partie de l’ouvrage, dont l’utilité est d’ailleurs évidente.
- Le restant du livre — la partie technique (généralités et définitions, production et distribution de l’énergie électrique, mesures, effet dangereux des courants, contrôle à l’usine, contrôle des réseaux, contrôle des installations intérieures et spéciales) — constitue, en réalité, un exellent manuel d’électrotechnie pratique, très clair, écrit sans doute plus spécialement, comme son titre l’indique, en vue du contrôle des installations, mais qui renferme, sous un format compact, une foule de renseignements indispensables à tous ceux qui s’occupent d’électricité. C’est un manuel écrit, chose assez rare, par un auteur qui a pratiqué ce dont il parle; de là, une précision d’information, une sûreté de doctrine qui manquent souvent à ce genre d’ouvrage. Enfin, le livre se termine par une table analytique d’une trentaine de pages, qui permet de retrouver avec la plus grande facilité ce que l’on cherche si souvent en vain dans les ouvrages dépourvus de ces tables. Nous savons quelles ne sont pas amusantes à faire, aussi félicitons-nous vivement M. Monmerqué d’avoir ainsi donné le bon exemple au grand profit de ses lecteurs.
- G. R.
- (1) Un vol. iii-18, 490 p. Paris, Baudry, 1896.
- (2) Vu, dit ce dernier, les arrêtés du gouvernement des l8r germinal an VII, 12 messidor an VIII et 3 brumaire an XI.
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- LIVRES ET OUVRAGES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE
- EN JANVIER 189 6
- Considérations pratiques sur l’emploi du cheval de mine dans le bassin houiller du Gard, par M. E. Boissier, 1 vol. in-8, 190 paires. Alais, typographie Martin.
- Tables de mortalité du comité des compagnies d’assurance à primes fixes sur la vie, I vol. in-8, 415 p. Paris, Gauthier-Villars.
- Brûleurs auto-mélangeurs atomiseurs pour combustion intensive, par A. Bandsept, 1 broch. in-18, 25 p. Bruxelles, imprimerie Aymond.
- Méthodes d’analyses des fontes, des fers et des aciers, parM. A. Carnot, membre du Conseil, 1 vol. in-8, 185 p. Paris, Dunod et Vicq.
- Memorias y Revista de la Sociedad cientifica Antonio Alrate, vol. VIII, nos 3 et 4.
- Mexico, Imprimerie du gouvernement.
- Les Alpes françaises. Études sur l’économie alpestre, par M. F. Briot, inspecteur des forêts, 1 vol. in-18, 592 p. Paris, Berger-Levrault.
- La théorie atomique et la théorie dualistique, t. VI, par M. E. Lenoble, piofesseur à l’Université libre de Lille, I broch. in-18, 95 p. Paris, Gauthier-Villars.
- Du Ministère de l’intérieur. — Situation financière des départements en 1893, présentée par M. Mastier. Melun, Imprimerie administrative, 1 vol. in-4, 225 p.
- Annuaire du Bureau des longitudes pour 1896. J vol. in-8, 900 pages. Paris, Gauthier-Villars. Cet Annuaire renferme, outre ses renseignements habituels, les notices suivantes : Les Dorées à distance et les ondulations, par M. A. Cornu. — Les Travaux de Frcsnel en optique, par M. A. Cornu. — Sur la construction des nouvelles cartes magnétiques du globe, entreprises sous la direction du Bureau des Longitudes, par M. de Bernardières. — Sur une troisième ascension à T Observatoire du sommet du Mont-Blanc et les travaux exécutés pendant l’cté de 1895 dans le massif de celte montagne, par M. J. Jansse.n — Notice sur la rie et les travaux du contre-amiral Fleuriais, par M. de Bernardières. — Allocutions prononcées aux funérailles de M. FL Brunner, par MM. J. Janssen et F. Tisserand.
- Du Ministère du Commerce. — Exploration scientifique de la Tunisie. Botanique. Les Phanérogames, par MM. E. Bonnet et G. Barratte. Un Atlas in-4°, 20 pl. Imprimerie Nationale.
- De lu Bibliothèque du conducteur de travaux publics. — Mathématiques, par M. G. Daries et Bois et Métaux, par M. E. Aucauus, 2 vol. in-18, 350 p. Paris. Dunod et Vicq.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS À LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Décembre 1895 au 15 Janvier 1896.
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . , . Journal de l’Agriculture.
- Ac.........Annales de la Construction.
- Acp. . . . Annales de Chimie et de Physique.
- AM. . : . Annales des Mines.
- Ap. ... Journal d’Agriculture pratique.
- APC . . . Annales des Ponts et Chaussée .
- At. . . . Annales télégraphiques.
- Bam . . . Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- Bip. . . . Bulletin du ministère des Travaux publics (statistiques).
- BmA. . . Bulletin du ministère de l’Agriculture .
- Ci. . . . Chronique industrielle.
- Co.........Cosmos.
- CN. . . . Chimical News (London).
- Cs.........Journal ofthe Society of. Chemical.
- Industry (London).
- CR. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- Dp. . . . Dingler’sPolytechnisch.esJournal.
- E......Engineering.
- E’.....The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE.Eclairage Électrique.
- El.Electrician (London).
- Elé. . . . L’Électricien.
- Ef. . . . . Économiste français.
- Es.. . . Engineers and Shiphuilders in
- Scotland (Proceedings).
- Fi ... . Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Go. . . . Génie civil.
- IC.........Ingénieurs civils de France (Bul-
- letin.).
- le. ... Industrie électrique.
- hn..Industrie minérale de Saint-
- Etienne .
- IME . . . Institutions of Mechanical Engineers (Proceedings).
- In. . . . Inventions nouvelles.
- En. ... La Nature.
- Ms. . . . Moniteur scientifique.
- N. ... Nature (anglais).
- Pc. . . . JournaldePharmacie et de Chimie.
- Pm . . , Portefeuille économique des machines.
- Rgc.. . . Revue générale des chemins de fer,
- Rgcls. . . Revue générale des Sciences.
- Ri. . . . Revue industrielle.
- Rmc. . . Revue maritime et coloniale.
- Rs . . . . Revue Scientifique.
- Rso . . . Réforme Sociale.
- RSL. . . Royal Society London(Proceedings).
- Rt. . . . Revue technique.
- Ru. . . . Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- SA. . . . Society of Arts (Journal of the).
- ScP.. . . Société chimique de Paris (Bulletin).
- Sfp . . . Société française de photographie (Bulletin)..
- Si. . . . La Science illustrée.
- Sie. . . . Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- Sg. . . . Bulletin de la Société de géographie.
- Sgc . . . Bulletin de la Société de géographie commerciale.
- SL. . . . Bulletin de statistique et de législation.
- SaE. . . Shahl und Eisen.
- TJSR. . . Consular Reports to the United States Government.
- VDl.. . . Zeitschrift des Yereines Deutscher Ingenieure.
- ZOI.. . . Zeitschrift des Oesterreichischen Ingenieure und Architek ten Ve-reins.
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- i 60
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JANVIER 1896.
- AGRICULTURE
- Agriculture au États-Unis. Ef. 28 Déc., 842. Arbres fruitiers. (Fumures des Ap.)2 janv., 11. Bétail. Exportation des Nouvelles-Galles du Sud et du Queensland. USR. Nov., 374. — Statistique française, 1894. Bma, Nov., 1004. Aliments concentrés et pommes de terre pour l’engraissement du. Ap. 9 janv., 63.
- Betteraves (Arracheurs de) (Rengelmann). Ap. 26 Déc., 911.
- Beurres surfins et centrifuges. Ag. 21-24 Déc., 957, 998.
- Batteuse-Hache-paille. Marschall. E. 10 janv., 69.
- Campagnols (Destruction des). Ag. 28 Déc., 1006.
- Céréales. Exportation probable en Russie en 1898-96. Ap. 19 Déc., 877.
- Charrue tourne oreilles Poncins. Ag. 4 janv.,
- 22.
- Clayonnages (Les). Ap. 2 janv., 24.
- Engrais. Les tourteaux de ricin. Co. 4 janv., 147.
- — Culture des légumineuses et engrais verts (Grandeau). Ap. 9 janv., 50. — Couverte morte des forêts. Ap. 2 janv., 14.
- — Emploi du nitrate de soude dans la culture du blé. Ag. 4 janv., 13.
- — Phosphates rétrogradés, valeur agricole (Jotfre) ScP. 5 janv., 42. Forêts. Loi pour empêcher les incendies des Etats-Unis. USR. Nov., 276. Exploitation à la scie. Co. 28 Déc., 99.
- Fourrages. Une culture fourragère (Henri) Ap. 2 janv., 31.
- Haras (Rapport annuel sur la gestion des) en 1894. Ap. 19 Déc., 868.
- Laiteries coopératives des Charentes et du Poitou. Ag. 11 janv., 49.
- Lysolagc (Le). Ag. 20 Déc., 974.
- Machines agricoles au concours de Cologne. VDI. 10 janv., 35.
- Baillis. Emploi en horticulture. Ap. 8 janv., 60.
- Récolles françaises en 1894. Bma. Nov., 912. Trèfle d’ombre. Ag. 21 Déc., 967.
- Truffe (La). Ag. 21, 27 Déc., 976, 1012.
- Vins (Chauffage des). Ap. 26 Déc., 910.
- — Black-lioot, à Omet. Ag. 28 Déc., 994.
- — Culture de la vigne en Australie. Ef. 28 Déc., 837.
- — Vigne de Corinthe (La). Ap. 2 janv., 26, 52.
- et cidres en 1895, production en France et Algérie. SL. Déc., 574.
- CHEMINS DE FER
- Chemins de fer du Simplon. E. 20 Déc., 756.
- — de l’Inde. E. 20 Déc., 777.
- — au Japon. Rgc. Déc., 323.
- — de l’État français fBilan des) Ef. 21
- Dec., 805.
- — suisses en 1893. Rgc. Déc., 314. Electricité. Application à l’exploitation des
- chemins de fer (Dumont et Baignères). IC. Nov., 444.
- Locomotives articulées (Les). VDI. 4 janv., 5. — Compouncl Malet pour l’Etat prussien et l’Etat badois. Rgc. Déc., 324. Sonderman. Dp. 3 janv., 17. Richardson, Tyler. Dp. 10janv., 40.
- — Tiges de piston. E. 10 janv., 61.
- — Prise de vapeur Hochstein. Dp. 10 janv., 40.
- — La Jenny Lind. E' 10 janv., 25.
- — Express du London and South Western. Rgc. Déc., 326.
- — Chasse-neige pneumatique.Rgc.Dec., 327.
- Messagerie (Transport de la) au P.-L.-M. Rgc. Déc., 257.
- Rails Vignole et à champignon. E'. 27 Déc. 640.
- Rencontre de trains récentes. E. 27 Déc., 817. Signaux électro-pneumatiques Westinghouse. E' 3 janv., 9 E. 10 janv., 65.
- — Électriques Lope. E. 10 janv., 69. Trains de l’ouest de l’Angleterre (Service des), E. 3 janv., 20.
- — Spécial à grande vitesse du Lake Shore. Rgc. Déc., 323.
- Vitesse des trains en France (Accroissement de la), de 1864 à 1895 (Varennes). IC. Nov., 489. Gc. 4 janv., 148.
- Voie. Les contre-rails. E' 27 Déc., 634.
- —- Croissement Tyler, E. 3 janv., 27.
- — Eclisses nouvelles. Rt. 10 janv., 5.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JANVIER 1896.
- 161
- — Lemniscate de Bernouilly, emploi dans les raccordements (Adamj. APc. oct., 383.
- Voitures d’inspection du Missoury Kansas, Ln 11 janv., 93.
- TRANSPORTS DIVERS
- Électricité. Traction électrique (Dawson) E. 20, 27 Déc., 755, 797,10 janv., 42 (La). Société dEncouragement de Berlin. Déc., 215.
- Locomotive électrique pour voie étroite. Elê. 21 Déc., 385.
- — du Baltimore (Ohio.) E. 27 Déc., 794. — Raffard.Ri. 4 janv., 9.
- Tramways aérien du Havre. Rs. 21 Déc., 797.
- — de Lewiston. El. 20 Déc., 253.
- — à contact latéral Westinghouse. El.
- 10 janv., 353. EE. b janv., 17.
- — sous terrains Burt. El. 27 Déc., 287. à fortes rampes. Ln. 4 janv., 67.
- — à rails continu. El. 3 janv., 310.
- — et les troubles téléphoniques. El. et
- les 10 janv., 310.
- — et les perturbations dans les labora-
- toires d’électricité. El. 10 janv., 353.
- — Génératrice de 1 500 kilowatts, des tramways de Boston. El. 10 janv. 355.
- — en montagne. E/é.21 Déc., 391,1 [janv.,
- 22.
- Funiculaire du Stanserhorn. VD1. 4 janv., 10. Tramways à gaz Daimler Otto (Barbet). Gc. 21, 28 Déc., 113, 132.
- Vélocipèdes. Soudure électrique des bandages. E' 20 Déc., 615.
- — (Transport des). Ln. 21 Déc., 45.
- — Frein d’entraînement Juhel. Ln. 28 Déc., 49.
- — Electrique Pingault. Sie. Déc., 444. — Au Salon du Cycle. Co. 11 janv., 167. — Vélodrome Paris-Sport. Gc. 11 janv., 161.
- Voitures automobiles (les). W. Beaumont. SA. 27 Déc., 87, 3. 10 janv., 130, 150. à Paris. E' 20 Déc., 611.
- — au pétrole Daimler. E' 20 Déc., 614.
- — Kane Pennigton. E. 10 janv.. 60, 20 Déc., 773. E' 3 janv., 3.
- — à vapeur Le Blant. EL 3 janv., 6. Concours de Chicago. E' 3 janv., 1.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acide sulfurique. Concentration (Hébert). Ln. 28 Déc., 51.
- — perchlorique, préparation et application
- au dosage du potassium. CN. 10 Janv., 17.
- — carbonique libre et combiné, dosage
- dans les eaux bicarbonatées. Pc. 1er Janv., 6.
- — sélénieux etsélènique (Gooch et Peirce
- American Journal of Science. Janv., 31 Acoustique. Propagation du son (Pignet) Co. 11 Janv., 176.
- Alcool de riz. Fabrication par la levure chinoise. Co. 21 Déc., 82.
- — Loi sur les boissons alcooliques (Riche). Ms. Janv., 29.
- Aldéhydes. (Alcools et acides). Relations thermochimiques '(Berthelot et Rivais). AcP. Janv., 47.
- Allumettes. Fabrication en Belgique. Cs. 31 Déc., 1061.
- Argon et Hélium et ses combinaisons. Ber-thelot. Acp. Janv. 5.
- — Longueur d’onde de la raie Di de l’hélium (Forest). CN. 10 Janv., 14.
- — Coefficient de dilatation (Kuenen). CN. 20 Déc., 295.
- — Leur alomicité. Deeley. CN. 20 Déc., 297.
- , 305.
- — Proportion dans l’air (Relias). CN.
- 25 Déc., 308, et le gaz (Deeley) CN. 10 Janv., 13.
- — dans une source d’azote naturelle (Mou-
- reau) Pc. Janv., 5.
- Asphaltes et bitumes (Sadtler). Ms. Janv., 67. Azote de l’air, sa combinaison directe aux métaux sous forme d’azoture, de magnésium, d’aluminium, de fer, de cuivre (Rossel). CR. 16 Déc., 941.
- — Fixation par les métaux alcalino-terreux
- (Maquenne). CR. 30 Déc., 1147.
- — libre et sa combinaison avec les élé-
- ments du sulfure de carbone (Berthe-lot). AcP. Janv., 27.
- Brasserie. Le malt (Kusserow). Cs. 31 Déc.,1055.
- — Emploi de l’acide fluorhydrique. Cs.
- 31 Déc., 1056.
- Caoutchouc végétal Edison. Cs. 31 Déc., 1051.
- — (Chimie du) (Hemûques). Cs. 31 Déc.,
- 5101.
- Tome I. — 95e année. 5e série. — Janvier 1896.
- 11
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- 162
- LtTTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JANVIER 1896.
- Carbure de calcium (Borcher). Eam. 14.
- 28 Déc., 563. 606. le. 25 Déc., 545. Chlorate de potasse. Nouveau procédé de fabrication (Baeyer). Ms. Janv., 48. Chaux et ciments. Durcissement du ciment de Portland. Cs. 31 Déc., 1047. Chrome. Préparation du protosulfure cristallisé (Mourlot). CR. 16 Déc., 943. Caesium et zirconium (Fluorures de). American journal of science. Janv., 18. Conductibilité thermique des métaux. VDl. 11 Janv., 45.
- Copal (gomme) Cs. 31 Déc., 1050. Cristallisation (Eau de) (Salzer). ScP. 20 Déc., 1441. E.
- Cyanures. Analyse technique des dissolutions. (Bettel). CN. 20 Déc. 298.
- — de mercure et sels halogènes (combi-
- naisons avec les) (Varet). ScP.20Déc., 1076.
- Distillation destructive (Tervet). Cs. 31 Déc., 1028.
- — du maïs. Cs. 31 Déc., 1055.
- — Appareil Otto. Cs. 31 Déc., 1035.
- Eauæ minérales (Gaz des) Kells. CN. 20 Déc., 295.
- Ébullition (Point d’) et genèse des éléments (Blanchard). CN. 20 Déc., 299.
- Esprit de cellulose (Simonsen). Cs. 31 Déc., 1039.
- Étain (Action du peroxyde d’azote sur les sels halogénés d’) (Thomas). CR. 6 Janv., 32.
- Évaporation. Volatilisation des sels pendant l’évaporation (Baily). Cs. 31 Déc. 1020. Explosifs. Fabrication de la nitroglycérine (Blomey). Ms. Janv., 51. Point d’ébullition de la — Ms. Janv., 57.
- — Essai des glycérines employées à la
- fabrication de la nitroglycérine (L Barton). Ms. Janv., 56.
- — Fabrication des grains ou baguettes
- d’explosifs (Maxim). Ms. Janv., 58.
- — Action d’une basse température pro-
- longée sur les gaz détonants. CN.
- 10 Janv., 18.
- Gaz d’éclairage. Acétylène (Maumenée). Co.
- 11 Janv., 164. Éclairage domestique Trouvé. Ri. 21 liée., 501 (Moissan). Ri. 4 Janv., 7. (Combustion de T) (Le Chatelier). CR. 30 Déc., 1144. Théorie de sa luminosité (Smithells). Cs.
- 31 Déc., (1037. Carbure de calcium. Eam. 14 Déc., 563. le. 25 Déc. 545. Lampes Ducretet et Bullier. Ri. 11 Janv., 15.Rousset. Cs. 31 Déc., 1038. — Enrichissement. Valeur des matières enrichissantes (Trouin). Ms. Janv., 59.
- — Naphtaline. (Réduction de la) entraînée (O Relier). Ms. Janv., 65.
- — Composition-limite des mélanges explosifs (Lewes). Cs. 31 Déc., 1024.
- — Fabrication, procédé Browjie. GcAJanv., 156.
- Recs Denayrouse. Ri. 4 Janv., 2.
- — Auer. Éclairage des voies publiques (Maréchal). Gc. 11 Janv., 164. Glucinium. Fabrication commerciale (Waren). CN. 25 Déc., 311.
- Glycérine. Estimation dans la bière et les vins. Cs. 31 Déc., 1071.
- — Essai pour la fabrication de la dynamite. Cs. 31 Déc., 1073.
- Glucose ordinaire (relations termochimiques entre les variétés isomériques du) (Berthelot). ACP. Janv., 51.
- Lithium (sous chlorure de) (Guntz). CR. 16 Déc., 945.
- — Huiles et graisses. Évaluation par l’iode. Cs. 31 Déc., 1030.
- Laboratoire. Turbine et agitateur pour — (Jaubert). ScP. Janv., 9.
- Molybdène (Dosage du) (Friedheim). ScP. 20 Déc., 1142.
- Optique. Réfraction elliptique du quartz (Quesneville). CR. 3Ô Déc, 1136.
- — Progrès récents (Le Conte). N. 9 Janv., 233.
- — Cathètornètre Wadswortli. American Journal of Science. Janv., 41.
- — Rendement de l’œil. EE. 4 Janv., 23. Papier résineux et sa durée. Cs. 31 Déc., 1050, Parfums (Études sur les essences de). (Ger-
- ber.) Ms. Janv., 5.
- Pétrole (Raffinage du). E. 10 Janv., 55.
- — Rôle et production. Ef. 10 Janv., 38.
- — (Uniformisation desessais de).Cs. 31 Déc.,
- 1038, 1069.
- — Pouvoir éclairant. Cs. 31 Déc., 1036.
- — Briquettes Denormandie. Cs. 31 Déc.,
- 1037.
- Plomb. Dosage colorimétrique. ScP. 5 Janv., 39.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JANVIER 1896.
- 163
- — Analyse volumétrique. CN. 10 Janv., 18. — Analyse technique. Cs. 31 Déc., 1063. Ruthénium nitrosé. (Sels d’argent du). (Rri-zard), ScP. 20 Déc., 1092.
- Silice (Solubilité delà). CN. 10 Janv., 13.
- Soude (Sulfate de). Fabrication Thomson el Worsley. E. 10 Janv., 70.
- — Fabrication électrolytique. Hargreaves. Cs. 31 Déc., 1011.
- Spectroscopie. Recherches de Stas. CN. 20, 25 Déc., 301. 311, 31 Janv., 5, 15. Sucrerie. Turbine continue Sczeniowski. Journal des Fabricants de sucre. 25 Déc.,
- — en Russie. Ap. 2 Janv., 30.
- — Pomme à sucre de l’Amérique dn Nord.
- Cs. 31 Déc., 1053.
- — Sucre de Sumac. ScP. 5 Janv., 96.
- — Dosage du sucre dans les sucs des fruits. (Raczowski). Ms. Janv., 19.
- — Double sulfitation. G. Cambray. Journal des Fabricants de sucre. 1er Jcmv.
- — Triple effet. Aitken. Cs. 31 Déc., 1026.
- — Fabriques de sucre et leurs procédés
- de fabrication en 1881-95. SL. Déc., 582.
- — Détermination simultanée de l’acidité minérale et organique dans les jus de betteraves. (Sidersky). Gc. 80 Déc., 1164.
- Sulfate d’alumine du commerce (Recherches sur le). Keter et Lunge. Ms. Janv., 40.
- Tannerie. Terre salée employée dans l’Inde pour le travail des peaux. Cs. 31 Déc., 1025.
- — Emploi du Quebracho. Cs. 31 Déc., 1052. Teinturerie. Brevets divers. Cs. 31 Déc., 1041.
- — Les combinaisons diazoïques. (Hantisch
- et Bamberger). ScP.20 Déc., 1490,1497.
- — Machine à teindre la laine. Heppenstahl.
- E. 10 Janv., 70.
- — Distinction des matières colorantes na-
- turelles et artificielles. Cs. 31 Déc., 1066.
- — Matières colorantes dérivées du triphè-
- nylméthane. Prudhomme. (Bulletin), de la Société industrielle de Mulhouse Sept., 231.
- — Bleu patenté (Constitution du). Id., 239.
- — Synthèse des matières colorantes de la
- série rosaniline. (Friedel et deBechi.) Ici. 269.
- — Sublimation de l’alizarine. Cs. 31 Déc., 1026,.
- — Mordants de chrome. Cs. 31 Déc., 1044. — Solubilité de l’indigo dans les huiles. Cs. 31 Déc., 1027.
- Tellure. Sa séparation des résidus de cuivre.
- (Whitehead.) CN. 10 Janv. 19. Thermométrie. Pyromètre électrique Simond. Elé. 21 Déc., 389.
- — Thermophone Warren. El. 27 Déc., 285. Titane cristallisé. (L. Lévy.) CR. 30 Déc., 1148. Granité (Nouveau gaz de 1’). (N. Lockyer.) N. 19 Déc. 163.
- Verre (Revue de l’industrie du). Dp. 3 Janv.,
- 12.
- Vins (Dosage du tanin dans les). (Manceau). ScP. 20 Déc., 1098.
- V'iscosimêtre. Gimbert et Demichel. Journal des Fabricants de sucre. 1eT Janv.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Agrarien. (Mouvement) en Allemagne. USR. Déc., 425, 331.
- — Questions agraires (Les) d’après la méthode monographique. Rso. 1er Janv., 99.
- Chaumage (Intervention de l’État, des municipalités et des syndicats en matière de). Ef. 21, 28 Déc., 799, 835. ,. Colonisation (Les grandes compagnies de).
- (P. L.-Beaulieu). Rs. 21 Déc., 769. États-Unis. Exportation pendant le premier semestre de 1895. USR. Nov., 305. Égypte. (Divers). USR. Nov., 257.
- Fortune privée en France (Mouvement de la). Ef. 11 Janv., 33.
- Génération humaine (Durée de la). (Turquan). Rs. 4 Janv., 8.
- Lyon (Les industries de). Ef. 21 Déc., 803. Mines. La mine aux mineurs dans le bassin de la Loire. Rso. Ier Jcmv., 46. Participation aux bénéfices. E. 27 Déc., 803. Textiles. Filatures de coton en Chine. USR. Nov., 350.
- — Filatures du Lancashire et le commerce
- de Bombay. Ef. 4 Jauv., 11.
- — Mohaire (Renaissance du commerce de
- la). USR. Nov., 366.
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- 464
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JANVIER 1896.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Constructions nouvelles. Dp. 20 Déc., 273.
- — Tubulaires. Pease. E. 20 Déc., 780. Ponts de la Tamise. E. 20 Déc., 760.
- — de Lendal (Renforcement du). E'.
- 27 Déc., 633.
- — flottants articulés. Revue du Génie mili-
- taire. Déc., 521.
- — Appareil à mesurer les flèches d’épreuves Bosrainier. AcP. Oct., 430.
- — (Reconstruction des) sur la ligne de
- Paris au Havre. Rgc. Déc., 265.
- — Étude comparative d’un arc de parabole et de chaînette (Belliard). APc. Oct., 415.
- Tunnels du Simplon. E. 20 Déc., 756.
- — de Blakwall. E'. 27 Déc., 635.
- Vent (Pression du). E. 37 Déc., 787.
- Voûtes. Expériences de la Société des Ingénieurs autrichiens. Gc. 21, 27 Déc., 123,139. 4 Janv., 154. RL 10 Janv., 9.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateur Empstein. EE. 4 Janv., 31. Aimantation du fer par les champs très faibles, Culman. EE. 28 Déc., 606. Conducteurs de sûreté concentriques. El. 10 Janv., 340.
- Circuits dérivés. (Phénomènes thermiques des décharges dans les). El. 27 Déc., 292. Décharges dans les gaz. le. 25 Déc., 546. Dynamos. Courbes, vitesses-volts (Griffith). El. 20 Déc., 250.
- — (Variation des pertes de flux dans h s)
- (Hanappe). EE. 28 Déc., 583.
- — Couplage en parallèle des dynamos
- Compound. Ela. 11 Janv., 18.
- — (Fantômes magnétiques des) (Hanappe).
- EE. 4 Janv., 5
- — à enveloppe d’acier Mavor. El. 10 Janv.,
- 341.
- — Moteurs triphasés. Mesure de la dépense
- par la méthode des deux wattmètres. le. j25 Déc., 548. Origine des). Rt. 27. Déc., 288.
- — Rôle des fuites dans les moteurs à
- champs tournants (Blondel). EE. 28 Déc., 592,
- — Rotation électrodynamique produite par les courants alternatifs (Ferraris). El. 27 Déc., 280.
- Éclairage intermittent. Co. 21 Déc., 72.
- — par les globes halophanes. EE. 28 Déc., 587.
- — Arc à courants alternatifs (Fleeming et Pétavel. El. 20 Déc., 247.
- — Dicandescence. Lampes argentées. Elé. 28Déc., 403. Situation en Allemagne. El. 3 Janv., 308. Éclairage des trains (Butner). VDI. 11 Janv., 29. Electricité (L’) en 1895. El. 3 Janv., 314. Électrochimie. Les amalgames électrolytiques (Andreoli). Elé. 11 Janv., 27. Électrolyse indirecte (Andreoli). EE. 4 Janv., 42.
- Électrolyseur Roberts. EE. 4 Janv., 32. Électrostatique. Rapport entre l’atome et sa charge d’électricité (J.-J. Thomson). El. 3 Janv., 322.
- Générateurs thermo-électriques. Co. 28 Déc., 100. Mesures. Perméamètre Helner. Elé. 4 Janv.,
- 7.
- — Nécessaire pour mesures de précision Chauvin. Elé. 4 Janv., 4.
- — Wattmètre Perry. EE. 28 Déc., 599.
- — Galvanomètre Deprez. Augmentation de la sensibilité. le. 10 Janv., 25.
- Piles Wollaston. EE. 4 Janv., 33.
- Polarisation des rayons électriques. El. 289, 291. Rayons cathodiques. Nouvelles propriétés (G. Perrin). CR. 30 Déc., 1130. Résistance des conducteurs aux courants alternatifs (Mascart). Sie. Déc., 433. Stations centrales hydro-électriques E. 20-27 Déc., 759, 790.
- — de l’Angleterre. El. 3 Janv., 306, 319.
- — de Depford. E'. Déc., 607.
- — de Davos. Industria, 29 Déc., 823.
- — de Copenhague, le. 10 Janv., 12. De
- Hambourg. VDI. 21 Déc., 1509.
- — (Rendement des). Ln. 28 Déc., 54; EE.
- 28; D. 602.
- Télégraphie militaire en Italie. Elé. 11 Janv.,
- 18.
- — Téléphone Parkers. EE. 4 Janv., 30. Transmission de la force dans les carrières. Rt.
- 25 Déc., 553.
- Verre. Emploi dans les applications de l’électricité (Sartiaux). IC., Nov., 516.
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-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JANVIER 1896.
- 165
- GÉOGRAPHIE
- Explorations arctiques en 1894-95. Rs. Il Janv., 40.
- Jamaïque (La), SA. 3 Janv., 103.
- Tonkin. Fleuve rouge. Co. 28 üéc., 104.
- GUERRE
- Affût Canet. E. 27 Déc., 819.
- Bouclier pour fusils Muntz. E. 10 Janv., 69. Canons rapides Gatling et Browing (Essais). E'. 20 Déc. 626.
- — de côte (Suède et Norvège). Gc. 28 Déc.,
- 129.
- — Armstrong. E. 10 Janv., 46.
- — 8 pouces Armstrong pour cuirassés.
- E. 3 Janv., 10.
- — en barbette Crozier. E'. 10 Janv., 41. Fusil à aiguille Behrens. E. 10 Janv., 69.
- HYDRAULIQUE
- Canaux. Protège-berges Villa. E. 21 Déc., 811. Dessèchement du Zuyderzée. Rt. 25 Déc., 558. Distributions d’eau de Millwaukee. Gc. 21 Déc., 118.
- — de Trieste. ZOL 3 Janv., 1. Écluse-barrage de Richmond. £.10 Janv., 47. Fascinages (Les) (Ronna). Ap. 9 Janv., 56. Filtre en papier Capillery. En. 28 Déc., 55. Pompe centrifuge à haute levée Mather. E'.
- 27 Déc., 646.
- — à triple expansion Worthington. E'.
- 3 Janv. 12.
- — des eaux de Colchester. E'. 10 Janv.,
- 33.
- — de sondage Palmer. Eam. 28 Déc., 614. Turbines liydro-électriques. E. 20-27 Déc.,
- 759, 789.
- — diverses. Dp. 20 Déc., 270.
- HYGIÈNE
- Assainissement de Berlin. Gc. 4 Janv., 151.
- — de Bruxelles, ZOI. 10 Janv., 17. Chauffage et ventilation (Fischer). VDI, 4 Janv.,
- 17.
- Égouts de East Moleslay. E. 20 Déc., 763. Ordures ménagères (Destruction des). Appareils Horsfall. Rs. 21 Déc., 502; Warner, E. 3 Janv., 12,
- — Emploi dans les chaudières. El. 20 Déc., 254.
- — (Fours à) (P. Abelle). E'. 10 Janv., 41.
- MARINE, NAVIGATION
- Brise-glace (bateaux). Rt. 25 Déc., 563.
- Canal de Harlem. Gc. 4 Janv., 145. Constructions navales. Roulis des navires (Pur-vis). Es. Déc., 15.
- Distillation de l’eau à bord. Gc. 4 Janv., 157. Machines marines du croiseur Carlos IV. E. 3 Janv., 12.
- Marine de guerre. (Rôle des ingénieurs dans la). E1. 3, 10 Janv., 5,42.
- — Appareils électriques du Bouvines (Prat).
- Rmc. Déc., 475.
- — Bateau sous-marin le Goubet. Ln.
- 28 Déc., 55.
- — Contre-torpilleurs anglais Desperate. E.
- 3 Janv., 30.
- — Cuirasses D’Humy. E. 3 Janv., 35.
- — Tourelles électriques du Skyold. Elé.
- 28 Déc., 401.
- — Échouement des vaisseaux français. E.
- 10 Janv., 37.
- — Blindages de Betlchem. (Essais). E'.
- 10 Janv., 32. En cellulose. E'. 10 Janv., 40.
- Navigation intérieure en France (Progrès de la). Ef. 4 Janv., 9.
- P/iares-réfracteurs Purvis. E'. 20 Déc., 625.
- — Tour-balise des Trois Pierres. APc. Oct., 365.
- Point (Calcul du) à la mer (Ripol). Rmc. Déc., 449.
- Propulseurs diagrammes de Caird. Es.Déc., 1.
- MÉCANIQUE
- Accumulateur de chaleur à la baryte. Ln. 28 Déc., 60.
- Aérostats. Navigation aérienne (Powell). E. 10 Janv., 67.
- Calculer (Machine à). Odhner. Ln. 4 Janv., 65. Chaudières courtes (Résistances), des E. 10 Janv., 62.
- — domestiques pour chauffage. Barnaby.
- E. 27 Déc., 811.
- — Tabulées. Circulation (Wotkinson). E. 20 Déc., 773. Yarrow. E, 10 Janv., 39,
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JANVIER 1896.
- i 66
- 59. E'. 10 Janv., 28. Elliott. E.
- 3 Janv., 30. A la mer. E. 20,2 Déc., 774,
- ^ 807, 813, 3 Janv., 13. E'. 3 Janv., 15.
- Babcox Wilcox. E. 10 Janv., 49. Bel-leville. E. 10 Janv., 46. Galloway. E. 20 Déc., 786.
- — Verticales Loos. E. 27 Déc., 820.
- — Réchaulfeur d’air. Damis. E. 27 Déc., 820.
- — Séparateur d’iiuile Dougald. Ri. 11 Janv. 18.
- — Désincrustation des eaux d’alimentation (de la Coux). Gc., 11 Janv., 170. — Explosions de Drumgowan et de Belfast. E. 27 Déc., 815, 817.
- — Économiseurs Green. E. 20 Déc.. 786.
- -- (État sphéroïdal dans les) (Flecher). Lu. 28 Déc., 61.
- — Foyers fumivores Patterson. E. 20 Déc., 782. Taylor. E. 27 Déc., 820. Ondulé Ashlin. E. Janv., 46. A vent forcé. (J. Thom), Es. Déc.. 25.
- — Niveau d’eau. Rupture des tubes. E.
- 27 Déc., 815. EJ. 10 Janv., 34.
- — Purgeur automatique Mac Dougall. Ri.
- 4 Janv. 4.
- — Ventilation des chambres de chauffe. IC. Nov., 540.
- — Soupape de sûreté. Storey. E'. 27 Déc., 646. Hopkinson. E. 10 Janv., 70.
- Clef. Towison. E. 10 Janv., 69.
- Drague à suçoir « General Comstock », pour le gouvernement des États-Unis. E. 27 Déc., 797.
- Dynamomètre pour courroies Riemen. ZOI. 20 Déc., 616.
- Embrayages Villard Bonnefons. Rt. 10 anv. 17. Essoreuse automobile Taverdon. Ri., 21 Dec., 503.
- Froid (Progrès de l’industrie du). VDl. 4 Janv., 2. Graisseurs pour glissières Barboux. E. Janv., 36. — Graissage des surfaces planes parallèles, (théorie du). E'. 10 Janv., 25. Gyromètre Braun. Elé. 28 Déc., 405.
- Horlogerie. Horloges et montres solaires au Japon. Ln. 11 Janv., 83.
- Imprimerie. Machines à composer diverses. Dp, 20 Dec., 265. Southward SA. 20 Déc., 74. La monoligne Industrie, 22 Déc., 805.
- Indicateur et enregistreur du travail des moteurs à vapeur. Ri. 4 Janv., 5.
- Levage. Élévateurs des Alexandra Docks (Li-verpool) Gc. 28 Déc., 135.
- — Grues hydrauliques des docks de Cust-nock. Gc. 11 Janv., 169.
- — Transporteur Temperley. E'. 20 Déc., 622,
- — Vérin universel Phipps. Rt. 25 Déc., 571. Machines outils. Chuck Bauer. E. 20 Déc., 785.
- — Cisaillepourcornière Smith. E.iOJanv. Cq.
- — Coupe-tubes Vance. E'. 27 Déc. C. 47.
- — Alésoirs pour robinets Corliss Shanks. E. 27 Déc., 797.
- — à faire les tubes Erhardt. USR. Déc.,
- 434. Larson. E. 3 Janv., 35.
- — Fraises Iteineker. Ri. 28 Déc., 513.
- — Meullage. Machines à meuler Diamond C°. Ri. 4 Janv., 1.
- — Poinçonneuse électrique Craig Donnald. E. 3 Janv. 27.
- — Tour à plateau Asquith. E'. 10 Janv., 40.
- — à, bois. Scieàmortaiser,Co.4 Janv., 143. — Scies diverses. Dp. 3-10 Janv., 6, 30.
- — Scies circulaires Ehrbardt. E. 3 Janv., 35.
- — à faire la paille de bois (Tougland). E.,
- 3 Janv., 36.
- —- A faire les allumettes (Laboulois). Rt., 10 Jauv., 1.
- — Aempaquelerlesallumeltes. E.,10 Janv., 70.
- Moteurs à vapeur. Divers. Dp. 20 Déc., 279. — Pour stations électriques. F!. 3 Janv., 11. — Chute de pression à la détente dans les machines compound. E. 20 Déc., 753.
- — Diagramme entropique (Boulvin). E.
- 3 Janv. 1.
- — Compound pilon tandem, 500 chevaux
- Plenty. E'. 20 Déc., 608. Horizontale tandem rapide Smit. E. 27 Déc., 798. Ri. 11 Janv., 19.
- — Corliss. Berger André. Rt. 25 Déc., 556.
- — Turbines de Laval. El. 27 Déc., 280. Distributions. Corliss Galloway. E. 27 Déc., 20.
- — à soupapes Rots. Ci. 5 Janv., 4.
- — Sonderman. Dp. 18 Janv.. 36.
- — Frottement des tiroirs. E’. 10 Janv., 32.
- — Prix des installations de moteurs. VDI.
- 21 Déc., 1517.
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-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JANVIER 1896.
- 167
- Régulateur Holders. E. 20 Déc., 780.
- — Teague. E. 27 Déc., 820.
- — Centrifuges. VDI. 28 Déc., 1543. à gaz. Forward. RI. 28 Déc.. 515.
- — (Avenir des) (Westinghouse). Ri. 21 Déc.,
- 507.
- — à gaz Dowson. VDI. 21-28 Déc., 1523,
- 1537.
- —• Crossley. 120 chevaux pour pompe centrifuge. JE'. 20 Déc., 611.
- — Pour tramways (Barbet). Gc. 21 Déc., 124.
- —• Pour stations électriques. El. 3 Janv., 306.
- à pétrole. Pour automobiles Daimler, E.
- 20 Déc., 772. Kane Pennington. E. 20-27 Déc., 770, 809.
- — Hill. Ri. II Janv., 13.
- Résistance des matériaux. Congrès d’unification de Zurich. Ru. Nov., 196.
- — Influence du froid sur la résistance des fers et aciers. (Rudeloff). Sue. 1 Janv., 15.
- Textiles. Métier Heilman. Dp. 20 Déc., 283. — Reeves. Ë. 10 Janv., 70.
- — Tondeuses à cylindres. Dp. 3-10 Janv., 1, 25.
- — Ramie. Machine à défibrer Burrows, £.,
- 20 Janv., 70.
- — Tissus en verre et soie Shlumberger.
- Bidletin de la Société industrielle de Mulhouse. Sept., 267. Vaterproofs. Cs. 31 Déc., 1043.
- Transmissions par cables et courroies. Expériences de Lille (Capper). E’. 27 Déc., 639. E. 3 Janv., 33.
- MINES
- Cables d’extraction (Les), Ln. 28. Déc., 59. Carrières (Emploi de l’électricité dans les). Rt. 25 Déc., 553.
- Creusement et muraillement du puits. Fanny. Ru. Nov., 113.
- Cuivre, Mines d’Anaconda. Eam. 14 Déc., 559-Etats-Cnis. Ressources minérales du chemin de fer Atlanta-Birmingham. Eam-28 Déc., 610.
- Fer. Mines de Misaba (Minnesota). SuE. 1er janv., 7.
- Grisou. Appareil pour l’étude des accidents de) (Schmerber). Gc. 11 janv., 167.
- Houille. Laveur Francou. E'. 20 Déc., 626.
- — Dans la Caroline.N.-W.Eam.28 Déc.,619. — Mines anglaises. SuE. 1ùT janv., 1 Or. Mines de Ballarat. Filons indicateurs. Eam. 14-28 Déc., 561, 610. En Austra lie. Ef. kjanv., 5.
- — Géorgie. Eam. 14 Déc,, 563.
- — Cripple-Creek. Eam. 21 Déc., 583.
- — Au Transvaal. Ef. 28 Déc., 845.
- Zinc. Mines d’Aurora. (Missouri). Eam. 28 Déc., 611.
- MÉTALLURGIE
- Argent. Procédé de manipulation rapide des pulpes. Eam. 14 Déc., 560.
- — Amalgamation. Eam. 21 Déc., 586.
- — Usine de la Compagnie Huanchaca. Eam., 28 Déc., 608.
- Bronzes (Fabrication des). Dp. 10 janv., 43. Cuivre. Grillage en stalles. Eam. 14 Déc., 564.
- — électro lytique. Société des cuivres de
- France. EE. 4 janv., 31.
- — électrolytique. Société l’Électrolyse. EE.
- kjanv., 35.
- Fer et acier. Revue de la métallurgie du fer. Dp. janv., 39.
- — Fonderie moderne (La) E. 27 Déc., 788.
- — Analyse des minerais de fer chromés^
- des ferro-chromes et de l’acier chromé, (Rideal et Rosenblum). CiY. 3 janv., 1. Cs. 31 Dec., 1017.
- — Estimation du phosphore dans le fer et
- les minerais titanés (Pattinson). Cs. 31 Déc., 1022.
- — Fer fondu (Propriétés du). SuE. 1er janv.,
- 19.
- — Fonte (Industrie de la) en Sarre et Mo-
- selle. Ru. Nov., 129.
- — Haut fourneau Howson. E. 3 janv., 35
- — Laminoir Trio de Rosenberg. VDI.
- 4 janv., 1.
- Four à réverbère Thomson et Worsley. E. 3 janv., 35.
- Or. (Production de T). (Le Verrier). Rs. 21 Déc., 781.
- — Broyage à sec et Cyanuration directe au
- Witwatersrand. Crc. 21 Déc., 121.
- — Cyanuration par Wurtz en 1866. Eam. 14 Déc., 557, par le cyanure, zinc-potassium. Eam. 21 Déc., 584.
- — (Essai de 1’) (Buchanan). Cs. 31 Déc.,1064.
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-
-
- 168
- Littérature des périodiques.
- JANVIER 1896.
- PHOTOGRAPHIE
- Couleurs. Reproduction sur papier (Colson). Sfp. 15 Déc., 589.
- Epreuves transformées sur verre. Co. 4 janv., 132.
- Halo. (le). Rs. 4 janv. 28. Sfp., 15 Déc. 585. Jumelles photosportives Lefèvre.SfpASDéc.,544.
- — Stéréoscopiques Bellieni. Sfp. 15 Déc., 595.
- Mesures chronographiques et la photographie. N. 2 janv., 206.
- Obturateur duplex Chavanon. Sfp. 15 Déc., 594. Panoramas photographiques. Ln. iïjanv., 81. Photographie. Emploi en océanographie. Rmc. Déc., 459.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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-
-
- 95e ANNÉE.
- Cinquième Série, Tome I.
- FÉVRIER 1896
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- COMMERCE
- Rapport présenté au nom du Comité du Commerce, sur les Tables de mortalité du Comité des compagnies d’assurances à primes fixes sur la vie,
- par M. E. Cheysson.
- Jusqu’à ces derniers temps, les compagnies françaises d’assurances sur la vie n’avaient publié aucune statistique concernant la mortalité de leurs assurés et elles étaient réduites à se servir des tables de Deparcieux et de Duvillard, notoirement inexactes en ce qui concerne leur clientèle actuelle.
- La table de Deparcieux a paru, en 1746, dans son Essai sur les probabilités de la vie humaine. Elle a été dressée à l’aide de 9320 observations provenant des deux tontines de 1689 et de 1696, crées par Louis XIV pendant la guerre d’Allemagne, et de quelques observations complémentaires empruntées à la tontine de 1734 (jusqu’en 1742, date de son travail).
- Quant à la table de Duvillard, publiée en 1806 dans le Tableau de l'influence de la petite vérole, son auteur l’avait établie à l’aide de 101 542 décès recueillis dans diverses paroisses avant la Révolution; mais il n’a pas indiqué avec précision les sources auxquelles il avait puisé les éléments de son travail (1).
- Rien d’étonnant à ce que des tables ainsi construites soient en désaccord avec la réalité contemporaine, surtout eu égard à l’énergie de la sélection qui s’opère dans le recrutement des rentiers viagers ; mais ce qui est
- (1) Voir le savant ouvrage de M. Levasseur sur la Population française (Tome II, p. 292). Tome I. — 95e année. 5e série. — Février 1896. 12
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- 170
- COMMERCE. —- FÉVRIER 1896.
- plus surprenant, c’est qu’elles aient pu rester en vigueur jusqu’à ces derniers temps.
- Deux tables avaient élé cependant établies : l’une, en 1860, par la Compagnie d’Assurances Générales, la Nationale et l’Union; l’autre, en 1874, par M. de Kertanguy, alors actuaire de la Compagnie d’Assurances Générales. Malheureusement, elles s’appuyaient sur un trop petit nombre d’observations, et dès lors, malgré l’habileté de leurs auteurs, elles ne présentaient qu’un intérêt restreint.
- Hors de France, au contraire, des tables de mortalité dressées par les compagnies anglaises, allemandes et américaines, servaient de base à leur tarification.
- La France ne pouvait plus longtemps subir cette infériorité; elle était tenue de se doter à son tour de tables qui fussent au niveau de celles de l’étranger et en harmonie avec les justes exigences de la pratique.
- En 1887, le Gouvernement français faisait préparer, pour les besoins et la clientèle spéciale de la Caisse nationale des retraites, une table, dite CR, par M. Louis Fontaine, actuaire de cette caisse et sous la direction de M. La-beyrie, alors directeur de la Caisse des Dépôts et Consignations. Cette table est fort appréciée et mérite sa réputation.
- De leur côté, les compagnies françaises constituant le « Comité des compagnies d’assurances à primes fixes sur la vie », c’est-à-dire : la compagnie d’Assurances Générales, la Nationale, l’Union et le Phénix, ont tenu à honneur de ne pas rester en arrière de ce mouvement général et ont décidé de publier la statistique de la mortalité de leurs assurés. Bien que cette décision remonte à l’année 1876, c’est seulement en 1887 que fut réellement entrepris le travail si considérable dont les résultats sont résumés dans un volume tout récemment sorti des presses de la maison Gauthier-Villars.
- Les tables dressées par ordre du Comité, sous la direction des actuaires attachés aux quatre compagnies, sont au nombre de deux. L’une, dite AF, vise les assurés en cas de décès; l’autre, dite RF, les assurés en cas de vie.
- Cette dernière table est construite à l’aide d’observations portant sur 67 247 têtes, qui ont vécu pendant 635909 années et dont 36 916 sont décédées en cours d’observation. Pour la table AF, les têtes étaient au nombre de 229 143, qui ont vécu 1 790 656 années et dont 22 617 sont décédées.
- Outre les éléments primordiaux des deux tables, — nombre de vivants, taux de mortalité annuel et instantané, etc., — le volume publié renferme
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-
- TABLES DE MORTALITÉ DE COMITÉ DES COMPAGNIES D’ASSURANCES. 171
- encore la valeur des annuités purement viagères, temporaires ou différées sur une ou plusieurs têtes, d’après cinq taux d’intérêt : 2 1/2, 3, 31/4, 3 1/2 et 4 p. 100.
- Enfin, la dernière partie présente une comparaison très détaillée entre les deux nouvelles tables et huit autres, construites dans différents pays et à diverses époques. Cette comparaison est rendue plus apparente au moyen de graphiques, dont l’un, celui qui se rapporte aux annuités viagères, n’avait jamais été dressé jusqu’à ce jour.
- Elle montre l’allongement de la vie moyenne depuis un siècle sous l’action des progrès du bien-être et de l’hygiène, et prouve à quel point il était impossible de tolérer plus longtemps le maintien des tables de Duvillard et de Deparcieux dans la pratique des compagnies d’assurance sur la vie.
- De même que les compagnies disposaient autrefois des deux tables Deparcieux et Duvillard d’allure inégale, de même, avons-nous dit plus haut, elles ont dressé deux tables différentes, l’une, AF, Assurés français, pour les assurés sur la vie, l’autre, RF, Rentiers français, pour les rentiers viagers. La table AF présente une mortalité plus rapide que l’autre, à cause de la sélection qui s’opère entre les clients de ces deux branches d’assurances. En effet, quelques-uns de ceux qui se déterminent pour l’assurance sur la vie prennent ce parti quand ils ont des inquiétudes sourdes, et se sentent menacés de quelque atteinte organique ; la visite médicale, si soigneuse qu’elle puisse être, est impuissante à conjurer ce calcul. Au contraire, ceux qui mettent leur bien en rente viagère ne s’y décident en général que s’ils se savent solidement charpentés et s’ils espèrent jouir longtemps de leur pension. L’industrie des assurances est donc obligée de recourir à deux tables distinctes, puisqu’elle est en présence de deux clientèles dont la mortalité n’est pas la même.
- Les chiffres suivants montreront les écarts entre ces diverses tables.
- Si l’on suppose 1 million de personnes à 15 ans, il en resterait à 40 ans :
- D’après la table de Duvillard ............................... 698 347
- — — de Deparcieux..................................... 774 764
- — — AF........................................ 837 398
- — — RF........................................ 844 477
- Oii comprend quelle influence de tels écarts peuvent avoir sur les tarifs des pensions.
- Depuis le 1er janvier 1894, les compagnies du Comité ont mis en service
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- des tarifs calculés sur les nouvelles tables AF et RF, et sur le taux d’intérêt du 3 1/2 p. 100 substitué à celui de 4 p. 100. Toutes les autres compagnies, sauf trois ou quatre d’importance secondaire, ont suivi cet exemple ; de sorte qu’aujourd’hui les nouvelles tables sont presque partout en vigueur dans notre pays (1).
- Une première édition de ces tables a figuré en 1889 à l’exposition d’Éco-nomie sociale, section VII; elle a valu un grand prix au Comité et une médaille d'or de collaborateur à chacun des actuaires des quatre compagnies MM. Martin-Despray, Cosmao-Dumanoir, Guieysse et Léon Marie.
- Le Comité du Commerce vous propose de remercier le Comité des compagnies d’assurances de sa très intéressante communication et d’insérer le présent rapport au Bulletin.
- Signé : E. Cheysson, rapporteur. Approuvé en séance le 14 février 1896.
- (1) Le Comité fera sans doute paraître, dans un délai qui ne peut être encore actuellement fixé, d’autres tables plus développées, qui tiendront compte de l’âge auquel les têtes observées ont subi la sélection initiale de l’assurance.
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- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS
- Rapport présenté par M. S. Pect©r, au nom du Comité des constructions et Beaux-Arts, sur un procédé de report photographique sur rouleaux ou planches de métal, par M. A. Villain, chimiste, à Aubervilliers.
- M. A. Villain a adressé à la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale une note sur un nouveau procédé de report, sur rouleaux ou planches de métal, d’une réserve obtenue photographiquement et propre à la gravure pour l’impression des tissus et des papiers peints, et pour l’impression aux encres grasses.
- C’est après avoir reconnu qu’il était très difficile d’obtenir sur rouleaux une couche sensible régulière, et qu’il était presque impossible d’exposer ces rouleaux à la lumière derrière un dessin quelconque ou même derrière un cliché pelliculaire mince et flexible que M. Villain a cherché à obtenir cette image sur papier et à la reporter ensuite sur le métal, et qu’il y est parvenu.
- Voici comment il opère : il prend une feuille de papier gélatiné et il la fait tremper dans le bain sensibilisateur suivant :
- Eau distillée.................................60 cc.
- Albumine d’œufs...............................40 cc.
- Bichromate d’ammoniaque.......................3 grammes
- Si la solution est trouble, on y ajoute quelques gouttes d’ammoniaque ; il faut avoir soin d’éviter les bulles d’air. On essore l’excès du liquide et on fait sécher à l’abri de toute lumière blanche et d’odeurs de gaz réducteurs.
- On place la feuille sensible dans un châssis, derrière un cliché non retourné, mais au trait, ou tramé et bien transparent dans les blancs. ;
- On emploie un négatif lorsqu’on désire une gravure en relief, et un positif lorsqu’on veut obtenir une gravure en creux ; on expose à la lumière et on suit la venue de l’image à la manière ordinaire ou avec l'aide d'un photomètre. L’exposition à la lumière est assez courte; on développe: 1° à l’eau froide; 2° à l’eau tiède et même à l’eau bouillante,s’il le faut. On peut opérer le développement en pleine lumière, mais à la condition d’avoir mis préalablement l’épreuve à tremper dans l’eau dans le cabinet obscur. Le développement terminé,on reporte l’épreuve mouillée face en; dessous ( c’est-à-dire l’image en contact avec le métal) sur. la plaque de cuivre, de. laiton
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- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS.
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- ou de zinc préparée à cet effet et en ayant soin de ne laisser aucune bulle d’air entre le papier et le métal, dont la surface a dû être préalablement bien nettoyée, dégraissée et décapée. On laisse sécher, puis on procède à la cuisson qui se fait ainsi qu’il suit :
- On place la plaque de métal munie de sa feuille de report sur une plaque en fonte bien dressée de 1 à 2 centimètres d’épaisseur, et plus grande que la plaque de métal ; on chauffe cette plaque de fonte progressivement et lentement au début, de façon à obtenir une température de 340 à 400°. Ordinairement, le papier est détruit vers 340°, alors on retire la plaque à graver ; il ne reste plus sur elle que le report photographique qui a une très forte adhérence. (11 y a certaines précautions à prendre avec les plaques de zinc : il faut notamment employer, dans ce cas, des papiers à couches superposées de caoutchouc et de gélatine ou d’albumine.)
- On rince sous un robinet, on sèche, puis on fait mordre; pour le cuivre, on se sert de perchlorure de fer à 45° Baumé, qu’on fait chauffer jusqu’à 20° G. environ.
- La morsure une fois obtenue, et cela exige de quinze à vingt minutes, on rince énergiquement la plaque, puis on la passe dans une solution très faible d’acide chromique.
- On obtient des résultats très fins avec les papiers albuminés ou à couches de gomme, de colle modifiée, etc. ; les opérations sont les mêmes qu’avec la gélatine, sauf pour la sensibilisation, qui doit se faire par le dos, sur un bain de bichromate d’ammoniaque à 3 ou 4 p. 100, et pour le développement qui se fait dans l’eau froide additionnée d’une couleur quelconque dérivée de l’aniline.
- Quand il s’agit non plus de surfaces planes, mais de rouleaux, la cuisson peut se faire soit en plaçant ceux-ci dans une étuve, soit en les faisant tourner directement au-dessus d’une rampe à gaz ou mieux dans l’intérieur d’un tube chauffé extérieurement. La morsure se fait alors dans une auge. Nous mettons sous les yeux de nos collègues divers spécimens obtenus par M. Villain en suivant la méthode ci-dessus analysée.
- Ce sont :
- 1° Quatre feuilles de papier gélatiné ou albuminé ayant reçu une image et prêtes à être collées sur le métal pour la cuisson.
- 2° Cinq planches de cuivre dont :
- Deux ayant reçu une épreuve sur papier gélatiné de report, cuite, mais non gravée et non encore débarrassée des cendres.
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- REPORT PHOTOGRAPHIQUE SUR ROULEAUX OU PLANCHES DE MÉTAL.
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- Deux gravées au perchlorure de fer après avoir été revêtues d’épreuves sur papier gélatiné.
- Une gravée après avoir reçu une épreuve sur papier albuminé.
- 3° Trois fragments de rouleaux de cuivre, dont un a reçu une épreuve sur papier albuminé ayant subi la cuisson de l’émail.
- Un ayant reçu une épreuve sur papier gélatiné cuite et préparée pour la morsure.
- Un gravé dans le perchlorure de fer après report et cuisson d’une épreuve sur papier gélatiné.
- M. Villain termine sa note en faisant observer que sa méthode n’a rien de commun avec le procédé de report d’épreuves au charbon sur plaques métalliques; car, s’il est facile d’appliquer sur un rouleau une feuille de papier portant la réserve photographique, il n’est guère pratique de développer sur une surface cylindrique une épreuve au charbon. M. Villain ajoute que son procédé présente beaucoup plus de solidité que celui dans lequel on se sert d’épreuves au charbon, parce que la cuisson de la gélatine forme un véritable émail.
- Ces observations nous paraissent fondées, et nous estimons que le procédé imaginé par M. A. Villain peut être appelé à rendre de sérieux services à plusieurs industries importantes.
- En conséquence, nous avons l’honneur de proposer à la Société d’Encou-ragement de remercier M. A. Villain de son intéressante communication et de décider l’insertion du présent rapport au Bulletin.
- Signé : S. Pector, rapporteur.
- Approuvé en séance le 14 février 1896.
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- ARTS ÉCONOMIQUES
- Rapport présenté, au nom du Comité des Arts Economiques, par M. Henri
- Rouart, sur la présentation faite, par M. Morineau, d’un Appareil
- chauffe-bains.
- L’appareil qui a été présenté par M. Morineau est un chauffe-bain agissant par le gaz.
- Il existe déjà, et depuis longtemps, une assez grande variété d’appareils de cette nature; mais celui de M. Morineau présente quelques particularités intéressantes.
- L’eau est chauffée instantanément à la température de 45° à 60° par son passage en couche mince dans un appareil à tubes concentriques, analogue à celui étudié et appliqué, sous le nom d’appareil capillaire, par des constructeurs de Paris.
- Les chiffres donnés à cet égard par M. Morineau sont intéressants, — 12 litres d’eau chauffés à 45° en une minute, avec une consommation de 60 litres de gaz. Ces données laissent prise à des doutes, mais il faut noter que les expériences industrielles sont vraiment difficiles à faire à cause de l’imperfection des appareils de mesure.
- Un point à. remarquer dans le système de M. Morineau est une ingénieuse combinaison de soupape à gaz qui permet de produire l’allumage ou l’extinction des brûleurs par l’ouverture ou la fermeture du robinet d’accès de l’eau dans la baignoire, et, par conséquent, à la volonté du baigneur.
- Voici le moyen employé pour obtenir ce résultat :
- On allume, bien entendu, un veilleur près de la rampe à gaz.
- La soupape d’arrivée du gaz est reliée par une tige rigide à un petit piston mobile dans un cylindre. L’ouverture du robinet met en rapportée piston avec la pression d’eau de la ville. 11 est soulevé, et entraîne avec lui la soupape à gaz, qui se trouve ainsi ouverte.
- Si le baigneur ferme le robinet d’accès de l’eau, la pression d’eau tombe dans les conduites situées au delà de lui; la soupape à gaz retombe, grâce à la possibilité d’écoulement de l’eau qui la soutient. Cet écoulement se fait
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- APPAREIL DE CHAUFFE-BAINS.
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- par un trou capillaire toujours ouvert et dont le suintement continuel pendant le chauffage du bain est sans importance.
- La soupape de vidange de la baignoire est mue par la même disposition ingénieuse.
- En outre, le robinet d’accès de l’eau porte des combinaisons variées de façon que, par le seul mouvement fait par le baigneur plaçant la clef du robinet sur les marques d’un cadran, on obtient indifféremment l’arrivée de l’eau froide, l’allumage du gaz, l’arrivée de l’eau chaude ou d’un mélange d’eau froide ou d’eau chaude, des douches froides ou chaudes et la vidange de la baignoire.
- En somme, les points que nous venons de signaler dans le travail présenté par M. Morineau sont intéressants, et nous demandons l’insertion du présent rapport au bulletin.
- Signé : Henri Rouart, rapporteur.
- Approuvé en séance le 14 février 1896.
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- TRAVAUX DE LA COMMISSION DES ALLIAGES ”
- RECHERCHES EXPÉRIMENTALES SUR LES ALLIAGES MÉTALLIQUES
- La Société d’Encouragement, persévérant dans la voie des recherches expérimentales où elle s’est engagée depuis quelques années, a décidé d’organiser des recherches d’ensemble sur les alliages métalliques. Elle a confié la préparation du programme de ces recherches et le contrôle de leur réalisation à une comission composée de membres de son conseil : MM. Limier, président; Cailletet, Carnot, Carpentier, Hirsch, Le Chatelier, Sauvage, Schutzenberger, Vieille et Violle.
- Les recherches qu’il a paru utile d’entreprendre portent sur les sujets suivants :
- Chimie des alliages. — Détermination et étude des combinaisons définies existant dans les alliages.
- Propriétés mécaniques des alliages. — Résistance, dureté, fragilité, malléabilité. Effet de l’écrouissage, de la trempe et du recuit.
- Propriétés électriques des alliages. — (Conductibilité électrique et force électromotrice de dissolution.
- Fusibilité des alliages.
- Effet des impuretés sur les métaux et les alliages les plus usuels.
- Propriétés magnétiques des alliages du fer. — Étude visant spécialement la fabrication des aimants permanents.
- Pour commencer la réalisation de ce vaste programme de recherches, la commission des alliages s’est assuré le concours d’un certain nombre de
- (I) Bulletin de juillet 1895, p. 775.
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- RECHERCHES EXPÉRIMENTALES SUR LES ALLIAGES MÉTALLIQUES. 179
- savants et d’ingénieurs ayant déjà, par leurs travaux antérieurs, prouvé leur compétence pour les questions qu’ils ont bien voulu se charger d’étudier : Mme Curie, MM. Charpy, Gauthier, Janet, Leverrier, Roland Gosselin.
- Les ressources matérielles nécessaires à la réalisation des expériences ont été fournies en partie par la Société d’Encouragement, en partie par des Sociétés industrielles et des particuliers s’intéressant à ces questions : M. Solvay, la Société royale Asturienne, les six grandes Compagnies de chemins de fer français, la Société des forges et aciéries de la marine, la Société de Ghâtillon et Commentry, la Société française des métaux. Qu’ils nous permettent de leur renouveler ici nos plus vifs remerciements pour leur généreuse libéralité.
- Le mémoire de M. Charpy, publié ci-après, est le premier de la série de recherches indiquées ci-dessus; il sera suivi, à des intervalles variables, d’autres études semblables sur les diverses questions du programme.
- Linder ,
- Président de la Commission des alliages.
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- RECHERCHES SUR LES ALLIAGES DE CUIVRE ET DE ZINC
- par M. G. Charpy
- L’importance industrielle des alliages de cuivre et de zinc a été caractérisée par le professeur Thurston dans la phrase suivante, extraite de son remarquable ouvrage intitulé : Treatise on Brasses, Bronzes and other Alloys: « Le laiton peut être souple et doux, dur et brisant, résistant ou faible, élastique ou non élastique, mat à sa surface ou poli comme un miroir, friable ou presque aussi malléable et ductile que le plomb, suivant qu’on le désire, rien qu’en faisant varier sa composition. Aucune autre matière connue, peut-être même sans en excepter le fer, ne peut donner une aussi grande diversité de qualités et une aussi merveilleuse variété d’usage. »
- En raison de ces précieuses qualités, les alliages de cuivre et de zinc ont fait l’objet d’un nombre relativement grand de recherches (Voir Annexe 1. Notes bibliographiques), parmi lesquelles les plus importantes et les plus récentes à la fois sont celles du professeur Thurston. Ces recherches, ainsi que celles, plus anciennes, de Rolley, Karsten, Storer, Mallet, etc., sont résumées dans un tableau dressé par le United States Board et que nous reproduisons dans l’annexe 1.
- Le professeur Thurston a interprété graphiquement les résultats de ses recherches, qu’il apprécie de la façon suivante : « Les courbes qui représentent la variation des propriétés en fonction de la composition sont si irrégulières qu’il est évident que de nouvelles recherches sont nécessaires pour déterminer leur forme exacte, telle qu’elle résulte de la composition, et non modifiée par les circonstances physiques ou accidentelles. »
- De l’avis du professeur Thurston lui-même, il est donc utile d’effectuer de nouvelles recherches sur cette question ; c’est ce que nous nous sommes proposé de faire en dirigeant surtout nos investigations en vue de déterminer la relation qui existe entre la composition chimique et les propriétés mécaniques, et de comparer la variation des qualités du métal avec celles de la structure telle que la révèle l’examen microscopique.
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- Les considérations suivantes nous ont conduit à modifier assez notablement la marche suivie dans les recherches antérieures. Toutes ces recherches ont porté presque exclusivement sur des échantillons préparés spécialement par fusion et n’ayant subi aucun travail mécanique. Or, on sait combien le travail mécanique (forgeage, laminage, étirage, etc.,) et le traitement calorifique (recuit, trempe, etc.) permettent de modifier les propriétés d’un métal ; l’étude d’un métal fondu ne constitue donc qu’un des côtés de la question, surtout dans le cas des laitons, qui sont très fréquemment employés sous forme de planches, de tubes, de fils, etc., préparés par laminages et recuits successifs. L’état d’un métal coulé est d’ailleurs le plus difficile à caractériser, celui dans lequel on a à craindre le plus d’erreurs accidentelles et pour lequel les expériences de laboratoire s’écarteront le plus de la pratique; en effet, les propriétés d’un métal brut de fusion varient notablement avec les conditions de la coulée, la vitesse de refroidissement, la forme et les dimensions du moule ; de plus, dans un lingot un peu important, des éprouvettes prélevées en différents points présentent des propriétés qui peuvent différer beaucoup (1). Un lingot, même de petites dimensions, ne sera jamais parfaitement homogène, et ses propriétés, fortement influencées par toutes les circonstances de la fabrication, pourront être très éloignées de celles qu’on obtiendra en pratique dans des pièces coulées avec le même métal.
- Dans des pièces de métal obtenues par un travail mécanique, tel que le laminage, soigneusement appliqué, on peut, au contraire, arriver à une homogénéité presque parfaite. Si l’on prélève des éprouvettes en différents points d’une planche de laiton de bonne qualité, on trouvera des résultats presque rigoureusement identiques, et l’industrie reproduit facilement, dans ces conditions, des métaux ayant des propriétés bien déterminées. Par exemple, le laiton d’artillerie (cuivre 67, zinc 33), qui a fait l’objet d’une remarquable étude de M. le chef d’escadron Pralon (2), est fabriqué en quantités considérables par différentes usines qui arrivent à livrer couramment des produits d’une uniformité parfaite, tandis que les pièces coulées avec une même composition présentent des écarts parfois considérables, non seulement d’une usine à l’autre, mais même dans les différentes coulées d’une même usine.
- Nous estimons donc que les écarts que présentent les résultats des différentes recherches effectuées jusqu’à présent sur les alliages de cuivre et de zinc se retrouveront à peu près toujours si l’on opère dans les mêmes conditions, et que,
- (1) Consulter, à ce sujet, une très intéressante note deM. Osmond intitulée : Introduction à la connaissance des métaux, et présentée à la Commission pour runification des méthodes d’essai des matériaux de construction.
- (2) Rapport présenté à la Commission des méthodes d’essai des matériaux de construction.
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- si l’on veut arriver à plus de précision et écarter les circonstances physiques et accidentelles dont parle le professeur Thurston, il faut expérimenter sur des métaux dans lesquels un traitement convenable aura fait disparaître les inégalités qui se produisent presque forcément à la coulée.
- Cette étude n’a jamais été faite à un point de vue comparatif ; mais M. le chef d’escadron Pralon, dans la note déjà citée plus haut, décrit l’étude du laiton d’artillerie effectuée à ce point de vue. Les considérations suivantes qu’il donne à ce propos s’appliquent également aux autres alliages de cuivre et de zinc susceptibles d’applications pratiques.
- Un échantillon de laiton qui a subi une déformation permanente convenablement donnée, telle que laminage, martelage, étampage, etc., est plus ou moins écroui, suivant que la déformation a été plus ou moins considérable. Sa limite élastique s’est élevée, et il ne peut plus subir de nouvelle déformation sans qu’on lui applique un effort supérieur à cette nouvelle limite élastique.
- Entre le laiton très malléable et le laiton très écroui, il y a toute une gamme de nuances que l’on peut reproduire de deux manières différentes :
- 1° En partant d’échantillons très malléables et en donnant à chacun d’eux des déformations graduellement croissantes;
- 2° En partant d’éprouvettes très écrouies et en donnant à chacune d’elles des recuits d’intensité graduellement croissante.
- La première manière est la meilleure.
- On a pu à l’aide d’un très grand nombre d’essais faits avec des barreaux à divers états d’écrouissage, déterminer la courbe qui relie les charges à la rupture par millimètre carré aux allongements pour cent pour le laiton qui nous occupe. On voit qu’un même échantillon de laiton à cartouches peut avoir depuis 64 kilos par mm2, avec 2 p. 100 d’allongement, jusqu’à 30 kilos et 62,5 p. 100 suivant l’intensité du travail ou du recuit qu’il aura subi.
- M. le commandant Pralon indique aussi que le degré de recuit ne dépend que de la température de chauffage et non du temps pendant lequel agit cette température; enfin, que la vitesse de refroidissement est sans influence. Nous avons vérifié que ces conclusions sont très sensiblement exactes pour les différents alliages de cuivre et de zinc.
- M. André Le Châtelier, dans une étude des plus remarquables sur les propriétés mécaniques des métaux (1), que nous regrettons de n’avoir eu entre les mains qu’à la lin de ce travail, car sa lecture nous eût épargné bien des hésitations, à montré que le temps jouait, en général, un rôle important dans le recuit des métaux. Mais M. Le Châtelier opérait sur des fils de faible diamètre, qui pouvaient être portés presque instantanément à une température quelconque, et il a
- (1) A. Le Châtelier. —Étude sur les propriétés mécaniques des métaux (Mémorial du Génie Maritime, 1890).
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- observé l’influence du temps surtout aux températures peu élevées et pour des durées de chauffage relativement courtes. Quand on opère sur des pièces de dimensions plus importantes, la durée de réchauffement est forcément plus grande et, pour être sûr que tous les points de la pièce de métal sont bien à la même température, on est obligé de maintenir pendant quelque temps la température à sa valeur maxima. Dans ces conditions, l’influence du temps devient négligeable ; cependant, pour les recuits à basse température, nous avons toujours eu soin de maintenir la température à son maximum pendant une demi-heure au moins.
- Nous ne partageons pas l’avis de M. le commandant Pralon sur la méthode à suivre pour obtenir le laiton sous ses différents états, et préférons partir d’un métal très écroui pour lui donner des recuits graduellement croissants, et cela, pour deux raisons : la première est que le recuit, ne dépendant que de la température de chauffage, est facile à définir numériquement, tandis qu’il n’en est pas de même pour l’écrouissage, qui peut être produit par des déformations très variées; la seconde est que, dans la pratique, on doit avoir continuellement recours au recuit pour modifier l’écrouissage produit par une opération mécanique, et qu’il importe de savoir dans quelles conditi ons doit être effectué ce recuit pour arrivera un résultat déterminé. Mais, cette réserve faite, nous estimons que la marche indiquée par M. le commandant Pralon est celle qu’il faut suivre pour caractériser d’une façon précise les propriétés d’un alliage. Pour déterminer l’influence de la composition chimique dans une série d’alliages, tels que les alliages de cuivre et de zinc, il faudra donc étudier d’abord les courbes représentant les différentes propriétés possibles pour chaque alliage.
- Nous avons donc été conduits au programme suivant : Préparer, suivant la marche adoptée pour la fabrication industrielle du laiton en planches de qualité supérieure, des alliages de cuivre et de zinc de compositions régulièrement variées. Amener ces alliages, par des martelages et laminages successifs à froid, sans aucun recuit, à un état d’écrouissage aussi accentué que possible.
- Dans des alliages ainsi écrouis, prélever des éprouvettes et les recuire à des températures graduellement croissantes jusqu’au point de fusion ; déterminer les propriétés mécaniques et la structure microscopique qui correspondent à ces différents états.
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- MÉTAUX EMPLOYÉS
- Les essais ont été faits à trois reprises différentes sur des séries d’alliages répondant aux compositions suivantes :
- n u M é r o s
- T E N E U R E X Z 1 N C
- lro Série.. .
- 2e Série. . .
- 3e Série. . .
- Les alliages de la première série ont été préparés directement au moyen de cuivre électrolytique et de zinc distillé; ils contenaient environ 0,2 p. 100 d’impuretés, en majeure partie du plomb. Les alliages des deuxième et troisième séries ont été préparés au moyen de métaux des meilleures marques du commerce, fondus et laminés en planches par la Compagnie Française des métaux. Ils contenaient, comme impuretés, de petites quantités de plomb, d’étain et de fer, formant en tout 0,3 à 0,4 p. 100.
- Les alliages 9, 10 et 11 n’ont pu supporter aucun travail de laminage; dans les alliages 9 et 11, bruts de coulée, on a pu découper des éprouvettes à la fraise et les essayer après recuit à titre de renseignement. Le n° 10 est dur et fragile comme du verre; il n’a pu servir à aucun essai mécanique.
- Préparation et essai des éprouvettes. — Dans les métaux écrouis par une
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- série de laminages et de martelages à froid, on prélevait à l’outil les éprouvettes pour différents essais mécaniques. Les éprouvettes pour traction étaient conformes au tracé indiqué figure 1. L’une des têtes était notablement plus grande que l’autre, ce qui permettait, après recuit et avant l’essai mécanique, de détacher une plaquette pour l’examen microscopique. Les essais de traction étaient effectués sur une machine verticale du système Chauvin et Marin-Darbel, munie d’un enregistreur.
- Les éprouvettes pour essais de compression étaient des cylindres de 13 millimètres de hauteur et 8 millimètres de diamètre; ils étaient essayés sur une balance de Joessel, dont l’axe est monté sur billes, ce qui élimine les frottements; un enregistreur donnait automatiquement le diagramme représentatif de la compression, qui était poussée jusqu’à 5 500 kilogrammes.
- Quelques essais de fragilité ont été effectués en soumettant au choc d’un
- f —^ r * ——J,
- 1 i : ^
- Fi y. L — Eprouvette normale pour essais à la traction, grandeur d’exécution.
- mouton de 10 kilogrammes des barreaux de 14mm X 9mm x 60mm, encastrés à une extrémité. Le mouton tombait successivement de 10 centimètres, 20 centimètres, 30 centimètres, etc., jusqu’à rupture ou ployage à 90°. On notait l’angle de ployage après chaque coup de mouton.
- Enfin, on a effectué quelques essais à la dureté par la pénétration. Un couteau en acier dur, fixé au fléau de la balance de Joessel, étant enfoncé dans le métal par une charge graduellement croissante, on notait la profondeur de l’empreinte correspondant aux différentes charges.
- Les recuits étaient effectués dans un bain formé d’un mélange d’azotate de potassium et d’azotate de sodium, muni d’un régulateur de température, pour les températures inférieures à 400°. Au-dessus de 400°, on recuisait dans le four électrique que nous avons décrit dans un travail antérieur (1).
- Dans les recuits au-dessus de 400°, on maintenait le métal à la température maxima pendant une demi-heure environ. Dans les recuits au four électrique, on maintenait cette température pendant dix minutes seulement, mais réchauffement était très lent et durait souvent près d’une heure.
- (I) Pour la description de ce four électrique et des appareils et procédés d’essais mécaniques, voir : G. Charpy, Etude sur la trempe de l’acier. Bulletin de la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale. Juin 1895.
- Tome I. — 95e année. 5e série. — Février 1896. El
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- Toutes les températures indiquées sont mesurées au moyen du pyromètre thermo-électrique Le Châtelier, gradué en prenant comme points de repère la fusion de l’or à 1045° et l’ébullition du soufre à 448°, et en admettant que, dans cet intervalle, la température est proportionnelle à la déviation du galvanomètre.
- CHAPITRE I
- ÉTUDE DES PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES
- Essais de traction. — Chaque essai de traction fournit un diagramme donnant la variation de longueur du barreau en fonction de la variation de la charge. Ces diagrammes ont une forme parfaitement continue; ils ne présentent aucun point singulier autre que celui qui correspond à la formation de la striction, pour lequel la charge atteint sa valeur maxima, généralement appelée charge de rupture. Au début de l’essai, en particulier, la courbe présente une forme parfaitement continue, et il est impossible d’évaluer d’une façon précise ce qu’on appelle généralement la Limite élastique. On peut cependant évaluer qualitativement les variations de cette grandeur en superposant les diagrammes et examinant la position relative de leurs portions initiales. Le plus souvent, pour les alliages de cuivre et de zinc, cette position relative est la même que celle qui correspond à la charge maxima.
- La charge de rupture est un des éléments les plus variables et les plus influencés par les défauts locaux ; il arrive souvent que deux barreaux donnent des diagrammes absolument identiques au début, et la seule différence provient de ce que l’un s’est plus allongé que l’autre, la rupture se produisant à des instants différents, ce qui change notablement la charge correspondante. Néanmoins, les éléments relatifs à la rupture étant seuls susceptibles d’évaluation numérique précise, nous avons cru devoir donner tous les chiffres ainsi obtenus tels qu’ils ont été fournis par l’expérience. On trouvera dans l’annexe 2 (Résultats numériques des essais de traction) les valeurs obtenues pour la charge maxima, l’allongement après rupture et la section de rupture.
- Le dépouillement de ces tableaux numériques et leur interprétation graphique nous ont conduit, en tenant compte, autant que possible, de la valeur relative de chaque essai et des circonstances accidentelles qui ont pu la modifier, aux conclusions suivantes : En ce qui concerne l’influence de la température de recuit,
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- on voit tout d’abord que, pour tous les alliages étudiés, lorsqu’on chauffe un métal écroui à des températures graduellement croissantes, on produit une diminution de la charge de rupture, une augmentation de l’allongement et une diminution de la section de rupture d’autant plus marquées que la température est plus élevée, sauf, dans quelques cas, pour les températures voisines du point de fusion où le métal se brûle, l’allongement diminuant alors en même temps que la résistance. Mais ces variations ne se produisent pas d’une façon continue, et l’échelle des températures peut être partagée en un certain nombre de zones correspondant à des effets distincts.
- Lorsqu’on part de la température ordinaire, on trouve d’abord que le recuit est nul tant que la température n’a pas dépassé une certaine limite. Cette limite dépend évidemment, en majeure partie, du degré d’écrouissage subi par le métal; moins cet écrouissage est prononcé, et plus la température à laquelle il faut chauffer pour le modifier est élevée. (Nous aurons à revenir sur ce point à propos des essais de compression.) Il n’y a donc pas à chercher de relation entre cette limite de recuit et la composition chimique, puisque, l’état d’écrouissage n’étant pas susceptible d’une définition précise, on ne peut mettre les différents métaux sous des états initiaux comparables. Quand on considère seulement les alliages d’une même série qui ont été écrouis par des traitements sensiblement identiques, par exemple les alliages de la deuxième série, on trouve que la température au-dessous de laquelle commence le recuit s’abaisse à mesure que la teneur en zinc augmente ; mais cela indique simplement que le même traitement produit un écrouissage d’autant plus marqué que la teneur en zinc est plus élevée.
- Quand on a dépassé la limite au-dessus de laquelle se produit le recuit, on trouve une zone de température dans laquelle le degré de recuit, défini par la variation de la charge et de l’allongement, augmente quand la température s’élève. A la suite de cette deuxième zone, s’en trouve une troisième, dans laquelle le degré de recuit reste constant, c’est-à-dire que les propriétés du métal sont les mêmes quand on le recuit à une température quelconque comprise dans cette troisième zone. Le métal se présente alors sous l’état qui correspond au maximum de malléabilité. On peut dire que le recuit est complet. La température à laquelle commence cette zone de recuit complet semble d’autant plus basse que la teneur en zinc est plus faible. Ainsi, pour le cuivre rouge (métal n° 4), le métal chauffé à 420° a les mêmes propriétés que le métal chauffé à une température quelconque comprise entre 420° et 900°. Pour l’alliage à 30 p. 100 de zinc (métal n° 7), les propriétés du métal recuit à haute température n’apparaissent qu’après chauffage au-dessus de 600° environ. Pour un recuit plus faible, on a une charge de rupture plus élevée et un allongement plus faible.
- Nous reproduisons ici les chiffres obtenus pour les charges de rupture
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- COMMISSION DES ALLIAGES.
- FÉVRIER 1890.
- après recuits à diverses températures pour le cuivre rouge et l’alliage à 30 p. 100 de zinc.
- TKMPÉRATURE DE RECUIT. CUIVRE ROUGE. A L LI A G E a 30 p. 100.
- degrés • kilog. kilog.
- 0 30,0 49,5
- 200 30,8 51,2
- 280 30,;* 46,5
- 420 22,1 34,0
- 500 22,2 34,0
- 560 22,7 30,0
- 600 22,2 27,5
- 650 22,2 27,5
- 730 22 2 29,3
- 780 22,0 28,7
- 800 20,6 28,7
- 850 22,0 27,5
- 900 20,8 )>
- 940 21,3 ))
- Cette constance des propriétés, qui est tout à fait nette pour le cuivre rouge-est masquée, en partie, dans certains alliages, par les résultats relatifs à des barreaux défectueux. Néanmoins, après examen attentif de l’ensemble des résultats, nous croyons pouvoir admettre la conclusion énoncée plus haut, savoir : qu’il existe, pour chaque alliage, une zone d’étendue variable dans laquelle on obtient, non seulement les mêmes charges de rupture, mais aussi, et c’est là le plus important, la coïncidence des diagrammes de traction.
- Enfin, aux températures très élevées voisines du point de fusion, il arrive que la loi de variation des propriétés se modifie ; la charge de rupture continue à décroître quand la température s’élève, mais l’allongement diminue en même temps. Ce phénomène bien connu des industriels qui travaillent le laiton est caractérisé d’ordinaire en disant que le métal est brûlé. La température au delà de laquelle le métal se brûle est excessivement variable d’un alliage à l’autre et ne suit aucuue loi régulière. L’étude des différents cas que nous avons examinés nous a conduit à penser que cette température était en relation avec la proportion d’impuretés, notamment des métaux fusibles, tels que le plomb et l’étain, que contiennent les alliages. On remarquera, en effet, que les alliages de la première série, préparés avec des métaux très purs, ne donnent pas lieu à ce phénomène, qui apparaît au contraire dans les alliages des deuxième et troisième séries
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- préparés avec des métaux industriels. En outre, il apparaît plus nettement dans les alliages plus riches en zinc, qui se détériorent à plus grande distance de leur point de fusion; ce sont aussi ces métaux qui contiennent le plus d’impuretés, lesquelles, comme on sait, proviennent presque exclusivement du zinc. Enfin, le phénomène est encore bien plus marqué dans les laitons industriels, môme de très bonne qualité. M. le commandant Pralon indique que le laiton à cartouches se brûle quand on le recuit au-dessus de 600°, mais cette température n’a été évaluée que d’une manière approchée au moyen d’un pyromètre à circulation d’eau placé dans le four. En opérant sur un métal de même nature contenant environ 0,15 d’étain et 0,20 de plomb, nous avons obtenu les résultats suivants :
- TKMPÉRAÏURE 1) fi RECUIT. CHARGE DE RUPTURE. ALLONGEMENT p. 100.
- degrés. kilog.
- 0 62,0 3,8
- 540 32,0 55,0
- 585 31,7 57,3
- 620 30,0 60,8
- 700 29,3 64,8
- 730 30,0 62,0
- 860 27,6 57,0
- 930 26,5 56,5
- Le métal a été brûlé au-dessus de 800°, tandis que, pour l’alliage n° 3 (lr0 série), qui a une composition analogue, l’allongement ne décroît pas à 900°. Les résultats ne sont pas comparables en valeur absolue, les éprouvettes employées pour le laiton industriel n’ayant pas les dimensions ordinaires.
- Nos expériences indiquent donc que l’échelle des températures de recuit peut être partagée en quatre zones correspondant à des variations différentes des propriétés en fonction delà température; mais nous pensons que la première zone (zone de non recuit) dépend de l’état d’écrouissage du métal, que la quatrième zone (zone de brûlure) dépend surtout des corps étrangers, et que, par conséquent, ces deux zones doivent être mises de côté si l’on recherche les propriétés des alliages de cuivre et de zinc en éliminant toutes les influences autres que celle de la proportion relative des éléments. Pour des alliages purs, qu’il est malheureusement à peu près impossible de réaliser, la loi du recuit serait la suivante : Partant d’un métal complètement écroui à une température donnée, c est-à-dire se rompant sans déformation aucune, on obtiendra, en élevant graduellement la température, d’abord une diminution graduelle de la charge et
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- COMMISSION DES ALLIAGES.
- FÉVRIER 1896.
- une augmentation correspondante de l’allongement, puis, au-dessus d’une certaine température, la charge et l’allongement resteraient constants jusqu’à une petite distance du point de fusion. Cette zone de recuit complet aurait une étendue de plus en plus petite à mesure que la teneur en zinc augmente, la limite
- JOOO-
- H0-
- 600—
- 400-
- 30C-
- 200-
- J00-
- 5 30 35
- Charge de ruplurt
- Fig. 2. — Variation de la charge de rupture en fonction de la température de recuit
- pour le cuivre rouge.
- inférieure s’élevant en meme temps que s’abaisse la limite supérieure, par suite de l’abaissement du point de fusion.
- La figure 2 représente la variation de la charge de rupture en fonction de la température de recuit pour le cuivre rouge. D’après ce que nous venons de dire, la loi véritable serait représentée, au-dessous de 400°, non par une ligne brisée telle que ABC, mais par une courbe unique telle que CBE. Dans le cas actuel,
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- ALLIAGES DE CUIVRE ET DE ZINC. 191
- en prolongeant la droite BG donnée par deux points ëxpérimentaux, on trouve, pour charge de rupture du métal complètement écroui, 52 kilogrammes environ. Or, M. A. Le Châtelier a trouvé que, par des tréfilages successifs, on pouvait amener le cuivre; rouge jusqu’à une résistance maxima de 51 kilogrammes. Une concordance aussi parfaite doit évidemment être un peu attribuée au hasard; néan" moins, cela donne à penser que la variation de la charge de rupture doit être à peu près proportionnelle à la température de recuit.
- M. À. Le Châtelier appelle métal complètement recuit celui pour lequella limite d’élasticité est nulle. Quoique les diagrammes de traction indiquent nettement
- Teneur en zinc
- Fig. 3. — Variation de la charge de rupture et de l’allongement avec la teneur en zinc
- des alliages cuivre-zinc.
- que la limite élastique s’abaisse rapidement à mesure que la température de recuit s’élève, ils ne comportent pas une précision suffisante pour permettre de décider si cette limite s’abaisse jusqu’à zéro.
- Quoi qu’il en soit, il résulte des considérations précédentes que chaque alliage peut être obtenu sous deux états parfaitement définis : l’état à'écrouissage complet et l’état de recuit complet. C’est en comparant les alliages sous l’un de ces deux états que l’on pourra déterminer l’influence de la composition chimique, indépendamment des influences étrangères. •
- L’état d’écrouissage complet ne peut être obtenu que par des tréfilages répétés; il ne rentre donc pas dans le cadre de nos expériences; d’ailleurs, il n’a qu’un intérêt pratique restreint; enfin, nous verrons, à propos des expériences
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- COMMISSION DES ALLIAGES. — FÉVRIER 1896.
- de compression, qu’il conduirait probablement aux mêmes conclusions que l’état recuit.
- Nous avons donc fait porter la comparaison sur les alliages à l’état complètement recuit. Pour déterminer les propriétés correspondantes à cet état, nous avons pris la moyenne des résultats obtenus pour les différents alliages dans l’intervalle de température où les variations semblent purement accidentelles et en éliminant tous ceux dont la cassure semblait indiquer quelque défaut. Pour cette élimination, nous avons tenu compte de la forme des diagrammes sur lesquels on voit nettement si l’évolution de l’essai a été régulière ou si la rupture a été prématurée. Cette détermination laisse une certaine place à l’arbitraire; nous croyons que le nombre relativement grand des essais diminue autant que possible les erreurs qui proviendraient de ce fait.
- Les résultats moyens que nous avons obtenus en opérant ainsi sont résumés dans le tableau suivant :
- NUMÉROS de l'alliage. CHARGE de RUPTURE. ALLONGEMENT p. 100. STRICTION.
- kilog.
- l 1 24,0 43,8 )>
- lro SÉRIE. . . . 2 27,2 47, 2 »
- 1 3 GO 33,7 »
- 1 k 21,84 31,61 0,66
- 1 ^ 24,1 36,0 O 03 O:
- 2e Série. . . . J 6 26,8 41,4 0,53
- \ i 28,9 56,7 0,57
- 1 8 38,4 33,2 0,58
- 9 10,0 2,0 0,97
- 13 32,4 57,3 0,52
- l 14 32,1 53,7 0,54
- 3e Série. . . . ) 15 31,7 52,1 0,54
- ) 16 37,0 48,0 0,52
- 17 42,4 33,9 0,60
- l '18 1 48,0 18,3 0,87
- Les résultats relatifs à la charge de rupture et à l’allongement sont interprétés graphiquement dans la figure 3. On voit que la variation est assez régulière; quand on part du cuivre rouge, la charge de rupture augmente d’une manière continue, lentement d’abord, puis plus rapidement lorsque la teneur en zinc atteint 35 p. 100, passe par un maximum pour une teneur en zinc voisine de 45 p. 100 et décroît ensuite rapidement. L’allongement croît également avec
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- ALLIAGES DE CUIVRE ET DE ZINC, 193
- la teneur en zinc, passe par un maximum lorsque la teneur en zinc est de 30 p. 100 environ et décroît ensuite rapidement.
- L’allongement mesuré sur le barreau après rupture est la somme de Y allongement proportionnel, ou allongement réparti, et de Y allongement de striction. En mesurant la section moyenne après rupture, on peut évaluer la grandeur de l’allongement proportionnel et calculer par différence la valeur de l’allongement de striction. En opérant ainsi, nous avons constaté, sur les métaux de la deuxième série, que l’allongement total après rupture, l’allongement proportionnel et l’allongement de striction varient de la même façon.
- Les variations de la striction sont moins régulières, ce qui n’est pas éton-
- Fig. 4. — Diagrammes de compression du cuivre rouge non recuit et recuit à 200, 430 et 1000°.
- nant, étant donné que la surface de la section de rupture, qui est en général de forme irrégulière, est difficile à évaluer avec précision. On voit cependant qu’elle suit une marche à peu près inverse de celle de l’allongement ; elle commence par décroître, passe par un minimum pour une teneur en zinc voisine de 30 p. 100, et croît ensuite assez rapidement.
- Les résultats relatifs à la limite élastique ne sont pas susceptibles d’une évaluation numérique, mais on peut apprécier la variation de cette grandeur en superposant les diagrammes et examinant les positions relatives des portions de courbes voisines de l’origine. On voit ainsi que la limite élastique, ou plutôt la charge nécessaire pour produire une même déformation très petite, augmente avec la teneur en zinc comme la charge de rupture, mais ne diminue pas quand la proportion de zinc dépasse 45 p. 100. A ce moment, la loi cesse d’être la même que pour la charge de rupture.
- Dans la superposition des diagrammes, on voit que les courbes ne gardent
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- FÉVRIER 1896.
- pas dans toute leur étendue la même position relative, mais se coupent à plusieurs reprises. Par exemple, si l’on superpose les diagrammes de traction des métaux de la deuxième série à l’état de recuit complet, on trouve que, pour les allongements très faibles, les courbes se classent dans l’ordre 4, 5, 6, 7, 8, 9. Lorsque l’allongement atteint 10 p. 100, les courbes se trouvent placées dans l’ordre 7, 6, b, 4, 8 (1) ; enfin, quand l’allongement est de 80 p. 400, l’ordre est redevenu 4, b, 6, 7, 8. Nous reviendrons sur ce phénomène à propos des essais de compression dans lesquels il apparaît encore plus nettement.
- Essais de compression. — Les essais de compression fournissaient des diagrammes représentant la variation de l’écrasement en fonction de la charge.
- Fig. 5. — Diagrammes de compression de l’alliage 60 Cu et 40 2n non recuit et recuit à 200, 430, 50u et 550“.
- Sur ces diagrammes, qui ne présentent aucun point singulier, on a relevé les valeurs de l’écrasement correspondant à des charges totales de 4 000, 2 000 et bbOO kilogrammes, charge maximum que la machine permettait d’obtenir. Les chiffres ainsi obtenus pour les alliages de la deuxième série, les seuls qui aient été essayés à la compression, sont reproduits dans l’annexe 3 : résultats numériques des essais de compression,
- Les résultats relatifs à l’influence de la température de recuit sont tout à fait analogues à ceux qui ont été indiqués à propos des essais de traction. On trouve encore que, pour chaque alliage, il existe une zone de température dans laquelle le métal conserve des qualités sensiblement identiques. Pour le cuivre rouge, cette zone comprend toutes les températures supérieures à 400°. La figure 4 reproduit quatre diagrammes relatifs à ce métal, non recuit, recuit à 200°, à^430°,
- (1) Les barreaux d'alliage n° 9 n’ont jamais donné plus de '2 p. 100 d’allongement.
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- à 1 000°; les abscisses sont proportionnelles aux charges supportées, les ordonnées aux écrasements. Entre 430° et 1 000°, on a effectué des expériences à 300°, 550°, 600°, 640°, 700°, 750°, 800°, 850°, 900° et 950°. Les courbes obtenues, qui sont toutes comprises entre celle de 430° et celle de 1 000°, sont trop voisines pour pouvoir être reproduites sur la même figure.
- Pour les autres alliages, la température au-dessus de laquelle les diagrammes coïncident devient de plus en plus élevée à mesure que la teneur en zinc augmente; la figure 5 reproduit les diagrammes obtenus pour l’alliage n° 8 (40 p. 100 de zinc) non recuit, recuit à 200°, 430°, 300°, 330°; des essais ont été effectués
- Fig. 6. — Diagrammes d’écrasement des alliages 2, 3, 4, 5, 6 et 1 (tableau p. 192)
- complètement recuits.
- après recuit â 600°, 640° et 800°; les diagrammes coïncident presque parfaitement avec celui du métal recuit à 330°.
- Pour comparer entre eux les différents alliages, on a superposé, dans la figure 6, les courbes relatives aux métaux complètement recuits; comme on le voit, les courbes ne conservent pas la même position relative ; les courbes relatives 'aux alliages nos 4, 5, 6, 7, se coupent sensiblement au même point, correspondant à la charge de 1 600 kilogrammes; et, au delà, leur ordre se trouve inversé. Il est donc bien difficile de dire comment influe la composition sur la résistance à la compression, d’autant plus que ce terme n’a pas une signification bien précise. Si on considère la résistance à un commencement de déformation, on trouve qu’elle diminue à mesure que la teneur en zinc augmente, passe par un minimum lorsque cette teneur en zinc est d’environ 30 p. 100 et croît ensuite rapidement. La résistance à la compression varierait donc à peu près comme la striction et en sens inverse de Vallongement à la traction.
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- Le tableau suivant donne la charge nécessaire pour produire un écrasement de 1 millimètre, l’écrasement produit par une charge de 1 000 kilogrammes, -et l’allongement et la striction :
- NUMÉROS de l’ alliage. CHARGE ÉCRASANT de 1 millim. ÉCRASEMENT à 1000 kilog. STR ICTION. ALLONGEMENT.
- kilogr. millim.
- i 800 1,15 0,66 31,6
- <> 700 1,25 0,56 36,0
- 6 650 1,30 0,53 41,4
- 7 610 1,35 0,57 56,7
- 8 I 250 0,50 0,58 35,2
- 9 I 260 0,50 0,97 2,0
- La charge produisant l’écrasement de 1 millimètre varie dans le même sens que la striction, avec cette différence que, pour cette dernière grandeur, la principale variation a lieu entre l’alliage à 40 p. 100 et celui à 50 p. 100 de zinc, tandis que, pour la résistance à la compression, c’est entre l’alliage à 30 p. 100 et celui à 40 p. 100 de zinc; les mêmes remarques s’appliquent quand on compare l’allongement à la traction et l’écrasement produit par une charge de 1 000 kilogrammes.
- Si l’on considère une période plus avancée de l’essai, le classement des alliages se fait différemment; la charge nécessaire pour produire un écrasement donné, supérieur à 2mm,5, est d’autant plus grande que la teneur en zinc est plus forte. Mais alors le métal est écroui à nouveau, l’effet du recuit tend à disparaître, et ce qu’on mesure est ce qu’on peut appeler la vitesse d’écrouissage, c’est-à-dire la rapidité avec laquelle s’élève la résistance pour une même déformation. Ce qui montre que l’effet du recuit tend à disparaître, c’est que l’écrasement produit par une très forte charge : 5 500 kilogrammes, est sensiblement le même, quelle que soit la température à laquelle le métal a été recuit. Cela n’est pas exact cependant pour le métal qui n’a subi aucun recuit, et l’on voit que les températures, qui semblent n’avoir aucune action d’après les essais de traction, produisent, en réalité, un effet qui apparaît dans les essais de compression.
- Si l’on se reporte à la figure 4, on voit que les diagrammes de compression du cuivre rouge non recuit et recuit à 200° sont très voisins tant que la déformation n’atteint pas 2n,m,4 environ. Au delà de ce point, le cuivre non recuit ne s’écrase plus sensiblement, il ’est à l’état d’écrouissage maximum; le cuivre
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- recuit à 200°, au contraire, continue à s’écraser presque comme les métaux recuits à haute température, et l’écrasement à 5 500 kilogrammes atteint près de 8 millimètres, sans que la forme du diagramme indique que l’on approche d’une limite.
- De la comparaison de ces deux diagrammes, on conclut que le recuit à 200° ne modifie pas sensiblement la limite élastique, qui reste à 1 700 kilogrammes environ, mais a néanmoins modifié considérablement le métal, qui peut supporter une beaucoup plus grande déformation avant d’arriver à l’écrouissage maximum. Le même résultat, aussi nettement indiqué, se retrouve pour les
- Fig'. 7. — Diagrammes d’écrasement des alliages n0" h, 5, 6 ctl non recuits.
- alliages nos 5, 6 et 7. Pour l’alliage n° 8, fessai de compression, tel que nous l’avons effectué, ne conduit pas jusqu’à l’écrouissage maximum.
- Dans la figure 7, on a superposé les diagrammes de compression relatifs aux alliages, nos 4, 5, 6, 7, 8, non recuits. Tous ces alliages ont subi des traitements sensiblement identiques; on voit donc : 1° qu’une môme déformation produit une élévation de la limite élastique d’autant plus grande que la teneur en zinc est plus considérable; 2U que la déformation nécessaire pour atteindre l’écrouissage maximum est d’autant plus grande que la teneur en zinc est plus forte, au moins jusqu’à l’alliage n° 7, l’écrouissage maximum n’ayant pu être atteint pour les alliages nus 7 et 8.
- Essais à la pénétration. — Ces essais n’ont été effectués que sur des échantillons de métaux des deuxième et troisième séries, recuits à 700°, température qui, pour tous ces alliages, est comprise dans la zone de recuit complet. Pour chaque métal, on a relevé les charges nécessaires pour faire pénétrer le couteau
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- soit de 1 millimètre, soit de 2mm,5. Le tableau suivant reproduit les résultats obtenus :
- V UMÉHOS DE L’ALLIAGE. CHARGE PRODUISAIT UNE EMPREINTE île 1 millim. CHARGE PRODUISANT UNE EMPREINTE de 2mm,5.
- kilog. kilog.
- 4 o 60 1 600
- 5 580 1 750
- 6 650 1 950
- 7 650 1 900
- 8 900 2 700
- 9 950 3 500
- 12 740 2 200
- 13 560 1 660
- 14 630 1 775
- 15 550 1 700
- 16 720 2 300
- 17 910 3100
- 18 940 3 500
- L’alliage n° 9 s’est brisé dès que l’empreinte a dépassé 2mm,5.
- Ces résultats montrent que la résistance à la pénétration augmente avec la teneur en zinc, lentement d’abord, puis rapidement lorsque la proportion de zinc dépasse 30 p. 100. On n’observe pas de maximum jusqu’à l’alliage à 50 p. 100, après quoi les expériences ne sont plus possibles, les métaux étant trop brisants. La résistance à la pénétration varie donc en fonction de la teneur en zinc comme la limite élastique dans Tessai de traction.
- Essais au choc. — Les essais au choc ont porté sur les alliages des deuxième et troisième séries recuits à 700° Les angles de ployage obtenus après chaque coup de mouton sont notés dans les tableaux de l’annexe 4 (Résultats numériques des essais au choc). On n’a obtenu de rupture que pour l’alliage n° 9 et l’alliage n° 18. Ce dernier a cassé au septième choc, lorsque l’angle de ployage a atteint 78°, tandis que l’alliage n° 9 a cassé au premier choc, sans que l’angle de ployage dépassât 168°. On peut donc dire que, avec le mode d’épreuve employé, la fragilité est pratiquement négligeable tant que la teneur en zinc est inférieure à 43 p. 100. Elle apparaît dans l’alliage à 45 p. 100, et augmente ensuite rapidement avec la teneur en zinc; les alliages contenant plus de 50 p. 100 de zinc se brisent sous le moindre choc.
- Dans la région où elle est mesurable, la fragilité varie donc comme la striction.
- L’essai de ployage par choc donne également des indications sur une autre
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- qualité du métal, la raideur, que l’on peut évaluer par la grandeur de l’angle que produit un choc ou un même nombre de chocs. La loi de variation de cette propriété en fonction de la teneur en zinc semble être la même que celle de la limite élastique à la traction ; elle augmente d’une façon continue avec la proportion de zinc et ne présente pas encore de décroissance pour l’alliage à 50 p. 100, dont la fragilité rend les expériences impossibles.
- CONCLUSIONS RELATIVES AUX PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES
- En résumé, si l’on compare les alliages de cuivre et de zinc amenés à Tétât de recuit complet, et qu’on cherche l’influence de la composition chimique sur les propriétés mécaniques, on trouve que ces propriétés varient toutes d’une façon continue avec la teneur en zinc; si l’on se borne à considérer les métaux contenant de 0 à 50 p. 100 de zinc, les seuls susceptibles d’utilisation pratique, les propriétés mécaniques peuvent se partager en quatre groupes correspondant à quatre modes de variation.
- La limite élastique à la traction, la résistance à la 'pénétration, la raideur augmentent d'une façon continue avec la teneur en zinc. La variation est beaucoup plus rapide quand la proportion de zinc varie de 30 à 45 p. 100. A ce groupe de propriétés, il faut joindre aussi la vitesse d’écrouissage.
- L'allongement à la traction, Y allongement proportionnel et Y allongement de striction croissent avec la teneur en zinc, passent par un maximum pour Valliage à 30 p. 100 et décroissent ensuite rapidement.
- La résistance à la rupture par traction augmente avec la teneur en zinc, passe par un maximum pour U alliage à 45 p. 100 de zinc environ, et décroît ensuite rapidement.
- La résistance a la compression, la striction décroissent quand la teneur en zinc augmente, passent par un minimum pour l'alliage à 30 p. 100, et croissent ensuite; la fragilité, qui ne devient sensible que lorsque la teneur en zinc atteint 45 p. 100, varie alors comme la striction.
- Dans les applications pratiques, il sera bon de ne pas dépasser une proportion de 43 p. 100 de zinc, à cause de l’apparition de la fragilité; d’autre part, il n’y aura aucun intérêt à employer des alliages contenant moins de 30 p. 100 de zinc, qui deviennent plus coûteux, et dans lesquels on a, à la fois, moins de résistance et moins de malléabilité. En faisant varier la proportion de zinc entre 30 et 43 p. 100, on aura toute une série de métaux de nuances différentes, le plus malléable ayant jusqu’à 60 p. 100 d’allongement avec une résistance à la rupture de 27 à 28 kilogrammes; le plus tenace ayant encore plus de 40 p. 100 d’allongement, avec une résistance de 37 à 38 kilogrammes, en ne considérant que l’état de recuit complet; avec un emploi judicieux de l’écrouissage et du recuit, on pourra
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- augmenter la résistance jusqu’à 60 kilogrammes environ pour des barres et des tôles, et beaucoup plus loin pour des fils.
- CHAPITRE II
- ÉTUDE DE LA STRUCTURE MICROSCOPIQUE
- L’étude microscopique des métaux a surtout été appliquée jusqu’ici à l’acier et, entre les mains de MM. Sorby, Osmond, Werth, Martens, etc., a conduit à des résultats fort importants. Les applications aux alliages de métaux autres que le fer sont beaucoup moins nombreuses ; les seules publications que nous connaissions sur ce sujet sont dues à M. G. Guillemin, qui a présenté eux notes, l’une à l’Académie des sciences, l’autre à la Commission des Méthodes d’essai des Matériaux, et à M. Behrens, professeur à l’Université de Delft, qui a réuni ses recherches dans un ouvrage récemment publié (1).
- Les notes de M. Guillemin, qu’accompagnent de très belles reproductions microphotographiques, sont très succinctes; elles donnent la description des procédés expérimentaux, que M. Guillemin a grandement perfectionnés, et indiquent, comme conclusion que « l’analyse micrographique permet de déterminer sommairement et rapidement la nature d’un bronze on d’un alliage industriel, par simple inspection d’une surface polie et dérochée, de reconnaître s’il a été coulé à une température convenable et, par comparaison, s’il possède les qualités d’homogénéité, d’étanchéité, de résistance et d’allongement voulues ». Mais M. Guillemin ne spécifie pas les caractères micrographiques auxquels on reconnaît ces différentes propriétés, et, ce qui est d’ailleurs très naturel, ne divulgue pas les principes qui lui permettent de régler, d’après l’étude microscopique, la fabrication des remarquables alliages connus sous le nom de bronzes « Roma ».
- M. Behrens a réuni dans son ouvrage (2) des recherches sur un grand nombre d’alliages, et en particulier sur les alliages de cuivre et de zinc. Il a opéré presque exclusivement sur des métaux fondus et préparés en très petites quantités. On se trouve donc dans des conditions assez différentes de celles de la pratique. M. Behrens indique beaucoup de faits d’expériences, mais très peu de conclusions générales; sur un sujet aussi délicat, on ne saurait blâmer cette prudence. mais cela diminue beaucoup l’intérêt pratique des recherches de ce genre; enfin, M. Behrens a renoncé à obtenir des reproductions photographiques de ses préparations; les figures qui accompagnent son ouvrage sont de très beaux dessins à la chambre claire, mais ils ne donnent qu’une idée bien incom-
- (!) H. Behrens. —Bas mikroskopische Gefitge der Métallo and Legierungcn.
- (2) Voir annexe I.
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- plète de l’aspect de surfaces métalliques dans lesquelles l’attaque a déterminé des reliefs très variés et très complexes.
- L’étude micrographique des métaux, comme toutes les études purement descriptives, exige une certaine éducation de l’œil, qui ne s’habitue pas de suite à voir dans un dessin complexe les particularités intéressantes. Cette éducation sera rendue beaucoup plus difficile si les figures qui accompagnent le texte explicatif sont réduites à de simples schémas.
- D’ailleurs, si les reproductions photographiques présentent, lorsqu’on arrive aux très forts grossissements, de réelles difficultés que M. Osmond (1) et M. Guil-lemin sont cependant parvenus à vaincre, il n’en est pas de même pour les grossissements faibles qui sont, en général, suffisants dans l’étude des alliages de cuivre et de zinc.
- Dans le présent mémoire, nous n’avons nullement l’intention d’envisager sous toutes ses faces la question de l’étude micrographique des alliages de cuivre et de zinc. Nous nous bornerons à décrire l’aspect que présentent, sous leurs différents états, les différents métaux dont nous avons étudié les propriétés mécaniques, en cherchant à mettre en évidence des caractères susceptibles de donner des indications utiles en pratique. Nous laisserons donc de côté la partie réellement scientifique de la question, la recherche des formes cristallines, la détermination de la nature des constituants, et enfin l’interprétation des résultats observés, sujets sur lesquels nous nous proposons de revenir ultérieurement.
- Si l’on veut employer l’examen micrographique comme moyen de caractériser un métal d’après le dessin que présente sa surface, il est absolument indispensable que cette surface soit toujours préparée suivant un procédé rigoureusement défini. La partie la plus délicate de la préparation est l’attaque de la surface préalablement polie par un réactif qui dissolve certains éléments en en laissant d’autres intacts ou qui, tout au moins, produise des figures de corrosion dont l’aspect soit en rapport avec la texture du métal. Cette attaque peut être faite par des procédés très variés ; la seule indication générale que l’on puisse donner es qu’elle doit être lente. Toute attaque rapide donne des résultats incertains. On pourra employer, pour les alliages de cuivre et de zinc, l’ammoniaque, les acides étendus, l’oxydation à haute température, etc. Nous préférons une attaque électrolytique et employons le procédé suivant, bien qu’il ait été basé sur des idées théoriques que nous avons reconnues depuis inexactes, parce qu’il est très facile à régler et à appliquer dans des conditions toujours identiques.
- L’échantillon à examiner, mis sous forme de plaquette de 1 centimètre de côté environ, est d’abord dressé à la lime, puis poli avec des papiers à l’émeri de plus en plus fins; enfin, on termine le polissage en frottant la plaquette sur
- (IJ Voir Osmond. — Analyse micrographique de l’acier. — Bulletin de la Société d’Encouragement, mai 1895.
- Tome I. — 95e année. 5° série. — Février 1896.
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- une peau de chamois avec du tripoli et un corps gras. (Nous employons simplement le brillant belge.) Pour les faibles grossissements que nous employons, ce polissage, qui paraîtra rudimentaire par rapport à ceux de M. Osmond, est amplement suffisant.
- La plaquette polie est ensuite soigneusement dégraissée; pour cela, on la lave à la benzine et à F alcool, en frottant légèrement la surface avec un pinceau de blaireau; on la plonge ensuite pendant quelques minutes dans une solution chaude et concentrée de potasse caustique, après quoi, on rince à l’eau pure, et
- on s’assure que la surface se mouille bien également en tous ses points.
- La plaquette est placée sur un petit support en platine et plongée dans un vase plein d’eau acidulée par l’acide sulfurique (d/l0 d’acide sulfurique'). Dans ce vase, plonge un vase poreux contenant une solution saturée de sulfate de cuivre et une lame de cuivre que l’on met en communication avec le support en platine (fig. 8b En somme, on réalise une pile Daniel! dans laquelle le zinc est remplacé par l’alliage à examiner. Dans ces conditions, l’alliage se dissout lentement. Le zinc, se dissolvant un peu plus vite que le cuivre, il se produit parfois, à la surface de la plaquette, un léger dépôt de cuivre pulvérulent; ilest facile de l’éliminer en passant, de temps en temps, sur celte surface, un pinceau en blaireau très doux.
- L’attaque doit être prolongée pendant un quart d’heure au moins; il importe, si l’on veut employer le microscope à une étude comparative des métaux, de la faire durer toujours le même temps ; toutes nos préparations ont été obtenues en attaquant pendant une demi-heure.
- Ce procédé d’attaque s’applique à tous les alliages contenant moins de 50 p. 100 de zinc, c’est-à-dire à tous ceux que l’on peut avoir à considérer en pratique. Pour le cuivre rouge, on est obligé de recourir à l’attaque par un réactif. Celui qui convient le mieux est une solution d’ammoniaque que l’on laisse agir pendant deux heures environ. Pour les alliages contenant plus de 50 p. 100 de zinc, on peut employer une pile à potasse et oxyde de cuivre (pile de Lalande et Chape-
- Fig. 8.
- C, lame de cuivre. D. vase poreux. A. solution saturée d'aride sulfurique pur à 1/10. P. support en platine. L, plaquettes en laiton. V. vase en verre.
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- ron) ou simplement attaquer par une solution chaude et concentrée de potasse caustique qui donne une attaque très régulière et suffisamment lente.
- Nous avons examiné aumicroscope les préparations ainsi obtenues sous divers grossissements et en éclairant soit obliquement, soit normalement à la surface.
- L’éclairage oblique et des grossissements ne dépassant pas 50 diamètres nous ont paru suffisants pour mettre en évidence les caractères distinctifs de chaque alliage. Dans ces conditions, l’observation et la reproduction photographique des préparations est très simple et peut se faire avec des appareils rudimentaires,
- Toutes les photographies qui sont jointes à ce mémoire correspondent au grossissement de 30 diamètres (sauf une ou deux qui sont de 10 diamètres seulement) ; elles ont été obtenues avec une chambre noire Nachet; l’éclairage oblique ne nécessite aucun dispositif particulier; on place simplement l’appareil devant une fenêtre, et, au besoin, on concentre la lumière sur la préparation avec une loupe. La durée de pose varie, suivant le jour et suivant la couleur de la préparation, de trente secondes à deux ou trois minutes.
- ALLIAGES CONTENANT DE 0 A 35 P. 100 DE ZINC
- L’examen micrographique conduit à séparer les alliages de cuivre et de zinc en un certain nombre de groupes présentant des caractères communs. La première catégorie comprend des alliages contenant de 0 à 35 p. 100 de zinc. Nous les considérerons successivement à l’état fondu, écroui et recuit.
- Alliages fondus. — L’aspect des métaux fondus est indiqué par les ligures nos 1 à 8 (planche 1).
- A0 I. Alliage à 90 p. 100 de cuivre, fondu.
- N° 2. — à 80 p. 100 —
- N° 3. — à 70 p. 100 —
- N° 4. — à 65 p. 100 — —
- N° 5. — à 67 p. 100 (laiton industriel), fonda.
- N° 6. Le même à un grossissement de 10 diamètres.
- N° 7. Cuivre rouge, fondu.
- A’0 8. Le même à un grossissement de 10 diamètres.
- La caractéristique de ces structures est la présence de cristallites dendritiques formant de longues aiguilles rectilignes et réunies par groupes présentant une même orientation; les pointements sont trop mal formés pour qu’on puisse déterminer leurs angles, mais les files de cristaux présentent un grand nombre d’angles droits.
- Les dimensions des cristaux varient avec la vitesse de solidification ; plus la, solidification est lente, plus les cristaux sont développés ; il arrive souvent que cette dimension masque la forme générale ; c’est pourquoi les microgrammes ri0 3 et n° 7, qui correspondent à des métaux fondus en masse relativement
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- considérable, ont été reproduits à un grossissement moindre (nos 6 et 8). D’une manière générale, on augmente les dimensions du grain en coulant à haute température et dans des moules chauds, ou en refroidissant lentement; on aura, au contraire, des grains très lins en coulant à basses températures et dans des moules métalliques assurant un refroidissement rapide. Comme ces conditions de coulée modifient également les propriétés mécaniques correspondant à une composition donnée, on pourrait avoir une idée des propriétés du métal fondu d’après les dimensions du grain, comme l’a fait récemment M. Albert Sauveur pour l’acier. Pour un alliage déterminé, à l’état fondu, la résistance est d’autant plus grande que le grain est plus fin.
- Cristallisation par recuit. — Les formes cristallines se développent et deviennent plus nettes quand on maintient le métal à une température élevée, mais notablement inférieure à son point de fusion (planche I). Les figures 10* et 12 représentent la structure de métaux dans lesquels le recuit a été poussé juste assez pour produire un commencement de cristallisation sans détruire tout à fait la structure dendritique.
- N° 9. Alliage à 6'6 p. 100 de cuivre, fondu.
- .V 10. Le même, recuit à 600° environ.
- 11. Alliage à 70 p. 100 de cuivre, fondu.
- .N" 12. Le même, recuit à 600° environ.
- On voit qu’il se développe des cristaux à arêtes parfaitement rectilignes; ces cristaux prennent des dimensions de plus en plus grandes, à mesure qu’on élève la température de recuit et finissent par envahir toute la masse.
- Écrouissage. — Lorsqu’on soumet le métal à un écrouissage par étirage, laminage, etc., on déforme graduellement les cristaux, qui finissent par disparaître complètement en donnant une surface granulée d’apparence homogène. Les figures 13 à 16 (planche II) indiquent les déformations et les variations d’aspect produites par des passes de laminage successives.
- N° 13. Laiton en planches recuit (67 p. 100 de cuivre).
- N° 14. Le même après une passe de laminage.
- N° 15. Le même après deux passes de laminage.
- .V 16. Le même après trois passes de laminage.
- Quand l’écrouissage n’est pas trop prononcé, les cristaux déformés indiquent, approximativement, la déformation subie.
- Quand on part de métaux non recuits, dans lesquels les cristaux se présentent en longues aiguilles, et qu’on déforme toujours le métal dans le même sens, on obtient une structure striée dans le sens du laminage, comme sur les figures 17 et 18 (planche II).
- A" 17. Alliage à 70 p. 100 de cuivie, écroui par laminage.
- N" 18. Alliage à 80 p. 100 de cuivie, écroui par laminage.
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- Recuit après écrouissage. — Quand on soumet le métal écroui à un recuit, on reforme les cristaux brisés par la déformation. Les températures inférieures à celles pour lesquelles on obtient le recuit complet ne produisent pas de modification bien sensible dans l’aspect du métal. Quand on arrive, au contraire, au recuit complet, on voit apparaître les cristaux à arêtes rectilignes, avec des dimensions très petites d’abord et qui augmentent à mesure qu’on élève la température de recuit. La dimension des cristaux semble dépendre principalement de la température maxirna à laquelle le métal a été porté. Un recuit prolongé à basse température ne modifie pas sensiblement les dimensions des cristaux.
- Les figures 19 à 24 ( planche II) reproduisent la structure de métaux recuits .à des températures moyennes.
- N° 19. Alliage à 70 p. 100 de cuivre, recuit à 300°.
- N° 20. — 70 p. 100 — — 600°.
- N° 21. — 70 p. 100 — — 700°.
- N° 22. — 70 p. 100 — — 700° pendant une heure.
- (N0 23. — 80 p. 100 — — 600°.
- N° 24. — 80 p. 100 — — 700°.
- Il n’y a d’ailleurs aucune différence entre les différents alliages contenant moins de 35 p. 100 de zinc.
- Aux températures élevées, les cristaux conservent la même forme, mais prennent un plus grand développement. On voit alors nettement leur forme; ce sont des octaèdres présentant de nombreuses mâcles ; la corrosion du métal se fait en dégageant les cristaux qui apparaissent en relief, comme on peut s’en assurer en faisant tourner la platine du microscope. On voit alors les différentes faces des cristaux s'éclairer à mesure que change l’orientation de la lumière incidente. Dans les photogrammes, les parties claires correspondent donc à des faces éclairées, les parties sombres à des régions qui sont dans l'ombre. On ne voit donc, sur chaque épreuve, qu’une partie des cristaux que présente la préparation, et l’aspect d’une même plaquette change notablement, tout en conservant les mêmes caractères généraux, quand on change la direction de l’éclairage. Ces «cristaux correspondent à de véritables figures de corrosion, car le métal semble eomplètement cristallin et il n’y a pas de magma amorphe. Cela se voit parti-culièrement bien sur la figure 27. En éclairant normalement, les cristaux se voient beaucoup moins bien, mais on se rend mieux compte qu’ils se touchent tous. L’emploi de forts grossissements ne révèle aucun détail particulier à l’intérieur des faces qui paraissent finement striées. Ayant observé d’abord ces cristaux sur l’alliage à 30 p. 100, nous avions cru à l’existence d’un composé défini de cuivre et de zinc, mais comme ils se produisent indifféremment dans tous les alliages contenant moins de 35 p. 100 de zinc, de façon à envahir toute la masse, «t que l’attaque à l’ammoniaque les met également en évidence dans le cuivre rouge, nous les considérons maintenant comme formés par un mélange iso-
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- morphe de cuivre probablement avec un composé défini de cuivre et de zinc.
- Les figures 25 à 30 (planche III) reproduisent différentes préparations d’alliages recuits à haute température.
- N° 25. Alliage à 70 p. 100 de cuivre, recuit à 750°
- N° 26. — 70 p. 100 — — 800°
- N° 27. — 90 p. 100 — — 900°
- N° 28. — 85 p, 100 — — 900"
- N° 29. — 80 p. 100 — 900°.
- 5Ï CO O — 70 p. 100 — — 900°.
- ALLIAGES CONTENANT DE 35 A 45 P. 100 DE ZINC
- La deuxième catégorie des alliages comprend ceux qui contiennent plus de 35 p. 100 de zinc et moins de 45 p. 100. A l’état fondu, ces alliages se distinguent de ceux de la première catégorie par les formes courbes que présentent les cris-tallites qui sont complètement enchevêtrées. Les remarques faites plus haut à propos de l’influence des conditions de coulée sur les dimensions du grain, restent applicables aux alliages de la deuxième catégorie. La cristallisation ne se développe pas par le recuit, qui ne modifie pas sensiblement l’aspect du métal. L’attaque semble ici dissoudre un magma amorphe et laisser en relief des cristaux mal formés et limités généralement par des lignes courbes. Ces cristaux semblent malléables et se brisent difficilement par l’écrouissage. Aussi, le métal écroui présente-t-il un aspect peu différent du métal fondu ou recuit, sauf quand l’écrouissage est poussé très loin; on arrive alors à une structure grenue d’apparence homogène. Les figures 31 à 36 (planche III) reproduisent la structure de quelques-uns de ces alliages :
- N° 31. Alliage à 60 p. 100 de cuivre, fondu.
- N° 32. — 60 p. 100 — écroui.
- N° 33. — 60 p. 100 — recuit à 400°
- N" 34. — 60 p. 100 — — 700»
- N° 35. O O 00 — écroui.
- iN° 36. — 58 p. 100 — recuit à 700°,
- Sur ce dernier alliage, on voit quelques aiguilles rectilignes, mais sans ramifications dendritiques ; les cristaux ont aussi une tendance à s’orienter et à se séparer en groupes contigus de forme hexagonale.
- ALLIAGES CONTENANT PLUS DE 45 P. 100 DE ZINC.
- Lorsque la proportion de zinc atteint 45 p. 100, les aiguilles cristallines disparaissent. La surface attaquée présente l’aspect de mosaïques formées par des fragments de métal limités par des hexagones et qui prennent, lors de l’attaque, des colorations différentes. Il semble que la solidification commence à peu près simultanément autour d’un grand nombre de points répartis à peu près unifor-
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- mément dans la masse, et, qu’autour de chacun de ces points, se développe un noyau solide sensiblement homogène. Lorsque les noyaux arrivent au contact, ils se limitent naturellement par des surfaces dont les sections planes sont hexagonales. La ligure 37 (planche 1Y) donne l’aspect d’une préparation de ce genre. Ce métal est à peine susceptible d’écrouissage; un commencement de martelage détermine une déformation du grain comme on le voit sur la figure 38. Quand la cristallisation se produit en masses relativement grandes et dans des moules de forme spéciale, la solidification se propage moins régulièrement, et l’on obtient des plages allongées perpendiculairement à la surface de refroidissement. C’est l’aspect que reproduisent les figures 39 et 40 (panche IV) obtenues avec un métal coulé sous forme de plaques relativement minces, les préparations étant prises parallèlement à la tranche de la plaque.
- Lorsque l’on augmente la proportion de zinc, il se développe, à l’intérieur de ces grandes plages, de petits cristaux que l’on voit sur les figures 39 et 40.
- Pour les alliages contenant à peu près 33 p. 100 de cuivre, ce qui correspond au composé défini Cn Zn2, on a une cassure vitreuse dans laquelle l’attaque ne révèle pas de structure bien nette; lorsque la proportion de zinc dépasse celle qui correspond à la formule CnZn2, ce zinc en excès est facilement dissous par la potasse à chaud, qui creuse à la surface du métal de fines stries formant des parallélogrammes. Enfin, quand la proportion de zinc augmente, la potasse fait apparaître des cristaux de plus en plus nombreux et volumineux, probablement des cristaux de zinc englobés dans le composé CuZn2. Nous ne faisons que signaler ces remarques, les métaux contenant plus de 45 p. 100 de zinc n’étant susceptibles d’aucune application. Les figures 37 à 42 (planche IV) reproduisent la structure de quelques métaux de cette catégorie.
- N° 37. N° 38. N° 39. N° 40. X° 41. N° 42.
- Alliage à 53 p. 100 55 p. 100
- — 50 p. 100
- — 50 p. 100
- — 30 p. 100
- — 20 p. 100
- je cuivre, iuuuu.
- écroui.
- fondu.
- fondu.
- fondu (attaqué à la potasse). fondu (attaqué à la potasse).
- Laiton brûlé. — L’étude microscopique permet de reconnaître si le métal a été brûlé. Lorsque la température atteint une valeur pour laquelle les propriétés mécaniques du métal commencent à s’altérer, on voit apparaître dans le métal des piqûres ayant l’apparence de bulles de gaz, figures 43 et 44 (planche IV). Ces piqûres se développent, deviennent de plus en plus nombreuses à mesure que la température s’élève et, en même temps, il se développe autour des cristaux de véritables fissures qui finissent par former un réseau continu; le métal est alors complètement détérioré. Il semble qu’il se forme autour des cristaux un alliage peu fusible, ce qui se produira surtout s’il y a des traces de plomb et d’étain, et que cet alliage, amené à l’état liquide, dissolve et ronge graduelle-
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- ment les cristaux. La structure du métal brûlé est indiquée dans les figures 43 à 46 (planche IV) :
- N° 43. Alliage à 70 p. 100 de cuivre, recuit à 900°.
- N° 44. Lailon industriel recuit à 820°.
- N° 4o. Alliage à 80 p. 100 de cuivre, recuit vers I 000°.
- N° 46. Laiton industriel recuit à 900°.
- On voit que, pour le laiton industriel, qui contient des quantités appréciables de plomb et d’étain, la détérioration du métal est beaucoup plus accentuée et se produit à des températures moins élevées que pour les alliages préparés avec des métaux aussi purs que possible.
- Formes de transition. — Les alliages de cuivre et de zinc présentent diverses structures suivant leur composition; il est intéressant de chercher si les formes s’altèrent graduellement à mesure que la composition varie. Dans les alliages que nous avons étudiés, nous n’avons pas observé de forme de transition présentant un caractère net; pour des variations de composition qui ne dépassent pas 2 p. 100, on passe brusquement d’un type de structure à l’autre; on peut seulement signaler que, pour les alliages delà première catégorie, qui contiennent une très forte proportion de zinc, les cristaux se développent moins et qu’il semble rester, autour de ces cristaux, une portion non cristallisée; pour les alliages de la deuxième catégorie, dont la proportion de zinc est voisine de 45 p. 100, les cristaux se réunissent par groupes présentant la même forme générale que les plages uniformes des alliages à plus de 4o p. 100 de zinc. En cherchant à déterminer comment se fait le passage d’une forme à l’autre, nous avons obtenu des alliages qui, comme composition, se trouvaient juste à la limite qui sépare deux catégories; dans ces alliages, il se produit de légères liquations, et l’on obtient, dans des régions voisines, des structures correspondant aux diverses catégories ; les figures 47 et 48 (planche IV) en donnent deux exemples :
- N° 47. Alliage à 6a p. 100 de cuivre, recuit.
- N° 48. Alliage à S6 p. 100 de cuivre, recuit.
- Dans la préparation n° 47, on voit, d’un côté, les cristaux octaédriques qui correspondent aux alliages de la première catégorie, et, de l’autre côté, la structure à cristallisation confuse des alliages de la deuxième catégorie ; dans la prépa-rationn°48, on voit,d’un côté,la structure de la deuxième catégorie, dans l’autre, les grandes plages à contours hexagonaux des alliages de la troisième catégorie.
- RELATION DE LA STRUCTURE AVEC LES AUTRES PROPRIÉTÉS
- En ce qui concerne la constitution des alliages, on peut tirer quelques indications de l’étude de la structure, mais il importe de ne conclure qu’avec une très grande prudence. L’examen de la structure du métal semble cependant confirmer l’existence du composé défini Zn2Cu, correspondant à la composition :
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- cuivre 32,8, zinc 67,2, composé indiqué par diverses recherches sur les propriétés physiques. Cet alliage est à cassure vitreuse et semble parfaitement homogène; l’attaque soit par les acides, soit par la potasse ne modifie pas sensiblement son aspect. Au contraire, quand on augmente légèrement la proportion de zinc, il semble que ce zinc reste libre et se dissolve facilement dans la potasse. Si on augmente la proportion de cuivre, c’est l’attaque à l’acide azotique qui révélera l’existence de petits cristaux.
- Il nous semble que l’étude microscopique conduirait également à admettre l’existence d’un composé défini Cu2Zn, contenant 66 p. 100 de cuivre environ. Cette composition marque en effet la séparation entre les alliages de la première et de la deuxième catégorie, et l’identité de structure des alliages contenant moins de 35 p. 100 de zinc s’interpréterait commodément, en admettant qu’ils sont formés par un mélange isomorphe de cuivre et du composé Cu2Zn. C’est d’ailleurs aux environs de cette composition qu’il se produit une perturbation dans la variation des densités, d’après les travaux de Riche et de Thurston, et une modification de la couleur des alliages.
- La structure du métal n’est pas révélée par l’aspect de la cassure; dans les métaux à gros cristaux de la première catégorie, la rupture se produit à l’intérieur des cristaux; la cassure est soyeuse et semble indiquer un métal à grain très fin. La cassure est cristalline seulement lorsque le métal est formé par la juxtaposition de fragments de métal mal soudés ensemble, et c’est ce qui arrive pour les métaux de la troisième catégorie. C’est à la cassure qu’on se rapporte en général pour définir la structure d’un métal; c’est une condition très mauvaise, puisque la cassure n’indique que les surfaces de faiblesse.
- L’opinion généralement admise : que les métaux à structure cristalline sont fragiles, cassants et peu malléables, provient de cette façon de voir. Il est plus exact de dire que ces défauts se rencontrent dans le métal dont la structure cristalline apparaît sur la cassure, ce qui n’a lieu, dans le cas des laitons, que pour les alliages de la troisième catégorie et les métaux brûlés. Mais il peut très bien se produire qu’une structure cristalline corresponde à un métal très malléable, lorsque les cristaux sont bien soudés et que la rupture ne se produit pas sur leurs faces d’accolement. C’est ce qui a lieu pour les métaux de la première catégorie recuits, pour quelques-uns desquels on obtient des allongements de plus de 60 p. 100, alors qu’ils renferment des cristaux dont les dimensions atteignent parfois un millimètre.
- La structure est beaucoup mieux mise en évidence par l’aspect de la surface des barreaux soumis à la déformation; M. le commandant Pralon a déjà remarqué que l’on peut juger, d’après l’aspect plus ou moins rugueux des jbarreaux de traction après rupture, si le recuit a été insuffisant ou, au contraire, poussé jusqu’à la brûlure. En examinant ces surfaces au microscope et aux premiers
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- 210
- COMMISSION DES ALLIAGES. --- FÉVRIER 1896.
- instants de la déformation, on voit apparaître les éléments du métal qui se déforment graduellement. Un barreau de laiton poli et soumis à un très léger étirage présente le même aspect que s’il était attaqué chimiquement; ce procédé de préparation donnerait même des indications utiles au point de vue pratique, puisqu’il permet d’évaluer la résistance et la déformabilité relative des divers éléments du métal.
- La structure permet d’interpréter quelques résultats fournis par les essais mécaniques, en particulier le suivant : on sait que les laitons à forte teneur en cuivre sont très malléables à froid, mais fragiles et brisants à chaud, tandis que les laitons plus riches en zinc sont forgeables à chaud. Cette séparation correspond aux deux catégories que la structure nous a conduits à considérer. On conçoit que, dans les laitons cristallisés de la première catégorie, les impuretés viennent se réunir dans les joints des cristaux et, comme elles sont généralement formées de métaux facilement fusibles, une faible élévation de température suffira pour faire disparaître toute solidité. Dans les laitons de la deuxième catégorie, où les cristaux ne s’accolent jamais et sont toujours englobés dans une certaine quantité d’un magma amorphe, cet effet ne peut se produire. Quoi qu’il en soit, un fait subsiste, c’est que la structure cristalline de la première catégorie correspond aux métaux malléables à froid, tandis que la structure de la deuxième catégorie correspond aux laitons forgeables.
- CONCLUSIONS RELATIVES A LA STRUCTURE MICRO SCOP10UE
- En résumé, l’étude de la structure microscopique, appliquée aux alliages de cuivre et de zinc, d’après les procédés très simples que nous avons indiqués permet d’obtenir, au point de vue pratique, les résultats suivants :
- Elle permet de classer les alliages en trois catégories correspondant à des propriétés mécaniques assez bien définies; la première catégorie correspond aux alliages très malléables à froid; la deuxième, aux alliages à grande résistance, moins malléables que ceux de la première catégorie, mais forgeables à chaud; la troisième catégorie comprend des alliages très variables dont le caractère commun est la fragilité, ce qui suffit à les faire rejeter pour les applications. De plus, l’étude de la structure permet de déterminer, approximativement, le travail subi par le métal, surtout clans le cas des alliages de la première catégorie.
- On pourra déterminer si le métal a été coulé et, d’après les dimensions du grain, savoir à peu près dans quelles conditions (haute ou basse température, moulage en sable ou en coquille), s’il a été écroui, s’il a été recuit à une température plus ou moins élevée, enfin, s’il a été brûlé.
- L’étude de la structure pourra peut-être fournir bien d’autres renseignements; actuellement, elle nous paraît déjà susceptible d’applications utiles, non pas pour remplacer l’analyse chimique, mais pour compléter cette opération par des données que la chimie seule est impuissante à fournir.
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- ANNEXES
- PROPRIÉTÉS DES ALLIAGES DE CUIVRE ET DE ZINC
- ANNEXE I
- N O T E S B I B L I O R R A B H I Q U E S
- On trouve des renseignements sur les alliages de cuivre et de zinc dans un grand nombre d’ouvrages et de mémoires; nous avons cru devoir citer ici certains passages de quelques ouvrages qui nous ont paru résumer assez complètement les résultats obtenus jusqu’ici.
- Robert H. Thurston, A Treatise on Brasses, Bronzes and other AUoys.
- New York, Wiley and Sons, 1893.
- L’ouvrage du professeur Thurston comprend deux chapitres relatifs aux alliages de cuivre et de zinc : le chapitre V intitulé : « Les laitons et autres alliages de cuivre et de zinc », et le chapitre X intitulé : « Résistance des laitons et autres alliages de cuivre et de zinc. » Le chapitre Y résume la plupart des travaux effectués avant 1880 dans le tableau 1 reproduit ici. Voici l’indication bibliographique de ces travaux, avec l’abréviation qui sert à les désigner dans le tableau :
- Abréviation.
- Bolley, Essais et recherches chimiques. Paris, 1869.................... Bo.
- Croockewitt, Erdmann’s Journal, XLV, 1848.............................. Cr.
- Calvert et Jonhson, Philosophical Magazine, 1850, 1858, 1859........... CJ.
- Matthiessex, Philosophical Transactions, 1860, 1864.................... Ma.
- Mallet, Philosophical Magazine, 1842................................... Ml.
- Riche, Annales de chimie et de physique, 1873.......................... Ri.
- Rapport du comité des alliages métalliques du United States Board
- (Recherches de Thurston)............................................ U. S. B.
- Wiedemann, Poggendorff’s Annalen, 1859................................. We.
- Le chapitre X résume les expériences effectuées en 1880 par le professeur Thurston pour le compte du gouvernement des Etats-Unis; ces expériences ont porté exclusivement sur des métaux fondus. « Les barres obtenues par fusion directe étaient d’abord essayées à la flexion ; les deux morceaux provenant de chaque essai de flexion étaient tournés et essayés à la traction et les quatre fragments ainsi obtenus étaient essayés à la torsion; quelques essais furent effectués par compression. Les tournures obtenues dans la confection des barreaux de traction étaient analysées; on déterminait aussi le poids spécifique. Le poids total de chaque moulage était de 4k,5. » (Loco citato, p. 369, 370.)
- Une remarque s’impose à propos de cette conduite des essais; il est à craindre que les essais de traction, et surtout les essais de torsion effectués en dernier lieu, n’aient été influencés par les déformations antérieurement subies parle métal.
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- COMMISSION DES ALLIAGES. —- FÉVRIER 1896.
- Les résultats moyens ont été reproduits en partie dans le tableau 1, p. 210. Le tableau 2 donne, avec plus de détails, les chiffres relatifs à des essais de traction, de flexion, de compression et de torsion.
- Les graphiques ci-joints, fig. 9, représentent, d’après le professeur Thurston, la variation des propriétés en fonction de la composition.
- § 239, p. 406, loc. cit. Comparaisons des résistances.
- « Les courbes de résistance à différentes sortes d’efforts montrent qu’elles ont une relation déterminée dépendant de la composition dans certaines régions, mais suivant des lois très differentes dans d’autres régions-
- « Les alliages contenant de 17 à 30 p. 100 de zinc montrent une remarquable uniformité dans toutes leurs propriétés. Ils ont presque tous la même résistance et presque la même ductilité, cette dernière décroissant légèrement quand la proportion du zinc augmente. Ils sont semblables de couleur et d’aspect, au point qu’on peut à peine les distinguer les uns des autres. Leurs modules d’élasticité sont à peu près les mêmes.
- « Toutes les barres contenant moins de 11 p. 100 de zinc sont défectueuses et leurs résistances sont certainement plus faibles que celles que l’on aurait observées avec des moulages sains.
- « Entre les compositions contenant de 30 à 36 p. 100 de zinc, il se produit une rapide augmentation de la résistance.
- « Entre les compositions contenant de 36 à 32 p. 100 de zinc se trouve un autre groupe d’alliages qui comprend l’alliage de résistance maximum à la flexion, la traction, la torsion, mais non à la compression... L’alliage de résistance maximum contient environ 41 p. 100 de zinc. La résistance à la compression de ce groupe ne présente aucune relation avec les résistances à la traction, à la flexion, à la torsion; elle augmente régulièrement avec la proportion de zinc; le maximum de résistance à la compression est probablement atteint pour un alliage contenant plus de 55 p. 100 de zinc. La ductilité de ce groupe ne présente aucune relation avec la résistance; elle décroît toujours quand la proportion de zinc augmente. »
- A. Guettier, La Fonderie en France. Paris, Bernard et C'% 1882, tome III,
- p. 4o. Alliages de cuivre et de zinc.
- « La malléabilité, la ductilité, la douceur, la finesse du grain, semblent croître en même temps que la proportion du zinc augmente, disparaître quand la proportion des deux métaux tende à s’égaliser, puis revenir à un degré moins prononcé mais sensible quand la base est fournie par le zinc.
- « Depuis l’alliage cuivre 99-zinc 1, jusqu’à celui de ces deux métaux en quantités égales, les alliages cuivre-zinc sont tous d’un usage industriel bien constaté. A faibles doses de zinc, comme dans tous les alliages qui ne dépassent paé 80 de cuivre et 20 de zinc, les composés sont nerveux, tenaces, très malléables, très ductiles et leur défaut le plus essentiel est de n’être pas économiques.
- « Les composés qui prennent leur place entre les proportions cuivre 80-zinc 20 et cuivre 65-zinc 33, sont ceux que les besoins de l’industrie empruntent le plus , souvent.
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-
- Mèche maxima avant rupture
- .Extension d'une fibre à la torsion
- Æongemenl à la
- traction
- .Moment de torsion maximum
- Résistance à h. traction
- *0 50
- Teneur en zinc
- Fig. 9. — Courbes de Thurston.
- Courbe u" 1. — Charge maxima à la flexion. Courbe n° 2. — Charge maxima à la traction. Courbe n0 ü. — Moment maxima (1e torsion.
- Courbe n“ 4. — Allongement à la traction.
- Courbo n° 5. — Extension (l'une libre à la torsion. Courbe tV1 (>. — Flèche totale à la rupture.
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- 214
- COMMISSION DES ALLIAGES
- FÉVRIER 1891».
- FORMULE COMPOSITION DO MÉLANGE PRIMITIF COMPOSITION PAR ANALYSE
- ATOMIQUE Cu Z n Cu Zn
- 100 0 „ „
- 100 0 » »
- 100 0 » »>
- 100 0 » »»
- 100 0 »>
- 100 0 » >»
- 100 0 » »,
- 99,15 0,85 » »,
- 97,80 2,20 » »,
- 97,50 2,50 97,83 1,88
- 97,20 2,50 )) '»
- 93 0 96,07 3,79
- 93,6 6,4 » »
- 92,5 7,o 92,32 7,68
- 92,5 7,5 »» „
- 92 8 » „
- 91 9 », „
- Cuio Zn. 90,72 9,28 >> »,
- 0uin Zn. 90,65 9,33 » 9,60
- 90 10 90,36 9,42
- 90 10 V. »,
- Ciin Zn. 89,80 10,20 '> „
- 88,89 11,11 » »
- Cus Zn. 88,60 S 1,40 »> »
- 87,50 12,50 <88,94 10,97
- Cu7 Zn. 87,30 12,70 .. „
- 86,67 13,33 » »>
- 86.38 13,61 » „
- 86 14 » »»
- 85.50 14,30 1) »,
- Cu,», Zn. 85,4 14,6 » »,
- Cuo Zn. 85,31 14,66 >» 1 4,90
- 85,3 14,7 » »,
- 85 15 89,80 10,06
- 83 15 » »>.
- S4,0 1 O, », ,,
- 84,21 15,79 », ,,
- 83,99 17,1 „ »
- Cu„ Zn. 83,02 16,98 >, „
- Cu., Zn. 82,95 17,05 >>
- 82,54 17,46 »,
- 82,5 17,5 82,93 16,98
- 82,46 17,54 >, ,,
- 82,3 17,7 », M
- 80 20 81,91 17,90
- Cm Zn. 79,63 20,35 » „
- Cm Zn. 79,56 20,44 „ „
- Cm Zn. 79,51 20,49 „ 21,80
- 77,9 22 ” 1)
- ORDRE
- POIDS DE
- COULEUR CASSURE TÉNACITÉ DUCTILITE
- SPECIFIQUE (Mallet)
- 8,874 Rouge. Fibreuse. 19,371 ))
- 8,667 Rouge brique, Terreuse. 38,793 8
- 8,921 >- »
- 1) )) »
- 8,952 »> »
- » )) »
- 8,672 17,073 ))
- 8,791 Jaune rouge. Vésiculaire. 19,177 »
- » » ))
- 8,825 Jaune rouge. Vésiculaire. 8,096 ))
- 8,746 Jaune rouge. Vésiculaire. » »
- ,» Rouge jaune. Grossièr.crist. 19,081 6
- 8.605 » »>
- 8.83 4 Jaune rouge. V ésiculaire. )) »
- 8,773 »
- 8,607 Rouge jaune. Finement, crist. 18,135 4
- » » »
- 8,633 Rouge jaune. Finement crist. 20,185 >
- » Jaune rouge. Vésiculaire. )) »
- 8,587 Finement crist. 20,816 9
- » »
- )) ))
- 8,591 Jaune rouge. Fibreuse. 22,235 O
- 8,710 Rouge jaune. Terreuse. ” ’>
- 8,656 ’> ’>
- •> » ))
- » )>
- » »> »
- 8,415 llougc jaune. Finement crist. 21,604 J1
- 8,673 ” »
- 8,633 Rouge jaune. Terreuse. 22,950 «
- 8.598 Jaune. Terreuse. 22,999 »
- » Jaune rouge. Finement crist. 37,261 7
- 8,680 » »
- 8,638 »
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-
-
-
- TABLEAU 1
- DUCTILITÉ RELATIVE (Thurston) DURETK (Mallet, Calvert et Johnson) ORDRE DK MALLÉABILITÉ (Mallet) ORDRE DK FUSIBILITÉ (Mallet) COÜH'UCTIRII.ITÉ POUR LA CHALEUR Ag = 100 CONDUCTIBILITÉ POUR l’électricité A$'—100 RÉFÉRENCES REMARQUES
- 30,8 7) )) „ U.S.B.
- ») 22 1 15 » 7) Ml.
- » » » » 7) 93,16 Ma.
- 7) 30,1 >, 81,1 » C.J.
- )) ,, >, ,) )) » Mar. Tôle de cuivre.
- » » » > 73,6 79,3 We.
- )» » >, » » » Wc. Moyenne de 9 échantillons.
- )) „ » » „ » Bo. Tombac pour boutons.
- » » » » » .» )) Tombac rouge de Vienne.
- 118,9 „ „ » » » U.S.B.
- ,) >, „ » -> Bo. Coussinets; métal poreux.
- 37,9 „ >, >, „ >» U.S.B.- Barre défectueuse.
- >, „ „ „ „ Bo. Pinchback.
- 1) „ ,) „ „ » U.S.B.
- »> » » )) ,, » Bo. Coussinets (Autriche).
- » „ >, „ » Bo. Tombac rouge de Paris.
- )» » )» » » . Bo. Tombac.
- » 21 13 14 » » Ml.
- )) „ » ,) „ >» Ri. Poids spécial du lingot 8,733.
- 169,1 „ „ „ „ » U.S.B.
- » „ » „ „ »> Bo. Oréide français.
- .. 20 il 13 )) » Ml.
- „ „ » » 27,3 25,5 AVe.
- « 19 10 12 „ » Ail.
- » ,) » „ >, U.S.B.
- .. 13 9 11 » » Ml.
- „ )) 29,9 30,9 AVe.
- „ JJ » Bo. Moulages délicats.
- j .j Bo. Ornements de Hanovre.
- 7> „ Bo. Oréide français.
- 17 8 10 » Ali.
- „ Ri. Poids spécifique de la poudre 8,584.
- )} Bo. Joailleries de Paris.
- 250,1 „ U.S.B.
- 7) » Bo. Tombac d’Oker.
- „ jj » Bo.
- n jj Bo. Tombac pour boutons.
- ,j Bo. Poudre de bronze.
- )) 16 2 9 „ „ Mi. Alétal de Bath.
- 427,08 » 7) 71,5 » C.J.
- » )> „ „ Bo. Alliage pour joaillerie.
- 105,3 „ >, » » » U.S.B.
- » » 31,1 29,2 Wc.
- jj „ Bo. Ornements.
- 113,1 » » „ » „ U.S.B.
- 15 3 8 „ » AU. Laiton hollandais.
- •468,75 „ n 66,6 » C.J.
- JJ „ » Ri. Poids spécifique de la poudre 8,367.
- 1* » » ” ” ” Bo. Feuille d’or de Vienne.
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-
-
-
- 216
- COMMISSION DES ALLIAGES
- FÉVRIER 18%.
- FORMULE
- ATOMTQrH
- Cu:) Zn. Cii;t Zn.
- Cn. Zn. Cu-j Zn. Ciu Zn.
- Cil:! Zllj. Cii:i Zn-j.
- Cu Zn. Cu Zn. Cu Zn.
- CO MPC DU MÉLANC Cu ISITION K PRIMITIF Z 11 COMPC PAR A Cu )SITION NÀLYSE Zn roms SPÉCIFIQUE COULEUR ('ASSURE TÉNACITÉ ORDRE DE DUCTILITÉ (Mallet)
- 77,0 22,5 79,39 22,45 8.574 Jaune. Terreuse. 25,083
- 75,7 24.3 » », », », >,
- 75 25 76,65 23,08 8,528 Jaune. Terreuse. 21,486 ,
- 74,62 25,38 » »> >» >» »,
- 7 4.58 25,42 », „ 8,397 Jaune pâle. Finement crisl. 20,658 10
- 74,48 25,52 ». », 8,576 >» »,
- 72,78 27,27 »» » » »> »,
- 72,5 27,5 73,20 26,47 8.465 Jaune. Terreuse. 22,232 „
- 72 28 » „ »
- 71.5 28,5 ». », » >» »,
- 70,1 29,9 », „ », >» „
- 70 30 71.20 28,54 8,4 44 Jaune. Terreuse. 21,479 >,
- 67,74 32,26 », », » »
- 67,5 4 32,46 >. » » »» >,
- 67,5 32,5 69,74 30,06 8,38 4 Jaune. Terreuse. 19.796 „
- 67,2 32,8 „ », »,
- 66,7 33,3 », ,, .
- 66,6 33,4 », „ » » ,,
- 66.18 33,82 », » 8,299 Jaune. Finement erist. 19.712 :î
- 66.16 33,84 „ », 8,392 »»
- 66.06 33.94 „ » 8,488 „
- 66 34 », » », »»
- 65,98 34,02 3 \, 5 8.410 », ,,
- 65,4 34.6 », „ »»
- 65,8 3 » „ >» ».
- 65 35 66,27 33,50 8,37! Rouge jaune. Terreuse. 26,611 »,
- 63 3 4,76 »» », »»
- 68,5 36,5 » » >» »
- 62,5 37,5 63,44 36,36 8.411 Rouge jauiu». Terreuse. 3 4.003 >.
- 61,25 38.75 „ „ »
- 60,8 39.2 „ », », »,
- 60,16 39,7! » „ »» ». „
- 60 40 60,9 4 38,65 8,40.", Rouge jaune. Terreuse. 28.909 »
- 60 40 » „ »> »,
- 59,5 40,5 „ », „ )(
- 59,86 40,64 8.224
- 59,26 40,7 4 », 40,10 8,412 », ,,
- 58,88 41,77 »» ,» », »
- 57,5 42,5 58.49 41.10 8,363 Rougi» jaune. Terreuse. 35,516 »,
- 55 45 » >» » „ „
- 55 45 55.15 44,44 8.283 31.173 »
- 54.9 45,1 » »» »» " >P
- 54 46 »» >» „ »,
- 52,5 47.5 .">4,86 4 4,78 8,30! 32,665 „
- 50 50 49,66 50,14 8,291 21,817 »,
- 49,47 50,53 » »» 8.230 Jaune. Gro-sièr. cris!. 14.508 12
- 49,32 50,68 „ » 7,808 >,
- 49,23 50,76 » 50,30 8,30 4 » v,
- 47,5 52,5 48,95 50,82 8,216 Gris ruse. • Irain griissier. 18,339 »
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-
-
- TABLEAU I
- 217
- DUCTILITÉ RELATIVE (Thurston) dureté (Mallet, Calvert et Johnson) ORDRE DE MALLÉABILITÉ (Mallet) ORDRE DE FUSIBILITÉ (Mallet) C0MHJCT1BIMTÉ POUR LA CHALEUR Ag = 100 COKDlCTIBILirÉ POUR l/ÉLECTRICITH A g- = 100 RÉFÉRENCES. REMARQUES
- 97,5 „ » » » U.S.B.
- „ „ », », », » Bo. Métal de Bristol.
- 76,7 „ « » >» » U.S.B.
- „ „ >» », », >» Bo. Doublage de navires.
- » 14 'k 7 », » Ml. Laiton laminé en feuilles.
- » 468,75 » „ 63,8 »> C.J.
- ,, » », „ „ » Bo.
- 88,7 )J », „ » »» U.S.B.
- » » », », Bo. Chrysorinc.
- » „ „ „ )) », Bo. Tombac.
- >, » », „ „ » Bo. Forgeable.
- 77.8 », ,, » „ »» U. S. B.
- » »» » »» 25,8 25,4 We. V
- » » » „ >, » Bo. Laiton forgeable.
- 49,1 » » », „ „ U.S.B.
- >, » „ >, >, „ Bo. Métal de Bristol.
- » >, », „ », Bo. Chrysorinc.
- », », », », „ »» Bo. Laiton commun.
- » 13 6 6 '> > Ml. Cr
- ,, 472,92 „ 62,1 » C.J.
- >. „ »> „ », Bo. Laiton forgeable.
- » „ ». », „ », Ri. Poids spécifique de la poudre 8,390.
- » )) », >, „ „ Bo. Bon fil de laiton.
- » „ „ » „ » Bo. Or de mosaïque.
- 72,8 „ », „ „ », U.S.B.
- )> )) )) „ „ Bo. Laiton forgeable.
- » „ „ ), » Bo. Laiton forgeable.
- 60,6 „ „ ' „ U.S.B.
- », „ ,, >) „ Bo. Soudure forte pour laiton.
- ». „ „ „ Bo. Métal de Bristol.
- »» „ „ „ Bo. Laiton forgeable.
- 49,0 „ „ „ U.S.B.
- >» » „ » „ », Métal de Muntz.
- » » )) ), „ Bo. Doublage de navires.
- » „ j, )} „ Cr.
- )) » „ », Ri. Poids spécifique de la poudre 8,329.
- » », „ „ , „ Bo. Laiton forgeable.
- 12,1 „ ), V, „ U.S.B.
- » „ „ )t „ Bo. Métal de Batli.
- J 9,5 „ „ „ U.S.B.
- »» r, „ >> „ „ Bo. Laiton très ductile (Slorer).
- »> »> „ ,» Bo.
- 7,4 » „ », „ », U.S.B.
- 8,1 » „ „ „ » U.S.B.
- » 12 6 „ Ml. Laiton allemand.
- » 604,17 >, „ 68,8 » C.J.
- )) » », „ >, Ri. Poids spécifique du lingot 8,263.
- I 0,36 » ” 11 » 11 U.S.B.
- Tome I. — 95° année. oc série. — Février 1896.
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-
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- 218
- COMMISSION DES ALLIAGES
- FÉVRIER 1896.
- FORMULE ATOMIQUE COMPO DU MÉLAN'G Cu SITION E PRIMITIF Zn COMPO PAR A Cu SITION XALYSE Zn POIDS SPÉCIFIQUE COULEUR CASSURE TÉNACITÉ ORDRE DE DUCTILITÉ (Mallet)
- 45 55 47,56 52,28 17,001 „
- 43 57 )) )) » » ))
- 42,5 57,5 43,36 56,22 8,034 Gris rose. Grain fin. 6,455 ))
- 40 60 41,30 58,12 8,001 Blanc d’argent. Vitreuse conclu 2,623 ))
- Cu2 Zi)3. 39,27 60,73 » 60,35 8,171 » »
- 37,5 62,5 38,36 61,05 7,982 Blanc d’argent. Conchoïdale. 2,173 ))
- Cu3 Zn5. 36,88 63,12 » » 7,939 » »
- 35 65 36,62 62,78 7,97 4 Blanc d’argent. Conchoïdale. 1,869 »,
- 33,34 66,66 » )) » » »>
- Cu Zn-2. 32,85 67,15 » » »» 30,435 1
- Cu Zn2. 32,74 67,26 » »» »» » ))
- CuZno. 32,66 67,34 )) 64,80 8,048 Jaune foncé. Grossier, crist. >» »
- 32,5 67,5 35,68 63,71 7,966 Blanc d’argent. Conchoïdale. 1,687 „
- C lift ZlliT- 31,52 68,48 >» ». 7,721 — — 3,311 0
- Ciis Zn18. 30,30 69,70 )) >» 7,836 — — 3,469 0
- 30 70 32,94 66,23 7,811 — — 1,248 »
- Cus Zn,9. 29,17 70,83 1) »» 8,019 Gris d’argent. — 1,103 0
- Cu« Zn20. 28,12 71,88 » .» 7,603 Gris cendré. — 5,046 0
- 27,5 72,5 29,20 70,17 7,766 Gris clair. — 4,515 „
- Cu» Zn-2i. 27,10 72,9 » »> 8,058 Gris d’argent. - 1,419 0
- Cu« Zn22. 26,24 73,76 >. »» 7,882 1,261 0
- 25,4 74,6 » »> », » „
- Cun Z1133- 25,39 74,61 » » 7,443 Gris cendré. Finement crist. 9,304 0
- 25 75 » ,» 7,675 Gris bleu. Grain fin. 6,814 ))
- C'u Zn3. 24,64 75,36 » »» 7,736 » ))
- Cu Zn3. 2 4,5 75,5 )) >» 7,449 Gris cendré. Finement crist. 8,042 0
- 22,5 77,5 21,82 77,43 7,416 Gris bleu. Grain fin. 4,928 ))
- 20 80 20,81 77,63 7,418 6,336 »
- 20 80 » „ >, » ))
- Cu Zni. 19,65 80,35 » », 7,371 Gris cendré. Finement crist. 2,996 0
- Cu Zn(. 19,57 80,43 )) »> 7,445 » ))
- Cu Znt. 19,52 80,48 » 79,30 7,863 )) »
- 17,5 82,5 17,49 81,62 7,225 Gris bleu. Grain fin. 3,766 »
- Cil Zü;,. 16,36 83,64 » 7) 6,605 Gris très somb. Finement crist. 2,838 0
- Cu Z115. 16,30 83,70 )) » 7,442 » •»
- 15 85 14,19 85,10 7,163 Gris bleu. Grain fin. 5,984 »
- 12,5 87,5 12,12 86,67 7,238 8,738 »
- Cu Zns. 10,82 89,18 » 89,90 8,315 „ >)
- 10 90 10,30 88,88 7,253 Gris bleu. Grain fin. 10,172
- 7,5 92,5 7,20 92,07 7,131 — — 7,497 „
- 0 95 4,35 94,59 7,108 — Finement crist. 12,717 „
- 2,5 97,5 2,45 96,43 7,080 — Cristaux tabuh 8,025 „
- 0 100 » 7) 7,143 Blanc bleuâtre. — 3,801 )>
- 0 100 » » 6,895 Gris bleu. 23,969 13
- 0 100 » „ 7,148 )}
- 0 100 „ »
- 0 100
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- TABLEAU I.
- 219
- ductilité RELATIVE (Thurston) dureté (Mallet, Calvort et Johnson) ORDRE DE MALLÉABILITÉ (Mallet) ORDRE DE FUSIBILITÉ (Mallet) CONDUCTIBILITÉ POUR LA CHALEUR Ag —100 CONDUCTIBILITÉ POUR I.'ÉLECTRICITÉ Ag — 100 RÉFÉRENCES. REMARQUES
- 0,26 )> » „ », » U.S.B.
- „ >, » -> » » Bo. Ecussons de serrures.
- 0.02 » ,» » U.S.B.
- 0,01 » » » » U.S.B
- )) » > » » >» Ri. Poids spécifique du lingot 8,039.
- 0,02 » » » ». >» U.S.B.
- » » » » » » Cr.
- 0,006 » .. » „ U.S.B.
- >, » )) » » » Bo. Soudure forte pour laiton.
- » 10 7 6 » » Ml. Laiton d’horloger.
- » Cassé » >» 42,8 » C.J.
- >, „ ’> >» » -» Ri. Poids spécifique du lingot 7,796.
- 0,11 „ >' » „ » U.S.B.
- )) Ü 22 5 », » Ml. Très brisant.
- „ 0 23 5 „ >» Ml.
- 0,005 „ » »» - „ U.S.B.
- » 7 21 0 », »» Ml. Très brisant.
- » 3 19 5 ,, » Ml. Brisant.
- 0,09 „ » » »» » U.S.B.
- » 8 18 „ >» Ml. Brisant.
- » 9 20 a )) » Ml. Très brisant.
- » » >» » « Bo. Protège le fer de la rouille..
- 1) 1 15 O >, „ Ml. A peine malléable.
- 0,002 >, „ » >, U.S.B.
- ” Cassé » „ 53,1 » C.J.
- » 2 16 4 >, » Ml. Brisant.
- 0,004 0,002 » : » » U.S.B. U. S. B.
- » » » », Bo. Métal pour boutons.
- » 4 14 3 >, >» Ml. Métal blanc pour boutons.
- » Cassé » '» 58,9 » C.J.
- 11 » >, i) », Ri. Poids spécifique du lingot 7,215.
- 0,003 » „ ,, >» IJ.S.B.
- » 11 17 2 », » Ml. Brisant.
- » Cassé )) » 59,5 « C.J.
- 0,004 „ »» ,, U.S.B.
- 0.009 » »> » », IJ.S.B.
- ” -, !, » » Ri. Poids spécifique du lingot 7,299.
- 0,10 » » » >, U.S.B.
- 8,04 )) „ „ >, U.S.B.
- 0,84 2,67 » » » » U.S.B. U.S.B.
- 26,51 „ » ,, >, U.S.B.
- 23 12 1 ,, ». Ml. Brisant.
- )) » » 29,02 27,39 Ma.
- » » ». 62,8 )) C.J.
- 28,1 27,3 We.
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- 220
- COMMISSION DES ALLIAGES
- FÉVRIER 1896.
- COMPOSITION DU MÉLANGE ANALYSE DE L’ALLIAGE K S S A I S A LA FI Sur des barres carrées de Üm,02ë de côté j E X IO N ; distance des appuis l"1,10 CHARGE —
- POIDS MODULE RÉSISTANCE MODULE FLÈCHE par millim.
- CUIVRE ZINC CUIVRE ZINC SPÉCIFIQUE DE RUPTURE EN KILOGR. PAR CENT. CARRÉ LIMITE d’élasticité VIVE EN K IL. POUR UNE FLÈCHE DE 0m,09 D ÉLASTICITÉ EN KILOG. PAR CENT. CARRÉ AVANT RUPTURE EN CENTIMÈ- TRES DE IA SECTION PRIMITIVE
- 90,0 10,0 90,56 9,42 8,773 57,9 »
- 87,5 12,5 88,94 10,97 8,747 » » » » » »
- 85,0 15,0 89,80 10,06 8,656 » 53,3 » « » »
- 82,5 17,5 82,93 16,98 8,633 1623,8 41,2 22,673 1009,759 non cassé. 22,1
- 80.0 20,0 81,91 17,99 8.598 1 483,5 45,2 19,444 872,886 kl. 22 1
- 77.5 22.5 77,39 22,45 8,574 1776,2 4 4,4 21,110 1031,412 Id. 25,0
- 75,0 25,0 76,65 23,08 8,528 1562.7 50,0 20.189 938,513 Id. 21,4
- 72,5 27,5 73,20 26,47 8,465 1808,6 43,2 26,164 915,696 Id. 21,5
- 70.0 30.0 71,20 28,54 8,444 1712,7 51,4 22.273 982,472 kl. 21.4
- 67.5 32,5 69,74 30,06 8,384 1885,1 46,1 27,138 879,601 Id. 19,8
- 05.0 35,0 66,27 33,50 8,371 1992,1 5 *>, 7 31,312 968,187 Id. 26,5
- 62,5 37,5 63,44 36,36 8,411 3026,1 53,3 36,825 987,090 Id. 32,5
- 60.0 40,0 60,94 38,65 00 7^ o 2727,7 56,1 29,214 856,234 Id. 28,5
- 57,5 42,5 58,49 41,10 8,363 4431,3 47,5 54,427 829,500 kl. 35,4
- 55,0 45,0 5.7, 15 4 \ ? 4 4 8,283 2972,4 37,5 27,220 667,672 kl. 31,1
- 52.5 47,5 54,86 44,78 8,301 3356,8 38,8 39,116 757,122 Id. 32,6
- 50,0 50,0 49,66 50,14 8,291 2342,7 34,0 9,498 810,214 0,5 21,8
- 47,5 52,5 48,99 50,82 8,216 2813.2 43,6 4,097 889,008 0,24 18,3
- 45,0 55,0 47,56 52,28 » 3392,9 33,1 12,644 981,908 0,46 17,0
- 42,5 57,5 43,36 56,22 8,034 1278,4 100,0 0,316 904,274 0,0 4 0,4
- 40,0 60,0 41,30 58,12 8,061 543,7 100,0 0,0 44 11 45,674 0,012 2,6
- 37,5 62,5 38,36 61.05 7,982 471,9 100,0 0,049 715,395 0,016 U
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- TABLEAU 11
- 221
- lîSSAIS A DE RUPTURE eanv I)U LA SECTION DE RUPTURE L A T K A C LIMITE d'élasticité T I 0 X ALLONGE- MENT p. ion KAPPORT DES SECTIONS 1)K RUPTURE K T PRIMITIVE K S * A LA COM CHARGE A L ’ É C R A S E M K N T PAR MILLIMETRE CARRÉ AIS 'RKSSION CONTRACTION }». 100 I MOMENT I) (“l kiloiiT MAXIMUM SS AI S A L S TORSION inmiètres LIMITE d'élasticité A TORSION DUCTI ANGLE DE TORSION EX DEGRÉS LITE EXTENSION DE IA ITERE EXTÉRIEURE
- )) 10,0 -10,320 17,2 158,0 1,60 |
- » " » '> " > 15.842 16.6 380,0 0,60
- )) » > » 20,8 10,0 11,462 27,9 607,0 2,50
- 10,1 26,1 26,7 0,76 » ’* 21,431 28,7 328.S 1,05 i
- 10,6 30,0, 31.4 0,75 „ '> 22,801 27,5 314,8 1,13 !
- 48,0 20,0 35,5 0,72 » 23,363 30.9 3 U, 5 0,07
- ! 35,8 21,6 35.8 0,79 20.5 10,0 22,830 26,0 266,5 0,76 1
- ! il,2 j 23,7 OC 5 0,71 ’> 23.266 28.3 292,7 0.88
- :S1,8 29,3 29,2 0.79 » » 22,576 21,0 268,7 o,7i ;
- 27 2 28,7 2»),7 0,85 » 10,780 23,9 202,3 o, 19 ;
- 40,2 25.1 37.7 0,75 » 21,370 -'0 4 256,8 0,72
- 40,2 32,8 3 !, 7 0.83 » 27.889 27,0 220,8 0,60
- 10,3 10,1 20.0,7 0,84 53,0 10,0 26.716 29,4 201,8 0,48
- 12,7 34, rk 10,09 0,00 » >' 31,326 30,6 92,5 0,12
- 40.6 11.0 15.31 0,80 51,0 10,0 28.800 32.7 1 00.0 0,10
- 37,8 53,9 7,97 0,02 ' 30,801 2 ft, \ 71,5 0,07 |
- 21,3 üi,'5 •1,07 0,96 82,5 10,0 23,763 36,0 37,8 0,03 |
- 26,2 100,0 !i. 81 0,98 > » 21,370 36,5 15,5 0,003 ! 7 i
- 17,2 100,0 0.70 0.09 85.0 10,0 21,321 38.5 13,1 0,002 -
- 6,4 100,0 '> » - ” 12,175 100.0 | 2,3 »
- 2,0 100,0 ” - » '1 .">20 100,0 1.8 '
- 1,1 100,0 '' » 1,126 1110,0 0,75 i
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- 222
- COMMISSION DES ALLIAGES.
- FÉVRIER 1896.
- « Les cuivres dits laitons, ou alliages cuivre-zinc employés pour la construction des machines, sont le plus souvent composés aux proportions cuivre 75-zinc 25. L’économie à obtenir indique s’il est nécessaire de tenir la proportion du zinc au-dessus et au-dessous de cette limite.
- « L’alliage par parties égales, cuivre 50-zinc 50, où déjà la combinaison est difficile parce qu’il s’y perd une grande quantité de zinc, nous a donné, en apparence, c’est-à-dire à l’examen de la texture et du poli après la lime, les caractères d’un bronze à partie d’étain... Mais si, àl’examendes qualités extérieures, cet alliage joue le bronze, il est facile de reconnaître qu’il manque de dureté, de cohésion et même de couleur, car son poli, un instant éclatant, est bientôt terni.
- « Les alliages de cuivre et de zinc, une fois qu’ils ont dépassé les limites 80 sur 50, ne nous paraissent pas devoir être sujets à des études plus approfondies.
- « Les usines qui fabriquent du laiton en planches et en fils n’ont pas manqué d’essayer les alliages cuivre et zinc à leurs diverses proportions; elles ont trouvé des résultats peu en rapport avec leurs besoins en tenant le cuivre au-dessus des proportions Gu 65-Zn 35. Leurs essais au delà de cette combinaison coïncident avec les nôtres. Nous en citerons quelques-uns à titre de documents comparatifs :
- Cuivre. Zinc.
- 30 70 Alliage sec. Cassure grise et lamelleuse à la manière du zinc.
- 35 65 Sec et plus fragile que le verre. Cassure conchoïde et brillante comme de l’argent.
- 40 60 Même sécheresse; fragilité et éclat avec légère nuance jaune.
- 45 55 Cassant; d’une couleur gris rougeâtre ou violâtre à la cassure.
- 50 50 Peu tenace, s’arrachant par filaments d’un beau jaune d’or. Très dura la lime qui fait disparaître cette belle couleur.
- 55 45 Plus tenace et plus résistant que le précédent; les stries de la cassure deviennent un peu plates avec lamelles, les unes jaunes, les autres rougeâtres.
- 60 40 • Résistant. Il a fallu commencer à l’ouvrir avec la tranche pour le rompre. Les lamelles de la cassure sont plates et d’un gris jaune.
- « Ces alliages viennent confirmer ce que nous avons dit en principe, que les combinaisons les plus utiles sont celles qui se trouvent placées entre les proportions Gu 80-Zn 20 et Gu 65-Zn 35. »
- Même ouvrage, tome III, p. 84.
- « La composition du métal destiné au laminage demeurerait sensiblement dans les limites 2 Gu pour 1 Zn, pour ce qui concerne les laitons dits de premier titre. Il semble démontré qu’une proportion de zinc plus faible ne donnerait pas un métal malléable à chaud, au même degré du moins que celui dont nous parlons et sans l’assistance plus ou moins prononcée du plomb et de l’étain. Mais, dans les laitons dits de deuxième titre, on est parvenu à introduire du zinc jusqu’à la proportion de 40 parties sur 60 parties de cuivre. La couleur de cet alliage est d’un blanc pâle, la cassure présente une structure fine et serrée ; la densité atteint 8,45, tandis que, par le calcul, elle ne devrait donner que 8 environ, d’où il faut conclure qu’il y a contraction dans la formation de l’alliage. L’alliage, qui doit être considéré comme un composé chimique à
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- ALLIAGES DE CUIVRE ET DE ZINC.
- m
- proportions définies, est plus dur que le cuivre, très difficile à rompre et malléable au point de se forger aisément à chaud et de subir l’opération du planage à froid. »
- Les travaux de Mallet, Riche, Thurston, etc. se trouvent également résumés dans les ouvrages suivants :
- .1. Percy, Traité complet de métallurgie, traduction française de Petitgaud et Ronna. Baudry, 1887, tome V, p. 537 à 564. Du laiton.
- Ledebur, Les alliages métalliques, leurs emplois dans Vindustrie, traduction française de Seligmann. (Fritcli, 1894.)
- Arthur Hiorns, Mixed Métal or metallic Alloys. Londres, Macmillan et Cie, 1890.
- Roberts Austen, Les alliages, traduction française de G. Richard. Gauthier-Villars, 1890.
- Louis Knab, Traité des alliages et des dépôts métalliques. Steinheil, 1892.
- Ponthiere, Les alliages de cuivre. Louvain, 1889.
- Paul Weiss, Le cuivre. J.-B. Baillière, 1874.
- H. Behrens, Dm mikroskopische Gefüge der Metalle und I egierungen. Léopold Woss, Leipzig, 1894.
- L’ouvrage de M. Behrens se divise en deux parties. La première est consacrée aux généralités, à ta description des procédés de préparation des plaquettes, des appareils d’observation, etc.; la deuxième partie est la description des expériences faites sur différents alliages : alliages d’or, d’argent, de platine, alliages d’étain, de zinc et de plomb, alliages du cuivre et alliages du fer. Les alliages de cuivre et de zinc sont décrits dans les paragraphes 45 et 46.
- M. Behrens indique, comme réactifs permettant d’attaquer les surfaces polies de laiton, les acides azotique, sulfurique, acétique, la lessive de potasse, l’ammoniaque, la liqueur de Fehling, le sulfate de cuivre seul ou acidulé, enfin l’oxydation par chauffage au contact de l’air.
- « Le laiton rouge a, jusqu’à 8 p. 100 de zinc, la texture du cuivre contenant de l’oxydule. Sur les faces cristallisées, des cubes bien formés dominent; sur les coupes attaquées, il y a un réseau irrégulier dont les fils deviennent plus épais à mesure que la teneur en zinc augmente, et permettent de reconnaître la trisection en un fil médian blanc et des coutures jaunâtres plus fortement attaquées par l’ammoniaque et la solution alcaline de cuivre.
- r Entre 10 et 20 p. 100 de zinc, on trouve une ramification des cristaux de cuivre semblable à celle des bronzes à canons, des images serrées et rapiécées, des croix, des feuilles de trèfle à bras courts. »
- Les plus employés sont les alliages de 20 à 40 p. de zinc. Leur texture se rapproche de celle du bronze de cloches (agrégations cristallines en forme de branches de sapin, colorées en jaune, englobées dans une substance intermédiaire grisâtre ou blanchâtre) ; cependant les groupes de cristaux sont plus grands, leur construction plus riche, plus embrouillée. L’attaque de coupes transversales de cristaux permet de reconnaître une texture finement grenue. La substance intermédiaire se rapproche des cristaux comme volume et comme constitution... On ne peut pas observer de différence de dureté entre les cristaux et la substance intermédiaire.
- « Au rouge, tous les laitons contenant de 40 à 50 p. 100 de zinc sont ductiles. Cette propriété provient probablement de l’alliage Cu Zn, qui domine de plus en plus. Les rangées de cristaux deviennent plus minces et plus rares ; la différence de colo-
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- COMMISSION DES ALLIAGES.
- FÉVRIER 1896.
- ration entre les cristaux et la masse fondamentale s’unifie ; dans la dernière, une texture cristalline grenue augmente de plus en plus.
- a Dans le laiton à 50 p. 100 de zinc il ne reste rien de la texture tricotée décrite plus haut. Les surfaces attaquées montrent le reflet soyeux propre au cuivre cristallin, et, sous un grossissement de 100 diamètres, on voit la même construction de cubes très petits disposés en rangées.
- « La dureté des alliages de cuivre et de zinc qui, jusqu’à 50 p. 100 de zinc, restait presque sans changement, augmente rapidement entre 50 et 60 p. 100 de zinc... La dureté et la fragilité augmentent avec la teneur en zinc jusqu’aux environs de 70 p. 100 de zinc, où l’on atteint un point critique. La dureté la plus grande (4,5) semble appartenir à l’alliage Gu Zn2. Cet alliage est uniformément cuivré dans l’acide sulfurique étendu; çà et là, se montrent de petits cubes, tandis que d’autres places restent unies ; en outre, il se présente des cavités en forme de polygones irréguliers qui expliquent l’état cassant du métal. 11 sera difficile d’établir si la formule Gu Zn2 appartient à la série à tins cristaux ou à la catégorie amorphe, car la volatilité du zinc empêche une seconde fusion et rend difficile d’obtenir un mélange uniforme. Dans beaucoup de morceaux, cet alliage rappelle le bronze Gu4 Sn et dénote, comme ce dernier, un point critique dans une série d’alliages. Jusqu’à Gu Zn, les alliages de cuivre et de zinc sont mous, faciles à faire cristalliser ; à partir de là ; la dureté augmente jusqu’à l'alliage Cu Zn2 (67,2 p. 100 de zinc) aux environs duquel la couleur passe du jaune au gris et l’aptitude à la cristallisation disparaît complètement pour reparaître avec augmentation de la teneur en zinc et diminution simultanée de la dureté. »
- Nous avons déjà cité, dans le cours de ce travail, les mémoires de MM. Pralon, A. Le Châtelier, Guillemin; dans l’ouvrage du professeur Thurston, sont signalés les travaux de Bolley, Croockewitt, Calvert et Jonhson, Matthiessen, Mallet, Riche. Parmi les études récentes, il faut encore signaler les suivantes :
- Roberts-Austen, Rapport du comité des alliages. Society of meclianical Engineers, avril 1893 (Bulletin de la Société d’encouragement, 1891 et 1893).
- L. Weiller, Nouveaux alliages industriels des métaux autres que le fer (Rapport présenté au Congrès des mines et de la métallurgie en 1889).
- Martens, Propriétés résistantes du cuivre (Mittheilungen Versucliungen, -1894).
- Unwjn, Résistance du cuivre et de scs alliages éi différentes températures (Engineering, 1889, tome II; — Revue des mines et de la métallurgie, 1890).
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- ALLIAGES DE CUIVRE ET DE ZINC
- ANNEXE II
- RÉSULTATS NUMÉRIQUES DES ESSAIS DE TRACTION
- TABLEAU I
- Alliages de la première série.
- TEMPÉRATURE DE RECUIT. X-' CHARGE maximum. 1 ALLONGEMENT p. 100. N" CHARGE maximum. 2 ALLONGEMENT p. 100. CHARGE maximum. 3 ALLONGEMENT p. 100.
- degrés. kilog. kilog. kilog.
- 0 45,7 2,2 31,7 4,6 56,6 0,8
- 500 28,0 36,6 30,6 39,0 33,3 38,2
- 600 27,5 36,9 28,9 45,0 31,9 47,0
- 700 25,7 40,8 28,4 45,0 29,3 52,0
- 800 26,1 46,0 27,5 48,1 27,5 54,0
- 900 22,1 44,6 23,7 50,7 26,7 55,0
- TABLEAU III
- Alliages de la deuxième série.
- TEMPERATURE N” 9 N° 12
- DE RECUIT. CHARGE maximum. ALLONGEMENT p. 100. STRICTION. CHARGE maximum. ALLONGEMENT p. 100, STRICTION.
- degrés. 0 kilog. )) kilog. 18,4 9,0 0,210
- 0 10,3 )) 1,000 19,7 18,1 0,210
- U'6 3,8 » 1,000 13,7 12,9 0,810
- 200 7,1 » 1,000 15,7 15,0 0,810
- 280 16,8 1,6 0,902 14,2 10,9 0,832
- 410 14,2 2,7 0,902 14,2 9,3 0,902
- 430 4,0 » 1,000 » >, »
- 350 7,8 0,33 1,000 )) »
- 600 13,0 .1,6 0,973 >, » »
- 680 14,2 2,0 0,975 ))
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-
-
-
- Allongement
- p. 100.
- Striction.
- Stridion
- 9U
- 968 T yamAM
- saovmv saci noissiimimoo
- Alliages de la deuxième série.
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-
- TEMPERATURE
- Allongement
- Strict ion
- p. 100,
- Allongement
- p. 100.
- o>az aa ia anAino aa saoymv
- Alliages de la troisième série.
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- 228
- COMMISSION DES ALLIAGES
- FÉVRIER 1896.
- ANNEXE III
- RÉSULTATS NUMÉRIQUES DES ESSAIS DE COMPRESSION
- TABLEAU V
- Alliages de la deuxième série.
- N> 4 N° 5 N° 6
- TEMPERATURE ÉCRASEMENT PRODUIT ÉCRASEMENT PRODUIT ÉCRASEMENT PRODUIT
- de PAR UNE CHARGE TOTALE DE PAR UNE CHARGE TOTALE DE PAR UNE CHARGE TOTALE DE
- RECUIT. 1000 2000 550C 1000 200(1 5500 looo 2000 5500
- kilo"-. kilo"’. kilog-. kilo". kilog. kilo". kilo". kilog. kilo".
- degri’s. ni ni. mm. mm. min. mm. mm. mm. mrn. mm.
- 0 0_jO 1,9 1,1 0,3 1,3 4,7 0,3 0,3
- 170 0.3 1,9 8,4 0,3 1,6 7,8 0,3 0,6 6,6
- 200 0,5 2,3 8,3 0,3 1.7 7,7 0,3 0,6 6.o
- 430 1,0 2,9 8,1 0,3 2,0 7,6 0.7 2,2 6.6
- 300 1,1 3,1 8,2 0,4 2,3 7,8 0,8 2,4 6,7
- 330 1,1 3,1 8,2 1,1 2,8 7,7 0,9 2,4 6,8
- 600 1.1 3,1 8.2 1,1 2,9 7,8 , 1,0 2,5 6,8
- 640 1,1 3,1 8,2 1,1 2,8 7,8 1,0 2,6 6,8
- 710 1,1 3,1 8,2 1,2 3,0 7,8 1,2 2,8 6,9
- 730 1,1 3,1 8,2 1,2 3,0 7,8 1,1 2,8 6,9
- O CO 1,1 3,1 8,1 1.2 2,9 7,7 1,2 2,8 6,9
- 830 1,1 3,1 8,1 1,3 3,0 7.7 1.3 3.0 7,0
- 900 1,1 3,2 8,1 1,3 3,1 7,8 1,3 3,0 7,0
- 950 1,2 3,2 8,2 1,4 3.2 7.8 1,4 3,0 7,0
- 1000 1,2 ;> 2 } y -1 8,2 ” w
- TABLEAl VI
- Alliages de la deuxième série.
- N° 7 N» 8 N» 9
- TEMPÉÏUTIRL ÉCRASEMENT PRODUIT ÉCRASEMENT PRODUIT ÉCRASEMENT PRODUIT
- do PAR UNE CHARGE TOTALE DE PAR UNE CHARGE TOTALE DE PAR UNE CHARGE TOTALE DE
- R E C ü I T. 1000 2000 5500 1000 2001 5500 1000 2000 5500
- kilo". kilog. kilog. kilog. kilog. kilog. kilo". kilog. kilog.
- degrés. mm. mm. mm. mm. mm. mm. mm. mm. mm.
- 0 0,3 0,5 5,8 0,3 0,5 4,7 0.55 1,23 3,8
- 170 0,3 0,6 6,1 0.3 0,6 3,0 0,6 1,3 4,0
- 200 0,3 0,3 6,0 0,3 0,6 4,9 0;5 1,2 3,8
- 430 0,5 2,0 6,1 0,3 1,2 •; o 0,6 1,3 brisé à 4860 kil.
- 500 0,6 o 2 -y-1 6,2 0,4 1,4 5 0,6 1,3 3,9
- 530 0,9 2,4 6,4 0,5 1,6 5,3 0,5 1,2 bris! à 5100 kil.
- 600 1,0 2,6 6,4 0,5 IG 5,6 0,5 1,25 brise à 5250 kil.
- 640 1,0 2,6 6,3 0,4 1,5 5,2 0.5 1,4 4,0
- 710 1,1 3,0 6,6 » » 0,6 1,5 brisé a 4925 kil.
- 750 1.3 2,9 6,6 )) » » 0,4 1,5 5,2
- 800 1,4 3,0 6,65 0,4 1,6 5,3 0,6 1,5 3.. 8
- 850 1,5 3,0 6,7 0,4 1,5 5,3 )) »
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-
- ALLIAGES DE CUIVRE ET DE ZINC
- ANNEXE IV
- RÉSULTATS NUMÉRIQUES DES ESSAIS AU CHOC
- TABLEAU VII
- Alliages de la deuxième série.
- NUMÉROS. H A I TETUS DE CHUTE. OBSERVATIONS.
- 0’",10 O to O 0"\30 0m,40 0',50 0' ,60 0m,70 0m,80
- degrés. degrés. degrés. degrés. degrés. degrés. degrés. degrés.
- 4 161 139 115 90 >, » » » Non cassé.
- 5 162 141 116 91 » >. Id.
- 6 164 143 120 95 67 >, y. » Id.
- 7 165 145 121 97 68 >, ,, >, Id.
- 8 170 156 139 120 101 78 » » Id,
- 9 168 >> Y> Cassé.
- Alliages de ia troisième série.
- 05 O IIA I 'TEURS DE CHUTE. OBSERVATIONS.
- -a % 0m,10 O CM ô O CO O ... . 1 O I 1 ® 0n,50 O CO O 0m,70 O i 00 j © j 1
- 13 degrés. 163 degrés. 113 degrés. 117 degrés. 92 degrés. 62 degrés. degrés. degrés. Nou cassé.
- 14 164 143 115 89 » » » Id.
- 15 165 144 116 90 » » Id.
- 16 168 152 132 111 88 >, » .. Id.
- 17 171 159 145 127 107 90 ». Id.
- 18 170 158 144 128 110 94 78 Cassé.
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- 230
- COMMISSION DES ALLIAGES.
- FÉVRIER 1898.
- ANNEXE Y
- POINT DE FUSION DES ALLIAGES CUIVRE-ZINC (1)
- Malgré les nombreuses études effectuées sur les propriétés physiques des alliages de cuivre et de zinc, on n’a jamais effectué de détermination précise des points de fusion et de leurs variations en fonction de la composition. Les seuls renseignements
- IIOÛ-
- 300.
- 60 50 4t
- Teneur en cuivre
- Fig. 10. — Diagramme des points de fusion des alliages cuivre-zinc.
- que l’on possède sur ce point sont dus à Mallet, qui indique, pour les différents alliages qu’il a examinés, un ordre de fusibilité exprimé en unités arbitraires.
- La mesure de ces points de fusion présente une certaine difficulté, même avec le pyromètre thermo-électrique Le Châtelier, car les vapeurs de zinc altèrent le platine
- (1) Ces mesures ont été faites avec Je concours de M. Maurice Lucas, licencié ès sciences physiques.
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-
- ALLIAGES DE CUIVRE ET DE ZINC.
- m
- avec une très grande rapidité et traversent facilement les enveloppes en terre. Pour effectuer ces mesures, nous avons enveloppé le pyromètre d’un petit tube de porcelaine de 3 millimètres de diamètre environ, dont l’extrémité était fondue au moyen d’un arc électrique de façon que la soudure des deux fils fût emprisonnée dans cette partie fondue. Le tube de porcelaine était placé verticalement dans un creuset contenant environ 100 grammes de l’alliage, de telle façon que la soudure fût à peu près au milieu du métal. L’alliage étant fondu avec un petit four Perrot, on l’abandonnait au refroidissement ; les indications du pyromètre étaient enregistrées photographiquement sur un cylindre mû par un mouvement d’horlogerie et entouré d’une feuille de papier au gélatino-bromure d’argent. On pouvait enregistrer sur une même feuille les courbes relatives à plusieurs alliages, ce qui permettait d’effectuer plus sûrement les mesures comparatives. Les résultats obtenus sont résumés dans le tableau suivant :
- Proportion de cuivre contenu dans l’alliage. Point de fusion. Proportion de cuivre contenu dans l’alliage. Point de fusion
- 100 degrés. 1054 39,7 degrés. 805-820
- 90,5 1020 31,0 790
- 80,3 1000 25,1 700
- 69,5 945 20,4 585-600
- 60,2 880 » 415
- 51,0 845-860
- Ces résultats sont interprétés graphiquement dans la figure 10. On voit que la courbe se compose de deux parties très régulières qui se rejoignent, suivant une forme mal déterminée, aux environs du point qui correspond à l’alliage CuZn 2 (32,8 p. 100 de cuivre). Il est à noter que les chiffres empiriques de Mallet indiquent nettement le même résultat. Les mesures de fusibilité apportent donc un argument de plus en faveur de l’existence du composé défini CuZn2, qui correspond déjà, d’après les recherches de Laurie, à une variation brusque de la force électro-motrice, d’après Behrens, à unmaximum dedureté, et que M. Le Châtelier a pu isolera l’état cristallisé.
- ANNEXE VI
- A L LIA G E S 1N D U S T RIE L S
- Les métaux que l’on trouve dans l’industrie sous le noms de laitons se rangent, pour la plupart, dans les alliages de la première catégorie. Pour ces alliages, nous croyons pouvoir signaler que, dans les pièces moulées, on peut améliorer notablement le métal, surtout au point de vue de l’allongement, par un recuit qui permet le développement des cristaux. Cette opération n’est pas, croyons-nous, appliquée en général pour les moulages en laiton.
- Les alliages de la deuxième catégorie sont employés depuis fort longtemps, notamment sous le nom de métal de Müntz. Depuis quelques années, leur fabrication a pris un développement considérable et fournit des produits très remarquables connus sous les noms les plus variés, métal de Dick, métal de Bull, métal Laveissière, métal Delta, métal Roma, bronzium.
- Nous avons examiné uu grand nombre d’échantillons de ces métaux, mais nous croyons devoir réserver toute appréciation sur leurs qualités respectives.
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- 232
- COMMISSION DES ALLIAGES.
- FÉVRIER 1896.
- Nous nous bornerons donc à signaler que, dans la plupart des cas, malgré l'introduction de petites quantités d’éléments étrangers : fer, manganèse, phosphore, aluminium, on retrouve, dans ces métaux, la structure et, à très peu près, les propriétés des alliages de la deuxième catégorie. Les éléments autres que le cuivre et le zinc semblent donc intervenir, surtout dans la fabrication, probablement comme désoxydants.
- Un fait curieux à signaler est que l’addition d’une proportion de 2 à 3 p. 100 d’aluminium à un laiton contenant 70 p. 100 de cuivre fournit un produit, connu sous le nom de laiton d'aluminium, qui a à peu près la structure des alliages de la deuxième catégorie et qui s’en rapproche également au point de vue de la résistance.
- Ces alliages peuvent se forger à chaud ; mais, comme nous l’avons indiqué, et comme l’avait déjà remarqué aussi M. Behrens, cette propriété appartient aux laitons contenant près de 40 p. 100 de zinc, et ne doit pas être attribuée, comme on l’a fait dans quelques cas, à la présence du fer.
- ANNEXE VII
- ESSAIS A H A U T E T I] M P É R A T U R E
- Les propriétés à haute température des métaux et, en particulier, de quelques alliages du cuivre, ont déjà fait l’objet d’études bien connues de M. André Le Chàtelier et de M. Unwin. .
- Dans ces recherches, on n’a déterminé que la résistance à la rupture et rallongement ; nous avons pensé qu’il y aurait intérêt à effectuer des essais avec enregistrement du diagramme de traction, en vue, spécialement, d’obtenir des indications sur la variation de la limite élastique. Nous avons pu opérer jusqu’à 300° avec l’enregistreur décrit dans l’étude sur la trempe de l’acier à laquelle nous avons déjà renvoyé pour la description des appareils.
- Le dispositif adopté est représenté dans la figure LL Le barreau à essayer est relié aux mordaches d’une machine Maillard par deux pièces en acier en forme d’U renversé, ce qui permet de le faire plonger dans un bain d’huile chauffé par une rampe de gaz et maintenu à température constante par un régulateur de température. La disposition de l’enregistreur permet d’opérer, dans ces conditions, aussi commodément que dans les essais à froid.
- Avec ce dispositif, nous avons essayé différents métaux à des températures comprises entre 100° et 300°. Nous avons constaté que, alors que la résistance à la rupture diminue d’une façon continue quand la température s’élève, la limite élastique commence par augmenter, passe par un maximum et diminue ensuite. Pour parler plus exactement, les portions initiales des diagrammes ne se placent pas dans le même ordre relatif que les portions voisines de la charge maxima. Si donc on considère, avec M. A. Le Chàtelier, que la limite élastique des métaux recuits est nulle, on pourrait dire que la vitesse d’écrouissage augmente d’abord avec la température pour diminuer ensuite.
- Dans le tableau suivant, nous avons réuni quelques-uns des résultats obtenus ; dans la colonne intitulée «limite élastique », on a marqué la charge nécessaire pour produire une augmentation de longueur de 0mm, l d’un barreau de 10 centimètres de long. Ce point coïncide, à peu près, avec celui où le diagramme s’infléchit rapidement.
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- ALLIAGES DE CUIVRE ET DE ZINC
- 233
- Fig. il. — Appareil pour effectuer les essais de traction à chaud.
- XIII, mordaches de la machine Maillard ; UU, pièces d’acier servant à relier les barreaux aux mordaches ; A, amplificateur des allongements; ni, manomètre métallique; C, cylindres de l’enregistreur; t, thermomètre; K, régulateur de température: B, bain d’huile; G. rampe à gaz.
- L AIT0N FONDU à 33 p. 100 DE ZINC. LAITON A 40 P. 100 I)E ZINC, FONDU (Métal Rorna.) LAITON A 40 P. 103 DE ZINC. LAMINÉ ET RECUIT (Métal Rorna.)
- TEMPÉRATURE Limite élastique. i Charge maximum. Allongement p. 100. O O Uj Limite élastique. 3) E te 3 <3 s — X o 2 Allongement! p. 100. Striction. Limite élastique. Charge maximum. | Allongement: p. 100. Striction.
- degrés. 15 ls.il. 9,3 kil. 32,7 66,3 0,72 kil. 8,7 kil. 38,7 32,3 0,65 kil. 9,5 kil. 37,7 33,6 0,70
- 150 10,3 28,7 59,6 0,63 10,0 34,9 34,2 0,68 14,7 34,1 58,6 0,42
- 200 10,7 26,7 33,0 0,63 14,0 28,7 40,0 0,60 15,0 31,4 61,8 0,40
- 225 9,3 22,7 20,5 0,78 8,7 24,6 31,0 0,68 13,3 29,4 59,8 0,47
- 250 9,3 20,0 15,3 0,81 O CO 21,8 26,0 0,68 13,0 26,1 32,5 0,57
- T ome I. — 9o° année. 5e série. — Février 1896. 16
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- COMMISSION DES ALLIAGES. ---- FÉVRIER 1896.
- La durée de chaque essai était toujours comprise entre dix minutes et un quart d’heure. On voit que la limite élastique, ou, du moins, ce que l’on prend généralement en pratique comme limite élastique, augmente quand la température s’élève jusque vers 200° et commence seulement alors à décroître. Cette variation est surtout marquée pour les laitons forgeables à 40 p. 100 de zinc. Ces alliages se distinguent encore par l’augmentation considérable que présente leur allongement à chaud, tandis que l’alliage à 33 p. 100 présente une diminution rapide de l’allongement à mesure que la température s’élève.
- Enfin, il faut signaler que, pour l’alliage à 33 p. 100, les diagrammes de traction obtenus à chaud ne sont pas constitués par une courbe régulière ; ils présentent une forme en escalier, l’allongement se produisant par à-coups successifs, et on entend d’ailleurs se produire, de légers craquements dans le barreau à chaque coup. Ce résultat, ainsi que la diminution de l’allongement, semble confirmer l’hypothèse émise plus haut, d’après laquelle la fragilité à chaud des alliages de la première catégorie résulterait de ce que les ruptures se produisent entre les faces accolées des cristaux.
- Quoi qu’il en soit, on trouve, dans les essais à chaud, de nouveaux caractères distinctifs entre les alliages de la première catégorie et ceux de la deuxième ou laitons forgeables. Pour les premiers, lorsque la température s’élève, la limite élastique varie relativement peu, la charge de rupture et l’allongement diminuent rapidement. Pour les laitons forgeables, la limite élastique et l’allongement augmentent quand la température s’élève, atteignent un maximum aux environs de 200°, et décroissent ensuite ; la charge de rupture diminue d’une façon continue.
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-
- MÉTALLURGIE
- la trempe de l’acier (1), par M. H.-M. Howe, traduit par M. F. Osmond
- En apportant ici de nouveaux faits relatifs aux phénomènes de la trempe de l’acier, je dois d’abord, pour montrer la signification de ces faits, entrer dans quelques développements sur les deux principales théories de la trempe, la théorie du carbone et la théorie allotropique.
- Toutes deux sont fondées sur l’idée du maintien d’un statu quo. En d’autres termes, elles admettent la conservation d’un état spécial, naturellement stable au rouge et instable aux températures inférieures; le refroidissement brusque ne laisserait pas à la transformation le temps de se produire et de ramener l’acier à son état normal d’équilibre, stable à la température ordinaire, tel que nous le trouvons dans le métal recuit.
- Dans un certain intervalle critique, l’intervalle Y.-W. de Brinell, le point al d’Os-mond, qui varie avec différentes circonstances, mais se tient généralement entre 620 et 720°, le carbone passe spontanément de son état normal (dit carbone de cémentation) à un état particulier dit carbone de trempe. Au-dessous de cet intervalle, le carbone de trempe est instable : il tend à reprendre la forme de carbone de cémentation et la reprend en effet pendant le refroidissement lent; mais, si le refroidissement est brusque, il peut être conservé et on le retrouve tel dans l’acier trempé; il faut alors un nouveau chauffage, revenu ou recuit, pour le ramener à l’état de carbone de cémenta -tation.
- La théorie du carbone regarde le maintien du carbone de trempe comme la cause directe de la trempe. La théorie allotropique n’y voit qu’une cause indirecte; elle soutient que le fer, au-dessous de l’intervalle critique, passe spontanément à un nouvel état allotropique, résistant, dur, fragile, dit fer (à; que le fer (J, comme le carbone de trempe, est instable au-dessous de cet intervalle ; que sa vitesse de transformation, toujours comme celle du carbone de trempe, n’est pas tellement grande qu’il ne puisse être conservé par le refroidissement brusque; enfin, que le carbone contribue à la trempe, mais indirectement, à la façon d’un frein qui retarde la transformation du fer fi en fer a; et ainsi s’explique la proportionnalité approximative entre le degré de trempe et la teneur en carbone (2).
- (1) Mémoire présenté à Vlron and Steel histitule, août 1895, et revu postérieurement par l’auteur.
- (2) On a comparé cette théorie à une théorie qui attribuerait la saveur de l’eau sucrée non pas directement à la saveur du sucre, mais à une prétendue modification allotropique sapide de l’eau produite par la présence du sucre. La comparaison est humoristique, ce qui est une circonstance atténuante ; mais elle n’en est pas moins fausse. Les deux cas sont loin d’ètre parallèles. Quand on retrouve dans l’eau sucrée, semblable, à cela près, à n’importe quelle eau, le goût connu du sucre, on a de fortes raisons pour attribuer ce goût au sucre lui-même. Mais les propriétés que le refroidissement brusque communique à l’acier ne sont pas celles du carbone brusquement refroidi. La présomption qui existe dans l’un des cas ne se rencontre pas dans l’autre.-Au surplus, la théoi’ie allotropique de la trempe ne peut subsister qu’à la condition d’expliquer des faits dont la théorie plus simple du carbone ne rende pas compte, et si une théorie allotropique des propriétés de Teau sucrée expliquait des laits non expliqués par la théorie de l’action directe du sucre, la seconde théorie, si surprenant que cela puisse paraître, devrait céder la place à la première. La théorie allotropique est trop bien appuyée pour être écartée par une simple plaisanterie.
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- 236
- MÉTALLURGIE. --- FÉVRIER 1896.
- Tandis que les deux états du carbone sont facilement différenciés par des essais chimiques, les deux états supposés du fer ne peuvent être aujourd’hui distingués directement; leur existence n’est donc montrée que par des preuves médiates que je me propose de discuter dans ce travail.
- Bref, non seulement l’influence, mais l’existence même de l’allotropie est en litige, cependant que les transformations du carbone sont acceptées par tout le monde et la nature seule de leur rôle mise en question. Il semble donc que la preuve incombe aux allotropistes et nous sommes naturellement prévenus contre eux par nos conceptions antérieures.
- L’habileté et l’énergie qu’ont déployées le professeur Roberts-Austen et M. Osmond pour soutenir, par l’expérience ou la discussion, la théorie allotropique, et lui donner son importance actuelle, sont trop présentes à l’esprit des membres de l’Institut du fer et de l’acier pour qu’il soit utile de les rappeler davantage.
- La ressemblance depuis longtemps reconnue entre les effets de la trempe et ceux de l’écrouissage a probablement conduit beaucoup d’esprits à faire découler ces effets d’une même cause. Tresca, notamment, a fait remarquer leur analogie et en a cherché l’origine dans une transformation moléculaire (1). Osmond et Werth, dans un travail extrêmement important, ont également soutenu qu’un même changement allotropique, celui de a en [3, intervient dans l’écrouissage et dans la trempe (ü2).
- Une première question se pose ici : la forme allotropique supposée produite par l’écrouissage, est-elle la même que la forme supposée maintenue par la trempe? Mais si nous donnons le même nom à ces deux formes hypothétiques, ce qui reviendrait à considérer le problème comme résolu, nous risquons de tomber dans une confusion inextricable. Comme le nom de fer [3 est plus particulièrement attaché par l’usage à la forme supposée maintenue par la trempe, appelons provisoirement fer 8 la forme supposée produite par l’écrouissage. Si l’on arrive à prouver que le fer (J et le fer S sont identiques, l’un des termes disparaîtra. Mais, en attendant, pour la clarté de la discussion, mieux vaut donner deux noms à une même chose considérée sous deux aspects que de donner le même nom à deux choses différentes.
- Nous sommes maintenant en présence des questions suivantes :
- 1° L’écrouissage produit-il une modification allotropique? Si oui, nous l’appelons fer 8 par définition.
- 2° La trempe par immersion produit-elle une modification allotropique? Si oui, nous l’appelons fer [ï par définition.
- 3° Le fer |3 et le fer 8 sont-ils identiques?
- 3° Dans quelle mesure les effets de la trempe sont-ils dus au changement connu de l’état du carbone et à la présence du fer £?
- Examinons séparément les quatre questions.
- I. /,« transformation duc à Vécrouissage est-elle allotropique (3)? Dans tout travail
- (1) Comptes rendus, t. XCIX, p. 351.
- (2) Annales des Mines, 8e série, t. VIII, p. 5.
- (3) Il importe beaucoup, pour l’intelligence de toute cette discussion, de distinguer soigneusement les trois expressions écrouissage (cold-working), transformation due à Vécrouissage (cold-work change) et effets de l'écrouissage. Ces trois expressions ne sont jamais prises l’une pour l’autre. U écrouissage est l'opération mécanique qui consiste à faire subir au métal une déformation permanente au-dessous du rouge sombre et, le plus souvent, à la température ordinaire ; les effets de l'écrouissage sont les changements qui en résultent dans les propriétés du métal : élévation de la limite élastique, accroissement de la charge de rupture, etc.; la transformation due à l’écrouissage est le processus mis en jeu, soit
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- à froid, la cause essentielle des effets bien connus, augmentation de la limite élastique, de la résistance et de la fragilité, paraît être la déformation permanente. Une pression sans déformation, par exemple celle que subirait une barre de fer complètement immergée dans le cylindre d’une presse hydraulique, ne semble pas déterminer les effets spécifiques do l’écrouissage. Ces effets peuvent d’ailleurs se produire fort au-dessus de la température ordinaire, peut-être jusqu’à 500 et même jusqu’à 600°.
- Nous examinerons d’abord les effets de la transformation due à l’écrouissage et ensuite cette transformation elle-même.
- L’allotropie (Faraday) consiste en un changement de propriétés physiques et chimiques, sans changement de composition chimique. L’écrouissage ne change pas la composition chimique du fer, mais il modifie grandement certaines de ses propriétés physiques et, jusqu’à un certain point, certaines de ses propriétés chimiques. Il peut doubler, et au delà, la ténacité, presque tripler la limite élastique et annuler complètement la ductilité du métal le plus ductile. Et les résultats ne sont pas limités à la direction de la déformation : une déformation longitudinale augmente à la fois la résistance en long et la résistance en travers, et réciproquement.
- L’écrouissage, d’après Osmond et Werth (1), hâte l’attaque de l’acier par les acides; d’après Andrews (2), il retarde l’attaque par l’eau de mer.
- Le terme « allotropie » est-il qualitatif ou quantitatif ? La nature de la modification est-elle seule en cause ou faut-il aussi tenir compte de sa grandeur et de ses limites? C’est là probablement une question controversable. Quoi qu’il en soit, les changements considérés ne sont pas purement mécaniques; ils réagissent également sur les propriétés physiques et sur les propriétés chimiques. Les effets physiques que j’ai décrits sont trop considérables pour être rapportés à l’action mécanique seule et sont évidemment attribuables à quelque cause sous-jacente, physique ou chimique, ou les deux en même temps. Les modifications des propriétés chimiques ont été, à la vérité, moins étudiées; mais le fait qu’elles accompagnent des modifications physiques aussi marquées tend également à les faire dériver d’une cause chimique ou physique plutôt que d’une cause mécanique.
- En fait, nous sommes en présence d’une question de définition. Dans les principaux cas connus d’allotropie, il existe des différences très frappantes entre les propriétés des différentes formes. Mais c’est justement pour cela que ces cas ont frappé les observateurs. Si nous passons à d’autres exemples de moins en moins frappants, il faudra bien encore les appeler allotropiques ou créer une nouvelle classe de phénomènes qui ne différeront guère des phénomènes allotropiques que par le degré de grandeur et que l'on pourra appeler moléculaires, réservant le nom d’allotropiques pour certains d’entre eux.
- Ainsi, quand nous regardons la question en face et que nous nous demandons si la transformation produite dans le fer par l’écrouissage est un cas d’allotropie, les effets que j’ai décrits nous portent à répondre oui, du moins provisoirement; et Cependant, nous sommes si familiers avec cette transformation, elle se produit à tant de degrés divers, depuis un commencement de raideur jusqu’à l’extrême fragilité, elle
- par exemple un changement allotropique, et c'est là justement ce que l’on discute. En résumé, la transformation due à l’écrouissage est la cause cherchée des effets bien connus; l’écrouissage n’est que le moyen d’obtenir ces effets. (Note du traducteur.)
- (1) Annales des Mines, 8° série, t. VIII, p. 46.
- (2) Proc. Inst, civil Engineers, t. CXV1IT, 4* partie, 1893-94.
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- diffère tellement des changements allotropiques les plus usuels, et ressemble si fort aux changements similaires que produit l’écrouissage dans d’autres métaux malléables, que l’opinion contraire nous attire à son tour.
- Mais, à la différence de ces grands changements produits par l’écrouissage, le module d’élasticité, la densité et la conductibilité électrique du fer ne sont que faiblement affectés par cette opération. A cela nous pouvons répondre : d’abord que la trempe de l’acier, qui implique certainement une profonde transformation chimique, affecte à peine le module; ensuite, que l’allotropie ne suppose pas un changement de toutes les propriétés. Même dans les exemples les plus familiers, certaines des propriétés principales restent inaltérées. Ainsi la calcite et l’aragonite, formes allotropiques du carbonate de calcium, se dissolvent toutes deux avec effervescence dans les acides étendus, toutes deux sont fréquemment incolores ou blanches, transparentes et vitreuses. Ainsi la pyrite et la marcassite, formes allotropiques du bisulfure de fer, sont fragiles et facilement fusibles ont le même éclat métallique, la même dureté (6 à 6,5), quelquefois presque la n.ême couleur, quelquefois la même densité, les mêmes réactions au chalumeau, tellement qu’elles ne peuvent être, ditBrush, distinguées que par leurs formes cristallines.
- Les expériences d’Osmond et Werth (1) indiquaient que le fer écroui, dissous dans un calorimètre, dégagerait plus de chaleur que le même fer non écroui. Ce fait, s’il est exact, serait un puissant argument en faveur de la nature allotropique de la transformation due à l’écrouissage, car cette différence dans la quantité de chaleur dégagée est caractéristique. Mais j’éviterai de propos délibéré de l’invoquer parce que les résultats ne sont pas concluants.
- D’autre part, les circonstances qui accompagnent la transformation par écrouissage tendent, comme l’indiquent Osmond et Gharpy, à la faire rentrer dans la classe des modifications allotropiques. Nos essais par traction, par compression, par pliage, par torsion, sont des formes d’écrouissage, si on les pousse, comme c’est l’habitude,
- (1) Annales des Mines, 8e série, t. VIII, p. 36. Trois échantillons d’un même métal, respectivement recuit, trempé et écroui, ont été dissous séparément dans un calorimèlre. Les essais ont porté sur trois aciers pour l’un desquels il n'y a pas eu d’échantillon trempé. Dans tous les cas, les échantillons trempés et écrouis ont dégagé plus de chaleur que le similaire recuit. Mais nous avons deux causes sérieuses d’erreur. D’abord, les poudres, assez fines pour traverser un tamis de soie n° 100, avaient été, dans ceidains cas, obtenues par la lime et nous n’avons aucun moyen de savoir jusqu’à quel point elles avaient pu être souillées par les arrachements de cette lime. Ensuite, les échantillons recuits ont été chauffés graduellement au rouge et refroidis lentement dans un courant d'hydrogène. Or, comme l’indiquent loyalement MM. Osmond et Werth, Forquignon avait montré que l’hydrogène décarbure progressivement le fer (Annales de chimie et de physique, 3e série, t. XXIII, p. 433, 1881) et ce départ est précédé par un changement rapide dans l’état du carbone. Bien que les recuits de Forquignon fussent beaucoup plus prolongés que ceux d’Osmond et Werth, cette différence a pu être compensée, dans une très grande mesure, par l’état de division des échantillons : les uns étaient en poudre fine et les autres en fragments assez gros; et cependant, ces fragments assez gros de fonte, dans les essais de Forquignon, étaient devenus très malléables après un chauffage de 21 heures dans l’hydrogène. Dans un autre cas, de petits grains de fonte n’avaient pas perdu moins de 1,44 p. 100 de carbone en 46 heures.
- L’action rapide de l’hydrogène sur le carbone est démontrée parles expériences d’Osmond et Werth (Mémoire cité, p. 25) : un acier qui donnait, à l’état naturel, 0,91 p. 100 de carbone par la méthode Eggertz, n’en donnait plus que 0,43 après un chauffage et un refroidissement dans l’hydrogène, le tout n’ayant duré que quelques minutes.
- Les petites différences qui apparaissent, dans les résultats d’Osmond et Werth, entre les quantités de chaleur respectivement dégagées parles aciers recuits et écrouis pourraient n’avoir pas d’autres causes. On no saurait donc regarder ces résultats comme concluants, quelle que soit leur probabilité intrinsèque.
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- au delà de la limite apparente d’élasticité (1); les déformations permanentes qui en résultent sont elles-mêmes de l’écrouissage, et les courbes des déformations par rapport aux efforts montrent les circonstances du phénomène. Dans des conditions convenables, certains fers et certains aciers, pourvu qu’ils n’aient été préalablement ni trempés, ni écrouis, donnent des diagrammes tels que abc cl (üg. 1) avec un palier très marqué, qui correspond à une première déformation permanente importante.
- La signification de ce palier est la suivante : tandis que, dans la première partie de l’essai, les déformations sont sensiblement proportionnelles aux efforts, la déformation, quand on atteint la limite apparente d’élasticité, se poursuit sous une augmentation d’effort faible ou nulle, parfois même légèrement négative.
- En général, le fer ou l’acier qui ont dépassé cette limite apparente d’élasticité ne montrent plus de palier dans les courbes des essais subséquents. Quel que soit le
- <ement
- Fig. 1.
- mode d’écrouissage employé, la courbe ultérieure d’un essai par traction est ordinairement régulière et telle que aef{flg. 1) (2).
- Si cependant le même fer est recuit et que les effets de l'écrouissage soient ainsi effacés, le palier se reproduira sur la courbe d’un nouvel essai de traction. Nous pourrons donc dire, pour employer une locution abrégée, que le fer recuit est un métal à palier et le fer écroui un métal sans palier. De même que l’eau, après avoir été congelée, doit être fondue avant de pouvoir subir une seconde congélation, de même un fer qui a dépassé sa limite apparente d’élasticité ne présentera plus de nouveau palier jusqu’à ce qu’il ait repris, par le recuit, son état initial : le palier, comme la solidification, marque le passage, dans l’un des sens, d’état à état.
- M. Cbarpy compare la courbe de traction du fer à la courbe de compression de l’iodure de mercure, passant, sous une certaine pression, de la forme jaune à la forme rouge allotropique (3). Mais, sans aller chercher si loin, nous trouvons des
- (1) Le traducteur emprunte cette expression aux décisions do la Commission française des méthodes d’essai; elle parait remplacer avec avantage le terme anglais, puisqu’elle a reçu une définition précise.
- (2) M. J.-E. Howard cite un exemple de petit palier dans la traction d’une barre préalablement comprimée au-dessus de sa limite apparente d’élasticité (Tests of metals, 1S91, p. 619).
- (3) Comptes rendus, CXVI1, p. 851, 1893.
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- courbes analogues dans la condensation des gaz, par exemple dans celle de la vapeur d’eau, qui peut être regardée, pour les besoins de la démonstration, comme un véritable changement allotropique (1). A une température donnée, à mesure que l’on augmente la pression, le volume de la vapeur diminue proportionnellement jusqu’à ce que l’eau commence à se condenser. La condensation continue alors sous pression constante, avec palier correspondant de la courbe et, quand elle est terminée, la courbe fait un nouveau crochet, presque à angle droit.
- Un autre fait peut être invoqué en faveur de la nature allotropique de la transformation due à l’écrouissage. Quand cette transformation a été amorcée par une déformation, elle se poursuit après l’arrêt de la déformation et s’accélère par un chauffage modéré (2). Les choses se passent donc comme si la présence initiale d’une petite quantité de fer S entraînait la formation d’une quantité plus grande. Or, l’histoire générale de l’allotropie fournit des exemples familiers comparables : c’est ainsi qu’un cristal de la forme stable à la température de l’expérience ramène au même état, par simple contact, telle autre forme instable du même corps maintenue par un artifice quelconque, tel que le refroidissement brusque, en dehors de ses conditions normales d'équilibre.
- De plus, en arrêtant les essais par traction de différentes sortes d’aciers pendant le cours même du palier, M. Charpy montre que l’augmentation de la force coercitive, l’un des effets de la transformation due à l’écrouissage, accompagne la marche du palier. En d’autres termes, la force coercitive croît rapidement pendant la production du palier et plus lentement ensuite des déformations ultérieures. Le palier semble donc coïncider partiellement avec la transformation qui augmente la force coercitive et être le signe de cette transformation.
- Enfin, un nouvel argument peut être fourni par les propriétés de l’acier à 25 p. 100 de nickel. Autant que j’en puis juger par ce qui a été publié, cet acier verrait, sous l’influence de déformations à froid, sa ténacité augmenter de 60 p. 100 et sa ductilité diminuer de 75 p. 100; en même temps, il deviendrait magnétique, de non magnétique qu’il était, fait qui apporte une très forte présomption d’allotropie. Et, si l’intervention de l’allotropie était démontrée dans un cas particulier, comme celui de l’acier nickel, on serait certainement plus disposé à l’admettre dans les autres cas.
- En résumé, à l’appui de la nature allotropique de la transformation due à l’écrouissage, nous avons les arguments qui suivent :
- 1° Les modifications apportées par l’écrouissage dans les propriétés du métal ne sont manifestement pas d’ordre purement mécanique, mais aussi, du moins pour une part, d’ordre physique ou chimique et, par suite, qualitativement, sinon quantitativement semblables à celles qui accompagnent d’autres changements allotropiques connus.
- (1) « Le passage d’une forme allotropique à une autre offre tant d’analogies avec les changements d’état physique que les trois états physiques d’un corps quelconque pourraient être décrits, à la rigueur, comme trois modifications allotropiques de ce corps... La fusion de la glace, par exemple, est le passage de la forme la moins dense à la forme la plus dense de l’eau. » (Lothar Meyer, d’après le Dictionnaire de Watt, 2e édition, p. 128, 1888). Si nous ne donnons pas le nom de changements allotropiques à la fusion et à l’ébullition, ce n’est pas qu’il existe une différence essentielle entre les deux sortes de phénomènes, mais par convenance de langage. C’est donc à bon droit que nous pouvons rapprocher la courbe de compression de la vapeur d’eau, avec son palier qui coi’rcspond à la condensation, de la courbe à palier de la traction du fer et tirer de ce rapprochement une présomption d’allotropie.
- (2) Les preuves à l’appui ont été réunies dans le § 270, p. 213 de mon traité : Metallurgy of SteeL
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- 2° La dissolution du fer écroui dégagerait, toutes choses égales d’ailleurs, plus de chaleur que celle du fer recuit; mais les résultats fournis ne sont pas concluants.
- 3° Les courbes des essais mécaniques présentent un palier.
- 4° La transformation amorcée par l’écrouissage se poursuit ultérieurement et sous l’influence d’un chauffage modéré.
- 5° La force coercitive croît pendant la formation même du palier.
- 6° Les propriétés de l’acier-nickel semblent indiquer une transformation allotropique.
- Comparaison de la transformation produite par écrouissage dans le fer et dans les autres métaux malléables. — Avant de conclure, il convient d’examiner les effets comparés de l’écrouissage sur le fer et sur les autres métaux malléables; car beaucoup d’esprits répugneraient à accepter l’allotropie dans le cas du fer, si cette concession les entraînait à l'admettre aussi pour les autres métaux et à parler, non seulement de fer a et de fer 8, mais aussi de cuivre, de zinc, d’étain, de laiton et de bronze a et S.
- Pour les deux classes de métaux, le fer et l’acier d’une part, les autres métaux malléables d’autre part, les effets de l’écrouissage sont tout à fait semblables qualitativement, et ne paraissent (1) pas différer quantitativement au point de faire soupçonner une différence de nature; ils sont engendrés ou effacés par les mêmes moyens-et présentent à certains égards les mêmes allures.
- Qualitativement, l’écrouissage, pour les deux classes, élève la limite élastique, augmente beaucoup la résistance et la fragilité, paraît diminuer légèrement la densité et la conductibilité électrique et augmenter le coefficient de dilatation.
- Quantitativement , je relève peu d’exemples où la ténacité du fer et de l’acier soit plus que doublée par l’écrouissage et je trouve un fil de cuivre tréfilé avec 47 kilogrammes de ténacité par millimètre carré, plus que le double de la ténacité à l’état recuit. Le laminage à froid peut élever la ténacité de l’aluminium de 12ki,6 par millimètre carré à 19kiI,6, voire à 21 kilogrammes et sa limite élastique de 6kil,3 à 12kil,6, c’est-à-dire de 67 et de 100 pour cent respectivement. Par des artifices spéciaux, on a pu faire monter la ténacité d’un fil d’aluminium pur jusqu’à 62kil,o, et il ne paraît pas que .l’écrouissage du fer ou de l’acier atteigne facilement un résultat comparable (2). Il semble encore que la ténacité du bronze phosphoreux puisse être augmentée de 170 p. 100 par l’écrouissage (3).
- L’écrouissage, sous la forme du tréfilage, abaisse la conductibilité électrique du fer et de l’acier de 4,3 p. 100 au plus, d’après les renseignements que je trouve (4); celle du cuivre de 1,5 à 4, en moyenne de 2,8 environ p. 100 (5); celles de l’or et du bismuth un peu moins (6); celle de l’argent, d’après Siemens, de 11 p. 100 à peu près (7). Je ne vois rien là qui indique un changement allotropique dans le fer plutôt-que dans les autres métaux.
- (1) Je dis paraissent, n’ayant pas fait de recherches assez complètes pour être plus affirmatif.
- (2) Communication personnelle de M. Hunt, président de la Pittsburgh réduction Co. '15 juillet 1895).
- (3) Thurston (Materials of Engineering, t. III, p. 312) cite, d’après Dick, des essais de Ivirkaldy qui donnent, pour les ténacités respectives du bronze phosphoreux écroui et recuit, les chiffres de 112k,2 et de 41k,4, soit un écart de 171 p. 100, si les échantillons sont vraiment comparables.
- (4) Je suis redevable de ce renseignement à une grande tréfilerie américaine qui a fait de nombreux: essais.
- (5) Ibid.
- (6) Landolt et Bornstein, Pliysikalisch-Chemische Tabellen, p. 468., 1894.
- (7) Ibid.
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- Nous savons, d’autre part, que ces effets semblables de l’écrouissage sont déterminés, pour les métaux des deux classes, par les mêmes opérations : laminage à froid, tréfilage, martelage, et suivant un processus unique, la déformation permanente (1); nous savons aussi depuis longtemps qu’on les fait également disparaître par le même moyen, le réchauffage.
- En outre, de même que l’écrouissage, agissant comme cause d’allongement permanent, élève la limite élastique de traction du fer et de l’acier, à peu près jusqu’à la charge qui a produit l’allongement et de même que la limite élastique continue à croître après la suppression de l’effort, ainsi toute charge supérieure à la limite élastique (il s’agit ici de la limite de proportionnalité) élève la limite élastique du zinc jusqu’à sa propre valeur et cette limite continue à croître après que l’effort a cessé (2).
- Cependant le palier des diagrammes, particularité certainement très frappante, est caractéristique du fer et de l’acier, à l’exclusion des autres métaux. M. Charpy (3), comme MM. Qsmond et Werth (4), semble trouver là une raison pour limiter au fer et à l’acier l’intervention de l’allotropie dans l’écrouissage.
- Mais, en y regardant de plus près, je ne trouve pas que la distinction soit bien solidement fondée. Comme nous allons le voir, il existe des raisons pour regarder le palier comme un compagnon, non pas nécessaire, mais seulement habituel de la transformation allotropique supposée produite par l’écrouissage du fer et de l’acier : 1° Dans certains fers normaux, il semble qu’il n’y ait jamais de palier à aucune température; 2° Quand on fait l’essai à une certaine température un peu élevée, le palier ne paraît se produire pour aucun fer; 3° La dernière partie de la transformation par écrouissage ne paraît accompagnée de palier pour aucun fer ou acier, à aucune température ni dans aucune condition. S’il en est ainsi, est-il déraisonnable dépenser que cette transformation par écrouissage, qui apparaît et disparaît dans des conditions identiques pour tous les métaux mous, sauf le fer, n’est pas, dans le fer, d’une nature; différente, parce qu’elle y est habituellement accompagnée d’un phénomène spécial sur une partie seulement de son cours?
- D’ailleurs, les courbes de l’alliage dit BulVs métal présentent des paliers, et on en
- (1) De ce que le tréfilage et le laminage à froid produisent aussi cet effet caractéristique sur les métaux malléables autres que le fer, il résulte une très forte présomption que c’est la déformation à froid, l’écrouissage par lui-même qui intervient dans tous les cas et non pas une condensation moléculaire supposée due à la pression mécanique. Un supplément de preuve dans ce sens nous est apporté par M. G.-W. Bissell, d’après le professeur R.-H. Thurston et par le directeur P.-C. Ricketts (Trcins. Amer. Soc. of civil Engineers, t. XXIV, mars 1891). M. Bissell a réduit au tour, sur une partie de sa longueur, le diamètre d’un rond de laiton ; M. Ricketts en a fait autant pour deux ronds de bronze en trois endroits de la longueur. En cet état, les barrettes ont été soumises à la traction jusqu’à ce qu’il se produisît un allongement appréciable. Cet allongement, qui portait naturellement sur les régions de diamètre réduit, correspondait à une sorte d’écrouissage, mais sans la compression qui accompagne le tréfilage ou le laminage à froid.
- Chaque rond fut ensuite tourné à un diamètre constant (sauf aux extrémités pour laisser des tètes), et remis sur la machine de traction jusqu’à la formation d’une striction. En examinant ensuite les éprouvettes, on trouva qu’elles s’étaient moins étirées dans les régions qui avaient été étirées antérieurement. (Les barrettes de M. Ricketts ne prirent même aucun allongement dans ces régions.) La limite élastique avait donc été élevée localement par le premier essai.
- (2) Bauschinger, Mittheilungen aies dem mechanisch-technischen Lab. der K. Hochschule in München, t. XV, 1886, p. 3.
- (3) Compta rendus, t. CXVII, p. 830, 1893.
- (4) Stahl und Eisen, t. VI, p. 539, 1886.
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- trouve exceptionnellement dans celles du cuivre (1). Il ne parait donc pas que la différence entre le fer et les autres métaux soit, à ce point de vue, aussi tranchée que ces messieurs le supposent. On peut seulement dire, semble-t-il, que le palier est habituel pour le fer à certaines températures et accidentel pour le groupe des autres métaux.
- Il y a plus : ce n’est pas un seul palier, c’est une série de paliers que donne le Bull's métal à froid (2) ; et, chose curieuse, le fer aussi a donné une semblable série dans certains essais faits entre 93 et 204° (3). Ainsi, dans l’intervalle de température où l’écrouissage est possible, la nature et la présence ou l’absence du palier seraient une question de température. Seulement, les courbes régulières se présenteraient à la température ordinaire pour la plupart des métaux et, pour le fer, au-dessus de 400°; quant aux courbes à plusieurs paliers, on les obtiendrait à la température ordinaire pour le BulVs métal, entre 93 et 204° pour le fer.
- En résumé, les effets de l’écrouissage sont intimement apparentés dans tous les métaux et la particularité du palier ne me paraît pas une raison suffisante pour exclure l’allotropie de la transformation par écrouissage des métaux autres que le fer, si on l’admet pour ce dernier.
- Je ne trouve pas non plus de raison pour justifier une semblable distinction dans l’expérience d’Osmond et Werth (4), d’où il résulterait que le fer écroui, dissous dans le chlorure de cuivre, dégage plus de chaleur que le fer recuit et qu’il n’en est pas de même pour le cuivre. Les différences sont faibles, l’expérience n’est pas concluante, les données sont trop peu nombreuses.
- La question reste ouverte; mais, à mon sens, les faits actuellement connus rendent très probable l’identité de la transformation par écrouissage du fer et de l’acier et des autres métaux.
- Si j’ai raison en ceci, la question est maintenant de savoir si les effets de l’écrouissage dans les. métaux en général peuvent être, à bon droit, rapportés à l’allotropie. Les preuves présentées plus haut me semblent nous autoriser à le faire provisoirement, à la condition de définir le mot.
- Cela accordé, le fer 8 est, par définition, la forme produite par l’écrouissage : le fait qu’une barre a subi la transformation correspondante, c’est-à-dire que sa résistance et sa fragilité ont été augmentées,etc.,par une déformation à froid, implique un changement de fer a en fer 8 et, par conséquent, suppose la présence du fer a dans la barre initiale; et la propriété d’être profondément affecté par l’écrouissage suppose que cette proportion initiale de fer a était grande; peut-être même avons-nous là un procédé de dosage du fer a.
- C’est là, du moins, que nous amène la marche antérieure de la discussion. Plus tard, nous pourrons préciser et avoir des critériums plus nets et plus sûrs du fer a et du fer 8. Pour le moment, la seule raison que nous trouvions de soupçonner la formation du fer 8 est l’accroissement de la résistance, de la fragilité, etc.; et nous devons
- (1) Dans les courbes du cuivre enregistrées autographiquemont par le professeur R.-H. Thurston (Report U. S. Doard on testing bon, Steel and other Metals, t. I, 1881), nous trouvons des accidents qui paraissent manifestement semblables au palier des courbes du fer. Voir pl. XL, fig. 26 C; pl. LXI, fig. 48 C; pl. LX1V, fig. 50 A ; pl. LXII, lig. 57 A et B; pl. LXIII, fig. 49 D. Je n’ai pas réussi à savoir s'il existait, dans les conditions des expériences, quelque circonstance spéciale qui put rendre compte de ces particularités.
- (2) Engineering, t. XLVIII, p. 119.
- (3) James E. Howard, Report Chief Ordnance U. S. N. Army, 1893, p. 701.
- (4) Annales des Mines, 8e série, t. VIII, p.. 36, 1885.
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- regarder la possibilité de cet accroissement, à un degré marqué, de la résistance ou de la fragilité ou de tout autre effet de l’écrouissage, comme une preuve de prime face de la présence du fer a, puisque nous ignorons si cette preuve est la meilleure possible.
- Maintenant, faut-il ranger ces phénomènes sous une rubrique particulière? C’est pure affaire de convenance, qui ne peut être réglée autrement que par le consentement général. Nous pouvons donc, provisoirement au moins, accepter le terme «allotropie ».
- Ce faisant, nous ne rendons pas, bien entendu, plus mystérieuses et plus profondes les transformations dont il s’agit; nous étendons au contraire la qualification d’allotropique à une série de changements relativement usuels et quelquefois peu marqués.
- II. La trempe par immersion est-elle une cause de transformation allotropique? — Avant d’essayer de répondre, voyons ce qu’on entend par une transformation allotropique. Si je comprends bien leur pensée, les partisans de la théorie allotropique n’ont en vue ni les simples changements de structure, tels que ceux du grain, ni les changements que désigne le Dr Gore en disant : « Chaque corps devient un corps plus ou moins différent à chaque différente température. » La première distinction est tirée de cette phrase de M. Osmond : « Les propriétés mécaniques d’un métal sont une résultante complexe de la structure moléculaire, de la structure visible accessible à nos instruments et des tensions rémanentes », (1) phrase qui oppose les changements de structure aux changements moléculaires, c’est-à-dire allotropiques.
- Quant à la proposition du Dr Gore, si nous en faisons l'application à un corps déterminé, comme le graphite, par exemple, nous voyons qu’elle s’applique à des différences d’un certain ordre, distinctes des différences de nature allotropique entre le graphite et le diamant. On peut bien dire, il est vrai, jusqu’à un certain point, que le graphite devient un corps différent (à chaque différente température ; mais les différences dont il s’agit s’écartent tellement en grandeur de celles qui séparent le graphite du diamant, qu’on ne saurait sans confusion les grouper ensemble. Si les premières sont allotropiques, il faut les distinguer des secondes pour que nous puissions nous entendre. Rapportons donc les unes à Y allotropie mineure et les autres à Y allotropie majeure.
- Maintenant, quand on fait intervenir l’allotropie dans la trempe, je comprends qu’on n’a pas en vue l’allotropie mineure. En effet, entre 20 et 1 000° par exemple, nous avons un nombre infini de températures, dont chacune, par définition, correspond à une modification allotropique mineure du fer aussi bien que de tout autre corps; et, parmi ce nombre infini de modifications allotropiques mineures, nous ne saurions faire deux parts, l’une sous le nom de a, l’autre sous le nom de [3, à moins qu’il n’existe, dans l’intervalle de température considéré, quelque phénomène d’allotropie majeure pour distinguer le nombre infini des modifications a du nombre infini des modifications (i. Cependant, comme M. Osmond cite la phrase du Dr Goreàl’appui de la théorie allotropique, il nous reste quelque doute sur sa véritable interprétation (2).
- Dans tout ce qui suit, quand je parlerai d’allotropie, j’exclurai expressément les changements de grain et de structure et ce que je me suis risqué à nommer l’allotropie mineure.
- La première question qui se pose est celle de l’existence même de changements
- (1) Journal of the Iran and Steel Instilute, 1894-1, p. 135.
- (2) Journal of the Iron and Steel Instilute, 1894-1, p. 132.
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- LA TREMPE DE l’âCIER.
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- allotropiques. Le fer subit-il une modification allotropique pendant le chauffage, et cette modification est-elle réversible pendant le refroidissement lent?
- La disparition des propriétés magnétiques dans le fer à la température du rouge, constatée autrefois par Gilbert, est peut-être la preuve la plus frappante que nous en ayons, eu égard à son ancienneté et à l’absence probable d’une proportion notable de carbone dans le métal examiné. En 1869, Gore découvrait la récalescence ; en 1873, Tait relevait des changements de courbure dans les diagrammes thermo-électriques; en 1886, Pionchon trouvait deux variations brusques de la chaleur spécifique etOsmond indiquait des retards successifs pendant le refroidissement des fers peu carburés; enfin, récemment, on vérifiait la présence de deux de ces retards dans un fer presque pur (0,007 de carbone et 0,003 de soufre), et même dans un fer qui paraît absolument pur de carbone (1). Ce sont là autant d’indices que le fer subit au moins une transformation allotropique pendant le refroidissement lent.
- La question, beaucoup plus difficile, qui nous reste à traiter, est de savoir si le refroidissement brusque conserve cette modification. Les phénomènes magnétiques, comme le remarque M. Hadfield, semblent, au premier abord, s’y opposer. En effet, la modification supposée |î, stable au rouge, n’est pas magnétique; si donc elle était conservée en totalité par la trempe, l'acier trempé devrait être non magnétique ; si elle était conservée en grande partie, l’acier trempé devrait être peu magnétique. En fait, il l’est fortement ; mais la difficulté est peut-être plus apparente que réelle. Il est vraisemblable que, pendant le refroidissement brusque, il peut se former assez de fer a pour rendre compte des propriétés particulières de l’acier trempé; et ces propriétés sont si différentes de celles de l'acier non trempé qu’elles suggèrent l’idée d’allotropie plutôt qu’elles ne la combattent.
- Si cependant il est vrai que la force coercitive croît avec l’intensité de la trempe, toute difficulté n’est pas surmontée. Il reste là, il faut l’avouer, une pierre d’achoppement aussi bien pour la théorie du carbone que pour la théorie allotropique et pour toute théorie fondée sur la conservation du statu cjuo avant la trempe. Que la trempe conserve un composé spécial de fer et de carbone ou simplement un état spécial du fer, comment ce composé ou cette forme allotropique du fer, qui n’étaient évidemment pas magnétiques au rouge, le deviennent-ils à la température ordinaire?
- L’augmentation considérable de ténacité que produit la trempe sur des aciers très pauvres en carbone, augmentation qui a été signalée indépendamment par M. Osmond, par M. A. Le Chatelier et par l’auteur (2), suggère fortement aussi la préservation par la trempe d’une modification allotropique. Je réunis les résultats dans le tableau I :
- (1) Roberts-Austen ; Proc. Inst. Mechanical Engineers, 26 avril 1S95, p. 244, 3° rapport de la commission des recherches sur les alliages. Les deux retards supérieurs a,-2 et «r3 ont été trouvés dans un fer électrolytique où l’on n’a pu, par une analyse rigoureuse, déceler la présence de traces de carbone
- (2) Si meme la teneur en carbone (0,22 p. 100) do l’acier de M. Osmond paraissait suffisante pour rendre compte de l'effet de la trempe, les teneurs (0,06 et 0,09 p. 100) de l’acier de M. Le Chatelier et du mien semblent beaucoup trop faibles pour expliquer comment la ténacité devient double et même, presque triple par la trempe.
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- MÉTALLURGIE.
- FÉVRIER 1896.
- TABLEAU I
- Comparaison entre les effets de la trempe sur les propriétés à, la traction et sur l’état du carbone.
- NUMÉROS
- 1 2 3 4 5 6
- Autorité Osmond Osmond Howe Howe Howe Le Ghatelier
- Nature Doux Extra doux Doux basiquo Doux basique Doux basique Extra doux
- Carbone total. . . . U,30 0,22 0,09 0,09 0,09 0,06
- PROPRIÉTÉS A L'ÉT AT NATUREL (APRÈS REFROIDISSEMENT LENT)
- Ténacité 50,0 42,0 33,5 34,2 36,2 33,1
- Allongement p. 100. >. 30,0 43,00 40,64 40,64 »
- Striction p. 100. . . » 63,46 65,48 68,47 »
- propriétés a l’état trempé
- Ténacité 128,00 97,1 44,5 64,4 69,5 94,9
- Allongement p. 100. >, 4,0 14,06 16,66 25,00 ..
- Striction p, 100. . . » » 53,83 51,21 56,45 »
- Trempé dans. . . . Mélange Mélange Mélange Saumure Saumure »
- réfrigérant réfrigérant réfrigérant froide froide »
- Perte appacledeC (1).| 0,06 0,02 ” ” ”
- AUGMENTATION ( + ) OU DIMINUTION ( — DUE A LA TREMPE
- Ténacité p. 100 (2).. + 150 + 131 + 33 + 89 + 92 + 187,2
- Allongem. p. 100 (2). » — 87 — 67 — 59 — 39 »
- Striction p. 100 (2) . » 7) — 18 — 22 — 18 >»
- Perte de C p. 100 (3). 20 9 » »
- Nos 1 et 2 : petites pièces Osmond; Mémorial de l'artillerie de la marine. 27e année. 2esérie, t. XIX, l10 livr. de 1891, P- 7.
- N“s 3, 4 et 5. Howe ; Trans. Amer. Inst. Min. Engineers. t. XXIII, p. 531,1893 ; les troi s échantillons sont du même
- métal. Les éprouvettes naturelles ont été abandonnées au refroidissement lent à partir de 1002", 886° et 881° res-
- pectivement. Parmi les éprouvettes trempées, 3 a été trempée dans un mélange réfrigérant à — 7° à partir de
- 984°; 4 et 5 ont été trempées dans la saumure froide à partir de 880 et 882“ respectivement. L'acier contenait
- p. 100 : Silicium = Traces ; Manganèse = 0,45 ; Soufre = 0,03 ; phosphore = 0,02.
- N" 0. A Le Chateiicr : fil d’acier extra-doux, Journal of the Iran and Steel Institute, 1894-1, p. 210.
- (1) Quand on dissout l'acier trempe dans l’acide nitrique pour le dosage du carbone par la méthode colorimé-
- trique d’Eggertz, une partie du carbone do trempe est volatilisée ; on trouve donc moins de carbone que dans le
- même acier recuit. La différence peut être appelée « ierte apparente de carbone » En réalité, la proportion du
- carbone de trempe est probablement beaucoup plus fo •te que cette perte apparente ; la perte n’est donc pas le car-
- bone de trempe lui-même, mais comme elle varie dans le même sens, die fournit une indication sur ses variations.
- (2) Augmentation (+)ou diminution (—) p. 100 de la valeur do la propriété correspondante dans l’acier naturel
- ou refroidi lentement.
- (3) P. 100 de carbone.
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- LA TREMPE DE LICIER.
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- La ténacité est presque triplée dans l’échantillon de M. Le Chatelier qui contient seulement 0,06 p. 100 de carbone; elle est presque doublée dans le mien qui en contient 0,09 p. 100. L’augmentation de résistance ne saurait être attribuée, dans mes expériences, à une action carburante : 1° à cause des dimensions de mes barrettes, 5/16 de pouce carré ; 2° parce qu’on n’était en présence d’aucun agent de carburation ; l’atmosphère à l’intérieur de mon moufle ne pouvait être carburante et mes barrettes, au contraire, se recouvraient d’une couche d’oxyde pendant le chauffage.
- On pourrait cependant concevoir, à la rigueur, que cette proportion insignifiante de carbone, conservée par la trempe sous la forme d’un carbure extrêmement résistant et très peu carburé, déterminât l’accroissement constaté de fragilité et de téna_ cité. Mais, si on compare ces aciers doux avec les aciers plus riches en carbone, on y trouve une telle disproportion entre la teneur en carbone et l’accroissement de ténacité et de fragilité que le changement d’état du carbone parait être une explication bien insuffisante.
- Mais cet accroissement de ténacité, ainsi produit dans les aciers pratiquement non carburés,ne serait-il pas dû à une modification de structure plutôt qu’à une modification allotropique? Si je chauffe une série de barres semblables d’acierdurà 1,10 p. 100 de carbone à des températures variables espacées entre 722° et 1050° et que je les laisse refroidir lentement, je trouve que leur ductilité diminue progressivement et non par à-coup : ainsi la barre qui a été chauffée à 722° prend au pliage, avant de rompre, un angle de 166° et la barre qui a été chauffée vers 1050° un angle de 18°. Cette diminution graduelle de ductilité, nous n’avons pas de raisons pour l’attribuer à l’allotropie parce que les changements allotropiques qui se produisent pendant le chauffage paraissent spontanément réversibles pendant le refroidissement lent. Nous les attribuons donc à des changements dans les rapports entre le fer et le carbone ou à la structure, notamment parce que nous constatons des changements de structure importants dans la série des barreaux ainsi traités (1).
- Maintenant, si ces modifications des propriétés physiques de l’acier fortement carburé pendant le refroidissement lent ne sont pas dues à l’allotropie, mais à la structure et à l’état du carbone, les modifications (tableau I) qu’apporte la trempe aux propriétés physiques d’aciers pratiquement non carburés ne seraient-elles pas dues à ces mêmes causes? Cela est possible; mais je trouve (2), dans le cas de ces aciers très pauvres en carbone, que la température initiale du refroidissement lent ne modifie pas les propriétés physiques. Et j’en conclus que l’influence de la structure est probablement relativement faible, donc que les changements de structure ne sont pas la cause probable des grandes variations de résistance et de ductilité que détermine la trempe dans les aciers considérés. Enfin, l’état du carbone et la structure étant éliminés et les tensions ne paraissant pas pouvoir rendre compte d’un pareil accroissement de résistance, il ne nous reste plus à invoquer que l’allotropie.
- (1) Transactions of the Amer. Inst, of Min. Engineers, t. XXIII, p. 529, tableau 20, groupe vn, 1893 . Les changements de structure survenus dans les aciers de cette série seront prochainement décrits en collaboration avec M. Sauveur.
- (2) Transactions of the Amer.. Inst, of Min. Engineers, t. XXIII, p. 532, tableau 24, groupe vn; et p. 531, tableau 23, groupe vn. Une élévation de 733° à 880° dans la température initiale du refroidissement lent d’un acier à 0,22 p. 100 de carbone, n’a pas eu d’effet important sur la ténacité et la ductilité du métal; de même pour une élévation de température de 881° à 1002°, dans le cas d’un acier à 0,09 p. 100 de carbone.
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- Les résultats d’Osmond et Werth, montrant que la dissolution de l’acier trempé dégage plus de chaleur que le même acier recuit, tendent à prouver que la trempe maintient une modification allotropique. Mais l’argument est faible parce que, pour les raisons données plus haut, ces résultats sont douteux et que les différences relevées pourraient venir d’autres causes.
- Nous trouverons encore une preuve additionnelle relative au rôle de l’allotropie dans la trempe en étudiant les questions qui nous restent à résoudre : 1° sur l’identité des transformations dues à la trempe et à l’écrouissage, et 2° sur la part, dans les effets de la trempe, des divers facteurs connus ou soupçonnés. En attendant, les preuves actuellement réunies tendent fortement à démontrer que la trempe maintient une modification allotropique dans les aciers peu carbures.
- 111. Les transformations dues à la trempe et à /’écrouissage sont-elles les mêmes ou, en (Vautres termes, le fer p et le fer 8 sont-ils identiques? — La question est très ardue. Lien que l’écrouissage déforme les cristaux individuels et change ainsi la structure, comme il ne change, à part cette déformation, ni ce qu’on pourrait appeler l'arrangement minéralogique, ni l’état du carbone, nous pouvons nous faire une idée exacte des propriétés du fer 8 en étudiant soigneusement les propriétés produites par l’écrouissage et effacées par le recuit. Jusqu’ici, il n’y a pas grande difficulté.
- Mais si nous cherchons à déterminer les propriétés du fer p pour les comparer à celles du fer 8, les difficultés se présentent, considérables, car la trempe, le seul moyen que nous possédions, semble-t-il, de garder à froid le fer p, change profondément aussi la structure et l’état du carbone et introduit des tensions probablement beaucoup plus grandes que celles du métal écroui. 11 est très embarrassant de faire la part de chacun de ces facteurs et, par suite, de dire quelles sont les propriétés du fer p et si ces propriétés sont les mêmes que celles du fer 8.
- Les voies qui nous offrent le plus de chances de nous rapprocher du but me paraissent être les suivantes : 1° étudier les effets de la trempe sur des aciers aussi peu carburés que possible, puisque les changements du carbone, et heureusement aussi ceux de la structure, sont réduits au minimum; 2U étudier ces mêmes effets sur des aciers moyennement doux (contenant, par exemple, de0,20 à 0,40 p. 100 de carbone), dans des conditions qui nous permettent, sans changer notablement l’état du carbone, d’obtenir à volonté du fer a ou du fer p. Je déterminerai ces conditions plus loin.
- Quand nous voyons l’écrouissage et la trempe accroître la limite élastique, la dureté, la résistance et la fragilité de l’acier, rendre sa coloration plus claire, supprimer le palier dans les courbes de ses essais mécaniques, probablement diminuer sa solubilité dans l’eau de mer (1) et peut-être augmenter la quantité de chaleur qu'il contient (2), nous sommes, de prime abord, frappés par l’étroite ressemblance des apparences. Mais la similitude des effets ne serait-elle pas, comme il arrive souvent, le résultat fortuit de causes différentes? En y regardant de plus près, nous trouvons que, à côté d’un accroissement comparable de la limite élastique et de la ténacité, la diffe-
- (1) L’écrouissage, d’après Andrews (Proc. Inst, civil Engineers, t. CXVIII, 1893-94, 4e partie) et la trempe d’après Gruner (Revue universelle, t. XIII, p. G59, 1883) retardent la corrosion de l'acier dans l’eau de mer.
- (2) Les expériences calorimétriques d’Osmond et Werth, dont il a déjà été question à propos des preuves de l’allotropie, indiquent aussi que les aciers trempés et écrouis se comportent de même en dégageant plus de chaleur que les mêmes aciers recuits, quand on les dissout dans les mêmes conditions.
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- rence est énorme entre les effets de la trempe et ceux de l’écrouissage sur la fragilité, la dureté, la conductibilité électrique, probablement la dilatation; et ces effets semblent diamétralement opposés sur la solubilité dans les acides et affectés en sens contraires par un chauffage modéré (1).
- L’élévation de la limite élastique, l’un des effets les plus marqués de l’écrouissage, est exagérée par le simple chauffage du métal écroui entre 150 et 350° (2). Cependant un chauffage analogue, tel qu’il est pratiqué dans le revenu des aciers à outils, est peut-être le moyen le plus usuel, non pas de renforcer, mais d’atténuer les effets de la trempe par immersion. D’où le mot faire revenir (en anglais temper, c’est-à-dire mitiger, modérer). Le chauffage modéré, qui s’est trouvé un bon moyen d’augmenter l’élasticité des ressorts écrouis, n’augmente pas celle des ressorts trempés (3).
- Ces faits, peu importants en apparence, semblent prendre ici une importante signification. Nous savons eu effet que les diverses formes allotropiques d’un corps quelconque sont spécialement caractérisées pour leur stabilité dans un intervalle défini de températures. C’est ainsi que la température de stabilité de la forme moléculaire du fer conservée par la trempe est au-dessus de l’intervalle critique compris entre 650° et 720° environ (V-W de Brinell, at d’Osmond) et que cette forme est naturellement instable aux températures inférieures, comme le prouvent les phénomènes du revenu et du recuit. Cependant, les faits cités à l’instant montrent que la forme 8, supposée formée par l’écrouissage, possède une température de stabilité beaucoup plus
- (1) Le contraste entre la grande dureté de l’acier trempé et la douceur relative du même métal écroui est trop frappante pour qu’il soit utile d’insister.
- D’après les documents que nous possédons, la trempe paraît augmenter le coefficient de dilatation beaucoup plus que l’écrouissage. Ainsi nous relevons les différences suivantes entre les valeurs des coefficients comparés :
- Fizeau : entre aciers trempé et recuit.................. 0,000 002 210
- Lavoisier et Laplace : entre aciers revenu au jaune et non
- revenu................................................ 0,000 001 663
- Howard : entre aciers trempé à l’huile et non trempé, de. . 0,000 000 618 (C = 0,51 p. 100)
- à. . . 0,000 001 778 (C = 0,97 p. 100)
- Lavoisier et Laplace : entre fers tréfilé et recuit..... 0,000 000 146
- M. Howard (Report, Chief Ordnance U. S. Army, p. 433, 1890) a aussi trouvé de moindres écarts dans le cas d’aciers plus doux; : 0,000 000 014 pour un acier à 0,09 et 0,000 000 140 pour un acier à 0,37 de
- carbone. En fait, la trempe à l’huile n’agit pas beaucoup sur les métaux de cette nuance. Tout au moins,
- les rares données à notre disposition nous permettent-elles de dire que le coefficient de dilatation du fer est beaucoup moins affecté par l’écrouissage que celui de l’acier moyennement carburé ou l’est par la trempe.
- Pour la conductibilité électrique, nous constatons de grandes différences. Nous avons vu que le tréfilage diminue peu la conductibilité du fer (moins de 4 p. 100 en général), l'augmente même d’après Barns (U. S. Geological Survey. Bull. n° 14))et ne l’affecte pas sensiblement d’après Osmond (Commission des méthodes d’essai des matériaux de construction, Section A, t. II, p. 62, 1893). La trempe, au contraire, la diminue énormément. Barns et Strouhal trouvent que la résistance de l’acier trempé est de 2,18 à 3,39 fois plus grande que celle du métal recuit. {U. S. Geological Survey, Bull. n° 14); il est vrai que H. Le Chatelior ne trouve qu'un écart beaucoup moindre, de 13 à 60 p. 100.
- Osmond et AVerth (Ann. des mines, 8e série, t. VIII, p. 46) ont montré que l’écrouissage accroît la vitesse de dissolution de l’acier dans l’acide chlorhydrique et d’autres acides étendus; mais les résultats de Barns et Strouhal indiquent dans le cas de la trempe un effet contraire (Amer. Journal of Science, 3e série, t, XXXII, p. 276, 1886) : au fur et à mesure que les effets de la trempe sont détruits parle revenu, la corrosion par l’acide chlorhydrique devient plus rapide.
- (2) Howe, Metallurgy of Steel, p. 214.
- (3) Howe, Metallurgy of Steel, p. 219.
- Tome I. — 95e année. 5e série. — Février 1896.
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- basse, soit entre 15° et 350°, puisque les effets de l’écrouissage préalable paraissent croître spontanément dans cet intervalle.
- Ainsi, la cause en jeu ne serait pas la même dans les deux cas et, à l’appui de cette déduction, nous avons les différences d’effet produites respectivement par la trempe et par l’écrouissage sur la dureté, la fragilité, la conductibilité électrique, peut-être sur la dilatation et la solubilité dans les acides. Si donc nous considérons le fer [3 comme la seule cause de la trempe, nous avons de bonnes raisons pour mettre en doute son identité avec le fer 8 et pour distinguer les deux formes par des noms différents jusqu’à ce que leur identité soit mieux établie. Mais si la trempe était due, non pas au fer (3 lui-même, mais à un carbure de fer fi, les différences vraisemblables entre ce carbure et le fer j3 libre suffiraient à expliquer les différences entre les effets de la trempe et ceux de l’écrouissage ; et ainsi disparaîtrait la principale des raisons qui nous font discuter l’identité du fer [3 et du fer 8.
- De ses recherches sur le palier et de] l’absence de palier dans les courbes de traction des aciers écrouis et trempés, M. Charpy conclut que la différence entre ces derniers et les aciers recuits est de nature allotropique. On pourrait croire, à première vue, qu’il considère l’absence de palier comme une preuve de l’identité entre les transformations respectivement dues à l’écrouissage et à la trempe; mais, à l’examen, on trouve que son acquiescement à la théorie de l’identité est simplement tacite. En fait, M. Charpy prend le palier comme une mesure des proportions relatives de fer a et de fer (3 et, par le mot de fer 3, il désigne simplement le fer qui n’est pas à l’état a ; il ne cherche pas si le fer non-a se subdivise en plusieurs variétés allotropiques et laisse de côté la question que nous discutons présentement.
- Pour l’étude qu’il avait vue, cela pouvait suffire. Cependant, le fait que la présence du palier prouve la présence du fer a (en admettant qu’on l’accepte), ne prouve pas (et suggère tout au plus) l’identité des modifications sans palier. Établir l’identité de deux choses par le manque d’une seule propriété serait à coup sûr fort téméraire. En réalité, comme le palier fait généralement défaut dans tous les métaux, il est très vraisemblable que les deux formes allotropiques du fer non-a, si elles existent, seront également dépourvues de palier : de même, la dureté unique du diamant rend très vraisemblable que toute autre modification possible du carbone sera moins dure que lui.
- Je ne vois donc aucune raison pour modifier nos premières conclusions : si la conservation du fer [3 est la principale cause de la trempe, il y a de fortes raisons pour mettre en doute l’identité du fer [3 et du fer 8.
- IV. Dans les effets de la trempe par immersion, quelles sont les parts respectives de l’état du carbone et de l’état du fer? — Puisque nous n’avons pas le moyen de distinguer le fer (3 du fer 8 (et que les deux variétés peuvent n’en faire qu’une) nous les réunirons ici sous la dénomination de fer non-a. Notre problème se présente donc sous la forme suivante : dans quelle mesure les effets de la trempe sont-ils dus à l’état du carbone et à la présence du fer non- a, c’est-à-dire à l’allotropie?
- Trois lignes de recherches s’offrent d’elles-mêmes :
- 1. Comparer les effets de l’écrouissage avec ceux de la trempe et voir jusqu’à quel point l’intensité de la trempe concorde, dans des conditions variées, soit :
- "2. Avec l’état du carbone et;
- 3. Avec un effet mesurable de l’écrouissage connu pour fournir une mesure satisfaisante de la transformation connexe, c’est-à-dire des proportions respectives de fer a et de fer non-a.
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- 1. Si les effets de l'écrouissage et ceux de la trempe étaient exactement semblables, nous pourrions conclure que le fer 6 ou quelque forme très voisine est la cause principale de la trempe. Mais, en comparant ces effets, nous avons constaté à la fois des différences si frappantes et des points de ressemblance si nombreux que nous sommes restés hésitants. Les faits observés peuvent également s’expliquer dans les deux hypothèses, soit que le carbone de trempe agisse à la façon du fer 6, soit que le fer créé par l’écrouissage diffère suffisamment du fer p créé par la trempe.
- Cette ligne de recherches, avec des données plus nombreuses discutées par une analyse plus serrée, pourra conduire à des indications utiles. Mais les deux autres"me paraissent promettre beaucoup plus et nous allons les examiner à leur tour.
- 2 et 3. Il est convenable de mener de front ce double examen, en étudiant d’abord les recherches de M. Charpy, puis celles de M. Osmond et celles de l’auteur (1).
- Recherches de M. Charpy. — Jugeant que le palier est un indice de transformation allotropique et donne la preuve que le métal n’a pas été écroui précédemment, trouvant d’autre part que l’un des effets de l’écrouissage, l’accroissement du magnétisme résiduel, se produit rapidement pendant le palier (2), M. Charpy prend ce palier pour mesure de la transformation possible par écrouissage et, par suite, de la proportion originelle du fer x. En d’autres termes, plus le palier est long, plus le métal contenait de fer x avant l’essai, moins il avait été écroui antérieurement.
- Comme il ne trouve pas non plus de palier dans la courbe du fer ou de l’acier trempés par immersion, M. Charpy en conclut que cette opération, elle aussi, amène le fer à un état différent de a (3).
- Il s occupe ensuite de définir les rôles respectifs du fer non-x et de l’élat de carbone dans les phénomènes de la trempe. Pour cela, il trempe des barrettes d’un même acier dans différentes conditions : il mesure l’intensité de la trempe par la ténacité et l’allongement à la traction, la proportion de fer x par la longueur du palier et détermine l’état du carbone par l’essai colorimétrique d’Eggertz.
- La ténacité des barres trempées varie de 70kg2 à 126kJg 1 par millimètre carré et, d’une façon générale, la ductilité varie en sens inverse. Si on prend la ténacité pour mesure de l’intensité de la trempe, le carbone de trempe croît en même temps qu’elle aussi régulièrement qu’on pouvait l’attendre. Quant à la longueur du palier, elle diminue bien quand la ténacité s’élève, mais l’accord est incomparablement moins exact que pour le carbone de trempe; car elle tombe à rien dès que la ténacité a atteint 86k?,4 (soit une augmentation de 16kfi,2 seulement; et reste pratiquement nulle pendant que la ténacité gagne encore 39k",7 et que le carbone de trempe continue également à croître, bien qu’assez irrégulièrement.
- Si c’est l’allongement que l’on prend pour mesure de l’intensité de la trempe, ses variations concordent encore assez bien avec la teneur en carbone de trempe (moins bien cependant que celles de la ténacité), mais non avec la longueur du palier.
- (1) Les résultats très importants obtenus par le professeur J. O. Arnold ne rentrent guère clans le cadre de ce travail; ils se rapportent plutôt à la loi de Roberts-Austen qu’à la cause clc la trempe.
- (2) Comptes rendus, t. CXVII, p. 850, 1803.
- (31 Comptes rendus, t. CXVI1I, p. 118, 1891. En réalité, M. Charpy prend le palier comme une mesure du fer a et du fer [1 et non, comme je le lais ici, du fer a et du fer non-a; mais c’est qu’il ne fait pas de distinction entre p et 5. Il admettrait certainement que l’absence du palier indique seulement l’absence de fer a, sans spécifier par quelle forme, p ou o, ce fer x est remplacé. Je ne pense donc pas défigurer son raisonnement en y substituant, pour la plus grande simplicité de la discusssion, le fer non-a au fer p.
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- M. Charpy déduit de là que l’état allotropique du fer a peu d’influence sur la ténacité, tandis que la transformation du carbone est corrélative de l’augmentation de dureté; c’est-à-dire, si je comprends bien, que la conservation du carbone de trempe est probablement la cause réelle de la trempe, et que l’état allotropique du fer n’a qu’une faible importance.
- Nous avons ici deux résultats différents qu’il est bon d’examiner séparément : 1° le degré de trempe correspond bien au carbone dosé par la méthode colorimétrique et 2° il correspond beaucoup moins bien à la longueur du palier.
- Comme tout le monde est d’accord pour admettre une concordance générale entre l’intensité de la trempe et l’état du carbone, une preuve de plus de cette concordance ne renforce guère la théorie du carbone, à moins qu’on n’ait choisi expérimentalement telles conditions critiques où l’on pouvait prévoir une discordance. Ces conditions existent pendant le refroidissement lent des aciers peu carburés qui présentent trois retards plus ou moins distincts. On peut bien supposer que l’un de ces retards correspond à la transformation du carbone et l’autre (ou les autres) à la trempe. Si donc on prend une série de barres d’un tel acier, qu’on les laisse refroidir lentement à partir d’une même température assez élevée jusqu’à une série de températures déterminées avant, pendant et après l’intervalle critique et qu’on les trempe à ces températures, si on trouve ensuite que l’accord existe entre la dureté et le dosage colorimétrique du carbone, comme on avait ici des raisons de prévoir le contraire, on sera en possession d’une preuve valable.
- xMais, dans l’acier de M. Charpy, il n’y a qu’un seul retard pendant le chauffage, c’est-à-dire que la transformation cause de la trempe, quand même elle serait distincte par nature de la transformation du carbone, se produit en même temps. Dans ces conditions, avec des barres trempées après chauffage sans refroidissement lent intermédiaire, toutes les théories prévoient également l’accord entre le degré de trempe et le dosage colorimétrique du carbone. Et quand M. Charpy constate cet accord, la théorie du carbone ne s’en trouve pas, à mon sens, notablement fortifiée.
- Quant à la discordance entre le degré de trempe et la longueur du palier, le raisonnement de M. Charpy me paraît être le suivant : le degré de trempe continue à croître après que la longueur du palier est devenue nulle, puisque la ténacité s’élève de 86k,4 à I26ks,l par millimètre carré et que l’allongement tombe parallèlement (et irrégulièrement d’ailleurs) de 8,3 à 0,4 p. 100; donc les proportions relatives de fer a et non-a ont peu d’influence sur la trempe par immersion. Ce raisonnement repose sur ces prémisses que le palier est une mesure quantitative sûre de la proportion du fer oc présent, ou tout au moins sur celles-ci : « Pas de palier, pas de fer oc. » En d’autres termes, cela veut dire que, partout où le palier manque, tout le fer est du fer non-a. Mais les barres qui ne donnent pas le palier sont très inégalement trempées : or, ces différences ne peuvent être attribuées aux proportions différentes de fer a et de fer non-a, puisque nous n’avons plus de fer a nulle part; il faut donc les rapporter à quelque autre cause efficace, assez puissante pour faire monter la ténacité de 86kfi,4 à 126kVl par millimètre carré, et cette cause est l’état du carbone.
- Je suis obligé d’insister sur ces prémisses : l'absence de palier prouve l'absence de fer a ou un fer sans palier ne contient pas de fer a, parce qu’elles sont la base de l’argumentation et que, si elles étaient réfutées, l’argumentation s’écroulerait. Si, en effet, elles ne sont pas exactes, toutes les barres qui n’ont pas donné de palier pouvaient contenir une certaine proportion de fer a, minimum dans la barre la plus résistante
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- et, par suite, la proportion complémentaire de fer non-apeut être exactement d’accord avec le degré de trempe, et le fer non-a peut être la cause de la trempe. Si un fer sans palier peut encore contenir du fer a, le palier n’est même plus un critérium qualitatif de la présence ou de l’absence de cette forme et, à plus forte raison, ne saurait fournir un moyen de mesure. Alors, la quantité de fer a présent, au lieu d’être proportionnelle à la longueur du palier, peut être, dans l’ensemble de la série, inversement proportionnelle au degré de trempe; c’est-à-dire que le degré de trempe serait directement proportionnel à la quantité de fer non-a et, je le répète, le fer non-a pourrait être la cause de la trempe.
- Pour démontrer que, contrairement aux prémisses : un fer sans palier peut contenir beaucoup de fer a, nous avons un argument très fort et deux arguments auxiliaires moins probants. Les voici.
- 1° Une classe très importante de fers et d’aciers qui, sans avoir de palier, sont cependant profondément affectés par l’écrouissage et contiennent donc, par définition, beaucoup de fer a, c’est la classe des fers et des aciers qui ont précisément dépassé le palier. Je m’explique : si, dans un essai de traction, nous chargeons la barre jusqu’au pointd’arrêtexactement, c’est-à-dire jusqu’à l’apparition du palier (soità 33 kilogrammes par exemple), que nous la déchargions alors et que nous recommencions l’essai, la limite élastique n’aura pas été beaucoup déplacée. Si maintenant nous élevons la charge plus haut, soit à 40 kilos, que nous déchargions de nouveau la barre et que nous recommencions de nouveau l’essai, nous trouvons que la limite élastique s’est élevée à 40 kilogrammes environ. Augmentons encore la charge, jusqu’à 44 kilogrammes par exemple, déchargeons encore une fois et recommençons l’essai : la limite élastique sera devenue voisine de 44 kilogrammes. Et ainsi de suite, la limite élastique atteignant approximativement, dans chaque essai, la charge maximum de l’essai précédent, jusqu’à ce que, finalement, elle égale à peu près la charge de rupture. En même temps, la ductilité décroît et la ténacité augmente à chacun de ces essais successifs au delà du palier.
- A titre d’exemple, je reproduis dans la fig. 2 trois de ces diagrammes successifs d’une seule et même barre d’acier, chargée, déchargée, rechargée et ainsi de suite, comme nous venons de le dire (1).
- Un tel acier, après avoir une fois dépassé le palier, ne présente plus de palier nouveau pendant les essais subséquents, comme le montre M. Gharpy lui-même (2). Ainsi, une fois déchargé, il est devenu du fer sans palier. Malgré cela, on peut augmenter de beaucoup sa limite élastique et sa ténacité et diminuer de beaucoup sa ductilité, comme nous l’avons vu, par un écrouissage ultérieur, en suite des déformations permanentes produites par des charges croissantes. Bref, la transformation due
- (1) Knut Styffe, Iron and Steel, pl. V et p. 36, traduction de Sandberg, 1869.Dans chaque courbe, la limite élastique est à peu près la charge maximum atteinte dans l’essai antécédent.
- (2) Les diagrammes d’essais mécaniques du fer chargé une première fois au-dessus de sa limite élastique, puis déchargé et réessayé sous une charge plus forte, avec accroissement de la limite élastique, montrent qu’il ne se produit pas de nouveau palier sous la seconde application de la charge. (Voir par exemple la courbe O, elv, f, fu, evi (fig. 59), dans Thurston, Materials of Engineering, t. II, p. 346.) C’est ce que confirme M. Gharpy, en essayant par compression et par traction de petites pièces découpées en long et en travers dans une barre plus grosse chargée préalablement par traction au-dessus du .palier : il n’apparaît plus de palier pendant la seconde épreuve, à moins que les effets de l’écrouissage n’aient été dans l’intervalle effacés par un recuit (Comptes rendus, t. CXVIII, p. 870, 1894).
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- à l’écrouissage peut être poussée beaucoup plus loin et le métal, bien que sans palier, contenait donc, par définition, beaucoup de fer a.
- L’augmentation de limite élastique, de résistance et de fragilité acquise immédiatement après le palier ne semble même qu’une assez petite fraction de l’augmentation obtenue ultérieurement. Ainsi, la limite élastique ne s’élève guère à l’endroit du palier, tandis que les déformations subséquentes pourront peut-être la doubler, ou peu s’en faut. Si je suis dans le vrai, il paraît que le palier correspond à une minime partie seulement de la transformation par écrouissage et au passage d’une minime portion du fer de la forme a à la forme 8; et le plus fort de cette transformation ne se produirait qu’au-dessus du palier.
- Quoi qu’il en soit, il suffit, pour notre démonstration, qu’une part importante de la transformation par écrouissage du fera en fer 8 puisse se faire après le palier; et c’est ce dont nous trouvons une nouvelle preuve dans les expériences mêmes données par M. Charpy pour montrer que le magnétisme résiduel, considéré par lui comme un effet caractéristique de la transformation par écrouissage, croît seulement pendant le palier et reste ensuite constant malgré les déformations permanentes ultérieures. Cette assertion est en effet loin d’être exacte et, en fait, le magnétisme résiduel augmente respectivement, dans les trois expériences, après le passage du palier, de 38,50 et 74 p. 100 de l’accroissement acquis au palier (1).
- 2° Beaucoup de fers et d’aciers ne paraissent pas avoir de palier à la traction et contiennent cependant beaucoup de fer a, puisque toutes leurs propriétés sont normales, puisqu’ils ont leur limite élastique, leur résistance, leur fragilité augmentées par l’écrouissage et subissent par conséquent la transformation correspondante, celle du fer a en fer 8 par définition. Il est possible que dans certains de ces diagrammes et, à la rigueur, dans tous, un petit palier se soit produit et que les mesures trop écartées des allongements l’aient fait échapper à l’observation; mais il en est où les mesures ont été si rapprochées et où la courbe est si régulière qu’il est difficile de croire qu’un palier, ou du moins un palier de quelque importance, ait dû exister.
- Parmi ces diagrammes sans palier visible obtenus avec des métaux à fer a, je trouve les courbes des forges de Norvège de Gatewood (2); celles de Styfîe, que je reproduis (3), sur des aciers puddlés; celles de Kirkaldy sur des tôles de Fagersta (4) et quelques-unes parmi celles de la Commission américaine (5). Notons que les mesures, dans les courbes de Styffe (fîg. 2) sont si voisines et que les courbes elles-
- (1) Comptes rendus, t. CXVII, p. 850, 1893. Pour obtenir ces chiffres, j’admets que, comme le dit M. Charpy au dernier paragraphe de la page 831, les échantillons 1 et 2 de chaque série ont été pris exactemerft au début et à la fin du palier. Si cependant, comme je le comprends, les trois essais ont donné un vrai palier horizontal, le chiffre de 74 p. 100 pour le troisième essai est encore trop faible.
- (2) Report of the U. S. Naval Advisory Board o?i Mild Steel, etc.; R. Gatewood, Washington, 1886, pl. XVIII. Il est dit à propos de ces courbes, p. 149 : « Elles sont aussi remarquables par l’absence presque complète d’allongement brusque à la limite élastique, et le redressage à froid qu'elles ont subi ne parai1 2 3 4' pas pouvoir rendre suffisamment compte de cette anomalie. »
- (3) Iron and Steel, Styffe, traduction de Sandberg, pl. V, 1869.
- (4) Experimental Inquiry into the Mechanical Properties of Fagersta Steel; 1873, série B, pl. I. Des 8 courbes que contient la planche, 4 se rapportent à l’acier naturel et 4 au même acier recuit ; aucune ne présente un palier rectiligne au sens que M. Charpy paraît attacher à ce mot. La courbe de l’une des éprouvettes recuites, H 1060, est parfaitement régulière bien au-dessus de la limite élastique et, alors seulement, montre un aplatissement insignifiant qui ne ressemble nullement à un palier. L’allongement est de 39 p. 100 sur 127 millimètres et la limite élastique de 21 kilogrammes par millimètre carré.
- (3) Report of the Board on Testing Iron, Steel and other metals, 1881, nos 1091 B, 1060 B et 1583.
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- Charges en livres anglaises par ponce carré. Une livre par pouce carré équivaut à 0k.0i par^centimètre carré
- Allongement pour cent.
- Fig. 2. — Elévations successives de la limite élastique sous l’influence de charges successives (d'après Stylïe). — Acier puddlé.
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- mêmes sont si régulières que la possibilité d’un palier est à peu près exclue.
- Il faut bien d’ailleurs que la plus grande partie du fer ait été, dans ces aciers, à l’état a; c’est la conséquence de leur grande ductilité et de leur faible limite élastique. Je donne les chiffres ci-dessous :
- TABLEAU III
- Propriétés de quelques aciers sans palier.
- PROPRIÉTÉS ; LA TRACTION.
- ai
- O ""
- X LIMITE RAPPORT CARBONE
- -a RÉFÉRENCES. A L Ij O N G E MENT élastique ; Je la limite
- — h i h. —_ kilogrammes élastique p. 100.
- p. 100. sur par millim. carre. à la charge de rupture.
- 1 Gatcwood, p. 148, n° 36, u>. 27,50 » 22,8 51,21 0,16
- 2 Gatewood, p. 148, n° 36, u%. 24,35 » 22,6 51,66 0,16
- 3 Kirkaldv, n° 1060 38,60 127 millim. 20,9 60,10 0,15
- Osmond et Werth (1), il est vrai, vont jusqu’à avancer que tous les aciers trempés et très durs manquent de palier; mais ils exagèrent sans doute en sens contraire, car je trouve quelques exemples de paliers nets dans les courbes d’aciers très carburés (2). Ce que l’on peut admettre, c’est que, d’une façon générale, le palier est beaucoup plus petit et beaucoup plus souvent absent dans les courbes des aciers durs que dans celles des aciers doux. Mais cela tend à prouver une fois de plus que le palier ne donne pas une mesure exacte de la transformation par écrouissage et de la proportion initiale du fer a. Car ces aciers très carburés sont grandement modifiés par l’écrouissage, c’est-à-dire aptes à subir à un haut degré la transformation correspondante et contiennent donc, par définition, beaucoup de fer a. Si donc le palier était une mesure exacte, ils devraient avoir un palier très long, plus long peut-être que celui des aciers doux.
- M. Gharpy déclare bien, comme le résultat de plus de 300 essais, que tous les fers et les aciers recuits présentent le palier et que le palier manque dans tous les autres métaux et dans les fers et aciers écrouis ou trempés (3). Mais les dépositions de nom-
- (1) Stahl und Eisen, t. VI, p. 540, 1886. Les auteurs disent que l’existence du palier « est un fait absolument général pour les fers et les aciers, sauf (et ceci est important) pour les aciers trempés et
- très durs... C’est dans ce phénomène (le palier) que nous croyons voir clairement la transformation du
- fer a en fer p. Et cette explication nous paraît confirmée par ce fait significatif : que les aciers trempés ou très durs, qui devaient renfermer à l’avance une proportion considérable de fer p, ne présentent plus la même particularité. »
- (2) Le Report of the U. S. Test Board donne dés courbes à palier pour des aciers très durs : courbes A et C de l’acier 1053 à 0,973 p. 100 de G; A, B et C de l’acier 1058 à U,905 de C; A et C de l’acier 1054 à 0,886 de C. Toutes ces courbes ont des paliers très nets. PL 1, 2, 4 et 6, « Diagrammes de déformation des essais d’aciers par traction », à la suite de la p. 399, t. II, Report of the U. S. Test. Board, 1881.
- (3) Comptes rendus, t. CXVII, p. 850, 1893.
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- breux témoins qui n’ont pas vu sont de peu de poids au regard de celles de quelques témoins sûrs qui ont vu. De même ici, en rencontrant des courbes sans palier données par des expérimentateurs soigneux, on est amené à conclure que des fers et des aciers sans palier, bien que riches en fer a, existent réellement, mais que M. Gharpy n’a pas eu l’occasion d’en rencontrer.
- Il est cependant possible que l’absence de palier dans ces fers soit due à un commencement d’écrouissage antérieur qui aurait changé un peu de fer a en fer S, ou à une légère insuffisance de recuit qui aurait laissé subsister un peu de fer 8 ; mais ces deux explications elles-mêmes supposent qu’il suffit d’une faible quantité de fer S pour empêcher le palier, si bien qu’un fer peut n’avoir pas de palier et renfermer beaucoup de fer a.
- 3° A une température moyennement élevée, pouvant aller jusque vers 600 degrés au moins, la déformation parait produire une partie au moins des effets de l’écrouissage, c’est-à-dire, par définition, changer du fer a en fer S, et il n’en résulte que peu ou pas de palier. En d’autres termes, le fer a n’aurait pas de palier à ces températures moyennement élevées. Ainsi, bien que le palier soit très petit au bleu (soit environ entre 220 et 320 degrés) (1), l’effet de la déformation à cette température est non seulement égal, mais probablement supérieur à celui de la déformation à froid. A 400 degrés ou un peu au-dessus, le palier semble totalement disparaître et cependant, à des températures même plus élevées et pouvant atteindre, dans certains cas, jusqu’à 632 degrés, certains effets spécifiques de l’écrouissage se montreraient encore (2).
- Et si une condition spéciale, telle qu’un chauffage modéré, empêche la transformation du fer a en fer S d’être accompagnée du palier, on peut raisonnablement supposer que telles autres conditions spéciales, comme la trempe, peuvent avoir la même action préventive et déterminer l’absence complète de palier dans les aciers trempés de M. Charpy.
- Résumé. — Considérant que : (a) on n’a pas essayé de montrer que la longueur du palier fournit une mesure quantitative de la transformation possible par écrouissage, c’est-à-dire de la proportion du fer a présent; et que {b) la réduction excessive du palier, normale pour les aciers très durs et accidentelle pour d’autres, prouve que le palier ne fournit réellement pas cette mesure, nous sommes en présence de trois faits frappants :
- 1° L’absence complète du palier, confirmée par M. Gharpy, dans le fer et l’acier qui ont dépassé le palier, bien que la transformation du fer a y soit encore très incomplète ;
- 2° L’absence accidentelle apparemment complète du palier dans l’acier même recuit;
- 3° L’absence du palier à des températures moyennement élevées, alors que le fer
- (1) Martens et Charpy trouvent que le palier diminue à mesure que la température s’élève et disparait complètement à 400 ou à 520°. Martens (Stahl und Eisen, t. X, p. 849, 1890) ne trouve plus qu’un très petit palier à 300° et plus du tout à 400°. Charpy (Comptes rendus, t. CXVIII, p. 869, 1894) trouve le palier très raccourci à 400° et nul à 520°.
- (2) Notamment l’élévation de la limite élastique et la diminution de l’allongement. Ainsi, M. J„-E. Howard a trouvé que trois barres (nos 4-795, 6-797 et 10-334) ont eu leur limite élastique (rapportée à la section primitive) notablement accrue (de 20 kilogrammes dans l’un des exemples) par une déformation préalable à 567°, 575° et même à 632°. L’allongement total s’abaissait parallèlement, et considérablement dans l’un des cas. Partout la contraction, rapportée à la section réduite, était également diminuée, et de beaucoup dans deux des cas; dans deux cas encore, la ténacité, rapportée à la section réduite, était augmentée, et de beaucoup dans l’un d’eux. (Report Cfiief Ordnance, U. S. Army, 1890, p. 446, 450, 451.)
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- a paraît présent et capable de prendre la forme S sous l’influence de la déformation.
- Ainsi, à moins que ces faits ne trouvent une explication, l’absence de palier n’est pas une preuve valable de l’absence du fer a et, quand le palier existe, sa longueur n’est pas une mesure exacte des proportions relatives de fer a et de fer 8. Et en attendant l’explication, le manque de concordance entre le palier et le degré de trempe dans les expériences de M. Charpy ne prouve pas valablement que le rôle de l’allotropie dans la trempe soit dénué d’importance.
- Hypothèse sur le palier. — Je fais ici une digression et me hasarde à proposer, sous toutes réserves, une nouvelle explication de la nature du palier : la transformation par écrouissage, provisoirement définie comme la transformation du fer a en fer 8, sous l’influence des déformations permanentes, à quelque moment qu’elles se produisent, déplacerait vers la droite la courbe des déformations ; dans beaucoup de cas, notamment pour les fers et les aciers doux non écrouis, c’est-à-dire très riches en fer a, cette transformation et le déplacement corrélatif de la courbe entreraient brusquement en jeu, avec formation de palier; entre 93° et 204°, ces accélérations brusques pourraient se répéter plusieurs fois, donnant la série de paliers notée par M. Howard; ce déplacement de la courbe vers la droite se poursuivrait toujours pendant toute la transformation du fer a en fer 8 : 1° après le palier dans les fers à palier et 2° d’une façon continue à partir de la limite élastique, à la fois (2° a) à la température ordinaire pour les fers sans palier, mais riches en fer a et (2° b) pour tous les fers, à la température plus élevée qui supprime le palier; mais il se poursuivrait sans à-coup et sans inflexion notable, poussant cependant la courbe à la droite de la position qu’elle occuperait pour le même métal, si tout le fer y était à l’état 8; s’il en était ainsi, le déplacement total de la courbe pourrait nous renseigner sur les proportions relatives du fer a et du fer non-a à l’origine, tandis que le palier lui-même, considéré comme une fraction capricieusement variable de ce déplacement, ne paraît donner aucun renseignement exact. Sa présence serait une simple preuve qualitative de la présence du fer a et son absence ne serait pas une preuve de l’absence de cette forme du fer.
- Dans cette hypothèse, les faits (1), c’est-à-dire le renforcement, sous l’influence d’un chauffage modéré entre 200° et 300° de la transformation par écrouissage commencée à froid et les faits (2), c’est-à-dire la grande réduction du palier aux mêmes températures, s’expliqueraient facilement. Le palier suggère en effet l’idée d’une résistance de frottement, à froid, à la transformation par écrouissage; cette transformation, une fois amorcée, s’ébranlerait avec une sorte de secousse, comme le glissement d’une corde tenue par friction: le chauffage modéré, en diminuant le frottement, permettrait à la transformation commencée de se poursuivre et raccourcirait le palier. Mais il me paraît que nous avons besoin, avant de nous faire une opinion ferme, d’un fort supplément d’information.
- Relation entre l’état du carbone et Vintensité de Ici: trempe; expériences de M. Osmond et de l'auteur. — Au sujet de ces relations et des contentions entre les deux théories rivales de la trempe, nous avons un moyen d’étude plein de promesses et dont j’ai déjà dit quelques mots : c’est de chercher la cause des retards spontanés successifs qui se produisent pendant le refroidissement lent des aciers doux, en accélérant brusquement ce refroidissement à différentes températures pendant l’intervalle de ces retards et aux environs.
- Nous avons en effet des raisons de supposer que le dermei de ces retards, le point an d’Osmond, correspond à la transformation du carbone de trempe en carbone
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- de cémentation, parce qu’il est à peu près proportionnel à la teneur en carbone du métal; et les deux autres, les points ar2 et an d’Osmond, représentent vraisemblablement une ou deux autres transformations, allotropiques ou non, parce qu’elles ne sont pas proportionnelles à la teneur en carbone. Nous pouvons donc espérer, en trempant une série de barres, après refroidissement lent, en différents points de l’intervalle critique, emprisonner, pour ainsi dire, les transformations successives qui correspondent aux retards. On verrait ainsi quelles relations ont avec ces retards, et, par suite, entre elles, la perte du pouvoir trempant et la transformation du carbone.
- M. Osmond (1) a fait un premier pas dans cette voie en trempant trois barres dans l’intervalle critique et déterminant leur degré de trempe par la lime et l’état du carbone par la touche à l’acide nitrique.
- Les résultats paraissaient mal en harmonie avec les conditions des essais et j’ai signalé cette discordance. Mais mes propres expériences (2), suffisantes pour mettre sérieusement en doute les conclusions de M. Osmond (3), étaient encore trop 'rudimentaires pour donner une réponse claire ; et la question restait pendante.
- En 1893 (4), j’ai publié des recherches un peu plus étendues et montré que la perte du pouvoir trempant pendant le refroidissement lent, si on la mesurait par le retour de la ductilité, au lieu de coïncider avec les premiers retards, était plutôt postérieure au dernier et au changement d’état du carbone. Ce que l’on expliquait naturellement en supposant que la transformation de la dernière partie du carbone de trempe en carbone de cémentation déterminait un accroissement relativement important de ductilité à la traction ou au pliage.
- Pour pousser plus avant l’étude de la question, j’ai institué les expériences qui sont la base du présent travail. J’ai chauffé 21 barres semblables d’un même, acier à 0,21 p. 100 de carbone, avec une vitesse à peu près la même, à environ 970°; je les ai laissées refroidir lentement, encore avec une vitesse à peu près la même, jusqu’en différents points de l’intervalle critique, et je les ai alors trempées dans la saumure
- (1) Transformations du fer et du carbone, etc., pp. 38 et 87, 1888.
- (2) The Metallurgy of Steel, p. 191; Voir aussi Engineering and Mining Journal, t. XLIV, p. 526, 22 décembre 1888 et Bulletin de l’industrie minérale. 3e série, t. III, p. 1631, 1889.
- Note du traducteur. — L’expérience de M. Howe consistait à chauffer uniformément une barre d’acier mi-dur au-dessus des points critiques et à la refroidir, lentement d’abord, par une de ses extrémités, de façon que cette extrémité fût à une température plus basse que ari, tandis que l’autre restait au-dessus de ar32. On trempait alors la barre et on cherchait si l’apparition ou la disparition de la dureté et du carbone de trempe coïncidaient ou non. M. Howe disait que, d’après mes idées, on devait trouver un changement brusque de dureté en un point et un changement brusque dans l’état du carbone en un point plus refroidi, et ce n’est pas ce qu’il croyait constater.
- Dans ma réponse, je m’étais étonné que l’auteur put tirer de mes recherches une conclusion ainsi formulée. A ce sujet, M. Howe m’avise que j’avais pris le mot point dans un sens trop mathématique qu’il n’avait ni dans sa langue, ni dans sa pensée. Je dois donc reconnaître, et je le fais avec plaisir, que l’interprétation de M. Howe était correcte et que mon étonnement n’était pas justifié au fond. Cette ancienne discussion est d’ailleurs close. Le présent travail d’une part, et, d’autre part, les recherches micrographiques que j’ai publiées ici même dans le fascicule de mai 1895 paraissent avoir fait la lumière sur les difficultés qui avaient donné lieu à controverse. F. O.
- (3) Mémorial de l'artillerie de la marine, 27e année, 2e série, t. XIX, p. 6, lre livraison de 1891. M. Osmond admet ici très franchement que ses premières expériences étaient loin d’étre concluantes.
- (4) Transactions of the Amer. Inst, of Mining Engineers, t. XXIII, p. 524, 1893. Me fondant sur le changement de ductilité, et partageant la croyance générale : que le pouvoir trempant diminuait et disparaissait comme un tout indivisible, je concluais que le pouvoir trempant lui-même était plutôt en retard qu’en avance sur le dernier point critique. Les résultats du présent travail m’obligent à modifier cette conclusion.
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- froide. Enfin, j’ai déterminé, pour mesurer le degré de trempe, la ténacité, la ductilité et la dureté (l) et dosé le carbone par la méthode colorimétrique pour en connaître l’état. Les résultats sont réunis dans le tableau IV, et représentés par le graphique de la figure 3.
- TABLEAU IV
- Influence de la température de trempe sur la ténacité, la dureté, la ductibilité et l’état du carbone dans un acier à, 0,21 p. 100 de carbone.
- X O « •w P Y TEMPÉRATURE DE TREMPE. TÉNACITÉ KILOGRAMMES par millim.2. DURETÉ LARGEUR de la strie, millim. ALLONt p. 100. > E M E N T SUR MILLIM. STRICTION p. 100. PERTE APPARENTE de carbone p. 100 d’acier.
- 6 degrés- 880 157,9 3,50 63,5 » 0,092
- 7 836 145,9 0,0276 3,00 102 5,00 0,095
- 4 797 153,5 0,0285 6,00 102 » 0,102
- 16 761 136,0 )) 1,25 102 1,01 0,082
- 15 733 155,3 0,0290 4,50 102 » 0,095
- 12 714 155,6 0,0281 7,50 102 » 0,102
- 18 713 148,6 0,0303 2,50 102 1,54 0,093
- 9 698 145,3 0,0293 3,75 102 3,53 0,096
- 5 652 101,9 » 2,25 102 3,17 0,100
- 14 650 99,8 0,0298 4,75 102 5,68 0,084
- 21 633 90,2 0,0333 4,25 102 5,87 0,084
- 10 626 88,4 0,0320 5,50 102 5,94 0,084
- 22 620 85,1 0,0329 6,25 102 5,60 0,091
- 11 600 64,4 0,0333 13,50 102 44,40 0,034
- 3 599 62,6 0,0332 13,00 102 46,50 0,047
- 8 575 65,7 0,0343 19,75 102 38,60 0,029
- 19 532 58,2 0,0343 21,25 102 51,34 0,005
- 13 512 57,7 0,0356 26,00 102 54,40 0,018
- 17 340 55,8 » 23,75 102 33,54 0,000
- 20 263 53,8 » 22,50 102 55,64 0,00U
- 23 20 52,0 0,0365 25,75 102 52,29 0,008
- 24 non traitées 65,9 )) 18,75 102 33,89 ))
- 25 66,3 0,0331 17,50 102 51,14 »
- Perte ou gain total .... 105,9 0,0089 22,75 ’> » 0,102
- (1) Nous réunissons certainement sous ce mot « dureté » plusieurs propriétés différentes, telles que les résistances à la compression, à la pénétration, au striage, qui peuvent n’avoir pas entre elles de relations étroitement fixées. Dans toutes, la cohésion joue un rôle important; mais, comme les substances métalliques ne sont pas homogènes, la cohésion varie avec la nature et le mode d’application de l’effort. Tel corps peut mieux résister à la compression, tel autre à la pénétration, un troisième au striage. Cependant ces propriétés sont connexes ; d’autre part, elles diffèrent radicalement, ce me semble, de la
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- Ténacité.....
- Dureté________
- Allongement _
- '|Perte apparente
- I de carbone.
- 210000
- 80000
- Tûooo
- nempüratbre île mempe oanticrad
- Relations entre la température de trempe et la perte apparente de carbone, la ténacité, la dureté et la ductilité.
- Fig. a.
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- FÉVRIER 1896.
- 21 barres carrées, de 229 millimètres de long sur 8 millimètres de côté, ont été chauffées une à une, avec une vitesse aussi égale que possible, à la même température de 970 degrés environ. Toutes ces barres étaient du même acier contenant : carbone = 0,21 ; Silicium = 0,31 ; manganèse = 1,19. Le chauffage a été fait dans le four à moufle tubulaire et à double paroi de cuivre qui a été décrit dans les Transactions of Amer. Inst, of Mining Egineers, t. XX1I1, p. 533, 1893. L’uniformité du chauffage et du refroidissement dans les différentes expériences était assurée par le contrôle de la pression du gaz au moyen d’un manomètre différentiel précis.
- Dès que la température avait atteint 970 degrés, on laissait chaque barre se refroidir dans le four, très lentement (à la vitesse de 5 secondes environ pour 1°) jusqu’à la température indiquée dans le tableau ; la barre était alors trempée dans la saumure froide. Les températures étaient mesurées au moyen du pyromètre Le Chatelier combiné avec une lunette qui permettait de faire les lectures avec une approximation de 0°,7.
- La ténacité et la ductilité ont été déterminées par l’essai usuel de traction, la dureté par la méthode des rayures, en mesurant au micromètre la largeur de la strie produite par une pointe de diamant sous une charge de 100 grammes et grossie environ 450 fois sous la chambre claire. Cette méthode a été choisie parmi plusieurs autres comme la moins critiquable.
- Les barres avaient été numérotées sans ordre, pour éviter toute idée préconçue dans la mesure de la dureté et dans le dosage du carbone.
- La barre 23 a été refroidie complètement et très lentement dans le moufle.
- Les barres 24 et 25 n’ont subi aucun traitement et ont été essayées telles qu’elles étaient sorties du laminoir. Leurs propriétés sont bien d’accord; elles sont plus résistantes et moins ductiles que les barres trempées à la fin et au-dessous de la transformation du carbone.
- Toutes les barres traitées avaient été recuites auparavant pour les placer dans des conditions comparables et effacer les effets de trempe et d’écrouissage dus au laminoir.
- Je pense donner prochainement, en collaboration avec M. Sauveur, la description de la microstructure.
- DISCUSSION DES RÉSULTATS
- Les mesures de dureté sont moins sûres que les autres; étant donné les difficultés de la méthode, des différences ausm faibles que celles qu’il s’agissait de déterminer ne peuvent l’être exactement qu’en prenant la moyenne d'un certain nombre d’observations. Malgré cela, les chiffres consignés dans le tableau IVsont encore quelque peu capricieux. L’allure très régulière des valeurs de la ténacité et de celles de l’allongement inspire toute confiance. Les résultats également très concordants de plusieurs séries de dosages colorimétriques du carbone n’ont laissé aucun doute que la transformation de ce corps est très postérieure à celle delà ténacité. C’était là un fait surprenant : j’ai épuisé ma sagacité à chercher les moyens de m’en rendre compte, et c’est seulement six mois après l’avoir découvert que je me décide à le publier.
- A mesure que l’on abaisse la température de trempe, la ténacité, la ductilité, la dureté et la forme du carbone passent chacune par un intervalle critique où le chan-
- fragilité : il est donc bon d’éviter les locutions qui pourraient donner lieu à confusion. Je ne crois pas non plus que l’on puisse considérer la résistance à l’abrasion comme une duveté moléculaire ni la fragilité comme une dureté inter cristalline. Dans la présente communication, le mot dureté s’entendra partout et exclusivement de la résistance à l'abrasion.
- (Le traducteur pense que l’on peut utilement garder le mot anglais abrasion, qui est déjà usité en français dans le langage médical, et qui sc comprend facilement; la résistance à l’abrasion réunit la résistance au rabotage, au striage ou à la rayure, c’est-à-dire tous les modes de grattage.)]
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- LA TREMPE DE l’âCIER.
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- gement est rapide. Mais ces intervalles critiques, bien que déterminés sur les mêmes barres et, pour deux propriétés (ténacité et ductilité) par les mêmes essais, ne coïncident pas.
- Pour plus de clarté, je résume dans le tableau V les chiffres du tableau IV.
- TABLEAU V
- Influence de la température de trempe sur la ténacité, la ductilité, la dureté et la forme du carbone dans un acier à 0,21 p. 100 de carbone. (Résumé des essais.)
- NUMÉROS. INTERVALLE pourcentage DANS L’INTERVALLE CONSIDERE,. de l’augmentation ou de la diminution de
- de à définition. ténacité. dureté. perte en carbone. ductilité.
- degrés. degrés.
- 1 880 698 Au-dessus de ar2. 12 19 0 3
- 2 698 620 ar2. 57 40 12? 11
- 3 620 600 a rl. 20 4 42? 32
- 4 600 512 Au-dessous de ari- 6 26 24? 54
- 5 512 20 5 10 48?
- Ainsi, quand la température de trempe descend de 880 à 698°, les variations des propriétés du métal et de l’état du carbone ne dépassent pas beaucoup ce que l’on peut naturellement attendre des différences individuelles entre les barreaux, des irrégularités involontaires dans les conditions de la trempe et des erreurs d’observation. Mais, pour une chute de 65°, entre 698 et 633°, la ténacité s’abaisse brusquement et subit au moins 32 p. 100 de sa réduction totale, tandis que la transformation du carbone n’atteint pas 12 p. 100. La dureté diminue brusquement dans le même intervalle.
- Entre 620 et 600°, c’est au tour du carbone de se transformer brusquement et en même temps l’allongement prend un accroissement considérable. Dans une recherche antérieure, j’avais même trouvé que le retour de la ductilité, mesuré par l’allongement, est particulièrement concentré dans la dernière phase du changement d’état du carbone.
- Pendant le refroidissement lent, ce changement d’état du carbone ne paraît être complet qu’à 575°, c’est-à-dire 25° après la fin apparente de aH, ce qui confirme la lenteur de ce changement et le dire de Brinell
- Le surplus de mes conclusions pourra paraître bien spéculatif. Cependant, nous voyons la ténacité diminuer considérablement entre 698 et 626° sans grand changement correspondant dans l’état du carbone; nous voyons, pendant la période suivante du refroidissement, s’accomplir 84 p. 100 au moins de la transformation du carbone tandis que la ténacité ne perd plus que 34 p. 100 de sa perte totale. Si nous ajoutons à cela que : 1° la grande diminution de ténacité au-dessus de 626° coïncide avec le point
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- MÉTALLURGIE. --- FÉVRIER 1890.
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- a2 dont l’amplitude, dans la série des aciers, est sans aucun rapport avec la teneur en carbone et que 2° la ténacité d’aciers très peu carburés peut être presque triplée par la trempe, nous sommes, semble-t-il, irrésistiblement conduits par les faits d’expérience à admettre qu’une transformation différente de celle du carbone peut jouer dans la trempe par immersion un rôle tout à fait important. Les raisons données à propos de la discussion du tableau I, la rapidité et l’étendue de la chute de la ténacité dans la présente série d’essais, enfin la coïncidence manifeste de cette chute avec le retard arî sont autant de preuves qui concourent à montrer dans cette autre transformation une modification allotropique du fer lui-même.
- Admettons-le provisoirement et, avant de prendre des conclusions définitives, faisons encore une remarque : quand la température de trempe est descendue au-dessous de an, et que la grande chute de ténacité et de dureté s’est produite, l’allongement n’augmente pas; il diminuerait plutôt et son accroissement très rapide coïncide avec la, transformation du carbone entre 620 et 532°. Voilà un fait très concluant pour prouver que cette transformation est un facteur direct et essentiel du retour de la ductilité sous l’influence du recuit. Mais la signification doit en être limitée. Nous savons en effet que l’acier très peu carburé est très ductile, c’est-à-dire que le fer a lui-même est très ductile. Quand donc nous disons que le passage du carbone à l’étal de carbone de cémentation est un facteur nécessaire du retour de la ductilité sous l’influence du recuit, cela ne signifie pas que l'absence de carbone de cémentation, mais bien la présence de son contraire, le carbone de trempe, empêche la ductilité.
- Nous avons ici, si je ne me trompe, la première preuve directe que la faculté de trempe, dans ces aciers peu carburés, disparaît en deux temps, par la chute de la ténacité d’abord, par le retour de la ductilité ensuite. Si, d’autre part, nous considérons les barres à la fois affaiblies et fragiles obtenues par la trempe entre la fin de a,2 et le début de arl comme devant cette combinaison spéciale de faiblesse et de fragilité à la présence simultanée du fer a et du carbone de trempe (deux corps qui n’avaient probablement jamais été considérés en association), nous trouvons pour la première fois une indication directe sur les propriétés d’un carbure trempant de fer (b, si quelque chose de tel peut exister.
- Je passe maintenant à la question principale. Mais parce que nous avons une forte raison de faire jouer à l’allotropie un rôle dans la trempe, il ne faut pas nous jeter d’un extrême dans l’autre et conclure que ce rôle de l’allotropie est dominant ni que son importance est la même dans les aciers de toutes classes. En fait, l’interprétation des phénomènes est difficile; toutes les explications qui se présentent à moi peuvent être incorrectes : il est peut être prématuré de les discuter et il vaudrait mieux probablement attendre de nouveaux résultats, notamment l’examen microscopique de mes barrettes.
- Je ne puis donc me défendre d’une certaine appréhension en cherchant quelle théorie rend le mieux compte des faits. Est-ce la théorie allotropique sous sa forme actuelle, admettant que le fer (b est la cause principale de la trempe et que le rôle du carbone est celui d’un simple frein? Est-ce une autre théorie, qui a dû se présenter à beaucoup d’esprits (bien que je ne la trouve énoncée nulle part), et qui attribuerait la trempe, non au fer fi seul, ni au carbone de trempe seul, mais à un composé de carbone et de fer [b qu’on pourrait appeler carbure trempant de fer (b? De même que les propriétés de l’eau ne sont pas dues à l’oxygène plutôt qu’à l’hydrogène.
- Dans cette théorie que je me hasarde à désigner du nom de carbo-allotropique, le
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- carbone peut encore agir comme un frein pour retarder la transformation du fer (J en fer a, et cela même serait la suite naturelle de la puissante affinité chimique que posséderait le fer (3 pour le carbone de trempe. Le retard de la transformation du fer [3 sous l’influence du carbone ne crée-t-il pas en effet une forte présomption que les deux corps étaient combinés? Quand nous trouvons une substance empêchée par la présence d’une autre de suivre ses lois naturelles, n’est-ce pas, à première vue, une preuve sérieuse d’union chimique? Et si l’union est ici assez forte pour retarder aussi énergiquement le changement d’état du fer, ne devons-nous pas nous attendre à trouver les propriétés du composé très différentes de celles des deux composants? N’est-ce pas là une caractéristique générale des combinaisons fortes?
- Bien que la solution définitive du problème exige encore bien des recherches, nous avons quelques indications importantes.
- Le caractère le plus saillant de l’acier trempé est, à mon sens, sa grande cohésion, manifestée par sa dureté, et aussi par sa ténacité; mais la ténacité n’est pas un guide sûr : la cohésion d’un corps peut être très grande tandis qu’une barre donnée de ce corps peut être très faible du fait des tensions et de la structure. Ces deux facteurs, au contraire, n’ont vraisemblablement que peu d’influence sur la dureté propre.
- Maintenant, nous savons que la résistance du fer est grandement accrue par l’écrouissage, par la présence du carbone de cémentation (1), par une trempe énergique même en l’absence de proportions notables de carbone et (2), par la présence d’un grand excès de manganèse ou de nickel; dans certains de ces cas, la limite élastique est aussi très augmentée, mais dans aucun d’eux nous n’approchons de la dureté spécifique de l’acier dur trempé; nulle part l’accroissement de la dureté n’est proportionnel aux autres effets produits.
- Dans la série des essais du tableau IV, bien que la dureté maximum, mesurée par la largeur de la strie, du métal le plus trempé, soit notablement supérieure à celle du métal recuit, il ne paraît pas à la lime que cette dureté soit voisine de celle des outils ni en rapport avec la ténacité correspondante : elle ne semble pas dépasser le quart de la dureté d’un acier quatre fois plus carburé. L’acier-manganèse est dur, mais il est encore bien loin du verre. Gomme le fer n’est pas magnétique au rouge, nous admettons que le fer (3 n’est pas magnétique : on a dit que l’absence de magnétisme dans l’acier-manganèse est due à la présence du fer (3 et sa permanence dans l’acier trempé au mélange des fers [3 et a. Si cela est vrai, et si le fer (3 est la seule cause de la trempe, l’acier-manganèse devrait être beaucoup plus dur que l’acier trempé le plus carburé et c’est le contraire qui a lieu.
- Cependant la théorie carbo-allotropique, considérant le fer (3 et le fer 8 comme beaucoup plus résistants et seulement un peu plus durs que le fer a, explique facilement pourquoi ces différentes formes résistantes du fer restent si fort au-dessous de la dureté de l’acier dur trempé. Je ne vois vraiment pas pourquoi son union avec le carbone de trempe ne modifierait pas dans une large mesure les propriétés du fer [3; et quand nous ne trouvons jamais la dureté spécifique séparée du carbone de trempe, quand surtout nous trouvons dans le tableau IV que la transformation du carbone est accompagnée d’une diminution de dureté bien nette, n’est-il pas raisonnable d’admettre que le carbone de trempe est une cause directe de dureté?
- (1) Même pour les aciers recuits, la résistance augmente beaucoup avec la teneur en carbone.
- (2) Voir tableau I.
- Tome I. — 9oe année. 5e série. — Février 1896.
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- La fragilité des aciers carbures trempés, comparable à celle du verre, semble, elle aussi, une propriété caractéristique du carbure trempant du fer £ plutôt que du fer [3 lui-même. En effet, bien que l’écrouissage, la présence du carbone de cémentation et la trempe énergique, en l’absence de proportions notables de carbone, communiquent au fer une certaine fragilité, cette fragilité n’est que relative et hors de proportion avec l’augmentation de la limite élastique et de la résistance, si on la compare à l’extrême fragilité que la trempe donne aux aciers très carburés sans augmentation proportionnelle de la résistance et de la limite élastique. Ainsi, je trouve qu’une trempe assez énergique pour doubler, ou à peu près, la ténacité d’un acier à 0,09 de carbone, lui laisse encore 25 p. 100 d’allongement et 56,45 de striction; l’augmentation de fragilité ne dépasse donc pas ce qu’il est permis d’attribuer à la petite proportion de carbure de fer fi maintenue par la trempe et aux tensions corrélatives. Nous n’avons donc pas là de raisons pour croire que le fer [3 lui-même soit fragile; la grande ductilité de l’acier-manganèse, si cet acier, comme on le prétend, contient beaucoup de fer (4, prouve que le fer fi est ductile. Ajoutons à cela que la transformation du carbone de cémentation en carbone de trempe coïncide avec la chute de ductilité quand la température de trempe s’élève de 532 à 620° (tableau IV) ; et nous pourrons nous appuyer sur un ensemble de faits très imposant pour attribuer directement au carbone de trempe la grande fragilité des aciers durs trempés.
- Si nous acceptons l’identité du fer fi et du fer 8 et les résultats des essais calorimétriques d’Osmond et Werth, c’est un motif de plus pour rapporter la dureté et la fragilité de l’acier trempé au carbure de fer fi plutôt qu’au carbone de trempe. Je trouve en effet que. pour deux aciers contenant respectivement 0,54 et 1,17 p. 100 de carbone, l’effet de l’écrouissage (1), mesuré par la chaleur dégagée pendant la dissolution, représente respectivement 87 et 77 p. 100 de celui de la trempe. Mais la dureté et la fragilité causées par l’écrouissage sont certainement bien loin d’être dans le même rapport avec la dureté et la fragilité causées par la trempe. Le fer [i seul ne suffit donc pas à expliquer les faits.
- Je sais que toutes ces considérations ne sont pas concluantes, et que les propriétés spécifiques de l’acier trempé, y compris la dureté et la fragilité, pourraient encore être attribuées au fer fi seul. Je reconnais que les preuves tirées de l’acier-man-ganèse sont incomplètes et seulement suggestives. Si l’accroissement de la dureté et de la fragilité par rapport à celui de la résistance et de la limite élastique est beaucoup plus grand dans les aciers très carburés trempés que dans les aciers écrouis, l’acier manganèse, etc., ce n’est pas peut-être, comme je l’ai supposé, parce que le fer fi est combiné avec le carbone de trempe dans les uns et non dans les autres; on peut dire encore que les premiers, grâce au frottement déterminé par le carbone de trempe, contiennent beaucoup plus de fer fi que les autres et doivent à cela leur dureté qui doit être à peu près proportionnelle à la cohésion elle-même; on peut dire que leur ténacité n’est pas en rapport avec leur dureté parce que les tensions interviennent et que leur grande fragilité est due à ces mêmes tensions qui amplifient et exagèrent la fragilité.naturelle du fer (â.
- Bref, j’admets que la théorie allotropique pure peut encore être exacte et que le fer p, seul ou avec l’aide du carbone de cémentation, peut avoir les propriétés essentielles de l’acier dur trempé; je laisse à cette théorie le bénéfice du dernier mot; mais
- (1) LAcrouissage paraît changer l’état du fer sans changer celui du carbone.
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- mi
- je pense que la théorie carbo-allotropique est une hypothèse rivale, non seulement utile comme instrument de travail, mais encore plus probable.
- APPENDICE
- Je proposerai ici une nouvelle explication possible de mes résultats : les deux retards distincts ar2 et an pourraient représenter les transformations indépendantes distinctes des deux substances dont le mélange mécanique paraît constituer l’acier doux au-dessus de l’intervalle critique (1) et qui sont : 1° le fer contenant le carbone à l’état de carbone de trempe, constituant que j’avais appelé hardenite et auquel M. Osmond donne le nom mieux choisi de martensite; 9° le fer libre ou ferrite. Le retard supérieur ar2 représenterait alors le passage du fer de la ferrite de l’état (3 à l’état x et le retard inférieur la transformation de la martensite en perlite. Dans ce cas, la trempe des aciers doux serait un phénomène double et dû pour une part à une conservation de fer !3 comme constituant indépendant et pour une autre part à une conservation de carbone de trempe dans la martensite, autre constituant indépendant.
- Puisqu’une certaine diminution de dureté et une grande diminution de ténacité, sans changement marqué de ductilité, se produisent après le passage du point ar2, c’est-à-dire quand le fer S, d’après la présente théorie, est remplacé dans l’acier trempé par du fer x, l’état et la proportion de la martensite restant probablement à peu près les mômes, nous pouvons en déduire que le fer 3 est plus résistant et un peu plus dur que le fer x sans être notablement moins ductile. Puisqu’une nouvelle diminution de dureté et de ténacité, accompagnée d’une grande augmentation d’allongement, apparaît quand la température de trempe est descendue au-dessous de a r, nous pouvons en déduire que la martensite est beaucoup plus dure, plus résistante et plus fragile que les produits de sa transformation en perlite, à la suite du changement d’état du carbone. Mais, bien que la manière dont se comportent les aciers suffisamment carburés soit exactement d’accord avec cette seconde déduction, peut-être cependant est-il prudent de ne la donner qu’avec certaines réserves; en effet, le changement de [3 en x, quoique marqué surtout au point ar2, pourrait se terminer au point arl, et le changement qui survient dans les propriétés des aciers doux trempés, quand la température de trempe descend au-dessous de ce point, pourrait être dû partie à la transformation du carbone, partie à celle du fer.
- Gomme les aciers doux trempés contiennent relativement peu de carbone de trempe et relativement beaucoup de fer (3 libre, il est possible, malgré la coïncidence de la principale chute de dureté avec ar> et non avec arl, que la différence de dureté entre le fer [3 et le fer x soit beaucoup moindre qu’entre la martensite et les produits de sa décomposition.
- D’autre part, les aciers suffisamment carburés, trempés à partir d’une température supérieure à leur intervallé critique, sont, d’après nos connaissances actuelles, formés exclusivement de martensite. Le fait que l’allotropie joue un rôle important
- (1) Voir le travail de M. Osmond : Méthode générale pour l'analyse micrographique des aciers au carbone; Bull, de la Soc. d’Encouragement, mai 1895.
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- dans la trempe des aciers doux n’a donc pas pour conséquence qu’elle en joue un quelconque dans la trempe des aciers durs, puisque ces derniers paraissent ne pas contenir de fer libre, (3 ou a. Ainsi, la trempe des aciers durs pourrait encore être due principalement ou uniquement à la conservation du carbone de trempe; et, d’accord avec cette vue, nous savons que les aciers suffisamment carburés possèdent une dureté et une fragilité que l’on ne retrouve nulle part ailleurs, ni dans les aciers peu carburés, à quelque degré qu’on élève leur résistance par les trempes les plus énergiques, ni dans le fer le plus violemment écroui, ni dans l’acier-nickel, ni dans l’acier-manganèse.
- 11 se peut qu’on trouve un terrain de conciliation. Mettre de côté les arguments présentés par l’une des parties n’est pas le moyen d’arriver à la vérité. Si le carbone de trempe est le principal facteur de la trempe, il n’en est pas forcément le seul; si l’allotropie joue un rôle, ce rôle n’est pas forcément le principal; il peut n’être pas le principal, et n’être pourtant pas négligeable dans certaines circonstances.
- Pour résumer toute la discussion, nous avons de bonnes preuves que l’allotropie tient une place importante dans la trempe des aciers doux; nous n’avons pas encore de preuves décisives qu’elle en tienne une, importante ou quelconque, dans la trempe des aciers durs qui est, après tout, la forme typique et usuelle de la trempe.
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- observations sur le mémoire de M. J.-O. Arnold, intitulé : The Influence of Carbon on Iron, par F. Osmond.
- Le Bulletin de la Société d'Encouragement a publié, dans son fascicule de janvier, l’analyse d’un mémoire anglais sur le rôle du carbone dans l’acier. Il ne sera donc pas inutile de reproduire ici les objections que M. Roberts-Austen et moi, tout en rendant justice aux laborieux efforts de l’auteur, M. J.-O. Arnold, et à son adresse d’expérimentateur, avons opposées, devant l’Institution des ingénieurs civils de Londres, aux tendances et aux conclusions de ce travail.
- Ces conclusions sont essentiellement les suivantes : Au point an pendant le chauffage, le carbure normal Fe3C ne tend pas à se décomposer en fer et carbone dissous, mais à donner un nouveau carbure défini de formule Fe24C (fer = 99,116, carbone = 0,884). Le phénomène inverse se produit pendant le refroidissement lent; mais la trempe conserve le carbure Fe2iC. Si donc la teneur en carbone est plus petite que 0,89 p. 100, l’acier trempé est un mélange de fer et de Fe24C, comme l’acier non trempé est un mélange de fer et de Fe3C ; si la teneur en carbone est plus grande que 0,89, l’excès de carbone reste à l’état de Fe3C, au-dessus comme au-dessous de an dans l’acier trempé comme dans l’acier non trempé, à moins qu’un recuit convenable ne détermine un dépôt de graphite.
- Les preuves à l’appui sont l’existence d’un point singulier, correspondant, pour toutes les propriétés des aciers, à la teneur de 0,89 de carbone.
- Nous allons voir, en examinant successivement les différents chapitres, dans quelle mesure les faits produits, anciens ou nouveaux, justifient les assertions de Fauteur.
- Essais chimiques. — Ces essais sont calqués, sans qu’il en soit fait mention, sur ceux de la Théorie cellulaire (1), et donnent naturellement des résultats très analogues. L’analyse immédiate trouve, comme on le savait, dans les résidus de la méthode Weyl, du fer, du carbone et de l’eau, et une fraction du carbone disparaît; les proportions de carbone et d’eau et la perte de carbone sont beaucoup plus grandes pour les barreaux trempés que dans les autres.
- Il reste à interpréter les résultats.
- Dans les résidus des aciers dits normaux et recuits, les proportions relatives de fer et de carbone sont bien à peu près celles qu’exige la formule Fe3C; mais c’est à la condition de négliger l’eau. Si on en tenait compte pour la combiner à une.fraction du carbone, comme on le fait pour les aciers trempés, on ne retrouverait plus Fe3C dans les aciers normaux ; et si on n’avait d’autres raisons qui plaident en faveur de cette formule, on serait plutôt conduit, par les résultats bruts, à penser que le carbure des aciers normaux n’est pas le même que celui des aciers recuits.
- Il est question, pour l’acier 6(normal (1,47 de G), de carbone libre qui n’est pas du graphite. Quels sont les caractères distinctifs de cette nouvelle forme du carbone? On ne sait. — Par quelle méthode d’analyse est-elle séparée? Par différence, en faisant
- (1) Annales clés Mines, 8e série, t. VIII, p. 19 (juillet-août 1885).
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- avec le fer présent du carbure Fe^C. — Quelle est son origine? L’auteur l’attribue à la formation de couples secondaires entre les grosses lamelles de Fe:tC que décèle le microscope dans l’échantillon considéré et les fines lamelles du même carbure dans la perlite. Mais pourquoi les lamelles fines ne formeraient-elles pas des couples entre elles?
- La perte de carbone est rapportée tantôt à la décomposition d’un carbure Fe24C dans les aciers trempés, tantôt à celle d’un autre carbure hypothétique Fe10C dans les aciers non trempés, sans qu’il apparaisse aucun motif à l’appui de cette distinction.
- L’interprétation des faits est donc singulièrement délicate et celle que propose M. Arnold est le plus souvent arbitraire.
- Estais mécaniques. — Le fait que la résistance à la traction des aciers normaux ne croît pas d’une façon continue avec la teneur en carbone n’est pas précisément nouveau. Dès 1878, M. Marché indiquait le maximum de 100 kilogrammes, enchiffres ronds, pour la teneur de 1,20 (1). M. Arnold trouve un maximum très voisin, 97kil,l, pour la même teneur (et non 0,89).
- ' La courbe des allongements, très analogue à celle que donnait M. Roberts-Austen dans sa conférence de Newcastle (2), s’abaisse d’une façon continue.
- Les essais par compression sur les mêmes aciers normaux montrent un minimum de fluidité, encore vers la teneur de 1,20 p. 100 de carbone (et non 0,89). Le minimum est d’ailleurs mieux accusé sous la charge de 20 tonnes par quart de pouce carré, que sous la charge de 25 tonnes.
- La courbe de compressibilité des aciers trempés indique que le raccourcissement, sous cette même charge de 25 tonnes, deviendrait nul pour une teneur en carbone de 0,62 environ (et non 0,89). Au delà, le procédé d'essai ne fait plus aucune distinction.
- Enfin, les courbes des aciers recuits ne sauraient entrer en ligne de compte dans la présente discussion, puisque les deux aciers dont la teneur en carbone est supérieure à 0,89 contiennent en même temps, l’un 0,28 et l’autre 1,14 p. 100 de graphite.
- Il faut donc beaucoup de bonne volonté pour conclure, avec l’auteur, que toutes ses courbes ont une tendance à présenter un point singulier vers 0,89.
- Essais micrographiques. — L’étude micrographique des échantillons normaux est certainement bien faite. Mais il est à remarquer que ces échantillons ne sont normaux que par définition. En fait, ils ont subi un recuit ou, si l’on préfère un autre mot, un réchauffage vers 1000° après forgeage et ont pris en conséquence une certaine structure, fonction de cette température de réchauffage, qui n’est plus du tout, pour les deux échantillons les plus carburés, celle des memes aciers terminés de forge à une température normalement beaucoup plus basse. Dans ces conditions, le traitement a reconstitué le cadre ordinaire de la structure des aciers de cémentation de même teneur en carbone et les dessins de M. Arnold semblent l’illustration d’une description que l’on devait au Dr Sorby (3) et qui est aujourd’hui classique. Il restait à savoir pour quelles teneurs en carbone disparaît la ferrite en grains isolés et apparaît le réseau de cémentite. M. Arnold nous dit que ces deux teneurs se confondent en une seule qui est exactement 0,89 p. 100. Mais comme il ne fournit pas d’observations entre 0,74 et 1,20, la démonstration manque de rigueur. Et si l’on se reporte au texte du
- (1) Apucl Deshayes, Classement et emploi des aciers. Paris, Dunod.
- (2) Nature du 14 novembre -1889.
- (3) Journal of the Iran and Steel Institute, 1887-1, p. 270.
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- Dr Sorby, dont j’ai eu l’occasion de vérifier plusieurs fois la parfaite exactitude, on trouve que, dans un acier où le carbone varie d’une façon continue, la zone de perlite ne se réduit pas à une simple ligne, comme le demande la nouvelle théorie, mais occupe une certaine largeur. En d’autres termes, la perlite pure serait compatible avec certaines variations de la teneur en carbone que je crois pouvoir évaluer à ±: 0,1 p. 100 approximativement.
- L’examen des aciers recuits met en évidence un fait nouveau : la ségrégation plus parfaite des lamelles de cémentite pendant le refroidissement très lent qui suit un chauffage très prolongé. Ici encore, les résultats varieraient avec les circonstances des expériences : état du métal initial, temps et température de recuit, vitesse de refroidissement. Nous voyons bien que M. Arnold a gâté ses aciers, d’autant plus qu’ils étaient plus durs, en les recuisant vers 1000° pendant soixante-douze heures; et cela n’a rien qui puisse surprendre. Mais le recuit est une arme à deux tranchants. Et quand il nous dit, par exemple : Les cristaux (ou les grains) de l’acier recuit sont toujours plus grands que ceux du métal avant recuit; — le recuit ne rend pas plus intime le mélange de la ferrite et de la perlite ; — en règle générale, il n'y a que peu ou pas de rapports entre la microstructure et les cassures ; — le recuit augmente beaucoup la cohésion intercristalline, si elle était primitivemen t faible ; ce sont là autant de propositions qui sont exactes, sinon neuves, dans des conditions déterminées, mais qu’il serait imprudent de généraliser sans réserves.
- Par la description micrographique des barrettes trempées, M. Arnold cherche à prouver que les aciers non saturés (moins de 0,89 de carbone) sont un mélange de ferrite et de son carbure Fe24 C, tandis que les aciers sursaturés (plus de 0,89 de carbone) sont un mélange du même composé avec la cémentite Fe3C. Il donne même dans un tableau (p. 127) les proportions respectives de ces trois constituants pour chaque teneur en carbone.
- Voyons les faits.
- Le photogramme de l’acier n° I (0,08 de C) manque. Mais les recherches que j’ai publiées antérieurement (1) me permettent de combler cette lacune. Ce métal devrait contenir :
- Carbure Fe24 C.............. 8 à 9 p. 100.
- En fait, on y trouverait, après attaque, le carbone réparti sur une surface énormément plus, grande et les régions noircies par l’acide se laisseraient rayer avec la plus grande facilité par une aiguille à coudre. Donc, pas de carbure Fe24 C visible.
- L’acier n° 2 (0,38 de C) devrait contenir 58 p. 100 de ferrite. La figure 20 en montre manifestement moins, et si l’on passait une aiguille à coudre sur les régions grises, on verrait qu’elles sont rayées et ne peuvent être, par conséquent, le carbure Fe24C.
- Pour l’acier n° 3 (0,59 de C), le photogramme est encore absent. Cet acier devrait contenir :
- Ferrite........................35 p. 100.
- Il contient réellement (2) :
- Ferrite........................ 0.
- (1) Comptes rendus des 9 avril et 30 juillet 1894 et Bulletin de la Société d’Encouragement, mai 1893.
- (2) Un acier à 0,43 de C. trempé à 1000°, et même à 720°, ue contient déjà plus de ferrite.
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- Pas d’observations sur l’acier n° 4 (0,89 de G).
- L’acier n° 5 (1,20 de G) n’est pas figuré. Pour la troisième fois, je répare l’omission. Cet acier devrait contenir :
- Cémentite Fe1 2 3C dite cristallisée ... 5 p. 100,
- Les précédents connus permettent de croire qu’il contient :
- Cémentite Fe3 C, dite cristallisée ... 0
- pourvu toutefois que la trempe ait été suffisamment énergique, ce que les autres dessins reproduits rendent quelque peu douteux.
- L’acier n° 6 (1,47 de G) devrait contenir plus de 10 p. 100 de cémentite. La figure 18 (dont la légende est inexacte dans le Bulletin) en indique certainement moins et il n’y en aurait presque plus si la trempe eût été plus vive (1).
- Ainsi les dessins présentés, et surtout les absents, ne sont pas précisément d’accord avec la théorie, malgré l’affirmation contraire de l’auteur. Pour que la divergence ne fût pas trop choquante, il a fallu s’abstenir de mesures quantitatives, se contenter, pour définir micrographiquement le carbure Fe24 G, de la réaction de l’acide azotique et laisser de côté les échantillons qui eussent été trop gênants. Et cependant, cet accord entre la théorie et les faits, il eût été facile de l’obtenir plus exactement en choisissant mieux les conditions expérimentales et faisant les trempes à l’origine du point Ard. Plus simplement encore, il suffisait de m’emprunter les figures 140, 202, 284 et quelques autres de la Méthode générale pour l’analyse micrographique des aciers au carbone. Malheureusement cet appui inattendu ne soutient pendant un instant la théorie du sous-carbure que pour l’abandonner bientôt.
- Si, pour les aciers trempés au début de la recalescence, les proportions respectives de ferrite, de martensite et de cémentite se rapprochent mieux de celles qu’indique le tableau de la page 127, la concordance relative n’est pas de longue durée. A mesure qu’on élève la température de trempe, le carbure Fe3G, défini par la micrographie, diminue de plus en plus dans les aciers sursaturés; dans les aciers non saturés, le carbure se diffuse progressivement, en formant des grains relativement durs de volume croissant et de dureté décroissante. Et, pour expliquer ces faits négligés et la cémentation elle-même, il faut, si l’on tient aux carbures définis, admettre qu’ils sont solubles dans le fer rouge. Mais il ne valait peut-être pas la peine de combattre énergiquement la dissolution du carbone pour la remplacer par la dissolution d’un carbure qui pourra jouer le même rôle dans les transformations du fer.
- Essais physiques. — On n’ignorait pas que, dans la série des fers carburés, la recalescence ne croît pas indéfiniment avec le carbone. Dans mes expériences, le maximum de recalescence correspondait à la teneur de 1,25 p. 100; mais rien ne prouvait, bien entendu, que ce fût là un maximum absolu. Les expériences de M. Arnold placent ce maximum absolu, sinon à 0,89 exactement, du moins entre 0,74 et 1,20. Le procédé qui a servi à la transformation en calories des retards observés, pendant le chauffage ou le refroidissement, est, à la vérité, passablement arbitraire, comme je l’ai éprouvé à mes dépens et comme le montrent les chiffres mêmes du tableau VI (2) : il eût été
- (1) Comptes rendus du 11 novembre 1895.
- (2) La quantité do chaleur absorbée pendant le chauffage apparaît comme inférieure de 25 p. 100 en moyenne à la quantité dégagée pendant le refroidissement, alors que ces deux quantités devraient être
- à peu près égales.
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- CARBONE DANS ,L ACIER.
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- préférable de donner les courbes elles-mêmes, pour en permettre l’étude comparée aux abords des points critiques. On peut cependant admettre que le maximum de recalescence est bien placé dans la région considérée. Mais à supposer même qu’il coïncidât précisément avec la teneur de 0,89, l’explication qui s’impose à l’auteur, c’est-à-dire la transformation de Fe3 C en Fe24 C, ou réciproquement, ne s’impose pas le moins du monde. En prétendant que la recalescence, dans l’hypothèse de la dissolution du carbone libre, devrait rester constamment proportionnelle à la teneur en carbone total, M. Arnold oublie simplement que les solutions se saturent et que les dissociations se limitent.
- Essais magnétiques. — L’auteur s’appuie sur ces essais pour adresser à ses adversaires une critique qui retombe directement sur lui.
- Objection de M. Arnold aux allotropistes.
- M. Osmond, considérant que l’acier au carbone n’est pas magnétique au rouge et que l’acier-manganèse n’est pas magnétique à froid, prétend que tous deux doivent leur imperméabilité à la présence du fer |3. L’auteur a toujours trouvé que cet argument manquait de force.
- On est en effet d’accord pour admettre que l’état moléculaire de l’acier trempé est voisin de celui du métal chauffé au rouge. Si donc l’acier au carbone trempé et l’acier-manganèse sont principalement formés de fer ,3, qui n'est pas magnétique, l’acier trempé n’est, pas magnétique, ce qui est absurde.
- Réponse des allotropistes.
- On n’a jamais dit que l’acier trempé fût du fer [i pur, mais bien un alliage de fer [B et de fer a. La théorie allotropique de la trempe est si peu en opposition avec les phénomènes magnétiques connus qu’elle en rend compte dans une certaine mesure (1).
- Si, des considérations générales, on passe aux faits d’expérience, on remarque que les barrettes destinées aux essais magnétiques ont été trempées à 850° et non vers 1000° comme les autres. Celte différence de traitement a été un hasard heureux, car les propriétés magnétiques, comme tous les autres, peuvent être considérablement modifiées quant on change la température de trempe et celle du bain. Exemple : J’ai obtenu pour l’intensité d’aimantation d’un acier 1,57 p. 100 de carbone, deux jours après l’aimantation :
- Barreau trempé vers 800° dans l’eau à lo°.........814
- — 1000° — glacée.............221
- Quelle signification générale présente donc une courbe isolée ?
- En résumé, l’existence de ce que M. Arnold appelle le point de saturation et les
- (1) Philosophical Magazine, juin 1890.
- Objection des allotropistes àM. Arnold.
- M. Arnold trouve que les propriétés magnétiques des aciers viennent à l’appui de sa théorie du sous-carbure. Cette conclusion paraît manquer de force. On est en effet d’accord pour admettre que l’état moléculaire de l’acier trempé est voisin de celui du métal chauffé au rouge. Si donc l’acier trempé et le même acier chauffé au'rouge sont principalement formés du carbure Fe24 C, comme ce carbure n’est pas magnétique au rouge, l’acier trempé n’est pas magnétique, ce qui est absurde.
- Réponse possible de M. Arnold.
- Le carbure Fe24C possède deux formes allotropiques.
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- faits essentiels qui l’établissent par les résultats des essais thermiques et microgra-phiques étaient déjà connus. M. Arnold a précisé sur quelques points les données antérieures, ce qui a certainement son intérêt, et resserré ce point de saturation entre des limites un peu mieux définies. Mais, pour établir la théorie du sous-carbure, pas n’était besoin de longues expériences personnelles. On aurait pu, il est vrai, hésiter sur la formule exacte du carbure hypothétique, mais l’hésitation reste encore aujourd’hui permise entre,Fe18 G (1,20 p. 100 de carbone) et Fe28C (0,74 p. 100), et, sur 24 atomes de fer associés à 1 de carbone, quelques atomes de fer de plus ou de moins ne tirent pas à conséquence. Pourquoi donc une théorie aussi simple n’avait-elle encore été énoncée par personne? M. Arnold se le demande et pense que s’il a, seul, trouvé la clef de la position, c’est grâce à la supériorité de sa méthode qui consiste à appliquer parallèlement les méthodes créées par d’autres. Ne serait-il pas permis de proposer une autre explication et de croire que d’autres, ayant aussi rencontré la même idée, n’ont pas jugé à propos de la présenter au public ?
- Certes, il est excellent d’appliquer simultanément plusieurs méthodes qui se contrôlent, et c'est là une de ces vérités que personne ne s’avisera de contester. Mais comme nos forces sont limitées et que l’inconnu ne l’est pas, on n’a pas le temps de poursuivre l’application de ces méthodes multiples dans des conditions variées; on est obligé de se borner à un cas particulier, par exemple le recuit de 72 heures vers 1 000° et la trempe vers 1 000° dans l’eau froide ; on édifie sur ce cas particulier une théorie générale et, après avoir prodigué à ses prédécesseurs de grandes et terribles leçons, on leur apporte un système qui ne tient même pas compte de faits antérieurement connus et se trouvait par eux réfuté d’avance.
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- ARTS MÉCANIQUES
- EXPRESSION DE LA CHARGE SUPPORTÉE PAR L’ARBRE d’uNE TURBINE HYDRAULIQUE EN MARCHE.
- THÉORÈME RELATIF A L’EFFET DYNAMIQUE DE 1,’eAU SUR LES AUBAGES (1), PAR Bertrand de Fontviolant, professeur à /’École Centrale.
- Charge sur l'arbre d'une turbine. — Le diamètre qu’il convient de donner à l’arbre d’une turbine hydraulique dépend de la charge supportée par cet arbre pendant la marche. Il en est de même du travail absorbé par le frottementsur le pivot.
- Il est donc nécessaire, dans l’étude de tout projet de turbine, de déterminer la valeur de cette charge.
- Elle se compose de deux parties :
- La première, dont l’évaluation n’ofïre aucune difficulté, est le poids pro pre de la turbine, de l’arbre et des organes montés sur celui-ci.
- La seconde, que certains traités passent sous silence et que d’autres calculent d’une manière inexacte, est la composante verticale de la résultante des actions exercées par l’eau sur la turbine. C’est de cette composante que nous nous prosons d’établir ici la formule qui,commeonle verra,est très simple.Àppelons-la Z.
- Il n’y a pas lieu de s’arrêter au cas des turbines centrifuges ; le calcul montre, en effet, que, pour ce genre de récepteurs (hydrauliques, Z est nul si la turbine tourne noyée dans le bief d’aval, et qu’il est égal au poids de la masse liquide contenue à chaque instant dans les aubages, si elle marche à libre déviation ; ces résultats se conçoivent du reste a priori.
- Nous considérerons donc seulement les turbines parallèles.
- Z est la somme :
- 1° De la composante verticale Zl de la résultante des pressions exercées sur les aubes et la couronne de la turbine par l’eau qui circule à l’intérieur des aubages ;
- 2° De la composante verticale Z, de la résultante des pressions exercées sur les surfaces extérieures AC et BD (tig. 2) de la couronne par le fluide (eau ou air) dans lequel tourne la turbine.
- Evaluons d’abord Z.
- A cet effet, considérons la masse liquide MNM'N' (fig. 1) contenue, à un instant quelconque, dans la couronne mobile, et appliquons à son mouvement relatif, pendant un temps infiniment petit dt, le théorème des quantités de mouvement projetées sur l’axe oz de la turbine.
- (1) Un résumé de cette note a été inséré dans les Comptes rendus de l’Académie des Sciences, sur la présentation de M. Maurice Lévv (Séance du 4 novembre 1895, Bulletin de nov embre 1895, p. 1224).
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- ARTS MÉCANIQUES.-----FÉVRIER 1896.
- Soient :
- Wz, W'z, les composantes verticales des vitesses relatives d’entrée et de sortie; Q, le débit en volume de la turbine exprimé en mètres cubes.
- AC
- Fig. 1. — Coupe développée de la turbine suivant son cylindre moyen.
- U, vitesse tangentielle de rotation: V, vitesse absolue d’entrée de l’eau; \V, vitesse relative d’entrée de l’eau; V', vitesse absolue de sortie de l’eau; NVr/, vitesse relative de sortie de l’eau prise, comme U, V et V', sur le cylindre moyen.
- r
- -J
- X
- Fig. 2. — Coupe transversale suivant l’axe de l’arbre.
- L’accroissement de la quantité de mouvement projeté est, dans le mouvement
- relatif :
- /I000 Q v g
- \Y
- W
- D’autre part, les forces agissantes sont :
- 1° Le poids de la masse d’eau contenue dans la couronne mobile, que nous désignerons par n, et dont l’impulsion projetée est
- n dt.
- 2° Les pressions p et p' sur les plans M N et M'N', dont les impulsions projetées ont pour valeurs
- 2 -ru rb.p. dt et — 2 w rb'.p'. dt,
- r, désignant le rayon moyen de la couronne mobile ; b, sa largeur à l’entrée et b', sa largeur à la sortie.
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- CHARGE DE L’ARBRE d’uNE TURBINE HYDRAULIQUE EN MARCHE.
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- 3° Les réactions des aubes et de la couronne mobile sur la masse liquide; ces réactions étant égales et contraires aux pressions exercées par l’eau sur les aubes et la couronne, la projection sur oz de leur résultante est, d’après la notation adoptée précédemment, égale à — Zu et leur impulsion projetée est, par conséquent
- — Zy dt.
- 4° Les forces d’inertie du mouvement d’entraînement, qui — le mouvement de rotation de la turbine étant supposé uniforme — se réduisent à la force centrifuge proprement dite, dont la projection sur oz est nulle.
- 5° La force centrifuge composée, dont l’impulsion projetée sur oz est également nulle; en effet, d’après le théorème de Goriolis, cette force est normale à l’axe instantané de la rotation d’entraînement lequel est ici parallèle à l’axe os de la turbine.
- L’équation des quantités de mouvement est donc 1 000 ®-dt{W'z —Wz) = n dt + 2-rbp. dt — 2*,rb’p’. dt — Z, dt.
- D’oh
- (1) Zi ~ 1QQ^Q-Q-(WZ — W'z) + Il + Zizrbp — Zr.rb’p’.
- Evaluons Z2.
- C’est la somme des projections sur oz des pressions exercées sur les surfaces externes AC et BD de la couronne, soit par l’eau du bief d’aval si la turbine est noyée, soit par l’air si elle marche à libre déviation. Donc :
- (2) Z, = 'L Project, sur oz des pressions sur AC et BD.
- Par suite
- (3) Z —Zx + Z.2 = ^y-2 (wz — Wz') + n + 2 TC rbp — 2 tc rb'p’
- + S Project, sur os des pressions sur AC et BD.
- Les trois derniers termes de la formule représentent la somme algébrique des projections sur oz des pressions sur la surface fermée ABCD.
- Deux cas sont alors à distinguer :
- Si la turbine marche à libre déviation, on a p=p' />', pression atmosphérique ; la surface fermée ABCD est donc soumise en tous ses points à une pression constante, et, par suite, la somme des projections dont il s’agit est nulle. La formule (3) se réduit par conséquent à
- 1 000 Q
- d
- (Wz —W/) + il
- (4)
- Z
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- Si, au contraire, la turbine est noyée, et si on admet que la pression dans le bief d’aval varie sensiblement suivant la loi hydrostatique, la résultante des pressions sur la surface fermée ABGD est, d’après le principe d’Archimède, égale et de signe contraire au poids n du volume d’eau déplacé par ABCD.
- Donc
- 1 000 Q
- ÿ
- (\vz — w;)
- + ii — ii' .
- On peut admettre que l’on a sensiblement n' = II, ce qui revient à négliger le volume d’eau déplacé par la masse métallique des aubes de la couronne. Nous écrirons donc, finalement, dans le cas de la turbine noyée :
- z _ l,goo Q /W
- \Y
- En comparant (4) et (5), on voit que Z est plus grand dans la turbine à libre déviation que dans la turbine noyée.
- Remarque. — En considérant le triangle abc des vitesses à l’entrée, on voit immédiatement que la projection 4YZ de la vitesse relative d'entrée sur oz est égale à la projection Vz, sur le même axe, de la vitesse absolue Y d'entrée, c’est-à-dire que
- WZ=VZ
- De même, à la sortie, le triangle abc des vitesses montre que
- wz' = v;
- On peut donc, dans les formules précédentes, remplacer le terme (AVZ — W/) par (Vz —Yz').
- Somme des efforts tangentiels moteurs exercés par l'eau sur la turbine. — Concevons qu’on développe le cylindre moyen de la turbine et qu’on fasse, dans le plan du développement, la somme des efforts tangentiels moteurs exercés par l’eau sur les aubages. Soit X cette somme. Pour la déterminer, il suffit de considérer, comme précédemment, le mouvement relatif de l’eau dans la turbine, et d’y appliquer, pour un temps infiniment petit, le théorème des moments des quantités de mouvement autour de l’axe de rotation oz.
- Ce calcul, qui n’offre aucune difficulté, conduit au résultat suivant :
- X = 1 000 Q 1 000 Q
- V,
- que la turbine soit noyée ou non.
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- CHARGE DE l’âRBRE d’uNE TURBINE HYDRAULIQUE EN MARCHE.
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- Wx et Wx' sont les composantes horizontales des vitesses relatives d’entrée et de sortie.
- Vx et Vx' sont les composantes horizontales des vitesses absolues d’entrée et de sortie.
- Ces quantités portent leur signe : positif dans le sens de la rotation de la turbine, négatif en sens inverse.
- Effet dynamique de l'eau sur la turbine. —Le premier terme
- 1QQQ Q (wz — w/) = 1QQQQ (Vz
- Y"
- du second membre des formules (4) et (o) représente la charge verticale dynamique exercée par l’eau, tandis que les seconds termes n' et (n — II’) représentent la charge verticale statique.
- D’après (6), la quantité
- 1 000 O ,
- (f
- (wx-w;;
- 1 000 Q (J
- est la somme des effets tangentiels dynamiques exercés par l’eau.
- La résultante de (7) et de (8) est donc la résultante des effets dynamiques de l’eau sur la turbine supposée développée comme il a été dit plus haut.
- D’où le théorème suivant :
- , , 7 , . 7. . 7 1 000 Q ,,z. ,
- A un facteur constant près, égal a la masse liquide —-—: debitee par
- seconde, l’effet dynamique de l’eau sur une turbine parallèle est représenté en grandeur, direction et sens, par la résultante de la vitesse relative (ou absolue) d’entrée et d'une vitesse égale et contraire ci la vitesse relative (ou absolue) de sortie (1).
- Cette résultante, c’est-à-dire l’effet dynamique, se construit immédiatement en ad sur l’épure même qu’on a l’habitude de faire pour étudier et figurer le mouvement de l’eau dans la turbine, ainsi que pour effectuer le tracé des aubes. De la sorte, toutes les quantités relatives au fonctionnement du récepteur se trouvent représentées sur cette seule épure.
- (1) On peut encore dire que :
- L’effet dynamique est égal à la variation géométrique de quantité de mouvement que subit le volume d’eau débité par seconde dans son passage à travers la turbine.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- EMPLOI DES DERRICKS DANS LES CARRIÈRES AMÉRICAINES (1)
- Nous avons déjà signalé l’emploi très avantageux et très fréquent que l’on fait, aux États-Unis, des grues à pivot généralement très simples désignées sous le nom de derricks (2); l’appareil que nous allons décrire, appliqué dans les carrières de l’Avondale Marble G°, est remarquable par sa puissance ; il peut soulever 100 tonnes avec une
- Fig. 1. — Derrick de 100 tonnes, ('arrières d’Avondale.
- volée de 24 mètres de rayon, qui peut aller jusqu’à 20 mètres pour des charges moins importantes.
- La machine motrice est de 40 chevaux. Elle commande un cabestan dont le câble principal passe d’une poulie de renvoi dans l’axe du mât à une deuxième poulie tournant avec le pivot du mât et qui la renvoie le long du bras au mouflage de ce bras. Le câble de volée est renvoyé directement du cabestan au haut du mât, puis au mouflage du bras, qui peut faire ainsi un tour complet sans tordre ces deux câbles. Cette rotation est commandée par une poulie de 3m,60 de diamètre, que l’on voit au bas du mât sur la figure 1.
- Le mât en sapin, de 3tu,,50 de long, a 790 millimètres d’équarrissage à la base, et 660 millimètres de diamètre à la partie supérieure ; le bras, de 27m,50, a 530 millimètres
- (1) Engineering Nen's, 23 janvier 1896.
- (2) Bulletin de novembre 1894, p. 809.
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- EMPLOI DES DERRICKS DANS LES CARRIÈRES AMÉRICAINES.
- de diamètre à la partie supérieure et 630 millimètres au bas. Le haut du mât est coiffé parun capuchon à roue de lm,22 de diamètre, amarrée par huit câbles de 45 mil-
- Fig. 2. — Bloc de 9"’,50]x 2m,20 X 0m,75 détaché du chantier.
- Fig. 3. — Chantier de carrière à Avondale.
- limètres, d’une longueur totale de 900 mètres. Le câble de volée et celui de la rotation sont en acier de 38, 20 et 16 millimètres de diamètre. Leur longueur totale est de 780 mètres.
- La figure 3 donne une idée de l’exploitation de la carrière d’Avondale au moyen de Tome I. — 95e année. 5e série. — Février 1896.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.------FÉVRIER 1896.
- ces derricks et des perforatrices baveuses ( I), sans jamais employer les explosifs. L’inclinaison des pierres force à monter ces haveuses sur des chariots équilibrés, indiqués en haut de la ligure 3 et qui en rendent le maniement aussi facile que sur un plan horizontal. La ligure 2 permet de se rendre compte de la grandeur des blocs que l’on peut ainsi détacher par ces haveuses et manier ensuite au moyen des derricks. Ce bloc a 9111,o0x2m,20x0'",75, il a été clivé, au moyen de coins à l’eau, d’une masse de même surface et de 2"',45 d’épaisseur, ou de 51 mètres cubes.
- En général, l’exploitation des carrières se fait, aux États-Unis, d’une façon très expéditive, par l’air comprimé, l’eau, l’électricité, les derricks et les cableways. La dimension des blocs atteint jusqu’à 120 mètres cubes.
- G. R.
- MACHINE RAPIDE F. CARY
- Cette machine est remarquable par la manière dont ses trois pistons attaquent l’arbre moteur au moyen de trois excentriques dont les rayons, égaux à la moitié de la course des pistons, se suivent à 90°. Le cylindre médian est vertical entre les deux
- Fig„ 4 à 7. — Machine Cary. Coupes par le grand cylindre et par l’arbre moteur, détail du calage des excentriques manivelles et de l’excentrique cle distribution.
- autres écartés à 45° de la verticale. Chacune des tiges des pistons attaque son excentrique par un large croisillon ou cadre glissière à guides parallèles à sa tige, et les excentriques tournent librement sur l’unique bouton d’une manivelle de rayon égal aussi à la demi-course, des pistons, de sorte qu’elles tournent en sens contraire de ce bouton de manivelle et deux fois plus vite. Aux fonds de course de leurs pistons,
- (1) Bulletin de décembre 1895, p. 132G.
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- MACHINE RAPIDE GARY.
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- ces excentriques sont dans le prolongement de celui de la manivelle et s’y ajoutent pour fournir la course du piston. Quand le piston arrive au milieu de sa course l’excentrique correspondant a fait un demi-tour sur le bouton de manivelle et un quart de tour dans son cadre.
- Dans cette machine, on évite évidemment les efforts dus à l’obliquité des bielles, et les pressions exercées sur les glissières sont presque nulles. La distribution se fait par des tiroirs-pistons, avec admission au milieu et échappement aux extrémités, et com-
- !rm-ri i ' i ittt
- Fig. 8 et !). — Drague à succiou Dates.
- mandés par un seul excentrique à changement de marche par glissement, la vapeur passant successivement au travers des trois cylindres qui ont respectivement 45, 65 et 90 m/m de diamètre sur 65 de course. Cette machine commande directement un ventilateur de O"1,90 de diamètre à 650 tours par minute, et peut fournir à vide jusqu'à 1 200 tours, tout en conservant une grande stabilité (1).
- ü. R.
- (1) American Macfiinist, 30 janvier 1896.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. — FÉVRIER 1996.
- DRAGUE A SUCCION BATES
- Cette drague, remarquable par ses dimensions exceptionnelles, est (tig. 8 et 9, p. 281) destinée au dragage du Mississipi. Sa coque, en tôle d'acier de 10m/m et compartiments étanches, a 52mxl2mx2iu,40 de fond, puissance des chaudières 3 000 chevaux, débit 7 500 mètres cubes d’eau par seconde, prix 1 million. On estime qu’elle pourra draguer environ 1 200 mètres cubes de sable par heure. Le dragage s’opère par six paniers verticaux, de lm,50 de diamètre, disposés en rangée 10“',50 de l’avant, au bout de tuyaux de 750 millimètres de diamètre, reliés trois par trois aux tuyaux d’aspiration de 930 millimètres de deux pompes centrifuges indépendantes. Ces pompes aspirent dans leur courant d’eau la boue désagrégée par la rotation des paniers et la refoulent au travers de deux courts tuyeux de 750 millimètres supportés par des flotteurs et de plusieurs centaines de mètres de long s’il le faut. Les paniers peuvent fonctionner jusqu’à une profondeur de 8 mètres, en découpant d’un coup une passe de lm,50 de haut sur 10 mètres de large; cette largeur peut, par le pivotement de la drague, aller jusqu’à 70 mètres, enlevant aussi sur place, sans avancer la drague, environ 1 400 mètres cubes (1).
- G. R.
- AIORTA1SEUSE A CHAINE PARRY
- Dans cette machine l’outil n’est pas un ciseau animé d’un mouvement alternatif, mais une chaîne sans fin, animée d’un mouvement continu, guidée et appuyée sur un bloc indiqué en tig. 11 et qui permet de l’avancer dans la pièce de bois.
- Les maillons de cette chaîne sont de trois sortes : les maillons coupants, à une seule dent centrale ou à deux dents latérales, et les maillon-guides, qui séparent les uns des autres les maillons tranchants, dégagent leurs coupes et en limitent la profondeur, sans obliger de tendre la chaîne et de l’exposer ainsi à monter sur la roue à trois dents qui l’entraîne. En outre, la succession des coupes latérales et centrales facilite aussi beaucoup le dégagement des copeaux.
- La mise en train se fait par une pédale et en deux temps : la pédale commence par embrayer le pignon de la scie, qui prend immédiatement sa vitesse, puis elle l’appuie sur le bois par l’entraînement d’un second levier relié à la pédale par un assemblage à frottement qui empêche d’appuyer trop fortement.
- La largeur de la mortaise est définie par celle du bloc guide, et son épaisseur par celle delà chaîne. La vitesse très rapide d’entraînement de la chaîne varie de 9 mètres à 12 mètres par seconde, suivant la nature du bois; dans les bois durs, elle débite cinq à six fois plus que les mortaiseuses ordinaires ; elle peut percer jusqu’à quatre mortaises par minute dans un bois de 115 millimètres d’équarrissage, et avec assez de précision pour ne laisser entre elles que des cloisons de 1/2 millimètre d’épaisseur. Comme durée, on cite, à l’arsenal de Woolwich, deux scies ayant fait jusqu’à 24 000 mortaises sans affûtage.
- En somme, l’on obtient, avec cette machine, comme puissance et comme rapidité
- (I) Engineering Magazine, février 1896.
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- MORTAISEUSE A CHAINE
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- d’exécution, des résultats analogues à ceux du travail à la fraise et, pour la même raison générale : le remplacement d’une coupe unique et brutale par un grand
- Fig. 10 et 11. — Mortaiseuse à chaîne verticale du type Expert.
- nombre de tailles successives, d’une action pratiquement continue, au moyen de tranchants multiples, entraînés sans chocs dans un mouvement parfaitement guidé (1).
- G. R.
- (1) Voir aussi dans le rapport de M. Vautier sur les Machines à bois américaines à l'Exposition de Chicago (p. 79), la description de la mortaiseuse à chaîne des ateliers de Dubuque.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- FÉVRIER 1896.
- FREIN POUR ASCENSEURS BROOKES
- La cage de l’ascenseur porte, sur chacun de ses côtés, deux barres, l’une fixe, pourvue de taquets À, B et G, et l’autre mobile D, pourvue de trois galets qui, à la montée et à la descente de l’ascenseur, viennent successivement faire basculer les butées 1, 2, 3, 4, 5, pivotés dans les guides de la cabine, tout le long de son parcours.
- Fig. 12 à 14. — Frein d’ascenseur Brookes en marche normale et à l’arrêt.
- de manière que ces butées se défilent des taquets A, B et G à temps pour les laisser passer librement, comme la butée 4 laisse, par exemple, en figure 12, passer librement le taquet B. Mais si Lun des câbles qui supportent la cabine par son balancier vient à se rompre, le câble restant remonte, comme en figure 14, la tige D correspondante, de manière que les butées, repoussées trop tard par leurs galets, arrêtent la cabine
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- ARRÊT POUR ASCENSEURS BROOKES.
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- par ses taquets, comme on voit, en figure 13, la butée 3 arrêter la cabine par le taquet A. Les jeux des butées et des taquets sont espacés de manière que cet arrêt de la cabine se fasse au bout d’une chute libre de 75 millimètres au maximum, et qui ne présente aucun danger.
- En outre, si la cabine descend trop vite, un régulateur à force centrifuge installé sur le toit de la cabine, et dont la poulie est commandée par une corde fixe tendue sur le parcours de l’ascenseur, abaisse, par une tringle F, la tige D, de manière à provoquer comme précédemment l’arrêt de la cabine (1).
- G. li.
- (1) The Engineer, 31 janvier 1896.
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- PROCÈS-VERBAUX
- Séance du 24 janvier 1896.
- Présidence de M. Mascart, président.
- Dépouillement de la. correspondance. — MM. Co/lignon et Aimé Girard, secrétaires, dépouillent la correspondance.
- M. Hauard, 16, rue Crussol. Nouveau raccord pour tuyaux. (Arts mécaniques.)
- Remerciements de la Société in dustrielle du Nord de la France, pour sa nomination comme membre de la Société d’Encouragement.
- Remerciements de M. Bonnard pour l’annuité de brevet qui lui a été accordée, avec promesse de rembourser cette annuité sitôt qu’il le pourra.
- M. E.-L. Corthell, ancien président du comité général du Congrès international des ingénieurs à Chicago, propose de réunir un Congrès international en Suisse, en 1898, et demande l’adhésion de la Société. (Arts mécaniques.)
- M. /.-IV. Richards, de Philadelphie, présente son ouvrage sur Y Aluminium, pour un des prix de la Société. (Comité de Chimie.)
- M. A. Alexandre, à Saint-Denis, demande une subvention pour un appareil de raffinage du sucre. (Comité de Chimie.)
- M. Duse, à Ansignan, Pyrénées-Orientales. Piocheuse mécanique. (Comité d’Agriculture.)
- Le Comité d’initiative de Y Exposition nationale de l’hygiène et des arts de l’Enfance à Lyon, demande que le Président de la Société d’Encouragement fasse partie d’un comité de patronage de cette Exposition. (Renvoyé au Bureau.)
- MM. les Secrétaires présentent au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages signalés à la page 158 du Bulletin de janvier 1896.
- Déclaration de vacance. — M. Muntz propose, au nom du Comité d’Agricid-ture, de déclarer une vacance par suite du décès de M. Pasteur; cette proposition est adoptée, et la vacance déclarée.
- Nominations de memrres de la Société. — Sont nommés membres de la Société :
- M. Damour (Emilio), ingénieur civil des mines, présenté par MM. Haton de la Goupillière et Le Cbatelier.
- M. Hinstin, ingénieur des arts et manufactures, présenté par M. Simon.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- FÉVRIER 1896.
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- MM. Clooss et Schmalzer, mécaniciens, présentés par M. Lavalard.
- M. J avaux, directeur de la société Gramme (membre à vie), présenté par MM. Ravasse et G. Richard.
- M. André Hubert, docteur es sciences, présenté par M\ G. Richard.
- Conférences. — M. H. Moissan fait, sur le four électrique, une conférence qui sera reproduite in extenso dans le Bulletin de mars.
- A la suite de cette conférence, fréquemment interrompue par les applaudissements de l’auditoire, M. le Président adresse à M. Moissan ses plus vives félicitations et les remerciements de la Société.
- Séance du 14 février 1896.
- Présidence de il/. Carnot, vice-président.
- Dépouillement de la correspondance. — MM. les Secrétaires dépouillent la correspondance.
- M. F. Gougy, boulevard Edgar-Quinet. Règle pour le filetage des vis. Renvoyé au Comité des Arts mécaniques.
- M. Aubert, à Saint-Etienne-de-Montluc. Leviers articulés pour la transmission de la force motrice. (Arts mécaniques.)
- M. Bertrand, secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences, sollicite le concours de la Société d’Encouragement en faveur de la Société des Amis des Sciences, dont il est le président. (Bureau.)
- M. Dervillier, à Bécon-les-Bruyôres, Courbevoie. Incubateurs perfectionnés. (Comité d’Agriculture.)
- M. E. Duthuit, 46, route de Montataire, à Creil, remet un pli cacheté relatif à des appareils de chauffage et de production de l’électricité.
- M. P. Carabcisse, secrétaire-sténographe de la Chambre de Commerce de Paris, envoie des cartes d’invitation aux conférences de la Société du travail professionnel, faites à l’Ecole des hautes études commerciales, 41 bis, rue de Tocqueville.
- MM. les Secrétaires présentent au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages signalés à la page 297 du présent Bulletin.
- Nominations de membres de la Société. — Sont nommés membres de la Société :
- M. Péreire (Maurice), ingénieur des arts et manufactures, présenté par M. H. Péreire.
- M. Lequeux, constructeur d’instruments de précision, présenté par M. Vio lie.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- FÉVRIER 1896.
- M. Damour (André), directeur des forges d’Eurville, présenté par MM. J. Damour et H. Le Chatelier.
- La Société d'agriculture de la Haute-Saône, présentée par M. G. Richard.
- Rapports des Comités. — M. Cheysson, au nom du Comité du Commerce, rapport sur les Tables de mortalité des compagnies ci'assurance sur la vie : p. 109 du présent Bulletin.
- M. Pector, au nom du Comité des Beaux-Arts, sur les Procédés de gravure photographiques, de M. Vilain (p. 173)
- M. Rouart, au nom du Comité des Arts économiques, sur le Chauffe-bain de M. M or ineau (p. 176).
- Communications. —M. de Luynes, sur la Fabrication de l'or brillant français, par la Société chimique des métaux précieux.
- M. de Luynes ne fait, pour le moment, qu’attirer l’attention de la Société sur ce remarquable produit,qui permet de remplacer sans brunissage, pour la décoration de la porcelaine, l’or pur par une composition chimique. Ce produit, jusqu’en 1893,nous était presque en totalité fourni par l’Allemagne; depuis 1893 la Société chimique des métaux précieux fabrique un or brillant supérieur aux produits étrangers, et qui a, dès aujourd’hui, fait ses preuves dans l’industrie aussi bien qu’aux essais de laboratoire, notamment à la manufacture de Sèvres. Ce produit méritait donc, à tous égards, d’être signalé à la Société.
- M. le Président remercie M. de Luynes de sa très intéressante communication qui sera renvoyée au Comité des Arts chimiques.
- M. de Luynes attire, en outre, tout particulièrement l’attention de la Société sur l’un des ouvrages présentés : celui de M. Robert Steinheil sur la Reproduction des couleurs par superposition des tons simples, dont l’examen est renvoyé au Comité des Beaux-Arts.
- M. G. Charpy, Recherches sur les alliages de cuivre et de zinc (p. 180 du présent Bulletin).
- Cette communication fait connaître les résultats des travaux entrepris par J\l. Charpy sur cette importante question, sous le patronage de la Commission nommée par la Société d’Encouragement pour l’exécution de recherches expérimentales sur les alliages métalliques. Le beau travail de M. Charpy sera publié in extenso dans le Bulletin, ainsi que la discussion très intéressante qui l’a suivi.
- M. le Président félicite M. Charpy de sa très remarquable communication, et remercie les personnes qui ont bien voulu venir prendre part à sa discussion.
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- BIBLIOGRAPHIE
- L’Agriculture et les Machines agricoles aux États-Unis (1), par MM. Grille,
- ingénieur civil des Mines, et Lelarge, ingénieur des Arts et Manufactures.
- Dans cet ouvrage, MM. Grille et Lelarge se sont proposé de donner quelques indications générales sur les cultures principales aux États-Unis, cultures très variées en raison de l’étendue du territoire et de la différence des climats, en insistant plus particulièrement sur le rôle considérable que jouent les machines dans les exploitations agricoles américaines.
- Ils examinent ensuite chacun des groupes de machines que l’on y emploie, et donnent des indications très intéressantes sur les usines les plus importantes qui construisent ce matériel agricole.
- Pour ne parler que des deux usines les plus considérables, s’occupant exclusivement des machines servant à la préparation du sol, et en particulier des différents types de charrues, MM. Grille et Lelarge entrent dans quelques détails sur la constitution des usines de la David Bradley Company et de Syracuse.
- L’usine de la David Bradley Company produit annuellement 40 000 machines, en occupant 900 ouvriers.
- L’usine de Syracuse emploie 1 000 ouvriers, et sa production annuelle est de 60 000 machines.
- Soit un total de 100 000 charrues et autres appareils pour la préparation du sol sortant annuellement de ces deux usines importantes.
- En ce qui concerne la construction des faucheuses, moissonneuses-javeleuses et moissonneuses-lieuses, la production annuelle des quatre usines les plus importantes, prises dans leur ensemble, paraît être de 250 000 à 260 000 machines par an. En les rangeant par importance de fabrication, on trouve d’abord l’usine de William Deering et Cie, à Chicago, qui occupe une surface de 20 hectares et qui a pu fabriquer jusqu’à 600 machines par jour, soit 60 à l’heure, 1 par minute.
- Elle occupe 3 500 ouvriers et 150 employés.
- Les ateliers se divisent en fonderie de fonte ordinaire, fonderie et fabrication de fonte malléable, qui entre pour une grande proportion dans la fabrication des moissonneuses, en ateliers d’ajustage, de menuiserie, de peinture, etc.
- Ils comprennent en outre une filature de manille et autres textiles pour la fabrication des ficelles servant aux lieuses, et cette fabrication est très importante, puisque la production de cet atelier est de 150 tonnes par jour. Un atelier spécial à la fabrication des toiles sans fin pour moissonneuses est aussi annexé à cette usine.
- L’usine de Aultman Miller et Gie, à Akron (Ohio), produit annuellement 40 000 à 45 000 machines en employant 3 000 ouvriers.
- Une corderie est annexée à cette usine et produit 120 tonnes de ficelle par jour.
- Enfin l'usine de Mac-Gormick, à Chicago, peut fabriquer annuellement 75 000 machines avec 3 500 ouvriers; mais dans cette dernière usine, on ne trouve ni fonderie, ni fabrication de fonte malléable. L’usine reçoit ses produits du dehors.
- (1) L vol. avec Atlas. Paris. Bernard.
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- BIBLIOGRAPHIE.
- FÉVRIER 1890.
- MM. Grille et Lelarge entrent dans d’assez grands détails sur la constitution des différents ateliers, ainsi que sur le mode de construction des pièces principales de charrues, faucheuses ou moissonneuses, et insistent sur le mode de fabrication de ces différentes pièces, par procédés entièrement mécaniques, qui permettent de les rendre interchangeables, en facilitant ainsi les réparations de ces machines compliquées.
- Pour ne citer qu’un fait indiquant jusqu’à quel point les procédés mécaniques sont développés dans ces fabrications américaines, MM. Grille et Lelarge citent l’atelier de peinture de l’usine William Deering et Cie. La moissonneuse toute montée, sans y comprendre les tabliers ni les roues porteuses, est plongée dans un bain de peinture pendant que les axes, graissés à l’huile de pétrole, tournent sur eux-mêmes au moyen d’une transmission par courroie. La peinture est ensuite repassée à la main, puis les réchampis sont faits, et l’on procède à l’emballage pour l’expédition.
- Dans l’ouvrage très complet de MM. Grille et Lelarge, les machines agricoles sont décrites dans l’ordre même de leur emploi sur le terrain.
- Les instruments servant à la préparation du sol en forment le premier chapitre. Us comprennent depuis la charrue destinée à la préparation des terres légères jusqu’aux charrues employées au labourage des chaussées macadamisées.
- Les charrues à roues et à siège sont examinées ensuite, et MM. Grille et Lelarge en montrent tous les avantages lorsqu’il s’agit de labourer de grands espaces souvent éloignés des fermes.
- Après avoir examiné les différents types de charrues polysocs, MM. Grille et Lelarge parlent du labourage à vapeur, qui s’effectue aux Etats-Unis par des procédés tout différents de ceux employés en Europe. Les dispositions de Fowler et de Howard, pour ne parler que des deux types principaux, sont remplacées par de véritables locomotives routières, circulant à travers champs et traînant immédiatement derrière elles les charrues polysocs devant effectuer le labour sur une largeur pouvant atteindre 2m,50, ou bien ces locomotives routières portent des appareils piocheurs, qui ont été expérimentés en France il y a un grand nombre d’années déjà.
- Les cultivateurs étaient aussi très nombreux à l’Exposition de Chicago, en 1889, et les pulvériseurs à disques, peu répandus encore en France, y occupaient une large place.
- Les semoirs à la volée et en lignes, décrits dans l’ouvrage de MM. Grille et Lelarge, ne paraissent pas pouvoir rivaliser avec les excellents semoirs de construction anglaise et française. Viennent ensuite les appareils de récolte dont l’étude commence par celle des faneuses et des râteaux, pour ne pas séparer les faucheuses des moissonneuses dont l’outil principal, la lame coupeuse, présente, dans ces deux machines, une grande analogie de forme et de disposition.
- Nous retrouvons, parmi les faneuses, les deux types connus en Europe, faneuse à râteaux rotatifs et faneuse à mouvements alternatifs, imitant le mouvement de la fourche mue à bras d’homme, sans que l’on remarque, dans ces types américains, aucune particularité intéressante.
- Les râteaux à cheval étaient, pour la plupart, à relevage automatique, et parmi eux se trouvait le type de Walter Wood, bien connu en France.
- D’autres appareils, dont l’emploi est inconnu en Europe, et désignés sous le nom de coupe-tiges de maïs ou de coton, sont décrits dans l’ouvrage que nous résumons ici.
- Les faucheuses et les moissonneuses sont examinées longuement dans ce même ouvrage, et les moissonneuses-lieuses de la Milwaukee Ilarvester Company, de Autt-
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- BIBLIOGRAPHIE.
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- mann Miller eLGie, de Deering et Cie, d’Osborne et Gie, d’Adriance Platt et Cie, de Mac-Cormick, de la Piano Manufacturing Gompany et de Walter Wood sont décrites avec les ligures nécessaires pour pouvoir se rendre compte du mode de liage des gerbes, ainsi que des différents détails de construction de ces machines.
- En passant à l’étude des machines d’intérieur de ferme, MM. Grille et Lelarge font remarquer que les machines à battre américaines seraient peu utilisables sur le continent européen. Leur caractère général est de battre en long, la paille n’ayant, en Amérique, aucune valeur marchande dans la plupart des cas, et servant souvent de combustible pour les locomobiles à vapeur employées dans la ferme.
- Après avoir donné la description de quelques-uns des types de machines à battre en long employées aux États-Unis, un certain nombre d’appareils élévateurs de grains ou de paille sont décrits dans cet ouvrage qui contient, en outre, l’étude très sommaire de hache-paille, hache-maïs, coupe-racines, égreneurs de maïs, concasseurs, moulins et nettoyeurs, pour arriver à celle des moteurs agricoles.
- Les moulins à vent sont encore en honneur aux États-Unis, et cinq types différents sont cités dans cet ouvrage.
- Les locomobiles à vapeur étaient faiblement représentées à Chicago, et ces appareils pourraient difficilement rivaliser avec ceux de construction européenne, française ou anglaise principalement.
- Enfin, un dernier chapitre de l'ouvrage de MM. Grille et Lelarge est consacré aux locomotives routières, dont il convient de citer les types :
- De MM. Stevens et fils, d’Auburn.
- De la Huber Manufacturing Company de Marion (Ohio).
- De la Westinghouse Gompany.
- De la Aultman and Taylor Machinery Company.
- De la Geiser Manufacturing Company.
- De MM. Gaar, Scott et Cic de Richmond (Indiana).
- Et de la Birdsall Company d’Auburn.
- Des considérations générales sur les routes et les chemins aux États-Unis, et sur les machines destinées à les construire et à les entretenir terminent cet ouvrage très complet et très intéressant, qui indique très exactement l’état de la machinerie agricole aux États-Unis à la fin de ce siècle et l’importance de sa production, soit pour servir aux besoins nationaux, soit destinée en partie à l’exportation.
- À. Tresca.
- Membre du Conseil.
- Notice sur les Feux Éclairs à l’huile et à l’électricité, par M. Jean Rey, ingénieur civil des mines, suivi d’un tarif descriptif des appareils construits par MM. Sautter Harlé et Ci0 (1).
- Ce livre n’est pas, comme on pourrait le croire d’après son sous-titre, un simple prospectus des appareils construits par la maison Sautter Harlé, c’est un véritable traité pratique des feux éclairs, édité, il est vrai, par cette importante maison, et suivi de la description de ses appareils, mais dans lequel se trouvent exposés avec une grande
- (F. 1 vol. in-4°, 133 p. et xvu planches, imprimé par Lefèvre Ducrocq, à Lille.
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- clarté et d’une façon tout à fait générale et purement technique les principes du fonctionnement et de l’établissement de ces appareils.
- Il y a là, à côté du prospectus proprement dit de la maison, une œuvre d’une grande valeur technique, dont l’intérêt fait que le prospectus, une fois consulté, ne sera pas rejeté au panier, mais conservé dans une bibliothèque d’ingénieur. C’est une pratique suivie depuis longtemps par la plupart des grands constructeurs anglais et américains, et dont ils se trouvent très bien.
- De pareils livres ne peuvent évidemment pas être distribués à tout hasard, à la volée, comme de simples prix courants ; mais, envoyés avec la discrétion voulue, ils constituent, croyons-nous, l’un des meilleurs modes de publicité industrielle, et nous ne saurions que féliciter MM. Sautter et Harlé d’avoir ainsi donné le bon exemple à nos constructeurs, dont les publications ne laissent souvent que trop à désirer par rapport à celles de leurs concurrents étrangers.
- G. R.
- Rapport du Chef inspecteur des fabriques et ateliers d’Angleterre pour 1894.
- Le Home departmenl d’Angleterre, qui présente certains analogies avec notre ministère de l’Intérieur, publie chaque année, sous ce titre, un gros volume de 500 à 600 pages, rempli de renseignements très nombreux et des plus intéressants sur l’application, en Angleterre, des lois régissant la durée et la distribution du travail dans les manufactures, l’hygiène et la sécurité des ouvriers, etc.
- D’après le rapport général de M. Sprague Oram, par lequel s’ouvre le volume de l’année 1894, la législation des manufactures serait entrée, en Angleterre, dans une phase nouvelle et bienfaisante, dont on ne saurait estimer pleinement aujourd’hui la portée, principalement en ce qui concerne le travail des femmes et des enfants, et l’on doit, en grande partie, attribuer ces améliorations, non seulement à la mise en pratique des lois et règlements eux-mêmes, mais aussi à l’instruction élémentaire et surtout à Yéducation plus complète et plus générale des classes ouvrières, librement facilitée par tous les moyens.
- Parmi les rapports les plus intéressants, nous citerons celui de Mracs Abraham, Paterson, Dean et Anderson sur le travail des femmes, et celui de M. Lakeman, où se trouvent signalés les effets déplorables du Sweating System, qui sévit tout particulièrement parmi les ouvriers israélites de l’industrie de l’habillement à Londres (p. 50).
- Parmi les rapports consacrés aux industries insalubres, on doit signaler en particulier ceux relatifs aux fabriques de céruse (p. 75), de poteries (p. 88), de caoutchouc (p. 89), aux filatures (p. 95), où se trouvent indiquées, avec figures à l’appui, les précautions à prendre pour la ventilation et l’assainissement des locaux : ventilateurs, hygromètres, masques respirateurs, etc. Viennent ensuite les questions de sécurité vis-à-vis des engins mécaniques : ascenseurs (p. 107, 145), meules, métiers (p. 121,137), scies (p. 121), moteurs à gaz (p. 133), presses (p. 138, 143), au sujet desquelles sont présentées un grand nombre de considérations pratiques très utiles, mais qui gagneraient à être développées et discutées avec plus d’ordre et de méthode.
- (!) Report of lhe Chief Inspector of factories and workshops. 1 vol. 520 p. Londres, Eyre et Spot-tishwoode.
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- BIBLIOGRAPHIE. ---- FÉVRIER 1896.
- Dans la partie commerciale du livre, je signalerai notamment les quelques pages consacrées à l’état actuel de l’industrie si importante de la filature et du tissage du coton. Elle est presque ruinée dans un grand nombre de villes du Lancashire, principalement, comme à Ashton (p. 214), par la concurrence de l’Inde et du Japon; dans ce dernier pays, l’on a monté des filatures travaillant jour et nuit avec des ouvriers japonais payés : les hommes 0 fr.40 et les femmes 0 fr.20 par jour, et dirigés par des contremaîtres anglais. Certaines petites industries sont, au contraire, très prospères, principalement quelques fabrications spéciales, sur lesquelles le rapport fournit des renseignements curieux, que l’industrie parisienne aurait intérêt à connaître ; telle est, par exemple, la fabrication des appareils dentaires : une seule fabrique anglaise a presque le monopole de la fabrication de ces appareils pour la Grande-Bretagne et le continent. Elle livre, par an, environ six millions de dents fabriquées avec des matériaux dans lesquels il n’entre, bien entendu, pas un gramme d’ivoire quelconque (p. 210).
- G. R.
- Annuaire de l’Observatoire municipal de Montsouris pour 1896; Météorologie, Chimie, Micrographie, Applications à l’Hygiène (contenant le résumé des travaux de l’Observatoire durant l’année 1894). In-18, avec diagrammes et figures dans le texte. Paris, Gautbier-Villars.
- EXTRAIT DE L INTRODUCTION
- L’Observaloire météorologique de Montsouris a été créé par M. Duruy, ministre de l’Instruction publique, et sous la haute influence de M. Dumas, ancien secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, alors président du Conseil municipal de la Ville de Paris.
- Les travaux de l’Observatoire municipal de Montsouris se divisent en trois sections principales ou laboratoires qui, tout eu poursuivant leurs recherches de science pure, consacrent surtout leurs travaux courants à la climatologie et à l’hygiène de Paris;
- 1. Le Service de Physique eide Météorologie proprement dite, s’étendant au magnétisme et ^ l’électricité, comprend :
- 1° L’observation directe des instruments de physique du globe installés à l’Observatoire même; le contrôle et le relevé des courbes tracées par les instruments enregistreurs et la discussion des résultats obtenus soit au point de vue de la Météorologie pure, soit au point de vue de ses applications à la climatologie et à l’hygiène de Paris ;
- 2° L’organisation et la surveillance des stations urbaines installées suivant les besoins dan les divers quartiers de la ville et de sa banlieue, la discussion des résultats obtenus et leur insertion aux recueils statistiques de la ville.
- 2. Le Service chimique étudie :
- 1° Les variations de composition de l’air des différents quartiers de Paris et des établissements municipaux. En ce moment, trois stations sont établies: à Montsouris, au milieu du parc; dans le IVe arrondissement (place Lobau) ; dans l’intérieur des égouts;
- 2° Les variations de composition chimique des eaux distribuées à Paris, soit pour le service public, soit pour le service privé. Chaque semaine, des échantillons d’eaux de sources (Vanne, Dhuis, Avre) et d’eaux de rivières (Marne, Seine, Ourcq), prélevés dans les bassins de distribution et aux robinets des particuliers, sont soumis à une analyse dont les résultats sont publiés tous les quinze jours dans le Bulletin officiel de la Ville de Paris;
- 3° Les variations de composition chimique des eaux d’égout et des eaux qui retournent au fleuve après leur drainage à travers Je sol;
- 4° La nappe souterraine à Paris, en amont et en aval de Paris, par des prélèvements régu-
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- BIBLIOGRAPHIE.
- FÉVRIER 1896.
- liers d’eaux puisées dans un certain nombre de puits. Les résultats des analyses de ces eaux sont publiés chaque mois dans le Bulletin mensuel de statistique municipale ;
- 5° Les eaux météoriques : pluie, neige, brouillard...
- 6° Enfin les différents procédés de filtration et de purification des eaux qui peuvent être proposés à la Municipalité parisienne.
- 3. Le Service micrographique a pour mission générale non seulement d’établir les statistiques microbiennes et de déterminer les variations que les conditions météorologiques peuvent faire subir aux bactéries de l’air, du sol et des eaux, mais encore de considérer dans leur individualité tous les ferments figurés, autant ceux qui sont redoutables pour l’économie animale que ceux qui sont de précieux auxiliaires pour l’agriculture.
- Il s’occupe spécialement de récolter et de déterminer le nombre et la nature des poussières organisées tenues dans les atmosphères libres et confinées. Parmi les atmosphères libres, celles du parc de Montsouris et du centre de Paris sont surtout l’objet d’une étude attentive au point de vue des bactéries et des mucédinées.
- Parmi les atmosphères confinées, l’air des habitations parisiennes, des écoles, des égouts est dosé systématiquement toutes les semaines.
- Les eaux accusées depuis longtemps de charrier les principes contagieux de quelques maladies sont également étudiées avec persévérance.
- Les essais portent en première ligne sur les eaux de sources servies à la population parisienne, ensuite sur les eaux de puits, de drainage et les eaux des fleuves.
- Les eaux de la Marne, de la Seine, du canal de l’Ourcq sont étudiées à plusieurs points de leur parcours.
- Enfin les eaux sales d’égout ou de vidange sont de même étudiées avec soin; car il importe d’être parfaitement fixé sur la composition micrographique des liquides plus ou moins altérés’ plus ou moins putrides, qui pourraient accidentellement polluer les eaux potables, ou séjourner longtemps au sein même des maisons dans les fosses fixes.
- Les recherches de l’Observatoire ont été, dans le courant de l’année 1894, étendues à toute la vallée de la Seine, non seulement dans le département de la Seine, au point de vue de l’assainissement de la banlieue parisienne, mais jusque dans les départements voisins.
- La tour Eiffel, grâce au concours de M. Mascart, directeur du Bureau central météorologique, a ouvert récemment à ces divers services un nouveau champ d’études, que la Commission s’applique à développer.
- ERRATUM AU BULLETIN DE JANVIER
- Composition du Conseil d'administration de la Société d’Encouragement pour 1896.
- Au Comité de mécanique (page 2), supprimer M. le Colonel Pierre, nommé vice-président honoraire.
- Ajouter comme membres MM.
- (1893) Bourdon Édouard, constructeur mécanicien, 74, rue du Faubourg-du-Temple ;
- (1893) Rozé, répétiteur d’Aslronomie à l’École polytechnique, 62, rue du Cardinal-Lemoine. Au Comité de Chimie,
- Ajouter aux membres correspondants (p. 9). :
- M. E. Solvay, fabricant de produits chimiques à Bruxelles.
- M. Haller, correspondant de l’Institut, professeur de chimie à la Faculté des sciences de Nancy.
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- LIVRES ET OUVRAGES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE
- EN FÉVRIER 1896
- Quelques considérations pratiques sur la loi des accidents de travail, par
- M. Léon Landais, brochure in-8, 11 p. Imprimerie Chaix, Paris.
- Géométrie descriptive, par M. À. Gouilly, 1 vol. Collection Léauté. Paris, Gauthier-Villars.
- L’industrie de la fonte et ses progrès dans la région de la Sarre et de la Moselle,
- par M. Jung, traduction de M. S. Jordan, 1 brochure in-8, 47 p., extraite de la Revue universelle des mines.
- Journal of the Iron and Steel Insiitute, vol. XLVIII (1895). Principaux mémoires : Puddlage direct du fer (E. Bonehill). — Forges du Sud de la Russie (Kamensky). — Thermochimie du procédé Bessemer (Hartley). — Fabrication du fer par un nouveau procédé (Hadfield). — Analyse des minerais dechrome et des ferrochromes (Saniter). — L’acier au nickel (Wiggin) (1). — Les petits lingots d’acier (Smith-Casson) (2). — Courbes de refroidissement et essais des fontes (Keep). — Propriétés physiques de la fonte (Were). — Trempe des aciers (Howe) (3).
- Les grands barèmes de la construction (métallique, par M. Raymond Cros. 1 volume de tables et formules, in-8, 472 p. Paris, Bernard.
- Leçons sur l’électricité et le magnétisme de MM. Mascart et Joubert, 2e édition entièrement refondue par M. E. Mascart, Vol. I, Phénomènes généraux et théorie, in-8, 830 p. Paris, Gauthier-Villars et Masson.
- Bulletin de la Société d’économie politique, année 1895, 1 vol. in-8, 220 p. Paris, Guillaumin.
- Traité théorique et pratique des courants alternatifs industriels, par MM. F. Loppe et R. Bouquet, tome II, partie pratique, 1 vol. in-8, 472 p. Paris, Bernard,
- Notice sur les feux éclairs à l’huile et à l’électricité, par M. J. Rey, 1 vol. in-4, 153 p. et atlas de planches. Chez MM. Sautter-Harlé, 26, avenue de Suffren, Paris.
- Sewage Disposai in the United States. Utilisation des eaux d’égout aux États-Unis, par MM. Rafter et Baker, 1 vol. in-8, 600 p. chez Yan Nostrand. New-York.
- Report of the Chief Inspector of Factories and Workshops. (Rapport de l’inspecteur général des usines et ateliers au gouvernement anglais) pour l’année 1894.
- Tome I. — 95e année. 5e série. — Février 1896.
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- OUVRAGES REÇUS EN FÉVRIER 1896.
- Cours de physique de l’École polytechnique, par M. J. Jamin. Premier supplément par M. Bouty. Chaleur, acoustique, optique, 1 vol. in-8, 180 p. Paris, Gauthier-Villars.
- Annuaire de l’Observatoire de Montsouris pour 1896, 1 vol. in-18, 600 p. Paris, Gauthier-Villars.
- De la bibliothèque du conducteur des travaux publics. Physique et Chimie, par M. A. Bureau.—
- Les machines hydrauliques, par M. F. Chaudy. — Le droit civil, par M. L. Martin, 3 vol. in-18 reliés, 400 p. Paris, Dunod et Vicq.
- Art de l’ingénieur, par M. L. Vigbeux. Étude d’une usine êlévatoire pour irrigations avec machines à vapeur et roues êlévatoires, par M. Milandre, 1 vol. in-8, 16b p. et atlas de 19 planches. Construction de machines à vapeur (partie didactique), par M. Ch. Bourdon, 1 vol. in-8, 12b p. Paris, Bernard.
- De la Société des Arts de Genève : Catalogue de la Bibliothèque. Classe d’industrie et de commerce, par A. Claparède, 1 vol. in-8, 397 p. Genève, Bureau de la Société.
- Du Ministère des travaux publics : École des Ponts et Chaussées. Collection de dessins distribués aux' élèves, vol. III, 91' fascicule avec atlas, et Deuxième complément des fermes métalliques de M. l’inspecteur général Dartein. Imprimerie nationale.
- Aluminium, its Properties, Métallurgie and Alloys, parM. J.-W. Richards, professeur de métallurgie à l’université de Lehigh, 3e édition, 1 vol. in-8, 666 p. Londres, Sampson Low.
- De la Smithsonian Institution : On the Densities of Hydrogen and Oxygen, and on the Ratio of their atomic Weights, par M. E.-W. Morley, 1 brochure in-4, 120 p.
- La Smithsonian Institution. Son origine, son histoire, son but, son organisation, 1 brochure in-8.
- Index à la littérature, du cérium, du lanthanium et du didymium, 2 brochures
- in-8, 40 et 20 p.
- Proceedings and Transactions de l’Institut des sciences de Halifax. Nouvelle-Ecosse, vol. VIII, p. 4, 1893-94.
- American Society of Mechanical Engineers. Transactions, vol. I à XVI. Principaux mémoires du vol. XVI (189b), in-8, 1 200 pages. — Théorie graphique des ressorts (Henderson). — Les séparateurs de vapeur (Porter). — Essai d’une pompe Leavitt (Dean). •—• D’une machine compound avec rapport des cylindres de 7 à 1 (Dean). — Pressions des roues motrices des locomotives sur les rails (Barnes). — Équilibrage des roues motrices des locomotives (Goss). — Protection du fer et de l’acier contre la rouille (NVood). — Essais et courbes de refroidissement des fontes (Keep). — Essai et monographie d’une turbine T rémont (Wood). — Proportions des cylindres de machines Compound (Knapp). —• Foyers à tirage renversé pour chaudières (Bryan). — Nouveaux freins dynamométriques à friction (Goss). — Enduits calorifuges pour tuyaux (Bri 11). — Essais avec la machine à vapeur expérimentale de Sylbey college (Carpenter). — Rendement des chaudières (Dean).
- La reproduction des couleurs, par la superposition des couleurs simples, par
- M. Robert Steinheil, 1 vol. grand in-4, avec atlas de 150 planches en chromolithographie, donnant près de 15 000 tons. Paris, Berger-l.eviault.
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- OUVRAGES REÇUS EA FÉVRIER 1896.
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- De l’Institution of Civil Engineers, London : les Proceedings pour 1894-1896, 4 vol. in-8, 600 pages avec figures et planches.
- Du Ministère de l’Instruction 'publique et des Beaux-Arts : Exposition universelle de Chicago. Rapports publiés sous la direction de M. C. Krantz. — L’exposition féminine française à Chicago, par Mmc Pégard, 1 brochure in-8, 60 p. — Le matériel des chemins de fer, par M. G. Whaley, 1 vol. in-8, 310 p. et 26 planches extraites de 1 ’Engineering, et Rapport administratif, 1 vol. in-8, 278 p.
- Voie nouvelle de pénétration dans le Soudan central et la boucle du Niger,
- chemins de fer de l’Ouémé à Konandé, par M. J. Hure, ingénieur civil des mines, brochure in-8* 55 p. Paris, chez Challamel, 17, rue Jacob.
- Du Ministère du Commerce et de l’Industrie, Office du Travail. Salaires et durée du Travail dans l’industrie française. Vol. I1J. Industries du bois, tabletterie. Métaux. Travail des pierres et des terres. Établissements de l’État ou des communes dans les départements autres que celui de la Seine. Entreprises de transports en commun. 1 vol. in-8, 650 p. Imprimerie nationale.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA RIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Janvier 1896 au 15 Février 1896
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac.........Annales de la Construction.
- Acp. . . . Annales de Chimie et de Physique.
- AM. . , . Annales des Mines.
- Ap . ... Journal d’Agriculture pratique.
- APC . . . Annales des Ponts et Chaussées.
- At. . . . Annales télégraphiques.
- Bam . . . Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- Btp. . . . Bulletin du ministère des Travaux publics (statistiques).
- BmA. . . Bulletin du ministère de l’Agricul-
- ture.
- Ci. . . . Chronique industrielle.
- Co............................Cosmos.
- CN. . . . Chimical News (London).
- Cs.Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- CR. ... Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- Dp. ... Dingler’sPolytechnisch.esJournal.
- E........................Engineering.
- É’......................The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE..............Eclairage Électrique.
- El..............Electrician (London).
- Elé. . . . L’Électricien.
- Ef..... Économiste français.
- Es.. . . Engineers and Shipbuilders in
- Scotland (Proceedings).
- Fi ... . Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc. ... Génie civil.
- IC.........Ingénieurs civils de France (Bul-
- letin.).
- le. . . Industrie électrique.
- Im..............Industrie minérale de Saint-
- Étienne.
- IME. . . Institutions of Mechanical Engineers (Proceedings).
- En. . . . La Nature.
- Ms. . . . Moniteur scientifique.
- N. . . . Nature (anglais).
- Pc. . . . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Pm . . . Portefeuille économique des machines.
- Rgc.. . . Revue générale des chemins de fer.
- Rgds. . Revue générale des Sciences.
- Ri. . . . Revue industrielle.
- Rmc. . . Revue maiâtime et coloniale.
- Rs . . . . Revue Scientifique.
- Rso . . . Réforme Sociale.
- RSL. . . Royal Society London(Proceedings).
- Rt. . . . Revue technique.
- Ru. . . . Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- SA. . . . Society of Arts (Journal of the).
- ScP.. . Société chimique de Paris (Bulletin).
- srP . . . Société française de photographie (Bulletin).
- Sie. . . Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- Sg. . . . Bulletin de la Société de géographie.
- Sgc . . Bulletin de la Société de géographie commerciale.
- SL. . . Bulletin de statistique et de législation.
- SuE. . Shahl und Eisen.
- USR. . Consular Reports to the United States Government.
- VDl.. . Zeitschrift des Yereines Deutscher Ingenieure.
- ZOL. . Zeitschrift des Oesterreichischen Ingenieure und Architek ten Ve-reins.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- FÉVRIER 4896.
- 301
- AGRICULTURE
- Agriculture, en France, état actuel (Hom-mell). Rgds, 15 janv., 8.
- Année agricole (F) en Allemagne. Ap. 30 janv.,
- 165.
- Batteuses (Engrenage automatique des). Ag. 18 janv., 111.
- Bétail. Engraissement au pâturage dans la Haute-Garonne (Heuzé). Ap. 30 janv., 178.
- — Race ovine de l’Aveyron. Ag. 6 fév.,
- 210.
- Betteraves. Culture au cliamp du Comice agricole de Saint-Quentin. Ap. 30 janv., 168, et la larve du Sylphe. Ag. 1er fév., 184.
- Beurres. Détermination de la pureté par la densité (Brulle). CR. 10 fév., 325.
- Blé. Culture aux État-Unis (Raffard). Ram. janv., 98.
- Chevaux américains. Importation en Europe. Ag. lor fév., 173.
- Engrais. Fumure des prairies. Scories de déphosphoration (Grandeau). Ap. 16 janv., 85.
- — Solubilité des phosphates de scories (Grandeau). Ap. 23 janv., 127.
- — Le marnage et les bactéries des légumineuses. Ap. 23 janv., 148.
- — Solubilité des phosphates dans le réactif de Wagner. Ap. 30 janv., 161.
- — Expériences sur l’action fertilisante des éléments du fumier de ferme (Grandeau). Ap. 6 janv., 197.
- Forêts. Les prairies. Ap. 16, 23 janv., 6 fév., 87, 131, 204.
- — (Poids et composition de la couverture
- morte des) (Henry). CR. 25 janv., 144.
- Fourrages. Nouvelles plantes fourragères. Ag. 18, 25 janv., 96, 139.
- — Luzerne et lathyrus sylvestris, produits
- comparés. Ap. 13 janv., 238.
- — Création de prairies naturelles et de
- pâturages temporaires (Heuzé). Ap. 13 fév., 246.
- Fromages de Neufchdtel (Machine à fabriquer les). Ag. 15 fév., 258.
- Horticulture à Gand. USR. janv., 51.
- Lait. Laiteries coopératives de Champagne et du Poitou. Ag. 18, 25 janv., 98, 135,
- — Pour la fabrication simultanée du beurre et du fromage. Ac. fév., 27. Olivier. Culture en Utah (Ratard). Bma. Déc., 1267.
- Orge de Hanna. Ag. 6 fév., 190.
- Perméabilité de la terre (Dehérain).Ln. 2% janv., 113, Ap. 30 janv., 172.
- Plantes et fourmis (Heim). Rs. 25 janv., 103. Séchage et conditionnement des grains. Green. E. 31 janv., 171.
- Végétation (Action des radiations du spectre sur la) (C. Flammarion). Ap. 13 fév., 235.
- Vigne. Etude sur la vinification dans le Roussillon (Munter). Bma. Déc., 1206.
- — Fumure de la levure de vin par le phosphate d’ammoniaque. Ag. 15 fév., 263.
- CHEMINS DE FER
- Accident de Nesl. E. 14 fév., 230.
- Bagages (Service des) aux arrêts sur les chemins de fer économiques. Rgc. janv., 3.
- Chemins de fer économiques, bâtiments et stations. Ac. janv., 14.
- — américains (Bénéfices des). E. 14 fév.,
- 222.
- — de l’Inde. E. 31 janv., 159.
- — grand sibérien. Rgc. janv., 24.
- — d’Autriche-Hongrie, statistique en 1893.
- Rgc. janv., 56.
- Déraillements aux croisements. E. 31 janv., 167.
- Eclairage électriques des trains. VDI, 25 janv., 91.
- Express du nord de l’Angleterre. E'. 31 janv., 103.
- Freins électro-pneumatiques Chapsal. IC. déc., 685.Ri. 15 fév., 64.
- — électro-magnétique de la Saint-Louis
- C°. E. 31 janv., 171.
- — à vide Spencer. E. 31 janv., 171. Locomotives du Lancaschire and Yorkshire.
- Ri. Rgc. janv., 12.
- — Glasgow and South Western, id., 58.
- — du Great Southern en 1847. E’.
- 17 janv., 64.
- — express du Gothard, 201. Il janv., 26.
- — à roues libres. Gc. 15 fév., 241-
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- 302
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- FÉVRIER 1896.
- — express du Great Western. E. 2a janv.,
- 7 fév., 115, 197.
- — du chemin du Hanovre. Rgc. janv., 60.
- — américaines de grande puissance. Gc.
- 18 janv., 177. Rgc. janv., 61. EL 10 fév., 52.
- — à huit roues couplées. Pm. fév., 27.
- — du Great Southern and Western (Irlande.)
- E'. 24 janv., 80.
- Peseur Digeon pour faciliter la répartition du poids des locomotives sur leurs roues. Pm. fév., 18.
- — (Détails divers des) Dp. 17, 24, 31 janv.,
- 49, 76, 97.
- — (Grilles de). E' 14 fév., 168.
- — (Première) des États-Unis (1828). E'. 31
- janv., 123.
- — (Service des). E'. 14 fév., 157.
- Rails soudés. IC. 10 fév., 55.
- Résistance des trains E'. 17 janv., 62.
- Roues Taylor. E. 31 janv., 172.
- — en fonte trempée aux États-Unis. Pm.
- fév., 30.
- Superstructure des voies de l’État prussien. Sue. 15 janv., 68.
- Traverses Leslie. E. 7 janv., 203.
- — en acier. E' 7 fév., 137.
- — métallique des chemins de fer indiens.
- Rgc. janv., 57.
- Voies anglaises. Conditions d’établissement. Ac. fév., 18.
- Voitures de lre classe ouverte du Oude and Rokilkund Ry. E'. 17 janv., 58. Wagons-poste aux États-Unis. Ln. 25 janv., 125.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles (Les) à vapeur. E1. 17, 24, 31 Janv., 51, 85, 105 ; 7 Fév., 132.
- — électriques. Elé. 1er Fév., 70. Électricité. Chemins de fer électriques de
- montagne. Elé. 18 Janv., 40.
- — Traction électriqueDawson. E. 17 Janv., 75; 7 Fév.. 174.
- — à Paris, G. Pélissier. EE. 11 Janv., 49. — Locomotives électriques. Dp. 7 Fév., 122. — Tramways de Dublin (Dalkcy). El. 17
- Janv., 383.
- — Siemens et Halske. El. 24 Janv., 407.
- — de Bristol. FIE. 18 Janv., 115.
- — d’Aix-la-Chapelle. Elé. 1er Fév., 65, 103.
- — de New-York. FIL 8 Fév., 267, 269.
- — (Exploitation des). EE. 18 Janv., 119.
- — Westinghouse. E'. 14 Fév., 170. Locomotive routière de la Geiser manufactu-
- ring C°. Ri. 25 Janv., 33.
- — (Roues des). E'. 31 Janv., 123. Tramways. Air comprimé Pop. Co. 18 Janv.,
- 203.
- — à gaz. Co. 8 Fév., 291.
- Boîte à graisse à l’abri de la poussière. E. 1.4 Fév., 229.
- — Frein pneumatique Genett. Ri. 8 Fév.,
- 53.
- Transports postaux et les tubes pneumatiques. Rs. 1er Fév., 139.
- Vélocipèdes. Salon du Cycle. Ln. 10 Janv., 99.
- — Cycles Humber. E'. 17 Janv., 54.
- — à deux places. Co. 1er Fév., 263.
- — d’entraînement électrique Pingault. Ri.
- 18 Janv., 25.
- — Choix du développement. Ln. 15 Fév.,
- 165.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acides nitrique et chlorhydrique (essais). Pc. 1er Fév., 106.
- — sulfurique nitrosé (Gutmann). Industria.
- 2 Fév., 70.
- — lartrique. Dosage polarimétrique. ScP.
- 5 Fév., 158.
- — chlorhydrique (Fabrication de F). Bul-
- letin de la Société industrielle de Mulhouse. Déc., 321.
- Acoustique. Les bruits atmosphériques. N. 30 Janv., 295.
- — Expériences sur la propagation des sons. Ln. 15 Fév., 161.
- —• Recherches de Mayer (American Journal of Science). Fév., 81.
- Affinité comparative dans certains sels d’ammonium, de sodium, etc. (W. Smith). Cs. 31 Janv., 3.
- Alcaloïdes végétaux (Estimation acidimétrique des). Fi. 7 Fév., 141.
- Alcools dénaturés (Analyse des) (Barillot). Ms. Fév., 98.
- Aldéhyde formique pure (Production de F) (Brochet). CR. 27 Janv., 201.
- Alumine. Dosage dans les phosphates (Lasne). ScP. 5 Fév., 146.
- Anéroïde (baromètre) Barus (American Journal of Science). Fév. 115.
- p.302 - vue 302/1758
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- FÉVRIER 1896.
- 303
- Argon et Hélium (Détente de ]’) comparée à l’air et à l’hydrogène (Kuenn et Ran-dall). RSL. Janv., 60.
- — Proportion de l’argon dans l’air (Relias).
- RSL. Janv., 66.
- — et azote condensé (Dorocliewski). ScP.
- 20 Janv., 98.
- — dans les minéraux. ScP. 5 Janv., 216.
- — Histoire de l’hélium. IV. 6, 13 Fév., 319,
- 342.
- Arsenic. Caractérisation en présence des matières organiques. ScP. 20 Janv., 103. Atomes (Dimensions des) (Wilson). CN. IFév., 63.
- Baromètre électrique, Co. 25 Janv., 237.
- — anéroïde Barrus American Journal of
- Science. Fèvr. 115.
- Benzoates alcalins (Dosage des). Pc. 1er Fév,,
- 118.
- Brasseries. Divers. Ms. Fév. ,146; Cs. 31 Janv., 43.
- — (Pasteurisation des). Cs. 31 Janv., 44. Burettes à gaz permettant une mesure automatique (Bleier). ScP. 20 Janv., 97.
- Café (Brûleur de). Dp. 24 Janv., 86, 101. Campholide (La) (Haller). CR. 10 Fév., 293. Camphre (Synthèse du) (Rosenberg). ScP. 5 Fév., 135.
- Carbures des métaux et terres rares (O. Petter-son). ScP. 20 Janv., 101.
- — de Glucinium (Henry).[ScP. 5 Fév., 165.
- — d’LJranium (Moissan). CR. 10 Fév., 274. Chaleur de vaporisation des liquides (Lon-
- guinine). Acp. Fév., 25.
- — spécifiques. Variations du rapport des
- (Amagat). CR. 13, 20 Janv., 66, 120. Chaux et Ciments. Four de calcination Bailey. E. il Janv., 104.
- — (Nouveau mortier de). Rt. 24 Janv., 46.
- — Pierre artificielle en béton (Revue du
- génie militaire). Janv.,31.
- — Fabrication du ciment de laitier à
- l’usine de Vitry-le-François. Ac. Fév., 29.
- Chlorate de calcium. Détermination dans le chlorure de chaux (Fresenius). ScP. 20 Janv., 105.
- — de potasse. Fabrication Baejer. Ri.
- 18 Janv., 27.
- Chlorure de carbonyle. Action sur les composés hydrogénés (Besson). CR. 20 Janv., 140.
- — de calcium du procédé delà soude à l’am-
- moniaque (Utilisation du) (Schrub). Cs. 31 Janv., 35.
- Distillerie. Diastase de l’orge (Egorof). ScP. 20 Janv., 202.
- Encres à écrire. Leur estimation. Cs. 31 Janv., 55,
- Eudiomètre de Bunsen. Co. H Fév., 293. Explosifs. Cordite. E. 24 Janv., 125.
- — divers. Cs. 31 Janv., 51.
- Ferments (Les) (L. Poitevin). Bulletinde la Société industrielle de Mulhouse. Déc., 273.
- — (Industrie des). Cs. 31 Janv., 43. Fluorures d’acides (Les) (Meslaus, Golson et
- Girardet). CR. 3 Fév., 239, 243.
- Gaz tirés de Véliasite et de l’uranite (Norman Lockyer). RsP. 2 Janv., i, 4.
- Gaz d’éclairage. Acétylène (Le carbure de calcium et F) (Hospitalier). Sie. Janv., 16; le. 25 Janv., 35. Gazogènes pour Gabe. E. 24 Janv., 138. Morrisson. E. 7 Févr. 203. Pouvoir éclairant. CN. 7 Fév., 68. Industria. 22 Fév., 81. Fabrication du carbure de calcium en Amérique. El. 17 Janv., 372; Eam. 11 Janv., 35,58,84 ; lor Fév., 108. Four électrique pour carbure de calcium Gearing. E. 24 Janv., 138.
- Gazogène Pinkney. E. 24 Janv., 137.
- Emploi pour le chauffage. E’. 7 Fév., 142.
- — Recs incandescents (Brevets de). E.
- 31 Janv., 160.
- Gazogènes industriels (Emploi de l’acide carbonique dans les) (Droit). Ri. 15 Fév.. 68. Graisses (Oxydation des acides des) (Marie). Pc. 15 Janv., 53.
- — Méthode d’analyse des corps gras (Halphen). Pc. 15 Janv., 1er Fév., 81, 133. — Détermination des matières non sapo-nifiables (Lemkowitsh). Cs. 31 Janv., 13.
- — alimentaires. Ms. Fév., 127.
- — Point de fusion des acides gras. Ms.
- Fév., 133.
- Huiles (Degré d’oxydation des) (Bishop). Pc. 15 Janv., 55.
- — (Essai des huiles de lin et de la pein-
- ture à F). Ms. Fév., 139.
- Hyposulfite de soude. Solubilité dans l’alcool (Parmentier). CR. 20 Janv., 135. Iodure mercureux. Action de la chaleur. CR, 27 Janv,, 190
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- 304
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- FÉVRIER 1896.
- Lithium (Hydrure de) (Guntz). CR. 3 Fév., 244.
- Manganèse (Chaleur de formation de quelques composés du) (Le Chatelier). CR. 13 Janv., 80.
- Mercure. Séparation des métaux du groupe arsenic, cuivre (Uslar). CN. 17, 24 Janv., 28, 38.
- — (Protoiodure de) François. Fc. 15 Janv.,
- 49.
- Meunerie. Farines et pains. Rs. 18 Janv., 76. Optique. Biréfringence de la lumière monochromatique (Mesure de la).(Dougier). CR. 10 Fév., 306.
- — Fluorescence du sodium et du potas-
- sium. N. 16 Janv., 250.
- — Les télémètres (Barr et Slroud). £.14
- Fév., 233.
- — Etalon photométrique à l’acétylène
- (Violle).CR. 13 Janv.,19. Les méthodes photométriques (Broca). ££.25 Janv., 150.
- — Oscillations rétiniennes consécutives à
- l’action lumineuse (Charpentier). CR. 13 Janv., 87.
- — Spirales d’Airy. Co. 25 Janv., 241.
- — Réllexion et réfraction vitreuses de la
- lumière polarisée (Lemoray). CR. 20 Janv., 135.
- — Les étalons de lumière (Dibhin). JA.
- 31 Janv., 223.
- —• Les rayons "X.. El. 31 Janv., 438, 448. Ln. Vr, 15Fév., 129,155. Gc. 8 Fév., 229.CR. 27 Janv., 159, 186, 188. 3 et 10 Fév., 232, 235,237,283, 311,315,318. Rgds. 30 Janv., 49. Co. 8 Fév., 301. Si. 8 Fév., 146. Elé. 8, 15 Fév., 81, 97, 109. N. 6 Fév., 324, 316, ZOI. 31 Janv., 57. ££. 1, 8 Fév., 232, 241.
- Ozoniseur Otto. ££. 11 Janv., 84.
- Parfums (Études sur les essences de). (Gerher). Fév., 98.
- Pepsine (Essai de). Pc. 15 Janv., 72.
- Pétrole (Industrie du), en Russie. £. 17 Janv., 89
- — Mines de Salt-Creek (Wyoming). Eam. 2 Janv., 87.
- — Gisements allemands. Co. 31 Janv., 26. Phosphates (Dosage de l’alumine dans les). (Lasnes). ScP. 20 Janv., 118.
- — Ferrique (le). Caven. Cs. 31 Janv., 17. Safran. Nouvelle fabrication. Pc. 1 Fév., 116.
- Savons envisagés comme corps cristalloïdes (Krafft). ScP. 20 Janv., 107.
- Siliciure de cuivre (Vigouroux). CR. 10 Fév., 318.
- Solubilité (Courbes de) des sels. (Étard). ScP. 20 Janv., 54.
- — Séparation des sels de leurs dissolutions
- (Kellner). Cs. 31 Janv., 35. Spectroscopie (Recherches de). (Stas). CN. 17, 24, 31 Janv., 29, 39, 51. 7, 14 Fév., 66, 80.
- Sucrerie. Progrès en 1895. Dp. 24, 31 Janv., 91, 113. Production en Allemagne en 1894 et 95. Cs. 31 Janv., 58.
- — Influence du sucre sur la formation des
- mélasses. Ms. Fév., 142.
- — Rendement par les centrifuges. Ms.
- Fév., 143.
- — Régime en Russie. SL. Janv., 149.
- — Dosage volumétrique par la dissolution
- aminonio-cuprique. Cs. 31 Janv., 54.
- — Statistique des sucres et boissons. Bma.
- Déc., 1228.
- Tannerie. Conservation des peaux par préparations arsenicales (Riche). Pc. 1 CIFév., 102.
- — Dosage du tanin (Krug). ScP. 5 Fév.,
- 320.
- — Progrès de l’industrie des cuirs. Dp.
- 7 Fév., 137.
- Teinturerie. Essais de l’indigo (Gerland). Cs. 31 Janv., 13.
- — Brevets divers. Cs. 31 Janv., 28, 31.
- — La teinture (Georgevicks). Cs. 31 Janv.,
- 31, du calico. Cs. 31.
- Thermochimie. Détermination thermoehimique de l’équivalent des acides et des bases (Berthelot). Acp. Fév., 283. Thermométrie. Les pyromètres et la mesure des hautes températures. Pm.Janv., 6.
- — Étalonnage du pyromètre Le Chatelier
- ('Rolnum)Technological Quarterly. Oct., 294.
- Verre. État de l’industrie en France (Damour et Guéroult). Rgds. 30 Janv., 68.
- — Progrès de l’industrie. Dp. 31 Janv., 108.
- Argentage des miroirs. Cs. 31 Janv., 19. Viandes. Conservation par cuisson et élimination de l’air (Cazeneuve). Pc. 1 oFév., 169.
- Volume moléculaire (Le). (Traub). ScP. 5 Fév., 214.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- FÉVRIER 1896.
- 305
- 7Ànc. Analyse technique. Cs. 31 Janv., 52.
- — (Oxyiodüres de). (Tasselly). CR. 10 Fév., 323.
- Zirconium (chlorure de). (Venables). CN-17 Janv., 23.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Alcools. Le monopole en Suisse. Ef. 25 Janv., 106. (Loi sur les). (Riche). Gc. 1er Fév., 219.
- Angleterre (Condition du peuple en). Co-
- 15 Fév., 332.
- Ascendants (Les partages d’) au point de vue fiscal. Rsc. 16 Janv., 128.
- Associations coopératives la. Fourmi et la Fourmilière. Ef. 15 Fév., 209.
- Assurances sociales (Projet de transformation des) en Allemagne. Rso. 1er, 16 Fév., 201, 302.
- — Contre les accidents. Rso. 16 Fév., 302. Collectivisme (Essais pratiques de). Rso. 16 Janv., 187.
- Confréries anciennes de Limoges. Rso. 16 Janv., 180.
- Émigration (Développement de F). Sgc. Janv., 32.
- Fabriques (Régime des) en Autriche. Rso. 1er Fév., 222.
- Génération humaine (Durée de la). (Turquan). Rs. 8 Fév., 167.
- Grèves de la Clyde. FJ. 31 Janv., 109.
- Impôt sur le revenu. Ef. 8, 15 Fév., 161, 193. La monnaie de Paris en 1896. Ef. Janv., 99. Main-d’œuvre en Chine. UsR. Janv., 93.
- Office du travail. Travaux en 1895. Gc. 25 Janv., 8, 15 Fév., 203, 238, 253.
- Population de la France en 1894. Rs. 8 Fév., 187. Roubaix (Prospérité de). Rso. 16 Fév., 341. Taux de l’escompte en Europe. SL. Janv., 128. Taxes successorales en Angleterre. Ef. 25 Janv., 108; en France. Ef. 15 Fév., 195. Rso.
- 16 Fév., 273.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Bureaux (Construction moderne des). (Fence). Fi. Janv., 47. Fév., 115.
- Écuries à plusieurs étages du Great Northern’ Gc. Gc. 15 Fév., 251.
- Pierres à bâtir aux États-Unis. Fi. Fév., 98. Ponts. Le pont Albert à Endoozoopilly. E'.
- 17 Janv., 53; d’Ely. FJ. 24 Janv., 78. — Sur la rivière Gull. E. 25 Janv., 115.
- — de Cosne, comparaison entre le tra-
- vail calculé et observé. APC. Nov., 461.
- — Vibrations occasionnées par le passage des trains. E. 25 Janv., 111.
- — (Appareil à mesurer les flèches d’é-
- preuves des). (Bosramier). Rc. ievFév., 44.
- — Superstructure Barker. E. 24 Janv., 82. — Durée des ponts de chemins de fer. E'. 14 Fév., 157.
- — Échafaudages pour la construction d’un pont de chemin de fer. Revue du génie militaire. Janv., 57.
- Terrains sablonneux (Résistance des) aux charges verticales et à leur propre poids (Chaudy). le. Bée., 607. Théâtres. La scène moderne. Sachs. E. 17, 31 Janv., 71, 139. 14 Fév., 205. Tunnels (Segments en fonte pour). (Carcy). Es. Janv., 29.
- Voûtes. Expériences des ingénieurs autrichiens. Rt. 24 Janv., 32. 10 Fév., 57.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs. Manipulation à la station de Boston. Cl. 17 Janv., 379.
- — Bacs en verre moulé. EE. 25 Janv., 150. — Nouvelles études j(Boistel). Elé. 1er Fév., 67.
- Commutateurs Thomson Houston. El. 14 Fév., 508.
- Condensateur (Circuits fermés par un). EE.
- 18 Janv., 97.
- Courants alternatifs et quantités complexes. EE. 1er Fév., 217.
- Disjoncteurs automatiques Leroy. Elé, 18 Janv., 33.
- Dynamos. Sayers, EE. 8 Fév., 265.
- — Essais d’alternateurs à la station centrale de Douvres. El. 17 Janv., 377. — Alternateurs asynchrones (Théorie des) (Heyland). El. 14 Fév., 505.
- — de laboratoire à haut potentiel. EE.
- 1er Fév., 211.
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- 306
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- FÉVRIER 1896.
- — polyphasées (Maurain). EE. Il Janv.,
- 73.
- — à courants alternatifs. Couplage en pa-
- rallèle. le. 10 Fév., 32.
- — Moteur en dérivation à vitesse variable
- Elé, 23 Janv., 33.
- Éclairage. Arc. Lampe Jandus. E' 24 Janv., 93.
- — Lampes de faible intensité. EE. 23 Janv.,
- 166.
- — Incandescence. Pompe à vide Berringer
- Chaplin. E. 17 Janv., 98. El. Janv., 417.
- —• (Essais des lampes à). EE. 8 Fév., 230. Électro-chimie. Les amalgames électrolytiques Andréoli. Elé, 18 Janv. 45. Électrolyse des conduites enterrées dans le sol. Bam. Janv., 81.
- — des solutions de chlorures (Andréoli).
- EE. 11 Janv., 81.
- — Nouvelle théorie (Oettinger).SuE. 1 etFév. : 108.
- Exposition d’électricité à Carlsruhe. UDI. 8, 15 Fév., 144, 174.
- Isolants. Effet de la température sur la résistance de la paraffine. El. 7 Fév., 473.
- — des circuits aériens à 2 000 volts. EE.
- Fév. 229.
- Mesures. Wattmètre Perry pour courants alternatifs. Elé. 18 Janv., 34.
- — Calibrage de l’électromètre capillaire
- (Burch). RSL. Janv., 18.
- — Potentiomètre Crompton. El. 17,
- 31 Janv., 370, 440.
- — Compteur Harris. EE. 25 Janv., 168.
- — Ampèremètre Biswanger et Stanley. EE.
- 25 Janv., 168.
- — Résistances non inductives pour me-
- sures. El. 7 Fév., 476. Etalon du Reichanstaldt. El. 14 Fév., 509. Parafoudre Westinghouse. EE. 11 Janv., 85. Piles sèche Jungnikel. E. 17 Janv. 103; dépolarisée Gordon. EE. 11 Janv. 86. Polarisation électrique du fer, du nickel et du cobalt. EE. 11 Janv., 91.
- Rayons cathodiques (Mouvement des) dans les gaz raréfiés. (Geipel). £/. Il Janv., 387.
- — de Rôntgen. CR. 27 Janv. 157, 186, 188.
- 3 et 10 Fév., 232, 235, 237, 311, 315, 318.Rgds, 30 Janv., 49. Gc. 8 Fév., 229. Elé, 15 Fév., 97, 409. Ln. l*r 129.
- El. 31 Janv., 7 Fév., 438, 448, 471. Elé, 15 Fév., 97, 109. Co. 8 Fév., 301. Signaux électriques Grandall. Elé, 8 Fév., 92. Stations centrales. Distribution excentrique. EL 17 Janv., 381. Rendement des EE. 18 Janv., 120. Secteur rive gauche. EE. 1er Fév., 193.
- — de la Société générale de Vienne. Gc.
- 25 Janv., 195; de Melbourne. El. 31 Janv., 451. Règlements allemands pour l’établissement des conducteurs. El. 24 Janv., 408. Règlements anglais. E' 7 Fév., 133.
- — des chutes du Niagara. Gc. 8 Fév., 225.
- — de Zufikon. le. 10 Fév., 56.
- — Statistique en France. le. 25 Janv. Télégraphe mécanique, militaire. Ln. 1er Fév.,
- 139. Delany. Fc. Janv., I.
- — Supports Siemens. EE. 25 Janv., 167.
- — Sous-marin. Nouveau câble français
- transatlantique. Elé. 2oJanv., 56. Ca-blesde l’océan Indien. Elé, 8, 15 Fév., 87, 106.
- Téléphonie. Microphone Carbonelle.
- 1er Fév., 220.
- Théorie électro-magnétique. Heavisyde. El.
- 24 Janv., 404.
- Transformateurs (Les). E. 24 Janv., 125. Transport de foire. Chèvres. — Genève. EE.
- 25 Janv., 147.
- — Zufikon. —Zurich. le. 10 Fév., 56. Verre. Pouvoir inducteur spécifique. EE.
- 11 Janv., 89.
- GÉOGRAPHIE
- Le Cap. Ef. 25 Janv., iOl.
- Dahomey. Capitaine Toutée. Igc. Janv., 11. Japon. USR. Janv., 109.
- Shan Hills. (Inde). IA. 24 Janv., 197.
- Sinu (le haut). (Jerret). Sgc. Janv., 21. Venezuela. USR. Janv., 111.
- GUERRE
- Artillerie. Affût en barbette. Gordon. E. 17 Janv., 83.
- — de 8 pouces. États-Unis. E. 19 Janv., 152. — Enregistreurs de la vitesse des projectiles. Créhore. Elé. 1er Fév., 72.
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- FÉVRIER 1896.
- 307
- — Pointeur électrique Greenfield. E. 25 Janv., 116.
- — Mitrailleuse Maxim. E' 31 Jcinv., 118, Fusil électrique Blake. E' 24 Janv., 04. Télémètres et pointeurs. (Barr et Stroud). E.
- 14 Fév., 232.
- HYDRAULIQUE
- Barrage de Bouzey. E' 17 Janv., 50.
- Crues et marées. OU. 24, 31 Janv., 33, 49. Écoulement de l’eau dans l’aqueduc de Glasgow. E'. il Janv., 55.
- Hydro-élévateur. Durozoi. Ri. 1er Fév., 41. Lance d’incendie. ReddaAvay. E. 7 Fév., 204. Mersomètre. Beau. Gc. 'i'oJanv., 199.
- Pompes centrifuge à refoulements élevés. Reynolds. Ri. 18 Janv., 21. Tracés des aubes. V1)I. 18 Janv., 73. Rotative à 3 axes. Klein. Ri. 2b Janv., 38.
- — à incendie électrique. Birkett. Elêm
- 25 Janv., 53.
- — Clapets Wyndham. E. 14 Fév., 236.
- — à air comprimé. E' 24 Janv., 83.
- — Davey type Cornouailles. E24 Janv., 84. Herbert. E 7 Fév., 204.
- Rivières. Les Enrochements. (Ronna). Ap. 23 Janv., 137.
- Turbines Hercule Singrun. Elé. 25 Janv., 49. — Chutes du Niagara. Gc. 8 Fév., 225.
- HYGIÈNE
- Barrage de Partrien. Ci. 2 Fév., 41.
- Drainage de la plaine de Mexico. SA. 7 Fév., 251.
- Eaux potables (Kestner). Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, Déc., 289.
- — Purification par le fer (Anderson). SA. 14 Fév., 267.
- Égouts de Salford. E' 17 Janv., 68.
- — Appareils de chasse pour le tout à l’égout. Gc. 25 janv., 183, 198. Masques respirateurs. Gc. 8 Fév., 235.
- MARINE, NAVIGATION
- Ancre. Lagloi. E. Janv., 172.
- Bateau démontable pour le haut Congo. Gc. 25 Janv., 393.
- — pour le service des ambulances. E'. 31
- Janv., 108,
- Canal maritime de Bizerte. Ac. Janv., 6.
- — Birmingham-Bristol. E. 24 Janv., 97.
- — et rivières navigables. (Wells). E. 14
- Fév., 171.
- — Ascenseurs pour canaux. VDI. 18 Janv., 57, 15 Fév., 165.
- Collisions en mer. Rmc. Janv., 55.
- Constructions navales. (Principes des). E’. 17 Janv., 49, 7 Fév., 129.
- — Roulis et stabilité du navire (Purvis). Es. Janv., 13.
- — Théorie du tangage (Krilofi). CR. 27 Janv., 183.
- Docks de Barry. E. 31 Janv., 147-214. E'. 7 Fév., 135, 14 Fév.
- Japon. Marine marchande japonaise. E. 31 Janv., 160.
- Machines marines. Nouveaux torpilleurs des États-Unis. Pm. Janv., 5.
- — triple expansion verticale du Renoim.
- E. 17 Janv., 79.
- — à roues (triple expansion) du navire
- Duchesse d’York. E. 7 Fév., 198. Marées (Abaque des). (d’Ocagne). CR. 10 Fév., 298.
- Marine de guerre. Blindages Carnegie, essais. E'. 17 Janv. 56 ; Krupp, E'. 31 Janv., 112. Rt. 10 Fév., 65.
- — Education des officiers de la marine française. E. 14 Fév., 22.
- — Canons à tourelle électrique Canet. E'. 17 Janv., 57.
- — Croiseurs américains Columbia et Minneapolis. Gc. 1 Fév., 216.
- — Rôle de l’ingénieur sur les navires de guerre. E'. 17 Janv., 69.
- — Garde-côtes. E'. 14 Janv., 167.
- — Puissance navale de l’Angleterre. E. 23 Janv., 121, et des États-Unis. R*. 15 Fév., 321, du monde. E. 24 Janv., 75.
- — Torpilleurs (Chavirements des). Rmc. Jan., 5.
- Navigation fluviale aux États-Unis. Fi. Fév., 81.
- Phares. Communications électriques entre les bateaux-phares et la côte. Elé. 18 Janv., 37.
- — modernes. E'. 24 Janv.,18.
- Ports de l’Inde. E'. 14 Fév., 168; de Trieste et deFiume, 201, 7 Fév., 66.
- Propidseurs diagrammes de Caird. Es. Janv., 1.
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- 308
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- FÉVRIER 1896.
- — (Essais de). E'. 7 Fév., 138.
- Renflouement des navires par les pompes centrifuges. Rt. 10 Fév., 49.
- Rivière Parrett (Amélioration de la). E. 14 Fév,, 173.
- Sauvetage (Bateau de) à vapeur Satre. E. 14 Fév., 217.
- Transatlantiques. Trafic des voyageurs. E. 31 Janv., 139.
- MÉCANIQUE
- Accouplement de sûreté. Ri. 18 Janv., 26. Aérostation. Expériences de Lilienthal. V. 30 Janv., 300.
- — Ballons et parachutes. Revue du Génie
- militaire. Janv., 71.
- — Expériences de Wellner, ZOI. 31 Janv., 61.
- Attrition. Lois de (Trouton). RSL. Janv., 25. Ateliers de construction de locomotives Baldwin. Gc. 1 Fév., 209.
- Broyeurs à boulets. Iierrfeld. E. 17 Janv., 103. Câbles (Raccords de). Dp. 31 Janv., 111. Calculer (Machines à).
- — Intégrateur Russell. E. 24 Janv., 83. Chaînette. (Théorie de la). E. 7 Fév., 173. Chaudières tubulaires. Précautions pour le montage. Pm. Fév. 26.
- — Tabulées Circulation. E. il, 24, 31 Janv., 93, 127, 163. Ri. 1 Fév., 43. A la mer. E. 14 Fév., 226. Durr. E. 24 Janv., 137. Lagosse. Rt. 24 Janv., 30. Belleville. Ri. 1 Fév., 49. Elliot. E. 7 Fév., 203. Montupet. Ci. 9 Fév., 56. Reed. E'. 14 Fév., 172.
- — Désincrustation des eaux d’alimentation (De la Goux). Gc. 18 Janv., 186. — Dégraisseur Samonsson. E. Janv., 138;
- de Rycke. Ri. 8 Fév., 55.
- — ÉconomiseurCalvert. Rt. 24 Janv., 29.
- — Foyers pour combustibles pulvérulents. Wegener. E. 17 Janv., 81. Fumivores Langer. Bam. Janv., 67; Richardson. E. 7 Fév., 1204. A vent forcé (Thom). Es. Janv., 19; aspiré (Sturtevant) Rt. 15 Fer.,62. Coups de feu. Ln. 1er Fév., 138.
- — Injecteur Friedmann. Ci. 12 Janv., 16.
- Sellers. Rgc. Janv., 63.
- — Grille Kudlicz. Société industrielle d’Amiens. Sept., 357.
- — Réchauffeur Berrgman. E'. 7 Fév., 131.
- — Purgeur automatique Geipel. F. 17 Janv.,
- 104.
- — Purificateur d’eau d’alimentation Schau.
- E'. Fév., 162.
- — Distribution de l’humidité de la vapeur
- le long d’un tuyau horizontal (Jaco-bus). E'. 31 Janv., 123.
- — Soupapes Cockburn. E. 24 Janv., 138.
- — Clapet de retenue Hough. E. 7 Fév.,
- 204.
- — Explosion d’un bac de vidange. E. 7
- Fév., 201 en 1895. E'. 7 Janv., 147.
- — Tubes à collets Ilowell. E. 31 Janv.,
- 165.
- — Tube Emmott, pour circulation de la
- vapeur dans les chaudières du Lan-cashire. Rc. 8 Fév., 55.
- — Cheminée écroulée à Burnley. E'. 7
- Fév., 144.
- — Résistance des corps cylindriques. E.
- 19 Janv., 101.
- — Surchauffeur Cadish. Rc. 1er Fév. 43. Coffres-forts Sellers. E. 14 Fév., 210. Conographe. Starcevic. Rt. 24 Janv., 41. Courroies (Organes de protection pour les).
- Pm. Janv., 13 Fév., 22.
- — et cordes (Transmissions par). (Capper).
- E. 17 Janv., 100.
- Dragues (Tambour des) (). Saner. E. 17 Janv., 103.
- — électriques. EE. 18 Janv., 107. Dynamomètre de transmission Hauchett. Elé.
- 1 Fév., 73.
- Écrou Dadley. E. 31 Janv., 172.
- Froid. (Régénérateurs de). E'. 24 Janv., 91. — Liquéfaction de l’air et recherches aux basses températures. N. 6 Fév., 329.
- Horlogerie des établissements Dufayel. Ln. 8 Fév., 147.
- — — électrique en 1895. Co. 15 Fév.,
- 325.
- Imprimerie. Presse Rockstroch. E. 31 Janv., 172.
- Levage. Palan Loubat. Rt. 24 Janv.,43. Kohn. VDI. 25 Janv., 97.
- — Ascenseurs électriques (Sprague). El. 14 Fév., 513.
- — Frein d’ascenseur Brookes. E'. 31 Janv.,
- 121.
- — Ensacheur Daiber. Dp. 31 Janv., 110.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- FÉVRIER 1896.
- 309
- — Transbordeur Hopmann. E. 7 Fév., 203.
- — Monte-cliarge électrique. Ri. 10 Fév.,
- 7t.
- — Derrick Edwards. E. 14 Fév., 235. Machine à écrire dactyle. Ln. 18 Janv., 97. Machines-outils à faire les viroles de chaudières. E. 17 Janv., 103.
- — les clous Gorse. E. 7 Fév., 204.
- — à Carlsruhe et à Stafsburg. VDI.
- 1er Fév., 113.
- — Affûteuse pour scies. Monninger. Ri. 1erFév., 49.
- — Cisaille électrique. Eté. 15 Fév., 97.
- — Forêts Breslauer. E. 27 Janv., 103.
- — Meules en Carborundum. E’. 14 Fév.,
- 155.
- — Marteaux de forges. E. 24 Janv., 105.
- — — pneumatique Glerk. E. 14 Fév., 235.
- •— Perceuse aléseuse Loudon. E. 7 Fév., 180 ; électriques. E'. 14Fév., 155;poinçonneuse électrique. E'. 14 Fév., 164; riveuse pour chaînes de bicyclettes. E1. 14 Fév., 170.
- — Tour àcopierGrossier (-1771).E'.24Jam;., 93.
- — à tailler les fraises Loewe. E. 31 Janv.,
- 165.
- — à bois diverses. Dp. Janv., 17-24 Janv.,
- 62, 79. Raboteuse Whitly. E. 14 Janv., 236.
- Micromètre avertisseur Maltby. Rt. 24 Janv., 44.
- Moteurs à vapeur. Accidents survenus en 1894. ACP. Nov., 528.
- — Arrêt automatique Hoeffert et Paaslr. Pm. Fév., 31.
- — à vapeur surchauffée. Schmidt. E'. 31
- Janv., 107.
- — (Consommation des). Ln. 1er Fév., 134. — Corliss à grande vitesse de 150 chevaux.
- Lecouteux. Pm, Janv., 1.
- — Compound (essai Longridge).E. 24 Jane., 133.
- — triple expansion Ghandler. E. JA Janv.,
- 117.
- — Corliss (essais Fraser et Chalmers). E. 24 Janv., 129.
- —- Utilisation de la chaleur perdue à l’échappement. (Verrier). Bam. Janv., 58.
- — ' Chute de pression au réservoir des ma-
- chines Compound. E. 16 Jan., 96.
- — Régulateur direct Raworth. E. 14 fév.,
- 206.
- — Garnitures de pistons (frottement des).
- VDI. 25 Janv., 1er Fév., 85, 120.
- — Condenseur Wbeeler. E. 17 Janv., 104.
- — Distribution. Tiroirs plans et cylin-
- driques. VDI. 18 Janv., 66 ; à grilles Prison. Pm. Fév., 18; à soupapes Coleman. E'. Fév., 158.
- — Diagrammes (Géométrie des). (Bailles).
- Rmc. Janv., 15.
- — Stuffing box Redford. E. 24 Janv., 138;
- Ossett. E. 7 Fév., 20i.
- — Locomobile Bucholtz. E. 31 Janv., 172.
- — Turbine de Laval. Sie. Janv., 7.
- — à gaz acétylène. Dp. 17 Janv., 70.
- — (Économie des). El. 31 Janv., 451.
- — à pétrole (les). El. 7 fév. 407; locomo-
- biles Crossley et Hille. Ri. 18 Janv., 23.
- — le pygmée. Ln. 25 Janv., 124.
- — Kane Peddington. Gc. 1er Fév., 221. Iii.
- 15 Fév., 61.
- Moulini à vent (Les). Industria. 2 Fév., 78. Pression du vent. E. 17 Janv., 75.
- — Simplex. E’. 7 Fév., 133.
- Papier. Machine à fabriquer le papier rayé coloré. Cohn. E. 17 .Janv., 104. Résistance des matériaux. Machine à essayer Wiekstead. E. 14 Fév., 211. Pailles microscopiques dans les rails d’acier et les arbres d’hélices (Andrews). E. 17 Janv., 94. Résistance des poutres droites à travées solidaires, sur appuis élastiques (Touton). CR. 10 Fév., 304.
- — Êlasticimètre Ewing. E'. 24 Janv., 94.
- — Résistance des colonnes. Technological
- Quarterly. Oct., 219.
- Textiles. Chanvre indien (Préparation du). (Lépinois). Pc. 15 Janv., 65.
- — Jacquards divers. Dp. 17 Janv., 51.
- 7 Fév., 127. Étireuses diverses. Dp. 31 Janv., 104. Aspiration du fil de trame des navettes à lisser, appareil Bourry. Bulletin de la Société indus-trielle de Mulhouse. Déc., 319.
- — Métiers divers. VDI. 8 Fév., 144.—à tri-
- coter à commande électrique. Dp. 7 Fév., 131.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- FÉVRIER 1896.
- Thermodynamique (Courbes des lois- de) (Thurston). Fi. Janv., 21.
- Tuyauterie. Grande vanne. Ri. 8 Fév., 56.
- Vis (Frottement des). E. 14 Fév., 210.
- MÉTALLURGIE
- Alliages. Antifriction Wagner. Cs. 31 Janv.,
- 37.
- — de zinc et de plomb, procédé électro-
- lytique Lorenz. Co. 31 Janv., 39.
- Coke. Détermination de sa densité et de sa porosité (Anderson). Do. 31 Janv., 20. Cuivre. Prix de la production. Eam. 11 Janv.,
- 38.
- — (Siliciure de) (Vigouroux). CR. 10 Fév.,
- 318.
- Étain. Sulfophosphure cristallisé (Granger), CR. 10 Fév., 322.
- Aluminium. Usine de Pittsburg. El. 17 Janv., 374. Fabrication au Niagara. Ri. 15 Fév., 67.
- Amalgames êlectrolytiques et leur rôle en métallurgie (Andreoli). Eté. 25 Janv. 45, 53. 18 Fév., 74, 90.
- Armes japonaises. Caractéristiques métallurgiques. Fi. Janv., 13.
- Fer et acier. Conductibilité calorifique du fer et de l’acier (Bellinger). Société d’Encouragement de Berlin. Janv., 33. — Rôle des divers éléments associés au fer (Merle). Ms. Fév., 81.
- — Acier pour constructions (Christie), Fi. Janv., 27.
- — Propriété des acieis fondus. SuE. 15 Janv., 63.
- — Emploi du carbure de calcium dans les convertisseurs basiques. Dp. il Janv.,
- 71.
- — Forgeage (Procédés de) dans l’industrie (Codron). Ram. Janv., 1.
- — Fils de fer et d’acier. SuE. 1er Fév., 117. — Plate-forme de laminoir Davies. E. 17 Janv., 103.
- — Forges de Parkhead. E'. 1,14 Fév., 130, 153.
- — Spectres du Bessemer. RsL. Janv., 76. — Régularisation du vent dans le procédé Thomas. SuE. 15 Janv., 50.
- —* Déphosphoration dans le procédé Thomas. SuE. 15 Janv., 57.
- — Moules à lingots. Gjers. VDJ. 18 Janv., 73.
- — Élévateur pour scories granulées. Eam. 18 Janv., 63.
- — Fonderie moderne. E. 24 Janv., 106.
- — en Écosse pour tuyaux. E'. 24 Janv., 79. — Moulage en coquille Faugt. Gc. 25 Janv.,
- 200.
- Mercure dans les Asturies (Dory). Ru. Déc., 209; en Styrie (J. François), id. 248-Nickel carbonyle. Nouvelle préparation (Frey). SeP. 20 Janv., 107.
- Or. Point de solidification. ScP. 5 Janv., 218.
- — et cuivre. Influence des petites quan-
- tités d’impuretés (Arnold et Jefferson). E. 7 Fév., 176.
- — Traitement à sec. E'. 7 Fév., 146. Statistique de l’industrie métallurgique en 1895. Eam. 4 Janv., 1.
- Trieurs électriques (Carda et Anderson). EE. 18 Janv., 107.
- MINES
- Électricité. Application aux mines. EE. 18 Janv.,
- 100.
- Fer. Mines de Rich Patch. États-Unis. Eam. 1er Fév., 113.
- Forage des puits. E. 24 Janv., 109.
- Grisou. Loi de périodicité. Co. IerFév., 273, 308.
- - Auto-capteur Petit. Ri. 15 Fév., 29, 68. Houillères de la Nouvelle-Calédonie. Gc. 18 Janv., 190.
- Législation des mines en Hongrie. Ru. Déc., 288. Or. Genèse des placers (Posepuy). Ru. Déc., 266.
- — Gisements du Transvaal (Draper). Co.
- 18 Janv., 215.
- — Formation du district de Kaap. Gc.
- 18 Janv., 688.
- — de Cripple Creek. Eam. 11 Janv., 37.
- Camp floyd (Utah). Eam. 25 Janv., 85.
- — du lland. Gc. 25 Janv., 202. Rt. 10 Fév.,
- 54.
- — Johannesburg. Ef. S Fév., 165. Perforatrices à main. Elliott, DemanyetThomas.
- Ri. 18, 25 Janv., 25, 36.
- Statistique de l’industrie minérale en 1895. Eam. 4 Janv., 1.
- — anglaise en 1895. E. 31 Janv., 157.
- Zinc et plomb. Mines du Wisconsin. Eam.
- 25 Janv., 88.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- FÉVRIER 1896.
- 311
- PHOTOGRAPHIE
- Amplificateur à bonnelles Grammont. Sfp. 1er Janv., 27.
- Encres. Action sur les plaques photographiques (Colson). Sfp. 15 Janv., 51. Fabrication clés plaques Grieshaber. Et. 25 Janv., 25.
- Gomme bichromatée (Photographie à la). (De-machy). Sfp. 15 fév., 50.
- Halo (Suppression du) (Guillemot).Sfp. 15Janv., 49.
- Matériel destiné ci l’aéronaute (Meyer Henri) Sfp. 1er Janv., 23.
- Obturateur pour anastigmats Darlot. Spf., 1er Janv., 29.
- Photographie cathodique. Ln. 1er Fév., 129. El. 31 Janv., 7 Fév., 438, 448, 471. Rgds. 30 Janv., 49. Co. 8 Fév., 301. EE. 18 Fév., 232, 241. Gc. 8 Fév., 229. CIL 27 Janv., 157, 186,188. 3 Fév., 232, 233, 235, 237, 238, 311, 315, 318. Elé. 15 Fév., 97, 109.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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- 10
- 11
- 12
- A IJ, IA CES DE CUIVRE ET DE EJ NC
- PLANCHE 1
- — Alliage à 90 % de cuivre. — Fondu.
- — 80 °/o — — —
- — — 70 »/o - — —
- — — 65 °/o — — —
- — Laiton indusiriel à 67 °/0 de cuivre. — Fondu.
- — Le même à un grossissement de 10 diamètres.
- — Cuivre rouge. — Fondu.
- — Le même à un grossissement de 10 diamètres,
- — Alliage à 65 % de cuivre. — Fondu.
- — Le même. — Recuit à 600° environ.
- — Alliage à 70 °/0 de cuivre. — Fondu.
- — Le même. — Recuit à 600° environ.
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- ALLIAGES DE CUIVRE ET DE ZINC
- PI. I
- Vrjto
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- alliages de cuivkk et de zinc
- PLANCHE II
- N0 13. — Laiton en planches. — Kecuit. —- '17 0/0 de cuivre. A° 14. — Le même après une passe de laminage.
- N° 15. — Le même après deux passes de laminage.
- N° 16. — Le même après trois passes de laminage.
- N° 17. — Alliage à 70 °/o de cuivre,
- N" 18. O 00 1 % “
- A° 19. — 70 °/o
- N° 20. — — 70 o/o
- N° 21. — — 70 °/o
- Nü 22. - — 70 °/o
- N° 23. — — 80 °/o -
- A" 24. 80 0 / / O
- — Écroui par laminage.
- — Itecuit à 50(1°.
- — — 600°.
- — — 700°.
- — — 700° pendant une heure.
- — — 600°.
- — — 700°,
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-
- ALLIAGES DE CUIVRE ET DE ZINC
- PL H
- ::®ï«S
- fl
- El
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- ALLIAGES DK CUIVRE UT DE ZINC
- PLANCHE I 11
- N° 23. — Alliage a 70 "/„ de cuivre. — Recuit à 730°,
- N° 26. — — 70 % — 800°.
- N° 27. 90 % - 900°.
- N° 28, — — 83 % 900°
- N° 29. O O 00 — • — — 900°.
- N" 30. 1 i O _____ 900°.
- N° 31 (1). — Alliage à 60 °/o de cuivre. — Écroui.
- N" 32. — Alliage à 60 °/0 de cuivre. — Fondu.
- N° 33. — — 00 % — — Recuit à 700".
- N° 34. - - 38 % — — Ecroui.
- N° • ï.7. — — 38 % — Recuit à 400"
- N° :ïG. — — 38 % _ - — 700".
- (I) Les échantillons 31 à 30 ont été mal numérotés dans le texte.
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- ALLIAGES DE CUIVRE ET DE ZINC
- Pi. III
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- alliages de cuivre et de zinc
- PLANCHE IV
- N° 37. — Alliage à 33 °/0 de cuivre. — Fondu.
- N° 38. 33 % — Ecroui.
- N° 39. 30 % - — Fondu.
- N° 40. — — 30 %, — -- —
- Nu 41. — — 20 % — — Fondu. (Attaqué par la potasse.)
- N° 42. — — 20 °/o — — — — —
- N° 43. — — 70 °/ 0 — — Recuit à 700°.
- N" 44. — Laiton industriel. — Recuit à 820°.
- N" 43. — Alliage à 80 °/0 de cuivre. — Recuit vers 1000°.
- N° 48. — Laiton industriel. — Recuit à 900°.
- N° 47. — Alliage à 63 °/„ de cuivre. - Recuit.
- N° 48. — 36 %, — —
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- 95e ANNÉE.
- Cinquième Série, Tome I.
- MARS 1896.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- NOTICE NÉCROLOGIQUE
- sur M. Alexandre Gibon, membre du comité du commerce, décédé le 7 mars 1896, par M. Émile Cheysson, membre du Conseil.
- L’excellent collègue que nous venons de perdre, M. Alexandre Gibon, est né à Cambrai le 13 août 1820. Après avoir fait ses études au collège de cette ville, il est entré en 1840 à l’École centrale des Arts et Manufactures et il en est sorti en 1843, avec le diplôme de métallurgiste. Attaché successivement à l’usine à gaz d’Arras, aux ateliers de M. Hallette, aux forges de Rosières, à celles de MM. Dupont et Dreyfuss à Ars-sur-Moselle, dont il construisit les importantes usines, puis à celles de Montalaire, qu’il a dirigées de 1837 à 1862, il est passé, en 1863, comme directeur des forges de Commentry, au service de la Cic de Châtillon-Commentry, qu’il ne devait plus quitter. 11 est demeuré en cette qualité à Commentry pendant vingt-six ans, de 1863 à 1889. A cette dernière date, il a abandonné ces fonctions actives, mais en restant attaché à sa compagnie à titre d’ingénieur-conseil, en résidence à Paris.
- C’est donc au milieu de ses forges qu’il a passé la meilleure partie de sa vie; c’est là qu’il a conquis sa réputation d’ingénieur et de patron ; c’est là, enfin, au contact des réalités industrielles et sociales, qu’il a puisé cette profonde expérience et ces convictions fortes, dont tous ses écrits portent la lumineuse empreinte.
- Ces écrits, dont la nomenclature est ci-après annexée, portent sur des sujets divers : le salaire, les accidents, le patrimoine de l’ouvrier, les grèves, la participation aux bénéfices, la paix des ateliers ; mais ils pivotent tous autour d’une idée maîtresse, celle des devoirs et du rôle du patronage.
- M. Gibon se faisait du patron une conception très haute. Pour lui, Tome I. — 95e année. 5e série. — Mars 1896. 21
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- comme pour Ëngel-Dolfus et comme pour tous les lauréats des expositions d’économie sociale, le patron n’est pas quitte envers ses ouvriers quand il leur a payé le salaire convenu ; ses rapports avec eux ne se bornent pas à une opération purement économique de vente et d’achat de main-d’œuvre, tout n’est pas fini quand cette prétendue marchandise a été livrée et soldée. Un atelier n’est pas une halle banale où l’on se coudoie pour s’oublier aussitôt après l’échange du service qui a produit un rapprochement momentané; c’est une famille agrandie, dont le patron doit être le père. Comme tel, il est strictement tenu de veiller à la sécurité de ses ouvriers, d’améliorer leur situation matérielle et morale, de lier leur bien-être et leur satisfaction à la prospérité de son usine. « L’atelier, a dit M. Gibon, est l’unité dans l’industrie, comme la famille est l’unité dans la société ; c’est l’affection et le dévouement réciproques qui assurent la paix et le bonheur. » 11 ne voulait pas, d’ailleurs, que ce lien, même celui des services rendus, pùt devenir une chaîne. « L’ouvrier est libre et doit rester libre de faire de son gain ce qu’il juge le mieux. » — « On ne saurait, concluait-il, imposer le bien ; pour l’obtenir, il faut convaincre ; nous avons la ferme intention de convaincre; nous sommes pénétré de la pensée que c’est là le rôle^ le devoir du patron. »
- Pour convaincre, M. Gibon affirmait que les institutions patronales, même les plus libéralement dotées et les plus correctement agencées, ne suffisent pas, si l’on n’y ajoute « le don de soi-même». — « On ne convaincra l’ouvrier, disait-il encore, que si on se rapproche de lui et si on le rapproche de soi, en lui témoignant de l’estime, de l’affection et de la considération. »
- C’est à ce rapprochement qu’il faisait appel, bien plutôt qu’aux mesures législatives auxquelles il ne croyait guère. D’après lui, « les lois sociales ne font pas la paix sociale ». Douloureusement ému par les grèves, ces explosions violentes d’un état latent d’antagonisme, il les étudiait avec la conscience du médecin qui, penché sur le corps humain, cherche dans les profondeurs des organes le mal dont ils sont atteints pour en découvrir le remède. Il nous a ainsi tracé, de plusieurs grèves, des monographies, qui sont de véritables modèles d’observation impartiale et pénétrante et qui se terminent par l’exposé de ses idées sur l’arbitrage et la conciliation.
- C’est un sujet qui lui tenait fort à cœur et sur lequel il est revenu à plusieurs reprises. Dès 1872, il avait participé aux travaux d’une commission nommée par la Société des Ingénieurs civils et dont les conclusions sont encore aujourd’hui utiles à méditer. Depuis lors, il n’a cessé de creuser
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- cette question, en insistant sur la nécessité de contacts permanents entre les patrons et les ouvriers. On y gagne, disait-il, de se voir de part et d’autre, tel qu’on est et non tel qu’on se figure; les préventions injustifiées se dissipent et l’on acquiert graduellement un capital de confiance réciproque, dont on est heureux de tirer parti au moment des crises, quand elle viennent à s’abattre sur l’industrie.
- A son avis, « c’est aux chefs d’industrie qu’il appartient de faire le premier pas : le moyen n’est pas unique, il y en a mille ; ils varient à l’infini ; mais quels que soient ceux qu’on jugera convenables, tous doivent avoir le même but : établir le contact. On ne peut le faire sans courage ni sans vertu. »
- Ce courage et cette vertu qu’il recommandait aux autres, notre collègue les a pratiqués au plus haut degré ; cet idéal qu’il exposait par la plume et par la parole, il a su le réaliser dans son usine de Commentry. Quand il v arriva, en février 1863, il trouva dans son bureau plus de cinq cents oppositions formées contre les ouvriers. Près de la moitié du personnel était ainsi obérée de dettes et tenue vis-à-vis des fournisseurs locaux dans une dépendance qui ressemblait à une véritable servitude. Son premier soin est d’émanciper ses ouvriers, en les aidant par des avances à se libérer envers leurs créanciers. C’était un heureux début, qui fit, on le comprend sans peine, une profonde sensation et assit la réputation sociale du nouveau directeur. Depuis lors, il ne cessa pas de témoigner à ses ouvriers une bienveillance paternelle, qui se traduisait dans les mille incidents de chaque jour et qu’il savait allier à la fermeté et à l’autorité dont il a toujours revendiqué la plénitude pour le chef d’industrie.
- N’étant pas de ceux qui se résignent facilement aux souffrances des autres et qui acceptent les accidents de l’industrie avec une sorte de fatalisme passif, comme un tribut irréductible à payer au malheur, il appliquait les précautions les plus ingénieuses, afin de mettre ses ouvriers à l’abri même de leur propre imprudence. Cette question des accidents, à laquelle il avait touché de près, l’occupait, on pourrait même dire le hantait, comme tous ceux qui ont ramassé sur le champ de bataille de l’industrie des ouvriers mutilés à leur travail, et c’est une de celles sur lesquelles il a multiplié les études, les critiques et les propositions.
- 11 a eu le grand honneur d’être l’un des premiers en France à pressentir et à démontrer le parti qu’on pouvait tirer de la Société coopérative de consommation, non seulement pour réduire la dépense quotidienne du ménage ouvrier, mais encore pour l’inciter à l’épargne et à la prévoyance. La Société
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- de Commentry est devenue classique dans notre pays et on ne manque jamais de la citer quand on touche à l’histoire de la coopération.
- Dans une étude fort attachante qu’il a consacrée à cette institution, il fait connaître qu’en vingt ans, de 1867 à 1886, le chiffre total de ses affaires s’est élevé à 13466 727 francs, et que celui des bénéfices distribués aux adhérents a été de 1254119 francs ou de 9,2 p. 100.
- Ainsi, grâce à son initiative età sagestion, cette somme de 1250000 francs a été répandue à titre de bonis inespérés dans la population, et lui a permis la constitution de l’épargne, l’acquisition du bien-être, en un mot, l’ascension sociale. Entre ce personnel obéré de 1862 et celui de 1887, quel contraste et quelle démonstration péremptoire de l’influence exercée par un bon patron!
- Pour l’accomplissement de son devoir patronal, M. Gibon puisait ses inspirations à la source même d’où découlent le respect et la pratique de tout devoir : c’était un chrétien et un homme de foi. Ce sentiment profond l’a soutenu dans tous les actes de sa vie et en fait la belle unité. Il aimait son prochain comme lui-même, et c’est pourquoi il a été un patron modèle. 11 était convaincu que tout détenteur d’une supériorité sociale doit se la faire pardonner en remplissant les devoirs qu’elle impose, que tout pouvoir oblige, et que chacun de nous doit en proportion de ce qu’il peut.
- Dans ce temps où l’argent joue un si grand rôle, il a su répudier cette servitude et en préserver intact son idéal moral.
- Get idéal, qui lui servait en quelque sorte de phare dans la vie, transparaissait dans la manière scrupuleuse dont il s’acquittait de toutes ses obligations, non seulement de celles qui sont hautement impératives, mais encore de celles dont le rang est plus modeste et le caractère plus facultatif.
- Depuis qu’il s’était installé à Paris, il s’était laissé enrégimenter dans un grand nombre de sociétés savantes ou philanthropiques, qui toutes se disputaient son concours. Au lieu de considérer, ainsi qu’on le fait trop souvent, cette affiliation comme un luxe purement décoratif, il la prenait au sérieux et en remplissait toutes les charges, même bénévoles, avec un soin consciencieux qu’elle lui imposait.
- Membre du conseil du Génie civil, de la Société d'économie politique, de la Société déconomie sociale chrétienne, du Comité technique de la Ligue de la prévoyance et de la mutualité, de Y Observation pour le repos du dimanche, membre et président de la Société internationale d économie sociale, il a rendu à toutes ces institutions des services que des voix éloquentes ont proclamés sur sa tombe. Membre fondateur des Unions de la paix sociale, il a
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- su leur gagner dans le centre de la France des adhérents nombreux, et former autour de lui des groupes autonomes et vivants. Il était partout le même homme, bienveillant et appliqué, ne négligeant rien et relevant par la notion supérieure du devoir les moindres détails, dès qu’il en sentait la responsabilité peser de près ou de loin sur lui. Il représentait en un mot le type de ces « autorités sociales » qui rayonnent sur leur entourage l’ascendant de leur prudence, de leur sagesse et de leur vertu.
- C’est ainsi que nous l’avons connu dans notre Conseil d’administration, où il est entré par le Comité du commerce en 1890. Assidu à nos réunions, prenant une part active aux travaux de son Comité, il nous a présenté, notamment sur la paix des ateliers, sur les accidents du travail et sur la comptabilité industrielle, des rapports où l’on retrouve toutes ses qualités d’expérience, de conscience et de bonté (1).
- Sévère pour lui-même, M. Gibon était, en effet, indulgent et souverainement bon pour les autres. Tous ceux qui l’ont approché ont été frappés de son aménité et du charme de son commerce. Quant à ses amis, qui ont joui des trésors de son cœur, il leur est difficile d’exprimer toute la peine que sa perte leur fait éprouver.
- Dans ses recommandations dernières à ses enfants, il leur a rappelé que l’homme ne vaut que par le dévouement, l’amour et la vertu. Ces « mots suprêmes », qui avaient été la devise de sa vie, en sont en même temps l’éloquent résumé.
- Aussi, notre Société devra-t-elle garder soigneusement la mémoire de cet homme de bien, qui est passé trop vite parmi nous pour nous donner toute sa mesure, mais qui est resté du moins assez longtemps notre collègue pour nous laisser d’impérissables regrets.
- Lu en séance le 12 mars 1896.
- E. Cheysson.
- PUBLICATIONS DE M. GIBON
- Sociétés coopératives. — Société de consommation des forges de Çommentry. — Le patrimoine de l’ouvrier. — La liberté du travail et les grèves. — Les garanties pour les fonds d'épargne et de prévoyance. — Les accidents du travail et Vindustrie. — Les divers modes de rémunération du travail. —La paix des ateliers. — La participation des ouvriers aux bénéfices. — La grève de Carmaux. — Varbitrage légal et les conditions de l'harmonie dans l'industrie. — Les préventions et la réparation des accidents du travail. — Les caisses de retraites patronales et la loi sur les retraites des ouvriers mineurs.
- (I) Bulletins de février et av.il 1892, p. 104 et 220.
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- Rapport présenté au nom du Comité d'Agriculture par M. Ronna sur l’ouvrage de M. F. Briot, inspecteur des forêts, intitulé : Les Alpes françaises. Etudes sur ïéconomie alpestre (1).
- ... L’ouvrage que présente à la Société M. Rriot, inspecteur des forêts et membre correspondant de votre Comité d’Agriculture, à Chambéry, est un traité complet d’économie pastorale, qui embrasse non seulement l’étude des faits relatifs au sol, à la population, aux cultures, au bétail, aux associations fruitières et aux exploitations particulières dans les Alpes, mais encore l’examen des applications déjà faites de la loi du 4 avril 1882 sur la restauration et la conservation des terrains en montagne, et des améliorations à réaliser dans un avenir plus ou moins prochain.
- L’ouvrage de M. Briot forme le complément du Traité pratique du reboisement et du gazonnement, publié en 1877 par votre collègue, M. P. Demon-tzey, conservateur des forêts, et devenu le guide classique des travaux à exécuter en montagne.
- Peu de sujets paraîtront plus intéressants et plus instructifs que celui dont votre correspondant fait un exposé aussi documenté que sincère, en cherchant à concilier les intérêts agricoles, pastoraux et forestiers dans une même formule, qui comprend la régénération des Alpes françaises.
- 11 ne s’agit pas, en effet, dans ce livre, des riches régions du Nord, de l’Ouest, du Midi de la France, etc., dont les doléances croissent et s’affirment chaque jour davantage en raison du développement plus rapide de leurs ressources culturales et de leurs industries privilégiées, mais bien de ces pays disgraciés de la nature, dont les communes nombreuses et indigentes s’attachent à quelques parcelles de céréales et de prairies, où il faut tout transporter, engrais et terre, à dos d’homme et de mulet, et n’ont pour maigre provende de leurs troupeaux de moutons et de chèvres que des pâturages pelés, des bois rabougris, battus par les tempêtes ou ensevelis sous les neiges pendant la plus grande partie de l’année.
- Les départements des Hautes et Basses-Alpes, qui constituent, avec la
- (1) 1 vol. grand in-8° de 597 pages, avec 6 héliogravures, 2 cartes, 179 plans ou figures. Paris, Berger-Levrault et Cie, 1896.
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- Savoie et les vallées supérieures de l’Isère et de la Drôme, le périmètre des chaînes dites Alpines, sont les derniers de notre territoire, comme population et comme revenu. On y compte en moyenne, par cent hectares, vingt habitants dont quinze appartiennent à la classe agricole. Sur 100 000 hectares occupant les versants, il y a plus de cinq millions de parcelles, et, pour un sol ainsi morcelé, le revenu net imposable atteint à peine 13 francs, tandis qu’en Savoie, il est de 28 francs. Le rendement de l’épeautre et du froment est compris entre 9 et 12 hectolitres; celui des prés pâturés est de 800 kilos de foin, tandis que les prés arrosés fournissent en moyenne 3 500 kil. de fourrage.
- Les villages les plus reculés des Hautes-Alpes : Mont-Genèvre, Saint-Véran, Maurin, sont perchés à 1900 et 2 075 mètres d’altitude; certains d’entre eux, Villar-d’Arène, les Andrieux, etc., ne voient pas le soleil pendant plus de quatre mois- dans l’année, ou bien, ils n’en jouissent que pendant quelques heures de la journée, au pied des glaciers.
- C’est en présence de l’immense somme d’efforts imposés à l’agriculture, dans de si tristes conditions, que Barrai frappait d’ostracisme « ces malheureux pays où l’homme ne peut faire œuvre féconde, où la misère est certaine, et qui doivent être quittés. »
- A ce compte-là, le Tyrol, la Suisse, les Apennins, les Karpathes devraient être depuis longtemps déserts ! Partout où la hache et le feu ont détruit les antiques forêts, défriché les pentes et les hauts plateaux pour créer des champs et des pâturages, il faudrait renoncer à toute tentative de reconstitution et d’amélioration!
- Léonce de Lavergne partageait l’avis de Barrai, quand il écrivait : « Vers mille mètres d’élévation au-dessus du niveau de la mer, l’habitation permanente entraîne pour l’homme tant de dangers et de privations qu’il ne saurait mieux faire que de déguerpir. »
- Le montagnard alpin déguerpit en effet, comme celui des Pyrénées, du Limousin, de l’Auvergne, mais non sans esprit de retour. Soit qu’il fasse fortune après un long séjour à l’étranger, ou qu’il amasse un petit pécule pendant les mois d’hiver, en exerçant dans les départements plus favorisés ou dans la capitale le métier auquel sa commune l’a initié, il revient au pays natal pour transformer la maison familiale, pour acheter ou accroître un petit domaine et devenir l’auxiliaire dévoué du progrès qui s’accomplit autour de lui. L’émigration définitive ne devient une nécessité que dans les localités où la dégradation des terres est incompatible avec le maintien des
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- habitants. Si les villages des Alpes au-dessus de 1 000 mètres ont perdu depuis cinquante ans 12 p. 100 environ de leur population, les autres n’en ont perdu que 8 p. ICO.
- Dans le Cantal aussi, le dépeuplement n’avait pas cessé depuis la Révolution; l’émigration continuait à enlever chaque année les bras les plus robustes à la culture; les chétives récoltes de seigle et de sarrasin suffisaient de moins en moins à la nourriture de la population sédentaire, « mais l’heureux enchaînement qui unit les prairies des vallées supérieures aux alpages des sommets » et le parfait aménagement des eaux si abondantes dans les Cévennes ont permis à l'industrie pastorale de s’installer, de ramener peu à peu l’aisance et de fixer céans les habitants nomades. Aujourd’hui, le Cantal nourrit 100000 vaches laitières qui donnent un revenu annuel de cinq millions, presque tout en fromage : il exporte tous les ans 50000 élèves de gros bétail, dont la race est de plus en plus estimée pour ses qualités de travail et d’engraissement.
- Ce que l’agriculteur de l’Auvergne a accompli si heureusement, malgré les altitudes, l’âpreté du climat et l’exiguïté de ses ressources, le paysan des Hautes-Alpes ne pouvait l’entreprendre, en face d’une nature autrement rebelle, qu’à l’abri de mesures législatives spéciales, avec l’aide puissante de l’État et de l’administration.
- Les lois des 28 juillet 1860 et 8 juin 1864 ont servi de point de départ à l’entreprise du reboisement et du gazonnement des montagnes. Les résultats qu’ont fournis les méthodes expérimentées tout d’abord dans les Alpes de la Haute-Provence sont devenus bientôt assez concluants pour qu’elles soient étendues à celles de la Savoie, du Dauphiné, des Pyrénées, etc. Jusqu’en 1870, pendant la première période de restauration, 95 000 hectares, compris notamment dans les Alpes, ont été régénérés sur les versants les plus abrupts, par les procédés qui consistent, après avoir tracé le périmètre des travaux dans le bassin de chaque torrent, à reboiser aussi promptement que possible les terrains stables ; ensuite, à consolider les terrains instables; que l’on reboise au fur et à mesure, et enfin, à exécuter les ouvrages de conservation en vue de l’avenir. L’État a pris à sa charge la plus grande partie de ces travaux dits obligatoires, en cherchant à sauvegarder de son mieux les intérêts des communes et des propriétaires par les formalités d’enquête pour la déclaration d’utilité publique.
- Nonobstant les plus vives résistances des populations contre toutes opérations de nature à restreindre les médiocres pâturages dont elles avaient
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- eu jusqu’alors la libre jouissance et les incertitudes du début, la période des essais touchant à son terme, la loi du 4 avril 1882 a réglé définitivement le mode de reconstitution des terrains en montagne, soit au moyen de travaux exécutés par l’Etat ou par les propriétaires avec subvention de l’État, soit à l’aide de règlements de protection établis par le décret du 11 juillet de la même année. Les dispositions sont de deux ordres, selon que les travaux de chaque périmètre sont obligatoires pour les versants dégradés et dangereux, ou facultatifs pour les versants dénudés et non dégradés, à mettre en valeur par la création de forêts et de gazons.
- A côté des grands boisements de l’État, coûteux, longs et difficiles, dont les effets se font attendre plus de vingt ans, se rangent ainsi les boisements partiels, répartis entre les communes et les syndicats, comme un moyen tactique de dépense topographique et de consolidation des gazonnements. Ce sont là les préludes de la période des améliorations, dont M. Briot traite dans son livre, période de spéculations lucratives pour l’agriculture, qui retrouve des champs, des prairies, des pâturages et des forêts en leur place naturelle.
- Les travaux indirects de cette nouvelle ère ont pour objet de modifier les méthodes jugées nuisibles au développement des ressources qu’offrent les pays alpestres. Comme écrivait l’honorable et regretté administrateur des forêts Faré : « C’est désormais en enseignant aux populations et en les aidant à tirer meilleur parti des prairies, des pâturages, en perfectionnant leur régime pastoral, qu’on les décidera à engager leurs intérêts actuels dans la question, aussi bien que l’intérêt des générations à venir. »
- Toute la partie de l’ouvrage de M. Briot relative aux prairies, aux pâturages et au bétail est étudiée, suivant les conseils de Faré, avec une rare compétence; elle se résume dans des conclusions d’une grande netteté.
- Ainsi, parmi les diverses catégories de prairies alpestres, les prairies hautes qui entraînent des frais considérables d’exploitation, sans profit pour la nourriture des animaux, et causent la ruine des communaux, doivent être converties en pâturages de façon à rétablir un rapport d’équilibre entre leur surface et le nombre des animaux de rente.
- Les pâturages de printemps dont l’état de dépérissement est notoire elles pâturages d’été qui donnent lieu aux abus les plus déplorables, doivent être * soumis à une réglementation sévère, en dépit des protestations, et assimilés à ceux de Beaufort, des Beauges, de la Tarentaise, etc., en Savoie, où les alpages sont aménagés comme mode de fumure, par le parcage des moutons
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- et la distribution des fumiers de vache, en vue d’augmenter leur possibilité.
- Aussi bien, la prairie et le gazon, dans l’ensemble de la région, doivent être substitués le plus souvent à la culture arable, tantôt pour de pures considérations de terrains, tantôt en raison de l’altitude et de la pente ; mais la qualité supérieure des herbes de montagne, dans les sols primitifs et secondaires de la chaîne des Alpes, assigne de toutes manières, à la culture des prairies basses, un rôle dominant, qui répond le mieux d’ailleurs aux exigences de la situation.
- Pour les pâturages plus spécialement, les améliorations consistent, quand leur altitude varie entre l 000 et 1 300 mètres, à les restaurer en partie par voie de boisement, tout en ménageant les intérêts pastoraux actuels. Au-dessus de 1 300 mètres, la préférence devra être accordée, pour le boisement, aux résineux, et, en première ligne, au mélèze, qui laisse tamiser la lumière indispensable à la pousse de l’herbe et perd annuellement ses feuilles, servant à la fois d’abri et de fumure au sol. Au-dessous de ce niveau, où le mélèze ne vient pas à l’état naturel, les essences feuillues sont indiquées. Si elles favorisent le gazonnement comme les résineux, elles peuvent, en têtards ou en taillis, suppléer avec avantage aux provisions de fourrage par leurs feuilles et leurs ramilles.
- M. Briotne s’est pas borné à signaler, pour chacune des essences, l’appétence individuelle des animaux; il a décrit en outre, à propos des défrichements et des nettoiements, les espèces d’arbustes et d’arbrisseaux à faire disparaître, en même temps que les plantes nuisibles, dédaignées par le bétail ou inutiles, à faire arracher par les bergers. Quant au gazonnement proprement dit, il énumère les caractères et les propriétés de chaque famille de la flore fourragère, dont la croissance convient aux Alpes, ainsi que les formules d’ensemencement les plus simples en rapport avec la nature des terrains secs, frais, ou arrosables, selon l’adaptation des pelouses à la nourriture des moutons ou des bêtes à cornes.
- La question du bétail est surtout envisagée sous l’aspect pratique du revenu des divers animaux, sans considérations zootechniques ; qu’il s’agisse, pour la race ovine, d’entretien simple ou d’engraissement, de la production de laine ou de l’élevage des agneaux, des brehis laitières ou de la fabrication du fromage, et, pour la race bovine tarentaise, du rendement des vaches laitières, de l’élève des veaux et de l’engraissement des bœufs. Les calculs établis dans les différentes hypothèses de spéculation sont tous en faveur de
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- l’industrie laitière appelée, comme dans le Cantal, le Jura, etc., à atteindre un haut degré de prospérité.
- Sur la transhumance des moutons, la mesta de Provence, si souvent présentée comme une entrave insurmontable à l’amélioration des Alpes et comme un fléau de dévastation,M. Briot estime, d’accord avec M. Demontzey, que le transhumant est infiniment moins nuisible que le mouton indigène, sans cesse accroché à la montagne ; non pas que son exploitation soit satisfaisante à l’égard de la possibilité des pâturages, de la conduite des parcours et de P utilisation des fumiers; mais, suivant ce qui se pratique dans la vallée de l’Arc, elle pourrait être réglée de manière à éviter la surcharge des troupeaux, à répartir l’engrais sur de grandes étendues de prés très élevés, et à épargner les brebis mères en retardant leur arrivée dans les alpages. Ce sont les brebis qui nuisent le moins aux montagnes.
- Le développement des irrigations en Provence, dans le Gard et l’Hérault, ne tardera pas d’ailleurs à supprimer cette cause très secondaire de détérioration, car les éleveurs pourront garder en été le bétail qu’ils envoient pâturer dans les Alpes, et les montagnes jouiront en retour des bénéfices qu’elles abandonnaient aux pays de la transhumance, pour revenir aux pratiques de l’élevage scientifique du mouton.
- Etant donné que la production du laitage traduit fidèlement, jour par jour, en quelque sorte, l’état du bétail, brebis ou vaches; qu’elle incite le plus le cultivateur à améliorer ses pâturages et qu’elle assure déjà, dans les Alpes, plus de bénéfices que l’engraissement, sans crainte de concurrence, c’est vers elle que tous les efforts doivent tendre.
- Le rôle économique, les avantages moraux et matériels qui découlent de la mise en valeur du lait par l’association sont tels que les fruitières, les laiteries et fromageries coopératives, deviennent indispensables à l’achèvement rapide de l’œuvre entreprise pour reconstituer les Alpes.
- La Suisse, dans ses cantons les plus arriérés, et la Franche-Comté ont donné la mesure de ce que pouvaient les associations fruitières des régions montagneuses pour développer une véritable richesse agricole à l’aide des produits principaux du lait : fromages gras, demi-gras et maigres, beurre, séret, lait conservé, etc.
- « Ces associations, écrivait Barrai, engagent non seulement les populations au bon entretien des pacages et à la conservation des gazons, mais encore elles apportent à l’élevage d’un bétail déplus en plus nombreux la meilleure excitation, celle des profits assurés. Par elles, le principe de la
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- solidarité des intérêts devient mieux compris; en même temps, la production de la subsistance la plus essentielle, celle de la viande, se trouve augmentée. Tous les progrès se tiennent : pour la prospérité des plaines, il faut améliorer les montagnes et les enrichir. »
- Dans la Haute-Savoie, les fruitières communales se sont multipliées déjà au nombre de 300; dans la Savoie, au nombre de 50. L’Isère n’en compte que quelques-unes dans les vallées basses; mais, dans les Hautes-Alpes, 60 établissements, alimentés par 2 500 vaches, fabriquent, à l’instar de la vallée de Gex, pour plus de 200 000 francs de produits annuellement.
- Gomme M. Calvet, alors garde général des forêts, aujourd’hui sénateur, qui institua les premières fruitières patronnées parl’administration forestière, dans les hautes vallées des Pyrénées, M. Briot s’est consacré entièrement, avec-non moins de zèle, à la même propagande, en s’efforçant de répandre, au milieu des communes perdues de son ressort, les bienfaits de la coopération.
- Du rendement du lait dans les fruitières existantes et susceptibles d’être encore perfectionnées, il résulte ce fait très important : que, par la vache, on retire, des fourrages alpestres, un rendement double de celui que donne le mouton, et, si l’on tient compte des progrès de la race pour l’accroissement du lait, un rendement triple. Aussi, la statistique des montagnes pastorales des Alpes montre-t-elle que, dès maintenant, la substitution du gros bétail pourrait s’appliquer à 200000 moutons. Moyennant une dépense annuelle de 200000 francs, on parviendrait, au bout de vingt ans, à y installer une industrie laitière modèle.
- L’exemple fourni par M. Briot de l’un des alpages de Beaufort, situé dans la vallée du Doron, en Savoie, entre 1500 et 2 000 mètres d’altitude, est saisissant. Sur 150 hectares, dont 75 en rochers, l’entretien de 140 vaches 10 moutons, 20 chèvres, 10 porcs, taureaux et mulets, correspond à une production annuelle de 8000 kilogrammes de fromage, beurre et séret, laissant un produit net total, toutes dépenses soldées, de 9 000 francs. Le lait revient à 0fr, 11 le litre; le bénéfice par vache est de 64 francs, sur lesquels 24 francs représentent la location et 40 francs le gain du montagnard.
- En regard de l’alpage à gruyère de Viallet, celui de Villar-d’Arène, dans les Hautes-Alpes, situé à la même attitude et comprenant 177 hectares, se loue 2 000 francs par an pour le pâturage des moutons. Aménagé d’après les mêmes méthodes qu’à Beaufort, il produirait facilement 8000 francs par an au profit des habitants.
- Les 30 alpages du territoire de Beaufort, de la fin de juin jusqu’à la
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- mi-septembre, reçoivent 3 000 vaches, dont 1 000 appartiennent aux Beau-fortains, et les autres aux communes voisines, dans un rayon de 20 à 25 kilomètres. Le type usuel des chalets de fabrication du fromage et d’habitation des montagnes ne comportant pas de cave, les propriétaires en ont construit une à frais communs, au centre du vallon, pour desservir tous les pâturages qui en dépendent. Autrefois, on y engraissait de 1 000 à 1 500 moutons; aujourd’hui, chaque alpage reçoit environ 200 têtes de bétail, sauf deux réservés aux moutons sur les pentes plus escarpées, et assure un revenu individuel par vache de 50 à 60 francs.
- Un véritable manuel de laiterie complète l’ouvrage de M. Briot; c’est un résumé descriptif des procédés de conservation, de transport, de vérification du lait, et des méthodes de transformation les plus recommandables, à l’usage des associations fruitières. Il n’y a lieu de retenir, de cette petite encyclopédie laitière, que ce qui a trait aux organisations que réclament les diverses altitudes.
- En rapprochant des meilleurs spécimens de fruitières, y compris ceux de la Suisse, les types courants des chalets, des halles et étables à bestiaux appropriés aux plus hauts pâturages et qu’il convient de voir se répandre, on trouve réunis tous les éléments des constructions pour les abris des animaux et les établissements où l’on traite le lait au compte de la communauté ou des particuliers. Les plans, coupes et élévations des bâtiments sont accompagnés de devis, de listes de matériel avec prix, de comptes d’estimation de produits et de ventes et d’aperçus sur les débouchés, de sorte qu’il ne reste aucun aléa pour pouvoir fonder et diriger une industrie exigeant d’ailleurs des manipulations complexes, des soins minutieux et une instruction pratique développée.
- Si la fruitière coopérative est le dernier mot du progrès à réaliser, après ceux des fourrages, des engrais et du bétail, M. Briot aura tout fait pour en démontrer le mécanisme et les heureux effets.
- Il reste à examiner dans quelle mesure la loi de 1882 peut concourir à l’accomplissement prochain du programme des travaux indirects ou facultatifs dont M. Briot s’est fait le promoteur.
- Les uns reprochent à la loi son caractère coercitif vis-à-vis des communes quant à la mise en défends et à la sévère réglementation des pâturages; les autres, ses tendances trop libérales quant au principe des subventions et des indemnités consenties pour des améliorations incomplètes ou indifférentes.
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- La mise en défends donne droit, il est vrai, quand elle est rendue obligatoire, à des indemnités basées sur les préjudices temporaires qu’elle cause; mais, outre que ces indemnités, très onéreuses pour le Trésor, sont sujettes à toutes sortes de litiges, jusqu’au recours au Conseil d’État, elles ne compenseraient pas toujours les sacrifices actuels de jouissance imposés aux communes que la loi avait précisément pour but d’assister ou de sauver malgré elles. Les ressources du Trésor seraient ainsi détournées au détriment d’applications plus urgentes.
- De même, la réglementation des pâturages, non moins essentielle que la mise en jachère, quoique conçue dans un but plutôt préventif de conservation que de restauration, semble compliquée et quelque peu agressive à l’endroit de prescriptions qui restreignent le parcours, limitent la durée de la pâture, fixent les contraventions et les amendes, ordonnent des procédés de fumures, etc. Les pâturages réglementés sont soumis, en outre, de temps en temps, à des mises en défends partielles qui, pour être de faible contenance, n’en sont pas moins assujettissantes.
- Aussi, M. Briot penche-t-il vers les améliorations qui résultent de la libre acceptation des mises en défends utiles et de l’offre amiable d’indemnités variant selon le degré d’urgence de l’interdiction et les ressources des habitants. De même, il préconise une règlementation simple au début, se complétant au fur et à mesure des améliorations réalisées, qui facilite l’acceptation de tous les articles afin de gagner la confiance et la coopération des communes et des particuliers, sans lesquelles la loi ne permet pas de compter sur un plein succès.
- La commune de Ristolas (Hautes-Alpes), qui a l’avantage de renfermer des pâturages de toute nature sur un territoire assez restreint, est choisie comme type d’étude et de réglementation pastorale vers lequel il convient de se rapprocher graduellement selon que les obstacles s’aplanissent devant les résultats obtenus.
- L’article 3 de la loi stipule, qu’en dehors des périmètres déclarés obliga toires, des subventions seront accordées à raison des travaux entrepris pour consolider, bonifier et mettre en valeur les pâturages. Ces subventions consistent en délivrance de graines ou de plants, en argent ou en travaux. Elles s’appliquent nommément aux travaux d’assainissement, de boisement, d’irrigation et de colmatage, d’endiguement, d’empierrement, de construction de chalets et de fruitières, enfin, de gazonnement. Il est difficile d’admettre toutefois que des subventions de cette nature suffisent pour mettre des
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- communes si pauvres à même d’exécuter, sur toute l’étendue du territoire alpestre, les opérations multiples laissées à leur charge.
- Il ne faut pas oublier, qu’à de lourdes contributions, atteignant le cinquième du revenu, s’ajoutent les frais d’entretien des chemins et de défense contre les torrents; or, les pertes dues au ravage des eaux, dans les années d’inondation, s’élèvent parfois jusqu’à un million de francs.
- Envisagée sous toutes ses faces, l’entreprise se heurte avant tout à une grosse difficulté, celle de la conduite des eaux et de l’établissement des canaux d’arrosage, pour lesquels rien ne pouvait être prévu au budget des forêts.
- Il est avéré que l’irrigation, au pied des montagnes, permettrait de supprimer sur les hauteurs la culture des céréales à rendement médiocre; qu’elle triplerait la valeur des terres converties en prés ; qu’elle procurerait à la population, à proximité des villages, des stocks de foin suffisants pour rendre au pacage toutes les prairies dont l’altitude empêche de tirer le moindre bénéfice.
- L’arrosage, non moins que l’engrais, est le stimulant de la végétation des pelouses et justifie la louable pratique des fauchages hâtifs, avant que les graines se forment. 11 se lie étroitement à l’amélioration de 300000 hectares de pâturages d’été, puisqu’il donne le moyen de créer, en dehors de leur enceinte, des prairies arrosées dont le produit, à surface égale, est au moins décuple. Enfin, il peut seul décider l’emploi des bonnes méthodes ovicoles, en mettant un terme à la transhumance, et en rendant possible la conservation, dans la même région, des mêmes animaux, sans interruption.
- On peut donc dire que l’irrigation, bornée à l’épandage, pendant trois mois d’été, de 1 500 à 1800 mètres cubes d’eau par hectare et par mois, constitue l’opération la plus essentielle sous le rapport de l’amélioration des fourrages et du bétail.
- D’autre part, les plus beaux alpages sont traversés par une foule de ravins où coulent des eaux que des corrections peu coûteuses et des barrages rudimentaires rendraient immédiatement utilisables. Il appartient aux agents des forêts d’employer les eaux ainsi captées à l’arrosage des hauts pâturages.
- Mais les canaux principaux et leurs branchements, hors des périmètres prescrits, ne ressortissent plus au service forestier; ils dépendent de l’hydraulique agricole dont les attributions s’étendent à tout le territoire. Les projets pour les Alpes, concurrencés par ceux des autres régions de
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- la France, s’y butent à toutes sortes d’obstacles que crée principalement le défaut de ressources et d’entente parmi les intéressés. Il en est de même des opérations d’endiguement et de colmatage, et pourtant la surface à colmater dans les Alpes a été évaluée à plus de 10 000 hectares.
- « A l’heure qu’il est, écrivait Faré, pour remettre aux mêmes mains eaux et forêts, n’y aurait-il pas à invoquer de nombreuses et décisives raisons? C’est surtout par l’aménagement des eaux en montagne que le service forestier devrait reprendre son vieux titre Eaux et Forêts. Aux mêmes mains incombe la surveillance de la forêt, du pâturage et du ruissellement en montagne... »
- Cézanne aussi, le dévoué collaborateur de Surell, frappé de la solidarité étroite qui lie les questions d’irrigation, de gazonnement et de boisement, demandait qu’un même service fût chargé des canaux, pâturages et forêts.
- Quoique ce service eût été facile à organiser depuis que l’hydraulique agricole et les forêts relèvent d’un même ministère, celui de l’Agriculture (1), rien ne fait prévoir que les travaux des canaux reçoivent une impulsion telle que l’exige la prompte restauration des Alpes.
- Malgré cela, et bien que la loi de 1882 ait consacré le principe des subventions aux communes, au lieu de prêts ou d’avances antérieurement consentis par l’État, quand les lois sur le drainage (2), sur la mise en valeur des landes de Gascogne (3) et des terrains incultes (4) furent appliquées, M. Briot ne perd pas confiance dans la réussite finale de la tâche à laquelle il reste attaché. Il compte sur la diffusion de l’enseignement, la libre discussion des intérêts, l’amélioration des méthodes, l’entente avec les communes moven-nant des renonciations volontaires en échange de subventions; enfin, sur la création de sociétés coopératives, de banques agricoles, etc.
- Il est vivement à souhaiter que ces éléments de propagande et de crédit aient l’efficacité que leur attribue M. Briot, et que tous les efforts se combinent pour mener à bien une des plus belles et des plus vastes entreprises agricoles de ce siècle en France. Il y va du salut et du bien-être d’une contrée dont la race solide et laborieuse a pour mission de protéger nos nouvelles et nos anciennes frontières.
- (1) A. Ronna, Le Ministère de l'agriculture et ses réformes, 1892.
- (2) Lois sui' le drainage des 17 juillet 1856 et 28 mai 1858.
- (3) Loi sur la mise en valeur des landes de Gascogne, 19 juin 1857.
- (4) Loi sur la mise en valeur des marais et terrains incultes, 19 juillet 1860.
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- Votre comité nous propose d’adresser des remerciements à M. Briot pour l’envoi de ses remarquables Etudes sur Véconomie alpestre, et d’insérer ce rapport dans le Bulletin de la Société.
- Signé : A. Ronna, rapporteur.
- Approuvé en séance le 13 mars 1896.
- Le 6 février 1896.
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- Tome I. - 93e année. 5e série„ — Mars 189C*.
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- ARTS CHIMIQUES
- Rapport sur les travaux de M. Effront, présenté par M. Duclaux au nom du Comité, des Arts chimiques.
- La Société connaît déjà les bons résultats que M. Effront a obtenus en introduisant les fluorures dans la pratique industrielle des fermentations alcooliques. On régularise ainsi la fermentation, on la rend plus pure, et on élève le rendement. Par exemple, avec du maïs contenant 60 p. 100 d’amidon, on obtenait 36 litres d’alcool au lieu de 33 que donnait la pratique ordinaire.
- Mais l’emploi de ces fluorures rencontrait parfois de grandes difficultés. Les doses d’antiseptique devaient varier d’une usine à l’autre, et souvent la dose indispensable pour ralentir le développement des ferments étrangers agissait déjà sur les levures. M. Effront a tourné cette difficulté en remplaçant les fluorures par l’acide tluorhydrique et en habituant peu à peu, par une accoutumance lente, certaines variétés de levures à vivre au contact de cet antiseptique, qui cesse ainsi d’en être un pour elles, pendant qu’il conserve toutes ses propriétés actives contre les ferments étrangers à la levure et présents dans les liquides de fermentation.
- C'est là une application industrielle très intéressante des lois sur l’accommodation aux antiseptiques, qui ont été étudiées pour la première fois, en 1887, dans mon laboratoire, parM. Kossiakoff.
- La levure accoutumée, par M. Effront, à l’action de l’acide tluorhydrique présente en outre des propriétés très intéressantes pour le distillateur. Elle donne peu de glycérine et d’acide succinique, et se multiplie peu pendant la fermentation, de sorte que presque tout le sucre qui disparaît donne de l’alcool.
- Les ferments étrangers étant réduits à l’impuissance, le travail devient plus régulier, et on obtient des flegmes beaucoup plus purs et plus faciles à rectifier. Il y a donc bénéfice sous toutes les faces, et il ne faut pas s’étonner que le procédé Effront pénètre peu à peu dans toutes les distilleries. Plus de 12 000 travaillent en ce moment par cette méthode.
- L’apport initial de levure acclimatée, nécessaire pour mettre en train une usine, peut être très faible. C’est ainsi que l’usine de M. Bernard, à Cour-
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- TRAVAUX DE M. EFFRONT.
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- rières, a reçu à l’origine 30 grammes seulement de levure acclimatée qui y persiste depuis 10 mois, et donne environ 400 hectolitres d’alcool par jour. Le même fait s’est produit dans d’autres distilleries.
- Pour donner une idée des rendements, je n’ai qu’à dire ce qui se passe au sujet du riz. L’emploi de cette matière première a pris beaucoup d’importance depuis les droits d’entrée sur les mélasses et maïs. Mais, employée à la façon ordinaire, elle ne donnait que de médiocres résultats en distillerie : on n’obtenait que 36 à 38 litres d’alcool par 100 kilogrammes de riz. Comme le riz du Tonkin, analysé par M. Durin et M. Màrcker, de Halle, contient 69 p. 100 d’amidon, cela faisait un rendement de 53 ou 54 p. 100.
- Dans l’usine de Courrières, ainsi que chez M. Leurant, de Bordeaux, ce même riz donne un rendement industriel de 46 litres pour 100 kilogrammes de riz, ce qui donne un rendement, rapporté à l’amidon entré en travail, de 66 p. 100.
- En réalité, le rendement est encore un peu supérieur. Car, dans le moût fermenté, on trouve environ 5 grammes par litre d’hydrates de carbone non fermentés; et, en outre, 1/2 p. 100 d’amidon reste dans les drêches.
- Sur les 69 kilogrammes d’amidon que contiennent 100 kilogrammes de riz, 3 n’ont ainsi pas été utilisés : c’est donc seulement 66 kilogrammes d’amidon qui ont fourni les 46 litres d’alcool, ce qui élève le rendement à plus de 69 p. 100. Le rendement est encore meilleur dans le laboratoire.
- 11 y a, dans ce travail, un mélange habile de recherche scientifique précise et d’applications industrielles qui ont vivement frappé l’attention de votre Comité des Arts chimiques : il vous propose de remercier M. Eff'ront de ses intéressantes communications, et d’insérer le présent rapport dans le Bulletin de la Société.
- Signé : Duclaux, rapporteur.
- Approuvé en séance le 13 mars 1896.
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- ARTS CHIMIQUES
- Rapport sur l’ouvrage de M. J. Richards intitulé : rAluminium, présenté par M. H. Le Ghatelier, au nom du Comité des Arts chimiques.
- M. J. W. Richards, professeur de métallurgie à l’université Lehigh, de Bethlehem, a soumis à l’appréciation de la Société d’Encouragement la troisième édition anglaise de son ouvrage sur l’Aluminium. La rapidité avec laquelle se sont succédé les éditions, une tous les cinq ans, depuis 1886, donne la meilleure démonstration des services rendus par cette publication. Le nouveau volume, qui a été mis au courant des travaux si nombreux dont l’aluminium a été l’objet depuis 1890, ne comprend pas moins de 600 pages de texte; il sera indispensable, comme l’ont été à leur heure ses prédécesseurs, à toutes les personnes qui s’intéressent à l’aluminium, à sa métallurgie ou à ses usages. Nulle part ailleurs on ne pourrait trouver un résumé aussi méthodique et aussi complet de ce qui a été publié sur ce métal.
- Un premier chapitre est consacré à l’historique des découvertes relatives à l’aluminium. Lavoisier, en essayant de réduire l’alumine par le charbon brûlé dans un courant d’oxygène, obtient l’alumine fondue et cristallisée; Davy réduit l’alumine par l’arc électrique en présence du fer, mais n’obtient qu’un alliage des deux métaux; VVôhler, par l’action du potassium sur le chlorure d’aluminium, obtient encore un alliage des métaux en présence. C’est II. Sainte-Claire Deville qui obtient le premier, en 1854, de l’aluminium métallique à l’état isolé; il donne le procédé de fabrication industriel qui va être employé pendant trente ans. En 1886, Castner découvre, pour la réduction du sodium, un procédé beaucoup plus économique que celui employé dans le procédé Deville; l’hydrate de soude est réduit par un carbure de fer; cette opération se fait à basse température et avec un rendement bien supérieur à celui du procédé au carbonate de soude. Mais cette découverte n’est pas utilisée parce que, la même année, les procédés électrolytiques se substituent définitivement aux anciens procédés chimiques de réduction de l’aluminium. Comme conséquence de ce nouveau progrès, le prix de revient du métal devient vingt fois moindre et sa fabrication se développe rapidement. Elle atteint aujourd’hui environ 2000 tonnes par an.
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- Après avoir passé en revue, dans un second chapitre, les différents composés naturels qui renferment de raluminium, l’auteur arrive aux propriétés physiques et chimiques du métal. U indique la préparation du sulfure d’aluminium par l’action de l’aluminium sur la galène, et signale les avantages que ce corps présente pour la préparation de l’hydrogène sulfuré dans les laboratoires. Les expériences relatives à l’altération de l’aluminium sous l’influence des agents atmosphériques sont longuement exposées; peut-être celles qui ont donné des résultats favorables à l’aluminium sont-elles exposées avec plus de complaisance parM. J. Richards, qui ne peut découvrir aucun défaut dans son métal favori.
- La préparation de l’oxyde, du chlorure et du fluorure d’aluminium, qui fait la base de la métallurgie de ce métal, est l’objet d’un chapitre spécial. Le procédé Deville pour le traitement de la bauxite est exposé avec quelques inexactitudes dans les formules de réaction chimique. L’aluminium chauffé avec le carbonate alcalin ne donne par l’aluminate trisodique, mais l’alu-minate monosodique ; d’autre part, l’oxyde de fer de la bauxite ne reste pas inerte ; il donne également un ferrite monosodique, que l’eau décompose avec précipitation de sesquioxyde de fer monohydraté. Puis vient le procédé Bayer pour la dissociation de l’aluminate de soude en dehors de toute action de l’acide carbonique, réaction qui s’arrête quand la liqueur renferme 6 parties de soude pour 1 d’alumine. Le procédé Grabau, pour la fabrication du fluorure d’aluminium, est exposé en grand détail; il se résume dans les deux formules de réaction suivantes.
- A l’ébullition :
- 6CaFl + 3(A1203,3S03) — (A12FU)2,A1203,3303 -f 6CaO,SO!
- Au rouge :
- (Al2FI3)2Al203,3S03 + Al2Fl3,3NaFl = 3 Al2Fl3) + 3(Na0,S03)
- La cryolite provient de la réduction ultérieure du fluorure par le sodium dans la production de l’aluminium :
- 2 (Al2 Fl3) + 3 Na = Al2 Fl3 3NaFli + 2 Al
- Cette réaction régénère plus de cryolite que l’opération précédente n’en consomme. On peut donc se dispenser de tout emploi de la cryolite naturelle, toujours impure.
- Arrivant ensuite à la métallurgie proprement dite du métal, l’auteur passe en revue les brevets innombrables dont le procédé électrolytique a été
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- l’objet. Il montre comment le procédé Cowles, de réduction de l’aluminium par le charbon à la température élevée de l’arc électrique, a échoué pour la fabrication du métal isolé. Tout le métal produit se volatilise ou se combine au charbon pour donner un carbure inutilisable. Ce procédé permet, par contre, de préparer les alliages avec le cuivre et le fer; la stabilité des combinaisons que l’aluminium forme avec ces métaux s’oppose aux causes de déperdition mentionnées.
- Le procédé Hall et Heroult, avec ses nombreuses variantes, qui est seul réellement efficace pour obtenir le métal pur, consiste à électrolvser des oxyfluorures d’aluminium fusibles à basse température : à 1000° enyiron, conditions dans lesquelles il n’y a à redouter ni volatilisation ni carburation.
- Les conditions de travail du métal sont longuement décrites en se reportant le plus souvent aux indications données dès le début par H. Sainte-ClaireDeville.
- Les difficultés du moulage résultant de la viscosité de l’aluminium fondu, qui l’empêche de pénétrer dans les parties fines des moules, peuvent être levées en partie par l’emploi de l’air comprimé dans le moulage, ou encore par l’addition de quelques centièmes d’argent, qui augmentent la fluidité et diminuent le retrait. L’aluminium doit toujours être fondu sans aucun flux, parce que, en leur présence, il réduit instantanément le silice des creusets et se charge de silicium.
- Parmi les nombreuses soudures proposées pour l’aluminium, l’auteur recommande tout particulièrement la suivante :
- Aluminium.......................................... 2
- Zinc...............................................26
- Étain..............................................70
- Phosphure d’étain.................................. 2
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- Elle doit être appliquée sans fondant sur les pièces préalablement grattées et chauffées, si possible, au-dessus du point de fusion de la soudure.
- Parmi les usages les plus importants de l’aluminium, M. J. Richards cite les suivants :
- Les grilles d’ascenseurs et toutes les pièces des cages n’ayant pas de travail à fournir, on obtient ainsi une réduction importante du poids mort à enlever.
- Les réflecteurs pour lanternes de chemin de fer, qui se conservent mieux
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- que les réflecteurs en nickel, déjà supérieurs à ce point de vue aux réflecteurs argentés.
- Les lampes de mines, qu’il y a grand intérêt à alléger pour décharger le mineur déjà embarrassé par tous ses outils.
- Un grand nombre d’instruments de physique et d’optique, entre autres les jumelles, les balances, etc. Pour ce dernier usage, on durcit l’aluminium avec 3 p. 100 de cuivre, ou mieux encore 4 p. 100 d’argent; les plaques lithographiques, qui peuvent être substituées avec avantage aux plaques de zinc.
- Mais son emploi le plus important est celui de réducteur en métallurgie. L’industrie du fer en consomme des quantités tous les jours croissantes; il est encore employé pour la fusion du nickel ; enfin, il commence à être employé sur une grande échelle dans l’industrie du zinc pour les bains de galvanisation, dont la fluidité est considérablement augmentée par l’addition de quelques dix-millièmes d’aluminium et pour le zinc de désargentation.
- M. J. Richards termine son ouvrage en résumant d’une façon très complète les nombreuses études faites sur les alliages de l’aluminium, dont un grand nombre, d’ailleurs, ne semblent comporter jusqu’ici aucune application.
- On peut citer comme particulièrement intéressants à des titres divers les alliages suivants :
- Les alliages d’antimoine, à la longue, se désagrègent spontanément en une fine poussière cristalline, phénomène analogue à la pulvérisation des laitiers fusants, et ayant certainement la même cause : une transformation allotropique du métal accompagnée d’un changement de volume.
- Les alliages d’or ont une belle couleur rouge, et sont utilisés en joaillerie; leur fusibilité a été étudiée par le professeur Àusten.
- Les alliages d’argent ont une belle couleur blanche, une fusibilité et une dureté qui les font souvent employer à la place d’argent pour certaines pièces d’orfèvrerie, en particulier l’alliage dit : « tiers argent », composé de 1 partie d’argent pour 2 parties d’aluminium.
- Les alliages avec le titane et le tungstène, sur lesquels on avait fondé beaucoup d’espoir, s’obtiennent en fondant dans un creuset brasqué de l’aluminium avec de la cryolite et la quantité voulue d’acide titanique ou d’acide tungstique. Les alliages à 2 p. 100 de titane ou 7 p. 100 de tungstène ont une résistance d’environ 25 kilog. par millimètre, avec un allongement total de 5 p. 100.
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- Les alliages du fer cessent d’être magnétiques à partir de la teneur en aluminium de 17 p. 100; plus riches en aluminium, ils se pulvérisent spontanément, comme les alliages d’antimoine.
- Parmi les alliages du nickel, on peut citer l’alliage « roséine », employé joaillerie, remarquable par sa couleur et sa dureté.
- Ni.
- Ai.
- Su
- 40
- 30
- 20
- Ag
- 10
- Les alliages avec le cuivre occupent, comme de juste, la place la plus importante. Les alliages binaires, ou bronze d’aluminium proprement ditr sont bien connus aujourd’hui dans les plus importantes de leurs propriétés. L’ouvrage de M. Richards donne également des renseignements intéressants sur quelques alliages ternaires, moins généralement connus, dont quelques-uns en fait ne renferment qu’une très faible quantité d’aluminium.
- L’alliage manganine
- Gu
- Al 1,2
- Mn 18
- Zn 13
- Si
- est remarquable par sa haute résistance électrique supérieure à celle du rnaillechort. Sa ténacité est de 25 kilos pour 1 millimètre carré et son allongement de 20 p. 100.
- Parmi les alliages ternaires, ceux qui renferment àla fois du nickel et du cuivre sont particulièrement remarquables par leurs propriétés mécaniques.
- Les alliages de la composition suivante semblent les plus recommandables :
- Gu.................... 88 90 04
- Ni..................... 1 3 33
- Al.................... 1 3 3
- Sn..................... 1 6 0
- Les deux premiers ont une ténacité de 60 kilos par millimètre carré avec un allongement de 25 p. 100; le troisième, qui possède une limite élastique très élevée, présente une ténacité supérieure à celle des deux premiers, mais aussi un allongement de rupture bien moindre. Il conviendrait pour la confection des couteaux de table.
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- Les alliages ternaires renfermant du cuivre et du zinc, inférieurs aux précédents au point de vue mécanique, n’en sont pas moins intéressants, en raison de leur prix de revient moindre. De nombreux tableaux d’expériences, empruntés aux études de M. Tetmayer, se rapportent à des alliages ternaires semblables, connus en France sous le nom de laitons d’aluminium.
- Cu Zn Al Ténacité. Allongement.
- 67.4 26,8 5,8 67 1 p. 100
- 63,3 33 3,3 60 7,6 -
- 67 30 3 48 12,5 -
- 70 27,5 2,5 29 28 —
- 57 42 1 48 2 ' —
- Les alliages de même nature renfermant un excès d’aluminium donnent des moulages très sains et d’une assez grande dureté; on peut recommander les deux compositions suivantes :
- Al............................. 80 70
- Zn............................. 1S 27
- Cu.............................. o 3
- En résumé, le livre de i\l. Richards est appelé à rendre les plus grands services à l’industrie naissante de l’aluminium. La Société d’Encouragement pour l’industrie nationale de France adresse à l’auteur de cet important ouvrage toutes ses félicitations, et décide l’insertion du présent rapport dans son Bulletin.
- Signé : H. Le Chatelier, rapporteur.
- Approuvé en séance le 13 mars 1896.
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- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. Édouard Simon, au nom du Comité des arts mécaniques, sur les nouveaux appareils destinés à pendre et appareiller les maillons des mécaniques Jacquard, brevetés s. g. d. g. par M. Pierre-Marie Point, àPanissière (Loire).
- Messieurs,
- Avant de vous exposer l’invention de M. Point, je dois vous rappeler que les crochets de la mécanique Jacquard actionnent les fils de chaîne par l’intermédiaire de ficelles, dites arcades; qu’une planchette horizontale, percée de trous régulièrement espacés et de longueur correspondante à la largeur du tissu — la planchette d'arcades — assure la division et l’écartement de ces ficelles, et, qu’aux dernières, sont suspendus des maillons, destinés à recevoir les fils de la chaîne et maintenus verticalement par des poids ou plombs.
- Le pendage consiste précisément à boucler une à une toutes les mailles des maillons aux arcades; Y appareillage a pour objet d’égaliser les maillons en hauteur, de manière que l’ensemble soit coupé par un même plan horizontal, et aussi de fixer définitivement les maillons aux arcades, en transformant la boucle provisoire faite lors du pendage en un nœud solide.
- Ces opérations successives sont longues et relativement dispendieuses. M. Point s’est proposé de nouer définitivement toute une rangée de maillons à la fois, en reproduisant le nœud fait à la main.
- Les appareils brevetés dans ce but comprennent :
- 1° Une machine à préparer, dite prépareuse, pour disposeras maillons à l’écartement voulu ;
- 2° Une machine à pendre et appareiller, dite appareilleuse, pour fixer aux fils d’arcades les maillons préparés sur la précédente.
- La machine à préparer se compose d’un bâti à glissières horizontales, sur lesquelles roulent deux chariots portant une règle diviseuse A (fig. 2 et 3). Cette règle, munie d’encoches sur les deux bords, avance d’une division, sous l’action d’un contrepoids Q, chaque fois qu’en appuyant sur une pédale C, l’ouvrier dégage le cliquet de retenue C\ Au-dessus de la même règle se trouve un chevalet garni de maillons m, en nombre voulu, et, à chaque
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- progression, l’ouvrier fait glisser un de ces maillons dans les encoches situées en dessous, à l’aide d’un crochet-guide.
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- Fig. 3 et 4. — Prôpareuse Point. Détail de la règle diviseuse.
- Cependant comme, sur le métier à tisser,les trous de la planche d’arcades ne sont pas tous garnis, il importe que les encoches de la règle diviseuse correspondant à des vides ne reçoivent aucun maillon. Pour cela, une règle
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- supplémentaire A', fixée latéralement à la première, est percée de trous, suivant la même division que les encoches. Lorsqu’un de ces trous se présente, une aiguille reliée à la pédale y pénètre, et fait tomber sur le chevalet un petit levier, qui empêche le glissement du maillon disponible. Il suffit donc de boucher les trous de la règle à l’exception de ceux qui correspondent aux perforations inutilisées de la planche d’arcades.
- La règle diviseuse une fois garnie, l’ouvrier introduit, entre cette dernière et les maillons, une tringle E (fig. 3), dite aussi diviseuse, et également munie d’encoches. Cette tringle sert à transporter les maillons — sans en modifier la distribution — de la machine à préparer sur la machine à appareiller; elle est pourvue d’une enveloppe demi-cylindrique et lisse, qui peut tourner concentriquement, de manière à recouvrir les encoches et à faciliter ultérieurement son dégagement, lorsque les maillons auront été noués.
- La machine à pendre et appareiller (fig. 9 et 10) se fixe soit sur le métier à tisser, soit sur un bâti spécial portant la Jacquard ; elle repose sur des pieds — qui permettent d’en régler la hauteur — et peut avancer ou reculer de manière à venir successivement au-dessous de chaque rangée transversale de fils d’arcades.
- Sur les côtés de l’appareilleuse, existent différents supports, les uns fixes, les autres mobiles, pour maintenir aux endroits convenables, ou guider dans leurs mouvements, les peignes dont il va être parlé.
- Ces peignes sont au nombre de sept. Deux fixes (fig. 5) ont pour objet de tendre uniformément, l’un, les arcades, l’autre les maillons d’une même rangée; ils se composent de deux règles HHr, garnies intérieurement d’une matière élastique, et serrées l’une contre l’autre au moyen d’une came à poignée C.
- Un troisième peigne, dit peigne mobile (fig. 6), correspond exactement à la division de la planche d’arcades; il doit prendre les fils d’arcade isolément en dessous de cette planche.
- Dans le quatrième, ou peigne à fourches (fig. 7), chaque dent est formée de deux lames, l’une fixée au cadre du peigne, l’autre articulée à une réglette qui, en glissant sur ledit cadre, fait ouvrir ou fermer simultanément toutes les dents, suivant le sens du glissement. La dent ouverte forme la fourche où s’introduit le fil d’arcade; fermée, elle l’emprisonne et permet à d’autres fils de passer à droite et à gauche sans entraîner le premier.
- Le peigne écarteur est un simple râteau à dents coniques,’qui n’a d’autre mission que d’ouvrir un passage entre les fils.
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- Enfin, d eux peignes à crochets (fig. 8) travaillent, l’un en arrière, l’autre en avant de la rangée sur laquelle on opère, et peuvent se déplacer soit verticalement, soit latéralement à droite et à gauche. Chaque dent se compose
- Fig. 5.
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- Fig. 6.
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- Fig. 7
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- Fig. 8.
- d’un crocheta, coulissant dans un tube cylindrique d'; crochet et tubes sont montés sur deux règles parallèles, que des ressorts écartent spontanément, mais qui peuvent être rapprochées au moyen de cames de façon à faire rentrer ou sortir à la fois tontes les dents de l’un des peignes.
- Les fils cïarcade étant maintenus par l’un des peignes fixes, l’ouvrier les
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- divise aisément à l’aide du peigne mobile, puis les isole au moyen du peigne à fourches. Il apporte ensuite les maillons répartis sur la tringle diviseuse, et, présentant cette dernière au-dessus du peigne à fourches, achevale les maillons sur les fourches.
- C’est, alors que les deux peignes à crochets, placés en avant et en arrière des arcades et des maillons, évoluent successivement à droite et à gauche, de haut en bas et de bas en haut, l’un à la main, l’autre par l’intermédiaire de pédales, de manière à réaliser les nœuds d’une rangée entière en moins de temps qu’il ne nous en a fallu pour indiquer le rôle de chacun des organes énumérés.
- L’ouvrier noue 200 fils à la fois sur une largeur de 60 centimètres, ou le double de fils sur lm,20. Aussi, d’après les renseignements transmis non seulement par l’intéressé, mais par M. Loir, professeur de tissage à l’École supérieure de commerce de Lyon, devient-il possible d’effectuer en 6 ou 7 heures un travail qui en demandait 26.
- . L’invention est d’autant plus digne de vos encouragements qu’elle est due à l’esprit d’observation d’un travailleur isolé. Simple monteur de métiers, M. Point est parvenu, à force de persévérance, à résoudre pratiquement un problème très complexe : il s’est, en outre, imposé de lourds sacrifices pécuniaires. Souhaitant que la publicité de notre Bulletin contribue efficacement à la vulgarisation de cette ingénieuse solution, au dédommagement de ces laborieux efforts, le Comité des Arts mécaniques vous propose, Messieurs de remercier M. Point de sa très intéressante communication et de voter l’impression du présent rapport, accompagné des figures et légendes utiles.
- Signé : Édouard Simon, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 13 mars 1896.
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- SUCCESSION DES MOUVEMENTS SUR l’aPPAREILLEUSE Point Bée S. G. D. G. POUR PENDRE ET
- nouer une rangée de maillons (Voir figures 9 à 23).
- Nota. — On a supposé (fig. 10) que les maillons m sont déjà noués et que le nouage en cours s’effectue sur la rangée a. Les autres fils d’arcade sont relevés sur la planchette F, comme on le voit en a.
- 1° Les paquets de fils d’arcades appartenant à la rangée en travail sont tendus (fig. 9 et 10) au moyen d’élastiques à crochets G, fixés à la traverse G'.
- 2° L’ouvrier saisit les fils d’arcade dans un ordre quelconque, au moyen du peigne
- Fig. 9 à 13. — Appareilleuse Point. Élévation, vue par bout, et détail du jeu des peignes.
- fixe H (fig. 5) passé en arrière et fermé en avant par la contre-partie mobile ou buttée H'; il peut alors dénouer les paquets d’arcades, dont les extrémités restent libres, puis descendre le peigne qui forme tendeur (fig. 11).
- 3° Il est procédé à la division régulière des arcades en introduisant le peigne mobilel (fig. 6) à travers ces ficelles, en dessous .et tout près de la planchette F, puis on fait descendre le même peigne de manière à amener les fils d’arcades en avant, pour les poser dans les fourches ouvertes du peigne J ; les fourches sont fermées ensuite et emprisonnent les fils, qui occupent la position indiquée en profil dans la figure 12.
- 4° La tringle diviseuse E, venant de la prépareuse, est portée au-dessus du peigne à fourches J (fig. 12), de telle sorte que le premier brin (1) de chaque maillon s’engage à gauche de la dent garnie du fil d’arcade correspondant; l’opérateur pousse ensuite
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- la tringle à droite, de façon à présenter le second brin (2) à droite de la même dent, puis il enfonce la tringle sur le pe^ne J (fig. 13); le maillon se trouve ainsi à cheval sur le fil d’arcade et sur la dent du peigne (fig. 13 et 14).
- 3° Avec l’un des peignes à crochets L, l’ouvrier saisit les fils d’arcade en avant près des fourches (comme on le voit en pointillé, figure 13); puis, fermant à moitié les crochets, il les fait glisser le long des arcades jusqu’à proximité du peigne fixe H; il ferme alors complètement les crochets et — les extrémités 4es arcades se trouvant .ainsi maintenues — enlève le peigne H.
- 6° A ce moment, est introduit entre les maillons le peigne écarteur K (fig. 16) qui,
- Fie'. 14.
- rapprochant les deux brins du maillon, facilite le passage des peignes à crochets; le peigne écarteur n’est point dessiné sur les figures suivantes (17 à 19) pour ne pas les compliquer inutilement.
- 7° Le peigne à crochets L2, placé en arrière des maillons, sert à saisir, à droite de chaque maillon, le fil d’arcade correspondant, près de la fourche h ; les crochets à demi fermés sont descendus près du peigne Lt, en h, puis serrés et fixés aux arcades ; l’ouvrier incline alors les crochets hl suivant le pointillé de la figure 17, pour tendre les fils, qu’il coupe en i, entre les deux crochets. Le peigne L, est mis de côté pendant l’opération suivante.
- 8° Derrière les maillons, se place une tringle lisse M (fig. 18), autour de laquelle
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- passent les fils d’arcade, tirés en arrière et vers le haut par le peigne L2 ; des ressorts N soulèvent ce peigne et assurent la tension des fils''
- 9° L’ouvrier reprend le peigne Lt et en fait pénétrer les crochets à droite des arcades, c'est-à-dire à gauche des maillons, pour saisir et fixer la partie postérieure des arcades (fig. 19); le peigne écarteu^K, le peigne à crochets L2 et là tringle lisse M, devenus inutiles, sont enlevés et déposés sur la tablette S' de la machine.
- 10° Au moyen d’un peigne fixe H,, semblable au premier H, mais dont les déplacements verticaux sont réglés pdr deux pédales PP' (fig. 9 et 10), les maillons sont, à leur tour, serrés comme le montre la figure 20.
- 11° La tringle diviseuse E est enlevée (fig. 21); il a §ufli, pour la dégager sans accrocher les maillons, de recouvrir les encoches avec l’enveloppe concentrique dont il a été parlé au cours du rapport.
- 12° L’ouvrier ramène à lui le peigne Ln en le faisant remonter dans la position de la figure 22, où le nœud est achevé, mais non serré.
- 13° Il ouvre les fourches J pour libérer les arcades.
- 14° Les maillons encore suspendus sur les dents du peigne à fourches J tendent à descendre sous l’action de leur propre poids et du poids du peigne fixe H2 ; il suffit de laisser basculer le peigne J pour que le nœud se serre en n (fig. 23). Au besoin, la pédale P' permët d’augmenter le serrage.
- 15° 11 ne reste plus qu’à couper en r l’excédent du fil d’arcade, puis à enlever le peigne fixe IL, et le peigne à fourches J. •
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- Tome I.
- 93e année. 3e série. — Mars 1890.
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- NOTE
- SU K UES APPLICATIONS DU SYSTÈME DE FILETAGE POUR VIS MÉCANIQUES ÉTABLI PAR LA
- société d’encouragement, par M. E. Sauvage, membre du Conseil.
- Les règles du système de filetage pour les vis mécaniques de diamètre égal ou supérieur à 6 millimètres ont été établies définitivement par la Société d’En-couragement pour l’industrie nationale, à la suite d’une enquête minutieuse pendant les années 1893 et 1894 et d’une discussion dans une réunion générale, le 10 mai 1894. Ces règles sont données en détail dans le Bulletin de juin 1894, p. 311. Les autres publications de la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale relatives à l’unification du filetage des vis mécaniques se trouvent dans les Bulletins de décembre 1891, p. 692; d’avril 1893, p. 173; de septembre 1893, p. 704; d’octobre 1893, p. 762; de novembre 1893, p. 806; de mars 1894, p. 139; d’avril 1894, p. 145.
- Les règles du nouveau système de filetage se résument comme il suit.
- La forme du filet dérive d’un triangle équilatéral tronqué par deux parallèle à la base (c’est-à-dire au côté parallèle à l’axe de la vis) menées respectivement au huitième de la hauteur à partir du sommet et de la base. C’est la forme de filet adoptée dans les anciens filetages de la marine française et dans le système Sellers, aux Etats-Unis.
- Le diamètre des vis se mesure sur l’extérieur des filets après troncature.
- Le système comprend une série normale de vis principales de diamètres pairs, dont les pas croissent de demi en demi-millimètre à partir de 1 millimètre. Le tableau qui suit indique les pas et les diamètres de cette série normale :
- Pas. Diamètre. Pas. Diamètr
- uni). mm.
- 1 6 6 64
- 1,5 10 6,5 72
- 2 14 7 80
- 2 18 7,5 88
- a 24 8 06
- 3, K 30 8,5 106
- 4 36 9 116
- 4,;; 42 9,5 126
- 0 48 10 136
- îi,o 56 10,5 148
- Entre les vis principales, on peut intercaler, suivant les besoins, des vis intermédiaires, dont le pas reste celui de la vis principale immédiatement inférieure.
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- FILETAGE ÉTABLI PAR LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT.
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- Les diamètres de ces vis intermédiaires doivent toujours atre exprimés par un nombre entier de millimètres, et de préférence par un nombre pair.
- Les vis pleines et les vis creuses ou écrous qui se correspondent ont, en principe, mêmes filets; mais, afin de tenir compte des tolérances d’exécution, indispensables dans la pratique, tolérances qui doivent varier selon les circonstances, le profil fixe est un profil limite, pour la vis pleine comme pour la vis creuse; cette limite est prévue par excès pour la vis pleine et par défaut pour la vis creuse: en d’autres termes, la vis pleine doit toujours rester à l’intérieur du profil limité, et la vis creuse à l’extérieur de ce même profil.
- L’observation rigoureuse de cette règle est indispensable pour que les vis soient toujours interchangeables. C’est ainsi que, dans la pratique, les angles vifs saillants et rentrants du profil se trouveront arrondis plus ou moins légèrement, mais de telle sorte que ni la vis pleine ni la vis creuse ne dépassent leur surface limite commune.
- A la suite des règles fondamentales du filetage, la Société d’Encouragement a indiqué quelques règles accessoires. Le corps des boulons et des vis peut avoir un diamètre un peu supérieur à celui de la partie filetée. L’excès de diamètre du corps ne devra pas dépasser 0mm,5 pour les vis de 6 à 14 millimètres; 1 millimètre pour celles de lo à 48 millimètres; enfin 2 millimètres pour les diamètres de plus de 48 millimètres.
- Les têtes des boulons et les écrous des formes usuelles, hexagonales et carrées, s’inscrivent dans un cercle dont le rayon est égal au diamètre de la vis. L’inclinaison des têtes coniques sera de 9 de base sur 10 de hauteur (comptée parallèlement à l’axe de la vis), ce qui correspond, pour le cône, à un angle au sommet de 84°.
- Il est enfin recommandé de choisir, comme diamètre des trous de goupilles et comme largeur des fentes de tournevis, deux fois le pas, et de prendre pour dimensions des ergots des multiples entiers du pas.
- Ainsi que pouvait le faire prévoir l’accueil fait aux projets de la Société d’Encouragement, le nouveau système a trouvé de nombreux adhérents dès que les règles en ont été bien arrêtées, de sorte qu’aujourd’hui ce système paraît définitivement établi en France. Les vis nouvelles ne peuvent pas, bien entendu, être substituées immédiatement et partout aux anciennes; c’est surtout dans les constructions neuves qu’on les trouve. La préparation des outillages de fabrication et de vérification a aussi entraîné des délais assez considérables dans certains ateliers qui avaient adopté en principe le nouveau système.
- La Société d’Encouragement ne possède pas la liste de toutes les administrations et de tous les industriels qui font usage des vis tracées suivant le nouveau
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- filetage ; mais quelques indications à ce sujet, bien que fort incomplètes, donneront une idée de l’extension du système.
- Par décision du 11 février 1895, M. le Ministre de la Marine a prescrit l’emploi du nouveau système de filetage pour les vis mécaniques à dater du 1er janvier 1896. A partir de cette date, les commandes de machines de toute nature doivent spécifier que les vis, boulons, etc., seront établis suivant les règles de la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale. Cette décision ministérielle est précédée de l’observation suivante :
- a La Marine a un intérêt tout particulier à l’adoption de mesures tendant à unifier, en France, l’outillage et les procédés de fabrication des pièces de machines comportant des filetages ; les divers services techniques des ports et établissements, consultés à cet égard par une circulaire du 16 septembre 1893, ont unanimement souhaité la réalisation, à bref délai, de la réforme projetée. »
- Les diamètres qui doivent être employés pour les constructions de la marine, sauf dans des cas exceptionnels, sont ceux de la série normale des vis principales du système, augmentée de tous les autres diamètres pairs jusqu’à 32 millimètres.
- A la suite de cette décision, les ateliers de la marine ont préparé l’outillage nécessaire pour les nouveaux filetages; ces ateliers ont établi un album très complet donnant toutes les dimensions des tarauds construits à cet effet.
- Par lettre du 17 juillet 1895, M. le Directeur de la Compagnie des chemins de fer de l’Est a informé le président de la Société d’Encouragement qu’il avait déjà prescrit l’emploi des filetages de la Société pour 14 locomotives en construction et pour 30 voitures commandées pour le compte du chemin de fer de ceinture à Paris, et que des calibres prototypes avaient été demandés à MM. Bari-quand et Marre, au mois d’aoùt 1894, en vue d’établir, dans les ateliers de la Compagnie de l’Est, l’outillage de fabrication et de vérification des nouvelles vis.
- M. le Directeur de la Compagnie des chemins de fer du Midi et du canal latéral à la Garonne annonce, par lettre du 24 février 1896, que 24 locomotives ont été commandées avec les filetages du nouveau système, et que les ateliers de la Compagnie reçoivent l’outillage nécessaire qui remplace successivement les anciens outils.
- M. l’In génieur en chef du matériel et de la traction des chemins de fer de l’Etat, par lettre du 20 juin 1895, annonce l’adoption des nouveaux filetages et le remplacement progressif des anciens.
- A la même date, M. l’Ingénieur en chef du matériel et de la traction de la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée a fait savoir à la Société d’Encouragement que les dispositions avaient été prises pour l’application du nouveau système aussitôt que possible; une série de calibres types et de tarauds mères a été commandée à cet effet à MM. Bariquand et Marre. Pour toutes les constructions neuves, les nouvelles vis seront seules employées;
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- dans l’entretien, elles seront substituées aux anciennes dès que celles-ci devront être remplacées. En général, aux pièces de diamètres impairs actuellement en usage, on substituera des pièces de diamètres pairs immédiatement supérieurs. La Compagnie de Paris à Lyon et à la Méditerranée emploiera normalement les diamètres de 6, 8, 10, 12, 14, 16, 18, 20, 22, 24, 26, 28, 30, 36, 40, 46,50, 56 millimètres.
- La Compagnie des chemins de fer de l’Ouest a, de même, adopté le système de la Société d’Encouragemcnt pour ses constructions neuves et pour le remplacement successif des anciennes pièces. Elle a commandé à MM. Bariquand et Marre l’outillage de vérification, ainsi que la Compagnie des chemins de fer du Nord. La Compagnie de l’Ouest emploie de préférence tous les diamètres pairs de 6 à 30 millimètres, puis les vis principales de 36, 42, 43 et 56 millimètres.
- MM. Brissonneau fils et A. Lotz, constructeurs à Nantes, ont informé la Société (le 14 juin 1895) qu’ils remplaçaient leurs outils usés de filetage et taraudage par des outils exécutés suivant les règles nouvelles. Ils ajoutent que prochainement tout leur outillage sera ainsi renouvelé « sans que la mise en application du nouveau système ait rencontré chez eux la moindre difficulté ».
- De même, la Société des ateliers et chantiers de la Loire avait déjà eu occasion d’appliquer (le 26 juin 1895), « sans aucune difficulté pratique », le nouveau système.
- La Société a été avisée de l’adoption du nouveau système de filetage par MM. Saulter, Harle et Gie; par la Société des forges et chantiers de la Méditerranée; par la Cia de Touage de la basse Seine et de l’Oise; par M. L. Demaux, constructeur à Toulouse; par MM. J. et A. Niclausse, qui déclarent (le 11 juillet 1895) « que le système de Tonification du filetage réalise un immense progrès » ; par la Cis anonyme des Forges de Châtillon et Commentry ; par la Cie des Hauts Fourneaux, Forges et Aciéries de la marine et des chemins de fer; par M. Nathan Bloch fils, de Paris, qui déclare avoir établi une série de types depuis 8 millimètres jusqu’à 25 millimètres, et en avoir fourni plusieurs maisons importantes, notamment MM. L. Seguin d’Argenteuil, Muller et Roger et A. Piat, de Paris.
- Sur cette liste, nous pourrions porter un grand nombre d’établissements que nous savons employer les nouveaux filetages, mais sans que la Société d’Encou-ragement en ait été avisée par lettres. La liste ne comprend pas d’ailleurs les noms d’industriels qui ont écrit à la Société pour demander divers détails sur le système de filetages, en se déclarant disposés à l’adopter; elle ne comprend pas non plus les noms des ingénieurs et des industriels qui ont déclaré se rallier aux propositions de la Société pendant ses enquêtes ou lors de sa décision finale.
- Il est clair, du reste, que l’adoption du nouveau système pour les constructions neuves de la marine et de la plupart des chemins de fer oblige les constructeurs
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- de machines et les fabricants de boulonnerie et d’outillage à être en mesure d’exécuter les filetages suivant ce nouveau système.
- Il serait fort intéressant pour la Société de connaître les noms de tous les industriels qui possèdent ainsi l’outillage nécessaire pour l’exécution des vis du nouveau type.
- Nous ajouterons quelques mots sur l’exécution des nouvelles vis. Les règles générales ne pouvaient fixer aucune valeur pour les jeux à prévoir dans l’exécution des boulons et des écrous et devaient se borner à l’indication de la loi fondamentale qui définit le profil théorique comme une limite infranchissable pour les deux pièces. Mais il y a grand intérêt à étudier les procédés à suivre pour appliquer sûrement cette loi, sans difficultés pratiques.
- Pour exécuter un boulon sur le tour à fileter, et un écrou à l’aide d’un taraud, si l’on prenait des outils construits suivant le profil limite, les angles de ces outils s’émousseraient bien vite ; il en résulterait, dans le fond des filets, des arrondis qui sortiraient du profil théorique aussi bien pour le boulon que pour l’écrou; le montage serait défectueux, les deux pièces se coinçant dans les angles. On est donc conduit à creuser un peu au delà du profil limite les filets des boulons et des écrous. L’outil de tour qui exécute le boulon devra donc découper un triangle moins tronqué que le profil limite; on adoptera, par exemple, un profil avec troncature du 16° de la hauteur du triangle primitif au lieu delà troncature au 8e (règle proposée par MM. Bariquand et Marre). Les angles de cet outil peuvent s’émousser sans que les petits arrondis qui en résultent au fond des filets viennent mordre sur le profil limite, et la légère réduction du diamètre au fond du filet que produit sur le boulon cet outil est insignifiante en pratique, au moins pour les boulons do diamètres usuels. L’extérieur des filets du boulon est tourné sans aucune difficulté à la cote prescrite, ou plutôt avec un diamètre moindre.
- De même, le taraud devra creuser au peu au delà du profil limite le fond des filets de l’écrou; le profil d’exécution du taraud pourra donc être prévu avec troncature du 16e de la hauteur du triangle primitif pour ses pointes saillantes. Il faudra, au contraire, avoir soin de respecter la troncature du 8° sur le fond des filets du taraud, afin d’être sur que le diamètre intérieur des filets de l’écrou ne soit pas trop grand. Il s’ensuit que l’outil de tour qui sert à l’exécution du taraud doit être prévu avec une troncature au 8e ou même plus forte, et que l’extérieur des blets du taraud doit être tourné avec un petit excès de diamètre.
- Le taraud mère, qui sert à tailler les filières pour l’exécution des boulons, doit être construit comme ces boulons.
- La Société d’Encouragement pense être prochainement en mesure de publier une note sur les procédés d’exécution et de vérification des vis nouvelles.
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- AGRICULTURE
- REVUE DES PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS AUX MACHINES AGRICOLES, PAR M.MaX.Rill-
- gelmgLiin,/rrofesseur à VEcole nationale d’agriculture de Grignon, directeur de la Station d’essais de machines, membre dé la Société.
- PREMIÈRE PARTIE
- Les machines agricoles n’ont pu se propager qu’à la suite de nouvelles circonstances économiques : la terre mieux cultivée demande plus de travaux, plus de soins, alors que le nombre des ouvriers agricoles reste stationnaire ou tend à diminuer. C’est pour répondre à ces besoins et suppléer au manque de main-d’œuvre que les machines font leur apparition obligatoire dans nos exploitations rurales (1).
- Il y a eu certainement des esprits inventifs qui devancèrent leur époque... On se préoccupait en Angleterre, dès la fin du siècle dernier, des machines à moissonner et plusieurs modèles furent proposés et même construits ; cependant, les fermiers de la Grande-Bretagne n’y attachèrent aucune importance, disposant à Eépoque de la récolte d’une main-d’œuvre suffisante fournie par des escouades d’Irlandais. Mais, lors du développement de la maladie de la pomme de terre, qui frappait directement les Irlandais dans la partie principale de leur alimentation, ce peuple fut tant éprouvé par la mortalité et diminué encore par l’émigration en Amérique que les fermiers anglais, ne disposant plus de main-d’œuvre suffisante, s’adressèrent aux mécaniciens pour leur demander les machines qu’ils avaient jusqu’alors dédaignées.
- Les cultures en lignes, dont l’éloge n’est plus à faire, avaient été proposées depuis longtemps par Patullo et par Jetro Tull, qui inventa un semoir et la machine connue sous le nom de « cultivateur »; Jetro Tull était trop avancé pour son époque, et ses tentatives d’améliorations, non en relation avec les conditions économiques d’alors, le conduisirent à la ruine; il laissa un livre sur les cultures sarclées, dans lequel il parle de la houe à cheval. En France, le semoir Hugues eut beaucoup à lutter contre le parti pris et contre le mauvais vouloir des agri-
- (1) L’emploi des machines est une question de vitalité pour la culture américaine; un seu chiffre en fera comprendre l’importance. Autrefois, une culture de 25 hectares de maïs nécessitait cinq hommes, sans compter les attelages; aujourd’hui, il suffit d’un seul ouvrier pour la même étendue, qui est mieux soignée et avec moins de fatigue. Il ne faut pas en conclure qu’on a diminué les ouvriers agricoles dans le rapport de 1 à 5, mais, qu’avec le même nombre de travailleurs agricoles, l’étendue cultivée s’est quintuplée.
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- AGRICULTURE.
- MARS 1896.
- culteurs, mais lui aussi eut le tort de venir trop tôt, car une machine perfectionnée ne peut être utilement employée qu’à la suite des .améliorations nécessaires apportées à la culture et aux procédés d’exploitation du sol.
- H y a là une harmonie qu’on doit observer sous peine de produire des inventions stériles, tout au moins pour un certain laps de temps; une machine, si perfectionnée qu’on la suppose, qui se produit avant que les circonstances économiques n’en permettent avantageusement l’emploi, réunit toutes les chances possibles pour ruiner son inventeur! Les inventeurs heureux, qui ont pu recueillir les bénéfices légitimes de leur travail, peuvent se compter; et, en étudiant leurs inventions, on voit toujours qu’elles répondaient à un besoin économique de leur époque.
- Il est incontestable que les progrès de la culture sont intimement liés à ceux des machines agricoles, et pourtant, dans le cours de l’histoire, nous ne pouvons que constater une amélioration très marquée dans la vie matérielle des travailleurs des champs; les machines agricoles ont donc contribué à l’amélioration du sort des ouvriers. D’après Vauban, « le commun du peuple ne mangeait pas de viande trois fois par an », et Bouchardat estimait, en 1849, que, dans la plupart des ménages de laboureurs et de vignerons, on mangeait de la viande deux fois par semaine (presque toujours c’était du porc salé), et encore la quantité était très faible : 100 à 150 grammes au plus par homme pour chacun des deux jours, alors, qu’à cette époque, le cavalier français en recevait 285 grammes. « 11 y a cent cinquante ans, ajoutait Bouchardat, 8 486 personnes vivaient misérablement ou mouraient de faim ou de froid sur le même pays qui en nourrit aujourd’hui 17 184 dans un bien-être admirable, si on le compare à l’état ancien. »
- L’emploi dans une localité, dans une région, d’une machine nouvelle, qui donne de meilleurs résultats sur les anciens procédés, a toujours pour effet de stimuler un certain nombre d’esprits qui cherchent à leur tour à faire une autre machine, ou à faire autrement avec des pièces différentes, sans souvent se préoccuper dé faire mieux. En général, les premiers sont étrangers aux choses de la culture, tandis que les seconds sont plus ou moins praticiens, et sont, par suite, initiés aux travaux agricoles.
- En principe, pour créer, pour réaliser un perfectionnement pratique dans les machines agricoles, l’inventeur ou le constructeur doivent posséder des connaissances suffisantes sur la culture, et plus ces connaissances sont étendues, plus il y a de chances de succès pour l’invention. Combien y a-t-il de personnes qui inventent un dispositif, un mécanisme quelconque, s’empressent de le faire breveter, puis, quand ellesarrivent à la période d’exécution, constatent que l’invention est inapplicable? Et l’on s’étonne que tant d’inventeurs aient perdu leur temps et leurs capitaux dans des recherches stériles^ faites dans le but d’améliorer les procédés d’une industrie qu’ils ignoraient !
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- En France, nos grands inventeurs de matériel agricole cultivaient par eux-mêmes : Dombasle, à Roville ; Moll, dans le Poitou ; Valcourt et Bataille, dans le nord de la France; Guillaume et Pluchet étaient agriculteurs aux environs de Paris ; des fabriques étaient annexées aux anciennes écolesnationales d’agriculture de Grignon et de Grand-Jouan, dirigées par Bella et par Rieffel ; une autre fabrique, celle de Bodin, était adjointe à la ferme-école des Trois-Croix, près de Rennes. Dès que le mouvementfut donné, on supprima, avecraison, ces fabriques officielles,et les ateliers privés s’organisèrent dans Jes centres agricoles importants; peu à peu, leur nombre augmente, leur rayon d’action s’étend, non seulement parce que ces ateliers existent, mais surtout parce que l’instruction du cultivateur s’améliore.
- Un certain nombre de jeunes gens qui sortent de nos écoles d’agriculture rentrent dans la pratique et cultivent sur les différents points du territoire ; ils cherchent à appliquer chez eux les machines et les procédés qu’ils ont pu étudier et apprécier à l’école; et, si leur choix a été judicieux, si le succès a couronné leur œuvre, la démonstration pratique qu’ils ont faite trouve des imitateurs chez leurs voisins; le progrès gagne ainsi de proche en proche. On peut chercher dans toutes les questions qui nous intéressent, on y trouvera toujours le résultat, à plus ou moins longue échéance, de l’enseignement agricole.
- En résumé, un grand nombre d’inventions de machines agricoles sont faites par les cultivateurs; familiarisés avec les besoins de leur art, les agriculteurs sont en excellente situation et ont la connaissance nécessaire pour indiquer les désidérata aux mécaniciens, qui doivent à leur tour donner au problème sa réalisation pratique.
- Mais il ne s’agit pas seulement de vouloir faire des machines nouvelles, il faut pouvoir les établir; aussi on comprend que d’anciens systèmes, même très bien conçus, n’aient jamais pu recevoir d’exécution par suite des procédés rudimentaires employés à leur époque dans la fabrication. En effet, si nous venons de voir qu’il doit exister un rapport entre la culture et les machines perfectionnées, il faut qu’il y ait aussi une autre harmonie entre ces machines et la construction : le perfectionnement des machines agricoles n’a pu avoir lieu qu’à la suite du perfectionnement des industries métallurgiques, des machines-outils et des procédés généraux de la construction mécanique.
- L’association de l’agriculteur et du mécanicien est indispensable; nous la constatons dans les bonnes manufactures de machines agricoles, dont les chefs, toujours en relations avec leur clientèle, tiennent compte des observations judicieuses qui leur sont faites, modifient et améliorent sans cesse leur matériel, non seulement à leur bénéfice, mais aussi au profit de l’agriculture nationale.
- Dans notre rapide revue, nous ne chercherons pas à faire la description de toutes les nouvelles machines, mais nous nous proposons de fixer les idées (par
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- quelques exemples pris dans chaque groupe) sur les progrès accomplis ou les modifications apportées durant ces dernières années au matériel agricole.
- Machines destinées à la 'préparation du sol. — Le défoncement, préconisé il y a déjà très longtemps, avait été abandonné par la pratique courante. La charrue Vallerand, nommé la Révolution (en 1852), est restée classique : pesant de 300 à 350 kilogrammes et attelée de douze forts bœufs, elle pénétrait à 0m,30, 0m,40 de profondeur. A la ferme de Mouffïaye, ce labour profond revenait tous les cinq ans au début de la rotation, mais cet accroissement brusque de l’épaisseur de la couche arable, conduisant à enfouir une trop grande quantité de ma-
- Fig. 1. — Treuil Bajac.
- tières fertilisantes, fut remplacé avec succès par le fouillage, qui consiste à ameublir le sous-sol sans le ramener à la surface du labour.
- Plus récemment, cette question des labours profonds a été reprise lorsqu’il s’est agi de la reconstitution de nos vignobles. Après avoir reconnu que les nouvelles plantations de vignes américaines ne réussissaient que dans les sols ameublis à une grande profondeur afin de faciliter le développement de leur puissant système radiculaire, les viticulteurs ont demandé aux mécaniciens d’établir des machines capables d’effectuer ces labours profonds.
- Cet exemple prouve, une fois de plus, que le mécanicien n’impose pas la machine qu’il construit, mais qu’elle est exigée par le consommateur, qui, très souvent, n’agit pas avec l’idée de progrès, mais bien parce qu’il y est contraint par des considérations d’ordre économique, par suite des modifications qu’il doit apporter à ses cultures. Ce n’est pas, comme l’on dit, la machine qui « casse les bras » de l’ouvrier, mais le manque d’ouvriers qui appelle la machine.
- Pour la reconstitution des vignobles, le labour profond ne doit pas s’effectuer comme celui de la ferme de Mouffïaye, où il faisait régulièrement partie des façons
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- culturales de l’assolement; pour les vignes, le labour profond est une amélioration foncière qui ne s’effectue qu’avant la plantation, et ne se renouvellera qu’après la destruction du vignoble, dans vingt-cinq ou trente ans peut-être; on peut donc consacrer plus de temps pour labourer un hectare, car il faut abandonner l’encombrant et coûteux attelage des six paires de bœufs qui étaient nécessaires à la conduite de la Révolution; aussi les constructeurs ont-ils adopté un manège mû par un ou deux animaux ; ce manège commande directement un
- Fig. 2. — Charrue pour labour de défoncement Bajac.
- treuil à axe vertical, sur le tambour duquel s’enroule le câble ; arrivé à l’extrémité de la raie, la charrue (qui ne verse que d’un seul côté) est tirée par un animal et ramenée ci vide à l’autre extrémité du champ. Tel est le principe des treuils de M. de Bauquesne et des systèmes dérivés.
- Nous citerons comme exemple le treuil à manège de M. Bajac (fig. 1); la figure 2 donne la vue générale d’une des fortes charrues nécessaires à un semblable chantier.
- La figure 3 donne la vue générale d’un appareil à défoncer, avec le treuil ancré, relié par un câble avec la charrue.
- On a cherché à faire faire le retour à vide de la charrue par un câble plus
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- petit, enroulé sur un tambour spécial embrayé en temps voulu ; cette disposition, qui compliquait l’installation et augmentait le prix d’achat du matériel, ne s’est pas répandue dans la pratique. Le principe d’un semblable chantier peut être représenté par la figure 4. Les flèches B du treuil T peuvent s’embrayer par deux clavettes, soit avec le tambour de halage D, soit par engrenages, avec une
- Fig. 3. — Chantier de défoncement à treuil Guyot.
- poulie E à grande gorge, dans laquelle s’enroule le câble b de retour, qui passe sur une poulie m de renvoi ; dans la période de labour, la charrue L travaille suivant mT et est tirée directement par le câble a qui s’enroule sur le tambour de halage D; lors du retour à vide, les flèches B sont mises en relation avec la
- Fig. 4. — Plan d’un chantier de défoncement : treuil avec câble de retour.
- poulie E, qui, par le câble b, rappelle vers le point m la charrue L; à la fin de chaque raie, la machine T est déplacée (suivant la flèche /) par un petit treuil de halage; la poulie m est également déplacée d’une quantité correspondant à la largeur de la raie.
- On a également essayé d’employer des doubles treuils à manège permettant le labour dans les deux sens, mais les frottements du câble sur le sol et sur la
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- poulie de renvoi abaissent beaucoup trop le rendement mécanique du système pour qu’il soit d’un emploi économique; il est préférable d’employer deux treuils simples, analogues à ceux précédemment décrits, et placés chacun aux deux extrémités du champ.
- Pour opérer plus rapidement, les gros propriétaires et les entrepreneurs ont recours à des treuils actionnés par une locomobile à vapeur ou à pétrole; la figure 5 représente un.de ces treuils mus par courroie; selon la puissance de la locomobile, on peut défoncer un hectare en deux ou trois jours. Le câble qui
- Fig. 5. — Treuil à moteur Vernette.
- s’enroule sur ce treuil passe dans une poulie de renvoi qu’on déplace, à chaque raie, sur un des côtés du champ. Le retour à vide de la charrue est assuré par un cheval.
- On a proposé également des treuils reliés directement à la locomobile, l’ensemble étant fixé sur un chariot qu’on déplace à chaque raie parallèlement au champ à défoncer; tel est le principe du treuil Guyot représenté par la figure 6.
- Les différents systèmes que nous venons d’examiner rapidement ne servent qu’à des travaux d’améliorations foncières, et non à des façons culturales courantes. La culture mécanique du sol préoccupe depuis longtemps le monde agricole, et la réalisation du problème a tenté, pour la première fois, les mécaniciens
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- anglais vers 1835; dès 1862, six systèmes étaient expérimentés en Angleterre (Bovdell, Smith, Fowler, Rickett, Romaine et Halket).
- La diminution du prix de revient des travaux et l’augmentation des rendements peuvent seules permettre à l’agriculture européenne de lutter efficacement contre les cultures américaines; aussi le travail du sol à l’aide de machines actionnées par des moteurs autres que les moteurs animés (ceux-ci transformant leurs aliments en viande, lait, etc., au lieu de les transformer en travail) ne peut que s’imposer dans l’avenir pour les domaines de moyenne ou de grande étendue,
- la culture à bras ou au moyen d’attelages semblant être réservée aux petites exploitations.
- Nous avons montré (1) qu’au point de vue mathématique, la culture mécanique du sol conduit à une dépense supplémentaire de travail, et le tout est de savoir si ce travail peut être fourni par le mécanisme à un prix plus bas que celui demandé à un attelage (2).
- (1) Journal d’Agriculture pratique, 1895,1, page 89.
- (2) Ainsi, par exemple, au lieu de 750 kilogrammètres que nécessite, par mètre d’avancement, une charrue à trois raies tirée par un attelage suffisant, il faut dépenser 2 000 kilogrammètres pour le même travail si l’on emploie des intermédiaires : câbles qui traînent à terre, poulies de renvoi, treuils et mécanisme de transmission du treuil au moteur; il faut chercher, dans chaque cas particulier, le prix comparatif des 750 kilogrammètres fournis par un attelage et des 2000 fournis par un moteur inanimé, à vapeur, à pétrole, etc., etc.
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- Pendant longtemps, on ne s’est préoccupé que de la culture à vapeur, et les nombreux systèmes employés ou proposés en Europe dérivent de deux types anglais : celui à deux locomotives se déplaçant parallèlement aux bords du champ et celui à une locomobile-treuil, fixe ou mobile, en se halant sur une des fourrières; la pratique n’emploie que le premier système, le second présentant trop d’organes intermédiaires qui ont pour résultat d’abaisser le rendement final.
- Aux États-Unis, les grandes fermes sont encore en nombre suffisant pour attirer l’attention des agriculteurs et des mécaniciens sur la culture mécanique,
- Fig. 7. — Chantier de labourage à vapeur en Amérique.
- aussi propose-t-on tous les jours de nouveaux systèmes. Nous nous rappelons avoir assisté, à la fin de juillet 1893, dans la ville de Chicago, à la 123e rue (c’est-à-dire en plein champ, au bord du lac Calumet), à des essais d’une charrue à vapeur, qui, comme toujours, était la plus grande et la plus forte charrue du monde! et nous avons rapporté des documents photographiques montrant que les socs rotatifs soulevaient la terre à une hauteur de 5 mètres et la projetaient en arrière à 7 mètres de distance; ce n’était pas une machine à labourer, mais plutôt une machine à aérer le sol !...
- En général, les Américains condamnent avec raison les systèmes anglais ou dérivés, dans lesquels la charrue est tirée par un câble métallique qui s’enroule sur un treuil à vapeur fixe ou locomobile, comme étant des appareils qui exigent
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- trop de personnel et de matériel. Les machines employées aujourd’hui sont analogues au système représenté par la figure 7 (1) : une locomotive routière est attelée directement à une charrue à 6 raies (fig. 8) qu’on relève à l’extrémité des
- Fig. 8. — Charrue à six raies pour labourage à vapeur.
- sillons à l’aide de leviers ou d’une petite grue à vapeur solidaire de la routière et actionnée par la machine. La routière a une puissance de 10 chevaux envi-
- Fig. !). — Plan d’un chantier de labourage électrique Zimmermann.
- ron, et, d’après les renseignements que nous avons pu obtenir, elle peut labourer de 4 à 6 hectares 40 ares par jour.
- Un point sur lequel il est bon d’appeler l’attention des agriculteurs est qu’on compare très souvent le prix de la culture à vapeur à celui de la culture attelée en se basant sur un labour de 0m,3§ à 0m,40 de profondeur. Ce travail n’est pas
- (1) L’Agriculture en Amérique, conférencî du k mars 1894. Annales du Conservatoire des Arts et Métiers.
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- courant dans la pratique, c’est un défoncement, un défrichement qui ne se répète qu’à de longs intervalles sur la même sole, et, par conséquent, cette opération ne peut être considérée que comme une amélioration foncière au même titre que le drainage par exemple.
- Le véritable programme de la culture mécanique est de pouvoir remplacer, en grande partie tout au moins, la culture attelée, en permettant aux animaux de la ferme d’utiliser la protéine de leur ration alimentaire à la production de la viande, à la condition que les kilogrammètres demandés au moteur reviennent à un prix inférieur à ceux fournis par les attelages; il faut, en outre, que cette
- Fig. 10. — Charrue électrique Zimmermann. Élévation.
- culture mécanique puisse être effectuée économiquement pour tous les labours de 0rn,2S comme de 0m,10 de profondeur.
- En vue d’économiser le prix de revient de la puissance motrice, on a cherché à utiliser les moteurs hydrauliques en transmettant leur puissance dans les champs par des câbles (système Fisken et dérivés); puis on s’est adressé aux machines fixes en adoptant la transmission de l’énergie par l’électricité.
- La première tentative de labourage électrique a été faite en 1879, par MM. Chrétien et Félix, sur les terres des environs de la sucrerie de Sermaize (Marne). En Italie, à la ferme de Fraforéano (Frioul), on utilise un appareil à labourer du système Howard, dans lequel le treuil est actionné par une dynamo réceptrice montée en locomobile. Dans la première semaine d’octobre 1894, on Tome 1. — 9o° année. 5e série. — Mars 1896. 24
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- a essayé, aux environs de Halle-sur-Saale (Saxe) une nouvelle charrue électrique de la manufacture Zimmermann et Cie, de Halle (1).
- En principe, l’installation Zimmermann comprenait une locomobile A (fig- 9) d’une puissance de 12 à 14 chevaux, actionnant une dynamo génératrice B; le courant était envoyé à travers champs par deux conducteurs G, supportés par de petits chariots B; les conducteurs étaient reliés à une réceptrice fixée sur la charrue-balance D, la réceptrice actionnait une roue à empreintes, ou noix, qui halait la charrue sur une chaîne a b, fixée aux deux extrémités de la raie. Comme on le voit, dans ce système, il n’y a pas de treuil ni de
- e
- Fig. 11. — Charrue électrique Zimmermann. Profil.
- câble, et la charrue, qui porte sou moteur, se remorque sur la chaîne à la façon des bateaux loueurs des services de la navigation lluviale.
- Les câbles électriques sont recouverts d’une épaisse gaine isolante de gutta-percha ; ils sont supportés de place en place par de légers chariots B, manœuvres par un enfant. Le câble se déplace eu travers du champ, entraîné par la charrue, et oscille suivent le tracé indiqué eu pointillé en G' G" ; il y a quatre de ces chariots; mais, dès que la longueur a b du champ dépasse 200 mètres, il faut adopter cinq ou six chariots afin d’éviter l’usure due aux frottements du câble sur le sol.
- Les câbles m s’attachent à la charrue-balance aux deux isolateurs a (fig. 10 et 11), se rendent de là au rbéoslat R, manœuvré, du siège S, par la tringle t et
- Ml .hmrml d-ajricultiirr pratique, 1896, 1. 8a,
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- la roue à contacts A; du rhéostat, le courant est envoyé à la dynamo réceptrice B (qui est à quatre pôles) ; la dynamo B est à changement de marche. L’axe de l’induit porte un pignon h, qui engrène avec la roue cl, calée sur un axe horizontal solidaire avec la noix à empreintes D, sur laquelle passe la chaîne calibrée C, guidée par les galets f et y.
- Dans le mouvement indiqué par la llôche F, le brin C de la chaîne est tendu en avant de la charrue; le brin d’arrière G' est lâche et passe sur le rouleau r et
- 12. — Plan d'un chantier de labourage électrique.
- la poulie p atin d’être dévié horizontalement puis posé sur le sol (sur le guéret) dans l’axe de la traction que présentera la charrue lors du retour.
- A l’extrémité de la raie, on arrête le mouvement de la dynamo B, on bascule la charrue et l’on change, par le commutateur A, le sens de rotation de la dynamo. Dans cette période de travail, le brin G' de la chaîne est tendu et le brin G se trouve dévié latéralement en passant sur le rouleau / et la poulie p'.
- L’entrure de la charrue et son équilibre dans le plan transversal sont assurés par les vis verticales dont on voit les écrous à manettes en r;la rectitude des lignes, c’est-à-dire la direction dans le plan horizontal, est donnée par le conducteur à l’aide du volant H, qui agit sur l’obliquité des roues porteuses NN', comme dans toutes les charrues-balances employées dans les appareils du labourage à vapeur.
- La ligure 11 donne la coupe transversale de la charrue, et nous n’insisterons
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- pas sur les détails accessoires : dents fouiileuses n, roues de réglage et de transport il, etc.
- D’après nos calculs (1), le rendement de l’appareil Zimmermann serait de
- Charge
- tTT.
- llililililllililiiiliii
- ! 'illlif
- Câble, de trachok
- Câblé, de
- tambour des cibles èlecM
- Fig. 13 et 14. — Élévation et plan du treuil électrique.
- od p. 100 ; au sujet du fonctionnement, le laboureur est maître de sa charrue en agissant sur le rhéostat, et il n’a pas besoin de faire des signaux ou de crier au mécanicien ; on peut donc travailler par les temps de brouillard ou même pendant la nuit à la lumière électrique si l’on était pressé. Pour le même motif, on
- (1) Journal d’Agriculture pratique, 1895, 1. I, p. 89.
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- peut fonctionner dans les terres accidentées, alors que, dans les systèmes à vapeur, il faut que le laboureur et le mécanicien puissent toujours se voir. Enfin le matériel, relativement léger, ne présente pas de difficultés de transport, si ce n’est la chaîne calibrée.
- Une récente installation a été faite chez M. Félix Prat. à Enguibaud, près Saint-Paul-Cap-de-Joux (Tarn), par M. P. Tailhades, ingénieur à Toulouse (1). Un ancien moulin fut restauré, et on y établit une turbine à cloche pouvant développer de 20 à 30 chevaux sous une chute de 7 mètres. La turbine commande deux dynamos Gramme, l’une de 40 ampères sous 375 volts pour la transmission de la puissance, l’autre de 30 ampères et 120 volts pour l’éclairage. La ligne électrique aérienne est reliée à une réceptrice fixée sur le treuil (fig. 12) qu’on déplace le long du champ à labourer.
- Le chantier de défoncement comprend le treuil T (fig.';12), commandant la charrue G par le câble t, dans sa période d’action de a en b, la charrue versant à droite, la partie labourée étant en M. Le câble dejretour r passe sur les poulies d ei a \ cette disposition est prise pour diminuer la résistance du câble et pour qu’on n’ait pas besoin de déplacer la poulie d à chaque raie. La poulie d est maintenue par une ancre h qu’on avance, suivant le sens de la flèche 1, au fur et à mesure des besoins. La poulie de renvoi a est attachée à une chaîne fixée aux ancres / et g ; on la déplace à chaque raie sur la chaîne g f. Le treuil T est déplacé, dans le sens de la flèche 2, lors des retours à vide de la charrue G; le treuil est relié à la ligne fixe aérienne L par les conducteurs souples n.
- Les treuils (fig. 13 et 14) sont actionnés par une réceptrice Gramme A, marchant à raison de 700 tours à la minute (325 volts et 40 ampères); un train d’engrenages (1-2, 3-S-6-7, -4-8-9-10) réduit cette vitesse aux’treuils T et R; deux embrayages à frictions a, manœuvres par deux leviers L, permettent d’actionner l’un ou l’autre treuil sans arrêter la dynamo A. Les treuils T et R sont munis de freins automatiques à ruban qui agissent pendant le déroulement du câble.
- A proximité de la réceptrice A, se trouve placé le tableau de distribution R (en ardoise), comprenant, en outre des appareils ordinaires, un rhéostat dit block-système, construit spécialement pour cette application; ce rhéostat permet de régler graduellement la résistance et empêche la rupture du courant sans l’introduction des résistances totales. Les bornes du tableau B sont reliées à la ligne fixe aérienne par deux conducteurs bien isolés, de 200 mètres de longueur, réunis sous la même enveloppe; ce câble, enroulé sur un tambour en bois G, fait prise de courant sur la ligne fixe par deux étaux à griffes en cuivre; il est supporté dans le champ par des poulies en bois fixées à des pieux enfoncés en terre. Un
- (I) Journal d’Agriculture pratique, 1893, t. II, p. 329-376.
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- autre petit treuil D sert à emmagasiner les fils de la sonnerie qui communiquent avec l’usine, de sorte que l’ouvrier chargé de la conduite du treuil peut, à chaque instant, être en relation avec celui qui conduit l’usine motrice, et peut lui indiquer, par des sonneries convenues d’avance, ce qu’il y a à faire pour la mise en marche, l’arrêt, ou pour tout autre cas.
- La stabilité du treuil est assurée par un coffre K, en bois, dans lequel on met une charge de terre ou d’autres matériaux (pierres, etc.). L’ensemble électrique est protégé par une toiture en bois recouverte de carton bitumé (non représentée dans les figures précédentes). La vue d’ensemble du treuil (fig. 15) représente
- Fi<r. la. — Treuil électrique.
- les engrenages à chevrons de la transmission; en dessous des leviers de manœuvres des embrayages, on voit un essieu transversal, fixé au bâti, destiné à recevoir des roues porteuses lors des grands déplacements du treuil (de la ferme aux champs, et réciproquement).
- Les cables / et r passent sur des poulies de renvoi P et P, fixées au bâti m du treuil ; l’ensemble repose sur quatre galets b, qui se déplacent dans des rails d en fers en U ; ce déplacement s’effectue (toutes les trois ou quatre raies) en faisant hâler le bâti par un petit câble en chanvre fixé à un piquet enfoncé en terre, que l’ouvrier enroule à la main, au moment voulu, sur la poupée n, montée sur l’axe du treuil de retour R.
- En septembre 1895, M. Tailhades apporta quelques perfectionnements au premier treuil dont nous venons de donner la description. La commande du treuil fut faite par poulies et courroie; pour cela, la dynamo A (voir la fig. 13)
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- a été placée sur le cadre m du treuil, du côté G, à l'opposé des tambours d’enroulement T et R des câbles de la charrue. Le tableau B le distribution est resté à la même place, mais la caisse de charge K a été portée entre le treuil et la dynamo. Ces modifications, tout en équilibrant mieux le Leuil, ont permis de supprimer les vibrations qui se répercutaient sur les balais du collecteur. La dynamo a été montée sur des glissières pour permettre en marche le réglage de la tension delà courroie, qui, d’ailleurs, est enfermée afin d’être protégée contre faction de la pluie ou du soleil.
- Le câble de traction a 250 mètres de longueur, cehi de retour a 550 mètres;
- Fig. 16. — Charrue Oliver (Th. Pi]ter).
- le conducteur électrique qui relie la réceptrice à la ligne fixe a 200 mètres de longueur; on peut donc labourer sur une largeur maximum de 400 mètres sans déplacer les griffes du conducteur électrique fixe ; la lcngueur de la raie pouvant être au maximum de 450 mètres (partie à droite, partie à gauche de la ligne fixe), on peut, sans déplacer les lignes précitées, labourer une superficie de 18 hectares au maximum. En changeant plus souvent les griffes de place, on peut labourer à droite et à gauche de la ligne une largeur de 800 mètres, soit une surface de 80 hectares, au maximum, par kilomètre de ligne fixe.
- La charrue Pelous, employée à ce chantier, ne verse la terre que d’un seul côté; à l’aller (en travail) comme au retour (à vide), ele est dirigée parle laboureur placé sur un siège.
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- Pour montrer avec quelle facilité se manœuvrent ces appareils électriques, il est bon d’ajouter que, dès le troisième jour des essais, l’usine, le treuil et la charrue furent conduits par le personnel de la propriété et que le matériel a toujours fonctionné sans incident (1).
- Yoici quelques chiffres fournis par M. Tailhades au sujet du prix de revient du travail.
- Capital dépensé pour l’achat du matériel, le montage, les frais de préparation des locaux............................................................... 30 000 fr.
- Labouraf/c :
- Nombre de jours de travail par au............................... . 120
- Surface labourée par an, à raison de 33 ares par jour, en tenant
- compte des arrêts et des déplacements du matériel.............40 hectares.
- Ouvriers :
- Un homme à l’usine génératrice ... 3 fr.
- Un homme au treuil....................3 fr.
- Un homme à la charrue.................3 fr.
- Un aide...............................2 fr.
- 1 i fr.
- Frais annuels :
- Amortissement ducapital...................................... 3 000 fr.
- Main-d’œuvre 120 x 11........................................ 1 320 fr.
- Huiles et divers............................................. 100 fr.
- Total . . 4 420 fr.
- pour 40 hectares, soit 110 francs par hectare, chiffre bien inférieur au prix de revient de tout autre système de défonçage, même si on y ajoutait le bénéfice que prennent les entrepreneurs possédant un matériel qu’ils louent (2).
- Des essais doivent être tentés lors de la prochaine récolte de fourrages; il est très facile, en effet, de concevoir le travail d’une faucheuse ordinaire comme celui de la charrue, en lui faisant faire le retour à vide; la machine nécessiterait une bien plus faible puissance que la charrue, à une époque qui correspondrait à l’étiage et, par conséquent, à une faible puissance de la turbine ; c’est donc avec plaisir qu’on peut prévoir la prochaine tentative, en France, du fauchage à l'électricité.
- La charrue, dite brabant double, composée de deux corps complets de charrue superposés et placés symétriquement par rapport à un axe commun relié à
- (1) Dans celte revue générale, nous laissons de côté l’examen des appareils électriques et les calculs relatifs à ces installations que nous avons examinées en détail dans le Journal cVAgriculture pratique, 1893, t. I, p. 89; t. Il, p, 329-376.
- (2) Le labour de 0m,50 x 0m,60, avec un treuil à manège revient au moins à 200 francs l’hectare.
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- un support, continue à se répandre en France, où elle jouit d’une juste réputation; certains constructeurs de l’Angleterre et de l’Allemagne ont bien fait quelques tentatives dans ce sens ; mais leurs modèles à avant-train n’ont pas la stabilité de nos excellentes charrues françaises. L’avantage que présente notre brabant double est que l’homme n’intervient qu’aux tournées pour basculer la charrue, ce qui se fait sur place et très rapidement. Il n’y a, à proprement parler, qu’un conducteur d’attelage au lieu d’un laboureur ; et, comme il ne se fatigue pas
- Fig. 17. — Charrue South Bend (J.-S. Duncan).
- sur les mancherons, il presse pins ses animaux, perd moins de temps aux tournées, et, avec les mêmes frais, effectue plus de travail par jour. Les avantages de ces charrues, que nos constructeurs établissent d’une façon parfaite, les ont fait adopter dans toutes les exploitations améliorées à culture intensive. La propagation des brabants doubles a entraîné celle des charrues ne versant la terre que d’un seul côté, mais présentant les mêmes dispositifs de réglage, et, par suite, la même stabilité (charrues à supports, dites brabant simple).
- Alors que, suivant notre classification, l’Angleterre conserve la charrue à supports, l’Allemagne et l’Autriche la charrue à avant-train, l’araire, qui atteint son apogée en France avec Mathieu de Dombasle, cède de plus en plus devant nos brabants doubles.
- On retrouve un emploi presque général de l’araire dans les régions de l’est
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- des États-Unis et dans le sud du Canada, où l'ouvrier agricole doit être habile et doit manœuvrer les différentes machines avec une grande dextérité (1) ; dans un grand nombre de localités, les souches d’arbres sont laissées en plein champ, coupées à 0m,b0-0m,60 de hauteur au-dessus du sol; nous avons vu fréquemment des champs labourés où l'on pouvait compter plus d’une centaine de souches à l’hectare; de temps à autre, on tente de les détruire par le feu, mais les racines s’étendent toujours dans le voisinage à une faible profondeur; c’est dans ces régions qu’on emploie surtout les araires, qui sont, de toutes les charrues, les plus sensibles à l’action de l’homme sur les mancherons. Il faut, pour cultiver
- Fig, 18. — Scarificateur Bornet-Cliavoy.
- le sol, tourner autour des souches, et la plus grosse difficulté réside dans les travaux de récolte.
- C’est toujours, aux Etats-Unis, le même objectif : le prix élevé de la main-d’œuvre rurale oblige l'agriculteur à utiliser les machines, à en modifier souvent le travail et l’emploi pratique; ainsi, avec les charrues ne versant la terre que d’un seul côté, au lieu de labourer en planches afin de perdre moins de temps aux tournées, on cultive, quand on le peut, en tournant tout autour du champ; on enraye tantôt sur la périphérie, tantôt au centre de la pièce de terre. Ce labour fut autrefois préconisé en France par Fellemberg.
- Avec ce mode de travail, les attelages soufflent moins aux tournées, mais il faut tenir compte qu’on attelle, en Amérique, trois chevaux aux charrues qui, chez nous, n’auraient, pour les mêmes dimensions et la même terre, que deux moteurs. Enfin, dans les Etats où l’on trouve difficilement des laboureurs, on
- (1) Kinghlmann, Comité 3, rapport sur les machines et instruments agricoles à l’exposition de Chicago. Ministère du commerce.
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- a recours aux charrues-tilbury. Ces machines, montées sur deux ou trois roues (fig. 16 et 17), portent le conducteur comme les faucheuses. Un levier de manœuvre règle l’entrure comme dans les charrues multiples; un enfant, pourvu qu’il sache conduire un attelage, suffit au travail. Dans le North-Dakota, les charrues-tilbury, à deux raies, sont attelées de cinq à six mules; souvent les chantiers de labourage des grandes cultures de blé de cette région comprennent une dizaine de ces charrues, qui se suivent à 7 ou 8 mètres de distance, sous la conduite d’un surveillant à cheval ou en buggy.
- Les machines destinées à effectuer les pseudo-labours (scarificateurs, culti-
- Fig. 19. — Cultivateur Massey,
- valeurs, extirpateurs), qui étaient autrefois désignées sous les noms de batailleurs, griffons, herses Dombasle, se sont répandues dans les pays de culture avancée ; elles sont l’auxiliaire de la charrue, mais ne labourent pas dans toute l’acception du mot; elles ne font que remuer, diviser et émietter le sol.
- Les types dérivés du Bataille restent en usage en France, alors que la culture anglaise emploie de préférence ceux dérivés de la machine Coleman.
- L’attention de nos constructeurs, dans ces dernières années, s’est portée sur le mode de fixation des dents sur le bâti (qu’ils cherchent à rendre aussi résistant que possible) et sur les appareils de déterrage, qui exigent de l’ouvrier un travail d’autant plus élevé que la culture est énergique ; on cherche à accélérer ce travail en remplaçant les vis ou les leviers multiples par un seul levier, mais on
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- est conduit à adopter certains organes intermédiaires; à ce sujet, dès 1888, M. E. Puzenat imaginait un levier solidaire d’un pignon qui engrène avec un secteur denté lequel commande directement l’essieu coudé d’arrière, et qui agit, par une chaîne, sur le relevage cle l’avant du bâti. D’autres constructeurs (Bernet-Charoy, 1892) remplacent le levier par une manivelle agissant, par un pignon, sur un secteur denté calé sur l’essieu coudé des roues d’arrière (fig. 18) ; vers la denture, le secteur est relié avec la chaîne qui commande l’avant du bâti.
- Parmi les cultivateurs employés en Amérique et au Canada, citons la machine Massey (fig. 19), d’une grande légèreté apparente; sur le bâti, attelé à la façon
- Fig. 20. —• Pulvériseur Th. Piltcr.
- des faucheuses, se trouvent articulés un certain nombre de châssis rectangulaires garnis de lames flexibles, recourbées, terminées par des palettes. D’après nos expériences, faites à la Station d’essais de machines, on peut cultiver, par heure sur un labour d’automne, 34 ares avec 2 chevaux (profondeur 70 millimètres), ou 25 ares avec trois chevaux (profondeur 175 millimètres). La. courbure des lames porte-dents leur permet de prendre une direction presque rectiligne sous un grand effort de l’attelage; leur flexibilité dans le plan vertical leur permet de suivre les inégalités du sol et empêche la machine de bourrer.
- Les pulvériseurs sont employés, depuis quelques années, en Angleterre et surtout en Amérique pour donner au sol déjà labouré une culture superficielle; ces machines, qui se répandent chez nous depuis l’Exposition de 1889, sont constituées par des disques en tôle d’acier légèrement emboutis, fixés sur un axe horizontal (fig. 20); la machine se compose de deux axes qui peuvent, par un levier,
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- s’obliquer plus ou moins par rapport à la flèche. Quand les deux axes sont dans le prolongement l’un de l’autre et perpendiculaires à la flèche, les disques pénètrent très peu dans le sol ; si on leur donne une inclinaison, comme le représente la figure 20, chaque disque découpe et retourne une bande de terre. Dans certaines machines, les disques sont pourvus de quatre à six palettes concaves ; ces types se rapprochent ainsi de la défonceuse Guihal et des herses roulantes ou norvégiennes (pulvériseurs Morgan). Dans le même ordre d’idées, il y a lieu de men-
- Fig. 21. —• Distributeur d'engrais Ë. Puzenat.
- tionner le rouleau-bineur (M. Michel aîné, 1895), formé d’un cylindre dont les génératrices sont garnies de dents en fer rond implantées suivant des cercles parallèles; le nettoyage est assuré par des grattoirs inclinés. En tournant, les dents pénètrent dans le sol, l’ameublissent sur une certaine profondeur, et cela d’une façon plus énergique que les herses norvégiennes et les rouleaux Crosskill.
- Nous n’avons rien de particulier à signaler au sujet des herses et des rouleaux, aucun perfectionnement saillant n’ayant été apporté durant ces dernières années ; en général, la construction française de ces machines est irréprochable, tant au point de vue de la nature des matériaux qu’à celui des ingénieux dispositifs d’assemblage des différentes pièces constitutives.
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- Machines destinées aux ensemencements et aux cultures d’entretien. — Dans l’examen de ce groupe de machines, nous comprendrons celui des distributeurs d’engrais, lesquels, suivant les conditions culturales, fonctionnent à l'automne, avant les semis, ou au printemps, après la levée des plantes.
- Pour les engrais de ferme, on a proposé à maintes reprises des enfouisseurs de fumiers, montés sur les charrues et rejettent l’engrais soit dans la raie qui a été précédemment ouverte (organes placés en avant du corps de charrue), soit dans le sillon que vient d’ouvrir le versoir (organes placés en arrière, vers les
- Fig. 23. — Plan du fond mobile du distributeur d'engrais E. Puzenat.
- mancherons) ; ces appareils, qui économisent la main-d'œuvre, ne se sont pas propagés en France. Il en est de môme de la machine américaine de Kemp, Burpee and G0, qui avait pour fonction de transporter et de répandre uniformément le fumier à la surface des champs.
- La vulgarisation des engrais chimiques sous l'impulsion des recherches scientifiques relativement récentes, des associations et syndicats agricoles qui en facilitent l’achat, et des stations agronomiques qui en contrôlent la valeur, a eu pour conséquence la généralisation de l’emploi des distributeurs d’engrais. L’agriculture réclame depuis longtemps un bon modèle pouvant distribuer tous les engrais, secs ou humides, aux doses indiquées. Nous pouvons poser, qu’en règle
- Fig. 22. — Coupc du distributeur d’engrais E. Puzenat.
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- générale, tous les distributeurs proposés sèment d’une façon satisfaisante les engrais socs, mais il n’en est plus de môme si l’on considère des engrais humides ou légèrement pâteux, qui encrassent les organes et arrêtent la distribution. Les légitimes succès remportés en 1889, aux essais de Noisiel, par le distributeur dit à hérisson (Ch. Faul) ont eu pour conséquence d’engager les différents constructeurs dans cette voie; certains ont bien établi leur machine avec un amenage continu, régulier et automatique de l’engrais qui est présenté, en couches d’épaisseur variable, à l’action distributive de l’arbre garni de broches; mais d’autres constructeurs ont adapté l’arbre à hérisson à de mauvais appareils en-
- Fiy. 24. — Machine à planter les pommes de terre.
- traineurs d’engrais, constitués par des chaînes, des toiles sans fin ou des cylindres; certains môme ont été plus loin, en plaçant dans le fond d’une trémie deux ou trois axes garnis de broches, chargés de fonctions trop complexes (du débit, de briser les mottes, et d assurer à la fois la régularité et l’uniformité de la distribution).
- Le distributeur d’engrais de MM. F. Puzenat, que nous avons expérimenté en 1895 à la Station d’essais de machines, a la forme d’un coffre monté sur deux roues (figures 21, 22 et 23). Dans le fond du coffre, se meut une plaque cintrée en acier, garnie de lumières a; la plaque est animée d’un mouvement circulaire alternatif commandé par une bielle I et une petite manivelle entraînée par un engrenage F E, solidaire avec la roue de ga uche actionnant un pignon ; un débrayage est placé sur la roue dentée. Sur l’axe du pignon et de la manivelle est lixée une vis
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- sans fin qui engrène avec une roue solidaire d’un pignon excentré actionnant une roue elliptique, laquelle, par manivelle et bielle, actionne un arbre transversal, à l’intérieur du coffre ; cet arbre est relié aux agitateurs, qui se déplacent d’un mouvement rectiligne uniforme très lent, et assurent le nettoyage des lèvres des lumières du distributeur. Nos essais ont montré que cette machine distribue uniformément les engrais pulvérulents (scories, nitrate de soude, phosphate des Ardennes, poudretle, superphosphates) ; elle distribue également les grains à la volée (avoine); la variation dans la distribution n’atteint pas
- Fig. 25. — Faneuse ;i mouvements alternatifs.
- 2 p. 100; le mécanisme n’est pas susceptible de se détériorer par un repos prolongé, le coffre plein d’engrais et la machine étant abandonnés dans les champs aux intempéries ; enfin, le chargement ainsi que la vidange s’effectuent avec facilité.
- U ensemencement de nos terres absorbe chaque année une quantité de semences qui, pour les céréales, non compris le maïs, le sarrasin et le millet, dépasse 27 millions d'hectolitres, représentant, en 1892, une valeur d’environ 370 millions de francs. Ce chiffre montre que la plus légère économie de semence et le perfectionnement des semis se traduisent, pour le pays, par une épargne considérable de matières alimentaires, ainsi que par une augmentation importante de récolte. Les semoirs en lignes distribuent uniformément les
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- graines et les placent à la profondeur convenable; la germination et la levée sont régulières, de telle sorte que la maturité est uniforme; enfin, les semis en lignes permettent au cultivateur d’effectuer les binages mécaniques dont l’usage est d’un double profit au point de vue de la semence et du nettoiement des terres. En résumé, l’emploi des semoirs en lignes se traduit par une économie de semence et une augmentation de récolte.
- Les semoirs à graines n’ont pas subi de modifications, si ce n’est pour les détails de construction, que nous ne pouvons examiner ici; de nos recherches, effectuées à la Station d’essais et confirmées par nos expériences au dernier con-
- Fig. 26. — Arracheur de pommes de terre Powell et Whitaker.
- cours régional de Reims (1), il résulte que, d’une façon générale, les cuillères, les alvéoles et les systèmes dits forcés (vis, cylindres à cannelures, etc.), donnent toujours une meilleure distribution que les palerons et les brosses, à la condition que les différentes pièces occupent toutes la même position relativement à l’axe de la machine ; c’est cette condition qui est remplie dans les modèles de distributeurs qui donnent de bons résultats; c’est donc une question de soins à apporter dans la construction de ces machines.
- Le débit des semoirs est influencé par la pente de la voie sur laquelle ils se déplacent; aussi, presque tous les modèles sont munis d’appareils de réglage à la main (vis à manivelle) qui permettent de maintenir constante et horizontale la
- (1) Journal d’Agriculture pratique, 1895, II, pages 189 et suivantes.
- Tome I. — 95e année. 5* série. — Mars 1896.
- 2b
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- position de la trémie. La variation de débit peut être assez élevée ; pour une voie inclinée à 0m,06 par mètre, nous avons trouvé, avec la trémie non réglée suivant la pente mais restant dans la position d’un bon réglage pour le travail sur un sol horizontal, que les variations dans le débit du distributeur s’élèvent à 5 p. 100 en plus (dans les rampes), et à 8 p. 100 en moins (dans les pentes) de la moyenne distribuée sur un sol horizontal.
- C’est donc avec raison qu’on a cherché, dans les grands modèles, à obtenir, par des mécanismes appropriés, le réglage automatique du coffre. Dans les systèmes Sack, Richter et Zimmermann, le coffre est suspendu sur le bâti par deux tourillons, le centre de suspension étant au-dessus du centre de gravité. Les oscillations du coffre sont atténuées par un secteur denté, solidaire du coffre, qui agit sur un petit ventilateur à quatre palettes servant de frein à air (Sack); ces oscillations sont arrêtées trois fois par tour de la roue au moyen d’une came qui agit sur un verrou immobilisant la caisse (Richter); les oscillations sont atténuées par un piston qui se déplace dans un cylindre garni de glycérine (Zimmermann). Au lieu de faire déplacer l’ensemble du coffre, dans le semoir Frennet-Wauthier, un pendule, placé entre les deux longerons du bâti, agit sur la position des trémies de descente. Dans nos essais effectués sur un semoir à alvéoles, à réglage automatique de Sack, les variations de la quantité distribuée, dues à la pente du sol (0m,06 par mètre), n’ont été que de 3 pour 1 000 (en moins) à 4 pour 1 000 (en plus) de la moyenne distribuée sur un sol horizontal, avec les mêmes engrenages. On voit donc que les trémies à réglage automatique sont très recommandables, car elles permettent, avec un faible supplément de prix d’achat, d’obtenir une grande régularité de distribution, quelle que soit la pente du sol à ensemencer, sans demander à l’ouvrier un travail quelconque de réglage de la trémie.
- Sous l’impulsion des beaux travaux de M. Aimé Girard, la culture de la pomme de terre prend de l’extension en France, et les machines destinées à en effectuer la plantation sont d’actualité ; le principe de l’ancien planteur anglais à chaînes de Murray, se retrouve encore dans quelques machines à deux rangs; les machines américaines, à bras courbes garnis de sorte de pinces à l’extrémité, ne se sont pas propagées chez nous. En utilisant des plantons passés préalablement au crible, on peut employer une sorte de distributeur à alvéoles, comme on en trouve un exemple dans la machine de Japy. Mais la moyenne culture peut se servir avantageusement de la machine de M. Rajac (fig. 24), laquelle est une construction améliorée du système Vendôme (de Lachelle), que nous avons vu fonctionner, en 1893, à Joinville-le-Pont, aux champs d’expériences de M. Aimé Girard. Cette machine se compose d’un cylindre fixé sur l’axe des roues d’arrière; le cylindre est garni de quatre encoches ou alvéoles, dans chacune desquelles un enfant assis sur un siège met un planton qu’il prend
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- dans une trémie placée devant lui. Les tubercules tombent ainsi, à des écartements constants, déterminés par le nombre d’encoches du cylindre et le diamètre des roues d’arrière, dans le fond d’une raie qu’ouvre, en avant, un petit corps de buttoir fixé au bâti, et que referment ensuite deux ailes de versoirs; le buttoir est pourvu d’une pointe fouilleuse qui ameublit le fond de la raie. L’ensemble est porté par quatre roues avec un attelage analogue à celui des charrues du même constructeur; en arrière du siège, deux mancherons facilitent les tournées. La manœuvre de l’alimentation de l’appareil distributeur se fait très facilement ; et, dans certaines fermes où l’on emploie cette machine, le dernier règlement du travail de l’enfant a lieu à la levée, alors qu’on peut constater si les manques sont dus à un oubli ou à un mauvais planton.
- Au sujet des houes, nous n’avons qu’à signaler les tentatives faites par les constructeurs afin d’adapter les pièces travaillantes au bâti même des semoirs en lignes et l’emploi plus général des houes à un rang pour les cultures à grand écartement : betteraves, pommes de terre, vignes, etc.
- Les appareils destinés à combattre les maladies cryptogamiques de la vigne se sont rapidement propagés pour les autres cultures, et servent à la pomme de terre comme aux arbres fruitiers ; ces pulvérisateurs se sont améliorés dans leurs détails de construction, et leur prix de vente a considérablement diminué. A signaler la construction des pulvérisateurs en tôle plombée pour le traitement de l’anthracnose par l’acide sulfurique dilué. Comme l’emploi des pulvérisateurs est surtout efficace en traitements préventifs, les grands vignobles du Midi ne se contentent plus d’appareils à dos d’homme, mais réclament des pulvérisateurs mus par des chevaux ou des mules. Quoique les recherches sur ces appareils n’aient pas encore déterminé avec exactitude les types (à bât ou à roues) qu’il convient d’adopter suivant les conditions culturales, nous citerons l’appareil à bât de M. Albrand, présenté en 1894 aux expériences de Choisy-le-Roy, organisées par la Société des Agriculteurs de France. L’appareil comprend deux réservoirs cylindriques en cuivre, contenant ensemble 80 litres de liquide, plus une certaine quantité d’air comprimé par une pompe spéciale, à 3 kilogrammes, lors du chargement de l’appareil; les réservoirs sont reliés avec des lances disposées de chaque côté en arrière de l’animal, et munies d’ajutages variables comme nombre et comme position.
- Machines destinées aux récoltes. — Dans l’histoire des faucheuses, on constate qu’il y a eu trois périodes depuis que ces machines se sont répandues dans la pratique courante : les premiers modèles étaient à engrenages extérieurs de grandes dimensions; à la suite des progrès métallurgiques, dès 1878, se multiplièrent les machines à engrenages petits, ramassés, enfermés dans une boîte fixée sur l’essieu; enfin, dans ces dernières années, on constate des tentatives
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- faites pour revenir à un système mixte, en employant un engrenage extérieur conjugué avec d’autres plus petits logés dans une boîte centrale.
- La diminution de poids de la machine est toujours la préoccupation du constructeur, et cela avec juste raison. Nos essais du concours de Tulle, en 1887, ont montré qu’une machine à deux chevaux n’utilise que 48 p. 100 de l’effort de l’attelage pour le travail de coupe, 21 p. 100 étant employé pour le travail à vide des engrenages, et 31 p. 100 pour le roulement, lequel est intéressé par le diamètre des roues et le poids de la faucheuse.
- En vue de diminuer les résistances passives, les machines Deering (1), de Chicago, étaient, dès 1893, garnies de coussinets à cylindres ou à billes, comme on en voit l’application si générale aux bicyclettes; quoique le roulement ne s’effectue pas, dans ces organes, d’une façon mathématiquement parfaite, il est certain qu’on obtient de ce fait une diminution de résistance, sur l’importance de laquelle nous n’avons pas encore de données précises.
- On a cherché, en Amérique, à mieux équilibrer la résistance delà faucheuse relativement au point d’application de la puissance des moteurs. Les modèles dans lesquels la scie fonctionne sur un train situé entre les deux chevaux (très écartés) ne se sont pas propagés en Europe.
- Les faneuses mécaniques ne s’étaient pas beaucoup répandues tant qu'on n’avait que des machines dérivées des types anglais, dans lesquelles les fourches à double mouvement (avant et arrière) étaient animées d’une trop grande vitesse qui avait pour résultat d’effeuiller plus ou moins la récolte et d’en enlever ainsi la partie la plus nutritive. Les nouveaux modèles n’ont plus que la marche en arrière; quelques-uns ont un double mouvement de rotation arrière, l’un lent, qui ne fait que retourner le foin presque sur place, l’autre rapide, qui le rejette éparpillé plus loin.
- Les faneuses à mouvements circulaires tendent à céder la place aux machines à mouvements alternatifs originaires de l’Amérique. Ces faneuses (fig. 25) portent ordinairement en arrière six ou huit fourches articulées qui reçoivent, par des manivelles et des bielles, un mouvement d’avant en arrière et de bas en haut; elles soulèvent et divisent le foin comme les fourches mues par la main de l’homme, dont elles imitent d’ailleurs les mouvements.
- Les râteaux à cheval n’ont subi qu’un petit nombre de modifications. Le relevage automatique des dents, qui est aujourd’hui d’un emploi général, a lieu soit par des roues à rochets, soit par des freins à ruban, qui sont préférables, à la condition de les protéger des herbes par des gardes ou des enveloppes convenables. Afin d’accélérer le travail, les constructeurs tendent à augmenter la capacité qui peut être emmagasinée par râtelée, mais cela conduit à diminuer l’indépen-
- (f) Les faucheuses comme Jes moissonneuses-lieuses.
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- dance des dents, qu’on empêche alors de se soulever sous l’action de ressorts.
- Les moissonneuses-lieuses (1) remplacent aujourd’hui les moissonneuses ordinaires qui étaient pour ainsi dire les seules en usage il y a encore une dizaine d’années. Peu de machines ont subi si rapidement les transformations et les per fectionnements que les moissonneuses-lieuses. Les ouvriers lieurs de la machine des frères Marsh, d’Illinois, furent remplacés par un mécanisme lieur qui, vers 1873, liait au fil de fer; vers 1878, nous trouvons le fonctionnement pratique des lieuses à lil de fer et l’apparition des lieuses à ficelle; vers 1887, le fonctionnement pratique des lieuses à ficelle, et, vers 1889, l’apparition de la lieuse à liens de paille. Notons toutefois que cette dernière machine, présentée à l’Exposition universelle de 1889 par la maison Wood, ne peut être considérée que comme un spécimen curieux de combinaisons de mécanismes (car la machine faisait elle-même son lien avec de la paille de seigle préparée d’avance), et, bien qu’un modèle américain avait déjà été proposé antérieurement (la machine liait la botte avec une partie des tiges qui la composaient et non avec une corde en paille), ces différentes tentatives n’ont pas encore conduit à établir des machines d’un usage courant.
- Comme nous l’avons vu pour les faucheuses, le poids de la moissonneuse-lieuse présente la même importance pour la traction; aussi les constructeurs américains et anglais cherchent-ils à le réduire par la suppression ou la diminution de l’élévateur; mais, dans ce cas, il ne faut pas considérer l’économie de traction réalisée du fait de la suppression du mécanisme, car les toiles de l’élévateur sont remplacées par d’autres organes. Pour les fortes récoltes, si fréquentes chez nous, on a été conduit à faire des machines à grandes toiles, qui ont été peu à peu remplacées par des machines ouvertes à l’arrière, dont le fonctionnement est aujourd’hui très satisfaisant; enfin l’adjonction de berceaux porte-gerbes (qui firent leur apparition en Angleterre en 1884) économise la main-d’œuvre, et deux hommes par machine peuvent suffire à la mise en moyettes.
- Les organes si compliqués et si délicats du lieur sont très bien construits, et avec des pièces qui, pour la plupart, sont pour ainsi dire brutes de fonte. Pendant longtemps, on a cru que les manques dans le liage étaient dus à la ficelle employée, laquelle, pensait-on, était trop tendue ou trop usée par son passage au travers des divers organes. Nous avons eu l’occasion d’étudier les ficelles de différentes provenances (1891-1894), et voici le résumé de ces recherches (2).
- (T) Ringelmann. Les moissonneuses-lieuses (Journal d’agriculture pratique, 1888).
- Rapport du jury de l’Exposition de 1889, classe 49.
- Étude dynamique sur les moissonneuses-lieuses (Note à la Société nationale d’Agriculture de France, 25 juin 1890).
- Rapports sur les expériences effectuées à la Station d’essais de machines, exercice 1890 (Bulletin du ministère de VAgriculture).
- (2) Bulletin du ministère de VAgriculture (Rapports sur les expériences effectuées à la Station d’essais de machines).
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- Il y a lieu de recommander, pour les moissonneuses-lieuses, les ficelles en chanvre de préférence aux ficelles de manille, attendu que :
- 1° Les ficelles en chanvre sont équivalentes ou supérieures à celles de manille au point de vue des résistances (rupture, frottement, usure) ;
- 2° Les ficelles en chanvre coûtent bien moins cher que les ficelles de manille (environ la moitié du prix);
- 3° Les ficelles de chanvre sont fabriquées de toutes pièces sur notre territoire (producteurs, fileurs et cordiers), tandis que la manille est importée d’Amérique.
- En résumé, si nos agriculteurs n’employaient que des ficelles de chanvre pour leurs moissonneuses-lieuses, ils réaliseraient une économie sur les prix de
- Fig. 27. — Arracheur de betteraves Bajac.
- revient du travail, et les sommes déboursées par eux, au lieu d’aller pour la plus grande part en Amérique, resteraient dans notre pays, en passant aux mains de nos concitoyens producteurs de chanvre et ouvriers des corderies françaises.
- Les machines à arracher les pommes de terre sont toujours à l’ordre du jour; les différents modèles dont on dispose arrachent bien les tubercules, mais risquent de laisser en terre une partie plus ou moins importante de la récolte. On se sert encore des machines anciennes, dans lesquelles les pièces travaillantes sont constituées par des bandes de fer plat dont l’ensemble forme deux demi-cônes, fixés l’un à un soc à bout carré, l’autre au talon d’une charrue à support. On a bien tenté d’améliorer l’ancien modèle américain de Speer en adaptant, en arrière d’un large soc, une grille divisée en trois parties, animées d’une série de secousses données par des cames carrées qui roulent dans le fond du sillon. Les arracheurs
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- proposés en Amérique ne se sont pas répandus en France; ces machines, qui exigent un fort attelage, élèvent au-dessus du sol la terre et les tubercules, pour déverser l’ensemble dans une sorte de crible, rotatif ou à secousses, chargé d’effectuer la séparation des produits. Les modèles actuels (Powell et Whitaker, Coleman, Ransomes) sont établis sur le principe suivant (fig. 26) : un large soc passe en dessous du rang des tubercules, à la profondeur qu’on juge convenable; des fourches, fixées sur un axe parallèle à la flèche, pénètrent en terre (perpendiculairement à la direction des lignes), rejettent les tubercules sur la droite contre une sorte de peigne rotatif à dents de bois ou contre une toile; il résulte des essais
- Fig. 28. — Vue arrière de l’arracheur de betteraves Frcnnet-Wauthier.
- faits à Joinville, parM. Aimé Girard, que l’arracheur Powell frères et Whitaker laisse dans le sol une quantité de tubercules qui ne dépasse pas S p. 100 de la récolte totale (en poids).
- Les arracheurs de racines préoccupent toujours les mécaniciens et les cultivateurs de betteraves à sucre. La Chambre syndicale des fabricants de sucre organise chaque année d’importants concours, et le plus récent est celui de Cambrai, où nous avons pu procéder à des essais dynamométriques. Il est certain que la question est complexe : les feuilles mortes qui traînent sur le sol favorisent le bourrage de la machine; les pièces travaillantes, qui pénètrent souvent à 0m,20 de profondeur, présentent une grande résistance à la traction, nécessitent un fort attelage et remuent énergiquement le sol, lequel, ainsi ameubli,
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- AGRICULTURE.
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- rend les transports difficiles, surtout par les pluies d’automne. Parmi les nouveaux modèles présentés à Cambrai, citons l’arracheur Bajac, à roues lourdes (fig. 27), et la machine Frennet-Wauthier ; l’arracheur Bajac est du type à fourches, mais il se fait remarquer par des dispositions particulières : avant-train à gouvernail, à roues lourdes, disques coupe-feuilles disposés en avant des étançons. Dans l’arracheur Frennet-Wauthier (fig. 27-29), les pièces travaillantes sont constituées par deux grands disques tranchants, sortes de coutres circulaires montés obliquement sur des fusées inclinées afin d’être rapprochés à leur partie
- Ql
- Fig. 29. — Coupe longitudinale de l'arracheur de betteraves Frennet-Wauthier.
- inférieure et postérieure, tandis qu’ils sont écartés à leur partie supérieure et antérieure. Dans leur mouvement de rotation, ces disques pénètrent en terre de chaque côté du rang des betteraves, coincent ou laminent la terre ainsi que les racines, et soulèvent l’ensemble, en arrière, à une certaine hauteur au-dessus du sol; les disques tranchants coupent les fanes des betteraves; la machine est complétée par un débourreur et un coupe-collets pour lesquels les constructeurs étudient encore les meilleurs dispositifs à adopter.
- De nos recherches effectuées au concours de Cambrai (1), on peut conclure :
- Qu’il y a lieu de ne recommander que les machines à un rang.
- (1) Journal d’Agriculture pratique, 1895, tome II, pages 512-624-666-911. — Société nationale d’Agriculture de France, séance du 4 décembre 1893.
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- Pour les sols meubles ou par les temps pluvieux, l’arrachage est relativement facile; on peut aller moins profondément à cause des charrois et employer les systèmes à fourches ou à disques obliques.
- Pour les sols résistants, secs, gelés, on ne craint pas de défoncer le sol pour les transports ; les racines sont très adhérentes au sol, il faut surtout employer des socs qui pénètrent très profondément en terre.
- Le même arracheur ne peut donc pas convenir dans toutes les conditions de sol et de temps.
- [A suivre.)
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- MÉTALLURGIE
- observations sur les -Mémoires de M. André Le C haie lier et de m. H. M. Howe relatifs a la trempe de l’acier (1), par m. Georges Charpy.
- Le mémoire « sur la trempe de l’acier » publié dans le Bulletin de la Société d'Encouragement (n° de juin 1895) a donné lieu à un certain nombre d’observations et de critiques, pour la plupart très bienveillantes, et dont quelques-unes m’ont conduit à de nouvelles expériences actuellement en cours. La plupart des objections présentées ayant trait non aux expériences qui forment la partie principale du mémoire (2), mais aux quelques considérations théoriques que j’avais cru pouvoir émettre, tout en indiquant à plusieurs reprises que je ne leur attribuais pas une grande importance, je me proposais d’y répondre seulement en rendant compte d’une nouvelle série d’essais; cependant, dans un mémoire traduit parM.Osmond, et publié dans le numéro du Bulletin de février 1896, le professeur Howe réfute longuement des opinions qu’il m’attribue, mais que je me défends énergiquement d’avoir jamais énoncées, et qui sont tellement opposées à ce que je considère comme la logique scientifique que je crois devoir répondre immédiatement.
- Dans une correspondance particulière que j’ai eu l’honneur d’échanger avec M. le professeur Howe, je lui avais signalé le rôle important et néfaste qu’a joué, dans cette discussion sur la trempe, l’abus de mots employés dans un sens mal déterminé et en particulier du mot allotropie; la première partie de son mémoire, ainsi qu’il a bien voulu m’en aviser, a été remaniée pour éviter cette objection; mais, à mon avis, ce but n’a pas été complètement atteint. On lit en effet, dans le mémoire de M. Howe, la phrase suivante (Bulletin de la Soc. d’Enc., février 1896, p. 237) : « Le terme allotropie est-il qualitatif ou quantitatif? La nature de la modification est-elle seule en cause ou faut-il aussi tenir compte de sa grandeur et de ses limites? C’est là, probablement une question controversable. »
- Des considérations de ce genre nous semblent incompatibles avec toute idée de raisonnement scientifique; il est impossible de discuter si tous les mots employés n’ont pas une signification parfaitement nette et déterminée. J’ai cherché, dans l’étude sur la trempe de l’acier, à définir le sens des mots employés; la présente discussion montre que mon exposé manquait de clarté; je crois donc utile de le reprendre, tout en
- (1) A. Le Chatelier. « Observations sur la trempe de l’acier, à l’occasion des recherches de M. Charpy ». Bulletin de la Société d’Encouragement, décembre 1893.
- H. M. Howe. « La trempe de l’acier. » Traduit par M. Osmond, Bull. Soc. Enc., février 189G.
- (2) L’introduction du mémoire sur la trempe de l’acier contient, en particulier, la phrase suivante [Bull. Soc. Enc., juin 1893, page 662) : « Je me suis donc proposé, non pas d’établir une nouvelle théorie de la trempe, mais d’étudier des procédés opératoires commodes et sûrs et de les employer à obtenir un certain nombre do résultats numériques précis et bien définis. »
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- TREMPE DE l’aCIER.
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- discutant les mémoires que M. Howe et M. A. Le Chatelier ont bien voulu consacrer à mes recherches.
- Dans la présente note, je considérerai donc exclusivement cette question du palier et des transformations du fer, me réservant de revenir ultérieurement sur les autres objections faites à mes expériences et qui seront discutées plus utilement après de nouveaux essais.
- I
- Il y a lieu, tout d’abord, de spécifier nettement quels sont les faits à interpréter. Les essais mécaniques des fers et aciers mettent en évidence, dans beaucoup de cas, une particularité frappante : l’existence d’un palier rectiligne dans les diagrammes représentant les déformations en fonction des efforts. L’ensemble des résultats connus semble indiquer que ce palier se montre pour les aciers recuits et n’existe pas pour les aciers écrouis et trempés. Mes expériences personnelles n’ont eu d’autre but que de vérifier ce résultat, énoncé antérieurement par MM. Osmond et Werth, en le comparant à un grand nombre d’essais dont toutes les particularités fussent connues. J’ai toujours trouvé cet énoncé en accord parfait avec l’expérience; M. Howe ne cite aucun fait précis qui le contredise; il signale bien que l’on a observé des courbes sans palier pour des métaux recuits (page 257, Bulletin de février 1896), mais il indique, immédiatement après, que, dans les expériences citées, il est possible qu’il y ait eu commencement d’écrouissage antérieur à l’essai ou insuffisance de recuit. Je considère donc ce résultat comme acquis puisque de nombreuses expériences personnelles le vérifient, qu’il est d’accord avec les conclusions de MM. Osmond et Werth, Carus Wilson, Unwin et de plusieurs autres expérimentateurs, et qu’il n’y a pas d’exception nettement définie.
- Ce phénomène est spécial au fer et à l’acier; M. Howe signale quelques courbes de traction de cuivre rouge et de Bull’s Métal qui présenteraient la même particularité; en examinant ces courbes, je n’y ai rien vu de semblable; ce sont des diagrammes très aplatis et quelquefois assez irréguliers, ne présentant aucune analogie avec les diagrammes de fer dans lesquels une portion nettement rectiligne se raccorde, à angle vif, à des courbes parfaitement continues. Quant aux courbes à paliers multiples, que cite également M. Howe, je les ai observées à plusieurs reprises; elles correspondaient toujours à des métaux de mauvaise qualité, dans lesquels il se produisait, pendant l’essai, des ruptures internes; on les obtient presque toujours avec l’aluminium fondu et le laiton essayé à chaud, et l’on entend très nettement des craquements à l’intérieur de l’éprouvette à chaque formation de palier; elles ne se produisent jamais avec les aciers de bonne qualité.
- Je crois donc pouvoir conserver l’énoncé suivant comme résumant les faits expérimentaux relatifs à la formation du palier; cet énoncé, concordant avec toutes les expériences faites en vue de le vérifier et avec la plupart des observations connues, ne pourrait être contredit que par de nouvelles expériences, effectuées avec des appareils précis et comportant la description de toutes les particularités du métal employé, tant au point de vue de la composition qu’à celui du traitement subi avant l’essai.
- Les diagrammes de déformation des fers et aciers recuits (chauffés au-dessus de 7003
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- et refroidis lentement) présentent, comme particularité remarquable, une portion rectiligne indiquant une déformation notable sous charge constante et se produisant au début de l'essai.
- Pour les métaux recuits, ce palier a une longueur d'autant plus petite que la teneur en carbone est plus grande; il devient nul quand la proportion de carbone atteint environ 0,9 p. 100 ; les autres éléments (chrome, nickel, manganèse, etc.) agissent comme le carbone, mais moins rapidement.
- Pour un même métal recuit, la longueur du palier diminue à mesure que la température [de l'essai) s’élève et s'annule entre 400° et 500° environ.
- Le palier disparaît totalement ou 'partiellement lorsque le métal a subi avant l’essai une déformation permanente, ou qu'il a été trempé après chauffage au-dessus de 100° euviron.
- II
- Voyons maintenant comment on peut interpréter ce phénomène; j’examinerai d’abord l’interprétation que propose M. André Le Chatelier, d’après MM. Osmond et Werth et M. Jean Résal, et qui est la suivante : Si l’on admet que l’acier est formé par des grains de fer (ferrite) englobés dans un réseau continu de earbure de fer (eémen-tite), on conçoit, qu’aux premiers instants de l’essai, la déformation de la ferrite soit empêchée par la résistance du réseau de cémentite; quand la charge a atteint une certaine valeur, ce réseau, qui est dur et non malléable, se brise et alors le fer prend brusquement l’allongement qu’il aurait déjà sous cette même charge s’il n’avait été retenu par la cémentite.
- Cette interprétation du phénomène me semble inadmissible pour plusieurs raisons; la première est que le palier se présente avec une longueur d’autant plus grande que le métal contient moins de carbone; il est malheureusement impossible, actuellement, d’avoir du fer rigoureusement pur, mais il semble difficile d’admettre que du fer contenant 0,06 p. 100 de carbone total puisse présenter un réseau continu de carbone de fer capable d’empêcher toute déformation sous une charge de 25 kilogrammes par millimètre carré. La cémentite, répondant à la formule Fe3C, contient environ 7 p. 100 de carbone. Dans un acier contenant 0,07 p. 100 de carbone, il peut donc y avoir au plus 1 /100e de cémentite; en supposant cet élément uniformément réparti, on voit que, pour qu’il empêchât la déformation de la ferrite sous une charge de 25 kilogrammes par millimètre carré, il faut lui attribuer une résistance de plusieurs milliers de kilogrammes par millimètre carré.
- D’ailleurs, les études micrographiques récentes de M. Osmond et de M. Arnold ont montré que la cémentite ne forme pas, en général, un réseau continu dans les aciers, sauf peut-être dans ceux qui sont fortement carburés,et c’est précisément alors que le palier disparaît.
- Il semble bien difficile d’admettre que la rupture du réseau se produise à la fois en tous les points du métal ; s’il y avait des ruptures successives, le phénomène serait beaucoup moins régulier que celui que l’on observe ; il semblerait plutôt devoir conduire à une série de petits paliers irrégulièrement répartis. Il est également difficile de concevoir comment un métal formé de deux constituants peut, après que l’un de ces constituants (qui forme un réseau continu) s’est complètement brisé,
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- s’allonger de 20 à 30 p. 100 avant de se rompre, et se comporter exactement comme des métaux sans discontinuité, tels que le cuivre et le laiton.
- Enfin, le palier se produit non seulement dans l’essai de traction, mais aussi dans les essais de torsion, de flexion, de compression; dans ce dernier cas, il semble difficile d’admettre que le phénomène soit dû au carbure, puisque la rupture de ce corps ne faciliterait en rien la compression du fer.
- Pour ces différentes raisons, et en particulier pour la première : que le palier se produit dans des métaux contenant une proportion infime de carbone, il me semble difficile d’attribuer ce phénomène à la rupture d’un réseau de cémen-tite.
- Le palier rectiligne des diagrammes de déformation se présente exclusivement dans les métaux formés en majeure partie de fer; il est d'autant plus marqué que le fer est plus pur; il diminue graduellement et finit par disparaître quand on introduit dans le métal des proportions croissantes d'autres éléments, en particulier le carbone; il me semble donc logique d'attribuer ce phénomène au fer et de dire : le palier caractérise une transformation du fer.
- III
- Cherchant à caractériser davantage cette transformation sans créer un mot nouveau, j’ai cru pouvoir lui adjoindre le qualificatif d’allotropique.
- Qu’est-ce, en effet, qu’on entend par transformation allotropique? M. Howe se pose cette question (loco citato, p. 244, §2) et n’y donne pas de réponse précise; ne trouvant même d’autre caractère que le changement de propriétés, il est arrêté par la question de degré et amené à considérer Y allotropie majeure et Y allotropie mineure, ce qui ne définit toujours pas le mot allotropie.
- Il nous semble que la question peut être envisagée de la façon suivante :
- Les propriétés d’un corps ne sont définies qu’au tant qu’on spécifie les conditions dans lesquelles il est placé. Dans le cas actuel, il n’y a à considérer que les conditions de température et de pression (ce mot comprenant, pour les solides, les tensions internes développées par les déformations).
- Si on fait varier d’une façon continue les conditions de température et de pression, les propriétés d’un corps quelconque varieront en général d’une façon également continuent ces variations seront définies au moyen d’un certain nombre de coefficients : coefficients de dilatation, coefficients de compressibilité, chaleurs spécifiques, etc. La variation des propriétés des métaux produite par une déformation permanente présente les mêmes caractères ; il serait certainement possible de la représenter par des coefficients d’écrouissage, dont les variations, dans différentes conditions, seraient tout à fait comparables aux variations de la chaleur spécifique avec la température et la pression, de la perméabilité magnétique avec l’intensité du champ, etc. Mais, dans certains cas, il se produit, pour une variation infiniment petite des conditions de température et de pression, une variation finie de tout ou partie des propriétés d’un corps; on dit alors qu'il y a changement d'état. Parmi les changements d’état, on en a distingué deux, beaucoup plus fréquents que les autres, auxquels on a donné des noms particuliers: ce sont les changements d’état physique : fusion et vaporisation ;tous les
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- autres sont appelés changements d’état allotropique ou transformations allotropiques.
- D’après cela, il n’y aura lieu d’employer le mot allotropie que lorsqu’un corps pourra être obtenu sous deux états différents, c’est-à-dire ayant au moins une propriété différente, dans les mêmes conditions. Or, toute déformation permanente, en créant des tensions internes, modifie les conditions dans lesquelles se trouve le métal, et il n’y a rien d’étonnant à ce que les propriétés deviennent différentes; si on détruit ces tensions, en recuisant le métal, par exemple, on ramène le métal dans les conditions initiales, et, en même temps, on lui restitue ses propriétés primitives.
- Pour tout corps pouvant exister dans les mêmes conditions sous deux états différents, le passage de l’un à l’autre de ces états se traduira par une discontinuité dans la variation des propriétés en fonction des variations des conditions extérieures ; et inversement, toutes les fois qu’il sera possible de produire une variation finie de l’une au moins des propriétés d’un corps sans changer les conditions extérieures, on aura le droit de dire que l’on passe d’un état à un autre, qu’il y a transformation allotropique.
- Ce long exposé n’est que le développement d’idées qui sont, je crois, généralement admises aujourd’hui dans la branche de la science que l’on appelle physico-chimie; elles me semblent justifier la définition indiquée succinctement dans mon mémoire sur la trempe (p. 681) et qui s’énoncera plus nettement de la façon suivante : Lorsque l’une au moins des propriétés d'un corps éprouve une variation finie, pour une variation infiniment petite des conditions extérieures, ce corps subit un changement d'état ou une transformation allotropique.
- Cette définition est précise et permet de se rapporter directement à l’expérience ; comme toute définition, elle n’est pas contestable en elle-même, et on ne peut y objecter qu’une chose, c’est qu’elle ne répond pas au mot allotropique qu’elle contient ; dans ce cas, il suffirait de supprimer ce mot et de le remplacer par un autre sans rien changer à la suite du raisonnement; mais je n’ai pas cru devoir le faire, convaincu que cette définition comprend tous les cas d’allotropie nettement étudiés jusqu’ici.
- Je considère donc le palier comme caractérisant le passage d’un état à un autre, de même que, dans la courbe de compression d’une vapeur, le palier rectiligne est caractéristique de la liquéfaction ou du passage de l’état gazeux à l’état liquide. Gomme dans ce dernier cas, la transformation commencera avec le palier et sera complète quand le palier aura été parcouru complètement.
- Si un fer présente un palier plus petit que celui qu’il doit avoir normalement (à l’état recuit), il est donc naturel de supposer qu’il a subi partiellement, avant l’essai, la transformation qui se produit d’ordinaire au début de la déformation. Quand un traitement tel que la trempe supprime ce palier, il est donc logique de dire que ce traitement produit dans le fer la même transformation que l’écrouissage à froid, puisque le palier est le seul caractère qui permette de reconnaître cette transformation.
- Je ne fais donc qu’exprimer des faits simples sous une forme particulière en disant : Toute déformation permanente à froid (ou à une température inférieure à 500° environ) produit une transformation allotropique du fer; cette transformation, qui est définie et caractérisée par un palier rectiligne dans les diagrammes de déformation, se produit spontanément au-dessus d'une certaine température (a2 ?) et peut être maintenue par refroidissement brusque.
- Dans cet énoncé on peut contester : 1° les mots transformation allotropique du fer; que je maintiens comme étant ceux qui synthétisent le mieux les différentes particu-
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- TREMPE DE L'ACIER.
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- larités du phénomène; *2° l’identification du point ou se produit spontanément la transformation avec le point a.2 de M. Osmond, identification que plusieurs raisons indiquées dans mon premier mémoire me font regarder comme très probable.
- IV
- M. Howe suppose que je considère le palier comme caractérisant une transformation qui se produit ultérieurement, pendant toute la durée de l’écrouissage, comme pour les métaux autres que le fer. Cette conception n’ayant aucun rapport avec celle que j’ai proposée, et qui est développée dans les paragraphes précédents, je crois devoir considérer que les objections de M. Howe ne s’adressent pas à mon travail.
- Dans son mémoire, M. Howe parle et me fait parler couramment de fer a, de fer fi, de fer 8 ; je ferai remarquer que je n’emploie jamais ces expressions, sans mettre aucunement en doute la possibilité de l’existence de ces modifications; j’estime qu’il est préférable de ne pas les faire intervenir dans la discussion, tant qu’on n’aura pas de moyen précis pour les caractériser ; je considère donc seulement le fer avec palier et le fer sans palier, parce que cela se rapporte à un fait bien déterminé, facile à contrôler dans l’expérience, et crois pouvoir maintenir l’énoncé suivant comme exprimant le résultat direct de l’expérience : Parmi les transformations qui interviennent dans le phénomène de la trempe {et quipeuvent être très nombreuses), il y en a deux qui sont susceptibles d'être caractérisées nettement; la première, généralement appelée transformation du carbone de recuit en carbone de trempe, est caractérisée par l’essai colorimétrique Eggertz; la deuxième, que l’on pourrait appeler transformation allotropique du fer, est caractérisée par la présence ou l'absence d’un palier rectiligne dans les diagrammes de déformation.
- Actuellement, la discussion ne peut porter utilement que sur ces deux transformations. Pour avoir une idée de leur importance relative, j’ai comparé pour une série de barreaux du même acier, trempés de différentes façons, la variation des propriétés mécaniques avec celle du palier ou de la proportion du carbone de trempe. On trouve ainsi que l’intensité de la trempe, évaluée soit d’après l’augmentation de la charge de rupture, soit d’après la diminution de l’allongement, varie comme la proportion du carbone de trempe et ne présente pas de relation avec la longueur du palier. M. Howe ne conteste pas ce résultat; il dit même (page 252) que « tout le monde est d’accord pour admettre une concordance générale entre l’intensité de la trempe et l’état du carbone » ; je n’ai pas voulu vérifier autre chose, et crois que cette concordance entre deux phénomènes est généralement considérée comme relation de cause à effet; quant à aller plus loin, et chercher si la conservation du carbone de trempe est bien la « cause réelle » de la trempe, ce serait sortir du domaine de la science expérimentale pour entrer dans celui de la philosophie et dans une région où, jusqu’à présent, il a été bien difficile de s’entendre (1).
- (1) Le procédé employé nous semble une application directe de ce que Stuart Mill appelle méthode des variations concomitantes pour la recherche des causes des phénomènes.
- M. Liard dit à ce propos (« Logiciens anglais contemporains ») :
- « On rend souvent les causes sensibles en disposant les faits suivant l’ordre d’intensité dans lequel certaine qualité particulière se manifeste...
- « Quand on ne peut faire complètement disparaître la circonstance dont on veut déterminer l’influence, il faut chercher des cas où elle présente des différences considérables de degré. »
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- Sans discuter davantage sur les différents points, à propos desquels il y a surtout malentendu, je rapprocherai ici les réponses aux objections que M. Howe conserve dans son résumé (page 557) :
- Résumé de M. Howe.
- Nous sommes en présence de trois faits j frappants :
- 1° L’absence complète de palier, confirmée par M. Charpy, dans le fer et l’acier qui ont dépassé le palier, bien que la transformation du fer a y soit encore très incomplète. !
- 2° L’absence accidentelle du palier dans l’acier même recuit.
- 3° L’absence du palier à des températures moyennement élevées, alors que le fer « paraît présent et capable de prendre la forme S sous l’influence de la déformation.
- Réponses.
- 1° La transformation que je considère est, par définition, caractérisée par le palier et complète aussitôt qu’on a dépassé le palier. Je ne parle pas de fer a, n’en connaissant pas de définition précise.
- 2° Je conteste ce fait, à l’appui duquel M. Howe ne cite aucun exemple précis. De très nombreuses expériences m’ont toujours montré le contraire, qui est indiqué d’ailleurs par plusieurs auteurs, en particulier, MM. Os-mond et Werth.
- 3° Sans parler de fer a ni s, le fait que la transformation du fer se produit sans palier au-dessus d’une certaine température est un des meilleurs arguments que l’on puisse invoquer à l’appui de l’assimilation avec les transformations allotropiques, puisque ce résultat se produit dans tous les changements cl’état connus et étudiés jusqu’ici.
- J’espère avoir réussi à montrer, dans cette note, que les idées contenues dans mon premier travail, et que je me suis efforcé de préciser ici, diffèrent totalement de celles que m’attribue M. Howe, et crois pouvoir conclure que, si la discussion a fait « écrouler une argumentation », pour employer les propres expressions de M. Howe, cette argumentation lui appartient en entier, et ne se trouve nulle part dans mes publications.
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- ARTS CHIMIQUES
- les fours a bassin en verrebie, PAR M. E. Damour, ingénieu)' civil des mines.
- Les fours à bassin oui pris en verrerie, et spécialement dans la grande industrie verrière, une telle place, ils ont à ce point transformé l’industrie qu’on peut dire que la solulion du problème de la fusion du verre et du chauffage est le progrès le plus important réalisé depuis une vingtaine d’années, celui qui caractérise l’époque actuelle.
- D’autre part, la période d’études et d’écoles peut être considérée comme terminée, et les constructeurs de fours: Siemens pour le verre à bouteille, Gobbe et Pagnoul pour le verre à vitres, sont arrivés à des types d’appareils qu’on peut considérer comme à peu près définitifs; les industriels qui veulent aujourd’hui construire un four à bassin sont à l’abri des aléas qu’il devaient encourir il y a cinq ans encore.
- Il nous a,* dans ces conditions, paru intéressant d’étudier cette question dans son ensemble en indiquant les meilleures solutions qui en ont été données, et en nous attachant surtout à mettre en lumière les différences entre les fours à gaz en verrerie et ceux des autres industries qui pratiquent la fusion sur sole (1), différences qui n’ont pas toujours été comprises, et auxquelles on n’a pas attaché l’importance qu’il convenait.
- § I. — Historique du four à bassin.
- Les seules industries verrières faisant couramment usage du four à bassin sont la verrerie à vitres, la verrerie à bouteille et la glacerie.
- 1° Verrerie à vitres. — En verrerie à vitre, la transformation des fours peut être considérée comme terminée, et une usine qui ne posséderait que des fours à pots est vouée à une disparition à brève échéance, sauf pour le cas des verres de couleurs.
- Cette transformation a été extraordinairement rapide.
- Essayée en 1877, dans les verreries de MM. Richarme frères, à Rive-de-Gier, puis dans celle de Givors, en 1879, dans l’usine Hutter en 1880, elle n’aboutit qu’à des échecs jusqu’en 1887.
- Pendant ceLte période de dix années, toutes les tentatives de fabrication des
- (1) La question qui nous occupe ici n’est pas, on le voit, le problème du chauffage par combustible gazeux et de la récupération de la chaleur : nous envisageons spécialement le four proprement dit, le laboratoire où se fait l’opération industrielle', indépendamment du système de chauffage et de récupération.
- Tome I. — 95e année. série. — Mars 1896.
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- ARTS CHIMIQUES.
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- vitres en fours à bassin en France échouèrent. Dans Jes bassins peu profonds qu’on construisait alors, le verre était pierreux, et de nombreux accidents de rupture de bassin se produisirent. Le premier four ayant donné de bons résultats en France est celui de la verrerie de Penchot, construit par M. Gobbe en 1887.
- En Belgique, le développement suivit une marche à peu près parallèle. Le premier four Oppermann remonte à 1877; il donna de bons résultats, mais ne fit pas école, et ce n’est qu’à partir de 1884-1885, après l’heureux essai de MM. Bau-doux et Pagnoul, que l’emploi des fours à bassin prit un développement extraordinaire. L’histoire de cette rapide éclosion mérite d’être rapportée.
- On sait que l’usine de M. Baudoux fut incendiée le 22 mars 1886, par les ouvriers en grève qui voulurent jeter leur maître de verrerie dans le four auquel ils attribuaient tous leurs maux. L’usine fut reconstruite de suite par son énergique propriétaire, mais les maîtres verriers profitèrent de l’incendie pour visiter et étudier à loisir ces installations, et leur opinion se fit si bien que, de 1886 à 1892, il se construisait en Belgique environ quinze fours à bassin, du type Baudoux et Pagnoul : c’est également pendant cette période qu’on construisit une vingtaine de petits bassins du système Gobbe.
- L’ensemble de ces 35 fours, qui firent immédiatement disparaître les fours à pots, représente une surface de chauffe de 3 028 mètres carrés, dont la capacité de production annuelle atteint 29 000000 de mètres carrés.
- 2° Verrerie à, bouteille. — La transformation de la verrerie à bouteille a été beaucoup plus lente, elle est même loin d’ètre terminée, soit par suite de l’insuffisance des capitaux d’établissements peu importants le plus souvent, soit par simple routine chez la plupart des maîtres de verrerie à bouteille.
- C’est encore MM. Richarme frères qui ont fait les premiers essais en 1877 : ils ont appliqué à Rive-de-Gier, sans modification, les fours allemands de l’usine Siemens à Dresde, construits en 1874. L’essai réussit, mais l’exemple ne fut suivi que très lentement à Montluçon, Saint-Galmier, Carmaux, Reims, etc. De nos jours, sur les quarante-cinq verreries à bouteille de France, plus de vingt usines font encore usage des pots.
- 3° Glacerie. — En glacerie, le four à bassin n’est encore employé,'à notre connaissance. que pour les objets en verre imprimé (glaces striées, tubes, cuves d’accumulateurs). Cette innovation remonte à peu près à 1878; il ne semble pas, quant à présent, que le bassin soit avantageux pour la coulée des grandes glaces.
- 4° Gobeletterie et flaconnerie, — On commence à peine à essayer les bassins pour les fabrications communes de la gobeletterie. En France, l’usine de Queylan, à Marseille, en fait usage; l’Amérique est plus avancée, et possède un certain nombre de petits bassins pour flaconnerie. Le verre en est généralement mauvais et coloré, eu sorte que la gobeletterie line, et surtout la cristallerie, font exclusivement usage de pots.
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- Mais de nombreuses études se poursuivent pour gagner à la cause des bassins ces industries délicates, et nous croyons que la question présente un réel intérêt d’avenir et même d’actualité.
- § II. — Description des fours à, bassin.
- 1° Caractère général des fours de verrerie. — Le bassin d’un four de verrerie a, en plan, la forme d’un rectangle allongé, de 6 à 25 mètres de long sur 3 à 7 mètres de large, terminé d’un côté par un secteur circulaire autour duquel sont les ouvreaux de cueillage, présentant de l’autre coté les portes de renfournement des matières vitrifîables.
- La profondeur du bassin varie de O"1,60 et 0m,80, dans les fours Siemens, à 2 mètres et 2m,20 dans les fours Gobbe.
- Le fond du bassin est supporté par des dés en terre réfractaire espacés les uns des autres de façon à laisser circuler librement l’air qui, en refroidissant la sole, en assure la conservation.
- Dans le même but, les parois latérales du bassin, sur toute la hauteur du bain fondu, sont isolées de tout massif de maçonnerie. Dans les fours les plus récents, et notamment les fours Gobbe et Baudoux, on cherche même à rendre ces parois facilement accessibles pour permettre, sur toute la périphérie du four, les réparations en cours de travail, et le remplacement des briques, rougies très rapidement au niveau supérieur du banc, par les sels alcalins qui surnagent (ligne de sel).
- Par suite de cette corrosion et des dispositifs qu’elle a conduit à adopter, les parois du bassin, qui, dans les premiers fours, servaient de base aux pieds-droits de la voûte, ne peuvent plus avoir ce rôle, et sont remplacées soit par des colonnes de fonte, comme dans les fours Gobbe et Baudoux, soit par un appareillage de grandes briques, comme dans le four Siemens, qui rendent tout à fait indépendants la voûte et le bassin.
- Les matières vitritiables sont chargées dans les bassins par les portes de renfournement, soit suivant leur talus d’éboulement, soit en petites buttes formant îlots dans le lac de verre fondu, et que l’on pousse en avant dans le four pour faciliter la fonte ; cette dernière méthode, qui ne réalise pas la fusion continue d’une façon aussi parfaite, s’applique aux verres peu fusibles eLd’un affinage facile. Le verre s’affine en s’écoulant lentement vers les ouvreaux. Mais, quelle que soit la longueur du bassin, il est impossible d’éviter la formation, à la surface du bain, d’impuretés ou de mousse, qui sont des obstacles à une bonne fabrication. Pour y remédier, pour assurer la finesse du verre, et aussi pour réaliser la température convenable à son travail, notablement différente, on le sait, de la température d’affinage, on a eu recours à des dispositifs très variés.
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- Dans certains fours, en glacerie par exemple, on a été jusqu’à faire deux compartiments complètement distincts réunis par un passage étroit, et possédant leurs brûleurs et leurs registres spéciaux.
- D’autres fois, et c’est le cas du four Gobbe, on s’est contenté d’allonger le four, de supprimer les brûleurs au voisinage des ouvreaux, et de mettre un barrage flottant arrêtant les impuretés de la surface. On o a même pu enfin, comme dans les J fours Siemens à bouteilles, se pas-ser de toute séparation entre les J zones de fonte d’affinage et de tra-vail, et placer simplement devant o chaque ouvreau une nacelle, sorte de g cuvette percée au fond d’un orifice, f et qui, puisant le verre à 20 ou 30 cen-£ timètres de profondeur, écarte les £ impuretés de la surface.
- £ Les voûtes des fours à bassin | sont très variables : hautes de 0m,80 S à peine et surbaissées’ en forme de § selle dans les anciens 'fours, elles I ont été successivement portées à 1 mètre, 2 mètres, et même 2m,50 dans les fours Siemens dits à radia-
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- tion. Ces voûtes élevées ont donné d’excellents résultats.
- Les brûleurs placés latéralement sur les grands côtés du bassin ne présentent en général aucun caractère spécial à l’industrie du verre. Siemens emploie des lunettes d'arrivée de gaz et d’air superposées, l'air en dessus ; le four Baudoux donne un exemple de brûleur 'proprement dit, avec mélange préalable de l’air
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- et du gaz. Dans le four Gobbe (figures 1 et 2) une particularité est à noter : l’existence d’un triple rang de carneaux disposés de façon que le jet de gaz se trouve enserré entre deux lames d’air; l’auteur de ce perfectionnement affirme y trouver un très grand avantage, tant au point de vue de la bonne combustion que de la qualité du verre. Les trois carneaux L possédant chacun un registre, il est possible de régler l’une par rapport à l’autre les deux arrivées d’air, et d’accroître, s’il est besoin, la lame d’air au contact du bain; de cette façon, on assure la combustion complète sans excès d’air, et l’on évite cependant les jets de flamme
- Fig. 2. — Four Gobbe pour verre à vitres. Coupe transversale.
- Légende des fig. / et 2. — PP, briques alumineuses constituant le fond du bassin DE (fig. 1) à voûte V et dôme C, avec ouvreaux G par où les ouvriers souffleurs font la cueillette du verre au niveau AB du bain ; ST, tunnels à voûtes R aérant la sole P; X, chambres de récupération amenant les gaz du gazogène aux carneauxrmédians L et aux brûleurs K; Z, galeries amenant l’air dans les carneaux extrêmes L,au travers de l’une des chambres X.
- réductrice si nuisibles à la surface du verre fondu, auxquels on est souvent exposé quand l’air est dosé d’une façon précise.
- Nous n’avons pas, dans cette étude, à nous occuper des organes accessoires des fours à bassin qui ne présentent pas de différences sensibles avec ceux des fours métallurgiques. Rappelons seulement que les gazogènes sont, le plus souvent, du type Siemens à grille ouverte : le siphon Siemens a généralement disparu, compensé par une différence de niveau suffisante entre la grille et les brûleurs : les chambres de récupération sont le plus souvent doubles, avec la chambre à gaz beaucoup plus petite que la chambre à air : souvent aussi on supprime la chambre à gaz. Il est important, en verrerie plus qu’en aucune autre industrie, à cause des difficultés du tirage, que les circulations d’air, de gaz, et de produits de combustion
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- Fig. 3 à 6. — Four Siemens pour verrerie à bouteille, coupes AB. GHCDEF et KL
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- soient facilement réglables par autant de valves qu’il y a de carneaux. Cette précaution est rarement réalisée d’une façon complète.
- 2° Principaux types de fours Siemens. — Les fours à bassin appartiennent pour la plupart à deux types : four Siemens et four Gobbe (ou fours analogues Gobbe et Pagnoul, Baudoux et Pagnoul). D’autres systèmes ont cependant été essayés, mais avec trop peu de succès pour s’être beaucoup répandus depuis : nous n’en dirons que quelques mots.
- Fours Siemens. — Ils sont presque seuls employés en verrerie à bouteille et marchent très régulièrement avec un bon rendement.
- Le four dont nous donnons ci-joint le dessin (fig. 3 à 6) est un des derniers modèles de la maison Siemens : il produit de 20000 à 22000 bouteilles par jour, soit environ 25 000 kilos de verre (en comptant le groisil qui est refondu) avec une consommation de 600 à 650 grammes de houille par kilogramme de verre. La voûte est très élevée, comme dans tous les fours à radiation, mais la cuve est peu profonde; l’épaisseur du bain fondu ne dépasse pas 0m,60 avec du verre à bouteilles ordinaire; il y a donc toujours, au fond du bassin, 20 centimètres de verre non fondu, que l’on retrouve en Pin de campagne dans le même état qu’au moment de la mise en feu.
- La maison Siemens a construit depuis quelques années des fours de formes très différente, les fours en fer à cheval, dont il est facile de concevoir la forme en supposant que le rectangle du bassin soit diminué des 4/5 de sa longueur et que l’arrivée et la sortie du gaz se fassent par le fond du four à la place des portes de renfournement; on obtient ainsi un four presque aussi large que long, dans lequel la flammme a un parcours demi-circulaire, et qui a l’avantage de dégager les parois latérales du four et de rendre les réparations très faciles. Essayé à Dresde, ce four est appliqué avec succès dans quelques verreries françaises.
- Four Gobbe. — Le four Gobbe et les fours Baudoux et Pagnoul, Gobbe et Pagnoul qui, actuellement, diffèrent peu les uns des autres, sont employés d’une façon à peu près exclusive par les verreries à vitres.
- Ce qui caractérise le four Gobbe, c’est la profondeur du bassin, qui n’a pas moins de dm,80 et atteint parfois 2ni,20; la grande hauteur de verre fondu est nécessaire à la production de bon verre à vitres, car la matière vitreuse est effectivement en fusion jusqu’à la sole ou, au moins, jusqu’à lm,60et lm,80 au-dessous du niveau supérieur.
- Le four dont nous donnons les coupes est (fig. 1 et 2) un des plus grands bassins existant actuellement ; il contient 40 000 kilog. de verre en fusion.
- Autres systèmes de fours. — Les autres systèmes de four sont le four Char-neau, déjà décrit à la Société d’Encouragement (1), Boucher de Coynou, Radot, Hayau, dont aucun ne présente une grande importance industrielle. L’idée la plus
- (1) Bulletin de juin 1887, p. 312, Rapport de M. River.
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- neuve qu’on y rencontre est celle qui se trouve réalisée dans le four de la verrerie de Blanzy, où l’on a obtenu le travail intermittent à heures fixes dans un four à bassin. La fonte dure quatorze heures, pendant lesquelles le niveau du verre s’élève graduellement; le travail dure 10 heures, pendant lesquelles on épuise le verre jusqu’à la sole. Celle-ci, très épaisse au début de la campagne (60 à 80 centimètres), se corrode peu à peu, mais dure de 6 à 8 mois sans être remplacée. Evidemment moins économique au point de vue de l’utilisation du combustible ou, si l’on veut, du rendement industriel, le four de Blanzy a le mérite de supprimer les inconvénients, au point de vue de la main-d’œuvre, du travail continu. A cet égard il méritait d’être signalé comme toutes les tentatives destinées à améliorer la condition de l’ouvrier, fût-ce un peu aux dépens de l’économie. En outre, ce four permet sans difficulté de changer la nuance du verre.
- Signalons encore des tentatives faites pour concilier les avantages du bassin avec la nécessité qu’ont certains maîtres de verrerie de produire plusieurs verres : le four à bassin et à pots de Saint-Galmier, le four Boucher où les verres de couleur sont fondus dans des sortes de cornues plongeant dans le bassin, enfin un nouveau four Gobbe pour gobeletterie et cristallerie, où les pots sont rangés sur deux banquettes entre lesquelles est un bassin pour verre de flaconnage.
- § III. — Caractères spécifiques des fours de verrerie. — Différences entre ces appareils et les fours métallurgiques.
- 1° Conditions de température. Utilité de la récupération. — La fusion du verre se fait à température moins élevée que la plupart des opérations métallurgiques. Ainsi, tandis qu’un four à acier atteint 1 600°, les fours de verrerie à bouteille ne dépassent pas 1450°; ceux des verreries à vitres se tiennent aux environs de 1400°.
- Il s’ensuit que la récupération totale est moins nécessaire au bon rendement calorifique, à condition toutefois que la température de combustion soit suffisamment élevée; et elle est d’autant moins utile que la température du four est plus basse (1). Cela explique comment, en verrerie à vitres, M. Gobbe a pu, dans
- (I) Cela demande quelques explications. L’utilisation de la chaleur, ou rendement calorique dans un four, a pour expression le quotient de la quantité de la chaleur cédée par les produits de combustion en passant de la température de combustion T à la température servant de régime au four t par le nombre de calories contenues dans le combustible correspondant C.
- Rendement = c ——-C
- c étant la chaleur spécifique de l’unité de volume des produits de combustion, C le pouvbir calorifique du poids dehouille correspondant à cette unité de volume. Il est clair que le rende-
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- quelques-uns de ses fours, et notamment dans celui dont nous donnons le dessin, supprimer les chambres de récupération à gaz, et cela sans nuire au rendement, et comment, en verrerie à bouteilles, au contraire, la double récupération est presque universellement adoptée (1).
- Malgré l’avantage de la basse température, la récupération aussi complète que possible est cependant très indiquée en verrerie par suite des grandes dimensions des appareils, par suite surtout de la régularité de marche qui doit être absolue et facilite la conduite du four et des chambres, parce qu’entin, la masse gazeuse évacuée contient, outre les produits de combustion, des gaz provenant des matières vitrifîables : acide carbonique, vapeur d’eau, acide sulfureux, dont la masse n’est nullement négligeable et qui, eux aussi, emportent de la chaleur sensible. Dès qu’un four atteint une capacité de 50 mètres cubes, il y a un intérêt de premier ordre à récupérer la chaleur par tous les moyens possibles.
- 2° Conditions de tirage. — Un four à verre est ouvert. Sans parler des portes de renfournement qui sont fréquemment ouvertes, chaque four possède un nombre de portes de travail ou ouvreaux variant de 4 à 20 (et même 30, dans les grands fours doubles). Il s’ensuit que l’action de la cheminée est strictement limitée au four; elle assure la circulation des produits de combustion dans les chambres d’empilage, et permet de régler le régime de la pression dans le four, laquelle doit être maintenue constamment un peu supérieure à la pression atmosphérique, — son action sur les gazogènes est nulle. La circulation de l’air et la gazéification ne peuvent donc être obtenues que par le siphon Siemens ou par des différences de niveau suffisantes entre les grilles, les prises d’air et le four, ou par tirage forcé. De là bien des erreurs dans les premiers fours, qui, construits peu de temps après que Siemens eut renoncé à son siphon dans les fours à acier, avaient été établis sans tenir compte de la différence du problème dans les deux industries, et ne purent jamais chauffer et fondre faute de tirage aux gazogènes.
- 3° Conditions de travail. —Les verriers se succèdent sans interruption devant les ouvreaux, et, pour certaines opérations, sont obligés d’y stationner quelques secondes ; il faut donc éviter les subites poussées de flamme que la moindre rentrée d’air occasionne si facilement et qui, brûlant les mains et la figure des ouvriers, leur inspirèrent à l’origine une crainte excessive des fours à gaz ; le
- ment sera d’autant meilleur que T sera plus grand et t plus petit, pourvu que t soit constant, c’est-à-dire que la composition des produits de combustion soit la même.
- (1) Le four Baudoux, dont nous donnon^ la coupe en travers (figure 7), est d’ailleurs à double récupération. Ajoutons queM. Gobbe emploie également la double récupération pour la plupart de ses grands fours, surtout lorsque le combustible employé étant un charbon maigre, la proportion de l’air primaire à l’air secondaire devient plus forte. De même en Russie, le combustible employé étant du bois renfermant de 35 à 40 p. 100 d’eau, la double récupération s’impose.
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- problème est d’autant plus difficile que, pour maintenir le verre assez chaud, il est nécessaire de faire refouler légèrement la flamme par chaque porte de travail. Quelques dispositifs de détail ont réussi à dévier cette petite flamme et à rem-pêcher d’atteindre les ouvriers, même lorsqu’il se produit un à-coup dans le four, mais le meilleur remède a été l’expérience que les maîtres fondeurs ont dû acquérir.
- Les conditions de travail des verriers ne constituent d’ailleurs que la moindre des difficultés que les fondeurs ont à surmonter : le verre est d’une extrême sensibilité, le moindre excès de gaz le fait bouillonner, un excès d’air refroidissant le four le fait gâter, il faut une régularité absolue. Aussi, peut-on dire d’un four de verrerie donnant constamment de bon verre, qu’il est le type d’un appareil de chauffage bien conduit, et que les variations de température n’y atteignent pas 50°, d’un bout à l’autre de l’année.
- 4° Mécanisme de l'échange de chaleur entre les gaz et le corps à chauffer. Influence de la nature et des propriétés physiques du verre. — Nous touchons ici à la question qui nous semble de beaucoup la plus importante dans l’étude des fours de verrerie ; elle n’a été, jusqu’ici, traitée nullepart, dans les études surles fours, ni même exposée dans les brevets d’une façon complète. Aussi donnons-nous les idées théoriques qui suivent sous toutes réserves, mais nous sommes heureux de constater que nous nous sommes trouvé en tous points d’accord avec M. Emile Gobbe, avec qui nous avons examiné le problème, et le succès que cet ingénieur a remporté avec ses fours à vitres, nous semble le meilleur garant de l’exactitude d’idées théoriques qui ont guidé ses travaux de construction et inspiré ses conceptions neuves et souvent hardies.
- Tandis qu’un métal, — l’acier en fusion sur Ja sole d'un four Martin-Siemens, — est bon conducteur de la chaleur obscure, mais opaque à l’égard de la chaleur lumineuse, le verre présente des propriétés absolument inverses : il est très mauvais conducteur de la chaleur obscure, mais diathermane à la chaleur lumineuse; il l’emprisonne dans l’épaisseur du bain en fusion. Dans ces conditions, n’est-il pas évident que le mécanisme du chauffage, — cet échange de calories entre les gaz chauds et un corps solide ou liquide plus froid, — ne saurait être le même ?
- Dans le premier cas, le chauffage se fera surtout par contact à la surface du bain; il y aura intérêt à ne pas augmenter l’épaisseur de la lame gazeuse qui traverse le four de façon que la proportion de gaz passant contre la surface du bain métallique soit le plus considérable possible. D’ailleurs, en ce conformant à ces prescriptions, on sera conduit à avoir dans le four une circulation assez rapide, ce qui n’est le plus souvent qu’un avantage, puisque la vitesse des gaz en favorise le brassage, raccourcit la flamme, et, par là, concentre la chaleur de combustion dans le volume minimum, ce qui revient à élever la tempéra-
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- lure. La conclusion qui s’ensuit est la nécessité d’abaisser la voûte en lui donnant la hauteur minima assurant une bonne combustion.
- Dans le cas du verre, le chauffage par contact est très faible, et la plus grande quantité de chaleur qu’absorbe le bain de verre fondu provient des radiations lumineuses émises soit par la flamme éclairante elle-même, soit par les parois du four portées à incandescence. Cette chaleur lumineuse, se transmettant en ligne droite et sans déperdition sensible, traverse le bain de verre fondu et assure la fusion dans toute l’épaisseur; elle atteindrait même la sole qui se dissoudrait dans le verre si elle n’était refroidie.
- Si cette manière d’expliquer le phénomène est conforme à la réalité, il s’ensuit que, la transmission de la chaleur de la voûte incandescente au bain de verre étant indépendante de la dislance, il est sans inconvénient d’élever la voûte. On pourra dès lors avoir avantage à le faire, car, maître de la section de son four, on devra la calculer de façon à assurer la meilleure combustion possible sans fumée, sans excès d’air, en un mot dans les conditions théoriques les plus avantageuses (1). Ainsi les fours de verrerie doivent être des réverbères à voûte élevée et à grande section. Ajoutons qu’il est inutile que la flamme soit au contact de la matière à fondre; on n’y gagne rien comme utilisation de chaleur et l’on s’expose à rendre le verre bouillonneux. Dans de tels fours, la circulation des gaz est lente, et il en résulte que la température de régime est, toutes choses égales, plus basse que dans un four à faible section, — ce n’est qu’un inconvénient assez faible, puisque la fusion se fait à une température assez peu élevée et que la flamme est très longue, ce qui conduit à construire de
- (1) M. Gobbe pousse plus loin que nous n’avons osé le faire les conséquences de cette théorie du chauffage et pense que, non seulement il n’y a pas inconvénient, au point de vue des échanges de chaleur, à élever les voûtes, mais qu’il peut y avoir, dans certaines limites, avantage à accroître la surface totale incandescente émettant les rayons calorifiques lumineux. Un tel accroissement de surface ne semble pas, il est vrai, devoir augmenter la quantité de chaleur lumineuse reçue en un point du bain de verre fondu, laquelle ne dépendrait, d’après les lois de la physique, que de l’angle solide des rayons émis parla surface incandescente, mais il aurait pour effet d’augmenter la quantité de chaleur lumineuse emmagasinée dans le four et de former un volant de chaleur assurant la régularité de marche. Une dernière conséquence du mode de chauffage dans les fours à verre, non moins intéressante que la précédente, mais sur laquelle les données expérimentales manquent également, est l’influence de la nature des parois du four.— Do même que certaines substances, celles qui entrent dans la fabrication du bec Auer, ont la propriété de transformer la chaleur en lumière mieux que d’autres et de devenir incandescente, sous une chaleur moindre, pourquoi ne pas admettre que certains matériaux de construction se prêteraient mieux que d’autres à des échanges de chaleur où la chaleur lumineuse intervient? Les briques de silice employées par tradition pour les voûtes de fours de verrerie ne seraient-elles pas préférables aux briques alumineuses? Ne pourrait-on trouver mieux que les briques de silice? Ce sont autant de points qu’il serait utile d’élucider.
- Malgré l’absence de données expérimentales les contrôlant, il nous a semblé intéressant de signaler du moins ici ces conséquences de la théorie du chauffage des fours à verre.
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- très grands fours, et explique la difficulté qu’on a jusqu’ici rencontrée à la réalisation des fours à faible production.
- Les maîtres de verrerie belges, en particulier M. Baudoux et son ingénieur M. Pagnoul, ont depuis longtemps compris l’utilité des fours à voûte élevée en verrerie; ils ont fait de la radiation (1) avant même qu’on lui eût donné un nom. Mais nous croyons que c’est M. Gobbe qui a, le premier, analysé le phénomène et montré qu’il est la conséquence du pouvoir diathermane du verre.
- La diathermanéité a une autre conséquence inattendue, ou qui, du moins, a pris au dépourvu les constructeurs des premiers bassins en verre à vitres.
- Si l’on imagine un verre très diathermane et très mauvais conducteur de la chaleur obscure, la chaleur radiante de la voûte sera très peu absorbée dans son passage à travers le bain de verre fondu, de sorte qu’une couche de verre située à une grande profondeur recevra presque autant de calories qu’une couche située à quelques centimètres au-dessous du niveau supérieur; et comme il est nécessaire que le verre de surface soit liquide, c’est-à-dire à une température supérieure à son point de fusion, il s’ensuit que le bain de verre pourra être fondu sur une grande profondeur, atteignant pratiquement lm,50 et 2 mètres. Plus un verre sera diathermane, plus la profondeur du bain fondu sera grande.
- L’expérience confirme cette théorie ; tandis que le verre à vitres est fondu jusqu’à 2 mètres au-dessous du niveau supérieur, les verres à bouteille, moins diathermanes par suite de leur nuance foncée, n’ont que de 30 à 40 centimètres de fond. Nous avons même pu voir un four à deux compartiments, contenant deux verres en tous points semblables, sauf pour la nuance, où le plus foncé n’avait que 0m,30 de profondeur, tandis que l’autre avait 0m,50 à 0m,60.
- Cette propriété a longtemps été l’écueil des fours à bassin en verrerie à vitres. Le verre y était si liquide au fond du bassin que la sole réfractaire se dissolvait, et qu’au bout de peu de temps les fours se perçaient au fond; en outre, la dissolution de l’alumine dans le verre était la cause de défauts sans
- (I) C’est à regret que nous employons ici le mot de radiation, dont le sens a été dénaturé dans l’industrie, par l’emploi qu’en a fait la maison Siemens et la théorie que ce terme représente ; c’est cependant le mot le plus exact dans le cas des fours de verrerie.
- Mais Siemens a fait, de la radiation dans les fours une théorie générale, s’appliquant également aux fours métallurgiques et de verrerie, basée sur la dessiccation qui, on le sait, est nulle dans les foyers industriels, et d’autres considérations physiques d’ordre général; nous employons le mot radiation dans un sens beaucoup plus précis, celui de l’émission de rayons calorifiques lumineux par la voûte et les parois d’un four.
- Ajoutons que la distinction que nous établissons entre les fours de verrerie et les fours à acier, seul fait incontestable de notre discussion, est un argument de plus contre une théorie qui ne tient aucun compte de l’industrie à laquelle on l’applique. Elle explique d’ailleurs comment la « radiation » de Siemens, appliquée avec succès aux fours de verrerie, s’est trouvée démentie par l’expérience dans les fours à acier.
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- nombre : pierres, galle, etc., qui donnèrent au four à bassin la mauvaise réputation d’être incapables de donner un bon verre à vitres.
- M. Baudoux et son ingénieur, M. Pagnoul, améliorèrent leurs premiers fours, en approfondissant un peu le bassin; mais c’est M. Gobbe qui donna de ce problème la solution définitive en portant d’emblée à 2 mètres la hauteur du bain. Cette solution, si simple en apparence, était cependant très audacieuse : les
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- 7. — Four Baudoux et Pagnoul. Coupe transversale.
- bassins construits d’après ces données contiennent en effet jusqu’à 400000 kilogrammes de verre en fusion : il suffit de connaître la fabrication du verre et le préjudice que causait aux maîtres de verrerie une simple rupture de pot avec ses 500 ou 600 kilogrammes de verre, pour comprendre la hardiesse de construction des bassins de M. Gobbe (1).
- (1) Il n’est pas sans intérêt de mentionner ici un fait qui faillit causer un grave accident de four à gaz, et qui aurait pu arrêter complètement l’essor des fours à bassin profond. L’un
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- Cette hardiesse a été heureusement couronnée d’un plein succès, car le four Gobbe s’est répandu en verrerie à vitres avec une rapidité dont aucune industrie ne donne senlblable exemple.
- S IV. — De la forme la plus convenable à, donner aux fours à, bassin
- en verrerie.
- Quelle que soit la valeur des idées théoriques que nous avons mises en avant pour expliquer le mécanisme du chauffage dans les fours de verrerie à bassin, il est possible de tirer de la discussion qui précède l’indication de la forme la plus convenable au bon fonctionnement d’un four de verrerie au point de vue de l’utilisation de la chaleur et de la fusion facile du verre.
- Deux faits sont en effet incontestables parce qu’ils sont sanctionnés par une expérience constante : l’avantage des voûtes élevées, la nécessité de bassins assez profonds.
- En ce qui concerne la voûte, on ne saurait donner de règle précise : on rencontre en verrerie toutes les hauteurs, depuis 0m,80 jusqu’à 2m,20 et 2n,,o0 au-dessus du niveau supérieur du bain, et les constructeurs que le brevet de la radiation gênait pour surélever leurs voûtes ont pu construire d’excellents fours dont la llèche ne dépasse pas im,20. Toutefois, nous pensons qu’en verrerie, il est préférable d’avoir une voûte plus élevée, et, qu’à cet égard, les fours Siemens sont bien compris.
- En ce qui concerne le bassin, la profondeur doit être telle que le verre ne soit pas fondu ou soit simplement ramolli au fond du bain ; c’est évidemment le meilleur moyen d’éviter l’usure de la sole et les défauts de verre qui en résultent. On facilite la réalisation de cette donnée en refroidissant la partie inférieure des soles, mais ce n’est là qu'un expédient consommant inutilement toute cette chaleur rayonnante; d’ailleurs, cela ne suffit pas, puisque certains verres, tels que le verre à vitres, se laissent si facilement traverser par la chaleur qu’aucun four n’avait donné de bons résultats avant l’approfondissement de la cuve. En verrerie à vitres, on aura donc tout avantage à adopter des cuves de 2 mètres à lm,o0 de profondeur;
- En verrerie à bouteilles, il suffira d’une profondeur de 0m,60 à 0ni,80 par suite de la moindre diathermanéité du verre. En règle générale, on devra étudier la profondeur du bassin de façon que l’on ne soit pas obligé de trop compter sur le refroidissement par la sole pour empêcher la fusion du verre au fond.
- des premiers fours construits en Belgique sur les plans de M. Goblie, celui de Jemmapes, fut établi par 1 ingénieur attaché à l’usine sur un terrain trop meuble et avec des fondations insuffisantes : le bassin s’enfonça d’un côté de 0m,80. Le four fut étayé et put fournir une campagne de dix-huit mois. Quelques centimètres d’enfoncement de plus eussent entraîné la rupture du bassin, et tous les accidents que peut causer une coulée de 400 000 kilogrammes de lave en fusion.
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- Nous avons vu que la conséquence des données spéciales à l’industrie du verre conduisait à construire de très grands fours, ou du moins des fours à longue flamme, à grande section transversale; à tous points de vue, ces appareils géants sont les plus avantageux, ceux qui donnent la marche la plus régulière. Mais peut-on considérer que ce soit là une solution définitive et complète? Nous ne le pensons pas. Un appareil parfait ne doit-il pas se prêter aux opérations industrielles dans des proportions plus restreintes? La crise de la verrerie, conséquence de la surproduction qui suivit l’emploi des fours à bassin en est une preuve incontestable.
- C’est donc du côté de la construction de petits fours à bassin qu’il resterait un dernier effort à faire; nous savons que de sérieux efforts sont tentés dans ce sens, dans l’usine de M. Baudoux, avec le concours de M. Gobbe; il est à souhaiter, pour la tranquillité de l’industrie verrière, que ces essais réussissent, et nous serions heureux si les quelques idées qui suivent peuvent aider à la solution.
- Un petit four de verrerie devrait s’inspirer des idées des différents inventeurs. Il devrait avoir une cuve profonde et à voûte* élevée, et comme l'élévation de la voûte et les conditions de combustion imposent comme conséquence presque nécessaire une longue flamme, il ne nous semble possible de donner à cette flamme tout son développement, sans accroître la surface de chauffe, qu’en renonçant au dispositif habituel des lunettes opposées, dans lequel la largeur du four est imposée par la longueur de la flamme. Le dispositif de Siemenà, en fer à cheval, pare à cet inconvénient, puisqu’il place la flamme parallèlement au grand axe du four, et que, d’ailleurs, la flamme, s’y recourbant, parcourt deux fois la longueur du four entre son arrivée et son échappement.
- Ajoutons que le dispositif Biedermann, dont nous avons déjà fait l’éloge en tant que mode de groupement des appareils, sans rien préjuger de la récupération des fumées dont les avantages sont plus que douteux, se prête très bien au chauffage du four en fer à cheval et peut rendre des services en verrerie.
- Ainsi combiné avec un seul brûleur de dimensions convenablement choisies, un four à bassin pourrait être réduit à des dimensions de 2 à 3 mètres de largeur sur 3 à 4 de longueur, correspondant à une surface de chauffe n’excédant pas 12 mètres carrés; c’est là, pensons-nous, une des meilleures solutions de la question des petits bassins en verrerie.
- § V. — Modifications apportées à, l’industrie des vitres par les fours à ga,i
- A bassins.
- L’usage des fours à bassin a causé en verrerie une perturbation si profonde, dont les effets se font sentir encore de nos jours, qu’il est nécessaire de les analyserai! détail pour comprendre l’état actuel de cette industrie troublée.
- Le résultat que l’on a le plus souvent mis en avant est l’économie de com^
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- bustible : elle est en effet plus sensible que dans la plupart des applications des fours à gaz, car le travail continu supprime d’un coup le frittage et la braise, et économise, par suite, tout le combustible dépensé en pure perte pour maintenir le four chaud pendant le travail; de là, cette économie des deux tiers du combustible, qui paraît invraisemblable, et qui cependant, dans certaines verreries, est encore au-dessous de la vérité.
- Ce résultat n’est cependant pas le plus important, et l’ensemble des modifications du travail a eu, sur le prix de revient, une influence plus sensible encore.
- Le four à bassin supprime les pots et fait disparaître l’atelier de poterie, si coûteux aux anciennes verreries par le capital immobilisé considérable auquel il correspond, et surtout les accidents, si onéreux à tous égards, de rupture de creusets.
- Il facilite le travail des verriers, surtout en ce qui concerne le cueillage du verre, puisque le gamin travaille toujours à niveau constant, à pot plein. Il s’ensuit que l’on peut employer des gamins beaucoup plus jeunes, des enfants de quinze ans; ces enfants ayant accès sur la place de bonne heure, peuvent se former beaucoup plus vite, d’autant qu’ils ont en général toute latitude pour cueillir dans ce réservoir inépuisable, au lieu de l’interdiction qui les arrêtait par raison d’économie du verre dans les pots. De là un apprentissage beaucoup plus simple, et de grandes facilités pour le recrutement des ouvriers.
- Cette simplification du travail est sans contredit un bienfait, un grand progrès : elle a cependant eu des conséquences souvent fâcheuses, et, peut-être, est la cause indirecte des grèves actuelles.
- Les vieux verriers, élevés dans leurs idées de noblesse privilégiée, ont vu s’effondrer tout d’un coup leurs anciens privilèges et ce brevet d’habileté que le titre de souffleur conférait jadis, tandis que de tout jeunes gens se rangeaient à côté d’eux ou prenaient leurs places. Il s’ensuivit un mécontentement mal défini mais très profond. L’organisation du travail se trouva d’ailleurs modifiée par le fait de la simplification du cueillage sans que les tarifs soient modifiés d’une façon rationnelle; ajoutons que les maîtres de verrerie n’ont pas compris à temps ce mécontentement général, et ont peut-être trop usé des facilités que les nouveaux fours donnaient à l’apprentissage : à la suite des grèves, on a vu des patrons renvoyer la moitié de leur personnel et garnir leurs fours de jeunes gens qu’ils comptaient bien voir se former en quelques semaines, ce qui exaspéra les rancunes des vieux verriers. Bref les idées de haine et de vengeance se sont peu à peu accumulées et ont conduit à l’état de guerre déclarée actuel.
- Les fours à bassin ont eu pour troisième conséquence de diminuer de plus des deux tiers le capital de premier établissement d’une verrerie : un four coûtant 200 000 francs produit autant que huit ou dix fours à pots d’une valeur de 500 000, et tous les ateliers annexes sont condensés et simplifiés à l’avenant. Le fonds de roulement peut également être diminué tant par la suppression de la
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- poterie que par la suppression de tant d’ouvriers non verriers qui encombraient jadis les usines.
- Il s’ensuivit, comme conséquence inévitable, la création immédiate d'usines nombreuses et à forte production. Non seulement la Belgique et la France doublèrent et triplèrent leur fabrication, mais la Russie et les Etats-Unis, autrefois ses tributaires, fondèrent des usines. De là, une crise d’une intensité inconnue, surtout en verrerie à vitres, dont les capitalistes sont les premières victimes, mais dont les verriers supportent un terrible contre-coup, d’autant plus dur qu’il leur paraît immérité. Les premiers ont, sans doute, été pris au dépourvu, n’ayant pas prévu les conséquences de l’extension indéfinie de la production, et ils on beaucoup souffert; mais ils ont eu le tort de chercher le seul remède dans l’abaissement des salaires, réellement exagéré et ont par là déchaîné des haines encore inassouvies. Les seconds ont tout de suite eu le sentiment que le mal venait du progrès, et ont cherché à l’entraver; les plus modérés se sont simplement mis en grève, réclamant leurs belles journées d’autrefois; les violents s’en sont pris aux fours, qu’ils ont cherché à détruire, et à la personne des inventeurs qu’ils voulaient faire périr dans leurs bassins.
- Une dernière conséquence, nouvelle source de difficultés des fours à bassin, a été la réorganisation des heures de travail rendue nécessaire pour le passage du travail intermittent au travail continu. Tous les systèmes ont été proposés et appliqués pour arriver à une distribution convenable des heures de travail et de repos et assurer le roulement, mais aucun n’a encore obtenu une complète approbation des ouvriers et des patrons.
- Le travail de douze heures, quipartage les ouvriers en deux équipes, est trop long et dépasse la moyenne des forces humaines quand il s’agit d’un travail aussi surmenant que le travail de soufflage, il n’est d’ailleurs applicable qu’avec le repos hebdomadaire, c’est-à-dire une interruption de douze heures permettant le changement d’équipe, dont beaucoup de patrons ne veulent pas, surtout en Belgique; essayé au début, quand la création des fours à bassin amena une période de pénurie de main-d’œuvre, il a été presque partout abandonné. Le travail de huit heures est trop court, en ce sens qu’il ne permet pas aux ouvriers de se faire d’aussi beaux salaires qu’avec le travail de dix heures aux fours à pots, d’où source de mécontentement; il est d’ailleurs très surmenant pour les ouvriers qui veulent regagner, par un surcroît d’activité, le temps qui leur a été ôté ; peut-être même cet inconvénient du surmenage a-t-il poussé les verriers à s’imposer, par leurs engagements syndicataires, la limitation de production individuelle si ruineuse pour l’industrie.
- Les ouvriers eux-mêmes trouvent que huit heures de présence au four est trop court, et c’est à leur demande que d’autres combinaisons ont été essayées; c’est ainsi, qu’en Belgique, la durée de travail est de dix heures, et, clans certaines usines du nord de la France, de neuf heures, avec trois équipes, de sorte que les ouvriers Tome. I — 95e année. Se série. — Mars 1896. 27
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- n’ont jamais d’heures régulières; ce système nous semble déplorable à tous les points de vue; il est, en tout cas, incompatible avec une bonne organisation du foyer de famille si nécessaire en verrerie. Quelques verreries des environs de Paris ont le travail de douze heures partagé en deux demi-postes de six heures; telle l’usine de M. Legras, à Saint-Denis; ce régime, qui ne laisse jamais plus de six heuresde repos consécutif à l’ouvrier régulier, est également mauvais.Enfin, quelques verreries évitent la difficulté en renonçant au travail continu et construisent des fours intermittents, tels que celui de la verrerie de M. de Gournay, à Blanzy.
- La solution qui nous semble de beaucoup la meilleure est celle qui réaliserait le travail de dix heures (présence au four) avec heures régulières changeant seulement toutes les semaines; elle laisserait, il est vrai, une interruption de quatre heures, ou deux interruptions de deux heures, entre les postes; mais nous ne pensons pas qu’il y ait là un inconvénient aussi sérieux que les maîtres de verrerie le disent. La meilleure raison qui s’oppose à ce régime est la perte qui résulte d’une diminution de 4/24 et l’accroissement qui peut en résulter pour le prix de revient; ce motif est plausible et même exact dans la plupart des cas, car les fours sont presque toujours plus grands qu’il n’est nécessaire, etpeuvent fournir le verre nécessaire au travail de vingt-quatre heures et au delà; mais s’ils étaient établis en parfaite harmonie avec une production présumée de vingt heures, plus petits à nombre égal d’ouvreaux et dépensant moins de charbon, l’inconvénient précité disparaîtrait complètement. Et, dans une industrie où la main-d'œuvre aun rôle essentiel, n’est-il pas logique de conformer l’outillage à ses besoins légitimes au lieu de toujours prétendre plier aux exigences des machines cette main-d’œuvre, plus souple il est vrai, mais dont la souplesse n’est pas illimitée.
- Le travail de dix heures coupé par deux repos de vingt à trente minutes permet à l’ouvrier de gagner de bonnes journées par un travail régulier, sans précipitation, et de soigner sa fabrication ; il laisse au repos une part bien suffisante, et assure à l’ouvrier une existence réglée; c’est, en dépit des trop fameux trois-huit, la solution qui convient le mieux à la majorité des travailleurs et est la plus capable d’assurer la prospérité de l’industrie.
- En présence de tant de complications causées par les nouveaux fours, on peut se demander s’il est vraiment à désirer que les fours à bassin se développent davantage et gagnent les industries qui ne lui ont pas encore fait accueil : gobe-letterie et cristallerie?La réponse n’est pas douteuse; quelles que soient ses conséquences, le four à bassin est un immense progrès et s’imposera de plus en plus. Mais il serait grandement à souhaiter, pour éviter les crises de brusque surproduction dont nous avons vu un si triste exemple, que les modèles de l’avenir puissent être de moindre dimension que ceux dont les verreries actuelles nous donnent l’exemple. C’est ce qui nous a conduit à étudier spécialement cette question.
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- FABRICATION DU LINOLÉUM D’APRÈS M. WALTER, F. REID (1).
- Bien que l’établissement des premières manufactures de linoléum ne date que d’une trentaine d’années, ce produit a eu un grand nombre de précurseurs, parmi lesquels on peut citer en premier lieu la toile cirée, puis les toiles peintes à l’huile de lin, employées en Angleterre depuis 1239, non seulement pour les tableaux, mais pour des tapis et des rideaux. En 1751, l’on signale, pour la première fois, l’emploi du caoutchouc comme ingrédient dans cette peinture au lieu de résine. En 1844, E. Galloway propose d’ajouter au caoutchouc du liège pulvérisé pour donner une certaine élasticité à ce nouveau produit appelé kamplulicon. En 1851, L. Bunn y remplaça le tissus par une toile métallique, et inventa un procédé d’exécution de dessins en mosaïque. Walton, l’inventeur du linoléum, conserva d’abord à ses produits l’ancien nom de kamptulicon ; il breveta son ciment en 1860, et fonda en 1864 la Linoléum Manu-facturing C°. Il existe aujourd’hui vingt-cinq fabriques de linoléum, la plupart en Angleterre.
- Les deux principaux ingrédients du linoléum sont l’huile de lin et le liège, additionnés de petites quantités de gomme de kanti, de résine et de pigments divers. Le liège provient en majeure partie d’Algérie et des déchets de la fabrication des bouchons. On commence par vanner ces déchets sur une sorte de crible que les poussières traversent, au fond duquel les pierres se précipitent, et au sommet duquel les rognures légères se rassemblent pour passer au broyeur ou pulvérisateur. Ce dernier est composé d’une série de scies circulaires très puissantes tournant en face et tout près de barreaux d'acier à dents opposées à celles des scies. Les rognures sont saisies et hachées entre ces deux systèmes de dents, qu’il faut très souvent aiguiser à la meule. Le liège ainsi divisé en morceaux de la grosseur d’un pois passe au broyage effectué par des meules analogues à celles des moulins, mais en pierres grossières : laves, grès, etc. Après tamisage, on fait sécher au four pendant vingt-quatre heures cette poussière de liège très légère et explosible, ce qui exige de nombreuses précautions : écarter toute lumière des broyeurs et y éviter, si possible, les étincelles; M. Reid considère la manipulation de ces poussières comme plus dangereuse que celle de la dynamite. Le liège renferme environ 10 p. 100 de grains noirs, presque entièrement de tannin, qui le salissent affaiblissent son élasticité et diminuent sa durée. Il faudrait pouvoir séparer ces grains et trouver, pour les linoléums à teintes pâles, un moyen pratique de blanchir le liège sans nuire à son élasticité.
- On a essayé de remplacer le liège par de la sciure de bois, du tan, de la tourbe, etc., mais sans jamais pouvoir en obtenir la même durée ni la même élasticité.
- Pour constituer le linoléum, la poussière de liège est mélangée à un ciment constitué par de l’huile de lin oxydée, qui doit être d’une excellente qualité, très siccative. Pour essayer la siccativité de ces huiles, on les chauffe à 260° environ, en les
- (1) Journal of the Chemical Society, février 4 8%, p. 7S.
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- agitant perpétuellement et en y insufflant de l’air. Au bout d’un temps plus ou moins long, l’huile s’épaissit au point de pouvoir être étirée en fils après refroidissement. L’huile ainsi solidifiée constitue la base de la plupart des linoléums de parquets, notamment des corticines, mais elle dégage une odeur persistante et désagréable. Les phénomènes chimiques qui se produisent dans l’épaississement de l’huile par la chaleur, pendant lequel l’huile perd 5 p. 100 de son poids, sont tout différents de ceux qui se passent pendant la solidification à la température ordinaire, qui se fait avec une augmentation de poids de II p. 100, et ces phénomènes sont encore, malgré les travaux de Mulder, incomplètement définis. D’après Hazura,les huiles siccatives seraient des mélanges d’acides linoléique, isolinoléique, oléique et linolique, liquides à l’état isolé, et dans les proportions suivantes pour les différentes huiles.
- Huiles de Lin. Chanvre. Noix. Pavot. Coton.
- Acide linoléique. — isolinoléique 15 p. 100 65 | 15 p. 100 13 5
- — oléique 15 13 7 30 40
- — linolique 5 70 80 65 00
- L'acide oléique ne joue aucun rôle dans le dessèchement des huiles, mais ses gly-cérides et celles des autres acides se dédoubleraient en les trois autres acides et en glycérine, qui donnerait par oxydation de l’acide carbonique et de l’eau. 11 se dégage en effet beaucoup d’eau pendant l’oxydation des huiles de lin, mais il se produit aussi probablement beaucoup d’acroléine par décomposition de la glycérine. D’après Hazura, le produit final de la dessiccation est de l’oxynoléine solide ; mais, ainsi que l’a démontré l’auteur, ce corps s’oxyde lui-même en un produit semi-liquide. Il est, en outre, probable que cette liquation peut être provoquée par du peroxyde d’hydrogène, car, en 1896, Cohné a proposé de transformer les huiles siccatives en huiles de graissage par ce réactif. L’ozone facilite aussi beaucoup l’oxydation des huiles siccatives, mais sans que l’on en ait encore fait une application industrielle.
- L’addition de plomb ou de sels de plomb accélère l’oxydation et augmente la proportion d’oxygène absorbée : par l’addition de plomb en poudre, l’huile de lin gagne 14 p. 100 en poids en quelques jours, au lieu de 11 p. 100 en quelques mois, probablement grâce au pullulement plus rapide du microbe microlados oleorum de Freire, qui se rencontre dans les sels de plomb et de mercure et se multiplie à des températures bien supérieures à 100°. Pendant l’oxydation, la densité de l’huile de lin augmente considérablement; elle passe de 0,93 à 1, et, de plus, il se produit, à la fin de l’opération, un dégagement de chaleur considérable.
- Si l’huile est fraîchement préparée, il faut la laisser déposer pour se séparer des impuretés connues sous le nom de mucilages, et on peut facilement la débarrasser de son eau, qui mousse à l’ébullition, en la filtrant sur du sel marin sec. L’ébullition de l’huile doit se faire à des températures variant de 130 à 180°, qu’il ne faut pas dépasser sous peine de brûler l’huile et de provoquer peut-être des explosions : il faut agiter constamment l’huile en raison de sa mauvaise conductibilité. Aussitôt la température acquise, on ajoute les siccatifs : 1 à 2 p. 100 d’un mélange d’oxyde rouge de plomb, de litharge et de plomb.
- L’huile une fois bouillie est pompée dans des réservoirs où elle dépose encore du mucilage. Ces réservoirs doivent être fermés, et disposés de façon à se débarrasser des fumées nuisibles qui s’en échappent ; ces fumées renferment beaucoup d’acroléine et des
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- acides volatils que l’on pourra peut-être utiliser un jour grâce aux progrès de la chimie synthétique.
- L’oxydation des huiles bouillies se fait encore aujourd’hui par le procédé même de Walton. L’huile, pompée au haut d’une tour, s’écoule le long de nombreuses pièces de coton légères suspendues verticalement sur des barreaux en fer dans une atmosphère chauffée à environ 4°. Il se dépose ainsi, au bout de vingt-quatre heures, sur ces calicots de 7 à 8 mètres de long, une mince couche d’huile solidifiée successivement recouverte par d’autres. C’est un procédé lent, qui exige un approvisionnement d’huile considérable; en outre, le haut de la tour étant toujours un peu plus chaud que le bas, les huiles s’y oxydent plus ; mais chaque couche, une foisoydée, se trouvant abritée d’une suroxydation par la suivante, l’on évite ainsi la formation du corps semi-liquide dû à cette suroxydation. Après six à huit semaines, l’épaisseur des différentes couches superposées sur les toiles atteint environ 13 millimètres. On les coupe et on les lamine; la toile, complètement brûlée, ne constitue guère qu’une impureté coûteuse du linoléum.
- On a proposé, pour l’oxydation des huiles de lin, un grand nombre de procédés, principalement d’y faire passer à chaud un courant d'air ou d’oxygène; mais le procédé précédent est encore, de beaucoup, le plus usité, et, parmi les autres, le seul qui ait survécu en pratique et qui soit appliqué dans quelques manufactures de linoléum est celui de Bedford. L’huile est, à l’état brut, agitée par des palettes dans un cylindre à chemise de vapeur, qu’elle ne remplit qu’à moitié, et où elle est pulvérisée par la rotation rapide des palettes; puis, une fois la température voulue acquise, on lance dans cette pulvérisation d’huile un courant d’air. La température, qui tend à monter pendant l’oxydation, est réglée par l’introduction d’eau au lieu de vapeur dans l’enveloppe du cylindre, L’oxydation se fait en cinq ou six heures; mais si l’on veut éviter toute coloration de l’huile, il faut opérer à une température plus basse, et pendant vingt-quatre heures. Le principal inconvénient de ces procédés rapides paraît être d’exposer l’huile à la suroxydation.
- Après son oxydation, l’huile sert à préparer le ciment par des procédés à peu près identiques dans toutes les usines. On la mélange avec de la résine et de la gomme de kauri dans la proportion, par exemple, de 8 et demi d’huile avec 1 de résine et 1 de kauri. L’opération se fait dans un malaxeur chauffé à la vapeur, en prélevant de temps en temps des échantillons pour éviter à coup sûr la surchauffe, puis on coule le ciment pâteux dans des récipients que l’on refroidit en été pour éviter les incendies à craindre en raison de l’extrême inflammabilité de ce ciment à sa lempérature de coulée. Ces gâteaux de ciment, découpés en petits morceaux, sont ensuite laminés, par des cylindres chauffés à la vapeur, avec un peu plus que leur poids de liège, puis amalgamés dans un malaxeur avec des pigments divers, puis enfin hachés et remélangés dans une troisième machine, que l’auteur considère comme fort imparfaite; de là, la pâte passe au lamineur, dont l’un des cylindres, tournant moins vite que l’autre et refroidi, recueille la pâte qui en est détachée par un grattoir.
- Dans certaines usines, le linoléum est étendu sur sa toile dans l’état même où il sort de cette dernière machine, dans d’autres, au contraire, il est, après un second laminage, découpé en petits morceaux, puis laminé sur sa toile ; mais l’auteur considère cette dernière opération comme une superfétation plutôt nuisible. La toile est en jute, de 1m,90 de large, ce qui laisse, de chaque côté, une largeur de 73 millimètres pour la perte.
- Dans le linoléum Henry, on a remplacé le jute par une toile métallique en fer, plus
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- durable, et, au besoin, prise dans une bande de caoutchouc, principalement pour les linoléums d’escaliers; mais il est difficile, en raison du poli des fils, de donner à ces toiles plus de 75 centimètres de large.
- La couverture des toiles s’opère comme il suit : le linoléum tombe, d’une trémie, sur un transporteur en toiles métalliques qui l’amène, au travers d’une étuve chauffée à la vapeur, sur les cylindres de laminoirs. La toile à recouvrir passe sur l’un de ces cylindres et sous l’autre et entraîne avec elle autant de linoléum que le permet l’écartement des cylindres. Ce linoléum, sous l’influence combinée de la chaleur et de la pression, adhère fortement à la toile et constitue ainsi le produit cherché. On achève parfois d’en dresser la surface par un second laminage entre une paire de cylindres polis et chauffés. La toile est souvent protégée par une sorte de thibaude en vernis formée d’un mélange d’huile oxydée, de résine et de matières colorantes dissous dans du goudron ou de l’éther méthylique à une consistance telle, qu’une fois refroidi sur la toile, il permette de manier facilement le linoléum. Ainsi terminé, le linoléum est saisonné dans des magasins maintenus à la température uniforme de 24°, suspendu à des battants, mais avec la précaution de le retourner de temps en temps, de manière à ne pas en laisser toujours les mêmes parties exposées à la température plus élevée du haut du magasin ; mais il est préférable de l’étendre sur des cadres horizontaux dont toutes les parties sont à une même température.
- Il reste à orner ou peindre ce linoléum.
- S’il ne s’agit que d’y tracer des bandes de différentes couleurs, on y arrive facilement en divisant la largeur du linoléum suivant celles de ces bandes, que l’on applique directement sur la toile en y laminant simultanément ces bandes en compositions des couleurs voulues. C’est le procédé Mitchel. Un laminage général soude ensuite ces différentes bandes par leurs bords.
- Pour les dessins variés, on opère autrement. Les deux procédés les plus employés sont les suivants :
- Le premier, dû à MM. Leake et Lucas, consiste à disposer, sur la toile déjà recouverte d’une petite épaisseur de linoléum monochrome, des plaques découpées suivant les contours des dessins à exécuter. Chacune de ces plaques correspond à une couleur donnée, dont ses découpures se remplissent pendant qu’elle appuie sur le linoléum ; puis les plaques se soulèvent, et la toile avance de leur largeur ; après quoi, l’on recommence l’opération. La toile se trouve ainsi porter le dessin figuré par les petits tas de linoléum en poudre et de diverses couleurs, ainsi réservés par les découpures des patrons, de sorte qu’il suffit de la passer au laminage à chaud pour y imprimer définitivement ces couleurs et dessins pénétrant dans toute sa masse.Pour les dessins en mosaïques, on répand le linoléum en poudre sur un marbre, puis on place dessus le patron, dans les découpures duquel on abaisse une série de poinçons correspondant à la couleur de la poudre. Lorsqu’on enlève ensuite le patron, les alvéoles où la poudre de linoléum a été ainsi tassée en restent seuls remplis, les autres se vident, de sorte que l’on emporte avec le patron l’une des couleurs de la mosaïque : la bleue par exemple; on répète ensuite l’opération sur du linoléum rouge, par exemple, en poinçonnant les alvéoles correspondant à cette couleur; puis, quand on a ainsi dessiné toute la mosaïque, il suffit, pour la rendre définitive, de la décharger sur la toile, et de passer le tout au laminoir ou à la presse, après avoir rempli de linoléum en poudre les vides laissés par l’armature très fine du patron.
- Le deuxième procédé, celui de M. Walton, consiste dans l’emploi de cylindres avec
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- ROLE DE L’ALUMINE DANS LA COMPOSITION DES VERRES.
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- armatures coupantes correspondant aux contours du dessin, et qui les découpent dans une pièce de linoléum; ces découpures sont ensuite repoussées par des poinçons radiaux et les fixent sur les poinçons radiaux correspondants d’un second cylindre, sous lequel on fait ensuite passer la toile, de manière qu’il y dépose ces découpures. En procédant ainsi successivement pour les différentes couleurs, on obtient, comme précédemment sur la toile, un dessin de la mosaïque que l’on fixe par la pression même des cylindres ou par un laminage. Avec cette machine, le repérage est difficile et l’outillage coûteux : il faut, par exemple, vingt-huit cylindres pour un dessin en quatre couleurs.
- L’inconvénient de ces dessins à couleurs pénétrant dans toute la masse du linoléum est d’exiger une grande quantité de couleurs de compositions chimiques différentes, qui, à la longue, réagissent les unes sur les autres, détruisent l’homogénéité de l’ensemble déjà compromis par son morcellement primitif et la soudure de ses carreaux; en outre, l’élasticité du linoléum est diminuée par la forte pression qu’il subit pour assurer la cohésion des morceaux.
- Ces défauts justifient la préférence que l’on donne parfois aux dessins appliqués par simple impression. Cette impression se fait au moyen de blocs ou planches en bois, dans lesquelles les dessins sont figurés en relief par les tranches de lames de bronze placées de champ; il faut une planche par couleur, puis une planche pres-seuse pour égaliser la surface. L’on n’emploie que des couleurs à l’huile de lin, séchant le plus vite possible. L’impression au moyen de cylindres est presque impossible à cause de l’épaisseur des couches de couleurs.
- Après sa peinture, le linoléum est convenablement saisonné, puis coupé droit sur ses bords.
- Le linoléum monochrome est généralement de couleur brune, très souple, mais salissante. Le contact des objets en fer tache toujours le linoléum en noir, par l’action du tannin que renferme le liège, puis, avec le temps, l’élasticité disparaît par le durcissement du ciment, que l’on remplacera peut-être un jour par une matière plus durable tirée des pétroles.
- G. R.
- rôle de l’alumine dans la composition des verres. Note de M. Léon Appert (1),
- MEMBRE DU CONSEIL.
- Les essais analytiques et synthétiques que j’ai faits sur les verres de vitraux anciens m’ont amené à des conclusions qui me paraissent intéressantes au point de vue pratique et industriel :
- 1° L’introduction de l’alumine dans les verres empêche et, tout au moins, retarde la dévitrification qui tend toujours à se produire par suite d’un abaissement lent et répété de la température ;
- 2° La présence de l’alumine dans un verre permet de remplacer sans inconvénient et, au contraire, avec avantage, une partie de la base alcaline, soude ou potasse, par
- (1) Comptes rendus de Y Académie des sciences, 16 mars 1896.
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- 416
- NOTES DE CHIMIE.-------MARS 1896.
- une quantité équivalente de chaux. Le verre, ainsi modifié dans sa composition, est plus solide, moins altérable et plus élastique.
- 3° L’alumine peut être substituée à la silice, sans inconvénient, dans une proportion ne dépassant pas 7 à 8 p. 100. La fusibilité du verre en est légèrement augmentée. Sa malléabilité n’en est pas sensiblement diminuée.
- 4° Les seuls inconvénients que peut amener l’emploi de l’alumine pour les verres incolores résident dans l’augmentation de coloration qu’elle peut leur procurer. Cette coloration résulte, non de l’alumine elle-même, mais de son action sur l’oxyde de fer, toujours contenu à l’état d’impureté, qu’elle tend à faire passer au minium.
- En résumé, l’emploi de l’alumine qui, seule, permet l’introduction, dans les verres à bouteilles, de fortes proportions de bases terreuses, doit être étendu également aux verres destinés à d’autres usages, tels que les verres à glaces, les verres à vitre et principalement les verres de gobeleterie. Les qualités de ces verres n’en seront qu’améliorées.
- L’introduction de l’alumine peut être faite avantageusement, dans ce cas, par l’emploi d’argiles pures ou, de préférence, par l’emploi de feldspatbs qu’on trouve à bas prix. On devra choisir des matières premières les plus pures possible parmi celles destinées à fournir la silice, la soude et la chaux.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- siphon renversé Maillet.
- M. Maillet, professeur de l’Université en retraite, a imaginé et fait construire un appareil élévatoire qu’il désigne sous le nom de siphon renversé. Le tube d’ascension, vertical t, plongeant au-dessous du niveau du liquide à élever R, débouche à son
- - ' J!
- Fig. 1 et 2. — Siphon renversé Maillet. Schéma de Fensemble et détail d’un ajutage g.
- extrémité supérieure vers le haut d’une chambre close T, d’assez grand volume; des tubes horizontaux et rayonnants b font communiquer le bas de cette chambre avec un anneau concentrique a, de grand diamètre, et celui-ci porte, àla partie inférieure de son contour, des ajutages cylindriques g, dirigés horizontalement, suivant le contour de l’anneau, qui débouchent dans un réservoir fixe annulaire R1, où le liquide élevé reste toujours à un niveau tel que les orifices soient noyés.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- MARS 1896.
- Le tube d’ascension t, la chambre close T et l’anneau a constituent un système de révolution à axe vertical. Le système plein de liquide étant animé d’un mouvement de rotation autour de cet axe, dans le sens opposé à celui des ajutages, il se produit, par ceux-ci, une succion tangentielle qui détermine le mouvement ascensionnel du liquide dans l’appareil.
- La chambre close, qui domine le système, tient lieu de clapet de retenue. Lors d’un arrêt temporaire, la colonne d’ascension se vide partiellement et le niveau s’élève dans la chambre close jusqu’au moment où les colonnes liquides suspendues de part et d’autre par le ressort d’une masse d’air confinée à l’intérieur sont de même hauteur.
- Si on produit de nouveau le mouvement de rotation, le niveau baisse dans la chambre, le ressort de l’air intérieur augmente, et le liquide s’élève peu à peu dans le tube d’ascension; quand il atteint l’extrémité supérieure, il commence à se déverser dans la chambre et bientôt s’établit le régime dynamique permanent.
- Dans l’appareil construit par M. Maillet, la différence des niveaux supérieur et inférieur est d’environ 30 centimètres, et la vitesse normale paraît être de plusieurs tours par seconde.
- Rozé (Membre du Conseil).
- NOTES SUR LA VAPEUR SURCHAUFFÉE, ü’aPRÈS VI. W.-H. PATCHELL (1).
- L’économie procurée par l’emploi de la vapeur surchauffée est connue au moins depuis 1828, époque à laquelle Richard Trevithick la signala dans son rapport sur les machines de la mine de Binner Downs, Cornouailles. Le conducteur de ces machines, Captain Gregor, désireux de faire mieux que l’un de ses voisins, qui avait garni son cylindre d’une enveloppe de sciure de bois, enveloppa le sien et ses conduites de vapeur dans une maçonnerie pourvue d’une grille permettant de faire du feu sous le cylindre et ces conduites. On put ainsi économiser 30 p. 100 du combustible avec un cylindre de lm,75 de diamètre, donnant 8 courses motrices par minute : pression d’admission 3 kilos. Frappé de cette économie, Trevithick fit breveter, en 1832, une chaudière, représentée par les figures 1 à 4, composée de deux séries de tubes verticaux disposés en cercles, la série extérieure constituant la chaudière proprement dite et la série intérieure le surchauffeur, avec leurs joints à la partie supérieure bien à l’abri du feu. Trevithick avait déjà essayé de combattre la condensation de la vapeur dans les cylindres en les logeant dans la chaudière, disposition qui a été depuis adoptée par plusieurs constructeurs, notamment par la maison Hornsby, pour ses locomo-biles.
- Malgré ses avantages théoriquement incontestables, la question de la surchauffe resta presque oubliée jusqu’en 1850. En 1859, dans les comptes rendus de la Société du Mechanical Engirieers de Londres, John Penn décrivit le surchauffeur employé à
- (11 Institution of Mechanical Engineers, 31 janvier 1896.
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- VAPEUR SURCHAUFFÉE.
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- bord de la « Yaletta », paquebot de la Peninsular Oriental, de 260 chevaux nominaux, et qui permit de réaliser une économie de 20 p. 100. Ce surchauffeur était formé de deux faisceaux horizontaux, chacun de 44 tubes de 50 millimètres, disposés dans la boîte à fumée et traversés parla vapeur; leur surface de chauffe était de 0m2,20 par mètre carré de celle de la chaudière, et la vapeur se trouvait surchauffée d’environ 55°. John Ryan employa les surchauffeurs Partridge et Parson-Pilgrin. Le surchauffeur Parson et Pilgrin se composait de deux tubes recourbés en fer à cheval, fixés au-dessus
- Fig. 1 à 4. — Surchauffeur Trevithick (1832).
- de la grille. On constata, sur les navires Osprey et Swift, une économie de charbon de 30 à 40 p. 100, et, sur le Bustier, 25 p. 100 d’économie en moyenne avec de la vapeur à 6 kilos et à une température de 193°, c’est-à-dire surchauffée de 80°. Le surchauffeur Partridge consistait en un cylindre avec tubes verticaux traversés par les gaz de la cheminée et parcourus extérieurement par la vapeur : on constata, avec de la vapeur à 6 kilos et de 185 à 200°, une économie de charbon de 20 à 25 p. 100 sur le navire Dee, et le système fut appliqué sur un certain nombre de machines, d’une puissance totale d’environ 5 000 chevaux.
- Enfin, en 1860, M. John Witkind, après avoir constaté l’inutilité de la plupart
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- NOTES UE MÉCANIQUE.
- MARS 1896.
- des surchauffeurs, préconisa l’emploi de la vapeur mixte; mélange de vapeurs saturées et surchauffées.
- Malgré ses avantages économiques, la surchauffe fut bientôt abandonnée, principa-
- Fin. ii et 6. — Surchauffeur Gehre disposé latéralement. Élévation, coupe transversale et plan.
- lement en raison des inconvénients suivants : les tiroirs et les pistons grippaient à cause de l’insuffisance du graissage et de la formation de composés acides des huiles. Cette difficulté très grave est aujourd’hui vaincue par l’emploi des huiles de pétrole^ qui suffisent parfaitement, même pour les moteurs à gaz, ainsi que par l’emploi des
- Fig. 1 à 9. — Surchauffeur Gehre disposé dans les carneaux à la suite de la chaudière.
- garnitures métalliques pour les stuffing box et le remplacement des tiroirs par des distributeurs à pistons, auxquels il faut néanmoins donner une étanchéité plus hermétique qu’avec la vapeur saturée. Ces inconvénients de la surchauffe étaient dus aussi en grande partie, au fonctionnement incertain des surchauffeurs, qui donnaient des sur-
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- VAPEUR SURCHAUFFÉE.
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- chauffes, tantôt nulles, tantôt excessives. Il arrive, d’autre part, souvent qu’une bonne huile de pétrole, qui ne laisse aucun dépôt avec de la vapeur sèche, en laisse un très considérable avec de la vapeur humide. Il faut aussi signaler de nombreux cas de surchauffeurs brûlés parce qu’on les faisait marcher accidentellement sans vapeur.
- Le surchauffeur Gehre, représenté par les figures 5 à 9, consiste en des faisceaux tubulaires traversés par les gaz perdus du foyer, ou chauffés séparément et entourés par la vapeur à surchauffer. Voici quelques résultats d’un essai de huit heures, fait en Allemagne, avec une chaudière de 80 mètres carrés de surface de chauffe et un surchauffeur de 60 mètres carrés.
- ESSAI D’UN SURCHAUFFEUR GEHRE
- Température de l’eau d’alimentation..........................
- Surchauffe de la vapeur .....................................
- Température du gaz avant le surchauffage.....................
- » » après » ...................
- Vaporisation par kilogramme de houille.......................
- » par mètre carré de chauffe et par heure. . . .
- Pression effective de la chaudière...........................
- Économie de combustible......................................
- » de vapeur ............................................
- Avec
- surchauffeur.
- 96“
- 22“
- 315
- 263
- 10k
- 10\80 7k, 70 34 0/0 5 0/0
- Sans
- surchauffeur.
- 94“
- 315
- 7!i ,80 10k,7 7,70
- Le surchauffeur de Mx\l. Hick Hargreaves et C°, représenté par les figures 10 à 12, consiste en un faisceau de tubes en U verticaux sertis dans une boîte divisée, par un dia-
- phragme, en deux parties, de manière que la vapeur admise dans l’un des compartiments soit surchauffée dans l’autre après avoir parcouru les tubes. Ce surchauffeur
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- MARS 1896.
- était installé à l’arrière d’une chaudière du Lancashire de 2m,60 de diamètre et de 9111,15 de long, avec deux tubes de foyers de 1 mètre de diamètre, et pourvus chacun de 9 tubes de circulation : grille de 3m2,6; chauffe de 110 mètres carrés; sa surface de chauffe était de 11 mètres carrés, avec une section de passage au travers des tubes de 142 centimètres carrés. Pression de la chaudière: 7 kilogrammes effectifs. Pendant l’essai, on ne surchauffa qu’une partie de la vapeur. La prise de vapeur, de 200 millimètres de diamètre, n’était ouverte que de 8 millimètres; la vapeur amenée d'en amont de cette valve au surchauffeur passait ensuite se mêler à la vapeur non sur-
- Fig. 12. — Surchauffeur Hargreaves vu d’arrière.
- chauffée de la machine. Cette machine était une Compound tandem^Corliss horizontale, à cylindres de 460 et 920 millimètres de diamètre sur lm,22 de course : durée de chaque essai : 7 heures et demie. Pendant l’essai du 21 mars, avec surchauffeur,
- Vaporisation.
- Dates des essais avec et sans surchauffeur. Nombre des essais. Puissance indiquée. Par kil. de charbon. Par cheval heure indiquée. Charbon par cheval heure indiqué. Surchauffe.
- 19, 20 février 2 sans 303 6k,42 8k lk,25
- 1, 2 mars 2 avec 290 7,06 7,3 1,04 23»
- 5, 6,7,8 » 294 7,06 7,2 1,04 23»
- 20, 21 » 311 7 7 1,07 30»
- 26, 27 2 sans 312 6 8 1,33
- sans 307 6,21 8 1,3
- avec 300 7,09 7,2 1,04 23»
- on brûla 92 kilogrammes de charbon par mètre carré de grille et par heure au lieu de 115 kilogrammes sans surchauffe, le 27 mars. Avec la surchauffe, la combustion était donc plus lente et plus économique, et la présence du surchauffeur n’obstruait pas le tirage (1).
- (1) Institution of Civil Engineers. Pr. voE XIX, p. 462.
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- VAPEUR SURCHAUFFÉE.
- 423
- Le surchauffeur Mac Phail et Simpson (1) se composede deux parties: le surchauffeur proprement dit et le radiateur. Appliqué sur une chaudière type de Lancashire, le surchauffeur proprement dit se compose (fig. 13 à 17) de deux jeux de tubes d’acier sertis dans des boîtes d’acier fondu, placées à l’extrémité des tubes à feu. La vapeur, suivant le trajet indiqué par les flèches, traverse d’abord de haut en bas le premier surchauffeur, celui de droite (fig. 16), puis le premier radiateur, composé de deux tubes en cuivre logés dans la chaudière sous les tubes à feu, puis, de bas en haut, le deuxième surchauffeur, et enfin le deuxième radiateur, formé d’un cadre de tubes logé au-dessus des tubes à feu, un peu au-dessous du niveau de l’eau, d’où la vapeur sort avec une surchauffe finale dépendant du rapport de la surface des tubes surchauffeurs à celle des radiateurs. Ces derniers servent de régulateurs à la surchauffe : ils cèdent à la chaudière l’excès de surchauffe provenant d’un feu trop actif et lui empruntent, quand le feu baisse, la chaleur nécessaire pour empêcher le surchauffeur de se transformer en condenseur. L’appareil Mac Phail et Simpson peut donc s’employer soit pour améliorer la vaporisation d’une chaudière et en sécher seulement la vapeur, soit pour fournir de la vapeur très surchauffée.
- Voici quelques essais qui permettront d’apprécier l’économie qui peut, dans certains cas, résulter de l’emploi des surchauffeurs Mac Phail et Simpson.
- III. — ESSAI D’UN SURCHAUFFEÜR MAC PHAIL ET SIMPSON AUX USINES DE MM. ISAAC HOLDEN ET
- FILS, A REIMS
- Chaudière du Lancashire de 8m,53 de long sur 2m,60 de diamètre, avec deux tubes à feu de 1 mètre de diamètre. Surface de chauffe, 10 mètres carrés; de grille, 3,63. Charbon de Dourges.
- Sans Avec
- surchauffeur.
- Pression effective dans la chaudière........................... 5k,5 6k,4
- Température correspondante de la vapeur............................. 159° 166°
- » de la vapeur à la sortie de la chaudière........... 198
- » surchauffe......................................... 32
- Vaporisation par heure et par mètre carré de grille................. 800k 740k
- » » de chauffe.............. 30,7 28,3
- » par kilogramme de charbon............ 6,78 8,66
- » » de combustible .... 7,76 9,76
- Puissance indiquée moyenne en chevaux.............................. 328,3 328,5
- Charbon par cheval-heure indiqué................................... lk,70 0k,95
- Eau » » ........................... 8k,8 8\2
- Économie de combustible en tant p. 100 ...................... 36,2
- D’eau » » ........................ 6,8
- Sans tenir compte de la surchauffe.
- Vaporisation par kilogramme de charbon..................................... 27k,7
- Équivalente avec de l’eau prise à 100°.........................
- Vaporisation par kilogramme de charbon............................. 7k,69 9,81
- Économie p. 100................................................ 27,5
- Vaporisation par kilogramme de combustible.......................... 8,80 llk,05
- Économie p. 100............................................................... 25,5
- Surchauffe comprise.
- Vaporisation par kilogramme de charbon......................... 7,69 10k,07
- Économie p. 100 .............................................................. 30,9
- Vaporisation par kilogramme de combustible..................... 8,80 Uk,35
- Économie p. 100................................................ 28,97
- (1) Voir aussi Engineering, 16 fév. 1894, p. 244 The Engineer, 9 fév. 1894, p. 121, 15 mars 1895, p. 228.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- MARS 1896.
- n rz
- Fig. 13 et 14. — Surchauffeur Mac Phail et Simpson, vues d’arrière et de face.
- ESSAIS DU SURCHAUFFEUR MAC PHAIL ET SIMPSON AUX USINES DE MM. H. BRUCE AND SONS
- A KINLE1TH (mIDLOTHIAN')
- Chaudières du Lancashire. Longueur, 8m,45; diamètre, 2m,30; surface de chauffe, 83me,47 , surface de
- grille, 3ma,3o. Charbon d’Ecosse.
- Pression moyenne...........................
- Eau vaporisée par chaudière et par heure. . .
- » par mètre carré de chauffe . .
- » par kilogramme de charbon. .
- >, » de combustible
- Vaporisation ramenée à 100°................
- » non comprise la surchauffe. . .
- » par kilogramme de charbon . .
- » » de combustible.
- » en tenant compte de la surchauffe
- » par kilogramme de charbon . .
- » » de combustible.
- G chaudières 5 chaudières Gain p. 100
- sans avec avec la
- surchauffeurs. surchauffeurs. surchauffe.
- S\40 5k,60
- 3115 4160 34k
- 36,3 58,5
- 6k,61 8k,49 28,4
- 7,570 9,52 25,8
- 7,47 9,71 30
- 8,56 10,90 27,2
- 10,12 35,4
- 8,56 11,35 32,6
- , à Reims, a été fait sur une <
- dière du Lancashire de f!m,60 de diamètre et de 8m,45 de long, avec tubes à foyer de
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- VAPEUR SURCHAUFFÉE.
- ;4 25
- 1 mètre de diamètre. La machine était une Corliss à condensation à piston de 710 millimètres sur lm40 de course, marchant à 60 tours par minute. Les deux essais, faits dans des circonstances aussi identiques que possible, ont constaté notamment l’augmentation considérable de la puissance de la chaudière-par l’addition du vaporisateur. Surchauffe moyenne 31°.
- Le second essai (tableau p. 424) a été fait très en grand, et dans les conditions ordinaires de marche, sur 11 chaudières, dont 5 avec et 6 sans surchauffeurs.
- Les figures 19 à 22 représentent l’application faite, par l’auteur, d’un de ces sur-chauffeurs aune chaudière Babcox Wilcox, en 1893, pour une station électrique. On voit qu’il a fallu considérablement modifier la forme du surchauffeur pour l’adapter à
- Fig. 15 à 17. — Surchauffeur Mac Phail et Simpson,
- Application à une chaudière du Lancashire vue en dessous. Élévation et plan.
- ce genre de chaudières. La chaudière se composait de 4 tubes à eau de 5m,45 sur 0m,20 de diamètre : surface de chauffe totale 170 mètres carrés; dôme de vapeur de 7m,40 de long sur lm,20 de diamètre; grille de lm,70 de large et de 3m2,20 de surface.
- Le surchauffeur se composait de 73 tubes de 25 millimètres de diamètre : surface de chauffe 33 mètres carrés, section de passage, 5m2,47,et de 12 radiateurs de 50 millimètres de diamètre : surface de chauffe 16m2,2, section de passage 3m2,51. Les résultats des essais exécutés par M. Kennedy sont reproduits au tableau A (p. 426). L’addition du sur-chauffeur améliora considérablement la vaporisation de la chaudière, dont le rendement passa de 68,4 à 74,9 p. 100, mais sans augmenter notablement le rendement de la machine surmenée et où la vapeur n’arrivait que peu ou pas surchauffée. On a depuis installé, dans cette station électrique, 7 chaudières de ce type, qui ont donné, en marche normale, les résultats moyens indiqués au tableau B, et qui ne procurent aussi qu une très faible surchauffe. Il ne s’y fait, au surchauffeur, aucun dépôt d’incrustation.
- Tome I. — 93e année. 5e série. — Mars 1896. 28
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- MARS 1896.
- (A) ESSAI d’un SURCHAUFFEUR MAC PHAIL ET SIMPSON AVEC UNE CHAUDIÈRE BABCOX WILCOX
- Puissance en chevaux indiquée en pleine charge............... 135 215
- Pression de la chaudière....................................... "ïk,30 9k,80
- Température de la vapeur au sortir de la chaudière......... 180° 192°
- — de saturation........................................... 180° 183
- Vaporisation par kilogramme de combustible à partir de 100°. . . 10k,50 llk,47
- Charbon par mètre carré de grille............................ 55,2 7o,7
- (B) ESSAI d’un SURCHAUFFEUR MAC PHAIL ET SIMPSON AVEC UNE CHAUDIERE BABCOX WILCOX
- A TIRAGE FORCÉ
- Pression de la chaudière................................................... 10k,5
- Température de saturation................................................ 185°
- » de la vapeur à la sortie de la chaudière......................... 203°
- Surchauffe............................................................... 18°
- Vaporisation à 100° par kilogramme de combustible......................... 10k,80
- » par mètre carré de chauffe et par heure.......................... 21,4
- Charbon par mètre carré de grille et par heure........................... 99,2
- Température du gaz à l’entrée de la cheminée............................. 345°
- Afin d’augmenter encore l’activité de deux de ces chaudières, on leur adapta le tirage forcé par aspiration, au moyen d’un ventilateur déterminant une charge d’aspi-
- Fig. 18 à 21. — Surchauff'eur Mac Phail et Simpson, application à une chaudière Babcox Wilcox. Coupe verticale, plan, vue d’arrière et vue de face.
- ration moyenne de 25 millimètres d’eau : la température à l’entrée du surchauffeur est d’environ 480°, et celle de la vapeur à sa sortie de ses tubes atteint 315°, sans qu’il s’y
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- VAPEUR SURCHAUFFÉE.
- 427
- soit manifesté une trace de fuites. Dans l’essai analysé au tableau B, avec une température de 570° autour des tubes du surchauffeur, la vapeur, qui y entrait à 183°, en sortait à 345°, puis à 205° de la chaudière, après avoir traversé le radiateur. En com-
- Fig. 22 à 24. — Surchauffeur Schwoerer. Ensemble et vue par bout.
- parant la vaporisation à celle de l’essai du tableau A, on voit que la combinaison du surchauffeur et du tirage forcé l’a augmentée de 140 p. 100.
- Le surchauffeur Schwoerer, représenté par les figures 23 à 26, se compose d’un
- Fig. 25 et 26. — Surchauffeur Schwoerer. Détail des tubes.
- certain nombre de tubes à ailettes chauffés par les gaz du foyer et traversés par la vapeur : on règle la surchauffe en écartant de plus ou moins de ces tubes le courant
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- MARS 1896.
- des gaz qui les chauffent. Le surchauffeur Schwoerer a été, de la part de M. Walther Meunier et de M. le professeur Unwin , l’objet d’essais bien connus en France (1). M. Patchell cite deux autres essais, qui ne font que confirmer les précédents, et indiquent des économies de combustible variant de 10 à 15 p. 100.
- Le surchauffeur Sinclair (fîg. 27 et 28) est caractérisé par la forme ondulée de ses tubes simplement boulonnés par brides aux prises de vapeur et, ainsi, faciles à détacher et à remplacer. Les gaz, après avoir parcouru les tubes du surchauffeur, sont rabattus sur les côtés de la chaudière, puis s’échappent par le carneau central du bas. L’auteur ne donne aucun essai de cet appareil.
- M. Patchell termine sa communication en faisant remarquer que les avantages delà
- Fig. 27 et 28. — Surchauffeur Sinclair.
- surchauffe, même partielle, s’obtiennent en n’augmentant, par elle, la chaleur de la vapeur que de 5 p. 100 environ : surcroît de chaleur à peu près équivalent au travail accompli par la vapeur dans le cylindre, et bien inférieur aux pertes par condensation qui s’y produisent avec la vapeur saturée : conclusions conformes, comme on le sait, à la théorie de Hirn (2).
- SOUS-PRESSE STILES (3)
- On a considérablement perfectionné, aux États-Unis, le travail des poinçonneuses découpeuses, principalement pour la fabrication des pièces de montres : pignons,
- (1) Bulletin des anciens élèves d’Arts et Métiers, juillet 1892, p. 865. Génie Civil, 3 mars 1894, p. 280.
- (2) A. citer, parmi les surchauffeurs récents non mentionnés par M. Patchell, ceux de Cadish (Revue Industrielle, 1 fév. 1896, p. 43). Dusert et Ep'eche (Bulletin de la Société d'Encouragement, fév. 1894, p. 57). Grouvelle et Arquenbourg (Génie Civil, 20 janvier 1894, p. 180). Chier et Montupet {Bevue Industrielle, 2 mai 1891, p. 174, et 21 mars 1896, p. 113).
- (3) American Machinist, 13 février 1896.
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- SOUS-PRESSE STILES.
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- platines, échappements, etc. (1). Le principe appliqué pour pouvoir donner au travail de ces outils toute la précision nécessaire au découpage est le suivant, connu aux États-Unis sous le nom de principe de la sous-presse, ou sub press, et indiqué probablement pour la première fois par Dennison. Ce principe consiste à faire le poinçonnage non par un poinçon attaché directement à la vis ou au piston frappeur de la machine, mais par un outil découpeur mobile sous cette vis ou ce piston et parfaitement
- 'i &
- Fig. 29 à 31. — Sous-presse de Stiles et Fladd. Coupe verticale. Vues eu dessus et en dessous suivant J.-J.
- B, douille en métal Babbitt; C, piston principal; D, disque de pression; E, ressort; F, chapeau; G, vis de pression; H, porte-poinçon; I, guides; J, matrice; K, poinçon de la jante; EL, poinçons des bras; M, poinçon central; N, vis reliant K à C; O, guide centreur de K; I, base à vis 9; 2 et 3, poinçon fixe et matrice; 4, couronne appuyée sur 6 par-des ressorts et guidée, en 8 8; 11, dégagements.
- guidé. On évite ainsi de voir, comme cela arriverait fatalement dans les découpages de précision, le poinçon ou sa matrice, par suite des jeux inévitables de sa vis ou de son piston, se détériorer aux angles ou même se briser. C’est encore par une extension de ce principe que l’on est arrivé à l’exécution des découpages par poinçons multiples ou composés.
- (1) G. Richard. La mécanique générale à VExposition de Chicago, p. 612.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- Les figures 29 à 31 qui représentent une sous-presse à découper les pignons d’horlogerie de la Stiles and Fladd Press C°, représentent un excellent exemple de ce genre d’appareils.
- Le plongeur C de la sous-presse, placé au-dessous de la vis ou du piston frappeur, est très exactement guidé par une douille cylindro-conique en métal Babbit B, assujettie dans le corps A de la sous-presse par un serrage à vis Q. Le flanc à découper est introduit, par l’ouverture latérale indiquée en fîg. 30, sur la matrice fixe 3 et sous le poinçon (H, M, L, L), dont M découpe le trou central de la roue, tandis que LL en découpe les bras. Ce poinçon est d’abord pressé par le disque D, sur lequel C appuie par le ressort E, à tension initiale réglable en G, puis enfoncé rapidement, par la détente du ressort E, au travers du flanc dont le pourtour est solidement maintenu par la pression de l’anneau K sur la matrice mobile 4, appuyée sur K par des ressorts, et guidée par les axes 8, ainsi que par la pression de l’anneau J, appuyé sur le poinçon fixe 2, par les tiges IL II résulte de cette construction, qu’en même temps ou presque en même temps que M et L découpent le moyeu et les bras du pignon, K, repoussant 4, découpe la jante de ce pignon toujours serrée par J. L’opération se fait donc par un jeu composé de deux poinçons (LML) et (2, 2), l’un mobile et l’autre fixe, et de deux matrices (3-3) et (4-4), Lune fixe, l’autre mobile, le tout parfaitement centré et rigoureusement guidé.
- EXCAVATEUR FUNICULAIRE HALL
- Nos lecteurs connaissent l’emploi très fréquent que l’on fait, aux États-Unis, des transporteurs par câbles ou Cablewaijs (1). Les figures 32 à 33 représentent une curieuse application de ce système à la commande d’un excavateur dans les travaux du canal Suwanee, en Géorgie.
- L’installation comporte deux mâts : l’un fixe, sur l’une des berges du canal, et l’autre mobile, sur la seconde berge, à 60 mètres du premier, avec l’appareil moteur à trois treuils analogue à celui représenté par la figure 253 (p. 837) de notre Bulletin de novembre 1894. Le câble porteur en acier, de 30 millimètres de diamètre, fixé dans un anneau du mât moteur, passe sur une poulie du mât fixe, et va s’amarrer à un piquet par une corde de chanvre qui permet d’en régler la tension et de le lâcher quand on déplace le mât mobile.
- La manœuvre s’opère au moyen de trois câbles A, B et C (fig. 32) de 15 millimètres de diamètre, commandés par trois treuils indépendants, que je désignerai par a, b et c.
- La corde A, qui commande l’emplissage ou le chargement de l’écope, passe, du treuil a, sur jme poulie au haut du mât moteur, puis sur une poulie amarrée dans le lit du canal, et enfin s’attache à l’avant de l’écope, comme le montre la figure 32.
- La corde B se rattache en ce même point de l’écope, d’où elle passe sur un galet du chariot, puis à une poulie au bas du mât moteur, et sur le treuil b. Elle sert à relever l’excavateur rempli et à le monter à la hauteur du chariot.
- La corde C passe, du treuil c, à une poulie au bas du mât moteur, puis, sous les
- (1) Bulletin de novembre 1895, p. 8.14.
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- EXCAVATEUR FUNICULAIRE HALL.
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- roues porteuses du chariot, à la poulie du haut du mât fixe, qui la renvoie, par un galet du chariot à son attache au fond de l’écope dont elle commande ainsi la translation sur le câble moteur.
- L’écope étant au bas de sa course, au fond du canal, et posée à plat, on la tire par la corde A jusqu’à ce qu’elle s’emplisse de terre raclée par sa trousse coupante ; puis, après avoir arrêté le treuil a, on embraye le treuil b de manière à amener l’écope dans sa position verticale; on lâche ensuite A, on monte l’écope à la hauteur convenable pour franchir les obstacles, on arrête b, et l’on embraye le treuil c, dont la
- Fig. 32 à 34. — Excavateurs funiculaires de Hall. Détail de la manœuvre de l’écope et de sa suspension.
- corde C tire le chariot en même temps qu’elle l’élève, parce que B reste immobilisé par son treuil b, ce qui empêche en même temps l’écope de se renverser. Quand l’écope a atteint sa hauteur, on ne tend plus B que de juste la quantité nécessaire pour la maintenir verticale. Quand l’écope arrive à un mètre environ du point de décharge, où le chariot s’arrête automatiquement sur un buttoir, on ferme l’admission de la vapeur à la machine du treuil, on lâche b, et le choc sur le buttoir suffit pour faire basculer l’écope comme en figure 32. Après la vidange, on cale G et on embraye b jusqu’à ce que l’écope soit montée à la hauteur voulue; on lâche b et l’écope descend automatiquement vers le point d’attaque du canal, au-dessus duquel il s’arrête automatiquement sur une butée du câble porteur indiqué en figure 33, et vers lequel il
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- NOTES DE MÉCANIQUE. — MA IIS 1896.
- descend aussi automatiquement. Pendant cette manœuvre, on maintient toujours A convenablement tendu.
- Si l’on veut attaquer le terrain non pas à l'aplomb du câble porteur, mais à une certaine distance, de manière à faire décrire à l’écope un plus long sillon, on arrête b quand l’écope se trouve à environ 2 mètres du sol, et l’on embraye a de manière à amener A à environ 45° de la verticale. Si on lâche alors a, l’écope passe, en oscillant, à 45° de l’autre côté du câble porteur, point auquel on lâche b, de manière à laisser tomber l’écope. On peut évidemment obtenir le même résultat en obliquaut l’écope avant sa chute au moyen d’une corde de chanvre mouflée sur le mât moteur.
- Pour déplacer ce mât, après avoir attiré l’écope et lâché toutes les cordes et les amarres, on tire d’une longueur de 5 à 6 mètres à la fois le traîneau qui porte le
- Fig. 33. — Excavateur funiculaire Hall. Ensemble de son installation au canal de Suwanee.
- mât moteur au moyen de cordes amarrées sur un mât fixé à 15 ou 20 mètres du mât mobile, puis on remonte les câbles et leurs attaches. Ce ripage dure de 1 heure à 1 heure et demie.
- Le personnel comprend six hommes : un mécanicien, un chauffeur, deux aides et deux manœuvres pour le ripage. On déblaye ainsi à 24 mètres cubes environ 200 à 230 mètres cubes par jour, suivant la nature du terrain, au prix de 60 francs par jour, y compris l’huile, le charbon, etc., soit à 0 fr. 30 par mètre cube dans les conditions relativement défavorables du canal de Suwanee (1).
- ROULEMENTS SUR BILLES ET GALETS
- Nous avons fréquemment signalé l’emploi que l’on fait, aux États-Unis et en Angleterre, des roulements sur billes, pour un grand nombre de machines sur lesquelles on
- (1) Engineering News, 20 février, 1896.
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- ROULEMENTS SUR BILLES ET GALETS.
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- ne les rencontre que rarement appliquées chez nous (1). Les exemples récents de ces applications représentés par les figures 36 à 48 nous ont paru particulièrement intéressants.
- Les figures 36 à 38 représentent trois types de cages à rouleaux appliqués par la maison Brown et Sharpe sur des machines-outils. Dans la petite cage, les rouleaux, logés entre des barres concaves venues d’une pièce avec l’un des fonds de la cage, sont reliés
- Fig. 36 à 38. — Cages à rouleaux Brown et Sharpe.
- à l’autre bout par une bague perforée de plus grand diamètre que le corps de la cage. Dans le type moyen, cette bague, de même diamètre que le corps de la cage, est pourvue de projections qui se logent entre ses barreaux. Cette bague peut être, comme l’indique la figure 36, maintenue par le serrage d’un segment élastique passant sur ses projections et sur les barreaux de la cage.
- Les rouleaux doivent être en acier trempé et rouler sur des coussinets ou boîtes également en acier trempé ou en fonte durcie en coquille.
- La maison de Deering, à Chicago, les applique couramment sur un grand nombre de machines agricoles, notamment sur ses faucheuses et moissonneuses, comme l’indiquent les figures 39 à 45. On voit que les portées de ces rouleaux sont très étendues : celles de la roue porteuse ont 9m/m,5 de diamètre sur 108 millimètres de long.
- Les butées des axes se font aussi sur billes, comme l’indique la figure 45, parfaitement abritées de la poussière. D’après MM. Deering, l’emploi des roulements sur billes et galets aurait donné, dans ces conditions, d’excellents résultats, diminuant,
- (1) Bulletin de décembre 1894, p. 871.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- par exemple, de 30 p. 100 la résistance de la moissonneuse à vide ainsi que l’usure des axes dés portées et de la chaîne.
- La figure 46 représente une excellente application des roulements sur billes à une
- Fig. 40, 41 et 42. — Boîte à rouleaux Deering pour l’essieu porteur d’une moissonneuse. Rouleaux en vraie grandeur. Ensemble et coupe transversale de la boîte.
- poupée de tour d horlogerie. Lorsqu’on veut, par exemple, percer avec ce tour, l’on tourne la bague filetée C jusqu’à sa butée sur le bancD, puis on la fixe dans cette posi-
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- ROULEMENTS SUR BILLES ET GALETS.
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- tion par la vis H ; dès lors, la butée de A n’est plus reçue par B, mais par le roulement à billes E. F. G. La broche qui porte le chuck I est également butée sur un roulement
- Fig. 46. — Poupée à billes du tour d’horlogerie Stark (Waltham),
- à billes 1, 2, 3, 4, qui permet de la tourner avec la plus grande facilité pour serrer ou desserrer le chuck I.
- Les paliers à billes de YAuto-Machinery C°, de Goventry, sont (fig. 47 et 48) disposés
- Fig. 47 et 48. — Palier à billes de Y Auto Machinery C°.
- de manière que les billes ne portent jamais que par trois points et donnent de fort bons résultats. On peut en régler les jeux dans leurs portées au moyen du double écrou indiqué à gauche de la figure 47, et serrer plus ou moins ces portées dans le palier fendu au moyen de son boulon central.
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- CLOU AUTOMATIQUE BOYER
- Le principe de cet appareil, présenté à la Société par M. Boyer, encadreur, 39 bis rue Fontaine, consiste en une ingénieuse application du frottement d’arc-boutement à la fixation, le long de tringles quelconques, de supports, anneaux, crochets, pouvant
- Fig. 49.
- servir à soutenir des tableaux par exemple, ou à la construction d’un étalage. Ces supports, dont on a représenté sur la figure 49 un certain nombre de types, sont pivotés sur des étriers ou chapes embrassant leurs tringles, et pourvus de cames excentrées qui appuient l’étrier sur la tringle en raison même de l’importance du poids suspendu ou posé sur le support, sans opposer, d’autre part, aucune résistance à la levée du support le long de la tringle.
- Comme le montre la figure 49, ce mode de suspension, extrêmement maniable et mobile, se prête facilement aux applications les plus variées, sans aucune détérioration des locaux dans lesquels on l’utilise, ainsi qu’à l’établissement de chevalets à la fois légers et très solides (fig. 30 et 51).
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- CONDENSEUR A EAU RÉCUPÉRÉE WORTH1NGTON.
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- Fig. 50 et 51. — Chevalets Boyer.
- REFROIDISSËER d’eAU De CONDENSATION WORTHINGTON
- Ce refroidisseur consiste (fig. 52) en une tour remplie de petits tuyaux en terre cuite, de 0“‘,15 de diamètre sur 0m,60 de long, empilés à joints rompus. L’eau chaude du condenseur, refoulée au haut de la tour par un tuyau central, est distribuée sur ces tuyaux par quatre bras percés de petits trous et mis en rotation par la réaction même de l’eau qui s’en écoule de manière qu’elle descende étalée en couches minces
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- MARS 1896.
- sur l’intérieur et sur l’extérieur de ces tuyaux, dont la colonne est parcourue par le courant d’air d’un ventilateur à basse pression, placé au bas de la tour, et actionné par une dynamo. Le refroidissement se fait par rayonnement, par contact avec
- Fig. 32 et 33. — Refroidisseur d’eau de condensation Worthington.
- Le refroidisseur est représenté appliqué à un condenseur indépendant Worthington (Bulletin d’août 1894, p. 563) qui reçoit la vapeur des moteurs d’un premier rechauffeur d’alimentation indiqué à droite de la figure 52, qui porte l’eau d'alimentation à 130° Fah (54°), condense la vapeur par l'injection prise à la bâche (Suction Tank) du refroidisseur, dans le tube central duquel il refoule l’eau de condensation par le tuyau marqué Discharge. Du premier réchauffour d’alimentation, l’eau passe à un second réchauffeur qui reçoit la vapeur d’échappement de la pompe du condenseur par le tuyau marqué Supplémentary Heater et porte cette eau à 190° Fah (88°) avant de la renvoyer aux chaudières.
- l’air du ventilateur — principalement en hiver— et par évaporation — principalement en été.
- Pour une machine de 1 000 chevaux, débitant environ 100 litres d’eau de condensation par seconde et dépensant 0k,90 de vapeur par cheval-heure, il suffit d’une tour de 9m,60 de haut sur 5m,20 de diamètre. Le ventilateur, de 2m,75 de diamètre ne dépense
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- APPAREIL CRAIG POUR SURVEILLER LA COMBUSTION DANS LES FOYERS. 439
- que 2 p. 100 de la puissance totale de la machine. La bâche, de 12 mètres cubes et placée au bas de la tour, une fois remplie, suffit indéfiniment, sans autre dépense d’eau que celle nécessaire pour l’alimentation de la chaudière, qui satisfait largement à réparer toutes les pertes. Le vide au condenseur varie de 560 millimètres en été à 630 millimètres en hiver. Avec une température ambiante de 35°, l’eau de condensation entre dans la tour à 60° et en sort à 40° ; à la température de 21°, l’eau entre à 43° et sort à 27°.
- Ces condenseurs se construisent jusqu’à 5 000 chevaux, ils sont remarquables par leur simplicité et leur faible encombrement relatif (1).
- APPAREIL CRAIG POUR SURVEILLER LA COMBUSTION DANS LES FOYERS
- DE CHAUDIÈRES
- Le principe de cet appareil est le suivant (fig. 54) : une prise de gaz est constamment aspirée des carneaux par un compteur à gaz n° 1, d’où elle passe à un second compteur, après avoir traversé un bain de lait de soude auquel elle abandonne son
- Fig. 54 et 55. — Économètre Craig. La courbe, fig. 55, porte en ordonnées les tant p. 100 d’acide carbonique renfermés dans les gaz des carneaux et en abscisses les pertes de combustible p. 100 correspondantes.
- acide carbonique. La différence des lectures des deux compteurs donne la proportion d’acide carbonique dans les gaz de la combustion, qui est de 20 p. 100 environ pour une combustion parfaite sans excès d’air. Les deux compteurs sont montés sur une bâche qui forme aspirateur au carneau par un tube qui doit être assez long pour refroidir les gaz avant leur arrivée aux compteurs : 3m,50 de long par exemple sur 0m,013 de diamètre. On ne peut évidemment obtenir ainsi que des indications approximatives, mais, néanmoins, très utiles (2).
- (1) Engineering News, 5 mars 1896.
- (2) Engineering, 13 mars 1896. Voir aussi fÉconomètre de Arndt ( The Engineer, 6 sept. 1895, p. 240).
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- MARS 1890.
- RAPPORT SUR LES ESSAIS DES VOITURES AUTOMOBILES AYANT PRIS PART AU CONCOURS DE CHICAGO (1)
- Ce rapport a été publié dans le Times Herald de Chicago, à la suite d’essais faits au laboratoire par une commission composée de MM. Barrett, Lundie et Summers, sur les automobiles ayant pris part au concours de Chicago en novembre 1895. Il renferme quelques considérations intéressantes, dont nous donnons ci-après le résumé.
- La plupart des moteurs marchaient à la gazoline, de densité 0,69, au prix de 0 fr. 22lekilo^ gramme. Pour les moteurs électriques, on évalua le prix de l’électricité à 0 fr. 50 le kilowattheure, ce qui, avec des accumulateurs à rendement de 75 p. 100, ramène le cheval-heure à 0 fr. 50.
- Ainsi qu’on le voit par les tableaux ci-contre, la dépense de gazoline varie beaucoup d’un type à l’autre. Les machines des voitures Lewis, Haynes et Apperson donnent une explosion à chaque tour de leur arbre, l’échappement étant découvert par la course même du piston comme dans les types de Sintz et de Day (2). La combustion s’y faisait mal, comme en témoignait l’abondante fumée de l’échappement. Les autres moteurs à gazoline étaient du type général Otto, avec carburateur séparé dans le moteur Bentz (3) et vaporisation dans le cylindre même du moteur de la voiture Duryea.
- On sait que, dans les moteurs à gaz, le rendement diminue rapidement avec l’utilisation, aux faibles puissances, et cela est particulièrement vrai pour ceux des automobiles dont da •résistance organique est relativement considérable : pour exercer aux jantes des roues une puissance de 3/4 de cheval, par exemple, il faut dépenser environ 1/2 cheval à vaincre ces résistances organiques. On arrive ainsi à dépenser, par cheval, jusqu’à quatre fois plus de gazoline aux très faibles charges qu’en charge normale ou très lourde, comme en rampes. L’expérience a démontré que les secousses de la marche n’influencent pas le carburateur, mais ces secousses et vibrations sont singulièrement influencées parla disposition des mécanismes.
- Le moteur Bentz a son cylindre unique, donnant une explosion tous les deux tours, monté perpendiculairement à l’essieu; les vibrations sont considérables et désagréables, principalement au départ. Dans la voiture Durya, avec deux cylindres parallèles à l’essieu, les vibrations sont transversales ; dans celles de Haynes et Apperson, avec deux cylindres, un de chaque côté de l’essieu, les vibrations sont très atténuées. C’est, à ce point de vue, la meilleure disposition.
- Avec les voitures électriques, lorsqu’on décharge les accumulateurs trop vite, on diminue à la fois leur durée et leur rendement : aux fortes charges, le rendement organique augmente, mais le rendement électrique baisse, de sorte que l’évaluation de ce rendement à 75 p. 100 n’est exact que pour la moyenne, pour la décharge normale des accumulateurs. L’usure rapide des accumulateurs, principalement du fait des variations inévitables de leur régime, constitue une grave objection contre leur emploi.
- Les voitures électriques de Sturges et de Morris et Salom avaient le même type de moteur, mais l’une un seul moteur de 3 chevaux, et l’autre deux moteurs de 1/2 cheval, actionnant les roues par engrenages, tandis que le moteur unique attaquait l’essieu directement. Le rendement s’est montré à peu près le même, mais l’emploi de deux moteurs, d’un réglage un peu plus facile, évite la nécessité de trains d’engrenages différentiels afin de donner aux roues de l’essieu moteur l’indépendance indispensable pour le passage dans les courbes.
- Résistance des roues. — Le tableau n° 1 ci-contre résume les essais faits pour déterminer la résistance au roulement des roues, qui se compose de trois facteurs : la résistance de l’essieu du du moyeu, roulement et butée, et celle du bandage de la roue sur la route.
- (1) Consulter, sur les automobiles américains, American Machinist, 19, 26 déc. 1895 ; The Engineer,
- 3 janvier, 13 mars 1896 ; Engineering News, 27 février 1896.
- (2) G. Richard, Les moteurs à gaz et à pétrole en 1892, p. 252.
- (3) G. Richard, Les nouveaux moteurs à gaz et à pétrole, p. 826.
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- h*.op-^o ^rcoo^-oooooo^-^^o V- Vj 1c "o Ira ce "ce te "gd o le % 'l*. Gd -J CC X GOCC®CDOO®COCDCOGD®CS®-JO 1 ^ A la jante. ^ CC J > i X
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- ^ o to ^ c: "o e-co te cd te Puissance totale j du moteur (a). 1,41 2,97 1,69 1.75 0,87 2,23 1,06 0,90 2,31 5,18 1,79 .1,46 1,47 3.75 3,09 l * Indiquée. § X
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- Rendement organique.
- j— o je CO «o <c w 4^ CD O O Puissance électrique fournie au moteur (b).
- 4*- te H* -a* —î o lj» . 0 te ce 4^ Kilowatts heure fournis aux piles par cheval-heure aux jantes.
- 342 000 3G3 000 246 000 340 000 Kilogrammètres aux jantes par kilowatt heure.
- co cr v» *4 ^ c: oî C' û >4 co
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- Par heure.
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- Par cheval-heure à la jante.
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- Kilogrammètres par kil. de gazoline.
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- Prix par cheval-heure à la jante.
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- Rendement
- Effort de traction maximum.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- MARS 1896.
- En ce qui concerne la résistance du bandage, les résultats des essais peuvent se résumer comme il suit :
- Résistance, pour 1000 kilos cle char (je totale, provenant de l’élasticité imparfaite des bandages.
- Bandages d’acier......................................................... 5k,23
- — de caoutchouc plein.............................................. 4k,34
- — -pneumatique gonflé............................................ 8k,5
- — — dégonflé'..........................................14k,6
- Cette résistance, due principalement à la nature du bandage, paraît presque indépendante (Ju diamètre de la roue, tandis que celle du roulement de l’essieu varie en raison inverse de c[e diamètre. Voici quelle a été cette dernière résistance totale, roulement et butée, ramenée a!u diamètre de 610 millimètres, pour des roulements Collings identiques, et pour 1 000 kilos de charge.
- TABLEAU I
- NATURE DIAMÈTRE RAYONS POIDS CHARGE TOTALE RÉSISTANCE RESISTANCE
- 'essieux. dos des des des paires y compris due au totale en
- bandages. portées. jantes de roues. les roues. frottement mouvement.
- chargées. de l’essieu. uniforme.
- mm. mm. kil. kil. kil. kil.
- 1 Collingc. Acier ...... - 28,5 620 31 300 2,45 1,27
- 2 A billes. Acier 44,2 555 )> 205 » 1,27
- 3 Collingc. Caoutchouc plein. 28,5 480 34 298 1,20 2,5
- 4 A billes. Caoutchouc plein. 50,0 615 » 290. » 1,05
- 5 Collinge. Pneumatique de
- 45 m/m gonflé. . 28,5 . 560 30 295 0,85 3,35
- G Collingc. — — dégonflé. 28,5 560 30 270 « 4,55
- Kil
- Avec bandages en acier. . . . . . . 18, 7
- — en caoutchouc plein . . . . . 7. 9
- — pneumatiques . ... 5, 7
- On s’explique jusqu’à un certain point le meilleur rendement des essieux avec les pneumatiques par la facilité avec laquelle ces bandages cèdent aux inégalités de la route, et diminuent par conséquent les réactions latérales des roues et leurs frottements de butée, réduction représentée par la différence entre les résistances ok,7 et 18k,7, avec les pneumatiques et avec les bandages d'acier. Rapportée du rayon de la roue, 0m,305, à celui de l’essieu, cette résistance de 5,7 p. 1000 donne un coefficient de frottement de 0,12, normal pour des surfaces médiocrement graissées. Avec des roulements bien construits, la résistance de l’essieu peut être Rendue assez faible pour admettre que l’on ne gagne presque rien à augmenter le diamètre des roues afin de la diminuer.
- La résistance opposée par n véhicule à sa propulsion peut être considérée comme résultant des trois résistances suivantes
- Résistance cinétique ou d’inertie ;
- Résistance interne ou organique;
- Résistance dç la route.
- Ces différentes résistances n’ont malheureusement pas pu être mesurées aux essais, de sorte qu’on a dû se borner à les évaluer approximativement par le calcul, en prenant pour type un véhicule pesant 1600 livres (726 ki 1.), dont 1 200 sur les roues motrices (545 kil.) et 400 sur la cheville ouvrière, avec roulements sur billes, pneumatiques, moteur de 3 chevaux, à rendement organique de 50 p. 100, surface exposée à l’air lm2,86. On suppose une vitesse de 36 kilo-
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- ESSAIS DE VOITURES AUTOMOBILES.
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- mètres à l’heure, acquise en 60 mètres sur une route présentant au pneumatique une résistance de 21 kilos par tonne. On arrive ainsi aux chiffres approximatifs suivants :
- CONSTANTES. VARIABLES.
- kil. kil.
- Résistances cinétique : accélération............................................ 12
- — en rampe de 5 p. 100................................................ 36
- Résistance de l’air................................................ 4,5
- Résistances organiques, non comprises celles du moteur et de sa
- transmission.................................................... 1,80 45
- Résistance de la route............................................. 9,00
- Résistance totale............................. 15,30 93
- Les moteurs doivent être étudiés non pas pour pouvoir facilement triompher des résistances les plus considérables sans diminuer leur vitesse, mais en vue de leur puissance moyenne. C’est ce que paraît démontrerl’essai suivant, avec une voiture Mueller Benz, le 2 novembre 1895, à Chicago. Distance parcourue, 92 milles (148 kilomètres) en 8 h. 44 (16k,6 à l’heure), dépense de gazoline, 14k,3, soit, à peu près, 0k,l par kilomètre. Aux essais, ce moteur, à la vitesse de 17kU,7, avec un effort de traction de 32k,80, a développé, aux jantes, un travail de 380 400 kilogrammètres par kilogramme de gazoline; à la vitesse de 21 kilomètres, et avec un effort de traction de 15k,7, il ne développait plus que 176 400 kilogrammètres par kilogramme de gazoline. On voit que le rendement baisse, avec ce moteur comme avec tous les moteurs à gazoline, très vite à mesure que le travail du moteur s’abaisse au-dessous de la moyenne pour laquelle on l’a calculé.
- G. il.
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- PROCÈS-VERBAUX
- Séance du 28 février 1896.
- Présidence de M. Mascart, président.
- Dépouillement delà, correspondance. — MM. Collignon et Aimé Girard, secrétaires, dépouillent la correspondance.
- M. Dolland, 21, rue de l’Abbé-Groult. Moteur ci puissance illimitée. (Arts mécaniques.)
- M. Cacheux demande que la Société se fasse représenter au Congrès des amis des arbres du 10 au 20 mars à Nice. (Agriculture.)
- M. Ory, à Ruaux, près Plombières-les-Bains, demande qu’on lui donne l’adresse de personnes pouvant s’intéresser à ses inventions. (Arts mécaniques.)
- M. Badois soumet à l’appréciation de la Société son projet d’amenée des eaux du lac Léman à Paris. (Constructions et Beaux-Arts.)
- M. A. Basin, à Lillers. Système de construction des barrages. (Constructions et Beaux-Arts.)
- M. F. de Mare, 21, rue Albouy, soumet à l’appréciation de la Société son système de lampes à récupération YHèliogène. (Arts économiques.)
- M. L. Boens, chemin latéral, barrière n° 1, Courbevoie. Système A épuration des eaux dégoût. (Arts chimiques.)
- M. E. Guichard, à Saint-Vincent-de-Connezac, demande qu’on l’aide à prendre un brevet pour machine à broyer les pommes à cidre. (Agriculture.)
- M. J. Boison, 77, avenue Ledru-Rollin, sollicite le concours de la Société en faveur du patronage industriel des enfants de Vébénisterie. (Comité du commerce.)
- M. André Damour remercie le Conseil de sa nomination comme membre de la Société.
- M. le Président informe le conseil que MM. E. Solvay, fabricant de produits chimiques à Bruxelles, et Chagot, directeur de la Compagnie des mines de Blanzy, ont mis chacun une somme de 1 500 francs à la disposition de la Société d’Encouragement pour des recherches sur les propriété des verres, à exécuter sous la direction du Comité de Chimie. Le Conseil remercie ces messieurs de leur généreux concours.
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- PROCÈS-VERBAUX. -- MARS 1896.
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- Nominations de membres du conseil. — Sont nommés :
- Membre du Conseil au Comité d’agriculture, en remplacement deM. Pasteur, M. Lindet, professeur à l’Institut agronomique; et membre correspondant du Comité de chimie M. Haller, directeur de l’Institut chimique de Nancy, correspondant de l’Institut.
- Nominations de membres de la Société. — Sont nommés membres de la Société :
- MM. Blonay (de), chimiste, présenté par MM. L. Olivier et H. Le Chatelier.
- Langer, ingénieur aux usines Franco-Russes, présenté par M. G. Richard.
- Lasvignes, ingénieur civil des mines, présenté par M. Le Chatelier.
- Marrel, maître de forges, présenté par M. Bâclé.
- Lemoine, chef de la vérification du gaz, présenté par M. Collignon.
- Ponnier, membre du Comité consultatif des arts et manufactures, présenté par MM. Roy et Mascart.
- Secrétan (Eugène), présenté par MM. Siméon et Le Chatelier.
- Mussat, ingénieur des ponts et chaussées, présenté par MM. A. Le Chatelier et H. Le Chatelier.
- Béguin, ancien élève de l’Ecole polytechnique, présenté par MM. A. Carnot, A. Pourcel et G. Richard.
- Société de Laval, présentée par M. G. Richard.
- Communications. — M. E. Sauvage. Sur l’unification des filetages (Voir page 346 du présent Bulletin).
- M. le Président félicite M. Sauvage de son intéressante communication, et saisit cette occasion de rappeler la part si considérable prise par M. Sauvage au suceès de l’unification des filetages.
- Au sujet de la présentation qu’il a faite dans la précédente séance, relative à l’or brillant de la Société des métaux précieux, M. de Luynes ajoute que, depuis l’année 1891, MM. Poulenc Frères livrent à l’industrie céramique et à la verrerie un or brillant également très remarquable, dû aux recherches de l’un de leurs chimistes, M. F. Robineau.
- Conférence. — M. Appert fait une conférence sur Y Industrie du verre.
- Cette conférence, vivement applaudie, et pour laquelle M. le Président adresse à M. Appert les remerciements et les félicitations du Conseil, sera reproduite au Bulletin.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- MARS 18%.
- Séance du 13 mars 1896.
- Présidence de M. Mascart, président.
- Dépouillement de la correspondance. — MM. Collignon et Aimé Girard, secrétaires, dépouillent la correspondance.
- M. Honoré propose la création d'un Automobile Club et envoie la liste de ses travaux.
- M. Laurent-Collot, vice-président de la Chambre de commerce de Lyon, envoie un rapport sur la Loi votée par la Chambre des députés au cours de la dernière législature sur la responsabilité des accidents du travail, ruineuse pour la petite industrie.
- M. Nicol, à Cbarenton, envoie un modèle représentant Vindustrie de la tonnellerie.
- M. Cacheux. Compte rendu du Congrès des habitations à bon marché, tenu à Bordeaux en octobre 1895.
- M. K. Helouis, chimiste à Colombes, annonce à la Société qu’il a réalisé la production du Vanadium métallique presque pur au moyen d’un alliage aluminium-vanadium obtenu par la réduction de l’acide VO5 à une température de 1 800° environ, c’est-à-dire suffisante pour fondre le platine. Il fera bientôt une communication détaillée à ce sujet.
- M. J. Bertrand, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, président de la Société des Amis des Sciences, remercie la Société de la somme de 1 000 francs qu’elle vient de voter en faveur de cette œuvre si intéressante.
- M. Haller, directeur de l’Institut chimique de Nancy, remercie le Conseil de sa nomination comme membre correspondant du Comité de Chimie.
- Correspondance imprimée. — MM. les secrétaires présentent au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages mentionnés à la page 477 du présent Bulletin.
- M. Cheysson u.. une Notice nécrologique sur M. Gibon, membre du Comité du Commerce dont la perte récente laisse d’unanimes regrets. (Page 313 du présent Bulletin.)
- M. Simon, en offrant à la Société la primeur d’une élégante affiche de M. Lucien Baylac, destinée à faire connaître la date d’ouverture de Y Exposition
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- PROCÈS-VERBAUX.
- MARS 1896.
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- de Rouen, le 16 mai prochain, demande la permission d’insister sur Tintérêt multiple de cette Exposition nationale.
- Ce n’est point l’œuvre d’une personnalité ou d’une Société financière. Créée sous le patronage et avec le concours de l’Etat, du département de la Seine-Inférieure, de la Municipalité et de la Chambre de commerce de Rouen, l’Exposition est garantie par un fonds souscrit entre les principaux chefs d’industrie de la région. Les dépenses de l’entreprise une fois couvertes, — et tout fait présager un grand succès, — les bénéfices seront répartis entre des œuvres d’utilité publique.
- L’auteur de l’affiche placée sous les yeux des assistants a fait ingénieusement ressortir deux particularités, qui contribueront puissamment à la réussite : le cadre delà cité normande, avec ses admirables monuments gothiques et de la Renaissance, puis les relations du port de Rouen avec les colonies françaises et les pays exotiques. L’Exposition sera, en effet, nationale et coloniale.
- La classification comprend, dans ses groupes les plus importants, indépendamment de la section commerciale, Venseignement et Xéconomie sociale, le génie civil, les industries d'art, les industries textiles, la grande construction mécanique, Y électricité et le gaz, la locomotion, Y agriculture, la navigation, les expositions ouvrières.
- Les travaux sont très avancés ; la galerie des machines est achevée ; les principales fondations destinées à recevoir les appareils en mouvement sont en cours d’exécution. L’Exposition de Rouen sera donc prête à la date fixée.
- Ceux des membres de la Société qui désirent faire connaître leurs produits dans un centre industriel particulièrement favorisé par sa proximité de Paris et par sa situation fluviale et maritime, trouveront à la Bourse du commerce de Paris, rue du Louvre, dans les bureaux du Comité fondé sous le patronage de la Chambre de commerce, les renseignements utiles à leur admission. Peut-être n’est-il pas superflu d’ajouter, qu’en raison du nombre des demandes déjà formulées et classées, les retardataires doivent se hâter pour arriver en temps utile et se trouver en bonne place.
- Nominations de membres de la Société. — Sont nommés membres de la Société :
- MM. Kolb-Bernard, ingénieur civil des mines, agent général des mines de Courrières, présenté par M. Gruner.
- Parvillée, céramiste, présenté par M. de Luynes.
- Gaechter, sous-directeur des aciéries, hauts fourneaux et forges de Trignac, présenté par M. Jordan.
- La Société de constructions mécanigues du Sud de la Russie, présentée par MM. H, et L. Le Chatelier.
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- PROCÈS-VERBAUX.
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- Rapports dfs comités. — M. Ronna, au nom du Comité d’Agriculture, sur l’ouvrage de M. F. Briot, inspecteur des forêts, intitulé : Les Alpes françaises. Études sur l'économie alpestre. (Page 318 du présent Bulletin.)
- M. H. Le Chatelier, au nom du Comité de Chimie, sur l’ouvrage de M. J. Richards, VAluminium et sa métallurgie. (Page 332 du présent Bulletin.)
- M. Duclaux, au nom du Comité de Chimie, sur les travaux de M. J. Eéffront. (Page 330 du présent Bulletin.)
- M. Simon, au nom du Comité de Mécanique, sur les Appareils à pendre et à appareiller les maillons des mécaniques Jacquardde M. Pierre-Marie Point. (Page 338 du présent Bulletin.)
- M. Violle, au nom du Comité des Arts économiques :
- 1° Sur Y Analyseur acoustique des gaz de M. Hardy;
- 2° Sur le Brûleur atomiseur Bandsept.
- Ces rapports seront publiés dans le Bulletin d’avril.
- Communication. — M. Carabasse, sténographe de la Chambre de commerce de Paris, fait une communication sur la sténographie et la dactylographie. Exposé des principes de la sténographie. Description des principales machines à écrire et présentation, à la Société, d’une machine de l’invention de MM. Carabasse et Riom permettant de sténographier en caractères ordinaires.
- M. le Président remercie M. Carabasse de son intéressante communication, qui sera renvoyée au Comité des Arts économiques.
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- PROGRAMME DES PRIX
- PROPOSÉS PAR LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’iNDUSTRIE NATIONALE A DÉCERNER DANS LES ANNÉES 1897 ET SUIVANTES
- GRANDES MÉDAILLES
- La Société décerne chaque année, sur la proposition de L’un des six comités du Conseil, une médaille en or portant l’effigie de l’un des plus grands hommes qui ont illustré les arts ou les sciences, aux auteurs, français ou étrangers, des travaux qui ont exercé la jplus grande influence sur les progrès de l'industrie française, pendant le cours des six années précédentes.
- Ces grandes médailles seront distribuées dans l’ordre suivant :
- 1896. Arts mécaniques ....
- 1897. Arts chimiques........
- 1898. Architecture et beaux-arts
- 1899. Agriculture...........
- 1900. Arts économiques. . . .
- 1901. Commerce..............
- à l’effigie de Prony.
- — de Lavoisier.
- — de Jean Goujon.
- — de Thénard.
- — d’Ampère.
- — de Ghaptal.
- Dans les années précédentes, ces médailles ont été décernées, savoir : en 1868, pour le commerce, à M. F. de Lesseps; — en 1870, pour la chimie, à M. B. Sainte-Claire Deville; — en 1872, pour l’agriculture, à M. Boussingault; — en 1873, pour la physique et les arts économiques, à sir Charles Wheatstone; — en 1873, pour le commerce, à M. Jacques Siegfried; — en 1876, pour les arts mécaniques, à M. H. Giffard; —- en 1877, pour les arts chimiques, à M. Walter Weldon; — en 1880, pour l’architecture et les beaux-arts, à M. Ch. Garnier, architecte; — eu 1882, pour les arts économiques, à M. Gaston Planté;— en 1883, pour le commerce, à la Chambre de commerce de Paris; — en 1884, pour les arts mécaniques, à M. Joseph Farcot; — en 1883, pour la chimie, à M. Michel Perret; — en 1886, pour les beaux-arts, à M. Barbedienne; — en 1887, à M. Gaston Bazille,. pour l’agriculture ; — en 1888, à M. Émile Baudot, pour les arts économiques;
- — en 1889, pour le commerce, à la Société de Géographie commerciale de Paris;
- — en 1890, pour les arts mécaniques, à M. Pierre-André Frey; — en 1890 (hors tour), pour les arts économiques, à M. Gramme; — en 1891, pour les arts chimiques, à M. Solvay; — en 1892, pour les constructions et beaux-arts, à M. Froment-Meurice ; — en 1893, pour l’agriculture, à M. Lecouleux;— en 1894, pour les arts économiques, à Lord Kelvin; — en 1893, pour le commerce, an Comité de VAfrique française.
- GRAND PRIX DU MARQUIS D’ARGENTEUIL
- Le marquis d’Argenteuil a légué à la Société d’Encouragement une somme de 40 000 francs pour la fondation d’un prix qui doit être décerné, tous les six ans. à
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- 450 PROGRAMME DES PRIX. ----- MARS 1896.
- Fauteur de la découverte la plus utile au perfectionnement de l’industrie française, principalement pour les objets dans lesquels la France n’auraitpoint encore atteint la supériorité sur l’industrie étrangère, soit quant à la qualité, soit buantaux prix des objets fabriqués.
- Le prix de 12 000 francs, ainsi fondé, a été décerné, en 1846, à M. Vicat, pour ses travaux sur les chaux hydrauliques; — en 1852, à M. Chevreul, pour ses travaux sur les corps gras; — en 1858, à M. Eeilmann, pour sa peigneuse mécanique;— en 1864, à M. Sorel, pour la galvanisation du fer; — en 1870, à M. Champenois, pour l’organisation des distilleries agricoles; — en 1880, à M. Poitevin, pour ses découvertes en photographie; — en 1886, à M. Lenoir, pour son moteur à gaz et l’ensemble de ses inventions; — en 1892, àM. Berthelot, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, pour ses remarquables travaux qui ont puissamment contribué aux progrès des industries chimiques.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1898.
- GRAND PRIX DE LA SOCIÉTÉ
- La Société d’Encouragement décerne, tous les six ans, un grand prix de 12 000 francs à l’auteur de la découverte la plus utile à l’industrie française. Ce prix alterne avec celui qui a été fondé par le marquis d’Argenteuil.
- Il a été décerné, en 1873, à M. Pasteur, pour ses travaux sur l’éducation des vers à soie, sur la conservation des vins et sur la fabrication de la bière et du vinaigre; — en 1883, à M. Faucon, pour le traitement par submersion des vignes;
- — en 1889, à M. Benjamin Normand, pour l’ensemble de ses travaux mécaniques;
- — en 1895, à M. Lipqornann pour sa découverte de la photographie des couleurs. Il sera décerné de nouveau, s’il y a lieu, en 1901.
- PRIX POUR LE PERFECTIONNEMENT DE L’INDUSTRIE COTONNIÈRE
- Les exposants de la classe 27, à l’Exposition universelle de 1867, sur l’initiative de M. Gustave Roy, ont donné à la Société d’Encouragement une somme de 13 169 fr. 85 pour la fondation d’un prix qui sera délivré, tous les six ans, à celui qui aura contribué le plus efficacement au développement ou aux progrès de l’industrie cotonnière en France.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1901.
- PRIX POUR LE MATÉRIEL DU GÉNIE CIVIL ET DE L’ARCHITECTURE
- Les exposants de la classe 65, à la même Exposition universelle, sur l’initiative de M. Elphège Baude, ont donné à la Société d’Encouragement pour Fin-
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- PROGRAMME DES PRIX.
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- dustrie nationale une somme de 2 315 fr. 75 c. pour fonder un prix qui sera décerné, tous les cinq ans, à T auteur des perfectionnements les plus importants au matériel et aux procédés du génie civil, des travaux publics et de ïarchitecture.
- Ce prix consiste en une médaille d’or de 500 francs; il sera décerné, s’il y a lieu, en 1900.
- PRIX FOURCADE, POUR LES OUVRIERS DES FABRIQUES DE PRODUITS CHIMIQUES
- Les exposants de la classe 47, à l’Exposition universelle de 1878, sur l’initiative et avec la coopération deM.Fourcade, ont fondé, auprès de la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale, un prix de 1 000 fr. qui sera remis chaque année, en séance publique de cette Société, au simple ouvrier des exposants de la classe 47 ayant le plus grand nombre d’années consécutives de service dans la même maison.
- Ce prix est décerné tous les ans ; il est de 1 000 francs.
- PRIX DE LA CLASSE 50 A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1867
- Les exposants de cette classe, sur l’initiative du baron Thénard, ont donné à la Société d’Encouragement une somme de 6 326 fr. 80 c. pour la fondation d’un prix qui sera accordé à l’auteur du perfectionnement le plus important apporté dans le matériel des usines agricoles et des industries alimentaires.
- PRIX PARMENTIER
- Les exposants de la classe 50 à l’Exposition universelle de 1889 ont donné à la Société d’Encouragement, sur l’initiative de M. Aimé Girard, une somme de 9846 fr. 75 c. pour la fondation d’un prix triennal de 1 000 francs, destiné à récompenser les recherches scientifiques ou techniques susceptibles d’améliorer le matériel ou les procédés des usines agricoles et des industries alimentaires.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1899.
- Prix biennal Meynot aîné père et fils, de Donzère [Drôme], de la valeur de 1 200 francs, provenant du don de M. Meynot aîné père et fis.
- Ce prix sera attribué s’il y a lieu comme l’indique le tableau p. 416.
- 1° A celui qui aura inventé ou perfectionné un instrument ou une machine propre à la moyenne ou à la petite culture.
- L’invention ou le perfectionnement devra avoir pour résultat de réaliser une amélioration notable et avantageuse soit dans la préparation des terres, soit
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- PROGRAMME DES PRIX.
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- dans le traitement des plantes et des animaux, soit encore dans les manipulations des produits de l’exploitation.
- Ce prix pourra être encore attribué à celui qui aura introduit soit un procédé perfectionné de culture, soit un végétal ou un animal nouveau propres à accroître les profits de la petite ou de la moyenne culture.
- 2° Au cultivateur, viticulteur ou maraîcher qui, cultivant son bien ou le bien d’autrui en qualité de colon à mi-fruits ou à prix d’argent, avec les bras de sa famille, soit seul, soit avec un ouvrier au plus, donnera le meilleur exemple par sa conduite, son assiduité au travail, par l’ordre dans son ménage et qui, par l’application des meilleures méthodes de culture et de l’outillage le plus perfectionné, aura réalisé les meilleurs résultats dans sa petite exploitation.
- Ce prix aura une certaine importance, il constituera une petite fortune pour celui qui l’obtiendra, et fera bénir le bienfaiteur par les familles laborieuses du pays.
- La Société joindra à la récompense pécuniaire une médaille d’argent qui en perpétuera le souvenir dans les familles.
- Pour atteindre le but et empêcher le prix d’aller à de gros cultivateurs, il faudra tenir la main à ce que les concurrents soient ceux qui cultiveront leur bien avec leurs bras, seuls ou avec l’aide d’un ouvrier au plus (homme ou femme).
- SUCCESSION DES PRIX
- Prix en 1897, pour invention agricole : dans toute la France.
- — 1899, — petite culture : dans la Drôme.
- — 1901, — petite culture : dans l’Isère.
- — 1903, — invention agricole : dans toute a France.
- Au cas où aucun concurrent ne serait jugé digne de la récompense aux époques fixées, le concours sera remis d’année en année, jusqu’à ce qu’un mérite suffisant se soit produit.
- En cas de non-attribution, le montant du prix fera retour au capital pour accroître la valeur du prix à distribuer ultérieurement.
- Les concurrents devront se faire inscrire avant le 1er janvier de l’année du concours.
- PRIX MELSENS
- (ARTS ÉCONOMIQUES)
- Mme veuve, Melsens, voulant perpétuer la mémoire de M. Melsens, son mari, a donné à la Société une somme de 5 000 francs, pour fonder un prix destiné à récompenser l’auteur d’une application de la physique ou de la chimie à l’électricité, à la balistique ou à l’hygiène.
- Ce prix, de la valeur de 500 francs, est triennal. Il sera décerné en 1899.
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- PRIX SPÉCIAUX PROPOSÉS ET MIS AU CONCOURS
- POUR ÊTRE DÉCERNÉS DANS LES ANNÉES 1897 ET SUIVANTES
- ARTS MÉCANIQUES
- 1° Prix de 2 000 francs pour /’application, à la mouture des grains, de procédés donnant des résultats meilleurs que le système habituel.
- Depuis quelques années, on applique des procédés de mouture qui donnent des résultats supérieurs à ceux que fournissent communément les meules.
- La Société d’Encouragement pense qu’il est d’un grand intérêt, pour la prospérité de la meunerie en France, soit d’appliquer promptement les procédés perfectionnés connus actuellement ou d’autres meilleurs, soit d’améliorer l’ancien système, de façon à obtenir des résultats plus avantageux.
- En conséquence, la Société met au concours un prix de 2 000 francs, qui sera décerné à l’industriel qui aura fait, en France, à la minoterie, l’application la plus considérable et la mieux entendue, soit de nouveaux procédés, soit de perfectionnements aux procédés actuels, et qui sera parvenu par là à produire des farines dans les conditions les plus avantageuses.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1897.
- 2° et 3° Prix relatifs à la navigation aérienne.
- Depuis quelques années, grâce aux travaux de MM. Krebs, Renard, Tissandier et autres savants aéronautes, la science de la navigation aérienne a fait des progrès considérables. Sans que le problème de la direction des navires aériens ait encore reçu une solution entièrement pratique, il semble que le moment ne soit plus bien éloigné où il sera possible à l’homme de se soutenir et de se diriger dans les airs : la question, on peut le dire, touche à sa maturité, car les études antérieures ont défini à la fois ce qu’il faut chercher et dans quel sens il faut chercher. On sait aujourd’hui que le problème rentrerait dans la catégorie de ceux que résolvent chaque jour les mécaniciens, si l’on était en possession à la fois d’un moteur très puissant et très léger, et de données et coefficients numériques permettant de calculer l’intensité des réactions qui s’exercent entre une surface mobile et l’air dans lequel elle est en mouvement.
- Le Conseil de la Société a pensé que le moment était venu d’aborder enfin ces questions, et c’est pour en hâter la solution qu’il propose les deux prix 2° et 3° ci-après :
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- PROGRAMME DES PRIX.
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- 2° Prix de 2000 francs pour un moteur d’un poids de moins de 50 kilogrammes par cheval de puissance.
- La puissance est effective et mesurée au frein sur l’arbre de couche.
- Le poids est celui de l’appareil moteur complet, y compris, s’il y a heu, la chaudière, les volants, la tuyauterie, les outils de service et autres accessoires, les approvisionnements pour une marche à pleine puissance pendant deux heures au moins, et les récipients contenant ces approvisionnements. Le moteur devra être produit tout prêt à fonctionner; il sera soumis à des essais sous le contrôle de la Société d’Encouragement; le fonctionnement devra être sûr et régulier. L’agent moteur pourra être quelconque : vapeur, gaz, électricité, etc.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1897.
- 3° Prix de 2 000 francs pour une étude des coefficients nécessaires au calcul mécanique d'une machine aérienne.
- Il s’agit de recherches ayant pour objet la détermination des réactions qui se produisent aux divers points d’une surface se mouvant dans l’air, dans les circonstances variées que peut offrir le problème de la navigation aérienne ; les principales de ces circonstances sont : l’étendue de sa surface, sa nature, sa forme, sa vitesse, la nature de son mouvement, etc. L’étude aura un caractère essentiellement expérimental; les calculs théoriques ne seront pas exclus, mais en tant seulement qu’ils ne comporteront rien d’hypothétique.
- Le prix sera délivré, s’il y a lieu, en 1897.
- 4° Prix de 2000 francs pour un petit moteur destiné à un atelier de famille, fonctionnant isolément ou rattaché à une usine centrale.
- On a souvent signalé l’intérêt qu’il y aurait, pour le petit fabricant en chambre, à se procurer commodément et à bon marché, toutes les fois qu’il en aurait besoin, la petite quantité de travail pour laquelle il a ordinairement recours à l’assistance momentanée d’un tourneur de roue.
- Un prix est proposé, dans ce but, pour un moteur à arbre rotatif, pouvant mettre à peu de frais, à la disposition de l’ouvrier en chambre, un travail de 6 à 20 kilogrammètres par seconde. Les dispositions proposées devront permettre de faire varier, entre ces limites, la puissance disponible, sans présenter de trop grands écarts dans le rendement; et, s’il est possible, elles devront se prêter aux vitesses les plus convenables, suivant la nature de l’opération à effectuer.
- La solution de cette question aurait pour conséquence de favoriser le travail en famille.
- La Société a décerné quatre fois ce prix : la première fois, à un moteur hydraulique utilisant l’eau des conduites d’une ville; la deuxième, à un
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- PROGRAMME DES PRIX. -- MARS 1896.
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- moteur à vapeur; la troisième, à un moteur à gaz; et la quatrième, à un système de transmission de force à domicile. Elle désirerait voir varier la forme et le mode d’action des moteurs qui peuvent recevoir des applications du même genre, et elle a maintenu ce prix au concours pour 1897 .
- 5° Prix de 2 000 francs pour perfectionnements aux machines-outils.
- Les ateliers où l’on travaille lé bois ou les métaux donnent souvent la préférence, pour l’installation ou le renouvellement de leur outillage à des machines-outils de provenance étrangère ou d’invention étrangère.
- Cependant l’esprit d’invention et l’ingéniosité mécanique ne manquent pas en France, et la construction y est, en général, consciencieuse et soignée. Le progrès des machines-outils devrait être plus rapide et plus marqué.
- Pour favoriser ce progrès si désirable, la Société d’Encouragement propose un prix de 2 000 francs.
- Ce prix sera attribué à une machine-outil pour le travail du bois ou pour le travail des métaux, d’invention et de construction françaises et présentant quelque perfectionnement notable. Cette machine devra être en service et fournir de bons résultats d’emploi.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 4897.
- ARTS CHIMIQUES
- 1° Prix de 1000 francs pour F utilisation des résidus de fabrique.
- Il fut un temps où les chimistes rejetaient, comme inutile et sans objet, le résidu, le caput mortuum, de leurs opérations. En tenir compte, fut une révélation qui, de proche en proche, conduisit de Glauber à Lavoisier, c’est-à-dire de la manipulation indécise à la théorie la plus sûre.
- Beaucoup d’industries en sont encore à cette période où les résidus de leurs travaux demeurent sans emploi et deviennent, par leur importance, l’occasion de troubles pour l’hygiène publique, ou de lourdes dépenses et de grandes gênes.
- Tout emploi utile de ces matériaux dégrèverait d’une charge les industries qui les produisent, et réduirait d’autant le prix de revient de leurs produits, au profit du consommateur.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1897.
- 2° Prix de 2 000 francs pour une publication utile ci l’industrie chimique ou métallurgique (traités, mémoires).
- Les progrès rapides de l’industrie font que les traités technologiques cessent, peu de temps après leur publication, d’être au courant des plus récents perfec-
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- tionnements. La publication de semblables traités présente un grand intérêt pour les industriels qui ne peuvent se tenir au courant des progrès réalisés que par la lecture de mémoires dispersés de tous côtés, et difficiles à se procurer.
- A côté des traités purement descriptifs, où l’énumération des recettes et procédés particuliers à chaque industrie tient une place prépondérante, il est une catégorie d’ouvrages plus utiles encore au progrès de l’industrie, et dont la publication ne saurait être trop encouragée. Ce sont les traités qui font surtout connaître les principes et les méthodes scientifiques des divers procédés industriels, c’est-à-dire montrent comment ces procédés peuvent se déduire de quelques faits plus simples et plus généraux, susceptibles de mesures précises, tels que réactions chimiques, propriétés physiques, dont les expériences de laboratoire ont permis l’étude rationnelle. — La publication d’un traité de chimie métallurgique résumant les travaux parus sur ce sujet dans ces vingt dernières années rendrait les plus grands services à l’industrie française.
- La Société d’Encouragement propose, pour de semblables publications, un prix de 2 000 francs, qu’elle se réserve de diviser. 11 ne sera accordé de récompense qu’aux ouvrages d’un mérite réel, dont les auteurs auront fait preuve d’une compétence spéciale sur les sujets qu’ils traitent.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1898.
- 3° Prix de 2 OOO francs pour une élude expérimentale des propriétés physiques ou mécaniques d’un ou plusieurs métaux ou alliages choisis parmi ceux qui sont d’un usage courant.
- La plupart des procédés industriels reposent sur l’utilisation de certaines propriétés des corps (coefficient de dilatation, ténacité, malléabilité, fusibilité, etc.) dont le rôle est généralement connu d’une façon purement qualitative. Il serait très important de posséder des mesures précises de ces diverses grandeurs, qui permettent d’apprécier exactement leur influence individuelle. Pour ne citer qu’un exemple, on sait que, dans le moulage de la fonte, l’une des plus grandes difficultés que l’on rencontre provient du retrait du métal; or, aujourd’hui, l’on ne possède aucune donnée précise sur la loi de dilatation de la fonte, et même les expériences capitales de Gore, sur les changements brusques de volume que les fers, aciers ou fontes éprouvent au rouge, n’ont pas été reprises, et sont complètement tombées dans l’oubli.
- La Société espère que la création d’un prix de 2 000 francs encouragera les recherches dans cette voie. Elle se réserve de partager le prix ou de n’en accorder qu’une partie suivant la valeur des travaux qui lui seront soumis.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1898.
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- 4° Prix de 2 OOO francs pour un nouveau procédé de fabrication de l’acide sulfurique fumant et de l’acide sulfurique anhydre.
- La fabrication de l’acide sulfurique de Nordhausen a été, jusqu’ici, le monopole de quelques fabriques de l’Allemagne. La consommation était d’ailleurs limitée à l’emploi qu’on en faisait pour dissoudre l’indigo. Aujourd’hui que l’acide fumant est, pour ainsi dire, indispensable à la production de corps importants, tels que l’alizarine artificielle, il serait utile que nos industriels, au lieu de faire venir de loin et à grands frais un produit dont l’usage s’étend déjà beaucoup et s’étendra certainement encore plus dans l’avenir, puissent avoir à leur disposition un nouveau procédé de fabrication.
- La Société d’Encouragement a décidé qu’un prix de 2 000 francs serait décerné pour un nouveau procédé de fabrication de l’acide sulfurique fumant, ou de l’acide anhydre, plus économique que ceux qui ont été appliqués jusqu’ici.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1897.
- 5° Prix de 2 000 francs pour de nouveaux progrès réalisés dans la fabrication du chlore.
- La fabrication de la soude suit, en ce moment, une grave transformation. Au procédé de Le Blanc, tend à se substituer, de tous côtés, le procédé de fabrication qui repose sur la décomposition à froid du chlorure de sodium par le bicarbonate d’ammoniaque.
- L’exploitation de ce procédé, tentée déjà à plusieurs reprises, et notamment en 1855, par MM. Schlœsing et Rolland, a, depuis quelques années, pris rang définitivement parmi les grandes industries chimiques, et, dès à présent, elle livre au commerce des quantités de sel de soude dont le prix de revient est, dans une large mesure, inférieur au prix de revient de la soude fabriquée par le procédé Le Blanc.
- Cependant, le développement de cette nouvelle industrie se trouve forcément limité parla nécessité, pour la fabrication des produits chimiques, de fournir aux arts non seulement le sodium, mais encore le chlore que le sel contient. En effet, tandis que, dans le procédé Le Blanc, le manufacturier, par la production du sulfate de soude et de l’acide chlorhydrique, utilise ces deux éléments, on voit, dans les procédés à l’ammoniaque, tout le chlore évacué à l’état de résidus, et généralement sous la forme de chlorure de calcium. D’où résulte, d’une façon nécessaire, et dans une mesure fixée par les besoins du blanchiment, de la papeterie, etc., la conservation actuelle du procédé ancien en face du procédé nouveau.
- Il en serait autrement si, résolvant un problème jusqu’ici considéré comme insoluble, la fabrication des produits chimiques parvenait à retirer, des résidus laissés par la fabrication de la soude à l’ammoniaque, le chlore que ceux-ci Tome I. — 95e année. 5° série. — Mars 1896. 30
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- emportent à l’état inutile. Complétés par cette découverte, les procédés à l’ammoniaque exerceraient une influence de premier ordre sur la valeur des produits chimiques de grosse fabrication, qui, pour nombre d’industries, sont de véritables matières premières, en même temps que la salubrité publique trouverait tout avantage à la suppression de résidus, que, jusqu’ici, les manufacturiers sont obligés d’évacuer dans les cours d’eau.
- La Société d’Encouragement, préoccupée des conséquences importantes qu’entraînerait l’utilisation de ces résidus, propose un prix de 1 000 francs pour celui qui parviendra à en retirer industriellement le chlore qu’ils contiennent.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1899.
- 6° Prix de 1000 francs pour la découverte d'un nouvel alliage
- utile aux arts.
- La plupart des alliages employés dans l’industrie sont connus depuis longtemps. Cependant, de nouveaux métaux ont été découverts, et l’un d’eux, l’aluminium, a fourni un bronze doué de qualités extraordinaires, dont les arts et les beaux-arts tireront un parti considérable, lorsque son prix de revient, le rendra accessible aux emplois communs de la vie.
- Le bronze d’aluminium, éminemment malléable et ductile, partage avec le fer et l’acier la propriété de se laisser forger à chaud et de pouvoir être soudé. Fusible à une température élevée, il se prête à tous les travaux de moulage. Il résiste mieux à l’air et aux agents d’oxydation que les bronzes ou laitons anciennement connus.
- Pourquoi les métaux nouvellement connus ne seraient-ils pas susceptibles de fournir aussi des alliages doués de qualités spéciales dignes de l’attention de l’industrie? Ce sont des études à entreprendre et des essais à tenter : la Société, en es provoquant, tiendra compte, du reste, de tout travail exact, faisant connaître les propriétés des alliages anciens ou nouveaux, lors même que leurs auteurs n’auraient pas trouvé l’occasion de faire sortir de leurs recherches de nouvelles applications industrielles.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1899.
- 7° Prix de 2 OOO francs pour une étude scientifique de la combustion dans les fours chauffés par gazogènes.
- Depuis les travaux classiques d’Ebelmen sur l’emploi des combustibles gazeux, il n’a été fait en France aucune recherche d’ensemble sur un sujet si important. Ce mode de chauffage, actuellement appliqué dans les industries les plus variées, est appelé à prendre un développement de jour en jour plus grand, et à se substituer complètement au chauffage direct par grille. Les analyses de
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- gaz qui ont été faites, quoique très nombreuses, présentent généralement peu d’intérêt. Elles sont toujours incomplètes, un des éléments importants, l’eau, n’étant jamais dosé; elles se rapportent à des gaz dont les conditions de production ne sont pas spécifiées, et un grand nombre d’entre elles ne présentent aucune garantie d’exactitude.
- Il serait très important d’avoir une série d’analyses complètes, se rapportant à des gaz obtenus dans des conditions parfaitement déterminées, comme composition chimique du combustible solide, poids d’eau vaporisée sous la grille, durée de séjour des gaz au contact du charbon, température du gazogène. Des analyses des produits de la combustion devraient être faites parallèlement, en les rapprochant de la durée de séjour des flammes dans les fours, de la température de ce dernier, de la vitesse relative d’arrivée des gaz et des sections et positions relatives des carneaux d’émission.
- De semblables données numériques seraient très utiles à l’industrie, en faisant connaître par avance les résultats que l’on peut attendre d’un combustible donné, et plus encore en faisant ressortir la nécessité absolue des analyses fréquentes de gaz pour la conduite des gazogènes, — analyses dont l’utilité pratique est loin d’être admise comme elle devrait l’être.
- La Société d’Encouragement propose, pour une semblable étude, un prix qui pourra s’élever à 2 000 francs. On attachera moins d’importance au nombre des résultats d’expérience obtenus qu’à la précision des analyses, et au soin avec lequel les conditions déterminantes desphénomènes auront été mises en évidence.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1899.
- 8° Prix de 2 OOO francs pour une étude sur la dilatation, Vélasticité et la ténacité des pâtes et couvertes céramiques.
- Les différents produits céramiques présentent, au point de vue de la solidité, des qualités bien différentes. Les porcelaines et les grès peuvent être environ dix fois plus résistants que les terres cuites et faïences communes ; l’addition de fondants à la pâte des faïences fines leur donne, à ce point de vue, une situation intermédiaire entre les produits extrêmes. Des mesures précises de résistance à l’écrasement, à l’arrachement ou à la flexion de ces divers produits seraient évidemment très utiles, si elles étaient rapprochées de la nature et de la proportion des éléments constitutifs des pâtes, et de leur température de cuisson.
- L’accord des pâtes et des couvertures est un des problèmes les plus délicats de la céramique ; ce n’est actuellement que par des tâtonnements indéfiniment prolongés, et partant très coûteux, que l’on arrive à quelques solutions particulières plus ou moins satisfaisantes. Ainsi, pour arriver à reconstituer la véritable porcelaine chinoise, il n’a pas fallu moins de trente années de travail. Il semble que la connaissance exacte des coefficients de dilatation et des limites d’élasticité
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- de pâtes et de couvertes de nature déterminée, en permettant de réduire le nombre des essais analogues, serait d’un grand secours pour le perfectionnement de notre industrie céramique.
- Enfin, la mesure de la dureté des couvertes présente également un intérêt incontestable.
- La Société d’Encouragement propose, pour une semblable étude, un prix qui pourra s’élever à 2 000 francs, et qui sera décerné, s’il y a lieu, en 1899.
- 9° Prix de 1 OOO francs pour la substitution à Vacide sidfurique, dans la teinture, et notamment dans la teinture des soies, d'un autre composé donnant aux
- fibres Vapprêt voulu, mais n exerçant pas sur elles la même action destructive.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1 897.
- 10° Prix de 2 OOO francs pour une étude scientifique des propriétés physiques
- et mécaniques des verres.
- La composition chimique des verres varie avec les usages auxquels ils sont destinés. Ce ne sont pas seulement la considération de l’abaissement du prix de revient d’une part, et celle de l’éclat, de la transparence, d’autre part, qui motivent ces variations de composition. Les conditions variées de travail et d’emploi du verre exigent des qualités également variées. D’une façon générale, le verre doit prendre une fluidité telle que l’affinage soit complet, le dégagement des bulles gazeuses parfaitement assuré. En outre, pour la gobeleterie, il faudra un verre restant longtemps malléable, et pouvant se travailler jusqu’à une température relativement assez basse ; pour les bouteilles à champagne, il faut un verre résistant et peu altérable; pour les émaux, il faudra des verres ayant une élasticité considérable, leur permettant de se prêter aux dilatations inégales des corps qui les supportent.
- Ces diverses qualités sont susceptibles, les unes de mesures rigoureuses, les autres de mesures approchées, dont la connaissance présenterait un intérêt incontestable. On peut déterminer la température à laquelle un verre commence à plier sans rompre, puis à se déformer sous son propre poids, à couler comme un liquide, et enfin à laisser monter à la surface les bulles gazeuses. On peut également mesurer la ténacité à des températures croissantes. Le coefficient d’élasticité et celui de dilatation peuvent aussi faire l’objet de mesures précises.
- De semblables mesures, bien entendu, ne peuvent avoir d’utilité qu’à condition d’être rapprochées de la composition chimique du verre, des conditions de refroidissement lent ou rapide, en un mot, de toutes les circonstances dont ces grandeurs peuvent être fonctions. Des expériences faites sur des matières insuffisamment déterminées seraient totalement dénuées de valeur.
- La Société d’Encouragement propose, pour une semblable étude, un prix qui
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- pourra s’élever à 2 000 francs, suivant l’importance du travail et des résultats obtenus.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1897.
- ! 10 Prix de 2 OOO francs pour la découverte deprocèdes capables de fournir,
- par des transformations chimiques quelconques, des espèces organiques utiles,
- telles que la quinine, le sucre de canne, etc.
- La chimie organique est en possession de doctrines et de méthodes pratiques au moyen desquelles on peut prévoir et réaliser la production, par voie de transformation, d’un grand nombre de substances. L’urée, l’huile d’amandes amères, l’huile volatile de reine-des-prés, l’alcool, l’acide des fourmis, les essences à odeur de fruit, etc., ont été reproduits au moyen de procédés certains, en partant de substances qui semblaient très éloignées de la composition de ces corps, et quelquefois avec autant d'économie que de facilité.
- Il n’y a pas de limites à ces sortes de créations, ou plutôt de ces nouveaux arrangements. Aux yeux de la théorie, il n’y a pas de différence entre la production de l’urée et celle de l’indigo ou de la quinine, entre celle de l’acide formique ou de l’alcool et celle du sucre de canne.
- Aux yeux de la pratique, il n’en est pas de même, et, tandis que les alcaloïdes artificiels connus demeurent presque tous d’un faible intérêtà ses yeux, la découverte de la quinine artificielle aurait un retentissement immense, et rajeunirait la gloire de Pelletier et de Caventou.
- La Société d’Encouragement, convaincue que les progrès de la chimie organique permettent d’aborder ces sortes de problèmes, ne craint pas d’engager les chimistes à s’en occuper; s’ils n’atteignent pas le but, ils seront du moins récompensés de leurs efforts par des résultats scientifiques nouveaux.
- Elle fait remarquer, d’ailleurs, qu’il ne s’agit point de la découverte de procédés exploitables au point de vue commercial, mais de la découverte pure et absolue d’un moyen quelconque pour la formation artificielle d’une substance éminemment utile, de l’ordre de celles qui sont citées plus haut.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1899.
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- 12° Prix de 2000 francs pour une étude scientifique d’un procédé industriel dont la théorie est encore imparfaitement connue.
- Un grand nombre d’industries se développent d’une façon purement empirique; les procédés permettant d’obtenir un résultat donné sont connus souvent bien longtemps avant qu’on ne soupçonne la nature ou l’enchaînement des phénomènes mis en jeu. Leur connaissance exacte présenterait pourtant un grand intérêt au point de vue industriel, en réduisant le nombre des tâtonnements nécessaires pour arriver à réaliser de nouveaux perfectionnements.
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- La Société propose un prix de 2 000 francs pour le meilleur travail qui lui sera soumis; elle se réserve de partager le prix, ou même d'en différer l'attribution. Les mémoires les plus intéressants pourront être publiés en entier, ou par extrait, dans les bulletins de la Société.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1899.
- 13° Prix de 2 OOO francs pour la fabrication courante d’un acier ou fer fondu
- doué de propriétés spéciales utiles, par l’incorporation d’un corps étranger.
- On sait, par les recherches de Faraday, que plusieurs métaux : le platine, le palladium, le chrome, etc., modifient les propriétés de l’acier d’une façon notable, dans le cas où ces métaux ne sont alliés au fer qu’en minime proportion.
- Plus récemment, il a été constaté que les aciers sont rendus d’autant plus durs qu’ils renferment plus de tungstène. Leur ténacité statique s’accroît aussi; mais le métal devient plusaigre; il s’allonge moins. Les effets utiles ou nuisibles du manganèse sur l’acier ont été signalés également dans ces derniers temps, Mais il y a loin encore de ces indications plus ou moins vagues à une fabrication régulière et courante.
- Cependant aujourd’hui que, grâce aux procédés Bessemer et Martin Siemens, l’emploi de l’acier et des fers fondus s’est considérablement élargi, l’attention se reporte de nouveau sur les travaux de Faraday. Il importe de connaître l’influence spéciale des métaux étrangers sur les propriétés du fer et de l’acier.
- La Société d’Encouragement, désirant favoriser ces études, décernera un prix de 2 000 francs à celui qui fabriquera sur une large échelle, et qui aura fait accepter par les arts ou les ateliers de construction, un fer fondu doué de propriétés spéciales par l’incorporation d’un corps étranger.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1897.
- ARTS ÉCONOMIQUES
- 1° Prix de 2000 francs pour l’invention de procédés nouveaux permettant d’utiliser le pétrole pesant au moins 0k,800 avantageusement et sans danger, soit dans l’industrie, soit dans l’économie domestique.
- Le pétrole, dont la production augmente de jour en jour et dont l’usage sous des formes diverses tend à se développer, fournit une source précieuse de chaleur et de lumière. Il importe de perfectionner les appareils à l’aide desquels on l’emploie, et cela non seulement au point de vue de l’utilité que l’on peut en retirer, mais aussi pour éviter complètement, ou du moins pour diminuer autant que possible les accidents auxquels donne trop fréquemment lieu l’usage du
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- pétrole. La Société d’Encouragement accordera le prix à l’inventeur qui, dans ce double ordre d’idées, aura réalisé les plus grands progrès.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1898.
- 2° Prix de 2 000 francs pour la construction d’une essoreuse
- à effet continu.
- L’industrie des produits chimiques utilise avec grand profit les essoreuses à force centrifuge. Mais dans certains cas, notamment lorsqu’il s’agit d’opérer la séparation et le lavage de précipités, de cristaux, etc., des substances volatiles, l’alcool, la benzine, le chloroforme, etc., avec lesquels ces corps sont mélangés, l’emploi des appareils ordinaires devient très onéreux par suite des pertes occasionnées par la manipulation nécessaire pour retirer les matières solides du panier de l’appareil, ces matières conservant toujours une petite quantité du liquide volatil qu’il s’agissait d’extraire.
- Une essoreuse dans laquelle les matières à séparer s’introduiraient d’une manière continue et qui permettrait de recueillir sans arrêt, d’une part les substances essorées, et de l’autre les liquides, réaliserait un grand progrès dans la séparation des matières industrielles.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1897.
- 3° Prix de 3 000 francs relatif à la fabrication des aimants permanents.
- Les aimants permanents, en fournissant des champs magnétiques indépendants, gratuits et relativement puissants, sont susceptibles de rendre de grands services dans le domaine des applications électriques; ils se prêtent notamment d’une manière fort avantageuse à la construction de toute une catégorie d’instruments de mesure, et concourent ainsi efficacement à la solution des problèmes généraux.
- Les qualités qu’on attend d’eux sont la force et la stabilité. Ces qualités sont évidemment liées à la nature du métal qui les constitue et au traitement que ce métal a pu subir.
- Les études à faire sur la question peuvent donc porter, d^une part, sur la composition de l’acier à aimants et le rôle des éléments, autres que le fer, qui peuvent y être introduits, et, d’autre part, sur les procédés et températures de trempe, les recuits et opérations accessoires de nature à améliorer les résultats obtenus.
- Le prix sera décerné en 1897 à l’auteur d’une méthode réalisant des perfectionnements importants sur les méthodes actuelles.
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- AGRICULTURE
- 1° Prix de 2 000 francs 'pour la meilleure étude sur l’agriculture et /’économie rurale d'une province ou d'un département.
- L’agriculture et l’économie rurale des diverses parties de la France présentent des différences dignes de remarque, provenant de causes locales encore peu connues. Il serait très utile de pouvoir comparer entre elles les méthodes ou systèmes qui y sont mis en pratique. Une série de monographies faisant connaître ce qui se passe dans chaque région agricole permettrait de faire ces rapprochements, et contribuerait ainsi puissamment aux progrès de l’agriculture.
- Quelques études de ce genre, qui avaient été tentées, ont engagé la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale à proposer un prix pour ce genre de recherches, et elle a pu décerner déjà des prix et des mentions honorables aux auteurs de remarquables monographies de ce genre. Ce succès l’a décidée à maintenir la question au concours. Elle propose donc de nouveau un prix de 2 000 francs pour la meilleure description de l’agriculture et de l’économie rurale d’une région agricole. L’étendue de cette région pourra embrasser une province entière ou se borner à un département; mais les investigations dont cette contrée sera l’objet devront être précises et détaillées, et faire connaître, aussi complètement que possible, les pratiques agricoles et surtout les méthodes d’économie rurale qui y sont employées. La valeur du prix ne sera délivrée qu’après que l’auteur aura fait imprimer le mémoire couronné.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1898.
- 2° Prix de 3 000 francs pour l'étude des ferments alcooliques.
- L’étude des ferments qui interviennent dans la production des boissons fermentées a pris, depuis les travaux de M. Pasteur, une importance considérable. Les diverses levures entrent en jeu, non seulement pour produire de l’alcool, mais encore pour développer le goût et le bouquet qui établissent de si grandes différences dans la valeur de ces produits.
- L’étude de ces levures n’est pas, à l’heure qu’il est, suffisamment avancée, leur rôle dans la qualité des boissons fermentées n’est pas bien défini. La Société désire provoquer de nouvelles recherches sur ce sujet.
- En outre, à côté de ces levures qui sont les agents de la production du vin, du cidre, de la bière, se trouvent d’autres organismes, dont le rôle est bien différent, et qui agissent sur les boissons fermentées d^une manière défavorable, occasion-
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- nant ce qu’on appelle les maladies des vins, du cidre, delà bière. L’étude de ces organismes et des moyens propres à soustraire à leur action les boissons fermentées présente également le plushaut intérêt. La Société a pensé qu’elle devait encourager ceux qui, dans ces questions délicates, auront fourni des documents nouveaux pouvant s’appliquer à la pratique.
- Les concurrents à ce prix devront apporter des données précises, obtenues avec une rigueur scientifique. Ils devront indiquer en outre l’application de ces données à l’amélioration de la qualité et à la conservation des boissons fermentées. Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1897.
- 3° Prix de 2 OOO francs pour la meilleure étude sur la constitution physique et la composition chimique comparées des terrains d'une des régions naturelles ou agricoles de la Finance, par exemple, de la Brie, de la Beauce, du pays de Caux, etc., etc.
- Les cartes géologiques de détail, que publie l’administration des mines, indiquent non seulement les divers étages géologiques qui ont formé les terrains superficiels, mais les dépôts de limon quaternaire qui les recouvrent en certains poinls, sur une épaisseur plus ou moins grande, les dépôts meubles qui, provenant des précédents, sont venus s’accumuler sur les pentes ou former des allu-vions au fond des vallées.
- Ce sont de véritables cartes agronomiques, qu’on pourrait rendre encore plus utiles aux agriculteurs en étudiant chacun de ces étages, d’un côté, par l’analyse dans le laboratoire, et, de l’autre, par des essais méthodiques d’engrais chimiques (engrais analyseurs, analyse du sol par les plantes) dans les champs.
- Un petit nombre d’analyses faites sur des échantillons assez bien choisis, d’après les indications des cartes, pour représenter le type de chacun de ces terrains, pourrait ainsi servir pour tous les champs désignés sur des cartes par la même teinte. Il faudrait employer, pour ces analyses, des méthodes qui permettent de donner aux agriculteurs des conseils pratiques sur l’emploi de l’acide phosphorique, de la potasse, etc., pour telle culture ou telle autre (par exemple, les méthodes indiquées par M. P. de Gasparin dans son Traité de la détermination des terres arables dans le laboratoire).
- Dans les cas où il serait d’usage, dans le pays, d’employer de la marne ou de la chaux, il faudrait étudier aussi la composition chimique de ces amendements, leur action sur le sol, etc.
- Les concurrents devront également donner des indications sur les cultures pratiquées dans ces divers terrains.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1898.
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- 4° Prix de 1 500 francs pour les meilleures variétés d'orges de brasserie.
- Il est ouvert, parla Société nationale d’Encouragement pour l’Industrie nationale, un concours pour la culture des variétés d’orges d’hiver et de printemps, en vue de la brasserie.
- Les conditions du concours sont les suivantes :
- 1° Nul ne peut être admis au concours si la culture, pour chaque variété, n’est pas de deux hectares au moins.
- 2° Le poids de l’hectolitre devra être de 68 kilos au minimum.
- Les caractères qui serviront à l’appréciation du jury sont ceux d’une bonne orge de brasserie, savoir :
- 1° Couleur jaune clair de paille, ou serin ou blanc jaunâtre, uniformément répartie sur tout le grain.
- 2° Cassure blanche, farineuse et de bon goût.
- 3° Odeur franche.
- 4° Bonne conformation des grains (forme bombée, courte, ronde, grains bien nourris et finement ridés).
- 5° Propreté et homogénéité des grains.
- 6° Grande faculté et énergie germinatives (92 à 96 p. 100 de grains germés dans un délai de 3 jours).
- La pureté, la faculté germinative et la composition chimique seront examinées au laboratoire de l’Institut national agronomique.
- Les échantillons exposés devront être de 20 litres; ils seront envoyés en sac scellé, et seront accompagnés d’une gerbe.
- La Société aura le droit de disposer de ces échantillons.
- La Société se réserve le droit de faire inspecter, par des délégués, les champs ensemencés et d’assister à la récolte.
- Les concurrents, dans leur déclaration, devront faire connaître :
- 1° Leur nom et domicile.
- 2° L’étendue de leur culture.
- 3° L’étendue consacrée à la culture de l’orge.
- 4° La variété d’orge cultivée.
- 5° L’origine ou la provenance des semences d’orge qu’ils emploient.
- 6° La nature du sol et du sous-sol où se fait leur culture d’orge.
- 7° Les façons données au sol et l’assolement suivi.
- 8° Les fumures, — fumiers, — engrais complémentaires ou chimiques, — quantité, — époque des applications.
- 9° Epoque des semailles, — mode de semailles : en lignes ou à la volée, — quantité de semences employée à l’hectare.
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- 10° Sarclage, binage.
- 11° Date de la floraison.
- 12° Date de la moisson.
- 13° Conditions climatériques dans lesquelles elle s’est faite : beau temps, temps froid, pluvieux, etc., et température.
- 14° Etat de maturité du grain au moment de la moisson.
- 15° Mode et durée de la dessiccation des gerbes.
- 16° Mode et époque du battage.
- 17° Mode de conservation des grains.
- 18° Rendement total en grains.
- Rendement en paille.
- 19° Rendement par hectare en grains.
- Rendement par hectare en paille.
- 20° Poids de l’hectolitre du grain au moment du battage et au moment de la vente.
- 21° Quantité d’orge vendue en 1890 et en 1891.
- Prix obtenu par hectolitre.
- Prix obtenu par quintal.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1898.
- 5° Prix de 3 OOO francs 'pour la reconstitution des vignobles sur les terrains
- calcaires-crayeux.
- Le phylloxéra, depuis son apparition en France, a causé de grands dommages dans les vignobles des régions du Sud et du Sud-Ouest. Dans beaucoup de localités appartenant à ces régions,les vignes ont été complètement anéanties; mais grâce à divers cépages américains cultivés soit comme producteurs directs, soit comme porte-greffes pour les anciennes vignes françaises, on est parvenu, depuis quinze années, sur un assez grand nombre de points, à reconstituer des vignobles remarquables par leur vigueur et leur productivité. Toutefois, ces excellents résultats n’ont pu être obtenus que sur des terrains argilo-siliceux, silico-argileux ou silico-calcaires, profonds et de bonne fertilité. Jusqu’à ce jour, c’est en vain qu’on a tenté de créer des vignobles sur les sols calcaires crayeux à sous-sol crayeux, à la place des vignes détruites par le phylloxéra. C’est aussi sans succès qu’on a cherché à reconstituer les vignobles qui ont fait la richesse de la Champagne dans l’Angou-mois, parce que leurs produits servaient à la fabrication de Yeau-de-me dite fine-Champagne.
- La Société d’Encouragement espère qu’un prix de 3 000 francs encouragera les tentatives dans cette voie. Elle se réserve de partager le prix ou de n’en accorder qu’une partie, suivant les mémoires qui lui seront adressés.
- Les concurrents devront fournir, avec la dénomination exacte du cépage cul-
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- MARS 1896.
- tivé, un échantillon du terrain, une description du sol, l’étendue plantée, l’àge et le mode de direction des plants, et un échantillon du produit avant et après la distillation. Tous ces détails devront être certifiés exacts par le professeur départemental d’agriculture et les agents des contributions indirectes.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1898.
- fi0 Prix de 2000 francs pour les meilleures études sur la culture de la vigne dans les diverses régions de la France, et sur /’influence des fumures et des procédés de vinification sur la qualité clés vins.
- Les conditions économiques de la production du vin se sont considérablement modifiées à la suite de l’invasion phylloxérique et de la reconstitution des vignobles par les plants américains. Cependant, dans les diverses régions viticoles, les procédés de culture anciennement employés sont encore aujourd’hui en usage. Il y a un grand intérêt à les étudier pour voir s’ils répondent aux besoins actuels, ou s’il serait avantageux de remplacer quelques-unes des pratiques usuelles par d’autres s’adaptant mieux à la nouvelle situation.
- L’intervention des fumures paraît appelée à jouer dans l’avenir un rôle de plus en plus grand dans l’exploitation des vignobles. Il importe de savoir dans quelle mesure les fumures influent sur l’augmentation de la récolte et sur la qua" lité des vins. Ce n’est pas seulement la quantité d’engrais à employer dans les divers cas qu'il s'agit de déterminer, mais aussi leur nature, en distinguant nettement les engrais naturels, généralement volumineux et encombrants, des engrais commerciaux ou chimiques, ordinairement concentrés.
- Autant que le mode de culture et que la fumure, les procédés de vinification influent sur la qualité des vins et sur les prix auxquels ils se vendent. Dans diverses régions de la France, ces procédés sont encore très défectueux. Les concurrents devront étudier les améliorations pratiques à y apporter.
- Souvent aussi, le climat ou la nature des cépages s’opposent à une bonne fermentation; il y aurait lieu de déterminer quelles sont les influences fâcheuses qui s’exercent dans le cours de la vinification, et d’indiquer quels remèdes on peut y apporter pratiquement.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1898.
- 7° Prix de 2 000 francs pour la meilleure étude sur les maladies du cidre et les moyens de les prévenir et de les arrêter dans leur développement.
- Le cidre bien fabriqué et convenablement conservé est une boisson à la fois très hygiénique et très alimentaire. Malheureusement, dans diverses circon-
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- stances, il est exposé à des maladies ou altérations qui nuisent beaucoup à sa qualité, et qui même le rendent souvent imbuvable. Ainsi tantôt, quelque temps après avoir été fabriqué et même soutiré, il prend le gras, maladie qu’on attribue à diverses causes, tantôt il passe à Y état acide ou aigre, sans qu’onpuisse souvent bien déterminer les causes de cette acétification ; enfin, parfois, quelques instants après avoir été tiré d’une barrique pleine ou en vidange, le cidre perd sa couleur native jaune rougeâtre, et prend une nuance plus ou moins brune. On dit alors que le cidre se tue. Les cidres qui subissent en ving t ou quarante minutes un tel changement de coloration ou un tel noircissement ne sont pas agréables, et ils sont d’une vente difficile. Jusqu’à ce jour, on ignore les vraies causes de cette dernière maladie et les moyens pratiques et efficaces de l’empêcher de prendre naissance et de noircir les cidres.
- Ces diverses altérations ou maladies ont une grande importance en ce qu’elles nuisent à la propagation du cidre comme boisson en altérant sa qualité et son bouquet. Ces faits, bien connus en Normandie, dans le Maine, la Bretagne, etc., ont engagé la Société d’Encouragement à provoquer de nouvelles recherches et études sur la graisse, Y acétification, le noircissement, les fleurs, etc., des cidres et les moyens de les prévenir et de les arrêterdans leur développement.
- Les concurrents à ce prix devront s’appuyer sur des données très exactes, indiquer l’application réelle et pratique de ces mêmes données à la conservation des cidres sains et malades, et en produire la justification.
- La valeur du prix ne sera délivrée qu’après que les faits avancés auront été vérifiés, et que l’auteur aura fait imprimer le mémoire couronné.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1897.
- 8° Prix de 1 OOO francs fondé par les exposants de la classe 75 (Exposition de 1889) pour être décerné à celui qui indiquera un moyen pratique de se débarrasser de l’un des insectes ennemis de la vigne : l’altise ou la cochilis.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1897.
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- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS
- Prix de 3 000 francs pour la fabrication industrielle en France des trames ou réseaux employés pour la production des photogravures typographiques, ou pour la divulgation et la vulgarisation de méthodes permettant d'obtenir le même résultat. Ce prix sera décerné, s'il y a lieu, en 1897.
- L’illustration des livres par l’insertion de gravures typographiques dans le texte est devenue une nécessité pour tous les ouvrages de sciences, d’art, même d’imagination, pour les publications périodiques et journalières. Pour répondre à ce besoin il fallait la vérité de la reproduction, la rapidité et le bon marché relatif de l’exécution. Seule la photographie pouvait remplir ces conditions, et, depuis plus de vingt ans, elle a marché dans cette voie en progressant sans cesse, mais en se heurtant à des difficultés pratiques augmentées souvent par des partis pris industriels qui ralentissaient son essor.
- On retrouvera un résumé de ces premières applications dans le rapport présenté par nous à la Société d’Encouragement, et publié en 1886 dans le Bulletin de la Société (1).
- Dans ce rapport, après avoir expliqué que, pour obtenir la gravure photographique, la première condition est de transformer les teintes continues du phototype (ou cliché) en teintes brisées, les premières donnant leur effet et leur modelé par l’épaisseur de la matière colorante, tandis que les secondes rendent leur effet par la proportion des écarts entre les blancs et les noirs, l’auteur rappelait que ce principe avait été formulé dès 1859 par Berchtold (2), qui indiquait l’emploi de la glace striée et les diverses manières de l’utiliser.
- L’idée fit lentement son chemin. Néanmoins, en 1882, M. Monge, collaborateur delà maison Boussod et Valadon, réalisait de remarquables résultats par ce procédé et, en 1884, montra à la Société d’Encouragement de très belles gravures en relief et en creux que M. Mauzé obtenait par cette méthode des clichés striés; quelques-unes étaient de très grande dimension, un spécimen fut même inséré au Bulletin. Nous n’avions alors qu’à constater les résultats sans avoir à demander à l’exécutant qu’il nous initiât à ses procédés.
- Aujourd’hui la transformation de l’image photographique en planche gravée en relief pour la typographie est devenue courante ; et, devant les spécimens remarquables qui revenaient de l’étranger, les éditeurs et les imprimeurs français ont compris qu’il devenait nécessaire d’améliorer leur matériel, qu’il fallait adapter leurs presses, leurs papiers, leurs encres, aux nécessités de cette gravure
- (1) Bulletin de la Société d’Encouragement, octobre 1886, page 510 et suivantes.
- (2) Bulletin de la Société française de photographie. Avril 1859.
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- nouvelle dont la beauté réside surtout dans la délicatesse des traits et qui exige la même délicatesse dans les procédés d’emploi.
- Les clichés striés qui servent pour la photogravure typographique s’obtiennent actuellement par l’intermédiaire d’une glace couverte de rayures très fines tracées avec une régularité qui demande la perfection. Cette glace striée est l’outil employé par le photograveur ; et si nous nous servons de ce mot outil, c’est, qu’en effet, le photograveur n’en fait pas une simple application, une simple interposition, il l’utilise de manières très diverses en l’éloignant plus ou moins de son épreuve par fractions de millimètre, en croisant les stries, en modifiant l’action et l'arrivée de la lumière par des diaphragmes de formes très variées. Les résultats obtenus dépendent de l’emploi raisonné de ces réseaux, bien que la théorie de l’action lumineuse qui en résulte soit encore assez vague.
- La fabrication des glaces striées présente de grandes difficultés qui vont croissant avec les dimensions ; souvent ces glaces portent six à huit rayures au millimètre, et ces rayures doivent présenter la plus parfaite régularité dans leur tracé, les moindres défauts s’apercevraient surtout dans les demi-teintes de la gravure, s’ils détruisaient la pureté des modelés.
- Quelques essais faits en France pour la fabrication de ces glaces n’ont pas encore donné les résultats désirés ; nos photograveurs sont obligés de demander en Amérique ou en Allemagne et de payer fort cher les réseaux qui leur sont nécessaires. x4insi l’invention et les premières applications sont françaises, mais, comme il arrive trop souvent, nous les avons laissées s’expatrier, elles sont allé es grandir et se développer à l’étranger après avoir reçu une nouvelle nationalité.
- Le Comité des Constructions et des Beaux-Arts a pensé qu’il y avait lieu de chercher à rendre à la France une fabrication qui aurait dû y rester, il a proposé au Conseil, qui a adopté cette proposition, de fonder un prix de 3 000francs pour encourager en France soit la fabrication industrielle des glaces striées, soit la vulgarisation de toute autre méthode de photogravure typographique, à la condition que les résultats obtenus seront aussi bons, sinon meilleurs, que ceux réalisés à ce jour.
- PRIX
- OFFERT PAR LA SOCIÉTÉ DES CIMENTS FRANÇAIS DE BOULOGNE-SUR-MER (Anciens établissements Demarle, Lonquéty et Cie et Famchon et Gie réunis.)
- Un prix de 1 000 francs sera décerné à l’auteur du meilleur mémoire sur le procédé pratique, en dehors des procédés chimiques, applicable sur les chantiers, pour reconnaître les adultérations du ciment Portland artificiel.
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- PROGRAMME DES PRIX.
- MARS 1806.
- COMMERCE
- Prix de 2000 francs pour une étude économique d’un centre industriel
- en France.
- I. — Acclimatation de l’industrie dans la contrée. — Ses transformations successives. — Ses progrès. — Ses crises. — Situation actuelle.
- II. — Organisation des ateliers. — Recrutement du personnel. — Situation et habitudes générales de la famille ouvrière. — Institutions de prévoyance. — Salaires. — Grèves. — Chômages. —Rapports entre le capital et le travail.
- III. — Organisation commerciale. — Comptoirs. — Dépôts. — Approvisionnements des matières premières. — Vente des produits fixés. — Transports. — Action de la concurrence. — Législation douanière. — Débouchés.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1897. Les mémoires présentés au concours devront être manuscrits, et porter une devise qui sera répétée sur un pli cacheté renfermant le nom de l’auteur. Messieurs les candidats sont priés de se conformer le plus possible au programme ci-dessus et de n’envoyer que des communications qui, par leur développement, soient en rapport avec l’importance du prix.
- Prix de î 500 francs pour une étude sur Vassurance contre le chômage
- involontaire.
- Les concurrents chercheront à délimiter le chômage involontaire et à en déterminer l’importance. Ils analyseront les tentatives d’applications réalisées ou proposées, et étudieront si ce chômage est justiciable de l’assurance, et, dans le cas de l’affirmative, quelles pourraient être les bases d’une organisation et d’une tarification rationnelles.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1897. Les mémoires présentés au concours devront être manuscrits, et porter une devise qui sera répétée sur un pli cacheté renfermant le nom de l’auteur.
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- FONDATIONS ET BONS SPÉCIAUX
- Legs Bapst.
- Cette fondation se compose de deux parties. L’une d’elles, destinée à donner des secours aux inventeurs malheureux, possède un titre de 1565 fr. 20 de rente 3 p. 100.
- La seconde partie du legs, qui doit servir à aider les inventeurs dans leurs travaux, possède un titre de 3 304 fr. 80 de rente 3 p. 100.
- Fondation Christofle et Bouilhet pour la délivrance des premières annuités de brevets.
- Cette fondation possède un revenu annuel de 1 036 francs de rente.
- Fondation Fauler (Industrie des cuirs).
- Cette fondation a pour but de secourir des ouvriers ou contremaîtres malheureux, ayant rendu des services appréciés dans l’industrie des cuirs.
- Son revenu annuel est de 621 fr. 30 de rente.
- Fondation Legrand (Industrie de la savonnerie).
- Cette fondation est destinée à venir en aide aux ouvriers ou contremaîtres malheureux de l’industrie de la savonnerie, ayant rendu des services appréciés.
- Son revenu annuel est actuellement de 892 fr. 80 de rente.
- Fondation de Milly (Industrie de la stéarine).
- Cette fondation a pour but de venir en aide à des ouvriers et contremaîtres malheureux,ou ayant contracté quelque infirmité dans l’exercice de leur profession.
- Son revenu annuel est actuellement de 561 fr. 60 de rente.
- Fondation de Baccarat (Industrie de la cristallerie).
- Cette fondation, destinée à secourir des ouvriers et contremaîtres malheureux ou infirmes, possède un revenu annuel de 115 fr. 20.
- Fondation Ménier (Industrie des arts chimiques).
- Cette fondation a pour but de venir en aide à des ouvriers et contremaîtres appartenant à l’industrie des arts chimiques.
- La fondation possède un revenu annuel de 177 fr. 60.
- Legs G-iffard.
- Une partie du revenu du capital de 50 000 francs, légué à la Société par Henri Giffard, a été destinée à distribuer des secours dans des conditions qu’il appartient au Conseil d’administration de la Société de fixer. — La somme disponible pour les secours est de 974 fr. 50.
- Tome I. — 9o° année. 5° série. — Mars 1896.
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- PROGRAMME DES PRIX.
- MARS 1896.
- Fondation Christofle etBouilhet (Artistes industriels).
- Cette fondation, destinée à venir en aide à des artistes industriels malheureux, possède un revenu annuel de 417 fr. 60.
- MÉDAILLES
- A DÉCERNER AUX CONTREMAITRES ET AUX OUVRIERS DES ÉTABLISSEMENTS INDUSTRIELS
- ET DES EXPLOITATIONS AGRICOLES.
- La Société d’Encouragement, dans le but d’exciter les contremaîtres et les ouvriers à se distinguer dans leur profession et à encourager ceux qui se font remarquer par leur bonne conduite et les services qu’ils rendent aux chefs qui les emploient, a pensé que le moyen le plus propre à amener ce résultat était d’accorder des récompenses à ceux qu’une longue expérience aurait fait reconnaître comme ayant servi avec zèle, activité et intelligence; en conséquence, elle a pris l’arrêté suivant :
- 1° Il sera décerné chaque année, dans la séance générale, des médailles de bronze aux contremaîtres et ouvriers des grands établissements industriels et des exploitations agricoles de France.
- 2° Chaque médaille, à laquelle seront joints des livres pour une valeur de 50 francs, portera gravés le nom du contremaître ou de l’ouvrier et la désignation soit de l’atelier, soit de l’exploitation agricole à laquelle il est attaché.
- 3° Les contremaîtres ou ouvriers qui voudront obtenir ces médailles devront se munir de certificats dûment légalisés, attestant leur moralité et les services qu’ils ont rendus, depuis cinq ans au moins, à l’établissement auquel ils sont attachés. Ces certificats devront être appuyés tant par le chef de la maison, par le maire et les autorités locales, que par les ingénieurs civils ou militaires, en activité ou en retraite, et par les membres de la Société d’Encouragement qui résident sur les lieux.
- 4° Le contremaître ou l’ouvrier ne pourra être ni le parent, ni l’allié, ni l’associé, par acte, des propriétaires de l’établissement. Il devra savoir lire et écrire, et s’être distingué par son assiduité à ses travaux, son intelligence et les services qu’il aura rendus à l’atelier ou à l’exploitation agricole ; à mérite égal, la préférence sera accordée à celui qui saura dessiner et qui aura fait faire des progrès à la profession qu’il exerce. Enfin, les certificats, en attestant que ces conditions sont remplies, donneront sur le candidat tous les détails propres à faire apprécier ses qualités.
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- PROGRAMME DES PRIX.
- MARS 1896.
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- CONDITIONS GÉNÉRALES
- A REMPLIR PAR LES CONCURRENTS AUX PRIX ET RÉCOMPENSES DÉCERNÉS PAR LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR l’i,NDUSTR1E NATIONALE
- 1° Les modèles, mémoires, descriptions, renseignements, échantillons et pièces destinés à constater les droits des concurrents seront adressés franco de port au Secrétariat de la Société dEncouragement pour l’industrie nationale, 44, rue de Rennes. Ils devront être remis avant le 31 décembre de Vannée précédant la distribution des prix : ce terme est de rigueur.
- 2° Les procédés ou machines seront examinés par les Comités compétents.
- 3° Les membres du Conseil d’Administration sont exclus du concours.
- 4° Les autres membres de la Société sont admis à concourir ainsi que toutes autres personnes de nationalités française ou étrangères. Les mémoires, notes, descriptions et légendes doivent être rédigés en langue française.
- 5° La Société se réserve le droit de publier en tout ou en partie les documents récompensés.
- 6° La Société ne rendra pas les mémoires descriptifs, les pièces écrites et les dessins qui n’auront point été récompensés ; mais elle permettra aux auteurs d’en prendre copie, et elle leur rendra les modèles s’il y a lieu.
- 7° Les concurrents qui auraient traité plusieurs des questions mises au concours sont invités à envoyer des mémoires séparés sur chacune d’elles.
- 8° La Société remettra le montant des récompenses ou ies médailles aux titulaires ou à leurs fondés de pouvoir.
- N.-B. La communication des mémoires ou procédés soumis aux concours ne saurait engager en aucune façon la responsabilité de la Société quant à l’application des lois et règlements qui régissent les brevets d’invention.
- Les pièces déposées restent la propriété de la Société.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Bibliothèque du conducteur de travaux publics. — Éditée par la maison Dunod et
- Vicq, à Paris.
- Cette collection se compose d’une série de volume divisés en neuf sections : Ponts et Chaussées, Service municipal, Navigation, Chemins de fer et tramways, Mines, Constructions civiles, administratives et militaires, Agriculture, Electricité, Photographie, Sciences militaires. Ces divisions comprennent, comme on le voit, toutes les branches de connaissances nécessaires aux conducteurs des travaux publics. Les ouvrages sont rédigés par les soins d’un comité de rédaction composé d’ingénieurs, d’inspecteurs et principalement de conducteurs de travaux publics parfaitement au courant de la technique de leur profession et mieux à môme que personne de lui fournir des ouvrages véritablement utiles. Une fois rédigés, ces ouvrages sont soumis à l’examen d’un comité de patronage composé d’inspecteurs et d’ingénieurs des ponts et chaussées, des mines et des services municipaux, dont la compétence et l'autorité sont reconnues de tous.
- La collection comprend déjà cinq volumes : Droit civil, par M. S. Martin; Mathématiques, par M. G. Dariès; Bois et métaux, par M. E. Aucamus; Physique et chimie; par M. A. Bareau, Machines hydrauliques, par M. F. Ghaudy.
- Sans prétendre remplacer les traités spéciaux, auxquels il faut toujours avoir recours dans sa spécialité, ces ouvrages constituent d’excellents manuels, fort bien présentés par leur éditeur, que la modicité de leur prix rend accessibles à tous, et qui renferment, sous une forme claire et précise, une foule de renseignements généraux dont on peut avoir besoin à chaque instant. Nous pensons qu’ils seront fort utiles à leur nombreuse clientèle, qui ne disposait pas encore d’une encyclopédie spéciale.
- G. R
- BOURSAULT (Henri), chimiste à la Compagnie des Chemins de fer du Nord. — Calcul du temps de pose en Photographie (Encyclopédie scientifique des Aide-Mémoire). — Paris, Gauthier-Vil-lars.
- La détermination du temps de pose est un des problèmes les plus complexes de la Photographie.
- Dans ce volume, après avoir étudié les principaux facteurs capables de faire varier le temps de pose, Fauteur s’est efforcé de généraliser la question pour qu’il soit relativement facile de résoudre rapidement, et avec une exactitude suffisante en pratique, les problèmes particuliers qui se présentent journellement.
- Ce Manuel ne s’adresse pas seulement aux photographes travaillant avec des appareils complets, mais aussi aux nombreux amateurs opérant avec des chambres à main. Ceux-ci y trouveront des données spéciales pour déterminer les limites d’utilisation de leur instrument et en augmenter le rendement.
- De nombreuses Tables numériques terminent l’Ouvrage.
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- LIVRES ET OUVRAGES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE
- EN MARS 1896
- Du Ministère du Commerce d’Itcdie : Ann ali di Statistica. Industrie de la laine, brochure in-8, 92 p. Typographie nationale, Rome.
- Du Ministère des Travaux publics : Statistique des chemins de fer français au 31 décembre 1894. 1 vol. in-4, 474 p. Imprimerie nationale.
- Création et direction des usines au point de vue administratif, par MM. L.-B. Au-
- rientis et A. Folm, 1 vol. in-18, 173 p. Paris, Bernard.
- Congrès national des habitations à bon marché tenu à Bordeaux en octobre 1895. Compte rendu, ! broch. in-8, 170 p. Imprimerie Chaix.
- Bulletin of the Department of Labor. Janvier 1896. 1 broch. in-8, 120 p. Washington, imprimerie du Gouvernement.
- De VAcadémie des Lincei, Rome. Sulla Constituzione del Dimétil naphtol proveniente dalla Decomposizione degli Acidi santonosi et sui quatri acidi santonosi, par
- MM. Cannizzaro et Andreoni. 2 broch. in-8, 18 et 90 p.
- De la Petite Encyclopédie électro-mécanique de M. H. de Graffigny. Manuel pratique du conducteur de dynamos, et Manuel élémentaire d’électricité industrielle. 2 vol. in-18, 150 p. Paris, Bernard.
- De S. Isaac Lowthian Bell, membre correspondant de la Société, les brochures suivantes : Avenir probable de la fabrication du fer. Adresse à la section de chimie de Vassociation britannique pour Vavancement des sciences. — Sur le combustible gazeux. — Le commerce du fer et de l’acier. —Allocutions présidentielles au North of England Institute of Mining and Mechanical Engineers,et à Z’Iron and Steel Institute. —Réduction des minerais de fer aux hauts fourneaux.
- — Fabrication du sel dans la région de Midlesborough. Valeur du coke de haut fourneau. — Pratique comparée du haut fourneau. — Occlusion des gaz par les silicates fondus. — Séparation du carbone du silicium, du soufre et du phosphore par le raffinage, le puddlage et le bessemer. —Emploi de l’air chaud pour la fusion du fer. — Rapport sur la fabrication du fer aux États-Unis ; comparaison avec VAngleterre. — Emploi de la chaux caustique dans le haut fourneau. — Le four à réverbère Price. —Sur la chaleur totale utilisée pour le traitement des minerais de fer du Cleveland_
- — Notes sur une visite aux houillères et forges des États-Unis. — Sur les roches basaltiques. — Économie du charbon dans les hauts fourneaux. — Développement de la chaleur et son appropriation aux hauts fourneaux. —Les concurrents de VAngleterre dans l’industrie du fer. — État actuel de l’industrie du fer. — Le haut fourneau Ferries. — La fabrication du fer dans ses rapports avec
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- OUVRAGES REÇIS EN MARS 1896.
- l’agriculture. —Sur l’industrie du fer en Amérique et ses progrès pendant les années 1874-1890. — Principes de la fabrication du fer et de l’acier, traduit par M. Hallopeau. 1 vol. in-8, 485 p. Paris, Baudry, 1888.
- Annuaire de la Société philotechniçue. Année 1895, 1 vol. in-8, 275 p. Paris, Delagrave.
- De Y Encyclopédie Léauté. Calcul du temps de pose en photographie, par H. Boursault. Géométrie descriptive, par A. Gouilly.
- Leçons de Géométrie et Solutions des exercices, et problèmes énoncés dans les leçons de Géométrie, par MM. de Rouché el Comberousse.
- Société Industrielle d’Elbeuf. Bulletin de ses travaux, année 1895.
- Du Ministère dit Commerce et de l’Industrie. Annales du Commerce extérieur, 3° fascicule. Année 1896. Imprimerie nationale.
- Note sur les verres des vitraux anciens, par M. L. Appert, membre du Conseil, 1 vol. in-8°, Gauthier-Villars.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Février au 15 Mars 1896
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac.........Annales de la Construction.
- Acp. . . . Annales de Chimie et de Physique.
- AM. . s . Annales des Mines.
- Ap . ... Journal d’Agriculture pratique.
- APC . . . Annales des Ponts et Chaussées.
- At. . . . Annales télégraphiques.
- Bam . . . Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- Btp. . . . Bulletin du ministère des Travaux publics (statistiques).
- BmA. . . Bulletin du ministère de l’Agriculture .
- Ci. ... Chronique industrielle.
- Co.........Cosmos.
- CN. . . . Chimical News (London).
- Cs.........Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- CR. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- Dp. ... Dingler’sPolytechnischesJournal.
- E...........Engineering.
- E’.........The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE.Eclairage Électrique.
- El.Electrician (London).
- Elé. . . . L’Électricien.
- Ef..... Économiste français.
- Es.. . . Engineers and Shipbuilders in
- Scotland (Proceedings).
- Fi ... . Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Ce. ... Génie civil.
- IC.........Ingénieurs civils de France (Bul-
- letin.).
- ie. . . Industrie électrique.
- Im....Industrie minérale de Saint-
- Étienne.
- DES PUBLICATIONS CITÉES
- IME. . . Institutions of Mechanical Engineers (Proceedings).
- Ln. ... La Nature.
- Ms. . . . Moniteur scientifique.
- N. ... Nature (anglais).
- Pc. . . . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Prn . . . Portefeuille économique des machines.
- Rgc.. . . Revue générale des chemins de fer,
- Rgds. . . Revue générale des Sciences.
- Ri. . . . Revue industrielle.
- Rmc. . . Revue maritime et coloniale.
- Rs . . . . Revue Scientifique.
- Rso . . . Réforme Sociale.
- RSL. . . Royal Society London(Proceedings).
- Rt. . . . Revue technique.
- Ru. . . . Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- SA. . . . Society of Arts (Journal of the).
- ScP.. . . Société chimique de Paris (Bulletin).
- Sfp . . . Société française de photographie (Bulletin).
- Sie. . . . Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- Sg. . . . Bulletin de la Société de géographie.
- Sgc . . . Bulletin de la Société de géographie commerciale.
- SL. . . . Bulletin de statistique et de législation.
- SuE. . . Shahl und Eisen.
- USR. . . Consular Reports to the United States Government.
- VDl.. . . Zeitschrift des Yereines Deutscher Ingenieure.
- ZOL. . . Zeitschrift des Oesterreichischen Ingenieure und Architek ten Ve-reins.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MARS 1896.
- AGRICULTURE
- Aviculture. École de Sanvie. Ag. 22 Fév., 301. Bêtes bovines (Tuberculose des). Ag. 14 Mars, 432.
- Beurres. Détermination de la pureté (Brullé).
- Ag. 7 Mars, 388; (Jahr) Cs. 29 Fév., 140.
- Blés indigènes (Les). Ap. 12 Mars, 384. Cacaoyer du Congo (Dybowski). Ag. 7 Mars, 380.
- Cerisier. Culture commerciale. Ag. 29 Fév., 329.
- Citronnier (Le) (Heuzé). Ap. 20 Fév., 283. Électroculture au siècle dernier. Co. 22 Fév., 356.
- Engrais. Scories (.\nalyse des) et le procédé Wagner. Ap. 20 Fév., 274.
- — (Dosage de l’azote dans les). Ms. Mars,
- 215.
- — Superphosphates d’os et superphosphates minéraux. Ap. 5 Mars, 346.
- — Phosphates alcalins. Ag. 29 Fév., 332. — Fumures du printemps. Ap. 27 Fév., 309.
- — Phosphates américains en 1895 (Pea-cock). Cs. 29 Fév., 99.
- Fruits. Les routes fruitières. Ln. 14 Mars, 234. Hersages, binages et sarclages du printemps. Ag. 29 Fév., 334.
- Lait. Altérations spontanées et par la cuisson. ScP. 20 Fév., 177.
- — Laiteries en Nouvelle-Zélande. Ag. 22 Fév., 305, 349.
- — En Suisse. Ap. 20 27 Fév., 293, 312.
- — Radiateur Salénius. Ap. 27 Fév., 319. Machines agricoles à l’Exposition de Cologne.
- VDI. 29 Fév., 285 ; 7 Mars, 259.
- Mais de Szkely. Ag. 14 Mars, 407. Moissonneuses-lieuses et batteuses-lieuses. Ag. 7 Mars, 385.
- Petite culture dans le département de l’Aube. Ap. 20 Fév., 291.
- Plantes et fourmis (Heim). Rs. 7 Mars; 29 Fév., 259, 299.
- Pommes de terre (Fragmentation des tubercules des plants de) (A. Girard). Ag. 7 Mars, 373.
- Vignes. Traitement anticryptogamique. Ag. 7, 9 Fév., 346.
- — Reconstitution du vignoble en Loir-et-
- Cher. Ap. 27 Fév., 316.
- — Quelques insectes de la vigne. Ap.
- 5 Mars, 351, 356.
- CHEMINS DE FER
- Boîte à graisse Clive. E. 21 Fév., 269.
- Chauffage des trains (Howard et Taite). E. 21 Fév., 269.
- Chemins de fer japonais. E. 21 Fév., 254.
- — indiens en 1894-1895. Rgc. Fév., 101.
- — en Chine. E. 6 Mars, 322.
- — économiques. E. 28 Janv., 287; E'.
- 6 mars, 233, 243.
- — en Australie. E. 28 Fév., 209.
- — cà voie de 0m,60, de Caen à Dives. E.
- 28 Fév., 295.
- — aérien de Dwili-Djke. Gc. 29 Fév., 282.
- — (Vibrations sur les). E. 13 Mars, 339.
- — (Exploitation des). E'. 13 Mars, 255.
- — Dortoirs de mécaniciens du. GE., Ry., Rgc. Fév., 99.
- Freins à vide du Midland. E'. 21 Fév., 182.
- — Expériences du North-Eastern. Ry., E. 13 Mars, 356.
- Locomotives compound Richardson. E. 6 Mars, 332. à trois cylindres. E'. 13 Mars, 259.
- — express C. couplées Brooks. E. 21 Fév.,
- 252.
- — du Caledonian. Ry., E'. 28 Fév., 211 ;
- 6 Mars, 235.
- — de l’État suédois. Rgc. Fév., 111.
- — Tenders de la ligne de Sceaux. Rgc.
- Fév., 71.
- — (Tiroirs pour). E1. 24 Fév., 219. Distri-
- bution Lencauchez. Durand (Polon-ceau). Am. Déc., 651.
- — Vidange des boîtes à fumée. Rgc. Fév.,
- 113.
- Signaux électriques Siemens et Halske-Hall. Dp. 21 Fév., 188, 190.
- — Natalis. VDI. 29 Fév., 227.
- — hydrauliques Bianchi -Sewettar. E.
- 6 Mars, 313.
- Superstructure des chemins de l’État prussien.
- SuE. 1er Mars, 201.
- Tire-fond Plalz. E. 2 Mars, 332.
- Transbordeur électrique pour voitures. Rgc. Fév., 95.
- Traverses métalliques en Australie. Gc. 14 Mars, 308.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MARS 1896.
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- Voiture mixte du Great Western. Ry., Rgc. Fév., 113.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles (Les). Ic. Janv., 124.
- — Voiture à pétrole Peugeot. E. 6 Mars,
- 28 Fév., 276, 305.
- — à vapeur diverses. E'. 13 Mars, 264.
- — pour l’armée. E'. 6 Mars, 244.
- — Concours du New - York Herald. E'. 13 Mars, 274.
- — La traction sur route. E'. 28 Fév., 219. Cableways (Les). Eam. 29 Fév., 208.
- Chevaux (Traction par). E'. 6 Mars, 234. Électricité. Traction électrique Dawson. E.
- 21 Fév., 242.
- — Tramways à Montréal. E. 21 Fév., 237.
- — — de Lugnano à courants tri-
- phasés. EE. 22 Fév., 363.
- — — à canalisation souterraine. Ln.
- 14 Mars,231 ;Elé. 14Mars, 163.
- — — et chemins de fer en Europe au
- 1er janvier 1896. le. 10 Mars, Essieu à billes Albone. E. 6 Mars, 332.
- Fiacres à •pneumatiques. Ln. 29 Fév., 193. Locomobiles routières en France. E. 6 Mars, 321.
- Tramways à air comprimé. Ln. 22Fév., 189. — Éclairage à l’acétylène. Gc. 7 Mars, 307.
- — (Signaux pour croisement de). EË.
- 22 Fév., 328.
- Vélocipèdes. Exposition de New-York. E'. 21 Fév., 188.
- — Bicyclette jumelle. Ln. 22 Fév., 181. Dé-
- champs, Bulletin de la Société industrielle de Rouen. Nov., 528. Divers. Dp. 21, 28 Fév., 172, 196; 6 Mars, 221.
- — pneumatiques Thomson (1845). Ln.
- 29 Fév., 199.
- — Piste en spirale. Ln. 14 Mars, 225.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acide chlorhydrique (Witt). Ms. Mars, 236.
- — sulfo-chromique (Recoura). ScP. -à Mars,
- 315.
- — titanique dans les minerais de fer.
- (Détermination de). CN. 13 Mars, 128. Acoustique. Les Phonographes. Rgds. 29 Fév., 193.
- Alcaloïdes. Essences et divers. Cs. 29 Fév., 133. Alcool. Fermentation alcoolique. Cs. 29 Fév., 128.
- Allumettes non toxiques. (Colson). Pc. ietMars, 225.
- Alumine. Dosage dans les phosphates (Lasne). ScP. 20 Fév., 237.
- Amiante du Canada. Ln. 7 Mars, 209.
- Analyse des mélanges de chlorure d’hypo-chlorites et de chlorates (Carnot). CR. 14 Fév.. 449, 452.
- Argon. CN. 12 Fév., 85.
- — Spectre des gaz delà clévite. N. 12 Mars, 448.
- Arsenic. (Dosage de T.) (Engel et Bernard.) CR. 17 Fév., 390. (Gautier). Cr. 24Fév., 426. Michaelis, Cs. 29 Fév., 135. Asphaltes. Analyses par l’acétone. Fi. Mars,
- 219.
- Azote. (Oxydes de T). (Sabatier et Senderens). AcP. Mars, 348.
- « — Atmosphérique et chimique. Combinai-
- son avec les métaux (Asnaloglon). CN. 6 Mars, 113.
- Benzène. (Problème du). ScP. 20 Fév., 366, 362. Bois (Rendement des différentes essences de) en charbon, alcool méthylique et acide acétique. CR. Fév., 469. Borures de nickel et de cobalt (Moissan). CR., 24 Fév., 424.
- Brasserie. Divers. Cs. 29 Fév., 126. Progrès en 1895. Dp. 28 Fév., 210.
- — Effet des sels de chaux sur les infusions de houblon (Lovibond). Cs. 29 Fév.,
- 71.
- Caféine. Détermination dans le thé. Cs. 29 Fév., 95.
- Camphre. Synthèse partielle (Haller). CR.
- 24 Fév., 446. ScP. 5 Mars, 324. Caoutchoucs africains. Rs. 14 Mars, 34.
- — Nouvel arbre à Cs. 29 Fév., 124. Carbures saturés. (Action de l’acide nitrique sur les). ScP. 20 Fév., 332.
- — de cérium et de lithium, de manganèse, d’ytrium et de thorium (Moissan). CR. 17-24 Fév., 357, 362, 421, 9 Mars, 573.
- — Fabrication électrolytique. EE. 7 Mars, 462.
- — Tirés du gaz d’éclairage. Cs.)29 Fév.,i 14. Céramique. La palette du potier (Burton). SA. 18 Fév., 319.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MARS 1896.
- Chaux et ciments. Pierres en béton. Ln. 29 Fév., 207.
- — Ciments pour métaux. Cs. 29 Fév., 114. — Ciments de laitiers en Allemagne. USR-Fév. 224. Comparaison des mortiers de ciment et de chaux (Candlot). Ac. Mars, 45.
- Chlore. Fabrications diverses. Cs. 29 Fév., il4. Concentrateur Lillie. Cs. 29 Fév., 101.
- Cyanures de magnésium, de lithium et de cuivre (Varet). ScP. 20 Fév., 206. Densité des liquides. Variation avec la température (Guye). ScP. 5 Mars, 306. Dissociation des hydrates salins (Lescœur). Acp. Mars, 416.
- Dissymétrie moléculaire. Pouvoir rotatoire des corps homologues (Guye et Chavanne). ScP. 20 Fév., 177. 5 Mars, 273.
- Dosage des matières organiques par l’acide chro-mique (Barnes). Cs. 29 Fév., 82.
- Eau. Masse du litre privé d’air au maximum de densité. CR. 9 Mars, 693.
- Essences d’anis de Russie (Bouchard et Tardy). CR. 9 Mars, 624.
- Explosifs. Cordite. E'. 13 Mars, 253. Explosion de dynamite à Clèves. Dp. 13 Mars, 261.
- Filtrage des corps oxydables à l’ciir (Tassilly). ScP. 5 Mars, 1274.
- Flammes sensibles (Les). Bouty. CR 17 Fév., 372.
- Gaz d’éclairage. Gazogène Richet. Bulletin de la Société industrielle de Rouen. Nov., 562.
- — Action sur les tubes en caoutchouc.
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, Fév., 73.
- — Effet de la chaleur sur l’éclat des
- flammes de gaz (Irwin) Cs. 20 Fév., 80.
- — Acétylène aux États-Unis. Eam. 8, 22
- Fév., 131, 155. Au Niagara. Industriel, 15 Mars, 362.
- — Becs incandescents Langhans. EE.
- 22 Fév., 371. Eam. 29 Fév., 207.
- — Chauffage au gaz et au charbon. Cs.
- 29 Fév., 86.
- Graisses. Analyses au moyen du réfracto-mètre. ScP. 20 Fév., 416.
- — Analyses des corps gras (Halphen), Pc.
- 1er Mars, 255.
- — Amines de la série grasse (Préparation
- des) (Trillat). ScP. 5 Mars, 321.
- — Divers. Cs. 39 Fév., 123.
- — Point de fusion des acides gras (Wolf-
- bauer). Ri. 14 Mars, 204.
- — Saindoux américains (Recherche de
- l’huile de coton dans les). (Dupont). Pc. 15 Mars, 314.
- Huiles. (Nettoyage des cruchons d’). Ln. 22 Fév., 184.
- — de foie de morue. Dosage de l’iode. Ms.
- 1er Mars, 228.
- — Sur les cotons. Combustion spontanée.
- (Expériences sur), Cs. 29 Fév., 90.
- — Minérales de graissage (Essais des). Cs.
- 29 Fév., 137, 138.
- — (Viscosité des). ZOI. 13 Mars, 156.
- — Viscosimètre Lunge. Bulletin de la So-
- ciété industrielle de Mulhouse, Fée.,57. Hydrogène et oxygène. Union aux basses températures (Gautier et Hélier). CR. 9 Mars, 566.
- Iodures cristallisés de strontium et de barium. ScP. 20 Fév., 208.
- — Protoiodure de mercure. Pc. 1er Mars,
- 229.
- Linoléum (Fabrication du). Cs. 29 Fév., 75. Liquides volatils. Éthers et leur pression en vases clos. Cs. 29 Fév., 85.
- Opium. Étude microscopique Mjoen. ScP. 20 Fév., 416.
- — de Chine. Ms. Mars, 236.
- — de Grèce et de Bulgarie. Pc. 1er Mars,
- 243, 244.
- — (Essai des). (Dott). Cs. 29 Fév. 91. Optique. Rayons cathodiques. N. 20 Fév., 377;
- 5 Mars, 412, 419, 424: CN. 12 Fév.,
- 6 Mars, 85, 110; Rs. 22 Fée., 241; EE. 15 Fév., 289, 310, 317, 22 Fév., 372,375, 377; CR. 17 Fév., 374, 376, 378, 382, 384, 386, 390; 24 Fév., 456, 458, 460, 462, 463; 2 Mars, 500, 501, 517, 520, 522,524,526, 528; 9 Mars, 559,564,598,601,603, 605,607 ; Eam. 15, 29 Fév., 156, EE, Fév., 399, 413, 421, 14 Mars, 443, 454, 493, 506, 518; EL 28 Fév., 593,6 et 13, Mars, 629, 656, 661 ; Élé. 29 Fév., 139 ; Ms. Mars, 161 ; Ln. 29 Fév., 194; le. 10 Mars; Gc. 29Fév., 286, JY. 27 Fév., 388, 391; 12 Mars, 436, 449; Rgds. 29 Fév., 191 ; 15 Mars, 249 ; Sie.Fév., 51 ; Ap. 12 Mars, 382; N. Cs. 20 Fév., 82; Sfp. 15 Fév., 105, 109; EL 6 Mars, 232; Fi. Mars,
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MARS 1896.
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- 183. American Journal of Science. Mars, 233, 243, 247.
- — Pouvoir rotatoire des corps homologues (Guye et Chavanne). ScP, 20 Fév., 177. — Dispersion et réfraction des gaz (Perreau). Acp. Mars, 289.
- — Chromodisque (le). (Henry). E. 2 Mars, 330.
- — Jumelle Colmont. Ci. 15 Mars, 121.
- — Expériences photométriques. E. 28 Fév., 290.
- — Photomètre à scintillations Whitman. le. 25 Fév., 80.
- — Radiations phosphorescentes (Becquerel). CR. 24 Fév., 420.
- — Actinométrie électro-chimique. EE. 7 Mars, 445.
- Ozoniseur Seguy. Lu. 14 Mars, 240.
- Papier. Divers. Cs. 29 Fév., 132.
- Peroxyde d’azote. Action sur le chlorure de bismuth. CR. 9 Mars, 611.
- Pétrole (Gazogènes à). Cs. 29 Fév., 104.
- — (Réservoirs à). Appareils de sûreté. E'.
- 13 Mars, 265.
- — Divers. Cs. 29 Fév , 137.
- — (Danger des poêles à). Ln. 14 Mars, 228. Plomb (Détermination volumétrique du). CN.
- 12 Fév., 90.
- Poids moléculaires. Détermination par le volume moléculaire. ScP. 20 Fév., 224. Vroduits alimentaires. Divers. Cs. 29 Fév., 130. Produits azotés dérivés de la houille. Cs. 29 Fév., 106.
- Sciure de bois. Inflammation par l’acide nitrique. Cs. 29 Fév., 84.
- Sélénium. Séparation du tellure. American Journal of Science. Mars, 181.
- Silicates, attaque par l’anhydride borique (Jan-nash). ScP. 20 Fév., 331.
- Soude et chlore, production par l’électrolyse. Co. 22 Fév., 371.
- Spectroscopie. Recherches de Stas. CN. 12 Fév., 88. 6-13 Mars, 113, 124.
- — Translation des raies spectrales. ((N.
- Lokyer). N. 5 Mars, 415.
- Sucrerie. Modifications moléculairss et mul-ticoloralions des sucres (Tanret). ScP. 20 Fév., 1895.
- — Progrès en 1895. Dp. 14 Fév., 162.
- — (Pertes indéterminées en). (Pellet).
- Journal des Fabricants de sucre, 19 et 20 Fév.
- — Production du sucre en France, depuis l’établissement de l’impôt. SL. Fév., 234.
- — Plomb dans le sucre de betterave. Cs. 29 Fév., 125.
- Sulfoantimoniate de sodium (Préparation du).
- (Prunier). Pc. 15 Mars, 289. Sulfophosphines. Les thiophosphites (Ferrand). CR. 9 Mars, 621.
- Tabac. Industrie dans l’Inde. SA. 13 Mars, 367. Tannin. Estimation quantitative. Cs. 29 Fév,, 139.
- Teinturerie. Application des couleurs aliza-rinées pour le cuir chromé. Cs. 29 Fév., 112.
- — Matière colorante dérivée de l’acide dibromégallique. ScP. 20 Fév., 235. — Synthèse de la parafuchsine et de ses dérivés (Prudhomme). Ms. Mars, 177. — Dosage de l’indigotine. Ms. Mars, 220. — Brevets divers. Cs. 29 Fév., 109.
- — Réactions propres aux fuchsines (Ro-senthiel). ScP. 5 Mars, 324.
- — Les Blue-Blacks. Cs. 29 Fév., 110.
- — Enlevage des couleurs à l’albumine sur bistre au manganèse (Brand). Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, Fév. 79.
- Thermométrie. Pyromètre électrique. Si-mond, EE. 15 Fév., 326. à eau. Bran-bach. SuE. lor Mars, 207.
- — Mesure des hautes températures. N. 27 Fév., 389.
- Verre. Verrerie et cristallerie en France. État actuel de l’Industrie (Damour et Napias). Rgds, 15 Fév., 135.
- Vinaigre d’alcool. Insuffisance des méthodes de recherches (Quantin). Ms. Mars, 171.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Assurances contre les incendies (les) et l’État. Rso. 4 Mars, 377.
- Belgique. Commerce extérieur en 1894-1895. SL. Fév., 293.
- Cités ouvrières dans les différents pays (Picot).
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, Janv., 41.
- Coopération de production dans les campagnes. Ef. 14 Mars, 323.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- MARS 1896.
- Extrême-Orient. Développement commercial. Ef. 22 Eév., 234.
- Industries minérales et machines à vapeur en 1894. Ef. 7 Mars, 298.
- Irlande. Agriculture et industrie. SA. 13 Mars, 387.
- Journée de huit heures aux États-Unis. Ef. 29 Fév., 260.
- Laine (Industrie de la) en France. Ef. 22 Fév., 227.
- Office du travail. Travaux eu 1895. Gc. 22 Fév.,
- 270, 7, 14 Mars, 302, 317.
- Ports libres de Brême, Copenhague et Hambourg. UsR. Fév., 195, 203, 137. Socialisme et Individualisme (Alin). Rso. 1 Mars, 361.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Excavateurs Wilson. E. 21 Fév., 244.
- Magasin à blé pour 5 000 tonnes. Ram. Fév., 188.
- Ponts de la Tamise. E. 13 Mars, 335.
- — de Breslau. VDI. 22 Fév., 202.
- — Sur la Clyde. E' 6 Mars, 233.
- — du Main à Oberburngh, 201, 21 Fév.,
- 101.
- — Calcul des pièces de ponts, 201, 21, 28 Fév., 97, 109.
- Théâtres. Machinerie de la scène. E. 28 Fév.,
- 271, 13 Mars, 333.
- Tunnels en terres molles. (Simpson). Es. Fév., Mars, 35.
- — du Simplon. Ru. Janv., 1.
- — Ventilation des. E. 13 Mars, 352.
- — de Blakwall. E. 13 Mars, 359. E' 13 Mars,
- 259.
- Voûtes. Résistance des travaux des ingénieurs Autrichiens. Et. 25 Fév., 82, 10 Mars, 107.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateur. Elé. 29 Fév., 136.
- — King. El. 29 Fév., 403. Engl. id. 404.
- Gundle id., 405.
- — R. Blot. Sie. Fév., 66.
- Borne para,foudre. Elé, 7 Mars, 145.
- Câbles Ferranti. EE. 29 Fév., 402. Nisbeth, d., 404.
- Canalisations en fonte et en poterie. El.
- 13 Mars, 653.
- Commutateurs Hewlett. E. 21 Fév., 269.
- — Hopkinson. EE. 14 Mars, 501. Conducteurs dans les maisons. El. 6 Mars, 624. Courants alternatifs. Transformation des (Stein-
- melz.) Elé. 29Fév., 132.
- Dynamos. Brown Boveri. Ri. 14 Mars, 108. AlternateursOerlikon. JE.21 Fév., 269.
- — Polisseur de collecteur Crompton. EE.
- 14 Mars, 150.
- Moteurs. Alternateurs asynchrones théorie des (Heylaud). El. 28 Fév., 578.
- — de la Société de la transmission de la
- force. El. 7 Mars, 464.
- — Polyphasés, théorie graphique(Blondel).
- le. 25 Fév., 77.
- Éclaii’age. Arc (T) Ayrton. El. 21 Fév., 539.
- — Lampes à (G. Richard). EE. 318.
- — incandescence. Lampe Edison Swan. E.
- 2t Fév., 269.
- — Régulateur Morse. EE. 29 Fév., 405. Électrolyse. Soude et chlore. Co. 22 Fév., 371.
- — Théories modernes (Richards). FL Mars,
- 192.
- Électrolyseur Bain. EE. 7 Mars, 463.
- Etincelle globulaire (Expériences sur 1’). Right.
- EE. 22 Fév., 362. 14 Mars, 457, 495. Exposition de Carlsruhe. VDI. 29 Fév., 221 U Mars, 284.
- Hystérésis (Loi de F). (Guilbert.) EE. 22, 29Fév., 337, 390.
- Isolement. Résistance des huiles sous des potentiels alternatifs. El. Fév., 591. Magnétisation du fer. (E. Wilson.) E. 21 Fév., 267.
- Médecine (Applications de l’électricité à la).
- Congrès de Bordeaux. EE. 29 Fév., 397. Mesures. Compteurs Hoockham. Elé. 22 Fér.,
- 117.
- — Différentiel Cooper. EE. 7 Mars, 462.
- — des hauts potentiels. RSL. Fév. 155.
- — Voltmètre électrostatique. Rt. 25 Fév.,
- 78.
- — potentiomètre Crompton. El. 13 Mars,
- 647.
- Pile sèche Lessfing. El. 28 Fév., 509.
- — thermo-électrique Cox et à gaz. Barnett.
- EE. 14 Mars, 501.
- Plombs fusibles. Moy. EE. 29 Fév., 404.
- Rayons cathodiques. El. 21 Fév., 552. (Voir Optique.) (Chimie.)
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MARS 1896.
- 485
- — électriques (Réfraction des) (Rose et
- Rajieigh). RsL. Fév., 160.
- Self-induction (Mesures de la) (Armagnat). le. 25 Fév., 81.
- Soudure électrique historique (Raveau). EE. 14 Mars, 481.
- Stations centrales de Harrison St. à Chicago. E. 21 Fév., 246.
- — de Castellamonte Industria. 16, 23 Fév.,
- 99, 113.
- — du Great Northern. Ry. à Holloway. Ge.
- 22 Fév., 257.
- — de Briançon. Revue du génie militaire,
- Fév., 97.
- — de Bristol. El. 6 Mars, 613.
- — de Saint-Pancras. E'. 13 Mars, 238. Télégraphie et téléphonie. (Aniran.) EE.
- 29 Fév., 385.
- — militaire en Italie. Elé. 14 Mars, 167. Téléphones et tramways électriques. EE.
- Fév., 411.
- — Table téléphonique interurbaine. Elé.
- 14 Mars, 161.
- — Pylône métallique pour fils de la Bourse
- du Havre. Gc. 14 Mars, 303. Transformateurs (Choix des). Spring. EE. 29 Fév., 406.
- — Moteur Blakburn. EE. 7 Mars, 463.
- GÉOGRAPHIE
- Abyssinie. Tour du Monde. 29 Fév., 21 Mars. Afrique du Sud (Avenir de T). Ef. 22 Fév., 229. Arménie. Ln. 14 Mars, 235.
- Chine. Sgc. 15 Fév., 130.
- Huè. Sgc. 15 Fév., 81.
- Java. Sgc. 15 Fév., 147.
- GUERRE
- Fusils et pistolets divers. Société d’Encoura-gement de Berlin. Fév., 24.
- Pointage des canons rapides. E'. 6 Mars, 231. Télémètres et pointeurs. E. 21 Fév., 264.
- HYDRAULIQUE
- Borne-fontaine Corey. E., 28 Fév., 302. Compteur d’eau Kent. Rt. 29 Fév., 81.
- Défense des cours d’eau (Ronna). Ap. 20 Fév., 286.
- Distribution d’eau deNeunkirchen. ZOI. 28 Fév.,
- 112.
- Irrigation du Punjab. SA. 21 Fév., 285. Pompes hydrauliques pour égouts Bailey. Eh
- 21 Fév., 184.
- — Hardingham. E. 13 Mars, 363.
- — Lederie. E. 3 Mars, 364.
- — Rotative triple. Rt. 25 Fév., 80.
- — à incendies Béduwe. VDI. 7 Mars, 263. Réservoir d’eau de Saint-Louis. Accident. Gc.
- 29 Fév., 285.
- Tuyaux et poterie Doulton. E'. 6 Mars, 237.
- HYGIÈNE
- Désinfection par l’aldéhyde formique. Ri.
- 22 Fév., 78.
- Eaux. Purification. Wright. E. 21 Fév., 270.
- — de Londres. Frankland. CN. 28 Fév.,
- 99. ^
- Égouts (Élévation automatique des eaux d’). Revue du génie militaire. Fév., 146. — Épuration Howasson. Ri. 14 Mars, 102.
- — Siphon de la Concorde. Gc. 7 Mars, 289. Paris (Assainissement de). Gc. 22, 29 Fév., 260, 277.
- MARINE, NAVIGATION
- Ancrage du Yictorious. E'. 6 Mars. 232. Association techniqve maritime-. Congrès de Paris. Gc. 29 Fév., 283, 311. 14 Mars, 297.
- Canal maritime de Bristol. E'. 13 Mars, 273.
- — de Jonage. Rt. 25 Fév., 73. 10 Mars, 112. Cargo boats de la Cie Hambourgeoise-améri-’ caine. Gc. 7 Mars, 303.
- Collisions à la mer. E'. 13 Mars, 272. Constructions navales. Stabilité. E’. 28 Fév., 207.
- — Allongement d’un navire. E'. 28 Fév.,
- 212.
- Docks de Portsmouth. E. Fév., 181.
- — de Barry. E. 28 Fév., 280. 13 Mars, 339.
- — Les — et les navires de guerre. E.
- 28 Fév., 217.
- Écluses Hunter. E. 21 Fév., 270.
- Fret et vitesse (Inglis). Es. Mars, 14.
- Hélices en acier au nickel. Gc. 14 Mars, 318. Machines marines du remorqueur Océan. E'. 6 Mars, 235.
- — des contre-torpilleurs. Hart et Hunter. E.
- 21 Fév., 245.
- — du cuirassé Sicilia. E. 13 Mars, 342.
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- 486
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MARS 1896.
- — Filtre Rankine pour Pm. Mars, 47. Marine de guerre. Cuirassé japonais Jct-shima. E. 6 Mars, 310, 237.
- — — anglais Boris. E'. 6 Mars, 237.
- — — italien Sicilia.E. 6,13 Mars,312, 342. — Contre-torpilleurs anglais. Rmc. Fév.,
- 177.
- — Croiseurs des États-Unis. Rmc. Mars,509. — Plaques de blindage Carnegie. E'. 28 Fév., 215.
- — — Krupp. Rt. 25 Fév., 90.
- — — en cellulose Marsden. Fi. Mars, 161. — Tourelles électriques. EE. 22 Fév., 366.
- — — du Capitaine-Pratt. Elë. 7 Mars, 148. — Manœuvres anglaises en 1895. Rmc. Fév.,
- 262.
- — Marine anglaise. Budget pour 1896. E'.
- 6 Mars, 236, 243.
- Navigation fluviale. Bateau le Santa-Antonio_ E. 28 Fév., 282.
- Navire à roues de la Compagnie Zélandaise. E', 13 Mars, 256.
- Pêches maritimes. Rmc. Mars, 561.
- Pétrole (Transporteurs de). E. 13 Mars, 355. Propulseurs (Diagrammes de). (Caird.) Es. Fév., 1.
- — (Calcul du travail des). (English.) E,
- 28 Fer., 297.
- Toueurs électro-magnétiques de Bovet. Rgds. 15 Mars, 262.
- MÉCANIQUE
- Aérostation. Expériences de Lelienthal. N. 20 Fév., 305.
- Ateliers de construction Crooker Wheeler. E. 13 Mars, 336.
- Billes. Roulements à. Dp. 14 Fév., 159. —Dud-field. Ri, 14 Mars. 101.
- Broyeurs Davis. Eam. 15 Fév., 159.
- — à main Taylor. Eam. 15 Fév., 161.
- — mélangeur Hosgood. Ci. 8 Mars, 102. Chaînette. Problèmes de la (Minchin). E.
- 6 Mars, 303.
- Chaudières tubulées Varrow pour la marine Danoise. E. 21 Fér.,249.
- — Belleville à la mer. E. 6 Mars, 329.
- — Thornycroft. Ri. 7 Mars, 96.
- — mixte Solignac. Ri. 29 Fév., 84.
- — fixes anglaises (Hiller). E'. 21 Fév., 199.
- — Purification des eaux d’alimentation
- Dp. 28 Fév., 206. 6 Mars, 227.
- — État sphéroïdal. En. 22 Fév., 182.
- — Entartrement des tuyaux d’alimentation (accident par). Am. Fév., 284.
- — Foyers à vent forcé Howden. E. 21 Fév.,
- 270 (Thom). Es. Fév., 9. — Ondulés Stewart. E. 13 Mars, 364.
- — Cheminée (démolition d’une). E. 28 Fév.,
- 222.
- — Économiseur Calvert. Pm. Mars. 37.
- — Explosions en Angleterre. Ri. 22 Fer.. 77.
- — Grille mécanique Longworth, F. 13 Mars,
- 364.
- — Niveau d’eau Robinson. E. 28 Fév., 302. — Surchauffe (la) (Patchell). F'. 21 Fer., 193.
- 196.
- — Tuyauteries de vapeur dans les rues (Iso-lementdes) (Carpenter).F'.21 Fér.,201. Compresseur d’air Burton. Rt. 10 Mars. 103. Drague à cuiller Savate. E'. 13 Mars, 266. Dynanomètre de rotation à mouvement louvoyant Monloup. Bam. Fév., 177.
- Écrou Mosley. F. 13 Mars, 364.
- Froid. Réfrigérateur Dewar. F. 21 Fév., 263.
- — Sedlacek. Ri. 29 Fév., 85.
- Gaz liquéfiés. Accidents aux réservoirs de.
- Gc. 22 Fév., 263. F. 13 Mars, 350. — Réservoirs Mannesmann.SuE. 15Fer.,
- 144.
- Graisseur Lunkenheimer. F'. 13 Mars, 272. Graisseur automatique Felt. Ri. 29 Fév., 84.
- — Gyromètre Braun. Société d’Encoura-
- gement de Berlin. Fév., 31. Horlogerie électrique. Co. 22,29 Fer.,359,388. pendule Anthoinoz. Ln. 14 Mars, 230.
- — Montre Oméga. Ln. 29 Fév., 202. Impression des étoffes, machines diverses. Dp.
- 28 Fév., 193.
- Indicateur et Enregistreur, à distance du nombre de tours des machines.Rmc. Mars, 434. Levage. Vérin Young. F. 21 Fév., 269.
- — Grue électrique roulante Oerlikon. Rt.
- 10 Mars, 97.— Roulante à vapeurpour aciéries Marschall. F. 13 Mars, 345.
- — Câbles aériens. (Calcul des) (Babu). Am.
- Déc. 621.
- — Déchargeurs de charbon. F.13 Mars, 339.
- — Freins de monte-charges Ker et Ken-
- nedy. F. 13 Mars, 363.
- Machines-outils diverses. Dp. 14, 21,28 Fév.,
- 145, 179, 200. VD1. 22 Fév., 194. 7 Mars, 249.
- — Fraiseuse-aléseuse Asquith. F. 21 Fév.,
- 261. Hulse. Ri. 29 Fév., 59.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- MARS 1896.
- — Universelle Reineker, Dp. 13 Mars, 230.
- Fraise Johnson. E. 2 Mars, 331.
- — Forgeage (procédés de) (Codron). Bam. Fév., 113.
- — Conservation des outils d’acier (Marchai). Pc. 15 Mars, 290.
- — Cisaille poinçonneuse Cameron. E'-28 Fév., 223.
- — Poinçonnage et cisaillement des métaux (Frémont). IC. Janv., 48. Gc. 14 Mars, 313.
- — Polisseur Bridault et Nevers. Rt. 10 Mars, 119.
- — Perceuse radiale Brickford. Ri. 22 Fév. pour tuyaux de Vennes. Pm. Mars, 42. 75. Diverses. Dp. 6 Mars, 223. — Multiple Herbert. E. 6 Mars, 311. Cun-tiffe. E\ 6 Mars, 247.
- — Tourne-tubes Gare. E. 28 Fév., 301.
- — A cercler à froid les roues de voitures. Gc. 22 Fév., 266,
- — A fabriquer les chaînes Klatte. SuE. 15 Fev., .152.— Les bidons à pétrole Norton. Pm. Mars, 34.
- — Marteau pilon horizontal. Ri. 7 Mars, 98.
- — Raboteuses Smi th et Ridgway. E. 6 Mars, 327.
- — Tourne-tubes Brown. E. 6 Mars, 331.
- — à bois, scie à lames horizontales. Kers-
- haw.F. 28 Fév., 301.— à rubans Ran-some. Er. 13 Mars, 277.
- — Karslrughe VDl. 7 Mars. 254.
- — A faire les pavés en bois. Ransome. E,
- 14 Mars, 357.
- Manivelles. Fixation des tourillons de. Ru. Janv., 83.
- Moteurs à gaz Pinlcney. E. 28 Fév., 301.
- — Fielding, 200 chevaux. E'. 13 Mars, 273.
- — Mise en train Furneaux. E. 28 Fév., 301.
- — à pétrole de la Britannia C°. E. 21 Fév.,
- 245.
- — Gerhart et Ochmé. Rt. 10 Mars, 98.
- Grist. Cs. 29 Fév., 105.
- — à vapeur. Sperry. El. 21 Fév., 553.
- Chapman. E'. 13 Mars, 273. — Ra-worth. E. 28 Fév.,279. Ri. 7 Mars, 93. — de Watt à Solio. E1. 29 Fév., de New-comen. Ln. 29 Fév., 196.
- — Surchauffée Schmidt. E'. 28 Fév., 221.
- VDL 7, 14 Mars, 245, 277. Essai d’un moteur de 1 500 chevaux à vapeurs
- 487
- saturée et surchauffée (Schroter) (VDl). 14 Mars, 245, 277.
- — Rapides Peache. Pm. Mars, 42. Proportions des. E. 28 Fév., 299. Pour l’éclairage électrique. El. 13 Mars, 662. Pour dynamo Hall. E'. 6 Mars, 250.
- — Théorie de la. Dp. 18 Mars. 241.
- — — Turbine. Laval de 10 chevaux
- essai. E. 21 Fc»;., 239. Raworth. — E. 6 Mars, 332.
- — Rotatif Filtz. Ri. 22 Fév., 73.
- — Volant Cobb. Pm. Mars, 46.
- — Distribution Excentrique à renversement. Walter. E'. 28 Fév., 215.
- — Condenseur Wheeler. E. 6 Mars, 332.
- — Crosse de piston. Begtrup. Pm. Mars, 46. Moulin à vent à réglage électrique. Rt. 10 Mars, 118.
- Pesage. Bascules pour wagons. VDI.22Fév., 206. Piétineuse Bony. Rt. 10 Mars, 114.
- Presse hydraulique à pistons multiples Molas. E. 21 Fév., 269.
- Résistance des matériaux. Fer et acier. Effet de la température. E. 21 Fév., 241.
- — Cassures cristallines des aciers doux. E. 21 Fév., 257.
- Résistance des matériaux. Machine à essayer Charnock. E. 28 Fév., 277.
- — Travaux de la commission de Berlin (Fers). Société d’Encouragement de Berlin. Fév., 65.
- Robinet vanne Vinsonneau. Bam. Fév., 205. Stuffing box Braithwaite. F. 13 Mars, 364. Textiles. Navette Crawshabooth. E. 21 Fév., 270.
- — Métiers divers. Dp. 14, 21 Fév., 152,156, 169.
- •— Carde Whitehead, E. 13 Mars, 364. Transmissions. Expériences sur les (Hanappe). ËE. 22 Fév., 352. Métiers divers. Dp.
- 6 Mars, 217.
- Ventilateurs.Essais de (Donkin).Gc.7Mars,249. "Vis. Pas de la Société d’Encouragement. E. 28 Fév., 291.
- MÉTALLURGIE
- Alliages d’argent (Fowler et Hartog). Ms. Mars, 208.
- Aluminium. Industrie aux États-Unis. EE. 15 Fév., 329.
- — Fabrication auNiagara.FF. 22Fév,., 370.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MARS 1896.
- — Applications métallurgiques. Ri. 29
- Fév., 88.
- — Précipitation de ses dissolutions (War-
- ren). CN. 13 Mars, 122.
- Cuivre. Traitement des déchets (Barnett). Ms. Mars. 200.
- Électricité. Emploi dans les mines et la métallurgie. SuE. 13 Mars, 184, 230.
- Étain (Analyses de scories d’). Baileys CN. 12 Fév., 88.
- Exportation métallurgique des principaux États de l’Europe. Gc. 29 Fév., 280.
- Fer et acier. Procédé direct. Cari Otto. SuE. 15 Fév., 148.
- — Walrand-Legenisel. CN. 6 Mars, 111.
- — Aux très basses températures. SuE. 15 Fév., 158.
- — Puddlage direct de la fonte. Laduron, Ru. Janv., 22.
- — Statistique allemande en 1894-95. SuE. 1er Mars, 216.
- — Fours à réchauffer Vickers. E. 13 Mars, 363.
- — Hauts fourneaux (Chargeurs de). SuE. 15 Mars, 229. Récupération de l’ammoniac (Gillepsie). Es. Mars, 26. Fonderie moderne (La). E. 21 Fév., 237.
- Nickel. Bessemérisalion des mattes. Edwards. Cs. 29 Fév.. 96.
- Or. Extraction des minerais antimonieux. E.
- 21 Fév., 257. Amalgamation des minerais riches. Eam. 8 Fév., 137. Procédés divers. Co. 29 Fév., 120. Cyanuration. Cs. 29 Fév., 116.
- Plombs argentifères, fusion au haut fourneau. Ms. Mars, 206.
- Zinc. Production par l’électrolyse. EE.
- 22 Fév., 370.
- — Dosage acidimétrique. Ms. Mars, 180. MINES
- Accidents de mines en Angleterre en 1893. Ru. Janv., 123. ,
- Argent. Mines en Tasmanie. Cs. 29 Fév., 116.
- — Bocard. Girvan. E. 13 Mars, 363. Australie. Production minérale en 1893. Am.
- Janv., 202.
- Belgique (statistique), 1894. Am. Déc. 664.
- Fer. Mines de Rich Patch (Vancouver). Eam. 15 Fév., 159.
- Grisou. Poussières etexplosifs. E’. 21 Fév., 184.
- — (Composition du) (Schlœsing).Cft.22Féi’., 398. (Explosions de). Im. IX, 661.
- — Règlement des mines et de la Loire. Im. IX, 717.
- — Appareil autocapteur (Petit). Am. Fév., 289.
- Houillères du sud de l’Écosse. E'. 21 Fév., 185.
- — Exploitation des veines minces du réseau franco-belge. Im. IX, 529. Charbons de Virginie (les)'Eam. 7 Mars, 233.
- Or en puits profonds en Australie. Eam. 15 Fév., 158.
- — Du Rand. Rt. 25 Fév., 78, 10 Mars, 100 (de Launay). Am. Janv., 5. Main-d’œuvre au Transvaal. Gc. 7 Mars, 301. Formation des conglomérats aurifères (Lodin). CR. 9 Mars, 637.
- Perforatrice électrique. Marvin. Elé. 22 Fév., 113. Hall. E. 2 Mars, 331.
- Rancêe (Mines de). Étude administrative (Vil-lot). Am. Fév., 205.
- Règlement type. Sur la police des mines (projet). Im. IX, 684.
- Russie du Sud. Industrie minérale. Ru. Janv., 91. Bassin de Donetz. Im. IX. 629.
- Taquets de cages Wilmotte. Ru. Janv. 70.
- PHOTOGRAPHIE
- Agrandissement et réduction automatiques des clichés. Gaumont. Ln. 7 Mars, 216.
- Objectifs photographiques. Essai au moyen de la mire oblique. Sfp. lep Fév., 89.
- Petits appareils photographiques.Ln.7 Mars,221.
- Photographie des couleurs (la). (Lumière).
- Sfp. 1er Fév., 66. Rôntgen (voir Chimie. Optique). En couleurs. Substitution des couleurs organiques à l’argent réduit (C.-A. Richard). CR. 9 Mars, 609.
- Photogravure. Procédés simples. Ln. 14 Mars, 229.
- Toile adhésivelinotype (Dobler). Sfp. 1er Fév., 65.
- Tons bleus (Obtention des) dans le virage des épreuves pour projections (Gaumont). Sfp. 1er Fév., 76.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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-
-
- 05e ANNÉE.
- Cinquième Série, Tome I.
- AVRIL 1896.
- BULLETIN
- DE
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS ECONOMIQUES
- Rapport présenté au nom du Comité des Arts économiques par M. Violle sur un système de brûleur a GAZ de M. A. Bandsept, ingénieur à Bruxelles, appelé Automélangeurs atomiseurs.
- Le principe du système consiste à mélanger intimement le gaz d’éclairage
- et 1 air à l’extrémité même du brûleur.
- A cet effet, M. Bandsept emploie soit des chicanes convenablement dis-posées, soit de petits moulinets qui brassent le mélange de façon à le rendre homogène dans toute sa masse. La flamme acquiert alors partout une température constante, qui peut devenir très élevée si les proportions du mélange et la vitesse d’écoulement sont bien réglées. D’après l’auteur, on fond facilement une tige de cuivre avec un de ces brûleurs alimenté par le gaz à la pression de ville ; on porte à pleine incandescence un manchon Auer en usant beaucoup moins de gaz qu’avec un brûleur ordinaire.
- Après avoir vérifié que le brûleur Bandsept augmente à la fois le rendement et l’éclat du bec Auer, votre rapporteur vous prie de remercier M. Bandsept de son intéressante communication Tome. I — 9oc année. 5e série. — Avril 1896,
- Fig. 1 et 2. —* Brûleurs Bandsept. Ensemble du bec et détail de l’atomiseur.
- et d’ordonner l’insertion du présent
- 32
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-
-
- 490 ARTS ÉCONOMIQUES.-----AVRIL 1896.
- rapport au Bulletin avec un extrait du mémoire de M. Bandsept et les dessins nécessaires.
- Signé : Violle, rapporteur. Approuvé en séance le 13 mars 1896.
- EXTRAITS DU MÉMOIRE DE M. BANDSEPT
- Les brûleurs auto-mélangeurs atomiseurs se caractérisent par le genre de flammes qu’ils émettent et par leur conformation spéciale, qui leur permet d’utiliser la pression d’amont d’une masse fluide en circulation, pour créer, en aval, un mouvement des derniers éléments de cette masse. Ils réalisent le seul type de brûleur vraiment capable d’engendrer une combustion rapide et complète.
- Lorsque le mélange se fait dans le corps même des brûleurs, les deux courants gazeux — combustible et comburant — se rencontrent sous un angle déterminé et, de leur choc, résultent une pulvérisation et un tourbillon qui assurent au composé une homogénéité parfaite. Ainsi préparé, ce dernier se trouve immédiatement en mesure de développer les plus hautes températures, avec la plus forte économie possible.
- tp naissant, intime
- Fig. 1.
- yvu-i mu»,
- Fi*. 2.
- Fig. 3.
- Le mode de travail par jets convergents, ici mis en lumière, est adopté dans la confection des bouchons de résistance dont les brûleurs sont munis à leurextrémité. Plusieurs couronnes à jets, de sens contraire, disposées à une faible distance les unes des autres, constituent une chicane à travers laquelle les gaz sont obligés de se frayer un passage. Les jets se pulvérisent et vont heurter les parois des couronnes voisines; de telle sorte que le mélange devient d’autant plus intime que cette garniture intérieure du bec est plus longue et que la pression.de débit est plus considérable. C’est la transformation de la force et de la direction du courant primitif qui engendre l’ac-ion diffusive recherchée, par suite de l’introduction d’une résistance calculée, favorisant le mouvement latéral de ce courant (fig. 1).
- Au lieu de couronnes superposées, on- peut employer des grilles ou des toiles à mailles plus ou moins serrées, et inclinées.de façon à reproduire les effets qu’on vient d’analyser. Toiles ou grilles se placent, suivant le cas, en long ou en travers de l’embouchure du bec (fig. 2).
- Il est évident qu’on obtient un résultat analogue en combinant les deux éléments
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- 491
- BRULEUR A GAZ BANDSEPT.
- mentionnés ci-dessus, et que le bouchon de résistance peut émerger de l’orifice du bec,.comme le montre la figure :t.
- On peut encore placer le bouchon à une certaine distance de l’ouverture qui, dans ce cas, doit être masquée d’une piécette, en forme de vrille ou de vis, destinée à accélérer le mouvement giratoire du jet gazeux à son entrée dans le foyer. Des brûleurs armés de la sorte engendrent une véritable trombe de flammes excessivement chaudes, qui se distribuent aisément sur les corps dont on veut rapidement convertir les surfaces (fig. -1).
- - La flamme en tourbillon est obtenue également lorsque le bec est pourvu à l’intérieur, d’un curseur en hélice tournant dans une contre-hélice ancrée sur la paroi. En s’engageant entre ces filets de vis, inclinés en sens contraire, le corps gazeux forme écrou intermédiaire, et subit un laminage d’autant plus énergique que les éléments du système envisagé sont mieux proportionnés (fig. 5).
- Pour les flammes d’une certaine portée, on se sert du profil représenté (fig. 6), dans lequel les chicanes se trouvent placées à la partie évasée formant réservoir.
- La figure 7 représente (un brûleur auto-mélangeur fonctionnant à la pression de ville, applicable à l’éclairage incandescent. L’alimentation se fait d’après le principe de l’entraînement latéral, à double ou triple effet, ce qui détermine le mélange superficiel de l’air et du gaz. En passant sur les ailettes inférieures du bouchon de résistance, le courant ascensionnel est divisé en de nombreuses veines fluides qui vont se pulvériser dans la chicane supérieure. Parvenus ainsi à un état d’extrême réduction, les gaz se mélangent encore plus intimement, et sont, en dernier lieu, soumis à un laminage moléculaire dans un système de grilles ou de couronnes qui réalisent la convergence des jets multiples et le mouvement en tourbillon qui en est la conséquence.
- On pourrait encore indiquer d’autres dispositions, celle de la figure 8, en particulier; mais les exemples cités suffisent à dégager les principes essentiels des brûleurs auto-mélangeurs et à fixer l’attention sur les résultats particuliers qu’ils engendrent. Ajoutons seulement que ces brûleurs sont mobiles, et qu’ils peuvent être construits en toutes matières résistant au feu. D’ailleurs, comme ils ne s’échauffent que sur la partie directement exposée au foyer, il suffit de rendre cette dernière assez réfractaire pour éviter tout inconvénient que pourrait entraîner le contact brûlant..
- Le déversement du mélange naissant dans la zone active a pour avantage immédiat de pouvoir entretenir la combustion dans n’importe quel milieu fluide, voire même dans Veau. En se maintenant aux plus hautes affinités chimiques, le mélange conserve au foyer son activité intégrale, du moment que les gaz sont débités sous une pression capable de contre-balancer le poids de la colonne liquide située au-dessus du foyer (fig- 9).
- Les brûleurs peuvent s’installer dans l’eau dans n’importe quelle position. Un état sphéroïdal se manifeste autour des nappes en ignition et contribue à leur conservation. La chaleur, directement absorbée à travers cette gaine semi-liquide, est trans-
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- portée, de couche en couche, sur la masse entière contenue dans le vase, par suite du mouvement engendré dans cette masse. Ce mode de chauffage est aussi rapide qu’économique.
- Il
- Les brûleurs auto-mélangeurs sur pression de ville se composent de deux parties-essentielles : 1° d’un injecteur à double ou à triple effet qui entraîne progressivement la quantité d’air en rapport avec l’afflux de gaz, et détermine le mélange de leurs élé-
- BcvIv/f/CdtJOft
- Fis?. 6.
- ments ; — 2° d’un atomiseur appelé à rendre ce mélange si intime et si actif qu’il revêt, en quelque sorte, la forme de l’état naissant au moment même d’entrer dans la flamme.
- Dans ces conditions, celle-ci devient homogène et compacte au point de se réduire
- à une zone unique, dans laquelle la température est portée au maximum.
- Dans ces appareils, en effet, le foyer est entretenu par un mélange sans cesse revivifié au dosage scientifique que l’injecteur admet au début. Ce qui vient à disparaître, sous la forme de résidus inertes est aussitôt remplacé par des éléments en voie de combinaison, qui s’unissent intimement au moment même où ils se substi-
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- tuent aux produits épuisés. Dans les becs Bunsen, les gaz n’entrent en combustion que suivant l’enveloppe bleue qui limite la zone interne; dans les brûleurs nouveaux, la combustion s’effectue à l’entrée du mélange dans la flamme. A. la base de cette dernière, apparaît une pellicule vert-bleu qui confine au corps de teinte violet-pâle, mais cependant serré dans sa forme. Cet aspect de la flamme et l’absence du bruit sont les indices d’une combustion rapide et complète.
- Ainsi se trouve éliminée la zone de préparation qui, ailleurs, creuse les flammes en leur enlevant la plus grande partie de la puissance dont elles disposeraient si, comme nos flammes d’atomiseurs, elles étaient pleines et homogènes.
- Les atomiseurs permettent de brûler le gaz mélangé d’une forte proportion d’air, et occasionnent ainsi une combustion vive dans les tranches inférieures de la flamme, qui est moins vive que celle de Bunsen.
- Achèvement de la combustion.
- Enveloppe bleue. Cône sombre.
- Toile métallique.
- Fig. 10.
- Injecteur à double entraînement.
- Fig. 11.
- Fia. 12.
- Une expérience très simple met en relief le travail de précomposition et de reconstitution des mélanges dû à l’atomiseur, et permet de l’opposer au travail de désagrégation qui se manifeste inévitablement dans les autres becs, alors même qu’ils sont alimentés avec le maximum d’air et, par conséquent, munis d’une toile métallique à leur orifice.
- Prenons un bec auto-mélangeur A B (fîg. 10), brûlant avec cette flamme caractéristique que nous avons décrite précédemment, et dont la résistance spécifique s’accorde avec la pression du gaz. Si l’on adapte à l’extrémité du pavillon réfractaire de ce bec un ajutage conique (fîg. 11) destiné à accélérer la vitesse d’écoulement du mélange vif débité par l’atomiseur, on voit aussitôt se substituer au corps de flanque violet et pâle une flamme allongée absolument semblable à celle de BunseUi-ye .fuo.q
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- D’où nous devons conclure que :
- 1° Un mélange, si bien proportionné qu’il soit, si intime qu’on l’ait fait au préalable, se désagrège toujours avant d’arriver dans la flamme, du moment qu’il n’est pas revivifié a l’extrémité du tube adducteur.
- D’autre part, les inconvénients inhérents aux flammes Bunsen, considérées au point
- Fig. 13. Fig. 14. Fig. 15. Fig. 16.
- Principe de l’atomiseur fixe.
- de vue spécial auquel nous nous plaçons, se retrouvent encore lorsqu’on remplace l’atomiseur du bec A B, débarrassé de son ajutage C, par une toile métallique à mailles espacées ou serrées (fîg. 12).
- Il importait de bien établir cette distinction essentielle entre nos organes transformateurs du mouvement de totalité qui anime le mélange chassé par l’injecteur et les tissus ou grilles, de haute conductibilité calorifique, qui servent à intercepter les flammes quand elles paraissent dangereuses.
- Examinons maintenant le rapport qui existe entre les éléments qui concourent à l’ensemble des organes fixes. Disons, à ce propos, que ce mélange de gaz et d’air doit subir plusieurs effets avant d’atteindre le degré de perfection indispensable au genre de combustion que nous envisageons. Ces effets peuvent se ramener à trois principaux et naître du concours de trois ordres d’éléments (fig. 13).
- Une première grille (losanges en pointe dirigée vers l’injec-teur) sert à fendre la colonne gazeuse afin de diminuer sa résistance à l’entrée dans l’atomiseur. Après avoir traversé cette grille, les veines fluides se heu rtent et arrivent, pulvérisées, à la deuxième grille (losanges plats), dont les lumières bisautées déterminent un mouvement giratoire qui brasse le mélange. Dans la troisième grille, ce mélange est soumis à un laminage moléculaire qui achève d’exalter son activité chimique. On place la grille tranchante 1 sur la tubulure de refoulement du bec et le plus bas possible, tout en ayant soin d’éviter qu’elle abatte lacolonne ascendante du mélange. Grilles, toiles, plaques poreuses sont montées dans une cage ou tuyère de stéatite ou de toute autre matière réfractaire. - ' Lorsque le mélange débité par l’injecteur ne contient pas une proportion d’air assez forte pour engendrer une combustion parfaite, on provoque un troisième appel en ménageant des ouvertures au niveau de la zone de tourbillonnement (2° grille). On peut, selon les cas, employer directement ce nouveau mélange saturé, ou bien le
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- à
- Fig. 19.
- passera travers les mailles d’une toile métallique. La figure 14 représente, en coupe et en plan, un atomiseur construit d’après ces données.
- La figure 15 reproduit le mécanisme dont on se sert pour aspirer l’air destiné à saturer le mélange. Les courants, venant de l’extérieur, sont canalisés au pied des tourbillons engendrés à la partie supérieure de l’atomiseur. Le mélange intime qui résulte de cette combinaison de mouvements donne lieu à une flamme d’une homogénéité parfaite, du moment que les orifices de la piécette terminale sont assez rapprochés les uns des autres pour que les molécules engagées dans la giration comblent les vides entre les trombes élémentaires.
- La figure 16 montre comment une de ces trombes peut se produire rien qu’en passant par l’ouverture étroite ménagée dans les creux d’une grille de même profil que celui que nous indiquons. En donnant plein accès à l’air ambiant, on sollicite une alimentation supplémentaire qui peut devenir utile dans certains cas.
- La figure 17 indique les dispositions à prendre pour porter au maximum l’effet de jets conjugués. La tête A (en stéatite) remplit deux des fonctions assignées à l’atomiseur par notre précédente analyse. Le premier mélange d’air et de gaz formé par l’mterjecteur B passe, sans résistance sensible, par les p/dte canaux de la tête profilés d’après les règles que nous avons énoncées.
- De la rencontre des quatre jets opposés deux à deux résulte un tourbillon qui détermine un vide relatif, et, par conséquent, un appel d’air. Cet air est entraîné dans le mouvement tournant qni anime la colonne gazeuse et passe, avec elle, au travers de la toile m. Le mélange vif, porté par le tourbillon, peut être utilisé immédiatement, c’est-à-dire sans l’intervention d’une toile métallique.
- Le bec (fig. 18) est construit d’après un principe analogue; seulement il admet une troisième ou quatrième alimentation d’air intérieurement aux jets conjugués. Ceux-ci sont lancés par une sorte de poire, à quatre compartiments, dont la section va en se rétrécissant pour permettre aux, jets d’acquérir une grande vitesse. Ces compartiments sont recourbés et débouchent vis-à-vis des uns des autres, de manière que les jets se heurtent sous l’angle le plus favorable pour s’étaler et engendrer un mouvement giratoire.
- La figure 19 indique comment deux jets, convenablement dirigés l’un sur l’autre, s’étalent pour produire un tourbillon. Des effets semblables peuvent être obtenus au moyen de petits brûleurs, genre Bray, dont on enlève un peu les rebords, afin de laisser un accès plus s facile à l’air.
- Fig. 20. Dans le bec à flamme atomisée plate (fig. 20), l’injecteur fonctionne
- comme à l’ordinaire, en déterminant un double entraînement d’air. Le mélange ainsi préparé passe au travers d’une toile n, pour entrer dans un compartiment en fer à cheval d’une largeur proportionnée au débit du bec. Une toile métallique m, de la forme précitée, couvre les orifices par lesquelles les deux jets sont
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- projetés l’un contre l’autre. La flamme qui en résulte s’étend en longueur et produit un double appel d’air (extérieur et intérieur) suivant la direction des flèches.
- Quand on veut utiliser les flammes homogènes annulaires pour alimenter un organe de lumière en forme de capuchon, on substitue à l’imbibition des fibres qui perdent une notable partie de leur volume une imprégnation par pulvérisation. En effet, l’imbibition ne s’étend qu’aux surfaces ; car l’eau, par suite de l’adhérence de ses molécules, ne possède pas une force de pénétration assez grande pour que les solutions d’oxydes s’introduisent dans les moindres interstices exposés à leur action. Les molécules des substances éclairantes se répandent bien dans les tissus, mais elles n’en pénètrent pas la structure. Au moyen d’une pulvérisation de la substance à incorporer entraînée sous forme de brouillard par un jet d’air ou de gaz comprimé, la pénétration devient complète et se répartit uniformément dans l’intérieur des fibres les plus délicates. Les particules solides de ces dernières communiquent au liquide, projeté sous
- cette forme de pulvérisation, des propriétés de cohésion qui donnent lieu cà une combinaison intime des éléments en
- TW
- Fis. 22.
- Fig. 23.
- présence. La trame imprégnée peut ensuite subir l’incinération partielle, suivant la nature des fibres dont elle est composée. Il s’ensuit que le résidu d’oxydes acquiert une solidité relative, bien qu'il se présente sous la moindre masse possible.
- On peut en général, par celte méthode, transformer complètement la substance d’une trame donnée, de manière qu’après l’opération le tissu soit d’une contexture absolument nouvelle et possède des propriétés absolument différentes de celles qui existaient auparavant. On peut aussi modifier la trame par réaction individuelle de ses particules et des substances imprégnantes gazéifiées, ou encore, combiner la pulvérisation et l’incinération.
- Les éléments mobiles de l’atomiseur, schématiquement figurés précédemment, se trouvent reproduits dans les figures 21 et 22.
- Dans la figure 21, les ailettes ou spires d’une petite roue s sont inclinées en sens inverse de contre-ailettes qui tournent autour de leur axe p. Par suite de la rotation de la roue s et de la réaction qu’elle engendre dans le système, le mélange, en passant
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- entre les ailes et les contre-ailes, est rendu parfaitement intime. Ce mode d’écoulement des molécules a lieu en chaque point de la couronne du bec et à des intervalles d’autant plus rapprochés que la roue s tourne plus vite. Comme les spires et les hélices, les ailes de la roue peuvent adopter des formes et des inclinaisons diverses et permettre ainsi, dans chaque cas, de profiler les flammes selon les exigences. Par exemple, si l’on dispose les éléments mobiles de manière que les veines gazeuses brassées puissent s’échapper tangentiellement à la couronne A, on obtient une flamme cylindrique qui devient d’autant plus longue qu’elle est moins épaisse, tout en restant relativement homogène. De telles flammes portent l’incandescence sur toute la hauteur des manchons, et développent sensiblement leur surface éclairante.
- Dans la ligure 22, la roue à ailettes est placée horizontalement à l’extrémité du brûleur. Le mélange formé par le bec B traverse les mailles tranchantes d’une toile métallique rq et fait tourner la roue qui le renvoie normalement aux ailettes. Il est brassé entre la roue et la toile ni.
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- On a vu que l’atomiseur, quel que soit le genre adopté, surmonte généralement un injecteur à double ou triple entraînement. Cet injecteur est disposé de manière à pouvoir refouler le mélange (formé par induction progressive) et à lui imprimer la force requise pour traverser les chicanes de toiles métalliques ou pour mettre en mouvement un système d’ailettes. Dans les deux cas, la pression à l’origine de la flamme est réduite de façon à pouvoir produire l’incandescence d’un réseau fin et léger avec la moindre consommation possible.
- La figure 23 montre la disposition de principe d’un auto-mélangeur terminé par un atomiseur statique A. Ce dernier est constitué par deux toiles métalliques superposées, dont la première est placée sur le tube divergent de l’injecteur. Le gaz pénètre par le bec. Un premier appel d’air se fait autour de ce bec et le mélange, chassé dans la tuyère, entraîne avec lui une nouvelle quantité d’air, de sorte que le courant composé se fraye un chemin à travers l’atomiseur A, dans lequel ses éléments sont intimement et uniformément mélangés.
- Dans la figure 24, l’injecteur est formé d’un bec débouchant à l’intérieur d’un faisceau de tuyères coniques C°, C1, C2, à section croissante. Ces tuyères sont fixées dans un corps de cylindre percé de trous circulaires, et sur lequel peut tourner, à frottement doux, un anneau obturateur de réglage. Le gaz pénètre dans l’appareil par ce bec, dont la cavité se rétrécit progressivement jusqu a l’orifice, de façon à opérer la détente du fluide et à lui imprimer la plus grande vitesse possible à son arrivé dans les tuyères. Le jet entraîne l’air à mesure que le courant s’élève dans le faisceau, dont chaque élément contribue à la formation du mélange par son aspiration propre et par l’appel d’air qu’il détermine dans le milieu ambiant. On règle la quantité totale d’air induite en démasquant plus ou moins les orifices ménagés dans le corps du brûleur. Le mélange de gaz et d'air ainsi formé et réglé d’après la pression disponible est ensuite refoulé vers l’atomiseur situé à la partie supérieure de l’appareil.
- La figure 25 reproduit un injecteur aboutissant à un petit ventilateur léger qui fonctionne sous la double action du refoulement et de la convention calorifique. Le courant gazeux est dirigé sur la partie centrale des ailes R, qui prennent un mouve-
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- ment de rotation et disséminent les particules du mélange vers la périphérie. Le gaz se détend, se sature par suite de l'alimentation copieuse que lui fournit l’injecteur, et le mélange est chassé vers l’orifice du brûleur T, armé d’une toile métallique.
- Dans tous ces becs, lorsqu’on pousse l’admission d’air jusqu’au point de saturer le gaz, on voit apparaître, au-dessus de l’atomiseur, une nappe bleu clair qui constitue la base d’une flamme violette et chimiquement homogène. A ce moment, si l’on augmente encore l’accès de l’air, la pellicule de gaz en voie de subir la combinaison
- chimique rentre dans le brûleur, sans entraîner toutefois aucun retour de la flamme. Au contraire, si l’on réduit graduellement l’accès de l’air, la nappe bleue se soulève en pointe, et la zone de formation s’accentue de plus en plus aux dépens de la partie active du foyer.
- Avec le nouveau brûleur, on peut donc parcourir toute la série des combustions, depuis les plus lentes et les plus imparfaites, jusqu’aux combustions complètes et instantanées. Pour ces dernières, le mélange théorique de gaz et d’air est envoyé à l’état naissant dans la flamme, et celle-ci donne alors des effets calorifiques aussi puissants que ceux que l’on obtient avec le chalumeau. Déjà, à la pression de la ville, ces flammes permettent de fondre en quelques secondes des tiges de cuivre et de fer épaisses de plusieurs millimètres. En opérant à des pressions plus élevées, on accroît proportionnellement la réaction des organes fixes ou mobiles destinés à parfaire l’inti-
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- mité du mélange. Dans ce cas, les flammes s’accompagnent d’un mouvement vibratoire qui tend à les transformer en ondes explosives, et le point critique se trouve atteint.
- On conçoit facilement que ces températures excessives ne soient pas utilisées pour l’éclairage incandescent, bien qu’elles puissent être appliquées aux grands foyers ou à l’éclairage public, en permettant, dans ce cas, l’emploi d’organes de lumière plus solides que ceux dont on s’est servi jusqu’ici.
- Pour les manchons ordinaires placés sur les brûleurs fonctionnant à la pression de la ville, il est superflu de dépasser un certain degré de combustion, puisque celle-ci, comme nous l’avons dit précédemment, doit se poursuivre dans l’atmosphère, au sein de la trame incandescente. Mais, sans même dépasser ces limites, les brûleurs décrits fournissent un accroissement de lumière avec une dépense de gaz moindre que celle des autres brûleurs connus.
- Ajoutons que les becs auto-mélangeurs-atomiseurs peuvent également servir, lorsqu’on veut utiliser l’air sous pression, dans le but d’entraîner le gaz fourni par le service de la ville et de produire des combustions intensives.
- Nous terminerons en disant que les brûleurs auto-mélangeurs-atomiseurs, appliqués à l’éclairage incandescent, admettent aussi l’emploi de la veilleuse.
- Pour arriver à ce résultat, on greffe sur l’atomiseur une petite spirale en fil de platine très fin, et il suffit alors de laisser échapper une minime quantité de gaz par le bec de l’injecteur pour que le métal soit entretenu au rouge-cerise, en vertu de la propriété qu’il possède de condenser, dans ses pores, les gaz qui lui sont amenés.
- Lorsqu’on ouvre ensuite complètement le robinet du brûleur, le jet de mélange s'enflamme immédiatement au contact de,la spirale, et la combustion se poursuit dans les conditions ordinaires.
- Ces veilleuses, basées sur un principe tout nouveau, ne dépensent guère que la moitié du gaz nécessaire aux autres veilleuses en usage.
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- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS
- Rapport présenté par M. S.Pector.au nom du Comité des Beaux-Arts, sur les appareils photographiques de M. Mackenstein.
- Messieurs,
- Vous savez tous quelle est l’imporlance du rang occupé actuellement dans le matériel photographique par les appareils à main.
- Bertsch, l’un des pionniers de la photographie, avait, dès 1860, compris les services que pourraient rendre les chambres noires de dimensions restreintes, et il avait fait construire dans ce but une petite chambre dont les dispositions étaient fort bien étudiées.
- Cet appareil minuscule, entièrement en cuivre (1), avait vivement attiré l’attention du monde photographique à l’époque où il a paru, mais il était tombé dans l’oubli parce que les procédés secs n’avaient pas atteint alors la perfection qui les distingue aujourd’hui.
- Depuis quelques années, c’est-à-dire depuis que les plaques au gélatinobromure que l’on trouve dans le commerce offrent au public les plus grandes facilités de manipulation et des garanties de rapidité d’exposition absolument indispensables pour des appareils qui manquent de stabilité, une quantité considérable d’instruments de formes variées a surgi, et, s’il fallait les énumérer tous, la liste en serait fastidieuse.
- Parmi les plus ingénieusement conçus, parmi ceux qui ont obtenu le plus franc et le plus légitime succès, il est juste de citer la photo-jumelle imaginée et construite par notre sympathique collègue M. Carpentier; c'est parce qu’il est de la maison, je pense, que, retenu par un sentiment de réserve qui l’honore, il n’a pas soumis son charmant instrument à votre haute appréciation, mais c’est une raison de plus pour proclamer les mérites de sa création, et je suis sûr que notre compagnie m’approuvera de les avoir rappelés.
- M. Mackenstein, constructeur à Paris, a été l’un des premiers à entrer dans la voie si brillamment ouverte par notre éminent collègue.
- (I) Voir Fabre, 4, p. 23. Traité encyclopédique de photographie.
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- APPAREILS PHOTOGRAPHIQUES MAC KEN STE IN.
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- Il a établi successivement les trois modèles d’appareils que le comité des» Beaux-Arts, auquel ils ont été présentés, m’a chargé de vous faire connaître.
- Ce sont :
- 1° Une jumelle simple, où l’escamotage des châssis se fait au moyen d’un entraînement opéré par l’ouverture du rideau.
- Cet appareil est construit de façon à permettre la mise au point sans adjonction de bonnettes d’approche ; il est muni : 1° d’un viseur qui peut être utilisé à la hauteur de l’œil ou à celle de la poitrine; 2° d’un régulateur de vitesse pour l’obturateur. Cet obturateur permet d’obtenir un grand rendement; 3° d’un magasin indépendant et interchangeable, ce qui donne à l’opérateur la faculté de renouveler sa provision de plaques en pleine lumière.
- 2° Une jumelle stéréoscopique qui diffère de la précédente en ce que l’escamotage des châssis se fait par une poussée du rideau.
- Les deux vues ne se prennent pas sur une même plaque, mais sur deux plaques séparées ; on reconnaît celle qui a posé à droite de celle qui a été impressionnée à gauche au moyen de points de repère qui laissent automatiquement leur trace sur le bord des clichés.
- Si l’on veut obtenir des vues séparées, rien n’est plus facile; il suffit d’obturer un des objectifs.
- 3° Une chambre d’agrandissement des clichés de format 6 1/2x9 obtenus avec les deux jumelles ci-dessus décrites.
- Cette chambre est munie d’échelles graduées pour les différents formats d’agrandissement, ce qui dispense de mettre au point; elle permet d’atteindre la grandeur 18 X 24. On utilise sur cette chambre l’objectif de la jumelle, ce qui amène une économie sérieuse dans le prix de l’appareil d’agrandissement.
- Il n’est pas inutile défaire remarquer qu’il n’est pas indispensable d’avoir une chambre d’agrandissement spéciale; toute chambre noire de dimension suffisante pour recevoir des images de la grandeur voulue peut, au moyen d’un dispositif très simple, recevoir la jumelle garnie de son objectif. L’avant-corps peut recevoir des clichés d’un format supérieur à celui des glaces de lajumelle et est garni d’intermédiaires allant du 4 1/2 x 6 au 9 x 12, en passant par le 6 1/2 x 9 le 8 x 8 et le 8 x 9.
- Cet avant-corps, qui sert de porte-cliché, peut exécuter un mouvement de rotation partielle qui permet de redresser l’image des clichés pris de travers; il peut aussi se décentrer de manière à modifier l’importance du ciel ou du terrain.
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- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS.
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- Nous terminerons l’examen de cette chambre d’agrandissement en faisant remarquer que son châssis peut recevoir une trame et que la planchette à rainure dans laquelle on fait glisser les bords de la jumelle peut s’adapter sur toutes les planchettes du Congrès de dimensions suffisantes pour atteindre ce but.
- Nous faisons passer sous les yeux des membres de la Société plusieurs épreuves agrandies faites dans ces conditions et où l’on peut remarquer une très grande finesse dans tous les détails de l’image :
- La première représente des bicyclistes au bois de Boulogne ;
- La deuxième, le grand lâcher de pigeons voyageurs organisé par le Petit Journal en 1895;
- La troisième, l’accident de la gare Montparnasse du 8 octobre 1895.
- Nos conclusions tendent à ce que la Société remercie M. Mackenstein de sa présentation et décide l’insertion du présent rapport au Bulletin.
- Signé : S. Pector, rapporteur.
- Approuvé en séance le 10 avril 1896.
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- AGRICULTURE
- Rapport présenté par M. Lavalard au nom du Comité d'Agriculture sur l’ouvrage de M. Boissier intitulé : le Cheval de mines.
- M. E. Boissier, vétérinaire à Alais, a adressé à la Société d’Encouragement pour Tindustrie nationale une monographie intitulée : Considérations pratiques sur h emploi du cheval de mine dans le bassin houiller du Gard.
- Cette étude est intéressante, et fournit certains renseignements qu’on ne trouve pas dans les ouvrages qui traitent du cheval en général.
- L’auteur s’est proposé d’augmenter le plus possible le rendement dans l’utilisation des chevaux de mine :
- 1° Par un choix raisonné et une adaptation convenable au service particulier qu’ils doivent faire;
- 2° Par une alimentation rationnelle et économique qui leur permette de réparer les pertes occasionnées par le travail, et aussi d’entretenir une certaine réserve dynamique qui empêchera une usure prématurée et assurera la durabilité de l’animal;
- 3° Par l’amélioration et le bon entretien des écuries, des harnais, des véhicules et des chemins.
- Nous allons faire une analyse rapide des différents chapitres dans lesquels l’auteur décrit les meilleurs moyens qu’il propose pour arriver au but qu’il s’est fixé.
- Il étudie d’abord le travail demandé, le mode de tirage en même temps que les conditions générales du travail, et il arrive à une conclusion qui, souvent aussi, se présente pour les autres chevaux employés en dehors des mines, c’est-à-dire que le cheval n’est pas une machine dans le sens qu’attachent à ce mot toutes les personnes qui ont l’habitude d’employer les machines à vapeur, électriques et autres. G’est un moteur vivant, un moteur animé, dont les forces ont des bornes que vous ne pouvez pas dépasser sans compromettre son existence.
- Les moteurs inanimés, soumis aux lois de la physique, travaillent en proportion du combustible que vous leur fournissez ; mais ils s’arrêtent net lorsque le charbon leur manque.
- Le cheval, au contraire, peut aller, sous ce rapport/ jusqu’à l’abnégation la plus absolue, et, sa réserve alimentaire une fois épuisée, il convertit en
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- AGRICULTURE. --- AVRIL 1896.
- énergie mécanique les matériaux qui devaient servir à l’entretien de ses muscles et de ses organes.
- Nous avons relevé ce passage de l’ouvrage, car il détermine bien la différence entre les moteurs animés et inanimés, et, malheureusement, on n’en tient pas assez compte dans les installations qui occupent les deux forces.
- M. Boissier passe ensuite en revue les conditions de traction des convois dans les mines et des circonstances qui peuvent faire varier ce travail, telles que l’état d’entretien de la voie et du matériel roulant, le nombre des démarrages et l’action des conducteurs.
- Nous retrouvons ici toutes les difficultés que nous avons souvent signalées dans l’exploitation des tramways, difficultés telles que les machines ne peuvent passer et opérer la traction dans des conditions où les chevaux la font, bien entendu, au détriment de leurs membres, où apparaissent de graves lésions articulaires ou tendineuses, et parfois aussi des déchirures d’organes internes, qui entraînent à bref délai la perte des animaux.
- Sans nous arrêter aux efforts qu’amènent le mauvais état des voies, leur usure, etc., nous signalerons que le démarrage sur les voies ferrées est plus pénible et plus difficile qu’avec les voitures sur routes. Avec ces dernières, on peut braquer, c’est-à-dire faire tirer obliquement de façon à décomposer, pour ainsi dire, le premier effort, et faire partir les deux roues l’une après l’autre. Sur rails, il faut, de toute nécessité, que l’effort soit toujours direct et s’exerce à la fois sur les quatre roues qui sont mises en mouvement en même temps.
- L’adaptation des chevaux au travail des houillères est très bien traitée; ainsi, les chevaux qui craignent pendant l’été les mouches et les insectes gagnent à être utilisés dans les galeries souterraines.
- La question du surmenage fait l’objet d’un chapitre spécial.
- Des essais dynamométriques ont été pratiqués par l’auteur, qui a trouvé que le travail journalier ne dépassait pas 2 000 000 de kilogrammètres, c’est à peu près ce que nous avons constaté dans nos expériences pour le travail au pas de huit à dix heures.
- M. Boissier indique le choix des chevaux à faire pour le travail des mines, leur acclimatation, la mise en service des jeunes chevaux et leur dressage. Ici il y a une lacune qui pourra être comblée un jour : c’est la distinction à faire pour le choix entre les chevaux qui travaillent à l’extérieur et les petits chevaux qui ne sortent jamais des mines. L’auteur aurait dû nous donner des détails plus complets sur ces derniers.
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- L’alimentation est étudiée dans les chapitres qui suivent. On voit que l’auteur est au courant des expériences faites dans ces dernières années, seulement il n’a pas osé entrer largement dans la voie des substitutions. Il les indique bien, mais n’en a pas certainement tiré tout le bénéfice qu’elles pouvaient donner. Il semble craindre leur application sérieuse. Il en est de même pour la division mécanique et la préparation des matières alimentaires.
- La description des écuries souterraines est intéressante, M. Boissier indique les améliorations qu’on devrait leur faire subir, et ceux qui doivent loger des chevaux dans les mines consulteront avec avantage cette partie du livre de ce vétérinaire; il est regrettable que les litières ne soient composées que de pailles de froment et d’avoine; nous sommes persuadés que, surtout pendant les années de sécheresse, il y aurait un grand profit à employer d’autres denrées.
- Les soins à donner dans les écuries sont les mêmes que partout. Ici encore nous ferons une réserve, c’est pour le tondage. A notre avis, les chevaux des mines ne devraient pas subir cette opération.
- L’ouvrage se termine par une étude sur la ferrure et le harnachement. Elle est bien faite, mais nous serions heureux de voir faire un essai sur les petits chevaux qui travaillent dans les mines. Ce serait de ne pas les ferrer.
- On peut le faire pour les chevaux de petite taille qui travaillent à l’extérieur, comme je l’ai vu sur les tout petits chevaux du Jardin d’acclimatation, à plus forte raison sur ceux qui restent au fond des puits de mine.
- En résumé, la monographie de M. Boissier est bien faite, elle étudie une catégorie spéciale de chevaux, et, malgré que nous aurions souhaité des détails précis sur le petit cheval qui vit au fond des mines, nous reconnaissons que l’auteur a fait une œuvre utile. Nous vous proposons donc de remercier M. Boissier de son intéressante communication et d’insérer le présent rapport au Bulletin.
- Signé : Lavalard, rapporteur. Approuvé en séance le 10 avril 1896.
- Tome I. — 95e année. 5e série. — Avril 1896.
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- par M. E. Simon, membre du Conseil.
- Il serait superflu de rappeler les inconvénients ou plutôt l’impraticabilité de la loi du 2 novembre 1892. L’expérience est faite et a démontré l’impossibilité de concilier non pas seulement les convenances industrielles, mais les nécessités de la vie de famille, les conditions normales de l’existence avec les classifications des diverses catégories de personnel protégé, que cette loi avait établies. Le Parlement semble disposé à finir par où il aurait pu commencer, en réduisant uniformément la journée à onze heures dans les ateliers mixtes, c’est-à-dire occupant simultanément des hommes, des femmes, des filles mineures et des enfants. Telle est, du moins, la nouvelle proposition de loi adoptée par le Sénat.
- La Commission du travail de la Chambre des députés, par l'organe de son rapporteur, M. Dron, se rallie à la manière de voir du Sénat, mais seulement à titre provisoire ; elle voudrait édicter, dans la loi nouvelle, la réduction progressive de la journée uniforme, à onze heures d’abord, à dix heures ensuite à dater du 1cv juin 1898.
- Autant la première résolution : uniformité des heures de travail dans les ateliers mixtes et réduction de la journée à onze heures, paraît justifiée et opportune, autant il semble prématuré et dangereux, dans l’intérêtmême dupersonnel, de fixer a priori une date quelconque pour une réduction ultérieure du temps de présence à l’atelier; prématuré, parce qu’il est impossible de préciser à l’avance l’époque où l’entraînement de la main-d’œuvre permettra de faire un nouveau pas en avant dans la voie indiquée; dangereux, parce qu’une transition rapide ne pourrait se faire qu’au détriment des salaires.
- La question n’est point limitée à notre pays et, à propos des trois huit, une brochure adressée à la Société d’encouragement, publiée à Londres en 1894 sous la signature de M. Stephen Jeans, répondait aux partisans absolus de la journée réduite dans les industries anglaises.
- Cette réponse avait été provoquée par un rapport de M. William Mather, membre du Parlement anglais, qui concluait des résultats obtenus dans les ateliers Mather et Platt, de Salford, après réduction du travail à 48 heures par semaine, à la généralisation de la mesure.
- Afin de savoir si l’expérience et les vues des employeurs concordaient avec celles de M. Mather, M. Stephen Jeans s’adressa à Y « Iron Trades Employers Association », qui comprend la plupart des mécaniciens et des constructeurs de
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- navires anglais. Un questionnaire détaillé fut adressé aux membres de l’Association, en vue de connaître le nombre d’ouvriers employés; le mode de rétribution : à la journée, à la semaine ou aux pièces; la moyenne des heures de travail par semaine; la différence du nombre d’heures résultant de l’adoption de la journée réduite à 8 heures; l’influence de cette réduction sur le coût de la production; la possibilité de compenser la réduction de la journée par des modifications dans le fonctionnement des engins mécaniques ou autrement; faccrois-sement de travail fourni par le personnel lors de la réduction antérieure de la journée à 9 heures; les éléments de nature à faire supposer qu’avec la journée de 8 heures les ouvriers fourniraient autant de travail qu’ils en donnent aujourd’hui en 9.
- Malgré la brièveté du délai accordé pour les réponses, plus de cinquante établissements de Newcastle-on-Tyne, de Barrow, de Leeds, de Manchester, de Liverpool, de Bolton et de Londres firent connaître leur opinion et, au nom des industries textiles et métallurgiques, des constructeurs de machines agricoles, marines, locomotives, etc., désapprouvèrent énergiquement l’agitation imprudemment soulevée par la maison Mather and Platt. Ajoutons que ces protestations émanaient d’ateliers occupant ensemble plus de 150 000 ouvriers.
- Les réponses étaient d’autant plus intéressantes à connaître que, chez les constructeurs anglais, la réduction de la journée à 9 heures remonte à 23 ans. Si l’expérience de ces 23 années eût donné des résultats concordants avec l’essai récent de MM. Mather et Platt et d’un autre manufacturier, M. Allan, de Sunder-land, la conclusion eût été nécessairement que, les ouvriers produisant autant dans une période courte que dans une longue, ni l’employeur individuellement, ni l’industrie, en général, n’auraient à redouter une réduction de la journée que, par conséquent, toute opposition radicale des patrons à l’adoption des 48 heures par semaine ne sou tiendrait pas l’examen.
- Or, à la 11° question, ainsi libellée : « Lorsque le système des 9 heures a été mis en pratique, avez-vous constaté, de la part du personnel, un supplément de travail fournissant autant de produit au cours de la journée réduite que pendant un plus grand nombre d’heures? » Aucune réponse n’a été affirmative.
- La plupart se sont bornées à la négative. Quelques constructeurs ont constaté que, pour le travail aux 'pièces, les hommes avaient fait autant en 9 heures que pendant une plus longue présence ; mais, par contre, que les ouvriers à la journée avaient produit proportionnellement moins.
- Divers chefs d’industrie, non des moindres, concluent, de leur expérience et de leur comptabilité, que le contraire est résulté du nouvel état de choses. « Il y a moins de travail produit par heure, écrivent-ils, qu’avant l’adoption des neuf heures. »
- Les résultats de l’enquête provoquée par l’auteur de la brochure sont d’autant
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- moins contestables que les maisons interrogées ignoraient que leurs réponses dussent être publiées; elles avaient lieu de croire que Tunique but du questionnaire était de renseigner le Conseil de l’Association et de lui indiquer la conduite à tenir.
- Si la journée de 9 heures a eu pour conséquence invariable (dans des établissements aussi spécialisés que les usines anglaises) d’augmenter les prix de revient, à plus forte raison l’adoption de la journée de 8 heures pèserait-elle sur le coût de la production.
- Et ici, comme le fait très justement observer M. Stephen Jeans, il ne s’agit pas d’une simple règle de trois. Le problème est plus complexe. De nombreux éléments entrent en ligne de compte, de multiples causes d’erreurs peuvent fausser les évaluations : par exemple, le nombre actuel des heures de présence, qui varie (en Angleterre) de 50 à 54 par semaine, suivant les ateliers et les localités; puis la généralisation plus ou moins complète des machines, le rapport du travail aux pièces au travail à la journée ou à la semaine.
- Dans une des réponses, où le patron prit la peine de chiffrer exactement la perte qui résulterait, pour son établissement, d’une nouvelle réduction des heures de présence, les différences ressortent comme suit :
- Supplément des hais de main-d’œuvre (le prix de la journée restant le même) il 340 francs.
- — frais généraux............................................. 7 560
- Perte de temps pour l’établissement........................................11 340
- 30 240 francs.
- Comme on le voit, dans ce cas particulier, le temps perdu par l’établissement est évalué à la même somme que la perte sur les salaires; cette estimation n’a rien d’excessif, en tenant compte de l’adoption, dans tous les ateliers de constructions mécaniques, des machines-outils automatiques les plus perfectionnées.
- Quant aux frais généraux (dépenses d’administration, intérêts, impôts, assurances, etc.), ils sont des plus variables et si le chiffre mis en avant paraissait impliquer des frais de gestion exagérés, la critique tomberait devant ce fait que l’établissement dont il s’agit est prospère, qu’il n’a cessé de distribuer des dividendes depuis nombre d’années.
- En adoptant les chiffres ci-dessus comme des moyennes et en les appliquant à l’ensemble des ateliers de constructions mécaniques de l’Angleterre et du pays de Galles, on trouve que la substitution des 8 heures à la journée de 9 heures entraînerait une perte annuelle de cent dix millions de francs en chiffres ronds.
- Généralisée, cette réduction de travail chasserait l’industrie hors du Royaume-Uni et les ouvriers seraient nécessairement les premières victimes.
- Ace propos, il n’est pas inutile de noter les réflexions de l’auteur sur la faible marge entre les prix de revient de l’Angleterre et ceux des autres pays
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- européens, marge qui va toujours se rétrécissant et qui oblige à une grande circonspection dans l’adoption de toutes les mesures pouvant réagir sur l’économie de la fabrication.
- « Pour certains articles de première nécessité, n’exigeant qu’une somme de travail relativement limitée, la fonte de fer, par exemple, nous pouvons, écrit M. Jeans, les obtenir aussi économiquement qu’aucune autre contrée; il n’en est plus de même des produits entraînant beaucoup de main-d’œuvre, telles que les machines pour industries textiles, voire même les locomotives... (1).
- Et en effet, dans un ouvrage bien connu (2), Sir Lowthian Bell établit que, sur une machine vendue £ 230 (5 750 francs) le mouvement des neuf heures a accru le prix de revient d’environ£l4 (350 francs) ; de plus, fait observer Sir Bell, « si cette somme est ajoutée au supplément de salaire que les autorités compétentes admettent comme déjà acquis aux mécaniciens anglais, il ne faut rien moins qu’une habileté extraordinaire, habileté qui, cependant, peut être imitée par la main-d’œuvre étrangère, pour assurer aux produits de l’Angleterre un marché extérieur. »
- Ces remarques sont renforcées par un exemple emprunté au même auteur :
- « Soit une locomotive revenant actuellement, en Angleterre, à £ 2 400 (60 000 francs), dont le tiers payé en salaires. Les matériaux employés par les meilleures maisons sont de première qualité et, de ce chef, nous avons peu ou point d’avantage sur les autres nations industrielles. Si donc nous tenons compte d’une différence de 25 p. 100 en faveur du coût de la main-d’œuvre continentale, une locomotive coûtant au constructeur anglais £ 2 400 peut être livrée pour £ 2 200 (55 000 francs) en France ou en Allemagne.
- « Il y a une trentaine d’années, les constructeurs de locomotives, en Angleterre, avaient tous les marchés du monde à leur discrétion. Depuis, la demande a considérablement augmenté, mais l’exportation des machines anglaises ne s’est pas développée dans le même rapport. En Chine, au Japon, dans l’Amérique du Sud et dans l’Amérique Centrale, même au Canada et en Australie, les locomotives construites hors du Boyaume-Uni ont victorieusement soutenu la lutte, au point de vue du prix, de la qualité, de l’exécution. Ajoutez 10 ou 12 p. 100 aux chiffres ci-dessus indiqués — et tel serait le résultat de l’adoption de la journée de 8 heures — l’effet immédiat serait la perte des marchés extérieurs sur lesquels nos producteurs ont déjà grand’peine à se maintenir (3). »
- En ce qui concerne la construction des navires, une récente statistique montre que les salaires sur les chantiers anglais varient entre 28 s. 6 d. et 30s. 6 d., et, sur les chantiers allemands, entre 16 et 24 s. En d’autres termes, la moyenne
- (1) The Eight Hour's Day in British Engineering Industries, p. 23.
- (2) Principles of the Manufacture oflron and Steel.
- (3) J. Stephen Jeans. The Eight Hour's Day, p. 25.
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- des prix de la main-d’œuvre anglaise est près de moitié plus élevée, et la différence doit être encore majorée de 15 p. 100, par suite du nombre des heures de travail en Allemagne. Ces désavantages sont tels, pour la Grande-Bretagne, que l’on se demande pourquoi la France et l’Allemagne n’absorbent pas dans une plus large mesure les constructions navales du monde entier.
- La première raison tient à ce que la marine anglaise représente à peu près la moitié du tonnage universel et alimente les chantiers du pays pour la majeure partie. L’abondance et le bon marché des capitaux, l’habileté de la main-d’œuvre, le bas prix des matières premières sont d’autres conditions favorables qui compensent, pour le constructeur, les différences désavantageuses et lui permettent de retenir sa clientèle.
- Toutefois, les considérations précédentes montrent avec quelle prudence les pays les mieux outillés doivent aujourd’hui envisager les conséquences de toute réforme susceptible de modifier l’équilibre économique.
- Il est une considération philanthropique que les partisans de la journée réduite invoquent en faveur de leur système et que M. Stephen Jeans n’a point passée sous silence. La réduction des heures de travail doit, selon les premiers, permettre de diminuer le nombre des sans-travail.
- Mais, de deux choses l’une : ou bien, comme dans l’exemple de le maison Mather et Platt, il s’agit du travail aux pièces et l’ouvrier produisant autant en 8 heures qu’en 9 ne laisserait pas la place vacante pour de nouveaux venus, ou bien le travail est automatique et, dans ce cas, en admettant que l’augmentation du prix de revient soit compatible avec la situation commerciale, l’employeur ferait une sélection parmi les employés les plus vigoureux, les plus aptes à fournir un travail continu, à donner la plus grande somme d’énergie; les ouvriers fatigués par l’âge trouveraient moins facilement à s’occuper.
- Comme on le voit, la question mérite d’être étudiée sans parti pris. L’expérience de nos voisins ne saurait être perdue. Gardons-nous surtout de la précipitation en matière d’économie industrielle. En préconisant des solutions hâtives et de toutes pièces, les mieux intentionnés peuvent causer des maux incalculables.
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- LE « FORRAN » ET LES PROGRÈS RÉALISÉS DEPUIS DIX ANS DANS LA CONSTRUCTION
- des torpilleurs, par M. Ferrand, ingénieur de la marine (1).
- Messieurs,
- Pendant l’été 1895, la plupart des journaux enregistrèrent, sous forme d’un court entrefilet, que le torpilleur de haute mer le Forban avait fait ses essais et avait atteint une vitesse de 31 nœuds.
- Cette mention était bien sommaire pour porter à la connaissance du public un fait aussi intéressant : en effet, un ingénieur qui aurait, il y a dix ans, parlé de construire un torpilleur de 30 nœuds, aurait vu sa prétention taxée de folie, — en outre, la vitesse de 30 nœuds n’avait jamais été atteinte jusqu’à ce jour, ni en France, ni à l’étranger.
- Les essais du Forban consacraient donc des progrès très remarquables apportés, depuis dix ans, dans la construction des torpilleurs, et ils étaient en môme temps un très grand honneur pour notre industrie des constructions navales et pour le constructeur, M. Augustin Normand, qui l’avait fourni à la marine française.
- Le nom de M. Normand n’est pas inconnu à la Société d’Encouragement : en 1890, sur le rapport de M. de Comberousse, vous avez accordé à M. Benjamin Normand, frère de M. Augustin Normand, le grand prix des sciences mécaniques : M. B. Normand est l’auteur, en effet, des machines compound et des machines à triple expansion, qui sont universellement adoptées aujourd’hui.
- L’œuvre de M. Augustin Normand, qui fait l’objet de cette conférence, a eu, surtout depuis une dizaine d’années, un but plus précis que les études théoriques et les travaux de son frère : ce but a été la construction du torpilleur et, pour ce torpilleur, la recherche de la vitesse. Par là, il a été conduit à étudier, à l’état pour ainsi dire aigu, les problèmes complexes que soulève la construction des navires. Aussi son œuvre est-elle d’un intérêt très puissant : car on peut dire que le progrès dans la construction du torpilleur, c’est l’avant-garde du progrès dans la construction des autres navires : le torpilleur est l’enfant perdu de la flotte, et son constructeur, chaque jour plus audacieux, se risque, pour lui assurer la supériorité de la vitesse, aux extrêmes limites de la prudence.
- Avant d’entrer dans le détail de l’œuvre de M. Normand, je crois devoir vous présenter en quelques mots la torpille et le torpilleur, afin de vous mettre en mesure de mieux apprécier le but de l’œuvre et la valeur du succès.
- (1) Conférence faite à la Société d’Encouragement le 27 mars 1896.
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- À l’heure actuelle, la seule torpille en usage pour l’armement des navires et des torpilleurs est la torpille Whitehead ou sa copie la torpille Schwartzkopf.
- Le plus grand et le dernier modèle se compose d’un flotteur de 45 centimètres de diamètre et o mètres de longueur, portant à 800 mètres de distance, à la vitesse de 30 nœuds, une charge de fulmi-coton de 100 kilos; il est mû à l’aide d’une machine à air comprimé tournant à 1 200 tours et développant 50 chevaux ; le poids de ce moteur est de 30 kilos, soit 600 grammes par cheval.
- La torpille, lancée (fig. 1) à l’aide d’une sorte de canon, plonge et navigue sous l’eau à une profondeur déterminée ; un ensemble de mécanismes très ingénieux
- Fig. 1. — Lancement d’une torpille AVhitehcad.
- fait varier l’orientation d’un gouvernail horizontal qui ramène toujours la torpille à la profondeur voulue; ce mécanisme sécréta été acheté par toutes les puissances, à l’exception de l’Allemagne, qui l’a, cependant, reproduit à peu près tel quel dans la torpille Schwartzkopf. Pendant de nombreuses années, les torpilles de la marine française ont été fournies par l’usine de M. Whitehead, à Fiume; depuis six ans, l’arsenal de Toulon a entrepris la fabrication de ces engins.
- La partie la plus délicate de l’engin est le réservoir qui, sous un poids très faible, renferme l’air comprimé à 90 kilogrammes. Aussi doit-on employer pour sa confection un acier de qualité exceptionnelle : l’acier de nos réservoirs est de l’acier dur donnant 83 kilos de résistance, 13 p. 100 d’allongement; étant données les dimensions du réservoir, le métal travaille à 25 kilos par millimètre carré. Nos métallurgistes français : le Creusot, Firminy, Saint-Étienne, M. Claudinon,
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- ont réussi à fournir à la marine des réservoirs de qualité tout à fait remarquable et très supérieurs à ceux confectionnés par l’usine de Fiume : nous citerons notamment, comme preuve de cette qualité, une expérience récemment exécutée : on fit tomber de 3 mètres de haut un mouton de 500 kilos sur un réservoir chargé à 90 kilos sans qu’il se produisît d’autre avarie qu’une légère déformation.
- Je ne saurais entrer ici dans des détails historiques sur les premiers torpilleurs : la seule chose curieuse à constater est que le premier bâtiment construit d’après les idées qui dirigent la construction des torpilleurs, c’est-à-dire le premier bâtiment de petite dimension, très rapide et très léger, fut un yacht commandé en 1872 à M. Thornycroft par la baronne de Rothschild pour se promener sur le lac de Genève : le succès de ce yacht, la Gitana, qui fila 16 nœuds, appela l’attention des marines militaires sur l’emploi de ce genre de bâtiment pour porter des torpilles, et le premier torpilleur fut commandé en 1873 à M. Thornycroft par la marine norvégienne. Dès ce jour, le torpilleur était arrivé, dans ses grandes lignes, à sa forme générale définitive. 11 a fait, depuis cette époque, d’immenses progrès de toutes sortes, mais il reste toujours le même comme dispositions générales : à l’avant un compartiment d’abordage, puis le poste de l’équipage, la chaufferie, la machine, puis deux postes servant de logement au commandant et aux sous-officiers ; sur le pont, un ou deux tubes lance-torpilles, à l’avant le kiosque du capitaine, un tube lance-torpilles orientable, une cuisine, etc.
- Pour lancer sa torpille, le torpilleur doit s’approcher à 500 ou 600 mètres de l’ennemi.
- Ce lancement n’est pas une opération aisée : si on tire au repos, contre un ennemi au mouillage, il suffit pour réussir que la torpille ait une trajectoire rectiligne; mais en vitesse, le problème est autrement compliqué que celui du tir de l’artillerie. La torpille a une vitesse comparable à celle du bâtiment et, par suite, au moment du lancement, il faut faire intervenir la vitesse de la torpille et la vitesse et la direction du bâtiment attaqué. Il faut, en pratique, résoudre un triangle dont deux des données sont à déterminer au sentiment et par suite sujettes à de graves erreurs. On ne doit pas s’étonner, dans ces conditions, que la torpille n’ait pas encore eu, sur les champs de bataille, l’importance qu’on lui attribue trop aisément dans la théorie : la première torpille utilisée en temps de guerre, celle qui fut lancée par le Schah, sur le Hua.scar, n’arriva pas à son but; le Blanco-Encaladci, dans la guerre du Chili et du Pérou, X Aquidaban dans la guerre civile brésilienne, le Woshwig et 2 cuirassés chinois dans la récente guerre sino-japonaise, tel est le bilan des succès des torpilleurs, et encore, dans tous ces cas, l’attaque a eu lieu contre des bâtiments au mouillage.
- Pour se défendre contre les torpilleurs, les bâtiments sont munis d’une artillerie légère et très rapide : Hotchkiss, Maxim, Nordenfelt; la nuit, ils fouillent l’horizon avec de puissants projecteurs électriques, qui non seulement démas-
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- quent le torpilleur, mais éblouissent l’équipage au point qu’il ne peut plus manœuvrer; enlin, au mouillage ou à petite vitesse, ils s’entourent d’un filet à mailles d’acier qui arrête la torpille à 6 ou 7 mètres du bord.
- Ces considérations générales expliquent, sans qu’il soit besoin de grands commentaires, que le torpilleur sera d’autant plus redoutable qu’il sera plus invisible ou plus rapide : c’est pourquoi le progrès du torpilleur a été cherché dans le progrès de la vitesse.
- Si l’on attaque, par exemple, un ennemi au mouillage, et si l’on suppose que l’artillerie légère est sérieusement à craindre à partir de 2 000 mètres, il faut, avant d’arriver à distance de tir, franchir 1 500 mètres sans avaries : or ces 1 500 mètres sont parcourus en 3'20" si on file 15 nœuds, et enl'40"si on file 30 nœuds.
- En France, le premier torpilleur, le torpilleur n° 1, fut fourni à la marine en 1875, par l’usine Claparède ; c’était un bateau de 100 tonneaux, muni d’une machine de 800 chevaux; il atteignit 15 nœuds de vitesse; un autre torpilleur, le n° 2, fut construit par l’arsenal de Rochefort; son succès fut médiocre. Aussi, la marine française crut devoir s’adresser aux industriels d’outre-Manche qui, plus hardis que nous ou plutôt moins prisonniers des règlements et des préjugés, avaient déjà réalisé des vitesses de 18 nœuds sur des bâtiments de très faible déplacement. C’est ainsi que MM. Yarrow et Thornycroft fournirent à notre flotte, entre 1875 et 1879, seize torpilleurs, dont quelques-uns sont encore en service. Les premiers torpilleurs français étaient des bâtiments d’assez sérieux tonnage, 80 à 100 tonneaux environ; la marine française croyait avec raison que ces bâtiments, pour être utiles, doivent avoir un certain rayon d'action et des qualités nautiques supérieures à celles d’une embarcation; malheureusement, les Anglais, à cette même époque, construisaient de très petits torpilleurs, et on crut bien faire en les imitant. Cependant, nous avions raison, ainsi, qu’avec le temps, chacun fut forcé de le reconnaître : les Anglais aujourd’hui ne construisent plus que des torpilleurs de 200 tonneaux.
- Toujours est-il qu’en 1875 on commanda des torpilleurs de 27 tonneaux, ayant une machine de 400 chevaux et filant 19nœuds. Ces petits bâtiments étaient, pour la plupart, armés en porte-torpilles. En 1877, M. Normand traita pour la première fois pour la fourniture de 2 torpilleurs, le 20 et le 21, dont le premier disparut malheureusement l’été dernier, avec la moitié de son équipage. Ces bâtiments avaient les dimensions suivantes, qu’il est utile de noter comme point de départ :
- Longueur. Déplacement. Largeur au fort.
- 2Gm 33“,60 3m,60
- La coque était construite en acier; les épaisseurs des tôles de bordé étaient de 5 millimètres au milieu, de 3 millimètres aux extrémités. La chaudière, du
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- type locomotive, avait une surface de grille de lm2,78 et de chauffe de 72m2,88 ; la machine motrice, compound à pilon et à condensation par surface, construite avec toute la légèreté possible à cette époque, était capable de développer 500 chevaux environ à 350 tours, en donnant au bâtiment une vitesse de 19n,85.
- Ce type de torpilleur, légèrement modifié et chaque jour perfectionné, fut reproduit à de nombreux exemplaires jusqu’en 1881, époque à laquelle M. Normand aborda la construction d’un bâtiment plus grand, qu’on baptisa torpilleur de haute mer, et qui différait des précédents par l’affinement plus grand de la carène : 33 mètres de long et 3m,28 de large,—et l’augmentation de déplacement: 46 tonneaux. Deux torpilleurs de ce type, le 63 et le 64 (fig. 2), construits au Havre et essayés à Cherbourg furent livrés par M. Normand au port de Toulon, qu’ils rallièrent par voie de mer; ce voyage mit une première fois en lumière
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- Fig. 2. — Torpilleur 63.
- leurs excellentes qualités nautiques, et on crut pouvoir les attacher à l’escadre d’évolution de la Méditerranée.
- Dans une sortie restée fameuse, l’escadre et ses torpilleurs rencontrèrent un coup de vent d’est qui força quelques-uns des gros cuirassés à relâcher, tandis que les torpilleurs purent suivre sans incident. Ce fut le point de départ d’une campagne ardente, où l’on prétendit démontrer que la vieille marine cuirassée et les bâtiments de gros tonnage avaient vécu, et que, pour être maître des mers, il suffisait déposséder une flottille de torpilleurs de haute mer. On oubliait qu’autre chose est de naviguer, autre chose est de combattre, et que, par mauvais temps, les torpilleurs peuvent encore moins faire usage de leurs torpilles que les cuirassés de leurs canons.
- Néanmoins, la nouvelle école décida que, désormais, on pouvait battre les mers et les océans avec de petits torpilleurs autonomes, de 40 tonneaux, montés par 12 hommes d’équipage, et que de pareils bâtiments annihileraient les flottes militaires et commerciales les plus sérieuses. — Pour l’attaque des côtes, on aurait le bateau-canon, qui, se jouant des croiseurs et des cuirassés, irait porter la dévastation dans les arsenaux et dans les ports ennemis.
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- Pour augmenter la mobilité des flottilles de torpilleurs, on eut l’idée même de les transporter par chemin de fer : le problème technique fut d’ailleurs élégamment résolu par l’envoi de Toulon à Cherbourg du torpilleur 60.
- On tombait de nouveau dans l’erreur qui se produit à chaque nouvelle invention importante dans le matériel de guerre; tantôt c’est l’artillerie rayée, tantôt le fusil à aiguille, tantôt le torpilleur, tantôt la mélinite qui doivent donner la suprématie à celui qui a la bonne fortune de le posséder. Chaque fois cependant, après une courte période d’exaltation ou après une leçon sévère, on doit bien reconnaître que la force militaire d’une nation réside dans la valeur morale et dans le nombre de ses soldats, dans la solidité de ses finances, beaucoup plus que dans la possession d’une arme nouvelle qui, par ce fait seul qu’elle est importante, tombe immédiatement dans le domaine commun.
- Avant même qu’on eût eu le temps de construire les flottilles de torpilleurs qui devaient rendre les mers intenables pour les cuirassés, ceux-ci s’étaient hérissés d’artillerie légère et de projecteurs électriques et s’étaient entourés de filets Bullivant ; à ces moyens de défense, les bâtiments mis en chantier ajoutaient les doubles coques et un compartimentage très développé. Si bien que l’arme nouvelle, loin de supprimer les bâtiments monstres, les rendit encore plus lourds, plus compliqués et plus encombrés : témoin les nouveaux bâtiments anglais de 14 000 tonneaux, soit d’un tonnage presque double de celui en usage à l’apparition de la torpille. Il est même curieux de remarquer que la torpille qui devait supprimer le canon a été la cause première des progrès immenses réalisés par l’artillerie depuis dix ans : car l’artillerie légère à tir rapide, imaginée pour se défendre des torpilleurs, donna l’idée de l’artillerie moyenne à tir rapide, qui sera suivie bientôt, sans doute, de la grosse artillerie à tir rapide.
- Quoi qu’il en soit, la campagne vive menée en faveur des torpilleurs n’eut de résultats fâcheux qu’en ce qu’elle eut pour effet de suspendre pendant quelques années toute construction de cuirassés; mais, en ce qui concerne les torpilleurs, elle conduisit, lorsqu’on revint au sang-froid et à la réalité des faits, à l’appréciation exacte du rôle de la nouvelle arme, rôle assez important par lui-même pour n’avoir pas besoin d’être mis en lumière à l’aide de folles exagérations.
- Ces considérations expliquent pourquoi la construction des torpilleurs reçut vers 1885 une très vive impulsion; mais la marine eut la main malheureuse et commanda une série de 50 torpilleurs qui, pour des causes diverses, ne donnèrent pas les résultats qu’on attendait d’eux : les chaudières ne purent résister aux essais et durent être changées ; les bateaux eux-mêmes manquaient de stabilité, et il fut nécessaire, à la suite de deux catastrophes, de transformer leurs formes. Ce fut, pour la marine et pour tous les constructeurs, une école pénible et coûteuse, mais non inutile : car elle appela l’attention sur une foule de questions laissées à l’écart jusqu’alors et elle précisa les problèmes à résoudre.
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- M. Normand, pendant que se construisaient et s’essayaient, de 1885 à 1891, la série des malheureux torpilleurs de 35 mètres, livrait à la Marine quatre torpilleurs reproduisant, avec de légères modifications de formes, les torpilleurs 60 à 64, puis trois torpilleurs de plus grande dimension, le Balny, le Doudart de Lagrée et le Déroulède, que la marine lui avait commandés à la suite d’excellents essais d’un torpilleur fourni à la marine russe.
- Tous ces petits bâtiments, reproduisaient, avec des progrès de détails, le type 60 ; mais n’apportaient de nouveauté que par leur accroissement de longueur et la forme de leurs œuvres mortes.
- Dix ans s’étaient écoulés depuis la commande du torpilleur 20 (fig. 3), la
- Fig. 3. — Torpilleur 20.
- vitesse n’avait aucunement progressé, et 20 nœuds semblaient le terme infranchissable assigné à l’ambition des ingénieurs.
- Ce fut par la mise en chantier, en 1887, des torpilleurs 126 et 127 que la période des vitesses croissantes fut ouverte.
- On ne saurait développer ici, torpilleur par torpilleur, les progrès réalisés chaque année.
- Il est manifeste que si, partant d’un bâtiment pris comme type, on veut augmenter la vitesse, on doit chercher à accroître la puissance en chevaux employée à la propulsion : pour cela, on peut, d’une part, réduire les poids employés à toute autre destination que la machine, c’est-à-dire réaliser des économies sur la tôlerie de la coque, sur le charbon, sur les vivres, sur l’armement, etc.; d’autre part, on peut employer des appareils plus légers, des machines ou des chaudières pesant un moindre poids par cheval, c’est-à-dire permettant de fournir plus de chevaux sous un même poids.
- Enfin, en outre de la légèreté de l’appareil moteur et évaporatoire, il faut rechercher son économie; car, d’une part, la machine plus économique permet d’embarquer une chaudière moins puissante, et, par suite, moins lourde — et, d’autre part, elle assure, avec le même poids de charbon, une plus grande distance franchissable. Il y a donc un puissant intérêt à perfectionner l’appareil moteur
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- non seulement dans le sens de la légèreté, mais aussi dans le sens de l’économie : c’est là un point de vue souvent omis, et dont l’oubli explique et expliquera bien des insuccès.
- En résumé, pour augmenter la vitesse sans faire varier la distance franchissable, on doit augmenter autant que possible la fraction du déplacement attribuable à l’appareil moteur et faire cet appareil aussi léger et aussi économique que possible. Cette notion simple doit être étudiée de plus près et on ne saurait mieux faire qu’emprunter à M. Normand lui-même les moyens de cette étude.
- M. Normand, qui est en effet un théoricien éminent en même temps qu’un constructeur hors ligne, a établi dans un mémoire déjà ancien — puisqu’il date de 1863 — qu’on pouvait déterminer tous les éléments d’un bâtiment à l'aide des lois de la similitude mécanique, en prenant comme point de départ un bâtiment connu. Il a appliqué ces théories à l’étude des torpilleurs et en a déduit des règlespratiques fort intéressantes, développées dans un mémoire publié en 1885.
- lia mis en évidence que, pour tous les torpilleurs, quels que soient leur vitesse maxima et leur rayon d’action, une petite variation dans un quelconque des poids entraîne une variation de même signe dans le déplacement, environ 4 fois plus grande : d’où suit tout d’abord que la nécessité de supprimer sur le torpilleur tout poids inutile et de rechercher, par tous les moyens possibles, les économies de poids est en réalité 4 fois plus grande qu’elle ne paraît ; si on réussit, par exemple, à l’aide de matériaux appropriés, à diminuer de 1/10 les échantillons de la coque d’un torpilleur type 60, il en résulte une diminution de 1400 kilos sur le poids de coque et de 5 000 kilos sur le déplacement.
- Autre conséquence non moins intéressante : si on prend comme point de départ un torpilleur de 66 tonneaux, filant 20 nœuds, ayant un rayon d’action de 1 600 milles à 10 nœuds, si on suppose constant le poids de l’appareil moteur et la consommation par cheval, ainsi que le rapport du poids de coque au cube de dimensions, une augmentation d’un nœud entraîne une variation de 13 tonneaux dans le déplacement. Il résulte de là qu’il est beaucoup plus aisé de construire le grand que le petit torpilleur : le Forban, à ce titre, est infiniment plus réussi que le Sokol, dont il sera question plus loin. Celui-ci a atteint à peu près la vitesse de 30 nœuds, que le Forban a largement dépassée ; mais son déplacement est de 150 tonneaux supérieur à celui de son concurrent français.
- Enfin si, laissant de côté les torpilleurs, on passe aux grands navires, on reconnaît que le bâtiment de 10 000 tonnes construit sur les mêmes hypothèses que le Forban atteindrait 62 nœuds ou 115 kilomètres à l’heure : il est fâcheux que ces hypothèses soient inadmissibles aujourd’hui quand on dépasse un certain tonnage (1) ; cette simple remarque montre néanmoins l’intérêt considérable qui
- (IjLe poids par cheval de l’appareil moteur complet, chaudières comprises, à peu près constant jusqu’à 209 tonneaux environ, croît ensuite avec les dimensions : il est de 15k,9 sur
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- s’attachait, sinon au point de vue pratique, du moins au point de vue théorique, à entreprendre la construction d’un torpilleur de 30 nœuds.
- Il résulte, de ce que nous venons d’exposer, qu’il fallait, tout d’abord, chercher à diminuer le poids de la coque : malheureusement, ici, la limite est vite atteinte, sinon même dépassée. On avait d’abord eu la prétention modeste de construire des canots à vapeur rapides, et on avait adopté une légèreté de construction compatible avec les circonstances de mer que rencontre un canot à vapeur. Peu à peu on s’enhardit, on conduisit en haute mer et par tous les temps des bâtiments faits pour le beau temps ; ou dépassa même la mesure, et, plus d’une fois, des officiers qui avaient voulu, malgré la mer, conserver la vitesse, ramenèrent au port des coques fatiguées et déformées. Aussi, aulieu d’exagérer la légèreté des coques, on se préoccupa surtout d’améliorer la construction en utilisant mieux les poids pour la mettre à l’abri des avaries. Cependant en passant du Balny, très long, au 126, plus trapu, on put diminuer les échantillons de la partie centrale et réaliser une économie de 2 tonneaux environ. Il est clair, en effet, que plus on allonge les bâtiments, plus on doit, si on ne veut dépasser une certaine charge sur les fibres extrêmes, renforcer les échantillons, ou du moins, si on ne les renforce pas, accepter une diminution de solidité.
- La question est complexe, surlout pour un constructeur consciencieux, qui a la prétention de fournir un bâtiment qui, une fois livré, ne soit pas exposé aux mécomptes les plus graves. A vrai dire, ce genre de scrupule n’arrête que M. Normand : les grandes vitesses, dont on fait tant de bruit en Angleterre et qui sont réalisées sur des navires commandés par des puissances étrangères sont souvent obtenues en partie grâce à une réduction exagérée du poids de la coque : le Sokol, par exemple, a, à l’avant, malgré sa grande longueur, des épaisseurs de tôle de lmm, 75; tandis que le Forban a 2mm, 73; on pourrait citer, dans ce même ordre d’idées, le Yoshino, célèbre croiseur japonais fourni par Armstrong, qui réalisa, il y a 3 ans, une vitesse de 23 nœuds, mais dont les coutures du pont se mettent à bâiller lorsqu’il y a du tangage.
- On a recherché l’allégement des coques dans l’emploi de métaux nouveaux.
- En Angleterre, on a eu recours à l’acier, au nickel, métal sans aucun doute excellent, puisqu’il donne 70k de résistance à la rupture et 24 p. 100 d’allongement, tandis que notre acier doux ne donne que 40k et 25 p. 100 ; il ne semble pas cependant que l’on puisse, avec raison, profiter de ces qualités de résistance pour diminuer certains échantillons et surtout ceux du bordé : on peut, sans doute, profiter de l'accroissement de résistance de l’acier au nickel pour diminuer l’épaisseur des pièces qui travaillent à la traction; mais, pour les pièces qui travaillent à la compression, la résistance dépend non seulement de la qualité du
- 1 e Forban et de 86 kilos sur le' Châteaurenault, croiseur de 23 nœuds récemment mis en chantier.
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- métal, mais plus encore du moment d’inertie, et par suite des épaisseurs elles-mêmes. Pour résister aux efforts de compression qui se développent dans les mouvements d’un torpilleur sur mer agitée, on ne peut donc pas dépasser une certaine limite, déjà atteinte.
- C’est pour cette raison que l’aluminium, bien qu’infiniment moins résistant que l’acier, serait de nature à procurer un allégement considérable.
- C’est peut-être ici le lieu d’exposer les difficultés particulières des problèmes d’architecture navale que représente le dessin delà forme extérieure d’un torpilleur. Je n’insisterai pas sur les formes de la carène mouillée, formes affinées de façon à fendre l’eau à l’avant et à permettre l’accès de l’eau aux hélices dans les meilleures conditions possibles; on est ainsi conduit à des bateaux très longs relativement à leur largeur : on a été amené, sur le Balny, par exemple, à donner
- une longueur égale à 12 fois la largeur, 40 mètres sur 3m,35, tandis que les bateaux-mouches parisiens ont 33 mètres sur 5 mètres.
- Cette largeur réduite, sur d’aussi petits bâtiments, rend particulièrement délicate la question de la stabilité.
- La stabilité d’un navire a été si souvent mal définie et mal comprise qu’il n’est pas inutile d’esquisser quelques mots de théorie à son sujet : le rappel d’un bâtiment qui s’incline, c’est-à-dire l’effort qui tend à le redresser lorsqu’il a été mis à la bande, est proportionnel à la hauteur d’un point appelé le métacentre, au-dessus du centre de gravité. Or, à chaque instant, si le centre de gravité ne varie pas, la hauteur du métacentre varie comme le moment d’inertie de la flottaison à l’instant considéré : si le bâtiment a des formes telles que le moment d’inertie de la flottaison augmente avec l’inclinaison, le rappel est de plus en plus énergique; si, au contraire, le moment d’inertie décroît, le rappel est de plus en plus mou. On conçoit donc que les rappels sont très différents, suivant la forme des œuvres mortes.
- Or, il faut d’aborcl que le torpilleur soit habitable, c’est-à-dire qu’à chaque mouvement d’inclinaison, le rappel ne soit pas trop brusque ; il faut également, et davantage, que le rappel soit suffisant pour arrêter le bateau lancé par un effort de la mer et l’empêcher de chavirer : la forme 3 (fig. 4) est donc bonne pour ménager la santé de l’équipage, la forme 1 pour ménager sa vie.
- On voit que les deux problèmes à résoudre conduisent à des solutions absolument contradictoires : les premiers torpilleurs avaient des rappels très durs; aussi M. Normand abandonna-t-il la forme 1 pour prendre une forme se rapprochant de la 3; il réussit pleinement, et cette forme nouvelle fut pour beaucoup dans le succès des torpilleurs 60-64 ; elle avait en même temps l’avantage de
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- diminuer le poids de coque. Malheureusement, sur les torpilleurs de 35 mètres, on exagéra la rentrée, la stabilité fit défaut; deux catastrophes survenues coup sur coup rendirent nécessaire la transformation de leurs œuvres mortes.
- L’esquisse de théorie que nous venons de faire, au sujet de la stabilité, montre en même temps avec quel soin on doit disposer les poids à bord d’un torpilleur : si on met sur le pont, au-dessus du centre de gravité général, un poids considérable de charbon ou d’appareils non prévus, on réduit immédiatement l’effort de redressement : on peut ainsi faire chavirer avec une bande de 25° un torpilleur qui, normalement, devrait pouvoir subir sans chavirer des inclinaisons de 60°.
- Une raison se rapportant, comme la stabilité, aux qualités nautiques du torpilleur a fait sacrifier par M. Normand un moyen que n’ont pas négligé les Anglais et les Allemands pour accroître la vitesse ; nous voulons parler de la suppression presque complète du plan mince, c’est-à-dire de la partie de la carène très affinée qui contient l’arbre porte-hélice dans le torpilleur à une hélice et sépare les deux hélices dans le torpilleur à deux hélices. Cette suppression, en réduisant d’une façon très notable la surface frottante de la carène, diminue la résistance à la marche et augmente, par suite, l’effet du propulseur. Mais, sans inconvénient dans les mers plates où se font les essais, elle rend le bateau volage et modifie d’une façon dangereuse, par mauvais temps stabilité de route. Or, pour un petit bâtiment, une fausse embardée, sous coup de roulis, suffit à provoquer le chavirement. M. Normand a tenu à conserver à ses torpilleurs les qualités nautiques qui ont, dès le début, fait leur réputation, mais ce sacrifice lui vaut peut-être un demi-nœud de vitesse perdu sur ses concurrents.
- Revenons, après cette digression, au sujet principal de cette étude.
- L’allégement des coques fut donc relativement, très faible, ainsi que nous l’avons exposé : le poids de coque du Balny était de 0,30 du déplacement; celui du Forban est de 0,363.
- Le grand progrès a son origine dans l’appareil moteur et évaporatoire : on a, d’une part, produit la puissance avec une consommation de charbon très diminuée; comme la distance franchissable imposée par la marine restait constante, les économies de charbon pouvaient s’utiliser en poids de machines, on a pu ainsi, sur le Forban, employer pour le poids moteur 0,50 du déplacement, tandis que, sur le Balny, on n’employait que 0,34. En même temps, on parvenait à réduire le poids par cheval plus que de moitié, et par suite, sous un même poids, fournir deux fois plus de chevaux, ce qui, pour notre type de torpilleurs, suffit pour passer de la vitesse de 20 mètres à celle de 25 mètres.
- L’appareil s’est allégé tout d’abord par la substitution des chaudières multi-tubulaires aux chaudières de locomotives; celles-ci avaient été employées, d’une Tome I. — 95e année. 5° série. — Avril 1896. 34
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- façon presque générale, dès l’origine des torpilleurs, comme étant les plus légères des chaudières d’un usage courant à grande puissance. Malheureusement, pour les installer sur les torpilleurs, on leur fit subir des amputations fâcheuses, si bien qu’elles n’avaient plus des chaudières de locomotive que le nom. Aussi, ce type de chaudière qui, sur les chemins de fer, est d’une souplesse admirable, qui a fait ses preuves et que personne, même à l’heure actuelle, ne songe à abandonner, ne réussit-il dans la marine que lorsqu’il était construit avec des soins minutieux. M. Normand lui-même ne fut pas, dans le début, à l’abri des accidents, mais il apporta à la construction des chaudières des perfectionnements et des soins tels que ses derniers types, du 126 et du 127, ne laissent rien à désirer. Il avait notamment reconnu que l’une des causes d’avaries de ce type de chaudières — cause inconnue sur les chemins de fer — étaient les matières grasses amenées en quantité considérable dans la chaudière par l’eau travaillant toujours dans nos appareils en cycle fermé : il avait introduit un appareil dégraisseur, le filtre à éponges Normand, qui est aujourd’hui adopté sur tous les navires.
- Mais ces progrès arrivèrent trop tard : l’échec, de 50 torpilleurs, sur lesquels deux chaudières seules résistèrent aux essais, créa dans la marine un mouvement d’opinion qui contraignit à chercher, tout au moins pour les torpilleurs, des appareils à tubes d’eau.
- M. Thornycroft avait fourni à l’Amirauté et à quelques puissances étrangères des torpilleurs munis d’une chaudière multitubulaire grâce à laquelle ils avaient atteint une vitesse très remarquable pour l’époque : le ministère de la marine, pour se rendre compte de la valeur de cette chaudière, lui commanda le Coureur.
- La chaudière Thornycroft était, suivant l’usage, la réimportation d’une idée française : elle n’était que l’heureuse réalisation, par un ingénieur de grand talent et de grande expérience, de la chaudière construite en 1859, par un ingénieur de la marine, M. Sochet, et en 1874 par le commandant du Temple. Celle-ci, en particulier, n’avait pas réussi : les tubes, d’un diamètre trop petit, étaient très rapidement bouchés par les incrustations, et, tout d’abord, on n’avait pas eu l’idée de chauffer à l’eau distillée.
- Heureusement, il n*en fut pas de même pour le Coureur : ce bâtiment mettait assez en défiance les ingénieurs ; on savait que son frère aîné, YArièle, fourni à la marine espagnole, avait, peu de mois après sa mise en service, perdu toute sa vitesse, par suite de l’obstruction des tubes : comme on ne connaissait pas le moyen d’empêcher les sels de se déposer, on prit le parti de faire le plein de la chaudière à l’eau distillée. En même temps, on se préservait de l’action des huiles par le filtre Normand; grâce à ces précautions, le Coureur put vivre, non sans incidents d’ailleurs, car, depuis six ans, on a déjà
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- dû, à plusieurs reprises, remplacer tous ses tubes au prix de dépenses considérables.
- Quoi qu’il en soit, l’opinion fut orientée ainsi définitivement vers les chaudières multitubulaires, et la marine, en 1890, ouvrit une sorte de concours, en commandant des-Torpilleurs de même type, différant uniquement par la chaudière : Oriolle, du Temple, de Dion et Bouton, etc. Toutes ne réussirent pas également bien; l’une même, dont je ne cite pas le nom, causa une catastrophe. D’années en années, les progrès s’accentuèrent, non sans obstacles : la plus grande difficulté est celle de la conservation de la chaudière lorsque le torpilleur reste immobilisé.
- Aujourd'hui, les types se sont précisés : la chaudière du Temple, la chaudière du Temple-Normand et la chaudière Normand sont à peu près uniquement employées.
- Toutes ces chaudières sont, en somme, construites d’après les mêmes principes; elles diffèrent par les précautions plus ou moins habiles prises pour forcer les gaz chauds à céder leur chaleur à l’eau. Le dernier type mis en place sur Y Aquilon, qui vient de terminer ses essais, a fourni des résultats remarquables : grâce aux parcours heureusement disposés pour les gaz, la température de ceux-ci dans la cheminée, à grande allure, s’est abaissée de 500° à 330°.
- On ne saurait dire que, dans la pratique, ces chaudières soient la perfection; car leur délicatesse de conduite et la difficulté de leur entretien compliquent beaucoup la tâche de ceux qui les dirigent ; elles exigent le présence d’appareils à distiller l’eau de mer et entretiennent autour d’elles une température pénible. Mais, d’une part, elles donnent confiance, car elles sont soi-disant inexplosibles et les chauffeurs ne s’étonnent pas devant les 16 kilos du manomètre, d’autre part, elles permettent, sous un poids très faible, d’aborder les hautes pressions et, comme telles, s’imposent aujourd’hui, pour tous les navires. Elles ont, par là, ouvert la voie au progrès dans une direction que l’on ne cherchait pas tout d’abord. Le bénéfice de poids qu’elles réalisent par ces deux points est énorme; le poids de la chaudière par cheval, qui était de 19 kilos sur 1 eBalny, tombe à 6k,6 sur le Forban, c’est-à-dire qu’il est réduit au tiers. Elles ont, aujourd’hui, assez fait leurs preuves pour qu’on puisse en essayer l’usage sur de grands bâtiments et aborder sur ceux-ci les grandes vitesses que l’on demande aujourd’hui. La Jeanne-d’Arc aura des chaudières Normand accouplées d’après une disposition imaginée par M. Sigaudy.
- Au point de vue économique, les chaudières nouvelles ne présentent pas, sur les chaudières de locomotives, des avantages marqués : la vaporisation par kilo de charbon ne paraît par dépasser 6 à 7 kilos à grande allure, 8 kilos à petite puissance. Aussi le bénéfice dans la consommation de charbon n’est-il attribuable aux chaudières multitubulaires que parce fait seul qu’elles permettent de pousser
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- la pression jusqu’à 15 kilos, point où la machine à triple expansion est vraiment économique.
- C’est par les progrès apportés à l’appareil moteur proprement dit, que M. Normand est parvenu à des chiffres de consommation par cheval absolument remarquables. Dès 1889, il emploie les réchauffeurs d’alimentation : cet appareil repose sur une idée émise, dès 1856, par Benjamin Normand, et consiste à réchauffer l’eau d’alimentation, avant son entrée dans la chaudière, avec de la vapeur ayant déjà fourni du travail dans les cylindres supérieurs ; la quantité de vapeur ainsi employée ne forme qu’une très petite fraction de la quantité totale, et il en résulte un relèvement considérable du très faible coefficient économique moyen de la machine : avec une dépense de vapeur insignifiante, on parvient ainsi à introduire dans la chaudière de l’eau déjà portée à 90° aux allures ordinaires, et à 116° à grande vitesse.
- En même temps, M. Normand munissait ses cylindres de purgeurs automatiques et étudiait la régulation de façon à produire des compressions considérables ; ces deux dispositions avaient pour but de maintenir la vapeur très sèche et les paroisses cylindres à une température élevée, et, par suite, de réduire les pertes de travail dues aux vaporisations et aux condensations successives qui se font dans les cylindres. Pour corriger les inconvénients dus à une compression exagérée qui, avec la grande compression admise aux introductions maxima, se réaliserait aux faibles introductions avec tous les systèmes connus de détente, M. Normand imagina de placer aux extrémités des cylindres des soupapes très légères, qui laissent échapper la vapeur dans la boîte à tiroir dès que la pression intérieure dépasse la pression d’introduction.
- Ces divers perfectionnements eurent pour résultat de faire tomber la consommation des torpilleurs 426-127 à 0kil,479 à 10 nœuds.
- Ces torpilleurs possédaient des chaudières de locomotives à 10 kilos et des machines Compound; la série suivante vit la pression s’élever et employa la. machine à triple expansion.
- Progressivement, la pression monta jusqu’à 15 kilos sur le Chevalier et le Forban : comme la thermodynamique l’enseigne, à chaque accroissement de pression correspondait un bénéfice.
- Le résultat final est que la machine du Forban consomme 5 kilos de vapeur par cheval et par heure à petite vitesse, et 6 kilos à grande vitesse, et que la consommation de charbon par cheval, qui était en 1878, et même encore en 1888, de 1 kilo à petite allure et de lkil,20 à grande allure, est tombée rapidement à 0kil,50 et à 0kiI,80.
- On ne saurait trop insister sur ces résultats qui, non seulement font un grand honneur à l’éminent ingénieur qui les a atteints, mais apportent, croyons-nous, un enseignement très général. Dans la marine, nous sommes depuis long-
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- temps convaincus de la supériorité économique des machines dans lesquelles la détente de la vapeur s’opère dans plusieurs cylindres : il y a, néanmoins, pour les machines à terre, beaucoup de constructeurs qui cherchent encore dans les machines à un cylindre à soupapes, très soignées et très perfectionnées, l’économie que nous trouvons ailleurs.
- En même temps, l’élévation de la pression avait pour effet la réduction des dimensions des cylindres; la triple expansion, enrépartissant les efforts sur trois manivelles, permettait de mieux équilibrer les machines et de réduire le poids •de certaines pièces; en outre, M. Normand, dès 1888, employait, pour les pièces forgées, de l’acier Holtzer fondu au creuset, donnant une résistance de 60 kilos et un allongement de 20 à 25 p. 100; cet acier, tout en donnant de bons frottements, et en se travaillant aisément, permettait d’alléger considérablement les arbres, les bielles, les tiges de piston, etc.
- Enfin, dans les derniers appareils, un perfectionnement important réduisait les vibrations et permettait de réaliser de nouvelles économies de poids. Sans entrer dans de grands détails sur cette question, qui est une des plus délicates d’ailleurs et des moins résolues encore dans l’art des constructions navales, il est manifeste que les vibrations sont d’autant plus intenses et dangereuses que les coques sont plus légères et les machines plus puissantes. Ces vibrations ébranlent les coques et les machines, fatiguent le personnel, dérèglent le matériel d’artillerie et de torpilles. Elles se font sentir surtout lorsque le nombre de tours de la machine dans un temps donné est un multiple ou un sous-multiple de celui des vibrations du navire considéré comme flotteur élastique. Dans plusieurs navires récents, elles sont telles que l’on a dû renoncer à atteindre le maximum de vitesse attendu. Si l’on voulait continuer à embarquer des machines de plus en plus puissantes sans augmenter la solidité de la coque, il fallait trouver un moyen de diminuer, sinon de supprimer complètement la vibration. Comme toujours, ce fut à peu près à la même époque que les trois grands constructeurs de torpilleurs Yarrow, Thornycroft et Normand se sont préoccupés de ce problème ; ils parviennent à le résoudre en partie par des procédés très distincts.
- Les vibrations ont pour origine les forces d’inertie qui sont développées par les pièces mobiles de l’appareil : une partie de ces forces, celles des pièces animées d’un mouvement circulaire, sont depuis longtemps compensées par des contrepoids fixés sur l’arbre; ce sont les pièces animées d’un mouvement alternatif vertical qui donnent naissance aux chocs répétés, non équilibrés et par suite aux vibrations.
- Pour compenser ces efforts, M. Yarrow imagine d’ajouter à la machine des masses mobiles, entraînées dans un mouvement vertical alternatif, et placées et calculées de telle sorte qu’elles équilibrent les forces verticales d’inertie engen-
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- drées par les parties mobiles : ce sont en réalité des contre-poids. La solution avec cette disposition ne peut être qu’incomplète, et elle a l’inconvénient de compliquer des appareils déjà trop compliqués.
- M. Thornycroft réunit les cylindres par groupes de deux disposés obliquement, l’un par rapport à l’autre et agissant sur une même manivelle; cette solution est également compliquée et ne peut être qu’imparfaite.
- La solution proposée et exécutée par M. Normand est infiniment plus élégante et plus simple; elle est basée sur un théorème approximatif de mécanique : à savoir, qu’avec 3 manivelles à 120° et des poids mobiles identiques à tous les cylindres, la somme des efforts d’inertie suivant l’axe des cylindres est constamment nulle pour toutes les positions analogues de l’arbre, quel que soit le rapport de bielle à manivelle. Il suffirait donc, pour détruire les efforts d’inertie dans le sens vertical, de donner le même poids aux pistons : procédé simple, et qui, sur le premier torpilleur auquel il a été appliqué, n’a augmenté le poids que de 206 kilos. Cette identification des pièces mobiles ne suffit pas, car les cylindres n’occupent pas la même position dans le navire, les efforts se transforment en un couple vertical d’intensité variable, dont le levier est proportionnel à la distance entre les axes des cylindres extrêmes; il y a donc intérêt tout d’abord à réduire la distance entre les cylindres extrêmes; d’autre part, on annulera ce couple en rendant la machine invariable dans le sens longitudinal par une construction particulière du bâti et par la liaison de la partie supérieure de la machine avec le pont à l’aide de tirants horizontaux. La machine et la coque qui l’entoure formeront ainsi un bloc invariable, dont les vibrations seront singulièrement réduites. Le succès le plus complet a répondu aux calculs théoriques de M. Normand : les vibrations du Forban à 30 nœuds sont inférieures à celles des anciens torpilleurs à 19 ou 20 nœuds.
- Nous avons terminé ici l’exposé des progrès principaux que M. Normand a apportés à la construction de ses torpilleurs; il faudrait y ajouter une foule d’indications de détails, et il serait notamment très utile de faire ressortir au prix de quelle somme de travail, d’essais infructueux, d’expériences de laboratoires et d’ateliers, s’achète le moindre perfectionnement. Il est aisé de décréter que, pour faire des machines plus puissantes et plus légères, on augmentera la pression de 4 ou 5 kilogrammes; mais on ne peut pas décréter en même temps que les matériaux dont on se sert consentiront à fournir, aux nouvelles températures atteintes, les résistances que l’on réclame d’eux : les tubes d’acier, les tubes de laiton, les soudures, les bronzes qui suffisaient aux chaudières et au tuyautage à 10 kilos ne donnent plus de garanties suffisantes à 15 kilos : il faut chercher une nouvelle fabrication de tubes, de nouveaux alliages, de nouveaux métaux. Le progrès ne se fait que peu à peu, et, lorsqu’on veut le brusquer, il se dérobe, ainsi qu’on l’a dit plus haut en parlant de l’aluminium.
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- Un simple détail nous montrera à quelle surprise on est exposé, lorsqu’on franchit un pas nouveau dans le progrès. Quand, à sa première sortie, le Forban atteignit la vitesse de 29 nœuds, le choc de l’eau contre l’étrave produisit, même avec calme plat, une gerbe d’eau verticale qui retombait en pluie et rendait le pont absolument inhabitable et la conduite du bâtiment très difficile. C’était, pour le Forban, lin vice inattendu et très grave. Le même phénomène se remarquait sur les contre-torpilleurs anglais, mais à un degré moindre à cause de la hauteur considérable de leurs œuvres mortes. On fut d’abord très préoccupé de rechercher le moyen de remédier à ce véritable défaut. M. Normand, après divers essais, eut J’idée de prolonger l’étrave, dont la largeur ne dépassait pas cependant 15 mil-
- Fig. 5. — Le Chevalier.
- limètres, par une véritable lame de couteau qui fendait l’eau sans projection. Le succès de cette disposition fut d’ailleurs complet.
- Les considérations que je viens de développer vous permettront de constater combien, dans la construction d’un torpilleur, sont intimement liées la coque, la machine et la chaudière : ce qui fait la supériorité de M. Normand, ainsi d’ailleurs que celle de MM. Thornycroft et Yarrow sur tous leurs concurrents, c’est qu’ils possèdent à un haut degré la science et Inexpérience de la construction des coques et des machines. On trouve, dans cette observation, l’explication de beaucoup d’insuccès rencontrés par certains constructeurs français, dont les torpilleurs provenaient de la collaboration d’ingénieurs s’occupant les uns de la coque, les autres de l’appareil évaporatoire. Il n’y avait pas d’unité de vue. Cette réflexion s’applique d’ailleurs à tout ce qui concerne les constructions navales, surtout, et de plus en plus, à l’heure actuelle. Non seulement chez le torpilleur, mais sur tous les bâtiments délicats, — et ils le sont tous aujourd’hui, — les questions de coque, de machine, d’artillerie sont unies par un tel lien qu’elles ne peuvent être entre
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- les mains d’ingénieurs indépendants les uns des autres : un bateau de guerre n’est pas un caisson conçu par l’un, sur lequel un autre vient disposer à sa fantaisie un canon, un troisième une machine, un quatrième une chaudière. C’est un organisme complexe qui nécessite une seule pensée; on chercherait le progrès à
- Fig. 6. — L’Ariel (19 juin 1895) à 25 nœuds.
- rebours en appliquant dans la conception générale d’un bâtiment et de ses organes le principe moderne de la division du travail, qui ne doit s’appliquer que dans l’exécution.
- Si nous croyons utile de faire ressortir ici cette difficulté, c’est qu’on entend
- Fig. 7. — Le Forban à 31 nœuds.
- souvent exposer qu’il faudrait diviser le corps du génie maritime, à l’instar de l’Angleterre, en deux corps distincts, les mécaniciens et les constructeurs : il y a beaucoup à imiter chez nos voisins, mais surtout dans l’exécution et non dans la conception, et nous pouvons, sans nous vanter, constater qu’ils ne nous ont jamais montré la voie nouvelle, mais qu’ils ont toujours suivi, en nous dépassant d’ailleurs rapidement, les voies nouvelles que nous montrions. On voit également quel savoir encyclopédique doit posséder tout ingénieur de la marine pour concevoir, à mesure des progrès, l’instrument de combat nouveau qui sera
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- le plus armé, le plus défendu, le plus rapide, — et quelle indulgence on peut réclamer pour ceux qui ne parviennent pas à contenter les marins qui montent nos vaisseaux, les députés qui nous jugent et les contribuables qui nous paient.
- Venons maintenant à l’exposé des résultats :
- Depuis six ans, le type des torpilleurs s’est précisé, et nous n’avons plus que le torpilleur garde-côtes, dérivé du type 126, et le torpilleur de haute mer(fig. 8) :
- En 1889, le 128 fait 20”,97; — en 1892, le 149 fait 24”,510;
- En 1889, l’Avant-Garcle, torpilleur de haute mer, donne 20”,97, —en 1893, le Lancier donne 25”,79, le Chevalier 27",22 (fig. 5) ; — enfin en 1895, le Forban (fig. 7) donne 31”,029.
- Ces vitesses nouvelles ont mis en évidence un fait que l’on soupçonnait, mais qui n’était pas prouvé jusqu’alors : lorsqu’on dépasse une certaine allure, non
- Fig. 8. — Coupes et plan d’un torpilleur de haute mer.
- seulement le bâtiment prend une nouvelle différence, levant le nez et s’enfonçant à l’arrière tellement que sur le Forban, la vague était à la hauteur des yeux des hommes placés à l’arrière du pont; — mais il se déjauge, en ce sens que son déplacement n’est plus égal à son poids et que le principe d’Archimède ne s’applique plus : des mesures très précises ont montré que, sur un torpilleur garde-côtes, à 23 nœuds, le déjaugement est de 6 tonneaux.
- Ce double phénomène est particulièrement favorable à la bonne utilisation de la puissance de la machine : l’hélice est immergée davantage et travaille mieux, la surface frottante de la carène est réduite. Aussi constate-t-on que, plus on va vite, plus l’accroissement de puissance fait accroître la vitesse : l’utilisation,
- /~F~
- c’est-à-dire la valeur de M dans la formule V — —j- augmente avec la
- vitesse; elle est, sur le Forban, de 5,28 à 21n,4.
- 5,64 à 28n,3.
- 5,72 à.30n,4.
- Ce fait est extrêmement remarquable, car il est exactement l’inverse de celui que l’on observe jusqu’à présent sur les grands bâtiments; il permet de penser
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- que tous les bâtiments ont, contrairement à ce qu’on croyait, une vitesse d’utilisation minima : cette vitesse, si on se basait sur les résultats du Forban, serait à 23n,3 pour les bâtiments de 400 tonneaux et à 40 nœuds pour les bâtiments de 8000 tonneaux.
- Le tableau ci-dessous résume le progrès réalisé depuis le torpilleur 20 jusqu’au Forban.
- DÉSIGNATION. TORPILLEUR 20. FORBAN.
- Longueur Largeur Déplacement Poids de l’appareil par cheval. Puissance Vitesse Prix 27m,30 3m,30 33tx,60 36k,60 498 chev. 19n,42 136 650fr,00 44m,00 4m,42 126tx,81 15k,9 4000 chev. 31n,02 990 000fr,00
- On voit que le progrès se résume dans ce fait : que l’on a réussi à placer, sur un bateau de 123 tonneaux, une machine de 4 000 chevaux : ce progrès, comme l’indique la dernière ligne du tableau, n’est pas sans coûter fort cher.
- Le succès du Forban a eu en Angleterre un grand retentissement ; nos voisins, en effet, étaient très fiers des magnifiques résultats de vitesse obtenus par la série des 42 contre-torpilleurs commandés par l’Amirauté en 1894 aux principaux chantiers anglais : pendant toute l’année dernière, les journaux nous apportaient le compte rendu des essais faits à chaque livraison : les moins bons filaient 27 nœuds, le plus rapide, le Boxer, fourni par M. Thornycroft, avait donné 29n,17. Sur un grand nombre de ces bâtiments, ceux construits par Thomson, Lairds et Palmers, les chaudières sont des chaudières Normand ou des chaudières du Temple ; le fait est à signaler, et il est, comme l’adoption par l’Amirauté des chaudières Belleville et des chaudières Niclausse, la constatation de l’avance que nous avons prise sur l’Angleterre en ce qui regarde l’application à la marine des chaudières multitubulaires.
- Le plus célèbre des contre-torpilleurs construits en Angleterre est le Sokol, commandé à Yarrow par la marine russe et qui a donné 29n,76, soit ln,26 moins que le Forban. Comparé à ce dernier il a :
- Sokol. Forban.
- Longueur..............B7m,9................................. 44m
- Largeur............... 5m,64............................... 4m,42
- Déplacement aux essais. 180 tonneaux.......................120tx,80
- En charge............. 234 — ..................... 135tx
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- Grâce à l’emploi du nickel acier, Yarrow a poussé aux dernières limites la réduction des échantillons. Les tubes de chaudières sont d’une épaisseur également très réduite, circonstance très favorable à la bonne propagation de la chaleur et à la légèreté de l’appareil, mais peu favorable à sa durée. Enfin, la machine tournait à 405 tours, chiffre exagéré : le Forban à 31 nœuds ne battait que 358,3 tours.
- De fait, on prétend que le Sokol, en arrivant en Russie, présentait déjà des traces de fatigue : sans doute, sa brillante vitesse est disparue à jamais. Les vitesses, au contraire, des bâtiments construits par M. Normand se conservent en service courant : nous en avons trouvé plusieurs fois la preuve dans des essais exécutés les uns en Russie, les autres en Espagne.
- En 1887, dans des essais comparatifs faits en Russie, on constate officiellement que le Sweaborg, construit chez M. Normand, n’avait, malgré une grande surcharge, perdu qu’un nœud sur ses essais de recette, tandis que le Viborg, construit chez Thomson, la Vindawa, sortie des chantiers allemands Schichau, avaient perdu 5 nœuds et demi, et le Kotlino, provenant des chantiers de Saint-Pétersbourg, 2 nœuds et demi. Le torpilleur Normand avait la supériorité de vitesse.
- En 1888, en Espagne, on mit en concurrence des torpilleurs de diverses provenances : le tableau suivant donne le résultat de ces essais, avec l’indication des vitesses obtenues comparées avec celles réalisées au moment de la livraison.
- NOMS des NAVIRES. PROVENANCE. VITESSE de RECETTE. VITESSE CONSTATÉE.
- Nœuds. Nœuds.
- Barcelo Normand 19,5 19,7
- Halcon Yarrow 23,04 19,6
- Bayo . Thornycroft 26,3 17,6
- Ariete id. 26,3 17,2
- Acedevo id. 20,16 15,8
- Les Anglais, paraît-il, ont été peu satisfaits de leurs contre-torpilleurs : malheureusement, la presse anglaise est aussi sobre de détails lorsqu’il s’agit de constater des insuccès qu’elle est prodigue quand elle vante les brillants résultats obtenus par ses industriels. De fait, tous ces bâtiments reçus à 27 nœuds et plus, ne donnent pas en pratique plus de 23 nœuds. On a déjà du changer les tubes de dix appareils évaporatoires avant un an de service. Tous ces résul-
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- tats ne paraissent pas très engageants : il y a eu de graves avaries de machines : un cylindre défoncé sur le Hawock, une boîte à tiroir fendue sur le Surly.
- Néanmoins, l’amirauté anglaise, qui possède déjà en service ou en construction 60 de ces bâtiments, vient de décider d’en construire encore 60 à 30 nœuds; Thornycroft, Yarrow espèrent bien, grâce à ces nouvelles commandes, battre le record du Forban. Toutes les autres puissances font de même : les Allemands, dit-on, doivent également en faire construire 13, les Japonais, 12, etc.
- Si on examinait les choses de sang-froid, et si on ne se laissait pas séduire par des apparences, on s’arrêterait dans cette voie ruineuse. Pour atteindre de semblables vitesses, on doit faire de tels sacrifices sur la solidité de la coque, de la machine et de la chaudière, que l’on réalise des navires qui, en réalité, ne sont pas marins : il y a impossibilité absolue, pour de petits navires, de marcher à grande vitesse lorsqu’il y a tant soit peu de mer; un simple clapotis interdit au torpilleur de chercher même à atteindre 20 nœuds et il faut une mer d’huile pour se risquer à 30 nœuds. Avec tant soit peu de mer, les chocs des lames au tangage démoliraient les coques trop légères : le torpilleur très rapide est donc une arme de très beau temps, comme la bicyclette, un véhicule pour les bonnes routes. Il y a là un fait brutal contre lequel aucun progrès n’est possible.
- En outre, dans la vraie pratique de la guerre, le torpilleur sera surtout une arme de surprise. Il s’approchera la nuit à petite vitesse et sans bruit : l’attaque de jour, à moins qu’elle ne soit un incident d’une bataille générale, n’a aucune chance de succès.
- Enfin, des machines et des chaudières aussi compliquées ne sont pas vraiment des appareils militaires ; même avec un personnel hors ligne, les avaries sont perpétuelles, et il est bien probable que, si une guerre éclatait, au bout de quinze jours, la moitié des torpilleurs des deux adversaires seraient en avaries dans les arsenaux.
- Il est peu vraisemblable que le bon sens ait raison devant des entraînements peurétléchis et on continuera à poursuivre avec le torpilleur le record delà vitesse, et peut-être, en le poursuivant, trouvera-t-on, par surcroît, la simplicité et la solidité. Ce n’est pas aux ingénieurs, d’ailleurs, de se plaindre de cette recherche de la vitesse : grâce à elle, on met à leur disposition, sans compter, les ressources qui leur permettent de satisfaire leurs plus coûteuses ambitions. D’où peuvent venir les progrès de la vitesse : tout d’abord, on construira, grâce au nickel-acier et à l’aluminium, le jour où on parviendra à utiliser ce dernier, des coques plus légères: on recourra également, pour la machine à l’acier à 25 p. 100 de nickel, métal d’une dureté exceptionnelle ayant une limite élastique de 60 kilos et ne trempant pas, mais présentant des difficultés considérables de mise en œuvre : on cherchera, comme le fait en ce moment M. Normand, l’allégement par une disposition nouvelle qui consiste, en supprimant pour ainsi dire toutes les œuvres
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- mortes, à réaliser un bateau intermédiaire entre les bâtiments ordinaires et le bateau sous-marin.
- On remplacera bientôt le charbon par le pétrole, double avantage pour le poids et pour la facilité de conduite des appareils : 1 kilo de pétrole donne 40 500 calories et 1 kilo de charbon, 8500.
- Enfin, on trouvera peut-être des moteurs nouveaux, l’électricité, le carbure de calcium, et surtout l’imprévu. Il faut remarquer, combien nos appareils sont grossiers, malgré leur perfection apparente : nous ne réalisons pas, sur l’arbre de nos machines, plus de 0,41 de la puissance que représente le charbon brûlé, et, sur ces 0,11, il n’y en a qu’une très faible fraction utilisée en propulsion réelle. On voit quelle marge nous est laissée au progrès.
- En tous cas, le torpilleur tel qu’il est aujourd’hui et sans envisager ni sa valeur militaire réelle ni son avenir, a été à l’origine de tous les progrès réalisés dans l’architecture navale dans ces dernières années. Il a servi à étudier et à résoudre les problèmes les plus complexes de la construction des coques, des machines et des chaudières. La plupart des solutions trouvées à son sujet ont été appliquées aux grands navires, et c’est chez lui que les ingénieurs doivent venir chercher pour ceux-ci l’indication du progrès futur.
- Aussi, doit-on mettre en évidence, comme j’ai essayé de le faire devant vous, les services éminents rendus à la Marine et à l’Industrie, par un homme qui, comme M. Normand, consacre son existence, avec le plus complet désintéressement, à perfectionner chaque jour le torpilleur; des succès comme le Forban, non seulement font honneur à l’industrie nationale, mais elles sont une leçon précise pour tous les ingénieurs.
- Enfin, vous reconnaîtrez, Messieurs, que si les nécessités de la préparation constante à la guerre sont, pour un peuple, une lourde charge pécuniaire et morale, elles ont, par contre, l’avantage de créer des initiatives fécondes pour tous les progrès industriels : si les torpilleurs et les croiseurs rapides n’avaient pas été imaginés pour les besoins de la défense et de l’attaque, sans doute les flottes commerciales n’auraient été ni assez téméraires, ni assez riches pour tenter les essais coûteux auxquels les différentes marines se livrent depuis quinze ans. C’est à ce titre que les sujets militaires doivent être les bienvenus chez vous, car l’instinct de destruction est 'un des plus puissants encouragements pour l’industrie nationale.
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- Revue de mécanique générale par M. Gustave Richard, Membre honoraire
- du Conseil (1).
- Cette revue se bornera, comme la précédente (2), aux machines motrices; elle se divisera en deux parties principales: Chaudières et machines à vapeur; Moteurs à gaz et à pétrole; et, dans chacune de ces parties, nous nous limiterons à l’examen des appareils peu ou non décrits dans la presse française, nous bornant, pour les autres, à renvoyer le lecteur aux sources facilement accessibles de cette littérature.
- Première Partie. — Chaudières et Machines à vapeur.
- CHAUDIÈRES
- Dans le domaine des chaudières, la question la plus intéressante est toujours celle du remplacement de plus en plus général, à terre et à la mer, des appareils tubulaires et à grand volume d’eau par les appareils à petits éléments ou tabulés, dont l’un des principaux avantages, précieux surtout à la mer, est d’admettre des pressions presque inaccessibles aux anciens types : lo atmosphères par exemple, nécessaires pour pouvoir tirer de la triple et même de la quadruple expansion les économies qu’elles comportent. Pour les appareils de petite et de moyenne importance, où l’activité prime tout, comme sur les torpilleurs, la question paraît définitivement tranchée en faveur du type tubulé sous sa forme la plus énergique de chaudières express (3) (Yarrow, Thornycroft, Normand), mais il n’en est pas encore de même pour les grands appareils des paquebots et des cuirassés, sur lesquels l’ancien type se maintient encore avec succès, principalement dans la marine marchande, de sorte que nous n’avons rien d’important à ajouter à ce sujet aux considérations développées dans notre précédente étude (4).
- (1) Bulletin de Mars 1895, p. 238.
- (2) Bulletin de Mars 1895, p. 238, 2G9.
- (3) Bulletin de Mars 1895, p. 251.
- (1) Bulletin de Mars 1895, p. 219. A consulter, sur les chaudières tubulées et leur emploi à la mer,les documents suivants : « Tubulous Boilers in tlie Frenclx Navy » par J. Robinson (Engineering, 1, 8, 15)
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- Je me bornerai donc cette fois à la description de quelques types nou-
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- Fig. 1. — Chaudière express Thornycroft.
- veaux encore peu connus chez nous, en renvoyant aux sources pour celles des types moins importants ou déjà décrits dans la presse française (1).
- Les chaudières de Thormjcroft sont, comme le savent nos lecteurs, caractérisées par 'emploi de tubes recourbés, qui donnent à l’ensemble de la chaudière une certaine élas-
- 29 novembre, 13 et 20 décembre 1893, p. 774). The Engineer, 7 février 1896, p. 162 et 194. Engineering, 3 mars, 6 et 27 septembre, 8, 22, 29 novembre, 27 décembre 1893, p. 308, 382, 396, 398, 643, 674, 807, •13 janvier, 7 février 1896, p. 162 et 194. Combinaison des différents types de [chaudières (Segunday) Engineering, 21 juin 1895, p. 792. Sécurité des chaudières tubulées (Walkenaer), Annales des Ponts et Chaussées, avril 1893, p. 422; et, sur la circulation dans les chaudières tubulées, outre les documents cités au?. Bidletins de mars 1893, p. 252, et de janvier 1896, p. 135,l’Engineering des 6 décembre 1895, p. 708 et 10 janvier 1896, p. 59.
- (1) Notamment les chaudières tubulées de Belleville (Engineering, 22, 28 juin, 10 juillet, 9 novembre 1895, p. 815, 823, 100, 571, 10 janvier 1896, p. 46. Revue Industrielle, 1 février 1896, p. 49). Durr (Engineering, 24 janvier 1896, p. 137). Elliott (id., 7 février 1896, p. 203). Lagosse (Revue technique 24 janvier 1896, p. 30). Montupet (Revue Industrielle, 22 juin 1895, p. 241). Munford (Engineering, 7 juin
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- ticité et, d’après M. Thornycroft, facilitent la circulation (l). Les figures 1 et 2 représentent l’une des derniers types de ce constructeur, spécialement étudié pour les petites embarcations. Le dôme de vapeur est relié au bouilleur par une rangée de gros tubes de retour d’eau 7, un faisceau de tubes recourbés 4a, débouchant dans le haut du dôme de vapeur, et enfin par une troisième rangée de tubes 9, dont le prolongement constitue, en 9 h, une grille à tubes d’eau à dilatations absolument libres et à circulation
- Fig. 2. — Chaudière express Thornycroft. Coupe transversale et détail de l’antiprimeur.
- très intense; la prise de vapeur se fait derrière la séparation antiprimeuse à chicanes la. Le tirage est activé par l’échappement 10. Le faisceau de tubes 4a divise l’ensemble de la chaudière en deux chambres dont l’une sert de foyer séparé de l’autre relativement froide de manière à assurer la circulation. Une chaudière de ce type, à surface de chauffe de 9^,30 et grille de 0m’,30, pèse 600 kilos avec son enve-
- 1895, p. 486), Niclause (thc Engineer, 28 juin, 19 juillet 1895, p. 559 et 91 et 40). Revue Industrielle, 31 août, p. 269). Normand (Engineering, 12 juillet 1895, p. 59. Revue Industrielle, 13 juillet 1895, p. 273). Purves (Engineering, 31 novembre 1895, p. 716). Rover (Portefeuille économique des machines, juin
- 1896, p. 82), puis les chaudières mixtes de Baird (Engineering, 23 août 1896, p. 257. Galloway (id. 12 juillet 1895, p. 65). Solignac (Revue technique, 10 juin 1895, p. 255. Revue Industrielle, 10 août 1895, p. 145. Industrie électrique, 25 juin 1895, p. 263).
- (1) Bulletin d’avril 1895, p. 252 et] page 597 du présent Bulletin.
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- loppe et sa cheminée; elle peut facilement alimenter de vapeur à llk,5 une machine de 60 chevaux; la mise en pression dure environ un quart d’heure.
- Un retrouve les tubes recourbés, peut-être avec excès, dans la chaudière de Reed (fig. 3 à 7) remarquable par l’assemblage de ces tubes TT'avec les tôles des bouilleurs A-A
- Fig. 3 à 7. — Chaudière express Read. Coupes orthogonales, détail de l’emmanchement et du
- plissement des tubes TT'.
- AA, bouilleurs; A', dôme de vapeur; B, déflecteurs des gaz du foyer F; C, cheminée; H, tubes de retour extérieurs; 8 et 10, portes du foyer et du cendrier. T T', tubes en acier galvanisés à l’extérieur; S, tôle sur laquelle les tubes 4 sont emmanchés par le serrage des écrous et des calottes filetées 3, 3.
- et du dôme de vapeur A;; cet assemblage se fait par le serrage de joints sphériques 3,3a (fig. 5) dans les cupules correspondantes des tôles au moyen d’écrous N. Les tubes ont ainsi, dans leurs tôles, un certain jeu qui en diminue la fatigue sans, paraît-il, nuire à leur étanchéité, ainsi que l’a démontré une pratique assez étendue, même avec un vent forcé sous une pression de 140 millimètres d’eau. Les trois portes B de Tome I. — 93e année. 5° série. — Avril 1896. 35
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- la chaudière sont commandées automatiquement et disposées de façon que les flammes ne puissent pas sortir du foyer à la suite de l’explosion d’un tube. Une chaudière de
- Fig. 8. — Chaudière Haythorn. Élévation. Coupes et plans. Détail du déflecteur et de l’emmanchement des tubes.
- Fig. 9 à 12. — Chaudière express Blechynden. Coupes orthogonales et détail de l'emmanchement des tubes.
- ce type capable d’alimenter une machine de 1 400 chevaux et de vaporiser jusqu’à 13"’ d’eau par heure, au taux de 12 kilos par kilo de charbon, pèse 13 330 kilos. Elles sont
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- appliquées avec succès sur un certain nombre de contre-torpilleurs de la marine anglaise.
- Les joints des tubes de la chaudière Haythorn se font, comme l’indique le détàil à droite de la figure 8, par le serrage d’une douille à filets différentiels, à pas extérieur plus gros que l’intérieur, de sorte que cet assemblage est des plus faciles. Ces tubes sont assemblés, en sections de deux rangées' de 34 chacune, dans des collecteurs : l’un horizontal, au bas de chaque section, et l’autre presque vertical, débouchant dans le dôme de vapeur par un raccord à deux ouvertures : l’une pour la descente de l’eau et l’autre pour la montée de la vapeur, qui pénètre dans le dôme par un séparateur circulaire. La circulation du gaz du foyer est dirigée par une voûte en briques réfractaires qui divise en deux parties chacune des sections.
- Le tableau ci-contre donne les résultats obtenus par MM. Barr et Wilkinson, aux tirages libre et au vent forcé, avec une chaudière de ce type de 40 mètres carrés de chauffe S et de 0m2,62 de grille G(S/G = 63), poids 4 230 kilos, dont 600 kilos d’eau, soit 106 kilos par mètre carré de chauffe.
- Tirage ue la cheminée en m/m d’eau................. 40
- Pression du vent forcé — --.................... » 63
- Température de l’air.................................... 13° 14"
- — de l’alimentation.......................... 12° 12°
- Charbon par m. q. de grille et par heure............... 72k 365k
- Vaporisation par kil. de charbon ramenée à 100° . . . l lk,l 8,9
- Charbon par m. q. de chauffe et par heure............. lk,12 5k,8
- Vaporisation — — 12k,o 4lk,5
- Pression de la vapeur.............,................ 10k,5 17k,5
- Température — .......................... 183° 207°
- — des gaz de la cheminée................ 237 425
- Dans ces deux cas extrêmes, la chaudière ne manifesta aucune fuite, et la vaporisation par kilogramme de charbon fut très active, même au vent forcé sous la pression élevée de 65 millimètres d’eau, correspondant à une consommation de 365 kilos de charbon par mètre carré de grille et par heure.
- On retrouve encore les tubes courbes sur la chaudière de Blechynden (fig. 9 à 12) mais avec une flèche très faible, juste suffisante pour leur faire supporter avec moins de fatigue les inégalités de leurs dilatations, suivant leur distance du feu, rachetées par leur courbure qui leur permet de fléchir. Les tubes de chacun des deux faisceaux convergent vers une génératrice du dôme de vapeur le long de laquelle on a monté des bouchons fermant des regards par lesquels on peut enlever et replacer les tubes : le remplacement d’un tube dure environ un quart d’heure. Les gaz du foyer, après avoir traversé le faisceau des tubes, passent dans deux chambres réservées sur les côtés de ces faisceaux, et à parois formées par des tubes de retour écartés à leur partie supérieure de manière à laisser les gaz gagner la cheminée; des portes ménagées dans l’enveloppe permettent d’enlever facilement la suie et la cendre qui se déposent dans ces chambres et la hauteur du foyer facilite la combustion qui est presque parfaite, même au vent forcé.
- Une chaudière de 228 mètres carrés de chauffe, pouvant fournir 1 200 chevaux et jusqu’à 8 400 kilos de vapeur, ou 36k,7 par mètre carré de chauffe et par heure, au taux de 9k,5 par kilogramme de charbon, pèse, y compris son enveloppe, sa grille et sa garniture en briques réfractaires, environ 12 700 kilos, soit 56k, 6 par mètre carré de
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- chauffe. Ces chaudières fonctionnent avec succès sur quelques contre-torpilleurs anglais, notamment sur le Starfish (1).
- Parmi les chaudières tubulées les plus employées dans la marine, principalement
- OOOOOOOOOO O
- -G O -d-
- —xr
- Fig. 13 à 21. — Chaudière marine Bàbcox Wilcox. Élévation, coupes orthogonales, détail du donn*
- de vapeur et de l'anti-primcur.
- aux États-Unis, il faut citer celles de Babcox Wilcox (V) dont les figures 13 à 21 représentent l’ensemble et les principaux détails d’un type récent (3).
- (1) The Engineer, 25 octobre 1895.
- (2) Bulletin d'avril_1894, p. 160.
- (3) Engineering, 10 janvier 1896.
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- 541
- Cette chaudière, de 93 mètres carrés de chauffe (S) et de 2m2,20 de grille (G) (rapport S/G = 41,7), a 3m,20 de hauteur sur 2m,45 de large et pèse en tout 13 200 kilos environ, dont 6 100 kilos pour la chaudière proprement dite, 1 900 kilos pour l’enveloppe, 1 000 pour le foyer, 2 250 pour les briques du foyer et 1 950 litres d’eau; elle a remplacé une chaudière à retour de flammes de 2m,90 de diamètre sur 2m,50 de long, de 69m2,7 de chauffe et 2m2,8 de grille (S/G = 25 au lieu de41,7) quipesait àvidel7 tonnes et en charge 20 tonnes. Pression 12k,7.
- Les tubes ont 45 millimètres de diamètre, à l’exception de ceux du bas, qui ont
- Fig. 22 et 23. — Chaudière Petersen et Mac Donald. Élévation, Coupe et détail d’un faisceau.
- 200 millimètres. Les quatre premières rangées du bas sont en acier Mannessman. Les tubes sont simplement sertis dans leurs caisses, sans emploi d’aucun tirant; on a, aux endroits indiqués en noir sur la figure 13, remplacé quelques tubes par des viroles permettant de nettoyer la chaudière avec une lance à vapeur. Le collecteur d’arrière est relié au dôme de vapeur par deux rangées de tubes sécheurs. Le dôme de vapeur, de lm,55 de long sur lm,05 de diamètre, reçoit l’eau d’alimentation par un tube de 40 millimètres, fendu comme l’indique la fig. 16, et monté sur les fonds bombés du dôme comme l’indique la figure 17. La prise de vapeur se fait au travers du séparateur d’eau représenté par la figure 20, et qui est formé de deux tubes concentriques, dont l’un, de 90 millimètres de diamètre, amène à la machine la vapeur qui lui parvient du dôme
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- par une double série d’ouvertures lamellaires de 3 millimètres de largeur; l’eau séparée dans cet appareil s’en évacue par deux trous de 13 millimètres, percés dans le gros tube de 150 millimètres. Un peu au-dessous du niveau de l’eau, se trouve un écumeur constitué par un plateau bombé suspendu à un tube ajouré. Quand on ouvre le haut de ce tube à l’atmosphère, l’huile et l’écume rassemblés sur le plateau s’évacuent avec un peu de vapeur et d’eau. L’enveloppe est formée de panneaux en deux cours de tôles séparées par une fourrure d’amiante et surmontées d’une troisième tôle très légère ménageant une circulation d’air.
- La chaudière de Petersen et Mac Donald présente (fig. 22) un curieux exemple du type à faisceaux rayonnants. Les tubes, de 3 millimètres de diamètre, y sont groupés, par faisceaux de neuf, dans des boîtes qui peuvent tourner de façon à exposer successivement au feu leurs différentes rangées de tubes, dont on prolonge ainsi la durée, et ce groupement permet en outre de diminuer le nombre des trous à percer dans la chaudière : de 3 168 à 246 dans le type figuré. Une chaudière de ce type et de 400 chevaux occupe un espace de 2m,75 x 2m,45 X 2m,75 de haut, et pèse 10 tonnes en charge, dont 2 500 kilos d’eau. 11 faut une demi-heure pour faire monter la pression à 10 kilos. Vaporisation 9k,30 par kilo de charbon (1).
- Je citerai encore la chaudière de Moges, représentée par la figure 24, qui commence à se répandre aux États-Unis, et dont l’ensemble rappelle celle de Stirling'(2). La circulation y suit le trajet indiqué par les flèches, dans des tubes de 100 millimètres de diamètre sur 5m,45 de long, inclinés à 45°, débouchant en haut dans des dômes de lm,20 de diamètre, au bas dans des caisses en acier coulé, à joints sans garnitures, et reliées par des tubes de 130 millimètres de diamètre. Chacun des dômes de vapeur a sa prise avec séparateur et l’alimentation se fait, par le troisième dôme, dans un petit bac de dépôts (3).
- La question du tirage artificiel ou mécanique est toujours actuelle (4), surtout dans la marine, et l’on continue à discuter non sur l’utilité de ce tirage parfois indispensable, imposé quels que soient ses inconvénients, mais sur la valeur comparative des tirages à vent forcé et par aspiration. Jusqu’à présent, le tirage à vent forcé l’emporte, exception faite des locomotives, par le nombre et l’importance de ses applications, mais son rival a, dans ces dernières années, fait de grands progrès, que nous croyons utile de signaler avec quelques détails.
- L’un des avantages revendiqués en'faveur du tirage par aspiration est sa propriété de mieux répartir uniformément les gaz sur les grandes surfaces tubulaires des chaudières marines, tandis que le tirage au vent forcé refoulé sous les grilles au travers du combustible a, au contraire, une tendance à produire, par suite, notamment de l’inégalité de la résistance offerte par les différents points de la grille à ce passage, des perturbations corrélatives dans le courant des gaz de la combustion, se manifestant, par exemple, parla production de sortes de flammes
- (1) The Engineer, II octobre 1395.
- (2) Bulletin d’avril 1894, p. 175.
- (3) Engineering News, 23 mars 1895.
- (4) Bulletin d’avril 1895, et Howden(Brevet anglais 3642 de 1895). Thorn (Engineers and] Shipbuilders in Scotland Proc., janvier 1890, p. 19).
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- de chalumeau très intenses en certains points de la grille et dangereuses pour la conservation de la chaudière. Il en résulte que le réglage et la conduite du tirage par aspiration seraient beaucoup plus faciles qu’avec le vent forcé dès
- SHEHERi
- Fig. 24. — Chaudière Moges.
- que l’on pousse activement les feux, par exemple, aux environs de 150 kilos par mètre carré de grille et par heure.
- M. W. Martin a exécuté à ce sujet, sur les croiseurs anglais Gossamer et Polyphemus quelques expériences d’un grand intérêt (1).
- Le Gossamer marchait primitivement au vent forcé, avec deux chambres de chauffe identiques renfermant chacune deux chaudières du type locomotive : on transforma l’une d’elles pour l’adapter au tirage par aspiration. Les essais comparatifs donnèrent les résultats résumés au tableau ci-dessous. D’après ces essais, qui concordent avec ceux du Polyphemus, exécutés sur des chaudières analogues et résumés au tableau n° 2, on ne put jamais atteindre, avec le vent forcé, les vaporisations obtenues avec l’aspiration sans occasionner des primages dangereux. L’une des raisons que M. Martin donne en faveur de cette supériorité de l’aspiration est que le vide créé dans les tubes
- (1) Institution of Naval Architects, mars 189;>.
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- par cette aspiration protège jusqu’à un certain point, comme l’indiquent les figures .25 et 26, leurs embouchures et les plaques tubulairesMu contact direct des flammes, tandis que l’inverse aurait lieu avec le vent forcé; en outre, les courants gazeux et, par suite, la chaleur sont distribués beaucoup plus uniformément dans toute l’étendue du faisceau tubulaire, condition évidemment favorable à l’augmentation de sa puissance. On gagne aussi du poids par l’emploi de l’aspiration : 19 tonnes de chaudronnerie, chambres à air, etc., supprimées, par exemple, sur un cuirassé de première classe, et enfin l’on
- Fig. 25 et 26. — Entrée des gaz dans les tubes par aspiration et par refoulement.
- dépenserait moins de charbon. Le Polyphemus, par exemple, aurait pu, à dépenses égales, marcher 112 heures avec l’aspiration au lieu de 96 heures au vent forcé, et ce, en développant 31 chevaux de plus. Avec le vent forcé, d’après M. Martin, l’économie diminue rapidement avec l’intensité delà combustion, qui atteint bientôt une limite infranchissable, bien inférieure à celle du tirage par aspiration, lequel présente en outre l’avantage d’une marche indépendante de la cheminée, considération importante principalement pour les navires de guerre.
- PUISSANCE
- ESSAIS DURÉE PUISSANCE indiquée CHARBON CHARBON
- du de par mètre carré par cheval par mètre carré
- « Gossamer ». l’essai. indiquée. de grille. indiqué. de grille.
- heures. en chevaux. kil. kil.
- Aspiration . . . 30 1 288 151 0,87 153
- Vent forcé . . . 96 710 83 1,05 102
- — — ... 48 773 91 0,85 88
- Aspiration . 48 826 95 0,76 85
- — ... 24 1 004 118 0,73 98
- Vent forcé . . . 6 » Essai interrompu par le primage.
- Surface de grille totale, 13m2,3, utilisée 7m2,34; 1728 tubes de 2m,17 sur 40m/m de diamètre, surface 53 8m2.
- ESSAIS
- du
- « Polyphemus ».
- Aspiration . . Vent forcé . .
- P ~
- <D
- <D
- TEMPÉRATURES
- d A
- •^3
- heures. 96 5k 17 21 485
- 96 5,4 10 10 372
- VAPORISATION
- par
- kil. de houille
- 91,64 111,3
- 8,03 9,3
- O
- «-H
- O '£>
- S
- VAPORISATION
- par mètre carré de grille et par heure
- O
- ©
- Ph
- ©
- O
- -CS
- 196k 1,900' 2,200*
- 230 1,860 2,145
- chevaux
- 426
- 395
- 258 tubes de 2ra,60, diamètre 48m/m ext. Surface de grille lm2,93. Puissance absorbée par la ventilation, 1,38 p. 100 de la puissance indiquée.
- Les expériences ont été exécutées avec la même chaudière.
- Le système de tirage mécanique par aspiration de M. Patterson est caractérisé par Femploi d’une injection d’eau dispersée du centre, par les ailes d’un
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- ventilateur, dans le courant d’aspiration, de manière à refroidir ce courant et le ventilateur, à en augmenter la durée et à en diminuer le volume et le prix, en même temps qu’à laver les gaz de leur fumée et des produits délétères entraînés, notamment de l’acide sulfureux. Ce système a été récemment essayé par M. Barr sur la chaudière du type locomotive représentée par les figures 2 à 32, et dont les principales dimensions sont données au tableau ci-contre.
- DIMENSIONS DE LA CHAUDIÈRE (fig. 27)
- 120 tubes de 50m/m de diamètre intérieur, épaisseur 3m/'m 1/2.
- 28 tubes tirants de 50m/m, épaisseur, 8m/m.
- Longueur des tubes..........................................
- Surfaces de chauffe, foyer..................................
- — — tubes à l’intérieur, t....................
- — — totale S.....................
- Grille de 990 X 965 m/m. Surface de grille G................
- S t
- Rapports : —- = 36; — = 30
- G G
- Cheminée. Hauteur au-dessus des laveurs (Receiver fig. 28) . .
- — — de la grille...................
- — Diamètre . . . . -.....................................
- Section c.........................................
- Rapport £- = 0,17 G
- Calorimètre ou section au passage des tubes c'...............
- Rapport —=0.23.
- G
- lm,28
- 5m2,67
- 28,70
- 34,37
- 9,60
- 6m,10
- 7m,62
- 460m/m
- 0m2,165
- 0m2,22
- Durée de l’essai en heures................
- Pression moyenne absolue..................
- Température de saturation correspondante.
- Humidité de la vapeur.....................
- Température de l’eau d’alimentation. . . . Tirage au ventilateur en millimètres d’eau.
- — à la boîte à fumée...................
- Analyse des gaz du foyer..................
- — acide carbonique..........
- — oxyde de carbone..........
- — hydrocarbures ............
- — oxygène ..................
- — azote ....................
- er essai. 6
- 8k,25
- 172»
- 4 °/o 15»
- 21
- 12
- 2e essai. 6
- 8k,05
- 170»
- h3 0/o 14» 40 21
- 6,2
- 13,2
- 80,6
- Gaz de la combustion secs par kil. de houille...........
- Air nécessaire par kil. de houille brûlé comme ci-dessus (a).
- — réellement employé A.................................
- A
- Rapport — =.........................................
- a
- Kilogrammes de houille brûlés par mètre carré de grille . .
- — par heure et — de chauffe. .
- Vaporisation par kil. de houille, réelle................
- — — — ramenée à 100°................
- — en partant d’eau à 100° par mètre carré de grille.
- — — — — de chauffe.
- Rendement de la chaudière...............................
- . En poids. En volume. En poids.
- 9,20 5,6 8,41
- » » ))
- )) » )>
- 14,30 13,30 15,07
- 76,50 80,6 76,52
- 100
- 29\5 30k,85
- 9,83 9,41
- 29,3 30,66
- 2,98 3,23
- 172,5 217,5
- 48 62
- 7’,01 6\26
- 8’,55 7\90
- 14751 17181
- 4P 481
- 59,2 o/Q 54,8 o/#
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- La chaudière, avec avant-foyer en briques réfractaires, avait son foyer proprement dit pourvu d’une plaque percée de trous de 25 millimètres et appuyée sur l’autel; l’air passant par ces trous achevait de brûler v dans la chambre de combustion les gaz du
- Fig. 27 à 32. — Chaudière locomotive avec tirage par aspiration Patterson.
- Ensemble de l’installation. Élévation, plan, vues par bout et de côté, détail de la chaudière.
- foyer. De la chaudière, les gaz arrivaient, par un long carneau, à l’aspiration du ventilateur, dont l’eau en précipitait les parties solides dans un réservoir au bas de la cheminée. La puissance calorifique totale du charbon employé équivalait à une vaporisation de 14k,42 d’eau prise à 100° par kilogramme de charbon. Les principaux résultats de l’essai sont indiqués au tableau, p. 545, avec une fumivorité presque
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- absolue. Les résidus recueillis dans le réservoir laveur renfermaient de 80 à 94 p. 100 de matières combustibles. On remarquera, dans cet essai, l’emploi d’un excès d’air considérable, que l’on aurait pu réduire par une meilleure disposition du foyer en augmentant le rendement assez faible de la chaudière. On dut renoncer à mesurer la température des gaz au sortir du ventilateur au moyen de thermomètres, l’eau en brisait le verre, et aurait d’ailleurs faussé les résultats. On évalua la température dans le haut de la boîte à fumée par la méthode colorimétrique, au moyen de tiges de cuivre plongées dans l’eau après un séjour donné dans la boîte à fumée.
- On trouva ainsi approximativement, pour ces températures : 505° au premier essai et 485° au second. Le ventilateur, grâce à son refroidissement par l’eau, a parfaitement résisté à la chaleur des gaz, et les essais ont démontré l’efficacité du système comme
- T~
- Fig. 32 et 33. — Installation du tirage par aspiration Patterson à bord d’un navire, fumivorité et comme intensificateur de la combustion, qu’il peut augmenter d’environ
- 60 p. 100.
- Les figures 32 et 33, qui représentent l’installation du système à bord d’un navire, montrent qu’elle n’exige que très peu de modifications aux chaudières au tirage naturel.
- Le tirage par aspiration mécanique commence à se répandre aussi aux Etats-Unis tant dans la marine que pour les installations à terre, surtout dans les villes où il permet de réduire considérablement la dépense et la perte de terrain, conséquences des grandes cheminées, en même temps que de mieux utiliser les réchauffeurs que les gaz n’ont plus besoin de quitter à la température élevée nécessaire pour assurer le tirage naturel.
- D’après M. Roney (1) le prix d’une installation au tirage par aspiration analogue au type classique représenté par la figure 34 ne dépasserait guère 80 p. 100 du prix d’une
- (1) American Society of Mechanical Engineers, Transactions, vol. XV, p. 1168.
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- chaudière équivalente au tirage naturel. Il a récemment installé une batterie de chaudières tubulées de 6 000 chevaux pouvant aller à 7 500, avec réchauffeurs et ventilateurs d’aspiration, dont la puissance est d’environ 37 chevaux, soit les cinq millièmes de la puissance normale des chaudières, de sorte que, avec du combustible à 15 francs la tonne, la dépense de charbon annuelle pour le tirage par aspiration représente environ 2 p. 100 du prix d’une cheminée équivalente.
- Parmi les installations américaines au tirage mécanique par aspiration, on peut
- Fig. 34.— Type d’installation de chaudière avec ventilateur aspirant les gaz au travers d’un économiseur disposé au-dessus de la chaudière. — Grille à chargement mécanique, pompe alimentaire et condenseur indépendant, Conover (1).
- citer, comme des plus importantes, celles de la Philadelphia Traction C° : l’une de 7 500 et l’autre de 6 000 chevaux. Les figures 35 et 36, empruntées au mémoire de M. Roney, représentent celle de 7 500 chevaux, avec 20 chaudières Babcox Wilcox de 375 chevaux. Les gaz de la combustion sont aspirés au travers des quatre économiseurs disposés au centre du bâtiment, au-dessus de chaudières, par quatre ventilateurs à marche lente, dont deux suffisent pour le service, ainsi constammentassuré. Les cheminées très basses sont en tôles d’acier garnies de briques réfractaires. L’eau d’alimentation traverse successivement des réchauffeurs à vapeur d’échappement puis les économiseurs. Les
- (1) G. Richard. — La mécanique générale à l’Exposition cle Chicago, p 547.
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- ventilateurs, qui ont en fait remplacé deux cheminées de 60 mètres de haut sur 3 mètres de diamètre, ne dépensent guère que 1/2 p. 100 de la puissance des chaudières.
- Fig. 35. — Batterie de chaudières de la Philadelphia Traction C°.Coupe transversale médiane.
- Fig. 36. — Batterie de chaudières de la Philadelphia Traction O. Plan.
- Coal Conveyor (transporteur de chai’bon),Smoke Fine (carneau), Fan (ventilateur), Stack (cheminée), Ash Bin (puits à cendres), Stoker Hopper (trémie de chargement de grille); comme on le voit en fig. 35, ce chargement se fait mécaniquement ainsi que l’évacuation des cendres.
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- Le tableau ci-contre donne,, d’après M. Roney, les résultats moyens de neuf installations de chaudières avec tirage d’aspiration et réchauffeurs économiseurs, dont l’économie de combustible atteint jusqu’à 17 p. 100.
- NUMÉRO des INSTALLATIONS. TEMPÉRATURES ACCROISSEMENT de TEMPÉRATURE ÉCONOMIE de COMBUSTIBLE p. 100.
- DES à l’entrée du ré chauffeur. GAZ à la sortie du réchauffeur. DE L à l’entrée du réehauffeur. ’E AU à la sortie du réchauffeur.
- degrés. degrés. degrés. degrés. degrés.
- 1 321 271 43 141 98 16,7
- 2 262 100 29 133 106 17,1
- 3 287 96 85 loi 66 11,7
- 4 272 160 68 149 81 13,8
- 5 262 160 88 149 61 10,7
- 6 240 121 82 146 64 11,2
- 7 254 143 79 138 59 11
- 8 257 88 68 160 92 15,5
- 9 282 124 54 156 102 16,8
- On a en outre grand avantage à régulariser automatiquement la marche du ventilateur, par exemple, comme l’a fait M. Roney à la distillerie de Peoria, en le commandant par une machine à vapeur indépendante, dont la valve d’admission est réglée par la pression des chaudières. On arrive ainsi à maintenir cette pression presque constante malgré les variations du débit des chaudières, — en fait, elle ne varie guère que de 0k,35 en trois mois au lieu des 2 à 3 kilos avant le réglage automatique.
- La question de la f umivorité (1) préoccupe vivement les grandes villes des Etats-Unis, aussi bien que les nôtres, pour les mêmes raisons de propreté et d’hygiène. On n’y est, pas plus que chez nous, arrivé à une solution définitive, mais on y a fait récemment de nombreux essais, dont quelques-uns ont réussi en partie et qui sont peu connus chez nous. Je vais passer en revue quelques-uns de ces appareils, choisis parmi les plus nouveaux et les plus importants.
- L’appareil de Reynolds, représenté par la figure 37, est du type à voûtes en briques réfractaires dont on fait en Angleterre un si fréquent usage sur les locomotives. On sait que ces voûtes rendent la combustion parfaite plus facile parce qu’elles élèvent la température du foyer tout en protégeant les tôles de la chaudière, et qu’elles brassent et mélangent intimement l’air et les gaz du foyer, de manière à permettre de marcher
- (1) Bulletin d’avril 1895, p. 259, Engineering News, 2 janvier 1896. Voir aussi les foyers de Espen (Engineering, 12 juillet 1895, p. 65) Langer. {Bulletin des Arts et Métiers, janvier 1896, p. 67.) Mugna {Chronique idustrielle, 14 juillet, p. 382. Patterson (Engineering, 20 décembre 1893, p. 782). Richardson (id., 7 février, p. 120). Taylor {id.) 27 décembre 1895, p. 820).
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- 551
- avec un excès d’air le plus réduit possible. Leur grande capacité calorifique fait qu’elles agissent comme une sorte de volant de chaleur atténuant les refroidissements occasionnés par les charges fraîches. Le foyer de Reynolds, placé à l’extérieur de la chaudière, est (fig. 37) entièrement en briques, et les gaz passent, en le quittant, dans une
- grande chambre de combustion terminée par une voûte en briques perforées qui achève de les brasser avec l’air avant leur sortie finale par les canaux et les tubes de la chaudière. L’air arrive au foyer déjà échauffé par son passage au travers de canaux étroits et longs ménagés dans les parois en briques qui diminuent en même temps les pertes par rayonnement d’ailleurs très faibles. Des essais exécutés en 1894, à Omaka,
- booooi [oooo poooq ooool )o oc/
- Fig. 39 et 40. — Foyer Hawley à tirage renverse.
- par les ingénieurs de la ville, ont constaté que l’on arrivait très facilement, par l’emploi du foyer Reynolds, à supprimer la fumée avec les houilles les plus fumeuses : il ne se produit pas de fumée au décrassage, mais parfois un petit nuage bleuâtre qui ne tarde pas à disparaître. Ces foyers sont actuellement appliqués par le service des eaux d’Omaka; leur entretien est des plus avantageux : rendement des chaudières 64 p. 100. C’est l’une des solutions les plus avantageuses proposées aux États-Unis.
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- Le foyer de Hawley, représenté par les figures 39 et 40, fonctionne au tirage renversé. Il comprend deux grilles : une grille à tubes d’eau inclinés et emmanchés à leurs extrémités dans des bouilleurs et une grille ordinaire presque horizontale, placée sous la première. Le charbon est placé sur la grille à eau; l’air le traverse de bas en
- Fig. 41. — Grille à chaîne Playford,
- haut, entraînant les gaz et les vapeurs volatiles sur la seconde grille, couverte de cendres ardentes, et dans la chambre de laquelle s’achève la combustion. D’après les essais exécutés en 1893 à Saint-Louis, par la Commission de fumivorité, le foyer
- Fig. 42. — Foyer do Y American Stoker C°.
- Hawley aurait témoigné d’une supériorité de 21 p. 100 — à chaudières identiques — sur les foyers ordinaires. Néanmoins, d’après M. Bryan, on ne saurait recommander son emploi si l’eau est trop impure en raison des dépôts qu’elle forme dans les tubes de la grille et si le tirage est trop faible ou la chaudière trop vivement poussée. Ce foyer est appliqué avec succès par les services publics de quelques grandes villes américaines, notamment à Saint-Louis et à Toronto.
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- M. Playford emploie (fig. 41) une grille mécanique continue du lype à chaîne. D’après M. Hess, ingénieur de la ville de Cleveland, cette grille aurait donné de très bons résultats : elle ne fume qu’aux décrassages, trois fois par jour, pendant 7 à 8 mi-
- Fig. 43. — Foyer Manhattam.
- nutes, mais on ne dit rien de son entretien, qui est, comme on le sait, la question capitale pour ce genre de grilles et pour toutes les grilles mécaniques en général.
- Fig. 44. — Foyer Dorrance.
- Dans le système de Y American Stocker C°, Dayton, représenté par la figure 42, le combustible frais, pris à une trémie par une vis de vitesse réglable à volonté, est
- Fig. 43. — Perfect Furnace.
- refroidi d’une manière continue derrière le combustible enflammé sur des grilles latérales. Les gaz rencontrent au haut de ces grilles de l’air amené par des tuyaux. Ce foyer est employé aussi par la ville de Cleveland et suggère évidemment la même objection que le précédent.
- Tome l. — 93e année. 5° série. — Avril 1896.
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- Le foyer Manhattani (fig. 43), dû à M. Higginson, ingénieur du Chicago Burlington Ry, a été employé avec succès à Chicago. La fumivorité y est facilitée par l’emploi de trous de brassage dans l’autel ou pont du foyer plus ou moins reculé, comme l’indique le tracé pointillé, suivant la fuligineusité de combustible. C’est une disposition qui a été essayée maintes fois en Europe sous les formes les plus variées.
- Le foyer Thomas, également employé à Chicago, est caractérisé (fig. 44) par sa grille
- Fig. 46. — Foyer Barclay.
- à air formée de barreaux creux que de l’air traverse pour aller ensuite se mélanger aux produits de la combustion à leur passage au-dessus de l’autel. Ce foyer est employé avec succès notamment aux Ajax Forge Works, à Chicago. C’est encore une solution ancienne fréquemment essayée en Europe.
- Il en est de même du Perfect Fuma ce (fig. 43), également employé aux Ajax Forge
- Fig. 47. — Foyer Dorrctnce.
- Works, et dont le principe consiste à activer le tirage et le brassage des gaz par une injection d’air et de vapeur en jets multiples disposés à l’avant du foyer.
- Le foyer Barclay, employé notamment à Omaka et à Chicago, comprend (fig. 46) un déflecteur en briques qui étrangle le passage des gaz au-dessus de l’autel et qui est pourvu d’un canal par lequel il y arrive de l’air chaud pour achever le brassage et la combustion de ces gaz. Aussitôt après la mise en feu, l’on repousse le coke formé par la distillation du charbon vers l’autel, de manière à y réduire à 73 millimètres de lar-
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- geur le passage des gaz, et l’on maintient cette couche de coke décrassée de temps en temps par le jette-feu.
- Le foyer Dorrance emploie à la fois (fig. 47) le principe de la voûte en briques A et celui de la grille mécanique à secousses, si fréquemment adoptée aux États-Unis (1). Le combustible et les mâchefers sont secoués et brisés (fig. 48) entre les mâchoires a et b des barreaux qui fonctionnent comme des cisailles. Ces foyers sont employés avec succès à Chicago. On peut citer notamment un essai de M. Hunt, où la vaporisation a
- b a
- b, a
- passé de 5kü,33 à 6kil,74 par kilogramme de houille à la suite du remplacement d’un foyer à jet de vapeur par un foyer Dorrance.
- On sait avec quelle persévérance et par quelle variété de moyens de nombreux inventeurs se sont depuis longtemps attaqués à l’importante question de l’utilisation du charbon en poudre, tant au point de vue de l’économie que de la fumivorité (2), mais en général sans succès, en raison de la difficulté de bien proportionner l’intensité du vent à la grosseur des grains de charbon, qui ne saurait être trop réduite sans s’exposer à des flammes trop intenses.
- (1) Bulletin d’avril 1894, p. 183.
- (2) Bulletin d’avril 1893, p. 259 et V. Deutscher Ingenieure, 26 novembre 1893, p. 1379. Voir aussi les loyers de Schmitz {Engineering, 10 mars 1893, p. 622). Unger {Journal of (lie Chemical Socielg, 31 octobre 1893, p. 837.)
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- Parmi les systèmesrécemment suscités en Allemagne par les concours de fumivorité, l’un des plus intéressants est celui deM. Wegener, qui se distingue par sa simplicité due, en grande partie, à ce qu’il opère son tirage par l’aspiration naturelle de la cheminée, sans aucun ventilateur. Le charbon, concassé en grains de 1/2 millimètre de côté au plus, est déversé, d’un sac, dans une trémie, sur un crible B (Gg. 52) à secousses rapides : 150 à 250 par minute, et dont l’intensité peut se varier de manière à en régler à volonté le débit. Ces secousses sont imprimées au crible par l’arbre vertical d’une turbine ou moulinet à air E, mise en mouvement par une partie de l’appel d’air de la cheminée. La poussière de charbon, qui tombe en nappe le long d’un cône de cet arbre,
- Fig. 52 et 53. — Foyer à poussière Wegener.
- est saisie par ce courant d’air, dont on règle l’intensité en soulevant plus ou moins le capuchon C, et peut être renforcé par un courant supplémentaire amené par les tuyaux F F. Le mélange d’air et de poussière de charbon ainsi flotté par son courant pénètre dans un avant-foyer de 3 mètres de long garni de briques réfractaires, sans grilles, sans portes, et pourvu de deux autels qui achèvent de brasser les gaz (1).
- Le tableau p. 557 donne les principaux résultats d’essais exécutés par M. Bryan Donkin avec une chaudière du type de Cornouailles de lm,70 de diamètre sur 8m,50 de long, foyer de 0m,80 de diamètre, 46m2,5 de chauffe et lm2,30 de grille : la vaporisation, qui était de 6k,12 par kilogramme de houille avec la grille ordinaire, passe à 9k,ll avec le charbon en poudre, résultat attribuablecn grande partie à ce que la grille
- (1) Engineering, 17 janvier 1890.
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- à barreaux de 20 millimètres d’épaisseur écartés de 7 millimètres, ne convenait pas au charbon maigre employé pendant l’essai, mais qui démontre néanmoins l’efficacité du système. Le broyage du charbon coûte environ 1 fr. 25 par tonne, et l’on évalue à 20 p. 100 au moins son économie avec les charbons maigres de mauvaise qualité (1).
- EXPÉRIENCES DE B. DONKIN
- Temps......................................,...........
- Durée de l’essai.......................................
- Pression moyenne à la chaudière........................
- •Charbon par mètre carré de grille et par heure........
- — par heure........................................
- Humidité du charbon....................................
- Vaporisation ramenée à 100° par kil. de charbon humide. .
- — — — — sec (a).. .
- Vaporisation équivalente à la puissance calorifique du kil
- de charbon sec (A)..................................
- Rendement ajb de la chaudière..........................
- Température des gaz à l’extrémité du foyer.............
- — — à l’entrée de la chaudière..............
- Tirage en millimètres d’eau à l’avant de la chaudière. . .
- — — à la base de la cheminée . . .
- Composition moyenne des gaz du foyer en volumes. . CO2
- - — — . . CO
- Vaporisation par mètre carré de chauffe et par heure. . .
- AVEC FOYER
- Ordinaire. Wegener.
- humide. sec.
- ' 7k.l 6k,66
- 5k,75 5k,80
- 79k,50 »
- 103k 96
- 9°/o É2 o/0
- 5k,90 9k.
- 6,48 9,11
- 12 11,8
- 54 o/0 "H °/o
- 400° 400°
- 225 213
- 107 très faible
- 15
- 8,73 o/0 15,35 o/0
- 8,13 3,14
- 0,88 0
- 10k,90 lok,40
- AVANTAGES
- du foyer Wegener.
- Augmentée de 52 °/0.
- 40 %.
- Augmentée de 42 °/0.
- Combustion meilleure Plus de CO2, moins de CO et d’O.
- Augmentée de 11 °;'0.
- (/I suivres,)
- (1) Documents récents à consulter sur les détails de construction des chaudières : Conduite des chaudières, Ice and Réfrigération, avril 1895, p. 249. Détendeur Muller et Roger, Bulletin des Arts et Métiers, septembre 1895, p. 791. Èmulseur Dubiau, Chronique industrielle, juin 1895, p. 331. Essais. Expériences de Donkin et Kennedy (Portefeuille économique des machines, juillet 1893. Engineering, 4 et 18 juillet, 1er et 8 août, 21 novembre 1890, 27 février, 15 mai, 2 octobre 1891, 22 juillet 1892, 3 juin 1893, 20 juillet, 24 décembre 1894, 20 septembre 1895. Éclairage électrique, 12 octobre 1895, p. 90). Épurateur d'eau d’alimentation Brun (the Engincer, 14 février 1896, p. 162). Howatson (Revue industrielle, 19 octobre 1895, p. 413). Explosions (Revue industrielle, 17 août, 14 septembre 1895, p. 328 et 364). Multiples de Redcar (the Engineer, 21 juin, 19-26 juillet, 2 août 1895, p. 525, 72, 80, 108. Engineering 12-26 juillet, 9-16 août, 7 décembre 1895, p. 51, 12, 199, 217. Revue Industrielle, 13 juillet 1895, p. 277). Glasgow (Engineering, 19 juillet 1895, p. 87). Wairnby (Engineering, 2 août 1895, p. 145). Foyers à briques réfractaires Docteur (Revue universelle des mines, juin 1895, p. 241. Revue industrielle, 31 août 1895, p. 345); à gadoues (Annales de la construction, décembre 1895, p. 186. Génie civil, 18 mai 1895, p. 38. Journal of the Chemical Society, 24 août 1895, p. 255. Revue industrielle, 17 août, p. 327). Inst, of Civil Engincers London, vol. CXX1II (1896, p. 369). W. P. Abel « OnMegassand Refuse Furnaces ». Baker (Engineering, 12 juillet 1895, p. 66). Hund et Lund (id., 30 août 1895, p. 285). Horsfall (Géniecivil, 26 octobre 1895, p. 415. Revue scientifique, 21 décembre 1895, p. 502). Javel-Usine municipale (Revue technique, 30 septembre 1895, p. 385). Warner (Engineering, 3 janvier 1895, p. 12). Willoughby (Journal of the Chemical Society, 31 août 1895, p. 767); à menus Eckley Coxe (American Machinist, 30 mai 1895, Revue technique, 10 juillet 1895. p. 308). Priestley (Engineering, 3 mai 1895, p. 594. Schwartzkopf (Inventions nouvelles, 20 avril 1895, p. 381); à pétrole. Essais sur la flotte allemande (Revue maritime et coloniale, novembre 1895, p. 370). Kernode (Engineering, 5 juillet 1895, p. 30). Lehman (Inventions nouvelles, 5 mai 1895, p. 403). Seigle (Revue industrielle, 12 octobre 1895, p. 401). Ondulés ( Verein Deutscher Inge-nieure, 20 juillet 1895, p. 830). Asklin (Engineering, 5 janvier 1896, p. 46). Blake [id., 5 juillet 1895, p. 30). Levis (id., 15 novembre 1895, p.614). Grilles à air Kudliez (Bulletin de la Société industrielle d’Amiens, septembre 1895, p. 357), à eau Graf (the Engineer, 7 décembre 1895, p. 553). Mécaniques Haywood (Engi-
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- MÉTALLURGIE
- sur la métallographie mtcroscopique, par M. H. Le Chatelier, membre du Conseil.
- La méthode d’attaque des surfaces métalliques polies en vue de leur étude microscopique qui a été employée par M. Gharpy lui a donné des résultats très intéressants dans le cas particulier des laitons; mais elle mérite, comme toutes les méthodes semblables employées jusqu’ici, le reproche de manquer de généralité. Excellente pour les alliages constitués, comme les laitons, par des mélanges isomorphes, elle est sans usage pour les alliages beaucoup plus nombreux dans lesquels les éléments constituants sont simplement juxtaposés. Elle est déjà en défaut dans le cas des alliages de cuivre et zinc renfermant un excès de ce dernier métal. Il ne semble pas impossible, cependant, de trouver des méthodes d’attaque également convenables pour tous les alliages; c’est du moins la conclusion à laquelle m’ont conduit quelques recherches faites dans cette direction, trop incomplètes cependant pour permettre encore de formuler une conclusion définitive.
- Avant d’aborder une semblable étude, il est indispensable de bien se rendre compte de la constitution des alliages. Tous leurs éléments sont cristallisée, comme c’est le cas des roches naturelles étudiées parla pétrographie. Mais la constitution des cristaux, dans l’un et l’autre cas, est absolument différente ; ils n’ont de commun que le caractère fondamental qui donne la définition de l’état cristallisé, c’est-à-dire Y identité de 'propriétés et dé orientation de la matière dans une certaine étendue de la masse solide; mais on ne retrouvepresque jamais, dans les métaux, deux caractères très frappants, quoique non nécessaires, des cristaux étudiés habituellement par la cristallographie : la limitation des cristaux par des surfaces géométriques relativement simples, celles des polyèdres symétriques convexes, et Y homogénéité de la matière à l’intérieur de ces enveloppes.
- Les cristaux les mieux formés que j’aie rencontrés jusqu’ici dans les alliages sont ceux d’une combinaison zinc-fer renfermant 9 ou 10 équivalents de zinc pour 1 de fer. On isole très facilement, des alliages à excès de zinc, des cristaux de cette combinaison à faces très brillantes qui, à première vue, ont l’apparence de prismes hexagonaux. Quand on veut les mesurer, on reconnaît que les cristaux ont en réalité la forme de petits tonneaux; leurs faces latérales, complètement courbes, présentent d’une extrémité à l’autre des inclinaisons dépassant 30°, ce
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- MÉTALLURGIE.
- AVRIL 1890.
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- qui rend toule mesure impossible, et ce sont là des cristaux exceptionnellement bien formés. Le plus souvent, les cristaux n’ont pas même l’apparence de formes géométriques, leurs surfaces terminales sont contournées dans tous les sens comme celles des cristaux de calcite dans les marbres ou de quartz dans les grès.
- En second lieu, les cristaux ne sont presque jamais homogènes ; ils sont formés d’éléments discontinus se rattachant seulement par places entre eux, tout en conservant, sur des étendues parfois très grandes, la même orientation. C’est ce que l’on appelle en pétrographie des cristallites; les cristaux de neige en forme d’étoiles sont des cristallites semblables, qui présentent seulement une régularité exceptionnelle dans les alliages. Ce mode de cristallisation a une importance considérable ; il nécessite l’enchevêtrement complet des cristaux des éléments différents des alliages, fait dont l’influence sur les propriétés mécaniques se conçoit sans peine.
- L’orientation identique des diverses parties d’un même cristal ainsi disjoint se reconnaît pour les cristallites suffisamment bien déterminés, pour ceux qui se sont solidifiés les premiers pendant le refroidissement, par le parallélisme de leurs diverses branches ; mais ce caractère est en défaut lorsque la plus grande partie de la masse est constituée par un même élément ou une même combinaison chimique; elle est également en défaut pour les éléments solidifiés les derniers, qui peuvent seulement remplir les vides laissés par les premiers cristaux formés en en épousant la forme.
- Mais il est un caractère particulier qui permet de reconnaître pour un grand nombre, sinon pour tous les éléments des alliages, leur orientation, et, par suite, la délimitation de leurs cristaux. Quand leur surface polie est attaquée par des réactifs suffisamment énergiques et convenablement choisis, elle ne reste pas polie, mais paraît se strier suivant des directions dépendant seulement de l’orientation des cristaux; en tout cas, ces surfaces attaquées s’éclairent uniformément sur certaines étendues quand elles sont éclairées par un faisceau lumineux placé dans un azimuth convenable, quelle que soit d’ailleurs l’inclinaison de ce faisceau sur la verticale. On sait que ce phénomène de diffraction se produit avec toutes les surfaces striées parallèlement; on l’observe très nettement sur la surface polie primitive si le frottement a été dirigé suivant un sens déterminé et si le polissage n’a pas été poussé trop loin. Des cristaux juxtaposés, orientés différemment mais éclairés ensemble par une même source de lumière oblique, ne s’éclaireront pas également et laisseront ainsi voir leurs contours. C’est ce phénomène qui se manifeste dans les photographies de M. Charpy relatives aux alliages à 30 p. 100 de zinc recuits, dans lesquelles les macles sont si nettes, les alliages à 45 p. 100 de zinc avec leurs grands contours polygonaux et quelques alliages fondus, pauvres en zinc, notamment l’alliage n° 9, dans lequel un cristal s’est trouvé si
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- MÉTALLOGRAPHIE MICROSCOPIQUE.
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- bien éclairé qu’il en paraît blanc. La raison de la production de ces stries ne peut être donnée à présent, et surtout on ne peut expliquer leur absence dans le cas d’une attaque trop lente. On peut rapprocher de ce fait le fait semblable qui se produit avec les cristaux de gypse. Une section polie soumise à des actions corrosives convenables laisse paraître des stries orientées suivant la trace des plans de clivage sur la section considérée du cristal.
- Ces généralités admises, on voit que le problème posé à la métallographie comprend deux parties distinctes :
- La mise en évidence des surfaces de séparation des éléments différents.
- La mise en évidence des surfaces de séparation des cristaux de même espèce.
- On conçoit sans peine que les procédés à mettre en œuvre dans les deux cas ne seront pas nécessairement les mêmes.
- 10 Distinction des éléments différents. — La méthode déjà connue qui, théori-
- quement, parait devoir être recommandée, et qui, pratiquement aussi, m’a donné les meilleurs résultats consiste à effectuer l’attaque par l’action d’un courant électrique au sein d’une solution conductrice sans action sur l’alliage. L’intensité et la durée d’action du courant doivent être très faibles pour limiter l’attaque aux éléments les plus altérables : par exemple, depuis 1/1000 d’ampère par centimètre carré d’alliage agissant pendant 10 minutes jusqu’à 1/100 d’ampère agissant pendant 1 minute. Dans ces conditions, l’élément le plus altérable est seul attaqué, et sa surface devient mate, tandis que le reste de l’alliage conserve tout son poli. L’examen doit se faire avec l’éclairage vertical qui détache en sombre sur un fond brillant les parties attaquées.
- Les dispositions expérimentales pour réaliser ces conditions d’attaque peuvent varier de bien des façons. J’ai employé deux éléments Leclanché donnant ensemble 3 volts en interposant dans le circuit des résistances convenables, par exemple des solutions saturées de sulfate de cuivre renfermées dans des tubes de 100 mil-lim. de longueur avec des sections de 10mm2 ou de 100um2, dont les résistances respectives sont de 3 000 et 300 ohms. Le métal à attaquer peut être placé dans une capsule de platine ou simplement un couvercle de creuset (fig. 1) du même métal qui sert de cathode, en laissant entre les deux un espace de quelques milli-
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- mètres seulement pour rendre négligeable la résistance du liquide vis-à-vis des résistances extérieures destinées à régler l’intensité du courant. On peut encore, si l’on veut suivre l’attaque au microscope pour l’arrêter au moment le plus favorable, placer (fig. 2) l’alliage dans une capsule de verre ou de porcelaine et l’entourer d’une lame de platine roulée en cylindre qui sert de cathode, au milieu de laquelle l’objectif du microscope peut être immergé dans le liquide.
- La dissolution conductrice employée peut être une solution concentrée d’un sel alcalin très soluble quelconque; j’ai employé de préférence l’azotate d’ammoniaque. On peut parfois, pour rendre plus visible le métal attaqué, ajouter à la dissolution des réactifs qui donnent avec ce métal des précipités foncés, par exemple le ferrocyanure de potassium dans le cas du cuivre, ou tout autre réactif semblable n’attaquant pas directement l’alliage.
- Les intensités très faibles de courant recommandées ici sont nécessaires pour les alliages dont les éléments ne présentent entre eux que des différences très faibles d’altérabilité, par exemple pour les bronzes ou alliages de cuivre et étain à excès de cuivre; elles ne sont plus nécessaires, mais peuvent encore être employées sans inconvénient dans le cas des alliages dont les divers éléments présentent de grandes différences d’altérabilité, par exemple pour les alliages de cuivre et étain à excès d’étain. Dans ce cas, l’étain seul se dissout, et la combinaison cuivre-étain reste inaltérée par des intensités de courant infiniment plus fortes que celles indiquées. Il ne semble pas, par contre, y avoir intérêt à descendre à des intensités de courant inférieures à 1/1000 d’ampère, parce qu’alors l’attaque peut ne pas porter simultanément sur tous les éléments similaires et se localise en certains points de l’alliage.
- 2° Distinction des cristaux cl'un même élément. — Il arrive parfois, surtout lorsque le refroidissement a été assez lent, que les différents cristaux d’un élément prépondérant dans l’alliage sont séparés par des enveloppes continues de nature différente, formées par un élément plus fusible qui s’est solidifié en dernier ou simplement par les impuretés présentes dans tous les métaux industriels. La méthode précédente suffit alors pour mettre en évidence les contours des cristaux; mais il arrive souvent aussi que ces enveloppes manquent, et cela d’autant plus que l’alliage est de meilleure qualité. On peut alors différencier les cristaux semblables en les attaquant énergiquement, comme cela a été dit plus haut, et les examinant avec l’éclairage oblique. Mais je n’ai pas réussi à trouver un procédé faisant avec certitude, dans tous les cas, apparaître ce striage; j’ai eu les meilleurs résultats avec des courants d’attaque voisins de 1 ampères par centimètre carré, que l’on obtient facilement au moyen d’accumulateurs groupés en tension en nombre convenable. La solution employée pour l’attaque a été, suivant les cas, l’azotate d’ammoniaque, le chlorure de sodium, l’hyposulfite de soude. C’est, cette dernière qui m’a donné les meilleurs résultats avec les bronzes
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- MÉTALLOGRAPHIE MFCROSCOPIQUE.
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- d’étain ; pour les laitons, au contraire, le choix de la solution semble indifférent, et la grande intensité de courant est moins nécessaire.
- Les trois croquis schématiques (fig. 3, 4 et S) ci-dessous se rapportent à un bronze d’étain à 10 p. 100 d’étain.
- Le premier donne le résultat de l’attaque avec le courant de 1/1000 d’ampère, et montre les cristallites de cuivre pur les premiers solidifiés.
- Fig. 3.
- Fig. 4.
- Fig. 5.
- Le 2e donne le résultat de l’attaque en solution concentrée d’hyposulfite avec un courant de 1 ampère et montre les différents cristaux de l’alliage cuivre-étain solidifiés en dernier.
- Le 3e donne la superposition des contours fictifs de cristaux des éléments précédents, qui sont complètement enchevêtrés entre eux : en traits pointillés, les cristallites de cuivre et, en traits pleins, les cristaux de l’alliage cuivre-étain.
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- TRAVAUX DE LA COMMISSION DES ALLIAGES
- DISCUSSION DU MÉMOIRE DE M. Charpy SUR LES ALLIAGES DE CUIVRE ET DE ZINC(l)
- Observations de M. Roberts Austen.
- M. le professeur Roberts Austen de Londres voit, dans le travail de M. Charpy, une démonstration concluante du grand intérêt que présente, autant pour la science que pour l’industrie, l’étude approfondie des propriétés des alliages même les mieux connus, et peu d’alliages sont aussi intéressants que ceux de cuivre et de zinc. M. Charpy n’a pas seulement étudié les alliages de cuivre et de zinc pur, mais aussi des alliages moins purs, contenant 2/10 p. 100 de plomb. Ce sont surtout les produits qui peuvent se trouver dans le commerce dont l’étude est particulièrement utile.
- Depuis un an environ, le professeur Austen a étudié les alliages cuivre-zinc avec son pyromètre enregistreur. Cette étude est encore loin d’être terminée. Les premiers résultats obtenus montrent cependant que les alliages renfermant moins de 30 p. 100 de zinc n’ont qu’un seul point de solidification, qui diffère peu de celui du cuivre. Par contre, les laitons renfermant plus de 30 p. 100 de zinc ont un second point de solidification peu supérieur à celui du zinc. L’existence de cette solidification finale à basse température doit être en relation avec la diminution d’allongement que M. Charpy a observée dans les mêmes alliages.
- A l’occasion du fait signalé par M. Charpy : que la présence d’impuretés fusibles abaisse la température à laquelle le métal est brûlé, il y a lieu de rappeler la diminution considérable de ténacité qu’éprouve aux températures élevées le cuivre lorsqu’il renferme des impuretés semblables (1).
- Le professeur Austen se réjouit de voir que M. Charpy a photographié la structure des sections des alliages essayés et ne s’est pas contenté de les dessiner, ce qui ne peut donner qu’une idée très incomplète de leur véritable nature. En Angleterre, de récents travaux, très intéressants en eux-mêmes, ont perdu beaucoup de leur valeur par le fait que les surfaces étudiées ont été dessinées et non pas photographiées. M. Osmond a montré combien les micro-photographies pouvaient être belles et instructives; l’usage de simples dessins, quelque soignés qu’ils soient, doit être proscrit d’une façon absolue.
- Observations de MM. Heycock et Neville.
- MM. Heycock et Neville, de Cambridge, n’ont encore étudié que les alliages de cuivre et de zinc renfermant au plus quelques centièmes de cuivre. La courbe de fusibilité de ces alliages riches en zinc présente une particularité intéressante. Les points de fusion, jusqu’à 1 p. 100 de cuivre (proportion comptée en nombres d’atomes p. 100) sont graphiquement représentés par une droite qui s’élève à partir du point de fusion du zinc pur; tandis que, pour les alliages renfermant de 3 à 7 p. 100 d’atomes de cuivre, on a une
- (1) Bulletin de février, 1896, p. 180.
- (2) Second Report of thc Alloys Research Commitlee Institution of Mechanical Engineers, Londres, 1893.
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- ALLIAGES DE CUIVRE ET DE ZINC.
- seconde droite presque horizontale correspondant à la température de 424°. Il y a quelque chose qui se solidifie à cette température, bien que d’autres matières solides aient déjà commencé à se former dans le mélange à une température plus élevée. Ce corps peut être du zinc pur ou un alliage. La question n’est pas encore tranchée.
- Il se pourrait que la structure spéciale signalée par M. Charpy pour l’alliage à 45 p. 100 de zinc se rattachât à la séparation du mélange liquide en deux parties non miscibles. M. Behrens a signalé la grande difficulté d’obtenir un alliage homogène au voisinage de la composition Cu Zn2. D’autre part, le Dr A. Wright a montré que deux alliages semblables, constitués chacun par une solution saturée d’un des métaux dans l’autre, ne se séparent pas facilement en deux couches distinctes. Si la densité des deux alliages est voisine, il se forme seulementune émulsion dont il est très difficile de reconnaître l’hétérogénéité. Ceci, bien entendu, n’exclut en aucune façon l’existence du composé Cu Zn2, qui est si nettement indiqué par la courbe de fusibilité de M. Charpy, et qui résulte également des expériences de Laurie sur les variations de force électro-motrice.
- Observations de M. André Le Chàtelier.
- Les résultats obtenus par M. Charpy dans ses expériences sur le recuit du cuivre rouge et des laitons l’ont conduit à des conclusions qui sont en grande partie analogues à celles que j’avais formulées à la suite des essais que j’ai exécutés en 1890(1) sur le recuit de cuivre rouge et des métaux simples. Mes recherches, entreprises surtout au point de vue théorique, ont été exécutées, comme l’indique M. Charpy, sur des fils de faible diamètre, procédé qui se prête particulièrement aux études de ce genre, en premier lieu parce qu’il permet de multiplier les expériences en les répétant sur un métal toujours identique à lui-même, en second lieu parce que, le fil) se mettant presque instantanément en équilibre de température, on peut mettre en évidence l’influence du temps, qui est beaucoup moins apparente quand on opère sur des barreaux d’assez fort diamètre.
- En vue de ces essais, j’avais cherché à obtenir les métaux sur lesquels j’opérais au plus haut degré d’écrouissage possible, par une série de passages à la filière sans aucun recuit, et j’avais été ainsi amené à constater le fait suivant, qui présente une assez grande importance : il existe, pour tous les métaux simples, purs ou contenant môme une certaine proportion d’impuretés ou matières étrangères 1 à 2 p. 100, une limite d’écrouissage qui est, en pratique, atteinte pour une déformation relativement faible et qu’il est impossible de dépasser, quelle que soit la déformation ultérieure que l’on impose au métal.
- Ce fait, dont j’indiquerai plus loin la cause, ressort nettement des chiffres ci-dessous de charges de rupture mesurées après chaque passage à la filière sur un fil de cuivre rouge qui, après avoir été recuit au rouge, a été étiré du diamètre de 1 millimètre à celui de 2 millimètres sans aucun recuit.
- Diamètre du fil..... lm/m 0,81 0,67 0,41 0,35 0.29 0,20
- Résistance à la rupture. 25k 37 43 48 50 51 51
- (1) Les lois du recuit et leurs conséquences au point de vue des propriétés mécaniques des métaux. Comptes rendus, 31 mars 1890. — Etude sur les propriétés mécaniques des métaux. Mémorial du Génie maritime, 1891. — Les propriétés mécaniques des métaux. Revue générale des Sciences, 16 août 1891.
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- MÉTALLURGIE.
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- En étirant un fil analogue du diamètre de 2mm,5 à celui de 0imn,2, j’ai obtenu la môme résistance limite de 51 kilogrammes.
- Le nickel, l’aluminium, l'argent et le cadmium m’ont donné des résultats analogues ; voici les chiffres obtenus :
- CHARGE DE RUPTURE.
- Après recuit complet. Après écrouissage complet.
- Nickel.......................... 55k 105k
- Aluminium.................................. 12 25
- Argent.......................... 18 53
- Cadmium......................... 2,5 5
- Pour tous ces métaux, une fois que la charge de rupture indiquée ci-dessus comme correspondant à l’écrouissage complet a été atteinte, un tréfilage plus prolongé n’a eu aucun effet sensible. J’indiquerai incidemment que, pour tous les métaux que j’ai étudiés, sauf pour l’argent, la charge de rupture ap?'ès écrouissage complet est le double de la charge de rupture après recuit complet.
- La valeur à laquelle est limité l’écrouissage d’un métal dépend essentiellement de son degré de pureté : j’ai en effet constaté que toutes les impuretés, de quelque nature qu’elles soient, avaient pour effet d'élever cette limite. Voici, à titre d’exemple, les charges de rupture obtenues après écrouissage complet sur divers échantillons de cuivre dont le degré de pureté a été caractérisé par la résistance électrique mesurée sur fil écroui et rapporté à la longueur de 1 mètre et au diamètre de 1 millimètre :
- Kosistanco électrique'. Champ do rupture.
- N° 1. Cuivre électrolytique....... 0,0250 43
- N° 2. Cuivre rosette pur.......... 0,0233 43
- N° 3. Cuivre rosette du commerce . . 0,0314 31
- N° 4. Cuivre siliceux (Lazarc-Veller). . 0,0350 00
- De môme alors que l’argent pur possède, à la limite d’écrouissage, une résistance de 33 kilogrammes, des échantillons d’argent contenant 1 p. 100 d’étain et 1 p. 100 de cuivre ont atteint respectivement des résistances de 35 kilogrammes et de 55 kilogrammes.
- Si l’on passe des métaux impurs aux véritables alliages, on observe que, pour les uns, l’écrouissage reste limité comme pour les métaux simples : c’est le cas du mail-lechorl et du laiton; ces métaux se tréfilent indéfiniment sans recuit, à condition que chaque passage à la filière ne produise qu’une faible réduction de diamètre; d’autres, au contraire, en particulier les bronzes d’étain, les bronzes et laitons d’aluminium, les alliages de cuivre et d’argent, etc., se comportent tout différemment : chaque passage à la filière augmente leur résistance et diminue leur malléabilité, et l’on arrive rapidement à un état où le métal est complètement fragile et ne peut plus se tréfiler; ainsi, pour des bronzes à 10 p. 100 d’étain, avant après recuit complet une résistance de 35 kilogrammes, la résistance croît régulièrement à chaque passage à la filière; mais je n’ai pu dépasser le chiffre de 125 kilogrammes, le métal étant devenu trop brisant et n’ayant plus aucune malléabilité. Il y a, à ce pointjde vue, des différences très intéressantes entre les diverses catégories d’alliages; mais mes études sur ce sujet sont restées incomplètes.
- Mes expériences sur le recuit ont été exécutées sur les échantillons de cuivre et d’argent dont il a été question ci-dessus. Elles m’avaient conduit aux conclusions suivantes:
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- 1° Le recuit n'est pas un phénomène instantané ; ses effets s’accentuent à mesure que sa durée augmente ; rapide au début, il devient de plus en plus lent, et la diminution d’écrouissage qu’il produit tend vers une limite déterminée à chaque température.
- 2° La limite vers laquelle tend l'écrouissage sous l'action du recuit est d'autant plus faible, et est en pratique atteinte d’autant plus rapidement, que la température de recuit est plus élevée.
- 3° A partir d'une certaine température, le recuit est pratiquement complet et une nouvelle élévation de température ne produit pas une nouvelle diminution de la charge de rupture, qui a alors atteint la valeur la plus faible dont le métal soit susceptible. A partir de cette température, il peut se produire ce que j’ai appelé la cristallisation par recuit, phénomène qui s’accentue avec la durée du recuit, et a pour effet d’abord de diminuer la striction, puis, s’il est assez prononcé pour la faire disparaître, de diminuer simultanément la charge de rupture et l’allongement. Le métal se rappoche alors de l’état qu’il avait après simple fusion.
- 4° Les impuretés ont toutes pour effet de retarder le recuit; le métal le plus pur est celui qui atteint le plus rapidement sa limite de recuit à une température donnée et pour lequel la température de recuit complet est la plus basse.
- 5° La cristallisation par recuit est causée par les impuretés existant dans le métal, et dont le point de fusion est inférieur à celui du métal, ou qui forment avec lui des composés jouissant des mêmes propriétés.
- Les trois premières lois énoncées ci-dessus sesont trouvées vérifiées par les expériences de M. Charpy, sauf en ce qui concerne l’influence du temps qui, en raison aes dimensions des barreaux employés, n’est pas ressortie nettement de ces expériences. Les courbes ci-dessus (fig. 1), relatives à un échantillon de cuivre, représentent une partie des essais qui m’ont servi à les établir.
- Pour le cuivre n° 2, la limite du recuit était atteinte à 300° au bout de 10', alors que le cuivre n° 3 avait encore une résistance de 39kil,3, qui tombait à 33 kilogrammes au bout de 60', et à 30 kilogrammes au bout de 4 heures ; enfin, à 330°, le cuivre n° 2 n avait plus, auboutde 2', qu’une résistance de23 kilogrammes,quiétaitcelle qui correspondait au recuit complet, alors, qu’à cette température, la limite du recuit était atteinte, par len°3au bout de 60', avec une résistance de 30 kilogrammes,encore supérieure de 5 kilogrammes à celle qui correspondait au recuit complet (23 kilogrammes au rouge cerise).
- Les divers échantillons d’argent m’ont donné (fig. 2) des résultats analogues.
- L’influence des impuretés sur la cristallisation présente un grand intérêt au point
- 3 a 350
- N \2
- 0’ 30' 4O'
- Duree du Recuit
- — Recuit du cuivre.
- Fig. 1.
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- de vue pratique; son mécanisme a été indiqué par MM. Osmond et Werth dans leur Théorie cellulaire de l’acier; elle est principalement produite,dans ce métal, par le carbone et le phosphore, qui forment avec le fer des composés fusibles à température assez basse, et elle constitue une des plus grandes difficultés de sa métallurgie. J’ai retrouvé les mômes faits sur un grand nombre de métaux; ainsi, le zinc impur cristallise à 150°, l’aluminium à 400°; l’argent à l p. 100 d’étain cristallise énergiquement au rouge, température qui n’altère en rien les propriétés de l’argent pur; il suffit d’un chauffage de quelques minutes à cette température pour faire tomber son allongement de 42 p. 100 à 3 p. 100 et sa résistance de 22kil,7 à 12 kilogrammes.
- Les impuretés qui ont un point de fusion plus élevé que celui du métal, en formant avec lui des composés ayant la même propriété, ont au contraire pour effet d’entraver la cristallisation. Ainsi, l’argent à 1 p. 100 de cuivre peut être chauffé sans
- altération presque jusqu’à son point de fusion ; c’est sans doute pour la même raison qu’une légère addition d’aluminium empêche la cristallisation des laitons.
- Recuit spontané. — Les expériences de traction sur le laiton recuit faites par M. Charpy l’avaient conduit à indiquer qu’il existait une zone de non recuit ; en réalité, cette zone est celle dans laquelie le recuit n’est pas assez prononcé pour amener une réduction de la charge de rupture ; mais, néanmoins, dans cette zone, ainsi que l’a constaté M. Charpy dans ses expériences par compression, le recuit restitue au métal une partie de sa malléabilité.
- Mes expériences m’avaient amené à conclure que, en réalité, un métal se recuit à toute température, même à celle à laquelle on l’écrouit; j’ai désigné ce phénomène sous le nom de recuit spon tané; il consiste en ce que si, après avoir écroui un métal par un procédé quelconque, on l’abandonne à lui-même à la même température, il se recuit peu à peu sous l’influence du temps, ce que l’on constate par une augmentation de la malléabilité et même par une réduction de la charge de rupture; j’ai ainsi observé que des fils de cuivre ou d’argent écrouis au maximum avaient, au bout de plusieurs heures, une résistance inférieure de 3 à 4 kilogrammes à celle qu’ils possédaient immédiatement après le passage à la filière.
- C’est ce phénomène qui explique la limitation de l'écrouissage et ce fait que les métaux simples sont indéfiniment déformables. L’écrouissage ne pourrait pas, en effet, rester limité si, à partir d’un certain moment, tout accroissement produit par une nouvelle déformation n’était pas détruit par un effet de recuit équivalent et de sens contraire. Le tréfilage met très nettement en évidence le recuit spontané; si on veut pour du cuivre, par exemple, produire à chaque passe une réduction de diamètre,
- ?£l/D à ? 'nn 2.
- à Joo °
- Recu/l à iSO 2
- Recuit a 6Gp -
- Duree- du recuit-Fig. 2. — Recuit de l'argent.
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- prononcée, le fil se brise au bout d’un petit nombre de passes, parce que l’écrouissage intense que l’on produit momentanément lui enlève toute déformabilité; si, à chaque passe, on ne produit qu’une faible réduction de diamètre, on a encore des ruptures si les passes sont faites à de courts intervalles; si, au contraire, on laisse le fil se reposer un certain temps, o' ou 10' entre chaque passe, on peut l’étirer indéfiniment. On pourrait, par des essais de compression, mettre ces faits en évidence d’une façon plus précise; ainsi, si on comprimait un cylindre de cuivre sous l’action d’une charge légèrement supérieure à l’écrouissage maximum, on le verrait s’écraser indéfiniment et lentement sous l’influence du recuit. J’indiquerai encore une autre conséquence directe du recuit spontané.
- Le recuit spontané joue un rôle considérable dans les propriétés mécaniques des métaux non seulement par suite de ce fait qu’il limite l’écrouissage et donne aux métaux une déformabilité indéfinie, mais aussi parce qu’il est la cause de l'influence du temps sur ces propriétés mécaniques, influence qui consiste en ce que :
- 1° La charge de rupture d’un métal à une température donnée est d’autant plus élevée que la vitesse de traction est plus grande.
- 2° La déformation que prend un métal sous l’action d’une charge ne se produit pas instantanément; elle continue à croître sous l’action du recuit spontané ; mais, conformément aux lois du recuit indiquées ci-dessus, elle va en croissant de moins en moins vite, en tendant vers une limite déterminée quand il s’agit d’une charge inférieure à celle dont l’action prolongée amène la rupture.
- Cette double influence du temps est très apparente pour tous les métaux à une température plus ou moins élevée; dès la température ordinaire, elle est très nette pour les métaux tels que le cuivre, l’argent, l’aluminium. Mais le métal qui en donne l’exemple le plus remarquable est le zinc; j’ai observé qu’un fil de zinc qui pouvait supporter pendant 2" ou 3" une charge de 20 kilogrammes par millimètre carré se brisait sous l’action d’une charge de 6 kilogrammes seulement au bout de 11", en s’allongeant progressivement sous l’influence du recuit spontané de façon à donner à la rupture un allongement de 173 p. 100.
- En raison de ses divers effets, le recuit est la principale base de l’étude des propriétés mécaniques des métaux; il donne, avec l’influence propre à la température, en raison de la diminution de résistance qu’elle produit en s’élevant, et avec les perturbations causées par l’existence de modifications allotropiques pour certains métaux, l’explication de tous les faits que l’on peut avoir occasion d’observer.
- observations de M. Charpy.
- 1° Les remarques sur la fusibilité des alliages de cuivre et de zinc de M. Roberts Austen et de MM. Heycock et Neville nous semblent se rattacher aux observations microscopiques. Les alliages de la première catégorie sont ceux pour lesquels le professeur Austen observe un point unique de solidification; ce sont les seuls qui présentent une structure entièrement cristalline et semblent formés par conséquent d’une substance uniforme. Les alliages de la deuxième catégorie, au contraire, sont formés de cristaux englobés dans un magma; ce sont ceux pour lesquels le professeur Austen observe un second point de solidification supérieur à celui du zinc.
- De même pour les alliages pauvres en cuivre, le second point de solidification observé Tome I. — 95e année. 5e série. — Avril 1896. 37
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- par MM. Heycoek et Neville correspondrait à la substance que la potasse dissout dans ces alliages, probablement du zinc presque pur.
- 2° Les résultats obtenus relativement à l’influence du recuit dans le cas particulier des alliages de cuivre et de zinc concordent en général avec ceux qu’a indiqués M. André Le Ghatelier dans le mémoire que nous avons cité à plusieurs reprises; cependant, l’analogie n’est pas aussi complète que semblerait l’indiquer la note précédente; les seuls résultats de nos essais qui aient un caractère de nouveauté sont : 1° l’existence d’une zone de température parfois très étendue dans laquelle toutes les propriétés du métal, aussi bien l’allongement, que la striction et la charge de rupture, restent pratiquement constantes; 2° la cristallisation par recuit à des températures relativement basses et indépendamment des impuretés du métal. Ces deux phénomènes, qui ne sont probablement pas indépendants, n’apparaissent nettement que pour le cuivre rouge et les alliages de la première catégorie.
- L’étendue de la zone de recuit complet n’est pas indiquée par M. André Le Ghatelier, dont les expériences ne comportent pas d’essais avec évaluation numérique de la température au-dessus de 450°. D’autre part, M. Le Chatelier apprécie la cristallisation du métal d’après l’aspect de la cassure, ce qui, ainsi que nous l’avons fait remarquer, conduit à des résultats tout différents de ceux que fournit l’examen microscopique. « Aussi, dit-il, la cristallisation est la cause de deux défauts particulièrement graves, la fragilité et la fissilité. »
- « On sait que les métaux cristallisés résistent particulièrement mal aux chocs. »
- Et enfin :
- « La cristallisation par recuit aura d’abord pour conséquence de diminuer la ténacité absolue et l’allongement de striction. Elle pourra prendre, dans certains cas, un développement suffisant pour que la striction disparaisse; elle amènera alors une diminution de la charge de rupture. »
- Ces résultats sont directement opposés à ceu* que nous avons déduits de l’examen microscopique des alliages de la première catégorie, pour lesquels le métal est d’autant plus malléable et ductile qu’il est mieux cristallisé, cette cristallisation n’étant d’ailleurs pas apparente sur la cassure. Ce que M. André Le Chatelier appelle cristallisation par recuit se produirait donc, pour les alliages de cuivre et de zinc, au moment où le métal se brûle, c’est-à dire au moment où l’examen microscopique montre que les cristaux commencent à s’altérer. Il est donc très important, en étudiant le rôle de la cristallisation, de bien séparer les métaux à cassure cristalline et les métaux à texture cristalline indiquée par le microscope, ces derniers pouvant, comme les laitons à 30 p. 100 de zinc, être très malléables, très ductiles, présenter une fragilité pratiquement nulle, tout en contenant des cristaux ayant parfois un millimètre de côté.
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- ARTS CHIMIQUES
- DOSAGE DES HUILES ESSENTIELLES DES ALCOOLS PAR LE SEL MARIN I PROCÉDÉ DE
- M. Koutcheroff, extrait par M. Kouindjy.
- note de M. Bardy, membre du conseil
- La méthode de M. Koutcheroff, qui n’est qu’une modification de la méthode Rose, consiste, en principe, à ramener à 60° l’alcool à essayer et à le mélanger avec 3,5 volumes d’eau saturée de chlorure de sodium.
- Le mélange, additionné d’une quantité déterminée et constante (A) d’alcool amylique (destiné à extraire les huiles) est agité dans un appareil spécial : on obtient, après repos et décantation, une couche huileuse qui surnage, et dont on mesure très exactement le volume (B).
- L’augmentation (B-A) de la couche amylique est fonction de la teneur, en huiles essentielles, de l’alcool essayé.
- La substitution de l’alcool amylique au chloroforme employé dans la méthode de Rose présente certains inconvénients:ce corps ne constitue pas, en effet, une espèce chimique unique et bien définie, puisqu’il existe, dans les produits de fermentation, plusieurs isomères qu’il est impossible de séparer les uns des autres d’une façon nette ; ce fait a d’ailleurs été signalé par l’auteur lui-même, qui a constaté de notables différences suivant la provenance des alcools amy-liques employés, comme aussi suivant la nature du sel mis en œuvre.
- Les courbes données dans le mémoire devraient donc être modifiées par chaque opérateur suivant la nature de l’alcool amylique qu’il emploiera.
- La composition des huiles essentielles est, comme on le sait, très variable; les alcools isobutylique, propylique, et même d’autres corps : éthers, aldéhydes, etc., prédominent parfois.
- M. Koutcheroff, après avoir considéré l’influence de ces corps comme négligeable, donne ensuite un tableau de leurs coefficients relatifs qui montre que leur présence modifie complètement les indications résumées dans les tableaux; son procédé ne donne des indications vraies que pour un alcool ne contenant que de l’alcool amylique, il n’est donc pas plus précis que celui de Rose. Il est susceptible, néanmoins, de rendre certains services dans des cas spéciaux, en ce sens qu’il permettra de comparer approximativement et rapidement des alcools renfermant une forte quantité d’alcool amylique.
- La méthode française critiquée par l’auteur n’a pas, d’ailleurs, été donnée
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- ARTS CHIMIQUES. ---- AVRIL 1896.
- comme constituant un procédé scientifiquement exact pour déterminer la proportion des divers alcools qui peuvent exister dans un alcool donné, mais bien comme un moyen de déterminer si les alcools répondent bien à des conditions spéciales nettement définies.
- Les « Zapisky » de la Société impériale technique russe donnent, dans leur numéro du mois de novembre 1895, une description détaillée de ce procédé. Nous donnons ci-dessous une brève analyse de cet intéressant travail.
- Parmi les propriétés des huiles essentielles et de l’alcool amylique en particulier, la plus importante, au point de vue de leur dosage, est leur insolubilité dans l’eau et dans la solution saturée de sel marin. Cette insolubilité est plus grande pour celles des huiles essentielles, qui occupent un rang inférieur de la série homologue. C’est cette propriété qui est utilisée actuellement dans beaucoup de pays pour doser les huiles essentielles dans les alcools ordinaires. Habituellement on mélange un volume donné d’alcool, dilué préalablement par une certaine quantité d’eau, avec un volume déterminé de la solution saturée de sel marin. Après avoir reposé le mélange, on voit les huiles essentielles d’alcool surnager. Mais cette quantité d’huile surnagée qu’on désigne le plus souvent par la lettre N ne présente point la totalité des huiles contenues dans l’échantillon alcoolique, soumis à l’analyse, car une certaine quantité de ces huiles reste toujours incorporée dans le résidu du mélange.
- Pour éliminer ce reste d’huiles de résidu du mélange, il existe actuellement deux procédés. L’un d’eux, autrefois employé en France, comprenait la série des manipulations suivantes. Une fois la présence des huiles dans l’alcool constatée par le permanganate de potasse (1 gramme pour un litre) (1), on mélange un volume de cet alcool avec 6 ou 7 volumes d’eau salée saturée, colorée préalablement par l’aniline. Deux phénomènes peuvent se produire : Il ne surnage aucune huile à la surface, ou bien une couche huileuse, teintée en violet, flotte à la surface du mélange. Dans le premier cas, on mélange 100 centimètres cubes d’alcool à essai avec 60-70 centimètres cubes de CS2 et 450 centimètres cubes de la solution saturée de sel marin. On ajoute en outre une quantité suffisante d’eau (50 centimètres cubes) pour dissoudre les derniers cristaux de sel marin déposés pendant la réaction. Après avoir agité le mélange fortement, on le laisse quelque temps au repos et on décante la couche inférieure, pour la séparer de la couche supérieure, qu’on reprend encore deux fois par le CS2. On réunit les extraits sulfo-carbonés ensemble et on les traite par SCD H2.
- Les solutions acides sont débarrassées des dernières traces de CS2 par un courant d’air à 60 degrés. On neutralise ensuite ces solutions par l’acétate de soude pour transformer les huiles essentielles en éthers.
- On y ajoute 100 centimètres cubes d’eau salée et on introduit le tout dans un entonnoir gradué en dixièmes de centimètre cube. Le nombre n des divisions occupées par ces éthers est multiplié par le coefficient 0,8, qui représente l’équivalence de l’acétate d’amyle en alcool amylique, de sorte que la formule N -+- n x 0,8 présente la quantité d’alcool amylique et butyrique, obtenus par le dosage. Pour doser l’alcool propylique, on filtre l’eau salée, contenant cet alcool, et on distille cette solution
- (1) Actuellement, la reconnaissance des huiles essentielles par le permanganate est supprimée dans les laboratoires français.
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- pour la débarrasser de CS2 jusqu’à ce que le distillât marque 50 p. 100 à 15° C. On remplit ensuite une burette avec ce distillât qu’on fait tomber goutte par goutte dans une éprouvette contenant 1 cc. de permanganate de potasse ( 1 gr. par litre ) pour 50 cc. d’eau, jusqu’à ce qu’on obtienne une teinte rouge cuivre. L’expérience montre qu’il faut 2,5 centimètres cubes d’alcool à 50 p. 100 contenant l p. 100 d’alcool isopropylique pour obtenir la couleur du titrage.
- Dans le cas où la couche huileuse est violette et surnage à la surface de la solution alcoolique, on mélange 100 centimètres cubes d’alcool avec 50 centimètres cubes d’eau salée et 50 centimètres cubes d’eau pure. On agite le mélange et on le laisse reposer pendant quelque temps dans l’entonnoir gradué ; on sépare les deux couches formées par décantation et on multiplie. On obtient ainsi le nombre N. Pour avoir le nombre n de la formule N + nX 0,8, on procède comme dans le cas précédent (1).
- Tel est le procédé de dosage des huiles essentielles jadis employé en France. Ce procédé manque de précision : d’une part parce qu’une certaine quantité d’huiles essentielles est perdue pendant les différentes manipulations du procédé; d’autre part, parce qu’une grande perte d’huiles essentielles se produit pendant les différentes métamorphoses chimiques qui ont lieu sous l’influence des divers réactifs. De plus, ce procédé s’applique difficilement dans les usines. Le second procédé de dosage des huiles essentielles par le sel marin appartient à M. Keltchevsky et s’emploie en ce moment en Russie. Ce procédé est basé sur la réaction suivante : Si on ajoute à un alcool du commerce riche en alcool amylique une quantité déterminée de solution saturée de sel marin, jusqu’à ce que le mélange marque 18 p. 100 d’alcool, on voit, après un court repos, l’alcool amylique surnager à la surface du mélange. Supposons deux échantillons alcooliques d’une même densité, dont l’un est de l’alcool pur et l’autre de l’alcool falsifié, contenant une certaine quantité d’alcool amylique. En ajoutant à ces deux échantillons une portion déterminée d’alcool amylique, on arrive à saturer les deux alcools. Si maintenant on mélange ces deux alcools séparément avec un volume déterminé de la solution concentrée de sel marin, on voit apparaître à la surface de l’alcool falsifié une couche huileuse d’alcool amylique, alors qu’il n’apparaît rien à la surface de l’alcool pur. On constate en outre que, plus l’alcool falsifié est riche en alcool amylique, moins il exige de ce dernier pour sa saturation, et, une fois mis en contact avec la solution salée, il laisse dégager plus facilement cet alcool à sa surface. Voici comment opère M. Keltchevsky pour doser les huiles essentielles dans l’alcool à l’essai : Il verse 20 centimètres cubes de cet alcool dans un verre à pied de 120 cc., et il ajoute, au moyen d’une pipette divisée en 1/100 cc., la quantité d’alcool amylique nécessaire pour saturer l’alcool à l’essai, indiquée par une table spéciale. En y versant ensuite la solution saturée de sel, on agite le tout pendant quelque temps ; après quoi, on laisse le mélange reposer pendant 30 minutes, afin que l’excès de sel marin se dépose au fond du verre. En même temps, à la surface du mélange, apparaît une couche d’huiles essentielles qu’on sépare du reste par la décantation. Ce reste est traité de nouveau par l’alcool amylique et le sel matin, en ajoutant le premier en quantité de moins en moins grande, jusqu’à ce que les deux portions d’huiles dégagées ne diffèrent l’une de l’autre que par \ f 10 cc. Pour que la surface de séparation paraisse le plus nettement possible, il est utile d’ajouter à la solution alcoolique quelques gouttes de fuchsine. On obtient dans ce cas, au-dessus de cette surface,
- (1) Manuel du droit de dénaturation, par C. Hugot.
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- l’alcool amylique coloré par la fuchsine, et, au-dessous, la solution alcoolique salée, claire et limpide. M. Keltchevsky a trouvé que 1/10 cc. d’huile correspond à 0,5 p. 100 d’alcool amylique, c’est-à-dire qu’il faut, pour saturer 20 cc. d’alcool à 50 p. 100, 0,7 cc. d’alcool amylique; pour 20 cc. d’alcool à 60 p. 100, il en faut 0,8 cc. ; pour 20 cc. d’alcool à 70 p. 100 il en faut 0,9 cc. ; pour 20 cc. d’alcool à 80°, 10, cc. et pour 20 cc. d’alcool à 90 p. 100 — 1,1 cc. d’alcool amylique. Les volumes de la solution salée nécessaires pour éliminer les huiles essentielles de ces différents échantillons, sont les suivants : 2,0 v. pour le premier; 2,5 v. pour le second; 3,0 v. pour le troisième; 3,5 v. pour le quatrième et enfin 4,0 pour le dernier.
- Ce procédé, supérieur à celui qui est cité dans le livre de M. Ilugot et employé en France, laisse cependant beaucoup à désirer. Les résultats, d’après M. Keltchevsky, peuvent varier avec une précision de 0,25 p. 100. Ordinairement, les erreurs atteignent, comme nous l’avons déjà fait remarquer, jusqu’à 1 p. 100, ce qui n’est pas en faveur de ce procédé. En outre, avec ce procédé, il est difficile de saisir exactement le point de la saturation du mélange. Les autres inconvénients de ce procédé sont : la fréquence des repos, dont chacun exige au moins 30 minutes; l’emploi des vases cylindriques, dont les parois retiennent toujours une quantité plus ou moins grande d’huiles, et enfin le dépôt cristallin formé par l’excès de la solution saturée du sel marin entraîne inévitablement une certaine quantité d’huiles, ce qui cause de multiples erreurs.
- Ainsi, l’application du sel marin dans le dosage des huiles essentielles forme la base de deux procédés cités. Le procédé de M. Keltchevsky diffère de celui cité par M. Hugot par l’emploi d’alcool amylique comme dissolvant des huiles dosées.
- Ces deux réactifs, c’est-à-dire la solution saturée de sel marin et l’alcool amylique, constituent également les deux principaux réactifs, sinon les seuls, dans le procédé de M. Koutcheroff, que nous analysons à présent. M. Koutcheroff a réussi à obtenir par de nombreuses expériences des données, qui permettent d’employer les réactifs en proportion exacte et sans dépenser beaucoup de temps. De plus, le chimiste russe a rendu son procédé facilement applicable à l’industrie, à l’usine même, en lui donnant la forme la plus simple et la plus commode. Disons tout de suite, qu’en principe, le procédé de M. Koutcheroff ressemble à celui de M. Rosé, dans lequel l’extraction des huiles essentielles se fait par le chloroforme. L’emploi de ce dernier réactif semble défavorable dans ce procédé. En effet, on sait que plus le réactif se rapproche de la substance dosée et dissoute dans la solution (dans le cas présent c’est l’alcool amylique), plus son action est efficace et plus les résultats de l'analyse se rapprochent de la vérité. Or l’alcool du commerce, l’alcool ordinaire, contient principalement de l’alcool amylique. Il est évident que l’alcool amylique introduit comme réactif dans le dosage des huiles essentielles se combine facilement avec celui qui se trouve déjà en solution dans l’alcool à essai et permet ainsi aux huiles essentielles de se séparer en plus grande quantité. Il est prouvé, en outre, que les éléments non homologues à l’alcool amylique s’y dissolvent très peu et influent peu sur les résultats du dosage ; autrement dit, l’alcool amylique s’empare exclusivement de l’alcool amylique et de ses homologues renfermés dans les alcools ordinaires.
- Mais, avant de préciser l’action de l’alcool amylique comme réactif du dosage des huiles essentielles des alcools, il aurait fallu savoir dans quelles conditions agit la solution saturée de sel marin et en présence de quelles proportions se produit l’élimination de ces huiles parle Na Cl. Le NaCl ne se dissout pas dans l’alcool pur. On a
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- constaté que, plus l'alcool est fort, plus le dépôt cristallin est abondant. Quand l’alcool est à 70 p. 100, un volume de cet alcool mélangé avec trois, quatre ou cinq volumes de la solution saturée de sel marin donnera toujours un dépôt abondant du sel cristallisé. Un dépôt moindre se produit quand on mélange un volume d’alcool à 65 p.100 avec 3, 4 ou 5 volumes de la solution salée. Dans ce cas, le dépôt se produit plus lentement que dans le cas précédent. Si on prend un volume d’alcool à 60 p. 100 avec trois volumes delà solution saturée de sel, on n’obtient pas de précipité. Le même alcool avec 4 ou 5 volumes de la solution salée formera très lentement un dépôt peu significatif. D’où il résulte que l’alcool à 60 p. 100 doit être considéré comme celui qui convient mieux pour le dosage des huiles essentielles, puisqu’il ne forme pas de précipité avec une certaine quantité de la solution salée. Nous verrons ultérieurement que cette quantité est égale à 3, 5 volumes et que le rapport entre l’alcool et la solution saturée doit être de 1 : 3, 5. Par une série d’expériences, l’auteur est arrivé à conclure que ce rapport répond au maximum des huiles séparées dans l’analyse par l’alcool amylique et le sel marin.
- Pour définir ce rapport, ainsi que le temps de repos et d’agitation et la température du milieu ambiant, l’auteur s’était servi de l’appareil suivant (fîg. l).Le réservoir A, grâce à sa forme conique, permet à l’huile accumulée sur ses parois de couler au fond du réservoir lorsqu’elle monte dans le tube gradué a, destiné à mesurer la quantité d’huiles essentielles dosées. Suivant le besoin, on peut changer la grandeur du réservoir et du tube a. Dans le cas de petites mensurations, le tube a est un tube thermométrique, marquant des millièmes de centimètres cubes. En cas contraire, ce tube est un tube barométrique, portant des divisions de 0,01 cc. De son côté, la capacité du réservoir varie suivant la quantité d’huile à doser : elle est 150 cc. dans le cas de petites mensurations et peut être deux ou trois fois plus grande dans le cas d’analyses plus importantes. L’alcool à l’essai s’introduit dans le réservoir par sa base, qui est réunie avec le cylindre B au moyen d’un caoutchouc GG. Le bout de tube b' facilite la séparation brusque du cylindre d’avec le réservoir. Voici comment on se sert de ce dernier : On introduit au moyen d’une pipette dans le réservoir A, par son orifice a', une certaine quantité d’alcool à 60 p. 100, renfermant une quantité déterminée d’huiles essentielles et principalement d’alcool amylique. On ferme l’orifice a' par un bout de caoutchouc, muni d’une pince Mohr. Pour mieux introduire l’alcool dans le réservoir, on incline légèrement ce dernier, et, une fois la solution introduite, on redresse immédiatement l’appareil en le mettant de suite en communication avec le réservoir B. Celui-ci est rempli d’une solution saturée de sel marin. Après avoir introduit la quantité nécessaire de cette solution dans le rapport de 1 : 3 ou 5, on agite quelque temps le contenu du réservoir, ôn le laisse reposer et, aussitôt qu’on voit la couche huileuse surnager, on ouvre de nouveau les pinces et on chasse ainsi la couche d’huiles dans le tube gradué a. Voici du reste quelques résultats d’expériences entreprises par l’auteur pour établir le rapport entre l’alcool à essayer et la solution salée. Un litre d’alcool ordi-
- Fig. 1.
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- naire, soumis à l’analyse, contenait 28 ce. ou 2,8 p. 100 d’alcool amylique. La préparation amylique de densité 0,815, présentait un point d’ébullition de 131°à 132°. Les divisions de tube a répondaient à 0,005 ce., c’est-à-dire que l’appareil employé était de petites dimensions. On chassait l’huile dégagée dans le tube thermométrique au moyen de mercure qui remplaçait la solution salée dans le cylindre B après le mélange des réactifs. L’agitation du mélange durait 5 minutes, le repos 40 minutes. La température du milieu ambiant, était de 17° à 18°. On introduisait dans l’appareil seulement 20 cc. de l’alcool à essayer.
- Rapport volumétrique entre l’alcool
- 1Ç , . 1:2 1:3 1 : 3,o 1:4 1 : a 1 : b 1:7 1:8
- et la solution saturee de NaCl. . . )
- Nombre des divisions ou centimètres j
- cubes occupés en moyenne par la > 0 8,7 11,8 9,0 6,9 4,0 2,0 1,05
- couche huileuse. )
- D’après ces chiffres, on voit que si le volume de la solution saturée de sel augmente, la quantité des huiles essentielles dégagées dans la réaction diminue de plus en plus; arrivé au rapport de l : 12, on en trouve à peine trace. D’où il résulte que le maximum de dégagement correspond au rapport de 1 : 3,5. C'est ce rapport qui fut accepté par l’auteur comme constant dans tous ses essais ultérieurs, et c’est ce rapport qui doit être sous-entendu chaque fois que nous parlerons du mélange de la solution alcoolique avec la solution saturée de sel marin. Ainsi, si l’on introduit dans l’appareil 50 cc. d’alcool à essai, il faut y introduire 175 cc. de la solution salée; pour 20 cc. d’alcool, il faut 70 cc. de la solution salée, etc. En continuant ses expériences, M. Koutcheroff est arrivé aux conclusions suivantes : pour que les huiles essentielles se dégagent complètement de la solution, il faut agiter l’appareil de grande dimension (pour 50 cc. d’alcool) pendant trois minutes et le laisser reposer pendant quarante-cinq minutes au moins. Pour l’appareil de petite dimension, il faut deux minutes d’agitation et vingt minutes de repos.
- Avec ces données, nous pouvons maintenant résoudre le problème suivant, à savoir : combien faut-il qu’un alcool contienne d’huiles ou d’alcool amylique pour que ces huiles commencent à se dégager lorsqu’on mélange un volume d’alcool avec 3,5 volumes de la solution saturée de sel? L’auteur procède ainsi : dans un verre à pied de 50 cc. il introduit, au moyen d’une burette graduée en 0,01 cc., une quantité déterminée d'alcool amylique; il remplit le reste du verre d’alcool pur à 60 p. 100. En agitant soigneusement le flacon, il obtient un mélange alcoolique avec tant pour cent d’alcool amylique. Il introduit 20 cc. de ce mélange alcoolique dans son appareil muni tantôt d’un tube thermométrique marquant des divisions égaies à 0,005 cc., tantôt d’un tube barométrique à divisions de 0,01 cc. La température du milieu ambiant est de 19° à 20° C. Après toute une série d’expériences l’auteur a trouvé que les huiles essentielles commencent à se séparer du mélange, quand ce dernier contient 2 p. 100 d’alcool amylique. La courbe A (fig. 2) représente la loi de l’extraction des huiles essentielles dans les proportions où elles se trouvent dans les alcools ordinaires. Les ordonnées indiquent les volumes d’huiles dégagées et les abscisses l’alcool amylique en p. 100 dans l’alcool à essai : 1,76 p. 100 d’alcool amylique correspond à la limite de la saturation du mélange; à partir de ce moment, les huiles commencent à se séparer du mélange quand il est fait en rapport volumétrique de 1 : 3,5. Il faut noter un fait très important: c’est que la quantité des huiles dégagées
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- n’est nullement en rapport direct avec l’alcool amylique du mélange. Quand ce mélange en contient 1,76 p. 100, les huiles ne se séparent pas du tout. Elles occupent 0,006 cc. quand l’alcool amylique est à 2 p. 100. La quantité d’huiles dégagée augmente plus vite que la proportion d’alcool amylique; ainsi, avec 8 p. 100 d’alcool amylique, le volume des huiles essentielles est déjà de 2,300 cc., c’est-à-dire 383 fois plus grand que-la quantité d’huile dégagée lorsque la proportion d’alcool amylique renfermée dans la solution alcoolique est de 2 p. 100. Lorsque la proportion d’alcool amylique augmente, on voit le volume des huiles essentielles dépasser le nombre de centimètres cubes d’alcool amylique ajouté pour faire 20 cc. de mélange, de sorte que, quand l’alcool contient 6 p. 100 d’alcool amylique ajouté, les 20 cc. de cette solution n’en contiennent que 1,200 cc.
- Les huiles essentielles dégagées occupent l,370cc. Si l’alcool amylique est de 8 p. 100, les 20 cc. de cet alcool dégagent 2,300 cc. d’huiles. Ceci indique que pendant la réaction une certaine quantité d’huiles essentielles dissoutes dans l’alcool à essai est entraînée par l’alcool amylique ajouté et augmente ainsi le volume de ce dernier.
- La limite de séparation des huiles essentielles est variable. En expérimentant avec des alcools amyliquesde différentes provenances, l’auteur a trouvé qu’il y a des alcools amyliques qui produisent la séparation des huiles même à partir de 1,24 p. 100 gi (0,0025 cc). En examinant la courbe (fig. 2), on voit, qu’à partir de 2,86 p. 100, elle prend une direction ascensionnelle et manifestement droite; les ordonnées augmentent vite et proportionnellement aux abscisses.
- Cette propriété de la courbe permet de déterminer la proportion de l’alcool amylique ou des huiles essentielles à 0,1 p. 100 près.
- Soit K le point de la courbe où elle commence à se rapprocher de la droite. Le volume d’alcool amylique correspondant serait de 0ce,8. On ajoute à cette quantité d’alcool amylique une quantité d’esprit de-vin pur à 60 p. 100 telle que le mélange alcoolique ait un volume de 20 cc. On agite ce dernier avec 70 cc. de la solution saturée de sel marin selon le rapport de 1 : 3,5; en laissant reposer le tout pendant vingt minutes, on obtient à la surface de la solution une couche d’huiles essentielles dont le volume x s’évalue, d’après les deux triangles semblables ade et abc
- Fiff. 2.
- (fig. 2) par la formule X
- b c
- ad x ~r- Si ce volume x tombe entre les deux ordonnées de
- fg
- XI et XII, les triangles semblables ehi et efg donnent ef ~ eh X et x = ad
- ef.
- Lorsque la proportion d’alcool amylique dépasse 4 p. 100, ce qui a eu lieu dans le cas
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- précédent, à chaque 0,1 p. 100 de cet alcool, correspond 0,04 cc. d’huile séparée; les résultats sont obtenus avec une précision de plus de 0,1 p. 100.
- Valeurs numériques des abscisses et des ordonnées de la courbes. Fig. 2.
- ABSCISSES ORDONNÉES
- NUMÉRO DES ABSCISSES PROPORTION d’aPCOOI, amylique dans 20 cc. de la solution alcoolique. PROPORTION d'ALCOOP AMYLIQPK dans 20 c.c., moins 0,352 c.c., ou 1,76 p, 100 coefficient de saturation du mélange alcoolique salé.) VOLUMES des huiles essentielles. en c.c.
- en cent, cubes. en tant p. 100 en cent, cubes. en tant p. 100
- [ 0,352 1,76 0 0 0
- II 0,400 2,00 0,048 0,24 0,006
- III 0,424 2,12 0,072 0,36 0,010
- IV 0,448 2,21 0,096 CC Vf O 0,014
- V 0,468 2,34 0,116 0,58 0,018
- VI 0,492 2,46 0,140 0,70 0,029
- VII 0,516 2,58 0,164 0,82 0,038
- VIII 0,572 2,86 0,220 1,10 0,070
- IX 0,632 3,16 0,280 1,40 0,163
- X 0,800 4,00 0,448 2,24 0,496
- XI 1,200 6,00 0,848 4,24 1,370
- XII 1,400 7,00 CO O 5,24 1,830
- XIII 1,600 8,00 1,248 6,24 2,300
- Jusqu’ici, la teneur des huiles essentielles fut toujours évaluée relativement au volume de mélange alcoolique, c’est-à-dire par rapport à 20 cc. de la solution alcoolique à 60 p. 100. Pour plus de précision dans la détermination des quantités d’huiles essentielles, l'auteur définit leur valeur par rapport à l’alcool absolu. Il prend deux alcools, dont l’un est l’alcool éthylique à 96,7 p. 100 et l’autre l’alcool amylique, d’une densité de 0,815 et d’un point d’ébullitiun de 131°,5 à 132°. Il se propose maintenant d’obtenir, de ces deux alcools, un mélange dont la densité soit égale à 0,9134 à 15°,5 (densité d’esprit-de-vin pur à 60 p. 100) et dans lequel le rapport de l’alcool amylique à l’alcool absolu est de 1 : 99. Supposons qu’on soit obligé de prendre pour cela 4,6926 gr. d’alcool amylique. Le volume correspondant X d’alcool absolu est donnée par la formule : 4,6926 : X = 1 : 99, d’où X = 4,6926 x 99 = 464,5674 gr. Cette quantité d’alcool absolu rentre dans la composition de y grammes de la solution alcoolique à 60 p. 100, donnée par l’équation 52,2 : 100 = 464,5674 : y (52,2 gr. étant le p. 100 en poids correspondant à 60 p. 100 en volume) d’où y =889,98 gr. Donc, en mélangeant 4,6926 gr. d’alcool amylique avec 889,98 gr. d’esprit-de-vin pur à 60 p. 100, on obtient un mélange répondant au dosage de 1 : 99. La densité de ce liquide est moins grande que celle d’esprit-de-vin à 60 p. 100; pour l’atteindre, on est obligé d’y ajouter 5,7 cc. d’eau.
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- Pour obtenir le mélange alcoolique le plus vite possible, on peut négliger de petites fractions d’alcool amylique qui accompagnent les unités, car, en mélangeant cet alcool avec la proportion correspondante d’esprit-de-vin à 60 p. 100, on mesure ce dernier à quelques gouttes près. Dans les expériences de M. Koutcheroff, l’alcool amylique se pesait dans des ampoules de verre mince qui, étant plongées dans l’alcool pur et pesées d’avance, furent brisées par de légères secousses. Pour éviter les différences dans les proportions des réactifs, l’auteur préparait d’avance 500 cc. à 1 000 cc. de mélange alcoolique. Les essais étaient faits dans les grands appareils (pour 50 cc.); quant à la teneur en alcool amylique, elle ne dépassait pas 13 p. 100. Si cette proportion dépassait ce chiffre, on expérimentait l’alcool par fraction de 40 cc.-30 cc. dans le.grand appareil, ou par petites quantités dans les petits appareils (pour 20 cc.).
- A chaque échantillon du mélange alcoolique, on ajoutait une quantité déterminée d’alcool amylique, appelée par l’auteur la constante d’alcool amylique, qui servait comme dissolvant et en présence de laquelle il se produit le maximum de séparation des huiles essentielles lorsque le mélange alcoolique est agité avec la solution saturée de sel marin. La constante est de 4 p. 100; de telle sorte que 100 parties du mélange comprennent 96 parties d’alcool à essai et 4 parties d’alcool amylique ajoutées comme constante. D’où il suit que, dans les expériences de l’auteur, 50 cc. du mélange contenaient 48 cc. d’alcool à l’essai et 2 cc. de la constante ; 20 cc. renfermaient 19,2 cc. d’alcool et 0,8 cc. delà constante. On mesurait la constante avec une burette divisée en 0,01 cc. Le rapport entre la solution alcoolique et la solution salée restait toujours égal à 1 : 3,5. L’agitation se faisait pendant 3 minutes et le repos pendant 45 minutes pour le grand appareil, 2 minutes et 20 minutes pour le petit appareil. La température du milieu ambiant était 19°-20°.
- Nous résumons dans le tableau qui suit les résultats de cette série d’expériences :
- NUMÉROS. PROPORTIONS d’alcool amylique dans la solution p. 100. COMPOSITION Esprit-de-vin à 60 p. 100. DU MÉLANGE : Alcool amylique. EAU AJOUTÉE pour obtenir la densité nécessaire. VOLUME soumis à Fessai. APPAREIL pour l’essai. HUILES essentielles dégagées après le repos.
- cc. CC- CC.
- 1 0,50004 » 1,00008p.100 » 50 Grand appareil. 1,527 et moyenne.
- 2 1,0008 889,9 gr. 4,6926 gr. 5,7 Id. Id. 1,783 —
- 3 1,94167 » 3,88334 p.100 )) Id. Id. 2,25 —
- 4 3,88334 622 gr. 13,1180 gr. 14 Id. Id. 3,22 —
- 5 6,56275 651,33 gr. 23,8800 — 29,5 Id. Id. 4?53 —
- fi 9,09039 786,43 — 41,049 — 51 Id. Id. 5,66 —
- 7 13,1433 695 — 54,898 — 65 40 Id. 5,85 —
- 8 16,82681 59*4 — 62,73 — 75,6 30 Id. 5,15 —
- 9 20,78907 520 — 71,24 — 83,2 20 Petit appareil. 3,975 —
- 10 30,47852 139,4 cc. 60,9 cc. » 15 Id. 3,87 —
- 11 40,63803 515,46 gr. 184,2 gr. 221,2 10 Id. 3,13 —
- 12 45 360 — 154,14 gr. 135 ))
- En refroidissant ce mélange avec de l’eau et de la glace, on obtenait un trouble à la surface, qui disparaissait à 15°. La densité du mélange était alors égale à 0,9055.
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- _i- ' f» ^ __
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- En y versant 14,3 cc. d’eau, le trouble reparaît à 13° et disparaît de nouveau à 16°-19°. En continuant à refroidir ce mélange, on remarquait qu’il se décomposait et formait trois couches superposées, correspondant aux trois liquides qui le composent. La constante d’alcool amylique dégage, en présence de la solution salée, une quantité constante d’huiles égale à 1,24 cc. pour chaque 30 cc. de la solution alcoolique, ce qui réduit les quantités des huiles essentielles de la dernière colonne du tableau précédent aux chiffres suivants :
- Proportions d’alcool amylique correspondantes (p. 100).
- Volumes des huiles essentielles (en cc.).
- 0,50 1,00 1,94 8,88 6,56 9,09 13,14 16,83 20,79 30,48 40,64
- 0,287 0,548 1,010 1,980 3,290 4,420 6,073 7,343 8,697 11,660 14,410
- Ces données ont servi pour construire la courbe figure III, dont la partie initiale, comprise entre 0 et 6,56 p. 100, est représentée agrandie en figure IV. La densité des
- % £SS 7.tS 76S 8.SS
- mélanges alcooliques varie selon les quantités d’alcool amylique ajoutées, et, pour la maintenir invariable, il faudrait ajouter une quantité d’eau en rapport direct avec celle de l’alcool amylique. 11 faut tenir toujours compte de ce fait, qu’en augmentant la proportion de l’eau, on diminue celle de l’alcool pur. D’après ce qui précède, on a pu constater que la proportion de ce dernier doit rester toujours la même, sinon la réaction ne se produirait pas en toute rigueur.
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- DOSAGE DES HUILES ESSENTIELLES
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- La température peut faire varier le volume d’huile dégagé soit pendant la réaction, soit après. Dans ce cas, la variation se détermine par les coefficients de dilatation de l’alcool amylique et de l’alcool pur. D’après Landolt et Borstein, le coefficient de dilatation de l’alcool amylique, entre 13° et 132°, est de 0,00104838 ou approximativement 0,001. La constante a de la formule v = vx [* + a (t — x) -h ...] est égale, dans les limites de — 15° et 80°, à 0,00089001. Selon les mêmes auteurs, le coefficient de dilatation de l’alcool pur est égal à 0,000805 entre 39° et 46°, soit de 0,0008. Les déterminations directes de M. Koutcheroff ont donné à peu près les mêmes chiffres pour les coefficients de dilatation de deux alcools, c’est-à-dire 0,001 pour le premier et 0,0008 pour le second. Les expériences d’après lesquelles on constata et détermina l’influence des variations de la température furent faites en hiver, ce qui permit à l’auteur d’avoir une chambre avec une basse température. Cette dernière fut entretenue au même degré pendant tout le temps de l’expérience; on eut soin que les liquides qui servirent pour les expériences possédassent la même tempé- lïï rature que le milieu ambiant. On prépara les solutions en quantité de 500 J] à 1 000 gr.Les autres conditions d’expériences furent les mêmes que dans 2tc les essais précédents. Les essais furent faits avec le petit appareil muni i J d’un tube barométrique, et avec une solution à 40 cc. d’alcool amylique pour 1000. Flg' 5'
- 0,393 d’huiles essentielles 0,438 —
- 0,443
- Comme les résidus de ces expériences présentèrent un trouble assez marqué, on laissa les liquides reposer au moins deux heures, et on mesura la totalité des huiles dégagées ; on obtint, pour 4°-5°, 0,404 cc. en moyenne, et pour 17°, 0,445 cc. Les essais, faits avec la même solution dans l’appareil à 50 cc. donnèrent, à 19°-20°, 1,235 cc., et à 14°-15°, 1,229 cc. ; d’où l’on peut conclure, qu’à partir de 14°, une augmentation de la température de 10° provoque une variation des résultats inférieurs à 0,01 cc. Au contraire, la diminution de la température à partir de 14° occasionne une diminution notable des résultats, diminution qui peut dépasser même 10 p. 100. Cette irrégularité peut s’expliquer par la lenteur de la séparation des gouttelettes huileuses plus consistantes aux basses températures.
- Les essais suivants furent entrepris par l’auteur en vue do déterminer l’influence de la densité des solutions alcooliques sur la quantité des huiles dégagées. Un mélange de 20 cc. d’alcool amylique avec 480 cc. d’alcool pur à 60,5 p. 100 présenta une densité de 0,9120. Ce mélange, traité dans un grand appareil avec une solution saturée de sel marin, donna 1,235 cc. d’huile. Un autre mélange de 20 cc. d’alcool amylique avec 480 cc. d’alcool pur à 60 p. 100 donna, dans les mêmes circonstances, 1,240 cc. d’huile en moyenne. La densité, dans ce cas, fut de 0,9134. Enfin, un mélange fait avec 20 cc. d’alcool amylique et 480 cc. d’alcool pur à 59,5 p. 100, de densité 0,9143, donna 1,245 d’huiles essentielles. On voit qu’avec une variation de 1 p. 100 pour la consistance des solutions alcooliques et une différence des densités de 0,0023, on obtient une variation de 0,01 cc. dans les dégagements des huiles essentielles.
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- La provenance du NaCl et sa qualité jouent un rôle assez important dans le dosage des huiles essentielles des différents alcools. On a vérifié l’action de différents sels par toute une série d’expériences et l’on est arrivé à conclure que les résultats varient notablement entre deux essais faits avec deux sels de différentes provenances. Nous donnons plus bas les tables qui résument les résultats de ces expériences. On préparait. les solutions salées de la façon suivante : on broyait d’abord les gros cristaux de sel dans un mortier où on les lavait ensuite avec un peu d’eau pour enlever les impuretés.
- Repris de nouveau par une petite quantité d’eau, on les laissait au repos pendant quatre à cinq heures. La solution saturée ainsi obtenue (première solution) était filtrée et le résidu, repris avec une autre quantité d’eau, donnait une nouvelle solution saturée de sel (seconde solution). Le premier tableau contient les résultats faits avec les deux solutions salées ainsi obtenues. Le second tableau présente les résultats obtenus successivement avec différentes quantités d’alcool amylique et diverses espèces de sel.
- Industriellement, on se sert du petit appareil décrit plus haut et muni d’un tube thermométrique dont les divisions sont égales à 0,025 cc. On détermine d’abord la quantité d’alcool amylique ou d’huiles essentielles dégagée par la solution alcoolique en présence d’une solution saturée de sel lorsqu’on ajoute 0,8 cc. de constante aux 20 cc. de l’alcool pur à 60 p. 100 : soit C cette quantité. On détermine ensuite, avec le même appareil, la quantité des huiles dégagées par l’alcool soumis à l’essai, en procédant de la même façon, et en remplaçant seulement l’alcool pur par l’alcool à l’essai. Soit A cette quantité. La différence A-C présente le volume d’huiles essentielles contenu dans 20 cc. d’alcool ordinaire. Ce volume se calcule d’après une table construite d’après la courbe figure II, et comprise entre o et 21 p. 100.
- j. PREMIÈRE SOLUTION. SECONDE SOLUTION.
- NATURE
- s p Y-, DÉGAGEMENTS PARTIELS. EN MOYENNE. DÉGAGEMENTS PARTIELS. EN MOYENNE.
- CC. CC. CC- CC.
- 1 Sel ordinaire de cuisine, qui a servi pour construire les courbes B etC. 1,24 1 1,24 1,24 1,24 1,25 1,24 1,24 1,243
- 1,27 1,24
- 2 Un autre échantillon du même sel. 1,26 1,263 1,24 1,243
- : i,26 1,25
- I 1,28
- 3 Sel rectifié 1,27 1,277 )) »
- 1 1,28
- / 1,335 1,10
- 4 Sel gemme rosâtre en morceaux. . ) 1,34 1,343 1,09 1,095
- ( 1,34 1 1,095
- O Sel marin non rectifié et en gros cristaux 1,25 1 1,26 • 1,25 1 1,253 1,13 1,11 1,12 1,12
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- X/2 C SEL ORDINAIRE de CUISINE. AUTRE ÉCHANTILLOX BU MÊME SEL. SEL RECTIFIÉ. SEL GEMME. SEL MARIS.
- H .SOLUTIONS ALCOOLIQUES.
- S Huiles
- K essentielles lr. 2' n° 2e l'-c 9e lrc 2'
- en cc. solution. solution. solution. solution. solution. solution. solution. solution.
- 1 48 cc. de la solution alcoo-
- lique à 5 p. 100 d’alcool amylique + 2 cc. d’alcool amyl. comme constante. 1,527 1,553 1,530 1,54 1,633 1) 1,500
- 2 48 cc. de la solution à 3,88
- p. 100 d’alcool amylique + 2 cc. de la constante. „ )) » 3,20 » „ )> >, »
- 3 58 cc. de la solution à 6,56
- p. 100 d’alcool amylique + 2 cc. de la constante. 4,530 4,573 4,533 » » )) 4,285 4,450 4,38
- Nous reproduisons ci-dessous un spécimen de cette table. Si la solution alcoolique contientplusde21 p. 100d’huiles essentielles, on l’étend avec unvolumeégal d’alcoolpur à60 p. 100, et on la soumet au même traitement que les échantillons précédents. Indiquons encore une fois quels sont les instruments qui servent dans ce procédé de dosage des huiles essentielles et qu’on doit avoir sous la main lors du dosage industriel. Ce sont : le petit appareil à 20 cc., muni d’un tube thermométrique, avec divisions de0cc,025; une pipette, représentée parla figure 5, servant à mesurer 2 cc. d’alcool amylique : la constante, et enfin un flacon de 50 cc. servant à faire le mélange alcoolique (48 cc. de l’alcool à l’essai, avec 2 cc. d’alcool amylique). Une fois la solution bien mélangée dans ce flacon, on en prend 20 cc., qu’on soumet au traitement de la solution saturée de sel.
- A — C en cent. cub. PROPORTION d’huiles, en pour 100 du poids d’alcool absolu A — C eu cent. cub. PROPORTION d’huiles, en pour 100 du poids d'alcool absolu A — C ou cent. cub. PROPORTION d’huiles, en pour 100 du poids d’alcool absolu A — C en cent. cub. PROPORTION d’huiles, en pour 100 du poids d’alcool absolu
- 0 0 0,10 0,43 0,20 0>91 0,30 1,40
- 0,01 0,04 0,11 0,47 0,21 0,96 0,31 1,45
- 0,02 0,08 0,12 0,52 0,22 1,01 0,32 1,50
- 0,03 0,13 0,13 0,57 0,23 1,06 0,33 1,55
- 0,04 0,17 0,14 0,62 0,24 1,11 0,34 1,60
- 0,05 0,21 0,15 0,66 0,25 1,15 0,35 1,65
- 0,06 0,26 0,16 0,71 0,26 1,20 0,36 1,70
- 0,07 0,30 0,17 0,76 0,27 1,25 0,37 1,75
- 0,08 0,34 0,18 0,81 0,28 1,30 0,38 1,80
- 0,09 0,39 0,19 0,86 0,29 J,35 0,39 1,85
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- Les avantages des appareils indiqués tout à l’heure sont leur facilité de transport et la simplicité de leur construction, et les résultats obtenus le sont à 0,1 p. 100. Les résultats indiqués par le tableau ci-dessous prouvent qu’il est complètement inutile de laver pour chaque expérience la pipette figure 5 ; la différence entre deux expériences faites avec des pipettes lavées et non lavées est en effet égale à 0,07 p. 100, valeur négligeable.
- Résultats des essais avec une pipette lavée et non lavée :
- EXTRACTION clés huiles on cc. DIFFÉRENCE A — C observée en ce. DIFFÉRENCE A — C d’après la table. DIFFÉRENCE entre les teneurs calculées et effectives.
- partielles en moyenne partielles en moyenne partielles en moyenne partielles en moyenne
- I Pour une solution a
- de 0,25 p. 100 d’alcool amylique c* D 3
- + la constante 0,540 .5"1 Q*
- la quantité a. . . . 0,540 0,540 0,540 0,045 0,045 0,19 0,19 — 0,06 — 0,06 g ci Pi eS 'P o jg Û5
- II Pour une solution de 0,5 p. 100 d’alcool amylique + la constante 0,605 0,110 0,47 — 0,03 O O O Jti -b d o mesurés avi Fig. 5
- la quantité a. . . . 0,595 0,600 0,100 0,105 0,43 5,4 0 — 0,07 — 0,05 cn D
- 0,600 0,105 0,45 — 0,05 i-l
- III Pour 0,25 p. 100 d’alcool amylique D
- de la solution S* ci
- alcoolique + 0,525 0,060 0.26 + 0,01 S o o o
- la constante a. . . 0,530 0,525 0,065 0,060 0,28 0,26 + 0,03 + 0,01 a â 5
- IV La solution à 0,5 p. 100 d’alcool 0,520 0,055 0,24 — 0,01 o O O jri b *<? a d o l> £) S £
- amylique + la constante la 0,590 0,583 0,589 0,123 0,118 0,124 0,55 0,51 0.54 + 0,05 + 0,01 + 0,04 d O CN a 3 <p Ph
- quantité a. . . . 0,593 0,128 0,56 + 0,01 J
- Tel est le procédé de dosages des huiles essentielles qu’on doit appliquer à l’usine, surtout où il n’existe pas de laboratoire. Mais l’opération devient plus intéressante lorsque l’usine en possède un. Les déterminations des huiles essentielles dans les alcools faites au laboratoire donnent des résultats d’une plus grande précision. L’appareil recommandé dans ce cas est le grand appareil pour 50 cc. d’alcool à l’essai ; le tube dont il est muni porte des divisions de 0,01 cc. Les expériences ont prouvé, qu’en
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- DOSAGE DES HUILES ESSENTIELLES.
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- se tenant strictement dans les conditions de ce procédé, on peut distinguer des espèces d’alcools du commerce ne différant les uns des autres que par moins de 0,01 cc.
- Parallèlement au dosage des huiles essentielles par l’alcool amylique, l’auteur a étudié l’influence de différentes substances organiques qui entrent assez souvent dans la composition des alcools ordinaires. En procédant de la même façon que dans les dosage précédents, il est arrivé à la conclusion suivante : la constante d’alcool amylique agit aussi bien sur la séparation des huiles essentielles en présence de ces substances, et en présence de la solution saturée de sel marin, que dans le cas de l’alcool amylique pur. Ces substances sont : l’alcool isobutylique, l’acide acétique, l’acétal, l’éther acétique, l’aldéhyde, le paraldéhyde, le furfurol et l’alcool amylique de pommes de terre. Ce dernier, avant d’être employé, est lavé puis séché par la potasse.
- Les mélanges faits avec ces substances et dans les conditions indiquées antérieurement étaient introduits dans les grands appareils, où on leur faisait subir l’action de la solution salée, en y ajoutant, à chaque préparation, la constante d’alcool amylique (2 cc. pour 48 cc. de la solution alcoolique). Un aperçu rapide des expériences exécutées avec ces substances démontrera la valeur réelle des réactifs du procédé de M. Koutcheroff.
- 1. Alcool isobutylique.— Le point d’ébullition de cet alcool varie de 107° à 109°. Le mélange se composa de 3,885 gr. d’alcool isobutylique et de 736,8 gr. d’alcool pur à 60 p. 100. On y ajouta 3,2 cc. d’eau, pour amener sa densité à 0,9134. Le rapport entre l’alcool isobutylique et l’alcool absolu fut égal à 1,00001 p. 100.
- Trois essais successifs donnèrent en moyenne 1,495 cc. d’huiles.
- En déduisant la quantité d’huiles essentielles correspondant à la constante, qui est égale à 1,24, nous obtenons, pour le volume d’huiles dégagées, 0,255 cc.
- 2. Acide acétique. — Le mélange se composa de 2,7854 gr. d’acide acétique cristallisé, de 264,1 gr. d’alcool pur à 60,0 p. 100 et de 3,4188 gr. d’alcool pur à 95 p. 100: proportion d’acide acétique dans l’alcool absolu, 1,93691 p. 100. En diluant ce mélange avec un volume égal d’alcool pur à 60 p. 100, on fait passer ce rapport à 0,48423 p. 100. Trois essais successifs donnèrent en moyenne 1,185 cc. d’eau. Le volume des huiles essentielles, déduction faite de celui correspondant à la constante, fut de 1,185 — 1,24 — 0,055 cc.
- 3. Acétal. — (Point d’ébullition 103°-105°.) Le mélange se composait de 3,759 gr.
- d’acétal et 712,9 gr. d’alcool pur à 60 p. 100. Pour ramener la densité du mélange à 0,9134, on fut obligé d’y ajouter 2,4 cc. d’eau. Le rapport de l’acétal à l’alcool absolu fut de 1,00002 p. 100. Le volume occupé par les huiles essentielles, dans ce cas, fut de 1,644 cc. En diluant le mélange avec un volume égal d’alcool pur à 60 p. 100, on ramène le rapport précédent à 0,5 p. 100. Dans ce cas, le volume des huiles n’est que 1,476 cc. Ce qui fait, net, pour le premier rapport, 1,644-1,24 = 0,404 cc., et, pour le second, 1,476-1,24 = 0,236 cc. ...
- 4. Éther acétique. — (76°-78°.) Pour faire le mélange, on prit 3,1589 gr. d’éther et
- 599.1 gr. d’alcool pur à 60 p. 100. Le mélange, dilué avec un volume égal d’alcool pur, présenta un rapport entre l’éther et l’alcool absolu égal à 0,5 p. 100. Les huiles dégagées dans cet essai occupèrent 1,305 cc., soit, pour le volume net dégagé : 1,305 — 4,24 = 0,065 cc.
- 5. Aldéhyde, avec un point d’ébullition de 21°. Mélange de 4,381 gr. d’aldhéyde,
- 458.1 gr. d’alcool pur et 5,86 gr. d’alcool pur à 95 p. 100. Teneur absolue en aldéhyde
- Tome I. — 95e année. 5° série. — Avril 1896. 38
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- 2 p. 100. Une dilution avec un volume égal d’alcool à 60 p. 100 l’abaissa jusqu’à 1 p. 100. Résultats : pour le premier rapport 1,365 cc. — 1,24 = 0,125, et pour le second, 1,289 cc. — 1,24 = 0,047 cc.
- 3. Paraldéhyde. — Solution de 2,7303 gr. de paraldéhyde, 517,8 gr. d’alcool pur à 60 p. 100, et 2,9304 gr. d’alcool pur à 95 p. 100. Cette solution, d’une densité de 0,9134, présenta une teneur absolue pour le paraldéhyde, égale à 0,9902 p. 100. En la diluant avec un volume égal d’esprit-de-vin à 60 p. 100, on obtint une teneur de 0,4951 p. 100. Les résultats du dosage donnèrent 1,450 cc. pour le premier rapport, et 1,360 pour le second, ou nets 1,450 — 1,24 = 0,21 pour 1 p. 100, et 1,360 — 1,24 = 0,12 pour 0,5 p. 100.
- 7. Furfurol. — Point d’ébullition de 161°-J 63°.
- Solution de 3,1365 gr. de furfurol, 594,8 d’esprit-de-vin à 60 p. 100, et de 3,9886 gr. d alcool pur à 95 p. 100. Densité du mélange 0,9134, teneur absolue 0,9884 p. 100-Ramenée à 0,494 p. 100, par addition d’un volume égal d’esprit-de-vin à 60 p. 100. Les résultats du dosage : 1,27 cc. pour le premier rapport, et 1,26 cc. pour le second; soit net 0,03 cc. pour le premier, et 0,02 cc. pour le second.
- 8. Alcool de pommes de terre, ou huiles essentielles brutes. Ce liquide fut lavé avec de l’eau trois fois, et séché ensuite par la potasse. 3,7207 gr. de ce liquide formèrent, avec 705,7 gr. d’alcool pur à 60 p. 100, la solution alcoolique à l’essai. Pour ramener la densité à 0,9134, on ajouta 5,5 cc. Les huiles essentielles dégagées dans ce cas occupèrent dans le tube 1,460 cc. En retranchant les 1,24 cc. de la constante d’alcool amylique, on obtint 0,022 cc.
- Ainsi, la présence de 1 p. 100 des substances précédentes dans l’alcool à l’essai donne, pour les huiles essentielles dégagées, les volumes suivants :
- Pour l’alcool isobutyliquc.................................0, 233 cc.
- — l’acide acétique..........................• . . . . 0, 114
- — l’acétol...............................................0, 404
- — l’éther acétique......................................0, 130
- — l'aldéhyde.............................................0, 047
- — le paraldéhyde........................................0, 210
- — le furfurol............................................0, 030
- •— les huiles essentielles brutes.........................0, 440
- Dans les mêmes conditions, l’alcool amylique donne 0,543 cc. d’huiles. Exprimant ces volumes en tant pour cent, nous aurons le tableau suivant, qui donne les quantités relatives des huiles dégagées en présence des diverses substancesénumérées plus haut:
- Avec le NaCl. Avec le chloroforme.
- Alcool amylique avec la solution saturée de sel marin donne. . 100 100
- Alcool isobutylique............................................... 47 30
- Acide acétique................................................... 21 —
- Acétol....................................................... 7 4 63
- Ether acétique.................................................... 24 33
- Aldéhyde........................................................... 9 27
- Paraldéhyde....................................................... 39 60
- Furfurol......................................................... 5,3 87
- Huiles essentielles, brutes....................................... 81 90
- D’après ce qui précède, on voit que les substances dont la composition est différente de celle de l’alcool amylique influent peu ou presque pas sur l’action de l’alcool
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- DOSAGE DES HUILES ESSENTIELLES.
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- amylique et de la solution saturée de sel marin dans l’analyse des alcools. Cette influence est d’autant plus insignifiante que cette substance s’éloigne davantage par sa constitution de l’alcool. En général, le procédé de M. Koutcheroff peut donner, si on procède dans les conditions indiquées plus haut, des résultats d’une approximation égale à 0,017 p. 100.
- Résumons encore une fois ces conditions, afin de mieux les fixer dans l’esprit de nos lecteurs. La courbe du rapport entre les centimètres cubes d’huile dégagée par la réaction et ceux de l’alcool amylique correspondant doit être construite avec plus de détails que précédemment. Les solutions salée et amylique doivent être préparées en quantités suffisantes pour faire un grand nombre d’essais. Chaque fois qu’on prépare ces solutions, on est obligé de contrôler l’action de ces réactifs avant de s’en servir. La température du milieu ambiant doit être de 19° C. Une variation de deux degrés en plus ou en moins ne change pas les résultats définitifs. Il est indispensable que l’alcool à l’essai ait un degré de 60 p. 100 qui peut varier de 0,5 p. 100. Pour éviter autant que possible les erreurs occasionnées parla fréquence des manutentions, on recommande de faire le mélange alcoolique avec une constante d’alcool amylique de 40 cc. et 960 cc. de l’alcool à l’essai, ce qui fait ensemble 1 000 cc. d’alcool saturé à 4 p. 100 de constante. On doit agiter la solution alcoolique avec la solution salée pendant 3 minutes si l’analyse se fait dans un grand appareil de M. Koutcheroff, et 2 minutes si cette analyse se fait dans un petit appareil destiné à traiter 20 cc. d’alcool. Pour laisser le liquide au repos, il faut 45 minutes dans le premier cas et 20 minutes dans le second.
- Nous avons fait déjà remarquer que le volume des huiles dégagées dépasse celui de l’alcool amylique qui se trouve dans la solution alcoolique à l’essai ; d’où il résulte que la couche huileuse obtenue par le traitement précédent se compose non seulement de l’alcool amylique, mais d’autres substances homologues à cet alcool ou de celles qui entrent dans la composition du mélange alcoolique. Pour analyser cette couche huileuse, voici comment l’auteur procède : 143 cc. d’esprit-de-vin à 60 p. 100 sont mélangés avec 500 cc. de la solution saturée de sel marin, et le tout est agité pendant 10 minutes dans un entonnoir gradué avec 10 cc. d’alcool amylique coloré par la fuchsine. On laisse ensuite le mélange se reposer pendant toute une nuit. Le lendemain, on sépare la couche superficielle, formée par l’alcool amylique non dissous, du reste du liquide, qui présente une solution complètement transparente. 225 cc. de cette solution, saturée d’alcool amylique, sont traités de nouveau dans le grand appareil avec 10 cc. d’alcool amylique. Plusieurs essais furent faits avec ces réactifs aux différentes températures, en agitant le tout pendant 5 minutes à 19° et en laissant au repos. On obtient ainsi entre 4° et 5° —14,81 cc. d’huile; de 13° à 14° — 16,15 cc.; de 17° à 18° — 16,35 cc., et enfin de 25° à 26° — 16, 86 cc. L’augmentation de la quantité d’huile dégagée, qui commence à 13°, provient de ce que, dans la réaction précédente, les huiles essentielles dégagées contiennent, outre l’alcool amylique, soit l’esprit-devin, soit la solution saturée de sel marin. Pour définir quelle est, de ces deux substances, celle qui est la plus entraînée par les huiles essentielles dégagées, on mélange 10 cc. d’alcool amylique avec 225 de la solution saturée de sel marin, sans l’alcool pur. Les résultats obtenus dans ce cas furent les suivants : de 4° à 5°— 10,15 cc. d’alcool amylique; de 13°à 14° —10,30 cc., de 17°à 18° — 10,20 cc. et de 25° à 26° — 10,30 cc. On voit, d’après ces données, que l’augmentation de volume d’huile dégagée n’est due nullement à la solution saturée de sel marin, mais qu’elle dépend uniquement
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- de l’alcool pur, qui est ainsi entraîné par la séparation des huiles essentielles. L’analyse directe de ces huiles a donné 44 p. 100 pour l’alcool amylique, 39,4 p. 100 pour-l’alcool pur (éthylique) et 14,6 p. 100 pour l’eau = 100 p. 100.
- Pour analyser directement ces huiles, l'auteur les fit reposer pendant quelque temps dans une cornue munie d’un réfrigérant à courant renversé et remplie de chaux vive en petits morceaux. On versa dans la cornue, petit à petit, 41 cc. du liquide à analyser, et on la laissa au repos quarante-huit heures. La solution déshydratée fut distillée sur un bain de chlorure de chaux. Le reste des vapeurs éthyliques fut chassé par un courant d’air sec. Le distillât obtenu donna 33 cc., dont 6 cc. d’eau, qui fut absorbée par la chaux vive; 10 cc. du distillât, dilué avec 200 grammes ou 220 cc. d'alcool pur a 60ù et 8,6 cc. d’eau donnèrent une solution de densité égale à 0,9134. En tout, la solution forma un volume de 238,1 cc. ; 48 cc. de cette solution, mélangés avec 2 cc. d’alcool amylique (la constante) et 173 cc. de la solution saturée de sel donnèrent,, dans le grand appareil, 3,21 cc. d’huiles essentielles, soit net 3.21 —1,24 = 1,97 cc. : quantité d’alcool amylique contenue dans la solution alcoolique avant son mélange-avec la constante.
- En examiuant la courbe fig. 4, on peut remarquer que la quantité la plus proche de-celle que nous venons d’obtenir est 1,98 cc. Cette dernière quantité correspond au 3,88 p. 100 d’alcool amylique, ou bien à 1,09 cc. Si 1,98 cc. d’huile dégagée correspondent à 1,09 cc., 1,97 cc. correspondront à 1,083 cc. d’alcool amylique; c’est la quantité exacte d'huile essentielle dans 48 cc. de la solution analysée. Ces données permettent de calculer la quantité d’alcool amylique dans le volume donné de la solution alcoolique, c’est-à-dire dans 238,1 cc. parla formule 48:1,083 = 238,1 : X,d’où X = 3,38cc. Comme cette quantité ne rentre que dans 10 cc. du distillât, il suit que la totalité x d’alcool amylique dans l’échantillon analysé est donnée par l’équation 10 : 33 =3,38: x; d’où x — 18,83 cc. La différence 33 — 18,83 représente la quantité d’alcool pur. Ainsi, 41 cc. d’huiles essentielles se composent, selon les analyses de l'auteur, de 18,83 cc. de l’alcool amylique, de 16,17 cc. d’alcool éthylique et de 6 cc. d’eau, ou de 46 p. 100» d’alcool amylique, de 39,4 d’alcool pur et de 14,6 p. 100 d’eau. Le procédé de Rosé, employé actuellement en Allemagne et basé sur l’application du chloroforme dans le dosage des huiles essentielles, est le seul procédé qui ressemble en principe au procédé que nous analysons ici. Le procédé allemand a, sur le procédé russe, l’avantage que, grâce à la grande densité du chloroforme, ce dissolvant se dépose plus vite, donne les résultats identiques et n’exige pas l'emploi de la table. Pour le reste, ce procédé est inférieur au procédé de M. Koutcheroff, qui donne les résultats définitifs très précis. Dans le procédé de Rosé, une augmentation de volume à 0,01 cc. correspond à 0,02 p. 100 d’huiles essentielles. Dans le procédé de M. Koutcheroff, cette augmentation de volume répond à 0,017 p. 100. Dans le procédé allemand, la température du milieu ambiant doit être toujours la même, et la densité de la solution ne doit pas varier môme de 0,0001. Ces deux dernières conditions exigent une installation spéciale et une main exercée. Dans le procédé au chloroforme, on en prend au moins. 20 cc. pour chaque dosage. Or, le coefficient de dilatation du chloroforme est égal à 0,0011. Si la température varie de 1°, 20 cc. de chloroforme varient de 0,022 cc. Mais,, comme, d’autre part, à chaque variation de 0,01 correspond une variation de 0,02 p. 100 dans les résultats définitifs, il résulte qu’une variation de la température du milieu ambiant de 1° produit une erreur de 0,04 p. 100 et quelquefois plus. Des difficultés plus grandes encore proviennent des variations de densité. Suivant la Commission de
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- DOSAGE DES HUILE^ ESSENTIELLES. o89
- la santé publique en Allemagne, une différence du degré de l’alcool égale à -t- 1 p. 100 donne dans l’ascension du chloroforme une différence de + 0,03 cc., correspondant à 0,7 p. 100 d’huile dégagée. — La variation de + 1 p. 100 dans le degré de la solution alcoolique correspond à une variation de densité égale à 0,0001. Une variation nsigniliante de la densité du liquide occasionne donc une erreur de 0,7 p. 100 dans' les résultats définitifs. La balance de Westphale n’est plus suffisante pour déterminer la densité, puisqu’elle ne donne un nombre qu’avec trois signes décimaux. Le procédé à l'alcool amylique et à la solution salée est complètement exempt de ces complications. La température du milieu ambiant peut varier de quelques degrés, pourvu qu’elle ne descende pas au-dessous de 14°-lo°. La densité de la solution alcoolique se mesure par l’alcoomètre ordinaire. Une fois le volume d’alcool à l’essai mesurée avec exactitude, on y ajoute le volume d’eau indiqué par une table pour obtenir la densité voulue. Cette dernière peut varier de quelques dixièmes sans que les résultats définitifs en souffrent. L’erreur qui peut quelquefois survenir dans le cours de l’analyse ne dépasse pas 0,2 à 0,3 p. 100, quantité presque négligeable. De plus, les nombreux essais, exécutés par l’auteur, ont prouvé que le dosage par l’alcool amylique et la solution saturée de sel marin se fait beaucoup plus vite que par le chloroforme. Enfjn, dans le procédé russe, la présence des substances étrangères aux huiles essentielles, telles que l’acide acétique, l’éther acétique, etc., ne nuisent pas ou presque pas aux résultats définitifs du dosage, alors que, dans le procédé au chloroforme, ces substances rendent la réaction moins sensible.
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- NOTES DE CHIMIE
- SUR UES PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES ET THERMIQUES DE QUELQUES NOUVEAUX VERRES
- d’après MM. Winkelmann et Schott.
- ANALYSE ET CRITIQUE PAR M. H. Le Cbatelier, MEMBRE DU CONSEIL.
- Les expériences de MM. Winkelmann et Schott ont porté sur des verres spéciaux, de composition complexe, qui paraissent principalement destinés à la fabrication des instruments d’optique. Les propriétés mesurées ont été les suivantes :
- 1° Coefficient d’élasticité. — Il a été déterminé par des expériences de flexion sur des lames d’environ 3 millimètres d’épaisseur et 15 millimètres de largeur.
- 2° Résistance à la traction. — Elle a été mesurée sur des baguettes de forme carrée, entaillées vers le milieu de leur longueur, de façon à déterminer une section réduite où la rupture devait se produire. Pour éviter toute torsion accidentelle, la baguette tirée et le poids tenseur étaient suspendus par des couteaux d’acier qui assuraient une direction axiale de la force agissante. L’expérience a montré que les plus légères irrégularités dans le verre au voisinage de la section réduite donnaient lieu à des ruptures anticipées qui abaissaient notablement la ténacité apparente. Les expériences où de semblables défauts se présentèrent furent éliminées des moyennes. Les sections de rupture étaient généralement voisines de 15 millimètres carrés.
- La résistance à la traction varie sensiblement avec la durée plus ou moins longue de la traction, mais les écarts sont peu supérieurs aux erreurs accidentelles des expériences.
- 3° Résistance à la compression. — Les mesures ont été faites sur des cubes d’environ 6 millimètres de côté, pressés jusqu’à écrasement total entre des plaques de fer. L’emploi de métaux plus mous, le cuivre, le zinc, diminue considérablement la résistance apparente.
- 4° Coefficients de dilatation thermique. — Les mesures faites par la méthode de Abbe, qui est une variante de celle de Fizeau, sont empruntées à un travail antérieur de M. Schott.
- 5° Conductibilité thermique. — Les résultats sont empruntés à une étude antérieure de M. Paulhorn.
- 6° Poids spécifique. — Il a été déterminé par les méthodes usuelles et rapporté à la température de 4°.
- 7° Chaleur spécifique: — Les résultats sont empruntés à un travail antérieur de l’un des expérimentateurs, M. Winkelmann.
- 8° Résistance aux variations brusques de température. — Les auteurs admettent que cette résistance est proportionnelle à un certain coefficient dont l’expression, déduite de considérations théoriques, serait donnée par la formule
- 3.E.« l/c. s
- dans laquelle les lettres ont la signification donnée plus loin.
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- PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES ET THERMIQUES DE QUELQUES NOUVEAUX VERRES
- O
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- NOTES DE CHIMIE.
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- Des expériences faites sur des cubes de 20 millimètres chauffés à une température déterminée et plongés brusquement dans l’eau froide ont montré que, conformément aux prévisions, les verres qui supportaient sans rupture les écarts brusques de température la plus considérable étaient en général ceux qui présentaient pour le coefficient en question la valeur la plus élevée.
- Le tableau numérique de la page précédente résume les résultats de ces différentes mesures rapprochés de la composition chimique des verres. Les lettres placées en tête des colonnes ont la signification suivante :
- P. Résistance à la traction en kilogrammes par millimètre carré.
- R. Résistance à l’écrasement en kilogrammes par millimètre carré.
- E. Coefficient d’élasticité en kilogrammes par millimètre carré.
- Conductibilité thermique exprimée en unités C. G. S.
- a. Coefficient de dilatation linéaire, 3a dilatation cubique.
- c. Chaleur spécifique.
- s. Poids spécifique.
- F. Coefficient de résistance aux variations brusques de température.
- t. Écart maximum de température que peut supporter brusquement sans rompre un cube de verre de 20 millimètres de côté.
- Les auteurs de ce travail ont cherché à rattacher les différentes propriétés des verres à leur composition chimique; ils donnent, pour cela, une formule générale très simple
- X = aiDi + aon2 +
- dans laquelle X est la valeur de la propriété considérée, a,, a2, a3, la proportion de chaque oxyde entrant dans la composition d’une partie en poids du verre considéré; %i, x2x.2... des coefficients spécifiques de chaque oxyde, qui, bien entendu, ont une valeur spéciale pour chaque propriété envisagée.
- Le tableau suivant résume les valeurs de ces différents coefficients :
- Corps. P R E lîa.lO7 y..l03
- SiO2 . . . . . . 9,0 123 6 500 80 2,2
- Bo203. . . . . . 6,5 90 2 000 10 1,5
- Ph20\ . . . . . 7,o 76 3 800 200 1,6
- APO'J. . . . . . . 5,0 100 16 000 500 2
- ZnO. . . . . . . . 15,0 60 1 500 180 A
- BaO . . . 5,0 62 10 000 300 1
- OaO . . . 20,0 20 10 000 500 1
- Mgo. . . . . . . 1,0 111 60 000 10 0,8
- PbO. . . . . . . 2,5 48 4 700 300 0,8
- Iv20. . . . . . . 1,0 5 7 100 850 0,1
- Na20.. . . . . . 2,0 60 10 000 1 000 1,6
- Pour le poids spécifique, la formule, un peu différente, est obtenue a priori en écrivant que le volume du verre est la somme des volumes de ses constituants
- et attribuait à chacun d’eux les poids spécifiques donnés dans le tableau ci-dessous.
- Corps Si O2 Bo203 Ph205 Az203 ZnO BaO CaO MgO PbO K*0 Na20
- x = 2,3 1,9 2,55 4,1 5,9 7 3,3 3,8 9,6 2,8 2,0
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- PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES ET THERMIQUES DE QUELQUES NOUVEAUX VERRES. 593
- Ces poids spécifiques fictifs dépassent en moyenne de 10 p. 100 les poids spécifiques réels des éléments isolés.
- L’existence de semblables relations aurait une portée pratique considérable, car elles permettraient de déduire de l’analyse chimique d’un verre la mesure de ses propriétés les plus importantes. Malheureusement, elles ne semblent, sauf peut-être celle qui se rapporte au poids spécifique, mériter aucune confiance. Elles sont immédiatement en défaut dès qu’on cherche à les appliquer à des verres notablement différents de ceux pour lesquels elles ont été calculées, et même elles ne représentent les propriétés de ces derniers qu’avec une approximation très grossière.
- Ainsi la dilatation de l’acide borique vitreux, que j’ai mesurée autrefois, est vingt-quatre fois plus forte que celle prévue par la formule, celle de l’acide silicique près de deux fois plus forte. D’après les mêmes formules, un verre composé de deux éléments : silice et soude, par exemple, devrait avoir une dilatation croissant proportionnellement aux quantités de soude. Or, des expériences non encore publiées de M. Cha-tenet montrent que, quand la proportion de soude croît régulièrement, la dilatation passe par un maximum pour décroître ensuite. En s’en tenant seulement aux expériences des auteurs du mémoire, on constate que l’accord entre les résultats calculés et mesurés est très peu satisfaisant.
- Les coefficients d’élasticité des différents verres varient de 4700 à 7900, c’est-à-dire que les valeurs entrevues ne diffèrent que de 25 p. 100 de la valeur moyenne, et les écarts entre la formule et l’observation atteignent 8 p. 100.
- Leur ténacité varie de 3,5 à 8,5, c’est-à-dire que les valeurs entrevues ne diffèrent que de 40 p. 100 de la valeur moyenne, et les écarts entre la formule et l’observation atteignent 18 p. 100. Il est d’ailleurs bien difficile d’admettre, comme l’indiquerait les coefficients, que la magnésie accroisse énormément la résistance à l’écrasement tout en diminuant la résistance à la traction.
- La résistance à l’écrasement varie de 60 à 120, c’est-à-dire que les extrêmes ne diffèrent delà moyenne que de 25 p. 100, et les écarts entre la formule et l’observation atteignent 17 p. 100.
- Les dilatations varient dans des limites relativement beaucoup plus étendues, et cependant l’accord est relativement plus satisfaisant; on aurait pu le rendre plus satisfaisant encore en éliminant des calculs un borate de zinc qui a contribué à faire attribuer à l’acide borique un coefficient beaucoup trop bas. Ce corps est tout différent des autres verres étudiés, et, en outre, la composition chimique qui lui est attribuée doit être inexacte. L’acide borique et l’oxyde de zinc ne semblent pas être miscibles dans les proportions indiquées. D’après mes recherches antérieures, le seul verre stable d’acide borique et zinc correspond à la formule définie 2Bo203. 3ZnO, c’est-à-dire aux proportions :
- Bo203 = 36,5 ZnO = 63,5 100,0
- L’erreur commise par les savants auteurs de ce mémoire provient de ce qu’ils ont voulu tirer d’expériences très intéressantes en elles-mêmes et ayant un objet parfaitement déterminé : l’étude de certains verres particuliers, des conclusions d’ordre général, qu’elles ne pouvaient en aucune façon comporter. Pour décider s’il existe des lois
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- semblables à celles qui ont été cherchées, il faudra soit partir de verres binaires simples, faire varier dans des limites étendues les proportions de leurs éléments, et avancer de proche en proche en comparant successivement deux, trois, quatre éléments différents, soit partir de verres industriels et faire varier à la fois la proportion d’un seuls de leurs éléments. En partant de verres très complexes, dans lesquels entre un plus ou moins grand nombre de corps pris sur une liste de douze corps différents, on peut toujours poser et résoudre un système de 12 équations à 12 inconnues qui donne les valeurs des coefficients employés plus haut, mais on n’a aucunement le droit d’en conclure que les mêmes coefficients conviennent à des verres de composition différente fournis des mêmes éléments; en faisant intervenir de nouveaux verres dans les calculs, on aurait un autre système d’équations, qui donnerait d’autres valeurs des coefficients, n’ayant peut-être aucun rapport avec les précédents.
- destruction des gadoues d’après m. Stevenson Macadam(l)
- La destruction des détritus de la voie publique par le feu s’impose aujourd’hui à la plupart des municipalités; c’est une question des plus actuelles.
- D’après M. Macadam, un bon destructeur de ces gadoues doit satisfaire aux conditions suivantes :
- 1° Brûler toute la partie combustible des gadoues sans émission d’odeurs ou de gaz nuisibles ;
- 2° Laisser sur les grilles une bonne cendre brillante et claire sans mauvaises odeurs ;
- 3° Produire finalement une scorie vitrifiée inodore, utilisable pour les routes et la fabrication du ciment.
- En outre, le destructeur ne doit laisser échapper aucune poussière nuisible et les retenir dans des chambres disposées ad hoc.
- L’appareil de Fryer, le premier réellement pratiqué et le plus usilé en Angleterre, a chacun de ses éléments composé (fig. 1) d’une grille G, de lm,o0 X lm,50, avec sole réfractaire B de tm,20x lm,o0, inclinées de 1/3, chargées en A, avec caniveau central E vers la cheminée. Les gadoues séchées en B viennent se brûler peu à peu en G; les gaz s’évacuent sans refroidir la grille, en entraînant immédiatement les vapeurs qui se dégagent en B. En général, la combustion est très imparfaite; l’appareil ne peut fonctionner convenablement qu'avec des chauffeurs habiles et très attentifs, comme à celui de M. Whitechapel par exemple, que M. Macadam cite comme un exemple unique ; les odeurs et les scories sont mauvaises, la sole et la grille trop froides en raison de l’insuffisance du tirage. Les scories, souvent retirées encore en flammes, émettent des gaz sulfurés d’une odeur intolérable et des poussières dans tout le voisinage. Les gaz ne peuvent achever de se brûler en E que si la température y est d’au moins 800°; or, elle y tombe souvent au-dessous de 530°. On y a remédié en partie par l’addition, dans E, de crémateurs où les gaz se brûlent en passant sur du coke au rouge, mais avec une dépense supplémentaire de travail et de charbon.
- Dans le destructeur Hors fait (fig. 2), les gaz s’échappent directement en F, par les ouvertures G de la voûte du foyer, qui marche au vent forcé par injection de vapeur
- (1) Journal of the Chemical Society, 31 mars 1896.
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- DESTRUCTION DES GADOUES.
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- en E; il en résulte que les vapeurs émises par les gadoues alimente'es par A, sur l’avant de la grille B, doivent en parcourir presque toute la surface avant de s’échapper en Cet les gaz mieux se brûler que dans les appareils où l’alimentation et l’évaporation se font toutes deux à l’avant de la grille ; mais, en pratique, la combustion reste encore incomplète et mal odorante. Le vent forcé par injection de vapeur active la combustion ; sa vapeur, en traversant les scories chaudes de la grille, se dissocie en partie en for-
- Four Fryer.
- A, chargement; B, sole; C, grille; D, cendrier; E, carneau de cheminée.
- Fig. 2. — Four Horsfall.
- A, trémie de chargement; B, grille; C, sortie des vapeurs; I), cendrier; E, vent forcé, F, carneau.
- mant de l’hydrogène et de l’oxyde de carbone qui, brûlant au-dessus de la grille, aident à parfaire la destruction des gaz nuisibles. Mais les orifices C se bouchent en partie par la fusion des briques et les poussières, ce qui occasionne d’abord le mauvais fonctionnement puis la ruine du four; en outre, l’inégalité du chargement des grilles, parfois sans ménagement, y détermine des abaissements momentanés de température et des combustions imparfaites.
- On a dû, à Leeds et à Bradford, remplacer les foyers des appareils Fryer du type
- Four Hewson.
- A A A, chargement; B, sole; C, grille;
- D, sortie des gaz; F E, vent forcé, G, carneau.
- Fig. 4. — Four Beaman et Béas.
- A, chargement; B, grille; D, vent forcé; C, carneau.
- fig. 1 par des foyers au vent forcé à la vapeur, ce qui porta immédiatement la température des gaz enE de 550 à 870° et plus, fit cesser les plaintes et donna d’excellentes scories. A Leeds, M. Hewson disposa le carneau G (fig. 3) de manière à forcer les gaz et les vapeurs à lécher toute la surface de la grille avant de s’échapper; mais, comme toutes les grilles sont indépendantes, il se produit encore des gaz délétères aux chargements.
- L’appareil de Beaman et Deas, employé à Warringlon concurremment avec un Fryer à vent forcé consiste (fig. 4) en un foyer B, à vent forcé D, avec grille de lni,50 x lm,50
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- NOTES DE CHIMIE.
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- rm
- à barreaux très serrés, donnant aux carneaux C des températures très élevées : 1 100°. 11 fonctionne très bien, sauf quand on charge trop brusquement.
- Le destructeurMeldrum se compose d’une série de grilles, quatre par exemple A A A A (fig. 5), séparées par des soles B, qui ne détruisent pas la continuité du foyer; elles peuvent marcher au vent forcé par injection de vapeur, indépendamment ou ensemble, do manière à constituer, en pleine marche, un grand foyer à grilles que l’on peut
- Fig. i). — Four Meldrum.
- A, grilles; B, soles; C, pont; D, carneau.
- charger et décrasser à des périodes réglées afin de conserver à l’ensemble une tempe rature à peu près uniforme. Néanmoins, au chargement, et en particulier pour la grille la plus voisine de la cheminée, il se produit encore parfois des combustions incomplètes.
- D’après M. Macadam, les appareils crématoires dont il a été question plus haut ne sont qu’un expédient, et aucun des destructeurs actuellement employés en Angleterre ne satisfait pleinement au programme. Le chargement est la grande difficulté; elle paraît insoluble pour les foyers isolés, mais, en les conjuguant deux par deux, de manière que l’un soit au rouge blanc quand on charge l’autre, et en faisant passer au
- Fig. 6 et 7. — Four Macadam. Vue de face et coupe transversale.
- moyen de vannes les gaz de ce foyer dans l’autre avant leur sortie par la cheminée, on peut arriver à réaliser à très peu près les trois principales conditions d’un bon appareil, mentionnées en tête de cette étude. Chacun des deux foyers conjugués A et B débouche dans le carneau E (fig. 6 et 7) par une ouverture A ou B, pourvue d’un registre, et communique avec son voisin par une ouverture latérale toujours ouverte C. Quand A est à la troisième période de son fonctionnement, et au rouge vif, on ferme le registre de B, et l’on charge B, dont les vapeurs et les gaz achèvent de se brûler par leur passage dans A. Après le décrassage de A, on renverse le courant des gaz en
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- DESTRUCTION DES GADOUES.
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- fermant A, que l’on charge, et en ouvrant B. Eu fait, chacun des foyers agit successivement, par rapport à son conjugué et pendant son chargement, comme le crématoire à coke des anciens types, mais sans travail ni dépense supplémentaires. Avec le concours du vent soufflé à la vapeur, comme en FD, on peut supprimer la sole de la grille, qui peut alors avoir 2m,40 X lm,50, et augmenter d’autant l’activité de l’appareil.
- Le chargement s’effectue ordinairement par simple déversement des matières sur le foyer, ce qui a pour effet de dégager forcément des vapeurs et des poussières nuisibles. Dans le système Burnois et Brodie, employé à Yauxhall Road, la matière est déversée dans des wagonnets divisés en compartiments renfermant chacun une charge de foyer, au-dessus de l’ouverture desquels on les amène se vider instantanément; après quoi l’on ferme aussitôt cette ouverture sans production de gaz délétères ni de poussières.
- Les barreaux des grilles doivent être fixes et serrés de façon à ne laisser passer que peu de poussières dans le cendrier, et il faut avoir soin, pour nettoyer le cendrier, d’humecter auparavant ces poussières.
- Les poussières, qui sont très désagréables pour le voisinage, proviennent principalement: 1° de la décharge des voitures et du chargement des fours. Cette décharge doit se faire dans une cour fermée par des murailles, et, si possible, directement dans les wagons de chargement des foyers ; 2° du raclage de matières imparfaitement brûlées hors des foyers : il faut veiller à la combustion et à la scorification complète de ces matières; 3° de l’emploi de grilles mobiles oscillantes, etc., qui laissent passer les poussières : on y remédie par l’emploi de cendriers fermés, que l’on asperge d’eau pour les vider; 4°, d’un excès de tirage : on y remédie par l’emploi de grillages à trous de 10 à 20 millimètres de côté, disposés au bas de la cheminée de manière à arrêter les papiers entraînés, et de chambres où se déposent les poussières ; ces chambres doivent avoir un grand volume, une section égale à 4 ou 3 fois celle de la cheminée ou du carneau E (fig. 8) pour que la vitesse du courant d’air y diminue suffisamment. Cette vitesse atteint parfois, dans la cheminée, 13 mètres par seconde; il faut la réduire à 5 ou 6 mètres; pour une cheminée de 3 mètres Xlm, 80 de section, celle de la chambre doit avoir environ 6 mètres X 3m,60 : le quadruple au moins.
- La poussière des fours à gadoues se sépare des poussières ordinaires par un tamisage sur une toile de 1 600 mailles au pouce carré (250 au centimètre); certaines d’entre elles traversent même des mailles de 6 000 au pouce (930 au centimètre) ; sous un grossissement de 70 à 140 en diamètre ; elles présentent un aspect vitreux, lavique, produit par leur saisissement par l’eau d’arrosage au cendrier et sur les scories retirées du four. Les grosses poussières sont rugueuses, très adhérentes, avec de nombreuses bulles qui se forment aussi quand on les brûle sur du platine ou qu’on les chauffe avec de l’acide nitrique, qui en détruit les matières organiques en laissant un résidu nettement siliceux de structure vitreuse. Leur densité est de 1,99 environ, au lieu de 2,43, densité de la moyenne des poussières de routes, de sorte qu’elles sont emportées plus facilement et plus loin que celles des routes. Elles sont aussi beaucoup plus adhérentes. Elles se distinguent des poussières des routes et des chemins de fer par leur aspect physique et leur composition. La poussière des routes chauffée à la lampe sur une feuille de platine ne dégage aucune odeur fétide ; elle se compose de fragments de pierres souvent arrondies et parfois de quelques fragments vitreux. La poussière des chemins de fer chauffée sur le platine dégage une odeur de charbon brûlé légèrement fétide, et, bouillie dans l’eau, une odeur d’hydrogène sulfuré; elle se com-
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- NOTES DE CHIMIE. ------ AVRIL 1896.
- pose de fragments de pierres et de cendres parfois légèrement vitreuses. La composition moyenne de ces poussières est la suivante :
- Fours. Routes. Chemins de fer.
- Matières organiques.................. .12 à 15 p. 100 (1) 2 1/2 à 5 10
- Siliceuses........................... 50 à 55 80 70 au moins
- Analyse des poussières du four a gaeoues d’Edimbourg (1894-95).
- Poussières recueillies : Sur les planches et les mu- Dans la cour du Hors d( î la Sur les feuilles dos
- railles autour du four. four. cour. arbres au voisinage.
- Matières organiques car-
- bonacées 13,72 13,83 12,08 14,76 13,16 12,24 14,68 14,84 15,16
- Matières siliceuses. . . 54,01 53,12 54,28 51,40 53,36 53,04 50,56 55,40 57,80
- Oxyde de fer 5,42 7,64 5,72 5,14 5,68 6,96 6,84 5,28 7,94
- Alumine 10,20 10,52 8,24 8,62 9,56 9,08 10,92 8,64 7,82
- Chaux 4,44 3,88 4,51 5,77 5.28 4,86 4,23 4,35 5,03
- Sels alcalins 4,46 3,85 6,32 5,20 4,96 5,92 5,02 4,16 4,74
- Acide carbonique, humi-
- dite, etc 7,28 7,11 8,83 9,11 8,00 8,50 7,45 7,33 6,49
- ' 100 ' 100 100 ’ 100 ' 100 ' 100 100 ‘ 100 100
- Soufre en acide sulfurique 3,74 3,24 3,65 4,16 4,13 3,51 3,71 4,15 3,5 \
- G. R.
- SUR UN NOUVEAU DERIVE DE LA CELLULOSE
- d’après MM. Glayton Beadle et Arthur Little (1
- La cellulose traitée par une solution de soude caustique renfermant au moins 15 p. 100 de son poids de monohydrate de soude gonfle considérablement; mais, après des lavages prolongés, on peut enlever à la cellulose toute la soude qu’elle avait d’abord fixée en donnant de l’hydrocellulose C12H20O10, H20, qui bleuit fortement par l’iode. 11 semble se former tout d’abord une combinaison de soude G12H20O10, NaQH, qui se dissocierait ensuite au contact de l’eau.
- Si l’on traite cette combinaison sodique par de la vapeur de sulfure de carbone, il se forme, au bout de quelques heures, un composé jaune d’or résultant de l’addition d’une molécule de sulfure de carbone au composé précédent. Cette combinaison est entièrement soluble dans l’eau en donnant une masse visqueuse qui, à la longue, se coagule en une gelée transparente d’hydrocellulose par suite de l’élimination progressive du sulfure de carbone.
- Pour préparer industriellement ce produit, on prend de la cellulose désagrégée, on l’imbibe d’une solution concentrée de soude, et l’on écrase énergiquement le mélange qui gonfle et devient translucide. L’opération dure un demi-heure pour 50 kilogrammes environ de matière. Celle-ci est alors chauffée à 30° centigrades et mise en présence
- T) Poussière prise auprès du four; plus loin, et sur les plantes du voisinage, elle renferme 15 p. JU0 au moins de matière organique.
- (2 Journal of ihe Franklin InüUule, 1894.
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- NOUVEAU DÉRIVÉ DE LA CELLULOSE.
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- de vapeurs de sulfure de carbone; la température s’élève notablement encore par le fait de la réaction qui arrive à son terme au bout d’une heure. La masse est devenue complètement jaune : on l’additionne de son volume d’eau, et, au bout de sept heures, le tout s’est transformé en une pâte épaisse. Pour obtenir une solution claire, on ajoute encore à cette pâte son volume d’eau et on filtre sous pression.
- La condition la plus favorable pour accomplir cette série de réactions est de mettre les matières en présence dans les proportions indiquées par la formule :
- ClâH20Ol0 : 2 Na2û : 2 CS2 : 35H20
- La solution ainsi obtenue se coagule spontanément en donnant une gelée d’hydrocellulose; cette coagulation est d’autant plus rapide que les solutions sont plus diluées et la température plus élevée. Elle est produite instantanément par les acides minéraux} lentement pour les acides organiques faibles comme l’acide acétique; il y a, dans ces deux cas, dégagement d’hydrogène sulfuré. Cette solution est encore précipitée par l’alcool et les dissolutions concentrées de sel marin ou d’alun.
- La solution est très visqueuse, mais sa viscosité varie beaucoup suivant les conditions de préparation; elle est d’autant moindre qu’il s’est écoulé un plus long intervalle de temps entre les deux traitements successifs à la soude et au sulfure de carbone. La solution à 7 p. 100 de cellulose peut atteindre une viscosité égale à celle de la glycérine.
- La matière coagulée est définitivement insoluble dans l’eau. La gelée obtenue, suivant qu’elle contient plus ou moins de 10 p. 100 de cellulose, se gonfle ou se contracte sans changer de forme quand elle reste immergée dans l’eau. Abandonnée à la dessiccation, elle donne une masse dure, compacte, de densité 1,5.
- Les applications que comporte cette solution de cellulose seraient les suivantes :
- La solution à 5 p. 100 pourrait servir de colle.
- Les tissus de laine et de coton imprégnés de cette solution prendraient une grande raideur après repassage tout en pouvant se laver très facilement.
- Cette cellulose soluble pourrait servir de mordant dans la teinture, notamment pour les couleurs d’aniline.
- Elle conviendrait également pour coller le papier après précipitation par l’alun.
- Après dessiccation, elle pourrait servir à faire des boutons et autres petits objets tournés.
- Elle donne des feuilles minces transparentes, qui pourraient servir de support pour les pellicules photographiques. Ces feuilles sont obtenues en étendant la solution sur une lame de verre, coagulant par la chaleur, lavant pour enlever les sels solubles et faisant sécher.
- IL L. C.
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- NOTES DE CHIMIE.
- AVRIL 1896.
- micromètre a coin de m. Conrad Klebe POUR la mesure des changements DE VOLUME DES CIMENTS PAR M. IL. Michaclis.
- La partie principale de l’appareil est le coin micrométrique; il a une longueur utile de 100 millimètres, et sa largeur augmente dans le rapport de 1 : 20 soit, de 5 : 100. A la partie inférieure de l’échelle graduée, ou O — O, (fig. 2), la largeur du coin est de 47,5 millimètres, à la partie supérieure, entre les divisions 10 —10 centimètres, la
- largeur du coin est de 52,5 millimètres-Chaque millimètre de déplacement en longueur répond par suite à une différence de largeur de 5/100 ou 1 /20 de millimètre, et comme on peut estimer encore des dixièmes de divisions, il en résulte que l’on arrive à une approximation de 1/200 de millimètre. Pour les essais ou les observations, on peut employer les éprouvettes usuelles, telles que l’éprouvette normale en forme de violon, le cube de 7,10 centimètres de côté, etc., et les barrettes pour essais de flexion.
- La longueur d’épreuve de toutes ces éprouvettes est d’environ 50 millimètres; elle est limitée par deux aiguilles métalliques (pas en acier) que l’on introduit normalement dans les éprouvettes au moyen d’une plaque de recouvrement convenable (fig. 3 et 4) et que l’on chasse au moyen de petits marteaux en plomb ou en bois.
- Ces aiguilles, qui sontdes épingles ordinaires sans tête, ont une longueur d’environ 25 millimètres et doivent dépasser l’éprouvette de 5 à 6 millimètres. Avant d’introduire le coin entre les aiguilles en vue de la mesure exacte de leur écartement, on recouvre la surface plus ou moins rugueuse de l’éprouvette d’une lame de tôle lisse afin d’obtenir une surface de glissement bien égale.
- L’inclinaison de la surface de glissement doit être d’environ 30°; l’éprouvette est placée à cet effet sur un support à genouillère. On guide le coin à la partie inférieure au moyen du pouce sans exercer de pression quelconque sur ce coin qui doit être abandonné à lui-même.
- On lit l'écartement des aiguilles sur les deux côtés du coin, celles-ci servant elles-mêmes d’index; les points de contact doivent correspondre autant que possible à des graduations de valeur égale; cependant, on peut prendre la moyenne arithmétique de valeurs différant légèrement.
- Fiar. 1.
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- MICROMÈTRE A COIN.
- 601
- La longueur à mesurer est obtenue en exprimant en millimètres la valeur lue sur l’échelle et en y ajoutant les 47,5 millimètres représentant la largeur du coin au zéro de l’échelle. Si la lecture donne, par exemple, aux deux points de contact, 34,5 et 34,7, cela répond à une moyenne de 34,6 millimètres et, par suite, à une augmentation de ^=1,73 millimètres ou, d’après ce qui vient d’être dit, à une longueur mesurée de 47,50 + 1,73 = 49,23 millimètres.
- Les glissières en acier du coin doivent toujours être graissées après l’usage; avant
- l’emploi, ces glissières, ainsi que la tôle de glissement, placée à plat et solidement sur un appui bien plan, doivent être soigneusement nettoyées.
- Les aiguilles introduites dans l’éprouvette sont enduites de vaseline avant l’immersion dans l’eau, au moyen d’un chiffon gras et en les tenant du bout des doigts, afin que les cristaux de carbonate de chaux ou autres corps ne s’y attachent pas trop fortement et puissent être enlevés facilement avant l’essai à l’aide d’un chiffon de toile ou de papier de soie. Avant chaque immersion, il faut procéder au même graissage. La température d’essai doit être, autant que possible, constante, par exemple 17° centigrades.
- H. L. C.
- Tome I. — 95e année. 5e série. — Avril 1896.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- ISOTE SUR LES EXPLOSIONS DES BOUTEILLES A ACIDE CARBONIQUE LIQUIDE
- d'après M, C. Bach (1).
- (Extrait par M. A. Gouvy, d’après une communication de M. C. Bach à la Société des Ingénieurs allemands, groupe de Wurtemberg, Bulletin de cette Société, n» 13, 1896, p. 346,)
- La note de M. Bach a été rédigée à la suite d’essais dont il avait été chargé en vue de rechercher les causes possibles de deux explosions de bouteilles à acide carbonique survenues en Allemagne et dont Tune avait occasionné mort d’homme, puis d’établir les conditions de fabrication et de réception que devaient remplir ces récipients.
- Les bouteilles en question satisfaisaient parfaitement aux conditions légales pour le transport des récipients d’acide carbonique liquide sur les chemins de fer allemands; mais ces conditions sont évidemment insuffisantes; elles se bornent, en effet, aux paragraphes suivants:
- 1° Les bouteilles doivent être en fer soudable, en fer fondu ou en acier fondu.
- 2° Elles doivent être essayées à une pression intérieure de 250 atmosphères et ne présenter aucune déformation permanente ni aucune fuite. 3° Cet essai doit être répété tous les trois ans.
- 4° Chaque bouteille doit porter, à un endroit facilement visible, une marque indiquant son poids à vide y compris les soupapes avec couvercles de protection, ainsi que la charge admise en kilogrammes, d’après les prescriptions du paragraphe 5 et la date du dernier essai de pression.
- 5° La charge maxima admissible est de 1 kilogramme de liquide par 1,34 litre de capacité; par exemple, pour 10 kilogrammes d’acide carbonique liquide, le volume du récipient doit être de 13,4 litres.
- Il n’est pas question ici du mode de fabrication, et c’est précisément au défaut de recuit que M. Bach a été amené à attribuer à première vue la cause de l’explosion de l’une des bouteilles. Celles-ci étaient fabriquées en fer fondu au moyen de corps creux, d'après le procédé Ehrhardt, par forage et étirage.
- Les essais faits par M. Bach ont porté sur trois morceaux de la bouteille ayant fait explosion; ces morceaux ont été redressés lentement à la presse hydraulique et les éprouvettes découpées à froid.
- Le premier morceau a donné cinq éprouvettes AjA, (fig. 1) qui ont été essayées telles quelles, sans recuit.
- (1) Cette note vient compléter d'une manière fort intéressante la communication faite par M. S. Périsse à la Société des ingénieurs civils de France (Bulletin de cette Société, vol. II, 1893, page 81).
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- EXPLOSIONS DES BOUTEILLES D’ACIDE CARBONIQUE.
- 603
- Le second morceau adonné une seule éprouvette et le troisième deux éprouvettes; ces trois dernières éprouvettes ont été recuites avant les essais à la traction.
- Le résultat a été très net et a donné en moyenne :
- Pour les 5 éprouvettes non recuites :
- Résistance à la traction R = 8 429 kilogrammes par cm2.
- Allongement sur 100m/m = 4,8 p. 100
- Pour les 3 éprouvettes recuites : R = 5 770 kilogrammes par cm2.
- Allongement, 22,5 p. 100.
- Les rapports des résistances et des allongements sont donc, dans les deux cas, entre la matière recuite et celte non recuite, telle qu’elle était lorsque la bouteille a fait explosion égaux :
- 22,5
- Pour l’allongement, de ——=4,69
- 4?8
- Pour la résistance, de
- 5 770 8 429
- = 0,69.
- Il est donc bien évident que le récipient n’avait pas été soumis au recuit après sa fabrication, sans compter que le coefficient d’allongement de 4,8 p. 100 est beaucoup trop faible par lui-même et surtout pour des récipients de ce genre qui, soumis à une pression élevée, doivent être transportés et peuvent recevoir des chocs, subir des efforts dynamiques divers, et même être chauffés ou refroidis inégalement; l’allongement de 22,5 p. 100 doit être, au contraire, considéré comme largement suffisant.
- A la suite des deux explosions citées dans la note de M. Bach, l’administration avait interdit l’usage des récipients de même provenance que ceux qui avaient éclaté; l’autorisation pour la remise en service de ces récipients dépendait toutefois de l’avis de M. Bach comme expert.
- A cet effet, il pensa d’abord à prescrire l’essai au marteau de toutes les bouteilles mises préalablement sous pression, ainsi que cela se fait ordinairement pour les réceptions de tuyaux ordinaires ; il y renonça toutefois, en raison du danger qu’il peut y avoir pour l’opérateur au cas où l’un des récipients se déchirerait pour une cause quelconque, et il proposa simplement l’essai à la traction sur une bouteille pour 100 ; le chiffre minimum fixé pour l’allongement était de 12 p. 100 sur 100 millimètres, avec une section de l’éprouvette d’environ 0c,n2,8.Cet allongement de 12 p. 100 serait trop faible s’il s’agissait de nouvelles conditions à établir ; mais, dans le cas considéré, il a été choisi comme minimum en vue de rendre possible l’emploi des bouteilles en stock sans toutefois laisser subsister un danger ultérieur quelconque par leur usage.
- M. Bach a fait, d’autre part, des essais sur la régularité des épaisseurs des parois de récipients à acide carbonique, et ne portant que sur des récipients sans soudure fabriqués avec corps creux d’après les procédés Ehrhardt ou Mannesmann, les récipients soudés étant toujours faibles sur leur ligne de soudure, ainsi que l’a démontré l’expérience, et paraissant devoir être exclus complètement de l’usage courant. Le diamètre extérieur des bouteilles essayées par M. Bach était de 0m,14 et l’épaisseur normale des parois d’environ 4in/m,5, d’où, en désignant par s l’épaisseur, D le dia-
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- AVRIL 1896.
- mètre extérieur et n l’effort de traction correspondant à une pression intérieure de p kilogr. par cm2, la formule :
- soit, pour la pression d’épreuve de 250 kilogr. par cm2 :
- / 14 \
- a — 250 ( ---—— — 1 J = 3 639 kilogr. par cm2.
- V2 X 0,45 J ° r
- Ce chiffre de 3 639 kilogrammes se rapproche beaucoup de la limite d’élasticité constatée dans les essais avec métal recuit : entre 3 765 et 4 072 kilogrammes par cm2.
- Avec l’acide carbonique, la pression ne dépassera pas généralement 80 kilogrammes par cm2 (soit a 1 164 kilogr.), mais elle pourra atteindre exceptionnellement 120 atmosphères (soit s = 1 747 kilogr.); ces chiffres seraient donc parfaitement admissibles en supposant les épaisseurs uniformes, ce qui n’est pas précisément le cas.
- M. Bach, a en effet, trouvé que l’épaisseur de l’une des bouteilles fendue par-pression d’eau n’était, en cette partie de la paroi, que de 0,33 cm., ce qui correspondrait avec la pression d’épreuve de 250 kilogrammes à,
- ^ = 250 33 ~ = 3 303 kilogr- Par cm2.
- et, pour une pression p de 120 atmosphères à
- 14 \
- 2 x Q 33 — 1 1 = 2343 kllo8T- par cm2.
- Ces chiffres sont évidemment trop élevés, et il faut en conclure qu’il y a lieu d’exiger une épaisseur suffisante des parois des récipients, au moins égale à 4mm,5 avec tolérance de 0mm,5 au maximum, et encore cette tolérance n’est-elle admise parM. Bach qu’en considération de la formule suivante, plus exacte que la précédente, et donnant l’effort de traction sur le métal en fonction des rayons intérieur ri et extérieur ra, savoir :
- 1,3 va2 h- 0,4 r 2
- qui donne, pour p = 250 kilogr, ra= 7 cm., r{ — 0,4 = 6,6 cm. 1,3 X 72 h- 0,4 X 6,62
- cr = 250 --------—-----—r;---------= 3 728 kilogr. par cm2.
- r — 6,6-
- 11 faut ou laisser aux fabricants le soin de contrôler leurs bouteilles, de manière qu’il ne s’y trouve pas de parties trop faibles, ou imposer une épaisseur normale trop forte.
- La conclusion que M. Bach tire de ces essais se résume comme suit :
- La cause des explosions paraît nettement établie; elles peuvent être évitées, en tant qu’elles proviennent des récipients eux-mêmes : 1° par le choix d’un métal possédant, en même temps que la résistance suffisante, la ténacité nécessaire; 2° en adoptant une épaisseur suffisante pour les parois des récipients; 3° en soumettant
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- EXPLOSIONS DES LOUTEÎLLES d’aCIDE CARBONIQUE.
- 605
- les récipients, après leur fabrication, à un [recuit convenable; le certificat de l’expert chargé du contrôle pourrait mentionner que cette dernière condition a été remplie, d’autant plus que Ton peut, jusqu’à un certain point, constater ce recuit sur la bouteille elle-même, avant peinture, d’après l’aspect du métal.
- Pour compléter sa communication, M. Bach a présenté les résultats d’essais faits par lui sur deux récipients d’acide carbonique provenant de deux fabrications différentes. Le premier (fig. 2), pesant à vide 21,43 kilogr., charge admise, 10,2 kilogr., essayé à 250 atm., avait été fabriqué d’après le procédé Ehrhardt. Le second K, fig. 54,
- Fig. 2 et 3.
- essayé, à 250 atm., pesant 25,8 kilogr., charge maxima 10,37 kilogr., avait été fabriqué aux établissements Mannesmann.
- Les figures 4 à 7, indiquent la manière dont les éprouvettes ont été prises sur chacune de ces deux bouteilles ainsi que les épaisseurs constatées aux diverses sections ; les viroles I, lï, III, IV ont été obtenues au tour, en vue des mesures d’épaisseur; les éprouvettes à la traction J, J2 et Kx K2 ont été découpées à la raboteuse à raison de deux dans chaque cylindre; enfin, pour les essais à la traction perpendiculairement à l’axe du récipient, on a retiré, des viroles II, les éprouvettes transversales JQ, à JQ/„ (fig. 4) et KQt à KQ4 (fig. 7). Les moyennes trouvées de cette façon aux essais à la traction ont été :
- Limite Charge do Allongement
- d’élasticité. rupture. mesuré sur
- 100 “/m.
- Kilog. Kilog. P. 100.
- par °/mî par e/”2.
- Récipient . i ( Pour les éprouvettes J\ J, JQ JQ non recuites . . . (4 533) 5 960 17,9
- I — — J-2 J-. JQ JQ recuites 3 590 5 722 21,6
- Fig. 2 et 4. 1 , — — JQ( JQS JQ3 JQî recuites . . 3 838 5 701 18,6
- Récipient . | ' — — Ki K, Ki IL non recuites. . (4 722) 6 544 16,0
- K S — — K2 K» Ko Ko recuites .... 4.058 6 178 20,2
- Fig. 3 et 6. ! — — KQi KQo KQ, KQi recuites. 3 962 6 100 13,6
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- AVRIL 1896.
- Les limites d’élasticité des éprouvettes Jj et K2 non recuites n’ont pu être déterminées avec certitude; d’autre part, l’éprouvette KQ2 a été arrachée en dehors des points de repère et son allongement n’a pu être déterminé exactement.
- M. Bach ne tire aucune conclusion de ces essais et fait prévoir qu’il pourra communiquer plus tard d’autres détails; il peut être cependant intéressant de constater
- I F HL Æ F
- K,- T7- K.- A,
- K, AV- K.--- K,
- \Ky\K0®KO\
- Fig. 4, 5, 6 et 7.
- les grandes différences des épaisseurs des parois du récipient K, ces différences variant entre 0,8 et 2,0m/m, tandis que, pour le récipient I, la différence maxima est de 0,6m/m ; n’y aurait-il pas là une conséquence du mode de fabrication de ces tubes par le procédé Mannesmann? Ce serait une question qu’il y aurait intérêt à examiner de plus près, de même que celle de la résistance du métal dans le sens transversal, cette résistance étant probablement variable, elle aussi, suivant le procédé de fabrication employé.
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- CIRCULATION DANS LES CHAUDIÈRES TUBULÉES.
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- CIRCULATION ET VAPORISATIONS RELATIVES DES TU RES DANS LES CHAUDIÈRES TURüLÉES
- La question des chaudières tubulées, si actuelle aujourd’hui dans la marine, a tout naturellement été portée à l’ordre du jour, au dernier Congrès des Naval Architecte de Londres, où elle a fait l’objet de communications importantes. Nous donnons le résumé de deux de ces communications, de MM. Watkinson (1) et Ward (2), dont les expériences viennent fort heureusement compléter celles de MM. Yarrow et Yhornycroft dont nous avons déjà rendu compte dans ce Bulletin (3).
- 11 faut néanmoins, en appliquant les résultats de ces expériences, se rappeler qu’elles ont été exécutées sur de petits modèles en fer et en verre, à la pression atmosphérique, de sorte qu’elles fournissent, pour la pratique, non pas des chiffres immédiatement applicables, mais des indications générales évidemment des plus précieuses et des plus suggestives.
- D’après M. H. Watkinson, les principales causes de la circulation dans tes chaudières tubulées seraient les suivantes :
- 1° Les différences de densité de l’eau en différents points de sa masse, occasionnées par
- Fig. -1 à 5.
- les inégalités de température au moment de l’allumage des feux; la circulation ainsi provoquée est très lente.
- 2° Quand l’eau se trouve à peu près toute à la même température, et qu’il s’est formé de la vapeur, mais pas assez pour en rompre la continuité, il se produit une circulation plus
- pi) Circulation in Watcr. Tube Boilers.
- (2) On Water Tube Boilers.
- (3) Mars 1895, p. 252, janvier 1896, p. 134.
- (4) D’après un mémoire de l'auteur lu à l’Institute of Engineers and Shipbuiidcrs in Scotland, en janvier 1895.
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- 608
- NOTES DE MÉCANIQUE.
- AVRIL 1896.
- vigoureuse, mais principalement locale, par Faction d’entraînement des bulles de vapeur qui s’élèvent au travers de l’eau.
- 3° Quand la vapeur se forme avec assez de rapidité pour qu’il n’y ait plus, en certains points du circuit, que de la mousse ou de la vapeur seule, il se produit une circulation très rapide, due à la différence des densités entre ce courant de vapeur ou de mousse et l’eau continue des tubes descendants intérieurs ou extérieurs (4).
- L’action de ces causes est représentée sur les diagrammes flg. 1 à 4. En fig. 1, la vapeur ne se forme pas assez rapidement pour remplir une partie du tube A entièrement de vapeur ou de mousse, de sorte que, l’eau étant supposée à une température uniforme, la seule cause de circulation est l’entraînement de la colonne A par les bulles de vapeur qui s’y élèvent, et non pas la différence des densités des colonnes A et B. 11 suffit en effet d’injecter de l’air par le
- Yarrow.
- Fig. 9. — Thornycroft.
- Fig. 10. — Babcox Wilcox.
- Fig. 11. Niclause.
- tube G (fig. 2) pour provoquer une circulation dans le dispositif fig. 2, ou de faire passer en A (fig. 3) une suite de boules sur un fil.
- En fig. 4, la vaporisation est assez active pour remplir complètement de vapeur la branche A. Ici c’est bien la différence des densités des colonnes A et B qui provoque une circulation rapide; c’est une circulation générale aussi complète que possible. A'la pression atmosphérique, avec une vaporisation de 10 kilos environ par mètre carré de chauffe et par heure, et des tubes de 30 millimètres de diamètre, les bulles de vapeur ne remplissent pas tout le tube, mais il se produit au haut du tube une mousse qui rompt complètement la continuité de son eau, comme en fig. 9, 10 et 12. C’est une circulation encore vigoureuse, mais moins générale que la précédente, puisqu’il retombe, de la mousse, une certaine quantité d’eau.
- Chaudière Belleville. — Le modèle de chaudière Belleville qui servit aux expériences de M. Watkinson se compose (lîg. 6) de deux éléments de chacun 12 tubes, de 24 millimètres de diamètre intérieur, l’eliés en série : longueur d’axe en axe des boîtes 680 millimètres, inclinaison 4 p. 100, comme dans les types actuels,avec clapet de retenue automatique A. En marche,
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- CIRCULATION DANS LES CHAUDIÈRES TUBULÉES.
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- le niveau de l’eau se tient à peu près à la rangée médiane des tubes, mais il faut, à la mise en marche, que tous ces tubes soient remplis pour éviter la surchauffe.
- On sait que, dans la chaudière Bellevitle, les éléments reliés en parallèle par la boîte frontale, ou collecteur d'alimentation, et le dôme de vapeur sont constitués chacun par un serpentin d’environ 45 mètres de long, parcouru d’un bout à l’autre par l’eau d’alimentation, et comme l’inclinaison de ces tubes est de 4 p. 100, l’extrémité supérieure du serpentin n’est qu’à lm,80 du bas; la décharge de la vapeur dans le dôme se fait à 0m,45 environ au-dessus de cette extrémité. Les nombreux coudes de ces serpenlins gênent la circulation ; il a fallu, pour l’activer, rétreindre les orifices par lesquels l’eau s’écoule de l’alimentateur aux tubes et munir chacun des deux tubes descendants d’un clapet de retenue A (fig. 6). Il en résulterait, d’après M. Watkinson, que, dans ces chaudières, la circulation se produit d’une façon intermittente, sous une charge d’environ 0m,60 d’eau, avec un certain retour d’eau par les orifices contractés de l’alimentateur. Au départ, il se produit en outre de violents coups d’eau, par le fait de la forme des boîtes et de la formation de la vapeur simultanément dans plusieurs tubes à la fois; en marche, la circulation est très rapide, mais avec peu d’eau dans les tubes, sinon dans ceux du bas où la circulation est parfois alternative.
- Chaudière Yarrow (fig. 7). — Dans ce modèle, la moitié des tubes, celle de droite, se décharge dans l’eau du dôme de vapeur, comme dans les chaudières actuelles, et l’autre moitié au-dessus. Chacune de ces moitiés indépendantes, composée de 16 tubes de 11 millimètres intérieur, est pourvue d’un tube descendant extérieur de 24 millimètres, ou d’une section égale au i /34° de celle de son faisceau, et que l’on peut fermer à volonté.
- Avec ce tube fermé et les tubes plongés dans l’eau du dôme ou noyés, la circulation commence dès la mise en feu, accompagnée de projections périodiques d’eau et de vapeur dans le dôme, dont le niveau est très agité. En marche, avec une vaporisation puissante, la circulation est presque continue et le niveau plus régulier; certains tubes, moins chauffés que les autres, agissent comme des tubes descendants; dans les autres, la circulation est alternative. Le tube de retour améliore la circulation générale : il y a moins de tubes instables, mais encore quelques tubes descendants.
- Avec les tubes débouchant au-dessus de l’eau du dôme, la circulation ne peut se produire qu’après la formation de la vapeur ou la mise en vaporisation; cette vapeur se forme immédiatement dans les tubes voisins du feu, dont elle projette dans le dôme l’eau aussitôt remplacée par celle du tube de retour. La circulation est donc, à la mise en feu, intermittente, mais de moins en moins à mesure que la température de la chaudière s’égalise, pour devenir, en marche, tout à fait continue.
- Chaudière Thornycroft (fig. 9). — Le modèle est composé de 12 tubes de 11 millimètres intérieurs, avec tube de retour descendant de 40 millimètres, ou de section à peu près égale à celle de son faisceau. A la mise en feu, il se produit presque immédiatement une circulation intermittente, due à la formation de la vapeur dans les tubes, dont les collecteurs inférieurs et supérieurs sont presque froids; cette circulation empêche la surchauffe du haut des tubes qui, sans cela, resteraient vides. Dans les chaudières actuelles du type Daring (1) avec tubes de retour intérieurs, la circulation s’établit entre les collecteurs aussitôt la mise en feu. Avec une vaporisation active, même dans des tubes de 13 millimètres de diamètre, il n’y reste pas d’eau continue, le haut des tubes est rempli d’une émulsion de vapeur avec exclusion complète d’eau solide. Dans ces conditions, la circulation est excessivement active, le mélange d’eau et de mousse se précipite sans interruption dans le dôme de vapeur, dont le niveau est des plus stables.
- Chaudière Babcox Wilcox (2). — Le modèle était formé de 3 tubes de 36mm,5 intérieur, inclinés de 15°; longueur d’axe en axe des boîtes 840 millimètres. La circulation est due partie à l’entraînement par les bulles de vapeur formées dans les tubes inclinés, partie à la
- (1) Bulletin de mars 1895, p. 252.
- (2) Bulletin d’avril 1894, p. 165.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- AVRIL 1896.
- mousse du haut de ces tubes et surtout à celle des boîtes d’avant. Si le niveau de l’eau, au départ, est au-dessous du fond du dôme de vapeur, ou peut réduire considérablement ce dôme sans danger de primage, comme lorsque ce niveau est plus élevé; puis, une fois la circulation établie, la vapeur entraîne dans ce dôme une grande quantité d’eau (fig. 10), et la circulation se maintient très rapide et continue.
- Chaudière Niclause. — Le modèle de cette chaudière se compose de 5 tubes de 23 millimètres intérieur sur 460 de long, avec tubes intérieurs de 10 millimètres : inclinaison lo°. Il s’est comporté comme celui de la chaudière Babcox Wilcox.
- Effet de l’inclinaison des tubes sur la rapidité de la circulation. — Quand chaque tube prend son eau directement au tambour d’alimentation et la décharge directement au réservoir de vapeur, la circulation est d’autant plus active que les tubes sont plus inclinés sur l'horizontale. Quand ils s’alimentent et se déchargent dans les caisses, l’inclinaison n’affecte pas beaucoup la circulation, pourvu qu’elle ne soit pas inférieure à 15°, et que les courants des différents tubes ne se contrarient pas, parce que la circulation, dans ces chaudières, est due principalement à la faible densité de la mousse dans les boîtes d’avant. Quand l’inclinaison est très inférieure à 15°, la circulation, qu’elle se fasse par des boites ou par des tubes intérieurs, est toujours en grande partie locale, avec très peu d’eau dans les tubes.
- Avantages relatifs de la décharge de la vapeur au-dessus et au-dessous du niveau de Veau. — Il semble que la circulation doive être a priori maxima quand la décharge de la vapeur a lieu juste au niveau de l’eau dans le dôme, parce que la charge qui détermine la circulation est la même quel que soit le niveau de la décharge, et que, dans le cas d’une décharge au-dessous du niveau de l’eau, une grande partie de l’énergie de circulation est perdue en agitation de cette eau. Quand la décharge se fait au-dessus du niveau, la rapidité de la circulation diminue et la section des tubes de retour en activité reste invariable, tandis qu’elle varie, au contraire, dans le cas d’une décharge au-dessous du niveau, même avec des tubes de retour extérieurs, parce que le nombre des tubes descendants change avec l’allure de la circulation. La décharge au-dessus du niveau permet de diminuer beaucoup le volume du dôme de vapeur sans danger de primage, parce que l’eau de ce dôme est moins agitée.
- Tubes droits et courbes. — Quand la décharge s’opère au-dessus du niveau, à la mise en train, les tubes sont parfois très inégalement chauffés, de sorte qu’il paraît utile d’en faciliter les dilatations en les recourbant ou en laissant leurs extrémités libres, comme dans les chaudières Belleville ou Niclause. Avec la décharge sous l’eau du dôme et une bonne circulation, on peut, au contraire, employer sans danger les tubes droits. D’autre part, les tubes recourbés permettent de réaliser, pour un nombre donné de joints, une surface de chauffe beaucoup plus étendue.
- Avantages relatifs des tubes de retour chauffés et non chauffés. — A vaporisation égale par mètre carré de chauffe, la circulation sera maxima quand toute la chaleur sera appliquée aux tubes ascendants; si l’on chauffe en outre les tubes de retour, la circulation augmentera jusqu’à ce qu’il s’y produise assez de vapeur pour rompre la continuité de leur eau; dans tous les modèles essayés, un chauffage modéré des tubes de retour augmente la circulation.. Dans les chaudières où la décharge de la vapeur se fait dans l’eau du dôme (Babcox, d’Allest, Normand, Yarrow), même avec des tubes de retour spéciaux, les tubes les plus éloignés du feù agissent aussi comme retours.
- Il faut remarquer qu’il importe de placer l’entrée des tubes de retour aussi loin que possible sous le niveau de l’eau dans le dôme, sans cela, la diminution de la pression au droit de cette entrée suffirait pour y provoquer une formation de vapeur (fig. 5). Gomme tubes de retour intérieurs et chauffés, il est avantageux d’en disposer quelques-uns d’assez gros au milieu des autres plus petits.
- Détermination du rapport du poids de V eau en circulation à celui de Veau d’alimentation. — Pour déterminer ce rapport, M. Watkinson employa l’appareil représenté par la figure 12, constitué
- (1) Bulletin d’avril 1894, p. 160.
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- VAPORISATION DES CHAUDIÈRES TUBULÉES.
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- par un tube de retour ou descendant B, de section variable, un tube montant A, de 30 millimètres, et un dôme de vapeur dans lequel on pouvait, au moyen d’un tube de verre mobile, y faire déboucher A au-dessus ou au-dessous du niveau de l’eau. On mesurait la charge motrice provoquant la circulation par la différence de celles de deux manomètres montés l’un sur le réservoir d’alimentation, au bas de l’appareil, et l’autre au bas du dôme de vapeur. La vitesse de la circulation est proportionnelle à la racine carrée de cette charge et en raison inverse de la résistance du circuit. Voici les résultats obtenus par cette méthode avec l’appareil marchant à la pression atmosphérique, à une vaporisation de 5k,90 par heure, correspondant à 53k,50 par mètre carré de surface exposée aux llammes.
- Section (lu Charge en m/m d’eau Poids de l’eau en circulation
- tube B avec décharge. par minute.
- de retour. Sous l’eau Au-dessus Décharge en Décharge en
- eu centimètres carrés. du dôme. dessous. dessus.
- 0,56 460 533 16 k, 8 J k8,2
- 2,32 185 220 62,5 66,5
- 6,40 83 83 110 110
- Afin de déterminer les vitesses réelles correspondant aux charges indiquées par les manomètres, on fit, pour chaque diamètre du tube de retour B, une expérience consistant à enlever le tube montant A, puis à rétreindre la sortie du tambour inférieur de manière à réaliser l’une des résistances à l’écoulement ou l’une des charges du tableau, donnée par les deux manomètres. On remplissait le dôme de vapeur d’eau à 93°, et l’on mesurait le débit correspondant à cette charge.
- Les expériences de M. Warcl ont été exécutées (tig. 13 à 19) sur un modèle composé de 39 tubes droits, de 9mm,5 de diamètre sur 230 de long, présentant une surface de chauffe totale de 0m2,270, emmanchés dans des tôles plates formant boîtes, avec faces en verre permettant l’observation et reliées au haut par un dôme de vapeur. Dans ce modèle, le volume occupé par la vapeur est égal à 1 640 fois celui de l’eau. Le foyer consistait en deux rampes de Bunsen. Le modèle pouvait prendre, comme l’indique le tracé pointillé, différentes inclinaisons. On opérait à la pression atmosphérique.
- La vaporisation est maxima pour une inclinaison de 10° sur l’horizontale (240 grammes), puis elle s’abaisse successivement à 235 grammes pour une inclinaison de 15°, 210 grammes pour 30°, 180 grammes pour 45°, 160 grammes pour 60°, J 50 grammes pour 75°„ 140 grammes pour 90°; pour 5°, elle est de 235 grammes, et de 210 grammes pour l’horizontale. Le résultat de cette expérience est représenté par la courbe supérieure de la figure 17, tracée en prenant pour abscisses les inclinaisons successives de la chaudière et pour ordonnées les vaporisations correspondantes en tant p. 100 de la vaporisation à l’inclinaison de 10°. On voit, qu’en passant de 10° à 30°, la vaporisation diminue de 15 p. 100, puis de 33 p. 100 à 60° et de 40 p. 100 à 90°.
- Ces premières expériences ont été exécutées avec les tubes disposés en quinconce (fig. 13); on les répéta avec les tubes disposés en rangées verticales (fig. 16), ce qui eut pour effet, comme l’indique la courbe inférieure de la figure 17, d’en diminuer la vaporisation d’environ 18 p.100 à tous les degrés d’inclinaison.
- M. Ward chercha ensuite à évaluer la puissance de vaporisation comparative des tubes les plus proches du foyer. A cet effet, il ajouta, à la première chaudière du modèle, une seconde chaudière formée (fig. 14) de 6 tubes de 0m2,04 de surface de chauffe qui, joints aux 0m2,27 de laVhaudière précédente, donnaient un total de 0m2,3l . Les résultats de ces expériences sont représentés par les courbes du diagramme, fig. 18, dont la première donne la vaporisation de l’ensemble, la seconde celle de la petite chaudière ajoutée et la troisième celle de l’ancienne chaudière. On voit que, malgré l’augmentation de 13 p. 100 environ de sa surface de chauffe totale, la vaporisation de l’ensemble n’a presque pas augmenté, et que celle de la partie ancienne a, par son éloignement du feu, baissé de 100, 40 p. 100 à 10° et de 60 à 17 p. 100 à 90°, par rapport aux vaporisations primitives. La vaporisation de la petite chaudière ajoutée
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- est, au contraire, de 60 p. 100 à 10° et de 45 p. 100 à 90°, d’où il résulle que, dans les chaudières ordinaires il y a environ 60 p. 100 de la vapeur produite par les tubes du bas près du feu.
- 13 14 D>
- o o q o
- j u uXJ u (_
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- Ol o
- 16 17 18 19
- Fig. 13 à 19. — Expériences de M. Ward.
- Si l’on intervertit les positions des deux chaudières en plaçant la plus petite en haut, l’on trouve, pour cette dernière, une vaporisation presque nulle.
- On peut, en somme, évaluer comme suit les vaporisations comparatives des différentes rangées de tubes à partir du foyer.
- Rang à partir du foyer.
- 1
- 2
- 3
- 4
- 5
- 6
- Vaporisation p. 100.
- 60
- 24
- 9.5
- 3.5
- 1.5 1
- 0,5
- On voit que, pratiquement, les premières rangées de tubes supportent presque tout le travail de vaporisation, ce qui explique leur usure rapide. M. Ward propose, pour la diminuer, de les remplacer (fig. 15) par des tubes plus gros. En remplaçant les 6 tubes de 9mm,5 du modèle fig. 14 par 3 tubes de 19 millimètres (fig. 15) offrant une section double, ou renfermant deux fois plus d’eau, l’on obtient les résultats représentés par le diagramme fig. 19, qui donne sensiblement la même vaporisation totale que le diagramme précédent, mais avec une meilleure répartition de la puissance de vaporisation entre les différents tubes. A 10°, le haut de la chaudière vaporise 60 au lieu de 40 p. 100, 27 au lieu de 17 p. 100 à 90°, et les gros tubes du bas 40 au lieu de 60 p. 100 à 10°, 38 au lieu de 45 p. 100 à 90°; leur courbe coupe celle du haut pour une inclinaison de 50", à partir de laquelle le haut de la chaudière vaporise moins que le bas. Les petits tubes du bas du modèle fig. 14 vaporisaient 24k,5 par mètre carré de surface de chauffe et par heure, avec une vitesse de circulation de Tlm,60 par seconde; ils étaient remplis d’un mélange d’eau et de vapeur interceptant le passage de la lumière et rendaient tout ce qu’ils pouvaient donner avec avantage. Les gros tubes du bas du
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- VAPORISATION DES CHAUDIÈRES TUBULÉES.
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- modèle fig. 14 ne vaporisaient pins que 17 kilogrammes par mètre carré, avec une vitesse de circulation — vapeur seulement — de 0m,90 par seconde à la sortie. Jusqu’à l’inclinaison de 60°, on voyait la lumière au travers de ces tubes remplis au 1/3 de vapeur, le bas de leur section laissant passer une circulation d’eau claire ininterrompue, puis, au delà de 60°, l’eau et la vapeur se mélangeaient. On aurait pu évidemment augmenter de beaucoup la vaporisation de ces tubes sans les forcer; la vapeur, aux inclinaisons normales, les traversait sans entraînement d’eau, même en diminuant par un ajutage leur sortie des 3/4.
- D’après les expériences de M. Thornycroft dans des chaudières à 3 atmosphères, les volumes relatifs de la vapeur et de l’eau traversant en circulation des tubes de 30 millimètres de diamètre sonl dans le rapport de 5,4 à 1, puis de 1 1/2 à 1, à 12 atmosphères. De là, un danger de surchauffe, qui rend impossible l’emploi de tubes en cuivre, et le risque d’oxyder les tubes par la dissociation de cette vapeur surchauffée (?) Le remplacement des petits tubes du foyer, à circulation très rapide pour ne pas les brûler, par de gros tubes à circulation modérée ne présente pas ces inconvénients et serait, d’après M. Ward, des plus avantageuses.
- M. Ward termine son mémoire en faisant remarquer que, dans certaines chaudières, les Belleville notamment, dont les tubes ne sont inclinés que de 4 à 3°, le roulis du navire, qui atteint souvent 10°, provoque des renversements périodiques de la circulation capables d’occasionner desavaries surtoutauxtubes très actifs voisins du foyer, maison peut évidemment y remédier en grande partie en disposant les chaudières avec leurs tubes parallèles à l’axe du navire.
- Dans la discussion de ces mémoires, M. Yarrow, insistant sur les avantages des tubes droits employés dans ses chaudières, a fait remarquer la facilité relative de leur
- Fig. 20 à 22. — Sertissage et pose des tubes. Alimentation automatique des chaudières Yarrow.
- remplacement. Néanmoins, pour remplacer un tube d’une rangée donnée, il faut enlever, comme l’indique la figure 21, tous ceux qui le précèdent vers le foyer, —
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- 4 tubes au cas figuré, — passer le nouveau tube dans les premiers trous de la rangée du dôme de vapeur et du bouilleur, puis dans les seconds, et ainsi de suite, puis, de trous en trous, jusqu’à sa place définitive, où le sertissage se fait par un mandrin qui doit être assez long pour pouvoir atteindre, du dôme de vapeur, la virole du bouilleur, quand ce dernier est trop petit pour y entrer. En construction, ce sertissage se fait, comme l’indique la figure 20, par un mandrin commandé au moyen d’une corde et d’un arbre flexible.
- Les chaudières Yarrow ont chacune une pompe alimentaire indépendante, qui prend sa vapeur (fig. 22) dans le dôme, au-dessus d’un cône perforé de nombreux trous, où le niveau de l’eau est moins agité. Dès que ce niveau baisse, la vapeur, admise librement à la pompe, la fait marcher en plein, tandis que, si le niveau monte, cette admission s’étrangle automatiquement, et ralentit la pompe qui contribue, au contraire, à abaisser le niveau, par l’eau qu’elle aspire alors de la chaudière au cylindre de vapeur, plus grand que son cylindre à eau.
- .MOTEL'K A TRANSMISSION HYPOCYCLOÏDALE Chapman
- Le fonctionnement de cette machine est fondé sur ce que tous les points d’une circonférence roulant à l’intérieur d’une circonférence de diamètre double décrivent des diamètres de cette circonférence.
- Les tiges BB des deux pistons, à cylindres orthogonaux A, sont (fig. 23 à 23) guidés en DD
- Fig. 23. —• Moteur Chapman, vu de face.
- dans des glissières orthogonales CC, et les boutons des crosses DD, reliés d’une part aux manivelles GG, sont conjugués par un maillon EE, de longueur double de celle de G. Quand fun des pistons est au milieu de sa course, l’autre est au bout de la sienne. Il résulte, de celte construction, que les boutons DD peuvent être considérés comme roulant dans une circonférence de rayon EE, double de G, de sorte qu’ils décrivent naturellement des droites, et que le flottement deîleurs croisillons sur les glissières CG est très faible. D’après les constructeurs
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- MOTEUR CHAPMAN,
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- de cette machine, MM. Milne and Sons d’Edimbourg, une de ces machines, à cylindres de 250 millimètres de course sur 75 de diamètre, avait, à 180 tours par minute, un rendement
- Fig. 24. — Moteur Chapman. Plan schématique
- Moteur Chapman, vu par bout
- organique de 78 p. 100; en outre, cette machine est d’un encombrement relativement très faible.
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- A VU IL 1896.
- RÉGULATEUR DIRECT VARIABLE MaC Lareil
- Ce régulateur se distingue fig. 26 par un dispositif fort simple et des plus ingénieux permettant de faire varier en marche et sans arrêt le régime de la machine. Les masses centrifuges C, pivotées en D, sont retenues par des ressorts G, dont on fait varier la tension — d’autant plus grande que l'on veut marcher plus vite — en tournant leurs écrous J, et cette
- Fig. 26. — Régulateur Mac Laren.
- rotation leur est imprimée, dans un sens ou dans l’autre, suivant que l’on amène au contact des galets L la face droite ou la face gauche de la coulisse N, qui, ordinairement,-laisse, à chaque four, passer librement ces galets. Les déplacements de la coulisse F sont, bien entendu, limités de manière qu’elle ne puisse jamais choquer les galets L.
- FREIN A VAPEUR POUR MACHINES COMPOUND BullOCk
- Ce frein a pour objet d’empêcher l’emballement des machines compound quand leur résistance vient à cesser brusquement comme, par exemple, dans le cas d’une machine marine dont l’hélice sort de l’eau ou d’une machine d’extraction. Les figures 29 à 32 en représentent l’application à une machine fixe, dont la vapeur du cylindre de haute pression A s’échappe
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- FREIN A VAPEUR RULLOGK.
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- par un réservoir intermédiaire C au cylindre de basse pression B, qui, lui-même, échappe dans un second réservoir P. Dès que la machine s’emporte au delà d’une certaine limite, le
- Fig. 27. — Frein à vapeur Bullock. Ensemble.
- Frein à vapeur Bullock. Détail du papillon F. Coupes 5-5 et 4-4. Détail de la came K.
- régulateur ferme simultanément l’admission au cylindre A, l’admission de C en B, par D, et l’échappement de P au condenseur par Q, en même temps qu’il fait communiquer C avec P par une soupape S, au travers du robinet d’étranglement T. Il en résulte que les deux cylindres se Tome I. — 95e année. 5e série. — Avril 1896. 40
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- mettent en marche en contre-vapeur sur les réservoirs fermés P et G, dont la pression est limitée par la charge d’une soupape de sûreté, de manière que le moteur reprenne, avec sa vitesse de régime, son allure normale dès la réouverture de D, de Q et la fermeture de S.
- La valve D consiste (fig. 30) en un papillon Ff, qu’un cylindre à vapeur H, soumis au régulateur, attaque directement par une tige G, à double bande gg, réglable en g^g^. La tige Ii du distributeur équilibré de H est commandée, du régulateur, par une came K (fig. 31) dont les parties ki et k-i, concentriques à son axe de pivotement O, n’agissent pas sur le renvoi LG de I, de manière qu’elle n’oppose aucune résistance au fonctionnement normal du régulateur, qui n’agit sur L que par l’arc K2, excentré et très court. Ce même mouvement commande, par les renvois Ri Si et R1 R, la soupapeS d’intercommunication de P et C et la valve Q, identique à D.
- PERCUTEUR A AIR COMPRIMÉ Boyer
- Parmi les nombreux percuteurs ou maillets à air comprimé employés aux États-Unis, l’un des plus usités est celui de M. Boyer, dont les figures 32 à 33 vont nous permettre d’expliquer le fonctionnement en détail.
- Quand le piston frappeur W occupe la position (fig. 33) vers le fond de sa course avant, la soupape de distribution J, qui est au bas de sa course, a fermé l’admission d’air comprimé G
- JE* Q
- Fig. 32 à 33. — Percuteur à air comprimé Boyer. Coupes 1-1 et 2-2. Détail du distributeur.
- et mis la lumière L du cylindre T en communication avec l’échappement K; le piston, après avoir frappé l’outil Z, se trouve ainsi ramené en arrière par l’air comprimé amené de GM Y sur sa face avant, par l’espace annulaire X. Dès que le piston a, dans son retour, franchi la longueur de X, sa tige V ferme le conduit Y, et le restant de la course de rappel s’accomplit par la détente de l’air admis à son origine. Vers la fin de cette course de rappel, V, découvrant l’orifice S
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- PALAN BURKHOLDER.
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- met, par le canal R, le haut du distributeur J en communication avec l’atmosphère en U, de sorte que l’air comprimé constamment admis sous J par M relève ce distributeur dans la position indiquée en figure 34, où il ferme l’échappement K et admet l’air comprimé au cylindre par GL, derrière le piston qui recommence une seconde course avant. Dès que, dans cette nouvelle course avant, le piston W découvre l’orifice Q, l’air comprimé admis par P au-dessus de J, au travers du clapet de retenue O, abaisse J de manière à fermer de nouveau l’admission et à ouvrir l’échappement K, afin que la course se termine par le lancé du piston, malgré la résistance de l’air de rappel admis par Y sur sa face avant. Il eu résulte que le piston frappe des coups rapides : 4 000 ào 000 par minute, à rappel extrêmement vif, mais moins brusques que s’il frappait son outil en pleine admission ; et le rappel s’elfectue aussi sans choc grâce à la fermeture de la lumière Y dès le passage de X au retour. L’ouverture Q' du canal R a pour objet d’assurer l’évacuation de l’air de rappel légèrement comprimé qui se trouve en avant du piston au commencement de sa course motrice, de manière que cet air ne puisse jamais abaisser J au départ de cette course, puis il se referme, comme S, presque aussitôt après.
- Quand l’outil travaille, l’ouvrier maintient le ciseau Z constamment appuyé sur l’ouvrage; dès qu’il l’en retire, Je marteau, dépassant sa course normale, découvre la lumière A',comme en figure 32, de manière que l’air comprimé au-dessus de J s’évacue par RA' dans le cylindre T, alors ouvert à l’échappement K, et que J se relève, fermant K et-ouvrant l’admission GL; le marteau se trouve ainsi maintenu au fond de sa course avant et cesse automatiquement de fonctionner. Cette pression se transmet, par A'Q R et P, au-dessus du distributeur J qui, en redescendant, laisse le piston W reculer, mais de très peu; et ainsi de suite, le piston continuant à osciller sans chocs très près de sa position limite (fig. 32). Pour remettre l’outil en marche, il suffit d’appuyer Z assez pour faire dépasser au piston W l’orifice A'. Cet arrêt automatique fort ingénieux évite l’usure considérable des outils qui continuaient à marcher à vide, abandonnés à eux-mêmes par une négligence, paraît-il, assez fréquente.
- On peut enfin régler la pression de l’air comprimé en G en abaissant plus ou moins, parle levier L',la soupape F', qui en règle le passage de la prise B' à G, autour de l’étranglement de sa tige, par les orifices H' et G'. Dès qu’on lâche le levier L', un ressort J', rappelant la soupape F' dans la position figure 34, ferme l’arrivée de l’air.
- L’outil de M. Boyer coûte 625 francs; il permet d’exécuter un grand nombre de travaux de chaudronnerie, principalement les matages — mater par exemple les tubes au taux d’environ 2 tubes par minute — et peut se démonter facilement pour la visite et les réparations.
- Ces appareils sont très répandus aux États-Unis pour toutes sortes d’usages, travail de la pierre (1), du bois, du fer, maillets de dentistes (2), etc. et peuvent souvent rendre de grands services (3).
- palan Burkholder
- Ce palan, principalement destiné à la manutention des bottes de foin, appartient à une classe d’appareils fréquemment employés aux États-Unis (4).
- Pendant qu’on soulève la charge, il est fixé fig. 36 par la prise de la fourche H sur l’étrier J,
- (1) Scientific American, 11 novembre 1894, p. 313. Revue industrielle, 31 août 1893.
- (2) Bannister et Green (Brevets américains 11 950 de 1851 et 88290 de 1889), Dibbes (21l 652de 1899), Hyde (91 829 de 1869), Richman (213134 de 1819.
- (3) Outils de Bagnasco (Brevet américain 414 154 de 1892), Carlinet (481 086 de 1892), Dennis (152391 juin 1814) Drawbaugh (482 942, de 1892, 504803 de 1893), Manson (152391, de 1815), Nichols (158863 de 1875), Crossley et Atkinson (Brevet anglais 3568 de 1894), Thorp (15123, de 1889) Mac Coy (Journal of the Franklin Inslitute, juillet 1889, Scientific American, 31 août 1889, la Nature, 9 novembre 1889 p. 314).
- (4) Bulletin de novembre 1894, p. 821.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- AVRIL 1896.
- attaché au rail qui supporte son chariot B. Quand la charge arrive à la hauteur voulue, elle repousse, par P, le levier N dans la position figure 37, où il lâche H qui, pivotant sous le poids de la chape M, montée dans le châssis K (fig. 39), se dégage de J en même temps que K
- Fig. 36 à 39. Palan Burckholder enclenché et déclenché. Détail des bâtis F et K.
- empêche la charge de redescendre par le serrage du frein d prenant la corde G sur la gorge c du châssis F (fig. 38) solidaire de B. On roule alors l’appareil jusqu’au point de décharge. Au retour, le doigt V de H, repoussé par c', ramène les pièces dans leur position primitive.
- COMPAS DE VÉRIFICATION EVOy.
- Ce dispositif très simple consiste en un compas suspendu à la Cardan à une sorte de trapèze que l’on peut, comme l’indiquent les figures 40 et 41, facilement descendre sur le pont ou monter à une hauteur où la boussole se trouve certainement à l’abri de toute perturbation par le fait des fers du navire. Pour faire une vérification, on note le point marqué par la boussole ordinaire du timonier, puis on descend la boussole de contrôle. Le premier mouvement de cette descente a pour effet de fixer l’aiguille de cette boussole dans la position qu’elle occupait au commencement de la descente, au moment même où l’on a observé le point, de sorte qu’il suffit de noter la différence entre ce point et l’indication de la boussole descendue pour en avoir la vérification immédiate. Un timbre facilite l’exécution de ces manœuvres très simples.
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- LIQUÉFACTION FRIGORIFIQUE DES GAZ.
- 621
- On a déjà appliqué ce système sous le nom d’Evoy, abréviatif du cri « Heave Evhov » par
- Fig. 40 et il. — Compas de vérification Evoy abaissé et levé.
- lequel on commande sa manœuvre, à un certain nombre de navires de la nouvelle ligne transatlantique : City of Paris, Saint-Louis, etc. où l’on en est fort satisfait (1).
- LIQUÉFACTION FRIGORIFIQUE DES GAZ, PROCÉDÉ HampSOXl
- Ce procédé employé aux fabrique d’oxygène de Brin, à Westminster, est analogue — et, d’après M. Hampson, antérieur (2) — à celui de Linde, décrit à la page 1114 de notre Bulletin d’octobre 1895. L’oxygène, comprimé à 120 atmosphères et à la température ordinaire, arrive par le petit tuyau représenté à droite au haut de la figure 42 dans un serpentin qui débouche en A (fig. 43) par un ajutage D, sur un bouchon C d’où il revient, détendu par B, et autour du serpentin qu’il refroidit, dans la pompe qui le refoule de nouveau, mais ainsi de plus en plus froid, au serpentin. L’oxygène
- (1) Marine Engineer, l8r décembre 1895.
- (2) Brevet anglais 10165 du 23 mai 1895.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- AVRIL 1896.
- finit par atteindre ainsi en D son point de liquéfaction à la pression atmosphérique — 180° — de sorte que l’on peut, paraît-il, dans un appareil de 750 millimètres de haut
- Fig. 42 et 43. — Liquéfacteur de gaz Hampson. Ensemble de l’appareil.
- sur 180 millimètres de diamètre, fabriquer de l’oxygène liquide au taux de 7 centimètres cubes par minute (1).
- PAILLES MICROSCOPIQUES DANS LES PIÈCES EN ACIER DES MACHINES
- d’après MM. A. E. Seaton et J. O. Arnold (2).
- Il se produit souvent, dans les pièces d’acier des machines, des ruptures inattendues dont la cause a paru longtemps mystérieuse, et que l’on peut, au contraire, presque toujours parvenir à expliquer par un examen microscopique de la cassure.
- Comme exemple, M. Seaton cite la rupture d’un arbre d’hélice survenue (üg. 44) en juin 1895. Cet arbre, en acier Siemens, au titre de 0,2 à 0,25 p. 100 de carbone : résis-
- (1) The Engmeer, 21 mars 1896.
- (2) Institution of Naval Architects. Meeting d’avril, 1896.
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- PAILLES MICROSCOPIQUES DES ACIERS.
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- tance à la rupture 47 kil., allongement 25 p. 100, supporta parfaitement toutes les épreuves et marcha de 1883 à 1895 sans aucune détérioration pouvant faire présager
- 44 et 45.
- un accident; d’autre part, sa rupture ne saurait être attribuée à la fatigue, parce qu’il a toujours travaillé bien au-dessous de sa limite d’élasticité.
- D’après M. Arnold, qui en examina la cassure, l’âme de l’arbre paraissait très aigre avec des taches grises indiquant la présence de bulles d’air dans le lingot; l’âme était entourée d’acier parfaitement sain. On perça dans un secteur détaché de l’arbre deux trous B et D (fig. 45), écartés de 90 millimètres, pour en analyser les copeaux, et l’on préleva en A et C les échantillons microscopiques.
- Les résultats de l’analyse sont les suivants :
- en ]5 en D
- Carbone combiné................0,310 p. 100 0,470 p. 100
- Silicium........................ 0,037 — 9,031 —
- Manganèse....................... 0,828 — 0,986 —
- Phosphore........................0,038 — 0,167 —
- Soufre.......................... 0,033 — 0,150 —
- Cette analyse démontre que te lingot a du être coulé très chaud, et qu’il se produisit une liquation très prononcée pour un lingot aussi relativement petit, car il y a deux fois plus de carbone au centre) C qu’à la périphérie B de l’arbre. Le manganèse s’est Jiquaté du carbone probablement sous la forme de carbure double de fer et de manganèse. Il y a trois fois plus de phosphore et de soufre au centre qu’à la circonférence. 11 est évident que l’acier du lingot était très impur et trop dur.
- Dans l’examen microscopique, on a étudiée successivement la distribution du carbure et celle du sulfure.
- Distribution du carbure. — En fig. 46, les plages grises, qui constituent presque toute la section, sont du fer dans lequel sont diffusés des lamelles et granules irréguliers du carbure double de fer et de manganèse, que l’on voit différenciées en fig. 47; les parties sombres des micrographies sont de l’acier et les blanches du fer pur. On voit, en fig. 46, que le métal se compose de cellules d’acier enchâssées dans de minces cloisons de fer parfois rompues; la figure 47 représente l’intersection de trois de ces cloisons, et montre les laminations irrégulières du carbure. Les structures de ce type sont presque toujours cassantes, susceptibles de se rompre, sous l’influence des vibrations, aux cloisonnements, par une sorte de clivage partiel,
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- AVRIL 1896.
- parce que l’adhésion y est moindre. En outre, le métal se rapproche de son point de saturation (1), l’acier y prédomine, ce qui ne devrait jamais se présenter pour les arbres d’hélice.
- Le contraste de l’aspect de la section fig. 48, prélevée au centre de l’arbre, avec celle fig. 47,
- ms
- iiiiiiii
- Fig. 46. — Coupe C (fig. 45). Grossisse- Fig. 47. —Coupe C. Grossissement 170.
- ment 23 en diamètre. Éclairement direct. Éclairement direct.
- prélevée à la circonférence, est frappante. Le fer y prédomine, le métal s’y compose de grains d’acier irréguliers noyés dans le fer, mais avec des lignes de jonction nettes, sans un feutrage
- Fig. 13. —Coup-- A uig. iGro-sisso- Fig. 10. — Coupe C. Grossissement 17U.
- ment 170. Éclairement direct. Éclairement direct.
- suffisant pour assurer la solidité du métal; défaut que l’on rencontre souvent dans les pièces d’acier fondu non recuites, et qui montre que le lingot n’a probablement pas été suffisamment forgé.
- (1) Le point de saturation du fer pur et de l’acier au carbone est aux environs de 0,9 p. 100 de carbone, il s’abaisse à 0,65 p. 100 de carbone pour les aciers à 1 p. 100 de manganèse.
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- PAILLES MICROSCOPIQUES DES ACIERS.
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- Distribution du sulfure. — Le sulfure de fer, même en très petite proportion, se reconnaît facilement au microscope; il se présente sous différentes formes toujours dangereuses et parfois désastreuses pour la cohésion du métal. Son point de fusion peu élevé fait qu’il reste liquide ou pâteux après la solidification des autres éléments. La distribution du sulfure se présente ici sous trois formes.
- 1° En larges globules isolés ou en masses irrégulières (fîg. 49);
- 2° En petits globules ovoïdes, en chapelets irréguliers (fig. 50);
- 3° En strates ou failles allongées successives (fig. 51) ; c’est la forme la plus dangereuse.
- Le sulfure se présente généralement dans les plages de fer sans adhérence au métal, dont il est séparé probablement par un vide microscopique. Les masses de sulfure bien détachées, comme ici, présentent, après l’attaque, une surface grisâtre dure et polie, entourée de petits anneaux bruns constitués par de la rouille due à la pénétration de l’acide dans les fissures environnantes, sans qu’il puisse se vaporiser au séchage après l’attaque. Toutes les sections
- représentées sont transversales; des coupes longitudinales auraient probablement montré que la plupart des taches arrondies de sulfure sont des affleurements de failles analogues à celles de la fig. 50, et l’équivalent d’une série de petites pailles.
- En résumé, dit M. Arnold, les principaux défauts qui amenèrent la rupture sont : une mauvaise composition chimique aggravée par des liquations, le pipage des lingots, la disposition structurale défectueuse des constituants. L’examen microscopique a indiqué, pour les phosphures, une distribution analogue à celle des carbures, mais d’une faible cohésion, toujours incapable de résister aux chocs et aux vibrations. Le centre de l’arbre, affaibli par le pipage et la fragilité des carbures et des phosphures, strié de sulfures et aigre, ne vaut pas mieux qu’une bonne fonte grise. Il est presque certain que la plupart des pailles sulfureuses se sont graduellement étendues du centre vers l’extérieur, le long des cloisons cristallines du bon métal extérieur, jusqu’à ce qu’un choc vibratoire exceptionnel vînt déterminer la rupture.
- La teneur en carbone est élevée, mais insuffisante pour avoir occasionné seule la rupture; le soufre et le phosphore sont certainement toujours nuisibles, mais ici bien moins par leur teneur même que par la disposition des sulphures et phosphures dans le métal. L’analyse chimique, qui ne révèle pas cette structure, est donc insuffisante,
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- AVRIL 1896.
- l’examen microscopique la complète très heureusement, d’autant plus qu’il n’exige que peu ou point de connaissances spéciales. Le rapport de M. Arnold démontre comment de petites failles peuvent se propager graduellement du centre à la circonférence d’un arbre, et provoquer une rupture sans aucun avertissement; ce fait donne
- raison à la pratique du forage des arbres qui les débarrasse de ce danger en les rendant plus résistants et plus légers.
- Dans le cas représenté par la fîg. 52, qui se rapporte à un arbre d’acier de 250 millimètres de diamètre, que l’on cassa après y avoir remarqué de petites criques à l’extérieur, on voit que ces criques s’étaient considérablement étendues suivant des angles de rupture à peu près constants.
- G. R.
- SUR LE CHAUFFAGE ET LA VENTILATION DES ÉDIFICES PUBLICS
- d’après M. Wolff (1).
- Les grands bâtiments publics des États-Unis : hôtels, théâtres, clubs, salles de concerts, possèdent des installations de chauffage, ventilation, éclairage électrique assez
- (1) Journal of the Franklin Instituée. T. 138, 189-1, p. 43 et 126.
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- CHAUFFAGE ET VENTILATION DES ÉDIFICES PUBLICS.
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- importantes pour nécessiter l’emploi de machines atteignant parfois une force de mille chevaux. L’installation de ces véritables usines de force motrice exige l’intervention d’ingénieurs spéciaux, auxquels les architectes demandent leur concours. M. A. Wolff, qui s’est occupé d’un grand nombre d’installations semblables, a exposé, dans une séance publique du Franklin Institule, les principes que sa longue expérience en ces matières l’avait conduit à adopter.
- La quantité d’air à fournir par la ventilation doit être telle que la teneur en acide carbonique ne dépasse pas le double de ce qu’elle est dans l’air pur, c’est-à-dire ne
- dépasse pas
- -------. 11 faut, pour cela, fournir : par personne
- 10000 y 1
- 42 mètres cubes en une heure, ou 11 litres par seconde.
- et, par brûleur à gaz moyen, brûlant 200 litres à l’heure, cinq fois plus d’air que pour une personne, soit
- 210 mètres cubes en une heure, ou 38 litres par seconde.
- Ce sont là des chiffres énormes par rapport à ceux dont, en fait, on se contente habituellement en France.
- La quantité de chaleur nécessaire pour le chauffage dépend des éléments suivants : 1° La température extérieure;
- 2° La température désirée dans la pièce chauffée;
- 3° Les échanges de chaleur avec l’extérieur à travers les parois ;
- 4° Le nombre de personnes et d’appareils d’éclairage présents.
- 1° Température extérieure. — Les installations doivent être faites de façon à suffire dans les conditions extérieures les plus défavorables que l’on admet être :
- * degrés.
- Air extérieur.........................................................— 15
- Caves et locaux fermés non chauffés. .................................— 0
- Vestibules et corridors non chauffés, fréquemment en communication
- avec l’air extérieur...............................................— 5
- Greniers à toitures métalliques.......................................— 10
- Greniers couverts en tuiles ou ciment.................................— 5
- 2° Température dans les locaux chauffés. — On doit, par tous les temps, pouvoir obtenir les températures maxima suivantes :
- degrés.
- Habitations et boutiques.......................................- . . . 20
- Salles de spectacles, prisons........................................... 18
- Corridors, escaliers.................................................... 12
- 3° Chaleur fournie par les personnes et les appareils d'éclairage.
- calories.
- Une personne dégage par heure................................... 100
- Un bec de gaz moyen. . . ; .....................................1,200
- Une lampe à incandescence de 16 bougies......................... 400
- 4° Échange de chaleur avec l'extérieur par les parois. — L’auteur s’est toujours très bien trouvé de calculer ces échanges de chaleur au moyen des coefficients qui ont été
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- AVRIL 1896.
- déterminés expérimentalement par les soins du gouvernement allemand. Ces coefficients, qui donnent la quantité de chaleur transmise par mètre carré de surface pour une différence de 1° de température entre l’extérieur et l’intérieur sont les suivants :
- mètres. calories.
- Mur en brique d’une épaisseur de 0,10...........................3,4
- — — 0,20............................2,3
- — — 0,30. ,.........................1,6
- — — 0,40............................1,3
- — 0,50........................1,1
- — — 1,00........................0,6
- Fenêtre simple......................................................3,87
- — double.......................................................2,60
- Plafond vitré ou tabatière simple...................................5,6
- — — double....................................3,1
- Porte, y compris les rentrées d’air.............................2,1
- Plafond à poutres en bois..........................................0,52
- — à poutres en fer..............................................0,72
- Plancher à poutres en bois......................................0,415
- à poutres en fer......................................0,62
- Ces coefficients doivent être majorés de 10 p. 100 pour exposition au nord ou au vent régnant, ou pour des locaux chauffés seulement le jour, en cumulant ensemble les accroissements résultant de chacune de ces circonstances.
- La majoration sera de 50 p. 100 pour des locaux chauffés d’une façon intermittente; une fois par semaine par exemple.
- Pour employer ces coefficients, on les multipliera par le nombre de mètres carrés des différentes surfaces refroidissantes et par le nombre de degrés d’écart entre la température des locaux chauffés et celle du milieu extérieur qui pourra, suivant les cas, être le plein air, une cave, une pièce non chauffée, etc.
- Enfin, comme dernier renseignement indispensable, il faut savoir quelle quantité de chaleur peuvent débiter les appareils de chauffage usuellement employés. Pour les bâtiments publics, le seul procédé de chauffage employé aux États-Unis est le chauffage à la vapeur à basse pression. Les appareils semblables donnent, avec une pression de vapeur de 0k",25, et par mètre carré de surface radiante :
- Eu fonte brute............................. 1 070 calories.
- En fonte peinte et vernie.................. 670 —
- La marche à suivre, en partant de ces données, pour établir une installation de chauffage et ventilation, est de calculer d’abord le volume d’air nécessité par le nombre des personnes et celui des becs de gaz prévus de façon à ne pas dépasser la teneur en acide carbonique fixée.
- Calculer la quantité de chaleur nécessaire pour élever l’air de ventilation de la température la plus basse à la température la plus élevée prévue, c’est-à-dire de — 15 à 20°. Cette quantité de chaleur est par mètre cube d’air de :
- 0,3 X 35 = lûcal,5
- Calculer la quantité de chaleur perdue par les surfaces des murs, planchers, fenêtres, dans l’hypothèse du plus grand écart de température prévu.
- En défalquant, de la somme de ces deux quantités de chaleur, celle qui est fournie
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- CHAUFFAGE ET VENTILATION DES ÉDIFICES PUBLICS.
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- parles personnes et lampes à gaz prévues, on aura la quantité de chaleur à fournir par les appareils de chauffage proprement dits, dont la surface sera calculée d’après les coefficients de radiation indiqués. Le poids de vapeur à envoyer dans ces appareils sera calculé en admettant que la condensation de l kilogramme de vapeur fournit un nombre rond, en tenant compte des pertes résultant de ce que la vapeur n’est jamais sèche.
- 500 calories.
- L’expérience montre que, dans les grands établissements éclairés à l’électricité, la dépense de vapeur nécessitée par cet éclairage est sensiblement équivalente à celle nécessitée par le chauffage. On a alors une solution très économique du double problème de l’éclairage et du chauffage en employant comme force motrice des machines à faible détente, dont on utilise la vapeurd’échappement pour le chauffage. C’est pour cette raison que les stations centrales d’électricité ne peuvent, comme prix de revient, lutter avec les installations particulières faites dans les grands édifices.
- Le chauffage des locaux peut se faire par deux procédés essentiellement distincts qu’il est souvent avantageux de combiner ensemble. Dans l’un d’eux, on communique à l’air employé par la ventilation toute la chaleur nécessitée pour le chauffage; dans l’autre, on fait la ventilation avec de l’air frais, et on place les appareils de chauffage dans la pièce à chauffer. Dans le premier cas, l’air arrive avec une température supérieure à celle delà pièce; dans l’autre, avec une température inférieure. Dans les deux cas, il est indispensable de préserver les personnes contre l’arrivée brusque de cet air inégalement chaud. Le seul procédé qui permette de satisfaire à cette condition tout en fournissant les volumes énormes d’air nécessités par une bonne ventilation consiste à faire arriver l’air par le plafond. Il est indispensable, en outre, dans le cas d’emploi d’air frais, de diviser assez les orifices d’accès pour que cet air ait le temps de se mêler complètement à celui de la pièce avant d’atteindre les personnes présentes.
- Dans les installations semblables, le seul point difficile, et il est très délicat, est de faire varier le chauffage suivant les besoins, de manière à assurer la constance de la température malgré les variations du nombre des personnes et de celui des becs de gaz, variations qui sont parfois très brusques. On peut chercher à employer des régulateurs de température agissant automatiquement, mais la solution de beaucoup la meilleure consiste à confier ce service à un employé diligent qui se tient d’une façon permanente au courant de tous les besoins du service dont il est chargé.
- H. L. C.
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- PROCÈS-VERBAUX
- Séance du 27 mars 1896.
- Dépouillement de là correspondance. — MM. Collignon et Aimé Girard, secrétaires, dépouillent la correspondance.
- Ils annoncent la mort de M. Claude-Henri Cartier, industriel à Paulin, membres de la Société :
- Sir Isciac Lowthian Bell, membre correspondant du Conseil, envoie, pour la bibliothèque de la Société, les ouvrages mentionnés à la page 477 du Bulletin de mars, et qui présentent, au point de vue de la métallurgie du fer, le plus grand intérêt.
- MM. Lemoine et Langer remercient la Société de leur nomination comme membres.
- M. C.-P. Dupuis, 3, rue de Billancourt, Boulogne-sur-Seine, demande une annuité de brevet pour machine aéronautique. (Arts mécaniques.)
- M. Borde, 87, rue de Vercingétorix, demande une annuité pour appareil à eau de seltz. (Arts économiques.)
- MM. G. Nivière et A. Hubert, Dr es sciences, directeurs du laboratoire œnologique et agricole de Béziers, envoient un pli cacheté sur Je rôle des acides dans la fermentation et la production du bouquet, et demandent l’ouverture et l’examen du mémoire renfermé dans le pli remis par eux le 17 février 1896, intitulé : Tourteaux et alcool de pommes de terre. (Renvoyé au Comité de Chimie.)
- AI. Ch. Bourquin, à Saint-Symphorien, envoie une note complémentaire à celle adressée en décembre 1895, sur la récupération du chlore dans la fabrication de la soude. (Arts chimiques.)
- M. F. de Champville soumet à l’appréciation de la Société son ouvrage sur le Bon Cidre. (Comité d’Agriculture.)
- MM. J. Caird et J.-B. Bart, de l’université de Glasgow, invitent la Société à se faire représenter à la célébration du jubilé de Lord Kelvin.
- Correspondance imprimée. — MM. les Secrétaires présentent au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages signalés à la page 477 du Bulletin de mars.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- AVRIL 1896.
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- Déclaration de vacance. —M. Tisserand déclare, au nom du Comité d'agriculture, une vacance en remplacement de M. Demontzey, démissionnaire.
- Nominations de membres de la Société. — Sont nommés membres de la Société :
- MM. Despret, directeur des glaces et verres spéciaux du Nord, présenté par M. Appert.
- Lapointe, administrateur de la Société des Salines de Maixe, président de la Société industrielle de l’Est, présenté par M. G. Richard.
- Joannin, capitaine d’artillerie aux ateliers de Puteaux, présenté par MM. le général Sebert et le comte de Chardonnet.
- Retz (le comte de), répétiteur de mathématiques à l’École centrale, présenté par M. Jordan.
- Or fila, ingénieur civil des mines, attaché à la Société de Ghâtillon et de Commentry, présenté par M. Rérard.
- Conférence. — M. Ferrand fait, sur les progrès récents des torpilleurs et sur le torpilleur le Forban, une conférence reproduite in extenso à la page 511 du présent Bulletin.
- M. le Président remercie M. Ferrand de sa très intéressante communication vivement applaudie par l’auditoire.
- Séance du 10 avril 1896.
- Présidence de M. Mascart, président.
- Dépouillement de la correspondance. — M. Aimé Girard, secrétaire, dépouille la correspondance.
- Il annonce la perte faite, par la Société, de deux de ses membres les plus distingués.
- M. Pierre-André Frey, lauréat de la grande médaille de Prony, qui lui fut décernée en 1890 par la Société d’Encouragement, s’est acquis, parmi les mécaniciens, une juste célébrité par ses nombreuses inventions, principalement dans le domaine des machines-outils; il est le créateur de toute une série de machines à bois des plus importantes, d’un outillage complet pour la fabrication des wagons en bois et en fer, de machines à fraiser et à tailler les fraises, et d’une machine ingénieuse à fabriquer à froid les clous dits pointes de Paris. Les nombreuses machines sorties des ateliers qu’il fonda, en 1836, à Belleville, presque toutes originales et nouvelles, font honneur à la mécanique française et justifient à tous égards la haute récompense que lui avait décernée notre Société.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- AVRIL 1896.
- M. J.-B. Bureau, né à Faye (Maine-et-Loire), le 10 juillet 1820, s’est consacré toute sa vie à l'industrie sucrière française, qui fait en lui une grande perte. Après avoir dirigé des fabriques de sucre, été étudier aux Etats-Unis la fabrication du sucre de canne, et publié sur la sucrerie quelques travaux très remarqués, M. Dureau fonda en 1860 le Journal des fabricants de sucre, qui fut le premier organe consacré exclusivement à la technologie et à la défense des intérêts de cette importante industrie, à laquelle il a rendu et rend encore les plus grands services ; M. Dureau le dirigea jusqu’à sa mort avec une compétence, un dévouement et une impartialité des plus dignes d’éloges. Nous citerons encore, à côté de son œuvre principale, son Rapport sur J industrie du sucre à /’ Exposition universelle de 1867 et son ouvrage sur l'Industrie du sucre depuis 1860.
- M. Hélouis, chimiste à Bois-Colombes, adresse à la Société deux lettres, datées du 30 mars et du o avril, annonçant qu’il est parvenu à produire le molybdène par la même méthode que le vanadium et à réaliser une série d’alliages : aluminium vanadium, ferro-vanadium, aluminium chrome, aluminium tungstène, ferro-chrome-aluminium, aluminium nickel chrome, aluminium nickel, aluminium molybdène et ferro-molybdène, aluminium titane... qui présentent un grand intérêt et seront l’objet d’une communication de l’auteur à la Société le 12 juin prochain.
- M. L. Magnien, ingénieur agricole à Dijon, soumet à l’appréciation de la Société ses études sur la Confection des cartes agronomiques communales. (Comité d’agriculture.)
- M. F. Grive aux, 42, boulevard Pasteur, à Nantes, demande l’aide de la Société pour la construction d’un moteur à vapeur régénérée. (Arts mécaniques.)
- M. Emile Etienne, 6, passage Clichy, demande le concours de la Société pour un appareil de sauvetage. (Arts économiques.)
- M. A. Chenevière, rueMathias-Duval,13, demande le concours delà Société pour l’établissement d’un nouveau système de parquets. (Constructions et Beaux-Arts.)
- M. Lindet, membre du Conseil de la Société et président du deuxième Congrès international de chimie appliquée, demande que la Société d’Encouragement veuille bien annoncer la prochaine réunion de ce congrès au Bulletin et s’y faire représenter par un délégué.
- Le 27 juillet, doit s’ouvrir, à Paris, le 2e congrès international de chimie appliquée, où se continuera l’œuvre, si intéressante déjà, que le congrès de Bruxelles a entreprise en 1894. En dehors des questions techniques, qui ont trait à la chimie industrielle, le congrès aura à résoudre, ou tout au moins à discuter les procédés d’analyse employés tant pour guider le fabricant que pour garantir le consommateur ou le fisc. Plusieurs de ces questions ont été soulevées au congrès de Bruxelles, et les commissions internationales qui ont été nommées, à cette époque, apporteront au congrès de Paris de nouveaux éléments de discussion.
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- Le Congrès est organisé en dix sections, dont le travail sera considérable, si l’on en juge par le nombre et l’intérêt des questions qui sont déjà parvenues à chacune d’elles. Ces sections représentent les industries ci-après : produits chimiques, électro-chimie, matières colorantes et teintures, produits pharmaceutiques, métallurgie et mines, sucrerie, vinification, brasserie, distillerie, laiterie, féculerie, matières alimentaires, chimie agricole, chimie médicale, photographie, etc.
- L’Association des chimistes de sucrerie et de distillerie, qui a été chargée de l’organisation de ce congrès, a réuni un comité de patronage qui comprend les membres du gouvernement, un grand nombre de membres de l’Institut, et les plus hautes notabilités scientifiques et industrielles. Le président de notre Société, M. Mascart, deux de nos vice-présidents, MM. Appert et Carnot, notre secrétaire perpétuel, M. Aimé Girard, et vingt de nos membres du Conseil ont bien voulu accepter de faire partie de ce comité. Elle a réuni également un comité d’organisation, composé des présidents, vice-présidents, et secrétaires de chacune des sections.
- Des comités se sont organisés également à l’étranger, en Allemagne, en Autriche, en Hongrie, en Belgique, en Grèce, en Hollande, en Italie, en Portugal, en Russie, en Suisse, aux États-Unis, à Java, à l'île Maurice, au Mexique, au Pérou, etc. Ces comités ont réuni les noms des savants les plus estimés.
- Ceux de nos collègues qui désirent prendre part à ce congrès sont priés d’adresser leur demande à M. Dupont, secrétaire général du comité d’organisation, 156, boulevard Magenta, qui leur fera parvenir immédiatement le programme provisoire.
- La Compagnie des manufactures de glaces et de produits chimiques de Saint-Gobain, Chauny et Cirey remet à la Société d’Encouragement une somme de mille francs pour être jointe aux sommes déjà recueillies en vue cïessais et d’études sur le verre. M. le Président remercie, au nom du Conseil, la Compagnie de Saint-Gobain de cette libéralité, qui montre combien les services rendus par notre Société dans la voie des recherches et des expériences, où elle s’est engagée depuis peu, sont appréciés parles industriels les plus éminents.
- M. Girard donne lecture d’un extrait des Zapisky de mars 1896 par lequel: dans sa séance du 18/30 décembre 1895, le conseil de la Société technique impériale russe décide qu elle est heureuse de proposer à l’assemblée générale de cette Société la nomination du président de la Société d’Encouragement comme membre honoraire.
- Correspondance imprimée. — M. Aimé Girard présente au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages mentionnés àiapage 636 du présent Bulletin.
- Nominations de membres de la Société. — Sont nommés membres de la Société,
- M. Valton, ingénieur civil des mines, présenté par MM. Jordan et Haton de la Goupillière.
- M. Feret, directeur du laboratoire des ponts et chaussées à Boulogne-sur-Mer, présenté par M. tl. Le Chatelier.
- M. Geissler, fabricant de papier, présenté par MM. Rama et H. Le Chatelier.
- Tome I. — 95e année. 5e série.
- Avril 1896.
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- PROCÈS-VERBAUX. --- AVRIL 1896.
- M. Arson, ingénieur de la Compagnie parisienne du gaz, présenté par AT. Troosl.
- La Compagnie Thomson Houston, présentée par M. G. Richard.
- Rapports des Comités. — M. S. Pector, au nom du Comité des Constructions et Beaux-Arts sur les Appareils photographiques de M. Mac ken Steen (p. 500 du présent Bulletin).
- M. Lavalard, au nom du Comité cVagriculture, sur l’ouvrage de M. Boissier intitulé : le Cheval des mines (p. 503j.
- Communication. — M. de Lover do fait une communication sur la culture du raisin de Corinthe en Grèce et en Algérie.
- M. de Loverdo, après avoir donné quelques aperçus sur les conditions dans lesquelles s’exerce la culture de la vigne de Corinthe en Grece, fait ressortir l’impulsion économique que cette industrie a imprimée dans le développement de ce pays.
- Cependant son extension est toute récente. Vers 1850, si l’on parcourait le rivage péloponésien, on ne voyait encore que quelques souches de vignes groupées çà et là autour de pauvres hameaux; les plaines de l’Élide, les vallées de Messénie et les champs de Corinthie étaient en grande partie incultes ; aujourd’hui, tous ces espaces ne sont qu’un vignoble ininterrompu, composé presque uniquement de ce précieux cépage.
- La production moyenne de toute la Grèce a bondi, dans l’espace de ces cinquante dernières années, de 10 à 160 millions de kilogrammes.
- Sa culture ne laisse pas que de présenter quelques particularités dignes d’être signalées, surtout pour ce qui concerne la conduite du cep. Ainsi, on lui pratique la taille mixte et on lui applique Vincision annulaire.
- Cette dernière opération est, pour ainsi dire, obligatoire dans les terres grasses et fertiles ; elle y empêche la coulure, à laquelle le Corinthe est sujet.
- L’incision annulaire a lieu quelque temps avant la floraison; elle consiste à inciser tous les troncs, — et non pas les branches, ainsi qu’on fait sur quelques points de la France, — en traçant au moyen d’une serpette, près du collet de chaque arbuste, un cercle dont la profondeur va jusqu’au bois. Par cette blessure circulaire, on tempère l’exubérance de la végétation, on empêche la coulure, et on dévie la productivité du côté du fruit aux dépens du bois.
- . Le cachet le plus original de cette industrie consiste surtout dans le séchage, qui s’opère en plein air sur des aires rectangulaires, parfaitement nivelées, coupées au milieu du vignoble dans les terrains les plus médiocres, reposant sur un sous-sol de cailloux et recouvertes d’une couche de sable et d’argile de 5 centimètres d’épaisseur.
- Avant d’y étendre le raisin, on enduit la surface d’une boue aqueuse faite avec de la bouse de vache et de l’argile délayées dans de l’eau.
- Les grappes, laissées nuit et jour sur l’aire, atteignent le point de siccité convenable au bout de 8 ou 10 jours. Après cela, on les débarrasse de leurs tiges et on amasse en tas les grains desséchés.
- La vigne de Corinthe est sujette aux maladies qui sévissent sur ses congénères; cependant, elle est encore indemne du phylloxéra. La Grèce a pu conjurer le terrible insecte soit par une coïncidence heureuse, soit à cause de l’extrême sévérité qu’elle déploie dans l’application des lois prohibitives pour toute plante venant de l’étranger.
- ‘ La culture du Corinthe est, de beaucoup, plus rémunératrice que celle de la vigne
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- PROCES-VERBAUX.
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- ordinaire. Grâce à son rendement considérable, à ses qualités supérieures, le raisin de Corinthe livre sur tous les marchés une concurrence avantageuse aux produits similaires de l’Asie Mineure ; et, cependant, la main-d’œuvre en Grèce est très chère, à cause de la rareté de la population ouvrière, et, par contre, très infime en Asie Mineure.
- Un rendement de 3 500 kilogrammes de fruits secs par hectare est à peine considéré comme satisfaisant; néanmoins, cela représente actuellement, sur le marché de Marseille, une somme de 1 600 francs.
- Longtemps on a cru que la culture du Corinthe était forcément cantonnée dans le territoire de la Morée. Il n’en est rien. On trouve d’abord la même variété rouge dans les îles Ioniennes. M. de Loverdo l’a même remarquée en Asie Mineure, à Balia et à Karaidin.
- En outre, une souche de ce cépage fructifie parfaitement dans la collection ampé-lographique de l’École de Montpellier.
- Vu la grande analogie que le climat algérien présente avec la Grèce méridionale, M. de Loverdo n’hésite pas à admettre que le Corinthe devra prospérer dans cette colonie, très bien partagée pour mûrir de remarquables raisins, mais dont le climat ne convient point à l’industrie vinicole.
- M. de Loverdo a donc la conviction que l’acclimatation de la vigne de Corinthe et l’exercice de l’industrie du raisin sec en Algérie doteraient cette contrée d’une nouvelle ressource, capable de vivifier le commerce colonial et d’amortir les coups de la crise viticole, et il insiste sur les avantages matériels que cette nouvelle industrie présente, comparée à l’élevage, auquel les agronomes algériens poussent les colons :
- « La production fourragère et animale, dit-il, clairsème la population et finit par dépeupler la contrée ; l’industrie du raisin sec, au contraire, donnerait naissance aune culture intensive, qui agglomère au lieu de disperser, et permettrait aux Algériens de convertir en allié le plus implacable ennemi de leur viticulture : le soleil brûlant de l’été.»
- M. de Loverdo conseille cette industrie en vue d’une production de fruits secs destinés à être directement consommés à la métropole. Cette consommatien, observe-t-il, ne fait qu’augmenter, et, actuellement, la France va chercher ces fruits en Californie. En outre, les raisins de Corinthe constitueraient aussi un aliment très riche et très réconfortant pour nos classes laborieuses, qui ne manqueraient pas d’y prendre goût, ainsi que cela s’est vu en Angleterre, où l’on consomme 75 millions de kilogrammes de ces fruits et, tout dernièrement, en Russie, où la consommation annuelle dépasse “20 millions de kilogrammes.
- M. de Loverdo a su rallier, sur la réalisation de cette idée — qu’il développe dans une série de publications — les suffrages d’un grand nombre de viticulteurs algériens, lesquels, cependant, lui ont fait remarquer l’impossibilité de l’introduction en Algérie des ceps de vigne,des sarments et des boutures, de par les lois actuellement en vigueur.
- L’auteur ne voit aucun inconvénient dans l’introduction des boutures de la vigne de Corinthe en Algérie, vu que la Grèce est exempte de phylloxéra ainsi que de toute maladie végétale nouvelle ou spéciale, et soumet son idée à la haute compétence de la Société, dans l’espoir que celle-ci voudra l’examiner et, s’il'y a lieu, encourager sa réalisation.
- M. le Président remercie M. de Loverdo de son intéressante communication qui sera renvoyée au Comité d'agriculture.
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- LIVRES ET OUVRAGES REÇUS A LA RIBLIOTHÈQUE
- EN AVRIL 1896
- Traction mécanique des tramways. Moteurs à vapeur sans feu Frank, Lamm et Mes-nard. 1 brochure in-8, 43 p.. chez l’auteur, 11, rue de Rome,
- Catalogue général des moteurs hydrauliques, turbines et roues de la maison Brault et Teisset à Chartres.
- Progrès de la fabrication de la fonte en Allemagne depuis 1882. Étude sur la sidérurgie en Haute-Silésie (Extraits du Bulletin de la Société de VIndustrie minérale) et Note sur l’installation d’une usine pour la fabrication des tôles minces et fers-blancs (brochure autographiée), par M. A. Gouvy, ingénieur des arts et manufactures.
- Société centrale des architectes français. Annuaire pour 1890.
- Revue agricole, industrielle, historique et artistique de la Société d’agriculture sciences et arts de Valenciennes (février 1895 à février 1896), publiée par la Société à Valenciennes.
- Du Ministère de l’instruction publique : Revue des travaux scientifiques, nos 9 et 10, vol. XV.
- Séances de la Société française de physique, année 1895, 3e fascicule, au siège de la Société, 44, rue de Rennes.
- Comptes rendus de l’Académie des sciences physiques et mathématiques de Naples, février 1896.
- Traité des machines-outils, vol. II (fraiseuses, meules, taraudeuses, machines à vis, petit outillage), par M. Gustave Richard, 1 vol. in-4, 3000 figures. Paris, Baudry.
- Institution of Civil Engineers (London) Proceedings, vol. CXXIII. Principaux mémoires : Le City and South London Raihvay (H. Greathead). —• Influence du carbone sur le fer (J.-O. Arnold) (1). — Dilatation, recuit et soudage du fer et de l’acier (T. Wrightson). — Construction et essai des ventilateurs centrifuges (Heenan et Gilbert). — Rendement des gazogènes (Jenkin).
- — Noies sur les bascules (J. Kirby). — Extension des chemins de fer de la Mersey (A. Rowlandson).
- — Foyers à bayasses et gadoues (P. Abell). — La mine d’étain de Mount Bischoff (Tasmanie) (W.-F. Kayser). — Traitement des déchets de magasins (W. Naylor). — Le pont du Jubilé sur l’Hooghly (Robertson).
- (1) Bulletin de février 18£6, p. 178.
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- OUVRAGES REÇUS EN AVRIL 1896.
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- Inauguration du monument de Boussingault au Conservatoire des arts et métiers. Discours de MM. Schlœsing, Laussedat, Mdntz, Lebon. 1 broch. in-8, 34 p. Paris, Gauthier-Villars.
- Association pour prévenir les accidents de fabrique, fondée sous les auspices de la Société industrielle de Mulhouse. Comptes rendus des 27e et 28e exercices 1894-1895. 1 broch. in-8, 56 p. Mulhouse, imprimerie Bader.
- Du Ministère des Travaux publics : Recueil de lois, ordonnances, décrets, règlemeùts et circulaires, concernant les services dépendant du Ministère des travaux publics. Vol. VI, année 1893. 1 vol. in-8, 515 p. Imprimerie Jousset, Paris.
- De VEncyclopédie Léauté : Les tramways, par R. Seguela.
- Le Sauvetage en France et à, l’étranger, par E. Cacheux, 1 vol. in-8, 260 p. Paris, Baudry.
- Bulletin de l’enseignement professionnel et technique des pêches maritimes, par
- M. G. Hamon, 25, quai Saint-Michel, Paris.
- De M. G. Lemoine, membre de la Société :
- Études sur les équilibres chimiques, 1 vol. in-8, 330 p. Paris, Dunod, 1881. — L’Action chimique de la lumière comparée à celle de la chaleur (1 broch. in-8, 32 p.). Paris, Bureaux de la Revue scientifique : Théories des équilibres chimiques; Équilibres chimiques entre T hydrogène et l’iode gazeux; Études de dynamique chimique; Sur la décomposition de l’acide oxalique par les sels ferriques sous l’influence de la chaleur; Etudes quantitatives sur l’action chimique de la lumière par la décomposition mutuelle de l’acide oxalique et du chlorure ferrique (Brochures extraites des Annales de chimie et de physique). — Dissociation et équilibres chimiques (Extrait de la Revue des questions scientifiques, janvier 1887). —Mesures de l’intensité de la lumière par l’action chimique; Etude expérimentale de l’énergie correspondant à l’action chimique de la lumière; Dissociation du bromhydrate d’amylène sous de faibles pressions; Sur le sesquisulfure de phosphore ; Sur l’annonce des crues de l'Ohio (Extraits des Comptes rendus de T Académie des sciences). — Etudes sur les hydrocarbures et les alcools supérieurs dérivés des pétroles d’Amérique (Société chimique de Paris, 28 décembre 1883). — Action de la lumière sur le styrolène (Association française pour l’avancement des sciences, 29 août 1878). — Note sur la teneur probable des sources et des eaux courantes dans le bassin de la Seine (Extrait des Annales des Ponts et Chaussées).— Notice sur les crues des principales rivières de France en 1876 (Extrait de V Atlas météorologique de 4876). — Etat actuel de nos connaissances sur l'hydromctrie du bassin de la Seine (Annales de géographie, 13 octobre 1892). — Etat actuel des études faites en France pour l'annonce des crues (Congrès météorologique international de 1890).
- Du Ministère de T Instruction publique : Catalogue raisonné des plantes vasculaires de la Tunisie, par MM. Bonnet et Baratte. 1 vol. in-8, 520 p. Imprimerie Nationale.
- ERRATUM AU BULLETIN DE MARS Page 316, huitième ligne à partir du bas.
- Au lieu de « en remplissait toutes les charges, même bénévoles, avec un soin consciencieux qu’elle lui imposait », lire « en remplissait toutes les charges, même bénévoles, qu’elle lui imposait, avec un soin consciencieux ».
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA RIRLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Mars au 15 Avril 1896
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac........Annales de la Construction.
- Acp . . . . Annales de Chimie et de Physique.
- AM. . , . Annales des Mines.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique.
- APC . . . Annales des Ponts et Chaussées.
- At. . . . Annales télégraphiques.
- Bam . . . Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- Btp. . . . Bulletin du ministère des Travaux publics (statistiques).
- BmA. . . Bulletin du ministère de l’Agriculture .
- Ci. . . . Chronique industrielle.
- Co........Cosmos.
- CN. . . . Chimical News (London).
- Cs........Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- CR. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- Dp. ... Dingler’sPolytechnischesJournal.
- E.........Engineering.
- E’........The Engineer.
- Ecim. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE........Eclairage Électrique.
- El........Electrician (London).
- Elé. . . . L’Électricien.
- Ef..... Économiste français.
- Es.. . . Engineers and Shipbuilders in
- Scotland (Proceedings).
- Fi .... Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc. ... Génie civil.
- IC........Ingénieurs civils de France (Bul-
- letin.).
- le. . . Industrie électrique.
- lm.. . Industrie minérale de Saint-
- Etienne.
- IME. . . Institutions of Mechanical Engineers (Proceedings).
- Ln. . . . La Nature.
- Ms. . . . Moniteur scientifique.
- N. . . . Nature (anglais).
- Pc. . . . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Pm . . . Portefeuille économique des machines.
- Rgc.. . . Revue générale des chemins de fer,
- Rgds. . , Revue générale des Sciences.
- Ri. . . . Revue industrielle.
- Rmc. . . Revue maritime et coloniale.
- Rs . . . . Revue Scientifique.
- Rso . . . Réforme Sociale.
- RSL. . . Royal Society London(Proceedings).
- Rt. . . . Revue technique.
- Ru. . . . Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- SA. . . . Society of Arts (Journal of the).
- ScP.. . . Société chimique de Paris (Bulletin).
- Sfp . . . Société française de photographie (Bulletin).
- Sie. . . . Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- Sg. . . . Bulletin de la Société de géographie.
- Sgc . . . Bulletin de la Société de géographie commerciale.
- SL. . . . Bulletin de statistique et de législation.
- SuE. . . Shahl und Eisen.
- USB. . . Consular Reports to the United States Government.
- VDl.. . . Zeitschrift des Vereines Deutscher Ingénié lire.
- ZOI.. . . Zeitschrift des Oesterreichischen
- Ingénieur e und Architek ten Ve-reins.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. -— AVRIL 1896.
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- AGRICULTURE
- Avoine. Culture en solpauvre. Ap. 16Am7,561. Betteraves fourragères. Valeur alimentaire. Ag. Il Avril, 574.
- Concours agricoles en 1896 (Le). Gc. 21 Mars, 332. Bétail. Race bovine berrichonne. Ag. 28 Mars, 496.
- — Grands prix du concours agricole. Ap.
- 26 Mars, 466.
- — Race [ovine de la Charmoise. Ap. 26
- Mars, 455.
- Blé. Production et consommation en Angleterre. Ap. 19 Mars, 418.
- Cartes agronomiques de la Côte-d’Or. Ap. 9 avril, 530.
- Champignons. Industrie en France. CSR. Mars, 269.
- Engrais. Fumure sur sol granitique. Ap.
- 26 Mars, 453.
- — Limite économique de l’emploi des. Ag. 4 Avril 538.
- — Phosphates d’Algérie (Malbot). Acp. Avril, 433. De la Floride. Bu. Mars, 306.
- Forêts. Exploitation et conservation des (Pehlich). iV. 2, 9 Avril, 510, 555. Gesses. Les .Ap. 19 Mars, 421.
- Jachère la (Dehérain). CR. 13 Avril, 821.
- Lait. Altérations spontanées (Bechamp). ScP. 5 Avril, 426.
- Machines agricoles au Palais de l’Industrie. Ap.
- 19 Mars, 423.2,9,16 Avril,493,531,567. Moutons. Élevage au Cap. Ap. 16 Avril, 564. Petite culture aux colonies. SA. 10 Avril, 469. Pommes de terre. Plantation des. Ag. 21 Mars, 464. 16 Avril, 577.
- — Pianteuse de Bajac. Ap. 4 Avril, 545. Pommiers. Insectes nuisibles aux. Ap. 2 Avril, 499.
- Rhubarbes. Culture forcée. Ap. 19 Mars, 434. Routes fruitières (les). Ln. 21 Mars, 250. Semences. Préparation des. Ag. 18 Mars, 506. Trèfle des prés. Amélioration des. Ap. 18 Avril, 611.
- Vigne. Reconstitution du vignoble de Loir-et-Cher. Ap. 9 Avril, 546.
- CHEMINS DE FER
- Bogie Spencer. E. 3 Avril, 457.
- Chauffage des trains. Howard et Taites. E'.
- 27 Mars, 329.
- Chemins de fer des États-Unis, exploitation en 1894, Rgc. Mars, 171.
- — Économiques. E1. 3, 10 Avril, 345, 361. Dépôt de locomotives de Stuggart. Gc. 28 Mars,
- 341.
- Locomotives express. Étude sur les (Mussat). APc. Déc., 565.
- — 4 couplées du Manchester Sheffield.
- E'. 20 Mars, 290.
- — Compound, progrès des VDI. 4 Avril,
- 361.
- — A3 cylindres. E'. 27 Mars, 326.
- — A grande vitesse P.-L.-M. (expériences-
- sur). Bgc. Mars, 152.
- — A3 essieux couplés de l’Eastern Ben-
- gal RJ. E'. 28 Mars, 299.
- - Américaines (les). E'. 27 Mars, 317, 322.
- — Rendement de la (Mallet). IC.Fév., 248.
- — Robinet à 3 voies pour prise de vapeur.
- Rgc. Mars, 177.
- — Expériences sur les compound à grande
- vitesse P.-L.-M. (Privai). Rgc. Mars, 152.
- Résistance des trains. E. 3 Avril, 449.
- Roues Spencer. E. 20 Mars, 395.
- Signaux électro-pneumatiques Westinghouse. Gc. 4, 11 Avril, 358, 372,
- — Électriques Fothergill. E. [10 Avril, 492.
- Hall. Dp. 10 Avril, 39.
- Terminus du Philadelphia-Reading Gc. 18 avril, 385.
- Vitesse des trains aux États-Unis. E'. 27 Mars,. 313.
- — Station terminus au Philadelphia Rea-
- ding. Gc. 11 Avril, 369.
- Voie (la). E'. 20 Mars, 295.
- — Poussière produite par le ballast et le sable fin (suppression de la). Rgc. Mars, 143.
- — Traverses en bois et en métal. Rl. 25 Mars, 124.
- — Raccordement des tracés. Bam. Avril,. 473.
- Voitures. Ventilateurs de. E. 10 Avril, 402.
- — Américaines. Pm. Avril, 50.
- — Éclairage électrique des (Raffard). Bam. Avril, 468.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles (les). Fi. Avril, 278.
- — Loi anglaises. E'. 27 Mars, 323. 3 Avril,. 341.
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- 640
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AVRIL 1896.
- — A pétrole Petter. E1. 3 Avril, 350. Crémaillère de Inowdon. E. 3, 10 Avril, 427, 479.
- — Accident du. E'. 10, 17 Avril, 371, 375, 402. E. 17 Avril, 512.
- Électricité. Traction électrique (la). Rt. 10 Avril, 145.
- Traction électrique aux États-Unis. SA. 20 Mars, 395.
- — Traction électrique à Hambourg. EE. 4 Avril, 34.
- — Locomotives électriques du Baltimore Ohio. El. 20 Mars, 687. Baldwin Westinghouse. EE. 28 Mars, 599. Heill-man. IC. Fév., 196, 248.
- — Joints des rails, essais. El. 20 Mars, 699.
- — Telpliérage de l’Eleclric Express C°. EU. 28 Mars, 202.
- Tramways de Portland. Indus tria. 22 Mars, 178.
- — Westinghouse, te. 10 Avril, 150.
- — Claret Wuillemier. Rgds. 15 Avril, 331.
- — de Rouen. Eté. 4 Avril, 209.
- — De Zurich. Ri, 11 Avril, 141.
- — Aérien Dickinson. Rt. 10 Avril, 145.
- — A courants triphasés Thomson Houston. Rc. 28 Mars, 128.
- — Pratique actuelle des. Ru. Mars, 241.
- — Emploi des Boosters. El. 27 Mars, 734.
- — Circuits dis voitures. Elé. 29 Mars, 193. — Amoindrissement des circuits de terre
- (Kapp). EE. 4 Avril, 36.
- — Mises à terre pour ligues aériennes.RC
- 25 Mars, 128.
- Funiculaire du Loch, out Montain. Ln. 4 Avril, 280.
- Tramways à vapeur en Italie. Gc. 21, 28 Mars, 326, 342.
- — Suburbains à adhérence, limite de dé-
- clivité Denizet. APC. Déc., 645. Vélocipèdes Hudson. E'. 17 Avril, 407.
- — Pneumatique Manchester. E. 27 Mars,
- 426.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acide sulfurique, progrès récents de la fabrication. Eam. 14 Mars, 257. Procédé Benker. Cs. 11 Avril, 197. Concentré et cuivre, réactions. Cs. 11 Avril, 201,
- — Santoneux (lesquatre). ScP. b Avril, 628. — Borique, dosage de (cause d’erreur). Gorges. IC. Avril, 346.
- Allumettes chimiques, invention des. Rs. 11 Avril, 476.
- Amidon. Action de la diastase sur (Ling et Baker). ScP. 5 Avril, 650, 652. Anothomètre Marcer. Co. 4 Avril, 8.
- Argon et Hélium (Lord Raleigh). RsL. 16 Janv., 198.
- — Dans les minéraux (Durham). RSL. 16 Janv., 218.
- Asphaltes. Analyse des (Sadtlerj. Ms. Avril, 299.
- Autoclave de laboratoire à agitation mécanique Kesstner. Ms. Avril, 307. Blanchiment électrolytique. Ms. Avril, 257. Bore. Chaleur spécifique (Moissan et Gauthier). Acp. Avril, 495.
- — Azote (dosage), procédé Kjedhal. ScP. Avril, 655.
- Brasserie. Progrès de la. Dp. 20 Mars, 280. — L’isomaltose (Bach). Ms. Avril, 241.
- — Bromures officinaux, essais de (Prunier) Pc. 15 Avril, 396.
- Caoutchouc (Vulcanisation). O. Weber. Ms. Avril, 300.
- — Gutta-perclia et ses succédanés. Cs. 31 Mars, 208.
- Carbures de zirconium (Moissan). CR. 16 Mars, 651.
- — De calcium. Four à Gearing. EE. 11 Avril, 74. Usine du Niagara. El. Il Avril, 815.
- Carburendum. Fabrication aux États-Unis. Rc. 11 Avril, 144.
- Cellulose. Éohauffeinent par absorption de l’humidité atmosphérique (Beadle). C.V. 17 Avril, 180.
- Céruse. Fabrication électrolytique Williams. Cs. 31 Mars, 207.
- Chaux et ciments. Formation des grands cristaux de chaux Bingelmann. ScP. 20 Mars, 481.
- — Four Simmonds. E. 17 Avril, 525. Chlore. Fabrication par le chlorure de magnésium Schlœsing. Cs. 31 Mars, 198.
- Chlorates. Fabrication des (progrès récents). Cs. 31 Mars, 159.
- — llypochlorite et chlorures, analyse d’un
- mélange de (Carnot). ScP. 5 Avril, 393, 397.
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-
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- AVRIL 1896.
- 641
- Chlorophylle. Chimie dela.fisL. 30 Jcmv., 233. Créosotes les. (Freyss). Ms. Avril, 283.
- Cyanure de mercure et sels alcalins (les) de double décomposition (Varet). ScP. o Avril, 399.
- Distillation des bois (Barillot). CR. 23 Mars, 733.
- — Avec une pompe à air automatique. Cs. 31 Mars, 215.
- — Eaux-de-vie et liqueurs. État de l’industrie en France (Rocques). Rgds.
- 30 Mars, 283.
- — Distillateur Robin. Cs. 31 Mars, 185. A double effet Foster Noble Alliott. Cs.
- 31 Mars, 183, 186.
- Disulfures aromatiques (Genvresse). ScP. 5 Avril, 409.
- Eau. Constitution de 1’ (Brühl).ScP. 20 Mars, 485.
- — Oxygénée (Brühl). ScP. 20 Mars, 482.
- — Acide nitrique dans les eaux de la Seine. Shlœsing. CR. 23 Mars, 699.
- — Composition de F. Cs. 20, 27 Mars, 137, 147. 2 Avril, 156.
- Ethérification et saponification (Meyer). ScP. 5 Avril, 577.
- Explosifs. Analyse du coton pour la préparation des poudres sans fumée (Munier). ScP. 5 Avril, 646.
- Farines. Azurage par le bleu d’aniline (Violette). ScP. 5 Avril, 456.
- Fusion et Surfusion (Bruner). Rgds. 30 Mars, 278.
- Gaz d’éclairage. Industrie en Amérique. Gc. 21 Mars, 334.
- Acétylène à Philadelphie. Ri. 21 Mars, 117.
- — aux États-Unis. Ri. 28 Mars, 127.
- — (Dangers de F). Ri. 18 Avril, 157. CR.
- 13 Avril, 832.
- — et carbure de calcium. EE. 4, 11 Avril,
- 1, 60.
- (Gazogène à) Gearing. E. 10 Am’/, 491.
- — Luminosité (Lewes). Cs. 11 Avril, 188. Becs à incandescence (Les). E'. 3 Avril, 347.
- — L’héliogène. E'. 27 Mars, 314. Violet.
- Cs. 31 Mars, 190. Sugg. E. 10 Avril, 491. Mœller. E. 17 Avril, 525. Gazogènes (Emploi de l’acide carbonique dans les). Ri. 21 Mars, 119.
- Graisses (Extraction de la glycérine des). Industrie. 10 Aviil, 226.
- Huiles de Croton. RSL. 30 Janv., 237.
- — (Détermination de l’oxydation des) Bis-
- hop. Ms. Avril, 259.
- — végétales de Californie. Cs. 31 Mars, 205. lodures officinaux (Essais des) Prunier. Pc.
- I Avril, 337.
- Kermès (Essais des) Lague. Pc. 1 Avril, 344. Margarine. Fabrique de Mousted. £'. 17 Avril, 403.
- Molybdène (Amalgames et propriétés du). CR. 23 Mars, 733.
- Nicotine (La) (Wolffenstein et Pinner). Ms. Avril, 265, 268, 275.
- Optique. Accumulateur de lumière (Henry). CR. 16 Mars, 662.
- Rayons de Rôntgen. CR. 16 Mars, 684; 23 Mars, 689, 694, 713, 715, 716, 719, 723, 726;
- 30 Mars, 762, 772, 776, 779, 782, 786 ; 7 Avril, 807, 809, 812; 13 Avril, 837, 839, 841. El. 20, 27 Mars, 685, 735, 736; 10 Avril, 783. N. 19, 26 Mars. 460, 487; 2 Avril, 522; 17 Avril, 556. CN.
- 27 Mars, 144. Ru. Fév., 162. Co. 28Mars, 524. le. 25 Mars, 117. UsR. Mars, 348, 350. Rgds. 30 Mars, 277. Ln. 11 Avril, 293. Fi. Avril, 241. American Journal of Science (Michelson), Avril, 312. EE.
- II Avril, 498. E. 17 Avril, 498.
- — Fontaines lumineuses Adamoff. Ln.
- 28 Mars, 269.
- — Actinométrie électrochimique. EE.
- 21 Mars, 541.
- — Accumulateur de lumière Henry. CR.
- 23 Mars, 691.
- — Stéréoscope à main Gaumont. Sfp.
- I Mars, 115.
- — Spectrophotomètre d’Arsonval. EE.
- II Avril, 72.
- — TotonchromogèneBenbam. Lu. 28 Mars,
- 267.
- — Propriétés nouvelles de la surface de
- Fonde (Mannheim). CR. 23 Mars, 708.
- — Polarisation de la lumière diffusée par
- les milieux troubles (Hurion). Acp. Avril, 534.
- Oxyodure de zinc. ScP. 20 Mars, 345 Photomètre Mascart. EE. 11 Avril, 71.
- Pétrole à Los Angeles, Californie. Ln. 21 Mars, 245.— Industrie en 1894. Rt. 2oMars, 138. — Sulfurés d’Amérique. Ms. Avril, 286. — Estimation du point d’allumage minimum (Stewart) Cs.
- 31 Mars, 173, 228.
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- 642
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- AVRIL 1896.
- — Lampe à incandescence Kindermann.
- E. 27 Mars, 426.
- Spectroscopie. Recherches de Stas. CN. 20, 27 Mars, 135, 147; 2, 10, 17 Avril, 159, 172, 183.
- Safrol et isosafrol (Moureu). CR. 30 Mars, 792. Sucrerie. Modifications moléculaires et coloration des sucres. ScP. 20 Mars, 349.
- — Hydrolyse du raffinose (Bourquelot).
- Pc. 15 Avril, 390.
- — Inversion des sucres par les sels. (Long).
- CN. 2, 10 Avril, 161, 173.
- — Sucre de sorgho, fabrication en Espagne.
- Cs. 31 Mars, 155.
- — Précipité gélatineux dans les jus sucrés
- de betterave. Cs. 31 Mars, 209. Sulfites. Sulfates etChlorosulfafes (Dosage des). Cs. 31 Mars, 171.
- Teinturerie du coton. Iudustria. 10 Avril, 235.
- — Matières colorantes nouvelles (Revue des)
- (Reverdin). Ms. Avril, 250.
- — Extraction des bois de teintures, appa-
- reil Mafat. E. 3 Avril, 458.
- —• Couleurs azoïques (Bamberger). Cs. 31 Mars, 193.
- — Indulines et safranines (Fischer et
- Hepp). Cs. 31 Mars, 192.
- — Brevets divers. Cs. 31 Mars, 194.
- — Alisarine artificielle Poirier et Rosen-
- thall. Bulletin delà Société indusirielle de Rouen, Janv. 85. — Soluble et son application à la teinture en rouge turc (Schæffer). Rulletin de la Société industrielle de Mulhouse, Mars, 81. Tellure. Séparation des résidus de cuivre. Co. 31 Mars, 202.
- Terpènes (Les) Reyehler. ScP. 20 Mars, 366. Températures élevées (mesure des). Gc. 18 Avril, 388.
- Thorium. ScP. 20 Mars, 347. CN. 27 Mars, 145. Toxines (Nature des). A. Gautier. Rs. 21 Mars, 253.
- Tapeurs saturées (Densité des). (Perot). Acp. Avril, 573.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Alcoolisme (Lutte contre). (Rosland). Rso., 1er Avril, 513.
- Assurances contre l’incendie, monopole de l’État. Rso., 16 mars 459.
- — En Allemagne. Rulletin de la Société
- d’Encouragement de Berlin. Mars, 85. Bimétallisme (le). Ef. 4 Avril, 21 Mars, 353, 417.
- Commerce d’exportation de la France et la loi militaire. Ef. 4 Avril, 421.
- Coopération de production dans les campagnes. Ef. 4 Avril, 425.
- — en France, état actuel. Ef. 11 Avril, 449. Dépopulation. (Influence de la civilisation sur
- la). Ef. 21 Mars, 362.
- — (Enquête locale sur la). Ef. 28 Mars, 389. Filatures de coton au Japon. USR. Mars, 289.
- Espagne. Industries de (F). USR. Mars, 310.
- Fortune mobilière en France. Rso. 16 Mars, 433.
- Le gouvernement municipal en Europe. Ef. 21, 28 Mars, 360, 391,
- Prusse. (Villes et campagnes en). Ef. 4 Avril, 419.
- Russie. Propriétaires et paysans russes. Rso.
- 16 Mars, 1er A'>.ril, 477, 549.
- Salaires dans la construction. E'. 3 Avril, 335.
- — des femmes aux États-Unis. Ef. 18
- Avril, 488.
- Socialisme au xvme siècle. (Clément). Rso. 16 Avril, 593.
- Travail des femmes à domicile. Rso. 1er Avril, 579.
- — aux pièces (Le). E' 17 A- ril, 391.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Abaque des efforts tranchants et des moments de flexion. (Duplaix). IC. Fév., 204. Constructions mixtes en fer et ciment. Ln. 18 Avril, 307.
- Déplacement d’un mur de façade. Revue du génie militaire. Mars, 232.
- Durcissement de la pierre par les'fluo-silicates. Revue du génie militaire. Mars, 234.
- Glissement de terrain à Gohna. Mesures de préservation. SA. 27 Mars, 431.
- Lignes d’influence des moments dans une poutre droite.
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AVRIL 1896.
- 643
- 1 — (tracé de). Langlois. Ic. Mars, 309. Jetée pavillon de Clacton. E. 20 Mars, 373. Incendies (Préventiondes). Industria. 12 Avril, 225.
- Mesure des flèches dans les épreuves des ponts (appareil pour la). Gc. 4 Avril, 365. Plancher à voussoirs creux en plâtre ou ciment (Landry). Ac. Avril, 60.
- Pont de Rochester. (Accident au). E. 20 Mars, 371.
- — de Waterloo. E' 10 Avril, 366.
- — de Worms (Concours). VDI. 11 Avril,
- 396.
- — tournant de Hambourg. Gc. 18 Avril, 390.
- — de circonstance.(Construction des). Re-
- vue du génie militaire. Mars, 244.
- — en béton. E'. 10 Avril, 364.
- — (Superstructures résistance des). ZOL 10
- Avril, 224.
- Poussée des terres; formule de Boussinesq. Ac. Avril, 61.
- Théâtres (Scènes de). E. 10 Avril, 459.
- Tunnel de Blakwall. E. 20 Mars, 391.
- Vibrations dans les constructions. E. 27 Mars, 399.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs. (Évolution des). Fi. Avril, 296.
- — (Théorie des). EL 17 Avril, 819.
- — Charge à puissance constante. Elé. 21 Mars, 182.
- — Commutateur automatique de charge Hubbard. Elé. 28 Mars, 198.
- — Portatif. Ln. 3 Avril, 288.
- — A navette Blot. Ln. 11 Avril, 301. Elé.
- 17 Avril, 250.
- Appareillage des fils (F). E. 27 Mars, 414. Ateliers Westinghouse. E. 3 Avril, 429.
- — Calcul des fils montés en boucle (Rel-
- ier). Elé. 28 Mars, 197.
- Béton et ciment. Conductibilité. El. 10 Avril, 788.
- Câbles électriques à longues portées. Ri. 11 Avril, 145.
- Commutateurs. Dorman et Smith. EE. 4 Avril, 31.
- — Immisli et Moy. EE. 11 Avril, 74. Row-
- land, ibid. 75.
- Conducteur aérien (Pose des). Bam. Avril, 455.
- Courants alternatifs. Facteur de forme (des). le. 25 Mars, 118.
- — (Régularisation des éclairages à). (Still).
- E. 3 Avril, 762.
- — (Distribution à Ferraris et Ricardo).
- Industria 5, 10 Avril, 209, 229. Distribution F’erraris. Industria, 5, 10 Avril, 209, 229.
- Dynamos Cadiot. Ri. 21 Mars, 119. Cari Hel-mer. EE. 11 Avril, 70.
- — de Puyt et Poncin. E. 27 Mars, 425.
- — groupées en parallèles (Excitation des).
- le. 25 Mars, 119.
- — Triphasées de Fives-Lille. le. Avril, 142. — Moteurs : alternateurs asynchrones, théorie. (Heyland). El. 3 Avril,
- 27 Mars, 719, 753.
- — Mise en train Ravenshaw. EE. 3 Avril, 24.
- Éclairage. Lampes à haut voltage ; leur influence sur la pratique des stations centrales. El. 20, 27, Mars, 694, 730. — Densité de courant économique pour les feeders d’éclairage. El. 27 Mars, 723.
- — Arc (Phénomène particulier de F). (Freedman). EE. 28 Mars, 600. Lampes Bardon. Rt. 10 Avril, 163.
- — Incandescence. (Lampe à) (G. Richard). EE. 21 Mars, 529. au niobium Ayls-worth. Rt. 10 Avril, 167. (Régularisation des lampes â). le. 25 Mars, 120. Prix de l’éclairage (par). EE. 28Mars, 601. Pompe pour lampes Chaplin. EE.
- 28 Mars, 597.
- Électricité. (Théorie de F). (Vaschy). EE. 4 Avril, 25.
- Électro-aimant multipolaire Daniel. EE. 11 Avril, 78.
- Électrolyse du carbone (Cœhn). El. 3 Avril, 756.
- — de l’antimoine. El. 10 Avril, 788.
- — du chlorure de sodium. Elé. il, 17.
- Avril, 228, 244.
- — Ateliers de FEIectro-chemical, C° St.-
- Hélène. E'. 10 Avril, 370.
- Etincelle globulaire. Nouvelle expérience. EE. 28 Mars, 590.
- Générateur d’électricité direct par le carbone (Jacques). El. 3 Avril, 768.
- Hystérésis Diminution de la perte (par). El. 10 Avril, 800.
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- 644
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- AVRIL 1896.
- Manœuvre électrique ii distance (Savatier). EE. 11 Avril, 49.
- Mesures. Galvanogrammètre Ducol. Co. 21 Mars, 490.
- — Galvanomètre Menges. EE. 4 Avril, 33. Compteur Aron. Elé. 17 Avril, 246. Hoc-kham. EE. 18 Avril, 126.
- — Electro-dynanomèlre Siemens et Lau-kert. EE. 18 Avril, 127.
- — (Protection des appareils de), contre
- les perturbations dues aux tramways. EE. 18 Avril, 129.
- Parafoudre Ohlinger. le. 15 Mars, 133. Phénomène de Hcdl dans le bismuth (Liebert). El. 10 Avril, 783.
- Pile ci écoulement Hill. EE. 4 Avril, 35.
- Potentiel vecteur. Représentation graphique (Allen). E. 3 Avril, 732.
- Rhéostat Crampton. EE. 21 Mars, 560. Stations centrales. Saint-Pancras. E. 20 Mars, 285. El. 20 Mars, 700.
- — ÏNiagara. EE. 21, 28 Mars, 11 Avril 549, 577, 54.
- — Zufikon Bremgarten. le 23 Mars, 120. — Canal de Jonage. Gc. 28 Mars, 337. E. 17 Avril. 495.
- Télégraphie sous-marine (Dex). Bs. 21 Mars, 366.
- — Nouveaux câbles français. Eté. 28 Mars, 203.
- — Bàteau-càble Okinwa Maru. El. 17 Avril 816.
- Téléphonie. Baradal EE. 18 Avril, 107.
- — Service de nuit automatique des bureaux centraux (Ziclinski). EE. 18 Avril 124. — Troubles causés par les courants à haute tension. El. Mars, 725.
- — Dispositif de sûreté. El. 17 Avril, 819
- — (Bureaux de). El. 17 Avril, 828. Paris'
- rue Gutenberg, (de la Thouane). Sic’ Mars, 83.
- — A grande distance. EE. 18 Avril, 102.
- Elé. 3 Avril, 220.
- — Appel Smith. EE. 4 Avril, 32.
- — Transmetteur Kotyra. E. 10 Avril, 491. Thermo-électricité. (Influence de l’aimantation sur les phénomènes de). (Houlle-vigue). Acp. Avril, 456.
- Théorie électro-magnétique (Heavisyde). El. 27 Mars, 716.
- Transformateurs moteurs. Cadiot. Ri. 21 Mars, 118.
- — de phase et de fréquence Rowland.
- Elé. U Avril, 231.
- — général Steinmetz. EE. 18 Avril, 97.
- — Redresseurs pour l’éclairage électrique
- (Sartiaux). Rgc. Mars, 127. Transmetteur d'ordres. Boudet et Lacombe. EE. 4 Avril. 22.
- Transport de force. Romagnano Sena. Industriel, 20 Mars, 196.
- — Zufikon Bremgarten. E. 3 Avril, 751.
- — Delà Goule. Elé. 11 Avril, 225.
- Vitesse de propagation d’un trouble électro-magnétique (Blondlot). Acp. Avril, 320.
- GÉOGRAPHIE
- Afrique centrale et Orientale anglaise. SA. 27 Mars, 423.
- Bosnie. Herzégovine. Tour du monde, 28 Mars, Brésil. Minas Geraes. Sgc. 13 Mars, 117. Cachemire. 3A. 10 Avril, 491.
- États-Unis. (Geological Survey). N. 19 Mars, 462.
- Lecture des cartes (De Lapparent). Rs. 28 Mars, 385.
- Madagascar. Sgc. 15 Mars, 202.
- Siout (Le). Ln. 28 Mars, 259.
- Du Yunnam ci l’Assam. (H. d’Orléans). Sgc. Fév., 42.
- GUERRE
- Attaque des places modernes. Revue du génie militaire. Mars, 223.
- Canons. Frein hydraulique Déport. E. 10 Avril, 491.
- — En barbette de 3057, des États-Unis. E. 17 Aril, 302.
- Cable électrique Schifferdeker. EE. 3 Avril, 23. Fusil Mauser de 7 m. 5 (Pénétration du).
- Revue du génie militaire. Mars, 226.
- — damasquinés belges. UsR. Mars, 300. Photochronographie des projectiles. Rt. 23
- Mars, 137.
- HYDRAULIQUE
- Bélier Durozoi. Rc. 18 Avril, 154.
- Conduites d’eau. Nettoyage intérieur (Malo). Revue du génie militaire. Mars, 236.
- — (Écoulement de l’eau (dans les) (Fitz-
- Gerald). Ri. A Avril, 137.
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AVRIL 1890.
- 645
- Eaux de Hoivrah. E'. 3 Avril, 334.
- Pompes directes. Diverses. Dp. 3 Avril, 9. — Oddié. E. 20 Mars, 377.
- — Frost. Dp. 3 Avril, 9.
- — à un seul presse-étoupe. RL 25 Mars,
- 142.
- — à incendie flottante Maryweather. E'.
- 3 Avril, 336.
- — Delpeyrou. Rt. 10 Avril, loi.
- — à air comprimé Pohlé. Bt. 10 Avril,
- 167.
- Turbines du canal de Jonage. Gc. 4 Avril, 333.
- HYGIÈNE
- Revue annuelle d’hygiène (Langlois). Rgds. 15 Avril, 348.
- Désinfecteur Tresh. E. 20 Mars, 96.
- Eaux de Londres. E. 20 Mars, 381.
- — Nitrates dans les eaux de source
- (Schlœsing). CR. 13 Avril, 824.
- — Épuration par le fer à Choisy-le-Roi.
- Gc. 21 Mars, 321.
- Égouts. La combustion des gadoues à Berlin. VDJ. 28 Mars, 358.
- Pavage en bois (Valeur sanitaire du). Ln. 11 Avril, 292.
- MARINE, NAVIGATION
- Bateaux sous-7narins (Les). Rt. 10 Avril, 160. Canal de Bristol. E' 3 Avril, 340.
- — de Crinan (Trop-plein automatique du).
- E. 17 Avril, 503.
- — Ascenseur du canal de Heinrichsburg.
- E'. 17 Avril, 389.
- Constructions navales. Stabilité. E'.
- 20 Mars, 283, 17 Avril, 387.
- — Appareils de sûreté. Dp. 10 Avril, 36.
- — Allongement d’un navire. EL 20 Mars
- 292.
- — Les portes étanches Beresford et So-
- üani. E. 27 Mars, 406, 407.
- — Roulis des navires. E. (Froude). 10 Avril,
- 461.
- — (Stabilité des) (Bruhn). E. 10 Avril, 488.
- — Tangage des navires (Kriloff). E. 10,17
- Avril, 461, 522.
- — Cargaisons de grains (Les) (Little). E-10 Avril, 463.
- Docks de Bristol. E1. 27 Mars, 307.
- — de Barry.E. 27 Mars, 397.
- Jetée de Dunoon Burgh. E'. 3 Avril, 339. Machines marines à bielle triangulaire de l’Aberdeen. EL 27 Mars, 311.
- — à Triple expansion du Puri. E. 17 Avril,
- 502.
- Marine de guerre. Tourelles électriques du Latouche-Tréville. Elé. 21 Mars, 177.
- — Blindages, essais de plaques américaines
- et de Krupp. SuE. 1er Avril, 273. Eoc. 11 Avril, 374.
- — Croiseur des États-Unis Katadim,
- 27 Mars, 329.
- — Contre-torpilleur Desperate. E. 27 Mars,
- 415. Ranger, E. 10 Avril, 482.
- — Torpilleur autrichien Viper. E'. 3 Avril,
- 343. Français Lansquenet. Rmc. Avril, 34. Chinois. Rmc. Avril, 136.
- — Classification des navires de guerre.
- E. 3,17 Avril, 443, 520.
- Cuirassé italien Sicilia. E. 3 Avril, 452.
- — Anglais Mars, E'. 3 Avril, 337. Renown.
- E. 10 Avril, 477.
- — Japonais Fujy. EL 3 Avril, 339.
- — Chinois construit en Allemagne. Société
- d’encouragement de Berlin. Mars, 52. Marine marchande. Grands voiliers et Cargo boats. Ef. 21 Mars, 355.
- Matériel électrique de la marine italienne. Elé. 18 Avril, 241.
- Navigation transméditerranéenne. Rs. 4 Avril, 417.
- Pèches maritimes diverses. Eam. Avril, 145. Pétrole (Transports à). E. 17 Avril, 517. Renflouage des navires. E. 27 Mars, 402. Sauvetage. Ligne de Garwood. E. 10 Avri', 483.
- MÉCANIQUE
- Accidents de fabriques. Rapports de l’Association de Mulhouse. Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse. Mars, 95, 98.
- Air comprimé. [Machine soufflante Scott. Ë. 20 Mars, 365.
- Ateliers (Transmissions électriques dans les) E. 20 Mars, 365.
- — Westinghouse. E. 17 Avril, 499.
- Ballons dirigeables (Etudesurles). VDL11 Avril,
- 408.
- Broyeurs Morel. E. 27 Mars, 425.
- — des charbons Propfe. EL 17 Avril, 407.
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- 646
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AVRIL 1896.
- Calculer (Machines à) Tarrant. Lu. Il Avril, 289.
- Chaudières aux stations électriques. £'• 27 Mars, 322.
- — Résistances des chaudières courtes. E.
- 20 Mars, 388.
- — tubulées (Les) Watt. E'. 27 Mars, 318-
- Noble E. 20 Fer., 396. Ashley. JE’ 3 Avril, 457. Yarrow. E'. 3 Avril, 343. Gehre. E. 17 Avril, 526. Montupet. Ci. 21 Mars, 127. (Circulation des) Watkinson. E. 3 Avril, 433, 437. E'-3 Avril, 347.
- — combinées. E. 17 Avril, 519.
- — tubulaires Turner. E'. 27 Mars, 317.
- — verticales Sudron. E. 27 Mars, 416.
- — marines semi-tubulées (Solliani). E.
- 3 Avril, 439.
- — Alimentation (Mesure de 1’) par des
- moyens chimiques (Stromeyer). E. 3 Avril, 433. E’. 10 Avril, 379.
- — Écumeur Mark et Mordey. E'. 3 Avril, 355.
- Foyers Barogh et Howle. E. 20 Mars, 395, 396.
- — pour pailles. Stinton. E. 3 Avril, 458.
- poussier. Seip. E. 17 Avril, 526.
- — Fumivores Hoyt. E. 27 Mars, 416. Wailes. E. 10 Avril, 492.
- — Ecrasement d’un tube de foyer. VDI.
- 21 Mars, 3i5.
- —- Purgeur Jenkin. Eam. 14 Mars, 257.
- — Emploi de la soude contre les incrustations. lie. 18 Avril, 155.
- — Réchauffeur Assan. Ri. 21 Mars, 113.
- — Explosions de Brighouse. E. 3 Avril, 447.
- — Rapport de l’Association normande des
- propriétaires d’appareils à vapeur (Roland). Bulletin de la Société industrielle de Rouen. Janvier, 49.
- — Surchauffeur Montupet. Ri. 21 Mars,
- 113.
- Drague à Succion Ives, E. 27 Mars, 426.
- Écrou Woiles. E. 27 Mars, 426.
- Embrayage électrique Biney.EE. 4 Avril, 20. — Spinger VDi. 11 Avril, 405.
- — Logarithmique Lindsay. Ri. 4 Avril, 133.
- — Enregistreur-compteur de tours à dis-
- tance Tetot. Ri. 4 Avril, 139. Essoreuses Laidlaw. E. 20 Mars, 396.
- — Cornet. F. 3 Avril, 458.
- Froid. Machine à ammoniac Schou. E’.17 Avril, 405.
- Gaz (Liquéfaction des) procédé Hampson. E'. 27 Mars, 310, 326. JV. 2 Avril. 515.
- — Explosion de réservoirs à acide carbo-
- nique. VDI. 28 Mars, 346. E'. 3 Avril, 337.
- Graisseurs pour pistons hydrauliques. Steven. E. 27 Mars, 425.
- — Multiple. Hamelle Dam. Mars, 382. Laveur de gaz Malheroson.E. 3 Avril, 458. Levage. Transporteur de déblais. Gc. 21 Mars, 381.
- — Cableways. Eam. 4 Avril, 528.
- — Grue hydraulique Arsmtrong. E.27 Mars,
- 397 ; de 3 tonnes Hindson. E.3 Avril, 437; de 10 tonnes. Fielding et Platt. E'. 3 Avril, 342.
- — Déchargeur - antibriseur de charbons.
- Batchelor. E. 27 Mars, 421.
- — Portes de sûreté pour ascenseurs. E.
- 3 Avril, 457. Frein Richmond. E.
- 17 Avril, 525.
- Machines-outils diverses. Dp. 20,27 Mars, 273, 292.
- — Actionnées par l’électricité. EEA Avril,
- 14.
- — A faire les chaînes. Girlot. E. 3 Avril,
- 457. Klatte. Pm. Avril, 58.
- — A couper et dresser les fils. Taylor. E'
- 3 Avril, 351.
- — Forgeage industriel (procédés de). Ram,
- Avril, 401.
- — Fraiseuse raboteuse triple Wilkinson.
- E'. 10 Avril, 367. (Les grandes) (Dixon). EM 7 Avril, 395.
- — Perceuse radiale Asquitch. E. 20 Mars,
- 389.
- — Taraudeuse Dixon. Je. 21 Mars, 328.
- — Presse à forger Fielding et Platt. E’. 27 Mars, 316; Poinçonner Bliss. Ri.
- 18 Avril, 155.
- — Tarauds, trempe rectiligne Carlin. Ri.
- 21 Mars, 116.
- — Taraudeuse à chaud pour tirefonds Lè-
- vent. Bam. Avril, 443.
- — Tour au bronze de la Britannia C°. E.
- 10 Avril, 471.
- Micromètre à lecture directe. Smith. E. 27 Mars, 405.
- Moteurs à vapeur. (Développement des). Dp. 20 Mars, 265.
- — Machine à triple expansion, 1 200 chev.
- Westgorth. E. 20 Mars, 374.
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-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AVRIL 1896.
- 647
- — A expansion multiples, Morcom et
- Belliss. E. 17 Avril, 526.
- — Compound à condensation Turner. E'.
- 27 Mars, 317.
- — Demi-fixe tandem Mannet et Char-
- lesworth. E1. 3 Avril, 342.
- — Surchauffée : essai d’un moteur de 1 500
- chev., à vapeur surchauffée et saturée. VDI. 21 Mars, 310; 4 Avril, 369.
- — Distribution. Tiroir équilibré Joyce. E.
- 3 Avril, 457.
- — Régulateur direct Lindley E. 27 Mars,416.
- — Turbines de Laval. Ru. Fév., 141.
- — Volant de 70 tonnes Allis. E. 20 Mars,
- 393. Rt. 25 Mars, J 39.
- — — Accidents de. El. 20 Mars, 683.
- — à gaz Benier. Rc. 28 Mars, 123.
- — — aillettes de refroidissement des
- cylindres. Ram. Avril, 450.
- — à pétrole Kane Pennington. Rt. 25 Mars,
- 140.
- — — Au concours agricole. Ap. 2
- Avril, 494.
- Palier à billes. Ri. 4 Avril, 135.
- Papier. Progrès de la fabrication. Dp. 10 Avril, 25.
- Pompe à vide. Murrh. Rt. 25 Mars, 139. Résistance des matériaux. Machine à essayer à la torsion. E. 20 Mars, 10 Avril, 371, 465.
- — Cassures des aciers, examen microsco-
- pique (Seaton). E. 3 Avril, 429. Textiles. Industrie du sisal à Bahama. Sa. 20 Mars, 407.
- — Aspiration du fil de trame dans les na-
- vettes. Gc. 4 Avril, 364.
- — Bobines Paley. E. 27 Mars, 426.
- — Carde navette Maimeri. Bidletin de la
- Société industrielle de Mulhouse. Mars, 86.
- — Impression des étoffes. Dp. 20,27 Mars,
- 269, 289.
- — Tissage de carde peignée. Industria.
- 26 Mars, 202.
- — Métiers à chenilles. Dp. 10 Avril, 33. Transmissions. Expériences sur les (Ilanappe).
- EE. 21 Mars, 537.
- — Par cordes. Industria. 5, 12 Avril, 210,
- 226.
- Tuyaiderie. Tuyaux llexibles Levasseur. Ln.
- — Isolement des tuyaux souterrains. E'.
- 10 Avril. 377.
- Ventilateurs centrifuges. Ru. Mars.260.
- Vis. Pas métrique. E. 3 Avril, 451.
- MÉTALLURGIE
- Alliages coloriés d’aluminium. Ln. 4 Avril, 278.
- — d’étain, d’antimoine et de cuivre (ana-
- lyse des) (Thompson). Cs. 31 Mars, 179.
- — d’arsenic (Andrews). LJ., 216. Amalgames. Accumulation sur les plaques de
- cuivre. E. 10 Avril, 480.
- Coke. Ammoniaque de la fabrication des. SuE. 15 Avril, 313.
- Cuivre raffiné, estimation du soufre (Heath). Cs. 31 Mars, 218.
- Etain. Séparation éleclrolytique de l’étain des fers-blancs, Clauss et Sutton. EE. 4 Avril, 32.
- — et manganèse, analyse électrolytique.
- Cs. 31 Mars, 219.
- Fer et acier. L’industrie anglaise des. E’. 17 Avril, 390.
- — Bessemer (le procédé). E. 20, 27 Mars,
- 367, 413.
- — au titane (Rossi). SuE. 15 Avril, 310.
- — Pudlage direct, Bonnehill. Ri. 28 Mars,
- 121.
- — Four à recuire Ludford et Davies. E.
- 27 Mars, 427 ; Franke. E. 10 Avril, 492 ; à régénérateurs Wright. E. 17 Avril, 525.
- — (Progrès de l’industrie du). Dp. 27 Mars,
- 295.Aux États-Unis.SicE.15 Avril,2\'à.
- — Briques de charbons dans le haut four-
- neau. E. 27 Mars, 402.
- — Mise en feu des hauts fourneaux (Biche-
- roux). Ru. Fév., 175.
- — Recuit électrique local des plaques
- trempées (Lemp). E'. Juillet, 355.
- — Irrégularités dans les rails d’acier
- (Dormus). ROI. 27 Mars, 191 ; 3, 10 Al. 205, 221.
- — Analyse des minerais et des fers chro-
- més (Saniter). Cs. 31 Mars, 155.
- — Ferrâtes les (Rosell). Cs. 31 Mars, 224.
- — Fonderie moderne (La.) E. 17 Avril, 493.
- — — Coulage en coquille Smith et
- Brown. E. 20 Mars, 395.
- — — Fonte blanche, détermination
- du soufre. Cs. 31 Mars, 218.
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-
-
- 648
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. -— AVRIL 1896.
- — Mobilité des molécules de la fonte (Outerbridge). E. 10 Avril, 481.
- — — Progrès de la fabrication de la
- fonte en Allemagne depuis 1882 (Gouvy. Im. IX, 816.
- — Laminoirs. (Pignons, creux pour). SuE,
- 1er Avril, 279.
- — — à fers profilés Bicheroux.
- SuE. 16 Avril, 308.
- — —r Machine de (Adamson). E'.
- 10 Avril, 375.
- Fonte électrique des métaux. Slaviano. Gc. 11 Avril, 377.
- Or. Essais de traitement au laboratoire (Warwick). Cs. 31 Mars, 182. Poussières et fumées métallurgiques (Condensation des). Cs. 31 Mars, 200.
- Z inc (Condenseur de), explosion. Cs. 31 Mars, 200.
- MINES
- Argent. Australie (Babu). Am. Mars, 315.
- Fer. Minerais de la Lorraine. SuE. 1er Avril. Fonçage des puits. E.Mars, 399. Bp. 3 Avril, 1. Grisou. Appareil pour analyser l’air grisou-teux (Reichenberg). CN. 2 Avril, 158. — Gaz inflammables dans les mines autres que les houillères. Gc. 4 Avril, 362. Houillères de Pentrich. £'. 27 Mars, 316.
- — du bassin franco-belge, exploitation des couches minces. Im. IX, 733.
- — Triage et lavage de New Coeln (Smith). Ri. 4 Avril, 135.
- — Combustible artificiel, procédé Haycraft. E. 20 Mars, 396.
- — Laveur Elliott. Eam. 28 Mars, 303.
- — Fabrication des briquettes. Gc. 18 Avril, 394.
- Indicateur d’extraction. Dp. 3 Avril, 13 Lampes (Nettoyages des). Rt. 25 Mars, 137.
- Or à Madagascar. Ln. 28 Mars, 259.
- — au Transvaal. le. Mars, 327.
- — Sables de la Upper Columbia River. Eam. 21 Mars, 279.
- — libre dans le granit. American Journal
- of Science, Avril, 309.
- — d’Australie (Babu). Am. Mars, 315. Perforatrice. Machine à faire les fleurets Brad-
- bury. Eam. 4 Avril, 325.
- Puits de Rearlen. Creusement par le procédé Honingman. Ru. Mars, 329.
- — Tourbe. Exploitation en Hollande. Rt.
- 25 Mars, 121.
- PHOTOGRAPHIE
- Aldéhyde formique pour le renforcement des images (Mussat). Sfp. 15 Mars, 147. Aplanétisme(W) (Houdaille). Sfp. 1er Mars, 117. Chambre photographique Poulenc. Ln. H Avril, 292.
- Matière organique (La). Son rôle en photographie (Colson). Sfp, 15 Avril, 150.
- Alise au point automatique pour jumelles (Bellieni). Sfp. 1er Mars, 123. Photographie. (Progrèsdela). Dp. 3,10Avril, 14, 41.
- — d’une balle de fusil. Co. 18 Avril, 73.
- — des couleurs. Co. 18 Avril, 67. Substitution de couleurs organiques à l’argent
- réduit des épreuves photographiques. (A. Richard). Sfp. 1er Mars, 116.
- Le Gérant : Gustayl Uiciiard.
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-
-
- 95<> ANNÉE.
- Cinquième Série, Tome I.
- MAI 1896.
- BULLETIN
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- NOTICE NÉCROLOGIQUE
- Sur M. Léon Say, membre du Conseil de la Société, par M. Ch. Lavollée.
- M. Léon Say a été élu membre de notre Conseil en 1866. 11 avait recherché et il appréciait hautement l’honneur d’obtenir dans le Conseil la place que son aïeul Jean-Baptiste Say y avait occupée de 1815 à 1826. Fidèle à d’illustres traditions de famille, il montra dès sa jeunesse qu’il serait digne d’y ajouter sa part de renommée. En effet, notre élu de 1866 devint par degrés l’un des personnages les plus considérables de notre génération. La science économique, les lettres, la politique se disputèrent son talent, son activité et sa probité. Il est mort prématurément, entouré de l’estime publique, et nous avons entendu auprès de son cercueil l’expression d’unanimes regrets.
- Dans ces regrets unanimes se confondent les nôtres. Si Léon Say, absorbé par tant de travaux, a été empêché de prendre une part assidue à ceux de notre Société, nous savons qu’il suivait avec la plus sérieuse attention nos études et nos actes et que sa pensée s’associait avec la nôtre pour l’encouragement du commerce et de l’industrie. Sa vie tout entière a été d’ailleurs consacrée à cette œuvre, et dès lors il était bien des nôtres. N’avons-nous pas eu des collègues, parmi les plus illustres, qui, ne pouvant nous donner en quelque sorte leur présence réelle, ont servi efficacement, ont honoré notre Société par l’utilité de leurs découvertes, par l’éclat de leur enseignement, par le prestige de leur nom ou par l’influence que leur donnait l’exercice des plus éminentes fonctions dans l’État? Léon Say était Tome I. — 95e année. 5e série. — Mai 1896. 42
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- 650
- NOTICE NÉCROLOGIQUE.
- MAI 1896.
- de ceux-là; les membres du Comité de Commerce qui l’ont présenté en 1866 aux suffrages du Conseil avaient bien pressenti l’avenir brillant de leur jeune collègue.
- Ce n’est pas que Léon Say, membre de deux Académies, sénateur, député, ambassadeur, se soit exclusivement consacré à la politique, à la science et aux lettres. Nous l’avons vu, dans cette salle même où nous tenons nos séances, présider le Conseil de la Société de protection des apprentis, et nous ne saurions être jaloux de l’assiduité qu’il apportait à la présidence d’une œuvre qui intéresse si directement la condition de l’industrie en même temps que l’humanité. Il semble que par cette sollicitude particulière accordée par lui au travail des enfants et au placement des apprentis, il ait tenu à répondre au reproche immérité que l’on adresse souvent à l’économie politique, sa science favorite, de manquer de cœur et d’entrailles, de sacrifier les réalités vivantes à d’inflexibles axiomes. De même, nous avons vu Léon Say présider activement la Société d’horticulture, comme s’il avait voulu démontrer que l’économie politique n’est point incompatible avec la science des jardins, et que l’économiste peut compenser par l’agrément des yeux l’aridité des doctrines et des constatations qu’il impose à l’esprit. Il semble qu’il y ait là contradictions et contrastes. Il n’y a qu’harmonie, comme l’eût dit Bastiat, l’un des maîtres de Léon Say. Notre regretté collègue avait le don de réunir en lui l’éloquence, le bon sens, l’esprit, qu’il avait très vif et de bon aloi; il possédait aussi l’activité nécessaire pour suffire à toutes ces tâches et pour mener de front l’étude des problèmes économiques et la recherche des procédés les plus propres à améliorer l’état social, non seulement au profit des forts, qui ont quelquefois, aujourd’hui surtout, besoin d’être défendus, mais encore et particulièrement au profit des faibles, dont le bien-être, l’instruction, l’éducation morale le préoccupaient au plus haut degré.
- Léon Say a eu l’honneur d’attacher son nom tout à la fois à des écrits qui font autorité et à la plupart des actes les plus importants de la politique financière de notre temps. Les titres qu’il s’est acquis à la gratitude nationale seront rappelés dans d’autres enceintes. Pour nous, qu’il nous soit permis de nous féliciter de l’avoir eu pour collègue. 11 était de ces hommes dont le nom seul témoigne en faveur des associations auxquelles ils ont appartenu. Il nous a été fidèle pendant trente ans. Le Conseil gardera sa mémoire, qui mérite à tant de titres d’être honorée.
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-
-
- ARTS ÉCONOMIQUES
- Rapport présenté par M. Violle, au nom du Comité des Arts économiques sur rAnalyseur acoustique des mélanges gazeux de M. E. Hardy.
- Messieurs,
- M. E. Hardy, ingénieur, présente à la Société une méthode d’analyse acoustique des mélanges gazeux, curieuse dans son principe et intéressante dans son application.
- La hauteur du son rendu par un tuyau sonore dépend de la densité du gaz intérieur. Si donc cette densité varie pour une cause quelconque, le nombre des vibrations changera. Si, en particulier, la température restant constante, la composition du mélange gazeux contenu dans le tuyau est modifiée par l’addition d’un gaz plus léger, le son montera. Supposons, par exemple, qu’à de l’air vienne s’ajouter une petite proportion de formène (densité 0,56), de façon à constituer un mélange contenantp centièmes de formène et 100—p centièmes d’air, un tuyau d’orgue, donnant avec l’air le sol.i, correspondant à un nombre de vibrations doubles N = 780 rendra avec le mélange considéré un son dont la hauteur (1) sera NT/ — 780 + 1,7p. Pour mesurer cette augmentation dans le nombre des vibrations,
- (1) Soit
- Mais
- N le nombre des vibrations du tuyau plein d’air, iY — — — du mélange,
- V la vitesse du son dans l’air,
- V' — — le mélange,
- D la densité du mélange par rapport à l’air,
- on a en effet :
- N—N!= /T
- N“V VÏÏ'
- D —-
- (100 — p) 1 + p 0,36
- ÏÔÔ
- = 1 — 0,0044 p.
- On a donc, en supposant la proportion de formène faible, ce qui est le cas le plus intéressant,
- Y
- — = l + 0,0022 p,
- N
- d’où l’on tire pour N' la valeur indiquée dans le texte.
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- 652
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- MAI 1896.
- M. Hardy fait parler l’un à côté de l’autre, à la même température, un tuyau plein d’air rendant le son N et un tuyau rempli du mélange à étudier émettant le son N', et il constate la différence N' — N par le nombre des battements effectués. On voit qu’un mélange d’air et de formène contenant un centième de ce dernier gaz donnera 1,7 battements en une seconde. Un millième seulement de formène s’évaluera avec certitude, étant mesuré par un battement toutes les six secondes environ.
- La plus faible quantité de grisou sera donc accusée immédiatement par l’appareil; et c’est là, en effet, le but éminemment humanitaire que s’est surtout proposé M. Hardy.
- 11 a construit avec son habileté ordinaire des appareils délicats à l’aide desquels les battements s’évaluent à l’oreille ou s’inscrivent sur un appareil enregistreur.
- Sans entrer dans le détail de ces appareils, actuellement en expérience au Conservatoire des Arts et Métiers, votre rapporteur espère, Messieurs, vous avoir convaincus de la très grande importance du travail de M. Hardy, et c’est avec toute confiance qu’il vous demande l’insertion du mémoire et des dessins dans 1 e Bulletin, en même temps qu’il vous prie de vouloir bien adresser à l’auteur les meilleurs remerciements de la Société.
- Signé : J. Vjolle, rapporteur.
- Approuvé en séance le 10 avril 1896.
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-
-
-
- NOTE DE M. E. HARDY
- Sur l’application des vibrations sonores a l’analyse des mélanges d’air et d’un
- GAZ, DE DENSITÉ DIFFÉRENTE, ET, EN GÉNÉRAL, DES MÉLANGES DE DEUX GAZ DE
- DENSITÉS DIFFÉRENTES, PAR M. E. Hardy, INGÉNIEUR ÈS SCIENCES PHYSIQUES A
- Dreux (Eure-et-Loir).
- La méthode d’analyse à Laide des vibrations sonores des mélanges d’air et d’un gaz de densité différente et, en général, de deux gaz de densités différentes, méthode qui va être exposée ci-dessous, ne remplace en rien l’analyse chimique, et il est indispensable de savoir à l’avance, à l’aide de l’analyse chimique, quels sont les gaz qui se trouvent réunis dans le mélange gazeux à analyser. Mais, cette première constatation faite, l’analyse acoustique présente, dans certains cas, de précieux avantages : par exemple, pour connaître à tout instant quelle est la proportion d’acide carbonique évacuée par une cheminée d’usine, ou bien pour doser en quelques secondes la quantité de grisou, ou plutôt de formène, qui existe dans une galerie de mine ou dans une galerie de retour d’air. L’analyse acoustique permet également d’enregistrer sur une bande de papier la quantité, même très minime, d’un gaz étranger mélangé à l’air.
- ANALYSE ACOUSTIQUE
- On appelle tuyau sonore un tuyau cylindrique ou prismatique capable de rendre un son musical lorsqu’on lance un courant d’air dans ce tuyau. On distingue deux sortes de tuyaux sonores, les tuyaux à anche et les tuyaux à embouchure de flûte, ceux-ci seulement peuvent servir pour l’analyse acoustique.
- La hauteur du son d’un tuyau d’orgue à embouchure de flûte dépend :
- 1° De la longueur de ce tuyau ; plus il est long, plus le son est grave ;
- 2° De la vitesse du courant d’air ou de gaz qui est lancé dans ce tuyau ; le son s’élève quand cette vitesse augmente;
- 3° De la densité du gaz qui est lancé dans le tuyau; un gaz plus léger que l’air, comme le formène, donne un son plus aigu.
- On sait aussi que :
- 1° Lorsque deux tuyaux sonores accordés à l’unisson parlent en môme temps à l’aide de deux courants d’air pur de même vitesse, on n’entend qu’un son unique et pur. Ces tuyaux, étant à l’unisson, produisent le même nombre de vibrations par seconde : les vibrations coïncident donc et le son est pur. Il se passe seulement ce fait bien connu des physiciens et des musiciens, savoir: que les vibrations des deux tuyaux sonores se composent de façon qu’il y ait toujours entre elles une demi-vibration de différence, de sorte que le son résultant des deux tuyaux sonores parlant ensemble est plus faible que le son d’un seul. Ce fait est tout à l’avanlage de l’analyse acoustique.
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- 654
- ARTS ÉCONOMIQUES. ---- MAI 1896.
- 2° Mais si, pour une cause quelconque, le son de l’un des tuyaux d’orgue est légèrement modifié, ces tuyaux, n’étant plus à l’unisson, ne donnent plus le même nombre de vibrations par seconde; il y a alternativement coïncidence et non coïncidence entre les vibrations, ces interférences ont reçu le nom de battements.
- Si donc on fait parler en même temps deux tuyaux sonores accordés à l’unisson dans l’air pur, à l’aide de deux souffleries distinctes, capables de produire un écoulement gazeux constant, et alimentées toutes deux d’air pur, ces souffleries font rendre le même son à chacun des tuyaux d’orgue, on n’entend qu’un son pur, et il ne se produit pas de battements.
- Mais si l’une des souffleries vient à être alimentée avec de l’air contenant une quantité même très minime d’un gaz étranger de densité différente, le son est modifié dans le tuyau d’orgue correspondant, les deux tuyaux ne sont plus à l’unisson, et il se pro-yduit des battements.
- Plus il y a de gaz étranger dans l’air d’alimentation de la soufflerie, plus le son est modifié dans le tuyau sonore, et plus les battements deviennent fréquents.
- Toutes choses égales d’ailleurs, le nombre des battements est proportionnel à la quantité de gaz. Si donc on compte le nombre des battements pendant un temps donné, dix secondes par exemple, on sera renseigné sur la proportion de gaz étranger mélangé à l’air.
- L’expression du nombre n de battements par seconde, en fonction de la proportion x du gaz, de densité d, et du nombre N de vibrations doubles du son initial, est la moitié du produit des trois facteurs :
- N
- x, (t — d), et N. n = — (1 — d) x.
- Tel est le principe sur lequel reposent l’analyse acoustique des mélanges gazeux et le formènophone, ou appareil destiné à faire ces analyses.
- FORMÈNOPHONE
- Cet appareil se compose donc (fig. 1) de deux souffleries distinctes et de deux tuyaux d’orgue accordés à l’unisson dans l’air pur.
- L’une des souffleries, et son tuyau sonore, sont enfermés dans une enveloppe étanche contenant de l’air pur. Cet air ne sort pas de l’enveloppe, on n’a donc pas à le renouveler. La soufflerie lui imprime seulement un mouvement de circulation pour le faire passer avec une vitesse constante dans le tuyau d’orgue qui parle ainsi avec de l’air pur, même quand tout l’appareil est plongé dans une atmosphère d’air impur.
- L’autre soufflerie s’alimente au contraire avec l’air de l’atmosphère dans laquelle l’appareil est plongé.
- Si l’on fait fonctionner en même temps les deux souffleries de cet appareil dans une atmosphère d’air pur, les deux tuyaux d’orgue rendront le même son, puisque l’air puisé dans l’atmosphère par la deuxième soufflerie est de même composition que l’air pur puisé dans l’enveloppe étanche par la première soufflerie. Les deux tuyaux d’orgue parlent donc à l’unisson, et il ne se produit pas de battements.
- Mais si l’on transporte l’appareil dans une galerie de mine dont l’atmosphère contienne du grisou, les deux tuyaux sonores ne donneront plus l’unisson, puisque l’un parlera avec l’air pur de son enveloppe étanche et l’autre avec l’air grisouteux de la
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-
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-
- FORMÈNOPHONE HARDY.
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- Fig. 1. — Schéma du formènophone Hardy
- Le moteur à air comprime A est mis en mouvement chaque demi-heure par l’horloge Y de l’enregistreur au moyen de l’électro-aimant V. Ce moteur marche environ pendant cinq minutes puis s’arrête de lui-même après avoir fait 1 500 tours.
- Il met en mouvement la pompe E à l’aide de la bielle C. Cette pompe fait le vide au-dessus du laveur B1 contenant une solution de potasse. Le moteur A commande le robinet à double entrée W de telle sorte que, pendant les deux premières minutes, l’air grisouteux de la galerie de mine est aspiré par la pompe-Cet air grisouteux est puisé par l’orifice d’aspiration a à l’endroit convenable, il passe par les tubes b b, barbotte dans la solution de potasse du laveur F et rempli, la pompe E. Lorsque le piston de la pompe s’abaisse, l’air grisouteux, débarrassé de l’acide carbonique et des poussières qu’il pouvait contenir, passe dans la poche de caoutchouc H munie d'une soupape de sûreté d.
- En même temps la bielle D commandée par le balancier B fait fonctionner la soufflerie double I. Les soufflets e e' aspirent alternativement le mélange gazeux contenu dans la poche de caoutchouc H et le compriment dans le régularisateur de pression j, muni d’une soupape de sûreté f. Au sortir du régulari-sateur de pression J, le mélange gazeux passe dans le tube l du régularisateur de température K et de là dans, le tuyau sonore enfermé dans l’enveloppe L pour s’écouler librement dans l’atmosphère par l’orifice g.
- Les soufflets h et h' de la soufflerie double I aspirent alternativement l’air pur contenu dans l’enveloppe étanche N, le compriment dans le régularisateur de pression o muni d’une soupape de sûreté i communiquant avec l’enveloppe étanche N.
- Au sortir du régularisateur de pression o, l’air pur passe dans le tube J du régularisateur de température K et de là dans le tuyau sonore enfermé dans l’enveloppe M pour revenir par le tube m dans l’enveloppe étanche.
- Deux tubes acoustiques n n' partent des enveloppes L et M, des tuyaux sonores et aboutissent dans le résonnateur R. Le style d’argent S repose sur la membrane du résonnateur et touche la vis de contact T, ce contact est rompu seulement lors des grandes amplitudes de vibration de la membrane du résonnateur.
- Le courant de la pile P passe par le style S, la vis T, de là il vient traverser le récepteur téléphonique U, placé en dehors de la mine.
- Ce récepteur téléphonique est remplacé par le relais télégraphique Q lorsque l’on veut faire marcher l’enregistreur.
- Cet enregistreur fait une première observation pendant que le robinet à double entrée W donne accès à l’air grisouteux de la mine.
- Après que le moteur A a fait tourner le robinet W de façon à donner accès à l’air pur et après un temps de fonctionnement suffisant pour que tout le mélange gazeux précédent soit chassé, l’enregistreur fait une nouvelle observation celle-ci avec l’air pur. On obtient donc sur la bande de papier de l’enregistreur fig. 5 une série d’observations doubles, les premières faites avec l’air grisouteux de la galerie donnent la courbe de la proportion de formène, les deuxièmes faites avec l’air pur donnent la constante.
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- galerie. Il se produira des battements dont le nombre, en un temps donne, dépendra de la proportion de formène contenue dans l’atmosphère de la galerie.
- S’il y a deux millièmes de formène, il se produit environ 3 à 4 battements en dix secondes.
- S’il y a cinq millièmes de formène, il se produit environ 8 à 9 battements en dix secondes.
- S’il y a dix millièmes de formène, il se produit environ 17 battements en dix secondes.
- A vingt millièmes de formène, le nombre des battements est d'environ 34 en dix secondes.
- Les tuyaux sonores donnant la note sob, soit 768 vibrations doubles par seconde.
- En poussantles expériences jusqu’à 23 p. 100 deformène, les battements deviennent extrêmement fréquents, mais restent toujours très nets et très distincts.
- Si l’on voulait déterminer des teneurs assez élevées, comme 3 p. 100 ou davantage, il suffirait, pour que les battements ne soient pas trop fréquents et que l’on puisse facilement les compter, d’employer des tuyaux sonores donnant un moins grand nombre de vibrations par seconde, ut^ ou ut2, par exemple; ou bien de prendre comme comparaison un gaz ou un mélange gazeux de densité appropriée.
- Il est une objection que l’on est tenté de faire à l’analyse acoustique. Le grisou étant du formène mélangé à de l’acide carbonique, de l’azote et une petite quantité d’autres gaz, sa densité varie suivant la plus ou moins grande proportion d’acide carbonique, d’azote et des autres gaz.
- Mettant, à part l’acide carbonique qui sera absorbé comme on le verra plus loin, l’azote est le seul gaz qui se trouve en proportion notable dans le grisou et qui puisse avoir une influence sur les résultats de l’analyse acoustique. La proportion la plus grande d’azote trouvée dans le grisou est de 18,5 p. 100. L’erreur que cette quantité peut donner est de zéro battement deux dixièmes de battement en 10 secondes, pour une proportion de 1 p. 100 de grisou dans l’atmosphère, tandis que le formène contenu dans ce même grisou et dans les mêmes conditions donne 13 battements 2 dixièmes en 10 secondes. Et encore faudrait-il, pour avoir cette erreur de 2 dixièmes de battement, que la proportion d’azote variât de 0 à 18,5 p. 100. On voit donc que la présence»1 de l’azote en plus ou moins grande quantité est absolument négligeable.
- FORMÉNOPHONE PORTATIF
- Cet appareil est destiné à déterminer en quelques secondes la quantité de formène qui peut exister aux différents points d’une galerie de mine, surtout au moment de la mise à feu d’un explosif.
- On doit insister sur ce point, car il est de la plus grande importance. L’auréole des lampes perfectionnées dont on se sert dans tous les pays pour rechercher le grisou, ne peut en faire connaître la teneur qu’approximativement ; or, la simple appréciation à ce moment peut être très dangereuse; les accidents dus à cette cause depuis un peu plus d’une année, à Anderlmres, à Ujo, à Saint-Étienne, à Drocourt, deux fois à Chate-lineau, à Henin-Liétard et la terrible catastrophe d’Amna en sont la preuve.
- Le formènophone donne au contraire des indications précises et absolues en dehors de toute appréciation. S’il produit, par exemple, environ 4 battements en 10 secondes, ilji’y a qu’à peu près deux millièmes de formène dans l’atmosphère, il ne peut y avoir
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- danger d’explosion môme avec les poussières, on peut donc mettre le feu à l’explosif. Mais si le formènophone donne 30 à 35 battements en 10 secondes, il y a près de !2 p. 100 de formène, il peut y avoir danger d’explosion, on ne doit pas mettre le feu à l’explosif. Il n’y a donc pas d’erreur possible et rien n’est laissé à l’appréciation.
- On doit aussi remarquer « qu’il existe au plafond des galeries une zone de 20 centimètres environ, dans laquelle une lampe pénètre difficilement, surtout celles que l’on ne peut incliner. Or, c’est précisément la zone la plus dangereuse, par suite de la tendance du grisou à s’élever en raison de la densité. » (Haton de la Goupillère, rapport à la Commission du grisou.) De plus, la disposition du boisage empêche toujours la ventilation de faire son effet dans cette zone.
- Le formènophone aspire l’air grisouteux de la galerie par un tube métallique articulé sur un tube de caoutchouc, de sorte que l’on peut porter l’orifice d’aspiration dans la zone dangereuse, absolument auras du plafond de la galerie, dans les anfractuosités de la roche et dans les fentes du boisage,
- ABSORPTION DE L ACIDE CARBONIQUE
- Cette aspiration a lieu au travers d’un laveur contenant une solution de potasse, de sorte, qu'avant d’entrer dans la soufflerie, l’air de la mine est entièrement débarrassé de l’acide carbonique qu’il pouvait contenir. Ce laveur en fonte de fer est d’une forme telle que si l’appareil venait à être renversé ou retourné, la solution de potasse reste dans le laveur sans pénétrer dans l’appareil.
- Pour se rendre compte de l’efficacité de ce dispositif, on a fait les expériences suivantes :
- 1° Un gazomètre a été rempli d’air pur, le formènophone alimenté dans ce gazomètre n’a fait entendre aucun battement.
- 2° Le gazomètre a été rempli avec de l’air chargé d'acide caTbonique, sans que cet air ait passé par le laveur. Le formènophone alimenté dans le gazomètre, a fait entendre 30 à 40 battements en dix secondes.
- 3° Le gazomètre a été de nouveau rempli avec de l’air chargé d’acide carbonique, mais ayant passé par le laveur, le formènophone alimenté dans le gazomètre n’a fait entendre aucun battement.
- Il est donc incontestable que l’air chargé d’acide carbonique a été entièrement débarrassé de cet acide en passant par le laveur.
- TEMPÉRATURE CONSTANTE DES DEUX GAZ
- Comme l’air pur enfermé dans l’enveloppe étanche et l’air puisé dans la galerie peuvent ne pas être exactement à la même température, au sortir des deux souffleries, et avant d’arriver aux tuyaux sonores, ces deux gaz passent par deux tubes métalliques cloisonnés d’un grand nombre de diaphragmes en toile métallique fine. Ces tubes cloisonnés sont plongés à côté l’un de l’autre dans un récipient rempli d’eau. Les tubes et leurs cloisons prennent la température de l’eau du récipient, et les gaz, en traversant les toiles métalliques, en prennent instantanément la température. Ce sont donc deux gaz ramenés exactement à la même température qui font parler les deux tuyaux sonores.
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- Pour vérifier l'efficacité de ce dispositif, on a mis un tube de caoutchouc à chacune des extrémités de l’un des tubes cloisonnés. Dans l’un des tubes de caoutchouc, on a introduit la boule d’un thermomètre divisé en dixièmes de degré, et, par l’autre, on a fait arriver un courant d’air à environ 40 degrés centigrades. Le degré marqué par le mercure du thermomètre n’a pas varié même d’un dixième de degré, quelle que fût la vitesse du courant d’air chaud. En supprimant le régularisateur de température, le mercure du thermomètre est monté de suite très rapidement. On a encore procédé aux expériences suivantes :
- 1° L’air aspiré par l’une des souffleries du formènophone, au sortir du régularisateur de pression, a été dirigé au travers d’un tube d’acier de 4,5 millimètres de diamètre intérieur, et, de là, directement dans le tuyau sonore, sans passer par le régularisateur de température. Le tube d’acier étant à la température ambiante, les deux tuyaux d’orgue ont été réglés à l’unisson et le formènophone n’a produit aucun battement.
- Le tube d’acier a alors été chauffé à plus de 200 degrés par une lampe à alcool; de suite, le formènophone a produit environ 50 à 60 battements en dix secondes. La lampe à alcool éteinte, les battements sont devenus de moins en moins fréquents et ont disparu tout à fait lorsque le tube d’acier est revenu à la température ambiante.
- 2° Tout étant ainsi disposé, l'air, au sortir du tube d’acier, a été dirigé au travers du régularisateur de température et, de là, dans le tuyau sonore. Le tube d’acier étant à la température ambiante, les tuyaux d’orgue étaient à l’unisson et le formènophone n’a pas produit de battement.
- Le tube d’acier a alors été chauffé avec la lampe à alcool et le formènophone n’a également pas produit de battements.
- L’efficacité du régularisateur de température est donc absolue et complète, les deux gaz sont ramenés exactement à la même température.
- CONSTANCE DU DEGRÉ HYGROMÉTRIQUE
- Le degré hygrométrique de l’air pur enfermé dans l’enveloppe étanche est invariable, ce peut être la saturation.
- L’air puisé dans l’atmosphère se sature aussi de vapeur d’eau en barbottant dans les laveurs. Ce sont donc deux gaz saturés de vapeur d’eau et à une température égale, qui font parler les tuyaux sonores.
- Pour vérifier l’exactitude de ce qui précède, on a fait les expériences suivantes :
- 1° Le gazomètre a été rem pli avec de l’air ambiant en le faisant passer au travers des laveurs. Le formènophone a été alimenté dans le gazomètre et les tuyaux sonores réglés à l’unisson, de sorte que l'appareil n’a pas produit de battements.
- 2° Le gazomètre a été rempli avec de l’air desséché sur du chlorure de calcium, le formènophone alimenté dans le gazomètre a produit des battements.
- 3° Le gazomètre a été rempli avec de l’air desséché par le chlorure de calcium, mais ayant passé ensuite dans les laveurs de potasse ; le formènophone alimenté dans le gazomètre n’a pas produit de battements.
- Ces expériences prouvent bien que, quel que soit le degré hygrométrique de l’air, il devient constant en traversant les laveurs.
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- RÉCEPTEURS ACOUSTIQUES
- L’une des souffleries et son tuyau sonore sont enfermés dans une enveloppe étanche, afin que ce tuyau sonore puisse parler toujours avec de l’air pur. L’autre tuyau d’orgue est également enfermé dans une enveloppe, mais celle ci n’est pas étanche, elle est destinée à protéger le tuyau sonore. Ces enveloppes sont également nécessaires pour empêcher les tuyaux d’orgue de s’influencer mutuellement.
- Elles obligent à prendre des dispositions spéciales pour bien entendre les battements que les tuyaux sonores peuvent produire.
- Deux tubes acoustiques partent du haut des enveloppes des tuyaux sonores et viennent aboutir à un récepteur que l’on met à l’oreille. Ce récepteur peut être double pour actionner les deux oreilles à la fois. Dans ce récepteur, les tubes acoustiques s’épanouissent et leurs extrémités sont fermées par des membranes métalliques. A4 l’aide de ce récepteur, l’observateur perçoit avec intensité et une grande netteté les vibrations des deux tuyaux sonores et les battements qu’ils peuvent produire. De plus, cette disposition est très importante en ce qu’elle permet d’entendre avec la plus grande facilité les battements produits par le grisou, même, malgré les coups de pics, le roulement des wagons et tous les bruits d’un atelier en activité.
- SOURCE SONORE CONSTANTE
- Le tuyau d’orgue parlant avec l’air pur est seulement destiné à produire toujours le même nombre de vibrations par seconde; il serait donc très naturel de le remplacer par une autre source sonore plus simple, un diapason par exemple. Mais alors les causes d’erreur ne seraient plus éliminées, et il faudrait faire une correction pour la pression atmosphérique, une autre pour la température, une autre pour l’hygrométrie et probablement d’autres encore, ces corrections seraient difficiles et fort incertaines, de sorte que le résultat final serait absolument erroné.
- Fomnènophone fixe et transport des indications à distance. — Ce second type d’appareil est destiné à être mis dans les galeries de retour d’air et aux endroits convenables. « Il y a le plus grand intérêt à étudier à des époques fixes, et le plus souvent possible, les galeries de retour d’air. L’analyse de l’air qui les parcourt est le moyen le plus sûr de se rendre compte de l’état du grisou dans la mine. » (Haton de la Goupillère, rapport à la commission du grisou.)
- Un petit moteur quelconque à air comprimé ou à eau, par exemple, fait fonctionner continuellement ou à des époques fixes les souffleries I(fig. 2) de cet appareil. Un microphone est installé sur chacun des deux tuyaux d’orgue. Le courant électrique traverse successivement ces deux microphones et passe ensuite dans un récepteur téléphonique ordinaire placé à une distance quelconque en dehors de la mine dans le bureau d’un préposé spécial. Chaque microphone reproduit exactement chaque vibration du tuyau sonore sur lequel il est fixé, de sorte que, lorsque les deux tuyaux d’orgue parlent à l’unisson, les microphones vibrent également à l’unisson et le récepteur téléphonique reproduit cet unisson; il fait entendre un son pur sans battements. Mais si, à cause du grisou, les tuyaux d’orgue ne sont plus à l’unisson et produisent des battements, les microphones ne vibrent plus à l’unisson et le récepteur téléphonique répète avec la plus grande netteté les battements des tuyaux sonores. Comme le siège des interfé-
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- rences se trouve dans les microphones, on conçoit très bien pourquoi les battements entendus au récepteur téléphonique deviennent extrêmement accentués.
- Si un semblable appareil avait été installé dans chacun des cinq retours d’airs du puits Sainte-Eugénie, à Montceau-les-Mines, lors de la catastrophe arrivée il y a un an, le préposi aux téléphones aurait constaté à un moment donné et inscrit sur le registre
- Fig. 2. — Formènophone Hardy. Type fixe.
- d’observations l’augmentation croissante d’un gaz étranger dans le retour d’air 325. Voyant le danger croître de plus en plus, il eût prévenu les ingénieurs que quelque chose d’anormal se produisait dans ce retour d’air, et, par conséquent, dans la galerie correspondante. La catastrophe aurait donc pu être conjurée ou du moins aurait causé des désastres beaucoup moins graves.
- Appareil enregistreur. — Deux tubes acoustiques n n pénètrent au travers des enveloppes L et M des tuyaux sonores et descendent dans ces tuyaux jusqu’à une certaine profondeur. Parleur autre bout, ces tubes acoustiques viennent aboutir dans un
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- résonnateur R et s’y épanouissent; leurs extrémités sont fermées par des membranes métalliques. Le résonnateur est lui-même fermé par une membrane.
- Par suite de cette disposition, la membrane du résonnateur participe aux vibrations des deux tuyaux sonores. Lorsque ces tuyaux donnent l’unisson, la membrane du résonnateur vibre régulièrement avec toujours la môme amplitude. Mais si les tuyaux sonores produisent des battements, la membrane du résonnateur ne vibre plus régulièrement ; elle a alternativement de grandes et de petites amplitudes dans ses vibrations correspondant aux maxima et aux minima d’intensité du son, c’est-à-dire aux battements.
- 11 est nécessaire que le résonnateur soit bien accordé pour le nombre des vibra-
- Fig. 3. — Formèüophone Hardy. Détail de l’enregistreur électrique.
- tions des tuyaux sonores vibrant dans leurs enveloppes. Pour déterminer avec précision le volume du résonnateur, il faut en retirer la partie supérieure qui porte la membrane. Les membranes des tubes acoustiques vibrent alors à l’air libre et ne s’influencent plus. On compte le nombre de battements obtenus en 10 secondes ; on remet alors la partie supérieure du résonnateur, et l’on en change le volume jusqu’à ce qu’on obtienne le même nombre de battements en 10 secondes.
- Un stylet d’argent S, très élastique, repose sur la membrane du résonnateur et suit toutes ses vibrations; il est en contact avec une vis isolée électriquement T ; ce contact ne cesse que lors des grandes amplitudes de vibration de la membrane du résonnateur correspondant aux battements. Il s’ensuit que le circuit électrique est rompu pendant un instant à chaque battement.
- En interposant un récepteur téléphonique U (fig. 1) dans le circuit, ce récepteur reste muet ou fait entendre un bruissement régulier lorsque les tuyaux sonores-
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- vibrent à l’unisson, mais s’ils produisent des battements, le récepteur téléphonique les reproduit avec une intensité étourdissante.
- En remplaçant le récepteur téléphonique par un relais télégraphique Q (lig. 3), ce relais fonctionne à chaque rupture de courant produite par chaque battement. Ce relais commande une pile locale dont la fonction est expliquée plus loin.
- Une horloge Y tire continuellement une bande de papier Z, de 10 centimètres de largeur. Cette traction a lieu à raison d’environ 2 millimètres et demi par 5 minutes. L’un des mobiles de l’horloge donne, chaque 5 minutes, un contact électrique qui dure exactement 20 secondes. Le courant de la pile locale passe par ce contact de 20 secondes, et ensuite dans un électro-aimant. Cet électro-aimant ne devient
- Fig. 4. — Formènoplionc Hardy. Del ail de l’embrayage de l’enregistreur.
- donc actif que chaque fois que le relais fonctionne pendant les 20 secondes d'observation, c’est-à-dire à chaque battement produit par les tuyaux sonores pendant les 20 secondes d’observation.
- Chaque fois que l’électro-aimant devient actif, il fait avancer d’une dent une roue à rochet qui communique son mouvement à une roue double, qui porte une aiguille 7 (fig. i) armée d’une molette et encrée par un tampon. Cette aiguille part de zéro 0 chaque observation, de sorte qu’une observation erronée n’a pas d’influence sur les suivantes. La molette trace un arc de cercle sur la bande de papier de l’enregistreur en déposant (lig. 3) un point à chacun des mouvements de l’aiguille, c’est-à-dire à chaque battement observé.
- Lorsque le contact de 20 secondes arrive à sa fin, l’aiguille s’arrête, et, quelques secondes après, un débrayage commandé par l’horloge ramène l’aiguille à zéro. Tout est donc prêt pour une nouvelle observation.
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- Ce débrayage est représenté à part, fîg. 4. En voici la description :
- L’aiguille q est fixée sur la roue supérieure r folle sur l’axe, et taillée sur champ en dents très fines et pointues. Sur le même axe se trouve fixée une autre roue pareille s taillée aussi sur champ d’un même nombre de dents. L’axe reçoit son mouvement de la roue à rochet p (fig. 3) à l’aide d’un pignon.
- La roue supérieure r vient engrener par son propre poids avec la roue inférieure s et participe alors à son mouvement. L’aiguille q s’est abaissée en même temps que la roue r et sa molette, portée par l’aiguille, s’appuie sur la bande de papier r de l’enregistreur et y dépose un point à chacun de ses mouvements.
- Quelques secondes après la fin de l’observation, le levier t, sollicité par le contrepoids u, tombe brusquement dans l’encoche de l’excentrique v, fixé sur le mobile de
- Fig. o. —Tracé des battements.
- l’horloge. Le levier i, par son galet w, soulève brusquement la roue r et l’aiguil,e q, la roue r devient libre et le petit contrepoids y ramène alors l’aiguille q sur le butoir z à la position zéro.
- Le soulèvement de la roue r et de l’aiguille q a eu pour effet de soulever la molette, de sorte qu’elle ne touche plus la bande de papier Z quand elle est ramenée au zéro et les traces de l’observation ne sont pas salies.
- Les amplitudes des vibrations de la membrane du résonnateur ne dépendent pas de la plus ou moins grande fréquence des battements, ou, du moins, cette plus ou moins grande fréquence a peu d’influence sur cette amplitude, de sorte que l’on peut se servir de tuyaux sonores donnant un son plus grave que lorsqu’on perçoit simplement les battements à l’oreille sans passer par le résonnateur et le récepteur téléphonique.
- Avec des tuyaux d’orgue donnant à l’air libre environ 512 vibrations doubles par seconde, soit la note utk, on a obtenu les résultats suivants pour des mélanges d’air et de gaz d’éclairage faits dans un gazomètre :
- Pour un millième de gaz environ 3 battements eu 20 secondes Pour deux millièmes — — 6 — —
- Pour cinq millièmes — — 14 à^lo — —
- Pour dix millièmes — — 29 à 31 — —
- Pour vingt millièmes. — — 38 à 60 — —
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- On doit remarquer que chaque tuyau sonore, son enveloppe, l’air contenu dans cette enveloppe, les tubes acoustiques et leurs membranes, forment un système vibrant dont le nombre de vibrations par seconde peut être différent, soit en plus, soit en moins du nombre des vibrations des tuyaux sonores parlant à l’air libre. Dans les expériences citées ci-dessus et dans celles qui vont suivre, le nombre des vibrations du système vibrant était environ 600 par seconde.
- Il a été dit plus haut que les enveloppes des tuyaux sonores étaient nécessaires pour empêcher les tuyaux sonores de s’influencer. Malgré ces enveloppes, lorsque les tuyaux d’orgue sont réglés à l’unisson, ils s’influencent encore un peu, de sorte que l’introduction d’une très petite quantité de gaz étranger, un millième de formène par exemple, est difficilement accusée par l’appareil.
- Pour obvier à cet inconvénient, rendre l’appareil extrêmement sensible, et en même temps supprimer tout réglage, il suffît d’introduire une constante. A cet effet, les deux tuyaux d’orgue étant réglés à l’unisson dans l’air pur, on met un poids supplémentaire sur le régularisateur de pression du tuyau sonore qui doit parler avec le gaz le plus léger. Le son monte dans ce tuyau sonore, et les deux tuyaux d’orgue parlant en même temps, tous deux avec de l’air pur, produisent un certain nombre quelconque de battements, 15, par exemple, en 20 secondes. Ce nombre est la constante; il faudra le retrancher des nombres de battements qui sont observés dans les expériences pour avoir le nombre exact des battements produits par le formène.
- Expérience faite avec une constante 15.
- ü millième de gaz 13 battements 13 — 15 = 0 battement en 2 0 seconde:
- 1/2 millième — 16 — 16 — 15 = 1 — —
- 1 millième — 1f — 18 — 15 — 3 — —
- 2 millièmes — 21 — 21 — 15 = 6 — —
- 3 millièmes — 23 — 23 — 15 = 10 — —
- 4 millièmes — 28 — 28 — 15 — 15 — —
- 5 millièmes — 30 — 30 — 15 = 15 — —
- 6 millièmes — 34 — 34 — 15 = 19 — —
- 7 millièmes — 36 — 36 — 15 = 15 — —
- 8 millièmes — 39 — 39 — 13 = 24 — —
- 9 millièmes — 42 — 42 — 15 = 27 — —
- 10 millièmes — 46 — 46 — 15 = 31 — —
- 13 millièmes —• 60 — 60 — 15 — 45 — —
- 20 millièmes — 74 — 74 — 15 = 59 — —
- Ces observations sont reproduites graphiquement par le diagramme fig. 6. Ce diagramme montre que le millième de gaz est très nettement donné par l’appareil. Il indique même le demi-millième; mais si l’on voulait déterminer des teneurs aussi faibles, il faudrait faire durer l’observation plus longtemps, pendant 40 secondes par exemple. Le diagramme montre également la parfaite proportionnalité des battements et des teneurs en gaz.
- Pour répondre à l’objection que l’on peut faire aux appareils d’analyse acoustique, savoir: que les tuyaux d’orgue peuvent un peu varier de ton, et, qu’alors,la constante introduite peut varier aussi sans que l’on en soit prévenu : il faut disposer les expériences de la manière suivante.
- Le moteur à air comprimé est mis en marche par un déclenchement électrique commandé par l’horloge de l’enregistreur. Ce moteur fait 1500 tours correspondant à environ 5 minutes de temps et s’arrête ensuite de lui-même. Il commande à l’aide de
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- cames un robinet à double entrée. Au moment du départ, et pendant les deux premières minutes, le robinet donne accès au mélange gazeux puisé dans la galerie. Le tuyau sonore parle donc avec ce mélange gazeux, et l’enregistreur marque sur sa bande de papier le nombre de battements correspondant à la proportion de formène existant dans la galerie la plus constante.
- Le moteur fait ensuite tourner le robinet à double entrée, qui donne alors accès à l’air pur puisé dans la conduite du moteur. Au bout d’une ou deux minutes, quand l’appareil est purgé du mélange gazeux précédent, l’enregistreur fait automatiquement une nouvelle observation, celle-ci avec l’air pur. L’appareil détermine donc de nouveau sa constante et donne la courbe de l’air pur.
- Après cette observation, le moteur met le robinet à double entrée dans sa position première en correspondance avec le mélange gazeux de la galerie de mine et s’arrête.
- On obtient donc sur la bande de papier de l’enregistreur une série d’observations doubles faites à 3 minutes d’intervalle. Les observations doubles peuvent avoir lieu,
- 20 Millièmes o£ Gaî
- Fig. 6. — Diagramme clos battements.
- soit chaque heure, chaque demi-heure ou chaque quart d’heure, et l’on a ainsi deux courbes simultanées l’une due à la présence de formène en plus ou moins grande quantité, l’autre à air pur. La différence entre ces deux courbes donne la proportion exacte du formène.
- Pour déterminer à l’aide de l’analyse acoustique la proportion d’acide carbonique évacuée par une cheminée, il faut d’abord aspirer les gaz au travers d’un serpentin plongé dans une cuve remplie d’eau et au travers d’une feuille de ouate de coton posée sur une toile métallique. Les gaz sont alors introduits dans une poche de caoutchouc munie d’une soupape de sûreté. L’appareil puise les gaz dans cette poche de caoutchouc à l’aide de l’une de ses souffleries, l’autre soufflerie puise directement l’air pur dans l’atmosphère.
- Avec des tuyaux d’orgue donnant la note ut,, soit 128 vibrations doubles par seconde (dans leurs enveloppes), chaque centième d’acide carbonique contenu dans les gaz évacués par la cheminée produit environ trois battements en 10 secondes.
- Tome L — 95e année. 5° série. — Mai 1896.
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- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par MM. Hirsch et Brüll, au nom du Comité des Arts mécaniques, sur une distribution de vapeur pour locomotives et sur des perfectionnements divers à ces machines, par MM. A. Lencauchez et E. Durant, ingénieurs.
- M. A. Lencauchez, ingénieur à Paris, 156, boulevard de Magenta, a présenté à l’examen de la Société les travaux de recherche qu’il a faits en collaboration avec M. L. Durant, ingénieur du matériel au chemin de fer de Paris à Orléans, pour l’amélioration des machines à vapeur et en particulier des locomotives. M. Lencauchez a remis à cet effet des documents nombreux et d’un grand intérêt.
- Les communications de M. Lencauchez ont été renvoyées au Comité des Arts mécaniques, qui nous a fait l’honneur de nous charger de les examiner et de donner notre avis sur le mérite de ces travaux.
- Ces études s’étendent sur une période de plus de vingt-cinq années; elles embrassent presque toutes les questions relatives à la génération et à l’utilisation de la vapeur pour la production du travail mécanique.
- Les expériences faites, les études entreprises, les applications d’essai aux locomotives, les constatations de résultats ont été encouragées et facilitées parla persévérante collaboration de M. Forquenot, puis de son successeur, M. E. Poloneeau. Le chemin de fer d’Orléans a ainsi servi de berceau à ces multiples créations ; il est maintenant le champ où se développent les applications et où se recueillent les fruits de ces perfectionnements.
- Nous donnerons d’abord l’énumération des principaux sujets traités dans les communications de M. Lencauchez.
- Les locomotives de la Cie d’Orléans sont presque toutes munies du système de foyer bien connu de Ten Brinck. Le bouilleur plat qui, dans ce système, sépare le foyer en deux parties, sert aussi à la circulation de l’eau. MM. Durant et Lencauchez ont proposé un dispositif ayant pour but de faciliter cette circulation.
- Les locomotives sont à cendrier fermé. L’air atmosphérique y pénètre par l’avant à travers une ouverture rectangulaire, qui peut se fermer à l’aide
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- d’un clapet de tôle manœuvré depuis la plate-forme de la machine. M. Len-cauchez a arqué ce clapet suivant sa section verticale, de façon que, lorsqu’il est ouvert, il forme, avec la paroi inférieure de la caisse du cendrier, une embouchure ou pavillon, qui favorise l’entrée de l’air dans la caisse pendant la marche en avant. Cette disposition a reçu au chemin de fer d’Orléans de nombreuses applications.
- Nous trouvons ensuite un système d’enveloppes des cylindres, avec circulation indépendante de vapeur vive et retour à la chaudière de cette vapeur en partie condensée.
- Puis vient un ensemble de dispositions permettant de chauffer l’eau d’alimentation jusqu’à près de 100°, avant de l’introduire dans la chaudière. La Société d’Encouragement connaît déjà ce système de réchauffage de l’eau d’alimentation par la vapeur d’échappement (Bulletin d’octobre 1891).
- Parmi les autres travaux de MM. Durant et Lencauchez, leur système de distribution à tiroirs distincts pour l’admission et l’échappement est le plus important. Ce système a reçu, depuis plusieurs années, un assez grand nombre d’applications. 11 a procuré des avantages marqués, qui ont été constatés par des essais variés et par l’épreuve d’une exploitation pratique déjà considérable.
- il nous a paru intéressant d’appeler l’attention de la Société sur cette distribution nouvelle et de l’étudier avec quelque détail. Dans la pensée des auteurs, ce système a pour objet de remplacer la distribution par coulisse à tiroir unique, en usage sur la plupart des locomotives.
- La coulisse de changement de marche, due au génie de George Stephen-son, associée au tiroir en coquille avec recouvrements, constitue un organisme admirable par sa simplicité, son élasticité et sa manœuvre sûre et facile. Elle permet, non seulement de renverser la marche, ce qui était son but originel, mais encore, ainsi que la pratique l’a révélé, de modifier l’admission de vapeur et, par suite, la puissance de la machine, dans des limites assez étendues. Cette dernière propriété, d’une haute importance, est utilisée couramment dans le service de la traction; c’est par elle que l’on parvient à tenir en accord les éléments multiples qui influent sur la marche des trains, d’une part, la puissance développée sur les pistons de la locomotive, d’autre part, les résistances à surmonter, lesquelles varient sans cesse avec la charge à traîner, avec la vitesse, avec les déclivités de la voie, etc., etc. L’organe de distribution proprement dit, le tiroir, est une pièce unique, robuste bien que légère, qui donne à la fois l’admission
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- variable et l’échappement ; la commande du tiroir est obtenue à l’aide de quelques organes simples, faciles à construire, à régler et à entretenir; cette transmission est desmodromique, condition qui paraît jusqu’à présent nécessaire dans tout mécanisme à allure rapide.
- Telles sont les qualités essentielles par lesquelles s’est imposé le système dont il s’agit pour la distribution de la vapeur dans les locomotives ; toutes les tentatives faites pour le remplacer ont dû être successivement écartées. La coulisse a été l’objet de nombreux et importants perfectionnements; mais elle a conservé son caractère distinctif; les diverses phases de la distribution sont obtenues par un organe unique, le tiroir.
- Tel était l’état de la question il y a quelques années à peine : la coulisse de Stephenson à tiroir unique, avec son tracé primitif ou plus ou moins amendée dans ses dispositions, était exclusivement appliquée sur toutes les locomotives.
- Aujourd’hui, la situation est profondément modifiée. Les exigences du trafic sont devenues de plus en plus sévères; la charge et la vitesse des trains ont augmenté dans des proportions importantes, entraînant un accroissement correspondant dans la puissance de l’appareil de traction.
- Du côté de 1a, chaudière, cet accroissement se traduit par une élévation de la pression, laquelle est représentée par des chiffres tels que 12 et 15 kilogrammes par centimètre carré; mais la génération de la vapeur se trouve forcément arrêtée par les dimensions du gabarit qui limitent elles-mêmes les proportions et, par suite, la puissance de vaporisation de la chaudière. On s’est donc ingénié à améliorer l’utilisation de la vapeur disponible, ce qui est, d’ailleurs, rendu plus facile par l’emploi des pressions élevées.
- Or, pour augmenter l’effet utile de la vapeur, pour obtenir, d’une quantité de vapeur donnée, une plus grande quantité de travail, il existe un procédé, connu depuis fort longtemps, lequel consiste à restreindre l’admission au cylindre et à développer la période de détente.
- C’est ici que la distribution à tiroir unique s’est montrée insuffisante : admirablement appropriée aux conditions posées à l’origine, elle a pu, pendant plus de quarante ans, satisfaire aux exigences toujours croissantes du service; le moment semble arrivé où la limite de ses applications est dépassée, et où il devient nécessaire défaire appela de nouveaux organismes de distribution. Il convient d’insister sur ce point important.
- Dans la distribution ordinaire par coulisse, le tiroir, avons-nous dit,
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- opère successivement l’admission et l’échappement parles memes lumières ; dans ces conditions, il y a connexité intime entre ces deux fonctions, admission et échappement ; l’une ne peut être modifiée sans que l’autre en éprouve le contre coup; si on laisse de côté les modes de commande compliqués, qui sont incompatibles avec le service qu’ont à faire les locomotives, on arrive, par des calculs ou des tracés fort simples, à démontrer les points ci-après :
- Avec le tiroir ordinaire, la distribution ne se fait dans des conditions normales que si la détente est modérée ; dès que la détente est un peu prolongée, les différentes avances, notamment l’avance à l’échappement et la compression, prennent des proportions exagérées et tout à fait inadmissibles au point de vue du bon emploi de la vapeur.
- En matière de locomotives, la chose est d’autant plus grave, que c’est surtout aux grandes vitesses qu’il importe de pratiquer de larges détentes, alors que l’appareil moteur développe toute sa puissance et qu’il devrait utiliser le plus économiquement possible la quantité limitée de vapeur que peut lui fournir la chaudière.
- Tous les grands réseaux de chemins de fer se sont trouvés aux prises avec ces difficultés. Deux solutions ont été étudiées : la double expansion et la distribution mono-cylindrique perfectionnée.
- On connaît le principe de la double expansion ; la vapeur, admise dans un premier cylindre, y travaille, d’abord à pleine pression, puis par détente ; ensuite, au lieu d’être déversée au dehors, elle est recueillie dans un second cylindre, plus grand que le premier, et où elle achève de se détendre, avant de s’échapper définitivement. La détente totale est très large, mais, dans chacun des deux cylindres pris individuellement, la détente est modérée ; la distribution par tiroir donne donc ici des résultats fort satisfaisants.
- La double expansion, combinée avec l’accroissement de la pression à la chaudière, a été appliquée aux machines de navigation, et dans ces emplois, elle a donné des résultats absolument merveilleux. Aujourd’hui, tous les appareils marins sont établis d’après ce système, et l’on fait même fréquemment usage de machines à triple et à quadruple expansion. Cette transformation du matériel naval a eu des conséquences d’une portée immense, équivalant à une véritable révolution dans l’art de la navigation.
- Il était naturel d’essayer sur les locomotives ce qui avait si bien réussi pour les machines marines. 11 faut faire attention toutefois que le problème est loin d’être le même; parmi beaucoup d’autres conditions différentes, on remarquera notamment qu’une machine marine est à condensation, et
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- Fig. 1 à 7. — Distribution Lencauchez et Durant. Montage sur la locomotive express n" 67 du chemin de fer d’Orléans.
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- que la résistance qu’elle a à surmonter croît avec sa vitesse; il en est tout autrement pour les machines locomotives.
- Quoi qu’il en soit, beaucoup de compagnies de chemins de fer ont essayé, puis ensuite appliqué à la locomotive la double expansion. Le plus souvent, ces applications ont donné de bons résultats et ont permis de faire des services très chargés, auxquels les locomotives établies suivant les types ordinaires n’auraient, guère pu suffire.
- L’autre solution consiste, en n’augmentant pas le nombre des cylindres, à munir chaque cylindre de distributeurs distincts pour l’admission et pour l’échappement. Les commandes de ces distributeurs sont, dans la juste mesure, indépendantes l’une de l’autre. Une distribution ainsi constituée est infiniment plus souple qu’une distribution par tiroir unique; la dépendance est beaucoup moins stricte entre les conditions de l’admission et celles de l’échappement ; rien n’empêche plus de restreindre l’admission autant qu’on le jugera utile, sans que pour cela les avances acquièrent une importance exagérée. L’appareil est, cela va de soi, moins simple que la coulisse ordinaire.
- La compagnie d’Orléans a porté sa préférence sur un système de distribution mono-cylindrique étudié par MM. Lencauchez et Durant. Ces ingénieurs ont imaginé successivement un grand nombre de combinaisons, dont plusieurs ont été essayées en service; enfin, après de longs et persévérants tâtonnements, ils en sont arrivés au dispositif que nous allons décrire, .et qui a déjà fait ses preuves sur des parcours considérables. Cette nouvelle distribution a été montée en 1890 sur la locomotive à voyageurs n° 67. Les fig. 1 à 7 représentent l’agencement actuellement en usage, tel qu’il a été appliqué sur les locomotives à voyageurs et mis en service en 1892 sur les trains de la compagnie d’Orléans.
- Chaque cylindre comporte quatre lumières, deux pour l’admission, deux pour l’échappement. Les quatre distributeurs sont à boisseau cylindrique, genre Corliss; les distributeurs d’admission sont à double introduction et ceux produisant l’échappement sont à double lumière.
- Les manettes des deux distributeurs d’admission sont accouplées et décrivent des angles égaux, il en est de même pour les distributeurs d’échappement. La commande est faite par une coulisse de Gooch, laquelle agit sur deux bielles distinctes, l’une pour l’admission, l’autre pour l’échappement (cette dernière actionne le distributeur d’échappement à l’aide d’un renvoi par balancier) ; les deux bielles s’articulent, l’une au-dessous de
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- l’autre, dans un coulisseau unique, lequel circule dans la coulisse, sous l’action de l’arbre de relevage.
- On voit par cette description sommaire, comme on le reconnaîtra aussi à l’examen des dessins, que le mécanisme de cette distribution est un peu plus compliqué que celui de la distribution ordinaire à un seul tiroir à coquille. Mais la manœuvre que doit faire le mécanicien, soit pour régler la détente, soit pour changer la marche, est restée tout aussi simple.
- Quant aux résultats cinématiques, ils sont résumés dans les tableaux ci-après ; les chiffres inscrits dans ces tableaux ont été relevés sur la locomotive n° 67, dont la distribution diffère par quelques détails de celle que nous venons de décrire; ils donnent, pour différentes positions de la tringle de relevage, les caractéristiques des phases essentielles de la distribution, valeurs moyennes sur les deux faces du piston, exprimées en centièmes de la course.
- MARCHE EN AVANT.
- Admission 70,5 60 50 40 30 20 15 10 P. M. 8,3
- Avance à l’échappement.. . Avance à la fermeture de 6,5 8,4 10,5 12,3 15,8 18,6 21,9 25,5 28,8
- l’échappement (commencement delà co mpression). 6,o 8,4 10,5 12,3 15,8 18,6 21,9 25,5 28,8
- 51ARCH E E N A R TU ÈRE.
- Admission. P. M. 9 10 15 20 30 40 50 60 71,3
- Avance à l’échappement., . Avance à la fermeture de 68,8 67,3 61 56,8 46,8 39 31 23 15,5
- l’échappement (commencement de la compression). 68,8 67,3 61 56,8 46,8 39 31 23 15,5
- Des chiffres inscrits sur ces tableaux ressortent immédiatement les propriétés distinctives du système.
- Dans la marche en avant, la distribution, même aux grandes détentes, se fait dans les meilleures conditions: à l’admission au cinquième, 20 p. 100, les avances à l’échappement et à la fermeture de l’échappement ne sont que de 19 p. 100. A 10 p. 100 d’admission, les mômes avances ne sont que de 25 p. 100 ; les conditions sont encore acceptables même avec la coulisse au point mort, correspondant à une admission de 8,3 p 100.
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- Par contre, la marche en arrière est sacrifiée, car à partir des admissions de 30 p. 100, on arrive à des avances qui dépassent la moitié de la course. Cet effet est dû à la réunion des têtes des deux bielles dans le même coulisseau ; il en résulte que, dans la marche en arrière, la tête de bielle d’échappement se trouve rapprochée outre mesure du milieu de la coulisse, ce qui produit de fortes perturbations. Les auteurs ont accepté franchement cette imperfection ; elle n’a aucune gravité pour les locomotives à voyageurs, qui ne font, en marche arrière, que des parcours extrêmement restreints et à faible vitesse.
- Arrivons aux résultats pratiques fournis par cette distribution. M.Polon-ceau rapporte que, le 17 juin 1890, un train composé de 16 voitures, dont le poids était évalué à 160 tonnes, a été remorqué par la machine 67 de Paris à Brétigny, sur une distance de 31 kilomètres à une vitesse moyenne de 55 kilomètres à l’heure à l’aller et de 70 kilomètres au retour.
- La locomotive était munie de deux indicateurs de Watt, système Martin et Garnier ; des diagrammes ont été relevés sur chaque cylindre, à des vitesses qui ont varié de 25 à 80 kilomètres.
- Les figures 8 à 11 représentent quatre diagrammes tirés sur la machine à voyageurs n° 67, pourvue de la nouvelle distribution, rapprochés des diagrammes correspondants de la machine 75, du même type, mais à distribution ordinaire.
- Le tracé fort se rapporte à la machine 67 et le tracé faible à la machine 75.
- On remarque, sur ces diagrammes comparatifs, que la courbe de compression se tient plus bas pour la machine 67 que pour la machine 75, ce qui augmente sensiblement l’aire du diagramme.
- La courbe est généralement plus renflée à l’admission et à la détente pour la machine 67.
- La contre-pression est en général diminuée.
- M. Polonceau, dans deux notes publiées par les Annales des Mines, porte, sur les résultats réalisés en exploitation courante, grâce au système de distribution de MM. Durant et Lencauchez, le témoignage le plus favorable et le plus convaincant.
- En 1893, après que huit locomotives modifiées avaient fourni ensemble un parcours total de 409726 kilomètres, il déclarait que ces machines s’étaient particulièrement bien comportées au service des trains express et rapides, dont la vitesse atteint parfois 110 kilomètres à l’heure, et qu’elles
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- avaient montré une supériorité incontestée sur les locomotives ordinaires, à cause de la grande facilité qu’elles ont de se mettre en vitesse. En rampe de 8 millimètres par mètre, elles prenaient des vitesses de 7 à 8 kilomètres supérieures à celles des autres machines. Les cylindres, les tiroirs, les excen-
- Pi<r. 8. — Vitesse environ 50 kilomètres. Pression 8 3/4 kilos. Admission 8 et 9 p. 100 : régulateur et échappements ouverts en grand. Sur cette figure, comme sur les fig. 9 à 11, le trace en traits fins se rapporte à la machine n° 75, à distribution ordinaire et le tracé en gros traits à la machine n° 67, à distribution Lencauchcz et Durant.
- triques et les articulations du mécanisme donnent lieu à moins d’usure et à moins d’entretien. L’économie de combustible à travail égal est considérable. Dans sa seconde note, M. Polonceau expose qu’en septembre et
- Fig. 9, — Vitesse 70 kilomètres. Pression 10 kilos. Admission 8 p. 100 ; régulateur ouvert en grand et
- échappement demi-serré.
- octobre 1894, il a fait procéder, à l’aide de deux wagons dynamomètres, à des essais comparatifs, minutieux et complets, sur toutes les circonstances de la traction de 24 trains entre Paris et Orléans et retour, faits, moitié par la locomotive 332 à quatre distributeurs et moitié par la locomotive 337 à distribution ordinaire.
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- Toutes les précautions ont été prises pour égaliser et pour constater les diverses conditions de service des deux machines. On a relevé de nombreux diagrammes ; on a mesuré à des intervalles rapprochés la vitesse, la con-
- Fig. 10. — Vitesse'80 kilomètres. Admission 9 et 10 p. 100. Pression 9,6 et 10,5 kilos. Régulateur ouvert en grand pour la machine 75 et à demi serré pour la'machine 67 avec échappement à demi serré également.
- sommation d’eau et de combustible, le tonnage du train remorqué, l’effort de la traction.
- Il a été ainsi reconnu :
- Que la dépense de vapeur par cheval-heure fourni au crochet de traction
- ||Fig. 11. — Vitesse 40 kilomètres. Admission 25 et 20 p. 100. Pression 9 et 9,5 kilos.
- a été, pour la machine 332, de 11,19 p. 100 inférieure à celle de la machine 337.
- Que la locomotive 337 a produit 8,17 kilos de vapeur par kilogramme de combustible, et la locomotive 332, 7,81 kilos seulement, en raison, sans doute, du moins bon état des parois de la chaudière.
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- Que la dépense de charbon a été de 6,3 p. 100 moins forte pour la machine 332.
- On a encore constaté :
- Que la locomotive modifiée pouvait marcher à plus grande vitesse et atteindre plus vite et dans un moindre parcours la vitesse de régime; qu’elle a, en cas de retard du train, regagné plus de temps;
- Qu’avec 167 tonnes de charge, elle a souvent atteint une vitesse de 108 kilomètres, ce que n’a jamais pu faire la machine 337.
- Il y a actuellement, sur la ligne d’Orléans, 11 machines à grande vitesse et 3 machines à marchandises pourvues de la distribution Durant et Len-cauchez.
- La compagnie de l’Est a modifié de même 2 machines à grande vitesse et le chemin de fer de l’État belge, une.
- La compagnie de Lyon étudie l’application du système sur des locomotives à grande vitesse.
- Nous nous sommes rendus, le 26 mars dernier, au chemin de fer d’Orléans, où M. l’ingénieur en chef Polonceau et M. l’ingénieur Durant ont bien voulu nous donner, sur la distribution de MM. Durant et Lencauchez, d’intéressantes explications. Nous avons examiné le fonctionnement de cette distribution sur la machine à voyageurs n° 332, et nous avons vu au dépôt d’Ivry la machine à marchandises n° 944, qui en est aussi pourvue. Les quatre tiroirs oscillants de la machine à voyageurs n° 400 ont été démontés devant nous ; les surfaces frottantes étaient en bon état, après un parcours qui s’élevait, au 24 janvier 1896, à 72516 kilomètres. Un état des parcours effectués par les 14 locomotives modihées, depuis l’application de la nouvelle distribution jusqu’à cette même date, montre un maximum de 260452 kilomètres; le total, au 24 mars 1896, était d’environ 2418 810 kilomètres.
- Nous désirons remercier ici M. Polonceau au nom de la Société pour l’obligeance extrême avec laquelle il s’est mis à la disposition de nos commissaires.
- M. Polonceau considère les résultats constatés pendant ce service déjà prolongé comme très satisfaisants, tant au point de vue de l’économie et de l’augmentation de puissance que sous le rapport de la facilité de la manœuvre et de l’entretien. Il pense que l’amélioration reconnue dans l’utilisation de la vapeur deviendra encore plus grande, lorsque les chaudières seront timbrées à 15 kilos au lieu de 10 kilos.
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- Tels sont les résultats obtenus dans le fonctionnement de la distribution Durant et Lencauchez. Nous estimons qu’ils ont, dès aujourd’hui, une grande importance, et qu’ils autorisent, pour l’avenir, de plus amples espérances.
- Nous proposons de féliciter MM. Durant et Lencauchez pour leur très important travail et d’insérer le présent rapport au Bulletin.
- Signé : Hirsch et Brüll, rapporteurs.
- Approuvé en séance le 8 mai 1896.
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- ARTS MECANIQUES
- Rapport fait par M. Raffard, au nom du Comité des Arts mécaniques,
- sur la Nouvelle pompe à vins de M. Aristide Delpeyrou, 9, rue de
- Maistre, à Paris.
- Messieurs,
- M. Aristide Delpeyrou, membre de la Société, vous soumet aujourd’hui une pompe à soufflet à grand débit et faible hauteur de refoulement, destinée principalement au transvasement des vins dans les caves.
- On sait que le cuir qui, dans les pompes ordinaires, garnit les pistons, les clapets et les joints, se moisit, se dessèche et se racornit à tel point, pendant les arrêts prolongés de la pompe, que, lorsqu’on en a besoin, celle-ci n’est plus en état de fonctionner.
- Il est vrai que, par de fréquents graissages, on peut empêcher le dessèchement du cuir et en conserver la souplesse ; mais alors les graisses rancissent, oxydent les parois de la pompe et finalement se retrouvent dans le
- vin.
- C’est afin d’éviter ces inconvénients que M. Delpeyrou a imaginé sa pompe à soufflet en caoutchouc Para, avec soupapes sphériques de même matière, et munie d’accessoires émaillés ou caoutchoutés, de telle sorte que le liquide, en traversant la pompe, ne rencontre que des surfaces absolument propres.
- Le soufflet, organe principal de l’invention, est formé d’une seule pièce de caoutchouc, il a la forme d’une lentille creuse, dont la paroi très lisse, intérieurement et extérieurement, est à la fois souple et suffisamment résistante : son épaisseur étant en rapport avec la hauteur du refoulement que la pompe est destinée à subir.
- Cette lentille, dont l’intérieur est en communication avec les soupapes d’aspiration et de refoulement, est placée entre deux plateaux parallèles animés d’un mouvement alternatif d’éloignement et de rapprochement, d’où résulte le mouvement de soufflet, et, partant, l’aspiration et le refoulement du liquide.
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- NOUVELLE POMPE A VJNS.
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- L’inventeur, étant à la recherche d’un constructeur pour sa pompe, a eu la bonne fortune, m’a-t-il dit, de s’adresser à MM. Sinson, Saint-Albin et fils, les très habiles constructeurs d’appareils hydrauliques que l’on sait, et qui donnèrent au nouvel appareil l’ingénieuse disposition représentée par le dessin ci-contre.
- Trop simple pour être décrit avec détails, il suffit de dire que, fonction-
- Fig. 1. — Pompe à soufflets Delpeyrou.
- nant à la manière d’une pompe à incendie, l’appareil permet une très bonne utilisation de la force des hommes qui l’actionnent; que, les matériaux dont il se compose étant inaltérables, il est toujours propre et en état de fonctionner; que, de plus, étant monté sur quatre roues, avec avant-train mobile, il peut être transporté d’une cave à une autre avec la plus grande facilité.
- Comme il importait de savoir si le soufflet de caoutchouc résistait bien
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- au travail qu’on lui demandai!, nous lui avons fait subir l’épreuve suivante, qui nous a paru concluante.
- Pendant cinq heures consécutives, une pompe à soufflet Delpevrou, mue très énergiquement, a fonctionné contre une colonne d’eau de 10 mètres de hauteur, et, immédiatement après ce travail excessif, car la pompe était faite pour élever à 5 mètres seulement, l’appareil, ayant été démonté, n’a rien présenté d’anormal dans aucune de ses parties.
- La pompe que nous venons de décrire peut donc être considérée, réserve faite sur la durée des soufflets, que la pratique pourra seule déterminer avec précision, comme atteignant le but que se proposait l’inventeur, et, comme elle a de plus l’avantage d’être peu coûteuse (900 francs pour 18 000 litres à l’heure), nous pensons qu’elle peut rendre des services à l’industrie des vins, et, que, à ce titre surtout, elle mérite d’être connue.
- En conséquence, nous vous proposons, Messieurs, de remercier M. Del-peyrou pour son intéressante communication, et d’insérer le présent rapport avec le dessin de l’appareil dans l’un des prochains Bulletins de la Société.
- Signé : N.-J. Raffard, rapporteur.
- Approuvé en séance le 8 mai 1896.
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- ARTS MÉCANIQUES
- Revue de mécanique générale, par M. Gustave Richard, Membre honoraire
- du Conseil (suite) (1).
- Première Partie. — Chaudières et Machines à vapeur.
- MACHINES A VAPEUR
- Bien qu’il ne se soit produit, depuis une année, aucun fait saillant dans l’histoire de la machine à vapeur, on y constate néanmoins, notamment par les essais scientifiques et complets qui se multiplient aujourd’hui de toutes parts, un progrès constant dans la construction et l’économie, dont les facteurs principaux sont toujours la pression plus élevée avec expansion multiple (2) et la plus grande vitesse des machines, qui contribue, comme l’enveloppe et la surchauffe, à
- Fig. 1. — Diagramme du rendement du cylindre. Machine de Cornouailles avec enveloppes.
- A — 14.2 p. 100. B = 8.9 p. 100. C = 4.9 p. 100. A + B + C = 29 p. 100. Rendement 100 — (A -f B + C) 71 p. 100.
- diminuer la principale perte des moteurs à vapeur : celle occasionnée par l’influence des parois (3). Cette influence est tellement prédominante que sa réduction à peu près au minimum a suffi pour élever du premier coup, malgré leurs faibles pressions, le rendement des anciennes machines de Cornouailles à un degré rarement dépassé, même aujourd’hui, comme le démontrent les résultats suivants, empruntés à un très intéressant mémoire de M. Davey (4).
- (1) Bulletin d’avril 1896, p. 534.
- (2) Voir, à cc sujet, les mémoires de M. Lencauchez (Bulletin de la Société des Ingénieurs civils, mars 1893, p. 463). Stasscino (Industria, 28 juillet 1893, p. 468). Illick (Zeitschrift des Deutsehcr Ingc-nieure, 6 septembre 1895, p. 425, 453).
- (3) Voir les recherches d'Adams (Revue générale des sciences, 30 août 1893, p. 773) et de liarru-•clough (Génie Civil, 7 septembre 1895, p. 302).
- (4) Steam Engine Economy (Inst, of Civil Engincers, London).
- Tome I. — 95e année. 5e série. — Mai 1896. ii
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- Dans son mémoire, M. Davey définit comme il suit les principales pertes et le rendement du cylindre des machines à vapeur, soit fig. 1 à 4 (1) E D, le poids de vapeur
- Fig. 2. — Machine simple sans enveloppe.
- A = ] 7.9 p. 100. B -= 4.8 p. 100. C -- 8.9 p. 100. A -f B + C = 31.6 p. 100. Rendement 68.4 p. 100.
- Fig. 3. — Machine compound sans enveloppe.
- A •_ 22.8 p. 100. B — 5.3 p. 100. C — 8.5 p. 100. A +' B + C — 36.0 p. 100. Rendement 63.4 p. 100.
- dépensé par course d’un cylindre, D F la courbe de saturation correspondant à une marche avec enveloppe et sans perte; P, la pression moyenne correspondant à D F et p celle du diagramme réel de même détente; le rapport £ définira le rendement du
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- cylindre, et les différentes pertes au cylindre seront représentées par les aires A,B et C comme il suit :
- A. Perte par condensation, etc., au cylindre, y compris la condensation dans l’enveloppe.
- B. — les espaces nuisibles, y compris l’influence de la compression.
- C. — les contre-pressions.
- M. Davey a dressé des tableaux d’essais d’un grand nombre de machines à vapeur depuis l’ancienne machine de Cornouailles marchant avec une pression initiale de
- 2k,15 et une détente de 2,83, jusqu’aux 10 kilos et détente de 18,53. machines à triple expansion à pression de
- Diagrammes. Fig. 1 (1) Fig, 2 (2) Fig. 3 (3) Fig. 4 (4)
- Diamètres / haute pression lm,83 465m/m 507m/m 518m/m
- des | moyenne 860 860
- cylindres ( basse lm,45
- Course 2m,95 lm,22 lm,83 lm,22
- Pression d’admission 2k,3 7k,20 7\6 9k,10
- — moyenne de saturation P. . . . 1\5 3k,5 2k_,3 2k,03
- — réelle p 1,05 2,3 1,54 1,40
- Rapport p . . 71 % 69 % 64 °/° 69,2 %
- Détente totale 3,87 5,13 10,16 16,3
- Puissance indiquée par course 8k,lo 8,65 7,30 5,90
- (1) Température initiale au cylindre 126°, finale 72, id pour la course d’équilibre 71 et 30°. Espace nuisible 3,0 7
- p. 100.
- (2) Températures : initiale 165°, finale 60, espace nuisible 2,35 p. 100.
- (3) Températures extrêmes. Petit cylindre 168 et 61. Grand cylindre 103 et 52°. Espace nuisible au grand cylindre 3,6 p. 100. Rapport des cylindres 4,3.
- (4) Températures extrêmes. Petit cylindre 174 et 131°, moyen 139 et 92, grand 96 et 45°. Rapports des cylindres 2,97 et 8,33.
- Les principaux résultats de ces tableaux sont résumés au diagramme fig. 5, sur lequel on a porté à gauche les résultats correspondants aux anciennes machines de Cornouailles de 1845 et à droite ceux des machines à triples expansions actuelles. La pression d’admission a passé de 2k,50 à llk,50 et la détente de 4 à 18. Le rendement L du cylindre, qui était de 0,73 dans la machine de Cornouailles, n’est au contraire que de 0,64 dans la machine à triple expansion. Il n’y a pas à s’en étonner, car, dans la machine de Cornouailles, l’introduction de sa période caractéristique, la période d’équilibre, réduit au minimum la perte par refroidissement au condenseur et la condensation initiale A du diagramme, fig. 1.
- Dans les machines simples, cette perte A est due presque totalement à la condensation et au rayonnement du cylindre; dans les compound et triple expansion, elle comprend aussi les chutes de pression entre les cylindres, les frottements dans les canaux de distribution et les distributeurs intermédiaires. Elle s’élève à 20 p. 100 pour les compound età 21 p. 100 pour les triples expansions, dont 15 p. 100 seulement d’attribuable aux condensations proprement dites — parois et travail — et même moins avec les cylindres à chemises de vapeur. La perte A est plus grande dans les machines Wolf que dans les compound proprement dites à réservoir intermédiaier.
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- Dans l’une des machines à triple expansion signalées par M. Davey, la perte A est de
- Fig. 4. — Machine à triple expansion avec enveloppes.
- A 14.9 p. 100. B =66 p. 100. C = 8 p. 100. A + B + C 29.5 p. 100. RendementTO.5 p. 100.
- Fig. 5.
- Umts of Work per Unit of beat (travail on pieds livres par calorie anglaise (0,555 en kilogrammètres par calories), Initial pressure (pression initiale), Enr/ine ef/fcinney (rendement do la machine), Lbs. of Steam per I. H. P hour (livres de vapeur, (Ok,45;s) par cheval-heure indiqué), Ratio of Expansion (rapport de détente).
- 14 p. 100, tandis que B et G ne s’élèvent chacun qu’à 7 p. 100, avec un rendement total d’environ 70 p. 100. Dans une machine compound à détente égale à 7, les pertes A
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- et C ont été respectivement de 22, 6,7 et 10,2 p. 100 (total 38,9 p. 100). Quant aux moyennes, seuls résultats à considérer dans l’ensemble, elles sont reproduites dans
- le tableau ci-dessous :
- à,
- JH ®
- Üj 2
- 2, ©
- .s g1
- *53 3
- Ph © S-. PU
- Machine de Cornouailles. . . . 2k,35 1\05
- Machines simples . 5,40 2,10
- — compound 5,90 1,50
- — à triple expansion . . 11,80 1,55
- ci
- CL
- )ôtente. ! vapeur ival-heure ndiqué. 6 © © -M Pertes en tant p. 100.
- M ‘2 a © © ^ A B C
- 3,65 9 ,50 73,8 15,1 7,45 6,95
- 3,95 10,5 66,5 20,3 5 7,4
- 7,73 8,30 63,9 19,3 7 11,1
- 14,51 6,80 64,4 20,88 8,73 8,32
- La surchauffe de la vapeur a été, comme on le sait, conseillée et appliquée depuis longtemps pour augmenter le rendement thermique des machines à vapeur (1). On sait aussi que, dans l’hypothèse d'une détente adiabatique au cylindre, l’économie de la surchauffe est presque nulle, d’autant plus que, pendant sa surchauffe sous pression constante, la chaleur que reçoit la vapeur est employée presque uniquement à augmenter sa température et non à développer immédiatement un travail proportionnel à cette augmentation. C’est donc dans la diminution de l’influence des parois qu’il faut chercher l’explication des économies incontestables de la surchauffe, et cette explication universellement admise aujourd’hui, a été donnée pour la première fois d’une façon complète, par M. Hirn dans les termes suivants :
- L’action de la surchauffe consiste, en un sens, comme celle de l’enveloppe, à diminuer la perte Rc de la chaleur que la vapeur emporte au condenseur et à accroître le travail de détente A F d, mais le but est atteint d’une façon encore plus favorable en ce sens que, non seulement la vapeur apporte en elle-même aux parois la chaleur nécessaire pour l’accroissement de A F d, mais que la quantité de vapeur condensée pendant l’admission, et à évaporer ensuite de nouveau, se trouve considérablement diminuée.
- De ce seul énoncé, il découle évidemment que l’avantage obtenu par l’application de la surchauffe ne peut être énoncé en chiffre absolu et unique; il dépend, en thèse générale, du rapport qui existe déjà entre A F d et R c avant l’emploi de la vapeur surchauffée. Il est nécessairement plus faible avec une machine pourvue d’enveloppe et bien conditionnée d’ailleurs, qu’avec une machine dont le cylindre est protégé seulement par un manteau isolant, donnant R c très grand par rapport à A F d, ce que j’ai vérifié de point en point.
- Ces conclusions, que M. Hirn avait d’ailleurs déduites d’une expérience classique, ont été vérifiées par un grand nombre d’expérimentateurs, principalement
- (1) Bulletin de mars 1896, p. 418.
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- sur des machines à basses pressions (1) et sont aujourd’hui hors de doute, mais les applications de la surchauffe ont été jusqu’ici considérablement ralenties, principalement pour les hautes pressions, par de grosses difficultés pratiques, dont les principales sont l’entretien et l’efficacité du surchauffeur même, son réglage de manière qu’il suive sans surchauffes exagérées les variations de l’allure de la machine, et enfin le graissage du cylindre à des surchauffes suffisamment élevées pour être véritablement économiques. Cette dernière difficulté peut être considérée comme à peu près vaincue par l’emploi des huiles minérales,
- et la première est considérablement atténuée pour les machines à expansions multiples qui permettent de surchauffer la vapeur dans les réservoirs intermédiaires, pendant son passage d’un cylindre à l’autre, parfois suffisamment avec la vapeur seule de la chaudière.
- Sans plus insister ici sur le rôle de la surchauffe en général, nous signalerons avec quelques détails l’emploi original et hardi qui en a été fait récemment par M. Schmidt, qui, sans avoir encore, comme on l’annonçait, révolutionné la machine à vapeur, est néanmoins des plus intéressants.
- L’une des premières chaudières cà surchauffeur de M. Schmidt était verticale (fig. 6, n° 7 à 11) à foyer intérieur, avec trois gros tubes à eau. Le surchauffeur se compose de serpentins juxtaposés enroulés autour de la cheminée centrale et divisés en plu-
- (1) Barrus. Dwelshauvers Grossetéte. Hallaucr, Dixwell. Ischerwood, Emcry, Loring.
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- sieurs séries de tubes. Le premier et le second enroulement de tubes à partir du haut constituent le premier surchauffeur, et les huit autres le second surchauffeur, dont l’avant-dernier enroulement communique avec celui du haut par un tube vertical indiqué à gauche de la figure n° 11 et appelé vaporisateur. Le cylindre qui renferme les surchauffeurs est fermé par une plaque percée de trous et la cheminée peut se fermer par un registre; quand ce registre est fermé, les gaz du foyer sont renvoyés de bas en haut, puis de haut en bas autour des tubes surchauffeurs et par les trous de la plaque qui les répartissent sur ces tubes dont on peut ainsi régler l’activité. La vapeur de la chaudière, produite au taux de 40 à 50 kilos par mètre carré de chauffe et par heure, est très chargée d’eau; elle se rend d’abord, par/, dans le bas du surchauffeur qui, bien qu’exposé à une température très élevée, ne se brûle pas, en raison précisément de la grande humidité de cette vapeur, puis la vapeur va se sécher dans le vaporisateur en partie, d’après M. Schmidt, par un échange de chaleur entre la vapeur déjà surchauffée et l’eau qu’elle entraîne encore, explication basée sur ce que la température est plus élevée de 50° au haut qu’au bas du sécheur; enfin cette vapeur sèche passe dans les serpentins supérieurs, ou surchauffeurs proprement dits, d’où elle sort à 350°, avec une surchauffe d’environ 180°, par la valve k (n° 11).
- On remarquera que la chaudière est enveloppée d’une garniture réfractaire, de même qu’une partie du foyer, dont on réduit ainsi la surface de chauffe, mais en facilitant la précipitation des impuretés et en évitant la formation d’incrustations dures dans la partie plus froide ainsi ménagée au bas de la chaudière.
- Le moteur alimenté par cette chaudière est de 20 chevaux, avec deux cylindres à simple effet de 0m,220 X 375 de course, manivelles à 180°. La distribution se fait par des tiroirs cylindriques équilibrés verticaux admettant la vapeur par O/' (fig. n° 5] s’échappant au bas par p, et commandés, des excentriques gi, par les leviers h h et l’arbre k. L’excentrique d’admission seul est soumis au régulateur.
- Une machine de ce type, plus puissante, avec cylindres de 250 millimètres sur 400 de course, et une chaudière de 5m2,8 de surface de chauffe, a donné les résultats sui-
- vants :
- Durée de l’essai.................................................... 5h,10
- Pression effective dans la chaudière................................ 8k,80
- Température de l’eau d’alimentation................................. 17°
- — de l’eau d’alimentation au sortir de son réchauffeur . . 84,1
- — au bas du premier surchauffeur............................ 596
- — au haut du second — ..................... 413
- — dans le vaporisateur bas............................... 296,2
- — — — haut.................................... 288
- — à l’admission.............................................. 347
- à l’échappement............................................ 143
- — au réchauffeur d’alimentation.............................. 101
- — ambiante.................................................... 27
- Eau d’alimentation par heure........................................... 331',2
- Tours par minute.................................................... 158
- Puissance indiquée en chevaux............................................ 48,5
- — effective....................................................... 41,5
- Vapeur par cheval-heure indiqué..................................... 6k,83
- — — effectif............................................ . Sk
- Charbon par cheval effectif......................................... 1k, 10
- A vide et à 159 tours 5, la machine prenait 2 chevaux 10, et sa vitesse en pleine
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- charge ne baissait que de i p. 100; son rendement organique à différentes puissances-est donné par le tableau suivant :
- Tours par Puissance Rendement
- minute. indiquée effective, cli. ch. organique.
- ICO 15,35 11,10 72,2
- 158,o 27 22 81,3
- 157,0 38,7 32,7 84,5
- 158 lO ce GO
- Une machine ordinaire et sans condensation de cette force aurait dépensé environ 16k,4 de vapeur et 2k, 10 de charbon par cheval effectif : ce qui conduirait à un gain d’environ 52 p. 100 par la surchauffe.
- La chaudière représentée par les figures 7 a 15 mètres carrés de chauffe et marche
- Fig. 7. —• Chaudière horizontale à surchauffe ur Schmidt.
- à 12 atmosphères. L’autel cl du foyer est percé de canaux e dv, par où passe un appel d’air chaud contribuant à la fumivorité. Un registre permet d’envoyer les gaz du foyer soit, comme d’habitude, le long de la chaudière, soit, quand on l’ouvre, par n, au surchauffeur constitué, comme le précédent, avec vaporisateur^, sur les tubes auxquels les gaz sont divisés par le cône m et répartis par la plaque perforée m-,. Du haut du surchauffeur, les gaz passent, par W, au réchauffeur d’alimentation placé entre le surchauffeur et la chaudière.
- La machine représentée par les figures 8 (nos 1 à 22) a aussi deux cylindres : l’un,, à haute pression et à simple effet, de 325 millimètres de diamètre sur 500 de course, et l’autre de 400 millimètres, avec manivelles à 00°. La distribution est faite au cylindre de haute pression par deux soupapes Sulzer à double siège r et t (fig. 8, nos 2 et 10)
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- dont celle d’échappement t est menée directement de l’excentrique pt, (fig. 8, nos 3 et 3), par le renvoi t2 tn à rappel t3, tandis que l’autre r, pour l’admission, est menée, de l’excentrique p, par le renvoi q2 q.2 rl r2, à came q, soumise au régulateur en q2 s. La distribution est faite invariablement au cylindre de basse pression par un tiroir piston
- Fig. 8, n03 1 à 22. — Moteur compound Schmidt.
- équilibré à double entrée /. (fig. 8, n°7) commandé directement, de l’excentrique g, par le renvoi g' h l2.
- Dans l’impossibilité de donner en détail les résultats des nombreux essais exécutés sur les différents types de machines Schmidt, nous nous bornons au tableau ci-contre qui en résume les résultats principaux.
- K X PÉRIMENTATEU RS.
- Association de surveillance des chaudières de Berlin.
- C. Schneider...................................
- G. de Grahl....................................
- R. Schottler et Lewicki........................
- M. Schroter....................................
- DÉPENSES
- TYPE PUISSANCES au DURÉE de par cheval-heure etlcctif.
- do frein
- machine. en l'essai. EAU CHARBON
- chevaux. heures. kilog. kilog.
- m ' % i .2 3,S 8 12,6 1,95
- i ® i 39 8 8 0,95
- «-3 cfl T? <v JH o «-j 20 8 8,8 1,20
- , fl < B o .H o 69 8 7.9 1,10 -
- Corapound à condensation. 62 8 5,65 0,705
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- Ces résultats sont incontestablement dessus intéressants. Reste à connaître la durée des appareils et à rendre véritablement facile et pratique, automatique si possible, le réglage de la surchauffe.
- M. L.-J. Tocld a récemment proposé (1), principalement pour réduire rinfluence des parois, l’emploi d’un cylindre analogue à celui que représente la ligure 9, auquel il donne le nom de cylindre à échappement central. 11 est caractérisé par l’emploi de lumières d’échappement situées au milieu du cylindre, et que son long piston découvre vers la fin de ses courses. Il en résulte que la vapeur d’échappement ne repasse pas sur les fonds du cylindre par où ne s’opère que l’admission seule, et que la durée de l’échappement est réduite
- Fig. 9. — Cylindre à échappement central de Todd.
- de moitié : on peut donc admettre comme probable que les pertes par condensation initiale et par le refroidissement au condenseur seront diminuées. D’autre part, la fermeture rapide de l’échappement entraîne une compression qui deviendrait bien vite trop élevée si le vide baissait tant soit peu au condenseur, de sorte qu’il faut, pour la mise en train de la machine, et jusqu’à ce que le vide ait atteint sa valeur normale, compléter la distribution par la mise en jeu des deux robinets d’échappement indiqués sur la ligure, et dont on débraye la commande une fois la machine lancée.
- L’emploi de ce cylindre a été essayé sur une petite machine pouvant marcher à volonté en simple, double, triple ou quadruple expansion, avec cylindres de 90, 130,
- (1) The Engineer, 24 et 31 mars 1895.
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- 180 et 267 millimètres de diamètre sur 267 de course; rapports des volumes 1, 2, 4, 9, le dernier cylindre de la série était, bien entendu, le seul du nouveau type.
- La marche en détente simple a été réalisée en admettant la vapeur au dernier cylindre seulement, les autres ayant leur attirail débrayé, et en fonctionnant tantôt avec l’échappement ordinaire, tantôt avec l’échappement central seul; elle s’est constamment montrée favorable à l’emploi de ce dernier échappement. Avec une pression d’admission de 2k,8, la plus grande que l’on pût employer dans ce cylindre, on gagnait ainsi, par l’emploi exclusif de l’échappement central, 9,6 p. 100 et 9,8 p. 100 en eau d’alimentation par cheval indiqué, suivant que l’espace nuisible variable était
- Fig. 10. — Machine aéro- vapeur Fielcl, détail du cylindre et d’une soupape d’admission d’air chaud.
- S P, S I, admission de la vapeur :C, CC, cylindre et ses couvercles; P. piston; HI, admission d’air chaud par H G et les 5 soupapes automatiques RV, à ressorts VS ; HO, sortie de l’air chaud.
- de 8,8 ou de 17 p. 100, et il est probable que ces résultats auraient été meilleurs avec une pression plus élevée.
- Dans la marche en compound, avec un petit cylindre de 90 millimètres de diamètre et le grand de 267 millimètres, — rapport des volumes 4,4, — le gain par cheval indiqué n’a été que de 2 p. 100, et il a été presque nul en triple et en quadruple expansion, résultats d’ailleurs à prévoir, puisque l’effet des détentes multiples est précisément de réduire très notablement les pertes par les parois. Les résultats obtenus en marche simple sont néanmoins intéressants, mais ils devraient être complétés par des essais exécutés à de plus hautes pressions.
- M. Field, l’inventeur de la célèbre chaudière à circulation, et M. Saunders Morris ont proposé, pour augmenter le rendement du cylindre, un procédé plus radical qui consiste essentiellement à introduire dans le cylindre, à chaque échappement, une chasse d’air chaud. A cet effet, un ventilateur Roots aspire de l’air dans l’atmosphère et le refoule, sous une pression de 0k,12 environ, au
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- travers d’un réchauffeur analogue à ceux de Green, disposé entre la chaudière et sa cheminée, à la fois dans l’enveloppe, où il prend une température d’environ 200° et dans les fonds du cylindre, où il arrive à 280° environ, automatiquement à chaque échappement, par les soupapes R. Y. (fig. 11) qui se referment d’elles-mêmes à la compression. Les parois du cylindre sont ainsi élevées à une température bien supérieure à celle de la vapeur à l’admission.
- La machine essayée était une Gorliss sans condensation, à cylindre de 485 millimètres de diamètre sur 915 de course. Deux séries d’essais exécutés l’un en pleine charge : 104 chevaux, et l’autre en charge près de trois fois moindre : 32 chevaux, ont donné les résultats moyens suivants :
- Tours par minute........................................ 81,66 82,23
- Pression moyenne à la chaudière....................... 8k,05 8k,03
- —• initiale au cylindre............................. 8,05 7,86
- — finale au cylindre................................ 0 0
- — moyenne effective............................. 2,26 0,95
- — moyenne de l’air chaud........................ 0,12 0,13
- Température moyenne de l’air chaud à l’entrée du cylindre ............................................ 289° 277°
- Puissance indiquée moyenne en chevaux................... 136,75 57,6
- Travail moyen au frein............................. 104,6 32,5
- Rendement organique p. 100............................... 76,5 67,6
- Dépense de vapeur par cheval heure indiqué.............. 8k,42 9k,69
- — — par cheval-heure au frein .... 11,00 14,30
- On voit que, dans les deux cas, la dépense de vapeur par cheval indiqué a été relativement très faible, surtout pour la marche à faible puissance. On se rendra d’ailleurs bien compte de l’économie probable du système Fueld par ce fait que cette même machine avait dépensé, avant sa transformation, 14 kilos de vapeur par cheval indiqué, avec une puissance indiquée de 137 chevaux et un rendement organique de 83 p. 100 : c’est donc une économie de près de 40 p. 100, dont il faut déduire la puissance absorbée par le ventilateur égale à environ fi p. 100 de celle de la machine.
- Les dépenses de charbon ont été les suivantes :
- Dépense de charbon par cheval-heure indiqué .
- — - — au frein.
- Température moyenne de l’eau d’alimentation . Eau vaporisée par kilogramme de combustible. — — prise à 100°..........................
- Kilog. Kilo:
- 1,11 1,45
- 1,45 2,5
- 15° 16“
- 7,5 6,6
- 8.9 7.9
- Il est certain que l’économie du procédé serait moindre, peut-être nulle ou négative avec une machine compound ou à triple expansion, dont il faudrait d’ailleurs augmenter singulièrement le volume de la pompe à air, ou même avec une chaudière ayant déjà un réchauffeur d’alimentation empêchant de chauffer l’air exclusivement par les gaz perdus du foyer; mais, tels qu’ils sont, étant donnée la facilité de l’adaptation du système aux machines sans condensation, les résultats obtenus par M. Field n’en sont pas moins des plus intéressants.
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- Les machines à balancier se font de plus en plus rares; on les rencontre néanmoins encore principalement dans les filatures, où elles sont comme de tra_
- Fig. H. — Machine à balancier à triple expansion de W. B. Thomson.
- dition et remarquables par leur grande régularité. Comme exemple d’un type récent de ce genre de machines, je citerai la machine à balancier à triple expan-
- (1) A new Departure in Steam Engine Economy, by Professor A. Jamieson. (Institution of Engineers and Shipbuilders in Scotland. Transactions, li juin 1895, p. 5).
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- sion, distribution Corliss, et à marche relativement rapide installée récemment par MM. Thomson et O, de Dundee, dans une filature de Moorland, près Bolton.
- Cette machine est (fig. 11) à trois cylindres, petit (a), grand (h) et moyen (c), avec trois balanciers, accouplés sur un arbre à trois manivelles se suivant dans l’ordre (a) (c) (b), montés sur une plaque de fondation qui suffit presque à elle seule pour assurer la stabilité de la machine. Les cylindres sont à enveloppes avec ailerons pour en augmenter la surface : les fonds sont presque entièrement enveloppés de vapeur vive : la vapeur traverse ces enveloppes en série, celle du grand cylindre effectuant le drainage de leurs condensations par un purgeur automatique, et chacune d’elles est néanmoins pourvue de purges de vapeur et d'air à volonté.
- Dans une série d’essais exécutés avec beaucoup de soin par M. Michael Longridge, cette machine a donné les résultats moyens du tableau ci-contre, avec une dépense de vapeur de 5k,20 par cheval-heure indiqué, très faible pour une machine de cette force. Les enveloppes absorbaient à peu près 12 p. 100 de la vapeur totale employée et réduisaient la dépense de vapeur d’environ 7 p. 100, d’après un essai fait sans enveloppes et avec une détente de 17,4 au lieu de 20,5.
- Diamètre du petit piston.......................................
- — moyen — . .......................................
- — grand —....-......................................
- Course.........................................................
- Diamètre des tiges des pistons.................................
- Volumes de la course du petit cylindre en mètres cubes.........
- — — espace nuisible.................................
- — — du moyen cylindre.........................
- — — espace nuisible.................................
- — — du grand cylindre.........................
- — — espace nuisible.................................
- — du réservoir intermédiaire entre le petit et le moyen cylindre.
- — — — — le moyen et le grand — .
- Surface de l’espace nuisible dans le petit cylindre en mètres carrés.
- — — — moyen — —
- — — — grand — —
- Surface do l’enveloppe dans le petit cylindre..................
- — — — moyen — ....................
- — — — grand — ....................
- Surface des fonds enveloppés du petit cylindre.................
- — — — moyen — .................
- — — — grand — .................
- Surface de l’enveloppe du premier réservoir intermédiaire......
- — — second —• — ........
- Pression à la chaudière........................................
- Vide au condenseur.............................................
- Pression aux enveloppes du petit cylindre......................
- — — moyen — ......................
- — — grand — ......................
- — au premier réservoir..................................
- — au deuxième — ...................................
- Avec enveloppes. Diagramme fie-12. Sans enveloppes. Diagramme flg. l:î.
- 330m/m
- 510
- 840
- 915
- 90
- 0-3,735 0,004 1,830 0,008 5,010 0,017 0,338 0,750 0m2,488
- 0,79
- 1,58
- 1,52 0
- 2,20 0
- 5,14 0
- 0,05
- 0,095
- 0,030
- 1,64
- 2,14
- 10\6 10\8
- 650-/- 625m/w
- 10k,6
- 10,6
- 5,5
- 2,80 2k,70
- 0,33 0,21
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- Température de la vapeur de la chaudière............
- — de l’eau d’injection au condenseur. . . .
- — — de sortie — ....
- Tours par minute....................................
- Puissance indiquée en chevaux.......................
- Vapeur par cheval-heure indiqué aux cylindres.......
- — — — aux enveloppes. . .
- Eau d’alimentation par cheval indiqué...............
- Admission en p. 100 de la course au petit cylindre. . . Compression — — — — . . .
- Admission — — au moyen cylindre. .
- Compression — — — —
- Admission —• — au grand cylindre . .
- Compression — — — —
- Détente totale......................................
- Pression moyenne effective ramonée au grand cylindre
- Calories par cheval-heure indiqué...................
- Chute de température au petit cylindre..............
- — moyen — ................
- — grand —-.................
- Avec mloppes. .gramme ig. 12. -yv Sans enveloppes. Diagramme fig. 13.
- 185° 186“
- 20 22 O T
- oo 89,5 à i 91
- 337 318
- 5\20 6k,35
- 0,70
- 5k,90 6k,35
- 0,28 0,34
- 0,06 0,06
- 0,45 0,45
- 0,06 0,06
- 0,44 0,44
- 0,08 0,08
- 20,5 17,4
- lk,69 1\55
- 135 41“ 42“
- 36 36
- 50 43
- Fig. 12 et 13. — Diagrammes de la machine à triple expansion Thomson avec et sans
- enveloppes de vapeur.
- Cut off (fermeture de l'admission), Dnjness fraction (humidité delà vapeur), Release (échappement anticipé). Les ordonnées donnent les pressions en livres par pouce carré (0k,07 par centimètre carré) et les abscisses des volumes en pieds cubes (0m3,0283).
- La distribution Corliss qui, avec le poli des pistons et des fonds de cylindres, a permis de réduire la longueur de l’espace nuisible à 6 millimètres, fonctionne parfaitement bien, même à ces vitesses de 90 tours par minute; les balanciers sont en tôles d’acier aussi légers que possible, et tous les organes sont parfaitement accessibles.
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- Ces machines ont actuellement une certaine vogue; on vient d’en installer une de 600 chevaux à Dundee.
- Machines rapides (1). M. C.-T. Porter, bien connu comme l’un des principaux constructeurs de machines à vapeur rapides, peut être cité comme un précurseur dans cette voie aujourd’hui si encombrée. Loin de se reposer sur ces succès acquis, il étudie sans cesse son sujet de prédilection, et, tout récemment encore, il vient de présenter les derniers résultats de ses travaux sous la forme d’une nouvelle machine des plus remarquables, dont je vais donner, comme elle le
- Fi", li. — Machine compound horizontale Parler. Élévation des cylindres et du réchauft'eur.
- mérite, une description détaillée, en grande partie d’après les communications mêmes faites à ce sujet par M. Porter à XInstitution des Mechanical Enyineers américains (2).
- Ainsi qu’on le voit par les figures H à 29, qui se rapportent;! une machine à vapeur horizontale compound en tandem, les cylindres sont entièrement enveloppés, parois et fonds, par de la vapeur prise à la chaudière. Cette vapeur arrive directement par le tuyau C C., (fig. U) au haut de l’enveloppe, dans un second tuyau Ci (fig. 16) percé de trous par lesquels elle se diffuse uniformément dans l’enveloppe, dont elle sort au
- (1) A consulter aussi le mémoire de M. liarr sur les proportions des machines rapides. (Engineering, 28 février 189G, p. 299), et la description des machines compound de Demerlac (Revue industrielle, juin 1895, p. 221) et Corliss Leeouleux (Portefeuille des machines, janvier 189G).
- (2) Vol. XVI, p. 117-168.
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- bas par des tubulures multiples CSG3, raccordées au collecteur C6 (tig. 17), qui amène cette vapeur au réservoir intermédiaireD (tig. 13).Lavapeurquiréchauffe lesfondsdu cylindre, en communication, comme en a3 (fig. 16) avec le haut de l’enveloppe, est renvoyée de même, par des tubulures C7, au réservoir D. On obtient ainsi, dans toute l’enveloppe une circulation active, continue, et un drainage aussi parfait que possible. Après avoir traversé indépendamment les différents tubes H G E F du réservoir intermédiaire,
- Fig. Ui. — Machine Porter. Vue par bout et coupe 8-3, fig. 14.
- ces vapeurs des enveloppes s’en échappent par des tuyauteries à robinets indépendants et à purgeurs G' (fig. 13) pour être ramenées à la chaudière en partie condensées et purgées de leur air, qui, ainsi, ne s’accumule jamais dans l’enveloppe.
- La vapeur arrive de la chaudière au cylindre de haute pression par un raccord G' (fig. 15) à angle droit du tuyau d’amenée G, de manière à prendre cette vapeur aussi sèche que possible, presque toute son eau filant directement dans l’enveloppe.
- La distribution s’opère par des tiroirs pistons équilibrés a a (fig. 18), quatre pour le grand cylindre et deux pour le petit (fig. 19), exposés sur leurs faces intérieures à la Tom? I. — 95e année. 5e série. — Mai 1896. 43
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- pression de la vapeur admise en A:i, et sur leurs faces extérieures à celle de l’échappement, qui se fait le plus directement possible.
- Les distributions des deux cylindres sont commandées d’une seule tige M2, à bouton N2, déclenchable en O'O3, par un renvoi NN2, facile à suivre sur la figure 20, au moyen d’une double came K'(fig. 26) sur le tracé de laquelle je reviendrai tout à l’heure. Cette came est calée sur un arbre JK, que le bouton de manivelle J2 commande, par une manivelle K.,, avec un petit jeu latéral permettant un certain désaxement entre l’arbre K et l’arbre de couche J. Les galets MM (fig. 27) de la tige M2 sont sans cesse appuyés sur la came K'K' par la pression de la vapeur constamment admise derrière un piston Q. (fig. 24), à purge al0, dont la tige repousse par une rotule le double levier L, pivoté en L'. Le graissage des galets M M et des cames K'K' s’opère (fig. 29) par l’axe creux de ces galets, dont la graisse passe, par M', aux pattes d’araignées m.2, et, parm^rn*., à la
- Fig. 16. — Machine Porter. Coupe longitudinale du grand cylindre.
- périphérie des galets. Cette même graisse va aussi, par / /' (fig. 27) lubrifier l’axe L' du levier L.
- Les figures 30 à 43 représentent l’application de ce mode de construction à une compound verticale, à cylindres de 460 et 910 millimètres de diamètre sur 610 de course, faisant 600 chevaux à 180 tours; admission coupée aux 0,2 de la course dans chacun des cylindres; détente d’environ 20 fois. La distribution est commandée tout entière par une seule came de 127 millimètres de course. La vapeur arrive, comme dans la machine précédente, directement dans les enveloppes et dans les cylindres, par la soupape régulatrice d’étranglement, après s’être séchée et peut-être un peu surchauffée par ce brusque rejet, de sorte, qu’au départ, le cylindre et la distribution sont déjà échauffés par la vapeur vive de la chaudière, de manière à éviter les condensations initiales et tout danger de coup d’eau dans la mise en train. Afin d’éviter l’admission de la vapeur avant cet échauffement, une tige montée sur le cylindre de basse pression enclenche, comme on la voit en détail sur la fig. 38, l’ouverture de la valve
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- de mise en train tant que la dilatation de ce cylindre ne l’a pas relevée de la quantité voulue.
- Pour éviter tout danger de fuites aux tubes du réchauffeur, on les a sertis au bas
- Fig. 17 et 18. — Machine Porter grand cylindre. Coupes verticales Cs Cs et par A,.
- (fig. 37), dans une plaque en fonte comme son chapeau, de manière qu’il n’y ait pas de différences de dilatation entre cette plaque et son attache; à la partie supérieure, les tubes sont sertis dans une plaque de bronze boulonnée à un couvercle bombé, avec un
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- tube [tassant au travers d’un stuffing box dans le couvercle du réchauffeur. Le volume do ce réchauffeur est égal à huit fois celui de l’admission au cylindre de basse pression, coupée aux 0,2 de sa course, et la surface de chauffe de ses tubes est de 6m2,13. Le grand cylindre, de 910 millimètres de diamètre, a quatre distributeurs cylin-
- Cc-
- (O)
- IF" 1 g
- w -c*
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- iül Ifi
- F.y. 19 — Machine Porter. Coupe transversale du petit cylindre.
- driques ou tiroirs pistons de 140 millimètres de diamètre, donnant la même ouverture totale pour l’admission et l’échappement qu’une soupape unique de 710 millimètres de diamètre, qui exigerait une lumière de 710 millimètres de hauteur et d’une section huit fois plus giande que Lune de cellesde la machine actuelle : on voit que la
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- solution de Al. Porter évite les inconvénients des tiroirs pislons de trop grand diamètre. En outre, ces distributeurs sont, ainsi que les pistons des cylindres, parfaitement accessibles.
- Grâce à ce drainage et à cet échauffement assurés des cylindres, et aussi grâce à la forme particulière de la came de distribution (fig. 42), on a pu réaliser des machines rapides avec mises en train instantanées sans aucun danger. Une petite machine, avec deux cylindres de 400 X 150mm de course, à 300 tours en marche normale, espaces nuisibles de 31/2 p. 100 (l"'m 1/2 de jeu) et sans volant, a pu, journellement, être lancée
- Fig. 24 à 26. — Machine horizontale Porter. Détail du renvoi de la distribution et do son cylindre Q.
- presque instantanément à vide à 600 tours sans inconvénient, sans condensation appréciable dans les cylindres.
- Nous allons maintenant examiner en détail deux mécanismes particuliers de ces machines : la came de distribution et le régulateur.
- La came de distribution est représentée en détail par les figures 40 et 42. Le départ de la came se trace à partir du trait indiqué sur la figure 40, en avant de la flèche et que l’on cale parallèlement à la manivelle motrice, en haut ou en bas, suivant le sens de la marche du moteur. Après avoir divisé le cercle de cette came en 180 parties de deux degrés chacune, on dresse, en prenant pour unité de temps la durée du passage d’une de ces divisions (9‘0 de seconde à 300 tours), un tableau qui donne, à partir du point de pleine admission à l’un des bouts du cylindre, l’accélération radiale positive ou négative (vitesse ou ralentissement acquis successivement pendant ces unités de temps), les vitesses successives acquises après t, 2... 4 divisions, les déplacements parcourus pendant le passage successif de chacune de ces divisions, puis enfin les sommes successives de ces déplacements depuis l’origine. On établit ces don-
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- nées de manière à satisfaire, comme nous allons le voir, aux exigences d’une bonne distribution, sans imposer aux mécanismes ni chocs, ni efforts excessifs, d’après ce fait que ces efforts varient, toutes choses égales, proportionnellement aux carrés des vitesses de rotation. Une fois la came type ou came étalon ainsi rigoureusement établie, on s’en sert comme d’un gabarit pour finir les cames des machines au moyen d’une meule ayant le diamètre même du galet M de la came (fig. 29).
- Quant aux conditions de distribution que s’est imposées M, Porter, et qu’il a réalisées dans ses machines, elles sont les suivantes.
- Ouvrir des admissions et des échappements — avec détente commençant aux 0,2
- Fig. 21 à 29. — Machine horizontale Porter. Détail du levier L fig. 26 et d’un galet M.
- de la course —3 fois plus larges qu’avec l’excentrique ordinaire, et ce avec un échappement anticipé aux ^ de la course et une compression commençant au retour aux ^ de la course. Celle came compense les effets de l’obliquité de la bielle sur la vitesse du piston en rendant les détentes égales dans les deux courses, et l’avance à l’admission plus grande dans la course arrière, en raison de la plus grande vitesse du piston à cette fin de course. On peut ainsi effectuer une excellente distribution à grande vitesse avec de petits tiroirs permettant, concurremment avec le drainage du cylindre, de réduire l’espace nuisible à 1 1/2 ou 2 p. 100 de la longueur de la course, pour des pistons de 760 millimètres de course, marchant à la vitesse considérable de 7m,50 par seconde.
- La régularisation de cette machine s’opère par étranglement de la prise de vapeur au moyen du régulateur représenté par les figures 43 à 46, presque isochrone, d’une grande sensibilité, et dont la soupape équilibrée est montée sur une tige également équi-
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- librée, parce que sa crapaudine communique librement, comme l’indique la figure, avec l’atmosphère ou le condenseur. Enfin, le double siège en bronze de la soupape n’est immobilisé que dans le bas, sa partie supérieure peut glisser à frottement étanche dans sa boîte en fonte de manière à ne pas en gêner les dilatations. On sait que ce mode de régularisation est, en général, abandonné pour le réglage par la détente, pré-
- Fig. 30 et 31. — Machine Compound verticale Porter.
- férable principalement pour les machines à puissances très variables ; mais il présente, dans le cas actuel, l’avantage de conserver à la distribution son caractère de grande simplicité. On remarquera que les tiroirs pistons en fonte sont (fîg. 34) sans aucune garniture et attachés à leur tige avec un jeu suffisant pour leur assurer toute liberté dans leurs sièges, alésés avec le plus grand soin au moyen d’une barre dont on a rigoureusement vérifié la rectitude. M. Porter a construit beaucoup de machines avec crosses cylindriques sans aucune garniture et qui durent depuis des années
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- Fig. 32 et 33. — Machine verticale Porter. Détail du grand cylindre.
- Fig. 33 et 3G. — Machine verticale Porter. Fond supérieur du petit cylindre.
- _
- Fig. 34. Machine verticale Porter.
- (loupe par la distribution du grand cylindre. Il y a, dans la position liguréo, admission par les lumières du haut échappement par celles du bas.
- Fig. 37. — Machine verticale Porter.
- Détail du réchauffeur.
- »
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- sans aucune trace d’usure. Il espère que ces tiroirs auront le même succès, ce qui paraît d’ailleurs très probable avec un bon graissage et de la vapeur propre et sèche.
- Parmi les nombreuses machines rapides actuellement employées, principalement pour la commande des dynamos, celle qui tient aujourd’hui la tête est
- Fig. 38 et 39. — Machine verticale Porter. Détail du déclenchement de mise en train.
- Fig. i-O et il. — Machine vertica’e Porter. Commande do la distribution et du régulateur.
- incontestablement la machine Willans 1 : pour ne citer qu’un chiffre, d’après M. Robinson, en mai 1895, sur 101390 chevaux employés par les diiïérentes
- 1. Voir aussi les types de Coehrane et à' Armington. Brevets anglais, 14304 de 1894, 5 3G8 de 1893 et de Bullock. Brevet américain, 534 854, de 1893.
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- stations centrales d’éclairage électrique de la Grande-Bretagne, il y en avait 53 340 fournis par les machines Willans.
- Je ne ferai que rappeler le principe bien connu de ces machines, en me servant de la figure 47 qui en représente le type à triple expansion. La distribution de la vapeur se fait par une tige centrale creuse, analogue à celle représentée par la figure 48, commandée par un excentrique, qui se déplace à l’intérieur d’un fourneau R, dans lequel sont percées les lumières de distribution, et qui est solidaire des pistons moteurs enfilés sur lui. La vapeur admise par la chambre que l’on voit au haut de la ma-
- Fig. 42. — Machine verticale Porter, tracé de la came de distribution coupant l'admission (Cut off) aux
- 0.2 de la course.
- Lead avance). Uelease (échappement anticipé), Full Opening (pleine admission).
- chine passe, par les lumières du distributeur, au cylindre de haute pression, d’où elle va, pendant la montée des pistons, après sa détente fixe ou soumise au régulateur, de ce premier cylindre au premier réservoir intermédiaire, constitué, comme on le voit sur la figure 4 7, en partie parle petit cylindre lui-même. A la descente du piston, la vapeur passe de ce réservoir au premier cylindre de détente, puis au second réservoir intermédiaire et au °2C cylindre de détente ou de basse pression, d’où elle s'échappe pendant la seconde moitié de la course montante, au-dessous du piston correspondant, dans la chambre d’équilibre (Transfer Chamber). De là, au commencement du quatrième tour de l’arbre moteur, la vapeur passe dans la chambre d’échappement en communication permanente avec le condenseur. Au bas, le fourneau R est guidé par un cylindre fermé à sa partie supérieure, de manière à constituer au-dessus de son piston un matelas d’air qui maintient les bielles toujours en compression pendant
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- Fig. 43 à 46. — Machine verticale Porter. Détail du régulateur et de sa valve.
- Fig. 47. — Coupe verticale d’une machine Willans.
- Receiver, réservoir intermédiaire; Transfer Charnber, cliamlre d’équilibre ; Exhaust, échappement.
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- les courses montantes et supprime les jeux de leurs articulations. Pour la mise en train, on peut mettre ce matelas d’air en communication avec l’atmosphère par un robinet.
- On voit que, dans cette machine, comme dans les anciennes machines de Cornouailles, la partie supérieure motrice des cylindres et des pistons ne voit jamais le condenseur; de là, une diminution de Tinlluence des parois : condensation initiale
- Fig. 48 et 49. — Machine Willans, double compound construite par Bidlock.
- Ensemble et détail de la tige de distribution guidée dans le fourreau R par G et les distributeurs F, V, V,, U. PPi, admission de la vapeur au cylindre de haute pression IIP.
- et perte au condenseur, suffisante pour expliquer en grande partie l’excellent rendement de ces machines.
- Je n’insisterai pas ici sur l’analyse thermique des machines Willans, qui a été l’objet de nombreux mémoires bien connus des mécaniciens, maiè seulement sur quelques détails de construction qui ont été pour beaucoup dans son succès.
- La garniture des pistons, par exemple, est fort bien comprise. Elle se compose, comme on le voit sur la figure 49, pour chaque piston, de deux segments superposés, à joints rompus, remplissant exactement le cylindre avant d’être fendu, avec contre-
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- segment élastique unique, le tout maintenu par une rondelle d’acier percée de trous
- Fig. 50 (nos 1 à 11). — Machine Raworth.
- laissant la vapeur arriver derrière les segments de manière à en augmenter la pression pendant la course motrice ou descendante. En outre, les faces supérieures de ces pis-
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- tons sont inclinées vers le fourreau R de manière que l’eau de condensation s’y évacue entièrement à chaque échappement.
- Les garnitures du fourreau R sont aussi à segments et contre-segments, mais sans pression de vapeur, et il en est de meme de celles des distributeurs enfilés sur leur tige centrale, maintenus sans jeu longitudinal par la pression de leur écrou supérieur à rondelle élastique, mais avec une grande souplesse de jeu dans le sens latéral. La fabrication de ces machines est, en outre, faite très méthodiquement, avec toute la précision nécessaire pour assurer l’interchangeabilité des pièces, mais je ne puis que renvoyer aux sources pour l’étude très intéressante de cette fabrication (1). Je me contenterai de signaler deux de ses conséquences : un rendement organique excellent : 0,90
- Fig. 51 et 52. — Machine Raworth. Diagrammes et détail de la distribution, coupes A B et O D (fig. 50).
- pour les triples expansions, une sécurité presque absolue dans la marche du moteur, et une usure extrêmement lente. M. Robinson cite, entre autres, une machine dont, après cinq années de marche continue à 14 heures par jour, le cylindre de haute pression ne s’était usé que de 2/1000 de pouce, 0mm, 05. Après trois années démarché d’une machine de 650 chevaux, les cylindres de haute, moyenne et basse pression s’étaient usés respectivement de 1/1000 1/3 500 et 1/7 000 de pouce. Je cite ces résultats parce qu'ils sont dus non seulement à la nature même du moteur, mais surtout à l’excellence de sa fabrication, que peuvent et devraient imiter tous les constructeurs, d’autant plus, qu’avec de bonnes machines-outils et un service de contrôle bien organisé, la précision
- i l) The Engineer, 12 avril 1895, p. 807.
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- ne coûte pas cher : elle économise presque tout le travail d’ajustage, de réglage et d’essais, et permet, par la suppression des chocs, des usures et des frottements inutiles, de réduire au minimum le poids des pièces et la dépense de matières.
- La machine de Raœorth, représentée par les ligures 50 à 52, a sa distribution commandée par deux robinets presque équilibrés et qui en réduisent l’espace nui-
- sible au minimum. La vapeur, admise par le robinet de gauche au-dessous du petit piston, passe ensuite, par les trous que son piston découvre au hautde sa course, dans l’espace intermédiaire; puis, à la fin de cette course, la vapeur passe, par le robinet de droite, à la fois du petit cylindre et du réservoir, au-dessus du grand piston, dont la face inférieure est toujours en communication avec l’atmosphère. La vapeur est coupée, dans le grand cylindre, toujours à demi-course
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- puis s’y détend jusqu’à l’ouverture de son échappement anticipé par le grand piston, quand il découvre les trous du bas de ce cylindre : au retour, l’échappement s’achève par le robinet de droite. La vapeur qui reste sous le petit piston après la fermeture de l’admission au grand cylindre passe dans le réservoir intermédiaire et dans le haut du petit cylindre sous un volume et une pression à peu près invariables. Ainsi que le montre le diagramme figure 51, la pression
- n’augmente au réservoir (Receiver) que pendant la course ascendante des pistons, s’abaisse jusqu’à la fermeture de l’admission au grand cylindre, puis reste à peu près constante jusqu’à la fin de cette course descendante. Au petit cylindre, l’admission peut varier, sous l’action du régulateur, de 0 aux 5/8 de la course. Pour diminuer le plus possible la chute de pression quand la vapeur passe, par son échappement anticipé, du petit cylindre au réservoir, lors de la marche en pleine admission, le robinet de gauche découvre, à la fin de la course, une très petite lumière qui fait communiquer un moment le réservoir intermédiaire avec la vapeur de la chaudière : quand la machine fonctionne à grande détente, cette
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- ouverture n'a pas lieu. Ainsi qu’on le voit par les diagrammes, la chute de pression du petit cylindre au réservoir est en effet très faible. Le drainage du
- Fig. 57 et 58. — Distribution à déclic llick Ilargreaves.
- cylindre de basse pression s’effectue parfaitement bien par les trous de son échappement anticipé et grâce à la convexité de son piston.
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- Gomme détails de construction, je signalerai l’entourage de la tige du piston par deux fourreaux de fonte qui ne tardent pas à prendre au frottement un beau poli. Ces deux fourreaux sont serrés, entre les pistons et sur la crosse : en bas par un écrou conique en deux parties (fig. 50, n° 4) et en haut par un écrou ordinaire, qu’il suffit de desserrer pour que la chute de l’écrou du bas permette de retirer la tige. Le tourillon de la crosse, creux et fendu, est serré par deux tampons coniques rapprochés par un boulon. La bielle, armée (fig. 50, n° 3), par deux tirants latéraux, est entrois pièces, dont l’intermédiaire, manchonnée et serrée dans celle du haut, se visse dans l’écrou en
- Fig. 59. — Distribution Hick llargreaves. Equilibrage cl’un robinet.
- Fig. 60. — Distribution à déclic Galloivay Beckicith.
- deux parties de celle du bas. La garniture intermédiaire de la tige, entre les deux cylindres est du type métallique à cannelures, et celle du bas du grand cylindre est serrée librement par la traverse représentée par la figure n° 8.
- Les machines rapides de Chandler fonctionnent aussi suivant un cycle analogue à celui des machines de Cornouailles et de Willans. C'est ainsi que, dans la machine à triple expansion de 120 chevaux représentée par la figure 53, la vapeur qui passe successivement de l’un à l’autre de ces trois cylindres à simple effet se rend, avant de passer d’un cylindre à l’autre, sous le piston de celui dont elle s’échappe, et cela, par de nombreuses ouvertures que le piston découvre vers la lin de sa course, disposées de manière à assurer un drainage du cylindre
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- aussi parfait que possible. Dans cette machine, les trois pistons, de 280, 395 et 560 millimètres de diamètre sur 330 millimètres de course, sont enfilés sur une même tige guidée au bas par une crosse cylindrique. La distribution se fait par un seul excentrique et quatre tiroirs cylindriques enfilés sur une même tige, dont le dernier commande l’échappement de manière à ménager toujours au-dessous des pistons du grand cylindre un matelas de vapeur suffisant pour maintenir la bielle constamment en compression.
- Cette machine est calculée pour indiquer 120 chevaux ave c une pression d’admission de 12\60 : dans un essai, un peu court, il est vrai, avec une pression de ltk,50
- rq c e*
- =J- ' ' —
- Fig. 62 à 64. —Distribution Marschall et Wigram. Détail des robinets.
- et à 220 tours par minute, elle a développé une puissance indiquée totale de 114 ch. 78, dont 31,13 au petit cylindre, 40,36 au moyen et 43,29 au grand cylindre, dépense de vapeur de 6k,70 par cheval indiqué, sous un vide de seulement 0m,50 au condenseur (1).
- La machine compound à simple effet de Peache représentée par la figure 55 est caractérisée par ce que la vapeur vive de la chaudière est constamment admise dans l’espace intermédiaire entre le petit et le grand piston de manière à en réchauffer les parois et à assurer, par la différence des sections des pistons, le maintien de la bielle constamment en compression, bien que la vapeur motrice agisse d’abord sur le haut du petit piston puis sur le bas du grand. Par sa com-
- (1) Engineering, 24 janvier 1896, p. 118. The Engineer, 13 juillet 1894, p. 808.
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- pression dans cet espace intermédiaire, la vapeur vive échauffe considérablement les parois du cylindre qui se trouvent, au petit cylindre, portées dans toute leur étendue à la température d’admission. La vapeur est introduite de la chaudière dans cet espace par un petit orifice découvert par le piston de haute pression, vers le haut de sa course, et qui ne sert qu’à réparer les faibles pertes de vapeur de cet espace une fois chargé.
- La distribution s’opère au moyen de trois tiroirs pistons; la vapeur est amenée de la chaudière entre les deux premiers, puis l’échappement du petit cylindre passe au grand, au travers de la tige creuse qui réunit ces deux premiers tiroirs et de la lumière qui découvre le troisième, lumière par laquelle s’opère ensuite l’échappement final au condenseur. Ces tiroirs sont commandés non par un excentrique, mais par un renvoi
- Fig. 61. — Distribution à robinets Marschall et Wigram.
- de mouvement facile à suivre sur la figure, et dont les articulations sont largement établies tout en laissant profiter de la suppression de l’excentrique pour augmenter les portées de l’arbre de couche.
- Enfin l’axe de cet arbre n’est pas dans le prolongement de celui des cylindres, mais un peu en avant, ce qui augmente un peu le moment moyen de rotation de la manivelle pendant la course motrice. Cette manivelle tourne à l’abri de la vapeur d’échappement dans un bain d’huile, à l’intérieur d’un socle étanche accessible par des portes boulonnées.
- Une machine de ce type, à trois paires de cylindres, sur manivelles à 120°, de 255 et 380 millimètres de diamètre sur 260 de course, donne facilement 220 chevaux à 320 tours et marche avec une grande régularité. Un essai avec de la vapeur à 9k,20 a donné une dépense de vapeur de 10 kilos par cheval indiqué: rendement organique 88 p. 100 (1).
- (1) A signaler aussi les distributions Radiales (Portefeuille des machines, août et septembre 1895, p. 122 et 138; à déclics Bergmann (Verein Dcutscher Ingenieure, 17 août 1895, p. 100); Pearson et Galloway) Engineering, 20 sept., 27. déc. 1893, p. 280 et 20); à soupapes Coleman (the Engineer,
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- Distributions — Parmi les nombreuses distributions à déclic proposées dans ces derniers temps, je citerai, en raison de son succès rapidement acquis en Angleterre, celle de la maison Rick Hargreaves, de Bollon, représentée par les figures 57 et 58.
- Chacun de ces deux robinets d’admission A fonctionne comme il suit. Au retour, de droite à gauche, pour le robinet A de droite, l’étrier E comprime, par le manchon D, fou sur la tige B, le grand ressort du dash-pot C, puis, à l’aller, le déclic H2 H, H, enclenché en B, avec B, ouvre l’admission jusqu’à ce que sa rencontre avec la corne J5, l’abaissant malgré le ressort H;î, rompe le déclic et permette au ressort C de fermer brusquement l’admission. On remarquera que la tige B est appuyée sur le piston du
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- Fig. 65. — Distribution Marschall et Wigram. Détail de la coulisse.
- dash-pot par un ressort C3, avec rotule C2 permettant un jeu suffisant pour l’obliquité que prend B en suivant la flèche du levier de A. Les cornes J5, commandées par une barre d’excentrique J*, sont pivotées autour d’axes excentrés J2, montés sur des tourillons Jn conjugués par les secteurs dentés J3, et soumis en J7 à l’action du régulateur.
- On voit que, dans cette distribution, la fermeture de l’admission, ou la manœuvre du déclic soumise au régulateur, est faite par un excentrique séparé, ce qui permet d’ouvrir l’admission tout à fait en grand, même aux plus longues détentes; d’autre part, la compression du ressort du dash-pot, pendant la course de retour, lui permet d’agir, pour la fermeture de l’échappement, toujours avec la même puissance, indépendamment du point où se ferme l’admission, d’autant plus rapidement que, dans ce type de distribution, l’attaque du dash-pot est aussi directe que possible.
- En outre, les glaces des robinets d’admission sont percées (fig. 59) de trous A, qui,
- février 1896, p. 158. Roots (Chronique industrielle, 5 janvier 1896, p, 4). Tiroirs à grilles Makintosh et Seymour (Engineering, 15 novembre 1895, p. 599). Brison (Portefeuille des machines, février 1896, p. 18; équilibrés Hopkinson (Engineering, 9 novembre 1895, p. 590); plans et cylindriques (Verein Deutscher Ingenieure, 18 janvier 1896, p. 166); rotatifs Sulzer (Revue technique, 25 oc-t. 1895, p. 471).
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- dès l’ouverture de la lumière K, équilibrent en partie la pression de la vapeur sur le robinet, ce qui en rend la fermeture plus rapide, parce qu’il ne supporte la pleine pression de la vapeur qu’à la lin de cette fermeture.
- La nouvelle distribution de Galloway et Beckivith, présentée par la ligure 60, est aussi remarquable par sa simplicité. Les leviers D ouvrent les soupapes d’admission par la prise, sur le taquet b, du déclic c, soumis au régulateur en c,, et le rappel se fait par un dash-pot dont on peut régler l’orifice de sortie d’air par le tiroir K, à vis de réglage k. En outre, la tige E du dash-pot est simplement enfilée dans son piston F, de sorte que le levier D l’amène toujours à fond de course au moment voulu pour la prise de b par c, lors même que F serait en retard.
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- Fig. 66. — Distribution Mac Culloch. Coupc par l’axe du cylindre.
- La distribution des nouvelles machines de MM. Marschall et Wigram s’opère au moyen de deux distributeurs à robinets disposés d’une façon très simple.
- Chacun de ces distributeurs se compose (fig. 61 à 64) de deux robinets emboîtés l’un dans l’autre : un robinet principal B, pour l’admission et l’échappement, et un auxiliaire C, pour la détente. Le robinet principal est appuyé sur sa glace par la pression même de la vapeur: à cet effet, il est commandé par deux plateaux et ô;j(tig. 62), dans lesquels il peut glisser, reliés par une barre 64,et dont l’un, 6,, est solidaire du manchon bz, mené directement par l’excentrique d’admission et d’échappement. Ce manchon est traversé par l’arbre c, qui attaque, par sa barre à butée élastique c L et les collets c2 (fig. 64) le tiroir de détente C, appuyé sur B par des ressorts.
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- Les tiroirs de détente sont commandés par une bielle e, (fig. 65) à coulisseau e, pris dans une coulisse E, pivotée en K, et solidaire d’une seconde coclisse F, également pivotée en K et menée, de g f, par l’excentrique de détente. Quand la machine, par exemple, s’accélère, le manchon J du régulateur abaisse, par H g, le coulisseau /, et retire e par/,, de ipanière que ces deux effets s’ajoutent pour réduire très vite la course du tiroir de détente et pour en rendre l’action extrêmement f ensible.
- On sait que les distributions dites par vapeur sont fréquemment employées pour les machines à action directe, notamment pour les pompes : les principales
- Fig. 67 et 68. — Distribution Mac Culloch. Coupes x x (fig. 66) et y y.
- qualités à rechercher sont, outre la sécurité de leur marche, la simplicité et l’accessibilité de leurs mécanismes. C’est à ce titre que je signalerai la distribution de J. Mac Culloch représentée parles figures 66 à 68.
- Cette distribution a pour organe principal un robinet oscillant C, qui, dans la position figurée, admet la vapeur de Do Du par C3 D:1, à droite du piston moteur B, et l’échappe à gauche par D2 C, C4 (fig. 67). L’inverse a lieu quand G, vient en D3 et C3 en D2. Les oscillations du robinet sont commandées très simplement par un balancier 1 h (fig. 68) et deux pistons G et Gn que le piston B met en rapport, aux fonds de course, alternativement avec l’admission, puis avec l’échappement par les canaux H et H2, dont il découvre les orifices aux moments voulus pour assurer le jeu du robinet D.
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- Je signalerai encore l’emploi de plus en plus répandu des tiroirs cylindriques équilibrés, non seulement sur les grosses machines marines, où ils s’imposent
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- Fig. 69. — Cylindre d’une machine Bollinckx.
- L'admission ost faite par des robinets Corliss et l'échappement K par des pistons A. à lumières directes D15 annulant presquo les espaces nuisibles d'échappement.
- mais aussi sur les locomotives et les machines fixes, ainsi qu’on le voit sur la figure 69 qui en représente une application inattendue et originale (1).
- (A suivre.)
- (1) Documents récents à consulter sur les machines à vapeur.
- Théories et généralités (the Engincer, 10-24 mai, 7 juin, 9 août 1893, p. 404, 448, 491,134. Engineering,
- 3 mai, 5 juillet 1893, p. 590 et 17). Machines componnd. Calcul des cylindres (Kapp) (the Engincer, 4 octobre 1893. p. 343). Chute dépréssion au condenseur et au réservoir intermédiaire (Elliott)(Engineering,.
- 4 octobre 65, 10. Décembre 1895, p. 687, 753, 16 janvier 1896). Diagrammes entropiques Boulvin (Engineering, 3 janvier 1896, p. 1). Géométrie des (Bailles) (Revue maritime et coloniale, janvier 1896, p. 13).
- Condenseurs Morrison (Engineering, 20 juillet 1895, p. 134); Wheeler (id. 17 janvier 1896, p. 104;. aerien Theissen (Engineering, 2 août 1895, p. 146); à fascines Montupet (Revue industrielle,. 28 sept. 1895, p. 385). Pompes à air de 3 000 chevaux (the Engineer, 9 août 1895, p. 146); rotatives Johnson (id. 23 août, p. 189).
- Machines verticales pour ateliers Robey (Revue industrielle, 22 juin 1895, p. 248); tandem 100 chevaux Plenty (the Engineer, 20 déc. 1893, 608); triple expansion Fraser et Chalmers (Engineering, 30 août, 13 septembre 1895, p. 281, 341,24 janvier 1896, p. 129; ; Corliss triple expansion Frickart (Génie civil, 6 juillet 1895, p. 161). Rotative Filtz (Revue industrielle, 22 février 1896, p. 73. (Brevet anglais, 1895 de 1896.)
- Pistons. Frottement des (Vcreins Dcutscher Ingcnieure, 25 janvier, 1er février 1896, p. 85 et 120). Garnitures Davies (Engineering, 13 sept, 1895, p. 346). Finney (Engineering, 20 sept. 1895, 380). Lockwood (id. 21 janvier 1896, p. 815). Malhcr (Brevet anglais, 23516 de 1894).
- Régulateurs. Mémoires de Consentais (Société d’Encouragement de Berlin, avril 1895, p. 165). Johnson (Engineering, 21 juin 1895, p. 807). Richardson (Inst. Civil Engineers London, 5 février 1895). Sankey (Iifst. Mechanical Engineers London, avril 1895, p. 154). Schneider (Vereins Dcutscher Ingenieure, 19-23 oct. 1893, p. 1266, 1288). directs. (Engineering Magazine, octobre 1894, p. 39). Mann et Charles, worth (the Engineer, 5 juillet 1895, p. 9). Robinson (Engineering, 1er novembre 1893, p. 560). Raworth (id., 14 février 1896, p. 206). divers Goolden (Engineering, 20 avril 1895, p. 107). Holders (id., 20 décembre 1895, p. 780). Teague (id., 27 décembre 1893, p. 820), pour machines marines Wilson et Morrison (Engineering, 5 juillet 1895, 30).
- Stuffing-Box (Verein Deutscher Ingenieure, 14 septembre 1893, p. 147). Dinas (Engineering, 22 novembre 1895, p. 652), du Midland Ry (the Engineer, 13 décembre 1895, p. 593). Morrison (Engineering, 13 décembre 1895, p. 750).
- Volants. Action des (American Machinist, 13 février 1896). En fer Allis (Engineering, 20 mars 1896, p. 3937). Bollincx (Revue industrielle, 23 novembre 1895, p. 461). Cobb (Portefeuille des machines, mars 1896, p. 46). Segmentés Providence Steam Engineering C° (American Machinist, 14 novembre 1895). Harris (id., 12 décembre 1895). A câbles de 100 tonnes (id., 27 février 1896).
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- REVUE DES PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS RÉCEMMENT A L’iNDUSTRIE SUCRIÈRE, par
- M. L. Lindet, Membre du Conseil de la Société.
- Nous avons, en février 1895, exposé dans le Bulletin de la Société, les modifications apportées dans ces trois ou quatre dernières années au travail de la sucrerie; depuis cette'époque, de nouveaux perfectionnements ont été encore introduits dans nos usines, et c’est à présenter ces perfectionnements que cette nouvelle revue est consacrée.
- I. — Diffusion.
- En décrivant, dans notre revue de 1895 [Bull. Soc. Enc., 1895, p. 149), la modification qui, pour le travail de la diffusion, consiste à couper la batterie en deux, et à faire travailler chacune des moitiés séparément, nous exprimions l’idée que ce système avait été abandonné; il n’en a pas été ainsi cependant d’une façon générale. En 1896, M. Landrin (Bull, du Syndicat des fabricants de sucre, avril 1896, p. 190) a annoncé le parti qu’il avait, dans la dernière campagne, tiré de cette méthode. Elle lui a permis, à partir du milieu de novembre, d’épuiser des betteraves, qui, par suite de leurs altérations, ne cédaient plus que difficilement leur sucre au cours du travail normal. La quantité de jus extrait, la quantité de sucre laissé dans les cossettes, ont été, à la fin de la campagne, alors qu’on employait deux batteries de sept diffuseurs chacune, identiques à celles que l’on obtenait au début au contraire, alors que les quatorze diffuseurs travaillaient ensemble. C’est là un fait expérimental qu’il convient d’enregistrer, sans que l’on puisse aisément en établir la théorie. En effet, la quantité de betteraves travaillées en vingt-quatre heures, est la même dans l’un et l’autre cas, le volume du jus extrait est le même, et la différence essentielle entre les deux procédés tient dans ce fait, que le jus, en quantité égale par rapport aux cossettes, marche moins vite dans chaque demi-batterie qu’il ne marche dans une batterie unique. Or, l’écart qui existe entre la composition des jus venant d’un diffuseur, entrant dans le diffuseur suivant et les cossettes qui reçoivent ces jus est deux fois moins accentué dans le cas où on opère par batterie coupée. Il est donc naturel que, pour établir l’équilibre de composition entre le jus et les cossettes, les jus doivent séjourner deux fois plus de temps à leur contact, et l’on arrive, dans ces
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- conditions, à contester la valeur théorique du procédé. Mais les lois qui prési dent à l’épuisement des cossettes par dialyse sont encore si mal étudiées, qu’elles nous réservent des surprises. En tout cas, si les constatations de M. Landrin se vérifient, on pourra mettre en doute la nécessité de l’emploi des batteries à douze et quatorze diffuseurs. Si le travail d’une petite sucrerie devenait économique, par suite d’une prime accordée à l’industrie agricole, celle-ci ne serait plus arrêtée par l’obligation d’établir un appareil de diffusion à grand rendement.
- M. Heckmcinn a proposé de diffuser les betteraves non plus sous pression, mais dans le vide, et de faire avancer, par la dépression, les jus dans la batterie. Ce procédé, dont l’intérêt nous paraît résider dans une élimination continuelle de l’air renfermé dans les cossettes et entre les cossettes, a été essayé en Allemagne et en Suède sans donner, paraît-il, de bons résultats.
- A la question qui précède, se rattache celle des épulpeurs destinés à filtrer le jus de diffusion. Nous avons déjà, dans la précédente revue {Bull. Soc. Eue,, 1895, p. 151 ), cité ceux de Wagner, Rasmus, Wanieck; M. Lambert a fait construire un épulpeur qui a fonctionné dans sa sucrerie de Toury (Eure-et-Loir); il est constitué par un tambour rotatif en toile métallique; le jus traverse le tambour et les dépôts sont automatiquement ramenés dans le diffuseur en chargement.
- II. — Épuration par la chaux et l’acide carbonique.
- 1° Fours à chaux. — Les fours à chaux à foyer gazogène ont été plusieurs fois employés plutôt à l’étranger qu’en France. M. Bouchon, au Congrès des fabricants de sucre en 1896, a fait connaître un four de ce genre, construit par MM. Fichet et Heurtey, qu’il a employé avec succès pendant la dernière campagne à Nassandres (Eure).
- Le foyer gazogène ne porte pas de grille ; le combustible repose sur une couche épaisse de mâchefer, supportée par une sole pleine horizontale; celle-ci laisse entre elle et l’extrémité de la cuve qui constitue le gazogène un espace suffisant pour permettre au mâchefer de s’écouler; en faisant tourner cette sole sur elle-même, au moyen d’une manivelle extérieure, on évacue le mâchefer, et l’on évite ainsi l’encrassage, qui est un obstacle réel au bon fonctionnement d’un gazogène. De plus, pour assurer le débit régulier du gaz, MM. Fichet et Heurtey introduisent l’air nécessaire à la combustion du coke ou du charbon maigre au moyen d’un injecteur à vapeur. Le gaz pénètre par des tuyères disposées circulairement dans l’épaisseur de la maçonnerie, au tiers de la hauteur du foui’.
- Le four, si l’on veut éviter les incuits, doit être étroit et ne pas dépasser
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- lm,80 à [2 mètres de diamètre, à l’endroit des tuyères. Le four de Nassandres mesure 13 à 14 mètres cubes et produit 8 000 kilos de chaux en vingt-quatre heures. Tl consomme 7k,500 de charbon pour 100 kilos de calcaire, tandis que la consommation dans les fours ordinaires est de 10 p. 100. Le gaz, sortant du four à chaux, renferme 30 à 35 p. 100 d’acide carbonique, ce qui représente une richesse légèrement supérieure à celle que l’on obtient dans la plupart des cas.
- 2° Chaulage par la chaux anhydre. — Nous avons appelé l’attention en 1895 [Bull. Soc. Eric., 1895, p. 152) sur l’intérêt que présente l’emploi de la chaux anhydre pour le chaulage des jus. M. Dufaÿ a fait construire, pour l’application de ce procédé, un appareil qui a fonctionné pendant toute la campagne dernière à la sucrerie de Chevry-Cossigny (Seine-et-Marne). C’est une caisse rectangulaire, en tôle, de 18 à 20hect. de capacité, à l’intérieur de laquelle, est un panier rectangulaire également en tôle perforée; ce panier, suspendu au couvercle de la cuve, est, au moyen d’une bielle horizontale, animé d'un mouvement de va-et-vient, de 18 à 20 oscillations à la minute. Une opération complète, comprenant le remplissage, l’extinction, le délayage de la chaux, et la vidange du jus chaulé, demande dix à douze minutes.
- 3° Réchauffeurs du jus. — Pour produire une meilleure utilisation de la chaleur dans les réchauffeurs, MM. Vivien et Dervaux ont imaginé de restreindre la section des tubes de chauffe en introduisant des bâtons de bois semblables à ceux dont MM. Canard, Montauban et Marchander garnissent les tubes des caisses d’évaporation, et dont nous avons parlé en 1895 [Bull. Soc. Enc., 1895, p. 159). Ce système a été appliqué à la sucrerie de Wargnies-le-Grand (Nord).
- 4° Carbonateurs continus. —M. Henri Vivien a proposé de rendre la carbonatation en partie continue, en adaptant au-dessus des cuves à carbonater ordinaires un appareil permettant de mélanger le gaz aux jus chaulés pendant le temps que dure le remplissage de la cuve. Dans la tubulure qui amène le jus chaulé, on insuffle de l’acide carbonique; cette tubulure est reliée à un large tuyau qui se replie deux fois sur lui-même avant de gagner la cloche, d’où partent, au fond de la cuve, les huit tubes percés de trous, et à travers lesquels, d’ordinaire, barbote le gaz carbonique. Le gaz et le jus restent en contact pendant ce trajet et sortent en même temps par les tuyaux perforés. Quand la cuve est remplie, on arrête l’arrivée du jus et on achève la carbonatation dans les conditions ordinaires. Ce dispositif a été adopté pendant la campagne 1894-95 à la sucrerie de Calonne-Ricouart (Pas-de-Calais), et pendant la campagne 1895-96, à celle de Bauvin (Nord).
- Parmi les carbonateurs continus, celui qui semble cette année avoir attiré le plus l’attention, est celui de MM. Sée, Lamboi et Camuset, construit par la maison Mollet-Fontaine, et qui a fonctionné à l’état d’essai et sur une quantité de jus limitée pendant toute la campagne, dans l’usine d’Escaudeuvres, près Cambrai.
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- Dans cet appareil, le contact intime entre les produits réagissants est assure par la pulvérisation du jus ctiaulé dans une atmosphère d’acide carbonique. L’appareil est formé d*une caisse en tôle fermée, cylindrique, de 3 mètres de diamètre, dont le fond et le dôme sont légèrement bombés et distants vers le centre de lm,40 l’un de l’autre. Tout autour de cette caisse s’enroulent extérieurement deux tuyaux, l’un qui amène le gaz sous pression, l’autre, le jus chaulé sous pression également. Tous deux portent des tubulures qui communiquent avec l’intérieur de la caisse. Les tubulures qui déversent le jus chaulé se terminent par des pulvérisateurs qui projettent, d’une façon continue dans la caisse, un brouillard de gouttelettes liquides. Ces gouttelettes, après avoir subi l’action de l’acide carbonique, se déposent au fond de la caisse, et, de là, le liquide mélangé de gaz, sous l’influence de la pression qui règne dans l’appareil, remonte à l’intérieur d’une cheminée centrale cylindrique, large de 75 centimètres. A l’intérieur de cette colonne, se trouvent disposées des cloisons perforées horizontales, montées sur une tige verticale, à laquelle on peut donner un mouvement de montée et de descente; en s’élevant à l’intérieur de cette colonne, et en traversant la série des cloisons perforées, le jus chargé de gaz achève de se saturer. Il se déverse d’une façon continue par une ouverture pratiquée dans la cheminée à 1 mètre au-dessus de la caisse, tandis que le gaz en excès s’échappe à la partie supérieure de cette cheminée.
- A l’aide d’un appareil de ce genre, on a pu traiter aisément 1 000 hectolitres de jus en vingt-quatre heures; le travail y a été très régulier, et l’alcalinité des jus carbonatés bien constante.
- Triple carbonatation. — Un grand nombre de fabricants autrichiens, allemands et belges, au lieu de saturer la chaux des jus sucrés par une double carbonatation, préfèrent obtenir la saturation en trois fois.
- Gomme l’a indiqué M. Viéville, qui a, au Congrès des fabricants de sucre, en 1895, exposé la marche suivant laquelle il a, dans son usine de Chevresis-Monceau (Aisne), appliqué ce procédé, on doit laisser par hectolitre de jus 100 à 110 grammes d’alcalinité (comptée en chaux) après la première carbonatation, 55 à 60 grammes après la seconde, et 20 à 24 grammes après la troisième. Cette alcalinité de 20 à 24 grammes est celle des jus de seconde carbonatation quand on emploio le procédé ordinaire; les jus de seconde carbonatation sont donc beaucoup plus alcalins dans ce nouveau procédé. Or, c’est un fait connu que les écumes, c’est-à-dire les boues calcaires que l’on sépare du jus au moyen du filtre-presse, sont d’autant moins solubles dans ce jus que celui-ci est plus alcalin. D’après M. Lachaux [Bull. Ass. des chim. de sucrerie, 1894-95, p. 755), on obtient, dans le procédé de la triple carbonatation, un jus de seconde plus pur que dans celui de la double carbonatation; 1a.troisième saturation, d’après lui, se ferait sur un jus déjà très purifié, et l’avantage du nouveau procédé résiderait
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- surtout dans une meilleure filtration. Il aurait cependant l’inconvénient d’augmenter d’une façon sensible le séjour du jus dans l’usine, de retarder son évaporation, et d’augmenter la main-d’œuvre et les frais d’installation.
- M. Beaudet [Bull. des chimistes de sucrerie, 1894-95, p. 548) est plus affirmatif sur la valeur du procédé. Dans une série d’expériences précises, dont il a exposé les résultats, le quotient de pureté, c’est-à-dire la quantité de sucre p. 100 des matières dissoutes, s’est trouvé, du fait de l’emploi de la triple carbonatation, relevé de 0,40 en moyenne; il en est de même du quotient salin, c’est-à-dire du rapport entre le sucre et les cendres.
- M. Génin [Sucrerie indigène, 1895, I, p. 435), est arrivé aux mêmes conclu sions, et a annoncé que des jus dont le quotient de pureté était de 87 après la première carbonatation, marquait 89 après la seconde et 90 après la troisième. Nous ferons remarquer cependant que, dans le procédé ordinaire par double carbonatation, le quotient de pureté de 90 n’est pas exceptionnel, et qu’il aurait peut-être suffi de pousser plus loin l’épuration à la seconde carbonatation pour éviter la troisième.
- 6° Filtration des jus et sirops. — M. Bouchon a appelé l’attention des fabricants sur les avantages que l’on retire des filtrations répétées; celles-ci constituent une dépense minime par rapport aux profits qu’elles assurent; dans son usine de Nassandres (Eure), en effet, où les jus et les sirops subissent huit filtrations successives, tant au filtre-presse qu’aux filtres mécaniques, la dépense ne représente que 0 fr. 17 par tonne de betteraves traitées.
- M. Bouchon a calculé également la dépense comparée qu’occasionne l’emploi des différents tissus proposés pour la filtration, en y comprenant le prix d’achat des toiles, leur durée, etc., et il a constaté que cette dépense pouvait être représentée par les chiffres suivants, en prenant pour unité le tissu dont l’emploi est le plus économique.
- Jute et lin............................. 100
- Jute.................................... 116
- Lin et coton............................ 227
- Chanvre................................. 298
- Chanvre et coton ....................... 394
- On voit, d’après ces chiffres, que la dépense occasionnée par la filtration peut varier, suivant le tissu employé, du simple au quadruple.
- III. — Épuration par sulfitation.
- M. Bouchon qui, depuis longtemps, emploie avec succès la sulfitation des jus de seconde carbonatation et des sirops, a appliqué dernièrement l’acide sulfureux à la purification des sirops d’égout au moyen desquels il obtient les masses cuites
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- de second jet. Les égouts riches et les égouts pauvres des masses cuites de premier jet et des masses cuites de second jet sont individuellement étendus à 25°-28°B. chauffés à 75° centigrades, additionnés de lait de chaux jusqu’à une alcalinité de (Fr,800 par litre, puis saturés exactement par l’acide sulfureux; les sirops purifiés entrent alors en travail; après avoir fait un pied de cuite au moyen du sirop de premier jet sortant du triple effet, on fait rentrer dans la chaudière à cuire, successivement, chacun des sirops sulfites, en commençant naturellement parle plus pur, et en suivant les principes delà cuite méthodique. M. Bouchon obtient de cette façon de très beaux sucres de second jet et qui ont la valeur des sucres de premier.
- Dans la revue publiée en 1895 (Bull. Soc. Enc., 1895, p. 157), nous avons dit un mot du procédé Steffen, qui consiste à faire agir sur les jus de seconde carbonatation l’acide sulfureux à froid, jusqu’à réaction franchement acide, et à saturer ensuite par la chaux. Ce procédé, breveté par MM. Steffen et Drucker, a été, à la campagne dernière, mis en pratique par M. Mennesson et les ingénieurs de la Compagnie Fives-Lille à la sucrerie d’Abbeville, et a permis d’obtenir directement le sucre à l’état de raffiné.
- A la suite de la seconde carbonatation, les jus sont sulfités dans les conditions ordinaires, puis refroidis à 30° centigrades, additionnés de noir animal fin, auquel on a fait absorber au préalable une solution d’acide sulfureux à 10 p. 100. Cette pâte est abandonnée le plus longtemps possible au contact du jus, froid, puis le noir est séparé du jus au moyen d’un filtre-presse en bois. Le jus, renfermant 2sr,5 à 3 grammes d’acide sulfureux par litre, est versé dans un bac en bois rempli de la quantité de lait de chaux nécessaire pour saturer l’acide sulfureux, et laisser au jus une légère alcalinité. Après avoir subi ce traitement, le liquide est devenu parfaitement incolore, et a perdu toute viscosité. Par l’évaporation et la cuisson de ce jus, on obtient une masse cuite remarquable par son absence de coloration et par sa fluidité. Cette masse cuite est, comme on le verra plus bas (paragr. VII), coulée dans des turbines spéciales, et produit directement du sucre raffiné.
- Les sirops d’égout s’écoulant des turbines sont encore assez incolores et assez peu visqueux pour que l’on puisse directement en extraire des sucres blancs de second jet, qui ont la valeur des sucres blancs ordinaires de premier jet.
- Ce procédé avait été imaginé par M. Steffen comme un procédé de raffinage; on voit qu’il présente en sucrerie un intérêt considérable.
- IV. — Évaporation.
- Il n’v a pas eu, pendant la dernière campagne, dans la conduite eL la construction des appareils à évaporer, de modifications qui aient attiré l’attention des fabricants de sucre.
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- On s’est attaché, comme nous l’avions indiqué en 1895 [Bull. Soc. Enc., 1895, p. 159), a augmenter soit par le ruissellement, soit par l’évaporation à niveau bas, la puissance des appareils.
- MM. Canard, Montauban et Marchandiez', qui ont proposé d’introduire dans les tubes des caisses des manches de bois pour diminuer la section, ont substitué à ces manches de bois des tubes en tôle vernissés; on reprochait en eflet aux évaporeurs en bois de s’attaquer par l’acide chlorhydrique au moyen duquel on nettoie la chaudière et on la débarrasse de ses incrustations.
- Pour éviter l’encrassement des tubes du triple effet, MM. Lagrelle et Chan-trelle ont imaginé d’introduire dans chaque tube un flotteur cylindrique, muni extérieurement de filets hélicoïdaux, à pas très allongé. Le ruissellement du jus, qui s’opère en couche mince entre les parois du tube et le flotteur, détermine un mouvement rotatif du flotteur qui, par le contact des filets, a pour effet d’empêcher l'adhérence de tout dépôt [la Betterave, 1896, p. 105).
- V. — Cuisson et cristallisation du sucre.
- Au début du paragraphe Y de la revue publiée en 1895 dans ce Bulletin [Bull. Soc. Enc., 1895, p. 164), nous avons signalé l’obligation où le fabricant se trouve aujourd’hui d’obtenir en premier jetla totalité ou tout au moins la majeure partie du sucre qu’il peut extraire de sa betterave, et nous avons montré comment les procédés de la cuite méthodique et de la cristallisation en mouvement, comment le procédé Huch etLanke, etc., permettent d’obtenir semblable résultat.
- M. Manoury, qui a doté déjà l’industrie sucrière de nombreux procédés, a installé, au début de la campagne 1895-96, dans la sucrerie de MM. Têtard et fils, à Gonesse (Seine-et-Oise), une méthode de travail qui a permis d’obtenir du premier coup, d’un côté, tout le sucre extractible, de l’autre, la mélasse, et de supprimer, de ce fait, les 2° et 3e jets.
- La mise en route et le succès de cette méthode ont attiré de nouveau l’attention sur les procédés capables de fournir tout le sucre par une seule cristallisation, et comme M. Manoury remplace la cristallisation en mouvement par un simple malaxage, beaucoup plus court, exigeant moins de force et moins d’appareils, la discussion s’est trouvée ouverte sur le point de savoir si la cristallisation en mouvement présente les avantages que comporte son installation coûteuse.
- Cette discussion, fort active en ce moment, tant en France qu’à l’étranger, nous oblige à reprendre cette question de la cristallisation du sucre et d’exposer d’abord en détail le procédé Manoury.
- M. Manoury part de ce principe : que, si l’on veut n’avoir après turbinage que du sucre et de la mélasse, il faut que l’eau mère de la cristallisation ait dans la chaudière la composition de cette mélasse même. Supposons qu’une masse cuite
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- faite dans des conditions semblables vienne d’ètre turbinée. Elle aura fourni :
- 1° Du sucre blanc;
- 2° Du sirop d’égout, ayant la composition de la mélasse;
- 3° Du sirop d’égout riche, provenant du clairçage à la vapeur du sucre turbiné.
- Une nouvelle cuite commence; elle est conduite dans les conditions ordinaires de la cuite de premier jet; on fait alors rentrer dans la chaudière en continuant toujours à cuire, c’est-à-dire à éyaporer, d’abord la totalité des égouts riches, puis une partie des égouts pauvres, et cela jusqu’à ce que les eaux mères aient la composition de l’égout introduit.
- Arrêtons-nous à ce point, et examinons le mécanisme de la cristallisation.
- Il est évident que si l’on pouvait pousser une cuite de premier jet assez loin pour que l’eau mère ait la composition de la mélasse, on n’aurait pas besoin de faire rentrer des égouts. Mais comme la quantité d’impuretés contenues dans le sirop est faible et que la quantité de mélasse produite est fonction de cette quantité d’impuretés, le volume de la mélasse eau mère, par rapport au volume total de la masse cuite, serait trop faible pour en assurer la liquidité et permettre aux cristaux de se nourrir et de grossir. On arrête donc la cuite de premier jet avant d’atteindre ce point, et les cristaux baignent alors au milieu d’une eau mère trop riche en sucre.
- On ajoute alors un sirop (sirop d’égout riche) plus pauvre en sucre, moins pur que cette eau mère; celui-ci apporte do la liquidité et permet au grain formé de grossir aux dépens du sucre contenu dans la première eau mère et dans ce sirop d’égout riche; mais, peu à peu, la masse devient compacte, avant que l’eau mère n’ait pris la composition de la mélasse; on fait arriver alors l’égout pauvre, ou mélasse, qui ne peut plus donner du sucre, mais qui permettra au sucre formé d’attirer, pendant l’évaporation, le sucre en excès de beau mère, et qui permettra surtout d’avoir une masse assez liquide pour en achever l’évaporation. Le sirop d’égout riche va donc se substituer à l’eau mère de la cuite de premier jet et lui permettre d’abandonner une partie de son sucre; la mélasse va se substituer à la nouvelle eau mère, en lui permettant d’abandonner son sucre également, et de se transformer comme elle en mélasse.
- Nous pouvons donner, de ce mécanisme, une démonstration plus matérielle, en nous reportant à un mémoire de M. Naudet, dont il sera question plus bas.
- Une mélasse ne saurait être évaporée sans perdre sa fluidité, et la limite à laquelle elle la perd est le moment où il ne reste plus qu’une partie d’eau pour deux parties de non-sucre; c’est la quantité d’eau minima nécessaire pour dissoudre ces deux parties d’impuretés; et comme le sucre se dissout dans l’eau de la mélasse à peu près comme s’il était seul, l’eau dissoudra trois parties
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- de sucre, et la composition de la mélasse sera représentée approximativement par :
- Eau............................. 1 parlie 49,0
- Non-sucre................... 2 parties 33,4
- Sucre........................... 3 parties 17,0
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- Si l’on supprime, pour la clarté de la démonstration, la rentrée des égouts riches, qui représentent un produit de richesse intermédiaire entre la mélasse et l’eau mère de la cristallisation de premier jet, et si l’on suppose que l’on fasse rentrer dans une cuite de premier jet dont l’eau mère aurait la composition suivante :
- Eau........................... ........ 2 parties
- Non-sucre.............................. 2 parties
- Sucre.................................. 6 parties
- la mélasse ci-dessus désignée, qui apportera à la masse sa fluidité, ce sirop-eau mère va continuer à s’évaporer, et pour qu’il prenne à son tour la composition de la mélasse au contact de laquelle il cuit, il faut qu’il perde une partie d’eau et que trois parties de sucre se déposent sur les cristaux déjà formés; ce qui revient à dire que l’addition de la mélasse, ou en général d’un sirop impur à un sirop plus pur, permettra à ce dernier de s’évaporer, de prendre la composition du premier et d’abandonner du sucre.
- Il semble donc qu’au sortir de la chaudière à cuire la cristallisation soit complète, et que l’on ne puisse rien attendre de la mélasse.
- Cependant il faut remarquer que cette mélasse est saturée à chaud d’impuretés et de sucre ; si l’on a poussé assez loin l’évaporation, ce qui est le cas ordinaire, une certaine quantité de sucre se déposera par refroidissement; des impuretés pourront même se déposer, bien qu’en général elles soient plus colloïdales que le sucre et restent plus facilement en dissolution.
- Quand on a recours à la cristallisation en mouvement, le refroidissement étant très lent et les cristaux se promenant lentement dans toute la masse, il semble difficile de ne pas admettre que le sucre qui tend à se déposer, du fait de la différence de solubilité entre 75° et 40°, ne nourrisse pas les cristaux déjà formés, et l’accroissement des cristaux semble plus probable que la formation de microcristaux sous l’influence du refroidissement.
- Cette quantité de sucre, ainsi récupérée, est évidemment très faible et ne semble pas en rapport avec l’importance des appareils employés.
- Mais ce n’est pas tout. Dans le cristallisoir, et pour donner à la masse, qui tend à s’épaissir au refroidissement, plus de fluidité, on ajoute des mélasses réchauffées à 60° C. Ces mélasses vont-elles, comme on l’a prétendu, fournir du Tome I. — 95e année. 5e série. — Mai 1896. 47
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- sucre par attraction moléculaire? Le fait est improbable si ce sont de véritables mélasses ne pouvant plus donner de sucre par cristallisation directe. Si cela était, elles sortiraient du cristallisoir avec un coefficient de pureté moins élevé que celui avec lequel elles y sont entrées. Tout ce qu’elles peuvent faire, c’est de dissoudre du sucre, puisqu’on les a réchauffées, et de l’abandonner ensuite par refroidissement. On a même dit, et l’idée est ingénieuse, qu’elles redissolvent la partie périphérique des cristaux qui, lorsque l’on serre fortement la cuite, c’est-à-dire lorsqu’on pousse l’évaporation un peu loin, se sont ternis par suite d’un dépôt brunâtre ; ce dépôt se détacherait du fait de 1’ « astiquage » que produisent les cristaux frottant les uns sur les autres, et le sucre redissous se déposerait ensuite.
- Le bénéfice que procure ce procédé de cristallisation au point de vue du rendement ne semble donc pas très considérable. Une polémique internationale, se basant sur un mémoire fort intéressant que M. Naudet {Bull. As-.s. des chimistes de sucrerie et de distillerie, 1894-95, p. 749) a communiqué au Congrès des chimistes de sucrerie à Amiens en 1895, s’est engagée à ce sujet. De cette polémique, il semble résulter que la grande utilité de la cristallisation en mouvement est de malaxer la masse cuite, de la rendre fluide et homogène et de la préparerai! turbinage. Comme le faisait remarquer M. Naudet, cette manière de voir a rencontré bien des adhérents, et souvent aujourd’hui on donne aux cris-tallisoirs le nom de malaxeurs.
- Pour compléter la réalisation de son procédé, M. Manoury fait usage d’un malaxeur, c’est-à-dire d’une bâche en tôle, ouverte à l’air libre, munie d’un double fond que parcourt un courant d’eau froide et dans laquelle se meut, avec une vitesse de 15 à 20 tours, un agitateur à bras. Le refroidissement a lieu non plus en 60 heures, mais en 2 heures seulement, et comme, dans ces conditions, le sucre qui se déposerait par différence de solubilité à chaud et à froid se précipiterait en petits cristaux qui passeraient dans les sirops d’égout, M. Manoury renonce au faible bénéfice que leur récupération présenterait. Tant pour donner à la masse contenue dans le malaxeur de la fluidité que pour redissoudre les microcristaux qui pourraient se former, il ajoute au fur et à mesure du refroidissement de la mélasse diluée d’eau et marquant 35° B. environ.
- Par une cristallisation plus régulière, en n’ajoutant pas d’eau aux mélasses du malaxeur, M. Manoury obtiendrait peut-être plus de sucre, mais il lui faudrait des appareils plus coûteux, un emplacement plus considérable et il lui faudrait dépenser plus de force.
- La plus grosse partie du sucre que l’on peut espérer retirer de la betterave est obtenue du premier coup, et le travail des 2° et 3° jets est supprimé. Le fabricant peut vendre immédiatement son sucre et sa mélasse, et réaliser plutôt ses bénéfices.
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- La proportion de mélasse extraite est même supérieure à ce qu’elle est d’ordinaire, en ce sens que les sucres roux de 2° et de 3° jets en entraînent toujours, que le raffineur ne paie pas, et qui ne figure pas, dans les comptes du fabricant. Déplus, la présence de cette mélasse incorporée aux cristaux abaisse les prix de ces sucres roux, puisque le raffineur déduit de la quantité de sucre reconnue à l’aualyse celle que les impuretés empêchent de cristalliser.
- M. Fernand Têtard (Bull. Synd. Fabr. de sucre, av. 1896, p. 207), qui a, au Congrès des fabricants de sucre en 1896, communiqué les résultats obtenus pendant la campagne à l’usine de Gonesse, a annoncé que la quantité de sucre retiré de certaines mélasses insuffisamment épuisées, du fait des tâtonnements auxquels l’inventeur s’était nécessairement livré, était insignifiante. Si l’on ajoute à cette quantité celle qui a été retirée des 2e et 3e jets obtenus pendant les dix premiers jours de la campagne où l’on n’avait pas encore employé le procédé Manoury, on constate en dernier jet un rendement de 0,8 p. 100 de la betterave, alors que les masses cuites du 2e jet seulement dans les conditions ordinaires fournissent 2 à 2,5 p. 100, et celles du 3e jet, 0,5 à 0,7 p. 100.
- Ces sucres, d’ailleurs, ont été refondus et réintroduits dans les cuites, et l’on a finalement obtenu en moyenne, pour toute la campagne, un rendement en sucre blanc de 10,60 p. 100. La quantité de mélasse sortie a été de 4,46 p. 100. M. Fernand Têtard accuse, du fait de l’emploi du procédé Manoury, un bénéfice moyen de 3 fr. 32 par tonne de betteraves travaillées.
- A ce même Congrès, M. Landrin a fait connaître (Bulletin du syndicat des fabricants de sucre, avril 1896, p. 202), les résultats qu’il a obtenus à l’aide de la cristallisation en mouvement, précédée de la cuite méthodique. Le rendement supplémentaire en sucre blanc s’est élevé, en premier jet, de 2 à 2,25 p. 100 de la betterave. La quantité de masse cuite de second jet a représenté 2ut,70 à 3m,10 par 100 kilos de betteraves. Il n’y a pas eu de troisième jet, et le bénéfice s’est élevé à 1 fr. 25 par tonne de betteraves travaillées.
- Nous ajouterons enfin que la plupart des fabricants qui, pendant cette campagne, ont pratiqué la rentrée des égouts et la cristallisation en mouvement ont, pendant la campagne même, procédé à la refonte de leurs sucres de second jet, et ont fait rentrer les sirops provenant de cette refonte dans la cuite, de manière à n’obtenir que du sucre blanc.
- MM. Ragot et Tourneur ont montré que l’eau envoyée dans les doubles fonds dont sont munis les cristallisoirs en mouvement ne refroidit que par la surface, et ont proposé de remplacer l’agitateur du cristallisoir par un serpentin mobile, à l’intérieur duquel on fait circuler de l’eau froide.
- MM. Greiner et Degener ont imaginé un nouveau mode de cristallisation, dite en repos. Le cylindre où est coulée la masse cuite n’est pas muni d’agitateurs; mais il peut, à intervalles réguliers, tourner sur lui-même, de 180° dans
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- le sens horizontal, de façon à malaxer la masse en cristallisation (Journal des fabricants de sucre, 1895, n° 9).
- M. Heydecke a conseillé d’insuffler de l’air dans les sirops d'égout et bas produits que l’on veut faire cristalliser. Ce procédé, désigné sous le nom de cristallisation mousseuse, rend, d’après l’auteur, la masse plus fluide, plus mobile, et permet aux cristaux qui se forment de ne pas retomber au fond des cuves d’emplis, de rester au contraire suspendus dans tout le liquide et de s’y nourrir. (,Journal des fabricants de sucre, 1895, n° 40.)
- Il nous reste enfin à citer M. Lœblich de Niederdodeleben (Saxe), qui fait rentrer dans la chaudière à cuire les égouts de turbinage, préalablement dilués avec du sirop du triple effet (,Journal des fabricants de sucre, 1895, n° 14). Les avantages d’un semblable procédé ne sauraient être établis nettement.
- VI. — Turbinage des masses cuites.
- Nous avons appelé l’année dernière l’attention des lecteurs du Bulletin de la Société sur l’emploi des turbines continues, qui sont appelées à diminuer d’une façon considérable la main-d’œuvre, et diminuer, par conséquent, aussi le prix de revient du sucre.
- La turbine continue Szczeniowski et Pontkowski {Bulletin de la Société d'Encouragement, 1895, p. 169), construite par Jes anciens établissements Cad, a été installée dans la raffinerie Lebaudy, où elle a, pendant une année entière, fonctionné avec succès. M. Lefranc, fabricant de sucre à Flavy-le-Martel (Aisne), a fait connaître à l’Association des chimistes de sucrerie {Bulletin de F Association des chimistes de sucrerie, 1895-96, p. 558) les excellents résultats que cette turbine, essayée pendant les derniers jours de la campagne, lui avait fournis. Les sucres ont été aussi beaux et aussi blancs que ceux obtenus par le procédé ordinaire ; le travail a été très régulier, et l’on a pu obtenir facilement 35 sacs de sucre à l’heure, ce qui correspond à une production de 700 sacs par jour. La quantité de vapeur de clairçage a été un peu plus forte que si l’on avait employé les turbines ordinaires. Mais cet excès de dépense est largement compensé par l’économie de main-d’œuvre et par l’économie de force que l’on réalise, puisque, pour faire fonctionner cette turbine, il ne faut pas employer plus de trois chevaux.
- En dehors des turbines continues, que nous avons signalées dans notre précé-dente revue, il convient encore d’en citer de nouvelles, celle de M. Lévy-Samson, dont l’essai a été fait à la sucrerie de Gonesse, celle de M. Stewart, installée à la raffinerie de Greenock (Angleterre). Cette dernière diffère essentiellement de celles qui ont été mentionnées plus haut, en ce sens que la caisse de clairçage, toujours conique, a son axe disposé horizontalement (journal la Betterave, 1895, p. 55).
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- Un des perfectionnements les plus intéressants et qui trouve son application naturelle à la turbine continue, dont la vitesse de rotation doit être très régulière, consiste à commander la turbine par un moteur électrique produisant des courants polyphasés. Cette nouvelle disposition a été réglée par la Compagnie générale électrique de Berlin.
- VII. — Production par la sucrerie du sucre en morceaux.
- L’écart entre les cours des sucres blancs et des sucres raffinés a été tel, dans ces dernières années, qu’un grand nombre de fabricants se sont préoccupés de produire des sucres en morceaux qui puissent présenter l’apparence des sucres de raffinerie, et donner satisfaction aux exigences des consommateurs qui, souvent à tort, repoussent l’emploi des sucres cristallisés.
- M. Bouchon, de Nassandres, a vendu cette année une partie de sa production à l’état de morceaux agglomérés. Ces morceaux proviennent de sucres blancs très purs, obtenus de jus et de sirops soigneusement sulfités ; ils sont tout d’abord granulés, c’est-à-dire modifiés dans leur contexture cristalline par le passage à travers un cylindre où circule de l’air chaud. Le sucre granulé se dissout plus aisément que le sucre cristallisé, tel qu’il sort des turbines, et la solubilité de la plaquette se rapprochera ainsi de la solubilité des raffinés. Les cristaux sont alors légèrement concassés, puis blutés pour en séparer la poudre. Les cristaux sont mélangés avec une proportion déterminée de poudre ; le mélange est arrosé d’une petite quantité d’eau et aggloméré par une machine Borsat. Les plaquettes sont ensuite séchées à l’étuve et cassées.
- Ces morceaux de sucre agglomérés sont de goût et d’apparence irréprochables ; mais ils se reconnaissent aisément par la façon dont ils se délitent dans la bouche ou dans le verre d’earn Les cristaux sont en effet indépendants, ils ne s’enchevêtrent pas comme dans la cristallisation en masse de la cuite de raffinerie, et le sirop desséché et poreux, qui les agglutine, se dissout rapidement, laissant alors les cristaux de sucre qui, à leur tour, disparaissent peu à peu.
- Des essais analogues ont été faits cette année à la sucrerie de Bourdon (Puy-de-Dôme), et ont donné également des sucres agglomérés de bonne qualité.
- M. Prangey, ancien directeur de la Raffinerie Parisienne, a fait connaître par l’intermédiaire de M. de Grobert, au Congrès des chimistes de sucrerie (Bulletin de l'Association des chimistes de sucrerie, 1895-96, p. 163), un nouveau procédé d’agglomération. L’inventeur s’est préoccupé de reproduire les conditions qui président à la formation de la masse cuite de raffinerie. Les cris taux sont concassés au broyeur Yapart, séparés de la poudre par un tamis, puis introduits dans une clairce chaude à 70°-80°, et saturée de sucre à cette température. La masse,
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- réchauffée dans une bassine à double fond, est coulée soit dans des formes à pains, soit dans des moules Langen, Fesca, Adant, etc., soit dans des turbines Hubner où elle se moule immédiatement. Dans ces conditions, et pendant le refroidissement, le sucre de la clairce se dépose par différence de solubilité sur les cristaux concassés, les reconstitue, et l’on obtient un enchevêtrement cristallin qui donne à la tablette de la solidité.
- Ajoutons enfin que la Compagnie Fives-Lille a, pour répondre aux conditions énoncées plus haut, tenté de fabriquer directement du raffiné sans agglomération. Le procédé Steffen, dont nous venons de parler, a permis à l’usine d’Abbeville de produire des masses cuites d’une blancheur et d’une liquidité particulières. Les masses cuites étaient alors coulées directement dans des turbines Hubner, claircées, et les plaquettes obtenues séchées et cassées. Ces résultats très intéressants permettent donc de prévoir le jour où une grande partie du sucre produit par la sucrerie entrera directethent dans la consommation sans passer par l’intermédiaire du raffmeur.
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- SUR LES FORMES ALLOTROPIQUES DU FER ET LEUR RÔLE DANS LA CLASSIFICATION
- des aciers, par M. F. Osmond.
- La présente note m’a été suggérée par le travail de M. Howe, dont les membres de la Société d’Encouragement ont pu lire la traduction dans le Bulletin de février dernier, p. 23o.
- La partie expérimentale de ce travail ne soulève pas d’objections. Les résultats en sont des plus concluants : grâce à la pleine intelligence de son sujet et à un choix judicieux des conditions où il s’est placé, M. Howe a réussi, là où d’autres avaient échoué, à démontrer la complexité des phénomènes de la trempe et à relier aux points de transformation des aciers doux les modifications de leurs propriétés mécaniques.
- La partie critique est un modèle de lucidité, de logique et d’équité. Assurément, on peut n’être pas sur tous les points du même avis que l’auteur ; mais, en présence d’un ensemble aussi imposant, des observations de détail risqueraient de paraître mesquines. Il me semble qu’on peut accepter la discussion de M. Howe comme un exposé fidèle de la situation respective des théories proposées ; et, partant de là, je chercherai comment la théorie allotropique peut, en développant les conséquences naturelles de son principe, écarter les objections qu’elle suscitait justement sous sa forme primitive.
- On avait pu, à l’origine, pour plus de simplicité et en l’absence de raisons décisives, réunir et considérer comme parties d’un phénomène unique les deux points a2 et a3. Mais ces deux points ont été définitivement séparés le jour où l’on a montré qu’un seul d’entre eux, a3, coïncidait, à l’exclusion de l’autre, avec l’apparition ou la disparition du ferro-magnétisme. Dès lors, il devenait nécessaire de distinguer au moins trois états moléculaires du fer respectivement stables dans certains intervalles de température : a au-dessous de 700°, £ entre 750° et 860°, y au-dessus de 860° ( I).
- Si maintenant il est possible, par des artifices appropriés, de conserver à la température ordinaire les deux formes qui ne s’y trouvent pas naturellement en équilibre, nous devons nous attendre à rencontrer, parmi les innombrables variétés des aciers, trois types généraux bien distincts, suivant que a, [3 ou y dominera et imposera sa marque.
- Or, il paraît facile de montrer que ces trois types existent réellement et qu’ils cor respondent bien à la conservation de chacune des formes du fer, indépendamment des moyens mis en œuvre pour obtenir cette conservation.
- Considérons pour cela les alliages du fer avec les corps à faible volume atomique. Nous savons, d’après la loi de Roberts-Austen, vérifiée par l’expérience, que ces corps abaissent et peuvent aller jusqu’à supprimer les points de transformation; et, parmi eux, nous en avons trois : le carbone, le nickel et le manganèse, qui jouent dans la
- (1) Il convient de rappeler que les expériences du Dr Bail (journal of the Iron and Steel Inst., 1890-1, p. 85) rendent possible l’existence d’un point critique vers 1 300°
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- métallurgie les rôles les plus importants et. sur lesquels nous possédons des documents assez nombreux, publiés ou inédits.
- Seulement il nous faut comparer des choses comparables et, des trois corps considérés, il en est un, le carbone, qui a la propriété de former avec le fer, pendant le refroidissement lent, un composé défini susceptible de s’isoler dans la masse. Au nickel et au manganèse actifs, on ne saurait comparer le carbone inactif isolé sous forme de carbure de fer, mais seulement le carbone actif, celui que la trempe conserve, sans que nous en connaissions exactement la vraie nature. En d’autres termes (et c’est là une nécessité constamment méconnue), il n’y a que les aciers au carbone trempés qui puissent être légitimement mis en parallèle avec les aciers-manganèse ou nickel ; et les aciers au carbone recuits doivent être délibérément mis de côté, si paradoxal que cela puisse paraître aux métallurgistes qui pensent rendre des métaux differents comparables en leur faisant subir des traitements identiques et obtiennent souvent le résulfat précisément contraire.
- Faisons donc croître d’une façon continue, dans trois séries parallèles, le nickel, le manganèse ou le carbone actif, et voyons ce que deviennent comparativement les points critiques et les propriétés physiques essentielles.
- Aciers-nickel. — Le cas du nickel est actuellement le plus simple, parce que l’on peut obtenir des aciers-nickel pauvres en carbone et que l’on doit notamment aux recherches toujours si méthodiques et si utiles de M. Hadfield (1) et à celles de la Compagnie des Aciéries de Saint-Étienne des séries d’échantillons bien appropriées où la teneur en carbone reste très faible.
- Dans ces séries, la résistance sur barrettes recuites s’élève d’abord progressivement avec la teneur en nickel et l’allongement décroît d’une façon correspondante.
- Entre 10 ou 15 et 54 p. 100 environ, la résistance à la traction reste voisine d’un maximum et la ductilité d’un minimum. Enfin, vers 55 p. 100, la résistance s’abaisse et l’allongement se relève.
- La série se subdivise donc en trois groupes. Dans le premier, les points critiques, d’abord séparés, se réunissent et s’abaissent progressivement (515 à 500° pour 7,65 de Ni) ; la dureté à la lime (sauf probablement pour les termes extrêmes que je ne possède pas) ne paraît guère différer de celle des aciers ordinaires ; les barreaux courts (sous la même réserve) ne gardent pas notablement le magnétisme permanent.
- Dans le deuxième groupe, le point de transformation s’abaisse au-dessous de 400 à 350°; à 130-150° pour 15, 48 de Ni; à 85-65° pour 19, 64 et la transformation n’est pas complète à la température ordinaire pour 54,51 de Ni; en même temps, la dureté s’élève beaucoup ; sans atteindre celle des aciers durs au carbone trempés, elle rend pratiquement très difficile le travail à l’outil ; les barreaux courts gardent le magnétisme permanent. On peut s’assurer que l’apparition de la dureté coïncide avec celle du dégagement de chaleur pendant le refroidissement.
- Vers 55 p. 100 de nickel ou un peu au-dessus, il n’y a plus de point critique pendant le refroidissement lent ; la dureté minéralogique est faible, le travail à l’outil possible, sinon facile, le métal est pratiquement non magnétique.
- On peut d’ailleurs vérifier, sur les séries des aciéries de Saint-Étienne, que la dureté^ à la traction varie en sens inverse de la teneur en carbone pour les métaux à 55 de Ni recuits ou trempés à l’huile. Dans la série à 15 de Ni, la dureté à la traction, après
- (1) Comptes rendus, t. CXVIII, p. 532.
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- avoir augmenté en même temps que le carbone, diminue rapidement pour des additions de carbone successives.
- Aciers-manganèse. — Pour ces aciers, les résultats sont moins nets et moins concluants, parce que nous ne possédons pas de séries régulières, à faible teneur en carbone, et qu’il est impossible, dans chaque cas particulier, de faire la part exacte de ce corps et celle du manganèse.
- On sait cependant que, jusqu’à 3,50 environ de manganèse p. 100, les propriétés typiques, c’est-à-dire la dureté minéralogique et le magnétisme ne paraissent pas subir de changement radical. Les métaux correspondants ont leurs points critiques au-dessus de 400°.
- Vers 3,50 p. 100, on rencontre des aciers qui peuvent être durs ou doux à volonté. Je dois à l’obligeance de M. Hadlield un échantillon contenant :
- C = 0.30; Si = 0.18; Mn = 3.23 (ou 3.89 d'après une autre analyse).
- Ce métal, tel que je l’avais reçu, en petite barrette forgée, était très dur; après un réchauffage à 800°, suivi d'un refroidissement spontané dans le four Leclerq et Forqui-gnon et point critique vers 400°, il s’était adouci tout en restant assez dur; après un second réchauffage (cette fois à 1000°), refroidissement dans les mêmes conditions, point critique vers 425°, il était devenu doux à la lime.
- Entre 3,50 et 7,00 environ, on obtient des aciers qui, refroidis lentement, rayent le verre et font des aimants permanents, alors que leur point de transformation est abaissé au-dessous de 400 ’. Je citerai comme exemples deux échantillons qui m’ont encore été fournis, ainsi que leurs analyses, par M. Hadfield, et qui contiennent respectivement :
- C Si
- N° 34......................... 0.43 0.11
- N° 32......................... 0.32 0.23
- Le n° 34 a son point de transformation entre 300° et 200°, et le n° 32 au-dessous de 100°.
- Je sais bien que M. Hadfield, dans une discussion récente, a présenté deux alliages contenant tous deux 3,50 p. 100 de manganèse, avec des teneurs respectives de 0,10 et de 0,54 de carbone ; le premier se lime facilement et le second pas du tout; d’où M. Hadfield conclut que le carbone seul donne la dureté et que les partisans de l’allotropie ont tort. Mais j’ai deux autres aciers, provenant également des collections de M. Hadfield, et qui contiennent :
- C Si Mn
- No 309 ............................. 0 33 0.86 3.07
- N° 311 ............................. 1.00 0.72 3.76
- Si on laisse refroidir lentement ces deux aciers à partir d’une même température : de 1000° environ; le premier, avec 0,33 de carbone, raye le verre, et le second, avec 1,00 p. 100, se laisse très bien limer; d’où je pourrais conclure, en m’appropriant le raisonnement de M. Hadfield, que le carbone fait disparaître la dureté. Mais cette conclusion, je me garderai bien de la prendre.
- Si maintenant nous dépassons 7 p. 100 de manganèse et que nous arrivions à 12 ou 13 p. 100, nous trouvons le métal bien connu de M. Hadfield, difficile à limer sans grande dureté minéralogique, susceptible de grands allongements sans striction,
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- magnétique, et privé de tout point critique notable pendant le refroidissement lent. La trempe n’a d’autre effet, sur ce métal, que d’empècher la liquation du carbure double de fer etde manganèse qui forme un réseau continu autour des grains de l’acier non trempé.
- Aciers au carbone. — Comme je l’ai expliqué plus haut, je ne dois considérer ces aciers qu’à l’état trempé, et, pour éviter les mélanges de la martensite avec la ferrite ou la cémentite, j’admettrai que la trempe soit faite le plus rapidement possible à partir d’une température suffisante pour déterminer la diffusion complète du carbone.
- Dans ces conditions, on sait que la dureté minéralogique croît, suivant une loi mal connue, avec le carbone, depuis celle du fer doux jusqu’à celle de l’orthose ; le magnétisme rémanent augmente parallèlement. Ces deux variables paraissent atteindre un maximum pour une teneur en carbone qui n’est pas exactement fixée, mais qui n’est pas éloignée de 1 p. 100. Dans ces conditions, la chaleur des transformations non supprimées par la trempe doit se dégager, du moins pour les aciers durs, à la température ordinaire, comme l’ont montré les recherches de M. IL Le Chatelier sur les variations de la résistance électrique pendant la trempe (1).
- Quand le carbone s’élève au-dessus de 1 p. 100 environ, on voit apparaître un nouveau constituant que j’ai décrit récemment, et que j’appellerai Yaustenile, en souvenir de la grande part prise parle professeur Roberts-Austen à l’établissement de la théorie allotropique. La proportion de l’austenite croit avec la teneur en carbone jusque vers 1.60 de carbone p. 100, mais ne peut pas dépasser un certain maximum(50p. 100 en chiffres ronds) et reste limitée par la formation de la cémentite. Ses propriétés, autant qu’il est possible de les déterminer sur un mélange, la rapprochent beaucoup de l’acier-manganèse à 12-13 p. 100 et de l’acier-nickel à 25 p. 100 (2).
- Conclusions. — Les faits connus tendent donc à établir le parallélisme des trois séries au nickel, au manganèse et au carbone.
- Dans chacune d’elles, on peut trouver :
- 1° Un groupe d’aciers doux, magnétiques, peu ou pas magnéti-polaires sur barreaux courts ;
- 2° Un groupe d’aciers durs (en valeur absolue ou relative), magnétiques et magnéti-polaires ;
- 3° Un groupe (ou un représentant de groupe) d’aciers difficiles à travailler à froid? sans grande dureté minéralogique, déformables et non magnétiques.
- Les métaux du premier groupe ont leurs points critiques au complet, et placés au-dessus de 400° environ ; la plus grande partie du fer y est à son état normal, l’état x.
- Les métaux du troisième groupe n’ont pas de transformation du tout; le fer y est donc, par définition, à l’état y. On peut encore se demander, en présence du point de Bail, confirmé par M. Curie, s’il ne faudra pas ultérieurement dédoubler le fer y; mais l’existence du fer sous une forme allotropique dans les aciers non magnétiques, bien qu’elle soit encore repoussée par un certain nombre de métallurgistes, n’en reste pas moins démontrée avec tout le degré de certitude que comportent les démonstrations de la chimie.
- Quant au deuxième groupe, celui des aciers durs et magnéti-polaires, j’attribue ses propriétés caractéristiques à la conservation d’une partie du fer sous la forme p, la transformation de !î en a se limitant elle-même par la pression qui résulte du changement de volume, absolument comme la pression de la vapeur limite en vase clos la
- (1) Comptes rendus, 1. CXII, p. R).
- (2) Comptes rendus, t. CXXI, p. 684.
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- vaporisation de l’eau. Mais il est vrai de dire qu’il reste ici une part d’hypothèse. L’expérience montre seulement que, pour les métaux de ce groupe, les transformations se font au-dessous de 350° à 400° environ, c’est-à-dire au-dessous de la température qui efface par le revenu, dans les aciers au carbone, la plus grande partie des effets de la trempe. L’hypothèse subsistante consiste à admettre que, dans ces conditions, les transformations du fer sont incomplètes. Cela est vraisemblable, et on ne voit pas d’autre explication possible des faits observés; mais il resterait à le prouver directement. Pour cela, il faudrait : 1° mesurer les quantités de chaleur normalement dégagées aux points ar2 et an pendant le refroidissement du fer pur; 2° mesurer la quantité de chaleur réellement dégagée au point double a,..r2 par les aciers qui restent comme trempés après refroidissement lent; 3° montrer que cette seconde quantité de chaleur est plus petite que la somme des deux premières. Mais cette comparaison, qui semble aisée en théorie, l’est beaucoup moins en pratique pour trois raisons : 1° on n’a pas d’aciers sans carbone; 2° on n’a pas de procédé exact pour transformer en calories les retards observés pendant le refroidissement ; 3° quand même on aurait un tel procédé, il faudrait encore savoir comment les chaleurs de transformation varient avec les températures où les transformations se produisent. On en est donc réduit, pour le moment, à l’observation directe des courbes, mais cette observation est nécessairement insuffisante. En effet, en admettant que la transformation de (î en oc soit incomplète dans les aciers trempés ou assimilables, cette transformation y est au moins partielle, puisque les aciers en question sont magnétiques et que le magnétisme suppose la présence de fer a ; de plus, cette transformation de ^ en a (a,.2) se réunit, dans les aciers considérés, à celle de y en ^ (an), qui la précède normalement, et qui dégage beaucoup plus de chaleur. La fraction supposée supprimée de ciT% ne représente donc, dans les conditions les plus favorables, qu’une assez petite partie du dégagement de chaleur subsistant, lequel comprend la transformation probablement totale de y en (J, plus la transformation partielle de p en a. L’inspection des courbes ne saurait montrer une différence de cet ordre, et ne la montre réellement pas.
- Je regrette de ne pouvoir apporter ici de documents plus complets. Je pense cependant que les faits se groupent déjà d’une façon satisfaisante, et que la distinction, non pas arbitraire, mais expérimentalement*établie, du fer y et du fer (3, supprigie les difficultés que laissait subsister la confusion primitive de ces deux variétés et qu’avait fait apparaître lar découverte des aciers-manganèse et nickel.
- D’ailleurs, le mémoire de M. Howe ne me permettait pas de reculer davantage l’exposé de ces idées. Si cet exposé semble prématuré, il pourra du moins fournir un thème à des recherches nouvelles que je ne compte pas mener seul à bonne fin.
- Maintenant, à la suite de ces explications, reste-t-il une place pour l’introduction, dans la métallurgie, d’une théorie carbo-allotropique telle que l’a esquissée M. Howe? Je n’hésite pas à répondre oui, en ce sens que le carbone présente, dans ses rapports avec le fer, un certain nombre de particularités qui sont inséparables de sa présence. Il faudrait même, à parler strictement, une théorie pour chacun des corps auxquels on peut avoir affaire : la théorie allotropique, tout en ayant l’espoir, comme je viens de le montrer, de synthétiser les faits dominants et généraux de l’histoire des aciers, doit forcément se ramifier en présence des faits spéciaux. Aussi, demanderai-je àM. Howe la permission d’accueillir la théorie carbo-allotropique,quel que puisse être son développement futur, non pas comme une rivale, mais comme une alliée et comme une amie.
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- LES NOUVEAUX APPAREILS DE CHAUFFAGE AU MOYEN DE LA POUSSIÈRE DE CHARBON (1),
- d’après le Dr B. Kosmann, de Charlottenburg, par M. H. Chatenet,
- ingénieur civil des mines.
- On peut réaliser, au moyen de ces appareils, non seulement une économie de combustible, mais encore l’obtention de hautes températures. En outre, on peut rendre leur fonctionnement automatique, assurer une combustion progressive et supprimer les fumées.
- La première construction d’un appareil automatique est due à Cari Wegener, et date de 1892. Une roue, mue par un courant d’air, mettait en mouvement un appareil à secousse et un crible. Le poussier, entraîné par un jet d’air, pénétrait dans la chambre de combustion. C’était un espace creux revêtu d’anneaux réfractaires, sur le pourtour desquels étaient ménagées des fentes par où arrivait l’air de combustion échauffé préalablement. La température atteinte était le blanc, et cela sans production de fumée. Le chemin que parcouraient les particules charbonneuses dans le foyer était si court et la combustion si locale, que, par suite de la température élevée, le charbon perdait très rapidement sa matière volatile. La combustion à l’état de coke était alors plus difficile, surtout lorsque ce dernier se trouvait au milieu d’une volée de cendres. C’était un obstacle à l’élévation de la température, aussi ce premier essai n’a pas réussi dans l’industrie.
- Cette tentative confirmait cependant les expériences antérieures de Henry Bessemer et Crampton; de plus, en évitant les défauts de cet appareil, trois systèmes brevetés ont depuis vu le jour et peuvent être employés pratiquement :
- I. L’appareil Friedeberg : Allgemeine Kohlenstaubfeuerungs-Actien-Gesellschaft, Patente Friedeberg ;
- IL L’appareil de Richard Schwartzkopff;
- III. L’appareil G. Wegener : Actien-Gesellschaft fur Kohlenstaubfeuerung.
- I. L’appareil Friedeberg fontionne avec courant d’air forcé, quoique sous faible pression. Le mélange intime de l’air de combustion et du poussier est le point délicat de l’appareil.
- L’appareil (fig. 1) se compose d’une trémie a, débouchant dans une caisse a. Cette dernière, au moyen des tuyaux d et d’autres liaisons, est fixée à la douille cylindrique p, dans laquelle tourne un tube mobile fermé par le haut q. C’est le tuyau de conduite principal. Les tuyaux s 5 se placent devant les ouvertures r r, ménagées dans le tube q. Aux tubes s. succède un robinet d’étranglement fixé sur les tubes d. Ceux-ci [se terminent dans la caisse d au moyen des tuyères e, qui débouchent à l’ouverture des poches bb. Le courant d’air arrivant par les tuyères e soulève et entraîne la poussière de charbon placée en dessous des poches b \ celle qui est dans la trémie a lui succède ensuite par glissement. Cela dure aussi longtemps que l’on insuffle de l’air, et avec une très grande régularité. Le poussier entre dans le canal e. et monte dans le tube g. Les corps lourds, entraînés par le courant d’air (scories, morceaux de charbon, poussière) se déposent et se rassemblent dans un coude; ils sont ensuite évacués par la soupape i et l’ouverture h. Le mélange montant d’air et de charbon rencontre un courant d’air secondaire; il est alors jeté sur un corps pyramidal n, placé dans une tuyère évasée m, sur lequel il se partage, et entre dans la chambre de combustion R. On obtient un mélange très intime d’air et de poussier par le passage dans l’intervalle 0 laissé entre le conoïde /?, et les parois de la tuyère.
- (1) Stahl und Eisen, 1895, page 235.
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- Si l’on veut isoler l’appareil du foyer, on place les tubes s sur la paroi pleine du tube principal q \ le vent se trouve arrêté du même coup. De cette façon, le feu peut être éteint subitement. On peut alors aborder la chambre de combustion pour la nettoyer et la réparer.
- L’appareil peut en outre être déplacé vers le haut; on provoque ainsi, sous le cadre de la tuyère une fente dans l’ouverture du foyer, et on aide à l’accroissement du volume d’air de combustion par le tirage naturel de la cheminée.
- La pression de l’air dans l’appareil est réglée par un étranglement. La pression de
- Fig. 1. — Appareil Friedeberg.
- l’air primaire est celle d’une colonne d’eau de 3 à 4 millimètres. Celle de l’air secondaire est 3 à 4 fois plus forte.
- Le courant d’air est produit par un ventilateur à ailettes ou Root. La puissance nécessaire varie suivant la quantité de charbon consommé. Pour 3 à 5 kilos de charbon brûlé par minute, il faut 1 à 1,5 cheval-vapeur.
- La combustion du poussier ainsi entraîné est si régulière et si rapide que la chambre de combustion est en peu de temps au rouge blanc.
- La première application en a été faite pour la fusion en creusets, comme cela se pratique particulièrement à Friedeberg (fîg. 2 et 3).
- Le four est en pierres réfractaires; il a 3 mètres de long, une hauteur et une largeur en rapport avec la grandeur des creusets. La grille est supprimée; elle est remplacée par un bâti en pierres (fromage) sur lequel on place les creusets. On a ménagé à la partie supérieure du four 2 ou 3 trous pour la mise en place des creusets. Ces
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- trous sont recouverts au moyen de couvercles que l’on meut librement ou grâce à des chaînes à contrepoids. Dans les couvercles, sont pratiqués des regards qui servent au chargement du métal. Le four est divisé en deux parties par une voûte. La première partie reçoit les creusets prêts pour la fusion; la seconde sert à échauffer préalablement les creusets. On les retire ensuite suivant les besoins, et on les met dans la première chambre à la place des creusets qui ont servi pour la fusion. Le vent n’est supprimé que de temps en temps, pendant le maniement des creusets. L’appareil de combustion est placé à la partie antérieure de la chambre de fusion.
- La fonderie de G. Arndt, à Berlin, possédait un four de ce système pouvant ren-
- Fig\ 2. — Four à creusets simple de Friedeberg.
- fermer trois creusets. Chaque creuset contenait 50 kilos de métal. Dans le premier creuset le métal était fondu et prêt à être coulé au bout de 45 minutes. Pour les deux autres creusets il fallait une demi-heure de plus. La consommation de combustible (houille anglaise et de la fosse Friedensholfnung, près Waldenburg) était de 0k, 375 pour 1 kilogr. de métal.
- Dans les fours à vent ordinaires, où on brûle du coke, il faut compter 1 à lk,7 de combustible par kilogramme de métal.
- L’appareil de Friedeberg est aussi employé à la fonderie B. Joseph, de Berlin, où, à côté de ce four, fonctionne un four à vent à 5 feux. La comparaison entre les deux
- Fig. 3. — Four à creusets double de Friedeberg.
- systèmes est toute à la faveur de l’appareil Friedeberg qui, avec 3 creusets, produit plus que l’ensemble des 5 fours à vent. Ces derniers avaient pourtant reçu des perfectionnements dus à l’expérience de nombreuses années de marche. On se servait d’une dynamo pour mettre en mouvement le ventilateur Boot de l’appareil Friedeberg.
- On a réalisé un perfectionnement en disposant un appareil de chauffage à chacune des deux extrémités du four. On peut ainsi chauffer chaque partie du foyer alternativement (fig. 3). On maintient ainsi la température en renversant le courant gazeux. En fait, on se rapproche ainsi des fours à gaz, mais en supprimant les difficultés inhérentes à ces derniers, telles que maniement de lourdes soupapes ou cloches de renversement.
- Sur les chantiers de la Prusse occidentale, l’appareil de Friedeberg a reçu des applications plus nombreuses encore pour chauffer des fours à souder. On a fait en
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- même temps des recherches pour l’appliquer aux chaudières marines. On employa encore cet appareil en Westphalie, dans des fabriques de vis et de faux. Enfin, on a, dans un four à creusets, réalisé la fusion de l’acier.
- Sans réchauffer l’air de combustion, on peut atteindre normalement la température de 1 450° centigrades, température mesurée au moyen des cônes de Seger. En réchauffant l’air de combustion à 300° seulement, on atteindrait les températures développées dans les fours à gaz où l’on obtient 1 630° (cônes de Seger), en réchauffant
- Fig. 4. — Appareil de Schwartzkopff.
- l’air à 800 ou 1 000°. Enfin, avec l’appareil de Friedeberg, on pourrait, en chauffant l’air au delà de 300°, atteindre les plus hautes températures auxquelles résistent les matériaux réfractaires employés pourra construction des fours.
- II. L’appareil dq Richard Schwartzkop/f, par opposition avec le précédent, fonctionne sans courant d’air artificiel; on le met en mouvement par une courroie. La partie principale en est formée par une brosse cylindrique f (fig. 4), fixée sur l’arbre de commande. Cette brosse porte, fixé en son centre et disposé suivant son rayon, un marteau g. Les soies de la brosse sont attachées sur des fils d’acier plats. Le poussier, descendant de la trémie a, est lancé dans la chambre de combustion k par toute la
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- largeur de la brosse (200 à 300 millimètres). La partie inférieure de la trémie a est fermée par une tôle pliée c et par une languette formant ressort d. La tôle e décharge la languette d de la pression des grains.
- La tôle c est maintenue en place par une vis de réglage b\ elle s’ouvre quand le marteau g vient, à chaque tour de la brosse, frapper sur le nez h de la languette d. L’espace entre c et d est alors ouvert sur toute la largeur de la brosse, et une certaine quantité de poussier tombe sur celle-ci. Le contre-coup de d sur c fait tomber les grains et détruit les accrochages, môme si rhumidité est forte. Ln réglant la vis b et la vitesse de rotation, on peut abandonner l’appareil à lui-même. 11 suffit de remplir la trémie.
- L’activité de l’appareil dépend de la brosse. C’est donc la pièce de résistance de l’appareil. Une brosse en service pendant une année et demie n’a pas présenté d’usure sensible.
- La puissance nécessaire pour faire mouvoir la brosse est faible; elle atteint à peu près 1 / 10 de cheval. Le nombre de tours oscille entre 11 et 16 par seconde.
- Pour la mise en marche, on se sert d’un petit feu de bois ou d’un chiffon imprégné de pétrole. Le poussier coule sous la brosse en suivant une direction presque horizontale, semblable à une large bande de laine mouvante qui s’enflamme aussitôt.
- L’arrivée de l’air nécessaire à la combustion est réglée exclusivement par la cheminée, et les masses d’air suivent les chemins indiqués par les flèches l, m, n. On règle l’entrée d’air en n au moyen de la coulisse o. Selon la teneur en cendres du combustible, le chauffeur doit, de temps en temps, tirer au dehors, par l’entrée d’air n, les scories rassemblées dans la chambre de combustion.
- Les parois de la chambre de combustion prennent très vite la température nécessaire à l’inflammation continue du poussier. La combustion du poussier n’est pas limitée à la chambre de combustion, mais s'étend jusqu’aux carneaux, comme on peut le voir par les regards. Il en résulte une combustion parfaite et une égale répartition de la chaleur.
- Pour le moment, l’appareil est construit suivant deux grandeurs : le petit modèle, avec une brosse de 200 millimètres de large, dépense de 130 kilogrammes de houille à 173 kilogrammes de lignite au maximum par heure. Le grand modèle, avec une brosse de 100 millimètres de largeur, fournit un travail double. La facilité de régularisation de l’appareil permet de brûler des combustibles de degrés d’inflammation différents, aussi bien secs qu’humides.
- On réalise ainsi un excellent rendement, comme cela a été établi par les recherches effectuées sur une chaudière d’essais par l’inventeur, et par les recherches de la « Magdeburger Verein fur Dampfkesselbetrieb ».
- Il en résulte que, au moyen de l’appareil de Sclnvartzkopff, on peut brûler, en dehors du poussier de houille et de lignite, du poussier d’anthracite et de charbon de bois. Cela n’avait pas été mis en évidence jusqu’ici pour les autres appareils à combustion de poussier. Il est avantageux, en outre, de mêler le combustible avec 1/5 de son poids de poussier de charbon bitumineux.
- On atteint la température nécessaire en un temps très court, aussi bien dans la chambre de combustion de la chaudière d’essais que dans des opérations métallurgiques (fer fondu, fer forgé), ou dans les essais de cuisson de chaux et de ciment.
- L’appareil Schwartzkopff est le premier que la « Ilauchcommission » ait soumis à des essais, et dont les résultats aient été publiés officiellement.
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- Pour chacun des trois essais, la durée de l’expérience a été de sept à huit heures ; on a brûlé du poussier de houille de la fosse Konigin-Louise, de la mine Julia (Westphalie), et du lignite de la fosse Agnès-Tiefbau (Bohême). Les pouvoirs calorifiques de ces trois variétés de charbon, desséché à l’air, étaient de 7,323, 7,861 et 4,970 calories. Ce dernier chiffre doit être ramené à 4.658 calories en tenant compte de 5,6 p. 100 d’humiclité.
- A l’extrémité de la chambre de combustion, la teneur en acide carbonique était :
- K. Louise Julia Agnès Tiefbau
- 17,2 18,1 15,6 0/0
- Pour la combustion, il fallait un volume d’air théorique multiple de 1,09; 1,04 et
- 1,21.
- La température des fumées était de 530, 522 et 478° C. (L’utilisation de la chaleur était très mauvaise, vu la construction de la chaudière.)
- Pour 1 kilogramme de charbon, on vaporisait 6,924; 7,293; 4,363 kilogrammes d’eau et on produisait, par mètre carré de surface de chauffe, 39,4, 34,4, et 26,5 kilogrammes de vapeur.
- Avec une grille ordinaire, la consommation de charbon eût été, par mètre carré et par heure, de 127,4, 105,8 et 136,2 kilogrammes.
- La chaudière étant entièrement dégagée, la perte par conductibilité et rayonnement était très élevée et atteignait 16,83; 19,66 et 14,68 p. 100 du pouvoir calorifique du charbon.
- En supposant une chaudière bien emmurée, pour laquelle la perte de chaleur est au plus de 7,5 p. 100, et les gaz brûlés sortant à 200°, la Rauchcomrnission estime que, pour 1 kilogramme de charbon, on vaporiserait 9,54 ; 10,35 et 5,92 kilogrammes d’eau.
- La combustion se faisait sans fumée. Le point zéro du photomètre étant à la division 105, la quantité de fumée produite correspondait aux divisions 106, 105,2, 105,6.
- La « Dampfkesselverein » de Magdeburg, fît aussi des recherches sous la conduite de M. l’ingénieur Cario : on obtint un rendement de 83 p. 100, et on vaporisa 5 à 5,5 kilogrammes d’eau par kilogramme de combustible.
- On brûlait du lignite desséché de la fosse Treue, près Offleben, dont le pouvoir calorifique était de 3 750 calories à peu près, et du lignite de la fosse Concordia, près Nachterstedt, de qualité analogue.
- III. — L’appareil C. Wegener remonte à 1893 (1).
- L’appareil est disposé de telle sorte que, suivant la grandeur, il peut débiter de quelques grammes jusqu’à 5 kilogrammes de poussier par minute. A chaque tour du ventilateur correspondent deux versements de poussier, de sorte que l’arrivée du charbon est en rapport avec le temps nécessaire à la combustion de chaque dose de poussier. En dehors de l’air insufflé par l’appareil, on rend la combustion plus complète par l’arrivée d’air libre du dehors, au moyen de tubes qui débouchent près de l’orifice do l’appareil. Ges appareils travaillent presque sans produire de fumée. La combustion en est très régulière.
- Dans la fabrique Wegener Schmidt et Ciü, à Berlin, on a fait, sur une chaudière d’épreuve, des essais au moyen de combustibles différents quanta leurs propriétés et
- (1) Pour la description de l'appareil Wegener, voir le Bulletin d'avril 1896, p. 546. Tome I. — 93° année. 5° série. — Mai 1896.
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- à leur degré de finesse. Les derniers grains utilisés sont ceux passant dans un tamis de 90 à 120 mailles par pouce carré anglais [soit à 0,125 à 0,008 millimètres].
- Du lignite des mines d’Anhalt a permis de vaporiser 5,1 fois son poids d’eau au taux de 24 kilogrammes par mètre carré de surface de chauffe.
- Pour le chauffage des locomobiles servant à l’éclairage électrique des Lindenstrasse, à Berlin, on a réalisé sur l’ancien mode de chauffage 25 à 30 p. 100 d’économie au moyen de l’appareil Wegener.
- Ces économies réalisées parlent en la faveur des appareils à combustion de poussier si, dans la pratique, ils continuent à se bien comporter. Les difficultés qui entraveraient le développement pratique de ces appareils [ frais de mouture] seront écartées par la création d’usines à moudre et de parcs de réserve.
- Des teneurs de 10 p. 100 d’humidité pour le charbon et 20 p. 100 pour le lignite n’ont pas occasionné de difficultés pour la mouture.
- Enfin, aucun danger d’explosion ne se serait manifesté jusqu’à ce jour.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- ESSAIS DEVELOPPES CALORIFUGES PROCÉDÉ NORTON (1)
- L’appareil employé par M. Norton est des plus simples. Le calorifuge à essayer est disposé en S, autour d’un tube P représentant un (dément de la tuyauterie qu’il doit recouvrir, de 460 mm. de long, rempli d’huile et posé sur un bloc de calciteH, de 100 millimètres d’épaisseur et de 300 millimètres de diamètre, fermé par un bouchon
- Fig. 1. — Appareil Norton pour les essais d’enveloppes calorifuges.
- F, surmonté par un deuxième bloc H, identique au premier, et pourvu d’un tube en laiton I, de 50 millimètres de diamètre, avec agitateur E, commandé par une dynamo. Autour de ce tube, s’enroule une résistance C de 25 ohms, dans laquelle on fait passer un courant jusqu’à ce que l’huile, sans cesse agitée, atteigne puis conserve la température voulue : le produit des watts par 0,000240 donne alors le rayonnement en calories par seconde. Il est facile de maintenir la température invariable, une variation
- (1) Engineering, ±\ avril 1890, p. 540.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- MAI 1896.
- d’un watt la faisant changer d’environ 0",10 par minute. La chaleur transmise par des-
- équivaut à trois quarts de watt environ.
- v*’ Température do 1 l’huile : I!)r>°.
- Rayonnement en Rayonnement:
- calories par mètre carré s comparé à celui
- Nature de: s isolants. Epaisseur. et par seconde. du tube à nu.
- mm.
- Liège. . . ... 23 0,13 0,254
- Magnésie. ... 29 0,11 0,284
- Enveloppe d’air. . . . . 29 0,10 0,301)
- . . . 31 0,14 0,284
- Amiante . . . . 29 0,17 0,321.
- Feutre . . ... 25 0,18 0,333
- Oalcite . . . . . 31 0,23 0,423
- Tuyau nu ... 0,54 1,000
- Température de l'huile : 115”.
- m m.
- Lièare. . . ... 23 0,07 0,232
- Magnésie. . . . 29 0,06 0,202
- Enveloppe d’itir. . ... 31 0,06 0.202
- Amiante . ... 23 0,10 0,383
- Feutre . . . . . 25 0,11 0,395
- Tuyau nu . . . 0,25 1,000
- Les tableaux ci-dessus donnent les résultats obtenus avec différentes substances isolantes pour des températures de l’huile de 195° et de 115°, correspondant à celles de la vapeur à 14 k. et 14 k.,7 absolus, et avec une température extérieure de 22°.
- DIS l'LÎIiîl TIO N WILLI AM S
- Dans cette distribution, l’excentrique a (fig. 2 et 3) qui commande^es tiroirs, n’est pas calée sur son axe, mais pivotée en un point b du volant d’une part, et, de l’autre, en h, à une bielle g, que commande le levier coudé e d /’, pivoté en d sur le volant et articulé en e au collier d'un second excentrique c, calé sur l’arbre, et de môme excentricité que a. Il en résulte que, pendant un tour de l’arbre, l’excentrique a effectué autour de b une double oscillation déterminée par l’amplitude l j, et telle que son centre décrit non pas un cercle mais une ellipse, ce qui permet de marcher à grande détente sans exagérer la compression ni l’échappement anticipés.
- Cette distribution a été appliquée avec succès sur une machine à triple expansion, dont le cylindre de haute pression est pourvu de distributeurs à pistons du type représenté par la ligure 4. Lear garniture est formée de deux segments séparés par un anneau solide dans lequel on a ménagé, en a, des ressorts assez forts pour appuyer les segments en b au point d’empêcher la vapeur vive de passer par b derrière les segments, et d’en déterminer ainsi un serrage excessif. Ces ressorts font, au contraire, bâiller un peu les segments en c, de sorte que la vapeur d’échappement peut passer derrière les segments et les serrer à point (1).
- RENVOI d’indicateur POUR MACHINES RAPIDES
- Le principe de ce renvoi, imaginé par MM. Davey Paxman, consiste (jig. 5 )à actionner la corde c de l’indicateur par un renvoi l /, coulissé dans la glissière du moteur, et
- (I) American Machininl, 30 avril 181)0.
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- Fi". 2 et 3. — Distribution Williams.
- Fig. 4. — Distribution Williams. Détail d’un piston du distributeur.
- Fig. 5. — Renvoi d’indicateur Davey Paxman.
- \
- 9
- G
- G £ IL F jh («
- Tu B 'j
- Fig. G à 9. — Écrou à rattrapage automatique Stoddart.
- Fig. 10. — Écrou Stoddart. Application à une tête de bielle.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- commandé par un plan incliné p, fixé à la crosse du piston. Un ressort maintient tou jours l appuyé sur p, et un loquet b permet de l’en séparer pour arrêter l’indicateur. C’est avec cet appareil qu'ont été relevés les diagrammes de la machine Peaclie (p. 712 du présent Bulletin).
- ÉCHO U DE RATTRAPAGE AUTOMATIQUE STODDART
- L’écrou B est (fig. 6 à 9 maintenu serré sur sa portée C par la tension d’un ressort D, dont l’une des extrémités est prise dans la fente a de l’extrémité Ar du boulon A fixée à un chapeau E, séparée de B par une rondelle H, mais retenu dans le sens vertical seulement par l’insertion des goupilles G dans les gorges annulaires E de l’écrou. L’écrou une fois serré, on tourne le chapeau E de manière à tendre le ressort D, puis on le fixe sur l’écrou par le rabattement du bras F dans ses encoches b ; la tension du ressort rattrape alors automatiquement les jeux de l’écrou, à mesure que s'usent les coussinets d’une bielle par exemple (fig. K»;.
- LES CONVOYEURS A COURROIES AUX ÉTATS-UNIS
- Les courroies ou bandes plates simplement portées par des galets ne peuvent être que peu chargées, et très uniformément ; avec des matériaux en morceaux de a à 6 millimètres de côté, on peut atteindre des vitesses de lm,50 par seconde. En outre, il faut, pour empêcher ces bandes de bomber au passage des poulies, les tendre avec excès, ce qui les fatigue inutilement. Un premier perfectionnement de ce système primitif consiste (fig. 11) à garnir les côtés de la courroie de deux longrines en bois retenant les matériaux, ce qui permet d’en augmenter le débit; c’est un type fréquemment adopté pour les briqueteries; son principal défaut est l’usure des bords de la courroie par la matière qui passe sous les planches, défaut que l’on évite par la disposition bien préférable indiquée en figure 12.
- La disposition figure 13 ne peut convenir que pour les petites courroies, jusqu’il 350 millimètres de large: avec les grandes courroies lourdes, le glissement sur les parties coniques des galets en use rapidement les bords. Dans les types figure 14 et 15, la courroie est supportée en charge par des groupes de galets dont deux inclinés ii 15", et ajustables en largeur ; le brin à vide retourne a plat sur des paires de galets.
- Pour les très longs trajets, l’emploi de galets plats exigerait des. courroies trop larges; on intercale une poulie bombée sur trois ou quatre, ce qui suffit pour ramasser la matière dans l’axe de la courroie et l’aligner elle-même.
- Les grandes poulies, aux extrémités du convoyeur, doivent être légèrement bombées et ne dépasser que de 100 millimètres la largeur des courroies. Leur diamètre ne doit jamais être inférieur à 750 millimètres ; il atteint, pour les grandes courroies, jusqu’à l"1,20, ce qui permet d’augmenter considérablement leur arc de contact (fig. 16 et 18).
- Ces transporteurs ont de très grands débits et un excellent rendement. Avec 4 chevaux, par exemple, on peut transporter 1000 tonnes par jour à 54 mètres, sur une montée de 12 mètres; la vitesse peut facilement atteindre en palier 2™,25 par seconde, et jusqu’à 3m,50 en pente de 27°.
- La figure 17 représente la disposition adoptée aux New-Jersey and Pensylvania Concentrating Works pour faire passer des minerais d'unr courroie à une autre
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- LES CONVOYEURS A COURROIES AUX ÉTATS-UNIS.
- sans chocs de masses,, au moyen de trémies en fonte disposées de manière à ne pag s’engorger.
- Les courroies en caoutchouc, ou mieux la mince couche de caoutchouc qui les
- Fig. 11 à 18. — Types de convoyeurs à courroies.
- recouvre sur un cinquième de leur épaisseur, résistent beaucoup mieux que le coton ; l’usure s’accélère rapidement avec l’amincissement de la courroie par suite de l’excès de tension qui en résulte, et cette usure se localise dans l’axe au point de fendre par-
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- J^pis la courroie en son milieu, si l’on n’a pas pris soin de l’y renforcer. Les brins sont assemblés par des plaquettes de tôles avec garniture étancbe en toile (1).
- RÉGULATEUR HYDRAULIQUE POUR MACHINES DE LAMINOIRS (2)
- On sait à quelles irrégularités de travail sont soumises les machines de laminoirs, telles qu’il est extrêmement difficile de régler la marche de celles de ces machines qui
- UK — Valve de réglage pour machires de laminoirs.
- sont réversibles et sans volants. On ne peut y parvenir avec les régulateurs ordinaires. Le régulateur représenté par la figure 10, employé avec succès aux forges dePencoyd, consiste en une valve à lanterne de 15 pouces (380 millimètres') de diamètre, dont la tige, de 3 pouces (75 millimètres), repose sur de l’huile constamment refoulée par une pompe que commande la machine. Dès que la machine s’accélère, la pression de
- (1) Enf/ineerinc/ News, 30 avril 1S96.
- (2) American Machinist, 30 avril 1896.
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- REMBLAYEUSE D0RDR1DGE DU S. LOUIS SOUTH WESTERN RY.
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- cette huile augmente, soulève la grande valve, et étrangle l’admission de vapeur. L’inverse a lieu quand la vitesse diminue. Une machine à deux cylindres de 1 mètre X 1111,50, pourvue de ce régulateur, ne variait presque pas de vitesse à l’entrée et à la sortie du lingot.
- L’emploi d’un régulateur de ce genre serait probablement fort utile pour empêcher l’emballement des machines marines.
- PRESSE A BLINDAGES DE GLEDHILL
- La plaque de blindage, aplatie en a (fig. 20 et 21) entre les mâchoires E et D de la presse, est ensuite relevée automatiquement, dès que le gros piston G G' C2 sou-
- Fig. 20 et 21. — Presse à blindages de Gledhell.
- Fig. 22 et 23. — Pompe Giffard•
- lève E, par les galets F F', suspendus aux chaînes H H de cylindre G G', toujours en pression, puis poussée sur un galet par le piston I, de manière à amener sous E la suite de la plaque. On manœuvre ainsi facilement les plaques les plus lourdes.
- POMPE GIFFARD A COMPRIME!! L AIR
- Lorsqu’on monte la tige E, l’anneau de caoutchouc G, qui forme la garniture du piston B, prend la position indiquée en figure 22, laissant l’air passer en A par le jeu du piston et les trous Bj. Au retour (fig. 23), G ferme le jeu du piston et refoule l’air par le clapet de retenue D. C’est une ingénieuse application d’un système de garniture que l’on retrouve sur les machines frigorifiques à air de M. Giffard.
- REMBLAYEUSE DODRIDGE DU S. LOUIS SOUTH WESTERN RY
- Nous avons décrit, à la page 196 du Bulletin de janvier 1895, quelques-uns des procédés employés aux États-Unis pour la pose rapide des voies de chemin de fer aux États-Unis, les figures 24 à 31 nous permettent de compléter ces descriptions par celle d’un outillage très intéressant, spécialement étudié pour le remblayage des voies
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- NOTES DE MÉCANIQUE. — MAI 1896.
- établies en plaine, avec une faible surélévation, sur ballast pauvre constitué en partie par le sol naturel.
- L’appareil est monté sur un wagon plate-forme spécial en acier extrêmement robuste, de 13 mètres de long, avec traverses frontales disposées de manière à recevoir les chaînes de manœuvre; au milieu de la plate-forme, pivote une grue de 2m,70 de haut et de ilu,23 de volée. Toutes les manœuvres, à l’exception du roulage même de la plate-forme, sont effectuées par de l’air comprimé à 5k,l>0 dans des réservoirs en
- liSI
- Fig. 2t. — Travail de la charrue défonceuse. Fig. 23. — Abaissement d’une plate-forme de O1”,90.
- acier de 0lll,35 de diamètre sur 3m,10 de long, alimentés par la pompe du frein de la locomotive de manœuvre. Cet air comprimé actionne six cylindres : le premier, de 300 x 4ai,50 de course pour la levée de la grue; le second, de 300 x 2,93 pour son pivotement, et les quatre autres de 200 X lm,70 pour le guidage latéral des outils.
- Ces outils sont les suivants : l°une charrue massive en acier fondu (fig. 28 et 32), pesant 1130 kilos, traçant comme en figure 24 un sillon de 0'11,30 X 0m,90 de large;
- Fig. 26. — Détail du profilaur. Longueur totale : a1",50. Flèche : 0"',80.
- 2° et 4° (fig. 27!, un racloir triangulaire et un finisseur ou profileur (fig. 26 et 29); pour donner aux côtés de la plate-forme le profil final (fig. 31); 5°, une écope (fig. 30), d’une capacité de 3 mètres cubes. Tous ces outils sont abaissés, soulevés, guidés, remplis et vidés par la grue et ses quatre cylindres auxiliaires.
- On commence à creuser avec la charrue un, deux ou trois fossés à la profondeur nécessaire, et capables de fournir le déblai voulu pour établir le profil normal. La manœuvre permet de faire agir cette charrue à la distance que l’on veut de la plate-forme ; son avant est contreventé par une grosse barre attachée au côté de la plate-forme. Le racloir ramène alors le déblai vers l’axe de la voie, en un talus qui est ensuite ter-
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- Fig. 27 ;i ÜO. — Remblayeuse Dodridge.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- miné, parfaitement égalisé au profil fig. 25 et 30 par le finisseur, long de 5m,25, et fixé au châssis de la plate-forme sous une inclinaison de 30°; on peut facilement le soulever au passage des croisements, etc. Après son passage, il ne reste plus qu’à ballaster la voie.
- L’écope représentée par la figure 30 agit comme un excavateur pour le creuse-
- Fig. 31. — Profil transversal de la plate-forme. Longueur des traverses : 2m,44; largeur totale de la plate-forme : Il mètres; épaisseur au milieu : 0ra,75.
- ment des fossés profonds, ou pour abaisser la voie (fig. 25), elle se vide sur la tranchée et peut opérer jusqu’à 5m,15 du rail.
- Le travail se fait toute la journée sur un seul côté de la voie, que l’on peut ainsi profiler, si l’on n’est pas trop gêné par le passage des trains, à la vitesse de 2 500 mètres à 3 500 mètres par jour. Le personnel se compose du conducteur-chef du train, de deux hommes aux freins, un à la manœuvre de l’air comprimé, et deux à celle des chaînes : salaires, 92 francs par jour. La locomotive qui pousse la machine marche à la vitesse d’environ 6k,5 par heure. On estime que le travail ainsi effectué, et qui revient à 150 francs par jour, coûterait, fait entièrement à bras d’hommes, de 2500 francs à 5 000 francs, et ne serait pas aussi bien fait (1).
- O HUE A CHARBONS DU PORT DE BRÊME
- Ainsi qu’on le voit par la figure 32, le wagon de charbon amené sur une plate-
- Fig. 32. — Grue à charbon du port de Brême.
- forme devant la grue, est soulevé avec cette plate-forme, amené devant la trémie à cône amortisseur qui charge le navire, puis basculé dans cette trémie.
- (1) Engineering News, 7 mai 1896.
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- GRUE A CHARBON DU PORT DE BRÊME,
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- APPAREIL MORSE POUR LA RÉFECTION DES SOUPAPES (1)
- Cet appareil permet de rafraîchir sur place le siège et le corps des soupapes sans avoir à en déplacer la boîte.
- Pour refaire le siège, on monte l’appareil sur sa bride au moyen du chuck concentrique et automatique clairement représenté sur la figure 33, puis on amène, au moyen de la vis d’avance, l’outil que l’on voit au bas de la figure au contact du siège et on le tourne de manière qu’il en fasse le rodage. La machine est, bien entendu,
- pourvue d’un assortiment de ces outils correspondant aux différents diamètres et types de sièges cylindriques ou coniques.
- Pour refaire la soupape, on la saisit par le chuck centripète concentrique représenté en figure 34, puis on monte l’outil sur la boîte représentée en figure 35, dont le bas est garni de couteaux disposés suivant la conicité et au diamètre de la soupape, que l’on appuie en tournant sur un couteau.
- La machine représentée par les figures 32 à 34 peut roder ainsi des soupapes de 400 millimètres de diamètre, mais on peut appliquer facilement ces machines jusqu’à des diamètres de 0"',30.
- (1) Engineering, 15 mai 1896, p. 635.
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- PROCÈS-VERBAUX
- Séance du 24 avril 1896.
- Présidence de M. Mascart, président.
- M. le Président fait part en ces termes des pertes particulièrement graves éprouvées par la Société dans la personne de trois de ses membres : MM. Léon Say, Hugues Champonnois et Gabriel Jousset.
- « Je n’ai pas besoin de vous rappeler quel grand deuil vient de frapper le Conseil de la Société, M. Léox Say, membre du Comité du Commerce depuis 30 années, s’est éteint presque subitement dans toute son activité et toute la puissance de son talent. Il a illustré les lettres françaises par la clarté et l’élégance de ses écrits; il était un des maîtres reconnus de l’Économie politique, il fut en même temps l’un des chefs de ce qu’on appelait autrefois l’Ecole libérale, une des gloires de la tribune et un des meilleurs serviteurs du pays. Léon Say a voulu quitter ce monde comme un sage, sans appareil cérémonial, sans qu’aucune voix s’élevât sur sa tombe pour rendre justice à ses mérites et traduire les profonds regrets de tous ceux qui l’ont approché ou qui l’ont connu par son action politique ou par ses écrits, conservant ainsi jusqu’au bout cette admirable simplicité qui faisait la joie de ses intimes, le charme de ses relations et le caractère presque unique de ses discours publics. Je suis heureux qu’un des membres du Comité du commerce ait bien voulu consacrer quelques pages à cette noble ligure pour conserver dans le Bulletin de la Société un juste hommage à sa mémoire.
- M. Champonnois est décédé le 18 avril; il avait 93 ans, et sa vie entière avait été consacrée au progrès des industries agricoles. C’est encore aux ingénieux procédés qu’il a fait connaître il y a 40 ans que recourt la distillerie agricole de betteraves. Si, aujourd’hui, cette industrie, installée dans près de 400 exploitations rurales, met chaque année sur le marché 900 000 hectolitres d’alcool, c’est-à-dire, plus du tiers de la production française, c’est à M. Champonnois qu’elle le doit.
- La Société avait, il y a 2o ans, consacré l'importance de scs travaux en lui décernant le grand prix d’Argenteuil.
- Simple et modeste, M. Champonnois s’est éteint entouré de l’estime et de la sympathie de tous ceux qui s’intéressent à l’agriculture et à l’industrie nationales.
- M. G. Jon. sset, qui vient de nous être enlevé dans sa 66e année, a joué un
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- PROCÈS-VERBAUX.
- MAI 1896.
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- rôle des plus importants dans l’industrie de l’imprimerie : fondateur à l’École Gutenberg, président de la Chambre des imprimeurs, vice-président du Cercle de la librairie, administrateur de la Caisse d’épargne, membre du Tribunal de commerce de la Seine, il avait su dans ces nombreuses et importantes fonctions conquérir l’estime et l’affection de tous.
- Dépouillement de la correspondance. — MM. Collignon et Aimé Girard, secrétaires, dépouillent la correspondance.
- La Société de secours des Amis des sciences envoie des invitations à sa séance publique annuelle du 30 avril 1896, à 8 heures et demie du soir, qui se tiendra dans l’amphithéâtre de la Faculté des sciences, et se terminera par une conférence de M. L. Bouty sur les rayons Rôntgeri.
- M. le Dl Marchelovski. Lettre relative à ses travaux sur la synthèse du sucre de canne. (Comité de Chimie.)
- M. Johcuiny Lombard, à Iseron, demande qu’on l’aide à construire une machine rotative. (Arts mécaniques.)
- M. L. Besançon, 37, rue Lamartine. Produits pour l’entretien des objets peints. (Beaux-Arts.)
- M. G. de Retz remercie le Comité de sa nomination comme membre de la Société.
- Correspondance imprimée. —- MM. les Secrétaires présentent au] Conseil les ouvrages mentionnés à la page 626 du Bulletin de mars, avec remerciements aux donateurs, et en particulier à M. G. Lemoine, pour la collection de ses travaux de chimie et d’hydrologie.
- M. Ch. Lacollée lit, au nom du Comité du Commerce, une notice nécrologique sur M. Léon Say. Cette notice est reproduite en tête du présent Bulletin.
- Nominations de membres de la Société. — Sont nommés membres de la Société :
- M. Charles Paris, ingénieur des arts et manufactures, présenté par M. de Luynes.
- M. Durant Léon, ingénieur du matériel et de la traction du Chemin de fer d’Orléans, présenté par MM. Lencauchez et G. Richard.
- Conférence. — M. C. Sauvage fait, sur la locomotive, une conférence qui sera reproduite au Bulletin.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- MAI 1896.
- M. le Président, s’associant aux applaudissements de l’auditoire, remercie M. Sauvage de sa belle communication et le félicite de son succès.
- Séance du 8 mai 1896.
- Présidence de M. Mascart, président.
- Dépouillement de la correspondance. — MM. Collignon et Aimé Girard, secrétaires, dépouillent la correspondance.
- M. C. Paris remercie la Société de sa nomination comme membre de la Société.
- M. A. Rivoire, 94, rue Bannier, à Orléans, soumet à l’appréciation de la Société son piano compositeur exposé à la salle Plcyel. (Arts mécaniques.)
- M. Riboulet, àBicêtre. Mémoires sur les forces centripètes et l'incompressibilité de l'eau. (Arts mécaniques.)
- M. E. Garnault, à la Rochelle, soumet à l’appréciation de la Société son ouvrage sur la juridiction consulaire et la bourse du commerce de la Rochelle, complément des travaux qu’il a déjà présentés sur la Rochelle. (Comité du Commerce.)
- M. le ministre de /’Agriculture informe le Président de la Société, qu’il accorde à la Société d’Encouragement une subvention de 1800 francs, pour l’année 1896, pour encouragement à l’agriculture.
- M. le Président adresse les remerciements de la Société à M. le ministre de l’Agriculture ainsi qu’à M. Tisserand, dont le dévouement ne nous fait jamais défaut.
- Correspondance imprimée. — MM. les secrétaires présentent au Conseil, avec remerciement aux donateurs, les ouvrages mentionnés à la page 770 du présent R aile tin.
- Nominations de membres de la société. — Sont nommés membres de la Société :
- MM. Ruchet, directeur de là Pharmacie centrale de France, et Garnir é, présentés par M. Aimé Girard.
- Valton (G.), ingénieur attaché au service de la traction du chemin de fer d’Orléans, présenté par AI. C. Polonceau.
- Meyer, directeur de la Cic Edison, présenté par MA1. Hirsch et Mascart.
- E. Champonnois, agriculteur à la Chalanière par Selles-Saint-Denis (Loiret Cher), comme membre perpétuel, en remplacement de son père.
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- PROCÈS-VERBAUX. --- MAI 1896.
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- Le Crédit Lyonnais (service financier), présenté par M. de Billy.
- La Bibliothèque communale de Douai, présentée par M. Evrard.
- Rapport des comités. — Ail nom du Comité des Arts mécaniques :
- MM. Hirsch et Bruil sur la distribution pour locomotives de MM. Lencauchez et Durand (p. 666 du présent Bulletin).
- M. Raffard, sur la. pompe Delpeyrou, p. 678.
- Au nom du Comité des Arts économiques :
- M. Mayer, sur les paniers démontables Guitard.
- M. Rouart, sur les appareils de chauffage de M. C. Bourdon.
- M. Viotle, sur la lampe à gaz L Héliogène.
- Ces derniers rapports seront publiés dans le Bulletin de juin.
- Communications. — M. Simon, membre du Conseil. Note sur le dernier congrès des Sociétés savantes à la Sorbonne. Cette note sera publiée au Bulletin de juin.
- M. Emilio D amour rend compte à la Société d’Encouragement des résultats de travaux qui lui ont été confiés à la demande du Syndicat des fabricants de porcelaine de Limoges, et intéressant les progrès de l’industrie Céramique.
- Après avoir adressé ses remerciements à MM. les membres du Comité des Arts chimiques, et spécialement à MM. Carnot et Le Chatelier, qui ont constamment suivi ses travaux, puis à M. Tisserand qui, pendant sa dernière présidence, s’y est intéressé, à M. H. Boulenger de Choisy le-Roi, qui lui a prêté un concours précieux et enfin à M. H. Chatenet, ingénieur civil des mines, son collaborateur, M. Emilio Damour expose successivement les deux séries de recherches auxquelles il s’est livré.
- La première était relative à l’influence des atmosphères plus ou moins oxydantes ou réductrices sur les colomtions des pâtes et couvertes de porcelaine par le fer et le cobalt.
- En ce qui concerne les pâtes, le résultat le plus intéressant est la possibilité de décolorer des pâtes ferrugineuses contenant jusqu’à 5 p. 100 de fer en opérant la cuisson dans une atmosphère à 15 p. 100 CO/CO2.
- Pour les couvertes, le fer, surtout mêlé d’un peu de manganèse, donne, dans la même atmosphère, le céladon identique au céladon chinois, et que l’auteur a pu reproduire sur de petites pièces céramiques en porcelaine de Limoges.
- Le cobalt est remarquable par la grande fixité de ses tons, qui résistent même à des atmosphères contenant mélanges égaux d’acide carbonique et d’oxyde de carbone.
- L’auteur a poursuivi l’étude des colorations de grand feu au moyen de l’appareil qu’il avait construit, et recherché l’influence des atmosphères sur les colorations par fer, manganèse, nickel, chrome, urane, cuivre, cobalt, platine, argent, or, antimoine, vanadium, titane, molybdène, tungstène, employés seuls dans les proportions de 1 à 3 p. 100, ou additionnés de fer, et mélangés à la couverte nouvelle de Sèvres, qui, on le sait, est une couverte calcaire.
- Ces différentes couvertes colorées, ou couleurs de grand feu, ont été essayées en les glaçant dans l’air dans l’acide carbonique, dans un mélange d’oxyde de carbone et d’acide carbonique à Tome I. — 95e année. 5° série. — Mai 1896. 49
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- 15 p. 100 d’oxyde de carbone, puis à feu nu dans un four conduit en oxydant ou en réducteur.
- Les résultats généraux de cette ctude ont été les suivants :
- 1° Fixité des tons obtenus dans une atmosphère définie et, par conséquent, possibilité de reproduire à coup sûr les palettes; par contre, inégalité des tons obtenus par cuison à feu nu, même en surveillant l’atmosphère du four.
- 2° Variabilité constante pour tous les métaux colorants (sauf le cobalt), des tons et même des couleurs obtenus dans les trois atmosphères essayées, et, par suite, réalisation de trois palettes également riches de tons, mais entièrement différentes.
- Existence de palettes intermédiaires.
- 3° Insuffisance des expressions : feu réducteur, feu oxydant, et nécessité de préciser les proportions soit d’air, soit d’oxyde de carbone.
- L’auteur, après avoir exposé l’intérêt de la décoration au grand feu, qui donne les plus beaux effets céramiques, conclut à la presque impossibilité de constituer une palette de grand feu bien fixe par le mode actuel de cuisson, et, par suite, à la nécessité d'arriver à une cuisson rationnelle en atmosphère définie. Il propose à cet effet deux moyens :
- 1° Généralisation, en céramique, de l’emploi de fours à gaz dans lesquels il est possible de régler les proportions d’air et de gaz.
- 2° Cuisson en vases clos imperméables aux gaz (en grès ou porcelaine) dans lesquels on ferait circuler un courant gazeux de composition connue.
- L’auteur pense que, pour les objets de grand prix, cette dernière solution, qui d’ailleurs n’est pas nouvelle, serait réalisable, et a pu l’essayer en petit en cuisanf des objets en porcelaine de Limoges à couverte colorée dans des creusets de grès au fond desquels il amenait par par un tube de porcelaine le courant gazeux.
- Il présente à la Société une dizaine de vases reproduisant les plus intéressantes des couleurs de ses palettes : jaune d’urane, noir d’urane, rouge de cuivre, vert de cuivre, brun violet de manganèse, jaune de titane, et enfin le céladon identique au céladon chinois obtenu par le fer seul.
- La seconde partie de la communication était relative à l’étude des dilatations comparées des pâtes et couvertes céramiques.
- L’auteur expose d’abord l’intérêt de cette étudu, qui a pour but de remédier aux deux défauts de fabrication les plus redoutables en céramique : la tressaillure et l’écaillage; l’un et l’autre résultent du désaccord entre les dilatations des pâtes et des couvertes : si la pâte a un coefficient de dilatation plus élevé que la couverte il y a écaillage; dans le cas contraire, il y a tressaillure. Ces faits se sont vérifiés constamment au cours des expériences. La mesure des dilatations, la déterminaison des écarts compatibles avec une bonne fabrication, et enfin la recherche des moyens de corriger dans un sens donné les dilatations des pâtes et des couvertes présentent donc un réel intérêt industriel.
- L’auteur expose la méthode dont il s’est servi pour ces mesures et donne la description de l’appareil.
- Cette méthode, conçue et réalisée par M. II. Le Chatelier, est une simplification de la méthode des anneaux colorés de Fizeau permettant de l’appliquer même à des verres bulleux.
- De petits prismes de 25 millimètres de hauteur et de 8 à 10 millimètres de diamètre, polis sur une de leurs bases, sont suspendus, par un trépied en fer haut de 20 millimètres, au-dessus d’une lentille en verre à grande courbure, et à une distance telle que l’on obtienne des anneaux colorés entre les deux surfaces polies.1 Ces anneaux sont observés en lumière monochromatique (sodium) au moyen d’un système de prismes à réflexion totale, de lentilles et d’un microscope.
- Si l’on chauffe l’ensemble du système, en raison de l’inégale dilatation du fer et de la matière en expérience, il y a déplacement de la surface polie du prisme par rapport à la lentille et apparition ou disparition d’un nombre d’anneaux qui est fonction de la dilatation du prisme et permet de la mesurer : dans ces conditions l’augmentation de longueur du
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- prisme peut être évaluée à une demi-longueur d’onde près, c’est-à-dire avec une approximation de 3/10 000 de millimètre, et le coefficient de dilatation entre 0 et 100 mesuré au 1/500, c’est-à-dire en déterminant exactement les deux premiers chiffres de ce coefficient.
- Les essais industriels ont porté sur des faïences de Choisy-le-Roy, sur des porcelaines et grès de M. Parvillée; puis l’auteur a étudié l’influence de la température de cuisson sur la dilatation des pâtes, ainsi que les moyens de modifier la dilatation d’une couverte donnée par addition d’éléments variés.
- Les résultats les plus intéressants ont été les suivants :
- 1° Porcelaines.
- Coefficient de dilatation.
- Pâtes <le Sèvres dure....................................... 0,00000297
- — — Sèvres nouvelle...................................... 0,00000475
- — — Limoges (a) cuite au laboratoire................... 0,00000335
- — — Limoges (b) — — ................ 0,00000278
- Couverte de Sèvres nouvelle.................................. 0,00000466
- — Limoges (a)........................................... 0,00000475
- — Limoges (6).......................................... 0,00000478
- Ce tableau montre les qualités remarquables de la porcelaine nouvelle de Sèvres au point de vue de l’accord des dilatations.
- 2° Faïences de Choisy-le-Roi. —Le résultat le plus intéressant de l’étude des pâtes et couvertes de faïence a été la mise en lumière de l’accord rigoureux entre les données scientifiques et l’expérience industrielle. L’examen fait avec M. Boulenger a montré que toutes les couvertes qui, d’après les mesures de laboratoire, devaient s’associer le mieux à une pâte donnée, sont aussi celles qui donnent les meilleurs résultats industriels. De même, toutes les prévisions de tressaillure et d’écaillage faites d’après les mesures se sont trouvées vérifiées par la pratique.
- Les résultats très nombreux de cette étude sur les faïences de Choisy-le-Roi seront consignés au Bulletin cle la Société d’Encouragement.
- 3° Additions à la couverte nouvelle de Sèvres (2 grammes d’éléments à 30 grammes de couverte). Couverte N de Sèvres (coefficient de dilatation 0,000 004 66).
- Additions
- Oxyde do cuivre en oxydant. — en réducteur
- Acide borique.............
- Alumine...................
- Oxyde de fer..............
- Plomb.....................
- Chaux.....................
- Rutile. . ................
- Soude.......................
- Lithine...................
- Coefficient de dilatation,
- 0,0000416
- 0,0000477
- 0,0000447
- 0,0000461
- 0,0000466
- 0,0000503
- 0,0000509
- 0,0000523
- 0,0000613
- 0,0000646
- Cette série d’essais, destinée à rechercher les correctifs de Lla dilatation d’une couverte donnée, montre combien il est facile de modifier cette dilatation. Cependant, presque toutes les additions tendent à un accroissement, ce qui explique la difficulté du problème de l’accord entre la pâte et la couverte. L’acide borique fait exception, et l’on sait d’ailleurs quels services il rend en céramique.
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- 4° Cuisson des pâles à différentes températures. — La pâte N de Sèvres a donné les résultat remarquables suivants :
- Coefficient de dilatation.
- Pâle cuite à Sèvres (1 300°).................................. 0,0000047;;
- — — 1 400°................................. 0,00000453
- — — 1 580°................................. 0,00000251
- Cette expérience, dont les résultats se sont trouvés confirmés par tous les essais de même nature faits sur d’autres pâtes, montre l’extrême importance de la température de cuisson au point de vue de la tressaillure.
- En résumé, les études sur la dilatation mettent en évidence l’extrême importance de la connaissance exacte des coefficients et de toutes les causes qui peuvent les modifier, et l’intérêt que trouvera l’industrie céramique à la connaissance de ces coefficients et à leur exacte mesure.
- L’auteur est heureux d’avoir pu mener à bonne fin en deux années cette étude, et espère qu’elle rendra quelques services à l’industrie céramique.
- Indépendamment de tous les résultats de mesures, qui seront publiés au Bulletin de la Société, mais qui ne peuvent, quel que soit leur nombre, atteindre tous les problèmes de l’industrie, fauteur laisse deux appareils véritablement pratiques et d’un usage facile, qu’il croit appelés à rendre de réels services aux industriels et qui ont leur place marquée dans dans les laboratoires des usines céramiques.
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- BIBLIOGRAPHIE
- La mécanique générale à l’Exposition de 1889, par M. Hirsch (1).
- Cet ouvrage fait partie de la série des rapports du Jury international de l’Exposition de 18S9 ; il s’occupe des machines et appareils de la mécanique générale : machines motrices à vapeur et à gaz, machines hydrauliques diverses et motrices; machines à comprimer et mouvoir les gaz, transmission du travail, manœuvre des fardeaux, mesure du travail et de la force, pièces de mécanique détachées, objets divers. Cette classification, déjà employée par l’auteur dans son précédent rapport sur l’Exposition de 1878, se prête à la description méthodique des nombreux appareils compris dans le vaste domaine de la mécanique générale.
- Nous n’entreprendrons pas ici l’analyse de cet ouvrage, nous nous contenterons de dire qu’il renferme la description et la discussion très claires des principales machines exposées en 1889, écrite en vue de faire nettement ressortir les progrès réalisés depuis 1878 : c’est le but que s’est tout naturellement fixé l’auteur, et qu’il a parfaitement atteint. Sauf pour les moteurs à gaz et pour les applications de l’électricité à la mécanique, ce progrès ne s’est guère manifesté par des créations nouvelles mais plutôt par la précision des études et de la construction, la spécialisation, l’adaptation intelligente des machines à leur fonctions, comme dans l’établissement des machines rapides pour commande des dynamos. Mais, de la comparaison de nos machines avec les machines étrangères — et, surtout, de la comparaison de notre industrie mécanique avec l’industrie étrangère — il semble résulter tout autre chose qu’un progrès, un véritable ralentissement, que M. Hirsch a eu le courage de signaler à la fin de son remarquable rapport, dans lequel il en expose les causes générales et la nécessité impérieuse d’y remédier au plus vite. On ne saurait trop féliciter M. Hirsch d’avoir, sur un sujet qui intéresse à ce point le pays, osé dire officiellement la vérité, qui sera ainsi certainement entendue et peut-être comprise.
- Cours d’exploitation des mines, par M. Haton de la Goupillière. 2° édition, 1 vol. avec la collaboration de M. Maxime Pelle, ingénieur des Mines (2).
- Nous n’avons pas ici à faire l’éloge du Cours d’Exploitation de M. Haton de la Goupillière, devenu rapidement classique depuis sa première publication en 1882; on y retrouve, à côté de la science, la méthode et la clarté qui distinguent au plus haut point l’enseignement de ce maître éminent. Ce premier volume comprend la recherche des mines, l'abatage, la construction et l'entretien des puits et galeries, les méthodes d'exploitation et de roulage. Il constitue un gros volume de 900 pages, au lieu des 790 pages de la première édition, mis entièrement au courant des méthodes les plus nouvelles, principalement en ce qui concerne l’emploi des nouveaux explosifs, la préparation mécanique, le fonçage par congélation, la circulation aérienne et les applications de l’électricité à l’art des mines, chaque jour de plus en plus nombreuses, étendues et variées.
- (1) 1 vol. in-8, 700 p. Imprimerie Nationale.
- (2) 1 vol. in-8, 904 p., 498 fig. Paris, Dunod et Yicq.
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- BIBLIOGRAPHIE.
- MAI 1896.
- Les actualités chimiques, Revue des progrès delà chimie pure et appliquée, paraissant six fois par an, publiée sous la direction de M. Friedel, par C.-F. Jaubert (G. Carré, éditeur).
- L’objet principal de cette revue est la publication des conférences de chimie faites au laboratoire de Wurtz, puis actuellement à la Sorbonne, et qui paraissaient autrefois dans le Bulletin des Sciences Physiques. Il est inutile d’insister sur l'importance d’une pareille publication : nous nous bornons à donner la composition de son premier numéro : il comprend les travaux suivants : Sur les critiques de M. Hendriclis à propos de la détermination du poids atomique de Stas par M. Schutzenberger ; sur la classification périodique des éléments par M. Wyrouboff ;sm les révélateurs photographiques par M. Cranger; sur les phénomènes d’hydralyse par M. Punsot.
- G. R.
- Traité des machines-outils, par M. G. Richard ( l ).
- Le Bulletin de la Société, en avril 1895 (p. 416), a donné une analyse du premier volume du grand Traité des machines-outils de M. Richard. Moins d’un an après la publication du premier, paraît le second volume de cet ouvrage immense : on ne saurait trop féliciter l’auteur et l’éditeur de leur rapidité à terminer cette œuvre. Gomme le premier, le second volume contient environ 3 000 figures.
- Cette seconde partie du travail de M. Richard est consacrée aux fraiseuses, aux machines à tailler les engrenages, au meulage, au taraudage, aux machines auxiliaires et au petit outillage. Des annexes, qui le terminent, donnent des exemples nouveaux de divers machines, postérieures au tirage du traité.
- Dans le livre Y, consacré au fraisage, l’auteur étudie successivement les divers types, si variés, de machines à fraiser, les divers accessoires de ces machines, et enfin l’outil lui-même.
- Le livre VI traite de l’exécution des engrenages.
- Le livre VII étudie la meule qui permet le finissage des pièces trempées avec une extrême précision : l’affûtage des outils et spécialement des fraises, dont les tranchants doivent être disposés avec une régularité absolue.
- Les filières, les tarauds et les machines automatiques à fabriquer les vis font l’objet du livre VIII.
- Enfin, le livre IX étudie les scies à métaux, la lime, l’étau, les clefs, les tourne-tubes, et coupe-tubes, et les jauges et calibres, dont l’emploi a pris une importance capitale dans tous les ateliers bien outillés.
- Les annexes donnent des détails sur de nouveaux types de tours, d’alésoirs de raboteuses, morlaiseuses, perceuses, taraudeuses et sur divers outils et appareils.
- Les deux beaux volumes de M. Richard sur les machines-outils condensent une masse énorme de documents et constituent une encyclopédie complète, indispensable à tous ceux qui veulent étudier la question, soit d’une manière théorique générale, soit pour construire des appareils, soif pour les choisir et les employer.
- E. Sauvage, membre du Gonseil.
- (1)2 vol. grand in-1, 1200 p., G000 fin'- Paris, Baudry.
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- Les applications mécaniques de l'énergie électrique, par M. P. Laffargue (1).
- Le premier chapitre de cet intéressant ouvrage, consacré aux applications mécaniques de l'électricité dans les usines, fabriques et ateliers, renferme la description d’un grand nombre de ces installations en France et à l’étranger — Société Gramme, maisons Breguet, L. Neu, F. Henrion, Sach. Hubert et Cie, Le Creusot, la Cie électromécanique, Grompton, Siemens, Westinghouse, General Electric G0, Oerlikon — s’appliquant à toutes les puissances et se prêtant aux applications les plus diverses : appareils delevage, machines, outils, ventilateurs, pompes, presses d’imprimerie... actionnés par des courants de toute espèce : continus, alternatifs, polyphasés. Ces descriptions réunissent en un format accessible un grand nombre de documents épars, dont l’ensemble fait bien ressortir les avantages de plus en plus appréciés des transmissions électriques. Il en en est de même du chapitre suivant, consacré aux applications de de l’électricité aux machines des mines : treuils, pompes, roulage, perforatrices, etc., où l’électricité s’impose principalement par sa souplesse, sa sécurité, la facilité incomparable qu’elle procure d’utiliser la puissance des chutes d’eau ou des moteur à vapeur situés aune distance quelconque de la mine, faculté sans laquelle l’exploitation de ces mines, dans la région californienne notamment, serait presque impossible.
- Les applications des transmissions électriques à la marine, déjà fort nombreuses : appareils de levage, pompes, ventilateurs, artillerie, etc., sont appelées à se multiplier et à se diversifier encore : gouvernails, autodirection, etc. ; il en est de même des applications à Y agriculture, dont la première initiative parait revenir à MM. Félix et Chrétien (expériences de Sermaize, 1877) ; leur description fait l’objet du chapitrelV.
- Le chapitre Y s’occupe des applications de l’énergie électrique aux industries diverses : ateliers et gares de chemins de fer, carrières, ports de mer, etc., et constitue l’un des plus intéressants de l’ouvrage par l’abondance et la variété de ses renseignements.
- Le chapitre VI, intitulé : Prix de revient d'installation et d'exploitation, précise autant qu’on peut le faire actuellement dans un sujet aussi neuf les données économiques essentielles d’un établissement de transmissions électriques avec moteurs à vapeur, à gaz ou hydrauliques et dans les conditions les plus usuelles de la pratique.
- En résumé, l’ouvrage de M. Lafargue a le grand mérite de traiter très clairement et avec une impartialité absolue un sujet nouveau des plus intéressants, et dont la plupart des éléments se trouvaient, jusqu’ici, dispersés dans une foule de publications difficiles à consulter, parfois même inabordables pour la majorité des ingénieurs français ; il sera, croyons-nous, fort utile non seulement aux électriciens de profession, mais à tous ceux, si nombreux aujourd’hui, qui ont forcément recours à l’électricité, dont les applications sont véritablement universelles.
- Les grands barêmes de la construction métallique, par M. Raymond Cros (2).
- Ce volume est le premier d’une série d’ouvrages donnant, dans des tables convenablement disposées pour la pratique, les calculs tout faits des poids, charges, fatigues, moments fléchissants... des principaux fers, poutres, plaques, tubes, colonnes... à employer dans les constructions mécaniques. Le premier volume, intitulé : Barêmes généraux : flexion flambage, traction, extension, poids des matériaux, renferme
- (1) Vol. II, un vol. in-4, 3G5 p. Paris, Fritsch.
- (2) Un vol. in-8 allongé, 4G4p. Paris, Bernard, et chez l’autour, 9, rue des Ateliers, à Montpellier.
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- 464 grands tableaux évidemment des plus utiles pour la solution des problèmes de résistance que l’on rencontre courammment dans la construction. Les autres volumes traiteront des poutres et planchers, charpentes et marquises, ponts et passerelles, et leur ensemble constituera le recueil de ce genre le plus complet qui ait été publié, se recommandant par conséquent de lui-même à tous les constructeurs. G. R.
- Les hydrates de carbone, par le docteur B. Tollens, Professeur à l’Université de Gôt-
- tingen, traduit de l’allemand par Léon Bourgeois, Répétiteur à l’Ecole polytechnique, Assistant au Muséum (1).
- Les hydrates de carbone comprennent un certain nombre des plus importantes espèces de la chimie organique, élaborées par la nature, puis purifiées ou tranformées par l’industrie moderne sur une immense échelle : tels sont le sucre de canne ou saccharose, le sucre de fruits ou glucose, l'amidon ou fécule, la dextrine, la cellulose, particulièrement les fibres textiles végétales, les parties constituantes du bois. La constitution de ces corps s’est dévoilée peu à peu, et l’on a pu aborder avec succès, dans ces dernières années, la synthèse des plus simples d’entre eux.
- L’ouvrage de M. le Dl 2 Tollens semble présenter, dans les généralités et dans les monographies, sous une forme commode et concise, l’état actuel de la science sur les hydrates de carbone. Les questions pratiques et industrielles, comme la fabrication du sucre, n’y ont pas été négligées, et l’on y trouve rassemblées les vues sur la constitution des glucoses et de leurs dérivés, la théorie du carbone asymétrique et son application aux formules stéréochimiques de ces divers sucres, ainsi que l’exposé des travaux de MM. Em. Fischer, Kiliani et autres, qui ont permis d’elfectuer la synthèse totale de composés tels que le glucose proprement dit et ses isomères, de transformer un glucose quelconque en un autre renfermant soit le même nombre, soit un nombre différent d'atomes de carbone.
- Le sauvetage en France et à l’Étranger, ce qu’il est, ce qu’il devrait être, par Émile Gacheux, ingénieur des arts et manufactures (2).
- M. É. Cacheux, secrétaire général de l’Œuvre des congrès de sauvetage, s’est consacré depuis de nombreuses années à l’étude de cette intéressante question. Son ouvrage constitue un véritable manuel du sauveteur donnant, d’une façon très précise et très claire, les principaux moyens de secours à employer pour les naufrages, les incendies, les blessures diverses, accidents aux ateliers, par l’électricité et sur la voie publique, etc., ainsi que l’organisation des postes de secours en France, en Angleterre, en Allemagne, en Suisse, aux Etats-Unis, etc. L’utilité d’un pareil ouvrage est évidente, non seulement dans tous les postes de secours, mais aussi pour toutes les personnes si nombreuses, principalement à la campagne, qui peuvent être appelées à en pratiquer les enseignements. G. R.
- L’Encyclopédie scientifique des Aide-mémoire, publiée par M. Gauthiers Villars sous la direction de M. Léauté, a récemment fait paraître les volumes suivants :
- Següela (R.). — Les Tramways; voie et matériel. — L’ouvrage est divisé en deux parties :
- La première est relative aux voies; l’auteur y passe en revue les types de voies les plus
- (1) Un fort volume grand iu-8 de xn-771 p., 2i figures. Paris, chez Dunod et Vicq.
- (2) 1 vol. in-8, 290 p. Paris, Baulry.
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- répandus en France pour les tramways et chemins de fer sur routes, tant pour les voies placées en accotement que pour les voies placées en chaussée, en indiquant les prix de revient relatifs à rétablissement de quelques types de voies de tramways, puis les principaux types de voies de tramways employés en Angleterre et aux États-Unis.
- La deuxième partie, consacrée au matériel, comprend plusieurs chapitres spécialement affectés à la circulation en courbe ; c’est un des points les plus importants et délicats de l’établissement du matériel de tramways, appelé à circuler sur des voies présentant des courbes de très faible rayon en même temps que de fortes déclivités.
- L’auteur indique, dans un chapitre spécial, les conditions que doivent remplir les moteurs au point de vue de leur puissance pour pouvoir faire un service déterminé ; on a également examiné leurs différents modes de liaison avec les roues et les moyens divers employés pour la régulation, selon la nature des moteurs qui les mettent en action : vapeur, gaz, électricité, etc.
- L’ouvrage se termine par l’examen des différents systèmes de traction employés pour les tramways, depuis la locomotive à foyer jusqu’au câble sans fin, en passant par les locomotives sans foyer, les tramways â air comprimé, les tramways à gaz et à pétrole, les tramways électriques.
- Gouilly (Al.), répétiteur à l’École Centrale. — Géométrie descriptive. — L’auteur ne voit pas seulement, dans la géométrie descriptive, le tracé des épures, dont le but est la représentation des figures de Fespace et des constructions qui s’y rapportent : le tracé des épures et la théorie des projections sont liés étroitement. Cette manière de voir a conduit M. Gouilly a rédiger ce Traité en énonçant et en démontrantles théorèmes utiles aux tracés proprement dits et à déduire de ceux-ci des propriétés projectives des figures. Il rappelle les connaissances géométriques et analytiques les plus employées.
- La division de l’ouvrage est la suivante :
- Ier volume : Le point, la ligne droite et le plan.
- 2e volume : La sphère, le cône et le cylindre de révolution. Les sections coniques.
- 3*' volume : Changements de plans de projection, rotations, polyèdres.
- Eugène Rouché et Ch. de Comberousse. — Leçons de Géométrie. —trc partie : La ligne droite et la circonférence de cercle, à l’usage des élèves de la classe de quatrième (moderne).
- Ces Leçons de géométrie sont conformes aux programmes de {'Enseignement moderne tel qu’il doit fonctionner dans les lycées et collèges.
- Elles sont divisées en quatre parties destinées respectivement aux élèves des classes de quatrième, de troisième, de seconde et de première (Sciences).
- Chaque leçon est accompagnée d’énoncés d'exercices et dq problèmes gradués et choisis de manière que leur solution repose autant que possible sur les propriétés démontrées dans le texte de la leçon. MM. Rouché et de Comberousse ont pensé qu’il y aurait grand intérêt, pour les élèves, à pouvoir étudier régulièrement et rapidement les solutions détaillées de ces exercices et problèmes, et ils se sont décidés à les publier en quatre parties correspondant aux quatre parties du texte, et pouvant comme celles-ci s’acquérir séparément^).
- Solutions des exercices et problèmes proposés /tans les leçons de géométrie. Paris, Gauthicr-Villars.
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- LIVRES ET OUVRAGES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE
- EN MAI 1896
- Du Ministère du Commerce (Office du travail) : Statistique des grèves et des recours à la conciliation pendant l’année 1895, 1 vol. in-8, 335 p. Imprimerie nationale.
- Applications de la chimie à l’art militaire moderne, par M. E. Serrant, 1 brochure, 130 p. Paris, Bernard.
- De la Bibliothèque des Conducteurs de travaux 'publics : L’Hygiène. Secours et premiers soins aux malades et blessés, par le Dr Julien Noir. 1 vol. in-18, 320 p. ; — et Mécanique, Hydraulique et Thermodynamique, par M. G. Dariès. 1 vol. in-18, 375 p. Paris, Dunod et Yicq.
- Les Mines d’or du Transvaal, par M. L. de Launay, 1 vol. in-8, 350 p. Paris, Baudry.
- Annales des mines de Belgique. Année 1896. 1 vol. lre et 2e livraisons. Imprimerie Polleunis et Centerich, Bruxelles.
- Les Applications mécaniques de l’électricité, par M. J. Laffargue, vol. II, 1 vol. in-18, 365 p. Paris, J. Fritsch.
- Notes sur les locomotives-tenders de la ligne de Sceaux et sur les Essais de la distribution pour locomotive de MM. Lencauchez et Durant, par M. G. Poloxceau, ingénieur en chef du matériel et de la traction au chemin de fer d’Orléans.
- De la Smithsonian Institution : Composition de l’air respiré et ses effets sur la vie animale, par MM. Billings, Mitchell et Bergey. 1 brochure, in-4, 80 p. Washington.
- De la Collection Léciuté: La Spectroscopie, par M. J. Lefèvre; •—L’attaque des places, par M. le lieutenant-colonel Hennebert.
- Rapport sur la mécanique générale à l’Exposition de 1889, par M. Hirsch. 1 vol. in-8, 695 p. 282 fig. Imprimerie nationale.
- Cours d’exploitation des mines, par M. Haton de la Goupillière. 2e édition. Avec le concours de M. M. Pelle, ingénieur des mines. Tome premier, 1 vol. 902 p. 498 fig. Paris, Dunod et Yicq.
- Du Ministère des Travaux publics d’Italie : Annali del Consiglio del tariffe delle strade ferrate, 1895. 1 vol. in-8, 526 p. Rome, Typographie nationale Bertero.
- Du Ministère de VAgriculture et du Commerce d’Italie : Annali di Statistica industrial!. Province de Girgenti. 1 brochure in-18, 65 p. Rome, Typographie nationale Bertero.
- Le Tonkin et l’Inde anglaise, par M. P. Deiont. 1 broeh. 32 p. Paris, A. Challemel.
- Les actualités chimiques. Revue des progrès de la chimie pure et appliquée, paraissant six fois par an. Paris, G. Carré.
- Bulletin de l’Association des industries de France contre les accidents du travail. Année 1896. 1 broch. in-8, 217 p. Paris, 3, rue de Lutèce, au siège de l’Association.
- Institution of Mechanical Engineers Proceedings, juillet 1895. Appareils et machines hydrauliques dans les usines à gaz par A. S. Biggart.— Distribution de force hydraulique dans les villes par M. E. B. Ellington (1). — Perfectionnements de la navigation de la Clyde, par J. Deas. — La machinerie des aciéries modernes, par J. Riley.
- (1) Bulletin d'octobre 1895, p. 1121.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA RIRLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Avril au 15 Mai 1896
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES
- A(j. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac........Annales de la Construction.
- Acp. . . . Annales deChimie et de Physique.
- AM. . , . Annales des Mines.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- MAI 1896.
- AGRICULTURE
- Arracheurs de betteraves. Concours do Cambi al (Ringelmann). BmA. Mars, Cio. Avoine. Culture en sol pauvre. Ap. 23 Avril, 597.
- Bétail. Progrès de l’élevage en France (Lo-verdo). Ap. 16 Mai, 724.
- Betteraves fourragères (Exigences des). Ag. 25 Avril, 658.
- Beurre. Radiateur Salènius. Ln. 25 Avril, 323, — Importation en Angleterre. Ap. 30 Avril, 635.
- — Américains. Fabrication. Co. 16 Mai, 191.
- Charrue multiple Krebbel. E. 8 Mai, 62t. Cheval de service français (Ce). Ap. 23 Avril,
- — 600, 639.
- Cidre. Production et fabrication. Ef. 25 Avril, 526.
- Coton. Culture en Égypte. BmA. Mars, 172. Engrais. Fumiers de la vallée de l’Aisne et de la Champagne. Ag. 25 Avril, 655. — Influence des engrais sur les prairies arrosées. Ag. 2 Mai, 689.
- — Emploi du sel en agriculture. Ag.
- 29 mai, 703, 747.
- — Productivité relative des terres. Ap. 7 Mai, 685.
- — Persulfates (Analyse des). Cs. 30 Avril, 295.
- — La suie de houilles. Ap. 14 Mai, 721. Lait. Lactobulyromèlre Longi. ScP. 20 Avril, 7 35.
- — Approvisionnement des villes suisses et
- allemandes. Ap. 23 Avril, 604. Machines agricoles au concours de Cologne-\DI. 18 Avril, 423. — 16 Mai, 542.
- — Au Palais de l’Industrie (Ringelman). Ap. 23 Avril, 608.
- — nouvelles. Ag. 25 Avril, 661.
- Maïs (Le) Raland. CB. 4 Mai, 1004.
- Meules (Couvertures pour). Ag. 15 Mai, 779. Po nmes de terre. Influence des plants. Ag.
- 25 Avril, 649.
- — Culture en 1894 et 1895 (A. Girard). An. 9 Mai, 728.
- — (Galle de la) (Rorc.) CB. 4 Mai, 1012.
- — Dans l’alimentation du bétail. Ag.
- 16 Mai, 772.
- Prunier (Insectes du). (V. Mazet.) BmA. Mars, 160
- Riz. Culture en Autriche (Loré). IhnA. Mars, 171.
- Sologne. Progrès de l’agriculture en. Ef. 2 Mai, 568.
- Vigne. Conditions de production des vins et exigences de la vigne en Gironde (Muntz). BmA. Mars, 49.
- — Etudes sur les levures de vin (Kayser). Id., 97.
- — Rlack-rot dans l’Aveyron (Traitement du) (E. Marve). Id., 133.
- — Vignobles à grand rendement d’Alsace. A}). 23 Avril, 616.
- — Vins plàlrés (Notice historique sur les)
- (Chicote). Acp. 11 Mai, 437.
- CHEMINS DE FER
- Boites à billes. E'. 15 Mai, 499.
- Chemins de fer à crémaillères du Snovvdon. E. 24 Avril, 527. — 8 Avril, 595.
- — belges. Statistique pour 1894. Rgc.
- Avril, 347, économiques belges. E'. 1er Mai, 440.
- — transsibérien. Cs. U> Mai, 215.
- — américains en 1894-95. Ef. 9 Mai, 597.
- — de Ceylan. E'. 15 Mai, 496.
- — Métropolitain de Paris. Projet Ilaag.
- Mc. Mai, 70.
- Chauffage des voitures Howard et Taite. Bt. 25 Avril, 17 i
- Déchargeur Lidgerwood. Eam. 9 Mai, 447. Éclairage des trains par accumulateurs. FJ. 24 Avril, 416.
- Exploitation. Tarif par zones en Russie. FJ. 24 Avril, 428.
- Gare de triage à Friedrichstadt. Gc. 16 Mai, 38. Locomotives Compound (les). E. 1eTMai, 447. — Express du G. S. et Western. Rg. E’. 24 Avril,iil, de l’Elatautrichien. Rgc. Avril, 241. Raguley. E'. 1er Mai, 450.
- — américaines des chemins russes. Rgc.
- Avril, 258.
- — Bandages : usure sur le New-York Cen-
- tral. FJ. 24 Avril, 431.
- — Échappement-Jones. E. 15 Mai, 661.
- — Essieu coudé composé Webb.jE. 1CT Mai,
- 590.
- — Distribution Lencauchez Durant. FJ.
- 15 Mai, 490.
- — (Foyers des). E'. S Mai, 469.
- — (Stabilité des'. (N’adal.) Am. Avril, 413.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MAI 1896.
- 773
- Plaque tournante pour locomotive. Zol. 8 Mai, 289.
- Station de Liverpool St G. E. Rj. Agrandissement. E'. 24 Avril, 414.
- Tarifs (Réforme des) en Autriche (Mange). Rgc. Avril, 210.
- — Réduction des — de grande vitesse en
- Angleterre. Rgc. Avril, 260.
- Voie (La). E'. 8 Mai, 466.
- — coussinets Von Gersdorff. E. 24 Avril,
- 661. Muirhead. EJ. 1er Mai, 444. llar-rison. E'. 15 Mai, 498.
- — métallique de la Compagnie Paulista
- Rgc. Avril, 256.
- Voitures (Lavatory pour). FJ. 24 Avril, 431.
- — américaines (Aménagement des). Pm.
- Mai, 72.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles (Les). E. 24 Avril, 549. — E. 24 Avril, 422, 423, 426.
- — Voitures à vapeur de Randolph. E'.
- 8 Mai, 461. Grenviile et Knight. E'. 24 Avril, 421.
- — à gazoline, Renz, Daimler, Arnold. FJ.
- 8 Mai, 472. Panhard, Levassor. E. 1er Mai, 565.
- — à Vacétylène F. Richard. Ri. 16 Mai,
- 196.
- Électricité. Traction électrique Dawson. E. 24 Avril, 548.
- — pour métropolitains. Gc. 2 Mai, 3.
- — Trannvavs aux États-Uuis (Tavernier). Ap. Janvier, 1. Février 213.
- — —• Walker. Rt. 10 Mai, 197.
- — —• de Baltimore. Gc. 25 Avril, 408.
- — — de Stuggart. Y DI. 25 Avril, 451.
- — — de Rouen. Je. 25 Avril, 174.
- — — de la place de la République à
- Romainville. EE. 2 Mai, 222.
- — Diminution des fuites au sol. EE.
- 9 Mai, 241.
- — Locomotive Heillman. Ri. 25 Avril, 165. — — du Baltimore-Ohio. Ic. 10 Mai, 194. Locomotive routière avec roues à jantes en bois Bunell. E'. 15 Mai, 498.
- Tramways à vapeur Serpolet. E. 15 Mai, 629. Roues de voitures Resow. E. 8 Mai, 622. Vélocipédie. Pneumatique Vallée. Ils. 2 Mai, 572.
- — A. Garolina, Duncan-Suberbie. FJ. 8 Mai, 4/3. Bolée. L/i. 16 Mai, 369.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acétone. Fabrication (Squibb). Ms. Mai, 367. Acide sulfurique. Procédé Benkez Lasne. Gc. 25 Avril, 409.
- — Tours à plaques Lunge Rohrman. Ms.
- Mai, 352.
- — Carbonique. Détermination par le pro-
- cédé Schroter. Cs. 30 Avril, 248.
- — Cérotique et mélissique (Marie). ScP.
- 5 Mai 565, 569, 590.
- — Chlorhydrique. Procédé Witt. 6fc.25 Avril,
- 414.
- — Azoteux. Dosage de très petites quan-
- tités (Zambelli). Ms. Mai, 351.
- — Phosphorique. Dosage par les citrates (Ilergami). Fi. Mai, 309. Soluble. Dosage dans les phosphates (Glaser). CN. 8 Mai, 212.
- Alcools terpéniques (contenus dans les huiles essentielles extraites des). (Haller). CR. 20 Avril, 865.
- Analcime (Constitution de F). ScP. 5 Mai, 561. Argon et Hélium. Cl. 24 Avril, 763. (Moissan). AcP. Mai, 141.
- — Soumis à la décharge électrique. (Collie
- etRamsay). RsL. Avril, 257. Antimoine. Dosage dans les minerais et les métaux. (Clark.) Cs. 30 Avril, 255. Azote (Spectrochimie de [T). (Brühl.) ScP. 20 Avril, 657.
- — Pouvoir réfringent des combinaisons azotées. (Konovalof.) ScP. 20 Avril, 660.
- — Azotate basique de magnésie (Didier). CR. 27 Avril, 935.
- Bismuth (Action de l’eau sur les composés ha-logénés du). (Thomas.) CR. 16 Mai, 1060.
- Brasserie. Machine à faire le malt Ravinet. Cs. 30 Avril, 287.
- — Sucre du malt (Estimation du). IoB. Avril, 224.
- — (Constituants azotés du) (Id.) 291.
- — Bières légères en bouteille (Fabrication des). IoB. Avril, 274.
- — Soutirage Tartarat. SIN. n° 93, 497.
- — Dosage de la lévulose dans les houblons. IoB. 293.
- — Variation des cellules de levures, kl. 296.
- — Conservation de la levure, (id.), 302.
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- 774
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ---- MAI 1896.
- Borax (Dosage des acides par le). (Bergami.) Fi. Mai, 385.
- Calorimètre. Corrections (de Holmann). Technology Quarterlv. Décembre, 344-. Garbure de calcium (Prix du) aux Etats-— Unis). Ri. 9 Mai, 187. Fabrication, procédé Wilson. Cs. 30 Avril, 263. Carburendum (Le). Rt. 10 Mai, 215.
- Chaux et Ciments (Durcissement des). Earn. 18 Avril, 373.
- Chlore. Préparation par l’acide nitrique et l’acide chlorhydique, procédé Alsberge Ms. Mai, 355.
- Chlorure de bismuth (Action du peroxyde d’azote et de l’eau sur le). (Thomas). ScP. 20 Avril, 469.
- — d’or. Association et propriétés physi-
- ques (Rose). ScP. 665, 667.
- Cyanures (Fabrication des). (Conrov). Ms. Mai. 358.
- — Chaleur de combustion des dérivés cyanés. (Guincliant). CR. ZI Avril, 943. Débit des gaz parfaits et de la vapeur d’eau sous pression à travers les orifices. (Parenti). Acp. Mai, 5.
- Décomposition des sels par Veau. (Guincliant) ScP, 5 Mai, 555.
- Densimètre Piéri, Rgels, Bo. Avril, 418. Distillateur automatique Hall. Eam. 18 Avril, — Appareils Egrot et Grangé. Ri. 9 Mai, 181. Dissolvants nouveaux. (Gasmann). Ms. Mai, 348. Essences végétales. Recherche des falsifications (Grossart). SP. 5 Mai, 597.
- — d’anis. (Bouchardat et Tardy). id. 613. Etain (Dosage de 1’). (Brooks). CN- 8 Mai, 218. Explosifs. Poudre sans fumée (historique.)
- — Poudre Maxim. Ms. Mai, 373, 378.
- SA. 8 Mai, 555.
- Gaz (Théorie des). (Bertrand). CR. 4. Mai, 967. Gaz d’éclairage (Industrie du) en Amérique. Cs. Mai, 636.
- — A l’eau carburéo. Merrifield. Ri. 2 Mai,
- 1 74.
- Acétylène. Valeur commerciale.E'. 24 Avril,-ïil.
- — Elimination de l’hydrogène phosphore.
- (Willgerodt). SP. 20 Avril, 671.
- — (Eclairage à F) pr voitures et tramways
- Ri. 2 Mai, 175.
- — AppareilRosbacli Rousset.Bam. Mai.612. Becs incandescents. E’héliogène. E' 24 Avril, 426.
- — Intensifs divers. Dp. 8 Mai, 132.
- Glucose (Dosage du). (Causse). Pc. Ie1' Mai, 433.
- Graisses. Oxydation des acides gras (Marie). ScP. 20 Avril, 508.
- — Distillation des premiers acides de la série grasse (Sorel). CR. 27 Avril, 946. — Action du soufre sur les. Cs.30 Avril, 282.
- •— Saponification des. Cs. 30 avril, 281. Hydrogène. (Liquéfaction de F) (Kamerlingh, Onnes). CN. 8 Mait 219.
- Hydroquinone. (Électrolyse de V). Cs.'AO Avril, 219.
- Laboratoires. Appareils divers. Cs. 30 Avril, 293. Levure pure. Sa culture (Keith). Technology Quartely. Décembre, 383.
- Laine. Affinité pour Jes sels ammoniacaux. Cs, 3 Avril, 245.
- Méthylamines (Séparation des) (Delépine). CR. 16 Mai, 1064.
- Mercure (Sels de) (Recherches sur les) (Varel). Acp. Mai, 79.
- Nicotine et ammoniac dans les tabacs, dosage. Cs. 30 Avril, 300.
- Nitrobenzine. Réduction électrolytique. Cs. 30 Avril, 276.
- Nitrosulfates (Constitution des) (Divers et 11a-ga). ScP. 20 Avril, 669.
- Optique. Rayons Rôntgen. El. 24 Avril, 850, 853, 857, 864. 15 Mai, 24, 75. Sfp.
- 1 Avril, 161, 167, 172. E lé. 9 Mai, 300. Ln. 25 Avril, 327. 7 Mai, 353. AT. 23. 3 Avril, 580, 613. EE. 35 Avril, 165. CR. 20 Avril, 877, 880, 905. 27 Avril, 922,924, 926, 929. 4, 11 Mai, 988, 990, 995, 997, 1052, 1054. RSL. Avril, 270, 274. CN. 1, 15 Mai, 201, 223, 227. N. 14 mai 29. Rgds. A0 Avril, 391. Fi. Mai 381, Rs. 16 Mai, 610, 618, 635.
- — Absorption de la lumière par les milieux doués du pouvoir rotatoire (Carvalho). CR. 4 Mai, 985.
- — liinétoscope à vues multiples. Ln. 2 Mai, 537.
- — Stéréoscope inverseur Drouin. Ln. 9 Mai. 364.
- — Télémètre de Kerillis. Rmc. Mai, 216. Papiers divers. Cs. 30 Avril, 87.
- Pétroles (Point d’allumage des). Dp. 24 Avril, 87. Points de conqé/aUou [(Nouvelle détermination des). RSL. Avril, 25.
- Pulpe de bois (Humidité de la) (Sendali). Cs. 30 Avril, 239.
- P lut inocy anures (Préparation des) (Schertel). Sep. 20 Avril, 679.
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- — Moulin Watson. E. 8 Mai, 605.
- — Extraction de la saccharose Kassner. Ms.
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- — Cuite (La). Emploi du bisaccharate de
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- — Perte de sucre des bettraves pendant
- leur conservations. Ms. Mai, 389.
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- Sulfophosphine d’étain (Granges). ScP. 20 Avril, 472.
- — (Nouvelle série de) (Ferrand). CR. 25 Avril,
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- Sulfate d’ammoniaque etgazogène Mond. Eam.
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- — Divers. Cs. 30 Avril, 284.
- Tannage. Électrique. Elé. 2 Mai. 276.
- — procédé Schwitz. Dp. 8 Mai, 138.
- — Détermination du tanin par les oxydes métalliques. Cs. 30 Avril, 299. Teinturerie. Fixation des pigments sur le coton par l’albumine. Cs. 30 Avril, 254.
- — Tenturerie des cuirs. Cs. 30 Avril, 272. — Poudres de bronze. Cs. 30 Avril, 293.
- — Le Litmus. Cs. 30 Avril, 267.
- — Rouges azines. Id., 269.
- — Bleus de coton. Id.
- — Bleus et noirs de coton. Id., 290. Tensions superficielles. Variations avec la température (Fontaine). Rgds. 15 mai 439.
- Terres rares (Etudes des éléments des) O. Pet-lerson. Ms. Mai, 342.
- Thermomètre-balance enregistreur, Parenty Bri -card. CR. 27 Avril. 919.
- Urée. Préparation synthétique Cazeneuve. Pc. 15 Mai. 481.
- 775
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Alcoolisme en Belgique. Ef. 25 Avril, 523. Assurances sur la vie (Mécanisme des) Féron. SiN. n° 93, 521.
- Bimétallisme à la Chambre des Communes. SL. Avril, 506.
- Colonies françaises, développement commercial. Ef. 6 Mai, 593.
- Coopération (La). Rso. 1 Mai, 673.
- Popidation. Mouvement de la population à Toulouse. Rs. 25 Avril, 525.
- — Aux États-Unis et en Australie. Ef. 2 Mai, 563.
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- Gouvernement municipal en Europe (Le). Rso.
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- Impôts, directs (Réformes des). Ef. 25 Avril, 522.
- — Indirects en France. Ef. 16 Mai, 626. Russie (Crédit industriel et agricole en) (Vers-trade). BmA. Mars, 164.
- Salaires dans l’ingéniorat. E'. 8 Mai, 537.
- — (Question des) (Outerbridge). Fl. Mai, Socialisme et fontionnarisme. Rso. 16 Mai, 755. Sociétés de constructions aux États-Unis. Rso.
- 17 Mai, 787.
- Transformations de la vie domestique (L’éclairage. Ef. 16 Mai, 627.
- Travail à façon (Le). E'. 1 Mai, 442.
- — Des ouvrières lyonnaises.Ef. 2 Mai, 566.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Chauffage et ventilation. VDI. 18 Avril, 427. Constructions dans l’extrême Sud Algérien.
- Revue du Génie militaire. Avril, 287. — Dans le tremblement de terre de Lay-bach. 20, 24 Avril, 257. 1 Mai, 276. Flèche en fer de la Cathédrale de Saigon. Gc.
- 2 Mai.
- Glissement de terrain de Gohma. E'. 24 A vril, 413. Ponts flottants articulés. Gc. 25 Avril, 404.
- — Du Rhin à Wonns. VDI. 2, 9 Mai, 485, 518.
- — Mirabeau à Paris. Gc. 9 Mai, 17.
- — Mise en place des chevalets : procédés russes. Revue du Génie militaire. Avril, 319.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- MAI 1896.
- Ponts. Superstructures (Essais de). 201, 17 Avril, 243.
- — Tournantshydrauliques. Dp. 1 Mai., 106. — Sur la rivière Harlem. lige. Avril, 238. Théâtres. (Scènes dej. E. 24 Avril, 538. 8 Mai, 593.
- Tunnels. Construction par l’air comprimé (Hoir). SA. 15 Mai, 567.
- Voûtes. Système Monnier, essais eL théorie, Z01, 15 mai 305.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs Warren. CN. 24 Avril,, 191.
- Faure et King. EE. 9 Mai. 262. Boese. EE. 16 Mai, 308.
- — (Évolution des) Barnett. El. 15 Mai, 90. (Progrès des). EE. 16 Mai, 319. Applications mécaniques (G. Richard). EE. 16 Mai, 291.
- Conducteurs. Machine à câbler Johnson et Philips. E'. 24 Avril, 420.
- Constantes diélectriques des mélanges (Sil-berstein). EE. 2 Mai, 232.
- Courants polyphasés (Les). E. Gérard et Hen-rard. EE. 2 Mai, 200; triphasés à Sait Lake-City. El. 8 Mai, 39; (Mesure de la puissances des). Je. 10 Mai, 202. Commutateurs. Tonking. EE. 2 Mai, 228; Siemens et Laukert(icE). 229 ; Proctor (id.), 230; Davy {kl.), 9 Mai, 261. Dynamos (Les) Boistel. EE. 25 Avril, 132.
- — Bébé. Elé. 25 Avril, 265; à hélices concentriques Berthier. EE. 25 Avril, 157 ;
- 9 Mai, 250.
- — De 1 000 Kw. à Depfort. El. 24 Avril, 856. — A courants alternatifs. El. 1er Mai, 18.
- — Alternateurs monophasés. Réaction de
- l’armature (Rhodes). EE. 16 Mai, 325.
- — Rôle du noyau deferde l’induit (Deprez).
- CR. Il Mai, 1027.
- Distribution par courant alternatif. Ferrari s et Arno. le. 10 Mai, 197.
- Éclairage. (Petite installation d’) et de transport de force. Bulletin du génie militaire. Avril, 355.
- — Arc (Les lampes à). (G. Richard). EE.
- 2 Mai, 212. Alternatif. El. 1er Mai, 12 ( Résistance de 1‘) (Rodgers). El. l à Mai, 93. Lampe Eck. Elé. 9 Mai, 289.
- — bicandescencc, I ampe éclipse pou r mines.
- Eam. 9 Mai, 449.
- Électrolyse de la soude (M. Merle). Ms. Mai, 321 ; Holland Richardson. E. 24 Avril, 517; Dissolution électrolytique du carbone. El. 8 Mai, 49.
- — des chlorures de 1886 à 1896. Elé.
- 25 Avril, 259; E. 16 Mai, 280, 314.
- — Électrolyseur à mercure Kellner. EE. 2 Mai, 226.
- — (L’) (Arous). EE. 2 Mai, 230.
- Fuites (Localisation des) dans les canalisations. El. 1er, 15 Mai, 8, 71.
- Fusion électrique. Four Vincent. Rt. 23 Avril, 189; Four de 1000 ampères Pfleger. Cs. 30 Avril, 262.
- Galvanisation électrolytique du fer (Vogel). EE. 16 Mai, 318.
- Hystérésis visqueux diélectrique (Arno). El.
- 15 Mai, 92.
- — (Perte d’énergie par). EE. 16 Mai, 324. Diduction magnétique du fer à l’état variable
- (INicolaive). EE. 16 Mai, 289. Interrupteur à mercure Elieson.E E. 25 Avril,IC>1. Jonctions Jeekell. EE. 9 Mai, 262; Penson, kl, 16 Mai, 317.
- Matériel électrique du cuirassé Re Umberto. Elè. 16 mai, 305.
- Mesures. Appareils pour courants alternatifs. Elé. 25 Avril, 267; De haute fréquence Gaiffe et Meylan.CR.4 Mai, 990. — Perméamètre Ewing.EL8,15 Mai, 41,95. — Potentiomètre Grompton.EE 1er Mai, 3. — Unités magnétiques fondamentales (Allen). El. 24 Avril, 849.
- — Compteur chrono-électrique Wirtli. EE.
- 16 mai, 311; Shallenberger, id., 314. — Sensibilité du galvanomètre à cadre
- mobile (Abraham). CR. 23 Avril, 882. — Etalons de résistance de la Reichsan-stalt. EE. 9 Mai, 245.
- — Voltmètre Crompton. EE. 2 Mai, 226; de 18000 volts (étalonnement) Janet. Sie. Avril, 138.
- Résistance au contact de deux métaux Bran!y. Sie. Avril, 124.
- Soudure électrique des tuyaux (Benardos). E.
- 8 Mai, 603 ; E'. 8 Mai, 458.
- Stations centrales (Les). El, 8 mai, 50; Niagara. EE. 25 Avril, 145; Ilagatz. Etc.
- 9 Mai, 297; Brighton. El, 8 Mai, 37
- — Secteur rive gauche. En. 2 Mai, 347 ; Je.
- 25 Avril, 165.
- — Lyon-Rhône. EE. 2 Mai, 193.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- MAI 1896.
- 777
- Télégraphie des chemins de fer (Lang-don). El. 8, 15 Mai, 53, 87.
- — Sous-marine Duplex. El. 15 Mai, 92.
- — Militaire en Italie. Elé. 25 Avril, 202;
- 9 Mai, 295.
- Téléphonie. Fonctionnement des bureaux.
- El. 24 Avril, 859 ; Protection contre les tramways électriques. El. 15 Mai. 75. — Théoriedurécepteur Bell.EE.2 Mai, 235-— Microphone Cerpaux et L’Escaille. EE.
- 2 Mai, 228.
- Transformateurs (Répartition la plus favorable des). le. 25 Avril, 187 ; Influence de la forme des ondes. El. 15 Mai, 76. Transmission de force pour une usine à papier à Romagnano. El. 15 Mai, 73.
- Unités électriques internationales imposées par l’administration française, le. 20 Mai, 207.
- GÉOGRAPHIE
- Laos (Pénétration au). Sgc. 15 Avril, 263. Oklahoma. Fondation et développement. Co-25 Avril, 107.
- GUERRE
- Canons. Fermeture de culasse Vickers. E.
- 24 Avril, 561. Armstrong, Ci. 19 Avril, 178. Canet. E. Ie1' Mai, 587.
- — Des États-Unis. E' 15 Mai, 487.
- — Affûts à éclipses Buffîngton Crozier. Gc.
- 25 Avril, 406.
- — A pelle. Compagnie de Chàtillon —
- Commentry. E. 1er Mai, 591.
- — Obus. Wheeler Stirling. E' 15 Mai, 487. Coupoles cuirassées (Opinions russes sur les).
- Revue du génie militaire, Avril, 311. Phonochronographe Crèhorc. EE. 25 Avril, 1 73.
- HYDRAULIQUE
- Barrage ci garniture de tôle. E' 8 Mai, 459.
- Béliers (Les). Eam. 25 Avril, 399.
- Distributions d'eau américaines. VDI, 9, 16il/ai, 513, 536.
- — (Calculs des réservoirs de) ZOI, 8 Mai,
- 290.
- Pompes diverses. Dp. 17, 24 Avril, 55, 80.
- — A. Gravier. E. 15 Mai, 627. A air com-
- primé. Salmson. Rt., 10Mai, 211. Roue élévatoire de Coursac. Gc. 16 Mai, 47. Tome 1. — 95e année. 5° série. - - Mai 1896
- Régulateurs Morsier pour moteurs hydrauliques Industria. 19 Avril, 246. Réservoir d'eau. Expositions de Berlin. VDI.
- 9 Mai, 505.
- — Transvasement des liquides mousseux. Friedmann. Ci. 10 Mai, 215.
- Turbines américaines (Les). EE. 25 Avril, 160. — Régulateurs Colferai. Industria, 17 Mai, 315.
- HYGIÈNE
- Assainissement de Buenos-Ayres. Rs. 25 Avril, 538.
- Conserves de fruits (Fabrication des). Industria, 17 Mai, 307.
- Désinfection. Appareil Geneste Herscher. E.
- 15 Mai, 662.
- Eaux de Londres N. 30 Avril, 619.
- — (Filtration des), Fi, Mai, 322 (Nitrates
- dans les) (Shlœsing). CR., 16Mai, 1 030. Égouts. Collecteur de Clichy. Et. 24 Avril, 185; Gc. 25 Avril, 401. Ac. Mai, 66.
- — Épurations des eaux. Howatzon. Gc.
- 16 Mai, 33.
- — (Les) et les maladies zymotiques. Ri.
- 25 Avril, 169.
- — Gadoues (Fours à) Defosse. E. lRr Mai, 591. Horsfall. Ci. 3 Mai, 197.
- — Relevage des eaux. Shone et Adams. Gc., 2 Mai, 11. Ac. Mai, 79. Salmson, Rt.
- 10 Mai, 212.
- Pavage en bois au point de vue de l’hygiène. Gc. 25 Avril, 414.
- MARINE, NAVIGATION
- Ancres. Rewes. E. 8 Mai, 622.
- Canal de Jonage. Rt. 25 Avril, 169.
- — De Manchester, E’ 15 Mai 485.
- — De Criman. E' 15 Mai, 503.
- — De la Tamise et delà Severn. E'. S Mai, 460.
- Compas (Régulation des). Rabonin). Rmc. Mai, 177.
- Constructions navales. Roulis irrégulier des navires. Fronde. E. 24 Avril, 554.
- — Tonnage, E' 1er Mai, 437.
- — Bateau couleur Bazin. E'. 15 mai, 502. Cours d’eau (Défense des). (Ronna.) Ap.
- 30 Avril, 648.
- Gouvernail Kincaid. E. 24 Avril, 561.
- 50
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- MAI 1896.
- Hélice. Effet giratoire (Vidal). Rmc. Mai, 237. Machines marines triple expansion du Puri. E. 1er Mai, 571.
- — Auxiliaires. E'. 15 Mai, 483.
- Marine de guerre anglaise. Rmc. Mai, 286. — Grecque, kl., 308.
- — Danoise, id., 313.
- — La Spezzia. Rmc. Mai, 327.
- — Blindages (Pénétration, calcul de) .E'. 24 Avril, 429 (Mise en place des). Rmc. Mai, 339.
- — Contre-torpilleurs anglais. Rmc. Mai, 334, 341, 343.
- — Croiseur Buenos-Ayres. E. 15 Mai, 637. — Torpille automobile Howell. Rmc. Mai, 317.
- Navigation fluviale. Basse Tamise. E. 24 Avril, 545.
- Passerelle en acier pour navires. Ri. 9 Mai, 183. Pêches maritimes. Rmc. Mai, 353.
- Phares français (Les). E. 1 l'r, 15 Mai, 563, 623. Ports. Trieste et Fiume. ZOI. 17 Avril, 243. Projecteur à plate-forme stable Lower. E1 1er Mai, 443.
- Sécurité (Appareils de). Dp. 17 Avril, 68; 1 ^ Mai, 130.
- — Portes étanches. Meclion. E. V6Mai,CÆ. Sirène à vapeur Smith. Rc. 2 Mai, 176.
- Shooner Homolulu. E'. 24 Avril, 428.
- MÉCANIQUE
- Accouplement d’arbres Sharpe. Rt. 25 Avril, 190. Aérostation. Cerf-volant Hargrave. En. 2 Mai, 338. Essai de voilure du ballon le Brennus. Co. 9 Mai, 162.
- Ateliers Watson. E. 24 Avril, 534.
- Broyeurs des Gates Iron Works. Ri. 16Mai, 193. Chaudières. Résistance des corps cylindriques (Ivelhoff). E. 24 Avril, 551.
- — tabulées Philips. E. 24 Avril, 540;
- Schutte, Ci. 19 Avril, 176; Petersen et Mac Donald, Ri. 25 Avril, 161 ; Patterson, E. 8 Mai, 622; Leblond et Caville. Ri. 16 Mai, 193. (Circulation dans les). E. 1er Mai, 583, 595. E'. 15 Mai, 495.
- — tubulaire Eaves. JE. 24 Avril, 562.
- — (Inspection obligatoire des). E. 15 Mai,
- 645.
- — Alimentation. Mesure par les moyens chi-
- miques (Stromeyer). E. 24 Avril, 556.
- Chaudières. Clapet de sûreté pour pompes. E. Ier Mai, 592.
- — Écononomètre Arndt. Ri. 9 Mai, 185. — Foyers à poussier. VDI. 18 Avril, 432; Wegener, E'. 15 Mai, 485 ; à vend forcé Meldrum. E. 15 Mai, 661 ; Rt. 10 Mai, 209; ondulés Davy. E. 15 Mai, 662; à sciure de bois Dodge. Gc. 25 Avril, 415.
- — Fumivorité. Influence sur la végétation. Dp. 17 Avril, 65.
- — Fumivore Mac Phail. E. 15 Mai, 662.
- — Registres Hutton. E. 8 Mai, 622.
- — Injecteurs divers. Dp. 24 Avril, 86.
- — Manomètres. VDI. 2 Mai, 495.
- — Purgeurs Moore. E. 24 Avril, 561 ;
- Schauer. VDI. 25 Avril, 467.
- — Séparateur d’huile Dawson. E. 15 Mai, 662.
- — Réchaulïeurs d’alimentation Hart. O. 30 Avril, 253.
- — Sur chauffeur s (Les). E. 1er Mai, 387; Mac Phail, E. 24 Avril, 562, 8 Mai, 599; Perrett, E. 8 Mai, 602; Clench. E. 8 Mai, 622.
- — Tubes. Sertissage Smith. E. 1er Mai, 592. — Ventilation des chambres de chauffe. Co. 25 Avril, 117.
- —• Soupape à plomb fusible Gregory. E. 15 Mai, 662.
- Écrous indéserrables (Les) Brewster. E. 1er-15 Mai, 573, 658.
- FAlipsographe Rieller. Dp. 15 Mai, 159. Embrayage Connett. Gc. 16 Mai, 42.
- Engrenages (Tracé des). VDI. 25 Avril, 459. Essoreuse Laidlaw. E. 24 Avril, 562.
- Froid. Machines frigorifiques diverses. Dp.
- 15 Mai, 154; Skating de Washington. Co. 25 Avril, 102.
- — Laboratoire cryogène de Leyde. Rgds.
- 30 Avril, 381.
- Graissage. Essai des huiles. En. 9 Mai, 354. Imprimerie. Appareil Carlioz à ranger les feuilles au sortir des presses. Gc. 25 Avril, 410.
- Levage. Convoyeurs à courroies. E. 24 Avril, 533.
- — Grue roulante Marschall. E'. 24 Avril,
- 420; Isles. E. 15 Mai, 634.
- — Transporteurs de matériaux. Revue du
- génie militaire, Avril, 328.
- — Cableway pour mines. Eam. 18 Avril,376.
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MAI 1896.
- 779
- Lavage. Ascenseurs et verrins hydrauliques. Dp. 24 Avril, 76. 15 Mai, 148.
- — Transporteurs Temperley. Ln. 16 Mai,
- 371.
- Machines à calculer et à écrive. Emploi au chemin de fer de TEst. Rgc. Avril, 189. Machines-outils. Dresseuse de soupapes Morse. E. 15 Mai, 635.
- — Fraiseuse Stuckrath. Rt. 25 Avril, 175.
- — Alésoir Richards. E. 15 Mai, 638.
- — Perceuse radiale Clifton. E. 24 Avril,
- 563. Diverses. VDI. 16 Mai, 550.
- — Raboteuse universelle Shanks. E'.
- Icr Mai, 444.
- — Tours Shanks. E. 1er Mai, 574.
- -— à chauffer les cercles de voitures. Rt. 10 Mai, 193.
- — à faire les tubes sans soudure de Laval.
- E. 24 Avril, 561. Les chaînes Kraft et Schutt. E. 15 Mai, 661. Les barres Dick. E'. 8 Mai, 464; E. 15 Mai, 638.
- — Presse à forger à vapeur Massey. Ri.
- 2 Mai, 173.
- — Clef Brookes. E. 15 Mai, 661.
- — Etau à serrage différentiel Simon. Ram.
- Mai, 594.
- — Marteau Boynton. E. 8 Mai 621.
- — Forgeage (Procédés de) (Codron). Ram. Mai, 521.
- Moteurs àvapeur (Essais des). E. 15 Mai, 643. Expériences de Donkin. Rgcls. 15 Mai, 433.
- — Irrégularités apparentes (Dubrulle). SiN. N° 93, 503.
- — Triple expansion 2000 à 2 500 chevaux Sulzer. VDI. 16 Mai, 534.
- — Rapide Hayward Tyler. Ri. 16 Mai, 198. — Turbine Laval de 10 chevaux (essai). E'. 7 Mai, 477.
- — Distribution centrale Forster. E. 1er Mai, 592.
- — Stufffng box Brai thwai te. E. 24 Avril, 662.
- — à gaz. Gros moteurs. VDI. 18 Avril,
- 421.
- — — (Allumage des). Rt. 25 Avril, 171.
- — — Quinat. Ri. 25 Avril, 163.
- — à pétrole Priestman pour bateaux. E.
- 24 Avril, 541.
- — — Weatlierley. £. 1er Mai, 591 ; ÏSie-
- mczik. VDI. 2 Mai, 500.
- — — Britannia C° pour bateaux. E.
- 8 Mai, 617.
- Moteurs à pétrole, pour canots, 12 chevaux (Forest). Pm. Mai, 74:
- Papier (Fabrication du). Dp. 17-24 Avril, 1er Mai, 49, 73, 103.
- — de bois. Indmtria. 26 Avril, 262; 3 Mai,
- 283. — Industrie en Suède. Cs. 30 Avril, 249.—Vapeur nécessaire pour sécher une tonne de pulpe de bois. Ici., 251. Palier (Nouveau). Indmtria. 19 Avril, 251. Pompe ci vide Seguy. Ln. 25 Avril, 333. Résistance des matériaux. Essai des tôles -de chaudières aux États-Unis. E'. 24 Avril, 431.
- — (Conclusions de la Commission des es-
- sais de). Am. Avril, 468.
- — Appareil à mesurer les allongements
- des éprouvettes (Béguin). Gc. 9 Mai, 27. Rotostat optique. E. 1er Mai, 590.
- Textiles. Coton et sa manufacture aux États-Unis. E. 24 Avril, 535. — Au Japon et en Chine. E. 15 Mai, 6*6.
- — Carde Simplex Dobson. Indmtria.
- 19 Avril, 245.
- — Métier Nortroop. Industriel. 26 Avril,
- 260. — A tisser. Dp. 1er Mai, 99.
- — Purification de la laine au moyen de dis-
- solvants volatils. Industriel. 3 Mai, 278.
- — Hérisson à barrettes poussantes (Shène
- et Devallée). SiN. N° 93, 511.
- — Soie artificielle. E. 15 Mai, 646. — Le bombix mori. Industriel. 10 Mai, 289. Tuyauteries. Essais de calorifuges. E. 24 Avril, 539. — Vanne Hopkinson. E. 1er Mai, 592.
- — Fabrication des tubes soudés en fer et
- en acier (Stewart). Es. Avril, 13.
- — Joinls de vapeur Salbreux. Pm. Mai, 79. Ventilateur compound Hodges. E'. 24 Avril, 431. Vis. Filetage français. Rt. 10 Mai, 19i.
- MÉTALLURGIE
- Aluminium (Électrométallurgie de !’)(Richards).
- Fi. Mai, 357 ; Hall. Gc. 9 Mai, 29. Alliages nouveaux (Paillot). SiN. N° 93, 491. Argent. Lavage du sulfure, procédé à l’acide sulfurique (Deway). Cs. 30 Avril, 257. — Traitement électrolytique des minerais de Broken Ilill. EE. 16 Mai, 303.
- — Fonte de concentration pour matte de minerais argentifères avec le soufre comme combustible (Gauthier). Gc. 16 Mai, 40.
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- 780
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. — MAI 1896.
- Bronzes phosphoreux. Détermination du phosphore. Cs. 30 Avril, 296.
- Cuivre (Détermination de l’oxygène dans Je). Cs. 30 Avril, 279.
- Électrométallurgie (I/). Cs. 30 Avril, 279.
- Fer et acier.
- Acier. Procédé Walrand Legenisel. E. 24 Avril, 332.
- — au nickel (Beardmore). Es. Avril, 33.
- — cémentés au réverbère (Kern). CN.
- 24 Avril, 192.
- — Influence des propriétés chimiques sur Ja résistance des fers. SuE. Ier Mai, 348. — des sulfures. Ri. 10 Mai, 193. — Aciérie Latrobe. E. ior-15 Mai, 371,042. — Gazogène Mond pour Ja production de l’acier. E'. 13 Mai, 488.
- — Trempe éleclrolytique Tauxe. Rs. 2 Mai, 373.
- •— Fabrication au réverbère Lencauchez. Pm. Mai, 66.
- — Laminoir universel de Kladno. SuE. 13 Mai, 374.
- Fontes (Classification des). E. 24 Avril, 331.
- — (Retrait de Ja) (West). E. 24 Avril, 537. — Hauts-fourneaux en Angleterre (Les). E'.
- 8 Mai, 474. — Pour minerais tilani-fères et phosphoreux. E. J5 Mai, 627.
- — (Détermination du manganèse dans la).
- Cs. 30 Avril, 296.
- — Machine à mouler les poulies. Ci. 17 Mai,
- 224.
- Four à réverbère Spencer. E. 24 Avril, 50t. Réchauffeur de vent (Ford et Moncur. E. 13 Mai, 633.
- Sidérurgie aux États-Unis. SuE. l01 Mai, 331. Or. Broyage à sec au Witwatersrand. Gc. d Mai, 23. — Ilydrométallurgie. Eam. 9 Mai, 447.
- — Traitement des minerais grillés par le
- brome. Technology Quarterly. Décembre, 389.
- — Le procédé au cyanure pour les mine-
- rais de Nouvelle-Écosse. Technology Quarterly. Décembre, 389.
- Or. Amalgamation Hackwortli. E. 15 Mai, 646. — Procédé Bailey. Eam. 2 Mai, 424.
- Z inc et plomb. Extraction électrométallurgique. Cs. 30 Avril, 279, 280.
- — Electrolyse des minerais Siemens et Halske. EE. 16 Mai, 317.
- MINES
- Épuisement par les pompes électriques. Eam. 23 Avril, 398.
- Extraction (Dispositif d') Després. Gc. 2 Mai, 9. Houillières. Laveur Muschamp. E. 24 Avril, 561. Industrie minérale. Statistique de 1895 aux États-Unis. Eam. 11 Avril, 346.
- Or en Chine. Eam. U Avril, 332.
- — en Orégon. Eam. 25 Avril, 397.
- — au Transvaal. Gc. 2 Mai, 13; En. 16 Mai,
- 375.
- — Prix de la production. Eam. 25 Avril, 394.
- PHOTOGRAPHIE
- Diazo et tétrasidfites alcalins. Propriétés photographiques (Lumière et Sejewetz). Sfp. 15 Avril, 195.
- Epreuves directes au charbon (Saint-Florent). Sfp. 1« Mai, 221.
- Fixage des épreuves au chlorure d'argent (Saint-Florent). Sfp. 1er Mai, 219.
- — Images stéréoscopiques de grand format. Cs. 16 Mai, 203.
- Papier pelliculaire négatif nouveau (Balagny). Sfp. 13 Avril, 202.
- — au pyroxychlorure d'argent (Ghelaye).
- Sfp. 1^ Mai, 209.
- Photochromoscope (Le) et ses photographies en couleur (Ives). SA. 24 Avril, 317. Photographie de la couronne solaire ;i la lumière du jour (Packer). Sfp. l ‘r Avril, 174.
- — des couleurs. Méthodes indirectes. Co.
- 2 Mai, 143.
- Photomicrographe Yvon. Sfp. l,r Mai, 215. Stéréographe E. Français. Sfp. i'1' Mai, 212.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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-
-
- 95e ANNÉE.
- Cinquième Série, Tome I.
- JUIN 189G.
- BULLETIN
- DE
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ
- Rapport fait par M. Billotte au nom de la Commission des Fonds,
- SUR LES COMPTES DE L’EXERCICE I 895
- Messieurs,
- Conformément à l’article 31 de nos statuts, j’ai l’honneur de vous présenter, au nom de la Commission des fonds et dans sa forme ordinaire, le résumé des comptes de l’exercice 1895.
- Ire PARTIE
- FONDS GÉNÉRAUX
- Les recettes de l’exercice 1895 ont été les suivantes :
- 1° Excédent de recettes reporté de l’exercice 1894 ....... 21 214,45
- 2° Cotisations des membres de la Société : 597 cotisations à 36 francs. 21 492 »
- 3° Dons divers......................................................... 2 729 »
- 4° Abonnements 'au Bulletin de la Société (97 à 34 francs et 1 à
- 35 francs). .................................................. 3 333 »
- 5° Produit de la vente au numéro dudit Bulletin.............. . . 541,90
- 6° Locations diverses............................................. 10 839,15
- 7° Arrérages de rentes. .......................................... 61 121 »
- 8° Intérêts des sommes en dépôt........................,........... 118, 27
- 9° Divers.......................................................... 217, 55
- 10° Dons pour recherches spéciales (Comité des alliages)........... 6 500 »
- Total............................. 128 106,32
- Tome I. — 95e annde. 5e sdrie. — Juin 1896. 31
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-
-
- 782 ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. -------- JUIN 1896.
- Les dépenses se décomposent comme il suit :
- 1° Prix, médailles et récompenses diverses........................ 19 101, 31
- 2° Bulletin : frais de rédaction, d’impression et d’expédition, remises
- aux libraires.............................................. 32 553,47
- 3° Impressions diverses : annuaire, comptes rendus, circulaires. . 3 504,45
- 4U Bibliothèque : traitements des agents et employés, acquisitions,
- reliures................................................... 6 251, 45
- 5° Agence et Économat : traitements des agents et employés, frais
- divers....................................................... 18 804, 74
- 0° Jetons de présence. ...................................... 7 790 »
- 7° Hôtel de la Société : aménagement, entretien, réparations. ... 14 408,74
- 8° Mobilier........................................................... 3 567, 60
- 9° Chauffage et éclairage, eaux de la ville................ 5 015,65
- 10° Contributions et assurances....................................... 3 146,80
- 11° Frais d’expériences............................................... 1 547,10
- 12° Pensions.......................................................... 6 500 »
- 13° Allocation pour le Grand Prix..................................... 1 500 »
- 14° Divers............................................................ 1 428,65
- 15° Frais de recherches spéciales (Comité des alliages)............... 5 500 »
- Total.............................. 130 619,96
- Le total des recettes ne s’élevant qu’à..................... 128 106, 32
- Il ressort un excédent des dépenses sur les recettes de. . . 2 513,64
- On peut être surpris au premier abord de ce résultat que ne pouvait faire prévoir l’excédent de 21 000 francs, reporté dans nos derniers comptes et dont l’exercice 1895 a naturellement bénéficié.
- Cette insuffisance de nos recettes normales, augmentées encore d’un excédent si considérable, fait ressortir, en effet, un accroissement de dépenses qui mérite quelques explications. Il importe de dire, pour dissiper à ce sujet toute préoccupation, qu’une notable partie de ces dépenses a un caractère exceptionnel : elles ne devront pas se renouveler cette année, soit parce qu’elles tiennent à des causes transitoires, soit parce qu’elles correspondent à un règlement d’arriéré.
- Ainsi, nous avons compris dans nos comptes de 1895 les frais de confection de la table décennale du Bulletin qui a entraîné une dépense de 3 100 francs; et 16000 francs environ de dépenses extraordinaires faites l’année dernière dans l’hôtel de la Société, tant pour le bâtiment que pour le mobilier; et enfin 2 200 francs de jetons de présence payés pour le compte du dernier exercice (au total, 21 300 francs).
- Il convient, en outre, de faire remarquer que, sur certains articles, les dépenses prévues pour 1896 seront moins élevées que celles de l’année der-
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- nière : notamment pour le Bulletin et pour les prix où les prévisions sont réduites de 6 800 francs.
- On peut donc évaluer à une somme d’environ 28 000 francs la diminution de dépenses qui ressortira de la comparaison des comptes de 1896 avec ceux qui font l'objet de ce rapport.
- Dans ces conditions, il est clair que le déficit disparaîtrait cette année même sans l’ouverture de crédit faite au comité des alliages et d’où résultera une dépense de 16 000 francs à répartir sur les deux prochains exercices. Ce déficit ne sera sans doute qu’atténué dans les comptes de 1896; mais, s’il figure encore dans ceux de 1897, on peut affirmer qu’à partir de cette date nos dépenses s’équilibreront de nouveau avec nos recettes.
- Nous aurons alors amorti, à l’aide de nos seules ressources ordinaires, les améliorations coûteuses réalisées dans l’installation de notre hôtel, et pourvu aux frais d’une subvention importante dont notre industrie nationale recueillera le profit et qui aura rendu manifestes l’action de notre Société et l’utilité de sa mission.
- C’est un résultat qui vous permet d’envisager l’avenir sans inquiétude : il suffit de veiller à ce que nos dépenses n’excèdent pas la limite de nos ressources ordinaires, et ce n’est qu’une affaire de prudence et d’attention.
- 11 nous reste, Messieurs, à vous présenter la situation de notre fonds d’accroissement et de nos fondations spéciales : nous n’avons à leur sujet rien de particulier à vous signaler. Leur situation est prospère, et leurs ressources suffisent largement à leurs dépenses.
- «e PARTIE FONDS D’ACCROISSEMENT
- Fondation destinée à développer et à perpétuer l’œuvre créée par le comte et la comtesse Jollivet.
- Cette fondation, destinée à accroître dans l’avenir les ressources de notre Société, possédait, au 31 décembre 1894, 5539 francs de rente 3 p. 100 et une somme de 1 499 fr. 05 reportée à nouveau.
- Les intérêts devant être capitalisés jusqu’en 1933, il a été fait emploi du solde et des arrérages de la rente en 207 francs de rente 3 p. 100.
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- L’avoir de la fondation se compose ainsi de 5 746 francs de rente 3 p. 100 avec un excédent reporté de 94 fr. 40.
- 3e PARTIE
- FONDATIONS ET DONS SPÉCIAUX
- Ces fondations, qui sont au nombre de 25, ont des destinations spéciales indiquées par les donateurs : notre Société a le devoir de les gérer conformément à leurs intentions.
- Voici quelle était leur situation au 31 décembre dernier.
- 1° Grand prix fondé par le marquis d’Argenteuil.
- La fondation provient d’un legs de 40000 francs fait par le marquis d’Argenteuil ; son but est de récompenser tous les six ans, par un prix de 12 000 francs, l’auteur de la découverte la plus utile au perfectionnement de notre industrie nationale. Le prix n’a pas été décerné depuis 1892.
- L’avoir de la fondation se compose d’une rente 3 p. 100 de 2 000 francs ; les versements effectués cette année à la Caisse des dépôts et consignations montant à 2 168 fr. 77 ont élevé la réserve à 10 722 fr. 18.
- 2° Legs Bapst.
- Ce legs, qui se composait originairement de 2 160 francs de rente3 p. 100, a servi à établir deux fondations.
- La première, dotée de 1 565 fr. 20 de rente, a pour but de venir en aide aux inventeurs malheureux.
- Elle a distribué cette année 1 600 francs de secours, grâce à un prélèvement de 34 francs aux fonds généraux et de 0 fr. 80 pour solde sur la 2e partie de la fondation.
- Cette seconde fondation est destinée à aider les inventeurs dans leurs travaux et recherches. Son capital, originairement de 594 fr. 80 de rente 3 p. 100, s’est augmenté par la capitalisation des revenus : elle possédait au 31 décembre, après avoir donné, en 1895, 985 fr. 80 de secours, une rente de 3 497 fr. 80, et un excédent reporté de 3 583 fr. 75.
- 3° Fondation Christofle pour la délivrance des premières annuités de brevets.
- Cette fondation, dont l’avoir se compose sans changement d’une rente 3 p. 100 de 1 036 francs, a payé en 1895 douze annuités de brevets pour un montant de 1 255 francs et conserve un solde reporté de 1 600 fr. 65.
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- 4° Fondation de la princesse G-alitzine.
- Constitué par un don de 2000 francs, l’avoir de cette fondation s’est accru des intérêts capitalisés.
- Elle est destinée à servir un prix à décerner sur la proposition du Comité des Arts économiques et n’a pas encore reçu d’application.
- Par suite de l’acquisition d’une obligation 3 p. 100 du chemin de fer de l’Est, elle possédait, au 31 décembre, 16 obligations de cette compagnie et un excédent de 279 fr. 45.
- 5° Fondation Carré.
- Un legs originaire de 1 000 francs a servi à instituer cette fondation dans le même esprit que la précédente.
- Les intérêts sont capitalisés en attendant une destination spéciale, et l’avoir se composait au 31 décembre de 6 obligations 3 p. 100 du chemin de fer de l’Est et d’un solde reporté de 336 fr. 43.
- 6° Fondation Fauler (industrie des cuirs).
- Cette fondation, destinée à venir en aide à des contremaîtres ou ouvriers malheureux de l’industrie des cuirs qui se sont fait remarquer par de bons services, n’a pas distribué de secours pendant la durée de l’exercice.
- Ses revenus lui ont permis d’acheter deux obligations 3 p. 300 du chemin de fer de l’Est, ce qui porte son avoir à 31 obligations 3 p. 100 de l’Est, 3 obligations 3 p. 100 des Ardennes et 11 obligations 3 p. 100 du Midi.
- 11 a été reporté un solde de 376 fr. 46.
- 7° Fondation Legrand (industrie de la savonnerie).
- Cette fondation, qui a une destination analogue à la précédente, et que nous devons pour la plus grande part à la générosité d’un de nos collègues, a été sans emploi en 1895.
- Elle possédait 62 obligations 3 p. 100 du chemin de fer de l’Est : 2 obligations sorties au tirage ont été remployées ; et l’achat de 6 obligations nouvelles a porté l’avoir à 68 obligations, avec un solde en espèces de 250 fr. 10.
- 8° Fondation Christofle et Bouilhet en faveur d’artistes industriels malheureux.
- Son avoir se compose, comme l’année dernière, de 29 obligations, 3 p. 100 du chemin de fer de l’Est.
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- Elle a servi au courant de l’année 400 francs de secours et conserve un excédent reporté de 534 fr. 75..
- 9° Fondation de Milly (industrie de la stéarine).
- Destinée à procurer des secours à des contremaîtres ou ouvriers de cette industrie qui sont malheureux, ou ont contracté des infirmités dans l’exercice de leur profession, cette fondation est restée sans emploi en 1895.
- L’excédent des derniers comptes et les arrérages des 40 obligations 3 p. 100 de l’Est que possédait cette fondation ont permis d’acheter 3 obligations nouvelles : son avoir au 31 décembre se composait donc de 43 obligations et d’un solde de 454 fr. H .
- I0U Fondation de Baccarat (industrie de la cristallerie).
- Destinée à venir en aide à des contremaîtres ou ouvriers malheureux ou infirmes de cette industrie, la fondation a été sans emploi en 1895. Son avoir s’est augmenté d’une obligation 3 p. 100 du chemin de fer de l’Est; elle possédait au 4 décembre 9 obligations 3 p. 100 de l’Est et un solde de 217 fr. 49 en espèces.
- 11° Fondation Ménier (industrie des arts chimiques).
- Cette fondation ayant un but analogue à la précédente est restée également sans emploi. Par suite de l’acquisition d’une obligation nouvelle, son avoir au 31 décembre consistait en 2 obligations 5 p. 100 et 10 obligations 3 p. 100 du chemin de fer de l’Est, et le solde disponible s’élevait à 347 fr. 82.
- 12° G-rand Prix de la Société d'Encouragement.
- Ce prix de 12 000 francs, destiné à récompenser tous les six ans une découverte ou un perfectionnement présentant un intérêt capital pour notre industrie nationale, a été décerné cette année à M. Oulmann,
- Pour reconstituer la réserve, il a été prélevé aux fonds généraux une somme de 1 500 francs représentant l’annuité de 1895, qui porte à 4 359fr. 26 le montant des sommes versées à la Caisse des dépôts et consignations en vue du prochain prix.
- 13° Prix de la classe 27 à l’Exposition universelle de 1867 (industrie cotonnière).
- Constituée par un don de 13 169 fr. 85 fait à la Société sur l’initiative de M. Roy par les exposants de la classe 27 à l’Exposition de 1867, cette
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- fondation a pour objet de décerner tous les six ans un prix à celui qui aura le plus contribué aux progrès de l’industrie cotonnière en France.
- Un prix de 500 francs a été décerné cette année à M. Delessert, et la fondation conserve, en outre de ses 43 obligations 3 p. 100 du chemin de fer de l’Est, une somme de 6 271 fr.08 à la Caisse des dépôts et consignations.
- 14° Prix de la classe 65 à l’Exposition universelle de 1867 (génie civil et architecture).
- La fondation provient d’un don de 2315 fr. 75 fait à la Société, sur la proposition de M. Baude, par les exposants de la classe 65 à l’Exposition de 1867, pour l’établissement d’un prix quinquennal de 500 francs, destnré â récompenser l’auteur d’un perfectionnement apporté au matériel ou aux procédés du génie civil ou de l’architecture.
- Le prix n’ayant pas été décerné en 1895, il a été acheté une obligation 3 p. 100 du chemin de fer de l’Est, ce qui porte l’avoir de la fondation à 13 obligations, en outre d’un solde en excédent de 578 fr. 89.
- lo° Prix de la classe 47 à l’Exposition universelle de 1878 et fondation Fourcade (industrie des produits chimiques).
- Cette fondation a pour origine l’abandon, par les exposants de la classe 47, d’une somme dont les revenus sont destinés à créer un prix annuel pour récompenser un ouvrier de l’industrie chimique, choisi de préférence parmi ceux des donateurs, et parmi ceux qui comptent le plus grand nombre d’années consécutives de bons services dans le même établissement. Notre regretté collègue M. Fourcade, à l’initiative duquel nous sommes redevables de cette générosité, y a ajouté un legs de 8000 francs, grâce auquel la fondation possède aujourd’hui une rente de 1 000 francs.
- Un prix de pareille somme a été décerné cette année à Mme Vve Lagarez.
- 16° Fondation du général comte d’Aboville,
- Elle provient d’un legs de 10000 francs destiné à fournir, avec les intérêts capitalisés, le montant de 3 prix à décerner à des manufacturiers qui auront employé à leur service pendant une assez longue période de temps des ouvriers estropiés, amputés ou aveugles et les auront ainsi soustraits à la mendicité. Des prix ont déjà été décernés en 1885, 1890 et 1892. Un 4e prix de 3300 francs a été décerné en 1895 aux frères Saint-Jean de Dieu, grâce à la réalisation de six obligations 3 p. 100 du chemin de fer de l’Est, vendues au cours de 476 francs aux fondations Baccarat, Baude, Fauter,
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- Galïtzine et classe 51. La fondation ne possédait plus, au 31 décembre 1895, qu’une obligation de l’Est et un solde de 211 fr. 90 en espèces.
- 17° Legs Giffard.
- Le revenu du capital de 50000 francs légué à la Société par M. Giffard reçoit, conformément aux intentions du donateur, une double destination.
- La moitié du revenu est consacrée à la création d’un prix sexennal de 6000 francs pour services signalés, rendus à l’industrie française. Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, cette année pour la seconde fois.
- L’autre moitié est destinée à des secours : il en a été distribué cette année pour 1950 francs.
- L’avoir de la fondation se compose d’une inscription de rente de 1 949 fr. et d’une réserve de 7234 fr. 98 à la Caisse des dépôts et consignations; cette réserve est supérieure au montant du prix et permet de couvrir en outre un solde débiteur de 591 fr. 55.
- 18° Fondation Meynot.
- Cette fondation a pour origine un don de 20000 francs fait à la Société par MM. Meynot père et fils, en vue de créer un prix destiné à récompenser les inventions, progrès et perfectionnements intéressant la moyenne ou la petite culture.
- La fondation possède une inscription de rentes 3 p. 100 de 730 francs et une somme de 7155 fr. 44 à la Caisse des dépôts et consignations.
- 19° Fondation Melsens.
- Elle provient d’un don de 5000 francs fait par Mme Vve Melsens en mémoire de son mari, et a pour but la création d’un prix triennal de 500 fr. destiné à récompenser l’auteur d’une application intéressante de la physique ou de la chimie à l’électricité, à la balistique ou à l’hygiène. Le dernier prix a été décerné en 1893, il pourrait donc l’être de nouveau celte année.
- L’avoir de la fondation se compose de 13 obligations 3 p. 100 du chemin de fer de l’Est et d’un excédent de 673 fr. 60.
- 20° Fondation de la classe 50 à l’Exposition universelle de 1867 (Matériel des industries alimentaires).
- Elle est due à l’initiative du baron Thénard et aux démarches de M. Savalle, qui ont obtenu l’abandon par les exposants d’un reliquat de 6326 fr. 14; cette somme n’a été reçue que sous réserve de restitution aux
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- exposants qui réclameraient leur quote-part avant trente ans ; une partie en est définitivement acquise aujourd’hui par l’adhésion explicite des intéressés.
- Par suite de l’acquisition des quatre obligations du chemin de fer de l’Est 3 p. 100, effectuée celte année, la fondation possédait au 31 décembre, 20 obligations et un excédent disponible de 357 fr. 99.
- 21° Prix Parmentier fondé par les exposants de la classe 50 à l’Exposition universelle de 1889 (industries relatives à l’alimentation).
- Les exposants de la même classe 50 à l’Exposition de 1889 ont généreusement abandonné à la Société, sur l’initiative dé M. Aimé Girard, le reliquat de leurs frais communs d’installation s’élevant à 9846 fr. 75 : cette somme a servi à former un prix triennal de 1000 francs destiné à récompenser les recherches scientifiques ou techniques de nature à améliorer le matériel ou les procédés des usines agricoles et des industries alimentaires, prix qui n’a pas encore été décerné.
- L’avoir de la fondation se composait au 31 décembre d’une inscription de rente 3 p. 100 de 335 francs et d’un solde en espèces de 2 019 fr. 90.
- 22° Fondation des exposants de la classe 51 à l’Exposition universelle de 1889 (Matériel des arts chimiques, de la pharmacie et de la tannerie).
- Elle est constituée par l’abandon d’une somme de 2 556 fr. 30, représentant un reliquat de frais communs d’installation, fait parles exposants sur la proposition de M. Michel Perret; les intérêts en sont capitalisés pour l’institution d’un prix destiné à perpétuer le souvenir de ce don généreux; l’acquisition d’une obligation 3 p. 100 de l’Est a porté à sept le nombre des obligations possédées par la fondation. L’excédent reporté est de 24 fr. 13.
- 23° Don de la classe 21 à l’Exposition universelle de 1889 (industrie des tapis et tissus d’ameublement).
- M. Louvet, secrétaire de cette classe, a remis à notre Société, au nom des exposants, une somme de 400 francs formant le reliquat de leurs frais d’installation commune. Cette somme doit être employée en secours à des ouvriers malheureux appartenantàl’industrie des tapis et des tissus d’ameublement.
- La fondation possédait au 31 décembre une obligation 3 p. 100 du chemin de fer de l’Est et un solde en espèces de 51 fr. 37.
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- ;21° Fondation des exposants de la classe 63 à l’Exposition universelle de 1889 (génie civil, travaux publics et architecture).
- Cette fondation est constituée par l’abandon fait à notre Société d’une somme de 3 869 fr. 83 représentant un reliquat de frais communs d’installation, et dont les intérêts capitalisés doivent servir à l’institution d’un prix.
- La somme a été employée à l’achat de neuf obligations 3 p. 100 du chemin de fer de l’Est, et le solde en espèces au 31 décembre s’élevait à 413 fr. 90.
- 2o° Fondation des exposants de la classe 75 à l’Exposition universelle de 1889.
- M. Roy a remis à notre Société au nom des exposants de cette classe une somme de 1 000 francs destinée à être donnée en prix à celui qui indiquera un moyen pratique de se débarrasser des insectes ennemis de la vigne : l’altise ou la cochilis.
- Cette fondation apparaît pour la première fois dans notre situation. Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1897.
- Nous sommes parvenus^ Messieurs, au terme de cet exposé. Votre commission, ayant reconnu l’exactitude et la régularité des comptes que nous venons de vous présenter, vous propose de les approuver.
- Elle vous demande aussi de renouveler nos remerciements à M. Goupil de Préfeln, qui, depuis de si longues années, accepte la charge de nos finances : vous ne manquerez pas de vous associer au témoignage d’affectueuse reconnaissance que nous lui devons pour le dévouement si constant avec lequel il veille aux intérêts de notre Société.
- Signé : Billotte, rapporteur.
- A pprouvé en séance le 12 juin 1896.
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- Rapport fait par M. Bordet, au nom des censeurs, sur les comptes
- de l’année 1895.
- Messieurs,
- Le compte qui vient de vous être présenté pour les fonds généraux fait ressortir un déficit de 2503 fr. 64. Les recettes et dépenses du comité pour recherches spéciales sur les alliages sont comprises dans celles de la Société et laissent un boni de 1000 francs; il en résulte, qu’en réalité, notre déficit est de 3503 fr.. 64.
- C’est là un résultat fâcheux, dont il importe de rechercher les causes et de prévenir le retour; les ressources annuelles de la Société sont certainement assez importantes pour qu’elle puisse faire face à toutes ses charges et assurer tous ses services, sans rien prendre sur le capital qu’une longue et économe gestion a su accumuler.
- Si l’on examine le détail des dépenses, on voit que plusieurs chapitres présentent des augmentations considérables. Des charges afférentes à l’exercice 1894 ont été soldées en 1895 et viennent grossir les chiffres, mais la cause du déficit n’est pas là, car on a disposé, par contre, de l’important excédent de recettes qui ressortait du compte de l’année dernière.
- En laissant de côté les dépenses exceptionnelles de cette nature, on voit que l’exercice 1895 a eu, sur trois chapitres, à supporter de lourdes charges qui ont contribué à troubler l’équilibre entre les recettes et les dépenses.
- D’abord, les changements faits dans le personnel ont augmenté de 3 000 francs le montant des pensions servies par la Société.
- Pour le Bulletin, la confection de la table décennale a coûté 3100 francs; d’autre parties améliorations introduites dans la rédaction, le développement du texte, l’accroissement du nombre des figures ont entraîné une augmentation sensible des frais. Nous nous hâtons d’ajouter que ces dernières dépenses sont productives; leur effet ne peut pas être immédiat, mais elles nous amèneront de nouveaux adhérents; déjà, en 1895,1a Société comptait près de 100 membres de plus qu’en 1894.
- Enfin, divers travaux d’aménagement ou d’embellissement effectués dans l’hôtel ont coûté des sommes importantes. Sur ce chapitre, on pourra maintenant réduire beaucoup les dépenses, en se limitant strictement aux travaux d’entretien.
- Le Conseil a décidé de provoquer et de subventionner largement des
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- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
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- recherches scientifiques utiles à l’industrie ; c’est une voie excellente mais, pour ne pas y être arrêtés bientôt, par l’insutfisance des ressources disponibles, nous devrons apporter une sévère économie dans tous nos services intérieurs.
- Telles sont, Messieurs, les réflexions que suggère à vos censeurs l’examen du compte de 1895. Quant à l’exactitude matérielle de ce compte, elle est parfaite et vous pouvez lui donner votre approbation. Le soin avec lequel tous les détails sont établis montre que le dévouement de notre trésorier ne se ralentit pas ; nous vous proposons de lui adresser de chaleureux remerciements.
- Signé : Lucien Bordet, rapporteur. Approuvé en séance, le 12 juin 1896.
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- ARTS ÉCONOMIQUES
- Rapport présenté par M.E. Mayer, au nom du Comité des Arts économiques, sur les paniers démontables de M. G-uitard.
- Dans les grandes entreprises de transport de marchandises, chemins de fer et paquebots, il y a souvent avantage à se servir d’un même emballage un grand nombre de fois; et comme, dans la plupart des cas, les objets à transporter circulent principalement dans un seul sens, l’emballage, après avoir servi, à l’aller, à renfermer et protéger un lot de ces objets, doit ensuite être renvoyé à vide au point de départ.
- Il y a intérêt à constituer ces emballages de telle sorte qu’ils puissent présenter à l’aller une capacité plus ou moins grande, et, au retour, au contraire, un volume relativement faible et peu encombrant.
- C’est une disposition de ce genre que M. Guitard a soumise à l’examen de la Société d’Eneouragement, sous le nom de « Paniers articulés et démontables ». Ces emballages, de formes rectangulaires, sont en osier et solidement établis; tous leurs détails de construction sont bien conçus; lorsqu’ils sont vides, leurs faces peuvent se replier les unes sur les autres et produisent ainsi un colis plat, régulier, d’un arrimage facile. Un très grand nombre de ces paniers sont depuis quelque temps en circulation régulière ; ils paraissent donner satisfaction.
- Nous proposons de remercier M. Guitard de sa communication et d’insérer le présent rapport au Bulletin.
- Signé : Ernest Mayer, rapporteur.
- Approuvé en séance le 7 mai 1896.
- Rapport présenté par M. Violle, au nom du Comité des Arts économiques, sur la lampe à gaz « l’héliogène », de M. de Marre.
- La lampe héliogène, présentée à la Société d’Eneouragement par M. de Marre, offre une combinaison heureuse des deux systèmes qui ont récemment fait progresser d’une manière si remarquable l’éclairage par le gaz : l’incandescence et la récupération. De cette combinaison résulte un foyer
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- ARTS ÉCONOMIQUES.
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- émettant une lumière intense, bien blanche et suffisamment fixe, avec une dépense de gaz très modérée.
- Le maximum de lumière émise par la lampe correspond à peu près à la direction de 45° au-dessous de l’horizon; la lumière envoyée verticalement vers le bas est environ les deux tiers de ce maximum (1) et la lumière émise horizontalement vaut encore plus de la moitié du maximum. C’est une répartition de l’éclairement convenable pour un foyer intensif, destiné nécessairement à être placé à une assez grande hauteur. La lampe héliogène
- se prêtera donc bien à l’éclairage d’une pièce à plafond élevé, et l’on pourra en tirer parti dans l’éclairage public.
- D’après les mesures photométriques que nous avons faites sur la lampe qui nous a été remise, l’économie du système nous a paru satisfaisante, toutes réserves faites sur la durée des filaments en forme de plumes, qui remplacent ici les capuchons ordinairement employés dans les lampes à incandescence par le gaz, le temps que nous avons pu consacrer à ces expériences ayant été insuffisant pour permettre d’apprécier cette durée.
- Votre Comité des Artséconomiques vous propose, Messieurs, de remercier M. de Marre de la présentation de sa lampe, et d’ordonner l’insertion du présent rapport, avec les figures nécessaires, dans le Bulletin de la Société.
- Signé : J. Violle, rapporteur.
- Approuvé en séance le 7 mai 1896.
- (I) La partie inférieure du système pourrait être mieux et plus artistement disposée.
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- APPAREIL DE CHAUFFAGE.
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- Rapport présenté par M. Henri Rouart, au nom du Comité des Arts économiques sur un appareil de chauffage de M. Charles Bourdon.
- Dans un mémoire fort complet, M. Charles Bourdon a présenté à la Société d’Encouragement un appareil de chauffage qui s’applique aux appartements, aux voitures de chemins de fer et de tramways.
- Cet appareil est basé sur l’èmploi de la vapeur à basse tension. L’idée a déjà été mise en pratique, mais M. Bourdon a fait tous ses efforts pour réduire cette tension au minimum et opérer à l’air libre.
- En agissant ainsi, il fait disparaître toutes les complications qui accompagnent la production de la vapeur en vase clos. Il peut faire conduire ses apparëils par le premier venu et écarte d’un coup presque tous les dangers résultant de l’emploi de la vapeur.
- Naturellement, son objectif étant nouveau, il a dû créer, pour le réaliser, des appareils tout spéciaux.
- Il a appelé le plus important vaporigène.
- De nombreuses applications de ce procédé ont déjà été faites, quelques-unes très importantes. Je citerai, parmi celles que j’ai visitées, le chauffage d’un très grand immeuble à plusieurs étages, situé rue des Jeûneurs, à Paris. La pratique a donc sanctionné la théorie.
- En conséquence, le Comité des Arts économiques vous propose d’insérer dans le Bulletin de la Société le Mémoire de M. Bourdon avec les dessins qui l’accompagnent.
- Signé : Henri Rouart, rapporteur.
- Approuvé en séance le 7 mai 1896.
- MEMOIRE DE M. CH. BOURDON.
- Nous examinerons d’abord les principes d’après lesquels fonctionnent les divers appareils qui constituent l’ensemble de notre mode de chauffage, et nous indiquerons ensuite les détails de leur construction pratique.
- I. — Principe du vaporigène.
- La figure 1 représente schématiquement la disposition théorique de l’appareil. Il se compose de deux récipients communicants : A est le vaporisateur, et B la bâche d'alimentation. Ils communiquent entre eux d’une manière permanente par le tuyau D, établi dans une région où il n’y a presque pas de vaporisation.
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- La section de la partie supérieure du récipient A doit être aussi faible que possible par rapport à celle de B, de sorte que le passage d’une certaine quantité d’eau de A dans B détermine une dénivellation très sensible h dans le vaporisateur, tandis que, dans la bâche B, il n’y a qu’une élévation h' presque insignifiante de l’eau ; le niveau s’y maintient donc à peu près invariable pour les limites entre lesquelles h peut varier.
- Avant que l’appareil ne soit en pression, l’eau s’élève au même niveau dans les réci-
- Fig. 1. — Principe du vaporigène.
- pients A et B ; mais, en fonctionnement, l’eau est en partie chassée de ce récipient par le tube D, et passe dans B.
- De l’échange d’eau qui se produit entre les récipients A et B, résulte entre eux une dénivellation dont la valeur maxima est : H — h h'. Cette dénivellation qui, ainsi que nous le verrons plus loin, peut varier de 0m,50 à lm,50, selon les différents types de vaporigènes, représente à tout moment la valeur de la pression de la vapeur dans le vaporisaleur. On voit immédiatement que, contrairement à ce qui se passe dans les générateurs ordinaires, la position du niveau dans le vaporisateur varie avec
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- la pression qu’acquiert la vapeur, tandis que la hauteur de l’eau reste à peu près constante dans la bâche d’alimentation.
- Ce mode de fonctionnement n’est évidemment admissible que si l’on peut limiter d’une façon certaine l’amplitude de ces variations, attendu que le niveau dans le vaporisateur ne doit jamais s’abaisser au-dessous d’une ligne telle que ab, correspondant à la zone du coup de feu.
- Ce résultat est obtenu très simplement en prolongeant le tuyau de prise de vapeur F jusqu’au niveau ab, et en le raccordant en C' à la bâche d’alimentation.
- Il est bien évident que ce tuyau C, qui est toujours en communication avec le vaporisateur par sa partie supérieure et avec la bâche par son extrémité inférieure, recevra de ce côté de l’eau qui prendra un niveau correspondant à la pression de vapeur qui existe dans A. Dès que cette pression aura abaissé le niveau de l’eau dans A et dans le tuyau C C' au-dessous du point C', l’excédent de vapeur que produira le vaporigène, et qui tendrait à en augmenter la pression au delà de la limite H que l’on s’est fixée, s’échappera dans la bâche B par la tubulure C'; elle se condensera, et servira à réchauffer l’eau d’alimentation jusqu’à ce que celle-ci ait atteint la température de 100°; après quoi, cet excès de vapeur passera dans l’atmosphère par le tuyau de décharge E. Au point de vue de la sécurité et de la conservation de l’appareil, cette disposition donne un résultat complet et G G' joue le rôle de tube de sûreté ou de tube manométrique.
- L’abaissement du niveau de l’eau dans le vaporisateur jusque en a b ne risque pas, comme on pourrait le croire, d’amener la détérioration du foyer. L’expérience a, en effet, prouvé, qu’étant donnée la faible section que présente la surface de l’eau dans le vaporisateur, il y a un dégagement énergique de vapeur donnant lieu à des projections d’eau qui rafraîchissent continuellement la partie supérieure de la surface de chauffe.
- La section réduite du vaporisateur détermine en outre une mise en pression très rapide.
- Pour rendre économique le fonctionnement du vaporigène, il faut régler à chaque instant l’intensité du feu de telle sorte que la fermeture d’un certain nombre de radiateurs ne donne pas lieu à un échappement de vapeur par le tuyau de décharge. Ce résultat est obtenu au moyen d’un régulateur d’une construction excessivement simple qui active ou modère comme il convient le tirage de la cheminée et fonctionne d’après le principe suivant :
- Le papillon G (fig. 1), qui règle le tirage de la cheminée, est mobile autour d’un axe gg, sur lequel est calé le fléau du régulateur, — nous disons « fléau », car ce dernier est une simple balance, et a reçu, pour cette raison, la dénomination de régulateur à balance hydrosialique.
- L’appareil régulateur est représenté sur les figures 2, 3 et 4. Il se compose de deux pièces principales : 1° un fléau Pi^Cj (P</GG en plan fig. 3), calé sur l’axe gg (fig. 1) du papillon du conduit de fumée ; 2° un vase Aj Bj (fig. 2) muni de tourillons C4, qui s’engagent dans des encoches ménagées aux extrémités de la fourche GG du fléau P(/CC.
- Le vase At B, porte à sa partie inférieure une tubulure qui est reliée par un tuyau flexible au fond d’un vase D, rempli d’une certaine quantité d’eau, sur la surface de laquelle s’exerce la pression du vaporigène.
- Tant que la pression ne dépasse pas la valeur H, l’eau monte dans le tuyau flexible, mais ne pénètre pas dans le vase, qui-occupela position A^B^, correspondant Tome I. — 95° année. 5e série. — Juin 1896. 52
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- à sa position d’équilibre quand il est vide ; lorsque la pression augmente, l’eau arrive dans le vase dont le poids augmente; l’équilibre est rompu, et un déplacement du fléau se produit jusqu’à ce que l’augmentation du bras du levier du contrepoids P2 permette à celui-ci d’équilibrer le vase et l’eau qu'il contient.
- La sensibilité de cet appareil pour un déplacement donné du fléau, est surtout régie par l’angle que font entre eux les deux bras du fléau, et l’on peut arriver à obtenir une amplitude de mouvement qui correspond aux positions ouvertes et fer mées du papillon pour une augmentation de la pression aussi petite que l’on veut.
- Le papillon manœuvré par ce régulateur est disposé comme nous l’avons repré-
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- Fig. 2, 3 et 4. — Détail du régulateur.
- senté sur la figure 4; il est installé dans le conduit de fumée AA et fixé à un axe#, sur lequel est calé extérieurement le fléau du régulateur. La position du papillon oscille entre les deux positions extrêmes P' et P"; dans ses déplacements, il modifie les sections du passage PP" et PP' de la fumée et de l’air froid qui pénètre par l’ouverture ab\ on peut, par ce moyen, arriver à un réglage parfait de l’intensité du feu.
- Dans la position la plus fermée P" du papillon, on maintient, au moyen d’une vis de butée Y, un faible passage pour les gaz de la combustion, de manière à ne pas intercepter complètement le tirage et à ne jamais avoir de refoulement de la fumée.
- Le même système de régulateur pourrait agir sur un clapet d’admission d’air sous la grille; mais, par ce procédé, il est difficile de maintenir l’intensité du feu au degré convenable, des variations très peu sensibles de l’ouverture de ce clapet modifiant beaucoup l’activité de la combustion. Les portes de foyer sont en outre rarement
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- assez étanches après quelque temps de service pour que l’action du régulateur conserve toute son efficacité. Dans l’application de ce système de régulateur au vapori-gène, l’influence de la rentrée d’air sous la grille a été, comme on le verra plus loin, combinée avec celle due à l’action d’un papillon monté sur le tuyau de fumée.
- II. — Construction du vaporigène.
- M. Bourdon a établi deux types différents de vaporigènes :
- Le type vertical convient pour les petites installations et le type à retour de flamme s’emploie pour celles exigeant au moins 100 kilogrammes de vapeur à l’heure.
- La série des vaporigènes verticaux comprend deux modèles produisant respectivement 30 et 30 kilogrammes de vapeur à l’heure.
- Ceux à retour de flamme peuvent être établis pour une production quelconque ; les plus grands construits jusqu’à présent fournissent 400 kilogrammes à l’heure.
- Nous allons donner la description de ces deux types d’appareils.
- Vaporiy'ene type vertical. — Ce vaporigène est construit presque entièrement en fonte, pour que le prix de revient en soit aussi réduit que possible.
- Le corps de l’appareil est constitué par un cylindre A (fig. 5) venu de fonte avec un socle et muni, sur tout son pourtour intérieur, d’ailettes a, qui augmentent la surface en contact des gaz de la combustion.
- Une enveloppe en tôle de fer ou de cuivre rouge entoure ce premier cylindre, auquel elle se boulonne à ses deux extrémités.
- Entre A et B, existe un espace libre assez réduit que remplit l’eau à vaporiser.
- La partie D du socle forme cendrier; elle est fermée par une porte munie d’un clapet très sensible R, qui s’ouvre automatiquement sous l’action du tirage, et qui se ferme pour diminuer l’admission d’air sous la grille, ajoutant ainsi son efficacité à celle du papillon lorsque celui-ci, sous l’influence du régulateur, agit pour modérer l’intensité du feu. Lorsqu’il y a excès de production, le tube se décharge à l’air libre, P amène sous le cendrier la vapeur qui se dégage; elle produit dans cet espace une légère pression qui complète la fermeture de la porte R commencée par l’action du régulateur. Le foyer n’est pour ainsi dire plus alimenté qu’avec de la vapeur, et son intensité diminue alors brusquement.
- La partie D sert à établir la communication entre le vaporisateur et la bâche d’alimentation ; le volume de D est assez grand pour qu’une certaine quantité de tartre puisse s’y déposer; c’est d’ailleurs la principale région où se fait ce dépôt, parce que l’eau n’y est pas soumise aux agitations provenant de l’ébullition.
- La colonne F, reliant la bâche d’alimentation au socle CD, communique avec ce dernier par un tuyau E, dont la section relativement réduite évite les échanges d’eau trop brusques entre le vaporisateur et la bâche d’alimentation, sous l’influence des variations de pression.
- L’examen de la figure 5 montre que l’on retrouve, dans cet appareil, toutes les dispositions de principe du tracé théorique (fig. 1).
- La bâche d’alimentation est divisée en deux parties par une cloison verticale qui ne se prolonge pas jusqu’au fond, comme on le voit en cd; le compartiment antérieur ainsi formé est fermé par un couvercle portant la petite bâche de régulateur M, dont nous avons précédemment indiqué l’utilité.
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- La pression de la vapeur sur l’eau de cette bâche s’établit par le petit tuyau b.
- Le compartiment postérieur de la bâche d’alimentation peut être ouvert à l’air
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- libre, attendu que jamais un échappement de vapeur ne peut se produire de ce côté, la colonne F se trouvant à l’aplomb du compartiment G.
- Ge compartiment ouvert est disposé pour recevoir un robinet à flotter qui fournit, quand il est nécessaire, l’eau d’alimentation au vaporigène.
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- L’approvisionnement de combustible est contenu dans un cylindre en fonte @u tliargeur N, emboîté à l’intérieur du vaporisateur.
- La surface de chauffe laisse libre sur tout son pourtour, entre elle et le chargeur, une zone annulaire de 4 à 5 centimètres de largeur, dans laquelle passent les produits de la combustion pour se rendre à la cheminée.
- C’est dans ce parcours qu’ils abandonnent leur chaleur au contact de la paroi du vaporisateur et des ailettes dont elle est formée.
- La partie supérieure de la trémie de chargement repose sur trois taquets venus de fonte avec la surface de chauffe. Elle est entourée et recouverte par une boîte à fumée également en fonte qui porte l’embase de la cheminée.
- Le tout est fermé par un couvercle dont l’étanchéité est obtenue au moyen d’un joint à sable.
- Le fond de la gorge à sable est une pièce de fonte O, qu’il suffit d’enlever sans aucun autre démontage pour avoir accès dans la zone verticale de circulation des gaz du foyer afin de faire tomber, s’il y a lieu, la suie qui recouvrirait la surface de chauffe.
- Grâce à cette disposition, ce nettoyage se fait sans enlever le chargeur, opération qui serait assez pénible en raison du poids de cette pièce.
- A la base du foyer, se trouve la grille de forme circulaire. Elle est supportée par un cadre dans lequel on peut la faire tourner quand il est nécessaire de faire tomber les cendres.
- Si une extinction oblige à vider le foyer, on tire à soi le cadre de la grille qui sort facilement du cendrier, et tout le combustible que contient la trémie peut alors être enlevé par la partie inférieure de l’appareil.
- Les vaporigènes de ce type vertical vaporisent environ 6 kilogrammes d’eau par kilogramme de charbon.
- La pression à laquelle ils fonctionnent est limitée, par le tube de décharge à 0m,500 d’eau, soit 1/20 d'atmosphère.
- Vaporigène type à retour de flammes. — Ces appareils sont construits entièrement en tôle; on peut donc leur donner les dimensions qui conviennent à l’application que l’on a en vue, puisqu’il n’y a pas de modèles spéciaux à établir.
- Ils se composent toujours des deux organes essentiels qui caractérisent les appareils dits vaporigènes : le vaporisateur et la bâche d'alimentation.
- Ces deux récipients communiquent entre eux d’une manière permanente par un tuyau A (flg. 6).
- De même que pour le vaporigène vertical, le vaporisateur B et la bâche C doivent présenter entre eux une grande différence de section pour que les variations dans la bâche soient insensibles.
- Le tube manométrique se retrouve en D E F.
- Examinons en détail les diverses parties de cet appareil : l’ensemble du vaporisateur est formé par la réunion de deuxcorps de chaudière, l’un horizontal, l’autre vertical.
- Le premier renferme la surface de chauffe, le deuxième reçoit le conduit de fumée et le récipient dans lequel est emmagasiné l’approvisionnement de combustible nécessaire à la marche à feu continu.
- La surface de chauffe occupe la partie la plus basse de l’appareil qui, d’ailleurs, est toujours rempli d’eau, quelle que soit la pression. Cette surface de chauffe est constituée par un grand bouilleur HI, qui forme le coup de feu, et une série de tubes Field horizontaux J, K, L.
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- Un bouilleur cylindrique M forme autel, et un autre bouilleur N garantit la façade de la chaleur intense qui se dégage sur le devant de la grille. Tout cet ensemble de bouilleurs est rivé à une boîte à feu dont la forme est semblable à celle de l’extérieur du vaporigène.
- Cette boîte à feu se boulonne à l’enveloppe extérieure suivant un grand joint 00 qui rend le foyer amovible. On voit, qu’en sortant le foyer, on aura accès dans les tubes Field et dans les bouilleurs transversaux qui traversent de part en part la boîte
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- Fig. 6. — Vaporigène horizontal à retour do flammes.
- à feu; cette sortie du foyer s’effectue sans occasionner le démontage d’aucune partie de, la tuyauterie.
- On a donné à la grille une disposition toute spéciale; les barreaux, dont la forme est indiquée en a, reposent d’une part sur l’entretoise b, et, d’autre part, sur la tige de fer c, contournée latéralement de chaque côté du foyer suivant la forme c d e f, pour venir reposer sur le fond du cendrier par sa partie e f; en tirant f en avant, la grille bascule, et le support c/‘vientreposer sa partie de; dans la nouvelle position qu’occupe la grille, il est facile de tirer à soi tout le mâchefer sans enlever le charbon incandescent qui servira à enflammer la nouvelle charge que l’on introduira.
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- Le cendrier S est garni d’une tôle pliée d’équerre qui bouche le dessous de l’autel. Elle se retire facilement par la porte lorsqu’on veut enlever les cendres accumulées dans le fond de la boîte à feu.
- La bâche d’alimentation a la même forme que celle des appareils verticaux. Elle est divisée en deux compartiments G G'par une cloison interrompue à une faible distance du fond pour établir entre eux une communication permanente.
- Le compartiment G est fermé par un convercle boulonné et peut seul recevoir la vapeur qui s’échappe par le tube manométrique lorsqu’il y a excès de production; le couvercle est muni d’un tuyau de décharge T, qui peut être disposé pour envoyer la vapeur sous la grille du foyer.
- Le compartiment G', où l’eau n’est pas agitée, est réservé à l’installation du robinet à flotteur.
- Le régulateur est installé d’une façon analogue à celui du vaporigène vertical; la vapeur lui communique sa pression par l’intermédiaire d’un petit réservoir R installé au-dessous du niveau qu’occupe à froid l’eau dans le vaporisateur.
- La position de ce réservoir est telle que sa distance verticale au vase du régulateur soit égale à la pression pour laquelle celui-ci doit commencer à agir.
- Ges appareils vaporisent 9 à 10 kilogrammes d’eau par kilogramme de charbon.
- Ils sont établis suivant trois types qui ne diffèrent entre eux comme construction que par le nombre de tubes Field qu’ils contiennent; ils produisent respectivement 100, 200 et 400 kilogrammes de vapeur à l’heure, à des pressions qui varient de 0m,65 à lm,50 d’eau suivant la puissance des appareils.
- III. — Auto-élévateur.
- Un problème des plus intéressants et qui n’avait pas reçu jusqu’à ce jour de solution simple, malgré les nombreuses études qu’il a provoquées, est l’application du chauffage à vapeur aux appartements ou aux locaux de niveau, dans lesquels il est obligatoire de placer le générateur de vapeur sur le même plancher que les surfaces condensantes. Dans ce cas, en effet, l’eau de condensation ne peut retomber à la chaudière par différence de niveau, et comme il n’est pas admissible qu’on la rejette au dehors, il faut, par une disposition spéciale, la refouler à la hauteur de la bâche d’alimentation. C’est le résultat que permet d’obtenir très simplement l’auto-élévateur.
- Avec le vaporigène, on pouvait, à la rigueur, obtenir la rentrée directe de l’eau à la chaudière sans appareils accessoires, en plaçant le bas des surfaces condensantes au niveau auquel se trouve l’eau dans la bâche d’alimentation, c’est-à-dire à un mètre du sol, mais l’esthétique la plus élémentaire rend inacceptable cette disposition. L’adjonction de l’auto-élévateur au vaporigène est une solution bien meilleure de cette question, puisqu’elle permet de placer les radiateurs directement sur le plancher, comme dans le cas des locaux à étages, et d’opérer le refoulement de l’eau des retours de condensation dans la bâche d’alimentation sans l’emploi d’aucun organe mécanique. Le principe de cet appareil, représenté schématiquement fig. 8, est le suivant :
- Supposons que la conduite de retour d’eau se termine par le clapet B, qui se trouve raccordé d’autre part avec une sorte de petite chaudière C, chauffée par un foyer à gaz G ou par tout autre moyen, ce clapet B ne peut s’ouvrir que sous l’action de l’eau s’écoulant des radiateurs vers la chaudière, et il s’oppose à tout refoulement en sens contraire. Un tube D e pénètre jusqu’au fond de la chaudière, puis s’élève jusqu’au
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- dessus de la bâche E, placée à hauteur convenable pour alimenter la chaudière par simple écoulement.
- Fig. 7, 8 et 9. — Auto-élévateur et radiateurs.
- Le fonctionnement de l’appareil est facile à comprendre : une certaine quantité d’eau de condensation ayant rempli C jusqu’au niveau qu’elle occupe dans la canalisa-
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- tion de retour, le foyer G l’amène promptement à l’ébullition, puisqu’elle a déjà une température voisine de 100°.
- La pression de la vapeur qui se forme refoule l’eau non vaporisée par le tuyau <?D, le clapet B s’opposant à sa rentrée dans les tuyaux de retour.
- Le refoulement a lieu jusqu’à ce que le niveau dans C se soit abaissé jusqu’en e. A ce moment, la vapeur qui remplissait G, et qui a servi à fournir la force motrice employée à élever l’eau, ainsi que celle que peut dégager la petite coucbe d’eau restée au fond de G, s’échappent dans l’atmosphère : la pression atmosphérique se rétablit dans la chaudière C par le tuyau D e, auquel 6n donne dans ce but un diamètre assez considérable; le clapet B peut alors se soulever à nouveau et laisser rentrer dans C une nouvelle quantité d’eau qui sera élevée comme la précédente.
- La disposition pratique de cet auto-élévateur appliquée à un vaporigène vertical est représentée sur les figures 7 et 8: la soupape B dont nous venons de parler se trouve au niveau du sol; la chaudière et le tuyau de refoulement de la disposition schématique sont constitués par un seul tube en fer coudé d’abord verticalement suivant d e (fig. 7), puis horizontalement suivant d e f g (fig. 9), de manière à épouser la forme intérieure du foyer du vaporigène.
- Ce tube se trouve ainsi en plein feu et par suite fortement chauffé; son action ne s’arrête donc qu’au moment de l’extinction du foyer; on est ainsi certain de ne jamais avoir d’accumulation d’eau dans les radiateurs.
- A l’extrémité g, le tube est de nouveau coudé verticalement suivant f g (fig. 7), puis horizontalement suivant g h (fig. 9) ; le tuyau de retour se termine à partir de ce point par un tuyau de décharge s’élevant'yerticalement en i jusqu’au réservoir d’alimentation de l’appareil que l’on aperçoit en plan en R (fig. 9).
- L’élévateur ainsi construit fonctionne comme il a été expliqué plus haut.
- IV. — Radiateurs.
- Les pressions très réduites auxquelles fonctionnent les vaporigènes ont permis de créer des types de radiateurs de construction très économique.
- Ils sont formés d’une boîte en tôle ondulée et galvanisée a (fig. 7), fermée à ses deux extrémités par deux fonds emboutis et soudés.
- La vapeur pénètre par le robinet B et l’eau de condensation s’écoule dans la conduite de retour. Lorsque cette canalisation débouche à l’air libre, suivant un mode de montage aujourd’hui très employé, le radiateur n’a pas besoin d’autre accessoire que le robinet d’arrivée de vapeur B. Si, au contraire, il est monté sur un circuit fermé, il doit être muni à la partie inférieure d’un clapet de retenue ou d’un robinet pour éviter que, lorsqu’on ferme le robinet B, il arrive de la vapeur ou de l’eau par le tuyau de retour, sous l’influence de la pression qui existe dans ces canalisations et du vide qui se produit à l’intérieur du radiateur. Pour assurer la purge d’air, un tuyau b plonge jusqu’à la partie inférieure du radiateur et débouche au dehors par un trou ayant au plus un demi-millimètre de diamètre, de telle sorte, qu’après l’évacuation de l’air, le dégagement de vapeur qui se produit est imperceptible.
- Si le radiateur doit être apparent dans la pièce où il est placé, on l’orne en le posant sur un socle A' et en le recouvrant d’un chapiteau A; ces deux pièces de fonte sont simplement emboîtées sur les extrémités du radiateur sans qu’elles aient à faire joint avec lui.
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- Ce mode de construction en tôle ondulée est très économique et permet, sans dépenses de modèles, de varier à l’infini les dimensions.
- La très faible épaisseur du récipient permet une transmission très active de la chaleur, et la condensation par mètre carré atteint le maximum; divers essais ont donné lkil,5 de vapeur condensée à l’heure par mètre carré de surface.
- L’ondulation double les surfaces, de sorte que les radiateurs ont, par rapport à leur puissance, des dimensions très réduites. Ils forment des récipients plats dont l’épaisseur n’est que de 75 millimètres, et qu’il est, par conséquent, facile de placer derrière le battant des portes.
- V. — Avertisseur électrique de manque d’eau.
- Les vaporigènes, quel qu’en soit le type, sont munis, comme il a été expliqué, de dispositions extrêmement efficaces qui modèrent, quand il est nécessaire, l’intensité
- du feu et évitent qu’un excès de production dure pendant un temps prolongé. En outre, un robinet à flotteur fournit à tout moment à la bâche d’alimentation l’eau dont elle peut avoir besoin pour que le niveau ne descende jamais au-dessous de la hauteur normale.
- Il est peu à craindre que ces mesures soient parfois Insuffisantes et qu’un appareil risque d’être détérioré par suite d’un défaut d’alimentation. Néanmoins, dans les grandes installations, où des vaporigènes produisant jusqu’à 400 kilos de vapeur à l’heure restent souvent en pleine marche pendant une demi-journée ou une nuit entière sans que personne s’en occupe, il a paru bon de les munir d’un accessoire fort simple qui, si le niveau dans la bâche d’alimentation descendait trop bas, avertirait par une sonnerie électrique le personnel chargé du service du chauffage, dans le local même où il a l’habitude de se tenir.
- La pièce essentielle de cet avertisseur électrique est une membrane métallique A (fig. 10), qui ferme à sa partie supérieure une petite cuvette en bronze B, dont le bas est en communication par un petit tuyau avec la bâche d’alimentation du vaporigène (fig. G). Le centre de cette membrane se soulève d’une petite quantité sous l’influence de la pression à laquelle elle est soumise, et ce soulèvement peut être réglé comme on le veut par le serrage d’un ressort à boudin C, au moyen d’une molette D. La partie supérieure de ce ressort s’appuie sur une arcade I, au travers de laquelle passe une tige F qui, d’un côté, est fixée au centre de la membrane flexible, et, de l’autre, pousse
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- Avertisseur électrique de manque d’eau.
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- une petite lame G, formant l’un des pôles d’un contact électrique. La borne qui fournit le courant à ce pôle est vissée directement au bas de l’arcade E, tandis que la borne de l’autre pôle en est séparée par un corps isolant.
- Le fonctionnement de l’appareil se comprend immédiatement. Quand une charge d’eau d’une certaine hauteur gonfle la membrane flexible, le circuit est ouvert; il se ferme, au contraire, dès qu’une diminution de cette charge, c’est-à-dire un abaissement du niveau de l’eau à un degré déterminé, supprime ou réduit le soulèvement de membrane. Le réglage du ressort permet à la sonnerie de se produire pour la hauteur de niveau que l’on veut adopter. Pour éviter que les personnes étrangères au service du vaporigène puissent changer ce réglage, l’avertisseur est recouvert d’une cloche H.
- Cet appareil pourrait, au moyen d’un double contact, indiquer aussi bien le trop
- Fig. 11, 12 et 13. — Application du vaporigène au chauffage des voitures des chemins de fer.
- deau4 que le manque d’eau. Par une modification simple, qui consisterait à soumettre les deux faces de la membrane à la pression qui existerait dans la partie remplie d’eau d’une chaudière ordinaire et dans le dôme de vapeur, cet avertisseur serait applicable à l’indication à distance de l’insuffisance ou de l’excès de l’alimentation des générateurs employés dans l’industrie. Il convient également pour indiquer à quel moment des réservoirs d’eau seraient ou vidés ou trop pleins.
- Dans le cas de l’application aux vaporigènes et aux chaudières, les tubes de communication doivent être coudés comme l’indique le croquis de montage pour éviter que la chaleur modifie l’élasticité de la membrane.
- "VI. — Chauffage des chemins de fer.
- Notre vaporigène appliqué au chauffage des voitures de chemins de fer remplace avantageusement les thermo-siphons dont les principaux défauts sont leur trop grand poids, leur mise hors de service trop fréquente par les grands froids et la complication de leur canalisation.
- Le matériel d’un chauffage à vapeur par vaporigène ne pèse que 200 kilos pour une voiture à quatre compartiments. La gelée ne risque pas de le détériorer, les conduits de distribution ne contenant jamais d’eau et les parois plates de la chaudière en tôle d’acier permettant la dilatation de l’eau, si celle-ci se prend en glace. La distribution de la vapeur n’exige qu’un seul tuyau, qui sert en même temps à ramener au générateur l’eau de condensation.
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- Un vaporigène A (fig. 11 et 12), du type à retour de flammes, fournit, dans les mêmes •conditions que pour les chauffages de locaux habités, la vapeur nécessaire pour le chauffage de la voiture.
- Cette chaudière est suspendue à la caisse ou au châssis. Si elle est fixée au milieu du véhicule, deux tuyaux B B, partant de sa partie supérieure, se dirigent de part et d’autre et distribuent la vapeur aux radiateurs placés dans les compartiments.
- Ces tuyaux, d’assez gros diamètre, ont une pente suffisante vers le vaporigène pour assurer le retour de la condensation.
- Les radiateurs sont des récipients E, en cuivre ou en tôle galvanisée, encastrés dans le plancher suivant l’axe de chaque compartiment.
- Leur longueur esta peu près égale à la largeur du véhicule, et leur fond est légèrement incliné vers l’extrémité par laquelle ils reçoivent la vapeur.
- Pour que l’air qu’ils contiennent puisse se dégager et faire place à la vapeur, on dispose à l’intérieur de chaque récipient un petit tuyau D qui débouche en dessous du plancher. A l’intérieur de la chaufferette, ces tuyaux sont disposés pour puiser, à un point relativement élevé de la chaufferette, l’air par un trou de un quart de millimètre de diamètre. Ainsi disposé, cet orifice ne risque pas d’être bouché; néanmoins, on le recouvre par un bouchon mobile qui est vissé sur le dessus de la chaufferette (fig. 13), afin que l’on puisse, s’il est nécessaire, le déboucher facilement avec une pointe. Réduits à ce diamètre, ces orifices ne laissent sortir qu’une quantité de vapeur insignifiante lorsque l’air a été chassé.
- Les chaufferettes étant maintenues à environ 100° par la vapeur qu’elles reçoivent, il est bon que la tôle qui en forme le dessus soit striée, afin que le contact avec les chaussures ne se fasse que par quelques points.
- L’ensemble de l’appareil est, comme on le voit, excessivement simple. Il ne comprend ni vase d’expansion ni autre accessoire délicat. Aussi, le fonctionnement d’une installation avec vaporigène est-il plus sûr que celui d’un thermo-siphon, dans lequel la moindre accumulation d’air empêche la circulation de l’eau de se faire régulièrement. Une disposition analogue a été appliquée au chauffage des voitures de tramway. La disposition du vaporigène, quia de très petites dimensions, est dérivée de celle des vaporigènes verticaux.
- Le matériel d’une installation de deux chaufferettes pour une voiture de 50 places de la Compagnie des Tramways-Sud pèse environ 85 kilos, eau non comprise.
- En résumé, l’exposé qui précède montre que le vaporigène est, au point de vue du •chauffage, susceptible de recevoir les applications les plus diverses.
- Il est important de remarquer que son emploi est très avantageux dans toutes les industries où l’on utilise la chaleur de la vapeur et non pas sa pression.
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- APPAREILS CHRONOMÉTRIQUES.
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- Rapport fait au nom du Comité des Arts économiques, par M. le général
- Sebert sur les appareils chronométriques présentés par M. le capitaine
- A. Thouvenin.
- M. A. Thouvenin, ancien capitaine d’artillerie, a présenté à la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale un certain nombre d’appareils chronométriques disposés en vue d’applications spéciales, et auxquels il a donné des noms différents, suivant la nature de ces applications.
- Examinés à un point de vue général, ces appareils sont, dans leur partie essentielle, des chronomètres à seconde affectant la forme ordinaire d’une montre, mais dans lesquels le côté opposé au cadran horaire a été utilisé pour recevoir un second cadre parcouru par une aiguille trotteuse de grande dimension qui fait quatre tours complets par minute et par conséquent chaque tour en quinze secondes.
- Le parcours de l’aiguille correspondant à chaque échappement du balancier; c’est-à-dire à chaque cinquième de seconde, se trouve avoir ainsi une grande amplitude, et les divisions du cadran peuvent permettre d’apprécier à vue, sans difficultés, des parcours correspondant à une durée atteignant 1/40 de seconde.
- Tous ces chronomètres sont à remontoir, et pourvus d’un poussoir qui permet, par trois actions successives, de mettre en marche, d’arrêter et de remettre à zéro l’aiguille trotteuse.
- Le mécanisme commandé par ce poussoir est réalisé de telle sorte que l’arrêt de l’aiguille ne s’opère pas seulement aux extrémités des parcours correspondant aux échappements, mais s’effectue d’une façon brusque en un point quelconque de ces parcours.
- Il en résulte que, si l’on considère le mouvement de l’aiguille comme constamment uniforme, on peut dire aussi que l’appareil mesure, avec une précision voisine du 1/40 de seconde, les durées qui séparent deux poussées successives sur le bouton du remontoir.
- Le mode de construction desrouages permet d’admettre que cette condition est réalisée avec une approximation suffisante, surtout si l’on tient compte de ce que d’autres causes d’erreur plus importantes, dues aux conditions physiologiques de l’opérateur, sont inhérentes au mode de mesure des temps par l’emploi d’un chronomètre commandé directement par l’observateur.
- On peut donc dire que les appareils de M. Thouvenin tirent tout le parti que l’on peut attendre de l’emploi* de cette méthode en-rendant aussi
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- ARTS ÉCONOMIQUES. --- JUIN 1896.
- commode et aussi précise qu’il est possible la lecture des plus petits intervalles de temps appréciables à nos sens.
- Le cadran parcouru par l’aiguille trotteuse a reçu, dans les appareils présentés par M. Thouvenin, des dispositions et des divisions différentes, suivant les destinations spéciales qu’ont en vue ces appareils.
- Dans un des modèles présentés, et qu’il a dénommé phonotélémètre, parce qu’il est spécialement établi pour permettre l’appréciation des distances par la mesure du temps qui s’écoule entre l’apparition visuelle d'un signal bruyant, comme un coup de fusil, et l’arrivée à l’oreille du bruit produit par ce signal, le cadran parcouru par la trotteuse porte, ainsi que cela a du reste été réalisé déjà par d’autres constructeurs d’appareils analogues, une division donnant, en regard du temps mesuré, la distance correspondante obtenue en attribuant au son une vitesse de 333 mètres à la seconde, et, par suite, en supposant qu’un tour complet du cadran, d’une durée de 15 secondes, correspond exactement à 500 mètres.
- Une série d’autres modèles, dénommés tachymètres, sont disposés pour permettre, à l’observateur qui les porte, de mesurer la vitesse linéaire avec laquelle il se déplace, et indiquent cette vitesse par une graduation placée en regard des temps employés pour franchir un intervalle connu.
- Dans les appareils dits vélodromètres, cet intervalle est pris égal au développement d’une piste ordinaire de vélodrome, soit 333 mètres.
- Dans l’appareil dit tachymètre-éçlair ou montre de touriste, la graduation est établie de façon à donner les vitesses correspondant à des parcours observés de 1 kilomètre, 1 hectomètre ou même seulement 1 décamètre.
- L’observateur met en marche le compteur quand il passe devant un poteau de départ et l’arrête quand il passe devant le poteau d’arrivée. Pour faciliter les observations quand la durée du parcours dépasse les quinze secondes que met l’aiguille trotteuse à faire le tour complet du cadran, la graduation est disposée en forme de spirale sur le cadran, et un changement de teinte indique les parties dans lesquelles la lecture doit s’effectuer selon la durée observée. Un petit cadran auxiliaire, parcouru par une aiguille qui compte les tours, porte des teintes correspondantes pour guider l’observateur dans le choix à opérer.
- Des chronomètres de ce genre, construits spécialement à la demande de la Compagnie des chemins de fer de l’Est, portent une double graduation établie l’une pour les mesures de distances métriques françaises, l’autre pour les mesures de distances russes.
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- Dans d’autres appareils, commandés par la Compagnie des chemins de fer du Nord, la courbe en spirale, est graduée de façon à utiliser les mêmes divisions, soit que l’on prenne comme base, dans le cas des petites vitesses, une distance de 1 hectomètre, soit que l’on prenne au contraire, pour le cas des grandes vitesses, une base de 1 kilomètre.
- Dans certains de ces chronomètres, M. le capitaine Thouvenin ajoute aussi une aiguille parcourant une division qui entoure le cadran horaire, et cette aiguille est mise en mouvement par des rouages commandés par une petite roulette striée, placée dans le plan méridien du boîtier, et dépassant légèrement la circonférence de ce boîtier.
- L’appareil devient, dans ce cas, un curvimètre qui, suivant les échelles choisies et les dimensions des engrenages adoptées, fait connaître les longueurs parcourues avec la roulette sur une carte à échelle convenable.
- Des curvimètres de ce genre ont été établis avec des échelles multiples, pour leur permettre de s’appliquer aux cartes militaires de différents pays.
- Ces appareils portent aussi une petite boussole sur la face supérieure du poussoir.
- Indépendamment des chronomètres qui précèdent, M. le capitaine Thouvenin a encore créé des compteurs sans montre, à 4 tours par minute, qui constituent des appareils beaucoup plus simples et moins coûteux, pouvant aussi permettre d’apprécier des courtes durées avec la même précision.
- Il a fait construire enfin de simples curvimètres avec graduations multiples et compte-tours, ainsi que des boussoles avec curvimètres au revers.
- M. le capitaine Thouvenin a réussi à organiser en France la fabrication de tous ces instruments, et il a pu obtenir, en même temps qu’une fabrication soignée, un prix de revient modéré (I).
- Un grand nombre de ces appareils ont été mis en service depuis plusieurs années, notamment pour ceux dits tachymètres, et plusieurs commandes de ces derniers instruments ont été faites par les compagnies de chemins de fer pour l’observation de la vitesse des trains en marche.
- En présence de ces résultats, votre Comité des Arts économiques vous propose de remercier M. le capitaine Thouvenin de son intéressante communication et d’insérer le présent rapport au Bulletin delà Société.
- Signé : Général Sebert, rapporteur.
- Approuvé en séance le 12 juin 1896.
- (1) Les appareils chronométriques de M. A. Thouvenin sont vendus par M. A. François, 95, faubourg Saint-Martin.
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- ARTS CHIMfQUES
- Rapport fait par M. Aimé Girard, au nom du Comité des Arts chimiques sur le Contrôle des Distilleries agricoles, par M. Sidersky.
- Le Syndicat de la distillerie agricole, présidé parM. Léon Martin, a pris, il y a deux ans, une initiative que l’on ne saurait trop louer et dont il est, dès aujourd’hui, permis de constater les heureux résultats.
- Imitant un procédé très répandu en d’autres contrées, mais jusqu’ici à peu près inconnu en France, ce syndicat a confié à un chimiste distingué le contrôle permanent de l’industrie qu’il représente. Ce chimiste est M. Sidersky qui, déjà, s’était fait connaître par divers travaux relatifs aux industries de la sucrerie, de la distillerie, etc.
- On prétendait, il y a peu de temps encore, que le concours de la science ne saurait, dans des conditions semblables, être acquis à nos industries agricoles; nos cultivateurs, disait-on, sont bien trop méfiants pour permettre, comme cela a lieu chez nos voisins, à un ingénieur, à un chimiste de visiter librement leurs usines, de rendre compte au public compétent des observations qu’ils y ont pu faire, des accidents qu’ils y ont rencontrés, comme aussi de leur indiquer les procédés à l’aide desquels ces accidents peuvent être évités ou combattus.
- L’expérience vient de montrer, qu’en cette occurrence, comme en bien d’autres, nous nous considérions comme inférieurs à ce que nous sommes réellement; le contrôle des industries agricoles, sous la direction des Syndicats, est aussi aisé et aussi fructueux en France qu’en toute autre contrée
- Depuis deux ans, les usines des adhérents au Syndicat de la distillerie agricole sont, à la demande de chaque intéressé, visitées régulièrement par M. Sidersky, les conditions dans lesquelles le travail s’y poursuit sont soigneusement contrôlées, les précautions particulières que le distillateur doit prendre pour que ce travail soit satisfaisant lui sont indiquées, l’application en est attentivement surveillée et les observations d’intérêt général auxquelles ces visites donnent lieu sont, à la fin de chaque année, condensées dans un rapport présenté au Syndicat.
- Déjà, M. Sidersky a rédigé deux rapports de ce genre : l’un comprenant les observations faites par luienl89i, l’autre les observations faites en 1895.
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- CONTRÔLE DES DISTILLERIES AGRICOLES.
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- Ces rapports ne sont pas mis dans le commerce de la librairie, le Syndicat les réserve à ses adhérents, mais, avec l’autorisation de celui-ci, M. Sidersky les a soumis à la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale, en lui demandant de bien vouloir porter un jugement sur les services qu’il avait pu rendre à l’industrie agricole de la distillerie de betteraves.
- Dans le premier de ces rapports, M. Sidersky, après avoir, par les visites qu’il a faites en 1894 aux usines des adhérents au Syndicat, constaté quels sont les fautes et les accidents les plus fréquents chez nos distillateurs de betteraves, s’est attaché à faire connaître à ceux-ci l’origine scientifique de ces fautes, de ces accidents et à leur indiquer la marche à suivre pour en empêcher le retour.
- La méthode de travail généralement suivie par la distillerie de betteraves rend ces fautes et ces accidents plus faciles à rencontrer que dans la distillation des grains, des pommes de terre ou des mélasses. Cette méthode, en effet, est continue et repose sur le coupage des cuves de fermentation, c’est-à-dire sur la mise en levain des cuvées nouvelles au moyen de moûts déjà fermentés; aux cuvées nouvelles ces moûts, s’ils sont en mauvaises conditions, apportent alors les germes de conditions semblables et mauvaises par conséquent.
- De là, la nécessité d’un contrôle incessant; c’est sur la nature du ferment, sur l’état d’acidité du moût, sur le rapport dans lequel acide minéral et acides organiques interviennent à cet état, sur l’influence de la vinasse de retour employée aux macérations, sur l’aération du jus, etc., que ce contrôle doit porter principalement.
- Dans son premier rapport, M. Sidersky aborde successivement tous ces points; pour chacun d’eux, il montre au distillateur où sontles écueils et lui enseigne comment il les peut éviter; de telle sorte que, dans ce rapport, on peut voir, en réalité, un code sommaire de l’industrie de la distillation de la betterave.
- Dans le second rapport, présenté par lui au Syndicat de la distillerie agricole le 26 janvier 1896, M. Sidersky entrant plus avant dans l’une des questions qu’il avait, l’année précédente, traitées d’une manière générale, insiste sur le rôle capital que joue, au cours de la fermentation, le degré d’acidité des moûts et sur le rôle non moins important de la nature des acides en présence.
- 11 établit par l’expérience que ce degré peut osciller entre 2 grammes et
- Tome I. — 95e année. 5e série. — Juin 1896. 63
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- 3 grammes par litre de jus de betterave, et, aussitôt, il fait remarquer que c’est l’acide sulfurique dont la cossette a été arrosée au coupe-racines qui doit surtout déterminer ce degré d’acidité et non point les acides lactique, butyrique, etc., nés d’une fermentation vicieuse et dont l’apparition, en réalité, correspond à une perte d’alcool. Conduit ainsi à la considération de l’intérêt que présenterait la détermination des proportions relatives d’acide minéral et d’acides organiques contenus dans un moût, M. Sidersky, enfin, imagine et fait connaître un procédé d’analyse ingénieux qui rend facile l’appréciation de ces proportions.
- Dans le jus macéré de la betterave, existe une substance incolore qui, s’oxydant au contact de l’air, surtout en présence des alcalis, va se colorant alors en rouge brun de plus en plus foncé. L’acide sulfurique libre empêche cette oxydation et, par suite, cette coloration ; les acides organiques n’y appor-tentaucune entrave, au contraire. Aussi, vient-on, dans le moût acide, à verser goutte à goutte une solution de potasse titrée, celui-ci demeure incolore tant qu’une quantité, si faible qu’elle soit, d’acide sulfurique y reste en liberté, tandis qu’aussitôt la limite de saturation atteinte, la coloration apparaît et va se fonçant progressivement jusqu’au moment où, les acides organiques étant saturés à leur tour, une goutte de moût devenu alcalin bleuisse le papier de tournesol. Comparées l’une à l’autre, les deux observations donnent alors : la première la proportion d’acide sulfurique libre, la seconde la proportion d’acide organique.
- En résumé, les travaux accomplis par M. Sidersky pendant les deux premières années de la mission de contrôle qui lui a été confiée par le Syndicat des distillateurs agricoles sont, au point de vue professionnel, pleins d’intérêt; ils sont de nature à assurer à la distillerie agricole de betteraves une sûreté et une régularité dans le travail, qui, jusqu’ici, lui ont fait défaut le plus souvent, ils constituent un service rendu à l’une de nos plus importantes industries agricoles.
- C’est pourquoi le Comité des Arts chimiques a l’honneur de vous proposer de féliciter le Syndicat de la distillerie agricole de son initiative, de remercier M. Sidersky de la communication de ses travaux et d’insérer le présent rapport au Bulletin.
- Signé : Aimé Girard, rapporteur.
- Approuvé en $éa?ice le 22 mai 1896.
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- TRAITÉ DES MATIÈRES COLORANTES.
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- Rapport présenté par M. de Luynes, au nom du Comité des Arts chimiques, sur le Traité des Matières colorantes de M. Lefèvre.
- L’industrie des matières colorantes artificielles, crééeenFrance en 1859, a pris un développement si extraordinaire, le nombre des produits qu’elle fournit est si considérable qu’il est extrêmement difficile de se guider dans l’étude des propriétés et des applications de ces corps nouveaux. La plupart d’entre eux ont été décrits dans les brevets, dans des recueils périodiques et dans quelques traités de chimie. Peu d’ouvrages spéciaux ont été publiés sur ce sujet, surtout en France. Le livre que M. Léon Lefèvre a présenté à la Société vient donc combler une lacune, et il sera facile, par l’examen, même succinct, des matières qui y sont traitées, de se rendre compte de l’importance exceptionnelle de ce travail.
- L’auteur indique, dans son introduction, le plan qu’il a suivi en écrivant son ouvrage. La nomenclature qu’il a adoptée consiste à faire suivre le nom générique du corps des groupes qui se trouvent dans les divers noyaux, ceux-ci étant désignés par la première lettre de leur, nom accompagnée d’un indice qui indique leur place, système qui peut s’appliquer à toutes les classes de couleurs et qui permet d’avoir une nomenclature uniforme dans tout l’ouvrage.
- L’étude de chaque couleur comprend sa formule de constitution, ses propriétés, sa préparation sommaire et ses applications. Une bibliographie complète renvoie aux sources.
- L’ouvrage est divisé en vingt chapitres, dont chacun se rapporte à une classe de matières colorantes.
- Après avoir exposé la théorie des chromophores et des chromogènes de Witt, l’auteur traite d’abord des couleurs nitrées et azoxy. Le chapitre III comprend l’étude des composés azoïques, avec lesquels sont rangés les composés sulfonés des amines des phénols et des aminophénols ; on v trouve les procédés de diazotation, les réactions des diazoïques sur les amines et les phénols, les couleurs tétrazoïques, etc.
- L’auteur discute les relations qui peuvent exister entre les formules des couleurs azoïques et de leurs nuances. Le chapitre se termine par un tableau complet des couleurs azoïques connues jusqu’à ce jour, et qui sont rangées dans l’ordre suivant :
- Chaque amine primaire fait l’objet d’un tableau; c’est, en effet, le corps
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- fondamental, celui qui, diazoté puis uni à un phénol ou à une amine, engendre la couleur.
- Les tableaux sont divisés en cinq colonnes. Dans la première, on trouve les amines et les phénols sur lesquels on fait réagir Lamine diazotée ; dans la seconde, la formule développée des couleurs ayant ou ayant eu un intérêt technique; dans la troisième, la littérature; dans la quatrième, le nom commercial; dans la cinquième, les propriétés et les observations.
- L’ensemble des tableaux est divisé en quatre groupes comprenant six classes.
- Le chapitre se termine par l’indication de la formation des couleurs sur la fibre et des cas particuliers d’application. Ce chapitre seul contient 450 pages. On y trouve aussi des figures représentant les différents appareils employés dans la fabrication des couleurs azoïques.
- Dans les autres chapitres faisant partie du premier volume, on trouve, exposé avec le même ordre et décrit avec le même soin, tout ce qui se rapporte aux couleurs hydraziniques, aux indamines, aux indones, aux oxindamines, aux oxindones, aux thiazines, aux eurhodines, aux safranines et aux indulines.
- Les couleurs décrites dans ce premier volume ne pouvaient être rattachées à aucun carbure fondamental, et l’auteur les a classées en tenant compte, autant que possible, de leurs groupés ehromophoriques qui renfermaient tous de l’azote.
- Les couleurs dont il est question dans le second volume dérivent toutes des carbures suivants, à l’exception des couleurs dérivées des bases quinoléiques. Ce sont, avec ces dernières, les couleurs dérivées du naphta-lène, du diphénylméthane et ses homologues, du triphénylméthane et ses homologues, de l’anthracène et ses homologues, auxquelles se trouvent jointes les quinones-oximes.
- L’avant-dernier chapitre est consacré à l’étude des indigos artificiels. Il comprend la description complète de tous les procédés de synthèse de l’indigotine, et de ses applications en teinture, ainsi que celles du sel d’indigo, combinaison bisulfitique de l’orthonitrophénylelactocétone et du mélange d’indoxyle et d’acide indoxyiique, livré au commerce sous le nom d’indophore.
- Quelques notions sur les couleurs diverses et de constitution inconnue, cachou de Laval, canarine, etc., et un supplément relatif à quelques couleurs ayant paru pendant la rédaction de ce livre terminent le second volume
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- l’ozoniseur.
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- Le trop court examen que nous avons fait de ce livre montre qu’on y trouve rassemblé aussi complètement que possible, avec les notions théoriques et pratiques, tout ce qui a été fait ou publié sur les matières colorantes artificielles. Ce livre sera donc précieux pour le savant et le praticien qui pourront le consulter avec fruit. Il contient plus de 1600 pages. Des figures insérées dans le texte permettent de suivre facilement la description des appareils qui y sont décrits. Il est édité avec le plus grand soin par M. Georges Masson.
- Nous vous proposons, Messieurs, de féliciter l’auteur d’avoir su mener à bien cet énorme travail, de le remercier de son intéressante présentation, et d’insérer le présent rapport au Bulletin.
- Signé : de Luynes, rapporteur.
- Approuvé en séance le 12 juin 1896.
- Rapport présenté par M. Shutzemberger au nom du Comité des Arts chimiques sur VOzoniseur de M. G. Seguy.
- Messieurs,
- M. Gaston Seguy a présenté à la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale un nouveau générateur d’ozone destiné à favoriser l’emploi de cette modification de l’oxygène dans ses diverses applications tant industrielles que médicales et antiseptiques.
- La condensation de l’oxygène est réalisée, comme toujours, au moyen de l’effluve électrique.
- Le nouvel appareil se caractérise surtout par les dispositions adoptées par l’auteur pour arriver pratiquement aux meilleurs rendements en ozone, tout en diminuant le volume des appareils. Il se compose essentiellement de trois gros tubes horizontaux en verre superposés et communiquant deux à deux, de manière à former en réalité un seul tube en S traversé par l’air ou l’oxygène.
- Dans chacun des gros tubes générateurs, se trouvent placés sept tubes on verre ouverts aux deux bouts, de petit diamètre, et d’une longueur un peu moins grande, avec spirales en fils d’aluminium intérieures et extérieures. Les spirales intérieures sont recourbées en un faisceau unique faisant saillie
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- en dehors du tube générateur ; il en est de meme des spirales externes qui sont enroulées d’une manière plus serrée. Chacun des générateurs tubulaires est actionné par une bobine spéciale.
- Cet appareil donne, alimenté par de l’air, à une température de 4 ou 5 degrés centigrades, avec une force électromotrice de 6 volts, une intensité de courant de 8 ampères environ et un débit gazeux de 15 litres à l’heure, un rendement moyen en ozone de 170 milligrammes par heure. Avec l’oxygène pur, le rendement peut s’élever, dans les mêmes conditions, à 250 milligrammes.
- Il est d’un maniement et d’un usage beaucoup plus pratique pour les applications que le générateur de M. Berthelot, destiné seulement aux recherches scientifiques. A ce point de vue, il nous paraît mériter l’attention de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale.
- En conséquence, j’ai l’honneur de proposer au Comité de remercier l’auteur de son intéressante communication et d’insérer le présent rapport.
- Signé : Shutzemberger, rapporteur.
- Approuvé en séance le 12 juin 1896.
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- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS
- Rapport présenté par M. Rossigneux au nom du Comité des Constructions et des Beaux-Arts sur le « Logomètre » de M. Sollier.
- Messieurs,
- L’instrument présenté par M. Sollier, dont il est l’inventeur, et auquel il a donné le nom caractéristique de « Logomètre », le mot logos étant pris ici dans le sens que lui attribue Aristote : proportion, rapport, est basé sur le principe mathématique du rapport constant existant entre les diverses mesures prises dans l’ouverture d’un angle et leur distance au sommet. Il a pour objet la mise au point proportionnelle de toute œuvre de sculpture en quelque matière qu’elle doive être exécutée : terre, bois, pierre, marbre, etc., pouvant être déplacée ou rester à demeure. Cependant, avec cet instrument, on peut encore reproduire un objet de même grandeur, et même en faire la contre-partie, c’est-à-dire en renverser symétriquement toutes les mesures.
- Avant que d’aller plus loin, j’insisterai particulièrement sur ce point, qui différencie essentiellement l’invention de M. Sollier d’une invention antérieure, très connue sous le nom de procédé de réduction Colas, le pantographe et ses dérivés.
- Le procédé Colas, parfaitement indiqué lorsqu’il s’agit de réduire littéralement une œuvre achevée en plâtre, cesse d’être pratique si l’objet à réduire dépasse une très faible dimension et ne peut être coupé par fragments, ou vice versa, l’objet à augmenter par fragments réunis après coup.
- En effet, la pointe guide d’une part, et la pointe agissante, solidaire en ligne droite avec le sommet fixe, ne peuvent s’étendre très loin et moins encore pénétrer dans les fonds si quelque saillie les arrête.
- D’autre part, la base tournante supportant modèle et exécution, dont chaque mouvement doit s’accomplir solidairement selon un angle de même degré, exige un ajustage très délicat et ne supporterait pas l’ébranlement des coups de ciseau ni même celui de la fraise, et son diamètre forcément restreint ne permettrait pas d’y placer une œuvre de moyenne dimension.
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- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS.
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- Ces machines exigent, en outre, une installation très compliquée : bâtis en charpente, pièces en fonte, en acier, etc., moteurs à vapeur ou électriques dont la dépense est bien autrement importante que celle du « Logomètre ». Mais il n’est nullement entré dans l’intention de M. Sollier de remplacer la machine Colas, son invention répondant à des besoins différents et son champ d’action étant autrement vaste, puisqu’il embrasse tout ce qui ne saurait être fragmenté en terre, bois, pierre, marbre, etc., et qu’il s’applique aussi bien aux travaux d’atelier qu’aux travaux de décoration monumentale.
- Aussi loin que l’on remonte dans l’histoire de la sculpture, on ne trouve aucune mention ou trace d’aucun instrument particulier permettant de reproduire un modèle autrement qu’à l’aide du compas connu de toute antiquité, ainsi qu’en témoigne une pierre gravée antique, et dont M. Charles Blanc a donné la description à la page 52 de sa Grammaire des arts du dessin .
- C’est encore à l’aide de ce procédé primitif que les sculpteurs de nos jours ont recours pour la mise au point du modèle qu’ils ont à reproduire dans une dimension différente, et il n’y a pas encore bien longtemps que tel était l’unique procédé employé pour toute espèce de mise au point.
- Ce n’est que vers 1850 que nous voyons apparaître un instrument ayant pour caractère principal une pointe unique, ou sonde, donnant à la fois les trois dimensions, mais seulement lorsqu’il s’agit de reproductions de grandeur semblable au modèle.
- Un des résultats de cette amélioration a été de rendre les ouvriers de la génération actuelle moins habiles à se servir du compas, en sorte que, pour les travaux de proportion qui ne peuvent, ou plutôt, qui ne pouvaient pas jusqu’ici s’exécuter différemment, les bons metteurs au point sont devenus assez rares. Aussi l’apparition d’un instrument permettant de faire pour les proportions ce que celui de 1850 réalisait pour la grandeur égale ne pouvait manquer d’être la bienvenue.
- Mais, pour résoudre ce difficile problème, une des conditions essentielles était de connaître à fond les besoins professionnels, il fallait, per-mettez-moi l’expression, quelqu’un du métier ; c’est pourquoi, sans être un profond technicien, un sculpteur, pourvu qu’il eût quelques légères notions des diverses sciences appliquées, était plus que tout autre indiqué pour mener à bonne fin cette délicate entreprise, et c’est en construisant lui-même son appareil en métal et en l’expérimentant au fur et à mesure sur
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- SUR LE LOÜOMÈTRE.
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- ses œuvres personnelles que M. Sollier est parvenu à créer l’instrument parfait que j’ai l’honneur de vous présenter en son nom.
- L’appareil se compose : 1° de deux croix portant chacune deux pointes mobiles à leur extrémité inférieure et une pointe crochue à celle supérieure. Une fourchette glissant dans une douille jumelle permet de porter la
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- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS.
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- pointe crochue à la longueur voulue. Les pointes de la base s’allongent également à la demande; elles peuvent se mouvoir latéralement ; de plus, un mouvement circulaire à la jonction des branches de la croix permet de les placer dans un plan oblique (fîg. 3) et par conséquent de les adapter à toutes les combinaisons imaginables « de points de clous » ou points de basement. Le centre (B) de ce mouvement constitue le point de départ des mesures, soit en hauteur, soit en largeur. En profondeur, le point de départ se trouve contenu dans un plan fictif parallèle antérieur du tube Y et passant par le centre P ; la projection de ce plan est marqué par une ligne de repère D sur l’extrémité opposée à la pointe de chacune des deux douilles inférieures et de la douille jumelle supérieure, et sert à mesurer la longueur des pointes (fîg. 2, 3 et 4).
- Les centres des divers mouvements étant inaccessibles, le chiffre vrai des divisions a été reporté d’une distance égale à la différence résultant de la longueur de l’index; ainsi, les chiffres des tubes V indiquent la distance vraie du plan horizontal passant par le centre B et le centre P, ceux du tube T la distance vraie du centre P au centre Z, et ceux de la sonde la distance vraie du centre Z à la pointe.
- La petite croix offre un champ de parcours en hauteur de 0m,55 environ.
- Les dimensions de la plus grande ont été calculées pour faire l’augmentation la plus usitée, celle au double; pour les autres, il suffira de diminuer l’écartement des pointes de l’une ou de l’autre : de la petite si c’est une proportion plus éloignée telle que 1/3, 1/4 et fractions intermédiaires; de la grande, si la proportion est moindre comme 2,0/2,3, etc.
- La grande croix est munie d’un tube compensateur portant en son milieu une vis de rappel destinée à maintenir parfaitement rectiligne le tube vertical, quelle que soit l’inclinaison donnée à la croix.
- Cette vis peut être facilement déplacée pour permettre le passage de la douille V (fîg. 4) le long de ce tube.
- L’une de ces deux croix est placée sur le modèle, l’autre sur l’exécution.
- S’il s’agit d’objet modelé ou de dimension à ne pouvoir être ébranlé par les coups d’outils, les deux croix peuvent rester à leurs places respectives; mais, dans tous les autres cas, la croix seule d’exécution a besoin d’être déplacée.
- Sur les deux croix vient se fixer alternativement, à l’aide d’une petite clavette à vis H (fîg. 4) l’ensemble des pièces destinées à déterminer le point et à le reporter grandi ou diminué.
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- Cet ensemble de pièces, qui constitue la partie mobile de l’instrument,
- Fig. 2. — Profil de la grande croix. Le graphométre indique 1° d’inclinaison.
- Fig. 3. — Petite croix. Graphométre et table de marbre servant à la vérification des instruments.
- se fixe à la hauteur marquée par le biseau index Y' (fig. 4) sur les divisions
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- du tube V, embrassant le tube lui-même àla grande croix, et la douille mobile (V,fig.3)àla petite placée au-dessous de la grande, servant à fixer la hauteur.
- Fig. 4. — Détail au 3/5e de la fourchette mobile K et du pivot P.
- Ces pièces sont : 1° une fourchette K, perpendiculaire au grand tube de la croix, entre les branches de laquelle s’opère, pour le tube T, un mouvement
- B
- Fig. 5. — Détail de la sonde et du pivot z. Fig. 6. — Vernier de la sonde.
- circulaire autour du pivot P, fixé par la vis S, et un mouvement angulaire dans le plan vertical, fixé à l’aide du segment de cercle placé près du pivot
- (fîg. 4).
- Le tube horizontal T (fig. 5) glisse à son tour dans une douille portant
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- un biseau index X (fîg. 4) à sa petite extrémité; des divisions en millimètres dans toute sa longueur permettent d’amener le pivot de la sonde à la distance voulue.
- Cette sonde peut exécuter un mouvement circulaire complet dans le plan horizontal, et un mouvement angulaire dans le plan vertical.
- La combinaison de ces divers mouvements répond à tous les besoins et permet, à quelques rares exceptions près, de toujours prendre le point perpendiculaire à son plan.
- Enfin la sonde, divisée également dans toute sa longueur, glisse dans une petite douille Z (fig. 5) et la profondeur au point est fixé par une petite pièce mobile b de la même façon que pour la mise au point ordinaire.
- Avec un peu d’habitude, il est évident que l’opérateur peut apprécier à première vue les fractions en millimètres 1/2, 1 /3 ou 1/4 ; cependant, pour les cas très rares où une plus grande approximation est nécessaire, M. Solfier peut adapter un vernier à chacun des trois index :tube V, tube T ou sonde, qui permet d’évaluer rigoureusement jusqu’à 1/10 de millimètre.
- M. Solfier a donné à son appareil des dimensions qui lui permettent d’embrasser une superficie rectangulaire de lm,20 sur 0in,70 sans avoir à redouter de différence par le fait de la flexion du tube T, mais comme l’instrument peut se déplacer, il répète autant de fois les trois points de basement que le comporte la dimension du sujet, soit en hauteur, soit en largeur, et ce à l’infini (1).
- Il peut se servir de l’instrument lui-même pour placer les nouveaux points de départ dans le sens latéral, et, pour le report en hauteur, il place les deux points horizontaux avec l’instrument, et le troisième, celui de la pointe crochue, à l’aide d’une espèce de graphomètre (fig. 2 et 3), qui, appliqué sur les tubes Y, donne l’angle d’inclinaison de la croix, et, par conséquent, la place exacte du point sommet.
- Avec la mise au point telle qu’elle est encore pratiquée de nos jours, voici comment l’opérateur procède dans le cas d’une mise au point proportionnelle, telle qu’un agrandissement par exemple : le petit modèle doit être scellé contre une muraille et on établit au-dessus un châssis en bois rectangulaire dont les côtés doivent être rigoureusemeut d’équerre; au-dessus du bloc de pierre ou de marbre dans lequel doit s’exécuter le grandissement, on
- (1) Partout où la légèreté doit être la qualité dominante et où la nature du métal ne s’y opposera pas, M. Sollier se propose dans l’avenir d’employer l’aluminium, surtout pour les tubes de soutien, freins, etc.
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- établit un second châssis proportionné aux dimensions voulues; de chacun de ces châssis, et passant par des divisions plus ou moins espacées, on laisse descendre des fils à plomb, puis, partant d’un premier point comme hauteur et des fils comme profondeur, on place trois points formant autant que possible un triangle équilatéral entre eux; à l’aide de ces trois points, on en forme un quatrième, qui sera le sommet d’une pyramide, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’on ait obtenu un nombre de points de clous suffisants pour placer les points de détail. On appelle ces premiers points, points de clou parce qu’il est d’usage de sceller en saillie chacun de ces points principaux un clou de cuivre percé au sommet d’un petit trou destiné à recevoir la pointe du compas. On comprend combien toutes ces opérations sont longues, minutieuses, et combien il faut d’habileté à l’opérateur dans le maniement du compas pour éviter la moindre petite erreur qui, transmise progressivement d’un point à l’autre, peut fausser tout le travail.
- D’autre part, les châssis, en supposant qu’ils aient été construits parfaitement d’équerre, y restent difficilement, exposés qu’ils sont aux variations atmosphériques des ateliers ; les fils sont difficiles à immobiliser; mais, où les causes d’erreur sont les plus nombreuses, c’est dans la flexibilité des branches du compas, la grosseur de ses pointes, la possibilité de prendre un compas pour l’autre dans les mesures à peu près semblables, et enfin le report de la mesure à l’échelle où une même mesure peut varier de plusieurs millimètres selon que l’échelle de proportion est placée ou non dans le sens où la mesure a été prise, le poids des branches du compas, qui atteint parfois 0m,80 de longueur, faisant ainsi allonger la mesure dans le sens vertical. Aussi la plupart des praticiens avouent-ils, sous le manteau de la cheminée, qu’il n’est pas possible, avec les moyens actuels, de répondre d’une augmentation juste.
- Au point de vue de la rapidité, quelque habileté dont se prévalent certains ouvriers, il est incontestable, qu’à habileté égale, une mesure sera plus vite prise que trois, et comme, indépendamment du temps nécessité par la pose des points de clous, que supprime complètement le « Logomètre », il faut, pour chaque point à placer, prendre au moins trois mesures, souvent une quatrième de vérification, ces trois ou même quatre mesures les porter chacune à l’échelle, puis présenter les trois compas après chaque couche de matière enlevée, ou ajoutée si c’est de la terre, on n’atteint généralement le point qu’après un certain nombre de tâtonnements.
- D’autre part, les points dessous se trouvent rarement former un triangle
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- équilatéral avec le point de détail cherché, il arrive alors que le point de rencontre des trois sections est dépassé, les pointes ne se rencontrant pas, on continue à creuser et on enfonce le point. Avec le « logomètre », cette erreur n’est pas à craindre, la sonde indiquant sans hésitation le plan cherché, qu’elle lui soit ou non absolument perpendiculaire.
- Les trois dimensions sont prises en une seule opération, et il suffit, à chaque couche enlevée, d’un seul coup de sonde pour se rendre exactement compte de la quantité de matière à enlever encore.
- Pour le modelage, l’opération est bien plus facile encore, le premier coup de sonde indiquant dans l’espace la place que doit occuper le point cherché, on n’a plus qu’à y amener la terre et à y planter la cheville indicatrice ; on voit également avec plus de clarté la place que doit occuper l’armature.
- Certainement, ayant à déterminer trois dimensions, la proportion de chacune doit être cherchée à l’aide des divisions, mais cette opération, du reste très rapide, n’a besoin d’être renouvelée à chaque point que pour la sonde seule.
- En effet, nous pouvons prendre un grand nombre de points dans une même région, uniquement en changeant l’ouverture des angles, et comme c’est l’angle lui-même que nous transportons, et qu’un buttoir d’arrêt B, (fig. 5) permet de retrouver exactement le point d’arrêt à minima ou à maxima de la course, il s’ensuit que, pour 50 points environ que nous placerons, nous aurons à changer 50 fois les divisions de la sonde contre 5 fois les divisions du tube T et une fois celles du tube Y.
- Le calcul des divisions se fait lui-même très facilement s’il s’agit de demie, de tiers, par le calcul mental; pour toute autre proportion, comme on peut toujours, aux tubes Y et T, prendre au point de départ un chiffre entier, on établit à l’avance un barême donnant, pour ces deux règles, les chiffres correspondants obtenus par le moyen de l’angle de proportion en usage pour la mise au point au compas, avec cette seule différence que l’un des côtés du triangle est gradué en millimètres.
- Pour la sonde, dont le fractionnement peut être à l’infini, et ne peut par conséquent être prévu à l’avance, nous aurons une sonde particulière à chaque proportion à doubles divisions; en millimètres d’un côté, de l’autre en millièmes proportionnels. En cas d’emploi du vernier, le buttoir portera des divisions proportionnelles également sur chacun de ses deux biseaux longitudinaux.
- En résumé, l’instrument que M. Sollier a l’honneur de soumettre à votre
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- haute appréciation, réalise un progrès très important et longuemen t attendu, en ce qui concerne les procédés matériels de la sculpture : aux artistes, il apporte un moyen de grandir ou réduire eux-mêmes facilement et avec précision leurs esquisses ou études préparatoires, alors que, jusqu’ici, ils n’en avaient aucun, les professionnels seuls de la mise au point étant à même de faire usage du châssis et du procédé à l’aide duquel on arrive à projeter tous les points sur la base et à les remonter au visé par le fil à plomb tenu à la main et qui donne des résultats sur lesquels on ne saurait se fier
- Ce qu’on ne saurait nier, c’est qu’un artiste en face de la nature doit être libre de toute entrave, et que la précision mathématique n’a que faire avec son inspiration et son génie, mais lorsqu’il a donné une forme à sa pensée, précisé son mouvement dans une esquisse de premier jet ou dans une étude modelée dont les petites dimensions lui ont permis d’être plus facilement maître, son seul objectif est généralement d’obtenir en grand les lignes, valeurs ou plans principaux, et ce n’est pas déroger que de prendre soi-même quelques mesures indispensables, alors qu’on a sous la main l'instrument qui permet de les prendre vite et bien.
- Aux professionnels, praticiens, metteurs au point, le Logomètre apporte un procédé plus rationnel, plus rapide et plus sûr. Alix ornemanistes il permet en plus de faire la contre-partie.
- Du reste, cet instrument a déjà reçu la sanction de l’expérience, et M. Solfier a été assez heureux pour compter au nombre de ses premiers adhérents, l’un de nosartistes les plus en renom, i\l. Boucher, etle directeur d’un des plus importants ateliers de pratique, M. Greber, qui, avant d’adopter définitivement l’usage de cet instrument, lui a fait subir les plus sérieuses épreuves, et qui, aujourd’hui, s’en sert avec succès pour la mise au point d’œuvres de premier ordre.
- Reste maintenant à convaincre le gros de l’armée, et M. Solfier ajustement pensé que rien ne saurait lui être plus utile que l’approbation qu’il pourrait trouver au sein d’une Société composée, comme est la vôtre, des plus éminentes personnalités dans les arts, les sciences, l’industrie, et c’est avec confiance qu’il attend de vos suffrages éclairés la sanction de son œuvre.
- Signé : Rossigneux, rapporteur, approuvé en séance le 12 juin 1896.
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- Rapport fait par M. Édouard Simon, au nom du Comité des Arts mécaniques, sur les produits d'amiante fabriqués par MM. Hamelle et Ghed-
- ville, à Saint-Pierre-lès-Elbeuf (Seine-Inférieure).
- Messieurs,
- Le silicate de magnésie et de chaux désigné dans le commerce sous les noms à’amiante (1) et d'cisbeste (2) existe dans les montagnes de la Taren-taise, dans les Pyrénées, en Savoie, en Corse, dans le Tyrol, en Hongrie, au Groenland, en Sibérie, au Cap, en Amérique, dans les États de Virginie, du Maryland, de Pensylvanie, de New-York, au Canada.
- Les gisements du Canada, qui fournissent à notre industrie les libres les plus soyeuses, les plus souples et les plus résistantes, ont fait l’objet d’une intéressante étude publiée en 1890 par M. A. Ladureau. Nous en extrayons ce qui suit :
- L’amiante se trouve dans deux parties du Canada assez éloignées l’une de l’autre. C’est dans les districts de Thetford, Goleraine, Danville et Lac Noir que sont les quinze mines en travail ayant produit l’année dernière (1889) avec cinq cent soixante ouvriers, 5 920 tonnes d’amiante... Très recherché sur les marchés anglais et américains, le prix en a doublé depuis un an. Il ne valait à cette époque que 500 francs la tonne, il vaut aujourd’hui 1 000 à 1 200 francs.
- L’amiante s’exploite à ciel ouvert dans de grandes excavations. Ce minéral est presque toujours enchâssé dans une roche serpenlineuse dont on le sépare en faisant sauter à la mine des quartiers de roche et en dégageant ensuite à coups de maillet les veines d’amiante. Par suite de la quantité considérable de roche inutile, le coût d’extraction est assez élevé. On compte, en moyenne, 200 à 250 francs de frais par tonne d’amiante. On voit que ce travail laisse cependant une assez jolie marge de bénéfices (3).
- Pourquoi — ainsi que le faisait justement remarquer l’auteur de cette étude, signalant en même temps les abondants gisements de phosphates canadiens — nos compatriotes abandonnent-ils la place aux Anglais et aux
- (1) Amiante, de a privatif et du grec piaveiv, souiller; qui ne peut être souillé.
- (2) Asbeste, du grec a.voivioç, inextinguible, parce que les anciens croyaient que l’amiante, une fois allumé, ne pouvait s’éteindre.
- (3) La Nature, 13 décembre 1890.
- Tome I. — 95° année. 3e série. — Juin 1896. 31
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- Américains dans un pays très français, où l’on n’entend parler que notre langue et où ils retrouveraient à chaque pas les souvenirs de la patrie ?
- La question mériterait d’être examinée, mais les développements qu’elle comporte nous entraîneraient hors des limites de ce rapport ; nous nous hâtons de revenir à notre sujet.
- Les propriétés particulières de l’amiante furent connues dès la plus haute antiquité, et là, comme pour d’autres produits de la civilisation, les pays asiatiques devancèrent l’Europe. Le livre de Marco-Bolo en fournit la preuve et, dans les quelques lignes ci-après transcrites, résume les procédés d’extraction, puis de transformation de l’amiante en fils et en tissus, tels qu’ils étaient pratiqués en Mongolie.
- En la fin de celte province (Chingin-talas ou Saï-yin-tala) vers Tremontaine (le nord), a une montaigne où il a moult bonnes vaines d’acier. Et sachiez bien, qu’en ceste dite montaigne, se trouve une vaine de laquelle se fait la salemandre. Car sachiez de voir, vrai) que salernandre n’est pas beste, si comme on dist en no pais; mais est de vaine de terre; et orrez comment.
- Il est voirs (vrai) que chacun set que, par nature, il n’est nul beste, ne nul animal qui peut vivre dedens le feu, pour ce que chascun animal est faiz des quatre éle'ments. Or avoie-je, Je, Marc Paul, un compaignon turc qui avait à nom Surficar (Zulficar) ; et estait moult sages. Et conta, ledit turc, à Messire Marc Pol, comment il avait demeuré en cette terre trois ans, pour le grant Kaan, pour faire traire (extraire) de ces sale-mandres pour le seigneur. Et dist que l’en fait caver en celle montaigne, et trouve l’en une vaine; et se prent cele vaine et s’esmenuise ; et treuve l’en dedens comme files de laine; et puis les met en sechier. Et quand elle est seiche-, si s’en ist dedens granz mortiers de fer; et puis la font laver et vet (s’en va) toute la terre, et demeure si comme filz qui samblent de laine. Et le fait l’enfiler, et en fait Pentouailles (nappes, etc.). Et quand elles sont faites, si ne sont pas bien blanches; mais ils les mettent dedens le feu. Et quand elle en est traite, si est blanche comme noif (neige;- Et toutefois qu'elle devient orde (sale), si la met l’en devant le feu, si devient blanche (1).
- La dernière remarque de Marco-Polo nous a paru d’autant plus digne d’ètre notée que, parmi les produits présentés par MM. Mamelle et Chedville se trouvent des bandes à pansement actuellement en essai et que, précisément, l’un des avantages de ces tissus consisterait dans la possibilité de les passer au feu aussi souvent que de besoin pour en assurer l’antisepsie. 11 convient, en cette matière surtout, d’attendre les résultats de l’expérience.
- Malgré les propriétés précieuses de l’amiante, le prix relativement élevé
- (1) Le livre de Marco-Polo, chap. MX, p. 161 ; publié par M. G. Pauthier. — Paris, Firmin-Dklot, 1866.
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- de la matière première et surtout les difficultés de la préparation et du filage des fibres en ont longtemps restreint l’usage. Depuis l’adoption des hautes pressions dans les moteurs à vapeur, il a fallu trouver des garnitures plus résistantes que les tresses de chanvre, les rondelles en caoutchouc et les joints au mastic. L’amiante était tout indiqué, et les Américains ont, si nous ne nous trompons, tenté les premiers essais.
- Une locomotive calédonienne avec des stuffing-box garnis d’amiante a pu parcourir 25 000 kilomètres sans que la majeure partie de cette garniture fût altérée. De même, le paquebot Angelio, avec des tiges de piston entourées d’amiante, a fait quatre trajets entre Glascow et New-York sans que les garnitures cessassent d’être bonnes. Depuis, ce genre de garnitures a été employé en Angleterre (1).
- Les constructeurs des autres pays ne sont pas restés en arrière ; la demande croissante d’articles spéciaux pour les industries mécaniques et chimiques provoqua la création en Angleterre, en Italie, en France, de fabriques de produits d’amiante.
- Parmi les derniers venus, puisque leur établissement date seulement de 1891, MM. Hamelle et Chedville ont rapidement conquis une place inpor-tante sur le marché français. En moins de cinq années, ces industriels ont fourni à la marine de l’État 45 000 kilos de tresses d’amiante pour garnitures et plus de 10 000 mètres carrés de matelas calorifuges destinés à l’enveloppe des tuyaux de vapeur. Pendant la même période, le nombre des ouvriers exclusivement employés à la surveillance des engins mécaniques est passé de cinq à soixante.
- En principe, à part la première machine qui, sauf dimensions, rappelle le moulin à chanvre, Y assortiment utilisé pour l’amiante présente une grande analogie avec l’outillage de la filature du coton cardé. La matière première, quelle qu’en soit la provenance, se compose partie de pierres, partie de fibres désagrégées; elle est, en outre, souillée de corps étrangers, de poussières. Aussi, après broyage au moulin, convient-il de soumettre l’amiante à l’action des batteurs. Viennent ensuite, dans l’ordre accoutumé, les passages aux cardes et aux bancs-à-broches.
- Toutefois, et c’est ici qu’intervient l’habileté professionnelle, ces., machines doivent être réglées de façon particulière pour effectuer l’épuration sans déchet anormal, pour étirer et assembler des filaments inertes sans crochets, sans amour, disent les praticiens. A cet égard, l’un des asso-
- (1) La Grande Encyclopédie, 41° livraison, p. 739. — Paris, H. Lamirault et Cie, éd.
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- ciés, déjà filateur de laine cardée, connaissant aussi la filature du peigné, était très apte à tirer bon parti des machines connues, à en modifier le réglage conformément aux caractères de l’amiante.
- Le fil une fois obtenu dans des conditions de résistance et de régularité normale, le retordage, le câblage, le tressage, le tissage et ses préparations ne présentent plus de difficultés sérieuses.
- En dehors des articles épais pour filtres-presse, pour enveloppes calorifuges, pour tapis incombustibles (en remplacement du linoléum sur le pont des navires), etc. MM. Hamelle et Chedville sont parvenus à fabriquer, avec des fils mesurant 10000 mètres au kilogramme, du linge comparable aux toiles de chanvre et de lin.
- Depuis longtemps, on a préconisé la peinture d’amiante en vue de l’incombustibilité des tentures. Le Bulletin de notre Société mentionne les expériences publiques faites à Londres en 1882, par la « United Asbestos Company » (1). Mais, soit que cette peinture ne fut pas durable, soit pour toute autre cause, l’enduit d’amiante qui avait été adopté à la suite des mêmes essais, dans les théâtres du Palais de Cristal, ne semble pas s’être vulgarisé.
- Sans négliger la préparation de l’amiante en poudre propre à la peinture, MM. Hamelle et Chedville fabriquent des tissus d’amiante qui se prêtent à la décoration artistique. Plusieurs milliers de mètres de ces décors imcom-bustibles ont été fournis à différents théâtres et cafés-concerts de Paris.
- Un autre tissu, breveté parles auteurs de la communication, se compose d’amiante à l’endroit et de laine à l’envers; basé sur l’incombustibilité de l’amiante et sur la mauvaise conductibilité de la laine, ce produit a été spécialement créé pour les pompiers, qu’elle protégerait efficacement contre l’atteinte du feu et contre le danger non moins redoutable des longues stations aux intempéries.
- La même étoffe conviendrait aussi à la confection des vêtements de travail pour les mécaniciens et chauffeurs de locomotives qui, devant se servir de liquides combustibles en vue du graissage et surtout du nettoyage de leurs machiues, sont doublement exposés à de graves brûlures (2).
- (1) Bulletin de la Société d’Encouragement, 1882, mai, p. 262.
- (2) A titre d’exemple, nous citerons l’accident survenu, le 5 janvier 1889, à la station de Girard, sur la ligne de Vitré à Fougères. Alors que, pendant l’arrêt du train, le sieur Bourgin, chauffeur à la compagnie des chemins de l’Ouest, veillait à l'entretien du foyer de sa machine, il fut soudainement enveloppé par une gerbe de flammes s’échappant de ce foyer. Le malheureux se roula vainement dans l'eau d’un ruisseau voisin; les brûlures avaient été si graves qu’il expirait quelques heures après dans d’atroces souffrances. Les vêtements imprégnés de graisse et de benzine avaient fourni à la flamme un trop facile aliment.
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- Le linge d’amiante, dont on fait les bandes à pansement, peut être également utilisé pour les vêtements des ouvriers qui manipulent des essences et doivent s’approcher du feu.
- A la production de ces tissus incombustibles anciens et' nouveaux, MM. Mamelle et Chedville ont adjoint une fabrique de cartons d’amiante qui leur permet de fournir les diverses sortes de rondelles nécessaires au service des générateurs, des moteurs, etc. Indépendamment de l’outillage spécial à la fabrication du carton proprement dit, des machines appropriées découpent aux dimensions requises les rondelles de toutes épaisseurs.
- Ajoutons que les poussières dégagées par les machines de la filature sont aspirées par un puissant ventilateur, dont on se propose d’étendre l’action aux batteurs isolés déjà du reste des ateliers.
- Comme vous le voyez, Messieurs, l’industrie nouvellement implantée dans le centre elbeuvien est doublement méritoire au point de vue de l’installation, de la variété et de la qualité des produits. Le Comité des Arts mécaniques vous propose, en conséquence, de remercier MM. Mamelle et Chedville de leur intéressante communication et de voter l’insertion au Bulletin du présent rapport.
- Signé : Edouard Simon, rapporteur.
- Approuvé en séance le 12 juin 1896.
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- COMMERCE
- Notes sur le Congrès des Sociétés savantes a la Sorbonne. — Section des sciences économiques et sociales, par M. E. Simon, membre du Conseil.
- Messieurs,
- Le Bureau m’a fait l’honneur de me déléguer, cette année, au Congrès des Sociétés savantes, bien que notre Compagnie y fût déjà représentée avec grande autorité, puisque MM. Mascart, Chatin, Davanne, Troost, avaient été désignés par M. le ministre de l’instruction publique pour présider aux travaux de diverses sections. MM. Cheysson et Gruner ont également assisté à plusieurs séances de la Section des sciences économiques et sociales. Vous voyez, qu’en dehors des comptes rendus officiels, vous avez toutes chances d’être bien et amplement renseignés. Aussi, me bornerai-je à vous signaler très brièvement quelques sujets d’ordre général traités, pour la majeure'partie, hors de la présence de nos collègues.
- Les travaux de la Section des sciences économiques et sociales ont été inaugurés par une communication verbale de M. Lermina sur la seizième question du programme, ainsi libellée : « De la création d'un répertoire universel bibliographique, littéraire, artistique et scientifique, et de la constitution, dans ce but, d'une union entre les divers États. »
- Tous ceux qui ont eu des recherches à faire dans une branche quelconque des connaissances humaines savent combien il est difficile d’être exactement et complètement renseigné sur la bibliographie spéciale de son propre pays, à plus forte raison sur les publications afférentes au même sujet, éditées chez les autres nations.
- La Belgique a pris les devants, en Europe, et procède, dès à présent, à la confection d’un répertoire ou catalogue national, d’après la méthode adoptée aux Etats-Unis, c’est-à-dire avec les dix chiffres élémentaires comme bases de classification. Les lettres de l’alphabet ne répondent pas, dans les divers idiomes, aux mêmes significations; les chiffres, au contraire, constituent un langage universel.
- Préoccupée de la question, la Société Royale de Londres convoque, cette année, une réunion de savants étrangers afin d’assurer, si possible, une entente internationale en vue de l’établissement d’un catalogue bibliographique universel des sciences.
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- NOTES SUR LE CONGRÈS DES SOCIÉTÉS SAVANTES A LA SORBONNE. 835
- L’assistance a été vivement intéressée par cette communication, par la perspective d’une Union qui, suivant l’heureuse expression de l’un des auditeurs, permettrait d’établir le cadastre intellectuel de l'Univers. Une discussion s’est engagée sur la limitation un peu trop réduite de la classification américaine, sur les voies et moyens d’exécution qui présentent des difficultés, mais non des impossibilités. L’un de nos vice-présidents, M. Cheysson, ayant pris part à cette discussion, pourra, s’il le juge utile, vous fournir de plus amples détails.
- Messieurs, on verse souvent du côté vers lequel on penche, et j’avoue que l’une des communications annoncées pour le second jour, /’Industrie lyonnaise en Russie, m’avait déterminé à suivre de préférence les travaux de la Section. Malheureusement l’auteur, M. Veuclin. a paru craindre de donner une certaine ampleur à sa communication.
- Il s'agissait des tentatives successives du tsar Pierre le Grand et de l’impéra-t rice Catherine II pour implanter en Russie la fabrication lyonnaise des étoffes d’or et d’argent.M. Veuclin a retrouvé, aux Archives, les noms de Bournonville, dessinateur sur étoffes, engagé par le tsar en 1717 ; de Ménard, directeur, en 1720, de la manufacture créée à Saint-Pétersbourg. Aussi, dès 1757, les fabricants lyonnais de galons d’or et d’argent, de dentelles et points d’Espagne, d’étoffes riches de toutes sortes, adressaient-ils au roi une protestation contre les droits établis en Russie et demandaient-ils une alliance commerciale avec ce pays.
- En 1764, eut lieu une véritable immigration d’artisans français, chargés par Catherine II de donner un nouvel essor à la fabrication des belles étoffes de soie, d’or et d’argent. Cependant, malgré les encouragements de l’impératrice, qui voulait se soustraire au tribut payé à l’industrie française, la vogue des produits lyonnais était, en Russie, plus grande que jamais en l’année 1782. xAprès la mort de Catherine II, les industries de luxe déclinèrent; la fabrique de galons seule conserva une certaine prospérité, mais il ne resta plus un seul dessinateur français en Russie; les dessins de Lyon furent exclusivement reproduits par les fabricants russes.
- Cette page d’histoire industrielle montre à quel degré Y art décoratif avait été porté en France au xviii0 siècle, et en quelle estime étaient tenus, à l’étranger, les dessinateurs de notre pays.
- D ans un autre ordre d’idées, M. Jules de Beylié, sous le titre de : Une association ouvrière coopérative de production aux xvn° et xviii0 siècles, a extrait des archives de l’Isère de curieuses indications sur les origines et le développement de la communauté des frères cordonniers et tailleurs, fondée à Paris et possédant des succursales dans diverses villes de France, notamment à Lyon et à Grenoble. A part le célibat, cette communauté n’avait rien de monacal. Si l’un des articles statutaires prescrivait, il est vrai, la prière en commun, cette coutume se retrouvait dans d’autres groupements professionnels exclusivement laïques. Le recru-
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- COMMERCE.
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- tement ne pouvait se faire qu’entre ouvriers chaussetiers et tailleurs; le costume était celui des gens cle même profession.
- Mis en commun, les bénéfices de l’entreprise étaient destinés à l’entretien des associés, à l’assistance de leurs familles, enfin à la bienfaisance. Le frère qui voulait se retirer était libre de le faire, mais n’avait droit qu’à un secours à la discrétion de la communauté. On peut donc dire que cette association était collectiviste plutôt que coopérative; en tout cas, elle méritait d’être signalée car, à une époque où les associations ouvrières étaient formellement interdites comme contraires à l’organisation des corporations et jurandes, malgré les plaintes des maîtres qui, en 1764, exposaient que les frères cordonniers et tailleurs, n’ayant point les mêmes charges qu’eux-mêmes, leur faisaient une concurrence injustifiée, cette communauté se maintint et prospéra pendant plus d’un siècle, de 1669 à 1793,
- Les uns et les autres ont disparu avec la Révolution française. Depuis, le progrès mécanique a transformé l’industrie. Le machinisme moderne impose maintenant aux sociologues le problème redoutable du remède au chômage. Cette préoccupation s’était traduite dans la rédaction de la quatorzième question du programme : « Etudier d’une manière générale, ou au moyen d'une application, Vassistance par le travail. »
- Messieurs, je sais que nombre d’entre vous sont membres d'Unions d’assistance par le travail créées dans divers arrondissements de Paris, je n’ai donc point à vous en faire connaître le fonctionnement, et je me limiterai aux conclusions qui peuvent être tirées des considérations présentées au Congrès.
- L’assistance par le travail est doublement recommandable parce qu’elle relève le moral de l’assisté. Elle doit être momentanée et n’intervenir que pour faciliter le placement des ouvriers inoccupés. Aussi, conviendrait-il de posséder une prompte et exacte statistique du marché, afin de diriger utilement les travailleurs qui, faute d’indications précises, sont exposés à des pérégrinations infructueuses. Dans le même but, une fédération des Unions d’assistance par le travail non seulement d’une ville déterminée, mais du pays tout entier, faciliterait Je placement des ouvriers et permettrait de se renseigner sur la valeur des assistés.
- L’initiative privée semble de tous points préférable à l’intervention directe de l’Etat; elle est plus ingénieuse dans ses moyens d’action et plus économique; puis, l’Etat intervenant autrement que par des subventions aux Unions d’assistance, reconnaîtrait implicitement le principe du droit au travail et en assurerait les conséquences.
- Se plaçant sur le terrain strictement économique, un auditeur a prétendu que l’assistance ainsi comprise fausse les conditions de l’offre et de la demande, en privant certains ouvriers du travail procuré aux autres. L’un des orateurs,
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- NOTES SUR LE CONGRÈS DES SOCIÉTÉS SAVANTES A LA SORBONNE. 837
- M. Drioux, de la Société de législation comparée, a répondu à ce partisan du laissez-faire que Y assistance par le travail ne cherche ni ne réalise des bénéfices, qu’elle tient surtout à ne pas laisser perdre l’habitude du travail et à relever le moral de ceux qu’elle secourt; elle se contente de travaux faciles, trop peu rémunérés pour l’ouvrier placé dans des conditions normales; elle ne fait donc pas concurrence à celui-ci. Il existe, principalement dans les grandes villes, ce qu'on pourrait appeler des déchets de travail. Ces résidus d’industrie ne suffiraient pas à alimenter un ouvrier livré à lui-même; ils conviennent, en raison de leur facilité, à des malheureux qui, faute d’occupation, meurent de faim, se dépriment et perdent courage.
- En présence de ces difficultés, de l’encombrement croissant de la vieille Europe, l’expansion coloniale fournirait d’heureux débouchés à toutes les énergies si les pays neufs étaient doués d’institutions simples en rapport avec le but à atteindre. A cet égard, la dernière journée de la session fut particulièrement instructive. Les causes de notre infériorité commerciale dans nos colonies vis-à-vis de /’étranger ont fait l’objet d’une communication de M. Duthil de la Tuque. L’une de ces causes, non la moindre, tient évidemment à l’éducation qui éloigne les jeunes gens des établissements coloniaux et incite les plus entreprenants à revenir dans la mère patrie dès qu’ils ont accompli une campagne fructueuse, laissant les étrangers plus persévérants prendre leur place et profiter de la première mise en valeur du sol, des voies de communication créées à grands frais. Une autre cause, moins connue, explique comment le commerce français recule devant le commerce étranger dans les pays où il faut consentir des crédits à longue échéance : M. Duthil de la Tuque nous a appris qu’il n’existe pas en France, comme pour d’autres pays exportateurs, des établissements financiers acceptant aisément du papier à plus de 90 jours.
- Dans une autre communication sur Y intérêt scientifique de V étude de la législation coloniale, M. Girault, chargé de cours à la Faculté de droit de Poitiers, a reconnu les graves inconvénients du régime des décrets.
- On sait que, sans procéder à des travaux préparatoires, sans exposés de motifs, à la suite de rapports souvent sommaires, le pouvoir exécutif a le droit d’édicter la législation coloniale à coups de décrets. Un ministre peut ainsi, d’un trait déplumé, bouleverser l’œuvre de son prédécesseur; le suivant a, de même, la faculté de rétablir l’ancien ordre de choses ou de remanier la législation sur de nouvelles bases. C’est le chaos administratif.
- Par contre, l’étude de la législation coloniale présente un intérêt de premier ordre en montrant que certaines mesures, considérées comme impraticables par la loi métropolitaine, sont cependant d’application possible. Le prêt sur récolte pendante, qui fonctionne aux colonies, en est un exemple.
- M. Girault a également traité la dix-neuvième question du programme :
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- Des systèmes de concessions coloniales et de la législation à leur appliquer.
- Trois sortes de concessions furent envisagées : Les petites concessions, consenties à des particuliers et limitées à un nombre restreint d’hectares; les grandes concessions territoriales accordées à de puissantes Sociétés financières ou Compagnies privilégiées ; les concessions de mines.
- Pour les premières, deux systèmes ont été essayés : la gratuité et la vente. La concession à titre onéreux paraît préférable. La gratuité n’attire que de mauvais colons, dénués de ressources, incapables d’attendre le produit de leurs premiers travaux et de s’attacher à la terre. La vente, d’ailleurs, se concilie parfaitement avec des facilités de paiement.
- Les grandes concessions territoriales à des Compagnies privilégiées sont, d’ordinaire, comme des écrans derrière lesquels s’abritent les Gouvernements désireux de se rendre maîtres de vastes régions et obligés d’abandonner aux concessionnaires certains droits régaliens tels que police, justice, douanes, etc. Pour qu’un Etat accorde de pareils privilèges, la Compagnie doit présenter de sérieuses garanties morales et financières. Ce sont là des questions d’opportunité qu’il est difficile de préciser et qui rentrent plutôt dans le domaine de la politique. A ce propos, une digression fort intéressante a permis d’apprécier une fois de plus le génie administratif de Colbert et de saisir avec quelle prudence Xancien régime, sous son inspiration, avait interdit aux seigneurs français de spéculer sur la valeur des terres canadiennes.
- Quant aux concessions de mines, il semble nécessaire de faire à Y inventeur une part beaucoup plus large que dans les pays d’Europe, afin d’attirer aux colonies les hommes et les capitaux.
- Vous le voyez, Messieurs, ces diverses études, dont les auteurs ont tous le souci du bon renom de la France, de sa grandeur dans le passé, de son expansion dans l’avenir, touchent par plus d’un point au but que se propose la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale; c’est le motif qui m’a déterminé à vous présenter ces notes trop longues et néanmoins bien incomplètes.
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- ARTS CHIMIQUES
- Comparaison sommaire entre les théories dualistique et atomique de la chimie
- AU POINT DE VUE de L’iNTERPRÉTATION DES PHÉNOMÈNES ET DE LEUR EXPRESSION
- pratique, par M. Émile Fleurent, docteur ès sciences, préparateur du cours
- de Chimie industrielle au Conservatoire national des Arts et Métiers.
- L’histoire de la chimie, pendant le siècle qui s’achève, a été marquée par une évolution de la théorie, évolution qui ne s’est faite que lentement, après des luttes mémorables, mais qui est maintenant un fait accompli : à la théorie dualistique, appelée aussi théorie des équivalents, à laquelle les grands noms de Lavoisier et de Berzélius resteront attachés, on a vu se substituer une théorie dite unitaire, basée sur une hypothèse de conception déjà ancienne et qui, rajeunie par Dalton, éclairée par les travaux importants de Gav-Lussac, Laurent et Gerhardt, Dumas, a subi avec Würtz, en France, l’impulsion décisive et a fini par s’ouvrir les portes de l’enseignement officiel sous le nom de théorie atomique.
- Mais l’introduction dans nos lycées et nos collèges de cette nouvelle méthode d’interprétation des phénomènes chimiques est de date toute récente ; si donc, la lecture des livres et des mémoires scientifiques remplis de formules atomiques commence à être facile pour les étudiants qui fréquentent les Facultés à l’heure actuelle, il n’en est pas de même pour certaines personnes plus âgées, lesquelles, sans faire de la chimie leur science de prédilection, s’intéressent néanmoins à ses progrès, et, élevées sous le régime de la théorie dualistique, se voient souvent obligées de renoncer à la lecture d’écrits hérissés, pour la plupart, de formules d’aspect nouveau pour elles, dont l’interprétation par conséquent leur échappe.
- Il n’est donc pas sans intérêt, pour le moment, de consacrer quelques pages à l’étude comparative des théories dualistique et atomique, de leur langage, et des procédé graphiques par lesquels l’une et l’autre représentent les mêmes phénomènes : c’est ce que je vais essayer de faire aussi succinctement que possible.
- Dans un premier chapitre,, je rappellerai brièvement les lois fondamentales de la science chimique; dans un deuxième et un troisième, je montrerai le mode d’interprétation de ces lois en théorie dualistique et unitaire, et enfin j’étudierai les applications spéciales de la méthode atomistique dans la classification des substances organiques.
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- I
- Les substances dont la chimie étudie les propriétés peuvent se diviser en deux grandes catégories : les corps simples et les corps composés.
- Les corps simples sont ceux dont on n’a pu jusqu’ici tirer qu’une seule espèce de matière, par exemple : l’oxygène, le soufre, le brome, le fer, etc.
- Les corps composés sont formés par la combinaison des corps simples : on peut, dans la plupart des cas, par des moyens chimiques, séparer des combinaisons les corps simples qui les forment. Ainsi le chlorure de sodium ou sel marin est formé par la combinaison du chlore et du sodium (Na Cl). Traité par l’acide sulfurique, il donne de l’acide chlorhydrique et du sulfate de soude. L’acide chlorhydrique enfin, réagissant sur le bioxyde de manganèse, met en liberté le chlore combiné dans le chlorure de sodium, tandis que, d’autre part, le sulfate de soude chauffé avec un mélange de craie et de charbon donne du carbonate de soude qui, à son tour, traité par le charbon dans des conditions convenables, met en liberté le sodium'qui existait à l’état de combinaison dans le sel marin.
- Les lois qui régissent les combinaisons des corps se divisent elles-mêmes en deux grandes classes : 1° lois des combinaisons en poids ; 2° lois des combinaisons en volumes.
- En poids les combinaisons des corps simples se font suivant les trois règles suivantes.
- 1° Loi des poids. —Le poids d’un composé est égal à la somme des poids des corps composants : celte loi est la vérification du principe fondamental de la chimie posé par Lavoisier : « Rien ne se perd, rien ne se crée. » Ainsi le soufre brûlant dans l’oxygène donne de l’acide sulfureux : le poids de l’acide sulfureux obtenu est égal à la somme des poids du soufre et de l’oxygène combinés.
- 2° Lois des proportions définies. — Posée par Proust, cette loi peut s’exprimer ainsi : pour former une même combinaison, les corps simples s’unissent toujours en proportions invariables. Ainsi 3osr,5 de chlore se combinent toujours à 1 gramme d’hydrogène pour former l’acide chlorhydrique; 8 grammes d’oxygène s’unissent à 1 gramme d’hydrogène pour former l’eau; cotte loi se vérifie aussi bien pour les combinaisons en volume que pour les combinaisons en poids.
- 3° Loi des proportions multiples ou de Dalton. — Lorsqu’un poids fixe d’un corps peut s’unir à des poids variables d’un autre corps, les poids de ce dernier sont entre eux dans des rapports simples. Les combinaisons de l’azote fournissent un exemple saisissant de cette loi :
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- THÉORIES DUAL1STIQUE ET ATOMIQUE DE LA CHIMIE.
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- Exemple :
- 14 gr. d’azote se combinent avec 8 gr. d’oxygène.
- 14 — — 16 —•
- 14 — — 24 —
- 14 — — 32 —•
- 14 — — 40 —
- Les nombres 16, 24, 32, 40, comparés, successivement à la quantité 8 d’oxygène, indiquent pour cette comparaison les rapports simples 1, 2, 3, 4, 5.
- La formation des sels, déduite des observations de Wenzel, Richter, Wollas-ton, est régie également par la loi des proportions multiples.
- Les combinaisons en volume sont réglées par les lois de Gay-Lussac, qui sont les suivantes :
- 1° Il existe toujours un rapport simple, d’une part, entre les volumes des gaz qui entrent en combinaison; d’une autre entre ces volumes et le volume du composé gazeux résultant de la combinaison.
- Ainsi, 1 volume d’hydrogène se combine toujours à 1 volume de chlore pour donner deux volumes de gaz acide chlorhydrique; 1 volume d’oxygène se combine toujours à deux volumes d’hydrogène pour donner deux volumes de vapeur d’eau. Dans ces exemples, les rapports des composants entre eux et avec les composés formés sont 1:1 — 1:2, pour le premier; 1 : 2 — 1:2 —2:2 pour le second.
- 2° Lorsque les gaz se combinent à volumes égaux, il n’y a généralement pas contraction; il y a toujours contraction lorsque la combinaison a lieu à volumes inégaux; par exemple : 1 vol. de chlore et 1 vol. d’hydrogène donnent 2 vol. de gaz chlorhydrique; il n’y a pas contraction ;
- 1 vol. d’oxygène se combine à 2 vol. d’hydrogène pour donner 2 vol. de vapeur d’eau ; il y a contraction de 1/3 du vol. initial ;
- 1 vol. d’azote se combine à 3 vol. d’hydrogène pour donner 2 vol. de gaz ammoniac; il y a contraction de la moitié du vol. initial.
- II
- Examinons l’interprétation de ces lois en théorie dualistique.
- Les corps simples s’unissent d’abord en proportions définies. Quelles sont ces proportions ? L’expérience seule va nous les fournir : 100 grammes de mercure se combinent à 3osr,5 de chlore pour former 135sr,o de sublimé corrosif; si nous dissolvons dans l’eau les 135sr,5 de sel formé et que nous plongions une lame de cuivre dans la solution, le cuivre déplace le mercure, et lorsque les 100 grammes de mercure sont précipités, on constate qu’ils ont été remplacés
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- ARTS CHIMIQUES.
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- par 31sr,75 de cuivre; ces 31^r,75 de cuivre sont capables d’être eux-mêmes remplacés par 33 grammes de zinc. Donc33sr,5 de chlore peuvent se combiner successivement à
- 100 de mercure.
- 31,7o de cuivre.
- 33 de zinc.
- En poursuivant plus loin l’étude de ces observations, on verrait, par exemple, que ces mêmes quantités de mercure, de cuivre, de zinc, qui se combinent avec 35sr,3 de chlore, se combinent aussi avec 8 grammes d’oxygène, et qu’il faut également ces 8 grammes d’oxygène pour former avec les 35"r,3 de chlore mis en expérience une première combinaison.
- C’est ce qu’on exprime en disant que si
- A. B. C se combinent avec D,
- A. B. C se combinent aussi avec E, et D se combine aussi avec E.
- En d’autres termes, A. B. C. D. E représentent les poids relatifs ou équivalents suivant lesquels les différents corps s’unissent entre eux. Je dis « relatifs », parce que ces poids sont rapportés au poids de l’un des corps pris comme unité, ce poids est celui de l’équivalent de l’hydrogène que l’on fait par conséquent égal à 1.
- Il y a lieu d'ajouter à cette définition de l’équivalent qu’il représente généralement la plus petite quantité du corps qui puisse entrer en combinaison.
- Lorsque l’équivalent ainsi défini et déterminé fournit des formules trop compliquées on prend pour sa valeur le multiple qui ramène les expressions chimiques à leur forme la plus simple.
- Cela étant, les symboles des corps simples représentent leurs équivalents en poids. Ainsi H = 1 ; O — 8, Cl = 33, 3, Zn = 33, etc., et les formules des corps composés deviennent la traduction exacte des réactions observées sans hypothèse aucune sur la constitution des produits obtenus :
- 1 gramme d’hydrogène, par exemple, s’unit à 8 grammes d’oxygène pour former 9 grammes d’eau. On exprime ceci par l’équation
- 11+0=: 110
- 14 grammes d’azote s’unissent à 8 grammes d’oxygène pour donner 22 grammes de protoxyde d’azote :
- Az + O = AzO
- Mais un équivalent d’azote peut s’unir à plusieurs équivalents d’oxygène
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- THÉORIES DUALISTIQUE ET ATOMIQUE DE LA CHIMIE.
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- pour donner les composés AzO2, AzO% AzO4, AzO3 : c’est là l’interprétation de la loi des proportions définies et multiples.
- L'union de deux éléments prend le nom de combinaison binaire du premier ordre; parmi ces combinaisons, les unes rougissent la teinture de tournesol : ce sont les acides; les autres ramènent à la couleur bleue le tournesol rougi par un acide : ce sont les bases; enfin une troisième catégorie comprend les corps neutres qui n’exercent aucune action sur la teinture précédente.
- Certains corps composés possèdent également la propriété de s’unir aux corps simples et de se transporter intégralement d’une réaction dans une autre comme de véritable éléments. Les corps composés qui jouissent de ces propriétés sont désignés sous le nom de radicaux : ainsi le cyanogène, formé parla combinaison du carbone et de l’azote et dont la formule est C2 Az.
- Ces principes posés, il convient de rechercher d’où vient la dénomination : dualisme. Elle résulte de cette hypothèse que toutes les combinaisons chimiques sont binaires :
- 1° Un acide résulte de la combinaison d’un radical, corps simple ordinairement non métallique, avec l’oxygène ou des corps analogues : chlore, brome, iode, fluor, soufre, sélénium, tellure, cyanogène. Exemple :
- SO:i Acide sulfurique.
- AzO3 Acide azotique.
- PO3 Acide phosphorique.
- HCl Acide chlorhydrique.
- HBr Acide bromydrique.
- HC2Az Acide C3ranhydrique.
- 2° Une base est le résultat de la combinaison d’un radical métallique avec l’oxygène. Exemple :
- KO Potasse.
- NaO Soude.
- CuO Oxyde de cuivre.
- Cependant l’accumulation de l’oxygène sur une base peut engendrer un acide, c’est ainsi que l’accumulation de l’oxygène sur l’oxyde de manganèse MnO, qui est une base forte, donne naissance à l’oxyde Mn207, qui est l’acide très énergique connu sous le nom d’acide permanganique ;
- 3° Un sulfure résulte de la combinaison d’un métal avec le soufre; un phos-phure delà combinaison d’un métal avec le phosphore, etc. ;
- 4° La combinaison d’un acide et d’une base, dite combinaison binaire du second ordre, prend le nom de sel. Cette combinaison se fait en prenant pour
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- équivalent d’une base la quantité qui contient un atome d’oxygène ou d’un corps analogue.
- KO, Cu20 représentent un équivalent de base.
- MnO2 (1) représente deux équivalents de base.
- Fe203, APO3 représentent trois équivalents de base.
- Les acides pouvant être capables de saturer un, deux, trois équivalents de base, l’équivalent de l’acide est la quantité de cet acide qui sature un, deux ou trois équivalents de base suivant que l’acide est mono ou bi ou tribasique. xAinsi :
- SO3 acide sulfurique étantmonobasique s’unit à KO, monobasique également, pour donner SO3. KO, sulfate neutre de potasse ;
- PO5, acide orthophosphorique, tribasique, s’unit à 3KO pour donner POb. 3KO, orthophosphate neutre de potasse.
- En d’autres termes, la détermination de l’équivalent d’un acide revient à déterminer la mesure de sa basicité.
- Il résulte de là que lorsqu’une base représente deux équivalents comme MnO2 bioxyde de manganèse, elle exige pour se saturer deux équivalents d’un acide monobasique comme l’acide sulfurique (MnO2. “ISO5) ou un équivalent d’acide bibasique comme l’acide oxalique (MnO2. C‘06). Si la base représente trois équivalents comme Fe203, sesquioxyde de fer, elle exige, pour se saturer complètement, trois équivalents d’un acide monobasique (Fe203.3S03) ou un équivalent d’acide tribasique comme PO5, acide orthophosphorique (Fe203. PO5).
- Les sels ainsi obtenus sont les sels neutres. Il existe aussi des sels acides provenant de la combinaison des sels neutres avec les acides hydratés. Ainsi :
- SO3 est l’acide sulfurique.
- S03H0 est l’acide sulfurique hydraté.
- AzO5 est l’acide nitrique.
- AzO'IIO — hydraté.
- Les acides hydratés sont donc de véritables sels d’eau. Cette conception permet de représenter d’une façon générale les formules des sels en admettant que pour la formation de ces derniers, un équivalent de base se substitue à un équivalent de l’eau. Ainsi :
- SO:î Acide sulfurique.
- SO'HO Sulfate d’eau.
- S03K0 Sulfate neutre de potasse.
- Les sels acides représentent la combinaison d’un équivalent de sel neutre
- (1) Cet oxyde, d’après M. Frémy, joue quelquefois le rôle de base : M. Frémy a en effet réussi à former le sulfate Mu02.2S03. F.
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- avec un équivalent de l’acide hydraté. Les exemples suivants rendent compte de l’interprétation de ces définitions :
- ( SOdrIO Acide sulfurique ordinaire.
- | SO:iKO Sulfate neutre de potasse.
- ( S0:!K0.S03H0 Sulfate acide de potasse.
- / C02H0 Acide carbonique.
- | CCÉ.CaO Carbonate neutre de chaux.
- ( C02.Ca0.C02H0 Bicarbonate ou carbonate acide de chaux.
- | C40G.2H0 Acide oxalique.
- < C40®.2K0 Oxalate neutre de potasse.
- ( C40°.2K0.C40G.2H0 ou C406.K0.H0 Oxalate acide ou bioxalate de potasse.
- | C8H4O10.2HO Acide tartrique.
- | C8H4010.2K0 Tartrate neutre de potasse.
- ( C8II4O10.2KO.C8H4O10.2IIO ou C8H4O10.KO.IIO Tartrate acide ou bitartrate de potasse.
- iP03.3H0 Acide orthophosphorique.
- P05.3Ca0 Phosphate tribasique de chaux.
- POTIO.SCaO Phosphate bicalcique.
- PO:i2IIO.CaO Phosphate monocalcique ou phosphate acide de chaux.
- Nous avons dit qu’une autre catégorie d’acides était formée par la combinaison de composés non métalliques avec d’autres composés fonctionnant comme l’oxygène. Ainsi :
- IIC1 Acide chlorhydrique.
- III Acide iodhydrique. llCrAz Acide cyanhydrique.
- IIS Acide sulfhydrique.
- Les sels formés par ces acides sont obtenus, non plus par combinaison directe, mais par réaction :
- IIC1 + NaO.HO = 2HO + NaCl.
- NaCl est le chlorure de sodium.
- Par analogie :
- Nal est Tiodure de sodium.
- C2AzK est le cyanure de potassium.
- NaS est le sulfure de sodium.
- NaS.IIS est le sulfhydrate de sulfure de sodium.
- On pourrait multiplier indéfiniment les exemples : tous démontreraient que les formules, en théorie dualistique, ne sont que la représentation de la combinaison des équivalents en poids des corps simples ou des corps composés.
- Tome I. — 93e année. 9e série. — Juin 1896. 3o
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- Dans cette théorie on ne tient pas compte, en effet, pour l’interprétation des réactions, des volumes gazeux que peuvent occuper les composés mis en expérience, c’est-à-dire des équivalents en volume déduits de la loi de Gay-Lussac. Or les composés gazeux se combinent suivant des volumes relatifs : 2 volumes d’hydrogène se combinent à 1 volume d’oxygène. Si 1 est l’équivalent en volume de l’oxygène, 2 sera celui de l’hydrogène; dans la formule de l’eau HO, cette relation n’est donc pas mise en évidence.
- Dans la combinaison de l’hydrogène et du chlore, la réaction porte sur deux volumes de chacun des gaz; la formule HCl, qui représente en poids le résultat de la réaction, n’indique pas non plus l’observation relative aux volumes : il en est de même pour toutes les réactions chimiques représentées en théorie dualistique.
- Il importe de se le fixer désormais à l’esprit : toutes les formules, dans la théorie des équivalents, n’indiquent que les relations en poids des corps qui se combinent; elles ne sont que l’interprétation de la loi des proportions définies, sans idée hypothétique sur la constitution intime de la matière qui forme les éléments entrant en réaction.
- III
- La théorie atomique est liée directement à la nature intime des corps simples et des corps composés : c’est à Dalton qu’on en doit l’introduction dans l’analyse des phénomènes chimiques.
- Les corps sont formés par des particules infiniment petites de matière appelées atomes. Ces atomes sont supposés insécables, ce qui ne veut pas dire que l’esprit doive les concevoir comme les derniers termes de la divisibilité de la matière : on entend par là qu’ils ne peuvent plus être divisés sans changer de nature; ainsi un atonie de plomb qu’on supposerait divisé en deux parties égales, ne peut pas être conçu comme donnant deux moitiés d’atomes de plomb, mais, au contraire, comme donnant naissance à deux atomes d’une nouvelle substance, différente de celle qui constituait la matière primitive.
- Les corps simples sont donc formés par l’agglomération d’atomes spécifiques : ce sont, par hypothèse, de petits sphéroïdes animés d’un mouvement rapide de rotation et de translation ; ce sont de véritables centres de matière et d’énergie, dont les masses et les lois de mouvements sont spéciales pour chaque substance, différenciant ainsi nettement l’atome de phosphore de l’atome de fer, par exemple.
- Par sa définition même, l’atome est donc la plus petite quantité d’un corps simple qui puisse entrer en réaction, les combinaisons étant formées parla réunion d’atomes qui se juxtaposent.
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- Il résulte de là, que les combinaisons chimiques ne peuvent se faire qu’en proportions définies, car elles ne peuvent avoir lieu qu’entre un atome et un nombre entier d’atomes d’un autre corps, les poids de chacun d’eux étant invariables.
- La loi des proportions multiples est également bien vérifiée par l’hypothèse atomique : en effet, les combinaisons de deux corps qui s’unissent en différentes proportions, sont formées par l’union d’un nombre entier fixe d’atomes de l’un, avec des nombres entiers différents d’atomes de l’autre; or, ces derniers n’étant jamais élevés sont forcément dans des rapports simples.
- Dans cette hypothèse, les combinaisons se font donc encore entre des poids relatifs des différents corps, ces poids relatifs, comparables aux équivalents, prennent le nom de poids atomiques. Ils sont rapportés à celui de l’hydrogène considéré comme égal à 1.
- Mais la notion du poids atomique ne s’arrête pas là. En premier lieu, en effet, on admet que les atomes ne peuvent pas exister à l’état de liberté : ils s’unissent pour former des molécules, sauf dans certains cas, où la molécule n’est formée que par un seul atome; il suit de là que les corps composés étant formés par la juxtaposition d’atomes ne sont concevables que comme agglomérations de molécules : les corps simples ont donc un poids moléculaire et un poids atomique, les corps composés ne pouvant avoir qu’un poids moléculaire; mais dans un cas comme dans l’autre, la molécule est la plus petite quantité de matière qui puisse exister à l’état de liberté.
- Les faits qui viennent d’être énoncés découlent directement des phénomènes observés par Gay-Lussac et Mariotte sur la compression et la dilatation des gaz et des vapeurs : ces savants ont montré en effet que les gaz et vapeurs soumis à l’action de la chaleur ou de la pression se dilatent ou se compriment de la même quantité; Avogadro et Ampère ont conclu de ces observations que ces gaz et ces vapeurs pris dans les mêmes conditions de volume, de température et de pression, doivent être considérés comme renfermant le même nombre de molécules : d’où il résulte que ces molécules ainsi considérées occupent toutes le même volume.
- L’unité do volume adoptée est celle de l’atome d’hydrogène, soit 1 volume; la molécule d’hydrogène renfermant doux atomes d’après la loi d’Avogadro, les molécules de tous les corps simples ou composés occupent 2 volumes.
- Or, les lois de Gay-Lussac sur les combinaisons des gaz, lois que j’ai rappelées précédemment, montrent qu’il existe toujours un rapport simple entre les volumes des gaz qui se combinent, comme aussi entre ces volumes et le volume du corps résultant de la combinaison : et comme les combinaisons ne peuvent se faire que par juxtaposition d’atomes ou de molécules, les poids de ces atomes ou de ces molécules représenteront nécessairement les poids relatifs des mêmes volumes des corps réagissants pris à l’état gazeux.
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- ARTS CHIMIQUES.
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- Or, le rapport des poids des mêmes volumes de gaz est égal à celui de leurs densités : donc si 1 est le poids atomique de l’hydrogène, l’oxygène qui, à volume égal, pèse seize fois plus, aura pour poids atomique 16; le chlore qui, à volume égal, pèse 35,5 fois plus que l’hydrogène, aura pour poids atomique 35,5, et ainsi de suite. Il s’ensuit que.les atomes représentant les poids de volumes égaux de gaz, la loi de Gay-Lussac est figurée d’une façon explicite dans les formules qui indiquent les réactions des corps entre eux. Ainsi 2 volumes d’hydrogène (soit deux atomes) réagissent sur un volume (soit un atome) d’oxygène pour donner deux volumes, soit une molécule de vapeur d’eau, cette réaction s’écrira II2 + O et l’eau aura pour formule H2O avec cette relation II = 1, 0 = 16.
- Cela revient à dire que le poids atomique est égal à l’équivalent en poids pour les corps dont l’équivalent en volume est égal à celui de l’hydrogène; il est le double pour ceux dont l’équivalent en volume est moitié de celui de l’hydrogène : c’est ce dernier cas qui se présente le plus généralement; les corps simples pour lesquels les poids atomique et équivalent sont égaux sont les suivants : hydrogène, lluor, chlore, brome, iode; azote, phosphore, arsenic, antimoine, bismuth; bore, potassium, sodium, lithium, argent; thallium, vanadium, cérium, rubidium, ytterbium.
- Si donc on compare, pour le même composé, les formules données par la théorie des équivalents et la théorie atomique, on reconnaîtra que les exposants qui accompagnent chaque symbole sont dans le deuxième cas la moitié de ce qu’ils sont dans le premier, sauf pour les corps simples de la liste précédente : il est donc toujours facile de transformer les formules d’une théorie dans l’autre. Quelques exemples suffiront à le faire comprendre.
- THÉORIE DES ÉQUIVALENTS
- Eau.........................IIO
- Hydrogène sulfuré...........HS
- Acide sulfurique................SOHIO
- Acide chlorhydrique.........IIC1
- Ammoniaque.................. Azllj
- Chlorure de sodium..........NaCl
- Chlorure d’argent...........AgCl
- Alcool......................CHHÜ2
- Glucose.....................C121I12012
- Benzine.....................C12HI!
- THÉORIE ATOMIQUE
- Eau.................UT ou H20
- Hydrogène sulfuré. . HS2 ou H2S
- ! 3 1
- Acide sulfurique. . . SNIMIO2 ou S04H2 Acide chlorhj’drique. HCl
- Ammoniaque.......... Azlf
- Chlorure de sodium. NaCl Chlorure d’argent . . AgCl
- /Alcool............. C21160
- Glucose.............C6IIJ20,i
- Benzine.............CfiH'i
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- THÉORIES DUALIST1QUE ET ATOMIQUE DE LA CHIMIE.
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- ATOMICITÉ OU VALENCE
- Si l’on examine les formules des composés suivants :
- II Hydrogène.
- HCl Acide chlorhydrique.
- II20 Eau. #
- H3Az Ammoniaque.
- H/fC Gaz des marais.
- on reconnaît qu’un atome de chacun des corps simples, chlore, oxygène, azote, carbone, s’y trouve combiné à un nombre d'atomes d’hydrogène variant de un à quatre : on exprime ce fait en disant que ces corps ont des capacités de combinaison, soit des valences ou atomicités différentes.L’unité d’atomicité est la capacité de combinaison de l’atome d’hydrogène. Il s’ensuit que
- II étant monovalent ou monoatomique.
- Cl qui s’unit à 11I est aussi monovalent.
- O qui s’unit à 211 est bivalent ou biatomique.
- Az qui s’unit à 311 est trivalent ou triatomique.
- C qui s’unit à 411 est tétravalent ou tétratomique.
- L’étude des autres corps simples conduirait à des observations analogues. Les corps simples peuvent donc avoir les uns et les autres des atomicités différentes : la valeur de cette atomicité peut toujours être connue en observant le nombre des atomes d’hydrogène qui, dans la formule d’un corps composé, sont unis à un atome du corps simple considéré, ou bien en observant combien faut d’atomes de ce dernier pour saturer un atome d’un corps simple dont la valence est déjà connue :
- Ainsi, d’après la formule H20 de l’eau, nous savons que l'oxygène est bivalent, connaissant la formule SiO2 de l’acide silicique, nous en concluons que le silicium est tétravalent puisqu’un atome est combiné à quatre valences représentées par deux atomes d’oxygène.
- Certains corps simples peuvent fonctionner avec des valences différentes : ainsi l’azote est triatomique dans AzH! (ammoniaque) ; pentatomique dans Az20!i (acide azotique anhydre) ; le fer est bexatomique comme nous le verrons dans Fe2Cl6 (chlorure ferrique) et biatomique dans FeCl2 (chlorure ferreux); le phosphore est triatomique dans PCl:!(trichlorure de phosphore) ; dans PCI5 (pentachlo -rure), il est pentatomique.
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- ARTS CHIMIQUES.
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- L’atomicité d’un corps simple peut être représentée de deux façons distinctes: 1° au moyen d’accents et de chiffres romains accompagnant le symbole :
- H, Cl, Na. O, Cu, Pb. Àz, P, Fe.
- IV IV
- C, Si.
- V V
- Az, P.
- Monovalence.
- Bivalence.
- Trivalence.
- Tétravalence.
- Pentavalence.
- 2° Par des traits, accompagnant le symbole, en nombre égal à la valeur de l’atomicité : Ces traits sont alors disposés de diverses façons suivant le degré de valence, comme l’indiquent les ligures ci-dessous.
- Az / '
- j Monovalence.
- | Bivalence.
- \ /
- ? Trivalence.
- — C —
- — Si — Tétravalence.
- Nous utiliserons ces données en étudiant tout à l’heure les formules dites de constitution des corps composés.
- DES COMBINAISONS DES CORPS SIMPLES
- Nous avons posé précédemment en principe que la molécule estla plus petite quantité d’un corps simple ou composé qui puisse exister à l’état de liberté : une molécule est donc, dans le cas général, l’union d’un atome avec un autre atome. Celte union peut se faire de telle façon que toutes les valences du corps soient utilisées : il en est ainsi dans les exemples suivants :
- Il — Il Molécule d’hydrogène.
- 0=0 Molécule d’oxygène.
- Ces molécules sont saturées : elles ont, comme l’on dit, toutes leurs affinités satisfaites.
- Dans certains cas, les atomes peuvent n’échanger qu’un certain nombre
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- THÉORIES DUALISTIQUE ET ATOMIQUE DE LA CHIMIE.
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- d’atomicités. Ainsi, on connaît la représentation de l’union de deux atomes de carbone sous les formes suivantes :
- — G —
- Atome de carbone dans le gaz des marais (CIP).
- -LL
- I I
- Deux atomes de carbone échangeant une valence entre eux comme dans l’étbane (C2II6).
- G = C
- Deux atomes de carbone échangeant entre eux deux valences comme dans l’éthylène (CHU).
- — C = C —
- Deux atomes de carbone échangeant ensemble trois valences comme dans l’acétylène (CHU).
- Lofsqu’il en est ainsi, il reste des valences libres : les molécules ne sont pas saturées parce que toutes les affinités ne sont pas satisfaites.
- Dans la théorie des équivalents, les combinaisons sont considérées comme ayant lieu par l’union directe des corps :
- H + O = HO H + Cl = HCl.
- Dans la théorie atomique, il ne peut plus en être ainsi ; les combinaisons se font par substitution d’un corps simple à un autre suivant la valeur relative de l’atomicité de chacun : de là le nom de théorie unitaire. Ainsi la formation de l’acide chlorhydrique s’écrira :
- (1) (2) (1) (2)
- (H — H) + (Cl — Cl) = HCl + HCl
- parce que les molécules se sont dédoublées : l’atome (1) de chlore a remplacé l’atome (2) d’hydrogène, tandis que l’atome (2) de chlore vient prendre la place laissée vide par l’atome (2) d’hydrogène.
- Pour la même raison, la formation de l’eau, celle de l’hydrogène sulfuré s’énoncent :
- ?T~**+0 = 0 = H-O — H + H — 0 — H
- II — H
- !?“îî + s = s = H —S —H + H —S —H.
- Il — H
- Il est bien entendu que, dans chaque réaction, il n’est pas nécessaire de mettre ainsi les faits en évidence; il faut seulement se rappeler que par suite des hypothèses admises, c’est de cette façon que les phénomènes se passent sans que les équations les expriment d’une façon explicite.
- Ainsi on écrit généralement :
- II2 + O = H2G H + Cl= HCl H2 + S = H2S
- K2 + 0 = K20.
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- Enfin, dans rénonciation des réactions, il faut tenir compte de la valence des éléments mis en conflit : ainsi le cuivre étant biatomique exige un atome d’oxygène biatomique également pour donner de l’oxyde de cuivre :
- Cu + ô — Cu o,
- mais il exige deux atomes de chlore,le chlore étant monoatomique pour donner du chlorure cuivrique,
- Cu 4- Cl2 = Cu Cl2.
- Les exemples suivants, où les atomicités des éléments sont indiquées, rendront compte facilement de ces faits :
- Az + il3 = AzIP P 4- CP = PCI3 F 4- CP = PCF
- v „ |v
- P 4- o5 =- P20’
- IV ,, iv ,,
- Si 4- O2 = SiO2.
- ACIDES. ---- SELS.
- Pour la théorie des équivalents, les acides sont des combinaisons de corps simples, ordinairement non métalliques avec l’oxygène ou avec ses homologues: chlore, brome, iode, fluor, cyanogène, soufre, etc. Ces derniers éléments devant jouer évidemment le même rôle que l’oxygène, si l’on veut faire rentrer les hydracides (HCl, IH, C2AzH) dans le groupe des acides ordinaires.
- Pour la théorie atomique au contraire, les acides sont des composés essentiellement hydrogénés et ils sont engendrés par l’action de l’eau sur les anhydrides, qui sont précisément les corps que la théorie dualistique nous a fait connaître sous le nom d’acides. Ainsi :
- EN Ï1IÉOIUE DUALISTIQUE. EN THÉORIE ATOMIQUE.
- SÜ:i Acide sulfurique. SO3 Anhydride sulfurique.
- AzO:; — azotique. Az20 — azotique.
- PO3 — phosphorique. P 4P — phosphorique
- CO2 — carbonique. CO2 — carbonique.
- SO2 — sulfureux. SO2 — sulfureux.
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- THÉORIES DUALISTIQUE ET ATOMIQUE DE LA CHIMIE.
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- L’action de l’eau sur les anhydrides donne les vrais acides qui, par conséquent, correspondent aux sels d’eau de la théorie des équivalents :
- Ainsi :
- SO3 + II20 = SChlP Az205 + 2IIO = 2Az03ü.
- EN THÉORIE DUALISTIQUE.
- S03H0 Sulfate d’eau. AzOHIO Azotate d’eau.
- PO IIO Phosphate d’eau. C02H0 Carbonate d’eau. S02H0 Sulfite d’eau.
- EN THÉORIE ATOMIQUE.
- SCPII2 Acide sulfurique.
- Az03H — azotique.
- P04H3 — orthophosphorique.
- C03H2 — carbonique.
- S03H2 — sulfureux.
- Les acides étant des composés hydrogénés, il n’y a donc aucune difficulté à faire entrer les composés HCl, IH, F1H, H2S, CAzH, etc., qui rougissent le tournesol dans la même catégorie que les acides contenant de l’oxygène.
- La constitution essentiellement hydrogénée des acides permet de rendre un compte plus exact de l’interprétation des formules des acides organiques, pour la plupart desquels les anhydrides, c’est-à-dire les composés qu’on appelle acides en théorie dualistique ne sont pas connus à l’état de liberté. Ainsi les composés que nous avons appelés improprement tout à l’heure acides tartrique et oxalique, qui en réalité sont des sels d’eau, s’écriront dans les deux théories:
- EN THÉORIE DUALISTIQUE. EN THÉORIE ATOMIQUE.
- C40G.2H0 Oxalate d’eau (acide oxa- C2OH2 Acide oxalique,
- lique).
- C8II4O10.2IIO Tartrate d’eau (acide tar- C*OsH6 — tartrique.
- trique.
- Nota. — Comme application de ce que j’ai dit précédemment, il est facile de voir que les formules atomiques précédentes sont obtenues en diminuant de moitié les exposants des éléments des formules dualistiques,sauf pour Az—P—H, dont le poids atomique est égal à l’équivalent.
- Un anhydride peut se combiner à des quantités d’eau différentes pour donner des acides différents. Ainsi on connaît :
- P203 -h H20 = 2P03II Acide métaphosphorique.
- P203 4- 2If20 = P207IP — pyrophosphorique.
- P20; -f- 3II20 = 2P04H3 — orthophosphorique.
- Ce n’est pas de cette façon que ces composés se préparent réellement, mais ces réactions faciles à retenir constituent un moyen commode de retrouver les formules lorsqu’on les a oubliées.
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- Si de la considération des acides nous passons à la considération des sels en théorie atomique,nous reconnaissons qu’un sel est encore un composé résultant de la substitution d’un métal à l’hydrogène basique de l’acide.
- Pour écrire la formule d’un sel, il y a lieu de tenir compte de deux choses séparées : 1° la basicité de l’acide ; 2° la valence ou atomicité du métal.
- Unacide peuten effet renfermer un certain nombre d’atomes d’hydrogène dont quelques-uns seulement sont remplaçables par un métal : le nombre de ces atomes remplaçablesest mesuré par lacapaeitéde saturation de l’acide : c’est là une détermination analytique simple sur laquelle il n’est pas nécessaire d’insister ici. Ainsi :
- HCl qui a lin atome d’H remplaçable est monobasique.
- SO‘H2 qui a deux atomes d’H remplaçables est bibasique.
- P04II3 qui a trois atomes d’H remplaçables est tribasique.
- Mais :
- C40GII6 Acide tartrique n’a que deux atomes d’H remplaçables (bibasique).
- C203II4 Acide glycolique n’a qu’un atome d’H remplaçable (monobasique).
- C304H4 Acide malonique n’a que deux atomes d’H remplaçables (bibasique).
- C4H603 Acide malique n’a que deux atomes d’H remplaçables (bibasique).
- CyH807 Acide citrique n’a que trois atomes d’H remplaçables (tribasique).
- Un atome de tous les métaux monovalents peut remplacer un atome d’hydrogène pour donner un sel ; un atome de métal bivalent peut remplacer deux atomes d’hydrogène; un atome de métal trivalent peut remplacer trois atomes d’hydrogène et ainsi de suite.
- Quand tout l’hydrogène de l’acide estremplacé par un métal, on a un sel neutre ; quand une partie de l’hydrogène seulement est remplacée, on a un sel acide.
- En appliquant ces raisonnements, il est facile, connaissant la basicité d’un acide et la valence du métal, devoir comment ont été obtenus, comparativement dans les deux théories, les sels des acides dans les exemples qui suivent :
- ACIDES MONOBASIQUES ET MÉTAUX MONOVALENTS
- THÉORIE DUALISTIQUE.
- / HCl Acide chlorhydrique.
- | NaCl Chlorure de sodium.
- j AzO!i Acide azotique.
- ( AzO\KO Azotate de potasse.
- | CHPOVHO Acide acétique.
- \ C4H303.Na0 Acétate de soude.
- / C4IP03Na0.C4IP03.H0 Acétate acide de
- soude.
- THÉORIE ATOMIQUE.
- | HCl Acide chlorhydrique.
- ( NaCl Chlorure de sodium.
- ( Az03H Acide azotique.
- ( Az03K Azotate de potassium.
- / C'ffPO2 Acide acétique.
- | C2JF02Na Acétate de sodium.
- \ (C2H302)2NaII Acétate acide de sodium.
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- THÉORIES DUALIST1QUE ET ATOMIQUE DE LA CHIMIE.
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- ACIDES MONOBASIQUES ET MÉTAUX PLURIVALENTS
- THÉORIE DUALISTIQUE. THÉORIE ATOMIQUE.
- | HCl Acide chlorhydrique.
- ( CaCl Chlorure de calcium.
- i AzOs Acide azotique / Az03CuO Azotate de cuivre.
- Fe203.3Az05 Azotate ferrique.
- ACIDES BIBASIQUES ET
- THÉORIE DUALISTIQUE.
- SO3 Acide sulfurique.
- S03K0 Sulfate neutre de potasse.
- ( S03K0.S03H0 Sulfate acide de potasse. C4Oc.2IIO Acide oxalique.
- C406.2K0 Oxalate neutre de potasse. C406K0.H0 Oxalate acide de potasse. C8H4O10.2IIO Acide tartrique. C8II4Ol0.2NaO Tartrate neutre de soude. C8H4O10.NaO.HO Tartrate acide de soude. CO2 Acide carbonique.
- CO'LNaO Carbonate neutre de soude. C02Na0.C02.II0. Bicarbonate de soude.
- ACIDES BIBASIQUES ET
- THÉORIE DUALISTIQUE.
- SO3 Acide sulfurique.
- S03.BaO Sulfate de baryte.
- S03.CaO Sulfate de chaux.
- CO2 Acide carbonique.
- C02.CaO Carbonate de chaux.
- \ C02.Ca0.C02II0 Bicarbonate de chaux.
- ( C406.2H0 Acide oxalique.
- ( C406.2Ca0 Oxalate de chaux.
- | (S03)3Fe203 Sulfate de peroxyde de fer.
- ( S03FeO Sulfate de protoxyde de fer.
- i HCl Acide chlorhydrique.
- \ CaCl2 Chlorure de calcium.
- I Az03II Acide azotique.
- ( (Az03)2Cu Azotate de cuivre.
- VI
- (Az03)6Fe2 Azotate ferrique.
- MÉTAUX MONOVALENTS
- THÉORIE ATOMIQUE.
- iS04H2 Acide sulfurique.
- S04K2 Sulfate neutre de potassium. S04KII Sulfate acide de potassium.
- / C2OlH2 Acide oxalique.
- ) C204K2 Oxalate neutre de potassium.
- ( C204KH Oxalate acide de potassium. f C406Hü Acide tartrique.
- ) Cl06H4Na2 Tartrate acide de sodium.
- ( C406H4NaH Tartrate acide de sodium. f C03H2 Acide carbonique.
- | C03Na2 Carbonate neutre de sodium.
- ( C03NaH Bicarbonate de sodium.
- MÉTAUX PLURIVALENTS
- THÉORIE ATOMIQUE.
- / S04H2 Acide sulfurique.
- | S04Ba Sulfate de baryum.
- [ SO'fCa Sulfate de calcium.
- | C03II2 Acide carbonique.
- ) C03Ca Carbonate de calcium.
- ( C03Ca.C03H2 Bicarbonate de calcium. | C204H2 Acide oxalique.
- ( C204Ca Oxalate de calcium.
- !IV
- (S04)3Fe2 Sulfate ferrique.
- S04Fe Sulfate ferreux.
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- a- eus
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- ARTS CHIMIQUES.
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- ACIDES TRIBASIQUES ET MÉTAUX PLURIVALENTS
- P0\3H0 Acide ortho-phosphorique.
- P03.3Na0 Orthophosphate basique de soude.
- P03.2Na0.H0 Orlhophosphate neutre de soude.
- P03.Na0.2TI0 Orthophosphate acide de soude.
- I P04H’ Acide orthophosphorique.
- i P04Na3 Orthophosphate neutre de so-\ dium.
- \ P04Na2lI Orthophosphate ordinaire de I sodium.
- I P04NaIl2 Orthophosphate acide de so-\ dium.
- IP05.3Ca0 Orthophosphate basique de chaux.
- / P032Ca0.H0 Orthophosphate neutre de
- (chaux.
- P03.Ca0.2H0 Orthophosphate acide de chaux.
- (P04)2Ca3 Orthophosphate tricalcique.
- (P04)2CaII2 Orthophosphate bicalcique.
- (P04)2H4Ca Orthophosphate monocalcique.
- On pourrait varier ces exemples à volonté, mais le mécanisme en est simple à comprendre ; je vais encore y insister au moyen des exemples suivants :
- L’étain étant tétratomique, un atome peut remplacer quatre atomes d’hydro-ène basique : l’acide sulfurique S04H2 contient deux atomes d’H, il faudra donc eux molécules pour un atome d’étain : (SO4)2 Sn serait donc le sulfate d’étain (sulfate stannique).
- Le fer, dans les sels de peroxyde, fonctionne par la molécule Fe2,qui est hexatomique; Fe2 peut donc remplacer six atomes d’hydrogène basique; or l’acide orthophosphorique contient trois de ces atomes ; il faut donc 2 molécules de POIL pour 1 Fc2, (PO4)2 Fe2 est donc la formule du phosphate ferrique.
- OXYDES. --- SULFURES.
- Pour toutes les raisons précédemment énoncées, l’oxygène étant biato-mique :
- 1° Un atome exige deux atomes de métaux monovalents pour former un oxyde :
- K20 Oxyde de potassium.
- Na20 — sodium.
- Li20 — lithium.
- Ag*G — d’argent.
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- THÉORIES DUALISTIQUE ET ATOMIQUE DE LA CHIMIE.
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- 2° Un atome d’oxygène exige un atome des métaux bivalents :
- BaO
- CaO
- MnO
- FeO
- ZnO
- CuO
- Hg'O
- SnO
- Oxyde de baryum.
- — calcium.
- — manganeux.
- — ferreux.
- — de zinc
- — cuivrique.
- — mercurique.
- — stanneux.
- 3° Les sesquioxydes renferment deux atonies de métal pour trois d’oxygène.
- Fe203 Oxyde ferrique.
- Mn203 — manganique.
- Cr203 — chromique.
- A1203 — d’aluminium.
- En théorie atomique les oxydes sont classifiés aussi comme en théorie dua-listique en :
- Oxydes basiques.
- — indifférents.
- — acides.
- — singuliers.
- Exemple : K20, CuO.
- — A1203.
- — MnO3, CrO3, FeO3.
- — BaO2, MnO2.
- Le soufre étant biatomique comme l’oxygène, il est facile de voir que les sulfures métalliques, suivant la valence des métaux, pourront avoir les formules suivantes :
- K2S Monosulfure de potassium. Na2S — sodium.
- CaS — calcium.
- BaS — baryum.
- CuS — cuivre.
- IV
- SnS2 Bisulfure d’étain.
- HYDRATES.
- Les hydrates étant la combinaison des oxydes avec l’eau sont obtenus par les réactions suivantes :
- K20 + 1I20 = 2K01I CuO + 1I20 = CuO.lUO ou Cu (OH)2.
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- 858 ARTS CHIMIQUES. ---- JUIN 1890-
- Voici les formules comparatives de quelques hydrates :
- THÉORIE DUALISTIQUE. THÉORIE ATOMIQUE.
- KO. 110 Potasse caustique. NaO.HO Soude caustique. CuO.lIO Hydrate de cuivre CaO.lJO Chaux hydratée. BaO.HO Baryte hydratée.
- K01I Potasse caustique. NaOH Soude caustique. Cu(01Ij2 Hydrate de cuivre Ca(Üll)2 Chaux hydratée. Ba(Oll)2 Baryte hydratée.
- TYPES CHIMIQUES. -- FORMULES DE CONSTITUTION.
- Si, comme nous l’avons déjà fait, lorsque nous avons défini la valence ou atomicité, nous examinons les formules des corps suivants :
- HCl Acide chlorhydrique.
- 1P0 Eau.
- AzH5 Ammoniaque.
- CIP Hydrogène protocarboné.
- et si nous remarquons que FH est monoatomique, l’oxygène biatomique, l’azote triatomique, le carbone tétratoinique, nous pourrons supposer que la structure moléculaire des composés en question est faite de telle façon que les atomes de chlore et d’hydrogène saturent les valences des atomes H, 0, Az, G, qui servent de noyau ; en d’autres termes, on admet alors que les choses se passent comme si la structure moléculaire intime des corps était représentée par les formules planes ci-dessous :
- II — Cl H — 0 — H II II 11
- Acide Eau. \/ i
- chlorhydrique. H — C______H
- Il H
- Ammoniaque. Hydrogène protocarbond.
- En chimie, un grand nombre de composés ont une constitution analogue aux précédents. « Il est évident, en effet, que dans ceux-ci nous pouvons substituer à un élément donné un autre élément de même atomicité, sans troubler l’équilibre des atomicités. » (Würtz.)
- Les composés HCl, H20, AzH3, CtPpeuvent donc servir de types, et le tableau
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- THÉORIES DUALISTIQUE ET ATOMIQUE DE LA CHIMIE.
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- suivant montre l’existence d’un certain nombre de composés rapportés à ces
- types :
- Type HCl Type H20 Type AzIP Type CH4
- Cl —Cl H — 0 — H 11 Cl
- Chlore libre. Eau., | !
- Az Cl — C — Cl
- / \ 1
- 11 Cl
- K —Cl Cl —0 —Cl Ammoniaque. Tétrachlorure do carbone.
- Chlorure de potassium. Anhydride Cl Cl
- hypochloreux. 1 1
- P Cl — Si — Cl
- /\ 1
- Cl Cl Cl
- K —I H — 0 — K Trichlorure Chlorure de silicium.
- Iodure do potassium. Hydrate de potassium. de phosphore.
- Cl 11
- S b II — Si — H
- / \ !
- Cl Cl II
- Ag —I Ag — 0 — Ag Trichlorure Hydrogène silieié.
- Iodure d'argent. Oxyde d’argent. d'antimoine.
- C’est cette notion d es types qui a été la base de la recherche de la structure
- moléculaire des corps : dans un corps composé les éléments polyatomiques
- jouent le rôle d’un noyau autour duquel les autres éléments viennent se grouper. En tenant compte des valences de tous les corps simples qui entrent dans une combinaison, en admettant aussi, comme je l’ai déjà dit, que les mêmes éléments peuvent dans une molécule échanger entre eux une ou plusieurs affinités, on conçoit qu’on pourra le plus souvent former un édifice complet en groupant autour d’un noyau, suivant leur atomicité, les autres corps entrant dans la combinaison.
- C’est ainsi qu’on a obtenu le's formules de constitution des corps suivants
- (Az est ici pentatomique).
- Id.
- pris dans la chimie minérale :
- Acide azothydrique AzHI II Az A/^ AZXx Az
- Acide azotique AzOdl I 1 —0 ~Az\>
- Acide sulfurique SQ'-H2 11 II -v -</N
- (S est ici h exatomique' .
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- 860
- ARTS CHIMIQUES.
- JUIN 1896.
- Sulfate ferreux S04Fe *v\ (Fe est ici biatomique).
- Sulfate ferrique (SO'fFe2 o, o o o \rp rp/ /VG ie^ (T 0 I I 0 xü 0 0 \/ s 0 0 (Fe2 est ici hexatomique)
- Acide orthophosphorique P04II3
- O —Il O — II O —H
- P est ici pentatomique).
- Phosphate tricalcique (P04)2Ca3
- 0 = p/Q)Ca
- Ca\0-P = 0
- .0 —Ca —
- Acide pyrophosphorique P207H4
- 0 = P^
- 0 —II
- \Q — II
- 0
- o = p/
- 0 —H
- \0 — H
- Pyrophosphate de magnésium P207Mg2
- 0
- 0'
- Mg
- 0 = P=
- 0
- O'
- Mg
- Pyrophosphate
- ferrique
- (P207)3(Fe2)2
- 0 0
- 0 — P = 0 0 = P— 0 — P = 0
- 0 0 o o o o
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- THÉORIES DUALISTIQUE ET ATOMIQUE DE LA CHIMIE.
- 861
- 0 0 0 0 0 0
- ^ ^ 'W'
- Az Az Az
- Azotate ferrique
- 0
- Fe-
- (Az03)6.Fea
- 0
- Az
- 0 0
- 0 0
- Az Az
- 0 0 0 0
- Chlorure ferreux (FeCP) Cl — Fe = Cl
- Chlorure ferrique (Fe2Clfi)
- Ci Fe_ci ' \ci
- /C1 Fe-Cl NC1
- On pourrait à volonté multiplier ces exemples; c’est surtout en chimie organique que le développement des formules brutes en formules de constitution a reçu sa véritable application.
- Mais dans ce cas, une nouvelle méthode a été appliquée : on a remarqué, en effet, que si on examine les formules développées des corps d’une même famille, ces formules sont caractérisées par des groupements fonctionnels spéciaux : ces groupements fonctionnels, mis en évidence, font donc reconnaître, à la simple inspection du schéma, la famille à laquelle le corps considéré appartient.
- Les composés organiques peuvent être divisés en deux grandes classes : les composés de la série grasse, ceux de la série aromatique.
- La série grasse est caractérisée généralement par ce fait que les groupements d’atomes de carbone sont disposés en ligne droite formant une chaîne linéaire, c’est-à-dire ouverte : Exemple .
- Il 1 H II 1 | Il II II
- 1 11 —G —11 II- 1 1 1 C — C — Il H — C — C — C
- I II II II II II H
- Méthane. Ethane. Propane.
- • 95° année. 5e série. — Juin 1896.
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- ARTS CHIMIQUES.
- JUIN 1896.
- Les composés de Ja série aromatique sont dérivés du carbure fondamental: la benzine, dont les atonies de carbone sont groupés circulairement de façon à former une chaîne fermée (hexagone de Kékulé) :
- II
- C
- II — C/ — H
- II — cl Je — Il
- c
- I
- H
- Benzine.
- Cela étant, les formules de constitution mettent en évidence des résidus, groupements d’atomes formés d’une part par des radicaux qui indiquent l’origine du composé, d’autre part par des groupements qui indiquent la famille à laquelle il appartient. Exemple:
- II
- II — G— soit CIP
- II
- Méthyle.
- II
- j[ — c — II soit C2IP
- II —C —
- I
- II
- Éthyle.
- GROUPEMENTS FONCTIONNELS
- ( primaire. . Alcools | secondaire. ( tertiaire. .
- Aldéhydes..........
- Acétones...........
- Acides.............
- Amines.............
- Amides.............
- CIP. OH
- en. ou
- C.OH
- CHO
- CO
- rn ) nom^re de ces groupes
- I indique la basicité.
- AzIP uni à un résidu de carbure. CO.AzlP
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- THÉORIES DUALISTIQUE ET ATOMIQUE DE LA CHIMIE.
- 863
- Voici quelques exemples de ces applications avec les formules correspondantes en théorie dualistique.
- THÉORIE DUALISTIQUE
- Alcool ordinaire.................CHPO2.
- Alcool amylique..................C10II12O2.
- Alcool isopropylique (second). C6H80'2. Alcool butylique (tertiaire). . C8IP°02.
- Glycérine (alcool à la fois pri- \ qcjjsqg maire et secondaire. .. . . j
- Aldéhyde acrylique (acroléine). CMPO2.
- Acétone ordinaire.............C°H4OV
- Acide acétique..................C4H303II0
- Acide oxalique...................C406.2H0
- THÉORIE DUALISTIQUE.
- Méthylamine CHF.Az Oxamide C404Az2II4
- THÉORIE ATOMIQUE
- CH3.CH2OH ou C2II .011 CIP — Cil2 — CH2 — CH2 — CH3. OH ou CGI1 COII
- CIP —CH.OII —CIP. ou CHP.OII CIP
- I
- CIP —C —OH ou CMP.OII
- I
- CIP
- CH2OH
- I
- CH.OH ou CMP.(OII)3
- I
- CH2. OH CHO
- I
- Cil ou CHP.CHO CIP
- CIP3 — CO — CH3 ou CHIC CO CIP.COOH [ COOH
- I .
- ( COOII
- THÉORIE ATOMIQUE.
- CIP.AzIP
- CO — AzIP.
- CO — AzlP.
- Les dérivés de la série aromatique sont caractérisés par l’existence du radical phényle C6HC Les dérivés mono-substitués de la benzine s’obtiennent donc par Tunion de ce radical avec l’un des groupements fonctionnels précédents. Il faut y ajouter que le groupement OH est caractéristique des phénols
- O'IP.OII Phénol.
- CMP.CIP.OII Alcool benzylique.
- CsHCAzH2 Aniline.
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- ARTS CHIMIQUES.-----JUIN 1896.
- 11 11’en est plus ainsi pour les dérivés bisubstitués ; en effet, un dérivé bichloré peut s’écrire des trois manières suivantes :
- Cl Cl Cl
- CGC
- HC^g1 8\c — Cl
- lld\= 4 "Jeu
- \/
- Cli
- II Cj^ g 1 a^Cfl
- IIC/g li\cu
- H (i •• , » Je II
- C
- Cl
- Le composé dans lequel le chlore occupe:
- 1° Les places 1.2 est un dérivé Ortho 2° — ' 1.3 — Mêla.
- 3° — l.i — Para.
- Cela peut s’écrire :
- C(iIP
- t /
- Cil*
- AzlP (2)
- Orthotoluidinc.
- C°1P
- /CIP(1) \AzII- (3)
- MétatoluMine.
- CfiJP
- /CIP (1). \AzH2 (4).
- Parato’.uidine.
- En résumé, le problème qui se posera à l’examen d’une formule d’un composé chimique pourra être de deux sortes : 1° passer d’une formule connue de théorie dualislique à la formule atomique ; 3° passer d’une formule atomique à la formule dualistique.
- 1. Dans le premier cas, il faudra diviser par deux l’exposant de tous les corps simples dont l’équivalent est moitié du poids atomique et affecter le symbole du corps simple considéré du nouvel exposant ainsi obtenu. On pourra ensuite, si on le veut, mettre en évidence les groupements fonctionnels en tenant compte, au cas où le corps considéré appartient à la chimie organique, de la série, soit grasse, soit aromatique dans laquelle il doit être classé.
- J’ai donné précédemment des exemples nombreux pour la chimie minérale ; en voici deux choisis dans la chimie organique :
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- THÉORIES DUALISTIQUE ET ATOMIQUE DE LA CHIMIE.
- 8(15
- THÉORIE DUALISTIQUE.
- 1° C12II8Ou Acide citrique.
- Les poids atomiques du carbone et de l’oxygène sont doubles de l’équivalent. — Le corps appartient à la série grasse, c’est un acide tribasique qui est en môme temps une fois alcool tertiaire.
- 2° CuHf,04 Aldéhyde paroxybenzoïque.
- Même observation que ci-dessus pour les atomes de carbone et d’oxygène. — Le corps appartient à la série aromatique. — Il est à la fois phénol et aldé hyde.
- THÉORIE ATOMIQUE.
- C°IP07. Acide citrique.
- Acide tribasique : il contient par conséquent trois groupements (COOII). — Une fois alcool tertiaire il contient donc un groupement (COU). — Or 3COOII -j-COU = C*07H* et C6Ha07 — CHPO7 = C2IU. — Les atomes de carbone forment une série linéaire. — La formule pourra donc s’écrire C2H'\ (COOII)3 (COU) et la formule de constitution suivante :
- OU
- i
- j COOH — CIP — C — CH2 — COOII COOII
- sera facilement trouvée après quelques essais.
- C7II802 /Aldéhyde paroxybenzoïque. — Phénol : il5renferme un groupe OII, aldéhyde, il renferme un groupe CHO. Or OU -f CIIO = CIPO2 et C7II602 — CH202 donne CfiIP. — La substitution para indique les positions 1.4. — Les atomes de carbone forment une chaîne fermée, la formule de constitution sera trouvée facilement :
- COU
- ,/\
- cru 1 ^.cn
- . -î/'Cii:
- \V
- C — CHO
- 2. Dans le passage d’une formule atomique à la formule dualistique, il y a lieu de considérer la lecture d’une formule braie et la lecture d’une formule de constitution.
- Sur la transformation d’une formule brute, je n’insiste pas, il suffit de doubler les exposants de tous les corps simples dont l’équivalent est moitié du poids atomique ; mais voici deux exemples du second cas.
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- 86t>
- ARTS CHIMIQUES.
- JUIN 1890.
- THEORIE ATOMIQUE.
- 1° COOII
- I
- CH2
- I
- CHOIT
- I
- Cil2
- COOII.
- 2 groupes GOOIT indiquent un acide bibasique. — CHOH indique un alcool secondaire. — La somme des exposants du même élément donne pour la formule brute C’irO'. — Le composé appartient à la série grasse puisque les atomes de carbone sont sur la même ligne.
- THEORIE DUALISTIQUE.
- Ln appliquant les règles énoncées ci-dessus la formule sera C10H8O10. Si on ne sait pas le nom du composé, quelques recherches dans un livre spécial le feront ainsi facilement trouver. C’est ici l’acide oxypyrotartrique.
- COU
- Les atomes de carbone forment une chaîne fermée : le composé appartient à la série aromatique. — Il renferme 2 groupes 011 en position 1.3, c’est donc un métadiphénol. — La somme des exposants des mêmes éléments donne pour sa formule brute CGHG02.
- En appliquant les règles ci-dessus la formule dualistique brute sera C12Il60h
- Elle permettra d’en retrouver facilement le nom : c’est la résorcine.
- J’ai essayé, dans cet exposé, de dégager et d’expliquer les différences mar quées qui existent entre la théorie dualistique et la théorie atomique. Cette dernière a conduit le chimiste à essayer de donner aux composés des formules développées qui permettent de réunir les corps en séries jouissant de propriétés distinctes : c’est surtout en chimie organique que cette généralisation a pris toute son importance. Le passage des formules brutes d’une théorie dans l’autre est simple et sera compris facilement : le développement d’une formule brute atomique en formule développée n’est pas toujours aussi facile ; on y arrive cependant avec un peu de persévérance, et le lecteur désireux de s’instruire ne doit considérer l’aperçu que je mets sous ses yeux que comme introduction à une étude plus complète de la théorie unitaire.
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- ARTS MÉCANIQUES
- Revue de mécanique générale, par M. Gustave Richard, membre honoraire
- du Conseil (suite) (1).
- Deuxième partie. — Moteurs à gaz et à, pétrole.
- moteurs a gaz
- Les moteurs à gaz se divisent, comme on le sait, en deux grandes classes suivant que le mélange moteur d’air et de gaz est ou non comprimé avant son allumage. Les moteurs à compression, presque seuls employés aujourd’hui, se divisent eux-mêmes en deux genres suivant que l’allumage du mélange comprimé se fait sous pression constante ou sous volume constant, et ce dernier genre, qui prédomine absolument aujourd’hui, se subdivise lui-même en deux variétés suivant que la compression se fait dans le cylindre moteur même, par le piston moteur et du même côté que l’allumage, ou qu’elle s’opère, dans ce cylindre ou en dehors, par des organes accessoires.
- Tous les moteurs à compression marchent forcément à quatre temps : admis sion, compression, allumage, échappement. C’est Lebon qui, en 1801, indiqua le premier très nettement l’application de ce cycle aux moteurs à gaz avec compression extérieure au cylindre moteur. En 1861 Otto, en 1862 Reau de Rochas firent l’un l’applicationde ce cycle, l’autre la théorie de son utilisation dans un seul cylindre, avec expulsion complète des gaz brûlés; en 4877, Otto construisit sa célèbre machine où le cycle à quatre temps s’accomplit dans un seul cylindre, d’un même côté du piston, et en conservant une partie notable des gaz brûlés. On sait que cette machine réalisa du premier coup, grâce à l’application de la compression d’une part et à la conservation des gaz brûlés d’autre part, une économie, une simplification telles qu’elle détermina dans l’industrie des moteurs à gaz une révolution d’une importance équivalente à une véritable création de cette industrie, et, qu’aujourd’hui encore, presque tous les moteurs à gaz sont du type fondamental d’Otto. On chiffre par centaines les systèmes préposés pour permettre d’appliquer, pendant la durée des brevets Otto, la compression autrement que lui, et par millions les sommes dépensées dans ce but, principalement en Angleterre, où la loi fit respecter ces brevets jusqu’au bout : depuis, on peut
- (1) Bulletin de Mai, p. 681.
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-
- m
- REVUE DE MÉCANIQUE GÉNÉRALE.-----JUIN 1896.
- dire que ces machines n’existent plus (i), et que la pratique universelle a — dès que ses intérêts le lui ont permis — rendu au véritable inventeur du moteur à gaz moderne un hommage aussi unanime que gratuit.
- Actuellement, les moteurs à gaz sont donc, en l’immense majorité, à quatre temps, — avec cycle effectué tout entier dans un meme cylindre et conservation plus ou moins importante des gaz brûlés, — ce sont des moteurs donnant, par conséquent, une course motrice sur quatre, ou par deux tours de l’arbre de couche.
- Dans ces moteurs, les principaux progrès réalisés sont, en dehors des détails de construction, l’augmentation de la compression et de la vitesse du piston, et le principal point contesté est l’utilité de conserver les gaz brûlés ou l’avantage de les expulser complètement.
- Je n’insisterai pas sur les avantages mêmes de la compression, connus et admis de tous: la question est de savoir l’économie qu’a procurée son accroissement depuis les premiers moteurs Olto et ce que l’on peut espérer d’un accroissement encore plus prononcé. On ne peut malheureusement répondre à cette question que d’une façon assez vague, parce que, dans les moteurs à gaz, comme dans toutes les machines thermiques, aucune partie du cycle ne fonctionne isolément des autres, et que les augmentations de la compression coïncident presque toujours avec des augmentations de vitesse concourant, comme elle,à diminuer l’influence des parois du cylindre, qui est l’une des principales causes de pertes des moteurs à gaz. Néanmoins, on peut dire que, dans les machines Otto, le rendement thermique absolu, c’est-à-dire le rapport e de l’énergie calorifique du gaz employé à celle du travail indiqué est passé de 0,15 à 0,25 environ, pendant que la compression passait de 3 à 5 et 5,5 atmosphères. Cet accrois, sement de la compression correspond à une diminution proportionnelle du volume de la chambre de compression v par rapport au volume total V du cylindre ou à celui
- Y' de la course ; le rapport ~ a diminué de près de moitié : de 0,6 à 0,3, et cette diminution reproduite sur le diagramme, fig. 1, dû à M. Clerk, permet de constater facilement l’augmentation de l’énergie ou de l’activité du cylindre amenée par la compression-
- Rendement Rendement Dépense
- N'1’ des absolu absolu e Rapport Cylindre Rapport Pression de gaz
- K réel 0 de par
- machines. ca’culé. d’après les e diamètre. course. "v compres- eheval-hourc
- diagrammes sion. indiqué.
- mill. mill. kil.
- (1) 0.33 0.16 0.45 230 467 0.6 2,7 O'"3,68
- (2) 0.4 0.189 0.47 240 467 0.4 4,2 0,57
- 0.39 0.19 0.48 216 467 0.42 3,6 0,56
- (3) 0.428 0.26 0.68 178 380 0.34 6,0 0,42
- On a représc nté, sur ce diagramme, par ab, le volume total V = Y'+ v du cylindre
- par cb, gbellb ceux de la course correspondant aux compressions des moteurs 1, 2,, 3,
- (1) On trouvera une intéressante étuJe des causes de cet abandon dans le récent mémoire de M. Clerk, l’un des ingénieurs qui se sont le plus attachés à ce genre de machines, intitulé : lièrent Developments in G as Engines, p. 126. (Inst, ol' Civil Engineers, London, 28 janvier 1896.)
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- MOTEURS A GAZ.
- 869
- du tableau ci-contre. L’accroissement du diagramme, à égalité de volume total Y du cylindre, est très sensible sur ce diagramme, mais il ne représente pas uniquement le bénéfice de la compression, car le dosage du mélange de la troisième machine était un peu plus riche que celui des deux autres.
- Quant aux économies à attendre d’un accroissement plus hardi encore de la
- / v \0A
- compression, la formule E = 1 — f — J beaucoup trop favorable évidemment,
- donne, pour une compression de 15 atmosphères, un rendement théorique de 55 p. 100; mais, en supposant qu’une pareille compression fût seulement possible, — avec des pressions initiales théoriques voisines de 50 atmosphères et
- Fig. 1 et 2. — Diagramme des moteurs n0' 1, 2 et 3 du tableau page 868. — Diagramme do la marche
- d’un moteur Otto Atkinson.
- Pressions indiquées en livres par pouces carrés, de 0\07 par centimètre carré.
- des températures dépassant 1 500°, — que deviendrait le rendement organique des moteurs, l’influence des parois qu’il faudrait refroidir à force pour ne pas gripper et enfin le prix et la durée du moteur, qu’il faudrait construire en pièces très résistantes et relativement fort lourdes en raison de la grandeur de la détente et de la faiblesse de la pression moyenne par rapport à l’énorme pression d’explosion à laquelle ces pièces devraient résister. On ne peut donc fixer à ce sujet aucune limite absolue, mais il faut néanmoins faire remarquer que, même théoriquement, le gain ne croit pas proportionnellement à la compression, mais à son logarithme (1), de sorte qu’à mesure que les difficultés pratiques augmentent, et très vite, le bénéfice de la compression diminue.
- Il en est de même pour la vitesse; on va aujourd’hui couramment jusqu’à 300 et 350 tours, bien entendu sans ratés, avec les moteurs de moyenne force, grâce à ce fait, constaté par Ebbs sur les moteurs sans compression (1) : que la rapidité de l’allumage croît, entre certaines limites, avec la vitesse du piston; on atteint même, dans certains petits moteurs 450 et 500 tours, mais sans s’inquiéter beau-
- (1) C. Richard, Les nouveaux moteurs à gaz et à pétrole, p. 36 et 172.
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- 870 REVUE DE MÉCANIQUE GÉNÉRALE. ---- JUIN 1896.
- coup du rendement, ni de la régularité des explosions. L’augmentation de vitesse accroît aussi le rendement et abaisse le prix du moteur rendu plus énergique, plus léger, moins encombrant pour une puissance donnée ; il augmente, en outre, la régularité du moteur avec des volants beaucoup moins lourds. Mais
- Fig. 3 à 6. — Détail de la distribution d’un moteur Otto Atkinson.
- d’une part, en ce qui concerne l’allumage, la loi d’Ebbs ne s’applique pas indéfiniment; à partir d’une certaine activité, le cylindre s’échauffe au point que son
- Fig. 7. — Diagramme d’un moteur Otto Atkinson.
- Diamètre du piston 430 m/n!, course 610, compression 5k,30, pression d'explosion 21k,t. moyenne 7k,75. puissance indiquée 121 chevaux. (Les pressions sont figurées en livres par pouce carré de 0k,07 par centimètre carré.;
- eau de refroidissement emporte, sous peine de grippage, presque tout le bénéfice thermique de cet excès de vitesse, puis les efforts d’inertie provoquent, malgré
- Fig. 8. — Diagramme d’aspiration d’un moteur Otto Atkinson de 4 chevaux.
- Ce diagramme, relevé avec un ressort très flexible montre comment, au retour du pistou, la courbe d’as-piratien a coupe la ligne atmosphérique en b, déterrai nant à la lin do l’échappement l’aspiration b c.
- l’ajustage le plus rigoureux, des chocs rapidement destructeurs ou des frottements ruineux. Ces quelques considérations suffisent pour établir que l’on ne peut fixer a priori une limite à la vitesse pratique du moteur à gaz ; en fait, cette limite recule chaque jour avec les progrès de la construction et les exigences de certaines installations où la question d’encombrement et de légèreté prime toutes les
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- MOTEURS A GAZ.
- 871
- autres.,Tout ce que l’on peut dire, c’est, qu’en général, il ne faut pas considérer seulement le rendement un peu plus élevé et le prix un peu plus bas du moteur, mais aussi son entretien et sa durée — réparations, usure, graissage — et s’en tenir, à moins d’obligations particulières, aux machines à vitesses actuellement modérées et solidement établies; c’est ce qu’il convient d’ailleurs de faire aussi
- Fig. 9. — Diagramme d’un moteur Otto Atkinson de 4 chevaux.
- Diamètre du pistou 178 m/m, course 280 tours par minute 200 pression moyenne 7k, puissance indiquée 14 chevaux, dépense de gaz 0“3,42 par cheval-heure indiqué, 0m,50 par cheval au frein : pression d'explosion 20k, de compression 6k,3. Rapport = 0.34 (essai de Clerk.)
- pour les machines à vapeur; éviter, en un mot, de généraliser des solutions exceptionnelles.
- La question del'utilité de Vexpulsion complète des gaz brûlés est de nouveau reprise et vivement discutée. Il est certain que cette expulsion augmente un peu la rapidité et la puissance de l’allumage, ce qui peut présenter un certain intérêt aux très grandes vitesses; en outre, elle garantit mieux, aux fortes com-
- pressions et dans les cylindres très chauds, contre les explosions à contretemps, d’où il suit qu’il y aurait lieu de l’adopter si on pouvait le faire sans compliquer aucunement les moteurs. C’est là, en effet, toute la question; car une longue expérience a démontré que, dansles moteurs Otto, les gaz brûlés ne se mêlent pas aux gaz actifs au point d’en compromettre en quoi que ce soit l’allumage ni la combustion complète; d’autre part, leur chaleur ne peut que compenser si peu que ce soit la perte par les parois, de sorte que le bénéfice thermique qui peut
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- REVUE DE MÉCANIQUE GÉNÉRALE.
- JUIN 1890.
- résulter de leur expulsion complète ne se manifeste a priori que comme très faible; M. (llerk l’évalue, pour les meilleurs types, à 5 p. 100 au plus, et encore avec toutes sortes de réserves toutes naturelles à défaut d’expériences authentiques. Nous décrirons néanmoins, en raison de l’intérêt que l’on attache actuellement à cette question, quelques solutions nouvelles particulièrement ingénieuses.
- Je ne ferai que rappeler l’ingénieuse disposition à'Atkinson (1) dont le principe
- / U B
- Fig. 11 et 12. — Moteur Cuinat. Détail de la distribution : plan, coupe et vue par bout de la culasse.
- J, arbre de distribution tournant deux fois moins vite que le moteur, commandant par d IV la soupape d’admission de l’air 1) par e e' E' la soupape d’échappement E. Par g et le galet n à talon V soumis au régulateur la soupape d’admission du gaz G. Quand la vitesse augmente, s échappe g, et t vient, en se plaçant sous D', maintenir E constamment ouverte. La came e ouvre E pendant la course normale d'échappement, et pendant la période 3-1 (fig. 10; de la course de compression. K, tube d'allumage à soupape K commandés par J.
- consiste (fig. 2) à profiter de la pression des gaz du cylindre au commencement de l’échappement, et qui atteint parfois jusqu’à 3 kil. effectifs, pour imprimer à la colonne cl’air du tuyau d’évacuation une impulsion suffisante pour [qu’elle puisse, à la fin de l’échappement, déterminer dans le cylindre moteur une aspiration. 11 suffit alors de laisser les soupapes d’admission d'air A et d’échappement B (fig. 3) ouvertes simultanément pendant à peu près le dernier quart 1)C (üg. 2) de la course d’échappement et le premier CB de la course d’admission, pour provoquer dans le cylindre moteur une chasse d’air qui en expulse presque totalement les gaz brûlés. Il faut, en
- (1) G. Richard. Les moteurs à gaz et à pétrole, cri 1893 et 1894, p. 32. A citer aussi les solutions analogues de Patori (kl., p. 37) et de Prunier (Brevet anglais 195Ü8, de 1893).
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- MOTEURS A GAZ.
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- outre, pour assurer cette expulsion, agrandir et allonger considérablement, jusqu’à 20 mètres environ, le tuyau d’échappement, donner au fond du cylindre et du piston la forme représentée en fig. 5, puis disposer la soupape d’échappement B latéralement de manière que le balayage s'effectue comme l’indiquent les flèches (fig. 3 à 6). Des essais exécutés par M. Clerk sur un moteur de 4 chevaux, pourvu de cette disposition ont donné les résultats indiqués aux diagrammes fig. 8 et 9, indiquant la production d’une aspiration de 0kil,14. Le diagramme fig. 7 a été relevé sur une machine de 120 chevaux indiqués. Les résultats en sont très satisfaisants; mais, d’après M. Clerk, attribuables plutôt à la forte compression : 6kil,3, qu’au balayage des gaz brûlés, qui, d’après lui, ne peut guère diminuer la dépense de gaz de plus de 5 p. 100, même avec une machine très bien réglée en conséquence.
- La solution de M. Cuinat consiste (fig. 10) à admettre d'abord, pendant que le piston décrit la partie 1-2 de sa course d’aspiration, et par les soupapes C et D (fig. 11) le mélange actif de gaz et d’air qui, introduit par l’espace lamellaire C que le piston réserve au fond de sa course, suit ce piston et ne se mêle pas aux gaz brûlés de la chambre B; de 2 à 3 (fig. 10) on ferme le gaz G et l’on n’admet plus que de l’air, qui, au retour du piston, de 3 à 4, expulse les gaz de B par la soupape d’échappement E, maintenue ouverte, puis la compression commence à partir du point 4. Un moteur
- Fig. 13. — Diagramme d'un moteur Cuinat de 6 chevaux.
- Diamètre du piston I,SS m/m, course 370. Pression d'explosion 17k,83. linalo lk,08. La rapidité de l’allumage est indiquée en A par la presque verticalité de sa courbe.
- de 6 chevaux aurait donné, avec ce dispositif, un allumage très vif ffig. 13), et une dépense d’environ 510 litres de gaz par cheval-heure effectif, qui n’a rien d’improbable avec une compression d'environ 0 kil. (1).
- Les dispositifs que nous venons de décrire ont le mérite d’une grande simplicité, mais ils ne sont pas desmodromiques ; il n’en est pas de môme de celle de M. Robson, ingénieur de la maison Tangye, qui, en revanche, transforme complètement le moteur. Dans le type représenté par les figures 14-16, M. Bobson fait un heureux emploi des transmissions à bulles triangulaires décrites à la page 577 du Bulletin de mai 1895.
- On reconnaît facilement en c c c:i (flg. 15) la bielle triangulaire des machines Fergusson et Fleeming. Quand le piston a commence à descendre, aspirant le mélange moteur de gaz et d’air par k et l, le piston B, terminant sa course ascendante, achève l’expulsion des gaz brûlés par g2, h, hi ; en ce moment, la soupape intermédiaire d’échappement h, descendant rapidement dans sa position pointillée, ferme l’échappement h.2, et fait communiquer les deux cylindres A et B par après quoi, les deux pistons a et b descendent, aspirant simultanément le mélange moteur, a devançant b, qui ensuite refoule son mélange de B ën A jusqu’au fond de sa course. En ce moment, où a se trouve un peu descendu, l’explosion se produit, agissant à la fois sur les deux
- (1) Revue industrielle, 25 avril 1893, et Portefeuille économique des machines, juin 1396, p. 83.
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- Fig. 14, 15 et 16. — Moteur Robson. Élévation. Coupe médiane verticale et. détail de la came.
- a et 4, pistons conjugués, dans leurs cylindres A et B, par le mécanisme à bielle triangulaire aî bi c;i cA c-i e' e j. et manivelle motrice <U. d. g </2. lumières de la soupape intermédiaire d’échappement h en h-i ; p, arbre de distribution tournant deux fois moins vite que le moteur commandant la soupape h et l’allumage ni par la tige u, le levier s et le renvoi r >•' r-> de la came /. Au passage de l’arc 1.1. concentrique à p. h est maintenu dans sa position pointillée, faisant communiquer A avec B et fermant l’échappement h*, puis l’arc 2-2' ouvre graduellement ; y y, ressorts compensateurs des dilatations de la tige de h et la maintenant constamment au contact de s. k, admission du gaz soumise au régulateur. /, admission de l’air.
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- pistons; puis, au retour, h ouvre l’échappement aux deux cylindres jusqu’à la reprise de la position figurée. On voit que cette machine, fort bien étudiée, réalise rigoureusement l’expulsion complète des gaz brûlés par des moyens relativement simples, du moment que l’on ne se contente pas d’à peu près, mais néanmoihs pas encore assez simples pour se justifier a priori, étant donnée la faible économie à laquelle on paraît devoir s’attendre par le fait seul de cette expulsion.
- Nous allons maintenant passer en revue quelques perfectionnements récemment apportés aux principaux détails de construction des moteurs à gaz.
- L’allumage de beaucoup le plus employé aujourd’hui est l’allumage par tube. Son principal avantage caractéristique est sa puissance qui, ajoutée, dans les moteurs
- Fig. 4 8. — Mise en train de G een. Ensemble de l’installation.
- Fig. 17. — Tube purgeur de W. James.
- bien étudiés, à celle de l’explosion du mélange relativement riche enviionnant, assure une combustion suffisamment rapide et complète même aux grandes vitesses. Sa propriété de se prêter aux compressions les plus élevées est partagée par l’allumage électrique, qui présente les avantages d’une mise en train instantanée et d’une duplication facile, permettant de remplacer immédiatement un allumeur hors de service par son compagnon de réserve. C’est une considération importante, principalement pour les moteurs destinés aux services publics d’éclairages électriques, et d’autant plus en faveur de cet allumage que, dans ce cas, l’électricité toujours disponible ne coûte rien. On peut, à la rigueur, se procurer aussi une duplication d’allumage dans le système à tubes (1 ), mais par des dispositifs plus compliqués, moins rapides et moins sûrs qu’un simple commutateur dont la manœuvre peut se faire automatiquement par le jeu même du régulateur, dès que le moteur se ralentit suffisamment à la suite de l’arrêt de l’allumage. Les tubes se font presque toujours en fer — avec des dispositifs spéciaux pour en faciliter le remplacement (2) — et aussi en une porcelaine spé-
- (1) Voir notamment la disposition de M. Bellamy. G. Richard, Les moteurs à gaz et à pétrole en 1890 et 1894, p. 289.
- (2) Bulletin à'octobre, 1892.
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- ciale d’un chauffage rapide, peu sensible aux courants d’air et à l’humidité; comme composition deees porcelaines, je citerai celle de M. Wellington, formée d’un mélange de 62 p. 100 de kaolin, 4 de craie, 17 de sable 13, de feldspath.
- Le tube est soit toujours ouvert au cylindre, soit ouvert seulement au moment de l’allumage pir une soupape convenablement réglée : ce dernier système s’impose pour les grancs moteurs, dont la marche doit être tout à fait sûre et régulière, et il se prête particulièrement bien au mode de régularisation qui consiste à faire varier le point c’allumage avec la vitesse du moteur et la richesse du mélange; on sait en effet, notamment d’après les expériences de Dames (1), qu’il faut d’autant plus avancer l’allurmge que le mélange est plus faillie et la vitesse plus grande (2).
- Fig. 19. — Mise en train Green. Fig. 20 à 22. —Mise en train Green.
- Ensemble do 1 appareil. Coupe verticale, plan, détail du balancier 9,10.
- Lors de la mise en train, le tube d’allumage risque de se trouver plus ou moins rempli de gaz inerte, dont il y a intérêt à le purger pour y laisser facilement entrer le mélange actif de mise en train; l’une des solutions les plus simples consiste dans l’emploi d’un petit tube purgeur A (fig. 17) que l’on met, par C D, en communication avec l’atmosphèie au moment de la mise en train, et qui se ferme automatiquement ensuite (3).
- Cette questioa de la mise en train prend d’ailleurs de plus en plus d’importance à mesure que les moteurs augmentent en nombre et en puissance.
- Parmi les appareils de mise en train récemment proposés, l’un des plus simples est celui de Green (fig. 18 à 22), qui fonctionne comme il suit. Pour mettre en train, on
- (1) G. Richard, Les nouveaux moteurs à gaz et à pétrole, p. 375.
- (2) Voir notammmt la solution de Krupp, G. Richard, Les moteurs à gaz et à pétrole en 1893 et 1894, p. 58.
- (3) Voir aussi le dispositif d’Audrew, ici., p. 65.
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- amène le levier élastique indiqué sur la figure 19 dans l’encoche (fig. 22) du balancier 10 ; le mélange d’air et de gaz aspiré par la valve 16 (fig. 18) dans le cylindre moteur, dont on avance à cet effet le pistun au 1/3 environ de sa course, va, par 17, 18, 4 et 3 (fig. 20), s’allumer à la flamme 7 ; puis, quand ce mélange est ainsi enflammé, on
- js-
- Fig. 23 ot 24. — Mise en train Pinkney.
- TJ. levier commandé par la camo I de l’arbre de distribution W ot commandant la soupape d'allumage K par une bague C, lui laissant le jeu nécessaire pour obéir au levier de mise en train K, pivoté en k sur ce support j et attaquant E par un capuchon L à ressort M ; t et u, trous .percés dans K, s, trou percé dans J, permettant de fixer, parla goupille t, le levier K dans scs positions de fermeture de E et d’évitement do la came de mise en train N. /îî, taquet de li, limitant, par sa butée sur J*, sa descente indiquée en pointillé.
- A4, soupape à fermeture Au, commandant l’admission de la charge de mise on train, par AB ’A6 A4 Ar, à la chambre d’explosion B du cylindre.
- ferme 16, et la flamme rétrogradant dans le cylindre par 3, 4, 17, y détermine une explosion qui, repoussant le tube 3, ferme les orifices 4 et pousse en avant le piston. Après l’échappement, 3 retombe, ce qui permet de répéter l’opération jusqu’à la mise en train définitive, après laquelle on ferme définitivement 3, par la mise du levier dans l’encoche 13 du balancier 10.
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- Les mises en train de Clerk(l),de Lanchester et de Williams(2)sont fondées sur le même principe que celle de Green ; il n’en est pas de même de celle de Pinkney, qui repose sur l’emploi d’un mélange actif préalablement comprimé, et dont les ligures 23 à 24 représentent le type le plus récent. La manivelle étant amenée dans la position A, (fig. 23) de sa course motrice, on met, par A* (lig. 23), le cylindre en commu-
- Fig. 25 cl 26. — Mise eu train Pinkney. Schéma du cycle.
- Ai A-2, positions de la manivelle motrice à l'ouverture do la soupape de mise on train A.,, :fig. 23) et à celle de l'allumage E par N. De Ai à Ai. la charge de mise en train repousse le piston avec une pression A9 : en Ai0, a lieu l'explosion do cette charge, en An sou échappement. On voit que le diagramme de mise en train, aussi puissant que celui de la marche normale, indiqué en pointillé, attaque la manivelle dans une position Ai très favorable à l'énergie de son impulsion.
- nication avec le mélange comprimé d’avance dans un réservoir par une pompe à main (3) et qui, alors, repousse la manivelle en k, (fig. 25), position où la came N de
- Fig. 27. — Mise en train. Furneaux et Butler. Ensemble de l’installation.
- 22, pompe à main aspirant par 23 un mélange explosif d’air et de gaz, qu'elle refoule par 21 dans le réservoir de mise en train 191’, 19, 19a, relié au cylindre 23 par 21 et le robinet de mise en train. 20, allumage électrique de la mise en train.
- 1 arbre de distribution lâche le levier K, qui retombe dans la position pointillée, où il ouvre l’allumage E et détermine ainsi l’explosion.
- Pour éviter tout faux départ avant la mise en train, on fixe le levier K, parais
- 1) G. Richard. Les moteurs à gaz et à pétrole en 1893-94.
- (2j Ici. Les nouveaur moteurs à gaz et à pétrole, p. 550, et Les moteurs à gaz et à pétrole en 1892. p. 96 et 100.
- (3) Ici., p. 104.
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- dans une position telle qu’il évite la came N, et maintienne E fermée pendant qu’on amène le piston en At. Après la mise en train, on ferme A/t, et l’on fixe, par vus K dans une position assez basse pour qu’il reste complètement inactif, l’allumage étant dès lors commandé par le levier H dont le jeu C permet le fonctionnement précédent de K pour la mise en train.
- Dans la mise en train de Furneaux et Butler (fig. 27 à 31), le cylindre moteur 25 communique avec la chambre 19, où se trouve le mélange comprimé par la pompe à main 22, par un clapet ou robinet automatique 25 (fig. 28). Pour mettre en train, on
- Fig. 28. Fig. 29.
- Fig. 31.
- Fig. 30.
- Fig. 28 à 31. — Mise en train Furneaux ci Butler. Détail du robinet de mise en train I, fig. 21.
- (Elévation, plan, coupes 5 et a a.)
- 0, robinet percé de nombreuses ouvertures 7, pouvant correspondre avec celles 4 du boisseau 2et mettre ainsi le tuyau 24 (fig. 27) en communication par 3. 5. avec le cylindre moteur. 13, levier commandant par 10,8 la clef du robinet; 10 ressorts fixés à 13 et, en 11, au chapeau 12, 15, loquet de 13 enclenchant ce levier dans la position d’ouverture du robinet par sa prise avec la butée 16 de la pièce 17, fixée au boisseau 9 par les boulons 18-18.
- amène, malgré le ressort 10, le robinet 6 dans la position fig. 30, où il met la chambre 19 en communication par 5 avec le cylindre. Le ressort 10 est alors armé, et la manivelle 13 retenue par son enclenchement en 15-16. A l’explosion, provoquée par l’ouverture de l’allumage, le robinet 6 est soulevé, malgré le ressort 10, de manière à déclencher 13 de 15 et à laisser ce ressort fermer automatiquement le robinet.
- On peut évidemment employer, pour la mise en train, d’autres forces motrices, telles qu’une réserve d’air comprimé par le moteur, réserve qui peut être, à la rigueur, constituée parles gaz mêmes de sa combustion; mais, en dehors du mélange actif même, comprimé d’avance ou non, comme nous venons de le voir, l’on n’emploie guère que : pour les petits moteurs, la force même du mécanicien, aidée par une suppression momentanée de la compression, ou, pour les grands moteurs, celle d’un moteur à gaz auxiliaire. Cette dernière solution, qui paraît a priori peu recommandable,
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- a pourtant l’avantage d’être fort simple, tout à fait sûre, et peu coûteuse dans les grandes installations, où le moteur auxiliaire de mise en train trouve presque toujours un emploi rémunérateur.
- Il convient de ranger à côté des mécanismes de mise en train les mécanismes de changement de marche. Presque tous ces mécanismes sont extérieurs au moteur, et ont pour objet de renverser la marche de sa transmission sans renverser la sienne ; il s’en trouve de fort ingénieux, principalement dans les applications des moteurs à gaz aux tramways, bateaux, grues... ; ceux qui ont pour objet le renversement même de la
- Fig. 32 à 34. — Changement de marche Holt vue par bout, plan et plan coupe.
- E, arbre de distribution tournant deux fois moins vite Vjue le moteur, entraînant par son taquet e* la came Ci e, qui commande par et la soupape d’échappement, par e5 l’admission du ga^ et par e6 l'allumage. rT, ressort appuyé sur le palier ctl et pressant e sur e-2 à frottement doux.pour l’empêcher de ballotter.
- marche du moteur sont encore peu nombreux, forcément incomplets, et fondés, pour la plupart, sur ce que l’allumage se fait un peu avant le point mort. Nous citerons comme exemple le dispositif tout récent de M. liait, représenté par les figures 32 à 34. L’arbre de distribution E porte, calé sur lui, un taquet e2, entraînant dans le sens de la rotation de E, par ev la came e, folle sur E, qui commande la soupape d’échappement par e:Je4 ; des cames e.6e6, emmanchées dans e, commandent respectivement la prise de gaz et l’allumage. Il suffit, pour renverser la marche, de laisser le moteur se ralentir assez pour que son volant ne puisse pas [entraîner la manivelle au delà du point mort, malgré l’allumage anticipé; cet allumage, un peu avant que la manivelle n’arrive à ce point, a alors pour effet de renverser automatiquement la marche du moteur.
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- En ce qui concerne la distribution, il convient de signaler l’adoption aujourd’hui presque universelle des distributions par soupapes, qui supportent les hautes pressions mieux que les tiroirs, donnent des admissions moins étranglées, exigent moins d’entretien, d’huile, etc., et moins de force pour les mouvoir. Malgré ces avantages, l’emploi de ces soupapes n’est pas sans inconvénients, la difficulté de les maintenir étanches augmente très vite avec leurs dimensions et leur température, principalement pour les soupapes d’échappement, qui doivent être rafraîchies par une circulation d’eau spéciale dans leurs boîtes,complétée parfois par un arrosage de la soupape. En outre, l’ouverture rapide de ces grandes soupapes, sous la pression d’échappement, n’est pas sans provoquer des efforts considérables, parfois même des chocs sur leurs leviers. On
- Fig. 35. — Soupape d'échappement équilibrée Dawson.
- A, cylindre moteur. Quand le piston arrive au bout de sa course motrice, les orifices F font agir la pression des gaz sur les soupapes d’échappement K ou E,à commandes G et G', soit directement par B', soit par l’intermédiaire d’un levier D C. Au retour du piston, les gaz d'équilibre ainsi admis en B' s’évacuent par les orifices H, de manière à ne pas gêner le rappel des soupapes d’échappement.
- peut y remédier de différentes manières, notamment par l’adjonction d’un échappement auxiliaire anticipé, découvert par le piston vers la fin de sa course,fet par un équilibrage de la soupape par la pression même de l’échappement; tel est le principe du dispositif de Dawson, représenté par la figure 35.
- On sait que, dans la plupart des moteurs il gaz à quatre temps et donnant un coup tous les deux tours, la distribution est commandée par un arbre dit arbre de distribution, tournant deux fois moins vite que le moteur, et sur lequel on peut, comme l’indique la figure 36, grouper d’une manière accessible et compacte les organes de commande do la distribution et de la régularisation. Néanmoins, comme cet arbre est assez coûteux et que sa transmission devient bruyante quand elle est mal faite, on a cherché à s’en passer et à le remplacer par des mécanismes, aujourd’hui fort nombreux, qui per-
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- mettent de réduire un peu le prix des petits moteurs et fonctionnent sans bruit aux plus grandes vitesses. On en trouvera un remarquable exemple dans le moteur à pétrole Otto décrit plus bas, qui, joint à la description du mécanisme de Holt représenté par la fig. 38, achèvera d’en faire saisir l’intérêt. Dans ce dispositif de Holt, la soupape d’échappement Y, qui ne doit s’ouvrir qu’une fois tous les deux tours, est commandée par une lame K, au bout d’une barre d’excentrique P, menée par l’arbre moteur. Au retour du piston, pour la course d’échappement, K, repoussant N, ouvre par L M A la soupape Y, puis, à la fin de l’échappement, K se retire, et le ressort S referme Y, mais
- Fig. 36 et 37. — Moteur vertical 0/to.
- f, arbre moteur commandant par fi e, l’arbre de distribution e, lequel commando par c b l’échappement a par i m n l’admission du gaz l, et par gli le régulateur k, auquel est soumise la came i. L'admission de l’air se fait parla soupape automatique o.
- l’inertie de la masse L MA, jointe à celle du poids W, relié àL par le parallélogramme G R, est telle qu’elle entraîne, malgré le ressort T, l’encoche N à droite assez pour qu’elle évite K à son retour suivant, pendant la course de compression. En outre, si la machine s’emporte, le poids W, pivoté en F, reçoit, du talon 1 du parallélogramme RC, une impulsion assez vive pour que le ressort G, incapable de ramener assez vivement F sur I et E dans sa position E', laisse, à sa descente, ce crochet s’enclencher en G et maintenir ainsi la soupape d’échappement ouverte jusqu’à ce que le moteur ait repris sa vitesse normale.
- Nous venons de voir, par l’exemple qui précède, une remarquable application du régulateur pendule, constitué ici par le système WF E,et dont l’emploi est aujourd’hui si fréquent sur les moteurs à gaz. Nous ne pouvons que renvoyer à ce propos le lec-
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- teur aux nombreux types déjà donnés dans les publications françaises. En outre, dans ce même exemple, la régularisation s’opère par ouverture de l’échappement et fermeture de l’admission de l’air et du gaz: c’est le mode de régularisation le plus ancien et encore, de beaucoup, le plus fréquemment employé, mais ce n’est pas le seul; on peut, notamment, procéder soit en faisant graduellement varier le volume du mélange admis, autant que possible sans changer ni la compression ni le dosage au point d’allumage (1), soit en retenant dans le cylindre la charge admise en fermant complètement l’admission, l’échappement et l'allumage dès que le moteur va trop vite(2). Le cylindre reste ainsi, jusqu’à la reprise de la vitesse normale, rempli de gaz alternativement détendus et comprimés, de sorte qu’on le refroidit le moins possible, tout en rendant le
- Fig. 38. — Distribution Huit.
- V, soupape d’échappement à rappel S. N. L. M., levier pivoté en M, sur le socle B, à rappel T et taquet A, portant, pi-votés en F, le parallélogramme R C I et le régulateur pendule F W E, à ressort G, réglable en II ; K, lame do la barre d’excentrique P,commandée directement par l’arbre du moteur: Q, crochet retenant, par E, la soupape V ouverte quand le moteur s’emporte.
- réglage plus sensible parce que le moteur est toujours prêt à repartir dès sa première course de compression effectuée en vitesse normale. Je ne puis, en l’absence d’expériences faites pour constater ses avantages, que signaler ici ce mode rationnel de régularisation.
- Je ne dirai que quelques mots des applications des moteurs à gaz, sujet suffisamment traité dans les ouvrages spéciaux et par la publicité donnée à ces applications par la presse technique, principalement lorsqu’il s’agit d’applications sensationnelles de moteurs exceptionnellement puissants, mais qui ne tiennent pas toujours les promesses de cette publicité. Malgré ces contretemps inévitables, on peut dire que le progrès du moteur à gaz ne se ralentit pas, même en France,
- (1) Otlo. G. Richard. Les moteurs à gaz'et à pétrole en 1892. p. 04.
- (2) Otto, hanches ter. G. Richard. Les nouveaux moteurs à gaz et à pétrole, p. 426.
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- où nous sommes encore, sous le rapport du nombre et de la variété de ces installations, très en retard par rapport à l’Allemagne et à l’Angleterre.
- Parmi les applications du moteur à gaz, gazoline et pétrole, qui se multiplient le plus à l’étranger, je citerai les applications aux distributions d’ecm par ces moteurs uniquement ou comme auxiliaires des machines à vapeur. Le tableau ci-dessous, emprunté à un intéressant mémoire de M. Munzel, suffira pour faire comprendre l’étendue de ces applications en Allemagne (1). Quelques-unes de ces installations, faites avec des moteurs Otto de la Gasmotorenfabrik Deutz, ont admirablement supporté l’épreuve de la durée : une marche de dix ans, parfois en service ininterrompu, avec un entretien équivalent à celui des machines à vapeur, un prix d’établissement moins élevé et des dépenses de combustibles parfois moindres, môme au gaz d’éclairage, comme à Quedlinburg, où, pendant l’exercice de 1885-86, la dépense par mètre cube d’eau montée s’est élevée à 13 francs avec le gaz au lieu de 24 francs avec la-vapeur. Pour les petites installations, on a souvent avantage à employer les moteurs à pétrole et surtout à gazoline, d’un conduit et d’une mise en train si faciles (2). A partir d’une douzaine de chevaux, l’avantage revient, en raison de l’économie du combustible, aux moteurs à gaz pauvres ou à gazogènes.
- Moteurs.
- Noms des villes. Nombre. Force nominale '. Nombre Rendement en eau
- de cylindres. montée
- par mètre culte de g;
- Duren 2 40 2 231 500
- Quedlinburg 9 1 h 1 240 000
- Coblentz ........ 3 40 2 264 000
- Furlli 9 40 2 264 500
- Carlsruho 9 oO 2 239 000
- Kethvig. . 1 1 3 1 23 ! 000
- Einbeck 9 10 1 233 000
- Ringen 2 12 1 235 000
- Gottinçen 1 10 1 257 000
- Gottingen 1 12 1 237 000
- Meissen 9 oO 2 344 000
- Constance 1 10 1 348 500
- A Baie, le moteur, à 2 cylindres, mis en train par un moteur auxiliaire à pression d’eau, donne 210 chevaux au gaz d’éclairage et 170 chevaux au gazogène. A Munster, deux moteurs de 30 chevaux, au gaz pauvre, dépensent environ lk,20 de combustible, coke et anthracite, par cheval-heure en eau montée, c’est-à-dire 3 fois moins que la machine à vapeur employée dans le même service.
- (1) Vcrein Deutschcrc Ingénieur, 16 mars 1893, p. 303, et G. Richaud, Les moteurs à gaz et à pétrole en 1893-91, p. 198.
- (2) Exemple : installation de Rochenburg; rendement 188 000 kilogrammèlres par kilogramme de gazoline. Hokenstein, 521 000 kilogrammèlres par kilogramme de pétrole,pour des moteurs de (i à 8 chevaux.
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- Parmi les applications du moteur à gaz au pompage des eaux, je citerai encore celles, faites récemment en Angleterre, à la commande des pompes centrifuges pour les docks flottants ou à sec. A Sunderland, par exemple, 3 moteurs Otto à un cylindre, de 120 chevaux effectifs à 210 tours, commandent directement 3 pompes centrifuges pouvant monter chacune, par heure, 2 348 mètres cubes d’eau à 7m,20.
- Je ne puis que rappeler ici deux des principales applications des moteurs à gaz; l’une, désormais classique, jusqu’à de très grandes puissances (1) pour la commande des dynamos des stations d’éclairage électriques, au gaz d’éclairage ou au gazogène (2), et l’autre, encore discutée, mais des plus intéressantes pour celle des tramways directement (3) ou par l’intermédiaire de l’électricité (4). Le lecteur particulièrement intéressé à ces applications en trouvera facilement la description détaillée dans les traités spéciaux qui leur sont consacrés, ainsi que celles des nombreuses applications auxiliaires des moteurs à gaz, qui en démontrent l’adaptabilité variablement universelle aux fonctions les plus diverses, en meme temps que l’excellent rendement et l’extrême importance des canalisations de gaz comme distribution delà force motrice (5).
- (.A suivre.)
- (1) Lille, 600 chevaux Otto, Journal des Usines à gaz, 5 mars 1805, p. 67.
- (2) A Danbury, 3 moteurs Otto de 100 chevaux dépensent 0>5i-,460 par cheval-heure effectif (Engineering News, 23 mai 1805). A Leicester, 4 moteurs de 40 chevaux et deux de 25 au gaz Dowson (The Engineer, 19 avril 1895, p. 328).
- (3) Luhrig, G. Richard, Les moteurs à gaz et à pétrole en 1893 et 1894, p. 213. Revue technique, 10 juin 1896, p. 214.
- (4) Comme à Kiev (G. Richard, Les moteurs à gaz et à pétrole en 1802, p. 239), et à Zurich (Revue industrielle, il avril 1896, p. 141.
- (5) G. Richard, Les moteurs secondaires à l'Exposition de 1889, p. 226, et 49. Les nouveaux moteurs: à gaz et à pétrole, p. 779, 805, 913. Les moteurs à gaz et à pétrole en 1892, p. 272.
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- la machinerie des aciéries modernes d'après M. James Rilèy (1).
- L’adoption de l’acier doux dans les constructions a peu à peu suggéré l’emploi de barres, de plaques et de tôles de plus en plus grandes, pour la fabrication desquelles il a fallu créer des machines d’une puissance exceptionnelle.
- Machines de laminoirs. — Ces machines deviennent de plus en plus puissantes et soignées dans leurs moindres détails, d’où dépend la sécurité de leur marche. L’importance attachée à l’économie de combustible a fait adopter, pour les machines non
- . Fig. 1 et 2. — Laminoir dégrossisseur pour plaques de Wishaw. Élévation et plan.
- réversibles, le système compound, qui en réduit la dépense à 1k,30 environ par cheval indiqué, au lieu de 3 à 4 fois plus ; on a aussi songé à l’application du compoundage aux machines réversibles, mais sans succès, en raison de leur complication, du moins pour les laminoirs dégrossisseurs à renversement trop fréquents. Quand on dispose d’eau en abondance, on peut employer avec succès la condensation principalement, comme l’a fait M.Cooper,aux North Eastern Steel Works (Middlesborough), au moyen de condenseurs séparés centraux desservant plusieurs machines.
- (l)JVo/e.î on modem Steel Works Machinery {Inst. Mechanical Enyineers, juillet 1895;.
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- Laminoirs dégrossisseurs. — Les cylindres R du laminoir représenté par les figures 1 et 2, récemment construit par M.Lamberton and C° pour les forges de Wishaw, ont 2m,60 de long sur 1 mètre de diamètre, avec, aux extrémités, deux gorges dans lesquelles on peut laminer sur la tranche des lingots de lm,37 de large. Les pignons des cages massives H sont en acier fondu, de 915 millimètres de large sur lm,22 de diamètre; la levée du cylindre supérieur est commandée par un moteur à deux cylindres G. Les galets avanceurs L, conjugués par des pignons, sont commandés par un moteur E, à cylindre de 230 X 380 millimètres de course, avec une réduction de vitesse de un tiers. En avant du laminoir, se trouvent les deux leviers basculeurs T (fig. 3), disposés sur des chariots commandés par des cylindres hydrauliques permettant de basculer le lingot du plat sur champ, et vice versa, et de le passer d’un bout à l’autre des cylindres lamineurs. Le lingot, qui peut peser jusqu’à 10 tonnes, est amené sur les galets L par un berceau C (fig. 5), à manœuvre hydraulique B. Le laminoir est
- Fig 3 et 4. — Laminoir dégrossisseur pour plaques de Wishaw. Détail du basculeur.
- commandé par une machine à deux cylindres de 11,1,17 x lm,50 de course, avec réduction de trois quarts par un train d’engrenages.
- Le laminoir représenté par les figures 8 et 9, installé en 1890 aux aciéries de Blo-chairn, peut traiter des lingots de lm,50 de large. Il est du type universel, avec une paire de cylindres horizontaux B, de 710 millimètres de diamètre, et une paire de cylindres verticaux Y, de 530 millimètres de diamètre, dont l’un peut se déplacer de 710 millimètres de manière à admettre des largeurs variant de lm,50 à 815 millimètres ; cette disposition dispense des basculeurs du laminoir précédent. Les écartements des cylindres R et V sont commandés simultanément ou séparément en G par un même moteur. Les cylindres verticaux V sont commandés, d’un arbre horizontal F, par une transmission de la cage H, avec pignons rainurés permettant le déplacement de l’un * de ces cylindres. Les lingots sont amenés au laminoir, puis du laminoir à la cisaille S par des chariots A, qui remplacent avantageusement les galets avanceurs du laminoir précédent. Le chariot de droite, amené au berceau C, en reçoit le lingot, puis le cylindre hydraulique P, mobile sur une tige à piston fixe, pousse, par son doigt I, le lingot dans le laminoir, auquel il est ensuite renvoyé par le pousseur P de droite, et ainsi jusqu’à la fin du laminage, après quoi, le talon d’arrière J du pousseur de gauche
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- amène le lingot au chariot B, à voie E, pivotée en D, et [que la presse hydraulique soulève de manière que le lingot entre dans la cisaille S sans frotter sur la lame inférieure L (fig. 10). On peut, avec ce laminoir, finir presque entièrement de champ et de plat des plaques de blindage de lm,50 de large.
- Cisaille hydraulique. — La mâchoire supérieure U de cette cisaille, construite par Tannett et Walker, est (fig. 10) actionnée par trois pistons : un piston central simple C, de 790 millimètres de diamètre,et deux pistons différentiels S, de 560 millimètres, sans cesse rappelés par la pression de l’accumulateur, qui est de 150 atmosphères. Un troisième piston différentiel D commande un cadre qui appuie sur le lingot et
- l’empêche de se soulever par basculement pendant son cisaillement, après quoi, le lingot cisaillé passe sur une table placée derrière la cisaille, et que des cylindres hydrauliques amènent à la grue. Ces cisailles doivent agir le plus vivement possible pour éviter la détrempe des lames par un contact trop prolongé avec les lingots au rouge.
- Cisaille à vapeur. — La cisaille à vapeur représentée par les figures 12 à 14, construite par M.Lamberton and C°, peut couper des lingots de 1m,50x0m,60 d’épaisseur; celle représentée parla figure 15, construite parBuckton, pour le laminoir de Wishaw, peut couper des plaques de 1 mètre X 0m,60. Elle est commandée par une machine à deux cylindres de 660 X 760 millimètres, avec une réduction de vitesse de trente fois. L’arbre excentré a 500 millimètres de diamètre aux paliers, dont les chapeaux sont retenus par quatre boulons de 260 millimètres. Pendant son cisaillement, la plaque est appuyée, par une presse hydraulique F, avec une pression de 20 tonnes,
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- tandis que l’arrière de la plaque est soulevé enC par une pression aussi de 20 tonnes, de sorte qu’elle ne peut pas basculer sous l'effort du cisaillement, dont la coupe est ainsi rendue aussi tranche que possible. Les galets G, qui amènent le lingot, approchent aussi près que possible de la cisaille. Au sortir de la cisaille, les plaques
- Fig. 8 et 9. — Laminoir dégrossisseur de Blochairn.
- rencontrent, avant d’être coupées, le taquet hydraulique M, qui fixe la longueur de leurs coupures de lm,80 à 2m,40.
- Laminoirs à tôles. — En Angleterre, les grandes tôles, à partir de 0 millimètres
- © © © ©
- Fig. 10 et 11. — Cisaille hydraulique pour plaques du laminoir de Blochcurn.
- d’épaisseur et au-dessus, sont presque toujours laminées non par des trios, mais par des laminoirs réversibles, pratique justifiée par la difficulté du maniement de ces tôles. Le laminoir représenté par les figures 7 et 9, construit par M. Lamberton pour les aciéries de Wishaw, a trois paires de cylindres, une ébaucheuse, une finisseuse au milieu, et une pour les très grandes tôles, à gauche de la figure, avec cylindres de 3m,60
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- de long sur 1 mètre de diamètre. Les cylindres supérieurs sont tous portés par des balances hydrauliques avec levée de 350 millimètres; ceux des trains ébaucheurs et finisseurs, ces derniers coulés en coquille, ont 21U, 45 de long sur 0m,20 de diamètre. La levée du
- ' f/£
- Fig. 12. — Cisaille à vapeur pour plaques Lamberton.
- finisseur est commandée par des vis à la main, et celle de l’ébaucheur par un moteur horizontal, mais on pourrait avantageusement commander le finisseur aussi à la machine
- Fig. 13 et 14. — Cisaille à vapeur Lamberton. Élévation et plan.
- avec une précision aussi grande qu’à la main, grâce notamment à l’interposition, entre les vis et leurs boîtes, d’écrous permettant de redresser exactement le cylindre mobile. Les galets avanceurs, commandés par une machine verticale E, amènent la tôle laminée à une table à galets T, au niveau du sol, et qui passe la tôle du dégrossisseur au
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- iinisseur. Le cylindre supérieur du grand laminoir, de 3,u,60 de long, a sa levée commandée mécaniquement par des vis que l’on peut, au moyen d’embrayages, rendre à volonté solidaires ou indépendantes, de manière à pouvoir laminer des tôles de section trapézoïdale. L’attaque de ces laminoirs se fait par des pignons P, en acier, avec manchons très longs, pour en diminuer l’obliquité. On assure l’arrivée de la tôle bien d’équerre au laminoir au moyen d’une longue barre manœuvrée par un cylindre hydraulique passant entre les galets avanceurs devant le laminoir, et dans laquelle on plante des liches entre lesquelles passe la tôle, qu'elles remettent dans l’allignement ; ce dispositif est dû à M. Duff. Ce laminoir est actionné par une machine de Duncan Stewart, Glasgow, à deux cylindres de lm,50 x lm,50, avec réduction de l/u2.
- Trios pour tôles. — Ces laminoirs à trois cylindres superposés — dont un petit entre deux gros — sont très fréquemment employés avec succès aux États-Unis. Leur non-réversibilité permet de les commander plus rapidement par des moteurs très
- p n
- Fig. 15 et 16. — Cisaille à vapeur Buckton. HIévation, plan, coupe longitudinale vue par bout.
- économiques de double et triple expansion, à réglage automatique ; leur débit, grâce à la continuité relative de leur travail, est plus considérable ; les tôles, principalement les tôles minces, sont mieux et plus exactement finies; en revanche, ils sont peut-être plus coûteux d’établissement et d’entretien. Néanmoins, ils paraissent, limités au travail des tôles minces et moyennes, plus avantageux que les laminoirs à deux cylindres.
- Cisaille à tôles à vapeur. — La cisaille représentée par les figures 20 et 21, construite par Lamberton pour les forges de Motherwell, peut couper des tôles de 50 millimètres d’épaisseur sur 0m,95 d’entrée, ce qui a exigé l’établissement d’un bâti exceptionnellement robuste, en plusieurs pièces assemblées par des boulons de 330 millimètres de diamètre, qui supportent toute la réaction du cisaillement bien mieux que la fonte d’un bâti d’une seule pièce. La machine motrice réversible est assez puissante pour effectuer le cisaillement sans lancé, avec la lame au contact de la tôle au départ.
- Cisalles hydrauliques pour tôles. — On retrouve la même construction du bâti dans la cisaille représentée par les figures 22 et 23, construite aussi par Lamberton, pour M. Beardmore, avec guillotine A, rappelée par le cylindre H, et commandée, des deux cylindres hydrauliques CC, par les genoux L de l’arbre M. Cette disposition assure un guidage absolument parallèle de la lame, qui peut avoir jusqu’à 4m,50 de long.
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- M. Beardmore a construit récemment une autre cisaille encore plus puissante. Les montants sont constitués par deux tôles de 4™,25 X 2ll\90 sur 150 millimètres d’épaisseur, entretoisées à l’écartement de 5m, 10 par une pièce d’acier fondu. L’entrée, de 940 millimètres de profondeur, permet d’y cisailler d’un bout à l’autre une tôle de l‘“,10 de large sur 65 millimètres d’épaisseur et de longueur quelconque. La puis-
- •Mr*
- Fig. 17 à 19. — Laminoir à tôles cU Wishaw. Détail des cages, élévation et. plan. —Finishing,(\inisseurs. Rougking, dégrosisseur JO inch Rolls. Cylindres de 750 millimètres. 40 incli Rolls cylindre de un mètre de diamètre.
- sance est fournie par deux pistons hydrauliques verticaux de 520 millimètres de diamètre sur lm,40 de course, commandant la lame par des leviers qui en triplent la force, calés sur un arbre de 460 millimètres sur 5m,50 de long, suffisamment rigide pour assurer le parallélisme de la lame ; avec une pression d’eau de 42 kilos par centimètre carré, la charge sur la lame est de 550 tonnes, et comme son inclinaison est de 1/9, elle exerce sur une tôle de 50 millimètres d’épaisseur une pression d’environ 75 kilos par millimètre carré de la section cisaillée. Pendant son cisaillement, la tôle est
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- maintenue par trois cylindres hydrauliques qui exercent une pression de 10 tonnes. On peut, avec cette machine, amener une plaque de 50 millimètres d’épaisseur et de dimensions quelconques, la cisailler sur les quatre faces, et l’enlever en n’employant qu'un seul ouvrier.
- Dans la cisaille de M.Tweddell (figure 24 et 25) la lame S est actionnée par le cylindre
- Fig. 20 et 21. — Cisaille à vapeur pour tôles Lamberton.
- hydraulique latéral C, qui introduit la barre F entre la lame S et le chapiteau de la cisaille ; cette barre est pourvue de paires de galets R, au contact les uns des autres, et qui abaissent la lame, sans cesse ramenée par un piston hydraulique vertical, en
- Fig. 22 et 23. — Cisaille hydraulique pour tôles Lamberton.
- roulant entre les plans inclinés P de la lame et ceux du chapiteau. D’après M. Twed-dell, qui présente cette cisaille dans la discussion du mémoire de M. Riley, le guidage parallèle de la lame serait ainsi parfaitement assuré.
- Les cisailles qui viennent d’être décrites fonctionnent très bien au point de vue mécanique, mais elles ne sont pas sans altérer le métal — acier doux — aux environs du cisaillage, surtout pour les tôles épaisses de 50 à 60 millimètres, dont il faut ensuite Tome. I — 95e année. 5e série. — Juin 1896. 58
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- raboter les bords, de sorte que, d’après M. Riley, on aurait peut-être avantage à remplacer le cisaillement par le dressage à la fraise, plus coûteux mais plus sûr.
- Cylindres des presses ci forger. —L’importance de ces presses augmente sans cesse
- Fig. 21 et 25. — Cisaille hydraulique pour tôles Tweddell.
- Fig. 26 et 27. Cylindre de presse à forger en acier au nickel de 42 tonnes.
- et l’exécution de leurs cylindres présente de grandes difficultés. M. Beardmore a réussi à les couler en acier au nickel. Les figures 26 et 27 représentent un cylindre de ce métal de tm,80 de diamètre, pesant 64 tonnes brut de fonderie et 42 tonnes fini : résistance du métal à la traction, 63 kilos par milimètre carré; allongement, 20 p. 100 sur une Ion-
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- OUTILS A MOLETTES RICHARDS.
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- gueur de 0m,50; limite d’élasticité, 55,8 p. 100 de la charge de rupture. Striction 43,4 p. 100. C’est une pièce très remarquable.
- Dans le cours de la discussion du mémoire de M. Riley, M. J. Head donna quelques détails curieux sur les forges américaines. L’emploi du trio y est presque universel laminant la tôle directement sans ébauchage en partant de lingots plats, avec un rendement de 65 à 66 p. 100 de bonnes tôles et un débit de 1 500 tonnes par semaine, parfois jusqu’à 1 700 tonnes. Au sortir du laminoir, la tôle passe sur des trains de galets qui l’amènent à la cisaille par un parcours très long, jusqu’à 100 mètres, pendant lequel elle se refroidit beaucoup plus vite que sur le sol de la forge, et plus uniformément, également sur ses deux faces. Après la cisaille, presque toujours hydrau-lyque, la tôle passe sur des galets universels qui permettent de la tourner de manière qu’elle présente successivement ses bords à la cisaille. En outre, la manœuvre est fréquemment facilitée par l’emploi de grues électriques soulevant la tôle, jusqu’à des poids de 25 tonnes, par l’adhérence directe des électro-aimants.
- OUTILS A MOLETTES RICHARDS
- Le principe de ces outils (fig. 28 à 31) consiste à les constituer chacun par une rondelle ou molettes à bord tranchant, delà conicité voulue pour la dépouille et solidement appuyée sur le porte-outil auquel elle est fixée par une vis. Ainsi que l’indiquent les figures 28 à 31, ces
- Fig. 28 à 31. — Outils à molettes Richards.
- porte-outils peuvent facilement se grouper de manière à constituer des tètes d’alésoirs, des fraises en bout, etc. A mesure que les molettes s’usent par leur travail, il suffit de les tourner un peu sur leurs vis, resserrées ensuite, pour amener en fonctionnement une partie nouvelle de leur tranchant. Dans le cas des alésoirs, quand il a fallu réaffuter les molettes, ainsi entiè-
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- rement utilisées pour un premier travail, il suffit de les fixer par les mêmes vis dans la seconde rangée de trous de la tête d’alésage, nettement représentée sur la fig. 31, plus excentrés que les autres d’environ 1 millimètre et demi, de sorte que chacune des molette peut ainsi servir deux fois sur une même barre. En outre, leur affûtage est très simple et leur fabrication des plus économiques.
- CALORIMÈTRE POUR VAPEUR CARPENTER
- La vapeur dont on veut connaître l'humidité pénètre (fig. 32) dans l’appareil par un robinet 6 et le tube 5, au travers d’un panier 14, à chaînes et mailles disposées de manière à contrarier sa course et à en précipiter presque toute l’humidité dans le récipient intérieur 3, qui communique avec un niveau 10, à graduations 12, puis la vapeur ainsi, desséchée va, par le haut du panier, dans le réservoir extérieur 1-4 d’où elle s’échappe par un orifice 8 assez petit pour en conserver la pression. La chambre 3-se trouve ainsi maintenue sensiblement à la température de la vapeur admise corres-
- Fig. 32. — Calorimètre Carpenter.
- pondant à la pression indiquée parle manomètre 9, dont une seconde graduation, établie par l'expérience, donne le débit d de vapeur sèche s’écoulant de l’orifice 8, par heure et aux différentes pressions. La graduation 12 donne le poids p d’eau renfermée
- L’appareil a 250mm X olo et pèse environ 3 kil. Son exactitudedépend de celle de ses-graduations, vérifiées expérimentalement, et de la séparation de l’eau en 14, que l’expérience à démontré êire complète dans de nombreux essais exécutés au Sibley College Il donne avec assez d’exactitude l’humidité moyenne de la vapeur d’une chaudière pourvu qu’on le branche sur un tuyau de vapeur montante et avec sa prise en plusieurs points dans l’axe et non près des parois du tuyau (1).
- G. R.
- (1) American Socieli/ of Meehanical Engineers^leeûng de Saint-Louis, mai 1890.
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- LE MÉTIER NORTHROP.
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- LE MÉTIER NORTHROP
- Depuis longtemps, les constructeurs de métiers à tisser mécaniques se préoccupent d es pertes de temps occasionnées par le remplacement des navettes dont la trame est épuisée. Plus le tissage est facile, plus la vitesse du métier est accélérée et plus l’inconvénient s’accentue. Dès 1867, une curieuse et hardie tentative en vue d’y remédier s était manifestée à Paris, dans la section anglaise de l’Exposition universelle.
- « Jusqu’ici » — écrivions-nous, en collaboration avec Michel Alcan, dans le rapport du jury international — « le casse-fil (t) avait seulement pour mission d’arrêter le métier en faisant passer la courroie de la poulie fixe sur la poulie folle... Un métier anglais, que nous appellerons métier à tisser sans arrêt, réalise un progrès de plus. MM. Howard et Bullough, à qui le tissage automatique doit déjà, entre autres perfectionnements, le mécanisme du casse-trame débrayeur, ont exposé un métier à peine achevé, qui tisse pendant une journée entière sans nécessiter d’autre arrêt que le temps du graissage. Dès que le fil de la Irame casse ou se trouve épuisé dans la navette, celle-ci est jetée dans une boîte ad hoc, et une autre navette, placée en attente au-dessus de la boîte du chasseur, vient prendre la place de la première. Ce double mouvement se fait simultanément, toujours au moyen du casse-trame, qui, au lieu d’arrêter le métier, lui fournit une nouvelle alimentation. Il en résulte une économie de 25 à 40 p. 100, suivant que l’ouvrier tisseur conduit un ou deux métiers (2). Sans doute ce perfectionnement soulève quelques objections, et l’on est disposé à craindre certains effets de malfaçon provenant de suites inachevées ou complètement absentes (8). »
- Nos réserves étaient fondées, puisque le métier dont il s’agit ne s’est point propagé. Il était juste, toutefois, de rappeler cette antériorité au moment où, de l’autre côté de l’Atlantique, il est fait grand bruit du métier à tisser signalé en tête de cette notice. Dans le métier Northrop, comme dans le métier Howard et Bullough, c’est l’appareil dit casse-trame qui, au lieu d’arrêter le métier pour permettre à l’ouvrier de placer une nouvelle navette, se charge d’effectuer automatiquement l’alimentation sans discontinuité. Mais le métier Northrop va beaucoup plus loin que le premier; il ne se contente pas de substituer une navette à une autre, il remplace instantanément, dans la même navette, la canette par une navette pleine, sans ralentir la vitesse. La trame nouvelle est simultanément enfilée à travers Yœil de la navette et le duitage du tissu se poursuit aussi longtemgs que le métier est approvisionné. Le rôle de l’ouvrier se borne à assurer cette alimentation.
- La figure 35 montre en élévation et en perspective la partie additionnelle du métier Northrop. Au-dessus de la boîte et du chasseur de la navette est montée une sorte de gros barillet de revolver A, partiellement garni (dans la figure) de canettes ou bobines de trame c, c.
- L’ouvrier place ces canettes, à la main, dans le dit barillet, ou magasin tournant, et enroule le bout libre de chaque fil de trame autour du bouton central B. Le magasin contient 14 canettes (il en pourrait contenir davantage) et il faut environ une minute et demie pour le garnir.
- (1) L’appareil improprement dénommé casse-fil agit sur le débrayage du métier lorsqu’un fil est cassé accidentellement ou fait défaut pour une cause quelconque.
- (2) Comme on le voit, on était loin, à cette époque, de faire conduire, ainsi qu’aujourd’hui, principalement en Amérique, de 6 à 7 métiers par ouvrier, en tissu uni.
- (3) Exposition universelle de 1867 à Paris. Rapports du jury international, t. IX, cl. 56, p. 200.
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- Le fond de la navette est largement ouvert, comme le montrent les figures 33 à 39, en plan et en perspective ; la canette (fig. 33 à37) est maintenue au moyen de mâchoires élastiques, qui agissent sur de fortes bagues fixées à la base du tube (fig. 35 et30) ou de la broche (fig. 37) de cette canette (1).
- U œil est fendu de telle sorte que le mouvement de la navette détermine l’enfilage automatique de la trame. La forme de cette fente, la position du fil pour l’y engager sûrement, ont constitué les plus grandes difficultés du problème.
- .. .
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- Fig. 33 à 39. — Métier Northrop. Ensemble d’un chasseur, détail d’une canette pleine et vide, d’une broche de canette, et d’une tige caisse of chaîne.
- Le transporteur est un organe spécial qui, lorsque la trame est rompue ou épuisée, agit sous l’impulsion du casse-trame perfectionné. Le transporteur, monté sur pivot, amène la canette placée au point le plus bas du barillet A dans la navette, et, en même temps, ouvre la pince élastique, qui laisse tomber la canette vide ; la dernière glisse sur le plan incliné C (fig. 33) et, de là, dans la boite E. La pince se referme sur la base de la canette pleine, et la trame fixée au bouton B du magasin tournant, guidée, en
- (1) La filature américaine préfère généralement le métier dit continu au renvideur self-acting ; le fil obtenu avec le premier système doit être dévidé ou rebobiné avant tissage sur des tubes en bois dont la figure 38 fournit un spécimen. Avec le renvideur, la bobine de fil, onvidée sur la broche du métier ou sur un simple tube en papier interposé, est portée directement dans la navette et fixée sur une brochette semblable à celle de la figure 39.
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- outre, par une encoche du plateau I visible à la partie antérieure du barillet s’engage dans la fente de la navette et se trouve enfilée par le départ même de celles-ci. Le magasin tournant évolue d’une division pour amener au-dessus de la boîte de la châsse une autre canette pleine, et l’appareil est de nouveau immobilisé jusqu’à ce que le casse-trame agisse une seconde fois.
- Le barillet du magasin pouvant recevoir des canettes partiellement remplies, il se produit moins de déchet qu’avec les métiers ordinaires. L’ouvrier a plus de facilité à replacer dans ce magasin une canette à moitié vide qu’à couper ou à arracher ce qui reste de trame.
- Au cas où la canette pleine aurait été dûment logée et fixée dans la navette, mais où l’enfilage de la trame viendrait à rater par suite de l’obstruction accidentelle de l’œil, par exemple, la navette ne pourrait aller et venir sans qu’un levier de débrayage spécial ne produisît l’arrêt du métier. Le même stop-motion agirait si l’ouvrier oubliait de garnir le magasin tournant en temps utile. On évite ainsi les défauts connus sous le nom de clairs. Les fils de chaîne donnent également lieu à des défectuosités lorsqu’ils cassent derrière le harnais ou bien entre le harnais et le peigne. Divers systèmes de casse-chaîne ont été proposés et essayés pour éviter les malfaçons résultant de ces ruptures. Le problème, toutefois, est complexe parce qu’il faut relier l’appareil d’arrêt à autant d’éléments qu’il existe de fils dans le compte de la chaîne.
- Les constructeurs du métier Northrop ont repris l’étude de cette question et adapté un casse-chaîne au nouveau métier. La figure 38 montre seulement le détail des lamelles d’acier en nombre égal à celui des fils de chaîne. Chaque fil passe à travers le trou central o d’une de ces pièces, munie à la partie supérieure d’une fenêtre allongée f, et la tient suspendue. Si le fil se rompt, la pièce tombe d’une hauteur correspondante à la longueur de l’évidement f, et reste accrochée sur un support; elle bute simultanément contre la tringle du débrayage et le métier s’arrête. En principe, le dispositif ne semble pas se différencier d’appareils déjà connus.
- Quoiqu’il en soit, le métier Northrop fonctionne industriellement, si l’on en juge d’après les renseignements fournis par les constructeurs. Depuis octobre 1893, ceux-ci ont installé pour leur compte, et à titre d’essai commercial, un tissage de 80 métiers, fabriquant des articles coton pour impressions. Les 80 métiers sont surveillés par o tisseurs, soit 16 métiers par ouvrier; ils battent à 190 coups par minute, et chaque tisseur livre, en moyenne, 96 coupes de 50 yards (45m,70) par semaine.
- « Comparez » — disent les constructeurs du nouveau métier (1) — « avec l’ancien système, qui oblige le tisseur à se rendre auprès du métier, à retirer la navette, à en placer une autre, à mettre le battant en position, à remettre le métier en marche, à extraire la canette vide, à la remplacer par une pleine, à aspirer le fil à travers l’œil de la navette et à poser celle-ci dans son support. Considérez que tout ceci devra se répéter autant de fois pour les 14 canettes, et vous aurez 112 opérations contre 28, sans compter les 14 déplacements. »
- Non seulement la production se trouve accrue de tout le temps économisé par le tisseur présent, mais, pendant l’heure du repas, à midi, et le soir, une heure après la journée, les métiers peuvent continuer à battre seuls aussi longtemps que le moteur tourne et que les magasins revolvers sont garnis de trames.
- Constatés par de nombreux visiteurs, ces résultats ont donné lieu à des ordres
- (I) MM. Geo. Draper et fils, de Hopedale (Massachusetts): notice datée d’avril 1895.
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- NOTES DE MÉCANIQUE'. ----- JUIN 1896.
- importants : plus de 4000 métiers étaient commandés dès avril 1895 et, à cette époque même, un tissage de près de 800 métiers du système Northrop commençait à fonctionner dans la Queen City Cotton Mill, à Burlington, Vt.
- A défaut de descriptions techniques suffisamment détaillées, il n’est pas possible de se prononcer sur le mérite absolu et sur l’avenir du métier Northrop. L’invention répond à la préoccupation constante de l’industrie américaine, qui est de compenser la cherté de la main d’œuvre par l’automatisation des engins mécaniques.
- Les conditions dans lesquelles le métier nouveau a été étudié et perfectionné, témoignent également d’une méthode de travail à laquelle nous sommes peu accoutumés. Ce métier n’est point, en effet, l’œuvre d’une personnalité unique. Sans doute M. James H. Northrop y a contribué pour une large part, mais nombreux sont ses collaborateurs ; les constructeurs en fournissent complaisamment la liste dans la brochure à laquelle nous avons emprunté nos renseignements.
- Quoiqu’il advienne du métier Northrop, le tissage mécanique des étoffes unies, des cotonnades notamment, vient de faire un pas de plus dans la voie du machinisme et de la production économique.
- Édouard Simon, membre du conseil.
- BALAYEUSE PNEUMATIQUE FU'RNAS
- Le principe de eet appareil consiste à faire, au moyen d’un ventilateur A (üg. 40), le vide dans une chambre D, qui aspire les poussières de la rue par H C, et dont l’air, déchargé de ses poussières, est ensuite évacuée par E A F B à une faible vitesse.
- La boîte B K a environ 0m,90 x 2 mètres, avec devant en forte toile G G, balayant le sol L’air passe de B en H principalement sous la cloison 1, relevée de 10 millimètres au-dessus
- l
- Fig. 40. — Balayeuse pneumatique Fumas. Schéma du fonctionnement.
- du sol et longue de 3ra, 15, en lamelles d’acier qui laissent passer les obstacles. La cloison K, en canevas comme G, est assez lourde pour ne pas être soulevée par l’aspiration. La poussière, détachée de la route par les raclettes en acier L, passe sous K et est entraîné par le courant d'air rapide de I et des ouvertures latérales analogues de H; cette trémie a une section de
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- BALAYEUSE PNEUMATIQUE FURNAS.
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- 130 centimètres carrés aux deux extrémités et de 650 centimètres carrés au centre, tandis que celle de I n’est que de 405 centimètres carrés, de manière que l’air y ait la vitesse nécessaire.
- Le tuyau G, de 260 x 200 millimètres, ou de 520 centimètres carrés de section, débouche dans le tambour D, de lm,02 de diamètre srtr 1 mètre de haut, tangentiellement et au droit d’une série de jets de vapeur abattant la poussière, amenée par le tuyau M et alimentée par l’échappement O du moteur N, de 6 chevaux, dont la pression s’égalise dans la bâche P, d’un volume de 160 littres. Le tambour D débouche dans une trémie Q, de lm,10 x lm, 73 x 0m,55 de profondeur, oh la poussière s’accumule puis se décharge par le clapet. L’air, presque totalement débarrassé de poussières, retourne par le tambour R, de 610 millimètres de diamètre, au conduit E, de 1 930 centimètres carrés de section, au ventilateur A, qui le refoule, par le tuyau F, de 350 millimètres de diamètre, au canal S, de 380 x 430, puis en B, par une large, manche en toile V, qui en diminue beaucoup la vitesse. Cette vitesse est en plus réduite par la déviation T S, qui envoie environ 10 p. 100 de cet air se brûler sons la chaudière U, avec
- Fig. 41. — Balayeuse Fumas.
- les poussières entraînées. C’est la seule masse d’air qui sorte de la machine, le reste de l’air ne faisant qu’y circuler, de sorte qu’elle ne fait pas de poussière.
- La machine pèse à vide 2 950 kilos, et 3 850 kilos avec son bac D plein de poussière. Cinq de ces machines fonctionnent à Indianopolis : elles balayent environ 11 hectares par jour avec 3 chevaux et 2 hommes. La machine est suivie d’un tombereau avec 2 chevaux et un hoinmepour en décharger les poussières : mais il suffit dedeux tombereauxpour trois machines. Ces machines balayent à 25 millimètres du trottoir, c’est-à-dire toute la surface de la rue. A Indianopolis, il faut balayer 27 kilomètres de rues deux fois par semaine, et 3 fois 2 kilomètres au centre des affaires : cela se fait avec deux machines et 17 hommes.
- Ces machines ne peuvent pas marcher quand la rue est mouillée ; en bon temps, elles travaillent aussi vite que les balayeuses ordinaires. Ces dernières fonctionnent bien quand la rue est très mouillée, mais mal et avec des nuages de poussières quand la rue est sèche : quand la rue est légèrement mouillée, elles ne font guère qu’y plaquer la boue sans presque rien enlever.
- Le chariot de la machine Furnas a 2m, X 4m,80 x 2m,30 de haut; on avait d’abord essayé de la faire traîner par un automobile à vapeur, auquel on a renoncé en faveur des chevaux. Le combutible employé pour la machine du ventilateur est de l’anthracite qui ne fait pas de fumée (1).
- G. R.
- 'I) Enc/ineerlny News, 14 mai 189G.
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- PROCES-VERBAUX
- Séance du 22 mai 1896.
- Présidence de M. Mascart, président.
- Dépouillement de la correspondance. —M. Collignon slAimé Girard dépouillent la correspondance.
- M. Pérou, de la Moule (Guadeloupe). Applications de l’électricité aux ballons dirigeables. (Arts mécaniques.)
- M. Giraud, 98, rue de Maubeuge. Roue de véhicule. (Arts mécaniques.)
- M. Delaurier. Mémoire sur la production d’une force motrice par les vagues de la mer. (Arts mécaniques.)
- M. J. Vernay. Machine à fabriquer mécaniquement les bouteilles. (Constructions et Beaux-Arts.)
- La Société des globes diffuseurs Frédureau soumet scs produits à l’appréciation de la Société. (Arts économiques.)
- Correspondance imprimée. —Messieurs les secrétaires présentent au Conseil, avec remerciement aux donateurs, les ouvrages mentionnés à la page 768 du Bulletin de mai.
- Déclaration de vacances. — M. Grimer déclare, au nom du Comité du Commerce, deux vacances afin de pourvoir au remplacement de MM. Gibon et Léon Say.
- Nominations de memrres de la société. — Sont nommés membres de la Société :
- MM. Boyer-Guillou, ingénieur civil des mines, préparateur de mécanique au Conservatoire des Arts-et-Métiers, présenté par MM. Haton de la Goupillère et Hirsch ;
- Levasseur, membre de l’Institut, présenté par MM. Maurice Block et Cheysson ;
- Lefèvre, ingénieur de Lunaison Lecouteux-Garnier, présenté par MM. Muller et Roger.
- Rapport des comités. — M. Aimé Girard lit, au nom du Comité de Chimie, un rapport sur le contrôle des distilleries agricoles par M. Sidcrsky.
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- Conférence. —M.Violle fait une conférence sur Xéclairage, qui sera insérée au Bulletin.
- M. le Président s'associe à l’auditoire pour remercier M. Violle de sa belle conférence et le félicite de son succès.
- Séance du 12 juin 1896.
- Présidence de M. Mascart, président.
- Dépouillement de la correspondance — MM. Collignon et Ahré Girard dépouillent la correspondance.
- Ils font part au Conseil de la mort de deux des membres de la Société : MM. S. Knab, directeur de la verrerie de Folembray, et A.-J. Vimont, vice-président de la Commission des hospices de Vire.
- M. Zoographikos, de Marathon (Grèce), envoie une communication sur la mesure des températures à distance.
- M. F. Reymond, député du canton de Berne, demande communication de nos publications pour la Chambre de commerce de la ville de Bienne.
- M. de Larnay présente à l'appréciation de la Société une invention relative à la conservation de la viande. (Arts chimiques.)
- M. E. Simon rappelle en quelques mots la carrière de M. Vimont.
- « La Société d’Encouragement a perdu, le 2 juin dernier, un membre de grande valeur, M. Augustin Vimont, de Vire (Calvados). A l’occasion du prix de T industrie cotonnière, qui lui fut décerné en 1890, il nous a été donné de signaler les principales inventions de cet infatigable chercheur (1). L’un des premiers en France, M. Vimont avait deviné le rôle important réservé au métier à filer continu; sous l’empire 'de cette préoccupation, il dota l’industrie textile de plusieurs machines originales. Malheureusement, comme il arrive trop de fois, l’inventeur fut peu récompensé de ses peines.
- « M. Vimont venait d’achever et d’envoyer à l’Exposition de Bouen un dernier métier, lorsque la mort l’a frappé à l’âge de 78 ans. En dehors de son œuvre technique, M. Vimont laisse le souvenir d’un homme de bien, d’un caractère indépendant, d’un esprit aussi tolérant que libéral. »
- Correspondance imprimée. — Messieurs les secrétaires présentent au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages mentionnés à la page 909 du présent Bulletin.
- (1) Voir Bulletin juin 1890, p. 335
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- Nomination d’un membre du conseil. — M. Levasseur est nommé membre du •Conseil au Comité du Commerce.
- Nominations de membres de la société. — Sont nommés membres de la Société :
- MM. Chomienne, ingénieur des forges de Courzon, présenté par M. Sauvage;
- Mairet, ingénieur civil, présenté par M. Simon;
- Clémençon, ingénieur, président de la Compagnie générale de travaux d’éclairage et de force, présenté par MM. Violle et G. Richard.
- Rapport des comités. — Sont lus et approuvés les rapports suivants, pour être publiés au Bulletin de juin :
- Au nom du Comité de Chimie :
- M. de Luynes sur le Traité des matières colorantes de M. Lefèvre (p. 815 du présent Bulletin) ;
- M. Schutzenherger sur l’Ozoniseur de M. Segug (p. 817).
- Aurnorn du Comité de mécanique :
- M.E. Simon sur les produits d’amiante de MM. Hamelle et Chedville (p. 829).
- Au nom du Comité des Beaux-Arts :
- M. Rossigneux sur la machine à sculpter ou logomètre de M. Sollier (p. 819).
- Au nom du Comité des Arts économiques :
- M. le généralSebert sur les tachéomètres de M. le capitaine Thouvemn{p. 809).
- Communication. — M. K. Hélouis fait une communication sur le Vanadium, ses alliages et ses applications.
- 11 existe, dans la région des hauts plateaux de la grande Cordillère des Andes, à 4 800 mètres environ d’altitude, une mine d’anthracite qui contient du vanadium. Cette mine, d’une exploitation facile, comporte deux couches principales parallèles et obliques de charbon "vanadié, ayant une épaisseur de 2 et 3 mètres en moyenne, sur une longueur de 1400 mètres. Ces couches sont très larges et forment deux plans séparés par des stratifications où domine le calcaire.
- Ce charbon, qui est utilisé dans une grande exploitation minière, brûle avec facilité, et, par sa combustion complète, il laisse en moyenne 2 p. 100 de cendres, soit 20 kilos par tonne de charbon brûlé.
- La couleur de ces cendres, entièrement calcinées, rappelle exactement la nuance de la terre d’ombre naturelle.
- Dans ces conditions, les cendres contiennent de 14 p. 100 à 25 p. 100 de vanadium, soit, par tonne de cendre, 140 à 250 kilos, sous forme de tétroxyde de vanadium (VO1), d’acide vanadique (VO:i), etc.; elles renferment en outre environ 16 kilos d’argent par tonne, avec un peu de zircone et des traces notables de platine.
- M. Hélouis a réalisé un procédé d’extraction qui permettra d’obtenir l’acide vanadique et les vanadatos à un prix lelativement peu élevé. Le vanadium pourra peut-être ainsi faire son entrée dans l’industrie à des prix très abordables non seulement dans la teinture, pour les noirs d’aniline, mais aussi dans la grande métallurgie (1).
- (1) M. Hélouis présente les échantillons suivants, fabriqués avec les cendres du charbon-vanadium : Acide vanadique hydraté (qu’on peut obtenir très facilement). — Acide vanadique anhydre. — Mét-i-
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- Applications à la teinture d’aniline. — M. Hélouis pense que l’acide vanadique et les vana-dates obtenus à bas prix pourraient trouver des applications dans la leinture en noir d’aniline; on sait, en effet, que les vanadates, en présence du chlorhydrate d’aniline, sont transformés en sels de tétroxyde de vanadium, avec formation de noir d’aniline; si on ajoute ensuite KO, CIO5 au bain de noir vanadié, le tétroxyde VO4 se transforme rapidement en acide VO5; qui réagit à son tour sur le sel d’aniline pour former une nouvelle quantité de noir, et l’acide repasse à l’état de tétroxyde de vanadium. De nouvelles additions de KO, CIO5 ramènent constamment les mêmes réactions, de telle sorte qu’on peut transformer ainsi, par ce procédé,, des quantités considérables de sels d’aniline en noir d’aniline. On peut, par Je même procédé teindre le bois en noir très beau et très solide.
- L’auteur est arrivé à produire, dans des conditions particulières, une encre noire absolument indélébile: aucun réactif n’a pu faire disparaître l’écriture. Les acides minéraux et le-chlorure colorent cette encre en rouge, mais sans la faire disparaître; la nuance primitive reparaît par le lavage dans une solution alcaline.
- Application à la céramique. — M. Hélouis a obtenu avec l’acide VO5 fondu à haute tempéra?-ture, sur des grès grand feu, des tons d’or vert très remarquables; les oxydes de vanadium pourraient fournir à la céramique des nuances fort belles etyndécomposables à haute température..
- Application à la métallurgie. — L’auteur a surtout dirigé ses recherches sur l’application du vanadium à la métallurgie ; c’est là qu’il pourrait trouver de sérieux débouchés.
- L’application à la métallurgie repose sur la réduction de l’acide vanadique à très haute-température par l’aluminium en poudre.
- M. Hélouis rappelle qu’il a, depuis longtemps, employé l’aluminium comme réducteur des-oxydes ; c’est l’aluminium qui lui a permis, en 1880, d’obtenir un alliage blanc (cuivre-nickel-zinc) extrêmement ductile et malléable, qu’il a pu tréfiler au trentième de millimètre. M. Debray, a été, à cette époque, rapporteur de la Société d’Encouragement, qui a accordé à l’auteur une médaille de platine pour son métal blanc, lequel a trouvé depuis d’importants-débouchés dans les fils métalliques concurremment avec les produits similaires anglais et allemands.
- En ce qui concerne la réduction de l’acide VO5 par l’aluminium, M. Hélouis a remarqué que l’aluminium fondu au rouge cerise peut facilement dissoudre l’acide V05,qui passe à l’état d’oxydules VO4, VO3 et même VO2, mais la réduction à l’état métallique ne peut s’obtenir qu’à' une température beaucoup plus élevée (environ 1 700°).
- Dans ces conditions, la réaction s’opère avec une assez forte fusée, voire même avec explosion, quand les quantités employées sont considérables. On a pu cependant, par un procédé particulier à l’auteur, éviter les explosions, même en opérant sur d’assez grandes masses.
- Au moment de la réaction, la température est tellement élevée que l’alliage possède une intensité lumineuse comparable à celle de l’arc électrique.
- On a pu obtenir ainsi une série d’alliages aluminium-vanadium de 1 p. 100 à 40 p. 100 de-vanadium.
- L’échantillon à 1 p. 100 a été fondu directement en éprouvette et essayé à la traction; il as donné: charge de rupture 17 kilos; allongement 7 p. 100.
- En soumettant à l’action de dissolvants convenables les alliages d’aluminium-vanadium,. M. Hélouis a pu obtenir le vanadium (métal) en poudre et en lamelles brillantes, suivant le mode de traitement employé.
- vanadatc d’ammoniaque (point de départ des sels de vanadium). — Bivanadatc et trivanadate d’ammoniaque. — Bivanadate et trivanadate de potasse. — Vanadate de cuivre. — Vanadate d’argent. — Vanadate de plomb. — Bioxyde de vanadium avec lamelles de vanadium métal. — Trioxyde de vanadium. — Tétroxyde de vanadium hydraté (vert olive foncé). — Sulfate d’acide vanadique (type des sous-sels).— Sulfure de vanadium.
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- La forme en lamelles avait laissé quelques doutes sur la composition du produit : M. Hé-louis a pensé, de prime abord, que ces lamelles pourraient bien être identiques à celles que Woehler a pu isoler en dissolvant des alliages d’aluminium-titane ; les lamelles signalées par Woehler étaient formées d’une combinaison d'aluminium-titane-silicium, le silicium, provenant sans doute des creusets.
- Les paillettes de Woehler sont attaquées par HCl avec dégagement d’hydrogène et dépôt de silice. On a eu soin, autant que possible, d’éviter la silice dans les creusets brasqués employés par l’auteur et les lamelles ainsi obtenues avec l’alliage aluminium-vanadium sont inattaquables par HCl, presque inattaquables par SCUHO concentré, inattaquables par les alcalis en dissolution; seul, Uacide AzCU peut les dissoudre en produisant de l’acide vanadique ; en outre, quand on projette ces lamelles sur une plaque chauffée au rouge, elles s’enflamment spontanément en projetant de brillantes étincelles.
- Ce sont là deux caractères distinctifs du vanadium (métal).
- L’auteur a surtout cherché à obtenir des alliages de vanadium pour la métallurgie. Il rappelle que le fer suédois fabriqué avec l’oxyde magnétique du mont Taberg contient du vanadium ; or, ce fer est remarquable par sa grande ductilité.
- En outre, certains laitiers des hauts fourneaux de Staffordshire, qui donnent un métal extrêmement ductile, contiennent une forte proportion d’acide VOs.
- Pour réaliser l’introduction du vanadium dans Ja métallurgie, l’auteur a fabriqué des alliages par la réduction des oxydes au moyen de l’aluminium en poudre, et obtenu ainsi : l’aluminium-vanadium, le ferro-aluminium-vanadium ; le ferro-nickel-vanadium, le ferro-chrome-vanadium pour la métallurgie du fer, etc.
- Il a obtenu de la même manière les alliages cuivre-aluminium-vanadium pour les essais de bronze.
- Il signale aussi un alliage spécial d’aluminium vanadié remarquable par sa sonorité erp comparaison de l’aluminium ordinaire; cet alliage pourrait peut-être trouver des applications dans la fabrication des timbres, des diapasons et probablement aussi des instruments de musique qui exigent de puissantes vibrations.
- Une fois en possession de ces alliages vanadiés, M. Hélouis a pu les incorporer dans les aciers au creuset, dans les fers fondus à très haute température et dans les bronzes.
- Il a pu faire quelques essais de rupture de ces différents métaux au Conservatoire des Arts-et Métiers, grâce à la bienveillance de M. le professeur Le Verrier, à qui il adresse ses remerciements.
- L’acier employé dans ces essais a été fourni par un métallurgiste distingué, M. Marchai, qui possède une importante usine à Pantin, et dont l’obligeant concours a été des plus utiles.
- Cet acier déphosphoré, essayé tel que à la traction, a donné : charge de rupture, 48 kilos ; allongement, 16,9 p. 100. .
- Ou a d’abord fondu cet acier au ereuzet de plombagine sans addition de ferro-vanadium ; il s’est assez fortement carburé au contact du creuset et a donné à l’essai : charge de rupture,
- 96 kilos; allongement, 2,3p. 100 (éprouvette forgée sans recuit).
- Ensuite, ce même acier déphosphoré a été expérimenté de trois façons différentes : 1° Il a été fondu au creuset de plombagine avec addition de 1 p. 100 de vanadium, et il a donné à l’essai : charge de rupture, 109 kilos ; allongement, 7,53 p. 100. (éprouvettes forgées sans recuit.) Limite d’élasticité,78k,7. —2° La deuxième expérience a été faite au creuset brasqué de magnésie pour éviter la carburation autant que possible, avec addition de 0,5 p. 100 de vanadium; elle a donné : charge de rupture, 66 kilos; allongement, 16 p. 100.—3° La troisième expérience, avec 1 p. 100 de vanadium, faite au creuset brasqué, a donné: n° 17 charge de rupture,
- 97 kilos; allongement, 14 p. 100; forgé sans recuit n° 17. Le même métal recuit a donné : charge, 71 kilos ; allongement, 20 p. 100.
- Ce dernier métal est très doux quand il n’est pas trempé; mais il prend une trempe extraordinaire.
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- M. Hélouis a fait aussi quelques essais avec un fer doux ordinaire, ayant une résistance moyenne de 38 à 39 kilos par millimètre carré, avec un allongement de 19 p. 100.
- 1° Ce fer fondu au creuset a donné, avec une addition de ferro-vanadium représentant 0,5 de vanadium (métal); charge de rupture, 61k,25 ; allongement, 12 p. 100. (Éprouvette forgée sans recuit.)
- 2° Le même fer contenant 0,5 p. 100 de vanadium (métal) et recuit après martelage, a donné: charge de rupture, 53 kilos; allongement, 32p. 100.
- Ce dernier spécimen a été trouvé très remarquable par quelques métallurgistes; il possède une malléabilité et une ductilité très grandes.
- A signaler aussi un bronze d’aluminium à 8 p. 100 d’aluminium et 1 p. 100 de vanadium qui a donné à l’essai : charge de rupture, 71 kilos; allongement, 12,5 p. 100.
- Dans le même ordre d’idées, et à titre de comparaison avec les alliages vanadiés, l’auteur a essayé aussi la fabrication des alliages d’aluminium avec le nickel, le chrome, le manganèse, le molybdène et le tungstène, en partant des oxydes de ces métaux.
- Les alliages nickel-aluminium obtenus avec NiO3 produisent une assez forte fusée au moment de la réaction; M. Hélouis a obtenu ainsi des alliages à 25 p. 100, 35 p. 100, 50 p. 100 et 90 p. 100 de nickel.
- Il suffit d’employer 50 grammes d’oxyde de nickel pour produire une forte fusée en rouge blanc. L’auteur a constaté aussi que le nickel du commerce produit une assez forte réaction, dès qu’on introduit la poudre d’aluminium dans le métal fondu très fluide. L’aluminium, dans ces conditions, réduit presque intantanément 1 ’oxydule contenu dans le nickel, (c’est le procédé qu’il employait en 1880 pour épurer son métal blanc) ; d’ailleurs, depuis longtemps déjà, Sainte-Claire Deville etWoehler avaient fait connaître, par la fabrication de leurs alliages d’aluminium-bore, la puissance réductrice de l’aluminium en réduisant Yacicle borique parce métal.
- M. Hélouis a réalisé aussi une série d’alliages ferro-aluminium-nickel, dans des conditions assez économiques pour des applications industrielles. Il a pu extraire facilement le nickel, le chrome, le tungstène et le molybdène de leurs alliages avec l’aluminium ; il a constaté que le nickel obtenu par ce procédé devenait pyrophorique au-dessus de 100° centigrades et s’enflammait en produisant de brillantes étincelles.
- Les alliages de molybdène avec l’aluminium en poudre sont les plus dangereux à produire; car, dès que le mélange homogène d’acide molybdique et d’aluminium en poudre est porté au rouge blanc en opérant seulement avec 50 grammes d’acide MoO3, il se fait une explosion plus forte qu’un coup de fusil, avec projection de métal fondu (la réaction est plus violente qu’avec les oxydes de plomb).
- 11 est donc prudent de n’opérer qu’à l’abri d’un écran en toile métallique pour protéger les yeux et la figure et avec des gants de forte toile mouillée pour garantir les mains.
- L’auteur est cependant parvenu à éviter les projections de métal fondu dans la fabrication du ferro-molybdène, même en opérant sur d’assez grandes quantités. Il se produit seulement une fusée prolongée, qui ne présente aucun danger pour le préparateur : Il présente un échantillon de ferro-molybdène dosant: fer, 77 p. 100; molybdène, 21 p. 100, très dur, qui raye le verre.
- Il signale enfin que l’acier fondu avec 0,5 p. 100 seulement de molybdène acquiert une dureté extraordinaire.
- « Il n’y a que quelques mois, dit M. Hélouis, que j’ai commencé mes essais sur les cendres vanadiées, ayant d’ailleurs été fort limité dans mes recherches parla faible quantité de minerai qui a pu être mise à ma disposition; mais je vais en recevoir, dans quelques jours, de très grandes quantités, qui me permettront de continuer mes travaux sur des bases tout à fait industrielles, et notamment pour la production des alliages vanadiés, applicables à la métallurgie des fers, aciers et bronzes; que le vanadium améliore remarquablement au point de vue de la ductilité et de la résistance.
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- BIBLIOGRAPHIE.
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- « On peut donc, d’ores et déjà, envisager le ferro-vanadium et les bronzes vanadiés, obtenus dans des conditions économiques, comme des réactifs d’avenir pour la métallurgie. Il y a là, certainement, une étude intéressante à poursuivre, et en communiquant à la Société d’En-couragement mes premiei’s essais, j’ai pensé que je trouverais encore, dans votre Comité des Arts chimiques, un rapporteur bienveillant, pour m’éclairer de ses conseils dans la voie que je me propose de suivre. »
- M. le Président remercie M. Hélouis de sa très intéressante communication, qui sera renvoyée au Comité des Arts chimiques.
- BIBLIOGRAPHIE
- Hf.nnebert, Lteutenant-Colonel du Génie. — Attaque des Places, I vol. de l'Encyclopédie Scientifique des aides-mémoires. — Les Préliminaires de ce nouveau livre exposent en quels cas une armée d’invasion est dans l’obligation de s’emparer d’une forteresse et comprennent la nomenclature des divers procédés poliorcétiques dont cette armée peut faire usage.
- La première Partie détaille les méthodes d’attaque « par voie d’industrie » comprenant la ruse, les intelligences dans la place, V intimidât ion et le blocus. La deuxième Partie est consacrée aux travaux « de haute lutte » c’est-à-dire à l’attaque de vive force ou d’emblée, à la surprise, au bombardement et à Vattaque régulière ou siège.
- Les troisième, quatrième et cinquième Parties visent tout spécialement le siège considéré dans l’antiquité, au moyen âge et au temps de Vauban.
- La sixième Partie traite du siège néo-moderne. Elle enseigne comment il convient de procéder à l’investissement, aux approches, et, finalement, à l’attaque d’une de ces grandes places qu’on appelle aujourd’hui des camps retranchés.
- Truchot (l*.). — L’ammoniaque, ses nouveaux procédés de fabrication et ses applications. 1 vol. in-16. Paris, chez B. Tignol. — Le développement de l’industrie des sels ammoniacaux, a engagé l’auteur, à réunir l’ensemble de nos connaissances sur celte industrie et à présenter un exposé complet et fidèle des derniers procédés employés pour extraire l’ammoniaque des eaux-vannes, des os, de la tourbe, en insistant surtoul sur les procédés basés sur l’extraction de l’azote de la houille, à l’état ammoniacial, dans la fabrication da gaz, les hauts-fourneaux, sur le procédé Mond et enfin sur les méthodes de fabrication de l’ammoniaque synthétique.
- La seconde partie de ce travail est consacrée aux produits ammoniacaux et au travail des eaux ammoniacales, elle se termine par une étude de l’analyse des eaux ammoniacales, des matières premières, la liste [des principaux brevets français pris depuis 1878, intéressant l’industrie ammoniacale et une bibliographie dans laquelle pourront puiser ceux qui s’intéressent à l’histoire de cette branche de l’industrie chimique.
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- LIVRES ET OUVRAGES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE
- EN JUIN 1896
- Du gouvernement tunisien. La Tunisie. Histoire et description, agriculture, industrie, commerce. 4 vol. in-8. Paris, Berger-Levrault.
- Essais comparatifs des voûtes en matériaux divers. Rapport de la Commission des voûtes de l’Association des ingénieurs et architectes autrichiens. Traduction de MM. de Te-desco, Zschokke Candlot. 1 brocli. in-4, 84 p., 27 pl., extrait de la Revue technique.
- L’ammoniaque. Ses nouveaux procédés de fabrication et ses applications, par M. P. Truchot. 1 vol. in-18, 363 p. de la Bibliothèque des actualités industrielles. Paris, B. Tignol.
- British Chamber of Commerce, 25, boulevard des Italiens, Paris. Rapport pour l’année 1895. 1 vol. in-8, 120 p.
- Du ministère de l’Instruction publique. Revue des travaux scientifiques, vol. XV. 1 vol. in-8, 300 p., Imprimerie nationale; Bulletin de géographie historique et descriptive, année 1895, n° 2. 1 vol. in-8, 400 p. Paris, chez E. Leroux et Bulletin du Comité des travaux historiques et scientifiques. Section des Sciences économiques et sociales (1895). 1 broch. in-8°, 92 p. Imprimerie nationale.
- Memorias y Revista de la Sociedad Cientifica (Antonio Alrate), 1895-96, n0s 1 à 6. Mexico, imprimerie du Gouvernement.
- Association alsacienne des propriétaires d’appareils à vapeur, section française. Exercice 1895. 1 broch. in-8, 54 p. Nancy, Imprimerie Berger-Levrault.
- Remarque sur certains nombres et conséquences qu’on peut en tirer, par M. Ed.
- Collignon. Extrait des comptes rendus de Y Association française pour l’avancement des sciences. 1 broch. 37 p.
- De la « Petite encyclopédie éleetro-mécanique » de M. de Graffigny. —Les piles et les accumulateurs. Les canalisations électriques. 2 broch. in-18, 160 p. Paris, Bernard.
- Du ministère du Commerce. Office du travail. Le vêtement à Paris. 1 vol. in-8, 721 p. Imprimerie nationale.
- De la «Bibliothèque du conducteur des travaux publics». Lavoie publique, par M. C. Lefebvre;
- l’hydraulique agricole, par M. P. L. Salvador et l’organisation des services de travaux publics, par M. E. Campredon. 3 vol. in-18. Paris, Dunod et Vicq.
- La Rectification et les colonnes rectificatrices en distillerie, par M. E. Barbet, 1 brochure in-18, 201 p. Paris, Bernard.
- De l’Encyclopédie scientifique des aide-mémoire. Spectrométrie, par M. J. Lefèvre et Le Nickel, par MM. Moissan et Ouvrard.
- Les Moteurs, par M. J. Lefèvre. 1 vol. in-18, 380 p. Paris, J.-B. Baillière. L’incandescence par le gaz et le pétrole. L’acétylène, par M. F. Dommer, 1 vol. in-16, 300 p. Paris, B. Tignol.
- Commerce, industrie et production des plumes d’Autruche de Barbarie. Le sel
- gemme saharien, par M. J. Forest, 1 broch. in-8°, 68 p. Paris, Librairie africaine et coloniale, 27, rue Bonaparte.
- Exposition universelle et internationcde de Lyon. Rapport au nom du jury de la classe 41, par M. E. Smox, 1 broch. in-18, 47 p. Paris, chez E. Rousset, 20, rue Turgot.
- Tome I. — 95e année. 5e série. — Juin 1896.
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- LITTERATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA RIRLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Mai au 15 Juin 1896
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac.. . . , . Annales de la Construction.
- Acp. . . . Annales deChimie et de Physique.
- AM. . , . Annales des Mines.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique.
- APC . . . Annales des Ponts et Chaussées.
- At. . . . Annales télégraphiques.
- Bam . . . Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- Btp. . . . Bulletin du ministère des Travaux publics (statistiques).
- BmA. . . Bulletin du ministère de l’Agriculture.
- Ci. . . . Chronique industrielle.
- Co.. . . . Cosmos.
- CN. . . . Chimical News (London).
- Cs.. . . . . Journal of the Society of Chemical Industry (London).
- DoL. . . . Bulletin of the Department of La-bor des Étals-Unis.
- CR. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- Dp. . . . Dingler’s Polytechnisches Journal.
- E. . . . . Engineering.
- E\. . . . The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE.. . . . Eclairage Électrique.
- EL. . . . Electrician (London).
- EU. . . . L’Électricien.
- Ef.. . . . Economiste français.
- Es.. . . . Engineers and Shipbuilders in Scotland (Proceedings).
- Fi . . . . Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc. . . . . Cénie civil.
- IC.. . . , . Ingénieurs civils de France (Bul-letin.).
- le. . . Industrie électrique.
- lm.. . . . Industrie minérale de Saint-Étienne.
- IME . . . Institutions of Mechanical Engineers (Proceedings).
- IoB . . . Institution of Brewing (Journal).
- Ln. . . . La Nature.
- Ms. . . . Moniteur scientifique.
- N. . . . Nature (anglais).
- Pc. . . . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Pm . . . Portefeuille économPdes machines.
- Rgc.. . Rgcls. . . Revue générale des chemins de fer.
- . Revue générale des Sciences.
- Ri. . . . Revue industrielle.
- Rmc. . . Revue maritime et coloniale.
- Rs . . . . Revue Scientifique.
- Rso . . . Réforme Sociale.
- RSL. . . Royal Society London(Proceedings).
- Rt. . . . Revue technique.
- Ru. . . . Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- SA. . . . Society of Arts (Journal of the).
- ScP.. . . Société chimique de Paris (Bulletin).
- Sfp • • . Société française de photographie (Bulletin).
- Sie. . . . Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- Sg. . . . . Bulletin de la Société de géographie.
- Sgc . . . Bulletin de la Société de géographie commerciale.
- SiN . . . Société industrielle du Nord de la France (Bulletin).
- SL. . . . Bulletin de statistique et de législation.
- SuE. . . Stahl und Eisen.
- USR. . . Consular Reports to the United States Government.
- VDl.. . . Zeitschrift des Vereines Deutscher Ingenieure.
- ZOI.. . . Zeitschrift des Oesterreichischen
- Ingenieure und Architekten-Ve-reins.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUIN 1896.
- 911
- AGRICULTURE
- Bétail. Traite des vaches sur le plateau central. Ln. 6 Juin, 5.
- — Race bovine cle Hongrie. Ag. 6 Juin,
- 881.
- —- Élevage et importation des animaux étrangers en France (Loverdo). Ap. 4 Juin, 827.
- Beurre. Écrémeuse Laidlan. E. 22 Mai, 697. Céréales. Commerce à terme en Allemagne. Ef. 6 Juin, 743.
- Caoutchouc. Culture aux Antilles. Ap. 21 Mai, 754.
- Carbure de calcium comme insecticide. Ap. 28 Mai, 795.
- Chiens de berger concours (Des). Ap. 4 Juin, 826.
- Engrais. Phosphates de l’Oise. (Expériences sur les). Ap. 24 Mai, 750.
- — Les phosphates. Ap. 6 Juin, 905.
- —- Nitrate de soude. Ap. 4 Juin, 825.
- — Épuration terrienne des eaux vannes. Ag. 6 Juin, 893.
- — Terre d’épuration. Ap. 13 Juin, 931. Forêts. Exploitation au Minnoseta. Ln. 13 Juin, 23.
- Fourrages (Insuffisance des). Ap. 21, 28 Mai, 745, 777.
- — Trempage des graines avant le semis. Ap. 11 Juin, 861.
- — Culture d’été (Schribaux). Ap. 28 Mai, 784.— D’automne. Ag. 30 Mai, 861.
- — Fertilisation des vieilles pâtures. Ag. 30
- Mai, 866.
- — Brome de Schrader. Ag. 6 Juin, 896. Grains (Laveuse de) Daverio. E. 5 Juin, 766. Lait. Industrie en Australie. Ap. 28 Mai, 781.— Analyse du Pc. 15 Juin, 610.
- — Concentré (Dosage des sucres du). Ms. Juin, 452.
- — Écrémage spontané. Ag. 13 Juin, 943. Pain. Valeur alimentaire des pains blancs et bis (A. Girard). CR. 8 Juin, 1309. Pommes de terre (Expériences sur les). Ag. 30 Mai, 849. avec la liqueur de Bordeaux pour la préservation des — (Hendrick). Cs. 30 Mai, 332.
- — Féculomètre Allard. Ln. 13 Juin, 31.
- —• Culture en Algérie. Ap. 11 Juin, 872. Porcs (Commerce des) de Chicago, fis. 6 Juin, 729.
- Presse à foins Howard. E'. Juin, 573.
- Semeurs Coultas. E. 22 Mai, 697.
- Thé. Culture au Djarjeeling. IA. 12 Juin, 624. Vigne. Brunissement des boutures. CR. 18 Mai, 1142.
- — Sucrage des vins et cidres avant la fer-
- mentation. SL. Mai, 553.
- — Origine des levures du vin. Ms. Juin,
- 438.
- — Reconstitution du vignoble de Loir-et-
- Cher. Ap. 4 Juin, 832.
- — Provinage des porte-greffes. Ag. 13
- Juin, 938.
- CHEMINS DE FER
- Chauffage des trains. Chemins de fer de l’Est.
- E. 5, 12, Juin, 735, 773.
- Chemin de fer d’Asie-Mineure. E'. 5 Juin, 558.
- — De montagne Marks. E. 12 Juin, 798.
- — De Boden (Suède). Ln. 30 Mars, 406.
- — Transsibérien, fis. 6 Juin, 705. Ln. 6
- Juin, 11.
- — D’intérêt local (Utilité des) (Ledru).
- APC. Mai, 383.
- — Du montLowe. Co. 13 Juin, 333.
- — Anglais. Statistique de 1893. APC. Mai,
- 493.
- — Algériens et Tunisiens en 1893. Rgc.
- Mai, 318.
- — ‘Métropolitains de Paris à voie d’un
- mètre. Gc. 30 Mai, 67. Haag. Pm. Juin, 87. Rt. 10 Juin, 245. De Vienne. ZOI. 29 Mai.
- Éclairage des trains au gaz. Spencer. E. 22 Mai, 698.
- Frein électrique Ashly. EE. 30 Mai, 419.
- Gares de Dresde. Itgc. Mai, 263.
- Locomotives. Express du Caledonian. Rj. Rgc. Mai, 324.
- Compound. Baldwin pour les chemins russes.
- E. 29 Mai, 706. Vauclain. Rgc. Mai, 290.
- — Express du Nord. Ln. 13 Juin, 20.
- — — La Jenny Lind. E'. 32 Mai, 527. Matériel roulant. Attelage automatique
- Moon. E. 5 Juin, 766. Durham. E. 12 Juin, 798.
- — (Durée probable du) (Tolmer). Rgc,
- Mai, 306.
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- 912
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUIN 1890.
- Signaux Block System Siemens et Halske. Gc. 0 Juin, 91.
- Traction à grande vitesse (La).Rt. 2a Mai, 218. Voie (La). E'. Juin, 570.
- — Du Taff Vale. Rgc. Mai, 323.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles (Les). E. 29 Mai, 715.
- — Tricycle à vapeur Stapfer. Ci. 21 Mai, 235.
- — Phaéton électrique Tlirupp. E. 12 Juin, 791.
- Électricité. Tramway à courants alternatifs. EE. 23 Mai, 362.
- — de Zurich avec moteurs à gaz pauvres.
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse. Avril, 127.
- — de Madison Avenue, à accumulateurs.
- EU. 30 Mai, 337.
- — Chicago. El. 5 Juin, 168.
- — de Dublin. E. 12 Juin, 743, 772.
- — Boston. Ri. 6 Juin, 221.
- — Romainville. EE. 6 Juin, 433.
- — Frein hydro-pneumatique pour Lombard. EU. 30 Mai, 347.
- — Résistance des joints pour rails de tramways. EE. 13 Juin, 517.
- — Précautions contre l’électrolyse des voies (Potier). Sie. Mai, 176.
- — (Essai d’une ligne de). EE. 6 Juin, 464. — Fil de Trolly à section triple. El. 12
- Juin, 209.
- Traction électrique (La). Dawson. E. 29 Mai, 701, 5 Juin, 738.
- — Westinghouse. Rt. 10 Juin, 258.
- — En Amérique. EE. 6 Juin, 452. El. 6 Juin, 173.
- — Au pont de Brooklyn. EE. 6 Juin, 457.
- — (Avenir de la Duncan). Fi. Juin, 401.
- Parcourants polyphasés. EE. 13Juin,
- 481.
- Locomotive du Baltimore Ohio. EE. Mai, 415. Essieu de voiture pneumatique. Fyfe. E. 22 Mai, 698.
- Locomotive routière avec grue Fowler. E'. 5 Juin, 572.
- Tramways à gaz (Les). Gc. 13 Juin, 109.
- — En Allemagne. Ri. 23 Mai, 702.
- — Daimler. E'. 12 Juin, 596.
- — Luhrig Otto. Rt. 10 Juin, 244.
- Tramways à gaz. Attelage automatique.
- CIoos et Schmalzer. Pm. Juin, 93. Yélocipédie. Rs. 23 Mai, 668.
- — Pneumatique Hartford. Ln. 6 Juin, 3.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acétone. Fabrication (Porsh). Cs. 30 Mai, 374. Acides des végétaux. Caractères et séparation (Lindet). CR. 18 Mai, 1135.
- — idycérique (préparation) (Cazeneuve).
- CR. 26 Mai, 206.
- — formique, dosage. Ms. Juin, 421.
- — persulfurique (Elbs et Schonherr). Cs.
- 30 Mai. 360.
- — tropinique, dédoublement. ScP. 5 Juin,
- 995.
- Acoustique. Vibrations transversales des cordes. Ln. 23 Mai, 385.
- — (Nouvelle loi d’). Ln. 6 Juin, 10.
- — Audiomètre Henry. CR. 1er Juin, 1283. Amidon. Dédoublement par l’acide oxalique (Lintner et Dull). ScP. 5 Juin, 1003. Analyses. Méthodes électrochimiques. Cs. 30 Mai, 378.
- Argon et Hélium. CN. 22-29 Mai, 235, 247, 5 Juin, 259. RSL. 18 Juin, 325.
- Atomes Ions et Molécules. Relations de couleur (Lea). American Journal of Science, Juin, 405.
- Brasserie. Saccharification de l’amidon par la diastase. Ms. Juin, 426. Détermination de la saccharose dans le malt. Ms. Juin, 431.
- — Sélection naturelle des levures. Ms. Juin 429. Acides formés pendant la germination de l’orge et la fermentation du moût. Ms. Juin, 436.
- — Action des levures de Saar et Frohlberg sur la bière finie. Ms. Juin, 434; pouvoir diastatique du malt (Matthews). 10B. Mai, 335.
- — Hydrate de carbone non fermentescible dans le moût de bière. Ms. Juin, 435. Le malt. IoB. Mai, 363, 374.
- — Les ferments Enzymes (Morris). IoB. Mai, 350.
- Benzine. Température d’ébullition. CR. 18 Mai, 1117.
- — Préparation par les résidus de pétrole. Cs. 30 Mai, 346.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ---- JUIN 1896.
- 913
- Caféine. Dosage dans le thé. Pc. 1er Juin, 529. Camphre (Le). N. 4 Juin, 116.
- Carbure de calcium. Fabrication à Spray. EE. 23 Mai, 339. Prix de revient. El. 29 Mai, 143. Fi. Juin, 477. Rt. 10 Juin, 256.
- Céramique (Pierres de) retirées du verre (Garchey). CR. 1er Juin, 1277.
- — Poteries hongroises. Cs. 30 Mai, 358. Céruse. Fabrication électrolytique. Eam. 16 Mai» 471.
- Chaux et ciments. Four à chaux Summondo. Cs. 30 Mai, 358. Essai des ciments (Berger). Cs. 30 Mai, 380.
- — Influence de la magnésie sur les ciments. Industria, 24 Mai, 331.
- — Mélange des pierres de Kent au ciment de Portland. L. 5 Juin, 753.
- — Ciment de sable. Cs. 30 Mai, 358. Durcissement du Portland dans l’eau de mer. Cs. 30 Mai, 358.
- Chlore comme désinfectant (Clayton). Cs. 30 Mai, 320.
- Chloraloses (Les) (Hanriot). CR. 18 Mai, 1127. Cuivre. Dosage par l’hyposulfite de soude. Ms. Juin, 418.
- Cyanures de mercure. Combinaisons avec les sels hatogènes. AcP. Juin, 240. Densimètre Courtonne. Bulletin de la Société industrielle de Rouen. Mars, 171. Docimasie. Dosage volumétrique des métaux précipitables par les alcalis (Ruoss). CN. 30 Mai, 247.
- Essences végétales (Falsification des) (Gossart).
- ScP. 20 Mai, 5 Juin, 666, 724. Explosifs. Explosion de dynamite au fort de Larmont. Revue du Génie militaire. Mai, 417.
- — de sûreté. Cs. 30 Mai, 375.
- — Fabrication Krupp. Cs. 30 Mai, 376.
- Fer. Action sur les azotates métalliques en dissolution. Allotropie et passivité (Sanderens). ScP. 5 Juin, 691.
- Formaline (Reconnaissance de la). Cs. 30 Mai, 382.
- Gaz (Théorie des) (Bertrand). CR. 18-26 Mai, 1083, 1173, 1174, 8 Juin, 1314.
- Gaz d’éclairage. Becs en veilleuse Duke. E.
- 22 Mai, 697. Becs incandescents (historique). Société d’Encouragement de Berlin, Mai, 156.
- — Cornues Joyce. E. 22 Mai, 697. |
- Gaz d’éclairage. Laveur Holmes. Cs. 30 Mai, 340.
- — Effet de la compression sur le pouvoir éclairant. Cs. 30 Mai, 339.
- — Régulateur automatique Tobler. Ln. 23 Mai, 389.
- — Acétylène (L’). Gc. 6-13 Juin, 85, 104. Éclairage Trouvé. CR. 8 Juin, 1338. Bec Alber. Ln. 30 Mai, 416. Action sur le fer, le nickel et le cobalt (Moissan). CR. 1er Juin, 1240, et l’assurance. Fi. Juin, 474. Gazogène Fondini. Industria, 14 Juin, 371.
- Graisses (Dérivés des acides des) (Marie). Pc. 1er Juin, 534.
- Hydrogène. Dosage par le chlorure de palladium. CN. 12 Juin, 274.
- Malachite (Reproduction de la) (Schulten). CR.
- 8 Juin, 1352.
- Molybdène. Préparation (Guichard). CR. 1er Juin, 1270.
- Hydromètre Vandevyer. Cs. 30 Mai, 376. Matières réfractaires (Les). Industria, 14 Juin, 379.
- Méthylamines. Nouvelle méthode de séparation des (Delépine). ScP. 5 Juin, 701. CR. 1er Juin, 1272.
- Morphine (Chlorhydrate de) (Goehlich). ScP.
- 5 Juin, 993.
- Niobium et tantale composés du (Pennington). ScP. 5 Juin, 926, 928.
- Optique. Rayons de Rôntgen. EE. 23 Mai, 354, 375. N. 21 Mai, 53, 4 Juin, 109. C. R. 18-26 Mai, 1086, 1115, 1119, 1195, 1197. Co. 30 Mai, 272, 6-13 Juin, 304, 336. Ic. 10 Juin, 260. Ln. 30 Mai, 401,
- 13 Juin, 26. El. 29 Mai, 153, 6 Juin, 169. Sfp. 1er Juin, 257. Rgcls. 30 Mai, 499. RSL. 18 Juin, 330, 333, 338, American Journal ofScience. Juin, 463,467. Oxasols. Nouvelle synthèse (Fischer). ScP.
- 5 Juin, 984.
- Ozone. Production et application industrielles (Andreoli). Gc. 22-30 Mai,
- 57, 73,6-13 Juin, 87,106.
- — Générateur d’. Seguy. CR. 18 Mai, 1120. Papier* de bois au sulfite. Cs. 30 Mai, 369,
- 370. Au Canada (id.), 371.
- — Gélatinisation des. Cs. 30 Mai, 370.
- Potasse (Dosage de la) (Fabie). CR. 8 Juin,
- 1331.
- Pasteur (Œuvre de) (Frankland). Ms. Juin, 401.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUIN 1896.
- Pétroles du Kouban. Cs. 30 Mai, 345 de Gali-cie,?d, 343.Fabrication des paraffines. Gaz dégagés. Cs’. 30 Mai, 368.
- — Éclairage et chauffage (Ringelman).
- Ap. 28 Mai, 788.
- — Sulfureux d’Amérique. Composition.
- Ms. Juin, 440. Cp. 30 Mai, 383; point éclair, étalon (Stenart). Cs. 30 Mai, 335.
- — Dosage du soufre dans les. Ms. Juin,
- 446. Action de la lumière solaire sur les. Cs. 30 Mai, 345.
- — Essai par vaporisation pour pétroles de graissage (Arclibutt). Cs. 30 Mai, 326-Préparation des résines solides des. Cs. 30 Mai, 346.
- Phénol. Comme dissolvant en cryoscopie (Pa-terno). ScP. 20 Mai, 823.
- Pyromètre Ée Chatelier. Cs. 30 Mai, 376. Sélénium. Synthèse des composés aromatiques (Kraff et Ivascliau). ScP. 5 Juin, 973. Réduction de l’acide sélénique par l’acide chlorhydrique. CN. 12 Juin, 273.
- — Dosage gravimétrique (Peirce). American Journal of Science. Juin, 416. Soufre. Dosage dans les minerais grillés. Ms. Juin, 424.
- — et chlore. Dosage par le peroxyde de
- sodium. Ms. Juin, 416.
- Spectroscopie. Recherchés de Stas. ScP. 20 Mai, 820. C’A. 22-29 Mai, 241, 249, 5 Juin, 262.
- — Spectres des métalloïdes dans les sels fondus. Soufre. CR. 8 Juin, 1326. Sucrerie. Progrès en 1896. Dp. 12 Juin, 258. Évaporateur à sextuple effet Watson. E. 22 Mai, 5 Juin, 668, 742.
- — Maladie de la canne aux Antilles. Ag. 23-30 Mai, 813, 851.
- — Raffinage Ranson. Journal des fabricants de sucre, 27 mai.
- — Influence du glucose sur la formation des mélasses. Ms. Juin, 447.
- — Action des alcalis sur les sucres (Eken-stein). ScP. 5 Mai, 744.
- Sulfate de barite. Solubilité. CA. 12 Juin, 276.
- Sulfure d’azote (Le). Clever Mulhmann et Schenk. ScP. 5 Juin, 916, 918. Tannerie. Cuir artificiel Stocker. Cs. 30 Mai, 364,
- Teinturerie. Impression des tissus (progrès de). Cs. 30 Mai, 354.
- — Aniline. Détermination en présence de
- la toluidine. CN. 22 Mai, 236.
- — Encre à marquer les tissus (Schlum-
- herger). Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse. Avril, 200.
- — Matières colorantes vertes et bleues.
- Fabrication Jean llod (id.), 201. Synthèse de la pàrafuschine (Prud-homme) (id.), 197.
- — Endulines et safranines (Lefèvre), Ms.
- Juin, 408. Noir d’aniline Gravitz. Cs. 30 Mai, 354.
- — Production des diverses coloi'ations sur
- les pièces tissées (Singer). Ms. Juin, 413.
- — Parafuchsines benzylées (Prudhomme).
- ScP. 5 Juin, 720. Rouge indigo. Cs. 30 Mai, 348.
- — Fuchsine ordinaire et acide, caractères
- distinctifs (Cazeneuve). ScP. 5 Juin, 723. Pc. 15 Juin, 595. Blanc de zinc. Cause du jaunissement. Cs. 30 Mai, 363.
- — Matières colorantes du Chay. Root. ScP. 5 Juin, 1000. Vermillon d’antimoine (Long)- Cs. 30 Mai, 363.
- — Cachou de Laval (Le). Cs. 30 Mai, 328.
- Bleus polyazoïques. Cs. 30 Mai, 351. — Couleurs végétales artificielles (Les). Cs. 30 Mai, 348. Azines-orangées, diazoïques (Bayer, Ivalle, Fischesser (id.), 349, 350.
- Thermochimie. Principes de. Enseignement industriel. Bulletin de la Société d’En-couragement de Berlin. Mai, 170. Uranite (Gaz de F) (N. Loekyer).RSL. 18 Juin, 302.
- Urée. Préparation synthétique (Cazeneuve). ScP. 5 Juin, 714.
- Vanadium. Fonte et carbure de (Moissan). CR. 8 Juin, 1297.
- Z inc. Révision du poids atomique. CN. 22-29 Mai, 238, 250, 5 Juin, 264.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Dépopulation des campagnes. Ef. 30 Mai, 705. — Population de Paris en 1896 (Turquan). Rs. 13 Juin, 745.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES
- JUIN 1896.
- 915
- Industrie des vêtements à Paris. Ef. 13 Juin, 789.
- Mines de Blanzy, organisation. DoL. Mai, 335. Prix de revient industriel (Établissements des) (Bresson). Ru. Avril, 54.
- Régime des boissons (Réforme fiscale du). Ef. 23 Mai, 665.
- Secours mutuels (Sociétés de). Ef. 23-30 Mai, 663, 709.
- Socialisme (Momie du). Ef. 13 Juin, 781. Sweating System (Le). DoL. Mai, 360.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Baraques démontables pour pays chauds. Revue du Génie militaire. Mai, 400.
- — Béton Monnier (les constructions en).
- ZOI. 12 Juin, 365.
- Batardeaux. Emploi des gros graviers. APC. Avril, 547.
- Cheminées d'usines (Démolition des). Revue du génie militaire. Mai, 405.
- Fonçage des pilotis (Appareil pour). Gc. 30 Mai, 72.
- Ponts de la Tamise. E. 22 Mai, 669. Sur l’Yr-tiche. Ln. 6 Juin, 12.
- — Mirabeau à Paris. E. 12 Juin, 767.
- — en bois de Glennies Creek (Australie).
- E'. 22 Mai, 525.
- — de la Joliette, à Marseille. E. 29 Mai,
- 699.
- — en Rails calcul (des). Gc. 30 Mai, 77. Remblais et déblais. Calcul par la Nonographie
- (d’Ocagne). APC. Mai, 406.
- Siphon de la Concorde. Ln. 30 Mai, 403. Théâtres (Scènes de). E. 22 Mai, 663. 12 Juin, 768.
- Tunnels. Appareils à voussoirs mobiles. Gc. 22 Mai, 62.
- ÉUECTRICITÉ
- Accumulateurs. Échappement des gaz. Elé. 23 Mai, 326.
- Aimantation de la magné tilc cristallisée (Weiss). EE. 13 Juin, 487.
- Conducteurs isolés Feltpn et Guillaume. EE. 13 Juin, 515.
- Commutateur automatique Hopkinson. EE. 30 Mai, 409.
- Courants telluriques. EE. 6 Juin, 442.
- Décalage dans une distribution par courants alternatifs simples ou triphasés, le. 25 Mai, 223.
- Diélectriques. Viscosité apparente. EE. 6 Jidn, 450.
- — Résistance. EE. 6 Juin, 474.
- Dynamo. Rôle du noyau de fer (Deprez). le.
- 25 Mai, 221. CR. 18-26 Mai, 1085. 1159,1 Juin, 1239.
- — Régulateur Chapmann. EE. 13 Juin, 513.
- — Fixation des fils d’armature Weiler.
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse. Avril, 202.
- — Alternateurs américains. El. 29 Mai,
- 146. de la General Electric C°. le. 10 Juin, 247.
- Moteurs cuirassé Sazers. EE. 23 Mai, 363.
- — Triphasés de l’Allgemeine. le. 25 Mai, 228.
- — Régularisation Burke. El. 6 Juin, 188. Distribution à 3 fils. Mise en marche. EE. 30
- Mai, 415.
- — Polyphasée Ferraris et Arno. EE. 13
- Juin, 314.
- — Calcul d’un circuit pour courants alternatifs. EE. 6 Juin, 459.
- Éclairage électrique et au gaz. E. 12 Juin, 784.
- — Séminaire de Plougernevel. Co. 30 Mai, 261.
- — Collège Stanislas. Gc. 30 Mai, 65.
- — École technique de Darmstadt. VDI.
- 22 Mai, 573.
- — Arc (L’éclairage à 1’). El. & Juin, 186.
- — Alternatifs en série. Elé. 23 Mai, 321. El. 6 Juin, 188.
- — Influence de la forme de l’onde (Frith). El. 12 Juin, 217.
- — Lampe Pilsen. Elé. 6 Juin, 356.
- — Incandescence. Lampe canne Vohwinkei. Elé. 30 Mai, 344.
- Effets de Joule. E'. 29 Mai, 550.
- Electricité. Conception mécanique (Dolbear). Fi. Juin, 451.
- Électrolyse des chlorures (Andreoli). Elé.
- 23 Mai, 331. du carbone. EL 12 Juin,
- 210.
- Electrogénie directe par le carbone. Gc. 6 Juin, 93.
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- 916
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ---- JUIN 1896.
- Hystérésis visqueuse. EE. 30 Mai, 407.
- Fautes (Localisation des), dans les distributions. El. 12 Juin, 212.
- — Induction. Théorie de M. Deprez. Ic. 25 Mai, 221.
- Jonction Penson. El. 22 Mai, 108.
- Mesures des très grandes résistances (Pi-cou). Sce. Mai, 172.
- •— des courants à haute fréquence. Elé. 30 Mai, 339.
- — directe des forces électro-motrices en unités absolues (Limb). Acp. Juin, 145.
- — Compteur Aron. EE. 23 Mai, 331.
- — Ampèremètre Siemens et Laukert. EE. 13 Juin, 517.
- — Electro-dynamomètre Jacquemin, le. 23 Mai, 224.
- — Ponts différentiels Siemens et Halske. EE. 23 Mai, 359.
- — Vollmètre universel Blondel et Labour. EE. 30 Mai, 390.
- — Théorie des systèmes oscillants (Ar-magnat). EE. 30 Mai, 393. 6 Juin, 447.
- Pare-étincelles Potter. EE. Mai, 358.
- Plombs fusibles (Défauts des). Fi. Juin, 464. Soudure électrique pour tuyaux d’acier. E. 22 Mai, 691.
- Stations centrales. Earl’s Court Exhibition. E'. 22 Mai, 513.
- — Secteur. Rive gauche Paris. Gc. 6 Juin,
- 81.
- Norwich. E. 29 Med, 705.
- — Hambourg. le. 10 Juin, 245.
- — La Goule. Rt. 10 Juin, 242.
- Islington. E'. 29 Mai, 553.
- — Wolverhampton. El. 12 Jidn, 201.
- — En Allemagne. EE. 30 Mai, 414.
- “ Neu Bydrov. VDI. 30 Mai, 593.
- Télégraphie militaire en Italie. Elé. 23 Mai, 324. 13 Juin, 371.
- — Sous-marine. Câble de l’Amazone (ac-
- cident au). El. 22 Mai, 107.
- Téléphonie. Microphone Carbonelle. Elc. 13 Juin, 369.
- Télautographe Gray. E'. 5 Juin, 564.
- Torsion magnétique des fers doux Moreau. Cil. 26 Mai, 1192.
- Transformateurs (Pertes des) (expériences). El. 22, 29, Mai, 110, 116, 144.
- — Ferranti. EE. 23 Mai, 339.
- — (Rendement maximum des) (Seatter-good). El. 29 Mai, 152.
- Transport de force. Ghevris-Genève. EE. 30 Mai, 383.
- GÉOGRAPHIE
- Brésil. Sgc. 12 Juin, 372.
- Etats-Unis (Puissance et richesse des). Cs. 6 Jidn, 718.
- — Les grands lacs. Fi. Juin, 428.
- Japon. USR. Med, 1-17.
- Madagascar (H. d’Orléans). Sgc. 15 Mai, 329. Nouvelle-Calédonie. Ef. 13 Juin, 786.
- Oasis du Souf (Sahara). Rso. 1 Juin, 841. Yunnan Assam (H. d’Orléans). Sgc. 12 Juin, 334.
- GUERRE
- Canons. Obturateurs Nobel pour projectiles. E. 5 Juin, 765.
- — Obus Johnson et Holtzer. E. 12 Juin,
- 797.
- Fusils américains (Essais des). E'. 5 Juin, 560.
- — Cartouche Morris. E.12 Juin, 797.
- HYDRAULIQUE
- Adduction des eaux du lac de Genève à Paris. Rt. 25 Mai, 233.
- Basses chutes (Utilisation des). El. 6 Juin, 178. Canal des deux mers. Gc. 6 Juin, 89.
- — de Chicago. Eam. 30 Mai, 521.
- Captage d'eau de Quimper. APC. Avril, 495. Pompe à air comprimé Ingersoil. E. 22 Mai,
- 677.
- — clapets. Weiss et Miets. E. 5 Juin,
- 766.
- — électrique Worthington. E’. 12 Juin,
- 581.
- Turbines (Les). E. 12 Juin, 745.
- — pour basses chutes. £'. 29 Mai, 548,
- 5 Juin, 375.
- — Houel. Ci. 7 Juin, 257.
- Vaneltes à roulements sur billes pour barrages. APC. Avril, 516.
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- LITTÉRATURE DE15 PÉRIODIQUES.
- JUIN 1896.
- 917
- HYGIÈNE
- Chauffage Mills. Ë. 5 Juin, 567.
- — à la vapeur, régulateur Langridge. Ci.
- 1 3 Juin, 238.
- Désinfection (établissements de Hambourg). Gc. 13 Juin, 102. par la fumée de bois, Pc. 15 Juin, 603.
- Eaux (examen bactéro-chimique). E. 29 Mai, 721, 5 Juin, 762.
- Pavage en bois et l'hygiène. Rt. 10 Juin, 249.
- MARINE, NAVIGATION
- Bateaux sous-marins (Les). Rt. 25 Mai, 220. Canal de Sainte-Marie. TJSR. Mai, 100.
- — du Nicaragua. N. H Juin, 127.
- Canots (Descenseur de) Kennedy. E. 5 Juin, 766.
- Constructions navales. Roulis irrégulier des navires (Froude). E. 22-29 Mai, 694, -72 o.
- — Le problème de la vitesse (Normand).
- Ë. 22 Mai, 510-521.
- — en Allemagne. E'. 12 Juin, 598.
- Docks de Barry. Ë. 12 Juin, 585.
- Gouvernail Wailes. E. 29 Mai, 732.
- Machines marines. Triple expansion pour le
- croiseur Buenos-Ayres. E. 29 Mai, 708.
- Marine de guerre allemande. Ë. 12 Juin, 586.
- — anglaise. E'. 12 Juin, 601.
- — européenne. Rmc. Juin, 520.
- — (Construction de). E. 5 Juin, 749. Bateaux sous-marins. R. 10 Juin, 249.
- Croiseur russe Khearson. E. 22 Mai, 683.
- — anglais nouveau. E. 12 Juin, 776.
- — le Terrible. Gc. 13 Juin, 97. Contre-torpilleurs argentins. E. 22 Mai, 686.
- — (Modifications des). E'. 22 Mai, 524. Plaques de blindage et l’artillerie en avril 1896 (Vallier). Rmc. Juin, 401. Torpilleurs, emploi stratégique. Rmc. Juin, 506.
- Navire à roues pour la Tamise. E’. \2Juin, 597. Pêches maritimes. Rm. Juin, 577.
- Phares de la côte de France. E. 5 Juin, 733. (Coqimunication des) avec les navires. E. 6 Juin, 176.
- Pompe de cale Merryweather. E. 22 Mai, 676. Ports. Bateau porte. Ri. 23 Mai, 204.
- — de Hambourg. E1. 12 Juin, 601.
- Quai d’apontement de Liverpool. Ë. 29 Mai, 540.
- MÉCANIQUE
- Accouplement pour arbres à 90° Almond. Ri. 13 Juin, 235.
- Aérostation André, voyage au pôle Nord. Gc.
- 23 Mai, 49. Expériences d’aviation (Bell). N. 28 Mai, 80. CR. 16 Mai, 1177, 1179. Ascensions en ballons libres. Revue du Génie militaire, Mai, 385. Ballons dirigeables. VDI. 6 Juin, 631.
- Air comprimé. Compresseur Ingersoil. E. 22 Mai, 677.
- — Éjecteur Altman. E. 22 Mai, 697. Avertisseurs électriques, ateliers Krupp. Dp. 29 Mai, 207.
- Boutons de sûreté. Dp. 22 Mai, 177.
- Broyeur Javellier. Co. 13 Juin, 327 Chantiers Vulcains à Stettin. Ë. 5-12 Juin, 564, 589.
- Chaudières tubulées Yarrow. E. 29 Mai, 721. Ë. 29 Mai, 551. Tubage des —, E. 23 Mai, 673.
- Marines (Effet du pétrole dans les). E. 22 Mai, 681.
- Circulateur Morison. E. 22 Mai, 698. Détendeur de vapeur Heintz. Pm. Juin, 96. Enlartrement des tuyaux d’alimentation (Walkman). APC. Mai, 482.
- Transmission de la chaleur au travers des tubes (Blechynden). Ë. 22 Mai, 509. — Des isolants. Dp. 22 Mai, 173. foyer. Gjers. E. 29 Mai, 731.
- — ondulé Pommel. E. 29 Mai, 732. —
- Rose. E. 12 Juin, 798.
- — à poussières de charbon. ZOI. 29 Mai,
- 342.
- Fumivorité (état de la question). VDI. 30 Mai, 603.
- Grille Frolich. E. 5 Juin, 766.
- Purgeur automatique Heintz. Pm. Juin, 94. Surchauffeurs (Les). Dp. 5,12Juin, 224,252. Ecrou de sûreté. Elè. 13 Juin, 317.
- Engrenages divers. Dp. 5 Juin, 220.
- Essoreuse Laidlaw. E. 22 Mai, 697.
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- 918
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ---- JUIN 1896.
- Froid. Usine de Sheffield. E' 22 Mai, 517.
- — — de Cannes. Gc. 23 Mai, 54.
- — Machines à acide carbonique Windhau-sen. Gc. 30 Mai, 75.
- Graissage. Pickup. E. 12 Juin, 797.
- Levage, Basculeur hydraulique Krupp pour wagons. Ht. 23 Mai, 217.
- — Ascenseurs divers. Ac. Juin, 82.
- — Monte-charges Hulse. E. 29 Mai, 731.
- — — Gody. Ru, Avril, 86.
- — Grue roulante de 5 tonnes Wilson. E 5 Juin, 757.
- Machines à calculer. Kitner. Dp. 29 Mai, 199. Machines-Outils. Cale d’ajustage. E. 12 Juin, 790.
- — Chucks américains. Dp. 22 Mai, 180.
- — Cisaille hydraulique Piedbœuf. Su E. 1er Juin, 408.
- — Fraiseuses pour éprouvettes Bucklon. E. 29 Mai, 719. verticale et horizontale Hulse. E'. 5 Juin, 573.
- — Jauges et calibres. Bulletin de la Société d’encouragement de Berlin. Mai, 113.
- — Taraudeuse pour tirefonds à chaud. Lè-
- vent. Ri. 23 Mai, 202.
- — Tour à bronzes. Carter et Wright. E'.
- 22 Mai, 512.
- — — pour moyeux de vélocipèdes des
- Niles Tool Works. E'. 5 Juin, 564.
- — Porte-outil à chariot pour tourner les
- arbres. Ri. 6 Juin, 229.
- — Presse à étamper. Rice. E. 29 Mai, 723.
- — à bois. Raboteuses Bradbury. E. 12 Juin,
- 797. Scie pour bois, courbes, Ran-some. 1U. 13 Juin, 233.
- Meunerie. Crible Nanheim, Sécheur, Robinson. E. 12 Juin, 797.
- — Valeurs alimentaires des pains blancs
- et bis (À. Girard). CR. 8 Juin, 1309. Moteurs à vapeur. Peache (essai). E. 22 Mai, 091.
- — Compound horizontale Wbilmore. E-
- 29 Mai, 711.
- — — triple expansion verticale, 300 chev.
- Cochrane. E'. 5 Juin, 539.
- — Rotatives et turbines. IJp. 22/29 Mai,
- 170, 193.
- —- Rapport de l’Association alsacienne. Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse. Avril, 154.
- — Distribution diverses. Dp. 5,12 Juin, 217,
- 245.
- Moteurs à vapeur. Wheelock. E. 29 Mai, 535. — Effets d’inertie des pièces à mouvements alternatifs. VDI. 23 Mai, 580, — Régularisation dos. (Lecornu.) CR.
- 26 Mai, 1188, 1191. 8 Juin, 1322.
- — Stuffing-box divers. Dp. 5 Juin, 224.
- — Tour de condensation Worthington. Fr Juin, 417.
- — à gaz pauvres, 120 ch. Tangye. El. 22
- Mai, 109. Benier. 25 ch. Gc. 30 Mai, 65. Matter. Pm. Juin, 86.
- — — Cuinat. Pm. Juin, 85.
- — — et moteurs électriques. Compa-
- raison. (Soubeyran.) Gc. 23 Mai, Sq. 13 Juin, 110.
- — à pétrole. Seguin. Rt. 25 Mai, 223.
- Grob. Rt. 10 Juin, 248.
- Passe-courroies Ratcliffe. E', 29 Mai, 541.
- Pompe pneumatique Fleuss. Ri. 6 Juin, 225. Pulvérisateur pour peinture. Wallwork. E, 22 Mai, 698.
- Résistance des matériaux (métaux). Influence de la température (Ledebur). VDI. 23.
- — 29 Mai, 503, 596.
- — à la flexion. Résultats nouveaux. VDI.
- 6 Juin, 625.
- — Infl. de la température. (Ledebur), VDI. 6 Juin 633.
- — Déformation des pièces prismatiques droites (Maurel). APC. Avril, 347. Robinetterie. Valve Thévenin. E. 29 Mai, 732. Rouleaux flexibles, llyatt. EE. 23 Mai, 361. Séismographe Milne. E. 22 Mai, 675.
- Textiles. Chimie des fibres en 1895. Dp. 22 Mai, 185.
- — peigneuse de Ramie. Radclvffe. E. 22-
- 29 mai, 698, 210.
- — Colon. Construction d’une petite fila-
- ture Industriel. 21 Mai, 322.
- — •— (Ilumiditédes filatures de) (kl.,) 323,
- 337.
- — Soie tussor. Sa reconnaissance dans les
- tissus. CN. 22 Mai, 236. fSoie artificielle (Cross et Bevan). Cs. 30Mai, 317.
- — Cardes diverses. Dp. 12 Juin, 241. Brown.
- lndustria. 31 Mai, 340.
- — — Fauquet. Bulletin de la Société in-
- dustrielle deRenœn, Mars, 177. Tuyauterie en acier. Soudure électrique. E. 22 Mai, 691.
- — Tubes ondulés Row. Ci 31 Mai, 240.
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JUIN 1896.
- 919
- Tubes. Fabrication des — soudés en fer et en acier. Es. Juin, 1.
- MÉTALLURGIE
- Antimoine électrolytique. Cs. 30 Mai, 362.
- Argent. Fonte de concentration avec le soufre pour combustible Gautier. Gc. 23 Mai, 84.
- — (Volatilisation de F) dans le grillage par chloruration. Eam. 16 Mai, 469.
- — Séparation de l’or par volatisation. FL Juin, 447.
- Alliages. Bronze de bore (Warren). CN. § Juin, 262.
- Aluminium. Électrométallurgie (Richards). EE.
- 6 Juin, 464.
- Cuivre. Prix de la production. Eam. 16 Mai, 463.
- — Essai par l’iode. Eam. 23 Mai, 492.
- Ijiffusion des métaux. R. Austen. N. 21 Mai, 53.
- Fer, Fonte et Acier. Bessemer, origine du procédé. £'. 29 Mai, 538, 345. E. 5 Juin, 745.
- — Diffusion du carbone dans le fer (R. Austen). E. 22 Mai, 670.
- — Addition des minerais titanifères aux minérais phosphoreux dans le haut fourneau. Eam. 30 Mai, 516.
- Gaz Moud. Application aux aciéries (Darby). E. 22 Mai, 670. 12 Juin, 792.
- — Acier aigre,sa formation (Hogg). Cs. 30 Mai, 323.
- — Intluence du soufre. SuE. 1 Juin, 413.
- —• Trempe de l’acier Osmond et Howe. E. 22 Mai, 671. 5 Juin, 759, 760.
- — Cémentation (Liqueur de). Cs. 30 Mai, 359.
- — Fabrication des barres à haute température (Dick). Ri. 6 Juin, 222.
- — Gazogènes. Valves de renversement Wright. E. 22 Mai, 689. Utilisation des combustibles en métallurgie. ZOI. 5 Juin, 353.
- — Fonte. Industrie en France, état actuel (Pourcel). Rgds. 30 Mai, 466. 15 Juin, 510. Rôle de la Science dans l’industrie de la — (Olivier), id. 539. — non phosphoreuse. Cs. 30 Mai, 359.
- — Fonderie moderne (La). E. 29 Mai, 701
- Fer, Fonte et Acier. Machine soufflante pour hauts fourneaux Hartmann. Pm. Jxtin, 82.
- — Corrosion du fer par le goudron. Cs.
- 30 Mai, 325.
- Fer blanc d’Australie. U JR. Mai, 67.
- Or au Transvaal. Ln. 23 Mai, 391.
- — Procédé Hjatt Henochsberg. Eam. 30 Mai, 815. Au cyanure (Goyder). CN. 12 Jidn, 272.
- — Chloruration des minerais d’or (Hawkins). Cs. 30 Mai, 336.
- Platine. Fusibilité au vent force. CN. 22 Mai, 235.
- — (Essais du). Cs. 30 Mai, 379.
- Plomb. Raffinage électrolytique Oettel. Cs. 30 Mai, 361.
- — Galène zinzifère (traitement). Cs. 30Ah/C 362.
- MINES
- Mines. Bocards à bâtis en bois. Eam. 6 Jidn, 541.
- — Carrière de Cedar Valley. Eam. 6 Juin, 544.
- — Électricité (Emploi de F). Cl. 12 Juin, 218.
- — Explosifs sans flammes, dangers dans les mines grisouteuses. Gc. 22 Mai, 62. — Fer. Sables magnétiques de la Nouvelle-Zélande. E. 29 Mai, 727.
- — Grisou. Action explosive de l’oxyde de carbone et des poussière de charbon (Osmann). Cs. 30 Mai, 319.
- — Houille. Presse à briquettes Haycraft. E. 12 Jidn, 798.
- — Locomotive électrique de mines Jeffrey. Eam. 23 Mai, 493.
- — Malachite (Origine de la). Eam. 30 Mai, 520.
- — Nouvelle-Zélande, richesses minérales. Eam. 30 Mai, 517.
- Or. Exploitation des placers plats. Eam. 6 Juin, 538.
- — Perforatrice à air comprimé Ogle. Ri. 23 Mai, 201.
- — Russie. Industrie charbonnière et sidérurgique en Trasenter. Ru. Avril, 1. — Sauvetages (Opérations souterraines de). Revue du génie militaire. Mai, 429.
- I — Trieur Bridgeman. Eam. 6 Juin, 543.
- p.919 - vue 927/1758
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-
-
- 920
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ------ JUIN 1396.
- PHOTOGRAPHIE
- — Anastigmat Fleury Hermagis. Bulletin
- de la Société industrielle de Rouen. Murs, 181.
- — Bichlorure de mercure sec (Action du)
- sur les papiers et plaques (Colson). Sfp. 16 Mai, 250.
- — Développemënt des clichés à haute
- température. Sfp. 1 Juin, 262.
- — Fonction développatrice (La) (Lumière).
- Sfp. 1 Juin. 268.
- Photographie en couleur sur papier (La) (Saint-Florent). Sfj). 15 Mai, 252.
- — Ortliochromatique (W. Abney). SA. 22
- Mai, 587.
- Photographie des étoiles avec un petit télescope sans mécanisme d’horlogerie (Lunt). N. 28 Mai, 85.
- — Hystologique. N. 28 Mai, 73. Photosphère (La). Récentes modifications. Sfp. 15 Mai, 248.
- — Renforcement des clichés par l’aldéhyde
- formique (Mussat). Sfp. 15 Mai, 246.
- — Reports photographiques Villain. Sfp.
- 1 Juin, 265.
- Stéréoscopie. Tirage à grand format. Co. 23 Mai, 227.
- — Valeur photogéniques des lumières lu-
- naire et stellaire (Abney). RsL. 18 Juin, 314.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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- 95e ANNÉE.
- Cinquième Série, Tome I.
- JUILLET 1896.
- BULLETIN
- D E
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- PRÉSIDENCE DE M. MASCART
- PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ
- Le fauteuil de la présidence est occupé par M. Mascart, président de la Société. A ses côtés siègent : MM. Appert et Carnot, vice-présidents de la Société, MM. Collignon et Aimé Girard, secrétaires.
- MM. Cheysson et Hirsch, vice-présidents, s’excusent de ne pouvoir assister à la séance.
- M. le Président ouvre la séance, et prononce le discours suivant.
- Tome F. — 95e année, a4 série — Juillet 1890.
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- SÉANCE GÉNÉRALE.
- JUILLET 1896.
- DISCOURS DU PRÉSIDENT
- DISCOURS DE M. MASCART, PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ
- Mesdames, mes chers Collègues, Messieurs,
- L’hommage que le Président rend, dans cette séance, à ceux de nos collègues du Conseil ou de la Société qui ont disparu pendant le cours de l’année éveille rarement d’aussi cruels souvenirs.
- L’émotion publique causée par la mort de M. Pasteur est encore présente à toutes vos mémoires. Notre collègue M. Duclaux a bien voulu nous exposer à grands traits l’œuvre industrielle de son illustre maître dans une conférence des plus remarquables, où l’élégance du langage et l’élévation des idées nous ont laissé une profonde impression (1). C’est à l’occasion de ses études sur les vers à soie que M. Pasteur fut nommé membre du Comité d’agriculture en 1876, mais bien d’autres titres l’eussent déjà désigné à vos suffrages.
- La découverte du rôle des petits êtres dans les fermentations, dans les opérations industrielles, dans les maladies des animaux de nos fermes et dans toutes les manifestations de la vie végétale ou animale suffirait pour édifier la plus grande gloire scientifique, mais combien le savant devient un bienfaiteur quand son génie soulage les maux de l’humanité, épargne à ses semblables les atroces tortures de la rage, transforme la médecine, permet au chirurgien d’exercer son art avec sécurité et sème des idées fécondes pour la suite des siècles ! Un tel homme ne disparaît pas tout entier, son influence est impérissable et sa mémoire sera bénie.
- M. Gibon était membre de notre Comité du Commerce. M. Cheysson vous a dit (2) quelle fut la belle unité de la vie de M. Gibon, toute de dévouement aux questions sociales, notamment à celle des rapports entre les ouvriers et les patrons, qui préoccupe si gravement les esprits. Notre collègue la connaissait mieux que personne pour l’avoir étudiée sur toutes ses faces et pratiquée lui-même avec passion. Son idéal était la transformation de l’atelier en une sorte de grande famille, où « la paix et le bonheur seraient assurés par l’affection et le dévouement réciproques de tous » ; s’il n’a pas
- (1) Bulletin de janvier 1896, p. 23.
- (2) Bulletin de mars 1896, p. 313.
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- réalisé son rêve, on peut du moins affirmer que, prêchant par la parole, par la plume et par l’exemple, son œuvre n’a pas été stérile; il laisse, avec le souvenir d’un homme de bien, des ouvrages qui, comme son mémoire aujourd’hui classique sur la Paix des ateliers, continueront son apostolat.-
- M. Léon Say faisait aussi partie de notre Comité du Commerce depuis 1866; son nom, comme celui de Pasteur, appartient à l’histoire. Fidèle à de nobles traditions, Léon Say fut, pendant toute sa carrière et en toutes choses, un libéral irréductible. Sur les questions de libre-échange ou de protection, on le vit défendre ce qu’il croyait être la vérité économique avec une ardeur, une fécondité d’arguments, une simplicité de langage et une clarté d’exposition qui s’élevaient sans effort à la plus haute éloquence. Il n’arrivait pas toujours à convaincre, mais chacun, même parmi ses adversaires les plus ardents, était séduit par le charme de sa parole et rendait justice à la sincérité de ses convictions. Après nos désastres, il fut un des collaborateurs les plus dévoués de M. Thiers pour réparer les blessures de la patrie, relever notre crédit et rendre à la France le rang qui lui convient dans le concert des nations; il fut à ce titre un des meilleurs serviteurs du pays. Notre collègue M. Lavollée a rendu hommage à la mémoire de Léon Say avec sa compétence et son talent habituel (1).
- M. Frey, lauréat de notre grande médaille de Prony en 1890, a laissé parmi les mécaniciens le souvenir d’un inventeur des plus ingénieux : ses inventions, principalement dans le domaine si important des machines-outils pour travailler le fer et le bois, ont réalisé des progrès considérables; beaucoup de ses modèles, devenus véritablement classiques, ont été copiés ou imités partout, avec un oubli facile du véritable inventeur.
- M. T. Elwell, l’un des fondateurs de la célèbre maison de construction Waral Elwell et Midleton, laisse, comme M. Frey, un grand vide parmi les mécaniciens, le souvenir d’une existence honorée, et de nombreux travaux qui ont marqué l’origine même du développement actuel de la construction mécanique en France.
- M. Dureau s’était rendu célèbre par un long dévouement à l’industrie de la sucrerie, principalement par la fondation, en 1860, du Journal des fabricants de sucre, qui a rendu et rend encore les plus grands services.
- M. Champonnois, lauréat de notre grand prix d’Argenteuil, est mort comblé de jours, à l’âge de 93 ans ; il est certainement l’un de ceux qui ontle
- (i) Bulletin de mai, 1896, p. 649. -
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- SÉANCE GÉNÉRALE.
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- plus contribué au progrès des industries agricoles dans notre pays, par la création des ingénieux procédés de distillerie agricole de betteraves, qui l’ont fait connaître dans toute la France, et par lesquels se fabrique, dans plus de 400 exploitations rurales, une quantité d’alcool supérieure au tiers de la production de notre pays.
- M. Louis Knab, sorti de l’École Centrale, a été d’abord ingénieur aux hauts fourneaux du Creusot, puis à ceux de Redon (Bretagne) et de Hussi-gny (Meurthe-et-Moselle); il devint ensuite directeur des usines à cuivre de M. Létrange et Cie, à Romilly-sur-Andenne, et, depuis quelques années, directeur de la grande verrerie de Folembray, où il avait succédé à M. Da-mour. Répétiteur du cours de métallurgie à l’École Centrale, M. Knab a publié sur cette matière plusieurs ouvrages très estimés. C’était un travailleur consciencieux et érudit, arrêté trop tôt dans une carrière où il donnait les plus grandes espérances.
- M. A. Vimont, lauréat de notre prix de l’Industrie cotonnière en 1890, a doté l’industrie textile de nombreuses inventions remarquables. La mort vient de l’enlever à l’âge de 78 ans, laissant le souvenir d’une vie consacrée tout entière au travail et à la bienfaisance.
- Petit-fils et successeur de M. Pichenot, l’inventeur des panneaux de faïence ingerçable, Juser Lœbenitz était une des grandes personnalités de l’industrie céramique. Devenu chef de la maison Pichenot en 1857, en même temps qu’il perfectionnait la fabrication paternelle, il rechercha les applications delà céramique à la décoration monumentale. On lui doit des œuvres importantes : la restauration des carrelages du château de Blois, la grande porte du Palais des Beaux-Arts à l’Exposition de 1878, la décoration du palais de la République argentine et un grand nombre d’autres travaux d’art qui l’ont placé au premier rang.
- Rapporteur de la classe 20 en 1889, juge au Tribunal de commerce en 1892, chevalier de la Légion d’honneur, il avait reçu une Médaille d’or de notre Société en 1881. C’était un homme d’un caractère très élevé et qui était exceptionnellement estimé.
- M. Paris a dirigé pendant de longues années la cristallerie du Bourget, on lui doit des perfectionnements importants dans la fabrication du cristal. Il employa le premier le spath fluor pour la préparation du verre opale. Il s’est acquis une juste réputation dans la production des émaux sur fonte et sur métal. Tout le monde connaît ses vases en fonte émaillée pour jardins et les plaques émaillées qui portent les noms des rues. C’était aussi un
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- philanthrope; il avait établi, dans son usine, des Écoles et une organisation du travail qui ont donné les meilleurs résultats.
- Le comité du commerce a perdu également, parmi ses correspondants, un homme du plus grand mérite, M. le général Ménabréa, correspondant de l’Académie des sciences dans la section d’Économie rurale, ancien ambassadeur d’Italie à Paris, dont les sentiments d’amitié pour la France ne s’étaient jamais démentis.
- Je rappellerai enfin, avec le témoignage de nos plus vifs regrets, les noms de MM. Lecourt, connu par d’importants progrès réalisés dans l’industrie des conserves alimentaires, et Jousset, fondateur de l’école Gutenberg, président de la Chambre des imprimeurs.
- J’attirais, l’année dernière, votre attention sur les efforts faits par le Conseil pour étendre le rôle et l’utilité de notre Société : nous sommes heureux de pouvoir vous dire que les résultats acquis depuis deux années sont des plus satisfaisants, et bien faits pour nous encourager à persévérer dans la même voie.
- Notre Bulletin s’est notablement amélioré par le développement des matières, par la qualité et la variété des travaux originaux qu’il renferme, par des Revues nombreuses sur les progrès réalisés dans différents nombres d’industries; nous avons la confiance que cette publication deviendra une mine précieuse de renseignements utiles.
- Les conférences n’ont pas eu moins de succès que l’année précédente, grâce à l’autorité scientifique ou à la compétence particulière des orateurs qui ont bien voulu nous prêter leur concours; c’est là un enseignement du plus haut intérêt pour tous, et les spécialistes eux-mêmes ont souvent à en tirer profit.
- La Commission des alliages continue de suivre les travaux entrepris sous sa direction. Nous avons eu, cette année, une communication de M. Charpy sur ses recherches intéressantes relatives aux propriétés des alliages de cuivre et de zinc (I). D’autre part, le Bulletin contient une analyse étendue des mémoires publiés sur les questions analogues par des savants ou des praticiens éminents : MM. Osmond, Howe, Roberts-Austen, Arnold, Le Châtelier, Heycock et Neville, de manière à constituer un ensemble de documents utiles à consulter par les métallurgistes et les constructeurs. Dans
- (1) Bulletin de février 1896, p. 180.
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- un autre ordre d’idées, M. Damour nous a communiqué les résultats de ses expériences, faites, avec le concours de la Société, sur les dilatations thermiques des pâtes et des couvertes employées dans la céramique.
- L’utilité pratique des travaux entrepris sous notre patronage a été si bien comprise des industriels que nous avons eu, cette année, la satisfaction de voir un grand industriel, M. Solvay, et deux compagnies importantes : la Société des usines de Saint-Gobain et la Compagnie des mines de Blanzy, nous apporter spontanément des subventions pour des études sur les propriétés des verres actuellement en cours sous la direction du Comité de Chimie.
- C’est ainsi encore que, sur la proposition du Comité de Mécanique, le Conseil a voté une somme de 2 000 francs à M. Frémont, pour lui permettre de terminer les belles recherches qu’il a entreprises sur le poinçonnage des métaux.
- La Société ne peut, sans de lourds sacrifices, prendre et continuer ce rôle protecteur pour des travaux dont l’industrie aura tout le bénéfice. Nous n’avons pas, il est vrai, de ressources comparables à celles dont disposent certaines grandes institutions anglaises ou américaines analogues à la nôtre. Heureusement les résultats ne sont pas toujours proportionnés aux dépenses; on peut faire beaucoup par un emploi judicieux d’encouragements plus modestes et nous avons lieu d’espérer que de nouveaux concours ne nous feront pas défaut. Ils se manifestent déjà sous une des formes les plus heureuses, par l’accroissement du nombre de nos membres, — 170 membres nouveaux depuis le 1er janvier 1895; — nous faisons appel au dévouement de nos collègues pour entretenir cette progression, afin de nous amener les amitiés, les sympathies et la confiance des industriels pour une œuvre qui n’a d’autre but que le progrès commun.
- La Société d’Encouragement était appelée à décerner cette année, pour la seconde fois, le prix de 6000 francs, fondé sur les revenus du legs qui lui a été fait par Henri Gi/fard et destiné à récompenser une personne ayant rendu des services signalés à ïindustrie française.
- Vous vous rappelez que ce prix a été attribué en 1890 à Ferdinand Carré pour ses travaux relatifs à la production du froid et à la fabrication des crayons destinés à l’éclairage électrique. C’était récompenser un inventeur que ses découvertes n’ont pas enrichi et entrer dans les vues d’Henri Giffard, qui voulait surtout contribuer à réparer les injustices du sort dont sont trop souvent victimes les inventeurs.
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- En s’inspirant de la même pensée, nos Comités ont trouvé, dans des voies toutes différentes, deux candidats également dignes de recevoir cette distinction. Tous deux, en outre, épuisés par une vie de travail et de mécomptes, se trouvaient dans un tel état de santé qu’il ne pouvait être question de remettre à une date ultérieure l’intervention de la Société. D ans cette situation, les deux rapporteurs, au nom de leurs Comités respectifs, ont demandé au Conseil d’augmenter l’importance du prix pour en faire bénéficier en même temps deux hommes du plus grand mérite, arrivés à la fin de leur carrière.
- Le Conseil s’est rallié avec empressement à cette proposition et a décidé de compléter, sur les ressources de la Société, les sommes disponibles de la fondation, de manière à constituer un prix de 10000 francs qui serait partagé entre les deux lauréats. C’étaitaussi pour la Société une occasion de témoigner sa reconnaissance au généreux donateur en conservant le nom de Prix Giffard à la haute récompense ainsi constituée.
- L’un de ces lauréats est M. Désiré Légat, président de l’Association des inventeurs et artistes industriels, et membre de notre Société depuis 1867. M. Simon vous dira bientôt quelle fut la carrière de cet inventeur, aussi désintéressé qu’habile, tout entière consacrée à la culture des arts mécaniques. Ses découvertes se sont répandues sans qu’il en profitât lui-même et sans qu’il vît jamais un sourire de la fortune : c’est vous dire combien nous sommes heureux de pouvoir, en même temps que nous honorons le grand talent de M. Légat, acquitter envers lui, bien que dans une très faible mesure, une véritable dette de l’industrie.
- Notre second lauréat du prix Giffard, M. Adolphe Martin, ne fut pas non plus un favorisé de la fortune; ses travaux, d’un caractère scientifique, n’appelaient sur leur auteur ni la renommée, ni la richesse ; la grande industrie des appareils photographiques les met aujourd’hui largement à profit. M.le général Sebert vous en fera connaître toute l’importance, en rappelant combien la destinée se montra jusqu’au bout cruelle pour M. Martin. Frappé d’une maladie qui ne pardonne pas et qui, depuis de longues années, le réduisait à l’inaction, M. Martin n’a pas même pas eu la consolation de recevoir ici la tardive récompense de ses travaux ; la mort est venue le surprendre, il y a quelques jours à peine, et c’est à sa famille que nous aurons à remettre notre témoignage d’estime et de regrets.
- Notre Société décerne chaque année, par l’intermédiaire d’un de ses six comités, une grande médaille d’or à l’auteur des travaux qui ont exercé la
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- plus grande influence sur les progrès de l’industrie française pendant le cours des six années précédentes. Le choix du Comité de Mécanique, à qui appartenait de décerner cette haute récompense, s’est porté sur M. F.-G. Kreutzberger.
- Les inventions de M. Kreutzberger dans le domaine si vaste de la machine-outil sont très nombreuses et d’une importance capitale. Ses machines à tailler et à affûter les fraises, aujourd’hui répandues dans le monde entier, ont résolu d’une façon complète et ingénieuse un problème des plus difficiles, dont la solution a permis l’utilisation véritablement pratique de la fraise, qui caractérise la machine-outil moderne. C’est aussi à M. Kreutzberger que l’on doit nos premières machines pour la fabrication mécanique des armes à feu, la transformation de l'outillage de nos manufactures d’armes, la fondation de l’atelier de Puteaux, sans parler de bien d’autres œuvres utiles à l’industrie française. M. Brull vous exposera les mérites de M. Kreutzberger, ainsi que la remarquable force de volonté qu’il a du déployer pour s’élever, de son humble début d’apprenti forgeron, à la haute position qu’il occupe aujourd’hui.
- On sait toute l’importance du rôle que jouent, dans un grand nombre d’industries chimiques, la question des fermentations alcooliques, la difficulté de les régulariser et d’en assurer le rendement. M. E/front y est parvenu par un heureux emploi des fluorures, permettant d’appliquer à cette régularisation les lois de l’accommodation des ferments aux antiseptiques, et qui a valu à son auteur les éloges d’un maître aussi autorisé en cette matière que M. Duclaux (1). Nous décernons à M. Effront le prix Parmentier de 1 000 francs, fondé parles exposants de la classe 50 à l’Exposition de 1889.
- La Société avait mis au concours la question des moteurs à pétrole, quL attirent l’attention du public et se sont rapidement développés à côté de leurs aînés les moteurs à gaz. Un seul candidat, des plus dignes d’ailleurs, s’est présenté. Le prix a été décerné au moteur Priestman, au nom de son représentant en France, M. de Faramond de Lafajole.
- Le prix du Comité de Chimie pour une publication utile à l* industrie chimique n’a pas été accordé tout entier cette année ; nous décernons un encouragement de 1200 francs à M. Lefèvre pour son remarquable Traité des matières colorantes, qui vous a été tout récemment présenté parM. deLuynes(2).
- Le prix Melsens, destiné à récompenser l’auteur d’une application de
- (1) Bulletin de mars 1896, p. 330.
- (2) Bulletin de juin 1896, p. 815.
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- la physique ou de la chimie à l’électricité, à la balistique ou à l’hygiène, est décerné à M. le Dr Castaing, pour son système de ventilation des habitations au moyen de vitres parallèles à ouvertures contrariées, système fort simple, peu coûteux, dont l’efficacité a été démontrée parde nombreuses applications et dont l’auteur n’a pu tirer aucun avantage personnel en raison de sa situation dans l’armée.
- L'éclairage électrique se répand de plus en plus, vous en avez la preuve ici même, principalement sous la forme de l’éclairage par lampes à incandescence : ceux d’entre vous qui ont visité l’Exposition organisée dernièrement, dans notre hôtel, par la Société des Électriciens, ou assisté à la belle conférence de M. Violle, ont pu apprécier non seulement l’extrême commodité de ce mode d’éclairage et ses avantages hygiéniques, mais surtout l’infinie souplesse avec laquelle il se prête aux dispositions artistiques les plus variées et les plus gracieuses. L’électricité convient surtout pour la production de lumières intenses, mais on cherche depuis longtemps à réaliser des petites lampes à faible dépense comparables aux bougies ordinaires. C’est ce problème difficile qui avait été proposé aux électriciens par le Comité des Arts économiques. Si la solution n’est pas encore complète, deux des concurrents, MM. J avaux et Nysten, d’une part, etM. Solignac, de l’autre, ont néanmoins fait faire à la question un progrès suffisant pour que, partageant entre eux la valeur du prix, nous ayons décerné à chacun d’eux un encouragement de l 000 francs.
- Le prix du Comité d’Agriculture, pour une étude sur la constitution physique et la composition chimique comparées des terrains d’une région agricole de la France, nous amène toujours de nombreux mémoires, qui témoignent des progrès que fait en France l’application des méthodes scientifiques à l’agriculture. Nous avons accordé cette année deux encouragements : l’un de 1 500 francs h MM. Beuret et Brunet, pour leur étude sur le département de la Dordogne, et l’autre, de 500 francs, à M. Waldman pour son mémoire sur l’agriculture de la vallée d’Auge.
- Nous avons également divisé le montant du prix de pisciculture en deux encouragements de 1 000 francs chacun, destinés à deux mémoires de»* grande valeur dus l’un à M. Zipcy, l’autre à M. Jaffier.
- Le prix du Comité du Commerce, pour une étude économique d’un centre industriel en France, n’a pas été décerné cette année, mais nous avons accordé un encouragement de 500 francs à un fort intéressant mémoire sur Xindustrie de Villedieu-les-Poêles et deux médailles d’argent à d’utiles tra-
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- vaux sur Y Industrie morutier e en France et sur les Ardoisière de Roche fort-en-Terre.
- Le lauréat du prix Fourcade, décerné chaque année au simple ouvrier ayant passé le plus grand nombre d’années dans une même fabrique de produits chimiques, est particulièrement digne d’intérêt. C’est aujourd’hui une femme, Mme veuve Lagarez; elle compte 66 ans de service à la Pharmacie centrale de France. Je laisse àM. Aimé Girard le soin de vous rappeler cette longue vie, toute de dévouement, d’honneur et de fidélité, et quelle véritable grandeur ont parfois les existences les plus modestes.
- Tous nos éloges s’adressent aussi aux contremaîtres et aux ouvriers à qui, chaque année, nous distribuons quelques médailles, récompense à coup sûr très modeste en raison de leur mérite, mais par lesquelles nous traduisons notre estime et notre affection, en leur montrant que la Société les considère comme de véritables collaborateurs, des meilleurs et des plus méritants, à la prospérité de l’industrie française.
- J’éprouve une satisfaction particulière à rappeler, en terminant, le succès de nos conférences. Nous remettons, comme témoignage de notre reconnaissance, une médaille d’argent à MM. Appert, de Luynes, Ductaux, Ferrant, Merveilleux du Vignciux, Moissan, Sauvage et Violle avec l’espoir qu’ils viendront encore recueillir les applaudissements assurés à leur science, à leur talent et au désintéressement avec lequel ils contribuent à l’éclat de nos séances.
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- PRIX GIFFARD
- Rapport fait par M. Édouard Simon, au nom du Comité clés Arts mécaniques, sur les titres de M. D. Légat à l’un des prix Giffard pour 1896.
- M. Désiré Légat, ingénieur-constructeur, Président de Y Association des inventeurs et artistes industriels (fondation Taylor), membre de la Société des ingénieurs civils de France depuis 1866, de la Société dé Encouragement pour Y industrie nationale depuis 1867, est né à Saint-Yon (près Arpajon), Seine-et-Oise, en juin 1836, dans une condition des plus modestes.
- 11 n’avait que 13 ans lorsqu’il perdit sa mère, et dut rester trois ans près de son père pour l’aider aux travaux de la maison. M. Légat père, préoccupé de l’avenir de son fils et conseillé par un voisin qui avait été frappé des aptitudes de l’enfant pour le dessin et pour la mécanique, se décida à mettre Désiré Légat en apprentissage chez un petit mécanicien parisien ; le jeune homme devait simultanément compléter son instruction primaire en suivant les cours du soir, et se préparer à l’examen d’admission dans une école d’arts et métiers.
- A un âge où tant d’autres ont besoin d’être guidés et surveillés, l’apprenti, soucieux de justifier la confiance de son père, se traça une ligne de conduite dont il ne dévia jamais : il travaillait le jour à l’atelier, se rendait le soir aux cours gratuits et passait une partie des nuits à s’instruire. Jugeant bientôt que, malgré ses efforts, il ne serait pas en mesure de remplir les conditions du programme d’admission à Châlons, Désiré Légat obtint de son patron l’autorisation de suivre les cours qui, à cette époque, se faisaient de jour au Conservatoire des arts et métiers, et constituaient l’enseignement de la petite école.
- Au bout d’un an, M. Légat recevait précisément du Conservatoire, avec autant de surprise que de joie, le premier prix de dessin d’après la bosse (1853). La même année, il était admis, dans les six derniers, à l’École des arts et métiers. D’un caractère réfléchi, bienveillant, le jeune Légat était également sympathique aux professeurs et aux élèves. Aussi, par une faveur exceptionnelle, fut-il autorisé à veiller au delà des heures réglementaires et, alors que ses camarades reposaient, Légat dessinait ou lisait sous la lampe du dortoir.
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- Après un an de travail acharné, M. Légat était le troisième de sa promotion ; il conserva ce rang les années suivantes, et sortit troisième major, avec le premier prix d’atelier des modèles, de 373 francs, un autre prix de 300 francs, et la médaille d’argent (1836).
- Bientôt, le jeune ingénieur débutait, aux appointements annuels de mille francs, dans les ateliers de constructions mécaniques de l’un de nos regrettés membres honoraires, M. Feray, d’Essonnes; il y resta cinq ans et demi, tenu en grande estime par M. Feray, qui savait apprécier la droiture et l’intelligence.
- De cette époque, date une des premières inventions de M. Légat, Y aspirateur hydropneumatique-automoteur, destiné à extraire, par succion, de la pâte à papier, l’excès d’eau nuisible à la consolidation de la feuille. Plusieurs centaines de ces appareils ont été, pour une partie, construits et installés par la maison Feray dans diverses fabriques de papiers.
- En 1867, M. Laboulaye fit, au nom du Comité des Arts mécaniques, un intéressant rapport sur le système d'apprêt des chapeaux, soumis à la Société d’Encouragement par M. Mathias, à Paris. Nous en extrayons ce qui suit :
- Pour pouvoir exécuter mécaniquement une opération entièrement réservée jusque-là à la main intelligente de l’ouvrier, il a fallu évidemment pouvoir disposer d’éléments nouveaux. Ils consistent essentiellement dans l'emploi d’une forme métallique chauffée, pouvant repasser d’un seul coup la surface de l’objet qui sera pressé contre elle, et, pour exercer cette pression sans écraser les partie saillantes, dans l’ingénieuse application d’une poche de caoutchouc pleine d’eau qui, en se distendant, viendra remplir l’intérieur de la forme avec toute l'énergie de la pression hydraulique.
- L’appareil se compose :
- 1° D’une forme de chapeau fondue en métal, chauffée par un courant de vapeur qui circule dans son intérieur pour la maintenir à une température d’environ 120 degrés ;
- 2° D’une partie supérieure formée d’une demi-sphère en fonte, pleine d’eau, fermée par un plan diamétral en caoutchouc vulcanisé. Cette pièce bascule pour permettre de placer le chapeau à apprêter sur la forme métallique; puis, après qu’elle a été abaissée et fixée par un fort verrou, on exerce une pression sur l’eau qui remplit l’intérieur. Le caoutchouc, se distendant, vient s’appliquer sur le chapeau, le presse, par l’intermédiaire d’un cuir, dans les parties qui doivent devenir brillantes et, en quelques minutes, l’apprêt est terminé.
- Pour marcher manufacturièrement, pour faire fonctionner simultanément, par le seul jeu de robinets, plusieurs appareils (l’atelier de M. Mathias en compte dix), il faut pouvoir y envoyer à volonté de la vapeur et de l’eau sous pression. Pour la vapeur, il suffit d’un générateur ordinaire; mais, pour de l'eau sous pression (la pression -disponible doit être de 1o atmosphères), il fallait un appareil spécial. L’industrie en connaissait bien un depuis quelques années seulement, l’accumulateur combiné par
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- PH1X G1FFARD.
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- sir Armstrong pour ses presses et treuils hydrauliques, mais il n’eût pas été appliqué ici sans quelques difficultés.
- M. Légat, habile mécanicien, aujourd’hui associé de M. Mathias, qui a montré une parfaite entente des ressources de la mécanique dans la combinaison des détails variés des machines dont nous parlons, a inventé un élégant système d'accumulateur, qui ri exige pas les masses pesantes du système de l'ingénieur anglais. 11 consiste en une cloche qui reçoit à sa partie supérieure de l’air comprimé et à la partie inférieure de l’eau sans cesse chassée par une pompe foulante. Les deux fluides sont séparés par une feuille de caoutchouc, dont le milieu est assemblé avec un levier dont les oscillations se transmettent à l’extérieur à travers un stuffing-box. On comprend que, suivant la position du caoutchouc, c’est-à-dire suivant qu’il y a manque ou excès d’eau dans l’appareil^ la courroie qui sert à faire mouvoir la pompe pourra être poussée par ce levier sur la poulie fixe ou sur la poulie folle, c’est-à-dire que l’eau sera refoulée dans le premier cas, et que l’alimentation s’arrêtera dans le second (1).
- Comme on le voit, notre ancien secrétaire rendait pleine justice à M. Legatr qui avait, en effet, résolu dès 1863 le difficile problème posé par M. Mathias, alors simple ouvrier chapelier.
- Le brevet avait été pris aux noms de Mathias et Légat (n° 66,685). Cependant, la Société d’Encouragement ne considéra que l’auteur de la présentation, c’est-à-dire le titulaire de l’atelier pour l’apprêt mécanique des chapeaux de paille, et décerna une médaille d’argent à M. Mathias. Nous savons que M. Laboulave se proposait ultérieurement de faire connaître à la Société l’œuvre personnelle de M. Légat.
- Les presses à chapeaux eurent autant de succès en Angleterre qu’en France, et procurèrent de larges bénéfices à M. Mathias, dont M. Légat était l’employé et non pas l’associé, comme l’avait cru M. Laboulaye.
- Vers la même époque et toujours sous les noms de MM. Mathias et Légat, fut breveté un ingénieux appareil de friction élastique, que le dernier avait imaginé, pour apprêter, sécher et lustrer les fils de coton destinés au guipage des laitons pour modes; les fils de coton ainsi préparés prenaient un aspect soyeux très apprécié de la clientèle (brevet n° 66,782).
- M. Laboulaye avait fait allusion, dans le rapport déjà cité, à une fabrication mécanique des chapeaux imitation feutre, qui était également due à l’esprit inventif de M. Légat. A l’aide d’une machine dite poudro-feutreuse% cet ingénieur soumettait à l’action d’un courant d’air chargé de poussières spéciales, de poils, etc., des carcasses enduites d’huile cuite et animées d’un mouvement lent de rotation dans une caisse entièrement close. Une seule
- (1) Bulletin d’avril 1867, p. 230 et suiv.
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- de ces machines remplaçait trois cenls ouvrières produisant le même article à la main (brevet n° 73,996).
- Avec un pareil collaborateur, M. Mathias, fort intelligent en affaires, acquit une fortune rapide; il ne sut pas la conserver et, malheureusement, engloutit dans sa déconfiture toutes les économies que lui avait confiées M . Légat. Ce fut un coup de foudre pour l’inventeur qui, nouvellement marié, se vit obligé d’emprunter afin de racheter pour moitié à la liquidation le droit d’exploiter un perfectionnement qu’il avait apporté à la presse de son invention depuis la chute de la maison Mathias.
- La clientèle revint cependant au mécanicien, dont elle connaissait la valeur, et plus de deux cents presses perfectionnées par M. Légat se vendirent successivement en France, en Belgique, en Suisse, en Espagne, aux Etats-Unis, etc.
- Survint la guerre franco-allemande; M. Légat fut des premiers à s’offrir à la Commission du génie civil et, lorsque M. Callon accepta les fonctions d’adjoint au maire du IVe arrondissement de Paris, M. Légat fut désigné pour le remplacer comme Chef de service de Vajustage des canons. C’est sous ce titre que lui furent délivrés le brevet du Gouvernement de la défense nationale et le diplôme de la Commisson du génie civil.
- Pour suivre l’ordre chronologique, nous aurions à parler maintenant des appareils de la mécanique générale qui ont vulgarisé le nom de Légat plus peut-être que les précédents; mais il nous paraît préférable de ne point quitter la spécialité de la chapellerie sans faire connaître la machine à coudre à un seul fil créée pour remplacer la couture dite belge. Cette couture était ainsi désignée parce que, jusqu’alors, les chapeaux de paille étaient cousus à la main par des ouvriers venus de Belgique.
- La machine Légat, exposée, pour la première fois, en 1875, au Palais de l’Industrie, valut à son auteur un diplôme d’honneur; la médaille d’or, à Paris, en 1878; à Amsterdam, en 1885, et à Turin, en 1887. Voici dans quels termes le rapporteur de la classe 58, M. Bariquand, s’exprimait, en 1878, au sujet de la même machine :
- M. Légat, ingénieur, à Paris, expose une admirable machine qui coud toutes espèces de tresses, depuis les plus grosses pailles jusqu’aux tresses de riz les plus délicates. Cette machine, qui permet de commencer le chapeau par le fond, comme à la main, et de faire facilement les formes les plus variées qu’impose la mode, travaille avec la plus grande perfection, rapidement, et ne consomme que la quantité de fil employée par la couture à la main.
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- Pour obtenir ce résultat, M. Légat a inventé un nouveau point de navette des plus remarquables. Il est produit par un seul fil venant de la navette et qui, au moment convenable, est pris par une sorte d’aiguille munie latéralement d’une entaille formant crochet; le fil, ainsi accroché, passe en double à travers les deux épaisseurs de paille qu’il faut coudre ensemble, forme boucle, puis, avant de redescendre, le mouvement d’entraînement fait avancer la tresse d’un millimètre environ. A ce moment, la boucle, maintenue par un tendeur, redescend à travers la paille, toujours entraînée par l’aiguille-crochet, qui pique à un millimètre plus loin que précédemment. Arrivée en dessous de la paille, la navette passe dans cette boucle, qui se dégage alors du crochet, et en se serrant elle est retenue et nouée avec le fil simple que la navette a laissé à son passage. Aussitôt l’aiguille remonte, la paille avance de 12 millimètres environ, et l’opération recommence.
- Il s’ensuit que le point supérieur de 1 millimètre de long est composé d’un fil en double; celui de dessous, qui a 12 millimètres, d’un fil simple. Ces points sont ceux couramment employés pour les chapeaux ordinaires. On peut varier leur longueur autant qu’on le désire, pour la proportionner à la nature de la tresse, mais ils sont toujours très petits en dessus et longs en dessous.
- Cette façon de procéder a le double avantage de n’employer que le cinquième environ du fil consommé par les machines à chaînette, de laisser voir beaucoup moins de fil, de produire un point qui est presque la reproduction de celui fait à la main, et de dissimuler la couture suffisamment pour que cette machine soit la seule qui puisse être employée pour la fabrication des chapeaux fins,
- La paille est guidée suivant sa largeur; enfin les détails les plus minutieux sont prévus.
- Un chapeau ordinaire, prenant 15 mètres de tresse, est commencé et fini sans interruption sur la machine, en dix minutes, et en consommant 22 mètres de fil.
- ... En voyant travailler, dans un espace aussi restreint, ces légers tendeurs, ces petits accrocheurs, qui viennent, à grande vitesse, prendre le fil, le conduire et le déplacer beaucoup mieux que ne pourraient le faire les doigts les plus habiles, on est obligé de reconnaître que l’impossible en mécanique n’existe pas.
- Cette merveilleuse machine est le résultat d’un travail immense. Elle a fait le plus grand honneur à la France et à M. Légat, qui était un des plus brillants exposants de la classe 58, et dont les machines sont demandées maintenant dans l’Europe entière (1).
- La presse à chapeaux ou la machine à coudre les tresses eût suffi à illustrer le nom d’un inventeur moins modeste; cependant M. Légat compte à son actif nombre d’autres appareils fort ingénieux et très répandus, notamment les extracteurs-purgeurs et les détendeurs et régulateurs de température et de pression, dont plusieurs spécimens ont été acquis pour les collections du Conservatoire des arts et métiers.
- On trouvera, à la fin du rapport, le relevé complet des inventions multiples qui ont été brevetées; nous voudrions vous signaler tout au moins le principe de quelques appareils ou procédés particulièrement originaux.
- (1) Rapp. du jury international, gr. VI, cl. 58, p. 26.
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- En 1866, M. Légat avait soumis au constructeur de pompes bien connu, M. Thirion, un projet d a piston sans frottement nifuite et« déplacement cylindrique, qui fut, d’un commun accord, breveté sous les noms de MM. Thirion et Légat. L’idée mérite d’être retenue, parce qu’elle a reçu diverses applications.
- Imaginez un manchon cylindrique, inextensible en longueur mais élastique dans le sens diamétral, interposé entre la surface d’un piston également cylindrique et les parois du corps de pompe, fixé enfin, des deux bouts, aux pièces considérées par des joints à brides ou des plateaux boulonnés. Suivant la course alternative du piston, le manchon s’appliquera sur les parois du corps de pompe et, en se déroulant sur lui-même tantôt dans un sens, tantôt dans le sens opposé, agira à la manière de garnitures en cuir embouti inversement placées, mais sans frottement.
- Ce dispositif a été appliqué avec succès aux premiers détendeurs-régulateurs de M. Légat. On connaît le but des derniers appareils, qui est de puiser dans un générateur de la vapeur sous pression variable et de la détendre à une pression fixe, régulière, quel que soit le débit. Le détendeur Légat dit à colonne se compose essentiellement d’une colonne creuse, fixée au sol et munie intérieurement, vers la partie supérieure, d’une sorte de tuyère ou de buse, à soupape équilibrée, pour l’admission de la vapeur. Cette soupape est reliée par une tige verticale, occupant l’axe delà colonne, à un piston du système précédemment décrit, placé au bas de l’appareil et recevant de l’extérieur, par l’intermédiaire de leviers à contrepoids, la charge correspondant à la pression de la vapeur détendue. C’est une véritable balance qui, en raison de sa sensibilité, due surtout à l’absence de presse-étoupes, assure la constance de la détente et la température.
- Lors de Y Exposition internationale d'électricité à Paris, en 1881, un détendeur Légat placé entre le générateur et le moteur Farcot donna toute satisfaction et valut à son auteur une médaille de bronze.
- Au Havre, en 1887, l’administration de l’Exposition fit placer le même appareil sur les conduites générales, et le jury jugea celte application digne de la médaille d’argent.
- Dans le régulateur automatique de température par pression, spécialement construit pour la distillation des alcools, se retrouve la soupape équilibrée du précédent appareil; mais, ici, ce n’est plus la vapeur du générateur dont la pression variable règle automatiquement l’admission, c’est la pression ou, ce qui revient au même, la température des vapeurs à régulariser, qui
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- détermine le régime du fluide réchauffeur. Le régulateur dont il s’agit permet de maintenir la pression dans des limites telles que les essences nuisibles ne se trouvent pas entraînées avec les vapeurs d’alcool, bien que la température de distillation soit très rapprochée pour les unes et pour les autres. Soixante de ces régulateurs fonctionnent dans divers établissements.
- Les membranes élastiques des pistons sans fuite étaient constituées à l’origine par des bandes de tissu croisées en losanges et interposées entre des feuilles de caoutchouc. La fabrication était délicate et assez coûteuse l’usure relativement rapide. En 1877, M. Légat eut l’heureuse idée de substituer à ces produits des membranes métalliques extensibles, formées de rondelles embouties et reliées de façon étanche soit par sertissage et soudure, soit par joints démontables.
- L’invention des membranes métalliques donna un nouvel essor aux régulateurs Légat et permit de créer un robinet détendeur applicable aux chauffages et aux moteurs de tous genres, particulièrement aux moteurs actionnant les dynamos. 800 robinets détendeurs ont été successivement mis en service.
- Dans les valves sans détente, qui, en beaucoup d’endroits, remplacent les anciens robinets à clef, la substitution de la membrane métallique aux garnitures ordinaires, qu’il faut constamment renouveler ou recharger et qui fuient toujours, mériterait d’être universellement adoptée et le serait sans doute déjà, s’il ne fallait compter avec les résistances des fabricants, naturellement peu disposés à sacrifier des séries d’anciens modèles.
- Nous voudrions encore décrire un joint universel à garniture prisonnière, ainsi désigné parce que le système repose sur l’emploi d’une bague enveloppant les parties à assembler et sur l’interposition d’une matière élastique comprimée à l’intérieur d’une gorge annulaire; puis un appareil isochroniseur appliqué aux régulateurs à force centrifuge ; mais l’étendue de ce rapport ne nous permet que de mentionner en passant ces inventions intéressantes, dont la première, si nous ne nous trompons, a été imitée et mise à profit par d’autres que l’auteur.
- i\l.Légat, poursuivant les applications de la membrane métallique extensible, se dit qu’il serait possible d’en modifier les dimensions etde remplacer les accouplements en caoutchouc des véhicules munis de freins, sur les voies ferrées, par des tuyaux flexibles en métal. L’inventeur trouva un con, cours bienveillant auprès de M. Henry, alors ingénieur en chef de la traction à la compagnie des chemins de fer Paris-Lyon-Méditerranée, et fabriqua-Tome I. — 95e aniée. 5e série. — Juillet 1896. 61
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- après de patientes recherches, le flexible nécessaire. Un détail qui, à lui seul, constitue une création originale, montrera la nature des difficultés rencontrées.
- La soudure au fer et à la main des rondelles décolletées et serties, dont l’assemblage deux à deux constitue l’accouplement flexible, était irrégulière, longue, coûteuse. M. Légat imagina de découper ces rondelles dans de la tôle étamée, puis, après sertissage, d’immerger l’ensemble dans un bain de suif fondu. L’étain, fusible au-dessous de la température du bain, remplit exactement tous les joints et assure l’étanchéité du tube.
- Tant d’efforts méritaient une large compensation pécuniaire. Malheureusement, cette fois encore, par suite de circonstances dans le détail desquelles nous n’avons pas à entrer, M. Légat s’est trouvé dépossédé. Artiste plus que négociant, heureux lorsqu’il a résolu un problème difficile, M. Légat a toujours cru aux autres parce qu’il les jugeait d’après lui-même. Brisé par cette cruelle déception, malade, M. Légat ne s’est cependant point découragé; il s’est remis au travail aussi souvent que le mal le lui a permis, et de nouvelles inventions, de nouveaux perfectionnements l’ont distrait de ses déboires.
- Nous citerons un purgeur automatique par dilatation, aussi simple que pratique; un nouveau mode de sertissage des membranes métalliques extensibles, pour remplacer la soudure par un agrafage, lorsque la soudure ne résisterait pas à la température de fluides sous fortes pressions ; un système d'embrayage à friction progressive, par action élastique croissante, sans effort sur l’axe, etc. (1).
- (1) Liste des Brevets et Certificats d’addition pris en France an nom de M. Légat.
- N° 48 107. Légat (Désiré-Mathurin), 9 janvier 1861. Condenseur automoteur. — N" 53 573. Légat (Désiré-Mathurin), 29 mars 1862. Aspirateur hydropneumatique automoteur, propre à la fabrication du papier.— N° 66 685. Mathias et Légat, 21 mars 1865. jMachine à presser d’un seul coup, soit en relief, soit en creux, des chapeaux de toute forme et de toute nature. — N" 66 782. Mathias et L'cgat, 28 mars 1865. Appareil de friction élastique, propre à lustrer ou satiner l’enveloppe des laitons pour modes. — N° 69 155. Légat (Désiré-Mathurin), 23 octobre 1863. Appareil dit « isochroniseur ». — N° 73 996. Mathias et Légat, 5 décembre 1866. Système de machine poudro-feutreuse, propre à la fabrication des chapeaux imitation feutre de toutes formes, pour hommes, femmes et enfants, ainsi qu’à la fabrication d’étoffes recouvertes de poussière feutrable quelconque. — N" 74 009. Thirion et Légat, 6 décembre 1866. Piston sans frottement ni fuite et à déplacement cylindrique. — N° 80 241. Mathias et Légat, 31 mars 1868. Machine système rectiligne vertical à pièces équilibrantes, propre à presser d’un seul coup les chapeaux de toute forme et de toute nature. — N° 80 540. Légat (Désiré-Mathurin), 20 avril 1868. Régulateur automoteur de pression des fluides, spécialement appliqué à détendre régulièrement la vapeur. — N° 81 499. Légat (Désiré-Mathurin), 27 juin 1868. Machine à presser les chapeaux d’une seule fois, quelles qu’en soient la forme et la nature. (Certificat d’addition du 12 avril 1872.) — N° 89 068. Légat (Désiré-Mathurin), 26 février 1870. Machine à coudre à un seul fil, formant point mixte indécousaôle, appliquée à la couture des chapeaux de paille et autres ouvrages. — N “ 96 834. Légat
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- Au milieu de ses travaux, de ses tribulations vraiment excessives, M. Légat, resté l’homme du devoir, bienveillant et serviable pour tous, a trouvé le temps de faire partie de nombreux jurys de mécanique dans les Expositions qui, depuis 1875, se sont fréquemment tenues au Palais de l’Industrie; à l’Exposition universelle de 1889, il fut successivement secrétaire du Comité d’admission, secrétaire-trésorier du Comité d’installation, membre
- Désiré-Mathurin), 14 octobre 1872. Régulateur universel de vitesse à effet instantané constamment en rapport avec la résistance quelconque à donner. — N° 101 802. Légat (Désiré-Mathurin), 7 janvier 1874, (Système d'extracteur purgeur automatique dit « à fonctions multiples », pour extraire les liquides de condensation et autres usages. — N° 103 849. Légat (Désiré-Mathurin), 10 juin 1874. Régulateur automatique de température et de pression, propre à régulariser les effets de la chaleur dans ses diverses applications. (Certificat d’addition du 30 mai 1877.) — N° 106 513. Légat (Désiré-Mathurin), 20 janvier 1873. Système de machine à coudre à un seul fil, réalisant la couture à points noués distancés propre à la confection des chapeaux en tresses de paille et autres objets. (Certificat d’addition du 10 juillet 1875, du 29 mai 1879, du 23 décembre 1880, du 23 décembre 1885.) — N° 113 781. Légat (Désiré-Mathurin), 15 juillet 1876. Pompe aéro-hydraulique universelle. (Certificat d’addition du 12 juillet 1878). — N° 117 757. Légat (Désiré-Mathurin), 27 mars 1877. Système de membrane métallique extensible, pour pistons et presse-étoupe, sans frottement ni fuite. (Certificat d’addition du 6 août 1878, du 11 novembre 1880.) — N° 117 885. Légat (Désiré-Mathurin), 28 mars 1877. Système de robinet à garniture métallique extensible et sans fuite, pour prise et détente de vapeur et autres fluides. (Certificat d’addition du 17 novembre 1880, du 16 juin 1880. — N° 125 583. Légat (Désiré-Mathurin), 12 juillet 1878. Système de joint universel à garniture prisonnière. (Certificat d’addition du 2 août 1881.) — N° 125 584. Légat (Désiré-Mathurin), 12 juillet 1878. Système d'appareil isochroniseur appliqué aux régulateurs à force centrifuge. — N° 125 585. Légat (Désiré-Mathurin), 12 juillet 1878. Système de graisseur automatique sans perle ait repos. —N° 154 822. Légat (Désiré-Mathurin), 22 avril 1883. Système de purgeur automatique d’eau de condensation à obturateur équilibré. — N° 154 957. Légat (Désiré-Mathurin), 18 avril 1883. Système de raccord à ajutages directeurs pour jonction universelle. — N° 157 881. Légat (Désiré-Mathurin), 6 octobre 1883). Système de régulateur automatique de température. (Certificat d’addition du 17 octobre 1884.) — N° 164 871. Légat (Désiré-Mathurin), 18 octobre 1884. Système d’appareil détendeur-régulateur automatique de pression des fluides. (Certificats d’addition du 16 juin 1890, du 26 novembre 1892.) — N“ 179 147. Légat (Désiré-Mathurin), 20 octobre 1886. Système de joint à garniture prisonnière automul-tipressante. — N° 179 148. Légat (Désiré-Mathurin), 20 octobre 1886. Système de tuyau flexible, pour accouplement de conduites et plus spécialement destiné aux conduites de freins automatiques des trains de chemins de fer. (Certificats d’addition du 20 avril 1887 et du 20 novembre 1886.) — N° 172 158. Légat (Désiré-Mathurin), 9 novembre 1885. Système de joint étanche à brides mobiles, pour tuyaux et récipients de tous genres. — N° 189 044. Société D. Légat et Herbet, 29 février 1888. Nouveau procédé de soudure, destiné à remplacer la soudure par fraction et notamment celle au fer et à la main. — N” 191 635. Société D. Légat et Herbet, 6 juillet 1888. Système de tuyau flexible universel entièrement métallique, plus spécialement destiné aux accouplements de conduites adaptées aux véhicules des trains de chemins de fer. — N° 193 558. Société D. Légat et Herbet, 15 octobre 1888. Système de joint compensateur des effets de la dilatation, pour conduites de vapeur et toutes applications analogues. — N° 206 868. Légat (Désiré-Mathurin), 8 juillet 1890. Procédés et appareils pour la fabrication de tuyaux métalliques flexibles et de tous objets composés de parties assemblées et soudées. — N° 209 767. Légat (Désiré-Mathurin), 25 novembre 1890. Système perfectionné de régulateur de pression. (Certificat d’addition du 17 avril 1893.) — N° 213 064. Légat (Désiré-Mathurin), 27 avril 1891. Système d’appareil automatique par dilatation, pour le début des fluides sous température et sous pression quelconque. — N° 213 068. Légat (Désiré-Mathurin), 11 mai 1891. Nouveau mode de sertissage des membranes extensibles, destinées à diverses applications spéciales. — N° 214 812. Légat (Désiré-Mathurin), 11 juillet 1891. Système de régulateur automatique de pression des fluides, dit « Servo-régulateur universel ». — N° 239 774. Légat (Désiré-Mathurin), 3 juillet 1894. Système d’embrayage à friction progressive rationnelle. — Demande en instance. — Dépôt du 18 janvier 1896. Système d’appareil dit : « Rénovateur, » destiné à biseauter, à aiguiser et polir les lames de couteaux.
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- du jury de la classe 56; enfin, depuis la mort de notre collègue. M. Lecœu-vre, présidentélu, à deux reprises, de l’Association des Inventeurs et Artistes industriels, il n’a cessé de consacrer ses meilleurs soins à cette œuvre philanthropique.
- En attribuant à M. Désiré Legal un grand prix Henri Giffard de 5 000 francs, le Conseil de la Sociétéd’Encouragement pour l’Industrie nationale se conforme donc absolument aux conditions du programme de ce prix, qui doit êlre décerné à la personne ayant rendu des services signalés à l’industrie française; il récompense, en même temps, une vie d’honneur et de travail.
- Rapport fait, par M. le Général Sebert au nom du Comité des Arts économiques, sur les titres de M. Adolphe Martin à l’un des prix Giffard pour 1896.
- M. Adolphe Martin, né à Paris en 1824, docteur ès sciences, a été professeur de physique à l’Académie de Lausanne, au lycée de Versailles et à l’institution Sainte-Barbe et répétiteur de physique à l’Institut agronomique.
- Il s’est occupé particulièrement de recherches photographiques ainsi que de la théorie et de la construction des instruments d’optique.
- Dès l’année 1852, dans un mémoire présenté à la Société d’Encoura-gement pour l’Industrie nationale et résumé dans une communication adressée à l’Académie des Sciences (5 juillet 1852), il signalait les précautions à prendre pour la préparation du coton-poudre destiné à la confection du collodion photographique et faisait connaître un procédé d’obtention des épreuves positives directes au collodion sur verre.
- En 1853, dans une communication adressée à l’Académie des Sciences il faisait connaître l’extension de ce procédé à l’obtention de photographies directes sur métal, et cette méthode est devenue l’origine des procédés de ferrolypie, dont les applications sont encore nombreuses et variées.
- En 1861, dans un long mémoire publié dans le Bulletin de la Société française de photographie, il résumait, en les précisant, ces diverses recherches et faisait connaître une méthode pour obtenir de beaux tons noirs dans l’emploi du procédé au collodion humide.
- En 1863, il faisait connaître, par un mémoire inséré dans les Annales de physique et de chimie, son procédé d’argenture sur verre par l’emploi du
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- sucre | interverti, et en indiquait l’application pour les miroirs des instruments d’optique, tant pour les surfaces réfléchissantes des miroirs plans ou courbes que pour celles des lentilles destinées à l’observation du soleil, sur lesquelles une demi-argenture arrête les rayons caloritîques.
- Il communiquait à l’Académie des Sciences, le 1er juin 1863, un perfectionnement de ce procédé, qui est aujourd’hui universellement adopté non seulement par les constructeurs d’instruments d’optique, mais aussi par l’industrie des glaces, où il a presque complètement remplacé le procédé au mercure.
- Il est à remarquer que, par ces diverses communications M. Adolphe Martin avait généreusement mis dans le domaine public des inventions véritables, qui ont pu être fructueusement exploitées, et qu’il a doté ainsi notre industrie de ressources précieuses, sans chercher à réserver pour lui et pour sa famille le fruit de ses travaux.
- Il a poussé le désintéressement jusqu’à mettre au courant des détails de manipulation et des tours de main à observer les constructeurs qui avaient recours à sa complaisance pour s’initier à l’application de ses procédés.
- Ce n’est pas, du reste, à ces travaux qu’il attachait personnellement le plus d’importance, mais bien à ses recherches sur la théorie et sur la construction des instruments d’optique, recherchespour lesquelles il avait recueilli de nombreux matériaux.
- ' Choisi pour ce motif comme collaborateur par Foucault, pour la construction de ses instruments astronomiques, il avait été désigné par lui pour être le continuateur de son œuvre.
- En dehors des travaux dus à cette collaboration, il a exécuté personnellement, pour l’Observatoire de Paris, le miroir plan du sidérostat quia été présenté à l’Académie des sciences par Henri Sainte-Claire Deville le 13 décembre 1869.
- Ce travail, dont la valeur avait été mise en lumière par un rapport de MM. Laugier et Wolff, lui a valu en 1870 la croix de la Légion d’honneur.
- Il a construit seul également le miroir du grand télescope et l’objectif de 32 centimètres de diamètre qui est actuellement sur l’équatorial de la tour de l’Ouest, l’objectif du cercle méridien Bischoffsheim et le miroir de 40 centimètres de diamètre monté en télescope.
- Malheureusement des circonstances fâcheuses et l’atteinte d’une cruelle maladie qui, dès cette époque, lui enlevait la plénitude de ses moyens, l’ont
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- contraint à abandonner ses travaux vers 1889 et à laisser inachevées d’autres œuvres commencées.
- Contraint à un repos relatif, il consacra ses dernières forces aux travaux théoriques qui l’avaient toujours occupé.
- Il avait employé déjà de longues heures à réunir les mémoires les plus importants parus sur la théorie des instruments d’optique et sur les objectifs et avait entrepris la traduction de tous ceux parus à l’étranger.
- Il avait, en outre, publié sur cette question des mémoires originaux remarquables.
- En 1867, dans les Annales de chimie et de physique, un travail considérable intitulé Interprétation géométrique et contmuation de la théorie des lentilles de Gauss, dans lequel il a repris les calculs de l’illustre géomètre en faisant intervenir, au lieu des points principaux, les plans nodaux, dont les propriétés avaient été signalées par Biot et Listing; il a fait ressortir les avantages de cette nouvelle méthode et en a donné l’application à la théorie de la lunette astronomique et à celle de la loupe.
- En 1869 et 1870, après la mort de Foucault, il avait décrit, dans les Comptes Rendus de l’Académie des sciences, la méthode définitivement employée par le regretté physicien pour reconnaître si la surface d’un miroir est rigoureusement parabolique et celle à laquelle il avait donné le nom d’autocollimation, qui lui permettait de s’assurer de la perfection d’une lunette destinée aux observations astronomiques.
- En 1877, il avait publié, dans les Annales scientifiques de l'École normale, un mémoire sur les méthodes employées pour la détermination des courbures des objectifs, accompagné de tables propres à en abréger le calcul. ,
- En 1881, dans les mêmes Annales, il a enfin décrit une méthode d’autocollimation directe des objectifs astronomiques, avec application à la mesure des indices de réfraction des verres qui les composent et remarques sur l’emploi dusphéromètre.
- A partir de cette époque, il a surtout dirigé ses études sur la recherche des conditions d’établissement des objectifs photographiques.
- 11 avait rédigé deux importants mémoires sur cette question, mémoires qui, après être restés longtemps manuscrits, ont pu être publiés grâce au concours affectueux que M. Wallon a bien voulu prêter à leur auteur, mis par l’état de sa santé dans l’impossibilité d’écrire.
- Ils ont paru dans le Bulletin de la Société française de photographie sous les titres : Détermination des courbures de l'objectif grand angulaire
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- pour nues, présenté au concours de la Société française de photographie en 1892 , et Méthode directe pour la détermination des courbures des objectifs de photographie.
- Ce dernier mémoire, spécialement destiné aux constructeurs d’instruments, est l’adaptation, aux objectifs photographiques, du mémoire de 1877, rédigé surtout en vue des objectifs astronomiques.
- Il a servi de base aux conférences que M. Wallon a faites, en 1895, à la Société française de photographie à l’adresse des constructeurs opticiens.
- M. Martin, que l’état de sa santé a contraint, il y a plusieurs années, de quitter Paris, n’a pas trouvé dans sa carrière les récompenses qu’il était en droit d’ambitionner pour ses travaux et ses découvertes.
- En lui décernant l’un des prix dont elle dispose, sur les fonds que lui a légués Henri Giffard, la Société d’Encouragement se conformera aux vues de ce généreux donateur en récompensant un inventeur méconnu qui, pour le progrès de la science et de l’industrie, a dépensé sans compter son temps et ses ressources personnelles.
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- Rapport fait par M. Brüll, au nom du Comité des Arts mécaniques, sur les
- titres de M. Frédéric-Guillaume Kreutzberger à la grande médaille de Prony.
- Le Comité des Arts mécaniques a, cette année, le privilège de vous présenter un candidat à la grande médaille de Prony. Il a l’honneur de vous proposer d’accorder cette haute récompense à M. Frédéric-Guillaume Kreutzberger, fondateur de l’atelier de Puteaux, ancien ingénieur mécanicien pour les établissements de l’artillerie.
- En 1855, nos manufactures d’armes avaient grand besoin d’amélioration. L’outillage mécanique était du genre le plus primitif; la plupart des pièces étaient fabriquées à la main, coûtaient fort cher et manquaient de précision ;
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- les monteurs devaient les retoucher presque toutes pour les assembler. La production était lente, coûteuse et imparfaite.
- Il en était d’ailleurs de même à cette époque en Angleterre, où l’on s’occupait de 1’établissement de la manufacture royale d’armes d’Enfield à l’aide de matériel et de personnel que l’on faisait venir à grands frais d’Amérique.
- Les Etats-Unis possédaient déjà, en effet, plusieurs fabriques d’armes fort bien organisées. Les pièces s’y produisaient mécaniquement avec une précision telle que toutes celles d’un même lot pouvaient se substituer sûrement l’une à l’autre; les monteurs n’avaient qu’à les assembler sans aucune retouche.
- A cette époque, M. Kreutzberger, qui avait passé sept années en Amérique, qui était chef de fabrication de l’importante fabrique d’armes de MM. Kemington près d’Utica (New-York), rentra en France et vint offrir ses services au ministère de la Guerre dans le but d’établir la fabrication mécanique des armes dans les arsenaux.
- Sa proposition fut acceptée après une sérieuse enquête, et il fut envoyé à la manufacture de Châtellerault pour étudier la fabrication existante, faire un rapport sur ce qu’il observerait et présenter des propositions pour un essai de transformation d’une branche de la fabrication.
- C’est sur le garnissage du canon de fusil (tonnerre, culasse, pose de cheminée) que porta la première tentative. Ce [travail se faisait entièrement à la main, il était pénible et coûteux. M. Kreutzberger dressa les plans, fit établir les modèles, et les machines, construites dans les ateliers Decoster, purent bientôt fonctionner devant le Comité d’artillerie. A la suite de cette démonstration pratique, ce premier groupe de machines fut installé et mis en service à Châtellerault, sous la direction de M. Kreutzberger. Cette première installation produisit à la fois une économie et une amélioration dans la fabrication.
- Il en fut de même, peu de temps après, pour l’organisation du forage, de l’alésage et du rayage des canons de fusil.
- La substitution de l’acier fondu au fer vint poser, en 1858, un problème assez difficile. Le forage, à cause de la dureté plus grande, était tellement coûteux qu’on hésitait à adopter le nouveau métal, dont on avait cependant reconnu la résistance supérieure. L’habile mécanicien combina et fit construire une nouvelle machine, encore aujourd’hui en usage, qui permit d’obtenir les canons forés en acier fondu au-dessous du prix qu’ils coûtaient
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- auparavant avec le fer. La France fut ainsi la première nation de l'Europe armée de fusils d’acier.
- A la suite de ces trois années de succès, M. Kreutzberger fut nommé pour six ans mécanicien pour les manufactures d’armes, puis ingénieur-mécanicien en 1865 pour douze nouvelles années ; ce contrat fut, à son tour, deux fois prorogé, et c’est ainsi que M. Kreutzberger avait, en 1886, plus de 30 ans de service dans l’artillerie, lorsque l’emploi, qui n’avait été établi qu’à titre temporaire, fut supprimé en raison de l’avancement des travaux entrepris pour la création du matériel de guerre. M. Kreutzberger était, en même temps, promu officier de la Légion d’honneur.
- Pendant les premières années, M. Kreutzberger n’avait pas à sa disposition un atelier spécial. On lui avait installé dans son domicile particulier un bureau d’études, où il faisait établir tous les plans des outils qu’il créait pour la transformation des manufactures d’armes. Il surveillait la construction de ces machines dans les ateliers de l’industrie privée.
- Lorsque Ghassepot étudiait la première arme se chargeant par la culasse, M. Kreutzberger, en vue de la prochaine adoption de ce système, travaillait à établir dans toutes ses parties l’outillage nécessaire à la fabrication du fusil à aiguille. 11 proposa de louer un atelier où il pourrait plus sûrement, plus vite, et à meilleur compte, construire les machines qu’il avait étudiées et assurer le développement et le succès de l’entreprise à laquelle il avait voué sa vie.
- Un petit établissement fut créé à Puteaux et, successivement pourvu des meilleurs outillages, devint bientôt un atelier modèle pour la mécanique de précision. M. Kreutzberger y forma un personnel d’élite, en détacha souvent d’habiles ouvriers dans les manufactures qu’il pourvoyaiten même temps de matériel perfectionné. C’est ainsique l’on put éviter les tâtonnements et pousser activement l’énorme travail de la fabrication du nouveau modèle de fusil.
- Après la guerre de 1870, l’armement dut être refait en entier. L’État se rendit acquéreur de l’immeuble de Puteaux, y augmenta les constructions et le matériel, de sorte que cet atelier put donner à la nouvelle organisation un appui considérable. Non seulement beaucoup de machines furent demandées à cet établissement pour les manufactures, les arsenaux, la fonderie de Bourges, Saint-Thomas d’Aquin, etc., mais il exécuta pour la commission d’études tous les canons d’expérience, construisit, entre autres, le premier canon de Bange, et fut chargé de la confection d’une partie du matériel d’armement.
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- Puis vint le fusil Gras et l’adoption de la cartouche métallique, M. Kreutzberger projeta et construisit l’outillage dont furent garnies les usines spéciales établies pour la fabrication de ces munitions ; il transforma aussi divers types de machines établies en France pendant la guerre ou achetées en Angleterre pour les mettre en état de produire la cartouche à percussion centrale; il réalisa le chargement mécanique des étuis suivant le système proposé par le commandant Laronze.
- L’atelier de Puteaux produisit encore bien d’autres outillages pour des fabrications nouvelles et exécuta de plus des commandes considérables de canons-revolvers Hotehkiss. Toutes les pièces de ces diverses armes étaient interchangeables, et l’atelier livrait aussi des séries d’instruments de vérification d’une extrême précision, destinées à assurer la même qualité aux produits des manufactures.
- On voit que M. Kreutzberger, après avoir organisé l’atelier de Puteaux, l’a graduellement développé par vingt années d’un incessant travail de création. Il a su en faire à la fois un modèle de bon outillage et d’heureux aménagement, une véritable école de précision, tant pour les officiers des manufactures d’armes que pour le personnel technique qu’ils dirigent, et aussi un centre de production puissant pour les machines-outils, les armes d’études et les pièces d’armement.
- Voilà, certes, une suite de services signalés rendus au pays; le génie inventif, l’expérience consommée, le labeur infatigable de l’ingénieur consciencieux et dévoué ont contribué à augmenter la puissance militaire de la France.
- Mais nous avons encore à montrer l’influence des travaux de l’éminent ingénieur sur le progrès de la construction mécanique en général : il a fait avancer l’industrie nationale en même temps qu’il améliorait l’armement qui la protège.
- Plusieurs de ses types de machines se sont propagés dans l’industrie privée, en passant d’abord par les maisons de premier ordre auxquelles étaient confiées les commandes de l’artillerie. Ses nombreux élèves ont répandu largement ses méthodes de travail.
- Nous ne rapporterons pas ici la longue nomenclature des machines-outils dont M. Kreutzberger a doté la construction mécanique. Qu’il nous suffise de dire que toutes ses créations reposent sur certains principes qu’il avait posés au début de ses travaux : le travail par séries d’objets identiques, l’interchangeabilité des pièces, les moyens de vérifier constamment
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- toutes les dimensions, les moyens de rectification, la grande étendue et surtout la haute précision des surfaces frottantes, la fixation du jeu qui doit exister entre ces surfaces, mais qui devient nuisible s’il dépasse en quelque point la limite assignée.
- Parmi les procédés introduits dans la pratique générale par M. Kreu-tzberger, nous dirons quelques mots du fraisage.
- La fraise, outil anciennement employé avec le vilebrequin, puis principalement par les horlogers, a reçu des emplois réellement mécaniques tout d’abord aux Etats-Unis pour la fabrication des machines à coudre et des armes. La fraise mécanique était à peu près inconnue en France avant 1860. C’est peu de temps après, au moment de la création du chassepot, que les machines à fraiser ont été employées en grand nombre dans les manufactures d’armes françaises; ces machines ont été étudiées par M. Kreutzberger, qui revenait d’une mission aux Etats-Unis, puis construites, installées et mises en service sous sa surveillance.
- Depuis cette époque, M. Kreutzberger n’a pas cessé d’améliorer les fraiseuses et d’en recommanderl’emploi dans les ateliers de mécanique. C’est ce qu’ont reconnu les jurys des expositions universelles tenues à Paris en 1867, 1878 et 1889, où les machines-outils et surtout les machines à fraiser de M. Kreutzberger ont été fort remarquées et ont obtenu les plus hautes récompenses (1).
- Bien que faites avec des aciers spéciaux et soumises à une trempe énergique, les dents des fraises s’usent rapidement et les difficultés de leur entretien en bon état de coupe ont été longtemps un obstacle à la généralisation du fraisage dans les ateliers. On devait aiguiser ces dents au moyen de la lime et du grattoir, ce qui était fort long et coûteux ; ce travail devait être confié à des ouvriers habiles sous peine de voir le profil de la fraise s’altérer par l’action des outils. Souvent, il était nécessaire de faire recuire les fraises pour les soumettre à un nouveau taillage et ensuite à une nouvelle trempe; cette dernière opération surtout était délicate, elle donnait lieu à des déformations et à de fréquents tapages qui mettaient la fraise hors de service.
- (1) Exposition de 1867.
- Rapport du jury international. Machines-outils, par M. Tresca, ingénieur civil.
- Exposition de 1878.
- Groupe VI, classe 55. Rapport sur les machines-outils, par M. Rault, ingénieur des manufactures de l’État.
- Exposition de 1889.
- Groupe VI, classe 53, machines-outils. Rapport par M. Pley, chef d’escadron d’artillerie.
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- Ces inconvénients ont subsisté jusqu’à la création, par M. Kreutzberger, d’une machine à affûter les fraises. Cette machine qui, à l’aide d’une petite meule en corindon tournant à une vitesse de 2 000 à 3 000 tours par minute, permet de rafraîchir rapidement le taillant des fraises, s’est répandue dans tous les établissements pratiquant le fraisage. Les mouvements ingénieusement combinés de la meule et de la fraise soumise à l’affûtage permettent d’entretenir les fraises de forme les plus compliquées sans en altérer le profil.
- C’est grâce à cette machine à affûter que nos mécaniciens ont pu réaliser les emplois si remarquables et si variés de la fraise; aussi est-elle devenue d’un emploi universel.
- Dans un rapport fait en 1882 par notre regretté collègue M. Pihet, sur les perfectionnements apportés au fraisage des métaux par M. Desgrand-champs (1), on lit ce qui suit :
- La fabrication des machines à coudre et son merveilleux développement, puis celle des armes nouvelles en Amérique, déterminèrent dans ce pays des combinaisons très nombreuses de machines à fraiser et leur emploi s’y généralisa.
- En France, cet emploi ne prit vraiment son essor que vers 1866. Il fallait créer un nouvel armement,dont la précision réclamait de nouveaux procédés de fabrication; il fallait aussi faire vite, et M. Kreutzberger, l’éminent ingénieur des manufactures d’armes de l’État, nous rapportait d’Amérique, où il avait travaillé plusieurs années, de précieux procédés. C’est aujourd’hui par milliers, et sous les formes les plus diverses, que l’on compte à Tulle, à Châtellerault, à Saint-Étienne, à Puteaux et dans nos autres établissements militaires les machines à fraiser imitées, combinées ou inventées par ce maître qui, dans ces derniers temps, nous a encore donné sa machine à affûter les fraises, à laquelle on doit certainement de nouvelles et plus nombreuses applications de ces machines à fraiser, qui ont pris en même temps des proportions de plus en plus grandes.
- Le rapporteur de la classe 53 à l’Exposition universelle de 1889, après avoir traité des difficultés qu’avaient longtemps présentées la fabrication et surtout l’entretien des fraises, s’exprime ainsi :
- Enfin apparaissent les machines de M. Kreutzberger pour l’affûtage des fraises de tout profil; dès lors, on put donner aux fraises une très grande dureté, leur affûtage devint une opération très facile et très rapide. Le prix de l’outil se réduisit ainsi dans une proportion considérable, au point de devenir une quantité infime dans la dépense totale de la fabrication d’une pièce.
- Et, plus loin, le même auteur montre comme suit la modeste apparence
- (I) Bull, de la Soc. d’Etic., mai 1882.
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- que présentent parfois les moyens les plus puissants employés dans la combinaison des outils :
- Si nous regardons par exemple, écrit-il, la machine à affûter les fraises de M. Kreutzberger, elle dit peu à notre vue, et pourtant cette modeste machine renferme toute l’histoire des machines à fraiser.
- On voit que l’œuvre industrielle ne le cède pas en importance à l’œuvre militaire.
- L’une et l’autre ont été accomplies avec la modestie qui convient au vrai mérite. Et cependant, Messieurs, vous reconnaîtrez que M. Kreutzberger pourrait montrer un légitime orgueil de la tâche accomplie, quand vous saurez qu’il s’y est formé lui-même, qu’il est, dans toute la force du terme, le fils de ses œuvres.
- Fils d’un forgeron des établissements N. Schlumberger, de Guebviller (Alsace), entré dans cette maison à quatorze ans, en qualité d’apprenti, il partagea ses journées entre le travail manuel et la pratique du dessin. Quand vint l’âge de la conscription, les patrons avancent au père le prix d’un remplaçant et libèrent ainsi le fils du service militaire. Mais il faut alors que le jeune ouvrier distraie de son maigre salaire de quoi éteindre sa dette et, pour y mieux parvenir, il fonde un cours de dessin où, pendant quatre ans, il instruit ses camarades les jours de fête moyennant la rétribution vraiment modique de cinquante centimes pour huit heures de classe.
- A la révolution de 1848, âgé de 26 ans, Kreutzberger est obligé de s’expatrier. Il gagne l’Amérique et entre à la fabrique d’armes de MM. Remington. 11 y travaille successivement comme homme de peine, ouvrier aux machines, ajusteur, outilleur et chef d’atelier.
- Telles ont été les classes de cet excellent élève ! Vous penserez sans doute avec nous que ces débuts obscurs et pénibles font ressortir encore le mérite de sa brillante carrière.
- Nous avons l’honneur de vous proposer d’attribuer à M. Kreutzberger, pour l’ensemble de ses travaux, la grande médaille des Arts mécaniques, que vous avez précédemment accordée à Henry Giffard, à M. Joseph Farcot et à André Frey.
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- Rapport fait par M. Aimé Girard, au nom du Comité des Arts chimiques, sur le prix Fourcade, fondé par les Exposants de la classe 47 à l’Exposition universelle de 1878, pour les ouvriers des fabriques de produits chimiques.
- Pour la quatorzième fois, la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale décerne aujourd’hui le prix qui, fondé par les Exposants de la classe 47 à l’Exposition universelle de 1878, élevé à la somme de 1000 francs par la libéralité de notre collègue M. Fourcade, est aujourd’hui désigné sous le nom de ce manufacturier regretté.
- Et jamais, depuis quatorze ans, le prix Fourcade n’aura été attribué dans des conditions plus conformes aux intentions de ceux qui l’ont fondé.
- Aujourd’hui, en effet, la Société décerne ce prix à Mme Vve Lagarez, née Marie-Angélique Desouche, qui, depuis soixante-six ans, est attachée, comme simple ouvrière, au même établissement.
- Déjà, sur la liste si touchante des bénéficiaires du prix Fourcade, nous avions vu l’attribution de ce prix justifiée par des services qui s’étaient prolongés pendant cinquante-cinq, cinquante-six et même cinquante-sept ans; mais jamais, jusqu’ici, nous n’avions rencontré un exemple d’attachement au travail, de fidélité à un établissement industriel aussi digne de récompense que celui qui nous est apporté par Mme Lagarez.
- Née à Lailly, près Beaugency (Loiret), le 12 mars 1821, elle était, par ses parents, amenée à Paris en 1830, et, dès son arrivée, à l’âge de neuf ans, elle entrait comme ouvrière, bien petite ouvrière, dans la maison Ménier, où sa grand’mère était employée.
- On l’utilisait aux emballages, au conditionnement des expéditions, etc. ; elle travaillait, en un mot, et, il y a quelques jours, en 1896, votre rapporteur la retrouvait à l’atelier, travaillant encore comme autrefois, malgré ses soixante-quinze ans d’âge et ses soixante-six ans de service.
- Entre temps, elle avait abordé des travaux plus délicats : cassage et triage des gommes, division des produits, préparation des herbiers, etc., et partout, toujours, à quelque branche de l’industrie de la droguerie qu’elle
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- fût attachée, on l’a vue donner l’exemple du dévouement au devoir et de l’amour du travail.
- Lorsque, en 1861,1a maison de droguerie de M. Ménier fut, par son chef, cédée à la Pharmacie centrale de France, Mme Lagarez suivit tout naturellement la maison où elle avait débuté trente et un ans auparavant, et c’est par l’habile directeur de ce grand et bel établissement, M. Charles Buchet, que ses mérites ont été signalés à la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale.
- Là, pendant trente-cinq ans encore, au milieu d’une véritable ruche où s’entremêlent, avec ordre et précision, les services les plus variés, Mme Lagarez a continué, sans bruit et sans ambition, les travaux dont, dès son enfance, elle avait pris l’habitude.
- Legrand développement de la Pharmacie centrale de France, les transformations de la société moderne, les événements de famille qui l’ont atteint, rien ne l’a détournée de sa route : elle a marché simplement, tout droit devant elle, et elle est ainsi restée, elle est aujourd’hui encore l’ouvrière honnête et dévouée qu’elle était il y a soixante-six ans.
- Sa conduite a toujours été irréprochable, son assiduité au travail, son attachement à la maison qui l’a adoptée ne se sont jamais démentis et la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, en lui décernant le prix Fourcade pour 1895, est heureuse de récompenser en elle, aujourd’hui, une longue vie d’honnêteté et de fidélité professionnelle.
- COMITÉ DES ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. Brüll, au mm du Comité des Arts mécaniques, sur le
- CONCOURS RELATIF A UN MOTEUR A HUILE LOURDE.
- L’emploi direct, pour la production économique de la puissance motrice, des combustibles liquides provenant de la distillation des pétroles, des schistes ou des charbons minéraux présente un grand intérêt. Des moteurs de ce genre sont faciles à conduire ; ils peuvent être installés plus économiquement que les moteurs à vapeur parce qu’ils ne comportent pas de chaudière; ils évitent les dangers d’explosion ainsi que les inconvénients de la fumée et des résidus solides des foyers.
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- Peu après que l’industrie eut été mise en possession des moteurs à gaz, on a cherché à remplacer, dans ces machines, le gaz d’éclairage puisé aux canalisations des villes par de l’air chargé de vapeurs d’essences légères et très inflammables.il a été créé un grand nombre de moteurs à essence. Mais les dangers qu’offre la manipulation de ces essences rendent peu désirable la propagation de ce genre de machines.
- Aujourd’hui, on construit aussi des moteurs consommant non plus des essences légères, mais bien des pétroles dont la densité atteint et dépasse même celle du pétrole lampant.
- Cependant, un seul candidat s’est présenté au concours ouvert par la Société, c’est M. de Faramond de Lafajole, ingénieur des arts et manufactures à Paris et membre de la Société d’Encouragement. M. de Faramond est concessionnaire pour la France et ses colonies, pour la Belgique et le Luxembourg, de MM. Priestman frères, constructeurs à Hull, en Angleterre.
- MM. Priestman construisent, depuis 1888, un moteur à pétrole, qu’ils ont perfectionné à plusieurs reprises et qui s’est répandu en Angleterre, en Allemagne, en Russie et aux Etats-Unis ; mais ces machines ne sont pas encore très connues en France, à cause, sans doute, du prix élevé du pétrole qui en restreint l’emploi.
- Le moteur Priestman a été décrit en détail, avec de nombreuses figures, par M. Gustave Richard, dans une conférence qu’il a faite à la Société, le 24 juin 1892(1). Les diverses dispositions données à ce genre de moteur, pour le rendre fixe ou loeomobile, pour lui permettre de commander des compresseurs, des pompes, des perforatrices et autres mécanismes, comme aussi pour l’établir à bord d’un bateau ont été amplement décrites dans ce travail. Nous nous bornerons donc à rappeler ici le principe même du moteur Priestman.
- Ce moteur, à simple effet, fonctionne suivant le cycle à quatre temps de Beau de Rochas. Le pétrole, approvisionné dans un réservoir où de l’air comprimé maintient une pression constante, est envoyé, par l’effet de celle pression, à un pulvérisateur disposé sur un des fonds d’un vase appelé vaporisateur. Celui-ci est chauffé à l’extérieur par les gaz de l’échappement et le pétrole pulvérisé s’y transforme en vapeurs. Les vapeurs de pétrole, mêlées à l’air d’entraînement, sont admises dans le cylindre en même temps que le complément d’air atmosphérique nécessaire pour former un
- (1) Bull, delà Soc. d’Ënc., 1892, p. 659.
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- mélange détonant. Ce mélange est ensuite comprimé par le piston, puis allumé au moyen d’une étincelle électrique.
- Rappelons ici que le type de pulvérisateur adopté, après de nombreuses tentatives par la maison Priestman, est dû à un Français, M. Etève, mécanicien à Paris.
- La commission nommée à cet effet par le Comité des Arts mécaniques (1) a examiné dans les magasins de M. de Faramond de Lafajole, à Paris, un moteur horizontal du type fixe et de la force nominale de 9 chevaux.
- Des essais fort complets ont été faits en Angleterre, sur les moteurs Priestman, par M. W. C. Unwin et par M. W. Robinson. Les résultats de ces expériences ont été présentés à la Société par M. G. Richard (2). D’après les essais de M. Unwin, un moteur horizontal de 5 chevaux fonctionnant avec de l’huile de pétrole de la densité de 823 grammes a consommé 428 et 450 grammes de cette huile par cheval effectif et par heure, pour un travail de 6ch,765 à 6ch,882, mesuré au frein. Cette consommation s’est élevée à 635 grammes lorsque le travail fourni s’est abaissé à 3ch,62.
- La commission n’avait pas à recommencer des essais aussi minutieux, aussi variés et d’aussi longue durée que ceux exécutés en Angleterre. Elle a tenu toutefois à se rendre compte par elle-même du fonctionnement du moteur qui était soumis à la Société et elle a fait trois expériences de consommation sur ce moteur.
- Le 23 mars 1895, durant deux heures, le moteur a fonctionné en produisant un travail moyen, mesuré au frein, de 9ch,25. Sa consommation horaire d’huile de pétrole a été d’environ 555 grammes par cheval.
- Le 8 avril 1895, le moteur a marché durant lh30' en développant au frein seulement 4ch,05 ; il a consommé 798 grammes de pétrole par cheval et par heure.
- Mais le pétrole lampant employé durant ces essais avait, à 15°, une densité de 800 grammes, et son degré d’inflammabilité, mesuré à l’appareil de M. Émile Granier, était de 32°. Or, le décret du 19 mai 1873 fixe à 35° le point minimum d’inflammabilité des huiles de pétrole de commerce. Bien qu’une tolérance soit admise sur ce chiffre et que bon nombre de pétroles du commerce ressemblent d’assez près au pétrole employé, la commission a pensé qu’il était préférable d’ajourner son jugement jusqu’au moment où le moteur pourrait fonctionner avec du pétrole pluslourd et moins inflammable.
- (1) Cetle commission élait composée de MM. Bienaymé, Brüll, Hirsch et Tresca.
- (2) Bull, de la Soc. d’Enc., 1892, p. 763.
- Tome I. — 95e année. oe série. — Juillet 1896.
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- Un nouvel essai a été fait dans cet esprit le 31 mars 1896, sur le moteur môme qui avait servi aux essais de 1895. Le pétrole employé avait une densité de 828 grammes et son point d’inflammabilité a varié de 46 à 48° à l’appareil Granier.
- Cette fois, la commission n’avait plus aucune objection à formuler au sujet du combustible employé, qui est certainement plus lourd et moins inflammable que la généralité des pétroles qui se trouvent dans le commerce.
- La consommation de ce pétrole a été d’environ un demi-kilogramme par cheval disponible sur l’arbre et par heure, le moteur ayant marché au frein, pendant lh30f, 10ch,72.
- Ce fonctionnement est, comme on le voit, économique.
- La durée d’allumage des lampes pour le chauffage du vaporisateur à la mise en route du moteur a été de 15 minutes dans chacun des essais de 1895. Avec le pétrole plus lourd employé en 1896, cette durée a été de 20 minutes.
- La consommation d’eau de rafraîchissement du cylindre a été d’une cinquantaine de litres par cheval et par heure.
- Durant ces essais, le moteur a été assez bruyant, comme le sont d’ailleurs tous les moteurs à explosions. Il a, de plus, dégagé une légère odeur de pétrole. Mais il a fonctionné très régulièrement et il n’a été remarqué aucun raté d’allumage pendant toute la durée du fonctionnement. Les électrodes de platine de l’allumeur se sont conservés en bon état. La pratique a d’ailleurs établi que cette conservation se maintient pendant de longues durées de service et que le cylindre ne s’encrasse pas.
- MM. Priestman construisent aussi depuis quelques années des moteurs à pétrole fonctionnant à double effet. Plusieurs machines de ce genre, du type pilon, à deux cylindres conjugués, sont en service sur des bateaux depuis plus d’une année. On peut en citer deux, de la force nominale de 90 chevaux chacune. Un de ces moteurs est installé sur le bateau de pêche Leslie, du port de Grimsby, où il sert à la fois de moteur et de machine auxiliaire pour le relevage des filets. L’autre, à bord du voilier norvégien Refonn, sert pour la propulsion à l’entrée et à la sortie des ports et aussi en temps de calme ; elle actionne encore divers cabestans et treuils.
- A Paris même, un moteur Priestman du type pilon, à deux cylindres et de la force nominale de 40 chevaux, a été installé par M. deFaramond sur son yacht Fie ur-de-France.
- On voit que le genre de moteur présenté au concours remplit bien les
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- PRIX MELSENS.
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- conditions énoncées au programme du prix offert par la Société. Ce programme dit en effet :
- « Pour avoir droit au prix proposé, il faudra présenter, en service pratique et constant, un ou plusieurs moteurs fonctionnant par l’emploi direct, non de l’essence minérale, mais bien de l’huile de pétrole lampante ou, mieux encore, d’huiles lourdes ou de goudrons, résidus de la distillation du pétrole, des schistes ou des charbons minéraux. »
- En conséquence, votre Comité des Arts mécaniques vous propose, Messieurs, de décernera M. de Faramond de Lafajole, pour le moteur Priestmann qu’il vous a présenté, le prix de 1000 francs que vous avez mis au concours pour un moteur à huile lourde.
- COMITÉ DES ARTS ÉCONOMIQUES
- PRIX MELSENS
- M. le docteur Castaing a inventé, en 1889, un système destiné à assurer l’aération des habitations, au moyen de vitres parallèles dont les ouvertures sont contrariées et disposées en chicane.
- Cet appareil, d’un prix peu élevé, effectue le renouvellement de l’air à l’intérieur des locaux habités sans produire de courants d’air, et sans même que les habitants de la pièce s’en aperçoivent.
- Laposeetle nettoyage de l’appareil s’effectuent aveclaplus grande facilité.
- Ce système a fait ses preuve dans la pratique. Il est employé depuis quelques années dans beaucoup de casernes, d’hôpitaux militaires, et même d’établissements civils. Enfin il a été adopté dernièrement (août 1895), par le Ministère de la Guerre pour les établissements militaires, à l’exclusion des autres dispositifs similaires.
- L’inventeur a breveté son appareil, mais sa situation de médecin-chef d’un grand hôpital militaire l’empêche d'en tirer aucun parti, ne fût-ce que pour rentrer dans les avances qu’il a dû faire à cette occasion.
- Le Comité des Arts économiques estime que l’invention de M. Castaing a rendu des services à l’hygiène générale, qu’elle rentre complètement dans le programme du prix Melsens et propose d’attribuer ce prix à M. le docteur Castaing.
- Le Rapporteur, L. Prunier.
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- SÉANCE GÉNÉRALE. — JUILLET 1896.
- Prix des lampes a incandescence (Commission du prix, MM. Carpentier, Raymond et Violle, rapporteur).
- Messieurs,
- La Société d’Encouragement a proposé un prix de 2 000 francs pour une lampe électrique à incandescence ayant une intensité d’une bougie décimale et fonctionnant avec un vingtième d’ampère sous cent volts de différence de potentiel.
- Le problème est très important au point de vue de la division de la lumière; il est en même temps très difficile par suite de la finesse extrême des filaments à manier : le résoudre constituerait un progrès réel dans l’éclairage par l’électricité.
- M. Solignac, d’une part, MM. Javaux et Nysten, d’autre part, ont cherché à satisfaire aux conditions du concours.
- M. Solignac a envoyé 7 lampes construites pour marcher : quatre d’entre elles sous 100 volts, une sous 95, une sous 105, une sous 110. Nous avons essayé 5 de ces lampes : celle de 95 volts, trois de 100 volts et celle de 105. Elles nous ont donné des intensités lumineuses comprises entre 0,617 et 0,955 bougie (1), pour des dépenses par bougie variant de 4,28 à 6,47 watts. En moyenne, elles ont donné 0,82 bougie, pour une dépense par bougie de o watts, correspondant à 0,050 ampères sous 100 volts (2). Cette moyenne est très satisfaisante ; mais les différentes lampes sont trop dissemblables. Elles sont toutes un peu faibles, elles manquent d’éclat et l’ampoule est relativement volumineuse.
- MM. Javaux et Nysten nous ont fait remettre 15 lampes de 100, 105 et 110 volts. Nous avons expérimenté sur 14 lampes, qui ont offert des intensités lumineuses variant de 0,787 à 1,316 bougie, pour des dépenses par bougie allant de 3,51 à 9,78 watts (3). En moyenne, elles ont donné 1,08 bougie, pour une dépense par bougie de 6,12 watts, correspondant à 0,0598 ampère sous 102,3 volts (4). Ces lampes avaient plus d’éclat et meilleur aspect que celles de M. Solignac ; mais elles présentaient entre elles des différences beaucoup plus grandes et un certain nombre n’ont eu qu’une existence éphémère, le vide y étant probablement imparfait.
- (1) Ce maximum et ce minimum se rapportent à deux lampes de 100 volts.
- (2) La résistance moyenne d’une lampe était donc de 2 000 ohms.
- (3) Nous laissons de côté une lampe de 105 volts donnant 0,597 bougie à raison de 11,99 watts par bougie.
- (4) Par conséquent la résistance moyenne d’une lampe différait peu de 1700 ohms.
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- Ni M. Solignac, ni MM. Javaux et Nysten n’ont donc complètement réussi; mais ils ont obtenu des résultats très intéressants et qui montrent que le problème proposé par la Société est susceptible d’une solution pratique. Comme, d’ailleurs, le programme du prix porte que, si la question n’est pas entièrement résolue, la Société tiendra compte des résultats obtenus, le Comité des Arts économiques vous propose :
- 1° De proroger le prix jusqu’en 1898;
- 2° D’accorder un encouragement de 1000 francs à chacun des deux concurrents, MM. Javaux et Nysten d’une part, M. Solignac d’autre part, dont les efforts méritent d’être récompensés.
- Le Rapporteur, J. Violle.
- COMITÉ D’AGRICULTURE
- PRIX D’AGRICULTURE Rapporteur, M. Risler.
- Prix de 2000 francs pour la meilleure étude sur la constitution physique et la composition chimique des terrains dune région agricole de la France.
- Nous avons, en 1896, deux lauréats pour le prix de 2 000 francs des tiné à la meilleure étude sur la constitution physique et la composition chimique comparées des terrains d’une des régions naturelles ou agricoles de la France.
- L’un d’eux, dû à M. Waldmann, pharmacien à Pont-l’Évêque, est intitulé: /’Agriculture et. la terre dans le pays d Auge ; recherches pour servir à l’établissement d’une carte agronomique de l’arrondissement de Pont-l’Évêque (Calvados).
- Le mémoire est, en effet, accompagné d’une carte agronomique. Mais cette carte agronomique laisse à désirer. Elle a été faite en doublant, d’après la carte géologique au 1/80000 de la France, toutes les surfaces indiquées pour les diverses fonctions géologiques et cet agrandissement, au lieu d’avoir été fait par un procédé exact, n’a été fait que par à peu près. De plus, les teintes choisies pour les différentes formations ne sont pas assez nettes
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- SÉANCE GÉNÉRALE.
- JUILLET 1896.
- pour être bien distinguées ; elles ne sont pas accompagnées de lettres et l’ordre des formations, tel qu’il est indiqué dans les légendes, n’est pas celui qu’elles ont dans la nature. Cette infériorité de la carte agronomique ôte un peu de leur valeur aux nombreuses analyses que M. Waldmann a faites des terres de l’arrondissement de Pont-l’Évêque ; on ne peut pas savoir bien exactement pour quelles surfaces elles sont valables. Du reste, ces analyses paraissent avoir été bien faites, d’après les méthodes recommandées par le comité des stations agronomiques et il n’en ressort pas moins des résultats intéressants sur la composition chimique et physique des terres qui reposent sur les diverses formations ou qui sont soumises à divers systèmes de culture.
- Le limon des plateaux ou terre franche, qui forme la plupart des terres de labour, est pauvre en chaux et en acide phosphorique, mais assez riche en potasse. Il en est de même de l’argile à silex.
- La plupart des herbages se trouvent sur les alluvions des vallées de la Touque, ou sur les argiles de Dives et d’Honfleur. On y trouve, en moyenne, 3,416 p. 1 000 d’azote, tandis que, dans les terres de labour, il n’y en a que 1 à 1 et demi p. 1 000.
- M. Waldmann donne des renseignements fort intéressants sur la valeur de ces divers terrains, valeur qui a diminué depuis une dizaine d’années de 1/3 à moitié pour les terres de labour, mais peu pour les herbages.
- Il décrit très bien les méthodes d’exploitation de ces herbages, les rendements qu’on y obtient soit par l’engraissement du bétail, soit par les vaches laitières qui donnent en moyenne onze litres de lait par jour, lait qui sert à faire du beurre ou des fromages de Pont-l’Évêque, de Camembert ou de Livarot. Il nous fournit également des détails sur l’élevage du cheval et des porcs, sur la plantation des pommiers, la fabrication du cidre, etc.
- Quelques photographies très caractéristiques des cours mariables ou cours de ferme et des animaux du pays, accompagnent le texte.
- Le deuxième travail qui nous est présenté, incontestablement le meilleur, est une Etude géologique, agricole et économique du département de la Dordogne, par MM. Beuret et Brunet, ingénieurs agronomes. Les auteurs ont pris pour bases de leurs études les formations géologiques qui sont très variées dans le département et qui se superposent du Nord-Est au Sud-Ouest d’après leur ordre d’ancienneté; pour chacune d’elles, ils donnent des analyses de terres bien caractéristiques et bien faites; puis ils décrivent les systèmes de culture que l’on y pratique, en indiquant les améliorations qu’on pourrait
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- y introduire et donnent, comme exemples, quelques fermes où ces améliorations ont été réalisées.
- Au Nord-Est, ce sont des granités et des schistes micacés analogues à ceux du Limousin et de tout le Plateau Central avec leurs châtaigneraies, leurs prairies irriguées, leurs cultures de seigle et de sarrasin qui, se transformant peu à peu, y sont remplacées par le blé, les pommes de terre et les trèfles, depuis que les moyens de transport leur amènent des amendements calcaires et les phosphates. Parmi les domaines qui ont les premiers montré cette voie de progrès, se trouve celui de la Durantie, près de Lanouaille, qui appartenait au maréchal Bugeaud.
- Puis viennent successivement les terrains jurassiques et les terrains crétacés, dont les plateaux calcaires constituent la plus grande partie du Périgord et impriment leur caractère spécial aux arrondissements de Périgueux, Ribérac et Sarlat et à une partie de celui de Bergerac.
- C’est le pays des noyers et des chênes à truffes, ce qui fournit à MM. Beu-ret et Brunet l’occasion de nous donner deux excellentes monographies de ces deux cultures qui deviennent de plus en plus importantes depuis que le phylloxéra a détruit une grande partie des vignobles du Périgord. Dans les sols calcaires, leur reconstitution parles porte-greffes américains est difficile, souvent impossible.
- Mais, par contre, elle réussit bien dans les terrains tertiaires que l’on rencontre par-ci par-là à la surface des plateaux jurassiques ou crétacés, terrains de sables ferrugineux ou d’argiles pauvres en chaux, autrefois terres de bois ou de landes improductives. La vigne se déplace: elle passe d’une formation géologique dans une autre. Quand ces terrains tertiaires ne couvrent que de faibles surfaces, ils peuvent facilement être amendés au moyen des calcaires qui se trouvent autour et au-dessous d’eux. Mais, quand ils ont des étendues de près de 50 000 hectares, comme dans la Double, à l’Ouest du département, dans l’angle formé par l’Isle avec la Dronne, ces améliorations deviennent difficiles. La Double est la Sologne du Périgord, contrée destinée à produire principalement des bois.
- Les auteurs consacrent un chapitre spécial aux terrains quaternaires et aux alluvions des vallées delà Dordogne, de l’Isle, etc., où la culture du tabac donne d’excellents résultats, mais où la production des fourrages laisse encore à désirer.
- Dans tout ce travail, les questions économiques ne sont pas moins bien traitées que les questions chimiques et géologiques.
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- Le rapporteur propose de partager le prix de 2 000 francs entre MM. Beuret et Brunet pour 1 500 francs et M. Waldmann pour 500 francs.
- PRIX DE PISCICULTURE
- Repeuplement des cours d’eau et des étangs, rapport présenté au nom du Comité déagriculture, par M. Chatin.
- Provoquer le repeuplement des cours d’eau et des étangs, chaque jour plus appauvris de leurs hôtes utiles,poissons et écrevisses, tel est le sujet du prix de 2 000 francs proposé par la Société nationale d’Encouragement.
- Parmi les communications adressées pour le concours, deux mémoires ont plus particulièrement paru, par les recherches pratiques de leurs auteurs et par l’exposé simple et net des faits, répondre aux vues de la Société.
- Ces mémoires ont été inscrits, suivant l’ordre de leur arrivée au secrétariat, sous les numéros 1 et 2. Tous deux sont des œuvres sérieuses : nous les considérerons dans l’ordre même de leur inscription.
- mémoire n° 1.
- L’auteur en est M. Zipcy, professeur près l’École d’agriculture du Morbihan, à Pontivv. Considérant le sujet dans son ensemble, il traite successivement du repeuplement par poissons et par écrevisses, la question des poissons tenant tout naturellement, par sa plus grande importance, la première et la plus grande place.
- Après avoir cité cette prophétie, à réalisation encore bien lointaine, de Quatrefages, « un jour viendra où l’on sèmera le poisson dans les eaux comme le blé dans les champs » et signalé que, du moins, la culture des eaux, plus assurée que celle des champs, se réduit, dans les cas les plus ordinaires, à ensemencer et à récolter, M. Zipcy traite de la pisciculture aux points de vue suivants :
- Des eaux, température et nature chimique, celle-ci en relation avec les terrains.
- Des poissons, classés en poissons à’eaux vives: saumons, truites, ombres, barbeau, lote, goujon; — en poissons d’étangs : carpe, tanche, brème; — poissons à la fois de cours d’eau et d’étangs : brochet, perche.
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- PRIX DE PISCICULTURE.
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- Des tableaux, dressés d’après les propres observations de l’auteur, donnent, de six mois en six mois, la longueur et le poids de tous ces poissons, de leur naissance à un âge avancé, par exemple 4 ans pour le saumon, 10 ans pour le brochet, 19 ans pour la carpe.
- La production des d salmonidesans les établissements piscicoles des fermes-écoles de Ghavaignac (Haute-Vienne) et de Coigny (Manche) créées et dirigées par M. Zipcy, est minutieusement exposée, avec dessins des appareils d’incubation et d’élevage.
- La culture des étangs par les cyprins, etc., n’est pas traitée avec moins de soins que celle de la culture des eaux vives par les salmonidés. Les frayères naturelles sont, en particulier, l’objet de détails fort instructifs.
- M. Zipcy résume ses études pratiques par un exposé des résultats obtenus à l’établissement piscicole de Chavaignac et à celui de Coigny par l’élevage des salmonidés et celui des cyprins.
- On voit qu’à Chavaignac le nombre des alevins de saumons et ombres chevalier mis en rivière de 4883 à 1884 a été de 128500 et, à Coigny, de-1889 à 1890, de 34000.
- Les écrevisses sont, à leur tour, sujet d’études pratiques pour M. Zipcy, qui donne la préférence à l’écrevisse aux pinces rouges, dite de la Meuse, sur l’écrevisse commune, d’ailleurs plus petite, pour la culture des eaux peu courantes. Remarque plus que justifiée par ce fait que votre rapporteur élève, avec plein succès dans la reproduction, l’écrevisse de Meuse dans de petits étangs où l’écrevisse du pays, commune à quelques pas de là dan& la rivière d’Yvette, ne peut se maintenir.
- Parles sérieuses observations et expériences sur lesquelles il repose, le mémoire de M. Zipcy a paru digne d’avoir part au prix proposé par la Société nationale d’Encouragement.
- MÉMOIRE n° 2
- Il a pour auteur M. Jaffier, président de la Société de pisciculture de la Creuse, à Guéret.
- Comme M. Zipcy, M. Jaffier traite avec détails, après le poisson, de l’écrevisse, cet agréable crustacé si décimé depuis vingt ans par de cruelles épidémies et de tout temps par des pêches sans merci.
- Plein de foi en l’avenir de la pisciculture, M. Jaffier a donné pour épigraphe à son travail les paroles citées plus haut, de Quatrefages, paroles qui laissent, du moins, place à l’espérance.
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- M. Jaffier consacre un important chapitre anx poissons d’hiver ou salmonidés, appelés à repeupler les rivières et ruisseaux, et les suit dans les diverses phases de leur développement, traitant successivement, avec l’autorité que donne la pratique, — de la fécondation tant artificielle que naturelle, de l’éclosion, de l’élevage et du transport des alevins.
- La description de l’établissement d’élevage en grand, créé parM. Jaf-fîer lui-même, fait bien comprendre les préceptes.
- Les poissons d’été (carpes, tanches, perches, brochets) sont l’objet d’une étude parallèle à celle des poissons d’hiver. Leur fécondation et incubation artificielle, surtout leur production naturelle dans les frayères herbeuses des étangs et du bord des rivières, sont exposées avec dessins et plans à l’appui.
- Les règles du repeuplement, de l’alimentation et de la pêche des étangs sont tracées avec toute l’autorité du praticien.
- Une dernière étude est consacrée à l’écrevisse, dont le dépeuplement, par des maladies qui semblent être en décroissance dans la région de l’est, a, en outre, pour cause des pêches s’étendant jusqu’aux plus petits des crus-tacées et l’absence de toute surveillance administrative.
- A propos du service de la pisciculture, M. Jaffier insiste sur l’insuffisance de la réglementation. Il voudrait que tout pêcheur fût tenu de prendre un permis de pêche comme le chasseur l’est de se munir d’un permis de chasse.
- Le permis de pêche, même concédé à un prix minime, .faciliterait la surveillance en même temps qu’il créerait une ressource pour le repeuplement.
- Ecrits par deux hommes familiarisés à toutes les pratiques de la mise en valeur des eaux, les mémoires n° 1 et n° 2 sont appelés l’un et l’autre à rendre service aux administrations et aux propriétaires se proposant de mettre leurs eaux en valeur.
- La publication de ces mémoires est des plus désirables. Nous ne saurions trop y engager leurs auteurs, MM. Zipcy et Jaffier, entre lesquels nous proposerons de partager en portions égales le prix de 2 000 francs, mis en concours par la Société nationale d’Encouragement.
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- COMITÉ DU COMMERCE
- Rapport fait par M. E. Gruner, au nom du Comité du Commerce sur le concours ouvert pour un prix de 2 000 francs pour une étude économique d’un centre industriel en France.
- Messieurs,
- Le concours institué parla Société d’Encouragement dans le but de provoquer des études monographiques sur divers centres industriels français a provoqué la remise de cinq travaux manuscrits d’importance et de valeur diverses, qui tous renferment des données instructives, mais dont aucun cependant ne présente cet intérêt que susciterait certainement l’étude d’ une de nos grandes industries nationales dans les phases successives de son développement, dans ses crises et dans ses succès.
- L’un des mémoires trace un tableau intéressant des constructions navales en France dès les temps anciens. De nombreuses statistiques, empruntées à des sources que l’auteur n’indique malheureusement pas, montrent les fluctuations diverses de cette industrie pendant les xvne et xvme siècles.
- Une pareille étude, pour répondre au programme que trace la Société, eût demandé des développements beaucoup plus amples et l’examen monographique des conditions de vie de la population consacrée à cette industrie spéciale. L’auteur pourrait utilement compléter ce mémoire, qui représente déjà une somme de travail auquel votre Comité se plaît à rendre hommage.
- Un second mémoire a dû, pour un autre motif, être, lui aussi, écarté du concours. Connaissant bien Xindustrie des mélasses, l’auteur a dévié quelque peu de l’esprit du programme. Passant rapidement sur les considérations économiques et sociales, il s’est surtout étendu sur les détails techniques de la fabrication et de l’épuration des alcools. C’est à regret que votre Comité n’a. pu retenir ce mémoire qui témoigne d’un travail considérable, mais qui rentrerait plutôt dans le domaine du Comité des Arts chimiques que dans celui du Commerce.
- Le Mémoire sur l’Industrie morutier e en France ne répond pas suffisamment au programme du concours. C’est un rapport administratif, dans lequel l’auteur expose la législation spéciale qui régit la pêche de la morue,
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- en y joignant des documents statistiques sur les mouvements de cette pêche. Ce travail n’est pas sans mérite; et, quoiqu’il y manque l’étude de la plupart des questions essentielles qui sont indiquées dans le programme, il nous paraît cependant équitable de lui accorder une médaille d’argent.
- Un mémoire portant la devise : Tout vient à point à qui peut attendre, entre bien dans le cadre tracé par la Société. Celte étude, faite par un homme compétent, qui connaît à fond la question qu’il traite, est succincte, mais méthodique. Elle est relative aux Ardoisières de Roche fort-en-Terre, dans le Morbihan. Elle comprend :
- 1° Une partie historique qui suit les transformations successives du travail, d’abord entièrement manuel, puis peu à peu aidé par certains engins mécaniques ;
- 2° Une partie économique, montrant les variations des prix de fabrication et de vente et les erreurs commises par ceux qui, distribuant les bénéfices dès qu’ils apparaissaient, ne se préoccupaient pas suffisamment d’amortissements et de constitution de réserves ;
- 3° Une partie sociale, consacrée à l’appréciation du rôle des ouvriers et des causes de leur misère (ivrognerie, inconduite, etc.). En passant, l’auteur signale les heureux effets de l’admission de conseillers ouvriers dans la gestion de la caisse de secours ;
- 4° Une partie commerciale, relative aux débouchés, au rôle des droits de douane, des moyens de communications (routes, chemins de fer, mer et canaux).
- Exempt de toute phraséologie, ce travail consciencieux est une monographie relative à une petite industrie locale, sans influence notable sur la prospérité générale de la France, et au contraire essentiellement limitée par la concurrence du grand centre d’Angers.
- Il semble même qu’il y ait une apparente contradiction entre certaines espérances de développement et l’état rudimentaire dans lequel reste cette exploitation sans cesse interrompue et ruinée par des éboulements, conséquence malheureuse des conditions de gisement et peut-être de certaines méthodes d’exploitation.
- Ai l’importance de l’industrie étudiée, ni le développement donné au mémoire que nous analysons n’ont paru être en rapport avec l’importance du prix lui-même ; mais le Comité tient à reconnaître les mérites de cette intéressante monographie en lui attribuant une médaille d’argent.
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- Un cinquième mémoire, déposé avec la devise : Labor improbus omnia vincit étudie avec une minutieuse précision un petit centre industriel, Villedieu-les-Poêles, dans le département de la Manche, où une industrie spéciale, implantée dès le xnc siècle, a survécu à toutes les crises, s’est transformée progressivement pour répondre aux besoins et aux goûts d’une clientèle toujours plus étendue et a su, par la perfection de son travail, devenir à la fois fournisseur attitré de nos grands magasins de nouveautés à Paris par certains de ses produits, et de nombreuses églises par ses cloches et ornements religieux. L’auteur n’a eu garde d’oublier que, par l’industrie dentellière, les femmes ont su occuper leur activité et compléter le maigre revenu apporté au ménage par le travail du mari. Qu’il fabrique exclusivement, comme aux temps lointains, des poêles à cuire les galettes bretonnes, ou qu’il arrive à diversifier les types d’ustensiles en cuivre battu, ce modeste bourg de Villedieu ne contribue que peu au mouvement général des affaires, et il est difficile d’attribuer à son industrie une influence appréciable sur la prospérité générale du pays. Et pourtant, il est bon d’apprendre à connaître même ces centres modestes. Aussi le Comité n’hésite-t-il pas à vous proposer d’attribuer à ce mémoire tout au moins une fraction du prix, soit 500 francs.
- Cette récompense est d’autant mieux justifiée qu’aucune des questions indiquées dans le programme n’est passée sous silence; tous les points sont examinés : les origines, les transformations et l’état actuel de l’industrie sont tout d’abord analysés; puis, pénétrant dans l’atelier, l’auteur l’étudie tel qu’il était et tel qu’il est maintenant que l’outillage mécanique est venu occuper sa place et faciliter le travail. L’ouvrier n’est pas oublié et on est heureux de le trouver économe, rangé, prévoyant. Et si l’industrie a survécu, c’est que des patrons intelligents ont discerné celles des parties du travail qu’il fallait savoir abandonner aux grands ateliers mécaniques de celles, au contraire, où l’habileté manuelle aurait toujours sa supériorité.
- 11 ressort de cette étude une utile leçon, car elle montre que la grande industrie ne tue pas nécessairement les industries locales qui savent progresser; et, à ce point de vue également, le Comité est heureux de récompenser cet auteur, dont la devise s’applique bien exactement à ceux dont il nous a présenté la pénible mais utile existence.
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- MEDAILLES
- I. LISTE DES MÉDAILLES DÉCERNÉES PAR LA SOCIÉTÉ POUR DES INVENTIONS OU DES PERFECTIONNEMENTS AUX ARTS INDUSTRIELS
- Nos d’ordre. NOMS DES LAURÉATS. NOMS DES RAPPORTEURS nommés par les comités. INVENTIONS OU PERFECTIONNEMENTS qui ont motivé les médailles.
- MÉDAILLES 1 D’OR
- MM. MM.
- 1 Col. Prunier. Fabrication de produits résineux.
- 2 Hardy. Violle. Formènophone (1).
- 3 CuAMPIGNY. Rozé. Tachéomètre.
- 4 Lencaucuez et Du- Brull et Hirsch. Distribution pour locomotives (2).
- RANT.
- 3 S AM AIN. Tresca. Compteurs d’eau (3).
- 6 Comité des Compagnies CllEYSSON, Tables de mortalité (4).
- d’assurances sur la vie.
- MÉDAILLES D’ARGENT
- MM. MM.
- 1 Boissier. Lavalard. Ouvrage sur le cheval de mines(3).
- 2 ClIASTANET. Tresca. Tour à copier (6).
- 3 Détourbe et De- Bérard. Masques respirateurs (7).
- troye.
- 4 ClüOS et Sc.llMALZER. Layalard. Freins de voiture (8).
- 5 Point. Simon. Perfectionnements au métier Jac-
- quard (9).
- 6 Roux. Rozé. Encliquetage (10).
- 7 Seguy. SlIUTZENBERGER. Ozoniseur (11).
- 8 SlDERSKY. A. Girard. Contrôle des distilleries agricoles(l 2).
- 9 Sollier. Rossigneux. Machine à sculpter ou iogomètre (13).
- 10 Thouvenin (capit. ). Général Sebert. Appareils chronométriques (14).
- (1 Bulletin de mai 1896, p . 651. — (2) Bulletin de n iai 1896, p. 666. — (3) Bulletin de juillet 1895,
- p. 848. — (4) Bulletin de février 1896, p. 168. — (5) Bulletin d’avril 1896, p. 503. — (6) Bulletin d'août
- 1895, p. 905. — (7) Bulletin de janvier 1896, p. 12. — (8) Bulletin de janvier 1896, p. 20. —(9) Bulletin
- de mars 1896, p. 338. — (10) Bulletin de juillet 1895, p. 844. — (11) Bulletin de juin 1896,
- p. 817. — (12) Bulletin de juin 1896, p. 812. — (13) Bulletin de juin 1896, p. 819. — (14) Bulletin
- de juin 1896, p. 809.
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- MÉDAILLES D’ENCOURAGEMENT.
- JUILLET 1896.
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- fa PS O PS O © NOMS des lauréats. NOMS DES RAPPORTEURS nommés par les comités. INVENTIONS OU PERFECTIONNEMENTS qui ont motivé les médailles.
- a 1ÉDAILLES D’AF tGENT {suite).
- MM. MM.
- 11 VlLLAIN. S. Pector. Reports photographiques (15).
- 12 Le Beuf. Gruner. L’industrie morutière en France.
- 13 X. Gruner. LesardoisièresdeRochefort-en-Terre.
- MÉDAILLES DE BRONZE
- MM. MM.
- 1 Boyer. S. Pector. Suspensions pour cadres (16).
- 2 Mackenstein. S. Pector. Jumelle photographique (17).
- (15) Bulletin de février, p 173. — (16) Bulletin de mars 1896, p. 436. — (17) Bulletin d’avril 1896,
- p. 500.
- Les Secrétaires de la Société
- Ed. collignon,
- Inspecteur général «les Ponts et Chaussées.
- AIMÉ GIRARD,
- Membre de l’Institut, professeur au Conservatoire national des Arts et Métiers.
- DISTRIBUTION DES MÉDAILLES
- DÉCERNÉES POUR LES INVENTIONS UTILES OU LES PERFECTIONNEMENTS DANS LES ARTS INDUSTRIELS
- Rapports des différents Comités (Voir le tableau ci-dessus)
- MÉDAILLES D’OR
- ARTS MÉCANIQUES
- tachéomètre de M. Champigny, INGÉNIEUR CIVIL des MINES, Rapporteur M, Rozé.
- M. Champigny, ingénieur civilités Mines, inventeur d’appareils très légitimement appréciés se rapportant à l’industrie minière, s’est consacré depuis
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- SÉANCE GÉNÉRALE.
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- lin certain nombre d’années à la création d’un ensemble d’instruments «propres aux diverses opérations de mesure sur le terrain dont le caractère spécial est d’être auto-réducteurs et auto-calculateurs.
- Le tachéomètre qu’il a soumis au jugement de la Société est remarquable par ses qualités de parfaite appropriation à chacune des opérations que comporte un levé complet : les trois déterminations d’azimuth, d’altitude relative, de distance pour chacun des points observés d’une station donnée, sans déplacement de l’instrument, sont donnés en valeurs définitives et par lectures immédiates. Les mesure d’altitude et de distance se concluent par différence de deux lectures faites sur une mire stadimétrique verticale placée au point observé pour deux directions successives de la lunette; le passage de l’une à l’autre direction se fait par la simple manœuvre d’un bouton qui commande des organes tels que le résultat conclu de la différence des lectures, indépendant de l’inclinaison initiale de la lunette, est un multiple exact de la hauteur ou de la distance; ce multiple est, dans l’appareil présenté, cinquante pourles hauteurs et cinquante ou cent pour les distances, à volonté et selon la grandeur de celles-ci et la hauteur de la mire.
- Les précieux avantages de cet instrument, aux divers points de vue de la précision des mesures, de la certitude des résultats, de la rapidité et de la simplicité des opérations sont mis en relief de la façon la plus nette par la discussion des résultats obtenus dans les épreuves spéciales, sur le terrain, auxquelles il a été soumis par le rapporteur. Ces avantages sont d’ailleurs conséquences immédiates non seulement du principe fondamental, mais encore de l’étude judicieuse des moindres détails des dispositions mécaniques, étude qui a conduit M. Champigny à la création d’organes nouveaux,d’outils appropriés à la réalisation pratique et montre que, même après les maîtres dans l’art de la construction des instruments de précision, on peut encore réaliser des progrès nombreux et de la plus haute importance.
- Le tachéomètre ainsi constitué paraît heureusement approprié au rôle assigné à ce genre d’instruments dans les opérations de tout genre concernant le lever du plan et la topographie. Il semble propre à concourir utilement aux grandes opérations que comportent le tracé des routes, des chemins de fer, la réfection du cadastre, etc.
- Comme témoignage de haute appréciation des mérites de M. Champigny, des soins minutieux et persévérants qu’il a consacrés à la création de son
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- MÉDAILLES ü’oR. — JUILLET 1896.
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- instrument, enfin des qualités tout à fait remarquables du tachéomètre autocalculateur qu’il a soumis au jugement de la Société, le Comité des Arts mécaniques a l’honneur de vous proposer de lui décerner une médaille d’or.
- Compteur d’eau de M. Samain, Rapporteur M. A. Tresca.
- La Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale a approuvé, dans sa séance du 25 juillet 1895, un rapport présenté au nom du Comité des Arts mécaniques sur le compteur d’eau de MM. Samain et Cie, dont les garnitures se comportent bien à l’eau chaude et qui peut être employé dans de bonnes conditions dans les installations de chaudières à vapeur pour contrôler et totaliser la dépense de vapeur d’un groupe de chaudières.
- Les différents appareils visités ou essayés au mois de mai 1895 sont encore en service courant, et l’on n’a remarqué, pour aucun d’eux, de vices de fonctionnement ou des difficultés d’application.
- Le nombre des compteurs employés comme compteurs de l’eau d’alimentation de chaudières à vapeur a augmenté depuis cette époque, et de grandes administrations de l’État en ont ordonné l’emploi.
- Pour ces motifs, la Société d’Encouragement décerne à MM. Samain et Cie une médaille d’or pour leur nouveau compteur d’eau.
- MÉDAILLES COMMÉMORATIVES
- Le Conseil d’administration a décidé d’offrir à plusieurs personnes qui ont bien voulu faire des communications intéressant la Société des médailles commémoratives en argent, à titre de remerciement, pour marquer l’intérêt avec lequel elles ont été accueillies.
- Ces médailles sont remises à :
- MM. Appert, séance du 28 février 1896. — L’Industrie du verre. de Luynes, séance du 22 novembre 1895. — La Céramique.
- Duclaux, séance du 27 décembre 1895. — L’Œuvre industrielle de Pasteur. Ferraind, séance du 27 mars 1896. — Progrès des torpilleurs.
- Moissan, séance du 24 janvier 1896. — Le Four électrique.
- Merveilleux du Vignaux, séance du 25 octobre 1895. — Les Progrès de l’artillerie.
- Sauvage, séance du 24 avril 1896. — La Locomotive.
- Violle, séance du 22 mai 1896. — L’Éclairage.
- Tome I.— 95e année. 5e série. — Juillet 1896.
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- Nos d’ordre.
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- MÉDAILLES
- II. LISTE DES CONTREMAITRES ET OUVRIERS AUXQUELS ONT ÉTÉ DÉCERNÉES DES MÉDAILLES D’ENCOURAGEMENT
- NOMS ET PRÉNOMS.
- MM.
- 1 Audrand (Joseph)
- 2 Blanvillain (Louis)
- c/2
- H
- O
- Q
- 55
- ÉTABLISSEMENTS
- AUXQUELS
- JLS APPARTIENNENT.
- Chef ouvrier à la fabrique de produits chimiques de MM. Duclos frères (ancienne maison Grimes), à Septêmes (Bouches-du-Rhône).
- 40
- Ouvrier aux anciens établissements Cail.
- 3
- 4
- 5
- 6
- 7
- 8
- Bockler (Ferdinand). . . . Boulenger (Émile).........
- Bourgeois (Claude)........
- Broutard (Ernest).........
- Brunet (Charles-Joseph). . Caridroit (Stanislas). . . .
- 9
- 10
- Chalenton (Louis). . . . Charles (Jean-Étienne) .
- 25 Distributeur au dépôt de la Compagnie d'Orléans.
- 44 Contremaître à Yusine d'Amiens (Somme), Société des manufactures de produits chimiques du Nord.
- 41 Machiniste aux mines de Sain-Bel (Rhône), Compagnie de Saint-Gobain, Chauny et Cirey.
- 28
- Contremaître à Y établissement agricole et industriel de Mme Vve Derome, à Bavay (Nord).
- 41
- Contremaître aux ateliers de Paris de la Compagnie de Paris-Lyon-Méditerranée.
- 41 Fondeur en zinc aux Fonderies et laminoirs de Biache-Saint- Vaast (Pas-de-Calais).
- 38 Ouvrier tailleur à la Société d'entreprises militaires et civiles, à Paris.
- 32 Chef mécanicien à la Compagnie des Omnibus.
- 11 Chauveau (Jacques)
- 30
- Ouvrier ferreur à la Compagnie d'Orléans.
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- H 05 Q K C0 ü W « ÉTABLISSEMENTS
- & to 'a NOMS ET PRÉNOMS. K Pi g H AUXQUELS
- O Z 03 Q ILS APPARTIENNENT.
- MM.
- 12 Chevillot (Auguste) 31 Contremaître aux usines du Châtil-lonnais (Allier), Compagnie des forges de Châlillon et Commentry.
- 13 Coulombié (Honoré-Jean). . . . 45 Ouvrier aux anciens établissements Cail.
- 14 David dit Messilier 41 Ajusteur aux ateliers d'Oullins.
- 15 Debaucheron 24 Ouvrier chaudronnier à la Compagnie d’Orléans.
- 16 Dugommier (Mmc veuve Céline). . 30 Ouvrière mouleuse chez MM. Bou-lenger et Cie, faïencerie de Ghoisy-le-Roi (Seine).
- 17 Delgorge (Jules) 45 Ouvrier tourneur à la Société Dandoy-Maillard, à Maubeuge.
- 18 Demtlly (Jules) 41 Premier équarrisseur de glaces, à la glacerie de Saint-Gobain (Aiéne), Compagnie de Saint-Gobain, Chau-ny et Cirey.
- 19 Desse (Eugène) 24 Ouvrier monteur à la Société Dandoÿ-Maillard, à Maubeuge.
- 20 Discazeau (Paul) 30 Ouvrier mouleur chez MM. Boulent ger et Cie, faïencerie de Choisy-le-Roi (Seine). 1
- 21 Dol (Jean) 59 Contremaître à la fabrique de produits chimiques de MM. Duclos frères (ancienne maison Grimes), à Septêmes (Bouches-du-Rhône).
- 22 Doucet (Jules) 34 Contremaître aux usines de la Société française de munitions de chasse, de tir et de guerre, à Paris.
- 23 Englard (Mwe Blanche). .... 37 , i Ouvrière brocheuse chez Mme' Vvr Henry Maudoux, à Paris.
- 24 Fabre (Auguste) 35 Ouvrier tourneur à la SociétéDandoy-Maillard, à Maubeuge.
- 25 Frimât (Mme Pauline) 35 Contremaîtresse aux usines de la Société . française de munitions de chasse, de tir et de guerre, à Paris. \
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- w PS O W w ° w > ÉTABLISSEMENTS
- PS ’q NOMS ET PRÉNOMS PS ^ m AUXQUELS
- < w Q ILS APPARTIENNENT.
- MM.
- 26 Gaudain (Albert) 20 Ouvrier en instruments de précision chez M. Berthélémy.
- 27 Gauthier (Jean) r i 26 Contremaître à la fabrique de produits chimiques de Marennes (Charente-Inférieure), Compagnie de Saint-Gobain, Chauny et Cirey.
- 28 Gelas (Charles) 28 Contremaître aux usines Saint-Jacques à Montluçon (Allier), Compagnie des forges de Châtillon et Commentry.
- 29 Lambert (Charles-Augustin). . . 36 Contremaître à Yusine des Mouli-neaux (Seine), Société française de \ munitions de chasse, de tir et de
- guerre.
- 30 Lécluse (Pierre) 26 Surveillant aux ateliers de doucissage de la glacerie de Montluçon (Allier), Compagnie de Saint-Gobain, Chau-ny et Cirey.
- 31 Lécroart (Florent) 40 Chef plombier à Yusine de la Made-leine; Société des Manufactures de produits chimiques du Nord, à Lille ' (Nord). ;
- 32 Lefort (Louis) 30 Mécanicien chef d’équipe chez MM. Boulenger et Cic, faïencerie de Choisy-le-Roi (Seine).
- 33 Lelièvre (Narcisse-Eugène). . . 27 Chef d’atelier à la Société anonyme des ciments français, à Boulogne- * sur-Mer (Pas-de-Calais).
- 34 Liborelle (Jean) 51 Ouvrier plombier à Yusine de Loos/ Société des Manufactures de produits chimiques du Nord, à Lille (Nord).
- 35 Malicot (Charles) 29 Monteur à la Compagnie de l’Ouest. I
- 36 Marciial (Eugène) 32 Chauffeur-mécanicien chez MM. Gilbert et Cie, fabricants de crayons à : Givet (Ardennes).
- 37 Mignard (François) 43 Chef ajusteur à la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest.
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- ce Q ce p *Q o Z NOMS ET PRÉNOMS. ANNÉES DE SERVICE. ÉTABLISSEMENTS AUXQUELS ILS APPARTIENNENT.
- MM.
- 38 Nasse (Louis) 43 Ouvrier ajusteur à la Société Dan-doy-Maillard, à Maubeuge.
- 39 Naudin (Ernest) 40 Ouvrier forgeron aux usines du Tron-çais (Allier), Compagnie des forges de Châtillon et Commentry.
- 40 Pernout (Joseph) 38 Brigadier-ajusteur aux ateliers de l’Est.
- 41 Perroto(Eugène-Ernest). . . . 44 Ajusteur aux anciens établissements Cail.
- 42 Racii (Baptiste) 40 Ouvrier coupeur à la Société à’entreprises civiles et militaires, à Paris.
- 43 Ravier (Arthur) 27 Contremaître à la Société Dandoy-Maillard, à Maubeuge.
- 44 Riciiier (Émile-Léopold).... 32 Chef d’entretien à la Compagnie de lEst.
- 45 Roiné (Joseph) 38 Brigadier-ébéniste à la Compagnie des Omnibus.
- 46 Rougier (Louis-Narcisse). . . . 45 Ouvrier imprimeur à l’imprimerie entaille-douce de M. Taneur.
- 47 Steinebacii (Joseph) 35 Ouvrier fraiseur chez MM. Gilbert et Cie, fabricants de crayons à Civet (Ardennes).
- 48 Tavernier (Jules) 31 Forgeron à Y établissement agricole et industriel de Mmc Vve Derome, à Bavay (Nord).
- Les Secrétaires de la Société,
- Ed. COLLIGNON,
- AIMÉ GIRARD,
- Inspecteur général des Ponts et Chaussées.
- Membre de l’Institut, Professeur au Conservatoire national des Arts et Métiers.
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- MÉDAILLES
- DÉCERNÉES AUX CONTREMAITRES ET OUVRIERS DES ÉTABLISSEMENTS MANUFACTURIERS ET AGRICOLES
- (Voir le tableau pages 970 et suiv.)
- 1. Andrand (Jean).
- M. Audrand est né aux Pennes (Bouches-du-Rhône), le 26 novembre 1823; à Page de 17 ans, il entrait, à Septêmes (Bouches-du-Rhône), à la fabrique de produits chimiques de M. Grimes (aujourd’hui MM. Duclos frères); il y compte, actuellement, cinquante-cinq ans de services consécutifs. C’est un ouvrier exemplaire sous le rapport de la conduite et du travail; employé d’abord comme ouvrier à l’atelier de lessivage de la soude, il est devenu, en 1845, c’est-à-dire il y a cinquante ans, chef de cet atelier qu’il dirige encore aujourd’hui.
- 2. Blainvillain (Louis).
- Né à l’Isle-Bouchard (Indre-et-Loire), le 12 avril 1829, marié et père de deux enfants, M. Blanvillain, actuellement forgeron aux anciens établissements Cad, s’y est montré, pendant quarante années de service, excellent ouvrier sous tous les rapports. Il a mérité en 1891 une médaille d’honneur.
- 3. Bockler (Ferdinand).
- M. Bockler, entré à la compagnie d’Orléans en 1891 comme distributeur, puis receveur depuis 1881, a toujours rempli ses fonctions à l’entière satisfaction de ses chefs, et sut dignement élever une famille de quatre enfants.
- 4. Boulenger (Emile).
- M. Boulenger compte aujourd’hui quarante-quatre ans d’excellents services dans l’usine d’Amiens appartenant à la Société des manufactures de produits chimiques du Nord (anciens établissements Kuhlmann). Né à Salouel (Somme), le 10 octobre 1837. M. Boulenger est entré dans cette usine en 1851 ; après avoir occupé successivement tous les postes que comprend la fabrication de l’acide sulfurique, de la soude, etc., il s’est élevé aux fonctions de contremaître, qu’il remplit depuis 1868. A la conduite des chambres de plomb, à la fabrication de l’acide nitrique il a apporté des améliorations manuelles qui ont permis de simplifier
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- les procédés employés. Il a reçu en 1895 la médaille d’honneur du travail décernée par le gouvernement français.
- 5. Bourgeois (Claude).
- M. Bourgeois, né à Sain-Bel (Rhône), le 14 janvier 1841, est entré aux mines de pyrites de Sain-Bel, appartenant aujourd’hui à la compagnie de Saint-Gobain, Chauny et Cirey, le 8 avril 1854 ; ouvrier d’abord, machiniste ensuite, il y compte aujourd’hui quarante et un ans de services excellents. Chargé de la grande machine du puits dit de Saint-Gobain, il s’est toujours acquitté de sa tâche avec autant d’habileté que de prudence; il a formé de nombreux élèves et rendu de grands services à l’exploitation.
- 6. Broutard (Ernest)
- M. Broutard est né à Louvignies-Bavay (Nord), le 23 juin 1842; il est entré à l’établissement agricole et industriel de M. A. Derome à Bavay, le 9 septembre 1867: il y compte aujourd’hui vingt-huit années d’excellents services; attaché plus particulièrement à la fabrication des engrais, il a acquis dans cette spécialité une grande expérience qui fait de lui un auxiliaire précieux; chargé de la direction du travail dans une des usines de la maison Derome, il y rend de grands services.
- 7. Brunet (Charles-Joseph).
- Entré à la compagnie de Paris-Lyon-Méditerranée comme ajusteur, le 2 juin 1852, M. Brunet, successivement traceur, chef d’équipe, aide contremaître et contremaître s’est constamment, pendant ses quarante et une années de service, fait remarquer par sa conduite exemplaire et ses aptitudes professionnelles.
- 8. Caridroit (Stanislas).
- M. Caridroit, né le 25 octobre 1836, est entré aux fonderies et laminoirs de Biache Saint-Vaast au mois de février 1856, et, depuis quarante et un ans, il y exerce la profession de fondeur de zinc; c’est un ouvrier absolument sûr, d’une conduite parfaite et qui a toujours fait preuve d’intelligence et d’habileté professionnelles.
- 9. Chalenton (Louis).
- M. Chalenton, né le 25 mai 1827 à Busigny (Nord), est entré, en 1857, aux établissements Godillot, appartenant, actuellement à la Société française d’entreprises civiles et militaires ; il y compte aujourd’hui, dans la profession de
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- tailleur, trente-huit ans de services, et, pendant cette longue période, il a eu occasion de donner des preuves nombreuses do dévouement et de capacité.
- 10. Charles (Jean-Etienne).
- M. Charles (Jean-Etienne), âgé de 75 ans, s’est constamment signalé par sa bonne conduite, son habileté et son ingéniosité pendant ses trente-deux années de service comme ouvrier et chef mécanicien à la Compagnie des Omnibus.
- 11. Chauveau (Jacques).
- Entré au service de la Compagnie d’Orléans, le 18 janvier 1866, M. Chauveau a su s’attirer, par sa conduite irréprochable et son caractère aimable, l’estime de ses chefs et l’amitié de ses camarades.
- 12. Chevillot (Auguste).
- M. Chevillot, né le 30 juillet 1851, est entré,* en 1865, comme apprenti ajusteur à la Compagnie des forges de Châtillon et Commentry. Depuis cette époque, c’est-à-dire depuis trente et un ans, sa conduite, sa probité, son habileté l’ont peu à peu amené à la direction de l’atelier de réparations. Très intelligent, sans autre instruction que celle reçue à l’école primaire, il a su apporter de nombreuses et utiles améliorations au matériel des usines.
- 13. Coulombié (Honoré-Jean).
- Né à Paris le 1er septembre 1836, entré aux établissements Cail le 13 janvier 1830, lauréat d’une médaille d’honneur en 1896, M. Coulombié peut être cité comme un ouvrier modèle à tous égards; il s’est fait constamment remarquer par son travail et son activité.
- 14. David (dit Messilier).
- Employé aux ateliers d’Oullins depuis 1885, M. David, dit Messilier, s’est constamment fait remarquer par son exactitude, sa conduite irréprochable et sa parfaite honorabilité.
- 15. Debaucheron.
- M. Debaucheron, entré à la Compagnie d’Orléans comme chaudronnier en 1872, receveur depuis 1889 et père de quatre enfants, est un ouvrier irréprochable, un père de famille exemplaire.
- 16. Delgorge (Jules).
- V Delgorge compte quarante-cinq années de service aux établissements Dandoy-Maillard, de Maubeuge. Animé d’un excellent esprit, très dévoué à ses
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- patrons et à ses camarades, M. Delgorge s’est constamment distingué par sa conduite irréprochable.
- 17. Demilly (Jules).
- M. Demilly, né le 8 février 1839, à Barisis-aux-Bois(Aisne), estentré à la gla-ceriede Saint-Gobain le 10août'1855; il y compteaujourd’hui vingt-six ans de services. Simple manœuvre à la cour, au début, passé ensuite à l’atelier aux terres, il entrait, en 1858, à l’atelier d’équarrissage des glaces où, par son mérite, il s’est élevé au rang de premier équarrisseur, qu’il occupe aujourd’hui encore : c’est à lui que la Compagnie confie spécialement l’équarrissage des grandes glaces.
- 18. Desse (Eugène-Joseph).
- Né à Maubeuge le 17 février 1851, ancien sous-officier d’artillerie de marine, M. Desse a débuté aux ateliers Dandoy-Maillard comme apprenti ajusteur en 1872. C’est aujourd’hui le chef très habile d’une équipe de montage de machines-outils.
- 19. Discazeau (Paul).
- M. Discajean, né le 28 juillet 1858 à Choisy-le-Boi (Seine), fait partie depuis le 7 janvier 1866 du personnel de la faïencerie Boulenger et Cie, à Choisy-le-Roi ; il y compte, par suite, trente ans de service. Sa profession est celle de mouleur à la bosse ; il s’y est particulièrement distingué, et sa conduite, d’autre part, est excellente. C’est lui qui, à Choisy-le-Roi, est chargé du moulage des plus grandes pièces, qu’il exécute avec habileté.
- 20. Dol (Jean).
- M. Dol est né à Marseille le 2 février 1823; orphelin à l’âge de 13 ans, il est entré en 1836 comme garçon de laboratoire à la fabrique de produits chimiques de Septêmes (Bouches-du-Rhône) appartenant à M. Grimes (aujourd’hui MM. Duclos frères) ; distingué pour sa bonne conduite et son assiduité au travail, il était, quelques années plus tard, choisi comme surveillant; en 1855 enfin, il a été élevé aux délicates fonctions de contremaître ; par son esprit d’équité et l’aménité de son caractère, il a su mériter l’estime des ouvriers qu’il dirige.
- 21. Doucet (Jules).
- M. Doucet, né le 26 octobre 1837, est aujourd’hui chef d’atelier aux usines de la Société française de munitions de chasse, de tir et de guerre (anciens établissements Gevelot et Gaupillat). C’est depuis le 1er mai 1861, c’est-à-dire depuis trente-cinq ans, qu’il est attaché à l’une de ces usines ; employé d’abord
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- comme ouvrier mécanicien, son intelligence, son esprit inventif et sa faculté d’organisation l’ont fait vite remarquer et appeler au grade de contremaître d’abord, de chef d’atelier ensuite. Il a montré, notamment pour la fabrication des douilles et des bourres de chasse, une compétence particulière ; il a reçu, en juin 1894, la médailled’honneur du travail décernée par le Gouvernementfrançais.
- 22. Mmp Vve Dugommier (Glaire).
- Mmc Dugommier, née le 26 juillet 1845 à Montereau (Seine-et-Marne), est entrée à la faïencerie de Choisy-le-Roi (H. Boulenger et Cie) le 6 juillet 1886. Depuis cette époque elle n’a pas quitté cette usine, oùelle compte par conséquent vingt-neuf ans et demi de services et où, dans sa profession d'ouvrière mouleuse, elle s’est fait remarquer par son habileté comme aussi par sa bonne conduite.
- 23. Mmo Englard (Blanche).
- Mme Englard, née à Paris le 14 mai 1844, est entrée, il y a trente-sept ans, dans la maison de brochage que dirige Mme Vve Ilenry Maudoux à Paris ; elle y est, aujourd’hui encore, employée comme première ouvrière brocheuse, et se recommande, tant par son mérite technique, par son habileté dans la direction du travail que par sa bonne conduite et sa moralité.
- 24. Farre (Auguste).
- Ouvrier tourneur aux établissements Dandoy-Maillard, M. Fabre s’est, pendant trente-cinq années de services, signalés par sa conduite irréprochable, sa fidélité à tous ses devoirs, le zèle avec lequel il s’est occupé de l’administration de la caisse de secours de ces établissements.
- 25. Mmc Frimât (Pauline).
- Mme Frimât, née le 19 octobre 1840, contremaîtresse de l’atelier de chasse à l’usine des Moulineaux (Seine), appartenant à la Société française de munitions de chasse, de tir et de guerre (anciens établissements Gevelot et Gaupillat), a débuté en 1860, à l’âge de 20 ans, dans ces établissements, où elle compte trente-six ans de services consécutifs. Attachée d’abord comme ouvrière à la fabrication des douilles de chasse, elle s’est, par sa conduite, comme aussi par son intelligente activité et par scs qualités d’initiative, élevée à la situation de contremaîtresse; elle a reçu, en juin 1893, la médaille d’honneur du travail décernée par le Gouvernement français.
- 26. Gaudaix (Albert).
- Employé depuis vingt ans chez M. Barthélemy, fabricant d’instruments de précision, M. Gaudain s’est constamment distingué par sa conduite irréprochable, son habileté, sa fidélité et son dévouement.
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- 27. Gauthier (Jean).
- M. Gauthier, né à Marennes (Charente-Inférieure) le 10 octobre 1856, est entré le 2 août 1869 comme servant-maçon à la fabrique de produits chimiques de Marennes, appartenant aujourd’hui à la Compagnie de Saint-Gobain, Chauny et Cirey; passé ensuite au laboratoire comme gamin, il a, aux cours du soir de l’usine, acquis une bonne instruction qui, jointe à sa conduite excellente, l’a conduit aux postes d’essayeur au laboratoire, puis de contremaître; c’est lui qui, aujourd’hui, est chargé de la fabrication de l’acide sulfurique, de sa concentration, etc. C’est un collaborateur assidu, ponctuel et dévoué.
- 28. Gelas (Charles-François).
- M. Gelas, né le 1er février 1833, compte aujourd’hui vingt-huit ans de services aux usines de Saint-Jacques, à Montluçon (Allier), appartenant à la Compagnie des forges de Châtillonet Commentry. Il y est entré, en 1868, en qualité d’ouvrier forgeron; mais son activité, son intelligence, une conduite et une probité exemplaires devaient bientôt le désigner pour une situation plus importante; appelé d’abord aux fonctions de chef marteleur au marteau de 20 tonnes de ces usines, il est aujourd’hui contremaître de l’atelier où fonctionne la presse de 4 000 tonnes. Dans ces divers postes, M. Gelas s’est distingué par une grande habileté professionnelle.
- 29. Lambert (Charles-Augustin).
- M. Lambert, né le 6 février 1835, est aujourd’hui contremaître à l’usine des Moulineaux (Seine), appartenant à la Société française de munitions de chasse de tir et de guerre (anciens établissements Gevelot et Gaupillat). Il est entré dans cette usine, comme ouvrier mécanicien, le 13 octobre 1859; il y compte par conséquent plus de trente-cinq ans de services dévoués; par son zèle,' par son intelligence, par ses mérites techniques, il est parvenu au grade de contremaître; on lui doit quelques études intéressantes de machines destinées à la fabrication des cartouches; il a reçu,'en juin 1894, la médaille d’honneur du travail décernée par le Gouvernement français.
- 30. Lécluse (Pierre).
- M. Lécluse, né à Désertiner (Allier) le 28 novembre 1846, est entré, le 1er novembre 1869, à la glacerie de Montluçon (Allier), appartenant à la Compagnie de Saint-Gobain, Chauny et Cirey; employé d’abord comme gamin au savonnage des glaces à la main, il entrait, après quelques années, aux ateliers dudouci, dans lesquels, après avoir parcouru tous les grades, il est, aujourd’hui,
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- employé comme surveillant; agent excellent, il a mis en marche des appareils nouveaux et a contribué à les faire réussir.
- 31. Lecroart (Florent).
- M. Lecroart, né à Loos (Nord), le 8 février 1840, compte aujourd’hui quarante ans de services consécutifs dans les usines appartenant à la Société des Manufactures de produits chimiques du Nord (anciens établissements Kuhlmann). Au mois de décembre 1835, il entrait comme apprenti plombier à l’usine de Loos, pour de là passer à l’usine de la Madeleine, et enfin à l’usine d’Amiens. Simple ouvrier d’abord, ses mérites techniques l’ont bientôt fait choisir pour guider et initier à leur art les plombiers chargés, dans ces diverses usines, des travaux délicats qu’exige la construction et la réparation des chambres à acide sulfurique; chef plombier depuis 1876, il n’a cessé d’étudier les diverses modifications apportées à ces chambres et d’appliquer à la réussite de ces modifications la grande expérience qu’il a su acquérir.
- 32. Lefort (Louis).
- M. Lefort, né le 13 avril 1834, à Sillé-le-Guillaume (Sartlie), est entré à la faïencerie de Choisy-le-Roi (aujourd’hui H. Boulenger et Cio) au mois de juillet 1866; la durée de ses services dans cette usine est aujourd’hui de près de trente ans. Ouvrier mécanicien au début, il est aujourd’hui chef d’une équipe importante et se recommande par l’intelligence et l’habileté qu’il a montrées dans les différents travaux de montage et de réparation dont il a été chargé.
- 33. Lelièvre (Narcisse-Eugène).
- M. Lelièvre est né à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) le 10 juillet 1856. En 1869, il est entré comme apprenti mécanicien à la fabrique de ciments de la Société anonyme des ciments français, à Boulogne; il y compte, aujourd’hui, vingt-sept ans de travaux consécutifs. Peu de temps après son entrée dans l’usine, M. Lelièvre appelait l’attention de ses chefs par son intelligence et son esprit inventif ; en 1866, ses mérites lui faisaient confier le poste de chef d’atelier. Depuis cette époque, il n’a cessé de donner la preuve de ses mérites techniques; dans bien des cas, il a apporté des modifications heureuses au matériel spécial qu’exige la fabrication des ciments.
- 34. Liborelle (Jean).
- M. Liborelle est né, en 1824, à Gand (Belgique), d’un père français; il est, par conséquent, âgé de 71 ans, et, malgré son âge, il compte, aujourd’hui encore,
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- parmi les collaborateurs actifs de la fabrique de produits chimiques de Loos (Nord), appartenant à la Société des Manufactures de produits chimiques du Nord (anciens établissements Kuhlmann). Il y est entré en 1844, c'est-à-dire il y a cinquante et un ans, et y occupe aujourd’hui le poste de chef plombier. C’est là que M. Liborelle a fait son apprentissage et qu’il a, peu à peu, acquis la grande compétence qu’il possède, aussi bien au point de vue de la soudure du plomb des chambres à acide sulfurique qu’au point de vue de la soudure à l’or des appareils de platine; il a formé de nombreux élèves et rendu des services-appréciés.
- 35. Malicot (Charles).
- Pendant vingt-neuf années de services comme monteur à la Compagnie de l’Ouest, M. Malicot a constamment fait preuve d’intelligence et de valeur professionnelle, se prêtant à tous les travaux qui lui étaient commandés, même en dehors de sa profession. D’une conduite irréprochable, il a su, en outre, élever une famille de six enfants.
- 36. Marchal (Eugène).
- M. Marchal est né à Beauraing (Belgique) le 13 juin 1840 ; depuis 1863, c’est-à-dire depuis plus de trente-deux ans, il est employé comme chauffeur mécanicien dans la fabrique de crayons de MM. Gilbert et Cie à Givet (Ardennes). Sa moralité et son assiduité au travail sont irréprochables; chargé de conduire deux machines à vapeur de quarante chevaux et les trois générateurs de ces machines, il a toujours rempli la tâche qui lui était confiée avec zèle, activité et intelligence.
- 37. Mignard (François-Philippe).
- Chef ajusteur aux ateliers de la Compagnie de l’Ouest, à Sotteville, où il est entré en 1852, M. Mignard a, pendant quarante-trois années de services, toujours donné l’exemple d’une conduite irréprochable. Intelligent et très habile, chargé depuis longtemps de la direction des apprentis, il a formé à son exemple un grand nombre de bons ouvriers.
- 38. Nasse (Louis),
- Ouvrier depuis quarante-trois ans aux établissements Dandoy-Maillard, M. Nasse s’est constamment fait remarquer par son assiduité au travail, la douceur et la fermeté de son caractère, son dévouement dans les temps difficiles.
- 39. Naudin (Ernest).
- M. Naudin est né en 1843, et, depuis l’année 1855, c’est-à-dire depuis quarante ans1, il est employé comme ouvrier forgeron aux usines du Fronçais (Allier)
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- appartenant à la Compagnie des forges de Châtillon et Commentry, Pendant ces quarante années de services consécutifs, M. Naudin s’est fait remarquer par son assiduité au travail et par son excellente conduite.
- 40. Pernout (Joseph).
- Entré à la Compagnie de l’Est en 1858, comme ajusteur, nommé brigadier ajusteur en 1871, M. Pernout a toujours rempli ses fonctions avec intelligence et dévouement. Il a obtenu en 1893 une médaille d’honneur décernée par le ministère du Commerce.
- 41. Perroto (Eugène-Ernest).
- Né à Nice en 1835, lauréat d’une médaille d’honneur en 1895, M. Perroto a toujours été considéré, pendant ses quarante-quatre années de services, comme l’un des meilleurs ouvriers des anciens établissements Cail.
- 42. Rach (Baptiste).
- M. Rach est né à Albertville (Savoie) le 22 mai 1832 ; il est aujourd’hui coupeur aux ateliers de la Compagnie française d’entreprises civiles et militaires (anciens établissements Godillot). Il est entré dans ces établissements le 6 octobre 1855 et y compte, par conséquent, quarante années de services consécutifs. Pendant cette longue période, M. Rach s’est fait remarquer par un zèle à toute épreuve et par une conduite irréprochable.
- 43. Ravier (Arthur).
- Né à Bavay en 1843, entré aux ateliers Dandoy-Maillard, en 1857, comme apprenti ajusteur, M. Ravier est arrivé en 1870, par sa conduite exemplaire, son travail et ses connaissances techniques, au poste de chef d’atelier de montage et d’ajustage. Très aimé de ses chefs, il est déjà titulaire de la médaille d’honneur que la société Dandoy-Maillard accorde à ses ouvriers et contremaîtres ayant plus de vingt-cinq ans de services.
- 44. Richier (Emile-Léopold).
- •Entré à la Compagnie de l’Est en 1858 comme nettoyeur, M. Richier a su, par son zèle et son travail, franchir les différents échelons de la hiérarchie et mériter, en 1876, le grade de chef d’entretien, dont il est actuellement titulaire.il s’est signalé par sa conduite exemplaire et par de nombreux actes de probité.
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- 4o. Roiné (Joseph).
- Agé de 71 ans, M. Roiné s’est constamment signalé comme un ouvrier irréprochable pendant ses trente et un ans de services à la Compagnie générale des Omnibus.
- 46. Rougier (Louis).
- M. Rougier, que la mort vient de frapper quelques jours après la délivrance de sa médaille, comptait quarante-cinq ans de services dans la maison de M. Taneur, imprimeur en taille-douce; il. s’y est constamment fait remarquer par sa probité, son assiduité au travail et son sincère attachement à ses patrons.
- 47. Steinebach (Joseph).
- M. Steinebach est né à Bois-le-Duc (Hollande) le 29 avril 1832 ; il est entré, le 1er octobre 1860, à la fabrique de crayons de MM. Gilbert et Cie, à Givet (Ardennes), où il compte aujourd’hui trente-cinq années de services consécutifs; recommandable par sa moralité, par sa probité et son assiduité au travail, M. Steinebach possède également, au point de vue professionnel, des titres dignes d’attention. Chargé de débiter et refaçonner les bois de cèdre dans lesquels les crayons sont enchâssés, il a toujours rempli cette tâche avec zèle et habileté.
- 48. Tavernier (Jules).
- M. Tavernier, né à Taisnières-sur-Hon (Nord) le 29 mars 1829, est entré au mois de mars 1864 comme ouvrier forgeron à l’établissement agricole et industriel de M. A. Derome à Bavay (Nord) ; il y compte aujourd’hui trente et un ans de services excellents ; attaché particulièrement à la construction des semoirs Derome, il s’est toujours montré intelligent et ingénieux; il a été d’un grand secours dans les travaux mécaniques nécessités par les perfectionnements apportés successivement à ces machines agricoles.
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- ARTS MÉCANIQUES
- revue de mécanique générale, par M. Gustave Richard, membre honoraire
- du Conseil (Suite) (1).
- Deuxième partie. Moteurs à, gaz et à pétrole.
- LES MOTEURS A PÉTROLE
- La question des moteurs à pétrole a déjà été étudiée dans ce Bulletin (2), et l’on peut dire que, depuis ces études, il ne s’y est guère manifesté que ce progrès continu, que l’expérience amène presque forcément par une meilleure étude des détails de construction du moteur et de son adaptation aux différentes nécessités de la pratique, comme aussi par une plus grande hardiesse dans ses applications à mesure qu’elles se multiplient et se diversifient de toutes parts.
- Sans reprendre à nouveau l’ensemble de la question des moteurs à pétrole, nous nous bornerons donc à la description de quelques gnoteurs et détails de construction nouveaux et de quelques applications spéciales à l’automobilisme, encore peu connues de nos ingénieurs et choisies parmi celles qui nous ont paru les plus intéressantes. Nous ferons toutefois remarquer que, malgré le nombre et l’étendue de leurs applications, la question des moteurs à pétrole n’est pas encore complètement résolue, notamment en ce qui concerne les organes de pulvérisation et de vaporisation du pétrole, dont le réglage et le fonctionnement délicats occasionnent parfois des déboires entre des mains inexpérimentées ou peu soigneuses, et que la théorie de ces moteurs reste toujours à faire malgré les nombreux documents expérimentaux qui s’accumulent sans cesse.
- On a souvent proposé d’alimenter les machines à pétrole au moyen des carburateurs indépendants, sortes d’appareils gazéificateurs et distillateurs produisant une vapeur hydrocarburée surchauffée, que l’on désigne ordinairement sous le nom de gaz d’huile. Ce gaz se produit ordinairement eu volatilisant le pétrole tombant goutte par goutte dans une cornue portée au rouge; purifié et lavé, il convient parfaitement à l’éclairage et aux moteurs, surtout s’il provient d’huiles de densités moyennes qui donnent, par ce procédé, un gaz suffisamment fixe ou stable. Les huiles trop lourdes se volatilisent imparfaitement et les huiles légères se vaporisent trop vite, en formant non pas un gaz, mais une vapeur à peine surchauffée. On obtient ainsi des gaz dont la puissance calorifique
- (1) Bulletin de juin 1896, p. 876.
- (2) Bulletin d’octobre et novembre 1892. Février 1895.
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- varie de 7000 à 8 000 calories par mètre cube; tels sont, entre autres, les gaz d’huile produits par les appareils de Mansfîeld, Keith, Pintsh, Hirzel (U-
- Fig. 1 à 4. — Carburateur Pinkney. Ensemble et détail de l’alimenta-tcur.
- F, cornue en fonte alimentée de pétrole en K, divisée par la cloison G en deux parties H et I ; L, évacuation du pétrole gazéifié.
- R3, tambour pivoté par R2 en-c; M, réservoir de pétrole alimentant la cornue par NncRST. Quand la pression augmente dans la cornue, le pétrole, refoulé de K en R3 par TT2, fait basculer R3R2 comme en figure 4, de manière à fermer c.
- Parmi les appareils à gaz d’huile les plus récents, nous citerons celui de Pinkney, adopté par la maison Tangye de Birmingham.
- fl) Bulletin de 1892 p. 6o5, et G. Richard, Les nouveaux moteurs à gaz et à pétrole, p. 619 et 800.
- Tome I. — 96e année. 5° série. —Juillet 1896.
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- Cet appareil se distingue fig. 1 à 4 de ses analogues par la division de sa cornue P en deux ou plusieurs compartiments au moyen de cloisons G, qui forcent la vapeur du pétrole amené par le tuyau K à lécher les parois de ces compartiments sur une longue étendue; en un mot, la gazéifiation s’opère plutôt par un contact prolongé avec des surfaces modérément chauffées que par un contact rapide avec des surfaces très chaudes : solution, paraît-il, de beaucoup préférable.
- En outre, l’huile ne tombe pas du réservoir dans la cornue directement, mais par un appareil auto-régulateur qui en arrête le débit aussitôt qu’il se produit une obstruction dans la canalisation. En temps ordinaire, l’huile s’écoule à la cornue par le trajet N G R T; mais, dès que la pression augmente trop dans la cornue, le pétrole refoulé de cette cornue en T T2 passe dans la boule R3, dont le poids, faisant basculer R2 R, comme en figure 4, ferme l’écoulement du pétrole en avertissant au besoin par une sonnerie électrique.
- L’appareil de M. Pinkney donnerait, paraît-il, d’excellents résultats avec les huiles lourdes et les graisses.
- Il faut, dans ce genre d’installations, attacher une grande importance à la sécurité des manipulations du pétrole ; elle nous a paru fort bien réalisée dans l’appareil de MM. Reichelm et G. Machlet, construit par l’American Gas Furnace C°, d’Elizabeth, New-Jersey, représenté par la figure 5. Le pétrole est introduit de la manière suivante dans le réservoir VIII, que l’on commence par remplir d’eau aü moyen du bac à flotteur automatique III, toujours en communication avec VIII par R. J. W, jusqu’à ce que l’eau en sorte par D E. Une fois VIII ainsi rempli d’eau, on le relie au tonneau ou au wagon de pétrole par E, et l’eau, ainsi déplacée par le pétrole, s'évacue par C à l’égout VII, après quoi l’on ferme D et C, l’on rouvre J, de sorte que l’eau, réadmise automatiquement par III en VIII, refoule le pétrole par F, K, N au réservoir II. Ce réservoir, pourvu d’un flotteur automatique, maintient le pétrole au niveau constant dans le carburateur I, où la gazéification se fait par pulvérisation dans un courant d’air soufflé et chauffé en VI. Ce déplacement du pétrole par de l’eau toujours en charge rend presque impossible la formation de mélanges détonants dans l’appareil.
- Le nouveau moteur à pétrole Otto, représenté parles figures 6 à 10, est caractérisé principalement par son régulateur à membrane, des plus simples et des plus sensibles.
- Un seul excentrique a commande à la fois la soupape d’échappement F et la pompe P d’injection du pétrole au pulvérisateur à aiguilles N, qui l’envoie au vaporisateur M, chauffé par l’éolipyle r s, qui porte en môme temps au rouge le tube d’allumage z constamment ouvert au cylindre moteur A. La soupape d’aspiration d’air E fonctionne automatiquement.
- A chaque fin de course motrice, en vitesse normale, le doigt b du levier Q (fig. 7) solidaire du régulateur pendule m b », soulève parle doigt cia soupape d’échappement F, puis au commencement de l’aspiration, mise constamment en rapport, par le tuyau i, avec la poche g de la membrane A, cette membrane, se courbant, comme en fig. 8, déclenche c de A, et laisse retomber la soupape d’échappement. La membrane conserve cette position pendant toute la course d’aspiration du mélange moteur d’air et de vapeur de pétrole, puis revient à sa position primitive pendant la
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- Fig. 5. — Carburateur de Y American Gas Furnace C°.
- VIII, réservoir d’abord rempli d’eau par le bac à flotteur automatique III, eu communication avec lui par R1W jusqu’à ce que l’eau eu sorte par DE; VII, égout évacuant l’eau de VIII quand elle est déplacée suivant WC par le pétrole introduit en E; T, carburateur divisé par une cloison horizontale en un pulvérisateur surmonté d’un vaporisateur. Le pétrole admis de VIII, par F K N, au réservoir ali-mentateur II, pourvu d’un flotteur en réglant l’alimentation proportionnellement à la dépense du vaporisateur, puis pulvérisé par un jet d'air comprimé chauffé en VI, achève de se vaporiser sur les plaques perforées de I et passe au gazomètre par G. IV, réservoir doseur pouvant communiquer par V L avec VIII, par ZQ avec VII et servant à faire les essais
- de consommation; V, réservoir communiquant par S O avec le bas du vaporisateur I, dont il reçoit la condensation qu’il retourne en VIII; U T MX, tuba sondeur permettant de prendre le niveau du pétrole en VIII, Encombrement du vaporisateur, 3m60 X 3™,60 X 3m,60, production par heure : 140113 de 'gaz à 2 700 calories avec 115 litres de pétrole brut.
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- compression, mais pas assez vite pour renclenchër c avec b au commencement du retour correspondant du levier Q, de sorte que la soupape d’échappement ne s’ouvre pas pendant la compression. Elle ne s’ouvre ainsi qu’une fois tous les deux tours, comme il le faut pour la marche à deux temps, et cela pourvu que le moteur ne
- Fig. 6. — Nouveau moteur à pétrole Otto.
- A, cylindre moteur; B, piston; F, échappement; E, soupape d’admission automatique. G, réglage de l’air aspiré, du pot H, par J ; P, pompe à pétrole, actionnée de l'arbre moteur par a (fig. 9) ; W, vis permettant de régler la course du piston de cette pompe, qui aspire le pétrole par / et le refoule par u au pulvérisateur ND au-dessus du vaporisateur M ; l s éolipyle alimenté en d de pétrole refoulé, du réservoir à air comprimé K, par le robinet de réglage R ; Z, tube d’allumage.
- dépasse pas sa vitesse normale. Dans ce dernier cas, en effet, à la seconde montée du levier Q, correspondant à la course d’échappement, l’inertie de la masse m fait que le régulateur pivotant, malgré son ressort y, autour de l’axe b, repousse le doigte comme en figure 8 et laisse la soupape d’échappement fermée. Il en résulte que la soupape d’admission automatique ne s’ouvre pas non plus à la course suivante et que le moteur tourne à cylindre fermé jusqu’à la reprise de sa vitesse normale, comprimant
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- puis détendant alternativement les gaz brûlés confinés dans son cylindre : c’est, un mode de régularisation des plus simples et aussi des plus économiques, parce qu’il refroidit le moins possible à l’intérieur du cylindre pendant sa marche à vide.
- Ainsi qu’on le voit par les figures 9 et 10 l’excentrique a commande aussi le piston p
- Fig. 7 et 8. — Moteur à pétrole Otto. Détail de la commande de la soupape d’échappement.
- a, excentrique monté sur l’arbre du moteur, commandant le levier Q; m, masse du régulateur-pendule pivoté sur Q, à ressort de rappel y le et à butée n.
- F, soupape d’échappement à doigt c, relié par e à la membrane h, à ressort do rappel x, et dont la boîte g est en rapport, par i, avec l’aspiration d’air G (fîg. 6); b, taquet de Q, enclenchant c à la levée de Q toutes les fois que c n’est pas retiré ou repoussé à gauche par h ou par n.
- de la pompe à pétrole par le jeu des leviers O. f. o, mais seulement pendant la course d’aspiration, c’est-à-dire pendant que la seconde membrane t, en rapport, comme la première, par i, avec l’aspiration, enclenche, comme en fig. 10, le levier f avec O par le cliquet q. Pendant les trois autres courses du piston : de compression, motrice et d’échappement, la membrane t, reprenant sa position primitive comme en fig 9, déclenche q de O, et laisse la pompe inactive.
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- Ce régulateur à membrane, qui se prête aux adaptations les plus variées (1), est, on le voit, extrêmement simple, et son réglage, des plus faciles en pratique, permet, de lui assurer la plus grande stabilité.
- La principale caractéristique du moteur Gibbon, construite par la Britannia C° de Colchester, est (fig. Il à 15) sa soupape de distribution unique^, qui fonctionne comme il suit. Pendant la compression et la course motrice, la soupape occupe la position indiquée sur la figure 13. Au commencement de l’échappement, la partie p2 de la came p, qui tourne deux fois moins vite que le moteur, soulève h et amène ses lumières n3 devant celles /. /, qui débouchent dans l’atmosphère, de sorte que les gaz du cylindre
- Fig. 9 et 10. — Moteur à pétrole Olto. Commande de la pompe à pétrole.
- O, levier commandé par l’excentrique a (fig. 7) et soulevant chaque fois qu'il s’abaisse, par qofo', le piston p de la pompe V de manière à refouler une injection de pétrole par it, pourvu que O ne soit pas, comme en figure 9 déclenché de q par la membrane t, en communication par i avec l’aspiration d’air G (fig. 7); /, aspiration du, pétrole. Pour arrêter le moteur, il suffit d’ouvrir un robinet qui, faisant communiquer la boite de la membrane avec l’atmosphère, arrête la pompe.
- s’en échappent par i »3 n411, A la fin de l’échappement, p3 soulève encore h de manière à fermer 11 par o3. o4 et à amener n2 wi devant j j, de sorte que l’air est aspiré de l’atmosphère par le cylindre, les trous m de son enveloppe f, le tuyau k, j j et i; à la fin de cette aspiration d’air, la came p laisse le ressort s fermer vivement la soupape, avec un choc amorti par le dash-pot t.
- Le pétrole est injecté par une pompe sans clapet, dont le piston y' (fig. 14) est pourvu d’un conduit x x' : un canal yî amène constamment le pétrole du réservoir ij autour du piston yl ; quand ce piston est au bas de sa course, le pétrole vient ainsi, par y2 x, au-dessus du piston, et quand ce dernier arrive au haut de sa course, dans la partie du corps de pompe de même diamètre que yn x' se ferme, et le piston refoule
- (1) Gustave Richard, Les nouveaux moteurs à gaz et à pétrole, p. 347, 339, 426, et Les moteurs à gaz et à pétrole en /893-1894, p. 44 et 293.
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- le pétrole dans le vaporisateur. Ce vaporisateur à ailettes est logé dans la chambre de combustion d et pourvu d’une enveloppe v, qui le protège du contact immédiat et refroidissant de l’air aspiré en d : on le chauffe avec une lampe pour la mise en train seulement. L’allumage se fait spontanément.
- Les figures 16 à 18 représentent le carburateur vaporisateur récemment imaginé par MM. Priestman pour leurs grandes machines à double effet. Ce vaporisateur A, du type général décrit à la page 660 du Bulletin d’octobre 1893, est chauffé par une lampe B, dont la flamme enveloppe, par a C, le vaporisateur. Une fois le réchauffeur porté à
- Fig. 11 à lo. — Moteur à pétrole Gibbon. Coupe 2-2. Plan-détail delà soupape de distribution et de la pompe à pétrole.
- h, soupape à barettes 001O2O3 et boîte g, commandée, de la camepp2p3p', tournant deux fois moins vite que le moteur et du levier q à galet g', faisant l’admission par nintjj et l’échappement par in^n^ll-, mfk, aspiration de l’air au travers de l’enveloppe c du cylindre moteur b.
- m'y' piston de la pompe à pétrole, à canaux xx', commandée par z»zz' et la came ^2, tournant deux fois moins vite que le moteur, aspirant le pétrole par yyix' et le pulvérisant dans la cheminée u'V, à enveloppe v, logée dans la chambre de compression et d’allumage, de.
- la température voulue, on enlève la lampe, on ferme l’orifice c de 6, et l’on fait passer tout ou une partie de l’échappement du cylindre, par b' a C, autour du réchauffeur. Pour mettre la machine en train, on refoule dans une chambre D (fig. 16) de l’air qui s’échauffe et achève de se comprimer par la chaleur de la lampe. Quand cet air est suffisamment chaud et comprimé, on injecte dans le vaporisateur A une charge de pétrole, puis, aux cylindres, par d e, une charge motrice de ce pétrole et d’air de D mélangés en f fi F.
- Le vaporisateur de la machine de Robey consiste (fig. 19 et 20) en une poche 2, sur laquelle on injecte le pétrole, et qui, situé au droit de l’admission d’air 4, est chauffé à
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- la fois par l’explosion et par les gaz de réchappement qui sortent par la soupape de fond 3.
- Le vaporisateur de Pinkney, appliqué sur les moteurs construits par la maison
- Fig. 16. — Moteur à double effet Prieslman. Ensemble des cylindres.
- G et II, cylindres moteurs; A, carburateur, comme en figure 17. D, réservoir de mise en train recevant en D' de l’air comprimé et en F, par f et f, un mélange d’air et de pétrole, puis pouvant être mis, par de. en communication avec les cylindres moteurs.
- Tangye, consiste (fig. 21) en une poche B, boulonnée sur le cylindre j, avec lequel elle communique par le conduit G, enveloppée d’une hotte D, avec cheminée F et tube d’allumage K, chauffé par une lampe L, à cheminée C, dont la flamme peut être dirigée,
- Fig. 17 et 18. — Moteur à double effet Priestman. Détail du carburateur. Coupes orthogonales 2-2.
- A, carburateur à enveloppe a, communiquant avec les aspirations des cylindres par les tuyaux g g g f), avec autoclave bc, permettant de le chauffer pour la mise en train par une lampe B; a' écran protégeant le carburateur de la flamme de la lampe.
- h' échappement des gaz brûlés dans l’enveloppe du carburateur, dont l’évacuation se fait par c.
- par H, en D F soit à la main, soit automatiquement par le levier M. A/ la mise en train, on chaude le vaporisateur par une deuxième lampe en N I. L’air arrive par DA et le pétrole par E. La disposition de ce carburateur permet de transformer un moteur à gaz Pinkney en moteur à pétrole par un simple changement de la culasse.
- Le carburateur de Spiel est du type intérieur à allumage spontané. Il consiste
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- (fig. 22) en un gros tube très épais b, primitivement chauffé par une lampe de miser en train, et qui reste automatiquement entretenu à la température d’allumage spontané par la chaleur des explosions dont la flamme le pénètre et l’enveloppe par bi b2 ctl, de manière à combattre son refroidissement par l’admission du pétrole et de l’air en c.
- Le vaporisateur de Carter est chauffé (fig. 23) par l’éolipyle e du tube d’allumage k. Dans l’enveloppe b de la cheminée c, il arrive un mélange de pétrole injecté par f et
- Fig. 19. — Moteur Robey. Détail du vaporisateur.
- 5. 8. 10, circulation de l’eau de refroidissement du cylindre moteur 1, qui se bifurque par 7 0 13 15 11 autour de la culasse et de la soupape d’échappement 3, à regard 12, disposition qui permet de régler la température du vaporisateur 2, situé au droit de l’admission d’air 4.
- Fig. 20. — Moteur Robey. Détail de la pompe à pétrole.
- As, butée commandée par l’arbre de distribution et le régulateur-pendule Ei D», menant par le taquet B2C2, réglable en Pi, la pompe à pétrole F2M2C, à iujecteur L2K2, disposée en face du vaporisateur N2 et pourvu d’un bouchon de nettoyage H*. J
- d’un peu d’air entraîné par m, qui va ensuite, par y, se joindre au complément d’air aspiré au cylindre par i.
- Le cycle et les principales dispositions du nouveau moteur à pétrole de Brayton sont (figures 24 à 31) restés les mêmes que dans le moteur décrit à la page 678 du Bulletin d’octobre 1892, mais avec quelques perfectionnements de détails importants. C’est ainsi, par exemple, que la liaison du piston moteur E avec la manivelle motrice est (fig. 30) telle que celte manivelle [fasse
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- beaucoup plus d’un demi-tour pendant la course descendante ou motrice du piston.
- Ce piston, représenté en détail par les figures 29 et 30, est relié à sa bielle F par
- Fig. 21. — Moteur Pinkney. Détail du carburateur.
- B, carburateur communiquant, par G, avec le cylindre moteur J; E, injection du pétrole, DA, aspiration du mélange d’air et de pétrole, Iv, tube d’allumage chauffé par une lampe L, dont la flamme peut, au moyen du levier M et du registre H, être dirigée soit directement sur la cheminée C soit autour de B, par DF; LNl, lampe de mise en train.
- Fig. 22. — Carburateur Spiel. b, gros tube en terre réfractaire enveloppé suivant bibzdi des gaz de l’explosion et chauffé à l’origine par une lampe de mise en train; c, aspiration du mélange moteur.
- une lame d’acier flexible E5 et porte une soupape annulaire Et qui, à la descente,laisse passer par les trous E3 l’air primitivement aspiré dans le socle du moteur, puis se referme à la montée, pendant la course de compression. L’aspiration de l’air au tra-
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- vers du socle le rafraîchit et supprime, paraît-il, toute odeur de pétrole. La garniture du piston est constituée par un seul anneau de bronze emboîté au bas du piston, et son fond est entaillé d’une gorge E4 qui arrête les poussières et le cambouis de manière qu’ils ne puissent nuire à la marche automatique de la soupape.
- Le piston de la pompe à air H (flg. 24) est construit d’une façon analogue; il comprime de l’air, par H', dans la chambre centrale J (fig. 26) du fond du cylindre moteur. Ce fond porte en outre une chambre à pétrole P, d’où le pétrole refoulé par une pompe s (flg. 31) soumise au régulateur, passe par Pt P3 (fig. 27)à l’allumeur o (fig. 28) et, par P4 et le piston en toiles métaliques M0 (flg. 29), dans la chambre centrale J dont la tige L, commandée par le moteur, l’admet au commencement de la course
- Fig. 23. — Carburateur Carter.
- e, éolipyle chauffant le tube d’allumage k et la cheminée de, dans l'espace annulaire b de laquelle arrive par fnlm un mélange de pétrole et d’air très carburé, lequel, vaporisé en b, va par j, so joindre an complément d’air aspiré par i hg.
- motrice au pulvérisateur K,. Un pointe au P5 permet de régler, en découvrant plus ou moins l’orifice P6, la quantité de pétrole injectée au brûleur, quantité qui s’annule quand P6, ouvert en grand, rétablit l’équilibre des pressions en J et en P. Au contraire, quand P6 est entièrement fermé, il n’arrive au brûleur que du pétrole sans air, de sorte que ce brûleur s’éteint.
- Ce brûleur qui constitue, comme on le sait, l’une des caractéristiques des moteurs Brayton, se compose d’une grosse mèche constituée (figure 28) par une superposition de plusieurs couches de toile métallique et d’amiante o, disposées sur un gril o3, puis d’un paquet de fils de platine o2, maintenus par une rondelle o4. Pour la mise en train, l’on porte ces fils de platine au rouge au moyen d’une flamme injectée en W3 (fig. 32), orifice que l’on referme ensuite par le levier W, à bouchon W5, pressé sur W3 par un ressort réglable. Une fois allumé, le brûleur ne s’éteint plus, sa température restant maintenue par la chaleur de l’explosion.
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- Quant au pulvérisateur, il consiste soit en un simple tube Kt (fig. 26) entaillé de traits de scie, soit (figure 28) en un éjecteur annulaire M, "réglable en N, et strié de cannelures Ks permettant de mieux répartir la pulvérisation de pétrole et d’air sur le brûleur. Le réglage de la pompe à pétrole s s’opère (figure 31) en commandant son refou-
- Fig. 24 et 25. — Moteur à pétrole Brayton de 1895. Coupe verticale et plan.
- lement, de l’excentrique U, par une butée crénelée R, et le levier U2 soumis au régulateur.
- On peut aussi faire agir, comme en figure 34, le régulateur B directement sur les excentriques DD des pompes en modifiant leur excentricité au moyen des palettes F de la tige G du régulateur. Cette tige est entraînée par le pignon I au 'moyen du cliquet
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- K, dans un sens seulement, ce qui permet de faire, pour la mise en train, marcher les pompes à la main par la manette L.
- Les pompes cTinjection du pétrole doivent être robustes, faciles à soumettre au régulateur et étanches, ou du moins disposées de façon à en récupérer facile-
- Fig. 26 à 30. — Moteur à pétrole Braijton. Détail de la culasse du briüeur et du piston.
- B, culasse, avec soupupe d’échappemeut Q Bs, recevant dans la chambre centrale J l’air comprimé par la pompe H, (fig. 24 et en P, de la pompe s (lig. 31) le pétrole qui va d'une part, par P3 P5 P6, au brûleur O, et do l’autre, par P, au travers des toiles métalliques M et de la soupape L, au pulvérisateur K ki \ O O3 O 2, système de toiles métalliques à grille et à touffes d’amiant, soutenu par la rondelle 04 et formant mèche ou brûleur au-dessus du pulvérisateur K k 1 ou KMNKs
- F, bielle articulée par une lamelle Es au 'piston E, à clapet E3 Ei et à garde E4, dégageant Ei du cambouis.
- ment les fuites. Je n’en signalerai que deux types en dehors de ceux qui ont été déjà décrits dans les publications françaises (1).
- La pompe de Crossley représentée par la figure 36 alimente à la fois la lampe d’allumage et le pulvérisateur du cylindre. La lampe est un éolipyle dans lequel le pétrole subit une pression d’air comprimé de lkil,o à 2 kilos par centimètre carré (2); le pétrole lui est refoulé de A par D et le matelas d’air G. L’injection au cylindre se fait
- (1) Bulletin d’octobre 1892, p. 678 et G. Richard, Les moteurs à gaz et à pétrole en 1893 et 1891.
- (2) Bulletin d’octobre 1892, p. 6 69.
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- par F, au travers d’un clapet E, chargé à la pression de la lampe, de sorte qu’il ne fonctionne qu’après avoir assuré l’alimentation de la lampe. La pompe débite toujours un excédent de pétrole, aussi F ne débouche-t-il pas directement au cylindre, mais dans un appareil doseur dont le trop-plein retourne à l’aspiration G (1).
- Dans la variante représentée par la figure 35, les clapets E et D sont remplacés par un piston L, chargé d’un poids Q, et qui ne découvre le refoulement P au cylindre qu’après celui N de la lampe.
- Le piston B dé la pompe de Scott se termine (figure 37) par une douille D, pourvue de lumières F. L’aspiration se fait par E et le refoulement par H, en un débit que l’on
- Fig. 31 à 33. — Moteur Braytoa. Détail de la pompe à pétrole et de la mise en feu.
- s, pompe commandée, de l'excentrique U, par une tige U*, soumise au régulateur de manière à attaquer le piston de la pompe par un gradin R, d’autant plus avancé que la machine se ralentit davantage.
- W3, ouverture de mise en feu, avec bouchon à ressort \V5, commandé par le levier W.
- peut régler en orientant D par sa tige G, car, grâce à l’obliquité des lumières FF, on fait ainsi varier la fraction de la course pendant laquelle la partie centrale de D ferme, comme en figure 38, l’aspiration E, et force, par conséquent, l’huile à sortir par le refoulement H.
- Les moteurs à pétrole ou, plus exactement, à gazoline ont trouvé une application tout indiquée dans l’actionnement des voitures automobiles qui prennent tant d’importance aujourd’hui : de fait, elles constituent le moteur de la grande majorité de ces voitures et paraissent devoir définitivement l’emporter, principalement pour les voitures légères et de vitesse. Le problème est encore loin d’être résolu. Les machines légères, compactes, extrêmement énergiques, exigent des soins spéciaux; leur usure par les chocs, la fatigue générale et les pous-
- (1) Gustave Richard, Les moteurs à gaz et à pétrole en 1893 et 1894, p. 186.
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- sières est considérable, leur allumage et leur mise en train laissent à désirer, elles impriment à leur véhicule des secousses et des vibrations désagréables, leur marche est bruyante et leur échappement n’est pas inodore : mais, chaque jour, l’on atténue plus ou moins ces défauts, et il est certain que l’emploi de quelques-unes de ces voitures à gazoline est actuellement entré dans la pratique.
- Je ne décrirai ici que quelques-uns des types les plus récents de ces appareils, renvoyant le lecteur, pour les autres ainsi que pour l’étude générale de l’automobilisme, aux nombreuses publications qui en ont déjà traité principalement depuis le concours de Paris-Bordeaux (1).
- L’un des moteurs à gazoline les plus fréquemment employés sur les automobiles est celui de Daimler (2), les figures 39 à 41 représentent l’une des formes sous lesquelles
- Fig. 34 (n° 1 à 7). —Moteur Brayton. Réglage direct de la pompe.
- B, régulateur à ressort B3. réglable en H*, et tige A, entraînée, du pignoujl, par le cliquet K (fig. 7), dans un sens seulement, de manière k permettre de la commander, pour la mise en train, à la main par le volant L. G, tige du régulateur, à manchon C3 (fig. -1) entraînant les excentriques DD des pompes, à glissières a, par des palettes F (fig. 8) qui en font varier l’excentricité suivant l’écartement des boules B.
- il est actuellement adopté par la Daimler Motor Syndicate G0, de Londres. C’est un moteur à gazoline à quatre temps à un cylindre et à volant. Le carburateur assez compliqué et encombrant des anciens moteurs (3) est remplacé par un petit flotteur p, à aiguille réglant le niveau de son récipient qui communique, par un pulvérisateur r, avec l’aspiration d’air au cylindre. Quand la machine s’emporte, on maintient l’échappement n constamment ouvert au moyen du doigt X, ce qui a pour effet d’arrêter en même
- (1) G. Richard, Les moteurs à gaz et à pétrole en 1893-94; [Voitures de Panhart-Levassor, Peugeot, Roger, Jeanteau-Crouan et Durand. Vélocipède de Boots) — Engineering, 6 mars, lor mai 1896, p. 306, 505. Société des Ingénieurs civils. Septembre 1895. — Mémoire de M. G. Collin. —Le journal la Locomotion automobile. Lockert, Traité des voitures automobiles.V arman les automobiles et la Littérature de nos Bulletins.
- (2) Panhart Levassor, Peugeot, etc., G. Richard, Les nouveaux moteurs à gaz et à pétrole, p. 219, 406, 825, 837. The Engineer, 12 juin 1896, p. 596.
- (3) Id., p. 632.
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- temps le fonctionnement de la soupape automatique d’admission m. Le cylindre est refroidi par une circulation d’eau L, entretenue d’une façon fort ingénieuse par le volant même de la machine; à cet effet, la jante de ce volant est creuse comme en A A2 (fig. 40) et reçoit par un tuyau B l’eau de retour de L; cette eau, entraînée par la
- Fig. 35 et 36. — Pompe à pétrole Crossley.
- Fig. 35. — A, piston refoulant sous un petit accumulateur QL le pétrole d’abord, par MN à la lampe, puis, par O P, au cylindre moteur.
- Fig. 30. — A, piston, aspirant le pétrole en G et le refoulant à la lampe par D, sous la charge du réservoir d’air G, et au cylindre par EF.
- Fig. 37 et 38. — Pompe à pétrole Scott.
- B, piston à douille D, percée de lumières obliques FF, aspirant le pétrole par E et le refoulant par H en quantité réglée par la position qu’assigne aux lumières F la tige C.
- force centrifuge, s’étale sur la jante du volant, où elle se refroidit, puis est reprise par l’ajutage tangent du tuyau C, qui la ramène au réservoir d’alimentation de L.
- La machine de M. Petter est également fort simple, l’aspiration du mélange d’air et de gazoline s’y fait (fig. 42) automatiquement par C B A, l’échappement par une soupape à levier E, et l’allumage par un tube T, que l’on peut chauffer, pour la mise en train, en une dizaine de minutes. L’arbre du moteur commande l’essieu moteur par un
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- Fig. 39 à 41. — Moteur à gazoline Daimler pour automobiles. Coupe verticale et détail de la circulation d’eau.
- P, flotteur à aiguille réglant l’aspiration de la gazoline au pulvérisateur vaporisateur rq: ni, soupape automatique d’admission. o,tube d’allumage, n, soupape d’échappement avec arrêt x; L, circulation d'eau faisant par B (flg. 40) retour à la jante Ai A» du volant A, qui la refoule par l’ajutage tangentiel C.
- Fig. 4?. —• Moteur à gazoline Petler.
- OC, arrivée de la gazoline; BC, arrivée de l’air; A, soupape d’admission; E, soupape d’échappement; T, tube d’allumage ; D, cheminée de la lampe de mise en train.
- Go
- Tome I, — 95e années série. — Juillet 1896.
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- Fig. 43. — Voiture Pet ter.
- DA, arrivée de la gazoline au moteur B, dont l’arbre C commande l’intermédiaire H par la poulie folle E, serrée par Y GW entre les disques FF; M, levier permettant d’embrayer sur H N, ou K, de manière à commander l’essieu à petite vitesse par KL ou à grande vitesse par Y P, L, glissant alors sur l’encliquetage R. S, mise en train du moteur à la main. Y, freins manœuvrés par G.
- Fig. 44. — Voiture à gazoline de la Duryea Motor C.
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- intermédiaire H, (fig. 43) au moyen d’une transmission à chaîne sans fin EE', dont la poulie folle sur H peut être ou non serrée entre les deux plateaux en bois FF, calés sur H; ce serrage s’opère par la transmission G W, au moyen d’un levier qui commande aussi le frein Y. Un second levier M commande l’embrayage des roues N et K de manière à entraîner l’essieu moteur soit à petite vitesse par K L,soit à grande vitesse par
- Fig. 45 à 48. — Moteur à gazoline Kane Pennington. Schéma de l’ensemble et détail de l’allumage.
- C, pistou moteur; II, soupape d’échappement; G, soupape d’admission; litige faisant deux étincelles par les passages de V sur K : l’un à la fin de la compression, l’autre au retour du piston C.
- NP, ce que permet le rochet R. La voiture, à quatre places, pèse 350 kilos, dont 55 pour le moteur à cylindre de 9mm,75 x 150 millimètres de course (1 cheval).
- On sait que l’automobilisme se propage aux Etats-Unis avec autant d’ardeur qu’en Europe : nous avons, ici même, rendu compte des principaux résultats du concours de Chicago (1). Les voitures à gazoline qui figuraient à ce concours sont, pour la plupart, bien connues en Europe. Je n’insisterai que sur deux types : ceux de Durgea et de Kane Pennington.
- 1) Bulletin de mars 1896, p. 440.
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- La voiture construite par la Duryea Motor C°, de Sprinfield(l) (fig. 44), est à quatre roues de 860 et 940 millimètres de diamètre. L’essieu d’arrière, avec pneumatique de 115 millimètres, est commandé par un moteur à gazoline Otto de quatre chevaux, à deux cylindres de 100 X 115 millimètres, qui l’attaque par une transmission à chaînes avec train d’engrenages à dents en cuir et trois vitesses : de 6, 10 et 16 kilomètres à l’heure. Les cylindres sont rafraîchis par une circulation d’eau et la voiture porte une provision de gazoline de 860 litres, suffisante pour 230 kilomètres. Les roues d’avant
- Fig. 49 et 50. — Moteur Kane Pennington. Variante de l’allumage pour l'emploi du pétrole.
- A, cylindre moteur; R, piston; C, admission; D, échappement; EE'A3, allumage de mise en train, par l'incandescence ou le courant jîjiGIl/iife porte les électrodes F f.
- sont articulées sur leur essieu, comme celles des voitures Peugeot, de façon à faciliter les virages : poids 450 kilos.
- Au concours de Chicago, où elle remporta le prix de 10 000 francs, par un temps de neige des plus défavorables et malgré deux arrêts de 55 minutes occasionnés l’un par
- Fig. 51. — Diagramme d’un moteur Kane Pennington à cylindre de 65 X 305“/m.
- Compression 4k.50, pression d'explosion 12k. Ce diagramme démontre l'inutilité de l’allumage en deux temps; en réalité, la charge s'allume très vite à la fin de la compression seulement.
- la rupture du gouvernail sur le passage d’un croisement de voie et l’autre par la rupture de l’appareil d’allumage, cette voiture put, avec 2 voyageurs, franchir une distance de 88 kilomètres, dont 30 sans arrêt, à la vitesse moyenne de 4lkîl,20 et avec des dépenses de 16 litres de gazoline et 86 litres d’eau. Sur de bonnes routes, elle atteint facilement la vitesse de 25 kilomètres.
- Parmi les moteurs américains spécialement étudiés pour l’automobilisme, l’un de ceux qui ont le plus attiré l’attention est celui de Kane Pennington, remarquable par sa grande légèreté. Un moteur faisant 2 chevaux à 500 tours pèserait environ 9 kilos,.
- (I) Brevet américain 557 496 de 1895.
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- légèreté due principalement à sa grande vitesse et à l’emploi de cylindres en tubes d’acier extrêmement minces : 2 millimètres et demi. Ainsi qu’on peut s’en rendre
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- Fig. 52 à 61. — Détail d’un moteur Kane Penningion à cylindre de 65 X 305 m/m. Piston, crosse, soupape d’admission, segments, excentrique de distribution.
- compte par la figure 45, le cycle de ce moteur ne présente aucune particularité nouvelle à l’exception de son allumage en deux temps.L’admission du mélange d’air et
- Fig. 62. — Victoria Kane Penningion.
- Diamètre des roues, 0mG5 avec pneumatiquo de 100“’/m-
- de gazoline, cette dernière réglée par un simple pointeau, arrive au cylindre par la soupape automatique G, puis l’échappement s’opère par la soupape H, ouverte une fois
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- Fig. 63 et 64. — Moteur pour Victoria Kane Pennington
- Fig. 63. — Vélocipède Kane Pennington,
- Diamètre de la roue d’arrière 0m,55; poids du moteur, 8 kil.; puissance, 4 chevaux 1/2 à 700 tours; capacité du réservoir de gazoline, 5 litres; poids total, 26 kil.
- Fig. 66. — Vélocipède Wolfmuller et Geisenhof.
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- tous les deux tours par un mécanisme facile à suivre sur la figure. Avant la fin de la compression, le contact électrique l', fixé en L au piston, ferme, concurremment avec la came K4, le circuit d’allumage, et donne une première étincelle ; puis, au retour, quand l repasse sur K, au t/8 environ de la course avant du piston, il se produit une seconde étincelle. D’après M. Pennington, la première étincelle aurait pour effet « d’achever la volatilisation de la gazoline et de produire ainsi un froid qui dispense de l’emploi d’une enveloppe d’eau ». En réalité, le rôle de cette première étincelle
- Fig. 67. — Moteur à pétrole Priestman à deux cylindres et à double effet de 90 chevaux.
- paraît (fig. 51) à peu près nulle. Aux grandes vitesses, ce double allumage peut néanmoins présenter l’avantage de diminuer le nombre des ratés par l’augmentation même de celui des étincelles. M. Pennington a, d’autre part, complété, pour les machines à pétrole, l’allumage précédent par l’addition de deux électrodes fixes en terre réfrac-taire F, percées d’un trou au droit de l’arrivéejG du mélange actif, et que l’on porte au rouge (fig. 49) par un courant électrique, pour la mise en train. Le diagramme fig. 51, relevé sur un moteur Pennington à cylindre de 65x305 millimètres, à une compres sion de 4kil,50, donne une pression initiale de 12 kilos, et montre que l’allumage a lieu rapidement par la première étincelle. Ona pu, d’après M. Randol, faire tourner ce mo-
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- teur à vide à la vitesse de 1 500 tours sans échauffement dangereux du cylindre (1).
- Fig. 68 à 73. — Vélocipède Wotfmuller et Geisenhof. Élévation, coupe, plan, détail de la hampe et du réglage.
- K, réservoir à gazolino; M, tambour alimentant d’air la lampe ED par or et en évacuant les gaz par os ; a5«6, tubes renfermant l’huile nécessaire au graissage; G, garde-crotte creux plein d’eau, dont la circulation autour du cylindre d s’établit par t0, valve réglant l’admission aux cylindres et commandée, de la chaîne e, par la
- vis s0. à écrou débrayable e0.
- Ainsi qu’on le voit par les figures 52 à 01, les pièces de ce moteur sont toutes exlrê-
- (1) American Machiniste 9 janvier 1896.
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- mement légères; elles sont en outre pourvues de jeux les empêchant de se coincer par encrassement : c’est ainsi que les tiges des soupapes ont un jeu de 1 /32 de pouce : près de l millimètre, par où passe une partie de l’admission et de l’échappement.
- La machine pour Victoria est (fig. 63) à deux cylindres, avec volant ; l’arbre attaque l’essieu moteur par une chaîne sans fin avec trains réduisant deux ou quatre fois la vitesse et débrayables à volonté. Le moteur et sa transmission, qui tiennent un encombrement de 260 X500 millimètres, pèsent 35 kilos (1) et le poids total de la voiture est de 360 kilos. La bicyclette représentée par la figure 63 est aussi extrêmement légère.
- Fig. 74 et 73. — Vélocipède Wolfmuller et Geisenhof. Détail de la distribution et de la lampe.
- »î,*tige commandée par la came c et le galet ; (fig. 67) et commandant par f la tige t, à came ns s i, pivotée en p et appuyée sur t par un ressort i. — Si, taquets et rappels de la came n ; W Wi, leviers commandant les sou-papes’d’échappement V3V4 des deux cylindres moteurs directement, et, par les ressorts les soupapes Vt V des'tubes d’allumage EiE; JL, lampe à cheminée N, filtre D et pointeau de réglage I.
- Je signalerai encore, parmi les moteurs à gazoline pour bicyclettes, celui de M. Wolfmuller et Geisenhof (fig. 68 à 75) remarquable par ses détails ingénieux et l’heureux groupement de ses mécanismes disposés de manière à les protéger le plus possible des chocs et à abaisser le plus possible le centre de gravité du vélocipède.
- Lescylindres, au nombre de deux, dont l’un échappe pendant que l’autre comprime, actionnent la roue motrice d’arrière B par deux manivelles parallèles, et leur distribution est commandée, de cette roue, par la came e, le galet z de la tige m et le renvoi f (fig. 74). Ce renvoi commande, par une glissière t, une came en cœur nss', pivotée en
- (1) Engineering News, 5 mars 1896, p. 147.
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- p sur t et appuyée par un ressort i; à l’aller de f, de droite à gauche, s, arrêté par le taquet q, incline n sur le ressort S et le comprime puis, au retour de f, en raison du frottement de la came sur t, réglé par i, la came n ne se déplace pas sur t dès que s, quitte q, mais S fait pivoter autour de son articulation sur f l’ensemble de la came et de t, de manière que t, ainsi repoussé alternativement à droite puis à gauche de sa position moyenne, par qv sv s, puis par q SS, attaque alternativement, une fois tous les deux tours les leviers W et Wt, qui actionnent respectivement les soupapes d’échappement V3 et Y4 et d’allumage V- V6. Les soupapes d’allumage sont reliées aux leviers W et par des ressorts zz, qui en assurent la fermeture pendant la compression. Les soupapes d’admission Yt V2 fonctionnent automatiquement.
- Fig. 76 et 77. — Moteur à pétrole Priestman. Détail des cylindres moteurs H et G.
- À, vaporisateur du type (fig. 16, p. 993) avec réservoir de mise en train DF/’ide (comme en flg. 16); g, tuyau d’admission; C, échappement; ), arbre de distribution; h (flg. 79), came de mise en train; M (flg. 78), soupape d’admission.
- L’allumage s’opère par deux tubes EE', chauffés au moyen d’une lampe L, alimentée, du réservoir à gazoline K (fig. 67) par le pointeau x0, au travers du filtre D. L’air arrive en L, du tambour M (fig. 67), parle tube a7, et les gaz brûlés s’en évacuent par a8 M. La marche même du vélocipède active ainsi le tirage de la lampe qui se maintient fort bien.
- Le mélange d’air et de gazoline arrive aux cylindres, d’une valve t0 (fig. 68) réglée par une chaîne e, à vis s0 (fig- 72) dont il suffit de déclencher l’écrou <?0,en l’abaissant, pour fermer l’admission. Enfin les tubes aï a° renferment l’huile nécessaire au graissage, le garde-crotte G l’eau de refroidissement des cylindres, qui y circule par aï a4) et les impulsions des pistons moteurs sont régularisées par des ressorts x, rappelant les manivelles (1).
- Parmi les variétés d’automobilisme auxquelles les moteurs à pétrole se prêtent fort bien, mieux du moins que le moteur à gaz, je citerai tout particu-
- (1) Voir aussi l’ingénieuse bicyclette à cylindres multiples rayonnants de Millet (Brevet anglais 1580 de 1895).
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- MOTEURS A PÉTROLE.
- 1011
- lièrement la navigation : canots et petits bateaux de plaisance, et, comme exemple, le type de moteurs Priestman représenté par les figures 67 et 76 à 80 (1).
- Ce type de moteur est à deux cylindres à double effet, avec carburateur analogue à celui des figures 16 à 18, p. 993 et manivelles à 180°. Sa puissance indiquée est de 90 chevaux; elle commande directement l’arbre de son hélice à pas réversible du type MacGlasson (2) et est pourvue d’un régulateur de sûreté qui l’empêche de s’emporter quand l’hélice sort de l’eau.
- La mise en marche dure un quart d’heure, et la mise en train s’opère au
- Fig. 78 à 80. — Moteur à pétrole Priestman. Détail d’une soupape d’admission.
- M (flg. 78), écrou fileté sur l, avec manette m. Quand on dévisse M de manière à repousser à gauche la tête mi, on ferme, par sa tige m, à rappel 11, la soupape d’admission correspondante.
- i (flg. 79 et 80), arbre de distribution entraînant par la lan-( guette ?0 la came rainuree de mise en train h. Après que cette came a ouvert l’échappement assez pour en évacuer les gaz, le balancier Ai, entraîné par la bague A3, vient heurter le taquet i, et bascule dans l'encoche lu de A, ce qui permet au ressort hÀ de repousser la came A vers la gauche et de mettre A hors d’action ; hi-i cames d’échappement normales.
- moyen du dispositif représenté parles figures 78 à 80, qui permet, tout en donnant simultanément une explosion au bas d’un des cylindres et au haut de l’autre, d’ouvrir aussi l’échappement de ces deux cylindres au retour de leurs pistons, de manière à éviter la compression des gaz restés à l’arrêt dans ces cylindres. A cet effet, l’arbre de distribution i porte, rainurée en iQ, une came de mise en train h, qui, pendant le premier tour du moteur, ouvre les deux échappements ainsi que nous venons de le dire, puis la languette hl7 venant heurter le taquet i, pivote sur û3 et déclenche en h2 la came h, qui, rappelée par son ressortû4, cesse d’agir; les soupapes d’échappement sont ensuite actionnées seulement par les cames normales û i2.
- (1) Bulletin de novembre 1892. Voir aussi les bateaux de Daimler, Grob, Roots,Yernand, Sintz, Capitain (D. Richard, ouvrages cités), Otto 100 chevaux (American Machinist, 16 avril 1896) et de la Globe Union Gas C0 (Scientific American, 18 mai‘1893).
- (2) G. Richard. Les moteurs à gaz et à pétrole en 1893-94, p. 271.
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- ARTS CHIMIQUES
- Analyse d'un travail de MM. Louis Holborn et Willy Wien, sur la mesure des
- hautes températures [Annalen der Physik und Chemie, t. 47 (1892) et 56
- (1895)], par H. Masse, ingénieur civil des Mines.
- Depuis quelques années, la mesure rapide et précise des températures élevées a pris — au point de vue scientifique comme au point de vue industriel — une importance de jour en jour plus considérable.
- Pour déterminer les hautes températures dans les circonstances les plus variées, deux méthodes seulement peuvent être appliquées : celle de W. Siemens et de II. Le Chatelier.
- Le pyromètre à résistance de Siemens repose sur les variations que subit la résistance électrique d’un fil métallique lorsqu’on fait varier sa température. Mais pour de très hautes températures il présente deux inconvénients graves : le premier c’est qu’on ne peut trouver de substance assez isolante pour protéger le cylindre pyrométrique, le second c’est que, par suite de la grandeur de ce cylindre, on ne peut l’employer que pour déterminer la température moyenne de vastes espaces et non la température en un point déterminé.
- Le pyromètre thermo-électrique de Le Chatelier repose sur la production et la mesure d’un courant thermo-électrique dans un circuit fermé.
- Un couple platine-platine rhodié, est porté à la température que l'on veut déterminer, on mesure la force électro-motrice du courant thermo-électrique produit et on on déduit la valeur de la température inconnue. Cet appareil présente les avantages suivants : les courants étant très faibles l’importance de l’isolement est très réduite; l’influence de la résistance disparaît si l’on emploie pour mesurer la force électromotrice la méthode d’opposition, enfin la soudure pouvant être aussi petite qu’on le voudra on pourra déterminer la température de très petits espaces.
- MM. Holborn et Wien se sont proposé en premier lieu de contrôler les indications fournies par le pyromètre Le Chatelier (jusqu’aux températures les plus élevées qu’il fut possible d’obtenir) par comparaison avec le thermomètre à air et de déterminer quelques points de fusion susceptibles de servir de repères; en second lieu, d’étudier les variations de résistances servant à mesurer les températures au moyen du pyromètre de W. Siemens.
- I
- COMPARAISON DU PYROMÈTRE LE CHATELIER AVEC LE THERMOMÈTRE A AIR
- La plus grande difficulté que l’on rencontre lorsqu’on veut comparer le pyromètre et le thermomètre à air consiste dans l’obtention de températures constantes. Tant que la température est peu élevée on emploie des bains dont la température est rendue uniforme au moyen d’agitateurs.
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- MESURE DES HAUTES TEMPÉRATURES.
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- Pour des températures plus élevées, on utilise les points d’ébullition de différents, corps. Enfin pour les hautes températures, on ne peut plus employer que les métaux parce qu’alors les sels attaquent tous la porcelaine; malheureusement le nombre des métaux qu’on peut utiliser ainsi est assez restreint.
- Il y a d’autres difficultés encore; la porcelaine est si mauvaise conductrice de la chaleur qu’on n’est pas sur (même après un temps assez long) que l’intérieur du récipient thermométrique ait pris la température ambiante. De plus, il n’est pas toujours bien facile de disposer le couple thermo-électrique de manière qu’il soit protégé contre les vapeurs métalliques sans employer de grosses masses isolantes qui empêchent d’égaliser la température.
- Pour tourner ces difficultés MM. Holborn et Wien employèrent le dispositif suivant : le récipient du thermomètre à air fut muni, aux extrémités opposées, de deux tubes capillaires par lesquels on introduisit le fil du pyromètre de manière que le couple se trouvât au milieu du récipient. Le couple était donc au sein de la masse d’air dont la pression, lue au manomètre, servait à déterminer la température absolue. Le couple prenait très rapidement la température de l’air ambiant, comme les auteurs purent s’en convaincre en comparant les mesures faites pendant la montée et pendant la descente de la température.
- Dans ces conditions le couple était complètement à l’abri des gaz de chauffage, ce qui offre des garanties sérieuses quant à l’exactitude des résultats observés. De plus, le dispositif permettait de déterminer la température de l’espace nuisible, puisqu’on pouvait, en faisant glisser le fil dans les tubes capillaires, amener le couple en un point quelconque à l’intérieur du récipient thermométrique. Or on sait que l’influence de l’espace nuisible est une des causes d’erreur les plus importantes dans les déterminations au thermomètre à air.
- Les observations furent faites à des températures de plus en plus élevées et furent poursuivies aussi loin que le permit la nature des récipients des thermomètres à air. La matière choisie fut uniquement la porcelaine et les récipients furent construits à la fabrique royale de porcelaine de Berlin.
- Lorsque le récipient, verni seulement à l’extérieur, est rempli de telle sorte que pour des températures supérieures à 1100°, la pression intérieure devienne plus grande que la pression extérieure, la porcelaine devient perméable et reste perméable même après refroidissement. Quand, au contraire, on s’arrange de manière que la pression, extérieure soit la plus grande (même aux plus hautes températures), le récipient n’éprouve aucune altération jusqu’à 1 400° environ et, après refroidissement, on ne constate aucun changement de volume. Si l’on augmente encore la température, la porcelaine se ramollit et le récipient finit par s’aplatir sous l’excès de la pression extérieure sur la pression intérieure. Les récipients ainsi aplatis restent imperméables à l’air môme après refroidissement : cela tient sans doute à ce que le vernis seul rend la porcelaine imperméable. Or ce vernis s’amollit vers 1 000° et se liquéfie peu après. Si donc la pression intérieure est la plus forte, elle le traversera aisément; si, au con-raire, c’est la pression extérieure qui est la plus grande, elle poussera le vernis dans les pores de la porcelaine où il trouvera bientôt une résistance suffisante et la porcelaine restera imperméable à chaud comme après refroidissement.
- Les résultats observés au cours des observations présentent des écarts moyens voisins de 5° imputables aux effets Thomson qui peuvent se produire dans les fils du couple, aux erreurs commises dans l’évaluation des températures des différentes.
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- parties du manomètre, aux erreurs de lecture du manomètre, etc. Les auteurs font remarquer qu’on pourrait obtenir des résultats encore plus précis que les leurs, mais que cela nécessiterait des moyens d’action beaucoup plus compliqués; qu’il faudrait par exemple un fourneau de grandes dimensions permettant une augmentation de température lente et se réglant à volonté et de fortes cloisons isolantes pour séparer ce fourneau de la chambre où se feraient les observations, qu’il faudrait de plus déterminer exactement les effets Thomson, etc.
- Donnons maintenant quelques détails sur les appareils et les opérations.
- 1° Disposition de l'appareil de chauffage. — Le fourneau employé (fîg. 1 et 2); était cylindrique et composé de trois enveloppes concentriques en argile réfractaire l’enveloppe extérieure avait 500 millimètres de long sur 460 millimètres de diamètre
- Fig. 1.
- et était recouverte de tôle. L’enveloppe intérieure avait 150 millimètres de long sur 110 millimètres de diamètre.
- Le fourneau était placé entre deux piliers de grès qui empêchaient le rayonnement immédiat; le chauffage se faisait au moyen d’un brûleur B à 18 orifices dans lequel on envoyait au moyen d’une soufflerie un mélange d’air et de gaz réglable à volonté. Cet appareil ne permet guère de dépasser 1400°.
- Avec un fourneau à gaz construit un peu différemment et une soufflerie plus forte, on put arriver à 1570°. C’était alors un cylindre d’argile réfractaire, vertical; ayant 400 millimètres sur 290 millimètres de diamètre et 100 millimètres d’épaisseur; la soufflerie envoyait les flammes par la partie inferieure à l’intérieur même du four : ce fourneau construit pour des essais de fusion au creuset a servi aux auteurs pour étudier le point de fusion du nickel.
- Pour obtenir des températures extrêmement élevées, uniformes et destinées à être étudiées au thermomètre à air, on a employé une disposition qui n’est autre que le fourneau Deville (fig. 3).
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- C’est un cylindre réfractaire de 400 millimètres de haut, 200 millimètres de diamètre, muni d’ouvertures latérales de 100 millimètres de large par lesquelles on peut introduire le tube à chauffer. Ce tube (fourni par C. Raum, de Nuremberg) est constitué par une âme en graphite enveloppée d’argile réfractaire; le graphite donne de la rigidité et l’argile, quoique ramollie, protège aux très hautes températures le graphite contre la combustion par l’air. Dans ce tube fut introduit un autre tube en argile très réfractaire destiné à protéger les tubes du thermomètre à air ou les couples thermoélectriques contre les poussières et impuretés du graphite pendant les observations. A la partie inférieure du fourneau une plaque de fer de 10 millimètres d’épaisseur percée de 24 trous de 10 millimètres de diamètre sert de grille; le fourneau est rempli de graphite de cornue concassé à la grosseur d’une noix (on évite ainsi les scories qui amèneraient la fusion de la plaque de fer); l’air est soufflé au moyen d’un ventilateur qui lui donne une pression de 13 centimètres d’eau. La répartition des températures suivant l’axe vertical du four est très inégale ; la zone où la température est la plus élevée est à environ 8 centimètres au-dessus de la plaque de fer. Dans l’intérieur du tube de graphite on a pu obtenir des températures allant jusqu’à 1 720°. Dans un fourneau complètement fermé, sans tube transversal, et dans lequel les
- Fig. 2 et 3.
- couples furent introduits par les trous de la plaque de fer, on atteint sans peine le point de fusion du platine. Comme de grandes quantités de chaleur rayonnent du fourneau, d’où sortent des flammes de 1 mètre de longueur, il faut l’isoler très complètement de la chambre où se font les observations.
- 2° Disposition du thermomètre à air (fig. 1 et 2). — Dans les observations sur le thermomètre à air, on s’est servi surtout du fourneau à gaz décrit en premier lieu. Pour introduire le thermo-élément dans le thermomètre à air, on soudait le fil du pyromètre à un fil d’acier rigide que l’on introduisait dans le récipient, on n’avait plus alors qu’à tirer le fil pour amener le couple au milieu du récipient en porcelaine. Les fils furent alors mastiqués aux extrémités des tubes capillaires avec de la cire à cacheter maintenue froide par un courant d’eau.
- Un tube capillaire de verre [3, étiré et courbé en spirale, est mastiqué à la fois au tube thermométrique et au manomètre; sa forme lui donne une élasticité telle que les dilatations inévitables ne compromettent pas sa solidité.
- Les fils du couple thermo-électrique a étaient soudés à des fils de cuivre et la température des deux soudures était maintenue bien constante,
- Le manomètre présentait certaines particularités intéressantes.
- Le renflement 8, dans lequel on amenait le mercure, était relié aussi brusquement que possible au tube capillaire du manomètre afin de diminuer l’importance de l’es-
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- pace nuisible; un contact électrique permettait de fixer toujours le mercure au même niveau dans ce tube 8. Le tube capillaire y portait 3 robinets a, b et c, dont le rôle est facilement visible sur la figure. Enfin, le tube manométrique était en relation avec un réservoir à mercure fixé sur un chariot mobile, le long d’une règle divisée à vernier.
- La règle est en bois, et séparée du fourneau par une paroi de verre, afin d’éviter autant que possible les dilatations.
- Sur le chariot, se trouvait une petite échelle divisée, en verre argenté, qui permettait de noter les déplacements du ménisque mercuriel par rapport au chariot. Enfin toutes les parties du manomètre étaient protégées contre le rayonnement par des revêtements d’asbeste.
- Le montage de l’appareil une fois terminé, on séchait le tube du thermomètre à air et on le remplissait ; pour cela, le second tube capillaire servant de passage au fil du pyromètre était laissé ouvert etreliéàunepompe à eau qui, pendant vingt-quatre heures, faisait passer de l’air sec à travers le récipient. L’air employé était débarrassé de son acide carbonique et séché par son passage successivement dans des appareils contenant une solution de potasse caustique, des morceaux de ponce sulfurique, des morceaux de chlorure de calcium, enfin de l’acide phosphorique anhydre. Après cette dessiccation, le thermomètre à air était vidé, puis chauffé aussi haut que possible. Enfin, on effectuait le remplissage.
- 3° Mesures électriques. — Les mesures électriques furent effectuées par la méthode d’opposition; on ne compara pas directement le courant thermo-électrique à l’élément normal, parce que ce dernier ne reste constant que lorsqu’on l’emploie sans courant. On prit comme intermédiaires des accumulateurs qui furent comparés au thermoélément; de temps en temps, les accumulateurs étaient contrôlés au moyen de l’élément normal.
- On se servait d’un galvanomètre à miroir, à aimants plats, muni d’un amortisseur à air et rendu astatique; sa résistance était voisine de 4 ohms. Comme éléments normaux, on s’est servi d’abord d’éléments Clark, puis d’éléments Oouy; ces derniers ont une force électromotrice pratiquement bien constante.
- 4° Influence de Vespace nuisible. —La correction la plus importante qu’il y ait à faire subir aux résultats provient de l’influence de l’espace nuisible; pour réunir les éléments de la correction, MM. Holborn et Wien opèrent comme suit :
- La communication entre le thermomètre à air et le manomètre est interrompue, la cire qui fixe les fils dans les tubes capillaires est enlevée de manière à permettre de tirer les fils du pyromètre et d’amener le couple au point que l’on désire. Ceci fait, on chauffe le fourneau et on détermine, de 200 en 200 degrés, les températures au milieu du récipient, à 130 millimètres de la position primitive, et successivement de 100 en 100 millimètres dans les tubes capillaires; ces déterminations sont répétées en ramenant progressivement la soudure à sa position primitive. On déduit des valeurs trouvées des moyennes qui donnent les températures dans le récipient d’une part, et les températures correspondantes en différents points des tubes capillaires d’autre part.
- Les mesures furent faites à réchauffement et au refroidissement, car les conditions ne sont pas les mêmes; par exemple : la portion de tube comprise entre les enveloppes 2 et 3 (fig. 2) s’échauffera ou se refroidira plus vite que le récipient lui-même, suivant les circonstances.
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- Les températures furent calculées au moyen des indications fournies par le pyro-mètre, grâce à une formule approchée qui, par la Suite, fut jugée très suffisante.
- Les auteurs firent trois divisions dans les tubes capillaires (fig. 2) :
- Ri comprenant la portion comprise entre le récipient et le point II.
- R2 du point II au point III.
- Rs du point III au point IV, qui se trouve à la température de la pièce.
- Les dimensions et les volumes de ces divers espaces sont résumés dans le petit tableau suivant :
- Longueurs des tubes capillaires.
- Espaces. à gauche du récipient.
- à droite du récipient. Volumes on centimètres.
- Ri 75 millimètres. 65 millimètres. 0o<î,1384
- r2 100 — 87 — 0CC,1847
- R3 205 — 228 — O00,4276
- Totaux. . . 000 — 380 . — 0CO,7507
- Le volume de l’espace nuisible qui demeure constamment à la température de la pièce était de lcc,2903; celui du récipient à air (à la température de la pièce) était de 98cc32.
- Les volumes Rj R., R3 ont été mesurés en pesant le mercure nécessaire pour les remplir.
- Si on appelle Tt T2 T3 les températures aux points I, II, III calculées au moyen de
- la formule d’approximation, on peut exprimer les valeurs observées pour les températures moyennes de Rt R2 R3 en fonction de Tt Ta T3, et toutes les autres valeurs pourront, par la suite, être interpolées graphiquement. On admettait que l’espace nuisible intérieur au fournêau avait la température du récipient à air. De plus, le coefficient cubique de la porcelaine était pris égal à 3 [3 = 0,000012.
- On avait ainsi tous les éléments de la correction relative à l’espace nuisible.
- 5° Détermination de la dilatation de la porcelaine. — 11 suffisait de connaître le coefficient linéaire fi, car l’homogénéité de la porcelaine de Berlin justifie l’hypothèse d’après laquelle le cofficient cubique = 3 fL
- Pour déterminer ce coefficient linéaire, on employa un fourneau spécial [fig. 4 et 5]. Il avait la forme d’un fer à cheval, était en briques, et reposait sur un massif Tome I. — 95e année. 5e série. — Juillet 1896. 66
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- de grès. Sur cette construction, se trouvait un disque rond [>?] en argile réfractaire et pourvu d’une ouverture rectangulaire, sur laquelle on plaçait une lame en porcelaine [/] portant des raies parallèles distantes l’une de l’autre de 9 centimètres environ. Sur le disque [n] se trouvait un manchon tronconique [o] en argile réfractaire, autour duquel s’en trouvait un autre en fer [p], portant le tuyau [/*], qui conduisait les gaz dans la cheminée.
- Le chauffage s’effectue par mélange d’air et de gaz soufflé, le brûleur [s] aboutit à la partie supérieure du manchon [o] et les gaz, pour aller dans la cheminée, s’échappent par des fentes ménagées à la partie inférieure de ce même manchon. Autour du brûleur, un tube en cuivre (t) à circulation d’eau.
- La porcelaine chauffée par les flammes rayonnait verticalement vers le bas sur un miroir [u], qui réfléchissait les rayons horizontalement. A un mètre de ce miroir, un appareil k, disposé sur un support de grès et composé de deux lunettes, dont les réticules comportent un fil fixe et un fil mobile à la vis micrométrique, permet d’observer à diverses températures les écartements des traits gravés sur la plaque de porcelaine. Il suffit, pour mesurer ces écartements, de remplacer la plaque par une échelle divisée, éclairée à froid par une lampe à incandescence.
- Il était difficile d’obtenir sur la porcelaine des traces qui résistassent aux hautes températures employées et à des chauffages répétés. Au début, les auteurs employaient le chlorure de chrome pour tracer les lignes parallèles, mais à haute température les traits devenaient incandescents et ne se distinguaient plus suffisamment delà plaque. On enduisit alors les plaques de porcelaine d'une mince couche de platine (obtenue par des badigeonnages répétés au chlorure de platine et un chauffage subséquent) ; les traits furent tracés sur le platine avec un diamant. Ces traits se lisent bien micromé-triquement et jusqu’à 1000°, la couche de platine résiste et la plaque peut subir des chauffages répétés; au delà de cette température, la couche de platine disparaît peu à peu et doit être renouvelée après chaque chauffage; il est probable qu’il se forme du siliciuré de platine; quoi qu’il en soit, la couche subit une modification sérieuse, puisque sa résislance qui, avant chauffage, n’était que de quelques ohms, devient, par la suite, extrêmement considérable. Aussi n’a-t-on pas dépassé 1150°. Pendant toutes les opérations, les appareils étaient protégés contre le rayonnement par des écrans et des enveloppes en asbeste.
- Deux séries complètes d’observations furent faites avec des températures initiales (tj) variant de 17° à 96°; les températures finales (ta) ont varié, elles, de 528° à 1084°, et on a trouvé comme valeurs du coefficient de dilatation linéaire £ des nombres variant de 0,0000039 à 0,0000044.
- Avec des plaques numérotées I, IV et V et obtenues au moyen de la porcelaine qui a servi à fabriquer le thermomètre à air, on obtint les résultats suivants :
- Plaques. t.J. U - t,. P-
- 1 1062- 1044" 0,0000046
- IV 1131» 1023» 0,0000044
- IV 1006» 896° 0,0000043
- V 1122° 1102" 0,0000047
- V 1122° 1031» 0,0000048
- V 649» 539" 0,0000048
- 6. Calcul des résultats. — Jusqu’à 1300°, l’étalonnage du pyromètre fut obtenu au moyen d’un assez grand nombre d’expériences, puisqu’un même récipient put être
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- chauffé 10 fois, avec 4 remplissages d’air distincts, sans altération. Mais de 1300° à 1430° (température qui ne fut pas dépassée dans ces expériences), on ne put faire qu’une série d’observations.
- On constata, au cours des divers essais, que le volume du récipient ne subissait aucun changement malgré des chauffages et des refroidissements répétés, ou du moins que les écarts constatés étaient de l’ordre de grandeur des erreurs d’observation.
- Enfin, de 0° à 80°, on opéra dans une caisse en cuivre, et les températures furent obtenues au moyen d’eau, de mélanges réfrigérants et d’acide carbonique solide.
- Soient :
- V Le volume du récipient au zéro absolu;
- Vi v-i ... Les volumes des diverses parties de l’espace nuisible;
- T La température absolue à déterminer dans le récipient;
- P La pression de l’air à la température T;
- ti, t-2 ... Les températures absolues des diverses parties de l’espace nuisible lors des observations ;
- t,-, 0i, 0-2... Les quantités correspondantes à T, P, ti, h ... à 0°C. [On aura par conséquent -c — 0, == 62 — ... = 272°,5];
- 3 (3. Le coefficient cubique de la porcelaine.
- Enfin, prenant pour zéro absolu la valeur 272°,3, on a, en ne tenant pas compte du changement de volume de l’espace nuisible :
- p(_L±i3tT
- 1 +3pT
- T
- n
- Le second membre de l’équation est constant pour chaque remplissage. La quan-1 11 Vn
- tité — S — n’est, pour chaque récipient, qu’une fonction déterminée de la tempéra-V i in
- ture (voy. § 4). Elle fut donc déterminée dans un intervalle donné de t, et notée graphiquement, de sorte qu’on pouvait alors, au moyen de la courbe, obtenir la valeur de cette fonction pour chaque valeur de T.
- Pour on prit la valeur 0,0000044 comme la meilleure moyenne des observations faites.
- Donnons comme exemple une des séries d’observations faites; t est la température calculée comme il est dit plus haut et comptée à partir de 0° (272,5 + T) ; e représente en microvolts la force électromotrice du courant thermo-électrique :
- e. t. e. t.
- 530 103 degrés. 2,990 381 degrés.
- 1,290 194 — 4,400 531 —
- 2,140 287 — 5,830 660 —
- 3,270 409 — 7,100 782 —
- 4,310 521 — 8,410 897 —
- 10,200 1052 — 9,520 1,010 —
- 12,620 1251 — 11,330 11142 —
- (1) Weinhold, l’ogg. Ann., 149, p. 195.
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- Le tableau suivant donne parallèlement les valeurs réelles de la température et celles fournies par la formule d’approximation du 3° degré adoptée par les auteurs : t = f(e) — 13,76 e— 0,001811 e2 + 0,000001378 e;i
- e. t (observé). t (calculé). e (observé). t. t (calculé).
- degrés. degrés• degrés. degrés.
- — 361 — 80 — 7,500 816 818
- 0 0 0 8,000 . 862 862
- 500 82 68 8,500 906 914
- 1000 154 133 9,000 952 947
- 1500 220 205 9,500 996 988
- 2000 273 258 10,000 1038 1030
- 2500 329 310 10,500 1080 1071
- 3000 379 373 11,000 1120 1111
- 3500 431 428 11,500 1163 1151
- 4000 482 482 12,000 1200 1192
- 4500 * 533 534 12,500 1241 1233
- 5000 584 584 13,000 1273 1273.
- 5500 633 633 O O 70 1311 1314
- 6000 680 681 14,000 1354 1356
- 6500 725 728 14,500 1402 1397
- 7000 774 773 15,000 1445 1439
- On voit qu’entre 400 et 1440° la formule donne t avec une approximation très suffisante (1).
- 1600° t —
- 1000*
- + ',00°
- Fig. 6.
- (1) M. Holman a propose au mois de novembre 1895 à lhe Massachussets institute of technology une formule logarithmique simple :
- log e — 1,2156 log t + 0,36.610
- qui donne des valeurs sensiblement aussi approchées que la formule d’Holborn et Wien etqui contient un paramètre de moins. —Cequi permet de se contenter de deux observations pour la graduation d'un couple.
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- MESURE DES HAUTES TEMPÉRATURES.
- 1021
- On a employé le couple platine-platine rhodié, et le courant thermo-électrique allait, dans la soudure, du platine au platine rhodié.
- La courbe (fig. 6) donne la valeur exacte de la température correspondant à une force électromotrice déterminée.
- II
- INFLUENCE DE LA NATURE DU COUPLE THERMO-ÉLECTRIQUE COMPARAISONS DE DIVERS COUPLES
- MM. Holborn et Wien ont examiné successivement les thermo-éléments préparés avec le même morceau de fil, puis ceux constitués de fils devant avoir la même composition, mais de provenances différentes; enfin ils ont étudié des couples dans lesquels le fil en alliage contenait non plus 10 p. 100, mais des proportions variables de rhodium. Cette étude est très intéressante d’abord quant aux qualités et aux défauts, conséquences de l’emploi d’un couple déterminé et puis aussi quant à la sécurité des renseignements fournis par deux appareils différents qui, en somme, peuvent ne pas être absolument comparables.
- Les fils de platine chauffés ne donnent lieu qu’à de faibles effets de Thomson. Lorsque l’on remplace un fil de platine par un autre de provenance différente, on obtient d’ordinaire très sensiblement les mêmes résultats; pourtant, pour un des échantillons essayés, on trouva, à 1200°, des différences de 40° environ.
- Les fils en platine rhodié donnent lieu à des effets Thomson plus importants que les fils de platine pur. Des fils de platine rhodié, de composition identique mais de provenances distinctes, donnent lieu à des différences très appréciables dans les indications du pyromètre. Mais, dans l’ensemble, deux couples différents, fabriqués avec les mêmes fils de platine et de platine rhodié à 10 p. 100 de rhodium, ne donnent lieu, aux températures les plus élevées et dans les circonstances les plus défavorables, qu’à des différences de 5° environ.
- Pour étudier l’influence de la proportion de rhodium contenu dans le fil platine rhodié, les auteurs réunirent dans le fourneau plusieurs couples et comparèrent les indications qu’ils fournissaient pour une même température. Il n’a pas été possible d’augmenter la teneur en rhodium au delà de 40 p. 100 lorsque l’alliage devait être étiré en fils, parce que la fragilité du métal augmente beaucoup avec la teneur en rhodium.
- A • 10 p. 100 Rh. C, — A 10 p. 100 Rh. Ci — A 10 p. 100 Rh. D <) — A p. 100 Rh. E — A 11 p. 1004 Rh. F — A 20 p. 100 Rh. G — A 30 p. 100 Rh. H — A 40 p. 100 Rh. K — A 100 p. 100 Rh.
- 2000 + 110 + 00 + 60 + 160 + 110 ~r 60 + 170 —
- 4000 + 160 + 130 + 40 + 250 + 320 + 490 + 670 1100
- 6000 + 180 -!- 150 — 300 + 340 + 670 + 1100 + 1390 2100
- 8000 + 160 + 120 — 490 + 410 + 1050 + 1960 H- 2340 3400
- 10000 + 130 + 80 — 720 + 460 + 1520 + 2980 + 3520 4800
- 12000 + 60 0 — 1040 + 510 + 2010 + 4060 + 4760 6400
- 14000 + 20 — 20 — + 590 + 2580 + 5210 + 6280 —
- 15000 0 — — + 600 — + 5970 + 7040 —
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- Le tableau ci-contre donne les différences entre les forces électromotrices fournies parles divers couples étudiés et celles du couple normal A (platine et platine rhodié à tû p. 100), qui a été comparé directement au thermomètre à'air.
- Cj et C2 étaient des couples à 10 p. 100 de rhodium, construits comme A, mais avec des métaux d’origine différente; D, E, F, G et H étaient formés de platine pur et de platine rhodié à 9, 11, 20, 30 et 40 p. 100 de rhodium.
- K se composait de platine et de rhodium pur (1).
- On voit que la force électromotrice développée par un échauffement déterminé augmente notablement avec la teneur en rhodium pour les températures élevées, tandis que pour les températures basses les différences sont beaucoup plus minimes. La
- Fig. 7.
- courbe ci-contre (flg. 7) donne, pour chaque couple, la courbe des variations delà force électromotrîce (en microvolts) avec la température.
- III
- DÉTERMINATION d’üN CERTAIN NOMBRE DE POINTS DE FUSION
- 1° Points de fusion de l’or, de l argent et du cuivre. — Tout d’abord, lorsqu’on voulait déterminer le point de fusion d’un métal, on s’en servait pour réunir les deux éléments du couple thermo-électrique; il fallait admettre que les faibles dimensions du morceau de métal employé rendaient certaine l’égalité de température, de sorte que les jonctions du métal avec chacun des deux éléments du couple ne donnaient lieu à aucune force éleclromotrice secondaire. Le point de fusion était alors nettement indiqué par la rupture du courant.
- (1) Il est intéressant d’ajouter que ce fil en rhodium pur ne donnait lieu qu’à des effets de Thomson plutôt plus faibles que ceux qui se développent dans le platine pur.
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- MESURE DES HAUTES TEMPÉRATURES.
- 1023
- Cette méthode ne donna de résultats satisfaisants que pour l’or; les points de fusion successivement trouvés furent :
- 1075" 1075" 1069" 1073'
- 1075" ' 1071" 1072" 1074'
- 1071" 1073" 1072“ 1072'
- Pour l’argent et le cuivre, lorsqu’on s’approchait du point de fusion, la force électromotrice subissait des oscillations telles que l’observation devenait très délicate et incertaine et qu’on fut amené à abandonner ce procédé.
- Du reste, cette méthode ne peut être employée à l’air libre que pour les métaux inoxydables à cause des forces électromotrices d’origine chimique qui accompagnent l’oxydation. Mais si la fusion a lieu dans le vide ou dans une atmosphère d’hydrogène, on peut très bien l’utiliser d’une manière plus générale. Pour cela, on introduit le couple, soudé au moyen d’un morceau du métal à fondre, dans un tube en porcelaine verni à l’intérieur et transversalement placé dans le fourneau. Les extrémités de ce tube sont maintenues froides et sont réunies à la pompe à air, d’une part, et à l’appareil producteur d’hydrogène, d’autre part. Le nettoyage du tube s’opère en le remplissant plusieurs fois d’hydrogène et y faisant le vide après chacun de ces remplissages.
- Un autre procédé consiste à prendre une capsule en porcelaine, composée de deux hémisphères s’ajustant l’un sur l’autre, et percée de petits trous pour le passage des fils. En y introduisant deux couples préalablement comparés, en la recouvrant entièrement de sable de quartz et en chauffant, on constata d’abord que les deux couples prenaient bien la même température. On remplaça alors l’un des couples par deux fils de platine reliés entre eux par un petit morceau du métal à fondre et intercalés avec un galvanoscope dans un circuit parcouru par un courant. Si on chauffe la capsule jusqu’à fusion du métal, le courant sera brusquement interrompu dans le circuit, et il suffira de noter les indications du pyromètre au moment de cette interruption. On s’était assuré, par des essais spéciaux, que les alliages des métaux avec le platine étaient moins fusibles que ces métaux eux-mêmes : c’est donc bien le point de fusion du métal pur, et non celui de ses jonctions avec le platine, qui est ici observé.
- Pour l’or, on obtint des valeurs assez voisines de celles fournies par la seconde méthode :
- 1064" 1(770" 1067"
- Pour l’argent, la concordance des diverses mesures entre elles est bien plus grande qu’avec la première méthode; les valeurs trouvées sont :
- 967“ 966“ 968" 969»
- 968“ 962“ 975°
- Enfin, pour le cuivre, les écarts restent plus grands que pour les deux autres métaux ; on a trouvé :
- 1982" 1078" 1080" 1090"
- Lorsqu’on a d’assez grandes quantités du métal dont on étudie le point de fusion on peut opérer autrement encore. On fond dans un creuset une masse assez considérable du métal et on y plonge un tube en porcelaine verni à l’extérieur dans lequel se
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- ARTS CHIMIQUES.
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- trouvent les deux fils du pyromètre, isolés l’un de l’autre par un tube capillaire en porcelaine. Le couple est à la partie inférieure du tube principal, qui peut être mis en communication par le haut avec la pompe à air ou le producteur d hydrogène (fig. 2). Lorsque le métal est fondu, la température se maintient constante un assez long temps : c’est cette température qui donne le point de fusion.
- Cette méthode est très précise si l’on a à sa disposition des quantités de métal assez grandes pour que le couple ait bien la température du bain. Pour la détermination du point de fusion du cuivre, par exemple, on a employé jusqu’à (> kilogrammes de métal.
- Les points de fusion observés pour l’or, l’argent et le cuivre sont réunis dans le tableau ci-après. Les couples H, p, a et cp sont formés de platine et de platine rhodié à 10 p. 100 de rhodium; l’élément F est formé de platine et de platine rhodié à 15 p. 100 de rhodium.
- 2° Points de fusion du nickel, du palladium et du platine. — Ces points de fusion étant tous supérieurs à 1450° (température limite de la graduation directe du pyromètre), on n’a pu les déterminer que par extrapolation de la formule trouvée. Mais en vérifiant les résultats obtenus au moyen du prolongement de la courbe pyrométrique, on observa leur concordance à 10° près; on les peut donc considérer comme exacts avec cette approximation.
- Le nickel pur fut fondu dans un creuset de magnésie calcinée; le couple (platine-platine rhodié à 10 p. 100 de rhodium) se trouvait à la partie inférieure d’un tube en porcelaine qui plongeait dans le métal fondu. Grâce à la lenteur de réchauffement, la température resta constante au point de fusion pendant près de 15 minutes : il fut donc extrêmement facile de la déterminer. Il faut soigneusement éviter tout contact de la
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- MESURE DES HAUTES TEMPÉRATURES.
- 1025
- porcelaine avec la magnésie, car il se forme alors un composé aisément fusible. Les points de fusion trouvés sont :
- 1485'
- 1481
- 1477'
- 1488"
- MÉTHODES EMPLOYÉES. COCPLES. POINTS DE FUSION. OBSERVATIONS.
- 1° Or.
- Fusion à l’air libre II 1074 :i essais concordants.
- Fusion dans l’hydrogène . . . r> 1070 ,
- P )) » 1068 »
- X) )) >, 1063 ,
- Fusion dans le vide p 1072 »
- )) )) ,, 1069 »
- Fusion à l’air libre » 1072 Moyenne de 4 essais.
- Fusion à l'air libre F 1075 Moyenne de 9 essais.
- Fusion dans le vide „ 1070 Moyenne de 2 essais.
- Fusion dans l’hydrogène . . . » 1072 »
- Fusion à l’air libre Zs 1073 »
- Pour d’autres échantillons d’or-
- fusion à l’air libre H 1075 Moyenne de 5 essais.
- 2° Argent.
- Fusion dans l’hydrogène, . . . fj 970 »
- Fusion dans l’air 985 »
- » » 978 »
- Fusion dans le vide » 965 3 essais concordants.
- » » „ 978 2 essais concordants.
- )) )) „ 975 »
- Fusion dans l’hydrogène . . . » 981 Moyenne de 3 essais.
- Fusion dans l’air p 967 » . »
- Fusion dans le vide » 967 »
- Fusion dans l’hydrogène. . . . » 967 »
- 3° Cuivre.
- Fusion dans l’hydrogène . . . n 1090 2 essais concordants.
- )) » ..... » 1091 » »
- » » . . ». 1093 2 essais concordants.
- Pour d’autres échantillons
- de cuivre :
- Fusion dans le vide F 1091 »
- » » „ 1081 «
- Fusion dans l’hydrogène. . . . „ 1089 >,
- » )) » 1076 3 essais concordants.
- )) )) )) 1081 3 essais concordants.
- Fusion dans le creuset (6 kil. de
- métal) : dans le vide, l’hydro-
- gène et l’air les résultats ont
- varié de 1081 à 1083 F 1082 Moyenne de 5 essais.
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- ARTS CHIMIQUES.
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- Pour déterminer le point de fusion du palladium, on employa le fourneau de Deville et un tube en argile décrits précédemment : la porcelaine est, en effet, liquide a ces températures-là. Les essais purent être faits dans l’air et dans l’hydrogène, mais il fut impossible de les réaliser dans le vide, car alors le tube s’écrasait sous la pression extérieure. Les points de fusion obtenus au moyen du tube plein d’air étaient bien concordants ; lorsque l’air était remplacé par de l’hydrogène, les écarts étaient beaucoup plus considérables et les points de fusion moins élevés, à moins qu’on n’employât des fils de palladium plus épais (environ 0m,006 de diamètre) avec un échauf-fement rapide.
- Une observation directe fut faite pour expliquer ce phénomène; plusieurs fils de palladium tordus ensemble furent chauffés pendant 4 heures à 1 300° environ dans une atmosphère d’hydrogène.. Après refroidissement, on constata que le métal était complètement cristallin et en partie fondu; une analyse qualitative faite par le professeur Mylius décela la présence du silicium. On est dès lors tenté d’attribuer l’abaissement du point de fusion à la formation de siliciure de palladium sous l’influence réductrice prolongée de l’hydrogène en présence de l’argile du tube employé.
- Notons en passant que, dans les mêmes circonstances, on observe des faits analogues avec les fils de platine qui, chauffés en présence de l’hydrogène, finissent par devenir très cassants et rendent difficile la soudure par fusion du fil de palladium, qui doit être intercalé entre les deux éléments du couple.
- Les fils de platine rhodié étant moins sensibles à l’action de l’hydrogène, on détermina par la suite le point de fusion du palladium au moyen d’un couple formé de deux fils de platine rhodié tenant l’un 15 p. 100, l’autre 40 p. 100 de rhodium (couple C).
- Les points de fusion trouvés sont les suivants :
- Avec le couple ordinaire, platine et platine rhodié à 10 p. 100, essais dans l’air.
- Avec le couple C, dans l’air.......................... 1583°
- — 1582"
- — ................................ 1585"
- Avec le couple C, dans l’hydrogène....................... 1530° (3 essais concordants.)
- — 1558"
- — 1556"
- — 1551"
- Le point de fusion du platine fut d’abord recherché en fondant dans un creuset en
- magnésie calcinée 200 grammes de platine au moyen d’une flamme de chalumeau arrivant par le haut du creuset. Le couple était au fond du creuset et protégé du contact direct du platine par une mince couche de magnésie calcinée. Ce procédé ne donne pas la température de fusion exacte, parce que la magnésie est trop mauvaise conductrice de la chaleur. Les résultats obtenus varient alors beaucoup avec l’épaisseur de la couche protectrice.
- On choisit alors une autre méthode. Sur la plaque de fer du fourneau fut placé, à l’envers, un creuset en magnésie calcinée, et cela de manière que son fond fût exactement dans la zone la plus chaude du four (fig. 9). Les fils du pyromètre passent dans le creuset et sont reliés par un petit morceau du platine pur à fondre; l’ensemble
- Fig. 9.
- 1587"
- 1597"
- 4593"
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- MESURE DES HAUTES TEMPÉRATURES.
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- est protégé du contact direct du combustible par un petit couvercle en magnésie. Cette disposition permit de déterminer aisément le point de fusion cherché.
- Le couple employé était formé de deux fils de platine rhodié tenant l’un 20 p. 100, l’autre 40 p. 100 de rhodium.
- La formule qui lie la force électromotrice à la température est ici :
- jo (microvolts) = — 3620 + 5,4 t.
- Cinq déterminations du point de fusion du platine donnèrent comme moyenne 1780°.
- Pour contrôler le couple et la formule, on s’en servit pour déterminer les points de fusion de l’or et du palladium, et l’on trouva : pour l’or, 1078°; pour le palladium, 1581°.
- 3° Précautions à prendre dans l'emploi du couple. — Le couple doit en toutes circonstances être tenu à l’abri du contact direct du carbone ou de gaz riches en carbone, car ce corps se combine aisément avec les fils et la force électromotrice change alors notablement. Le tableau suivant donne les points de fusion de l’or, déterminés au moyen de deux couples qui n’étaient protégés d’une flamme de gaz éclairante que par un tube en argile poreuse.
- Microvolts. Températures.
- / 10 530 1 080
- Élément A, altéré par carbone < 10 550 1 082
- 10 570 1 084
- \ 10 590 1 089
- 1 10 050 1 082
- Élément H, altéré par carbone < 10 050 1082
- ( 10 050 1 082
- Le même élément débarrassé du carbone par igni- \ 9 970 9 960 1 074 1 073
- tion à l’air ) 9 970 1074
- Le meilleur moyen de débarrasser le fil des impuretés qu’y apportent les flammes et le carbone est en effet de le porter au rouge dans un courant d’air pur.
- IV
- VARIATIONS DE RÉSISTANCE ÉLECTRIQUE DE CERTAINS FILS SOUMIS A DE HAUTES TEMPÉRATURES
- Variations de résistance électrique de certains fils soumis à de hautes températures. — On étudia les variations de résistances de divers fils avec la température et sous l’influence d’une atmosphère d’hydrogène. Le fil étudié n’avait guère que 12 centimètres de long et 0m,0001 à 0m,0003 de diamètre.
- Il était important, dans la mesure de résistances aussi petites, que la résistance variable des fils assez longs qui aboutissaient au milieu du fourneau et étaient chauffés irrégulièrement n’intervînt pas dans les calculs. On choisit pour cela une disposition en pont, grâce à laquelle les résistances à mesurer étaient comparées séparément à une résistance constante qui fut choisie presque semblable à celles qu’on voulait mesurer; la résistance variable qui servait à faire la comparaison fut prise très grande afin de permettre d’apprécier de faibles variations.
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- 1. Influence de l'hydrogène à haute température sur la résistance du platine et du pal-adium.
- 1° Platine. — Lorsqu’on a à mesurer la résistance de fils de platine à haute température, il convient de prendre des précautions spéciales si l’on veut éviter que cette résistance ne subisse, à chaque nouvelle opération, des changements permanents et tout à fait irréguliers. Tout d’abord, les fils ne doivent pas être trop minces, car s’ils sont chauffés à 1200° et au-dessus, ils subissent — par volatilisation — une perte de poids qui augmente considérablement la résistance.
- Il faut, de plus, éviter que le fil de platine ne se trouve en contact avec les gaz de chauffage : c’est principalement l’hydrogène qui, en présence de matières contenant de l’acide silicique, provoque, à partir de 850°, des changements de résistance permanents. Ce fait est très important pour le pyromètre à résistance de Siemens, aussi l’a-t-on soigneusement étudié.
- Les fils de platine employés avaient 0m,16 de long et 0m,0003 de diamètre; ils étaient placés dans un tube de porcelaine verni seulement à l’extérieur; le chauffage avait lieu dans le fourneau à gaz jusqu’à 1230° et dans le fourneau Deville au delàde cette température. Le tube fut rempli d’hydrogène pur et sec, et les résistances furent mesurées après chaque refroidissement du fourneau par la méthode déjà décrite.
- Les résultats obtenus avec trois fds de platine différents sont les suivants :
- 1° Fil a :
- Déterminations à 15°.
- Chauffé au rouge...................................... 0,239 Ohm
- Chauffé (leux fois dans l’air à 1100°....................... 0,238 —
- Chauffé deux fois dans le vide à 1 200°..................... 0,240 —
- Chauffé dans l'hydrogène *à*l 200°..................; 0,262 —
- Chauffé dans le vide à 1 200°. ....................... 0,233 —
- 2° Fil u. :
- Au début. . ............^............................. 0,247 Ohm
- Maintenu plusieurs jours à la température de la chambre,
- dans l’hydrogène......................................... 0,246 —
- Chauffé dans l’hydrogène à 1 200°........................... 0,255
- 3° Fil a :
- Chauffé au rouge............................................ 0,183 Ohm
- Chauffé dans l’air à 1 250 et 1 200° (3 essais concordants). 0,182 —
- Chauffé dans l’hydrogène à 1 250°........................... 0,188 —
- Chauffé dans l’hydrogène à 1 250°........................... 0,198
- Lorsqu’on vint à chauffer jusqu’à 1 530° (dans le fourneau Deville) le fil X et le tube d’argile rempli d’hydrogène qui le contenait, on observa qu’après refroidissement le fil était complètement brisé. Ces changements de résistance et même de structure des fils de platine peuvent être attribués à la formation de siliciure de platine, par suite de la réduction de l’acide silicique par l’hydrogène à haute température. Cette hypothèse est confirmée par ce fait que les changements en question ne se constatent plus lorsqu’on fait rougir électriquement le fil de platine enfermé dans un tube de verre assez large pour que réchauffement des parois soit peu sensible.
- 2° Palladium. — Pour le paladium, l’influence de l’hydrogène à haute température est double. Tout d’abord, les phénomènes d’occlusion découverts parGraham donnent lieu à une augmentation de résistance qui peut aller jusqu’à 60 p. 100 par suite de l’absorption d’hydrogène à froid. On constate de plus une notable augmentation de la résistance des fils qui ont été chauffés en présence de l’hydrogène dans des tubes
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- MESURE DES HAUTES TEMPÉRATURES.
- 1029
- d’argile ou de porcelaine. Cette augmentation peut s’expliquer par la formation probable de siliciure de palladium; du reste, on a pu, après un assez long chauffage à 1500° dans une atmosphère d’hydrogène, faire fondre quelques points du fil de palladium alors que d’autres avaient pris une structure nettement cristalline. Ce siliciure de palladium est d’ailleurs susceptible lui aussi d’absorber à froid de notables proportions d’hydrogène et la résistance augmentera encore de ce fait même. On a vu déjà précédemment l’influence de'ce siliciure de palladium sur le point de fusion du métal.
- Le tableau suivant donne les résultats des essais concernant le palladium et aussi quelques valeurs relatives au rhodium et à l’iridium.
- Résistances en Ohms.
- . à 0° à 100"
- Fil de palladium dur 0,1090 0,1435
- Le même saturé d’hydrogène à i froid j 0,1682 0,1991
- (Il dégage déjà de l’hydrogène à 100°) \ 0,1618 ))
- Fil de palladium chaufïë dans hydrogène à 1500ü. 0,0247 0,0350
- Le même saturé d’hydrogène i i froid 0,0270 0,0380
- Fil de rhodium dur 0,0259 0,0336
- Le même chaude plusieurs fois à 1700” 0,0165 0,01995
- Fil d’iridium dur 0,0079 . 0,0108
- 2. Variations de résistance du platine et du rhodium avec la température. —On a évité l’influence de l’hydrogène et mesuré les résistances à des températures comprises" entre 0 et t 600°. Pour le chauffage et la protection des fils, on a employé les méthodes déjà décrites et les résultats sont réunis dans les tableaux et les graphiques ci-après.
- Le tableau I donne d’abord les résistances observées dans le fourneau Deville pour le fil I dont le coefficient de température a était égal à 0,00381. La seconde partie du tableau met en évidence l’influence des gaz du fourneau; le tube protecteur s’est en effet rompu à la fin des essais au fourneau Deville, le fil s’est trouvé en contact avec les gaz du fourneau et son coefficient de température est devenu égal à 0,00310; ce fil ainsi altéré a donné lieu dans le four à gaz à des mesures de résistances [qui accusent pour les températures élevées une loi différente de celle primitivement observée.
- TABLEAU I
- Fil de platine I chauffé dans le four Deville a = 0,000381).
- TEMPÉRATURES. RESISTANCES EN OHMS. TEMPÉRATURES. RÉSISTANCES EN OHMS.
- degrés. - degrés.
- 0 0,0355 0 0,0356
- 1045 0,1510 1040 t 0,1487
- 1193 0,1595 1144 0,1574
- 1303 0,1699 1328 0,1720
- 1395 0,1787 1425 0,1802
- 1513 0,1877 1550 0,1908
- 1578 0,1933 1610 0,1962
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- Le même fil chauffé dans le four à gaz (a = 0,00310).
- TEMPÉRATURES. RÉSISTANCES EN OHMS. TEMPÉRATURES. RÉSISTANCE EN OHMS.
- degrés. degrés.
- 567 0,0972 1110 0,1458
- 657 0,1062 1185 0,1511
- 772 0,1164 1235 0,1553
- 857 0,1240 1255 0,1563
- 961 0,1326 1263 0,1573
- 1045 0,1408 ” »
- Le tableau II donne les observations faites avec un autre fil de platine pur.
- Le graphique (fig. 10) donne la représentation des résultats obtenus dans les tableaux I et II; on voit que Jusqu’à 1000° les résistances sont concordantes. Pour les
- 1600.1800“
- VÂDO" 1180“
- Fig. 10.
- hautes températures, la courbe se rapproche de plus en plus de la ligne droite; il s’ensuit qu’on pourra au besoin 'extrapoler pour les températures élevées sans commettre une trop grande erreur.
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- MESURE DES HAUTES TEMPÉRATURES.
- 1031
- TABLEAU II
- TEMPÉRATURES. RÉSISTANCKS EN OHMS. TEMPÉRATURES. RÉSISTANCES EN OHMS.
- degrés. degrés.
- 0 0,0355 1055 0,1516
- 100 0,0490 1103 0,1555
- 288 0,0722 1195 0,1641
- 598 0,1064 1237 0,1677
- 800 0,1276 1267 0,1703
- Fig. 1 1.
- Le tableau III donne les moyennes des observations faites sur des fils de rhodium et la figure 11 donne une représentation graphique des’variations de résistances du métal avec les températures.
- TABLEAU III
- Résistances du rhodium à diverses températures.
- TEMPÉRATURES. RÊSISTARcëS EN OHMS. TEMPÉRATURES. RÉSISTANCES EN OHMS.
- degrés. degrés.
- 0 0,0165 1155 0,0635
- 490 0,0336 1305 0,0715
- 1030 0,0570 1515 0,0805
- 1155 0,0635 1620 0,0845
- )) » 1725 0,0878
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- ARTS CHIMIQUES.
- JUILLET 1896.
- On voit que la courbe relative au rhodium se distingue nettement de celle qui concerne le platine, elle présente un point d’inflexion très net aux environs de 1 000°.
- Callendar et Griffith ont établi une formule qui lie la résistance- du platine et la température correspondante; les constantes de cette formule sont déterminées aù moyen des valeurs des résistances à 0° à 100° et à 444° (ébullition du soufre), les autres températures sont donc extrapolées.
- Si Ro Rioo sont les résistances à 0° et à 100° ; si R est la résistance à 0 et si l'on pose :
- On aura :
- ©/> =
- R-Ro
- Ri-Ro
- 100 =
- R-Ro
- Roa
- ©-©p —
- 0
- Tôo
- dans laquelle la constante 8 est déterminée au moyen de la résistance à 444°.
- Avec cette formule, Heycock et Neville ont déterminé une série de points de fusion qui concordent assez bien avec les valeurs trouvées par les auteurs.
- Pour l’or, l’argent, le cuivre, l’écart n’est que de 10° en moins. Cependant, la formule en question est insuffisante pour les hautes températures, car alors l’extrapolation manque de certitude et donne lieu à une courbe dont la courbure est plus grands que celle de la courbe observée.
- Conclusions.
- MM. Holborn et Wien tirent de leur étude les conclusions suivantes :
- 1. Les mesures de températures au moyen de l’observation des résistances sont moins exactes que celles effectuées avec le couple thermo-électrique platine-platine rhodié. En effet, lorsqu’on contrôle la résistance à froid après chaque mesure, on observe souvent des modifications importantes; de plus, le coefficient de température variant aussi, les mesures à hautes températures n’offrent que peu de garantie.
- 2. La formule de Callendar ne traduit pas les faits avec une exactitude telle qu’on puisse fonder sur elle des extrapolations étendues.
- 3. Le couple thermo-électrique peut être aisément comparé avec le thermomètre à air, car il est facile de l’introduire dans le récipient de celui-ci. De plus, même si la température n’est pas très également répartie dans le fourneau, le couple prend exactement la température de la masse d’air du thermomètre. Le tableau ci-après donne, de 0 à 1600°, la correspondance des températures et des forces électromotrices constatées avec un couple platine-platine rhodié à 10 p. 100 de rhodium.
- MICROVOLTS.* et DEGRÉS. MICROVOLTS. DEGRÉS. MICROVOLTS. DEGRÉS.
- 565 100 3950 500 11460 1200
- 900 150 4430 550 12660 1300
- 1265 200 4920 600 13860 1400
- 1700 250 5930 700 14450 1450
- 2120 300 ' 6970 800 15040 1500
- 2570 350 8020 900 15630 1550
- 3030 400 9080 1000 16220 1600
- 3490 450 10260 1100 )) ))
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- CHANGEMENT DE MARCHE HADRAULIQUE POUR MACHINES DE LAMINOIR DES FORGES DE PENCOYD
- La distribution de ces machines, dont nous avons déjà décrit le re'gulateur hydraulique (1), est du type radial Marschall, à un seul excentrique a (fig. 1) dont la barre commande le tiroir par le renvoi n. Cette barre très épaisse est suspendue à une bielle e, articulée au bout d’un levier b, qui peut prendre toutes les positions comprises entre les extrêmes b et b', sous l’action de la tige e du rriécanisma hydraulique. Le point de
- Fig. [ et 2. — Changement de marche de Pencoyd.
- suspension de la barre [d’excentrique décrit ainsi l’arc y z ou l’arc y' z' suivant que le levier du mécanisme de changement de marche est en b ou en b'.
- Ce mécanisme consiste en deux cylindres hydrauliques c et c', à piston commun d’, portant la tige e articulée sur la crosse d, mobile entre deux taquets g et g\ et pourvue d’une butée polygonale f. L’orientation de cette butée, par la manette i, détermine la course de d et, par suite, la durée de l’admission à 50, 60 et 70 p. 100. Le distributeur k du mécanisme hydraulique est commandé, de la plate-forme, par le renvoi m o, avec servo-moteur constitué par un levier n, articulé à e et excentré en l sur o, de manière que cet excentrique imprime à o, pendant la course de d, un mouvement de sens opposé à celui qu’il vient de recevoir de rn, et tel que la soupape k se ferme automatiquement à la fin du déplacement ainsi fixé pour d par celui de m (2).
- (1) Bulletin de mai, p. 752.
- (2) American machinist, li juin 1396.
- Tome I. — 95e année. 5e série. — Juillet 1896. 67
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- 1034 NOTES DE MÉCANIQUE. ----- JUILLET 1896.
- COMMANDE DU TREUIL RÉVERSIBLE WERN
- L’arbre du treuil ou du conveyeur est commandé d’un moteur A (fig. 4) par un plateau à friction G et deux cônes de friction en papier comprimé E et F, mus en sens contraire par le train des trois pignons B, G et D, dont l’un, C, fou sur son axe. Un levier
- Fig. 3, 4 et 5. — Commande de treuil réversible Wern. Plan, élévation et vue par bout.
- H appuie G sur E ou F suivant le sens de la marche, ou le laisse immobile entre E et F. La pédale I commande le frein. C’est un mécanisme compact et très simple (1).
- POMPE HÉLICOÏDALE CONTINUE QUIMBY
- ette pompe a pour organes d’aspiration par S (fig. 6) et de refoulement par D deux paires de vis conjuguées par des pignons G et dont les filets, opposés pour pas^exiger
- Fig. 6.
- de butée, s’emboîtent de manière à refouler 1 eau d’une façon desmodromique et con-(1) Engineering News, 11 juin 1896.
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- EMBRAYAGE A FRICTION JOLITZ.
- tinue. Les stuffing box disposés du côté de l’aspiration sont d’un entretien facile, La continuité et la douceur de la marche de cette pompe ainsi que l’absence de clapets la rendent particulièrement apte au pompage des liquides épais ou pâteux ainsi qu’à certaines applications mécaniques, comme le refoulement de l’eau directement dans les cylindres des ascenseurs hydro-électriques, solution qui présente l’avantage de ne dépenser qu’une puissance toujours proportionnelle à la charge de l’ascenseur. Ces pompes très ingénieuses ont reçu de nombreuses applications aux États-Unis.
- EMBRAYAGE A FRICTION JOLITZ '
- Le fonctionnement de cet embrayage est le suivant. Quand on pousse (fig. 7) vers la gauche, par le levier q, le manchon p, rainuré sur l’arbre B, le taquet x du manchon o, entraîné à frottement parjo, venant en prise avec le taquet iv, entraîne le pignon k,
- . . Fig. 7. — Embrayage à friction Jolitz. . , . .
- Dimensions d’un embrayage transmettant 100 chevaux à la vitesse do 100 tours. D—-640 mill., a —185, b —550.
- D diamètre des arbres A et B = 120 mill.
- fou sur B, lequel, faisant tourner les pignons n, serre, par leurs vis m, les cônes h et g, malgré leurs ressorts v, sur le cône c, solidaire par rainure et languette du manchon d, calé sur B. Il en résulte que c entraîne par les cônes g et h, rainurés en r sur f, l’arbre A avec une force proportionnelle à la pression de m, laquelle est limitée par le frotte-
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- JUILLET 1896.
- ment de p et de s sur o, fixé lui-même par l’intensité du serrage des boulons t, à fourrure élastique u.
- PRESSES A FORGER LES ROUES DE FIELDING
- Cette presse employée aux Atlas Works, de Gloucester, forge les roues en deux pièces : le moyeu et les bras d’une part, la jante de l’autre.
- Le moyeu et la jante sont tirés d’un lingot refoulé par les poinçons B CB' C à pistons J et E, entre les deux matrices A et A', rayonnées et portées l’une par une table
- fixe D, l’autre par une traverse G à pistons H, H. La jante R, percée de trous correspondant aux rais est posée sur la matrice A.
- La roue W/ainsi ébauchée, est portée sur une seconde presse (fîg. 11 et 12) entre deux formes 1 et 2, puis les cylindres 5 5 appuient, par leurs leviers 4, sur la jante, au droit des rais, les formes 3, dont l’ensemble embrasse toute la circonférence de la jante et en détermine la soudure sur les rais.
- G. R.
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- PROCÈS-VERBAUX
- Séànce du 10 juillet 1896.
- Présidence de M. Mascart, président. %
- MM. Collignon et Aimé Girard dépouillent la correspondance.
- Remerciements, au sujet des prix et récompenses décernés en la séance du 26 juin, de MM. Légat, Lefèvre, Kreutzberger, Chastanet, Castaing, Col, Javaux et Nysten, Champigny, Effront, Ferrand, Beuret et Brunet, Detroye, Détourbe, Roux, Jaffier, Zipcy, Bauckler, Chauveau, Debaucheron, Boissier, Point, Rach, Bourgeois, Caridroit, Gauthier, Perotto, Seguy, Coulombié, Duclos frères, Charles, Malicot, Taneur, Lefert, Villain, Barthélemy Boyer, Lencauchez et Durant, Compagnies des Omnibus, des Chemins de fer de l’Est et d’Orléans, de Biache Saint-Vast, des établissements Cail, Kuhlmann, de la Société des Munitions de chasse et de guerre.
- M. le secrétaire de Y Institut International de Bibliographie, de Bruxelles, informe notre Société de la création d’une section française de cet institut sous la présidence de M. Gariel. (Commission du Bulletin.)
- M. Savreux, de Nantes, demande le concours de la Société pour l’exploitation d’un jouet. (Bureau.)
- M. le capitaine Ballin, à Alençon, envoie une brochure relative à des observations stratégiques, faites pendant son séjour à Nancy.
- M. Mallet envoie quelques observations relatives au rapport de MM. Bruit et Hirsch sur la distribution Durant Lencauchez. (Arts mécaniques.)
- M. Bernard Jeoffroy, 1, rue Versigny, a déposé, à la date du 20 juin, un pli cacheté relatif à un compteur-marqueur automatique pour billards.
- M. O. Odin adresse à la Société une invitation à se faire représenter au Congrès des pèches maritimes, aux Sables-d’ Olonne, du 3 au 7 septembre 1896.
- M. le Dr Coiffier soumet à l’appréciation de la Société un travail sur un procédé facile pour la vérification de Valcool. (Comité de Chimie.)
- M. G. Juliette, 47, rue Saint-Sauveur, demande une annuité pour un brancard de voiture. (Agriculture.)
- M. le Président donne lecture de deux lettres de remerciements : l’une de lord Kelvin pour la délégation de M. Mascart comme représentant de notre Société au jubilé du professorat de cet illustre savant, récemment célébré à l’Université de Glasgow, et l’autre, de M. Levasseur, pour sa nomination de membre du Conseil de la Société d’Encouragement.
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- PROCÈS-VERBAUX. --- JUILLET 1896.
- Correspondance imprimée. — MM. les Secrétaires présentent au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages mentionnés à la page 1049 du présent Bulletin, parmi lesquels AI. Aimé Girard signale tout particulièrement celui de M. A. Livache, sur les Vernis et huiles siccatives, dont l’examen est renvoyé au Comité de Chimie.
- Nominations de membres de la Société. — Sont nommés membres de la Société :
- M. Champigny, ingénieur civil des mines, présenté par MM. Haton de la Goupillière et G. Richard.
- M. de Foville, membre de l’Institut, présenté par MM. Haton de la Goupillière et Hirsch.
- M. Franche, chimiste, présenté par M. Sorel.
- Compagnie des forges et aciéries de Saint-Étienne, présentée par MM. Pourcel et G. Richard.
- M. Grandeau, professeur au Conservatoire national des Arts et Métiers, présenté par MM. Tisserand et Ronna.
- Com3iunication. — AI. Gautier présente une communication sur des recherches nouvelles sur la Fusibilité des alliages.
- AI. le Président remercie M. Gautier de sa très intéressante communication, qui fait partie des travaux entrepris sous le patronage de la Commission des alliages de la Société d’Encouragement, et qui sera reproduite in extenso au Bulletin de septembre.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Les mines d’or de Transvaal, par M. L. de Launay, professeur de géologie appliquée à Y École supérieure des Mines, par M. A. Brull, membre du Conseil.
- M. L. de Launay, ingénieur au corps des mines, professeur à l’École supérieure des Mines, vient de publier, chez MM. Baudry et Cie, un volume in-8° de 540 pages, intitulé : Les Mines d’or du Transvaal.
- Élève et professeur du regretté Ed. Fusch, M. de Launay, l’un des auteurs du traité des gîtes minéraux et métallifères, ayant déjà publié plusieurs articles dans les Annales des mines et dans d’autres revues sur les gisements aurifères du Transvaal, a été à même de passer deux mois à Johannesburg, centre des mines du Witwatersrand. C’est ainsi qu’il s’est trouvé tout à fait qualifié pour faire connaître ce merveilleux pays de l’or, sur lequel on n’avait guère, du moins en langue française, que desfétudes partielles et des renseignements incomplets.
- Un ouvrage de ce genre intéresse les milieux les plus divers. Le mode particulier de gisement, les méthodes spéciales d’exploitation, le traitement métallurgique d’invention récente méritent l’étude des géologues et des mineurs ; la production si considérable et si rapidement croissante de ce nouvel Eldorado, les prévisions qu’il est maintenant permis de tracer pour l’ensemble des ressources qu’il est appelé à fournir, importent aux économistes et aux hommes d’État, car elles exercent une puissante influence sur la situation monétaire et sur l’état économique du monde entier. Enfin l’importance des capitaux qui ont été consacrés à la mise en valeur de ces gisements et qui affluent encore de tous côtés, la part considérable qu’a prise la France dans ces placements toujours aventureux, fructueux quelquefois, doivent attirer l’attention générale sur les renseignements dignes de foi et les appréciations autorisées de M. de Launay.
- Le livre abonde en documents : faits positifs et chiffres précis, mais on y trouve aussi, en ce qui concerne l’ensemble du pays envisagé d’une façon générale, les vives impressions et les opinions sincères d’un observateur sagace et désintéressé.
- En particulier, lorsqu’il a eu à examiner l’action de ces lanceurs d’affaires « qui ne voient dans l’industrie des mines qu’un prétexte à spéculations savantes, qu’une sorte de jeu, où il s’agit de revendre à de pauvres diables ignorants des actions achetées ailleurs bon marché et pour lesquels une machination de bourse habile vaut mieux que la découverte d’un nouveau filon ou d’un nouveau mode de traitement », l’auteur n’a pas abordé ces parasites avec une sympathie marquée et on ne peut, en vérité, que l’en féliciter et recommander la lecture de ses intéressantes divulgations aux milliers de naïfs que ces agioteurs éhontés tentent de séduire parleurs fallacieuses combinaisons.
- L’ouvrage comprend trois parties, dont la première traite de la géographie, de l’histoire du Transvaal et de l’organisation de l’industrie minière dans ce pays ; la seconde est consacrée à l’exploitation des mines et au traitement des minerais.
- La géographie de l'Afrique australe, et spécialement celle du Transvaal, est aujourd’hui bien connue. On prendra plaisir cependant à la description à la fois claire et pittoresque du chapitre premier.
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- BIBLIOGRAPHIE.
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- Johannesburg, que l’on atteint actuellement par une traversée de dix-huit jours de Londres au Cap, et en chemin de fer, depuis le Cap, après un parcours de 1 620 kilomètres qui dure deux jours et demi, est situé à 1 800 mètres d’altitude. C’était, en septembre 1895, une grande cité de plus de 80 000 habitants, en plein développement, la plus importante de toute l’Afrique du Sud, bien que sa fondation ne remonte qu’à une dizaine d’années.
- L’été, qui dure de décembre, à mars est très humide, et les pluies torrentielles de cette saison donnent de"0m,40 à lm,06 d’eau. Pendant les huit autres mois de l’année, il ne pleut presque pas, et la hauteur d’eau recueillie a varié de 0m,03 à 0m,25. On ne peut assurer l’approvisionnement d’eau potable et la consommation des mines qu’en emmagasinant soigneusement l’eau de pluie à l’aide de réservoirs établis dans les dépressions du terrain.
- Le second chapitre présente l'histoire de la république sud-africaine jusqu’aux événements de la fin de décembre 1895. L’auteur examine les chances d’un retour offensif de l’Angleterre; il considère son coup de main comme manqué pour longtemps et envisage, comme hypothèses à prévoir, l’établissement d’une république indépendante et libre, ouverte à toutes les nationalités et réunissant le Transvaal, l’Etat d’Orange, le Natal et d’autres territoires, dans le genre de ce qu’étaient au début les Etats-Unis d’Amérique.
- L’histoire de l’industrie aurifère est des plus curieuses. On trouve, dans des relations portugaises du xvi° siècle, la mention de l’abondance de l’or au Zambèze et dans le royaume de Monomotapa qui, d’après les vieilles cartes, ne serait autre chose que le Transvaal et le Mashonaland. Certains voyageurs ont attribué aux Phéniciens la construction du grand et du petit Zimbabijé, dont les ruines importantes, découvertes près de Manika, dans le Mashonaland,'paraissent correspondre à des exploitations d’or très anciennes situées dans le voisinage, ce qui assignerait une origine très reculée à l’exploitation de l’or dans le midi de l’Afrique.
- Quoiqu’il en soit de cette histoire encore incertaine, c’est en 1864 seulement que l’explorateur allemand Mauch découvrit l’or à nouveau entre le Zambèze et le Limpopo. Le précieux métal fut aussi reconnu au sud de cette dernière rivière de 1868 à 1873, et des mineurs californiens et australiens vinrent en nombre chercher fortune au Transvaal.
- Mais ces entreprises ne donnèrent pas de résultats, et les premiers travaux dans les conglomérats du Witwatersrand, cette région aujourd’hui célèbre, ne datent que de 1884 ; ils furent ouverts à Geldenhuis par un nommé Arnolg, qui avait commencé par exploiter des poches d’alluvions superficielles.
- Mais on ne soupçonnait alors ni la véritable nature ni la valeur de ces sortes de de gisements si différents des filons de quartz aurifère, de sorte que la découverte de Geldenhuis fit peu de sensation, tandis que la mine de Sheba, dans le district de Kaap, ouverte sur le riche affleurement d'un filon, voyait ses actions passer en une semaine de une livre à plus de cinquante livres.
- Il y eut alors un enthousiasme indescriptible. Les chercheurs d’or affluèrent par milliers. La ville de Barberton se construisit comme par enchantement.
- Mais cette fièvre ne dura pas longtemps : l’or visible et l’or libre furent bien vite épuisés. Les sociétés fondées avec d’énormes capitaux tombèrent pour la plupart. Ce fut le premier krach du Transvaal qui devait être suivi de plusieurs autres.
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- BIBLIOGRAPHIE. — - JUILLET 1896.
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- Il fallut près de trois années pour amener le commencement des exploitations du Witwalersrand. C’est en 1887 que se créa la Wemmer et, dans là même année, la plupart des mines de la partie centrale du district.
- Ces entreprises étaient fondées par des gens de Kimberley, du Cap ou de Natal, qui devaient à l’industrie du diamant leur fortune et leur expérience. Elles prospérèrent très vite au delà de toute attente.
- Mais ce brillant succès produisit une vive excitation dans le pays et à l’étranger. On fonda coup sur coup des compagnies; les actions, souvent avant que le travail fût commencé dans la mine, atteignirent des cours insensés. Les fausses entreprises eurent vite fait de disparaître, et les meilleures, tout en prospérant, ne purent soutenir longtemps les cours exagérés qu’avaient su obtenir leurs habiles promoteurs. C'est tout au plus si ces valeurs ont pu retrouver aujourd’hui ces cotes élevées malgré une exploitation fructueuse de sept ou huit années.
- En 1889-90, les premières mines commencèrent à dépasser la profondeur jusqu’à laquelle le minerai cède facilement son or libre au mercure et se trouvaient en présence de minerai qu’on ne savait pas traiter. La main-d’œuvre manquait, l’eau faisait défaut, les transports et l’exploitation étaient coûteux; la vie, dans la ville naissante de Johannesburg, était pénible et dispendieuse. Un découragement général se produisit, et bien que plusieurs compagnies aient déjà, à cette époque, distribué des dividendes importants, il y eut, sur toutes les actions,une baisse formidable et beaucoup d’affaires peu solides furent englouties dans la ruine.
- Les difficultés qui avaient produit cette crise furent cependant levées successivement; entre autres, le procédé de la cyanuration, qui se montre particulièrement adapté au minerai du Transvaal, vint rendre une valeur aux énormes cubes de conglomérat aurifère reconnus dans ces couches d’une régularité admirable.
- 11 fallut cependant trois ou quatre ans pour ramener la confiance. Des progrès notables apportés à l’exploitation par des hommes expérimentés venus de tous les pays où l’on exploite l’or, des relations sérieuses dues à des ingénieurs de mérite, envoyés d’Amérique, d’Angleterre et d’Allemagne, attirèrent de nouveau la faveur aux exploitations du Witwatersrand.Les capitaux anglais et allemands affluèrent tant pour développer les mines existantes que pour en ouvrir de nouvelles. C’est alors seulement que les mineb du Transvaal commencèrent à attirer sérieusement l’attention dans notre pays.
- Ces puissants concours de l’ancien monde, en relevant activement le cours des actions, excitèrent au Transvaal, en même temps que les énergies de l’industrie légitime, l’avidité des lanceurs et des manieurs d’affaires. On vit éclore les combinaisons' les plus variées et les plus hasardeuses.
- Ces nouveaux excès ont amené la dernière crise, dont les résultats sont encore dans toutes les mémoires.
- Mais l’auteur, après l’histoire détaillée de ces alternatives d’enthousiasme et d’abattement, présente un tableau si animé de l’infatigable activité de l’industrie colossale du Rand, qu’on ne peut, malgré les déceptions, garder le moindre doute sur la réalité des richesses de ce pays privilégié, sur les heureux résultats de leur exploitation actuelle et sur le brillant avenir qui leur est réservé.
- Dans le troisième chapitre, on trouve l’étude sur le vif de Y organisât ion de l'industrie minérale au Transvaal ; le régime légal, les gouvernants, les promoteurs, la main-d’œuvre, la constitution et le fonctionnement des Sociétés.
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- BIBLIOGRAPHIE.
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- Mais nous avons hâte d’arriver à la seconde partie intitulée Géologie :
- Bien différents des filons de quartz aurifère, où la substance minérale remplit les vides souvent presque verticaux produits par quelque dislocation de l’écorce terrestre à travers les lits initialement horizontaux du terrain, les gisements du Witwatersrand se présentent à l’état de couches sédi'mentaires ayant dû, à l’origine, se déposer à peu près horizontalement, postérieurement à la couche qui forme leur base ou mur, antérieurement à celle qui en forme le toit, et n’ayant pris plus tard l’allure inclinée ou plissée que par l’action de mouvements géologiques postérieurs.
- Ces couches continues et régulières se distinguent avantageusement, malgré la teneur moins élevée du minerai, des gisements fdoniens; ils permettent une évaluation plus facile et plus certaine du cube disponible et une exploitation plus simple et mieux réglée.
- Le minerai n’est pas un quartz aurifère, c’est un conglomérat formé de galets i>lus ou moins gros, plus ou moins roulés, quelquefois fendillés, soudés les uns aux autres par un ciment siliceux dans lequel se trouve exclusivement l’or en association intime avec la pyrite de fer.
- L’allure des terrains et l’étude des travaux déjà très développés de reconnaissance et d’exploitation donnent à penser que les gisements font partie d’un grand pli synclinal, ou fond de bateau, dirigé nord-est sud-ouest. C’est sur la partie nord de cette vallée, avec pendage sud, que sont placées la plupart des mines aujourd’hui exploitées sur une longueur d’une soixantaine de kilomètres. Le pli synclinal aurait environ quarante kilomètres de largeur et atteindrait une profondeur de plusieurs kilomètres.
- L’auteur a consacré trois chapitres à l’étude géologique.
- Dans le premier, il traite de la géologie générale de l’Afrique du Sud. Ce pays qui, au point de vue orographique, forme un vaste plateau en masse compacte, apparaît comme une sorte de grande conque dont la bordure, notamment sur toutes les côtes, est formée de terrains anciens : granité et gneiss, et dans l’intérieur de laquelle les couches sont d’autant plus récentes qu’on se rapproche davantage du centre. Ce continent paraît s’être plissé vers l’époque carbonifère; tous les terrains antérieurs disloqués, à strates inclinées jusqu’à la verticale, forment le soubassement sur lequel, pendant une longue période de temps, se sont déposées, dans de grands lacs intérieurs, sur d’énormes épaisseurs, des couches carbonifères et d’autres plus récentes qui, n’ayant été, depuis leur formation,l’objet d’aucun mouvement important du sol, sont restées à peu près horizontales. Ces dépôts, dits du Karoo, qui forment tout le grand plateau du même nom, régnent depuis le Cap jusqu’à Johannesburg et Kimberley; on y trouve la houille en abondance et aussi les roches éruptives qui fournissent le diamant ; c’est dans les couches inclinées marines, d’àge paléozoïque, que s’intercale toute la série du Witwatersrand que l’on considère comme dévonienne.
- Le second chapitre est consacré à la géologie de cette région. On y étudie l’allure d’ensemble de la série ancienne aurifère et de son soubassement de granité et de gneiss, puis celle des dépôts charbonneux du Karoo. Dans cette série ancienne, se trouve l’importante masse de grès et conglomérats aurifères qui peut avoir environ 7 500 mètres d’épaisseur, où l’on n’a trouvé aucun fossile. Ce sont ces couches sur lesquelles se portent foutes les exploitations. Elles sont décrites en détail, avec de nombreuses figures montrant le mode de gisement et la constitution pétrographique des diverses variétés de conglomérats.
- Les couches au nord du Rand pendent généralement vers le sud, avec une forte
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- inclinaison qui diminue progressivement, en profondeur. Au centre du bassin, les strates sont voisines de l’horizontale, et en quelques points du sud qui ont été reconnus ou mis en exploitation, on trouve des pendages nord. De là, l’hypothèse fort plausible d’un grand pli synclinal qui est représenté sur l’une des planches de l’ouvrage, d’accord avec les idées des deux géologues anglais qui se sont le plus occupés de l’étude de la région.
- Cette configuration du district, lorsqu’elle sera bien prouvée par le progrès des exploitations, sera naturellement de la plus haute importance pour l’avenir de l’industrie aurifère du Transvaal.
- Parmi les couches du Karoo, les plus intéressantes sont celles qui renferment la houille. Elles ont livré quelques fossiles qui semblent les classer dans le permien et dans le trias. Il en a été extrait, en 1894,plus de 300,000 tonnes de charbon.
- L’étude spéciale des gîtes aurifères du Witwatersrand fait l’objet du troisième chapitre. Ce chapitre comprend :
- L’allure et la description des couches aurifères sur la longueur du Rand, l’examen des minerais d’or, de leur structure et de leur teneur, celui des roches éruptives et des failles, de l’origine et du mode de formation des conglomérats aurifères.
- Les faisceaux de couches y sont décrits dans la plupart des mines qu’ils traversent. L’identification des couches est en général extrêmement délicate, car les lits de quart-zites ou de galets agglomérés qui contiennent de l’or en proportion rémunératrice ressemblent de très près à d’autres couches qui n’en renferment pas, ou n’en montrent que des traces. Aussi, chacune des diverses couches a-t-elle reçu, comme il arrive d’ailleurs très souvent dans les districts miniers, au début des exploitations, des dénominations spéciales qui diffèrent d’une mine à l’autre. Ces monographies fidèles seront d’un grand intérêt pour les nombreuses personnes qui recherchent des renseignements dignes de foi sur telle ou telle exploitation particulière.
- La description des minerais est des plus curieuses. On reste surpris qu’on ait songé à extraire ces sortes de gâteaux d’amandes pétrifiées qui ne montrent à l’œil aucune trace d’or, qui sont d’assez faible densité, et qui ne rappellent en rien le faciès des minerais aurifères connus.
- Le conglomérat, en dehors de l’or et de la pyrite de fer, qui peut constituer jusqu’à 30 p. 100 de sa masse, est remarquablement pauvre en autres métaux, ce qui semble contribuer à la facilité de son traitement par le cyanure de potassium.
- La richesse du minerai [ne peut aucunement se reconnaître à la vue. Elle n’est réellement connue qu’à la suite d’un broyage en grand assez prolongé et fait dans les conditions de la pratique normale. La teneur varie beaucoup d’un point à un autre de la même couche, sans qu’on ait pu encore établir aucune loi pour ces variations. Mais, malgré ces oscillations continuelles de la richesse eh or, il s’établit cependant, sur une grande longueur, une teneur moyenne qui, pour chaque quartier d’une mine, reste assez constante.
- Il se présente dans les gisements des dykes de roches éruptives. Ces failles, tantôt dans le sens des couches, tantôt normales à leur direction, les dérangent assez fréquemment et les stérilisent; la porphyrite ou le diabase occupent la place du minerai.
- L’auteur présente sur ces failles des indications qui seront utiles aux exploitants ; ceux-ci paraissent avoir été, du moins au début, troublés plus que de raison par des rejets qui leur faisaient perdre la veine productive qu’ils ne savaient pas remettre. Les
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- mineurs expérimentés sont familiarisés avec des accidents bien plus complexes, et ne s’en émeuvent pas d’ordinaire.
- Après avoir exposé clairement quantité de faits d’observation portant sur la constitution des gisements, sur leurs allures, sur leurs accidents, sur la texture et la richesse des minerais, M. de Launay essaie, après d’autres géologues, de tracer, sur la genèse de l’or du Rand, une hypothèse qui satisfasse à toutes ces considérations.
- Les quartzites et les conglomérats formeraient des dépôts très étendus d’origine peut-être marine, ayant commencé par être à peu près horizontaux, puis plissés postérieurement suivant un grand synclinal nord-est sud-ouest.
- La formation de l’or et de la pyrite serait contemporaine de celle des conglomérats.
- Des eaux chargées de fer, de soufre et d’or en dissolution seraient arrivées sur une plage où des fragments de quartz étaient roulés et triturés par les vagues. La pyrite et l’or se seraient déposés plus ou moins pêle-mêle avec les galets. Mais, par l’effet d’une sorte de préparation mécanique, ces matières métalliques se sont concentrées en leur qualité d’éléments lourds avec les galets les plus gros. La précipitation de l’or serait due soit à l’action de [matières organiques, soit à une des nombreuses influences qui séparent ce métal de ses solutions. La venue même de l’or est attribuée à des sources chaudes tenant de l’or et de la silice en dissolution, ou encore à la destruction de filons aurifères dont l’or aurait été enlevé par dissolution chimique.
- La vraie difficulté, dans cette hypothèse, et c’est l’auteur lui-même qui la signale, consiste dans la nécessité d’admettre la persistance, ou du moins le retour très fréquent de ces sources sulfureuses, ferrugineuses et aurifères pendant l’énorme laps de temps qui correspond au dépôt des quartzites et des conglomérats.
- La troisième partie du livre est consacrée à Y exploitation des mines et au traitement métallurgique.
- L’auteur donne d’abord quelques règles fort sages pour l’évaluation des concessions. Ces règles, malheureusement, ne sontpas souvent suivies lors de la constitution des entreprises, et les surprises de l’exploitation ont quelquefois dépassé ce que comportent les accidents géologiques et les variations de richesse du minerai.
- Le chapitre II fait connaître les caractères généraux des aménagements, décrit l’équipement extérieur des mines, les moteurs, les ateliers, les installations d’air comprimé et d’électricité. Puis viennent les méthodes d’exploitation, le traçage, l’abatage, le boisage, l’influence des failles, l’épuisement, l’aérage et les transports.
- Les installations des grandes mines sont en général à la hauteur du progrès et peuvent soutenir la comparaison avec celles des bonnes exploitations d’Europe. La force motrice utilisée est actuellement entre 16 et 19 000 chevaux. Elle paraît devoir atteindre 30 à 40 000 chevaux d’ici cinq ou six ans.
- Pour gagner du temps dans la mise en valeur des gisements, on a fréquemment recours aux puits inclinés suivant le filon, et on emploie de préférence la perforation mécanique.
- Les terrains sont solides, l’eau est, quant à présent, peu abondante dans les travaux; la main-d’œuvre est chère. Le matériel, qui provient en général des États-Unis d’Amérique, est habilement étudié et de construction soignée. On lira avec intérêt la description sommaire avec figures des installations mécaniques de plusieurs mines.
- Les galeries de traçage et d’exploitation sont écartées l’une de l’autre d’une tren-
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- taine de mètres suivant le pendage du filon. On tend à augmenter cet espacement. L’emploi de la perforation mécanique permet des avancements de 25 à 27 mètres par mois dans les galeries, et jusqu’à 50 mètres dans les puits inclinés. Le prix de revient des galeries est de 250 à 300 francs par mètre.
- L’abatage se fait par gradins droits ou par gradins renversés, à l’aide de trous de mine forés à la main ou à la machine et chargés de dynamite. La dynamite est encore fort coûteuse au Transvaal.
- L’éclairage se fait partout à la bougie.
- L’aérage est des plus faciles; il suffit d’ordinaire de quelques petits ventilateurs.
- Le roulage se fait à bras, à cause des sinuosités des travaux. Les wagonnets de minerai sont vidés au pied du puits d’extraction dans des magasins à minerai. Des trémies pratiquées au-dessus du puits incliné chargent les skips ou chariots de tôle qui servent à l’extraction.
- La traction au jour se fait par chaîne flottante, par un simple câble flottant, ou à l’aide de locomotives électriques.
- Le chapitre III s’occupe des exploitations profondes. Les grandes profondeurs atteintes sont de 240 à 273 mètres, mais des sondages ont recoupé les couches aurifères à 710, 960 et 1 230 mètres, et il y a lieu, dès à présent, de se préoccuper des moyens d'atteindre ces gisements profonds, soit à partir des travaux actuels, soit par des puits verticaux indépendants. Il faut se demander jusqu’à quel niveau on pourra descendre, tant au point de vue de la possibilité technique qu’au point de vue commercial. L’auteur estime que c’est cette seconde considération qui déterminera la limite de profondeur, et que cette limite sera probablement de 800 à 900 mètres pour des concessions étendues et des minerais de moyenne richesse. On pourrait aller à 200 ou 300 mètres plus avant pour des couches de minerai très riche.
- Le traitement métallurgique est décrit dans le chapitre IV. Pour chaque bocard broyant par 24 heures environ 4 tonnes de minerai, il faut, pour tous les besoins de l’exploitation, environ 10 mètres cubes d’eau. Comme il ne pleut pas pendant de longs mois, et qu’il n’y a pas dans le pays de rivières à régime régulier, on recueille l’eau des pluies en barrant les vallonnements du terrain pour constituer des étangs dont les dimensions sont quelquefois très grandes.
- Le minerai est d’abord trié à la main plus ou moins soigneusement, puis concassé, broyé au bocard avec amalgamation. Les pilons ont été bien améliorés, tant par l’augmentation de leur poids et la réduction de la hauteur de chute que par plusieurs détails de leur construction; ils passent de 2 à 5 tonnes par jour.
- Mais le mercure ne retient qu’un peu plus de moitié de l’or des minerais pyriteux. Les résidus sont concentrés sur des Frue-vanners à courroie inclinée de caoutchouc. Ce procédé donne des « concentrés » qui sont chlorurés dans des usines spéciales pour en extraire l’or par lixiviation des sables ou lailings que l’on soumet à la cyanuration, et des boues ou slimes, dont on s’ingénie à retirer l’or par divers procédés.
- Le cyanure double d’or et de potassium livre l’or soit dans des boîtes à zinc métallique, soit par électrolyse. L’ouvrage décrit en détail ces nouveaux procédés tels qu’ils sont exploités dans les principales mines et donne, en outre, dans le cinquième chapitre, d’utiles informations sur les perfectionnements actuellement à l’essai.
- La question des prix de revient est traitée au chapitre VI. On y trouve en abondance des chiffres et des renseignements précieux. On arrive assez bien à un prix moyen de 30 à 35 francs par tonne de 1 000 kilos de minerai; mais le prix de revient
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- réel dont nous venons de rapporter une moyenne varie du simple au triple, d’une mine à l’autre. Il reste beaucoup d’économies à faire, dont M. de Launay trace le programme.
- L’auteur, en concluant, pense à juste raison que de son étude il restera au lecteur l’idée « qu’une industrie puissante est née dans l’Afrique du Sud, qu’un effort énorme y est tenté avec beaucoup d’énergie, d’initiative, de hardiesse et de talent, que des capitaux considérables y sont engagés. Il reste maintenant à tirer la conclusion de cet ensemble de faits, à voir ce qu’a produit déjà et ce que peut produire encore dans l’avenir cette dépense colossale d’argent, de travail et d’intelligence. »
- Il déplore l’avidité imprudente avec laquelle des milliers de personnes, qui avaient de fortes raisons de s’abstenir de pareils placements, ont pris au hasard des titres quelconques, qui leur étaient présentés par les premiers venus.
- Il y a en effet mine et mine, concession et concession, et d’habiles flibustiers ont su lancer plus d’une affaire imaginaire. 11 y a eu encore des entreprises simplement malheureuses, qui ont périclité par ignorance, maladresse, excès d’audace, ou sort contraire.
- Mais, en dehors de ces cas, le Witwatersrand présente,pour les capitaux, une sécurité relative, assez rare dans l’industrie minière.
- Ces mines occupent actuellement environ 55 000 noirs. On y creuse chaque mois plus de 25 kilomètres de galeries et de 8 kilomètres de puits. On y extrait près de 280 000 tonnes de minerai, qui produisent de 18 à 19 millions de francs d’or par mois.
- Il y a actuellement 1146 Compagnies, dont le capital nominal atteint à peu près un milliard et demi. Sur ce nombre de Compagnies, 75 mines sont en activité, 250 autres font des travaux de reconnaissance. Il a été distribué, pour l’année 1895, près de 100 millions de francs de dividende.
- On peut être assuré, dès à présent, pour l’exploitation des richesses du Rand, d’une durée d’au moins 25 ans. Ce chiffre s’applique aux mines actuellement en exploitation. Il faut l’augmenter notablement pour tenir compte des surfaces non encore explorées. On doit penser aussi à l’exploitation à grandes profondeurs, qui ne manquera pas de fournir bien des années de travail. On peut évaluer entre 14 et 17 milliards la valeur de l’or à extraire de ce riche district minier.
- « En résumé, dit en terminant M. de Launay, au moment où la France fait avec raison de si grands sacrifices pour s’assurer, à tous les coins du monde, ce qu’on peut appeler des provisions de colonies nécessaires à son expansion, à sa vie même dans l’avenir, l’Afrique du Sud nous en offre une saine, riche et féconde, qui ne nous coûte rien, et nous est ouverte, à nous comme à tous les hommes de bonne volonté ; nous assistons, peut-être un siècle plus tard, sur une échelle moindre, au recommencement des États-Unis d’Amérique, et cela sur le continent africain, où nos intérêts, de tous les côtés, sont déjà tellement considérables ; il est vraiment désirable que notre pays sache en profiter, et nous espérons qu’il y réussira. »
- Lefèvre (Julie»), professeur à l’Ecole des Sciences et à l’École de Médecine de Nantes. — La Spectroscopie et La Spectrométrie, deux vol. de l’Encyclopédie Scientifique des Aide-Mémoire.
- Après un court historique, on trouvera, dans le premier de ces ouvrages, la description
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- d’un laboratoire de Spectroscopie et celle des différents procédés qui peuvent servir à l’étude des spectres des métaux : flammes du gaz d’éclairage et de l’hydrogène, brûlant seuls ou chargés d’une substance convenable, arc voltaïque, tubes de Geissler, étincelle d’induction éclatant soit entre deux pôles du métal étudié, soit à la surface d’une dissolution saline ou d’un sel en fusion. L’auteur a signalé en particulier les dispositifs employés par les principaux savants qui se sont occupés de ces questions. Le chapitre suivant renferme les résultats relatifs aux spectres d’émission des métaux, et notamment ceux qui ont été obtenus par M. Thalén et par M. Lecoq de Boisbaudran.
- Vient ensuite une étude semblable sur la production des spectres d’émission des métalloïdes et les résultats obtenus dans cette question par les différents procédés, puis un chapitre relatif aux spectres d’absorption des solutions métalliques, des matières colorantes, du sang, du gaz et des vapeurs, etc.
- L’auteur est alors conduit, par la comparaison des pouvoirs émissifs et absorbants, à l’explication du renversement des raies; il étudie les raies du spectre solaire, les raies telluriques, et indique les résultats concernant la constitution du Soleil, (les étoiles, des nébuleuses, des comètes, etc., ainsi que les mouvements des astres.
- On trouvera ainsi ce qui se rapporte aux spectres infra-rouges et ultra-violets du Soleil et des autres sources, et notamment aux travaux de MM. Mascart, Cornu, Langley, Carvallo, etc. Le dernier chapitre est consacré à la phosphorescence et à la fluorescence.
- Le second ouvrage : la Spectrométrie (Aide-Mémoire) est consacré à l’étude des appareils employés en Spectroscopie, des méthodes d’analyse dérivées de cette science et des expériences relatives à la théorie des spectres. On y trouve une étude du prisme se rapportant surtout aux propriétés les moins connues ou à celles qui ont trait plus spécialement à la dispersion puis la description des principaux types de spectroscopes et l’étude des réseaux. Deux chapitres spéciaux sont consacrés au réglage des appareils et à la graduation des spectroscopes.
- L’Auteur indique ensuite les applications de l’Analyse spectrale et les méthodes, trop peu nombreuses, d’analyse quantitative qui en ont été tirées.
- A la suite de ces méthodes se placent les procédés qui permettent de déterminer la quantité de chaque radiation lumineuse contenue dans une source donnée. Enfin, l’on a réuni dans le dernier chapitre les travaux relatifs à la théorie des spectres, à la disposition des raies dans le spectre d’une même substance ou dans les spectres des corps d’une même famille, à la théorie de la dispersion, à l’emploi d’une longueur d’onde comme unité absolue de longueur.
- Moissan (H.) et Ouvrard (L.). — Le Nickel. — (Encyclopédie scientifique des Aide-Mémoire.)
- Le premier chapitre expose les principales propriétés du nickel après avoir rappelé en quelques mots l’historique de sa découverte. Ensuite, vient une étude du nickel tel qu’on le trouve dans la nature; on passe en revue la plupart des minéraux contenant ce métal, jusqu’à ceux qui n’en contiennent qu’accidentellement, à l’état d’impureté en quelque sorte, mais qui cependant, par leur abondance, constituent à l’heure actuelle les véritables minerais de nickel. Dans le chapitre suivant, on examine les principaux composés du nickel, en insistant surtout sur ceux qui peuvent présenter quelque intérêt dans les applications industrielles. Ce chapitre eet suivi de l’exposé des principales recherches faites sur l’action physiologique des sels de nickel.
- On passe ensuite à l’étude de la métallurgie du nickel. Cette deuxième partie forme quatre chapitres, dont les trois premiers sont consacrés au traitement des minerais arséniés, des minerais sulfurés et des minerais oxydés. On insiste surtout sur les procédés de la voie sèche les plus récents, qui semblent devoir se substituer bientôt à tous les autres. Un quatrième cha-
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- pitre est réservé à la description des moyens employés pour purifier le nickel et transformer le métal brut en métal suffisamment pur pour les applications usuelles.
- La troisième Partie, réservée aux applications, contient une étude des principaux alliages de nickel, dont quelques-uns ont une importance plus grande que le métal lui-même. Un chapitre est consacré au nickelage, avec la description des procédés les plus généralement admis, ainsi que la composition des bains les plus employés.
- L’ouvrage se termine par une statistique de la production minière et métallurgique du nickel, avec quelques observations sur les causes qui ont limité jusqu’à ce jour l’emploi de ce métal.
- F. Dommer. — L’incandescence par le gaz et le pétrole. L’acétylène et ses applications. — Un vol. in-16, 320 pages, chez B. Tignol.
- Après une théorie élémentaire de la lumière, l’auteur aborde la description des minéraux dont les oxydes sont utilisés à produire l’incandescence : Thorite, Orangite, Monazite, etc.
- Il traite ensuite des appareils à incandescence à combustion complète de Siemens, Band-sept, Denayrouze et Auër, etc.
- La seconde partie de l’ouvrage est consacrée à 1 ’acétylène : préparation de cai’bure de calcium, emploi dans l’éclairage, lampes mobiles, régulateurs, applications ala carburation du gaz, à la traction, aux produits chimiques, alcool, etc.
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- LIVRES ET OUVRAGES REÇUS A LA RIRLIOTHÈQUE
- EN JUILLET 1896
- Association des industriels de France contre les accidents du travail. Instruction pour les scieries mécaniques et les usines à, travailler les bois. 1 broch. in-8, 71 p., au siège de l’Asssociation, 3, rue de Lutèce.
- De M. Dwelshauvers-Dery. Laboratoire de mécanique appliquée de l’Université de Liège. Rapport sur les essais de 1889, extrait de la Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- Du Ministère de l’intérieur. Service vicinal. Modification du régime des prestations et révision de la législation vicinale. Résultats de l’enquête ouverte auprès des conseils généraux en 1893. 1 vol. in-4, 200 p. Imprimerie nationale.
- Production de l’électricité par les moulins à vent, par M. J. van Heurn. 1 brocli. in-8, 47 p., chez l’auteur.
- Dureté des matières vitreuses et cristallisées déterminée au moyen de l’usomètre,
- par MM. Jannetaz et Goldberg. 1 broch. in-8, 9 p. ; extrait des publications de F Association française pour Vavancement des sciences. Congrès de Bordeaux.
- Organisation internationale de la bibliographie scientifique. Office international de bibliographie. 1 broch. in-8, 32 p. Bruxelles, imprimerie F. Larcier.
- Du Ministère des Finances. Direction générale des douanes. Tableau général du Commerce de la France avec ses colonies et les puissances étrangères. 1 vol. in-8. 820 p. Imprimerie nationale.
- Du Ministère de l’Instruction publicpie. Revue des [travaux scientifiques. Vol. XV. n° 12, et vol. XVI, n° 1 et 2.
- Du Ministère du Commerce et de l’Industrie. Description des machines et procédés brevetés. Vol. in-8 (année 1892). Chemins de fer. Marine et navigation. Machines à vapeur. Chau-dièi’es. Organes. Machines-outils. Machines diverses. Manœuvre des fardeaux. Machines à coudre. Moteurs divers. Fabrication des chaussures.
- De la Royal Dublin Society. Scientific. Transactions. Vol. V, séries n, n° 3 à 12, vol. VI, n° 1 et Proceedings, août et septembre 1893. Londres, Williams et Norgate.
- Annuaire des mines et de la métallurgie, de la construction mécanique et de l’électricité pour 1896. 1 vol. in-8, 1243 p. Paris, Bernard.
- Institution of Civil Engineers, London. Proceedings. Vol. CXXIV, 1893-96. Part, n, Tome I. — 93e année. 5e série. — Juillet 1896. 68
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- OUVRAGES REÇUS.
- JUILLET 1896.
- 1 vol. in-8, 576 p. Principaux mémoires : Travaux d'assainissement de Buenos-Ayres, par M. R.-G. Parsons. — Progrès récents des moteurs à gaz, par M. D. Clerk. — Fabrication de F aluminium par l’électrolyse et l’usine du Niagara, par M. A.-E. Hunt. —• Les tramways électriques de Montreal, par M. G.-C. Cunningham. — Construction et matériel des chemins de fer secondaires, par M. R.-J. Money. — Les traverses en acier au Queensland, par J.-A. Griffiths. — Détermination de la charge des pilotis, par M. F. Ivreuter. — Confèrence de Chicago sur la navigation aérienne, par M. Hill.
- Atti del reale Instituto d’Encorragiamento di Napoli. Vol. VIH. 1 vol. in-4°. Naples, typographie coopérative. Principaux mémoires : G. Mardea, L’Enseignement professionnel. —• S. Zinno, L’Eau oxygénée. — Boubée, Utilisation d’une puissance hydraulique de 21 000 chevaux à Castellone al Volturno. — G. Tenore, Calcaires hydrauliques et ciments de la province napolitaine. — Palmeri, Limite de salure des eaux d’irrigations. — A. Turehiarulo, Le crédit agricole. — F. Villani, La traction électrique.
- Le Dessin. Un enseignement normal, par M. E. Boxnand. 1 hroch. in-I8, 110 p. Privas, imprimerie de l’Ardèche littéraire.
- Du Ministère de VAgriculture et de l’Industrie d’Italie. Carte hydrographique d’Italie. Th. Selle. 1 hroch. in-8, 150 p. Rome, typographie nationale.
- Vernis et huiles siccatives, par M. A. U vache, ingénieur civil des mines. 1 vol. in-18, 316 p. Paris, Baudry.
- Du Gouvernement de la Nouvelle-Galles du Sud. La Nouvelle Galles du Sud. Colonie mère des Australies, traduit de l’anglais par M. Albin Villeval. 1 vol. in-8, 337 p., imprimerie du gouvernement à Sydney.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA BIRLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Juin au 15 Juillet 1896
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac.. . . . Annales de la Construction.
- Acp. . . . Annales de Chimie et de Physique.
- AM. . , . Annales des Mines.
- Ap . . . . Journal d’Agriculture pratique.
- APC . . . Annales des Ponts et Chaussées.
- At. . . Annales télégraphiques.
- Bam . . . Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- Btp. . . . Bulletin du ministère des Travaux publics (statistiques).
- BmA. . Bulletin du ministère de l’Agriculture.
- Ci. . . Chronique industrielle.
- Co.. . . Cosmos.
- CN. . . Chimical News (London).
- Cs.. . . Journal of the Society of Chemical Industry (London).
- DoL. . . . Bulletin of the Department of La-bor des États-Unis.
- CR. . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- Dp. . . . Dingler’sPolytechnisches Journal.
- E. . . . . Engineering.
- E’.. . . The Engineer.
- Eam. . . Engineering and Mining Journal.
- EE.. . . Eclairage Électrique.
- El.. . Electrician (London).
- EU. . . L’Électricien.
- Ef.. . . Économiste français.
- Es.. . . Engineers and Shipbuilders in Scotland (Proceedings).
- Fi .. . . Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc. . . Génie civil.
- Gm. . . Revue du Génie militaire.
- IC.. . . Ingénieurs civils de France (Bul-letin.).
- le. . . Industrie électrique.
- lm.. . . Industrie minérale de Saint-Étienne.
- DES PUBLICATIONS CITÉES
- IME . . Institutions of Mechanical Engineers (Proceedings).
- IoB . . . Institution of Brewing (Journal).
- Ln. . . . La Nature.
- Ms. . . . Moniteur scientifique.
- N. . . . Nature (anglais).
- Pc. . . . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Pm . . . Portefeuille économ.'des machines.
- Rgc.. . . Revue générale des chemins de fer,
- Rgds. . . Revue générale des Sciences.
- Ri. . ^ . Revue industrielle.
- Rmc. . . Revue maritime et coloniale.
- Rs . . . . Revue Scientifique.
- Rso . . . Réforme Sociale.
- RSL. . . Royal Society London(Proceedings).
- Rt. . . . Revue technique.
- Ru. . . . Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- SA. . . . Society of Arts (Journal of the).
- ScP.. . Société chimique de Paris (Bulletin).
- Sfp . . . Société française de photographie (Bulletin).
- Sg. . . . Bulletin de la Société de géographie.
- Sgc . . Bulletin de la Société de géographie commerciale.
- Sie. . . Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- SM. . Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- SiN. . Société industrielle du Nord de la France (Bulletin).
- SL. . . Bulletin de statistique et de législation.
- SuE. . Stahl und Eisen.
- USR. . Consular Reports to the United States Government.
- VDl.. . Zeitschrift des Yereines Deutscher Ingenieure.
- ZOI.. . . Zeitschrift des Oesterreichischen Ingenieure und Architekten-Ve-reins.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JUILLET 1896.
- AGRICULTURE
- Baratte Wahlin. JE. 10 Juillet, il.
- Bétail. Race bovine de Salers. Ap. 26 Juin, 935.
- Betterave. Destruction du silphe opaque par le vert de Slieele. Ag. 27 Juin, 1 009. Beurre. Radiateur Salénius. E'. 19 Juin, 613.
- — (Dosage du borax dans les). Pc. 15 Juil-
- let, 49.
- Charrues Brabant doubles au concours de Moulins. Ap. 18 Juin, 895, 2 Juillet, 20.
- Cotonnier (Fumure du). Ap. Juillet, 41. Cultivateur Nicholson. E. 26 Juin, 846. Cooper. ici. 861.
- Électricité et végétation. Rt. 10 Juillet, 291. Défonceuse à vapeur Cooper. E’. 26 Juin, 640. Engrais. Emploi du procédé Ivjeldahl. Ag. 19 Juin, 981. ScP. 20 Juin, 806. — clu nitrate de soude dans les années sèches. Ap. 25 Juin, 931.
- — — (Les), ag. 11 Juillet, 70.
- — — Phosphates pulvérisés. CN. 3 Juillet, 4.
- — — Potasse et acide phosphorique
- utilisables contenus dans les terres arables (Wood) ScP. 5 Juillet, 1103. Fourrage, le Sulla. Ap. 18 Juin, 891.
- — Fumure des prairies naturelles. Ap. 25 Juin, 929.
- — Presse à foins. Howard. E. 3 Juillet, 13.
- — Germination du trèfle des prés. Ag. 27 Juin, 1016.
- — (Emploi de l’ajonc comme). Ag. 11 Juil-
- let, 63.
- Javeleuse ramasseuse. Ap. 25 Juin, 930.
- Lait (Stérilisation du lait). Ap. 18 Juin, 890.
- Machines agricoles au concours de Cologne. VDI. 4 Juillet, 755.
- Pain blanc et bis. Valeur alimentaire (A. Girard). CR. 15 Juin, 1382.
- Pommes de terre. Planteur Ransome. E’. 26 Juin, 639.
- Pressoir continu Mabille. Ag. 20 Juin, 987. Râteau à cheval Parmiter. E. 19 Juin, 829. Vignes Black Root. Ap. 25 Juin, 928.
- Provinage des porte-grelfes. Ag. 4 Juillet, 30.
- — En Corse. Ap. 9 Juillet, 50.
- CHEMINS DE FER
- Accidents de. Lu. 4 Jidllet, 69.
- Attelage Rutnagur. E. 26 Juin, 861.
- Chemins de fer japonais. E. 11 Juillet,
- 166.
- — de Java. Rge. Juin, 329.
- — de Beyrouth, Damas, Hauzan (id.), 312.
- — secondaires belges. E1 3 Juillet, 2.
- — de montagnes du monde. (Altitude
- des). Rgc. Juin, 376.
- — (Tarifs des). Ef. 4 Juillet, 3.
- — métropolitains. Berlin. Z01. 19 Juin,
- 381. Central London. E'A0 Juillet, 25. des États-Unis. Suppression des passages à niveau. Rgc. Juin, 376.
- — Transsibérien. Gc. 27 Juin, 135.
- Freins continus (Les). E. Juin, 848.
- — électro-pneumatique Chapsal. Pm. Juil-
- let, 98.
- Locomotives express du Boston Albany. Rg. E1. 19 Juin, 622.
- — Compound, 3 cylindres Rickie. E'. 19 Juin, 617.
- — à marchandises pour les Nouvelles
- Galles du Sud. E'. 3 Juillet, 15.
- — à condensation (Careanags). AM. Mai,
- 529.
- — (Surface de chauffe des). IC. Mai, 757.
- — Entretoises de chaudières Trégallet. Rt.
- 10 Juillet, 295.
- — Tiroir équilibré Richardson. E'. Juin, 623.
- Matériel roulant de l’East Coast. E. 3 Juillet, 20. — Étude du passage en courbe, méthode des anamorphoses (Pouchucq). Rgc. Juin, 355,
- — Serrure autoclave Bricogne (id.), 365.
- — Prise d’eau Ramsbotom. Rge. Juin, 377. Trains. Paris, Douvres, Calais. E'. 3 Juillet, 3.
- — d’été en Angleterre. E. 10 Juillet, 52.
- — américains. E'. 10 Juillet, 34, 37.
- Voie Eclisse Shanks. E. 19 Juin, 830.
- — Perçage des rails (Installation volante
- ponr le). Eeé. 4 Juillet, 9.
- — Coussinet Becker. E. 26 Juin, 861.
- — Traverses. Influence de la section sur la
- dépense d’entretien de la voie Rt. 25 Juin, 273.
- Signaux poulies pour renvois Evans. E. 10 Jinllet, 63.
- — de brouillards. E1. 10 Juillet, 38,
- p.1052 - vue 1060/1758
-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUILLET 1896.
- 1053
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles (Les). E'. 19 Juin, 611.
- — Transmission Clubbe. E. 10 Juillet, 64.
- — à vapeur Thornycroft. E. 10 Juillet,
- 47.
- — à gazoline Benz. Lutzmann. Roots. E
- 10 Juillet, 40.
- — Application aux omnibus de Paris (Regnard). Ge. 11 Juillet, 174. Électricité. Traction électrique Dawson. E. 19 Juin, 800, 3 Juillet, 11.
- — Chemins de fer Westinghouse. Rt. 10 Juillet, 290. En Amérique. VDI. 11 JuilJ-let, 773.
- — Tramioays Aux États-Unis. Ri. 27 Juin, 257.
- — — sans trolly. Pringle et Kent. E.
- 19 Juin, 809.
- — — de Romainville. EE. 20-27 Juin, 532,
- 557. Ln. 11 Juillet, 81.
- — — de New-York. Elé. 11 Juillet, 17.
- — — a trolly de Hartepool. Cl. 19 Juin,
- 252. Glasgow E'. 10 Juillet, 44. Hambourg. JS. 10 Juillet, 44.
- — — triphasé de Luguano. ScM. Juin,
- 211.
- — — Conducteurs aériens Feranti. EE.
- 20 Juin, 564.
- — — Régulateur Walker. Rt. 25 Juin,
- 282.
- — — Électrolyse par les voies de Bochey.
- Elé. 11 Juillet, 25.
- — — Circuits de retour des (Hewitt). EL
- Juillet, 51.
- Locomotives routières. Foden, Fowell. E.
- 26 Juin, 842.
- — Rapport officiel sur les. E'. 10 Juillet,
- 35.
- — — Transports rapides dans les villes
- américaines. ZOI. 2QJuin, 3 Juillet, 394, 408.
- Vélocipédie. Travail dépensé par la bicyclette (Bouny). CR. 15 Juin, 1395.
- — Chaîne Baldwin. Ln. 27 Juin, 52.
- — Virage (théorie du) d’Ocagne. Gc.
- 27 Juin, 140.
- —• tubes (de) à Birmingham. USR. Juin, 329.
- — Bicyclette Chaland. USR. Juin, 332.
- — Pneumatique Hartford. Rs. 11 Juillet.
- 61.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acides. Glycérique (nouvelle préparation) (Bertrand). ScP. 20 Juin, 763.
- — Cyanès nouveaux (Klobb). ScP. 20 Juin,
- Ta.
- — chlorhydrique et chlore (Revue de la fa-
- brication des) (Caro). Ms. Juillet, 485. — Nitrozodisulfonique bleu foncé (Sabatier). CR. Tl Juin, 1479, 1537.
- — sulfurique, dosage optique (Angot). ScP.
- 5 Juillet 855.
- — (Coefficients d’affinité des). ScP. 5 Juillet,
- 1092.
- — carbonique liquide (Barus). American
- Journal of Science. Juillet 1. Dosage iodométrique (id.). 70.
- Acoustiquei. Sonomètre Guerre. Ln. 4 Juillet. 75.
- — Sons des tiges cylindriques entaillées (Decharme). CR. 6 Juillet, 46. Alcaloïdes végétaux. Dosage acidimétrique. CEI. 19 Juin, 287.
- Alcools. Action du bichlorure de mercure sur les) (F. Dracon). ScP. 20 Juin, 762.
- — Dénaturation rationnelle (Jacquemain). CR. 22 Juin, 1502.
- Analyse photométrique. Chaux et acide sul u-rique (Hurds). CN. 19 Juin, 285.
- — — Anetholl (F) (Grimaux). ScP. 20
- Juin, 778.
- — — Apatites (composition des). (Car-
- not). CR. 15 Juin, 1375.
- — — Arginine (F) (Quiroga). ScP. 20 Juin,
- 787.
- — — Azotites. Réaction des sels de cui-
- vre les caractérisant (Sabatier). CR. 15 Juin, 1417.
- — — Bismuth (bichlorure de). (Thomas).
- ScP. 20 Juin, 758.
- Brasserie (Analyse des glucoses de). Pc. 1er Juillet, 34.
- — Eaux pour. Cs. 30 Juin, 463.
- — Levures antiseptiques (Effront). Cs. 30 Juin, 466.
- — Variations des. Cs. 30 Juin, 466.
- Briques réfractaires . résistant aux alcalis
- fondus. Cs. 30 Juin, 451.
- Caféine. Dosage dans le thé (Petit). ScP. 20 Juin, 811.
- Camphorone (la) (Kerp). ScP. 20 Juin, 1068. Caoutchouc (Industrie du). USR. Juin, 213.
- p.1053 - vue 1061/1758
-
-
-
- 1054
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ------ JUILLET 1896.
- Carbonyles métalliques (da Silva). ScP. 5 Juillet. 855.
- Carbone. (Recherches sur les variétés du) (Moissan). Acp. Juillet, 289, 386. Cellulose (la) (Stem). ScP. 20 Juin, 1081. Carnures d’hydrogène, formation par l’action de l’eau sur les carbures métalliques (Moissan). CR. 22 Juin, 1462.
- — de Rhodium, Palladium, Iridium (ici.),
- CR. 6 Juillet 16.
- Céruse. Fabrication. EL 10 Juillet 366. Chimistes. Éducation des (Duisberg). Cs. 30 Juin, 427.
- Chrome. Analyse des minerais. Cs. 30 Juin, 437. Nouvelle classe des composés du (Recoura). Rgcls. 15 Juillet, 603, Composés organiques. Rapport entre leur constitution et leur oxydabilité- sous l’influence de la lactase (Bertrand). ScP. 20 Juin, 791.
- Congélation des solutions étendues (Zopellari). ScP. o Juillet, 1090.
- Congrès de chimie appliquée en 1896. Rgds. 30 Juin, 553.
- Digitaline vraie (Killiani). ScP. 20 Juin, 1075. Eau (Surfusion de F). (Passy). CR. 15 Juin, 1409.
- Etats correspondants. Loi de Van der Waals (Amagat). CR. 6 Juillet, 30.
- Explosifs (Essais des). Eam. 13 Juin, 567. Divers. Dp. 3 Juillet, 16.
- Farine. Valeur nutritive suivant le blutage (Balland). CR. 22. Juin. 1496.
- Gaz d’éclairage. Gazomètre avec guidage par câbles. Dam. Juin, 689.
- — Réduction de la naphtaline (Relier). Cs. 30 Juin, 439.
- — Fours. Joyces. EJ 3 Juillet, 6.
- — Allumeurs électriques Johnson Grier
- et Hottle. EE. 4 Juillet, 25.
- — Acétylène. Valeur industrielle. Elé. 20
- Juin, 388.
- — Fabrication, etc. Gc. 20 Juin, 10 Juillet,
- 108, 303;Ducretet et Lejeune. Ci. 21, 27 Juin, 286, 132.
- — Limite d’explosivité Clowes. Cs. 30 Juin,
- 418.
- — . Conductibilité des dissolutions dans
- l’eau. CN. 10 Juillet, 18.
- — Acétylures de cuivres et d’argent. El.
- 10 Juillet, 18.
- Gélatine solidifiée. Ln. 11 Juillet,94.
- Graisses (Indices d’iode des). Ms. Juillet 535. — Saponification des. Cs. 30 Juin, 477.
- — Analyse des. Ms. Juillet, 447.
- — De laine. Ms. Juillet, 550.
- — Nouvel acide grasisanique (Hebert).
- CR. 29 Juin, 1550.
- Huiles essentielles (Les). Pc. 1 Juillet, 38.
- — Pour laines. Cs. 30 Juin, 459. Hydrogène (L’). CN, 19 Juin, 283.
- Iode. Action sur le chlorure d’étain (Thomas). CR. 29 Juin, 1539.
- — Traces en présence du brome décelées par les aldéhydes ozonifères. CN. 3 Juillet, 7.
- Matières amylacées (Oxydation des). SiM. Juin, 238.
- Mercure (Dosage du). ScP. 5 Juillet, 862. Métaux rares, composés colloïdaux. CN.
- 19 Juin, 284.
- Occlusion de l’oxygène et de l’hydrogène par le noir de fumée. ScP. 20 Juin, 1013. Opiums (Composition des). Pc. 1er Juillet, 31. Optique. Rayons de Rontgen. Co. 20, 27 Juin, 368, 400 ; il Juillet, 466; EE. 20 Juin, 545, 549, 567; CR. 22, 29 Juin, 1474, 1511, 1533, 43; N. 25 Juin, 172,173. 9 Juillet, 225 ;Co. 4 Juillet, 427; Rgds. 30 Juin, 556; 6 Juillet, 43; EE. 27 Juin, 599, 600,603; El. 10 Juillet, 343, 350; CN. 26 Juin, 295.
- — Caustique d’un arc de courbe réfléchissant les rayons émis par un point lumineux (Cornu). CR, 22 Juin, 1455. — Fluoroscope Edison. Ln. 27 Juin, 49.
- — Absorption et dispersion de la lumière par les milieux doués du pouvoir rotatoire (Cotton) Acp. Juillet, 347.
- — Photomètre. Emploi de la bougie éta-
- lon (Sharp). El. 26 Juin, 274. Phosphore. Action sur les chlorures (Granger) CR. 22 Juin, 1484.
- Physique. Revue annuelle (Gariel). Rgds. 30 Juin, 568.
- Oxydase nouvelle. Ferment soluble oxydant d’origine végétale (Bertrand). Sep.
- 20 Juin, 793.
- Papier au sulfate Cs. 30 Juin,467; Dp. 10 Juillet, 21, 40.
- — Peintures blanches analyse (des) Cs.
- 30 Juin, 433.
- Pétrole en Californie Eam. 20 Juin, 589.
- — A Backou. N. 9 Juillet, 232.
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-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. — JUILLET 1896.
- 1055
- Pétrole. Analyse des naphtes (Charithkoff). ScP. n Juillet, 1211.
- — Gaz de (Brentini Newman). Cs. 30 Juint
- 410.
- Rafanol (Le) (Moreigne). ScP. 20 Juin, 797. Spectroscopie. Spectre de dissociation des sels fondus. Métaux alcalins (Gramont). CR. 15 Juin, 1411.
- — Spectre du phosphore dans les sels fon-
- dus et produits métallurgiques (De Gramont), CR. 29 Juin, 1334.
- Sulfure action d’une haute température (Mau-lot). CR. 6 Juillet, 34.
- Soufre (Purification du). N. 9 Juillet, 224. Sucrerie. Progrès en 1896. Dp. 19 Juin, 282.
- — Cristallisation en mouvement (Landrin).
- Journal des fabricants de sucre, 3 et et 10 Juin.
- — En Allemagne. USR. Juin, 192. Teinturerie. Fuchsine, oxydation par le
- peroxyde de plomb (Prudhomme). Sep. 20 Juin, 780.
- — Indulines et safranines (Bamberger)ScP.
- 20 Juin, 1861.
- — Teinture du coton au sortir de la carde. lndustria. 28 Juin, 402.
- — Au catéchu et à l’acide catéchin-tanni-
- que. Cs. 30 Juin, 422.
- — Parafuchsines benzylées (Prudhomme).
- SiM. Juin, 234.
- — Rouge du Congo (Fabrication du). Pc.
- 1er Juillet, 37.
- — Progrès en 1893 (Elirmann). Ms. Juillet,
- 498.
- — Brevets divers. Cs. 30 Juin, 444.
- — Mordants au titane et au zircone. Cs.
- 20 Juin, 420.
- — Violets et bleus noirs (Bayer). Cs.
- 30 Juin, 443.
- Tungstème (Le) (Moissan). CR. 6 Juillet, 13, Uranium (Recherches chimiques sur les composés d’) (Aloy). CR. 29 Juin, 1341. Verrerie en Allemagne. UsR. Juin, 224.
- Vernis (Séchage des). Cs. 30 Juin, 467.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Accroissement des grandes villes. Rs. 27 Juin, SI 3.
- Boissons. Consommation moyenne en France.
- SL. Juin, 694. En Angleterre (id.), 719.
- Chômage dans les industries parisiennes. Rso. 1er Juillet, 69.
- Congrès ouvrier à Limoges. Ef. 11 Juillet, 37. Décentralisation (La). Rso. 1er Juillet, 84. Etats-Unis. Production minérale en 1893. Ef. 11 Juillet, 40.
- Habitations populaires. Ef. 20 Juin. 828. Institutions patronales des filateurs d’Arten. SiM. Juin. 222.
- Moralité dans le monde. Ef. 4 Juillet, 7. Participation aux bénéfices. Bam. Juin, 649. Russie. Commerce et industries. UsR. Juin, 262-286.
- Répartition des richesses (courbe de) Ef.i Juillet, 3.
- Salaires et heures de travail. E. 26 Juin, 847. Sélections sociales (Paulhan). Rs. 4 Juillet, 13. Socialisme à Lille. Rso. 1er Juillet, 66. Dans les colonies australiennes. Rso. 16 Juin, 913.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Bâtiment à 23 étages à New-York. E' 10 Juillet, 32.
- Constructions dans les pays à tremblement de terre. E. 3 Juillet, 1.
- Égout collecteur de Clichy. Ln. 20 Juin, 33. Ponts. —tMirabeau à Paris. E. 19 Juin, 799. E'. 19 Juin, 609.
- — De la Coulevrinière, en béton sur le
- Rhône. Gc. 27 Juin, 129.
- — Lancement d’une travée. Gm. Juin,
- 330.
- — Pièces de pont. Strickland. E. 19 Juin,
- 811. Calcul des — VDI. 4 Juillet, 761.
- — De Kistna. Inde. E. “J Juillet, 7.
- — Sur le Rhin à Worms. VDI. 27 Juin,
- 723.
- — Axes de — E. 10 Juillet, 53.
- Théâtres (Scènes des). E. 3 Juillet, 3.
- Voûtes sur cintres en terre. Gm. Juin, 323.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateur. Son évolution (Barnett) EE. 4 Juillet, 32.
- — Bœse. EU. 11 Juillet, 18.
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-
-
-
- 1056
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ---- JUILLET 1896.
- Aimantation de la magnétite.(Weiss.)CR.V6Juin, 1405. EE. 11 Juillet, 56.
- Applications mécaniques diverses. EE. 4 Juillet, 9. Fonderie de la Société Alsacienne. SiM. Juin, 205.
- Basses températures.^Recherches électro-magnétiques aux). El. 10 Juillet, 338.
- Câbles. Machine à câbler Johnson et Philips. El. 26 Juin, 286.
- Canalisations Mason. E. 26 Juin, 861. Commutateur Brokie. EE. 27 Juin, 595.
- — Siemens et Kingdom (id.), 597.
- — Maine. EE. 4 Juillet, 10.
- — Mac Lean. El. 10 Juillet, 349. Conducteurs. Calcul des (Bochet). Sie. Juin, 217.
- Contrôle de l’association municipale de Londres. E'. 26 Juin, 633.
- Courants alternatifs. Coefficient de déformation des courbes. EE. 20 Juin, 564. Décharges dans le vide (Effet des champs ma-gnétifîés sur les). El. id Juillet, 349. Distribution à 220 volts. E'. 19 Juin, 611. El. 20 Juillet, 351.
- — A3 fils, brevet Hopkinson.El. 3 Juillet, 305.
- — Par courants alternatifs Ferraris-Arno. EE. 4 Juillet, 18.
- Dynamos à l’exposition de Carlsruhe. VDI. 20 Juin, 690. Calcul des — continues (Blanchart) Rn. Mai. 113.
- — Sayers. Elé, 27 Juin, 403.
- — Avec moteur Willans. El. 3 Juillet, 307.
- — Rôle du fer dans l’induit (Deprez Ba-
- blon). Co. 27 Juin, 393.
- — Alternateurs Oerlikon. Ic. 25 Juin, 270.
- — Alternomoteur Langdon Davis. E.
- 19 Juin. 803. El.' 19 Juin, 287. — de la General Electric C° le. 25 Juin, 274.
- Éclairage à haut voltage. E'. 19 Juin, 611, 612. El. 10 Juillet, 353. Aux Etats-Unis. Ri, 27 Juin, 257.
- — Fourgon d’éclairage Fein. Rt. 25 Juin,
- 265.
- — A arc, lampes (Richard). EE. 20 Juin,
- 536. Résistance de 1’ — EL 3 Juillet, 321.
- — Incandescence. Lampes à réflecteurs. Elé.
- 20 Juin. 387.
- Electricité. Conception mécanique des phénomènes (Dolbeau). Fi. Juillet, 59. Électrolyse. Brevets divers. Cs. 30 Juin, 458.
- Dosage des métaux par 1’ — Ln 11 Juillet, 93.
- — Des chlorures. Eam. 13, 20 Juin, 568, 597. Des métaux Tommasi. Ms. Juillet, 507. Conductibilité des mélanges d’électrolytes ayant union commun i Mac Intosh). Cn. 10 Juillet, 21.
- — Electrolyseur Hulin. Industria, 28 Juin, 405. Electrodéposition du zinc Cowper Cowles. Cs. 30 Juin, 414.
- Expériences d’Ampère. Appareil de démonstration (Larousse). Rs. 27 Juin, 806. Fautes. Localisation des — en réseau d’éclairage. El. 3 Juillet, 314.
- Fours électriques divers. Gc. 20 Juin, 115. Mesures. Unités magnétiques. EE. Juin, 529. — Galvanomètre. Crampton d’Arsonval. EE. 11 Juillet, 78.
- — Électromètre capillaire Lipmann. Elé. 27 Juin, 401.
- — Ampèremètre thermique Friese. EE. 11 Juillet, 77.
- — des résistances Lorenz. El. 26 Juin,
- 267. — des hauts isolements, méthode de l’accumulation (Grosselin). Sie. Juin, 213.
- — Potentiomètre. Crampton. El. 26 Juin, 269.
- — Appareils Siemens et Halsk. EE. 11 Juillet, 76.
- — aux basses températures. El. 3 Juillet,
- 301, 338.
- — Des courants de hautes fréquences (Meylan). El. 11 Juillet, 68.
- Pile étalon d’un volt. El. 3 Juillet, 320. Production directe de l’électiâcité par le carbone (Read). Fi. Juillet, 1.
- Résistances négatives (S. Thomson). El. 3 Juillet, 316.
- Résonance multiple des ondes électriques. CR. 15 Juin, 1403.
- Stations centrales. Est de Londres. Rs. 4 Juillet, 261. Alimentées directement des mines d’anthracite. Fi. Juillet, 26, et 3 Juillet, 309. Secteur rive gauche (Lafàrgue). Sie. Juin, 223; de Montmorency Falls, Canada; Saint-Denis, île de la Réunion. Elé. 4 Juillet, 1. Hambourg. E. 10 Juillet, 44. Prix de l’énergie électrique à l’étranger. EE. 11 Juillet, 74,
- Télégraphie aux États-Unis. El. 26 Juin, 274.
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-
-
-
- LITTÉRATURE. DES PÉRIODIQUES.
- JUILLET J 896.
- 1057
- Recorder phothotélégraphique Adtr EE. 27 Juin, 594. Emploi des dynamos. EE. 4 Juillet. 28.
- — Militaire aux Indes. Us, 4 Juillet, 56. En Italie. Elé. 4 Juillet, 9.
- Téléphonie. Communication à grande distance par fil dénudé (Charollois). IC. Avril, 399. .
- — Téléphone block notes. En. 4 Juillet, 67. Speak-hear. lit. 25 Juin, 284.
- Transformateurs universel Gaiffe. Elé. 4 Juillet, 7.
- — Les (Fleming). SA. 10 Juillet, 699.
- GÉOGRAPHIE
- Annam. Sgc. 15 Juin, 448.
- De Paris à Pékin (Grenard). Tour clu monde, Juillet.
- Écosse. 'Four du monde, 20 Juin.
- Mékong (Simon). Sg. 15 Mai, 202, Sgc. 15 Juin, 425.
- Oasis de Souf. Rso. 16 Juin, 921.
- Tanger. Sg. 8 Mai, 182.
- Tombouctou (Vuillot). Sg. 8 Mai, 176.
- Tunisie. Ln. 20 Juin, 30, Ap. 25 Juin, 921.
- Du Turkestan au Kashmir (De Poncins), Sg. Juin, 516.
- GUERRE
- Artillerie. Mise en feu électrique Lloyd et Brankdon. EE. 4 Juillet, 12.
- — Pointeur naval Baie et Stroud. E. 19 Juin, 806.
- — Projectile compound. Baker. E. 26 Juin, 861. Shultz Hemmis SuE. 1er Juillet, 500.
- — Perforation des cuirasses (Krupp). E'. 3 Juillet, 1.
- Fortifications. Défense des cours el des têtes de ponts (Brialmont). Com. Juin, 500.
- — Tourelle flottante Gm. Juin, 517.
- Fusils. Pénétration de la balle du fusil roumain. Gm. Juin, 513.
- HYDRAULIQUE
- Ascenseurs à flotteurs pour canaux de Dort-rnund. Gc. 11 Juillet, 161.
- Béliers divers. Eam. 20 Jidn, 591.
- Écoulement dans les tuyaux (Bazin). Ri. 11 Juillet, 278.
- Filtre Osbourn. E. 19 Juin, 830. Krohnke Cs. 30 Juin, 437.
- Pompe rotative Morris et Bastert. E. 19 Juin, 829.
- Pulsomètre Ellison. E. 10 Juillet, 63. Régularisation de scours d’eau. VDI. U Juillet, 778.
- Turbines. Chute du Rhône à Genève. Rt. 18 Juillet, 299.
- HYGIÈNE
- Eaux. Stérilisateur Herscher. Ri. 20 Juin, 243.
- — Stérilisation par l’ozone (Pépin). Rgds.
- 15 Juillet, 596.
- — De Vienne. E. 10 Juillet, 54.
- Étuve de désinfection Reck. Rt. 25 Juin, 276.
- MARINE, NAVIGATION
- Bateaux citernes (Faiblesse des). JE. 26 Juin, 833, 3 Juillet, 32.
- Canal de Marseille au Rhône, Co. 20 Juin, 360
- — des Deux-Mers. Gc. 20 Juin, 122,11 Juil-
- let, 169.
- — de Panama nouveau. Gc. 27 Juin, 138. Cabestan de Chalut , Holmes. E. 3 Juillet, 33. Chantiers de Harland et Wolf. E'. 10 Juillet,
- 29. Blohm et Voss. Hambourg. E'. 20 Juin, 649.
- Constructions navales, parois étanches. E. 26 Juin, 835.
- Docks. Perfectionnements récents (Clark). Er. 19, 26 Juin, 623, 653.
- Êlccricitë. Emploi à bord. E'. 19 Juin, 627. E. 10 Juillet, 60.
- Grands lacs des États-Unis. Fi. Juillet, 42. Hélices Rochford. E. 10 Juillet, 64.
- Marine marchande anglaise. E. 3 Juillet, 19. Naval Architects américains. (Travaux des). Rgds. 15 Juillet, 605.
- — Transatlantiques. E. 3 Juillet, 23. Navires à roues (Les grands). IC. Mai, 752.
- — sous-marins (Pesce). Rs. Juillet, 33. Navires de guerre allemands (Dietrich). E.
- 19 Mai, 825..
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- 1058
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JUILLET 1896.
- Navires de guerre japonais (Chasseloup-Laubat). IC. Avril, 479.
- — Croiseurs des diverses puissances (Hart). IC. Avril, 404.
- — — anglais. E. 26 Juin, 831.
- — — argentin Garibaldi. E. 10 Juillet, 50. — Classification des (Elgar). E. 26 Juin,
- 833.
- — Cuirassé le Jauréguiberry. E. 3 Juillet. 26.
- Phares de France. E. 19, 26 Juin, 802, 836.
- — Communications avec les navires. Pt. 23 Juin, 279.
- Port de Hambourg. E. 3 Juillet, 28.
- Rivières. Compensation continue et alternative. E. 3 Juillet, 17.
- — Hydrologie du Mi ssissipi. American
- Journal of Science, Juillet, 29. Sauvetage (Appareils de). Dp. 3, 10 Juillet, 1,23.
- MÉCANIQUE
- Aérostation. Yol plané. VDI. 27 Juin, 729. Broyeurs Huntington. E. 3 Juillet, 34.
- — Dodge. Eam. 27 Juin, 613.
- Drague à succion du Mi ssissipi. E'. 3 Juillet, 18.
- Chaudières diverses. Dp. 19 Juin, 279.
- — marines à haute pression Fothergill. E'.
- 3 Juillet, 6, 13.
- — Entretien et réparations. Walliker. £'. 3 Juillet, 10.
- — tubulaires des torpilleurs. E'. 19 Juin,
- 616, diverses. Dp. 29 Juin, 294. Ni-clause. "£. 3 Juillet, 23. de Laval (id.), 34.
- — Circulateur Reed. E. 19 Juin, 830.
- — Explosion d’une chaudière à foyer amovible. IC. Mai, 691. Du Jauréguiberry. E. 3 Juillet, 23.
- Foyers Harrison. E. 19 Juin, 830. Key. E. 26 Juin, 862.
- — Taylor. E. 16 Juillet, 64.
- — Gazogènes divers. Dp. 19 Juin, 277.
- —- Fumivores Wymm. E. 3 Juillet, 34. Pretto. Ri. 4 Juillet. 263.
- — Fumivorité (La). (Ringelmann). lit.
- 10 Juillet, 294.
- Grille à secousses Walkman. E. 26 Juin, 862. Économètre Arndt. Elé. 11 Juillet, 21.
- Purgeur Tayer. E'. 19 Juin, 626. Saunders. E.
- 26 Juin, 862.
- Soupapes de sûreté Coales. Rc. 11 Juillet, 276. Trappes d’expansion de vapeur des foyers Walkenaer. Am. Mai, 321.
- Contrôleur de présence Crosse. Elé. 20 Juin, 383. Drague électrique. Gc. 20 Juin, 113.
- Ecrous Wescott. E. 10 Juillet, 64.
- Embrayage Heywood. Ri. 20 Juin, 249. Enregistreur musical Rivoire. Co. Juin, 337. Gaz comprimés (Cylindres à). (Martens). VDI.
- 27 Juin, 717, 4 Juillet, 749,
- Laboratoire de mécanique, Université de
- Liège. Ru. Mai, 141.
- Levage. Frein pour treuil Lindray, E. 19 Mai, 829.
- — Grue électromagnétique. Elé. 27 Juin, 407. A pivot Taylor et Hubbard. E'. 26 Juin, 641. Henriques. E. 3 Juillet, 33. — Ascenseur électrique du Mont-Blanc. Ri. 20 Juin, 246. Divers, Ac. Juillet, 98.
- — Monte-charges Gody. Ri. 20 Juin, 242.
- Divers. Dp. 10 Juillet, 37,
- —- Benne Bachelor. Rt. 23 Juin, 266.
- — Chargeurs de charbon à Altona. SuE.
- 1 Juillet, 488.
- — Palans avec arrêt automatique. Pm.
- Juillet, 109.
- Imprimerie, presse à table Foster. E. 26 Juin, 862.
- Machines-Outils à tailler les pignons Bil-gram. Bam. Juin, 699.
- — fraiseuse, raboteuse Richards. E. 19 Mai,
- 823.
- — à faire les tubes Bishop. E. 10 Juillet,
- 63.
- — à fabriquer les chaînes sans soudure
- Klatte. Rt. 23 Juin, 272.
- — les chaînes Moore, Id. 63.
- — à rainer Harrison. E. 10 Juillet, 68.
- — à tailler les pignons coniques Warren.
- Pm. Juillet, 106.
- — à découper les tôles de dynamos Bliss.
- Rt. 10 Juillet, 307.
- — Perceuses pour tubes Wallace. E. 19 Juin,
- 829. Radiale Korte. E' 10 Juillet 45. Pour trous curvilignes. Ri. 4 Juillet, 266.
- — Tour ornemental Beddow. Pi. 20 Juin,
- 241.
- — — à revolver Linley. Ri. 27 Juin, 255.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JUILLET 1896.
- 1059
- Mécanique des systèmes matériels (Gouilly). 16 Mai, 696.
- Micromètre Maliby. Gc. 11 Juillet, 170.
- Montres chronographes Smith. JS. 3 Juillet, 25. Moteurs à vapeur. Expériences de Donkin, 20 Juin, 120.
- — Corliss Wehyer. Ri. 27 Juin, 253.
- — Turbines à vapeur : vitesse critique. VDI.
- 20 Juin, 702.
- — Surchauffée. VDI. 20 Juin, 695.
- — Tracé des courbes polytropiques. VDI.
- 20 Juin, 70 t .
- — Arrêt automatique Bronta. Elê. 20 Juin, 39.
- — Distributions par soupapes.Dp.3 Juillet,6. —• Diverses. Td. 10 Juillet 31.
- — Rèqulateurs directs. Ransome.E. 20 Juin. 843.
- — Armstrong. Ri. 11 Juillet, 275.
- Volants américains. Gc. 27 Juin, 137.
- — à gaz Clark. E'. 26 Juin, 638.
- — à acétylène. Ri. 4 Juillet, 269.
- — Tube d’allumage Stephenson.E7. 20 Juin, 641.
- — à pétrole (Iocomobiles) Clagton Ran-
- sonne. E. 26 Juin, 843, 846.
- Moulins à vent à axe vertical. Gc. 11 Juillet, 173.
- Papier (machine à fabriquer le). Dp. 19, 26 Juin, 265, 289.
- — Papier de bois (fabrication du), lndus-tria. 28 Juin, 407.
- Planimètre Petei’sen. Gm. Juin, 535.
- Presse à briques Pullan. E'. 3 Juillet, 16.
- — — Reliure. Guillotine hydraulique
- Hosker. E. 10 Juillet, 62. Résistance des matériaux. Influence des très basses températures. Ri. 14 Juillet, 277.
- — Mouton pour essai au choc. Rgc.Juin, 377.
- — Élasticité à la traction. VDI. 11 Juillet, 785.
- — Fers et aciers employés dans les constructions. Gm. Jum/ 481.
- — Appareil Nivet pour l’essai des matériaux de construction, pailles microscopiques des aciers Andrews. E'. 10 Juillet-, 35.
- Robinetterie. Valve d’arrêt Turnbull. E. 26 Juin. 862.
- — Réducteur de pression Otto. E. 3 Juillet,
- 34. Shœffer Budenberg. Ri. 4 Juillet, 263. 4 Juillet. 65.
- — Robinet-vanne Lunken. Ri. 11 Juillet,
- 273.
- Textiles Coton (progrès de l’industrie du) en France. Ef. 10 Juin, 826.
- — Cardes diverses, Dp. i9 Juin, 270.
- — Fuseau en aluminium pour navette
- Schlumberger. SiM. Juin, 219.
- — Anti-brûleur pour machines à lainer.
- Ci. 5 Juillet, 308.
- — Arrêt de canette Liebreich. Industria. 5 Juillet, 419.
- Transmissions, irrégularité des transmissions, trop faibles (Dubrule). Ri. 20 Juin. 249.
- Tuyaux flexibles Levavasseur. Rt. 25 Juin, 271. Ventilateur compound Hodges. E. 19 Juin.
- MÉTALLURGIE
- Alliages. Résistance électrique des. N. 18 Juin, 154.
- — d’aluminium; préparation par réaction
- chimique. CR. 22 Juin, 1482. Aluminium. Réduction de l’alumine considérée au point de vue électi'othermique (Richards). Ms. Juillet, 526.
- Argent. Désargentation électrolytique des plombs argentifères (Tommasi). CR. 22 Juin, 1476.
- — Essais d’argent (exactitude des) (Dewey).
- Cs. 30 Juin, 434.
- Bronzes (Coulée des) en Europe (Simonds). SA. 10 Juin, 654.
- Cuivre (Réduction du sulfure de). CN. 30 Juillet, 18.
- Fer, fonte et acier. Traitement des minerais magnétiques de la Zélande. Eam. 13 Juin, 566.
- — Fer météorique (le). SuE. 1er Juillet, 491.
- — Four à vent chauffé (Ford et Moncur).
- E. 26 Juin, 855, 856.
- — Acier (Pièces de forge creuses en). E.
- 10 Juillet, 40.
- —• Acier (Dosage du nickel dans F) (Brear-ley). CN. 10 Juillet, 16.
- — Recarburation des fers et aciers fondus (Wedding). Ns. Juillet, 509.
- — Hauts fourneaux américains. Er. 10 Juillet, 25.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JUILLET 1896.
- Four de grillage (Brown). Eam. 4 Juillet, 8. Métallurgie japonaise. Or, argent et leurs alliages (Gowland). Cs. 30 Juin, 404. Or. Avenir de sa production. Eam. 27 Juin, 610.
- — Procédé au cyanure. Eam. 27 Juin, 612. Russie méridionale. Industrie charbonnière et sidérurgique (Trasenter). Ru. Mai, 172.
- — — Du fer. USR. Juin, 263, 268.
- Trieur magnétique (Wetherill). Eam. 13 Juin,
- 364.
- Zinc. Traitement électrique des minerais de Broken Hill. EE. 27 Juin, 390.
- — (Corrosion du). Eam. 27 Juin, 611.
- — Électrodéposition Cowper Cowles. Cs. 30 Juin, 414.
- MINES
- Allumeurs électriques pour lampes.
- Électricité. Emploi dans les mines (Siemens et Halske). E' 3 Juillet, 8.
- — Câbles de sûreté pour les mines. Elc. 11 Juillet, 23.
- — Éclairage électrique dans les mines. Eam. 4 Juillet, 3.
- — Locomotive minière (Sprague). Eam.
- 4 Juillet, 3.
- États-Unis. Statistique en 1893. Rt. 28 Juin, 283.
- Houillères. Extension des bassins de la France (Bergeron). IC. Mai, 727.
- Houillères de Californie. Eam.. 4 juillet, 10. — Grisou. (Explosions de). N. 2 Juillet, 207.
- — (Appareilpour l’étude du) àMarchienne-
- le-Pont. Gc. 11 Juillet 164.
- Or. Mines de Bokhara. Eam. 27 Juin, 612.
- — de Cripple (Creek. Eam. 4 Juillet, 3.
- — des Apalaches. id. 7.
- — Bocardage à Bodie, Californie. Eam. 27 Jinn, 613.
- — En Géorgie et Alabama. Eam. 27 Juin, 617.
- — au Rhodesia (W.-F. Wilkimson). SA.
- 3 Juillet, 695.
- Sondages profonds du Creusot (Levy). CR. 22 Juin, 1503.
- 7Ânc et plomb en Iowa. Eam. 27 Juin, 614.
- PHOTOGRAPHIE
- Chambre noire ci triple effet (Nachet). Sfp. 1er Juillet, 312.
- Cinématographe. ZOI. 19 Juin, 378.
- Photographie des parois d’un sondage. Co.
- 4 Juillet, 419.
- — chromatique (Wall). Cs. 30 Juin, 400.
- — stéréoscopique de grandes dimensions
- (Donnadieu). Sfp. 1er Juillet. 305. Virage à l’or et à l’urane. Rs. 4 Juillet, 29. Viseur clair Turillon. Sfp. 1er Juillet, 310.
- Zinc. Action sur la plaque photographique (Colson). CR. 6 Juillet, 49.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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- 95e ANNÉE.
- Cinquième Série, Tome I.
- AOUT 1896
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport présenté par M. Imbs, au Comité des Arts mécaniques, suïTappareil enregistreur musical de M. A. Rivoire.
- M. Rivoire a présenté à l’appréciation de la Société d’Encouragement un appareil enregistreur musical de son invention.
- Comme tous les appareils similaires qu’on a proposés antérieurement, celui de Al. Rivoire s’applique à un piano, et cette connexion est rationnelle. En effet, le haut intérêt que peut présenter pour l’art et les artistes un enregistreur musical fidèle et commode apparaît surtout au point de vue de la composition musicale; et, d’un autre côté, pour le compositeur, le piano est le meilleur interprète immédiatement disponible de sa pensée ou de sa combinaison, parce qu’il est le meilleur instrument pour un exécutant désireux de produire simultanément toutes les parties d’une harmonie complète, quelque complexe par ses détails et par leur mouvement que puisse être cette harmonie. Si quelques autres instruments offrent, dans une certaine mesure, la même ressource, le piano possède sur eux d’importants avantages qui expliquent parfaitement la généralisation de son emploi en musique, car il présente un clavier chromatique complet du grave à l’aigu et fournit des sons nets, fermes, d’un timbre suffisamment neutre pour permettre à l’artiste ou à l’auditeur expérimenté de compléter par imagination les effets réalisés et d’appliquer par la pensée, à chacune des parties de l’harmonie, le timbre particulier et plus caractéristique soit de la voix soit de l’instrument auquel cette partie est destinée. La faiblesse ou l’insuf-Tome I. — 95° année. 5e série. — Août 189G. 69
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- ARTS MÉCANIQUES. --- AOUT 1896.
- fisance du piano au point de vue expressif peut se corriger de même à un certain degré par le sentiment de l’exécutant et se compléter par l’imagination de l’auditeur. Ce n’est pas ici assurément qu’il y a lieu de discuter, d’approuver ou de désapprouver les reproches souvent formulés au sujet du piano et les plaintes de ceux qui déplorent l’influence exercée par cet instrument pour faire dévier l’art musical de son but expressif et le porter surtout vers l’effet matériel résultant de la combinaison des sons, des rythmes et des mouvements accumulés harmoniquement. Il faut considérer le piano avec son importance acquise dans le domaine musical, avec ses ressources et ses qualités si étendues et si générales, et constater que c’est bien à lui, à lui seul, que peut s’adapter utilement un enregistreur musical.
- Les services que peut rendre à un compositeur un enregistreur, ainsi combiné au piano, méritent quelques explications que nous allons donner, mais ce que nous venons de dire montre bien déjà que ces services ne seront pas limités au seul cas où la composition est destinée au piano lui-même, qu’ils s’étendront au contraire à toute composition complexe dont on a besoin, avec l’aide du piano, de vérifier, d’étudier ou de mesurer approximativement l’effet d’ensemble.
- Pour toute œuvre musicale, le compositeur procède par deux moyens très différents et d’importance très inégale, selon son tempérament et selon le caractère de la composition qu’il projette de faire. Ces deux moyens sont l’invention et la combinaison, et on peut dire que l’un ne peut jamais exclure complètement l’autre. Même dans des morceaux de caractère essentiellement scolastique, comme une fugue, un canon, il y a encore, à un certain degré, invention, et invention plus ou moins heureuse, pour le choix des sujets et contre-sujets. Même dans les morceaux de caractère essentiellement mélodique, il y a encore une part de combinaison, plus ou moins habile et adjuvante comme effet, dans l’arrangement des parties, des accompagnements, des modulations. Comme les lois harmoniques elles-mêmes, la combinaison et ses ressources, des plus variées, s’enseignent ; on s’y exerce, et, par l’exercice et l’habitude, on y acquiert une adresse et une habileté croissantes. L’invention reste au contraire le fruit du tempérament naturel et d’une faculté d’imagination impressionnable, qui peut être cultivée et développée, subir des influences de milieu ambiant, mais non être dirigée par des règles qui ne seraient pour elle qu’une gêne et une contrainte stérilisante. Quel que soif le concours réciproque que se prêtent en musique ces
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- ENREGISTREUR MUSICAL RIVOIRE.
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- deux moyens distincts, quelles que soient les influences qui, selon les temps et les circonstances, font pencher les goûts des auditeurs vers une prépondérance de l’un de ces moyens sur l’autre, on ne peut nier que ce soit la part laissée à l’invention qui contribue le plus à déterminer le coloris de la composition musicale.
- En musique comme ailleurs, l’idée ou l’invention est au-dessus de la combinaison artificielle ; c’est elle qui importe le plus pour l’effet produit, la combinaison la plus habile tendant, par elle-même, à n’être qu’intéressante, l’invention devenant au contraire émouvante si elle est bien inspirée pour le sens expressif visé. Ce sont les inspirations que cherche et que poursuit sans cesse, tantôt de tête, tantôt et le plus souvent à son piano, le vrai musicien, parce que ce sont elles qui animeront ses œuvres. Ces inspirations, il les trouve dans ses instants propices, mais elles sont souvent si fugitives que, conçues un moment, elles ne se retrouvent parfois plus l’instant d’après ou ne se retrouvent qu’altérées, pâlies et décolorées. On comprend donc, à ce point de vue, l’intérêt que peut avoir un compositeur à posséder un piano enregistreur.
- On peut, il est vrai, objectera cette appréciation certains faits notoires. Ainsi, il est assez généralement connu que Beethoven était affecté d’une surdité complète quand il écrivit sa Neuvième Symphonie. Mais ce qui était alors possible à la vieille et géniale expérience de Beethoven ne saurait servir de mesure commune. D’ailleurs, on sait aussi que ce compositeur avait l’habitude fort naturelle de préparer de longue main les matériaux de ses compositions les plus soignées, et plusieurs thèmes importants de ses symphonies (notamment pour la troisième et la neuvième) ont été, de sa part, l’objet de compositions indépendantes et antérieures, qui montrent bien les préparatifs souvent fort anciens qu’il mettait en réserve avant un emploi définitif. On doit donc croire que, à l’époque dont il s’agit et pour cette Neuvième Symphonie, Beethoven ne faisait plus, pour les plus belles parties de l’œuvre, que les raccords, la répartition et l’orchestration de fragments imaginés, étudiés et vérifiés depuis longtemps au principal.
- En fait, un morceau purement scolastique, les thèmes une fois donnés, ne peut se construire que par une notation manuelle suivant pas à pas la réflexion, et l’enregistreur ne pourra servir, dans ce cas, que pour une transcription ou mise au net. Mais, dans la généralité des cas et même si, procédant par la méthode scolastique et partant de quelques notes constituant par leur assemblage et leur rythme un commencement de dessin musical, le compositeur
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- ARTS MÉCANIQUES. --- AOUT 1896.
- cherche, par combinaisons, à construire son motif puis ses transformations, ses développements et ses liaisons à d’autres motifs créés de même, l’enregistreur a son rôle d'intervention précieuse tout indiqué, car, pendant ces combinaisons, pour écarter les unes et choisir les autres, le piano est, pour le compositeur, l’adjuvant naturel qui inspirera son choix. En outre, le corps principal de l’ouvrage arrive toujours forcément à se grouper dans la pensée du musicien bien avant qu’il ne puisse procéder à une notation d’ensemble. Il est bien naturel, qu’avant de procéder à cel te notation, le musicien cherche à vérifier virtuellement au piano, pour les fragments et pour l’ensemble, l’impression qu’il pense produire. Il est rare enfin, qu’à cette épreuve répétée, le compositeur, s’animant pour son oeuvre, ne fasse pas à sa conception des modifications qui, faites d’inspiration, seront souvent d’autant plus importantes pour le coloris de l’ouvrage, que cet ouvrage, ainsi fait de métier, risque davantage, quoique intéressant peut-être, de rester monotone et terne. On voit donc que, même pour le compositeur de tempérament scolastique, l’enregistreur peut être d’une grande utilité et être un adjuvant d’autant plus important pour lui que, pour lui, l’invention est plus laborieuse, plus rare et plus limitée. On voit aussi, nous l’espérons, que l’enregistreur peut intervenir non seulement, et en toute évidence, pour la notation définitive de l’ouvrage mais aussi pour sa conception même. Ce dernier rôle est même, de beaucoup, le plus important puisqu’il ne réalise pas une simple économie de temps et de peine, mais qu’il consiste à noter invariablement l’invention, ou ce qui mérite réellement ce nom et qui, en musique, est le résultat d’une fonction cérébrale essentiellement éphémère, l’inspiration.
- Ces considérations peuvent d’ailleurs, nous le pensons, rassurer les esprits chagrins qui craindraient que ce perfectionnement apporté au piano ne pousse de plus en plus l’art musical vers les effets de facture, de métier, de bravoure, chers aux instrumentistes en général, et surtout aux pianistes, et que l’on qualifie parfois du mot vulgaire et railleur de tricotage musical. Ces esprits chagrins peuvent, au contraire, se complaire à espérer que l’usage d’un enregistreur musical contribuera à ramener l’art à des tendances plus élevées, plus spontanées et plus expressives.
- L’utilité principale d’un enregistreur appliqué au piano étant bien comprise, on ne saurait s’étonner que plusieurs tentatives antérieures aient été faites en vue de créer et d’introduire dans l’usage pratique des appareils de
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- ENREGISTREUR MUSICAL RI VOIRE.
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- ce genre. Si ces appareils antérieurement proposés ne se sont pas ou ne se sont que peu répandus, il faut vraisemblablement l’attribuer à des imperfections ou à un caractère de complication dépassant de bonnes conditions pratiques. 11 y a là des difficultés que la complication du problème explique suffisamment, par deux causes bien distinctes. D’une part, il y a le grand nombre d’éléments ou de touches du clavier du piano, que l’on ne peut pas réduire sensiblement sans altérer à la fois la valeur de l’instrument et celle de l’enregistreur. D’autre part, il y a la notation musicale usuelle qui, telle qu’elle est, logiquement réduite pour le piano aux deux clefs de fa et de sol et aux deux portées de cinq lignes leur correspondant, constitue néanmoins un ensemble des plus complexes quand on envisage tous les éléments qui se représentent dans les lignes et les interlignes en tant que mesures, positions et valeurs ou durée des notes et signes modificateurs, en concordance avec les conventions fondamentales.
- Toutes ses recherches faites, parmi lesquelles il faut citer celles extrêmement remarquables et récentes de M. Carpentier, sont fondées sur un point de départ qui est le suivant : d’une part constituer un mécanisme pointeur en correspondance avec chaque touche du clavier, d’autre part réaliser une notation provisoire et simple, aisément traductible ultérieurement dans la notation usuelle. C’est cette notation qui, en réalité, débarrasse le problème et sa solution de la complication inextricable qui les entourait. On a compris, en effet, que le piano étant un instrument à sons fixes, il n’y avait pas lieu, pour la notation, de s’occuper de la valeur enharmonique de la touche frappée par l’exécutant, ni d’aucun des signes de notation usuelle se référant à cette valeur enharmonique ou au ton et au mode de la gamme dans laquelle le morceau ou le passage est conçu. En enregistrant simplement, mais rigoureusement et avec leurs relations exactes d’instants et de durée de tenue, toutes les touches frappées, on pouvait constituer une notation représentant la totalité des éléments matériels de l’exécution. Possédant cette notation exacte, tout lecteur familiarisé avec les notions du solfège pourrait ensuite, à loisir et aisément, en faire la transcription en notation usuelle et détaillée, reconnaissant par rapprochement, comme sur le clavier lui-même, le ton, le mode, les signes à appliquer pour les valeurs enharmoniques et si, par exemple, la touche la du diapason a été frappée pour un la naturel ou pour un sol double dièse ou un si double bémol. D’autre part, pour obtenir une représentation exacte des relations d’instants et de durée de tenue de toutes
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- les touches frappées, il n’était pas nécessaire de demander à l’enregistreur de figurer, outre les instants relatifs de percussions, des signes conventionnels de durée : ronde,blanche, noire,croche, double croche, etc., mais uniquement une représentation proportionnelle de la durée réelle de tenue pour chaque touche frappée, cette représentation pouvant ensuite se transcrire de même par le traducteur ou le lecteur en signes usuels. De ces considérations est résultée la conception d’ensemble de tous les appareils enregistreurs pour piano, y compris celui de M. Rivoire.
- D’une part une feuille ou bande de papier sans fin chemine d’un mouvement uniforme, continu, invariable. Cette bande porte, dans sa largeur,
- Fig. 1. — Bande imprimée par l’enregistreur Rivoire (premières mesures de l’hymne national russe], avec, à gauche, la barre de lisage, que peut employer au besoin le traducteur. Les clefs de sol et de fa figurées à la gauche de cette bande sont, bien entendu, marquées ici spécialement pour l’intelligence des explications et de la manière aisée dont se fera la traduction en notation usuelle.
- des subdivisions longitudinales chassant de gauche à droite les marques que pourront venir y imprimer toutes les touches du clavier qui, du grave à l’aigu, sont rangées elles-même de gauche à droite. D’autre part, un mécanisme pointeur met chaque touche du clavier, dans son rang respectif, en correspondance avec une molette qui marque sur le papier son trait se prolongeant proportionnellement à la durée de tenue de la touche, depuis l’instant de la percussion jusqu’à celui où le doigt de l’exécutant la lâche. M. Rivoire y ajoute une pédale de mesure, correspondant à une molette particulière, et au moyen de laquelle l’exécutant peut marquer au besoin le
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- premier temps des mesures, s’il a une crainte, rarement possible d’ailleurs, au sujet de difficultés qu’éprouverait le lecteur à en opérer la division. Le papier enregistré se lira donc en longueur, et, par une simple projection verticale-transversale sur les deux portées de cinq lignes du papier à musique ordinaire, le traducteur transformera sa notation en une notation usuelle, en s’aidant au besoin de la barre de lisage, de M. Rivoire, qui n’est autre chose (fig. l)que l’image d’un clavier en réduction proportionnelle, et qu’il promène verticalement le long et entre les deux bords du papier sans lin à traduire. Il faut bien remarquer que tous les éléments matériels de l’exécution se trouvent, par cette méthode, enregistrés, et bien plus complètement en ce qui concerne les mouvements qu’ils ne le sont dans la notation usuelle. Celle-ci ne peut, en effet, que se contenter d’indiquer en tête du morceau le mouvement général par un chiffre du métronome et, dans le corps du morceau, d’une manière vague, les accelerando et des rallenlando. Dans la notation d’un enregistreur comme celui de M. Rivoire, la vitesse du papier étant uniforme et chronomanique (M. Rivoire lui donne 1m,25 par minute) chaque mesure ou même chaque fraction de mesure marque elle-même, par la longueur proportionnelle qu’elle occupe,la vitesse que lui a donnée l’exécutant, en dehors du mouvement général qui, lui-même, est marqué invariablement. On comprend aisément l’importance extrême que peut avoir cette propriété particulière des enregistreurs. Car, en dehors de la musique dite classique, dont le mouvement est plus uniforme, un grand nombre de compositions musicales, et non certes des moins remarquables et des moins bien inspirées, ont été conçues et demandent à être exécutées avec des mouvements essentiellement variables, ou un mouvement général qui a été défini par l’école italienne sous le nom de tempo rubato, et dont les nuances infinies et délicates forment une partie essentielle de la pensée musicale et un élément essentiel à son effet. Dans la notation musicale usuelle, aucune de ces nuances n’est représentable et, comprises et rendues par les premiers interprètes de l’auteur et sous son influence directe, elles disparaissent loin de lui et après lui. Sans doute, il est encore une foule d’autres nuances, surtout pour la musique de chant, qu’il est impossible de représenter et dont la tradition se perd avec une rapidité désespérante. Mais celles relatives au mouvement dans ses détails sont des plus importantes, en particulier au théâtre, tellement importantes que la disparition rapide des bonnes traditions à leur sujet explique à elle seule la rapidité comparative avec laquelle vieillit la musique de théâtre dont l’effet a été, en son temps et sous sa vraie couleur,
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- le plus émouvant ou le plus séduisant. Pour ne citer qu’un exemple à ce sujet, et en le choisissant dans la musique de piano elle-même, ne voyons-nous pas actuellement les œuvres de Chopin, encore peu anciennes, qui exigent essentiellement ce tempo rubato, exécutées ou enseignées de manières absolument différentes par des professeurs également éminents, dont chacun croit posséder, pour chaque morceau, la vraie tradition à suivre, et dont aucun vraisemblablement ne reproduitplusles nuances ou changements réels de mouvement que concevait Fauteur. Ce n’est pas un médiocre service rendu à l’art musical pour l’avenir, par un enregistreur vraiment pratique, que d’éviter aux compositeurs et au monde s’intéressant à cet art la perspective d’altérations qui défigurent les plus belles conceptions.
- L’appareil de M. Rivoire est simple, pratique et exact. 11 remplit ces conditions non seulement par l’excellente combinaison de son auteur, mais aussi par l’excellente exécution de son constructeur, M. J. Richard, et il atteint une précision vraiment extraordinaire. On sait combien est long à former le jeu d’un pianiste correct, combien d’années de labeur l’exécutant devra consacrer à égaliser son jeu, mais aussi à quel degré de perfection un instrumentiste éminent en ce genre peut atteindre dans l’exécution de ces gammes, de ces trilles, de ces traits charmants ou brillants dont la rapidité et le perlé admirablement égal font le désespoir de rivaux ou d’exécutants moins accomplis. La précision de l’enregistreur Rivoire est telle que, dans cette merveilleuse égalité pour l’oreille, il distinguera et enregistrera des différences de tenue de notes que l’oreille n’avait pas perçues, qui se marqueront, dans une gamme diatonique, aux tournés du pouce et du passage de la main après le 4e doigt, et dans une gamme chromatique, aux tournés du pouce et au passage de l’index. Toute l’exécution d’un morceau, avec ses défauts, ses fausses notes, ses inégalités sera enregistrée avec une exactitude telle que, dans un concours de pianistes, et pour un juge, il pourrait être absolument inutile, pour ce juge, d’avoir entendu les exécutants, etque le juge pourrait former plus sûrement sonopinionsurle vu des épreuves enregistrées, si des considérations au point de vue expressif, au point de vue du style, du sentiment musical et du toucher, n’avaient pas à intervenir.
- 11 est difficile, en effet, de demander à un enregistreur même parfait de noter les piano et les forte. D’ailleurs, ces piano et forte, qui peuvent passer par des degrés très variables, sont bien loin d’être tout, au point de vue expressif, bien que malheureusement beaucoup trop d’exécutants limitent à eux seuls leurs effets en ce sens trop négligé.
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- Mais comment pourrait-on demander à un enregistreur de noter ces variations de toucher, tantôt franc et ferme, tantôt moelleux et doux, tantôt dur, brusque, violent, puis léger et caressant, ou encore volontairement et quelque peu attardé ou avancé, par lesquelles un véritable musicien devient expressif même au piano? Ce sont là choses insaisissables, comme le sont les inflexions, les coloris changeants du timbre et du phrasé d’une belle voix artistement conduite, par lesquels un grand chanteur porte jusqu’au fond d’une salle son émotion, reproduisant celle du compositeur. Comment demander de telles choses à un enregistreur, et les demander justement alors que, de moins en moins, les chanteurs eux-mêmes savent ce qu’elles sont ou sentent ce qu’elles doivent être? Il n’est même pas inutile peut-être que de telles exigences soient impossibles, et que, dût-il ne réapparaître qu’à de rares intervalles, l’art véritable contienne des éléments impossiblesà stéréotypée, par lesquels il reste supérieur au métier le plus habilement pratiqué, et par lesquels le véritable artiste reste bien au-dessus d’un parfait instrumentiste.
- Fig. 2. — Schéma du mécanisme de l’enregistreur Rivoire.
- Peu de mots suffisent à décrire dans ses détails l’excellent appareil de M. Rivoire.
- Cet appareil s’applique sous le clavier du piano, sous une forme oblique rentrante, sans gêner en rien l’exécutant et sans déparer en rien le meuble même. Comme le montre le schéma ci-joint (fig. 2), chaque touche A du clavier porte en dessous une cheville verticale B, traversant la caisse du piano, et faisant saillie au-dessous de sa paroi inférieure. Sous les chevilles, sont rangés les leviers C de l’appareil, lesquels pivotent en 0. L’extrémité du le-
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- vier C s’articule à une bielle verticale D, qui agit sur la manivelle e pour faire tourner quelque peu l’arbre E. Tous les arbres E, venant de gauche et de droite, se prolongent rangés parallèlement jusque vers le milieu de l’instrument, portant chacun, dans son ordre respectif, son levier e', soulevant ou abaissant la tige à molette traceuse F. Un encrier ou pinceau en flanelle imbibée d’encre, ert non figuré, est en contact avec toutes les molettes à leur position de repos, et les tient prêtes constamment à faire leurs marques. Au-dessous des molettes, passe le papier, sur un rouleau G, qui est aidé, pour son entraînement, par les rouleaux 1 et J; tous trois recevant leur mouvement par la commande d’un double mouvement d’horlogerie, non figuré dans le schéma, placé à côté dans la boîte de l’appareil, et susceptible d’un fonctionnement continu pendant une demi-heure sans être remonté. Le papier se dévide ainsi en K, s’envidant en H d’un mouvement chronométrique uniforme, tant que l’exécutant ne pousse pas, au moment qui lui convient, un bouton arrêtant (ou à volonté remettant en marche) le mouvement d’horlogerie. Le couvercle Q, fermant la boîte de l’appareil, s’ouvre à volonté et commodément pour découper, retirer tout ou partie du papier déjà gravé, changer ce papier et faire toutes opérations utiles au service.
- Le mécanisme de M. Rivoire est bien conçu dans l’esprit de la mécanique du piano elle-même, à laquelle il doit se joindre. Son fonctionnement est si léger qu’il ne modifie pas d’une manière sensible le toucher de l’instrument auquel on l’applique, et, le mettant ou le retirant, ce toucher reste le même et normal.
- Toutes les épreuves qu’a subies l’appareil de M. Rivoire de la part des personnes les plus compétentes ont montré qu’il est très bien approprié à son but. Par sa bonne exécution, son caractère simple et son prix relativement modéré, il est appelé, sans aucun doute, à rendre de sérieux services à l’art musical.
- En conséquence, le Comité des Arts mécaniques, par l’organe de son rapporteur, a l’honneur de proposer à la Société de remercier M. Rivoire de sa communication, et de faire insérer au Bulletin le présent rapport, avec les deux dessins nécessaires à l’intelligence de la description qu’il contient.
- Signé : J. Imbs, Rapporteur.
- Approuvé en séance, le 24 juillet 1896.
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- Les irrigations de la région aride aux états-unis, par M. Ronna, Membre
- du Conseil.
- 1. LA RÉGION ARIDE.
- Les Américains ont donné le nom do> Région aride au territoire qui s’étend à l’ouest, entre le 100e et le 125e méridien, sur plus de quatre millions et demi de kilomètres carrés, et embrasse la moitié environ du continent qu’occupent les États-Unis.
- Cette immense région, où la chute d’eau pluviale annuelle varie comme moyenne de 10 à 60 centimètres, n’est pas entièrement aride. Ainsi, à l’ouest des monts de la Cascade, les Etats de Washington, de l’Orégon et de la Californie septentrionale, le long des côtes de l’Océan Pacifique, reçoivent assez de neige et de pluie pour que l’agriculture y prospère dans de bonnes conditions climatériques. Au voisinage des Montagnes Rocheuses et de la Sierra Nevada, les vallées des grands cours d’eau, Missouris, Yellowstone, Platte, Saskatchavan, Rio grande, Sacramento, etc., échappent, sous certaines latitudes, aux funestes conséquences de la sécheresse. La Cordillère, avec ses pics dont l’altitude dépasse parfois 4,000 mètres, sert de réservoir aux eaux météoriques distribuées sur les plateaux élevés des Etats de Montana, Idaho, Nevada et Nouveau-Mexique. Enfin, la zone qui couvre du nord au midi les plaines confinant aux prairies des Etats de Dakota, Nebraska, Kansas, Texas, dépend exclusivement, pour ses récoltes, de la quantité d’eau fournie au printemps par les pluies et la fonte des neiges. Si elle est assez abondante, c’est-à-dire, si elle atteint 0m,76 environ, le soi produit du maïs, du blé, de l’orge, de la luzerne [alfai fa), à rendements variables : au cas contraire, il demeure improductif.
- En dehors de cette zone, que les météorologistes ont appelé suhhumid, tout le reste de la région, entre le 30e et le 35e parallèle, est voué à l’aridité, à l’ouest comme au midi. La chute d’eau pluviale qui se produit, sous les latitudes supérieures, par averses subites et par des vents violents du nord-ouest et de l’ouest, décroît peu à pou jusqu’à atteindre au Sud le minimum de 10 centimètres dans la Rasse-Californie, F Arizona, le Nouveau-Mexique et l’ouest du Texas. Il n’y a plus, dès lors, de vallées boisées, plus de plaines couvertes d’herbes grossières ou de broussailles, mais des plateaux élevés, entrecoupés de promontoires et de dépressions, complètement dénudés; des steppes calcinés à perte de vue. Ces vastes solitudes, où erraient des troupeaux cfe buffles et de chevaux sauvages, comprennent de véritables déserts, tels que ceux de Mohave, de Gilali, de
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- rUtah, du Colorado, du Llano Estacado. Dans les rares oasis de la région morte apparaissent, suivant l’altitude, le pin pignon, le cèdre nain ou bien les cactus, les cierges géants, les yuccas, l’artémise, et, sur les bords des cours d’eau taris, quelques saules et des trembles (fig. 1). L’air y est tellement sec qu’il y a peu ou point de rosée, quoique la température s’abaisse de plus de 15 degrés de midi à minuit. L’évaporation est rapide, même alors que la neige fond partiellement. D’ailleurs, le climat se caractérise par des températures extrêmes, non seulement du jour et de la nuit, mais de l’hiver et de l’été, qui empiètent sur les saisons de printemps et d’automne au point de les annuler.
- Fig. 1. — Les yuccas-palmiers du désert américain (1).
- Plus de six millions d’hectares de terres arables sont absolument stériles faute d’eau : leur mise en valeur n’est possible que si l’irrigation est praticable. Le problème de la colonisation du Far West s’est trouvé ainsi renversé : il n’a plus été question seulement, pour les settlers, d’acquérir d’urgence et d’outiller des terres, mais surtout d’obtenir l’usage de l’eau indispensable à leur culture. Entraînés par l’instinct d’expansion qui caractérise leur race, par les exigences d’une émigration toujours croissante, de la subsistance de la population, de l’appât qu’offre l’exploitation des contrées vierges où
- (1) D’après C.E.FowIer. Irrigation Surveying in California (Engineering Magazine, juin 1895).
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- abondent les richesses minérales et les sols de bonne qualité, les Américains ont abordé la solution hardiment sur un grand nombre de points, sans que les nombreux échecs aient pu arrêter l’essor des irrigations depuis une vingtaine d’années.
- L’œuvre accomplie n’est pas comparable, loin de là, à celle réalisée par l’administration britannique dans l’Inde, depuis cinquante ans; elle n’en est pas moins capitale et digne de toute considération.
- Les irrigations clans l’Inde. — Dix siècles avant l’ère vulgaire, le bassin de l’Indus où s’établit la première race civilisée de l’Inde, était sillonné par des milliers de canaux, dont quelques-uns joignaient le Garra ou l'Hyphase au Gange, traversaient le Doab jusqu’à Delhi, sur des longueurs de plusieurs centaines de kilomètres. Sous la dynastie hindoue, comme sous la dynastie mabo-métane, le réseau des irrigations, alimenté par des réservoirs, des puits, des canaux, ne cessa de s’étendre jusqu’au jour où la puissance des princes faiblit et où les dissensions firent abandonner des travaux dont le caractère massif semblait devoir défier les ravages du temps.
- Pendant la lieutenance du marquis de Hastings, les canaux du Doab et du Delhi furent restaurés dans les provinces du Nord-Ouest, et les réservoirs rétablis dans celles du Nord. Depuis cette époque, les Anglais ont consacré des sommes énormes à la réfection des anciens ouvrages, avant de procéder aux travaux de premier ordre qui ont permis, dans l'espace de cinquante ans, de soumettre à l’arrosage près d’un cinquième de la surface arable sur un territoire d’un million dekilomètres carrés. Les avances du Trésor britannique, d’ailleurs, devaient lui être immédiatement remboursées avec de gros bénéfices par les redevances des canaux, la plus-value des terres, l’accroissement des impôts; en même temps, la sécurité de la possession coloniale était assurée.
- La spéculation avait été singulièrement fructueuse. Dans les seules provinces du Nord-Ouest, le montant des dépenses du gouvernement atteignait, en 1885, 160 millions de francs pour 12 000 kilomètres de canaux desservant l’irrigation de 800 000 hectares. Indépendamment de la plus-value des récoltes arrosées, estimée en moyenne à 50 p. 100, l’administration évaluait, dans ses rapports officiels, entre 20 et 40 p. 100 le revenu des capitaux consacrés aux travaux (1).
- Les irrigations aux États-Unis. —Pour les Américains, la tâche était autrement ingrate. Le territoire aride se trouve dans des conditions hydrographiques, topographiques et climatériques tout à fait exceptionnelles sous le rapport de l’irrigation. En outre, les Etats-Unis ne possèdent pas de Trésor d’Etat applicable aux travaux publics, ni de métropole qui consente des avances, même à court terme. La contrée à défricher et à mettre en culture, absolument vierge, à peine affranchie des Indiens, explorée par de hardis pionniers (squatters), n’offrait aucune des ressources dues à une des plus anciennes civilisations du
- (1) A. Ronna, Les irrigations, t. III, p. 548.
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- monde. Aussi, est-ce uniquement à l'initiative des émigrants, aux capitaux privés, à la persévérance des agriculteurs et à la multiplication des efforts individuels par l’association qu’ils ont dû faire appel pour installer l’irrigation telle qu’elle apparaît aujourd’hui.
- Les premières irrigations remontent à l’époque de la colonisation de la Basse-Californie par les Mexicains espagnols. La plupart des fossés et des canaux construits par les missionnaires jésuites dans les contrées de San Diego, Los Angeles, San Bernardino, pour l’exploitation de leurs ranchos, ou métairies, sont encore utilisés. La découverte des gisements aurifères en 1848, et l’incorporation qui s’ensuivit de la Californie avec les Etats-Unis, imprimèrent une marche inusitée aux travaux hydrauliques. Aussi, dès que la fièvre des placers eut cessé, les canaux de l’industrie minière profitèrent à l’agriculture. D’ailleurs, les explorations faites dans la chaîne des Rocheuses sur une foule de points, afin d’y trouver, en même temps que le précieux minerai, l’eau indispensable à son lavage, avaient eu comme heureuse conséquence de signaler aux set tiers et aux cultivateurs indigènes les ressources dont ils pouvaient disposer pour l’arrosage des terres. Dans la Grande Vallée principalement, où les pluies ne tombent qu’en hiver et au printemps, sur une hauteur totale de 30 à 40 centimètres, on avait acquis la certitude de pouvoir, à l’aide de l’eau des montagnes, irriguer la surface totale des terrains livrables à la culture.
- Au Colorado, les irrigations datent de 1860; mais, pendant plus de dix ans, elles furent restreintes aux terres des vallées à proximité des cours d’eau. Les premiers canaux étaient aussi rudimentaires que les procédés d’arrosage importés par les Indiens du Mexique. Plus tard, les canaux se développèrent au fur et à mesure des progrès de la colonisation. Les grands canaux du Nord Poudre, du Nord Colorado, ne le cèdent en rien au point de vue technique à ceux de Sweelwater River, de Bear Creek, de San Diego, etc., en Californie.
- Dans le désert de l’Utah, ce furent les pionniers, les Mormons, qui installèrent les premières dérivations de City Creek, dont les Indiensignoraient meme l’usage.
- De 1848, date de la fondation de Sait Lake City, jusqu’en 1876, le nombre des hectares arrosés avait atteint plus de 60 000 hectares.
- Les données qui suivent sont relatives aux irrigations et aux canaux de l’Utah en 1873 (1) :
- Canaux principaux; longueur...................................... 3,352 kit.
- — — coût.......................................... 10,418,000 fr.
- Canaux secondaires ; longueur.................................... 7,820 lui.
- — — coût......................................... 2,723,000 fr.
- Canaux; longueur totale.................... . ..... 11,172 kil.
- — coût total......................................... 13,146,000 fr.
- — frais annuels d’entretien............................. 573,000 fr.
- (1) Deseret Agric. Soc. Report for 1873.
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- Surfaces irriguées; de I à 2 li. par semaine ....... 14,280 hect.
- — — de 3 à 4 lx, par semaine.............. 33,110 —
- — de 4 à 10 h. par semaine. ...... 8,700 —
- — — dessalées............................. 3,460 —
- 61,330 —
- A l’ouest du Kansas, les essais de canalisation débutèrent par la ruine des syndicats qui l’avaient entreprise. La rivière Arkansas, qui prend sa source dans l’Etat du Colorado, y était déjà’utilisée pour l’irrigation, quand les agriculteurs du comté de Finney, situés en aval, exécutèrent leurs prises d’eau. Aussi, la rivière était-elle à sec au moment même où les canaux devaient fournir de l’eau d’arrosage. Grâce à la réussite de quelques forages au Dakota et au Texas, les colons de Garden City furent amenés à pratiquer à tout hasard des puits jusqu’à la nappe souterraine et à élever l’eau dans des réservoirs d’une capacité suffisante pour assurer l’irrigation de leurs domaines respectifs. Aussitôt, le Kansas se couvrit de puits, de moulins et de machines dont le travail a permis de transformer complètement la culture des districts.
- D’après le relevé du bureau des Irrigations du Kansas, le nombre de pompes en activité dans Touest de cet Etat s’est élevé en cinq années (1891-1895) de 18 à 1 241. Quelques installations ont échoué; d’autres, en assez grand nombre, n’ont pas satisfait aux conditions de force motrice, de débit, etc., qui avaient été prévues; mais les échecs et les lacunes n’ont fait que démontrer la nécessité d’une connaissance plus précise de l’allure des eaux dans la nappe souterraine.
- Enquête hydrologique. — Sur l’initiative de certains sénateurs du Dakota, de Nebraska et du Kansas, des fonds furent recueillis pour procéder à l’étude des eaux souterraines à l’ouest du 97e méridien jusqu’aux Montagnes Rocheuses.
- A la suite d’un premier rapport embrassant les données relatives à 3 000 puits et à 14 000 sources diverses, une subvention fut votée par le Congrès pour permettre de poursuivre l’étude sur près de 2 millions de kilomètres carrés.
- Il ressort, du relevé exécuté par les ingénieurs Nettleton et Follet, de Denver, et des forages entrepris au compte des divers territoires, que l’Etat de Dakota possède un immense bassin artésien, susceptible d’être utilisé pour les irrigations en vue de combattre les effets des vents brûlants et des sécheresses exceptionnelles.
- Dans la région centrale, comprenant l’ouest de la Nebraska et du Kansas, l’est du Colorado,le Wyoming et le Nouveau-Mexique, les eaux artésiennes sont fournies par des bassins géologiques distincts de celui du Dakota et plus limités. En outre, la présence de nappes souterraines puissantes a été constatée dans les sables et les couches perméables des vallées de certaines rivières telles que l’Arkansas, la Platte, tandis que celle des eaux de drainage se révèle à peu depro-
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- fondeur au-dessous du sol des plaines, depuis le pied des collines de Pueblo, de Fort-Collins (1), jusqu’à la ligne de démarcation du 97° méridien.
- Service hydrographique. — Le service fédéral de géologie et d’hydrographie n’aura pas peu contribué à l’extension des irrigations du territoire aride, en signalant de nouvelles sources pour accroître le volume disponible et en déterminant les procédés à employer pour régulariser l’emploi des eaux.
- De nombreuses observations météorologiques, jointes à des jaugeages multipliés des eaux courantes et souterraines, des lacs, etc., constituent un ensemble d’investigations dont les conséquences ont été des plus précieuses. Ainsi, il a été reconnu que, si certains plateaux cultivables et des plaines à sol fertile sont hors de portée des canaux et condamnés, par l’absence de sources ou de nappes aquifères dans le sous-sol, à l’aridité perpétuelle, il y a, dans les crues d’un grand nombre de cours d’eau, perdues jusqu’alors pour l’agriculture, et dans les eaux qu’absorbent les cartons ou gorges des montagnes, des ressources considérables que les réservoirs, ou, à leur défaut, la nappe souterraine accumulent au profit de l’irrigation sur de vastes surfaces.
- Des données recueillies dans 130 stations et comprenant, entre autres, les jaugeages réguliers des rivières Weiser et Snake (Idaho), Ovvyhoe (Oregon), Yellowstone et Missouri (Montana), Rio Grande (Texas), Sait River (Arizona), Tuolumine, San Joaquin, Sacramento (Californie), il résulte que l’écart entre les débits maxima et minima des cours d’eau de la région est dans le rapport de 27 à 1 ; mais, pour le plus grand nombre, le débit des crues dépasse de o à 10 et à 12 fois seulement, le débit moyen annuel à l’étiage.
- Outre les débits par saisons, le service hydrographique a donné la description des territoires traversés au point de vue géologique et topographique, la capacité des bassins de drainage, les surfaces livrées à la culture et irriguées, etc. Des 30 000 réponses au questionnaire adressé par le service de recensement aux compagnies d’irrigation et aux cultivateurs recourant à l’arrosage, il résulte (2) :
- 1° Que l’eau rendue au champ irrigable coûte en moyenne 102 francs par hectare, aussi bien pour les dérivations par canaux à redevance que pour les prises d’eau directes. Le prix le plus élevé est atteint en Californie, où les travaux de barrage, de réservoir et de distribution ont été plus onéreux et le prix le plus bas, soit un quart environ du coût maximum, dans le Wyoming, où l’arrosage se pratique simplement par des fossés et des rigoles ouvertes à la charrue.
- 2° Que le montant de la redevance payée pour le droit usager est en moyenne de 329 francs par hectare, quand l’eau se paye à part. En tenant compte des cas
- (1) The Farmtr's Magazine, octobre 1891.
- (2) Newell, Irrigation inthe United States (Proc. Inst. Civ. Engin., 1892-93).
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- où la redevance se transfère avec le prix de la terre, la différence entre 309 et 102 francs en fait ressortir le montant à 227 francs par hectare.
- 3° Que le coût moyen de l’entretien des travaux est de 13 fr. 90 par hectare et par an.
- 4° Que la dépense moyenne d’installation, y compris les clôtures et les travaux préparatoires du sol arrosable, s’élève à 156 fr. 20 par hectare; mais ce chiffre de premier établissement est beaucoup dépassé en Californie où il atteint 225 fr. 30(1).
- Les travaux de dérivation, pour les canaux qui ont moins de lm,50 de largeur, ont coûté (barrages, tunnels, aqueducs, etc., compris) 1533 francs par kilomètre, et, pour ceux d’une largeur variant entre lm,50 et 3 mètres, 5 266 francs par kilomètre. Au delà d’une largeur de 3 mètres, le coût moyen des travaux s’est élevé à 18125 francs par kilomètre.
- Or, les canaux de dérivation ne suppléent que partiellement aux besoins des terres arides. Les eaux souterraines, jaillissantes ou non, concourent dans la plus grande mesure, avec les sources ou cienegas, à l’arrosage des plaines desséchées. Plus de 8 000 puits, représentant une dépense totale de 103 milions et demi de francs, ont été recensés en 1890. Dans un dénombrement spécial, opéré en mai 1892, le service hydrographique a compilé les réponses afférentes à 2 971 de ces puits, desquelles résultent les données moyennes suivantes :
- Profondeur. ............................. 65 in., 25.
- Coût par puits...........................1 230 francs.
- Débit par minute et par puits............ 247 litres.
- Surface arrosée par puits................ o,3o hectares.
- Coût de l’arrosage par hectare........... 239 fr. 20.
- Plus de la moitié des puits se trouvent en Californie où ils assurent l’arrosage d’une surface cultivée de 539000 hectares, moyennant un prix plus que double de celui payé pour l’eau des canaux. Il y a lieu, toutefois, de faire remarquer, d’une part, que l’arrosage par puits s’applique presque exclusivement à des récoltes lucratives : légumes, fruits, oranges, raisins, gazons et luzerne; rarement à la grande culture; et, d’autre part, que, si les canaux ont coûté relativement peu comme premier établissement jusqu’ici, quand il faudra reculer les prises d’eau au centre des chaînes de montagnes, la longueur du parcours stérile des canaux augmentant, le prix de l’eau dérivée augmentera forcément.
- Quelle que soit la hardiesse des barrages et des flumes (canaux en bois) à grande section jetés à travers les vallées, à des hauteurs qui dépassent parfois
- (1) Irrigation Reports of the U. S. Geological Survey and Hydrography of the Arid Région. Washington, 1892.
- Tome I. — 95e année. 5e série. — Août 1896.
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- 50 mètres ; quelles que soient l’économie et la rapidité d’exécution des ouvrages, grâce aux matériaux de choix que les forêts fournissent en abondance et aux procédés mécaniques du débitage des bois, il y a un maximum de pente et de résistance qui ne saurait être excédé par les ingénieurs sans compromettre la sécurité en même temps que la prospérité des pays qui sont redevables de leur production agricole uniquement à l’emploi de l’eau. Sous le rapport de la solidité et de la durée des barrages, des galeries et aqueducs et des canaux eux-mêmes, les entreprises américaines, comparées à celles de l’Inde, de l’Australie et de la vieille Europe, offrent peu de modèles à imiter; il ne s’y rencontre pas moins des exceptions dignes d’être mentionnées.
- 2. LES CANAUX
- Dans la plupart des Etats, l’eau nécessaire à l’irrigation et au service public des villes, puisée directement aux rivières en amont, ou indirectement à des réservoirs qui retiennent les eaux de montagne, est dérivée à l’aide de canaux de plus ou moins grande portée, dont la construction diffère sensiblement de celle pratiquée en Europe et ailleurs.
- Le lit de la plupart des rivières de la région aride étant formé de couches épaisses de sable, de cailloux roulés et de gravier, le sol ferme est difficilement atteint, à moins de pénétrer à une grande profondeur. Les barrages en fascinages sont préférés comme étant les moins coûteux, quoiqu’ils ne dérivent l’eau que partiellement et soient emportés par les crues. Il est vrai qu’ils peuvent être facilement réparés avant l’époque des irrigations; cependant, les barrages fixes, qui évitent les infiltrations dans le lit et n’exigent pas de réparations, sont seuls à offrir toute sécurité, surtout quand ils s’appliquent à des réservoirs, destinés à emmagasiner les pluies d’hiver et les crues du printemps. Aussi bien les réservoirs que les barrages fixes américains en terre, en charpente avec pierres, ou en maçonnerie, etc. sont modifiés comme profil suivant des principes d’économie de matériaux et de temps qui contrastent avec ceux généralement adoptés.
- Barrages et réservoirs. — C’est principalement dans les ouvrages récents, qui passent pour les mieux réussis, qu’il y a lieu de rechercher les différences caractéristiques du travail américain.
- Réservoir de Siveetwciter (Californie). — Ce réservoir est compris presque entièrement dans le Rancho Jamacha;il est entouré, sur une longueur de 5 kilomètres et demi et une largeur maxima de 1 kilomètre, de hautes collines, au pied du mont San Miguel dont l’altitude est de 750 mètres, et parcouru par la rivière Sweetwater (fig. 2).
- La digue du réservoir a été construite en maçonnerie ; d’abord pour une
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- hauteur de retenue de 18m,30 au-dessus du niveau de la rivière, en travers du canon Jamacha; puis elle a été surélevée après coup jusqu’à 27m,45, par un double
- Fig. 2. — Réservoir de Sweetwater (Californie). Plan, élévation et coupe de la digue.
- muraillement fondé sur la roche et diminuant d’épaisseur en retraites successives. Les dimensions de l’ouvrage complété sont les suivantes :
- mètres.
- Hauteur............................. 27,43
- Longueur au sommet..................... 103,60
- à la base..................... 30,30
- Épaisseur à la crête..................... 3,65
- — à la base......................... 14,05
- Le tracé en plan est curviligne, avec un rayon de 67m,66 et une corde de 91m,40. La maçonnerie est exécutée en pierres,par assises non réglées, dont les vides sont comblés en éclats avec ciment Portland. Le poids moyen de la maçonnerie a été calculé de 2 600 kilogrammes par mètre cube. La construction a employé 16 000 mètres cubes de maçonnerie (i).
- (1) W. Fox. Irrigation in Southern California, 1891.
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- AGRICULTURE.
- AOUT 1896.
- Un mur do garde règne sur la crête, formant parapet de lm,05 de longueur et 0m,60 de largeur, qui protège la route (roadway) contre les vagues : une balustrade en fer borde la route du côté d’aval.
- Le déchargeoir (ivasteivay) est situé à l’extrémité sud : il consiste enun orifice de 12m,20 de longueu r et 1 m,50de hauteur, divisé en 8 compartiments par des piliers de maçonnerie en talus qui soutiennent les portes vannes. En ouvrant les 8 portes, le plan d’eau du réservoir peut être abaissé de lra,50 au-dessous de la crête. Les eaux du déchargeoir se déversent dans un canal formé par un mur parallèle à la direction de la rive du canon, et sont conduites au-dessous du niveau des fondations dans le canon même.
- Le canal de prise consiste en une conduite principale de 0m,90 do diamètre, dont la bonde aboutit à une tour en maçonnerie de lm,80 de diamètre, située à 15 mètres en amont du mur de barrage, dans le réservoir, et surmontant de 1 mètre le niveau de pleine eau. Deux autres conduites, de 0m,35 et 0m,45 de diamètre ayant accès à travers la digue dans la tour, sont manœuvrées indépendamment, afin de fournir de la force motrice. La figure 3 donne une vue panoramique du réservoir du côté du déchargeoir.
- A la cote de 21'",35 au-dessus du déchargeoir, l’eau retenue couvre 295 hèc-tares et la contenance est de 22 millions de mètres cubes.
- L’évaporation n’a une grande influence que de juin à novembre; la perte annuelle totale est évaluée à 1"\22 de hauteur d’eau.
- Commencé au mois de novembre 1886 et achevé au mois de mars 1888, le réservoir de Sweetvvater a coûté 1 260 000 francs (1).
- Réservoir Cuyamaca (Californie). — Placé à 70 kilomètres au nord-est de la ville de San Diego, au milieu des monts Cuyamaca, à une altitude de 1 500 mètres, ce réservoir capte les eaux d’un bassin de 35 kilomètres carrés, où la chute d’eau pluviale annuelle varie de 0"1,75 à 1 mètre, sur la limite du désert.
- La digue, construite en terre argileuse à travers la vallée, offre les dimensions
- suivantes :
- mètres.
- Longueur.............................. 219
- Hauteur.................................. 12,70
- Épaisseur à la base...................... 10,66
- — à la crête........................... 4,90
- Fondée sur un banc d’argile, elle est consolidée au centre, jusqu’au-dessous du sol des fondations, par un noyau d’argile battue. Le talus, sur la face d’amont, est de 2 sur 1, et, sur la face d’aval, de 1 et demi sur 1. Le parement d’aval est protégé par un perreyage de 0m,20 d’épaisseur.
- La cuvette de décharge est en maçonnerie ( 1m,03 X lm,37) sur une longueur
- (1) W. Hall. Irrigation in S»uth?rn California, 1888, p. 69.
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- de 36 mètres; elle s’appuie sur le sol avec une pente de 1 mètre et débouche à l’extrémité supérieure, au bas d’une tour en maçonnerie de 2m,40 de diamètre extérieur, dont le sommet est au niveau du couronnement de la digue. La tour est pourvue de deux portes vannes, l’une au radier et l’autre à 4m,70 plus haut.
- Le réservoir Cuyamaca couvre en pleine eau 400 hectares environ, et contient, sur une profondeur de 10 mètres, 13 millions de mètres cubes d’eau. Commencé
- Fig. 3. — Vue du réservoir de Sweetwater.
- en 1886, il a été achevé à la fin de 1887 et rempli par les pluies de l’hiver 1887-88 sur une hauteur de 7m,30, correspondant à 4 700 000 mètres cubes de capacité (1).
- Barrage San Diego {Californie). — Cet ouvrage a été construit pour retenir les eaux de la rivière San Diego, à 50 kilomètres de son embouchure et à une altitude de 245 mètres, à travers un canon dont les versants sont particulièrement abrupts.
- (J) W. Hall, loc. cit., p. 69.
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- - Fondé à 3m,6o de profondeur, dans un lit de galets reposant sur un granit tendre et friable, le mur du barrage en maçonnerie laissa apparaître des tiltrations si abondantes que le parement d’amont dut être refait jusqu’à la base et revêtu d’un contrefort de 0m,60 d’épaisseur, jusqu’à une profondeur de om,50.
- Les dimensions définitives sont les suivantes :
- mètres.
- Longueur............................... 137
- Hauteur................................... 10,60
- Largeur à la hase. ......................... 4,90
- — à la crête............................. 1,90
- Le fruit de la face d’aval est de 0ni,4o sur 6 mètres, et celui de la face d’amont de 2m,10 sur 6 mètres. En plan, le tracé figure un angle dont le sommet est tourné vers le courant.
- " F
- Fig. 4. — Réservoir de Bear Valley (Californie). Digue de Bear Creek. Plan, élévation et co upe.
- Le canal de décharge s’amorce au moyen de vannes en bois dans le barrage, à 2"',7o au-dessous de la crête, soit à lm,20 au-dessous du déversoir qui a 64 mètres de longueur. Le fond du déversoir est en platelage de séquoia sur madriers boulonnés contre la maçonnerie.
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- La dépense du barrage de San Diego s’est élevée à 278 000 francs (1).
- Réservoir de Bear Valley [San Bernardino). — Immédiatement au nord du pic San Bernardino et du mont Grayback, près de la vallée de la rivière Santa Ana, débouche la Bear Valley (vallée de l’Ours), formant un vaste bassin à l’altitude de 1900 mètres au-dessus de la mer. Ce bassin, qui draine environ 112 kilomètres carrés, sur une longueur de 20 kilomètres et une largeur variant de quelques centaines de mètres à 1 kilomètre et demi, reçoit en outre les eaux du Bear Creek.
- Le barrage a été placé à l’extrémité ouest de la vallée, en travers de la gorge qui se termine brusquement à pic. La muraille, fondée sur le granit, la roche de la localité, est épaulée contre des rochers de granit. Pour une longueur de 915 mètres, la hauteur est de 19m,50. Le tracé en plan est curviligne, avec rayon de 80 mètres (fig. 4).
- Le profil de la digue est unique dans les annales de construction de ces sortes d’ouvrages; il démontre, s’il était nécessaire, quelles conditions essentielles de sécurité offrent de solides fondations, des matériaux incompressibles et des épau-lements dans le roc, aux profils même extraordinairement réduits (fig. 5).
- La paroi d’aval est verticale sur une hauteur de 14m,60. La digue, n’ayant que 0m,90 d’épaisseur à la crête et 2m,45 à l’assise de base, forme un prisme de 4m,90 de hauteur, dont le sommet mesure 4tn,45 de largeur et la base de fondation, Fig.o.—Réservoir de 6n’,75. La paroi d’amont est inclinée de même que les deux Bear Valley. Profil
- x x de la digue.
- parements du prisme de la base (2) .
- Le noyau de la digue, construit en pierres de granit avec ciment Portland, est revêtu sur les deux faces de blocs en granit taillé, de 0ra,90 à lm,70 de longueur sur 0m,60 d’épaisseur.
- Du côté du nord, la digue s’épaule sur le roc avec une épaisseur double de l’épaisseur normale, et, du côté du sud également, sur un promontoire massif de granit qui s’avance de 30 mètres hors du canon.
- Un déversoir de 6 mètres est établi à 2m,60 au-dessous du couronnement au midi. Le canal de décharge, (wasteway) aboutissant extérieurement à une chambre de jauge, est pratiqué, au diamètre de 1 mètre, au-dessus de la sole des fondations. La vanne de fond est desservie par une tige à vis avec crémaillère.
- Sous la charge d’eau, on Constata, pendant la période d’essai, à la cote de 12 à 13 mètres, des infiltrations aux joints de contact avec les épaulements de gra-
- (1) W. Hall, loc. cit., p. 71.
- (2) W. Fox, loc. cit.
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- Fig. 6. — Réservoir de Bear Valley. Vue panoramique d'une extrémité en plan curviligne,
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- nit et des suintements sur le parement d’aval, en même temps que des dilatations qui ont disparu complètement sous la charge pleine.
- Sur une hauteur d’eau de 18m,30 au-dessus de la fondation, soit de 15m,25 au-dessus du canal de décharge, le réservoir de Bear Valley offre une contenance de 50 millions de mètres cubes, correspondant à une surface de 850 hectares. La vue panoramique du réservoir est montrée dans la figure 6.
- Le coût de l’ouvrage, y compris les frais exorbitants de transport depuis San Bernardino, n’a été que de 400 000 francs (1).
- Barrage de Bear River (Utah). — La rivière Bear prend sa source dans les
- Fig .7. — Vue du barrage de Bear River (Utah).
- monts Uintah, entre les comtés de Box Elder et de Cache; elle coule dans le Wvoming au nord, puis de nouveau dans TUtah, dans le Wyoming et dans la partie sud-est de l’idaho, décrivant un cercle avant d’atteindre le grand lac Bear; elle descend alors au sud dans la vallée dont les villes principales sont Corinne et Ogden, sur le chemin Central Pacific.
- Le delta formé par la rivière, au nord-est du Grand-Lac Salé, renferme 80 000 hectares de terres arables d’excellente qualité, que l’encaissement du cours d’eau dans la plaine ne permettait pas d’arroser. Dès lors, le barrage a été construit en amont des rapides du canon par lequel s’écoule la rivière Bear dans le delta, à l’altitude de 52 mètres au-dessus du niveau des eaux du Lac Salé (fig. 7). Il est formé de coffres en charpente (cribs) remplis de pierres. Les madriers, de
- (1) W. Hall, loc. cit., p. 179.
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- 0n,,25 X 0m,30, sont espacés de ln,,20 à lm,80 et entretoisés. La face d’aval est inclinée de 1,5 sur 1, et celle d’amont de 2 sur 1. Les cinq assises inférieures
- j Z Pts, I2*x\ 1.2L
- Fig. 8. — Barrage de Bear River. Coupe et élévation partielle.
- sont horizontales, tandis que les assises supérieures sont inclinées à l’amont suivant le talus indiqué et platelées. Un dos en terre arrête les infiltrations (fig. 8).
- mètres.
- Longueur du barrage.................. 112,70
- Hauteur — ................ 5,35
- L’eau se déverse sur un palier de 2m,40 de largeur, que supportent des patins boulonnés au rocher du lit, sur une largeur totale de llm,60 comprenant l’épaisseur du barrage.
- L’ouvrage a bien tenu, sauf sur 30 mètres environ du côté de l’ouest, où les fondations reposent sur des cailloux et graviers. Des caissons foncés dans le lit même ont remédié à cet accident. Sur le parement d’aval, des enrochements à pierres perdues, avec pente de 3 sur i, ont complété le travail de consolidation.
- Le grand lac Bear joue, par rapport à ce barrage, le rôle de régulateur des crues et aussi de réservoir pour l’irrigation d’été (1), ce qui motive jusqu’à un certain point l’économie de la construction exécutée en charpente.
- Barrage du Nord Poudre {Colorado).— Ce barrage dérive,pour le service des irrigations, 8 mètres cubes et demi par seconde de la rivière Cache-la-Poudre.
- D’une hauteur de 9m,30 au centre et d’une longueur à la crête de 46 mètres, l’ouvrage est formé de deux parties : une à l’amont, toute en charpente, verticale, surmontée d’un parapet de lni,20,qui peut s’enlever lors de la débâcle des glaces; l’autre, à l’aval, comprenant trois lignes parallèles d’encrèchements, dont le plan est curviligne pour des rayons respectifs de 60, 66 et 72 mètres.
- (1) Engineering News, 1896.
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- LÉS IRRIGATIONS DE LA RÉGION ARIDE AUX ÉTATS-UNIS.
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- Les trois lignes d’encrèchements en gradins, séparées par des intervalles de lm,80, sont constituées par des cadres en pieux entretoisés, de 0ra,25 de diamètre, dont l’intérieur est rempli de pierres, ainsi que les intervalles (fig. 9).
- Les deux parties de la digue sont juxtaposées à l’aide d’un lit de terre battue avec du gravier. La surélévation de 0m,60 au centre de l’ouvrage a pour objet de dévier le courant sur chacune des rives résistantes dont la roche est quartzeuse. Les parements horizontaux et inclinés des trois lignes d’encrèchements sont revêtus de grands blocs de pierres se recouvrant à la façon des tuiles. Le talus à l’aval aboutit à un mur de béton en fondation pour parer aux affouillements.
- Fig. 9. — Barrage de la rivière Nord Poudre (Colorado). Coupe transversale par l'axe des encrèchements.
- Quant à la face verticale d’amont, elle est protégée par un remblai en terre sous un angle de 45 degrés.
- Construit par l’ingénieur O’Meara, le barrage du Nord Poudre a coûté 36 250 francs (1).
- Canalisation et distribution. — Les travaux américains de canalisation se distinguent par la simplicité du tracé autant que par l’économie des frais de premier établissement.
- Comme la plupart des canaux sont construits en bois, les considérations ordinaires de tracé quant au nivellement, pour éviter des terrains trop accidentés, des bas-fonds humides et des courbes de trop faible rayon, pour établir des sections suivant les vitesses de l’eau dans les divers sols, éviter les pertes par absorption, etc., deviennent bien peu importantes.
- A défaut de bois, et à l’instar de ce qui se fait pour la distribution d’eau dans les villes, les canaux sont souvent remplacés par des conduites en tôle de fer ou d’acier, de tous les diamètres, depuis 01U,75 et au delà jusqu’à 0m,05 (2).
- (1) O’Meara. The Introduction of Irrigation into new Countrics (Proc. Inst. Civ. Engin. Session 1882-83).
- (2) Bulletin d’octobre 189i, p. 721.
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- AGRICULTURE.
- AOUT 1896.
- Canal de San Diego. — Ce canal de 56 kilomètres de longueur et d’une largeur de lm,90 au départ, pour une hauteur d’eau de 0m,40, offre un premier exemple de canal tout en bois.
- Un radier et des plats-bords en planches (0m,05) de séquoia (red tuood), qui résiste le mieux à l’eau, forment la cuvette du canal. Cette cuvette, quand elle pose sur le terrain, est supportée par des longuerines avec traverses (0m,05 x 0m,30), et des montants (0m,10 X 0nl,15) que consolident des jambes de force extérieures. Quand le canal ne repose pas sur le sol, les longuerines sont au nombre de trois, dont deux de 0m,10 X 0m,30 et une, au centre, de
- Fig. 10. — Vue perspective du canal de San Diego sur chevalets (trestle) à los Coches (Californie).
- 0ra,15 x 0m,30. Les chevalets sont distants de 5 mètres et, pour des hauteurs jusqu’à 6 mètres, consistent en deux poutres (0,20 X 0,20) inclinées de 1 sur 6, un entrait (0,20 x 0,20 x d ,80) à la partie supérieure et une traverse à la partie inférieure, le tout armé de deux tirants (0,05 x 0,25). Pour de plus grandes hauteurs, le nombre de poutres est augmenté, ou bien un pont treillis supporte le canal.
- Le tracé du canal San Diego a exigé 315 passages en aqueduc (treslles) dont le plus important, situé à los Coches, de 580 mètres de longueur et 17 mètres de hauteur, a consommé 7 000 mètres cubes de bois (fîg. 10). A Sweetwater Pass, le viaduc a 385 mètres de longueur pour une hauteur de 25 mètres ; à Southfork, 128 mètres de longueur sur 26 mètres de hauteur, etc.
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- LES IRRIGATIONS DE LA RÉGION ARIDE AUX ÉTATS-UNIS.
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- La figuré 11 montre le trestle de Sweetwater Pass en voie de construction. Les tunnels dans les roches de granit et les schistes sont nombreux; ccdui de Lankersheim se développe sur 579 mètres de longueur; celui de Cape IIope sur 213 mètres; celui de Sand Creek sur 130 mètres, etc. Même dans les
- Fig. II. — Canal de San Diego (Californie). Vue de l'aqueduc (Trestle) de Sweetwater Pass en construction. Longueur : 385 mètres; hauteur : 23 mètres.
- rochers dont les parois offrent une certaine résistance à l’eau, on a dû, pour augmenter la portée, revêtir les galeries en ciment.
- Les travaux commencés en 1886 représentaient en 1890 une dépense de 5 millions de francs, couverte par les recettes du service de distribution d’eau de la ville San Diego et du service d’arrosage prévu pour les 40 000 hectares dont la compagnie San Diego Plume Enterprise possède une partie (1).
- (I) Scientific American, mars 1890.
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- AGRICULTURE.
- AOUT J 896.
- Canaux de Bear River (Utcih). — La compagnie Bear Biver Land Irrigation utilise le réservoir précédemment décrit pour alimenter un grand canal dit de l’Ouest, dont deux embranchements sont dirigés vers la ville Corinne et les terres basses du Grand-Lac Salé et un canal de l’Est, en voie d’exécution.
- Sur les 8 premiers kilomètres au départ du réservoir, dans le canon ouest qu’occupait déjà le chemin de fer Utah-Nord, le tracé a donné lieu à de grandes difficultés d’exécution afin de maintenir une pente de 0,003, avec une portée de 22 mètres cubes par seconde. Le canal a dû être creusé en tunnel, installé en encorbellement dans le roc, étayé et porté sur remblais de plusieurs milliers
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- Fig. 12. — Canal de Bear River (Utah). Flume de la branche ouest. Plan avec radier entre-croisé. Élévation latérale. Coupe transversale. Détail du mode d'assemblage des cadres.
- de mètres cubes, avant de pouvoir être baissé de niveau et agrandi comme section.
- L’écluse de prise d’eau, en acier, avec bajoyers en maçonnerie, comprend 6 vantaux de l,n,25 d’ouverture et 3 mètres de hauteur, et s’ouvre dans un sas de 40 mètres de longueur, se réduisant de 10 mètres à 3m?65 comme largeur au débouché, où s’amorce le canal proprement dit.
- Le radier et les parois du canal {flume) sont en planches de 0m,07, portant sur des cadres en longuerines (0,25 x 0,25) avec montants (0,20 X 0,30 x 4,25) et des jambes (0,10 x 0,30) qui les arc-boutent. La figure 12 indique le mode de platelage croisé adopté pour rendre le radier étanche et le système d’assemblage des cadres de charpente.
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- LES IRRIGATIONS DE LA RÉGION ARIDE AUX ÉTATS-UNIS.
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- La longueur en tunnel 310 mètres, est répartie entre 6 galeries sans boisage, avec voûtes elliptiques de 4m,23 de largeur et 3 mètres de hauteur.
- C’est à 363 mètres de récluse de prise d’eau que se trouve la première écluse-déversoir, déchargeant l’eau en excès dans la rivière Bear par un couloir avec 4 mètres de chute. A 180 mètres plus loin, la seconde écluse-déversoir règle la distribution du canal. Chacune de ces écluses est à 3 vantaux de 1"',20 de largeur et 3 mètres de hausse.
- Les murs de soutènement remplaçant les banquettes en remblai sont en pierres avec mortier, de 1m,20 de largeur au faîte. Leur fruit est d’un quart sur chaque parement.
- En deux points où le terrain ne comportait pas d’excavation du rocher, le
- Fig. 13. — Canal de Bear River. Vue du flume ouest et de l’aqueduc en fer sur la rivière Malad.
- canal est sur chevalets trestles : en un autre point, au bord d’un précipice, un demi-flurne est établi, c’est-à-dire, moitié en bois avec consoles, et moitié en banquette.
- Dans la deuxième section, au quatrième kilomètre, le canal traverse sur un aqueduc de 90 mètres, un ruisseau et, au sixième kilomètre, la rivière Malad, sur un pont treillis en fer de 115 mètres de longueur, dont les accès sont en charpente. La section du canal sur le pont est de 6 X 2,15 ; elle est formée de 14 panneaux à 4 cadres espacés de 1111,20 (fig. 13).
- Grâce au rachat de la pente par un plan légèrement incliné avant d’atteindre le pont, la pente se maintient surplus de 13 kilomètres à partir de Malad River. Dès lors, trois chutes successives [drops) sont ménagées à 120 mètres de distance les unes des autres, afin d’éviter l’ascension du versant.
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- AGRICULTURE.
- AOUT 1896.
- Au 43e kilomètre, où se trouve l’exploitation agricole de Walker Valley appartenant à la compagnie, le canal est réduit à 4m,25 de largeur, pour une hauteur d’eau de l,n,20.
- La dernière section du canal, après une chute de 11 mètres sur plan incliné, n’a plus que 3m,65 de largeur pour 0m,90 de hauteur d’eau. Un siphon en bois fait passer le canal sous l’embranchement dirigé vers Corinne (fig. 14).
- Fig. 14. — Canal ouest de Bear River. Pian et coupe du siphon en bois pour la traversée
- sous la branche Corinne.
- Ce canal d’embranchement bifurque au 23° kilomètre en vue du service de la ville de Corinne et de Roche farm; il traverse la Malad River sur un petit aqueduc en fer. Ses dimensions, de même que celles de rembranchement dirigé au midi vers les terres du Grand Lac Salé, sont les suivantes :
- Largeur. Hauteur Benne.
- de banquette.
- 2m,43 lm 22 0m
- 1,83 1,22 0,60
- 1,22 0,90 1,20
- L’ensemble des canaux Ouest, d’une longueur de 104 kilomètres, a consommé 42 000 mètres cubes de pin d’Orégon.
- L’irrigation devra s’étendre à 32 000 hectares, dont la Compagnie possède ou contrôle 20 000. Les travaux, commencés à la fin de 1889, ont été livrés en 1894 (1).
- Canaux du Colorado. — Le tableau suivant reproduit les dimensions des ouvrages et des sections, ainsi que les pentes et les longueurs des canaux Nord-Poudre et Nord-Colorado (2).
- (1) Engineering News, février 1896.
- (2) A. Ronna. Les Irrigations, t. IJ, p. 241.
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- LES IRRIGATIONS DE LA RÉGION ARIDE AUX ÉTATS-UNIS.
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- Canaux du Colorado (dimensions, pentes, longueurs)
- CANAL NORD-POUDRE CANAL NORD-COLORABO
- DIMENSIONS DE LA SECTION PENTE PAR KIL. LONGUEURS DIMENSIONS DH LA SECTION PENTE PAR KIL. LONGUEURS
- mètres mètres mètres mètres mètres mètres
- Tunnels 1.83 x 1.83 3.00 280.60 6.10 x 3.66 1.00 190.68 .
- Aqueducs .... * 2.44 x 1.83 '3.66 x 1.37 2.00 2.00 1.037.00 228.75 8.34 x 2.14 1.00 803.30
- Canal Base. . . 3.66
- dans Hauteur . 1.20 1.00 3.218.00 )) )) «
- le roc 1 Talus . . 1 sur 1
- Base. . . 6.10 12.20
- Hauteur . 1.20 0.40 8.043.00 1.83 0.33 73.623.00
- Talus . . 1.a sur 1 1 sur 1 et 2 sur 1
- Canal Base. . . 3.03 0.40 9.10
- sur Hauteur . 1.07 à 64.360.00 1.83 0.33 8.043.00
- le sol ralus . 1.3 sur 1 0.60 1 sur I et 2 sur 1
- Base. . . )) )) P 7.63
- Hauteur . )) )) )) 1.37 0.38 37.000.00
- Talus . . » )) » 1 sur 1 et 2 sur 1
- Longueur totale . 77.169.33 121.662.18
- La figure lo représente en vue perspective le Platte-Canal du niveau supérieur au passage en aqueduc sur chevalets de la rivière Plum-Creek, à Acequia. Sur une longueur de 30o mètres, le canal présente une largeur de 10,n,97 et une profondeur de 2m,13.
- Canaux de l’Utah. — Les canaux de l’Utah, creusés en terre, ont une largeur variable au radier, comprise entre 1 mètre et 5m,50 ; la moyenne est de 2 mètres; une profondeur variable de 0m,10 à 1 mètre, la moyenne est de 0m46, et une pente moyenne de 6 et demi pour mille.
- Canaux de la Sweètwater River Enterprise. — Un dernier exemple de canalisation est choisi dans le service de distribution que fait la compagnie du réservoir de Sweetwater.
- Au sortir de ce réservoir, une conduite principale en tôle de fer d’une épaisseur de 0m,012etd’un diamètre de 0m,90, amène les eaux jusqu’au débouché du canon. Cette conduite suit la vallée au sud sur 7 kilomètres, avec un dia-
- Tomc I. — 95e année. 5e série. — Août I89G. 71
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- mètre de 0m,76, remonte la mesa jusqu’à 28 mètres d’élévation et se termine au
- Fig. 15. — Yuo du Platte Canal (Colorado). Aqueduc au passage du Plum Creek (Acequia).
- neuvième kilomètre, àChula Yista. De ce point part la distribution comprenant :
- Tuyaux. Diamètres. Longueurs.
- centimètres. mètres.
- Tôle de fer rivée . . . . 0 61 620
- — d’acier — . . . . 0 61 1 810
- — de fer — 4 940
- Tôle soudée (lap-wedded) .... . . . . 0 30 8 770
- — roulée (spiral-iron) . . . . 0 30 3 010
- — roulée 0 20 1 200
- — soudée . . . . 0 20 7 290
- — soudée 39 700
- — roulée . . . . 0 15 5 360
- — soudée . . ... 010 9 220
- Tôle galvanisée . ... 007 230
- — — ... 005 570
- 82 720
- La longueur totale de 93 kilomètres de conduits, sert à distribuer, sur 4 000 hectares, 1 200 pouces miniers, correspondant à 0,679 mètres cubes par seconde d’un débit continu.
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- La distribution aux arrosants est réglée, suivant les diamètres des tuyaux, sous une pression déterminée (1).
- 3. LES PUITS
- De temps immémorial, les puits ont été l’unique ressource des contrées éloignées des cours d’eau ; dans les pays d’Orient, ils déterminent l’emplacement des lieux habités, les haltes des troupeaux et les étapes de voyages.
- Au Turkestan et dans le Caucase, les Kirghiz arrosent leurs cultures à l’aide des puits peu profonds qu’ils groupent au nombre de 60 ou 80, communiquant entre eux et avec un puits central, d’où ils élèvent l’eau par des manèges. Dans l’Asie centrale, le Korazan, l’Ahab-Teke, on ne connaît pas d’autre système que celui des kerise, ou puits creusés jusqu’à la nappe souterraine et reliés entre eux par des galeries qui débouchent dans un réservoir spacieux où l’eau est puisée.
- Dans l’Inde, la partie nord du Punjab, malgré les cinq fleuves qui l’arrosent, utilise des puits dont la profondeur varie de 3 à 9 mètres. Entre le Jumna et le Gange, au Doab, le nombre des puits maçonnés a été évalué à 70 000, celui des puits tubés à 280 000, et la surface qu’ils permettent d’arroser, à 600 000 hectares. De 1836 à 1846, l’Aravali, dans le Bengale nord, avait établi 10 000 puits et 2 000 réservoirs pour l’irrigation de 6 000 hectares.
- En Algérie, en Tunisie, de même qu’en Egypte et au Soudan, les eaux de la couche aquifère du sous-sol, montées par des norias rustiques, approvisionnent non seulement les caravanes et les oasis, mais servent à l’arrosage des cultures maraîchères et arbustives et des dattiers dont les récoltes sont le principal objet du commerce de ces contrées.
- Les provinces de Carthagène, d’Alicante, de Cadix, doivent à l’eau des puits la réussite de leurs magnifiques récoltes ; même dans la plaine de Tortosa, l’irrigation à l’aide des puits représente annuellement une dépense pour l’agriculture de plus de deux millions de francs. En Italie, la fertile plaine de Pi se et le val d’Eisa recourent aux eaux souterraines pour l’arrosage : en France même, les jardins de Hyères ont été développés de 400 à 1 200 hectares à la faveur des norias alimentées parla nappe du sous-sol (2).
- Les Etats-Unis ne sont donc venus que bien tardivement à une pratique consacrée par l’expérience des siècles.
- L’invention de l’appareil du colonel Green, de Cortland (New-York), connu en Europe sous le nom d’appareil Norton, n’a pas peu aidé à vulgariser
- (1) W. Hall, loc. cit., p. 61.
- (2) A. Ronna, loc. cit., t. 1, p. 385.
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- l’emploi des puits pour les usages domestiques, industriels et agricoles. Des tuyaux vissés bout à bout, formant un tube continu, enfoncé au mouton jusqu’à la rencontre de la nappe, et terminé par une pointe en acier perforée qui admet l’eau à l’intérieur du tube, le tout surmonté d’une pompe aspirante, constituent un appareil simple, peu coûteux, applicable à une profondeur moyenne de 10 à
- 10 mètres. Pour l’industrie et l’agriculture qui emploient beaucoup d’eau, les tuyaux de 5 à 6 centimètres sont coiffés d’un tube de plus gros diamètre sur lequel agit une pompe avec moteur à vent, à gaz ou à vapeur (1).
- Dans beaucoup de localités, les puits Green ont remplacé les puits maçonnés;
- 11 y a vingt ans leur nombre dépassait déjà un million aux Etats-Unis (2). Dans Imlay Street, à Brooklyn, un de ces puits ayant traversé 30 mètres d’argile jusqu’à la nappe aquifère amenait l’eau à un mètre au-dessous de la surface. Le service des puits Green est ordinairement de dix heures par jour, ou de six jours par semaine ; mais il se présente des cas où il est continu, sans que le débit accuse aucune diminution.
- Nappe souterraine. — La nappe souterraine est, on peut dire, la seule source à laquelle l’irrigation pouvait puiser pour assurer la culture dans la région des grandes plaines; aussi, l’étude du mouvement des courants, suivant l’inclinaison des strates et la direction des vallées et de l’alimentation possible par les lits des cours d’eau, a-t-elle été l’objet d’intéressantes recherches de la part des ingénieurs hydrographes. La nappe souterraine ne saurait être un réservoir inépuisable ; il devenait urgent de connaître ses relations exactes avec la chute d’eau pluviale annuelle.
- A la suite des nombreux sondages effectués dans les couches profondes du lit sableux des fleuves Rio-Grande, près de El Paso, et Cherry Creek, à Denver, dont la déclivité est de 1,7 p. 100, Follet a reconnu qu’aucune trace de courant n’est observable dans la nappe aquifère, ou underflow. Le calcul du volume d’eau pluviale que reçoivent les sables de la French Yalley, à l’intersection de la ligne qui joint le Colorado à la Nebraska, rapproché de celui du débit de la nappe, n’accuse qu’une vitesse insignifiante, soit 0m,004 par minute. Le courant est si faible dans les sables, le volume d’eau capable d’abaisser le niveau d’une manière permanente est si minime par rapport à la chute d’eau pluviale annuelle au coefficient d’évaporation et à la rapidité d’écoulement des eaux d’orage à la surface, qu’il n’y a pas lieu de recourir à des ouvrages coûteux, ou à des établissements centraux pour de grandes irrigations alimentées par Y underflow (3).
- L’importance de cette conclusion, quant à la mise en culture de la région aride
- (T) Bulletin d’octobre 1894, p. 670.
- (2) Ch. Emery, General Report of the judges of group XX; U. S. International Exhibition of Philadelphia — Reports and Awards, t. Vit, Washington, 1880.
- (3) Engineering News, avril 1893. • -
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- et semi-aride, où Jes bonnes terres abondent, mais où les pluies sont complètement insuffisantes, a déterminé de nouvelles recherches sur la portée des cours d’eau souterrains et leurs conditions de capacité.
- Hinckley a constaté notamment que, dans les strates aquifères dont l’inclinaison varie entre 0,6 et 60 mètres par kilomètre, la chute d’eau pluviale est seule à approvisionner Yunderflow (1). Les conditions géologiques peuvent être telles que la pluie reçue dans un bassin de rivière fournisse un écoulement souterrain à un autre bassin, mais c’est l’exception.
- Pour des fleuves tels que l’Arkansas ou le Rio-Grande, l’eau initiale, descendant des montagnes, ne parcourt par gravitation qu’une faible partie du trajet jusqu’à la mer. La nature des matériaux formant le fond des vallées détermine le parcours plus ou moins long de Y underflow, par rapport à l’eau courant superficiellement. Tant que le fond est en gros gravier, le niveau horizontal est maintenu; si le fond est du sable, la déclivité ramène l’eau dans le lit du fleuve.
- A moins d’être encaissée dans des strates imperméables, la nappe se déplace d’une manière continue sous l’action de la pesanteur, suivant le pouvoir de rétention plus ou moins grand des couches de matériaux qui la renferment.
- Le sable fin exempt de limon vaseux retient le même volume d’eau que le gros sable, et même que le gravier; mais, s’il est vaseux, il retient le maximum d’eau, 40 p. 100 environ, et ne s’en départ pas facilement. De toutes manières, les volumes d’eau susceptibles d’être éliminés des sables et graviers, par gravitation ou par épuisement, ne sont pas proportionnels aux volumes retenus. Quand les matériaux sont grossiers et de dimensions homogènes, le volume d’eau à extraire est plus considérable et la vitesse d'écoulement plus grande, en rapport avec la pente. Dans une couche de gros gravier offrant une pente de 1 p. 100, la vitesse d’écoulement est plusieurs fois centuple de celle fournie par un lit de sable fin moyen, avec une pente de 10 p. 100.
- Au-dessus du niveau de saturation, les sables elles couches supérieures sont humectés par capillarité, de sorte que la sonde amenant du sable mouillé n’indique pas, pour cela, avec certitude que la nappe aquifère a été atteinte. La hauteur de la couche mouillée par capillarité dépend de la finesse et de l’homogénéité du sable ; elle n’a aucune relation avec Y underflow des sables et graviers situés à un niveau inférieur. L’épuisement continu par les pompes, dans les couches non stratifiées, donne lieu à une surface conique de l’eau au fond du puits. Cette surface, quand l’épuisement cesse, reprend son niveau primitif dans un délai qui peut varier de une à vingt-quatre heures.
- D’après Hinckley, le débit d’un puits appelé à fournir l’eau d’une manière permanente est fonction : 1° de la vitesse d’infiltration; 2° de la section trans-
- (I) Underflow as relaled to Irrigation, 189b.
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- versale du terrain indiquant la nature et la pente des nappes aquifères et par suite la vitesse d’écoulement; 3° enfin, de l’étendue et de la configuration du bassin de captage.
- Dans certaines vallées, l’eau souterraine ne représente qu’une très faible fraction de l’eau superficielle soumise à l’évaporation ; il arrive toutefois, qu’en temps de sécheresse, elle excède, comme volume, l’eau recueillie pendant la saison humide, et, de beaucoup, celle qui coule dans les mois secs à la surface. Il en résulte qu’elle peut procurer un approvisionnement plus certain et plus constant que l’eau superficielle.
- Il n’est pas rare que les cours d’eau de la région tarissent en amont, pendant une grande partie de l’année et redeviennent pérennes en aval, grâce au drainage incessant des hautes terres. Inversement, les affluents du Colorado, entre le 34e et le 37e degré de latitude nord, sont à peu près taris dans la section d’aval au profit de la nappe souterraine. Le Dry Water, dans le désert Llano Estacado, n’aplus d’eau vers son embouchure, tandis, qu’en amont, l’eau coule abondamment. Les amas de sable formant le lit sont si considérables que les eaux s’y perdent, et l’évaporation est tellement forte pendant le jour, que venant à cesser la nuit, les endroits mis à sec se remplissent de nouveau.
- Au sud-ouest de la Nebraska, la Republican River est restée complètement à sec pendant deux étés successifs, sur un parcours de 200 kilomètres. Les canaux qui y avaient leurs prises d’eau sont devenus inutiles. Il n’y a aucun doute cependant que sous son épais lit de sable, la rivière laisse couler l’eau, car, lors qu’une évaporation excessive fait place, dans l’arrière-saison, au refroidissement de l’atmosphère, l’humidité du lit apparaît. Au fur et à mesure que le froid augmente, des flaques d’eau s’y forment, et, six semaines plus tard environ, l’eau est devenue courante, quoiqu’il n’ait pas plu une seule fois dans la contrée, depuis des mois (1).
- Bassin du Rio Grande. — A Del Norte, pour un bassin de 400 000 hectares, à Embudo, pour un bassin de 2 millions d’hectares, et à El Paso, pour un bassin de 8 millions d’hectares, l’écoulement annuel du Rio-Grande est le même, soit 0m,012 de la chute d’eau pluviale annuelle. Sauf les eaux de crue provenant des montagnes aux mois d’avril, mai et juin, dont les eaux arrivent directement jusqu’à El Paso, le bassin de drainage ne fournit pas d’eau au fleuve sur ce territoire. Les petites pluies s’évaporent immédiatement, et celles d’orage gagnent la nappe souterraine.
- Dans ces conditions, trois procédés se présentent pour capter l’eau nécessaire à l’irrigation. On peut construire à El Paso un grand barrage, dont le coût a été évalué à 5 millions de francs, pour retenir, au commencement de chaque été,
- (1) Scientific American, mars 189b.
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- 30 millions de mètres cubes, sur une profondeur moyenne de 7 mètres, et utiliser ainsi environ o p. 100 de l’eau pluviale qui tombe dans le bassin du Rio-Grande. On peut encore établir une série de réservoirs moins importants, en amont, dans les montagnes, et alimenter des canaux locaux. On peut enfin recourir aux eaux que la nature se charge d’emmagasiner dans le sous-sol, pour approvisionner par galeries des canaux utilisables dans la saison d’été, ou épuiser avec des pompes le volume nécessaire à l’arrosage des exploitations individuelles.
- L’expérience a démontré que le premier procédé n’est pas applicable à des cours d’eau tels que la Platte, l’Arkansas, etc., dont le lit, formé de sables et de couches alluviennes, est d’une profondeur considérable ; il n’y a pas plus lieu de créer des canaux alimentés par des réservoirs supérieurs, capables d’emmagasiner les eaux des crues. Digues et réservoirs, construits primitivement par les syndicats d’arrosage, n’ont pas résisté et les sociétaires ont été ruinés.
- Sur le versant des montagnes, dans les vallées de la Nebraska et de l’est du Texas, les petits réservoirs, d’après le second procédé, ont mieux réussi. Si plusieurs des canaux qui y ont leur prise d’eau, demeurent à sec à l’époque critique en raison du tarissement des cours d’eau, il serait facile, en développant les travaux de captage des eaux souterraines, de les alimenter par galeries pendant la saison de sécheresse.
- Le troisième procédé celui de puisage à l’aide de pompes installées sur la nappe souterraine, est le seul praticable dans les grandes plaines qui confinent aux Prairies.
- La dépense varie de 73 à 300 francs par hectare et par an, quand on a recours aux galeries pour conduire les eaux de la nappe dans les canaux, et de 75 à 150 francs par hectare pour le premier établissement des puits, avec pompeetmo-teur, auxquels ilfaut ajouter chaque année les frais de combustible, d’entretien, etc.
- Les moteurs. — C’est dans le Kansas que le moulin à vent s’est surtout répandu. Malgré les objections présentées contre ce moteur encombrant, dont le travail mécanique est faible et l’action intermittente, la force du vent est gratuite, et son emploi pour élever l’eau dans des réservoirs de capacité suffisante se justifie par des raisons d’économie.
- Le moulin le plus simple (mogid ou jumbo) consiste en une roue à voiles, en guise de palettes, montée sur un arbre horizontal, encaissée à la partie inférieure pour arrêter le vent, et libre à la partie supérieure pour le recevoir (fig. 16). Le mogid est généralement orienté du nord au sud, en vue d’utiliser le vent prédominant de la grande région des plaines. Les vents de l’est à l’ouest sont beaucoup plus faibles, surtout à la surface.
- L’avantage de l’appareil réside non seulement dans son bas prix, mais encore dans la possibilité, pour le colon, de le construire et de le réparer lui-même sur la ferme. Un mogul de 3m,60 de diamètre, avec huit voiles de 0,60 x 4,25, et une
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- tige de 4m,25, commandant une pompe qui aspire à 6 mètres de profondeur, permettant d’arroser un hectare, revient, sans les frais de main-d’œuvre, à environ
- ISO francs. Un moulin horizontal, non moins primitif, mais à voiles pleines est représenté fig. 17.
- Fig. 17. — Moulin à vent horizontal à voies pleines. Installai i.:ui'\
- Les moulins perfectionnés dont les types varient beaucoup sont à roue pleine (Rosette wheel) s’orientant et se réglant seule, ou bien à ailettes montées sur pivot
- (1) D’après H. V. Hinckley, « Pump irrigation on the great plains » (Engineering Magazine. Avril 1896).
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- et à ressort, avec contrepoids, qui les font céder au vent et éviter les ruptures. Le moulin Halladay, très souvent décrit, est celui qui fournit le plus de travail en rapport avec le diamètre de la roue et qui fonctionne le plus régulièrement par les grands vents. L’installation d’un de ces appareils sur une tour de 9 à 10 mètres, avec roue de 3 mètres à 4m,50 de diamètre, permettant d’arroser de 3-à 8 hectares, pour une hauteur ascensionnelle de 6 mètres, coûte en moyenne 300 francs par hectare : c’est là une dépense, malgré le bénéfice assuré des terres irriguées, que ne peuvent se permettre les nouveaux colons, dont les ressources sont limitées, ou dont les pertes en essais de toute nature ont absorbé
- Fig. 18. — Installation type de moulin à vent, modèle Halladay, pour service de réservoir, à Garden City (Kansas).
- le capital. La figure 18 montre un des moulins du système Halladay, installé à Garden-Gity pour le service d’un réservoir d’irrigation (1).
- Le choix du moteur est déterminé avant tout par le prix d’élévation de l’eau, comparé au produit des cultures arrosées.M. Munger, de Eurêka (comté de Gren-wood, Kansas), fait justement remarquer que si un propriétaire récoltant éventuellement sur un verger de 50 à 100 hectolitres de fruits, dont la moitié ou les trois quarts sont classés de deuxième ou troisième catégorie sur le marché, peut, par l’arrosage, tripler chaque année cette récolte et la vendre comme de première catégorie (fancy fruits), il adoptera,pour atteindre ce but, une installation plus complète que celle d’un moulin à vent quelque perfectionné qu’il soit par les meilleurs fabricants (2).
- (1) Bulletin d’octobre 1894, p. 638.
- (2) U. S. Wini Engine and Pump Company, Batavia (Illinois); Eclipse Wind mill Company,
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- Les moteurs à gazoline, en raison du prix élevé de la houille relativement à celui du pétrole, des difficultés de transport et de la nécessité d’économiser l’eau perdue en vapeur, ont été substitués assez généralement aux locomobiles et aux machines fixes à vapeur qui actionnent les pompes (fig. 19). Il est vrai que la gazoline vaut plus cher depuis que sa consommation augmente, mais l’écart de prix par rapport à la houille, qui coûte de 25 à 32 francs par tonne rendue dans les stations de chemin de fer des plaines, est encore assez marqué pour maintenir la vogue des appareils à gazoline.
- A Goodland State (fig. 20), le coût de l’installation complète, pompes comprises, a atteint 2 000 francs. La machine à gazoline de Goodland, d’une force effective de 10 chevaux pour un cylindre de 0m, 14 et une course de 0m,43, in-
- Fig. 19. — Installation de pompe centrifuge mue par une machine à gazoline, sur la rivière Bleue, en aval de Hastings (Nebraska).
- stallée sur un puits de 0m,15, d’une profondeur de 43 mètres, élève 27 000 litres d’eau par heure.
- Dans les vallées basses de Tia Juana, de l’Otay, Sweetwater, El Cayon, Poway, etc., du comté San Diego (Californie), et sur quelques points de l’intérieur, les moulins ont été longtemps le moteur exclusivement employé à élever les eaux d’arrosage des jardins et des vergers. Pour des hauteurs n’excédant pas 10 mètres, ces moteurs économiques et commodes ont suffi à l’irrigation de 4 à 5 hectares par puits. La constance de la brise de mer donne une certaine sécurité quant à l’épuisement de la nappe et à l’emplissage des réservoirs. Lorsque la profondeur est plus grande, le coût d’entretien des moulins et l’irré-
- Beloit(Wisconsin) ;Stoveret frères, Freeport (Illinois); GammonetDeering, Chicago (Illinois),etc. Report of the Judges of group XXIII, p. 45, Philadelphia.
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- gularité du service des pompes font préférer l’emploi de l’eau des canaux. Aussi, dès que le réservoir de Sweetwater eut été construit, les moulins et les pompes ne tardèrent pas à être délaissés dans la région.
- Les machines élévatoires. — Il y a peu de remarques à faire sur les machines élévatoires employées aux Etats-Unis pour l’arrosage.
- Fig. 20. — Pompe à gazoline. Installation, à Goodland (Kansas).
- Lajoomjoc chinoise, ou courroie à palettes (fig. 21), mue par des chevaux, a été tout d’abord la machine usuelle des Californiens. D’un bon rendement pour des hauteurs ascensionnelles de 2 mètres, avec des pentes ne dépassant pas 20 degrés, la pompe chinoise ne donne plus guère d’effet utile quand la hauteur
- Fig. 21. — Pompe chinoise (Californie).
- sur puits tubes (Californie).
- est supérieure à 3 mètres et la pente, à 30 degrés, en raison des frottements qu’elle a à supporter.
- Les 'puits tubes, usités pour l’extraction du pétrole, ont été également appliqués en Californie à l’épuisement des eaux souterraines. Ces puits reçoivent des pompes conjuguées aux extrémités d’un même balancier, que commande un
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- moteur à vapeur. Les tiges en bois, d’une section égale à la moitié de celles des tubes, élèvent à chaque coup de piston la moitié de la capacité des tubes. Pour un seul jeu de clapets, les pompes équilibrées sont à double effet (fig. 22).
- L’usure rapide des pompes aspirantes adéterminé l’emploi de pompes rotatives ou centrifuges, de divers systèmes, pour les profondeurs de 10 à 30 mètres et au delà, et de machines à vapeur à simple effet, actionnant les tiges par des courroies.
- Au fond des grands puits rectangulaires, d’une profondeur de 16 mètres,
- Fig. 23. — Installation de pompe à vapeur sur puits tubes (Californie).
- Fig. 24. — Pompe aspirante perfectionnée sur puits tube. Elévation générale et coupe de la chambre à air.
- 1*. pompe (fig. 2!) commandée par un moteur attaquant par courroie l'arbre 1) (lig. 21) à butées H et manchons d'accouplement C. S S, tuyaux d'aspiration, groupés sur la même chapelle A, et ramifiés dans les tubes sondeurs-,T.
- 1), arbre moteur, supporté par les butées B et E, avec bain d'huile. II. chambre avec matelas d'air et clapet de retenue V, à la naissance du tuyau de refoulement U. N tuyau d'amorçage avec, à la surface, une pompe ou un éjecteur E (fig. 23) permettant d'aspirer l'air de la pompe P.
- revêtus intérieurement en séquoia, on pratique jusqu’à la nappe un certain nombre de forages T (fig. 23) dont les tubes d’aspiration sont reliés par des coudes, à l’enveloppe du corps de pompe.
- Le coût des puits tubés ordinaires, d’un diamètre de 0111,18 à 0m,20, y compris les tuyaux en tôle galvanisée, pour une profondeur de 40 à 50 mètres, et le cylindre en bronze, varie entre 16 et 20 francs par mètre courant (1).
- La figure 24 montre en élévation une pompe perfectionnée et la coupe de la chambre d’air.
- Il n’y a rien d’ailleurs, dans les types de pompes rotatives ou centrifuges, qui
- (1) J. Richards, On Irrigating Machinery on the Pacific Coast (Proceed. Inst. M. Engineers, 1888).
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- mérite une mention spéciale. L’ingénieur John Richards a proposé l’emploi de pompes centrifuges compound à triple effet, dont la coupe verticale fig. 2o suffit pour faire comprendre le mécanisme. L’effet utile de ce système n’est indiqué que théoriquement. Quant aux machines self acting, elles conviennent
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- Fig. 25. — Pompe centrifuge compound à triple effet, type Richards.
- S aspiration. D, refoulement de l’eau qui passe, de À, à la première'pompe, puis à la pompe supérieure, et enfin à la pompe intermédiaire reliée à D. Les poussées de deux do [ces pompes s’équilibrent et celle de la troisième équilibre le poids de l’arbre moteur de 40 millim. do diamètre.
- surtout au travail des pompes, lorsque les fondations permanentes font défaut, parce qu’elles sont ^compactes et marchent à grande vitesse, assez économiquement. Toutefois, les machines compound ou différentielles, tout en présentant les mêmes avantages, sont plus simples et plus ramassées. La figure 26 indique l’installation d’une pompe centrifuge, actionnée par une machine à vapeur différentielle.
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- Dans son mémoire sur les machines élévatoires de la côte du Pacifique, Richards estime que, pour élever 2 000 mètres cubes d’eau par heure entre 2 et 3 mètres, le coût du matériel varie de 12500 à 15 000 francs; et pour élever 4 500 mètres cubes par heure entre 3 mètres et 4m,25, de 20 000 à 25000 francs. L’effet utile, pour les courses de 2m,50 à 4m,50 est compris, dans la plupart des cas, entre 65 et 70 p. 100 (1).
- Les exploitations peu étendues qui se livrent à la culture des fruits n’ont pas besoin d’installations de cette importance ; pour les syndicats seulement, dans certaines circonstànces, notamment quand l’irrigation est le corollaire d’un dessèchement, le service des machines attelées aux pompes devient l’objet d’un sérieux examen sous le rapport de l’économie et du meilleur rendement.
- Pompe de dessèchement et d! irrigation. — Sur la côte où débouchent les fleuves Sacramento et San Joaquin, les plaines d’alluvion se trouvent à un
- Fig. 27. — Pompe à dessèchement employée sur les Tule Lands, près de San Francisco.
- Fig. 26. — Pompe centrifuge mue par machine à vapeur compound.
- niveau inférieur à celui des marées d’équinoxe, et, sur plusieurs centaines de kilomètres carrés, l’eau couvre la surface jusqu’à 3 mètres de hauteur. Ces plaines, tule lands, ainsi dénommées à cause des roseaux (tule) qui peuplent les eaux stagnantes, sont d’une très grande fertilité après dessèchement. Les plus belles récoltes de blé, d’orge, de pommes de terre, etc., ont donné un renomà ces terres des environs de SanFrancisco en augmentant considérablement leur valeur.
- Le dessèchement ne s’est pas opéré sans de grandes difficultés, à cause du régime instable des fleuves et du niveau mal calculé des marées. D’autre part, les vases écoulées par les canaux de lavage des placer s ont modifié sur beaucoup de points le relief des plaines, et les digues construites avec de la tourbe ont cédé nombre de fois devant la violence du flux, outre qu’elles permettent en tout temps l’infiltration des eaux. L’incertitude quant au volume à épuiser, le manque de fondations solides et le caractère spéculatif des opérations
- (1) J. Richards, loc. cit.
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- de dessèchement s’opposaient à l’établissement de stations de pompes centrales, à l’instar de ce qui se pratique en Hollande et ailleurs. On a dû recourir en conséquence à des installations ordinaires de pompes centrifuges sur bâtis en madrier? de pin d’Orégon, avec arbre horizontal mû par des machines à vapeur. L’arbre est susceptible de déplacement afin de permettre le soulèvement du tubef d’aspiration et la visite du clapet d’admission en cas d’engorgement. Une de ces pompes, du type courant, est montrée en élévation (fig. 27). Le bâti, en madriers de pin d’Orégon de 15 mètres de longueur, avec équarrissage de 0m,53 X 0m,30, est parfois remplacé par des plaques en fonte pour éviter toute flexion. La pompe centrifuge est horizontale, avec aubes ouvertes tournant dans
- Fig. 28. — Pompe verticale Whitelaw submergée. Irrigations et dessèchement.
- M. couronnement de la banquette supportant la machine E, avec sa chaudière, à 0m,60 au-dessus du sol. Le plus souvent, un chemin ménagé sur la crête de la banquette permet de transporter le charbon à pied d’œuvre.
- P, P, cylindre enveloppe de la pompe, maintenu par encastrement dans le bâtiwT du canal do vidange.
- R, R, roue de la pompe avec aubes courbes dirigées verticalement.
- C, cône intérieur en tôle, destiné à modérer la vitesse do l’eau ascendante contre la paroi du cylindre.
- B, B, palettes extérieures, pour transformer en mouvement vertical le mouvement horizontal de l’eau à la décharge.
- un tambour parfaitement alésé. La machine E est à deux cylindres, dont le diamètre correspond aux deux tiers de la capacité du tuyau de vidange D, pour une hauteur ascensionnelle n’excédant pas 6 mètres. L’arbre de couche en acier est réuni à la machine par un manchon à compression C. Le coussinet B, près de la pompe, est mobile, au cas où il est nécessaire de visiter le tube d’aspiration S, qui se relève par une chaîne et découvre le clapet F. Le trou d’hohime H permet la visite du clapet supérieur.
- Les tule lands ont été répartis en districts et placés sous la direction d’ingénieurs qui entretiennent les digues au compte commun et contrôlent l’emplacement, le type d’installation et les devis de chaque pompe.
- Dans plusieurs cas, la différence de niveau entre le côté de prise d’eau et celui
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- de décharge sur les terrains irrigables, exige la submersion de la pompe centrifuge, qui agit alors à la façon d’une turbine, fig. 28.
- La force centrifuge agissant ainsi à angle droit par rapport à l’arbre de rotation, il y a perte d’effet utile due à l’inflexion des coursiers courbes qui produisent le mouvement ascensionnel. Cette perte,évaluée à 10 p. 100, est plus que compensée, d’après Richards, par l’avantage qu’offrent ces pompes de n’avoir ni clapets, ni tuyaux, ni causes d’engorgement. Les racines engagées dans les coursiers sont rejetées contre l’enveloppe intérieure et déchiquetées. Les appareils du type Whitelaw (fig. 28), sans ciapets, ni tuyaux, ni danger d’obstruction,
- Fig. 29. — Bélier hydraulique Richards avec clapet indépendant. Elévation, coupe verticale,
- détails des cames et du clapet.
- servent également à relever les eaux du San Joaquin et du Colorado. Pour-un cylindre d’un mètre de diamètre et une force de 30 chevaux, le débit atteint 18 000 hectolitres par heure (1).
- Bélier hydraulique. — Les béliers hydrauliques de petites dimensions sont très répandus sur la côte du Pacifique. On a cherché à en construire de plus forts diamètres, en rendant le mouvement des clapets indépendant de l’écoulement dans le corps de l’appareil, par des mécanismes régulateurs évitant les chocs. La figure 29 représente en élévation et en coupe verticale un bélier à soupape indépendante établi par l’ingénieur Richards. L’eau ayant accès en I, la soupape oscillante est en V, montée sur un arbre S, que fait mouvoir la roue à
- (1) J. Richards, loc. cit.
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- augets W. La soupape découvre Jes quatre orifices d’échappement en X X, au moyen de deux cames A et T repoussées à chaque révolution de la roue d’une quantité réglable par une coulisse, et qui règlent ainsi l’échappement. Dès que ces cames sont lâchées par la butée de l’arbre moteur, la pression de l’eau sur V ferme automatiquement l’échappement X. Grâce à ce perfectionnement, le bélier constitue une machine élévatoire d’une grande simplicité et d’un bas prix relatif, mais son plein effet n’est produit que si la hauteur ascensionnelle ne dépasse pas dix fois celle de la chute.
- Quels que soient les moteurs et les machines employés par les Américains, ils semblent porter leur attention plutôt sur la simplicité et l’économie des appareils que sur le maximum d’effet utile à en tirer.
- 4. LES PUITS ARTÉSIENS
- Dans l’ancienne Égypte, comme en Syrie et en Arabie, les puits artésiens étaient nombreux. Ils fonctionnaient encore au commencement de notre ère suivant Diodore, évêque de Tharse, écrivant au iv° siècle, et suivant Photius, parlant du règne de l’empereur Ilonorius, au v° siècle. Des puits artésiens datant de quelques milliers d’années ont été désensablés sous Mehemet-Ali, dans les oasis de Thèbes et de Garb.
- A notre époque, les eaux artésiennes ont permis de transformer la région déserte de la province de Constantine. Aussi bien, dans l’Qued-Rir, le Hodna et Tuggurt, une quarantaine de puits forés en quatre ans (1856 à 1860), à une profondeur moyenne de 90 mètres, ont fourni un débit de 36 000 litres d’eau par minute. Depuis lors, de nombreux sondages ont établi la configuration de la nappe d’eau souterraine du Sahara. Le débit représenté par les eaux jaillissantes de 117 puits tubés en fer et de 500 puits tubés en bois par les indigènes, s’élève à 4 mètres cubes environ par seconde; certains puits de 3000 à 4000 litres par seconde assurent l’arrosage de 40 à 80 hectares suivant la nature du sol(l). Les puits récemment forés dans l’Oued-EI-Gharbi, parmi lesquels on signale celui de Botmat-El-Arras, témoignent de la continuité des efforts pour coloniser par l’irrigation la zone saharienne, sur le versant du grand Atlas. Le puits de El-Abiod, que vient de décider le gouvernement de l’Algérie, est un nouveau pas en avant dans le désert.
- Aux États-Unis, les premiers puits atteignant de grandes profondeurs, au Colorado, au Texas et dans les Etats de Wyoming, de Nevada, du Nouveau-Mexique, ont échoué pour la plupart, au point de vue des irrigations, après avoir ruiné leurs entrepreneurs et les particuliers. Ceux qui ont pu fonctionner dans le Dakota et
- (1) A. Ronna, Les Irrigations, t. T, p. 414.
- Tome I. — 95e année. 5ü série. — Aoiît 1898.
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- au Texas en atteignant à 300 mètres les couches inférieures du terrain crétacé, fournissent des sources jaillissantes plus abondantes et plus constantes que celles obtenues dans les couches du pliocène.
- Dans la Californie méridionale les puits artésiens ont pris un grand développement. Le seul comté de Los Angeles en comptait déjà, en 1880, 550 d’une profondeur de 15 à 20 mètres, débitant en moyenne 5 litres par seconde pour 12 à 15 hectares, et coûtant 2000 francs environ. Le luxe de cette irrigation imposée par le volume insuffisant et la redevance excessive à payer aux canaux ne s’excuse que par le rendement exceptionnel des cultures auxquelles elle s’applique (1). Le recensement de 1890 témoigne de l’accroissement incessant du débit des eaux jaillissantes par le forage de nombreux puits dans les comtés de San Diego, de San Bernardino et de Los Angeles.
- Le bassin de la vallée San Jacinto (San Diego), reconnu par des sondages sur une étendue de 4 000 hectares, présente des caractères identiques à ceux des autres bassins artésiens delà Californie. Les strates aquifères, au nombre de six, se trouvent à une profondeur de 150 à 300 mètres au-dessous de la surface ; mais elles ne sont pas également distribuées, car elles paraissent suivre la direction d’anciens cours d’eau. Sur 109 puits fonctionnant en 1888, aucune variation de débit n’était observable. La pression fait jaillir l’eau de lm,50 à 5m,50 au-dessus du sol; aussi, est-il d’usage de relever le tube au-dessus du niveau atteint et de dériver l’eau à la surface par une vanne latérale.
- Les puits artésiens du comté San Bernardino, évalués à 500, à la même époque, ont de 15 à 30 centimètres de diamètre en moyenne, et une profondeur variable de 18 à 150 mètres au-dessous de la surface.
- C’est dans les cienegas que sont forés les puits, c’est-à-dire dans les terrains de sources, humides et marécageux, où affluent les eaux d’infiltration à travers les bancs de sables inclinés de la mesa. On appelle mesa la bande de terrain qui sépare la plage du pied du massif des montagnes sur une largeur de 8 à 24 kilomètres. Cette bande s’élève d’abord sous un angle assez aigu, puis très faiblement jusqu’à la base des monts qui l’arrêtent brusquement. Les eaux des vallées coupées ainsi à court pénètrent par infiltration, ou se frayent une route à travers la mesa par de nombreuses barrancas, qui les encaissent jusqu’à la mer.
- Une des compagnies les plus importantes du comté de San Bernardino, Upper Riverside Enterprise, qui exploite les deux canaux dérivés de la rivière Santa Ana, Sweetwater et Cage, a eu recours aux forages dans la cienega située à la limite supérieure du bassin artésien (fig. 30) pour porter à 960 pouces miniers le volume de 400 pouces fourni par la rivière, et assurer ainsi un débit d’un pouce minier pour 2 hectares, sur la région qu’elle dessert.
- (1) K. Porter, The West, from the Censusof 1880, Chicago, 1882.
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- Le débit moyen des 29 puits de cette compagnie, sur lesquels 16 atteignent une profondeur de 42 à 68 mètres et 13 une profondeur de 34 mètres, est de 33 pouces miniers (1).
- Les cienegas Raynor, situées à 4 kilomètres à l’ouest de San Bernardino, ont longtemps servi à l’irrigation des Mexicains, après leur occupation du pays, puis aux Mormons, pour leur campement (.Stockade Town) de 1852. La compagnie Colton Water and Land, devenue propriétaire de ces cienegas, a développé les irrigations par une série de forages pratiqués au nombre de 8, à un niveau de
- Fig. 30. — Forage de puits artésiens en tête du Gage Canal (Upper Riverside Enterprise).
- 300 mètres environ au-dessus du niveau de la mer. La surface de drainage dont le banc argileux intercepte les eaux pour les rejeter dans les sables s’étend sur 2 000 kilomètres carrés environ. L’eau est à une profondeur variable de 30 à 75 mètres; les trous de soude, d’un diamètre de 0m,22 à 0m,27, sont tubés en fer forgé.
- On n’emploie les appareils à vapeur au forage qu’au delà de 50 mètres de profondeur.
- La crainte de voir diminuer le débit des eaux artésiennes à Colton ne s’est
- (1) Hall, Irrigation in California (Southern), Sacramento, 1888, p. 250.
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- pas réalisée, puisqu’un neuvième puits foré en 1890, à une profondeur de 45 mètres et débitant 150 pouces miniers, n’a eu aucun effet (1).
- Une autre compagnie, Vivienda Watcr,cessionnaire d’une partie des cicnegas Raynor, a également foré8 puits, au diamètre de 0m,07, et à une profondeur de 15 mètres, qui livrent ensemble 150 pouces miniers. La dépense a été de 216000 francs. Les forages ont traversé successivement une première nappe à 28 mètres, une seconde à 76 mètres et une troisième à 92 mètres, sans atteindre la grande couche de gravier aquifère. La compagnie Vivienda dispose, pour l’irrigation de la mesa, de 400 pouces miniers, au prix de 4 000 francs par pouce livré sur le terrain d’arrosage.
- Dans le district de Pomona, au nord-ouest de la vallée San Bcrnardino, les puits sont beaucoup plus profonds, sans que leur débit plus considérable compense les frais excédants du forage. Un certain nombre de sondages ont même échoué en raison du rejet des eaux de la nappe par le canon San Antonio.
- La compagnie Pomona Water and Land exploite non seulement le canal San José, dérivé de cette rivière, mais les cicnegas de Palomares, dans lesquelles se sont formés trois groupes de puits artésiens, relevant chacun d’une compagnie locale, à savoir: la compagnie Palomares dont les cinq puits artésiens servent à l'irrigation de 195 hectares; la compagnie del Monte, qui arrose 210 hectares à l’aide de 15 puits; et la compagnie Canon qui dérive l’eau du canon San Antonio et arrose cà l’aide de son canal 800 hectares.
- Si l’on ajoute à la surface arrosée par les trois groupes celle desservie par la compagnie Pomona môme, soit 920 hectares, on obtient un total de 2115 hectares répartis à peu près également entre les cultures d’arbres à fruits, de la vigne, des orangers, de l’alfalfa et des récoltes d’été (2).
- Les eaux du Rancho Chirio et de la cienega San Gabriel, dans la vallée Santa Anita, alimentées par les puits de la nappe artésienne, complètent le réseau des irrigations de la ?nesa du comté de Los Angeles
- Les expériences instituées en 1885, à San José, sur les variations de débit des eaux jaillissantes, tendraient à prouver qu’il y a une limite à observer dans la détermination des zones affectées à chaque puits. Ainsi, le débit de deux puits artésiens de O'1’,25 de diamètre et 60 mètres de profondeur, à raison de 700 hectolitres par heure, a fait baisser le niveau des eaux fournies par les puits avoisinants dans un rayon de 200 à 600 mètres. L’eau qui jaillissait à 0m,75 au-dessus de la surface s’est abaissée à 1 mètre au-dessous, de même que celle de tous les puits mis en expérience dans la région, que les tubes eussent 0m,20 ou 0m,25 de diamètre.
- Dans les plaines du Sacramento, l’infiltration des eaux du fleuve s’opère
- (1) W. Fox, On Irrigaüm in South California. Proc. Inst. Civ. Enginccrs, 1890-92.
- (2) Hall, loc. cit., p. 406-416.
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- rapidement; il n’y a pas d’inconvénient à rapprocher les puits ordinaires, à cause des volumes d’eau considérables entraînés par la nappe souterraine ; mais il n’en est pas de même dans les bassins artésiens.
- Galeries. — Quand les carions débouchent en entonnoir, sous une forte inclinaison, on procède à la captation des eaux d’arrosage par des sondages horizontaux dans les cônes de déjection qu’ont formés les torrents, et l’on traverse par des galeries les terrains de galets et de sable accumulés, suivant l’axe des sondages.
- C’est ainsi que la compagnie du Canon San Antonio a dérivé son canal, à l’aide d’une galerie de 875 mètres de longueur, moyennant une dépense de 260000 francs, soit de 300 francs environ par mètre courant, qui assure un débit régulier de 116 pouces miniers.
- La compagnie Cucamonga VineyardIrrigation, indépendamment des cienegas depuis longtemps utilisées par des puits artésiens pour les arrosages du Rancho, a fait percer aussi plusieurs galeries à travers la masse de graviers et les roches qui ferment le canon Cucamonga. Deux de ces galeries divergent sur des longueurs de 150 et 180 mètres, à partir du même point de Yarrogo, sous un angle de 60 degrés; elles mesurent lra,20 etlm,80 de largeur du sommet à la base, sur une hauteur de lm,80. Une troisième galerie de mêmes dimensions traverse le bord de la mesa du côté Est, sur une longueur de 740 mètres ; et une quatrième, sise à l’ouest, afin de drainer les strates inférieures de la cienega, mesure 1 200 mètres. L’ensemble de ces travaux a permis à la compagnie de s’assurer un débit de 300 pouces miniers et d’étendre les irrigations à 845 hectares de vergers, d’alfalfa, de citronniers, éventuellement de céréales de printemps, outre les 60 hectares de vignes qu’elle exploite elle-même (1).
- Dans le groupe des canons de la Sierra-Madre, la compagnie San José Rancho a complété sa concession de puits artésiens des cienegas de San Dirnas, par une galerie de 240 mètres suivant la direction des nappes aquifères, pour dériver les eaux à 10 mètres au-dessous de la surface. La galerie débite 25 pouces miniers en plus des 15 pouces provenant des puits, et distribue l’eau d’arrosage cà une centaine d’hectares, en même temps que l’eau de service aux villes La Verne et Dimas.
- 5. DISTRIBUTION DES EAUX D’ARROSAGE
- Les eaux sont amenées, comme on l’a vu, sur le terrain irrigable par des fossés, ou des canaux en bois (ditches ou fiâmes).
- Les fossés ou canaux creusés à même dans le sol offrent le mode le plus
- (I) Hall, loc. cit., p. 346
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- économique de transport quand les terrains sont imperméables. Au cas contraire, lorsqu’ils sont revêtus intérieurement de béton ou maçonnés, ils coûtent plus cher que les canaux en bois.
- Les tuyaux en poterie, ou en béton, ne laissent pas perdre 1 eau par évaporation; mais la moindre fissure détermine l’entrée des racines et l’encrassement de la conduite. Ceux en tôle jouissent des mêmes avantages quant à l’évaporation, tandis qu’aux diamètres et aux épaisseurs qu’on leur donne communément
- Fig. 31. — Constmction d’an canal en bois r.flume). Mode de serrage des planches du radier.
- en Amérique, ils coûtent plus cher que les canaux en bois et se détériorent assez rapidement dans certains sols.
- Les canaux en bois à ciel ouvert, fiâmes, rectangulaires ou cylindriques, sont de beaucoup les plus usités. Etablis en bon bois de séquoia (California redwood), avec joints radoubés et goudronnés intérieurement, ils ont une longue durée. Les pièces débitées mécaniquement sur le même modèle, aux dimensions voulues, sont assemblées et consolidées avec la plus grande économie de temps et d’argent. La figure 31 montre de quelle manière les planches du radier des flûmes sont serrées pour le rendre aussi étanche que possible.
- Les chevalets (1res il es) qui supportent cesflumes sur le sol ferme et au-dessus des
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- terres marécageuses, des rivières, etc., sont construits en pin d’Orégon. En terrain solide, ils reposent sur des traverses ou semelles et, en terrain meuble, sur des pilotis. Lorsque la hauteur est grande, jusqu’à 25 mètres et au delà, les chevalels sont assemblés à terre et relevés en place à l’aide de treuils, avant de disposer les flumes à la partie supérieure (fig. 11).
- Les tuyaux en tôles de fer ou d’acier, d’une épaisseur de 2 millimètres et demi à 3 millimètres, rivetés ensemble et enduits d’asphalte afin d’éviter la rouille, sont considérés comme aussi durables que ceux en fonte, tout en étant plus légers pour la pose, plus faciles à transporter et à meilleur marché. Le joint se fait d’ordinaire, après avoir chauffé l’extrémité de l’un des tuyaux garni inté-rieusement d’asphalte, en y enfonçant l’extrémité de l’autre tuyau. Ce joint serait suffisant pour résister à une pression de 100 mètres. Quand la pression est supérieure, on l’établit au moyen d’un anneau en fer forgé soudé au plomb.
- Le relief du terrain et la nécessité de conduite de l’eau en siphon obligent de recourir aux tuyaux en tôle, malgré leur prix, dans bien des circonstances où la pression n’est pas en jeu.
- Au cas où la terre est vendue avec le droit d’usage à l’eau, dans les conditions ordinaires, l’eau est livrable au niveau le plus élevé, de façon à assurer l’arrosage par gravitation. Les frais de conduite sont alors à la charge des compagnies ou des associés propriétaires des canaux.
- Si l’eau est abondante, les canaux de distribution sont à ciel ouvert avec ou sans revêtement intérieur; autrement, elle est amenée à l’aide de fiâmes, de tuyaux en tôle, etc. Le tarif, par hectare, des travaux d’amenée, auprès des principales compagnies, s’établit de la manière suivante :
- Francs
- Sweetivater Enterprise (tuyaux en tôle)...................................600
- Ontario Colonie (canaux eu béton).........................................328
- Pomona (canaux et conduits en béton)......................................300
- Gage Enterprise (conduites en tôle, en béton et canaux à ciel ouvert). . 210
- Manugo (San Gabriel) tuyaux en tôle......................................... 248
- Jaugeage des eaux. — En dehors du module de Max Clark, primitivement employé sur les canaux, et des modifications qu’il a subies en substituant des déversoirs à biseau à l’orifice carré et en changeant la pente ou les dimensions du sas régulateur (1), il y a lieu de signaler la jauge adoptée par la compagnie Riverside. Elle consiste (figure 32) en un sas rectangulaire a, embranché sur le canal d’amenée b; l’orifice, d’une largeur de 0m,50 et d’une hauteur de O"1,063, débite sous pression un volume de 50 pouces miniers par jour, soit 28,3 litres par seconde. Un coursier c, se mouvant par une tige d, sert à réduire, selon qu’il
- (1) A. Ronna, Les irrigations, t. II, p. 290,
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- csl nécessaire, les dimensions de l’orifice. La pression est maintenue par doux vanneltcs {simulas), se mouvant de bas en haut; la première a est placée dans le sas, et la seconde /'dans le canal d’amenée (1).
- Règle générale, c’est le garde-écluse ou cygadier, qui contrôle le débit en se guidant d’après un tube de jauge vertical, ou d’après une encoche dans la vanne, sans tenir compte de la vitesse du courant.
- Dans toute la région de l’ouest, le ponce minier représente le volume d’eau qui s’écoule par un orifice d’un pouce carré, sous une pression déterminée (2). On évalue le plus communément à 1 pied cube par seconde (28 décimètres cubes), le débit approximatif de 40 pouces miniers.
- Le pouce minier, d’ailleurs, n’a d’intérêt que pour les tribunaux qui ont à
- Fig. 32 — Compagnie Riverside. Jauge de distribution.
- trancher les litiges entre concessionnaires des eaux, ou bien entre arrosants, aux termes de conventions [charters) plus ou moins anciennes. La plupart du temps, la consommation se règle, aux Etats-Unis, d’après le duty, c’est-à-dire, d’après la surface arrosablc par un certain débit à la seconde, soit un pied cube écoulé d’une manière continue par seconde, pendant la saison.
- Au Colorado, il est d’usage d’allouer un pouce minier par 0,40 hectare, c’est-à-dire un duty de 16 hectares par pied cube à la seconde. Dans l’UtalT, le duty est plus élevé, mais nulle part il n’atteint 40 hectares. Or, en tenant compte
- (1) W. Fox, /oc. cit., 1891
- (2) Celle pression a été fixée à 6 pouces (0n,127)par la loi ge'nérale du Colorado; mais elle varie suivant les Étals.
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- do la variété des sols, des niveaux, des expositions, des façons de culture, de l'ensemencement, des modes d’arrosage, etc., qui influent sur la consommation de l’eau, le dut)/ est évidemment trop faible. D’après les conclusions de l’honorable P. Marsh (1), de la Commission des irrigations pour les vallées du Sacra-mento et du San Joaquin (2), et de l’ingénieur Ilall, de l’Etat de Californie (3), le dut)/ devrait correspondre à 100 hectares au moins.
- Il en résulte que l’eau est partout employée en excès et souvent gaspillée dans la plupart des Etats, d’autant plus que les méthodes de submersion qui prévalent sont les moins économiques.
- Au Colorado, l'eau du South Platte est depuis longtemps absorbée; dans l’Utah, la Nevada, les rivières sojnt également épuisées par l’irrigation, sans que les terres soumises à l’arrosage répondent par leur surface au débit des cours d’eau. Dans la Basse-Californie seulement, où l’eau est rare et coûteuse, l’économie est devenue obligatoire; aussi, le dut)/ s’y élève-t-il à 200, 300 et jusqu’à 400 hectares.
- Administration de* eaux. — Quoique chaque Etat exerce la tutelle des eaux publiques et la surveillance des travaux qui les concernent, la législation générale fait défaut. Le congrès a proclamé, il est vrai, la loi commune relative à l’usage de l’eau par droit de propriété et d’accession, inscrit dans le statut fédéral. Les Etats et les territoires situés à l’ouest du 100° méridien l’ont également inscrit, les uns, dans leurs statuts, les autres, dans leurs chartes de constitution, mais en y ajoutant les coutumes et les règlements venant du Mexique, notamment dans les statuts du Texas, d’Okloboma, du Nouveau-Mexique, d’Arizona, d’Utah, du Colorado, de Californie et de Nevada.
- Dans le Kansas, le Nebraska, l’Orégon, le Sud Dakota, le principe du contrôle public a été l’objet d’une législation spéciale, en vertu de laquelle les travaux d’irrigation sont reconnus d’utilité générale.
- Chaque cours d’eau étant la propriété de l’Etat, chacun des Etats règle et contrôle à sa manière, non seulement les eaux courantes, mais encore les eaux de sources, souterraines ou artésiennes et dormantes. Aussi, des conflits sans nombre et sans fin naissent-ils lorsque les cours d’eau parcourent plusieurs Etats, ou quand la nappe souterraine appartient à deux territoires. Les tribunaux et les divers départements du gouvernement fédéral appelés à juger ces conflits, comme ceux entre propriétaires des eaux et usagers, se laissent guider par la priorité de l’usage, qu’elle remonte aux Indiens ou non. Jusqu’en 1881, les troupes fédérales occupant les territoires du Texas et du Nouveau-Mexique,
- (1) P. Marsh. Irrigation : its cvils, the remédies, etc. Report of Commissioner of agriculture for 187o.
- (2) Forty third Congress. First Section. Doc. n° 290.
- (3) Report of the State Engineer. Sacrameuto, 188f>.
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- eurent pour mission de faire respecter les droits des usagers mexicains et indiens (1).
- Dans cette confusion des droits acquis et des privilèges, la loi est ainsi impuissante à unifierle dut// et à réprimer les écarts de la consommation de l’eau (2), au détriment du développement agricole des terres arides.
- Dans la Californie du Sud, les principales compagnies livrent le pouce minier (0m,566 par seconde) pendant la saison, pour les surfaces ci-après indiquées :
- Hectares
- Sweet ivater Enterprise (San Diego)...............4
- Gage System (Riverside)...........................2
- Pomona (San Bernardino'i..........................4
- Ontario...........................................4
- Redlands..........................................1,60
- Los Angeles.......................................1,60
- Les premiers canaux[dite lies) avaient été construits par les ranchmen associés entre eux en vue de l’arrosage de leurs propres fermes : plus tard, les propriétaires fonciers formèrent des compagnies pour amener les eaux jusqu’aux terres mises en vente et entretinrent les travaux destinés à une distribution régulière. L’exemple de ces compagnies qui ont prospéré en Californie, a été imité au Colorado, notamment par la colonie Greely. Le coût de l’eau accordée pour arroser d’une manière continue 16 hectares est de 400 francs, indépendamment d’une redevance annuelle de 30 francs par hectare, affectée à l’entretien des ouvrages et de la canalisation.
- Certaines compagnies de canaux font payer une taxe par arrosage équivalant à 15 francs par hectare; d’autres, au Colorado, parmi les principales, prélèvent par pouce minier : 40 francs (Flatte Water Canal et Ralston Creck Ditch) ou 20 francs (Table mountain et Farmer’s Ditch). Enfin, en Californie, quelques compagnies : celles des canaux San Joaquin et lving’s River, perçoivent des redevances variables par hectare, selon la nature des récoltes, soit :
- Francs
- Pour les céréales.................................... 33
- Pour Falfalfa (luzerne)............................ . 40
- Pour les cultures maraîchères..........................66
- Pour les prés......................................... 10
- (1) Richard Hinton, The Laws of Water, 1896.
- (2) « Au Colorado, ou consomme quatre ou cinq fois plus d’eau qu’il n’est nécessaire; dans rutah, deux fois au moins, et même dans la grande vallée de Californie, les arrosants sont aussi peu ménagers de l’eau qu’au Colorado. (» (R. Porter, The West, from the Census of 1880, Washington, 1882.)
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- 6. LES MÉTHODES ü’aRROSAGE ET LES CULTURES
- La méthode d’arrosage que les Espagnols pratiquaient par submersion est la plus répandue aux Etats-Unis.
- En terrain plat, les travaux d’aménagement que comporte la submersion sont simples et peu conséquents; ils consistent à établir un bourrelet de terre, ou banquette, sur les bords du champ, afin d’y retenir l’eau qui débouche à la partie supérieure. En terrain incliné, les bassins ainsi formés se succèdent et reçoivent l’eau tour à tour par des vannes ménagées à cet effet. Toutefois, il est essentiel
- l'M i '
- / \ \ >
- Fig. 33. — Irrigation par razes obliques. CC, canal d’amen ;e; L, canal de distribution; g, vanne d'admission (1).
- de niveler la surface pour aplanir les aspérités et combler les cavités; autrement, l’arrosage n’est pas uniforme, l’eau reste stagnante en certains endroits et séjourne trop peu de temps sur d’autres pour permettre l’infiltration.
- Cette méthode primitive, qui convient aux prairies, tout en occasionnant une consommation d’eau plus grande que par le déversement, a été abandonnée, au Colorado, pour recourir à des razes obliques, avec ou sans épis, creusés à la charrue ou au cultivateur, qui portent l’eau dans toutes les directions suivant le relief des terrains (fig. 33).
- La méthode par submersion, dite californienne, quoiqu’elle s’applique dans le (i) D’après W. G. Smylhe « Wags and Mcans in Arid America» (Gcntury Magazine, mars 1896).
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- reste de la région aride, jusque dans les Élats de Washington et de Montana, consiste à partager le terrain en compartiments(checks) de différentes dimensions et à entourer chacun d’eux d’une banquette de 0"’,60 de hauteur. L’eau de la rigole d’irrigation est introduite au moyen d’une vanne (supply-gate) dans la banquette du niveau supérieur, par un canal en bois, et s’échappe par une vanne dans la banquette opposée, à un niveau de 0"',30 inférieur à celui do la vanne d’accès.
- Si le terrain est uni, chaque compartiment couvre de 5 à 6 hectares ; s'il est inégal, il y a autant de compartiments que comporte le rachat de la dénivellation de 0m,30. 11 en résulte qu’il y a des compartiments de forme irrégulière, depuis 20 ares jusqu’à 6 hectares.
- A la ferme de Moxce, située près de Yakima City, dans la partie aride de l’Etat de Washington, toutes les cultures sont arrosées par submersion (1).
- Pour les céréales, la luzerne et la ïiéoleiTimothy Grass), les compartiments sont inondés sur une hauteur de 0m,lo à 0m,20 pendant une durée qui varie de 1 à G heures, suivant la température et les besoins des récoltes. Les céréales reçoivent cinq arrosages; les luzernes, dix; c’est-à-dire deux après chacune des cinq coupes représentant 6 à 8 tonnes de foin par hectare. Pour 40 tonnes de foin, on a employé 25 kilos de semence, sans engrais.
- Quand on cultive le maïs, le houblon, la pomme de terre, le tabac, plantés en lignes, le terrain des compartiments est partagé au cultivateur en raies parallèles, dirigées suivant la pente et écartées de 1 à 2 mètres.
- La consommation d’eau maxima est évaluée à 1,25 litre par seconde et par hectare.
- L’installation de l’arrosage, y inclus la prise d’eau dans la rivière Yakima, représente une dépense de 200 à 2G5 francs par hectare; elle double, pour une partie du terrain de la ferme de Moxee, le prix d’achat de la terre. Les cultures arrosées offrent les rendements suivants : blé d’été, 30 hectolitres et demi ; avoine et orge, 35 hectolitres; houblon,2000 kilos, et tabac, 1 120 kilos par hectare. En dehors de ces récoltes, la ferme possède un vignoble et un verger d’arbres fruitiers.
- L’exploitation comprend enfin l’élevage de 2 000 à 3 000 bêtes bovines sur les landes de défrichement, sablonneuses, arides, dont les herbages naturels consistent en (bunch r/rass), en sauge des bois [grease wood) et en lupin bleu sauvage. Trois cents porcs des races berkshiro etyorkshire sont nourris à l’étable et une centaine de chevaux, partie sur les prés, et partie à l’écurie.
- La méthode de déversement par razes obliques, moins parfaite que celle par rigoles de niveau, sur planches ou sur ados, détermine également une
- (I) Wilckens, Farm beicâsserung ini Ostlichen Washington lcrrilorium. Wiener Landw. Zeitung, 1889.
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- consommation d’eau trop grande. Elle a été remplacée par Y infiltration pour la culture de l’alfalfa (luzerne), en traçant, au lieu de razes à travers les champs arrosés, des raies qui accélèrent l’humectation du sol. Le volume d’eau dont on dispose règle la direction et l’espacement des sillons amorcés normalement sur la rigole de tête. Cet espacement est généralement de 0m,30.
- C’est en Californie seulement que des méthodes plus rationnelles ont été appliquées. Le terrain, toujours soigneusement nivelé et nettoyé, est sillonné de rigoles d’infiltration où l’eau circule entre les rangées d’arbres fruitiers et de légumes, comme cela se pratique dans les vergers et pépinières des pays du
- Fig. ,‘U, — Irrigation d’un verger, méthode Blount. I, vanne d’entrée;
- O, vanne d’écoulement; DD, rigoles.
- centre et du midi de l’Europe. L’excédent d’eau, au bas du terrain, est le plus souvent utilisé pour arroser une pièce d'alfalfa. Le succès de cette méthode dépend du degré de perméabilité du sol; dans les sols imperméables, elle ne réussit pas.
- Dans le district de Redlands, une sorte de sas en bois est aménagé à la partie supérieure de chaque verger; il est muni de vannettes au regard de chacune des rigoles. Le professeur Blount, du collège agricole de Las Cruees (Nouveau-Mexique), préconise un autre système de petites rigoles longeant de chaque côté les pieds d’arbres, de façon que l’eau ne baigne pas l’écorce du tronc (fig. 34). Au Nouveau-Mexique, la méthode d’arrosage des plantations d’orangers et de citronniers consiste, dans les pièces encadrées par les rigoles, à établir des razes longeant la file des arbres en diagonale (fig. 35).
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- Ces variantes, dont les Américains font grand cas, ne rappellent qu’imparfai-tement les procédés perfectionnés suivis depuis des siècles en Sicile, pour l’arrosage des orangers et citronniers (1), dans la province de Palerme et aussi en Espagne, dans les districts d’Alcira et de Cartagène (2) où plus de G00 naran-yales fournissent annuellement250 000 arrobas, ou ‘1 000 tonnes environ de fruits.
- La méthode par infiltration se pratique notamment aux environs de Sait Lake City, dans l’Utah, sur des terrains dessalés, dont la pente a été réglée conformément à celle du canal d’amenée.
- Si la direction du canal est de l’esta l’ouest, par exemple, les rigoles de
- Fig. 35. — Irrigation des plantations d’orangers an Nouveau-Mexique. DD, rigoles quadrangulaires; I, entrée, O écoulement de l’eau.
- distribution sont tracées du nord au sud, à angle droit, de façon à former des planches de 600 à 700 mètres de longueur et 200 à 240 mètres de largeur. Les longs côtés des rectangles sont parallèles aux rigoles, et les petits côtés, au canal.
- Sauf pour la luzerne, le terrain est dressé en billons dont la largeur, quand on cultive les céréales et le maïs, varie entre 0m,6o et 0m,86, et quand on cultive des racines, des pommes de terre, des tomates, des choux, etc., entre 0m,60 et 0m,75 ; mais, dans ce dernier cas, les billons sont tenus plus haut.
- L’eau est amenée directement dans les sillons, en ouvrant les vannettes de la rigole de distribution, qui sont situées à 4 et à 9 mètres d’écartement suivant
- (1) A. Ronna, toc. cit., t. II, p. 53o.
- (2) A. Ronna, loc. cit., t. III, p. 248.
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- la largeur des billons. Pour les planches de 240 mètres de largeur, une seconde rigole de distribution est installée à 120 mètres, qui permet d’arroser la moitié inférieure.
- Le champ qui doit porter la luzerne n’est pas billonné. Les planches ont 240 mètres de longueur sur 80 mètres de largeur, et sont subdivisées par des raies d’infiltration qui reçoivent l’eau de deux rigoles alimentaires, à 40 mètres d’écartement (1).
- Les terres de l’Utah, que le Jordan traverse en joignant le Grand Lac Salé au lac d’Utah, sont chargées de sel. L’eau du Jordan en renferme 0,14 gramme par litre, tandis que celle dug^and lac en contient 13,8pour cent, dont 79,11 pour cent de sel marin. Cette salure des terres supérieures s’explique par le fait que le lac mesurait jadis, du norl au sud, une longueur de 555 kilomètres sur une largeur de 217 kilomètres et couvrait une surface de 6 470 kilomètres carrés. Aujourd’hui, les dimensions sont réduites à 130 kilomètres sur 80 (2).
- L’irrigation de ces terrains par des eaux relativement moins salées a eu pour effet, après un certain nombred’années, dès que la saturation de l’eau a été obtenue, de faire réduire sensiblement le volume et le nombre des arrosages. En outre, les terres situées à un niveau inférieur ont fini par se passer de toute irrigation et porter des céréales, des légumes, des racines. Plus de 30 000 hectares ainsi dessalés n’étaient plus irriguas en 1875.
- Quoique la méthode par infiltration soit la moins parfaite de toutes, car, pour une consommation à peu près égale d’eau, elle n’assure pas l’humectation uniforme du terrain, elle a sa raison d’être dans la culture des arbres à fruits tels que les orangers et les citronniers. L’humidité dont ils ont tant besoin reste emprisonnée autour des racines et l’évaporation est notablement ralentie.
- Seppage. — Par ce moti:, la méthode dite de seppage a été installée en grand sur divers points de la, Californie, notamment à Daviesville, au bord du Sacramento, pour l’arrosage d’un vignoble de 120 hectares, et à Los Angeles par le propriétaire Hamilton, pour l’arrosage de plantations d’orangers. Le seppage consiste dans l’installation de tuyaux en ciment, de 0m, 10 de diamètre, à une profondeur variable de 0ni,60 à 0ni,80 dans le sol, parallèlement aux rangées d’arbres, ou de plants. De œs tuyaux partent de plus petits drains, munis de bondes verticales, que l’on ouvre ou que l’on ferme suivant les exigences de l’arrosage. La dépense, évaliée en moyenne à 500 francs par hectare, a fait reculer plus d’un propriétaire devant l’application d’un procédé qui ne s’est pas suffisamment généralisé. Quoique la méthode allemande, dite de Petersen, combinant l’emploi du drainage et de l’irrigation, implique une dépense et des frais d’entretien par hectare plus considérables que ceux du seppage, elle n’en a pas
- (1) Anderlind, Die feld bewâssemng der Mormonen in Ulah. Wiener Lanàw. Zeitung, 1890.
- (2) Pierertes Konversation Lexikon, 6 h and.
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- moins reçu un grand développement en Silésie et dans le Schleswig-Holstein, non pas pour la culture à bénéfice des arbres à fruits, mais pour colle de prairies d’un rendement moyen. C’est que l’économie de l’eau y est un intérêt dominant.
- Les cultures. —Dans une région qui comporte 200 jours de sécheresse par an, les céréales et les plantes de grande culture sont rarement arrosées. L’irrigation serait-elle possible dans certaines circonstances locales, que l’avoine est, de toutes les céréales, celle qui exige le plus d’eau, 0"’,30, et le maïs, la moindre quantité.
- Parmi les cultures spéciales, les citronniers et les orangers réclament un arrosage continu pendant toute la saison sèche; cet arrosage correspond à un débit de 25 et même de 40 mètres cubes par 24 heures. Les autres arbres fruitiers; pêchers, pruniers et abricotiers, se contentent d’un arrosage moins abondant ; quant aux figuiers, aux noyers, etc., arrivés à pleine croissance, ils ne sont plus arrosés. Après les mois de mai ou de juin, la vigne se passe d'irrigation.
- D’après Hinckley, les produits comparatifs des diverses récoltes sur les terres humides non irriguées et sur les terres sèches irriguées des Grandes Plaines, exprimés en argent, seraient les suivants, par hectare ( ! ) :
- T ERRES
- HUMIDKS TERRES IRRIGUEES.
- RÉCOLTES. NON IRRIGUÉES. ———- —
- Moyenne. Mo Y EN NK. M A X I M U >[.
- Fr. Fr. l’r.
- Alfalfa (foin et graine). 280 430 810
- Alfalfa (foin seul) . . . 180 300 400
- Maïs 60 140 320
- Blé 90 240 380
- Pommes de terre . . . 330 1 820 3 300
- Oignons 660 3 660 7 200
- Verger (pommeraie) . . 660 7 160 13 300
- Verger (fruits à noyau). 1 330 8 330 14 600
- Les chiffres de ce tableau, quelque exagérés qu’ils puissent paraître, son^ confirmés par le produit net des diverses cultures dans les bonnes terres arrosées. La pomme de terre ordinaire donne un produit net del 300 francs par hectare; l’alfalfa (luzerne), avec ses quatre à huit coupes de foin, de J 000 à i 300 francs; les raisins de table et de muscat, de 2000 à 4 000 francs; les pêches, abricots, prunes, pommes, etc., de I 500 à 5 000 francs; les noix, au delà de 3 000 francs;
- (1) Hinckley, Irrigation on the Gréai Plains, 18116.
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- les oranges de saison et les citrons, de 10 000 à 12 000 francs. Ce sont là des produits moyens, qui sont bien surpassés dans les meilleures terres (1).
- Ailleurs, on cite dans le comté Finney (Kansas) le revenu de 1 600 francs par hectare, obtenu sur une exploitation de 28 hectares, soit 37 000 francs par an, et dans le comté Edwards (Kansas), le revenu de 1 000 francs pour 20 ares plantés en oignons et en choux; de 3 000 francs pour un verger de 6 hectares et demi (2).
- Avec des installations de moulins à vent telles que les représentent les
- Fig. 36. — Moteurs à vent installés pour l’irrigation, à Gardon City (Kansas).
- figures 36 et 37, la nappe souterraine permet d’alimenter non seulement le réservoir annexé à chaque ferme (fig. 36), mais encore des canaux (fig. 37) à l’usage de plusieurs exploitations.
- A ne produire qu’une seule récolte sur les terres arrosées, le cultivateur perdrait généralement la plus grande partie du bénéfice de l’irrigation, puisque moyennant une récolte dérobée de pommes de terre hâtives par exemple, ou do choux tardifs, il lui est loisible de doubler la production sur une même surface.
- (1) Ch. Evan Fowler, Irrigation Surveyiny n California, juin 1895
- (2) W. S mythe, Wciys and Mcans in Arid America, mars 1896.
- Tome I. — 95e année. 5e série. — Août 1896. 73
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- En outre, dans les sols de bonne qualité, les labours profonds et l’arrosage pendant l’iiiver sont susceptibles de préparer le sous-sol de manière à pouvoir étendre la surface arrosable.
- Petite culture. — L’exemple est souvent mentionné du président de l’Ltah, Wilfrid Woodruff, qui a vécu pendant 48 ans, avec sa famille, des produits de son exploitation, répartie de la manière suivante : un demi-hectare de céréales, fournissant la farine nécessaire à la consommation familiale ; deux hectares et
- demi d’alfalfa pour l’entretien de deux chevaux, deux vaches de Jersey, des porcs et de la volaille; enfin, cinq hectares de légumes et d’arbres fruitiers subvenant aux besoins du ménage et à la vente sur le marché, contre espèces destinées à l’achat des vêtements, au paiement de l’école et à des versements à la caisse d’épargne (1).
- C’est le triomphe de la petite culture dans la région aride, avec l’aide unique de l’irrigation.
- (1) W. SmjTlie, toc. cit.
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- La figure 38 montre une de ces modestes installations de ferme exploitée par les Mormons dans les steppes de l’Utah.
- Les Américains, engoués des résultats obtenus sur les terres desséchées par les puits de la nappe souterraine, les moulins à vent, et les cultures à gros profits, entrevoient l’époque où une multitude de petites fermes de 2 à 10 hectares auront remplacé les latifundia exploités jadis par les éleveurs de chevaux et de bétail. Ils préconisent l’indépendance que crée la petite culture inten-
- sive, par opposition à la culture extensive des Etats de l’Est. Non seulement le cultivateur des terres arides, maître de son domaine, jouit de l’aisance qui lui permet de nourrir, d’éduquer sa famille et de réaliser quelques économies, mais il échappe aux tribulations de la main-d’œuvre salariée, des compétitions industrielles et politiques. Entraîné par son individualisme, il cède à l’esprit d’association et fait partie de syndicats pour mettre lin aux abus des intermédiaires, faciliter les échanges en faisant des avances sur les récoltes, et se charger de l’écoulement des produits, etc.
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- Association* coopératives. — Les laiteries et les fromageries coopératives vendent directement leurs produits aux grands centres situés à proximité. Dans l’Idaho, une colonie fondée en 1894 a créé par association toutes les industries qui pouvaient l’affranchir du tribut payé aux autres Etats, grâce à une augmentation du prix de l’hectare de terre, qui, au taux de 130 francs, a représenté un capital de 270000 francs. Le beurre fourni par le Minnesota, le lait condensé de New-Jersey, l’amidon du Maine, les lards et jambons de Chicago, etc. ont été dès lors fabriqués dans la laiterie, l’amidonnerie, les porcheries, les usines de conserves, les caves de réfrigération, etc., appartenant à la communauté.
- La colonie d’Anaheim a été fondée par des ouvriers de San-Francisco. Lorsqu’un premier groupe d'associés eut construit le canal d’arrosage et les bâtiments d’exploitation sur chacun des lots; qu’il eut défriché les terrains, tracé les rues et les places du village pour y loger les services communs et les commerçants, le second groupe, qui avait continué à verser ses salaires dans la caisse sociale, transporta sa résidence sur les lieux. Chacun des associés, jouissant en toute propriété du lot qui lui était échu en partage, profitait ainsi des avantages dus à la coopération.
- La colonie bien connue de Riverside a développé les travaux de canalisation et d’irrigation également par la coopération.
- Indépendamment de ces tentatives couronnées de succès et imitées par beaucoup d’autres colonies de se/tlers, on doit reconnaître que, dans ces dernières années, de grands efforts ont été faits par les divers Etats de la Région aride pour y implanter la petite culture par l’association.
- Prairies et bétail. — En quittant les Etats dit de prairie (Prairie States), le Dakota, le Nebraska, le Kansas, pour entrer dans ceux des grandes plaines, on demeure frappé des modifications que subit la flore des prés naturels.
- Aux andropogon, aux sorghos, aux agrostis vilfa, succèdent un petit nombre de plantes dominantes : le bunch grass (fétuque des brebis) qui vient en touffes épaisses, avec tiges droites de 0m,60 ; le mezquit grass, aussi abondant au nord qu’au midi, trop frêle pour donner du foin, mais dru sur le sol, également résistant aux ardeurs du soleil et aux atteintes de la gelée ; le buffalo grass (Buchloë dactghïides), commun aux plaines et aux montagnes, pourvu de racines traçantes qui pénètrent le sol le plus pauvre, voire même alcalin, et reste vert jusqu’au printemps.
- A côté de ces herbes spontanées, vers Je sud-ouest, le chiendent commun (cynodon dactglon), considéré comme une calamité dans les pays cotonniers, et devenu la plante améliorante par excellence des sables de la Virginie et des plateaux desséchés du Texas, se propage dans les prés élevés, à la faveur de ses longues racines, bravant les sécheresses les plus continues, arrêtant les
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- eaux sur les pentes les plus escarpées, et donnant un foin nutritif jusqu’à l’altitude de 2 000 mètres. C’est le Bermuda gras s, que chevaux et bétail recherchent de préférence aux autres herbes, et qui n’a d’autre ennemi que l’ombre. Le Red Top grass (Agrostis dispar) croît aussi luxuriant que Je Bermuda grass, mais il se plaît plus au nord, dans les sols vierges et alcalins de l’Utah, de la Nevada et de Montana (1).
- En Californie, les graminées des prés sont moins pérennes. Le bunch grass est associé à l’orge velue (tiordeum jubatum) et au fond des vallées, à la folle avoine (Avenu fatua), à la luzerne lenticulée (Medicago lenticulata) qui reste bas sur le sol et très vivace, aux erodium musqué et à feuille de ciguë ( Erodiam moschatum et cicutarium). Les amas de graine laissée sur le sol assurent la nourriture des animaux et la reprise des graminées après la chaleur brûlante de l’été.
- Parmi les mauvaises herbes, il faut compter avec les renouées, les centaurées, les spargoute, etc., mais surtout avec la grande moutarde (Sinapis alba, Sinapis nigra), qui pousse jusqu’à atteindre la hauteur d’un homme à cheval et s’étend sur des espaces à perte de vue dans les vallées du San Joa-quin et du Sacramento (2) qu’elle rend presque impénétrables. Aussi bien que les amarantes, les lampourdes épineuses et le Madia sativa, les herbes adventices entravent toute culture sèche et détruisent les espérances fondées sur la récolte de foin dans les sols arrosés.
- A certaines altitudes, dans les monts de la Cascade, les Rocheuses et la Sierra Nevada, entre les parallèles 37 et 50, quand la température moyenne de l’année ne descend pas au-dessous do 10 degrés, les prairies naturelles dont la flore vient d’être décrite sont luxuriantes. C’est là, principalement dans les Etats de Montana. Idaho, Nevada, Colorado, que s’est développée l’industrie laitière et que l’élevage du bétail à courtes cornes a pris des proportions extraordinaires.
- Le Colorado, avec ses petites et hautes vallées, ou parks, enclavées dans les montagnes Rocheuses, à 2 000 et 2 500 mètres d’altitude, occupe le premier rang parmi les Etats qu’enrichit l’industrie pastorale. Le climat de la zone montagneuse se prête au pacage des animaux pendant l’hiver; c’est-à-dire qu’ils sont maintenus sur les prés sans abri, le plus souvent sans approvisionnement de foin, dans des conditions économiques qui rendent l’élevage plus lucratif que dans les anciens Etats de l’Est. Les eaux des rivières et des lacs entretiennent la fraîcheur et la fertilité des gazons de ces vais abrités contre les rigueurs du gel.
- Au-dessous de ces niveaux, les variations subites, excessives, de la température rendent absolument précaire l’élevage pastoral. Les ranchos du Texas
- (1) Sheldon, Dairy Farmimj, p. 386.
- (2) Hilgard, The agriculture of California. Annual Report for the year 1878.
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- malgré l’envoi aux abattoirs de Saint-Paul et de Chicago, des bêtes reconnues en état à la lin du printemps n’ont pu conserver aussi longtemps une partie de leurs troupeaux qu’en les faisant remonter à travers les steppes du Kansas et de la Nebraska, pendant des trajets de six à huit semaines de durée, jusque dans les plaines de Dakota, de Montana, etc., où les bêtes étaient décimées par les ouragans de neige (blizzards) et les froids intenses do l’hiver (1); mais, devenues de plus en plus rares à la suite des concessions et des ventes aux settlers, les terres publiques dans ces Etats sont aujourd’hui occupées. Les rancheros du Texas, ne disposant plus librement des steppes qui séparent le Rio Grande des sources du Missouri depuis la fameuse Fence War (guerre des clôtures), où les agriculteurs eurent raison d’eux en reprenant pour leur compte les cours d’eau indispensables à l’arrosage des terres, ont dû réduire, voire même abandonner, leurs exploitations gigantesques. Il n’est plus question de ranchos, comme ceux de la Prairie Cattle Company, où l’on comptait 150 000 têtes de bétail à longues cornes sur une vingtaine de mille kilomètres carrés. D’un capital de 30 millions de francs, la Compagnie tirait un revenu net annuel de 2 millions. Aux corroies (parcs enclos), désertés à la ronde par tous habitants, aux cowboys (bouviers) munis du lasso, montés sur leurs chevaux infatigables, maîtres du territoire, ont succédé les fermes arrosées des set tiers, des modes plus rationnels d’élevage et une population rurale en voie constante de progrès. Telle a été l’œuvre de l’irrigation.
- Le long de la côte du Pacifique, les comtés californiens de San Mateo, Santa Clara, San Luis, etc., ne maintiennent leurs ranchos qu’à la condition de recourir à la transhumance des troupeaux dans la Sierra pendant l’été, et d’irriguer les prairies au bas des montagnes pour en tirer le fourrage nécessaire à l’alimentation des bêtes en hiver. C’est à la luzerne, au maïs ensilé, aux betteraves arrosées, etc., que l’industrie laitière fait appel pour concourir à l’exportation de beurres et de fromages jusqu’en Chine et dans l'Amérique du Sud. D’ailleurs, la continuité de chaleurs excessives limite fatalement cette industrie aux altitudes et aux latitudes où la production laitière peut se maintenir.
- L’élevage du porc devient impraticable dans la zone sèche pour une autre raison : celle d’une durée trop courte des hivers, qui ne permet pas de garantir la réussite et la conservation des salaisons.
- Quant au mouton, qui se contente des plus maigres herbages et requiert rarement un abri, il n’a d’importance en Californie seulement, qu’en raison de la qualité plus ou moins bonne des toisons. Quelques laines californiennes produites sur les hauts plateaux de la Sierra sont très estimées.
- Reste le cheval de selle, le mustang mexicain, issu de sang espagnol, dur
- (1) Joint Report of Clara Rcacl and Albert P cil. Ac/ricullural commission, 1880.
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- au travail, agile et vicieux, qui paît librement en immenses troupeaux sur les gazons desséchés de l’Arizona et du Texas ; il ne devient apte aux services de transport que par croisement avec les races importées d’Europe, ou déjà fixées dans l’Amérique du Nord.
- Les pays arrosés. — Un des districts les plus déshérités, celui que borde le Rio Pecos à la limite des Slakcd Plains, Llano Estacado, vient d’etre transformé, moyennant le barrage du lac Mac Millan et la construction de réser-
- voirs qui emmagasinent les eaux des crues du tleuve. Un premier branchement de la ligne ferrée du Texas au Pacifique a été aussitôt tracé le long de la vallée, en raccordement avec la ligne du Grand Pacifique. De nouvelles villes se sont bâties de toutes pièces sur le parcours du chemin de fer, tandis que les exploitations des terres irriguées se sont développées sur les versants. Il n’y a guère d’exemple d’une création aussi rapide. En cinq années, 27 millions de francs ont été consacrés aux travaux d’irrigation.
- La figure 39 indique de quelle manière se sont installées les petites fermes, sur le canal de la vallée du Pecos, et la rusticité des colons du Nouveau-Mexique.
- Dans le Wyoming, les settlcrs ont eu à lutter non seulement contre l’aridité, mais encore contre les propriétaires fonciers qui avaient accaparé les eaux au
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- profit (les prairies d’élevage. Le contlit s’étant terminé par la déroute des cattle moi (hommes du bétail), dans la Rustlers War de 1892, et par l’abrogation des lois du Texas, dévastés surfaces ont pu être loties et consacrées à l’agriculture moins extensive. L’élève du bétail, répartie entre un grand nombre d’agriculteurs arrosants, n’en a été qu’améliorée.
- L’Etat de Nevada, un des moins peuplés de la Confédération, n’a pas cessé d’étendre les irrigations sur le parcours du Central Pacifique : d’abord, à Hiim-boldt, où les sources jaillissantes ont favorisé la culture des prairies et les plantations forestières, puis à Lovelock et à Truckee, où de vastes prairies arrosées ont permis de développeiT’industrie lucrative du bétail. La vallée du Carson, sillonnée autrefois par les travaux miniers des placées aurifères, dont Virginia City formait le centre, est aujourd’hui le siège d’une agriculture prospère, basée sur les céréales et les prairies.
- Au Colorado, deux zones, parfaitement distinctes comme climat et comme sol, comportent une agriculture différente. Tandis que, dans la partie orientale, les grandes exploitations se livrent à la production des céréales, des racines et du foin, à l’élève des porcs et du bétail; dans la partie occidentale, abondent les petites fermes de h- à 5 hectares, toutes occupées d’arboriculture fruitière. Les vallées des rivières San Juan, Grand River et Gunnison, entrecoupées par des canons abrupts, se prêtent mal aux irrigations, encaissées qu’elles sont jusqu’à de hautes altitudes, mais celle de l’Uncompayhre, dont le débit est considérable, s’est peuplée de milliers de petits vergers arrosés, et en pleine production. À Grand Junction City, où le Gunnison et la Grand River réunissent leurs eaux, au milieu de ce qui était jadis le désert, des milliers de cultivateurs s’assemblent chaque année, un certain jour du mois de septembre, pour fêter le Peach day (le jour des pèches). Ailleurs, à Rocky Ford, à Greeley, on célèbre le Melon day et le Potato day (melons et pommes de terre).
- Fruits et légumes sont devenus aussi la principale production des cultivateurs de l’Idaho et de Washington; l’arrosage du prunier, du pécher, du pommier, etc., permet d’obtenir des fruits de grosseur et de qualité qui concourent avantageusement avec ceux de la vallée de Hudson River (New-York) et approvisionnent des usines de préparation de conserves dont le commerce acquiert chaque jour plus d’importance. Dans le Montana, la vallée irriguée de Ycllowstone River, où l’on cultive spécialement les fruits à noyaux ; dans l’Arizona, la vallée de Sait River qui produit en abondance les figues, les grenades, les oranges, etc., voient la population des petits cultivateurs augmenter sans arrêt. L’irrigation, quand elle peut s’établira demeure, attache d’une manière définitive au sol la classe rurale des nombreux émigrants que les comtés de l’Est des Etats-Unis et l’Europe déversent chaque année sur les territoires vierges du Far West.
- Mais c’est surtout au sud de la Californie que les merveilles de l’irriga-
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- tion ont éclaté. De l’autre côté de la Sierra, la vallée du San Joaquin a été le théâtre d’une évolution agricole non moins étonnante que celle de Carson River (Nevada). Jusqu’à il y a peu d’années, abandonnée par les chercheurs d’or et d’argent, elle ne semblait propre, dans quelques localités favorisées, qu’à la culture pastorale. Dès que l’on sut que le sol et le climat se prêtaient admirablement à colle de la vigne, des aurantiacées, etc., à la condition de pouvoir les arroser abondamment, les eaux des rivières et souterraines furent canalisées et distribuées, et l’industrie du bétail fit place aux vignobles, aux vergers et aux serres. Les plus grands domaines du comté de Fresno, parmi lesquels on en cite un de 160 000 hectares, ont été ainsi successivement lotis et transformés magiquement par la culture de la vigne, des orangers, de la canne à sucre et de la luzerne. L’Eldorado agricole a succédé finalement à celui plus fiévreux, plus délirant, de l’or et des métaux précieux.
- 7. STATISTIQUE DES IRRIGATIONS
- Le recensement de 1890 donne la mesure des progrès accomplis dans les divers Etats de la Région aride.
- Sur 1 425 766 hectares traités en irrigation par 224808 exploitations, la production totale s’est élevée, en 1889, au chiffre de 276 millions de francs, représentant une moyenne de 191 fr. 80 par hectare, pour des exploitations d’une contenance moyenne de 27 hectares. La répartition des cultures irriguées entre les divers Etats figure dans le tableau ci-après :
- É T A T S X O M B R E d’iiectares irrigués EN 1 <S8 7. C 0 5i T F. > A \ C E MOYENNE des V A L DE LA P R ( K U R D U C T ION.
- TERRITOIRES. Fourrages. Céréales. Totaux. fermes à irrigation. Moyenne par hectare. Totale.
- Arizona .... 17 328 9 000 26 328 Ilect. 24,3 l-'r. 179 33 1T. 4777 000
- Californie . . . 180 693 212 000 401 693 29,3 213 00 99 373 000
- Colorado. . . . 230 294 106 000 336 294 37,2 169 30 60890 000
- Idaho 61 602 23 200 86 802 20,2 160 73 14614000
- Montana. . . . 1 10 233 30000 140 223 38,4 167 00 23 667 000
- Nevada .... 83 761 6 000 89 761 77,7 166 30 13199000
- New Mexico . . 13 498 23 200 36 698 12,1 164 93 6 323 060
- Orégon .... 49 818 21 360 71 178 22,7 179 10 12880000
- Utah 39 389 46 000 * 103 389 11,0 232 30 24306000
- Washington . . I 1 320 8 200 19 320 19,0 220 ) 3 4314 000
- Wyoming . . . 84 270 7 600 91 870 48,2 106 23 9 870 000
- Totaux. . . 931 206 494 360 1 423 766 27,1 191 80 276 337 000
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- Si l’on applique aux divers Etats les moyennes calculées par le service hydrographique, sur base des réponses adressées à son questionnaire (1), on constate qu’en 1890, le montant dépensé en travaux d’irrigation s’élevait à 154 millions de francs. Gomme, d’autre part, les redevances payées pour le droit à Fusage de l’eau représentaient 492 millions de francs, la plus-value due à l’irrigation, ou le bénéfice provenant dos capitaux consacrés aux travaux, était de 338 millions environ, soit de 218 p. 100, abstraction faite de la valeur des terres; s’il est tenu compte de cette valeur,la plus-value atteint 283 p. 100.
- Le tableau ci-après fait ressortir, pour chacun des Etats, et pour la région subhumid (2) les frais de premier établissement, le montant des redevances et la plus-value réalisée (3).
- K T À T S ET TERRI T CIRES- FRAIS D E P R E M I E R KTA13LISSEM E N T. MONTANT DES REDEVANCES POUR L’ E A U ex 3 890. AUGMENTATION 0 V PLUS- VALUE. i
- 1. Californie Fr. 67 734 000 Fr. 20o4i8000 Fr . 137514000
- 2. Colorado 33132000 132 041000 98 909000
- 3. Ut ah 14479000 36 833000 22354000
- 4. Montana 8453000 27 464000 19011000
- o. Wvoming 6672000 19 797 000 13125000
- 6. Nevada 6513000 19 344000 12831000
- 7. Idalio 5359000 14895000 9 536 000
- 8. Oregon . ..... 4302000 14319000 10047000
- 9. New-Mexico 2666000 8 745 000 6079 000
- 10. Arizona 2422000 4312000 1 890 000
- 11. Washington .... 1026000 3344000 2318000
- 12. Région subhumid. . 1422000 5167000 3745 000
- Totaux 154220000 491729 000 337 559000
- La loi Carey, qui concède à chacun des Etats de la région aride 400 000 hectares de terres libres, à la condition qu’elles soient soumises à l’irrigation dans le délai de 10 années, a beaucoup fait déjà, et fera plus encore, pour exciter l’émulation des cultivateurs des contrées vierges et augmenter le courant d’émigration vers le Far-West.
- Aux termes de cette loi, il faut, pour que l’Etat aride reçoive du secrétaire de de l’Intérieur et transmette aux ayants droit les titres de propriété, conformément
- (1) Voir cliap. I, Service hydrographique, p. 1076.
- (2) La région subhumid comprend la partie occidentale des États de Dakota, Nebraska, Kansas et Texas, entre le 97e et le 105e méridien.
- (3) Newell, On Irrigation in the United States (Proc. Inst. Civ. Engin., 1892-93).
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- à YHome.stcad Act (1 ) : l°quc le service de l'irrigation soit installé d’une manière permanente; 2° que sur Jes Gü hectares vendus au colon, au moins 8 hectares soient en culture, enclos et pourvus de l’habitation réglementaire. Tous les fonds provenant de la vente des terres, des frais d’actes, etc., devront être déposés, avec l’agrément du secrétaire de l’Intérieur, à titre de réserve spéciale de l’Etat affectée à la mise en valeur des terres.
- On évalue à G 250 homesteads au moins les exploitations arrosées par la petite et la moyenne culture, qui viendront, dans un temps prochain, accroître les ressources et la population rurale du pays.
- Dans l’Etat du Wyoming, la loi Carey-Mead lixe le prix de vente de la terre à 6fr. 60 par hectare. L’Etat lui-même traite avec les entreprises d’irrigation et leur garantit le remboursement des travaux, ainsi que le bénéfice auquel elles ont droit, tant par les encouragements qu’il donne à la colonisation et le taux qu’il fixe pour le droit usager, que par voie de nantissement sur le Ilomeslcad, ou sur les hectares en culture, jusqu’au paiement intégral des redevances. De plus, il garantit aux usagers, aussitôt que les redevances auront été payées aux entreprises, de placer les travaux dans le domaine public sous le contrôle de l’Etat et de leur propre administration (,2j.
- Ainsi, le Wyoming consacre l’intervention du self-government pour régler la colonisation qui recourt à l’irrigation, pour limiter la spéculation sur les terres et les eaux d’arrosage, enfin, pour assurer les entreprises d’irrigation contre tous risques.
- Cet exemple, s’il est suivi dans le reste de la Région ouest, ne tardera pas à porter ses fruits, en développant l’irrigation cà demeure sur quelques millions d’hectares, au milieu du désert américain. L’avenir appartient à cette forte génération de farmers, de sang irlandais, Scandinave, allemand, qui auront appris, en recourant à l’eau, dans le Far West, à éviter les errements suivis dans les anciens États de l’Atlantique et du Mississipi, dont les meilleures terres sont aujourd’hui à peu près épuisées.
- (1) A. Ronrui, Le blé aux États-Unis d'Amérique, 1880, p. 40.
- (2) Richard J. Hinlon, The Lmvs of Water and modem Irriqatiem. Janvier 1894.
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- MÉTALLURGIE
- Recherches sur la structure des métaux, sa genèse et ses transformations,
- par MM. W. G. Roberts-Austen et F. Osmond (planches Vet VI).
- Herbert Tomlinson a montré que le volume atomique est intimement relié, dans les métaux, à la capacité calorifique (1) et au module de Young (2); après avoir examiné les travaux de Wertheim (3), de Maxwell (i) et de Heen (5), il conclut, de ses propres expériences, que le produit du module d’élasticité E par la puissance 7/3 du volume atomique est une constante pour les métaux :
- Les écarts rencontrés sont dus à la présence de petites proportions d’impuretés dont l’influence sur l’élasticité est considérable.
- Sutherland (6) trouve une étroite relation entre le volume atomique et la rigidité des métaux et pense que cette rigidité est essentiellement un phénomène cinétique de nature aussi simple que l’élasticité des gaz parfaits.
- Le professeur Fessenden (7) estime que la cohésion des métaux est proportionnelle à une certaine puissance du volume atomique et paraît arriver à cette conclusion que la rigidité varie comme la cinquième puissance de la distance des centres des atomes, c’est-à-dire comme la puissance 5/3 du volume atomique.
- L’un de nous (8) a préparé, il y a quelques années, 19 alliages d’or pur avec une proportion sensiblement constante d’autant de corps étrangers et déterminé, pour chacun de ces alliages coulés en barrettes de 88mm,9 x 7mm,5 x 5mm,2, la
- (1) Proceedings of the Royal Society, t. XXXVIII, p. 488 (1884-85).
- (2) Phil Tram, of the Royal Society, 1883, p. 32.
- (3) Annales de chimie et de physique, t. XII (1844).
- (4) Phil. Tram, of the Royal Society, t. CXXVI, lr0 partie (1866).
- (5) Bulletin de l’Académie royale de Belgique, l. IV (1882).
- (6) Philosophical Magazine, août 1891, p. 41.
- (7) Chemical News, t. LXVI, p. 206 (1892).
- .(8) Phil. Tram, of the Royal Society, t. CLXX1X, p. 339 (1888).
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- RECHERCHES SUR LA STRUCTURE DES MÉTAUX.
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- résistance à la traction, l’allongement et la striction. Les résultats sont rappelés dans le tableau ci-dessous.
- CORPS AJOUTÉ PROPORTION du COUPS AJOUTÉ 1'. K);> RKSrSTANCE : KILOGR. PAR M1LLIM 2 de SKGTIOX PRIM1T. ALLONGE- MENT i>. ICO SUR 70 MILI.IM. V O LU.VI10 ATOMIQUK du CORPS AJOUTÉ STRICTION v. 100
- Potassium Moins de 0.2 Moins de 0.8 Non mesuatile 45.1 0
- Bismuth 0.210 (1.80 (environ) id. 20.9 0
- Tellure 0.186 6.11 id. 20.5 0
- Plomb 0.240 6.57 4 9 18.0 1res faible
- Thallium 0.193 9.78 8.6 17.2 15
- Etain 0.196 9.78 12.3 16.2 non mesurée
- Antimoine 0.203 9.43 (environ) (?) 17.9 o 4
- Cadmium 0.202 10.83 4 i. 0 12.9 (?) h
- Néant )) 11.03 30.8 10.2 (?) fl)
- Argent 0.200 11.18 33.3 10.1 (?) 0)
- Palladium 0.205 11.18 32.6 9.4 75
- Zinc 0.205 11.88 28.4 9.1 74
- Rhodium 0.21 (environ) 12.22 25.0 8.4 (?) fl)
- Manganèse 0.207 12.58 29.7 6.8 60
- Indium 0.290 12.58 26.5 15.3 72
- Cuivre 0.193 12.95 43.5 7.0 (?) fl)
- Lithium 0.201 13.97 21.0 11.8 60
- Aluminium 0.186 1 1 13.97 25.5 10.6 46
- (1) Ces alliages se sont étir Js comme un soli Je visqueux.
- D’une façon générale, ces résultats indiquent que la ténacité et la ductilité de l’or sont augmentées ou diminuées, par la présence d’un corps étranger à la dose de 0,2 p. 100, suivant que le volume atomique du corps allié estplus petit ou plus grand que celui du métal principal.
- Il y a bien quelques irrégularités. Mais ces irrégularités n’ont rien de surprenant et l’on pourrait plutôt s’étonner de ne pas les trouver plus marquées et plus nombreuses.
- Les recherches poursuivies pendant ces dernières années nous montrent en effet la complexité possible de la question.
- Les métaux les plus purs ne sont pas, eux-mêmes, homogènes au point de vue mécanique. Sous l’influence des forces cristallines intérieures et des forces extérieures que le retrait met en jeu pendant le refroidissement, les molécules invisibles s’organisent en groupements visibles d’ordre plus ou moins élevé. Ces groupements peuvent être séparés les uns des autres par des plans de clivage ou
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- par des joints qui seront souvent des surfaces de moindre cohésion, c’est-à-dire de faiblesse, surtout quand un dégagement de gaz antérieurement dissous les accentue au moment de la solidification.
- Dans les alliages, l’homogénéité chimique peut disparaître à son tour et la masse liquide laisser déposer successivement soit des métaux purs, soit des composés chimiques, soit des alliages divers, soit enfin l’alliage eutectique cependant que la présence d’un résidu liquide facilite les arrangements des parties solidifiées antérieurement. L’un de nous, en collaboration avec M. Werth (1), a probablement été l’un des premiers à appeler l’attention sur l’inlluence que ces résidus fusibles, désignés sous le nom de ciments, peuvent avoir sur le travail des aciers et sur les qualités mécaniques des produits finis. Depuis lors, M. André Le Chalelier a insisté à plusieurs reprises sur ce point (2), avec raison en principe, mais en généralisant peut-être un peu trop des idées justes d’ailleurs, et les rapports du Alloys Research Gommittee (3), organisé par Y Institution of Me-chanical Engineers, ont mis en évidence, par l’enregistrement photographique des courbes de refroidissement, un certain nombre de cas de liquation : cuivre et argent, cuivre et bismuth, or et aluminium, cuivre et étain.
- Parallèlement, les micrographes démontraient la pluralité des constituants dans un grand nombre d’alliages : c’est ainsi que, dans un alliage de 78 p. J00 d’or avec 22 d’aluminium, les grains du composé défini An Al'1 2 3 4 5 6 7. de couleur pourpre, sont séparés par un mince réseau d’alliage blanc de composition très différente (4); et l’on trouverait beaucoup d’autres exemples analogues dans les travaux de Behrens (5), de Guillemin (6), de Charpy (7) et d’autres.
- Bref, on arrivait à distinguer, dans les métaux et les alliages, la structure immédiate et la structure moléculaire, entre lesquelles les procédeVd’investiga-tion possibles traçaient une ligne de démarcation bien tranchée; et on avait à se préoccuper de faire, dans les propriétés mécaniques résultantes d’un échantillon donné, la part respective de ces deux structures et celle de leurs rapports possibles.
- Dans ces conditions, il nous a paru intéressant de soumettre à un examen micrographique les alliages de l’or avec deux millièmes de corps étrangers divers, alliages dont il a été question plus haut et dont on avait heureusement gardé des témoins. L’or est, parmi les métaux, un de ceux qu’il est le plus facile d’amener
- (1) Annales des Mines; 8e série, t. VIII, p. 5-84 (1885).
- (2) Proc. Inst, of Mechanical Engineers, avril 1893, p. 191.
- (3) Ibid., octobre 1891, p. 543; avril 1893, p. 102; avril 1895, p. 238.
- (4) Cette observation n’a pas été imprimée, mais l’un de nous l’a utilisée dans une lecture à la Société royale de Londres en 1891 et constamment, depuis lors, dans ses cours.
- (5) Bas Mikroshopische Gefiigc der Mêla Ile uni Leyierungen. Leipzig, Voss, 1894.
- (6) Commission des méthodes d’essai des matériaux de construction, t. 11, p. 19.
- (7) Bull, delà Société d’Encouragement, février 1896.
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- à un haut degré de pureté ; il ne s’oxyde à aucune température; l’influence des gaz y paraît négligeable ; la proportion très faible des corps alliés permettait de croire que plusieurs au moins de ces corps étaient restés dissous dans la masse sans liquation de composés définis ou autres. En un mot, on avait des raisons de penser que les causes de perturbation se trouvaient, dans cette série, sinon complètement écartées (ce qui est impossible), du moins réduites à leur minimum.
- A part les indications données par Behrens sur les alliages de l’or avec le cuivre ou l’argent, et celles que nous avaient fournies certains alliages d’or et d’aluminium, les premières études microscopiques sur les alliages d’or ont été faites par M. Arnold (1). Cet auteur a pris pour base de ses recherches le travail même de l’un de nous « sur les propriétés mécaniques des métaux dans leurs rapports avec la loi périodique » ; il a également préparé des alliages d’or pur avec deux millièmes de différents corps étrangers et publié des dessins très soignés de leur structure. Nous croyons cependant que les microphotographies sont très préférables aux dessins et, d’accord avec M. Charpy, que les dessins, si bien faits qu’ils soient, donnent une idée très incomplète des préparations métalliques attaquées. C’est donc à la photographie (2) que nous avons eu recours pour figurer la structure de nos alliages, les mêmes qui avaient été présentés par l’un de nous à la Société royale en 1888.
- Les résultats de cet examen micrographique font l’objet de la première partie de la présente note.
- Première Partie.
- Les alliages étudiés, représentés par le symbole chimique du métal ajouté àl’or dans la proportion de deux millièmes, ont été les douze suivants : \ia, B/, Zr, R/?, In, Li, Se, Zn, Pd, 17, Sô, A/; auxquels il convient d’ajouter un échantillon d’or pur refroidi dans les mêmes conditions que les barrettes de traction des alliages.
- Ces barrettes avaient été coupées autrefois par deux coups de tranche vers l’origine de la striction, de sorte que les morceaux conservés présentaient à peu près la forme ci-contre (fîg. 1). Il eût été naturel d’examiner la structure sur une section droite ; mais cette / manière de procéder avait l’inconvénient de gâcher un métal précieux et, surtout, de diminuer notablement les dimensions / de fragments déjà trop petits pour être commodément maniés.
- On s’est donc contenté de dresser sur papier d’émeri la face ab jusqu’à ce qu’elle fût plane, et les coupes sont obliques par rapport à l’axe de la barrette.
- (1) Engineering, t. LXI, p. 1 76, 1896.
- (2) Les photographies ont été faites au laboratoire de M. Troost à la Sorbonne.
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- Polissage. — Le papier d'émeri le plus fin produit des rayures et des arrachements relativement assez profonds. Le tout est effacé par le brillant belge, produit commercial dont la composition exacte n’est pas connue et dont l’emploi est aujourd’hui très répandu dans la bijouterie et aussi dans l’économie domestique pour le nettoyage des cuivres. Le brillant belge peut être employé sur une peau de mouton tendue elle-même sur un plateau tournant; il laisse des rayures.
- On continue le polissage avec du rouge d’Angleterre de la meilleure qualité préparé par la calcination d’oxalate de fer pur, suivant le procédé de M. Henri-vaux. Ce rouge, sec, est répandu en petite quantité sur une peau de chamois, recouvrant, comme pour l’application du brillant belge, la surface d’un polissoir. Il faut, pour réussir, une certaine légèreté de main; autrement, le rouge raye et encrasse la surface de l’or. Avec un peu d’habitude, on arrive ainsi à obtenir un poli qui parait très beau à l’œil nu, mais qui n’est pas parfait au microscope. On en peut juger par les photographies 16 et 18 (pl. YI) où la masse principale du métal n’est que peu ou pas attaquée. Sans parler de quelques grosses raies purement accidentelles et qui, pour cette raison, ne sont pas gênantes, la surface reste finement striée. Nous n’avons pas réussi à faire mieux; l’or est très mou: il s’écoule sans s’user quand on emploie des poudres à polir qui ne le rayent pas. Il est bien difficile, au surplus, de préparer de telles poudres à un état de pureté suffisant et de se mettre à l’abri de toute parcelle de poussière dure.
- Cependant, cette imperfection relative du polissage est, à certains égards, un avantage et constitue par elle-même un moyen d’investigation qui a été appliqué avec succès dans d’autres circonstances. Si, en effet, les impuretés sont concentrées dans des composés ou alliages liquatés, ceux-ci, généralement plus durs que l’or pur, se distingueront probablement par un poli plus spécu-laire. De plus, le polissage sur un substratum mou, comme la peau de chamois, pourra les faire apparaître en relief. Enfin leur couleur, dans certains cas, pourra différer plus ou moins de celle de l’or et permettra de les distinguer.
- Nous devons insister sur ces renseignements fournis par le polissage : ils sont bien souvent nécessaires, en métallographie, pour définir un constituant. Les lignes en creux que peut dessiner une attaque générale ne sont nullement, à elles seules, caractéristiques d’un constituant indépendant; à défaut de confirmation par le polissage, elles représentent vraisemblablement des lignes de compacité minimum le long desquelles la surface d’attaque est plus grande, ou même, d’après le commandant Hartmann, des lignes de tension (1).
- En fait, le polissage nous a montré quelques cavités d’une certaine importance relative dans les 3 alliages avec le bismuth, le thallium ou le potassium. Dans ce dernier et surtout dans l’alliage avec l’indium, on a remarqué des fila-
- (1) Distribution des deformations dans les métaux soumis à des efforts. Paris, Berger-Lo-vrault, 1896.
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- ments grisâtres qui pourraient être dus à l’incorporation de traces do rouge dans un réseau de fissures, mais qui peuvent être également rapportés à la présence d’un ciment et doivent, dans tous les cas, fixer l’attention.
- . Attaques partielles. — On sait que certains alliages de l’or, notamment avec le fer, le zinc, le cuivre, le plomb, l’argent, etc., sont attaqués par tel ou tel acide qui n’attaque pas l’or lui-même (1). On pouvait donc espérer que l’emploi de semblables réactifs fournirait des données utiles.
- L’acide azotique pur (densité = 1,33), maintenu pendant 5 minutes à une température voisine de l’ébullition, est resté sans action sur douze échantillons et a tracé sur la coupe de l’alliage avec l’indium un réseau de lignes continues ou ponctuées, que nous retrouverons plus loin, après une attaque générale par l’eau régale. Cette observation, confirmant les indications du polissage, met hors de doute l’existence d’un ciment dans l’alliage avec l’indium et cet alliage n’a plus été soumis à l’action d’autres réactifs partiels (photo. 18, pl. VI, 150 diamètres).
- L’acide chlorhydrique pur, maintenu pendant 5 minutes à l’ébullition, n’a produit aucun résultat. Dans un premier essai, où les échantillons n’avaient pas été préalablement nettoyés d’une façon complète, le rouge adhérent à leur surface avait donné lieu à la formation d’un peu de perchlorure de fer et foutes les coupes s’étaient très légèrement dépolies. Dans ces conditions, l’alliage avec le potassium, seul, montre un réseau noir polygonal en creux.
- L’acide sulfurique (de densité 1,84) a la réputation de ne pas agir sur l’or. Cependant, en y chauffant nos alliages pendant 5 minutes d’abord, puis de nouveau pendant 10 minutes à la température du dégagement des fumées blanches (200 à 250°), nous avons vu l’acide se colorer et les échantillons s’étaient légèrement attaqués (2). Leur poli toutefois n’avait pas notablement disparu; mais, sur la plupart d’entre eux, s’était formé un réseau de lignes faiblement creusées, de largeur à peu près uniforme, et sans coloration particulière (photo. 16, pl. VI, 150 diam., or pur). Comme ces lignes présentent exactement les mêmes caractères dans l’or pur et dans les alliages, elles ne sont nullement un indice de ciment. Ce sont les joints des grains contigus. Mais nous examinerons plus tard en détail celte question des joints. Pour le moment, nous n’avons qu’à noter une exception : dans l’alliage avec le potassium, au lieu du réseau de joints en creux, on aurait plutôt un réseau en faible relief correspondant à celui qu’avait déjà montré l’acide chlorhydrique impur. Nous avons donc ici trois indications^ séparément assez faibles, mais concordantes, qui tendent à rendre probable la présence d’un ciment dans l’alliage considéré.
- (1) L’or, par Cumenge et Fuchs. Paris, Dunod; p. 96-102 (Encyclopédie chimique de Frémy). — H. Louis, Trans. of ihe Amer. Inst, of min. Engincers, t. XXIV, p. 70o (1894).
- (2) L’absence de dérivés nitreux a été vérifiée par le sulfate ferreux.
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- Attaques générales. — Les surfaces polies ont été immergées à trois reprises dans l’eau régale (moitié acide chlorhydrique, moitié acide azotique), un peu au-dessous du point d’ébullition, jusqu’à ce qu’il se produisît un commencement d’ellervescence, soit en moyenne pendant 7 secondes environ chaque fois (1).
- L’examen micrographique a donné les résultats suivants :
- I. — La structure générale, visible sous un grossissement faible (20 diam. par exemple) et parfois à l’œil nu, est celle des lingots d’acier et, probablement, de la plupart des métaux coulés en lingotière.
- La masse se subdivise en groupements jointifs, dont nous étudierons plus loin la nature intime, et qui se distinguent les uns des autres par une orientation générale différente de la cristallisation élémentaire ou par une attaque plus ou moins profonde (photo. 1 à 6, pl. Y). Il résulte de là qu’un même groupement peut paraître brillant ou sombre, jaune d’or, rouge brique ou pourpre foncé suivant qu’il réfléchit plus ou moins de lumière sur l’objectif dans les conditions actuelles d’éclairage. Les photo. 1 et 6 (pl. Y) représentenl la même préparation éclairée obliquement suivant deux directions opposées. L’orientation générale peut d’ailleurs, dans un groupement donné, subir des altérations locales (photo. 12, pl.YI); mais les limites de ces subdivisions sont alors assez mal définies.
- Si l’on fait abstraction des perturbations apportées dans nos échantillons par l’obliquité des coupes et par les déformations subies pendant la traction, on voit (photo. 1 à 5, pl. Y) que les groupements sont de deux sortes, tels que les a trouvés Chernoff dans les lingots d’acier : les uns, à la périphérie, sont prismatiques, et normaux à la surface de refroidissement; les autres, vers l’intérieur, sont grossièrement équiaxes, de sorte que la coupe transversale d’un quart de lingot peut être représentée schématiquement par la figure 2 ci-contre. La genèse de cette double structure a été expliquée dans la théorie cellulaire (2).
- Les dimensions absolues des groupements et l’importance relative des prismes et des polyèdres équiaxes varient, dans les lingots d’acier, avec la vitesse du refroidissement, la température du métal au moment de la coulée, l’abondance plus ou moins grande des gaz, la composition chimique. On constate, dans nos alliages d’or, des variations analogues. A ce point de vue, les treize échantillons
- (1) D’autres essais ont été faits pour attaquer les alliages, reliés au pôle positif d’une pile faible, par une solution étendue de cyanure de potassium (3,3 de sel solide p. 100 d’eau). Mais ces essais n’ont rien appris d'autre que l’eau régale et ont été abandonnés.
- (2) Ann. des mines, 8e série, l. VIII, p. 3-84.
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- peuvent se répartir en 5 classes, dont chacune est représentée par une photographie au grossissement de 17 diamètres. (Eclairage oblique par le miroir parabolique de Sorby).
- 1° Les prismes sont de grande taille et envahissent toute la barrette jusqu’à cœur. (Am, Bz, Zr, R h, Z n, Puf, T/. Voir les photo. 1 ou 6 (pl. V) de l’alliage avec le zirconium.)
- 2° Les prismes n’occupent pas toute la masse; ils sont moins gros, en moyenne, que ceux des alliages de la lre catégorie et réservent un noyau central à polyèdres grossièrement équiaxes. (L«, Se. Voir la photo. 2 (pl. V) de l’alliage avec le lithium.)
- 3° Les prismes s’arrêtent à mi-distance environ de l’axe longitudinal de la coupe et le noyau central prend une assez grande importance. (ln,Sb. Voir la photo. 3 (pl. V) de l’alliage avec l’indium.)
- 4° La bordure de prismes devient étroite et les polyèdres dominent ; prismes et polyèdres sont de petite taille. (K. Voir la photo. 5, pl. V.)
- 5° La distinction entre les groupements est très effacée. (A/. Voir la photo. 4, pl. V.) Mais ceci n’est vrai que pour une forte moitié de la coupe ; le reste rentrerait plutôt dans la 2e catégorie.
- Les différences que nous venons de relever ont-elles pour cause unique la différence de composition des alliages ou doivent-elles être attribuées, pour une part, à quelques écarts dans les conditions expérimentales de la préparation des barrettes, par exemple dans la température des alliages au moment de la coulée ? On ne saurait le dire aujourd’hui. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’il n’existe aucune relation entre ces premières données sur la structure, l’aspect des cassures, le point de fusion des corps alliés et les propriétés mécaniques consignées dans le tableau de la page 1137. Tout sidérurgiste, en voyant nos photographies, serait probablement tenté de juger à première vue que l’alliage avec le potassium (photo. 5, pl. V), possède les meilleures qualités mécaniques et que la structure de la photo. 1, pl. V, est déplorable. En réalité, l’alliage avec le potassium est, au point de vue mécanique, le plus mauvais de toute la série ; et la photo. 1, pl. V, peut pratiquement figurer à volonté des alliages dont la résistance varie de 0k,8 à 12k,22 par millimètre carré et l’allongement de 0 à 32,6 p. 100.
- Il nous reste à examiner les groupements polyédriques ou prismatiques au triple point de vue de leurs formes extérieures, de leur structure interne et de leurs rapports mutuels de voisinage.
- II.—Jusqu’à présent, nous avons employé à dessein le terme vague de groupements pour désigner les îlots qui se différencient, sur la coupe attaquée, par les variations de leur couleur et de leur éclat. C’est que nous n’étions pas encore fixés sur la véritable nature de ces groupements et qu’il nous paraît utile d’établir une distinction ordinairement négligée entre les cristaux proprement dits,
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- terminés par des formes naturelles caractéristiques, et les pseudo-cristaux résultant de la limitation mutuelle, par des faces plus ou moins gauches, de groupements voisins indépendants. Ces derniers, dont la pâte peut d’ailleurs être cristallisée, ont reçu les noms de cellules ou de grains : celui de grains paraît ici plus convenable, vu l’absence ordinaire de matière étrangère interposée.
- L’examen microscopique, sous un grossissement modéré de 100 à 300 diamètres, permet de faire, dans nos alliages, la part respective des cristaux et des grains.
- L’or pur et ses alliages avec le bismuth, le zirconium, le rhodium, le zinc, le palladium ou le thallium sont entièrement formés de grains.
- Les alliages avec le lithium ou le sélénium ne contiennent que des grains dans l’enveloppe prismatique ; mais, à l’intérieur, les grains ont une tendance à passer aux cristallites, d’où résultent des joints mixtes, avec des sutures compliquées analogues à celles des os du crâne.
- Cette tendance est encore plus marquée dans les alliages avec l’indium ou l’antimoine, surtout à l’intérieur, mais elle est également visible dans les prismes de la périphérie (photo. 14, pl. VI, 150 diam.).
- L’alliage avec le potassium est un curieux mélange de petits grains, de cristallites parfaitement délimités et de formes mixtes (photo. I l, pl. VI, 150 diam.).
- L’alliage avec l’aluminium se rapproche, en certaines de ses parties, des alliages avec le lithium ou le sélénium ; le reste est plutôt cristallin.
- 111. —La pâte intérieure, dont peuvent être également formés les grains et les cristallites, est certainement cristalline, comme le faisaient déjà prévoir les variations de couleur et d’éclat des grains suivant l’incidence de la lumière. Examinée après attaque sous un grossissement de 1000 diam., cette pâte peut se présenter sous trois aspects :
- à) Vermiculures claires sur fond sombre ;
- b) Sillons parallèles;
- c) Pointements cristallins de même orientation alignés à peu près parallèlement.
- Les photo. 9 et 10 (pl. V) et 21 (pl. VI) montrent ces différents aspects qui ne correspondent pas, bien entendu, à des différences réelles de structure, mais à des coupes différentes d’une structure unique. Autant qu’on en peut juger, on a affaire à des files de petits cristaux emboîtés les uns dans les autres et dont ^orientation générale reste ordinairement constante dans l’étendue d’un même grain.
- Dans cette pâte, de cristallisation primaire et rapide, qui constitue la masse principale de la plupart de nos alliages, peuvent se séparer de petits cristaux secondaires relativement nets. Ce sont probablement de petits cubes, dont le diamètre moyen reste voisin de 2g,5. Ils ont une tendance à se grouper et passent progressivement aux cristallites par une série d’intermédiaires qu’il est facile de
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- suivre à travers l’ensemble des échantillons et de rattacher ainsi les uns aux autres. Dans cette marche de la cristallisation secondaire, on peut distinguer zinq étapes et désigner chacune d’elles par un chiffre.
- 0. Absence de petits cristaux (photo. 10, pl. Y; or pur; 1 000 diam.).
- 1. Petits cristaux isolés sans ordre.
- 2. Petits cristaux alignés à intervalles réguliers (photo. 14, pl. VI, In, 150 diam., et 17, pl. VI, In, 500 diam.).
- 3. Les petits cristaux s’accolent, puis se soudent en files parallèles dans lesquelles ils peuvent perdre leur individualité (mêmes photo, que pour 2).
- 4. Les lignes parallèles ainsi formées s’agrègent en cristallites (photo. 13, pl. VI, A/, 150 diam.).
- Entre ces cinq catégories, nos treize échantillons se partagent comme suit ;
- De 0 à 1 : Or pur, alliages avec Bi, Zr, RA, Pd, Zn.
- De 0 à 2 : Alliages avec TV, Sô, Se.
- De 0 à 3 : Alliages avec K, In.
- De 1 à 4 : Alliages avec Lf, AL (Une partie importante de l’alliage avec l’aluminium est entièrement du type 4.)
- Ce développement plus ou moins accentué d’une cristallisation secondaire est, par lui-même, un fait intéressant et pourrait se rattacher à un autre phénomène observé par l’un de nous (1) : en présence de petites quantités de plomb ou de certains autres corps, le palier qui représente, dans les courbes de refroidissement, la solidification de l’or, s’incline sur l’horizontale et se raccorde aux deux branches de la courbe par des congés de grand rayon. Ceci suppose l’existence transitoire d’un état pâteux qui a pu et dû faciliter la cristallisation secondaire (2). On peut même se demander, en voyant ces perturbations de la solidification et la diminution corrélative probable de la chaleur latente, si les petits cristaux considérés et leurs agrégats ne représentent pas une forme allotropique de l’or plus facilement attaquable par l’eau régale (3). On expliquerait peut-être ainsi la qualité des alliages avec l’aluminium ou le lithium qui sont à la fois les plus résistants et les mieux cristallisés de la série. Mais, d’autre part, l’état de cette même cristallisation rapprocherait, par exemple, l’alliage au bismuth de l’alliage au rhodium, c’est-à-dire des termes très éloignés par leur résistance et leur allongement. Et il faut convenir que l’influence de la cristallisation secondaire sur les propriétés mécaniques, à supposer qu’elle existe, est au moins fortement troublée par quelque autre cause plus puissante.
- IV. — Nous n’avons plus à étudier que les liaisons entre grains ou cristallites
- (1) Proceedings of the Institution of Mechanical Engineers; octobre 1891, p. 558-564.
- (2) La cristallisation secondaire est minimum dans l’or pur.
- (3) Comparer les notes de H. Louis : The Allotropism of Gold et Further Experiments on Amorphous Gold (Trans. Amer. Inst, of Mining Engineers), t. XXIV, p. 182 et 705, 1894.
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- contigus, c’est-à-dire leurs surfaces de contact ou joints. Gomme l’orientation cristalline générale de la pâte n’est pas la même de part et d’autre du joint, les cristaux élémentaires appartenant à deux groupements différents peuvent n’être pas aussi solidement soudés entre eux que dans l’intérieur d’un groupement homogène : le joint est alors une surface de faiblesse, pouvant passer progressivement à la fente, et que l’attaque rend visible en l’élargissant. En fait, toutes nos surfaces attaquées sont divisées par un réseau de joints qui coïncident avec les formes enveloppes des grains ou des cristallites. Les joints marqués par l’acide sulfurique sont de simples sillons que l’on retrouve semblables à eux-mêmes dans tous les échantillons, sauf dans l’alliage avec le potassium (1). Tracés par l’eau régale, ces mêmes joints paraissent ordinairement, sous le microscope, d’un rouge brique ou pourpre foncé et sont d’épaisseur variable. Dans certains cas, ils restent purement théoriques, c’est-à-dire sans épaisseur, et se distinguent seulement par les colorations différentes des grains dont ils forment la limite (photo. 12, pl. VI, RA, 150 diam., et 9, pl.V, RA, 1 000diam.). Dans d’autres cas, les joints attaqués ont une épaisseur finie (photo. 15, T/; 14, In; 11, K, pl. VI, 150 diam.). Ces joints plus ou moins épais, examinés attentivement sous des grossissements forts, peuvent se partager entre deux types : les uns sont formés d’une ligne creuse, généralement assez fine, sur les bords de laquelle se placent de petits cubes (?) de cristallisation secondaire, quelquefois isolés, plus souvent accolés et soudés en files continues (photo. 17, pl. VI. In, 500 diam.). D’autres sont constitués simplement par l’écartement, sur une petite largeur, des cristaux primaires, entre lesquels l’acide a pu pénétrer plus facilement et creuser une attaque plus profonde. Nous appellerons ces derniers, par opposition aux premiers, joints non cristallins (2).
- Considérés au point de vue de la nature et de l’épaisseur (3) de leurs joints, nos treize échantillons peuvent se diviser en cinq groupes.
- 1° Or pur, alliages avec Zr, A/, RA, Pd, Zn: joints ordinairement non cris-
- (1) L’alliage avec l’indium n’a pas été essayé par l’acide sulfurique.
- (2) Il convient de signaler une apparence que l’on rencontre parfois et qui pourrait induire en erreur : certains joints épais non cristallins simulent la présence d’un ciment interposé à cause de la différence de niveau entre le fond et les rives et des ombres qui en résultent.C'est ce que montre nettement la phot. 10, pl. Y (1000 diam.). La plaquette, attaquée par l’eau régale, n’avait pas été repolie après l’attaque antérieure par l’acide sulfurique : il semble d’abord qu’une couche de substance étrangère soit interposée entre les deux grains voisins ; mais, en y regardant de plus près, on voit que les dessins de cette couche continuent ceux de l’un des grains. Comme d’ailleurs il s’agit ici de l’or pur, il n’y a pas d’hésitation possible.
- (3) Par l’expression épaisseur du joint, nous entendons, pour les joints cristallins, la somme du joint proprement dit et de sa bordure cristalline, qu’il est le plus souvent impossible de séparer; c’est-à-dire que nous avons mesuré, dans tous les cas, la largeur brute de la ligne sombre. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit de largeurs apparentes, forcément exagérées par l'attaque.
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- tallins et rarement cristallins ; épaisseur — 0 à 2 g. ; les joints nuis ou très minces dominent.
- 2° Alliage avec Li : épaisseur des joints — 0 à 3 g-,5 ; les joints épais sont cristallins, mais rares et discontinus ; les joints nuis ou très minces dominent.
- 3° Alliages avec S b. Se : joints cristallins, souvent brisés ; épaisseur = 1 à 3 p.,5, en moyenne 2 w..
- 4° Alliages avec In, K : joints cristallins, continus ; épaisseur = 1 à 4 g., en moyenne 2 à 2 g.,5.
- 5° Alliages avec T/, B/ ; joints cristallins, continus, pouvant passer aux fissures ; épaisseur = 1 à 5 ia, en moyenne 2u.,5.
- D’une façon générale, la condition des joints paraît être en relation avec les propriétés mécaniques. (Comparer le tableau de la page 1137.)
- Conclusions. — Nous ne contestons en aucune façon, comme le prouvent surabondamment nos publications antérieures, l’importance du rôle que peuvent jouer, dans les propriétés mécaniques à chaud et à froid des alliages, les résidus restés liquides après la solidification du métal principal; bien au contraire. Mais, pour que de tels ciments interviennent, il faut d’abord qu’ils existent. Or, rien n’indique cette existence dans dix de nos alliages sur douze. Nous ne voudrions pas toutefois nous prononcer trop affirmativement : telle nouvelle méthode d’attaque peut révéler des choses nouvelles : les impuretés cherchées ont pu quelquefois se concentrer par hasard en dehors de la région étudiée. Mais ce sont là, pour le moment, des suppositions gratuites. Le polissage n’indique de ciment que dans deux cas. Les petits cristaux secondaires que nous avons décrits pourraient être pris pour des composés, définis ou non, si on ne les trouvait que dans certains échantillons et en proportions acceptables. Mais on les rencontre partout, toujours semblables d’aspect, de formes et de dimensions, et on les voit s’agréger progressivement en cristallites qui peuvent envahir presque toute la masse. On a donc forcément affaire à la cristallisation de l’or lui-même, bien que le corps allié ait pu quelquefois (indium et, probablement, potassium) se réunir dans les cristaux considérés. Pour les mêmes raisons, les lignes sombres de joint tracées en creux par l’attaque, ne sont pas à l’ordinaire les traces vides de ciments dissous par l’eau régale : leur formation, que l’on peut suivre dans toutes ses étapes, les rattache directement à la cristallisation secondaire.
- On est donc conduit à penser que, dans dix de nos alliages de l’or avec deux millièmes environ de diverses impuretés, la solidification, dans les conditions expérimentales où l’on s’était placé, s’est faite en une seule fois et que les corps étrangers ont pu rester dans les alliages solides, comme ils devaient l’être dans les alliages liquides, dissociés en leurs ions. Tout au moins peut-on dire, pour ne pas dépasser les bornes du visible, que la dissémination de ces corps
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- étrangers dépasse ici la puissance des moyens d’investigation que nous avons mis en œuvre. Et, dans ces conditions, pour expliquer les propriétés mécaniques, l’intervention de ciments à point de fusion relativement bas ne pourrait être invoquée qu’à titre d’hypothèse.
- On ne saurait davantage, comme nous l’avons vu plus haut, invoquer les dimensions absolues des grains ou des cristallites. L’étude micrographique des laitons a récemment conduit M. Charpy a une conclusion semblable, et il est maintenant certain que la grosseur des grains n’est pas un défaut par elle-même. S’il paraît en être autrement dans la métallurgie de l’acier, cela tient probablement à la présence de gaz souvent abondants qui tendent à se réunir entre les grains et sont là d’autant moins divisés, d’autant plus dangereux par conséquent, que les grains sont plus gros et la surface totale des joints plus petite par unité de volume. Notre attention a été particulièrement appelée sur ce pointpar M. Werth, qui attache justement une grande importance à la question des gaz de l’acier.
- L’état plus ou moins avancé de la cristallisation secondaire, comparé aux résultats des essais de traction, ne nous a pas montré non plus de relation régulière.
- En dernière analyse, l’examen micrographique ne nous laisse que les joints pour rendre compte des propriétés mécaniques observées. Ici, l’accord est assez satisfaisant (1). Sans vouloir attribuer à la mesure de joints dégradés par l’attaque une précision qu’elle ne comporte pas, nous voyons aisément que, d’une façon générale, des joints épais et cristallins correspondent aux mauvais alliages ; et réciproquement.
- Mais si les coefficients mécaniques sont en relation à la fois avec l’épaisseur des joints et avec le volume atomique des éléments alliés, on arrive à cette conclusion qu’une relation de cause à effet doit exister entre ces deux dernières variables.
- Cette conclusion peut paraître assez imprévue. Si on cherche à l’interpréter, on se trouve en présence d’une question très importante, mais très complexe, celle de la genèse des joints dans les métaux.
- Un joint est souvent une surface faible, comme nous l’avons déjà dit, par cela seul qu’il marque un changement brusque d’organisation et la frontière artificielle de deux groupements naturels ; il deviendra d’autant plus faible qu’il s’écartera davantage de l’état de surface mathématique, pour acquérir une épaisseur, aussi faible qu’on voudra, mais finie. Comment donc un joint peut-il se desserrer? Évidemment sous un effort de traction, si on laisse de côté les gaz dont le rôle paraît négligeable dans le cas particulier de l’or. De tels efforts de traction se produisent en effet pendant le refroidissement, sous l’influence du retrait, et on en trouve parfois la preuve expérimentale dans la présence de lam-
- (1) L’alliage avec l’indium fait exception. Mais nous y avons justement constaté la présence d’un ciment qui a eu, dans ce cas, une influence favorable sur les qualités mécaniques.
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- beaux de métal reliant les deux rives d'une fissure. Pour qu’un joint s’ouvre, il faut et il suffit que ce joint ait supporté, à un moment donné, une charge supérieure à sa résistance de rupture et que cette résistance de rupture soit inférieure à la limite élastique du métal à l’intérieur des grains.
- Nous avons donc trois facteurs en jeu :
- 1° Les efforts de traction créés par le retrait, lesquels dépendent eux-mêmes, les conditions du refroidissement restant constantes, du coefficient de dilatation
- 2° La limite élastique et la déformabilité du métal qui forme le corps des grains ;
- 3° La résistance du joint, qui a pu être nulle vers la fin de la solidification et rester telle d’autant plus longtemps que la solidification a été moins brusque.
- La présence d’une enveloppe cristalline tapissant les joints, et qui paraît une condition défavorable puisqu’on la retrouve marquée surtout dans les alliages-les moins résistants, se rattache probablement aussi à la perte de netteté que provoque dans la solidification la présence de certains corps étranges. Ces enveloppes représentent sans doute les parties solidifiées les dernières.
- Mais tous les facteurs que nous venons de passer en revue et qui peuvent concourir à déterminer directement l’état des joints et indirectement les propriétés mécaniques du métal refroidi, coefficient de dilatation, limite élastique et plasticité du corps des grains, solidification diffuse, sont sous la dépendance immédiate des molécules et des atomes. Il n’est donc pas surprenant qu’on puisse saisir, dans un cas relativement simple comme celui de l’or, l’influence du volume atomique des corps alliés.
- Au surplus la relation entre les propriétés mécaniques des métaux et le volume atomique des impuretés dissoutes se présente comme un fait d’expérience. Nous venons d’expliquer la plupart des exceptions apparentes : celle de l’indium par la présence d’un ciment, celles du lithium et de l’aluminium par le développement de la cristallisation secondaire (1). Mais, de même que la transformation de la chaleur en travail s’opère, dans la machine à vapeur, par une série d’intermédiaires, de même ici un mécanisme plus ou moins complexe s’interpose entre les termes extrêmes de la relation. Les recherches qui précèdent sont une petite contribution à l’étude de l’une des pièces de ce mécanisme.
- Deuxième Partie.
- Sur quelques; phénomènes de recuit. — L’attaque par l’acide sulfurique à une température comprise entre 200° et 250° environ avait fait apparaître sur les
- (1) Il subsiste une exception, à ia vérité très frappante, celle du zirconium; l’alliage correspondant donne une résistance exceptionnelle de 18k,9 avec 12 p. 100 d’allongement.
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- alliages avec le bismuth ou le thallium un réseau de joints que l’attaque antérieure par l’eau régale n’avait pas révélé. Tous les échantillons (sauf l’alliage avec l’indium, qui n’avait pas passé au bain d’acide sulfurique) furent alors repolis et attaqués de nouveau par l’eau régale, dans les mêmes conditions que la première fois.
- L’or pur et ses alliages avec K, Pd, Zn, Rh, Li, Se, Zr n’avaient subi aucun changement.
- Mais les quatre alliages avec Bi, Tl, Sb, et Al étaient plus ou moins modifiés.
- L’alliage au bismuth, qui pouvait être antérieurement réprésenté, pour l’ensemble, par la photo. 6, pi. Y, (17 diam.) de l’alliage au zirconium et, pour les détails, par la photo. 15, pi. VI, de l’alliage au thallium (150 diam.) est représenté maintenant par les photographies 7, pi. V (17 diam.) et 20, pi. YI, (150 diam.) Les gros grains du métal coulé se sont divisés, à la suite d’un chauffage de 5 minutes entre 200° et 250°, en une multitude de petits grains polyédriques. L’effet est tout à fait pareil à celui d’un recuit de moulages d’acier vers 800°. Rien ne subsiste de la structure primitive. La pâte, la cristallisation secondaire et les joints présentent d’ailleurs, dans les nouveaux grains, les mêmes caractères que dans les anciens grains.
- L’alliage au thallium a subi une transformation tout à fait semblable; mais les grandes lignes de la structure antérieure ont été respectées en quelques endroits par le réarrangement interne (photo. 19, pi. YI, 150 diam.).
- L’alliage avec l’antimoine s’est comporté de façon notablement différente : cet alliage, qui pouvait être représenté avant recuit par la photographie d’ensemble, (3, pi. Y, 17 diam.) de l’alliage avec l’indium et par la photographie de détails du même alliage (14, pl. VI, 150 diam.), est représenté maintenant par les photographies 8 (pl. Y, 17 diam.) et 22 (pl. VI, 150 diam). L’ancienne structure a disparu; mais l’organisation nouvelle ne montre pas de grains polyédriques ni de réseau de joints continu; les grains embryonnaires indiqués par les orientations cristallines n’ont pas de limites nettes et l’acide sulfurique ne trace que des lambeaux de joints brisés. Cette structure rappelle celle d’aciers mi-durs trempés.
- Même transformation, mais seulement locale et partielle, de l’alliage avec l’aluminium.
- En résumé, le bismuth, le thallium, Vantimoine et Valuminium, à la teneur de 0,2 p. 100 environ, se sont comportés vis-à-vis de l’or comme le carbone vis-à-vis de l’acier, mais à une température beaucoup plus basse. Il paraît évident que les corps en question étaient alors dans le métal solide à un état voisin de l’état gazeux.
- Aucun de ces corps ne possède un point de fusion très élevé et il est
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- RECHERCHES SUR LA STRUCTURE DES MÉTAUX.
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- naturel, en effet, que cette circonstance favorise le maintien de l’état gazeux à basse température. Cependant, la température de recuit est restée très inférieure à celle de la fusion de l’aluminium et de l’antimoine et a tout au plus atteint celle de la fusion du bismuth. D’autre part, le lithium, dont le point de fusion est inférieur à celui du bismuth, le zinc, dont le point de fusion est inférieur à celui de l’antimoine, n’ont pas agi (1). La température de fusion des impuretés, bien qu’elle puisse avoir sa part d’influence, n’est donc pas le seul facteur à considérer.
- Il est à remarquer que le plomb, d’après ce que l’on sait de son action sur l’or, agit probablement comme le bismuth et le thallium. L’amalgamation paraît être aussi un phénomène du même ordre, possible à une température encore plus basse, grâce à la liquidité du mercure. Mais l’or, le mercure, le thallium, le plomb et le bismuth sont précisément des termes successifs de la classification des corps simples par ordre de poids atomiques croissants et se groupent sur la même ligne horizontale du tableau de Mendeleef. C’est là une coïncidence assez curieuse.
- Quoi qu’il en soit, cette transformation de la structure d’un métal, à une température si éloignée du point de fusion, en présence de deux millièmes seulement d’un corps étranger, n’est probablement pas un fait isolé et paraît ouvrir un nouveau champ de recherches.
- (1) Nous ne parlons pas du potassium qui paraît concentré dans un ciment.
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- ARTS CHIMIQUES. — AOUT 1896.
- Légende des photogrammes des planches V et VI.
- NUMÉROS lll'S PHOTOGRAMMES DÉSIGNATION DES ÉCHANTILLONS ATTAQUÉ par ÉCLAIRAGE GROSSISSEMENT linéaire
- ALLIAGE D OR avec 2 millièmes do PRÉPARATION
- I pl. V Zirconium Coulé Eau régale Oblique 17
- 2 Lithium id. id. id. 17
- 3 Indium id. id. id. 17
- 4 Aluminium id. id. id. 17
- 5 Potassium id. id. id. 17
- 6 Zirconium id. id. id. 17
- 7 Bismuth Recuit vers 200-250° id. id. 17
- 8 Antimoine Id. id. id. 17
- 9 Rhodium Coulé id. Normal 1000
- 10 Rien id. id. id. 1000
- 11 pl. V[ Potassium id. id. id. 150
- 12 Rhodium id. id. id. 150
- 13 Aluminium id. id. id. 150
- 14 Indium id. id. id. 150
- lo Thallium id. id. id. 130
- 16 Rien id. Acide sulfurique id. 150
- 17 Indium id. Eau régale id. 500
- 18 Indium id. Acide azotique id. 150
- 19 Thallium Recuit ver» 200-230° Eau régale id. 150
- 20 Bismuth id. id. id. 150
- 21 Bismuth id. id. id. 1000
- 22 Antimoine id. id. id. 150
- Le photogramme 1 peut également représenter les alliages avec Bi, Rh, Zn, Pd, TI et l’or pur préparés dans les mêmes conditions.
- Le photogramme 2 peut également représenter l’alliage avec Se (coulé).
- — 3 — — Sb —
- Le photogramme 11 montre un mélange de grains et de cristallites, une cristallisation secondaire de 0 à 3, des joints cristallins épais.
- Le photogramme 12 est caractéristique de l’absence de cristallites et de cristallisation secondaire; joints sans épaisseur.
- Le photogramme 13 montre le développement complet de la cristallisation secondaire; joints variables discontinus.
- Les photogrammes 14 et 17 font voir la marche de la cristallisation secondaire dans ses stages intermédiaires ; joints cristallins épais.
- Le phoLogramme 15 montre un joint très épais séparant deux grains à cristallisation primaire.
- Le photogramme 16 donne l’aspect constant des joints marqués par l’acide sulfurique sur la plupart des échantillons.
- Les photogrammes de 1 à 6, de 11 à 17, 9, 10 et 21 ne sont pas particuliers aux alliages sur lesquels ils ont été pris; ils ont été choisis comme types pour montrer l’organisation de la cristallisation primaire, les diverses phases de la cristallisation secondaire, les différentes espèces de joints, en un mot les phénomènes généraux qui ont été étudiés.
- Les photogrammes 7, 8, 19, 20 et 22, représentant les effets d’un recuit à une température déterminée sur un alliage donné, ont un caractère plus particulier.
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- ARTS MÉCANIQUES
- Roues et turbines a vapeur, par M. K. Sosnowski, ingénieur civil.
- Depuis que Ja théorie de la machine ti vapeur à piston à mouvement alternatif a été nettement posée et que les causes inévitables de son faible rendement ont été bien établies, on a dû reconnaître que l’application, à ces moteurs, des enveloppes de vapeur et de la multiple expansion, jointe à la surchauffe et à la condensation, était le dernier mot du progrès.
- Le maximum de rendement était atteint; les perfectionnements ne pouvaient plus porter que sur les détails de construction.
- La question des moteurs à vapeur à mouvement circulaire continu est alors revenue tout naturellement à l’ordre du jour.
- En effet, s’il n’y avait plus rien à espérer des moteurs classiques, où le génie humain s’est dépensé durant tout un siècle, le champ restait, au contraire, entièrement ouvert, et l’avenir plein de promesses, pour les moteurs à mouvement circulaire.
- Il semblait donc intéressant de tracer l’historique de ce qui a été fait dans cette direction et de marquer tout au moins les points principaux des progrès accomplis jusqu’à ce jour.
- C’est ce qui fait l’objet de la présente étude.
- Le sujet ne se prête pas encore à de longs développements, surtout au point de vue des résultats acquis : tout, ou presque tout se réduit, en effet, jusqu’à ces derniers temps, plutôt à une série de conceptions plus ou moins hardies, de tentatives plus ou moins ingénieuses, qu’à des appareils vraiment pratiques. Ces conceptions n’en présentent pas moins d’intérêt pour cela, car, par leurs côtés faibles, par leurs défauts mêmes, elles ont indiqué la vraie voie où il fallait s’engager pour arriver à un résultat pratique.
- Avant de passer à la description de ces divers appareils, qu’il nous soit permis de remercier ici tous ceux qui ont bien voulu faciliter nos recherches : MM. J. Bertrand, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences; Raton de là Goupillière, directeur de l’École supérieure des mines ; Maurice Lévy, professeur à l’Ecole centrale; Hirsch, professeur au Conservatoire des arts et métiers; d’Arsonval, professeur au Collège de France, et G. Richard, ingénieur civil des mines, membre honoraire du Conseil de la Société d’Encouragcment pour l’Industrie nationale. Leur appui bienveillant nous a été d’autant plus précieux que
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- ARTS MÉCANIQUES. --- AOUT 1896.
- le terrain restait complètement à déblayer et que plusieurs documents se rapportant à notre sujet étaient restés à l’état de manuscrit dans des archives difficilement accessibles.
- Les moteurs à vapeur à mouvement circulaire continu peuvent être divisés en deux catégories :
- Machines à piston, connues sous le nom de machines rotatives, et machines sans piston analogues aux turbines et roues hydrauliques, désignées à tort, sans distinction, sous le nom général ou de machines à réaction ou de turbo-moteurs.
- Laissant de côté les « machines rotatives », nous ne traiterons dans cette monographie que des machines de la seconde catégorie.
- Cette catégorie peut être divisée en 4 groupes :
- 1° Moteurs a réaction (genre Eolipyle de Héron);
- 2° Roues a vapeur ;
- 3° Tu urines a vapeur;
- 4° Moteurs mixtes.
- Chacun de ces groupes peut être à son tour subdivisé comme il suit :
- Le premier groupe, qui dérive directement de fEolipyle de Héron, embrasse les moteurs à simple réaction, les moteurs où cette réaction est combinée avec la détente et la condensation, et enfin les moteurs à vapeurs combinées, où interviennent quelquefois aussi des liquides.
- Le second groupe dérive de la roue de Giovanni Branca et comporte les roues à arbre vertical ou horizontal.
- Il est caractérisé par ce fait que le fluide, dans son mouvement par rapport au récepteur, au lieu de suivre son chemin toujours dans le même sens, comme dans les turbines, revient au contraire sur lui-même, comme dans les roues hydrauliques.
- Le troisième groupe, « turbines à vapeur»,peut être divisé en deux classes :
- Turbines à réaction, dans lesquelles la pression agit concurremment avec la force vive, et turbines d’action, dans lesquelles le travail mécanique est uniquement produit par la force vive du fluide.
- Les turbines, en général, pourraient être également classées, suivant la direction du fluide moteur par rapport à l’arbre, en turbines radiales centrifuges ou centripètes, et en turbines axiales ou parallèles, puis différenciées suivant la position verticale ou horizontale de leur arbre.
- Le dernier groupe comprend les moteurs mixtes, tels que machines hélicoïdales, spiroïdales, etc.
- Dans les descriptions qui suivent, nous observervons l’ordre chronologique seulement, renvoyant à la fin de ce travail la classification méthodique des divers types.
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- ROUES ET TURBINES A VAPEUR.
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- L’idée d’un moteur à vapeur à mouvement circulaire est, de beaucoup, plus ancienne que celle d’un moteur à piston à mouvement alternatif.
- La machine décrite par Héron d’Alexandrie en l’an 120 avant Jésus-Christ (1) se composait (fig. 1) d’une sphère suspendue à deux tourillons, dont l’un était traversé par la vapeur amenée d’un vase rempli d’eau chaude au moyen d’un tuyau e, situé au-dessous. La vapeur en s’échappant par les deux ajutages o et /. recourbés en sens contraire et diamétralement opposés, que portait la sphère, communiquait à celle-ci, par sa réaction, un mouvement de rotation.
- Des siècles se sont passés depuis cette découverte, avant qu’on ait eu l’idée de tirer parti de la puissance renfermée dans la vapeur d’eau.
- Vers 1550, Cardan décrit les éolipyles de son invention.
- En 1597, on trouve, dans un livre imprimé à Leipzick, la description de « ce qu’on appelle Péolipyle » que l’on peut, dit-on, utiliser en y adaptant un tournebroche (2).
- Salomon de Caus, 1615. — L’un de ceux qui ont eu, des premiers, l’exacte notion de la puissance de la vapeur est certainement Salomon de
- Caus, ingénieur français.
- Son appareil pour a monter l’eau par aide du feu plus haut que son niveau » est une véritable machine, où l’énergie de la vapeur est utilisée pour produire un travail.
- C’est à ce titre qu’il doit être cité toutes les fois qu’on trace l’historique de moteurs à vapeur de quelque catégorie qu’ils soient. « Soit — dit-il (3) — une balle de cuivre marquée A (fig. 2) bien soudée tout à l’entour, à laquelle y aura un soupirail marqué D, par où l’on mettra l’eau, et aussi un tuyau marqué B C, qui sera soudé en haut de la balle ; et le bout C approchera près du fond sans y toucher; après, faut emplir ladite balle d’eau parle soupirail, puis le bien reboucher et la mettre sur le feu; alors la chaleur donnant contre ladite balle fera monter toute l’eau par le tuyau B C. » Et ailleurs : « La violence de la vapeur qui cause l’eau de monter, est provenue de ladite cause, laquelle vapeur sortira après que l’eau sera sortie par le robinet avec grande violence. »
- Fig. 2. — Machine à vapeur de Salomon de Caus.
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- Fig. 1. — Éolipyle de Héron d'Alexandrie.
- (1) Mathematici Veleres Alexandrini Heronis Spiritalia, p. 202. Edition de Thévcnot MDOXCII. ç2) Stuart’s Descriptive Ilistory of Steam Engine.
- (3) Salomon de Caus, Les Raisons des Forces Mouvantes [avec diverses Machines. Francfort, 1615, page 4.
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- ARTS MÉCANIQUES.
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- Nous trouvons la définition suivante de l’éolipyle dans un livre paru en 1627(1) :
- « Ce sont des vases d’airain ou autre semblable matière qui puissent endurer le feu; ils ont un petit trou fort étroit, par lequel on les emplit d’eau, puis on le met devant le feu, et, jusqu'à ce qu’ils s’échauffent,l’on n’en voit aucun effet, mais aussitôt que le chaud les pénètre, l’eau venant à se raréfier sort avec un sifflement impétueux et puissant à merveille.
- « Quelques-uns appliquent auprès du trou des moulinets ou choses semblables qui tourneraient par le mouvement des vapeurs, ou bien par le moyen de deux ou trois tuyaux recourbés en dehors font tourner une boule. »
- Giovanni Branca, 1629. — G. Branca, célèbre architecte italien, dans la description des diverses machines qu’il a publiée en 1629(2), comprend une machine de son
- invention mue par la vapeur. Nous donnons une partie de la figure originale (fig. 3). Une roue à aubes r pareille aux roues hydrauliques est fixée sur un arbre vertical a qui porte un pignon p. Ce pignon est engrené avec une roue dentée, dont l’arbre porte un autre pignon, qui est engrené avec une seconde roue dentée, et ainsi de suite. Le mouvement est ainsi transmis par une série de trains d’engrenages, ce qui porte à croire que la vitesse de la roue principale devait être considérable. La machine est mue par un jet de vapeur lancée sur les aubes. La vapeur est produite dans un vase fermé qui est reproduit sous les traits d’une tête humaine sur le dessin original.
- Fig. 3.— Roue à vapeur de Giovanni Branca.
- En 1699 Amontom présente à l’Académie des sciences une machine de son invention qu’il appelait roue à feu et qui était une roue à vapeur.
- James Watt,\'i§§.—Watt tentait,lui aussi, l’utilisation de l’énergie de la vapeur pour produire un mouvement rotatif continu. Dans un des brevets pris en 1769, il parle d’un moteur à vapeur qui serait analogue à une roue hydraulique. Mais tout est resté à l’état de projet qu’il n’a pas pu réaliser ou n’a pas assez poursuivi.
- La machine de Héron a été reproduite en 1787 par Kempcl (Stuart's Descriptive Histom/).
- Cook, 1787. — Cook présente en 1 787, à l’Académie royale d’Irlande, la description d’une machine à rotation (3). A la circonférence d’une roue (fig. 4) sont attachées huit soupapes ou clapets, au moyen de charnières faites de manière à ce que les clapets, en s’ouvrant, décrivent un arc un peu plus grand qu’un quart de circonférence.
- (1) Récréations mathématiques. Itoucn, 1627, page 93.
- (2) Le Machine diverse del Signor Giovanni Branca. Rome, 1629, pageJ2;
- (3) Stuart's Descriptive history of S team Engine.
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- Durant la révolution de la roue, les soupapes qui sont à la partie inférieure de la circonférence, restent suspendues dans une direction verticale, en vertu do leur propre gravité, et remplissent les fonctions des aubes attachées aux roues hydrauliques.
- C’est une vraie roue à vapeur à palettes mobiles.
- James Sadler, 1791. —En 1791 Sadler décrit sa machine : Un cylindre creux C (fig. 5 et 6) ouvert et recourbé à ses deux extrémités BB dans les directions opposées reçoit, par l’axe creux M, sur lequel il tourne, la vapeur produite dans une chaudière.
- Fig. .:j et G. — Moteur à réaction J. Sadler (1191). Coup3 longitudinale et transversale.
- Près des extrémités, aboutissent deux petits tuyaux AA, à peu près parallèles au cylindre, qui reçoivent l’eau apportée par l'autre partie de l’axe creux. Le cylindre peut tourner dans une boîte entièrement fermée D. La vapeur introduite dans le cylindre le remplit; mais le bras qui est au-dessous de l’axe reçoit l’eau arrivant par le petit tuyau; la vapeur se condense dans cette partie du cylindre et l’eau s’échappe par l’ouverture dans la boîte qui renferme le tout; elle passe à travers une soupape F et s’écoule dans le condenseur. Le vide est formé momentanément dans un bras du cylindre, l’autre est rempli de vapeur qui tend à sortir par l’ouverture. C’est une machine à réaction et à condensation.
- Couteaut, 1803. — En 1803, Couteaut invente un dispositif dans lequel un jet de vapeur fait tourner une broche à l’aide d’une roue à augets et d’une roue et d’un pignon d’engrenage.
- Dîetz, 1821. — Parmi les divers moyens inventés par Dietz pour imprimer immédiatement, par l’effet de la vapeur, un mouvement de rotation continu, à un arbre, citons sa roue représentée sur les figures 7 et 8.
- Tome I. — 93e année. 3° série. — Août 1896.
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- Dans cette machine, la vapeur produit immédiatement le mouvement de rotation continu dans un même sens; l’arbre a, qui reçoit ce mouvement, porte un système d’aubes b renfermées dans un tambour en fonte ou en tôle c, posé sur une chaudière à vapeur d, qui est établie sur un fourneau e; /'est une caisse qui surmonte l’appareil, et qui est en communication avec le condenseur g.
- L’ùn des côtés du système d’aubes b est enveloppé par une cloison arquée h.
- L’appareil ainsi composé est rempli d’eau qu’il suffit de chauffer jusqu’à évaporation pour faire tourner avec son axe a le système d’aubes b.
- Fig. 1. — Roue à vapeur Dietz (1821). Vue d'ensemble du moteur et du générateur.
- La vapeur arrivée dans la caisse f passe dans le condenseur g, d’où elle est emmenée dans le canal i par le tuyau k.
- En 1822, Thomas Leach, de Londres, fait breveter un dispositif permettant l’utilisation directe de la vapeur sur une roue à aubes.
- Thomas Pool (de Manchester), 1823. — L’arbre creux D forme (fig. 9 et 10) corps avec plusieurs bras E, qui portent à leurs extrémités des ouvertures de réaction G.
- La vapeur emmagasinée dans le réservoir B pénètre par cet arbre dans les bras E et, en s’échappant par les ouvertures G, communique un mouvement de rotation au système RE.
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- Giudicelli, 1825. — La figure 11 représente l’appareil tournant comme l’indique la flèche, avec un mécanisme pour arrêter la face qui s’ouvre à une distance convenable, et la refermer.
- La face a b s’est ouverte par la rencontre des extrémités de la barre i avec deux plans inclinés. Le tour niquet k l m tournant sur /, l’a arrêté par son extrémité m; no en tournant, pousse l’extrémité k, et l’extrémité m ferme alors la face ab, au moyen du plan incliné ap qu’elle porte en dehors; k linit par échapper au rayon qui le pousse. Quand le rayon est au points, les conduits se trouvent dans la disposition convenable pourque la vapeur arrive ; quand il est au point t, la vapeur n’arrive plus et la boîte s’ouvre comme au point n, pour se refermer de la même manière et recevoir la vapeur au point u.
- L’extrémité m du tourniquet à cause de son plan incliné cède dans le sens de la flèche, au tuyau qui arrive, et reprend sa place ensuite.
- La charnière l tient au cercle Jvtz fixe qui, lui-même, tient à la boîte.
- Real et Pichon, 1827. — Dans ces machines, le jet continu de vapeur agit soit par impulsion, soit par réaction.
- Le cylindre a (fîg. 12 et 13) se compose de la superposition successive de plusieurs disques ou chapeaux fixes b (fig. 13), emboîtés l’un sur l’autre et fixés au moyen de deux fonds c et d (fig. 12), reliés par des boulons.
- L’arbre /, plein ou creux, a la forme d’un cône très allongé, sur les côtés duquel sont pratiqués des épaulements, dont chacun doit recevoir une roue portant à sa circonférence des aubes planes ou palettes h (fig. 14) destinées à recevoir l’impulsion de la vapeur dirigée sur elles presque perpendiculairement à leur surface.
- La vapeur de la chaudière arrive par le robinet i (fig. 13), et remplit d’abord t’espace k, d’où elle se précipite par les issues l (fig. 15), pratiquées dans la circonférence des disques fixes b, qui recouvrent chacune des roues g sans les toucher.
- Les issues /, percées obliquement sur cette circonférence en forme de gorge circulaire, sont pratiquées de manière que leur direction soit perpendiculaire aux sur-
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- Fig.;). — Roue à vapeur de Peel (1823).
- Fig. U. — Roue à vapeur de Giudicelli (1825).
- Fig. 10. — Roue à vapeur de Peel. Elévation.
- Fig. 12. — Turbine Réal et Pichon (1827). Vue de l’ensemble.
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- ROUES ET TURBINES A VAPEUR.
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- faces planes des aubes h, que le jet continu de vapeur chasse devant lui. Après avoir produit dans ce premier disque tout l’effet dont il est capable, le jet de vapeur passe dans l’espace immédiatement inférieur formé par la gorge circulaire du deuxième disque b, où le meme jet agit une seconde fois sur la seconde roue à aubes; après avoir parcouru successivement tous les disques, la vapeur arrive au dernier, d’où elle s’échappe par l’ouverture n, pour ôlre condensée en partie ou en totalité.
- A la partie inférieure de l’axe du cylindre est fixé un pignon u, qui commande l'arbre de transmission r par le train o p q.
- Fig. 13. — Turbine Réal et Pichon. Coupc d’une partie du cylindre.
- Fig. 14. — Turbine Réal et Pichon. Plan d’une roue.
- O
- Fig. 15. —Turbine Réal et Pichon. Plan du disque recouvrant les roues.
- La figure 16 représente un autre système des disques Réal. La vapeur sortant avec la vitesse produite par sa tension réagit sur la paroi opposée à chacun des orifices c' d', détermine la rotation du disque et, par conséquent, celle de l’axe f, sur lequel les disques b sont fixés.
- Au sortir de ces issues, la vapeur se précipite dans le disque immédiatement au-dessous, par des ouvertures semblables à celles a’ b', puis, de là, dans le suivant, et ainsi de suite.
- La vapeur agit ici par réaction au lieu de par impulsion, comme précédemment.
- Fig. 16. — Moteur à réaction Réal. Plan.
- Fénéon, 1828. — Si, dans un tube ayant une surface et une longueur déterminées, on introduit un certain volume de vapeur, cette vapeur pressera le fond du tube, et, s’écoulant ensuite, réagira pendant tout son trajet; « la moitié de la force développée dans ses changements successifs de volume — dit l’auteur — se transmet encore au fond du tuyau, et tend à le mettre en mouvement. »
- On obtiendra, d’un semblable appareil, le maximum d’effet dans le cas où la longueur du tube sera telle, qu'en ayant égard au mouvement que l’élasticité du gaz communique à ses propres parties, il ait le temps de se dilater complètement pendant son trajet et de sortir, sous la pression de l’atmosphère, avec une vitesse absolue nulle.
- Le principe de cette machine est, comme on le voit, de produire de la vapeur à une haute pression et de l’introduire à cet état dans un long tube ouvert à une de ses
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- extrémités, fermé à l’aulre, où elle agira d’abord par sa tension immédiate, puis par sa force de détente.
- La ligure 17 donne l’idée d’une machine de ce genre.
- A un volant en fonte, sont attachés plusieurs tubes moteurs avec leurs têtes; les tubes radiaux aboutissent àun tambour, dans lequel la vapeur est introduite parun manchon qui entoure l’arbre du volant et auquel le tuyau amenant la vapeur de la chaudière est relié avec lui par un joint tournant. On peut régler facilement la puissance et la vitesse de celte machine en ne mettant enjeu qu’un certain nombre de tubes moteurs. On peut aussi, en plaçant plus de tubes, augmenter la force. En plaçant les
- Fig. 17. — Moteur à réaction Fcnéon. Élévation.
- tubes moteurs d’un côté du volant en sens inverse de ceux de l’autre coté, on aurait une machine à changement de marche et réversible.
- Stoddard, 1835. — La figure 18 représente un bras moteur B, avec l’indication de la conduite de vapeur C. La figure 19 est une coupe d’un appareil monté, dans lequel la vapeur arrive par le tuyau 4 et l’arbre creux.
- Sur la figure 20, nous voyons une ouverture 3,pratiquée dans l’enveloppe de l’appareil pour l’échappement de la vapeur.
- Poole et Pilorge, 1833. — Divers détails de cette machine rotative sont représentés sur les figures 21 à 23.
- Elle se compose d’un axe creux na, tournant dans deux boîtes à étoupe bb', et se termine par un bras également creux ce, percé de deux trous dd', pratiqués à chacune des extrémités du bras.
- La vapeur, amenée par le tuyau e dans l’axe a et le double bras cc, s’échappe en jet continu par les ouvertures dd'.
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- ROUES ET TERRINES A VAPEUR.
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- « La vapeur, pour s'échapper, éprouvant, de la pari de l'air, une résistance d’autant plus forte que sa propre vitesse ou pression est plus grande, fait fuir, sous cette résistance, et toujours dans un sens opposé, dit l’auteur, le bras par l’extrémité duquel elle; s’échappe.
- « Le bras ce, dans son mouvement, entraîne l’axe aa, avec lequel il fait corps et qui
- Fig. 18 et 19. — Moteur à réaction Stoddard (1833). Coupe d’un bras moteur et de l’ensemble du moteur.
- A
- Fig 20. — Moteur à réaction Stoddard. Détail.
- porte une poulie f, servant à communiquer le mouvement et la force de ce moteur, u Ce bras ayant 0,915 de longueur totale, c’est-à-dire environ 4(i centimètres d>e bras
- o c> T
- % _fc .
- Fig. 21 et 22. — Moteur à réaction Pool et Fig. 23 et 24. — Moteur à réaction
- Pilorge (1833). Détails du bras moteur. Pool et Pilorge. Elévation et coupe transversale.
- de levier, et chacune des ouvertures dd ayant 4 millimètres carrés de surface, la vapeur agissant sous une pression de cinq atmosphères, ce bras fera près de quatre mille tours par minute, et communiquera à l’axe a et à la poulie /' une force égale à celle d’une machine ordinaire de dix chevaux. »
- Pour éviter le refroidissement par l’air ambiant et la résistance que celui-ci pour-
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- ARTS MÉCANIQUES.
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- rait opposer au mouvement, on enveloppe le bras cc (fig. 21) par deux plateaux <jg, boulonnés ensemble par leur pourtour, dont l’un, percé d’un trou pour l’axe a , porte
- la boîte à étoupe b', ou même fait corps avec celle-ci; l’autre sert simplement de recouvrement, et peut aussi faire office de base ou de support.
- La forme de ces plateaux doit être telle qu’elle oppose le moins d’obstacle possible au mouvement de rotation du bras dans un sens et qu’elle laisse une libre issue au courant de vapeur dans l’autre sens. De là, nécessité, pour ainsi dire, d’isoler ces deux courants et, par conséquent, de rétrécir circu-lairement l’espace entre les deux plateaux vers l’extrémité du rayon du bras, en jj, de sorte que l’enveloppe forme comme deux chambres distinctes : l’une hh, dans laquelle se meut le bras cc, qui, dans sa rapide rotation, y fait sa place et peut-être son vide; l’autre jj, formant un conduit circulaire pour le dégagement de la vapeur qui s'échappe par l'ouverture tangentielle k, à laquelle on fixe lin tube b, qui conduit la vapeur en dehors si on ne l’iitilise pas autrement.
- Jacquemct, 1837. —Jacquemet se pose le problème de trouver le moyen de modérer sans perte d'effet utile la vitesse d’écoulement des vapeurs à haute pression et d’uLil iser
- Fig. 2G. — Moteur à réaction Jacquemct (1837). Élévation et coupe partielle.
- en mémo temps la puissance quel’onpeut enobtenir en les détendant successivement. Son système consiste à modérer cette vitesse par l’interposition d’un liquide quel-
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- ROUES ET TURBINES A VAPEUR.
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- conque qui, sous une pression de plusieurs atmosphères, s’échappe avec la vitesse qu’on peut lui donner en pratique aux orilices d’écoulement.
- La nature de ce liquide peut varier suivantl’usagc auquel il est destiné; mais il est beaucoup plus avantageux d’employer des liquides qui ne se vaporisent pas, qui ne se décomposent et ne se volatilisent qu’à une très haute température, les huiles grasses par exemple.
- Les figure 26 et 27 représentent l’élévation et le plan d’une machine rotative à détente complète et sans condensation.
- Voici comment marche l’appareil.
- Aussitôt que, par la position du distributeur c, la vapeur vient presser sur le
- Fig. 27.— Moteur à réaction Jacquemet. Plan.
- «, tuyau d’introduction de vapeur; — b, robinet de l'introduction, soumis à un modérateur à force centrifuge; — c, robinet tournant pour la distribution de la vapeur, commandé par un engrenage correspondant à l'arbre moteur, mettant alternativement chacun des cylindres [f en communication avec le générateur puis avec le tuyau d’évacuation d ; — ee, tuyaux d’introduction de la vapeur dans les cylindres, se fermant par c au moment oit la vapeu rne doit plus agir qu’en se détendant; — y,cylindres communiquant avec le tuyau g, qui conduit le liquide dans l’appareil et avec le tuyau h. communiquant avec la chemise de l’appareil ; — ü, soupapes fermant le tuyau g et s’ouvrant pour laisser échapper le liquide lorsque la pression existe dans l’intérieur du cylindre /correspondant; — j, soupape fermant le tuyau A lorsque la pression existe dans l'intérieur du cylindre et s’ouvrant au moment de l'évacuation delà vapeur pour laisser entrer alternativement,dans l'un et dans l’autre des cylindres, le liquide qui jaillit de l'appareil daus l’enveloppe m ; — A,boîte recevant le liquide comprimé, dans laquelle pivote l’arbre moteur et qui est hermétiquement fermée par une boîte à étoupe; — 6, arbre moteur creux dans sa partie inférieure et percé, eu k, de plusieurs ouvertures latérales; — m, enveloppe fermée au moyen de deux boîtes à étoupe et; communiquant alternativement avec celui des cylindres qui se trouve en communication avec l'atmosphère ; — n, barres de fer boulonnées sur la partie carrée de l’arbre; — o. tuyaux communiquant avec la partie creuse do l’arbro s’appuyant contre les barres de fer auxquelles ils sont liés, et percés, à leur extrémité, d’un orifice latéral.
- liquide contenu dans l’un des cylindres f, le refoulement du liquide fait fermer brusquement la soupape j et ouvrir la soupape i de ce cylindre.
- Le liquide, se précipitant dans le tuyau g, maintient fermée la soupape i de l’autre cylindre et passe, par A/, dans la partie creuse de l’arbre moteur, monte dans l’appareil, se précipite dans les tuyaux o,dont il s’échappe à la circonférence, par les orifices latéraux, sous une pression égale à celle de la vapeur, en communiquent à la machine, par réaction, un mouvement de rotation qu’accélère' encore l’effet de la force centrifuge.
- La vapeur agissant alternativement dans l’un et dans l’autre des cylindres//’, qui se
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- ARTS MÉCANIQUES. -
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- remplissent aussi alternativement du liquide qui s’y écoule par son propre poids aussitôt que l’évacuation se trouve ouverte, produit un mouvement de rotation continu.
- A la mise en marche, une certaine quantité de vapeur se condense par son contact avec l’huile à la température ordinaire; mais, au bout de quelques instants, l’huile ayant acquis toute la chaleur que ce contact peut lui donner et ne la perdant pas, puisqu’elle ne se trouve pas en contact avec l’air extérieur, la vapeur agit presque sans perte.
- Passot, 1838. — La figure 28 représente une coupe de la roue Passot, perpendiculaire à son axe. Cette roue se compose essentiellement d’un tambour ABC, autour ou
- sur les côtés duquel sont fixés des appendices creux, ayant la forme de cornues. On remplit l’appareil d’eau jusqu’à une certaine hauteur, puis on porte la température au point d’ébullition en chauffant principalement du côté E, où les cavités des appendices se trouvent dans une position renversée; alors l’eau de ces cavités se vaporise en partie, la vapeur dégagée en chasse le liquide ; ces espèces de cornues, devenues légères, s’élèvent, pendant que l’eau refoulée par la vapeur remplit celles du côté I), à mesure qu’elles s’abaissent au-dessous de son niveau. Tel est le mode de formation et d’action de la vapeur pour obtenir immédiatement un couple de rotation continue.
- Burstall, 1838. — La figure 29 représente la section de la roue et des conduites de vapeur. La roue est montée sur un axe creux qui amène la vapeur.
- La figure 30 représente une roue, montée de façon à permettre le changement de
- Fig. 28. — Moteur Passot /1838 Coupe transversale.
- Fig. 29. — Moteur à réaction Burstall (1888). Coupe transversale.
- direction. Si l’on veut faire tourner l’appareil dans le sens de la flèche L, on lance la vapeur dans le bras B ; pour le faire tourner dans le sens de la flèche M, il faut introduire la vapeur dans le bras A.
- La figure 31 représente la section d’une machine double et la figure 32 l’application de cette machine à la traction. Sur les arbres de ces deux roues, sont fixées, de chaque
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- ROUES ET TURBINES A VAPEUR.
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- côté, des poulies à gorge B, qui attaquent, par cordes, d’autres poulies B', placées en dessous. Sur l’arbre de ces dernières, sont fixés des pignons G, qui engrènent avec les
- Fig. 30. — Moteur à réaction Burstall. Elévation.
- roues dentées C', faisant corps avec roues 1 de la locomotive.
- Fig. 31. — Moteur à réaction Burstall.
- Coupe d'une roue double.
- K, et, par conséquent, entraînant les
- Pellelan, 1838. — Les figures 33 et 34 représentent la pièce mobile ou roue du moteur et les figures 35, 36, l’ensemble du moteur.
- On y a figuré en 1 l’axe de rotation ; en 3, 3, 3, etc., les rayons courbes sur lesquels
- ET- C O O O O O
- Fig. 3:2. — Moteur à réaction Burstall, appliqué à la traction.
- le courant est dirigé ; en 3', 3', 3', etc., les pièces qui conduisent le courant de vapeur jusqu’à l’entrée des courbes; en 14, 14, 14, etc., les espaces par lesquels la vapeur arrive vers le canal central.
- La roue est fermée, sur ses deux faces, par deux plaques de tôle, qui vont jusqu’à la
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- ARTS MÉCANIQUES. ---- AOUT 1896.
- circonférence, mais dont l’une est ouverte au centre pour communiquer avec le tambour ou cylindre fixe loi, 13.
- 12, 12 est le plateau de fonte recevant le couvercle 13,13, qui ferme le cylindre fixe;
- U, le tambour en fonte qui permet l’évacuation des gaz par l’ouverture lfi ; 9, le tuyau qui amène la vapeur ou l’air comprimé; 8, le robinet qui règle l’entrée de la vapeur par l’in-jectour; 6-i, le canal qui conduit le mélange dans la machine et le projette tangentiellement sur les ailes du tambour; 7, l’espace dans lequel l’air extérieur est aspiré ; 15, l’ouverture à bride pour recevoir un tuyau qui amène de l’air du fourneau ou de tout autre point ;
- 2, 2, les paliers qui portent l’axe de la machine ;
- 10, le pignon d’engrenage, poulie bombée ou poulie à gorge, qui transmet le mouvement par engrenage, par courroie ou par une corde sans fin.
- Le cylindre en fonte extérieur est solidement fixé pendant que le tambour mobile tourne librement dans son intérieur. Les ailes sont courbes, de manière que le fluide entre toujours par la tangente et sort vers le centre
- u
- Fig. 33 et 3*.— Turbine à vapeur Pelle tan 1838'. Pièce mobile.
- Fig. 35 et 36. — Turbine à vapeur Pelletan. Coupe et vue d'ensemble.
- Dans une note présentée à l’Académie des Sciences, l’auteur dit que son système est principalement fondé sur l’action d’un jet de vapeur entraînant avec lui d’autres fluides élastiques. La vapeur est employée par impulsion et non par pression.
- (A suivre.)
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- ESSAIS DE CHAUFFAGE Ali PÉTROLE SUR DES GÉNÉRATEURS A FOYER AMOVIBLE
- exécutés a la société anonyme des établissements Weyher et Richmond
- |7DeLrale
- J\schauffeur
- 1° ESSAIS SUR UNE CHAUDIÈRE A FOYER CONCENTRIQUE N° 5
- Chaudière. —Les premiers essais ont été faits sur une chaudière « à foyer concentrique amovible » n° 5 de 36'“,50 de surface de chauffe, se décomposant en 21 mètres de surface intérieure (tubes et foyer) et 15"\o0 de surface extérieure (calandre et bouilleur supérieur).
- Le volume de cette chaudière est de -4450 litres, dont 3 450 litres pour l’eau (volume correspondant au niveau moyen). Elle faisait partie d’un groupe de deux générateurs accolés, dont le second, mis en pression à la manière ordinaire, c’est-à-dire par le chauffage au charbon, aservi égalementpour les essais,comme on verra plus loin.
- Pétrole.— Le pétrole employé,de provenance américaine, était brut et d’une densité sensiblement égale à 0kil,910.
- Brûleur. — Le brûleur était simple et du type « injecteur pulvérisateur » en bronze, de forme cylindrique et constitué (fig. f ) par un conduit de vapeur A, débouchant par un ajutage convergent au centre d’une tuyère D.Le pétrole et l’air, arrivant par B et C dans la chambre annulaire, se trouvent mélangés et projelés par le courant de vapeur sur un écran déflecteur en métal E, fixé sur la partie antérieure du brûleur et destiné à faciliter le brassage du mélange et de l’air comburant en même temps qu’à diriger le jet sur les points choisis du foyer.
- Installation. — Le pétrole a été placé dans un bac en charge au-dessus du brûleur de façon à avoir une pression d’arrivée de 0kil,300 environ sur la tuyère.
- Le tuyau d’arrivée, de 31 millimètres de diamètre intérieur, passait (fig. 2) dans une capacité ou réchaufteur maintenu plein d’eau à la température de 100° par une communication avec l’un des générateurs. Le pétrole arrivait donc au brûleur à une température approximative de 40° à 50°. Celte température était nécessaire pour faciliter, l’inflammation et aussi l’écoulement, étant donné le faible diamètre du tuyau d’arrivée d’une part, et, d’un autre côté, la nature visqueuse de l’huile employée.
- La prise de vapeur du brûleur était faite sur la deuxième chaudière, dont il a été
- Uo[!=_^
- -je
- Fig. 2. — In stallation du réchauffeur de pétrole.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- AOUT 1890.
- parlé plus haut. Le tuyau d’arrivée, de 12 à 15 millimètres de diamètre intérieur, passait dans un des tubes de ce générateur préalablement mis en pression. Cette surchauffe partielle permettait de souffler avec de la vapeur sèche et de pulvériser le mélange à une température plus voisine de celle de l’inflammabilité. Cette disposition permettait d’agir avec la chaudière d’expériences en la considéranl, en quelque sorte, comme faisant partie d’une batterie de générateurs à fonctionnement continu et facilitait la mise en pression, que l’on pouvait commencer directement avec le brûleur à pétrole, au début de chaque essai, sans avoir à faire un allumage au bois dans un foyer spécial, allumage long et difficultueux, comme on a pu s’en convaincre par des essais ultérieurs sur une machine du type mi-fixe. De plus, on a pu, de cette façon, laisser de côté la consommation de vapeur relative à ce soufflage et considérer seulement le résultat brut de la vaporisation sur la chaudière à pétrole. Il eût été cependant intéressant de mesurer cette quantité d’eau qui, en fait, doit entrer en ligne de compte dans la production réelle du générateur.
- Disposition du f<ojpr. — Les précautions étaient prises pour empocher les accidents
- Fig. 3 et 4.— Détail de la chambre de combustion du foyer.
- et les détériorations à la chaudière, principalement les effets de chalumeau et les coup de feu aux tôles du foyer qui auraient pu s’ensuivre. A cet effet, ce foyer, d'un diamètre moyen de 0m,60, a été garni, sur une longueur un peu plus grande que celle de la grille courante, d’une enveloppe en briques réfractaires. Cette enveloppe, formant voûte, était (fig. 3 et 4) montée sur un tube en tôle mince qui, construit en deux parties respectivement de 1m, 100 et de 0m,40 de longueur, pouvait à volonté être raccourci de sa partie amovible, de 0m,40, et permettait de faire porter ainsi l’essai sur des enveloppes protectrices ou foyers de longueurs différentes.
- La grille était constituée par trois rangées de briques à plat, taillées en biseau, d’inclinaison convenable pour faire arriver l’air presque normalement aux jets de pétrole et de vapeur. Les briques étaient placées en chicane dans chaque rangée. Leur écartement variable permettait ainsi de régler l’afflux et la vitesse de l’air aux divers points de la grille par une répartition rationnelle de la section totale des orifices.
- L’ouverture d’arrivée d’air (porte de cendrier) avait été calculée pour une vitesse ordinaire d’accès en tenant compte naturellement du volume d’air nécessaire à la combustion du pétrole.
- Le déflecteur cintré en coupe transversale(A) était (fig. 5) incliné de façon à projeter
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- ESSAIS DE CHAUFFAGE AU PÉTROLE.
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- le mélange enflammé vers le milieu de la longueur de la grille et réglé en longueur de façon à ne permettre, en aucun cas, l’atteinte par le jet de flamme direct des clôtures B (fig. 3) du foyer, situées au delà de l’enveloppe protectrice ou plutôt de la grille réfractaire. Ce foyer en briques, de forte capacité calorifique, devait servir également de volant de chaleur et faciliter la conduite du feu qui, d’autre part, pouvait être surveillé par des regards fermés par des plaques de Fl°' 5; — Coupe trans-mica et ménagés sur la plaque de fermeture portant le brûleur.
- Essais. — Suivantces dispositions, des essais ont été faits d’abord avec un déflecteur en fonte, mais qui a été rejeté comme rabattant la flamme trop près de la plaque d’avant, puis ensuite avec un déflecteur d’essai en tôle,d’un angle plus ouvert, et dont on a fait varier l’inclinaison par rapport au foyer de façon à allonger plus ou moins la flamme tout en restant dans les conditions de sécurité indiquées plus haut.
- On a reconnu, à cet effet, que la forme la plus convenable à donner en plan à cet appareil est la forme trapézoïdale a b c d (fig. 6). La forme ronde obtenue en détachant les parties hachurées paraissait donner naissance à des tourbillons de flamme dans le haut du foyer et, partant, à des irrégularités dans la marche de l’appareil du brûlage.
- Les premiers ^Humages ont permis de reconnaître que le temps nécessaire pour la mise en pression était un peu supérieur à celui employé pour les générateurs à chauffage courant à la houille (minimum 1 heure un quart). Ce résultat n’a rien de surprenant si l’on considère que le tube réfractaire diminue notablement la surface de vaporisation la plus active du foyer et que, rien que pour porter la brique à l’incandescence, il a, sans doute, fallu brûler au minimum de 8 à 10 kilogrammes d’huile de pétrole.
- Dans les premiers essais, la mise en pression était très difficile et la consommation n’a pu être supérieure à 23 litres de pétrole à l’heure. La section primitive des orifices de la grille (3,lmf‘,6 environ) ayant été reconnue insuffisante, cette section fut portée à 5,lmi1,1. Le nombre des orifices fut également doublé, tout en cherchant à répartir d’une façon rationnelle, ainsi qu’il a été dit plus haut, la progression de section de ces orifices, c’est-à-dire en étranglant la section de passage )en avant de la grille sous le déflecteur, et en ménageant au contraire un plus large accès vers les 2/3 de la longueur du foyer, précisément dans la zone de mélange de l’air et des jets de pétrole pulvérisé.
- Enfin, la section totale était, en dernier lieu, de 7 décimètres carrés pour le foyer de lm,50 de longueur.
- Lorsque l’on fut assuré de l’augmentation de dépense, un premier essai de vaporisation de 3 heures fut fait sur les données précédentes. La dépense totale du pétrole a été de 96‘,3, soit une moyenne de 32^3 par heure. Le volume d’eau vaporisée a été de 900 litres pour les 3 heures.
- Le poids de pétrole dépensé a été de 0,910 X 96,3 = 87k,800,
- Eau vaporisée par kilog. de pétrole :
- Fig. 6. — Déflecteur en tôle pour essais.
- 900
- 87,6
- 10k,250.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- AOUT 1896.
- — B
- Durant cet essai, qui a été conduit très doucement, la température observée dans le fourneau, à l’arrière du générateur et au-dessus du carneau de sortie de la fumée a été progressant de 210° à 235u, maximum atteint en forçant un peu l’allure.
- Pression constante : 6 kilogs.
- Les essais suivants ont permis de s’assurer que l’on pouvait faire varier dans de grandes limites la production de la chaudière en relevant le brûleur et son déflecteur,
- c'est-à-dire, en modifiant suivant A B (fig. 7 ) la direction m n de l’ajutage et par suite l'amplitude de la llamme.
- Cette méthode de conduite du feu, surveillée attentivement, a fait atteindre une vaporisation de 12k,600 environ parkilog. de pétrole et de 500 kilogs à l’heure, égale à la production de la chaudière en bonne marche. On a atteint, Flo- comme consommation de pétrole, environ
- 38 kilogs à l’heure.
- Les températures avaient été prises dans le retour de la flamme du foyer à l’aide du pyromètre « Le Chatelier ». La température trouvée variait de 900° à 950,J. A l’arrière de la chaudière, dans le fourneau, on avait couramment 230u à 235°, avec un maximum de 230°. Les mêmes mesures prises, dans des conditions identiques de fonctionnement, sur la chaudière auxiliaire chauffée au charbon, n’ont donné que 800u comme température dans le retour de flamme, tandis qu’on n’a pu dépasser 220° à l’arrière de la chaudière, au-dessus du registre.
- Le tube foyer fut ensuite diminué de sa partie amovible de 0m,40. Les orifices de la grille, réduits à 5,3 ou 6 décimètres carrés de section totale, furent répartis comme précédemment, en en multipliant le nombre, et l’on put augmenter la consommation de pétrole jusqu’à 45 à 50 litres à l’heure, en même temps que la durée de mise en pression descendait jusqu'à une heure ou une heure un quart environ.
- Les nouveaux essais de vaporisation ont alors donné, à l’allure normale, une production de J 2k,300 d’eau par kilog. de pétrole, en même temps qu’une production de 514 kilogs de vapeur à l’heure, soit 14k,200 par mètre carré de surface.
- Les températures observées au retour de flamme n’ont pas été supérieures à 850° (800° moyenne) et à 230° à 235° à l’arrière de la chaudière.
- La combustion était réglée par l’observation de la cheminée, qui doit, en marche régulière, laisser échapper une fumée jaunâtre et très peu apparente. L’apparition de fumée noire nécessitait naturellement la manœuvre séparée ou simultanée des valves de vapeur et de pétrole.
- En pratique, il serait nécessaire d’établir une crépine de prise dans le réservoir à pétrole. On a pu constater en effet que, étant donné la faible vitesse du liquide et l’étranglement des valves, le moindre corps étranger pouvait amener des perturbations dans la marche du brûleur. Ces perturbations peuvent conduire à des extinctions, et, que ce soit pour cette cause ou pour une autre, le rallumage devient, dans certains cas, assez délicat : l’eau condensée dans le tuyau de vapeur et projetée sur le foyer, ainsi que l’huile ayant coulé à l’arrêt sur des briques portées au rouge, peuvent produire, au moment de l’ouverture des robinets, une déflagration qui se traduira souvent par un retour au dehors de la flamme et des gaz n’ayant pu trouver le dégagement nécessaire dans le foyer et les tubes.
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- ESSAIS DE CHAUFFAGE AU PÉTROLE.
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- Conclusion. — Il résulte de ces expériences que, dans les conditions d’installation spécifiées : charge du pétrole, réchauffage, surchauffage, dimensions du foyer, de la prise de vapeur, accès d’air, etc., on peut vaporiser 12\500 d’eau par kilog. cle pétrole.
- Le volume d’air nécessaire à la combustion, déduit de la composition chimique du pétrole, paraît devoir être pris égal à 25 mètres cubes environ par kilog. de ce combustible, et les orifices du cendrier et de la grille doivent être déterminés pour obtenir une vitesse de passage d’air variant de 4,,l,50 à 6m,50 par seconde.
- 11 est bien entendu que ces chiffres n’ont rien d’absolu, se rapportant surtout à l’installation et aux essais décrits, et qu’ils peuvent être notablement modifiés par d’autres conditions ou données, que l’appareil soit d’un autre type ou même similaire, mais de force différente.
- Ces résultats font encore ressortir ce qui a déjà été reconnu précédemment : que les vaporisations obtenues avec de la houille et des huiles lourdes de pétrole sont sensiblement proportionnelles aux puissances calorifiques de ces combustibles, soit, en gros, dans le rapport de là 1,5 pour le cas qui nous occupe. Au cours des essais, on a choisi 11 000 calories comme chiffre représentant le pouvoir calorifique de l’huile de pétrole employée. On peut aussi en déduire que l’utilisation, en pour 100 de la chaleur totale, est sensiblement la même dans les deux cas de chauffage : à la houille et aux huiles lourdes de pétrole.
- 2° ESSAIS SUR UNE MACHINE MI-FIXE
- Pour compléter les essais dont il est rendu compte ci-dessus, on a répété l’installation sur une machine mi-fixe n° 3, de la force maximum de 10 chevaux-vapeur, et dont la surface de chauffe était de 7mi,60.
- Le foyer, le volume d’air et sa vitesse d’accès (minimum de vitesse) avaient été déterminés à l’aide des résultats obtenus précédemment.
- Pétrole et air
- Fig. 8. — Detail de Tinjocteur de pétrole de la machine mi-fixe (grandeur d’exécution).
- Le frein ayant été mis sur la machine, la force a été produite très régulièrement pendant une demi-heure, à la pression moyenne de 6k,900. Pendant ce temps, la consommation d’huile combustible a été de 9',8 soit :
- 9,8 X 0,91 X 2 = 17k,050 à l’heure,
- ou encore de tk,785 de pétrole par cheval et par heure.
- Tome I. — 95e année. 5° série. — Aoiit 1896.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- AOUT 1896.
- La température, observée au pyromèlre « Le Ghatelier » dans le retour de la flamme, a été, en moyenne, de 800°.
- Ces chiffres se rapprochent et sont plutôt au-dessus de ceux du rapport cité plus haut, puisque la consommation habituelle de charbon de la machine faisait prévoir, avant l’essai, une consommation de 18 kilogs de pétrole par heure pour la force, de 10 chevaux effectifs.
- Pour terminer, il peut être utile d’indiquer la forme et la dimension de l’injcc-teur employé en faisant remarquer qu’on a diminué (fig. 8) l’orifice de vapeur par un ajutage rapporté, en bronze, de 3 millimètres de diamètre, pour l’essai sur mi-fixe, et qu’on en a obtenu un résultat satisfaisant. Cette réduction de l’orifice avait été cependant tentée vainement lors des premiers essais sur les chaudières n° 5, et abandonnée à la suite d’obstructions incessantes empêchant le bon fonctionnement de l’appareil.
- L. Le CllATELIER.
- OUTIL CIRCULAIRE DE C. A. SMITH
- Nous avons décrit, à la page 895 du Bulletin de juin 1896. une ingénieuse application des outils circulaires ou à molettes faite par Richard* aux alèseurs, fraises, etc.; les figures 9 à 13 représentent une autre application de ce genre d'outils à des machines pour travaux de précision, récemment inventée par M. Curtis A. Smith, ingénieur de la fabrique de montres d’Elgin.
- .M K
- L’outil circulaire A, à tranchant est serré sur le porte-outil B par l’écrou E de son axeU, à épaulement d\ manchon P, ajustable par les vis QQ, et pignon hélicoïdal d, en prise avec la vis G, sur laquelle est calé le rochet H/t et montée à frottement, en K, la douille % du doigt I. Cette douille carrée porte un rochet Ll, appuyé sur 11/t par un ressort M, et ne l’entraînant que dans un seul sens, chaque fois que le doigt I vient, à la fin du travail de l’outil rencontrer un taquet tel que Nn par exemple (fig. 13).
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- EXCAVATEUR FUNICULAIRE MILLER.
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- Il en résulte, qu’à chaque passe, l’outil tourne d’une petite quantité, de manière à attaquer toujours son travail par une coupe absolument fraîche.
- EXCAVATEUR FUNICULAIRE MILLER
- Cet excavateur, analogue à celui de Hall (1), fonctionne comme il suit, au moyen d’un système de transporteurs par câbles Lidgerwood, à parachutes Miller, semblable à celui décrit à la page 831 du Bulletin d’octobre 1894.
- On reconnaît facilement sur la fig. 15 les principaux éléments de ce transporteur : en A, le câble porteur du chariot E, ou câble principal ; en J, la corde de traction du chariot sur A ; en I, la corde de levée; en K, les parachutes de Miller.
- L’écope G, levée par la corde I, est pivotée autour de deux axes (17-18) et (13-14) (lig. 17).
- Pendant son travail et son transport, les taquets 23, 24 pivotes en 26, 27 sont appuyés sur l’étrier 1 b -16 de manière à empêcher l’écope G, tirée par 19, de pivoter autour de 13-14 L’écope se remplit ainsi, sous la traction du câble I par le treuil D (lig. 14), aidée au besoin par la pesée de l’ouvrier sur les manchons II, puis se transporte au point de déversement ou de vidange.
- En ce point, la traverse 35 de la chaîne 33 (lig. 16) vient se prendre au crochet 40 du bas-culeur 44, de sorte que, à la descente de l'écope, la chaîne 33, ainsi immobilisée, commencera
- (1) Bulletin de mars 180(1, p. 130.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- AOUT 1896.
- par amener, au moyen (lu taquet 37, l’étrier 36 dans la position indiquée en pointillés(fig. 17), oii les taquets 23, 24, amenés au droit des creux 28 et 29 de l’étrier 13-16, permettent à l’axe 13-14 de se placer dans la verticale de 17-18-19; puis, l’écope continuant à descendre, la traction de la chaîne 33 sur la maille 32 la fait basculer facilement dans la position indiquée en pointillé (fig. 13) limitée par la butée des talons 30, 31 sur 13 et 16. Après la vidange de l’écope, sa leéve ramène, par 32 et 38, le taquet 36 et l’écope à leurs positions primitives, la bascule, au retour de E, étant limitée par les taquets 20 et 21.
- MACHINE SOUFFLANTE d’aLLIS
- Ces machines se composent (fig. 19à 21) de deux cylindres soufflants verticaux à double effet, placés au haut du bâti, et dont les pistons, reliés directement à ceux des deux cylindres correspondants de la machine motrice compound logés dans le bas du bâti, ont leurs tiges articulées, par des menottes ha, au balancier Ac, relié lui-même, par la bielle B, a' à l’arbre de couche. Les mouvements respectifs des quatre pistons soufflants et moteurs sont ainsi réglés et conjugués par le balancier A.
- Dans chacun des cylindres soufflants, les orifices d’aspiration et de refoulement sont commandés, de l’axe c : les premiers par des robinets Corliss, au moyen de renvois ordinaires à
- plateau, et les seconds par des soupapes d’un type particulier, au moyen des renvois c f i j k l m, indiqués en détail sur les figures
- Chacune des soupapes de refoulement est (fig. 42) constituée par une valve cylindrique E, en acier étiré, guidée à frottement doux en r, et dans laquelle se meut, également à flottement doux, le piston D, que les axes m et j (fig. 19) commandent par les renvois o q et n q (fig. 22).
- Quand les pistons des cylindres soufflants sont au milieu de leur course, les différentes pièces du mécanisme de commande des soupapes de refoulement occupent les positions indiquées en figure 22, où, pour chacune de ces soupapes, I) est le plus éloigné possible de E, de sorte que E se trouve, par la pression même qui règne dans le cylindre soufflant, appliquée
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- ESSIEUX ET PALIERS A BILLES DE LA BALL BEAR ING G°.
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- contre le piston D, alors presque immobile, et ouvre en grand, comme en ligure 20, l’orifice de refoulement; mais ce mouvement a sa rapidité atténuée parle matelas d’air confiné entre E et D,'dont l'échappement s’opère d’abord vivement par les trous t du piston et s de E, puis par t seulement. La soupape E vient donc toucher D presque sans choc, puis ce piston s’approche graduellement de son siège à mesure que le piston soufflant s’approche de la tin de sa course. En ce moment, 1) se trouve le plus près possible du siège de E, qui s’y applique parce que l’air delà conduite de refoulement, où la pression est alors plus forte que dans le cylindre de refoulement, pénètre entre D et E par les trous s, comme en figure2l .Après cette fermeture graduelle, le piston D revient à sa position primitive, laissant E libre de se rouvrir de nouveau, dès que la pression dans le cylindre soufflant dépassera de nouveau celle du refoulement, toujours équilibrée sur D par les orifices u. Dans les soupapes du bas, leur poids est équilibré (fig. 21' par un ressort v.
- Ces machines fonctionnent avec un excellent rendement et une grande douceur. Parmi les types les plus récents, on peut citer douze de ces machines fournies aux aciéries de Carnegie, à Pittsburg. Les cylindres moteurs, à distribution Reynolds (1) ont un mètre et lm,98 de dia-
- J n-^P
- Fig. 22. — Machine soufflante d'Allis. Détail de la commande des soupapes d’aspiration.
- mètre sur 1m,52 de course, la même que celle des cylindres soufflants, de lm,93 de diamètre : poids de chaque machine 270 tonnes ; pression d’admission de la vapeur 9 kilogr. ; du refoulement de l’air de 1,15 à 1,80 kilogr. ; vitesse 50 tours par minute; dépense garantie 6ldl,80 de vapeur sèche par cheval-heure indiqué. Chaque machine est pourvue d’un condenseur indépendant.
- ESSIEUX ET PALIERS A BILLES DE LA « BALL BEARING C° » DE BOSTON
- Ces essieux et paliers, construits d’après les brevets Simonds (2), sont très répandus aujourd’hui aux États-Unis.
- L’essieu monté et ses différentes pièces détachées sont représentées parles figures 23 à 36.
- Le corps de l’essieu commence, à partir du collet, par une portée cylindrique de gros diamètre, qui le renforce en son point le plus exposé aux ruptures. A partir de cette portée, qu’enveloppe le manchon ou corps de boite (fig. 25) en acier trempé, commence la partie conique de l’essieu, que termine une partie cylindrique de petit diamètre, également enveloppée d’un
- (1 ) Bulletin d’août 1894, p. 523.
- (2) Bulletin de décembre 1893, p. 875.
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- Fig. 2:}. — Ensemble de la garniture.
- Fig. 2o. — Corps de la boîte. Fig. 26. — Douille de roulement.
- Fig. 37. — Garniture de droite. — Fig. 38, démontée et montée.
- Fig. 23 à 41. — Essieu à billes de la Bail Bearintj C".
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- ESSIEUX ET PALIERS A BILLES DE LA BALL BEARING C°.
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- manchon, ou douille de roulement (fig. 26) et prolongée par une vis sur laquelle se pose l’écrou (fig. 39) retenu par une clavette. Sur l’essieu s’enfile la boîte (fig. 25) garnie de troi manchons ou fourrures intérieurs en acier trempé. Dans les deux premiers à partir du collet s’emmanchent les cages à billes (fig. 41) dont les billes portent le poids de l’essieu et sou
- Fig. 42. — Garniture de collet de gauche (fig. 23). Fig. 43. — Écrou de fermeture de la boite (fig. 25). Fig. 42 à 43. — Essieu à billes de la Bail Bearing C".
- pourvues des jeux suffisants pour en assurer le libre roulement. La troisième fourrure, représentée en détail par la figure 37, reçoit deux cercles de billes de butée sur rondelles, en acier trempé, dont l’une, celle du milieu, reste fixe, serrée sur l’essieu, tandis que les deux autres tournent avec la boîte. Cette boîte se visse à l’arrière sur le filet de la garniture du collet, représentée en détail par la figure 42. Cette garniture se compose de deux fourrures en feutre
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- H 80
- NOTES DE MÉCANIQUE.
- AOUT 1806.
- gras appuyées l’une sur l’extrémité droite de la grande portée de l’essieu et l’autre sur une troisième fourrure engorgée dans le collet. Le collet est entaillé d’une rainure ou gorge hélicoïdale avec pas à droite expulsant, automatiquement son cambouis, et la portée cylindrique d’une gorge avec pas à gauche ramenant l’huile à la boîte. A son autre extrémité, la boîte est fermée par l’anneau de butée (fig. 40) et l’écrou étanche (iïg. 43).
- On voit que, dans ce système, toute l’usure se répartit sur les manchons ou douilles de roulement faciles à remplacer. La boîte et l’essieu ne s’usent pas.
- La boîte d’un essieu de 35 millimètres de diamètre a 200 millimètres de long, 71 millimètres de diamètre à un bout, 03 à l’autre, et coûte 100 francs.
- Les paliers à billes représentés par les figures 37 à 42,également à lanternes et à bagues,
- Fig. 47.
- - Palier crapaudiue Fig. 48. — Crapaudine simple. Fig. 40 et 30. — Crapaudine à collets, à collets.
- Fig. 47 à 50. — Paliers à billes de la Bail Bearing C°.
- ont été l’objet de nombreux essais. Avec des billes de 55 à 63 millimètres, le coefficient de frottement varie de 0,0023 à 0,003 en charges faibles : il augmente très peu avec la charge; il augmente avec la vitesse, mais beaucoup moins vite que proportionnellement à la racine carrée de cette vitesse. Un palier à garniture Babbitt chauffait avec un bon graissage sous une pression de 14 kilos par centimètre carré et à 800 tours : avec une garniture à billes, il peut marcher, sous la même pression, à 1200 tours, on a pu marcher à 1008 tours sous une pression de 20 kilog. Le frottement des garnitures à billes est évalué, par les constructeurs de ces paliers, au trentième environ de celui des paliers ordinaires.
- THANSMISSION HÉLICOÏDALE A BILLES WELLMANX
- Les figures 51 à 56 représentent l’une des nouvelles dispositions de cette ingénieuse transmission, déjà décrite à la page 897 de notre Bulletin de décembre 1894.
- Les billes, introduites par le bouchon 17, peuvent être retirées par le bouchon 18, et leur enveloppe 2 est fermée par deux fonds 6 et 6', ajustables au moyen de vis 7... 10, etc., permettant d’en régler les jeux de façon que les billes 14 n’attaquent les dents 3' du pignon 3 que par une
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- AVANTAGES DE LA SURCHAUFFE.
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- seule face (fig. 56), avec un contact aussi réduit que possible, sans engorgement dans leurcir-
- Fisr. 51 à 56. — Transmission hélicoïdale à billes Wel'mann.
- culation au travers de la diagonale lb. Les butées sur les plateaux 6 et 6' sont reçues par des billesë. Ce mode de transmission, employé avec succès aux Etats-Unis, mérite d’attirer l’attention-
- AVANTAGES DE LA SURCHAUFFE
- M. T hui'st on a récemment présenté à V American Society of Mechanical Enginccrs un important mémoire sur ce sujet, dont voici les principales conclusions.
- D’après les résultats de oO essais authentiques et bien exécutés, la surchauffe peut procurer une économie de 10 à oO p. 100 du combustible nécessaire avec de la vapeur humide, line surchauffe d’environ 55° suffit en général pour annuler complètement la condensation initiale pendant l’admission de la vapeuraux cylindres ; 8°à 10° suffisent pour réduire considérablement les pertes internes (influence des parois, etc.). La surchauffe, convenablement appliquée, économise de 2 à 10 fois le combustible dépensé à la produire, et d’autant plus que la surchauffe est plus faible ; en somme, elle est économique jusqu’au point où la température trop élevée détruit rapidement le surchauffeur. La moyenne de 52 cas examinés donne une économie de 26 p. 100 pour une surchauffe de 60°. Avec une surchauffe plus faible, d’environ 30°, on peut, notamment dans les compound, compter sur une économie moyenne de 20 p. 100.
- La surchauffe agit uniquement comme moyen préventif réduisant considérablement, et par une dépense relativement faible de chaleur, la perte résultant de la condensation initiale; elle est supérieure, pour diminuer ces pertes, à l’enveloppe de vapeur et même à la multiple ex-
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- AOUT 1806.
- pansion ; elle réduit, en outre, les pertes dues aux résistances d’écoulement que la vapeur humide et plus dense oppose1 à l’échappement et à. l’admission, améliore le vide du condenseur, le rendement de la pompe à air, et diminue la dépense d’eau de condensation.
- La surchauffe de 60° environ, suffisante pour presque annuler les perles de condensation initiale, n’a plus aucune action nuisible sur la durée des cylindres depuis l’adoption des garnitures métalliques et du graissage par les huiles minérales. La principale difficulté est de construire, sans trop obstruer la chaudière, un surchauffeur à la fois eflicaee, sûr et durable.
- Plus une machine est mauvaise, plus son rendement pourra être amélioré parla surchauffe: les petites machines en profiteront pl us que les grandes, les lentes que les rapides et les simples que les eompound, d’autant plus que les détentes y sont plus multipliées.
- La surchauffe doit être d’autant plus élevée que la machine est plus défectueuse sans elle, et cette surchauffe devra non seulement être appropriée à la puissance etau type de la machine, mais pouvoir se régler conformément aux variations de cette puissance et de la détente.
- L’économie de la surchauffe peut s’évaluer, en moyenne, à peu près comme il suif .
- Rapport de la porto par condensation
- Pression de la vapeur Condensation à la dépense de combustible exigée Decré
- à sans pour la de
- Type de machine. l’admission. surchauffe. suivhautfe. surchauffe
- Simple kil. •'1,5 à 7 pour cent. 50 à 30 ’j degrés. lit»
- Conipound 5, à 9 30 à 20 3 i-J
- Triple expansion 9, à 13 20 à 10 2 30
- La conslruHion d’un surchauffeur durable et efficace,permettant d’adapter sa température et sa pression aux besoins du moteur, constitue aujourd’hui le problème le plus important de la machine à vapeur, avec la recherche d’un moyen permeltant de rendre les parois intérieures du cylindre complètement non-conductrices et d’éviter ainsi tout à fait les pertes par coud en sation initiale.
- POMPE A AIR EDWARDS
- Cette pompe à air verticale se distingue des autres par l’absence des clapets de pied. Au bas de sa course, le piston conique refoule ou transvase l’eau au-dessus de lui par les ouvertures
- Fig. 57 cl 58.
- du corps de pompe qu’il vient de découvrir et qui, d’autre part, offrent à l’air un libre passage non seulement pendant la course montante ou aspirante du piston, mais aussi pendant le
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- PRESSE A EMBOUTIR BABOOX ET WILCOX.
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- transvasement même de l’eau, dont la vitesse favorise même l’entrée de cet air dans le corps de pompe. Les principaux avantages de ce système de pompe à air, outre la suppression des clapets du piston et du travail nécessaire pour refouler l’air au travers de ces clapets et de la couche d’eau qui les surmonte, sont de permettre de diminuer la hauteur de la pompe et d’en augmenter la vitesse. Ces pompes, construites par les Central Engine Works, à Ilartlepool, ont donné des résultats satisfaisants et commencent à se répandre en Angleterre.
- PRESSE A EMBOUTIR JSAIICOX WILCOX
- Cette presse, étudiée principalement pour l’emboutissage des ouvertures dans les chaudières : trous d'homme, etc., fonctionne comme il suit. Après avoir amené sur la tige C (fig. 58)
- Fig. 58 à G2.— Emboutissour Babcox Wilcox.
- la chaudière F, percée d'un trou ovale æ, de diamètre égal à celui de C, et disposé le collet de renfort j comme l’indique la figure 58, on place sur ce collet la matrice H, puis on visse sur C la pièce G, qui maintient H. Il suffit, ensuite, d’enfoncer en x, par le piston hydraulique B, le poinçon E, pour emboutir, comme l’indique la fig. 59, le trou x et son collet j, puis de dévisser G pour pouvoir enlever la chaudière F.
- G. R.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Juillet au 15 Août 1896
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac.........Annales de la Construction.
- Acp. . . . Annales de Chimie et de Physique.
- AM. . , . Annales des Mines.
- Ap . . . . Journal d’Agriculture pratique.
- APC . . . Annales des Ponts et Chaussées.
- At. . . . Annales télégraphiques.
- Bam . . . Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- Btp. . . . Bulletin du ministère des Travaux publics (statistiques).
- BmA. . . Bulletin du ministère de l’Agriculture.
- Ci. . . . Chronique industrielle.
- Co........Cosmos.
- CN. . . . Chimical News (London).
- Cs........Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- DoL. . . . Bulletin of lhe Deparlment of La-bor des Élals-Unis.
- CR. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- Dp. . . . Dingler’sPolytechnischesJournal.
- E...Engineering.
- E’..The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE.Eclairage Électrique.
- El.. . . Electrician (London).
- Elle. . . . L’Électricien.
- Ef.Economiste français.
- Es.Engineers and Shipbuilders in
- Scotland (Proceedings).
- Fi .... Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Ce. . . . Cénie civil.
- Gin. . . . Revue du Génie militaire.
- IC........Ingénieurs civils de France (Bul-
- letin.).
- le. ... Industrie électrique.
- lm.Industrie minérale de Saint-
- Etienne.
- IME . . . Institutions of Mechanical Engineers (Proceedings).
- IoB . . . Institution of Brewing (Journal).
- Ln. ... La Nature.
- Ms. . . . Moniteur scientifique.
- N. ... Nature (anglais).
- Pc. . . . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Pm . . . Portefeuille économ. des machines.
- Rgc.. . . Revue générale des chemins de fer,
- Pujds. . . Revue générale des Sciences.
- Ri. . . . Revue industrielle.
- Rmc. . . Revue maritime et coloniale.
- Rs .... Revue Scientifique.
- Rso . . . Réforme Sociale.
- RSL. . . RoyalSocietyLondon(Proceedings).
- Rt. . . . Revue technique.
- Ru. . . . Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- SA. . . . Society of Arts (Journal of the).
- ScP.. . . Société chimique de Paris (Bulletin).
- Sfp . . . Société française de photographie (Bulletin).
- Sy. . . . Bulletin de la Société de géographie.
- Sgc . . . Bulletin de la Société de géographie commerciale.
- Sie. . . . Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- St.ll. . . Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- St.Y . . . Socie'té industrielle du Nord de la France (Bulletin).
- SL. . . . Bulletin de statistique et-de législation.
- SuE. . . Stalil und Eisen.
- TJSR. . Consulat’ Reports to the United States Government.
- VDl.. . . Zeitschrift des Yereines Deutscher Ingenieure.
- ZOI.. . . Zeitschrift des Oesterreichischen Ingenieure und Arcliitekten-Ve-reins.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AOUT 1896.
- 1185
- AGRICULTURE
- Arboriculture fruitière en Floride. Lu. V* Août, 129.
- Assolements en Tunisie. Ap. 13 Août, 221. Batteuse Pecard. Ag. 18 Juillet, 100.
- Bétail. (Importation du — vivant et mort en Angleterre) Ap. 6 Août, 188.
- Betterave à sucre, recherches sur la (Desprez).
- Ap>. 30 Juillet, 154. Ag. 8 Août, 237. — Culture de la en France, Rgds. JO Juillet, 633. 15 Août, 675.
- Beurres. Falsifications des. Cs. 31 Juillet, 560. Café. Culture au Mexique. BmA. Mai, 311. Champignons. Industrie en France. JA. 14 Août, 766.
- Engrais. Réduction des nitrates par les bactéries. Technology Quarterly. Mars, 40.
- — le carbone. Ag. 18 Juillet, 108.
- — Oxydation des matières organiques du sol (Dehérain et Demoussy). CR. 3 Août, 278.
- — Scories de déphosphoration. Ap. iO Juil-let, 77.
- — Influence de la nature des terrains sur les récoltes (Grandrau). Ap. 23-30 Juillet, 113, loi.
- — Guano du Pérou. Ap. 30 Juillet, 156.
- — Scories. Influence sur les légumineuses. Ap. 30 Juillet, 158.
- — Phosphates de Tunisie (Cayeux). CR. 27 Juillet, 273. — de Picardie. CR. 3 Août, 290.
- — Superphosphate (le). Ag. 8 Août, 215. Forêts. Incendies de — en New-Jersey. FI. Août, 102.
- — Bois de Teck au Siam. Rt. 10 Août, 342. Grains. Insectes des. Ap. 6 Août, 197.
- Houblon. Culture en Autriche. BmA. Mai, 298. Labourage électrique Zimmermann. Elé. 18 Juillet, 33, 8 Août, 85.
- — Pouilleuses au concours de Moulins.
- Ap. 28-30 Juillet, 127, 129.
- — Charrue à vapeur Ingleton. £'. 24 Juil-
- let, 96.
- Lait. Écrémage du. Ag. 25 Juillet, 143.
- — Conservation et stérilisation. Ci. 20 Juil-
- let, 337, 2 Août, 350.
- — Mouillage du. Contrôle par l’examen du
- petit-lait. SUS. n° 94, 63.
- — Baratte de Laval. USR. Juillet, 496.
- — Radiateur Salénius. Ri. lor Août, 304.
- — Conservation par le chromate de potasse (Froideveaux). Fc. 15 Août, 155. Luzerne. Maladie de la. Ag. 8 Août, 238. Machines agricoles au concours de Cologne. VDI. 14 Août, 928.
- Plantes. Adaptation au milieu (de Varigny). Rs. Ier Août, 140.
- — plantations des villes. Co. 8 Août, 41. Pommes de terre. Couchage des tiges. Ag.
- 1er Août, 181.
- Scarificateurs au concours de Moulins. Ap. 6-13 Août, 192, 234.
- Viandes étrangères. Consommation en France. Ef. 18 Juillet, 75.
- Vignes. Moyen de reconnaître le vin de raisin. Ap. 14 Août, 238.
- — iiliguées. Ag. 18 Juillet, 95.
- — chlorosées : traitement par le sulfate
- de cuivre. Ap. 13 Août, 232. Traitement du Dr Ilassiguier. Ap. 30 Juillet, loi.
- — dosage de l’acidité des moûts. Ag.
- 1er Août, 184.
- — Conditions de production du vin (Muntz). BmA. Mai, 217.
- — Black Root dans l’Arm ag nac. BmA. Mai 285.
- CHEMINS DE FER
- Accidents. Déraillement de Preston. E’. 24 Juillet, 85, 89.
- — en Angleterre en 1894. Rgc. Juillet, 60. Chemins de fer japonais. Gc. 18 Juillet, 182.
- — anglais de 1850 à 1895. Rgc. Juillet, 28.
- — français. Recettes 1er semestre 1896. SL.
- Juillet, 72.
- — funiculaire de Prospect Mountain. Gc.
- 8 Août, 229.
- — mixte (adhérence et crémaillère) de
- Beyrouth Damas. Ri. 10 Août, 337. Frein Laycock. E. 7 Août, 191.
- Locomotives. Construction au Japon. E'. 17 Juillet, 66.
- — Compound du chemin de fer du Nord.
- Lu. 10 Août, 139.
- — Express du North Eastern. Er. 31 Juillet,
- 107. — du Pensylvania. Ry. Rgc. Juillet, 71.
- — Essieu coudé Webb. Rgc. Juillet, 73. Matériel roulant. Attelage Murrell. E. 24
- Juillet, 135.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- AOUT 1896.
- — Éclairage électrique des wagons-poste en Allemagne. Elé, 1er Août, 6o. Au gaz d’huile sur le Kaiser Ferdinand. Ri, 8 Août, 317.
- — portières des voitures de l’Ouest. Rgc.
- Juillet, 58.
- — Voitures de 2e classe du chemin de fer — de ceinture. R<jc. Juillet, 3.
- — Voiture restaurant de London and North Western. Rgc. Juillet, 73.
- Prise d'eau automatique Poage. E’. 14 Août. 162.
- Signaux et aiguilles électriques Siemens et Halske. Gc. 25 Juillet, 197 ; électriques américains EE. 1er Août, 204.
- — Compensateurs pour. Evans. E. 7 Août,
- 191.
- Trains nouveaux, services de. E'. 16 Juillet, 51.
- — à grande vitesse du Michigan Central.
- Rgc. Juillet, 73. Londres-Exeter. E'. 14 Août, 157.
- Voie des chemins de fer américains. E1. 14 Août, 153.
- — Effets produits par une exploitation houillère. Rgc. Juillet, 20.
- — Crampon Jacquel. E. 14 Août, 227.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobilisme à Paris. E1. 24 Juillet, 82. En Europe. USR. Avril, 552. j
- — Voitures à vapeur Thornycroft. E’. |
- 24 Juillet, 83 ; de Vignes, kl. 84 ; de Dion et Bouton. E. 14 Août, 201. Électricité. Traction électrique (la) Dawson.
- E. 31 Juillet, 137. 14 Août, 197. Métropolitain de Chicago. EE. 1er Août, 224. De BudaPesth. EE. 1er Août, 221.
- — dans les égouts de Paris. Gc. 18 Juillet,
- 177.
- — Locomotive Heilmann (Drouin). IC. Juin,
- 807.
- — Tramwags. Distribution du courant de
- retour (Blondel). EE. 18 Juillet, 97. Westinghouse. E. 14 Août, 219.
- — — à trolly de Hambourg. E. il Juillet,
- 76.— d’Amiens. Bulletin de la Société industrielle d'Amiens. Mars, 101.
- •— — articulés Siemens. EE. 25 Juillet, 173.
- — — sans trolly. Pringle et Kent. El.
- 17 Juillet, 382. Tyler. EE. 1er Août, 222.
- — — précaution contrel’électrolyse. Elé.
- 18 Juillet, 41.
- — — Eclissage des rails de retour. El.
- 31 Juillet, 451.
- Locomolir.es routières. Rapport, officiel anglais. E’. 17-24 Juillet, 60, 97.
- — Roydell (1857). E1. 7 Août, 137.
- Traction mécanique (la) (Sturgeon). E’. 14 Août,
- 137.
- Tramways à gaz Luhrig. E'. 17 Juillet, 66. Ri. 25 Juillet, 298.
- Vélocipédie : Pneumatiques (les). E'. 24 Juillet, 87. Akroyd. E. 17 Juillet, 90. Ef. 31 Juillet, 121. Effet des. IC. Juin, 846. — Selle Chaix. Ln. 15 ao ût, 161.
- — Bicyclette sociable. Ln. 23 Juillet, 127. — Psychologie du vélo (du Pasquier). Rs. 1er Août, 143.
- Véhiculas à chevaux. Application du pneumatique Michelin. IC. Juin, 846.
- Voiture à bogie. E'. 31 Juillet, 110.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Apiol (E). Pc. 15 Août, 175.
- Acide nitrique. Procédé Dreyfus.E. 14; août 228.
- — nitrosulfurique bleu (Sabatier). CR.
- 27 Juillet, 255.
- —• phosphorique et éther en présence de l’eau (Berthelot et André). CR. 10 Août, 344.
- — carbonique. Dosage rapide dans Pair
- (Henriet). CR. 13 Juillet 125; liquide. Cs. 31 Juillet, 559.
- — isanique. ScP. 5 Août, 941.
- — iodique. Combinaison avec d’autres
- acides (Chrétien). CR. 20 Juillet, 178.
- — inorganiques. Complexes (Alvisi). ScP.
- 20 Juillet, 1219.
- — fluorhydrique (Stahl). CiV. 17-24 Juillet,
- 36, 45; Ms. Août, 602.
- — galliquc (Chloruration de 1’). ScP. 20 Juil-
- let, 904.
- — lévulique (Berthelot et André). CR.
- 10 Août, 341.
- — organiques en présence des sels d’urane.
- Action de la lumière (Fay). CN.
- 31 Juillet, 14 Août, 55, 67, 79.
- — sélénique. CR. 27 Juillet, 236.
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- AOUT 1896.
- 1187
- — sulfurique. Manipulation mécanique
- (Rançon). Bam. Juillet, 836. Réduction par le cuivre. ScP. 20 Juillet, 1227. Appareil à concentrer Wilson. E. 7 Août, 191 ; (Lœw).Ms. Août, 609. Tours de Lunge Rohrman. Cs. 31 Juillet, 341.
- — tartrique. Préparation. Industrie, 19
- Juillet, 433.
- — urique. Fermentation par les micro-or-
- ganismes (Girard). CR. 20 Juillet, 183. Albumine. Dosage dans l’urine. Pc. l'!r Août, 108.
- Aldéhyde formique (Action de l’eau sur V) (De-lépine). CR. 13 Juillet, 120.
- Alcaloïdes des cactus. Cs. 31 Juillet, 53 4. Alcoolates d’alumine. CN. 31 Juillet, 38.
- — de coca et belladone (Gassmann). Ms.
- Août, 377.
- Allylène (préparation Keiser). CN. 14 Août, 78. Argent (Oxydation de P). ScP. 20 Juillet, 1231. Argon et Hélium (Homogénéité de). CR. Ti Juillet, 214.
- — dans le grisou. CR. 27 Juillet, 3 Août,
- 233, 302.
- Brasserie. Culture du houblon en Autriche. BmA. Mai, 298.
- — Divers. Cs. 31 Juillet, 552 ; Houblons(les).
- IoB. Juin, 408; la bière pure, id. 486. — Malt (Protéides du) (Osborne et Campbell). IoB. Juin, 309.
- — Levures. Fermentation des levures di-
- verses. IoB. Juin, 518.
- Bore. Préparation industrielle. CN. 7 Août, 64. Carbone (Variétés du) (Moissan). Acp. Août, 466.
- Carbure de lanthane (Moissan). CR. 20 Juillet, 148.
- Caoutchouc. (Industrie du). SA. 14 Août, 765. Céramique. La Sépiolile. Eam. 25 Juillet, 80. Chimie. Théorie et application (Berthelot) Rs. 1er Août, 130. Enseignement. Cs. 31 juillet 504, 519.
- Chrome. (Nouvelle classification des composés du) (Recoura). Ils. 18 Juillet, 65.
- — pur au four électrique (Moissan). Acp.
- Août, 559.
- Chloroforme {le). Cs. 31 Juillet, 555.
- Chlorates (Fabrication des) (Grossmann). Ms. Août, 606.
- Chaux et ciments. Divers. Cs. 31 Juillet, 545.
- — Mortiers de ciment et de chaux. Le ci-
- ment, 25 Juin, 10. Contrôle des ci-
- ments. Examen à la loupe, id. 23, 53 — Dosage de la chaux dans les ciments. Cs. 31 Juillet, 559.
- — Tuyaux en béton et ciment armé (Gary).
- Le ciment, 25 Juillet, 46.
- — Pierre artificielle Hirsch. Cs. 31 Juillet, 544.
- Cobaltilc de magnésium (Dufau). CR. 21 Juillet, 239.
- Congrès international de chimie appliquée. EE.
- l*1 Août, 214; Pc. 15 Août, 183. Cyanures doubles (Varet). CR. 13 Juillet, 118.
- — de mercure et sels halogènes. Thermo-
- chimie des combinaisons (Varet). Acp. Août, 437. Divers. Cs. 31 Juillet, 543.
- — Acide cyanique (Berthelot). CR. 10 Août 337.
- Diamant (Reproduction du) (Moissan). Acp. Août, 466; CR. 27 Juillet, 210.
- — sables diamantifères du) Brésil (Moissan).
- CR. 3 Août, 277.
- Diastase (Nature chimique de la). IoB. Juin, 506.
- Distilleries Dunville à Belfast. E'. 24 Juillet, 77.
- — - (Progrès de la). Dp. 7 Août, 138.
- — Origine des produits de tête et de queue. Pc. 1er Août, 134.
- Éléments (Origine des éléments) (Flawizky). CN. 31 Juillet, 33.
- Classification périodique (WyroubofT). CN.
- 17 Juillet, 31. Actualités chimiques. Mars, 18.
- Enseignement de la chimie. Cs. 31 Juillet, 504,519. Etats correspondants. Loi de Van der Waals.
- (Amagat Raveau). CR. 13 Juillet, 83,
- 100.
- Éthérification (Chaleur d’) (Mesure de la) (Cavalier). ScP. 5 Août, 932.
- — par l’acide chlorhydrique alcoolique
- (Goldsmith). ScP. 5 Août, 1335.
- — de l’alcool crotonylique (Charon). CR.
- 27 Juillet, 250.
- Ethers d’alcools, allylés secondaires (Fournier). ScP. 20 Juillet, 884.
- Explosifs. Rapport annuel des inspecteurs anglais. Cs. 31 Juillet, 557.
- Froid. Retard de congélation des mélanges. ScP. 20 Juillet, 1217.
- — Congélation des mélanges isomorphes.
- ScP. 20 Juillet, 1219.
- p.1187 - vue 1195/1758
-
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-
- 1188
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- AOUT 1896.
- — Congélation des dissolutions étendues (Ponsot). Cil. 20 Juillet, 189.
- Gaz (Théorie cinétique des) (Leray). Co. 8 Août, 37.
- — (État allotropique des) Rgds. 15 Août,
- 700.
- G
- — Rapport — (Maneuvrier e<t Fournier). Cil. 27 Juillet, 228.
- Gaz d’éclairage. Congrès de Clermont-Ferrand. Gc. 18, 25 Juillet, 190, 206. — Cornues de fours (Tysoe). E. 14 Août, 225.
- — Becs Bandsept. IU. 1er Août, 302-, Denay-rouse. Ri. 8 Aoit£, 318. Self-allumeurs Baissac. Ln. 8 Août, 149.
- — Gazomètre de l’usine de Nuremberg.
- ZOI. 31 Juillet, 461.
- — Laveur Laycook. E. 31 Juillet, 159.
- — Gazogène Bromliead. Cs. 31 Juillet, 532.
- — Acétylène (Éclairage à F) (Pélissier). EE.
- 15 Août, 289. Règlement d’emploi à Rome. Ri. 18 Juillet, 287. Fabrication du carbure de calcium à Spray. Ri. 8 Août, 317 (Bullier et Korda). EE. 15 Août, 318. (Carburation du gaz par F). Ri. 18 Juillet, 289. Brevets divers. Cs. 31 Juillet, 531. Gazogène Thorp. E. 24 Juillet, Ï3i. Appareils Campe, Maresclial, Bon, Morison et Ducretet. Ri. 25 Juillet, 294; Clausolles, id., 8 Août, 313. Fabrication et applications. Gc. 18-23 Juillet, 180, 194; 1er, 8, 15 Août, 212, 227, 249; Co. 8 Août, 39. Gluten. Dosage dans les farines (Baland). CR. 13 Juillet, 136.
- — (Composition du) (Fleurent). CR. 3 Août,
- 327.
- Huiles. Composition de graines oléagineuses (Hébert). ScP. 5 Août, 935.
- — Les lubrifiants (Lély). Bam. Août, 991. Hydrolyse (Phénomènes d’) (Ponsot). Actualités
- chimiques. Mars, 41.
- Industrie chimique en Allemagne et en Angleterre. Cs. 31 Juillet, 500, 512.
- — normande à l’Exposition de Rouen. Rgds.
- 15 Août, 660
- Iode. Détermination volumétrique des composés solides. CN. 31 Juillet, 52. Laboratoire (Appareils de). Agitateur autopneumatique Brearlay. CN. 7 Août,63.
- — de Leyde. N. 13 Août, 345.
- — Méthodes types d’analyse (Nécessité des) (Juptner von Johnstorff). CN. 14 Août, 81.
- Levures de boulangerie (Conservation des) (Callette). SiN. N° 94, 83.
- Mastics. Divers. Bam. Juillet, 862.
- Mercure (Sels oxygénés de) (Varet). CR. 20 Juillet, 174.
- Métaux. Vaporisation à la température ordinaire (Pellat). CR. 13 Juillet, 104. Molybdène. Dosage iodométrique de l’acide molybdique (Fairbanks). American Journal of science, Août, 156. Optique. Rayons de Rôntgcn. El. 17, 24 Juillet, 371, 373, 417; CR. 13 Juillet, 107, 109; 3 Août, 301; 10 Août, 351, 354, 356; EE. 18 Juillet, 112, 131, 135; 15 Août, 319; N. 23, 30 Juillet, 280, 302; 13 Août, 354; CN. 24 Juillet, 39; Co. lor Août, 18; Ln. 15 Août, 163.
- — Dispersion. Théorie électro-magnétique (Helmoltz). El. 24 Juillet, 404.
- — Erreur de réfraction dans le nivellement géométrique (Lallemand). CR. 10 Août, 297.
- — Graduation des photomètres. Technology Quarterly. Mars, 60.
- — Lame de Bravais (Emploi de la) (Cotton). Acp. Août, 433.
- — Ondes lumineuses, représentation graphique (Vert). CR. 13 Juillet, 99.
- — Paramètres de réflexion et de réfraction. Co. 1er Août, 48.
- — Polarisation rotatoire magnétique (Cotton). EE. 1er Août, 199.
- — Réseaux (Reproduction des) (Rayleigh). iV. 6 Août, 332.
- Oxygène. Poids atomique (Baly). N. 16 Juillet, 258.
- Ozone industriel. Elé. 25 Juillet, 54.
- Papier (Vêtement en). Ri. 1er Août, 306.
- — Divers. Cs. 3 Juillet, 553.
- Pétroles. Production aux Etats-Unis et en
- Russie. Rs. 8 Août, 190; — dans la proviuce d’Oran. Gc. 8 Août, 231; — dans le district de Ter. Cs. 31 Juillet, 533; —en Galicie. AM. Juillet, 136.
- — (Origine des). Rt. 25 Juillet, 329.
- — (Accidents des lampes à). Ri. 1er Août,
- 307.
- — Fourneaux à pétrole pour plombiers.
- Ri. 15 Août, 326.
- p.1188 - vue 1196/1758
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AOUT 1896.
- 1180
- — Lampe à incandescence Moeller. E.
- 31 Juillet, 160.
- Phénol. SoLuLtbns solides dans le benzène. ScP. 20 Juillet, 1264.
- Phosphate d'alumine nouveau : la Wardite.
- American Journal of Science. Août,
- 154.
- Phoythore (Combinaisons halogénées du). Action sur le fer, le métal et le cobalt. (Granger). CIL 20 Juillet, 176.
- Platine. Sulfure colloïdal. ScP. 20 Juillet, 1231. Poids atomiques de Stas (Schutzemberger). Actualités chimiques, Mars, 4.
- — moléculaires et densité des solides et
- liquides lulogénés. ScP. 20 Juilletr 1221.
- Saponification (Vitesse de la) dans les solvants organiques (Genuari). ScP. 3 Août, 1340.
- Sélénium (Piotoxyde de) (Peirce). American Journal of Science, Août, 163.
- Siliciurc de calcium (Chalmot). CN. 17 Juillet, 33.
- Solubilité (Courbes de) (Lenoble). SLY. n° 94, 53.
- Soude. Rapport annuel anglais sur les Alkali Works. Cs. Juillet, 341.
- — Fabrication électrolytique Holland et Richardson. Ri. 13 Août, 327.
- — (Sulfure de sodium). Oxydation par
- électrolyse. (Denker). CN. 7 Août, 70. Soufre (Question du) en Sicile. Industriel, 10 Juillet, 430.
- — Chaleur spécifique à l’état visqueux.
- (Dussy). CR. 3 Août, 303.
- — Poids moléculaire. ScP. 3 Août, 1343. Stéréochimie (Progrès de la) (Eiloart). AT.
- 6 Août, 321.
- Sucrerie (Epuration des eaux résiduaires des). Ri. 18 Juillet, 283.
- — Divers. Cs. 31 Juillet, 362.
- — Évaporation des vinasses (Matignon et Kestner). SiN. nos 94, 93.
- — Raffinage en fabrique. Co. lor Août, 8. — Saccbarate de plomb (Le). Cs. 31 Juillet, 530.
- — Industrie du sucre au Pérou. SA. 1 Août, 731;— dans l’Argentine, la Guadeloupe et Formose. VSR. Juillet, 369, 330.
- — Régime des sucres en Autriche. SL. Juillet, 102.
- Tome I. — 95e année. 5° série. — Août
- — Saccharimétrie (Application de l'acétylène à lu). Hi. 13 Août, 330.
- — Perle des sucre pendant la conservation des betteraves. Cs. 31 Juillet, 350.
- — Sucre interverti (Héron), loti. Juin, 440, 447.
- Tannerie. Chimie des dépilatoirs. Cs. 31 Juillet, 549.
- Teinturerie. Divers. Cs. 31 Juillet, 334, 540.
- — Enlevage sur noirs d’aniline. SiM. Juillet, 301.
- - (Revue de la). (Reverdin). Ms. Août,'MO.
- — IHeus noirs (Les). Cs. 31 Juillet, 538.
- — Fuchsines (Constitution des) (Rosen-tiehl). ScP. 5 Août, 932.
- — Endulines et safranines. Cs. 31 Juillet, 536.
- — Safranines, Rosindulines, Fluorindines (Constitution des). ScP. 5 Août, 1389, 1391, 1393.
- — Phénazines. Cs. 31 Juillet, 537.
- Tension superficielle des liquides. (Appareil pour la détermination de la) (Line-barger). American Journal of Science. Août, 108.
- Thermomètres (Note sur les). CM. 14 Août, 75.
- Thermophone Warren. Dp. 7 Août, 133. Rt. 10 Août, 344.
- Tungstène (Le). (Moissan). Acp. Août, 570. (Defacqz). CR. 3 Août, 308.
- Vanilinc (La). Cs. 31 Juillet, 356.
- Verrerie. Fours à bassin. (Damour). Ln. 18 Juillet, 106.
- — Verre cl’aventurine. Cs. 31 Juillet, 544.
- — Verre treillagé (Incombustibilité du). FI. Août, 81.
- — Émaux. Cs. 31 Juillet, 344.
- Zirconates (Les) (Venable et Clark). CN. 24, 31 Juillet, 42, 54.
- — Compositions zirconotungstiques (Hallopeau). ScP. 5 Août, 917.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Chine et Europe, Ef., 18 Juillet, 73.
- Coopération. Congrès de Woolwich. Ef., 25 Juillet, 113.
- — En Allemagne. Ef., 8 Août, 179.
- Décentralisation (la). Rso, 16 Juillet, 153.
- Habitations à bon marché (les). Bulletin de la Société industrielle d’Amiens, Mars, 87.
- 1896. 77
- p.1189 - vue 1197/1758
-
-
-
- M 90
- Monnaies. Question monétaire aux Etats-Unis. Ef., 15 Août, 218.
- Ouvriers anglais. Monographies, Rso, 10 Juillet, 202.
- Patronage. Troisième Congrès à Bordeaux. Rso., 16 Juilli't, 188.
- Population (Mouvement de la) en France. Ef, 15 Août, 209.
- Règlement d’atelier, loi belge. Ef., 25 Juillet, 107.
- Secours à domicile, organisation à Paris, Rso. 10 Juillet, 210.
- — Aux ouvriers indigents. Ef., 1er Août, 153.
- Sel. Production et Initie en Afrique. Ef., lor Août, 155.
- Socialisme. Position actuelle. Ef., 8 Août, 177. Syndicats (les) en 1895. Ef., 15 Août, 211.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- L'Admiralty Building. E1. 21 Juillet, 119. Constructions et tremblements de terre. E., 17 Juillet, 73; 7-14 Août, 101, 200.
- — En ciment armé (Calcul des). Le Ciment, Juin, 10.
- Écroulement d’une filature à Bocholt. Si'.Y., n° 94, 09.
- Palais des Champs-Élyse'es. Exposition de 1900. Gc., 15 Août, 241.
- Planches en papyrolite. Co., C Août, 3. Ponts-levis de Chicago, Y 1)1, 18 Juillet, 805, — suspendus. E., 14 Août, 190.
- — de Kislna. East Coast Ry. Inde. E., 21
- Juillet, 101, de Tolbiac à Paris. E., 14 Août, 200.
- — Sur la Seine à Juvisy. Ri., 1er Août, 301 ;
- sur le Rhin à Worms. VDI, ll>r Août,
- 801.
- — En béton à Inzighofen; à Genève. Le
- Ciment, Juin-Juillet, 2, 33.
- — Culées de pouls de faible ouverture (Tourtay). APC., Moi, 579.
- — Emploi de quatre types d’arc pour via-ducs (Tourtay). APC., Mai, 000.
- — Chapes imperméables pour ponts en
- maçonnerie, lige., Juillet, 48.
- Théâtres (Scènes de). E., 17-31 Juillet, 00, 133; 14 Août, 193.
- Voûtes biaises, appareil hélicoïdal (Biol,. APC., Murs, 081.
- AOUT 1896.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs. Gulcher. EE., îH Juillet, 120. Schneider, EE., 1er Août, 224.
- — Emploi sur les circuits à charge variable. EE., 15 Août, 324.
- — (Ces) et leur emploi (Pierart). Gm., Juillet, 51.
- Aimantation de lamagnétite cristallisée. Weiss. EE., 18 Juillet, 105.
- — Des alliages de fer et d’antimoine. EE., 15 Août, 306.
- Applications mécaniques de l’électricité aux orgues. Elë., 1er Août, 71; aux ateliers (Crompton). EL, 31 Juillet, 447. — Diverses. EE., 1er Août, 204.
- Câbles. Spécifications et essais. EL, 17 Juillet, 376.
- Canalisations souterraines Doulton. Eté.. 1er Août, 08.
- Courants alternatifs (Forme de la courbe des). le, 10 Août, 348.
- Dispersion. Théorie magnétique (Heavisyde). EL, 7 Août, 470.
- Distribution à trois fils (Brevets de la). El., 17 Juillet, 378.
- Dynamos à courants continus (Théorie des;. (Blanchart) Ru., Juin, 241.
- — Compound. (Couplage des). le., 25 Juillet, 317; induits en fer massif. le., 10 Août, 353.
- — Pertes par les corn ants d’armature. EL, 17-31 Juillet, 375, 440. 7 Août, 474.
- — Représentation graphique des llux dans l’entrefer. Elé, 8 Août, 84.
- — Enroulements des transformateurs mo-
- teurs. EL, Juillet, 450.
- — (Fonte d’acier pour). EE., 25 Juillet, 171.
- VDL, 18 Juillet, 817.
- — Alternateurs de la General Electric C°.
- le., 10 Juillet, 294. EL, 7 El, Août, 487.
- — Couplage en parallèle. le., 25 Juillet,
- 323.
- Electricité action thérapeutique d’Arsonval. EE., 23 Juillet, 180.
- Electrochimie (F) (Minet). EE., 1er Août, 215. Électrolyse. Cooper Covvles. EE., 25 Juillet, 173. Elé., 15 Août, 99.
- — Des acides gras (Ilamonet). 671., 27 Juil-
- let, 252.
- — De la soude Holland et Richardson. Ri.,
- 10 Août, 327.
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AOUT 1890.
- 1191
- — Électrolyseur Peyrusson. EE., 15 Août, 310.
- Éclairage électrique. Allumeur extincteur automatique ftermand. Lu., 13 Août,
- 170.
- — Arc (T). Etc., 18 Juillet, 33. Emploi des rectifîeurs.EL, 7 Août, 474,482. Lampe pour projection. Ln., 1er Août, 141. — Incandescence. Lampe Grininger. Bain., Juillet, 830. Emploi des terres rares, Ri., 23 Juillet, 297. En série sur courants alternatifs. le., 25 Juillet, 519, A 220 volts. EL, 31 Juillet, 451.
- — Fautes. Localisation dans les canalisations d’éclairage. El., 24 Juillet, 415; 7 Août, 483.
- Hystérésies (pertespar). Influence de la forme des courbes des forces électromotrices. Elé., 18-25 Juillet, 36, 57. Indicateurs de fréquence Campbell. EL, 31 Juillet, 437.
- Isolants. Effets de la température. EE., 18 Juillet, 123. El., 31 Juillet, 441. Limite-courants Frêne. Elé. 8 Août, 81. Mesures. Électromètre capillaire (L’). El.
- 17, 24, 31 Juillet, 380, 402, 432. 7 Août, 472.
- — Electrocope à 3 feuilles d’or (Benoist). CR. 20 Juillet, 171.
- — Galvanomètre astatique Broca. CR.
- 13 Juillet, 101.
- — (Appareils de) (Armagnat). EE. 23 Juil-
- let, 153.
- — Ohmètre portatif Chauvin et Arnoux. le.
- 10 Juillet, 297. Elé. 15 Août, 97.
- — Pont de Wheatslone et de Kircbow. EE.
- 1er Août, 232.
- — Des courants triphasés. le. 10 Juillet,
- 299. Alternatifs. EE. 1er Août, 193. Pare-étincelles Steele. El. 31 Juillet, 438. Polarisation rotatoire magnétique (Cotton). CR. 25 Juillet, 162.
- Rhéostats à eau. Rt. 10 Août, 357.
- Stations centrales. Difficultés d’exploitation. Ic. 10 Août, 354.
- — Éclairage et puissance combinés Rome.
- E. 24 Juillet, 109.
- — Éclairage et traction (Hesqueth). El.
- 24 Juillet, 409.
- — Belfast. E'. 7 Août, 129. Lyon. EE.
- 25 Août, 290. Kaiserlautern. Ic. 10 Août, 346.
- — l)e Jonage. Ac. Août, 114. Télégraphie militaire en Italie. Elé. 18 Juillet, 44. 8 Août, 75, 91.
- — multiple Delany. Fi. Août, 91. Téléphonie. Réseau de Berlin. Dp. 24 Juillet,
- 70.
- -- Bureau Mix et Genesl. Dp. 17, 24 Juillet, 01, 70. Ilécepleur pour longues distances Field. Elé. 8 Août, 89. — Dédoublement par lit de retour commun. EE. 25 Juillet, 177. Organisation en Europe, lis. S Août, 179.
- — Translateurs téléphoniques.Elé, 1er Août, 73.
- Théorie électromagnétique Heavisyde. El. 17 Juillet, 369.
- Transmissions de force parcourants alternatifs (Morrin). E. 17, 24 Juillet, 95,128. Chèvres-Genève. EE. 25 Juillet, 167.
- Transformateurs universel Meylan. EE.
- 4 Juillet, 120. — à décalage (Fer-raris et Arno). Ibid. 128.
- — pourcourantsalternatifs(les) (Fleming).
- SA. 17, 24, 31 Juillet, 74, 723, 735.
- — Rotatif Shukert. EE. 25 Juillet, 145.
- — Moteurs (Enroulements des) (Heldt). El. Juillet, 450.
- — (Meilleur espacement des). Elé. 13 Août,
- 106.
- GÉOGRAPHIE
- Afrique. Vallée du Great Rift. IV. 13 Août, 347. Algérie (Sud). Sgc. 15 Juillet, 586. Fouta Djallon. Ig. Juin,2i2. Tunisie (Levasseur). Sgc. 15 Juillet, 513. Benoué (Haut). (Miron). Ig. XVII, 65.
- Canton. Sgc. 13 Juillet, 001.
- Frontière anglo-russe en Asie (Blanc). Rs. l«r Août, 133.
- Géographie. Revue annuelle (Dehérain). Rgds. 30 Juillet, 651.
- — Congrès de Genève. Co. 15 Août, 88. Laos (Bonin). Ig. XVII. 99.
- Madagascar, côte ouest (Douleot). Ig. XVII, 20.
- — Région du Manangara (Ferrand). Ibid.li. Mexique. USB. Juillet, 387.
- Mont Atlios. Tour du monde. 8 Août. Nicaragua. USR. Juillet, 410.
- p.1191 - vue 1199/1758
-
-
-
- 1192
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AOUT 1890.
- Rhodésia (La). Ef. 8 Août, 180.
- Roumanie. Ef. 18 Juillet, 79.
- Tliibet (Ronin). Ig. Juin, 23.7, 231.
- GUERRE
- AHYil vélocipède pour canons rapides Maxim. E. 31 Juillet, 139.
- Fusil Krag Jorgensen. E'. 24 Juillet, 92.
- Fusée d’obus .Nobel. E. 14 Août, 227. Projecliles Raxler. E. 24 Juillet, 131.
- HYDRAULIQUE
- Barrage de Remscheid. E'. 31 Juillet, 118. Compteurs (Les). VDI. 13 Août, 923.
- — Venturi Ilerschell. E.14 Août, 207. Distributions d’eau de Laval. Ht. 23 Juillet, 314.
- de Rerlin. — VDI. 8 Ao/it, 896. — de Bury. £' 14 Août, 164, 168.
- — Pertes par les luyaux en plomb. E'.
- 7 Août, 134. Pertes diverses. Id. 147. — Pour le toutà l’égout. Gc. l11’ Août,2\6. Flotteur Watson. £'. 14 Août. 173.
- Irrigations dans l’Inde. £. 17 Juillet, 84.
- — en Utali. Eam. 11 Juillet, 32.
- — La pluie et les sources. Co. 8, 13 Août, 32, 83.
- Pompe à vapeur eompound Xordberg. Gc. 13 Août, 246.
- Houe Pelton. Pm. Août, 120.
- Moulins à main de Céphalonie. Tcc/mologg Quarterly. Mars, 6.
- Pompe directe verticale Lamont. E'. 24 Juillet, 93. — triple Ilayward Tyler. E'. 31 Juillet, 122. Hydraulique Samain. Gc. 1er Août, 217.
- Réservoirs. Tunnels de décharge. £'. 31 Juillet, 121.
- Turbines. Régulateur électrique Chapmann.
- Eam. U Juillet, 32. Réglage des VDI. 23 Juillet, 839. l,r Août, 871.
- — Chili es du Rhône. Elé. 23 Juillet, 49. Ac. Août, 114.
- HYGIÈNE
- Aérateur Victor. £'. 14 Août, 136.
- Chauffage à Peau chaude. VDI. 8 Août, 898.
- à aii'chaud fKngelmeyer). Lu. H Août, 133.
- Cuisine. Appareils pour établissements militaires. Gm. Juillet, 3.
- Eaux. Fillration. E'. 17 Juillet, 64. A Brème. VDI, 4 Juillet, 820.
- Oadouos (Fours à). Gc\l''r Août, 221. Ilydrogéologie et hygiène. E. 14 Août, 223. Rivières (Pollution des). E. 31 Juillet, 138.
- MARINE, NAVIGATION
- Bateaux de rivière américains. E. 31 Juillet, 141.
- Cabestans de mamruvre Clark-Chapman. £'. 14 Août, 160.
- Canaux. Écluse du sault Sainte-Marie. Co.
- 8 Août, 40. — d’Anglelure. £'. ii Août, 169.
- Constructions navales. Essais avec des modèles.
- E. 7 Août, 163. Chantiers de Bar-row. E. 7 Août, 163.
- Couvcrnail à vapeur Ilyde. Dp. 17 juillet, 36.
- Benniek. E. 31 Juillet, 160.
- Machines marines du Germania. E. 17 Juillet, 32.
- — (Corrosion desj iMaccoll). E. 31 Juillet,
- 137.
- — Triple expansion Rankin, E. 14 Août, 160.
- Marine de guerre (Notes sur la). Ht. 10 Août, 334.
- — du monde. VDI. 23 Juillet, 833.
- — allemande. IuE. 13 Juillet, 326. — ita-
- lienne. Hmc. Août, 298.
- — Torpilleurs cuirassés. E'. 17 Juillet, 63. — Garde-côtes Yallria. E'. 14 Août, 160.
- — Contre-torpilleur anglais Janus. li.
- 24, 31 Juillet, 114, 143 ; anglais Santu-Fe. E'. 31 Juillet, 14.
- — Combat de deux navires (Théorie du).
- (Tournier). Hmc. Août, 209.
- — Ctiirassés. Formule de pénétration. £'.
- 24 Juillet, 91. Ventilalion des. £'. 31 Juillet, 113. américains. Gc. 25 Juillet, 193. E'. 7 Août, 143.
- Vaufrages. Le Drummond Castle. E'. 7 Août, 141. Navires à roues (Les grands). IC. Juin, 884. Navigation côtière (la). Hmc. Août, 313. Pêches maritimes. Hmc. Juillet, 161. Août, 369. Phares. Communication avec les côtes. Co. 23 Juillet, 323.
- Point (Prise duj en brouillard. Lu. S Août, 147. Pompes sur les navires. £'. 31 Juillet, 103. Propulseurs pour chalands Bancrofl. Lu. 8 Août, 113.
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-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AOUT 189G.
- 1193
- Quais du port de Bordeaux. APC. Juin. CDG. Raz de marée du Japon. E. 7 Août, 177. Sauvetage. Appareils de. Dp. 17, 24, TI Juillet, 49, 73, 97.
- — drue de canots. Dray. E. 31 Juillet,
- 100.
- Sous-marins. Le Goubel. Bulletin de la Société industrielle d'Amiens. Mars, 113. Touage électrique Lamb. E. 17 Juillet, G9.
- MÉCANIQUE
- Accouplement élastique. Piat. Ci. 19 Juillet, 330.
- Accidents dans les usines. E. 14 Août, 213. Aérostation. Aéroplane (L’j (Langey). Aèm-naule. Juillet, 133.
- — vol. plané. N. G Août, 317.
- Calcul. Machine à résoudre les équations Torrès. Bgds. 13 Août, 684. Chaudières à l’exposition de Budapest. VDl. 15 Août, 917.
- — (Rendement des) (Hansen). E. 17 Juillet,
- 93.
- — Marines au pétrole. Rmc. Août, 328.
- — Tabulées diverses. SuE. 13 Août, GI6,
- Reed. E. 31 Juillet, 143 ; Durr. SuE. 1er Août, 581 ; Lacavalerie. Ci. 12 Juillet, 320; Munlord. E. 14 Août, 227; Yarrow. Ut. 10 Août, 338. (Alimenla-tion des). E. 31 Juillet. 133.
- — Réchauffeur d’alimentation Pimhley.
- Ri. 15 Août, 325,
- — Calorifuge à sciure de bois. Bam. Juil-
- let, 850.
- — Cheminées, réparation et abatage. B(.
- 25 Juillet, 327.
- — Détermination du titre de la vapeur
- appareil Mac Gehre. Bu. Juin, 323.
- — Foyers. Fumivorité (La). E1. 24 et 31 Juil-
- let, 89, 113; RI. 23 Juillet, 315; E. 7 Août, 178. Recherches de M. llin-gelmann. Rf. 10 Août, 343. Gazogènes Jones. E. 31 Juillet, 139; ondulés Ashlin. E. 7 Août, 191. Grilles mécaniques. E. 31 Juillet, 140. Registre régulateur Locke. E. 7 .Août, 185.
- — Niveaux d’eau protecteurs divers. Ri.
- 8 Août, 314.
- — Séparateur d’huile Verrier. Bam. Juil-
- let, 848,
- — Soupape de siYrelé Foord. E. 7 Août, 185; Genard. Ce.\aT Août, 223.
- — Surchauffeur. E. 17 Juillet, 98 ; Montu-pet. Ci. 2G Juillet, 340; Schwirrcr. VDL 18 Juillet, 809.
- — Tôles d’acier. SuE. 1 '•*' Août, 5G1.
- — Tubes : emploi des retardeurs dans les E. 31 Juillet, 140.
- Cordes (Transmissions par). E. 7 Août, 1G7. Cyclographe Scott. FJ. 7 Août, 167.
- Embrayage à friction Dahlander. E. 17 Juillet, 97 ; à courroies Lenoveu. Ri. 18 Juillet, 289.
- Clironographe à lumière polarisée. Ce. 13 Août, 147.
- Coudre Machine (h) Singer. E. 24 Juillet, 132. Courroies (Épissures des). Dp. 1 Août, 136. Drague à succion pour le Mississipi. E. 17 Juillet,19 ; Simonds. lit. 23 Juillet, 313.
- — électrique. EE. 18 Juillet, 121.
- Écrire (Machines à). IC. Juin, 827. Empire. E1. 31 Juillet, 121.
- Embrayage logarithmique Lelorrain. RI. 25 Juillet, Ail ; —à friction. EE. F* Août, 207 ; —à courroies Leneveu. Prit. Août, 114.
- Force motrice (Stations de). E. 31 Juillet, 147). Froid. Machines frigorifiques (Corrosions des Industria. 2 Août, 490. Liquéfaction des gaz Linde. Ri. 8 Août, 319 ; entrepôt frigorifique de Lambeth. Cs. 31 Juillet, 523 ; — à acide carbonique. Rt. 25 Juillet, 326; laboratoire de Leyde. N. 13 Août, 343 ; 7 Août. Diverses. Dp. 31 Juillet, 105, 126. Graissage au graphite. Ri. 18 Juillet, 282.
- — Burette sans soudure Kaye. E’. 7 Août, 145.
- Horlogerie. Pendule électrique, Jones et Bowell. EE. 1er Août, 210.
- Imprimerie. Presse Lambert. E. 14 Août, 228. Indicateur Grover. U. 24 Juillet, 9G. Effets des •longues tuyauteries (Gross). E'. 31 Juillet, 123 ; E. 17 Juillet, 65. Appareils à essayer les Bollincx. E'. 17 Juillet, 60.
- Levage par l’air comprimé. ZOE 14 Août, 487.
- — Transbordeurs Temperley. Pm. Août,
- 115; à iils. Ce. 18 Juillet, 189; électrique. E'. 31 Juillet, 120 ; à courroies (les). E'. 14 Août, 171.
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-
-
-
- 1194
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- AOUT 1896.
- — Ascenseurs divers (Bertlmt). Ac. Août,
- 122.
- — Appareils divers. Dp. 17 Juillet, 57, 101.
- — Grue roulante de 2 tonnes. E. 24 Juil-
- let, 103.
- — Monte-charges Gody. ht. 25 Juillet, 319. -- Parachute Kdoux..Oui. Juillet, 42. Pont
- roulant électrique U untor. Elë. 8 A mit, 88.
- Machines-outils actionnées par l’électricité.
- EE. 1er Août, 208. Travail des outils de tour (Sellergren). 7,01. 7 Août, 473.
- — Alésoir double de la Britannia C°. E.
- 17 Juillet, 91.
- — Cisaille pour chaudières locomotives de Bergue. E'. 17 Juillet, 58. A vapeur pour lingots Grant. E. 24 Juillet, 123. Poinçonneuse Cameron. E’. 24 Juillet, 92.
- — A faire les bicyclettes. Ht. 10 Août, 353 ; —les tubes Mannesmann. E. 24 Juillet, 132. Hudson. E. 31 Juillet, 159; — les vis Brower et Sharpe. Ri. 25 Juillet, 295 ; — à roder les robinets Dague. Ram. Août, 986.
- — Perceuse verticale Parues. E. 7 Août, 172. Electriques pour navires. E. 14 Août, 201.
- — Porte-outil à ressort (üeueher). Ram. Août, 989.
- — Presse à caler les axes. £'. 7 Août, 138. — Riveuse Albree. E. 17 Juillet, 97.
- — Scie circulaire Ilaigh. Ri. 15Aoaf,328. — Sondage, poinçonnage et cisaillage (Co-dron). Bam. Juillet, 773.
- — Taraudeuse Excelsior. VDl. 1er Août, 879.
- — A bois. Scie à bandes Pickles. E'. 17 Juillet, 71.
- — Raboteuse Pickles. E'. 2\ Juillet, 97.
- - A saboter les traverses Robinson. Ri. 1er Août, 308.
- — A affûter les scies Schmathz. E'. 7 Août, 144.
- Moteurs à vapeur. Expériences de Donkin. Ri. 18 Juillet, 281.
- — Compound Borng. E. 7 Août, 176.
- — rapides. E'. 7 Août, 142.
- — Condenseur aérien Worthington. IL 7
- Août, 186. Pompe à air Edwards. E. 14 Août, 221.
- -- Coups d’eau (Dubrulle). SiAL n° 94, 33.
- — diagramme eutropique (Nulton). E.
- 14 Août, 225.
- — Stulïing box Bindley. E. 7 Août, 192.
- — Surchauffe, avantages de la (Thurston).
- E. 14 Août, 222.
- -- Tiroir Stephenson. E. ii Août, 221.
- — Régulateur électrique Robinson. E'.
- 17 Juillet, 70. Direct Soudermans. YDI. 1er Août, 868.
- — Turbine Hewitt. E. 7 Août, 191.
- — Volants en acier lamellaires. En.
- 25 Juillet, 113. E. 7 Août, 190.
- — Indicateurs. Effet des connexions de
- tuyauterie sur les diagrammes. E. 17 Juillet, 65. Appareils à essayer les Bollincx E.' 17 Juillet, 60.
- — à gaz Southall. E'. 17 Juillet, 70. E.
- 24 Juillet, 131.
- Crossley, 160 chevaux. E'. 24 Juillet, 93. Cuinat. Bam. Août, 981.
- Allumage électrique Hammershlag. Ri. 10 Août, " 345.
- — û pétrole locomobile Fielding et Platt.
- E. 7 Août, 173. Gibbon. Ri. 15 Août, 321.
- Palier Fauser. Industrie. 19 Juillet, 458. Papier. Fabrication de. Dp. 7 Août, 121. Papeterie Ward. E. 14 Août, (155. Guillotine Hooker. EL 14 Août 173.
- Planimètre Scott. E. 14 Août, 205.
- Pompe à gaz Gwynne. E. 24 Juillet, 132. Réducteur de vitesse Wright. E. 14 Août, 227. Résistance des matériaux. Pailles microscopiques des aciers. E, 17-24 Juillet, 68, 118.
- — essais des fontes (West). E.2-'t Juillet,125. — Elasticité à la traction. VDl. 18 Juillet,
- 813.
- — Répartition des déformations des métaux soumis ù. des efforts (Charpy). CR. 27 Juillet, 225.
- Textiles. Garde-navette Holding. E. il Juillet, 98.
- — pentazote (la), nouveau tissu. Fi. Août,
- 88.
- —- bobines Hashlam. E. 7 Août, 191.
- — Coton. Industrie au Japon. USR. Avril 537.
- — Filatures de Belfort. EL 17 Juillet, 54. — Métier Oldham. E. 14 Août, 228.
- — Lin. Machines pour le (Horner). EL 31 Juillet, 105.
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AOUT 1896
- 1195
- — Laines. Commerce et production en
- Italie. BmA. Mai, 307.
- — torsiomôtre. Contrôleur de la marche
- des métiers Koeclilin. SiM. Juillet, 283.
- — Navettes Ireland. E. 7 Août, 192.
- — Ramie. Question de la, aux Etats-Unis.
- BmA. Mai, 317.
- — Sansevieria reylanica (la). Cs. 31 Juillet,
- 539.
- — Soie artificielle en France et en Angle-
- terre. USR. Juillet, 499.
- — détermination des additions aux soies.
- Cs. 31 Juillet, 503.
- — Tuyauterie : joints Bennitz. E. 7 Août,
- 191.
- MÉTALLURGIE
- Aluminium (Action des sels de mercure sur 1’) (Richards). CN. 17 Juillet, 30.
- — (Travail de 1’). E', 24 Juillet, 83.
- — Fabrique d’alumine à Larne Harbour. E\ 14 Août, 173.
- — Soudure (Richards). Ri. 1er Août, 303. Alliages d’or (Liquidation des) (Matthey).
- N. 16 Juillet, 256.
- — de plomb, étain, arsenic (Analyse des).
- Ms. Août, 619.
- — de fer et d’antimoine. Densité et chaleur
- spécifique (Laborde). CR. 27 Juillet, 227.
- — Bronze Atlas. E\ 24 Juillet, 93.
- Cuivre. Essai par l’iode. CN. 31 Juillet, 52.
- — Grillage des mottes en Californie. Eam.
- 25 Juillet, 78.
- — (Dosage du sélénium et du tellure dans
- les). Ms. Août, 619.
- États-Unis (Production des métaux aux). Gc. 25 Juillet, 202.
- Fer, fonte et acier. Aux États-Unis. SA. 7 Août, 747.
- — En Nouvelle-Écosse. Nova Scotian Insli-
- tute of Science Proc., Vol. IX, p. 10. — Causes de la fibrosité du fer et de la cristallisation de l’acier doux (Durfée). Fi. Août, 110.
- — Acier (Diamants de 1’) (Rossel). CR.
- 13 Juillet, 113 ; (Frank), SuE. Ur Août, 585.
- — Recuit moléculaire (Le). Fi. Août, 148.
- — Laminage (Le) (Codron). Ram. Août, 891.
- — Acide titanique. Dosage dans les mine-
- rais de fer. Ms. Août, 621.
- — Calorimètre pour cubilots Braubach.
- SuE. U'1' Août, 573.
- - Forges de Douai (nouvelles). Gc. 18 Août, 209, 225.
- — Fonderie moderne (La). E. 24 Juillet, 99. — Action du vent dans les cubilots (West).
- E. 31 Juillet, 157.
- — Fontes (tissais des) (West).E. 24 Juillet, 125. Soufre (Dosage dans les) par la méthode de dégagement. Ms. Août, 623.
- — Hauts fourneaux américains. E'. 24 Juillet, 80.
- Transbordeur de laminoir Peiner. SuE. 15 Juillet, 525.
- Platine (Essai du), de ses minerais et alliages. Ms. Août, 611.
- Four à gaz Willis. E. 31 Juillet, 159.
- Or en Australie. SA. 7 Août, 749.
- Points de fusion. Aluminium, argent, or et platine. Technology Quarterly. Mars, 40.
- Silicium. Action sur les métaux alcalins. Zn, Al, Pb, Sn, Sb, Bi, or, platine (Vi-gouroux). CR. 13 Juillet, 115.
- MINES
- Aérage. Ventilateur diamétral Mortier. Bam. Août, 954.
- Argent. Mines d’Australie Broken Hill. Eam. 11 Juillet, 81.
- — des Blue Mountains (Orégon). Eam.
- 8 Août, 128.
- — d’Angels Camp (Californie). Eam. Août,
- 100.
- — du Guatemala. Eam. 8 Août, 130. Cuivre. Mines du Calumet and llecla. Eam.
- lor Août, 102.
- Electricité. Emploi dans les mines. EE. 25 Juillet, 178; El. 7 Août, 481.
- — Cables de sûreté Felten et Guillaume.
- El. 31 Juillet, 449.
- — à Johannisberg. VDI. 1er Août, 877. Epuisement. Machine à transmission hydraulique Kaselousky. Im. Vol. X, 117.
- — Pompe à transmission pneumatique de
- Montrichard. AM. Juillet, 101. Explosifs et coins d’abatage. E'. 14 Août, 162. — Dangers des explosions tardives de car-
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- 1196
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AOUT 18%.
- touches de grisonnile. AM. Juillet, 126.
- Extraction (Emploi delà détente dans les machines à). hn. Vol. X, CI.
- Fer. Concentrai ion des minerais pauvres.
- Eam. 2(1 Juillet, 75. 8 Août, 1 (Cl, 124. Fonçage et muraillement du puits Conte Cran-champs. îm. Vol. X, 8:î.
- Grisou. Formènophone Hardy. Rapport de la Commission du prison. Am. Juin, 577.
- — (Azote et ar^on du) (Schlœsing). C/C
- 27 Juillet, 2:î:î.
- Houillères. Exploitation des veines minces du bassin franco-belge (Cambassédes). Im. Vol. X, ë.
- — grande couche de Villars,bassin de Saint-
- Etienne. Am. Juin, (108.
- — Charbons du Manitoba. Eam. 8 Août, 127.
- — Laverie de charbons au Tennessee. Eam.
- 8 Août, 120
- — Poussières de charbons (Explosion des).
- E' :il Juillet, 112.
- Industrie minérale. Statistique en Espagne.
- AM. Juillet, 133; Autriche. Ibid., 135. Or. Gisements de Guyane. Eam. 11 Juillet, 29.
- — Transvaal (Delaunav). Tour du monde,
- 15 Août.
- -- Mine de Rrilladora (Mexique) Eam. 25 Juillet, 80
- - de Rroken llill (Australie). E. 7 Août, 189.
- — Rritish Columbia. Eam. 1er Août, 104. Platine (Filonsde) en .Nouvelles-Gallesdu Sud. Eam. 8 Août, I2G.
- Préparation mécanique. Concentrateur Union. Eam. 11 Juillet. 29.
- Spéléologie Ea) (Marte!). AM. Juillet, 5.
- PHOTOGRAPHIE
- C/omîèretopog'raphique Bridges Uee. E. 31 Juillet, 155.
- Détective Guillaume Tell. Sfp. 15 Juillet. 341. Divers, lis. 13 Août, 220.
- Photographie des bruits du cœur. GU. 20 Juillet, 162.
- — en couleurs (Fixage des) sur papier iGraby). Go. 15 Août, 80.
- Révélateurs photographiques (Ees) (Granger .
- Actualités chimiques. Mars, 32.
- Erane. Action de la lumière sur les acides organiques en présence des sels d’urane (Fay). CN. 31 Juillet, 53.
- Z inc. Action sur la plaque photographique (Colson . Sfp. 13 Juillet‘, 338.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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-
-
- 95° ANNÉE
- Cinquième Série, Tome I.
- SEPTEMBRE 1896.
- BULLETIN
- DE
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- AGRICULTURE
- Revue des améliorations apportées a la production agricole pendant l’année 1894-1895, par M. Schribaux, professeur d’agriculture à VInstitut national agronomique.
- Dans la culture des plantes agricoles, le prix des engrais, autrement dit le prix des matières premières que la plante transforme en substance vivante représente une part très notable des frais de production. Même dans les conditions économiques si difficiles que nous traversons, il ne viendra jamais à l’esprit d’un agronome judicieux de chercher à réduire l’emploi des engrais; ce ddnt il faut se préoccuper, c’est d’en tirer le maximum d’effet utile.
- En ce moment, un élément des engrais sollicite tout spécialement l’attention du monde agricole : je veux parler de l’azote. La restitution au sol de l’azote exporté par les récoltes impose à l’agriculture des sacrifices pécuniaires plus considérables que toutes les autres matières fertilisantes réunies (le kilogramme d’azote nitrique se paie aujourd’hui 1 fr. 20 environ; la potasse, dans le chlorure de potassium, l’acide phosphorique dans les superphosphates, valent à peine 0 fr. 40 le kilogramme) et ce qui en rend l’usage particulièrement onéreux c’est l’instabilité de ses combinaisons, c’est la facilité extrême avec laquelle il disparait du sol sans profit pour la végétation.
- Eviter les déperditions d’azote dans les différents engrais, notamment dans le fumier de ferme; tirer parti de la faculté que possèdent certaines plantes et certains organismes de fixer l’azote de l’air; en un mot, réduire au minimum les dépenses en engrais azotés, tel est le but vers lequel convergent presque tous les efforts des savants et des praticiens soucieux d’accroître les rendements de Tome I. — 9o° année. 5e série. — Septembre 1896. 78
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-
-
- 1198
- AGRICULTURE.
- SEPTEMBRE 1896.
- nos récoltes alin d’en réduire le prix de revient. Disons le immédiatement, l’étude des infiniment petits envisagés dans leurs rapports avec les engrais, le sol et la plante paraît être la voie qui conduira à la solution désirée.
- Portes d'azote du fumier. — Même dans les exploitations où il est l’objet des soins les plus intelligents, le fumier de ferme arrive à la plante presque complètement épuisé : partout sur l’aire de l'étable, dans la fosse à fumier, dans le sol, il perd peu à peu l’azote renfermé à l’origine dans les litières et les déjections.
- Jusqu’alors, on avait généralement négligé l’étude des pertesqucsubissentles déjections à l’étable même sous les pieds des animaux, depuis l’instant où elles sont émises jusqu’à l'enlèvement du fumier et son transport en tas.
- MM. Müntz et Ant.-Ch. Girard viennent de combler cette lacune (1).
- Si l’on considère d’un coté que, dès leur émission, les matières excrémen-titielles se trouvent en présence des organismes de la fermentation ammoniacale qui envahissent le sol des étables et la litière, et qui, déjà tout développés, travaillent activement à la destruction de la matière azotée; que, d’un autre coté, la surface offerte au contact de l’air par la litière imprégnée de ces produits en fermentation est considérable, on peut concevoir que, même pendant un temps assez court, il se produise un dégagement abondant d’ammoniaq.ue d’ailleurs mis hors de doute par l’odeur piquante constatée dans les étables.
- Dans la bergerie de la ferme expérimentale de l’Institut agronomique, à Joinville-le-Pont, bergerie qui est pourtant bien aérée, MM. Müntz et Girard ont dosé 8m~. b d’ammoniaque par mètre cube d’air, soit environ 400 fois plus que l’air normal.
- Les pertes d’azote se produisant à l’étable sont énormes, on en jugera par les résultats d’expériences que nous allons rapporter.
- Dans les écuries pavées de la Compagnie des Omnibus de Paris, où la propreté ne laisse rien à désirer, où la litière est abondante, les pertes d’azote représentent 28,7 p. 100 de l’azote ingéré.
- Dans quatre séries d’essais poursuivis avec des vaches placées dans les conditions ordinaires de la pratique, les pertes ont varié entre 27 et 30 p. 100, représentant le tiers de l’azote donné par les fourrages.
- Dans les bergeries, où l’on a l’habitude de laisser longtemps les moutons sur la même litière, cette circonstance exagère le dégagement d’ammoniaque; les pertes relevées dans six expériences ont oscillé entre 44 et 45 p. 100, avec une moyenne de 48,8 p. 100, soit environ la moitié de l’azote des aliments.
- MM. Müntz et Girard ont constaté que c’est presque exclusivement sous forme d’ammoniaque combinée avec les acides carbonique et sulfhydrique que l’azote se dégage dans l’atmosphère des étables; la déperdition d’azote libre
- i l) A. Mc.ntz. Rapport sur la conservation du fumier. Annales de la Science agronomique, t. II, i 894-2895.
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-
-
- REVUE DES AMÉLIORATIONS APPORTÉES A LA PRODUCTION AGRICOLE. 11 99
- résultant du fait d’une expiration par les animaux ou d’un dégagement du fumier doit être considérée comme à peu près nulle.
- S’il est vrai que la production d’ammoniaque est due à des phénomènes de fermentation, on prévoit que la température doit exercer une influence sur les pertes d’azote. C’est ce qui ressort des chiffres suivants obtenus dans une bergerie.
- Azote perdu p. 100 de l’azote consommé.
- 1 S T K. HIVER.
- I 11 III IV V
- (Juin) (Juillet) (Janvier) (Février) (Mars)
- 50,2 55,3 45,9 43,8 44,3
- Pendant l’été, les pertes sont supérieures à celles qui sont observées durant la saison froide ; les différences ne sont cependant pas aussi grandes qu’on eût pu le penser.
- Comment diminuer les déperditions d’azote à l’étable?
- La fermentation qui est la cause de l’épuisement du fumier en azote ne semble pas vouloir être supprimée par des moyens pratiques; on doit s’attacher à empêcher le départ de l’ammoniaque soit en la retenant mécaniquement dans des substances absorbantes, soit en la fixant à l’état de combinaisons chimiques non volatiles.
- Parmi les moyens qui peuvent être mis en œuvre pour réduire la volatilisation de l’ammoniaque, MM. Müntz et Girard recommandent tout particulièrement l’emploi de tourbe ou de terre préalablement séchées et /pulvérisées associées à la paille; quelques pelletées jetées sur la litière donnent d’excellents résultats; les meilleures terres sont celles qui renferment le plus d’humus.
- La terre agit non seulement par ses propriétés absorbantes, mais encore en favorisant la transformation de l’ammoniaque en nitrates. Celte terre chargée de nitrates constitue un terreau dont l’action sur les récoltes est extrêmement rapide.
- Les agents chimiques tels que la chaux, le sulfate de fer, le plâtre, souvent préconisés depuis longtemps par des agronomes distingués, sont loin de donner les résultats avantageux qu’on leur attribuait : l’action de la chaux est nettement défavorable; on sait parfaitement que cette matière déplace rammoniaque de ses combinaisons; le sulfate de fer et le plâtre ne fixent pas l’ammoniaque du fumier aussi facilement qu’on le suppose; celui-ci est toujours alcalin, riche en carbonate de potasse et en carbonate de chaux. Pour que l’acide sulfurique puisse retenir l’ammoniaque, il lui faut d’abord saturer les bases fixes du fumier; il en résulte une immobilisation des sulfates, et, par conséquent, l’obligation d’employer ceux-ci à des doses élevées, qui cesseraient d’être économiques.
- L’introduction du carbonate de chaux, ainsi que celle du phosphate renfer-
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- mant du carbonate, n’a pas augmenté le dégagement de l’ammoniaque, et les agriculteurs qui introduisent des phosphates naturels dans leurs fumiers peuvent être rassurés au sujet des déperditions d’ammoniaque qu’on leur a fait craindre
- Le fumier n’est pas immédiatement employé; il est conservé en tas pendant un temps plus ou moins long, mais qui généralement n’est pas inférieur à plusieurs mois; dans ces conditions, il se produit encore une nouvelle déperdition qu’on était tenté de regarder jusqu’ici comme la principale, sinon la seule. Les expériences de MM. Miintz et Girard prouvent, au contraire, que dans le tas, les pertes d’azote sont inférieures à celles qui se produisent à l’étable. Tandis que, dans l’étable, les déperditions sont de 29,33 et 30 p. 100 de l’azote consommé par les chevaux, les vaches et les moutons, elles ne sont plus, dans le tas, que de 20, 10 et 3 p. 100 de l’azote consommé. Ces différences s’expliquent si l’on songe que l’azote, dans le tas de fumier, se trouve surtout à l’état de matières albuminoïdes beaucoup plus stables que l’urée, l’acide hippurique, etc., renfermés dans les déjections liquides.
- Pour diminuer les pertes d’azote dans le tas, MM. Miintz et Girard recommandent de l’abriter, de recueillir les eaux d’égouttage, de l’arroser fréquemment, enfin de recouvrir le fumier d’une couche de terre.
- D’après leurs expériences, les mêmes auteurs arrivent aux chiffres suivants, établissant, pour l’ensemble du territoire français, l’azote qui s’échappe du fumier sans profit pour la culture.
- Azote perdu à l’étable par dégagement d’ammoniaque. 293 000 000 kilog. — au tas.......................................... 89 000 000 —
- Perte totale d’azote...................... 382 000 000 kilog.
- En estimant le kilogramme d’azote à 1 franc, ces pertes représentent le chiffre de 382 millions de francs.
- Si une faible partie seulement de ces énormes quantités d’azote était retenue, il serait inutile de recourir à l’achat du nitrate de soude et du sulfate d’ammoniaque, dont l’apport ne représente que la vingtième partie de ces quantités d’azote déversées dans l’atmosphère et ainsi enlevées à l’utilisation agricole.
- Ferments dénitrifiants du fumier. — Des recherches nombreuses et prolongées poursuivies sur l’alimentation azotée des plantes de grande culture ont conduit Wagner à admettre que, dans les conditions ordinaires de la pratique,
- Sur 100 kilog. d’azote fourni au sol sous
- forme de fumier de ferme. 25 environ se retrouvent dans la récolte.
- — d’azote fourni au sol sous
- forme d'engrais vert ... 38 environ se retrouvent dans la récolte.
- — d’azote fourni au sol sous
- forme de nitrate de soude.
- 55 environ se retrouvent dans la récolte.
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- Autrement dit, si l’on représente par 100 la valeur utile de l’azote nitrique, celle de l’azote des engrais verts formés devantes non lignifiées égale 70 et celle du fumier de ferme 45 seulement.
- Les conditions dans lesquelles les engrais se trouvent placés diffèrent tellement d’une année à l’autre que leur effet utile varie également entre des limites très éloignées; aux chiffres qui précèdent, on ne saurait attribuer par conséquent une valeur absolue; déduits d’expériences répétées, poursuivies avec un soin méticuleux, ils ont du moins le mérite d’être bien comparables; à ce titre, leur intérêt pratique est indiscutable.
- Wagner attribue la mauvaise utilisation du fumier à des ferments contenus dans les déjections solides, ferments qui auraient la fâcheuse propriété de transformer les nitrates en azote libre. Les ferments dénitrifiants du fumier avaient déjà été signalés par MM. Gayon et Dupetit; le fait nouveau mis en lumière par le chimiste allemand, c’est l’activité néfaste de ces organismes. Des chiffres présentés par Wagner, je n’en retiendrai que trois. Des plantes fumées avec de l’urine de bovidés renfermant 2 grammes d’azote ont assimilé 58 p. 100 de ce dernier élément ; une même dose d’azote donnée sous forme de déjections liquides a fourni une récolte insignifiante; et, en associant les déjections liquides aux ^déjections solides de façon à réaliser ce qu’on obtient dans le fumier de ferme, non seulement celles-ci n’ont pas agi comme engrais, elles ont eu pour effet de diminuer de 50 p. 100 l’efficacité des déjections liquides. Comment expliquer ces résultats? Faut-il penser que les déjections solides empêchent la transformation de l’azote organique enammoniaque et en acide nitrique? Point du tout, car, si l’on ajoute des déjections solides à des nitrates, on en diminue l’action de moitié.
- Les agriculteurs savent très bien que le fumier frais et particulièrement le fumier de cheval « brûle » les plantes. Jusqu’alors, l’ammoniaque et les autres matières caustiques du fumier étaient rendues responsables de cette influence nuisible. D’après Wagner, les jeunes plantes souffriraient de la faim; elles ne pourraient plus trouver dans le sol dépouillé de ses nitrates par les ferments des déjections solides l’azote qui leur est nécessaire.
- Si les observations de Wagner sont exactes, il faudrait par conséquent s’abstenir d’employer simultanément du fumier frais et des nitrates.
- Il ne faut pas compter sur les agents chimiques jusqu’alors recommandés pour entraver l’action malfaisante des ferments dénitrifiants. Wagner prétend qu’il en existe de bien plus actifs; mais, avant de les faire connaître, il tient à soumettre les résultats déjà acquis à de nouvelles vérifications.
- J’ai montré, il y a un instant, par des chiffres empruntés à MM. Müntz et •Girard, l’importance économique considérable que présente la question de la fixation de l’azote du fumier de ferme ; on ne peut que souhaiter de voir les espérances de Wagner se réaliser.
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- Que la terre arable renferme elle aussi des ferments dénitritiants, il n’est guère permis d’en douter. Wagner en trouve la preuve dans l’observation suivante : une culture ayant reçu du nitrate de soude a fixé G5 p. 100 de son azote; en traitant simplement le sol avec du sulfure de carbone, le coefficient d’utilisation de l’azote nitrique est monté à 80 p. 100.
- Le sulfure aurait anéanti plus ou moins complètement les ferments dénitri liants du sol. La démonstration fournie par Wagner n’est rien moins que décisive. Ses recherches ultérieures la compléteront sans doute comme elles préciseront. il faut l’espérer, bien des points restés obscurs dans les notes trop sommaires qu’ila publiées (1).
- Action des traitements au sulfure de carbone sur la fertilité du sol. — L’action si curieuse du sulfure de carbone avait été signalée avant Wagner, d’abord par 4L Aimé Girard en 1894 et. en 1895, par un grand agriculteur alsacien, M. Oberlin(3).
- M. Aimé Girard se proposant de détruire les nématodes de la betterave localisés sur certains points de la ferme de 4L Têtard, à Gonesse, avait traité les taches infestées par du sulfure de carbone à la dose de 3 500 kilos par hectare. Des essais parallèles furent également exécutés à la ferme de l’Institut agronomique. Le sulfurage augmenta les rendements*dans des proportions variant de ' 5,30 à 119,04 p. 100.
- « Faut il voir dans le sulfure de carbone, dit 4L Aimé Girard, un excitant de la végétation? Cette interprétation n’a rien d’impossible; a priori, cependant, elle ne paraît pas justifiée.
- « C’est faire une hypothèse plus naturelle que de voir dans le sulfure de carbone un poison mortel pour les organismes d’ordre inférieur ou pour les insectes qui, habitant le sol, s’attaquent d’une façon si fâcheuse aux radicelles des plantes.
- « S’il en est ainsi, est-ce sur les micro-organismes qu’il exerce une action délétère ? Aucune expérience directe, à ma connaissance du moins, ne saurait permettre de se prononcer sur ce point. Tout au moins, quelques-uns de ces micro organismes résistent-ils à son action. J1 en est ainsi des bactéries des légumineuses, car c’est avec le trèfle, dont j’ai toujours trouvé les radicelles chargées de nodosités, que les augmentations de récolte ont été le plus marquées ; il en est ainsi certainement encore des agents fixateurs d’azote, des microbes nitrificateurs, etc. Les récoltes, en effet, ont été, en l891et 1892, obtenues sans addition d’aucun engrais. »
- 4L Girard, qui, lors de ces premiers essais, visait, comme je l’ai dit, la destruc-
- (1) Deutsche tanche. Presse, nos 12 et 14 de 1895,
- (2) Comptes Rendus, mai 1894.
- (3) Journal d'Agriculture pratique, nos 13, 14 et 15, de 1893.
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- lion radicale des nématodes dans les cultures de betteraves, n’employait pas moins de 35 kilogrammes de sulfure à l’are, ce qui représente une dépense de
- 1 000 francs au moins à l’hectare, dépense bien supérieure à l’augmentation constatée dans la valeur des récoltes.
- Dans des expériences en cours à la ferme de Gonesse, M. Aimé Girard se propose de rechercher si des doses aussi élevées sont nécessaires, et si, au-dessous d’elles, il n’en est point dont la valeur en argent puisse être compensée par la valeur en argent de la récolte même.
- Les observations toutes concordantes de M. Oberlin ont porté sur des cultures d’avoine, de trèlle, de vesce velue, de haricots succédant à d’anciens vignobles phylloxérés, dont les souches avaient été incinérées et le sol sulfuré à la dose de
- 2 000 à 4 000 litres à l’hectare.
- Je relaterai seulement celles qui se rapportent à l’avoine.
- Dans un vignoble partiellement phylloxéré, détruit en 1887, on sema l’avoine au printemps suivant. Sur la partie traitée au sulfure, l’avoine était splendide, verte, et avait atteint une hauteur de près du double de celle de la partie non traitée, laquelle était chétive, maigre et jaunâtre. « Par sa végétation luxuriante, écrit M. Oberlin, la surface traitée était nettement délimitée et formait, comparativement au reste du champ, une oasis dans le désert. Dès lors, il ne me restait plus le moindre doute : un résultat aussi merveilleux ne pouvait être attribué qu’à un effet encore inconnu du sulfure de carbone qui avait servi à désinfecter le sol...
- « Si l’action du sulfure est durable, ce qui semble ressortir des différents essais que j’ai exécutés en viticulture pour écarter ou remplacer avantageusement la jachère, l’emploi de ce moyen de désinfection et d’amélioration du sol serait de la plus grande portée. »
- Culture des engrais verts à Lupitz. — Pour améliorer leurs terres, les Romains enfouissaient du lupin blanc alors que la plante était en fleurs et l’habitude s'en est conservée dans quelques régions vinicoles du sud-ouest de la France. La pratique des engrais verts, dont on parle tant aujourd’hui, est donc fort ancienne; mais, sur ses devanciers, l’agriculteur moderne possède l’avantage de pouvoirraisonner ses opérations et de déterminer assez exactement dans quelles conditions l’enfouissement des récoltes vertes est rémunérateur :
- Les engrais verts, très peu employés en France, sont au contraire d’un usage courant dans le nord de l’Furope.Sans exagération, on peut affirmer que le lupin, introduit du Midi vers le commencement du siècle, utilisé d’abord comme fourrage puis comme engrais, a révolutionné l’agriculture de cet immense lais de mer formé de terres siliceuses qui, dans la basse Allemagne, s’étend le long de la Baltique depuis la Russie jusqu’aux tourbières de la Hollande; les alcools de pomme de terre d’origine allemande, qui inondent aujourd’hui le marché universel,
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- sont presque exclusivement fabriqués dans cette région. L’histoire de la transformation des anciennes landes sablonneuses du nord de l’Allemagne est liée étroitement à celle du domaine de Lupitz, que dirige M. Schultz depuis une quarantaine d’années. En 1881, M. Schultz-Lupitz, c’est le nom sous lequel on désigne ordinairement le propriétaire de Lupitz, publiait un ouvrage qui fit grand bruit(l). L'auteur, par des observations indiscutables, mettaitenrelief un double fait: d’une part, l’enrichissement progressif en azote des terres livrées à la culture du lupin ; d'autre part, l’influence remarquable que les engrais potassiques exercent sur le développement de la légumineuse. Le courant d’opinion créé par Schultz-Lupitz fut si puissant, qu’un instant, on songea à prohiber l’exportation des sels de potasse de Stassfürth pour en réserver l’emploi aux terres légères de l’Allemagne. C’est incontestablement à la première publication de Schultz-Lupitz qu’il faut attribuer le mouvement expérimental qui devait aboutir aux remarquables découvertes de Hellriegel et de Willfarth sur le rôle des bactéries renfermées dans les nodosités des légumineuses.
- Schultz vient de publier, sur la culture des engrais verts à Lupitz, une brochure extrêmement intéressante, que je voudrais résumer très brièvement (2).
- En 1855, lorsque Schultz devint propriétaire du domaine désormais célèbre de Lupitz, les terres de landes qui le composaient étaient formées d’un sable blanc très lin, d’une perméabilité extrême, se laissant emporter par le vent. Les éléments les plus précieux pour l’alimentation des plantes : potasse, chaux, acide phosphorique y faisaient presque entièrement défaut. Les landes couvertes de bruyères étaient livrées au pâturage des moutons ou écroûtées périodiquement pour fournir à l’exploitation la litière qui lui était nécessaire.
- Bref, il s'agissait de terres aussi mauvaises au point de vue physique qu’au point de vue chimique, rappelant par leur nature celles de nos landes de Gascogne, avec cette différence cependant, qu’étant placées sous une latitude plus septentrionale, elles souffraient moins souventdu défautd'humidité. Aujourd’hui, les terres de Lupitz, riches en humus, ont pris une teinte noire; le vent n’y soulève plus des tourbillons de sable, et les étés secs, si désastreux autrefois, n’y réduisent pas plus les récoltes que dans les sols de bonne qualité.
- Gomment M. Schultz est-il parvenu à opérer une transformation aussi radicale de ses terres ?
- Tout simplement en introduisant entre deux cultures principales (céréales, plantes sarclées, etc.) une culture de lupin enfoui encore vert dans le sol même où il s’était développé. Le lupin, empruntant à l’air la presque totalité de l’azote qui lui est nécessaire, dispense de fournir aux cultures suivantes des fumures azotées, fumures toujours très onéreuses; la matière organique livrée en outre
- (1) Die Kalidüngùnt/ aùf leichtem Boden.
- (2) Zwischenfrùchlbaù aùf leichtem Boden, 1896.
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- par l’engrais vert se transforme en humus qui donne du corps aux terres légères et les rend plus hygroscopiqucs. Mais là ne se borne pas le rôle améliorant de la précieuse légumineuse ; elle exerce en quelque sorte mécaniquement, sur la fertilité ultérieure de la terre, une action considérable, qu’on ignorait complètement avant les importantes expériences de Lupitz. Cette action a été surtout mise en relief d’une façon frappante en 1893, année d’une sécheresse exceptionnelle, durant laquelle, à Lupitz comme ailleurs, de nombreuses récoltes ont séché sur pied.
- Une pièce de terre de composition bien uniforme et d’une superficie de 15 hectares fut labourée à la vapeur sur une profondeur de 0m,40, pour y planter des pommes de terres. En 1892, sur 5 hectares de cette pièce, que nous appellerons la parcelle n° 1, on avait fait suivre la récolte de seigle d’une culture de lupin sur déchaumage. Pour compenser la fumure verte du champ n° 1, on répandit sur le reste de la pièce, sur la parcelle n° 2, 20000 kilogrammes de fumier de ferme renfermant sensiblement la même quantité d’azote que l’engrais vert de la parcelle n° 1.
- L’aspect des pommes de terre se montra bientôt très différent dans les deux champs. Dans la parcelle n°l, la récolte des tubercules s’éleva à 23 360 kilogrammes, avec une teneur en fécule de 14,16 p. 100 en moyenne ; les tubercules sont lisses et très savoureux.
- La parcelle n° 2 livra seulement 14 640 kilogrammes de tubercules à l’hectare, d’une teneur un peu plus élevée en fécule : 16,6 à 18,2 p. 100. Les tubercules ont un moins bel aspect et possèdent une saveur moins agréable.
- D’où. viennent des écarts aussi considérables ?
- Une tranchée ouverte avec soin dans chacune des parcelles, en vue de dégager aussi complètement que possible les racines des pommes de terre, ont montré que, dans la parcelle n° 1, elles avaient pris un développement vertical considérable ; elles mesuraient lm,20, c’est exactement la longueur des racines du lupin, — tandis que, dans la parcelle n° 2, elles mesuraient 0m,40.
- La figure l,qui est la reproduction d’une photographie prise sur place dans les deux champs, montre d’une façon saisissante comment les choses se sont passées.
- Les racines de la pomme de terre, qui sont très déliées, dont la puissance de pénétration est très faible, n’ont pas dépassé, dans la parcelle n° 2 (ou A sur la figure) le niveau delà terre remuée par le labour.
- Sur la parcelle n° 1, au contraire, les puissantes racines pivotantes du lupin ont pénétré jusqu’à 4m,20.
- En se décomposant, elles ont laissé le sous-sol parcouru par une foule de canaux dans lesquels s’engagent les racines des cultures suivantes. Dans le sous-sol, qui n’a pas été entamé par la charrue, le système radiculaire de la pomme de terre s’est moulé en quelque sorte sur celui du lupin.
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- A Lupitz, le sous-sol, de nature sableuse, est presque absolument dépourvu de matières fertilisantes ; mais si la plante n’y trouve pas un appoint de nourriture, elle y puise par contre de rhumidité, qui, dans ces terres perméables à l’excès, constitue l’un des facteurs essentiels de la production.
- L’influence améliorante du lupin ne saurait s’exercer qu’à la condition expresse d’obtenir d’abondantes récoltes de la légumineuse ; au début des essais de Schultz,les rendements diminuaient progressivement malgré l'application de
- A B
- mmk
- t'K t ,
- Fig. 1.
- A. pommes île terre faites sur fumure de fumier de ferme: B, pommes de terre faites sur fumure verte de lupin.
- marne et d’acide phosphorique. La marne enfouie en grande quantité nuit plutôt au lupin qu’elle ne lui profite. Du jour où Schultz fit usage d’engrais potassiques, la physionomie des cultures de lupin se modifia complètement.
- Pour rendre hommage au savant qui s’est fait l’apôtre des engrais minéraux, Schultz a donné à cette association d’engrais calcaires, phosphatés et potassiques le nom, aujourd’hui adopté dans toute l'Allemagne, de fumier Liebig, [Liebir/sdïniguru/).
- Schultz a étudié de nombreuses espèces végétales en vue de déterminer celles qu’il convient d’employer comme engrais verts. Les lupins : en première
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- ligne le lupin bleu et le lupin blanc, on seconde ligne, le lupin jaune lui ont donné les meilleurs résultats.
- Viennent ensuite les pois, la gesse pourpre (Lathyrus clymenum) et la gesse ordinaire.
- Le lupin se sème, à Lupitz, soit dans un seigle au moment de la floraison, soit immédiatement après la récolte de la céréale ; lors des semailles du seigle, on incorpore au sol de fortes doses d’engrais minéraux qui doivent profiter au lupin. La légumineuse pousse jusqu’aux premières gelées ; on l’enterre ensuite pendant tout l’hiver ; au lupin, succède d’ordinaire une pomme de terre.
- Il n’est pas inutile de noter, qu’à Lupitz, le bétail, nombreux à l’origine, se réduit aujourd'hui aux animaux de travail. Le fumier, produit en petite quantité, est répandu à la faible dose de 4 000 kilogrammes environ sur les plantes sarclées faites sur engrais verts. Toujours, ce supplément de fumure a été largement payé.
- On répand le fumier en novembre, en le répartissant à la fourche directement de la voiture sur le sol encore couvert de lupin ; fumier et engrais vert sont enterrés en même temps. Le fumier joue un rôle physiologique plutôt que chimique ; par les ferments qu’il apporte, il accélère la nitrification de la masse verte, toujours lente à se produire au commencement du printemps. Le fumier fait-il défaut, Schultz répand 100 kilogrammes de nitrate de soude et 200 kilogrammes de superphosphate à l’hectare ; le nitrate est répandu à la levée des pommes de terre ; ces deux engrais très actifs fournissent à la plante l’azote et l’acide phosphorique qui lui sont nécessaires, alors que la décomposition du lupin n'est pas encore assez active. Cette pratique assure à la végétation de la pomme de terre une avance de huit à quinze jours, avance qui la rend moins sensible aux attaques du peronospora.
- En agriculture, comme dans toutes les industries, une innovation ne mérite l’attention que par les bénéfices qu’elle procure.
- De 1855 à 1864, le revenu net à l’hectare s’est élevé,à Lupitz, à 15-20 francs; de 1865 à 1875, période pendant laquelle les terres ont été marnées et phosphatées, il oscille entre 45 et 60 francs ; de 1876 à 1885, on complète les fumures employées jusqu’alors par l’application de fortes doses de potasse sous forme de kaïnite : les bénéfices par hectare montent à 60-72 francs; de 1886 à 1895, on consacre au lupin des superficies toujours croissantes, un tiers au moins de la surface totale ; le revenu à l’hectare, malgré le bas prix des produits^ varié de 45 à 120 francs. Le chiffre de 45 francs s’applique à l’année 1893, qui a été particulièrement mauvaise. Ces résultats sont très remarquables, s; l’on songe à la médiocrité des terres de Lupitz.
- Le lupin fait sur seigle ne se développe convenablement que si l’humidité du sol est favorable pendant l’arrière-saison, ce qui n’a pas toujours lieu sous
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- notre climat. Sur blé ou sur avoine, la réussite est toujours moins certaine à cause de l’époque plus tardive de la récolte.
- Un agriculteur belge, M. D. Verstappen (1), a eu l’heureuse idée de semer le lupin à raison de 130 kilogrammes à l’hectare immédiatement après le huttage de la pomme de terre ou môme une dizaine de jours après cette opération, c’est-à-dire, à peu près du 20 juin au 1er juillet. La terre étant ameublie, fraîche et ombragée, il est inutile de couvrir la semence. Le lupin est arraché avec les pommes de terre et transporté à pied d’umvre comme s'il s’agissait du fumier. Cette méthode ne peut manquer de gagner au lupin de nouveaux partisans si, comme le prétend M. Verstappen, elle ne réduit pas les rendements de la pomme de terre.
- Le retentissement des expériences de Schultz-Lupitz, les publications enthousiastes de nombreux agronomes ont amené beaucoup d’agriculteurs à considérer la pratique des engrais verts comme une panacée destinée à sortir l’agriculture de la situation difficile dans laquelle elle se débat. Il est utile de réagir contre un engouement dangereux. Des légumineuses-engrais sont appelées certainement à rendre de très grands services, mais seulement en terres pauvres, siliceuses ou calcaires, à la condition de les produire presque sans bourse délier, sans rien changer à l’ordre de succession des cultures ; l’absence de pluies pendant l’arrière-saison oblige-t-elle à faire entrer la légumineuse dans l’assolement, il est plus avantageux de l'utiliser comme fourrage.
- Il ne faut pas oublier non plus que les légumineuses s’alimentent à deux sources et, si elles sont établies en terres riches ou moyennement riches en azote, elles ne commencent à fixer l’azote atmosphérique qu’après avoir utilisé l’azote assimilable du sol. Des expériences nombreuses de laboratoire ont établi ce fait et, tout récemment, des essais de grande culture entrepris par Kiilin (2) en ont fourni une nouvelle preuve. Dans une terre de bonne qualité, des pois enfouis en vert se sont comportés exactement comme de la moutarde blanche, laquelle est incapable d’emprunter de l’azote à l’atmosphère. Dans ces conditions, les avantages des engrais verts sont illusoires, hors de proportion avec les frais qu’ils occasionnent.
- De plus, les meilleures légumineuses, telles que le lupin, la serradelle, le trèfle incarnat, pour des raisons que l'on ignore encore, ne réussissent pas en terres très riches en calcaire, fussent-elles largement pourvues d’acide phos-phorique et de potasse. Sur les terres de Champagne, par exemple, on ne parvient à faire pousser que des pois, des vesces et des gesses, encore est-il indispensable de ne les faire revenir sur la même parcelle qu’à des intervalles assez éloi-
- (1) D. Vehstapi-en. La culture, des lupins et la restauration en Campine du sol épuisé des pinières.
- (2) Fiihlings Zeitung du 15 mars 1895.
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- gnés, alors que le lupin se cultive indéfiniment sans qu’il en résulte aucun inconvénient. Pourquoi cette sorte d’antipathie de certaines légumineuses pour elles-mêmes, antipathie qui fait le désespoir des producteurs de luzerne, de trèfle, de pois, de haricots, etc. ? les bactéries de légumineuses sécréteraient-eiles, comme tant d’autres organismes inférieurs, des matières qui, en s’accumulant dans le sol, finiraient par s’opposer à leur développement ? La vieille théorie de l’excrétion, à laquelle de Candolle avait prêté l’appui de sa grande autorité, serait-elle vraie pour quelques légumineuses? J’ai dit qu’une même terre fournit d’excellentes récoltes de lupin en cultivant celui-ci sans interruption. Dans le Roussillon, il existe des champs où, depuis deux siècles au moins, on sème du trèfle incarnat chaque année. Pourquoi ces exceptions? Autant de questions auxquelles il nous est aujourd’hui impossible de répondre.
- Cultures des bactéries renfermées dans les nodosités des légumineuses. — Nobbe et Hiltner viennent de faire breveter et de mettre dans le commerce, sous le nom de nitragine, des cultures pures de bactéries des légumineuses.
- Dès l’année 1887, Salfeld (1) était parvenu à obtenir du trèfle des prés dans une terre tourbeuse, jusque-là réfractaire à cette culture, en y répandant simplement 4000 kilogrammes à l’hectare d’une terre empruntée à un champ qui avait fourni une bonne récolte de trèfle. L’expérience, répétée avec succès sur un grand nombre de points, prouvait d’une façon certaine que la non-réussite des légumineuses tient parfois à l’absence dans le sol du Bacterium radiceiola. Les cultures de bactéries remplacent avantageusement la terre de Salfeld.
- D’après Nobbe et Hiltner, les bactéries des légumineuses et des mimosées appartiennent à une même espèce, le Bacteriumradicicoki de Beyerinck, mais il existerait presque autant de races que de genres de plantes hospitalières. Dans ces conditions, comment expliquer qu’une légumineuse totalement inconnue dans une région finisse par s’y propager ? Nos terres de culture renfermeraient, en outre de ces bactéries spéciales à telle ou telle nature de plante, une forme neutre capable de vivre indifféremment sur toutes les légumineuses; son activité, d’abord très lente, s’exalterait sous l’influence de l’alimentation fournie par la plante hospitalière, et, après plusieurs générations elle aurait acquis tous les caractères de la race spéciale à cette plante.
- La serradelle par exemple, importée récemment du Portugal dans le nord de l’Europe, livre aujourd’hui des récoltes abondantes dans les terres qui ne sont ni trop compactes ni trop calcaires. Les premiers semis échouent assez souvent; d’abord, on obtient quelques rares individus; l’année suivante, ils sont plus nombreux et plus vigoureux, et, si l’on continue la culture, le sol finit par se garnir entièrement de plantes normalement développées.
- (I) Salfeld. Die Bodenimpfiing im landiv. Bclriebe.
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- Une pareille méthode de multiplication des bactéries est longue et onéreuse; mieux vaut opérer comme l’a fait Salfeld ou recourir à la nilmt/ine. Nobbe et ililtner prétendent que ce nouveau produit est appelé à jouer un rôle non moins utile que les engrais concentrés. Le sentiment paternel me paraît aveugler les deux savants allemands. Ce serait chose trop commode, en vérité, s’il suffisait d’apporter à l’hectare quelques centaines de kilogrammes de terre ou quelques grammes d’une culture bacillaire pour obtenir à volonté, d’une parcelle donnée, do la luzerne, du trèlle ou du lupin; 99 fois sur 100, ces plantes refusent de se développer soit parce que le sol est trop humide ou trop superficiel, soit parce qu’il manque de potasse, d’acide phosphorique ou de chaux.
- Les bactéries font defaut dans les terres acides, dans les terres de bruyère et dans les terres tourbeuses; et, même dans ces terres, si l’on applique du fumier ou mieux encore du purin, je suis convaincu que les amendements bacillaires deviennent inutiles.
- Dans la Frise orientale par exemple, on sait très bien que deux ans, après la mise en culture d'une tourbière, les légumineuses y poussent parfaitement. C'est qu'en Hollande, grâce aux nombreux canaux qui sillonnent les terres et les relient à de grands centres de population, on emploie des quantités considérables d’engrais organiques: matières fécales, balayures des rues qui, à n'en pas douter, renferment de nombreux germes de bactéries. Il serait superflu d’en apporter. Au contraire, dans les tourbières voisines de l’Allemagne du Nord qui sont écobuées périodiquement, où l’on fait rarement usage de fumier, il faut attendre au moins dix ans avant de semer des légumineuses. Ici, la nitragine donnera certainement d’excellents résultats. De pareilles terres sont rares dans les pays de vieille culture, aussi l’usage de la nitragine me parait devoir ê tre très limité.
- Culture des terres tourbeuses par la méthode Rimpau. — Après avoir parlé de l’amélioration des terres sablonneuses de Lupitz, je ne saurais passer sous silence la méthode de culture extrêmement curieuse pratiquée sur les quelques hectares de terres tourbeuses du même domaine, méthode imaginée par un voisin deM. Schultz, âl. Rimpau.
- M. Rimpau possède à Cunrau (province de Saxe) une propriété de 1 G00 hectares; 400 sont englobés dans une vaste tourbière, le Dromling, qui couvre une étendue de 33 000 heclares.
- En 18G2, époque à laquelle M. Rimpau commença à appliquer la méthode de culture qui porte son nom, les terres tourbeuses de Cunrau étaient souvent inabordables à cause de leur extrême humidité. Une seule coupe d’un foin très grossier constituait toute la récolte, lorsqu’ellesn’étaient pas livrées au pâturage. A cette date, l’hectare de tourbière était estimé 310 francs environ; aujourd’hui, il rapporte net 100 à 225 francs et trouverait facilement acheteur à 3 500 francs.
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- Voici, en quelques mots, comment procède M. Rimpau. Après avoir débarrassé la surface de tout ce qui, dans la suite, serait de nature à gener la culture : pierres, plantes ligneuses, etc., on l’aplanit et on l’ameublit; alors seulement, commencent les opérations de dessèchement. A Cunrau, le banc de tourbe mesure 1 mètre à im,50 d’épaisseur et repose sur du sable de grosseur variable mélangé parfois d’un peu d’argile. La tourbe extraite des fossés est étalée de façon à obtenir des planches soigneusement nivelées.
- Jusqu’ici, la méthode Rimpau ne présente rien de particulier; ce qui la caractérise essentiellement, c’est l’apport ultérieur, sur le sol naturel exhaussé, d’une couche de sable de O'11,10 d’épaisseur. Tandis que, dans la méthode hollandaise, la Veencultur, on s’efforce d’incorporer le sable à la tourbe, dans la méthode de Rimpau, il en est rigoureusement isolé, et cette séparation du sable de la tourbe devra être maintenue parla suite avec un soin jaloux.
- La section des fossés de dessèchement est calculée de telle sorte que, sans
- Eig. —. Coupe d’une tourbière cultivée suivant la méthode de Rimpau.
- n, couche de sable de 0°,10 d’épaisseur; b, tourbe rapportée, extraite des fosses de dessèchement; c, couche do tourbe; d, sous-sol sablonneux.
- dépasser une profondeur de lm,20 à im,80, la tranchée puisse livrer la quantité de sable nécessaire pour établir la couverture de 0m,10 d’épaisseur (fig. 2).
- Quel est le rôle de cette couverture et pourquoi lui assigner une épaisseur invariable ? La tourbe, à cause de sa couleur noire, possède un pouvoir absorbant et un pouvoir émissif considérables qui en font varier rapidement la température. Or la chaleur contracte la tourbe et la fait tomber en poussière; celle-ci foisonne énormément sous l’influence du froid et de l’humidité. Dans un tel milieu, les plantes sont ébranlées, les racines souvent rompues et mises à nu; elles souffrent de plus des brusques alternatives de chaleur et de froid. La couche superficielle de sable corrige presque complètement ces défauts ; elle modifie la couleur de la surface, régularise et retarde l’évaporation; le courant d’eau qui s’élève par capillarité de la nappe inférieure dans la tourbe spongieuse, se trouve rompu au niveau de la couverture et retardé dans sa marche ascensionnelle ; en un mot, le sable fait l’office de régulateur de température et d’humidité.
- Avec une épaisseur de sable moindre que 0m,10, la pression exercée sur la tourbe mobile ne serait pas suffisante, et la difficulté de cultiver la surface sans
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- entamer la tourbe deviendrait presque insurmontable. Si l’on dépassait le chiffre de 0m,10, il en résulterait d’autres inconvénients. Le sable, qui est absolument stérile, presque chimiquement pur. — il s’en trouve à Cunrau dont les 99 centièmes sont insolubles dans l’acide chlorhydrique — ne constitue en réalité qu’un simple support pour les très jeunes plantes; toutes les conditions nécessaires à la germination s’y trouvent réunies; mais quand la réserve alimentaire de la graine commence à devenir insuffisante, il faut absolument que la radicule ait atteint le sol nourricier, la tourbe; l’air doit en outre pénétrer facilement jusqu’à celle-ci pour en corriger l’acidité et en favoriser la décomposition progressive.
- Le banc de tourbe, à Cunrau, est extrêmement riche en azote ; il n’en renferme pas moins de 3 p. 100 : c’est six lois environ la quantité contenue dans le fumier de ferme normal. La tourbe renfermant de la chaux, on n’applique comme engrais que de la potasse et de l’acide phosphorique.
- Il n’est pas de sol où les façons culturales soient aussi peu coûteuses. Dans aucun cas, la tourbe n’est ramenée à la surface; cette règle ne souffre pas d’exception, la couche sablonneuse doit être remuée. Rien de plus facile avec un seul cheval, que d’exécuter les divers travaux de culture. Avec deux chevaux on se sert d’un trisoc pour pratiquer les labours.
- Le sol des tourbières transformées, toujours frais et largement pourvu de matières alimentaires, possède une fertilité extraordinaire : le ray-grass d’Italie, semé au printemps sans couverture, donne 3 ou 4 coupes la même année ; la pousse en est tellement rapide que la dessiccation du foin doit se faire en dehors de la prairie; le chanvre y atteint une hauteur de 4 mètres ; les betteraves fourragères livrent aisément 80000 kilogrammes de racines à l’hectare; le colza, 3400 kilogrammes de graines; les pommes de terre, plus de 20 000 kilogrammes.
- J’ai visité la ferme de M. Rimpau à l’automne de 1884; le colza d’hiver s’y montrait alors d’une vigueur exceptionnelle; celui que je rencontrai quelques jours plus tard dans les terres noires de la Magdeburger-Borde était certainement d’une moins belle venue.
- A Cunrau, où les ouvriers étaient payés à raison de 2 fr. 23 par jour, plus une gratification de Ofr. 15 par mètre cube de terre remuée, la mise en valeur des tourbières a coûté de 375 à 525 francs l’hectare. Nous avons vu que la plus-value foncière atteint le chiffre de 3 000 francs environ. L’opération a donc été extrêmement avantageuse.
- En France, les gisements de tourbe occupent 1200000 hectares; il n’est pas douteux que la méthode Rimpau pourrait être utilement employée sur un grand nombre de points.
- Je tiens à faire remarquer que, dans les fossés de dessèchement, on a ménagé de distance en distance de légers barrages munis de vannes extrêmement sim-
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- pies afin de pouvoir, pendant l’été, maintenir le plan d’eau à un niveau convenable; faute d’avoir pris cette précaution, nombre d’ingénieurs ont complètement échoué dans les entreprises d’assainissement des |terres tourbeuses. Celles-ci, séchées à l’excès pendant un certain temps, tombent en poussière et ne reprennent jamais dans la suite leur consistance première.
- En Suisse, j’ai visité, sur le canal de Morat à Neuchâtel, une propriété de 600 hectares de tourbières desséchées à grands frais. En prévision du succès de l’opération, de magnifiques bâtiments d’exploitation avaient été construits. Un drainage poussé trop loin a complètement ruiné le sol et toutes les mesures prises en vue de remédier à ce désastre ont entièrement échoué.
- Sur la faible assimilabilité des phosphates d'os. —Les phosphates d’os sont les premiers engrais phosphatés dont on ait fait usage en agriculture. Leur ancienne réputation s’était maintenue jusqu’alors, et, tandis que l’acide phosphorique se paye 0 fr. 30 dans les nodules, ii est coté en viron 0 fr. 35 dans les phosphates d’os n’ayant subi aucun traitement chimique. Les expériences de Wagner, poursuivies avec du seigle en 1889, s’étaient déjà montrées très défavorables à ces derniers (1). Le tableau qui suit résume les premiers résultats obtenus. Augmentation de récolte obtenue, celle des superphosphates étant représentée par 100 :
- Scories de déphosphoration...................59
- Poudre d’os.................................. 8
- Dans une deuxième série d’essais, en terre argilo-siliceuse, on a employé concurremment des quantités égales d’acide phosphorique sous forme de superphosphates et de poudre d’os. Les engrais furent incorporés au sol une fois pour toutes, et, pendant trois années successives, on nota les augmentations de rendements qu’ils ont produites. Celles du superphosphate étant représentées par 100, voici les chiffres fournis par la poudre d’os :
- lrc année d’expérience.................................. 5
- 21' — — ..............................15
- 3e — -- ..............................17
- Ce qui est remarquable, ce n’est pas seulement la faible efficacité des poudres d’os comparée à celle du superphosphate; on aurait pu croire que la poudre, très inférieure l’année même de son application, se relèverait très notablement pendant les années suivantes. Rien de semblable ne s’est produit. Les conclusions de Wagner ont trouvé de nombreux contradicteurs, notamment parmi les marchands d’engrais. L’association des fabricants de poudre d’os s’adressa à la Station de Halle pour élucider, par des essais répétés, la question de l’assimi-labilité des phosphates sortis de leurs usines. Ces essais ont abouti exactement aux
- (1) Wagner. Die rationnelle Dünyuny der landw. Kullurpflanzcn. Tome I. — 9o<= année. 5e série. — Septembre 1896.
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- mêmes résultats que ceux de Wagner (1). 11 en ressort nettement que la faveur dont jouissent les poudres d’os, quelle qu’en soit d’ailleurs l’origine, n’est nullement justifiée, les bons effets qu’on en obtient seraient dus surtout à l’azote organique qu’elles contiennent. Dans les terres siliceuses, comme dans les terres argilo-siliceuses, en terres riches en acide phosphorique comme en terres pauvres, sur les céréales comme sur les crucifères, leur action n’est pas plus marquée que celle des phosphates minéraux. Bref, il faut les rayer de la liste des phosphates très assimilables.
- Le blé et les pommes de terre dans l’alimentation du bétail. — En 1895, nous avons récolté 119 508 861 hectolitres de blé, chiffre dépassé une fois seulement, en 1894. Par suite des progrès réalisés dans la culture, les récoltes iront toujours en augmentant, et la France, qui consomme en moyenne 120 millions d’hectolitres par an, deviendra bientôt un pays exportateur de blé. L’effondrement des cours a fait songer à chercher au blé de nouveaux débouchés, à le faire entrer dans la ration des animaux, soit à l’état de grain ou de farine, soit sous forme de pain.
- Dans un ouvrage récent (2), M. Gaston de Vaux laissait entrevoir l’espérance de réaliser notre blé à 27 francs les 100 kilogrammes en le faisant consommer par les animaux.
- M. Cormouls-IIoulès, qui pratique chaque année l’engraissement de 350 à 400 bêtes à cornes, soumit les affirmations de M. G. de Vaux au contrôle de l’expérience. Voici les conclusions auxquelles il est arrivé :
- te 1° Les tourteaux sont, à beaucoup près, des aliments plus économiques que les céréales et surtout que le blé ;
- « 2° A part le seigle, dont le prix de consommation par les animaux dépasse celui du marché, on n’a d’autres avantages à alimenter de blé les bœufs et les moutons que ceux d’en avoir un écoulement plus facile et de produire plus de fumier ;
- « 3° Les agriculteurs ont tout intérêt à développer la culture de la pomme de terre à grands rendements et à la faire consommer par les animaux de la ferme, au lieu de la vendre sur le marché au prix moyen de 4 francs les 100 kilogrammes ou de l’apporter dans les distilleries qui les payent 3 francs à 3 fr. 50 les 100 kilogrammes rendus à l’usine;
- « 4° Sans méconnaître le rôle prépondérant des matières azotées dans l’alimentation des animaux et surtout des animaux jeunes, on ne doit attacher qu’une importance secondaire à ce que les savants désignent sous le nom de relation nutritive, c’est-à-dire au rapport qui doit exister, dans la ration, entre
- (1) Maekcker et Stkfeek. Ueber die Vlmphorsaure Wirkuny der Knochenmehle.
- (2) G. de Vaux, le Blé à 27 francs.
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- sa teneur en matières azotées et sa teneur en matières non azotées : graisse et hydrates de carbone autres que la cellulose. »
- M. Cormouls-IIoulès, grâce à une comptabilité bien tenue, a pu déterminer le revenu net : 1° d’un hectare de blé, 2° d’un hectare de seigle, 3° d’un hectare de pommes de terre fourragères, en supposant que les produits soient consommés par les animaux de la ferme.
- Voici les chiffres auxquels il est arrivé :
- 119 francs pour le blé.
- 122 — le seigle.
- 485 — les pommes de terre des variétés Farineuse et Richter.
- En mettant en pratique les précieuses indications de M. Aimé Girard sur la culture de la pomme de terre à grands rendements et son utilisation dans l’alimentation du bétail (1), M. Cormouls-IIoulès arrive, dans les terres légères de la Montagne-Noire, à une altitude de 800 mètres, à obtenir couramment, en grande culture, 20 à 30 000 kilogrammes de pommes de terre à l’hectare. Il a trouvé de tels avantages à les faire consommer par les animaux qu’il en a développé la culture au point d’en récolter chaque année 500 à 600000 kilogrammes (2).
- Sur raccumulation dans le sol des composés cuivriques (3). — Les composés cuivriques sont encore aujourd’hui de tous les produits employés pour combattre les maladies parasitaires des plantes, les moins coûteux et les plus efficaces. L’usage s’en généralisant de plus en plus dans la culture de la vigne et des pommes de terre, il est très important de savoir si des traitements prolongés n’exerceraient pas, du fait de l’accumulation du cuivre dans le sol, une influence défavorable sur l’abondance et la qualité des récoltes.
- M. Aimé Girard fit répandre, à l’hectare, une quantité de bouillie bourguignonne renfermant 1 500 kilogrammes de sulfate de cuivre, chiffre représentant la dose qui serait nécessaire pour le traitement de la vigne et de la pomme de terre pendant un siècle.
- Le sol ayant été alors préparé comme de coutume, on a, aux époques convenables, semé du blé, de l’avoine, du trèfle, des betteraves, des pommes de terre et enfin divers légumes : carottes, salades, petits pois et radis pour répondre aux préoccupations de quelques personnes inquiètes de voir les sels de cuivre entrer au potager.
- Les résultats de trois campagnes consécutives (1892-1893-1894) démontrent d’une façon certaine que la répétition, pendant un temps bien long,pendant un siècle, du traitement de la vigne ou de la pomme de terre par les composés
- (1) Bulletins d’avril et de mai 1895, p. 364 et 593.
- (2) Gaston Corjiouls-Hoülès, Essais comparatifs cValimentation des Bovidés.
- (3) Comptes rendus. Juin 1895.
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- cuivriques ne saurait avoir, ni au point de vue de l’abondance des récoltes, ni au point de vue de leur qualité, aucune inllucnce.
- Ils doivent encourager les cultivateurs à ne jamais interrompre, comme beaucoup le font trop souvent, la lutte contre le mildew de la vigne et contre la maladie des pommes de terre.
- Plantes fourragères nouvelles.— La production du foin a été si abondante, en 1894 et 1895, que les cultivateurs ont négligé à peu près complètement l’étude des plantes fourragères nouvelles.
- Le pastel, tiré de l’oubli par la Station d’essais de semences de l’Institut agronomique, a tenu ses promesses dans les Gausses et le Bordelais ; les différents agriculteurs qui l’ont essayé sont d’accord pour reconnaître que le pastel est très précoce, très résistant au froid et assez rustique pour réussir dans les terres de médiocre qualité, sablonneuses, caillouteuses ou même tout à fait calcaires.
- Des expériences que nous avons effectuées à la Station d’essais de semences, il ressort en outre que le pastel ne fournit des rendements élevés que s’il est semé de très bonne heure, de préférence au printemps, dans une céréale. Les analyses de M. Coudon montrent que sa valeur alimentaire est comparable à celle des choux fourragers et de la moutarde blanche (1).
- J’ai signalé, dans la Revue de 1894 (2), tout le parti que les régions méridionales peuvent tirer du sulla ou sainfoin d’Espagne.
- Les essais qui ont été établis en Algérie justifient les espérances que cette plante avait fait concevoir. M. Knill, auquel on doit une étude expérimentale très consciencieuse et très approfondie des conditions de culture du sulla, vient de résumer ses observations dans une excellente brochure (3) ; j’en recommande tout spécialement la lecture aux personnnes qui s’intéressent aux progrès de l’agriculture de l’Algérie et de la Tunisie.
- Une plante fourragère des terrains salés (4). — Les terrains salés, les san-souires, comme on les appelle dans le midi de la France, demeurent complètement improductifs lorsqu’ils ne peuvent être soumis à l’irrigation. En Californie, où ils occupent de très grandes surfaces, une Station agronomique spéciale, celle de Tulare, dépendant de la Station de Berkeley, est chargée de déterminer les moyens pratiques de les mettre en valeur.
- Où l’arrosage est impraticable, la Station de Tulare recommande de cultiver Y A triplex semiôaccatum, plante d’origine australienne de la famille des Cheno-
- (1) Journal d’agriculture pratique des 6, 13 et 27 juin 1893.
- (2) Bulletin d’avril 1893, p. 372.
- (3) J. K.nill ; le Sulla, chez l’auteur, aux Amouclias (Algérie).
- (4) Australian sait bush for alkali soils. Bulletins nos 103 et 109, de la Station de Berkeley (Californie).
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- podées, dont les représentants sont désignés sous le terme générique de Sait Bush (buisson salé). A l’inverse des autres saltbushes, cet alriplex possède un port étalé et recouvre Je sol d’un coussin de verdure de 20 à 2b centimètres d’épaisseur.
- Certaines touffes ont atteint dans l’année un développement de près de b mètres en diamètre. La récolle d’une coupe pleine s’élève à bO tonnes environ de fourrage vert à l’hectare, correspondant à 12 tonnes et demie de substance sèche. Lorsque la bonne saison se prolonge, on obtiendrait deux coupes d’égale importance.
- Il convient d’ajouter cependant que ces chiffres sont déduits de pesées portant sur de petites surfaces.
- L'atriplex est donné aux chevaux et aux bêtes à cornes dans la proportion de 3ks,b00 pour lks,200 (de foin par ration. Les moutons et les porcs le consomment à l’état vert sans aucune difficulté. Les analyses de M. Jaffa, agronome attaché à la Station de Berkeley, assignent à l’atriplex une valeur fourragère voisine de celle de la luzerne et égale à celle des foins de prairie de bonne qualité. Enfin, l’atriplex est une excellente plante au point de vue du dessalement des terres qui se refusent à porter toute autre culture.
- Dans une récolte de bO 000 kilogrammes d’atriplex vert, on a trouvé :
- 352 kg 6 de chlorure de sodium.
- 213 ke 6 de carbona'e de soude.
- soit, en tout, b66ks 2, des deux sels les plus nuisibles à la végétation. Dans des terrains moins salés que les taches absolument stériles où la culture de fatri-plex a été tentée, M. Jaffa pense qu’on pourrait, par quelques coupes successives de cette plante, arriver, en un petit nombre d’années, à rendre le sol apte à porter des récoltes. Gela paraît en effet possible à la condition que les sels du sous-sol ne remontent pas, dans la suite, à la surface.
- L’atriplex se reproduit très facilement de graines qu’il fournit en abondance. On peut encore le semer en pépinière, dans un sol salé bien entendu, et mettre en place les jeunes plants lorsqu’ils ont atteint environ 10 centimètres, en laissant entre les plants une distance d’au moins bO centimètres.
- Les essais entrepris par les agriculteurs auxquels la Station de Berkeley avait distribué des graines ont été si satisfaisants que des milliers d’acres furent ensemencés pendant i’hiver de !89b-1896. Au dire du directeur de la Station de Berkeley et de ses correspondants enthousiastes, YAtriplex semibac-catum serait appelé à rendre d’immenses services.
- Dans les terrains salés de la Provence, de l’Algérie et de la Tunisie, il y a tout lieu de croire que cette plante réussirait parfaitement.
- E. Scüribaux.
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- ARTS MÉCANIQUES
- LES LIGNES DE LuderS OU LIGNES SUPERFICIELLES QUI APPARAISSENT
- sur les métaux déformés, par M. Ch. Fréiïiont, Ingénieur - Constructeur.
- (PI. Vil et VIII.)
- Lorsqu’un morceau d’acier subit une déformation permanente, quelquefois, sur sa surface, apparaissent des lignes dont la forme dépend de la nature de l’opération qui a occasionné cette déformation : pliage, traction, compression, cisaillement, poinçonnage, emboutissage, etc.
- Elles ont été désignées sous le nom de lignes de Lüders par quelques auteurs (1) car c’est Lüders qui paraît le premier en avoir donné une description, que nous résumons dans les lignes suivantes (2) :
- En 1854, aux forges de Magdesprung (3), dans l’essai au choc d’un échantillon de fer plat de 56 X 16, Lüders remarqua, sur les deux faces de la partie pliée, un dessin semblable aux stries d’une lime : c’était la couche d’oxyde couvrant le métal qui s’était craquelée suivant un grand nombre de lignes droites parallèles se coupant à angle droit avec une très grande régularité.
- Dans ses nombreux essais à la flexion et à la trempe, effectués sur des barres de constitution chimique différente, Lüders constata que les dimensions de la section du métal restaient sans influence sur la production du phénomène dont l’apparition, d’ailleurs assez rare et irrégulière, dépendait de la composition chimique du fer employé.
- Ainsi les figures ne se montrèrent ni sur les fers à gros grains, ni sur les fers fibreux, ni sur les fers à grains fins, mais uniquement sur les matières tenaces et à qualité d’acier à nerf fin et blanc comme l’acier à ressorts.
- Les figures les plus belles et les plus régulières apparurent sur l’acier allemand ayant subi un affinage et servant à la confection de couteaux à chiffons.
- Ces couteaux sont aiguisés, trempés et recuits.
- Le recuit détermine la production d’une faible couche d’oxyde sur les deux faces de la lame, et comme il s’agissait de pièces hétérogènes présentant des régions de dureté différente, les dessins se produisaient dans cette légère couche et occupaient les régions affectées par le pliage lorsqu’elles étaient constituées par un acier suffisamment dur.
- Les figures 1 et 2 montrent ces lignes en vraie grandeur; la ligne A B représente l’axe longitudinal de la lame.
- Lüders se préoccupa de déterminer si ces lignes, qui se montraient aussi bien sur le champ que sur le plat des barres, pénétraient aussi à l’intérieur; à cet effet, il opéra sur des morceaux qui avaient été parfaitement polis et traités par l’acide nitrique très étendu.
- (1) Isaac Todhunter et Karl Pearson : A history of the lheory of elasLkity and of the strength of materials.
- (2) Ding 1er s Polytcchnisches Journal, Stuttgart!, 1860/ Volume 135, p. 18. D’un phénomène d’élasticité sur des barres de fer aciéreux ou sur des barres d’acier et de l’observation d’un mouvement moléculaire par la flexion de ccs barres, par W. Lüders.
- (3) Magdesprung, village du duché d’Anhalt, situé sur la Selke près de Harzgérode.
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- LIGNES DE LUDERS.
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- Ce procédé lui donna des figures joliment gravées en blanc sur fond brun et qui apparurent seulement aux places où elles étaient visibles auparavant, c’est-à-dire à l'endroit du pliage, mais avec une nuance plus belle.
- Sur la surface de la barre pliée, apparaissaient deux systèmes de lignes parallèles se coupant à angle droit et inclinées à 45° sur l’axe longitudinal de la barre.
- Fig. 1 et 2. — Lignes droites apparues sur une lame d’acier polie, trempée et recuite.
- Expérience de Liiders.
- Dans un seul essai, un troisième système de lignes se grava à angle droit sur l’axe de flexion* c’est-à-dire en diagonales des carrés.
- Dans certains cas, les angles formés par les lignes entre elles restaient absolument droits, tandis que, dans d’autres cas, ces carrés se transformaient en losanges.
- Fig. 3. — Lignes courbes apparues sur un morceau d’acier cisaillé. Expérience de Liiders.
- L’étain pur donna des lignes au ploiement, mais les alliages d’étain, le plomb, le zinc ne montrèrent pas ce phénomène.
- Les lignes obtenues étaient toujours droites, toutefois Liiders observa, sur un morceau d’acier à ressorts cisaillé à la machine, des courbes se coupant (fig. 3).
- Lüders attribue la courbure de ces lignes à des variations de direction accidentelles que les lames de la cisaille ont pu prendre à chaque moment de l’opération: il les considère donc comme une exception et n’admet que des lignes droites se coupant sous des angles variables d’un échantillon à l’autre.
- Quant à l’explication de leur origine, il admet, d’après Fuchs, que l’acier doit être un mélange de fer cubique et de fer rliomboédrique maintenus en continuelle tension, et que les déformations intérieures du métal produisent, dans la cristallisation, un système de lamelles à faces parallèles planes, qui laisseraient leur trace sur la face supérieure de la barre, et qui sont rendues visibles par le fendillement de la couche supérieure d’oxyde.
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- En résumé, M. Lüders paraît être le premier auteur qui ait signalé l’apparition de lignes droites sur les métaux déformés par l’action du pliage et de la trempe, la seule d’ailleurs qu’il ait observée. La découverte qu’d a faite à cet égard s’est produite en quelque sorte par hasard, sans qu’il ait cherché à préparer intentionnellement les conditions d’une expérience proprement dite. En opérant sur des harres polies, trempées et recuites, il s'est trouvé amené naturellement, en pratiquant un essai de choc, à observer, sur la couche d’oxyde, les craquellements qui se produisent alors quelquefois d’une façon particulièrement nette et distincte.
- Tout en ne donnant lui-même les remarques ainsi faites que comme pouvant surtout servir de point de départ aux recherches ultérieures des expérimentateurs, il a cru pouvoir conclure, de ses premières observations, que les déformations superficielles dont il constatait l’existence devaient témoigner de l’action des forces intimes agissant à l’intérieur même des pièces étudiées, bien que cependantl’expérience qu’il apporte à l’appui de cette opinion ne paraisse pas autrement probante.
- Cette intéressante observation de Lüders ne paraît pas avoir éveillé la curiosité de ses contemporains, car la question fut délaissée et oubliée.
- Trente ans plus tard, en 1884, un journal russe (1) publia un article intitulé : « Quelques remarques sur l’effet produit par le poinçonnage de l’acier doux. »
- L’auteur, M. Beck-Guerhard, savant ingénieur des mines, inspecteur du gouvernement au service de la voie en Russie, avait ôté amené à faire des expériences pratiques à l’usine de Poutiloff dans le but de déterminer les différences de résistance que pouvait occasionner dans les éclisses de la voie le mode de percement des trous, soit par forage, soit par poinçonnage, afin de vérifier les observations signalées par M. Barba d ans son ouvrage : Etude sur l'emploi de l’acier.
- Voici en résumé ce qu’il dit :
- Au lieu des ruptures microscopiques que je supposais trouver autour du trou poinçonné, j’observai que la surface polie du métal présentait un dessin de stries courbées disposées en gerbes qui se groupaient plus abondamment dans la direction des tangentes et s’y croisaient.
- Ces dessins étaient parfaitement visibles sans le moindre grossissement; ils apparaissaient aussi bien sur les plaques poinçonnées directement que sur celles qui subissaient un alésage complémentaire, mais elles ne se voyaient jamais sur le métal percé au foret. Les lîg. 4, 6, 8 montrent l’aspect des pièces essayées du côté de la surface supérieure, par où pénétrait l’outil, et les fig. o, 7, 9 te côté de la surface inférieure. Dans ces trois essais, le premier trou a été poinçonné puis alésé, le second percé au foret et le troisième simplement poinçonné.
- Ces lignes n’apparaissent pas sur tous les aciers; le nombre et la netteté de ces lignes dépendent dans une certaine mesure de l’épaisseur de la plaque. La forme des trous a aussi une influence marquée sur la disposition et la longueur de celles-ci.
- Dans tous les essais de poinçonnage, la surface supérieure de la plaque ne montrait que des lignes peu développées (fig. 10), plus fines que celles de la surface inférieure (fig. 11), quelquefois même celles-ci manquaient.
- Le chauffage suivi d’un refroidissement lent ne faisait pas disparaître les lignes, mais en affaiblissait seulement la netteté.
- he fer puddlé ne donne pas lieu à la formation de ces lignes, et M. Beck-Guerhard a observé celle-ci seulement, dit-il, sur des produits laminés de fer fondu ou acier doux.
- Les lignes n’apparaissent plus dans les aciers plus durs, comme, par exemple, les aciers à ressorts (ceci est en contradiction avec l’observation de Lüders).
- (1) Journal des Mines, n° 3, mars 1884, pages 347 à 356. Résumé dans l'Engineering News, 13 décembre 1884, page 27!).
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- La plupart des échantillons présentaient les lignes courbes en creux sur la surface de la plaque, mais quelques-uns présentaient, au contraire, des courbes en saillie, et cela quelquefois d’une quantité suffisante pour permettre de les sentir au toucher.
- Fig. 7. Fig. 8. Fig. D.
- Fig. 4 à 9. — Li gaes courbes apparues à la surface de plaques d’acier poinçonnées. Expériences de M. Beck-Gucrhard.
- La plus grande hauteur et la plus grande largeur se manifestaient au point Jde 'départ et diminuaient pour se niveler à l’extrémité.
- Dans les plaques minces avec bords rabotés, les lignes étaient comme coupées en arrivant an bord, tandis que, dans les plaques avec bords intacts (laminés et non rabotés, par exemple
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- dans les éclisses) les courbes se prolongeaient sur les bords et même quelquefois se recourbaient sur l’autre côté de la plaque.
- Ces courbes peu apparentes sur la surface supérieure, ainsi qu’il a été indiqué, se transformaient, sur certains échantillons, en une série de rides très minces et courtes, et quelquefois si rapprochées qu’il se formait simplement autour du trou une couronne d’un mat caractéristique se détachant sur la surface polie de la plaque.
- La plupart des échantillons étaient polis sur leurs faces avant le poinçonnage, mais ce n’était pas indispensable. On conçoit évidemment que les courbes apparaissaient alors beaucoup plus claires et visibles, mais M. Beck-Guerhard déclare qu’il les a vues cependant sur un grand nombre de produits (toujours en fer fondu) conservant leurs surfaces naturelles de
- Fig. 10 et 11. — Lignes courbes apparues à la surface de plaques d’acier poinçonnées.
- Expériences de M. Beck-Guerhard.
- laminage; quelquefois même elles avaient une longueur étonnante, se détachant clairement en lignes couleur de rouille sur le fond moins rouillé des tôles.
- M. Beck-Guerhard estime que ces lignes ne sont pas des rides ou plis superficiels, mais des traces visibles des affections ou déformations plus profondes et éloignées de la surface, et il croit avoir réussi à vérifier ce fait par le procédé suivant :
- Dans une tôle d’acier doux, il a fait détacher à la machine à raboter deux échantillons do mêmes dimensions, dont les faces ont été polies; au centre de chaque plaque, il a fait percer un trou d’un pouce de diamètre, foré dans la plaque n° 1 et poinçonné dans la plaque n° 2.
- Autour du trou foré, il ne s’est pas produit la moindre trace de courbes; mais, autour du trou poinçonné, il a obtenu un magnifique dessin peu prononcé en haut, très développé, et palpable au doigt sur la surface supérieure.
- Il attaqua encore la surface entière à l’acide, dont l’action fit complètement disparaître le dessin des courbes en laissant une surface unie mais terne, parsemée de bulles aplaties et allongées par le laminage avec des petites fissures et des criques longitudinales.
- Il découpa ensuite, dans cette plaque, huit éprouvettes parallèles numérotées de 1 à 8, qui furent soumises à l’essai à la traction poursuivie jusqu’à rupture.
- Après 1’ essai, la surface unie des barrettes apparut couverte de lignes en relief palpables au doigt; et, après qu’on eut replacé les barrettes suivant l’ordre primitif qu’elles occupaient dans la plaque (fig. 12, pl. Vil) on retrouva, par l’assemblage de ces lignes nouvelles, le même dessin qui était apparu sur la plaque entière après le poinçonnage et avant la destruction des courbes par l’action de l’acide.
- En outre, les grandes courbes primaires ainsi obtenues se trouvaient accompagnées par des courbes plus minces et plus plates, mais ayant la même direction générale et le même caractère.
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- M. Beck-Guerhard reconnaît que ces lignes supplémentaires sont apparues sous l’effet de la traction, mais il estime qu’elles préexistaient cependant, et qu’elles étaient trop peu développées avant la traction, ce qui explique qu’elles n’ont pu être remarquées à l’œil sur la plaque poinçonnée.
- La figure 13, pl. VIII, montre en A les courbes bifurquées.
- M. Beck-Guerhard pense que ces courbes sont les traces visibles des déplacements des molécules allant du centre à la périphérie sous l’inlluence des efforts latéraux produits pendant le poinçonnage, efforts tendant à faire écouler la matière de dessous le poinçon dans la masse environnante.
- D’après lui, il y a là une action analogue à celle qui produit les rides concentriques sur la surface unie de l’eau lorsqu’on y jette une pierre ou encore les l'ayons du trou d’une vitre percée par une balle et même les fentes d’un blindage perforé par un projectile.
- Au cours de sa théorie, il cherche enfin à expliquer pourquoi ces courbes ne se présentent pas l’une à côté de l’autre sans intervalles.
- Il attribue ce fait à ce que la masse de fer fondu n’est pas une pâte homogène, ni un milieu aux molécules aussi mobiles que l’eau; les courbes de déplacement restent, dit-il, presque sans intervalles au début, c’est-à-dire au bord du trou, mais, en se prolongeant, elles rencontrent sur leur route en certains points des résistances croissantes qui en interrompent quelques-unes et donnent lieu par suite à des intervalles.
- La saillie des courbes est très prononcée à l’origine, mais elle va ainsi en diminuant pour se raccorder d’une façon imperceptible avec la surface unie de la plaque. Peut-être aussi faut-il y voir, dit-il, des traces visibles de déplacement de molécules cristallines plus mobiles dans une masse amorphe qui serait moins mobile.
- I! examine enfin la question de savoir pourquoi ces lignes sont des courbes et non des droites, et il cherche à expliquer ce fait en disant que la ligne de séparation tend naturellement à conserver une direction rectiligne, mais que, dans son parcours, elle rencontre en certains points des résistances variables, qui donnent lieu à des bifurcations et l’obligent ainsi à se dévier d’une façon continue, donnant finalement à la trajectoire l’apparence d’une courbe, tandis qu’il la conçoit comme formée par une succession de lignes brisées.
- On voit, par ce rapide résumé, le grand intérêt scientifique que présente le travail de M. Beck-Guerhard. Il s’agit bien là d’une œuvre personnelle, constituant en quelque sorte une véritable découverte sur un sujet à peine abordé auparavant, mais complètement oublié du reste, que M. Beck-Guerhard a pu traiter d'ailleurs dans des conditions originales en s’attachant à l’étude du poinçonnage, à laquelle M. Liiders n’avait jamais songé. Il a abordé l’étude du phénomène nouveau dont il s’est attaché à dégager la cause par des expériences méthodiques, dans lesquelles il a pu mettre à profit ses hautes connaissances à la fois théoriques et pratiques.
- Il eût été désirable toutefois qu’il eût pu compléter les recherches que nous venons de rappeler en opérant dans des conditions plus réellement comparables, qui l’auraient probablement mis à meme de reconnaître que l’effort de traction comportait lui aussi ses lignes superficielles, comme l’action du poinçonnage, de sorte qu’il n’y avait probablement pas lieu de considérer les lignes apparues sur les barrettes essayées à la traction comme la manifestation des lignes antérieures dues au poinçonnage.
- Il aurait donc été intéressant qu’il eût pu poursuivre jusqu’au bout son idée initiale en opérant sur la plaque percée du trou foré les mêmes expériences qu’il avait faites sur la plaque percée du trou poinçonné. Nul doute qu’il n’aurait trouvé, sur les barres essayées à la traction, les mêmes lignes qu’il avait déjà observées, ce qui l’aurait amené à reconnaître qu’il s’agissait d’un phénomène nouveau absolument indépendant de celui du poinçonnage.
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- Mais, absorbé par les exigences de la haute situation qu’il occupe, M. Beck-Guerhard n’a pu trouver le loisir nécessaire pour continuer ces essais et en déduire les conséquences qu’il n’aurait pas manqué d’apercevoir.
- 11 a reconnu du reste, avec une réserve qui l’honore, dans une communication qu’il a bien voulu nous faire à cet égard, que les expériences ultérieures l’auraient amené sans doute a modifier la théorie ébauchée par lui, et dont nous venons de donner le résumé.
- Voici maintenant quelques travaux plus récents sur les lignes de Liiders.
- Une circulaire ministérielle du 2 septembre 1887 est accompagnée d’un rapport de M. Gallon, ingénieur de la marine, signalant les lignes de Lüders.
- Note de M. Gallon : Influence du cisaillage.
- Quand on cisaille une tôle et qu’on la laisse oxyder, on remarque que le périmètre de la tôle s’est oxydé plus que la partie centrale. Si on examine de près cette oxydation du périmètre, on y trouve une série de stries parallèles, qui rappellent les ondulations produites par une pierre qui tombe dans l’eau. Ces stries sont causées par la lame de la cisaille qui refoule devant elle les molécules du métal, en modifiant la constitution de la tôle. La zone ainsi altérée forme une bande qui n’a pas moins de b centimètres de largeur.
- On a même eu occasion de remarquer à Guérigny un lot de tôles dans lequel les stries provenant du cisaillage, et accusées par l’oxydation ultérieure, s’étendaient jusqu’à 7 ou 8 centimètres de la rive de la tôle.
- M. Gallon admet ainsi que les lignes qui apparaissent sur le métal oxydé, à une grande distance de la partie cisaillée, sont le résultat d’une déformation permanente du métal causée par le refoulement des molécules.
- A cette explication, on peut objecter toutefois qu’il est difficile d’admettre que l’effet puisse se faire sentir à une aussi grande distance.
- M. Hermann Wedding fit, sur les lignes de Lüders, diverses observations qu’il publia à Berlin en 1887, 1888, 1889.
- Ses travaux se trouvent réunis dans son traité de métallurgie (1) pages 564 à 576; il y constata très nettement le phénomène, ainsi qu’on le verra d’après l’extrait suivant :
- Sur les éprouvettes à surface non travaillée, principalement sur le fer brut de laminage, le commencement de la déformation provoque, un détachement de l’oxyde, qui se manifeste suivant des formes très variées.
- Cette séparation ne se produit pas simultanément sur toute la surface du barreau, mais, en général, d’une façon graduelle et avec une direction oblique sur l’axe du barreau.
- Dans l’essai de flexion, l’oxyde se détache exactement de part et d’autre des limites où, théoriquement, la déformation provoque, dans le milieu du barreau ou du fer profilé, une région de traction et une région de compression. Il se forme ainsi deux segments nettement distincts, qui se séparent à la hauteur du centre de gravité de la section transversale.
- Sur les surfaces travaillées, on distingue des ondulations irrégulières qui se forment sur la surface du barreau, ainsi que des lignes et des bandes de largeurs très variées qui se disposent parfois suivant une loi régulière; souvent aussi, on voit des lignes rayonnantes, qui ne partent pas du milieu du barreau, mais vont en s’affaiblissant depuis les bords jusqu’au centre.
- Nous pourrions citer encore un certain nombre d’expérimentateurs qui ont
- (1) Handbuch (1er cisenhultenkunde par Hermann Wedding. Braunschweigg, Friedrich Wieveg und sohn, 1891.
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- abordé aussi cette étude; mais, pour ne pas allonger cette énumération outre mesure, nous nous bornerons à rappeler que la question a été examinée en Angleterre par MM. Todhunter et Pearson, en Amérique par M. J. B. Hunter, etc.
- Tout récemment, en 1894, M. le commandant Hartmann reprit l’étude de la question et effectua à cet effet de nombreuses expériences à la section technique de l’artillerie à Paris.
- Les premiers résultats qu’il obtint furent communiqués par lui à Y Académie des Sciences le 5 mars et le 2 avril 1894.
- L’ensemble de ses recherches fut édité en 1896 sous le titre : Distribution des déformations dans les métaux soumis à des efforts.
- Le procédé d’investigation judicieusement choisi par M. Hartmann fut celui qu’avaient imaginé ses prédécesseurs : MM. Lüders, Beck-Guerhard, etc., c’est-à-dire, le polissage du métal, le bleuissage par recuit et l’attaque par l’acide.
- M. Hartmann déduit de ses expériences les conséquences suivantes (page 7) :
- 1° La déformation des corps solides ne se propage pas, comme on l’a admis jusqu’ici, progressivement d’un point à tous les points voisins; elle se subdivise en zones géométriquement distribuées, dont les traces sur les surfaces libres sont des lignes droites ou courbes régulièrement espacées.
- 2° Ces zones de déformation sont obliques sur la direction de l’effort, et font avec cette direction un angle constant.
- (Page 18.) Dans un corps solide soumis à la traction, les déformations ont pour traces sur un plan quelconque, parallèle à l’axe, des lignes, droites ou courbes, qui jouissent de la propriété de faire un angle constant avec cet axe.
- (Page 93.j Dans un corps soumis cà la compression, les déformations ont pour traces, sur les surfaces libres, des lignes, droites ou courbes, qui font toutes le même angle, en tous leurs points, avec la direction, constante ou variable des efforts.
- M. Hartmann estime que les lignes observées sur les surfaces sont les traces des déformations intérieures du corps.
- Il admet (page 64), pour la traction comme pour la compression, que les déformations constatées sur les surfaces libres des solides expérimentés ne sont pas des accidents particuliers à ces surfaces, et constituent la trace extérieure de mouvements moléculaires intéressant toute la masse du métal.
- (Page 73.) Identité des déformations sur les faces opposées des plaques minces: Une autre raison qui conduit à admettre la pénétration des déformations superficielles dans l’épaisseur du métal, c’est, dit-il, que, dans une plaque mince soumise à la compression, il y a correspondance exacte entre les déformations qui prennent naissance sur ses deux faces.
- Recherches personnelles. — Je n’ai pas pu, comme je l’aurais désiré, effectuer des expériences suivies pour reprendre les observations de M. Gallon; en l’absence d’un laboratoire de mécanique, je dus me borner à effectuer quelques essais; mais les résultats ainsi obtenus me paraissant devoir entraîner des conclusions différentes de celles de M. Hartmann, je crois intéressant de les signaler.
- La figure 17, pl.VHI, est la reproduction photographique, sans retouche, d’un morceau de tôle qui montre en noir, sur le côté gauche, les lignes signalées par M. Gallon.
- On voit de suite que ces lignes ne sont pas également espacées, ni exactement parallèles; elles ne font pas, avec la direction de l’effort, un angle constant, mais cet angle est au contraire variable pour chacune d’elles.
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- J’ai constaté de même, sur une éprouvette bleuie et soumise à la traction, que les lignes droites qui apparurent (fig. 19, pl. VIII) n’étaient pas exactement parallèles et, par conséquent, qu’elles ne faisaient pas un angle constanl avec la direction de l’effort.
- J’ai préparé, par polissage et bleuissage, une plaque d’acier de 7 millimètres d’épaisseur, et j’ai pratiqué le poinçonnage partiel. Aucune ligne n’est apparue sur la face supérieure attaquée par le poinçon.
- Sur la face inférieure, les courbes de M. Beck-Guerhard se sont nettement dessinées, comme le montre la photographie de la ligure L4, pl. VIII, et il est facile de voir que, contrairement à ce que décrit M. Hartmann, ces courbes sont très inégalement espacées; un examen attentif montre que leur angle d’inclinaison n'est pas constant, elles ne sont pas absolument géométriques ni superposables.
- Regardées au microscope, ces lignes ne donnent que l’image craquelée de la couche d’oxyde (tîg. 15 et IG) pl. VIII.
- Les figures 17 et 18, pl. VIII, montrent les deux faces d’une feuille de tôle d’acier de 5 millimètres d’épaisseur. Cette plaque, ramassée dans les déchets, montre en haut et (à gauche, comme il a été dit, les courbes de M. Gallon.
- Sur le côté, trois coups de cisaille ont été pratiqués, et immédiatement les lignes de Lüders se sont produites, mais contrairement encore à ce qu’a observé M. Hartmann dans la compression d'une tôle mince, malgré la petite épaisseur de la tôle, les images sont complètement différentes, on voit en effet, d’un côté, des petits arcs dont le centre est extérieur à la plaque et, en contre-bas, de l'autre côté des grands arcs, dont le centre est intérieur et en contre-haut.
- Les courbes sont encore très inégalement espacées, de formes très irrégulières, d’inclinaison variable, etc.
- La partie médiane de la plaque, entre les deux coups de cisaille les plus longs, a été polie soigneusement, puis attaquée à l'acide, aucune trace de courbe n'est apparue.
- Un quatrième coup de cisaille a alors été donné, mais de façon à attaquer par la lame mobile le côté qui, primitivement, avait reposé sur la lame fixe, afin de voir si le sens du cisaillement ou la disposition de la lame avait, dans le cas actuel, une importance quelconque; ce quatrième coup a été donné dans la partie médiane précédemment polie. Aucune ligne nesi apparue dans la partie polie, mais, dans la partie couverte d’oxyde magnétique, au-dessus et au-dessous de cette partie polie, les lignes apparurent, faisant des dessins à peu près semblables aux précédents ; le sens de l’attaque de la cisaille soit par-dessus, soit par-dessous, n'a donc pas d’importance.
- En résumé, il se dégage nettement, de ces deux essais de poinçonnage et de cisaillement :
- 1° Que les lignes peuvent apparaître sur une face et pas sur l’autre, malgré la faible épaisseur de cette plaque;
- 2° Que les lignes peuvent former des dessins de formes très différentes sur les deux faces ;
- 3° Que les lignes présentent en général, sur uneynôme face, de grandes irrégularités dans leur forme, leur inclinaison et leur espacement.
- Ces résultats ne sont d’ailleurs pas en contradiction avec les observations faites par MM. Lüders, Beck-Guerhard, Gallon, Wedding, ’fodhunter, Pearson et Hunter.
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- rodes et turbines a vapeur, par M. K. Sosnowski, Ingénieur civil.
- (Suite) (1).
- Leroy, 1838-1840. — Cette machine est basée sur le même principe que toutes celles à réaction.
- Les machines représentées sur les figures 37 à 41 sont disposées de manière à profiter de la détente de la vapeur, conjointement avec la réaction, pour augmenter la force d’impulsion. Pour cela, on dispose à l’extrémité du tube qui forme le bras, autour
- Fig. 37 et 38. — Moteur à réaction Leroy (1838’ Détails du bras moteur.
- Fig. 39, 40 et 41 — Moteur à réaction Leroy. Détails du bras moteur.
- de l’ouverture par laquelle la vapeur s’échappe, soit un entonnoir aplati (fig.37 et 38), soit un tube court (fig. 39 à 41) ; dans cette dernière disposition, la répulsion est plus grande. Il en résulte augmentation de force et moindre dépense de vapeur. Pour multiplier l’effet de la réaction, le tube dans lequel s’opère la détente pourrait être, dans sa longueur, percé d’un certain nombre de petites ouvertures, qui traverseraient ses
- (1) Voie Bulletin d’août 1896.
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- parois très obliquement. On voit, dans les diverses figures, la disposition du tambour en tôle ou en fonte, dans lequel tourne le tube, afin d’empêcher son refroidissement. On voit également l’axe creux par lequel la vapeur entre dans le bras.
- La forme plate du bras est importante, attendu que l’air lui oppose moins de résistance qu’à un tube rond ; mais comme, par la rapidité de la rotation, il se fait un vide dans le centre du tambour, il n’y a point de grande résistance à vaincre; il suffirait
- Fig. 42 et 43. — Moteur ù réaction
- Fig. 44. — Moteur à réaction Leroy.
- Leroy. Coupe transversale.
- d’ailleurs de placer, en avant et en arrière du tube, deux lames se joignant à angle aigu. On peut, comme il est représenté sur les figures 42 et 43, placer le tube entre deux disques avec lesquels il tourne; ces disques, faits d’une lame de cuivre ou de tôle, sont très rapprochés du tube et de l’entonnoir dans lesquels la détente s’opère. Le diamètre du second tambour formé par l’accolement de ces deux disques est très voisin de celui de l’intérieur du tambour externe dans lequel il se meut avéc le tube ne réservant entre eux que le jeu indispensable pour en éviter le frottement. Par ce moyen, le tube ne rencontre point d’air à déplacer dans l’intérieur du tambour, et n'éprouve point de résistance.
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- Pour transmettre le mouvement extrêmement rapide imprimé par une machine rotative de cette nature, dont la vitesse est de plusieurs milliers de tours par minute, on peut se servir d’une transmission par vis sans fin.
- Dans les locomotives et les bateaux à vapeur, et en général dans toutes les applications où les machines doivent changer le sens de leur marche, ce changement s’obtient soit par des trains d’engrenages, soit en plaçant sur l’arbre du moteur deux tubes ou bras au lieu d’un, percés à leurs extrémités de trous dirigés en sens contraire et en faisant, au moyen d’un robinet, passer à volonté la vapeur tantôt dans l'un, tantôt dans l’autre de ces tubes.
- F
- Fig. 48 à 50. — Moteurs à réaction Leroi/. Coupe. Détails du bras moteur.
- Fig. 45 à 47. — Moteur à réaction Leroy. Détails du bras moteur
- On pourrait encore obtenir cet effet par une autre disposition, représentée sur la figure 43. Une cloison P, pratiquée dans toute la longueur du bras G, le partage en deux parties égales; une cloison analogue est également placée dans le centre de l'axe creux A. Deux tubes de vapeur DD arrivent aux deux bouts de l’axe et pénètrent à travers les boites à étoupes dans l’axe creux. Chacun d’eux est muni d’un robinet KetL; les extrémités du tube, au lieu d’être percées d’une seule ouverture latérale, en ont deux, diamétralement opposés oo; la vapeur arrive par un des tubes, celui de K par exemple; l’autre robinet L étant fermé, elle se répand dans une des moitiés du bras et sort par les ouvertures BB. Veut-on changer le mouvement? on ferme le robinet K, on ouvre le robinet L; la vapeur passe dans l’autre moitié du bras, et la rotation a lieu en sens inverse, la vapeur s’échappant alors par les ouvertures o, o.
- Tome l. — 95e année. 5e série. — Septembre 189(>. 80
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- Dans les machines précédentes, la détente de la vapeur seule s’ajoute a la réaction ; dans celle dont la description va suivre, nous avons en plus la condensation.
- La figure 44 représente la coupe horizontale de la machine. au sont deux tambours;
- m et m', deux registres qui s’abaissent après le passage du bras; n et n', les cylindres dans lesquels les registres passent quand ils sont écartés ou soulevés;
- oo, les ressorts on spirale qui font descendre ou rapprocher les registres ;
- Fig. 51 a 43. — Moteur a réaction Leroi/. Fig. 5i et 55. — Moteur à réaction Leroi/.
- Details du bras motôur. Vue d/cnsemblc.
- u et u;, les arbres qui servent à écarter les registres au moyen des cames d’échappement ce ;
- x, l’entrée de la vapeur de l’axe creux dans le bras ;
- y et ij', les ouvertures par lesquelles la vapeur pénètre dans Taxe creux garni de boîtes-étoupes au dedans et au dehors ;
- .v et s', les tubes par lesquels la vapeur pénètre alternativement dans chaque bras ou tube rotateur. Cette introduction alternative est produite par le jeu des robinets t et
- Voici comment fonctionne cette machine. La vapeur, arrivant par le tube .s,passe par le tube .s', dont le robinet t' est supposé ouvert, elle entre dans l’axe creux par l’un des trous y' dont il est percé ; de là, elle passe dans le bras de a' et s’échappe par l’ouverture qui le termine, pour se répandre dans le tambour a'. Le registre m' se referme, puis, lorsque le bras est au tiers ou même au quart de sa course, le robinet t' se ferme, le robinet t s’ouvre, et la vapeur passe dans l’autre tube, où elle se comporte comme nous venons de le dire. En avant des registres, deux tubes,
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- ROUES ET TURBINES A VAPEUR.
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- constamment ouverts si ce n’est au moment où le bras passe sur leurs orifices, communiquent au condenseur et l'ont constamment le vide dans le bras.
- On peut se servir, pour aspirer la vapeur et la conduire au condenseur, du bras même dans lequel la vapeur arrive et où la réaction s’opère (fig. 42 et 43). Dans ce cas, l’un seulement des tubes D ou D' va à la chaudière, l’autre communique avec un condenseur, en sorte que la vapeur arrivant par une des moitiés du tube est aspirée par l’autre, et que le vide se fait constamment au devant du bras tournant.
- Voici l’une des dispositions que l’on peut donner à ce bras (fig. 45 à 47).
- Une série de trous bb sont placés du côté opposé à la sortie de vapeur; c’est par ces ouvertures que la vapeur échappée dans le tambour est aspirée par le condenseur. Le bras est enveloppé d’une garniture de tôle R, qui forme un évasement FF, dont les bords touchent presque les parois du tambour. De petites traverses placées à peu de distance l’une de l’autre empêchent l’écartement de ces oreilles ou pavillons.
- L’aspiration et le vide produit devant le bras tournant sont une force nouvelle à ajouter à celle de la réaction et de la détente.
- Pour empêcher toute résistance de la part de l’air contenu dans le tambour, le bras est placé entre deux disques qui viennent se réunir à angle aigu de manière à former une lentille à bords tranchants (fig. 48).
- Les figures 49 à 53 représentent le tube mobile et l’axe divisés en quatre compartiments; cette disposition a pour objet de permettre de produire dans le même bras la réaction, l’aspiration et le changement du sens de la rotation.
- Cherchant à augmenter l’effet de la réaction, Leroy suggère diverses «explications de ce phénomène. Les uns — dit-il — l’expliquent parce que la pression de la vapeur s’exerçant sur tout l’intérieur du tube excepté dans l’ouverture par laquelle elle s’échappe, l’équilibre est ainsi rompu en ce point, ce qui détermine une pression effective sur la paroi opposée du tube. D’autres, se fondant sur le peu de vitesse des fusées dans le vide, sur leur accroissement d’énergie, sinon de vitesse sous l’eau, pensent que les gaz et la vapeur éprouvent, de la part de l’air, une résistance à leur sortie qui produit une réaction sur le tube duquel ils s’échappent. »
- Admettant cette dernière hypothèse, l’auteur donne à la vapeur un point d’appui plus solide que l’air; ce sont des plaques ou disques disposés langentiellement à l’axe du bras, dans le pourtour du tambour, de maniéré que la vapeur vienne les frapper en s’échappant.
- La partie externe de ces plaques, dans le point où elles touchent au pourtour du tambour, peut à volonté être percée d’une ouverture formant canal pour favoriser le dégagement de la vapeur. Cependant, il y aurait avantage à ne pas faciliter la sortie de la vapeur, pour augmenter la puissance de la réaction par la résistance plus grande qu’éprouverait la vapeur à sa sortie du bras; le tube d’aspiration serait seul chargé de l’expulsion de la vapeur, et son action en serait augmentée d’autant; une soupape de sûreté placée sur le tambour limiterait la pression de la vapeur dans le tambour.
- ig. 56. — Moteur à réaction Leroy. Coupe
- du bras moteur.
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- Ce dispositif est représenté sur les figures 54 et 55, dans lesquelles on a indiqué : en a le tambour; en pp les plaques de réaction; en b le bras; en d, l’un des disques, joints parleurs bords, entre lesquels est interposé le tube.
- On peut faire en sorte qu’un disque mince vienne retomber aussitôt après le passage du bras et fermer l’échancrure e de la plaque p) une saillie placée sur l’un des disques déplacerait, avant le passage du bras, ces obturateurs, qui doivent être légers en môme temps que mobiles et résistants.
- Si le bras moteur est pourvu à son extrémité d'un ajutage de détente, l’abaissement des disques n’aura lieu qu’après le passage de l’ajutage. Pour éviter les angles et les courbures brusques, l'auteur imagine un bras ayant la forme d'unS (fig. 56), avec, en R, un rétrécissement formant une ouverture à double évasement et un élargisse-
- Fig. 57 et 58. — Moteur à réaction et à grande détente Leroi/. Coupe transversale et longitudinale.
- Fig. 59. — Moteur à réaction centrifuge Leroy. Elévation.
- ment E, dans lequel s’opère la détente. 11 est important, quelle que soit la forme de l’ajutage, qu’il ait une certaine longueur, parce que la détente de la vapeur est très faible près du trou de sortie.
- u En plaçant dans de l'eau ou dans un liquide quelconque les bras et les disques lenticulaires qui les enveloppent et tournent avec eux, la résistance que présente ce milieu plus dense que l’air à la sortie de la vapeur augmente la puissance de la réaction ainsi que l’effet produit ; en outre, la vitesse de rotation est plutôt diminuée qu’augmentée, ce qui est un nouvel avantage. »
- En étudiant la forme du jet de vapeur, Leroy a été conduit à donner plus d’extension encore à cette idée; au premier bras, aplati et courbe, on ajoute un tube, de môme épaisseur, mais d’une capacité plus grande; à ce second, un troisième plus grand encore; puis un quatrième, etc., afin de produire, à chaque élargissement du tube, une détente nouvelle. Ces tubes aplatis, enroulés sur eux-mêmes, n’augmentent pas l’épaisseur totale du moteur; ils sont compris entre deux disques de cuivre accolés par leurs bords excepté dans les points où ils s’ouvrent aux deux extrémités de la spirale qu’ils forment, ainsi qu’on le voit sur les figures 57 et 58.
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- La force centrifuge développée par la machine en mouvement et celle de la vapeur sont telles, qu’au lieu de tubes complets, l’on pourrait employer des gouttières piales, concentriques à l’axe, et plus ou moins espacées.
- Pour tirer parti de la force centrifuge du jet de vapeur, on peut ajouter, aux extrémités de ces mêmes bras, des gouttières plates, dirigées à peu près suivant la tangente (tig. 59); la vapeur sortant du tube par l’orifice de réaction se répand dans cette gouttière, et, par la répulsion qu’elle exerce sur elle, ajoute à la réaction une nouvelle force.
- L’action de la vapeur sur ces prolongements obliques peut être comparée à l’action de l’eau sur les aubes courbes des turbines.
- Pour mieux utiliser l’énergie de la vapeur, on peut disposer plusieurs bras les uns au-dessous des autres (tig. 00) ; chacun de ces bras a, a, a", est placé dans un tam-
- Fig. 60. — Moteur à réaction multiple Leroy. Coupc verticale de l’ensemble.
- bour et leurs extrémités se meuvent dans des anneaux b b' b", d’un très petit diamètre; ces bras vont en diminuant de longueur à partir du plus bas jusqu’au plus haut, ou inversement. Tout l’appareil est renfermé dans une caisse m n, que l’on remplit de sciure de bois ou de charbon pilé.
- La vapeur arrive par le tube t, s’introduit dans le bras a par la chambre c de l’axe vertical, et vient en sortant par lespetites ouvertures pratiquées en sens inverse, donner le mouvement au bras a et, par suite, à tout le système. Cette vapeur, renfermée dans le premier tambour b, se meut avec la vitesse de son bras, s’échappe par le tube t\ rentre dans la deuxième chambre c", s’introduit dans le second bras a', et sort par des ouvertures pratiquées dans le même sens que celles du premier bras; mais, ayant alors une vitesse moindre que lorsqu’elle arrive directement de la chaudière, il faut, pour en conserver le rendement, la faire agir à l’extrémité d’un bras plus petit que le premier; il en est de même pour le bras a", et ainsi de suite ; jusqu’à son échappement dans l'atmosphère.
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- Après avoir étudié les meilleures conditions de fonctionnement des machines à réaction, Leroy décrit une turbine ù vapeur à détente et à condensation.
- Le principe de cetle nouvelle machine est de faire agir un certain volume de vapeur sur les auhes d’une série de turbines disposées d’une façon telle que la même vapeur agisse d’abord sur les aubes de la première turbine, puis sur celles de la second*1, de
- la troisième, etc., avec le moins de choc possible, et que cette vapeur ne puisse sortir des aubes que dans une direction en sens inverse de leur mouvement.
- Cette turbine à vapeur à détente et à condensation se compose (fîg. 61) d’un cylindre mn, qui renferme tout l’appareil ; il est lui-mème divisé en autant de petits cylindres 1, 2, 3..., que l’on veut mettre de turbines, et séparés par de fortes tôles bb\ ce'', dd', etc. Toutes ces cloisons sont traversées par un arbre passant par l’axe du cylindre et qui porte les turbines s, s', s", s'"... Ces turbines ont une forme lenticulaire, afin de diminuer le frottement à leur circonférence; les différentes cases ir 1, n°2, n° 3..., communiquent entre elles par les tubes t\ C...; les tubes l et i6 communiquent : le premier, avec la chaudière, le second avec le condenseur; l'extrémité inférieure de l’axe des turbines repose sur un pivot et l’extrémité supérieure est centrée par une pointe; il est, en vapeur Liroy à détente outre, maintenu par deux boîtes à étoupes disposés sur les couvercles inférieur et supérieur
- Fig. (il. — Turbine multiplie et à condensât ion. Coupie verticale.
- du cylindre ni n ; tout l’appareil est enveloppé d’une chemise de sciure de bois atin d’empècher le refroidissement.
- La vapeur amenée de la chaudière, parle tube t, i\ une très haute pression, vient agir sur les aubes de la turbine à- ilig. 62 j tangentiellement à la circonférence passant par le point où le jet i frappe l'aube. La vapeur, ayant agi par pression sur l’aube, doit nécessairement s’échapper de cette aube; or, comme elle ne peut le faire que dans une direction inverse à son mouvement, elle réagit, augmente ainsi la vitesse de la turbine, et, par conséquent, sa puissance. Cette vapeur ayant terminé son travail sur la première turbine, n’en a pas moins encore une certaine force élastique et une très grande vitesse dans le sens do la turbine; elle s’échappe par l’orifice o, pratiquée
- tangentiellementau cylindre, et arrive, par le tube tf, surles aubesde la seconde turbine dans les mômes conditions que sur la première. Le même phénomène se reproduit ainsi sur les aubes de chaque turbine, et, après avoir agi sur toutes, la vapeur se rend par le tube f’ au condenseur.
- Fig. 62.— Turbine à vapeur Leroy. Détail des aubes.
- Convers. 1839. — Dans divers systèmes de machines à réaction résumés par le
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- dispositif sommaire de la ligure 63, le fluide moteur éprouve une déviation, et, de plus, il est entraîné, par le bras, dans un mouvement de rotation qui lui imprime une force centrifuge, puis il sort avec une certaine vitesse, d’où résulte une perte de force vive.
- Ces machines sont défectueuses, parce qu’il faut pour obtenir un lion rendement, que le liquide ou le fluide sorte de la machine sans vitesse relative notable.
- On parvient à ce résultat en réduisant le récepteur à un seul système d’enveloppe, à surface de révolution, ayant pour axe celui même de la machine (fig. 64 et 63).
- Le récepteur,pour l’application de ce principe, sera donc simplement un appareil
- Fig. G3. — Bras à réaction.
- Fig. GU — Moteur à réaction Cancers. Détail de la partie motrice.
- Fig. 63. — Moteur à réaction Cancers 1830'. Ensemble.
- cylindrique à base circulaire abc (Fig. 65), mobile autour de son axe ab, et pourvu,;'! sa circonférence, d’un orifice d’écoulement n p q r, qui dirigera tangentiellement la sortie de l’agent moteur.
- Cbampavère, 1839. — Cette machine fig. 66 à 68) se compose essentiellement d’un cylindre fixe vertical, dans lequel tourne une roue à auhes qui reçoit directement l’action de la vapeur.
- Le cylindre en fonte AA est maintenu dans une position verticale au moyen des supports BB, fixés sur le socle C.
- DD est une roue à aubes E munies, de chaque côté et sur le milieu, de cames qui ont pour but de faciliter les mouvements d’élévation et d’abaissement des palettes mobiles.
- FF, GG' sont des palettes mobiles, dont les axes de rotation sont supportés par le cylindre fixe; elles sont construites de façon que,lorsqu’elles sont abaissées, comme en G, elles s’ajustent parfaitement sans fuite sur la jante de la roue de vapeur, et, dans la partie supérieure du cylindre fixe, sont ménagés des logements 1111, qui reçoivent ces palettes quand elles sont relevées; ii, petites mortaises pratiquées sur les tiges, et dans lesquelles on insère des clavettes quand on veut tenir les palettes constamment soulevées; kk, bandes courbes en fer, traversant le cylindre fixe
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- par uilo boîte à éloupes qui empêche le passage de la vapeur, servant à indiquer si le mouvement des palettes se fait convenablement;
- Fig 66 — Roue à vapeur Chcanpavère. Élévation.
- AIN, robinets servant à l’introduction de la vapeur et à en régler la dépense ; p, tuyau pour la sortie de la vapeur.
- Fig. 67 et 68. — Roue à vapeur Champarère. Coupe transversale et longitudinale.
- Ainsi construite, cette machine est susceptible de tourner dans les deux sens. En supposant que l’on veuille tourner dans le sens de la flèche (fig. 68), le robinet
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- N est fermé, les deux palettes F et F' sont entièrement relevées et maintenues dans leur position au moyen de clavettes passés dans les mortaises ii; les deux autres palettesG et G' sontabaissées. La vapeur entre par le robinet M ; trouvant un appui sur la palette G, elle presse l’aube E et force ainsi la roue à tourner.
- Lorsque l’aube E' vient à rencontrer la palette G', celle-ci s’élève,poussée par la came fixée à l’aube, et redescend bientôt après soit par son propre poids, soit pressée par un poids additionnel ou un ressort; à peine s’est-elle abaissée que la palette G s’élève à son tour pour s’abaisser ensuite.
- Pendant cette rotation de la roue D, le jet de vapeur peut être continu; il suffit, pour cela, détenir le robinet M constamment ouvert, ou bien l’on peut utiliser ladétente de la vapeur en disposant le robinet d’introduction
- de manière à le fermer entièrement puis à l’ouvrir aux moments convenables. Dans ce dernier cas, il conviendrait d’adapter un volant à l’arbre de rotation afin de régulariser le mouvement.
- Pour changer le sens de la rotation ou renverser la marche, il suffit de fermer le robinet M, de relever les palettes G et G', d'abaisser F et F', et d’ouvrir le robinet N.
- Dans le cas d’une forte machine, on pourra adopter les dispositions indiquées dans la figure 69. Ici, la roue est munie de plusieurs aubes, et le cylindre entier est remplacé par un segment de 60° environ. Le frottement est donc diminué des deux tiers environ.
- Fig. G9. — Moteur Champavère. Coupe longitudinale.
- En 1839, Monnlar et Demichnlis présentent à l’Académie des Sciences un mémoire sur une machine à vapeur à rotation immédiate, qui peut être considérée comme une roue à vapeur à deux palettes.
- Ewbunk, 18il. — Cette machine se compose principalement d’une roue tournante et d’une boite cylindrique, dans laquelle on fait le vide, et qui entoure la roue sans toutefois la toucher (fig. 70).
- La roue prend un mouvement de rotation continu par l’action directe d’un courant de vapeur entrant dans l’enveloppe tangentiellement à sa circonférence et pressant sur des palettes qui y sont adaptées.
- La vapeur sort ensuite de la boîte en traversant un tuyau de décharge et se rend dans un appareil de condensation, ün vide partiel étant ainsi produit dans la boite, la roue tournera dans ce vide et la vapeur se précipitera dans l’intérieur de l’enveloppe, contre les palettes, avec toute la force et la vitesse qu’elle acquiert en passant dans un espace vide.
- La roue tournante ressemble à une roue hydraulique frappée en dessus.
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- La direction des plans des palettes peut être radiale ou légèrement inclinée sur le rayon comme l’indiquent les traits pointillés de la ligure 71.
- La vapeur admise par le tuyau II au robinet I passe à travers l’orifice d’entrée IL, pour pénétrer dans l’intérieur de l’enveloppe E de manière à presser sur les palettes placées à la circonférence de la roue et la faire tourner.
- Cette roue tournera d’abord lentement, à cause de l’air qui occupe l’intérieur de l’enveloppe E, et qui est chassé par la vapeur dans le condenseur K, puis au travers des clapets de décharge U, Y, AV (dig. 7-2) des pompes à air ou d'une soupape de
- Fiy. Tl. -- Turbine ;\ vapeur à condensation Eirbank. Vue latérale.
- sortie du condenseur K, comme cela a lieu dans les machines à vapeur à condensation.
- A mesure que la roue tourne, elle fait fonctionner les pompes à air qui expulsent promptement tout l’air superflu; le robinet d’injection étant alors ouvert, un courant continu d’eau froide passe dans le condenseur K, et la vapeur qui y pénètre est aussitôt condensée ; c’est ainsi que le vide s’opère dans l’enveloppe E.
- Les flasques et la périphérie de la roue étant convenablement adaptées à la portion de l’interieur de l’enveloppe E comprise entre le tuyau d’entrée IL et le tuyau de décharge J, la roue fonctionnera dans un vide de condensation presque complet et n éprouvera que peu de résistances organiques.
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- Stcutte, 18 42. — Dans cette machine (tig. 73 et 7-1), la vapeur, admise par le tuyau s
- Fig. 72. — Turbine à vapeur Ewbcink. Vue de l’ensemble, moteur, pompes et condenseur.
- et la boite à étoupe /, pénètre dans l’arbre b par les ouvertures dont il est percé et passe dans le bras na; elle s’échappe par les orifices cc et force ainsi ledit bras
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- à tourner en sens opposé à celui de l'émission de la vapeur. Le bras entraîne l’arbre b auquel il est lié, et ainsi est obtenu un mouvement rotatif, transmis par la poulie e.
- Eig. 73. — Moteur à réaction Slcdtte, 1842. Intérieur de la boîte du moteur.
- La boite cld, dans laquelle tourne le bras cia, est assez large pour que la vapeur puisse en sortir librement.
- Labié Laroche, 1814. — Cette machine se compose d’un arbre creux percé de plusieurs ouvertures latérales et d’un disque fixé sur cet arbre. A l’intérieur de ce disque, se trouve un réservoir en communication avec les trous latéraux de l’arbre et un nombre indéterminé de canaux recourbés s’ouvrant par une de leurs extrémités dans le réservoir et, par l’autre, à la circonférence du disque.
- Autour du disque, se trouve un cercle métallique percé d’ouvertures en nombre égal à celui des ouvertures de ce disque et correspondant avec elles.
- La vapeur est introduite dans le creux de l’arbre a (fig. 75) par l’une ou l’autre extrémité ou par toutes les deux; elle le parcourt, passe, par les ouvertures latérales b, dans le réservoir c de la turbine et s’échappe, par les canaux recourbés d, dans une direction plus ou moins rapprochée de la tangente.
- Les ouvertures du cercle enveloppant e ne sont pas en coïncidence complète avec celles du disque; le bord antérieur des unes peut plus ou moins se rapprocher du bord postérieur des autres, de manière à permettre de restreindre à volonté l'espace par lequel s’échappe la vapeur.
- Lsoard et Mercier, 1845. — Ce moteur à vapeur, présenté à l’Académie des Sciences par Séguier en 1845 est à réaction.
- « Un axe creux, soutenu verticalement au centre d’un trépied, supporte un pla-
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- teau horizontal ; un tube de fer, enroulé plusieurs fois sur lui-même, est disposé en forme de vis cylindrique sur le plateau ; ce tube adhère, par son extrémité inférieure, à l’axe vertical dont il est comme la continuation ; son extrémité supérieure se termine par un orifice rétréci dirigé à la tangente.
- « Un cône de tôle s’élève au centre du tube enroulé ; une trémie, fixée à un second plateau, sert comme de couvercle à l’appareil. L’axe vertical est muni d’une poulie ou d’un pignon pour transmettre la force par courroie ou par engrenage; un réservoir supérieur, ou un organe d’injection, forme le complément de cette machine.
- « Elles fonctionne de la manière suivante :
- « Des fragments de coke enflammés sont jetés dans la trémie qui surmonte l’appa-
- Fig. "H. — Moteur à réaction Stailte. Fig. 75. — Turbine à vapeur Labié Laroche (1844).
- Coupe transversale. Coupe verticale.
- reil; en tombant sur le sommet du cône central, ils se distribuent circulairement au tour de sa base; l’espace ménagé entre le cône et le tube enroulé en est rempli; le loyer garni, le feu s’allume, le tuyau s'échauffe, et bientôt la machine se trouve prête à commencer à tourner. 11 suffira qu’un filet d’eau descendant d’un réservoir supérieur ou injecté avec une pompe, pénètre dans les circonvolutions du tube en passant au travers de l’axe creux et se transforme en vapeur, pour qu’en s’échappant par l’orifice tangent, la force de réaction du jet de vapeur communique une vitesse angulaire à tout l’appareil.
- « La force centrifuge résultant du mouvement giratoire fait passer de l'air au travers de fentes ménagées dans la base du cône central; le feu est activé, la chaleur du tube augmente, la vaporisation devient plus considérable, le mouvement redouble ; cette progression d’effet se continue, la vitesse devient énorme; la résistance qui sertcà la modérer sera l'expression du travail utile.
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- « Au lieu d’être dirigée du générateur dans l’appareil moteur et de subir chemin faisant ou au moment même où elle produit un effet utile les pertes dues à la diminution du volume par suile dos causes nombreuses de refroidissement, la vapeur est maintenue à une très haute température dans le tube même où elle a élé générée, et les relations de surface chauffée et d’eau injectée sont calculées de façon à ce que la vapeur ne s’échappe par l'orifice qu’après avoir acquis un surcroît de température qui lui permet d'agir à la fois comme vapeur et comme gaz dilaté. »
- Landonruj, 1845.—Cet appareil se compose d’un axe creux ne (fig. 76 et 77); de plusieurs lubes-courbes hh et de deux plateaux an, an, entre lesquels ces tubes sont pris : deux cercles BB maintiennent leur écartement et servent à les fixer sur les plateaux.
- Toutes ces pièces sont renfermées dans un tambour DD, qui est posé sur l’arbre, mais de manière à ne pouvoir être entraîné par son mouvement de rotation. Ce tambour est divisé en deux compartiments par une cloison verticale PP, fixée à sa
- Fig. 76 et 77. — Moteur à réaction Landormy (lSi.'i). Elévation et coupe transversale.
- circonférence. Cette cloison descend jusque sur le disque en, sur lequel elle repose lout simplement. Chaque compartiment du tambour a une ouverture FF pour l’évacuation de la vapeur. Au delà de cette ouverture, est un clapet qui ferme celui des deux compartiments qui n’a pas de vapeur à évacuer et qui empêche celle qui sort de l’un d’eux de se répandre dans l’autre.
- Les vis O ferment les ouvertures pratiquées pour vider l’eau de condensation qui pourrait se déposer dans le bas du tambour.
- L’arbre cc est rompu au milieu de sa longueur. On rapproche les deux bouts de l’arbre, entre les collets desquels on interpose le disque percé en. En les boulonnant ensemble, on peut rapprocher les deux parties de l’arbre et les réunir solidement.
- A droite et à gauche de cette séparation, et à une distance convenable, la partie
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- solide de l’arbre est percée de trous rectangulaires gg gg, de section égale à celle du creux de l’arbre cc. Ces trous établissent une communication entre le creux de cet arbre et un espace annulaire EE, qui règne tout autour de cet arbre.
- Cet espace annulaire est formé d’un côté par le disque ce et de l’autre par la partie inférieure de l’un des plateaux et d’une bande de tôle qui ferme le dessus. Cette forte bande de tôle est percée d’autant d’ouvertures que l’appareil porte de tubes. Ceux-ci sont fixés sur cette bande de tôle de telle sorte que leur orifice inférieur corresponde à ces ouvertures et que la vapeur qui arrivera dans l’espace annulaire EE ne puisse en sortir qu’en passant par l'intérieur des tubes.
- Les plateaux et les tubes étant calés sur l’arbre cc, il est évident que la réaction de la vapeur dans ces tubes fera tourner l’arbre.
- La vapeur, après avoir traversé les tubes, se répandra dans le tambour DD, d’où elle sortira par le tuyau EF (fig. 77), pour se rendre soit dans un condenseur, soit à l’air libre.
- Le tambour DD est traversé par l’arbre cc; mais il ne participe pas à son mouvement de rotation. Cet arbre tourne à frottement doux dans l’ouverture circulaire pratiquée dans le centre des côtés de ce tambour.
- Le tambour DD renferme un double appareil moteur, à droite et à gauche de la séparation ce; l’un destiné à produire le mouvement dans un sens, et l’autre dans le sens opposé.
- Ce double appareil peut en outre servir de frein. En effet, si, en même temps que l’un des appareils tourne dans un sens, on introduit de la vapeur dans l’autre, on en réduira la puissance.
- B, von Rathen, 1847. — Les figures 78 et 79 représentent deux coupes de la roue à vapeur simple, pouvant marcher dans une seule direction, et les figures 80 et 81 les mêmes coupes d’une roue réversible.
- La vapeur, amenée par L, pénètre dans les bras P, d’où, par les ouvertures a, elle s’engage dans les ajutages évasés EC', dans lesquels elle se détend.
- L’ensemble est enfermé dans une boite qui communique par CP avec le condenseur.
- En 1848, Lesguern présente à l’Académie des Sciences son mémoire sur une « Nouvelle machine à réaction ».
- Lepeyre, 1849.—En 1849,Lepeyre communique à l’Académie des Sciences le résultat de ses recherches relativement à /’application de la vapeur aux turbines, résultats qui ont montré qu’on pouvait obtenir ainsi, avec un mouvement immédiat de rotation, une augmentation notable de travail utile et une simplification notable dans le mécanisme.
- Perroux, 1850. — Cette machine se compose (fig. 8ï2) d’un tambour en fonte ou en cuivre A, ajusté et monté sur un axe en fer B, qui peut tourner librement entre des coussinets ou sur pivots, et qui porte un engrenage ou une poulie pour transmettre le mouvement du tambour.
- Celui-ci est évidé dans cinq parties différentes et sur toute sa hauteur pour y recevoir la vapeur qui doit agir dans chacune de ces cavités comme sur les augets d’une roue ou d’une turbine hydraulique. A ses deux bases opposées, sont rapportés deux
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- plateaux ou disques circulaires C, qui ferment les cavités et servent en même temps de supports aux papillons ou registres D.
- Le système est renfermé dans une enveloppe en fonte E, qui reste fixe et peut
- Fig. 78 et 79.— Moteur à réaction B. von Rathen (1847). Coupe longitudinale et transversale.
- servir de bâti à l’appareil. Sur les faces latérales de cette enveloppe, sont appliquées : d’une part, quatre boîtes de distribution K, et, de l’autre, quatre boites de sortie G. Les premières contiennent chacune un diaphragme H, que l'on pousse d’un côté ou de l’autre
- Fig. 80 et 81. — Moteur à réaction réversible B. von Rithen. Coupe longitudinale et transversale.
- suivant que l’on veut fermer l’un des deux orifices I ou I\ pratiqués sur le siège même de l’enveloppe, afin de laisser entrer la vapeur par l’un ou par l’autre.
- Les boîtes F communiquent par des tubulures J avec un tuyau commun K, qui fait
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- le tour de l’appareil et se rend à la chaudière, dont il amène la vapeur à la fois dans les quatre boîtes.
- Lorsque les orifices I sont ouverts, comme on le voit sur le dessin, cette vapeur passe à l’intérieur des capacités vides du piston ou tambour A et le force à tourner dans le sens indiqué par les flèches en traits pleins. Dans ce cas, on fait occuper aux papillons D la position reproduite sur la figure 82.
- Lorsque, au contraire, on veut que le tambour tourne dans le sens opposé, on
- Fig. 82. — Roue à vapeur réversible Perroux (1850). Coupe transversale et détails des distributeurs et récepteurs.
- pousse le diaphragme H pour fermer les premiers oriüces I et ouvrir les seconds I' ; en même temps, on change la position des papillons, auxquels on fait alors prendre la direction indiquée en lignes pointillées.
- Dans l’un et l’autre cas, la vapeur trouve à se dégager après avoir agi un certain temps sur les parois intérieures des cavités du piston par les oriüces de sortie L, qui sont constamment ouverts, et elle s’échappe soit à l’air libre, soit au condenseur, dans un tuyau unique M, qui réunit les tubulures dans les quatre boîtes G.
- Tom? I. — 95° année. 5° série. — Septembre 1896.
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- A.Slnte, 1852. — Dans une boite close H, deux bras courbés en sens inverse sontfixés sur l’arbre creux conduisant la vapeur (flg. 83).
- Foucault, 1853. — L. Foucault, dans sa thèse sur les vitesses relatives de la lumière dans l’air et dans l’eau, présentée en 1853, décrit une petite turbine à vapeur qui lui a servi à ses expériences.
- Le disque est percé d’une rangée de 2 4 trous situés à égale distance du centre; les cloisons qui les séparent sont planes, minces et inclinées de manière à recevoir le choc du lluide élastique.
- La vapeur s’échappe dans la chambre placée au-dessous, par deux orifices pratiqués
- Fii_r. 83. — Moteur à réaction State (1832 . Elévation.
- aux extrémités d'un même diamètre, dans l’épaisseur de la paroi, et percés obliquement en sens inverse de l’inclinaison des palettes du disque tournant. Le fluide qui s’écoule des orifices fixes est obligé de changer de direction et produit une réaction qui sollicite successivement toutes les aubes à circuler dans le même sens autour de leur centre commun.
- En laissant écouler la vapeur sous une pression d’une demi-atmosphère seulement, on fait prendre au moteur une vitesse de 600 à 800 tours par minute.
- Il eût été plus conforme à la théorie, dit Foucault, d’employer des aubes courbes, mais il y aurait eu plus de difficulté de construction, et comme il ne s’agissait pas de réaliser un effet utile mais une certaine vitesse, on s’en est tenu là.
- Tournaire, 1853. — Dans la séance du 28 mars 1853, Tournaire présente à l’Académie des sciences une note sur des appareils à turbines multiples et à réactions
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- successives pouvant utiliser le travail moteur que développent les fluides élastiques.
- « On a souvent essayé, dit-il, de faire agir la vapeur d’eau, ou tout autre corps gazeux, par sa réaction sur les aubes ou les canaux d’appareils rotatifs analogues aux turbines et aux tourniquets hydrauliques; mais jusqu’ici ces inventions n’ont pas été consacrées par des résultats pratiques. L’application économique du principe de la réaction aux machines mues par les fluides élastiques serait pourtant d’un très haut intérêt, car les organes moteurs se trouveraient réduits aux plus petites proportions et, dans la plupart des cas, les communications de mouvement seraient allégées ou simplifiées. On réaliserait, en un mot, pour ces machines, tous les avantages que présentent les turbines comparées aux roues hydrauliques de grand diamètre.
- «Les fluides élastiques acquièrent d’énormes vitesses sous l’influence dépréssions même assez faibles. Pour utiliser convenablement ces vitesses sur de simples roues analogues aux turbines à eau, il faudrait admettre un mouvement de rotation extraordinairement rapide, et rendre extrêmement petite la somme des orifices, même pour une grande dépense de fluide. On éludera ces difficultés en faisant perdre à la vapeur ou au gaz sa pression, soit d’une manière continue et graduelle, soit par fractions successives, et en la faisant plusieurs fois réagir sur les aubes de turbines convenablement disposées.
- « Dès que les différences de tension sont considérables, comme cela a lieu dans les machines à vapeur, on reconnaît qu’il est nécessaire d’avoir un grand nombre de turbines pour amortir suffisamment la vitesse du jet fluide. La légèreté et les dimensions très faibles des pièces mises en mouvement permettent d’ailleurs d’admettre des vitesses de rotation très grandes par rapport à celles des machines usuelles. Il faut que, malgré la multiplicité des organes, les appareils soient simples dans leur agencement, qu’ils soient susceptibles d’une grande précision, que les vérifications et les réparations en soient rendues faciles. Tournaire croit avoir rempli les conditions essentielles au moyen des dispositions suivantes :
- «Une machine se compose (fîg. 84 à 86) de plusieurs axes moteurs, indépendants les uns des autres, et agissant, par l’intermédiaire de pignons, sur une même roue chargée de transmettre le mouvement. Chacun des axes portera plusieurs turbines ou roues à aubes B B, C C, E E, disposées autour d’un axe mobile, O A. Celles-ci recevront et verseront le fluide à une même distance de l’axe. Entre deux turbines, est placée une couronne fixe d’aubes directrices GG, HH, IL Le jet fluide arrive à la première turbine par des orifices injecteurs kk. Ensuite les directrices recevront le jet sortant d’une roue à réaction, et lui imprimeront la direction et la vitesse la plus convenable pour que ce jet exerce son action sur la roue suivante. Chacun dê ces systèmes d’organes mobiles et d’organes fixes sera renfermé dans une boîte cylindrique. Les aubes directrices feront partie des bagues ou pièces annulaires qui se logeront dans le cylindre fixe, et qui devront s’adapter très exactement les unes au-dessus des autres. Les turbines auront ainsi lajorme de bagues, et viendront s’enfiler sur un manchon dépendant de l’axe. Quelques nervures s’encastrant dans des rainures, rendront les directrices solidaires avec la boîte cylindrique, les turbines solidaires avec l’axe. Les directrices supérieures, qui feront simplement office de canaux injecteurs, pourront appartenir à une pièce pleine, dans laquelle se logera la fusée ou le tourillon de l’axe, et qui servira à fixer celui-ci.
- « Après avoir agi sur les turbines dépendant du premier axe, et avoir ainsi perdu
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- une plus ou moins grande partie de son ressort, le fluide exercera son action sur les turbines du second axe et ainsi de suite.
- « Comme la vapeur se détendra au fur et à mesure qu’il parcourra les aubes des roues et des directrices, il faudra que ces aubes offrent des passages de plus en plus larges, et les derniers appareils auront des dimensions plus grandes que les premiers.
- « La dernière turbine placée sur chaque axe devra, comme les roues à réaction mues par les liquides, verser le fluide avec une très faible vitesse. A la sortie des au-
- —. _n.
- Fig. 84. — Turbine à vapeur compound Tournaire (1853). Elévation.
- Fig. 83. — Turbine à vapeur Tournaire. Plan.
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- C 77777 c
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- Fig. 86. — Turbine à vapeur Tournaire. Détails des aubes.
- très turbines, le fluide devra conserver la vitesse qui conviendra le mieux à son introduction dans les canaux directeurs.
- « Le travail moteur exercé sur ces roues proviendra en plus grande partie, non de l’extinction de la vitesse réelle du jet fluide, mais de la différence des pressions à l’entrée et à la sortie des aubes. Cette différence de pression devra produire un grand excès de la vitesse relative de sortie sur la vitesse relative d’entrée; et pour que cet effet soit obtenu, il suffira, en vertu de la continuité du mouvement, que les orifices de sortie des canaux présentent de moindres sections que les orifices d’entrée; c’est la, du reste, ce qui a lieu pour la plupart des turbines à eau. Relativement à leurs vitesses de rotation, les canaux de nos turbines seront parcourus avec des vitesses plus
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- grandes que les canaux des roues à réaction ordinaire; et, par suite, elles seront susceptibles d’utiliser une plus grande quantité du travail moteur.
- « Comme dans toutes les machines, plusieurs causes tendront à diminuer l’effet utile de nos appareils, et à le rendre inférieur à l’effet théorique.
- « Une partie du fluide, s’échappant par les intervalles de jeu qu’il est nécssaire de laisser entre les pièces mobiles et les pièces lixes, n’aura point d’action sur les turbines et ne sera point guidée par les directrices. Il se produira des chocs et des tourbillonnements à l’entrée et à la sortie des aubes. Les frottements, que l’étroitesse des canaux rendra considérables, pourront absorber une assez notable partie du travail théorique.
- « Pour que l’application de nos principes aux machines mues par les fluides élastiques soit suivie de succès, il faudra qu’une très grande précision et un très grand soin soient apportés à la construction et au montage des pièces, que les dimensions et les tracés des aubes et des canaux soient attentivement étudiés.
- « Il importera que les dents des pignons, qui seront animées de très grandes vitesses, fonctionnent d’une manière très douce, sans chocs et sans secousses ; les engrenages hélicoïdaux, dits de White, seront probablement d’un bon emploi. Il conviendra aussi de maintenir les axes par des collets placés extérieurement, afin d’éviter que les garnitures métalliques ne soient soumises à de fortes pressions. Des pivots devront supporter les pressions parallèles aux axes; celles-ci, d’ailleurs, seront assez faibles, à cause des petites dimensions des turbines.
- - Quant aux régulateurs de la dépense du fluide, deux tiroirs ou deux valves, placées l’une dans le tuyau qui mettra le régulateur en communication avec la machine, l’autre dans celui qui rendra le fluide au milieu ambiant, en feront l’office. »
- Delonchant, 1853. —« La vapeur, quelque faible que soit sa pression, est animée, à sa sortie du récipient où elle est enfermée, d’une vitesse considérable.
- « Cette vitesse qui, pour donner le meilleur effet utile, exige que celle de la circonférence de la machine qu’elle doit animer ne descende pas au-dessous de sa moitié, a jusqu’à présent empêché l’emploi des machines à réaction.
- « En effet, la vapeur d’eau à 5 atmosphères de pression s’échappe dans l’air avec une vitesse de 500 mètres par seconde. Une machine que cette vapeur mettrait en mouvement devrait avoir environ 300 mètres de vitesse par seconde. Or, si le diamètre de cette machine était de 0m,95, elle ferait 100 tours par seconde, ou 6 000 tours par minute, et l’axe, quelque faible de diamètre qu’il soit, serait animé d’une vitesse telle qu’aucun enduit ne pourrait être conservé dans les coussinets, qui prendraient feu en peu de temps.
- « Ainsi, un mode d’action de la vapeur que la théorie indique comme le plus avantageux de tous ceux employés jusqu’à présent a-t-il jusqu’ici complètement échoué dans les essais nombreux auxquels on s’est livré. »
- Pour obtenir un résultat pratiquement possible, Delonchant propose de faire poser l’arbre de cette machine sur la circonférence de roues à grand diamètre, qu’il entraine par f rottement, de manière que leurs axes ne soient plus animés que d’une vitesse très réduite.
- « Ainsi, par l’emploi de ces roues au lieu de coussinets, non seulement le frottement de glissement du premier axe sera remplacé par un frottement de roulement, mais encore la puissance sera transmise de ce premier axe aux organes suivants sans
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- engrenage et d’une manière analogue, mais inverse, à l’action des roues d’une locomotive sur les rails. Ici, les moteurs tournent sur place, et le rail, qui est circulaire, fuit, entraînant avec lui la résistance qui, sur le chemin de fer, où le rail est fixe, est entraînée par la locomotive. »
- La figure 87 représente un dispositif de ce genre.
- A. — Roue à aubes fixée à l’extrémité d’un arbre horizontal.
- B. — Collet de l’arbre portant la roue à aubes courbes ; un semblable collet existe à l’autre extrémité du même arbre.
- Fig. 87. — Turbine à vapeur Delonchant (1853). Coupe transversale.
- CC. — Quatre roues sans dents, sur lesquelles portent l’axe B de la roue à aubes.
- La circonférence de ces roues, pressée par l’axe de la roue à aubes, à laquelle on ajoute le poids nécessaire pour vaincre la résistance par simple friction, est entraînée sans glissement.
- D. — Boîte à vapeur, solidement fixée au bâti de la machine, et ne pouvant ni tourner ni se mouvoir dans aucun sens.
- d. —Orifices livrant passage à la vapeur; ces orifices sont disposés de telle sorte, qu’en faisant mouvoir l’anneau E d’un douzième de tour, deux orifices opposés sont masqués; continuant le mouvement d’une quantité égale, deux nouveaux orifices opposés sont encore masqués; et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’ils soient tous masqués, de manière à arrêter l’écoulement de la vap eur.
- E. — A nneau mobile.
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- ce. — Orifices par lesquels le fluide est dirigé aussi tangentiellement que possible sur les aubes courbes de la roue A.
- Tetley, 1854. —Cet appareil ne diffère des précédents qu’en çe sens que, la vapeur
- Fig. 88. — Moteur à réaction Tetley (1854). Bras moteur.
- Fig. 89. — Moteur à réaction tetley. (Coupe longitudinale de l’ensemble.
- arrivant dans l’organe moteur de deux côtés opposés adfetamf, les efforts latéraux se trouvent ainsi compensés (fig. 88 et 89).
- Girard, 1855. — Dans cette machine, les aubes fixes ou directrices sont supprimées pour que le fluide n’éprouve pas de pertes de force vive à l’entrée des aubes du récepteur en mouvement.
- Considérons (fig. 91) le canal abca'b'c’, formé par deux aubes consécutives, et supposons le récepteur en mouvement; supposons encore une molécule fluide, ou une succession de molécules formant un filet continu d’une section très petite, animée d’une vitesse absolue Y', dans une direction normale au sens du mouvement du récepteur. Pour entrer dans le canal au point a, arrivée en ce point, la molécule isolée, ou toutes celles du filet moléculaire, décrira d’un mouvement relatif la courbe abc, en y exerçant une pression développée par la force centrifuge due à la vitesse relative avec laquelle la molécule chemine sur l’aube. Pour connaître le travail de cette pression sur
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- l’aube que nous avons supposée en mouvement, on n’aura donc qu’à multiplier le chemin parcouru par l’effort projeté sur ce chemin.
- Le filet fluide, s’introduisant dans le récepteur avec un mouvement relatif, exercera sur la paroi abc du canal une pression due à la force centrifuge développée par la vitesse relative; à mesure qu’il s’avance dans le canal, son épaisseur diminue jusqu’en ce (fîg. 91) point où il quitte l’aube; mais, dans ce passage, le mouvement du fluide ne devant pas être altéré, il est nécessaire que l’on agrandisse le canal perpendiculairement au mouvement du fluide depuis a a'jusqu’en cc'. On empêchera ainsi toute perturbation dans le mouvement du filet fluide et on utilisera la plus grande partie possible de sa force vive.
- La vapeur arrivant par le tuyau C s'introduit par l’orifice DD (fig. 90) sur la roue
- Fig. 90. — Turbine à vapeur Girard (1855). Coupc verticale.
- dont le moyeu porte, à cet effet, une ouverture circulaire se superposant parfaitement à l’orifice DD; le fluide se dévie alors de 90 degrés pour entrer tout autour sur les aubes de la première série F et perpendiculairement au mouvement de l’appareil. Il agit dans les canaux de la série F, la section verticale de ces canaux augmente toujours depuis l’origine des aubes jusqu’à leur extrémité. Pendant le passage du fluide, dans ces aubes, il y dépense une certaine quantité de travail qui produira une diminution de force vive et par suite une diminution correspondante de vitesse.
- A la sortie des canaux F, le fluide, ralenti en vertu de l'action qu’il a dépensée sur les aubes, s’évacue dans un espace annulaire G, dépourvu d’aubes, dans lequel il ne peut par conséquent tourner avec l’appareil. 11 règne aussi, dans l’espace G, une pression moindre que dans le tuyau C, mais plus grande cependant que celle qui a lieu dans
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- les compartiments suivants; l’excès de cette pression sur celle du compartiment suivant déterminera une nouvelle vitesse dans le fluide, laquelle ira en augmentant progressivement du centre vers la circonférence par-suite de la diminution de la hauteur du canal annulaire sans aubes ; c’est avec cette vitesse que le fluide entrera dans les canaux ou aubes de la deuxième série H, dont la courbure est combinée avec l’évasement des parois latérales pour que le fluide y agisse de la même manière que sur les aubes de la série F, c’est-à-dire d’après le même principe.
- Le fluide moteur quittera ainsi chaque compartiment à aubes et passera dans un suivant en traversant un espace annulaire dépourvu d’aubes, dans >equel règne une pression plus grande que dans les compartiments libres ou à aubes suivants; c’est l’excès de la pression dans un compartiment libre sur celle qui règne dans le suivant
- Fig. 91. — Turbine à vapeur Girard. Plan.
- egalement libre qui engendre la nouvelle vitesse avec laquelle le fluide entre dans le compartiment à aubes qui sépare les deux, cette différence de pression d’un compartiment au suivant constitue la détente successive du fluide qui se trouve aussi naturellement utilisée.
- liomanet, 1859. — La roue se compose (fig. 92 et 93) d’une sorte de boîte annulaire divisée en un certain nombre de petites chambres h, dans lesquelles sont pratiquées deux ouvertures b et c, l’une pour l’introduction de la vapeur, l’autre pour son échappement. L’introduction se fait par un tuyau partant de la chaudière et aboutissant à une plaque gg, qui le fait communiquer successivement avec toutes les ouvertures disposées à cet effet. Une plaque semblable existe du côté des ouvertures opposées; mais le tuyau qu’elle porte sert à rejeter la vapeur après qu’elle a produit son effet.
- L’arbre, auquel la boîte annulaire se trouve reliée par plusieurs rayons, est monté
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- sur un châssis. On boulonne solidement à ce support les brides qui maintiennent les deux plaques contre les faces de la boîte percée de trous.
- La vapeur du tuyau d’introduction, en pénétrant dans l’une des petites chambres, la pousse en avant, rencontre l’ouverture d’une autre chambre qu’elle pousse à son tour,
- Fig. 92 et 99. — Turbine à vapeur Romanet (1859).
- et ainsi de suite, la roue formant comme un cylindre continu, glissant entre les deux plaques immobiles.
- Auiier, 1859. — La vapeur arrivant du générateur par l’ouverture A (tig. 91 et 95) se répand dans l’espace circulaire B, passe dans les aubes O, s’en échappe en réagissant sur ces aubes, traverse ensuite la couronne 1, qui fait ici fonction de directrice, et vient agir d’abord par impulsion à l’intérieur de la couronne 2 par réaction à l’extérieur, traverse la couronne 3, et agit sur les couronnes 4, 6, 8, 10 comme sur la couronne 2. Les couronnes 3, 5, 7, 9, 11, etc., sont directrices.
- Chaque couronne ne pouvant utiliser qu’une faible partie de l’énergie de la vapeur, il faut, pour utiliser complètement cette énergie, un nombre plus ou moins grand de couronnes, selon la pression dont on dispose et la vitesse que l’on veut obtenir. Dans les cas les plus ordinaires, si on avait dû placer toutes ces couronnes sur les deux seuls plateaux P et P7, non seulement elles auraient pris trop d’espace, mais il y aurait eu une difficulté très grande à maintenir la pression de la vapeur tendant fortement, sur une si grande surface, à écarter les plateaux.
- On évite ces inconvénients en divisant l’appareil en deux séries. Les plateaux P2 et P3 portent les couronnes de la seconde série. La pression que supporte le plateau P est équilibrée par celle du plateau P2 et la pression du plateau P' l’est par celle du plateau P3.
- En quittant la première série de couronnes, la vapeur est amenée par D à la couronne O de la seconde série, en contournant le plateau P comme l’indiquent les flèches, et agit de la même manière que dans la première série. Les aubes des couronnes O7, 2', 4', 6', etc., concourent à faire tourner l’arbre dans le même sens que les aubes 0, 2, 4, 6, etc. ; après quoi, elle s’échappe dans l’air ou dans un condenseur.
- Si l’on veut changer la marche, les couronnes des chiffres pairs deviennent mobiles et celles des chiffres impairs directrices.
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- lïoch, 1862. — La figuré 96 représente en coupe une boîte circulaire en fonte t/, à des diamètres différents, couverte par le couvercle d', et au fond de laquelle se trouve
- V \ .
- TOUT
- Fig. 94 et 95.— Turbine à vapeur Autier (1859). Vue latérale et coupe verticale JL.
- une crapaudine e, qui sert d’appui à l’arbre vertical g. La roue h est armée d’une plaque circulaire supérieure i et d’une plaque inférieure k, qui tournent avec elle. Ces pla-
- Fig. 9G. — Roue à vapeur Roch (1862). Coupe verticale.
- ques, ainsi que la roue, touchent aux parois de la boîte, en m, assez pour qu’il ne' puisse se perdre de vapeur et pour que, cependant, elles puissent tourner; a repré-
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- srente la conduite d’arrivée de vapeur, c' et c" sont les tuyaux de dégagement (fîg. 97).
- Fig. 97. — Roue à vapeur Roch. Plan A (lig. 96).
- Hoehl, Brakell et Gïinther, 1863. — La figure 98 représente une turbine horizontale. Les aubes distributrices a sont situées extérieurement aux aubes réceptrices b;
- Fig. 98. — Turbine à vapeur centrifuge Iloehl, Brakell et Günlher (1863. Plan.
- après avoir traversé ces dernières, la vapeur se dirige, dans un flux centrifuge, sur une autre turbine adjacente.
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- La figure 99 représente la section transversale d’un autre type de turbine. La vapeur est dirigée tout d’abord, par les aubes distributrices f, sur les aubes réceptrices g ; de
- Fig. 99. — Turbine centripète à vapeur Iloehl, Brakell et Günthcv. Coupe diamétrale.
- là, elle entre dans le compartiment annulaire h, d’où, par les distributeurs i, elle est dirigée, dans un flux centripèle, surlesaubes met s’en va ensuite à l’air ouaucondenseur.
- Perrigault et Farcot, 186t. — Sur les figures 100 et 101, T représente un faisceau des « jets » de vapeur et U un faisceau des « rejets ».
- Ces deux faisceaux sont reliés entre eux par les tubes ou canaux s, s',s2, qui ramènent constamment le fluide sur la roue.
- La vapeur injectée par le premier jet t est recueillie, à sa sortie de chaque aube, par le premier rejet u, et conduite, par le tuyau s, au second jet t', qui l’injecte de nouveau sur les aubes; elle est ensuite recueillie par le second rejet u', qui l’amène au second jet t2, et ainsi de suite; elle sort, en définitive, par le dernier conduit .s'9, qui est le tuyau d’échappement final, pouvant être mis en communication soit avec l’atmosphère, soit avec un condenseur.
- Les aubes ne se vident de vapeur, que lorsqu’elles ont dépassé le dernier rejet iP et lorsque le fluide est entièrement détendu.
- La roue peut fonctionner dans l’atmosphère, être placée dans une enveloppe à parois notablement éloignée d’elle et de ses aubes et servant soit à constituer le moteur dans un vide plus ou moins complet, soit encore à réchauffer ou surchauffer tout le système.
- Le faisceau T, que l’on peut appeler injecteur, et le faisceau U, que l’on peut appeler réjecteur, sont représentés, sur les figures 100, 101, 102 et 103, agissant sur une roue dans laquelle les aubes ont leur plan de courbure et d’injection perpendiculaire à celui de rotation,
- Les figures 104 et 103 représentent une autre disposition de roue double, dans laquelle le disque o porte, sur chacune de ses faces, une couronne d’aubes parallèles au plan de rotation ; ces deux couronnes sont en sens inverse l’une de l’autre et permettront ainsi de réaliser une machine à changement de marche.
- On reconnait facilement en TT' les injecteurs et en UU' les réjecteurs de cette machine double.
- On peut encore modifier ces types en concentrant les aubes dans l’épaisseur même
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- de la jante de la roue et en dirigeant leurs extrémités du même côté soit en dehors, soit en dedans de la couronne.
- 100 et 101. — Turbine à vapeur Perrigault et Farcot (1864). Coupes ED et GF.
- L'inspection des figures 106, 107, 108 et 109 montre clairement ces dispositions, dans lesquelles l’injecteur et le réjecteur se confondent en un seul faisceau.
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- Fig 102 et 103. — Turbine à vapeur Perrigault et Farcot.
- flcitaüan eb.ampc sautant ZMJVP.
- Vue- de câlé et ampe suivant ÇR.
- Fig. 104 et 105. —Turbine à vapeur Perrigault et Farcot
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- On voit, en fig. 106 et 107, une roue pour laquelle les jets et les rejets ont lieu sur circonférence intérieure de la couronne.
- Dans les figures 108 et |109, au contraire, le faisceau de l’injecteur et du réjecteur réunis est placé sur la circonférence extérieure.
- Dans ces deux types, t sont encore les jets successifs, u les rejets. Les aubes sont inclinées en hélice par rapport à la couronne afin que, même au départ, la vapeur d’une aube puisse trouver un rejet en face d’elle.
- Les jets et les rejets croissent de largeur en même temps que d’épaisseur, afin de réaliser la même augmentation progressive de la section que dans les appareils précé-
- Ælevalwii et coupe suioant DI. F
- ü
- G
- Fig. 106 et 107. —Turbine à vapeur Perrigault et Farcot.
- dents, pour lesquels on a fait varier seulement l’épaisseur des jets et des rejets; il faut, pour ceux-ci, faire croître aussi la largeur, l’épaisseur maxirna étant limitée par la forme et la position des aubes.
- Les fig. 110 à 112 représentent une autre variante des roues à impulsions successives, dans laquelle les jets elles rejets se constituent spontanément par l’effet des parois de l’enveloppe et des aubes.
- La vapeur est injectée en t et, se déviant de sa direction en glissant sur chacune des palettes, les pousse devant elle, en étant rejetée sur chacune par l’action des parois de l’enveloppe.
- Le fluide dépasse les aubes dans sa course, s’écoulant par les intervalles restés libres avec une vitesse plus grande que celle de la rotation, perdant successivement sa puissance vive en la transmettant à la roue et en se détendant progressivement.
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- ROUES ET TURBINES A VAPEUR.
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- Après un tour, la vapeur s’écoule par l’orifice de sortie u, qui la conduit dans l’atmosphère ou dans un condenseur.
- Les fig. 113 et 114 représentent deux autres variantes de roues à impulsions successives, consistant chacune en une suite de couronnes d’aubes soit concentriques (fig. 113), soit parallèles, et montées sur le même axe (fig. 114), dont la première reçoit la vapeur du premier jet t, puis la transmet à la seconde couronne par le rejet //
- Fig. 108 à 114.'— Turbines à vapeur Perrigault et Farcut.
- et le conduit s, qui se termine par le second jet t', à section réglable au moyen d’un obturateur mobile z.
- On peut établir une série de couronnes successives, séparées par des anneaux fixes y.
- (A suivre.)
- Tome I. — 95° année. 5e série. — Septembre 1896.
- S2
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- Pour cent en surface.
- MÉTALLUKGIE
- ISOTES COMPLÉMENTAIRES SUR LA TREMPE DE l’aCIER, PAR MM. H. M. Howe et Alb. Sauveur (1), traduites par M. Osmond.
- La présente note a pour objet de décrire et de discuter les résultats de l’examen microscopique de 21 barrettes à section carrée de 8 millimètres de côté provenant d’un même acier pur carbure. Ces barrettes, prises au même état initial, ont été, comme 'il a été dit dans un travail antérieur de l’un de nous (2), chauffées à une température sensiblement constante (070°), puis refroidies lentement jusqu’en diffé-
- Tcmpératures de trempe
- lillllt Prrlitr.
- | 1 l'errife iiirlr/teiidnnt<\
- Fi". 1.
- rents points dans les limites et aux abords de l’intervalle critique (soit 700-580°) et trempées alors dans la saumure froide, pour iixer, par le refroidissement brusque, l’état du métal aux points correspondants.
- Les structures caractéristiques sont représentées par les figures 2 à 10 inclusivement et les résultats généraux de l’examen réunis dans le tableau I et dans le graphique de la lig. 1 (3). La structure des barrettes intermédiaire entre celles qui ont été
- (1) Journal of the Iron and Steel Instituiez 1896, n" I, p. 170-179.
- (2) Journal of the Iran and Steel Instilule, 1895, n" II, p. 258 et Bull, de la. Soc. d’Encourar/emenl (5e), t. I, p. 256 (février 1890). C’est de ce mémoire que nous entendrons parler quand nous dirons : « le précédent travail ».
- i.i) Les dessins, qui sont tous au grossissement de 250 diamètres pour la facilité des comparaisons,
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- TABLEAU I. — Influence de la température de trempe sur les propriétés mécaniques, l’état du carbone et la microstructure d’un acier à, 0,21 p. 100 de carbone.
- N" TEMPÉRATURE de TREMPE degrés TÉNACITÉ K 11.0 par mm- DURETÉ EAUCEER ni: LA STRIE mm. ALLONUKMKNT CONTRACTION p. 100. PERTE APPARENTE 1>1-: CARBONE p. 100 d'acier. COMPOSITION MICROSTRUCTURALE p. 100
- p. 100. sur mm. MARTENSITE PERLITE FKRMTK
- 6 880 137,9 3,50 63,5 r. 0,092 \ 100,00
- 7 836 143,9 0,0276 3,00 102 5,00 0,095 100,00
- 4 797 Au-dessus de Ain .... 133,3 0,0285 6,00 102 » 0,102 ] 2 100.00 0,00
- 16 761 136,0 )) 1,25 102 1,01 0,082 I = 100.00
- 15 733 133,3 0,0290 4,30 102 » 0,095 l ;; 100,00
- 12 714 Début de Am ' 133,6 0,0281 7,50 102 » 0,102 l ë 97,20 2,80
- 18 713 148,6 0,0303 2,50 102 1,54 o,oo;i 1 .2 i ^ 86,00 0,00 14.00
- 9 698 Milieu de Am .... . 143,3 0,0293 3,75 102 3,53 0,096 J 70,20 29,80
- 5 632 101,9 )) 2,25 102 3,17 0,100 35,20 64,80
- 14 6S0 . Entre Am et Am 99,8 0,0298 4,75 102 5,68 0,084 30,80 69,20
- 21 633 90,2 0,0333 4,23 102 5,87 0,084 32,00 68,00
- 10 626 88,6 0,0320 5,5(1 102 5,94 0,084 31,50 68,50
- 22 620 Début de Ar, 85,1 0,0329 6,25 102 5,60 0,091 30,00 1,60 68,40
- 11 600 Fin de Am 64,4 0,0333 13,50 102 41,40 0,034 4,00 17.50 78.50
- 3 399 62,6 0,0332 13,00 102 46,50 0,047 2.00 22,20 io,80
- 8 575 ' 65,7 0,0343 19,73 102 38,60 0,029 21,10 78,90
- 19 332 i 38,2 0,0343 21,25 102 51,34 0,005 23,20 70,80
- 13 312 1 ] 57,7 0,0356 26,00 102 54,40 0,018 23,00 77,00
- Au-dessous de Am . . . 0,00
- 17 340 | 55,8 „ 23,75 102 0,000 22,60 77,40
- 20 263 ' ' 53,8 „ 22,50 102 55,6 4 0,000 2 4,80 75,20
- 23 20 52,0 0,0363 25,75 102 52,29 0,008 1 [ 23,60 76,40
- 24 65,9 18.75 102 53,, 8 9 » ))
- non traitées
- 66,3 0,0331 17,50 102 51,1 4 ” ” ))
- Perle ou gain total. 105,9 0,0089 22,75 » » » » ))
- SUR LA TREMPE DE b’ACIER. 1263
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- 1204
- MÉTALLURGIE.
- SEPTEMBRE 1896.
- figurées est suffisamment représentée par les figures. Ainsi, les barrettes 21 et 10 sont à peu de chose près semblables à la barrette 1 i, les barrettes 8, 13, 17, 20 et 23 à la barrette 19.
- Dr finitions. — Nous garderons le nom de martcnsite donné par M. Osmond au constituant dur des aciers trempés; et, pour les deux constituants principaux des aciers recuits, nous emploierons les noms usuels de ferrite et de perlite. On sait que la ferrite est considérée comme du fer presque pur et la perlite comme un mélange souvent lamellaire de la même ferrite avec un carbure très dur, la cémentite, de formule probable Fe:!C.
- La fig. 10 montre la répartition de ces deux constituants dans notre acier non trempé : la ferrite forme la masse principale dans laquelle la perlite se divise en grains porphy ri tiques.
- Pour distinguer la ferrite qui forme la masse principale de celle qui fait partie intégrante de la perlite, nous appellerons la première ferrite indépendante.
- Les deux ralentissements spontanés qui se produisent pendant le refroidissement lent et non troublé de notre acier sont désignés par les symboles Ar et Ar,, conformément à la notation d’Osmond (1).
- TABLEAU II. — Résumé des résultats.
- INTERVALLE REPRÉSENTÉ CHANGEMENTS CORRESPONDANTS DANS LES DIFFÉRENTES PROPRIÉTÉS
- BARRETTES TEMPÉRATURE DE TREMPE AUGMENTA- TION l'KRTE DE DURETÉ AUGMENTA- TION CHANGEMENT DE STRUCTURE
- repre.s du n" (Uilues au iV POSITION SUR LA COURBE DK REFROIDISSEMENT. DEGRÉS. " S ^ ^ I) ALLONGEMENT p. 100 de longueur primitive. AUGMENTATION I>E LA LARGEUR DE LA STRIE mm. APPARENTE DE CARBONE p. 100 d'acier. ACCROIS 1)E I.A FERRITE SEMENT TENEUR 00. PERLITE
- ui 9 Début et milieu de Ar» 733 - L98 — 0,75 0,0003 — 0,001 31,6
- 9 Ü Fin de Ar» 698 - G32 13,4 — 1,30 0,0027 — 0,004 33,2 ))
- 5 10 Entre Ar» et Ar, . . 632 - 626 13,5 + 3,2a + 0,016 3,7 ))
- 1U 3 Ar, 626 - 599 23,8 + 7,50 0,0012 + 0,037 7,3 00 9
- 3 23 Au-dessous de Ar, . 599 - 2ü 10,6 + 12.73 0,0033 + 0,039 0,6 1.1
- sont pris a.u centre cle la coupe transversale de chaque barrette. Mais, grâce sans doute aux petites dimensions de ces barrettes, la structure est pratiquement la même dans toute l’étendue de la section ; la surface seule est peut-être légèrement décarburéc sur une très faible épaisseur.
- Ces aires, indiquées dans le tableau I, ont été mesurées au planimètre sur des dessins deux fois plus grossis que les figures 2 à 10.
- Pour faire mieux ressortir les rapports existant entre les aires respectivement occupées par la mar-tensite et la ferrite isolée, nous laissons de côté toute considération sur la structure de ces deux constituants; il est bien connu que le second est formé de grains cristallins, probablement des cubo-octaèdres. »
- L'un de nous a de fortes raisons de penser que la martonsite est composée de deux substances de dureté très inégale. M. Osmond, de son coté, n’est pas certain que ce constituant soit primaire But. le lin de la Soc. d’Encouragement, (Ie), t. X, p. 493.) Nous employons le mot martensite sans prendre parti pour aucune théorie.
- (1) La notation Ar» devrait, à la rigueur, être remplacée ici par Ar j.-, Le point critique supérieur est, dans l’acier considéré, un point double qui comprend les points Ar^ et Ar» du fer pur. (Sole du traducteur.)
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- Fig. 2. — Barrettes (>, 7, 4, 1(>, 15. trempées au-dessous de Am.
- Fig. 5. — Barrette 9, trempée à 698", milieu de An.
- Martensite............ 70.20 p. 100
- Ferrite...............29,S0 —
- A B = marche supposée de la rupture.
- Fig. 8. — Barrette 11, trempée à 600°, lin de An.
- 4,00 p. 100
- 17.50 —
- 78.50 —
- SUR LA TREMPE DE l’ACIER.
- Fig. 3. — Barrette 12 trempée à 714°, début de Am.
- Martensite......... 97,20 p. 100
- Ferrite............28, 0 —
- Fig. 6. — Barrette 14, trempée à 650°, entre An et An.
- Martensite............00,80 p. 100
- Ferrite............... 69,20 —
- EF —. marche supposée de la rupture.
- Fig. 9. — Barrette 3, trempée à 599°, fin de Ar,.
- Martensite .... 2,00 p. 100
- Perlite........... 22,20 —
- Ferrite............75,80 —
- 1265
- Fig. 4. — Barrette 18, trempée à à 713°, début de Am.
- Martensite...........,80 p. 100
- Ferrite...............U —
- Fig. 7. — Barrette 22. trempée à 620°, début cle An.
- Martensite................30,00 p. 100
- Perlite................... 1.60 —
- Forriie................. 68,10 —
- Fig. lü. — Barrette 19, trempée à 532°, après An.
- 23,20 p. 100 70,80 —
- Martensite Perlite. . Ferrite. .
- Perlite.
- Ferrite
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- MÉTALLURGIE.
- SEPTEMBRE 1896.
- Résultats généraux. — Au-dessus de Ar2, l’acier est entièrement formé de marten -site, dont 60 p. 100 environ se changent en ferrite au point Ar,. La structure reste ensuite constante jusqu’à ce que la température de trempe soit descendue à Aiq; les 30 p. 100 de martensite restant disparaissent alors et sont remplacés par environ 22 p. 100 de perlite et 7 p. 100 de ferrite indépendante, ce qui porte la proportion totale de cette dernière à 73 p. 100 environ.
- Comme la forme des courbes de refroidissement permettait de le prévoir, ces transformations sont loin d’être instantanées. La transformation de la martensite en ferrite indépendante au point Ar, s’étend sur un intervalle de 62° au moins, et Arn bien que manifestement plus brusque, couvre encore au moins 20°.
- Osmond a rapporté au point Aiq la transformation bien connue du carbone de trempe en carbone de cémentation qui se produit pendant le refroidissement lent, et les résultats du précédent travail confirment cette interprétation (1). Car la grande transformation de la martensite en ferrite au point Ar, n’entraîne, chose curieuse, aucun changement dans l’état du carbone, autant que la méthode Eggertz permet d’en juger.
- La transformation en ferrite des premiers 30 p. 100 de martensite pendant la première phase de Ar, (barrettes 13 à 9), n’a pas grande influence sur la ténacité ni sur la ductilité; les propriétés mécaniques restent en effet à peu près les mêmes pour la barrette 9 qui contient 30 p. 100 de ferrite disséminée (fig. 5) et pour les barrettes, trempées à une température plus élevée, qui contiennent moins de ferrite ou n’en contiennent pas du tout. (Voir le tableau I.) La ténacité de la barrette 9 est bien inférieure de 10 kilos à celle de la barrette 15, mais elle est pratiquement égale à celle de la barrette 7 et supérieure à celle de la barrette 16.
- Pendant l’intervalle suivant de 46 degrés, c’est-à-dire pendant la seconde phase de Ar, (barrettes 9 à 3), la proportion de martensite transformée en ferrite n’est pas beaucoup plus grande que pendant la phase précédente, l’essai calorimétrique n’accuse pas de changement appréciable dans l’état du carbone, la ductilité reste presque la même ; et, cependant la ténacité tombe brusquement de 43 kilogrammes par millimètre carré, soit de 30 p. 100 de sa valeur, en chiffres ronds. (Voir le tableau IL)
- Pendant l’intervalle suivant de 26 degrés, entre Ar2 et Art (barrettes 5 à 10), la ténacité s’abaisse encore progressivement de 13 à 14 kilogrammes etla dureté diminue, mais sans changement considérable dans la structure, la ductilité ou l’état du carbone.
- En Aiq, avec la transformation de la martensite restante en perlite (barrettes 10 à 3) et au-dessous (barrettes 3 à 23), la ténacité, et la dureté avec elle, subissent une nouvelle et importante diminution; en même temps, la ductilité s’accroît enfin rapidement et l’état du carbone change franchement.
- (1) Osmond ot Wertli ont montré que l’attaque par l’acide nitrique volatilise une partie du carbone de trempe : c'est pourquoi, dans l’application de la méthode Eggertz, un acier (trempé qui a son carbone à l’état de carbone de trempe) communique aux solutions nitriques, toutes choses égales d’ailleurs, une coloration moins intense que le même acier refroidi lentement. La différence entre les teneurs en carbone accusées par la méthode calorimétrique dans un échantillon donné d’acier et dans le mémo acier refroidi lentement, en d’autres termes la perte apparente de carbone, est une mesure grossièrement approximative de la teneur en carbone de trempe. D’ailleurs, cette perte apparente de carbone disparait presque complètement au point Ar, ; d’où nous concluons que ce point Ar i correspond à la transformation du carbone de trempe en carbone de cémentation.
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- SUR LA TREMPE DE L ACIER.
- 1267
- En résumé, nous pouvons distinguer six intervalles :
- 1° Au-dessus de Ar, : pas de changements marqués.
- 2° Première phase de Ar2, avec une large transformation de martensite en ferrite et pas d’autre changement nettement marqué.
- 3° Deuxième phase de Ar,; nouvelle et abondante transformation de martensite en ferrite et grande perte de ténacité.
- 4° Entre Ar, et Ar, : pas de changements bien marqués sauf une certaine diminution de ténacité et de dureté.
- 5° Ar, : transformation totale de la martensite en perlite, forte diminution de ténacité, petite diminution de dureté, augmentation modérée de ductilité, changement marqué de l’état du carbone.
- t)° Au-dessous de Ar, : pas de changement de structure, diminution de ténacité, grande augmentation de ductilité, grande diminution de dureté, changement marqué de l’état du carbone.
- DISCUSSION DES RÉSULTATS
- Les changements de structure paraissent coïncider exactement avec les points critiques, mais non pas avec les changements dans les propriétés mécaniques. Le changement de structure en Ar, est bien accompagné d’une diminution marquée de ténacité, d’un changement dans l’état du carbone, d’un certain accroissement de ductilité et d’une certaine perte de dureté ; la seconde phase du changement de structure en Ar, correspond bien aussi à une grande perte de ténacité; mais la première phase du même changement de structure ne donne lieu à aucune modification marquée des propriétés mécaniques. D’autre part, entre Ar, et Ar,, le refroidissement est régulier, la structure reste à peu près constante et, cependant, la ténacité diminue franchement. Enfin, quand le changement de structure en Ar, est terminé, on constate encore une forte perte de ténacité, une augmentation marquée de ductilité, une grande diminution de dureté et un grand changement dans l’état du carbone. Nous n’avons pas l’intention d’insister sur ces divergences : nous savons que deux barrettes (par exemple les barrettes 12 et 18) soumises à dessein au même traitement, peuvent avoir des propriétés mécaniques très différentes. Tel n’est pas le cas cependant pour les autres couples de barrettes (5 et 14, 11 et 3, 24 et 25;, ayant subi des traitements identiques; les divergences relevées plus haut méritent donc une certaine attention. Ainsi, la ténacité diminue fort peu avec la première moitié du changement de structure en Ar, et beaucoup avec la seconde moitié du même changement, alors que, au-dessous de Ar2, elle continue à s’abaisser régulièrement sans changement de structure; d’autre part, l’allongement n’augmente que de 7,5 p. 100 quand la perlite passe, en Ar,, de 0 à 22,2 p. 100, et il augmente ensuite, assez régulièrement, de 12,75 p. 100, lorsque la perlite, passé Ar,, ne gagne plus que 1 ou 2 p. 100 tout au plus : ce sont là des contrastes trop frappants pour être négligés.
- Au point de vue de la théorie allotropique de la trempe, le fait le plus important qui se dégage de nos observations est, semble-t-il, la coïncidence entre le ralentissement Ar2 et l’apparition d’une grande quantité de ferrite aux dépens de la martensite qui constituait seule auparavant toute la masse de l’acier.
- Dans le précédent travail, on voyait le ralentissement Ar2 suivi d’une grande perte de ténacité sans changement apparent du carbone, et l’on était ainsi conduit à voir
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- MÉTALLURGIE.
- SEPTEMBRE 189G.
- dans un changement allotropique du fer lui-même la cause du retard pendant le refroidissement et de la chute de ténacité. Les résultats actuels présentent la question sous un jour un peu différent.
- D’une part, les adversaires de l’allotropie (les homœotropistes ?) peuvent dire : « Le changement de structure constaté suffit à rendre compte du retard pendant le refroidissement, de la chute de ténacité et des autres transformations physiques au point Ar, ; l’allotropie est donc une explication superflue. »
- A cela, les allotropistes peuvent répondre : « Le changement de structure lui-même et, surtout, son apparition brusque sont une preuve d’allotropie. Si le fer conservait la même forme allotropique (ou, si vous voulez, le même état moléculaire), il ne s'isolerait pas du tout de la martensite ou il s’isolerait progressivement, sans à-coup. Ainsi, deux gaz dissociés par la chaleur et soumis à un refroidissement graduel se recombinent progressivement et régulièrement, suivant la température et la pression. Mais si, comme il arrive au moment de la congélation de l’un des constituants d’une solution, il se produit un changement d’état, nous avons un dégagement brusque de chaleur qui retarde le refroidissement régulier de la solution. De tels retards, considérés comme preuves de sursaturation, indiquent donc un changement d’état de l’un des constituants, qu’il s’agisse d’une transformation allotropique ou du passage de l’état liquide à l’état solide.
- « Dans le fer complètement pur de carbone, les retards pendant le refroidissement ne peuvent être rapportés qu’à des transformations allotropiques (1). Les mêmes transformations se retrouvent dans les fers carburés, produisent les mômes retards pendant leur refroidissement et y déterminent, entre autres choses, la séparation de la ferrite d’avec la martensite. Cette séparation de ferrite peut, à la vérité, amplifier à la fois le retard Ar2 et les changements de propriétés mécaniques; mais la cause sous-jacente de tous ces changements, c’est toujours une transformation allotropique du fer lui-même. »
- A ce propos, nous appelons l’attention sur un point d’observation qui nous a surpris. Il est difficile de comprendre comment des grains de sable, d’acier ou de tout autre corps étranger, mécaniquement incorporés dans du mastic, peuvent notablement élever la résistance du mastic à la traction; on conçoit seulement qu’ils en puissent diminuer l’allongement. Si le corps étranger est de la sciure de bois, moins résistante que le mastic, ou si l’adhérence est faible entre les deux constituants du mélange, c’est une diminution de résistance que l’on doit avoir; mais nous ne voyons pas comment on pourrait avoir une augmentation notable. Et nous ne voyons pas davantage comment des grains de martensite ou de perlite, isolés, disséminés dans une masse de ferrite pourraient augmenter notablement la ténacité de cette masse.
- Dans le cas présent, nous trouvons que toutes les barrettes trempées à 650° ou au-dessous paraissent formées d’une masse principale de ferrite dans laquelle sont distribués des grains porphyritiques, de martensite d’abord, puis de martensite et de perlite et enlin de perlite seule. Il est naturel que cette intrusion de grains étrangers ait une grande influence sur la ductilité du mélange, et l’on peut encore, à la grande rigueur, concevoir que 2 p. 100 de martensite fragile suffisent, dans la barrette 3, pour réduire l’allongement à la moitié environ de l’allongement normal du
- (1) Les retards supérieurs ont été trouvés dans un fer où l’analyse la plus rigoureuse n’a pas constaté traces de carbone (Roberts-Austen in Proc. Inst. Mechanical Eng., 20 avril 1890, p. 244).
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- métal recuit; mais, nous le répétons, nous n’avons pas à nous expliquer l’augmentation de ténacité.
- La grande ténacité des barrettes de martensite pure prouve que cette substance est beaucoup plus résistante que la ferrite. Si donc une barrette telle que le n° 14 (fig. 6) est cassée par une traction dirigée parallèlement aux flèches AB, CD, il est à supposer que la rupture passera par la ferrite en suivant une ligne du genre de EF. Mais la longueur d’une pareille ligne ne dépasse que de 2 p. 100 celle de la plus courte distance entre AB et CD et, par suite, la surface de rupture correspondante ne dépasse que de 4 p. 100 celle d’une section droite plane. Si donc la ferrite de cette barrette 14 était, comme on le suppose, du fer pratiquement pur, analogue au fer fondu le plus doux, dont la ténacité n’atteint pas 35 kilogrammes par millimètre carré, la ténacité de la barrette en question ne devrait pas dépasser 36kg,4, tandis qu’elle est de 99ks,8, presque le triple.
- En admettant même que la ténacité de la ferrite, dans la barrette 14, soit la même que dans la barrette 23 (52 kilogrammes), nous n’arrivons encore, en tenant compte des 4 p. 100 d’augmentation de surface rompue, qu’à 54k-,l, au lieu de 99k?,8. C’est là une différence dont il nous paraît difficile de rendre compte par des considérations purement mécaniques soit par la présence des grains isolés de martensite, soit par les tensions dues à la trempe, d’autant plus que la trempe, à notre connaissance, ne produit, dans aucun corps autre que le fer, une semblable augmentation de résistance.
- Il nous semble donc que cette ferrite de la barrette 14 est à peu près deux fois plus résistante que celle du même métal refroidi lentement, trois fois plus que celle du fer fondu le plus doux; elle parait être aussi moins ductile que les autres formes de ferrite. Cependant, nous n’avons pu découvrir sous le microscope aucune différence entre ces diverses ferrites, dont la ténacité est si différente; et M. Osmond, qui a eu l'obligeance d’examiner pour nous quelques-unes de nos barrettes, n’en a pas trouvé davantage.
- Le même raisonnement s’applique aux barrettes trempées au-dessus de 650°. Par exemple, prenons la barrette 9, trempée à 698°, et admettons que la martensite y ait la même résistance que dans les barrettes trempées au-dessus de Ar2; une ligne de rupture telle que AB, évitant le plus possible la martensite résistante pour suivre le constituant faible, la ferrite, couperait la martensite et la ferrite en telles proportions respectives qui justifieraient une ténacité de 70 kilogrammes environ par millimètre carré; en fait, la ténacité trouvée est plus que double (145k?,3j.
- Deux explications s’offrent à nous. La ferrite, au lieu d’être du fer pratiquement pur, comme on l’a supposé, pourrait contenir une certaine quantité de carbone, variable avec les circonstances, le carbone se partageant entre elle et les autres constituants (martensite et perlite) en proportions qui dépendraient de la teneur en carbone total, delà température, de la pression, etc. Ou bien, il pourrait exister, comme le veut M. Osmond, deux variétés allotropiques ou au moins moléculaires de ferrite : l’une, p», serait dure, fragile, stable aux températures élevées, pourrait être conservée plus ou moins complètement par le refroidissement brusque, et passerait progressivement à la variété a, douce et peu résistante, pendant le refroidissement lent; cette transformation serait retardée par la présence du carbone et serait la cause tant du ralentissement Ar2 que de la séparation concomitante de ferrite.
- A la première explication, on peut faire cette objection grave : que la grande diminution de résistance de la ferrite entre 698° (barrette 9) et 620° (barrette 22) n’est
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- MÉTALLURGIE.
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- accompagnée d’aucun changement apparent dans l'état du carbone, comme nous devrions nous y attendre si la teneur en carbone se modiliait dans la ferrite. Si, avec cela, on tient compte dos autres divergences entre les changements de structure et les propriétés mécaniques, on trouve que la seconde explication prend une certaine consistance : c’est-à-dire que les ralentissements pendant le refroidissement et les phénomènes concomitants seraient dus originairement aux transformations du fer lui-mème; et ces transformations seraient ainsi les véritables causes des changements de structure, do ténacité, de dureté, des changements d’état du carbone, etc.
- Nous proposons ces suggestions dans l’espoir qu’elles pourront aider à la solution d’un problème complexe, mais nous ne voulons pas les élever au rang d’hypothèse, encore moins do théorie; l’introduction prématurée de théories a, croyons-nous, cette conséquence malheureuse d’induire leur auteur à les appuyer et presque tout le monde à les combattre; et ce sont là des états d’esprit qui rendent difficile l’impartialité juridique avec laquelle il convient d'aborder ces questions.
- Pour la môme raison, nous n’exprimerons pas ici d’opinion sur la valeur de la théorie allotropique. Nous préférons attendre de nouveaux renseignements; d'autant plus que nous étudions nous-mêmes, avec l'aide du microscope, un fait où cette théorie a trouvé l'un des plus forts arguments : la grande augmentation de résistance que la trempe communique au fer presque dépourvu de carbone.
- FABRICATION DK L'ALUMINE A L USINE DE LAIINE IIARBOUK ij )
- Le minerai employé est la bauxite du comté d’Antrim, en Irlande, composé de : alumine 56 p. 100 (correspondant à 30 p. 100 d’aluminium), peroxyde de fer 3 p. 100, silice 12, acide tétanique 3, eau 2G p. 100 : impuretés qu’il faut séparer de l’alumine.
- L’usine est reliée par le chemin de fer à voie de 01U,93 des Northern Gountriesà la mine de Glenravel, située à 36 kilomètres ; elle se compose (tig. 1 et 2) d'un bâtiment de 72 x 24 mètres sur 9 mètres de haut. La vapeur est fournie par deux chaudières du Lancashire, de 7m,30 x 2m,43 de diamètre, recevant leur eau d’alimentation des appareils vaporisateurs ; la force motrice est fournie par une machine à vapeur horizontale sans condensation, à cylindre de 333 x 310 millimètres, marchant à 140 tours ; pression d’admission 7 kilos; puissance 80 chevaux avec une contrepression de 0k,7, due à ce que l’échappement s'opère dans les appareils vaporisateurs. Cette machine actionne l’arbre de transmission à 200 tours par un volant à quatre cordes de coton de 140 millimètres de diamètre.
- Les wagons de minerai sont amenés directement à l’atelier de broyage, d’ou, après avoir été réduit en cubes de G millimètres de côté, le minerai tombe sur un crible à mailles de G millimètres, qui en renvoie les gros morceaux au broyeur, tandis que ceux de G millimètres tombent, par un tuyau en tôle, dans le calculateur (fig. 3) qui en brûle les matières organiques dont la présence empêcherait la séparation subséquente de l’alumine et de la soude caustique dans le cylindre de décomposition.
- Le calculateur se compose d’un tube de 10 mètres de long sur 1 mètre de diamètre, garni de briques réfractaires, incliné de 1/23, tournant sur des galets, et traversé par la flamme d’un foyer placé au bas. La bauxite traverse ce tube avec une vitesse réglée par l’expérience et tombe, par une feule ménagée près du foyer, dans un second tube tournant, ou coolinç/ tube de 0"’,73 de diamètre sur 9 mètres de long, traversé par le courant d'air refroidissant d'un ventilateur. De ce tube, le minerai calciné et refroidi est amené, par un convoyeur, dans un
- (1) D'après un mémoire présent par M. .1. Sutherland au dernier meeting de l'Institution of Mecha-nical Engiueers de Londres Engineering, 28 août 1896).
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- FABRICATION DE L ALUMINE A LARNE IIARBOUR.
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- broyeur qui le pulvérise de manière qu’il puisse traverser un tamis de 140 trous par centimètre carré : de là, un élévateur le déverse dans une trémie qui le distribue à de petits wagonnets.
- Le minerai, ainsi calciné et pulvérisé, est traité, d’après le procédé Bayer,"par une dissolution concentrée de soude caustique sous pression : il se forme de l’aluminate de soude soluble, avec le fer, la silice et l’acide titanique en précipité insoluble. Cette décomposition s’opère (fig. 2 et 4)
- Lg. 1 à 3. — Plan du premier étage et du rez-de-cliaussée de t'usine de Lame Harbour et détail du calcinateur : {Tanks), réservoirs {Ençjine), machine motrice (Kiers), chaudières do décomposition (fig. 4).
- dans des chaudières {Kiers) en tôle d’acier doux de lo millimètres d’épaisseur, de 3m,30 de long et de lm,50de diamètre, enveloppées d’une chemise de vapeur et traversées par un arbre de 75 millimètres de diamètre, avec 8 palettes d’agitateur de 400 x 230 millimètres. Ces cylindres sont pourvus chacun d’un orifice d’entrée desservi par un élévateur et d’un orifice de vidange; l’enveloppe de vapeur a une soupape de sûreté : ils sont essayés à 14 kilos et peuvent fonctionner avec de la vapeur à 7 kilos, bien qu’un-e pression de ok,6 suffise pour assurer la décom
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- MÉTALLURGIE.
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- position. La dissolution de soude, de densité 1,4.'), est d’abord introduite, puis la bauxite — 3 tonnes— peu à peu etjméthodiquement, par le petit élévateur indiqué à droite de la ligure 3 et 4, de manière à assurer son mélange uniforme par l’agitateur. On ferme alors l’orilice de remplissage, puis on admet la vapeur dans l’enveloppe lentement, de manière à porter peu à peu sa pression à 3 kilos ou 3 ldi. J /2. Après 2 ou 3 heures de cette pression, la réaction est terminée, on ouvre l’orifice de décharge, par lequel la masse est projetée dans des réservoirs disposés au deuxième étage, et où on la dilue par de l’eau jusqu’à l’amener à la densité de 1,23, prête à séparer par filtration l’aluminate de soude de ses impuretés.
- Cette séparation s’opère au moyen de filtres-presses, de 30 plateaux chacun, sous forme de tourteaux rouges de 730 millimètres de côté sur 23 millimètres d’épaisseur, qui renferment les impuretés: ces tourteaux sont, avant d’être activés, lavés à grande eau, de façon à leur enlever le plus possible de leur aluminate de soude, et cette eau est ensuite employée pour la dilution des boues des cylindres de décomposition. A l’ouverture des presses, les tourteaux sont emportés par des conveyeurs ; ils constituent un sous-produit que l’on espère pouvoir utiliser bientôt.
- L’aluminate de soude exprimé parles presses est filtré sur des filtres en cellulose ou pulpe
- de papier de bois. Ces filtres sont formés de bacs de 3m x lm,30 x 0m,90 de profondeur, à parois inclinées garnies de plomb, avec, à 130 millimètres du fond, un tamis à mailles de 3 millimètres; ils sont disposés deux par deux, l’un sur l’autre. On fait une bouillie d’environ 20 kilos de cellulose, que l’on verse en pâte fine sur les tamis, où elle retient les particules les plus fines échappées aux filtres-presses, ne laissant s’écouler qu’une dissolution pure d’aluminate de soude.
- Auparavant, la séparation de l’alumine de la soude s’opérait en insufflant dans la dissolution d’aluminate de l’acide carbonique, formant de l’alumine insoluble et une dissolution de carbonate de soude, que l’on retransformait en soude utilisée pour décomposer une nouvelle charge de bauxite. Dans le procédé Bayer, la séparation de l’alumine s’opère par l’addition d’un excès d’hydrate d’alumine, en agitant constamment, dans des bacs de décomposition [decom-posing Cylinders (fig. 2) de 3m,90de diamètre sur 6 mètres de haut, surmontés de réservoirs de 22 mètres cubes, où l’on pompe directement l’aluminate de soude filtrée. Au bout de 36 heures, il s’est séparé environ 70 p. 100 de l’alumine contenue dans la dissolution, et c’est à ce point que l’on arrête en pratique la réaction. Le précipité se forme rapidement, et l’on décante le liquide par gravitation dans les réservoirs à faible dissolution.
- Après cette décantation, on pompe l’hydrate d’alumine précipitée à de nouveaux filtres-presses, tout en laissant dans le bac de décomposition assez d’alumine pour amorcer la décomposition d’une nouvelle charge d’aluminate de soude. Le chargement de ces filtres-presses s’opère par une pompe à vapeur directe, à cylindre moteur de 303 x 180 millimètres de diamètre, avec plongeur de 123 millimètres, qui s’arrête automatiquement dès que la presse est pleine sous une pression de 5k,6. Une fois la presse pleine, on lave les tourteaux d’alumine pour en enlever toute trace de soude, systématiquement, par cinq lavages, dont le dernier à l’eau pure, puis on refoule au travers des tourteaux de l’air comprimé, pour en enlever le plus d’eau possible, au moyen d’un compresseur à cylindre à vapeur de 333 millimètres de course sur 200 millimètres de diamètre et cylindre à air de 130 millimètres de diamètre, pouvant, à 120 tours, aspirer 2 me. et demi d’air par minute et les refouler à8k6, convenablement refroidis par une enveloppe d’eau. Des conveyeurs amènent ensuite les tour-
- Fig. i et o.—Usine de Lame Harbour, détail d’une chaudière de décomposition [Kiers) (fig. 2 ){Water) e-aw {Steam) vapeur.
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- teaux d’hydrate d’alumine au-dessus d’un four à calciner, à sole de G mètres sur lm,80, chauffé au gaz Dowson. Après avoir été desséchée à basse température, l’alumine est chauffée à une température d’environ 1 000°, où elle cristallise, condition nécessaire pour qu’elle ne puisse plus absorber d’humidité atmosphérique. U est essentiel d’avoir l’alumine aussi sèche que possible, parce que la présence de l’eau augmente la dépense d’électricité nécessaire pour l’électrolyse de l’aluminium.
- Les dissolutions faibles de soude, de densité 1,2, provenant des décomposeurs et des presses, trop étendues pour pouvoir dissoudre l’alumine de la bauxite, sont concentréesjusqu’à la densité 1,45 dans un évaporateur à triple effet, pouvant vaporiser 150 mètres cubes en 24 heures, avec pompes alimentaires à air et de circulation indépendantes, dont la vapeur d’échappement est utilisée pour chauffer les cuves de vaporisation. L’eau de circulation, recueillie dans un petit bac en ciment, est pompée, par une pompe centrifuge de 125 millimètres, au haut de la colonne réfrigérante, de 9 mètres de long sur 6 mètres de large et 7m,50 de haut, qui en abaisse, pendant sa descente, la température de 38° à 16°. L’eau pure provenant de l’évaporation des dissolutions faibles, et dont la température est de 80°, est employée au lavage de l’hydrate d’alumine et à l’alimentation des chaudières. On l’emmagasine dans un réservoir de 27m,3, au-dessus des décompositeurs, et, avant de l’employer au lavage de l’alumine, on la filtre sur de la cellulose. Tout le drainage de l’usine, recueilli dans une citerne en ciment, est repompé pour être utilisé au lavage des boues rouges, à dissoudre la soude etc.,, de sorte que l’on ne perd rien des dissolutions diverses de soude, d’alumine, etc.
- L’usine est éclairé par une dynamo alimentant 10 lampes à arc de 2 000 bougies et 100 lampes à incandescence de 16 et 32 bougies, et commandée par une machine à vapeur verticale Robey au moyen de 4 câbles en coton de 25 millimètres de diamètre.
- Les mesures sont prises pour pouvoir bientôt doubler cet atelier.
- G. R.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- DlSTUllîlTION A DÉCLIC PISTOU
- Cette distribution est caractérisée (tig. l£à «"») par l’emploi de deux cames auxiliaires N et O, folles sur l'axe 11 de chacun des robinets d’admission, et reliées au régulateur J (fig. i>) parles
- Fiar. 1 à o. — Distribution à déclic Pistur.
- Élévation et plan d'un déclic. Détail du fonctionnement des deux'camcs N et O. Ensemble de la distribution.
- leviers P et R, et le renvoi i f e h, pivoté en <j de manière qu’il rapproche les cames N et O quand la machine s’accélère et les écarte quand elle se ralentit.
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- RÉGULATEUR DIRECT MAXIM.
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- Pour chacun des deux robinets d’admission, le plateau oscillant D, commandé par l'excentrique de distribution, ouvre l’admission de la vapeur en tirant de droite à ç/anche (fi#. 1) le levier C, fou sur le manchon A, et ce levier entraîne le bras F, calé sur l’axe B du robinet, par la prise, en M, du déclic J J, pivoté eu KsurC, avec le talon I de F. Pendant ce mouvement, .1 marchant suivant la flèche fig. 4, son cliquet a, pivoté en L, franchit, malgré son ressort de rappel l, le talon c de la came M ; mais, au retour de J (fig. 3), ce cliquet, soulevé par c, relève J de manière à l’amener dans la position indiquée en pointillés üg. 1, et à lui faire lâcher le levier F qui, rappelé par son clash pot, ferme l’admission au point déterminé par la posi-liondela came N. Cette came commande ainsi l’admission des 7/8 àla moitié de la course.
- Si la machine s’accélère encore, les cames N et O se rapprochent ; puis, à partir de la position de N correspondant àla détente à demi-course, cette came cesse d’agir et c’est le talon d de la came O qui vient, au bout de la course avant de J, soulever ce déclic par son second cliquet C l’ L, en fermant l’admission d’autant plus tôt que d se rapproche de c, jusqu’à l’annuler quand il coïncide avec c.
- RÉGULATEUR DIRECT MAXIM
- Ce régulateur se compose (tig. 6, 7 et 8) de deux masses II H, entraînées par le volant G, dont les bras II2 et H2 sont articulés à deux tourillons diamétralement opposés du plateau I',
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- Fig. G, 7 et 8. — Régulateur direct Maxim. Détail de l’excentrique.
- Coupes par l’arUre de couche D et par la manivelle motrice.
- calé sur l’arbre I, logé à l’intérieur de l’arbre découché D. Il en résulte que ces masses font, suivant que le moteur s’accélère ou se ralentit, tourner I dans un sens ou dans l’autre par rap-
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ------
- port à D, et ce mouvement fait, par la manivelle JJ', pivoter autour de l’axe K l’excentrique E, dont il change ainsi le calage de manière à ramener la vitesse du moteur à sa valeur normale. La manivelle J, logée dans un creux d* de la manivelle motrice, est parfaitement abritée, et tout l’appareil est disposé avec le moins d’encombrement possible. En outre, il suffit, pour changer la marche de la machine, de détacher les bras H* de leurs articulations sur I', puis de les rétablir après avoir fait pivoter I' de 180°.
- T R A A S AI 1S S10 N RÉVERSIBLE BROWN
- Cette transmission, adoptée par la Rochcster Machine Screw C°, New-York, est (fig. 9, nos 1 à 12) remarquable par l’ensemble compact de sa disposition et par quelques détails de construction destinés en assurer la durée et le fonctionnement sans choc.
- L’arbre A porte, calés sur lui, deux manchons de friction D et D', à cônes a et b (fig. n° 2 et 0), et deux poulies folles C et C', à courroies ouverte et croisée, puis un manchon d’embrayage F, permettant d’embrayer C avec D ou C' avec D', de manière à entraîner l’arbre A dans un
- d rtéph *
- 0 0
- TH i T
- Fig. 9 (îw 1 à 12). — Transmission réversible Brown. Ensemble et détail des principaux mécanismes.
- sens ou dans l’autre. Lorsque F occupe sa position médiane, les deux poulies 1) et ü' sont débrayées. Dans la position indiquée en traits pleins fig. 1, la fourche de changement de marche, montée en f, a repoussé F vers C', de manière à écarter les leviers ee, pivotes en k sur le moyeu de c', qu’ils ont ainsi repoussée sur D'et embrayée, par leur butée i (fig. I l et 12) sur la fourrure h du collet </, calé sur A. L’inverse a lieu quand on fait passer F dans la position pointillée : il embraye G sur D par le jeu des leviers ed ed de G, en même temps que les ressorts s (fig. 7) repoussent, par le collier p 0, fou sur A, la poulie G' de manière à la débrayer.
- Le manchon E est en trois pièces (fig. 4) : une douille et deux fourrures l l, retenues par
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- MANOEUVRE A DISTANCE ADAMS POUR VANNE d’eAU SOUS PRESSION. 1277
- les bagues m m, à vis n n, et folles sur F, de manière à ne pas user par un glissement circulaire les extrémités des leviers ee.
- Quant aux poulies folles G et G', elles tournent non pas directement sur l’arbre A, mais (fîg. 3) sur les extrémités d’une douille u, à rolins de graissage et chambre à huile v, alimentée par rw. Les rotins y ne sont ainsi jamais obturés par le frottement de la poulie.
- Enfin, des collets t t (fig. 1 et 9) filetés sur A permettent dérégler la position des cônes D et D' suivant l’usure et l’intensité de frottement nécessaire.
- MANŒUVRE A DISTANCE ADAMS POUR VANNE D EAU SOUS PRESSION
- Cet appareil N (fig. 10) se monte par la tubulure A sur le tuyau P, dont il s’agit de commander la vanne {Gâte) à distance au moyen d’un piston actionné, dans un cylindre placé au-dessus de la vanne, par l’eau même de P. En temps ordinaire, le long piston K de N occupe la position figurée, dans laquelle l’eau de P, amenée par AED au-dessus du piston moteur de
- Piston
- Fig. 10 à 12. — Commande hydraulique Adams.
- Détail du régulateur N, coupes verticales et X Y et ensemble de l'installation.
- la vanne (Gâte Piston), le maintient abaissé et la vanne fermée. Pour l’ouvrir, on ouvre le robinet de la commande à distance, relié à D par un branchement 0, de manière à supprimer la pression en D malgré la fuite de l’eau de P par le canal d’équilibre E, de diamètre inférieur à celui de O. La pression de l’eau en A soulève alors K, malgré le ressort G, de manière à admettre l’eau de P, par B, au bas du cylindre de la vanne, dont la partie supérieure s’évacue par 0. Quand on referme 0, l’équilibre des pressions se rétablit par E sur les deux faces du Tome I. — 95e année. 5e série. — Septembre 1896. 83
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- piston K, qui, ramené par le ressort G à sa position primitive, laisse l’eau s’évacuer par B F G du bas du cylindre de commande, de manière à refermer la vanne.
- On peut, en renversant les connexions entre N et Je cylindre de manœuvre, maintenir la vanne ordinairement ouverte et la fermer au contraire par l’ouverture de O.
- Cet appareil fonctionne parfaitement bien au service des eaux d’Astoria, dont il permet de mettre instantanément les conduits sous haute pression en cas d’incendie (1).
- ROULEMENTS SUR BILLES RELVALETTE ET RICHARDS
- Dans le roulement pour essieux de voitures deM. A. Belvalette, la boîte G (fig. 13) porte, non sur la fusée même A, mais sur deux cours de billes b b, serrées entre deux paires de cercles de roulement EF, E1 F" au moyen de l’écrou G, appuyant sur Fi. Ces billes sont espacées par les
- Fig. 13 à 15. — Essieux à billes Belvnlette.
- trous des anneaux d’écartement e c, maintenus parles collets cl <V, qui les empêchent de tomber quand on démonte la boite.
- On peut, ainsi que l’indiquent les figures 14 et 15, renforcer le dispositif précédent par l’emploi d’un ou plusieurs cours de billes m et n, reportant la charge sur les douilles K de la fusée.
- Le dispositif de M. F. II. Richards représent é par les ligures 16 à 19 est un excellent type d’adaptation des roulements sur billes à une transmission pour vélocipèdes sans chaîne, ou akatène.
- (1) Engineering News, 27 août 1896.
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- ROULEMENTS SUR RILLES RELVALETTE ET RICHARDS.
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- Le mouvement de l’arbre pédalier P est transmis à l’essieu D par un train de pignons amplificateurs G H, absolument abrités de la poussière, dont les roulements sur billes peuvent facilement se visiter et aussi se régler par des rattrapages filetés et par les manclionnements sphé-
- Fig. 16 à 19. — Roulement sur billes de l’akatène Richards. Ensemble de la transmission et détail d’un accouplement sphéroïdal.
- riques g" 2iJn' de l’arbre S, protégé par son tube 4, et qui peut ainsi se désaxer légèrement sans nuire au jeu de ses pignons.
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- BIBLIOGRAPHIE
- L’industrie minérale : statistique, commerce et technologie : aux États-Unis et dans les autres pays en 1895 (1). — Nos lecteurs connaissent déjà cette remarquable publication (2) : nous nous bornerons, en conséquence, à signaler, parmi les nombreuses mono graphies qui composent le volume de 189b, celles qui nous ont paru présenter le plus vif intérêt.
- La fabrication de l’aluminium progresse toujours : elle est évaluée, pour le monde entier, en 189b, à 1 IbO tonnes, supérieure de 10 p. 100 à celle de 1894, dont 380 aux États-Unis, 6b0 à Neuhausen, 100 à Froges. Le prix, à la lin de 189b, était tombé à 4 fr. 6b le kilogramme. Celte production — tout entière électro-métallurgique — va s’accroître considérablement, aux États-Unis, par suite de l’installation de l’usine du Niagara, prévue pour environ
- 6 000 chevaux.
- Le chapitre consacré à l’arsenic renferme une intéressante description, par M. A. Doerr, de la fabrication, aux usines de Freiberg, de l’arsenic métallique, du jaune AsoS;i (orpiment), du rouge AS2S0 (réalgar) et du blanc d’arsenic As^CU, ou acide arsénieux; les minerais employés sont les pyrites arsenicales de - cuivre et de fer, les plombs arsénieux, ainsi que les poussières des carnaux, qui renferment près de 2b p. 100 d'arsenic. La production totale de l’arsenic en Allemagne a été, en 189b, de 3 000 tonnes, dont 2 000 à Freiberg, principalement sous forme de verres d’arsenic (orpiment et réalgar) dont on exporte une grande partie en Amérique.
- La production du ciment, aux États-Unis, a été, en 189b, de 1 017 000 tonnes de ciment naturel et de 136 000 tonnes de ciment de Portland,au prix de bb francs la tonne. Cette production est tout à fait insuffisante, car l’importation des ciments s’est élevée, en 189b, àbliOOO tonnes.
- Les industries chimiques, encore presque en enfance aux États-Unis, s’y développent très rapidement, bien que le prix de la main-d’œuvre y soit au moins deux fois plus élevé qu’en Europe. C’est ainsi que la production de la soude, en carbonates à b8 p. 100, s’est élevée de 11 000 tonnes, en 1884, à 270000 tonnes (161 000 tonnes de soude) en 189b. Presque toute cette soude : 90 p. 100, est fabriquée à Syracuse par le procédé Solvay à l’ammoniaque et il se monte à Détroit une nouvelle usine Solvay, aussi importante que celle de Syracuse. Vient ensuite le procédé électrolytique Castner, employé avec succès à Saltville. L’importation de la soude a été, en 189b, de 136 000 tonnes en cendres à b8 p. 100. Le chapitre consacré aux industries chimiques renferme un intéressant mémoire de M. Lunge sur les industries chimiques en Allemagne : il y signale, comme la principale cause de leur développement, la loi des brevets de 1876, réellement favorable aux inventeurs, que l’on a presque toujours tort, d’après M. Lunge, d’essayer de voler légalement ou non. La fabrication ùlectrolytique du chlore et des chlorures décolorants fait en Allemagne de grands progrès : M. Lunge pense que l’avenir lui appartient. Viennent ensuite, dans ce même chapitre, la description de quelques procédés de fabrication des plus intéressants : Récupération de l’ammoniaque des (gazogènes, procédé Mond ; Fabrication des sels de potasse et de magnésie à Sirasffurth ; Fabrication du cyanure de potassium par Titus Llke et du sulfate de zinc, avec les minerais zinc-plomb du Hartz, par Bruno Kerl.
- La production du charbon et du coke ne fait naturellement que s’accroître aux États-Unis : celle du charbon s’est élevée, en 189b, à 177 000 000 de tonnes, supérieure de 17 p. 100 à celle de 1894 (prix à la mine 6 francs la tonne) et celle du coke à 9 000 000 de tonnes (prix à l’usine
- 7 fr. 80 la tonne). Pendant cette même année, la production houillère de la France a été de
- (1) The minerai Industry, its Statistics, Technology and Trade in lhe United States and olher Coun-tnes to the End of 189b, 1 vol. in-8", 8'iü pages. New York, Scientific publishing Cn.
- (2) Bulletin d'octobre 1895, p. 1110.
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- BIBLIOGRAPHIE. ---- SEPTEMBRE 1896.
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- 28 236 000 tonnes, celle de l’Angleterre de 194 330 000, celle de l’Allemagne 104 000 000 et celle du monde entier de 378 000 000. Le chapiLre consacré au charbon et au coke donne de très intéressants détails sur l’exploitation des anthracites de Pensylvanie : étendue du bassin : 123 653 hectares; production annuelle 33000000 de tonnes, valant environ 450000000 à la mine et 1 325 000 OOO.vendues sur lieux d’emploi. Malgré cette prodigieuse richesse, l’exploitation de ce bassin n’a finalement rien rapporté jusqu’ici aux mineurs (p. 181), elle n’a enrichi que quelques spéculateurs et les compagnies de chemins de fer qui en transportent les produits. Son histoire est donc des plus intéressantes au point de vue économique : elle démontre jusqu’à quel point les richesses naturelles les plus accessibles et les plus abondantes peuvent être inutilement gaspillées par l’imprévoyance et la spéculation. Viennent ensuite, dans ce même chapitre, des études sur le bassin de l’Illinois, l’emploi des machines dans l’Iowa, les incendies spontanés, les travaux sur le grisou en Allemagne, puis un mémoire de M. Blauvelt, sur l'utilisation des sous-produits des fours à coke, arrivant à la conclusion que, en général, avec les fours à sous-produits, le prix du coke est égal à celui même du charbon employé pour le faire (p. 242).
- La production du pétrole s’est élevée, aux États-Unis, en 1895, à 9,600000 mètres cubes, mais l’exportation baisse, principalement en Europe, par la concurrence des pétroles russes et de Galicie. — Bakou a exporté en 1895, 1 360000 mètres cubes environ de pétrole lampant, soit 40 p. 100 de l’exportation américaine. Les pétroles de Galicie, dont la production s’est élevée à 73 000 tonnes en 1895, sont l’objet d’une intéressante monographie de M. Helmhacker, suivie de deux études : l’une de M. Sadtler sur l’utilisation du pétrole et de ses produits, l’autre de M. Fraentkel sur la fabrication de la cérésine.
- La production du cuivre s’est élevée, pour le monde entier, à 339 700 tonnes, en 1985, contre 334132 en 1894 (augmentation 9,30 p. 100), dont 175300 aux États-Unis, 22400 au Chili, 15000 en Allemagne, 18 700 au Japon, 35000 en Espagne et Portugal, 10 700 au Mexique; on voit que les États-Unis fournissent près de 52 p. 100 et l’Espagne 16 p. 100 de la production totale du cuivre ; aux États-Unis, malgré l’augmentation notable de la production du cuivre en 1893, l’exportation a baissé de 12 p. 100. La mine de cuivre la plus importante des États-Unis est celle de Calumet and Heckla, au lac Supérieur, — production, en 1895, 31,000 tonnes de cuivre raffiné; 9 puits, dont le plus profond, celui de Red Jacket, 'atteint 1470 mètres : les machines en remontent des charges de 10 tonnes à la vitesse de 15 mètres par seconde; l’extraction totale peut atteindre 4000 tonnes par jour; teneur du minerai (moyenne) 32 kilogrammes de cuivre raffiné par tonne bocardée; prix de revient du cuivre raffiné: environ 0 fr. 70 le kil. 5000 ouvriers, paye mensuelle 2 millions; dividende, en 1895 : 7 500 000 fr. — Prix moyen du cuivre à New-York, en 1893 : 10 cents 76 la livre, ou 1 fr. 20 le kilogramme.
- Les procédés de raffinage électrolytique se développent beaucoup aux États-Unis; c’est ainsi, qu’aux mines d’Anaconda, l’on a produit, en 1893, 1 500 tonnes de cuivre électrolytique ; on prend actuellement les mesures nécessaires pour doubler cette production qui présente l’avantage de pouvoir récupérer facilement l’or et l’argent du cuivre brut. Le chapitre consacré au cuivre comprend, outre de très complètes statistiques sur la production de ce métal dans le monde entier, un historique de sa métallurgie aux États-Unis par M. J. Douglas. L’usine à cuivre la plus considérable des États-Unis est actuellement celle de Bute et Boston, dont la production s’est élevée, en 1895, à 30 000 tonnes de cuivre raffiné.
- On sait quel prodigieux développement la production de l’or a pris en 1895 : 306133 kilogrammes dans le monde entier, au lieu de 274 708 en 1894 (11,470 de plus) et plus du double qu’en 1893 — dont 70470 ou 23,1 p. 100 aux États-Unis, 51 160 ou 16,7 p. 100 en Russie; 64 700 ou 21,2 p. 100 au Transvaal (au lieu de 57 500 en 1894), 64400 ou 21,1 p. 100 en Australie. La production de l’argent a été, en 1893, de 5 632 000 kil. ou 18,5 fois celle de l’or, à une valeur commerciale moyenne de 105 francs le kilog., celle de l’or étant de 3 325 fr. La contrée qui a fourni le plus d’argent est le Mexique : 1 583 000 kil. ou 28 p. 100 de la production totale ; puis viennent les Etats-Unis : l 441 000 kil. ou 25,5 p. 100 ; la Bolivie 643 000 ; l’Australie 621 000; l’Allemagne 440 000. Depuis 1493, on évalue la production totale de l’or à 12 757 800 kil.
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- BIBLIOGRAPHIE.
- SEPTEMBRE 1896.
- et celle de l’argent à 248 027 000 kil., soit 18,5 fois plus. Bien que très élevée aux États-Unis, la valeur de la production de l’or et de l’argent n’y représente que 11,4 p. 100 de celle de l’ensemble de sa production minérale. Le chapitre consacré à l’or et à l’argent renferme des mémoires très complets de M. Richard sur le bocardage, de M. T. Ulke sur la séparation de l’or dç l'argent et du platine (procédés à l’acide azotique, à l’acide sulfurique (Gutrhow), par l’élec-trolyse, par le chlore) et de M. W. R. lngalls sur la précipitation de l’or des solutions cyanurécs (zinc, électrolyse). Dans ce mémoire, se trouve décrit le procédé Pelatan Clérici dont le principe consiste à traiter électrolytiquement une pulpe de minerai broyé par une dissolution très étendue — 0, I p. 100 —de cyanure de potassium. Aux usines actuellement en montage à Lamar (Idaho), les cuves d’électrolyse, en maçonnerie garnie d’asphalte, auront leur fond recouvert d’une plaque de cuivre amalgamée avec une mince couche de mercure servant de cathode; la pulpe sera agitée par une courroie ou bande de tôle armée de palettes et servant d’anode. Chaque bac tiendra 25 tonnes de pulpe et pourra traiter 2 charges par 24 heures, avec une force de 18 chevaux pour agiter la pulpe.
- La production de la fonte s’est élevée, en 1895, dans le monde entier, à 29 868 239 tonnes, dont 9547 450 pour les États-Unis (42 p. 100 de plus qu’en 1894). Rapportées à cette production, celles des autres pays ont été respectivement : de 79 p. 100 pour la Grande-Bretagne, 60 p. 100 pour l’Allemagne, 21 p. 100 pour la France. Cette production de fonte a exigé 17 754 000 tonnes de minerais, dont 532 510 seulement ou 3 p. 100 d’importées. On a fabriqué avec cette fonte 6114 800 tonnes d’acier, dont 4 909 000 de Bessemer. Les rails de chemin de fer et de tramways en ont utilisé à eux seuls 1 306 135 tonnes. Le chapitre consacré au fer et à l’acier, dû à M. F. Hobart, renferme, outre les statistiques très développées dont nous venons d’extraire ces quelques cliitl'res, les études suivantes : Perfectionnements récents des hauts fourneaux aux États-Unis par sir I. Lowthian Bell; Les alliages de fer (lladfield) ; Corrosions relatives du fer et l’acier (Howe) ; Passé et avenir du fer aux États-Unis (J. Fritz).
- Le chapitre intitulé Travail, salaires et accidents dans les mines donne, sur ce vaste et intéressant sujet, une foule de renseignements inédits. Les mines de charbon des États-Unis emploient (1895) environ 400 000 hommes (contre 131 600 en France) travaillant en moyenne 200 jours par an, produisant environ 416 tonnes par ouvrier et par an (205 en France) avec une moyenne d’accidents mortels de 2,36 par 1 000 ouvriers, ou une production de 165 356 tonnes par ouvrier tué : ce sont là, évidemment, des moyennes très générales, infiniment variables d’une mine à l’autre, et il faut tenir compte, en matière d’accidents, de la circonstance favorable du grand nombre d’exploitations à ciel ouvert. Les accidents de beaucoup les plus nombreux sont dus aux chutes de toits, parois, rocs, etc., par suite de boisages ou d’abatages défectueux, dont le nombre diminue à mesure que se répand l’emploi des baveuses mécaniques, qui accélèrent le travail et réduisent presque de moitié la dépense des explosifs. Moyenne des salaires des mineurs de charbon: 10 fr. 60 par jour de travail effectif, soit 2 120 francs par an; celui des mineurs d’or et d’argent est de 15 fr. 60, avec 236 jours de travail. Consommation de charbon par habitant 2 tonnes 22 aux États-Unis, 0,96 tonnes en France. Prix du charbon à la mine ^ 1894) en France, 10fr. 85 et aux Etats-Unis 6 francs.
- Nous ne pouvons, sans trop étendre cette bibliographie, que signaler, parmi les autres chapitres de l’ouvrage, ceux qui nous ont paru les plus intéressants : 'Traitement des plombs argentifères par M. O. llofman, Le mercure en Asturie et en Autriche (Dory et IIelmâcher). Les terres rares (Dennis), Progrès de la préparation mécanique (Richards), Soudure autogène du plomb (Rolhwell), Formation des dépôts de minerais éruptifs (Vogt), Origine des minerais (Kemp), Profondeur possible des mines (Lane) (le puits de Tamarack atteindra 2 000 mètres; on espère pouvoir aller à 4 500 mètres pour des mines très riches), Emploi de l’électricité dans les mines (Sprague), Progrès de Yélcetro-chimie et de Vélectro-métallurgie en 1895 (Porchers).
- Nous espérons que cette notice, bien que très écourtée, suffira pour faire saisir tout l’intérêt de cet ouvrage et l’utilité que présenterait, pour nos industries minérales et métallurgiques, la publication d’un annuaire analogue en langue française.
- G. R.
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- LITTÉRATURE
- DE S
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Août au 15 Septembre 1896
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac........Annales de la Construction.
- jicp. . . . Annales de Chimie et de Physique.
- AM. . .. . Annales des Mines.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique.
- APC . . . Annales des Ponts et Chaussées.
- At. . . . Annales télégraphiques.
- Bam . . . Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- Btp. . . . Bulletin du ministère des Travaux publics (statistiques).
- BmA. . . Bulletin du ministère de l’Agriculture.
- Ci. ... Chronique industrielle.
- Co..........Cosmos.
- CN. . . . Chimical News (London).
- Cs..............Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- DoL. . . . Bulletin of the Department of La-hor des États-Unis.
- CR. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- Dp. . . . Dingler’sPolytechnischesJournal.
- E...Engineering.
- E’..The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE.Eclairage Électrique.
- El.. . . Electrician (London).
- Eté. . . . L’Électricien.
- Ef. . . . . Économiste français.
- Es.Engineers and Shipbuilders in
- Scotland (Proceedings).
- Fi ... . Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc. ... Génie civil.
- Grn. . . . Revue du Génie militaire.
- IC.........Ingénieurs civils de France (Bul-
- letin.).
- le. ... Industrie électrique.
- En.Industrie minérale de Saint-
- Étienne.
- IME . - . Institutions of Mechanical Engineers (Proceedings).
- IoB . . . Institution of Brewing (Journal).
- Ln. . . . La Nature.
- Ms. . . . Moniteur scientifique.
- N. . . . Nature (anglais).
- Pc. . . . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Pm . . Portefeuille économ. des machines.
- Rgc.. . Revue générale des chemins de fer.
- Rgds. . Revue générale des Sciences.
- Ri. . . Revue industrielle.
- Rmc. . . Revue maritime et coloniale.
- Rs . . . . Revue Scientifique.
- Rso . . . Réforme Sociale.
- RSL. . Royal Society London(Proceedings).
- Rt. . . Revue technique.
- Ru. . . Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- SA. . . . Society of Arts (Journal of the).
- ScP.. . Société chimique de Paris (Bulletin).
- Sfp . . . Société française de photographie (Bulletin).
- Sg. . . . Bulletin de la Société de géographie.
- Sgc . . Bulletin de la Société de géographie commerciale.
- Sie. . . Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- SiM. . Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- SiN . . Société industrielle du Nord de la France (Bulletin).
- SL. . . Bulletin de statistique et de législation.
- SuE. . Stahl und Eisen.
- USR. . Consular Reports to the United States Government.
- VDl.. . Zeitschrift des Vereines Deutscher Ingenieure.
- ZOI.. . Zeitschrift des Oesterreichischen
- Ingenieure und Architekten-Ve-reins.
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- J 284
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- SEPTEMBRE 1896.
- AGRICULTURE
- Aviculture. État actuel en France (Voitellier). ligds., la Sept, 734.
- Action solaire F. (Duclaux). Pc. Sept., 229. Hélait. Cuisson des aliments. BmA. Juillet, 404.
- — Emploi des fourrages pour l’alimenta-
- tion du —. Ag. a-12 Sept., 371,428.
- — Porc (le). Ap. 3 Sept., 335. Shorlhorns
- (les) au concours de la Société royale. Ap. 3-10 Sept., 338, 374. Race ovine de Dishlev ici.. 348.
- Betteraves. Expériences de Capelle. Ag. 22-27 Aoiit, 300, 36i. 5-12 Sept., 401-441.
- — Effeuillage des —. Ag. 22 Août, 311. •
- — Destruction du silplie opaque. BmA.
- Juillet, 340.
- Batteuse Korb. E. 11 Sept., 353.
- Blés. Expériences de Capelle. Ag. 29 Août, 348. 5-12 Sept., 386,424. Ap. 10 Sept., 389.
- — Culture en sol silico-argileux. Ap.
- 27 Août, 296.
- — Ilieti (le). Ag. 5 Sept., 377. Ap. 3 Sept.,
- 355.
- Café. Culture au Pérou. E. 21 Août, 246. Cerisiers. Destruction de la chématobie. BmA. Juillet, 342.
- Chiens de berger. Concours de Chartres. Ln. 22 Août, 179.
- Concours généraux. Mesures sanitaires. BmA. Juillet, 344.
- École d'agriculture de Rennes. Ag. 22 Août, 307.
- Engrais. Emploi des scories. Pc. 1er Sept., 214.
- Phosphates. Cs. 31 août, 602. Variations dans la composition des phosphates sédimenteux (Carnot). AM. Août, 137.
- — Nutrition des légumineuses. Ap. 3-10 Sept., 329, 371.
- — Marche générale de la végétation (Ber-thelot et .André). Acp. Sept., 5. Forets. Rois de Singapoure. E. 28 Août, 290. Fruits secs. (Industrie des). USIi. Août, 753. Insectes à grains (les) Ap. 10 Sept., 378.
- Lait. .Addition du formol au —. Pc. 1 ^ Sept., 193. Laiterie pour 10m:î par jour. Industriel. 30 Août, 555. Conservation par le chromate de potasse. Ln. Sept., 234. Point de congélation du —. C/t. 31 Août, 425.
- Lupin. Culture en .Sologne. Ap. 20 Août, 257.
- Machines agricoles au concours de Cologne. VDI. 5 Sept., 1021.
- — Expériences à la station d’essais (Bin-gelmann). BmA. Juillet, 392.
- — Broyeurs de pommes. Pressoir. (Essais de) BmA. Juillet, 410, 412, 414.
- — Semoirs. (Essais de). BmA. Juillet, 392. — Scarificateurs au concours de Moulins, Ap. 20 Août.
- Navets fourragers. Ag. 12 Sept., 432.
- Navette (la) comme plante fourragère. Ap. 27 Août, 303.
- CEufs. Commerce des —. Jis. 5 Sept., 318. Plantes ornementales. Culture en Algérie. Bgds. 30 Août, 707.
- Prairies naturelles. Création des —. Ap. 20 Août, 268. 3 Sept., 354.
- Perdrix. Élevage des —. Ap. 3 Sept., 341. Saisons. Périodicité des bonnes et mauvaises. N. 20 Août, 379.
- Vers à soie. Microbes de la grasserie des —. CR. 31 Août, 427.
- Vignes. Travaux du service des—. BmA. Juillet, 334.
- — Vinification el réfrigération des monts (Muntz et Rousseaux). BmA. Juillet, 351.
- — Les levures devin (Kayser). BmA. Juillet, 428.
- — Provignage des porte-greffes. Ag. 29 Août, 352.
- — Blak. Root (le). Ag. 5 Sept., 394.
- * — Hybride franc. Ap. 10 Sept., 381.
- Vinaigre. Fabrication du—Méuier. Ci. 9 Août, 357.
- CHEMINS DE FEIl
- Accidents au chemin à crémaillère de Snowdon. E. 12 Sept., 345.
- Chemins de fer français en 1895.Ef., 5 Sept., 307. Anglais en 1894. lige. Août, 113. Beyrouth-Damas. Rt. 10 Sept., 387.
- — Chinois (les premiers). Ln. 5 Sept., 215.
- Japonais. E. 11 Sept., 342.
- — Égypto-Assyrien (Frazer). SA. 4 Sept., 793.
- Métropolitains. Regent’s Canal à Londres. E'.
- 21 Août. Glascow central. E. 11 Sept., 342.
- Contrôleur-enregistreur de la marche des trains. Rangabè. Ln. 21 Août, 189.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- SEPTEMBRE 1890.
- Gares de Liverpool Street. Agrandissements. E'. 21 Août, 187.
- Locomotives anglaises et américaines. E'.
- 28 Août, 211. 4 et 11 Sept.,, 238, 261, 263, 266. Diverses. Dp. 11 Sept., 233.
- — Du London and North Western. E'.
- 28 Août, 211.
- — Compouiul du P.-L.-M. Ln. 29 Août, 193.
- Mogul de l’Union Suisse.Bgc. .Wd,lll.
- — Tender à bogie du Wirral Ry. E'.
- 11 Sept., 268.
- — Pourvoie de 0m,60 Drumond. E. 11 Sept., 349.
- — Chaudières des —.£'.11 Sept., 263,266.
- — Construction des —. en Allemagne. E'.
- 21 Août, 180.
- — Foyer Pilatt. E. 11 Sept,., 333.
- — Au pétrole pour les docks de Liverpool E. 21 Août, 231.
- Matériel roulant. Boîte à graisse Ilyde. E. 21 Août, 260.
- — Attelage automatique Linou.E. 21 Août,
- 260. Redden. E. Il Sept., 333.
- — Voitures des chemins de fer anglais. Gc. 29 Août, 273.
- — Wagons couverts de l’État prussien,
- Bgc. Août, 94. Américains de grande capacité, id., 122.
- — Chauffage à la vapeur Kuhn. Ci. 30 Août,
- 394.
- Signaux. Pédale Harrox. E. 21 Août, 260. Convergence à manœuvre unique (Grosset). Ilgc. Août, 108. Centralisation des manœuvres d’aiguilles et de signaux Henning. Gc. 12 Sept., 30,3.
- — électriques Prash. Dp. 14 Août, 138. Trains express de la côte Ouest, Angleterre. E'.
- 21 Août, 182. Du Nord. Bgc. Août, 121. Voie. Déformations permanentes (Couard), Bgc. Août, 83.
- — Traverses métalliques. E'. 21 Août,199.
- — Rails Vignole et à double champignon.
- E. 28 Août, 274.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles (les).E'. 28 Août, 226, E. 28 Août, 279.
- — A vapeur de Dion et Bouton. E. 21 Août,
- 233.
- — A pétrole, tricycle Bollée, voiture Val-
- lée. Co. 29 Août, 142.
- — Tramways (les). E'. 28 Août, 213.
- Électricité. Traction électrique (Dawson).E. 28 Août, 264.
- — Tramways aux États-Unis. Eté. 29 Août, 129. a Sept., 147. De Dublin. USB. Août, 764. De Washington. EU. 3 Sept., 462. DeMeckenbeuren.le. 10 Sept. 397.
- — Calcul des réseaux de —. EE. 3 Sept., 443. Montée des rampes, id., 465.
- — — sans trolley. Siemens et Halske. E.
- 21 Août, 239. Westinghouse. E.
- 28 Août, 263. 4 Sept., 396. Sie.
- Juillet, 232. Claude Vuillemier.
- Sic. Juillet, 276. Gc. 3 Sept., 289.
- Locomotivesroutières (les). (Fetcher). E'-A Sept., 233.
- Traction mécanique (la). E'. 21 Août, 199.
- Tramways des). E’. 28 Août, 215. Union internationale permanente des — .(Congrès de F). Bit. 25 Août, 371.
- — A gaz Luhrig. Ln. 29 Août, 205.
- Vélocipèdes. Tricycles à pétrole de Dion et Bouton. E. 21 Août, 233. lit. 10 Sept., 395.
- — Analyse dynamométrique delalocomo-tion à bicyclette. Ln. 22 Août, 177.
- — Divers. Rs. 22 Août, 252. Dp. 21-28 Août, 173, 195. Bum. Sept. 1163.
- — Dyamique des (Landis). E'. 4 Sept., 249. (Cruge). Ln. 3 Sept., 113. Frottements des (Dodemet) Bain. Sept., 1150.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acides. Carbonique. Fabrication en Allemagne. UsR. Août, 756. Procédé Ilaydt. Cs. 31 Août 594.
- — Sulfurique, procédé Niedenfuhr. Cs. 31 Août.592. Concentration Loew, id.593.
- — Vanadique. Réduction par les acides hydriodique et hydrobromique (Browning) American Journal of Science, Sept. 183.
- Alcool (lampes à) incandescentes. Comparaison avec les autres lumières. Cs. 31 Août, 581.
- Aldéhyde formique. Action de l’eau sur. (De-lépine) SeP. 5 Sept. 997.
- Argon. Combinaison avec l’eau (Villard). CB.
- 17 Août, 377. Homogénéité de (Ram-say). 27 Août, 406 et;Hélium (Ramsay et Collie). BSL. 17 Sept. 53.
- Asphaltes. Analyse industrielle. Ms. Sept. 683.
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- 1286
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- SEPTEMBRE 1896.
- Azote (Béhal). Stéréochimie. Actualités chimiques. Mai 70.
- Brasserie. Pulque. Production au Mexique. SA. 4Sept. 800Maltose (C.) Cs.31 Août, 600.
- — Malt (estimation du) Cs. 31 Août 021. Céramique. Cloisonnés du Japon. SA. 4 Sept. 799.
- Chaux et Ciments. Laminage des argiles.
- T 1)1. 22 Août, 357. Brevets divers. Cs. 31 Août, 595.
- — Pont en béton sur le Danube. Le Ciment. 25 Août, 05. Calcul des ouvrages en ciment, armé, id., 71, 80.
- — Action de l’eau de mer sur les mortiers.
- Le Ciment. 25 Août, 69.
- — Tuyaux en béton et ciment, armé. Le Ciment. 25 Août, 75, 79.
- - - Ateliers-lavoirs en ciment et fer, sys-
- tème Monier. Le Ciment. 25 Août, 83. — Emploi du ciment Portland dans les constructions. Le Ciment, 25 Août, 86. — Action de l’eau. Cs. 31 Ao/it, 595.
- Chlore et acide chlorhydrique (fabrication de). (Caro).’Ms. Sept. 657.
- Chlorures doubles (les). (Varet). CB. 31 Août, 421. Alcalins. Électrolyse des eaux.
- 5 Sept. 224.
- Chocolats (analyse des) . Pc. 15 Sept. 269. Cinabre d'antimoine (formation du). (Long).
- ScP. 5 Scjjt. 1413.
- Chloroforme. Cs. 31 Janv. 612.
- Citrate de chaux. Production en Italie. 8A. 28 Août, 790.
- Colle de poisson :1a;. Ci. 6 Sept. 409. Combustible. Utilisation des liquides sullités du papier de bois. Cs. 31 Août. Constante K de Vaut lloff (Vérification de la). ScP. 5 Sept. 1410.
- Cuivre. Action des dissolutions d’hydrogène sulfuré sur les solutions cupriques. CX 28 Août, 99.
- Distillerie (progrès de la). Dp. 14,21,28 Aoiit, 163, 185, 208.
- — Appareil à distiller Theiser. Cs. 31 Août,
- 579.
- Électro-chimie appliquée (U). ( Swinburne;. 8A.
- 11 Sept. 803.
- Enseignement de la chimie en Angleterre. CX. 11 Sept.
- Ether (1’). Cs. 31 Janv. 612.
- Explosifs. Grandes explosions (les) et leur rayon ,
- de danger. E. 28 Aoiit, 261. 4 Sept. 299.
- — Fabrication. Render. L. 28 Août, 296. — Brevets divers. Cs. 31 Août, 615.
- Gaz. Théorie cinétique. Co. 5 Sept. 178.
- Gaz d'éclairage. Appareil pour l’éclairage public. Ri. 22 Août, 334.
- — Becs à incandescence. E. 4 Sept. 301. Intensif Robinson E. 4 Sept. 233 (les). Cs. 31 Août, 380. Terres rares pour —, id. 380.
- — Usines de Berlin. E. 28 Août, 225; de Belfast. E. 28 Août, 293.
- — Laveur Kirkham. E. Août, 295.
- — Dosage de soufre dans le. — Ms. Sept.
- 688.
- — Exhausteur. Gwynne. E. 28 Août, 287. — Acétylène (Notes sur 1’) (Kreglinger). le. Juillet, 31. Bs. 5 Sept. 296 (Hubon). Brevets divers. Cs. 31 Août, 582. Fabrication du carbure de calcium. EE.
- 12 Sep U 500 (Morehead et Chalmot. Ms. Sept. 674. Gazogène Bon. Pm. Sept. 142. Lampe à. Ln. — 12 Sept. 240. Gallium dans l’argile ferrifère du Cleveland. BSL. 17 Sept. 35.
- Graisses végétales des colonies françaises (Hec-kel.) Bgds. 15 Sept. 7 46.
- Hélium. Liquéfaction. X. 20 Août, 377. Hydrogène (Purification de 1’). (Sendercus). ScP. 5 Sept., 991.
- Huiles. Réactif de l'huile de colza Ln. 22 Août, 191.
- — Huiles essentielles (les). (Duyek). Pc.
- 1 Sept. 206. De lin (commerce des) USR. Août, 611.
- — Filtre pour les. Conrader. Cs. 31 Août. 578.
- — Brevets divers. Cs. 31 Août, 601.
- — Chaleur de bromination des. Willy). ScP. 5 Sept. 1486.
- Laboratoires. Détermination analytique du fer, nickel et zinc (Nicholson et Avery). GA. 2t Août, 91.
- — Méthodes d’analyse types (les) (Juplcr
- von Jonstorf). CX. 4 Sept. 118.
- — Emploi de l’arc alternatif à basse ten-
- sion dans les (Walker). CN. 21 Aoiit, 92.
- — Citrate d’ammoniaque pour l’analyse
- des engrais, détermination de sa neutralité*. Cs. 31 Août, 618. Laboratoires. Détermination de l'oxyde de
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- SEPTEMBRE 1896.
- 1287
- fer et (le l’alumine dans les minerais de phosphate. CN. 4 Sept. 112.
- — Dosage volumétrique des hydroxydes,
- carbonates et bicarbonates alcalins (Kippenberger) CN- 4 Sept. 116. Des nitrites dans les eaux. Pc. 15 Sept. 248. — Analyse des gaz. Appareil Bleir. Cs. 31 Août, 516. Du zinc par l’électro-lyse. Cs. 31 Août, 618.
- Laque. Fabrication et emploi. SA. 11 Sept. 808. Musc artificiel. Cs. 31 Août, 614.
- Optique. Jumelles Aitehinson. E'. 4 Sept., — Actualités chimiques. Mai 99.
- — 250. Mesure angulaire des axes optiques
- d’émergence (Jakson). RSL. 17 Sept. 7. Constitution des spectres d’émission (Urbain).
- Rayons Rontgcn. Gc. 29 Août, 278, 5, 12 Sept. 298, 312. Sfp. 15 Août, 384. Lu. 5 Sept., 218, 219. CR. 24 Août, 399, 31 Août, 418. 7 Sept. 446, 460. Rs. 5 Sept., 289. N. 3,10 Sept., 427, 451. American Journal of Science. Sept., 173. EE. 5 Sept., 467.
- Oxyacide d’azote nouveau. N. 20 Août, 377. Papier de bois. Cs. 31 Août, 610 ; d’Adansonia, id. 611. Détermination de la cellulose de bois dans le —. Cs. 31 Août, 610. Parfums. Action de la lumière sur les —. En. 5 Sept., 209.
- Points de fusion et points critiques. (Clark), CA’. 28 Août, 101.
- Pétrole (Gaz de). Sibley. E. 21 Août, 259. — Formation du —. Cs. 31 Août, 584.
- — en Roumanie. SA. 21 Août, 776. A
- Tscheleken, dans le Wyoming. Cs. 31 Août, 573.
- — Gaz naturel aux États-Unis. Ri. 29 Août,
- 347.
- Physique moléculaire (Fessenden). Fi. Sept. 187. Pierresprécieuses. (Les). (Miers).SA. HlAoiît, 769. Produits alimentaires (Fraudes des). Cs. 31 Août, 624.
- Savon (Fabrication du). Industria, 16 Août, 523. Scopalamine et atroscine. Cs. 31 Août, 613. Sulfure de carbone. Fabrication Doit. E. 21 Août, 360.
- Sucrerie. Moulina cannes. Mylne. E. 4 Sept., 324. Les carbohydrates (Michael). Fi. Sept. 217. Épuration des jus sucrés par l’électricité Battut. Ri. 5 Sept., 358. Massecuite (la). Cs. 31 Août, 605.
- Superphosphates. Fabrique de Bovisa (Italie). Eam. 29 Août, 201.
- Tannerie. Recherche qualitative des matières tannantes (Procter). Ms. Sept. 696.
- — Progrès de la —. Dp. 4, 11 Sept. 235, 259. — Dosage du tannin par les oxydes métalliques (Krug). kl., 703.
- — Brevets divers. Cs. Août, 602.
- — Estimation des tanins. Cs. 31 Août, 620. Teinturerie. Industrie des matières colorantes en Suisse. Rt. 25 Août, 381.
- — Essais des étoffes de l’armée allemande. Cs. 31 Août, 591.
- — Brevets divers. Cs. 31 Août, 586.
- — Indigo, perte par le chromage. Cs. 31 Août, 591.
- — Quinazine et oxacine. Cs. 31 Août, 585. — Rosinduline, azoïques jaunes et brunes, noirs. Id., 587.
- Tension superficielle des mélanges de liquides (Linebarger). American Journal of Science. Sept., 226.
- Textiles divers. Cs. 3J Août, 588, 592. Thermomètre enregistreur Bristol. E'. il Sept., 269.
- Verre. Résistance à l'eau et aux acides. Ms.
- Sept., 691. Fabrication des verres colorés par doublage. Ms. Sept., 691. Dureté des matières vitreuses, Rt. 10 Sept 390. Tectorium remplaçant le verre, emploi en Europe. UsR. Août, 606.
- Uranium (Température des étincelles de T). Ri. 12 Sept., 364.
- Volatilisation des corps réfractaires (Moissan). ACP. Sept., 133.
- Zircone (tétraiodite de). CA’. 28 Août, 102.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Alcool (Monopole de T). Ef. 22 Août, 241.
- — Régime en Belgique. SL. Août, 168. Assurances contre l’incendie en 1895. Ef. 22
- Août, 252.
- Caisses d’épargne en 1884. Ef. 22 Août, 243. Chômage dans les industries parisiennes (Honoré). Rso. 16 Août, 265.
- — Assurance contre le chômage involon-
- taire en Suisse. Musée Social. 31 Août. Conciliation et arbitrage dans les contlitsindus-triels. Ef. 22 Août, 240.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- SEPTEMBRE 1896
- — Commission d’arbitrage du canton de Cholet. Rso. 16 Août, 346.
- Crédit populaire (le). (Rostand). Rso. 16 Août, 273.
- — Industriel et agricole en Russie. SL. Août, 203.
- — agricole' en Russie. Ef. 12 Sept., 343. Grèves (les). E'. il Sept., 263.
- Japon (Industrie du). E'. Il Sept., 263. Ef. 12 Sept., 347.
- Peignes en corne (Industrie en Europe des). UsR. Août, 601.
- Retraites pour la vieillesse (Caisses de). Ef. 22 Août, 233.
- Socialisme. Congrès international de Londres (de Pressensé). Revue des Deux Mondes. 1 Sept., 142.
- Taux de l’intérêt (Limitation du). Ef. 12 Sept., 349.)
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Constructions en bois. E. 4 Sept., 311.
- — en béton et ciment armé. Ac. Sept., 142.
- Le ciment, 23 Août, 63, 71, 80, 83, 86. Fondations et béton. ZOI, 4 Sept., 317.
- Ponts de la Tamise. E. 21 Août, 229.
- — de Tolbiac à Paris. E. 28 Août, 267.
- — de New Bourne End. E. 11 Sept., 323.
- — levis de Chicago. E'. 28 Août, 223.
- — suspendus. EE. 21 Août, 23b. Nouveaux
- Gisclard. Gc. 12 Sept., 316.
- Théâtres (Scènes de). E. 21 Août, 230.11 Sept., 323.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs. Emploi avec les courants alternatifs. E'. U Sept., 259. Aimantation (Dissipation de l’énergie dans T). EE. 3 Sept., 436.
- Canalisation (Poids minimum de cuivre des) (Blondel). Sic. Juillet, 244 (Gosselin), ici, 249.
- Commutateur Veritz. E. 21 Août, 231. Edison Swan. E. 28 Août, 293. Siemens et Ilalske. EE. 12 Sept., 316.
- Congrès d’électricité à Genève. Rt. 10 Sept., E. 21 Août, 4 Sept., 248, 363. EE. 29 Août, 383. le. 10 Sept., 393. Courbes périodiques (Analyse des). Elc. 22 Août, 118.
- Distribution par courants alternatifs, courants
- déwattés (Blondel). EE. 29 Août, 400. — Protection des lignes à haute tension contre la foudre. EE. 29 Août, 398. — Isolement d’une distribution à trois fils en charge (Détermination de F). Elé. 29 Août, 131.
- Dynamos. Force électro- motrice induite dans un anneau Gramme (Loppé). Sic. Juillet, 271.
- — Continues (Calcul des). (Blanchart). Ru. Juillet, i.
- — Balais Royce. E. 28 Août, 293.
- — Perte d’énergie dues au courant d’armature. EE. 29 Août, 414.
- — Moteurs synchrones. Théorie Rhodes-Elé. 12 Sept., 163.
- Éclairage à la foire de Neuiliy. Ln. 3 Sept., 212. De Belfast. E. 11 Sept., 351.
- — à arc. Lampes Fernald. E. 28 Août, 293. — Incandescence. Lampes à haut voltage. Ic.
- 24 Août, 380.
- — Interrupteur périodique Henrion. Ln. 5 Sept., 224.
- Électro-chimie. Appliquée (J. Swiorburneh SA. U Sept., 803.
- Électrolyse. Fabrication de l’Antimoine. EE.
- 29 Août, 412. Des feuilles d’or. Elé. 12 Sept., 173. Des chlorures alcalins. Eam. 3 Sept., 224. Electro-déposition du zinc (Andréoli). Elé. 29 Août, 138. Désargentation électrolytique des plombs argentifères. Tommasi. Ms. Sept., 641. Brevets divers. Cs. 31 Août, 600.
- Gaz. Passage de l’électricité dans les. EE. 3 Sept., 468.
- Hystérésis magnétique (F) (Heinke). SuE. 13 Sept. 716.
- Magnétisation et Hystérésis du fer et de l’acier à la température de l’air liquide (De-war et Fleeming. RsL. 17 Sept., 37, 81. Mesures. Pont de Wheatstone. Elé. 22 Août, 113.
- — Appareil Popoff pour enregistrer les on-
- dulations électriques. Elé. 29 Août, 140.
- — Galvanomètre (les) (Armagnat). EE. 5-12
- Sept., 453, 506.
- Ondes électriques (Interférences des). EE. 5 Sept., 472.
- Pile de Clark. Variation de la force électromotrice avec latempérature RsL. 17 Sept., 368.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES
- SEPTEMBRE 1896.
- 1289
- Potentiels dans un liquide en mouvement. EE. 12 Sept., 491.
- Résistivité du bismuth et du mercure à la température de l’air liquide (Dewar et Fleeming). Ils h. 17 Sept., 72-76. Soudure électrique {Va). C. Richard. EE. 6 Sept., 434.
- Stations centrales. Société alsacienne. Elé.
- 22 août, 116. Munich. VDl, 5 Sept.,
- 1 00a. Zurich. EE. 12 Sept., 481 . Jonagc. Ac. Sept., 130.Tettnang. le. 10 Sept., 397.
- Télégraphie. Ivlatle. Elé. 29 Août, 133. Hughes et Morse. Dp. 21 Août, 182.
- — Emploi des dynamos. Elé. 12 Sept., 161. — de campagne auxIndes.E^. lîSeqrt., 170. — Câble attaqué par des termites. Cil. 31 Août, 429.
- Téléphonie. Perturbations par les courants industriels. EE. 29 Août, 38a.
- — Commutateur multiple d’Adhémar. Elé. a-12 Sept., 132, 168.
- Transports de force à grande distance (les). Ri. a Sept., 237. EE. 29 Août, 396. Fi. Sept., 163. Folsom-Sacramento. E'. 4 Sept. 239. Rt. 10 Sept., 393. Elé. 29 Août, 130.
- GÉOGRAPHIE
- Afrique. Congo français. Rso. 16 Août, 328. Brésil. Ils. 22 Août, 233.
- Cappadoce (B.Chantre). TourduMonde. 29 Août. Nivellement. Erreurs systématiques du —.
- (Lallemand). CR. 31 Août, 410. Océanie. Samoa. USR. Août, 636.
- Spitzberg. Expédition de Conway. N. 10 Sept., 437.
- GUERRE
- Canons. Les longs—. £'. 28 Août, 217. Pneumatiques à dynamite de San-Francisco. E'. 4 Sept., 230.
- Cuisines militaires. Concours de —. Gm.Août, 97.
- Fusils. Canons de Damas. IA. 21 Août, 779.
- — Cartouches, compagnie de Châtillon et Commentrv. E. 28 Août, 293.
- — Déviation des projectiles par les câbles électriques. Ln. 29 Août, 203. Pointeur automatiqueGaynor._E'. 28 Août, 213. Tirs. Règlement allemand sur les stands. Gm. Août, 143.
- HYDRAULIQUE
- Cours d’eau. Défense des rives (Ronna). Ap. 27 Août, 309.
- Dérocliage. Travaux de — en Sardaigne. Appareils Ceroni. ZOI. 28 Août, 301. Distribution d’eau de Bury. E’. 21 Août, 193. Écoulement des eaux dans les tuyaux. Ri. 22 Août, 338.
- Ejecteur-Èlévateur. Eam. 29 Août, 198.
- Forces hydrauliques de France. Gc. 3, 12 Sept., 299, 313.
- Filtres Salomons. E. 4 Sept., 324.
- — Filtration mécanique (la). E. 11 Sept., 342.
- Pomgies foulantes. Faul. RM A. Juillet, 424.
- — diverses à vapeur. Weir. E. 4 Sept. 324.
- — directe verticale. Snow. Eam. 3 Sept.,
- 226.
- — à 3 manivelles Hayward Tyler. E'.
- 11 Sept., 269.
- Réservoir. Brosse à nettoyer les parois Rodda. E'. 11 Sept., 272.
- Roue Pelton de om,50. E. 4 Sept., 319. Turbines de Jonage. Ac. Sept., 130.
- HYGIÈNE
- Chauffage (le) dans la maison moderne. Rt.
- 25 Août. 10 Scqot., 364, 398. Désinfection des appartements par l’aldéhyde formique. Ln. 22 Août, 187. Eaux. Bactéries des eaux carbonatées. N. 20 Août, 373.
- Égouts Traitement (des) à Exeter. E. 21 Août, 256. En Europe. E'. 21 Août, 193.
- — Epuration chimique des eaux à Londres. Ri. 22 Août, 337.
- Hygiène et hydrologie. E. 21 Août, 237.
- — et colonisation tropicale (Stokvis). Ils.
- 12 Sept., 326.
- Industries insalubres en Angleterre. Cs. 31 Août, 625.
- Machines à désinfecter et laver Treichler. Rt. Sept., 403.
- MARINE, NAVIGATION
- Canauc (Les). Rs. 22 Août, 235.
- Cargo Boat Antenor. E'. 28 Août, 213. Constructions navales. Chantiers de Barrow. E. 28 Août, 269. 4 Sept., 301.
- — Formules de l’Amirauté (Mansell). E'. 4 Sept., 239.
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- 1290
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- SEPTEMBRE 1896.
- — - Bateau roulant Bazin. Ri. 5 Sept. 353.
- Gc. 29 Août, 286. RI. 25 Août, 361.
- — Grands navires à roues. IC. Juillet, 158.
- Filage de l’huile à la mer. Rt. 25 Août, 374. Froid. Frigorifère Fixary. Installation sur la Navarre. Gc. 5 Sept., 294.
- Machinerie. Pompes. Installation dans les navires à hélice. E'. 21 Août, 179. 4 Sept., 231.
- Machines marines Mudd à 5 manivelles. E'. 11 Sept., 261.
- Marine de guerre française. VDI. 12 Sept., 1049; — Réorganisation. E. 4 Sept., 313; — Manœuvres. E. 11 Sept., 331.
- — anglaise, essais du Victorious. E'.
- 11 Sept., 268.
- — Garde-côtes le Bouvines, installations électriques. Elé. 22, 29 Août, 120, 135 — Croiseurs anglais Vénus. E.28 Aoé/,287.
- — — des différentes puissances (Chasse-
- loup-Laubat). IC. Juillet, 42.
- — Sous-marine (navigation). Pesce. IC. Juillet, 77.
- — Tourelle électrique pour canons Canet, Hillairet. Ln. 29 Août, 193.
- Marine marchande. Paquebot sud-africain Dunvegan Castle. E. 21 Août, 253.
- — (Pertes dans la). E. 28 Août, 281. Navigation de la Loire. Lechalas. Rgds.i'àSept.,
- 746.
- Pèches. Pisciculture des océans. Ef'. 5 Sept. 311.
- — des perles. UsR. Août, 622. Congrès des
- Sables-d’Ülonne. Gc. 12 Sept., 320. Ports. Talbot. Docks et chemins de fer. E'.
- 28 Août, 210; — de Brighton. E'. 28 Août, 218.
- — Docks de Swansea. E'. 28 Août, 214; — de Liverpool (Caisson des —). E.
- 4 Sept., 305.
- Iiaz de marée au Japon. N. 10 Sept., 449.
- Yacht à vapeur Speedy. E. 21 Août, 241.
- MÉCANIQUE
- Aérostation. Appareil à hélice Wellner. ZOE 28 Août., 504; 4 Sept., 513.
- — Atterrissages difficiles. Rt. 25 Août, 362. — Vol artificiel (Le). FJ. 11 Sept., 269. Basmlcs Bucknill. E. 11 Sept., 348.
- — Ponts-bascules (Les). E'. Il Sept., 259. Chaudières (Usure des). E’. 4 Sept., 241.
- — tubulées (Les). Industria, 30 Août, 548.
- — — du Temple. E. 21 Août, 260; —
- Blechynden. E'. 4 Sept., 236; — Pelerson. E. 11 Sept., 354; — Bolle-ville, VDI. 12 Sept., 1037; à l’exposi-position de Buda-Pesth. VDI. 22 Août, 945.
- — Alimentateur avertisseur Baum. EJ.
- 4 Sept., 238; Caird. E. 11 Sept., 354. — Appareil de sûreté l'Expulsair. Rt. 25 Août ,376.
- Compteurs de vapeur. Dp. 11 Sept. 241.
- Foyers. Appareil vérificateur de la combustion Hempel. Cs. 31 Août, 580. — pourlo-comobiles Pillatt. E. 11 Sept., 353. — ondulé Ellis. E. U Sept., 354. —pour poussière de charbon Camp. E'. 11 Sept., 255.
- — Grille dentée Gutzmann. Ci. 16 Août, 374.
- — Niveau d’eau à tube articulé Maass. E'. 28 Août, 225.
- — Soupapes de sûreté Genard. Ri. 29 Août, 342.
- — Tubes. (Effet des retardeurs dans les). E. 21 Août, 189. Sertissage Reed. E.
- 4 Sept., 324.
- Courroies (Grandes). Gc. 5 Sept., 303.
- Curvimètre Dirr. Rt. 25 Août, 381.
- Dragues pour les colonies. E'. I l Sept., 260.
- — électriques Smolders. E'. 21 Août, 186. Embrayage Burton. E. 11 Sept., 353.
- Froid. Frigorifère Fixary. Installation sur la
- Navarre. G<\ 5 Sept., 294.
- Frottement des fluides contre les solides (Chaudy). IC. Juillet, 24.
- Graissage. Graisseur multiple Mamelle. Ri. 22 Août, 335.
- Horlogerie. Pendules marchant un an. Co. 12 Sept., 201.
- Imprimerie. La monotype. Fi. Sept., 161. Indicateurs Tabor. Ri. 29 Août, 341. Crosby.
- VDI. 29 Août, 990. Potier. Bam. Sept.,
- 1130 ; les diagrammes. E. 11 Sept., 347. Elliott. E'. 11 Sept., 268.
- Laboratoires de mécanique du Yorkshire College. E. 28 Août, 263.
- Levage. Ascenseurs (Les). Gc. 29 Août, 275,
- 5, 12 Sept., 294, 310. Ac. Sept., 138; — électriques Siemens et Halske. le. 25 Août, 371.
- — Conveyeurs divers. Eam. 15 Août, 152.
- — Cableway Bullivant. E. 4 Sept., 305: —
- de la Chambre. Bam. Sept., 1155.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- SEPTEMBRE 1896.
- 1291
- — Déchargeurs de charbon Young. £.
- 21 Août, 241 ; àAltona.Z01. ii Sept., 525; pour tuyaux Derrick, Mac Cue. E11 Sept., 262.
- — Descenseurs automatiques d’incendies.
- Ln. 5 Sept., 221.
- — Grue locomotive Marschall. E. 28 Août,
- 271 ; — de 10 tonnes. E. 11 Sept., 337.
- — * Frein de cabestan Harfield. E. 4 Sept.,323. Machines-outils. Cisaille Schultz et Goebel.
- E. 28 Août, 273.
- — Dresseuses pour arbres, Plaît. E. 4 Sept.,
- 323.
- — Étau différentiel. Pm. Sept., 141.
- — Meule aléseuse Neilson.E'. 21 Août, 186.
- — Fraiseuse verticale Richards. Iii. 5 Sept.,
- 355.
- -- Laminage hélicoïdal. Bam. Sept., 1035.
- — Perceuses radiales Clifton. E'. 11 Sept.,
- 260.
- — Presse à forger de 1 200 tonnes Fielding
- et Platt. E. 28 Août, 274.
- — Machines à enrouler les tubes Beszant. E.
- 21 Août, 259. A réparer les soupapes Brookes. E. 28 Août, 287. A affûter les fraises Kreutzberger. Pm. Sept., 130.
- — Actionnées par l’électricité Kodolitsch.
- E. 4 Sept., 307.
- — Raboteuse latérale et universelle Hulse. E'. 28 Août, 212.EASept. 323. Slianks. E. 11 Sept., 336.
- — Tours à plateau Shepherd Hill. E. 21 Août, 253. Porte-outil Sonenthal. E. Sept., 368.
- — àrevolverLodgeetDavis. Ri. 12 Sept., 364.
- — à bois, à faire des raies de roues Mor-
- ton. E. 21 Août, 259.
- Meunerie (la). Ef. 29 Août, 280.
- Moments d’inertie (théorie des). (Bautlin). VDl. 12 Sept., 1054.
- Moteurs à vapeur James Watt. VDI.
- 19 Août, 973, 5/12 Sept., 1013, 1044. Compound. Simple effet. Heinzmann. Ri.
- 22 Août, 333. Raworth. E. 11 Sept., 337. Demi-fixe 200 chev. Wolf. E'. 11 Sept., 256. Verticale à condensation Shanks. E'. 28 Août, 225.
- Surchauffe (la). Rgds. 30 Août, 701. Dwelshau-vers. E'. 4 Sept., 243, 248. Deck. Bam. CO. Sept., 1138.
- Turbine Farcot. Ri. 29, Août 344. Calcul des — (Cattoir). Bam. Sept., 1133.
- Bielle et manivelle. Étude cinématique (Land). VDI. 29 Août, 983.
- Condenseurs Morgenstern pour les tuyaux d’échappement. Ri. 5 Sept., 356.
- — pompe à air Bodmer. E. 24 Août, 276. Distribution par soupapes Kuchenbecker. Dp.
- 4 Sept., 222.
- — tiroirs équilibrés Furneaux et Borne.
- £. 28 Août, 295.
- — à gaz Parker. Rt. 22 Aoilt, 336. Korting.
- Dp. 28 Août, 200. Avec gazogène Thwai-tes. E'. 28 Août, 220. Mélanges détonants (les). Ringelmann. Ap. 3 Sept. 349.
- — àpétrole Gibbon. Rt. 25 Août, 375. Daim-
- ler. Dp. 28 Août, 209. Altham. E. 11 Sept., 353.
- Moulins ci vent Halladay de 18 chevaux. E'. 28 Août, 212.
- Planimètre hachette (le). E. 21 Août, 255, 11 Sept., 347.
- Stuffng-box Breitwisch à cuirs emboutis. Rt. 25 Août, 380.
- Paliers. Owen. E. 4 Sept., 323.
- Papier. Fabrication du. Dp., 14-21-28 Août, 145, 169, 193, 4 Sept., 217.
- Résistance des matériaux. Résistance des allia.-ges de cuivre à l’usure (Jannetaz.) IC. Juillet, 63 du cuivre (Martens.) IME. — Oct., 1895, 658. Distribution des déformations dans les métaux soumis à des efforts (Hartmann). CR. 7 Sept., 444.
- — Machine à essayer de 100 tonnes Buck-ton. E. 11 Sept., 327.
- Textiles Métier Schwabe. E. 28 Août, 296.
- — Ouvreurs. Lord. E. 11 Sept. 345.
- — Machines à décortiquer le lin (Horner). E. 4 Sept., 320.
- — humidification des salles de filatures
- (Jackel). Bam. Sept., 1088.
- Tourillons de manivelles. Fixation des. — Rt. 25 Août., 378.
- Tuyauterie. Valve Humble et Barker. E'. 28 Août, 225. Wehner. E. 28 Août, 296.
- — inexplosible Reimer. E. 11 Sept., 354. — Machine à essayer les tuyaux coudés.
- VDI. 5 Sept., 1025.
- Vis. Tarauds et filières de la Société alsacienne au pas français. Ci., 23 Août, 383.
- Ventilateurs Green. E. 4 Sept., 324.
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- 1292
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- SEPTEMRRE 1896.
- MÉTALLURGIE
- Aluminium. Fabrication de l’alumine à Larne Ilarbour. E. 28 Août, 291.
- — Cuivrage galvanique de 1’—. Ci. i&AotU, 369.
- Alliages de cuivre : résistance à l’usure (Jan-netaz). IC. Juillet, 63; — d’or, liquation des — (Malthey)./LSL. 17Sept., 21.
- Coke. Fabrication du —. E'. 28 Août, 203. Chargeur mécanique Smith. Eam. 3 Sept., 223.
- Cuivre. Déposition électrique du —, procédé Dumoulin. Eam. 29 Août, 194.
- Fer et acier. Application des pyromètres Le Chatelier à l’étude des —. SuE.,
- I Sept., 660.
- — Dosage du manganèsedanslesminerais de fer. ScP. 3 Sept., 1416. Analyse des fers chromés, id. 1417. Dosage iodométrique du phosphore dans les fers (Fairbanks). American Journal of Science. Sept., 181.
- Haut fourneaux. Serrages dans les —. Ru.
- Juillet, 64. Régénération des gaz (Wols-ki). SuE. 13 Sept., 706. Américains (Stevenson). E' 4 Sept., 243.
- Convertisseur Tropenas. Ri. 12 Sept., 361.
- Fonderie moderne (la). E. 4 Sept., 297.
- Fontes. Dosage du soufre (Drown.) ScP. 3 Sept., 1417.
- Laminoirs divers. Dp. 4, 11 Sept. 223,248.
- Mercure. Traitement aux Asturies. Eam. 13 Août, 149.
- Or. Procédé Cassel Hinnnan au brome. Cs.
- 31 Août, 398 ; — au cyanure Applebv, id., 399. Traitement des minerais antimoniés Jones. Cs. 31 Août, 399.
- Plombs argentifères Désargentation électrolytique des —. (Tommasi.)Ms. Sept., 641.
- Rayons Rontgen. Application à l’étude des métaux. SuE. 1 Sept., 637.
- Zinc. Proportion du — dans les scories. Eam., 29 Août, 194.
- MINES
- Cuivre. Mi nés du Sinaï (Berthelot). CR. 17 Août, 303.
- Diamant Sa recherche. Eam., 13 Août, 132. Espagne. Industrie minérale en. — Ru. Juillet,
- 106.
- Extraction. Évite molettes. VDI., 12 Sept., 1060. Romer. E' 28 Août, 207.
- — Guidonnage Rriart. Ru. Juillet, 71.
- Fer. Concentration des minerais. Eam. 13 Août, loi.
- Forage des puits. Appareils de.—Divers. Dp. 14 Août, 152.
- — Sondage Rakv. Ru. Juillet. 53.
- Granités du Missouri. Eam. 29 Août, 199. Houillères dans l’Inde. E. 28 Août, 281. Nitrates de l’Afrique du nord.lis., 12 Sept., 348. Nouvelles Galles du Sud, minerais divers. CN-
- 4 Sept., 113.
- Or. Mines de Coolgardie (Australie). Ru.
- Juillet, 100 du Mojave Désert, Californie. Eam. 29 Août, 197. Nouvelle-Zélande. Eam., 22 Août, 170. Alaska Treadwell C°. id. 170. British Columbia, id. 174. Guinée Anglaise id. 176. Perforatrices diverses. Dp., 14 Août, 132. Platine àFifield(.Nouvelles-Galles).Eàm. 3Sept., 220.
- Roulage. Traction électrique aux mines de Maries. Ln. 5 Sept., 223. Transmutation de l’argent en or (Emmens). Eam.
- 5 Sept., 221.
- Tungstène. Minerais de. Eam. 15 Août, 153.
- PHOTOGRAPHIE
- Emballage des plaques. (Colson.) Sfp. 15 Août, 392.
- Formol.Emploi en photographie. Sfp. Ier Août, 335.
- Jumelle Mackenstein. Sfp. 1-13 Août, 353, 387. Photographie desbruits du cœur. Sfp. 1 ^ Août,
- — 337. De l’invisible (Tenger). Sfp. 15 Août,
- 384.
- — des sources de lumière par les rayons monochromatiques (Abney). RSL. 13 Sept., 13; — des couleurs (Lipmann). Id. lO.Progrèsrécents.Cs. 31 Août, 614. Projections. Appareils Edinger. Sfp. 1er Août, 361.
- Vapeurs de mercure et les couches sensibles (Colson.) Sfp. 15 Sept. 392.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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- LIGNES DE LUDERS
- PLANCHE VII
- Fig. 12.— Photographie d’une collection d’éprouvettes provenant d’une mémo tôle d’acier doux, replacées dans leur ordre primitif après avoir subi l’essai de traction. Expérience de M. Beck-Ciuerhard.
- Fig. LE — Photographie d’un morceau de tôle d'acier poinçonné montrant des courbes bifurquées. Expérience de M. Beck-Cuerhard.
- Fig. 14. — Photographie d’un morceau de tède d’acier ayant subi un poinçonnage partiel et montrant les lignes signalées par M. Beck-Cuerhard.
- Fig. Ci et 16. — Photographies des lignes déjà reproduites ligure 14 vues au microscope.
- Fig. 19. — Photographie d’un fragment d’éprouvette d’acier ayant subi l’essai de traction.
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- LIGNES DE LL DE R S
- PI. A NT. Il K Mil
- Fiü. 17 et 18. — Photographies des deux faces d’un même morceau de tôle ayant subi des cisaillements partiels.
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- '95e ANNÉE.
- Cinquième Série, Tome I.
- OCTOBRE 1896.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- MÉTALLURGIE
- TRAVAUX DE LA COMMISSION DES ALLIAGES (1)
- RECHERCHES SUR LA FUSIBILITÉ DES ALLIAGES MÉTALLIQUES
- par M. Henri Gautier, docteur ès sciences.
- Les alliages métalliques ont aujourd’hui une importance considérable au point de vue industriel. Peu de métaux possèdent en effet, à l’état isolé, des propriétés qui les rendent propres à être utilisés dans l’industrie; mais, sous forme d’alliages, la plupart d’entre eux ont de nombreuses applications. Le plus souvent même, on allie des métaux, que l’on pourrait employer seuls, afin de modifier d’une manière avantageuse certaines de leurs propriétés secondaires. C’est ainsi que l’or et l’argent qui doivent leurs applications à leur inaltérabilité sont utilisés à l’état d’alliages avec le cuivre. L’addition de ce dernier métal a pour but d’augmenter leur dureté; l’usure des objets ainsi fabriqués est moins rapide en même temps que leur prix de revient se trouve abaissé. Enfin le nombre des métaux simples est assez restreint et, en les alliant les uns aux autres, on peut produire une infinité de métaux nouveaux présentant les qualités de malléabilité, de fusibilité ou d’inaltérabilité qu’exige une application déterminée.
- (1) Voir le Bulletin de février 1896, p. 178.
- Tome I. — 95e année. 5e série. — Octobre 1896. 84
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- OCTOBRE 1896.
- Malgré l’importance de ces produits, nos connaissances sur les alliages sont encore peu étendues, bien qu’il ait été fait sur ce sujet un certain nombre de travaux intéressants dus surtout à Matthiessen, Laurie, Lodge, Riche, Roberts-Austen. L’ensemble de ces recherches n’a guère établi qu’un point, capital il est vrai, c’est que les qualités utiles d’un alliage, ou ses propriétés chimiques, mécaniques et physiques dépendent directement de sa constitution chimique c’est-à-dire de la nature et de la proportion non seulement des métaux constituants, mais encore des combinaisons qu’ils forment ensemble ainsi que de leurs mélanges isomorphes et de leurs divers états allotropiques.
- Parmi les propriétés physiques qui paraissent devoir conduire à des résultats précis sur la constitution chimique des alliages, les principales sont la conductibilité, la force électromotrice de dissolution et la fusibilité. C’est l’étude de la fusibilité d’un certain nombre d’alliages métalliques qui fait l’objet de ce mémoire.
- Les différents corps solides que nous connaissons peuvent être divisés en deux groupes : les corps amorphes et les corps cristallisés; les alliages appartiennent à ce second groupe. C’est là un fait qui, le plus souvent, peut être reconnu à l’examen microscopique de la cassure, mais lorsque celle-ci est conchoïdale, présente une certaine ressemblance avec celle du verre et que le microscope ne révèle plus de cristaux, la structure cristalline peut être mise en évidence indirectement au moyen d’une propriété caractéristique des corps cristallisés. Un corps solide amorphe qui a été fondu et que l’on abandonne au refroidissement reprend l’état solide graduellement en passant par une série d’états intermédiaires constituant l’état pâteux; cette continuité entre les différents états se traduit par un abaissement régulier de la température indiquée par un thermomètre plongé dans la masse. La solidification d’un corps qui cristallise est bien différente; elle commence d’une manière brusque et l’on observe un arrêt du thermomètre correspondant au dégagement subit de chaleur latente corrélatif de la cristallisation. Sur tous les alliages fondus et abandonnés au refroidissement on constate cet arrêt du thermomètre; ce sont donc bien des corps cristallisés.
- De ce fait que les alliages ont une structure cristalline, il résulte immédiatement que l’on peut s’attendre à observer dans l’action de la chaleur sur les alliages des phénomènes semblables à ceux constatés sur différents mélanges cristallisés : mélanges de sels obtenus par fusion ou encore mélanges d’eau et de sels, c’est-à-dire solutions ordinaires. C’est ce que confirme l’expérience.
- Quand on fait dissoudre dans l’eau de petites quantités de matières salines et que l’on soumet la solution au refroidissement, sa température de solidification se trouve abaissée. La température de solidification des sels fondus se trouve aussi le plus souvent abaissée par leur mélange avec de petites quantités d’un autre sel. Le même fait s’observe pour les métaux; c’est du moins ce
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- qui résulte des expériences de MM. Heycock et Neville (1), qui ont fait un grand nombre de mesures pour déterminer les variations de la température de solidification d’un métal additionné de petites quantités d’un autre métal. Ainsi la température de solidification de l’étain s’abaisse par l’addition de petites quantités d’argent, de cuivre, de nickel, de plomb; de meme celle de l’antimoine par l’addition d’argent, de cuivre, etc. Cependant, dans un petit nombre de cas, au lieu d’un abaissement c’est une élévation que l’on observe : ainsi l’argent élève la température de solidification du cadmium et du zinc; ce fait se retrouve dans certains mélanges salins fondus, par exemple pour le chromate de potassium additionné de sulfate du même métal.
- Les solutions salines et les mélanges salins fondus, soumis au refroidissement ne se solidifient pas en totalité à température constante, comme le font un corps simple ou un composé défini. La solidification commence à une température déterminée, qui dépend de la composition de la solution ou du mélange, puis ne progresse qu’au fur et à mesure que la température s’abaisse et devient finalement complète à une seconde température également déterminée, mais indépendante de la composition de l’alliage (2).
- Le point de solidification commençante, qui seul est déterminé, est celui qui doit être considéré comme le point de fusion ou de solidification du mélange ; c’est le point de cristallisation des solutions aqueuses. Les courbes qui relient les températures de solidification commençante aux compositions correspondantes des mélanges sont dites courbes de fusibilité, celles qui relient les compositions des solutions saturées aux températures correspondantes sont dites courbes de solubilité.
- M. Le Ghatelier a signalé le premier l’identité qui existe entre ces deux espèces de courbes et montré que si ce rapprochement était longtemps passé inaperçu, cela tenait en grande partie sans doute à l’habitude que l’on a de porter les températures en abscisses pour les courbes de solubilité, tandis qu’on les porte en ordonnées dans celles de fusibilité, d’où résulte pour ces courbes une différence d’orientation.
- Pour ces représentations graphiques, il est de règle, en effet, de porter en abscisses la variable arbitraire et en ordonnées la fonction de cette variable déterminée par l’expérience. Dans l’étude de la solubilité, on cherche quelle est,
- (1) Heycock et Neville. Journal of the Chemical Society, 1889, LV, 660; 1890, LVII, 376; 1892,
- LXI, 888.
- (2) En réalité, pour quelques alliages binaires la température de solidification finissante ne présente pas une valeur unique pour tous les alliages de la série, mais cependant tous les alliages de deux métaux donnés peuvent être divisés en un petit nombre de groupes, tels que tous les alliages d’un même groupe achèvent de se solidifier à la même température. Ce nombre de groupes est rarement supérieur à trois.
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- à une température donnée, la composition du liquide en équilibre au contact soit de la glace, soit du sel en excès. Dans le cas de la fusibilité, il est plus commode de se donner un mélange de composition déterminée et de chercher la température à laquelle il commence à se solidifier. Si l’on remarque d’ailleurs que l’état de saturation d'un liquide est indépendant de la plus ou moins grande quantité d’éléments solides à son contact et qu’au point de solidification commençante le liquide doit être considéré comme saturé de celui des corps solides qui se dépose, puisqu’il suffit d’un très faible abaissement de température pour amener le dépôt, l’analogie des deux sortes de phénomènes deviendra tout à fait évidente.
- Il est parfaitement reconnu aujourd’hui que la courbe complète de solubilité mutuelle de deux corps est composée d’autant de branches distinctes se rencontrant à angle vif qu’il peut, du mélange liquide, se déposer de corps solides à un état chimique différent. A chacun des corps en présence, à chacun de leurs états allotropiques, à chacune de leurs combinaisons correspondent des branches distinctes qui se coupent deux à deux. De plus, en dehors des cas tout à fait exceptionnels de sursaturation, ces branches de courbes ne peuvent être observées expérimentalement que dans la région limitée par les points d’intersection successifs, de telle sorte que la courbe de solubilité complète est unique, mais présente un certain nombre de points anguleux.
- Lœwel est le premier qui ait reconnu par l’expérience l’existence de branches multiples dans les courbes de solubilité du sulfate de soude, du carbonate de soude et du sulfate de magnésie. Plus récemment M. Bakhuis Roozeboom est arrivé à des conclusions analogues en étudiant les solutions de chlorure de calcium, et enfin M. Le Chatelier a démontré que c’était là une conséquence nécessaire des lois fondamentales de l’énergie et que par suite il ne peut y avoir aucune exception.
- La loi ainsi établie pour les solutions aqueuses s’étend aux mélanges salins fondus, ainsi qu’il résulte d’expériences effectuées par M. Le Chatelier (1) sur un grand nombre de ces mélanges. 11 ressort de ces expériences que tous les faits observés dans la fusibilité des mélanges salins peuvent se rapporter à trois cas distincts :
- 1° Le cas où les deux sels se solidifient isolément ;
- 2° Le cas où les deux sels peuvent donner une combinaison définie ;
- 3° Le cas où les deux sels se solidifient ensemble en formant des mélanges isomorphes de composition variable.
- Dans le premier cas, la courbe complète de fusibilité est composée de deux branches correspondant l’une au dépôt de l’un des corps solides, l’autre au dépôt du second. C’est le cas par exemple d’un mélange fondu de chlorure de sodium
- (I) Le Chatelier, Comptes rendus de VAcadémie des Sciences, 1894, CXVIII, 330, 418, 638, 709, 800.
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- et de carbonate de soude, ou encore de sulfate de chaux et de sulfate de lithine. Pour le premier de ces mélanges, on obtient une branche partant de la température de 790° (point de fusion du chlorure de sodium), puis une autre de 814° (point de fusion du carbonate de soude), et ces deux branches (pratiquement des droites) se coupent à la température de 620° pour un mélange formé d’environ deux parties de chlorure de sodium pour une de carbonate de soude.
- Ce mélange à point de fusion minimum est désigné sous le nom de mélange entectique. La température de solidification commençante de ce mélange se trouvant à la fois sur la droite qui correspond au dépôt de chlorure de sodium et sur celle du carbonate de soude, il en résulte que, pendant la solidification, les deux corps mêlés se déposeront simultanément et dans les proportions mêmes où ils se trouvent dans le liquide. Pendant toute la durée de la solidification, la composition du liquide conserve donc une valeur invariable et par suite la température restera constante jusqu’à la fin de la solidification. Pour ces mélanges eutectiques la température de solidification commençante et celle de solidification finissante se confondent; ce sont les seuls qui se solidifient entièrement à température constante comme les corps simples et les composés définis.
- Quant aux autres mélanges, la solidification progressive de celui des deux corps qui est en excès par rapport au mélange eutectique amène une variation de la composition du liquide restant qui le rapproche de ce mélange. En même temps la température s’abaisse jusqu’à celle qui correspond à la solidification du mélange eutectique, de sorte que* pour un mélange de composition quelconque, la température de solidification finissante est toujours celle de l’alliage eutectique de la série.
- Lorsque les deux sels fondus peuvent donner une seule combinaison définie, la courbe de fusibilité sera composée de trois branches distinctes, la première correspondant à la cristallisation de l’un des sels simples, la deuxième à la cristallisation du sel double et la troisième à celle de l’autre sel simple. S’il pouvait se former deux combinaisons définies, la courbe de fusibilité se composerait de quatre branches et ainsi de suite. Les courbes de fusibilité relatives aux deux sels simples sont les mêmes, qu’il se forme ou non des combinaisons; pour la courbe du sel double, le point le plus élevé correspond le plus souvent à la fusion simple de la combinaison ou s’en écarte peu, puis l’addition de quantités croissantes de l’un ou l’autre des sels composants, donne des points de plus en plus bas, de sorte que les trois courbes présenteront deux à deux un certain nombre de points d’intersection qui limiteront les régions utiles de chacune d’elles. De ces différentes portions de courbes celles qui correspondent à un état d’équilibre stable seront celles qui, pour un mélange donné, contiennent le point de cris-
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- tallisation le plus élevé. On conçoit ainsi qu’il puisse arriver que la courbe de fusibilité correspondant au sel double se trouve tout entière au-dessous de celles des deux sels simples; la courbe de fusibilité complète ne se composera plus alors que de deux branches comme dans le cas des sels non susceptibles de former des combinaisons. C’est ce qui arriverait pour des sels doubles décomposâmes en leurs constituants à une température supérieure à celle du point de rencontre des courbes des deux sels simples, et que l’on ne pourrait par suite obtenir par fusion, tandis que l’on pourrait les préparer à basse température par l’emploi de dissolvants appropriés; tel semble être le cas du sulfate double de potassium et de sodium.
- Quand une portion de la courbe du sel double se trouve au-dessus de celles des sels simples, cette portion peut contenir le sommet, c’est-à-dire le point correspondant à sa fusion qui aura alors lieu sans décomposition; le carbonate double de potassium et de lithium est dans ce cas, de même le sulfate double de cuivre et de potassium. Ce cas paraît être de beaucoup le plus fréquent pour les mélanges salins. Plus rarement, le sommet se trouve en dehors de la région utile et alors la fusion du sel double est accompagnée de la séparation de l’un de ses constituants ; c’est ce que l’on observe pour le sulfate double de sodium et de lithium.
- Enfin les sels fondus peuvent avoir la propriété de cristalliser ensemble par le refroidissement en fournissant des cristaux contenant des proportions variables de chacun d’eux : ils forment alors des mélanges isomorphes. Dans ce cas, l’expérience prouve que la courbe de fusibilité est continue et tend à se rapprocher de la droite joignant les points de fusion des deux sels simples; c’est ce que l’on observe très nettement pour le mélange de sulfate et de chromate de potasse.
- En résumé, l’inspection de la courbe de fusibilité d’un mélange salin permet de conclure à l’existence de combinaisons toutes les fois qu’elle présente un nombre de branches supérieur à deux ; si sur l’une de ces branches on observe un maximum, celui-ci correspond à une composition voisine, très souvent même identique, à celle de la combinaison. Une seule branche correspond au cas d’un mélange isomorphe. Enfin avec deux branches on ne peut plus affirmer la non-existence de combinaisons, mais si ces deux branches viennent se couper en un point correspondant aune température inférieure à celles de fusion de chacun des sels constituants on en déduira que les combinaisons, si elles existent, ne peuvent être obtenues par fusion du mélange salin.
- Les analogies que nous avons précédemment indiquées entre les mélanges salins obtenus par fusion et les alliages permettent de déduire de la forme de leurs courbes de fusibilité des renseignements utiles sur l’existence ou la non-existence de combinaisons dans ces alliages. Ces courbes de fusibilité ne sont
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- actuellement connues que pour un petit nombre d’alliages binaires qui sont les suivants :
- Étain-Zinc (1) Etain-Plomb (2) Étain-BismuLli (3) Etain-Cuivre (4) Cuivre-Aluminium (o)
- Cuivre-Antimoine (6) Cuivre-Zinc (7) Fer-Aluminium (8) Or-argent (9)
- Zn
- Pb
- Les courbes de fusibilité des alliages étain-zinc, étain-plomb, étain-bismuth, sont reproduites ici (fig. 1). Chacune d’elles (10) se compose seulement de deux branches partant respectivement du point de fusion de l’étain (232°) et de ceux du zinc (433°), du plomb (326°) et du bismuth (268°) pour venir se couper aux températures de 204°, 182° et 143°.
- La forme de ces courbes permet de conclure que dans les trois alliages les métaux restent séparés sans se combiner. Les températures minima de cristallisation auxquelles les courbes se coupent sont celles des alliages eutectiques. Ces alliages, en raison de la fixité de leur point de fusion, ont souvent été pris à tort pour des combinaisons définies, mais si l’on veut traduire leur composition par une formule on y trouve bien rarement des poids des éléments qui soient des multiples simples de leur poids atomique.
- Les courbes de fusibilité (il) des alliages étain-cuivre, aluminium-cuivre, antimoine-cuivre (fig. 2), indiquent l’existence d’une combinaison (trois branches de courbe) pour les alliages étain-cuivre et antimoine-cuivre, de deux combi-
- Fig. 1. — Courbes de fusibilité des alliages étain-zinc, étain-plomb, étain-bismuth.
- (J) Rudberg, Puggendorf's Annulai der Physik und Chernie XVIII, 240, et Annales de Chimie et Physique [2] XLVIII, 353.
- (2) Kupfferr, Annales de Chimie et Physique [2], XL, 289.
- (3) Rudberg, Poggendorfs Annalen der Physik und Chemie XVIII, 240, el Annales de Chimie et Physique [2] XLVIII, 353.
- (4) (5) (6) Le Chatelier, Bulletin de la Société d’Encouragement, 1895, 573.
- (7) Charpy, Bulletin de là Société d’Encouragement, 1896, 230.
- (8) Roberts-Austen, Institution of mechanical Engine ers, 1895, 245 et 269.
- (9) Erhard et Schertel, Beiblàtter der Annalen der Physik und Chemie, 1879, 348.
- (10) Pour ces courbes, les abscisses représentent les proportions en centièmes du moins fusible des deux métaux de l’alliage et les ordonnées les températures de solidification commençante.
- (11) Les abscissesde ces courbes ontla même signification que pour les courbes précédentes.
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- naisons (quatre branches de courbe) pour l’alliage aluminium-cuivre. Les position des maxima sur ces courbes conduisent pour les combinaisons définies aux formules
- Sn Gu3, SbCu2, Al2Cu, AlCu;i.
- Les alliages or-argent ont pour courbe de fusibilité sensiblement une droite
- joignant le point de fusion de l’or à celui | J J | j | ""p JCu de l’argent. On est donc conduit à admettre
- dans ces alliages la formation de mélanges isomorphes.
- Enfin on peut concevoir l’existence d’un quatrième cas qui semble être assez fréquent dans les alliages métalliques et auquel paraissent se rapporter les bronzes et les laitons. Ce serait le cas où deux métaux non isomorphes donneraient une combinaison isomorphe avec l’un d’eux. Le fait est d’autant plus probable que pour les mélanges salins on connaît des exemples de ce genre. Le premier a été signalé par M. Roozeboom : le chlorhydrate d’ammoniaque et le chlorure ferrique, qui ne sont pas isomorphes, donnent un chlorure double isomorphe du chlorhydrate d’ammoniaque. Depuis, M. Le Chatelicr (1) a obtenu la combinaison Na Cl + Ag Cl isomorphe
- Fig. 2. Courbes de msibiiité des alliages du chlorure de sodium et2S(LNa2 + SO'fCa étain-cuivre, cuivre-aluminium, cuivre-anti- isomorphe du sulfate de sodium. moine. T i 1 • • < ( •
- Les recherches qui suivent ont eu pour but d’étendre nos connaissances sur la fusibilité des alliages métalliques. Elles ont porté sur les alliages suivants :
- Antimoine-Aluminium,
- Nickel-Etain,
- Nickel-Cuivre,
- Argent-Aluminium,
- Un de mes amis, M. Roland-Gosselin, ingénieur civil des Mines, avait entrepris, également sous les auspices de la Société d’Encouragement, des recher-
- Argen t-A n t i m o i n e, Argent-Zinc, Argent-Cadmium, Argent-Étain.
- (1) Expériences non publiées.
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- ALLIAGES MÉTALLIQUES.
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- ches sur la fusibilité des alliages. Ses occupations actuelles ont retardé la publication des résultats auxquels il était arrivé et il m’a prié de les joindre à ceux obtenus par moi.
- Les alliages étudiés par M. Roland-Gosselin sont les suivants :
- Étain-Antimoine,
- Étain-Aluminium,
- Antimoine-Plomb,
- Antimoine-Zinc,
- Antimoine-Bismuth,
- Bismuth-Cuivre,
- Bismuth-Zinc,
- Zinc-Aluminium,
- Zinc-Cadmium,
- Cuivre-Plomb.
- Avant d’exposer les résultats de ces recherches nous indiquerons la méthode expérimentale suivie pour la détermination des températures de solidification.
- MESURE DE LA TEMPÉRATURE DE SOLIDIFICATION.
- Toutes les températures ont été mesurées au moyen du couple thermo-électrique de M. Le Ghatelier. Celui-ci se compose, comme on sait, d’un fil de platine-rhodium à 10 p. 100 de rhodium soudé à chacune de ses extrémités à un fil de platine pur. Un galvanomètre de grande résistance a ses deux bornesreliées aux extrémités libres des fils de platine et permet de comparer les forces électromotrices des courants développés dans le couple quand, l’une des soudures étant maintenue à température constante, l’autre est portée à des températures variables. Le galvanomètre Deprez-d’Arsonval, qui est sensiblement apériodique, convient très bien pour ces mesures. M. Carpentier en a construit récemment un modèle très commode ; il est de dimensions assez petites et peut être facilement placé près de l’enceinte dont on veut mesurer la température, ce qui permet à la fois d’observer cette enceinte et d’effectuer les mesures de température.
- Le galvanomètre est tout entier contenu à l’intérieur d’une caisse en bois sur la face antérieure de laquelle est fixé un microscope auto-collimateur permettant de mesurer les déviations. Une petite lampe disposée latéralement éclaire, au moyen d’un miroir incliné à 45°, un réticule placé à l’intérieur du microscope; l’image de ce réticule fournie par l’objectif du microscope et le miroir du galvanomètre vient se former sur un micromètre disposé entre l’objectif et l’oculaire et le déplacement de l’image du réticule sur le micromètre donne la tangente du double de la déviation ou pratiquement le double de cette déviation, puisqu’il s’agit d’angles très petits.
- Le platine et son alliage avec le rhodium étant deux métaux inattaquables par un grand nombre de corps, il suffit le plus souvent de plonger l’une des soudures dans le bain gazeux ou liquide et de maintenir Tautre à température constante pour déduire, au moyen d’une table de graduation, la température de la
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- déviation observée. Mais les métaux fondus ou seulement leurs vapeurs attaquent facilement le platine et le couple se trouverait rapidement hors d’usage s’il n’était protégé par un enduit inattaquable par les bains métalliques.
- Cet enduit doit remplir un certain nombre de conditions : il doit être infusible aux températures auxquelles on opère et il faut aussi qu’il ne se fendille pas, car les vapeurs métalliques suffiraient à attaquer le couple; déplus, il est indispensable que, sous cet enduit, les deux fils, platine et platine rhodié, n’aient d’autres points de contact que la soudure. Le mieux, pour réaliser cette dernière condition, est d’enrouler, tout autour de l’un des fils, du fil d’amiante de lmm,5 environ de façon que les différentes spires se touchent et que le fil métallique soit complètement masqué. Avec trois épaisseurs de ce revêtement suffisamment serrées, on réussit même à protéger la parLie du couple extérieure au bain de l’action des vapeurs métalliques qui s’en dégagent.
- Après bien des tâtonnements (1) pour arriver à obtenir des enduits suffisamment résistants, je me suis arrêté au verre et à la porcelaine, le verre pour les températures inférieures à 700°, la porcelaine au-dessus de celte température.
- Les deux fils étant soudés et l’un d’eux recouvert d’amiante, comme il a été indiqué on les dispose parallèlement en les serrant l’un contre l’autre. On prend un tube de verre de 8 à 10 centimètres de long et de 3 à 4 millimètres de diamètre intérieur, on le ferme à une extrémité, on y [introduit le couple, puis on chauffe au chalumeau : le verre fond et se soude à lui-même en protégeant le couple.
- Avec cet enduit il faut avoir soin de chauffer lentement et progressivement le couple avant de le plonger dans le bain métallique, de façon à éviter de
- (1) Dans ces essais, en dehors du verre et de la porcelaine, les substances qui ont donné les meilleurs résultats sont la cryolithe et la glauconie. Les deux fils étant soudés et l’un d’eux recouvert d’amiante comme il a été indiqué, on les serre l’un contre l’autre, puis on les chauffe au rouge vif et on les plonge dans la cryolithe en poudre; on fond ensuites les parcelles qui adhèrent et l’on recommence l’addition de cryolithe jusqu’à ce que les deux fils soient complètement recouverts. Le couple a alors la grosseur d’une forte allumette et il n’y a plus qu’à s’assurer, avant de l’utiliser, qu’aucune craquelure ne laisse le métal à nu.
- Pour les températures comprises entre 700° et 1200°, c’est la glauconie (silicate de fer et de potasse) qui paraît le mieux convenir. On la pulvérise finement, et avec un peu d’eau on en fait une pâte assez épaisse pour qu’elle tienne sur les fils préparés comme on l’a déjà dit. On chauffe légèrement pour chasser l’eau et une fois les fils complètement recouverts par cette espèce de ciment on fond au chalumeau. Le verre foncé ainsi obtenu est assez homogène, mais il a l’inconvénient de se fendiller rapidement. On peut remédier à ce défaut en recouvrant la glauconie d’un tube de verre que l’on fond comme il a été indiqué précédemment. Avec ce double revêtement on peut aller facilement jusqu’à la fusion du cuivre; le verre fond en partie, mais il en reste suffisamment pour boucher les craquelures et le revêtement est à peu près aussi solide que les précédents.
- Quoi qu’il en soit, l’application de ces deux revêtements est une opération assez longue et qui demande beaucoup de soins.
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- ALLIAGES MÉTALLIQUES.
- 1303
- brusques variations de température qui produiraient des craquelures de l’enduit* On peut d’ailleurs, suivant les cas, choisir des échantillons de verre plus ou moins fusible, de manière que, dans le bain métallique, il soit assez ramolli pour que les fissures ne soient plus à craindre.
- Pour les températures supérieures à 700°, un fabricant de porcelaine, M. Chapuis, est parvenu à fabriquer de petits tubes en biscuit bouchés à une extrémité, longs de 5 centimètres et d’un diamètre intérieur de 3 à 4 millimètres. Les deux fils du couple étant isolés l’un de l’autre au moyen du lil d’amiante, on obtient un cylindre qui entre à frottement dans le tube de porcelaine, lequel peut de plus être fixé au couple au moyen d’un petit fil de platine. Ces tubes de biscuit résistent parfaitement à la température de 1500°; ils sont assez peu sensibles aux brusques variations de température et enfin, ce qui est très important, ils sontparfaitement imperméables aux vapeurs métalliques : le couple ainsi protégé peut être maintenu plusieurs heures dans des alliages fondus et riches en zinc sans présenter trace d’altération.
- Le couple étant ainsi préparé et protégé il faut graduer l’instrument, c’est-à-dire traduire en degrés les déplacements de l’image du réticule sur l’échelle divisée. Pour cela on plonge d’abord les deux soudures dans de l’eau à la température du laboratoire (15° par exemple) et, au moyen de lavis de réglage, on amène l’image du réticule au zéro de la division ; ce zéro correspond alors à la température de 15°.Puis l’une des soudures étant constamment maintenue à 13°, on porte l’autre successivement à des températures constantes et connues :
- Ébullition de l’eau...................................... 100°
- — de la naphtaline............................... 216°
- — du soufre...................................... 448°
- Solidilication du chlorure de sodium........................ 790°
- — de l’argent.................................... 934°
- — du cuivre.................................... 1050°
- — du nickel .................................... 1450°
- On observe la division du micromètre devant laquelle s’arrête l’image du réticule ; on porte ces divisions en abscisses, les températures correspondantes en ordonnées et en joignant les points ainsi obtenus par un trait continu, on obtient une courbe permettant de déterminer la température correspondant à une division quelconque de l’échelle du pyromètre. Malheureusement, pour un instrument donné, cette courbe ne peut pas être construite une fois pour toutes et du jour au lendemain on ne trouve plus? pour une même température, la même division du micromètre. Ces variations sont dues principalement à l’influence de la température sur le cadre du galvanomètre et dépendent de la nature du fil métallique employé pour la construction de cet instrument. Si ce dernier est à fil de cuivre, on pourra facilement avoir sur l’évaluation de la tem-
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- MÉTALLURGIE.
- OCTOBRE 189G.
- pérature des erreurs s’élevant jusqu’à 10 p. \ 00 pour des variations de 7° à 8° dans la température du laboratoire. Avec un fil de mailiechort dont la résistance spécifique est beaucoup plus grande et proportionnellement moins modifiée par la chaleur, les variations deviennent à peine sensibles. Il est prudent, en tout cas. de déterminer une courbe de graduation pour chaque série d’essais.
- Dans le cas des corps simples ou des composés définis, la détermination de la température de solidification ne présente pas en général de bien grandes difficultés si l’on dispose d’une centaine de grammes des corps à étudier. On fond la masse dans un petit creuset, on dispose, dans ce liquide et à peu près au milieu, le couple protégé au besoin par l’une des méthodes indiquées, puis on laisse refroidir. En suivant le déplacement de l’image du réticule sur le micromètre, on observe un temps d’arrêt qui correspond à la solidification. Pour bien saisir ce point, il est important que le refroidissement ne soit ni trop lent ni trop rapide : avec le galvanomètre employé dans ces expériences et pour lequel la température de 1 b00° correspond à peu près à 120 divisions, un déplacement d’une division en cinq à sept secondes tes très convenable. On arrive facilement à réaliser ces conditions, suivant la température de fusion, soit en laissant le creuset dans le four après avoir interrompu l’arrivée du gaz et de l’air ou de l’un d’eux seulement, soit en sortant le creuset pour le maintenir sur le bord du four.
- Mais la détermination de la température à laquelle commence la solidification d’un mélange présente en général quelques difficultés et peut même devenir une opération très délicate dans le cas de certains alliages métalliques.
- Quand il s’agit de corps transparents comme les sels, on reconnaît assez facilement le commencement de la solidification à ce que le liquide fondu se trouble, devient opaque et ne laisse plus alors distinguer le fond du creuset, mais ce caractère ne peut être utilisé dans le cas des métaux.
- Si le métal qui se dépose le premier se trouve contenu en grande quantité dans le mélange fondu, sa cristallisation est accompagnée d’un ralentissement considérable, et par suite facilement observable, dans la vitesse du refroidissement; on se trouve sensiblement dans les conditions correspondant au cas d’un corps unique.
- La détermination se complique beaucoup quand le métal qui cristallise se trouve en faibles proportions dans le mélange fondu. Le poids de métal qui se dépose dans l’unité de temps est alors très faible ; la quantité de chaleur dégagée par sa solidification (qui est proportionnelle à ce poids) est aussi très faible, et le ralentissement qui en résulte dans l’abaissement de la température devient difficile à saisir. Le mieux, dans ce cas, est d’elfcctuer d’abord une détermination approximative; on cherche à reconnaître le commencement de la solidification en agitant dans la masse fondue soit une tige en terre, soit le couple lui-même.
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- ALLIAGES MÉTALLIQUES.
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- Quand la cristallisation se produit, le liquide s’épaissit, la tige éprouve une certaine résistance et elle soulève des grumeaux d’aspect cristallin ; on observe alors la division du micromètre. Dans tous les cas on aune limite inférieure de la température cherchée au moment où la tige devient immobile clans le liquide. La température ainsi déterminée ne peut ctre considérée que comme approximative parce que les mouvements de la tige dans le liquide en modifient le refroidissement d’une manière irrégulière.
- Pour avoir ensuite la température exacte cherchée, on peut, comme l’a fait M. Charpy pour les alliages de cuivre et de ziuc, enregistrer photographiquement les indications du pyromètre sur un cylindre mû par un mouvement d’horlogerie et entouré d’une feuille de papier au gélatino-bromure d’argent ; en développant le papier, on obtient une courbe présentant un palier correspondant à la température cherchée. Mais ce procédé exigerait une modification du galvanomètre employé dans ces expériences, et nous avons préféré opérer de la façon suivante : on suit le déplacement du réticule au moyen d’un compteur à secondes et l’on cherche sur le tableau que l’on dresse ainsi quelle est la division du micromètre qui correspond au plus grand intervalle de temps.
- Voici un exemple d’observation de ce genre faite sur un alliage d’antimoine et d’aluminium.
- 1« OBSERVATION. 2e OBSERVATION.
- Division du micromètre. 65 Nombre de secondes. 0 Différence. Nombre de secondes. 20 Différence.
- 64 5 5 25 5
- 63 12 7 30 5
- 62 18 6 35 5
- 61 25 7 43 8
- 60 35 10 50 7
- 59 50 15 2 12
- 58 5 15 16 14
- 57 15 10 25 9
- Le point de solidification correspond à la division 59.
- Pour déterminer les températures de solidification de la série des alliages correspondant à deux métaux, on opère pratiquement de la façon suivante :
- Dans un petit creuset en porcelaine de Saxe on fait fondre un poids connu (80 à 100 grammes) de l’un des métaux constituants, on y plonge le couple et l’on prend la température de solidification. On refond et on laisse à nouveau solidifier de façon à s’assurer de l’exactitude de la première détermination. On ajoute alors une quantité connue du second métal, on chauffe jusqu’à dissolution complète, puis on laisse refroidir pour obtenir le point de solidification de l’alliage. On continue à ajouter le second métal par quantités connues jusqu’à ce
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- A 306
- MÉTALLURGIE.
- OCTOBRE 1890.
- que l’on arrive à l’alliage à parties égales. A ce moment, on reprend une série semblable de mesures en commençant par le second métal et continuant par addition de quantités croissantes du premier jusqu’à revenir à l’alliage à parties égales qui, comme contrôle, doit fournir à nouveau le dernier point de la première série.
- La composition de tous ces alliages a été déduite des poids des métaux employés pour leur formation, mais pour que l’on puisse compter sur l’exactitude de ces nombres, il est nécessaire, dans toutes ces fusions, de prendre certaines précautions, c’est-à-dire d’éviter l’oxydation et aussi les pertes par volatilisation dans le cas de métaux comme le cadmium ou le zinc.
- Lorsqu’il s’agit d’alliages fondant au-dessus du rouge, ou bien on place sur le métal fondu de petits morceaux de charbon de bois qui réduit les oxydes au fur et à mesure de leur formation ; ou bien l’on ferme le creuset au moyen d’un petit disque de charbon aggloméré percé en son centre d’un trou pour le passage du couple ; ce couvercle s’oppose au passage de l’oxygène en brûlant lentement. On a soin d’ailleurs de chauffer avec une flamme aussi réductrice que possible.
- Si l’alliage est fusible au-dessous du rouge, le mieux est de recouvrir la surface du métal de charbon de bois en poudre et surtout d’opérer dans une atmosphère très riche en gaz d’éclairage, car si le métal venait à s’oxyder, la température ne serait pas assez élevée pour que l’oxyde pût être réduit par le charbon.
- Quant aux pertes par volatilisation, elles sont le plus souvent négligeables. 11 est cependant à peu près impossible de les éviter pour les alliages de zinc et de cadmium avec une forte proportion d’un métal peu fusible; on peut seulement les diminuer et, en tout cas, en tenir compte. Nous indiquons ici ce que nous avons fait pour l’argent ; il convient d’opérer de même avec tous les métaux, cuivre, nickel, etc., dont la fusibilité est moindre.
- Pour former des alliages riches en argent, on ne peut projeter du zinc ou du cadmium dans de l’argent en fusion ; ces deux métaux se volatilisent et brûlent presque instantanément. Il faut d’abord préparer à température aussi basse que possible, en faisant dissoudre l’argent dans le zinc fondu, un alliage à parties égales d’argent et de zinc, et c’est cet alliage, beaucoup moins oxydable et beaucoup moins volatil que le zinc, que l’on ajoute à l’argent fondu. On évite de dépasser par trop la température de fusion, on opère rapidement et après chaque solidification on détermine le poids de l’alliage métallique ; comme l’argent n’est pas volatil à cette température, la perte de poids correspond au cadmium ou au zinc volatilisé.
- Pour tous les alliages étudiés, nous donnons un tableau des valeurs numériques obtenues expérimentalement et nous représentons ensuite les résultats par une courbe obtenue en portant en ordonnées les températures de solidifica-
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- ALLIAGES MÉTALLIQUES.
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- tion commençante, et en abscisses les proportions en centièmes de celui des deux métaux de l’alliage qui est le moins fusible.
- Alliages Cadmium-Zinc.
- Teneur en zine. Température. Teneur en zine. Tempérât ur
- 0 322° 36,7b 298°
- 1,2b 312 44 30b
- 2,7b 300 62 33b
- 5 278 70 350
- 12,b 260 8b,b 387
- 22,4 30 272 28b 100 433
- La courbe (fig. 3) se compose simplement de deux branches venant se couper au point de fusion de l’alliage eutectique, à 250°.
- Fig. 3. — Courbes de fusibilité des alliages cadmium-zinc, plomb-antimoine, zinc-aluminium, et bismuth-zinc.
- Ces alliages ont des propriétés intermédiaires entre celles du zinc et celles du cadmium.
- Alliages Plomb-Antimoine.
- Teneur en Température. Teneur en Température
- antimoine. antimoin e.
- 0 326° b 4, b 46 b 0
- 6, b 272 b8,b 48b
- 9,b 255 74, b bbO
- 13 228 8b 578
- 19 270 92 600
- 32 350 96 612
- 44 418 100 632
- A propos de ces alliages, je rectifierai de suite une erreur qui se trouve répétée dans tous les ouvrages de chimie français et étrangers. Le point de fu-
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- MÉTALLURGIE. --- OCTOBRE 1896.
- sion de l’antimoine y est indiqué comme voisin de 430°, alors qu’en réalité l’antimoine ne fond qu’au rouge à la température de 632°.
- La courbe de fusibilité des alliages (fig. 3) ressemble tout à fait à celle des alliages cadmium-zinc. L’alliage eutectique fond à 228°.
- Alliages Zinc-Aluminium.
- Teneur en aluminium. Température. Teneur en aluminium. Température.
- 0 433° 22 5 472°
- 2 448 30 502
- 4,85 392 34,75 520
- 5 389 39 530
- 6 392 51 565
- 8 400 68 605
- 9,75 412 81 627
- 14,5 435 100 650
- Pour ces alliages comme pour les précédents, la courbe do fusibilité (fig. 3) se compose encore de deux branches se coupant au point de fusion de l’alliage
- eutectique, à 389°.
- Alliages Bismuth-Zinc.
- Teneur en Température. Teneur en Température.
- zinc. zinc.
- 0 268° 7 340°
- 1,5 250 10 365
- 2,8 240 11 370
- 3,15 245 18 395
- 4,75 295 » )>
- 6 320 100 433
- A partir d’une teneur de 18 p. 100 en zinc on ne trouve plus de température de solidification déterminée pour le bain liquide. Ceci paraît tenir à ce que le bismuth et le zinc formeraient une combinaison qui, à l’état liquide, ne serait pas miscible en toutes proportions avec le zinc. Il se produit alors une liquation d’autant plus nette qu’elle commence à se produire quand le bain est encore liquide et que l’on peut d’ailleurs constater après refroidissement par l’analyse des deux extrémités du culot métallique.
- Cette liquation à l’état liquide avait déjà été signalée par M. Wright (1) pour cet alliage et pour les suivants : aluminium-bismuth, aluminium-cadmium, alu-minium-plomb, zinc-plomb.
- Au-dessous de 18 p. 100 de zinc l’alliage ne présente pas de particularités ; il
- (1) Wright, Journal of the Chemical Industry, 1890, 945.
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- ALLIAGES MÉTALLIQUES.
- 1309
- y a un alliage eutectique fusible à 240°. C’est ce qu’indique la courbe de fusibilité (fig. 3).
- Alliages Antimoine-Argent.
- encur on argent. Température. Teneur en argent. Température.
- 0 632° 60 492°
- 2,1 623 64,8 510
- 5 613 66,6 525
- 10 590 70,2 535
- 16 575 75 583
- 25 560 77,1 630
- 33,33 540 83,33 750
- 50 495 90,9 885
- 55 482 100 954
- La courbe de fusibilité (fig. 4) se compose de deux branches se coupant au point de fusion de l’alliage eutectique (482°), mais la forme de chacune de ses branches est moins simple que pour les alliages précédents. C’est sans doute l’indice de particularités qu’une étude ultérieure pourra seule permettre d’éclaircir.
- Ces alliages ont une teinte qui varie du blanc au gris ; ils sont d’autant plus blancs qu’ils contiennent plus d’argent. Ils sont durs, cassants et susceptibles d’un assez beau poli.
- Alliages Cuivre-Nickel.
- Teneur en nickel. Température. Teneur en nickel. Température.
- 0 1 050° 50 1340°
- 0,5 1045 55,55 1370
- 2 1080 66,66 1400
- 20 33,33 1250 1 310 100 1450
- La courbe de fusibilité (fig. 4) se compose de deux branches séparées par un point anguleux correspondant à un alliage eutectique fusible à 1 340°.
- Alliages Bismuth-Cuivre.
- Teneur on Température. Teneur en Température.
- cuivre. cuivre.
- 0 268° 13 O O îC oc
- 0,31 266 18,5 870
- 0,6 262 23 880
- 1,2 258 29 885
- 1,45 255 37 887
- 2,8 243 43 950
- 3 260 60 970
- 5,5 570 75 1005
- 7 800 100 1050
- Tome I. — 95° année. 5° série. — Octobre 1896.
- 85
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- MÉTALLURGIE.
- OCTOBRE 1896.
- La courbe de fusibilité (fig. 5) se compose ici de trois branches ; la branche intermédiaire indique l’existence d’une combinaison. Il y a dans ce cas deux alliages eutecliques fusibles, l’un à 243°, l’autre à 885°.
- 80 90 100
- 10 20 30 40 50 60 70
- Fig. 4. — Courbes de fusibilité des alliages antimoine-argent et cuivre-nickel.
- Fig. 5. — Courbes de fusibilité des alliages plomb-cuivre, bismuth-cuivre, et zinc-antimoine.
- Alliages Plomb-Cuivre
- eneur en cuivre. Température.
- 0 326°
- 0,14 324
- 0,31 330
- 0,61 500
- 1,5 075
- 2,9 780
- 3,8 840
- 8,4 880
- 13,3 913
- 18,7 945
- Teneur en cuivre. Température
- 23,5 963°
- 30 970
- 38,2 960
- 43,5 950
- 50 930
- 53 950
- 60,5 965
- 73 1010
- 100 1050
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- alliages métalliques.
- 1311
- La courbe de fusibilité (fig. 5) se compose de trois branches, celle du milieu présentant un maximum et correspondant à une combinaison. Ces trois branches sont séparées par deux points anguleux à 324°et 930°, points de fusion des alliages eutectiques.
- Alliages Zinc-Antimoine.
- Teneur en antimoine. Température. Teneur en antimoine. Température.
- 0 433° 60,5 570°
- 2 415 65,5 560
- 3 407 71,5 530
- 3,5 410 75 508
- 7 437 77 495
- 12 478 78,5 502
- 15,5 482 85 530
- 22 500 90 560
- 37,5 530 95 • 590
- 43 540 96,75 604
- 48 55,5 557 570 100 632
- Pour ces alliages la courbe de fusibilité (fig. 5) se compose de quatre branches ce qui semble indiquer l’existence de deux combinaisons. La courbe présente trois points anguleux, deux très nets aux températures de 407° et 495°, l’autre un peu moins marqué à 480°, correspondant à des alliages eutectiques. Ces alliages de zinc et d’antimoine s’oxydent à chaud avec une très grande facilité et, dans la fusion, il faut prendre beaucoup de soins pour éviter l’oxydation.
- Alliages Étain-Aluminium.
- Teneur en aluminium. Température. Teneur en aluminium. Température,
- 0 232° 15,7 O 00
- 0,05 229 19 565
- 1 328 20,5 553
- 2,4 390 27 558
- 4,5 440 37 ct: 00
- 5,5 470 54 605
- 7 O O 70 622
- 8,5 520 83 637
- 12,5 565 100 650
- La courbe (fig. 6) présente dans son ensemble la même allure que celle de l’alliage plomb-cuivre. Les deux alliages eutectiques fondent respectivement à 229° et 353°.
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- OCTOBRE 1896.
- 1312 MÉTALLURGIE. ---
- Alliages Aluminium-Argent.
- encur en Température. Teneur en Température.
- argent. argent.
- 0 650° 89,7 740°
- 20 615 91,8 760
- 44 585 94 790
- 70,2 570 96,3 815
- 79,7 645 98,75 885
- 84,6 720 100 954
- 88,7 750
- 900 __
- 800 L
- 20 30
- 70 80
- 90 100
- Fig. 6. — Courbes de fusibilité des alliages étain-aluminium, étain-nickel, antimoine-aluminium
- et aluminium-argent.
- La courbe de fusibilité (fig. 6) sc compose de trois branches séparées par les points anguleux correspondant à la fusion des alliages eutectiques 570° et
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- ALLIAGES MÉTALLIQUES.
- 1313
- 740°. Ces alliages ont une belle couleur blanche et sont susceptibles de prendre un beau poli ; à l’air ils ne s’altèrent pas sensiblement. L’addition de l’aluminium à l’argent durcit ce dernier métal.
- Alliages Étain-Nickel.
- Teneur en nickel. Température. Teneur on nickel. Température.
- 0 232° 50 1290°
- 0,01 231 66,66 1190
- h 670 75 1230
- 10 800 83,33 1320
- 25 1163 90,9 1390
- 33,33 40 1270 1310 100 1450
- La courbe de fusibilité de ces alliages (fig. 6) présente la même allure générale que celle des alliages plomb-cuivre, étain-aluminium. Les points de fusion des alliages eutectiques sont respectivement à 231° et 1160°. L’addition de petites quantités d’étain au nickel durcit très notablement ce dernier.
- Alliages Antimoine-Aluminium.
- Teneur eu aluminium. Température. Teneur en aluminium. Température.
- 0 632° 36,43 983°
- 1,13 630 34,47 930
- 5,42 853 60 945
- 8,40 945 66 950
- 10,28 1030 68,52 940
- 14,66 1048 84,89 800
- 18,65 1035 91,9 734
- 23 1010 100 650
- La courbe de fusibilité de ces alliages (fig. 6) présente une forme très particulière en ce sens que la presque totalité de ses points correspondent à des températures supérieures à celles de fusion des deux métaux constituants. Elle indique l’existence d’une combinaison d’antimoine et d’aluminium ; cette combinaison Sb Al a déjà été isolée par M. Wright (1). Son point de fusion est très voisin de celui du cuivre mais légèrement inférieur. C’est, avec une combinaison d’or et d’aluminium APAu, fusible à 1070° et isolée parM. Roberts-Austeri, les deux seuls exemples actuellement connus de combinaisons métalliques moins fusibles que chacun des deux métaux élémentaires.
- (I) Wright, Journal of the Chemical Industry, 1892, 493.
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- 1314
- MÉTALLURGIE.
- OCTOBRE 189(5.
- Ceux de ces alliages dont la composition est voisine de celle de la combinaison Sb Al ont la propriéié de se réduire lentement en poudre d’une manière spontanée et la poussière ainsi formée ne fond pas à 1100°. M. Roberts-Austen (1) a constaté le meme fait pour des alliages de fer et d’aluminium. Mais, tandis que la pulvérisation des alliages de fer et d’aluminium est attribuée par M. Roberts-Austen à une transformation allotropique, celle des alliages d’antimoine et d’aluminium est due à un phénomène d’oxydation. Un échantillon de cet alliage conservé pendant trois mois dans un tube de verre scellé à la lampe est resté inaltéré, tandis qu’un autre échantillon du meme alliage s’est réduit en poudre et que son poids pendant le môme temps a passé de 39gr,03o à 46gr,246.
- Alliages Bismuth-Antimoine.
- Teneur en Température. Teneur en Ten*péraiure,
- antimoine. anl imoine.
- 0 268° 60 550°
- 10 325 74 582
- 18,5 390 83 593
- 22 4i0 85,5 602
- 24 430 92 615
- 36,o 510 100 622
- 53,8 540
- On obtient ici un seul arc de courbe (fig. 7). Le bismuth et l’antimoine sont deux éléments isomorphes et les alliages seraient tous constitués par des
- Fig. 7. — Courbes cle fusibilité des alliages étain-antimoine et bismuth-antimoine.
- mélanges isomorphes. Les propriétés de ces alliages sont intermédiaires entre celles du bismuth et de l’antimoine.
- (1) Roberls-Auslon. Institution of mechanical Engineers, 1895,245.
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- ALLIAGES MÉTALLIQUES
- 1315
- Alliages Cadmium-Argent.
- Teneur en Température. Teneur en Température.
- argent argent.
- 0 322° 60,16 806°
- 4 366 68,66 840
- 10,6 422 77,63 880
- 21,76 626 86,1 926
- 36,23 660 01,8 946
- 42 710 96,6 960
- 61 766 100 964
- Les deux arcs qui composent la courbe (fig. 8) semblent indiquer l’existence de mélanges isomorphes. Les alliages qui contiennent environ 50 p. 100 d’argent
- 10 20 30 40 50
- 80 90 100
- Fig. 8. — Courbes de fusibilité des alliages zinc-argent, cadmium-argent, étain-argent.
- présentent une jolie couleur violet rosé analogue à celle de l’alliage antimoine-cuivre.
- Alliages Zinc-Argent.
- Teneur en Température. Teneur en Température.
- argent. argent
- 0 433° 72,60 696°
- 6,26 466 76,60 730
- 30 696 89,64 870
- 62,17 696 94,24 910
- 68 716 100 964
- 62 690
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- 1316 MÉTALLURGIE. — OCTOBRE 1890.
- La courbe de fusibilité (fig. 8) se compose de deux branches dont l’une pré sente un maximum conrespondant sans doute à une combinaison qui doit se mélanger isomorphiquement avec l’un des deux métaux constituants. La plupart de ces alliages sont blancs avec une très légère teinte jaune; ils sont cassants quand ils renferment beaucoup de zinc.
- Alliages Étain-Argent.
- Teneur en Tempérai tire. Teneur en Température.
- argent. argent.
- 0 232° 58,82 535°
- 4,86 221 66,66 600
- 16,66 312 74,62 682
- 26 355 83,33 815
- 33,33 390 90,9 900
- 40 430 100 954
- 60 475
- La courbe de fusibilité (fig. 8) se compose ici encore de deux branches. Il y
- a un alliage eutectique fusible à 221° et l’allure générale de la courbe semble
- indiquer l’existence d’ une combinaison des deux métaux isomorphe avec l’argent.
- Les alliages sont très durs et cassants quand ils sont riches en argent; il suffit
- même de très peu d’étain pour rendre l’argent cassant.
- Alliages Étain-Antimoine.
- Teneur en Température. Teneur en Température.
- antimoine. antimoine.
- 0 232° 42 400°
- 2,1 235 46 410
- 4 240 63 475
- 7,5 249 67,5 500
- 14,5 270 72 525
- 25 300 78 545
- 27 318 84 561
- 30 327 89 578
- 32 360 91 580
- 34,2 378 95 600
- 38,1 • 390 100 632
- La courbe de fusibilité (fig. 7) se compose de trois arcs de courbe se coupant aux températures de 375° et 520°. Ces alliages ont à peu près la même teinte que l’étain, mais ils sont plus durs et moins malléables, d’autant plus cassants qu’ils contiennent plus d’antimoine.
- CONCLUSIONS
- Il ressort de tout ce qui précède que les alliages ne ressemblent nullement à des verres, ainsi qu’on l’a quelquefois avancé. Ce sont des corps cristallisés,
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- ALLIAGES MÉTALLIQUES.
- 1317
- tantôt formés par la juxtaposition des cristaux des métaux constituants comme les alliages
- Etain-Zinc,
- Etain-Bismuth,
- Étain-Plomb,
- Plomb-Antimoine,
- Cadmium-Zinc, Zinc-Aluminium, Antimoine-Argent,
- tantôt par la juxtaposition des cristaux de l’un de ces métaux avec une combinaison définie; ce serait le cas des alliages
- Etain-Cuivre, Antimoine-Cuivre, Aluminium-Cuivre, Plomb-Cuivre, Bismuth-Cuivre, Étain-Aluminium,
- Étain-Nickel, Cuivre-Nickel, Zinc-Antimoine, Aluminium-Argent, Antimoine-Aluminium
- D’autres enfin beaucoup plus complexes seraient constitués par des mélanges isomorphes, soit que les métaux considérés soient réellement isomorphes,
- Bismuth-Antimoine, Argent-Or,
- soit qu’ils forment des combinaisons isomorphes avec l’un d’eux; tel paraît être le cas des alliages
- Zinc-Cuivre, Cadmium-argent,
- Zinc-Argent, Étain-Antimoine.
- Étain-Argent,
- Le plus souvent l’addition d’une petite quantité d’un métal à un autre plus fusible abaisse le point de fusion de ce dernier. Parmi les alliages étudiés jusqu’à présent il n’y a d’exception que pour les suivants :
- Cadmium-Argent, Étain-Antimoine,
- Zinc-Argent, Bismuth-Antimoine.
- Presque toujours le point de fusion d’un alliage est inférieur à celui du moins fusible des deux métaux composants ; il n’y a d’exception que pour certains alliages d’or et d’aluminium et pour la plupart de ceux d’antimoine et d’aluminium.
- La solidification d’un alliage fondu commence toujours à la même température pour une composition déterminée. En laissant de côté le cas des mélanges isomorphes, il se dépose pendant la solidification soit un métal pur soit une combinaison définie; ce dépôt amène une variation de la composition de la partie encore liquide et la solidification ne peut continuer que si la température s’abaisse à nouveau et ainsi de suite ; la température ne reste donc pas constante pendant toute la durée de la solidification. De plus, si le corps qui se dépose a une densité notablement différente de celle du liquide restant, il gagne soit le fond, soit la
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- 1318
- MÉTALLURGIE.
- OCTOBRE 1890.
- partie supérieure du creuset et l’on aura après refroidissement un culot dont la composition variera d’une extrémité à l’autre : d’un côté un métal ou une combinaison définie, de l’autre un alliage à point de fusion minimum. C’est le phénomène bien connu de la liquation.
- La solidification a cependant lieu à température constante dans deux cas : celui où l’alliage a une composition correspondant à une combinaison définie (le dépôt de cette combinaison ne modifie pas alors la composition du liquide restant) et celui où cette composition correspond à un point anguleux de la courbe de fusibilité, c’est-à-dire à un alliage eutectique ; dans ce cas il se dépose simultanément les deux métaux correspondant aux branches qui se coupent et la composition du bain liquide reste encore constante.
- Quant aux mélanges isomorphes, ils se solidifient tantôt à température constante, tantôt à température progressivement décroissante.
- Enfin si la structure cristalline des alliages apparaît le plus souvent sur la cassure ou bien si elle est facile à mettre en évidence par le polissage suivi d’une attaque par des réactifs appropriés, il n’en est plus de môme dans le cas des
- alliages eutectiques ou des alliages isomorphes. Les cristaux de ces alliages sont d’une ténuité extrême et ils donnent à la cassure un aspect tout particulier qui la fait ressembler à celle d’une masse vitreuse.
- ANNEXE
- Pour compléter ce mémoire, nous résumons ci-dessous les recherches qui ont été faites précédemment sur la fusibilité des alliages métalliques en donnant les courbes de fusibilité déduites des valeurs numériques fournies par l’expérience. Dans ces courbes les ordonnées représentent les températures et les abscisses la proportion en centièmes du moins fusible des deux mé-
- Fig. 9. — Courbes de fusibilité des alliages taux contenus dans l’alliage. Ces courbes zinc-cuivre et argent-or. _ °
- sont d’ailleurs peu nombreuses ; on en connaît huit. Six d’entre elles ont déjà été données plus haut (lig. 1 et 2), les deux autres (lig. 9) sont les courbes de fusibilité des alliages argent-or et zinc-cuivre.
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- \RTS MÉCANIQUES
- Roues et turrines a vapeur, par M. K. Sosnowski, ingénieur civil,
- [Suite.) (1)
- P vache, 1864. — Pour arriver à Pulilisation complète de la force vive du fluide moteur, Prache emploie les ajutages d’écoulement coniques MV (fig. 115) qui doivent
- Fig. 115. — Moteur à réaction Prache (1864). Élévation.
- réduire la vitesse de sortie du fluide à celle qu’on peut pratiquement donner au turbines.
- Appé, 1865. — Les divers organes qui composent la roue à vapeur et ses accessoires (fig. 116 et 117) sont :
- La roue proprement dite R, montée sur un arbre horizontal A, et dont la jante est bombée comme celle d’une poulie;
- Quatre boîtes glissières B, pratiquées dans la jante de la roue et destinées à recevoir les quatre palettes radiales T ;
- Deux tiges T, reliant les palettes deux à deux et passant sans frottement à travers le moyeu et l’arbre A;
- Quatre galets G, montés sur les tiges T et se mouvant sur la came E;
- Une came excentrique E, fixe autour de l’arbre A, sans contact avec lui.
- La vapeur étant introduite par l’une des extrémités du cylindre circulaire D G, dont le fond est constitué par la jante même de la roue R, agit sur les palettes de la même façon que l’eau sur les aubes d’une roue hydraulique, imprime à la roue le mouvement continu de rotation autour de son axe, et sort par l’extrémité opposée du cylindre, qui remplace le coursier de la roue hydraulique; mais comme ce cylindre forme avec la jante de la roue une capacité hermétiquement close, les palettes ne
- (1) Voii* Bulletin de septembre 1896.
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- ARTS MÉCANIQUES. ---- OCTOBRE 1896.
- peuvent venir y recevoir l’action de la vapeur qu’au moyen d’un mécanisme particulier E G, qui leur permet de s’introduire dans ce cylindre et d’en sortir tour à tour.
- Fig. 116 et 117. — Roue à vapeur Appé (1865). Coupe transversale. Vue latérale.
- Fig. 118. — Moteur à réaction iSewton (1868). Coupe.
- E. Newton, 1868. — Un tambour muni (fîg. 118) de quatre bras creux F, montés sur l’arbre D et débouchant dans son creux b, tourne dans une boîte B. Les épanouissements kz' partagent, avec les distributeurs, l’espace annulaire Een plusieurs compartiments et jouent le rôle des pistons.
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- ROUES ET TURBINES A VAPEUR.
- 1321
- En 1868, O. de Lacolonge présente à l’Académie des Sciences une « note relative à une roue à réaction à vapeur ».
- Farcot, 1868. — Si, dans le tube droit a (fig. 119), ou à l’origine de chacun des rayons creux w(fig. 120 et 121) on envoie un jet extrêmement court et instantané de vapeur, il y aura projection de l’air ou du fluide qui remplissait ces tubes avant le jet, et qui d’ailleurs peut être un liquide, si la roue y est supposée plongée comme l’in-
- Fig. 119. — Coupe d’un tube propulseur. Fig. 120 et 121. — Schémas d’un moteur à réaction.
- dique la fig. 122. Pendant cette projection, la réaction motrice s’exerce en sens inverse sur la roue ou sur le tube à propulser (fig. 119).
- Après la projection, le fluide ambiant, chassé violemment, pourra revenir, et si,
- Fig. 122. Moteur à Fig. 123. —Moteur Farcot (1868). Fig. 124. — Moteur Farcot. Coupe réaction fonctionnant dans Coupe d’un tube propulseur. longitudinale de l’appareil distributeur, un liquide.
- comme on peut 1 admettre, il s’est formé un vide partiel dans les tubes qu’il occupait, il y rentrera violemment, en effectuant une impulsion dans le même sens que la réaction du jet primitif. On pourrait ainsi constituer un moteur à jets intermittents;
- Fig. 125, 126 et 127. — Moteur Farcot. Coupe transversale et longitudinale.
- mais il est à craindre que, précisément en raison du vide relatif produit, la pression de l’atmosphère ne neutralise au moins en partie l’effet moteur, et il est]probable
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- ARTS MÉCANIQUES. — OCTOBRE 1896.
- que, par l’effet même des vibrations et des changements brusques de mouvements du fluide, son travail utile serait bien affaibli.
- Il paraît donc nécessaire, pour obtenir l’utilisation du jet intermittent, de donner un point d’appui à la réaction qu’il doit exercer sur le fond du tube récepteur. Voici comment l’inventeur croit pouvoir obtenir ce résultat.
- Si, à l’origine du tube a (fig. 123), l’on produit un jet intermittent très court et instantané, et si l’on a ménagé, à cette même origine, des soupapes ou clapets an, s’ouvrant de dehors en dedans et communiquant avec le milieu ambiant, les choses se passeront d’une manière différente.
- En effet, le jet instantané et très court, procédant comme une petite explosion, réagira sur l’air ou sur le fluide renfermé dans le tube, et qui, par son inertie, lui oppose un obstacle.
- Cet effet d’inertie sera naturellement d’autant plus grand que le tube sera plus long et que la densité du fluide ambiant introduit après le jet par les clapets aa sera plus grande. La vapeur ou le gaz moteur introduit par le jet se détendra en propulsant l’air ou le fluide à projeter et réagira en même temps comme moteur contre le fond du tube avec une pression décroissante; les clapets a restent fermés tant que la pression intérieure y sera plus grande que la pression extérieure.
- Ces soupapes a s’ouvriront dès que la résultante des pressions exercées sur eux sera dans le sens de l’entrée du fluide ambiant, qui, se précipitant dans le tube, le remplira directement, sans qu’il puisse s’y établir un vide relatif sensiblement nuisible à la réaction.
- Le tube étant rempli de nouveau, un second jet viendra s’y produire et agira comme le premier.
- On réalise ainsi une série de réactions de même ordre intermittentes et instantanées, à pleine pression et à détente, qui propulseront le tube en sens inverse de l’écoulement des gaz.
- Les figures 124 et 127 représentent diverses dispositions et variantes d’un tube de propulsion droite.
- Les figures 124 et 125 montrent la disposition de l’appareil distributeur produisant la suite des jets intermittents et instantanés, Ces jets s’échappent par un orifice annulaire que ferme une lame élastique b, ouverte instantanément et par intermittence, au moyen des cames c, dont l’arbre f est mis en mouvement au moyen d’une petite roue à réaction sans détente d, qui dépense très peu de travail, mêlant sa vapeur d’échappement à celle qui alimente les jets et l’utilisant ainsi sans perte de puissance.
- a est le clapet introducteur du fluide ambiant.
- La fig. 126 représente une variante du premier dispositif.
- La fig. 127 représente un tube droit, avec orifices multiples étagés pour les clapets d’air et les jets de vapeur.
- I est la tubulure qui alimente la roue d.
- La distribution peut être manœuvrée soit par la roue spéciale d, soit par tout autre organe commandant les cames c.
- II est évident que le fluide sortant par l’orifice final des tubes aura subi des remous et des pertes de charge ; il ne conservera relativement qu’une faible vitesse, et ne serait guère propre à alimenter un moteur à réaction; mais il ne faut pas perdre de vue, dit l’inventeur, que le but de l’appareil à réaliser est surtout d’utiliser, dans le sens opposé à l’écoulement, la réaction initiale sur le fond du tube, et que l’emploi de l’air
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- ROUES ET TURBINES A VAPEUR.
- 1323
- ambiant n’a pour but que de fournir un point d’appui dont l’efficacité serait parfaite si l’on pouvait faire sortir de la section finale du tube la masse fluide totale avec une vitesse à peu près égale à celle môme de la translation du tube.
- Ilannsen, 1870. — Cet appareil consiste en une série de roues à aubes distributrices et réceptrices placées horizontalement sur un arbre vertical (fig. 128 et 129).
- Fig. 128 et 129. — Turbine à vapeur Hannsen (1870). Coupe verticale et plan.
- La vapeur arrive par en bas et, après avoir produit son effet successivement sur loutes les roues, s’échappe comme l’indique la flèche.
- Edwards, 1876. — L’arbre / porte une série de turbines i, comprises dans les compartiments séparés, de volumes croissants du côté de l’échappement (fig. 130 et 131).
- L’ensemble est maintenu par des plaques d d', et serré par des boulons e.
- La vapeur entre par la conduite /<, pénètre dans le premier compartiment, d’où, par les aubes distributrices w, elle est dirigée sur les aubes réceptrices i; après avoir produit son effet, elle passe dans le second compartiment, suit le même chemin que précédemment, passe dans le troisième compartiment, et ainsi de suite.
- Dans la première série des turbines, la vapeur est dirigée en un flux centrifuge sur les aubes de celles-ci; dans les dernières, tout à fait à gauche de la figure 131, elle est dirigée en un flux centripète.
- Cette disposition permet d’utiliser mieux toute l’énergie de la vapeur, qui a une vitesse beaucoup moins grande près de la sortie qu’à l’arrivée. En effet, ces dernières turbines, tout en faisant le même nombre de tours que les autres, ont une vitesse circonférentielle beaucoup moindre.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- OCTOBRE
- 1896.
- Comme la vapeur se détend de plus en plus, les derniers compartiments sont de volume de plus en plus grand.
- Fig. 130. — Turbine à vapeur Edwards (1876). Coupe transversale.
- Fig. 131. — Turbine à vapeur Edwards, Coupe longitudinale.
- Melville Clark, 1876. — La turbine se compose des bras B, disposés radialement et
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- ROUES ET TURBINES A VAPEUR.
- 1325
- recourbés à angle droit vers la périphérie (tig. 132). Elle est montée sur l’arbre A et enfermée dans la boîte E.
- La vapeur, amenée par l’ajutage F, frappe les bras qui se trouvent en face du jet,
- Fi". 132. — Turbine à vapeur Clark (1876). Élévation et coupe transversale.
- //n7JïïjjiT.7T770///!Ciiiimmmnm,.
- \\\- V v.\\\ X \
- Fig. 133. — Roue à vapeur Smith (1877). Coupe transversale.
- en leur communiquant une impulsion; elle se répand ensuite dans les autres bras et agit par réaction, pour s’échapper par la conduite G.
- Ce sont donc deux actions simultanées, impulsion et réaction, qui caractérisent ce système.
- James Smith, 1877. — La figure 133 représente une roue à vapeur à cinq bras A, A', A". Tome I. — 93° année. 5° série. — Octobre 1896. 86
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- ARTS MÉCANIQUES.
- OCTOBRE 1890.
- ig. 134 et 133. — Dynamomètre hydraulique Fronde (18771. Coupe longitudinale et transversale.
- Fig. 13G. — Dynamomètre Fronde. Coii])e diamétrale fa (fig. 133). Fig. 137. —Dynamomètre Fronde.
- Détails des diaphragmes.
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- ROUES ET TURBINES A VAPEUR.
- 1327
- La vapeur admise en WO s’échappe par Y. L’étanchéité des compartiments est obtenue à l’aide des lames élastiques p.
- Froude, 1877. — L’appareil est composé de deux parties, l’une extérieure fixe,
- ° ^ o*
- Fig. 138 et 139. — Moteur à réaction Brydges (1878). Coupe transversale et élévation.
- Fig. 140, 141 et 142. — Roue à vapeur Lumley (1878). Coupes A B et DC.
- l’autre intérieure mobile, calée sur l’arbre a (fig. 134 à 136). La partie intérieure présente, de chaque côté, une cavité semi-elliptique d, en face d’une cavité analogue d'réservée sur la partie extérieure. Ces cavités sont coupées par une série de diaphragmes, comme l’indique la figure 137.
- Un fluide lancé sur les diaphragmes de la turbine lui communique son mouvement,
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- glisse le long de ces diaphragmes et de celles de la partie fixe ensuite, pour revenir à la turbine, et ainsi de suite, en suivant un mouvement tourbillonnaire.
- Nous citons cet appareil, bien qu’il ne fût pas destiné par son auteur à l’utilisation de l’énergie des fluides sous pression, uniquement parce qu’il a servi de type à certaines turbines créées plus tard.
- Brydges,i818.— Dans cette machine, les bras creux h, d’une forme particulière, sont fermés à la périphérie par des clapets c, dans lesquels on laisse seulement des petites ouvertures d. La vapeur agit par réaction dans l’intérieur des bras et par choc sur les appendices relevés e des clapets (fig. 138 et 139).
- Lumley, 1878. — Sur l’arbre A, se trouve fixée une double roue B, divisée en plusieurs compartiments C par des cloisons (fig. 140 à 142).
- La vapeur qui arrive par le tuyau D est distribuée par les cellules d dans les compartiments avec lesquels elles communiquent et qui, par la rotation même de la roue, communiquent successivement ensuite avec les cellules d’évacuation e et le tuyau d’échappement E.
- Le côté droit des figures 141 et 142 représente un appareil double symétrique à changement de marche.
- En 1879, Delaurier communique à l’Académie des sciences un mémoire sur sa roue à vapeur.
- N-J. Raffard, 1878. — En 1878, M. Raffard décrit, dans le Bulletin technologique des Arts et Métiers, une turbine de son invention, à action combinée de vapeur et d’un métal liquide à 90° centigrades.
- Gauckler, 1879. — Si la vitesse d’écoulement de la vapeur, même sous une très faible pression, est trop grande pour qu’elle puisse servir à actionner directement un moteur, il n’en est pas de même quand on prend pour intermédiaire un gaz ou un liquide.
- La machine de Gauckler est basée sur ce principe.
- Elle se compose (fig. 143) d’un tambour tronconique terminé par deux bases planes circulaires, dont la plus petite peut porter une demi-sphère. La surface de ce tambour porte, en creux, un ou plusieurs canaux hélicoïdaux, dont les rainures débouchent à la circonférence de la grande base et se terminent le plus près possible du pôle de la demi-sphère. L’arbre moteur passe dans l’axe du tambour. La distance entre le tambour et son enveloppe est d’environ un cinquantième de millimètre, ce qui donne un joint étanche.
- Supposons Taxe horizontal. La grande base du tambour débouchera dans un récipient clos attenant à l’enveloppe. Ce récipient contiendra de l’eau jusqu’à une certaine hauteur, de façon à immerger un segment de cette base et, en tout cas, suffisante pour couvrir complètement l’orifice d’entrée du canal hélicoïdal; l’orifice opposé débouchera dans un autre réservoir clos, à gauche de la figure 143.
- Supposons les deux récipients mis en communication, à leur partie inférieure, par une pompe foulante qui injectera l’eau du récipient de gauche dans celui de droite,
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- ROUES ET TURBINES A VAPEUR.
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- et, à leur partie supérieure, par une conduite renfermant un éjecteur Giffard tendant à faire le vide dans le récipient de gauche et à comprimer l’air dans celui de droite.
- Aussitôt que s’ouvrira le robinet qui permet l’accès de la vapeur, elle s’élancera avec une grande vitesse dans le récipient de droite et y refoulera l’air qu’elle aura aspiré dans l’autre.
- Entre les deux récipients, il se produira une différence de pression. L’eau s’engagera dans les rainures, à mesureque leurs orifices s’immergeront,avec la vitessedueà cette pression, et sa réaction fera tourner le tambour. En tournant, ce dernier fera successivement émerger les orifices, et l’air mélangé de vapeur s’engagera à son tour dans les rainures, en poussant devant lui les pistons d’eau qui en obstruent le passage. Après une révolution complète, chaque orifice se retrouvera à son point de départ; un nouveau piston d’eau s’engagera dans les rainures, suivi d’une nouvelle tranche de gaz.
- Aussi longtemps que cette tranche est en communication avec le récipient de droite
- Fig. 143. — Moteur Gauckler (1879). Coupe longitudinale.
- elle estsoumise à «nepression constante. Mais, dèsqu’elle en est séparée par un second piston, le gaz se détendàmesure que la pression diminue devantlui, et il arrive àl’orifice d’issue avec une pression à peu près égale à celle qui existe dans le récipient de gauche.
- Pendant le parcours, par suite de sa dilatation, l’air s’est refroidi et a emprunté du calorique aux pistons liquides qui l’enserrent et à la vapeur d’eau qu’il contient; une partie même de l’eau des pistons peut se vaporiser dans certains cas. Une très grande partie de la chaleur est donc transformée en force motrice.
- La vitesse du piston liquide à l’orifice d’entrée sera celle que prendrait l’eau en tombant d’une hauteur due à la pression du petit récipient. En supposant au tambour une vitesse tangentielle moitié moindre, comme c’est le cas dans les roueshydrauliques analogues, on pourra toujours donner, à la grande base du tronc de cône, une circonférence telle que la vitesse de rotation ne soit pas supérieure à celles qui sont usitées dans l’industrie. La vitesse de sortie, qui a lieu presque tangentiellement à une circonférence dont le rayon est beaucoup moindre que celui de la grande base sera réduite dans le rapport des deux rayons.
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- Fig. 145,146 et 147. — Turbine à vapeur Cutler. Détails des aubes directrices et réceptrices.
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- ROUES ET TURBINES A VAPEUR.
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- Si le rapport de ces rayons est un dixième, la vitesse de sortie ne sera que le dixième de la vitesse d’entrée et la perte du travail disponible qui en résultera ne sera que la centième partie. Il y aura donc de ce chef une perte insignifiante. On augmentera d’ailleurs la dimension des rainures à partir du point où commence la détente, de façon qu’elle se puisse opérer complètement : la pression sur les parois du canal diminuera, mais la surface actionnée augmentera dans le môme rapport. Les pistons liquides serviront à lubrifier la machine et, la force centrifuge aidant, les fuites de gaz deviendront insignifiantes.
- Cutler, 1879. — Sur l’arbre b, se trouve fixé un disque a {fig. 144 à 147). Ce disque, sur l’une ou sur les deux faces, est partagé en compartiments concentriques c; ces compartiments alternent avec une autre série de compartiments d, faisant partie de l’enveloppe e.
- La vapeur peut suivre la direction centrifuge ou centripète.
- Dans l’appareil tel qu’il est représenté sur la fig. 144, elle se dirige du centre à la périphérie.
- Les espaces annulaires c portent les aubes réceptrices {fig. 145), les espaces annulaires d, les aubes distributrices {fig. 146).
- Leverkus, 1881. — Leverkus étudia la meilleure forme à donner aux palettes des
- Fi<j. 148, 149 et 150. — Turbine Lnver/cus (1881). Élévation et coupes.
- turbines pour obtenir le plus grand rendement sans avoir besoin de recourir aux grandes vitesses des turbines.
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-
- JO
- WÆmmm
- A
- Fig. 151 à 154. — Turbine à vapeur Imrcuj (1881). Élévation, coupe. Coupe diamétrale et détails des aubes cl.
- «
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- La fig. 148 représente sa turbine murale horizontale.
- Deux autres figures (149 et 150) représentent une turbine verticale.
- John Imray, 1881. — L’appareil consiste on une boite fixe E D et une partie mobile A, calée sur l’arbre B {fig. 151 à 154).
- Lajante du disque A est évasée ainsi que l’enveloppe 1) et le canal de section elliptique ainsi formé est coupé de distance en distance par des ailettes a et d.
- La vapeur admise en F est dirigée par l’ajutage conique convergent e dans la première case du disque A. Elle glisse le long de ses parois, comme l’indique la fig. 154, en communiquant une impulsion à ce disque. De la première case du disque mobile, elle revient à la case opposée de l’enveloppe D, pour passer à nouveau dans la case suivante du disque, et ainsi de suite, tille passe ainsi d’un compartiment à l’autre jusqu’à l’échappement (4, en communiquant une série d’impulsions successives au disque qui entraîne l’arbre.
- T/admission peut se faire simultanément de deux côtés opposés de la turbine, de façon à éviter les efforts unilatéraux sur les coussinets G.
- Cooper, 1882. — A représente la roue à vapeur montée sur l’arbre B {fig. 155 à 157). Le disque A porte des entailles C, pour recevoir le jet de vapeur venant par le tuyau D. La turbine est enfermée dans une boite I J. Sur une partie de cette boite, à sa surface interne, se trouve appliquée une plaque E, dont les bords sont fixés dans
- les rainures F F et qui est maintenue sur place par des vis HH. L’étanchéité est ainsi parfaitement garantie. L’échappement de vapeur se fait parle tuyau K. L’eau condensée est évacuée par le conduit L.
- De Laval. — En 1888, de Laval crée sa première turbine ou, plus exactement, un moteur à réaction.
- Entre deux disques i i {fig. 158 à l(i()) se trouvent maintenus deux tubes semi-circulaires a et b. Le tout est compris dans une boite R.
- Un ajutage f {fig. 158 et 159) amène la vapeur; g est le tuyau d’échappement.
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- L’arbre de la turbine n porte un cône à friction c, qui transmet le mouvement, à l’aide de la roue <1, à l’arbre principal m, portant la poulie v.
- Ce moteur à réaction a été appliqué par de Laval à son ingénieux séparateur connu sous le nom d’écrémeuse automotrice.
- /r ; pj
- ’ ! il ©
- Fig. 158 et 139. — Moteur à réaction de Laval (1883). Élévation et plan. Coupe diamétrale.
- Parsons, 1884. —En 1884, Parsons réalise son Turbogënërâleur électrique (fig. 161), dont le moteur était une turbine du type Jonval à circulation parallèle à l’axe de rotation. A gauche, au-dessous du manomètre, se trouve la machine à vapeur accouplée directement à la dynamo, par une simple douille à section carrée.
- Dans ce modèle, toutes les turbines sont du meme diamètre et l’expansion de la vapeur est utilisée en variant la profondeur et le pas des ailettes.
- Sa turbine compound consiste en deux séries de turbines juxtaposées sur un môme arbre de sorte que chaque turbine reçoit la vapeur de la précédente et la passe à la suivante.
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- La vapeur se détend à mesure qu’elle perd de la pression au passage de chaque turbine; et, par degrés successifs, les turbines ou leurs passages libres augmentent de dimensions, proportionnellement à l’accroissement du volume de la vapeur.
- Fig. 160. —Moteur à réaction de Lav&l. Vue latérale. Coupe xx, fig, 159.
- Les turbines sont constituées par des couronnes d’ailettes alternativement tournantes et fixes.
- Les ailettes tournantes sont taillées avec inclinaison à droite et à gauche sur la
- Fig. 161. — Turbogénêrateur électrique Parsons (1884). Vue en perspective
- partie extérieure d’une série des disques en bronze serrés et fixés par des clavettes sur l’arbre moteur; les disques extrêmes forment écrous vissés sur l’arbre et serrent
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- les autres entre eux. Les ailettes directrices sont taillées avec inclinaison en sens opposé, sur la partie intérieure de rondelles en bronze d’un diamètre plus grand, coupées par moitié et fixées dans la jante.
- Dumoulin, 1884. — La partie iixe de celte turbine à double réaction et à détente absolue, comme l’appelle son auteur, se compose d’un tourteau central en bronze distributeur du iluide moteur A A'A7', assujetti à un support GG'. Le lluide lui est
- il i
- Fig. 162 et 163. — Turbine à vapeur Dumoulin (1884). Coupe longitudinale et transversale.
- transmis de la tubulure T, munie d’un robinet régulateur, par la boîte d’admission M M', la lumière m ni et l’espace annulaire D D'.
- Dans l’épaisseur de ce tourteau, à droite et à gauche de son disque ou moyeu central en bronze A A et sur chacune de ses faces internes, sont ménagées quatre séries identiques de huit canaux ou ajutages adducteurs a b c de f g h, sur la face droite, et huit abducteurs sur sa face gauche : a' b' c' d'e' f g' h' (fîg. 164 et 165).
- Chacun de ces canaux adducteurs sont respectivement en communication, par
- o! b' c' d' e' f' g'
- leur base la plus rapprochée du centre de l’appareil : --;------ — avec la base
- b c d e f g h
- du canal abducteur précédent, sauf le premier adducteur a a" et le dernier abducteur h' h" de chaque série, dont les bases communiquent : celle du premier adducteur a a" avec la capacité annulaire de droite D D', recevant la vapeur directe de la partie supérieure de la boîte cylindrique d’admission M M par la lumière m m, et celle du second, soit : du dernier abducteur h' h" avec l’espace annulaire de gauche E E' donnant lui-mème accès à la vapeur d’échappement, dans l’atmosphère, ou dans
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- ROUES ET TURBINES A VAPEUR.
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- un condenseur par la lumière n n et la partie inférieure de la même boîte M' M', cette boîte étant divisée parles cloisons P P' en deux compartiments annulaires semi-cylindriques indépendants.
- Les sections réduites des canaux adducteurs, à leurs extrémités a b c ... h, ainsi que celles des abducteurs a' b' c .. . h', débouchantù la périphérie du tourteau central, vont en augmentant, suivant une progression calculée d’après les lois de l’écoulement de la vapeur, telle que celle-ci perd successivement, dans son parcours de a en h', une fraction déterminée de sa pression primitive.
- La partie mobile constituant la turbine motrice proprement dite ou récepteur se
- Fig. 164 et 165. — Turbine à vapeur Dumoulin. Vue des organes distributeurs et récepteurs.
- compose d’une roue en fonte BB, calée sur un arbre moteur O; elle est munie, à sa circonférence, d’une couronne réceptrice en bronze B'B', également emboîtée sur le tourteau distributeur déjà décrit en l’enveloppant exactement et ne laissant entre la circonférence extérieure de ce tourteau et celle intérieure de la couronne que le plus faible jeu possible.
- Cette couronne réceptrice B'B' est munie, comme le tourteau distributeur, sur tout son pourtour, de canaux ou ajutages récepteurs u v u v...u v (fig. 162, 164 et 165) en forme d’U, suivant leur direction radiale, dont les branches droites uu, légèrement évasées sur leurs côtés latéraux à leur embouchure, coïncident exactement avec leurs adducteurs a b c...h. et leurs branches gauches v v, non évasées à leur sortie, avec les abducteurs ab'c'...h' également évasés à leur entrée, les mettant ainsi successivement et constamment en communication directe durant le mouvement de rotation de la couronne.
- On voit que les branches droites uu...u des canaux récepteurs de cette couronne, font l’office d’abducteurs par rapportaux adducteurs correspondants abc...h, et leurs
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- branches de gauche v v...v, celui d’adducteurs par rapport aux abducteurs fixes correspondants a'b'c'...h' du tourteau. Le fluide moteur produit ainsi une première impulsion motrice directe à son entrée dans les branches de droite uu...u et une deuxième par réaction égale et de môme sens, à sa sortie par les branches de gauche vv...v.
- On voit aussi que le fluide moteur venant de la capacité semi-annulaire DD',
- Section Transversafe des a^vcTcu-rs, JmvanT ;A-0J5
- Fig. 166 et 167. — Roue à réaction Dumoulin (1884).
- injecté par les premiers adducteurs a"ad'a des quatre séries de groupes, passe successivement et librement par les séries complètes suivant d'auv-----b u v,-— c u v.
- b c
- C ÔJ f( Qf
- - — du v.— — f u vJ-------a u -------h u v h'h" comme l’indiquent les llèehes dans
- a f g h
- les figures 162, 164 et 165, pour se rendre finalement dans la capacité annulaire de gauche EE', d’où il s’échappe librement dans l’atmosphère ou dans un condenseur par
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- la lumière nn, le compartiment semi-annulaire M'M' et la tubulure d’échappement T', après avoir imprimé à la turbine, dans le sens du mouvement de rotation, huit impulsions directes et huit réactions par chaque série, en se détendant graduellement jusqu’à la pression atmosphérique.
- En effet, cette vitesse relative diminue successivement, à chacune des huit émissions, d’une fraction égale au rapport de la vitesse circonférentielle jde la couronne
- • fe (?fes , actcfiicîêir,
- Fig. 168 et 169. — Roue à réaction Dumoulin.
- mobile à celle d’émission par chacun des huit groupes d’ajutages ; la vapeur s’échappe par conséquent finalement, par le dernier adducteur A, avec une vitesse relative égale à celle d’émission diminuée de la somme totale de ces huit fractions successives.
- Dumoulin, 1884.—La première disposition de Dumoulin dérive delà turbine hydraulique du typeFourneyron, c’est-à-dire formée d’un système de canaux adducteurs ou directrices fixes et d’une couronne mobile et pourvue d’aubes ou canaux abducteurs-
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- récepteurs, tandis que la seconde dérive du type Girard appelé roue à réaction, c’est-à-dire à évacuation circonférentielle libre, sans aubes mobiles ou canaux récepteurs, les adducteurs seuls formant la roue motrice elle-même (fig. 166 à 169).
- Il en résulte que la partie fixe ou tourteau central de la première disposition devient au contraire dans celle-ci la partie mobile, constituant également la roue motrice elle-même DD, en sorte que ladite couronne mobile supprimée est remplacée par une enveloppe fixe C'C', formant une série de compartiments étanches III dans lesquels se meuvent autant de roues motrices Dj...D8, travaillant sous des pressions graduellement décroissantes.
- Les canaux adducteurs abc...h, ainsi que les canaux abducteurs a' b' c'...h', au lieu d’être disposés à la suite, sur la circonférence d’un tourteau unique et dans un même plan vertical, comme précédemment, sont au contraire disposés ici à la suite les uns des autres suivant la longueur de l’axe de rotation O O, et forment autant de roues motrices D1D:2D;j...D8 entraînant simultanément ce même axe O O, avec lequel elles sont solidaires (fig. 166 et 168).
- Chacune de ces roues motrices D^.-Dg est formée de quatre adducteurs abc...h et de quatre abducteurs a'b'c...h'1 soit de quatre groupes communiquant entre eux par leurs extrémités circonférentielles, avec les compartiments étanches III, formés par les disques ou cloisons CC', qui enveloppent chaque roue, et dans lesquels débouchent leurs huit orifices, soit les quatre adducteurs et les quatre abducteurs correspondants.
- Les compartiments étanches 111, ainsi que les fonds BB' du cylindre extérieur, formant bâti AA', sont enveloppés, en outre, par la vapeur directe à la pression initiale circulant dans l’espace annulaire HHH, compris dans le cylindre extérieur AA' et entre les cloisons enveloppes CC'. Cette couche de vapeur directe a pour but de s’opposer à la condensation de la vapeur pendant sa détente successive, et même de la surchauffer en lui restituant continuellement les calories transformées en travail moteur.
- Les quatre abducteurs ab'c'...h' de chacune des 6 roues intermédiaires D:2D:!D/fD3D6D7 communiquent, vers leurs centres respectifs, par les conduits annulaires uv, uv, avec les quatre adducteurs bcdh de la roue suivante, tandis que les quatre adducteurs aa de la première roue Dj communiquent, par un semblable conduit annulaire v'v', avec les lumières mm, la chambre de distribution MM et la tubulure T, munie d’un robinet régulateur de l’admission.
- Enfin, les quatre adducteurs h'h' de la dernière roue D8 communiquent également par le conduit u'u' les lumières nn et la chambre M'M', avec la tubulure d’échappement T'.
- Les huit compartiments III ne devant communiquer de l’un à l'autre que par les conduits buvb'cuvc'...rjuvg', formés par l’abducteur de chaque roue et celui de la suivante, leur obturation vers le centre en C'C' est obtenue au moyen de trois anneaux pouvant être changés à volonté par suite de l’usure : l’un en acier a?a?,-fixé sur chacune des faces des moyeux des roues motrices, l’autre en bronze y y, formant joint de friction avec ce dernier et encastré librement dans des cannelures annulaires ménagées sur chaque face des cloisons fixes en C'C/; ces mêmes cannelures reçoivent également des anneaux en caoutchouc vulcanisé zz, formant ressort pour assurer le contact des deux premiers et servant en même temps de garnitures obturatrices.
- Le fluide moteur, suivant la direction des flèches, est admis dans la machine par le robinet régulateur fixé sur la tubulure T, pénètre dans la chambre de distribution
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- MM, d’où il se rend, par les lumières ra, m, d’une part dans la double enveloppe HHH, et, d’autre part, par le conduit annulaire u'u', dans les quatre conduits adducteurs de la première roue D, d’où il s’échappe dans le premier compartiment fixe II, en produisant une première réaction sur les quatre orifices adducteurs aa: de ce premier compartimentai passe dans le deuxième, par les quatre conduits abducteurs a' correspondants, en produisant une deuxième réaction de môme sens sur ses quatre orifices abducteurs a'a', pour se rendre parle conduit annulaire uvuv dans le troisième compartiment et ainsi de suite suivant cuve',duvd'...huvh'u', d’où il pénètre par les lumières uu dans la chambre M'M' pour sortir finalement par la tubulure T' communiquant elle-même avec l’atmosphcre ou un condenseur.
- O O O
- O O O
- O O O
- O O O
- Fig. 170. — Moteur à réaction Layresille (1885). Coupe transversale.
- Lagresille, 1885. — L’appareil est une roue à réaction. La vapeur est amenée dans une chambre centrale, d’où elle se répand dans plusieurs ajutages. La section de ces Tome I. — 95e année. oc série. — Octobre 1896. 87
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- ajutages grandit dans une proportion considérable à partir de l’admission w0 jusqu’à la sortie de la vapeur
- Pour augmenter l’effet de la réaction, on donne à ces conduites de vapeur la forme particulière indiquée sur la ligure 170. Pour mieux utiliser son énergie, la vapeur, en sortant des ajutages, peut être dirigée sur les aubes disposées à l’intérieur du tambour.
- Isaac Last, 1885. — [Jn ou plusieurs disques e (fig. 171 et 172) sont calés sur l’arbre c. Ces disques portent sur chaque l'ace une rangée de palettes v. Des couronnes
- vfr Y
- Fig. 171 et 172. — Turbine à vapeur Last (1887). Coupe longitudinale et transversales wx et yz.
- ainsi formées ont des diamètres différents, l’une étant extérieure à l’autre. Les palettes v sont placées en face des palettes g, fixées sur l’enveloppe cylindrique b. Celle-ci, par ses nervures intérieures, forme une série des compartiments séparés.
- La vapeur est dirigée tout d’abord, par les aubes fixes g de l’enveloppe b, sur les aubes mobiles v du disque e ; elle change ensuite de direction et se trouve lancée à nouveau, par les aubes distributrices g, sur les aubes réceptrices v du côté opposé du disque qui entraîne l’arbre.
- La figure 173 représente une double rangée des turbines. La vapeur est admise en l ; après avoir traversé la première série et subi une certaine détente, elle passe par le tuyau no et s’engage en une direction opposée dans une autre série de roues à aubes, où la détente continue à se produire graduellement. Les palettes sont disposées de
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- façon que ces deux actions s’ajoutent pour communiquer le même mouvement à l’arbre c, tout en évitant les pressions unilatérales de la vapeur sur les disques du demi-cylindre supérieur et inférieur de l’enveloppe à l’aide de clavettes.
- Fig. 178. — Turbine à vapeur LaM. Coupe longitudinale d’une machine compound.
- La série d’ailettes de chaque disque mobile tourne entre deux disques d’ailettes fixes. Les passages entre les ailettes dans les disques successifs forment, lorsque la machine est au repos, une série longitudinale de canaux en zigzag.
- Fig. 174 et 175. — Turbine à vapeur Last.
- Brunner, 1886. — La boîte de la turbine se compose de deux pièces et se termine du côté longitudinal par un moyeu b destiné à servir de palier à l’axe (fig. 176). Du côté opposé se trouvent l’accumulateur A et l’autre palier b'2. Dans la partie supérieur de l’accumulateur est pratiqué l’orifice c pour l’entrée de la vapeur.
- La turbine B est fixé sur l’axe d, dont les extrémités sont portées par des coussinets coniques. En serrant les vis e de temps en temps, on peut neutraliser l’usure des parties frottantes. Sur un des côtés de l’axe d, est fixée la poulie S ; à l’autre côté, peut être fixé le mouvement du régulateur. Lorsque la vapeur entre par l’ouverture c dans le réservoir A et, de là, dans la turbine, celle-ci, par suite de la réaction de la vapeur
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- qui passe a travers ses aubes, se met en mouvement. L’admission de la vapeur motrice dans la turbine peut être complète ou partielle, c’est-à-dire que l’on peut en disposer les aubes sur toute ou une partie seulement de la circonférence de la roue.
- Howdeneï Hunl, 1889. — Les roues motrices sont contenues dans une boîte A,
- Fig. 176. — Turbine à vapeur Brunner (1886). Coupe longitudinale.
- partagée en trois compartiments Bt, B2 et B:J par les cloisons A, et A2 (fig. 177 et 178).
- G
- Fig. 177 et 178. — Roue à réaction Howden al Hunl (1889). Coupes longitudinale et transversale.
- Ces roues sont composées des disques D, D2D,, calés sur l’arbre Cet des plateaux E,E2 et E3, avec lesquels ils sont boulonnés. Entre ces deux disques sont fixés les bras J, J.
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- ROUES ET TURBINES A VAPEUR.
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- La vapeur, admise par K, pénètre dans l’intérieur de la première roue, et, en s’échappant par J, J lui communique un mouvement de rotation. Des premiers compartiments B4 elle passe, par les ouvertures L, dans la seconde roue ; du second com-
- ''-j'-'V-' -’-jg
- Fig. 179. — Roue à réaction Howden et Hunt. Coupe verticale d’une roue horizontale.
- partiment B.,, parles ouvertures Ln dans la troisième roue, et, de ce troisième compartiment, par l’ouverture L2, s’échappe à l’air libre et au condenseur.
- Fig. 180. — Roue à réaction Howden et Hunt. Plan.
- Les ligures 179 et 180 représentent une roue horizontale basée sur les mêmes données.
- La roue est partagée par les quatre bras A, en quatre compartiments Bn B2, B3 etBt. Suivant leur position la vapeur est admise, tantôt en B, B:), tantôt en B2 et B/„.
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- Farcot, 1889. —Dans une enveloppe conique a, (fig. 181) il est monté sur un arbre c une roue b à cannelures hélicoïdales, dans laquelle le fluide moteur arrive du côté du grand diamètre de la base môme du cône. Ces cannelures à grandes sections initiales diminuent successivement à mesure que l’on avance vers le sommet du cône. Avant d’arriver sur le petit cercle, chaque cannelure se plie sur elle-même de manière à
- \y
- Fig. 181 à 183.— Moteur à réaction Farcot (1889). — Coupes cc xx; détails de l’échappement.
- constituer pour l’écoulement du fluide un orifice final de sortie de très faible section relativement à l’orifice d’entrée et qui est dirigée en sens inverse de la rotation.
- X est la tubulure d’arrivée du fluide moteur.
- Y celle de la sortie.
- La puissance de la roue est due principalement à la grande variation de section des cannelures.
- Dans un conduit de section variable, dit l’inventeur, un fluide a d’autant moins de pression latérale qu’il a plus do vitesse, et réciproquement.
- En vertu de ce principe, la pression, dans chaque cannelure, sera, à l’entrée, celle du générateur; la vitesse d’écoulement étant relativement très faible, cette pression diminuera progressivement à mesure que, la section se rétrécissant, la vitesse augmentera.
- C’est cette pression du fluide qui, prenant un point d’appui sur l’enveloppe conique et agissant sur les flancs inclinés des cannelures hélicoïdales, fait tourner la roue.
- On obtient ainsi une roue motrice à pression considérable et en même temps à faible dépense de vapeur, la grande vitesse d’écoulement à l’échappement n’ayant lieu qu’à la sortie extrême, et par orifices de section relativement très réduite.
- Cette vitesse sera d’ailleurs d’autant moindre que le fluide aura transmis à la roue, dans les cannelures, une plus grande somme de travail moteur.
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- HOUES ET TURIHNES A VAPEUR.
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- On voit ainsi que, la sortie s’effectuant par la petite base du cône, l’importance des fuites périphériques entre la roue et son enveloppe se trouvera réduite au minimum.
- Pour que le travail produit par la réaction de l’échappement soit maximum, il faut que le diamètre du cercle do sortie soit le plus grand possible, c’est ce qui est obtenu par l’addition, sur la roue b, à son extrémité (fig. 182 et i83) d’un disque ou tam-
- bour creux ff', formé de deux plateaux //', serrés l’un sur l’autre et entre-toisés à leur circonférence extrême par de petites aubes obliques curvilignes ou rectilignes S (fig. 183), au travers desquelles le fluide d’échappement s’écoule en produisant un travail utile de réaction d’autant plus grand que la pression et la vitesse d’échappement, le nombre de tours et le diamètre des disques ff', sont plus considérables.
- Le fluide moteur entre dans la roue b par la grande base du cône, en sort par la petite base en sens inverse de la rotation et de sa direction d’entrée primitive, comme on le voit dans la figure 182 ; il se trouve alors précipité dans le disque ou tambour ff, qui constitue ainsi une roue motrice auxiliaire à réaction distincte et complémentaire de la roue motrice principale à pression b.
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- L’appareil moteur ainsi réalisé peut être simple ou double par rapport à un axe de symétrie x y.
- i — C*
- Fig. 190, 191 et 192. — Roue à vapeur West (1889). Élévation, coupe horizontale et verticale xx.
- Hunt, 1889. —Dans ces appareils, le fluide, avant d’agir par réaction, agit par frottement. Après avoir produit son effet sur la partie hélicoïdale A (fig. 184) la vapeur
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- ROUES ET TURBINES A VAPEUR.
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- suit un chemin spiroïdal dans la roue B (fig. 185) et s’échappe par les orifices de réaction c.
- Cette roue peut être conduite comme l’indiquent les figures 186 et 187.
- Quant à la partie hélicoïdale, elle peut être disposée comme l’indique la figure 188 ou symétriquement de deux côtés do la tubulure d’arrivée de vapeur, comme l’indique la figure 189.
- West, 1889. — Le cône C, monté sur l’arbre c, porte sur sa surface une série de rainures hélicoïdales c2. Ce cône est enfermé dans une boîte A, où la vapeur pénètre par a, et, après avoir passé par des ouvertures à1 et produit son effet, s’échappe par a3 (figures 190 à 192).
- Allaire et Gautier, 1890. — La machine se compose (fig. 193 et 194) d’une série de
- Fig. 193 et 194. —Roue à vapeur Allaire et Gautier (1890). Coupe transversale xy et longitudinale wz.
- roues à aubes, A, A, A, calées sur un arbre BB, et tournant dans un cylindre de fonte CC, divisé en compartiments étanches par des cloisons DD. Les aubes EE sont placées entre ces cloisons et reçoivent le choc du fluide s’écoulant pan les orifices FF, qui mettent en communication un réservoir quelconque avec celui qui le suit immédiatement dans le sens de l’écoulement.
- Le fluide qui s’écoule en FF, après avoir frappé les faces des aubes dirigées suivant le rayon, se réfléchit sur les faces inclinées aa et se répand dans l’espace vide GG, d’où il s’écoule ensuite, par les orifices HH, dans le réservoir suivant. Des directrices II, venues de fonte avec les cloisons DD, empêchent le fluide qui s’échappe le long des faces aa de venir frapper les aubes opposées, ce qui produirait une action contraire au mouvement.
- La régulation de l’écoulement du fluide par les orifices FF, en fonction du travail à produire et de la vitesse, a lieu an moyen des valves JJ, actionnées par un régula-
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- ARTS MÉCANIQUES.
- OCTOBRE 1806.
- teur quelconque. Les variations de vitesse de ce régulateur sont transmises aux valves à l’aide d’un système de manivelles appropriées de façon que, le travail des résis-
- tances venant à augmenter et la vitesse de rotation de la machine tendant à diminuer, le régulateur fasse ouvrir proportionnellement les valves, ce qui augmente la surface exposée à l’impulsion et, par suite, la puissance du moteur
- en maintenant sa vitesse constante et uniforme.
- L’admission du fluide à une pression constante et déterminée a lieu dans le premier réservoir I par un tuyau double branché sur les deux orifices FF de ce réservoir.
- L’évacuation a lieu dans le dernier réservoir H par un double tuyau branché sur les orifices HH de ce réservoir et en communication soit avec l’atmosphère, soit avec le condenseur.
- Les cloisons D,D sont maintenues en place et dans leur écartement par une série de couronnes KK, bloquées et serrées par les fonds LL du cylindre GG. Le serrage de ces couronnes se fait en même temps que le serrage des roues AA, ce dernier s’opérant avant la pose des pièces M et M' au moyen des écrous M et N vissés sur l’arbre BB.
- tier. Coupc RS (fig. 193).
- Deprez, 1890. — Le but de Fauteur était de trouver un moyen de diminuer la vitesse d’écoulement, de la vapeur dans une proposition suffisante pour la rendre comparable à celle que l’on peut sans danger imprimer à une turbine.
- On peut considérer comme approximativement vrai que les vitesses d’écoulement
- èB
- Fig. 196. —Dispositif Depi'ez (1890) pour l’utilisation de vapeurs de certains hydrocarbures.
- de deux vapeurs sont proportionnelles aux racines carrées de leur chaleur de vaporisation. On trouve ainsi que la vitesse d’écoulement des vapeurs de certains hydrocarbures est, pour une même différence de pression en amont et en aval, trois fois plus petite que celle de la vapeur d’eau.
- Il résulte immédiatement de là qu’il y aurait un grand avantage, au point de vue du rendement économique, à employer les vapeurs des liquides tels que : éther, chloroforme, chlorure de carbone, essence de naphte, de préférence à la vapeur d’eau pour mettre en mouvement une turbine.
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- 1351
- Il serait dangereux, dans beaucoup de cas, d’évaporer des hydrocarbures dans une chaudière ordinaire, où les fuites pourraient avoir des conséquences très graves; aussi, la vaporisation des liquides en question doit se faire dans une chaudière spéciale ressemblant à un condenseur par surface, telle que A (fig. 196) dans laquelle l’extérieur des tubes est baigné par de la vapeur d’eau provenant d’une chaudière ordinaire, tandis que l’intérieur des memes tubes contient l’hydrocarbure destiné à produire la vapeur motrice. Après avoir traversé la turbine B, la vapeur de l’hydrocarbure traverse un condenseur par surface G, où elle reprend l’état liquide pour retourner ensuite, au moyen d’une pompe D, dans le générateur d’où elle est partie.
- Au lieu d’employer la vapeur d’un liquide dont la chaleur de vaporisation est aussi faible que possible, on peut, en appliquant le même principe, lancer dans la turbine un jet d’eau liquide à haute température. En effet, un jet d’eau liquide sortant d’une chaudière à une pression supérieure à celle de l’atmosphère se réduit partiellement en vapeur au moment où il arrive dans l’atmosphère; sa température s’abaisse à 100° et une partie de la chaleur qu’il contenait en sortant de la chaudière disparait en se transformant en force vive.
- Mais la quantité de chaleur, ainsi transformée en ce travail, est beaucoup plus petite que pour un jet de vapeur, parce que l’eau liquide sortant de la chaudière contient elle-même très peu de chaleur. Il en résulte que la vitesse finale du mélange d’eau et de vapeur est beaucoup plus petite que celle d’un jet composé exclusivement de vapeur à l’origine.
- Un jetentièrement liquideàsa sortie d’une chaudière où la température est del60°est animé, d’après Zeuner, d’une vitesse de 171 mètres par seconde, lorsque sa température est tombée à 100° par suite de la vaporisation d’une portion de l’eau qu’il contenait.
- La vitesse d’un jet de vapeur sortant de la même chaudière serait supérieure à 700 mètres; seulement, comme la dépense d’eau, en employant ces dispositifs, serait très considérable, il est nécessaire de recueillir le jet, à sa sortie de la turbine, dans une sorte de condenseur destiné à ramener à l’état d’eau liquide à 100° la petite quantité de vapeur produite.
- L’eau entièrement liquide est alors renvoyée à la chaudière avec une température initiale de 100°, de sorte qu’on n’a qu’à lui fournir la quantité de chaleur nécessaire pour la ramener à 160°; on pourrait même, avant de renvoyer à la chaudière ce mélange d’eau et de vapeur, le comprimer dans une pompe jusqu’à ce qu’il reprenne entièrement l’état liquide et la température de 160u. La pompe de compression employée à cet usage serait fixée à la chaudière même et mise en mouvement par un moteur spécial. Mais il faudrait, dans ce dernier cas, un tuyau pour amener le jet de liquide de la chaudière à la turbine et un second tuyau pour ramener à la meme chaudière le mélange d’eau et de vapeur à 100°.
- Voici encore un autre procédé pour résoudre le même problème :
- La vapeur d’eau sortant d’une chaudière à !200°, par exemple, traverse une première turbine pour s’écouler dans un réservoir, où sa pression est maintenue au moyen d’un régulateur de pression à la pression de la vapeur saturée à 175°.
- De ce premier réservoir, elle se rend à une deuxième turbine, montée sur le même axe que la première, et en sort pour se rendre dans un deuxième réservoir, où sa près-
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- ARTS MÉCANIQUES. ---- OCTOBRE 1896.
- sion est maintenue par un régulateur égale à celle qui correspond à la pression de vapeur saturée à 150°, et ainsi de suite.
- La vapeur traverse ensuite quatre turbines; à la sortie de chacune d’elles, elle éprouve une chute de température de 25°, et cette chute est maintenue constante, grâce aux réservoirs intermédiaires qui sont munis de régulateurs de pression. La vitesse de la vapeur, en traversant chaque turbine, est toujours faible, parce qu’elle a lieu entre deux réservoirs qui sont à une faible différence de température.
- Parsons, 1890. — Au lieu de faire circuler la vapeur parallèlement à l’axe, Parsons fait, dans ses turbines plus récentes, travailler la vapeur radialement, en la dirigeant en un flux centripète ou centrifuge.
- Le cylindre de la turbine centripète (fig. 197 à 199) est en deux parties B et C, boulonnées ensemble. L’arbre J' qui le traverse porte une série de roues mobiles de
- arhittnmrprhmrhrhrtirp
- Fig. 197 à 199. — Turbine centripète Parsons (1890). Élévation, coupe longitudinale et transversale.
- deux diamètres différents, afin que la détente se fasse en compound d’une série à l’autre. Toutes portent des ailettes rayonnantes F. Les couronnes directrices E sont fixées aux demi-cylindres B et G.
- Pour diminuer les fuites intérieures et forcer toute la vapeur à traverser les turbines, on ajuste avec précision les pièces tournantes, de manière à ne laisser que le jeu strictement nécessaire pour éviter le frottement,
- La vapeur arrive par la soupape réglable R dans l’espace G, s’épanouit sur l’écran E', traverse l’espace annulaire S et s’engage dans les distributeurs qui la dirigent, en un flux centripète, sur les aubes réceptrices.
- D’une turbine elle passe à l’autre en se détendant graduellement.
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- : -~i
- (© - -i- -
- Fig, 200 et 201. — Turbine centrifuge Parsons (1891). Élévation et coupe longitudinale.
- Fig. 202. — Turbine a vapeur Altham{ 1892). Coupe verticale partielle.
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- ARTS MÉCANIQUES. — OCTOBRE 1896.
- Parsons, 4 891. — Dans la turbine centrifuge (fig. 200 et 204), la vapeur est admise dans l’espace F. Les turbines B, calées sur l’arbre A, se touchent par les moyeux, dont le diamètre décroît progressivement du côté de l’échappement. La vapeur, après avoir
- Fig. 203. — Turbine à vapeur Alihcim. Coupe horizontale 2-2 (fig. 202).
- franchi successivement les différents cercles de directrices fixes de la première couronne C et des aubes du premier disque mobile B, passe du dernier cercle de B au premier cercle des directrices suivantes c, et ainsi de suite, en se détendant successivement de manière à s’échapper par)G dans l’atmosphère ou au condenseur sous une faiblejpression.
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- ROUES ET TURBINES A VAPEUR.
- 1355
- L’échappement G communique avec la face extérieure du piston E. Ce piston, garni de nervures circulaires emboîtées dans les rainures correspondantes de son cylindre P, est calculé de façon à presque équilibrer la poussée de la vapeur qui tend à écarter les disques B des couronnes C.
- Althnm, 1892 (fig. 202 à 207). — La turbine annulaire a embrasse une partie
- 4
- Fig. 204 à 206. — Turbine à vapeur Altham. Coupe transversale 3-3 (fig. 203) et détails des aubes.
- considérable de la turbine b, dont la périphérie est très rapprochée de celle de a fig. 204).
- Les aubes a de la turbine a s’ouvrent sur sa périphérie intérieure et celles b' de la turbine b sur sa périphérie extérieure. Les aubes ont la forme d'un U dans la direction de leur longueur (fig. 207) et celles de a alternent avec celles de b, de sorte que la vapeur entrant dans une des aubes b' passe ensuite dans une aube a, et ainsi de suite. Une rangée des aubes b' dépasse la roue a pour pouvoir recevoir la vapeur d’un
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- ARTS MÉCANIQUES.
- OCTOBRE 1896.
- ajutage. Les aubes des deux roues sont disposés tangentiollement (fig. 204). Celles de la roue a sont presque tangentes à la périphérie b et celles de b, sont tangentes à un cercle de cette roue.
- L’ajutage c fournissant de la vapeur se trouve en face des aubes b'.
- La vapeur sortant de l’ajutage c entre directement dans les aubes // à une extré-
- Fig. 207. —'Turbine à vapeur Altham. Coupe verticale 4-4 (fîg. 204).
- mité de la roue b, d’où elle passe, par les aubes a, dans la roue a; de là, elle revient dans b et, repassant par les aubes de la roue a, s’en va dans une chambre d, qui renferme le moteur, puis sort par un tube d’échappement d'.
- La vapeur agit par conséquent alternativement tantôt sur la roue a, tantôt sur la roue b, et actionne successivement diverses parties de ces roues.
- La condition principale, pour qu’il n’y ait pas de perte de vapeur, est que les deux roues tournent l’une dans l’autre presque sans jeu.
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- ROUES ET TURBINES A VAPEUR.
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- La roue a est fixée sur l’arbre e et la roue b sur l’arbre f. Ces arbres tournent dans les coussinets gg. Les roues neib étant mises en mouvement simultanément et dans des directions opposées, on s’arrange de façon à utiliser ces deux mouvements par un seul arbre h. A cet effet, deux pignons i i, placés aux extrémités extérieures de ces arbres et diamétralement opposés, engrennenl avec une roue dentée j, fixée sur l’arbre h (fig. 202 et 203).
- Les aubes sont simultanément réceptrices et distributrices, comme on peut s’en rendre compte.
- Edwards, 1892. — Cette turbine à vapeur se compose (fig. 208 et 209) d'un disque 30, mobile entre deux plateaux fixes 14 et 15, et entraînant l’arbre de couche par le
- Fig. 208 et, 209. — Turbine à vapeur Edirards 1892). Coupe longitudinale et détails des disques distributeur et récepteur.
- plateau 31. La vapeur, admise par 10, 11, 12 et 21 entre le disque mobile et les deux disques fixes, s’échappe par 33, après s’être détendue entre les aubes réceptrices et directrices du moteur.
- Le jeu entre le disque moteur et ses plateaux est d’environ 7/100 de millimètre, et on peut le régler avec précision au moyen de verniers 40 (fig. 209), tracés sur les plateaux 14 et 15.
- (.1 suivre.)
- Tome I.-- 95e année. 5° série.
- Octobre 1896.
- 88
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- ARTS CHIMIQUES
- LES BRIQUES DE PAVAGE AUX ÉTATS-UNIS
- Le pavage en briques est connu depuis longtemps. On en trouve d’anciennes applications au Japon et en Hollande, mais c’est aux Etats-Unis qu’il s’est de beaucoup le plus répandu, principalement depuis 1885. La première application, aux États-Unis, a été faite par la ville de Charleston, en 1870, et ce pavage s'est maintenu jusqu’à présent en bon état; ses briques, de densité "2,48, absorbent 4,5 p. 100 d’eau en 24 heures d’immersion, et elles ne se sont usées que de 13 millim. après 22 années de service. Plusieurs villes : Bloomington, Saint-Louis, etc., l’adoptèrent ensuite; mais ce n’est guère qu’en 1885 que commença à se développer en grand l’emploi, pour le pavage, des briques définitivement adoptées aujourd’hui et connues sous le nom de briques vitrifiées (vitrified paving bricks) : à Philadelphie en 1888, New-York, Chicago, Pittsburg, Saint Louis en 1895. Dans vingt-deux des principales villes des États-Unis, la superficie des rues se divise en 24 p. 100 d’asphalte, 32 p. 100 de macadam, 44 p. 100 pavés en briques; on en compte 175 fabriques, dont quelques-unes font jusqu’à 100 millions de briques par an.
- La vitrification des argiles dont sont faites ces briques commence entre 800 et 980°, suivant la nature des argiles; une surchauffe d'environ 250° au delà de ce point suffit pour compléter la vitrification, obtenir une brique très dure, rayant le quartz très tenace, pourvu que le refroidissement se fasse lentement, à cassure compacte, mais pas nécessairement vitreuse, absorbant 3 à 6 p. 100 d’eau7 beaucoup moins fragile que si on l’avait chauffée à une température plus élevée. La couleur de la brique varie à la fois avec la température de cuisson et la nature de l’argile employée, de sorte qu’elle ne peut donner d’indications utiles ou comparatives que pour une argile connue; dans tous les cas, la coloration doit être uniforme dans tout le corps de la brique : la cassure des briques doit être homogène, sans vides ni luminations, et leurs dimensions suffisamment égales pour ne pas nuire à la régularité du pavage.
- La dureté s’évalue à l’échelle de Mob, ordinairement employée en minéralogie; elle varie de 6,5 à 7, au degré de cette échelle, dont le n° I représente la dureté du talc et le n° 10 celle du diamant.
- La porosité doit s’évaluer en plongeant un morceau de la brique — préalablement séchée à 100° — dans de l’eau pendant 24 heures; le quotient de la différence du poids après et avant l’immersion par le poids avant l’immersion donne le coefficient d’absorption ou la porosité de la brique ; mais l’on n’obtient ainsi que des résultats comparables, et non pas la porosité absolue de la brique, parce que la brique n’est jamais saturée d’eau après 24 heures d’immersion. Ainsi que l’indique le tableau ci-dessous, cette saturation ne se réalise qu’au bout d’immersions de durées très variables et parfois très longues. D’ailleurs, la porosité, qui fournit une excellente base pour apprécier le degré de vitrification des briques, ne donne que des indications très vagues sur leur résistance au froid ou gélivité, car il suffit que la brique soit bien vitrifiée pour qu’elle puisse, quoique relativement poreuse, —jusqu’à 5 p. 100 d’absorption, — résister parfaitement à la gelée. Néanmoins,pour les meilleures briques, l’absorption varie de 0,75 à 5 p. 100, une absorption inférieure à 0, 5 p. 100 indiquant, en général, trop de fragilité.
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- LES BRIQUES DE PAVAGE AUX ÉTATS- UNIS. 1359
- MA 1!C UE DE L’ABSORPTION DES BRIQUES DE PAVAGE.
- Durée Argi île ordinaire Argile réfractaire Schiste pur Schiste et argile
- de l’immersion Charlestou Blooiningtou Saltlcr Mark Standard réfractaire St-Louis
- 10 heures 5.37 <*/„
- 20 — 24 — 4.40 /. . 4.33 »/0 5.48 3.35 "/„ 0.44 /„ 0.62 »/„
- 30 — 5.49
- 3 jours 5.54
- 6 — 4.00 4.83 5.90 3.82 0.75 1.03
- 12. — 5.00 5.25 6.16 4.24 0.82 1 .09
- 20* — 5.58 5.41 6.37 4.58 0.90 1.10
- 30 — 5.19 5.68 6.60 4.73 0.99 1.30
- 40* — 6.93 1.03 1.37
- 50 - 7.15
- 60 — 7.25
- SÉCHAGE A L’AIR LIBRE DES BRIQUES DU TABLEAU PRÉCÉDENT SATURÉES.
- Durée du séchage Humidité ou absorption
- Zéro 5.70 °( 5.68 -/• 7.25 °/0 4.73 1.03 »/• 1.37 7»
- 15 heures 1.75 1.20 1.73 0.34 0.04 0.52
- 24 — 1.43 0.87 1.32 0.14 0.38 0.49
- 30 — 1.22 0.60 0.74 0.05 0.33 0.42
- 48 — 0.90 0.38 0.03 0 0.21 0.37
- 6 jours 0.00 0 0 0 0.18 0.18
- 10 — 0 0 0 0 0.09 0.09
- Toutes choses égales, les briques les plus denses sont presque toujours les meilleures : cette densité diffère peu de celle des argiles dont les briques sont faites : elle varie de 1,95 à 2,50, avec une moyenne générale de 2,50, évaluée par la formule
- D = ^
- p-p
- p étant le poids de l’échantillon sec pesé dans l’air, p' et p" ses poids dans l’air et dans l’eau après immersion.
- Les essais de résistance à Vécrasement n’ont pas une grande portée pratique, parce que les plus mauvaises briques présentent néanmoins des résistances à l’écrasement très supérieures aux plus grandes charges qu’elles aient à subir; de plus, les résultats de l’essai varient considérablement selon que l’on écrase la brique en bout, à plat ou de champ, et avec la nature (dureté et dressage; de son appui, de sorte que la plupart des résultats publiés sont peu comparables. Ces résistances varient de 300 à 2000 kil. par centimètre carré et de 600 à 850 kil. pour les briques laites avec de l’argile impure; elle est, en général, bien supérieure à celle du granit.
- La résistance à la rupture est beaucoup plus intéressante que celle à l’écrasement, comme indice de ténacité ; elle varie de 140 à 220 kil. par centimètre carré de section, la rupture étant déterminée par une charge placée au milieu de la brique posée sur des supports écartés de 150 millim.
- La ténacité, qualité maîtresse pour l’endurance des briques, s’apprécie ordinairement en faisant tourner dans un tambour ou trummcl un certain nombre de briques
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- ARTS CHIMIQUES. ---- OCTOBRE 1896.
- avec des fragments de fer, de fonte et de quartz, et en notant la perte subie par chocs et abrasion au bout d’un certain temps.
- Ces essais, qui n’ont rien de rigoureux, donnent des résultats qui ne sont pas comparables. M. Orton a bien constaté, après de nombreuses expériences : l°que la perte au trummel est, pour une qualité donnée de briques, à peu près constante tant que les briques n’y occupent que 10 à 25 p. 100 du volume total du trummel ; 2° que l’abrasion est maxima pendant les dix premières minutes, principalement à cause des éclats, et qu’elle décroît progressivement jusqu’à la fin do l’essai, dont la durée ne dépasse guère une heure ; 3U que la longueur utile du trummel ne dépasse guère 250 millimètres; 4° que l’abrasion augmente beaucoup plus avec la vitesse de rotation qu’avec la durée de l’essai ; 5° qu’à partir d’un diamètre du trummel de 660 millimètres, l’abrasion reste à peu près indépendante de ce diamètre; mais que, pour des diamètres plus petits, elle diminue avec le diamètre. Il faut, dans cet essai, remplacer les morceaux de fonte par des morceaux de briques étalons ou types, et la meilleure matière, pour les trummels, paraît être le bois,qui ne donne lieu à aucun polissage; enfin le trummel doit être porté par des tourillons et non pas traversé par un axe sur lequel les briques viendraient frapper. D’après ces observations, M. Wheeler a proposé, dans le but d’uniformiser ces essais, l’emploi de trummels polygonaux en bois, de 760 millimètres de long sur 915 de diamètre, marchant à 20 ou 30 tours, avec des briques occupant le quart de leur volume : durée de l’essai, une à deux heures. M. Wheeler a, en outre, proposé, pour estimer la valeur comparative V des briques en fonction de leurs différentes qualités : ténacité, résistance, absorption, etc., laformuleempiriquesuivante :
- En mesures anglaises :
- V=5 (18—R) 4- 2 (7 —A) + -^-4-
- C 10
- 1000 + 3,25 —D
- 10
- 7,5 —H'
- En mesures françaises :
- Y = 5 (18 —R) + 2 (7 —A) + dans laquelle on désigne par :
- T C 10 10
- 15,4 + 70 + 3,25 —D + 7,5 — H
- R, la perte au trummel,en tantp. 100 du poids des briques essayées;
- A, l’absorption en tant p. 100;
- C, la résistance à l’écrasement en livres par pouce carré ou en kil. par cent, carre' ;
- T, le module de rupture en livres par pouce carré ou en kil. par centimètre carré, donné par la formule :
- 3 pj_
- 2 b h2’
- dans laquelle p est la charge de rupture en livres ou en kil. placée au milieu d’une brique de largeur b, d’épaisseur h, et posée sur des supports écartés de l.
- D, la densité ;
- H, la dureté d’après l’échelle de Moli.
- Pour une brique étalon choisie arbitrairement comme type, avec :
- R = 8 0/0 C = 10 000 livres ou 700 kil.
- A — 2 0/0 D = 2.25
- T = 2 200 livres ou loa kil. H = 6.5
- la formule ci-dessus donne V=100, de sorte qu’elle fournit, en somme, la valeur comparative des différentes briques en tant p. 100 de cette qualité type.
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- LES BRIQUES DE PAVAGE AUX ÉTATS-UNIS.
- 1361
- Cette formule de Wheeler remplacerait — bien qu’encore imparfaite — avec avantage les différentes formules analogues et sans liens entre elles actuellement employées aux Etats-Unis, mais elle n’est pas encore universellement adoptée.
- ESSAIS EXÉCUTÉS PAR LE PROFESSEUR JOHNSON POUR LA VILLE DE SAINT-LOUIS 1
- Résistance transrersale Résistance Essais au Trummel Absorption
- à la rupture. à l'écrasement Ilriquc. Granit. en 24 heures.
- TJ En kilogr. par centim. carré. Abrasion 0/0 Abrasion 0/0
- 03 S £ O £ ^ ç ai g o ^3 1 OU ^ ai
- Ô <1) a H c ~ i a S g O 3 S
- 0) U {-4 rÀ o" s * S ç 72 o‘ c-a S. 72 » w s CU Cu a v X w o* P
- O p
- Mack Brick O 137 714 12 ; b j 2.0 (g) 3.1
- New Cumberland V) à 210 à 840 12 à 15.10 à 2.6 4.2 cl 3.40
- Argile réfract. repressée 260 980 21.4 4.8 3.7
- Purington 200 12.30 4.82 0.91
- Galesburg F5 à 218 (?) 1175 1/2 à 14.30 à » 4 à 1.05
- (Illinois) 260 14.80 12.9 1.60
- Terra Col ta C° 70 945 11.20 0.36
- Galesbury 5 à 185 à 1360 1/2 à 19.78 » » 5.5 à 0.63
- 275 1680 31.60 1.16
- Wabash Clay C° 170 8 0.90
- Veedersbury 5 à 210 870 1/2 à 11.03 ii » 3.1 à 1.12
- (Indiana) 260 920 13.6 1.35
- Alton Paving Brick C° 130 600 16.13 >, 6.5 0.60
- Alton ;; à 179 à 880 1/2 à 22.50 à 0.88
- (Illinois) 215 1400 3 4.46 1.11
- S1 Louis Press Brick C° 130 850 12.57 0.20
- Glen Carbon 5 à 168 à 920 1/2 à 19.75 » » 5.5 à 0.33
- (Illinois) 218 1400 32 0.62
- Moberly Brick C" 180 680 13 3.4 1.47
- Moberly O à 210 à 1010 1/2 à 16.30 à 4.1 4 à 2.80
- Montaua 232 1290 2 4 5.6 3.51
- Gaffnev Brick Cu 180 1160 4.82 0.23
- Atchison 5 à 220 à 1400 1/2 26.67 à 3.6 7.4 à 0.35
- (Kansas) 310 2000 12.9 0.58
- St-Joseph Press Brick C° 160 390 7.50 2.1 0.89
- Saint-Joseph (i à 225 à 785 1/4 à 8.70 à 2.2 4 à 1.49
- (Montana) 315 890 10.4 2.3 1.88
- New Philadelphia 86 700 8.40 4.4 2.03
- (Kansas) G à 170 à 930 1 /2 à 15.30 à 5 3.1 cl 2.92
- 200 1285 28.50 6.1 3.81
- Ottumwa PressBrickC0 118 510 5 2
- Ottumwa 2 à, 150 à 600 1/2 à 14.50 à 2.3 4.2 3 . 3.4
- (lova) 170 690 23.40 2.8
- (1) Uriques toutes en argie schisteuse {shaln, sauf la brique Mack.
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- ARTS CHIMIQUES. ---- OCTOBRE 1896.
- Le tableau ci-contre donne d’ailleurs les résultats d’un certain nombre d’essais comparables parce qu’ils ont été exécutés de la même manière par un même observateur.
- On emploie, pour faire les briques de pavage, toutes sortes d’argiles superficielles impures, etc., mais principalement, et de plus en plus, les argiles schisteuses (shales), qui se rencontrent fréquemment en masses dures, compactes, stratifiées en couches épaisses, faciles à lier par le malaxage et suffisamment impures pour se vitrifier facilement sans devenir cassantes. Voici la composition moyenne de la plupart de ces argiles :
- Minimum Maximum Moyenne
- Silice (Sio2) 49 °/o 75 °/0 56
- Alumine (Al203) 11 25 22.5
- Perle par grillage (S. Co2 el eau combinée). . 3 14 7
- Humidité (H^O) 0.5 3 1 .5
- Total des matières infusibles..................................... S7 0/0
- Minimum Maximum Moyenne
- Sesquioxyde de fer (Fe203) . . 20/0 9 6.7
- Chaux (CaO) , . 0.2 3.5 1.2
- Magnésie (MgO) 0.1 3 1.4
- Alcalis (K20. Na2Oi . . 1 0.0 3.7
- Total des matières fusibles. . . 13 0/0
- L’une des meilleures argiles pour briques est celle de Canton (Ohio) dont la composition est la suivante :
- Silice . . 57 0/0 Sesquioxyde de fer. . . . . 7.31
- Alumine . . 21.29 Chaux . . 0.29
- Eau combinée . . 6 Magnésie . . 1.53
- Humidité . . 1.30 Alcalis
- Matières infusibles. . . . . 85.69 Matières fusibles .... . . 13.18
- L’état dans lequel se trouve le fer de l’argile a une grande importance : il faut savoir s’il est à l’état de peroxyde, de sesquioxyde ou de carbonate; car ces états ont une grande action sur la fusibilité des alliages, dont ils font aisément varier le point d’une centaine de degrés. La chaux, principalement à l’état de silicate, constitue un excellent fondant. Sa présence à l’état de carbonate nuit au contraire beaucoup à la qualité des briques, auxquelles elle communique toujours une teinte jaunâtre, et dans lesquelles elle forme; principalement si elle se trouve en petits nodules, de la chaux vive, dont le foisonnement par l’humidité peut effriter la brique.
- Quand l’argile schisteuse est trop fusible, on y ajoute parfois 10 à 25 p. 100 d’argile réfractaire.
- L’argile schisteuse, une fois extraite de sa carrière au moyen d’un excavateur à vapeur si le débit dépasse 200 000 briques par jour, broyée par des meules, puis tamisée le plus fin possible (tamis d’au moins 7 mailles au centimètre linéaire) — est ensuite malaxée dans un cylindre qui doit avoir au moins 3 mètres de long, avec lames à 90° les unes des autres, ou à la meule, plus coûteuse, mais préférable au malaxeur ordinaire pour assurer la parfaite homogénéité de la pâte. L’argile ainsi amalgamée est moulée dans de puissantes machines à filière, produisant jusqu’à 12 000 briques par jour, à section de 114x63 millimètres ou de 230x63, cette dernière parfois défa-
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- LES UNIQUES DE PAVAGE AUX ÉTATS-UNIS.
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- vorable en raison de la difficulté d’éviter les 1 aminations par le fait du refoulement. Ces briques, ainsi découpées au fil dans le jet de la machine, sont ensuite repoussées dans des moules, ce qui les rend plus denses, plus homogènes, arrondit les angles et les arêtes de manière à laisser plus de prise aux pieds des chevaux.
- La cuisson des briques s’opère de préférence dans des fours à tirage renversé, où les gaz du foyer passent de haut en bas entre les briques vers une cheminée extérieure, et qui peuvent renfermer jusqu’à 800 000 briques : les fours continus n’ont pas réussi, malgré leur économie de combustible. La cuisson dure 7 à 10 jours : 800 à 1100° suffisent pour la plupart des argiles ; mais, pour les argiles réfractaires impures, il faut parfois dépasser 1500°. Une température trop élevée ferait couler les briques; on ne doit les chauffer que jusqu’au ramollissement, en ne les juxtaposant, séparées par du sable, qu’en tas d’une trentaine au plus, pour ne pas les exposer à se déformer par la pression. Le combustible le plus employé est le charbon ; mais le pétrole et le gaz naturel sont, quand on en dispose, bien préférables comme uniformité, sûreté du chauffage et économie de main-d’œuvre.
- Après la cuisson prolongée de façon que la vitrification pénètre bien jusqu'au cœur des briques, on les laisse se refroidir très lentement, en 10 jours au moins, par une sorte de recuit qui en assure la ténacité et l'homogénéité, d'autant plus qu’il est plus prolongé. Au détournement, les briques ne présentent pas toutes les mêmes qualités : celles du haut, trop cuites et très dures, conviennent surtout aux revêtements des égouts ou pour les fondations, en raison de leur grande résisfance à l’écrasement et de leur faible porosité, celles du bas,incomplètement cuites, ne conviennent pas au pavage; celles du milieu, 80 p. 100 au plus et souvent 70 p. 100, y satisfont pleinement.
- Le pavage en briques doit être établi sur une bonne fondation ou plate-forme. Dimensions usuelles des briques : "210 x 100x60 et 230x 100x 75 millim. Après avoir égalisé et tassé le sol de la voie sous un rouleau d’au moins six tonnes, on le recouvre, pour l’assèchement, d’une couche de sable de 50 millim.; puis, suivant l’intensité et la nature du trafic, d’une seule couche de béton de 200,150 ou 100 millim., recouverte elle-même d’une seconde couche de sable de 25 millim.,bien égalisée, et qui reçoit les briques posées de champ, avec leur longueur perpendiculaire à la direction de la voie ou à 15° aux croisements, à joints rompus au tiers de leur longueur. Les interstices sont remplis, soit de goudron, soit, bien mieux, dé ciment, qui fait du tout une sorte de monolithe, ou encore de sable, qui, bien tassé, forme un joint excellent, tout en permettant le remplacement facile des briques. Avant ce remplissage, les briques sont damées avec un pilon de 30 kilos ou par un rouleau de 5 tonnes, et on les maintient pendant un mois couvertes d’une couche de sable de 12 millim. pour assurer le remplissage des joints.
- Les pavages en briques sont trop récents pour que l’on puisse être complètement fixé sur leur durée ; un bon pavage en brique peut, en réalité, supporter le roulage le plus lourd et le plus actif et remplace avantageusement le pavage en grès bruyant et plus pénible pour les chevaux; seulement, il ne faut regarder ni au prix des briques, ni à celui de la plate-forme. Ce$ prix sont nécessairement très variables. En 1895, on a exécuté à Saint-Louis différents pavages aux prix suivants par mètre carré :
- Briques sur béton de 150 m/m Asphalte sur béton «
- Grès sur béton
- Grès sur sable..............
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- ARTS CHIMIQUES.
- OCTORRE 1890.
- Prix des briques de première qualité, en 1895J: environ 50 francs le 1000 à l’usine. AIndianopolis, le pavage en briques sur béton de 150millim.a coûté 11 fr. 10 le mètre carré et 12 francs à Philadelphie. Frais d’entretien annuel à Saint-Louis, par mètre carré : de 0 fr. 06 à 0 fr. 30 pour le pavage en briques, 0 fr. 06 pour le granit, 0 fr. 30, pour le bois et pour l’asphalte, de 0 fr. 40 à 0 fr. 60 pour le macadam. Quant aux résistances au roulement, les pavages en briques occuperaient, selon M. Hering, le troi sième rang après les rails de chemins de fer, d’après le tableau suivant :
- Rails de chemins de fer........................... 1 cheval.
- Asphalte............................................. 12/3
- Briques........................................... 2 1/4 à 2 3/4
- Pavés de granit................................... 3 1/3 à 5
- Bois.............................................. 5
- Bon macadam....................................... 8
- Les chevaux y gravissent facilement les rampes jusqu’à desinclinaisons de 10 p. 100 ; c'est un pavage très propre, facile à laver et relativemént silencieux, qualités qui, jointes à sa grande durée, expliquent parfaitement la rapidité de sa propagation aux Etats-Unis (1).
- G. R.
- RECHERCHES SUR LES PROPRIÉTÉS EXPLOSIVES DE l’aCÉTVLÈNE,
- par MM. Berthelot et Vielle.
- L’acétylène est un composé endothermique, dont la décomposition en éléments dégage à peu près la même quantité de chaleur que la combustion d’un volume égal d’hydrogène, formant de la vapeur d’eau. Ce caractère, découvert par M. Berthelot, l’a conduit à faire détoner l’acétylène au moyen de l’action excitatrice de l’amorce au fulminate de mercure, en opérant à volume constant (Sur la force des matières explosives, t. I, p. 109).
- L’importance industrielle acquise récemment par l’acétylène dans l’éclairage nous a engagés à rechercher les conditions précises dans lesquelles ses propriétés explosives ôtaient susceptibles de se manifester, et, par conséquent, à signaler les précautions que réclame son emploi pour la pratique.
- I. Influence de la pression. — Sous la pression atmosphérique et à pression constante l’acétylène ne propage pas, à une distance notable, la décomposition provoquée en un de ses points. Ni l’étincelle, ni la présence d’un point en ignition, ni même l’amorce au fulminate, n’exercent d’action au delà du voisinage de la région soumise directement à Réchauffement ou à la compression. MM. Maquenne1 et Dixon ont publié, sur ce point, des observations intéressantes.
- Or nous avons observé qu’il en est autrement, dès que la condensation du gaz est accrue, et sous des pressions supérieures à deux atmosphères. L’acétylène manifeste alors les propriétés ordinaires des mélanges tonnants. Si l’on excite sa décomposition par simple ignition en un
- à) Documents à consulter : Civil Engineers Cltd), IJniversitÿ of Illinois sclected Papers (Fisher) (1889-9(1, p. 46. Engineering News, 2 juin 1892, 7 juin 1894, 18 avril, 18 juillet 1893. Engineering Record, 26 mai 1894. Paving and municipal Engineering, février 1893, vol. IX, n» 1, p. 26; n° 3, p. 1 33 ; n" 4, p. 198 ; n° 3, p. 280 ; n" 6, p. 331 (1893 . Clag Worker, vol 2 4, n° 2, p. 136 ; n° 6, p. 358 (1895' ; vol. 23, n“ 6, p. 681 (1895 . Engineering and Mining Journal, 14 sept. 1893. Engineering Magazine,. août 1896, p. 1097, et Vürified Paving Brick, par . A. Wheelor.
- (2) Comptes rendus de l’Académie des sciences, 5 octobre 1896.
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- RECHERCHES SUR LES PROPRIÉTÉS EXPLOSIVES DE L’ACÉTYLÈNE. 1365
- point, à l’aide d’un simple fil de platine ou de fer, porté à l’incandescence au moyen d’un courant électrique, elle se propage dans toute la masse, sans affaiblissement appréciable.
- Nous avons observé ce phénomène sous des longueurs de 4 mètres, dans des tubes de 20 millim. de diamètre. Cette propriété peut être rapprochée de l’abaissement de la limite de combustibilité des mélanges tonnants sous pression : elle est vraisemblablement générale dans les gaz endothermiques.
- Décomposition de l'acétylène gazeux. — Le tableau suivant renferme les pressions et les durées de réaction observées lors de l’inflammatoin de l’acétylène au moyen d’un fil métallique rougi au sein de la masse gazeuse, sous diverses pressions initiales :
- Pression Pression Durées Rapport
- Numéros initiale observée de réaction dos pressions
- de absolue aussitôt on millièmes initiales
- l'expérience. (kg. par c. q.). après réaction. de seconde. et Anales.
- kg. kg. ms •
- (38 9 9.‘ï 8,77 » 3,93
- i « .... 2,23 10,73 » 4,81
- .... 3,50 18,58 70,8 5,31
- N .... 3,43 19,33 » 5,03
- (39 .... 5,98 il,73 00,7 0,98
- J 20 00 4o/i“> » 7,20
- (32 .... 5,98 41,53 45,9 0,94
- ( 25 .... 11,23 92,73 20,1 OO
- ( 40 ..... . .... 11,23 91,73 39,2 8,00
- l 29 .... 21,13 21,37 10,4 10,13
- i 30 .... 21,13 21,20 CO 10,13
- La dernière vitesse est encore très inférieure à celle de l’onde explosive dans le mélange oxhydrique.
- Après la réaction, si l’on ouvre l’éprouvette en acier, munie d’un manomètre Crusher, dans laquelle a été opérée la décomposition, on la trouve entièrement remplie d’un charbon pulvérulent et volumineux, sorte de suie légèrement agglomérée, qui épouse la forme du récipient et peut en être retirée sous la forme d’une masse fragile. Quant au gaz provenant de la décomposition, il a été trouvé formé d’hydrogène pur. Aussi, la pression finale, après x’efroidissement, est-elle exactement égale à la pression initiale.
- La décomposition s’effectue donc suivant la formule théorique
- C2 H2 = C2 + H2.
- Le Tableau ci-dessus montre que, sous des pressions initiales de 21 kilogrammes environ, tensions égales à la moitié de la tension de vapeur saturée de l’acétylène liquide à la température ambiante de 20°, l’explosion décuple la pression initiale.
- La température développée au moment de la décomposition explosive peut être évaluée de la façon suivante.
- La chaleur produite serait de 4- 58 c:ü, 1, si le carbone se séparait à l’état de diamant; mais, pour l’état de carbone amorphe, elle se réduit à + 51cal,4. D’autre part, la chaleui spécifique à volume constant de l'hydrogène, H2, à haute température, est représentée, d’après nos expériences, par la formule
- 4,8 + 0,0010 (< — 1000).
- (1) Comptes rendus, GXX1, 1895.
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- ARTS CHIMIQUES.
- OCTOBRE 1896.
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- Admettons la chaleur spécifique moyenne, déterminée par M. Violle pour les hautes température, nous aurons, pour C2 = 24^r la valeur
- 8,4 +0,00144 t.
- D’après ces nombres réunis et l’équation du second degré correspondante, la température de la décomposition à volume constant serait de
- t = 2730° environ.
- Enfin, la pression développée serait onze fois aussi grande que la pression initiale de 21 kilog., pressions assez fortes sans doute pour que le refroidissement produit par les parois puisse être négligé.
- Pour des pressions moindres, le refroidissement intervient en abaissant les températures, dont la vitesse des réactions est fonction, et même fonction variant suivant une loi très rapide.
- Ainsi, la durée de la décomposition de l’acétylène décroît rapidement à mesure que la pression augmente, et cela non seulement à cause de l’influence moindre du refroidissement,' mais aussi par l’effet de la condensation. Observons, d’ailleurs, que le rapport entre la pression initiale et la pression développée est calculée ici d’après les lois des gaz parfaits. Or, ce rapport doit s’élever de plus en plus au delà de la limite précédente quand les pressions initiales deviennent plus considérables, en raison de la compressibilité croissante du gaz; celle-ci faisait croître la densité de chargement plus vite que la pression, à mesure que le gaz s’approche de son point de liquéfaction.
- En même temps que la pression croît, la vitesse de la réaction, disons-nous, augmente, celle-ci s’accélérant avec la condensation gazeuse, et l’on tend de plus en plus à se rapprocher de la limite relative à l’état liquide. Ce sont là des relations générales, établies par les recherches de M. Rerthelot1, et notamment par ses expériences sur la formation des éthers. L’acétylène liquéfié en fournit de nouvelles vérifications.
- Décomposition de Vacétylène liquide. —• En effet, la réaction se propage également bien dans l’acétylène liquide, même en opérant par simple ignition, au moyen d’un fil métallique incandescent.
- Dans une bombe en acier, de 48cc,96 de capacité, chargée avec 18 grammes d’acétylène liquide (poids évalué d’après le poids de charbon recueillli), on a obtenu la pression considérable de 5 564 kilogr. par centimètre carré.
- Cette expérience conduit à attribuer à l’acétylène une force explosive de 9 500, c’est-à-dire voisine de celle du colon-poudre. La bombe renferme un bloc de charbon aggloméré par la pression, à cassures brillantes et conchoïdales. Ce charbon ne renferme que des traces de graphite, d’après l’examen qu’a bien voulu en faire M. Moissan.
- La décomposition de l’acétylène liquide par ignition simple est relativement lente. Dans une expérience (n°41) pour laquelle la densité de chargement était voisine de 0,15, la pression maximum de 1 500 kilog. par centimètre carré a été atteinte en 9m,41 (9 millièmes de seconde). Le tracé recueilli sur un cylindre enregistreur indique un fonctionnement statique de l’appareil Crusher, en deux phases distinctes, l’une durant environ un millième de seconde (soit lms,i7), élève la pression à 553 kilog. ; la deuxième phase, plus lente, conduit la pression à 1 500 kilog., au bout do 9ms,4i en tout. Ces deux phases répondent, probablement, l’une à la décomposition de la partie gazeuse, l’autre à celle de la partie liquide.
- Nous avons retrouvé les mêmes caractères de discontinuité dans plusieurs tracés concernant la décomposition de mélanges gazeux et liquides.
- Il résulte de ce qui précède que, toutes les fois qu’une masse d’acétylène gazeuse ou liquide, sous pression et surtout à volume constant sera soumise à une action susceptible d’entraîner
- I) Essai de mécanique chimique, t. H, p. 94.
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- RECHERCHES SUR LES PROPRIÉTÉS EXPLOSIVES DE L’ACÉTYLÈNE. 1367
- Ja décomposition de l’un de ses points, et, par suite, une élévation locale de température correspondante, la réaction sera susceptible de se propager dans toute la masse. Il reste à examiner dans quelles conditions cette décomposition en éléments peut être obtenue.
- TI. Effets de choc. — On a soumis au choc obtenu soit par la chute libre du récipient, soit par l’écrasement au moyen d’un mouton, des récipients en acier de I litre environ, chargés, les uns d’acétylène gazeux comprimé à 10 atmosphères, les autres d’acétylène liquide, à la densité de chargement 0,3 (300 grammes au litre) :
- 1° La chute réitérée des récipients tombant d’une hauteur de 6 mètres sur une enclume en acier de grande masse n’a donné lieu à aucune explosion.
- 2° L’écrasemenl des mêmes récipients, sous un mouton de 280 kilog. tombant de 6 mètres de hauteur, n’a produit ni explosion ni inflammation, dans le cas de l’acétylène gazeux comprimé à 10 atmosphères.
- Pour l’acétylène liquide, dans notre expérience, le choc a été suivi à un faible intervalle d’une explosion. Ce phénomène paraît attribuable, non à l’acétylène pur, mais à l’inflammation du mélange tonnant d’acétylène et d’air, formé dans l’instant qui suit la rupture du récipient. L’inflammation est déterminée sans doute par les étincelles que produit la friction des pièces métalliques projetées. Ce qui nous amène à cette opinion, c’est l’examen de la bouteille. En effet, celle-ci a été simplement rompue par le choc, sans fragmentation (voir lig. 1), ni trace
- de dépôt charbonneux; d’ou il résulte que l'acétylène n’a pas été décomposé en ses éléments, mais qu’il a simplement brûlé sous l’influence de l’oxygène de l’air.
- De semblables inflammations, consécutives à la rupture violente d’un récipient chargé de gaz combustible, ont, du reste, été observées dans de no mbreuses circonstances, et notamment dans certaines ruptures de récipients chargés d’hydrogène comprimé à plusieurs centaines d’atmosphères.
- 3° Une bouteille en fer forgé, chargée d’acétylène gazeux comprimé à 10 atmosphères, a subi également sans explosion le choc d’une balle animée d’une vitesse suffisante pour perforer la paroi antérieure et déprimer la seconde paroi.
- 4° Détonation par une amorce au fulminate.
- Une bouteille de fer, chargée d’acétylène liquide, a été munie d’une douille mince, permettant. d’introduire une amorce de lsr,5 de fulminate de mercure au milieu du liquide. Le tout a détoné avec violence par l’inflammation de l’amorce. La fragmentation de la bouteille présentables caractères observés dans l’emploi des explosifs proprement dits. C’est ce que montre la figure 2. Les débris sont recouverts de carbone provenant de la décomposition de l’acétylène en ses éléments.
- III. Effets calorifiques. — Plusieurs causes d’élévation de température locale paraissent devoir être signalées dans les opérations industrielles de préparation ou d’emploi de l’acétylène.
- 1° La première résulte de l’attaque du carbure de calcium en excès par de petites quantités d’eau dans un appareil clos. M. Pictet a rapporté un accident de cette nature. Il y a lieu, dès
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- ARTS CHIMIQUES.
- OCTOBRE i 89G.
- lors, de redouter, dans la réaction de l’eau sur le carbure, des élévations de température locales, susceptibles de porter quelques points de la masse à l’incandescence : l’ignition de ces points suffisant, d’après les expériences que nous venons d’exposer, pour déterminer l’explosion de toute la masse du gaz comprimé.
- L’élévation locale de la température ainsi provoquée peut d’ailleurs développer des effets successifs, c’est-à-dire déterminer d’abord la formation des polymères condensés de l’acétylène (benzine, styrolène, hydrure de naphtaline, etc.), étudiés en détail par l’un de nous {Annale.s
- de Chimie et de Physique, 4e série, t. XII, p. o2 ; 1807). Cette formation même dégage de la chaleur, et la température s’élève ainsi, dans certaines conditions jusqu’au degré où la décomposition de l’acétylène en ses éléments devient totale et même explosive.
- 2» D’autres causes de danger, dans les opérations industrielles, peuvent résulter des phénomènes de compression brusque, lors du chargement des réservoirs du gaz; ainsi que des phénomènes de compression adiabatique qui accompagnent l’ouverture brusque d’un récipient d’acétylène sur un détendeur ou sur tout autre réservoir de faible capacité. On sait, en effet, qu’il a été établi, par des expériences effectuées sur des bouteilles d’acide carbonique liquide, munies de leur détendeur, que l’ouverture brusque du robinet détermine, dans ce détendeur, une élévation de température susceptible d’entraîner la carbonisation de copeaux de bois, placés dans son intérieur. Dans le cas de l’acétylène, des températures de cet ordre pourraient entraîner une décomposition locale, susceptible de se propager a rétro dans le milieu gazeux maintenu sous pression, et jusqu’au réservoir.
- 3° Un choc brusque, dû à une cause extérieure capable de rompre une bouteille, ne paraît pas de nature à déterminer directement l’explosion de l’acétylène. Mais la friction des fragments métalliques les uns contre les autres ou contre les objets extérieurs est susceptible d’enflammer le mélange tonnant constitué par l'acétylène et l’air, mélange formé consécutivement à la rupture du récipient.
- En résumé, il nous a paru utile et nécessaire de définir plus complètement, au point de vue théorique et par des expériences précises, le caractère explosif de l’acétylène, et de signaler, au point de vue pratique, quels accidents peuvent se produire dans les conditions de son emploi. Hàtons-uous d’ajouter que ces inconvénients ne sont pas, à nos yeux, de nature à compenser les avantages que présente cette matière éclairante et à en limiter l’usage. Il est facile, en effet, de parer à ces risques par des dispositions convenables, indiquées par nos expériences; telles que, d’une part, l’opérateur évite un écoulement trop brusque du gaz comprimé au travers des détendeurs, et que, d’autre part, il prenne soin d’absorber à mesure la chaleur produite par les compressions et réactions intérieures des appareils, de façon à y prévenir toute élévation notable de température.
- Fig. 2. — Bouteille de 1 litre, renfermant 290 grammes d’acétylène; amorce de l»r,S de fulminate.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- PRESSES A EMROUTLR ST1LES (1)
- Ces presses, dont les grandes courses sont assez longues pour pouvoir emboutir, par exemple, des godets d’élévateurs, sont pourvues d’un embrayage de mise en train à volonté automatique pour les longues courses et facultatif, à la main, pour les courtes.
- Lorsqu’on abaisse la pédale P (fig. 3) pour mettre la presse en train, le renvoi 0 N M, déclanchant de 1 le cliquet J', laisse le poids H II retomber avec une vitesse amortie par son dash-pot Q, et ce poids, au moyen du renvoi C E F (fig. 26), tire de droite à gauche la lige C, qui serre l’embrayage 11 du pignon moteur A. L’arbre de la presse ainsi mise en train porte une came L (fig. 4), dont le levier K, abaissant l’axe J et son cliquet J', renclanche J' avec I; puis,
- Fig. I à 1. — Presse à emboutir Stiles. Détail do l’embrayage et ensemble du mécanisme de mise en train.
- après l’emboutissage, relève par J i' le poids H et desserre l’embrayage 11. En même temps, deux plans inclines, entaillés dans la tige C, serrent les mâchoires du frein S S en repoussant leurs taquets II 11, de sorte que la presse s’arrête automatiquement et vite après chaque tour. Un second coup de pédale la remet en train.
- Lorsqu’on veut, au contraire, pouvoir arrêter la presse en un point quelconque de sa course, il suffit, après avoir détaché le levier F de E, par l’enlèvement facile de sa cale V (fig. 2) de manœuvrer la tige C par le levier U.
- EMPLOI LES SOUS-PRESSES POUR LE DÉCOUPAGE DES PIÈCES d’uORLOGERIE (2)
- Les renseignements suivants compléteront ceux que nous avons donnés, à la page 429 de notre numéro de mars 1890, sur ce genre de poinçonneuses découpeuses de précision, employées avec un grand succès aux États-Unis.
- (1) American Machinist, 3 septembre 1896.
- (2) American Machinist, 10 septembre 1896.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- OCTOBKE 4890.
- Le découpage d’une roue de montre, telle que celle de la figure 5, se fait en général en deux fois; la seconde passe, finisseuse, ne faisant qu’enlever les bordures indiquées en pointil-lées sur une largeur très faible, de ^ de pouce (0mm,03), au moyen de poinçons el de matrices extrêmement précis, parfaitement dressés, avec un jeu presque nul. On peut ainsi découper des roues en bronze dur de 0mm,8 d’épaisseur au taux de 300 par jour, et les poinçons durent des années.
- Pour les pièces plus épaisses, il faut multiplier les passes, comme, par exemple, pour la pièce en laiton figure 0, de 3 millimètres d’épaisseur, dont le premier découpage donne en B et en C des pans droits, comme F, mais en A un pan ondulé, comme O, de sorte qu’il faut, pour finir A, deux ébarbages de ^ de pouce (0mm,025i chacun. Pour amener A à son rayon définitif de ^ de pouce par exemple, il faudra donc trois opérations : un découpage à ^ de pouce, puis deux ébarbages à — et à ^ de pouce; si l’on voulait enlever d’un coup les de pouce (1/2 millimètre) laissés en excès par le premier découpage, on n’obtiendrait ni la netteté de
- Fig. .') et 0.
- coupe, ni la précission nécessaires. Quant aux cornes D et F, on ne peut les terminer qu’au tournage, et le poinçonnage doit leur laisser, à cet effet, la dépouille indiquée en pointillés.
- Les figures 7 à 13 représentent l’ensemble et les principaux détails d’une sous-presse avec poinçons et matrices disposées pour le découpage des roues A (fig. 5). La bande ou lame de laiton dans laquelle on découpe les roues est passée, au droit du poinçon fixe en deux pièces V W, sur une rondelle U, un peu relevée au-dessus de ce poinçon par des ressorts qui, après le poinçonnage, dégagent par leur rappel la bande et la roue découpée.
- Quand E, poussé en A par la presse, s’abaisse clans son guide, non représenté en fig. 7, le découpeur B N O L M S, dont les différentes pièces, dénommées dans la légende de la figure 7, ne forment d’abord qu’un seul bloc, vient appuyer fermement la lamelle en travail sur la matrice U W, pendant que lvy découpe1 b1 contour exlérieur de la roue fig. 5; puis, la tension du ressort D augmentant à mesure que E s’abaisse, les segments 11 /g glissant dans L/ sur H// et Mm, découpent les évidements A dans le flanc maintenus sur W E par le serrage de L, où le serrage de l’étoile Mm sur celle de la matrice V réserve les bras B (fig. 3).
- Le ressort D est constitué par un carrelet d’acier enroulé à chaud sur un mandrin, ouvert par 1 introduction d’un ciseau à froid entre ses spires, soudé sur un second mandrin et arasé au tour.
- La partie la plus faible de la sous-presse est la matrice W, dont la partie supérieure doit être réduite à la largeur de la jante de la roue fig. o sur une hauteur suffisante pour le jeu de l’extracteur L. Cet affaiblissement inévitable de la matrice W est clairement indiqué eu C D sur la figure 13, qui représente la malrice adoptée pour le découpage d’une aiguille de spirale AB; elle a pour conséquence l’obligation de ne laisser jamais en W plus d’une ou deux bourres du découpage, dont la dilatation risquerait de faire éclater la matrice.
- L’exécution des cinq segments découpeurs H/t du poinçon compound N O L M S doit être faite avec la plus grande précision en partant (fig. 19) d’un carrelet d’acier assez long pour les fournir tous. Pour le finissage, on fixe ce carrelet ébauché sur le mandrin A (fig. 20) d’un
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- EMPLOI DES SOUS-PRESSES POUR LE DÉCOUPAGE DES PIÈCES d’.HORLOGERIE. 1371
- diviseur de précision, analogue à celui des fraiseuses, et moulé sur une table d’étau limeur : cette fixation se fait en soudant sur A, en C, à l’étain, le carrelet épaulé en D. On fait tourner A de 72°, — angle du bras de la roue fig. o, — puis on rabote la face E, dont l’inclinaison
- Fig. 7 à 13. — Ensemble et détails d'une sous-presse à découper les roues (fig. 3). Coupe verticale. Coupes horizontales 1 et 2. Détail de la matrice W.
- A, chapeau percé d'un trou permettant de dégager le poinçon de sa matrice en frappant sur la tige B, en cas d’insuffisance du ressort D, dont la tension se règle au moyen de la rondelle C, filetée, comme A, sur le corps E de la sous-presso. G, pièce en acier doux, fixée sur E par des vis, enserrant le poinçon, fait de cinq segments HA, de la forme des vides A (fig. 5) dont l’un est centré sur G par une goupille, et de hauteur a + A, séparées par autant de lamelles li, de la forme des bras B (fig. 5} et de hauteur a, de sorte que les segments II dépassent les lamelles I de la longueur AJ, bague maintemant les pièces H et I dans G. K, poinçon découpant la circonférence extérieure de la roue (fig. 5), centré sur G et fixé sur E par des vis traversant G. L/, extracteur (Shudder) en acier trempé, à gorge Qg et rainures Rr, avec étoile M/n, représentative des bras A (fig. 1) guidée dans L par les rainures r, épaulée en Qg, fixée par une vis s à la tige N, clavetée en C dans B, et dont les rayons sont au droit des lames Ii. Oo, tiges traversant G et J, appuyées sur Ll, assurant le parallélisme des faces horizontales de B, de K et de L, quand B touche G, et transmettant à 1/ la pression du ressort D.
- Tt, rondelle fixée par une vis sur l’extracteur U, et percée de deux encoches ui ni, pour le passage de la bande de laiton dans laquelle on découpe les roues; U, extracteur à 3 ressorts Y, entourant la matrice fixe W, maintenant la jante do la roue, et fixée, par l'anneau X, sur la seconde matrice V, qui découpe le moyeu et les bras, centrée sur W par les goupilles aa cc, et fixée par des vis au socle F. Z, schéma de la fraise^découpant Y.
- sur C est ainsi rigoureusement définie. On emploie le même procédé pour la taille des lamelles ou rayons Ii (fig. 7) en faisant (fig. 23) pivoter A de 3° (fig. o) au lieu de 72°. Le polissage des découpeurs H/t (fig. 3) s’elfectue ensuite en les soudant (fig. 16) en b, par leur face c, sur des
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- OCTOBRE 1896.
- blocs d’acier a a, représentés en détail en A (ûg. 21) vissés au plateau d’un tour, et à faces inclinées de 18° ou de 90-72° — de façon que le polissage de leurs joues D se fasse à l’angle de 72° sur BC; le grain de soudure posé en b (fig. 16) ne doit, bien entendu, aucunement pénétrer entre la face B c et son appui rigoureux sur A. Le même procédé est employé pour le polissage des rayons Ii (fig. 7) montés avec les découpeurs sur des blocs B (fig. 22) inclinés de 15°, complément de l’angle de 75° (fig. 5) des bords des bras de la roue. Si l’on fait les découpeurs d’une seule pièce,
- Fig. 14 à 16. — Chuck pour la fabrication des découpeurs; matrice pour le découpage des aiguilles A et montage des découpeurs sur le plateau de polissage.
- sans rayons ou lamelles, comme enE (fig. 21), on en polit la face F sur les blocs B et le tranchant fi sur A. Les extrémités des découpeurs sont alors affranchies et montées dans un chuck spécial (fig. 14) à angle A de 72°, excentré du rayon même de N (fig. 7). On assemble ensuite les cinq découpeurs dans un mandrin conique et l’on en tourne la partie supérieur, par où on les enfonce dans la pièce G (fig. 7), mais pas tout à fait à fond, appuyés sur une mince rondelle;
- Fig. 17 à 23. — Coupc x et plan s (fig. 24). Détail du finissage d’un découpeur Hh (fig. 3).
- puis, ainsi maintenus, on en tourne la partie inférieure et on en alèse le centre; enfin on les recuit, on les trempe, puis on les finit à la meule enfoncés à fond en G.
- On est parfois obligé de faire actionner le poinçon multiple des sous-presses par deux ressorts, l’un intérieur, agissant sur R (fig. 24), et l’autre sur une rondelle s, reliée par des tiges T t à la partie extérieure E G du poinçon. C’est le cas, par exemple, du découpage du bras P (fig. 28) d’un balancier de montre, dont les segment dd sont enlevés par des découpeurs analogues à ceux de l’appareil précédent. La nécessité des deux ressorts et de l’indépendance des
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- PIVOT A BILLES GREEN LE A F POUR PLAQUES TOURNANTES.
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- parties F et E du poinçon vient de la variabilité de la hauteur K de la cuvette d’acier M, dans laquelle on découpe le balaricier. La partie centrale F H (fig. 24 et 25), au profil de P, et reliée
- Fig. 24 à 29. •— Sous-prcsse à douille ressort. Coupes orthogonales, verticales: plan et vue en dessous x\ flanc d’un balancier avec jante en bronze A.
- EF GH, poinçon compound, dont le centre FIIN, qui reçoit, par les tiges U« et la rondelle s, la poussée du ressort extérieur, appuie sur la partie P du flanc M, centré par Q. à découper en enlevant les segments dû, et dont la partie KG. qui reçoit, des tiges T t, la poussée de K et du ressort intérieur, repose sur la jante I. de M.
- à R par les tiges U u (fig. 17 et 27), est appuyée sur M par le ressort intérieur, et E est appuyé sur P, par la rondelle J, les tiges T t, et le ressort extérieur, quelle que soit la hauteur K.
- PIVOT A BILLES GKEENLEAF POUR PLAQUES TOURNANTES (1)
- Le pivot représenté par les figures 30 et 31, destiné à une plaque de 100 tonnes et de 18 mètres de long, est en bronze, de 1m, 10 de haut sur 380 millimètres de diamètre au sommet et 480 à la base, avec socle de 730 millimètres de côté sur 100 millimètres d’épaisseur. A la partie supérieure, se trouve un logement d’un peu moins d’une demi-sphère de 310 millimètres de dia-
- (1) Engineering News, 10 septembre 1896.
- Tome 1. — 95e année. 3e série. — Octobre 1896.
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- mètre, trempé, meulé, et recevant une bille en acier H, de 305 millimètres, sur laquelle la charge repose par un chapeau en bronze B, de 660 millimètres de diamètre sur 127 millimètres d’épaisseur, auquel est boulonnée une cage en bronze c c, de 660 millimètres de côté sur lm,05 de haut, avec quatre cornières de 90 millimètres, auxquelles sont rivées les attaches D D des deux poutres de la table. Cette cage porte en E une gorge de 610 millimètres de dia-
- Fig. 30 et 31. — Pivot à billes Greenleaf.
- mètre, formant retenue, cémentée et trempée pour un roulement de billes d’acier de 12 millimètres. Quand la locomotive arrive sur la table, ces billes lui permettent d’osciller légèrement pour prendre son appui à l’entrée, avec une légère montée de H sur A, puis la bille H, revenant naturellement à sa position primitive dès que la charge est à peu près équilibrée sur son pivot, y reporte toute la charge, en même temps que la table redevient horizontale, de manière qu’elle se manœuvre avec la plus grande facilité.
- SOUPAPE DE RETENUE DE VAPEUR FLÉRON ET ANDERSEN
- Cette soupape présente l’avantage de pouvoir se manœuvrer facilement d’un point quelconque du navire, ce qui est un élément de sécurité des plus précieux en cas de rupture d’une
- Fig. 32 et 33. — Soupape de retenue Fléron et Andersen.
- conduite de vapeur dans la chambre de chauffe. Pour fermer cette soupape B, comme l’indique la figure 32, il suffit en effet d’admettre, par le robinet M, à manette P, la’ vapeur, suivant N J,
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- RÉGULATEUR DIRECT ROBINSON.
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- au-dessus du piston F, fou sur la tige C, et qui, d’un plus grand diamètre que B, la ferme par son appui sur le collet de C : la vapeur de dessous de F s’échappe alors par KO. Pour ouvrir B en temps ordinaire, il suffit de tourner M de façon à fermer J et K, la pression de la vapeur sous B l’ouvre de la quantité permise par la butée de sa tige C sur la vis H. Pour ouvrir B avec la vapeur dans A seulement, il faut relier la vis H à G par la clef de raccord indiquée à gauche, en haut de la figure. Cette soupape a parfaitement fonctionné dans des essais exécutés à l’arsenal de Copenhague sur un grand modède à une pression de Ci atmosphères (1).
- RÉGULATEUR DIRECT RORINSON
- Ce régulateur présente (fig. 34) l'avantage de supprimer les articulations, remplacées par des lames flexibles. Les deux ressorts des boules, attachés d’une part au volant, le sont, de l’autre, à une traverse guidée en son milieu par une lame d’acier coulissée dans une menotte du volant et fixée à l’excentrique. Ce dernier est, d’autre part, relié au volant par deux lames flexibles
- fl—
- uT
- Fig. 34 à 38. — Régulateurs directs Robinson pour machines rapides et pour machines lentes.
- formant parallélogramme et l’obligeant à se déplacer radialement sous l’action du régulateur. L’écartement des boules est limité par des taquets et la tension de leurs lames — ou la vitesse normale du moteur — peut se régler sans arrêter la machine en manœuvrant, par le levier indiqué en figure 35, la vis de leurs attaches au volant.
- (I) Engineering, 9 octobre 189G.
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- Dans les régulateurs pour machines à marche lente, ce réglage s’opère à l’arrêt, en tournant la manette que l’on voit, en figure 37, montée directement sur cette vis.
- Dans un essai sur une machine verticale de 9 chevaux, marchant à 440 tours, la variation de la vitesse, sous un brusque enlèvement de la charge, ne dépassait pas 3,4 p. 100 (1).
- ARRÊT AUTOMATIQUE MYRICK ET DOEli POUR MACHINES A VAPEUR
- Cet appareil, soumis au régulateur, arrête automatiquement la machine dès qu’elle s’emporte ou se ralentit au delà de certaines limites faciles à fixer; il peut, en outre, se commander d’un point quelconque de l’atelier, grâce à l’emploi de l’électricité, et arrêter le moteur en cas d’accident.
- Les tiges cc(fig. 40), qui commandent par déclic la fermeture des robinets d’admission Cor-
- Fig. 40 et 41. — Arrêt automatique Mjric/c et Doeg.
- liss, sont articulées à un levier b' b', dont le manchon ô7, pivoté sur le tourillon fixe b,-,, porte (Tig. 44) un plateau b\, à rebord cylindrique b:,, rendu, par la goupille d, ordinairement solidaire du manchon bi0 du levier b, soumis au régulateur a. Tant que la vitesse du moteur reste entre les limites prévues, les leviers b et à' fonctionnent comme d’une seule pièce ; mais, dès que ces limites sont dépassées dans un sens ou dans l’autre, l’extrémité g'du doigt g, articulé en /'à l’appendice f du levier b' b’, vient heurter l’un ou l’autre des taquets réglables il', et repousser par e', comme en fig. 41, la cheville d, de manière à déclancher de b le levier b'b' qui, entraîné par son contre-poids ln, ferme aussitôt l’admission. Ce même mouvement ferme le circuit e' d’une sonnerie avertisseuse.
- four arrêter la machine d’un point quelconque de l’atelier, il suffit de fermer le circuit p de l’électro-aimant E, fixé au plateau b\ de l’axe b*, et qui opère le déclanchement par l’attraction de son armature m, solidaire de la goupille d.
- Dans les cas d’une machine à condensation, l’extrémité de la coulisse t vient, à la chute du levier b' b', abaisser, par la tige réglable P3 (fig. 45), la soupape F, qui, laissant l’air pénétrer en grand, par s r’, au condenseur, en détruit aussitôt le vide, et précipite l’arrêt de la machine.
- (1). Engineering, 9 octobre 1896.
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- RENDEMENT DES MACHINES A VAPEUR.
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- Poul' la mise en marche du moteur, il faut, après avoir renclanché, s’il y a lieu, la gou-
- l
- t
- t
- Fig. 43 et 4">. — Arrêt automatique Myrick et Doeg. Détail d'un galet /' (fi g. 42', du déclanchement d et de l'arrêt du condenseur.
- pille d, défiler de g', en tirant le bouton h fig. 43) de son axe/, le galet V de gauche, rappelé ensuite par le ressort /.•>.
- RENDEMENT DE LA MACHINE A VAPEUR
- Voici la conclusion d’un important mémoire présenté sur ce sujet par M. Thurslon en 1895, à T Institution of Naval Architecis (1) et résumé dans le Journal of The Franklin Instilute d’octobre 189(>.
- La conclusion finale et essentielle de ce mémoire est cpie si, dans la machine thermique idéale, le rendement augmente indéfinimentavec la détente prolongée jusqu’à la contre-pression même, les frottements de la machine font que, dans la réalité, l’on arrive bien avant cette détente extrême au rendement maximum et au prix de revient minimum de la puissance ; au delà, l’on atteindrait bientôt une détente telle que la pression en serait insuffisante pour vaincre les seules résistances passives de la machine. Si l’on tient compte des pertes de chaleurs internes ou autres, la détente la plus efficace et la plus économique se trouve singulièrement réduite : à 8 en moyennne, pour une machine monocylindrique, 12 pour les compound, 16 avec la triple expansion, 22 à 24 avec la quadruple, d’après les résultats acquis sur les machines étudiées dans le mémoire. La question du prix d’achat abaisse encore cette détente à 5, 8, 12 et 16. Ces chiffres, à noter comme indication générale, varient, bien entendu, considérablement suivant les circonstances, surtout avec le prix du combustible: plus élevés, par exemple, pour les machines marines, ils s’abaissent encore dans les pays de mines, où le charbon est à très bon marché. Avec du charbon à un dollar la tonne, d’un côté, et à 5 dollars, de l’autre, les machines les plus économiques seraient probablement, tout compte fait, dans le premier cas, la machine monocylindrique, et, dans le second, la quadruple expansion.
- (1) lient Waste*. in S team Evginecr.
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- HISTORIQUE DES TRANSMISSIONS FUNICULAIRES D’APRÈS M. A. COMRE (1)
- L’introduction de ce système de transmission a été faite en 1856 à Belfort par M. James Combe, dans les métiers à tisser, concurremment avec la poulie dilatable biconique représentée parla ligure 46 (n° 1), formée de deux cônes susceptibles de se rapprocher ou de s’écarter, et serrant entre eux la corde en cuir de la transmission. On ne tarda pas à reconnaître que l’angle le plus favorable pour les gorges des poulies à cordes était de 45°, chiffre confirmé depuis par la pratique. En 1863, on installa à la Falls Foundry une transmission par cordes de 200 chevaux, dont les poulies à 9 gorges fonctionnent encore pai'faitement.
- Les cordes en cuir, sujettes à se détordre et à se déchiqueter, furent bientôt remplacées par des cordes en chanvre ou en coton, pratiquement équivalentes, et la pratique ne tarda pas à justifier les proportions suivantes adoptées, par M. J. Combe pour les cordes et les poulies :
- Diamètre des Diamètre des Rapport D d Puissance transmise à 100 tours par minute
- cordes d poulies D
- 30“/m 000 29 5 chevaux
- 40 1 m,20 32 8
- 45 lm,50 34.3 M
- 50 lm,80 36 15
- (Dans les meilleures conditions, à une bonne vitesse, avec des cordes horizontales et le brin intérieur comme moteur, on peut majorer ces puissances de 20 à 25 p. 100. On ne gagne pas, en général, à dépasser une vitesse de 16 mètres par seconde pour les cordes.
- En juillet 1864, on installa dans la filature de Hilden la transmission de 600 chevaux représentée par la fig. 3; puis, en 1873, celle de la filature de O’Cork, à Owen, avec le volant même de la machine comme poulie motrice, types qui se sont beaucoup répandus depuis.
- L’un des avantages des transmissions par cordes est de ne pas exiger le parrallélisme des arbres. En 1878, MM. Combes et Barbour installèrent la transmission (fig. 5), de 100 chevaux entre deux arbres désaxés de 3°, pour lesquels il est avantageux de donner aux gorges la forme (fig. 6), permettant aux cordes de ne pas y frotter à l’entrée et à la sortie plus que si les arbres étaient parallèles.
- En 1878, on fut amené à remplacer par des transmissions funiculaires de grands pignons employés pour accoupler des moteurs de régimes dissemblables, comme une turbine et une machine à vapeur; et comme l’écartement des axes était relativement faible, on fut, pour égaliser la tension des brins et donner à la corde la longueur voulue, amené à l’emploi d’une corde continue (fig. 7) passant de la première gorge de la poulie motrice à la première de la poulie menée, puis à la seconde de la poulie motrice, et ainsi de suite pour revenir de la dernière gorge à la première par une poulie tendeuse.
- En 1878, M. James Barbour imagina le volant de transmission représenté par les figures 8, 9 et 10, dont les segments sont appuyés sur les bras en fonte et reliés au moyeu par des boulons radiaux, tendus par des clavettes et supportant avec plus de sécurité l’effort de la force centrifuge dont ils soulagent les bras. La mise en train s’opère par un petit moteur agissant sur le rochet du volant par le jeu presque continu de deux cliquets.
- C’est vers cette même époque que l’on adopta les transmissions à cordes croisées, avec (fig. 11 et 12) gorges assez écartées pour éviter le frottement des cordes les unes sur les autres, — ou demi-croisées (fig. 13), avec gorges disposées pour y réduire (fig. 47, n° 14) le frottement à l’entrée et à la sortie, — ainsi que les renvois à 90° (fig. 13) par galet à large gorge unique (fig. 16).
- En 1889, M. Barbour introduisit la transmission (fig. 17), pour axes rapprochés, à corde continue passant de la dernière gorge de l’une des poulies à la première de l’autre par deux poulies folles, une sur chaque axe et d’un diamètre un peu plus grand; la corde passe diago-nalement d’une de ces poulies folles à l’autre au-dessus des brins moteurs. Ce système fonctionne très bien dans un grand nombre d’installations.
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- HISTORIQUE DES TRANSMISSIONS FUNICULAIRES.
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- Vers la même époque encore, l’on adopta le système à corde continue pour transmettre (fig. 18) la puissance d’un volant à plusieurs poulies parallèles,avec poulie de tension renvoyant la corde de la dernière gorge à la première.
- Fig. 46 (n° 1 a 13). — Transmissions par cordes.
- En 1890, M. Barbour étendit le système de la corde continue aux transmissions demi-croisées sans poulie de renvoi, comme l’indiquent les figures 19 et 20, dont les chiffres permettent de suivre le trajet de la corde.
- Fig. 47 (n° 14 à 19). — Transmissions par cordes.
- Dans toutes les installations bien faites, la transmission par corde a un rendement au moins égal à celui de la transmission équivalente par engrenages.
- G. R.
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- PROCÈS-VERBAUX
- Séance du 24 juillet 1896.
- Présidence de M. A. Carnot, vice-président.
- MM. Collignon et Aimé Girard, secrétaires, dépouillent la correspondance.
- Ils font part de la mort deM. Ch. Casalonga, fils de M.D.-A. Casalonga, membre de la Société.
- M. Ch. Poinsot, cloutier, à Grand (Vosges), attire l’attention de la Société d’Encouragement sur la triste situation de cette localité, par suite de la ruine de sa principale industrie, la clouterie. (Comité de Commerce.)
- M. Regnard, membre de la Société. Dire, dans Venquête ouverte par les mairies de Paris, sur la transformation de la traction animale des omnibus et tramways en traction mécanigue.
- M. Reist, à Sauly (Vosges). Appareil à, démonter les rails. (Arts mécaniques. \
- M. G. Mandart, à Reims. Machine élévatoire. (Comité de Mécanique.)
- M. J. Vivet. Moteur animé. (Comité de Mécanique.)
- M. J. Lecerf, 37, rue de la Tombe-Issoire. Hamacs mécaniques. (Comité de Mécanique.)
- Correspondance imprimée. — MM. les Secrétaires présentent au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages mentionnés à la page 1049 du Bulletin de juillet.
- Nominations remembres de la Société. — Sont nommés membres de la Société :
- M. Coupier, ingénieur des poudres et salpêtres, présenté par MM. P. Simeon et H. Le Chatelicr ;
- M. Dreyfus, agent commercial de la Société électro-métallurgique française, présenté par M. Bigillion;
- M. Dessuzeur, ingénieur directeur de l’Association lyonnaise des propriétaires de machines à vapeur, présenté par M. G. Richard;
- M. R. Frémy, présenté par MM. H. et E. Le Cbatelier ;
- M. Gonzales, ingénieur civil des ponts etchaussées, présenté par M. Collignon ;
- M. Julhiet, ingénieur civil des mines, présenté par MM. de Billy et G. Richard;
- M. W. Kuhn, directeur technique, du département des procédés de stérilisation, présenté par M. Lhiclaux;
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- M. Marié, ingénieur, chef de division, en retraite do la Compagnie P.-L.-M., présenté par MM. Haton de la Goupillière et Carpentier;
- M. Menvielle, ingénieur des arts et manufactures, présenté par MM. Bigil-lion et H. Le Châte lier;
- Le Comité central des Chambres syndicales, présenté par M. G. Richard.
- Rapports des Comités. — M. Imbs présente, au nom du Comité des Arts mécaniques, un rapport sur le Piano enregistreur de M. Rivoire, inséré à la page 1061 du Bulletin d’août.
- CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS
- COURS PUBLICS ET GRATUITS DE SCIENCES APPLIQUÉES AUX ARTS
- année 1896-1897
- Géométrie appliquée aux arts. — Les Lundis et Jeudis, à neuf heures du soir. M. A. Laüssedat, professeur; M. P. Haag, professeur suppléant. Le cours ouvrira le Jeudi 5 novembre.
- Cinématique. — Classification des mécanismes. — Étude géométrique des organes qui servent à la transformation des mouvements : Engrenages, cames, excentriques, articulations, échappements, encliquetages. — Compteurs. — Instruments enregistreurs.
- Géométrie descriptive. —Les Lundis et Jeudis, à sept heures trois quarts du soir. M. E. Rouchk, professeur. Le cours ouvrira le Jeudi 6 novembre.
- La coupe des pierres. — Murs. — Portes. — Descentes. — Ponts biais. — Trompes. — Arrière-voussures. — Voûtes de révolution. — Voûtes en arc de cloître. — Voûtes d'arétes. — Lunettes. — Escaliers.
- Mécanique appliquée aux arts. — Les Lundis et Jeudis, à sept heures trois quarts du soir, M. J. Hirsch, professeur. Le cours ouvrira le Jeudi ü novembre.
- La machine à vapeur appliquée aux transports. — Locomotives pour chemins de fer. — Locomotives pour lignes de montagnes. — Plans funiculaires. — Navigation à vapeur sur mer, sur rivières, sur canaux. — Transports à vapeur sur routes de terre. •
- Constructions civiles. — Les Lundis et Jeudis, à neuf heures du soir. M. J. Pillkt, professeur. Le cours ouvrira le Jeudi o novembre.
- Les matériaux UE constructiox. — I. Propriétés constructives : Persistance de constitution. — Permanence de figure. — Résistances mécaniques. — Capacité stabililaire. — Capacité d'isolement. Capacité formelle. — Capacité économique.
- II. Classification des matériaux : Matériaux morphogènes. — Matériaux reliants. — Matériaux à résistances symétriques. — Matériaux à constitution permanente. — Matériaux transparents.
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- 1382 CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS.
- OCTOBRE 1896.
- Physique appliquée aux arts. — Les Lundis et Jeudis, à neuf heures du soir. M. J. Violle, professeur. Le cours ouvrira le Jeudi 5 novembre.
- Physique moléculaire. —Propriétés fondamentales et utilisation des gaz, des liquides et des solides.
- Chaleur. — Sources de chaleur et de froid. — Mesure des températures. — Machines thermiques.
- — Chauffage et ventilation.
- Électricité industrielle. — Les Mercredis et Samedis, à sept heures trois quarts du soir. M. Marcel Deprez, professeur. Le cours ouvrira le Mercredi 4 novembre.
- Étude des lois fondamentales de l’électricité et du magnétisme au point de vue spécial de leur application à l’industrie. — Lois de la transmission de l'énergie sous toutes ses formes au moyen de l'électricité.. — Appareils destinés à la mesure des grandeurs électriques. — Théorie générale dos machines destinées à produire un courant électrique au moyen d’un travail mécanique ou inversement.
- Chimie générale dans ses rapports avec l’industrie. — Les Mercredis et Samedis, à neuf heures du soir. M. E. Juxgfleisch, professeur. Le cours ouvrira le Mercredi 4 novembre.
- Généralités. — Notions préliminaires; corps simples et corps composés; classification des corps simples; métalloïdes et métaux; lois des actions chimiques; nomenclature.
- Métalloïdes. —Histoire particulière des principaux métalloïdes et de leurs combinaisons non métalliques les plus utilisées : production, propriétés, réactions, notions analytiques,applications à l’industrie
- Chimie industrielle. — Les Mardis et Vendredis, à neuf heures du soir. M. Aimé Girard, professeur. Le cours ouvrira le Mardi 3 novembre. En cas d’empêchement, M. Aimé Girard sera remplacé par M. E. Fleürext.
- Matières végétales. — Notions générales sur leur structure et leur composition chimique. — Légumes et fruits : leur valeur alimentaire; procédés de conservation. — Bois, emplois divers, altération, conservation. — Céréales, mouture des grains, meules et cylindres. — Farines, leur analyse, etc. — Huiles végétales. — Essences odorantes, thérébenthine. résines et vernis.
- Métallurgie et travail des métaux. — Les Mardis et Vendredis, à sept heures trois quarts du soir. M. U. Lf. Verrier, professeur. Le cours ouvrira le Mardi 3 novembre.
- Étude de l’outillage métallurgique. — Appareils servant à la préparation mécanique des minerais : fours et machines employés dans le traitement métallurgique. — Machines à mouler. — Machines à travailler les métaux; marteaux, laminoirs, presses, etc. — Machines-outils.
- Chimie appliquée aux industries de la teinture, de la céramique et de la verrerie. — Les Lundis et Jeudis, à sept heures trois quarts du soir. M. V. de Luyxes, professeur. Le cours ouvrira le Jeudi 5 novembre.
- Matières colorantes. — Étude chimique des fibres végétales et animales. — Teinture, impression : blanchiment, mordants, épaississants. — Procédés mécaniques. — Principaux genres d’impression.
- — Papiers peints.
- Chimie agricole et analyse chimique. — Les Mercredis et Samedis, à neuf heures du soir. M. Th. Schlœsixc, professeur; M. Th. Schlœsixg fils, professeur suppléant. Le cours ouvrira le Mercredi 4 novembre.
- Atmosphère. — Etude des éléments de l’atmosphère qui concourent à la nutrition des plantes : oxygène; azote; acide carbonique; acide nitrique ; ammoniaque ; vapeur d’eau. — Poussières organisées de l’atmosphère; fermentations.
- Sols. — Constitution ; relations avec l’atmosphère et avec l’eau ; nitrification ; dosage des principes fertilisants.
- Analyse appliquée à des produits agricoles.
- Agriculture. — Les Mardis et Vendredis, à neuf heures du soir. M. L. Graxdeau, professeur. Le cours ouvrira le Vendredi 6 novembre.
- Mise en valeur et culture des terrains pauvres : chaulage, marnage, engrais verts, légumineuses fumures minérales.
- Fumiers de ferme : production, valeur, traitement, conservation.
- Cinq années d’expériences culturales au Parc des Princes (1891-1896). — Blé, avoine, plantes sarclées, fumure verte. — Discussion des résultats.
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- CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS.
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- Travaux agricoles et génie rural. — Les Mercredis et Samedis, à sept heures trois quarts du soir. M. Ch. Comberousse, professeur. Le cours ouvrira le Mercredi 4 novembi’e.
- Introduction : la Ville et la Campagne. — Tableau succcinct de la production et de la culture françaises.
- Description et étude spéciale de la Ferme. — Bâtiments ruraux. — Éléments et conditions de la construction. — Notions sur la résistance des matériaux.
- Dépendances de la ferme : Logements et hygiène générale des animaux. — Écuries, étables, bergeries. — La basse-cour, le poulailler et le colombier.
- Filature et tissage. — Les Mardis et Vendredis, à sept heures trois quarts du soir. M. J. Jmbs, professeur. Le cours ouvrira le Vendredi 6 novembre.
- Filage, métiers continus, métiers à renvidage intermittent. — Préparation et filage particuliers de la laine cardée. — Retordage, câblage, tressage.
- Classification générale des tissus. — Tissus proprement dits en armures diverses. — Carte représentative d’un tissu quelconque.
- Économie politique et législation industrielle. — Les Mardis et Vendredis, à sept heures trois quarts du soir. M. E. Levasseur, professeur. Le cours ouvrira le Mardi 3 novembre.
- Production des richesses. — Comment s’est formée la science économique. — Théorie de la production de la richesse. — Les richesses naturelles. — Le travail de l’homme. — Le capital. — Le rôle de l’intelligence dans la production. — Propriété, collectivisme et communisme. —tLa liberté individuelle et les fonctions de l’État.
- Économie industrielle et statistique. — Les Mardis et Vendredis, à neuf heures du soir. M. André Liesse, professeur. Le cours ouvrira le Mardi 3 novembre.
- Circulation des richesses.— L’échange : Analyse de ses éléments généraux.— Conditions matérielles des échanges : Les débouchés. — Voies et moyens de transports. — Routes. — L’industrie des chemins de fer en France et dans les principaux pays : organisation ; modes d’exploitation; tarifs, etc. — Navigation intérieure et maritime. — Postes et télégraphes. — Influence économique de la transformation des moyens de transports et de communication.
- Droit commercial. — Les Mercredis à neuf heures du soir. M. E. Alglave, chargé de cours. Le cours ouvrira le Mercredi 4 novembre.
- Des faillites. — Comparaison des législations étrangères et française. — Historique. — Les diverses formes de la faillite. — L’union des créanciers. — Les divers concordats. — La liquidation judiciaire. — Les créanciers hypothécaires.
- Économie sociale. — Les Samedis, à neuf heures du soir. M. P. Beauregard, chargé de cours. Le cours ouvrira le Samedi 7 novembre.
- Caisses d’épargne: Leur organisation en France et à l’étranger, questions actuelles.
- L’assurance : Principes de l’assurance, sociétés de secours mutuels, caisses de retraite, assurances contre les accidents, sur la vie, contre le chômage forcé. —L’assurance obligatoire.
- L’assistance ; Assistance légale. — Assistance publique. — Assistance privée. — Sociétés de bienfaisance.
- Le Directeur du Conservatoire national des Arts et Métiors.
- A. Laussedat.
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- BIBLIOGRAPHIE
- La machine â vapeur, traité général par M. E. Sauvage, professeur à l'Ecole nationale supérieure des mines (1).
- Cet ouvrage justifie pleinement son titre de Traité général. La machine à vapeur a pris aujourd’hui un tel développement que la monographie d’une seule de ses variétés importantes, comme la locomotive ou la machine marine, exigerait à elle seule, même imparfaite, plusieurs volumes; c’est dire qu’il serait presque impossible de tenter une monographie complète de la machine à vapeur. L’ouvrage serait véritablement formidable et, en raison de la rapidité même du progrès incessant de son sujet, d’une utilité sinon contestable, du moins hors de proportion avec l’effort de l’œuvre. Évitant très sagement cet écueil, M. Sauvage a voulu présenter au lecteur un résumé net et précis, un tableau bien au point et logiquement ordonné de l’état actuel de cette importante question, en même temps qu’un exposé clair et néanmoins approfondi des principes fondamentaux qui la dominent et en dirigent l’évolution. Nous sommes heureux de pouvoir constater qu’il a pleinement rempli ce difficile et délicat programme de deux manières: par la belle ordonnance du livre,la clarté du style,la sûreté de sa doctrine, et aussi par l’actualité de son érudition, grâce à laquelle nous trouvons enfin un ouvrage débarrassé de ces vieux clichés, toujours les mêmes, qui traînent encore aujourd’hui dans un grand nombre de traités de machines à vapeur. Ici, au contraire, les figures représentent des types ou des détails de construction modernes, parfaitement choisis : en grand nombre et très bien exécutées, elles accompagnent sans discontinuer le texte d’un commentaire à la fois concis et d’une clarté parfaite, permettant de réunir dans un espace relativement restreint, sans aucune obscurité ni fatigue pour le lecteur, une masse très considérable de documents précieux.
- Le premier chapitre de l’ouvrage, intitulé Descriptions élémentaires, fait rapidement défiler sous les yeux du lecteur une série de types de machines fort bien choisis, qui permettent de saisir facilement les principales caractéristiques de l’évolution de la machine à vapeur, depuis les machines atmosphériques jusqu’aux types actuels à quadruple expansion.
- La partie la plus importante du second chapitre, intitulé Lois mécaniques et physiques, est celle consacrée à l’étude des vapeurs, — principalement de la vapeur d’eau, — dans laquelle l’auteur fait un judicieux emploi du diagramme entropique. On sait que, dans ce diagramme, on prend pour ordonnées les températures absolues T du corps étudié et pour abscisses les entropies dQ correspondantes du kilogramme de ce corps, de sorte qu’il représente la variation de la chaleur ou de l’énergie totale du corps en fonction de sa température et de l’entropie, comme le diagramme ordinaire, ou dynamique, en représente la variation de l’énergie sensible en fonction du volume et de la pression. 11 est inutile d’insister ici, de nouveau, sur l’importance de ce diagramme (2) que plusieurs auteurs, M. Boulvin notamment (3), ont déjà introduit avec succès dans l’enseignement. On remarquera, en outre, à la page 72, un diagramme très clair des quantités de chaleur et tension de la vapeur d’eau saturée. Ce chapitre renferme également une étude très pratique du frottement et du graissage des pièces de
- (1) 2 vol. in-4 1010 p., 1030 fig., Paris, Baudry.
- (2) Bulletin de mars, 1895, p. 239.
- (3) Bulletin de novembre 1895, p. 1233.
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- machines: application de la formule de PétrofF fp. 49) et des résultats fournis par les expériences de la compagnie du chemin de fer de l’Est.
- Le chapitre III est consacré à l’étude du Travail de la vapeur dans les cylindres des machines.Il débute par la description des principaux indicateurs et freins dynamométriques actuellement employés: indicateurs Hopkinson, Richards, Martin, Deprez, optique de Perry, à plateau de Cody, automatique continu du chemin de fer de l’Ouest, frein Brauer, dynamomètre de transmission Dolfuss Mieg et Contamin. Vient ensuite l’étude approfondie et très claire — en partie par l’usage du diagramme entropique — des cycles théoriques du travail de la vapeur et de ses principales déformations par les espaces nuisibles (p. 116) (diagramme de la dépense de vapeur avec divers degrés de compression), par l’action des parois, expériences de Donkin, diagrammes des échanges de chaleur de Dwelshauvers (p. 128) et de Sinigaglia; diagrammes très intéressants des pressions et de la température de la vapeur au contact des parois (p. 132-135) et de la température à l’intérieur des parois d’après Donkin (p. 138) et par le refroidissement au condenseur, évité en partie par l’emploi, assez fréquent aujourd’hui, du cycle des machines de Cornouailles. L’enveloppe de vapeur, qui constitue l’un des moyens de réduire l’influence des parois, doit être à circulation large, autant que possible indépendante; l’eau de condensation (1/10 au plus de la vapeur totale dépensée) faisant retour à la chaudière par gravité, parfois au moyen d’un siphonnage spécial (steam loop), quand la machine est un peu en contre-bas de la chaudière, ou par une pompe de purge, de débit égal au millième environ de celui du piston moteur. Comme détail pratique de construction des enveloppes: à signaler le joint au cuivre représenté par la figure 123, p. 147. On sait le rôle important que joue, dans le fonctionnement de la vapeur, son humidité initiale ou de primage; le diagramme entropique en donne (p. 149) une image frappante. L’étude du laminage et de l’écoulement de la vapeur est traitée d’une façon originale, d’après les formules de Nadat (p. 155) et par des diagrammes très clairs. L’enveloppe doit, bien entendu, trouver aussi son application sur les machines compound, dont la perte par les parois, bien qu’atténuée, reste considérable (une machine de 800 chevaux, citée comme exemple (p. 168) transforme en travail 6 calories sur 50 apportées par la vapeur, dont 10,92, perdues par les parois), mais cette application paraît d’autant moins utile que les cylindres sont plus grands, et presque nuisible, non comme augmentation de puissance, mais comme économie, sur le réservoir intermédiaire. Ce réservoir est souvent, pour des raisons d’encombrement, restreint à un volume inférieur à celui du grand cylindre, de sorte que la pression y subit des variations considérables, faciles à déterminer approximativement (p. 172). Cet important chapitre se poursuit par l’exposé des moyens employés pour la totalisation des diagrammes des machines compound et à expansions multiples et quelques exemples et tableaux du fonctionnement des principaux types de machines à vapeur. Dans les meilleures conditions, on ne dépense guèi’e moins que 5k,30 d'eau par cheval-heure indiquée. Avec la surchauffe, on serait descendu —moteurs Schmit, p. 198 (1) — à5k50 par cheval effectif. Viennent ensuite quelques considérations sur le régime des machines en travail variable, le calcul pratique des dimensions des cylindres, la discussion des turbines à vapeur de Parsons et de Laval, et quelques considérations sur les machines à vapeur autres querelles de l’eau, dont l’étude expérimentale est encore à faire.
- Le chapitre IV, consacré à la Distribution de la vapeur, commence par l'étude du tiroir, approfondie et rendue très claire par l’emploi de diagrammes (réduction des points conjugués, épure de lleech, de Dubosl, elleptique, sinusoïdale, cercles de Muller, diagramme de Reuner) et de nombreuses figures des principales dispositions modernes (tiroirs à double orifice, à canal, équilibrés, cylindriques ; ces derniers de plus en plus employés sur les machines marines (p. 257). De là, on passe à l’étude des distributions par coulisses (Stephenson, Gooch Allan, Walschaert, les radiales : Findler, Meulen, Normand, Marsehall, Joy, Bryce Douglas), avec leurs commandes de relevage ou de changement de marche à main ou à contre-poids de vapeur (beaux exemples pratiques, empruntés, pour la plupart, aux machines marines), l’exentrique sphé-
- (1) Bulletin de mai 189G, p. G87.
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- rique de Tripier, la manivelle hydraulique de Muller et son dérivé presque immédiat, le ehan gement de marche hydraulique de Joy(l), la coulisse de Chaligny... Parmi les distributions à deux tiroirs, à signaler ceux de la Straigt-line, de Hofmann, à tiroirs concentriques, Guinotte, Meyer, Rider, — puis les distributions avec taquets et butées Farcot, Claeys, Hertey, Jean et Peyruisson, types empruntés aux constructions les plus récentes et représentés par des figures d’une remarquable clarté. Il en est de même pour les distributions Corliss (épures de l’obturateur (p. 342-355), types du Creusot, de Garnier, de Spencer et Engliss, Farcot, Frikart, Fiskell, Harris (2), Wheelock, de Stoppani,û deux distributeurs (p. 3G7), Bonnefond marchantà 150 tours) ; puis les machines à robinets tournants ou oscillants sans déclics (Creusot, Bietrix, Bail et Wood), à soupapes (Sulzer, Hartung, Audemar, machines de Cornouailles), et enfin les distributions à commandes directes, si répandues aujourd’hui sur les pompes à vapeur (Westinghouse, Blake, Worthington). Le chapitre se termine par une description de la marche à contre-vapeur, des appareil de démarrage : vireur, soupapes, et par quelques considérations générales sur les différents systèmes de distribution.
- Le chapitre Y du premier volume a pour titre : Transmission et régularisation du mouvement On y étudie d’abord les effets de la masse des pièces à mouvement alternatif (diagrammes d’inertie) — dont l’importance, parfois négligée, est si considérable sur les machines rapides, principalement sur les machines marines : vient ensuite l’étude des volants, avec quelques types d’excellente construction, puis celle des régulateurs, dans laquelle une large part est faite aux régulateurs directs, de plus en plus usités sur les machines rapides (Westinghouse Garnier, Bail (3), Armington, Hoffmann,) et quelques mots sur les transmissions par courroies et par cordes.
- Le second volume s’ouvre par un chapitre d’ordre presque purement descriptif, intitulé : Principaux organes des machines à vapeur : bâtis et fondations (remarquable bâti pour machine marine en acier coulé des forges de Firminy) ; — cylindres (cylindre en acier coulé de lm,04 de diamètre, également des forges de Firminy) ; — pistons et garnitures (exemples de grands pistons en acier coulé pour machines marines : diamètre 2m,06; garnitures métalliques américaines et de M. Normand) ; — crosses, bielles ordinaires et triangulaires (4), arbres et manivelles, crapaudines, paliers de butée, organes de graissage pour coussinets et cylindres. Les illustrations de cette partie de l’ouvrage sont des plus remarquables par leur choix et leur exécution. Dans le chapitre suivant, intitulé : Disposition d’ensemble des machines, se trouvent décrites, suivant une classilication logique, une série de types de machines choisies parmi les plus remarquables de la construction moderne : compound verticale Sulzer de 1300 chevaux pour ateliers, compound verticale Collman ; machines à simple effet Grafton, Willans, Carrels, demi-fixe Weyer et Richemond; machine d’épuisement à distribution différentielle Davey ; pompes Worthington ; machines d’extraction , machines pour compresseurs d’air à triple expansion du Creusot; compresseur Elwell ; machines pour laminoir: locomotives d’Europe et d’Amérique, ces dernières caractérisées par leur grande puissance obtenue en grande partie grâce à la surélévation de leur chaudières, qui ont pu ainsi s’agrandir; machines marines, avec de belles ilustrations des types les plus récents pour paquebots (Navarre, Champagne, Capitaine Pratt), torpilleurs Thornycroft(o) (Normand), navires de guerre (compound à retour de bielle du Redoutable, triple expansion horizontale du Presidenti Errazuriz, construite par les forges et chantiers de la Méditerranée); machines rotatives, marteaux pilons.
- L’étude de la condensation fait l’objet du chapitre VIII. Le calcul des condenseurs à mélange (p. 225) et à surface (p. 250) y est présenté d’une façon complète et très simple; le travail de la pompe à air, théoriquement égal aux 17 millièmes du travail indiqué de la vapeur, en atteint en pratique les 30 et 35 millièmes, et le volume de sa course atteint au moins 100 litres par kilogramme de vapeur condensé dans cette course. Parmi les condenseurs décrits, nous
- (1) Bulletin de mars 1895, p. 224. — (2) IJ., d’août 1894, p. 526. — (3) Bulletin d’août 1894, p. 547. — (4) Id. de mai 1895, p. 577. — (5) Bulletin de mars 1895, p. 263. —
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- signalerons ceux à mélange de Worthinglon(l) de Garnier, rapide à 150 tours, de Nordberg (2) ; puis ceux à surfaces du Creusot et de Wheeler(3); pour ces derniers, on prend ordinairement une surface condensante de 0m4,20 par cheval-heure et une circulation de 50 litres d’eau par kilogramme de vapeur ; le travail de la pompe de circulation est d’environ 1,5 p. 100 du travail indiqué; ajouté à celui de la pompe à air, la somme équivaut à peu près au travail de la pompe unique du condenseur par mélange.
- Le reste du second volume est consacré à la Chaudière et débute parle chapitre IX, intitulé: Production de la vapeur, étude des principaux combustibles et de la combustion (économètre Arndt), foyers et grilles à secousses Forney (4), Roney (5), grille continue Eckley Coxe (6), fumivore Dulac (7), chargeurs mécaniques, foyers à briques réfractaires Docteur, pour tannée Godillot, pour copaux de la compagnie de l’Est, gazogènes (Creusot, Lencaucher) pour poussières de charbon Wegener (8) à pétrole (Diedrich, Brernef, Holden (9), Lagrafel et d’Allest). Le tirai te des cheminées est étudié avec un soin particulier, au moyen de formules et de diagrammes originaux, ainsi que la transmission de la chaleur du foyer à l’eau au travers des tôles et les intensités de cette transmission, suivant que la surface de chauffe est directe ou indirecte. Le chapitre se continue par une description méthodique des principaux types de chaudières et de leurs détails de construction : rivures, tubes de foyer, etc. Parmi les chaudières tubulaires, celle du type locomotive figurent en un grand nombre de variétés, puis les grandes chaudières marines à retour de tomme, avec 3 et 4 foyers, actuellement en lutte avec les chaudières tubulées, ou à tubes d’eau, dont les principaux types sont aussi largement représentés dans ce chapitre (Belleville, de Nayer, Root (lO),Lagosse et Bouché, National Water Tube Boiter C° (11), Babcox-Wilcox (12), Roser, Hanrez,Heine (13), Lanet,Niclause, MacNicol, Lagrafel et d’Allest) avec leurs remarquables installations à la partie supérieure des bâtiments des usines de vapeur aux États-Unis (14).Ce genre de chaudières commence à se répandre pour l’utilisation des chaleurs perdues dans les forges, où elles remplacent, avec de grands avantages de sécurité, les anciens types verticaux à grandes masses d’eau (p. 406). Les chaudières tubulées express, actuellement employées sur presque tous les torpilleurs, sont l’objet de nombreuses gravures (types du Temple,Thornycroft (15), Yarrow (16), Normand), jusqu’aux types extrêmes, dits à vaporisation instantanée, dont la chaudière Serpolet est la variété la plus intéressante. Passant aux accessoires du foyer, l’auteur décrit successivement les réchauffeurs par chaleur perdue et parvapeui d’échappement, parfois combinés avec les distillateurs chargés de réparer à la mer les fuites des condenseurs à surface, puis les surchauffeurs Uhler, Beardmore, Raffard (1851). Les essais en chaudières sont l’objet de quelques tableaux résumant, comme ceux de Donkin (p. 445), les résultats d’un grand nombre d’expériences exécutées sur les principaux types de chaudières. Ces tableaux confirment, en somme, l’idée que la plupart de ces types sont, au point de vue de l’économie de combustible, pratiquement équivalents, malgré les grandes différences qu’ils présentent au point de vue de l’énergie de la vaporisation, de sorte que c’est plutôt cette dernière considération, jointe à celle de la sécurité et de la facilité de logement, qui doit en déterminer le choix. La partie de ce chapitre consacrée à Valimentation renferme la description des pompes alimentaires et des injecteurs des types les plus récents (Sellers, Mack (17), Friedman, Gresham et Craven, Hancock (18), Park et Wilkinson (19), Derby (20), Laux (2.1), Korting, Metcalf et Davie), ainsi qu’un intéressant graphique de leurs débits à différentes pressions (p. 471). Vient ensuite la question de l’épuration des eaux et des désincrustants dont le meilleur est incontestablement cette épuration même (épurateurs Gaillet, Desrumeaux, Delhotel), puis l’étude des appareils de sûreté : niveaux d'eau, soupapes (types Adams, Dulac,
- (1) Bulletin d’août 1894, p. 563.— (2) Id. d’août 1894, p. 568. — (3) Id., p. 567. — (4) Id. d’avril 1894 p. 179. — (5) Id., p. 184. — (6) Id., p. 183. - (7) Id. de juin 1894, p. 326. —(8) Id. de mars 1895, p. 267.
- — (9) Id. d’avril 1896, p. 556. — (10) Id., d’avril 1896, p.' 166. — (11) Id., p. 172. — (12) ld., p. 160. —
- (13) Id., p. 169. — (14) Id. de décembre 1895, p. 378, et d’avril 1896, p. 549. — (15) Id. d’avril 1896, p. 535. — (16) Id. de janvier et avril 1896, p. 134 et 613. — (17) Id., de mars 1894, p. 208. — (18) Id.,
- p. 201. — (19) Id., p. 202. — (20) Id., p. 203. — (21) Id., p. 204.
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- Richardson (1), Crosby (2), manomètres, tuyauteries de vapeur et clapets d’arrêt automatiques, détendeurs, enveloppes isolantes : d’après des expériences de Kennedy (p. 505), une chaudière isolée placée dans une salle close et se refroidissant de 160 à 100°, perdait de 1000 à 2000 calories par mètre carré et par heure : perte considérable, qu’un bon isolant réduirait de moitié. Le chapitre se termine par des considérations très intéressantes sur les explosions par coups de feu, usure, corrosions, pustules, avec de très curieux exemples à l’appui, sur l’épreuve et la surveillance des chaudières.
- Le dernier chapitre de l’ouvrage, intitulé Emploi des machines, renferme d’intéressantes considérations générales sur le service à demander aux différents types de machines, avec un tableau très clair de leurs principales conditions d’établissement, et sur les prix de revient de la puissance motrice, oii l’auteur établit, pour l’évaluation de la valeur des machines, des principes de comptabilité que leur sagesse ne suffira pas toujours à imposer. Enfin, dans ses conclusions, M. Sauvage fait très justement ressortir toute l’importance que joue, à côté de la théorie pure, une pratique judicieuse et hardie, la supériorité économique et technique de la fabrication des machines en série, comme on les construit dans quelques ateliers américains.
- On voit, par cette trop courte analyse, que l’ouvrage de M. Sauvage embrasse bien, dans leur ensemble et dans leur actualité, les principales branches de son sujet; il le fait, comme nous l’avons dit au commencement, dans des conditions telles que son œuvre sera des plus utiles à la fois au spécialiste curieux des nouveautés de son art et à l’ingénieur désireux de se procurer, pour ne point s’égarer dans le domaine aujourd’hui si vaste des moteurs à vapeur, un guide en compagnie duquel il serait bien difficile de se tromper. G. R.
- Les Chaudières marines, par M. Bertin, Directeur des constructions navales. Cours de machines à vapeur professé à VEcole d’application du génie maritime (3).
- Nos lecteurs savent combien la question des chaudières maritimes est importante et actuelle (4) : c’est dire combien l’ouvrage de M. Bertin vient à son heure, et quel est son intérêt, car nul n’est mieux qualifié que lui pour traiter avec autorité un sujet aussi vivement discuté. C’est aujourd’hui de la chaudière que dépend, plus encore que de la machine, l’avenir prochain des constructions navales; l’accroissement notable des vitesses et des puissances déjà si formidables de nos paquebots est bien, avant tout, une question de chaudières, et il en est de même pour la marine de guerre, surtout en matière de torpilleurs et contre-torpilleurs, sur lesquels la belle conférence de M. Ferrand nous a appris tant de nouveautés intéressantes (3).
- M. Bertin divise les chaudières à tubes d’eau : tubuleuses ou tubulées, en trois grandes classes, suivant la nature de leur circulation ; limitée, libre ou accélérée.
- Les chaudières à circulation limitée sont caractérisées par l’emploi de tubes disposés en serpentins, qui s’élèvent en replis successifs, et dont chacun reçoit l’eau à sa base et'dégage la vapeur à son sommet, de sorte que la circulation de l’eau s’y trouve limitée à ce qu’il faut pour subvenir à l’évaporisation et à l’entraînement de l’eau vésiculaire par la vapeur. La principale des chaudières de ce type est celle de Belleville, actuellement la plus employée des chaudières à tubes d’eau dans la marine. Leur principale caractéristique est de permettre de régler à volonté la direction et l’intensité de la circulation, de faire, par conséquent, marcher le courant d’eau en sens inverse de la llamme et de dépouiller ainsi les gaz du foyer de
- (t) Bulletin de mars 1894, p. 200. — (2) Id., p. 197. — (3) Un vol. in-8°, 440 p., 230 fig. Paris, Bernard. — (4) Bulletin d’avril 1896, p. 511. —(5) Id. d’avril 1896, p. 540.
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- leur chaleur plus complètement que dans les chaudières tubulées des autres systèmes (p. 250).
- Les chaudières à circulation libre sont caractérisées en général par « l’emploi de deux réservoirs verticaux régnant sur toute la hauteur de la chaudière, réunis entre eux par le faisceau des tubes qui est horizontal ou peu incliné ». Les modèles en sont nombreux (Joessel, Perrelle, Oriolle, d’Allest, Lagrafel, Seaton, Babcox-Wilcox (I), Anderson et Lyall, Towne, Petit et Godard, Collet-Niclause, Durr, Ward, Charles et Bobillot, de Dion). Des essais exécutés sur trois croiseurs de la marine française, le Bugeaud, le Chasseloup-Laubat et le Friant, munis respectivement des chaudières Belleville, d’Allest et Niclause, d’à peu près même puissance, ont donné les résultats suivants :
- Belleville (l'Allest Niclause
- (/iia/eaud). (Chasseloup- Laubat). (Friant).
- Surfaces de grille 7 O"’2 41) 68-2 72m272
- — de chauffe 2006 1807 2130
- Charge des soupapes 17 k. 15 k. 15 k.
- Poids total des chaudières pleines 444 t. 367 369
- Essai de vitesse.
- Pression à la chaudière 15k,75 13 k. 13k, 68
- — à la machine 11.38 11.24 11.47
- Détente 7.20 7.34 7.63
- Puissance développée en chevaux 9 565 9 842 9 563
- Consommation de charbon par m2 de grilles . 127 k. 116k,6 122k,2
- — — par cheval 0.923 0.796 0.909
- — — comparative 1 0.858 0.905
- Essai de consommation.
- Pression à la chaudière 13k,69 12k,06 12k,6G
- — à la machine 9.0 9.53 9.96
- Détente 12.6 12.6 12.4
- Puissance développée en chevaux 3 781 3 582 3 655
- Consommation de charbon par m2 de grille. . 46k,20 53k 50k
- — — par cheval 0.61 0.66 0.67
- — — comparative 1 1.083 1.089
- La chaudière Belleville a donc eu, dans ces essais, l’avantage pour la consommation de combustible à feux modérés; mais, aux combustions vives, une infériorité de rendement de pus de 2 dixièmes par rapport à la chaudière d’Allest et de près de un dixième par rapport à la chaudière Niclause. D’après M. Bertin, les principaux motifs de cette infériorité sont que, « en raison de l’absence de circulation, la vapeur des chaudières Belleville doit se frayer un chemin dans de l’eau presque au repos, produire plus d’émulsion à la surface, en entraînant plus d’eau. De plus, le phénomène de convection est plus imparfait. La chambre de combustion des chaudières Belleville se limite à un fourneau très bas... » «... Lachaudière d’Allest ne supporte pas les combustions vives en raison même de sa disposition générale qui contrarie la dilatation des tubes. L’expérience journalière confirme que la chaudière Belleville et la chaudière Niclause se rapprochent l’une de l’autre sous le rapport de la rusticité, de la résistance aux variations de température, de la commodité des démontages et des réparations; sous ce dernier rapport, la chaudière Niclause est supérieure à toutes les autres. La chaudière d’Allest, dont la construction se rapproche davantage de celle des chaudières tubulaires, réalise moins bien, sous ces différents rapports, les avantages des chaudières tubuleuses. »
- Les chaudières à circulation accélérée ou express, dont nous avons fréquemment entretenu nos lecteurs (1) sont caractérisées par la direction presque verticale donnée au mouvement de
- (1) Bulletin de mars 1894, p. 253; de janvier et d’avril, p. 134, 535 et G07. Tome I. — 95e année. 5e série. — Octobre 1896.
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- BIBLIOGRAPHIE.
- OCTÔRRE 1896.
- bas en haut de l’eau chauffée sur son parcours entre les réservoirs horizontaux d’eau et de Vapeur d’eau, activée en outre par de gros tuyaux de retours, ramenant l’eau vaporisée des réservoirs de vapeur aux réservoirs d’eau. La circulation s’y accélère en faisant agir sur des colonnes de grande hauteur les forces qui produisent le mouvement naturel de circulation.
- Les chaudières express (Sachet, du Temple, Normand, Guyot, Leblond et Caville, d’Allest, Thornycroft, Yarrow, Mosher, Symon-House, Blechynden (1), Reed (2), White, Fleming et Fer-gusson Scaton), sont employées principalement sur les torpilleurs et contre-torpilleurs, où elles ont presque totalement remplacé les chaudières du type locomotive. Leur énergie extrême va jusqu’à450 chevaux par mètre de grille, au lieu de 200 pour les chaudières cylindriques et3S0 pour celles du type locomotive, et avec une combustion de 332 kilog. de charbon par mètre de grille et par heure; leur faible poids, jusqu’à 10 kilog. par cheval, leur mise en pression rapide en justifient pleinement l’emploi sur ces navires, malgré leur encombrement relativement considérable.
- Dans la plupart des chaudières fubulées, au contraire, cet encombrement est faible ; mesuré par son coefficient ou rapport de la projection horizontale de la chaudière à la surface de la grille, il tombe, pour les chaudières Niclause, par exemple, à 1,3 au lieu de 1,75 pour les chaudières cylindriques à double façade, et jusqu’à 3 pour les chaudières express Normand.
- On connaît les avantages généraux des chaudières tubulées, dont les principaux sont leur aptitude à résister aux hautes pressions, jusqu’à 20 atmosphères, et leur immunité contre les grands accidents; les avantages plus particulièrement précieux pour la marine sont : 1° leur légèreté : 40 à 50 kilog. par cheval; l’économie réalisée sur l’eau est de plus de 2 tonneaux par mètre carré de grille; pour les chaudières tubulées des grands navires, le poids par mètre carré de grille est égal à la moitié environ de celui des chaudières cylindriques à retour de flamme, celui des chaudières express n’en dépasse guère le tiers. 1.'adoption des chaudières Belleville a réduit de 0,4 le poids de l’appareil évaporatoire des paquebots des messageries maritimes; 2° l’aptitude des chaudières express à supporter le vent forcé, permettant de les pousser en express jusqu’à 400 et 430 chevaux par mètre carré de grille; les chaudières des deux premiers types sont, au contraire, par mètre carré de grille, moins puissantes que les cylindriques: 130 chevaux au lieu de 200, ce qui ramène leur poids par cheval aux deux tiers de celui des chaudières cylindriques. Leur principal inconvénient, leur danger même, provient de l’instabilité extrême de l’alimentation du fait de leur très faible masse d’eau, qu’il faut, d’autre part, conserver très pure, sans réparation par l’eau de mer, car tout tube même légèrement obstrué est presque fatalement brûlé. Comme le dit très bien M. Berlin, « la vigilance doit être incessante et minutieuse. Si le vingtième de l’eau douce se perd dans le double trajet d’aller de la vapeur aux cylindres et de son retour aux chaudières après condensation, et que la réparation s’opère en ouvrant un robinet de la mer au condenseur, si surtout les chefs mécaniciens croient déroger en surveillant eux-mêmes la chauffe, alors on est en présence d’un navire auquel les chaudières tubuleuses ne sauraient convenir. »
- Cette conduite de la chauffe a été d’ailleurs compliquée d’autre part par l’introduction du tirage forcé par refoulement ou par aspiration (3). Le soufflage eu chambre close, d’abord poussé à l’extrême sur les torpilleurs, jusqu’à 730 kilog. par mètre carré de grille et par heure sous des pressions de 200 millimètres d’eau, est bientôt retombé à des intensilés admissibles de 350 kilog. par mètre carré de grille, puis de 130 kilog. pour les grands navires; mais, malgré ces atténuations, on lui préfère, du moins dans la marine marchande, le refoulement en cendrier clos. Dans les deux cas, il y a avantage à compléter les chaudières par des réchauffeurs d’alimentation, proposés en 1879 par M. Kemp, et dont l’utilité théorique est bien mise en évidence par M. Bertin. « Le poids de l’eau évaporée dans une bonne chaudière est, dit-il, ert nombres ronds, égal à la moitié du poids des gaz de la combustion, et la chaleur spécifique de
- (1) Bulletin d’avril 1896, p. 538.
- (2) Id., p. 537.
- (3) Bulletin de mars 1895, p. 254.
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- BIBLIOGRAPHIE.
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- l’eau est à peu près égale au quadruple de celle de ces gaz. Dans un appareil de réchauffage parfaitement isolé, l’élévation de température de l’eau serait donc égale à la moitié de l’abaissement de la température des gaz. Ce raisonnement élémentaire suffit à montrer que le réchauffage de l’eau d’alimentation fournit un moyen suffisant d’utiliser toute la chaleur dont les gaz peuvent être dépouillés, du moins avec les hautes pressions actuelles, qui permettent de disposer pour l’eau d’un écart de température de 50° et au delà. Rien, en principe, n’empêche de refroidir la fumée au-dessous de 100°, et d’en condenser la vapeur. » Des essais faits à terre sur des réchauli'eurs d’alimentation lîellevilie permettraient d’espérer, paraît-il, de ce fait, une économie de charbon de 20 p. 100 (p. 97). Un autre procédé consiste à réchauffer l’air de la combustion par le système Howden à vent forcé ou Ellis à aspiration (t) discutés tous deux dans l’ouvrage de M. Bertin.
- L’un des moyens d’activer la chauffe, d’en faciliter la cohduite et de diminuer l’encombrement et le poids du combustible embarqué consiste dans l’emploi du pétrole (2). Avec lui, quelle que soit l’intensité de la flamme, on est presque assuré de son uniformité, à l’abris des coups d’air et des langues de chalumeau, désastreux principalement pour les chaudières express. L’une des difficultés a longtemps ôté la nécessité, pour pulvériser le pétrole, de jets de vapeur entraînant une perte correspondante d’eau douce, au moins 0liU ,20 par kilog. de pétrole. D’après M. Bertin, on pourrait tout aussi bien marcher avec de l’air injectée par un compresseur, dont la vapeur retourne au condenseur. Le kilogramme de mazout vaporise à peu près 12 kilogrammes d’eau, ou 30 p. 100 de plus que le charbon qui, en revanche, coûte en France, sans frais de douane, deux fois moins cher; mais, d’autre part, les frais de personnel, qui atteignent 30 à 60 p. 100 du prix du charbon, seraient presque supprimés par Remploi du pétrole, et cette diminution, jointe à l’augmentation du fret, compenserait largement la différence des prix en faveur du pétrole.
- Nous avons insisté avec quelque détail sur ces questions : de l’emploi à la mer des chaudières tubulées, du tirage forcé et du pétrole, parce qu’elles sont des plus actuelles et des plus importantes; mais elles ne sont, bien entendu, pas les seules traitées dans l’ouvrage de M. Bertin, qui embrasse l’étude des chaudières marines dans tout son ensemble et ses moindres détails, avec une clarté et une compétence qui en rendront, pour longtemps, la lecture aussi agréable que nécessaire aux ingénieurs mécaniciens.
- G. R.
- Baillaud (B.), Doyen de la Faculté des Sciences de Toulouse, Directeur de l’Observatoire. — Cours d’Astronomie à l’usage des étudiants des Facultés des Sciences. 2 volumes grand in-8. Paris, Gauthier-Villars.
- L’auteur s’est proposé d’exposer, dans, le premier volume, aussi brièvement que possible, les notions essentielles de l’astronomie, dont l’étude sérieuse est d’un si haut intérêt.
- Il y a réuni diverses questions dont la connaissance intéresse autant les physiciens que les astronomes : les principes du calcul des probabilités et leur application à la théorie des erreurs d’observations; l’étude des instruments d’optique; celle des instruments de précision qui servent à la mesure du temps, des longueurs ou des angles, et, en particulier, des principaux instruments astronomiques; les procédés usités dans les calculs numériques, notamment l’emploi des tables de logarithmes des nombres et des fonctions trigonométriques, celui des logarithmes d’addition, les formules principales de la trigonométrie sphérique, les méthodes d’interpolation.
- La seconde partie de cet ouvrage est consacrée à l’astronomie elle-même. On y a introduit,
- (1) Bulletin de mars 1895, p. 255.
- (2) Bulletin d’avril 1894, p, 185, mars 1895, p. 268*
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- BIBLIOGRAPHIE.
- OCTOBRE 1896.
- avec les questions explicitement comprises dans le programme de la licence ès sciences mathématiques, diverses questions d’astronomie théorique : la détermination des orbites des planètes, de la théorie de la lune et du calcul numérique des perturbations.
- Maréchal (Henri), ingénieur des ponts et chaussées, ingénieur de la lro section des Travaux de Paris et du Secteur municipal d’électricité. — Les Tramways électriques. Dispositions générales. Voie. Tramways à conducteurs aériens, souterrains, au niveau du sol. Tramways ci accumulateurs. Matériel roulant. Stations centrales. Dépenses. IJn volume in-8°, 203 pages, il5 figures. Paris, Baudry.
- Il est peu de villes où la question des tramways ne soit actuellement à l’ordre du jour.
- La traction à chevaux, si lente, si incommode, est aujourd’hui définitivement condamnée, et l’on se préoccupe partout de la remplacer par la traction mécanique. Aux Etats-Unis, où l’on a abordé le problème depuis plusieurs années, on s’est prononcé catégoriquement pour la traction électrique.
- Le livre de M. Maréchal, dont les éléments ont été, pour la plus grande partie, recueillis sur place, dans un voyage récent aux États-Unis, résume, dans une forme simple et accessible à tous, les progrès réalisés dans cette branche si intéressante des applications de l’électricité.
- Il sera consulté avec fruit non seulement par tous ceux qui ont à s’occuper spécialement des tramways; mais encore par Jes nombreuses personnes qui réclament, avec juste raison, la prompte amélioration de nos antiques systèmes de transports en commun.
- Vidal (Léon). — La Photographie des couleurs. Sélection photographique des couleurs primaires. Son application à l'exécution de clichés et de tirages propres à la production d'images polychromes à trois couleurs. — Une brochure in-18 de la Bibliothèque photographique (Paris, Gauthier-Villars).
- Il existe bien des moyens de combiner le dessin et le modelé photographiques avec des couleurs; mais ces divers procédés ne sont pas, au point de vue industriel, d’une application assez rapide ni assez automatique pour qu’on puisse obtenir des épreuves d’un prix peu élevé.
- Le mieux est, pour atteindre ce but, de recourir à des tirages lithographiques ou typographiques aux trois couleurs. Ces tirages donnent d’excellents résultats si la sélection photographique des couleurs a été convenable.
- La technique du procédé sera grandement facilitée par l’ouvrage de M. Vidal : sélection des couleurs, exécution des trois monochromes, choix des écrans colorés, impression d’une polychromie, l’auteur a examiné en détail toutes les étapes du procédé.
- Encyclopédie scientifique des Aide-Mémoire (Paris, Gauthier-Villars).
- Hexnerert, lieutenant-colonel du génie. — Travaux de campagne et Communications militaires (deux volumes).
- Dans le premier de ces ouvrages, l’auteur passe en revue, d’une façon très complète, les moyens d’organisation, d’attaque et de défense d’une armée en campagne, les questions relatives au ravitaillement et au logement, la construction et l’emploi des divers ouvrages.
- Dans le second, l’auteur examine successivement l’importance militaire des routes, des voies de fer et des ponts. Après avoir rappelé les conditions ordinaires d’établissement de ces voies de communication, il donne les moyens de les détruire ou de rétablir leur viabilité.
- Le volume se termine par la description de certaines communications sous-aquatiques ou aériennes, et par de nombreux détails sur le service de correspondance aux armées.
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- BIBLIOGRAPHIE.
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- Barillot (Ernest). — La distillation des bois. Le volume de M. Barillot traite de la distillation du bois et de l’utilisation de cette matière première au point de vue chimique.
- La distillation première et les procédés les plus récents y sont traités tant au point de vue chimique qu’au point de vue de l’installation et de la construction.
- Le raffinage des produits, le travail des alcools bruts, des acides bruts, des créosotes y est longuement développé.
- Enfin l’analyse des produits dérivés du bois : acétates, alcools Régie, créosotes, est traitée d’une façon toute spéciale.
- Loppk. — Accumulateurs électriques. Ce volume est un développement de conférences faites par l’auteur à l’École d’application du Laboratoire central d’électricité.
- M. Loppé rappelle d’abord quelques principes indispensables d’électrochimie. Il examine ensuite les diverses théories relatives aux accumulateurs et aux électrodes. Tout en parlant plus particulièrement des accumulateurs au plomb, universellement employés aujourd’hui, l’auteur réserve un chapitre aux accumulateurs d’autres systèmes. L’ouvrage se termine par la description des appareils accessoires employés pour les accumulateurs et par une partie consacrée aux mesures.
- Ariès (E.), chef de bataillon du Génie. — Chaleur et Énergie. Ce livre est un exposé des principes de la thermodynamique d’après une méthode basée sur le postulat suivant : « Un système ne peut décrire un cycle fermé irréversible, à l’aide d’une seule source de chaleur, sans lui céder delà chaleur et sans consommer du travail »
- L’auteur en déduit les notions de la température absolue et de l'entropie, l’inégalité de Clausius, le théorème de l’équivalence, enfin la notion de l’énergie.
- L’appareil mathématique n’iutervient qu’au dernier chapitre, consacré à l’exposition d’une méthode générale pour les applications des principes aux différentes branches de la Physique.
- Addition, page 1174, au Bulletin d’aoùt 1896. — Les expériences sur le chauffage des chaudières au pétrole, dont le compte rendu nous a été communiqué par M. L. Le Chatelier, ont été exécutées, aux ateliers de MM. Weyer et Richmond, parles soins de la Société de constructions mécaniques du Midi de la Russie.
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- LIVRES ET OUVRAGES REÇUS A LA BIRLIOTHÊQUE
- EN AOUT, SEPTEMBRE, OCTOBRE 1896
- Bu Ministère de VInstruction publique et des Beaux-Arts : Œuvres de Fermât, publiées par les soins de MM. Paul Tannery et Charles Henry, vol. III. — Œuvres complètes de Laplace, vol. II. — Œuvres complètes d’Augustin Cauchy, vol. IX, tre série (Imprimerie Gauthier-Villars). —Bibliographie des travaux historiques et archéologiques, publiés par les Sociétés savantes de la France, t. III, lre livraison. — Lettres de Catherine de Médicis, publiées par le Cte H. de La Ferrière. — Comptes des bâtiments du roi sous le règne de Louis XIV. Remontrances du Parlement de Paris au XVIIIe siècle, publiées par MM. Flammermont et Tourneur (Imprimerie nationale).
- Bu Ministère du Commerce et de l’Industrie (office du travail) : Répartition des salaires du personnel ouvrier dans les Manufactures de l’État et les Compagnies de chemins de fer.
- Bu Ministère de VAgriculture et de l’Industrie d’Italie : Statistica degli scioperi avventi nell’Industria ce nell’ Agricultura durante l’anno 1894, in-8. Rome, typographie Pra-telli. — Carte hydrographique d’Italie, Lombardie, vol. in-8, Rome (Imprimerie nationale).
- Bu Ministère des Travaux publics : Statistique des chemins de fer français au 31 décembre 1894. France. Intérêt général, 1 vol. in-4, 290 p. (Imprimerie nationale).
- Bu Ministère des Finances : Tableau général des mouvements du cabotage pendant l’année 1895 (Imprimerie nationale).
- Bu Ministère de l’Intérieur : Emprunts à la caisse des chemins vicinaux, vol. LII, in-4, 440 p. (Imprimerie nationale).
- Be Vencyclopédie'Leauté (Librairie Gauthier-Villars). F. Loppé. Les accumulateurs électriques, Hennerert. — Communications militaires. Travaux de campagne, Barillot. — Distillation des bois, E. Ariès. — Chaleur et énergie.
- Explosion d’une chaudière à foyer amovible et Moyens de parer aux conséquences des ruptures des tubes de niveau d’eau à Joinville-le-Pont, par M. Compère, 2 broch. Extrait des publications de Vassociation des propriétaires d’appareils à vapeur.
- De la Bibliothèque photographique (Librairie Gauthier-Villars). Photographie des couleurs, par M. Léon Vidal, I vol. in-8, 90 p.
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- OUVRAGES REÇUS.
- OCTOBRE 1896.
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- l)e MM. Franp, Lamm et Bernard. Traction mécanique des tramways. Moteurs à, vapeur sans feu ou à, eau chaude, 3 broch.
- Do M. Gouvy. Fabrication de la fonte en Allemagne depuis 1882 et Note sur l’installation d’une usine pour la fabrication des tôles minces et fers-blancs.
- De l’Association australasienne pour Vavancement des sciences. Réunions de Brisbane, anvier 1895. — Astronomie, mathématique, physique, chimie, géologie, minéralogie, biologie, géographie, ethnologie, anthropologie, économie politique, agriculture, art de l’ingénieur, architecture, hygiène, éducation, 1 vol. in-8, 875 p. University, Cilebe, Sydney.
- De la Chambre de commerce de Marseille. Compte rendu de la situation commerciale et industrielle de Marseille pendant l’année 1895, 1 vol. in-8°, 215 p. Imprimerie Marseillaise.
- Press working of metals (Emboutissage des métaux), par Oberlin Smith, 1 vol. in-8, 275 p., 431 fig. chez John Wiley, New-York.
- Cours d’astronomie à, l’usage des étudiants des Facultés des sciences, par M. B.
- Baillaud, 2 vol. in-8 (Gauthier-Villars).
- Sir H. Bessemer, essai bibliographique par M. R. H. Churston, 1 broch., 31 p., extraite du Casiers Magazine.
- De la Bibliothèque du conducteur des Travaux publies. Procédure civile et droit pénal, par M. L. Martin, 1 vol. in-18, 450 p. Paris, Dunod et Vicq.
- De l’administration des monnaies et médailles. Rapport au Ministre des Finances, lre année, 1896, 1 vol. in-8, 250 p. (Imprimerie nationale).
- Séances de la Société française de physique. Année 1896, 1er fascicule (janvier-mars),
- 1 vol. in-8, 88 p., au siège de la Société, 44, rue de Rennes.
- Applications de l’électrolyse à, la métallurgie, par M. U. Le Verrier, 1 broch. in-8. Paris, Gauthier-Villars.
- Roues dentées à pas diamétral, par M. Rudolph Peter, 1 broch. in-8. Zurich, A. Ranstein.
- La machine à vapeur, par M. E. Sauvage, 2 vol. in-4°, 1010 p. 1036 f. Paris, Baudry.
- Chambre de Commerce de Marseille. Comptes rendus des travaux pour J’année 1895,
- 1 vol. in-8, 460 p. (Imprimerie du Tournai de Marseille).
- Institution of Civil Engineers, London (Proceedings), vol. CXXV, principaux mémoires Wheeler. — Érosion du littoral au point de vue de Vembouchure des fleuves et de l’entretien des ports sur la côte sableuse, Clemer. — Lixiviation des minerais d’argent, Courtney. — Mines et métallurgie du cuivre, Ellis. — Métallurgie de l’étain à Singapoure, Sankey. — Rendement des machines à vapeur, Corthill. — Le port de Tampico, Adams et Pettigrew. — Essais d’une locomotive express, Duckham. — Manutention des grains aux Docks de Mihvall, Dewrance. — Les coussinets des machines, Leitch. — Les tunnels en fer.
- Iron and Steel Institute (Journal), vol. XL1X, 1 (vol. in-8, 600 p., Londres, Spon. — Principaux mémoires, Hall. — Four à vent chaud Ford et Moncur, Nursey. — Fabrication des barres métalliques, profilées par refoulement à hautes températures, Juptner von Joustorff. — Les méthodes d’analyse types, Roberts Austen. — Diffusion du carbone dans le fer, Darby. — Application du gazogène Mond, à la fabrication de l’acier, Howe et Sauveur. — Trempe de l’acier, de Benneville. — Alliages du manganèse et du tungstène avec des carbures de fer.
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- OUVRAGES REÇUS.
- OCTOBRE 1896.
- Traité de Menuiserie, par MM. G. Oslet et J. Jeannin. 2 vol. in-4°, 540 et 240 p. Paris, Fanchon et Artus.
- Les Tramways électriques, par M. H. Maréchal. 1 vol. in-8, 203 p. Paris, Baudry.
- Traité d’Électrométallurgie, par W. Borchers, traduction du Dr L. Gautier, 1 vol. in-8, 476 p., 198 fig. Paris, Baudry.
- Vitrified Paving Bricks, par H. A. Wheeler, 1 broch. in-18, 84 p., chez Handall. India-nopolis.
- La Convention d’union internationale du 20 mars 1883, pour la production de la propriété industrielle. — Commentaire, par MM. E. Pouillet et G. Plé, 1 broch. in-8, 169 p. Paris, Marchai et Billard.
- Notes sur divers moyens de traction mécanique appliqués aux tramways, par
- M. A. Lencauciiez, 1 brochure autographiée in-4, 40 p.
- L’Éclairage électrique, traité pratique de montage et de conduite des installations d’éclairage électrique, par M. F. Mirox, 1500 p., 900 fig. Paris, J. Fritsch.
- Le Bois et ses applications au pavage, par M. A. Petsche, 1 vol. in-8, 480 p. 233 fig. Paris, Baudry.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Septembre au 15 Octobre 1896
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac........Annales de la Construction. •
- Acp. . . . Annales de Chimie et dp Physique-
- AM. . , . Annales des Mines.
- Ap . ... Journal d’Agriculture pratique.
- APC . . . Annales des Ponts et Chaussées.
- At. . . . Annales télégraphiques.
- Bam . . . Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- Btp. . . . Bulletin du ministère des Travaux publics (statistiques).
- BmA. . . Bulletin du ministère de l’Agriculture.
- Ci. ... Chronique industrielle.
- Co........Cosmos.
- CN. . . . Chimical News (London).
- Cs........Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- DoL. . . . Bulle lin of the Department of La-bor des États-Unis.
- CR. ... Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- Dp. ... Dingler’sPolytechnischesJournal.
- E.........Engineering.
- E’........The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE........Eclairage Électrique.
- El.. . . Electrician (London).
- Elé. . . . L’Électricien.
- Ef. .... Économiste français.
- Es........Engineers and Shipbuilders in
- Scotland (Proceedings).
- Fi ... . Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc. ... Génie civil.
- Gm. . . . Revue du Génie militaire.
- IC........Ingénieurs civils de France (Bul-
- letin.).
- le. ... Industrie électrique.
- lin.......Industrie minérale de Saint-
- Étienne.
- IME . . . Institutions of Mechanical Engineers (Proceedings).
- IoB . . . Institution of Brewing (Journal).
- Ln. ... La Nature.
- Ms. . . . Moniteur scientifique.
- N. ... Nature (anglais).
- Pc. . . . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Pm . . . Portefeuille économ. des machines.
- Rgc.. . . Revue générale des chemins de fer,
- lïgds. . . Revue générale des Sciences.
- Ri. . . . Revue industrielle.
- Rmc. . . Revue maritime et coloniale.
- Rs . . . . Revue Scientifique.
- Rso . . . Réforme Sociale.
- RSL. . . Royal Society London(Proceedings).
- Rt. . . . Revue technique.
- Ru. . . . Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- SA. . . . Society of Arts (Journal of the).
- ScP.. . . Société chimique de Paris (Bulletin).
- Sfp . . . Société française de photographie (Bulletin).
- Sg. . . Bulletin de la Société de géographie.
- Sgc . . . Bulletin de la Société de géographie commerciale.
- Sie. . . . Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- SiM. . . Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- SiN . . . Société industrielle du Nord de la France (Bulletin).
- SL. . . . Bulletin de statistique et de législation.
- SuE. . . Stahl und Eisen.
- USB. . . Consular Reports to the United States Government.
- VDl.. . . Zeitschrift des Yereines Deutscher Ingenieure.
- ZOI.. . . Zeitschrift des Oesterreichischcn Ingenieure und Architekten-Ve-reins.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- OCTOBRE 1896.
- AGRICULTURE
- Bétail (Emploi des fourrages feuillus pour l’alimentation du) Ag. 19 Sept., 466. Betterave. Expériences de Capelle. Ag. 19-26 Sept., 482, 521. Montées en graine. Ap. 24 Sept., 461.
- — Culture et production du sucre en
- Amérique. Ap. il Sept., 422. (Jaunisse de la). Ap. 1er Oct., 497. Ag. 10 Oct., 587.
- Blés (Question duL Ag. 10 Oct., 601. Expériences de Capel le. Ag. 19-26 Sept., 470, 500, 3-10 Oct., 550, 593. Ap. 17-24 Sept., 426, 466, 8 Oct., 525.
- — Hybrides nouveaux. Ap. 19 Sept., 424.
- Nouvelle variété. Ag. 3 Oct., 559.
- — (Anguillules du). Co. 26 Sept., 264.
- — Machines à laver le Boulet. Bam., Oct., 1247.
- Café au Mexique. USR. Sept., 103.
- Céréales. Récolte de 1896. Ag. 19 Sept., 456.
- — Ensemencement du système Rommetin. Ap. 8 Oct., 519.
- Cartes agronomiques communales (Carnot). Bgds. 30 Sept., 766.
- Engrais. Irrigation à l’eau d’égout. Ag. 19 Sept., 475.
- — Valeurs des terres phosphatées comme engrais. Ap. 17 Sept., 408.
- — Emploi des phosphates et superplios-
- phastes en terres acides. Ap. 24 Sept., 444.
- — Fumier d’étables (Conservation du). Ap.
- 15 Oct. 553.
- — Origine des nitrates au Chili. Ag. 26 Sept., 507.
- Fèves les (Baland). CR. 5 Oct., 551.
- Forêts. Arbres étrangers à adopter. Ap. 24 Sept., 450. 8-15 Oct., 528, 567.
- — en Sologne. Ap. 8 Oct., 537.
- Fruits (Fermes à), aux Etats-Unis. Ap. 15 Oct.. 555.
- Labourage à F électricité. Ri. 10 Oct., 409.
- Lait. Dosage de la caséine (Deniges). ScP. 5 Oct., 1116.
- Machines agricole. Batteuse Shuttleworth. E. 25 Sept., 413. Hongroise, Ilobey. E'. 2 Oct., 331, 332.
- — Arracheuse de pommes de terre Marli, Ap. 8 Oct., 521.
- de betteraves Bajac. Ag. 10 Oct., 590.
- Pommes de terre (Variétés de). Ag. 26 Sept., 511.
- Prairies et pâturages. Ap. 15 Oct. 572.
- Sinistres agricoles (Les). (Turquan). Ils. 26 Sept., 385, 3 Oct., 425.
- Tabac. Culture à Cuba. Ap. 8 Oct., 535. Végétation. (Marche générale de la). Berthelot et André. Acp. Oct., 145.
- Vignes. Choix des cépages. Ag. 10 Oct., 583. Black Root. Rgds. 15 Oct. 799,.
- CHEMINS DE FER
- Chemins de fer (Les). E'. 9 Oct., 368. (Utilité des). Apc. Juillet, 5.
- — français, 1895. Rgc. Sep., 169.
- — indiens. E. 25 Sep., 403 ; américains.
- E’. 9 Oct.., 374.
- — écossais. E. 25 Sept., 408 ; du Lamark-
- shire-Dumbartonshire. E’. 9 Oct., 370.
- — japonais. E. 18 Sept., 372 ; du Cap.
- Rgc. Sept., 182.
- — des Nouvelles-Galles du Sud. E. 2 Oct.,
- 422; australiens. Ef. 3 Oct., 447.
- -- Métropolitains. Liverpool. E. 2 Oc., 422. Paris. E'. 2 Oct., 344, Glasgow Central, E. 18 Sept., 355. Londres. Rgc. Sept., 184, Berlin. E. 9 Oct., 445.
- F rein électro-pneumatique Chapsal. Ht. 10 Oct., 448.
- Indicateur de stations Palfy. E. 25 Sept., 414. Locomotives anglaises et américaines, E'. 18 Sept., 295.
- — à 3 cylindres Smith. E'. 18 Sept., 280.
- — à condensation du Glasgow central. E.
- 25 Sept., 410.
- - nouvelles. Dp. 18 Sept., 277, 2-9 Oct., 11, 33.
- — Compound, 6 couplées du chemin du Midi. Rgc. Sept., 135.
- — à bogies. E'. 18 Sept., 295.
- — à pétrole Webb. E. 18 Sept., 297.
- — Échappement Grierson. E. 9 ôct., 480. — Chaudières de. E'. 25 Sept., 311, 2 Oct., 340.
- — portes de sûreté pour. Ci. 13 Sept., 424.
- — tiroirs équilibrés américains. Rgc. Sept.,
- 165.
- — Stabilité des (Nadal). AM Sept., 291. Matériel roulant. Attelage automatique Rush-
- fort. E. 25 Sept., 414.
- p.1398 - vue 1412/1758
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- OCTOBRE 1896.
- 1399
- — Freins. Appareil à rattraper les jeux des
- freins à air. lige. Sept., 185.
- — Train présidentiel nouveau. Gc. 3 Uct.,
- 358.
- Plaque tournante. Agrandissement d’une. Gc. 26 Sept., 349.
- Signaux. Enelanchement Nicholson. E. 18 Sept., 367.
- Train présidentiel nouveau Gc. 3 Uct., 358.
- 320 kilomètres sans arrêt, Great Western. Ry. E’. 9 Oct., 355.
- — Express américain. Gc. 5 Oct., 369. Voie (La). E'. 18 Sept., 294.
- — Enelanchement d’aiguilles Saxby. E. 2
- Oct., 424.
- — Causes de rupture des rails (W. Beaumont). E. 27 Sept., 395.
- — Éclisse Kennedy. E. 2 Oct., 443.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles (Les). E. 9 Oct., 456, 474. E1. 18 Sept. 289 en Angleterre. E'. 25 Sept., 325.Course Paris-Marseille,E'. 2-9 Oct., 333, 355. Ln. 3 Oct., 282. Transmission Delannoy. 18 Sept., 384. La locomotion automobile. 1er Oct., 252.
- — A vapeur de Dion, Serpollet, Scott. Pm.
- Oct., 157.
- — Voiture électrique Julien. E'. 25 Sept., 329.
- Électricité. Traction électrique (Dawson).
- E. 18 Sept., 2 Oct., 356, 417. Marcliéna. IC. Août, 201. Locomotive du Baltimore Ohio. Gc. 3 Oct., 361.
- — Chemin de fer de Nantasket Beach. EE. 10 Uct., 77 ; secondaires, 'Loi, 2 Oct., 553.
- —- Tramways aux États-Unis. Eh':. 20 Sept., 193. En France. EE. 26 Sept., 602. Pratique actuelle des (de Bast). Ru. Août, 121.
- — (perturbations dues aux canalisations
- de). Elé. 3-10 Oct., 212, 234. Dangers (Monmerqué). EE. 3-10 Oct., 5, 65.
- — A trolly. Bersey. E. 18 Sept., 383. Calcul
- de remplacement des fils. EE. 19 Sept., 567.
- — Sans trolly. Westinghouse. Ili. 19 Sept.
- 374; de Lyon, id. 26 Sept., 387. Siemens et Ualske. VDT. 26 Sept., 1101.
- — Philippi. E. 2Uct., 443.Diatto. Ic. 25 Sept.,
- 418.
- — Truck Blackwell. E. 18 Sept., 379.
- — Résistance des rails soudés à la fonte.
- EE. 10 Oct., 78.
- Tramways. Cure rails Gooding. E. 18 Sept., 384.
- — à ammoniac. Mac-Mahon. Gc. 10 Oct.,
- 383.
- — à gaz. Deutz. E. 2 Oct., 444, à Sheftield.
- E’. 2 Oct., 339.
- — (Les) Lavezzari. IC Sept., 343. Vélocipèdes (Les). Ils. 3 Oct.,444.
- — à pompe Stevenson. E. 2 Oct., 444; à
- came Price. E'. 9 Oct., 371.
- — Pneumatique à ressort Mitchell. E. 2 Oct., 444.
- — à pétrole Rubb. La locomotive automo-
- bile. lftr Oct., 262.
- Voitures. Ressorts pneumatiques Johnson. E.
- 18 Sept., 384.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acides. (Chaleur de dissociation électrolytique des) Korlright. Sep. 5 Oct., 1492. -- Bromhydrique concentré (Tyrer). Cs. 30 Sept., 651.
- — Fluorhydrique (application nouvelle). Industrie, 11 Uct'., 652-
- — Phosphotungstique (Sobolef). IcP. 5 Oct., 1501.
- — - Tétronique (Wolff). Sep. 5 Oct., 1528. Acoustique. Le phonographe. £. 9 Oct., 447. Alcaloïdes de la belladone et de la coca
- (Gassman). Ms. Oct., 721.
- Alcools. Dénaturation en Allemagne. Ri.
- 19 Sept., 377.
- — Couleurs des — CN. 9 Oct., 181.
- — Éclairage et chauffage par 1’ —. Ag.
- 3 Oct., 542.
- — Fermentation alcoolique parles levures
- pures(Rayman etKruis). Ms. Oct., 713. Ammoniaque recueilli par condensation des gaz pauvres. Appareil Mond. Ri. 26 Sept., 384.
- Amidon (fabrication de 1’). Société dJEncouragement de Berlin. VI, 182.
- Analyse spectrale, raies, inconnues de quelques minéraux (Lockyer). RsL. 30 Sept., 133.
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- 1400
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- OCTOBRE 1896.
- — Absorption du spectre ultra violet par les corps cristallisés. CH. 28 Sept., 490. Arginine (L’). Pc. 1^ Oct., 293.
- Argon et Hélium. CN. 9 Oct., 179. CR. 5 Oct., 542. Azolure de magnésium (Emmerling). Sep. 5 Oct. 1499.
- Brasserie (Levures pour la). Cs. 30 Sept., 664. Culture des (Wyatt). Fi Oct. 270. Briques réfractaires (Fours à) Pellet. E. 25 Sept., 414.
- — Dosage des alcalis dans les —. Cs. 3 Sept., 675.
- Bromures doubles (Varet). CR. 18 Sept., 497. Borurcs (Étude de quelques) (Moissan). Acp. Oct., 272.
- Cadmium (Dosage du) (Browning). American Journal of Science. Oct., 209.
- Carbures alcalino-terreux cristallisés, préparation au four électrique (Moissan). Acp. Oct., 264.
- Cellulose des céréales (Constitution des). Sep. 5 Oct., 1597.
- Céramique (Chromolithogrphie en). SA. 18 Sept., 822.
- — Fours du Straffordshire. Us.R. Sept., 80. Machines pour potiers, ibid., 86.
- — Four à émailler Kœgler.Ri. 10 Oct., 401. Chaux et Ciments. Ciment armé. Le Ciment.
- 25 Sept., 105, 112. Tuyaux Cary, ibid. 115. Travaux en —,ibid., 119. (Ponts en) Melan.
- — Moulin Duflîeld et Taylor. Pm. Oct., 146.
- — Action de l’eau de mer sur les mortiers.
- Le Ciment. 25 Sept., 110. Société d’En-couragement de Berlin. VI., 157.
- — Essais de sables. Le Ciment. 25 Sept.,
- 122.
- — Résistance du ciment à la chaleur. E.
- 2 Oct., 437.
- — Fabrication du ciment de Portland en
- Belgique. USR. Sept., 184.
- — Analyse des mortiers. Cs. 30Sept., 675. Cérusc. Fabrication nouvelle (Tatliam). Fi.
- Oct., 309.
- Chimie (Revue de) (Etard) Bgds. 30 Sept., 775. Chlorates. Fabrication des. Pc. 15 Oct., 377. Chlore (Historique de la fabrication du) (Moud). N. 17 Sept.-, 475.
- Chromes (Sulfocyonate de). ScP. 5 Oct., 1504. Granures de nickel (Varet). ScP. 5 Oct., 1081* Colle animale ( Fabrication de la). Industria. 20 Sept., 603.
- Congélation (Détermination des points de) Harkez. RsL. 38 Sept., 154.
- Densimètrc Lefèvre. Bgds. 30 Sept., 786.
- — Lovilon. Pc. 1er Oct , 297.
- Désinfectants divers. Cs. 30 Sept., 667. Dicétones (Les) (Claissen). ScP. 5 Oct., 1538. Elasticité des liquides. Cs. 3 Oct., 311. Electro-chimie appliquée (Swinburne). SA. 18 Sept., 815.
- Éthers maloniques (Les) (Bischoff). Sep. 5 Oct., 1520, 1523.
- Entraînement (Phénomène d’) par les bases. ScP. 5 Oct., 1105.
- Enseignement de la chimie. E'. 9 Oct., 367. CN.
- 9 Oct., 175, 178. SA. 9 Oct., 849. Explosifs. Les grandes explosions. E. 18Sept., 360. 9 Oct., 448.
- — Fabrication des—.Industria. 11 Oct.. 643.
- Gaz Théorie cinétique. Cs. 19 Sept., 227.
- Gaz d’éclairage (Purification du). Leybold. Cs. 30 Sept., 643.
- — Becs incandescents. E. 18 Sept., 357.
- 9 Oct., 467. Meyer. E. 2 Oct., 443.
- — Compteur Gilover.E. 25 Sept., 413.
- — Cornues. Fermeture Winstanly. E.
- 2 Oct., 443.
- Acétijléne (L’) (E. Lamy). Bulletin de la Société industrielle cVAmiens. Mai, 136 (Dumont et Hubon) Ri. 10 Oct., 408.
- — Bec Fescout. Co. 3 Oct., 291.
- — Fabrication du carbure de calcium. Iis.
- 10 Oct., 479.
- — Propriétés explosives (Berthelot et
- Vielle). Cr. 5 Oct., 523.
- Gaz à l’eau carburé. Cs. 30 Sept., 643.
- Huiles essentielles (les). Duyk. Pc. 15 Oct. 359. Laboratoire. Appareils de divers. Cs. 30Sept., 672.
- — Méthode d’analyses types. (J. von Jons-
- torff). CN. 25 Sept., 143, 159. 2 Oct., 170.
- — Séparation du mercure, deFarsenie, de
- l’antimoine et du cuivre par chauffage dans un courant d’oxygène (Jannash). CN. 18 Sept., 145.
- — Dosage de l’oxyde de fer et de l’albumine dans les phosphates (Cladding). CN. 18 Sept., 146.
- — Analyse quantitative électrolytique Her-denrich. ScP. 5 Oct., 1507.
- — Analyse des gaz Bleier. Cs 30 Sept., 672.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- OCTOBRE 1896.
- 1401
- Levure de boulangerie Conservation. Cs. 26 Sept., 256.
- Lucium (Le) nouvel élément. CN. 25 Sept., 159.
- Iodure d’argent,, changement du volume de formation(Bekétof). ScP. 5 Oct., 1498.
- Malonate de magnésie et de zinc.ScP. 5 Oct., 1103.
- Margarine, usine de Mousted. E'. 18 Sept., 292.
- Manganèse. Préparation au four électrique (Moissan) Acp., Oct. 286.
- Molybdène fondu, préparation au four électrique (Moissan). Acp. Oct., 238.
- Monoxitc (Analyse de la) (Glaser). Cs. 30 Sept., 675.
- Nickel (Bioxyde, acides de) (Dufou). CR. 28 Sept., 495.
- Nitrates basiques (Les). ScP. liOct., 1078.
- Nitrites dans l’air (Defren). Terhndogy qnar-terly, juin 238.
- Optique. Réfraction des éléments et leurs équivalents chimiques (Gladstone). RSL. 30 Sept., 140. Rgds. 30 Sept., 794.
- — Goniomètre à 2 cercles (Paloche). American Journal of Science. Oct., 279.
- — Photométrie. (Lampe étalon Hefner). le. 25 Sept., 413.
- — Aberration longitudinale des prismes (Abbot et Fowle). American Journal of Science. Oct., 255.
- — Rayons de Rôntgen. Rs. 19 Sept., 375. CN. 9 Oct., 177. N. 17 Sept., 472. Elé. 26 Sept., 201. 3 Oct., 222. EE. 10 Oct., 86. SiM. Août, 307. Société d’Encoura-gement de Berlin. VI. 189. RSL. 30 Sept., 146. Rgds. 30 Sept., 796. CR. 28 Sept., 492.
- Ozone (Séparation de F). (Wild). CN. 9 Oct., 180*
- Pétrole (Enrichissement des gaz pauvres par le). Ri. 26 Sept., 389.
- — Brevets et divers. Cs. 30 Sept., 644, 679.
- — Américains. Cs. 30 Sept., 687.
- — Huiles de schiste (Industrie des). Rt. 10 Oct., 442.
- Plomb. Fabrication du peroxyde. (Warren). CN. 18 Sept., 144.
- Potassium et sodium. Séparation et identification (Kreider et Brekenridge). American Journal of Science. Oct,., 263.
- Siliciure de calcium (Chalmot). ScP. 5 Oct., 1499,
- Solutions aqueuses. Abaissement du point de congélation (Ponsot). ScP. 5 Oct., 1073,
- Soude naturelle. (Formation de la) (Melikof), ScP. 5 Oct., 1496.
- Sucrerie. Progrès en 1896. Dp. 9 Oct., 40.
- — Éipuration et désucrage des solutions de
- saccarose. Ms. Oct. 766.
- — Extraction du sucre des mélasses (Lan-
- gen). id., 775. (Procédé Ranson à la baryte, id., 776.
- — Silice des incrustations du sucre de bet-
- teraves (Weisberg). ScP. 5 Oct., 1907. — Carbohydrate des pailles des céréales (Cross et Smith). CN. 9 Oct., 177.
- — Question des sucres au point de vue agricole. Ag. 10 Oct., 896.
- Tannerie. Progrès de la. Dp. 18 Sept., 283.
- Cs. 30 Sept., 662. Fabrication des extraits tannants (Jean), Rgds. 15Oct., 833.
- — Tannage électrique (Worms), E. 2 Oct., 444.
- Tellure. Détermination par l’iode (Gooch et Morgan). American Journal of Science. Oct., 271.
- Tartre. Chrême de (Analyse). Cs. 30 Sept., 681.
- Teinturerie. Brevets et divers. Cs. 30 Sept., 647, 661. USR. Sept., 152.
- — Noir d’aniline. Industria. 20 Sept., 598. Cs. 30 Sept., 648.
- — Couleurs de goudron allemandes. USR. Sept., 155.
- — Enlèvement des taches de graisses minérales. SiM. Août, 321.
- — Safranines. Cs. 30 Sept., 646.
- — Paranitraniline. Cs. 30 Sept., 649. Thermochimie. Chaleur de formation de l’oxyde de zinc (Massol). ScP. 5 Oct., 11041.
- — Températures critiques des dissolutions. Application à l’analyse générale. ScP. 5 Oct., 1127.
- Titane. Préparation et propriétés (Moissan). Acp. Oct., 229.
- Uranium. Préparation et propriétés (Moissan). Acp. Oct., 264.
- Verrerie. Bouteille irremplissable Meyer. Gc. 26 Sept., 351.
- — Le verre irridescent. E. 9 Oct., 466.
- — Substituts du verre en Allemagne. SA.
- 9 Oct., 859.
- Viscose (La). Dérivés de la cellulose. Rs.
- 10 Oct., 477.
- Viscosité des liquides et leur composition chimique (Thorpe et Rodger). RSL. 30 Sept., 152.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. —- OCTOBRE 1896.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Alcools (Régime des) en Belgique. SL. Sept., 306.
- — Monopole en Suisse, id., 324 en France. Ef. 10 Oct., 473.
- Assistance et bienfaisance. Association allemande d’. Ef. 19 Sept., 383.
- — publique en France et à l’étranger. Ef. 10 Oct., 479.
- Brevets d’invention. Renseignernenls généraux. Et. 10 Oct., 443.
- Charité (la) à New-York. Rso. 10 Sept., 421. Commerce français dans les îles du Pacifique-Rgc. Sept., 6H .
- Communautés et communisme : les Jault et les pécheurs de fort (Mardick). Rso. IG Sept., 408.
- Commune rurale au mi0 siècle (histoire) Rso.
- 1 Oct., 477.
- Coopération. Brasserie coopérative de Valenciennes. Ef. 19 Sept., 383.
- — Sociétés coopératives, projet de loi. Ef. 10 Oct., 473.
- Crédit agricole et l'intervention de l’État. Ef.
- 19 Sept., 373.
- Enfants sans famille (les). Ef. 3 Oct., 449. Famille d’ouvriers écossais monographies. Rso.
- 1 Oct., 503.
- Femmes (Travail des) en Autriche. Rso. 1 Oct.. 510.
- Industrie lyonnaise. Ef. 10 Oct., 476.
- Langue française dans le Levant (Boutroue). Rs. 10 Oct., 449.
- Monde commercial en 1800 et 1896. FJ. 9 Oct., 375.
- Migration des industries. E. 25 Sept., 401.
- 9 Oct., 469.
- Mutualité (Formes de la) en France. Ef.
- 20 Sept., 412. 3 Oct., 443.
- Salaire (le), (de Lignerolles). Bulletin de la Société industrielle d’Amiens. Mai, 146. — au moyen âge et dans les temps modernes. (G. d’Avenel). Revue des Deux Mondes. 1-15 Oct., 596, 816.
- Secours mutuels (Sociétés de). Situation depuis 1871. SL. Sept., 278.
- Socialisme. Congrès international de Londres. Musée social. 17 Sept.
- . — démocratie, socialisme et question agraire en Allemagne, id. 1 Oct.
- Syndicats (les) et la loi pénale (Vanlaer). Rso. 16 Sept., 381.
- Travail des convicls aux Etals-Unis. DoL. juillet 443.
- Ville de Paris, budget de 1897. Ef. 10 Oct., 481.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Calcul des poutres (appareil Timmis pour le). E'. 9 Oct., 357.
- Clou universel, support Boyer. Ln. 3 Oct., 275. Constructions dans les pays à tremblements de terre. E. 25 Sept., 385.
- — en ciment armé (Henrique). Gc. Oct.,
- 157.
- Écluses à matériaux pour caissons (Hersent). Gc. 19 Sept., 331.
- Exposition de 1900, projets. IC. Août, 175. Géodésie (Instruments de). Rt. 10 Oct., 445. Glissement de terrains dans les tranchées argileuses. Gc. 3 Oct., 363.
- Jetée d’Aberyswylh. E'. 18 Sept., 281.
- Pavés en bois (Fabrication des). Rt. 25 Sept., 420.
- Piliers de support des magasins. Résistance au feu. Ri. 19 Sept., 378.
- Pilotis. Battage avec injections d’eau. Gm. Sept., 254.
- Ponts suspendus. Nouveaux types (Giselard). Gc. 19 Sept., 333.
- — d’Alton Mississipi. E. 9 Oct., 457.
- — de Snoland sur la Medway. E'. 9 Oct.,
- 357.
- — funiculaires de guerre. Gm. Sept., 193. — Appareil Laurier pour mesurer les déformations des. Rt. 10 Oct., 449.
- Théâtres (Scènes de). E. 25 Sept., 387. Tournantes de Munich. Gc. 26 Sept., 349. Toitures de rotonde (Théorie des) (Kohfahl).
- VDL 3, 10 Oct., 1133, 1177.
- Tunnels (Appareil à creuser les). (Glaser). E. 23 Sept., 413.
- ELECTRICITE
- Accumulateurs Fulmen. EE. 19 Sept., 565. Schneider, id. 566.
- Canalisations. Connecteur Austin. FJé. 19 Sept., 181.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. — OCTOBRE 1896.
- 1403
- Commutateur. Proctor. EE. 10 Oct., 76.
- Compteur Hockham. EE. 19 Sept., 566.
- Constante diélectrique et chaleur de vaporisation (Aubel). EE. 10 Oct., 83.
- Conducteurs. Calcul des (Blondel). EE. 3 Oct., 31.
- Congrès de Genève Rt. 25 Sept., 422. 10 Oct., 434. Je. 25 Sept., 420.
- Dynamos compouod Thomson Houston. E. 25 Sept., 413.
- — Diverses (Boistel). EE. 3 Oct., 12; perte dans les induits. EU. 3 Oct., 222.
- - Alternateurs Peoria. EU. 19 Sept., 177. en parallèle à Hasting. E'. 9 Oct., 361.
- — Courants continus et alternatifs (Super, position des) EE. 3 Oct., 29.
- — Moteurs à l’exposition de Nuremberg. E'. 18 Sept.,277 ; Synchrones. Elé. 26 Sept., 203.
- Éclairage de Belfort. E. 18 Sept., 381 ; 2 Oct.
- 439; à l’exposition de Genève. le. 10 Oct., 457.
- — Arc. Poteaux pour lampes à Elé. 26 Sept., 199; Lampes Niewerth, Andrews, Biswanger, Davy, Lavens, Fisher, Ba-gnat, Adams, Seavorn (G. Richard), jEE. 10 Oct., Sq. -en série (Spencer) Fi. Oct. 303.
- — Incandescence. La lampe à (Archambault). Bull, de la Société Industrielle d'Amiens, juillet 189; à Filament métallique Fradiss. Elé. 26 Sept., 193; essais des lampes (Prieur). E. 2 Oct., 421.
- — Électricité à l’exposition de Genève. EE. 10 Oct., de contact expériences de Christiansen. EE. 20 Sept., 577.
- Électro-chimie. Appliquée (Swinburne). SA. 18, 25 Sept., 815; 2 Oct., 839.
- Électrolyse. Électrodéposition du zinc (An-dreoli). Elé. 19 Sept., 183.
- — Des hydroxides métalliques (Lorenz). CN. 9 Oct., 181.
- — Électrolyseur Kellner. Ë. 25 Sept., 413.
- — Raffinage du cuivre à Alacoiidat, procédé Thofehrn. Eam. 19 Sept., 273.
- Four Électrique. Préparation du molylbdène, litane, uranium, manganèse, carbures alcalins terreux (Moisson), acp. Oct.
- Mesures des résistances par le pont Wheat-stone Elé. 10 Oct., 228. (Appareil Lorenz). E. 25 Sept., 409.
- — Des constantes diélectriques par le téléphone. EE. 10 Oct., 87.
- — De l’Isolement dans un réseau à 3 fils à courant continu. EE. 3 Oct., 26, 29.
- -- Des courants dans le vide (Kelvin) CiY<
- 9 Oct., 175.
- — Méthode de lecture des (Rice) American, journal of Science. Oct., 276.
- — Voltmètre Diyon. Elé. 3 Oct., 209.
- -- Electromètres (les) Armagnat. EE. 26 Sept., 564.
- — Galvanomètres (les) Armagnat. EE. 19 Sept., 546. — Forme des bobines de (Laws). Technology Quarterly, Juin, 169.
- Parafoudres à soufflage Thomson. Elé. 10 Oct., 225.
- Piles, polarisation et résistance (Streintz). Elé. 3 Oct., 604.
- Plomb de sûreté (Johnson). Elé. 19 Sept., 179; Partridge. E. 18 Sept., 383.
- Potentiels dans un liquide en mouvement. EE. 26 Sept., 579.
- Stations centrales (Zurich). EE. 19 Sept., 531 ; (Nice). Je. 10 Oct., 479.
- Télégraphes de campagne aux Indes. Elé. 3 Oct., 216.
- Téléphonie. Commutateur multipled’Adhémar. Elé. 19, 26 Sept., 179, 195.
- Transformateurs. Loi de variation de la force électromotrice. Rgds. 30 Sept., 783.
- — Élude élémentaire du fonctionnement (Alcamet). EU. 3, 10 Oct., 219, 238.
- Unités magnétiques (Blondel). EE. 9 Sept., 529.
- GÉOGRAPHIE
- Afrique. Nefta à Gadamès (Garemajou et Dumas); Sg. xviq 145.
- — Ogooué et Coino; Congo français (Bar-
- rat) id. 154.
- — Haute Sangha, Congo français (Gholat),
- id., 188.
- — Congo État libre USR. Septi-, 1.
- Algérie, en 1896 (de Varigny)* Revue des Deux
- Mondes. 1 Oct., 630.
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- 1404
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- OCTOBRE 1896.
- États-Unis, parc national. Gc. 19, 26 Sept., 321, 337.
- Himalaya (Sir M. Conway) Tour du Monde. 1 Oet.
- Laponie, il,s. 26 Sept., 399.
- Madagascar. Ile Ste-Marie Rmc. Sept., 419.
- Cote Ouest (Douliot). Sg. xvn 233. Natal. Ef. 19 Sept., 377.
- Pamirs (les), Ef. 26 Sept., 417.
- Philippines (les), Rgc. Sept., 652.
- Spitzberg, expédition de Conway. N. 1 Oet., 543.
- Tonkin. Rgc. Sept., 668.
- Urugay. USR. Sept., 171, 180.
- GUERRE
- Artillerie. Fermeture de culasse. Vickers. E. 18 Sept., 383.
- — Nouveau canon rapide français. E'. 25 Sept., 320.
- — Obus à dynamite (Palmer). E. 18 Sept., 383.
- Fortifications cuirassées. Gm. Sept., 215.
- — Flanquement des intervalles des forts.
- Gm. Sept., 209.
- Fusil Savage. Rs. 19 Sept., 382.
- — Règlements allemands sur les Stands.
- Gm. Sept., 219.
- — Fabrication en Belgique. USR. Sept.,
- 191.
- HYDRAULIQUE
- Bateau moteur à palettes. Ln. 10 Oet., 292. Barrages de retenue (Duponchel). Rs. 26Sept., 396.
- Compteur différentiel Tudsburg. E'. 2 Oct., 346.
- — divers. Dp. 18 Sept., 265, 2 et90cU, 126. Conduites d’eau flexibles. Co. 20 Sept., 266. Danube. Régularisation. E. 2 Oct., 435. E'. 2 Oct., 335.
- Distributions d’eau. Dépense avec et sans compteurs. E'. 18 Sept., 293.
- • — de Leicester. E'. 9 Oct., 362.
- Éjecteur Bohler. Dam. Oct. 1296.
- Filtration. Épuration des eaux industrielles.
- Appareil Desrumaux. Bull, de la Société industrielle d’Amiens, Juillet, 22.1.
- Forces hydrauliques de France. Gc. 19 Sept., 331.
- Pompes Leavitt de 80000ra3, essais (Miller). Technologg Quarlcrly, Juin, 67 sans pistons à transmission permanente Montricbard. RI., 25 Sept.,HO. Ri. 10 Oct., 402.
- — multiple Gronier. Dam. Oct. 1286. Turbines Swain. Ri. 19 Sept., 373; du Niagara. Fi. Oct. 287.
- HYGIÈNE
- Égouts de Manchester. E'. 25 Sept., 306.
- — Réservoir de chasse portatif. Gc. 19 Sept. 335.
- — de Breslau. Utilisation des eaux. ZOI.
- 18 Sept., 529. Rc. 26 Sept., 387.
- — Épuration terrienne des eaux vannes
- selon les cultures. Rs. 10 Oct., 475.
- — à East Molesey. Ac. Oct., 146. Humidification d’air.Marschall. Ci. 4 Oct.,458. Travaux sanitaires à Buenos-Ayres. Gc. 10 Oct.,
- 375.
- MARINE, NAVIGATION
- Canaux maritimes. Manchester et Corinthe. Ef. 3 Oct., 441.
- Constructions navales. Chantiers de Barrow. E. 18 Sept., 361.
- — Sécurité des navires. Ef. 25 Sept., 323. — Brise-glaces. Dp. 10 Oct., 7.
- — Lève-eanots Hamlyn. E. 2 Oct., 443. Détonations de la mer du Nord. Rs. 10 Oct., 464.
- Machines marines à 5 manivelles de Ylnchmo-na. E'. 9 Oct., 373.
- Marées, xlction du vent et de la pression atmosphérique. E. 2 Oct., 417.
- Marine de guerre française. Manœuvres de 1896. E. 25 Sept., 386.
- — japonaise. E. 25 Sept., 402.
- — Canons d’armement. Rmc. Sept., 536.
- — Croiseur anglais Powerfull. E. 25 Sept.,
- 406. 2 Oct., 433. E'. 2-9 Oct., 337, 359.
- — Cuirassé le Gaulois. Gc. 3 Oct., 354.
- — Cuirasses et gros canons, E'. 25 Sept.,
- 323. E. 9 Oct., 477.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- OCTOBRE 1890.
- 1405
- — Formules de pénétration. Rmc. Sept.,
- 32
- — Cuirasse dayton. E. 9 Oct., 480.
- — Contre-torpilleur brésilien lnlra Bios.
- E. 2 Oct., 424; anglais Desperate. E'. 2 Oct., 347.
- — Torpilleur sous-marin Hollund. Rmc.
- Sept., 529.; autrichien Vipère. Rmc. Sept., 523.
- Marine marchande. Service de la malle irlandaise. E'. 18 Sept., 279.'Anglais transatlantique. E. 2 Oct., 418.
- — Grands bateaux à roues. IC. Août, 321.
- — Abaissement du prix des frets. Gc. 10 Oct.,
- 381.
- — Pêches maritimes (Les).hm-. Sept., 593.
- des perles dans l’Inde. SA. 9 Oct., 855.
- Navigation intérieure en France. Etat actuel (de Bovet). Rgds. Oct., 820.
- Ports. Dunkerque. Ef. 26 Sept., 415.
- — Bordeaux. Gc. 19-26 Sept., 328, 314.
- — Hangchow. USR. Sept., 23.
- — de l’Australie ouest. E. 2 Oct., 415. Régularisation du Danube. E. 2 Oct., 435. E'.
- 2 Oct., 335.
- Renflouement du Saint-Marc. Rt. 25 Sept., 409.
- — Appareils de (Bell). E. 9 Oct., 456. Di-
- vers. Dp. 9 Oct., 29.
- Signaux-triangles de feux indiquant la roule (Carof). Rmc. Sept., 417.
- Yachts de course. Relation entre la vitesse et le tonnage. E. 18 Sept. 375. Le S tondant (Russie). Gc. 3 Oct., 353.
- MÉCANIQUE
- Accouplement hydraulique pour dynamos. E'.
- 18 Sept., 277.
- Aérostation. Expériences de Lilienthal. /G.
- 26 Sept ,410.
- Chaîne de transmission S tôt/.. E. 9 Oct., 479. Compteurs de vapeur. Dp. 18 Sept., 265.
- 2-9 Oct., 26.
- Concasseur Whilaker. E. 9 Oct., 489.
- Courroies. Colle pour. Co. 19 Sept., 251. Chaudières lubulées (Classification des;. Rmc, Sept., 452. liellevilie, Perkins, Hc-resholf, Root. VDL 19 Sept., 1022. Alban, Heine, Buttner, Oriol, Lagra-fel, Steimuler, Yarrow {II. 26 Sept., Tome 1. — 95e année. 5e série. — Octobre
- 1112.— Scaton, Holtz, Penelle, Town, Mosher, Babcox-Wilcox, Haytliorn, Martin, Schicliau (Id. 3 Oct., 1143). Walther, Durr, Niclause, du Temple, Normand (Id. 10 Oct., 1109).Belleville sur le croiseur Powerfull.E. 25 Sept., 406. Strikland. E'. 25 Sept., 310.
- — Dégraisseur de vapeur Fouché. Ri.
- 26 Sept., 382.
- — Détermination du titre de la vapeur,
- appareil Gehre. Id. 383.
- — Explosion d’un clapet de retenue de
- vapeur. Bulletin de la Société industrielle d’Amiens. Mai, 171. du Blo-chairn. E. 2 Oct., 437. des chaudières du Blake.E. Oct., 464.
- — Foyers pour houilles bitumineuses. E'.
- 9 Oct., 358. Fumivore Camboc. E'. 9 Oct., 375. Trappes d’expansion pour (Walkenaer). Apc. Juillet, 31. à pétrole. Taillandier. E. 18 Sept., 384. à gazogène. Gottl. Industrie, ! Oct.,627. à poussière de charbon. Wegener. Gc. 26 Sept., 347.
- — Grille dentelée. Prince. E. 25 Sept., 414.
- — Anliprimeur Richmond. E. 5 Oct.
- 443.
- — Clapet de retenue rapide. Fleron. E.
- 9 Oct., 471.
- — Circulateur d’eau Furrer. ScM. Août,
- 315.
- — Niveaux d’eau ( Les). E'. 2 Oct., 343. Mass.
- Ri. 26 Sept., 384.
- — Réchauffeur d’alimentation. Chevalet.
- E'. 18 Sept., 283.
- — Rivuresavariées aux. (Walkenaer). AM.
- Sept..367. Essais de Technology Quar-terly, Juin, 171.
- Drague électrique. Varilla. E. 9 Oct., 457. Diviseur d’angles von Koppen. Gm. Sept., 260.
- Graissage. Machine à essayer les huiles. Goodman. E. 9 Oct., 450.
- Encliquetage Dorlan.
- Froid. Machine à acide carbonique Indus tria. 20 Sept., 594.
- — à ammoniac Kilbourne. E. 9 Ocl. 472.
- — Installation frigorifique de Cologne. VDl.
- 10 Oct. 1165.
- — Cryoscopie de à précision: solution de chlorure de sodium (Raoult). CR. 28 Sept., 475.
- 1896. 91
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- 1 100
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- OCTOBRE 1896.
- Indicateur de la marche des machines, lime. Sept., 446.
- — automatique pour diagrammes de la
- Ci0 de l’Ouest. lige. Sept., 148. Laboratoires de mécanique (Les). (Hele Shawi. E. 9 Oct., 452.
- — du Yorkshire College Leeds. E. 25 Sept.,
- 390; 9 Oct., 449."
- Levage. Ascenseurs (Les). Gc. 19-26 Sept., 326, 337; 3-10 Oct., 355-371. électriques en Allemagne. Ic. 25 Sept., 422. — ouvre-portes pour Stokes. E. 28 Sept., 384.
- — Courroies de transport. Gc. 10 Oct., 378.
- — Crues électriques. E. 2 Oct. 422.
- — Jetées pour embarquement des charbons de Salta Cabello. E'. 9 ÜcC,339. — Manutention des grains. SA. 9 Oct., 857. Machines-Outils actionnées par l’électricité. E’. 1H Sept., 377; EE. 10 Oct., 79.
- — à copier. E'. 9 Oct., 358.
- — Affûteuses pour fraises. Kreutzberger. Pm: Oct., 154.
- — Cisaille emboutisseuse. -Scriven. E. 2 Oct., 443.
- — Laminoirs divers. Dp. 18 Sept., 273. Étirage (Codron). Dam. Oct.,i 191.
- — Presse à emboutir Rice. Ri. 19 Sept.,
- 373.
- — Perceuse à 24 forets. Gc. 3 Oct., 367.
- — — pour trous courbes. Ht. 10 Oct., 455.
- — Riveuse hydraulique Tweddell. E. 2 Oct.,
- 424.
- — Scie fraiseuse en bout Hill. E. 2 Oct.,
- 455.
- — à faire les tubes. Mannessmann, Roeskv.
- Dp. 18 Sept., 273, 276.
- — à forger les pioches Rliss. Ht. 10 Oct.,
- 453.
- — A travailler le granit i üemogeot). Ram.
- Oct., 1302.
- — Tour à plateau S lieplierd-Il i 11. E.
- 25Sept., 396.
- — A bois.Scie portai ive pour locomobiles.
- E'. 2 Oct., 331.
- Meunerie. Moulin à cylindres de Ludwigsha-fen. VDI. 19 Sept., 1069.
- — Appareil à blanchir les blés. Milne. E.
- 25 Sept., 414.
- — Pressions du grain dans les silos. VDJ.
- 26 Sept., 1122.
- Moteurs à vapeur à l’exposition de liuda-Pesth. VDI. 19 Sept., 1074; 3 Oct., 1138. de Nurenberg. Ibid., 26 Sept., 1103.
- — à hautes pressions. É. 25 Sept., 317;
- 9 Oct., 373.
- Analyse du diagramme (Pfau); VDI. 3 Oct., 1152.
- — (Economie des), (fhvelshauvers.) E'.
- 9 Oct.. 372.
- — Essais d’un moteur de 2 000 chevaux. IC. Sept., 446.
- — Compound verticale Borsig. E. 2 Oct., 424; et à triple expansion. E. 9 Oct., 469.
- — Corliss à un cylindre de 600 chevaux. VDI. 10 Oct., 1183.
- — Locomobile compound hongroise. E1. 2 Oct., 331.
- — Attirail Johnston. E. 9 Oct., 479.
- Régulateur direct Robinson. E. 9 Oct., 454.
- — Condenseur à air. Wright. E. 2 Oct., 444; Worthington. Rt. 10 Oct., 443. Pompe à air Edwards. E. 25 Sept., 407.
- — — Vitesse de condensation dans un
- jet de vapeur (Palmer) American Journal of science. Oct., 247.
- — à gaz. Heller. Ln. idSept., 241.Cundal.
- Lanchester. E. 18 Sept., 383. Briggs. E. 25 Sept., 413. Borsig. E. 9 Oct., 458. Cass. Ibid., 479.
- — — i Principe des). Ap. 1er Oct., 493.
- — — Théorie des (Slaby). Bulletin de la
- Société d’encouragement de Berlin. Juin, 191.
- A pétrole principes généraux (Ringelmani.
- Ap. 1-13 Oct., 493, 561.
- Planimètre Goodman. E. 18 Sept., 377. Résistance des matériaux. Essais de ^bois, colonnes, fils d’acier...). Technology Quartcrly, Juin, 171-235. Oxydation du fer et de l’acier. VDI. 19 Sept., 1088.
- Répartition des déformations dans les métaux soumis à des efforts (Charpy). CR. 28 Sept., 488.
- — Flambage des pièces élastiques compri-
- mées (Duclaut). le. Sept., 355.
- Robinet à tête mobile Bailly. Ci. 27 Sept., 445.
- — sphérique équilibré Casey .E. 9 Oct., 432.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- OCTOBRE 1 80C,.
- J 407
- Textiles. Laine. Industrie en Allemagne. SA. 25 Sept., 834.
- — Actionneinent des métiers à tisser par
- l’électricité (Frey). SiM. Août, 312.
- — Navette tournante Hamer. E. 9 Qct. 480 —- Industrie en Russie. Ci. 27 Sept., 450.
- Ventilateur électrique. Smit. E. 9 Oct., 459.
- T ire fond s . Résistance à l’arrachement. IC Août, 329.
- Transmissions par vis sans fin. IC. Août, 329.
- — par câbles (Combe). E. 2 Oct., 426.
- — électriques dans les ateliers. EE. 10 Uct.
- 79.
- Vis pas anglais (Unification des). E'. 25 Sept. 321.
- MÉTALLURGIE
- Alliages binaires d’argent et de cuivre avec d’autres métaux; points de fusion, (Heycock et Neuville). Rgds. 30Sept., 796.
- A luminium. Fusion et moulage, lli. 19 Sept. 378.
- — Préparation de l’aluminium par la bauxite (Sutherland). Eam. 3 Oct., 321.
- Argent. Désargentation des plombs Howard. E. 2 Oct., 444.
- Coke (Fabrication du). FJ. 25 Sept., 303.
- Cuivre. Raffinage éleclrolytique à Ataconda.
- Ram. 19 Sept., 270.
- Etain à Pulo llrani. Cs. 30 Sept., 655.
- Fer et acier. Iron and Steel Institute, meeting de Bilbao. E. 18 Sept., 364; E'. 25 Sept., 312; 2 Oct., 3 48.
- — Théorie cellulaire (Boulé). Ru. Août,
- 121.
- — Aciéries Krupp. DoL. Juillet, 479.
- — Procédé Walrand Legenizel (Snelus). E.
- 2 Oct., 442.
- — Azote fixe dans l’acier (Harbord et
- et Twynan). E. 18 Sept., 380.
- — Traitement des minerais riches ; emploi
- des laitiers acides. Ru. Août, 220. Grillage des —. (Wedding.) E. 9 Oct. 475 ; SuE. 1er Oct., 771.
- — Hauts fourneaux pendant un siècle en
- Allemagne. SuE. 15 Oct., 800.
- — Acier au nickel (Wedding, Rudeloff et (Vogel). Ms. Oct., 742, 758.
- Fonte (Sable sur la). (Ililbard). E. 25 Sept., 411.
- — Sidérurgie à l’exposition de Nijni-Nov-gorod. SuE. 1er Oct., 781.
- Industrie minérale. Statistique : Etats-Unis (1894-1895); Canada (1895); Suède et Norvège (1891 -93). AM. Sept., 387, 390.
- .Métaux autres que le fer. Rapport annuel (Sehnabel). Cs. 30 Sept., 653.
- Or. P rocédé Engelhart au bromure. Eam. 20 Sejit., 295.
- — Action du chlorure de fer sur l’or métallique (Mac Ilhiney). American Journal of science. Oct., 295.
- - Traitement des pyrites aurifères à Gib-sonville. Eam. J Oct., 319.
- Zinc. Progrès de la métallurgie. Industria. 20 Sept., 602.
- MINES
- Aérage. Calcul d’un ventilateur. Guibal. Ru. Août, 180.
- American Institute of Mining Engineers. Meeting du Colorado. Eam. 19, 26 Sept., 269, 292; 3 Oct., 317.
- Anthracite. Triage à la Glyncastle Colliery.
- EJ. 18 Sept., 279; 2 Oct. 348. Électricité. Transmission de force par T -pour l’exploitation d’une mine de houille. Gouhot. IC. Sept., 398. Extraction. Câbles ronds et plats. £'. 18 Sept., 297.
- — Machine Compound du puits Tywar. FJ.
- 25 Sept., 309; 2 Oct., 348.
- Houillères. Classeur de Glyncastle. E'. 2 Oct., 348.
- — Calcul du pouvoir calorifique des
- houilles. Art. ScP. 5 Oct., 1113.
- Or d ans l’eau de mer. CzV. 18, 25 Sept., 149, 160; 2, 9 Oct., 166, 182.
- — Mother Lode de Californie. Eam. 12 Sept.,
- 248.
- — Mines du Colorado. Eam. 19 Sept., 267.
- — — du Nicaragua. USIl. Sept., 134. Préparation mécanique. Concentrateur Ellis.
- Eam. 26 Sept., 297.
- — — Moulin finisseur Uodge. Gc. 10 Oct.,
- 383.
- Perforatrices à diamant. Coxe. Ri. 26 Sept., 384.
- — - électrique Marvin. Gc., 3 Oct., 362.
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- 1408
- Sel. Paquetage à Java. Ri. 26 Sept., 387. Trieur électro-magnétique Wecharill. EE. 11) Sept. 565.
- PHOTOGRAPHIE
- Divers. Ri. 26 Sept., 410.
- Photographie. Application à la topographie (Hu-berti) Ru. Août, 199. Céleste. Nouveaux
- --- O CT 011 RE 1896.
- objectifs (Zinger). Ln. 10 Oct., 298. en couleurs, fixation sur le papier. Sfp. in Oct., 473.
- — Protection légale des œuvres photogra-
- pliiques. Sfp. lPr Sept., 401.
- Vholotxypes pour l’anaglyphie polychrome (Ducos de Ilauron). Sfp., VôOct., 473.
- — Union des sociétés photographiques de
- France. Cession de Lille (Peclor) Sfp. 15 Sept., 425; 15 Gel., 450.
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- Le Gerant : Gustave IUchakd.
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- 05e ANNÉE.
- Cinquième Série, Tome I.
- NOVEMBRE 1896.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport présenté par M. Hirsch, au nom du Comité des Arts mécaniques,
- sur les turbines dénommées Hercule-Progrès, de MM. Singrün frères.
- MM. Singrün frères, constructeurs mécaniciens à Épinal, soumettent au jugement de la Société d’Encouragement une turbine nouvelle, à laquelle ils ont donné le nom de turbine Hercule-Progrès.
- Cette turbine dérive de la turbine américaine Hercule, inventée, il y a une quinzaine d’années, par Mac Cornick, et qui s’est rapidement répandue aux États-Unis.
- Notre collègue, M. Gustave Richard, a étudié les turbines américaines dans les nombreuses publications qu’il a produites et notamment dans son rapport si richement documenté sur la Mécanique générale à l’exposition de Chicago, rapport dont de larges extraits ont été insérés dans notre Bulletin de l’année 1894. Il a décrit les principaux types de turbines usités aux Etats-Unis, et montré le parti merveilleux que les Américains ont su tirer des nombreuses et puissantes chutes d’eau qui se rencontrent sur leur territoire. Il n’v a rien à ajouter à cet exposé, aussi complet que lumineux. Mais je ne puis m’empêcher de faire une remarque assez attristante : c’est en France que l’industrie des turbines a pris naissance; ce sont des savants français qui ont établi de toutes pièces les méthodes à l’aide desquelles se calculent tous les éléments des turbines ; ce sont les constructeurs français qui ont les premiers dégagé les résultats pratiques de la théorie et installé Tome I. — 95e année. 5c série. — Novembre 1890. 92
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- 1410
- ARTS MÉCANIQUES.
- NOVEMBRE 1896.
- des turbines à marche régulière et à rendement élevé; grâce aux nombreuses chutes d’eau dont notre pays est si richement pourvu, cette industrie
- Fig. 1 et i. — Turbine Hercule-Progrès. Élévation et coupe verticale diamétrale.
- L, directrices amenant l’eau aux aubes réceptrices H. K. anneau mobile verticalement, par le train facilement accessible b caZ P P I OO, (lig. 7) entre L et H, de manière à régler le débit de la turbine. La poulie Z porte (fig. I une chaîne à contrepoids équilibrant le vannage. M, anneau en deux pièces, solidaire de L, ce qui, une fois le dôme N enlevé, permet de sortirles vannes L pour visiter la roue H. V, boitard en deux pièces, monté dans le dôme N de manière à en réduire la hauteur, avec quatre coussinets en bois dur U, réglés par quatre coins métalliques à vis T, centrant l’arbre I dans la garniture à douille X. E, tube d’aval, à croisillon F, avec crapaudine en bois dur B C, à vis de réglage et de fixation A; le pivot C reçoit l’arbre I dans son emboîtement à coupe D.
- nouvelle s’est promptement et largement développée; en quelques années, la plupart de nos usines hydrauliques substituaient à leurs anciennes roues
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- TURBINES HERCULE-PROGRÈS.
- 4411
- des turbines, dont les avantages multiples avaient été rapidement saisis parles praticiens. Ce n’est pas tout : nos mécaniciens exportaient des appareils, qui, à leur tour, servaient de modèles à de nouvelles constructions.
- Comment se fait-il que ce mouvement, jadis si intense et si utile aux intérêts de notre pays, se soit peu à peu ralenti et se trouve presque arrêté? Pourquoi l’industrie des turbines s’est-elle transportée à l’étranger, aux Etats-Unis, en Allemagne, en Suisse, où elle est devenue des plus florissantes? Par quel concours de circonstances avons-nous été amenés à cette situation étrange : de voir installer sur nos chutes d’eau des turbines achetées
- Fig. 3. — Vue en dessus d’une turbine assemblée.
- en Suisse, d’emprunter à l’Amérique, comme dans le cas actuel, les modèles des turbines que nous construisons encore?
- Les faits sont malheureusement patents; ils ont été démontrés notamment dans la série de nos Expositions universelles. Il serait du plus haut intérêt d’en rechercher les causes, de scruter les phénomènes sociaux et autres qui ont conduit à ces résultats déplorables.
- Mais je ne dois pas ici m’écarter du domaine technique; pour ne pas en sortir, je signalerai un fait qui n’est pas sans intérêt.
- Les constructeurs français s’en sont généralement tenus à deux types de turbines : les turbines centrifuges, dans lesquelles le mouvement de l’eau s’effectue en divergeant du centre vers la circonférence de l’appareil, et les turbines parallèles, dans lesquelles les molécules liquides se meuvent sur un cylindre parallèle à l’axe de rotation.
- Les Américains, au contraire, donnent toutes leurs préférences aux turbines centripètes, dans lesquelles le mouvement de l’eau est convergent de
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- 1412
- ARTS MÉCANIQUES.
- NOVEMBRE 1896.
- la circonférence vers le centre. Les propriétés remarquables de ce genre de turbines ont été démontrées par plusieurs géomètres, notamment par Bélanger, qui en a fait une étude approfondie. Dans des conditions déterminées de débit et de chute, une turbine centripète ne présente pas d’avantage bien sensible, ni comme prix d’installation, ni comme rendement. Au contraire, elle possède une supériorité marquée lorsque la hauteur de la chute varie dans des proportions un peu étendues; et cette supériorité s’accentue encore, dans les cas où l’on peut faire varier la vitesse de rotation, de manière à l’accommoder le mieux possible à la hauteur de la chute. Une
- Fijr. i. — Vue en dessous d’une turbine assemblée.
- même turbine pourra ainsi desservir des chutes fort différentes, sans que le rendement soit notablement affecté.
- Cette considération devient décisive eu égard aux méthodes industrielles et commerciales qui sont usitées sur le continent américain.
- Chez nous, la construction d’une machine est ordinairement préparée par des études, la confection de dessins et de modèles, opérations longues et coûteuses, qu’on recommence à chaque nouvelle commande.
- Les constructeurs américains ont ordinairement recours à des procédés tout différents. Chaque constructeur attache toute son attention à un petit nombre de modèles de machines, dont il a soigneusement étudié tous les détails; une fois les types bien établis, la construction se fait par séries; chaque organe est reproduit à un grand nombre d’exemplaires identiques. Ce mode de travail, toutes les fois qu’il peut être appliqué, présente des avantages considérables : en premier lieu, la fabrication est infiniment
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- TURBINES HERCULE-PROGRÈS.
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- moins coûteuse; d’autre part, le constructeur peut avoir toujours en approvisionnement soit des organes prêts à livrer à la première demande de la clientèle, soit des modèles permettant de répondre à bref délai à tous les besoins; enfin, le service de l’entretien et du remplacement des pièces avariées se trouve singulièrement simplifié.
- La turbine centripète, qui conserve un rendement satisfaisant même sous des chutes fort différentes, se prête bien à la construction par séries. C’est ainsi qu’ont été construites la plupart des turbines installées aux États-Unis. C’est sur les mêmes principes que MM. Singrün frères ont
- Fig. 5. — Aube nouvelle à patin. Fig. ü. — Aube ancienne à bouton.
- Le montage à patin est à la fois plus précis et plus robuste que le montage primitif à bouton.
- établi la fabrication dans leur belle usine d’Épinal. Le type de turbine qu’ils ont adopté est la turbine américaine Hercule. Les figures jointes au présent rapport montrent cette turbine, telle qu’elle est établie par MM. Singrün, avec les perfectionnements qu’ils ont apportés dans la construction.
- Cette turbine est du genre composé, à la fois centripète et parallèle : à leur entrée dans les aubages mobiles, les filets liquides convergent horizontalement, puis leur trajectoire se modifie progressivement en se rapprochant de la verticale, et ils sortent de la turbine presque verticalement. Afin de mieux guider les molécules liquides, chaque aube mobile a été composée de deux parties : la partie supérieure, ayant à peu près la forme d’un cylindre vertical, reçoit directement la pression des molécules lancées horizontalement par les distributeurs; le mouvement de ces molécules esf d’ail-
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- leurs guidé par une série de cloisons légèrement courbes, qui vont d’une
- rm rmi
- Fig-, 7.
- Cotte figure représente, avec les mêmes lettres que la figure 2 : à gauche, le montage primitif de la turbine Hercule, avec la crapaudine C' C" et la manœuvre z peu accessibles, et à droite le montage adopté par M. Smgrun, avec (' et z a très accessible, le boitard u et le manchon y plus rapprochés do la roue que les parties correspondantes //' et u' du montage primitif.
- aube à l’autre; l’action de l’eau s’épuise sur le bas des aubes, taillées à cet effet en forme de cuillers.
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- TURBINES HEKCüLE-I'ROCR K S .
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- L’aubage fixe est constitué par une série de directrices verticales, qui occupent toute la hauteur de la partie cylindrique des aubes mobiles. Entre les deux aubages, glisse la vanne, destinée à modifier en marche le débit et par conséquent la puissance de l’appareil. Cette vanne est munie, dans le bas, d’un évasement extérieur, écliancré au passage des directrices fixes, et qui supprime la contraction àl’entrée du liquide; aux diverses positions que peut prendre la vanne, cet évasement se raccorde avec les cloisons des aubes mo-bilesffig. 5), demanière à réaliser autant que possible un écoulementcontinu. Au-dessus des directrices fixes, s’élève une cloche étanche de forme cylindrique, qui supporte la pression, et dans laquelle la vanne peut s’élever librement.
- Les aubes mobiles se fixent, dans le bas, sur un cercle, qui assure la rigidité; dans le haut, elles s’assemblent sur un tourteau claveté sur l’arbre vertical de la turbine.
- Cet arbre est guidé par un boîtard avec coussinets en bois dur, monté sur le fond supérieur de la cloche; il repose, au moyen d’une coupe, sur un pivot en bois dur avec réglage; la pression sur ce pivot est faible, et peut d’ailleurs, au besoin, être atténuée par des artifices particuliers. Le boîtard et le pivot sont lubrifiés simplement par l’eaudans laquelle ils sont immergés.
- Comme on peut le voir sur les figures, l’appareil, eu égard à la grande hauteur des distributeurs, donne un débit considérable, même sous un diamètre modéré; il est donc compact et de volume restreint, ce qui est fort avantageux aussi bien au point de vue du prix d’achat qu’à celui des dépenses d’installation, et procure la facilité d’ajuster tous les organes avec précision.
- Les résultats obtenus par les turbines Hercule-Progrès paraissent fort satisfaisants. Je ne citerai que les essais officiels faits pour la réception d’une turbine installée par MM. Singrün à la poudrerie de Vonges. On a opéré sous trois chutes différentes, de 2111,185, de 2m,053 et de im,50. La puissance développée était mesurée à l’aide d’un frein de Prony monté sur l’axe de la turbine; le débit était donné par un déversoir en mince paroi de 6 mètres de long, et calculé par la formule :
- q = 0,42 I. h \/igh
- q débit en mètres cubes par seconde;
- L largeur en mètres du déversoir ;
- h hauteur en mètres de l’eau tranquille en amont du déversoir et au-dessus de la crête de ce déversoir; g coefficient de la gravité = 9,81.
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- Les résultats moyens sont résumés dans le tableau ci-après ;
- moires. mètres. mètres.
- h hauteur sur la crête GO 2,053 1,50
- (lu déversoir 0,20 0,196 0,186
- 7 débit en m3 par seconde 0,988 0,966 0,893
- n nombre de tours par minute . . . 91,1 95,4 91,3
- N chevaux au frein 24,036 21,875 14,97
- Rendement p. 100. 82,6 82,2 82,3
- D’auti 'es épreuves de contrôle ont été faites ultérieurement sur le même appareil, en vue de la réception définitive; elles ont conduit à des rendements plus élevés encore.
- Ce sont là des résultats extrêmement remarquables, sur lesquels il paraît difficile d’élever des contestations.
- MM. Singrün ont introduit, dans la construction des turbines du type Hercule, des perfectionnements sérieux; les dispositions générales ont été étudiées de manière à assurer un rendement élevé sous des chutes et des débits variés; la solidité des aubages est mieux assurée; des dispositifs spéciaux garantissent la précision du montage et facilitent singulièrement l’inspection et le démontage des divers organes. La figure 7 donne d'ailleurs une idée de quelques-unes des améliorations apportées.
- La turbine Hercule-Progrès peut, suivant les cas, être installée soit dans une chambre à eau ordinaire, soit, pour de fortes chutes, dans une huche entièrement fermée; on peut aussi, surtout lorsqu’il s’agit de pressions élevées, disposer son axe horizontalement, ce qui donne souvent de grandes facilités pour la commande des dynamos ou autres outils. Toutes ces installations diverses ont fait l’objet d’études détaillées et de perfectionnements intéressants.
- J’ai visité l’usine de MM. Singrün; elle est modeste comme proportions, mais susceptible d’une production considérable, grâce au système de fabrication par séries, que permet le type de turbine adopté, et qui a été appliqué avec une rare intelligence.
- Comme fabrication courante, MM. Singrün ont établi quatre séries principales de turbines;
- lrc série, pour chutes basses de 1 à 3 mètres, débits de 70 à 4200 litres par seconde; puissances effectives de 3/4 de cheval à 130 chevaux; vitesses de 39 à 400 tours par minute; 16 types.
- 2e série, pour chutes moyennes, de 3 mètres à 7m,50, débits de 120 à
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- 6 700 lit., puissance de 3 1/2 à 640 chevaux; vitesses de 69 à 682 tours; 16 types.
- 3esérie, pour hautes chutes,de71H,30à 12m,30; débits de 188 à8600 lit; puissance de 13 à 1 130 chevaux; vitesses de 100 à 830 tours; 16 types.
- 4e série ou série spéciale, pour très hautes chutes, de 13 à 30 mètres ; débits de 243 à 1 433 litres; puissances de 33 à 430 chevaux; vitesses de 400 à 1 300 tours ; 4 types.
- En outre des organes correspondant à ces séries, il y a encore un certain nombre de modèles pour les pièces accessoires et pour organes spéciaux répondant aux exigences de quelques cas particuliers; mais le magasin des modèles est bien loin de représenter cette complication effroyable que l’on rencontre encore dans nombre d’ateliers.
- La fabrication est extrêmement soignée. L’usine comprend une fonderie et un atelier d’ajustage. Les modèles de la fonderie sont, pour la plupart des pièces, en métal ajusté; les mélanges sont dosés avec les plus grandes précautions; l’atelier d’ajustage comporte des outils puissants et très perfectionnés; le travail s’y exécute avec la plus haute précision. En résumé, cette intéressante usine est un exemple très frappant de l’application des principes qui ont fait la fortune des constructeurs américains.
- En conséquence de ce qui précède, le Comité des Arts mécaniques a l’honneur de vous proposer :
- De remercier MM. Singrün frères de leur intéressante communication;
- D’insérer le présent rapport dans le Bulletin de la Société.
- Signé : J. Hirsch, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 13 novembre 1896.
- Rapport fait par M. Édouard Simon, au nom du Comité des Arts mécaniques, sur les cordons de sûreté pour débrayage et freinage automatiques des lignes de transmissions, brevetés s. g. d. g., par M. Fran-chet fils, à Elbeuf, rue de la République, 34.
- Messieurs,
- La question dont s’est préoccupé M. Franchet a déjà fait l’objet de diverses communications à la Société d’Encouragement; nous avons eu notam-
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- ment l’occasion d’étudier les ingénieux dispositifs de M. Charles Cambon (1), puis de M. Lucien Meyer (2). Dans les circonstances visées par ces deux inventeurs, l’intervention d’une personne autre que la victime de l’accident est indispensable pour déterminer le fonctionnement des appareils de sécurité, soit que l’on fasse usage de conduites électriques ou de tubes pneumatiques. M. Franchet a remarqué que, lorsqu’un accident se produit, les témoins ont rarement la présence d’esprit d’utiliser immédiatement les moyens à leur disposition pour demander ou pour provoquer automatiquement l’arrêt du moteur; que, d’autres fois, l’accident a lieu sans témoins et que la victime se trouve dans l’impossibilité de recourir aux appareils préventifs.
- Le dispositif imaginé par M. Franchet fils, en vue de parer au double inconvénient, consiste en un simple fil de fer tendu parallèlement à la ligne d’arbres de la transmission et aussi près que possible de la jante des poulies montées sur ladite ligne; ce cordon métallique est fixé d’un bout au plafond de l’atelier, de l’autre à un contrepoids suspendu au-dessus d’une équerre à déclic, qui, le cas échéant, disjoint un manchon d’embrayage interposé entre le moteur et la transmission considérée.
- Qu’en montant une courroie, un ouvrier soit pris et entraîné dans le sens du mouvement, il rencontre aussitôt le fil de fer, qui se rompt et laisse tomber le contrepoids d’une hauteur suffisante pour assurer le désembrayage du manchon. Indépendamment de l’action complémentaire et simultanée d’un frein (solidaire de l’équerre à déclic), l’arrêt est nécessairement d’autant plus rapide que la transmission commande un plus grand nombre de métiers. Les mêmes effets se produisent lors d’un accident exclusivement matériel, si, par exemple, une courroie casse et s’enroule autour de l’arbre. L’automaticité du système n’interdit pas l’adjonction de cordons de tirage pour désembrayer à la main sans obliger à rompre le fil métallique.
- Comme pour tous les appareils de sécurité, il importe de contrôler fréquemment le fonctionnement des cordons de sûreté. A cet égard, l’installation qu’il nous a été donné de visiter présente toutes garanties. L’arbre de transmission, d’une longueur de 55 mètres, est désembrayé chaque soir et isolé de la machine motrice, qui travaille nuit et jour; on est donc assuré de l’état normal du manchon d’accouplement. Les poulies clavetées sur la transmission actionnent des machines identiques et sont toutes d’égal
- (1) Bulletm de novembre 1894, p. 729.
- (2) Bulletin d’avril 1895, p. 341.
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- diamètre, ce qui a permis de tendre le cordon de sûreté suivant une ligne parallèle très rapprochée des jantes. Ce fil métallique, de un millimètre et quart, est soutenu de place en place par des tirefonds et porte un poids
- Fig. 1. — Appareil armé. Fig. 2. — Appareil en action.
- Cordons de sûreté Franchet pour le débrayage et le freinage automatiques des arbres de transmission.
- A. Arbre commande.
- B. Arbre moteur.
- P. Poids suspendu à l'extrémité opposée du cordon do sûreté et tombant, en cas de rupture de ro cordon, sur la queue L d'une équerre à déclic.
- L. Equerre enclenchant le levier de débrayage S N.
- O. Manchon d’embrayage à friction.
- <). Poulie do commande et contre-partie du manchon O.
- K. Poulie de frein.
- II. Frein monte à l'extrémité d’un liras de levier pivotant en M et pressant sur la poulie K dés que le contrepoids K s'abaisse et permet la chute du poids R, relié au premier par une chaîne.
- T. Paillasson qui, jeté sur le trajet de la courroie à titre d'expérience, a rompu le cordon de sûreté et déterminé l’action simultanée du débrayage et du frein.
- de 35 kilogrammes à son extrémité libre. En cas de rupture, ou sous l’action de l’une des poignées de tirage à portée du personnel, ce poids tombe d’une hauteur de dix centimètres et, dans sa chute, déclenche l’équerre du
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- débrayage. En faisant usage de l’une de ces poignées, nous avons constaté l’arrêt de l’arbre désembrayé au bout de trois à quatre tours. Si, au lieu de poulies d’égal diamètre, il s’en trouve de différentes grandeurs sur le même arbre, M. Franchet relève ou abaisse le cordon de sûreté, qui n’est plus alors parallèle à la transmission, mais forme une ligne plus ou moins brisée, toujours tendue par le contrepoids. Ajoutons que, dans beaucoup d’ateliers de filature et de lissage, les diamètres des poulies groupées sur les mêmes arbres varient peu et que l’installation du système s’en trouve grandement facilité.
- A ce sujet, il convient de rappeler que, dans leur rapport sur Y Exposition générale allemande de 1889 a Berlin, pour la protection contre les accidents, MM. Émile Muller, H. Mamy et H. Danzer mentionnèrent un dispositif dû à un mécanicien allemand, M. Fritz Deimel, et qui précisément avait pour but comme l’appareil Franchet, d’opérer spontanément le débrayage sous l’action de tout corps étranger saisi par l’arbre et tournant avec lui. M. Deimel, au lieu d’un fil métallique tendu comme il a été expliqué, établissait, à une faible distance de l’arbre même, une succession de tringles également métalliques, qui contournaient chaque poulie. Ces tringles formaient charnières et, lorsqu’elles rencontraient un obstacle, se rabattaient pour produire le débrayage. La disposition entraînait à des frais d’établissement relativement considérables, qui semblent en avoir entravé la généralisation.
- En résumé, le système Franchet fonctionne dans des conditions de simplicité, d’économie et de sécurité qui méritent d’être signalées. Il y a là une ingénieuse solution à ajouter aux moyens préventifs connus et dont le choix dépend, pour chaque cas particulier, déconsidérations multiples. Le Comité des Arts mécaniques vous propose, Messieurs, de remercier M. Franchet fils de son intéressante communication et de voter l’insertion au Bulletin du présent rapport, avec les dessins représentant une application du système.
- Signé : Édouard Simon, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 13 novembre 1896.
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- ARTS ÉCONOMIQUES
- Rapport fait par M. Violle, au nom du Comité des Arts économiques, sur les f/lobes diffuseurs système Frédureau.
- M. de Coincy soumet à l’examen de la Société deux spécimens de globes construits suivant le système Frédureau.
- Ces globes, en cristal transparent, sont taillés, à leur surface extérieure, suivant un double système d’anneaux prismatiques, analogues aux anneaux dioptriques des phares et calculés de façon à rabattre la lumière au-dessous du foyer et à la diffuser régulièrement dans toute la portion utile de l’espace.
- Les principes invoqués sont exacts et leur application intéressante. Les profils voulus peuvent être réalisés par la taille ou par le moulage sous pression : ce dernier procédé est vraiment pratique.
- Un globe Frédureau placé sur un foyer à arc se montre supérieur aux globes dépolis ordinairement employés. Le rendement est plus grand et la distribution de la lumière meilleure.
- De même, avec une lampe à incandescence, le filament lumineux parait transformé en un large faisceau qui comporte, sans fatigue pour la vue, l’emploi d’un foyer plus intense et, par suite, plus économique.
- Sans doute, les poussières, en se logeant dans le gaufrage délicat de ces globes, pourraient constituer un obstacle à leur emploi courant sur la voie publique; mais, dans bien des cas, ils auront l’avantage de permettre l’usage de l’arc électrique là, dans les appartements par exemple, où il est encore à peine utilisé.
- Votre Comité des Arts économiques vous propose donc de remercier M. de Coincy de son important envoi et de lui témoigner tout l’intérêt que la Société prend à l’ingénieux système de globes imaginé par M. Frédureau.
- Signé : J. Violle, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 13 novembre 1896.
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- HYGIÈNE PUBLIQUE ET AGRICULTURE
- DE L’ASSAINISSEMENT DES VILLES ET DES COURS D’EAU AUX ETATS-UNIS par M. Ronna, Membre du Conseil.
- I. — Les Eaux et les Égouts.
- Le problème de l’assainissement des cours d’eau et des villes, dont les sources permanentes d’infection menacent si gravement la santé publique, ne cesse pas de préoccuper les hygiénistes et les ingénieurs depuis plus d’un demi-siècle, en Angleterre, en Allemagne et en France. Quoique née à une date bien plus récente, cette même préoccupation a gagné les édiles et les conseils législatifs des anciens Etats delà confédération américaine. Déjà, on y compte nombre de localités où les autorités ont prescrit les mesures les plus sévères afin d'empêcher la souillure des rivières par le setcage (eaux d’égout) et de préserver ainsi la pureté des eaux destinées à la consommation.
- L’extension donnée à la distribution de l'eau potable et à la canalisation des villes américaines où les égouts reçoivent directement les eaux vannes des habitations, des usines et des établissements publics, devait augmenter les difficultés de l’assainissement final, en livrant aux cours d’eau de faible portée des volumes plus considérables de liquides chargés de matières putrescibles qui vicient l’atmosphère, altèrent une des sources d’alimentation les plus essentielles au bien-être général, et engendrent des maladies zymotiques d’un effet le plus souvent mortel. Y a-t-il lieu d’ajouter, qu’au point de vue spécial de l’agriculture, qui n’a pas entraîné les Américains, les égouts réservés exclusivement au setcage des villes déversent à l’état moins dilué et en pure perte dans les rivières, les lacs ou la mer, des masses de matières fertilisantes dont la culture intensive eut tiré le plus large profit pour la fumure du sol et l’accroissement de produit des récoltes M).
- C’est en 1872, devant le conseil de l’État de Massachusetts, que le problème s’est posé pour la première fois, à l’occasion des plaintes générales soulevées par l’état d'impureté des rivières Nashua (tributaire du Merrimac), IJoosac, Dcerlield, Blackstone, etc. Depuis, l’État de New-York a dû chercher les moyens de remédier aux causes d’infection des rivières Hudson, Mohawk et Crolon dont les eaux approvisionnent la capitale;plus tard, l’État de Pennsylvanie, au sujet des rivières Schuykill et Delaware, les États de Connecticut et d’Illinois, ce dernier relativement à la pollution des eaux du lac Michigan, enfin, l’État de New-Jersey, pour mettre un terme à la contamination de la rivière Passaic qui approvisionne les villes principales de New-YTork et de Jersey, se sont engagés dans la même voie.
- La mortalité causée par l’épidémie typhoïde dans certaines villes dont les eaux puisées en rivière sont altérées par la décharge des égouts, notamment à Lowell et à
- (1) A. Ronna, De l'ulilisation clés eaux d'égout en Angleterre, Revue univ. des Mines, 1806.
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- ASSAINISSEMENT DES VILLES ET DES COURS d’eAU AUX ÉTATS-UNIS. 1423
- Lawrence (Massachusetts), à Philadelphie, à Chicago, à Rochester i New-York), à West Troy, etc., n’a pas peu contribué à stimuler le zèle des pouvoirs publics. Comme il advient aux. États-Unis de toutes les questions dont la solution est reconnue urgente, les travaux de recherches se sont rapidement accumulés, en mettant à profit les résultats déjà obtenus à l’étranger, notamment en Angleterre. Les stations expérimentales se sont mises à l’œuvre et, malgré les critiques adverses, l’exécution des projets d’amélioration soumis aux divers États par les conseils sanitaires n'a souffert aucun retard. On peut dire que, dans un laps d’années relativement court, les Etats-Unis ont réalisé des applications devant lesquelles, en Europe, les municipalités et les gouvernements ont longuement hésité, quelque puissant que fût l’intérêt des populations menacées-
- L’ouvrage de MM. Rafler et Baker, « dédié à la santé et à la prospérité des cités américaines » ( l), fait ressortir avec quel ensemble tous les éléments utiles concernant la salubrité des eaux et des villes ont été recueillis, tant par des visites répétées en Europe et par la discussion des rapports des grandes enquêtes parlementaires, de l’Association britannique, de la Société des Arts, des municipalités anglaises, etc., que par l’interprétation des conclusions des travaux dus aux savants chimistes et agronomes : Way, Lawes et Gilbert, Frankland, Warington, Schlœsing et Münlz, etc., en vue des circonstances particulières du continent américain.
- On éprouve tout d’abord quelque peine à comprendre comment les Américains se sont vus obligés d’assainir leurs cours d’eau pour des villes à peine construites, sur un territoire immense, de sept millions et demi de kilomètres carrés, où la population recensée en 1851 ('23 millions d’habitants'1 2' correspondait,comme densité moyenne,àcelle de la Russie : soit 3 habitants et demi par kilomètre carré. A la même époque, la densité moyenne était de 08 en France, de 88 dans les Iles Britanniques, de 94 en Hollande, de 151 en Belgique (2) Aucune des conditions imposées par le manque d’espace dans les districts populeux de l’Europe, pour des villes de fondation ancienne, obligeait les Américains à s’agglomérer sur certains points, contrairement aux règles bien définies de l’hygiène moderne.
- L’explication semble devoir résulter, d’une part, de l’accroissement annuel de la population, qui a été prodigieux pendant le dernier demi-siècle, et, d’autre part, du développement inouï de l’industrie manufacturière, surtout depuis que les lois de prohibition ont mis fin à la concurrence étrangère. Dans celte période, malgré la guerre de Sécession, qui a suspendu l'immigration, l’accroissement moyen de 3 et demi p. 100 par an a triplé le chiffre de la population recensée en 1851. En dix ans, de 1880 à 1890, sur 400 villes comptant de 8000 à 50 000 âmes, 25 p. 100 ont doublé leur chiffre d’habitants et le reste a progressé dans le rapport de 50 à 100.
- Eau et population. — Plus que dans tout autre pays, le mouvement de la population aux États-Unis influe sur la consommation d’eau des villes et occasionne des variations exceptionnelles dans le débit par jour et par tête. D’autres raisons influent également sur la consommation, suivant les habitudes des races qui peuplent les villes, à savoir: l’usage de robinets libres ou de compteurs, l’abondance des sources, le mode de distribution et la dépense. Nulle part ailleurs a-t-on compris aussi largement les questions d’eau qui intéressent si vivement le bien-être matériel et moral de toutes les classes de la société.
- (1) Geo. XV. Raftkrand M. N. Baker, Savage Disposai in f/ic United States. Nmv-York and London. 1894.
- (2) A. Guill.vrd, Fdémads de statistique humaine, 18X9.
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- HYGIÈNE PUBLIQUE ET AGRICULTURE.
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- La statistique dressée d’après les rapports officiels des divers Etats, pour 194 villes de toutes dimensions, accuse des anomalies si nombreuses, qu’il est difficile d’y découvrir une proportionnalité autre que celle de l’accroissement des habitants desservis par ivater tap, c’est-à-dire, par compteurs branchés sur la conduite de distribution.
- Le tableau I ci-après indique, pour ces 194 villes réparties en cinq classes suivant leur population, le chiffre de la consommation d’eau par tète, et le tableau II le chiffre de la consommation dans 174 villes choisies parmi celles qui précèdent et pourvues de water laps, pour montrer l’influence du compteur sur la distribution dans les moins peuplées.
- Tableau I. — Classement des villes de ÎOOOO à 100 000 habitants et au delà suivant la consommation d’eau.
- 90,S LITRES
- 154 LITRES
- 11 LITRES
- POPULATION.
- Au-dessus de 100 000
- De 50 000 à 100 000.
- De 25 000 à
- i() 000.
- De 15 000 à
- De 10 000 à 15 000.
- Tableau II. — Classement des villes de ÎOOOO à ÎOOOOO habitants et au delà suivant le nombre de tours de compteur de distribution (water tap).
- 10 -i or rs 20 TOURS 00 TOURS 50 TOURS
- OU MOINS. OU MOINS. OU MOINS. OU MOINS. NOMBRE
- POPULATION. P. 100 P. 100 P. 100 P. 100 total
- NOMIIRM. (lu total. NOMBRE. du toi al. NOMBRE. du total. NOMBRE. du total. de villes.
- Au-dessus de 100 000 . . . 14 50 21 88 22 02 23 96 24
- De 50 000 à 100 000 .... 10 10 87 2! 06 22 100 22
- De 25 000 à 50 000 .... 10 40 18 82 21 96 22 100 22
- De 15 000 à 25 000 ... . 15 33 38 84 43 05 45 100 45
- De 10 000 à 15 000 .... 22 50 4 S 78 .47 93 60 98 61
- Totaux et proportions p. 100. 71 il 144 83 164 9 4 172 99 174
- Le tableau III qui suit présente le chiffre d’habitants des 25 cités où la consommation d’eau par tête est la plus élevée. On y constate que New-York,par exemple, la
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- ASSAINISSEMENT DES VILLES ET DES COURS d’eAU AUX ÉTATS-UNIS.
- 1425
- capitale la plus peuplée y occupe le 2 P rang; Chicago, la cité qui se classe après New-York, y occupe le 9e rang; Philadelphie, le 11e rang; Boston, le 23e rang; Baltimore, le 21e rang; tandis que des villes de premier ordre, comme Brooklyn et Saint-Louis, ne figurent pas même dans le tableau. Inversement, des villes secondaires telles que Alleghany, Richmond, Nashville, etc. sont parmi les plus richement dotées.
- Tableau III. — Classement des 25 villes où la consommation d’eau par tête est la plus élevée, en regard de leur population.
- POPULATION CONSOMMATION NOMHUE
- NOMS UES VILLES. NUMÉROS PAR I) HABITANTS PAR
- totale; . I)’ O R I) R R. HABITANTS . COMPTEURS.
- Habitants. Litres.
- 1 . . . Alleghany, Pa 105 287 28 1081 7
- 9 Buffalo, N. Y 255 664 11 845 6,3
- 3 . . . Richmond, Va 81 388 34 759 7,9
- 4 . . Detroit, Midi 205 876 15 731 5,1
- o . . . Washington, D. C . . . . 230 392 14 718 (5,0
- 6 . . . Pittsbur", Pa 238 617 13 695 8.2
- 7 . . . Nashville » 38 663 14,9
- 8 . . . Pittsburg, Pub >» 13 654 ))
- 9 . . . Chicago, 111 1 099 850 2 636 »
- 10 . . . Newhaven, Conn 81 298 35 613 »
- 11 . . . Philadelphia, Pa 1 046 964 3 6C0 6,1
- 12 . . . Camden, N. J 58 313 49 595 »
- 13 . . . Paterson 78 347 36 581 11.8
- 14 . . . Froy, N. Y 60 956 46 568 10,5
- 15 . . . Memphis, Jenn 64 495 43 563 11.9
- 16 . . . Wilmington, Del 61 431 \ \ 513 5,0
- 17 . . . Cincinnati, 0 296 908 9 509 8,5*
- 18 . . . Milwankee, Wis. ..... 204 468 16 500 11,1
- 19 . . . Cleveland, 0 . 261 353 10 468 8,7
- 20 . . . Jersey Citv, N. J 163 003 19 440 »
- 21 . . . Baltimore, Md 434 439 7 427 5,8
- 22 Omaha, Neb 140 452 21 427 24,0
- 23 . . . Boston, Mass 448 477 6 363 6,6
- 2 4... New-York, N. Y 1 515 301 1 354 13,9
- 25 . . . Colombus, 0 88 150 30 350 11,5
- Enfin, dans le tableau IV, le progrès de la consommation d’eau par habitant pendant les trois dernières décades, 1860 à 1890, est indiqué pour huit des villes du tableau précédent, dont le développement ne s’est pas arrêté (1).
- (1) Ftei.ky and Fanning, Report on additional muter supply, Rochcster, 1889.
- Tome 1. — 95e année. 3e série.
- Novembre 189 G.
- 93
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- J 426
- HYGIÈNE PUBLIQUE ET AGRICULTURE.
- NOVEMBRE 1806.
- Tableau IV. — Progression de la consommation d’eau dd.ns quelques villes pendant 30 années, de 1860 à, 1890.
- ANNÉES. BUFFALO N. V. X" 2. DETROIT Mien. N" 4. TU O Y N. V. N’1 2 14. WII.MI.UTQN I)EI.. N 16. UVilUTI N" 17. H 11, W 1 K K F WIN. N 18. C 1, R V F I, A Y Il N 19. J F US R Y CITY N. .1. N» 20.
- litres. litres. litres. litres. litres. litres litres. litres.
- 1860 » 286 >, » 186 63 350
- 1864 » 2a!» „ „ )) 100 »
- 1868 >. 804 „ » » U 113 „
- 1870 263 200 182 „ 150 381
- 1874 272 89.". » 2.40 201 390
- 1878 » a 18 >. 268 300 232 >,
- 1880 477 568 268 868 3 40 482 295 »
- 1882 482 677 .. 427 34.", ” 309 468
- 188 4 .".90 6'»4 60!» 486 .. 482 372 O
- 1886 600 808 60 4 -417 336 513 413 622
- 1888 695 » >. 486 ; »
- 1800 84a 781 568 518 508 5110 468 4 40
- A Detroit, par exemple, le débit des pompes, relevé annuellement parle service de distribution, qui était, en 1853, de 1365 750 mètres cubes pour 4 283 familles, soil de 319 mètres cubes par famille, s’est élevé, en 1892, à 55 millions de mètres cubes pour 4640 familles; ce qui correspond à un débit de 1 190 mètres cubes par famille 1 >.
- La ville de Rocbester (New-York) dont la populalion. en 1889, était de 126 500 âmes, possède deux distributions d’eau, l’une du lac Harlem par gravitation, pour les usages domestiques et le service de quelques industries spéciales ; l'autre, de la rivière Genessee par refoulement, pour le service public, les moteurs, etc. Sur le débit journalier de 32 600 mètres cubes, l’eau du lac Harlem fournit par tète, en moyenne, 260 litres, et celle du Genessee 55 litres, soil. au total, 315 litres par habitant et par jour.
- Il suffira, pour donner une idée de l’infériorité des villes françaises, de rappeler que, sur 691 villes étudiées par l’ingénieur en chef du service de l’assainissement de Paris, 449 seulement sont pourvues d’un service d’eau, et dans ce nombre, il n’y en a que 52 qui soient dotées, par habitant et par jour, d’un volume égal ou supérieur à 250 litres.
- Or, sur ce chiffre de 250 litres, considéré comme un maximum, il est généralement admis que 120 litres par habitant correspondent aux usages domestiques, et le reste, à l’ensemble des services municipaux; à savoir, 10 litres par mètre carré de voie publique, pour le nettoiement, et 4 mètres cubes par 100 mètres de développement de rue, pour les appareils de chasse (2).
- Y a-t-il lieu d’ajouter que, sur 556 villes françaises de plus de 5 000 habitants, il y
- (1) Case, Report of the Detroit Water Commissioners, 1893.
- (2) I)e Montriciikr, Système de surverse. Assoc. Franc. pour l'avancement des sciences. Bordeaux, 1894.
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- ASSAINISSEMENT DES VILLES ET DES COURS d’eAü AUX ÉTATS-UNIS.
- 1427
- en a 52 seulement qui comptent plus de 30 000 habitants? La séparation des eaux vannes (vidanges, eaux ménagères et de nettoiement) des eaux méte'oriques n’y est appliquée aucune part, pas plus pour les acheminer vers les champs d’épandage que vers les usines à traitement chimique : c’est l’enfance de l’assainissement.
- 1. --- BOSTON
- Distribution d'eau. —L’absence de toute corrélation, aux Etats-Unis, entre les chiffres de population et de consommation d’eau donnant lieu à un coefficient d’une application générale, il ôtait indispensable, en vue des projets de distribution d’eau et de canalisation dans un avenir même prochain, de calculer pour chaque ville distinctement les éléments des courbes du développement probable. C’est ce qui a été fait, notamment par l’ingénieur Joseph P. Davis, chargé en 1874 du projet et de l’exécution des travaux de distribution d’eau complémentaire pour la ville de Boston. Ses calculs, basés sur la progression moyenne de la population de 1800 à 1870, le conduisirent à prévoir une augmentation de 172 474 habitants dans 20 années plus tard, soit de 1870 à 1890 (U. L’augmentation effective constatée par le recensement de 1890 a surpassé légèrement ses prévisions; elle a été trouvée de 197 951 habitants. Actuellement, pour une population totale de 527 600 âmes, comprenant les faubourgs, la ville de Boston supplée à une distribution d’eau annuelle de 190 000 mètres cubes, correspondant à 360 litres par tète et à 30 litres environ par tap. sur le branchement do service des habitations.
- Canalisation. — Sous le rapport de la canalisation, Boston a eu à surmonter des difficultés dont les ingénieurs se sont tirés à leurs louanges en réalisant un des meilleurs système connus pour la décharge du savage à la mer.
- Comme dans toutes les villes américaines dont la fondation remonte au siècle dernier, les premiers égouts avaient été construits de commun accord entre les colons. Une loi régla plus tard les conditions des entreprises particulières, jusqu’au jour où la municipalité décida de prendre à sa charge les travaux en payant un quart des dépenses. Bâtie sur une série de collines dont les versants sont tournés du côté de l’Océan, la ville ne commença à éprouver*des embarras pour l’écoulement des eaux d’égout dans la baie que lorsque, par nécessité d’extension, les terrains de la plage reconquis sur la mer se couvrirent peu à peu d’habitations dont les fondations étaient plus basses que le niveau des marées. Les égouts établis à ce niveau ne pouvaient décharger le sewage. qu’autant que les écluses demeuraient ouvertes; mais dès le flux suivant, les matières étaient ramenées sur la plage où <dles infestaient les nouveaux quartiers de Stony Brook, Black Bav et South Bay.
- Le plan de la ville (tig. 1 ) montre en traits hachurés l’ancien périmètre, avec les égouts primitivement établis, et les nouveaux quartiers dont l’assainissement s’imposait ;i bref délai.
- Sur le rapport d’une commission d’ingénieurs : Cdicsbiough, Moses laine et Eolsom, nommée en 1875, la municipalité approuva :
- lu La construction de collecteurs aboutissant à une station centrale de pompes qui l’élèveraient à un niveau suffisant pour assurer la décharge par gravitation dans la baie de Dorchester, à l’île de Moon :
- (l J. Davis, Report on cm additional Wuler Suppl// for Roston. CH// Documents, n« 21», 1874.
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- HYGIÈNE PUBLIQUE ET AG1UCULTURE.
- NOVEMBRE 1896.
- 2° L’établissement d’un puits et d’une galerie sous la baie,pour conduire les dépôts du sewage jusque dans la mer;
- 3° L’installation, à File de Moon, d’un réservoir capable d’emmagasiner la totalité du sewage à décharger entre deux marées successives.
- Les collecteurs, marqués en traits pleins sur le plan, ont été construits sur une longueur de 20 kilomètres et demi, avec une pente moyenne de 1 sur 2 000, comme complément du réseau d’égouts existants de 21 kilomètres. Les dimensions de ces collecteurs varient de lm,67 à 11,1,82 comme diamètre aux points de branchement, et de 0111,91 à l,n,22 aux points extrêmes.
- Avant de pénétrer dans la chambre des pompes, le sewage traverse des grilles qui
- Fig. 1. — Plan de la ville de Boston, avec son réseau d’anciens et de nouveaux égouts, et le grand collecteur.
- arrêtent les objets flottants; il est remonté à une hauteur de I0m,66 dans des bassins de dépôt parallèles, de 2m,43 de longueur et 4m,87 de profondeur, et éclusé à la sortie des bassins, sur 3 mètres de hauteur, de manière à ralentir le mouvement pour faciliter le dépôt des matières en suspension.
- Pendant l’annéee 1887, les pompes ont élevé 71 millions et demi de mètres cubes de sewage, et le volume des dépôts a été de 3 800 mètres cubes.
- A l’extrémité des bassins de dépôt, une chambre en maçonnerie avec déversoir, permet d’écouler directement le sewage dans la baie quand il est nécessaire de visiter la galerie. Le puits qui descend de cette chambre, à une profondeur de 15 mètres, débouche à ce même niveau dans la galerie ou tunnel, dont le radier est à peu près horizontal, jusqu’à un second puits Est; puis il s’incline sur 280 mètres jusqu’au S quantum neck. De ce point, le sewage est dirigé par un canal couronnant une digue, à travers les vases de la baie, jusqu’à l’île de Moon. Cette digue a de 6 à 9 mètres de hauteur, 6 mètres de largeur à la crête, et 36 mètres de largeur à la base. On a attendu que la digue se
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- ASSAINISSEMENT DES VILLES ET DES COURS d’eAU AUX ÉTATS-UNIS. 1429
- tut consolidée avant de construire le canal, et, provisoirement, la vidange du tunnel s’est faite par un fluine, ou canal en bois, posé sur chevalets (treslles), qui décharge le sewage à une centaine de mètres au sud de la digue.
- Le réservoir d’une superficie de 2 hectares, est installé do façon à pouvoir être
- ____L r Il
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- Fi". 2. — Boston. Vue du réservoir terminus du "rand collecteur à l'ile de Moon.
- encore prolongé vers le midi; il peut se vider dans le délai de 20 à 30 minutes. La figure 2 montre une vue panoramique de ce réservoir.
- La vitesse du flot à l’île de Moon étant d’environ 3 kilomètres à l’heure, le volume total du sewage est rejeté au Jarge sans qu’aucune matière puisse revenir à la côte.
- 2. ---" CHICAGO
- Les prévisions pour l'accroissement de la population de Chicago, établies sur les mêmes bases que celles adoptées par l'ingénieur Davis pour Boston, ressortent du diagramme fig. 3, d’après lequel, comparativement à New-York, à Philadelphie, à Boston, à Saint-Louis et à Cincinnati, dont les courbes partent de 1790, Chicago atteindrait une population maxima de 2500000 âmes,probable vers 1905 et certaine en 1915. Ce diagramme montre en outre que, si New-York a mis vingt-deux ans, de 1835 à 1855, pour que sa population s’élève de 250 000 à 1 million d’habitants, Chicago a employé exactement le même nombre d’années, de 1867 à 1889, pour faire la même évolution. C’est depuis 1889, d’ailleurs, que son territoire s’est considérablement accru (1).
- Distribution d'eau. — L’eau distribuée à Chicago est dérivée du lac Michigan par des galeries maçonnées en briques, dont deux, dirigées parallèlement, avec un écartement de 14 mètres, ont été construites à 9 mètres au-dessous du fond, sur une longueur de 3 kilomètres depuis la rive. Elles aboutissent à des puits en coffrages, avec pierres perdues. La première mesure lm,52 de largeur sur lm,58 de hauteur, et la
- (1) Preliminary Reports of lhe Chicago Drainage Commission.
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- HYGIÈNE PUBLIQUE ET AGRICULTURE. ---- NOVEMBRE 1896.
- seconde, de 2,u,13 de diamètre, se prolonge sous la ville sur une longueur de 6,5 kilomètres à travers la rivière et le bras Sud,jusqu’à la station des pompes de l’Ouest.
- Une troisième galerie, construite de 1887 à 1892, prend l’eau dans le lac à 6 kilomètres de la rive et se dirige sous la ville, sur 2,5 kilomètres, pour rejoindre les stations de pompes Central et Fourteenth-Slreet. D’un diamètre initial de 2m,45 dans la section du lac, la galerie a été dédoublée à cause des mauvais terrains du rivage.
- Enfin, une quatrième galerie, de 1111,83 de diamètre, a été établie par les villes aujourd’hui annexées, de Hyde Park et de Lake, sur une longueur de 3 kilomètres.
- L’ensemble de ces prises d’eau représentait, au 1er mars 1893, un débit quotidien de 2 272 millions de litres; mais les pompes n’en élevaient pour la consommation que 1 600 millions. En 1892, la moyenne du débit effectif des pompes était de 885 millions de litres par jour. Malgré l’éloignement des prises d’eau, la pollution des eaux livrées à la consommation ne cessant d’augmenter au fur et à mesure de l’accroissement du
- 1880 1690 1900 1910 I97ft 1930
- 1.000,000
- I.COO.OOO
- 800,000
- 600,000
- 400.000
- 200.000
- 1790 1800 W0 I a zÔ^Ï&M^Ts^ÔlSSO 1860 1870 1880 Iff90 1900 1910 1920 iï30
- Fig. 3. — Diagramme montrant le développement comparatif de la population de quelques cités américaines.
- territoire bâti et du nombre des habitants, la municipalité, émue par les progrès de l’épidémie typhoïde, se décida à reprendre d’urgence le projet dressé en 1855 par l’ingénieur Chesbrough, dans le but de détourner le se/rage des eaux du lac qui servent à l’alimentation. Tandis que New-York n’avait accusé, de 1870 à 1891, qu’une mortalité moyenne de 3,19 par 10000 habitants du fait de la fièvre typhoïde, Chicago enregistrait une moyenne de 6,90, avec des maxima de 11,26 en 1872, de 10,52 en 1881, et de 16,64 en 1890.
- Canalisation. —La rivière de Chicago, avant qu’on l’eût rendue navigable à travers la ville, n’était qu’un cours d’eau de faible portée, drainant un territoire de 780 kilomètres carrés, se bifurquant au centre de la ville, à 1,5 kilomètre environ du lac, en deux bras dirigés presque parallèlement à 4a rive. Le bras Nord a 48 kilomètres de longueur, et le bras Sud n’a que 8 kilomètres.
- Le bassin intérieur, créé depuis pour la navigation, couvre 164 hectares, avec un développement de 38 kilomètres de quais. C’est dans ce bassin d’eau à peine coulante, et déjà souillée de toutes sortes d’impuretés, que se déversaient journellement
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- 620000 mètres cubes de sewage, équivalant au tiers environ de la contenance totale. Dès 1865,on entreprit de refouler un volume d’eau considérable dans le canal Illinois-Michigan, afin de créer un courant du lac par le canal jusque dans la rivière des Plaines. Ce palliatif améliora provisoirement les conditions du bras Sud, mais, pour le bras Nord, il fallut recourir à d’autres moyens, parmi lesquels fut choisi un tunnel partant directement du lac, dans la direction de l’avenue Fullerton.
- Quoique le tunnel de Fullerton, pourvu d un mécanisme qui permet d’opérer à volonté la chasse des eaux du lac vers la rivière ou inversement, eût été décidé en 187 4, il n’a été achevé et mis en fonction qu’au mois de janvier 1880. D’un diamètre de 3"',56 et d’une longueur de 3 600 mètres, entre le puits du lac et le bras de rivière Nord,'la galerie en briques maçonnées est, partie en tranchée, et partie en souter-
- Fig. L — Chicago. Station de retoulement de l'avenue Fullerton. Plan; coupe; détail de l'hélice.
- rain. Le radier maintenu horizontalement sur 1300 mètres depuis la rivière jusqu'il l’avenue Racine il une profondeur de 4 mètres, s’abaisse par des plans successifs jusqu’à 10m,60 en atteignant le puits du lac, et redevient horizontal sur 300 mètres jusqu’à l’émissaire.
- Le puits (fig. 5) est formé, à la partie supérieure, d'un cylindre de fonte (0m,03) dont le diamètre extérieur a im,53. Six anneaux de 1IU,2- de hauteur, boulonnés et revêtus intérieurement de briques qui réduisent le diamètre à 3,n,66, reposent sur un puits maçonné de môme diamètre. Le sommet du cylindre placé à F",35 au-dessus de la cote de nivellement (dalum), est s urmonté d’une cloche carrée en charpente (10in,26 X 5m,48) dont les orifices, du coté du lac, sont pourvus de vannes qui s’ouvrent seulement quand la cloche est en place, de façon à les protéger contre la violence des vagues. Le puits est d’ailleurs défendu également contre les vagues et les glaces au moyen d’une esta-cade avec pierres perdues jusqu’au niveau de l’eau. Sur cette estacade, un abri en charpente renferme le treuil qui manœuvre la cloche.
- D’autres puits sur la rive du lac, à Larrabee-Street et à Sheflield Avenue, utilisés pendant la construction du tunnel, donnent accès à divers niveaux aux égouts qui devront être reliés plus tard au réseau actuel. Maçonnés jusqu’au ras du sol, ces puits
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- 1432 iiygi ÈNE PUBLIQUE ET AGRICULTURE. — NOVEMBRE 1890.
- sont recouverts de trappes en fer et munis d’échelles également en fer pour les besoins du service (fig. 5).
- Du côté de la rivière, au-dessous du bâtiment des machines (en(fine honse), une chambre en maçonnerie renferme les hélices de refoulement. Le tunnel qui y pénètre, après avoir traversé le sas (gale c/uimber), se divise en deux galeries semi-circulaires, se rejoignant de nouveau à la sortie pour former un tunnel de mêmes dimensions allant jusqu’au quai. Une grille dans le mur de ce quai arrête au passage les matières solides.
- Les deux hélices qui opèrent le refoulement dans le tunnel manœuvrent aux extrémités d’un arbre de I2'n,20 de longueur, logé dans une chambre en tôle dont la forme rappelle celle d’une quille de bateau renversé. Celte chambre est close hermétiquement. Deux machines à condensation et à mouvement réversible, placées avec
- Orcfmary Laite Sur/ace
- Fig. •'). — Chicago. Coupe des puits sur la rive du lac Michigan. Gonduil de l’aveiuic Fullerlon.
- les chaudières à l’étage supérieur, actionnent les hélices composées de quatre ailes dont le diamètre a été réduit ultérieurement de 4 mètres à 2ni,45, et l’inclinaison a été calculée de façon que leur projection corresponde à la demi-surface d’une révolution complète. Trois chaudières tubulaires maintiennent la pression constante à 4,22 kilos par centimètre carré.
- La galerie d’enveloppe de l’arbre moteur est revêtue intérieurement, sur une longueur de 20 mètres, d’une paroi en bois qui se termine en entonnoir aux extrémités où fonctionnent les hélices. Pour faciliter la visite de ces dernières, deux diaphragmes circulaires en tôle de chaudière doublée de laiton ont été placés aux deux bouts, à une distance de 28 mètres l’une de l’autre; ils sont pourvus chacun d’une porte de 3m,6f> de diamètre, avec orifice central de 0"‘,76, et se manœuvrent au moyen de treuils supérieurs, de façon à tenir hermétiquement close la partie asséchée de la galerie dans laquelle se fait la visite. Entin, deux puits adjacents (gage ivells), reliés par un tuyau de O"1,10 avec chaque extrémité de l’arbre moteur, permettent de régler la pression de l’eau sur les hélices (fig. 4).
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- 1433
- Les figures 4 et 5 montrent en coupe les détails du bâtiment des machines et des puits construits sur la jetée et sur la rive du lac.
- Les dépenses totales de l’installation Fullerton, comprenant le collecteur, les machines, les hélices, (de., ont été de 2 900 000 francs.
- L’assainissement du bras Sud de la rivière a été partiellement réalisé, à l’aide de pompes relevant le sr.wage à une hauteur suffisante pour pouvoir le déverser dans le canal Illinois-Michigan par un nouveau canal (new feeder).
- Le bâtiment des pompes (fig. 6) a été placé en travers de l’ancien canal, à 80 mètres à l’ouest d’un petit bras de la rivière Sud. Le canal d’amenée, traversant l’avenue Ashland, a été dragué à 3 mètres au-dessous de la cote générale de nivellement (dalumj, et élargi à I8u,,2a avec des parois verticales en charpente, tandis que le canal émissaire (new feeder) a été creusé à une profondeur de lm,82 avec berges inclinées et perreyées.
- Quatre machines actionnent chacune une paire de pompes centrifuges, installées
- Fig. G. — Chicago. Plan de la station centrale de pompes à Bridgeport ; coupes des canaux d’adduction et d'admission.
- dans des chambres sèches, à un niveau inférieur à celui de la cote générale (fig. 7). Chaque pompe s’alimente séparément et se vide par un tuyau dont le diamètre augmente de t mètre jusqu’à lm,37 à la sortie. Des clapets manœuvrés de la chambre des machines règlent l’orifice. Leur débit a été établi â 250 mètres cubes de sewage par minute, pour une hauteur d’ascension de 2m,43.
- Les machines verticales, du système compound, avec cylindre de 0,n,46 et course sur 0111,86, sont à condensation. L’eau du canal d’amenée arrive par une série de tubes qui peuvent être relevés, nettoyés et réparés isolément sans interrompre la marche. Huit chaudières horizontales de 2 mètres de diamètre et 51U,48 de longueur sont timbrées pour une pression de 5kil,62 par centimètre carré. Les hangars contenant quatre chaudières chacun (boile.r house), sont installés de chaque côté du canal d’amenée, devant le bâtiment transversal des machines (voir la coupe du bâtiment des pompes, fig. 7).
- Pour empêcher la rentrée de l’eau du canal, une écluse (loch) est disposée à peu de distance, à l’est de la jonction du canal émissaire. Les parois de l’écluse sont en coffres de charpente avec pierres perdues. Le sas a 73 mètres de longueur entre les portes et 5U,,80 de largeur; le radier esten longuerines (0m,25 4- 0m,30j, avecplatelage double de
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- HYGIÈNE PUBLIQUE ET AGRICULTURE. ---- NOVEMBRE 1890.
- 0m,05 d’épaisseur. Au delà de l’écluse, des portes déversoirs, de 11111,60 d’ouverture, restent ouvertes quand la rivière est en crue ou quand les machines chôment.
- Le coût de l’installation de Bridgeport a été de I 400 000 francs. Depuis 1893, de nouvelles pompes, d’une capacité de 300 mètres cubes par minute, assurent un (‘puisement du sewage plus considérable, de telle sorte que les travaux de l’avenue Fullerton et de Bridgeport permettent de dériver actuellement 1 700 mètres cubes par minute, de la rivière de Chicago où affluent le se/rage de 400 000 habitants et celui des Union Stock Yards, équivalant à 32 000 mètres cubes par jour (1).
- Ces travaux, quelque considérables qu’ils soient, n’ont pas permis d’assurer la salubrité des eaux de la ville, et la pollution de la rivière augmentant, la Commission des Eaux et de Drainage a remis à jour l’ancien projet d’un canal navigable à grande sec-
- Fig. 7. — \L lucaf/o) Coupe transversale de la station centrale des pompes de Bridgeport.
- tion jusqu'à la rivière des Plaines. Avant de mettre ce projet à exécution, le Conseil de salubrité de l’État d’Illinois a sagement décidé de charger le professeur Long d’examiner les conséquences que pourrait avoir pour la rivière Illinois la décharge par le nouveau canal du sewage quotidien de la cité de Chicago, dilué dans 17 000 mètres cubes d’eau provenant du lac .Michigan.
- Pour cet examen, le professeur Long a recherché quel était le pouvoir épurant naturel des eaux du canal sur le liquide dilué, dans un parcours de 46 kilomètres, entre la station des pompes de Bridgeport et le débouché, à Lockport, du canal dans la rivière des Plaines;2). La vitesse du courant étant suffisante pour empêcher toute précipitation pendant le parcours, et le remous des bateaux ne pouvant de ce chef occasionner aucune erreur, il devenait possible, en prélevant des échantillons à Bridgeport, où les
- (1) Les Union Stock Yards, ou abattoirs cio Chicago, couvrent 140 hectares, dont (30 sont clôturés et sous abri pour loger les animaux. Us sont drainés par 52 kilomètres d’égouts et desservis par 13 kilomètres de chaussées et d’allées, et peuvent accommoder 25000 têtes de gros bétail, 100000 porcs. 25 000 moutons et 1 000 chevaux.
- (2) Bulletin d’octobre 1895, p. 1003.
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- ASSAINISSEMENT DES VILLES ET DES COURS D EAU AUX ÉTATS-UNIS.
- 1435
- pompes élèvent 1400 mètres cubes par inimité, d’une manière continue, en tête du canal, c’est-à-dire un volume quotidien sept lois plus considérable que celui du sewage déversé, et à Lockport, à 46 kilomètres en aval, de déterminer par l’analyse les variations produites.
- Les moyennes des 750 analyses exécutées sur des échantillons recueillis dans les deux stations, de mai à octobre 1888 et de janvier à avril 1889, sont consignées dans le tableau V ci-après.
- Tableau V. — Composition des eaux de rivière en mélange avec le « sewage » dans le canal Illinois-Michigan, avant et après un parcours de 46 kilomètres.
- M A TI CR us solides. Total. | | MATIERES eu j suspension. AZOTIC (les nii rates. CHLORE. j \MMOXIAQt E ! libre. AMMONIAQUE albuminoïde. OXYGÈNE réducteur.
- Mal à octobre 1888.
- Brid report . . 47,12 i 12,92 0 4,08 1,23 0,20 2,31
- Lockport ... 43,12 | 6,98 II 4,61 i J, 08 0,20 1,62
- Janvier à mars 1880.
- Bridueport 37,60 ! 2,72 0 0,29 i 0,89 0,28 2,03
- Lockport 40,86 ; 2,40 0 5,60 0,81 0,25 2,28
- Il résulte de ces moyennes, sans entrer plus avant dans la discussion des analyses hebdomadaires et mensuelles, que le pouvoir d’épuration dû au courant naturel des eaux est très peu sensible; qu’une plus grande dilution semble devoir le favoriser; mais, qu’à Lockport, aussi bien qu’à 50 kilomètres en aval, l’eau du canal est absolument impropre à la consommation.
- Malgré les conclusions de l’étude du chimiste Long, les conservateurs du district de Chicago (Sanitary Trustées) ont fait procéder à l’exécution d’un collecteur pouvant dériver, a raison de 8 500 mètres cubes par minute, le sewage dilué de la grande cité jusqu’à Joliet, dans la rivière des Plaines, tributaire de l’Illinois.
- 3. - ASSAINISSEMENT Dl DISTRICT DE BOSTON
- L’extension des travaux d’édilité qui ont pour objet d’alimenter les villes d’eau pure et abondante et, par cela même, de détourner des eaux d’alimentation, sources, puits et rivières, toutes les matières susceptibles de les souiller et de donner naissance a des maladies endémiques ou épidémiques est un des progrès caractéristiques de ce siecle, surtout à l’honneur des municipalités américaines. Non seulement les villes
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- 1436 HYGIÈNE PUBLIQUE ET AGRICULTURE. --------- NOVEMBRE 1896.
- importantes telles que New-York, Philadelphie, Saint-Louis, Boston, Baltimore, etc., ont développé et doublé même leur canalisation pour détourner le smuage des sources d’alimentation, mais les villes secondaires ont suivi plus ou moins l’exemple donné, et des districts tout entiers ont été soumis au drainage le pins complet.
- Les exemples sont trop nombreux, de distributions d’eau et de canalisations qui excitent l’admiration du visiteur des cités américaines, pour être rapportés et décrits ici. Parmi les plus récents, celui de la capitale de l’État de Massachusetts se distingue entre
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- Fig. 8.— Carte du district de Boston montrant les réseaux métropolitains nord el sud
- des collecteurs.
- tous par la grandeur du plan aussi bien que par l'organisation des travaux, les moyens d’exécution rapide et économique et l’achèvement, en peu d’années, d’un réseau de collecteurs qui assainissent un territoire de 160 kilomètres carrés, comprenant une cinquantaine de villes, dont quinze principales, pour le seul collecteur du nord, comptent plus de 300 000 habitants.
- Il suffit de jeter un coup d’œil sur la carte du district de Boston (fig. 8), montrant le-tracé des grands égouts métropolitains qui drainent les vallées des rivières Myslic et Charles, pour saisir l’importance de l’œuvre confiée, en juin 1889, par le Conseil législatif de l’État, à la commission technique supérieure, composée des ingénieurs
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- ASSAINISSEMENT DES VILLES ET DES COURS d’eAU AUX ÉTATS-UNIS. 1437
- 11. Kingman, F. Ilaynes, IA. Davis et plus tard, 11. Collison, et mise à exécution par l’ingénieur en chef, Howard Carson, de Malden.
- Le principe adopté par la commission comme base de l’assainissement des vallées précitées a été de faire converger toutes les eaux d’égout dans l’Océan, en un point du courant tel que, dérivées en pleine mer, elles ne puissent dans aucune circonstance revenir à la côte. Ce point du courant a été déterminé par l’ingénieur en chef Carson, pour le drainage du nord, un peu à l’ouest de Beacon, à 500 mètres environ de l’île Deer, dans une profondeur d’eau de 15 mètres, où le courant est de plus de 4 kilomètres à l’heure. L’île de Moon avait été préalablement fixée, comme on l’a vu, pour l’établissement du réservoir et l’écoulement en mer du sewago de la ville même de Boston et du territoire au sud de la rivière Charles.
- Métropolitain Nord. — Le point le plus éloigné de l’émissaire choisi à Beacon, situé à
- Fi"\ 9. — CollccLeur métropolitain nord de Boston. Profil du branchement de Melrosc à Everett.
- l’origine du collecteur métropolitain Nord, est distant de 28 kilomètres, sur le chemin de ferde Stoneham à Woburn. C’est un égoutdeOm,38, placéà 14m,H3 au-dessus de la lignede marée basse, qui suit la vallée par East Woburn et High Winchester jusqu’à celle de la rivière Mystic,où il rencontre deux embranchements (0m,38) venant de Woburn, et qui continue le long de la rivière Abbajona, par Winchester, jusqu’àWest Medford. Ici, lecol-lecteur (lm,37), ramené au niveau de 2m,45 au-dessus de la marée basse, reçoit sur la rive droite le setnage de l’embranchement Alewife Brook,qui a drainé les villes au midi de la vallée Mystic : Arlington, Belmont, Cambridge ouest et Somerville ouest, et poursuit son cours à travers Medford Conter et Wellington jusqu’à la rivière Malden, avec un diamètre variant de lm,35 à 1"',52, le radier étant à la cote de la marée basse.
- Le tracé continue dès lors sous la rivière Malden par un siphon à deux branches, et sous la rivière de Chelsea également; le siphon est installé entre les accotements delà route et des ponts de chemin de fer, et arrive à la station des pompes centrifuges, qui sont au nombre de trois, dont les trois machines à vapeur fournissent un travail équivalant à 2 830 litres par seconde élevés à la hauteur de 6m,20. De celte station, le collecteur suit la rue Addison, où le sewage de East Boston, recueillant le drainage des villes au nord de Mystic River, est élevé à son tour par des pompes à vapeur.
- Avant de se diriger sur Everett, passé Wellington, le grand collecteur reçoit encore, sur la rive gauche,les eaux d’un embranchement principal, dit de Melrose, qui draine
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- HYGIÈNE PUBLIQUE ET AGRICULTURE. ----- NOVEMBRE 1890.
- au nord les territoires de Stoneham, Melrose, Eells, Malden et Bell Rock. Le profil de cet embranchement, avec les indications du sol et des propriétés traversées, est représenté dans la figure 9.
- A l’exception du se/t'age de Winthrop, la totalité des eaux est ainsi remontée dans
- Eijr. 10. — Collecteur métropolitain du nord de Boston. Travaux en cours le lonu' de la rivière Clielsoa.
- à la station de East Boston à la hauteur de et conduite par un collecteur ("2"',75)
- dont le radier est à 0m,9- au-dessous de la cote des marées basses, à travers Breeds Island et Winthrop, jusqu’à une autre station de pompes, à 8 kilomètres de distance, dans l’ile Deer, où il est à la cote de ‘2'“,4o au-dessous des marées.
- C’est finalement de la station de l’île Deer que le se/rage, élevé à un niveau variable
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- ASSAINISSEMENT DES VILLES ET DES COURS d’eAU AUX ÉTATS-UNIS.
- 1439
- do 3 à 6 mètres suivant les marées, parcourt 300 mètres dans un collecteur de lm,8!2 de largeur et de diverses hauteurs, puis 610 mètres dans deux conduits enfouis dans la baie, du côté de la barre, lesquels débouchent à 15 mètres de profondeur au delà’et au nord de la passe navigable.
- Les égouts des autres villes, au sud de la rivière Mystic : Charlestown, Cambridge
- Fig. 12. — Collecteur métropolitain nord de Boston. Travaux en cours à Mcdford.
- Est, Somerville Est, et Medford Est ont déversé leurs eaux par l’embranchement de Cambridge à Malden River, où elles ont été remontées par des pompes à 3m,65 de jhau-
- Fig. 13. — Collecteur métropolitain nord de Boston. Coupe longitudinale d’un égout en construction.
- A. déblai; B, maçonnerie; C. remblai.
- leur et conduites par siphon sous la rivière, pour être déversées à Everett dans le grand collecteur du nord.
- Métropolitain Sud. — Quant au métropolitain Sud, assainissant la vallée basse delà rivière Charles, qui dessert les villes Waltham, Bemis, YVatertown, Newton, Faneuil, Brighton, Allston, Brookline, et complète le réseau de Boston déjà décrit, il est construit d’après les mêmes données que le métropolitain Nord et se jette par son émissaire final au delà de l’île de Moon.
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- Les stations de pompes à vapeur désignées sur le plan sont au nombre de cinq, •dont quatre pour le métropolitain Nord, à West Mclford, Somerville, Chelsea et Doer Island, et une à Savin llill, pour le district de Charles River.
- La population des quinze villes principales drainées par le collecteur du Nord a été recensée, en 1890, à 800 854 habitants, et évaluée par la Commission technique, pour
- Fig. 14. — Benne et Irolley Carson.
- 1930, à 571 300 habitants. Sur cette base, le débit de sewage par tête et par jour a été
- calculé à 135 litres, et celui par seconde, à environ 1 mètre cube.
- Le devis des travaux ayant été fixé à. . . ................ 51 796 000 francs.
- si l’on y ajoute celui du réseau Sud de Charles River,.......... .4 182 000 —
- on a, comme dépenses totales pour l’assainissement du district,
- non compris la ville même de Boston..............................25 978 000 francs.
- Sur cette somme, il avait été dépensé fin 1892.................. 13 500 000 —
- Les figures 10, 11 et 12 montrent les travaux en cours le long de la rivière Chelsea, à Malden, et à Medford.
- Plus de 13 000 essais de résistance de matériaux ont été effectués pour la réception des sables, ciments, mortiers, briques et pierres, livrés aux entrepreneurs.
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- Les sections d’égout sur le métropolitain du Nord varient peu, en général. Dans les variantes le plus usitées, le diamètre horizontal est réduit de 6 p. 100 par rapport au diamètre vertical et le radier est elliptique. Dans ces conditions, le périmètre, la sur-
- Fig. IG. — Collecteur métropolitain nord de Ifosloii. Cintrage intérieur pour cuvette on béton.
- face et la vitesse théorique du courant sont à peu près dans la môme relation que pour un cercle d’égal diamètre, mais la variante offre Davantage d’une plus grande stabilité de l’ouvrage, à la condition d’établir soigneusement le radier.
- Tome J. — 95e année. 5e série. — Novembre 1890.
- 94
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- Dans plusieurs cas, pour passer sous des ponceaux ou des égouts que l’on ne pouvait déplacer, le gabarit a été modifié par l’abaissement de la voûte et l’élargissement de la cuvette. Ces sections peu étendues concourent, en arrêtant les sables, à dégager les siphons.
- Les procédés appliqués sur les chant iers, par l'ingénieur en chef Garson, sont repro •
- Fig. 17. — Collecteur métropolitain nord de Boston. Travaux de maçonnerie.
- Fig. 18. — Collecteur métropolitain nord de Boston. Cintrage de surface au bras de Belle-Isle.
- duits dans la coupe longitudinale fictive d’un égout (fig. 13). A représente le déblai ; B, la maçonnerie ; et C, le remblai. Ces diverses opérations sont facilitées par une machine à vapeur, sous cage mobile, qui actionne les bennes de transport des déblais, des matériaux et des remblais. La benne et le trolley Garson sont représentés figure 14.
- Enfin, les diverses phases de la construction même du collecteur, en tranchée et à jour, apparaissent dans la série des figures 15, 16, 17, et 18.
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- Commencés nu mois do mai 1890, poursuivis sur 25 chantiers à la fois, en 1892, les travaux ont été terminés à la fin de 189-4. L’exécution de 150 kilomètres d’égouts principaux et de collecteurs, au milieu des complications que créent le passage de bras de mer, de rivières, de chemins de fer, de routes, de rues, d’égouts, ponts et canaux, de marais, comme à Malden, et de sables mouvants, etc., et le trafic incessant d’une population aussi dense a exigé quatre ans et demi à peine (1 j.
- 4. --- A SS Al N ISSUMENT DK LOS ANGELES
- Pour n’ètre pas aussi considérable que ceile de l'assainissement du territoire de Boston, l’entreprise que Los Angeles vient de mener à bonne fin n'en est pas moins digne d’intérêt, autant sous le rapport d’une exécution rapide, que des lourdes charges imposées à une ville en voie de développement.
- Los Angeles, que l’accroissement extraordinaire de sa population (1 185 habitants en 1880; 50 396 en 1890 ; 70 000 en 1891 a fait classer au second rang des villes de l'Ltat de Californie, est bâtie sur les deux rives d’un cours d’eau torrentiel, d’où elle a tiré son nom, à 32 kilomètres de distance de l’embouchure dans l'océan Pacifique. La portée de ce torrent, dont le lit est de 9 mètres plus élevé en aval de la ville qu'en amont, y rend impossible toute décharge du savage, môme pendant les crues qui s'arrêtent à 6 kilomètres plus bas. L'instabilité du lit est due principalement à l’Arroyo Seco, qui entraîne au centre même de la ville des masses de galets, de gravier, de sable, des montagnes du Nord. De plus, une série de collines, reliées à la chaîne des monts de Santa Monica, traversent de l’est à l’ouest la partie nord de la ville et lui donnent un relief tel que les points extrêmes présentent des différences de niveau de 190 mètres.
- Jusqu’en 1887, la municipalité avait réussi à se débarrasser du savane en le concédant à une compagnie d’irrigation, mais le développement exceptionnel des constructions immobilières à l’intérieur de la ville et au dehors, sur les terrains arrosés, imposa la cessation de tous arrosages et la réfection des collecteurs. La municipalité résolut alors de demander des plans d'assainissement général, comprenant l’utilisation du savage.
- Canalisation. — Un premier projet de l'ingénieur F. Eaton, concluant à une canalisation spéciale pour le savage (2 776 000 francs ; et à un collecteur de 18 kilomètres et demi, le long de la Centinela route jusqu’il l'Océan (2 424 000 francs-, approuvé par l’ingénieur R. llering et par le Conseil municipal, fut rejeté par l'assemblée générale des contribuables.
- Un second projet du même ingénieur, comprenant une canalisation unique et un nouveau tracé de collecteur général par la Balloria route 6 450 000 francs: fut également repoussé. Le Conseil désigna alors, en 1889, une commission technique chargée de l’élaboration d’un projet définitif. Le plan soumis par cette commission impliquait :
- 1° La construction, dans la ville même, de trois collecteurs, sur base d’une population de 200 000 âmes et d’un débit quotidien de 90 000 mètres cubes de sewagv, pouvant atteindre 135 000 mètres cubes au maximum (coût 1 9 45 000 francs) ;
- 2" L’établissement d’un collecteur général suivant trois variantes : Long Beacli 33 ki 1.) ; Ccntine la route ( 28kil,5; ; et Balloria route (21 kil.), dont le coût variait de 361 000 à 539 000 francs.
- (I) Scicntific American, 11 décembre 18112.
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- ) 444
- HYGIÈNE PUBLIQUE ET AGRICULTURE.
- NOVEMBRE 1890.
- L’assemblée pleinière convoquée au mois do mai 1890 vota les fonds nécessair sur un devis préalable de 1 563 630 francs, pour l’exécution immédiate de la première partie, et refusa de voter la seconde.
- Les travaux furent aussitôt commencées suivant les données que résume le tableau VL
- Tableau VI. — Collecteurs et égouts de Los Angeles (nouveau réseau d’assainissement 1892-94).
- LOS AN O K LES. DIMKNX IONS . I.cNGl KUKS. MA TKRIAUX. UKG- l)ia mètres. liRDS. Chambres ou tuyaux, TOUT.
- mètre*. 111 è|ro s métros. métros • francs
- Coller teur central. . 0,91 à 1.20 0 99S Briques cimentées. » » 017 249
- — - 0.38 à ().7li 4 323 Tuyaux poterie. " 211 935
- — — 0.91 1 19 Fonte. - - 25 516
- 1 1 110 911700
- Collecteur de l'ouest . 0,38 à 0.70 0 020 Tuuitu put. émaillée. 1.22 2,71 ;< 3.00 277 259
- Collecteur du midi.. 0,31 1 127 Id. 0,01 53 482
- Arroyo de tos Reyes. 0.3.S à 0,01 5 012 Id. 0,51 218 521
- Égout Mozart. . . . 0, fl) à 0.51 1 337 Id. 0.1.) 45 458
- Arroyo Holleuheok . 0,38 à 0.51 1 827 Id. 0.38 59 212
- 27 819 1 508 035
- La profondeur moyenne étant de 3 à 4 mètres, la vitesse minima du courant a été iixée à O1",685 par seconde, et la plus petite section des nouveaux égouts, à O"1,20. Les regards sont placés à une distance moyenne de 90 mètres les uns des autres, aux changements de pente et d’alignement. Des réservoirs de chasse automatiques de
- 1 300 litres, installés aux points morts, se vident toutes les vingt-quatre heures Achevés en 1894, les grands égouts représentent un développement de 80 kilomètres.
- Grand collrctenr. — Le réseau intérieur une fois prêt, il ne pouvait être plus longtemps sursis à une décision quant au collecteur général.
- L’ingénieur municipal Dockweiler soumit alors un tracé par Hydc Park et Inglewood, qui fut approuvé définitivement, en meme temps que l’emprunt de
- 2 054 000 francs pour l’exécution.
- Le plan et le profil du grand collecteur sont indiqués dans la ligure 19. Il part de la Grande Avenue, au coin de la rue Jefferson, traverse VAgrirullural Park, et l’avenue Vernon, pour se diriger au sud-ouest, par Tlyde Park et Inglewood, jusqu'à la plage de l’Océan, entre les grèves Itedondo et Santa-Monica, distantes entre elles de 19 kilomètres.
- D’une portée de 910 litres par seconde, à la vitesse de 1 mètre, et d’un diamètre qui passe de lm,32, dans la ville, à t,n,02 au dehors, le collecteur se développe sur 20 kilomètres de longueur. Dans tous les ouvrages d’art, il a été réservé la place de deux conduits; un seul a été exécuté jusqu’ici.
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- Inverti-a Siphon-, 38’ittcd Stave Pipi •
- --- b '(Mi/ B/ici & Cpncr. Tunnel * -
- Inverted Siphon, 3â ‘Wocd 5km Pipe
- - 40’ CùiuiarBndf Conduit 60,00.)' 55, (
- 20,000'
- 30,000'
- 40,000'
- 50,000'
- 35,000*
- City
- Los Angeles
- Fig, lit. - Colli'eii'ur gvnécal de Lus Angeles à l'océan Farili<|ne. Frolil longiindin.il el plan.
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- Les travaux ont été adjugés en 10 sections, dont le profil montre l’importance (longueurs et diamètres des conduits; emplacements des 72 ouvrages d’art). La dernière section, n° 10, ne comporte qu'un conduit en fonte de 366 mètres, dont 183 mètres submergés au fond de la mer, sous 6 mètres d’eau.
- Le lancement de cette dernière partie du conduit s’est opéré par glissement. Le tuyau en fonte, armé de joints en caoutchouc (0MI,02) et boulonné, a été placé sur deux lignes parallèles de madriers fortement assujettis [stringers). Sous ces madriers avaient été disposés des rouleaux en bois pouvant tourner sur des semelles (O1",60 x 0m,30), disposées parallèlement sur le sol. Deux cabestans mus à la vapeur ont fait mameuvrer le conduit ainsi amarré sur le plan incliné que forme la plage, jusqu’à la profondeur voulue (lig. 20).
- Dans la section 3, le siphon (0111,96), qui s’étend sur 3,8 kilomètres jusqu’à Hyde
- Fig. iO. — Extrémité du collcctrur de Los Anuries ;ivant le lancement en mer.
- Park, a été construit en douves de seguoia [hindi henrl : dont les segments mécaniquement dressés, avec faces de joint suivant les rayons, portent tenon et mortaise pour l’emboitement. Des cercles en tiges d’acier (0"',016) d’une résistance éprouvée, placés à 0111,30 d’intervalle, sont serrés par une bride en fonte. Toutes les ferrures ont été plongées dans un bain chaud d’asphalte épurée. La ligure 21 donne les détails d’une douve et de la bride de serrage des cercles.
- Les tunnels des sections 1 A et 3 A ;2 737 mètres) n’ont donné lieu à d’autres difficultés que celles des infiltrations de sable extrêmement fin, nécessitant des calfatages en paille. Leur revêtement intérieur est en briques soumises aux essais, avec béton. La section étant ovoïde (fig. 22), la largeur est de 1 "‘,37 et la hauteur de 1"’,83. Le radier demi-circulaire est en béton de O"1,20 d’épaisseur. Les deux tunnels, ensemble 656 mètres, de la section 9, ont été traités de môme.
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- Tous les essais de ciment et de mortiers employés pour la maçonnerie et les revêtements ont été faits d’après les règles fixées par la Société des Ingénieurs américains. Les chambres dos regards à branchements (Inférais), destinés à fournir de l’eau
- Fiir. 21. — Collecloni' de Los An<jele$. Douve siphon et bride de serrage.
- Fig. 22. — Collecteur île Lna Anf/el^ Coupe transversale d'un tunnel.
- aux canaux d’irrigation sur le parcours, sont au nombre de trois, désignés dans le profil.
- L’exécution des travaux livrés le 9 mars 1N91 a duré 15 mois. Les dépenses ont
- été les suivantes :
- Iran es.
- Montant des adjudications............................................... 1 •'>80 795
- Frais judiciaires et droits de passage..................................... '.15 980
- Ciment...................................................................... 207 483
- Essais de résistance des mai '“riaux......................................... U1 00U
- Direction et surveillance................................................... 148 720
- Dommages, frais divers....................................................... 75 920
- Tmal............ 1927 000
- II. — Les Eaux d’égout.
- I. --- DÉPIT
- Le volume de seivage dont une ville doit assurer l’écoulement par les égouts est en relation directe, quand le temps est sec, avec le débit fourni par la consommation d’eau. Les variations qu’il subit dépendent soit de l’infiltration des eaux souterraines et superficielles, soit des pertes occasionnées parles fuites dans la canalisation.
- Les eaux d’infiltration, même lorsque les égouts diviseurs sont spécialement réservés au seivage, contribuent dans beaucoup de localités à l’augmentation du volume de savage. A Boston, l’ingénieur en chef municipal évaluait cette infiltration à 2b)0 litres par tète et par jour, en raison du mauvais état des anciens égouts de la ville. A East Orange (New-Jersey), il a été reconnu qu’elle atteignait 50 pour 100 du volume total débité journellement par le collecteur. Les égouts placés à une profondeur de 0 mètres, c’est-à-dire à un niveau plus bas que celui de la couche aquifère, drainent non seulement les eaux souterraines, mais s'engorgent fréquemment par le sable (jui traverse les joints des tuyaux en poterie.
- Que les égouts soient mal construits ou obligatoirement placés dans des terrains trop perméables, le système d’égouts diviseurs a ses avantages et ses inconvénients. Tant qu’il s’est agi de rejeter directement dans le cours d’eau le plus proche le seivage de la population et les eaux pluviales, une seule canalisation a pu suffire; mais dès qu’il a été prescrit de traiter le seivage pour le rendre inoffensif avant l’écoulement à la rivière, les difficultés se sont aggravées, d’autant plus que les eaux pluviales modifient
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- 1448 HYGIÈNE PUBLIQUE ET AGRICULTURE. --------- NOVEMBRE 1896.
- irrégulièrement le volume et la composition du liquide soumis au traitement. Si le problème consistant à purifier un volume déterminé de servage, soit 100 000 mètres cubes, de composition à peu près homogène, est relativement simple, il n’en est pas de même lorsque le volume varie de 100 000 à un million de mètres cubes et que le liquide offre une composition sans cesse variable. Aussi, la plupart des villes américaines ont-elles reconnu la nécesité, dès que le traitement du servageXem était imposé, de le canaliser séparément.
- Suivant l’ingénieur Eliot Clarke, les égouts diviseurs à servage coûtent de 20000 à 20 000 francs par kilomètre, soit 60 p. 100 moins cher que les égouts recueillant en plus les eaux pluviales et souterraines; cela n’excède pas les ressources dont disposent les communes qui reculent devant la construction d’égouts à grande section. Au cas où les deux canalisations doivent être établies, le coût total représente une dépense de deux cinquièmes plus forte que pour une seule, mais il est rare que la canalisation pour les eaux pluviales et souterraines soit aussi développée que celle pour le servage, car elle peut être tracée presque toujours suivant la direction la plus courte vers le cours d’eau. D’ailleurs, si les eaux pluviales au début de la chute sont chargées des détritus des chaussées, elles ne sont pas aussi nuisibles dans les cours d’eau que colles des égouts, et, de toutes manières, elles sont accidentelles. Quoi qu’il en soit, l’obligation de traiter le servage impose comme mesure hygiénique de le recueillir à part (1).
- La question a été débattue de savoir, au cas on les petites villes n’ont qu’une seule canalisation, si elles devaient admettre 40 ou 50 p. 100 des eaux pluviales dans le servage, suivant qu’elles sont situées sous les climats du nord ou du midi, c’est-à-dire, que les hivers y sont plus ou moins rigoureux et les neiges plus ou moins abondantes. Qu’il s’agisse par exemple, d’une ville couvrant 2 000 hectares, et recevant une chute d’eau, en 24 heures, de 0"\05, le volume qu'elle aurait à recueillir équivaudrait à 400 ou à 500 mètres cubes suivant le climat; mais, pour de plus grandes villes, en tenant compte do la chute d’eau moyenne et de la durée des pluies, il est difficile d’admettre qu’elles emmagasinent plus de 5 à 10 p. 100 de la pluie tombée en 24 heures, c’est-à-dire, plus du volume tombé dans les premières heures.
- Iiochesler. — Selon les jours de la semaine et les heures de la journée, le volume du servage est très variable. Les relevés du service de la ville de Rochester, qui possède une double distribution d’eau, indiquent que, pour une consommation totale de 203 litres par tète et par jour, pendant l’été, la réduction est de 46 litres le dimanche, et correspond à la consommation des usines qui chôment ce jour-là. Les mêmes relevés montrent, quant aux variations dues aux heures, que le débit minimum, 305 000 litres par heure, observé entre 1 heure et 2 heures de la nuit, du dimanche au lundi, correspond, pour 24 heures, au volume total de 7 320 000 litres; tandis que le débit maximum, 1 774000 litres, constaté le samedi, entre 9 h. et 10 heures du malin, correspond à un volume total, par 24 heures, de 42 500 000 litres.
- De nombreux jaugeages exécutés pendant plusieurs jours consécutifs, de 1884 a 1892, sur les égouts de la ville Providence (Rhode Island), de l’hospice des aliénés à Weston (Virginie ouest), de la ville Kalamazoo (Michigan), de Schenectady (New-York), de Toronto (Ontario), etc., donnent lieu à des observations non moins singulières.
- fl) Ei.tôt Clark K The se par de System <>/’ seiraye, 1880.
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- ASSAINISSEMENT DES VILLES ET DES COURS I)’eAU AUX ÉTATS-UNIS. 1449
- A Kalamazoo, le débit minimum, 1 017 litres par minute, est constaté le lundi, à 0 heures du matin ; et le maximum, le lundi, à 4heures de l’après-midi, soit 1 304 litres.
- A Schenectady, le débit maximum quotidien s’observe à 10 heures du matin; il équivaut à 4 p. 100 du volume total de la journée, et le débit minimum, à 3 heures du matin, soit 3,52 p. 100 du volume total.
- Atlantic City. — A Atlantic City (New Jersey), dont la population sédentaire pendant l’hiver est de 15 000 âmes, et, pendant l’été, de 100 000 environ, le service municipal a publié le relevé des volumes d’eau distribuée et de sewage élevé par les pompes, jour par jour, et mois par mois, pendant l’année 1891 à 1892, en même temps que le graphique a été dressé, sur lequel sont notés les jours de pluie et les températures, maxima et minima, en regard des courbes de débit.
- Le sewage de Atlantic City est recueilli par un réseau spécial d’égouts. A ce point de vue, le travail statistique de la municipalité montre que si l’excédent moyen du volume d’eau consommée, relativement au volume du savage, est de 45 p. 100 dans l'année, il descend à 11 p. 100 en juillet, et remonte à 75 p. 100 en septembre.
- Le volume quotidien maximum de savage élevé par les pompes, soit 16 620 mètres cubes, a été constaté le 5 juillet, en pleine saison de baigneurs; et le minimum, 5 530 mètres cubes, le 2 avril. Chaque pluie est suivie d’une augmentation de débit du sewage, de façon que les maxima correspondent aux jours pluvieux; sauf toutefois pendant trois moisdel’année,où les débits minimase rapportent aussi à des jours de pluie.
- Des Moines. — Depuis 1892, de nouveaux jaugeages ont été opérés, notamment à Omaha, par l’ingénieur Grover; au collège agricole de Iowa par M. Miller; et récemment, parles ingénieurs Moore et Thomas, sur les collecteurs des deux berges de la rivière des Moines, qui traverse la ville de ce nom, avant de recevoir les eaux du Racoon.
- Ces derniers n’ont voulu procéder à leurs essais, du 30 juin au 16 juillet 1895 (1), qu’après une enquête complète sur le chiffre effectif de la population desservie par les égouts et par la distribution d’eau, et aussi sur le développement et la nature des égouts; en cela, leur travail donne lieu à des conclusions plus pratiques. L’état de la canalisation, qui intéresse sous le rapport de la répartition des égouts dans les villes américaines moyennes, comportait, en 1895, un réseau de 90 635 mètres d’égouts distribués comme l’indique le tableau suivant:
- Tableau VII. — Longueur des égouts des réseaux ouest et est de la ville des Moines (Iowa).
- VI LL !•: des MOINES ( I O W A ) . E N BRIQUES. ÉGOUTS. E N T U Y A U X do poterie. NON SPÉCIFIÉS. TOTAUX.
- mètres. mètres- mètres. mètres.
- Réseau de l’Ouest. . . . 14 735 16 500 9 300 70 535
- Réseau de l’Est,, lro sec-
- lion 1 500 5 100 2 100 8 700
- Réseau de l’Est, 2e sec-
- t LO II 1 500 7 500 2 100 11 100
- 17 735 5!) 100 13 800 90 635
- (1) Engineering News. 27 février 1896.
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- HYGIÈNE PUBLIQUE ET A GUI CULTURE. NOVEMBRE 1890.
- À co réseau, correspondait une population totale de 50 110 habitants; mais plus de 17 000 d’entre eux, dont moitié à peu près sur chaque rive du fleuve, n’étaient pas desservis par les égouts; le nombre se limitait en conséquence à 19 100 sur la rive ouest, dont le collecteur a été jaugé, et à 8 100 sur la rive Est, pour le collecteur de la première section, qui seul a été jaugé.
- L'eau de la rivière des Moines, filtrée dans des bassins qui s’étendenl jusqu’au con-lluent de la rivière Racoon, est distribuée par des pompes et sous pression, à l’aide d’un réseau de conduits dont la longueur totale est de 128 kilomètres.
- D’aprèsdes diagrammes fournis par la Compagnie des Eaux delà Ville, le débit fourni par les pompes, du 4 au 10 juillet, avait été le suivant :
- .Juillet 1805.
- 1 jeudi. . .
- vendredi . (i samedi. .
- 7 dimanche.
- 8 lundi. . .
- 9 mardi . .
- 10 mercredi.
- 11 jeudi. . .
- 12 vendredi .
- 13 samedi. .
- 14 dimanche.
- litres •
- 8230 SCO 10 588.700 12375000 8 ! 10 500 10710000 10071000 12123000 12627000 13224000 13 923 000 10 255 000
- Le débit moyen de 11250 mètres cubes d’eau, de même que celui du sewage, ne
- Fig. 23. — Collecteur de la rive ouest à Des Moines; appareil de jaugeage en fonction.
- correspond pas à la population totale, car 13 200 habitants ne sont pas desservis par les conduites de la Compagnie, mais seulement à 43 400 habitants; ce qui représente
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- ASSAINISSEMENT DES VILLES ET DES COURS d'eAU AUX ÉTATS-UNIS.
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- une consommation de 293 litres environ par tête et par jour. Gomme le service se fait au compteur, il y a peu de gaspillage. Des 10 monte-charges hydrauliques, 15 sont sur a rive ouest et 3 sur la rive est.
- L’appareil mis en expérience pour le jaugeage des collecteurs Ouest et Est première section, est le même que celui employé par l’ingénieur Bazin; les calculs ont été faits d’après ses formules. La figure 23 montre en place le sas de 5'“,80 de longueur, avec tôle fixe et planchette mobile, muni d’un enregistreur automatique dont le cylindre opère une révolution complète en 12 heures.
- Les jaugeages sont résumés dans le tableau VIII. Les débits minima, moyens et maxima, sont comparés avec ceux observés précédemment dans d’autres localités, en regard des populations desservies.
- Tableau VIII. — Débits comparés de « sewage » dans diverses villes
- (saison d’été).
- EGOUTS ET LOCALITÉS. ]) A T E S des JAUGEAGES. PO 1>U I. A TI O N DE1UT DU • S U W E N LITRES AGE
- Totale. Desservie. Minimum. Moyenne. Maximum.
- Complon avenue, Suint-Louis. 1880 8 200 205 'tii-i 680
- College Street. BurUngton (Ver-
- mont) 1880 )) 525 205 522 636
- Huron Street,MilirauTee (AVisc.) 1880 1 030 3 171 » » 513
- Memphis (Tennessee) 1881 3 500 20 000 277 » 636
- 13 égouts, Providence (Kliode
- Island) 1 881 > 33 825 35 1 »
- 16 égouts, Toronto (Canada). . 1801 108 081 305 -
- Hospicede Westoa (Virginie0.) 1801 » 1 000 182 113 686
- Collège de Ion-a 1801 > 280 ’»> 115 3,50
- Des Moines, réseau Est (Lova). 18o:i 13 100 3 100 1 00 336 ()4-i
- Des Moines, réseau Ouest (Iowa). 1805 26 000 10 100 105 300 795
- Sur la rive Ouest, à Des Moines, le centre des affaires et de l’industrie locale, le débit du sewage augmente très notablement pendant les heures de travail, et diminue, pour atteindre le minimum dans la nuit. Les monte-charges et les moteurs hydrauliques contribuent pendant quelques heures seulement de la journée à l’augmentation.
- Sur la rive Est, le débit s’élève rapidement à partir de o heures du matin jusque vers midi, puis décroît jusqu’à 5 heures après midi, et le minimum est atteint vers 3 heures de la nuit.
- Les journées de dimanche, pendant les essais, ont coïncidé avec la pluie.
- Le plus souvent, la courbe de la consommation d’eau, qui recouvre les courbes du sewage des deux rives, suit les mêmes variations ascendantes et descendantes, mais avec le délai horaire qu’exige le service (diagramme, fig. 24). Autant qu’il est permis de conclure d’expériences ayant duré une quinzaine de jours, dans la saison d’été, les auteurs estiment que, dans les villes américaines à population moyenne de l’Ouest»
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- pourvues d’une distribution d’eau avec compteurs, il y a lieu de chiffrer sur un débit de servage de 675 à 785 litres par tête et par jour, pour les égouts entraînant les eaux de pluie, et de 295 à 450 litres pour ceux réservés exclusivement au servage, en temps sec (dry weather flow).
- Sous le rapport de la température, ce sont les essais de Atlantic City qui, seuls, permettent d’établir que le débit maximum annuel au mois de janvier, coïncide avec
- July i. July 2. July 3. July 4. July 5. July 6. July 7. July Ô. July 9. July 10. July II. July \Z July 13, July 14- July IK
- Mon lues Wed Thur Fri. bat bun Mon Tues WW Thur Fri. Sat 5un Mon.
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- 2,500,000.
- 2,000,000
- 1,500,000
- ,000,000
- 500,000
- ... —X— Consommation d'eau (population desservie, 33 700).
- ' -o- Débit total do sewage (population. 27.500).
- —n — Débit du collecteur rive Ouest (population, 19 400).
- Débit du collecteur rive Est (population, 8100).
- Fig-, 24. — Diagramme du débit des pompes de service des eaux et du débit de sewage des deux collecteurs, à Des Moines Iowa): : le débit est exprimé en pieds cubes (O”3,028).
- une journée très froide, et que les basses températures, en général, par suite de l’excès d’eau maintenue en charge afin d’éviter la congélation des conduites, causent un accroissement de débit du sewage. Pendant les vingt premiers jours du mois de janvier 1893, à Atlantic Cily,la température ambianteayant varié entre 7 degrés et 12degrés centigrades sous zéro, le débit moyen mensuel du sewage a été le plus considérable de l’année, soit 10200 mètres cubes.
- 2. -- COMPOSITION CHIMIQUE
- Le sewage des villes américaines, où la consommation d’eau par habitant varie entre 275 et 450 litres, se distingue de celui des villes européennes dont la consommation par tête est comprise entre 130 et 225 litres, par son état de dilution beaucoup plus grande. L’ingénieur Mills estime que, sur 1 000 parties, le servage américain renferme 998 d’eau, 1 de matières minérales, le plus souvent inertes, et 1 de matières organiques dont la présence est nocive.
- La moyenne des analyses du serrage de la ville de Lawrence, exécutées à la station expérimentale pendant quatre années consécutives (1888-1891), représenterait assez
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- ASSAINISSEMENT DES VILLES ET DES COCUS d’iîAU AUX ÉTATS-UNIS. 1433
- exactement la composition du savage du plus grand nombre des villes à régime normal. Cette composition, en 100 millièmes, est la suivante :
- Ammoniaque libre..................* 1,8561
- Ammoniaque à l’état albuminoïde. . . . 0,6641
- Chlore..............................0,13
- Oxygène.............................3,44
- Nombre de bactéries par cent, cube, . . SOI 000
- Le tableau IX résume les données analytiques de plusieurs autres eaux d’égout qui s’écartent plus ou moins de celles figurant dans la composition du sewage de la ville de Lawrence.
- Comparée à celles des villes anglaises (1), dont le tableau X reproduit les données, la composition moyenne du .virage des villes américaines indique en effet une concentration bien moins forte. Quoique les méthodes d’analyse suivies par la Commission d’enquête, en Angleterre, diffèrent de celles suivies aux Etats-Unis, il est facile de constater que l’azote organique est, le plus souvent, en quantité double de l’ammoniaque à l'état albuminoïde, déterminée par les chimistes américains.
- Tableau IX. — Composition des eaux d’égout de villes diverses
- aux États-Unis.
- cincAco STOCK YARDS (111 in. ; SOUTH FRAMINGHAM (Mass.) 1> U L L M A N e i T y (Mass. W ORC (m a s s a C I tour. ESTE R IDSH T T s). N ait.
- :o (-) (•b (U («)
- Matières solides » » » 36,43 35,00
- — solubles ” 28.40 24,95
- Résidu par évaporation . . . . » 28,30 » » »
- Ammoniaque libre 4,26 1.789 2,300 0,465 0.527
- albuminoïde .... 0,6 i 0,375 0.320 0,141 0,166
- — totale » 2,164 » )) »
- Nitrates 0,008 - traces traces
- Nitrites » )) » » »
- Azote des nitrates ” 0,008 *’ »
- Chlore 4,07 1,98 3,48 3.13
- Protoxyde de fer » » )) 2,96 2,57
- Oxvgène 20,80 '> »
- : 1) Analyse du professeur J. H. Long, 1880.
- (2) Analyse publiée par l’ingénieur en chef du conseil de salubrité de l’Etat Massachusetts, Fr. Stearn.
- (3) Analyse du laboratoire du conseil de salubrité de Massachusetts, 1887.
- (4) et (5) Analyses du professeur Kinnicut, du Worcester Free hisiitute.
- (1) Rivers Pollution Commission appointed in 1868. — Voir egalement le tableau indiquant la composition moyenne du sewage de 32 villes anglaises. (A. Ronna, Egouts et irrigations, 1874, p, 93.)
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- NOVEMBRE 1896.
- Tableau X. — Composition moyenne du « sewage » des villes anglaises
- (en cent, millièmes).
- M A 'J' I È R K S
- AZOTE
- Villes avec fusses d’rti-
- 1.975
- 7.728
- 10,66
- III. — Traitement des Eaux d’égout.
- Les procédés de traitement du sewage, usités aux Etats-Unis, sont les mêmes que ceux pratiqués de longue date, avec plus ou moins de succès, en Europe, à savoir : l’épandage sur le sol ou l’irrigation; le filtrage intermittent dans des bassins ou sur le sol; l’épuration chimique et la décantation; et, finalement, la combinaison de deux de ces procédés, comme systèmes mixtes.
- Les ingénieurs américains, se plaçant exclusivement au point de vue sanitaire, considèrent que la décharge du servage dans les vastes réservoirs naturels; la mer, les lacs profonds, les fleuves à grande portée, constitue le moyen d’assainissement le plus économique et le plus hygiénique, en recourant au tout-à-l’égout, tant que les eaux qui reçoivent le sewage ne servent pas à l'alimentation publique, et que le servage lui-même y est noyé dans trente et cinquante fois son volume d'eau naturelle.
- L’irrigation est regardée par eux comme une méthode efficace d’épuration, quoique le prix relativement élevé des terrains et de la main-d’œuvre doive limiter son application. Il se peut cependant que la facilité d’ensiler de grosses récoltes de fourrage arrosé, dans les fermes à servage, en favorisant l’industrie laitière, développe l’irrigation dans les districts peuplés du centre et de l’est; tandis que la rareté de l’eau assure à cette application du servage un rôle dominant dans la région aride de l’ouest.
- Sous le rapport pratique, l’irrigation offre le précieux avantage de bénéfices résultant de la vente des récoltes et venant en diminution des frais de l’application. Le désavantage sérieux, d’autre part, consiste dans l'obligation d’utiliser le sevrage en toute saison et pendant toute l’année, que la culture ait besoin ou non d’arrosage. Sur une grande étendue de pays, la basse température de l’hiver s’oppose à une généralisation de cette méthode comme système exclusif d’épuration.
- Le traitement chimique épure le servage au point de permettre son écoulement provisoirement dans les cours d’eau, mais rien ne justifie la confiance dans l’innocuité des liquides ainsi épurés, ni de la consommation de l’eau avec laquelle ils sont mélangés.
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- Toutes choses égales d’ailleurs, le prix de revient de l'épuration chimique est plus élevé que celui de l’irrigation ; aussi ne s’applique-t-elle en Amérique que dans des localités où l’épandage sur le sol n’est pas praticable.
- Si l’on tient compte de tous les éléments du problème à résoudre, le filtrage intermittent est le mode le plus pratique de purification du sewage; car le liquide, s’il est filtré suivant les règles prescrites par l’expérience, peut être déversé sans danger dans les cours d’eau utilisés pour la consommation, et comme le filtrage n’exige que des surfaces de terrain relativement réduites, il s’adapte dans la plupart des cas aux circonstances locales des villes, lors même qu'elles sont exposées à des hivers rigoureux (1).
- Ces conclusions diffèrent légèrement de colles du Dr Frankland (2) formulées vingt ans plus tôt, comme il suit :
- « Si l’on n’a égard qu’à la pureté du liquide après traitement, on éprouve quelque difficulté à choisir entre le filtrage intermittent per descension et l’irrigation; mais si l’on tient compte du point de vue financier et de l’intérêt agricole, il y a des raisons évidentes pour préférer l’irrigation, sauf dans certaines circonstances exceptionnelles. Le filtrage intermittent constitue un mode onéreux, sans possibilité d’aucun rendement; tandis que l’irrigation, bien qu’elle exige au début une plus grosse dépense de capital, offre une perspective de rendement pour l’avenir. »
- 1. ---- FILTRA»;]-; INTERMITTENT
- Expériences de la station de Lawrence. — Les essais du D1 2 3 4 Frankland sur le pouvoir filtrant de diverses matières, telles que le sable et la craie, le gravier, etc., les sols naturels, et l’application à Merthyr Tydvil (pays de Galles) du procédé de filtrage naturel sur le sol (3) avaient démontré pratiquement les avantages d’une méthode qui permet, aussi bien que l’irrigation, d’éliminer des matières solubles, représentées par le carbone et l’azote organique, deux fois plus de principes que les procédés de filtrage per ascension et de précipitation à l’aide de réactifs divers. Toutefois, pour expliquer l’action non seulement mécanique et chimique, mais surtout biologique, des filtres intermittents, de nouvelles expériences étaient indispensables. Ces expériences ont été instituées en grand, par ordre du Conseil de salubrité de l’État de Massachusetts, à la station expérimentale de Lawrence, et continuées pendant quatre années, de 1889 à 1893, de façon à fournir des résultats définitifs pour la pratique de la méthode. Les rapports annuels du Conseil de salubrité ont fait connaître,avec tous les détails nécessaires, les travaux de la station (4).
- a. — Essais de nitrification.
- La nitrification jouant un rôle prépondérant dans tous les sols destinés à purifier les liquides animalisés, c’est par son étude qu’ont débuté les chimistes de Lawrence, en examinant d’abord les eaux naturelles, puis les eaux d’égout, pour déterminer les conditions les plus favorables à la formation des nitrates et des nitrites. Parmi ces
- (1) Rafter and Baker, toc. cil.; Conclusions lo Cari I, p. 349.
- (2) Rivers Pollution Commission, First Report, London, 1870, p. 93.
- (3) A. Ronna, Egouts et irrigations, toc., cit, p. 273.
- (4) 20lh, 21st 22'*'1 and 23r,] Annual Report of the Massachusetts State Board of Health, 4889-92.
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- conditions, la présence de l’oxygène, de l’humidité, d’une base alcaline, et d’une certaine température a été reconnue comme spécialement favorable à la nitrification dans les filtres; mais les plus essentielles sont l’oxygène et le temps. En effet, toute épuration imparfaite, après une certaine période d’activité du filtre, n’est attribuable qu’au défaut d’oxygène dans les pores de la matière filtrante ou bien, à la trop grande rapidité du passage du liquide qui s’oppose à son oxydation. La température exerce une influence secondaire, quoique la nitrification se montre plus active entre 15 et 20 degrés centigrades, car les organismes finissent par se développer peu de temps après la mise en marche du filtre, que la température soit plus basse, ou plus élevée (1).
- Eaux naturelles. — Sur <S() échantillons choisis parmi les 240 envoyés mensuellement de tous les points du Massachusetts au laboratoire et analysés pendant les mois de juin à septembre 1888, MM. Jordan et Richards ont poursuivi les essais de culture des bactéries qui opèrent la nitrification, c’est-à-dire, l’oxydation de l’ammoniaque pour la transformer en acide nitrique. Ces essais, complétant ceux antérieurement institués par Adamclz, Frank et Herceus, renouvelés par Percy et Grâce Frankland, par Warington et Winogradsky, ont démontré la présence du ferment nitrique dans toutes les eaux naturelles du Massachusetts qui renferment la proportion normale d’ammoniaque libre à l’état albuminoïde (2).
- Le ferment organique s’y trouve en assez grande abondance pour oxyder les faibles quantités d’azote contenues. Dans les eaux renfermant une dose plus importante d’ammoniaque albuminoïde, résultant des infusoires, des algues, etc., le phénomène se passe comme dans celles à ammoniaque libre, mais plus lentement. Les organismes mettent seulement plus de temps à périr; les bactéries dégagent finalement leur azote à l’état d’ammoniaque libre qui se transforme en nitrites et en nitrates.
- Il n’a pas été possible toutefois de discerner par la culture isolée une catégorie d’organismes communs à toutes les eaux, le pouvoir de nitrification appartenant à nombre d’espèces et échappant à une classification.
- Certains faits observés dans les essais de filtrage à Lawrence viennent à l’appui de cette importante conclusion : à savoir, qu’une nitrification rapide coïncide toujours avec une réduction du nombre des bactéries, et que les liquides filtrés, quoique dosant une forte quantité de nitrates, renferment d’autant moins de bactéries que la nitrification est plus complète.
- De même, dans une solution ammoniacale fertilisée par différentes espèces de bactéries, la nitrification ne commence, après un délai de 10 à 14 jours, que lorsque le nombre de bactéries se met à diminuer. Ainsi, dans l’eau du lac Cochituate, renfermant 3 762 000 bactéries par centimètre cube, la nitrification ne s’est opérée qu’après dix jours, le nombre des bactéries s’étant réduit à 19 200, et lorsque la nitrification était au maximum à 9 45 4.
- Dans leurs essais sur l’isolement des ferments parla méthode de dilution, MM. Jordan et Richards ont pu séparer dans une solution ammoniacale définie des bacilles particuliers en masses de zooglées, dont l’examen microscopique a permis de reconnaître la ressemblance avec les zooglées rejetées en abondance par les filtres à sewage de Lawrence. Sans qu’ils aient pu découvrir dans ces bacilles ceux décrits par les
- (1) Ma/.kn, Filtration o/’setraye : 23"' Annual Report.
- (2) Edwin Jordan and Eu.f.n Richards, investigations upon nitrification and the nilrifying operalam. Spécial Report, part II,
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- chimistes Percy et Grâce Frankland ( I ) et par Winogradsky (2), ni coniirmer les vues de ce dernier sur la fonction du ferment destiné à régler la circulation du carbone (3), les savants américains ont été conduits à conclure que des quantités infiniment petites de carbone et d’azote organiques, présents dans les eaux naturelles et échappant à l’analyse, suffisent pour alimenter des colonies de bactéries, sans qu’il soit nécessaire de décéler un organisme particulier se produisant sans chlorophylle, en l’absence de carbone et d’azote organiques, et se développant sur des composés absolument inorganiques.
- Eaux d'égout. — Sous le rapport du scwagc, les essais de Lawrence ont permis de constater, d’une manière générale, non seulement que, dans les premières semaines du fonctionnement des filtres, le sewage filtré renferme beaucoup moins d’azote que le sewage naturel; mais que la nitrification est plus active au printemps et au commencement de l’été que dans toute autre saison, ce que prouve l’excès d’azote dans le sewage filtré, provenant de l’oxydation de la matière retenue par les filtres. Au bout de quatre années de service, la quantité d’azote emmagasinée dans les filtres n’a pas été inférieure à 15 p. 100de la quantité totale.
- 1. D’autres essais ont porté sur des liquides différents du sewage, tels que ceux renfermant des doses d’azote à l’état d’albumine d’œufet de sang. Les indications fournies par ces essais, dont les résultats définitifs sont restés incertains, prouveraient que 90 p. 100 environ de l’azote total se retrouvent dans les nitrates des liquides filtrés.
- 2. Dans du sewage contenant des bactéries autres que celles du sewage ordinaire, telles que le BaciUus prodigiosus, introduit en bouillon de culture avec plusieurs cuillerées de germes (1 ou 2 litres pour les grands bassins et 0ut,30 pour les petits), et soumis au filtrage, on n’a retrouvé qu’un nombre extrêmement faible de germes, après passage sur le gros sable. Un des bassins étant muni de tubes à niveau, avec robinets à diverses hauteurs, on a pu y suivre, après stérilisation, le progrès de la destruction des bactéries dans le sable fin selon la profondeur de la couche filtrante, de façon à constater au bout de trois jours leur disparition complète (3).
- 3. Il résulte des nombreuses expériences renouvelées sous toutes les formes, avec ou sans peptone, que si, au début, il y a eu surcroît de matière alimentaire, ou surcroît de bactéries dans le liquide filtré, l’oxydation se poursuit et s’achève, la peptone étant détruite par les micro-organismes.
- 4. Dans un des filtres soumis, pendant un an, au régime de 273 mètres cubes de sewage par jour, on remplaça le sewage par une dissolution de chlorhydrate d’ammoniaque, titrant 1 cent millième d’ammoniaque et renfermant assez de carbonate de soude pour neutraliser exactement le chlore et l’acide nitrique. La nitrification fut complète, bien que le titre fut porté progressivement jusqu’à 34 cent millièmes d’ammoniaque. Au delà de ce titre, le liquide filtré révéla la présence de l’ammoniaque et de nitrites.
- Ainsi, avec un excès d’alcali, la nitrification se poursuit; mais à son défaut, elle est incomplète; il se forme une masse de nitrites en présence de l’ammoniaque, dans le liquide filtré.
- 5. Sur un des filtres à gros gravier, soumis au régime de 90 mètres cubes de sewage
- (1) The Chemical Neivs, vol. 61, 1890.
- (2) Annales de l’Institut Pasteur, t. IV, 1890.
- (3) Pkof. W. Sedgwick. Mass. Spécial Report, part II, 1890.
- Tome. I — 93e année. 3e série. — Novembre 1896. 93
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- par jour et assurant une nitrification complète, on ajouta, après avoir soigneusement lavé le filtre, 22,5 cent millièmes d’acide sulfurique au savage.Cette addition eut pour effet d’augmenter l'ammoniaque libre, de faire varier la teneur de l’ammoniaque à l’état albuminoïde et d’augmenter celle des nitrates dans le liquide filtré. La nitrification ne cessa pas de s’opérer pendant quatre mois consécutifs.
- 6. L’addition du salpêtre au seivaye provoque notablement la nitrification, tandis que celle du sel marin l’arrête, à moins que le volume initial soit progressivement et régulièrement augmenté. C’est la seule condition pour pouvoir filtrer sur du sable un sewage renfermant une forte proportion de sel. Quant au sucre à l’état de dissolu-tionajoutée au savage, la nitrification diminue au début du filtrage, sans augmentation d’ammoniaque, mais quand le filtre s’est approprié à la nitrification du sucre, les nitrates se forment aussi abondamment que s’il n’y avait pas de sucre.
- 7. Des essais sur l'action de l’oxygène gazeux introduit en volume déterminé, il ressort, à l’appui des faits observés dans le filtrage sur le sable, que la nitrification ne s’opère pas tant que l’oxygène de l’air n’est pas présent dans les espaces vides du sable. Cette présence de l’air n’implique pas une grande quantité d’oxygène, mais un renouvellement fréquent qui assure son action sur le plus grand nombre de points à la fois.
- D’après cet ensemble d'expériences, le professeur Sedgxvick conclut que la nitrification se produit à deux périodes du filtrage que caractérise un organisme différent. L’un de ces organismes convertit l’ammoniaque en nitrites, et l’autre les nitrites en nitrates, d’où résultent des ferments ou organismes nitreux et nitriques. Tous deux sont présents en quantités considérables dans les sols ordinaires, comme dans le savage, où ils se développent rapidement en raison du milieu fourni par la matière azotée naturelle. Ils peuvent être séparés à l’aide de cultures successives, mais le rôle de chacun s’exerce et prédomine dans des conditions qui ne sont pas encore définies.
- b. — Essais de filtrage.
- Les essais de filtrage proprement dit, dont l’ingénieur Hiram Mills a fait connaître les résultats chimiques et le professeur W. Sedgwick, les résultats biologiques pour les deux premières années, ont eu lieu, à Lawrence, dans une série de bassins situés les uns à l’intérieur des bâtiments, et les autres à l’extérieur, dont la figure 25 montre une vue photographique, ainsi que dans le sol même, à l’aide de tranchées chargées des matériaux filtrants mis en expérience.
- Bassins. — Les grands bassins extérieurs, enterrés dans le sol, avec fosses circulaires accessibles pour les opérateurs, couvrent chacun une surface de 20 mètres carrés et ont une profondeur de 2 mètres; ils sont drainés complètement.
- Le bassin n° 1 a reçu, comme couche filtrante, lm,52 de très gros sable à mortier, prélevé dans le sol à une profondeur de 2'",50, représentant un volume de 40 mètres cubes, exigeant 14 mètres cubes et demi de liquide pour être saturé, etne retenant que 4 mètres cubes et demi après drainage; c’est-à-dire qu’il renferme 10 mètres cubes d’air.
- Dans le bassin n° 2, la couche filtrante a été constituée au moyen de 1,n,52 de sable fin lavé, de grain égal après tamisage et épierrement, où le cube d’air équivaut à un tiers de la capacité totale.
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- Dans le bassin n° 4, la couche de même épaisseur consiste également en sable lavé, mais extrêmement lin.
- Le bassin n° 7 a été recouvert, au fond, d’une couche de O1", 18 de gravier et de sable au-dessus des drains, puis, sur lm,20 de hauteur, d’un mélange de petit gravier et de gros sable, et finalement, d’une couche de terre arable noire de 0m,15, tandis que, dans le bassin n° 5, la couche inférieure de gravier et de sable a été recouverte, sur 1IU,50, de terreau de jardin.
- Les bassinsnos 12, 13 et 14 ont été chargés de gros sable, et les plus petits bassins intérieurs,nos 15, 16, 17 et 18, dont la surface est de 2 mètres carrés, d’une couche de gravier et gros sable (0m,18), surmontée : dans le bassin n° 15, de sable tourbeux avec
- Fig. 2o. — Vue des bassins de filtrage à la station expérimentale de Lairrence (Mass.'.
- sable ordinaire et de O"1,75 de tourbe; dans le bassin n° 16, de Jm, 10 de sable tourbeux avec sable ordinaire et de O111,45 de tourbe; dans le bassin nu 17, de sable tourbeux avec sable ordinaire et de 1"',10 de tourbe; enfin, dans le bassin n° 18, de 1“',50 de tourbe avec sable très fin et un peu d’argile mélangés.
- De celte série de bassins grands et petits, ceux chargés de gravier, do sable et de terre ont été seuls a opérer le filtrage du setvagn d’une manière permanente et satisfaisante.
- Sous le rapport delà composition mécanique des matières sableuses, le tableau XI indique, pour chaque bassin, le classement d’après le poids p. 100 des grains, depuis la grosseur de 12,6 millimètres jusqu’à celle de 0,01 millimètre, mesurée au micromètre (1).
- (1) A lu-:n U A/,EN. 23"1 Annual Report' ; Maux. SL Buard uf Ueallh p. 128.
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- NOVEMBRE 1890.
- Tableau XI. — Classement des matières sableuses des filtres de Lawrence, suivant la grosseur des grains.
- D I A M È T K E S en MILMM K T R E S. BASSINS (P 011)S P. 100).
- N" 5 N” 4 N" 2 N» 9 N" 6 N" 1 N° 5 A N" 16
- Au-dessous de 12,0 . . 99 „ 83 100 100 98
- — 6,2 . . 96 » » » 73 97 95 27
- — 2,2 92 » » » 57 85 31 0
- — 0,98. . 89 >» » 100 32 53 4 »
- — 0,46. . 80 » 100 91 13 7 2 »
- — 0,29. . 67 100 90 26 7 1,5 1,5 »
- — 0,12. . 51 83 4 3 3 4 0 1 »
- — 0.06. . 33 35 10 0 2 » 0,5 ))
- — 0,03. . 16 10 2 » 0,5 »» 0 »
- — 0,01. . 6 1 0 0 ” ))
- Tandis que du sable plus fin que celui du bassin rr 5 ne pourrait pas être employé utilement, du gravier plus gros que celui du bassin n° 16, en couche de plus de l‘“,80, donnerait des résultats incertains.
- Les matériaux mélangés des bassins nus 1 et 6 se disposent naturellement de manière que les grains les plus ténus, intercalés entre les plus gros, déterminent l’action capillaire en même temps que la résistance au passage du sewage.
- Comme efficacité des différentes couches, le tableau XII montre, en regard des volumes de sewage filtré à chaque opération et du nombre d'opérations par semaine, le volume moyen filtré dans chaque bassin, par vingt-quatre heures.
- Tableau XII. — Volumes de « sewage » appliqués et filtrés à, Lawrence sur les matières sableuses.
- SABLES et «RAVIERS des bassins. DIAMÈTRE DES GRAINS dont 10 p. 100 au-dessous do ÉPAISSEUR de la COUCHE filtrante. VOLUME DE POUR CHAQU litres par hectare. « SEWAGE » E OPÉRATION p. 100 de la capacité des bassins. NOMBRE d’opérations par semain VOLUME MOYEN D K « sewage » filtré par jour et par hectare.
- • millimètres. mètres. litres. litres.
- Numéros 16.. 5,00 1,52 31 437 0,17 500 2 245 507
- — !.. 0.48 1,52 449100 2.45 18 1 156 435
- — 6.. 0,35 4 22 785 927 5,37 6 673 652
- — 9.. 0,17 1,52 1 347 304 7,36 6 1 156 435
- 2.. 0,06 1,52 1 571 854 8,60 3 673 652
- — 4.. 0,03 1,52 898 202 4,91 3 381 736
- - 0,02 1,52 )) n
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- Le triage mécanique ayant démontré que, dans les différentes couches, 10 p. 100 en poids des matières sont de dimensions moindres que celles indiquées, on n’a fait figurer que ces dernières dans le tableau XII.
- Relativement à la durée des opérations, la grosseur des matériaux influe directement sur le temps que met le liquide à disparaître de la surface des filtres.
- Ainsi, dans le bassin n° 1, le sewage distribué à raison de 336 000 litres par hectare, demeure à peine 15 minutes avant de disparaître, et, à raison de 672 000 litres, il reste environ 30 minutes à la surface; tandis que, dans certains bassins, nos 12 et 13 par exemple, les mêmes volumes sont absorbés en moins d’une minute.
- Au fur et à mesure que le sewage pénètre dans les couches de sable plus ou moins grossier, de minces pellicules d’eau recouvrent les parcelles de sable et finissent par occuper environ 9 p. 100 du volume total, tandis que l’air remplit 25 p. 100 et le sable 66 p. 100. La dernière portion de seivage distribué dans les vingt-quatre heures attend sous la surface du filtre qu’elle soit refoulée par le savage distribué le lendemain.
- En hiver, la circulation de l’air dans les interstices est retardée par l’abaissement de la température pendant les intermittences, mais si le filtrage est continu, la chaleur spécifique élevée du liquide en couverture contribue à retarder la congélation.
- Comme travail effectif des filtres à la station de Lawrence, il suffira de signaler, qu'au bassin n° 1, mis en activité en 1888, le filtrage sur gros sable continuait encore en 1892, à raison de 1 010 mètres cubes de sewage par hectare et par jour, avec élimination de 90 p. 100 de matière organique à l’état d’ammoniaque albuminoïde et de 98 p. 100 de bactéries.
- La moyenne des résultats fournis par quatre filtres de gros sable recevant 676 mètres cubes de sewage par hectare et par jour correspond à une élimination de 97 à 99 p. 100 de matière organique et de 99,9 p. 100 de bactéries. Le liquide filtré est parfaitement clair, limpide et sans dépôt appréciable. Pour des volumes plus considérables, atteignant jusqu’à 2000 mètres cubes, 97 p. 100 de la matière organique ont été éliminés pendant plusieurs mois consécutifs.
- Sur les filtres à sable fin, tel que celui du bassin n° 2, la moyenne des quatre années de service, à raison de 560 mètres cubes par hectare et par jour, accuse une élimination de 97 p. 100 de la matière organique et de 99,9 p. 100 de bactéries. Sur ceux à sable extrêmement fin, tel qu’il est fourni par le limon des rivières, le liquide filtré à raison de 350 mètres cubes par hectare et par jour est bien moins chargé de matière organique et de bactéries que la plupart des eaux potables du Massachusetts. Les bactéries qui traversent ces filtres ne proviennent pas du sewage, mais des drains ou de la couche du fond des bassins.
- Dans le bassin ri0 7, dont la couche supérieure est formée de terre arable, le filtrage procède lentement, et la nitrification diminue sensiblement dès que le sewage s’accumule à la surface; ainsi, à raison de 300 mètres cubes par hectare et par jour, l’opération dure plus de vingt-quatre heures, mais le liquide filtré ne montre aucune trace de bactéries.
- Les filtres chargés sur une épaisseur de lll',52, de sol à texture fine, dont le pouvoir absorbant est considérable, cessent de nitrifier quand la dose par hectare et par jour excède 100 mètres cubes. A une dose plus forte, la matière organique azotée passe presque complètement dans le liquide filtré, quoique, au début, le nombre de bactéries se réduise dans la proportion de 25 000 à 1.
- L’ensemble de ces résultats permet de conclure que, sur une couche épaisse per-
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- méable de terre arable jaune, telle que l’offre la formation du sol de Massachusetts, avec sous-sol de sable sur tm,20 d’épaisseur, on devra se borner à filtrer le sewâge à raison de 100 mètres rubes par hectare et par jour pour enlever environ 99,9 p.100 de la matière organique et toutes les bactéries. En supprimant la couche arable, le sous-sol pourrait filtrer trois fois ce volume : le liquide serait aussi pur chimiquement, mais il renfermerait près de 1 p. 100 de bactéries.
- Tranchées. — Le filtrage en tranchées dans le sol même a donné des résultats qui ne diffèrent pas sensiblement de ceux obtenus dans les bassins à sable.
- Le sol de la station de Lawrence est de l’alluvion de rivière d’un grain plus fin que celui du sable employé dans le bassin n" 2. On y a affecté une pièce de 19 ares environ au filtrage naturel, après avoir drainé à 18 mètres d’écartement, pour recueillir le savage filtré. Le plus souvent toutefois, le liquide filtré a gagné directement la nappe souterraine, dont le niveau varie suivant l’étiage delà rivière Merrimac qui coule non loin de la station.
- Le cliamp a été divisé superficiellement en tranchées de0m,30 de largeur sur 0111,15
- Fig. 2i>. — Station expérimentale de Lawrence (Mass.). Plan, profil el coupe du sol avec tranchées de filtrage.
- à 0m,70 de profondeur, avec des pentes variables au fond, de 1 sur 30, 1 sur 50 et 1 sur 100. Pour une longueur de 60 mètres, l’écartement est de 1m,50. Les tranchées ont été comblées avec du gros sable jusqu’à 0,n, 10 de la surface. La figure 26 indique le plan du champ d'expériences.
- La distribution du savage a varié de 2 mètres cubes par jour, pendant la semaine, jusqu’à 7 mètres cubes par jour, en deux fois. Au bout de trois mois, les tranchées s’encrassant, on les a ôcroûtées sur un demi-centimètre d’épaisseur et rechargées de gros sable. Pendant l’hiver, pour les protéger contre la gelée, on les a recouvertes de planches, et comme le filtrage s’est continué sous leur abri comme en plein air, on les a maintenues été et hiver.
- Grâce à cette installation de tranchées, le savage, au lieu de bloquer les interstices du sol naturel, et, en hiver, de se congeler jusqu’à la surface, gagne progressivement et d’une manière continue le sous-sol. La surface filtrante des tranchées a été calculée à peu près égale à celle du champ entier, de telle sorte que le seivage lentement distribué se répand sans que le filtre se dérange et cesse de fonctionner.
- Mis en activité au mois de mai 1888, le filtre naturel a été nettoyé une fois par mois dans le trimestre suivant, une fois tous les deux mois pendant l’hiver, moyennant les abris, et tous les quatre ou cinq mois pendant l’été. Le nettoyage peut être ainsi réduit au renouvellement de la surface des tranchées sur une épaisseur de 0"’,05 par
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- an. Après nettoyage, le servage distribué à la dose de 5 mètres cubes par jour a mis de deux à trois mois pour gagner l’extrémité inférieure du terrain.
- Les essais de Lawrence démontrent que, sur un sol de sable fin sillonné de tranchées avec gros sable, on parvient à filtrer le servage, à raison de 500 à 700 mètres cubes par jour et par hectare, dans les mêmes conditions de pureté que sur les filtres des bassins à couches mixtes.
- Si le sol est peu perméable, mais recouvre un sous-sol de gros sable ou de gravier, les tranchées devront être creusées jusqu’au sous-sol. Mlles permettent en tous cas, dans les climats froids, d’utiliser les terrains en pente sans nivellement préalable et sans crainte du gel.
- L’ingénieur de la ville de Brockton (Massachusetts), M. Herbert Snow, insiste sur les conditions de stratification naturelle ou artificielle des terrains de filtrage, à la suite des travaux préparatoires, qui sont le plus souvent la cause de l’insuccès de ce mode de traitement du servage.
- Le pouvoir filtrant de couches de sables de grains divers, bien stratifiées, est moindre que celui d’une couche continue de sable homogène. Il dépend surtout de la différence entre la dimension des grains des couches superposées. Ainsi, du sable fin surmontant du gros sable reste saturé d’eau, à cause de la faible attraction capillaire du gros sable, et empêche l’air de pénétrer dans la couche inférieure. Malgré la pression du servage, s’il n’y a pas d’air, la nitrification ne s’effectue pas. C’est ce qui a lieu quand la surface d’un filtre est engorgée de matière organique. De même, quand le gros sable surmonte le sable fin, ce dernier s’encombre de la quantité de matière organique du servage que le gros sable n’a pas nitrifiée.
- Le filtrage mécanique qu’opère la couche superficielle se produit alors dans la couche inférieure de sable fin et l’engorgement qui en résulte est plus défavorable que s’il s’était produit à la surface, car l’oxygène ne pénètre plus en assez grande quantité à l’intérieur du filtre, et on ne peut pas enlever le dépôt formé, comme à la surface (1).
- Effet du froid. — Pendant l’hiver 1890-91, tandis que les bassins n"s 1, -2, 4 et 6 de Lawrence filtraient régulièrement de 380 à 1 150 mètres cubes de servage par hectare et par jour, on a recherché les effets que pouvait exercer l’abaissement de la température sur la marche du filtrage. On a reconnu que lorsque le sable, après avoir filtré à la partie supérieure du bassin, se congèle, il reste encore assez d’interstices libres entre les particules pour que le servage, distribué à la température de + 6 à + 7 degrés centigrades, dégèle le sable sur une partie de son trajet per descensum. Quand il s’est gelé à son tour, le servage qui suit remplit le même office, à moins qu’il ne reste assez longtemps à la surface pour se prendre en masse. Si la neige recouvre le bassin, le servage se refroidit à son contact, et le filtre est arrêté.
- Les conditions à observer pour le filtrage en hiver consistent donc dans l’enlèvement de la neige superficielle ou dans la couverture des filtres, de manière à maintenir les pores suffisamment libres afin que le servage pénètre rapidement dans la masse.
- La composition chimique du liquide filtré se modifie avec le froid. L’ammoniaque libre augmente, et les nitrates diminuent. La matière organique augmente également, mais dans de moindres proportions que l’ammoniaque. Quoique l’oxydation ne soit pas entravée dans la première période des grands froids, la nitrification se ralentit.
- (1) H. Snow. lirockton A unir al Report, 1893-189'*.
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- NOVEMBRE 1800.
- Pendant les trois mois rigoureux de l’hiver 1890-91, on a constaté comme effet du gel
- les résultats analytiques suivants : Ammoniaque Bactéries.
- albuminoïde.
- pour cent. pour oeuf.
- Filtre n" 1, sable très g1’0* Si- 93
- — n° 0, gros sabir (12 95
- u° 2, sable fin. (fi 99,92
- — n" \, sable très fin 95 99,91
- Ces quantités représentent trois fuis plus de matière organique dans le sewûge filtré, en hiver que dans le savage filtré en été, toutes circonstances égales d’ailleurs.
- A South Framingham (Massachusetts) où les tranchées dans le sol couvrent 36 ares, on a observé que, bien que les filtres n’eussent pas reçu de savage du mois d’octobre 1892 au mois de février 1893, le sol étant gelé aune profondeur variant entre 0m,75 et 0,n,90 et recouvert d'une couche de neige de O111,75, le filtrage repris le
- Fig. 27. — Vue des filtres de South Framingham (Mass.) fonctionnant sous la neige.
- 12 février avec du savage à + 6 degrés centigrades, a pu continuer régulièrement jusqu’au l1'1' mars suivant, à raison de 223 mètres cubes par hectare et par jour. La ligure 27 montre l’aspect des filtres de South Framingham, à la surface desquels le seivage se fraye un chemin dans la couche de neige.
- Durée des filtres. — Après quatre années de service, un certain nombre de filtres continuaient à opérer sans qu’on put remarquer la moindre diminution dans le débit du seivage épuré; tandis que d’autres avaient fixé trop de matière organique pour pouvoir fonctionner régulièrement.
- Dans le premier cas, bien que le volume de seivage appliqué fut plus considérable que ne l’exige la pratique, les filtres ont continué à travailler au maximum, parce que la relation entre le volume distribué et l’oxydation des matières organiques était conforme à celle existant entre le cube d’air et la matière filtrante.
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- Quand les filtres s’engorgent, il y a deux manières de les revivifier : soit en retournant la couche supérieure, afin de diminuer la quantité de matière organique accumulée, ce qui donne de bons résultats, soit en enlevant la couche supérieure pour y substituer du sable ou du gravier vierge, ce qui en donne encore de meilleurs. Dans ce dernier cas, la mise en tas des sables chargés de matière organique n’offre aucun inconvénient, car c’est la matière la plus stable, ayant résisté à l’oxydation,et par conséquent moins susceptible de se décomposer rapidement. Le renouvellement par substitution n’exige guère plus de fi> centimètres d’épaisseur de sable.
- Dans le filtre n° 1, l’engorgement ne s’est produit qu’après le passage de 1 820 mètres cubes de sewage, équivalant à 900 000 mètres cubes par hectare. La couche à remplacer ne mesurait pas plus de 6 centimètres d’épaisseur.
- Dans le filtre n° 6, qui a fonctionné quatre années et filtré 1 400 mètres cubes de sewage, équivalant à 700 000 mètres cubes par hectare, la couche de 6 centimètres à renouveler renfermait environ 70 cent millièmes en poids d’ammoniaque albuminoïde, tandis que celle de 7 centimètres, située immédiatement au-dessous, n’en contenait que 20 cent millièmes (1).
- Qualité potable du sewage filtré. — L’analyse chimique a démontré que le sewage de Lawrence, filtré à travers lm,52 de sable pendant une ou plusieurs années, ne contient plus que la moitié de l’ammoniaque totale du sewage brut, c’est-à-dire une quantité moindre que celle trouvée dans la plupart des eaux potables du Massachusetts, et que la teneur en chlore (sel marin) et en nitrates (salpêtre) y est plus élevée que dans ces mêmes eaux potables, ce qui est une conséquence de la destruction de la matière organique ; or, ces matières, chimiquement parlant, sont inoffensives; mais il reste à examiner l’analyse biologique.
- Le filtre à sable très fin du bassin n° 4 et celui de sable et gravier recouverts de terre du bassin n° 7, de même que, la plupart du temps, le filtre de sable fin (bassin n° 2), n’ont pas laissé passer de bactéries. Les quelques bactéries retrouvées dans les liquides filtrés, en bien moins grand nombre d'ailleurs que dans une foule d’eaux potables, paraissaient provenir du fond des bassins, ou des drains. L’eau des bassins a été consommée à Lawrence par assez de personnes et pendant assez longtemps, pour que sa salubrité soit déclarée de beaucoup plus satisfaisante que celle de la plupart des eaux de puits; c’est ce qui ressort du tableau XIII présentant, en regard du nombre de bactéries, la composition, du sewage filtré par les divers bassins et des eaux des puits de la ville de Lawrence.
- Tant qu’il passe des bactéries dans un filtre, quelque réduit que soit leur nombre, on ne peut pas se prononcer sur l’innocuité parfaite du liquide comme boisson, car on ignore jusqu’à présent si, parmi ces organismes, il n’y en a pas appartenant à des espèces nocives, susceptibles de se développer rapidement dans certains milieux mal définis. Les eaux des filtres de Lawrence, analysées dans le tableau XIII, n’échappent pas à cette règle. Quant aux eaux de puits nos 1 à 7, elles sont doublement insalubres et dangereuses, aussi bien par les bactéries que par les sels qu’elles renferment.
- (I) Allen Hazen. 23rtl Annual Report, toc. cil.
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- NOVEMBRE i890.
- Tableau XIII. — Composition du « sewage » filtré et des eaux de puits consommées dans la ville de Lawrence (1888-89).
- EN CENT MI LUE'MI :s. N O M B H E
- EAUX DES EIT/I'HES — — \mm — de
- et dos AMMONIAQUE A 7. ( ) T K. BACTÉRIES
- PUITS I>K LAWRENCK. U H L O R K. ————- -——— par
- ( U till tJ. Nitrates. Nitrites. cent. cuti.
- ( Réservoir n" 1. — 2 mois de service. . o,o:;8.-; 4,0’» 1,78 0,0008 549
- ^ ( Eau do puits. — Atlantic strect . . o,i:;go 8,08 2,37 0,0024 4,370
- ( Réservoir n° 13. — 6 mois de service. 0,0116 7,28 1,25 0,0004 76
- ( Eau de puits. — Ilampshire Street . . 0,0196 7,31 2,00 0,0007 128
- 1 Réservoir n“ 6. — 3 mois de service. . 0,0140 4,98 1,66 0,0002 46
- ^ ( Eau do puits. — Andovor Street. . . . 0,0230 2,79 1,50 0,0018 678
- j Réservoir n° 6. — fi mois de service. . 0,0088 4,31 1,11 0,0001 319
- * ( Eau de puits. — Mechanic Street. . . 0.0092 3,29 4,20 )) 240
- 1 Réservoir n° 4. — 2 mois de service. . 0,0133 3,72 0,75 0,0002 20
- 0 | Eau de puits. — Salem stroot 0,0136 7,67 1,40 0.0014 447
- | Réservoir n° 2. — 4 mois do service. . 0,0072 3,98 0,75 )) 17
- ( Eau de puits. — Lowell Street. . . . 0,0082 7,11 2,10 » 27
- j Réservoir n° 1. — 8 mois de service. . 0,0077 4.0 i 1,06 )) 7
- ( Eau de puits. — Haverhill Street. . . 0,0072 2,1 i 0.55 0,0016 o 44
- c. — Applications clu filtrage intermittent.
- Marlborough (Massachusetts). —La population de Marlborough s'élevait, en 1890, à 13 805 habitants. Malgré la construction d’un réseau d’égouts diviseurs pour le sewage, la pollution du bassin n" 3 de la rivière Sudbury, où la ville de Boston a sa prise d’eau, détermina le Conseil de salubrité à enjoindre l’épuration des eaux d’égout avant leur écoulement à la rivière. La municipalité adopta le système de filtrage intermittent.
- Pour une consommation de 1 160 mètres cubes par jour, le débit des égouts varie entre 1 500 et 3 500 mètres cubes, à cause des eaux souterraines qui y trouvent accès.
- Les bassins de filtrage ont été installés à 3 kilomètres de la ville, à vol d’oiseau; mais le collecteur se développe réellement sur 5 kilomètres et demi à partir des dernières habitations. Ce collecteur, formé de tuyaux de poterie émaillée, aboutit à un premier bassin de décantation [séparating tank) où le sewage dépose les matières les plus lourdes. De ce bassin, le sewage gagne par des conduits en fonte les filtres, au nombre de 14, qui occupent 5 liectares,en y comprenant l’emplacement des banquettes
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- Marlborongh (Massachusetts). Plan et coupe des bassins de filtrage intermittent
- Fig. 20. — Marlborongh (Massachussetts). Plan cl, coupes du bassin de dépôt.
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- 1468 HYGIÈNE PUBLIQUE ET AGRICULTURE. --------- NOVEMBRE 1896.
- autour des bassins. Le terrain appartenant à la ville, sur lequel se trouvent les filtres, couvre 24 hectares.
- Le plan et la coupe des bassins (fig. 28) indiquent la disposition par étages des fdtres. Des tuyaux d’amenée (sewer pipes) de 0m,38 de diamètre, desservent les tuyaux de distribution, en fer (ironpipes), de 0,n,2o.Les plus gros drains ont 0m,40 et les drains ordinaires (0'“,10) de diamètre. Des rigoles pavées (paved gu tiers) et des canaux à boues (sludge carriers) complètent l’installation d’écoulement pour le service de 0 autres bassins consacrés au traitement des boues (sludge). En 1892, les 20 bassins fonctionnaient.
- Le bassin de dépôt (tig. 29) est en maçonnerie de briques sur béton (concrète).
- iron Cap
- Fig. 30. — Marlborough (Massachusetts;. Plan et coupe AB d’un canal d’écoulement des boucs.
- divisé en deux compartiments dans sa longueur, de façon à pouvoir écouler le sewage à volonté dans l’un ou dans l’autre. Le plafond est un grillage que supportent des fers à T, espacés de 1 mètre. Les grilles (screcns) n’ont guère d’objet, car les matières solides se déposent avant que le sewage les traverse. La vidange des boues s’opère en ouvrant la porte de chasse (clean ont gale) dont est pourvu chaque compartiment; elles s’écoulent par un canal spécial (sludge carrier) dont la figure 30 montre le plan et la coupe transversale.
- De la partie supérieure du bassin de dépôt, le sewage décanté passe par des tuyaux de distribution le long des banquettes qui séparent les fdtres, et se décharge par des branchements sur un pavage réservé au-dessus de chaque bassin. Ces branchements (outlcts) munis de vannes sont indiqués en plan et en coupe dans la figure 31.
- L’entretie'n des filtres consiste dans le labour à la herse de la surface, quand elle est trop chargée de matières sédimentaires.
- Les boues sont enlevées par les fermiers des environs, sur réquisition, au moment de la vidange du bassin; mais aussi sans redevance de leur part.
- Le sewage filtré se rend finalement, par les drains, dans les ruisseaux Hop et Wash, qui se jettent dans la rivière Sudbury. Aucune plainte, quant aux émanations ou à
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- l’impureté des eaux, n’a été formulée depuis l’installation des tiltres, don t le coût, non compris le prix du terrain et celui du prolongement du collecteur de la ville, sur 4 kilomètres, a été de 113 000 francs.
- Gardner (Massachusetts). — La ville de Gardner (8 42-4 habitants) réunit quatre villages dont ceux de l’ouest et du midi sont les plus peuplés et les plus industriels. La fabrication des meubles en bois tourné est une des spécialités de Gardner.
- La consommation d’eau est de 140 mètres cubes par jour, et la canalisation, pour le sewage isolément, se développe sur 9 kilomètres, desservant 130 maisons, plusieurs
- Section on A-p.
- Fig. 31. —Marlborough (Massachusetts). Plan et coupe AB d’une banquette avec tuyaux de
- distribution sur les filtres.
- hôtels et de nombreux ateliers qui fournissent ensemble de 30 à 33 mètres cubes de sewage à filtrer journellement.
- Pour atteindre un terrain approprié au filtrage, il a fallu prolonger le collecteur au-dessus d’une petite élévalionjusque dans une vallée latérale, et installer au point le plus bas du siphon un purgeur du conduit en fonte, de sorte qu’au cas d’arrêt par le dépôt de matières solides, on puisse maintenir l’écoulement. Le collecteur (0m,30) débouche dans un réservoir en briques avec béton, divisé, comme à Marlborough, en deux compartiments égaux (6,n X 2m, 15x1,30) par une cloison de 0m,30. Le sewage, débarrassé des corps flottants au moyen d’une claie en planches, est admis à volonté dans l’un ou l’autre des compartiments par une porte à bascule (swinging gâte), et s’écoule dans des conduits dont ces vannettes en fonte règlent les orifices. Par les portes de distribution du réservoir, manœuvrées à l’aide d’une chaîne, on évacue les boues sous pression, afin de les rejeter dans une fosse spéciale.
- Dans le nivellement du terrain affecté au filtrage, les déblais ont été utilisés pour les banquettes et le régalage du fond des bassins. Chaque bassin, avant de poser les
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- bpocIL
- 1470 HYGIÈNE PUBLIQUE ET AGRICULTURE. --------- NOVEMBRE 1806.
- drains du fond et les conduits d’amenée sur les banquettes, a été chargé de gravier sur une épaisseur de lm,:20 à 1"',50. Les banquettes, de O"1,60 de hauteur, reposent sur un sol gazonné dont la largeur s’étend à 0m,30 au-dessous des bassins. Les tuyaux d’amenée (0m,2o) desservent des augets carrés en bois (wuoden troughs), que consolident des pieux en cèdre, plantés au bord du bassin. Ces augets sont pourvus d’un couvercle pour faciliter la visite et de vannes de débit du setuage à 0m,75 au-dessus des bassins. Aussi, afin d’empêcher le ravinement, des dalles sont-elles disposées pour recevoir le jet. Les drains en poterie sont à une profondeur de t"',33 dans le sol, avec écartement de (> mètres.
- La figure 3:2 permet de se rendre compte de l’installation générale des filtres de (lardner. Sauf le bassin n" 51, dont le liquide est écoulé directement sur le sol en
- 150' 200' 200’
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- Fig. 32. — Oanlncr (Massachusetts). Plan du lemiin avec bassins à filtrage intermittent.
- foret, tous les autres filtres débouchent dans le ruisseau (ùroolï). Des trop-pleins (ocer-flow), À et B, sont ménagés de façon à empêcher les bassins de déborder.
- Sur une surface totale de 80 ares, on compte 14 filtres, dont le service se fait de deux en deux heures pendant deux jours : quatre d’entre eux fonctionnent pendant la nuit. Ainsi, le premier jour, les filtres nus 1 à 4, et la première nuit, les filtres n° 5 et A sont en fonction; tandis que, le jour suivant, ce sont les six bassins nos 6 à 11, et pendant la nuit, les bassins n° 31 et B qui reçoivent le seivage à filtrer.
- Les boues sont traitées à sec dans un bassin spécial (sludge bed), nu 5:2, qui a remplacé le n° 51, dont les émanations donnaient lieu aux plaintes du voisinage.
- On nettoie les filtres une fois par mois et l’épuration du seivage s’y effectue depuis 1891 de la manière la plus satisfaissnte.
- Les frais d’installation se décomposent en deux chapitres :
- 1“ Travaux cl’amcnéc du sewage ; conduites et collecteur.................. 269 000 francs
- 2” Bassins filtrants et accessoires....................................... :18 000 —
- Total...........................327 000 francs
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- Dans celte dépense initiale, les frais de main-d’œuvre sont inclus pour 45 600 francs.
- Medfield (Massachusetts). — Située à °27 kilomètres de Boston, sur la rivière Charles, la ville de Medlield a dû cesser tout écoulement de savage dans le ruisseau Vine, un des aftluents de la rivière, avant de l’avoir épuré.
- Le savage de Medlield se distingue par la masse de déchets de bois de teinture pulvérisés qu’emploient les usines Kxcelsior pour la fabrication des nattes et paillassons. Ces usines occupent jusqu’à 700 ouvriers pendant 7 mois de l’année, et moitié environ pendant les autres mois. Pour traiter le seivage par voie de tiltrage sur
- ’ Wi >1
- Réservoir
- Z'BrkJt.Cirt.-.
- Section C-D.
- Fig. 33. — Brockton (Massachusetts). Plan et coupes du bassin de dépôt.
- le sol, il a fallu d’abord le débarrasser des matières ligneuses rejetées par les cuves de teinture dans les égouts. Deux bassins de dépôt, à trois compartiments chacun, servent à cet objet tour à tour. Dans le premier compartiment s’opère la décantation ; dans le second, le liquide arrive décanté, et, dans le troisième, il filtre per ascension, à travers des claies que maintiennent des bardeaux à claire-voie.
- A la sortie des bassins, le savage traverse une fosse d’où il sort par un conduit, au niveau inférieur, pour être distribué sur les filtres. Le terrain des filtres, d’une superficie de 40 ares, est à peu près rectangulaire et de niveau. 11 a été partagé en quatre
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- bassins de 10 ares par des banquettes de 0,n,30 de hauteur. Le conduit d'amenée est enfoui à la profondeur de 3 mètres dans une des banquettes, afin d'éviter le gel.
- Du côté nord-est, où le relief du terrain adjacent favoriserait l’écoulement du se/vage sans filtrage, le lit filtrant est composé de graviers et de sables que recouvre une couche mince de gazon.
- Le savage est amené par le collecteur, au centre du terrain, dans un auget dont les orifices correspondent aux quatre sections du rectangle. En ouvrant tous les deux ours, l’une après l’autre, les vannes de ces orifices, on rend le filtrage intermittent, de
- Fig. 34. —Broc/don (Massachusetts). Vue des travaux en cours pour la construction du bassin de dépôt .
- telle sorte que chaque filtre, après avoir opéré deux jours de suite, se repose et se ressuie pendant six jours.
- Le sol des filtres n’a pas été drainé, la nappe souterraine étant à 3 mètres au-dessous du fond.
- Suivant la saison de travail des usines, le volume du seicage varie considérablement. On l’évalue approximativement à 120 mètres cubes par jour, pour une population moyenne de 500 habitants.
- Brockton (Massachusetts). — La ville industrielle de Brockton, située à peu de distance de Boston, comptait en 1890, 27 294 habitants. Sa population a augmenté de 100 p. 100 en dix ans. La distribution d’eau y est relativement faible, surtout à cause de l’emploi du compteur; à la fin de 1894, la consommation moyenne par tête n’était que de 110 litres. La canalisation, comprenant des égouts diviseurs pour le sewage, n’en a pas moins été établie en vue d’une consommation de 272 litres et d’une infiltration de 2 270 mètres cubes par jour.
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- Le seivage à filtrer d’une manière intermittente est dirigé par un collecteur en briques de forme ovoïde (0,66x1,7) et (0,81 Xl/2"2) jusqu’au terrain. Sous ce collecteur, est disposé un drain en ciment Portland (0,15 X 0,38) dont les joints sont serrés par du jute; il est enveloppé de gravier sur 8 centimètres et recouvert de canevas qui empêche le sable de se mêler avec le gravier. Malgré ces précautions, le volume des infiltrations, sur le parcours de 3 kilomètres du collecteur, quand la nappe souterraine est à son niveau normal, en temps sec, a été évalué à 548 mètres cubes, et, en temps de crue, à 2 000 mètres cubes par jour.
- Sur le point culminant d’un terrain de deux hectares et demi, appartenant à la ville,
- Fig. 35. — Brockton {Massachusetts). Coupe verticale de la chambre à grilles.
- Fig. 36. — Brockton (Massachusetts) Pian et coupe de la chambre de distribution du sewage décanté
- ont été installés le bâtiment des pompes à vapeur et le bassin de réception du sewage. Le bassin (12,90 x 36), d’une contenance de 2 270 mètres cubes environ, jusqu'à la cote du trop-plein, a été fondé non sans difficulté, après avoir traversé une couche de sable fin et sec, dans un sol d’argile humide, au contact de la nappe aquifère, qui a nécessité l’emploi de caissons pour la construction des gros murs et l'aveuglement des sources sous le radier. La figure 33 montre en plan et en coupe transversale le bassin recouvert de trois voûtes en maçonnerie. La vue du bassin pendant les travaux de construction est donnée (fig. 34).
- Le collecteur (main intercepting sewer) débouche dans une chambre avec vanne {gale chamber) et gagne à travers le bassin la chambre à grilles (screen chamber), dont la figure 35 montre la coupe verticale. Les grilles en fers méplats, à l’écartement de Tome I. — 95e année. 5° série. — Novembre 1896. 96
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- HYGIÈNE PUBLIQUE ET AGRICULTURE
- NOVEMBRE 1890.
- 2 centimètres, sont divisées sur la hauteur par un palier (graling) d’où l’on peut nettoyer la grille inférieure.
- La chambre des boues (sludge chamber), attenant à la précédente, est à lm,22 plus
- El. 105.8. il
- 2û"DfbtPtpe, braie/ MC.
- Fig. 37. — Broddon Massachusetts). Plan général des bassins de filtrage intermittent
- bas que le radier du réservoir. Pour vidanger les boues, les pompes y refoulent le seu'age qui donne la fluidité nécessaire à leur écoulement dans des bassins spéciaux. Le bâtiment des machines comprend deux pompes aspirantes et foulantes d’un
- Fig. 38. — Brockton iMassachusetts). Vue des bassins de filtrage avant l’admission du sewage.
- débit de 22 500 mètres cubes, mues par des machines du système Knowles, triple compound à condensation, et séparément, les chaudières. Il est ventilé par une haute cheminée, chauffé à la vapeur, et éclairé à l’électricité.
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- 147!»
- La conduite maîtresse en fonte (O111,62), dans laquelle les pompes refoulent le seivaye, a une longueur de 5 kilomètres, et remonte à 101,1,50 jusque dans la chambre de distribution (terminal chamber) (tig. 36]. Dans cette chambre, une des vannes donne accès à la conduite (0"\60) qui assure le service d’une série de bassins-filtres au niveau inférieur, au moyen de six branchements. En fermant la vanne d’accès pour en ouvrir une autre, à lm,22 plus haut, on dessert par un nouveau conduit une série d’autres bassins d’un niveau supérieur.
- Le terrain de filtrage, de 12 hectares, avoisine du côté du nord un marais tourbeux (peut boy) qui était plante en sapins avant d’ôtre approprié etdivisé en bassins. La ligure 37 montre le plan du terrain et la figure 38 une vue des bassins en préparation avec les bois de sapins en lisière à l’horizon. Le sol est formé d’un depot de gros sable, surmontant une petite couche d’argile dont la profondeur est de 2"‘,45 environ. D’après les sondages exécutés, le niveau moyen de la nappe souterraine est situé à 0‘",90 au-dessus de celte couche d’argile. La composition physique du sol résulte delà moyenne de 400 analyses d’échantillons prélevés dans 80 sondages différents: elle est la suivante (1) :
- Argile. . . .
- Sahli' muitvant. Sous-sol. . . . Sahle très tin.
- — fin. . . .
- — moyen.
- — gros. .
- — ires gros
- Di amè I res millimètres.
- 0.01 0 0,080 0.070 0,090 0,800 o,uo 11.600 0,760
- Indépendamment de l’analyse mécanique du sol, une coupe du terrain a été (tig. 39j dressée pendant le creusement des tranchées, pour indiquer la situation.et l’allure des diverses couches superlieielles, formées de sable très grossier {ver y course) ; grossier (course) : moyen \ medium : tin {fine) ; très fin [ver y fine] ; du sous-sol (subsnih ; de sable mouvant imperméable (quietsand impereious): et d’argile [du y également imperméable. Celte coupe (Iig. 39; représente au millième le terrain avec les diverses épaisseurs des couches et. la trace du drain [nnderdrain) de 0m, 12 de diamètre.
- D’après sa composition moyenne, le sol a été reconnu apte au filtrage à la condition de ne pas modifier les pentes naturelles des couches vers la strate inférieure du sable. On s'est donc borné à écroùter la surface de douze bassins pour remettre le sable à nu; sur cinq autres bassins, on a arreté le déblai au sous-sol et, sur le reste, on a maintenu la surface partie en sable, partie en sous-sol.
- En général, le plus gros sable se trouve à la partie supérieure, mais comme la formation est variable, les matériaux de filtrage sont le plus souvent mélangés, sous le rapport des dimensions, dans uni; proportion convenable. Autrement, le résultat du filtrage eût été incertain. Le déblai, en moyenne, n’a guère dépassé 0m,90 ; la couche arable, le sous-sol et le sable ont été enlevés séparément.
- Les plus grandes banquettes limitant les bassins ont 5m,-48 de largeur à la crête, et une hauteur de L",60 au-dessus du niveau des conduites de distribution (tig. 40). Les
- (1) 10 p. 100 en poids du sot analysé renferment des grains de moindres diamètres que ceux indiqués.
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- petites banquettes ont 2"',75 de largeur à la crêle et 0"',61 de hauteur au-dessus du radier des bassins. Les branchements de 0m,38 et 0m,30 qui desservent les bassins sont protégés à leur débouché dans le canal (carrier) par un plan incliné. Le niveau du canal se trouve à 0,15 au-dessus de la surface des filtres.
- Quant au conduit de refoulement, il aboutit, à l’altitude de 32"',50, à un regard en
- Fig. 39. — Hrockton (Massachusetts). Coupc du terrain de liltrage, montrant la nature, la disposition et l’épaisseur des diverses couches.
- briques avec vanne (gale chamber) d’où partent les deux conduits à niveaux différents déjà indiqués. A chaque changement dans l’alignement des conduites, un regard avec
- Fig. 40. — Hrockton (Massachusetts). Coupe transversale de la banquette qui sépare les filtres des bassins nos 20 et 23.
- vanne est établi ; il est construit en briques (0U1,20), et les coins sont arrondis pour empêcher le dépôtde matières solides. Les vannes en fonte sont encastrées dans la maçonnerie; les tiges qui les découvrent sont fixes à vis, ou mobiles avec tiges en télescope,
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- de façon qu’elles ne se projettent pas au-dessus de la surface. Tous les regards sont munis de couvercles en bois.
- Les canaux en bois (carriers) qui longent la fête des bassins ont pour objet de régulariser le débit du savage sur toute la surface filtrante, ce qui est considéré comine une condition essentielle de réussite.
- Le tracé des drains principaux (0"',30 etO1",,^) et des petits drains latéraux (undvr drains), de 0m,l2, dans les bassins nos i à 13, est indiqué sur le plan (fig. 37). Les petits drains, écartés de 18 mètres, sont placés au-dessous de la couche d’argile, tandis que les drains de O1",20 qui réunissent entre eux les regards {inan holes) des bassins nos ;f à 13 sont à un niveau inférieur. Chacun de ces regards est pourvu d’un petit déversoir (tveit'); celui du drain collecteur également. Le déversoir de ce dernier porte un flotteur
- Fig. i-1. — HïOrh-lon Massachusetts!. Plan et coupe du regard de jauge du drain collecteur :0n-.38 diam.i.
- qui transmet électriquement au bureau de l’ingénieur municipal, en ville, les hauteurs de jauge (voir fig. il j.
- Les regards des drains n'ont pas seulement pour but de régler l’écoulement, mais encore d’admettre l’air au-dessus des filtres. Le débit total ou partiel des pompes peut ainsi être envoyé à un ou à plusieurs bassins, de façon à se rendre un compte exact du volume correspondant de sewage liltré.
- Le ruisseau Daley (ùrook) qui coule à droite du terrain, après avoir été rectifié, a été pourvu d’une écluse avec compteur et appareil enregistreur pour le contrôle du débit filtré.
- Le coût des travaux de Brockton, exécutés par l’ingénieur municipal Herbert Snow, a été le suivant (1) :
- Installation du réservoir, des pompes à vapeur, dépenses de
- direction et d'inspection, etc............................... 39-1 OÜU francs.
- Conduite de refoulement......................................... T.liOOO
- Bassins de filtrage, travaux de distribution, de drainage, etc. 310 000 —
- Tôt ai......................... 1 0!)M 000"ïrancsT
- (1) Engineering News, 2 mai
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- Natick (Massachusetts). — La ville de Natick (9 118 habitants), connue pour ses fabriques de chaussures, dont le principal comptoir est dans Pearl Street, à Boston, est située à 27 kilom. de la capitale. Elle se draine naturellement par le cours d’eau Pegan dans le lac Cochituate, où Boston a sa prise d’eau d’alimentation. Elle aurait pu également se drainer dans la rivière Charles, mais les eaux de cette rivière alimentent une demi-douzaine de villes en aval. Aussi, de même que Framingham, Ashland, etc., Natick a dû, pour se conformer aux ordres du Conseil de salubrité, suivre les prescriptions du système général d’assainissement qui a été décrit pour les vallées des rivières Mystic, Charles et Blackstone.
- D’après le projet de l’ingénieur Gray, mis à exécution en 1875, le sewage est amené par un égout cylindrique en briques (O111,76) et un conduit en fonte (0m,61) dans le premier compartiment du bâtiment où se trouvent les pompes. Ce bâtiment recouvre, en outre, un réservoir avec chambres à grilles, qui comprend trois compartiments distincts pour la décantation, deux puits pour les pompes, et une chambre de distribution.
- Sur le terrain de 39 hectares et demi, acheté par la ville, 5 hectares sont consacrés au filtrage. Le sol, à peine défriché, est formé pour la plus grande partie de sable ; toutefois, la présence d’une strate mince de sable glaiseux oblige à drainer latéralement les bassins sur une longueur de plus de 30 mètres. Le sewage filtré se rend, par un ruisseau, dans la rivière Sudbury; aucune ville en aval du confluent ne s’y alimente.
- Au mois de mai 1896, il n’y avait encore que trois bassins prêts à fonctionner (l).
- Waltliam. Ecole d'enfants assistés (Massachusetts ). — Dans le même district de Boston, l’école de Waltham,dont le drainage se rend naturellement à la rivière Charles, a dû se conformer à la loi de l’Etat et purifier le sewage avant tout écoulement à la rivière (2j.
- Le sewage de 24 heures se dépose dans un réservoir d’une contenance de 70 mètres cubes, précédé d’une fosse \detaining tank) où s’accumulent les matières les plus lourdes, tandis que les matières plus légères, les graisses, etc., surnagent et sc rendent par une vanne mue automatiquement dans un petit puisard, d’où elles sont conduites avec les boues sur les tas de compost. La ventilation s’opère dans le réservoir à l’aide d’un tuyau d’appel que commande la cheminée des buanderies de rétablissement. Le siphon qui sert à la vidange des boues islndge trop) peut être visité par un regard [man hole), et réparé en cas d’engorgement.
- Du puisard qui reçoit le sewage décanté (distributing man hoir), le liquide s’écoule par des conduits (0UI, 15) dans des branchements (0m,07) parallèles, suivant les lignes de plus grande pente du terrain de filtrage. Chacun de ces branchements de distribution est pourvu, à des intervalles de 0"\90, de rigoles latérales à peu près de niveau qui ralentissent le courant à la descente. Ces rigoles sont placées assez profondément dans le sol pour que la surface puisse être labourée sans qu’elles soient heurtées par le soc de la charrue.
- Le terrain en pente, formé de gros gravier, est recouvert d une couche de 0m,4o de terre arable. A im,8U au-dessous du gravier, se trouve la roche. Le drainage à 1 m,50, avec tuyaux de O"1,05, espacés de 15 mètres suivant la pente, ne corrige qu’incom-plètement les inconvénients du terrain.
- (1) Engineering Ahors, 4 juin 1896.
- (2) C’est à Waltliam (ville) que so trouvent les plus vastes ateliers connus pour l’horlogerie, La première filature de coton des Etats-Unis y fut fondée en 1814.
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- ASSAINISSEMENT DES VILLES ET DES COURS D’EAU AUX ÉTATS-UNIS. 1479
- Le sewage des 150 résidents de Waltham, suffisamment épuré après épandage et filtrage sur le sol, se rend par le ruisseau Clematis dans la rivière Charles.
- Canaux de distribution Drains id. poterie Phnissaires de sewage- c(
- Chambre^ de distrib* © • »
- Regards............. . o o o
- Limites des bassins
- Fig. 42. — Summit (New Jersey). Plan des bassins à filtrage intermittent.
- Summit (New Jersey). — La ville de Summit, résidence d’été très fréquentée, à
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- cause de la beauté des sites de ses environs, offre un exemple de filtres étagés qui fonctionnent d’une manière satisfaisante depuis 1892.
- Les égouts, développés sur 15 kilomètres, aboutissent au terrain de la ville (10 hectares, dont 4 sont affectés aux bassins). En défalquant la surface occupée par les banquettes et la route de New-Providence, il reste, pour les filtres, environ 3,2 hectares. Le terrain en pente, depuis la route jusqu’à la berge de la rivière Passaic, au nord, est dressé' en paliers sur lesquels sont établis les filtres, jusqu’à 6 mètres au-dessus du niveau de la rivière (fig. 42). La vue des bassins, prise du N.-O., est montrée dans la ligure 43. Les drains des filtres sont à une profondeur de 0m,90 au-dessous du fond.
- Le sewage de 180 maisons et de quelques établissements de la ville est amené par le collecteur (oullet sewer) et distribué par des conduits (surface carriers) qui suivent la crête des banquettes, jusqu’aux points désignés sur le plan (fig. 42) comme sewage oullets. Au sortir des bassins, le sewage se rend par des conduits de faible longueur
- Eig. 43. — Summil (New Jersey). Vue du lerrain occupé par les liltrcs étagés, côté N.-O.
- dans des chambres (chambers) placées aux angles. Les bassins d’un niveau inférieur à celui des chambres de distribution reçoivent à leur tour le sewage par des bacs en poterie (tiles), ou en pierre, ayant la forme d’un V, qui empêchent tout ravinement à la surface. Les chambres de distribution et les regards (man haies) sont revêtus de ciment et couverts en planches.
- A l’intersection des regards en poterie et des drains, quand la pente change pour le filtrage sur des bassins inférieurs ou bien quand la dénivellation dépasse 0m,60, la disposition adoptée est indiquée sur la figure 44.
- La durée du filtrage se règle d’après la pratique même du terrain ; le raclage de la surface s’opère aussi souvent qu’il est nécessaire.
- Ni la neige, ni la glace n’interrompent l’opération pendant les mois d’hiver les plus rigoureux. Il suffit de surveiller certains filtres afin d’empêcher le débordement. La rivière Passaic, qui reçoit le sewage filtré, ne révèle aucun indice d’impureté, et il n’y a d’odeur perceptible qu’en découvrant les regards.
- Plainfieid (New-Jersey). — Encore une ville habitée, comme Summit, par les négociants de New-York, pendant l’été, agréablement située au pied du mont Orange, non loin du célèbre rocher de Washington, à la limite du comté de Somerset. C’est en 1890
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- seulement que la municipalité fit établir un système d’égouts diviseurs pour le sewage et décida la suppression des fosses d’aisance.
- Pour une population de 17 000 habitants y compris celle du faubourg North Plain-lield que sépare de la ville un petit cours d’eau, la distribution d’eau avait été depuis longtemps assurée, en recourant aux puits de la nappe souterraine. Une Compagnie, Pond Machine Tool, chargée du service, élève à 42 mètres par des pompes à vapeur, de 237 à 454 mètres cubes d’eau journellement suivant la saison, et supplée à une consommation de 250 litres par tête pendant l’année.
- Le réseau des égouts établis depuis 1892 s’étend sur 38 kilomètres, indépendamment de 9 kilomètres de branchements et des conduits installés pour le service des bassins filtrants. Le collecteur, formé de tuyaux en poterie vernissée (0m61), amène le sewage par gravitation, avec une pente de 1 sur 1 200, sur une longueur de
- Fig. 44. — SummiL (New Jersey;. Coupes de banquettes montrant l’installation des conduites de distribution et des regards aux changements de pente.
- 2300 mètres. Les eaux de pluie et d’infiltration sont entraînées séparément, au moyen d’égouts de 0m,30 et 0m,60, dans deux ruisseaux Green et Cedar, qui traversent parallèlement la ville, à une distance de 1 kilomètre environ l’un do l’autre. Des réservoirs de chasse automatiques, placés à chaque branchement, pourvoient au curage des égouts ; d’un diamètre de l,n,06 et d’une contenance de 680 litres, ils se vident par siphon toutes les vingt-quatre heures. Au besoin, les drains, grâce à des dispositions spéciales, peuvent servir au lavage des égouts.
- Des regards installés aux points de branchement, de variations de pente ou d’alignement, à une distance comprise entre 120 et 150 mètres, permettent de contrôler le service des égouts dont le débit est très variable. Entre onze heures du matin et sept heures du soir, le débit moyen est de 55 mètres cubes par heure; mais il se réduit à 23 mètres cubes vers quatre heures du matin. Le volume total par vingt-quatre heures atteint 1045 mètres cubes. Un appareil enregistreur avec compteur, semblable à celui de Brockton, est placé sur l’écluse de l’un des regards( 1,21x1,82) pour le contrôle du débit.
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- Le terrain acquis par la ville comprend trois fermes de 7 hectares chacune. C’est à l’ouest de l’avenue Dunellen, qui traverse la propriété, qu’ont élé établis les bassins de filtrage, et c’est au nord de l’avenue Rock, perpendiculaire à la première, sur les bords du ruisseau Green, dans une partie marécageuse, qu’ont été creusés les bassins à boues (screen beds). (Voir fig. 45.)
- Pour dresser le niveau des filtres supérieurs de manière à assurer leur service par gravitation, il a fallu déblayer près de 46 000 mètres cubes de sable. La profondeur
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- En 6. Il 1
- Fig. 43. — IHainfield (New Jersey;. Plan des bassins et du terrain à filtrage intermittent.
- maxima du déblai a été de 3 mètres, et le sable en provenant a été charrié presque en totalité sur les filtres de niveau inférieur.
- Suivant l’avis du chimiste de la station do Lawrence, M. Allen Hazen, on a conservé, en remblayant le sol des bassins supérieurs, le même ordre des strates qu’à l’état naturel, pour éviter de superposer le sable gros au sable fin. De môme, lorsque le sol superficiel se trouvait au-dessus du plan de nivellement, on s’est borné à le labourer pour le rendre plus meuble sans le déplacer. x\illeurs, cette couche de 0m,30, quand elle a dû être déblayée dans la direction de la pente, a servi à construire les banquettes.
- Les drains établis dans chaque bassin, à une profondeur variable de 1m,90 à 2m,10, avec écartement de 12 mètres, ont O111,10 de diamètre dans les filtres supérieurs. De leurs regards (0n',60) des drains de 0"',07 partent pour rejoindre, sous les filtres infé-
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- ASSAINISSEMENT DES VILLES ET DES COURS d’eAU AUX ÉTATS-UNIS. 1483
- rieurs, le ruisseau voisin. La figure 46 donne la vue perspective d’un drain de O111,10, en place, pendant la construction du bassin n° 10.
- Les banquettes de séparation des filtres ont0m,60 de hauteur et 0'",60 de largeur à la crête, avec fruit de 1,6 sur 1 ; celles qui portent les conduits de distribution ont 11U,12 de largeur à la crête et lm,10 de hauteur; enfin, celles qui servent de chemin de communication ont une largeur de 3 mètres au couronnement.
- Le collecteur de savage débouche dans un réservoir sous toit, qui comprend un premier compartiment (influent chamher) d’où le servage passe par des vannes (gales) dans Lun ou l’autre des deux compartiments à grilles (lm,52 X 2m,44) et se débarrasse
- Fig. 46. — Plainfielil (New Jersey). Vue du drain (0U’,10; dans Je bassin n" 10, pendant les travaux.
- des matières en suspension. La figure 47 montre cette chambre à grilles pendant la période de construction.
- Au commencement, le débit était assez faible pour que le servage fût emmagasiné dans les deux compartiments à grilles, avant d’être écoulé ; mais depuis, il coule d’une manière continue dans l’un ou l’autre de ces compartiments, selon les exigences du curage. Les grilles sont formées de barreaux en fer galvanisé (0m,016), espacés de 0U1,029. Les parois des compartiments sont en briques émaillées avec encadrements en calcaire. De chacun d’eux, part un tuyau de décharge en fonte (ü,n,10) avec valve. Les deux tuyaux se réunissent pour conduire les boues dans des bassins spéciaux (screen beds) qui couvrent 7 ares chacun, et sont remplis de sable à une profondeur de l"‘,u20. Les drains de ces filtres déversent les liquides dans le fossé (diteh) qui mène au ruisseau.
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- Tous les trois jours, on refoule les boues du compartiment en vidange sur des filtres où elles se dessèchent, et quand elles sont devenues maniables, on les charge sur des voitures pour fumer les terrains de la ferme.
- Les regards destinés à la distribution du sewage qu’amène le conduit principaj (0m,60), mesurent lm,22Xlm,22, et sont munis, en plus d’une vanne de 0m,46 de diamètre, de deux ou quatre vannes de 0m,30 (fig. 48) dont les détails sont indiqués (fig. 49). Les vannes s’ouvrent sur des canaux ou rigoles en bois goudronnées intérieurement (largeur 0m,50; hauteur des bords 0m,15) qui longent de deux côtés chaque bassin filtranl. A la distance de 2m,43, un orifice dans chaque canal, avec planches du radier en saillie, est ménagé pour l’épandage dusewage à la surface.
- La ville de Plainfield offre un trop rare exemple de l’utilisation agricole des filtres à
- Eig. 47. — Plainfield New Jersey). Vue de lu chambre à grilles pendant la construction.
- sewage, aux États-Unis. Depuis la mise en activité du filtrage intermittent, huit bassins, nos 1 à 8, sont cultivés en maïs. L’irrigation se pratique de mai à juillet tous les trois jours. La figure 30 montre le maïs du bassin n° 8 pendant l’arrosage, au mois dejuin, et la fig. 31, le même maïs au mois de juillet suivant.
- Les bassins nos 11 à 16 et n° 20 servent exclusivement au filtrage du sewage que ne consomme pas le maïs. La surface de ces bassins est façonnée de temps en temps à la herse pour enfouir les légers dépôts, et régaler le terrain (1).
- Pawtuckel (Rhode Island). — Le territoire sur lequel est sise la ville de Pawtucket (32377 habitants), à 8 kilomètres de la ville Providence, est drainé par deux cours d’eau, la Blackstone River et la Mohassuck River. De nombreuses fabriques de calicot, fils,
- (t) Engineering News, 10 septembre 1896.
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- lacets, tresses et cordes, disposant de forces hydrauliques considérables, font de Paw-tucket un centre industriel important.
- La canalisation installée depuis 1894 s’étend sur 41 kilomètres vers la [première de ces rivières, et sur 11 kilomètres vers la seconde. Le traitement du sewage n’a été
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- Section.
- Fig. 48. — Plainfield (New Jersey;. Détails on plan et en coupe, des regards ou chambres de distribution.
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- Lifting Rod
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- Rear Elévation
- Front Elévation.
- Fig. 49. — l’/iüii/ieid New Jersey). Détails des vannes de distribution.
- imposé que pour la Mohassuck River, c’est-à-dire, pour une surface bâtie d’environ 265 hectares, avec une population de 9 400 habitants. Le débit, en y comprenant 50 p.100 d eau d’infiltration, atteint 263 mètres cubes par jour. La rivière, sur les bords de laquelle ont été placés les filtres, débite de 850 à 1275 litres par seconde ; l’eau est souillée, à l’amont comme à l’aval, par les liquides et les résidus des [usines. Sur
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- NOVEMBRE 1806.
- les trois hectares de terrain acquis par la ville, 1 hectare et demi a été consacré aux filtres, au nombre de 12, et aux réservoirs (fig. 52). Quatre des bassins du niveau inférieur sont employés au traitement des boues. La figure 53 donne la vue photographique des bassins de dépôt et des filtres.
- Fit;-, 'il. — l’Iainfield (New Jersey). Vue des mêmes cultures de maïs, sur le filtre n° 8, au mois dejuiilet.
- Les collecteurs des avenues Newell et West amènent le sewage par gravitation dans une chambre d’admission (gale home) d’où il est réparti à volonté dans les réservoirs A ou B, qui mesurent 0ll,, Hx30m,48 sur ln,,22 de profondeur. Dans le réservoir B, un compartiment C contient un appareil automatique, qui ferme l’accès du sewage en temps
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- de pluie et d’orage et laisse passer directement les eaux à la rivière aussitôt que le plein des réservoirs est atteint. Après un séjour do vingt-quatre heures environ, le savage qs-distribué à raison de 1 100 mètres cubes par hectare.
- Les réservoirs A et 11 communiquent avec une chambre de distribution d’où partent les conduits de 0m,20,avec embranchements de O'Mo pour le service par gravit talion des divers (iltres.
- Sous chacun des bassins, à la profondeur de l'“,32, dos drains de 0'", 10, avec joints en drap, dirigent les liquides liltrés vers un émissaire qui se décharge dans la rivière.
- Pour l’installation des filtres, on a dû enlever le sol arable et l'argile sur une
- Fig. -i-. — l'mrfuckel 'Rli'ule IslaiitU. Plan du terrain de filtra-'1- >-t coupes des bassins filtres.
- épaisseur variable, de O'11,00 à l'",30, sauf dans les bassins n"s 8 à 11, où le sable de bonne qualité affleurait ;t la surface. Dans les bassins n°' 12 et J ;>. le sable a été rapporté d'une autre partie du terrain.
- Tel qu’il a été analysé à la station expérimentale de Lawrence, le sable est classé, comme dimensions de grains, en millimètres, entre 0,138 et 0,201, avec 10 p. 100 en poids de grains plus lins.
- Du mois de novembre 1801 au mois de décembre de 1803, pendant douze mois, les filtres du Pawtucket ont reçu OaooO mètres cubes de savage, soit environ 260 mètres cubes par jour. Entre janvier et mars, le service, à cause de la gelée, n’a pas été aussi régulier; les boues ont dù séjourner plus longtemps dans les réservoirs et les applications de savage sur les fil très ont été moins fréquentes.
- Au mois de janvier, la température des eaux d'égout variant entre + 0", 14 et 1°, 11 centigrades, celle de l'air a varié de — 17",7 et — 4",44. Au mois de mars, la température moyenne des eaux étant de h- 3",31, avec minimum de + 2",22 celle de l’air a oscillé entre — t",77 et + 12°,77.
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- Le gel pénètre le sol à des profondeurs différentes jusqu’à 0m,35, et la glace, à la surface, varie comme épaisseur de 0m,07 à 0ra,i(). Malgré cela, le sewage finit par filtrer
- Fig. 53. —Pawtucket (Rhodc Island). Vue des bassins de dépôt et des filtres.
- à travers la couche de glace et le sol congelé, et, grâce au nombre de filtres en fonction le service n’a pas été interrompu.
- Gomme durée ordinaire du filtrage, le tableau suivant donne les indications des volumes appliqués par hectare, en regard du nombre de jours employés par les divers bassins.
- Volumes Nombre
- par hectare. de jours
- mètres cubos —
- Bassin n° 5 1684 . . . . 4 à 5
- — n° 6 1618 .... 4
- — n° 7 2083 .... 4 à 5
- — n° 8 2223 .... 4
- — n° 9 ...... 2245 .... 4
- — n° 10 .... 2245 .... 4
- — n°Il .... 2335 . . 5
- Dans les premiers jours de chaque mois, on procède aux analyses du sewage brut et du sewage filtré. Le tableau XIV résume les données de ces analyses, qui indiquent une moyenne d’élimination de 95 p. 100 de la matière organique. Il y a lieu, toutefois, de remarquer que le sewage brut analysé avait déjà été décanté dans les réservoirs, et que le sewage filtré renfermait les liquides provenant des filtres à boues. La proportion de matière organique éliminée est donc effectivement plus élevée que n’indique le tableau.
- Après cinq applications, les filtres nos 1 à 13 sont ratissés le plus souvent sur une épaisseur de 2 centimètres. L’écume qui se forme à la surface des filtres à boues se
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- ASSAINISSEMENT DES VILLES ET DES COURS d’eAU AUX ÉTATS-UNIS. 1489
- crispe en se desséchant au soleil et à l’air; elle est enlevée pour la fabrication des composts.
- Tableau XIV. — Composition en cent millièmes du « sewage » de Pawtucket avant et après filtrage. (Février et décembre 1895.)
- A M M 0 N 1A Q U E a 6 OXYGÈNE
- 1895. ~ ~ “ < a o a Cil L O RE. de
- LIBKK. ALBUMINOÏI) K. H ^ •O K K l) U C T ION.
- avant après avant après p. 100 avant après avant après
- filtrage. filtrage. filtrage. filtrage. liltrage. liltrage. filtrage. filtrage.
- Février 2,30 0,96 0,120 0,016 96 4,94 . 3,86 1,30 0,10
- Mars 2,80 0,470 4,03 1,80
- 1,02 0,022 93 3,98 0,26
- Avril 2,00 0,350 3,69 1,40
- 1,08 0,024 93 3,99 0,15
- Mai 0,70 0,210 3,83 0,84
- 1,22 0,020 91 4,42 0,20
- Juin 2,10 0,400 4,12 1,14
- 0,44 0,044 89 3,39 0,25
- Juillet 2,50 0,29 0,410 95 4,15 4,50 1,70 0,18
- 0,022
- Août 3,05 0,400 6,87 2,20
- ' 0,35 0,016 96 4,31 0,14
- Septembre 4,50 0,500 8,88 2,50
- 0,32 0,022 96 5,74 0,20
- Octobre 3,25 0,540 8,49 2,50
- 0,33 0,032 91 3,51 0,09
- Novembre 5,00 0,930 7,20 3,80
- 0,11 0,010 99 4,43 0,08
- Fig. 434. — Pawtucket (Rhode Island). Vue des bassins de filtrage à surface billonnée, n08 6 et 7 et des bassins à surface plane, n°s 12 et 13.
- Pour comparer l’action filtrante des surfaces unies et billonnées, on a dressé en billons les filtres ncs 1, 2, 6, 7, 8 et 9, après avoir enlevé sur les deux premiers environ Tome I. — 95e année. 5e série. — Novembre 1896. 97
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- 8 mètres cubes de sable encrassé, équivalant à 6 mètres cubes et demi après filtrage de 12 000 mètres cubes par hectare. La figure 54 montre les filtres 6 et 7 après billonnage à côté des filtres 12 et 13 maintenus en surface plane.
- Les travaux exécutés à Pawlucket par l’ingénieur municipal, George Carpenter, avec l’assistance technique du directeur de la station de Lawrence, professeur Fuller, représentent une dépense de 62 400 francs (1).
- D’autres applications de filtrage méritent d’être citées seulement pour mémoire ; il ne s’agit en effet que de filtrage mécanique plus ou moins continu.
- Leadville (Colorado). — Cette ville, sise au centre des riches mines argentifères découvertes en 1S78, comptait 10834 habitants en 1890. Le sewage y est filtré directement à travers une tranchée de sable et gravier d’une épaisseur de 2in,13, offrant une surface de 22 mètres carrés, et déversé après filtrage dans le ruisseau California.
- Atlantic City (New Jersey). — A Atlantic City (13 055 habitants), le lieu favori des baigneurs de Philadelphie pendant la belle saison, le filtre consiste en une banquette de sable reposant sur un lit de foin d’une certaine épaisseur. Le sewage s’écoule en plusieurs filets d’une hauteur de 1 mètre, en s’aérant, et traverse la banquette en abandonnant une partie des matières en suspension. Les résultats de ce mode de traitement, breveté par une compagnie de New-York, n’ont pas été publiés.
- (1) Engineering News, ± janvier 1896.
- (.A suivre.)
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- ARTS MÉCANIQUES
- koles et turbines a vapeür, par M. K. Sosnowski, ingénieur civil.
- [Suite.) (1)
- J. E. Thompson et E. J. Nevard, 1893. — La roue D (fig. 210), montée sur l’arbre G, tourne à l’intérieur d’un cylindre K, fixé au bâti B, et entouré d’une enveloppe I J.
- L’arbre G, creux sur une certaine longueur, communique avec la spirale S de la roue D, qui va en s’élargissant du centre à la périphérie.
- Le cylindre K porte intérieurement une série d’entailles U.
- Fig. 210 et 21t. — Moteur à réaction Thompson et Nevard (1890). Coupe transversale et longitudinale.
- X est une rainure périphérique pour réduire autant que possible le frottement entre les parties mobile et fixe.
- W indique la place où la vapeur s’échappe des poches K dans la boîte I J, et de là à l’extérieur.
- E. C. Terry, 1893 (fig. 212-215). —A une extrémité de l’enveloppe A, se trouve le coussinet 4,pour l’arbre tubulaire 5 et, à l’autre extrémité, le coussinet 6 de l’arbre 7. A cette extrémité, se trouve également une chambre de vapeur 8, munie de tubes d’alimentation, ainsi que l’indiquent les lignes pointillées 9, pour recevoir la vapeur. Un anneau fixe 10, d’un côté, et, de l’autre, un anneau mobile ou soupape régulatrice 11, forment les parois d’un canal annulaire conduisant de la chambre à vapeur 8 à passage annulaire 12, dans l’arbre 7.
- L’anneau mobile est muni de tiges 13, qu’on peut actionner par un régulateur ordinaire, pour débiter plus ou moins de vapeur.
- La partie de l’arbre 7 qui se trouve en dehors du passage 12 est massive, tandis que l’autre est creuse, et les deux sont liées par des bras 15, permettant ainsi à la vapeur de traverser longitudinalement cet arbre. Cet arbre 7 est solidement relié à un arbre massif 16 par l’intermédiaire de la première roue 17,[de sorte que les arbres 7
- (1) Voir Bulletin d'ocloôrc 1896.
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- ARTS MÉCANIQUES. --- NOVEMBRE 1896.
- et 16 et la roue 47 tournent ensemble comme une seule pièce. Un arbre tubulaire 5 entoure l’arbre 16, ayant comme support le coussinet 4, à l’extrémité A.
- La turbine est composée d’une série de roues à aubes disposées concentriquement, soit les unes fixes, les autres mobiles, soit tournant toutes, mais dans des directions alternativement opposées.
- La première roue 17 est composée de deux disques 18 et 19 et des aubes 20, fixées par des vis 21.
- Les autres roues 24, 25, 26 et 27 sont composées de deux pièces symétriques maintenant les aubes 20, chaque pièce consistant en une plaque annulaire 23, une
- 3/ 2f
- Fig. 212. — Turbine radiale centrifuge Terry (1893). Coupe longitudinale xx (fig. 213).
- partie cylindrique 29 et une pièce de jonction 28. Ces deux moitiés et leurs aubes sont reliées ensemble par des écrous 21, comme dans la première roue.
- Le fluide suit un chemin tangentiel pour passer successivement d’une roue à une autre, ce qui détermine la longueur des aubes des différentes roues de plus en plus grande du centre à la périphérie.
- La première roue 17 tourne avec les arbres conjugués 16 et 7. L’anneau 29 (côté gauche) de la roue 24 est fixé à l’arbre tubulaire 5 par une vis 30, tandis que celui du côté opposé (côté droit) est supporté par l’arbre 7. L’anneau 29 (côté droit) de la roue 25 est fixé par une vis 34 à l’arbre 7, tandis que celui du côté opposé est supporté par l'arbre tubulaire 5, et ainsi de suite dans toute la série des roues, chaque roue, alternativement, étant fixée à l’arbre central et les autres à l’arbre tubulaire 5.
- Par cette construction, les roues peuvent tourner dans les directions opposées. Toutes les roues qui tournent avec les arbres centraux 16 et 7 sont indiquées par les
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- ROUES ET TURBINES A VAPEUR.
- i i93
- numéros impairs : 17, 25 et 27, et celles tournant avec l’arbre tubulaire par les numéros pairs : 24 et 26. La dernière roue débouche dans la chambre A.
- A*
- Fig. 213, 214 et 215.— Turbine Terry. Coupe transversale yy (fig. 212).
- Détails de l’arbre. Coupe transversale s (fig. 212).
- Fig. 216. — Turbine radiale centrifuge Dow (1893). Coupe longitudinale.
- Une poulie devra être fixée à l’arbre 7 à une extrémité et à l’arbre tubulaire à l’extrémité opposée.
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- ARTS MÉCANIQUES. ---- NOVEMBRE 1890.
- ,/. H. Dow, 1893 (fig. 21(5 à 219). —Lu vapeur, admise par A, pénètre par les ouvertures C-, des rondelles fixes C et les jeux ii', ménagés entre les faces de ces rondelles et celle du disque P, calé sur l’arbre D; est lancée, par les aubes directrices e2, sur les aubes réceptrices e d’une première paire de roues PE, pour s’en échapper radialement dans une chambre L/, d’où elle passe à une seconde paire de récepteurs A'E, puis à une troisième A2E, et s’évacue définitivement en M, sous une très faible pression
- (fig. 216 à 219). Le tracé des aubes directrices eV1 et des aubes réceptrices ce' est nettement représenté sur la ligure 217.
- Les pressions à droite cl à gauche du disque central P sont toujours égales, car, dès que cet équilibre serait rompu, toutes les réceptrices se porteraient d’un côté, le disque P viendrait buter contre les rondelles G. et fermerait ou dégagerait les orifices ii'. Une plus grande quantité de vapeur passerait alors d’un côté et le système serait automatiquement ramené dans sa position normale.
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- Mac-Elroy, 1893. —Dans cette machine (fig. 220 à 222), la vapeur admise en JH, autour du disque moteur A, s’échappe du centre G, par gg, après avoir parcouru les canaux spiraloïdes K des plateaux F, qui vont en s’élargissant vers le centre de
- v
- Fig. 2204222.— Turbine radiale centripète Mac-Elroy (1893). Coupe longitudinale, transversale et détails.
- manière à permettre à la vapeur de se détendre en même temps qu’elle réagit sur les aubes du disque A.
- Jsaac Smith, 1893. — La machine se compose (fig. 223) d’un cylindre, à un ou plusieurs compartiments f, traversé par un arbre creux b, portant à l’extrémité une poulie. Une série de disques d font corps avec cet arbre et forment (fig. 22-4) les parois des appareils moteurs.
- La vapeur, au sortir de la valve d’admission a, s’engage dans l’arbre creux b, d’où elle pénètre dans un canal spiroïdal c, à section croissante. Après avoir passé du centre à la périphérie, elle s’échappe en e, dans le compartiment f, et, par les ouvertures /, s’engage dans le tronçon de l’arbre qui communique avec le moteur suivant. Elle y suit le même mouvement centrifuge, et regagne le troisième moteur, d’où elle s’échappe à l’air par l'ouverture g.
- En passant d’un moteur à l’autre, la vapeur se détend de plus en plus dans les canaux successifs, dont la section augmente vers l’échappement.
- Lafigure 225 représente un appareil à double admission, à conduite hélicoïdale de vapeur et échappement unique vers le milieu.
- Seger, 1893. — Cette turbine (fig. 226) est constituée par deux roues a et b, tournant avec des vitesses égales, mais en sens contraires. Elles sont enfermées dans une chambre, d’où la vapeur s’échappe, après avoir passé de c en a et b, au travers les aubes des parties de ces deux roues qui se recouvrent.
- Les arbres des deux roues portent des pignons qui engrènent avec une roue dentée intermédiaire.
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- Morton, 1893. — Pour déterminer la meilleure forme des ajutages, Morton s’est basé sur l’expérience suivante.
- Fi”-. 223. — Roue mixte Smith (1893). Coupe transversale.
- Fig, 221. — Roue Smith. Coupe longitmli nale f/h (fig. 223).
- Un tube conique droit, à section circulaire, est monté sur une conduite de vapeur A (flg. 228). Ce tube communique par trois tubes cylindriques de petit diamètre avec un
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- vase rempli de mercure. Quand on lance dans cet ajutage de la vapeur sous pression, le mercure monle dans les trois tubes 1, 2 et 3 : plus haut dans le premier que dans le second et dans le troisième. On constate une aspiration qui diminue de plus en plus vers l’échappement de l’ajutage A.
- En prenant un tube conique recourbé de section rectangulaire (fig. 2271, on constate,
- Fig. 225. — Roue mixte double Smith. Élévation.
- l’aide d’un manomètre, placé en 4 et 5, au moment où on lance la vapeur, une spiration du côté concave et une surpression du côté convexe.
- C’est cette dernière forme que Morton a adoptée.
- La réalisation de la nouvelle machine consistait donc à faire traverser success ive-
- ment, par de la vapeur à haute pression, plusieurs roues percées d’ajutages à leur périphérie. C’est ce qui a été fait, avec la disposition que représentent les figures 231 et 232, où la vapeur se détend six fois.
- Sur un même arbre D, sont montées trois roues doubles B, qui tournent toutes, dans une enveloppe étanche A. Cette enveloppe, constituée par les deux moitiés d’un cylindre circulaire boulonnées ensemble, est divisée, par des cloisons C, en trois compartiments affectés chacun à l’une des roues.
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- Chaque roue est formée de trois disques d’acier : un central N, qui est plat et rivé sur l’axe par le collier M, deux latéraux O, légèrement emboutis, qui sont reliés au disque N par des anneaux de bronze portant les ajutages réservés à la vapeur. On voit la disposition de ces ajutages sur la ligure 229 et 230, dont la partie gauche représente la coupe de l’anneau traversé par la vapeur de dedans en dehors et la partie droite la coupe de l’anneau traversé de dehors en dedans.
- La vapeur, venant de la chaudière par le conduit vertical qu’on voit sur la gauche
- —
- 227 à 230. — Turbine radiale mixte M or Ion. Appareil experimental. Del ail des ajutages d’une roue.
- de la figure 231 arrive, par l’ouverture annulaire ménagée autour de l’arbre D, dans la première partie de la roue B, dont elle traverse les orifices de dedans en dehors. Elle lui imprime un mouvement de rotation de gauche adroite, et sort de la roue, presque tangentiellement à sa périphérie, dans une direction inverse à celle de son mouvement. Les butées E (fig. 220), ménagées de distance en distance sur le parement intérieur de l’enveloppe A, font reprendre à la vapeur une direction centripète, et elle traverse de dedans en dehors les ajutages de la deuxième partie de la roue, disposés en sens inverse de ceux de la première, de manière que, malgré l’inversion de son
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- Elévation cl coupe du premier type
- Coupe longitudinale
- Fijr. 231 à 234. -----
- Turbines
- mouihI à vapeur Morhm (18!)3), 1 °r ot 2e types.
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- mouvement par rapport à l’axe, elle imprime à la roue une impulsion de même sens que par son passage à travers la première série d’ajutages. Les butées F, portées par le disque H, achèvent de rejeter la vapeur vers le centre de la roue. Un canal annulaire semblable à celui par lequel la vapeur s’était introduite dans le premier compartiment, la conduit dans le second. Après avoir agi dans le deuxième compartiment comme dans le premier, elle passe dans le troisième, et finit par se rendre au condenseur, en suivant le conduit qu’on voit sur la droite de la figure 231.
- Dans la machine que représentent les figures 233 et 234, l'enveloppe A, coulée d’une seule pièce et à laquelle on a seulement boulonné deux fonds, contient deux roues, qu’aucune cloison ne sépare. Dans ces roues, les divers anneaux qui servent aux expansions successives de la vapeur, au lieu d’être juxtaposés, comme dans la machine du premier type, sont disposés concentriquement les uns aux autres. La roue B comprend trois de ces anneaux traversés par la vapeur de dedans en dehors. La roue B' en a seulement deux. La vapeur arrive, par un canal annulaire analogue à ceux de la première machine, au cœur de la roue B, et traverse successivement, de dedans en
- Fig. 235 et 236. — Roue à réaction Parsons (1893). Coupe longitudinale et verticale.
- dehors, les trois anneaux de cette roue ; elle traverse ensuite de dehors en dedans les deux anneaux de la roue B' et se rend au condenseur. Les ajutages augmentent de section et quelquefois de nombre d’un anneau à l’autre. Entre les divers anneaux, sont interposées des butées F, Fn E, F2, F3, destinées à imprimer à la vapeur les directions voulues. La machine Morton est donc une iurbine compound, dans laquelle l’expansion est subdivisée entre plusieurs roues, mais il n’y a pas de distributeurs fixes entre les couronnes mobiles, qui sont d’ailleurs solidarisées par groupes les unes aux autres.
- Parsons, 1893. — La vapeur admise en B pénètre (fig. 235 et 236) par les trous G' et G2 dans le premier bras A,, d’où elle s’échappe tangentiellement, par les orifices <7rt,dans la première chambre D,; puis elle passe, de cette chambre, par l’orifice annulaire ménagé autour de l’arbre G, dans le second bras A,, et ainsi de suite, jusqu’à la dernière chambre D, d’ou elle s’échappe par F soit directement, soit après avoir épuisé sa force sur une turbine K (fig. 237). Les fuites do vapeur autour de l’arbre C sont évitées par des garnitures cannelées EE2, et la purge de l’eau de condensation des chambres DjD^... se fait dans les poches G, au travers des trous H. La vapeur se détend donc d’un bras A à l’autre, au travers des chambres successives D>, Dn D.
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- G. K. Husberç), 1894. — La figure 239 est une coupe longitudinale suivant la ligne xx de la figure 240.
- La figure 241 représente une coupe de la même turbine suivant une autre construction.
- Les figures 242 et243 représententdeux coupes transversales suivant leslignesi/i/etz:;.
- La vapeur arrive par c, passe par la conduite D, et pénètre dans une série de canaux spiroïdaux K. Ces canaux sont formés par deux disques A et A' et des spirales B, main-
- Fig. 239 et 240. — Turbine radiale centrifuge Ilusherr/ (1894). Coupe verticale aa et élévation.
- tenues par des boulons b (fig. 242) ou par les nervures d’un côté et des rainures correspondantes de l’autre des disques mêmes, comme l’indique la figure 243.
- La section de ces canaux va en augmentant de façon à permettre à la vapeur de se détendre au fur et à mesure qu’elle se dirige vers l’échappement.
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- La jonction de l’ajutage amenant la vapeur avec le disque est représentée sur la figure 242. L’étanchéité de ce joint est garantie par un dispositif spécial.
- Fig. 2il. — Turbine llusberg (variante). Coupe verticale.
- A % Vf'
- Fig. 242. — Turbine Husberg. Coupe transversale»/»/ (fig. 239).
- L’arbre L porte des bagues coniques I, qui tournent dans un compartiment rempli d’une matière pulvérisée plus ou moins comprimée par les vis tt.
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- W. G. Wrench, 1894. — L’enveloppe de cette turbine est formée de deux demi-coquilles A et A'.
- Sur l’arbre, se trouvent calés deux disques G G, portant à la périphérie les aubes
- à r
- /j T
- _ Fig. 2iiet243. — Turbine axiale Wren;k (1894). Coupe partielle et élévation.
- réceptrices c. A l’extérieur de ces disques, il y a deux disques fixes EE, portant les aubes distributrices e.
- Un écran àjour G, placé devant les ouvertures distributrices, peut être déplacé par
- le levier H ou par un régulateur centrifuge, pour masquer plus ou moins ces ouvertures et régler ainsi l’admission de la vapeur.
- La vapeur arrive dans l’espace annulaire D et pénètre dans les aubes <', laissées plus ou moins ouvertes suivant la position du disque G. Par ces aubes, elle est dirigée sur les aubes réceptrices cdu disque C, et, après leur avoir communiqué le mouvement, s’échappe par B à l’air ou au condenseur.
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- Les aubes de deux disques CG peuvent être disposées de taçon que la vapeur leur imprime simultanément le même mouvement, ou, au contraire, suivant qu elle aura été dirigée sur l’un ou l’autre des disques, qu’elle communique a 1 arbre le mouvement tantôt, dans un sens, tantôt dans le sens opposé.
- Bollman, 1894. — La ligure 248 représente l’appareil où se produit le mélange de 1 air avec de la vapeur pour diminuer la vitesse de l'écoulement de cette dernière. A est un
- a
- Fig. 1248._— Turbine axiale Bollmann (1894). Détail de l'appareil d’amenée de vapeur.
- di
- Fi<
- !49 et 2e0.— Turbire axiale Bollmann. Coupe et élévalic
- disque plat au bout d un tube a, Bestun second disque. Si A se trouve au-dessus de B, et qu un lort courant d’air passe par a, B ne se trouvera pas éloigné de A, comme on pourrait s’y attendre, mais, au contraire, attiré vers A, même si l’on y attache un poids. Lancé a une certaine vitesse, l’air tendra à la conserver telle qu’il l’avait dans le
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- tube; mais,-la surface du passage entre les plateaux augmentant vers les extrémités, cette vitesse ne pourra être maintenue qu’à la condition que l’air se détende au-dessous de la pression atmosphérique. 11 se produit ainsi un vide, et la pression extérieure pousse B vers A.
- La vapeur entrant par a s’échappe radialement d’entre deux plateaux A et B, sur toute leur circonférence, et, en se détendant, communique sa force vive à l’air aspiré par JJ, qu’elle entraîne vers l’ouverture G.
- La distance entre les plateaux A et B et les ouvertures pour l’admission de l’air JJ peuvent être réglées à volonté, et, par conséquent, la vitesse d’écoulement du mélange.
- Les ligures 219 et 250 représentent une turbine où le mélange ainsi produit est lancé en un flux centripète dans une série des roues concentriques à aubes. La roue L porte les aubes distributrices ; T' T" T'" sont trois roues à aubes, dont deux, T et T'", tournent dans un sens et la troisième, T”, dans un sens opposé.
- Les roues T'T"' sont fixées sur l’arbre creux x, tandis que T'' est fixée sur l’arbre W.
- Le fluide, au lieu d’être dirigé radialement, peut l’être axialement sur une série de roues à aubes.
- Hopkins, 1894. — L’arbre A, maintenu dans un châssis B, porte la turbine C, com-
- Fi-r? 252. Fi g. 254. Fig. 253. Fig. 255. Fig. 251.
- Fig. 256.
- Fig. 251 à 257. — Turbine axiale Hopkins (1894). Élévation, coupes et détails de l’appareil distributeur.
- Fig. 257.
- posée de deux disques symétriques aa', munis des moyeux bb, et évasés à la périphérie, comme l’indique la lettre d, sur la coupe transversale, fig. 253.
- La figure 251 est une élévation et la figure 252 la vue intérieure d’un disque.
- Tome I. — 95e année. 5e séné. — Novembre 1896. 98
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- Les (leux disques aa' sont serrés l’un contre l’autre et contre le rebord f de l’arbre A par un écrou e. Etant donné leur forme particulière, il existe à la périphérie une sorte de jante elliptique d, coupée par une série des ailes hh, laissant un espace annulaire g et une ouverture j pour le passage du plateau D, qui porte l’ajutage E, et le tuyau K d’admission de vapeur.
- L’ajutage E a une forme cylindrique, comme l’indiquent les figures 254 et 255. La vapeur entre parle tuyau k, remplit l’espace annulaire /, et s’échappe par l’ouverture circulaire m, dont on peut régler la largeur en serrant plus ou moins le boulon ors, pour frapper sur les palettes hh, et mettre en mouvement les deux disques aa'.
- Il peut y avoir deux ou plusieurs de ces ajutages, comme l’indiquent les traits pointillés.
- Quand on veut avoir une turbine à marche réversible, on emploie des ajutages doubles (fig. 256 et 257). La vapeur, arrivant par k et lancée par l’ouverture circulaire m, entraîne la turbine dans un sens, tandis que l’admission se faisant par A'et le jet étant lancé par l’ouverture m', la turbine tourne dans un sens opposé.
- M. de Ferranti a breveté en 1895 la turbine représentée par les lig. 258 à 264, dans laquelle la vapeur amenée, on ne dit pas comment, jusqu’à la pression du condenseur,
- Fig. 258 à 260. — Turbine Ferrant i à jet parallèle à l’axe (1895).
- a a, aubes réceptrices mobiles iixées à la roue c. tournanl entre les directrices fixes b; d, tube à débit soumis au régulateur amenant la vapeur détendue aux premières réceptrices a.
- par plusieurs tubes d, parallèles (fig. 258) ou tangentiels (lig. 261) à l’axe de la roue c, passe successivement au travers d’une série d’aubes directrices a a, solidaires de c,
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- puis d’une série d’aubes fixes b b, solidaires de l’enveloppe de la turbine. Le courant de vapeur, ainsi renvoyé des réceptrices aux directrices avec des vitesses graduel-
- lement décroissantes, s’échappe des dernières réceptrices a avec une vitesse relative très faible.
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- Fig. 2(il, — ïiu-ljLue Ferrand. Ensemble de l’installation.
- ut, turbine échappant sa vapeur tlaus nn éjecteur condenseur r, ipii aspire en m l'eau entraînée on partie par un jet d'eau sous pression fourni en x par la pompe rotative y.
- DE LAVAL, 1889 A 1895.
- Description. — La turbine de Laval se compose des parties essentielles indiquées dans la légende des fig. 265 à 267 :
- La figure 268 représente, en grandeur d’exécution, un disque de dix chevaux fixé sur son arbre et quatre ajutages d’amende de vapeur, dont nous voyons la section conique divergente vers la roue pour produire la détente.
- Les détails de construction de ce disque sont représentés sur les figures 269 et 270.
- La boite de distribution est représentée sur la figure 271 ; on yvoit. déboucher en au les ajutages destinés à diriger sur les aubes le jet de vapeur.
- Le pignon d'engrenage est représenté sur la figure 272 et la roue dentée sur la ligure 278. Les engrenages sont à double denture hélicoïdale; les dents sont inclinées de 4o°.
- A l’extrémité de l’arbre secondaire se trouve le régulateur (fig. 274) à force centrifuge, dont les détails sont représentés sur la figure 275. Les deux demi-cylindres (8) peuvent pivoter sur la gaine (10) qui les maintient. Les talons qui servent de base cà ces demi-cylindres appuient contre la tête d’une pointe (11), agissant par l’intermédiaire d’un levier sur la soupape d’admission.
- La pointe (11) est maintenue par un ressort antagoniste (9) enfermé dans la gaine (10) à l’aide de l’écrou (12).
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- Le régulateur agit ainsi sur l’admission de la vapeur et assure une régularité parfaite à la machine, quelle que soit la charge.
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- Fig. 26o ù 2ü7. — Turbine à vapeur de Lewal.
- P. plaque de fondation; A, boîte de distribution; B, boîte d’engrenages; C, boîte d’échappement ; D, boite du cous sinet à rotule; H, boîte do l'obturateur du régulateur; S, obturateur; I, boîte d'arrivée de vapeur; J, crépine; G, coussinet à rotule; E. roue d'engrenage; LL', coussinets de la roue d’engrenage; F, disque monté sur arbro avec pignon; a, douille de l’arbre du disque avec presse-étoupe b, et bague en deux pièces c; d, tube de jonction de la douille a avec le coussinet M ; «. écrou de jonction du tube de jonction d sur le coussinet M; M, coussinet en deux pièces de l’arbre du disque; N, coussinet du bout de l’arbre du disque; KK, chapeaux des paliers des coussinets (ces chapeaux ont une position bien déterminé»', assurée par quatre goupilles de repérage qui les traversent et pénètrent dans la partie inférieure des paliers); XX, vis à, pointes qui pénètrent dans les chapeaux des coussinets et assurent leur position dans les paliers; R, régulateur; »/, couvercle de la boîte d’engrenages; /», collerette en deux pièces du couvercle de la boîte d’engrenages ; e graisseur multiple de la boîte d’engrenages;
- graisseur de la boîte d’arrivée de vapeur; m, tige du ressort du coussinet à rotule; I. bouchon de la tige du ressort du coussinet à rotule: o. graisseur du coussinet :ï rotule; n, ajutage.
- En outre, la vapeur, au sortir de la valve d’admission, se répartit en plusieurs conduits, 4, 6, 8, etc., suivant les machines. Ces conduits peuvent être obturés
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- par des valves à la main manœuvrées de l’extérieur, ce qui permet de réduire à la moitié, au tiers, au quart, etc., la puissance maxima de la machine.
- Principe et fonctionnement. — Le principe fondamental de la turbine de Laval est que la vapeur à haute pression arrive entièrement détendue sur les
- Fig. 268. — Turbine de Laval. Disque de 10 chevaux, grandeur d’exécution.
- aubes de la roue réceptrice. Cette détente s’effectue dans le trajet de la valve d’introduction à l’orifice du tube distributeur de vapeur. Dans ce trajet, la vapeur a acquis une force vive due à sa propre détente et qui est précisément égale au travail qu’elle aurait fourni en se détendant graduellement derrière un piston.
- Cotte force vive — et elle seule — est alors transmise aux aubes de la roue,
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- comme celle de l’eau dans une turbine hydraulique. Or, la densité du fluide détendu étant très faible, le principal facteur de cette force vive est la vitesse.
- La vapeur s’écoulant dans l’air sous pression par un orifice de petite section prend des vitesses considérables, qui atteignent 735 mètres par seconde
- Fi”-. 26!) et 270. — Turbine do Laval. Détail du disque.
- Fi:
- 271. — Turbine de Land. Boiie de distribution.
- à la pression de 4 atmosphères à la chaudière, et 8!)2 mètres à celle de 10 atmosphères. Ces vitesses sont encore notablement accrues quand le second milieu, où s’écoule le fluide, a une pression moindre que l atmosphère. Par exemple, de la vapeur à 4 atmosphères s’écoulant dans un condenseur où règne une pression
- Fig. 272. — Turbine de Laval. Détail de l'arbre.
- absolue de 0atm,l acquiert une vitesse de 1 070 mètres, et de 1 187 mètres par seconde si la pression de la vapeur est de 10 atmosphères.
- La vitesse de la vapeur à la sortie des conduits étant énorme, il en sera de même de la vitesse de rotation de la roue réceptrice, laquelle atteint, suivant le type de machines, de 6 000 à 30 000 tours par minute, avec des vitesses linéaires variant entre 175 et 400 mètres par seconde.
- Un travail considérable pourra donc être transmis à l’arbre de la roue avec des organes de dimensions extrêmement faibles. En effet, l’effort tangentiel est
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- insignifiant; sur une circonférence de 7 centimètres de rayon, à 400 tours par seconde, il ne dépasse pas 7 kilogrammes lorsque la machine produit 10 chevaux.
- Pour une turbine de 10 chevaux, le disque n’a que 12 centimètres de diamètre, avec une vitesse de 24 000 tours à la minute ; il est de 30 centimètres pour une turbine de 100 chevaux tournant à 15 000 tours, de 50 centimètres pour 200 chevaux à 9 000 tours et de 70 centimètres pour 300 chevaux à 7 500 tours. Avec un disque de 1 mètre de diamètre, à 6 000 tours, on peut produire une puis-
- Fig. 273. — Turbine de Fig. 27i. — Turbine Fig. 275. — Turbine de Laval. Détails du
- Laval. Roue dentée. de Laval. Régulateur. régulateur démonté.
- sance de 600 chevaux. L’arbre d’une machine de 10 chevaux n’a que 5 millimètres de diamètre dans l’endroit le plus faible, et 30 millimètres pour une machine de 300 chevaux.
- U arbre flexible. — Avec ces vitesses considérables, on pourrait craindre de très graves inconvénients par le fait de la force centrifuge.
- Il est facile de démontrer, en se servant de la formule connue
- F = m or r
- qu’un poids d’un gramme placé à la périphérie d’un disque de 16 centimètres de diamètre, tournant à 24 000 tours par minute, est sollicité par une force centrifuge de 50 kilogrammes. D’un autre côté, le centrage parfait de la roue est presque impossible. Quelque précaution que l’on prenne dans la fabrication, et souvent à cause des défauts de la matière, il est impossible d’obtenir que son centre de gravité vienne coïncider avec l’axe géométrique de l’arbre et que son plan de symétrie lui soit perpendiculaire. Avec des arbres rigides, il aurait pu se produire, de ce chef, des échauffements dans les coussinets, et même la rupture de l’arbre. Cette difficulté a été tournée en utilisant les propriétés gyrostatiques des corps.
- Si l’on fait tourner un corps qui a, comme une roue, un plan de symétrie au-
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- tour d’un axe maintenu à ses extrémités et passant par son centre de gravité, ce corps tendra, à mesure que la vitesse augmente, à tourner autour de son axe principal d’inertie, qui est la ligne perpendiculaire au plan et passant par le centre de gravité ; et, si l’arbre de la roue est flexible, il se déformera de la quantité nécessaire pour lui permettre cette orientation, comme l’indique la figure 276.
- La position du disque que, pour plus de simplicité, nous avons pris comme
- exemple, n’a pas d’influence. Ce disque peut être au milieu de l’axe (fig. 276), à un tiers (fig. 277) ou un quart (fig. 278) de la distance de ses points fixes; le phénomène se reproduira de la même façon. Le mouvement vibratoire de l’arbre seul changera.
- Si l’on fait tourner, au contraire, ce disque autour d’un arbre flexible per-
- Eig. iî'J et 2SU.
- a. l'arbre flexible au repos; a', l'arbre flexible en mouvement; a”, l'arbre flexible à partir d’uue certaine vitesse:
- d, disque; r, coussinet; x. centre de gravite’:.
- pendiculaire à son plan de symétrie, mais ne passant pas par le centre de gravité, il se présentera deux cas différents :
- 1° Le disque étant placé au milieu de l’arbre, entre ses deux points fixes, le centre de gravité tendra à s’en éloigner d’autant plus que la vitesse sera plus grande comme en a' a" (fig. 279;.
- 2° Si le disque ne se trouve pas au milieu de l’arbre, celui-ci commencera
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- ARTS MÉCANIQUES
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- par fléchir; mais alors, le plan de symétrie du disque se trouvant incliné par rapport à l’axe géométrique, le disque tendra, à mesure que la vitesse augmentera, à se placer perpendiculairement à cet axe et à ramener, par conséquent automatiquement l’arbre dans la ligne des paliers supposés rigides a' «"(fig. 280).
- On verra donc se produire le curieux phénomène suivant : l’arbre flexible avec disque excentrique monté à une certaine distance entre les paliers, mis en mouvement, commence par fléchir visiblement et finit par se redresser spontanément à partir d’une certaine vitesse. Les frottements qui ont eu lieu au début dans les coussinets, en opposant une résistance sensible à la rotation, disparaissent en même temps et les vibrations transmises à la masse sont insignifiantes.
- Ln fait, les arbres des turbines de Laval sont en acier et de diamètre extrêmement faible; les portées sont très longues; elles reposent dans des coussinets en bronze avec interposition de métal antifriction.
- Applications. — Moteurs. — La turbine de Laval peut remplacer les mol ours à vapeur ordinaires dans presque toutes leurs applications.
- La figure 281 représente l'ensemble d’une turbine-moteur de B jusqu’à 30 chevaux.
- Fig. 281. — Turbine à vapeur de /.aval. Type de 5 à 30 chevaux.
- A partir de cette puissance, tes turbines portent deux arbres moteurs jumeaux et, par con-; séquent, deux poulies de commande.
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- ROLES ET TURBINES A VAPEUR
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- La ligure 282 représente une turbine de ce genre avec les poulies à gorge pour une transmission par câble. Ce câble est tendu par un tendeur spécial comme l’indique la figure en question.
- Fig. 282. — Turbine à vapeur de Laval. Type de 1UU chevaux et au-dessus avec la transmission
- par corde et poulies à gorge.
- Il est bien évident que les poulies à g orge peuvent être remplacées par des poulies ordinaires.
- Le tableau I donne les encombrements, les poids, les vitesses et les dimensions des poulies des turbines de 5 à 300 chevaux.
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- TABLEAU I
- Turbines motrices.
- PUISSANCE ENCOMBREMENT POULIE DE COMMANDE POIDS NOMBRE 11E TOURS de l’arbre de commande
- LONGUEUR LARGEUR HAUTEUR DIAMÈTRE LARGEUR
- ! n i 11 ini. millim. inillim. millim. millim. kil.
- 3 chevaux .... 825 420 830 -100 80 150 3 000
- 10 — .... 900 550 1000 200 100 200 2 400
- 15 — . . . . 950 550 1000 200 113 260 2 400
- 20 — .... 1075 720 1 160 240 130 370 2 000
- 30 — .... 1 140 720 1 100 210 135 560 2 000
- A DEUX POULIES
- 50 — . . . . 2080 930 1 500 320 170 1 450 1500
- 75 - . . . . 2 410 945 1 500 320 270 1 650 1500
- 100 — . . . . 2570 1 230 1650 370 270 2600 1 250
- 150 — . . . . 2810 1250 1 820 400 320 3 000 1 050
- 200 — . . . . 3 260 1390 1 820 570 400 4 600 810
- 300 — . . . . 3 950 1900 2 220 650 500 5 700 710
- Turbines-dynamos. — Quand il s'agit de commander par la turbine une dynamo, on peut les accoupler directement.
- La figure 283 représente un groupe électrogène simple ainsi constitué.
- Ftg. 283. — Turbine de Laval dite Dynamo à vapeur, type de 3 à 20 kilowatts.
- La ligure 284 représente une lurbine-dynamo à deux induits, tout indiquée, par exemple, pour la distribution à trois fils.
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- HOUES ET TURBINES A VAPEUR
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- Fig. 284. — Turbine dr Land. Dynamo à vapeur de 200 kilowatts à l'échelle de i contint, par mètre.
- Le tableau II donne les encombrements el les poids des turbines-dynamos de 6 à 400 kilowatts.
- TABLEAU 11
- Turbines-Dynamos.
- TYPE ITISSWIT ENCOMBREMENT POIDS NOMBRE
- 1 en WATTs i.<>N(;n:ur. I. A ReiXU ha nr. ru de T I.A IMNAMO
- milliin . m i 11 i i n. i n 111 i m. kil.
- 5 chevaux .... ! 3 000 1 300 570 830 350 3 000
- 10 — .... 0 110 ! ,">00 700 1 000 560 2 100
- Ui -- .... 9 420 1 600 740 1 000 680 2 101)
- 20 -- .... 1 0 580 1 8011 800 1 100 1 030 2 000
- 30 — .... 19140 1 920 920 1 100 1 300 2 000
- A I>K UN. 1N DT I’I s
- 30 — .... 32->30 2 1 15 1 130 1 500 3 130 1 .">00
- 43 — .... ! 18000 2 010 1 585 1500 1150 1 500
- 100 — .... : 60 000 2 780 1 705 1 050 6000 1 25.0
- 130 — .... 1 100 000 3 150 1 0.35 1 820 7 500 1 050
- 200 — .... 132000 3 5911 1 580 1 820 9600 810
- 300 -- .... ! ->(10 000 4 000 1 920 2 220 12 200 750
- 000 — .... 100000 1 5 500 2 200 2 200 25 000 630
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- Turbines-pompe*. — F.a turbiue-pompe se compose [d'une pompe centrifuge actionnée directement par la turbine à vapeur (fig. 283).
- Eig. 283. — Turbine de Laval. Pompe à vapeur simple.
- Le tableau lit donne les encombremenls, les poids el divers autres renseignements sur les turbines-pompes.
- TABLEAU III
- Turbines-Pompes.
- ENCOMBRKM DÉBIT HAUTEUR NOMBRE
- 1 Y P h I) ÉI.É-
- LONGUEUR LARGEUR HAUTEUR MINUTE VATION TOURS
- 3 chevaux accouplés à une pompe kil. millim. luillim. millim. litres 1 300 300 2 600 830 3 000 1 000 2 403 1 700 mètres par minute
- correspondante 10 chevaux accouples à une pompe 138 M J0 5 Vi> TM\ 22 3 000
- correspondante 1 "j chevaux accouplés à une pompe 300 1 320 :\v\ 883 23 2 400
- correspondante 30 chevaux accouplés à une pompe 300 i 132 000 883 32 2 400
- correspondante 930 1 830 883 1 200 60 2 200
- L’écoulement de l’eau se fait d’une façon continue sans secousse aucune.
- La figure 285 représente une turbine-pompe conjuguée. Chacun des deux arbres moteurs de la turbine est accouplé à une pompe centrifuge ; les deux pompes sont liées ensemble, soit parallèlement pour doubler le débit, soit en série pour augmenter la pression du liquide refoulé.
- Dans le dernier cas, le liquide qui a passé par la première pompe est repris par la seconde, ce qui permet de lui communiquer une pression double de celle que donnerait une seule pompe, et de l’élever, par conséquent, à une hauteur beaucoup plus considérable.
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- Fig. 280. — Turbine de Laval. Pompe ;'i vapeur conjuguée.
- Turbine-pompe de Laval. Coupe longitudinale,
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- La figure 280 représente une coupe longitudinale d’une turbine-pompe et la ligure 281 différentes vues de la pompe même.
- Au moment de faire fonctionner la pompe, on remplit d’eau le tuyau d’aspiration et on la met aussitôt en route. S’il y a un clapet au fond de la conduite d’aspiration et que celle-ci ne soi. pas vide, pour une raison quelconque, cette précaution devient évidemment inutile et il n’y a qu’à ouvrir la valve d’admission pour que la pompe se mette en route.
- Pour les grandes pompes, on se sert de la disposition suivante. On place un robinet sur la pompe ou la conduite de refoulement de façon à isoler l’ensemble de la première et de la conduite d’aspiration. Sur celle-ci, se trouve un éjceteur à vapeur muni d’un robinet. Pour mettre en route la pompe, on ferme le premier robinet, on ouvre le second. L’air de la conduite d’aspiration et de la pompe est aussitôt entraîné par l’aspiration de la vapeur. L’eau monte dans la conduite sous la poussée delà pression atmosphérique et, quand elle est remplie, l’eiu sort à la place du mélange d’air et de vapeur. A ce moment, la pompe est prête à fonc-
- ____^
- -20.
- Fig. 288. — Turbine-pompe de Laval. Détail de la pompe.
- tionner. On ferme le robinet de l’éjeeteur, on met la vapeur sur la turbine, et, aussitôt que le manomètre indique que la pression monte, on ouvre le robinet placé sur la conduite de refoulement. Si le jet de la pompe vient à se relâcher, on ouvre le robinet de l’éjeeteur jusqu’à ce que l’eau jaillisse.
- Rendement. — La courbe ci-dessus (fig. 289, nous donne des rendements théoriques en fonction de la vitesse périphérique du disque pour une même vitesse w de la vapeur.
- Ce rendement, pour to — 1 000 m par seconde, serait de 46 p. 100 à la vitesse périphérique eu disque de 155 m par seconde ; il s’élèverait à 73 p. 100 à 300 m et à 85 p. 100 à 400 m par seconde, vitesse qu’il serait difficile de dépasser à cause de la résistance même de la matière.
- Pratiquement, il y aura des écarts plus ou moins grands entre ces vitesses, comme nous l’indique la figure 290.
- Les considérations d’exécution des aubes ne permettront pas non plus d’éviter complètement les chocs. La vitesse relative à l’entrée (fig. 291 ) sera déviée de sa direction normale par l’aube pour suivre une nouvelle direction c1.
- Pour utiliser l’excès de vitesse absolue à la sortie, on peut recourir à un dispositif dit
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- compound, et qui consiste à faire diriger le fluide à sa sortie de la première turbine dans une autre, ayant la même vitesse linéaire.
- La vitesse relative à la sortie de celte seconde rode réceptrice C4 se trouve ainsi sensible-
- Fig. 280. — Courbe des rendements théoriques de la turbine de Laval en fonction des vitesses périphériques v du disque, portées en abscisses, pour une même vitesse de la vapeur w=1000m par seconde.
- Fig. 290. Fig. 291. Fig. 292.
- ment rapproche'e de la vitesse linéaire de cette roue, et la vitesse absolue à la sortie «'"de beaucoup réduite, comme on le voit dans la ligure 292. Le rendement se trouve donc sensiblement amélioré.
- Tome I. — 9bc année. b* série. — Novembre 1896.
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- D’une manière générale, la vitesse d’un lluide élastique s’écoulant librement d’un milieu dans un autre, sans recevoir ni perdre de chaleur (écoulement adiabatique) est donnée par la formule de Weisbach, qu’on peut écrire :
- -~r — u>
- 2 g
- ii étant le travail gagné par l’unité de poids du fluide en se détendant.
- Ce travail est égal à :
- oii v est le volume spécifique et p la pression variant de p0 celle de la chaudière et à celle du condenseur.
- Les courbes ci-dessous (fîg. 293) donnent la puissance théorique d’un kilogramme de vapeur à diverses pressions effectives, suivant la marche avec ou sans condensation. Nous voyons qu’elle est de 40 000 kgm par kilogramme de vapeur pour 10 kg de pression d’admission et la
- Kilogranimètres.
- 100 000
- 80 OOO
- 00 OOO
- 40 000
- Fig. 293. — Courbes de la puissance théorique d’un kilogramme de vapeur à diverses pressions effectives
- de 1 à 50 kil. par centimètre carré.
- marche à échappement libre, qu’elle dépasse 60000 kgm pour la même pression d’admission et l’échappement au condenseur, le vide étant de 0,2 kg par cm2, et qu’elle atteint 70 000 kgm à 0,1 kg de vide par cm2.
- Cette puissance atteindrait 93000 kgm par kilogramme de vapeur à la pression de 50 kg et échappement au condenseur, dont le vide serait de 0,1 par cm2.
- La figure 294 nous donne la consommation de vapeur par cheval effectif et par heure en fonction de la pression d'admission et celle de l’échappement. Ces courbes sont tracées en admettant un rendement pratique facilement réalisable de 60 p. 100.
- Ainsi, l’on peut, dès à présent, ne pas dépasser, avec la turbine de Laval, par cheval effectif et par heure, les chiffres de consommation suivants :
- A 6 kg de pression d’admission, sans condensation — 14 kilos; avec condensation, le vide étant de 0,1 kg par cm2 — 7,75 kilos.
- A 10 kg de pression d’admission, sans condensation— 12 kilos; avec condensation, le vide étant de 0,1 kg par cm2 — 6,5 kilos.
- A 15 kg dépréssion d’admission, sans condensation — 10 kilos; avec condensation, le vide étant de 0,1 kg par cm2 — 6 kilos.
- Avec des pressions plus élevées, on arrivera à des consommations plus réduites encore, et c’est là le grand avenir de ces machines.
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- Nous sommes loin de Ja limite à laquelle pourront arriver les générateurs. Us travaillaient bien à 2 kg de pression et môme à la pression atmosphérique tout au début. Les pressions de 4 kg étaient considérées comme dangereuses. Nous sommes arrivés progressivement à 6, 10 et la kg. 11 n’y a pas de raison pour qu’on n’aille pas un jour jusque et au-dessus de 50 kg.
- Kg-,
- Fig. 294. — Courbes de la consommation réelle de vapeur par cheval effectif et par heure en fonction des pressions d’admission et d’échappement.
- TABLEAU IV
- Consommation de vapeur sèche par cheval effectif et par heure.
- PUISSANCE PRESSION D’ADMISSION A LA TURBINE EN KILOS PAR CM3
- 4 KIL. 6 Kir,. 8 Kir.. 10 KIL. 12 KIL. 14 KIL.
- kil. kil. kil. kil. kil. kil.
- 1° Échappement à l’air.
- 5 à 30 chevaux 25.00 23.00 21.50 20.00 19.00 18.50
- 50 chevaux 22.00 19.00 17.50 16.50 15.50 15.00
- 75 — 20.75 18.00 16.50 15.50 14.50 14.00
- 100 et 150 chevaux 20.00 17.25 15.50 14.1 o 14.00 13.50
- 200 chevaux 19.25 16.50 15.00 14.50 13.75 13.00
- 300 — 19.00 16.25 14.50 13.75 13.00 12.25
- 2° Échappement au condenseur. Vide 68 cent.
- 5 chevaux. 18.00 17.00 16.00 15.00 14.30 13.90
- 10 et 15 chevaux 17.50 16.50 15.50 14.50 13.80 13.40
- 20 et 30 — 17.00 16.00 15.00 14.00 13.40 12.80
- 50 chevaux 10.80 10.20 9.70 9.40 9.00 8.75
- 75 — 10.00 10.00 9.60 9.20 8.80 8.65
- 100 — 9.50 8.80 8.40 8.00 7.80 7.70
- 200 — 9.20 8.55 8.15 7.75 7.60 7.50
- 300 — 8.90 8.30 7.90 7.50 7.40 7.30
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- Or, les moteurs à pistons sont, pour des raisons qu’il est inutile de développer ici, incapables de travailler à ces pressions, tandis que les turbines de Laval pourront parfaitement utiliser la vapeur à n’importe quelle pression, puisque celle-ci est transformée en force vive avant d’arriver dans le moteur même.
- L’examen des courbes de la ligure 294 donne une idée de l’économie considérable qu’on pourra tirer des pressions élevées avec la turbine de Laval.
- La consommation de vapeur, pour les différents types des turbines de Laval, à partir de 5 jusqu’à 300 chevaux, en fonction de la pression d’admission et celle de l’échappement, est indiquée dans le tableau IV, p. 1523.
- Ces données sont confirmées par de nombreux essais de M. Compère, ingénieur directeur de l’Association parisienne des propriétaires d’appareils à vapeur, M. Vincotte, ingénieur directeur de l’Association pour la surveillance des appareils à vapeur en Belgique, M. Desjuzeur, ingénieur directeur de l’Association lyonnaise des propriétaires d’appareils à vapeur.
- Nous donnons ci-après l’extrait de quelques-uns de ces essais :
- EXPÉRIMENTATEURS TYPE do DURÉE de PRESSION MOYENNE VIDE MOYEN CONSOMMATION DE VAPEUR PAR CHEVAL EFFECTIF ET PAR HEURE
- MACHINE t/ESSAIj dauS LA TURBINE au CONDENSEUR A PLEINE CHARGE A MI-CHARGE
- E. Cederblom, professeur à chevaux heures kil. centim. kil. kil.
- l’École centrale de Stockholm. 50 8 8 07 9 )>
- Commission, composée de mem- 100 7 7.85 67 8.76 »
- bres du jury de l’Exposition de Bordeaux, 1895 100 8 7.88 65.88 I) 10.41
- Société anonyme des Filatures de Schappe à Troyes (essai de M. Chesnay, ingén. civil). . 200 5 )) 8.9
- « Edison Electric Illuminating C° », New-York 300 6 10 65 7.52 »
- On peut maintenant classer comme suit les machines précédemment décrites :
- Moteurs à, réaction : Héron (120 a. J. G.), Cardan (1350), Kempel(1787), Peel (1823), Giudicelli (1825), Réal et Pichon (1827), Fénéon (1828), Stoddard (1835), Poole et Pilorge (1835), Burstall (1838), Convers (1839), Staitte (1842), Landormy (1845), State (1852), Tetley (1854), Newton (1868), Farcot (1868), Brydges (1878), De Laval (1883), Howden et Hunt (1889).
- Moteurs à réaction combinée arec détente et condensation : Sadler (1791), Leroy (1838), Y. Rathen (1847), Prache (1864), Dumoulin (1884), Lagresille (1885), Parsons (1893).
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- Moteurs à réaction avec F intervention des liquides : Jacquemet (1837).
- Houes à vapeur : Giovanni Branca (1629),Cook (1787), Dietz (1821), Leach (1822), Passot (1838), Champavère (1839), Perroux (1850), Roch (1862), Appé (1865), Smith (1877), Lumley (1878), Cooper (1882), Webb (1882), Laliberty (1884), Allaire et Gautier (1890), Thompson et Nevard (1893).
- Turbines radiales centrifuges à axe vertical: Lainé Laroche (1844), Girard (1855).
- Turbines radiales centrifuges à axe horizontal : Pelletan (1838), Autier (1859), Brunner (1886), Parsons (1891), Edwards (1892), Terry (1893), Dow (1893), Husberg (1894).
- Turbines radiales centripètes à axe vertical: Leroy (1838-40).
- Turbines radiales centripètes à axe horizontal : Delonchant (1853), Parsons (1890), Mac-EIroy (1893), Bollmam (1894), Ferranti (1895).
- Turbines radiales mixtes (centrifuges et centripètes) : Hoehl, Brakell et Gun-ther (1863), Edwards (1876), Clark (1876), Cutler(1879), Imray (1881), Dumoulin (1884), Last (1885), Altham (1892), Morton (1893).
- Turbines axiales à axe vertical :Réal et Pichon (1827), Tournaire (1853), Ilannssen (1870).
- Turbines axiales à axe horizontal : Ewbank (1841), Romanet (1859), Perri-gault et Farcot (1864), De Laval (1889), Wrench (1894), Bollmann (1894), Hopkins (1894), Ferranti (1895).
- Moteurs mixtes (hélicoïdaux ou spiroïdaux) : Gauckler (1879), Farcot (1889), Hunt (1889), AVest (1889), Smith (1893), Husberg (1894).
- En fait de turbines à vapeur toutes sont des turbines ci réaction; sauf celle de De Laval, qui estime turbines d’action et la seule qui, jusqu’à présent, ait fait induslriellcment ses preuves.
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- OPTIQUE
- TÉLÉMÈTRES ISA RR ET STROUD RE LA MARINE ANGLAISE (1)
- Le principe de ce télémètre est le suivant. Si l’on vise avec un oculaire E2 (fig. 8) un point O (fig. 12) placé très loin, les images de ce point, réfléchies suivant Bj R, Lj Mx et B, IL, M.j E, par les miroirs Mj M, et R, R,, dont l’écartement représente la base A B
- Fig. 1 à 7. — Télémètre B art' et Slroud, plan de l’appareil avec son enveloppe, élévation avant et arrière de la cuirasse ^Échelle
- (fig. 12) s’alignent exactement comme en fig. 11, tandis qu’elles s’écartent, comme en fig. 10, d’autant plus que O se rapproche de AB; cet écartement peut donc servir à mesurer la distance O A de l’objet, visé. En réalité, la mesure ne se fait pas directement par l’observation de cet écartement, mais par celle que fournit un vernier qui fait pivoter
- (1 Institution of Mechitniral Kni/ineers. London, l’roecodings, janvier 18%.
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- TÉLÉMÈTRE DE LA MARINE ANGLAISE.
- 1527
- l’un des miroirs R, ou IL, jusqu’à ramener les images dans l’alignement. On voit en outre, par la fig. 9, qu’il n’est pas nécessaire que les rayons réfléchis par Rt et R2 tombent toujours sur les mêmes points des miroirs centraux M, et M, ou, sous une autre forme, que les déplacements du télémètre ou de l’objet n’altèrent pas l’exactitude relative des visées.
- Le télémètre doit pouvoir évaluer en temps clair et calme une distance de 3 000 yards (2 740) mètres) à 1 p. 100 près.
- Si l’on désigne (fig. 13) par D la distance minima, mais néanmoins très grande par rapport à é, que puisse mesurer l’instrument en voyant l’objet O sous l’angle
- maximum 0, cet angle sera donné par la formule 0=^; pour h — 1 1/2 yard (l111,37)
- et D = 250 yards (228 mètres), constantes choisies pour l’instrument, on a 0 = 21 minutes : c’est l’angle dont les subdivisions mesureront les distances depuis 250 yards jusqu’à l’infini. Soit maintenant (fig. 14) 0 l’angle minimum que l’instrument puisse apprécier; l’erreur absolue, dans la mesure de R, sera de dt d, ou de :
- drd —
- De
- d’où
- A D b
- ,i= dXD
- proportionnelle au carré de D, tandis que l’erreur relative ^ est proportionnelle à D. Pour
- 1 — 1 100, avec D = 3000 yards et b =
- 1 yard 1/2 (1"',37), il vient 0 = 1 200 000, ou environ une seconde. L’angle d’une seconde, ou de 1/3600 de degrés, est extrêmement petit, comme on peut s’en rendre compte par celui R2 de la fig. 15, qui est de 5 000 secondes. Sous une autre forme, cela revient à apprécier une différence cent fois plus petite que celle des angles O Rx R2 et O1 IL, R, de la fig. 16 ; la seconde ne pourrait guère se lire facilement au vernier que sur un cercle de 7m,50 de diamètre. La distance à laquelle la base b, de 1,5 yard, sous-tend l’angle d’une seconde est de 300 000 yards (274 kilom.) soit à l’horizon géométrique d’une hauteur de 500 mètres.
- Dans le télémètre de Patrick Odie (1860) (fig. 17) le miroir R2 était monté sur un bras A de 686 millim., pivoté en C par un micromètre S, qui aurait dû, pour évaluer une distance de 3 000 yards à 1 p. 100 près, avec b = 11 /2 yard, dénoncer un pivotement d’une demi-seconde ou un déplacement de sa pointe de 1/15 000 de pouce, condition pratiquement irréalisable.
- Dans le télémètre de Christie (1886) (lig. 18), c’est l’objectif L, qui, commandé par le micromètre S, se déplace perpendiculairement au tube de la quantité môme dont il
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- OPTIQUE.
- NOVEMBRE 1896.
- déplace son image, de sorte qu’il fallait, pour rétablir l’alignement des deux images, déplacer L de la longueur qui sépare en M2 (tig. 8) la ligne pointillée de la ligne pleine, soit, pour le cas précité, d’environ 1/8 000 de pouce.
- Le télémètre de MM. Barr et Stroud est (tig. 19) caractérisé parce que les images y sont amenées à l’alignement par un prisme achromatique P, d’angle très aigu, qui, lorsqu’il se déplace de P en P' (lig. 20), transporte l’image de G en C', et l’on peut faire PP' relativement très grand en faisant l’angle du prisme très aigu. Avec l’angle adopté, de 1/40 ou de 1° 1/2, le déplacement PP' est, pour une seconde d’angle, de
- 1 /200 de pouce (0mm,125)et de 150 millim. pour des distances D de 230 mètres à l’infini. Le 1 /200 de pouce peut s’évaluer à la loupe sans amplificateur micrométrique. Les déplacements du prisme se lisent sur une échelle S, solidaire du prisme, avec une exactitude par conséquent indépendante des jeux de la vis qui la commande: on voit, en lig. 21, que l’amplitude des divisions de cette échelle augmente en raison inverse de la distance D. Cette échelle, en ivoire translucide, éclairée par une lentille F et passant devant un index fixe I, est vue par une lentille F, en môme temps que E2, de manière qu’on lise la distance en même temps que l’on constate l’alignement des images. En outre, la partie inférieure de la lentille E forme avec F (fig. 22) un chercheur à champ très étendu permettant, comme l’indique la fig. 23, de viser rapidement l’objet. Les opérations se bornent donc : 1° à viser l’objet avec l’œil gauche en l’amenant au centre du champ de En où seulement il se trouve considérablement grossi; 2° à amener, avec l’œil droit en E2, sans quitter Eu les images à l’alignement ; 3° à lire la distance en Ej : il faut 8 à 10 secondes seulement pour faire une lecture.
- Dans leurs premiers appareils, MM. Barr et Stroud avaient remplacé les miroirs R, et R, (fig. 8) par des prismes à réflexion totale, mais leur fixation, nécessairement très rigoureuse puisqu’un déplacement angulaire relatif de 1/40 000 donne la seconde, était extrêmement difficile, de sorte que l’on revient aux miroirs de la composition indiquée par lord Ross : cuivre 126,4, étain 58,9, ou 4 équivalents de cuivre pour 1 d’étam. D'autre part, la disposition des miroirs centraux M, M, indiquée en fig. 24 présente l’inconvénient de n’avoir au foyer de E2 que leur point de croisement, et de ne définir ainsi clairement que la partie centrale do la ligne de séparation des deux images (fig. 10) et l’on ne peut songer à éviter cet inconvénient en renvoyant les deux images en avant de ces miroirs, ce qui les fait alors voir sous un aspect vague (fig. 25) plus ou moins superposées et d’un alignement difficile à préciser.
- Fis 21 -
- I ittttls YcLrris- Thou^Æ a-n~eL*
- ; 300 400 300 1 2 S *
- LL-.U 1 1 f1 I !ilillillltllllli 1 1 1 lllllllllllilllllllilllll
- Fig. 17 à 21. —Schémas des télémètres Adie (1860), Christie (1880), Barr et Stroud (1888) ; marche des rayons et détail de l’échelle Barr et Stroud.
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- TÉLÉMÈTRE DE LA MARINE ANGLAISE.
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- Le principe de l’ingénieuse disposition imaginée pour éviter ces inconvénients est représenté par les figures 28 et 29. Le rayon lumineux U, venant de l’extrémité de gauche du télémètre, est totalement réfléchi de la face f, du prisme M, sur la face f2, qui le renvoie en f;!, d’où il va, par une dernière réflexion totale, au prisme Ms, qui le redresse horizontalement vers l’oculaire E,. Le rayon venant de la droite du télémètre suit le trajet analogue marqué en pointillés, et si les deux objectifs de droite et de gauche sont disposés de façon que leurs images se forment dans le plan vertical passant par l’arête E du prisme M3, on pourra aussi disposer l’oculaire E2 de manière que ces images et cette arête soient au même foyer, les parties des deux images de part et
- Fig. 22 à 30. — Coupe du télémètre Barr et Stroiul par l’objectif F, et détail du biprisme.
- d’autre de l’arête étant alors complètement hors du champ visuel. En raison de sa finesse, l’arête du prisme M;) forme ainsi une ligne de séparation très nette entre les deux images et l’arriére de ce prisme peut être taillé en forme sphérique, de manière à constituer un oculaire de Ramsden redessant l’image comme l'indique (figure 29) le tracé de deux rayons, dont l’un, en gros traits, vient d’un point plus élevé de l’image que le rayon en trait fin.
- Si l’on vise, au lieu d’un mât de navire, comme en liguie 10, un point, comme un feu de phare par exemple, cas évidemment fréquent à la mer, il faut renoncer à la mé~ thode précédente d’alignement des deux images. On y a pourvu en disposant en A (fig. 50) entre les deux prismes M, et M,, une lentille cylindrique astigmate, que l’on peut retirer ou intercaler à volonté, et qui a pour effet de transformer les deux points
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- images du feu en deux traits (fig.26) faciles à aligner rigoureusement. La figure 27 représente l’effet produit avec ce système par la visée du projecteur d’un torpilleur en marche, dont les images se présentent sous l’aspect de deux systèmes de franges faciles à aligner.
- La monture du télémètre est constituée non par un tube, mais par une carcasse en
- barres de cuivre (fig. o à 7) de la section indiquée en W (fig. 37) reliées par des treillis soudés Z formant un ensemble léger, d’une grande rigidité, surtout dans le sens vertical, permettant l’accès facile et le montage exact de toutes les pièces et surtout se dilatant ou se contractant d'une façon tout à fait uniforme par les variations de la température. Celle carcasse est (figures a et 39) protégée des chocs par un tube qui l’enveloppe : on voit, par la figure 39, que la chaleur rayonnée par la moitié de cette enveloppe exposée au soleil se distribue presque uniformément au travers delà carcasse,
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- TÉLÉMÈTRE DE LA MARINE ANGLAISE.
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- tandis que si l’on remplaçait, comme en figure 38, cette carcasse par un tube, une moitié seule de ce tube serait chauffée, ce qui amènerait forcément une déformation de l’appareil. L’enveloppe de l’appareil est (fig. 31) constituée par deux tubes concentriques : l’intérieur en cuivre, l’autre en laiton émaillé extérieurement, et séparés par une couche d’air reconnue supérieure à une circulation d’eau. Ce montage doit être fait avec la plus grande précision, car une différence de température de 1 /*200 de degré entre l’avant et l’arrière du télémètre suffirait pour occasionner des erreurs supérieures à 1 p. 100 à 3 000 yards.
- La carcasse est assez rigide pour pouvoir supporter sans déformation permanente le poids d’un homme et, néanmoins, il suffit d’une pression de 60 grammes exercée en son milieu pour occasionner des erreurs : il
- A Pi,.
- faut donc soustraire la carcasse à tout effort de flexion. A cet effet, toutes les pièces accessibles sont attachées à l’enveloppe, dans laquelle la carcasse est suspendue en deux points à 432 millim. du centre : à gauche par un joint à la Cardan (fig. 31), à droite (fig. 32) par trois osselets S S S, qui lui permettent de se dilater, de pivoter et de s’incliner librement et la soustraient à toute influence des efforts exercés sur l’enveloppe. La distance exacte des points de suspension de la carcasse au centre de l’appareil — 432 millim. environ — est déterminée expérimentalement de façon que la carcasse reste parfaitement droite sous la réaction de ces points d’appui.
- La vis G de l’échelle est ^fig. 33) commandée, des molettes H, sur lesquelles il suffit de passer les doigts, par le train hélicoïdal Wj W2, à joint universel c,i L c2 (fig. 35 et 36) dont elle ne subit que des efforts de rotation : son diamètre est de 8 millim., à double filet, avec pas de 20 au pouce (lmm,25) et elle attaque la barre P par deux écrous Nx N,, de 127 1/2 millim., écartés de 50 millim. taillés et fendus dans un écrou unique de 25 millim. préalablement rodé sur lavis, de manière à donner, avec un centrage parfait, l’équivalent d’un écrou de 75 millim. de long.
- Le porte-prisme D est fileté sur une douille K, rainurée sur l’arbre R, à paliers Q, 0,, que l’on peut tourner par V au moyen d’un joint universel analogue au précéden ! ce qui permet d’ajuster le prisme de façon que l’alignement des images de l’objet visé corresponde bien à l’indication exacte de sa distance par l’échelle (scalp fig. 34) solidaire delà plaque P qui, entraînant K par le collier F, laisse K libre de tourner pour ce réglage sans faire bouger l’échelle. Ce réglage s’opère donc très simplement en amenant par Y la coïncidence des deux images d’un point visé à l’infini : une étoile par exemple. Il faut, en outre, que les deux parties alignées forment bien, comme en fig. Ll, une seule image, sans discontinuité trouble ni superposition de part et d’autre
- Fig. 37 à 40. — Télémètre Bcirr et Sti'ond. Détail de la carcasse et du collimateur.
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- CONSTRUCTIONS .
- NOVEMBRE 1P90.
- de leur ligne de séparation. On y parvient en déplaçant l’une des deux images par rapport à l’autre perpendiculairement à leur ligne de séparation. A cet effet, l’on interpose sur le trajet des rayons de l’objectif de gauche une plaque de verre à faces planes G (lig. 40), pivotable par la vis Ht autour de l’axe J, et qui, ainsi, abaisse ou relève l’une des images suivant le sens de ce pivotement.
- G. II.
- CONSTRUCTIONS
- LA PLUS HAUTE MAISON DE NEW-YORK
- Cette maison, actuellement en construction, dont la principale façade est représentée par la lig. 2, aura 27 étages, non compris les trois étages de ses clochetons, dont le sommet s’élève à 106 mètres du sol. Le plan assez irrégulier de l’édifice indique (fig. 1)
- Fi<>\ 1. — Plan des fondations.
- les trois façades do 61, 6 et 12 mètres, avec une profondeur maxima de 47 mètres et une superficie totale couverte de 1400 mètres carrés environ (15 000 pieds carrés). Comme dans toutes les constructions de ce genre, le squelette du bâtiment est constitué par une carcasse en acier — dont la fig. 4 donne bien une idée générale — extrêmement légère, et sur laquelle se logent les parements, cloisons, parquets, etc., qui donnent à l’ensemble l’aspect d’une construction en pierres et briques. D’une manière
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- LA PLUS HAUTE MAISON 1)E NEW-YORK.
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- Fig. 2 et 3. — Maison de Parle Ilow. Façade principale.
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- générale, ces pierres et briques ne supportent rien; elles sont, au contraire, supportées par l’armature d’acier.
- La fondation repose tout entière sur 3 500 pilotis en sapin de 250 à 430 millim. de diamètre, non écorcés, enfoncés de (i mètres dans un lit de sable, arasés à 10‘",50 au-dessus du niveau de la rue, disposés à 450 millim. l’un de l’autre en rangées écartées
- de 0111,00 d’axe en axe. Charge maxima par pilotis, 16 tonnes. Après pilotage, on recouvre le sol, jusqu’au niveau de la tète des pilotis, d’une couche de béton damée formée de 1 de sable de Porlland pour 2 de sable et 5 de pierre en morceaux de 60 millim. au plus
- •Q*fh*k H
- Fiar. 5.
- de côté; sur ce béton, reposent les dalles de granit de 25 centimètres d’épaisseur (fig. 5) supportant les socles en briques avec chapiteaux de granit de 30 centimètres d’épaisseur pour recevoir les colonnes de la carcasse ou leurs semelles d’appui.
- Ainsi que l’indique le plan (fig. 1) la plupart de ces colonnes reposent sur des semelles ou poutres d’appui, avec (fig. 6) grils de fer à I posés sur ces blocs ou dés
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- LA PLUS HAUTE MAISON DE NEW-YORK
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- de fondation. Quelques-unes, à l’intérieur, reposent sur les dés de fondation avec grils. La longue poutre du Theater Àlley repose sur 61 fers à I de 0IU,30 d’épaisseur, pesant 50 kil. par mètre, et de lm,20 de long; les poutres d’appui des colonnes G7G8
- 3 Cover Plaies
- 3 ComPlates
- Détail d'une poutre d’appui et de son gril
- (1 et 7.
- ont 13 fers à I de O"1,38 sur 2,u,28 de long et 11 de lm,3l), celles des colonnes A, et U, ont 20 fers de 0,ll,38 sur 2m,68 et 4 de 2 mètres. Les grils des colonnes isolées ont deux
- AU Materiat Steel. AU Rivets i
- Half Sectional Plan. •• 14 3%C.1oC.ofCo/umrts-----------------
- K -
- K - 32
- 5Cover Pts, 3Ç'
- 4 Web Pif 72"
- Fig. 8 à 10. — Poutre d’appui du Theater Alley.
- rangées de fers en I : l’inférieure de 15 fers, à 63 k. par mètre, et la supérieure de 21 fers de 100 à 120 kilos par mètre. Ces grils posent sur les granits des blocs par un lit de ciment de 60 millim. d’épaisseur. Quant aux poutres ou semelles d’appui posées sur les grils, leur longueur varie de 2m,i0 à 15 mètres et leur hauteur de lu,,10 à 2m,ll :
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- celle de la façade du Théâtre Alley de 15 mètres de long, de tul,80 d’épaisseur à l’âme et de 0m,80 de large à la semelle, pèse 47 500 kilos.
- Toutes les colonnes, différentes les unes des autres en raison de la disposition irrégulière du bâtiment, sont en forme de section creuse rectangulaire simples (flg. 11) ou doubles (fig. 12) avec encorbellements à chaque étage pour en supporter la maçonnerie, puis reliées entre elles par des contreventements horizontaux et verticaux réservant les logements des planches, cloisons, fenêtres à cadres en fonte, etc. L’ossature en acier doit peser environ 9 000 tonnes : acier moyen; résistance à la rupture de 42 à 48 kilos, avec un allongement minimum de 20 p. 100 sur 200 millim. et striction minima de 40 p. 100.
- Le parement ou remplissage de la façade représentée en fig. 2 est en granit jus-
- Fig. 11 et 12. — Colonnes simple et double.
- qu’au haut du troisième étage, puis en calcaire de l’Indiana jusqu’au sixième, le reste en briques, terre cuite et pierre grise. Toute la maçonnerie au-dessus du sol est faite au mortier de ciment, recouverte d’une couche imperméable d’asphalte posée à chaud et de papiers : la plate-forme du toit est recouverte de trois couches alternées d’asphalte et de papier. Les planchers seront probablement en voussoirs de terre cuite assemblés au ciment et recouverts d’un béton de cendres, du poids de 220 à 230 kilos par mètre carré suivant l’épaisseur des poutres en fer à I de 250 ou 380 millim. et pouvant supporter une charge uniformément répartie de 2 400 kilos par mètre carré; les cloisons seront en terre cuite de 75 millim. d’épaisseur.
- Le bâtiment sera desservi par 15 ascenseurs hydrauliques; ceux destinés au public à cabines de 2m,05 de côté, essayés avec une charge de 2 350 kilos, marcheront à la vitesse de 31U,50 par seconde qui paraîtrait, en France, absolument effrayante (1).
- G. R.
- (1) Engineering News, 8 octobre 1896.
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- MÉTALLURGIE
- Le feu et l’acier a la température du soudage, d’après m t. wrightson (I).
- Une houle do tonte plongée dans un bain de fonte en fusion va au fond, surnage, puis fond elle-même; des expériences exécutées par Al. Wrightson, avec de la fonte grise du Cleveland, ont donné, pour les poids spécifiques de la fonte à la température ordinaire, en fusion et à l’état pâteux, les valeurs de 6,95, 6,88 et 6,50. En un mot, dans son passage de l'état liquide à l'état solide, le poids spécifique de la fonte serait minimum au moment même de la solidification, avec une augmentation de volume d'environ 6,92 p. 100 du volume à l'état solide. Si l’on prend pour unité le volume spécifique de la fonte liquide, celui de la fonte solide est de 99,98 et celui de la fonte pâteuse de 105,85. Quand on passe de l’état pâteux à l’état liquide, il y a donc une contraction de la fonte, comme dans la fusion de la glace, ce qui a conduit â supposer une analogie entre les phénomènes de la soudure et du regel. On sait, d’autre part, que pour l’eau, le point de congélation s’abaisse par la pression; il était donc intéressant de vérifier si, aux températures critiques assez rapprochées entre lesquelles s'opère la soudure, la température du fer s’abaissait par la pression ou par le choc. Ce fait a pu être vérifié grâce â l’emploi d’un pyromètre thermo-électrique placé au point de contact des deux barres de fer approchées dans les mâchoires d’une soudeuse électrique Thomson Houston. Dès que la projection thermo-électrique indiquait, par sa fixité, l’arrivée à la température du soudage, on pressait les barres l’une sur l’autre; on observait alors un abaissemeut de température, qui, à 1 400° par «Exemple, et pour une pression de 81 kilos par centimètre carré, a été de 57°. maximum obtenu dans ces expériences. Ce phénomène s’est produit entre les températures limites de 1 300u et 1 420°. Il semble, qu’entre ces températures, le choc du marteau, déterminant un abaissement du point de fusion, augmente la plasticité du fer ou la mobilité de ses molécules suffisamment pour expliquer le phénomène de la soudure â des températures notablement inférieures â celle de la fusion du fer (1 600° environ).
- (J) Phtlosophical Transactions of thc Hoi/al Socictij London, vol. 186 (A ; pari. 1, p. 508.
- C. R
- Tome I. — 95e année. 5e série.
- Novembre 1896.
- 100
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- notes de mécanique
- MACHINE VEKTICAU; K Al* IDE A TlUl’LE EXPANSION MAC INTOSH ET SEYMOUIi (1)
- Cotte machine, qui peut être considérée comme l’un des meilleurs types de machines à grande vitesse américaines, est remarquable par sa distribution avec tiroirs à grille et par quelques détails de construction destinés à assurer à ses pièces mobiles la plus grande légèreté possible. D'une puissance de 2 150 chevaux nominaux, elle peut, en outre, être citée comme un témoignage de la boulance assez générale aujourd’hui, prin-
- ___a
- Fig. 1 et 2. —Machine Mac Intosh et Seymour. Elévation et coupe verticale.
- cipalement aux États-Unis, à remplacer, dans les ateliers, les machines horizontales par les types verticaux [dus ou moins inspirés des machines marines (2).
- La machine représentée par les ligures 1 à 11 est directement accouplée à l’arbre d’une turbine hydraulique faisant 232 tours par minute, condition évidemment défavorable, mais imposée par les circonstances; les cylindres sont au nombre de quatre, disposés pardeux entandem : undehaute pression (diamètre d = 570 millim.), un de moyenne pression ou intermédiaire (d' = 915 millim.), et deux de bassepression,
- (1) Bulle lin d’août 189 p. t9(î et 512.
- (2) Bulletin de mars 1895, p. 219.
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- MACHINE VERTICALE RAPIDE A TRIPLE EXPANSION.
- Hi3<>
- de diamètre D = lm,01 : course commune de 560 millim. : rapports des volumes d - 2 D2 2 1)-
- — = 2,56, —— = 2,-47, —77—6,62 : vitesse movenne des pistons 4m,25 par seconde : cb ’ d - d- “ 1 1
- deux manivelles à 00°, actionnées l’une par le cylindre de haute pression et un de
- basse pression, l’autre par le cylindre intermédiaire et un cylindre de basse pression.
- La distribution du cylindre de haute pression, analogue à celle décrite à la page 5-42
- de notre Bulletin d’aoùt 1894, est contrôlée par un régulateur direct faisant varier les
- admissions de 0 à 90 p. 100 de la course : les autres cylindres sont pourvus de tiroirs
- Fig. 3. — Machine Mac Intox h et Seymour, vue de côté à droite de la lig. 1.
- à grille équilibrés, donnant de grandes ouvertures avec une très faible course, de 20 millim. seulement, et un espace nuisible très réduit. Les tables de ces tiroirs sont faciles à remplacer et l'on peut faire varier leur distribution à la main au moyen du petit volant indiqué à gauche de la ligure 3.
- Ainsi que l’indique la ligure 6, les bielles, de lm,50do long, sont percées d’un trou sur toute leur longueur, ainsi que le tourillon de la petite tête, dont la portée a 250 mil-lim. de long sur 150 de diamètre; les coussinets do grosse tête, on acier coulé, avec garniture en Babbitt, ont 355 millim. de long sur 250 de diamètre; ils sont serrés à fond, par des boulons maintenus chacun par une petite vis de pression, sur dos lamelles d’acier interposées d'épaisseurs variables, retenues par deux prisonniers cl
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- NOVEMBRE -1890.
- qui permettent de rattrapper facilement les jeux; quant à la crosse des pistons, elle est formée (figure 8) d’un simple patin en bronze phosphoreux très léger, vissé sur l’extrémité de la tige, qui est en forme de tête de bielle.
- L’arbre de couche est en acier au nickel comprimé en fusion et forgé à la presse ;
- Fig. 4 à 7. — Machine Mac hitosh et Seymour. Coupes orthogonales d’un cylindre de basse pression et détail d’une bielle motrice.
- de w250 millim. de diamètre, percé d’un trou de 75 millim. de diamètre, il pèse 25 tonnes et est en deux pièces réunies par un accouplement par brides, avec interposition d’une fourrure en acier {Steel Plate, fig. H) de manière à permettre, en les désaccouplant, de pouvoir, en cas d’avarie, marcher avec la partie gauche seule (fig. 1) de la machine en ne développant, il est vrai, et dans de mauvaises conditions, que 75 p. 100 de la puis-
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- MACHINE VERTICALE RAPIDE A TRIPLE EXPANSION.
- 1541
- sance totale. Les disques contre-poids, fixés aux manivelles par boulons et clavettes, sont pourvus (ftg. Il) d’anneaux'de friction portant sur les joues des coussinets; ils équilibrent le tiers du poids de l’attirail, bielles et pistons, du côté du cylindre de haute pression et les 0,3 de ce poids de l’autre côté.
- Les paliers de l’arbre de couche sont à garniture Babbitt avec circulation d’eau
- i
- Fig. 8 à 10. — Machine Mac lnlush et Seymour. Détail de la crosse d'une bielle.
- facultative. Les pistons sont en acier fondu. Le stufling box est remplacé (fig. o) entre les deux cylindres de chaque paire, par une longue douille métallique.
- Le cylindre de haute pression est enveloppé sur les parois et sur les fonds, et, d’un
- Fig, 11. à IL — Machine Mac fntos/i et Seymour, détail d'un contre-poids do manivelle et de l'arbre de couche.
- cylindre à l’autre, la vapeur traverse des réservoirs intermédiaires tubulaires chauffés par la vapeur vive de la chaudière: la vapeur d’échappement traverse, avant d’arriver à son condenseur d’injection, un réchauffeur qui élève de 23° la température de
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- NOVEMBRE 1896.
- l’eau d’alimentation. Le graissage est assuré par une circulation continue d’huile indiquée en ligure I, alimentée par une pompe au travers d’un liltre.
- Avec une pression d’admission de 13 kilos et une puissance de 1 725 chevaux effectifs, la dépense aurait été de 0'\630 de charbon par cheval-heure (1).
- US T R A .NC II A NT O IS S RASOIRS, ]) ’ A PRIS S Al. A1ALLOCK (2)
- Pour mesurer l’angle de ce tranchant, M. Mallock emprisonna le bord de la lame entre deux petites plaques de verre 13x1,5 milliui., serrées par une pince A (tig. J 5). Au microscope, et sous l'éclairement d’une Ranime de soude perpendiculaire à la lame, il se développait des franges, dont le nombre N, du plan de contact des plaques entre elles, en A, jusqu’au sommet du tranchant, donnait la longueur RE en demi-longueurs d’onde. Le quotient de la distance BI), mesurée au micromètre, par la largeur des franges aux environs du tranchaut, où l’on peut considérer les plaques comme tout à fait planes, donne, ajouté à N, le nombre des demi-longueurs d’onde renferme'es en DE.
- Ces mesures faites, on plaça sur la lame du rasoir une plaque de verre plane, comme enfig. 16, et l’on compta le nombre des franges ou raies d’interférence entre le tranchant et une parallèle distante de RD à ce tranchant, en répétant l’observation dans les deux positions PH et PI de la plaque de verre et en mesurant l’angle HPI de ces deux positions. Si le tranchant était constitué parla rencontre de deux plans exacts, il n’y aurait pas de franges entre ces plans et les plaques appliquées rigoureusement sur eux.
- Soil (Ilg. 17 KL, l’épaisseur du tranchant, on a
- KL = D E' — /TV F + G FA) — s F K + L G)
- d’où, en désignant par
- e, la longueur des franges près du tranchant.
- »i )
- et | le nombre des franges en D B (fig. 1) de chaque côté de la lame,
- n> )
- et posanl I) B = a H P I = 0,
- les équations D'E' = DE = ~ À ^
- 0
- Ü1 fr GF = 2a Sin -
- 0
- â
- t h -f- LG — (/?i -j-
- d’où
- KL
- - ( N — /ii — n-> + - j — 2a Sin
- Four le rasoir en question, on avait N = 85/ii = 3??0
- 2- — 8a—O pouce 00403 et Sin,
- d’où, puisque, pour la flamme du sodium» A — 0 pouce 0000116.
- KL = 0,0000116 x 88 — 0,00405 x 023
- KL est donc, au plus, de 0,00001 pouce(l/4000 de millimètre) et, en supposant au tranchant la forme indiquée en pointillés sur la ligure 17, son rayon de courbure 11e dépasse pas 1/200000 de pouce, ou 1/8000 de millimètre.
- Un poil de barbe de 0 pouce 0023 de diamètre (0 m/m 14) encastré à un bout et chargé à 3 millimètres, d’un poids de 1/2 grain (0«r,03) se courbe de 30°, courbure qu’il prend sous la coupe du rasoir à cette distance, 3 millimètres, de la peau. Lorsque Je tranchant de 1 /4000 de
- (1) American Machinist, 29 octobre 1896.
- (2) Proceedtngs of lhe Royal Society. London 16 oct. 1896, p. 164.
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- LE TRANCHANT DES RASOIRS.
- i 543
- millimètre a pénétré de 0mm,10 dans le poil, la surface de contact du tranchant est de 1/40000 de millimètre carré, ce qui, pour une poussée de 0«r,03, dorme une pression de lkH:,200 par milli-
- mètre carré, chiffre qui paraît notablement infér ieur à celui de la pression d’écrasement de la corne, de sorte queM. Mallock considèrel évaluation de l’acuité du tranchant ainsi faite comme trop forte. Elle est néanmoins intéressante a signaler comme donnée approximative sur une grandeur dont on se fait difficilement une idée.
- T U HE DE .NIVEAU D EAU INC A SS A H EK NV A T S O N
- Dans cet appareil (fig. 18;, le tube en verre, libre de se dilater dans d<‘s slufling box à garniture d’amiante, est enveloppé d'une gaine à fenêtres de talc avec admission de vapeur de la
- chaudière dans l’espace compris entre la gaine et le tube, qui se trouve ainsi a la fois équili bré et soustrait aux variations de température qui en déterminent si souvent la rupture dans
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- 4 544
- NOTES DE MÉCANIQUE.
- NOVEMBRE I B0(»
- les dispositifs ordinaires. En outre, la rupture de ce tube ne présente plus aucun danger. Quant au talc, il résiste parfaitement aux variations de température les plus brusques, et, parait-il, ne se ternit pas (1).
- Ql'Kl.yi'ES APPLICATIONS ni-: RO ELEMENTS SC li BILLES
- Dans le dispositif pour essieux de chemin de fer représenté par la ligure 21, la fusée porte un collet en acier trempé A, calé sur elle, et deux collets B, Bo, rainures, mobiles longitudinalement entre A et le collet fileté D, mainlenu par la rondelle E et le conlre-écrou F. Ce collet I>
- permet de rattraper les jeux. La boîte à graisse, en deux pièces, peut facilement s’enlever et renferme juste assez d’huile pour y baigner les billes au bas de leur course ; ses colliers CC2. à pans inclinés à 45° comme les autres, sont libres dans la boîte. Les billes ont 23 millimètres
- Fig. 23 à 27. — Boite à billes de lu Sidepressure Bail Beat ing C"
- de diamètre. D’après 'la Railroad Gazette, ce dispositif réduirait de 00 p. 100 le frottement -ce qui parait optimiste — et cela sans aucun danger de chauffage.
- Le roulement représenté par les figures 23 à 27 a de particulier que la charge n’est pas supportée directement par les billes, mais par les deux bras horizontaux d’une paire de leviers coudés montés sur couteaux, dont les bras verticaux reportent cette pesée sur deux collets à
- (1) The E?igim>er,23 ocl. 1896, p. 425.
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- QUELQUES EXEMPLES DE ROULEMENTS SUR IULLES.
- 1545
- billes posés sur la fusée, et qui appuient ces billes sur deux collets rainurés et butés sur la fusée. Cette disposition aurait, paraît-il, l’avantage de réduire considérablement les dangers de grippement des billes par la rencontre, par exemple, d’un grain ou d’une paille entre deux chemins de roulement rigoureusement iixes.
- Daus le roulement pour bicyclettes de la Wattham Watch C°, les billes sont (fig. 28) main-
- tenues à l’écartement par des plaques ou étoiles giQo, folles dans les roulements b1} qui permettent de réduire le nombre des billes en assurant leur écartement.
- Enfin, tout récemment, M. Mac Gloin a proposé, pour les fusées de tramways, le roulement sur galets représenté par les figures 31 et 32, qui réduit aussi considérablement le nombre des galets ou rouleaux E, et peut s’adapter facilement (1).
- Les figures 33 à 36 représentent l’application d’un écrou Lieb (2) à un ascenseur à vis commandée pour une dynamo. L’écrou, en acier trempé, est meule par une machine spéciale; le-billes, de 12 millimètres et demi de diamètre, y supportent des pressions allant jusqu’à 120 kilos
- au maximum : diamètre extérieur de la vis 100 millim., pas 30millim. L'appareil porte à droite un écrou de sûreté —Safcty-nul— qui à la fin de la course de la cabine, vient buter sur uncollel de la vis, dont le frottement l’entraîne, et, avec lui, l’écrou moteur. De même, quand la cabine est arrêtée accidentellement pendant la descente, les câbles se relâchent et les ressorts indiqués à droite de la figure 65 appuient l’écrou de sûreté sur les filets de la vis [Serein), dont le frottement l’entraîne comme précédemment, de sorte que l’écrou moteur cesse de s'avancer sur la vis (3),
- (1) American Machinist, 13 oct. J806.
- (2) Bulletin de novembre 1891, p. 782.
- (3) American Machinist, 8 octobre 189(1.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- NOVEMIJRE 1896.
- Les figures 37 à 39 représonlent une antre application du roulement sur billes aux ascenseurs à vis. La butée de la vis a, toujours en tension, est supportée par 180 billes disposées, entre les doux plateaux d el c, dans les trous d’une plaque-guide rangés en une double
- zr-„
- \ \ 1 V
- l’ig. 33 à 36. — Ecrou à billes Lie b, coupe longitudinale, coupes verticales AB et CD. Détail de l'écrou de sûreté' Sa/efij-mtl.
- Butée à billes Sprayi/e pour ascenseur à vis
- Fi y. 37 à 39,
- spirale telle que les trajectoires des billes se recouvrent l’une l’autre et utilisent foule la surface des plateaux sans les creuser. Le plateau d, rainure sur a, est ajusté par l’écrou e, avec interposition d’une fourrure en plomb, et le plateau fixé c est aussi appuyé sur
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- QUELQUES EXEMPLES DE ROULEMENTS SUR B JL LES.
- J 547
- une fourrure en plomb. Lu. diurne maxiina de ces plateaux est de 30000 kilos, soit 107 kilos par bille. A l’extrémité de la vis a se trouve, entraînée par le manchon gh, une poulie f, à frein serré par un électro-aimant /. avec ressort de rappel(1).
- Fig. K).
- M. BabOill adonné, pour calculer le diamètre D du cercle du roulement des billes de diamètre S et tangentes en U fig. 40, la formule
- RO ___ S
- AH — ÏÏ
- d’oii
- Sin RAC = Sin
- 180"
- Sin
- 180"
- On trouve encore un remarquable emploi des roulements sur billes dans la transmission pour vélocipèdes de Trcprcau, représentée par les figures 41 et 42. Les pédales Q attaquent l’essieu E de la roue, de chaque cédé, par un engrenage O', à denture intérieure o, avec roulement sur billes R, en prise avec un pignon O, solidaire de E, à galets N, et monté sur bille
- Fig. il et 43. — Roulomeut de vélocipèdes Trépreau.
- en J. Les roulements sur billes sont chacun en deux anneaux filetés de manière à pouvoir facilement se régler; ils sont abrités de la poussière, dans leurs boîtes Kset CE, parties garnitures M et P; le graissage se fait par U.
- Les roulements sur billes fournissent parfois une solution très simple de problèmes assez compliqués; tel est, par exemple, le cas de la transmission différentielle pour tricycles de
- (1) American Machinisl, 22 oct. 1896.
- (2) American Machinisl, 8 octobre J896.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- NOVEMBRE 1890.
- Vernon Boys, représentée schématiquement par les ligures 43 et 44. Dans cette transmission, l’essieu sur lequel sont calées les deux roues motrices du tricycle est en deux parties A et A réunies par le boulon F O, à serrage K et billes L, roulant sur G 11 et les plateaux coniques R B', solidaires respectivement de A et de A'. La roue à chaîne 1) entoure ces plateaux par un
- Fig. 43 et 14. — Dilïérenliel ù billes Vernon Boyÿ.
- polygone arrondi donl les angles L coincent les billes G dans la gorge en V formé par le deux plateaux B et B' de manière à les entraîne)' dans sa rotation; mais, si comme dans un tournant par exemple, l’une des deux roues de l’essieu présente plus de résistance au roulement que l’autre, les billes G pivotent autour d’axes à peu près radiaux de manière à permettre aux roues de prendre des vitesses inégales.
- JET A BOl'LE LIBRE DE L AMERICAN BALE NOZZLE COMPANY
- Ainsi que l'indiquent les figures 43 et 4G, cet appareil se compose d’une lance à deux jets : l’un de forme ordinaire, l’autre à cône renversé, fermé librement par une boule. Un robinet à trois voies, dont les positions sont déterminées par des taquets, permet d’envoyer l’eau a
- Fig. 45 à 49. — Jet à boule libre de Y American Bail Nozzle C°, lance de pompier et borne fixe.
- volonté dans l’ajutage ordinaire ou dans l'ajutage à bille. Le fonelionnement de ce dernier est très curieux en ce sens que, loin d’être rejetée par l’eau, la boule est au contraire repoussée par la pression atmosphérique et maintenue automatiquement dans son cône, quelle que soit la position horizontale ou verticale de ce dernier. [L’eau s’échappe autour de la boule en
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- JET A BOUEE LIBRE DE L « AMERICAN BALL NOZZLE COMPANY ».
- 1549
- une nappe conique très étendue, par exemple de 18 mètres de diamètre pour un orifice de 5 millimètres à la naissance du cône et une pression de 3k,6. L’expérience a démontré qu’il se produit, par l’entrainement de la nappe, entre la boule et le sommet du cône, un vide qui explique sa fixité. L’épanouissement du jet en nappe conique permet d’employer très avantageusement cet appareil dans les incendies : la nappe constitue comme une sorte d’écran qui permet de pénétrer dans des pièces inaccessibles sans cela; l’eau, mieux employée par son étalement, cause moins de ces dégâts, souvent comparables à ceux mêmes du feu, et enfin le recul de la lance est considérablement atténué, de sorte qu’un seul homme peut facilement manier une lance qui, à jet plein, en exigeait trois ou quatre. Grâce à ses avantages, cet appareil s’est rapidement répandu aux Etats-Unis. On comptait en août 189a plus de cent trente compagnies d’assurances l’ayant adopté pour leur service d’incendies (1).
- Les figures 47 à 49 représentent l’adaptation du système à un tuyau d’arrosage : il suffit de tourner convenablement la douille 31, appuyée par le ressort 30, pour amener ses trous (fig. 48) à la boule en 3G ou au jet plein en 33; des cliquets 17 fixant 31 dans chacune de ses positions par leur prise dans les encoches correspondantes de 30.
- G. R.
- (I) Journal of lhe Franklin Institute, août, 1895, p. 127.
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- PROCÈS-VERBAUX
- Séance du 23 octobre 1891).
- Présidence de M. Maseart, président.
- En l’absence de 3/. Collignon, retenu par une indisposition, M. Aimé Girard dépouille la correspondance.
- 11 fait part de la mort de M. S.-C. Roussel, membre de la Société.
- M. P. Gilbert, fabricant de crayons à Civet, remercie la Société des médailles accordées à deux de ses anciens ouvriers.
- MM. Marié et Juillet remercient la Société de leur nomination comme membres.
- M. Humilie, ancien instituteur à Cran, a présenté cà la Société, il y a deux ans, un casier numéroteur scolaire, qui, en 1887, et sur le rapport de M. le général Sebert, lui a valu une médaille d’argent, et, successivement, trois annuités de brevet. Après de grandes difficultés, cet appareil est aujourd'hui adopté et inscrit au Bulletin de l’instruction publique. M. Hamille, à la suite de ce succès, a tenu à remercier la Société du concours qu’elle lui a prêté.
- M. Paul Gilly demande une annuité de brevet pour un appareil passe-escarbille et laveur de légumes. ( Arts économiques.)
- M. Robin demande une annuité de brevet pour un nouveau système de tricotage des bas. (Arts mécaniques.)
- M. Clermont demande une annuité de brevet pour un outil de cordonnerie. (Arts économiques.)
- M. F 'rançois Martin demande une annuité de brevet pour un piège à rats perpétuel. (Agriculture.)
- M. Rocques fils demande l’aide de la Société pour plusieurs invçptions mécaniques : distribution de machine à vapeur, scie à ruban, moulin à vent. (Arts mécaniques.)
- M. A. Basin, appareil pour augmenter la vitesse des paquebots. (Arts mécaniques.)
- M. L. Chaillou de l'Étang demande une annuité pour un paquebot réservoir pour le transport des poissons vivants. (Arts mécaniques.)
- M. Goret demande une nouvelle annuité de brevet pour son niveau métal-lique. (Arts mécaniques.)
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- PROCÈS-VERBAUX.
- NOVEMBRE 1896.
- 1551
- Correspondance imprimée. — M. A. Girard présente au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages mentionnés à la page 1394 du Bulletin d’octobre 1896.
- M. Delnurier présente un moulin universel et un moteur à vapeur instantané. (Arts mécaniques.)
- J/. J. Krebs, turbine à vapeur. (Arts mécaniques.)
- M. O.Jenin prie la Société de lui faire connaîlro sa pensée au sujet de sa théorie de /’Electricité.
- Communications. — M. Brillié, ingénieur à la Compagnie de l’Ouest, et M. Gossart, professeur à la Faculté des sciences de Bordeaux, présentent : M. Brillié, une communication sur Y Appareil auto-indicateur de la Compagnie de l’Ouest pour diagrammes de machines à vapeur, et M. Gossart, une nouvelle lampe à acétylène arec réglage capillaire. Ces communications, difficiles à résumer clairement sans figures, sont renvoyées aux Comités de mécanique et îles Arts économiques.
- Séance du 13 novembre 1896.
- Présidence de M. Mascart. président.
- MM. Collignon et Aimé Girard, secrétaires, dépouillent la correspondance.
- Ils font part de la mort de M. Dulae. membre de la Société, bien connu par ses beaux travaux sur la chaudière à vapeur, qui lui ont valu, en 1894, un prix de 3 000 francs de la Société d’Encouragement. M. I). Légat, lauréat de l’un de nos prix Giffard en 1896, vient également de succombera la suite d'une longue maladie.
- M. Aubert, au port Condrieu (Khone), présente un mécanisme pour voiture à vapeur. (Arts mécaniques.)
- M. J. Salomé, à Montreuil-sur-Mer, attire l’attention de la Société sur son procédé permettant de remplacer l’essence de térébenthine par le pétrole dans la peinture du bâtiment. (Beaux-Arts.)
- MM. E. Do nard et G. Boulet présentent, pour concourir au prix pour Yutilisation des résidus industriels, un mémoire sur Yutilisation des sous-produits de la distillerie et des industries similaires.
- M. Livache, ingénieur civil des mines et membre de la Société, présente un très intéressant mémoire sur les Procédés de traitement des ordures ménagères à Philadelphie et à New-York et leur application au traitement des ordures ménagères de la Ville de Paris. (Comité d’Agriculture.)
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- PROCÈS-VERBAUX
- NOVEMBRE 1896.
- Correspondance imprimée. —MM. le* Secrétaires présentent au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages mentionnés à la page 1560 du présent Bulletin.
- Nomination d’un membre de la Société. — Est nommé membre de la Société M. Kreutzberger, ingénieur mécanicien, présenté par MM. Mascart et Bruit.
- Rapports des comités. — Sont présentés et approuvés les rapports suivants : au nom du Comité des Arts mécaniques :
- M. Hirsch, sur la Turbine Hercule perfectionnée de MM. Singrun frères, à Epincd (page 1409 du présent Bulletin).
- M. Simon, sur le Débrayage automatique de M. Franchet (p. 1417).
- Au nom du Comité des Arts économiques :
- M. Violle, sur les Globes diffuseurs Frédureau ip. 14211.
- Communications. — M. Grenef fait une communication sur des recherches expérimentales sur les verres, exécutées sous les auspices de la Société dé Encouragement.
- M. Grenet remercie toutes les personnes qui oui bien voulu s'intéresser à ces recherches : M. Halon de la Goupillère, directeur de L'École des Mines, et Les professeurs de cette école qui lui ont ouvert leurs laboratoires et l’ont aidé de leurs conseils; les industriels qui ont gracieusement offert les ressources nécessaires pour cette étude : M. de Gourmay, gérant de la Compagnie des Mines et propriétaire des verreries de Blanzy, M. Solvay et la Compagnie de Saint-Gobain.
- La première série d’expériences, dont il est rendu compte aujourd’hui, a été faite en colla-boration avec M. Chatenet, qui a dù prématurément renoncer à cette étude pour entrer comme ingénieur à la faïencerie de Choisy-le-Roy, où M. Boulenger l’a appel*' à la suite de recherches céramiques effectuées par M. Damour, et auxquelles M. Chatenet avait coopéré.
- Le but de ces recherches est de déterminer les relations qui rattachent à la composition chimique du verre ses propriétés physiques les plus importantes au point de vue industriel :
- Fusibilité.
- Altérabilité.
- Dilatation.
- Ténacité.
- Dans cette étude, une difficulté spéciale résulte de ce que les propriétés du verre ne sont pas, comme celles des corps cristallisés, entièrement définies par la composition chimique, la température et la pression.
- Elles dépendent encore foutes, mais à des degrés divers suivant la nature de la propriété :
- 1° Du temps. Dans la dilatation, cette différence est pratiquement négligeable.
- Au contraire, pour d’autres propriétés, la ténacité par exemple, le temps a une influence énorme.
- 2° Elles dépendent encore, comme pour les métaux, des tensions internes résultant des déformations antérieures.
- Pour étudier l’influence de la composition chimique, but principal de cette étude, il faut, autant que possible, rendre le temps et les tensions internes uniformes, ce qui est toujours difficile.
- f0 Dilatation. Elle intervient dans la fabrication des couvertes céramiques, des verres dou-
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- PROCÈS-VERBAUX.
- NOVEMBRE 1896.
- 1553
- blés ou soudés, des émaux pour tôle, des verres à toile métallique. Toutes les mesures ont porté sur des verres recuits; elles ont été exécutées par la méthode de Fizeau, l’appareil est le même que celui qui a servi à M. Damour.
- Elles donnent le coefficient moyen de dilatation de 15° à 100°.
- On a d’abord cherché s’il n’existe pas une relation simple entre la dilatation et la composition chimique, si cette propriété ne varie pas suivant une loi additionnelle comme la densité.
- Pour élucider ce point, il fallait s’adresser non à des verres industriels toujours très complexes, ne permettant que des variations restreintes de composition, mais à des verres simples, préparés au laboratoire, avec des proportions aussi différentes que possible de leurs éléments constituants pour étudier la fonction dans toute l’étendue réalisable.
- Tous les coefficients de dilatation cités devront être multipliés par 108.
- V K lt RES SI El Cl QU ES
- S mille. Potasse. Plomb.
- NaO 2 SiO2. 1 318 Ko 3 SiO2. 1 330 PbO SiO2. S18
- NaO 6 SiO -. 924 Ko 3 SiG2. 1 120 PbO 2 SiO2. 770
- NaO 12 SiO2. 734 Ko 7,5 SiO2. 1 017
- Ces résultats sont compatibles avec une loi additionnelle. Il n’en est pas de même des suivants ;
- VERRES BORIQUES
- Soude. NaO 2 BoO3. . . 953 Plomb. 3 PbO BoO:i . . 1 270 Lithine. LiO 3 BoO3 . 078
- NaO 2,5 BoO3. . 704 PbO BoO3. . . 974 LiO 4 BoO3 . 590
- NaO 5,13 BoO3 . 817 PbO 2 BoO3. . 009 LiO 5 BoO3 . 040
- NaO 10,18 BoO3. 933 PbO 2,5 BoO3. 009 LiO 10 BoO3. 900
- NaO 10,83 BoO3. 1 019 PbO 3 BoO3. . 009 BoO3 .... l 414
- BoO3 ! 114 BoO3 1 411
- Un constate dans tous ces verres l’existence d’un minimum très accentué; cela explique comment, suivant les cas, l’acide borique peut être employé pour abaisser le coefficient de dilatation (couverte de faïence) ou pour l’élever (émail pour métaux).
- Un résultat semblable a été obtenu en ajoutant à du verre blanc ordinaire des quantités croissantes d’acide borique.
- En présence de l’impossibilité de trouver une loi simple et générale de la dilatation, on a cherché quelles variations produit l’addition de petites quantités de différents corps à un verre industriel donné.
- Ces expériences, qui seront continuées, n’ont porté que sur un verre à bouteille, qui a pour diverses additions, présenté les dilatations suivantes :
- yeri.e à bouteille*.....................................059
- + 2 p. 100 soude...............................7(17
- +2 — chaux.................................001
- * + 2 — lithine...............................719
- + 2 — phosphate de chaux.....................052
- -1- 1 — fluorure de calcium...................711
- * + 4 •— alumine..............:..................55(1
- * + 4 — silice................................787
- * -f 4 — sesquioxyde de fer...................783
- * + 4 — borate de chaux...............• . . . 580
- * + 4 — oxyde de plomb.......................020
- Tome 1. — 95e année. üe série. — Novembre 1896. 101
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- PROCÈS-VERBAUX.
- NOVEMBRE 189(i.
- Les mélanges marqués d’un astérisque, trop difficiles à couler, n’ont pu être fondus dans le platine, ils ont été fondus dans des bougies Chamberland où on les laissait se solidifier; il en résulte une petite incertitude par suite de la dissolution possible d’une petite quantité d’alumine de la paroi, ce qui contribuerait à abaisser le coefficient de dilatation.
- Pour vérifier l’exactitude de l’abaissement de dilatation dû au plomb, ce qui ne se produit pas avec tous les verres, on a étudié l’effet de quantités croissantes d’oxyde de plomb sur ce même verre à bouteille; il se produit,comme pour l’acide borique,un minimum de dilatation.
- •x- Verre à bouteille lüü PbO 0...............................(159
- * — 1)6 — i..............................(12(1
- * — 92 — 8...............................(100
- * — 84 — 16............................... 585
- — 75 — 25...............................(120
- — (10 —40.....................................(168
- — 40 — 60............................... 772
- Cet abaissement produit par le plomb est encore très net dans le verre silico-potassique suivant :
- KO 6 SiO-.............................................. 1 064
- * Pbo KO 6 SiO-’......................................... 675
- D’autres mesures ont été faites sur certains verres industriels spéciaux.
- Des recherches semblables sont en cours sur le verre à glace et le cristal.
- Fusibilité. — La fusibilité du verre, qui se manifeste par un ramollissement progressif, ne peu t être définie que par la mesure d’une série de températures auxquelles sa malléabilité, appréciée par un caractère arbitrairement choisi, prend une valeur déterminée.
- On a choisi les trois phénomènes suivants :
- 1° L’affaissement, sous son poids, d’un prisme de verre de 30 millimètres de hauteur et de 10 millimètres de diamètre.
- 2° La disparition de la trempe, constatée par l’extinction en lumière polarisée pour un échauffement moyennement rapide (à partir des 500°, on monte de 100° par dix minutes).
- Il s’agit ici du recuit rapide et complet en quelques minutes. Dans l’industrie, où la température varie très lentement, la température de recuit pourra être inférieure; d’autre part, l’extinction a lieu d’autant plus tard que le verre est plus épais et que la lumière est plus intense; ce sont donc plutôt des expériences comparatives que des données absolues.
- On a opéré à la lumière oxhydrique et sur des lames de verre de o millimètres d’épaisseur.
- 3° L’absence de trempe à la suite d’un refroidissement brusque.
- C’est dans l’intervalle compris entre ces deux dernières températures que peut agir le recuit industriel; au-dessous de la température où le verre cesse de se tremper, le recuit persiste quelle que soit la rapidité du refroidissement; il suffit que le verre ne se fende pas.
- La première de ces températures correspond à une grande malléabilité et la dernière à une absence presque complète.
- Ces trois températures ont été déterminées sur un verreà glacede 3 millimètres d’épaisseur.
- 1er 800°
- 2» 615"
- 3e Ne sc trempe pas à 50ܰ
- Se trempe peu à 570°
- 11 résulterait donc dis cette expérience que l’intervalle de température où le recuit doit être excessivement lent est très faible (100° au plus). U n’a été fait de série complète d’expériences que par la première méthode.
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- NOVEMBRE 1896.
- 1555
- En général, dans une même série, les anomalies de fusibilité correspondent à celles de dilatation comme on voit très nettement sur les borates. Ainsi :
- Degrés.
- 3 PbO BoO:l.......................................... . 445
- PbO BoO=>.................................................460
- PbO 2BoO:!................................................585
- PbO 2,5 BoO:>.............................................660
- PBO 3BoO:}................................................540
- BoOa...................................................430
- La série suivante d’expériences se rapporte à un verre à bouteille additionné de différents corps étrangers.
- La première température donnée est celle d’alfaissement, la seconde celle de la dispa-
- rition de la trempe.
- Degrés.
- Verre à bouteille.................................. 860 700
- + 2 p. 100 soude.................................. 830 610
- -f 2 p. 100 lithiue................................ 800 600
- + 2 p. 100 chaux.................................. 860 680
- + 2 p. 100 phosphate de chaux..................... 860 780
- -f 4 p. 100 fluorure de calcium.................... 830 non mesurée
- + 4 p. 100 silice.................................. 860 —
- + 4 p. 100 alumine................................ 010 695
- + 4 p. 100 peroxyde de fer........................ 875 740
- + 4 p. 100 borate de chaux........................ 995 645
- Ténacité. — Elle est importante à connaître pour tous les usages mécaniques du verre (bouteilles, tuyaux, toitures).
- Les expériences faites antérieurement par divers savants donnent, pour coefficient de résistance à la traction, des résultats variant depuis 1 kilogramme par millimètre carré (tractions de longues verges) jusqu’à 20 kilogrammes (tractions de fils fins).
- D’après les premiers résultats obtenus, ces énormes écarts doivent être attribués à la diversité des modes d’essai (traction ou flexion), à la nature des éprouvettes essayées, mais surtout à la vitesse de mise en charge, la résistance diminuant quand la vitesse de la mise en charge diminue.
- Les expériences faites sur les baguettes et sur les plaques montrent que les écarts entre les divers modes d’expérimentation diminuent à mesure que la vitesse de mise en charge devient plus lente, de sorte qu’il est permis de croire que l’accord se rétablirait avec une mise en charge infiniment lente. Cette question est actuellement à l’étude.
- M. le Président remercie M. Grenet de sa très intéressante communication et donne la parole à M. Levasseur.
- M. Levasseur remet, pour être transmis au Comité de Mécanique, quelques documents nouveaux sur le métier à revolver Northrop, décrit par M. L. Simon à la page 897 du Bulletin de juin 1896, qui procure une économie de main-d’œuvre très remarquable et se répand de plus en plus aux États-Unis.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Le bois et ses applications au pavage, par M. A. Petsche, ingénieur des Ponts et Chaussées, ancien ingénieur du service municipal de Paris ( 1 vol in-8°, -481 p., 523 fi g. Paris, Baudry).
- La question du pavage en bois est à la fois des plus actuelles et des plus importantes, et il aurait été difficile de rencontrer, pour la traiter, un ingénieur plus compétent et plus impartial que M. Pestche. C’est dire à la fois toute l’opportunité et la valeur de son ouvrage.
- Le pavage en bois, remarquable par sa douceur, son silence, sa légèreté et sa propreté, se répand de plus en plus; c’est, il semble, à Paris qu’il a été étudié, presque sous toutes ses formes et dans les conditions les plus variées, avec le plus de suite et de méthode. L’ouvrage de M. Petsche donne, de ces études, un compte rendu à la fois très clair, analytique et complet, livrant pour la première fois à la publicité des résultats certains et de la plus grande valeur.
- Le pavage en bois, inauguré à Londres en 1839, s’est répandu dans cette ville plus que dans toute autre; à Paris, il occupait, au P'r janvier 1893, une superficie de 845212 mètres carrés, égale au dixième environ de la superficie totale des chaussées, où c’est encore, de beaucoup, le pavé en grès qui domine, avec ses 6 240 000 mètres carrés. Les nombreux systèmes essayés peuvent se diviser en trois classes, suivant la nature de leur fondation : sable, plancher ou béton. C’est le pavage en blocs parallélipipédiques sur béton qui se répand déplus en plus, par l’abandon des systèmes à fondations élastiques et perméables.
- Les chaussées de Paris où l’on établit le pavage en bois sont d’abord débarrassées de leurs canalisations d’eau,de gaz et d’électricité, reportées sous les trottoirs; la flèche/'du profil parabolique en travers est déterminée, en fonction de la largeur Z de la chaussée entre bordure, par l*
- la formule f — 0,015------t, et les pentes du profil en long peuvent atteindre jusqu’à 0m, 05 par
- mètre, du moins avec les bois tendres, au lieu de 0m,02 avec l’asplialte. L’épaisseur de la plateforme en béton est de 0m,13; ce béton se compose, le plus souvent, de 230 kilos de ciment de Portland ou de laitier pour 1 mètre cube de cailloux passant à l’anneau de 0m,06 et üm3,300 de sable, et le prix d’établissement de cette fondation, non compris le défonçage de la chaussée et la préparation de la forme, ne descend guère au-dessous de 3 fr. 20 par mètre carré. Le béton est recouvert d’un enduit lisse de 1 centimètre d’épaisseur, puis d’une légère couche de sable fin, et l'on attend trois ou quatre jours avant de poserles pavés.
- Les pavés sont presque toujours en prismes droits, posés debout sur le béton et plus résistants à l’écrasement que les pavés obliques; leurs dimensions, forcément un peu variables, oscillent autour d’une moyenne de 0"\2"> x 0m,08 x 0m,13 d’épaisseur; mais on peut, sans inconvénient, réduire cette épaisseur à 0m,12,et même à0ul, 10, avec les pavés en bois exotiques durs, plus économiques, en raison de leur faible usure, bien que coûtant près de deux fois plus cher au cube que les pavés en bois tendre. Les pavés sont disposés à joints rompus, en rangées perpendiculaires à l’axe de la chaussée, et séparés par des réglettes en bois de 9 millimètres d’épaisseur sur 30 millimètres de haut. Les joints sont remplis par un coulis de 1 de ciment de Portland pour 3 de sable en volume, employé au taux de 6 kilos environ de ciment par mètre carré de pavage, et dont la prise emploie trois jours. L’exécution d’un pavage en bois, depuis le démontage de la chaussée jusqu’à sa livraison, dure environ 12 jours, et son prix de
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- BIBLTOORAPTIIE.
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- pose, poux’ les chaussées oi’dinaircs sans ti’amways, est d’environ 1 fr. 20 pai’ mètre cai’ré.
- Les chapiti’es vn et vni, consacrés à l'étude scientifique des bois, sont des plus intéressants et renferment un gi’and nombre de données, en partie inédites, des plus utiles pour tous les industriels qui emploient les bois. Nous ne pouvons guère en extraire que quelques chiffres. La densité des bois, — desséchés en étuve à 30° — varie depuis 1,10 pour Je bois de fer jusqu’à 0,40 pour le sapin du Jura, et les densités varient, pour une môme espèce, suivant l’âge des arbres et la position de l’échantillon dans l’arbi’e, pai’fois assez pour expliquer certains insuccès : de 0m,45 à 0m,70par exemple pour le peuplier blanc. \éabsorption de l’humidité varie aussi considérablement suivant les essences: de 46 p. 100 en volume, pour le sapin des Vosges, à 4,6p. 100 pour le bois de fer; elle détermine une dilatation presque insensible dans le sens des libres, et qui, perpendiculairement aux fibres, atteint en moyenne 0m,02 par mètre linéaire de la siccité à30° jusqu’à la saturation, avec des poussées variant de 300 à 1 200 kilos par pavé: pour les bois non desséchés, pris au dépôt, puis arrosés ; cette poussée ne dépasse guère 300 kilos. Le module d’élasticité à la flexion augmente, pour les bois desséchés, à peu près proportionnellement à la densité : de 0in,G7 x 101 pour le sapiix du Jura à 1,70 x 10'1 pour le bois de fer, et il en est de même pour la charge à l’écrasement (430 kilos par centimèti’e carré pour le sapin, 880 pour le bois de fer) qui diminue notablement avec l'humidité du bois (730 et 170 kilos pour le bois de fer et le sapin satui’és de 3 p. 100 et de 34 p. 100 d’eau). Les charges subies en pratique, qui ne dépassent guère, pour les gros camionnages, 13 kilos par centimètre carré de la surface portante des roues, sont toujours très inférieures aux charges d’écrasement; elles ne déterminent guère d’affaissements supérieurs, en moyenne, à 0mm,4. L’usure au frottement, détei’minée par des essais à la meule, varie aussi considérablement avec la densité : de 1 à 4 en passant du bois de fer au sapin. En praLique, pour une cii’culation journalière de 1000 tonnes par mètre de lai’geur de la chaussée, l'usure totale varie, à Londres, de 3 à 13 millimètres par an pour le sapin du Nord, dont 2mm,o seulement dus au seul frottement de meule équivalent à ce roulage, et, de plus, les fentes, libres contournées, etc.,peuvent faire varier cette usure du simple au double. La résistance au choc, également croissante avec la densité, augmente avec l’humidité des bois rendus ainsi plus élastiques. M. Petsche donne, à la page 193, un tableau de classement des bois pour pavage en tenant compte des diverses propriétés sus-mentionnées; le premier rang y est réservé au bois de fer et au teck, le second au pitchpin, au jarrah et au karri, le troisième aux pins des Landes et du Nord, le quatrième aux sapins du Jura, des Vosges et de l’Oi’ne.
- Les pavés de bois sont préservés par des pi'océdés chimiques analogues à ceux employés depuis longtemps pour les ti'averses de chemin de fer : créosotage par immersion (pas cher,
- 0 fr. 50 par mètre carré, mais peu efficace) ou intensif, par le vide ou la pression, employé à Londres (p. 262); chlorure de zinc, inférieur en général à la créosote; sulfate de cuivre, probablement très efficace, si on le complète par un créosotage empêchant l’enlèvement du sulfate par l’humidité, et qui revient à environ 1 franc par mètre carré.
- Le découpage des pavés s’effectue au moyen de machines spéciales appelées tronçonneuses, et pouvant découper, par exemple, 4 pavés d’un coup, au moyen de petites scies circulaires convenablement espacées et pivotées à l’extrémité d’un balancier pei’mettant de les amener simultanément au madrier. Telles sont les tronçonneuses de MM. Despine-Achard et Panhard-Levassor. Cette dernièi’e peut débiter facilement 3 000 pavés de sapin à l'heure, avec une puissance de 13 chevaux, correspondant à un rendement de 3m2,60 de surface de sciage par cheval-heure, au prix de 0 fr. 07 par mètre carré. De la tronçonneuse, les pavés sont transportés aux wagonnets par un convoyeur quelconque, et la sciure est enlevée par un ventilateur.
- Les frais d’entretien : lavage, ai’rosage par liquide antisepsisé aux stations de voitures, sablage..., sont plus onéreux pour le pavage en bois que pour le pavage en pierre : 31 francs au lieu de 30 francs par mètre carré et par an. Le givnvillonnage, fort bien entendu à Pai’is, et qui recouvre peu à peu le pavé d’une incrustation protectrice, doit être fait environ quatre fois par an, au prix annuel de Ofr.20 par mètre carré. Quant aux frais de repiquage, remaniement, aplanissage..., ils varient trop, suivant la fatigue des chaussées et la qualité des bois,
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- BIBLIOGRAPHIE.
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- pour pouvoir se ehilTrer [>ar moyennes. Les relevés par bout : enlevage des vieux pavés pour les remplacer par des neufs, revient, non compris la fourniture des pavés, à 1 fr. 43 par mètre carré. Ces vieux pavés valent au chantier 6 francs le mètre cube; les meilleurs d’entre eux, 30 à 00 p. 100, décrottés, égalisés et recréosotés, peuvent parfaitement resservir au prix de 2 fr. 90 environ par mètre carré, au lieu de 6 francs pour les pavés neufs de 0m,12 d’épaisseur.
- Les pavages en bois périssent, dans les voies de grande circulation, principalement par l’usure, et, dans les voies de moyenne et faible circulation, par inégalités et pourriture ; en outre,l’usure n'est jamais uniforme dans toute l’étendue du profil, elle est toujours moindre le long des canivaux que dans Taxe de la voie. Dans les voies de grande communication, l’usure annuelle sur l’axe est d’environ I centimètre, et on peut la laisser progresser jusqu’à ce que l’épaisseur du pavé soit réduite à 3 centimètres environ. A Paris, sur les boulevards, les pavés en pin de Suède ou des Landes durent en moyenne huit ans, autant que le granit, et peuvent s’user de 8 à 9 centimètres. La durée des voies secondaires ne dépasse guère dix ans; comme elles ne périssent pas par usure, mais par putréfaction et dislocation, il y a intérêt à n’y employer que des pavés de faible épaisseur : 8 à 10 cenlimètres.L’agent principal de destruction est le sabot du cheval, on le voit nettement dans l’entrefer des voies de tramways, de sorte qu’une circulation à nombreuses voitures légères est plus usante qu’une circulation de lourds véhicules moins nombreux. Parmi les essences résineuses, l’une des meilleures est le pin des Landes, supérieur à celui du Nord et même au pitchpin, trop inégal. Les bois durs résistent beaucoup plus longtemps, conformément aux résultats fournis par leur étude scientifique; dans les passages très fatigués, comme aux guichets du Louvre, le liem, le jarrah et le karri durent trois à quatre fois plus que le pin des Landes. D'après l’expérience acquise à Paris, les différentes essences peuvent se classer, comme durée, dans l’ordre suivant : liem, teck, karri, jarrah, pitchpin de choix, pin des Landes.
- On a renoncé, pour les chaussées à tramways, au pavage mixte, bois et granit, en faveur du pavage tout en bois de première qualité, à faible épaisseur dans l’entrefer: 0m,8, à 0m,10, en raison de sa rapide usure par les pieds des chevaux. L’un des principaux agents de des-I l udion de ces voies est le roulage des voitures et omnibus sur l’une des files des rails des tramways, ce qui tend à creuser des ornières par celles des roues qui ne passent pas sur ces rails. Dans la rue de Châteaudun, où il passe il omnibus à l’heure, le rail a été, en un an, mis en saillie de 3 centimètres, et le pavé, en pin du Nord, creusé d’ornières parallèles à la voie de (h«,20 à 0m,2o de large sur 0"',04 de profondeur. L’emploi des bois durs paraît, s’imposer dans de pareils cas. L’effet de la poussée du bois sur les voies de tramways est des plus nuisibles ; avec une voie mal scellée, les soulèvements du bois peuvent atteindre jusqu’à 0m,08 et modifier d’une manière dangereuse l’écartement des rails; l’intensité de la poussée atteint jusqu’à 2 300 kilos par mètre linéaire de voie. Parmi les systèmes de voie ayant le mieux résisté à ces poussées et aux soulèvements, M. Petsche cite les voies sur cloches, — d’une pose malheureusement délicate, surtout en courbes, — et la voie Rroca, remarquable par sa simplicité.
- Comme résistance à la traction, le pavage en bois, inférieur à l’asphalte, est supérieur au granit. Son coefficient de roulement f est d’environ 0,02, ou de de 1,3 fois celui de l’asphalte. Contrairement à ce que l’on croit généralement, le pavage en bois glisse moins, surtout en temps sec, que le granit et l’asphalte, à peu près, d’après des constatations faites à Londres, dans le rapport de 1 à 1,6 et 2,3; en outre, les chutes de chevaux y sont, en général, beaucoup moins graves; mais, en temps franchement mouillé, le granit glisse moins que le bois; en outre, en raison de sa faible conductibilité, le pavage en bois se recouvre plus facilement et plus longtemps de frimas et de verglas. Au point de vue hygiénique, l'expérience paraît avoir démontré sinon l’innocuité relative du pavage en bois bien lavé et désinfecté où il faut, du moins, l’exagération des craintes formulées dès l’origine à son sujet; d’autre part, sa douceur et son silence peuvent être considérés comme des vertus hygiéniques de premier ordre.
- La ville de Paris a installé, pour la fabrication de ses pavés en bois, une usine municipale qui peut fabriquer, par journée de 10 heures, 47 000 pavés en pin des Landes, correspondant à
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- 940 mètres carrés de sciage ou de pavage. L’usine a coûté 242000 francs, dont 95000 pour l’outillage, et le pavé en pin des Landes, de 0m,15 d’épaisseur, y revient net à environ 8fr. 60 par mètre carré, ce qui donne, pour le mètre carré de ce pavage rendu à pied d’œuvre, un prix de revient commercial de 9 fr. 84, s’abaissant à 8 fr. 20 et 7 fr. 10 pour des épaisseurs de 0m,12 et OnqlO. Avec le karri, ces prix s’élèveraient à 20 francs et 10 fr. 50, pour des épaisseurs de 0m,15 et 0m,12. D’après M. Patsche, la ville de Paris gagnerait à fabriquer ses pavés 2 fr. 10 par mètre carré.
- Les prix d’ètablmem,ent total en régie s’élèvent actuellement, à Paris, pour le bois, le granit et l’asplialle, aux quantités données par le tableau ci-dessous :
- Pavage en bois Pavag e en [ùerre Asphalte
- Convertissement de pavage en pierre Empierrement de
- Landes Liein Quartzite 0'\05
- à 58 fr. le mètre à 130 fr. le mètre Meulière Porphyre Yvette i et Convertissement
- Epaisseur O"1.15 0m,12 0-1,5 0-12 porphyre de pavage en piern
- Prix du mètre fr. fr. fr. fr. fr. fr. fr. fr. fr.
- avec octroi. 15,39 13,53 19,88 17,1 5,92 7,01 17,22 19,28 15,60
- sans octroi. 13,84 12,22 18,35 16,15 3,92 7,01 17,22 19,28 14,32
- Le prix de réfection, remplacement des pavés vieux [par des pavés neufs, peut s’évaluer, pour le pavage en bois de 0m,tb, à 1 fr. 45 par mètre carré, au lieu de 2 fr. 90 pour l’empierrement en meulière, à7 fr. 10 pour l’asphalte et à 14 fr. 90 pour le granit. L’entretien normal proprement dit varie, à Paris, suivant les circonstances, de 0 fr. 20 à 0 fr. 40 par mètre carré et par an : 0 fr. 80 pour les voies de tramways. Si l’on y ajoute les prix du nettoiement et ceux des relèvements à bout, x’épartis sur la durée du pavage, variable, de 7 à 10 ans, on arrive, pour Paris, aux chiffres suivants.
- Part annuelle (les relevés Dépenses totales par mois. 'Voies De durée Entretien Nettoiement à bout, octroi déduit et par an, octroi déduit.
- — — — 0-.15 0-;12 0m,10 0'“.l 5 0m,12 0-.10
- fr. fr. fr. fr. fr. fr. fr. fr.
- re catégorie. 7 ans 0,40 0,95 1,23 1.01 0,87 2,58 2,36 2,22
- — 8 — 0,40 0,85 1,07 0,89 0,76 2 52 2,14 2,01
- — 9 — 0,30 0,75 0,95 0.79 0,68 2 » 1,84 1,73
- — 10 — 0,20 0,65 0,86 0,71 0,61 1,71 1,56 1,46
- La dépense d’entretien du pavage en bois, équivalente à celle du pavage en pierre pour des durées de 12 et 20 ans, est notablement supérieure à ce même prix pour des durées de 35 et 50 ans. Quant à l’asphalte, plus économique d’entretien pour les voies de grande fréquentation, il est, sous ce rapport, équivalent aux pavages en bois durant 9 ans et un peu plus cher que ceux durant 10 ans :
- Pavage en pierre Pavage en bois Asphalte Empierrement
- Durée Dépense Durée Dépense annuelle Dépense Dépense
- annuelle om,i2 0-,10 annuelle annuelle
- fr. fr. fr. fr. fr. fr.
- lre categorie. 12 ans 2,44 7 ans 2,58 2,36 2 22 2,18 7 à 6 »
- 2» 20 — 1,85 8 — 2,14 2,14 2,01 2,08 6 à 4 »
- 3* — 35 — 1,32 9 — 2 ii 1,84 1,73 1,98 4 à 2 »
- 4* — 50 — 1,10 10 — 1,71 1,56 1.16 1,88 infer. à 2 »
- Nota. — Les quatre catégories des pavages en bois ne correspondent pas absolument à chacune des quatre catégories des pavages en pierre, et, à tel pavage en pierre durant dix-huit ans, on pourrait substituer un pavage en bois durant huit ans.
- r,. il
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- LIVRES ET OUVRAGES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE
- EN NOVEMBRE 1896
- Philosophical Transactions of the Royal Society of London. Vol. 186, A. et B. 2 vol. in-4, 956 et 880 p.
- Principaux mémoires. — La constante newtonienne de la gravitation, par M. G. TV Boys. Propagation du magnétisme dans le 1er; influence des courants électriques dans le fer (Ilopkinson). Théorie mécanique de la viscosité de fluides incompressibles (O. Reynolds). Détermination de la conductibilité thermique des métaux : cuivre argent, or, platine (A. Gray). L’argon (Lord Rayleigh et IV. Ramsay). Spectre de l’argon (TV. Crookes) Liquéfaction et solidification de l’argon (Olszews/d). Chaleur latente de vaporisation de l’eau (Griffiths). Théorie [mathématique de l’évolution [Karl Pcavson). Détermination de la chaleur spécifique de l’eau en unités C. G. S. (.1. Schuster et IV. Gannon). Vitesses des ions [G. D. Whitman). Rapport des chaleurs spécifiques des gaz composés (Gapstwick). Rotation magnétique du plan de polarisation dans les liquides, sulfure de carbone [J. IV. Rodger et IV. Watson). Occlusion de l’oxygène et de l’hydrogène par le noir de platine [L. Moud et TV. Ramsay). Théorie mécanique de l’étlier électrique et lumineux (J. Larrnor). Lois des changements chimiques graduels [Vernon-Harcourt et IV. Esson). Recherches sur l’assimilation et la respiration des végétaux (F. Btakman et Darwin). Organisation des plantes fossiles des houillères (IV. Williamson et II. Seofl). Les tables de natalité [J. Ko>-osi .
- Royal Society of New South Wales. Journal and proceedings. Année 1895. 1 vol. in-8, 000 p., chez G. Robertson, 17 Warwick Square, London.
- Principaux mémoires. — Application de la parabole cubique aux tracés des courbes de chemins de fer (C. J. Merfùdd). Détermination de la viscosité de l’eau par la méthode du débit (G. II. Knibbs). Icebergs de l’Océan Austral [II. C. Russel). Minerais des New South Wales (Liversidge). Extraction de l’or et de l’argent des eaux de la mer par les doublages en métal Muntz [Liversidge). Origine de la malachite [E. liait). Puits artésiens dans les terrains non crétacés E. F. Pitmann). Résistance du magnésium à la tension et à la compression (Barraclough). Notes sur les roches antarctiques. Ponts en bois et travaux en^fascincs des New South Wales [Allan et Burrows).
- Money and Prices in foreign Countries, 1 vol. in-8, 274 p. Wasgington Governmont printing Office.
- Incandescent. Gas Lighting. — Report of Trials for Inl'ringeinent of Patents. Expertises sur les brevets de becs de gaz incandescents, 1 vol. in-18, 220 p., aux bureaux du Gas 'World, 5, Ludgate Circus, London.
- Institution of Civil Engineers London. Proceedings, vol. GXXVI (1896).
- Principaux mémoires. — Distribution d’eau de Manchester: travaux de Thirlmère par M. G. H. Hill. Distribution d’eau de Liverpool [G. T. Deacon). Méthodes américaines et anglaises de fabrication des tôles d'acier (J. Mead). Les laminoirs américains (S. T. Wehnann). Essais magnétiques des fers et aciers (./. Eiring). Les expériences scientifiques et l’art de l’ingénieur [Kennedy). Transport et emmagasinage des grains (TV. Britlon). Transport du bétail vivant par chemin de fer [H. Chamberlain).
- Du Ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts : Inventaire général des richesses d’art de la France. Province. Monuments civils. Vol. VI, 1 vol. in-8, 435 p. Paris, Plon.
- Régence de Tunis. Bulletin de la Direction de l’Agriculture et du Commerce. lri' Année, n" 1. Novembre 1896.
- Du ministère du^Coinmerce cl de l’Industrie. Description dés machines et procédés brevetés, vol. 85 (1892). Arts textiles. Travaux de construction, ponts et routes. Travaux d’architecture. Voitures et vélocipèdes. Maréchalerie, compteurs, arquebuserie et artillerie.
- Bulletin de la Société industrielle et agricole d’Angers, années 1893-1894, et année I89n, 1er et 2° semestres. 2 vol. in-8, 160 p. Imprimerie Germain et Grassin à Angers.
- Historique, propriétés, fabrication, applications de l’acétylène, par M.YI. G. Dumont et E. Hubou. 1 broch. in-8, 130 p., aux bureaux du Génie civil.
- Causes de la dépréciation des céréales et moyens de les atténuer, par M. A. de Llaurado. 1 broch., 12 p., Barcelone.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA BIRLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Octobre au 15 Novembre 1896
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES
- Ag. . . . Journal do l’Agriculture.
- Ac.........Annales de la Construction.
- Acp. . . . Annales de Chimie et de Physique.
- AM. . . Annales des Mines.
- Ap ... , Journal d'Agriculture pratique.
- APC . . . Annales des Ponts et Chaussées.
- Al. . . . Annales télégraphiques.
- Bam . . . Bulletin technologique dos anciens élèves dos écoles des arts et métiers.
- Bip. . . . Bulletin du ministère des Travaux publics (statistiques).
- BMA. . . Bulletin du ministère de l’Agriculture.
- Ci. .. . Chronique industrielle.
- Co............................Cosmos.
- CN. . . . Chimical News (London).
- Cs.Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- DoL. . , . Bulletin of Iho Department of La-bor dos États-Unis.
- CR. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- Dp. . . . Dingler’sPolytechnischesJournal.
- E............Engineering.
- E’...........The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE.......Eclairage Électrique.
- El. . . . Electrician (London).
- Elé. . . . L’Électricien.
- Ef. . . . . Économiste français.
- Ex....Engineers and Shipbuilders in
- Scotland (Proceedings).
- Fi .... Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc. . . . Cénie civil.
- Gm. . . . Bevue du Génie militaire.
- IC.Ingénieurs civils de France (Bul-
- letin.).
- le. ... Industrie électrique.
- Im........Industrie minérale de Saint-
- Etienne.
- DES PUBLICATIONS CITÉES
- IME . . Institutions of Mechanical Engi-
- neers (Proceedings).
- loB . . . Institution of Brewing (Journal).
- Ln. ... La Nature.
- Ms. . . . Moniteur scientifique.
- N. ... Nature (anglais).
- Pc. . . . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Pm . . . Portefeuille économ. des machines.
- B,gc.. . . Revue générale des chemins de fer.
- Rf/ds. . . Revue générale des Sciences.
- Ri. . . . Revue industrielle.
- Rmc. . . Revue maritime et coloniale.
- Bs .... Revue Scientifique.
- Rso . . . Réforme Sociale.
- RSL. . . Royal Society London(Proceedings;.
- lit. . . . Revue technique.
- Ru. . . . Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- SA. . . . Society of Arts (Journal of the).
- ScP.. . . Société chimique de Paris (Bulletin).
- Sfp . . . Société française de photographie (Bulletin).
- Sg. . . . Bulletin de la Société de géographie.
- Sgc . . . Bulletin de la Société de géographie commerciale.
- Sie. . . . Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- SiM. . . Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- SiN . . . Société industrielle du Nord de la France (Bulletin).
- SL. . . . Bulletin de statistique et de législation.
- SuE. . . Stahl und Eisen.
- USB. . Consular Reports to the United
- States Government.
- VDl. . . Zeitschrift des Yereines Deutscher Ingenieure.
- ZOl. . . Zeitschrift des Oesterreichischen Ingenieure und Archi tek ten-Ve-reins.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ------ NOVEMBRE 1890.
- AGRICULTURE
- Abeilles et ruches. Ag. 14 Nov., 787. Agriculture. (Souffrances <le 1 ’).Ef. 17 Oct., 013. — Représentation actuelle. Ef. 14 Aov., 048.
- Agro Rnmano. Mise en culture. Ap. 12 Nov.,
- 711.
- Avoine. Sédection par immersion. Ag. 17 Oct.,
- 020.
- Bétail. Peste bovine dans l’Afrique du Sud;. Co. \\ Aov., im.
- Betteraves. Production des graines. Ag. 24 Oct., 005.
- — Expériences de Cappelle. Ag. 24-31 Oct. 674, 720.
- — (Graines de;. Ap. 5 Aov., 017.
- — (Origine de la lèpre des). (Vuillemin
- CR. 9 Nov., 708.
- Blés. Machines à laver et épurer Savit. Oc. 24 Oct., 412.
- — ^Production du). Rs. 7 Nov., 000.)
- — Svndicals de vente des grains en Allemagne. BMA. Oct., 030.
- Chevaux. Production et commerce en France. Ef. 17 Oct., 009.
- Engrais. Ventes des sur analyses. Ap. i-2Nov., 709.
- — Formation des gîtes sédimentaires de phosphates (Carnot). CR. 9 Nov., 724. — Scories de déphosphoration. Dosage de l’acide phosphorique. Ms. Nov., 341. — Superphosphates (les). Ag. 7 Nov., 702. — Mines de phosphates de Maury. Eam. 14 Nov., 402.
- — Fumier d’étable. Ap. 22 Oct., 0 Nov., 089, 600.
- — Influence de l’alumine et de l’oxyde de fer sur la rétrogradation des phos-phales. Ms. Nov., 838.
- — Suie de cheminée. Cs. 24 Oct., 388.
- — Nitrates du Chili. E. 30 Oct., 043.
- Fèves (les). Ag. 24 Oct., 607.
- Forêts. Arbres étrangers à propager. Ap. 22 Oct., 12 Nov., 603, 717.
- — de Samoa. SA. 23 Oct., 883.
- — de Prusse. BMA. Oct., 063.
- Fromages. (Composition des). Cs. 31 Oct., 740.
- A', pâte molle, fabrication Naudin. BMA. Oct., 012.
- Jardinage. Emploi des engrais chimiques. Co.
- 7 Nov., 400.
- Lait. Stérilisateur Popp-Becker. FJ. 30 Oct., 402.
- Légumineuses (Tubercules des). CR. 2 Nov., 600.
- Luzerne. (Un destructeur de la). Ag. 17 Oct,., 638.
- Machines agricoles. Cultivateur Champion Howard. Ag. 17 Oct., 028.
- — Charrues Hornsby. E. 10 Oct., 011.
- — — Bethell. E. 23 Oct.. 041.
- — Labourage à la vapeur (Ingleton). Ri. 14 Nov., 404.
- — Moissonneuse au pétrole Nunn. E. 30 Oct., 571.
- — Broyeurs de pommes à cidre au concours de Rouen. Ap. 0 Nov., 080. Pommes de terre. (Ensilage des). Ap. 22 Oct.,
- 091.
- — malades (Utilisation des). Ap. 0 Nov.,
- 670.
- — (Gale de la). (Roze.) CR. 9 Nov., 709. Pommiers. Dépérissement des. (Crié.) BMA.
- Oct., 610.
- Prairies et pâturages. Ag. 22 Oct., 008.
- Russie agricole. Ap. 29 Oct., 647.
- Sinistres agricoles (les). Rs. 7 Nov., 580.
- Vesces fourragères. Ag. 14 Nov., 793.
- Vigne. Choix des cépages.Ag. 17 Oct., 028.
- — Vins de Californie (Caractéristique des). Ms. Nov., 842.
- — Expérience de vinification faite dans le
- Gard (Kavser et Barba). BMA. Oct.,
- o. r. r.
- — Reconstitution des vignes dans l’Est.
- Ag. 0 Nov., 737.
- CHEMINS DE FER
- Accidents. Déraillement de Preston. E. 10 Oct., 508. EJ 10 Oct., 393.
- Chariot transbordeur électrique Hillairol. Eté. 24 Oct., 257.
- Chemins de fer irlandais. E. 10 Oct., 497.
- — américains. E. 23 Oct., 029. E'. 30 Oct.,
- 401-403.
- — hongrois. E'. 16-30 Oct., 383, 432.
- — sibériens. Ef. 24 Oct,., 540. E'. 0 Nov.,
- 409.
- — japonais. Ef. 24 Oct., 541.
- — du Sénégal au Niger, Calmel. Gm. Oct..
- 289.
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-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- NOVEMBRE 1800.
- 1563
- —• du Soudan. Comité de l’Afrique française. Nov., 332.
- — secondaires de Barsi. E. 30 Oct., 501.
- — Glasgow Central. E'. 30 Oct., 440.
- — — Subway. E. 0-13 Nov., 373, 009.
- — en Afrique. Rs. 7 Nov., 391.
- — État français en 1893. Rqc. ISov., 247. Exploitation. Prix du Iralic. E'. 30 Nov., 471-Ferry Bout du Lac. Baïkal. E'. 17 Oct., 385. Gare du chemin de fer d’Orléans au quai d'Orsay. Gc. 17 Oct., 364. Rt. 24 Oct., 460-Locomotive chauffée au pétrole Hornsby E. 16 Oct., 496.
- — express Paris-Orléans. Ln. 24 Oct., 323.
- — •— de l’Ouest. Rqc. Nov., 213.
- — à marchandises 8 couplées des New
- South Wales. E. 6 Nov., 580.
- — Compound de l’État autrichien. E. 23-30 Oct., 410, 437.
- — — du Kaiser Ferdnand. Rgc. Nov., 228-
- — à crémaillère des chemins de Bosnie'
- E'. 6 Nov., 407.
- — pour voie de 1 mètre (Soudan). E.
- 23 Oct., 414, de 0’",75. Kitson. E. 13 Nov., 012.
- — Chaudières. E'. 16 Oct., 387.
- — Enveloppes de cylindres. E. 0 Nov., 389; E'. 6 Nov., 465.
- — Roues motrices. E'. 30 Oct., 443 ; 0 Nov., 468.
- Materiel roulant. Tampons Glascodine. E. 30 Oct., 371, Graisseurs des hoîles à huile (Fabrication des). Rqc. Nov., 198. Signaux automatiques. E'. 6 Nov., 409. Siemens et Halske. Dp., 13 Nov., 157.
- — Poste Sieligerpour passages à niveaux.
- Dp. 6 Nov., 136.
- Trains. (Vitesses des). E'. 23 Oct., 407.
- — express Paris-Londres et anglais. Rgc.
- Nov., 225, 220.
- Voies (les). E. 30 Oct., 504; 13 Nov., 622.
- — Inégalités des rails en acier. SuE.
- 15 Nov., 909.
- — métalliques en Autriche. ZOI. 10 Oct.,
- 569.
- — Éclisse Williams. E. 0 Nov., 599.
- — Traversées obliques (Grossier). Rgc.
- Oct., 187.
- — Manœuvre de changement de voies de
- l’État belge. Gc. 14 Nov., 22.
- Voitures pour trafic local du Central Danois. E. 16 Oct., 492.
- — Serrures à crans de sûreté pour portières (Chemin de fer du Nord). Gc. 7 Nov., 11.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles (Les). E. 30 Oct., 13 Nov., 559-020; E'. 30 Oct., 13 Nov., 432-497; Johnston. E. 6 Nov., 600. Glubhe. E. 13 Nov., 630.
- — Omnibus à vapeur. Ln. 24 Oct., 321.
- — Concours de la Compagnie des Omnibus. Gc. 14 Nov., 29.
- — électrique Epstein. E. 6 Nov., 600.
- — A pétrole. E'. 13 Nov., 489. Prince. E. 23 Oct., 542. Lutzmann. La locomotion automobile. 15 Nov., 307. Panhard, Levassor, Peugeot, Roger, Lepape. Pm. Nov., 173. Tenting. Ci. 8 Nov. 511.
- — Course de Paris-Marseille. Gc. 24 Oct., 401 ; Ln. 7 Nov., 338; E. 6 Nov., 570. — Concours des Magasins du Louvre. Gc. 31 Oct., 435; du Cristal Palace. E'. 3 Nov., 460.
- Électricité. Traction électrique (La). E'.
- 13 Nov., 493. Smith. E'. 16 Oct., 301. Dawson. E. 30 Oct., 344.
- — Locomotive Heilmann. Elé. 31 Oct., 278.
- — Chemin de fer souterrain de Budapesth,
- VDl. 17 Oct., 1197.
- — Tramways de l’Ile du Man. E'. 16 Oct.,
- 389; de xNancy. Elé. 7 ATor., 302; Gleiwitz. EE. 7 Nov., 285; de Bristol. E. 30 O et., 550; de Paris. EE. 16 Oct., 139 ; Liverpool. Elé. 31 Oct., 287; de Genève. EE. 24 Oct., 151 ; Algériens. le. 25 Oct., 485 ; Américains. Ri. 24-31 Oct., 427, 437 ; Dp.
- 6 Nov., 134.
- — — à accumulateurs. E. 16 Oct., 485.
- — — (progrès des) Dp. 30 Oct., 110.
- —• — à trolley. Bersey. EE. 31 Oct., 223.
- — — — de Clontarf. E. 6 Nov., 587;
- de Friedshof à Budapesth. 201.
- 6 Nov., 596 ; support de sûreté pour le lil Hutchins. Elé. 6 Nov., 296
- —• sans trolley. Pringle et Kent. EE. 24-30 Oct., 175, 344.
- — (Transmission à 3 (ils pour). EE. 14IVor.,
- 321.
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-
- i im
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- NOVEMBRE 1896.
- — Vérification de la conductance des joints
- des rails. Elé. 31 OcG,282.
- — Aiguillages électriques Daggelt et
- Heinz. E. 10 Oct., 511.
- — (Essai d’une voiture de). EE. 16 Oct.,
- 142.
- — (Perturbations dues aux). Elé. 17-24-
- 31 Oct., 253, 266, 283, 7 Nov., 299. Funiculaires, Glasgow Subway. E. 6-13 Nov., 573, 609.
- Locomotive routière à pétrole Hornsby. E. 16 Oct., 490.
- Tramways (Les; Ci. 1er Nov., 493.
- — divers en Amérique. ÈE. 16 Oct., 143.
- — à câble de Douglas. E'. 23-30 Oct., 422,
- 451.
- — à vapeur surchauffée Frank et Ménard.
- La locomotion automobile. 13 Nov., 303.
- — (Aiguille à bascule Poppel pour), lit.
- 10 Nov., 490.
- Voitures. Timon Brigg. E1. 13 Nov., 489. Vélocipédie. Divers. Rs. 31 Oct., 571.
- — Bicyclette Challand. Ln. 17 Oct., 303.
- — Tricycle à pétrole Bollée. E. 6 Nov.,
- 578 ; de Dion e( Bouton. Gc. 14 Nov., 24.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acide sulfurique (Dosage de 1’) (Edwards). CN. 16 Oct., 187.
- — oxalique (Ethérification de). ScP. 5 No\.,
- 1632.
- — lartrique. Préparation. Industriel. 23
- Oct.. 683 ; Cs. 31 Oct., 712.
- — urique. Détermination dans le Guano.
- CN. 7 Nov., 229.
- — bibasiques. Acp. Nov., 336.
- — carbonique liquide. Explosion d’un ré-
- servoir. lit. 25 Oct., 476.
- Alcool. (Chauffage et éclairage pan. Ap. 22 Oct., 606.
- — Analyse et vieillissement des eaux-de-
- vie (Lusson) Ms. Nov., 785.
- — La fermentation alcoolique et la distil-
- lerie (Lévy). Hijcls. 15 Nov., 903. Analyse. Titrage des dissolutions de permanganate (Riegler). CN. 16 Oct., 191.
- — Emploi du plâtre au chalumeau (An-
- drews). CN. 13 Nov., 242,
- — spectrale. Maxima périodiques des
- spectres (Aymonnet). CR. 26 Oct., 645.
- — Réactions analytiques (Dragendorf). Pc. lPr Nov., 419.
- — Unification des analyses industrielles (Dupont). Rgds. 15 Nov., 909. Arabinose (!,’). (Berthelot et André). CR. 26 Oct., 623.
- Argent. Peroxyde électrolytique. ScP. 3 Nov., 1607.
- Argon et Hélium. CN. 6 Nov., 223 ; RSL. 4 Nov., 206; CR. 2 Nov., 696.
- Roui ange rie. Fours au gaz André. Ri. 24 Oct., 424.
- Brasserie. Divers. Cs. 31 Oct., 734.
- — Morphologie des levures. Fi. Nov., 336. — Séchage des houblons. Ag. 17 Oct., 633.
- — (Progrès de la). Dp. 24-30 Oct., 88,114,
- 6 Nov., 139.
- Carbures métalliques décomposés par l’eau froide (Moissan) Acp. Nov., 302, Céramique. Fours divers. Dp. 30é)eC,6, 13iVor. 97, 121, 145.
- Changements d’état du corps. Influence de la.
- pression. CR. 19 Oct., 595.
- Chaux et Ciments. Conductibilité électrique Cs. 31 Oct., 725. Prise des. Ac. Nov., 167.
- — Fffetsde la chaleur sur les ciments. E'. 23 Oct., 415.
- — Influence de l’emploi du calcaire du Kent sur la qualité des Ciments. E'. 6 Nov., 464.
- — Essais de (H. Le Châtelier). Le Ciment.
- 25 Oct., 137, 151, 154.
- — Action de l’eau de mer, ibid., 1 42.
- — Travaux en ciment armé, ibid,, 145. Chlore. (Fabrication du). Historique (Moud). E. 6 Nov., 391 ; Cs. 3i Oct,, 713.
- — et Chlorates alcalins. Fabrication. Ms.
- Nov., 802, 821; Hargreaves. Cs. 31 Oct,, 719.
- Chrome. Nouvelle forme de combinaison du sesquioxyde avec les oxydes basiques : tétia-chromite de baryum. ScP. 3 Nov., 1137.
- CI évite. (Nouveau gaz de la). CN. 13 Nov., 238. Cobalt et Nickel. Nouveaux sels (Nag). CN. 30 Oct., 212.
- Congres de chimie appliquée, 1896. Rgds, 15 Nov., 903.
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- NOVEMBRE 1896.
- 1565
- Cyanogène. (Spectre du). JISL. 4 Nov., 210. Cyanamid.es, (Recherches chimiques sur les) (Lemoult). CH. 12 Oct., 559. üigitoxine. Pc. 15 Nov., 448.
- Dilatation des liquides. (Enregistrement photographique de la) (Bcrget). CR. 9 Nov., 745.
- Éclairage. Lampes pour omnibus Still. E. 15 Nov., 629.
- Eléments doubles (Twin Eléments) Lorenz. CiY.
- 30 Oct., 211 ; 6 Nov., 224.
- Essences et parfums. Divers. Ms. Nov., 838; ('s.
- 31 Oct. 737, 739.
- FUhylène. Dosage dans les gaz. Cs. 31 Ocl., 745.
- Explosifs. Tetra-nitrocelJulose (Warren). CW. 13 Nov., 239.
- Farines. Méthode chimique d’appréciation.
- (Fleurent). CR. 9 Nov. 754.
- Ferment oxydant des champignons (Bourque-lot). Pc. 15 Nov., 440.
- Formes complexes des composés chimiques.
- (Kournakof). ScP. 5 Nov., 1153. Froid. Cryoscopie de précision (Ponsot).Cft.
- 12 Oct., 557.
- — Zéro absolu. E. 13 Nov. 620.
- Gaz. Liquéfaction par le froid. (Linde). E1.
- 13 Nov., 485.
- — Compressibilité à 0° (Leduc). CR. 9 Nov., 743.
- Gaz d’éclairage. Four, Joyce. Ri. 31 Oct., 439.
- — Gazomètre de l’usine de Nuremberg. Gc. 31 Oct., 426.
- — Bec incandescent Welsbach. Cs.31 Oct., 701, Martini. E. 13 Nov., 629.
- — Lampe Thomas. E. 16 Oct., 511.
- — Lucium (Le) pour becs incandescents. CN. 30 Oct., 212.
- — Acétylène (L’). Co. 7 Nov., 452. Fabrication du carbure de calcium Wilson. EE. Il Oct., 124; Moissan. Acp. Nov., 302; Iving. Cs. 31 Oct., 705. (Impuretés du). Gc. 14 Nov., 24.
- — — (Eclairageà) (Hospitalier). Ln. il Ocl.,
- 314. (Pélissier). EE. 31 Ocl., 203. 7-13 Nov., 254, 311.
- — — Explosivité (Clowes). CN. 16 Ocl.,
- 188. E’. 23 Oct., 407. Ln. 31 Oct., 342. Ri. 14 Nov., 458.
- — — Lampe Gossart. EE. 31 Ocl., 231.
- — — GazogèneGuérard. Ci. 1erNov., 492.
- Gélatine. Action sur les dissolutions salines. Ms. Nov., 850.
- Graisses. Séparation par filtration. Ri. 24 Oct., 428.
- Laboratoires. Divers. Cs. 31 Ocl., 741.
- — (Appareils de). CN. 6 Nov., 225.
- — Mélangeur des liquides et de gaz (Gutt-
- mann). Cs. 31 Oct., 700.
- Lithium (Chaleur de formation de l’hydrure de) (Guntz). CR., 2 Nov., 694.
- Lucium (Le). CN 30 Oct. 212.
- Molécule (Constitution delà). CN. 23 Oct., 199. Optique. Principe de Doppler. Ln. 17-24 Oct., 309, 334.
- — Télémètre de compensation Starke et
- Kammerer. Rt. 25 Oct., 464.
- — Objectif de 30 mètres. Co. 24 Oct., 383.
- — Persistance de la sensation lumineuse
- (Henry). CR. 19 Oct., 604.
- — Rayons de Rontgen. E. 16 Oct., 487. Rs.
- 17-31 Oct., 499, 565. Eté. 17-24 Oct., 245, 269. 7 Nov., 294. EE. 24 Oct., 184. 7-13 Nov., 244, 289, 323. CR. 19 Oct., 598, 599. 2 Nov., 689, 711. 9 Nov., 764. N. 29 Oct.,631. 12 Nov., 30. Rgds. 30 Oct., 850. CN. 13Nov., 235. Osmose. Pression osmotique. N. 15 Oct., 571. Oxyde de carbone présent dans l’air. CN. 16 Oct., 188.
- Oxygène et hydrogène. Poids atomiques. ScP.
- 5 Nov., 1604, et spécifiques (id.), 1605. — Détermination dans l’air. American Journal of Science. Nov., 361.
- Papier de bois. Divers. Cs. 31 Oct., 735.
- Quinine (Essaidu sulfate de).ScP. 5 Nov., 1743. Potassium et sodium. Séparation. CN. 6 Nov., 227.
- Pâtes alimentaires (Fabrication des). Indus -tria. 25 Oct., 677.
- Pétrole. Statistique. E. 30 Oct., 560.
- — Minéral céritique de Batoum. ScP. 5 Nov., 1611.
- — Production aux Etats-Unis. Ri. 14 Nov., 457.
- Poids atomiques des corps simples (Succession des) (Delauney). CR. 19 Oct., 600.
- — de l’oxygène et de l’hydrogène (Thom-
- sen). ScP. 5 Nov., 1604.
- Silicium. Préparation au four électrique (Moissan). Acp. Nov., 289, 300. Solubilité des solides dans les gaz (Aretowski). CN. 16 Oct., 194.
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-
- i i;oo
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- NOVEMBRE 18%.
- — (Courbes de) (II. Le Cliàlelier). ('II.
- 10 Ocl., 9 Nov., 593, 740.
- Soude. Procédé Solvay aux États-Unis. Eam.
- 17 (Jet., 307.
- — Nitral.es du Chili. E. 30 (Jet., 543.
- — i Industrie de la). Ilgds. 10 Nov., 912. Silicates doubles de potasse. Méthode de reproduction (Duboin). Cil. 2 Nue., 098.
- Sucrerie. Industrie au Queensland. S4. 10 Uct., 870.
- — En Allemagne. SA. 30 Ocl., 894.
- — Progrès en 1890. Dp. 10 Oct., 13 A'ov., 04, 161.
- — Interversion du sucre par les sels. 67V.
- •23-30 Oct., 203, 214. 6 Nov., 231.
- — Décomposition des sucres sous l’in-lluence des acides (Berlhelot et André). CR. 19 Oct., 567.
- Tannerie. Divers. Cs. 31 Oct., 729.
- — Tannage du cuir blanc. Ci. 18 Uct., 483. Teinturerie. Divers, ('s. 31 Oct., 706. 708, 709.
- — du colon (Progrès de la). Industrie.
- 18 Oct., 659.
- — ^Progrèsde la) (Ehrmann). Afs. Nov., 789. --- Emploi de l’électricité en). Ri. 17 Oct.,
- 417.
- — Action de la lumière sur les couleurs de. CX. 23 Oct., 205.
- Noir d’aniline, industriel. 25 Oct., 674. — Meldola. Cs. 31 Oct., 707.
- — L’indolium base et son indolinone. SeP. 5 Xov., 1094.
- — Indigo ^Substituts de T). Cs. 31 Uct., 711.
- — Bleu de quinone. CX. 13 Xov., 237. Thorium et Cérium. Séparation. Cs. 31 Oct., 702. Tension de vapeur d’un corps comprimé par
- un gaz. qu’il dissout (Ponsot). Cil. 20 Oct., 648.
- Terpènes et composés congénères (Wagner;. ScP. 5 Nov., 1719.
- Thallium (Nitrate de). CX. 80 Ocl., 217. Thermométrie. Divers. Cs. 31 Oct., 741. Pyro-mètres. (id.), 741, 742.
- Uranium (Thermochimie de T) ;Aloyj. ScP.
- 5 Nov., 1148.
- Vanadiun. Dosage par les acides organiques. American Journal of Science. Nov., 355.
- Vapeurs. Propriétés thermiques (Baltelli). Acp. Nor., 480.
- Verrerie. Iîemplis,seur de bouteilles. lile. 31 Uct., 273. Briques en verre soufllé. Ac. Nov., 173.
- Vernis. Divers. Cs. 31 Uct., 727, 729.
- — Les Siccatifs, id., 728.
- Viscosité, des mélanges de liquides (Linc-barger) ; résiduelle; effet sur la dilatation thermique (Day). American Journal of Science. Nov., 331, 342.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Alcoolisme en Normandie. Rso. 16 Nov., 750. Algérie. Situation et régime. Ef. 14 Nov., 637. Assurance obligatoire contre les accidents en Autriche. Rso. 16 Oct., 591.
- Charité en Angleterre Ef. 24 Uct., 539.
- Chine. Commerce en 1895. E. 23 Oct., 531.
- — (Industrie en). E. 13 Nov., 617. Coopération et décisions du Congrès interna-lional. Ef. 14 Xov., 039.
- Conciliation industrielle. Loi anglaise. Rso.
- 1 Nov., 674.
- Enseignement économique en France. Rso A iTXov., 629.
- — Technique et la concurrence. E’.
- 13 Xov., 498.
- Esclavage. La Société anti-esclavagiste et l’action des missionnaires en Afrique. liso. 16 Oct., 539.
- Etats-Unis (Mouvement populiste aux). Ef.
- 14 Nov., 640.
- Crands magasins à Londres et à Paris. Ef. 24 Oct., 544.
- Ivoire (Commerce de l’;. Rs. 24 Oct., 541.
- Japon (Industries du). E. 16 Oct., 498.
- Métaux précieux, production depuis 1492. SL. Oct., 442.
- Monographie de famille (Cheysson). llso. 1er Nov., 607, 705.
- Monnayage en Russie et aux États-Unis. SL. Oct., 408, 409.
- Or et argent. Cours à Paris depuis 1821. SL.
- Oct., 388; à Londres, id., 450. Ouvrières de l’aiguille à Paris, llso. 16 Oct., 583.
- Pensions de retraite des fonctionnaires en Belgique. Rso. 1er Nov., 072.
- Population industrielle en Prusse. Ef. 17 Oct., 507.
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-
- LITTÉRATURE UES PÉRIODIQUES.
- NOVEMBHE i 8%.
- \ 507
- République Sud-Africaine. Situation industrielle. Gc. 17 Ocl., 396.
- Salaire* (Minimum des) dans les adjudications publiques en Belgique, llso. 16 Oct., 590.
- — des ouvriers des manufactures de
- l’État. SL. Oct., 1(67.
- Setllements de femmes à Londres et à Paris. Usa. 16 Oct., 687.
- Socialisme en Allemagne. Ef. 7 Nov., 603. 'tissage lyonnais. Crise ouvrière en 1864. R*o. 16 Nov., 720.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Briques en verre soufflé. Je. IVor., 173. Constructions, fire proofs. Fi. Nov. 321. Ciment armé. Construction et théorie, ZOI.
- 6 Nov., 693, 13 iYoi\, 605. Le Ciment, 25 Oct. (supplément).
- Écliaffaudage en cordes de paille tressée au Japon. Lu. 31 Oct., 348.
- Emploi et altérations chimiques des métaux dans les constructions (Thomson). SA. 16-23, 30 Oct., 861, 873, 883.
- Halle des machines. Exposition de Genève. Gc. 7 Nov., 1.
- Jetée promenades de Clacton. lie. Nov., 162. Murs de soutènement du chemin de fer clu Péloponèse. Ac. Nov., 173.
- Théâtres (Scènes de). E. 23 Oct., 513, 13 Nov., 601.
- Toitures en cônes (théorie des;. VDI. 17 Oct., 1205.
- — couvertes en /.inc. Eam., 24-31 Oct.,
- 389, 413, 7-14 Nov., 437,761. Planchers en fer latis. E. 13 Nov., 605.
- Ponts. Viaduc de Wallberry. E'. 16 Oct., 389.
- — d’Alton Mississipi. E. 23 Oct., 521.
- — articulés. VDI. 24 Oct., 1249.
- — de Créât Dueie St. Manchester. E.
- 30 Oct., 545.
- Tunnel sous la Sprée à Treplow. SuE. 15 Nov., 919.
- GÉOGRAPHIE
- Caucase (Le). Ef. 14 Nov., 644.
- Corée. Ils. 17-31 Oct., 494, 552.
- Dahomey. Frontière Est. Mission du capitaine Plé. Comité de /’Afrique française, Nov., 353.
- Hongrie. Ef. 31 Oct., 7 Nov., 573, 606.
- Tunisie. Tour du monde, 7 Nov.
- GUERRE
- Artillerie. Mita; automatique'pour garde-côtes. E’. 23 Oct., 415.
- Canons rapides. Manœuvre électrique Lloyd. EE. 24 Oct., 167.
- — Alfùt Noble et Branaslon. E. 6 Nov., 599.
- — double Canet. E. 13 Nov., 613.
- — pneumatiques Dudley. E1. 6 Nov., 475.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs (Théorie des). Cs.3t Oct., lia. Blot. Ri. 24 Oct., 423.
- — de la Société de Fribourg. EE. 31 Oct.,
- 217.
- Aimantation et hystérésis des fers et aciers. EE. 24 Oct. 178.
- Câble Felten et Guillaume. EE. 17-31 Oct., 125, 224.
- — Borel. EE. 7 Nov., 269.
- Commutateur double Ferranti. EE. il Oct., 172.
- Coupe circuit. Patridge et Berry EE. 31 Od.,233. Coefficient d'induction des aimants d’acier (Peirce). American Journal of Science. Nov. 347.
- — Décharge des corps électrisés dans les gaz par des corps incandescents. (Branly). CR. 26 Oct., 643.
- Dynamos. Décalage et Étincelles (Fisher Hi-nen). EE. 17 Oct., 114.
- — Erreurs de connexions dans les induits. Eté. 7 Nov., 297.
- — Wood, Denayrouse.E.230cG,541.Thury.
- EE. 24 Oct., 147. Oerlikon, id. 156. — Alternateurs : de 600 k\v. Mutin et Leblanc. EE. 31 Oct., 193. le. 10 Nov., 493; de la maison Ganz, id. 497.
- — Régulateur à frein électrique Ilieter. EE. 24 Oct., 159.
- — Rendement (Détermination du) Boutin. EE. 24 Oct., 169.
- — Moteur unipolaire Thury. EE. 24 Oct., 159. TriphaséGanz. le. 10 Nov., 503.
- p.1567 - vue 1581/1758
-
-
-
- 1508
- — Pour pompe centrifuge Scott et Mountain. E. 30 (ht., 533.
- — Commulatrice Aliolli. EE. 7 Nor., 251. Éclairage. Prix de revient à Paris. Ri.
- 14 Nov., 457.; à la campagne. En. 31 Ocl., 347; par moteurs à gaz de Leyton E’. 13 iVor., 491.
- — des théâtres. E'. ('» Nov., 403 et diffu-
- seurs Frédureau. lit. 10 Nov., 481.
- — Are. Recherches d’Ayrton. EE. 17 Ocl., U4(Boistel). EE. 14 Aor., 293. Lam-pes de 80 volls, Le. 25 Ocl., 401, projecteur Mangin, lit. 25 Ocl., 470. Lampe Mougin.Ln.7 Aor., 365. Treuil pour lampes Julien. Ram. Nov., 1429. — Incandescence. Température des lampes (Janet). CR. 2 Nov., 090.
- Électrolyse. Désargentai ion des plombs (Tommasi). EE. 16 Ocl., 102. production électro-chimique des sulfures. CN. 10 Oct., 191.
- — fabrication des bypoehlorites et chlo-
- rates alcalins Oetlelj et du chlore (Lunge). Ms. Nov., 802, 821 (Solvayj. EE. 14 Nov., 333.
- — Électrolyseurs de la Société des produits chimiques du Nord. EE. 7 Nov., 269.
- Force agissant sur les liquides diélectriques non électrisés (Pellat). CR. 2 Nov., 691.
- Galvanisation continue des fds Cowper Coles. EE. 14 Nov., 319.
- Générateurs thermo-tropiques. le. 25 Oct., 474.
- Jacques. Etc. 7 Nov., 292, Fi. Nor., 385.
- Haute fréquence. Courants à emploi en thérapeutique. Etc. 14 Nor. 309.
- Hystérésis du fer et de l’acier (Dubois el Taylor). EE. 31 Oct., 227; dans un champ tournaul Baillyi. RSL. Ocl., 182. Indicateur de sonnerie Creasy. E'. 22 Oct.,
- 414.
- Interrupteur automatique pour bobines d'induction d’Arsojival Gai lie. Eté, 7 Nov., 289.
- Magnétisation des liquides (Townsend). Ils!.. Ocl., 186.
- Mesures. Pont de Wheatstone direct. Trotter. E. 23 Oct., 523.
- — Boite à rhéostats automatiques Callen-dar et Griffiht. KG. Nov., 595.
- --- NOVEMBRE 1896.
- Résistances (Armaguat). EE. 14 Nov., 264, 301.
- — Méthode des 3 voltmètres. Etc. 14 Nov., 307.
- Phénomène de Hall (Lebret). EE. 31 Ocl., 233. Parafoudre Baxter. EE. 14 Nov., 316.
- Piles. Support pour pile Leclanclié. Elé. 17 Ocl., 245.
- Radiations électriques. Détermination des longueurs d’onde (Bosc). RSL. Ocl., 167; Ryds. 30 Ocl., 387.
- — (Détecteur magnétique des; RSL. Ocl.,
- 182.
- Résistance éleclrique de l’air. En. 24 Oct., 335. Résonance électrique. EE. 14 Nov., 325. Stations centrales. Genève. EE. 24 Oct., 145. — Paris, le 25 Oct., 463.
- — Au gaz. EE. 7 Nov., 286.
- Téléphonie. Table Standard à un seul lil. Elé. 17 Oct., 241.
- — automatique Aposfoloff. Eté. 31 Oct..
- 278.
- — Appareil de réseau Beaujouan. Eté. 14 N oc., 305.
- Télégraphie sous-marine. Perl imitations dans les câbles (Preece . E. 23 Ocl., 523.
- — Belge. Cinquantenaire. Ru. Nov., 115. Transformateur rotatif de 5 000 watts à courants continus. EE. 17 Oct., 97.
- — (Etude élémentaire d’un) Elé. 17-24 Oct.,
- 260.
- Transport de force à l’Exposition de Berlin. VIH. 7 Nov., 1301.
- HYDRAULIQUE
- Approfondissement du Rhin entre Bingen et Sainf-Goar. lit. 25 Oct., 459.
- Canaux ouverts. (Ecoulement dans les) (Bella-sis). E. 23 Ocl., 518.
- Compteurs d’eau divers. Dp. 23 Ocl., 73.
- — Crépine Stephenson. E'. 30 Oct., 442. Danube. Régularisation, lit. 25 Ocl., 470.
- Di gués de réservoirs. Construction et bétonnage. E\ 23 Oct., 425.
- Distribution de l’eau dit mer à Londres. Ri. 17 Ocl., 418.
- — Réservoir de Saint-Cloud, tic. 14 Nov.,
- 17.
- Écoulemenl des eaux dans les aqueducs. Gc.
- 7 Nov., 8.
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
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-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- NOVEMBRE 18%.
- 1569
- Filtres. Davidson. Ri. 7 Nov., 444. Whitelield.
- E. 23 Oct., 342.
- — à sable Delhotel et Moride. Ln. 14 Nov.,
- 381 ; de Philadelphie. Fi. Nov., 366.
- — Tassement des argiles dans les eaux
- (Thoulel). Cil. 9 Nov., 70.;.
- Pompes. Directe Oddesse. E’. 23 Oct., 413.
- — Dever. E. 30 Oct., 333.
- — centrifuge Allen. E'. 13 Nov., 300.
- — diverses. Dp., 40 Ort., 104.
- — à incendie à pétrole Orether. VDI.
- 7 Nov., 1314.
- — Clapet de retenue Giliard. E. 13 Nor.,030. Pulsateur à air comprimé Durozoi, Fm. Nov.,
- IGG.
- Régularisation du Danube. Ht. 10 Nov.; du Wezel. 47)1. 14 Nov., 1321.
- Turbines de Chèvres. VDI. 24 Oct., 1230.
- — Esclier Wyss Piccard et PietéI. VDI.
- 31 Oct., 1277. Industriel. 8 Nov., 706., Ri. 14. iVor., 43*.
- — du Niagara. Fi. Nov., 334.
- HYGIÈNE
- Bactéries (Rôle des). (Roechling). E. 23 Oct.
- G Nov., 339, G27.
- Chauffage par vapeur d’échappement au postoffice de Manchester. E'. IG Oct., 383. Désinfectants divers. G. 31 Oct., 734; Lee. E.
- IG Nov., 623.
- — Mélangeur désinfecteur Laurans. Gc.
- 14 Nov., 30.
- Eaux industrielles. Traitement en Angleterre. Gc. 7 Nov., 4.
- — de Londres. E. 13 Nov., G19. E'. 13 Nov.
- 497.
- Égouts de Manchester. E'. 16 Oct., 39. de Leighton, ici., 391. de Buenos-Ayres. Gc. 17 Oct., 389.
- — Traitement des gadoues. Système Ar-
- nold. Ln. 14 Oct., 371.
- Appareil aero-hydraulique Beauvalet. Ac. Nov., 166.
- Maison hygiénique Van der Hevden. E. 16 Oct., 481.
- MARINE, NAVIGATION
- Boussole. Détermination des éléments magnétiques en mer (Cuyon). CR. 19 Oct., 367.
- Tome — 93e année. 3° série. — Novembre
- — Détermination de la méridienne au moyen de l’heure de la montre (Decante), lime. Oct., 3.
- Constructions navales. Cargo-boal Ropper, E. 16 Oct., 311.
- — Détermination de la puissance de propulsion des navires (English). IME. Janv., 79.
- — Fermeture de cloisons. Moodie. E. 30 Oct., 372 ; Casey. lit. 10 Nov., 490.
- — Bateau couleur. Bazin. Gc. 31 Oct., 426. Horizon gyroscopique Fleuriais. CR. 2 Nov., 664, 686.
- Machines marines. Triple expansion du Pourr-fatl. E. 16, 23 Oct., 433, 333. E'. IG Oct., 39G ; du Diana. E. 30 Oct., 332; des contre-torpilleurs Salmon etSnap-per. E. 23 Oct., 323.
- Marine de guerre française, manuïuvres. E.
- 160cL, 301 ; du monde. EL 13Nov., 487. -- Manœuvres navales anglaises. Rmc. Oct., 82.
- — Contre-torpilleur chilien Orclla. E. 16 Oct., 492; Protection contre les torpilles. E. 30 Oct., "03.
- — Croiseurs anglais Diadèm. E. 23 Oct., 338. Powerfull. E. 30 Oct. 333.
- — Bateau d’inspection pour l’Amazone. E. 23 Oct., 328.
- — Torpilles LesE. 30 Oct., 365. Obry. Rmc. Oct., 122. Johnson. E. 30 Oct., 372. Médimarémctre le (Gaultier). Ils. li Nov., G22. Navigation intérieure en France (de Bovet). Rgds. 30 Oct., 863.
- — à vapeur. (Évolution de la) Société d’encouragement de Berlin. Oct., 212. Phares. Communications électriques entre les bateaux-phares et la côte. Eté1. 24 Oct., 230.
- Pisciculture maritime, progrès récents. Gc. 31 Oct., 431.
- Ports de l’Australie de l’Ouest. E. 16 Oct., 403. Propulseur électrique New. E E. 24 Oct., 167.
- MÉCANIQUE
- Accidents. Travaux de l’association de Rouen, Bulletin de la Société industrielle de Rouen, Mai, 249.
- Accouplements. Nicholson. E. 23 Oct., 341. Vivier Dam. Nov. 1422.
- 1896. 102
- p.1569 - vue 1583/1758
-
-
-
- 1570
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- NOVEMRRE 1896.
- Aérostation. Vol des insectes et des oiseaux. Dp. 16 Oct., 59.
- — Le cerf volant. Ln. 7 Nov., 362.
- Air comprimé. Compresseur Taylor. E. 23 Oct., 542.
- Broyeur Spratley. E. Oct., 542. Pasquet Pier-son. E. 30 Oct., 572.
- Chaudières. 21 essais Donkin-Kennedy. ftmc. Oct. 301.
- — (Surtimbrage des). Ri. 31 Oct., 438.
- — tubidces (Classification des). Rmc. Oct.,
- 54; Jones. E. 30 Oct., 554; Généralités, VDI. 7 Nov., 1293); Bucholtz. VDÏ. 14 Nov., 1344; Munro. E. 13 Nov., 625; Dumbarton. Id., 629; Thornycroft, Blechynden, Reed. VDI. 17 Oct., 1198; Fleming-Fergussotij Mosher, Ward, Boyer, Cowles, White, Yarrow. Id. 24 Oct., 1232; Petersen-Macdonald, Sampson, Munford, Ward, Lenlz, Anderson-Lyall, Soliany. Id. 31 Oct., 1267.
- — à foyer intérieur Beeley. E. 6 Nov.,
- 600.
- — à réservoir de combustible Monlupet.
- Ci. 1 Nov., 490.
- — Alimentation. Dégraisseurs Normand. Ri. 17 Oct., 414. Sentinel. Harris Kir-kaldy. Belleville, Ram. Nov., 1405. Pompe (électrique Scott. E 23 Oct., 525.
- — Réchauffeur Harman. E'. 30 Oct., 441. — Foyers au pétrole Chamberlain. E. 16
- Oct., 512.
- — Grille Bennis. E. 6 Nov., 600.
- — Garniture de trou d’homme. Ci. 11 Oct.,
- 469.
- — Niveaux d’eau (Corrosion des). E. 16 Oct.,
- 504. Équilibré Watson. E'. 23 Oct., 425. Bailey. E'. 6 Nov., 473 ; Weir. E. 13 Nov., 629.
- — Rivures (Calcul des). E. 30 Oct., 432.
- — Surchauffeur Beeley. E. 16 Oct., 502;
- Uhler et Schwarer (Essai de). SiM. Oct., 329.
- — Vapeur (Détermination du titre de la).
- (O. Reynolds.) CN. 13 Nov., 355. Drague suceuse Linton Bâtes. Ri. 17 Oct., 415.
- — dépierreuse à cloche Honner. Rt. 25 Oct.,
- 458.
- Dynamomètre de rotation. Riehle Robinson. Gc. 24 Oct., 417.
- Engrenage conique à friction. Evans. Ri. 17 Oct., 416.
- Excavateur Calboum. Eam. 7 Nov., 440. Froid (Production artificielle du). Co. 24 Oct., 400; Linde. E'. 13 Nov., 485.
- — Bouteilles d’acide carbonique. SuE. 15 Nov., 897.
- Graisseur Berry. E. 30 Oct., 571. Lefebvre. Ci. 8 Nov. 505.
- Horlogerie. Montres curieuses. Ln. 17 Oct., 310.
- Imprimerie/Massicot hydraulique Hooker. Ri. 31 Oct., 433.
- Levage. Ascenseurs. Gc. 17 Oct., 387. Electrique Otis. EE. 24 Oct., 165.
- — Grue électrique Oerlikon. EE. 31 Oct., 217; Essberger et Geyer. Ri. 14 Nov., 453.
- — — hydraulique de fonderie. SuE.
- 1 Nov., 889.
- Machines-outils diverses de Droop et Rein. VDI. 31 Oct.; 14 Nov., 1261, 1334; Lœve. Rt. 10 Nov., 491. Commandées par l’électricité. Ln. 14 Nov., 369. EE. 24Oct., 161.
- — Fraiseuse parallèle Brown et Sharpe. E. 30 Oct., 567.
- — Banc à étirer Smallwood. E. 16 Oct.,
- 511.
- — pour fusils. Dp. 17 Oct., 53.
- — Poinçonneuse multiple de Bergue. E1. 30 Oct., 433.
- — Rayons des courbure des tranchants.
- (Mallok). RSL. Oct., 164.
- — Tour à revolver Herbert. E'. 30 Oct., 433; à canons de Pond. Dp. 6 Nov., 125.
- — à étirer Elmore. E. 23 Oct., 541.
- — à cintrer. Bam. Nov. 1347.
- — à fabriquer les tubes d’aluminium.
- Roman. E. 23 Oct., 542.
- — presse électrique à souder Niles. Gc.
- 7 Nov., 13.
- — à bois perceuses pour dos de brosses
- Schaws. E'. 16 Oct., 400.
- Meunerie au Manitoba. E'. 30 Oct., 431, 446. Moteurs à, vapeur à l’exposition de Budapest. VDI. 17 Oct., 7 Nov., 1211, 1310.
- — (Accidents aux). (Longridge). E. 13 Nov.,
- 606. Organes de (Raffard), Bam.Nov., 1395.
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-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- NOVEMRRE 1896.
- 1571
- — surchauffée Schmidt. VDL 24 Oct.
- 1245, 1254.
- — Turbo-moteur Parsons. E. 13 Nov.,
- 625.
- — Locomobile Bucholtz. VDI. 14 Nov.
- 1343.
- — à grande vitesse Delange. Ri. 7 Nov.,
- 442; Demerliac. Ri. 14 Nov., 459.
- — Gompound Raworth. E. 16 Oct., 512;
- Coleman. VDl. 17 Oct., 1197; Borsig. JE. 30 Oct., 558 ; à simple effet Fouque. Gc. 14 Nov., 27.
- — Condenseur à fascines Montupet. Ci.
- 1 Nov., 497.
- — Distribution à soupapes Coleman. VDI. 17 Oct., 1197.
- — Enveloppes de vapeur. E. 6 Nov., 589,
- 590
- — Piston Raworth. E. 30 Oct., 572.
- — Régulateurs et volants (Théorie des).
- Marie. AM. Oct., 391.
- — Stuffing box Gates. E. 23 Oct., 542;
- Breitwish. Ci. 1er Nov., 495.
- — Vaporisateur Thomson. E. 13 Nov., 629.
- — Volants américains. Ri. 24 Oct., 421.
- — à gaz Otto de 160 chevaux avec gazo-
- gène. VDl. 24 Oct., ; 7, 14 Nov., 1239, 1304,1331. Bickerton.E. 30 Oct., 571. Manchester. E. 6 JVou.,599. Gaz comme force motrice. Gc. 14 Nov., 31.
- — à pétrole Goubet. Rt. 25 Oct.,468. Merlin.
- Ap. 29 Oct., 639.
- Pesage. Bascule Sampson. £.13 Nov., 630. Résistance des matériaux. Répartition des déformations (Hartmann). CR. 26 Oct., 639; essais de pliage. SuE. l''r Nov., 849. Machine à essayer. Sellers. Pm. Nov., 162.
- Textiles. Guides navettes. Bulletin de la Société industrielle de Rouen. Mai, 265. Métiers divers. Dp. 6 Nov., 131.
- — Gaufrage sur velours de coton Knoop.
- SiM. Oct., 347.
- — Ramie; décortication chimique. Indu-
- stria. 25 Oct., 674.
- — Self Acling Taylor. Iudustria. 8 Nov.,
- 708.
- — Machine à mesurer et plier les tissus.
- Gregson et Monk. Ri. 7 Nov. 441. Tuyauterie en fer garni de plomb. Brighton. E'. 6 Nov.] 474.
- Ventilateur Sayer. Ri. 24 Oct., 429.
- Vis (Pas de) de l’Association britannique. E. 16 Oct., 509.
- MÉTALLURGIE
- Alliages. Point de solidification des alliages binaires contenant de l’or et de l’argent. (Heycook et Neville). RSL. Oct., 160.
- — légers comprimés pendant leur solidi-
- fication. Ln. 31 Oct., 352.
- — d’or (Liquation des). E. 30 Oct., 563. Aluminium (Recherches sur). (Moissan). Acp.
- Nov., 337.
- — (Amalgame d’). ScP. 5 Nov., 1610. Cuivre. Raffinage électrolytique à Anaconda.
- EE. 24 Oct., 185. Eam. 14 Nov., 464; Elmore. E. 30 Oct., 571.
- Fer et acier. Fer Best Yorkshire. (Fabrication du). E'. 16 Oct., 385.
- — Four à réverbère Scholtz. SuE. 1 Nov.,
- — Influence de la température critique.
- SuE. 1 Nov., 849.
- — Formules de la valeur des minerais de
- fer. Eam. 10 Oct., 345; Rt. 10 Nov., 498.
- — Emploi du peroxyde de sodium pour
- l’analyse des ferrochromes, etc. (Hol-tzer.) lm. X, 409.
- — Dosage du soufre dans les produits de
- la sidérurgie. (Campredon.) Ru. Oct.; Nov., 233, 1. SuE. 1 Nov., 865.
- — — du manganèse dans l’acier. (Au-
- chy.) CN. 30 Oct., 214.
- — Double trempe de l’acier. Rt. 10 Nov.,
- 494.
- — Métallurgie microscopique. Application
- à la fabrication des rails. Gc. 24 Oct., 415.
- — Plaques de blindage, harvevage. Wil-
- son et Stubbs. E. 30 Oct., 571.
- — Hauts fourneaux. Tuyère à vent chaud
- Lewis. E. 16 Oct., 505; chargeur Scholtz. SuE. 1 Nov., 883. (Engorgement des). Eam. 24 Oct., 393; récupération des gaz. SuE. 1, 15 Nov., 869, 911; briques pour fours à vent chaud. SuE. 16 Nov., 907.
- — Fonte. Production aux États-Unis. E'.
- 16 Oct., 397. (Développement de la). Ri. 17 Oct., 410. Cubilots divers. Dp., 13 Nov., 150.
- p.1571 - vue 1585/1758
-
-
-
- 1572
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- NOVEMBRE 1896.
- — Sidérurgie à l’exposition de Nijni-Now- j
- gorod. SuE. 15 Nov., 915.
- Or. Procédé au cyanure aux Éltats-Unis. Eam.
- 24 Oct., 380; brevets du—. 14 Nov., 458,400; procédé Plleger. EE. 14 Nov., 318.
- — Séparation de l’argent par volatilisa-
- tion. (Richards.) Fi. Nov. 389.
- Plomba argentifères. Désargentation électrolytique Tommasi. EE. 31 Oct., 220.
- MINES
- American Imlitute of Mining. EngineersMeeting du Colorado. Eam. 10 Oct., 344.
- Annam et Tonkin. Ressources minières. Ef.
- 31 Oct., 578.
- Carrières. (Exploitation des). Rmc. Oct., 273. Extraction. Machine des mines d’Anaeonda. Eam. 10 Oct., 343.
- — Calcul des câbles de roulage. E1. 23 Oct.,
- 408.
- — Débrayage des poulies de tramages
- mécaniques. (Lecuit.) Rmc. Oct. 265. Hongrie. Industrie minérale en 1894-95. AM, Oct., 493.
- Houillières. Bassin de Westphalie. (Ro-brand.) 1m. X. 241.
- — du Transvaal. (Lapierre.) Im. X. 383.
- — Triage de l’Aberaman Colliery. E1.
- 23 Oct., 6, 13 Nov., 410, 461, 488;
- Lavage de Sopris. (Colorado). Eam. 24 Oct., 391.
- — Récupération des gaz grisouteux au puits Saint-Guillaume. Gc. 24 Oct., 114.
- Incendie dans un puits de mines.E'. 23 Oct., Manganèse (Les mines de). E. 16 Oct., 502.
- Or dans l’eau de mer. CN. 16 Oct., 191. Mines de Guyane. Eam. 7 Nov. 439. Préparation mécanique. Trieur électromécanique Robinson. EE. 19 Oct., 125.
- Sel gemme et potasse du Brunswick. Ru. Nov., 93, à Jafferson. Eam. 14 Nov. 463. Soufre. Mines de la Louisiane. Ri. 30 Oct., 417. Turquoises (Mines de) en Perse. Eam. 31 Oct., 417.
- PHOTOGRAPHIE
- Chambre Greene. E. 13 Nov., 630. Cinématographe Armât. E. 30 Oct., 572. Photographie au Congrès de chimie. Rgds. 16 Nov., 915.
- — d’une balle de fusil en mouvement.
- (Mach.) Lu. 17 Oct., 320.
- — en couleurs, fixage sur papier (Graby).
- Sfp. 15 Oct., 481 ; Co. 14 Nov., 492.
- — Divers. Rs. 14 Nov., 636.
- Redressement des lignes dans la photographie
- des bâtiments. Co. 7 Nov., 462.
- Union des Sociétés photographiques de France. Session de Lille. Sfp. 1er Oct., 450.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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- i)5» ANNÉE.'
- Cinquième Série, Tome I.
- DÉCEMBRE 1896.
- BULLETIN
- DE
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- NOTICE NECROLOGIQUE
- Discours prononcé, le 21 novembre 1896, aux obsèques de M. Alfred Tresca, Membre du Comité de Mécanique de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, par M. Haton de la Gouj/illière, président du Comité des Arts mécaniques.
- Messieurs,
- Alfred Tresca a été, dans la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale, l’un des membres les plus utiles, les plus aimés. Héritier d’un nom illustre dans la science et honoré parmi nous pour les services rendus à notre Société, il en a soutenu fermement le prestige. Formé à la forte école de son père Henri Tresca, il en avait reçu des traditions sures de science industrielle, cette science si difficile, et en même temps des traditions d’honneur et de labeur auxquelles il est resté fidèle.
- Nul plus que lui, dans notre Comité des Arts mécaniques, n’était toujours prêt pour des études multipliées, quelquefois fastidieuses, sans qu’il leur marchandât pour cela sa patience et sa bonne volonté, plus souvent importantes, difficiles et longues, bien des fois, nous apprenions que tel rapport, dont il nous donnait brièvement la substance, lui avait coûté des lettres nombreuses, des voyages, des expériences prolongées. Pour juger une question particulière, il n’épargnait aucun effort. Fallait-il au contraire apprécier dans son ensemble toute une vie industrielle, son extrême érudition Tome I. — 95e année. 5U série. — Décembre 1896. 103
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- 1571 NOTICE NÉCROLOGIQUE DE M. A. TRESCA. ---------- DÉCEMBRE 1896.
- se trouvait toujours armée, et nous retrayait avec précision, dans nos concours de prix, des carrières militantes, dont les unes avaient su percer en dépit des difficultés, tandis que d’autres, bien que très méritantes, avaient succombé devant les obstacles et sous les coups du sort. Avec son esprit de justice, il savait les discerner; avec sa grande bonté, il aidait notre Société à leur apporter un témoignage d’honneur et, au besoin, d’aide matérielle.
- Je viens de parler de sa bonté. Elle était grande, caractéristique. Elle n’avait d’égale que sa modestie. Toujours disposé à s’effacer, se dissimulant systématiquement derrière le grand nom d’Henri Tresca, il n’était peut-être pas assez complètement connu de ceux qui ne l’approchaient pas de près. Mais ses collègues, ses élèves rendent une justicè unanime à la fécondité comme à la solidité de ses travaux et de son enseignement. D’autres voix vous les ont fait connaître.
- Les relations avec lui étaient empreintes d’un grand charme. Son exquise courtoisie lui a concilié d’inébranlables amitiés. Mais combien ces qualités précieuses trouvaient mieux encore leur place dans cet intérieur charmant, au milieu de cette famille de sentiments si distingués qu’un coup de foudre vient de briser subitement ! Sera-t-il permis d’offrir respectueusement à ces cœurs désolés le tribut de l’estime profonde d’amis qui conserveront fidèlement ce cher souvenir? Qu’une aussi grande douleur trouve du moins plus haut encore quelque adoucissement dans la pensée de la récompense éternelle d’une vie si digne, si pure, si dévouée au bien ! Adieu, cher Tresca, adieu !
- Discours de M. S. J ou da.\, président du Conseil de perfectionnement
- de l'Ecole Centrale.
- Mes dam es , Messieurs ,
- Au nom de l’Ecole centrale, au nom de ses élèves comme de ses directeurs, professeurs et fonctionnaires de tout ordre, comme organe de ses Conseils que j’ai rhonneur de présider, je dois prendre la parole devant cette tombe.
- Je.le dois non seulement pour adresser un dernier adieu à l'excellent collègue qui vient de nous être enlevé d’une façon si douloureuse et si imprévue, — je le dois encore parce que c’est un devoir pour nous, survivants qui avons connu Alfred Tresca pendant de longues années, c’est un devoir de dire en ce moment suprême ce qu’était réellement ce collègue dont la vie si laborieuse a
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- DISGOUHS DK M. S. .1 OU DAN.
- 157 o
- été en même temps si modeste, ce collègue toujours plus pénétré de ses devoirs, plus désireux d’ôtre utile que préoccupé de mettre eu évidence ses mérites personnels ou de rechercher ses intérêts particuliers.
- Pour remplir ce devoir, [tour vous parler quelques instants, il faut que je maîtrise une double émotion. A la douleur qui m’étreint en accompagnant ici le collègue estimé que, déjà professeur moi-même, j’avais vu débuter il y a plus de vingt ans comme jeune répétiteur à notre Ecole, que, par une faiblesse d’ancien sans doute, je voulais trouver toujours jeune, — à cette douleur causée par la perte du fils, vient pour moi se joindre l’émotion due au souvenir du père, dont j’ai eu aussi le privilège d’être le collègue et l’ami.
- Depuis plus de quarante ans en effet, permettez-moi de le rappeler pour les jeunes qui m’écoutent, le nom de Tresca est associé à l’enseignement de l’Ecole centrale. Après avoir été longtemps l’examinateur d’admission, — unique pour Paris, — à notre Ecole, alors établissement privé, remplissant ainsi des fonctions d’une importance capitale pour la prospérité de i’institution, le père de notre collègue, le savant et regretté Henri Tresca fit partie pendant vingt ans du corps enseignant, et nous le perdîmes en 188o, devenu membre de l’Institut et président de nos conseils où il avait succédé, comme président, à l’un des fondateurs de notre Ecole, l’illustre J.-B. Dumas. Son souvenir est encore présent à l’esprit de tous ceux qui, comme celui qui parle, ont été ses collègues : ils ne peuvent oublier les services qu’ils lui ont vu rendre à notre Ecole, en même temps que le désintéressement et l’obligeance de son caractère, la sùrelé de ses relations, et ce souvenir restera [tour nous, j’en suis certain, intimement lié à la mémoire de son digne fils.
- Alfred Tresca était né à Paris le 12 juillet 1841.11 fit ses études à notre Ecole, dont il sortit, muni du diplôme d’ingénieur, avec la promotion de 1882 qui a fourni tant d’hommes utiles à nos industries françaises. Dès sa sortie, il fut attaché au Conservatoire des Arts et Métiers dont son père était sous-directeur, comme préparateur chargé du service des expériences de mécanique; il y prit une part des plus actives aux nombreux travaux qui ont illustré la carrière paternelle, notamment aux belles recherches expérimentales sur le martelage, le forgeage et le laminage des métaux. Outre cette collaboration, qui, pour avoir été un peu mise dans l’ombre par l’auréole du père, n’en est pas moins un titre d’honneur pour le fils, Alfred Tresca resta pendant vingt-cinq ans au Conservatoire, occupé d’expériences sur le rendement des machines et sur la résistance des matériaux, dont les Annales du Conservai,aire contiennent de nombreux procès-verbaux. Il s’était fait, dans le personnel de ce grand établissement national, une place spéciale, et lorsqu’il le quitta, en 1887, il y laissa les meilleurs et plus durables souvenirs : ses services ne sont oubliés ni par l’éminent colonel
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- Laussedat, directeur du Conservatoire, ni par le savant professeur, M. Hirsch, successeur de Tresca père dans la chaire de mécanique appliquée aux Arts, pour ne citer que ces deux noms, et je suis autorisé à dire que le Conservatoire des Arts et Métiers s’unit à l'Ecole centrale dans le deuil d’aujourd’hui.
- En 1872, Alfred Tresca était devenu répétiteur du cours de construction de machines en deuxième année à l’Ecole centrale ; treize ans après, il devenait chargé de cours, et enlin, en 1887, il était nommé professeur titulaire et membre du Conseil de l’Ecole pour cette même chaire. Sa carrière déjà longue d’expérimentateur et de répétiteur, les nombreuses machines de toutes sortes qui avaient passé par ses mains, l’avaient spécialement préparé pour l’enseignement de la construction des machines. Il possédait sur ce sujet les connaissances les plus encyclopédiques, dont il a donné de nombreuses preuves, tant à l’Ecole que dans ses rapports et communications à la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale, — dont il était devenu membre du Conseil en 1885, — et à la Société des Ingénieurs civils de France, — où il fut secrétaire apprécié pendant bien des années et membre du Comité. Il s’était voué en quelque sorte à l’enseignement technique pour lequel il éprouvait une véritable passion. Bien avant son entrée dans le professorat, dès 1869, il avait été nommé examinateur d’admission aux écoles des arts et métiers, et il continua à remplir ces fonctions dans les commissions régionales pendant dix-sept ans, jusqu’en 1886, époque où il accepta la nouvelle charge de professeur à l’Institut agronomique.
- Il ne m’appartient pas de parler d’Alfred Tresca en cette qualité, bien que, chez nous-mêmes, dans son enseignement, il donnât les preuves de cette connaissance profonde du matériel agricole, qui le faisait rechercher par la Direction de l’Agriculture pour les commissions d’expériences et les jurys des concours agricoles bien avant son entrée à l’Institut agronomique.
- Depuis cette époque (1886), Tresca se consacra complètement et presque uniquement à son double enseignement. Nous l’avons vu toutefois prendre part dans nos Expositions universelles de 1878 et de 1889 aux travaux des comités et des jurys internationaux. Il continuait aussi ses fonctions de membre, depuis 1872, de la Commission chargée du contrôle, de la direction et de la publication des brevets d’invention au ministère du Commerce et de l’Industrie. Mais avant tout il était professeur.
- Quand il s’agissait d’enseignement, il n’économisait ni son temps ni sa peine, il ne craignait ni les fatigues, ni les veilles, pour réunir, étudier, coordonner les renseignements pratiques nombreux qui servaient de base à ses leçons, qu’il mettait à la portée de ses élèves, tant par la parole que par le dessin et l’autographie avec une abondance excessive. Son érudition était immense, et ses auditeurs rendaient une justice méritée à l’étendue des connaissances de leur professeur. Ils sont nombreux les anciens élèves qui, une fois entrés dans leurs
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- DISCOURS DE M. S. JORDAN.
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- carrières industrielles, sont revenus frapper à la porte de leur ancien professeur et ont trouvé chez lui, mis à leur disposition avec une générosité rare, des renseignements précieux sur les points qui les préoccupaient, des conseils bienveillants et désintéressés auxquels la longue expérience de Tresca donnait une valeur et une autorité toutes particulières.
- Malgré le fardeau de ses deux chaires, Tresca publiait, il y a quelques années, un important ouvrage sur le Matériel agricole moderne; dans son zèle de professeur, il n’oubliait pas les commençants, et les élèves des écoles professionnelles lui doivent aussi des leçons élémentaires de mécanique.
- En récapitulant les travaux qu’Alfred Tresca a accomplis, les fonctions qu’il a remplies, comme je viens d’essayer de le faire, on doit se demander vraiment comment un seul homme a pu suffire à une pareille tache. On le comprend à peine lorsque, comme ses collègues et amis, on l’a vu à l’œuvre.
- Pendant toute sa vie, il a été un travailleur infatigable, pénétré jusqu’à l’oubli de sa personne des devoirs qu’il avait acceptés, et il est resté jusqu’à la fin un laborieux et un modeste. Il ne comprenait la vie que dans le travail assidu et consciencieux ; il ne recherchait d’autres satisfactions que celles de sa conscience, d’autres plaisirs, d’autres joies que celles de la famille. Les distinctions qui sont venues le trouver, la croix de chevalier de la Légion d’honneur, plusieurs décorations étrangères, il les avait reçues avec la simplicité modeste qui était le fond de son caractère. Ses collègues et intimes ont même pu quelquefois penser qu’il s’effaçait trop, qu’il ne montrait pas assez la conscience de sa valeur. Oui, sa modestie était excessive, comme son sentiment de Thonneur, comme sa bonté, comme son désintéressement, comme son dévouement au devoir, nobles héritages qu’il avait reçus de son éminent père. S’il ne se mettait pas volontiers en avant, s’il paraissait peut-être quelquefois un peu timide, il savait cependant, quand il le fallait, être résolu et énergique. Pour achever de le faire connaître, je veux emprunter quelques lignes à une lettre que j’ai reçue de celui qui fut son chef à divers titres, entre autres son chef militaire immédiat pendant les [douloureuses journées du siège de Paris, alors qu’il avait tout quitté pour s’engager volontairement dans l’armée de la Défense nationale comme simple soldat du génie, à M. le colonel du génie Laussedat, directeur du Conservatoire des Arts et Métiers.
- « J’ai été personnellement à même », — dit mou éminent correspondant, —
- « d’apprécier les rares qualités de cet homme d’élite, aussi calme, aussi résolu dans les circonstances les plus difficiles, qu’il était attentif aux moindres détails de tous les services qui lui étaient imposés. — Pendant toute la durée du siège, et même un mois auparavant, Alfred Tresca a été attaché aux travaux de défense de la rive gauche de la Seine, sous ma direction immédiate, et m’a servi pour
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- NOTICE NÉCROLOGIQUE DE M. A. TRESCA.
- DÉCEMBRE 1800.
- ainsi dire d’aide de camp, en qualité de simple soldat du génie, ni lui ni moi n’ayant songé qu’il fût nécessaire de lui donner des galons dont on a tant abusé à cette époque. — C’est lui que j’ai chargé de chercher les souterrains et les locaux nécessaires pour emmagasiner les centaines de milliers de kilogrammes de poudre qui arrivaient à la fin d’août et pendant la première quinzaine de septembre, souvent sans que j’en fusse prévenu à l’avance; c’est lui qui, avec mon préparateur Alvès et l’adjudant du génie Luthard, m’a secondé dans l’organisation des douze observatoires militaires et pour l’utilisation au jour le jour des renseignements que me fournissaient les savants et les artistes qui les occupaient, me permettant ainsi de releveravec la plus grande exactitude tous les travaux de l’ennemi, ici des murs crénelés et des abatis, là des tranchées continues ou interrompues, des trous de guetteurs recouverts de branchages, des observatoires aussi, enfin les batteries réparties sur tout le développement et à l’intérieur de la ligne d’investissement. — C’est encore Alfred Tresca qui essaya, au lendemain du 18 mars, de ramener les canons du parc de la place Wagram en s’exposant au plus grand danger.
- « Combien d’actes d’héroïsme de ce genre sont et demeureront ignorés ! Il appartient sans doute aux survivants qui les ont connus de rendre justice au moment suprême à ceux qui les ont accomplis noblement sans jamais songer à en faire du bruit. — Voilà, cher monsieur, ce qu’il était de mon devoir de vous faire connaître, et je suis persuadé que cette page de la vie d’Alfred Tresca ne vous surprendra pas. »
- En effet ces souvenirs des services militaires de Tresca, rappelés d’une façon si saisissante par le savant colonel, ne me surprennent pas plus qu’ils ne surprendront ceux qui ont bien connu notre collègue. J’avais su aussi à l’époque et l’arrestation de Tresca aux lieu et place de son père, et soa emprisonnement à Mazas, et le danger mortel qu'il courut pendant les sombres journées du deuxième siège. Il est dû à sa mémoire, il est bon pour l’enseignement des jeunes qu’il a tant eu à cœur, de rappeler ici cet épisode de la vie d’un homme qui, pénétré de son devoir de citoyen comme de tous les autres, paya noblement de sa personne en le remplissant largement, et qui reprit ensuit»' ses travaux habituels sans autre satisfaction que celle du devoir accompli, sans bruit et sans fracas; il était nécessaire de faire connaître ce côté spécial d’un caractère aussi vaillant et résolu que bon et modeste.
- Mesdames, Messieurs,
- Ma tâche est maintenant terminée. Il ne me paraît utile de plus rien ajouter pour faire comprendre l’étendue des regrets que Tresca laisse derrière lui, la profondeur de l’émotion avec laquelle la nouvelle de sa perte a été accueillie
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- DISCOURS DE M. S. JORDAN.
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- partout où il était connu, la sincère et vive sympathie avec laquelle ses collègues et amis prennent part au deuil de sa famille.
- Deuil bien inattendu ! Il y a une semaine à peine, nous avions vu Tresca plein de vie. Samedi soir, il était subitement frappé d’un mal qui ne pardonne guère. Après quatre jours du cruelles souffrances, malgré les soins dévoués qui l’entouraient, il quittait ce monde ( I ) où son âge semblait lui promettre encore bien des années d’activité, laissant dans l’affliction la plus profonde toute une famille qui trouvait en lui un chef chéri et respecté, une épouse dévouée, des filles qui l’adoraient. Les voies de la Providence sont incompréhensibles! Heureusement pour les siens, ils sont des croyants comme il l’était lui-même; dis savent que tout ne finit pas à la mort, qu’il y a un au-delà, que leur bien-aimé no les a pas quittés pour toujours, qu’il les a seulement devancés.
- Mais je dois m’arrêter de crainte d’aviver leur émotion : je ne veux plus que leur répéter combien toute l'Ecole centrale, au nom de laquelle je parle, combien aussi le Conservatoire des Arts et Métiers qui m’a donné mission de le dire, participent à leur deuil.
- Oui, cher Tresca, mon estimé et regretté collègue, nous t’aimions tous aussi. C’est avec une émotion sincère que je t’apporte ici les adieux suprêmes de tes élèves, de tous tes collègues anciens et actuels. Au nom de tous, adieu, adieu !
- (1) M. Alfred Tresca est décédé le 18 novembre 1896.
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- ARTS MÉCANIQUES
- Addition au rapport de MM. Brûll et Hirsch sur la DISTRIBUTION-
- LE NCAUGHEZ-DURAINT POUR LOCOMOTIVES (I).
- M. Mallet, ingénieur à Paris, a écrit uni' lettre à la Société, le 9 juillet 1896, au sujet du rapport du Comité des Arts mécaniques sur la distribution de vapeur pour locomotives de MM. Lencauchez et Durant, ingénieurs. Cette lettre a été envoyée au Comité des Arts mécaniques.
- M. Mallet craint que l’on ne puisse induire d’une phrase de ce rapport que l’application de la détente étagée à la locomotive conduit nécessairement à la pourvoir de plus de deux cylindres.
- Les rapporteurs n’ont nullement voulu dire que les locomotives Compound ont forcément plus de deux cylindres.
- La Société d’Encouragement a décerné à M. Mallet une médaille d’or pour avoir appliqué le premier aux locomotives la détente par étagement; et le rapport de H. Tresca, approuvé en séance le 13 février 1885, comprenait la description de plusieurs types de machines Compound qui n’avaient, chacune, que deux cylindres.
- La lettre de M. Mallet contient, sur le développement des applications du système Compound aux locomotives, un renseignement qu’il paraît utile de rapporter ici.
- Il y a actuellement plus de 4 500 locomotives de ce genre et, sur ce nombre, plus des deux tiers n’ont que deux cylindres. Parmi ces dernières, il y a une proportion considérable de machines à grande vitesse.
- Signé : Hirsch, Brull, rapporteurs.
- (I) Bulletin de mai 1800, p. 666.
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- MINES
- REVUE DES PROGRÈS RÉCENTS DE u’iNDlISTRIE MINIÈRE,
- par M. Leproux, ingénieur des mines.
- Fonçage des puits : emplois du procédé Podsch; procédé Honigmann; bétonnage. — Emplois de l’eau sous pression : perforatrices Rrandl; puits Kaiser Wilhelm II à Klausthal; pompes Kazelowsky; élévateurs à injection d’eau. — Treuil électrique de 30 chevaux de Siemens et Halske. — Etudes des explosifs de sûreté par l’Institut, des ingénieurs des Mines du Nord de l’Angleterre; état de la question. — La suppression des explosifs ; nouvelles perforatrices à main Demany et Thomas. — Aérage. — Préparation mécanique: lavoir Francou; bocards californiens. — Transports extérieurs : emploi des câbles aériens.
- Il est rare que l’on ait à constater, dans une revue de cette nature, une transformation de procédés ou d’outillage pouvant intéresser presque tous les exploitants de mines. Les perfectionnements appliqués à l’art des mines sont le plus souvent locaux, d’une diffusion difficile, et par conséquent d’un intérêt limité. Aussi quand une méthode, même connue depuis plusieurs années, reçoit des applications nombreuses dans des entreprises différentes, doit-on la signaler comme une véritable nouveauté.
- Tel est le cas du procédé Pœtsch, entré aujourd’hui dans la pratique courante, et destiné probablement à se substituer, dans la plupart des cas, aux anciens procédés de fonçage à niveau plein.
- MM. Saclier et Waymel ont rendu compte, dans un important mémoire (1), du mode d’emploi de ce procédé pour le fonçage simultané de deux puits, l’un de 3 mètres, l’autre de 3m,65, distants de 37 mètres, et traversant environ 100 mètres de terrains exceptionnellement aquifères. Ce travail fut exécuté avec un plein succès.
- Plus récemment, M. Schmidt a donné, dans la même publication (2), une étude d’ensemble des diverses applications qui ont été faites de ce mode de consolidation des terrains dans les douze dernières années. C’est en effet à 1883 que remonte le premier fonçage véritable entrepris par la méthode Pœtsch, dont l’idée primordiale est empruntée à l’exploitation de placers sibériens, où les froids intenses de l’hiver sont utilisés pour congeler les terrains aquifères et permettre d’y travailler à l’abri des venues d’eau. Après avoir rappelé avec quelques détails ce précédent, M. Schmidt examine les differents cas qui ont nécessité l’emploi du procédé Pœtsch en Allemagne, en Belgique, en Amérique et fina-
- (1) Bulletin de l’industrie minérale de Saint-Étienne, Ire livraison de 1895.
- (2) Id. 2e livraison de 1895.
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- MINES.
- DÉCEMBRE 1890.
- lement en France. Il décrit ainsi sommairement le fonçage de 17 puits; et, afin de montrer la progression ascendante de l’emploi du procédé, nous avons cru intéressant de réunir dans un tableau synoptique les principales données de ces opérations :
- DUKKK
- DIMENSIONS TROFONDKUR de la
- DAT ES. EXPLOITATIONS. du puits jusqu’au col congélation OBSERVATIONS.
- non envolé. imperméable . et du
- fonçage.
- mètres. mètres.
- 1883. Mine Archibald 3,14 x 4,71 40 83 jours. A coûté 1 475 fr .lemètre.
- 1883. Mines de Miehalkowitz. . 7x7 80 N'a pu être achevé par
- lo procédé Pœtsch.
- 1884. Mine Emilie n° 1 . . . . 3,32 38,50 150 jours. A coùté2 137 fr. le mètre.
- 188a. — n° 2 . . . . 4,30 X 3,10 35,30 190 — ..
- 1884. Mine Centram 4 X 2,35 31,95 190 — Cuvelage impossible.
- 1887. Puits nü 8 du Houssu. . . 2 ans, 3 mois
- 00 00 Mine de Jessenitz . . . 80 Le puits approfondi ren-
- contra un autre ni-
- veau aquifère entre les profondeurs de 150
- et (le ISO mètres ; une tentative pour appli-
- quer de nouveau le procédé échoua.
- 1889. Mine Chapin ;> 30 •—
- 1890. Mine de Georgenberg . . 3 x 4,50 23,50 —.
- 1891. Mine de Lens n° 10 . . . 7 80
- 1892. — n° 10 bis. . . 4,40 41,75 190 jours.
- 1893. Mines de Dourgesn0 3 bis. 5,40 59,50 380 —
- 1894. — n° 7 . . 5,80 58,50 —
- 1892. Mines de Courrières. . . 5,40 52,30 212 jours.
- 1894. Mines d’Anzin : 2 puits . j 0 4,50 102,10 102,10 10 mois. .
- 1894. Mine de Flisnes-le/.-Haches. ;> 72,70 1 an. Venues d’eau d’une
- abondance exceptionnelle.
- Le plus important de ces fonçages est, nous le répétons, celui qu’a fait, pour deux puits conjugués ne rencontrant les assises imperméables qu’à 100 mètres, la Compagnie des Mines d’Anzin. On voit, parle tableau précédent, que les mines du Nord et du Pas-de-Calais ont largement usé du procédé Pœtsch depuis 1890, et qu’elles paraissent l’avoir fait sortir de la période des tâtonnements pour en faire une méthode sûre et pratique. Le mémoire de MM. Saclier et Waymel fait époque à ce point de vue; la marche suivie par la Compagnie d’Anzin a été le résultat d’une longue et minutieuse étude préalable, qui a été couronnée par le succès le plus complet, bien que les difficultés qu’elle rencontrait fussent plus grandes que partout ailleurs; l’étude faite et le détail des
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- REVUE DES PROGRÈS RÉCENTS DE L INDUSTRIE MINIÈRE.
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- opérations sont exposés, dans ce mémoire, avec une clarté qui en fait le guide naturel de tout exploitant voulant entreprendre un fonçage du même genre. Nous y renvoyons par conséquent, le lecteur en nous contentant de noter, comme les auteurs, que, si toutes les conditions que l'expérience acquise à Anzin et ailleurs a fait connaître sont réalisées, le fonçât/e (ïun puits par congélation, sur. une hauteur quelconque, nous semble pouvoir être exécuté avec des chances de succès absolues et dans des conditions économiques excellentes.
- Au point de vue technique, en effet, on peut dire que rien n’a fait défaut à Anzin non plus que dans les fonçages entrepris depuis; et la dépense paraît ne pas devoir dépasser 2 500 à 3 000 francs le mètre, alors que tous les prix de revient de puits foncés à niveau plein, dans les mêmes conditions et avec des diamètres moindres, dans le Nord et le Pas-de-Calais, atteignent ou dépassent ce chiffre.
- Ajoutons en terminant que M. Schmidt mentionne deux importants exemples de travaux d’art importants qui ont pu être menés à bonne fin par l’emploi de la congélation, à savoir: le tunnel de Stockholm, en 1886, et d’importantes réparations faites, en 1894-1893, aux fondations des ascenseurs des Fontanettes. L’emploi du procédé paraît, comme le montrent ces deux exemples, devoir n’être pas limité aux fonçages et recevoir des applications très variées à la fois dans l’art des mines et dans les travaux publics.
- Un autre procédé, destiné également à traverser les assises abondamment aquifères, est\&procédé Honigmann{ 1), employé, paraît-il, avec succès à Heerlen (Limbourg hollandais). C’est un procédé à niveau plein, caractérisé par ces deux points curieux : absence de revêtement, même dans les sables boulants, pendant le creusement, et fonctionnement continu, sans remonter les outils, grâce à un siphonnage des déblais. Pour arriver à ces résultats, M. Honigmann emploie un outil à rodage d’un diamètre égal à celui du puits à creuser et porté par une tige en fonte creuse. L’outil tourne de manière à raboter le fond de l’excavation et à ameublir les terrains, dont les débris se mélangent à l’eau. Ils sont extraits d’une manière continue par la colonne centrale, au moyen d’un artifice remarquable. Au centre de cette colonne, débouche un tube de petite section amenant de l’air comprimé ; le mélange de l’eau et de l’air présentant moins de densité que l’eau boueuse qui remplit le puits, l’eau monte et, en montant, elle expulse les déblais. La hauteur à laquelle on peut ainsi les remonter est très faible ; aussi, comme le niveau naturel des eaux est à 10 mètres de profondeur, on a soin de tenir le puits plein d’eau jusqu’à la surface au moyen d’une alimentation continuelle. De plus, cette eau d’alimentation est, à dessein, chargée d’argile ; et c’est cette argile qui, pénétrant dans les
- (1) Revue de Liêyc, mars 1896, et ColUery-Guardian.
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- sables boulants par suite de la filtration de l’eau sous charge, les cimente en quelque sorte et les maintient.
- On a pu, par ce procédé, forer un puits de 60 mètres dans des terrains composés de sables, d’argiles et de marnes. On comprend d’ailleurs que le prix de revient du mètre soit très faible. Il est donc possible, comme le dit M. Habets, qu’on se trouve en présence d’une méthode nouvelle d’un réel intérêt.
- Le même sujet — établissement des puits — nous amène à parler de l’emploi de plus en plus étendu dans les mines du plateau central de la France, où les venues d’eau sont en général peu importantes, des muraillements en béton de ciment. Ce procédé, qui a pour résultat de constituer le tufce du puits d’une manière uniforme et homogène, a été successivement employé avec avantage aux Houillères de Saint-Etienne, à la Chapelle-sous-Dun, puis, de nouveau, aux Houillères de Saint-Etienne; un mémoire de M. Gardon, paru récemment (1), fait connaître en détail les conditions d’établissement d’un puits de 300 mètres de profondeur et de 3m,75 de diamètre, foncé à la Chapelle-sous-Dun, muraillé en béton au moyen du cintre mobile système Badiou, et terminé complètement en dix-sept mois, au prix de 650 francs le mètre, amortissements compris.
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- Nous avons, dans cette même revue, donné en 1895 quelques détails sur les installations de transport d'énergie électrique et, vu le développement qu’elles prenaient dans les mines, surtout en Amérique. Il est intéressant de remarquer que, à côté de ces applications de l’électricité qui sont, au premier chef, des innovations, il s’est fait tout récemment quelques emplois de l'eau sous pression dans le même but, ce qui paraît à première vue constituer un retour en arrière; on revient ainsi à un mode de transmission qui est, de beaucoup, le plus simple en théorie, mais qui était jusqu’ici réservé à des cas très différents de ceux que présente l’exploitation des mines, ou à des cas isolés.
- On sait que, lorsqu’il s’agit de transporter à distance l’énergie mécanique, trois termes sont à considérer, à savoir : le rendement du générateur, le rendement du récepteur et le rendement de la transmission proprement dite. Lorsqu’il s’agit d’air comprimé, le rendement de la transmission est excellent, les résistances étant très faibles pour une puissance donnée ; mais le rendement des deux termes extrêmes — générateur et récepteur — est en général mauvais, en raison des phénomènes thermiques qui rendent la compression coûteuse ou limitent la détente au récepteur. L’inverse se présente pour les transmissions
- (1) Industrie minérale, lrc livr. 1896.
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- hydrauliques; clans ce cas, le rendement des deux termes extrêmes de la transmission peut être excellent, pourvu que les vitesses des organes soient faibles et que les passages de l'eau soient étudiés avec soin; mais la résistance de la transmission est élevée, et, pour peu que cette transmission s’étende sur un parcours un peu grand ou qu’elle serve à distribuer de notables quantités d’énergie, la perte est en général considérable; c’est, en ellet, ce qui arrivait jusqu’à présent dans les installations de ce genre. Si l’on ajoute à ce fait l’inconvénient très grave résultant de la nécessité de relever l’eau motrice et de dépenser pour cela un travail qui, dans les mines, représente sinon la totalité, du moins une fraction notable du travail qu’elle a pu produire par sa descente seule, on comprend quedes transmissions de celle nature soient l’exception dans l’artdes mines.
- Cependant si, grâce à l’emploi de très fortes pressions, ce qui n’accroît pas la résistance par kilogramme d’eau envoyée, on diminue la résistance par cheval transmis, on peut arriver à constituer un ensemble plus avantageux qu’une transmission à air comprimé ou à la vapeur, et se prêtant d’ailleurs à des applications plus étendues qu’une transmission par l’électricité. Mais il faut alors que le dernier inconvénient dont nous avons parlé soit atténué ou supprimé.
- Dans le percement des tunnels pour chemins de fer, travaux qui ont tant de points communs avec les travaux des mines, l’inconvénient n’existe pas, la pente étant facilement ménagée de manière à permettre l’écoulement des eaux. Aussi a-t-on pu avec succès employer l’eau sous pression dans les derniers grands tunnels qui aient été faits, au tunnel de l’Arlberg et à celui de Suram. Le percement du Simplon sera fait (1), comme ces deux derniers, avec des perforatrices Brandt, actionnées par l’eau, et construites par la maison Sulzer, de Win-terthur. Plus puissants que tous ceux qui ont été employés jusqu’à ce jour, ces appareils possèdent un fleuret de 6 centimètres de diamètre dans la partie courante et de 7 centimètres à l’extrémité. Le fleuret travaille par rotation; il est actionné, comme le montrent les fig. 1, 2, 3 et 4, par un petit moteur à deux cylindres transmettant son mouvement à l’aide d’une vis sans fin. L’eau, fournie par des chutes naturelles dont on utilisera la puissance, arrivera au front d’avancement avec une pression atteignant 100 kilogrammes par mètre carré et à raison de 80 à 100 litres par seconde. Les essais faits à l’atelier, portant sur un bloc de granit, ont montré qu’on pouvait percer en moins d’un quart d’heure un trou de lm,25 de long. Dans ces conditions, on compte réaliser un avancement moyen de plus de 5 mètres par jour.
- Lorsque l’on dispose d’une galerie d’écoulement située à une distance notable de la surface du sol, l’emploi de l’eau sous pression peut encore être réalisé, cap-
- (1) The Engineer, 25 janvier 1893. — Revue de Liège, janvier 1896.
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- tant les eaux superficielles et les conduisant à l’intérieur pour les remonter ensuite jusqu’à la galerie d’écoulement. C’est ainsi qu’a été établie la grande pompe du puits Kônigin Marien, à Clausthal, destinée à relever les eaux de fin mètres de profondeur jusqu’à une galerie d’écoulement, qui est un véri-
- Fig. 1 à 4. — Perforatrice hydraulique Brandt. Élévation. Coupe longitudinale, Coupe horizontale par les moteurs. Plan.
- W, colonne sur laquelle peut monter, descendre et tourner la perforatrice par sou collier V. S,, plongeur fixé au socle S, sur lequel glisse le cylindre L appuyant, par N, le foret O sur la roche. C et D, deux moteurs hydrauliques de 25 chevaux, dont les pistons E E font, par P Q, tourner le cylindre R, rainuré sur L, à la vitesse de 5 à 6 tours par minute.
- table canal servant au transport par bateaux des minerais. Plus récemment, on a terminé, dans les mêmes mines, rinstallation du puits Kaiser Wilhelm II, dont toute la machinerie est actionnée de même.
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- Ce puits a aujourd’hui 870 mètres ; il sera poussé plus tard jusqu’à 900 mètres. Commencé en 1880, il a été mis en service au commencement de 1895. Ce qui le caractérise, c’est que, employé pour remonter le minerai extrait des étages inférieurs jusqu’à la galerie d’écoulement Ernst-August, il comporte, au niveau de cette galerie, une machine d’extraction, un puissant compresseur, une fahrkunst et divers appareils secondaires, le tout mù par l’eau venant du jour, c’est-à-dire arrivant à la cote des appareils sous une charge de 360 mètres d’eau.
- Les ligures 5 à 20 donnent des plans et élévations de ces différentes machines et de leur installation dans le puits.
- La machine de la Fahrkunst est capable d’assurer la descente du personnel jusqu’au fond du puits et d’actionner, par ses tiges et pendant les intervalles où le personnel ne circule pas, deux pompes élevant 300 litres d’eau à la minute de 270 mètres, c’est-à-dire jusqu’au niveau de la galerie d’écoulement la plus profonde. Les détails de construction sont des plus intéressants. La machine se compose essentiellement de huit cylindres actionnant une même tige de piston. De chaque coté de la tige, est un groupe de quatre cylindres accouplés deux par deux, de manière que chaque groupe de deux fasse l’oflice d’un cylindre unique à double elfet (lig. 11 et 18). La distribution est effectuée par un excentrique. La tige du piston commande seulement une grande poulie servant au frein, mais les tiges de la Fahrkunst sont mises en mouvement par une transmission hydraulique : un piston plongeur double de grande surface, relié à la tète commune aux huit cylindres, refoule alternativement d’un côté et de l’autre de l’eau qui fait monter ou descendre corrélativement deux pistons reliés directement aux tiges delà Fahrkunst. Enfin, pour éviter les chocs et rendre le mouvement très doux, l’ensemble des pistons est encore attelé au piston plongeur double d’un « régénérateur de force » constitué par un cylindre rempli d’eau et communiquant à ses deux extrémités avec deux réservoirs d’air supérieurs.
- Le compresseur, destiné à fournir l’air à 10 perforatrices, est très simple : c’est un compresseur système Burkhardt et Weiss, conduit par une machine hydraulique du môme genre que la précédente. Il fait 38 révolutions à la minute et développe 108 chevaux.
- Outre ce grand compresseur, un petit compresseur est chargé de fournir l’air aux réservoirs d’air des diverses conduites. De plus, une petite machine hydraulique, toujours à piston, commande une dynamo pour l’éclairage. On est étonné de voir une machine à piston employée pour cet usage; une turbine, ou mieux plusieurs petites turbines accouplées en cascade, auraient, semble-t-il, coûté moins cher sans consommer davantage.
- (1) Sonder-Abdruck au a der Zeitschr. f. Berg, Hüllen undSalinen Wcscn, X LUI.
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- Fig. ') ii 10. — Machine d'extraction hydraulique du puits Ernst Augusl.
- Gi Gi Gi' G’i, cylindres du premier groupe; 1E IE IIi' IE' cylindres du deuxième groupe; Ji <E Ji' J->’, cylindres du troisième groupe; Ei tiges de la Fahrkunst.
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- Tome I. — 9.'ie année. ftc série. — Décembre 1890. 104
- Puits Ernst August. Ensemble des compresseurs et de la machine de la Fahrkunst
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- Fii.-. 18 10. — Machine et récupéraiour de la Kahrkunst hydraulique du puits Ernst Auirusi.
- A i A-> A- A4, i yliudrcs moteurs première admission';-. A,' Ai' A;;' A/, ey lindi'es de deuxieme admission ; D i !)-.>. conduites allant aux cylindres menant en action la fahr-kunst ; c, (.'s. cylindres dans lesquels est alternativement refoulée et aspirée l'eau mettant en mouvement la fahrkunst: Fi J-A, cylindres du régénérateur de travail • tt, (A, réservoirs d'air de ce dernier ; A5 As. eylimlres auxiliaires destinés à démarrer au point mort.
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- Enfin, et à dix mitres au-dessus de la chambre où sont logées toutes ces
- Fig. 20. — Puits Ernst. August.. Schéma de lu machine d’extraction fig. fi.
- machines, se trouve la machine d’extraction. Celle-ci est (fig. h et 20) à tambour et à câble rond. Elle a à desservir une profondeur de 500 mètres; par eonsé-
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- quent le travail qu’elle a à accomplir varie dans des proportions notables pendant la durée d’une cordée. Aussi, pour obtenir un travail variable, ce que l’on ne pouvait, comme avec la vapeur, réaliser au moyen de la détente, la course de la bielle, dans chaque sens, est produite par un groupe de trois pistons d’inégal diamètre, dont on combine l’action de manière à augmenter ou à diminuer la puissance du moteur. Ce résultat est obtenu par des déplacements plus ou moins prononcés d’un même levier ; la machine est ainsi, malgré cette apparente complication, d’une conduite très simple.
- Le frein est actionné par l’eau.
- Cet ensemble de machines est réellement remarquable. La pompe du puits Konigin Marien a longtemps passé pour un modèle parmi les machines hydrauliques à piston ; l’installation du puits Kaiser Wilhelm II restera probablement aussi un type fréquemment cité comme un des exemples les meilleurs, les plus ingénieux et les plus étendus de l’emploi des moteurs à colonne d’eau dans l’exploitation des mines.
- Les cas dont nous venons de parler sont des cas spéciaux; au contraire, la solution adoptée dans les pompes système Kazelowsky peut s’adapter à presque tous les cas, et présente un intérêt capital.
- L’emploi des pompes lvazelowsky s’est étendu récemment à plusieurs mines allemandes ; et ces pompes paraissent avoir donné toute satisfaction. MM. Griot et Rodde ont fait connaître (1 ) les principales conditions de leur établissement et décrit sommairement les installations des mines Pluto et Gottesegen. 11 s’agit de transmissions par l’eau à très haute pression (200 à 2oO kilog. par cent, carré) avec circuit fermé pour l’eau motrice, l’eau d’échappement étant renvoyée au jour. De cette manière, l’eau n'agit plus par son poids, la colonne entière étant en équilibre ; on la comprime au moyen de moteurs à vapeur, comme s’il s’agissait d’un fluide non pesant.
- On ne voit pas bien à première vue ce qui peut motiver le succès de ces appareils, qui paraissent ne différer des anciens que par leurs complications. Nous croyons que la principale cause de ce succès est précisément la possibilité, grâce à la conduite de relour, d’employer toujours la même eau, par conséquent une eau très pure, choisie à dessein, et réduisant au minimum l’usure des organes. On a d’ailleurs soin de la mélanger d’une certaine proportion de vaseline afin de diminuer les résistances et de graisser les parties mobiles, comme on le fait pour les cylindres des machines à vapeur en graissant la vapeur. Grâce à ces conditions, les pompes et leurs accessoires peuvent être construits avec une précision et une perfection qui seraient inadmissibles sans cela, et qui n’ont probablement
- (1) Industrie minérale, I89è.
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- Fi-. 21 à 24. — Pompe hydraulique el, accumulaleuf à air comprimé Kazèlowsky.
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- jamais cio réalisées dans des machines de celle nature, el il en résulte que le rendement des deux termes extrêmes delà transmission est aussi parlait que possible. D’autre part, la forte pression de l’eau et son graissage font que le rendement de la transmission proprement dite n’est pas aussi défavorable qu’on pourrait le croire : à Gottesogen, la perte d’énergie est de 5 1/2 p. 100 pour 500 mètres de conduite; à Pluto, elle est de 12 p. 100 pour 520 mètres; et ces résultats sont atteints avec des conduites d’un très faible diamètre (60 et 70 millimètres), ce qui a l’avantage capital de ne pas encombrer le puits. En augmentant un peu le diamètre des tuyaux, on arriverait à réduire encore la résistance, et le rendement pourrait en conséquence être accru assez notablement de ce chef.
- Les ligures 21 à 24 (1) indiquent le mode de construction de ces pompes, qui présentent des détails très intéressants. Elles se composent de deux corps à simple effet adossés; le piston compresseur est un piston plongeur creux qui s’engage d’un côté dans le cylindre de refoulement, et, de l’autre, coiffe la conduite d’admission de l’eau motrice. Les deux pistons conjugués agissent en sens inverse l’un de l’autre et sont reliés par des tirants. La masse totale du système en mouvement alternatif se trouve être ainsi assez faible, ce qui dispense d’employer un volant ; les deux pistons reliés entre eux constituent la seule partie mobile un peu importante de la pompe. Quanl à la distribution, elle s’effectue au moyen de tiroirs commandés par des leviers, le tout très léger. L’ensemble occupe un emplacement très réduit, ce qui est un avantage important.
- Pour éviter les coups de bélier, de nombreux réservoirs d'air sont disposés sur la conduite de refoulement; ces réservoirs sont alimentés d’air comprimé au moyen d’un petit compresseur. Mais, pour les conduites de l’eau motrice, ces réservoirs d'air seraient insuffisants, et d’ailleurs il faudrait les alimenter d’air aune pression considérable, qui serait très vite dissous. Aussi, a-t-on adopté, pour ce cas, l’emploi très rationnel d’accumulateurs de masse très faible, chargés par de l’air comprimé, mais à une pression beaucoup plus basse que la pression de l’eau, grâce à la dimension donnée aux deux pistons de ces accumulateurs. Les figures 23 et 24 représentent l’un de ces accumulateurs, pour lequel une pression de 220 atmosphères dans la conduite d’eau est équilibrée par de l’air comprimé par une pompe spéciale à 40 atmosphères. La consommation d’air est insignifiante, les fuites étant pour ainsi dire nulles grâce à l’interposition d une couche d’huile entre le piston et la paroi ; enfin, une ingénieuse disposition de ce piston permet, tout en ayant un volume d’huile suffisant, de disposer pour l’air de presque tout le volume du piston, constitué par un réservoir ne possédant qu’une communication très étroite avec le cylindre extérieur dans lequel il
- (I) Zcifschrifï fur dus Bcry, llultcu und Saliuen Wcscn, etc. XHVe volume, cahier.
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- coulisse. Ces accumulateurs onl un fonctionnement très satisfaisant, et les coups de bélier sont rigoureusement évités grâce à leur emploi.
- Les divers casdans lesquels ces pompes ont été établies jusqu’ici correspondenl à des épuisements élevés et à des profondeurs assez grandes : à Goltesegen, on extrait b mètres cubes d’eau par minute de d()() mètres de profondeur; à Pinto, on établit une pompe à (>20 mètres pour 2 m. c. 1/2; enfin, au puits Wolfsbank, de la société des Mines d’Lssen, on extraira 1 mètres cubes par minute de i70 mètres de profondeur. La seule considération qui limite l’emploi de ces pompes en profondeur est la pression considérable qu’ont à supportera la base des puits les conduites de l’eau motrice; mais ce n'est pas là un obstacle, et il est probable que l’avenir montrera que ce mode de transmission de l’énergie, pour la commande des pompes aussi bien que pour celles d’autres appareils d’exploitation, présente sur l’air comprimé ou la vapeur des avantages sérieux.
- 11 faut rattacher aux applications de l’eau sous pression à la transmission de l’énergie, les grands élévateurs à injection d'eau, employés pour relever les stériles dans l’exploitation des pla-cers de Californie, mais ayant reçu depuis quelques années d’autres applications moins importantes, notamment dans les ateliers de préparation mécanique. A la mine d’étain de Mount Bis-choll’(Tasmanie), les produits à classer sont transportés d’un lavoir à l’autre au moyen de petits élévateurs à injection d’eau (fig. 25) fonctionnant d’une manière continue (TC
- Aux mines d’or de Chestatee (2), un petit élévateur sert à relever de six mètres les sables aurifères qu’un courant d’eau amène à la partie la plus basse de l’exploitation; on regagne ainsi la hauteur nécessaire pour que les produits n’aient plus à être relevés pour la suite des opérations. L’élévateur employé se compose d’une lance débouchant dans une petite cavité qui, grâce à une conduite accessoire, est toujours remplie d’air; celui-ci est entraîné, avec l'eau, dans un conduit convergent d’abord,puis divergent, l’ensemble constituant un puissant éjec-teur. Les sables à élever sont amenés par un courant d’eau autour de la lance et, saisis par le courant d’eau mélangé d’air, ils sont entraînés. L’appareil fonctionne avec de l’eau à une pression de l kilogrammes environ, fournie par une pompe à commande hydraulique. — On ne donne aucun renseignement précis sur h;
- il) Proccediinjs <>f lhe Institution <>f Civil Engincurs, 189;>-I8% (Angleterre).
- (2) American lnslitute of Minhnj Emjinccrs, février 1890.
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- débit; l’eau et la force motrice paraissent être à discrétion. Il est cependant possible que la simplicité du système d’une part, et, de l’autre, les rendements très défectueux des norias, pompes centrifuges et autres appareils coûteux qui sont employés dans les ateliers de préparation mécanique, donnent à l’emploi des élévateurs à injection d’eau des avantages marqués.
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- La maison Siemens et Halske, de Berlin, a publié (1) quelques essais intéressants faits sur un treuil électrique qu’elle a construit et qui présente certains détails nouveaux de nature à en faire recommander l’usage. Ces détails portent sur le mode d’arrêt et de changement de marche. Ce sont là des points par lesquels les applications des moteurs électriques présentent encore quelques difficultés, qui s’accentuent, pour les machines d’extraction, en raison de la sécurité que, même au point de vue purement matériel, ces machines doivent présenter. Les interruptions brusques du courant, le serrage du frein, les changements de sens sont autant de causes qui peuvent, en déterminant dans les armatures des courants d’une intensité exagérée, amener des accidents graves.
- L’appareil dont il s’agit a été établi pour parer à ces inconvénients. Tout d’abord, l’introduction graduelle de résistances sur le circuit est commandée par un petit régulateur à boules qui a pour effet de diminuer les résistances à mesure que la vitesse augmente; ces résistances devant avoir leur maximum quand le moteur est au repos, afin d’éviter que l’armature ne soit brûlée lorsqu’on y lance le courant pour démarrer. Mais, le régulateur étant au repos, les résis_ tances ne sont pas forcément à leur maximum, on peut, à la main, les diminuer d’une certaine quantité, et cela au moyen du levier de mise en marche, qui sert aussi à changer la marche et à mettre les freins, et dont l’ingénieuse disposition constitue le second perfectionnement à signaler. Ce levier se meut dans un guide en forme d’Y ; les trois fonds de course correspondent à la marche avant, à la marche arrière et au serrage du frein. Il résulte de cette disposition un véritable enclenchement : le frein ne peut être serré qu’après que le courant a été supprimé, ce qui correspond à la position intermédiaire; si, au contraire, on déplace le levier, on commence par lancer le courant dans le sens voulu pour la marche avant; puis, le levier continuant sa course, on supprime une faible partie des résistances, et le treuil se met en marche lentement; le régulateur achève alors la suppression des résistances. La même chose se produirait pour la marche arrière si l’on introduisait le levier dans la seconde branche de l’Y. Enfin, pour arrêter le treuil en marche, on fait l’opération inverse : addition,
- (1) Colliery Guardian, 10 avril 1896.
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- par le mouvement du.levier, d’une partie des résistances; ralentissement qui fait tomber le régulateur et complète l’application des résistances, enfin arrêt et mise du frein.
- En marche normale, si un obstacle inusité ou une charge trop forte se présentent, le régulateur applique de suite les résistances, et l’intensité du courant est réduite dans les proportions convenables.
- Ce système, appliqué à un moteur de trente chevaux, a été essayé dans les ateliers du constructeur, et spécialement dans le but de vérifier s’il parait aux inconvénients signalés. Pour cela, on lui a fait commander une cage que l’on chargeait ou déchargeait pendant la course, tout en produisant des arrêts et des départs précipités. Tout l’appareil s'est parfaitement comporté.
- Nous avons, cette fois encore, à revenir sur les éludes faites surtout en Angleterre sur les explosions dans les mines de houille. La série continue en effet dans ce dernier pays, et ce fâcheux état de choses fait naître de toutes parts des communications, des expériences, qui malheureusement ne sont pas toujours empreintes de l’esprit scientifique avec lequel toute recherche de cette nature devrait être entreprise. C’est ainsi que nous aurions à signaler : de M. Haldane, plusieurs articles sur la nature et les sources des gaz asphyxiants dans les puits (1), sur les causes de mort dans les explosions (2); de M. Getrych Davies, un article sur le même sujet (3); de M. Ashworth, un commentaire du rapport de M. Robson sur l’explosion de Tylorstown (1), etc. Ces travaux ne méritent pas autre chose qu’une mention, malgré l’importance de certains d’entre eux; ils ne font faire en effet, à notre avis, aucun progrès à ces questions.
- Au mois de décembre dernier, nous avons dit quelques mots des études entreprises par l’Institut des Ingénieurs des Mines du Nord de l’Angleterre sur les explosifs de sûreté. Le rapport de la Commission instituée à cet effet (o) n’avait pas encore été complètement déposé. D’après les parties déjà parues, nous avions cependant cru pouvoir dire que ce travail n’ajouterait probablement pas grand’-chose aux connaissances déjà acquises.
- Depuis lors, le rapport complet a été publié. Il a été, de la part des diverses sociétés d’ingénieurs anglais aussi bien que de la part de mainte publication,
- (1) Proceedings of the federated Inslitute of Mining Engineers.
- (2) Colliery Guardian, 19 et 26 juin 1896, 17 juillet 1896.
- (3) Ibidem, 17 juillet 1896.
- (4) Ibidem, 31 juillet 1896.
- (6) North of England Inslitute of Mining and Mechunical Engineers. Report of the proceedings of the flameless explosives committee.
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- l’objet d’articles nombreux, de discussions longues et tontines et de mentions des plus batteuses. Une revue de ce genre présenterait donc une lacune si l’on n’y disait rien d’un travail aussi important. Nous ne pouvons cependant guère, on va le voir, modifier notre première appréciation. Voici, en effet, quel est l’historique et quels sont les résultats do cette étude.
- Les fabricants d’explosifs de sûreté donnant à leurs produits le nom assez mal choisi d’ « explosifs sans flammes » {flamtdess r.rplosiücs) et le règlement sur les mines anglaises de 1887 exigeant l’emploi, dans les mines grisou te uses, d’explosifs incapables d’enllammer le grisou ou les poussières, on s’empressa d’adopter partout les « explosifs sans flammes » ; mais, au bout de peu de temps, on s’aperçut avec étonnement que ces explosifs étaient parfaitement susceptibles de donner des flammes et de causer des accidents de grisou ou de poussières.
- Déçus dans leur confiance, les ingénieurs du nord de l’Angleterre résolurent de faire étudier la question au moyen d’expériences en grand, et un comité composé des personnes les plus qualifiées fut chargé de cette étude au commencement de 1888. Il était convenu que les expériences devaient être faites dans des conditions se rapprochant le plus possible de celles qu’on rencontre dans la mine.
- Dans ce but, une installation très complète fut faite à Hebburn, non loin de Newcastle, en plein pays houiller, le grisou nécessaire aux expériences étant fourni directement par un soufflard dans les travaux des charbonnages d’IIebburn. En 1892, tout fut prêt et les essais commencèrent.
- L’appareil essentiel de l’installation est (lig. 2b) un tube eu tôle,de 30 mètres de long sur 0"',90 de diamètre, avec des parois de ()m,00G d’épaisseur, simulant la galerie. Ce tube, disposé horizontalement sur la sole du laboratoire, est muni de 23 regards formés par une glace encastrée dans une monture en fonte fixée au tube, de manière à pouvoir à volonté s’ouvrir ou être hermétiquement fermée. A l’une des extrémités du tube, se trouve le dispositif destiné à recevoir l’explosif. C’est un cylindre d’acier massif, de ll“,3o de long et de (),n,io de diamètre; un trou de mine de 1"',0d de long et de 0m,03 de diamètre y est ménagé pour placer les cartouches. L’étanchéité du joint entre le tube fixe et le bloc d’acier mobile est assurée par un anneau en caoutchouc. Ihifin, l’autre extrémité du tube est fermée avant chaque expérience par une feuille de papier épais et verni.
- A côté du tube, est disposée une machine à gaz Tangye de 3 chevaux, actionnant un ventilateur Schiele de 0m,b() de diamètre, approprié pour refouler dans le tube, et pour aspirer en même temps soit dans le tube, soit dans l’atmosphère, afin de brasser à volonté les mélanges gazeux ou de balayer les produits de la combustion. Un gazomètre et un compteur à gaz complètent l’installation.
- Les explosifs soumis aux expériences ont été d’abord la bellite, la sécurité, l’ammonite, la roburite, la carbonite et la poudre dite Ardeer powder; les quatre premiers étant à base de nitrate d’ammoniaque et les deux autres à base de ni-
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- Fig. 5.
- Fig 6.
- jhçjî
- Heblmrn pour l'étude
- l-'iir. n I plan d'ensea’l le Ohsorrim/ nrwi. observatoire séparé de la salie des machines par une cloison percée île renards; i n • tuhe d'expérience : (u'' :î et 1; détail d'un regard : j> et h detail d’un joint du tuhe: 7 et S) plan et élévation de l'installation : .!• tuhulures de distribution des <raz : (Ht bloc de plomb pour essais des explosifs.
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- tro-glycérine. Au préalable, M. le D' Bedsoii et M. Saville Sliaw furent chargés d’étudier la puissance comparative de ces divers produits, par le procédé Trauzl (détonation dans un bloc de plomb). — Par la suite, la westphalite fut jointe à la liste ci-dessus. Ces premières expériences furent faites d’abord dans Pair, afin de constater seulement s’il se produisait ou non des flammes, puis dans des mélanges d’air et de gaz d’éclairage ou d’air et de grisou. Une série d’expériences furent entreprises en dernier lieu, portant sur des mélanges d’air, de gaz et de poussières, soulevées au préalable dans l’atmosphère du tube, ou disposées seulement sur un châssis de manière que l’explosion les soulevât.
- Toutes ces expériences étaient faites soit sans bourrage, soit avec un bourrage variant de 2cm,o à 20 centimètres.
- Le rapport décrit minutieusement les procédés employés pour produire des mélanges gazeux à teneur uniforme, et déclare que ce résultat peut être considéré comme ayant été atteint. Ces teneurs ont varié, en général, de 4 à 10 p. 100.
- Il n’est pas nécessaire d’insister longuement pour faire ressortir le vice capital de ces expériences ; il n’existe pas de substance explosive qui, à moins de ne posséder qu’une puissance absolument insuffisante, ne soit susceptible d’enflammer les mélanges gazeux dans de pareilles conditions. En effet, dans le cas où il n’y a pas de bourrage, le travail produit par l’explosif est réduit à celui que nécessite le refoulement des gaz produits dans un tube lisse, c’est-à-dire à peu de chose. — L’interposition d’un bourrage de moins de 0m,20 ne peut changer grand’chosc à ces conditions, un bourrage ainsi réduit fait dans un tube lisse n’opposant qu’une résistance faible, et étant certainement projeté à coup sûr en dehors du tube, avec, à la suite, des gaz à une température encore forcément très élevée. Ce qui paraît le plus étonnant, c’est que les mélanges gazeux ne se soient pas enflammés plus souvent qu’ils ne l’ont fait. En tous cas, ce que l’on peut dire, c’est que les inflammations signalées paraissent ne suivre aucune règle discernable. La raison en est que dans des expériences aussi complexes, on n’est pas suffisamment maître de toutes les conditions pour affirmer qu’elles restent les mêmes d’une expérience à l’autre ; la température, la pression, la composition des cartouches et du détonateur, le mélange plus ou moins parfait des gaz employés au voisinage immédiat de la teneur limite d’inflammabilité, tout cela varie et contribue au résultat final. Les expérimentateurs eux-mêmes ont reconnu qu’ils opéraient dans des conditions très différentes de la pratique, et que les explosifs étaient employés dans des conditions plutôt défavorables. Rien n’est plus exact. Mais alors tout l’intérêt tombe. Des expériences qui ne sont pas des expériences de laboratoire, mais qui ont la prétention de reproduire les conditions de la pratique, doivent les reproduire fidèlement, sans quoi leurs résultats n’ont aucune valeur parce qu’ils n’ont aucun caractère de généralité et ne sont ni interprétables, ni applicables.
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- En résumé, il s’agit là d’essais grossiers, non susceptibles de précision. Aussi les résultats sont-ils fort peu concluants. Les voici, in extenso, tels que le rapport les énonce dans ses conclusions :
- 1° Les explosifs essayés donnent en détonant une flamme très visible.
- 2° Ces explosifs sont capables d’enflarnmer les mélanges d’air et de grisou, d’air et de poussière, d’air, de grisou et de poussière, et, par conséquent, on ne peut les considérer comme offrant une sécurité absolue, là où se trouvent de semblables mélanges.
- 3° Ces explosifs sont moins susceptibles que la poudre noire d'enflammer les mélanges d'air et de grisou, d’air et de poussière, d’air, de grisou et de poussière.
- 4° Les expériences ont montré que les mélanges d'air et de poussière, avec ou sans la présence de grisou, peuvent s’enflammer, même lorsque la quantité de poussière est moindre qu’on ne le supposait jusqu'ici.
- o° Il est indispensable d’observer, dans l’emploi des explosifs dits de sûreté, les mômes règles de précautions que dans les mines où l’on emploie la poudre noire.
- 6° En décidant l’emploi d’explosifs de sûreté dans une mine, on ne doit pas oublier que le danger d’explosion est atténué, mais non supprimé.
- 7° En raison des diversités de composition qui se produisent dans la fabrication des explosifs, il est à désirer que le nom de l’explosif soit indiqué sur l’enveloppe de la cartouche, et que la date de fabrication et la proportion des composants soient indiquées sur chaque boîte de cartouches.
- 8° Comme les propriétés des explosifs changent si l'on ne prend pas soin de les garantir des causes d’altération, il est indispensable de prendre toutes les précautions nécessaires pour que leur emmagasinage les mette à l’abri de toute détérioration.
- On voit que, si les expériences manquent de précision, les conclusions ne sont pas compromettantes. Depuis plus de huit ans que les conclusions de la sous-commission française des explosifs ont été publiées (sans parler des commissions belge, prussienne ou autrichienne), il n'est personne en France, parmi ceux qui s’intéressent à ces questions, qui n’ait été capable d’en dire autant, en s’appuyant sur des expériences mille fois plus précises et plus rationnelles que celles dont nous venons de parler, en les interprétant mieux, et — point sur lequel les Anglais restent muets —en indiquant dans quelles conditions d’emploi les explosifs dits de sûreté sont réellement plus sûrs que les autres. Il est donc difficile de comprendre le bruit qui se fait actuellement en Angleterre autour de ces travaux, dont nous n’avons fait qu’indiquer les principaux points faibles.
- Des essais du même genre ont été entrepris il y a environ un an, par la Société de prévoyance des mineurs de Westphalie, quia réalisé à Schalke, près de la mine « Consolidation », une installation analogue à celle de Hebburn (1) (fig. 27). Le mode d’opérer paraît être le même que celui des ingénieurs du nord
- (I) The Engineering Revieiv and Meta! Worher, 20 août 1896.
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- de l’Angleterre. Los expériences sont encore peu nombreuses et nous n’avons pas connaissances des résultats qu’elles ont donnés.
- D’ailleurs, nous avouons n’avoir pas une foi bien vive dans les résultats que peuvent donner des expériences faites en grand sur ces phénomènes. Leur complexité est telle, que, dans de pareils essais, il nous paraît impossible de faire ce que toute méthode expérimentale comporte à sa base : faire varier une des causes en s’assurant delà fixité ou de l’inaction de toutes les autres. L’élude de l’emploi des explosifs en présence des mélanges grisouteux ou poussiéreux est aujourd’hui fort avancée; ce qui, à notre avis, paraît le plus urgent, c’est Y étude des poussières elles-mêmes, de leur mode d'inflammation, de décomposition et d’oxydation, depuis les poussières de farine et de liège, qui sont, on le sait, susceptibles de donner lieu à des explosions par le simple contact avec une lampe à feu nu, jusqu’aux poussières de certains charbons très réfractaires, il serait
- Fig. 27. — Installation de Sclialke pour letiule des explosifs.
- certainement possible d’établir une classification basée sur la nature des gaz que le charbon contient à l’origine ou qu’il dissout par la suite, et sur leur libération et leur combinaison plus ou moins facile. Des expériences de laboratoire sur ce point feraient avancer la question des poussières beaucoup plus que ne le font des essais aussi brutaux que ceux que nous avons mentionnés. Nous avons déjà parlé l’année dernière (I) des remarquables résultats publiés à ce sujet par M. le professeur Bedson. La question n’a pas été abandonnée : M. Ashworth (2) la reprend en mentionnant d’autres expériences de M. Bedson, d’après lesquelles les poussières de houille telles qu’on les rencontre dans les grandes galeries de roulage seraient susceptibles, sous certaines conditions, de s'enflammer à des températures très liasse, voisines de 150° centigrades. Bien entendu, il s’agit d’une inflammation lente, survenant après plusieurs minutes et même après une heure de chauffage à 150 degrés; au bout de ce temps, variable suivant les cas, et pendant lequel aucune oxydation apparente ne se manifestait, la
- (1) Bulletin do niai 189.">, p. îiîi9.
- (2; f'allien/ Guardian, 14 février 1896.
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- température de la poussière montait brusquement et l'inflammation se produisait presque simultanément. Bien qu’on soit loin des conditions de la pratique, il n’en paraît pas moins acquis que le charbon ainsi finement divisé, et, dans l'espèce, soumis fréquemment à un brassage en présence de l’air, peut s’oxyder à des températures très basses, et faciliter par conséquent beaucoup la production des explosions.
- Pourquoi faut-il, qu’après avoir indiqué et commenté ces intéressants résultats, l’auteur, commettant évidemment une confusion, déclare que, dans la lutte contre les poussières, l’arrosage n’a d’autre elîet que d’assainir les chantiers au point de vue de la respiration des ouvriers, mais ne peut combattre les explosions?
- En admettant que la quantité d’humidité proprement dite contenue dans la poussière n’influe pas directement sur sa combustibilité, l’effet mécanique de l’arrosage, empêchant les poussières de se soulever, n’est pas contestable. Aussi voit-on son emploi s’étendre. A la Ilibernia Colliery (1), toutes les couches sont maintenant pourvues d’une installation d’arrosage, alimentée par un réservoir de boO mètres cubes et comprenant 4b 000 mètres de tubes, avec plus de 1 000 ajutages placés aux points les plus favorables. Le tout a coûté 178800 marks. On sait qu’il s’agit d’une exploitation produisant environ deux millions de tonnes. Une installation aussi importante dénote delà part de ses auteurs une foi absolue dans l’efficacité du procédé (2).
- Avant d’abandonner le sujet, si fertile et si débattu, des explosifs de sûreté, mentionnons deux tentatives intéressantes. L’une se rapporte au mode d’étude même de l'etret des explosifs. Au meeting de Février de la Erdomtad Institution of Mining Engineors, \L Alfred Siersch a présenté des photographies instantanées prises au moment de la détonation de cartouches de divers explosifs, et il a insisté sur l’intérêt que ce mode d’enregistrement des phénomènes, déjà appliquée à tant de branches de la science, pourrait présenter dans l’étude du mode d’action des substances détonantes. Cette communication méritait d’être mentionnée (3).
- L’autre innovation est l’emploi de la cartouche Jarolimek. Dans cette cartouche la capsule de fulminate qui est introduite dans la dynamite est enflammée au moyen de la chaleur développée par de la chaux vive qui termine la cartouche à l’une de ses extrémités. N suffit donc de mouiller la cartouche avec une quantité d’eau assez minime, pour que la détonation se produise. Cette cartouche a été essayée à karwin avec un certain succès; on lui reconnaît beaucoup de ces avantages secondaires qui, comme la nécessité d’un bourrage
- (-1) Zeitschrift fur Bery, Hütten imd Salinscn ircsen, 1 S'j.'i.
- (2) Bulletin de décembre 1893, p. J31 G.
- (3) Colliery Guardian, 21 février 1806.
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- complet et humide, suffisent parfois à assurer le succès d’une découverte qui, à première vue, paraît modeste.
- Au reste, ce qui nous paraît plus intéressant et plus efficace encore, ce sont les tentatives faites pour restreindre l’emploi des explosifs et les moyens de
- Fig. 28. — Perforatrice Thomas.
- suppléer à cet emploi. Le nouveau règlement belge sur les mines, du 13 décembre 1895, défend en principe l’emploi des explosifs, quels qu’ils soient, dans un très grand nombre de cas et notamment pour l’abatage de la houille dans les mines grisouteuses. ht, malgré loute la répugnance que professent les Anglais
- Fit
- 29. — Perforatrice Thomas, détail du racagnac.
- Le racagnac se compose de deux demi-manchons L et M, dont l’un, M. est mobile autour d’un axe K. La partie supérieure L forme came en tournant autour d’un axe fixe Iv', faisant partie du manche du racagnac. Sur cette came, appuie une lame U, fixée en O sur le manche, et traversée par un boulon R sur lequel agit un double écrou V. Le boulon R est retenu par un ressort à boudin T dans une loge cylindrique. Si l’on soulève le demi-manchon L dans le sens de la flèche 1, la came soulève et comprime le ressort à boudin; le demi-manchon M, mobile autour de K, glisse sur le plan incliné P et le racagnac est ouvert, comme on le voit en traits pointillés. Lorsque les deux demi-manchons sont dans la position indiquée en coupe, ils ombrassent les spires extérieures du foret, et si l’on meut le racagnac de haut en bas, on exerco une pression sur le demi-manchon inférieur, en vertu de la grande différence des bras de levier ab et ac. Si l’on meut le racagnac de bas en haut,il n’y a plus de pression, et le manchon glisse à frottement doux sur le foret sans toutefois s’ouvrir, car toutes ses pièces forment corps.
- pour ce genre de prohibitions, il n’est pas impossible qu’ils arrivent à une réglementation du même genre (1).
- Une semblable tendance a imprimé, dans ces dernières années, un essor nouveau à la fabrication des petites perforatrices à main. M. Thiriart leur consacre, dans la Revue de Liège, une étude dans laquelle il décrit, après la perforatrice
- (1) Engineering lievieir, 20 mai 1896.
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- Elliott, employée avec succès depuis dix ans, de nouveaux appareils particulièrement simples de MM. Demany et Thomas. Le second est surtout intéressant parce que la progression de l’outil, au lieu d’être obtenue par une vis spéciale, est réalisée par l’outil lui-même, grâce à son profil hélicoïdal. Dans ce but, l’outil pénètre dans une partie femelle B (fig. 28) contre laquelle appuie, au moyen d’une vis F, une plaque D, qui sert de frein. La pièce D, avec la vis convenablement réglée, sera donc entraînée si la roche est trop dure pour que l’outil avance et restera fixe, au contraire, si l’avancement est possible; elle joue le rôle de la couronne dentée de la perforatrice Elliott. La rotation de l’outil est obtenue au moyen d’une manette spéciale ou « racagnac » (fig- 29), reliée à une sorte de main qui embrasse l’outil en le serrant fortement si l’on tourne dans le sens de l’avancement, et l’abandonnant, au contraire, si l’on fait effort en sens inverse. La figure 30 représente l’ensemble d’une petite perforatrice réduite à sa plus
- simple expression ; le « racagnac » n’est pas figuré; l’appareil comprend uniquement l’outil de perforation, son écrou, et une sorte d’étui qui est son unique support; il est en effet assez léger pour ne nécessiter aucun affût, aucune colonne ; on peut se contenter de l’appuyer, à son extrémité opposée à l’avancement, contre un bois ou un bloc de rocher.
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- Il n’y a pas à noter d’innovations véritables dans les méthodes et appareils d’aérage; mais, avec l’extension toujours plus grande des champs d’exploitation dans les mines de houille du Nord, de la Belgique et de la Westphalie, les moyens d’aérage demandent à être de plus en plus puissants. C’est ainsi qu’on vient d’établir à la mine Zollern (West. Dortmuud) un ventilateur Bateau de 3m,40, fait pour débiter 80 mètres cubes à la seconde avec une dépression de 16 centimètres d’eau. L’appareil tournera à 250 tours (maximum). Il atteint ainsi des vitesses périphériques dépassant 40 mètres. L’enveloppe extérieure Tome I. — 95e année. .'i° série. — Décembre 1896. 105
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- est entièrement métallique. La commande est faite par une machine à deux cylindres de 600 X 1 000 (1).
- Un ventilateur du même type et des mêmes dimensions est en construction pour une mine du nord de la France.
- Le formé no p ho ne Hardy (2) continue à faire l’objet d’études et de polémiques qui ne l’ont pas encore conduit, à notre connaissance, à recevoir une application pratique; il pourrait cependant être utilisé, peut-être avec succès et au moins avec une certaine utilité, à l’enregistrement des teneurs dans certains retours d’air: l’appareil Sliaw, qui avait le même but, était certainement moins facilement applicable, et cependant nous l’avons vu monter sur des puits d’aérage aux Etats-Unis. Plus simple est l’autocapteur Petit (d), destiné à recueillir d’une manière continue des échantillons de mélanges grisouteux que l’on soumet ensuite à l’analyse : c’est une simple clepsydre, ou, si l’on préfère, un aspirateur à réservoirs multiples en cascade, fort peu coûteux, très transportable, n’exigeant aucune force, et par conséquent d’une application facile à l’étudexde tous les retours d’air, qu'ils soient grisouteux ou viciés d’une manière quelconque, par un feu, par exemple.
- Parmi les innombrables appareils de préparation mécanique qui sont imaginés et décrits tous les jours, il faut signaler le lavoir Franeou (i ), déjà employé sur une assez grande échelle par les charbonnages belges. Sa caractéristique est l’emploi d’un moteur indépendant, grâce auquel on peut régler son travail suivant les circonstances. Il possède ainsi une partie des avantages que certains ingénieurs attribuent encore, dans le centre de la France, aux lavoirs à main.
- La ligure dû suffit pour comprendre le fonctionnement de l’appareil. C’est un bac à piston construit sur le principe des lavoirs à feldspath, ce dernier élément étant remplacé par des morceaux de schiste plus gros que les morceaux à laver. Le piston B est en connexion directe avec un piston à vapeur D qui glisse dans un cylindre à simple elfet, la vapeur le soulevant pour la course montante, et le poids du système suflisant à le faire redescendre et à produire le courant ascendant à travers la masse à laver. On conçoit que, dans ces conditions, le mouvement de l’eau soit beaucoup plus rationnel qu’avec la commande à excentrique à mouvement uniforme. La distribution de la vapeur, produite par deux cames G, visibles sur la figure, peut d’ailleurs être réglée à la main pour chaque opéra-
- (!) Zeitschrift fur dus Benj-llûlten, und Sidinenirrsun.
- (2) Bulletin de juin I896, p. Oiil.
- (a) Annales des Mines.
- (i) Berne de Lièye, et the Enijincer, 20 décembre I80o.
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- tion. L’appareil m<3 1ère son mouvement de lui-mcme. La pression exercée sur 1 eau par unité de surface ne dé|)end que du poids des pistons; elle est donc constante, et, par suite, la vitesse que prend l’eau à travers les interstices des fragments n’a pas tendance à s’accroître outre mesure; l’appareil n’est donc pas troublé dans son fonctionnement par un excès ou un défaut momentanés de résistance de l’eau au passage à travers la couche. Le piston à eau porte sur la partie
- Fig. ül. — Lavuii1 Francau.
- supérieure une cavité où l’on peut déposer des poids pour le charger plus ou moins. Quant au piston à vapeur, son mouvement est adouci par le matelas d’air que contient la partie supérieure du cylindre. Celle-ci communique avec l’atmosphère par l’intermédiaire d’un robinet que l’on peut ouvrir plus ou moins, réglant ainsi le mouvement du système. On voit que cet appareil a le grand avantage de s’approprier aisément au lavage des qualités les plus diverses. L’extraction des déchets et du charbon lavé se fait d’une manière continue.
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- Vingt-deux de ces lavoirs ont été mis en service dans ces dernières années. Nous n’avons à signaler aucune innovation bien marquante en ce qui concerne les appareils de broyage des minerais. Les concasseurs à mâchoires et le
- Fig. 32. — Brocard liack-Uio'a.
- broyeur type Gates continuent à être employés uniformément dans les multiples ateliers de traitement de minerais d’or qui se sont établis dans toutes les parties du monde depuis deux ou trois ans; quant au broyage fin qui précède l’amalgamation, il est partout réalisé au moyen de bocards. Cet appareil, en appa-
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- rence si primitif, n’a subi que peu de modifications essentielles depuis qu’il est employé. Les figures 32 à 35 représentent, d’après le Scientific American. (1), l’ensemble d’un bocard et les types successifs de mortiers usités aujourd’hui dans les ateliers californiens. Dans les plus récents de ces mortiers, tels que 1’ «Alaska», le « Wilman », le « Pacific », I’ « Union », l’amalgamation se fait dans le mor-
- Fig. 33 et 34. — Mortiers Alaska et W'ilmann. Fig. 35 et 36. — Mortiers Pacific et
- Union.
- tier, et une plaque de cuivre, qui peut s’enlever à volonté, y est disposée pour recevoir l’amalgame formé pendant le bocardage. La position de cette plaque a varié; il fallait la placer le plus près possible du mélange broyé, sans que les chocs aient chance de la faire sauter. Les deux derniers types se sont montrés satisfaisants à ce point de vue.
- *
- M. Babu a publié successivement, dans les Annales des Mines, deux importants mémoires, fruit de son expérience personnelle, concernant les transports par câbles aériens. Le premier, paru en décembre 1894, était surtout descriptif; il exposait avec détails les installations de la Société d’exploitation des mines de nickel en Nouvelle-Calédonie : installations faites par l’auteur. Le second a pour but de faire connaître les calculs d’établissement des câbles aériens. A ce titre, il fait époque et mérite d’être retenu.
- L’auteur étudie d’abord le câble à vide; la tension du câble, sa relation avec la tension par millimètre carré; les angles de départ et d’arrivée, etc., et il traduit les résultats obtenus par la construction d’un abaque permettant de déterminer par ses éléments la chaînette formée par le câble. De là, se déduisent les
- (1) Scientific American. 21 décembre 1895.
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- solutions des problèmes que la pratique peut amener à résoudre et notamment à déterminer la tension d’un câble connaissant les angles extrêmes; puis vient l’étude d’un câble passant au-dessus d’un obstacle, passant par un point intermédiaire, et enfin l’examen de l’action de la température.
- On arrive ensuite à l’étude de l’équilibre et du mouvement d'une charge roulante — question déjà abordée dans le premier mémoire — et on établit la relation qui existe entre les deux parties d’un câble en charge; puis on étudie le calcul de la charge roulante que peut supporter un câble donné et le calcul inverse. Ces problèmes, ainsi que celui de la trajectoire de la charge, sont résolus d’une manière très élégante au moyen d’un abaque jouissant d’une propriété remarquable.
- En somme, tous les problèmes que comportent l’établissement et le fonctionnement d’un plan aérien à une seule portée peuvent être résolus immédiatement par l’emploi des deux abaques dont le mémoire indique la construction.
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- DE L’ASSAINISSEM K NT DES VILLES ET DES COURS D'EAU AUX ETATS-UNIS par M. A. Ronna, Membre du Conseil {/in) (1).
- 2. — i mue. ation
- Los ingénieurs américains ont reconnu que l’irrigation est le mode de traitement du se/eage le plus simple, le plus efficace et aussi le plus rationnel, puisqu’il se fonde sur l’utilisation agricole de principes fertilisants dont les autres procédés ne permettent pas de tirer parti ; il est en outre le plus économique, puisqu’il y a lieu de prévoir certains bénéfices en appliquant l’irrigation aux récoltes suivant les règles de l’art; mais c’est seulement pour constater les difficultés auxquelles se heurte l'irrigation, qui exige des terrains très vastes, naturellement perméables ou artificiellement drainés, à proximité des villes ; des conditions climatériques appropriées à l’épandage pendant toute l’année,y compris les saisons du gel et, des pluies ; enfin, des circonstances techniques et de main-d’œuvre toutes spéciales, afin de pouvoir utiliser le volume maximum de seioaye en alternant les cultures, sans perte d’engrais et sans saturation du sol.
- Sauf dans les Etats de l'Ouest, où la pratique des irrigations s'est implantée do longue date en raison meme du besoin absolu d’eau pour assurer les récoltes, les villes des anciens Etats, obligées de traiter leurs eaux d’égout, ont reculé devant l’établissement de fermes à srarage dont l’Angleterre offre de si nombreux exemples. Quelques établissements publics ou privés (hospices,asiles, prisons, manufactures, etc.i ont été seuls à appliquer l’épandage sur le sol sans tenir un compte particulier des profits de la culture.
- Les méthodes usitées pour l’irrigation ordinaire : submersion, déversement, infiltration, sont les mêmes que pour l’épandage du sruuge; il n'y a pas lieu de les décrire (t).
- Etats de l'Ouest. — Le faible étiage des cours d’eau pendant la plus grande partie de l’année, qui empêche d'y déverser les liquides des égouts à moins de les transformer en cloaques, et la valeur fertilisante de ces liquides ont été des motifs déterminants pour généraliser l’irrigation dans l'ouest.
- Chegenne (Wyoming), la Magie Cilg, comme on l’appelle, fondée en 1807 au pied des Montagnes Rocheuses, sur le chemin de fer d’Omaha à San-Francisco, comptait déjà en 1890 une population de H 690 âmes et une canalisation spéciale de 10 kilomètres pour le seteage. C’est une des premières villes qui aient traité les eaux d’égout par l’irrigation. Depuis 1883, la ville s’est, entendue avec le propriétaire d’un des canaux d’arrosage pour y déverser le seteage, sans réclamer de lui aucune redevance. Un nouveau collecteur débouchant directement dans la rivière, à 7 kilomètres en aval, l’irrigation a pris fin depuis 1892.
- (1) Bulletin de Novembre 1890, p. 1190.
- (2) A. Ronna. Les irrigations de tu région aride aux Elats-Vnis. Bulletin (finnois il’Aoùt. 1890.
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- 1612 HYGIÈNE PUBLIQUE ET AGRICULTURE. -------- DÉCEMBRE 1896.
- Colorado springs (Colorado), centre important pour les baigneurs qui recherchent les eaux thermales sulfureuses et les touristes qui visitent les sources de Manitoba, le Glen Eyrie, le célèbre Pike’s Peak, etc., fondé en 1871, dont la population atteignait en 1890, 11 140 habitants, afferme le scivage à un cultivateur, en lui versant annuellement pendant cinq ans une somme de 1 500 francs, tant que l’épuration est reconnue complète et que les plaintes devant les tribunaux cessent de se produire. A l’expiration du contrat, la ville a l’option d’acheter à un prix fixé d’avance la ferme à sewage du concessionnaire.
- Le cours d’eau Fontaine-qui-bouille où débouchait le collecteur, a une portée
- 500’ !000' 1500* 2000*
- Colorado Springs (Colorado). Plan de la ferme à sewage.
- normale de 1,5 mètre cube par seconde; mais, dans la saison des arrosages, il est presque tari, et, dans la saison pluvieuse, il peut monter en crue avec inondations pendant plusieurs jours.
- Les égouts à sewage, ont un développement de 33 kilomètres et desservent 683 maisons. La distribution d’eau établie en 1879 alimente 28 réservoirs de chasse pour le lavage des égouts.
- Dans le plan (flg. 55), A indique le point où les eaux du collecteur sont détournées par un canal en bois et dirigées au moyen des branchements BE et BCD sur le terrain. C’est dans l’ancien lit du cours d’eau NNN, dont la dépression est de 1 mètre au-dessous de la berge de Sand Creek, que se déverse l’excédent de sewagr, non utilisé, pour gagner les petits étangs H, I et L.
- Pendant la saison des arrosages, de mars à octobre, l’épandage s’opère à l’aide de
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- ASSAINISSEMENT DES VILLES ET DES COURS d’eAU AUX ÉTATS-UNIS. 1613
- petites rigoles pour les récoltes maraîchères et par submersion sur les pièces de luzerne {alfal fa). Le reste de l’année, le seivage non absorbé se rend aux étangs. Le sol est des plus favorables au liltrage; au-dessous de la couche arable (0m,60 à 0m,90) se trouve une strate de sable (0in,60) qui recouvre du gravier dans lequel circule la nappe souterraine.
- Comme le sol se colmate rapidement, il est nécessaire de le retourner au cultivateur ; mais celui des étangs n’exige aucun curage.
- Immédiatement au nord des lignes de chemins de fer Atchinson à Santa Fé et Denver à Rio Grande, qui longent le terrain, des monticules de sable ont constitué par
- Fig. 56. — Waym (Pensylvanie). Ptan du terrain d’épandage du sewar/e.
- érosion un bourrelet qui a transformé le fond de la vallée en une cuvette de 2 hectares de superficie : les eaux d’égout, pendant la saison pluvieuse, y sont détournées et filtrent lentement dans le cours d’eau.
- La ferme à seivage de Colorado Springs comprend fi hectares en luzerne et 4 hectares en légumes à gros rendement, mais cette surface est insuffisante, et les ranchmen en aval utilisent à leur profit l’excédent. La ville leprenant l’exploitation à son compte, à l’expiration du bail, trouvera un grand avantage à étendre la ferme.
- Trinidad (Colorado). — Le territoire de Trinidad (5 523 habitants) est partagé en deux parties par un petit cours d’eau, Las Animas, d’un faible étiage pendant la plus grande partie de l’année, où les fermiers en aval s’alimentent d’eau potable.
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- La ville obligée de purifier les eaux de ses égouts que le collecteur amène dans un bassin de décantation (15m X 2"' X 1 ,u,50), les a affermées pour l’irrigation, en payant une somme de 1 000 francs par an au concessionnaire.
- Le terrain en pente douce vers la rivière est cultivé en prairie (barleg grass). Le sewage est distribué par un canal dans des petits branchements à vannes, traversant des bourrelets de terre placés à des distances de 7 à 15 mètres Les eaux de reprise sont distribuées de la même manière à chaque étage.
- Los Angeles (Californie). — La ville de Los Angeles a été la première, en Californie, à utiliser le se/rage pour l’irrigation.
- Jusque vers 188(1, le sewage dont le débit, en temps sec, était de 32 000 mètres cubes environ, a servi à l’irrigation des terres situées au sud-ouest de la ville. Au mois de novembre 1885, la municipalité concéda pour 18 années à une compagnie de canaux, South Si de Irrigation, le débit du collecteur San-Pedro, équivalant à environ
- Fig. ">7. — Wayne (Pensylvanic). Vue du bâtiment des pompes et du terrain d’épandage; côté du Sud.
- 10 mètres cubes par seconde, ou à 180 pouces miniers, et la compagnie eut à prolonger le collecteur en béton (()'",55) hors de la ville, jusqu’au district de Vermont.
- Le volume de sewage effectivement distribué ne tarda pas à être double de celui concédé. On évaluait à 800 hectares la surface irriguée par le sewage et à 3 000 hectares celle arrosée à l’eau de sources, au moyen des canaux à ciel ouvert ou zanjas. Tandis que le loyer des terres non arrosées était de 20 francs par hectare, celui des terres arrosées à l’eau de source était de 150 francs, et avec le sewage, de 200 francs.
- Malgré ces résultats, les propriétaires, alléchés par le développement de la population de Los Angeles, cherchèrent à vendre leurs terres, et, la spéculation aidant, une grande partie du district arrosé de Vermont fut bientôt couvert d’habitations. La Compagnie fut sommée dès lors d’avoir à cesser toute irrigation dans le voisinage et, sur la menace des Tribunaux, la ville dut annuler le contrat avec la Compagnie. Le sewage continua à couler dans le torrent de Los Angeles, jusqu’à ce qu’il fût reconnu indispensable de pourvoir à l’assainissement de la ville par l’exécution du projet, aujourd’hui réalisé, d’un collecteur jusqu’à l’Océan fl).
- (1) Voir Bulletin du mois de Novembre p. 1448.
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- Pasadma (Californie). — La petite ville de Pasadena (4 882 habitants), de fondation récente, située dans la vallée San-(iabriel, à 16 kilomètres en amont de Los Angeles, sous un climat où la chute d’eau pluviale, de janvier à avril, ne dépasse guère 0m,50, consacre le scioagc de son réseau de 8 kilomètres à l’irrigation.
- Sur les 120 hectares de terrain sablonneux, légèrement alcalin, que comprend la ferme municipale, 16 hectares en prairie et 10 hectares en légumes sont arrosés depuis 1892, en attendant que le reste ait été planté en vignes et en arbres fruitiers. L’herbe (.harley gras s) qui consomme une quantité indéfinie de seirage produit 12 600 kilogrammes par hectare et se vend de 60 à 76 francs les 1 000-kilos. Les légumes donnent un produit net de 150 francs par heclare ; ils sont plantés sur une ou deux lignes avec rigoles plates intercalaires, sur lesquelles on cultive en seconde rotation les légumes plus tardifs. Les arbres fruitiers sont alignés, avec des intervalles de 6 mètres, et les
- Fig. 58. — Wmjne (Pensylvanie). Vue générale du terrain d'épandage du côté du Nord.
- rigoles sont curées régulièrement afin d’éviter tout colmatage. Le produit net des citronniers est évalué à plus de 2 000 francs par hectare.
- Les procédés d’arrosage sont les mêmes que ceux pratiqués dans la région, avec l’eau des sources et des puits.
- Un certain nombre d’autres villes en Californie, telles que Iiedding (1 821 habitants), Santa- Rasa (5 220 habitants), Slockfon, et dans l’Ktat de Montana, Helena (13 894 habitants) etc. emploient le seirage à l’arrosage des terres, mais sans que les données soient connues concernant le volume, la composition et le degré d’épuration du seirage, la nature du terrain, le nombre et le mode des arrosages, l’économie du procédé etc.
- Etats de l’Est. — Dans les anciens États, à l’est du Mississipi, plusieurs établissements, où la main-d’œuvre est gratuite, recourent à l’épandage direct sur le sol cultivé, tels que l’hospice des aliénés de Worcester (600 résidents); la maison centrale de détention de Concord, le collège et la ville de Amherst (4 500 habitants) ; les villages de Gremfield, tous situés dans l’Ktat de Massachusetts ; le pénitencier, l’hôpital et le
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- HYGIÈNE PUBLIQUE ET AGRICULTURE. ---- DÉCEMBRE 1890.
- collège de l'État de Rhode Island, compris dans la Cranston State farm de la capitale Providence, etc. Malgré l'intérêt qu’offrent ces applications, dont quelques-unes, notamment à l’hospice de Worcester, sont bien entendues et donnent pleine satisfaction au double point de vue de la salubrité et de la culture, il n’y a lieu de les envisager que comme des cas particuliers, se référant à des volumes réduits de savage et à une population de résidents en général peu nombreuse.
- Wayne (Pensylvanie). — Le domaine de Wayne (242 hectares), situé à environ 25 kilomètres de Philadelphie, fait exception, à cause des difficultés qu’a présentées l’emploi du sewage de la commune bâtie sur les lots de partage du domaine.
- La commune de Wayne (2 000 habitants), pourvue d’une distribution d’eau qui correspond à un débit de 900 mètres cubes environ par jour, et d’une canalisation complète, traitait ses eaux d’égout par décantation dans trois bassins successifs, avant de les écouler au ruisseau Iphan. L’insalubrité du ruisseau devenant intolérable, les tribunaux enjoignirent de cesser tout écoulement tant que le senmge ne serait pas épuré.
- Le terrain de 4 hectares et demi, à double pente, choisi pour l’épandage étant marécageux le long du ruisseau, on dut d’abord l’assainir, en régularisant le creek et réglant les berges des deux rives (fîg. 56) ; puis il fallut drainer certaines parties (uncler drain), établir un collecteur ou drain en pierres{stone catch drain) afin de garantir l’emplacement destiné aux fondations du bâtiment des pompes (pump house), et du réservoir (sewage tank) muni d’un compartiment à grilles (screen home) ; enfin, un drain principal(0m,15), sur la rive gauche également, pour retenir les eaux à ladescente.
- Au nord du terrain, trois pièces de terre à peu près d’égale contenance sont séparées par deux banquettes de 0m,30 de hauteur, sur la crête desquelles court un chemin de piéton (embankment and fool pat h). Ces banquettes convergent vers le puits de distribution du sewage (distributing well). Sur la rive droite, le terrain est partagé en deux sections par une route qui conduit à la station de la pompe au bord du creek.
- Le collecteur {main seiver) établi en tuyaux de poterie émaillée quand il est enfoui en terre et en fonte revêtue de ciment quand il est extérieur, aboutit sur la rive gauche, près des pompes, dans une chambre dont le fond en béton est incliné. Le sewage y traverse des grilles (screens) avant de se rendre dans un réservoir de 400 mètres cubes de capacité dont le fond est également en béton, avec six tuyaux (O111,15) de trop-plein. Il passe du réservoir dans un puits où deux pompes Duplex l’élèvent pour le refouler dans une chambre de distribution. Ces pompes pouvant débiter 2 300 mètres cubes par jour, ne fonctionnent que lorsque la chambre à grilles étant pleine, le sewage s’est aéré pendant une heure environ. Le conduit de refoulement en acier soudé (0H1,27), d’une longueur de 150 mètres, remonte de 30 mètres jusqu’au bassin de distribution que recouvre un bâtiment visible dans les figures 57 et 58.
- Le réservoir de distribution, en briques, avec fond et parois en ciment, est pourvu de vannes qui règlent l’admission du sewage dans le canal (diteh) de répartition, d’où il s’épanche à travers une banquette de pierres concassées, d’une hauteur de 0m,20 et d’une largeur de 15 mètres, dont la pente est de 25 degrés. Au sortir de cette banquette, le sewage est arrêté, avant de couler sur le sol, dans une tranchée également remplie de pierres (stone carrier) qui modère la vitesse du courant à la descente. Des petites banquettes en mâchefer (cinder banks), au nombre de trois, sont placées, dans le même but, aux divers niveaux qu’indique le plan (fig. 56).
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- ASSAINISSEMENT DES VILLES ET DES COURS d’eAU AUX ÉTATS-UNIS. 1617
- Le réservoir met de (i à 12 heures à si1 remplir el se vide en 5 heures. Une demi-heure environ après que les pompes ont cessé de fonctionner, le seirage a disparu de la surface du sol.
- Sur la rive droite, le seirn.gr se distribue par gravitation à partir de remplacement qu’occupaient les premiers bassins de décantation, au moyen d’un conduit principal en poterie (0"',30) qui se prolonge par un branchement de 120 mètres de longueur jusqu’à la chambre à grilles, b (screening tank). De celte chambre, il est déversé à volonté à travers une tranchée en pierres, sur la pièce D, ou sur la pièce E.
- Le sol est arrosé depuis 1801 pendant deux jours sur cinq sur la rive droite, et de même, depuis 1892, sur la rive gauche. Les pompes travaillent de 16 à 18 heures, et les grilles sont nettoyées chaque jour. Les houes traitées par la chaux sont utilisées comme compost. Les banquettes en pierres et en mâchefer n’exigent aucun entretien, sauf celles à la partie supérieure du terrain, au pied desquelles les boues accumulées doivent être de temps en temps enlevées.
- Les figures à7 et 58 donnent une vue du terrain d’épandage avec l’usine et les bassins, du côté du midi du ruisseau, et du côté du nord.
- Grâce aux banquettes, le seirage se divise en rigoles dans la direction de la pente, au lieu de former un courant qui ravinerait le sol en culture. Les prairies arrosées sur chaque rive fournissent cinq coupes abondantes, l’irrigation ne cessant pas, môme dans le fort de l’hiver. L’épuration est assez complète en aval de la quatrième banquette pour que le seirage puisse être écoulé dans le creeh Iphan sans soulever la moindre récrimination au point de vue des émanations et de l’impureté des eaux courantes.
- 3. -- IRRIGATION SOUTERRAINE
- L’irrigation par conduites souterraines, appliquée de longue date à des cultures lucratives pour utiliser les eaux vannes dans un sol meuble, constitue un mode d’infiltration par le sous-sol qui ne laisse pas d’être coûteux. Quant au seirage dont le volume est bien plus considérable et la richesse fertilisante relativement faible, le procédé préconisé par Fellenberg pour Hofwyl, et plus tard, en 1839, par Chadwick, premier secrétaire du Boord of Health, pour l’arrosage permanent des prairies (I), a été peu employé aux États-lûiis. On cite seulement les irrigations de Lawrenceville, New Jersey, et de Lenox, dans le Massachusetts.
- Laicrenceville (New Jersey). — Le collège de cette localité, à mi-chemin entre Trenton et Princeton, est pourvu d’une canalisation double, une pour le seirage de l’établissement et de ses dépendances, et l’autre pour les eaux souterraines. Les deux conduits du seirage débouchent dans un double bassin de décantation construit sous terre, en maçonnerie de briques, avec béton extérieurement (concrète), ai partagé en deux sections longitudinales à trois compartiments.
- Le seirage pénètre à l’extrémilé du premier compartiment qu’il parcourt dans toute sa longueur, retourne par un Iun an coudé qui se trouve à un niveau supérieur à celu de la sortie, dans le second compartiment qu’il parcourt également dans toute sa longueur, mais en sens inverse, et passe dans le troisième compartiment d’où il sort pour remplir un réservoir circulaire de 7"',60 de diamètre, dont les piliers supportent les
- (1) A. Ronna. Les Jrrif/alions, t. II, p. TRI.
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- IIYG1KNK PUBI.IQljK KT AGHIGULTUHK. I) KG KM HH K 1890.
- voûtes. Un carneau d’appel, en communication avec la cheminée des chaudières, ventile le réservoir. La ligure 5!) indique le plan et les coupes des bassins de circulation et de dépôt.
- Les boues amoncelées dans le premier compartiment d’un bassin ne se vidangent que lorsque l’autre bassin fonctionne.
- Un pulsomètre actionne la pompe qui élève le savage du réservoir, quand il y a lieu d’arroser, dans un conduit de 90 mètres de longueur, jusqu’au terrain situé entre la buanderie (laundry).üt le ruisseau (brook) où s'égoutte un étang (pond) (fig. 60).
- En raison de la perméabilité du sol, le champ d’arrosage (irrigation g round) a été drainé à 1 mètre de profondeur par des tranchées parallèles. Des tuyaux en poterie (O1",05), d’une longueur de O"1,50, dont les joints inférieurs et les joints supérieurs sont recouverts de tuiles creuses distribuent le savage latéralement sous la surface. Chaque partie du champ peut s’arroser à part, ou bien le champ entier, à l’aide des deux conduits d’amenée (main carriers). Sur une surface de 0,60 hectare, il a été em-
- Lanqihitiinal 5ccfm>
- -di - uC
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- Fig. 59. — LawrenceoUle colleye (New-Jersey). Plan et coupe des bassins d’admission et de dépôt.
- ployé 183 mètres de tuyaux de 0U), 10 et 6 000 mètres de tuyaux de distribution de 0111,05.
- Avec un débit journalier de 27 mètres cubes de savage, correspondant à une moyenne de 180 individus et susceptible d’augmenter jusqu’à 90 mètres cubes pour une moyenne de 500 individus pendant la saison scolaire, l’arrosage a lieu huit fois par mois, soit à raison de 90 à 115 mètres cubes par arrosage. Il est question, en vue du débit plus fort qui est prévu, de donner moins de pente aux rigoles souterraines et de placer deux nouveaux conduits de distribution en approfondissant le drain collecteur afin de répartir le savage plus également par infiltration dans la direction latérale, comme en profondeur.
- Les dépenses de l'installation du collège de Lawrenceville se sont élevées à 21 320 francs, dont moitié environ pour le réservoir.
- Lenox (Massachusetts). — La ville de Lenox a été d’abord bâtie sur un des versants des collines Berkshire, où la canalisation aboutit à un bassin de dépôt avec filtres intermittents installés sur un terrain de 60 ares. Puis, pour satisfaire à l’accroissement de la population, elle a occupé un autre versant qu’on a dû canalisera part. Le collecteur des nouveaux quartiers recevant le savage des anciens par des pompes à vapeur, la municipalité a acquis, non loin de la rivière ilonsatonic, un autre terrain de 7 hectares sur lequel le savage est déversé par arrosage après décantation. La
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- distribution s'effectue à l’aide de conduits on béton d une longueur de DO à 120 mètres u Heur du sol, qu’alimentent des regards il tampons, comme cela se pratique dans
- Fig. (il). — biwreiict’i'i/fe tmllegn (New-Jersey'.. Plan du terrain d"épandage.
- l’irrigation souterraine par le système allemand Petersen. Les renseignements font défaut sur les résultats de cette application.
- 4. — fi lt «au K et i « « i (iation (Système mixte)
- Un système mixte, combinant le filtrage intermittent sur le sol avec l'irrigation, a été adopté par quelques villes dans le but d’utiliser au moins une partie du savage pour les récoltes, de réserver les filtres pour la saison d’hiver quand l’arrosage n’est guère possible, et de les laisser reposer en été quand ils se régénèrent plus facilement.
- South Framingham (Massachusetts). — Les eaux des (‘goûts de ce faubourg industriel, au sud de Framingham, se drainaient dans le lac Gochituale, où la ville de Boston a sa prise d’eau potable. La municipalité a été contrainte d’arrêter tout écoulement dans le ruisseau Beaver Dam qui se jette dans le lac, d’établir un réseau distinct d’égouts pour le savagr., et d’acquérir un terrain pour l’épuration.
- Conformément au projet de 1’ingénieur de la ville, lleald, le nouveau réseau d’égouts desservant 451 maisons, 31 hôtels et de nombreux ateliers, livre environ
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- 3-40 litres de setvagc par tête et par jour. Achevé à la lin de 1889, il débouche par un collecteur dans un double bassin de décantation de 2 000 mètres cubes de capacité. Des pompes à vapeur Duplex ducompound, système Davidson, débitant 375 mètres cubes par heure, peuvent vider le bassin en 5 heures et demie.
- Le tuyau de refoulement (0m,30) s’étend sur une longueur de plus de 3 kilomètres en ligne droite, puis en ligne brisée, de 1 kilomètre, vers la ferme. Sur la première partie du parcours, il est pourvu de 11 branchements avec regards, permettant de livrer les eaux aux points les plus favorables pour l’arrosage des terres. Sur le dernier kilomètre destiné au service de la ferme municipale, 11 regards hexagonaux servent à régler la distribution, à la cote de 0'",30 au-dessus du sol.
- La ferme, d’une contenance de 25 hectares, comprend 5 hectares de filtres et 20 hectares en terres de culture, irrigables par déversement. Les bassins filtres, au nombre de 11, sont entourés de banquettes de O"1,90 de hauteur, lm,22 de largeur au couronnement, et ont un fruit de 1 mètre sur T11,5. La banquette qui porte le conduit d’amenée est légèrement plus élevée que les autres.
- Le drainage a été pratiqué à la profondeur de lm,82 dans six seulement des bassins-filtres; les autres bassins se drainent naturellement par le ravin qui traverse la ferme.
- Après avoir nivelé exactement la surface des filtres, en réservant les déblais pour la construction des banquettes, on a labouré et ensemencé. Fn 1892, trois des bassins cultivés en maïs ont donné une récolte abondante; des choux, sur 30 ares environ, et des courges, ont eu également un beau rendement.
- D’après l’analyse comparative du savage brut et du savage filtré prélevé près de la source par rapport à l’eau souterraine (tableau XV), il reste à peine 2 cent millièmes d'ammoniaque libre et 1 cent millième d’ammoniaque albuminoïde dans le liquide épuré, la proportion des nitrates a augmenté et les bactéries onl presque complètement disparu.
- Tableau XV. — Composition du « sewage » de South Framingham avant et après filtrage, et de l’eau souterraine.
- RÉSIDU AMMONIAQUE AZOTE
- SOUTH FRAMINGHAM. TOTAL par CHLORE.
- évaporation . L113RE. ALBUMINOÏDE. NITRATES. NITRITES.
- Sewage brut :28,30 1,7803 0,3730 4,07 0,0080 0,0001
- Sewage filtré des drains. Sewage filtré, près de la 10,43 0,033a 0,0039 2,36 0,6018 0,0006
- source 7,23 0,000 0,0020 1,77 0,2330 0,000
- Eau souterraine naturelle. 4,70 0,000 0,0008 0,20 0,0083 0,000
- La figure 27 montre l’aspect des filtres de South Framingham recouverts de neige, et continuant à fonctionner (1).
- L’installation, en y comprenant 8 kilomètres d’égouts, a coûté 751 000 francs, dont 156 000 pour le terrain et l'établissement des filtres, des rigoles d’arrosage, etc. Si l’on ajoute aux intérêts à 4 p. 100 sur la somme de 156 000 francs, le montant des frais
- (1) Bulletin du mois do novembre, paye 1164.
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- ASSAINISSEMENT DES VILLES ET DES COUDS d’eAU AUX ÉTATS-UNIS. 1621
- annuels, 33 800 francs, en 1891, on trouve que le coût de l’épuration du sewage de 9 239 habitants est de 4 IV. 35 par tête et par an (1).
- Pullman lown; Chicago (Illinois). — La cité modèle Pullman a été fondée sur la rive occidentale du lac Calumet, à 22 kilomètres environ du centre de Chicago et à 9 kilomètres du lac Michigan. Sur le vaste terrain choisi par la compagnie, ont été construits successivement les ateliers de matériel des chemins de fer, qui occupent près de 4000 ouvriers, les usines de fabrication des roues, les fonderies Union, les forges et aciéries Pullman, moulins, marteaux à vapeur, etc., qui ont porté la population ouvrière au chiffre de 5 500. Autour de ces immenses fabriques, la cité a été conçue d’après un plan qui réalise toutes les conditions de l’édilité moderne sous le rapport de
- Fiur. 61. — Pullman toicn (Illinois). Coupe du bassin à grilles et du clapet régulateur de pression.
- l’hygiène et du bien-être. La capitale de Chicago l’a incorporée avec ses 11 000 habitants.
- La canalisation est double; les égouts pour les eaux de pluie et d’infiltration se rendent dans le lac Calumet, et ceux pour le seicage gagnent par un collecteur spécial un vaste terrain affecté au filtrage et à l’épandage. Sur ce terrain, un réservoir de 136 mètres cubes, dont le fond, à 9 mètres en contre-bas, est recouvert de voûtes et ventilé par une tour de 30 mètres de hauteur, reçoit le seicage, sans qu’aucune installation spéciale pourvoie à la décantation ou au filtrage sur grilles. Les clapets des pompes rendent cette installation inutile. De 1882, date de l’achèvement des travaux,jusqu’en 1890, le débit du sewage s’est accru de 852 000 à 2 756 000 mètres cubes par an.
- Les pompes sont reliées par un conduit en fonte (0“';50) (main from pumping works), d’une longueur de 4,8 kilomètres, avec un bassin cylindrique vertical (screening
- (1) Sewage purification, Engineering Magazine, octobre 1895.
- Tome I. — 95° année. 5e série. — Décembre 1896.
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- 1IYGIKNK l'i niJQUK ET AGIilCl'LTülîK.
- DÉCKMBHE 1896.
- tank) placé au nord de la ferme à savage. Ce bassin de lm,82 de diamètre et 7"',30 de hauteur, est soutenu par un ouvrage en charpente laissant place à des wagonnets pour recueillir les matières filtrées, au-dessous du réservoir. A la partie supérieure de ce cylindre, une chambre d’air, à l’aide d’une valve spéciale (regulaliag valve), règle la sortie du sewage sous la pression des pompes et amortit les vibrations (fig. 61).
- Le tuyau de distribution (main dislribulion pipe), pourvu d’un trop-plein (ovev /lua: pipe), est au diamètre de 0"',3S. Les branchements de 0"',23 sont distancés de 00 mètres les uns des autres. A ces intervalles, des regards permettent d’arroser l hectare. Tous
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- South boundary of farm
- 0:2. — Pullman tou:u (llliaois;. Plan de la ferme et des bassins de filtrage.
- les conduits en poterie ont été préalablement essayés comme résistance à la pression.
- Le terrain arrosable a été drainé au moyen de tuyaux de O"1,03 et O"1,10, à une profondeur de l"1,10, avec écartement de 12 mètres. Le drain collecteur (0"‘,30) débouche dans un canal qui conduit au lac Calumet.
- Sur les 600 hectares que comprend la ferme Pullman, 50 hectares sont réservés à l’utilisation du savage, et six hectares pour les filtres. Le sol est formé d’alluvion noire, de 0"',30 d’épaisseur, et de strates argileuses avec poches do sable, à une plus grande profondeur. Indépendamment des bassins filtrants destinés à l’épuration pendant les mois de l’année où l’irrigation n’est pas praticable, même pour les prairies,
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- l'épandange s’opère à l'aide de tuyaux llexibles placés sur les regards du conduit d’amenée, qui alimentent les razes du terrain, suivant les besoins des récoltes.
- Le plan d’inslallation de la ferme à savage (pie traverse le chemin de fer de Chicago à Indiana (fig. 62) remonte a 1880.
- Les produits nets de l'exploitation agricole sont très variables. Les légumes, choux, choux-lleurs, céleris, asperges, oignons, courges, donnent le plus gros bénéfice. Les pommes de terre n’ont pas réussi et le ray-grass d’Italie devient si rude, si aigre que le bétail refuse de le manger, même après ensilage. D’autres herbes de prairie s’accommodent mieux du savage. Tandis que, dans certaines années, le produit net, indépendamment du coût annuel du service des pompes (11 500 francs), a été évalué à 8 p. 100, il n’a été estime qu'à 2 p. 100 dans les années de très grands froids; mais il paraît certain que les dépenses sont toujours couvertes par les recettes.
- Pendant la saison d'arrosage, de 40 à 50 journaliers sont occupés sur la ferme ; le reste de l’année, deux suffisent pour les filtres. Quoique les hivers soient plus rigoureux à Pullman City que dans les autres localités de l’Illinois, le filtrage ne cesse pas de fonctionner. Par une température de 20 degrés centigrades sous zéro, le sol reste gelé jusqu’à 0l",00 de profondeur; mais le savage à l’entrée du collecteur de distribution est à h- 10 degrés.
- D'après les analyses faites au laboratoire de Lawrence, l'épuration est satisfaisante, comme il résulte des données suivantes ;
- SKVAflK DK Pri.I.MAN CITY
- Kcservoir. Drain.
- Ammoniaque libre..................................... 0,871)0 0,002b
- albuminoïde............................. 0,0 480 0,0108
- Azote................................................ 1,700 0,0i:j">
- Chlore............................................... 2,81 11,78
- Uastings . Nebraska i. — La ville de llastings ; 15 000 habitants , bâtie sur le plateau qui sépare la Rlatle River de la Republican River, ne dispose pour écouler son seteagv. que de la Mue River, tributaire du Kansas, qui coule à 10 kilomètres, en suivant une vallée des plus sinueuses. Force a été de cherchera proximité un terrain suffisamment perméable pour y faire du filtrage et de l’irrigation.
- Le terrain de 28 hectares acquis par la municipalité, couvre un sous-sol de gravier de 20 mètres de profondeur et se prête au filtrage dans de bonnes conditions éfig. 0 4).
- Fig. 68. — Itastinys (Nebraska). Prolil des étages avec banquettes.
- Au sud-ouest, quoique le sol soit d’excellente qualité, le niveau est trop élevé pour que l’arrosage puisse s'opérer par gravitation; tandis qu’au nord-ouest, le relief est trop irrégulier pour pouvoir être nivelé et dressé sans de grosses dépenses. C’est donc au centre et à l’ouest do la ferme qu’oni été préparés les étages {areas), en les nivelant de manière à relever le plan de chacun jusqu'au bord inférieur de l’étage supérieur. La ligure 05 montre le profil des divers niveaux que circonscrivent des banquettes (enbankments) et des élévations naturelles (naturel r idg es) remplaçant les banquettes et représentées dans le plan du terrain (fig. 64).
- Le savage recueilli dans des égouts diviseurs est amené par le collecteur (main
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- inlet) dans un bassin de décantation circulaire [setlllng tank) de °2m, 15, X, auquel est accolé un puits Y, dont le plan et la coupe verticale sont indiqués en figure 65.
- Les conduits de sortie (millets) sont au nombre de quatre, A, B, C et D ; les conduits A et B (Om,'i(i) desservent au môme niveau les surfaces [areas] nus 2 à 7 ; le conduit D (0m,30), la surface n° 1 ; le conduit inférieur G (0m,-i6), avec tampon F manœuvré par une tige dans le puits Y, dessert les surfaces n°s S et 9.
- Du n° 1 au n° 10, les différentes surfaces sont arrosées par des tuyaux distincts ou
- Rough Lan
- Carr/rot te ut///zed far
- No Water except affer
- Area No 7.
- Area No 6 J
- No.9
- Area No.4-P. 24-8.
- Embankmen? Area .
- No J.
- EI.24-8.
- | El 240.
- No 0.
- El 252.
- H/qh, Smootft Land Swtob/e for Bviidi'nq 5/fe for Sc/per/nfendent of Farm.
- ____Bovrtiiary of Sewer Farm
- Fig. (34. — llastings (Nebraska). Plan du terrain servant au filtrage et du terrain réservé pour l’irrigation.
- à branchements, de 0m,30 et O"1,46, sauf la pièce n° 9 qui est servie par une rigole avec vanne en bois.
- La durée des arrosages est réglée par la chute d'eau pluviale et la saison de l’année. On se borne à labourer de temps en temps pour enfouir les matières sédimentaires arrêtées par la couche superficielle. Les surfaces filtrantes n’ont pas été drainées, mais à moins d’utiliser l’excédent du sewage à l’irrigation des autres parties du terrain, le drainage s’imposera plus tard.
- On remarquera, en effet, en dedans des limites du terrain (boandary Unes) sur le plan (tig. 63), que des terres arrosables, à l’Est, sont susceptibles d’être mises en culture (suitable for cultivation) de chaque côté du ravin (draw) qui ne reçoit d’eau que par les grandes pluies; tandis qu’au Nord, les landes (rough lands) ne sont pas irrigables, ni cultivables, et qu’au midi, les hautes terres (liigh smooth lands) se prêtent très bien à la construction des bâtiments d’exploitation et de résidence du directeur.
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- La ferme de Nebraska, dont les liltres ont été prêts en 189*2, n’en est encore qu’à la période d’installation.
- Meriden (Connecticut). — Une des applications les plus récentes du système mixte, susceptible d’une grande extension, a été réalisée sans grand succès jusqu’ici par la ville de Meriden, située entre New Haven et la capitale de l’Lta.1 do Connecticut, Hartford. Meriden a deux industries particulières : la céramique et le métal blanc anglais (.Britannia wave); sa population in Ira rnaros s’élève à 15 000 habitants.
- Un service de distribution d’eau fonctionne depuis 1860; mais la canalisation défini live n’a été établie, suivant le projet des ingénieurs Mac lvenyie et Bassott, que
- Main ,
- y Ouiiefi va T5ame E/evar/or;
- Inler £
- Oui/ef C.
- 7b Areas 8 9.
- . G5. — Hast-inr/s (Nebraska). Plan et coupe du bassin circulaire de dépôt et du puits d'évacuation.
- depuis 189*2. Pour mettre un terme 0 la pollution du ruisseau l’Harbor Rrook,qui serpente dans la ville et se jette dans La rivière Quinnipiae, la municipalité a du remanier l’ancienne canalisation, en établissant des égouts séparés pour le .servage, et acquérir un terrain d’épuration.
- La canalisation a été exécutée en vue d’une population de 70 000 âmes, sur base d’un volume de 450 litres de servage par tète et par jour et- d’un volume maximum de 23 litres par tête et par heure; ce qui équivaut à un débit de 368 litres par seconde, et, en tenant compte des eaux d'intiltration, de 480 litres par seconde. Un collecteur en briques (0m,91) recueille les eaux des deux tronçons artériels de la ville et se développe jusqu’au champ d’épuration (1).
- (1) Engineering News, 0 mars 1893.
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- DÉCEMBUE 18%.
- Le champ de 5 hectares (fig. 66) est compris dano le terrain acquis par la ville, d’une contenance de 60 hectares, situé entre les territoires de Meriden et de South Wallingford. L’ingénieur Bassett avait proposé sur les 5 hectares d’établir 15 bassins de filtrage, mais on n’en a installé que quatre couvrant 2 hectares; 10 autres sont en cours d’installation depuis 1.S05.
- Le sol des bassins en activité est formé d’une première couche (0‘",90), à grain très fin, et d’un sous-sol de gravier et de sable d’une épaisseur indéfinie. La couche superficielle comprend une première strate (,0'11,20) de terre noire, meuble et pauvre, et une seconde strate de sable onctueux, rouge, d’une finesse exceptionnelle.
- On s’est borné à déblayer la première strate et à drainer chaque bassin au moyen de (! tuyaux iO"\151 placés à une profondeur qui varie de O1",75 à 1"1,50. Le drain
- ( omluilt
- Rotianls <1.- .liMrilmt
- 2<* ffpe /
- El. lit
- Fig. fili. — Meriden (Connecticut... Plan du terrain de filtrafre et d’irrigation.
- collecteur se rend directement à la rivière Quinnipiac. Des regards en maçonnerie, à chaque intersection, permettent de contrôler l’écoulement souterrain.
- Le filtrage, commencé au mois de mai 1895, n’a été réglé qu’en 1891 par l’enlèvement des matériaux trop fins à la surface des bassins. Le niveau du bassin du sud-ouest a été ainsi abaissé de 0"',30, et celui des trois autres, de 0'", 15. Malgré cela, soit par excès de sewage, soit par défaut de curage, ou en raison de la finesse encore trop grande des grains de la couche supérieure, les fil très s’engorgèrent au point de devoir cesser complètement l’épandage jusques après leur réfection.
- Pour cette réfection, les matières sédiinenlaires ont été raclées avec le sable superficiel; un labour profond a ôté donné à O"1,35, puis un hersage, et 12 tranchées de 0m,91 de largeur ont été creusées entre les lignes de drains, représentant un quart de la surface totale des filtres, puis chargées de gravier.
- Le filtrage a été* repris en mai 1895, avec un débit de spirm/p de 310 mètres cubes
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- par heure, sans que les drains laissent apparaître, plus que par le passé, une quantité de liquide appréciable. L’infiltration paraît se faire ainsi presque en totalité dans le gravier du sous-sol.
- Les détails manquent sur l’irrigation des terres en culture, mais il y a lieu de croire que les produits, trouvant un débouché facile et avantageux sur les marchés voisins, viendront en compensation des lourdes dépenses de la canalisation sur laquelle moitié seulement de la population a ses branchements; du terrain qui a coûté 37 169 francs ; et de l’installation des premiers filtres, qui représentent 121000 francs en plus des travaux de réfection, 10 400 francs i l).
- --- ÉPURATION CHIMIQUE
- Des nombreux réactifs proposés pour l’épuration du spwngc, un petit nombre seulement ont été appliqués d’une façon courante, isolément ou en mélange, par les villes américaines; à savoir, la chaux, le sulfate d’alumine et le sulfate de fer.
- Les meilleures conditions d'emploi sont, remplies, d’après la pratique des usines, quand on traite le savage, dès son arrivée, en le mélangeant intimement avec les réactifs, avant la décantation pour laquelle les bassins ne sauraient être trop vastes, et quand on évacue assez fréquemment les précipités pour pouvoir les désinfecter sans délai.
- Les procédés de décantation varient beaucoup, suivant que le traitement a lieu d’une manière intermittente, ou continue. Dans le premier cas, le savage étant mélangé avec les réactifs, des bassins de l'",50 à 2'",50 de profondeur peuvent suffire; dans le second cas, le servage mélangé circule dans des bassins communiquants, ou bien dans des cuves verticales.
- Relativement à leur capacité, les bassins où l’on épure le savage dilué par les eaux pluviales ou souterraines ont une contenance égale à 30 pour cent du débit journalier moyen des égouts. Sous le rapport du mélange des réactifs, les bassins de circulation peuvent l’opérer économiquement, a l’aide de chicanes, si les matières dissoutes préalablement, sont versées dès l’entrée. Des pompes, des roues mises en mouvement par le courant même du sevrage, s’emploient utilement pour agiter la masse avant le dépôt.
- Quoi qu’il en soit, l’essentiel est que le filtrage mécanique soit tout d’abord effectué pour pouvoir disposer en même temps des matières lourdes arrêtées par les filtres et des boues précipitées dans les bassins. Les modes de traitement des boues sont nombreux :
- 1° Enlèvement à l’aide de pompes, ou par gravitation, et épandage sur les terrains adjacents pour les colmater ou les fertiliser.
- 2° Évacuation dans de grands bassins entourés de banquettes sur le sol où les boues se drainent et se dessèchent pour pouvoir être ensuite charriées dans la campagne.
- 3° Mélange avec de la terre, du terreau, du fumier, des gadoues, des feuilles, de la marne ou du plâtre, des phosphates naturels, etc., pour fabriquer des composts.
- 4° Écoulement par des conduits et refoulement dans des bateaux-citernes pour le transport dans les eaux profondes des lacs, ou de la mer.
- 3° Incinération dans des fours spéciaux.
- 1) Engineering News, 18 juillet 1895.
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- 6° Compression, dans des presses-filtres, à l’état de tourteaux d’un transport facile comme engrais.
- Tous ces procédés plus ou moins pratiques sont onéreux à cause du volume d’eau, de 90 à 95 p. 100, (juc renferment les boues. Dans les bassins verticaux toutefois, la teneur en eau peut se réduire à 80 et même à 70 p. 100. Les filtres-presses rendent de grands services à la condition de pouvoir écouler les tourteaux d’une valeur fertilisante médiocre, qui ne supportent pas de grands frais de transport. L’incinération dans des fours à chaleur régénérée cause un surcroît de frais d’appareils, de combustible, de main-d’œuvre et d’entretien pour obtenir un résultat final contraire aux intérêts de l’agriculture. L’emploi des tourteaux secs comme combustible serait un palliatif plus recommandable, mais non moins coûteux.
- a. — /Essais de la station de Lawrence.
- La précipitation chimique a fait l'objet de recherches intéressantes à la station expérimentale de Lawrence, en 1889. Le chimiste de cette station, M. Allen Hazen, les a divisées en trois séries, pour la chaux, le sulfate d’alumine et les sulfates de fer, en recourant, dans la troisième série, à des bassins (11x0,75x0,50) d’une contenance de 3 000 litres environ. Les réactifs dissous dans l’eau étaient versés dans le se/rage qui s’écoulait par gravitation dans les bassins jusqu’à ce qu’ils fussent remplis; puis les dépôts, ainsi que le liquide surnageant, étaient soumis à l’analyse.
- Les résultats de la première série d’essais n’ayant, pas été concluants par suite de la composition variable du sewage aux différentes heures de la journée, les essais des autres séries ont été exécutés dans des tonneaux de "257 litres de capacité, alimentés par un bassin jaugé qui recevait le sewage quotidien à traiter. Après mélange des réactifs, un échantillon était prélevé au bout d’une heure, au plus, à 0"\25 au-dessus du fond des tonneaux.
- Dans la troisième série d’essais, le délai assigné à la décantation a été d’une heure, afin de pouvoir achever les analyses le même jour. Ce délai, d’ailleurs, dans un fût de O"1,75 de profondeur, équivaut à celui de deux ou trois heures dans les bassins de 1111,85 de profondeur, des usines.
- Sans entrer dans le détail de plusieurs centaines d’analyses dont le chimiste Allen Hazen a discuté les résultats théoriquement et pratiquement, il suffira de signaler l’effet de quantités déterminées des divers réactifs, offrant une même valeur commerciale, pour l’élimination de la matière organique soluble et des bactéries. Le tableau XYI reproduit les données moyennes en ce qui concerne chacun des réactifs.
- Chaux. — Avec la chaux, on obtient les meilleurs résultats quand la dose correspond exactement à celle de l’acide carbonique contenue dans le sewage. S’il y a un grand excédent de chaux, la totalité des bactéries, dans un petit volume de servage, est éliminée (1); mais cet excédent n’est guère possible en grand à cause de la masse de chaux nécessaire et de la saturation du liquide qui empêche la précipitation de se faire assez rapidement. La grosse difficulté pratique à laquelle donne lieu l’emploi de la chaux, et qui rend le traitement inférieur aux autres, à prix égal, consiste dans la manipulation du précipité.
- (1) Sur 1 881 K)U Bactéries par centimètre culte de scirage, il eu est resté, après saturation par la chaux, 12 au bout de cinq minutes, 7 au bout d'une heure et "> au bout de vincit-quatre heures.
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- Tableau XVI. — Résultats obtenus par l’épuration d’un même « sewage » à l’aide de réactifs de même valeur commerciale.
- PAR ÎOOO MÈTRES CUBES.
- MATIÈRES SOLUBLES K r. I M I N K K S p. 100. CHAUX. 180 kil. VITRIOL vert 100 kil. et CHAUX 70 kil. peroxyde 27 kil. DK FER. 36 kil. A L 05 kil. UN. 87 kil.
- Ammoniaque albuminoïde; moyenne. . . Matière soluble du résidu de l’incinéra- 22 21) 32 41 20 29
- lion; moyenne 4 21 28 \') 30 20
- Trouble dû aux matières en suspension. 71 70 81 83 77 77
- Bactéries «13 38 92 n:j 82 90
- COUT PAR HABITANT ET PAR AN. . . 0 fr. 26 0 fr. 26 0 fr. 26 0 fr. 45 0 fr. 26 0 fr. 45
- Vitriol et Chaux. — Le proto-sulfate de fer ou vitriol, employé seul, n’a aucune efficacité; il est indispensable de l’additionner de la quantité de chaux nécessaire pour la combinaison avec l'excédent d’acide carbonique et l’acide du sulfate. 11 convient de verser d’avance la dose de chaux correspondant à la composition du sewage. Au delà de 100 kilos de vitriol par 1 000 mètres cubes en plus de la quantité correspondante de chaux, l’excédent n’améliore pas le résultat proportionnellement au coût du réactif.
- Quoique moins facile en pratique à cause du calcul nécessaire de la dose différente de chaux d'après la composition variable du sewage, ce procédé est plus satisfaisant que celui où la chaux est employée seule.
- Peroxyde de fer. — Les sels de peroxyde de fer agissent plus rapidement que ceux de protoxyde et donnent un précipité moins soluble. La chaux n’ajoute rien au traitement, surtout si le sen'âge est alcalin. Dans certaines limites, un excédent de sulfate donne de meilleurs résultats, mais ce sel n’est guère utilisé dans les usines qu’aprèsla défécation à la chaux.
- Le liquide traité est légèrement coloré, et comme le protoxyde de fer est plus soluble que le peroxyde, la quantité de fer dans le sewage après traitement est plus élevée.
- Sulfate d'alumine. — Le sulfate d’alumine n’a pas eu un effet aussi satisfaisant que les sels de fer. Quand on l’additionne de chaux, on active seulement la précipitation, mais le gain de temps ne compense pas le coût du mélange.
- Comme pour le sulfate de fer, l’avantage du traitement par l’alun consiste dans la facilité d’ajouter le sel en solution concentrée, et de pouvoir contrôler son action indépendamment des autres réactifs.
- La composition variable des eaux d’égout et les variations commerciales dans le prix des réactifs ne permettent pas de classer les divers modes d’épuration chimique selon leur degré pratique d’efficacité. Toutefois, au moyen d’une dose calculée de sul-
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- fate de fer ou de sulfate d’alumine, on parvient à éliminer de moitié à deux tiers de la matière organique contenue dans le sewage.
- Quant aux bactéries, leur élimination partielle n’est due qu’à l’action mécanique du précipité floconneux qui les entraîne, et à l’effet toxique des réaclifs. Mais le meilleur des procédés laisse dans le liquide une telle quantité de matière organique et de bactéries que l’état primitif d’impureté peut se régénérer aussitôt, au détriment de la santé publique.
- Ces conclusions de la station de Lawrence confirment absolument celles formulées de longue date par la Commission anglaise d’enquête sur la pollution des rivières, (1870), le Comité Grantham de l’Association britannique (1871-72), par le Local govern-mcnl Board (1876), etc., et par les chimistes, Vœlcker, Odling, Russell, etc. (1).
- M. Allen Ilazen ajoute que, étant donné l’état d’épuration incomplète à l’aide des réactifs et le coût du traitement, il n’y a pas lieu de penser que l’emploi de la méthode chimique s’étende sauf dans quelques cas particuliers. Néanmoins, les applications du traitement des eaux d’égout par précipitation ne font pas défaut aux Etats-Unis, avec ou sans filtrage intermittent.
- b. — Applications du traitement chimique.
- Worcester (Massachusetts). — Peu de localités ont donné lieu à dos rapports aussi minutieusement élaborés, aussi sérieusement discutés, à l’appui des'projets soumis pour le traitement du sewage, que la ville de Worcester. La question engagée dès 1872 par l’ingénieur Phinehas Bail devant le Conseil de salubrité de l’État de Massachusetts n’a été définitivement résolue qu’en 1889.
- La situation de Worcester, en effet, n’était pas simple. La rivière Blackstone formée par deux petits ruisseaux, Kettle et Mill, au confluent desquels est bâtie la ville, suit une direction vers le sud par Pawtucket et Rhode Island jusqu’aux limites de l’État. Les deux ruisseaux, alimentés par nombre d’étangs et de lacs, ont un cours rapide que beaucoup d’usines, filatures, forges, etc., mettaient à profit. Le sewage de ces usines, qui occupent une dizaine de mille d’ouvriers, s’écoulait dans la rivière Blackstone. La ville elle-même, dont la population en vingt années s’est accrue de 31) 047 à 68 383 habitants, avait sa prise d’eau aux sources de la rivière, tandis que son réseau de 129 kil. d’égouts déversait le sewage dans le Mill Brook. Quoique l’eau de la rivière ne fût pas consommée par les villes en aval, elle était devenue tellement impure en raison des liquides et des résidus acides des forges, qu’elle ne pouvait plus être utilisée dans les teintureries, et même dans les générateurs à vapeur. A Millbury, qui se trouve immédiatement en aval de Worcester, l’état sanitaire créé par le rejet du sewage dans la rivière était devenu intolérable.
- Longtemps, la municipalité de Worcester résista devant les tribunaux et la Chambre législative, en alléguant que les plaignants étaient eux-mêmes la cause de l’insalubrité des eaux par les barrages installés pour la force motrice aux usines; que les obstacles ainsi apportés à l’épuration naturelle du fleuve sur 70 kil. de parcours, entre Worcester et les limites de l’État, n’étaient pas de son fait; enfin, que la ville avait déjà voûté et converti en collecteur le Mill Brook pour faire cesser les plaintes dans son ressort.
- (1) A. Ronna, Egouts et irrigation, Paris, 1814; Irrigation ou épuration eliirnigue, Roims, 1888: ot Travaux et Enperienres du Dr A. Vœi.cker, t. Il, p. 428.
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- Malgré cela, la Législature vota une loi pour mettre la corporation en demeure de purifier le seivage par un procédé quelconque avant de l’écouler dans la rivière Blackstone.
- Après maints projets, des visites en Europe, des avis recueillis auprès des ingénieurs spécialistesde l’Angleterre, qui avaient établi les principales fermes à savage,
- MùVAbte Ffèihb&s'tii
- Wor ces ter Massachusetts;. Pian Je l’usine chimique et des bassins de précipitation
- des rapports techniques, entre autres du professeur Kinnicut du Free Institute, qui proposait le traitement par la chaux, basé sur la présence de 0-1,13 de sulfate de fer par litre dans le savage de Worcester, l’ingénieur municipal Allen soumit définitivement un plan pour l’épuration chimique en s’appuyant sur les considérations suivantes : lu Le savage chimiquement traité devra remplir les considérations exigées par la
- loi.
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- 2° Le coût de l’installation sera moindre que celui nécessité par le filtrage intermittent ou par l’irrigation.
- 3° La précipitation n’est pas affectée parles conditions climatériques.
- 4° Il n’y a pas de déperdition d’eau, ni d’indemnités à payer pour suppression de force motrice.
- 5° La précipitation n’empéchera pas, si cela devient nécessaire, de recourir plus tard au filtrage, ou à l’irrigation.
- La corporation approuva le plan de son ingénieur en 1888, et le collecteur de Mill Brook fut prolongé en conséquence jusqu’à l’emplacement de l’usine dont le plan est représenté fig. 67 en même temps que des vues perspectives (fig. 68 et 69).
- Le traitement s'opère d’une manière continue. Le savage arrive dans le bassin de réception par des vannes [gates), traverse des grilles [screens) qui arrêtent les matières
- Fig. 68. — Worcester (Massachusetts). Vue de l'usine chimique et des bassins de précipitation.
- flottantes et s’engage dans un canal à chicanes, où s’effectue le mélange (mixing channel). La chaux etl’alun sont introduits successivement dans ce canal par des conduits communiquant avec des cuves {vais) situées dans le bâtiment où se trouvent les agitateurs [agitalors). Auprès de ce bâtiment, s’élève celui contenant la machine à vapeur (en-gine), les chaudières (boilers) et la fosse à charbon (coal). De l’autre côté du canal mélangeur, faisant face aux agitateurs, sont installés le laboratoire [laboratory) et les hangars à réactifs (sheds).
- Du canal mélangeur, le savage passe par un premier déversoir dans le bassin n° 1, avec une chute de 0m,30 qui complète le mélange ; puis, son mouvement se ralentissant, par un deuxième déversoir, dans le canal principal (main channel), d’où il entre dans un autre bassin n° 2, et ainsi de suite, jusqu’au bassin n° 6 qui se vide par des gradins (steps) dans l’émissaire [effluent). La durée du parcours total est d’environ 6 heures.
- Pour le nettoyage des bassins, on place un barrage mobile en planches [moveable flash boards) sur le déversoir à l’arrivée du savage, qui est ainsi détourné dans le canal
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- principal et gagne le bassin suivant. Sur le plan (fig. 67), c’est le bassin nu 2 qui est indiqué comme étant en vidange. On laisse reposer, en enlevant une planche du barrage après l’autre, jusqu’au niveau des boues ; puis on ouvre la vanne du canal spécial des boues, au fond du bassin (sladge drain), pour les conduire dans le puits (sludge ivell), d’ou la pompe à vapeur les élève et les refoule jusque sur les terrains acquis par la ville.
- Le sol du terrain, d’une contenance de 7 hectares, en partie marécageux en partie formé de gros gravier, comprend 11 bassins rectangulaires, dont la couche superficielle a été enlevée et remplacée par du gravier. Les boues séjournent 11 jours dans un même bassin avant d’ôtre déblayées : leur nature, en raison des sels de fer et de la chaux dont elles sont chargées, explique pourquoi les bassins durent indéfiniment
- r^ig. 69. — Worcesler (Massachusetts). Vue du canal central desservant les basssins de précipitation.
- à la condition de renouveler de temps en temps le gravier à la surface. Quand les filtres auront été colmatés jusqu’au niveau du sol, on incinérera les boues dans des fours à étudier.
- Le seivage de Worcester est fortement acide, mais d’une façon intermittente, à cause des liquides chargés d’acide chlorhydrique et d’acide sulfurique que les usines à fer déchargent dans les égouts. Aussi, le premier soin consiste-t-il à neutraliser l’acide par assez de chaux pour rendre le seivage alcalin. Pour cela, le seivage est essayé chaque demi-heure, avant et après addition de la chaux. Suivant la composition, on ajoute de 0sr,014 à 2sr,lo0 de chaux, et de 0sr, 01-J à 0=r,570 d’alun par litre. En moyenne, les doses de ces réactifs, pendant les 24 heures, sont de 0sr, 114 de chaux et 0sr,06 d’alun.
- La précipitation s’achève le plus souvent dans les trois premiers bassins, où les boues séjournent 36 heures en été, et 4 jours en hiver, avant d’être évacuées ; les autres bassins sont vidés bien moins fréquemment.
- La chaux et l’alun, avant d’être portés aux cuves, sont pesés exactement dans le
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- laboratoire d’où partent les ordres de dosage, d’après des tableaux dressés d’avance selon le titrage des dissolutions.
- En 1892, le volume du setuage étant doublé, c’est-à-dire de 27 000 au lieu de 18 500 mêlées cubes par jour, le nombre des bassins fut porté à 16. Mais, en 1891, 6 295 000 mètres cubes de semage traités dans l’année, correspondant à 100 000 mètres cubes de boues liquides, avaient exigé l’emploi de 758 tonnes de chaux et 65 tonnes d’alun, soit en moyenne par litre, l^r,007 de chaux et 0^r,093 d’alun.
- Les boues, quoique réduites à 1 280 tonnes de matières solides pour l’année 1891, ou à 3 500 kilos par jour, ont donné lieu au début aux plus grandes diflicultés de manipulation.
- Des essais d’incinération dans trois fours de types différents n’ont pas réussi. Un des fours les plus usités dans l’État de New-York pour brûler les ordures ménagères, notamment à Coney Island, à Atlantic City, etc., dans lequel la chaleur se régénère et où les matières brûlant à une extrémité servent à la dessiccation de celles placées à
- Contrete
- Fig. 70, — Worcester (Massachusetts]. Nouvel agitateur des cuves à lait de chaux,
- l'autre extrémité occasionne une dépense hors de proportion avec le but à atteindre. Des boues renfermant 72 p. 100 d’eau ne se sont incinérées, au bout de 9 heures, qu’à raison de 250 tonnes par heure. Aussi, a-t-on décidé de les affermer gratuitement comme engrais aux cultivateurs qui se chargent de les enlever à leurs frais. Cet engrais auraitdonné, paraît-il, de bons résultats pour la culture du maïs, du seigle et de la pomme de terre.
- Les anciens agitateurs mécaniques des cuves où se prépare le lait de chaux ont été remplacés par une disposition spéciale (fig. 70) qui consiste dans l’emploi de l'air comprimé traversant des tubes perforés et logés dans les rainures du radier des bassins au lait de chaux. Les tubes en fer portent des trous de 0"’,006, à 70 centimètres d’intervalle, qui alternent, insufflent l’air d’un compresseur Itand et maintiennent la dissolution en agitation continuelle. On éteint dans ces bassins 2 tonnes de chaux à la fois.
- Les boues des nouveaux bassins sont dirigées dans la chambre d’un éjecleur Shone, dont l’air est comprimé au moyen d’une turbine llolyoke, qu’actionne une chute de 2m,15, fournie par le déversoir même du se,mage dans l’usine.
- Comme résultat du traitement, la totalité de la matière en suspension dans le
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- savage est éliminée ; mais la quantité de matière organique, d’ammoniaque libre et à l’état albuminoïde n’est réduite que des deux tiers. Du savage conservé cinq mois à l'état naturel est noir comme de l’encre et d’une odeur méphitique nauséabonde, tandis, qu’après le même laps de temps, le savage chimiquement traité est limpide, sans odeur et incolore ; il n’est plus susceptible de souiller la rivière Blackston.
- Mg site Vaile g (Massachusetts). — Avant l’achèvement des grands travaux d’assainissement de cette vallée et du district entier de Boston, dont il a été rendu compte au début de celte étude! 1), les villes de Chelsea, Everett, Somerville et le faubourg Char_
- Fi;_r. 71. —Mastic Valley (Massachusetts;. Vue panoramique de 1 usine chimique et des bassins de précipitation.
- lestown de Boston, qui ont leurs prises d’eau dans le lac Mystic supérieur, avaient dû construire un collecteur de 3,.‘> kilomètres pour détourner le sejvage et les liquides des tanneries de Winchester, de Woburn etc. jusqu’en aval de Modford. Le mal avait été simplement reporté au lac inférieur; mais une loi intervint en ISSI pour interdire tout écoulement ultérieur, à moins que le savage fût épuré.
- Sur les sommations de la ville de Medford, la compagnie des eaux de Boston dut adopter un mode de traitement que l’ingénieur Eearned fit décider, d’après les bases suivantes :
- d) Voir Bulletin du mois de Novembre 1896, paire 1137.
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- 1° Épuration intermittente par le sulfate d’alumine.
- 2U Construction de quatre bassins de précipitation, d’une contenance égale, pour chacun, au débit fourni par les pompes pendant trois heures.
- 3° Installation d’un puisard à boues et d’une pompe à vapeur pour les évacuer dans des bassins plats de dessiccation, avant de les presser, etc.
- 4° Coût total, 57 000 francs.
- Les ligures 71, 72 et 73 indiquent en perspective, en plan et en coupe l’installation de l’usine d’épuration conformément au projet et au devis de l’ingénieur Learned.
- S/uàÿfïïume fo SêH/iruj Rasîrrs
- \ Tank 4-
- Fig. 72. — Mystic Valley (Massachusetts). Plan de l’usine chimique et des bassins de précipitation.
- Dans la chambre delà machine (engine room), contenant la fosse à charbon (coal bïn), quatre petites cuves (chemical tanks) sont disposées de façon que celle du milieu
- Mystic Valley (Massachusetts). Coupe des bâtiments de l’usine, des puits à pompe et à boues.
- Fig. 73.
- débite la dissolution d’alun déjà préparée dans les autres. Elles sont munies de tuyaux à vapeur pour chauffer l’eau de dissolution, et d’agitateurs mécaniques.
- Le sewage introduit par l’égout de branchement (branch semer) dans le puits de la pompe (pump well) est intimement mélangé avec le réactif par l’action même de la pompe. On laisse reposer trois heures environ dans chaque bassin (se tt lin g basin), et le liquide décanté s’écoule sans causer de remous, en enlevant successivement chacune des planches du barrage. Les boues sont évacuées après six opérations en hiver;
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- après quatre, en été, par des vannes communiquant avec le puisard spécial (sludge well) d’où une pompe les remonte dans un canal (sludge flume) qui alimente les bassins de repos (seitling tanks). Dans ces bassins, elles se consolident et peuvent être facilement manipulées ; elles ne renferment plus que 12 p. 100 d’eau pour 4 p. 100 de matières solides. Une voie à rails ménagée entre les bassins (driva loay) permet de charrier les 8 mètres cubes produits journellement.
- Les dépenses d'installation se sont élevées à 54 000 francs.
- En 1890, les pompes travaillant 5 147 heures avaient élevé 636 000 mètres cubes
- PerchtorideotIran ^T\Tan,, 17
- Fig. 74. — Coney Islancl (New-York). Coupe transversale des bassins de décantation et du puits à pompe (croquis).
- Fig. 7o. — Coney I s Land (New-York). Croquis du plan de l’usine d'épuration.
- Collecteur \inlet semer) ; bassin de dépôt et à grilles (settling and screening tank) ; trop-plein déversoir (overflom : bassin de précipitation ( précipitât in g tank) ; bassin à perchlorure de fer (perchloride of iron tank) ; valve de vidange i clearing out valve) ; puits à pompe (pump well) ; chemins couverts (covered driveway) ; chaudières (boilers) ; four à incinérer les boues (garbage and studge furnace).
- de sewage, environ 1 600 mètres cubes par jour, qui avaient exigé 147 000 kilos de sulfate d’alumine pour leur épuration et 190 tonnes de houille. La proportion exacte de réactif avait été 1 d’alun pour 3 070 de sewage. Le volume des boues avait atteint 2 000 mètres cubes.
- Coney Island, Round Lake, White Plains, Sheepshead Bay (New-York). —Ces quatre localités de l’État de New-York ont été installées pour le traitement chimique, et de lamêmemanière. Le procédé suivi consiste à introduire automatiquement de la chaux et du perchlorure de fer dans les bassins où 1 & sewage se décante, à désinfecter les boues, et, s’il est nécessaire, à traiter le tout par du chlore; enfin, à faire circuler lentement les eaux des compartiments jusqu’à leur sortie, à l’aide de siphons qui règlent automatiquement par différences de niveau l’admission des réactifs. Ce procédé a été partiellement breveté par l’ingénieur J. J. Powers, de Brooklyn.
- A Coney Island {lig. 74 et 75), la station d’été la plus fréquentée par les habitants Tome I. — 95e année. 5° série. — Décembre 1896. 107
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- de New-York et de Brooklyn, avec ses grands hôtels des plages de Brighton et Manhattan, la population sédentaire est de 3 500. habitants, tandis, qu’aux mois de juin et juillet, elle dépasse 100 000 individus. De la citerne où arrivent les eaux des deux collecteurs, après épuration par le perchlorure de fer, des pompes les relèvent pour les décharger par une conduite spéciale dans la mer. Les boues ont été d’abord transportées en mer par des chalands; plus tard, on les a mélangées avec de la sciure de bois et incinérées dans un four Eagle.
- Round Lake est une résidence d’été moins recherchée que Uoney lsland, quoique située aux environs des sources Saratoga. La population sédentaire, de 1 000 habitants,
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- Fig. 76. — Whifc Mains ! New-York). Plan et coupe longitudinale des bassins de précipitation
- et de dépôt.
- s’accroît de 7 000 à 10 000 personnes dans la belle saison. Le savage n’ayant d'autre émissaire que le lac autour duquel sont groupées les villas de plaisance, et l’irrigation étant impraticable à cause du relief des terrains, la municipalité a dû recourir à l’épuration chimique (chaux et perchlorure de fer). Les liquides traités s'écoulent par une conduite portée jusqu’à 200 mètres dans le lac. Les boues des bassins, évacuées chaque jour pendant l’été, sont mélangées avec du poussier de charbon et enlevées par chariots. En hiver, le savage n’est pas traité chimiquement; les boues restent à l'air.
- Le faubourg de New-York connu sous le nom de White Plains (4 042 habitants), est doté d’une abondante distribution d’eau et d’une canalisation de 16 kilomètres d’égouts à sewaye, qui reçoivent aussi les détritus des chaussées.
- Un collecteur en fonte ( 0"',60) amène à 2 kilomètres hors du faubourg, sur la rive
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- ouest de lu rivière Broux, jusqu’à l’usiue, le savage qui doit être truité. Du collecteur, le savage débouche duns un puits qui donne uccès uu bussin de précipilution (fig. 76) dont le premier compurtiment est plus profond que les uutres afin de retenir les mutières lourdes qui se déposent nulurellement. Le bussin construit en pierres (6 x-1 05 x 1 52) est recouvert en purtie d’un bâtiment où se trouvent le bureau (of/ice), le. laboratoire (Chemical rooni) où les réactifs sont distribués automatiquement dans les cuves par le jeu d’un flotteur réglant un robinet, et les chaudières [huiler ruum) avec les pompes (réservoir and fend pumps). (Voir le plan, fig. 77.)
- K
- Fig. 77. — Whitc Plains (New-York;. Plan des bâtiments de l’usine d'épuration.
- La chaux est éteinte dans deux des cuves et mise en lait par un tuyau perforé, à travers lequel l’eau pénètre sous une pression de 5kil,50 par centimètre carré. Les cuves en tôles rivées mesurent 5 x 0,60 x 0,45.
- La dissolution de perchlorurc de fer titre 60 p. 100; elle est distribuée automatiquement, à raison de 0s>\05 par litre. Il n’y a pas de mélangeurs. Les cuves ont 9 métrés cubes de capacité.
- Le grand bassin de précipitation a une contenance de 125 mètres cubes environ; le compartiment de réception du seivagc, muni du siphon de décharge, tient 9 mètres cubes. Les radiers sont en ciment Portland.
- Les bassins de dépôt, recouverts de toitures roulant sur galets, sont à radier en ciment et à parois enduites d’asphalte. De même que le bassin de précipitation, l’usine elle-même et les bassins de dépôt ont été construits dans l’ancien lit de la rivière
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- Broux, que le chemin de 1er de New-York à Harlem a été obligé de détourner. Le sewage parcourt tiO mètres dans les bassins.
- Les boues fluides sont enlevées par des pompes centrifuges (sludge pumps) et déchargées dans des bassins où on les mélange avec de la tourbe pour les transporter, par wagonnets sur rails, jusque dans les terrains vagues acquis par la ville. Les bennes qui enlèvent les boues sont manoeuvrées par des treuils également sur rails.
- Au mois de septembre 1892, on traitait à White Plains del 000 à 1 350 mètres cubes de sewage par jour au moyen d’un tonneau de chaux et de 45 à 55 litres de dissolution de perchlorure de fer. La dépense journalière, comprenant celles de combustible et de main-d’œuvre, s’élevait de 67 à 70 francs par jour, soit en moyenne, à 60 francs par 1 000 mètres cubes de sewage.
- Comme dans les deux premières localités, à Sheepshead Bay, la population de 3 000 habitants se décuple pendant les quelques mois d’été où abondent les baigneurs et les visiteurs de New-York.
- Les conduites de distribution d'eau (21 kilomètres)et celles du sewage (24 kilomètres; sont logées dans les mêmes tranchées. Un collecteur ovoïde en ciment (0m,60) amène le sewage à travers un terrain marécageux jusqu’à l’usine de traitement, qui ne se distingue des précédentes que par son plan à périmètre circulaire et par la fondation sur pilotis, à cause du niveau des marées qui envahissent le terrain.
- Le puits collecteur établi, à l’aide d’un caisson et d’un jet d'eau pour la fondation des pieux, à 7m,62 au-dessous du sol, reçoit le lait de chaux qu’une pompe à vapeur mélange et refoule dans le bassin de précipitation dont le premier compartiment contient du perchlorure de fer. 11 n’y a pas de bassins de dépôts ; seulement, avant d’arriver aux pompes, les eaux sont débarrassées des objets et des matières en suspension en passant à travers des cribles en fd de fer.
- Les boues relevées par une pompe centrifuge à vapeur (O111,150) de 1111,83 de course, sont mélangées avec de la sciure de bois, chargées dans des tonnes et emportées par des wagonnets jusque sur les terrains à colmater.
- Le bâtiment chauffé à la vapeur reçoit son alimentation en eau de la ville.
- Le sewage épuré, assez trouble et blanchâtre, est écoulé finalement dans la rivière dont l’eau est salée.
- New Bochelle (New York). — L’État de New York ne s’est pas montré moins rigoureux que celui de Massachusetts quant à la salubrité des eaux courantes, en imposant le traitement du sewage partout où il pouvait souiller les rivières ou l’air ambiant.
- La ville de New Rochelle, à quelques kilomètres de la capitale, sur le détroit de Long Island, compte une population qui dépasse déjà le chiffre de 10 000 habitants. Le territoire bâti est séparé en deux districts par une crête d’où les eaux s’écoulent sur les deux versants dans des ruisseaux qui débouchent sur la plage. Pour éviter le rejet des matières du sewage par les marées dont le dénivellement est de plus de 2 mètres, il eût fallu construire des collecteurs s'avançant jusqu’en pleine mer.
- Conformément aux plans soumis par les ingénieurs Croes et Crosby, la municipalité dut soumettre au vote de l’assemblée des contribuables une première dépense de 390 000 francs en vue de la réfection des principaux égouts au diamètre de 0*“,20, et une dépense supplémentaire pour l’établissement d’un collecteur et de réservoirs se vidant à mi-marée descendante. La première dépense fut seule approuvée. Des égouts
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- du système diviseur furent construits dans le district ouest sur 9,5 kil., et, dans le district est, sur 14,5 kil.
- Quant, aux réservoirs et au rejet du sewcuje dans la mer, le Conseil de salubrité, sur le rapport de son ingénieur Kuchling, se montra contraire au projet. Le district Est fut autorisé à décharger directement ses eaux d’égout à l’état naturel, par un
- Sfodqe Drain, FaU Un 33.
- -T»* Section E-F.
- Section
- A-B.
- 12‘Ludlow
- Section G-D.
- Fig. 78. — Neii’ Rochelle (New-York). Plan de l’usine d’épuration et coupes de détail AB et CD des bassins de précipitation.
- conduit débouchant à 0m,60 de profondeur dans la baie Echo; mais le district Ouest fut contraint de traiter ses eaux d’égout avant toute décharge.
- Une usine fut établie en conséquence, près de Burling Brook, où l’épuration chimique s’opère d’une manière continue. Le sewage, au sortir d’un égout de 0m,45, traverse une chambre à grilles (screen), reçoit un mélange de lait de chaux et de sulfate de fer, et circule dans un canal où le mélange est activé par 26 chicanes en pierre calcaire [blue stone) sur une pente de O"1,80, avant de pénétrer dans les bassins de précipitation dont la ligure 78 donne le plan, et la figure 79 une vue perspective. Des barrages en planches mobiles servent à isoler les bassins destinés à être vidangés. Les
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- IIYUIÈNE PURLIQUE ET AURIOHETIîRE.
- tuyaux de sortie, dans chaque bassin, sont réglés pour l’écoulement par des valves du système Ludlow (O111,20) indiquées dans la coupe CD (fig. 7.8).
- Les canaux des boues sont reliés au puits [sludge wnll) de 5"‘,48 de profondeur, d’où une pompe à vapeur les remonte dans les bassins de filtrage.
- Lesewage de nuit peut être détourné de l’usine, comme celui qui a été épuré, par un conduit (0m,46) de 1 520 mètres de longueur, à travers le détroit, aboutissant dans la passe, entre Glen Island et la terre ferme. Pour l’installation de ce conduit en poterie et en fonte, dont la dépense s’est élevée à 15 360 francs, on a dû faire sauter du rocher, fonder en caisson sur pilotis, et recourir aux joints flexibles du système Ward, afin de lancer en mer les 300 derniers mètres.
- D’après l’ingénieur municipal Wilkes, l’usine comprenant deux chaudières à vapeur (’boiler ronm) ; une salle des cuves (rhnviiml ronm), un laboratoire (hiborulory) et un
- magasin [store rooms), peut traiter couramment 3 575 mètres cubes de sewuge par jour. Comme, au niveau moyen, la capacité des bassins est de 1 215 mètres cubes environ, le traitement s’opère trois fois dans la journée; ce qui donne une durée de 8 heures pour le passage du liquide à décanter.
- Les dépenses d’installation, prévues au montant de 98-800 francs, ont été augmentées de 20 748 francs, pour l’acquisition du terrain (0,8 hectare), et les droits de passage (1).
- Chautavqua (New-York). —Cette petite ville de 4 000 habitants, population moyenne, est encore une résidence recherchée parles familles de New-York, qui viennent jouir des sites charmants du lac Chautauqua.
- Le débit quotidien du sewaye, 600 mètres cubes, est soumis au traitement par la chaux, l’alun et le sulfate de fer, et décanté dans quatre bassins. Les boues, mises en
- (1) Engineering Neies, 28 février 1895.
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- tourteaux par une presse, représentent 1 130 kilos par jour et renferment encore 10 p. 100 d’eau.
- Les dépenses annuelles (réactifs, combustible, main-d’œuvre, etc.) sont évaluées à 1 1 960 francs, soit à 2 fr. 98 par tête et par an (1).
- L’analyse du servage, avant et après traitement, indique, d’après le professeur l‘erkins,de Union College, une élimination de SOp. 100 de matières solides et 76 p. 100 do l’ammoniaque à l’état albuminoïde. Cette épuration très incomplète n’offre pas d’inconvénients immédiats à cause du volume considérable des eaux du lac.
- Canton (Ohio). —- La ville industrielle et agricole de Canton, dont la population était
- V- i
- Be/i voi0rfrt/ern> 5ii/dgePpe
- Fig. H0. — Exposition internationale de Chicago (Illinois). Coupe et élévation des bassins verticaux de précipitation.
- recensée à 26 189 habitants en 1890, a adopté le système d’épuration chimique pour un réseau de 16 kil. d’égouts, avec plus de 900 branchements de maisons.
- Le traitement est continu depuis 1893. Le servage, après addition de chaux, se décante dans quatre bassins : deux de chaque côté d’un canal central qui porte les conduites d’amenée des eaux et celles de sortie des boues. La circulation est réglée dans les bassins par des flotteurs. Les boues sont soumises à la presse.
- Chicago. Exposition internationale de 1893 (Illinois). — On a pu voir, à cette Exposition, le traitement chimique du servage dans des bassins verticaux d’après le système allemand appliqué à Dortmund.
- Le servage est refoulé dans un réservoir circulaire supérieur de distribution (dis-
- (1) Seirage purification. Engineering Magazine, octobre IS9.'i.
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- Iribuling tank) (fig. 80) par un éjecteur Shone. De ce réservoir, il pénètre dans un des quatre bassins de précipitation (precipitating tanks) représentés en élévation et en coupe verticale, ou dans les quatre bassins à la fois, en recevant au passage les doses d’alun ou de vitriol et de cbaux que détermine la composition du sewage. L’alun ou le vitriol est mélangé au moyen d’une vis à spirale enveloppée, et la chaux à l’aide d’un moulin (core mixer).
- Pendant que les bassins fonctionnent, les boues s’écoulent par un conduit (sludge pipe) dans des bassins de 1 ‘",52 de diamètre et 2"',44 de hauteur contenant environ 2 800 litres. L’air comprimé les refoule de ces bassins dans un des deux filtres-presses à 50 compartiments (diamètre 0,90; écartement 0m,35), et les livre à l’état de tourteaux pesant 21 kilos. Chaque manœuvre de la presse fournit 1 050 kil. de tourteaux, que l’on porte aux fours pour être incinérés.
- Du 14 avril au 21 juillet 1893, pendant l’exposition, à raison d’un débit quotidien de 4 230 mètres cubes en mai, 7 335 mètres cubes en juin et 10125 mètres cubes en juillet, les frais de réactifs ont été de 10 fr. 80 environ par 1 000 mètres cubes de sewage. Le coût de l’installation, bâtiment compris, a été de 171 000 francs.
- 6. -- ÉPURATION CHIMIQUE ET FILTRAGE INTERMITTENT [Système mixte)
- East Orange (New Jersey). -— Entourée au midi, à l’ouest et au nord par les cités de South Orange, Orange et Bloomsfield, à une dizaine de kilomètres de Newark, East Orange a été obligée de recourir à l’épuration faute de pouvoir utiliser aucune
- Fig. 81. — East Orange (New Jersey. Plan et coupes de l’usine d'épuration.
- des vallées qui sillonnent son territoire, ni aucun cours d’eau de portée suffisante. Du reste, l’humidité des terres, occasionnée par le drainage incessant des collines de grès rouge imperméable sur lesquelles elle est bâtie, eût rendu stagnant tout écoulement superficiel de sewage.
- Le plan de canalisation proposé par l’ingénieur Croes, limité au sewage |des
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- ASSAINISSEMENT DES VILLES ET DES COURS D’EAU AUX ÉTATS-UNIS. \ 645
- maisons, comportait 64 kilom. d’égouts, dont 42 kil. do 0m,15 de diamètre, aboutissant à un collecteur ovoïde (O111,71 X tm,06), pour décharger le débit maximum de sewagc dans des bassins qu’il proposait d’installer au bord d’un ruisseau de la rivière Second, tributaire de la Passaic River.
- Approuvé en principe par la municipalité, en 1885, ce plan a subi quelques modifications relatives à l’emplacement des bassins, à fixer d’un commun accord avec la ville de Newark.
- Le collecteur, dont le tracé s’éloigne le plus possible des terrains au nord-est de la ville, où les eaux sont captées pour le service public, dans des puits peu profonds qui traversent le grès rouge, écoule le semtge par gravitation en même temps qu’un volume considérable d’eaux souterraines : 50 p. 100 environ du volume total.
- La municipalité n'avait à sa disposition comme terrain, au nord-ouest, que 6 hec-
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- Fig. 82. — East. Orange (New-Jersey). Vue de l’usine et du terrain de fdtrage.
- tares, occupés jadis, en grande partie, par un étang qu’alimentait la rivière Second, et nécessitant des travaux d’assainissement. Le chenal de la rivière fut d’abord régularisé, et l’usine établie suivant le plan (fig. 81).
- Le corps principal du bâtiment contient au premier étage les cuves à réactifs (mixing vais), les filtres-presses et leurs accessoires (récepteurs, compresseurs à air, pompe, etc.), les chaudières (boiter s) et un bureau {office) pour les essais. En raison du voisinage des habitations, parmi lesquelles se trouvent des villas de plaisance, l’usine a été traitée extérieurement avec luxe, sous le rapport architectural ; façade en trapp bleu, relevée par des pierres de taille, des parements en briques, des mâchicoulis, un donjon, etc. La figure 82 donne une vue perspective de l’usine et des terrains de filtrage.
- Le sPAvage fourni par 12 500 habitants, chiffre moyen, et par les eaux souterraines, arrive à l’usine par le collecteur ovoïde en briques (0in,60 -+- 0m,90) dans un canal rectangulaire, dont les chicanes latérales sont espacées de 0"‘,90. C’est dans ce canal
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- que sont versés à l’entrée les réactifs pour la précipitation. Les bassins desservis sont à double série, de façon que l’une fonctionne quand l’autre est en curage. Deux cloisons en briques divisent chaque bassin en trois compartiments et servent à ralentir la circulation pour faciliter le dépôt du précipité. Des flotteurs à tourniquet, dans chaque compartiment, règlent le courant du liquide qui surnage et le dirigent par des conduits (high service carriers) débouchant dans les bassins de filtrage. Quand les bassins sont mis en vidange, d’autres conduits (loto service carriers) entraînent le liquide dans les mômes bassins. L’écoulement s’opère ainsi à deux niveaux différents.
- La figure 83 montre le plan général de l’installation exécutée par l’ingénieur Ras-
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- Fig. 83. — East Orange (New-Jersev). Plan général et, coupes du terrain de filtrage.
- sett, à East Orange, et du terrain, entre les avenues Franklin, Carteret et Glenwood, que traverse la rivière canalisée (Second River Improvement), ainsi que les coupes du terrain de filtrage et d’irrigation, pour expliquer le triple service de distribution suivant les niveaux (loto, middle, et high service).
- Le terrain des filtres a été drainé à une profondeur variable de 0m,90 à lm,50, avec écartement de 6 mètres entre les drains. Les surfaces filtrantes comprennent des planches, ou bandes cultivées, de lm,20 de largeur et de 30 mètres de longueur, séparées par des sillons profonds : elles sont arrosées par ruissellement. Le ray-grass d’Italie qui donne d’abondantes récoltes est la culture presque exclusive, mais sans
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- ASSAINISSEMENT DES VILLES ET DES COUHS d’eAL AUX ÉTATS-UNIS, 1647
- rapporter aucun bénéfice à la ville. Les fermiers ont à leur compte les frais de fauchage et de charroi, moyennant qu’ils coupent sur réquisition.
- Le seivage, d’une alcalinité presque constante, ne requiert pour l’épuration préalable que 0gl',028 d’alun et (P'',00«5 de chaux par litre, parce que l’on compte sur l’action ultérieure du sol. Toutefois, les filtres naturels étant trop chargés, il a fallu recourir à des lits de coke et de gravita1 afin de compléter l’épuration.
- Les houes écoulées dans le puisard (s lu tige wetl) sont remontées par l’action du
- vide dans un récepteur en fonte, où un tuyau les baigne d’un lait de chaux avant qu’on les soumette aux presses. L’addition de chaux a pour but de faciliter l’expulsion du liquide sous une pression de 7 kilos par centimètre carré. La ligure 84 montre le filtre presse Johnson en activité pour la confection des tourteaux, au sortir du compresseur.
- D’après les analyses du professeur Ch. Pomeroy, les tourteaux renferment pour cent :
- Azote de la matière organique............................ 0,326
- Acide phospliorique...................................... U,439
- Eau......................................................50.62
- Leur valeur fertilisante est très faible. La quantité produite chaque semaine est de 13 000 kilos environ.
- Jusqu’en 1891, la dépense totale, y compris celle de 47 kilom. d’égouts, atteignait 2 millions de francs; mais, en dehors des égouts, l’installation de l’usine et des terrains de filtrage, représentait une dépense de 498 000 francs.
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- HYGIÈNE PUBLIQUE ET AGRICULTURE.
- DÉCEMBRE 1806.
- Les frais annuels se décomposaient de la manière suivante :
- Francs
- Main-d’œuvre, combustible, huile, déchets..................... I 560
- Réactifs...................................................... 1 040
- Directeur et deux aides....................................... 80G
- Enlèvement des boues.......................................... 06
- Total. ... .‘1 442
- ce qui équivaut à environ 0 fr. 28 par tête et par an, sans compter l'intérêt sur le capital de premier établissement. Si l’on tient compte de cet intérêt à A p. 100, le coût par habitant et par an s’élève à 0 fr. 45.
- Sous le rapport de l’épuration, les analyses du professeur Leeds, du Stevens Insti-tute (tableau XVII), indiquent que l’élimination de la matière organique est due principalement à la nitrification dans le sol. La composition du liquide filtré, pris à l’émissaire, correspond à une qualité d’eau supérieure à celle de beaucoup d’eaux naturelles livrées à la consommation. L’application du filtrage sur le sol, ou de l’irrigation, comme complément du traitement chimique, n’en constitue pas moins un double emploi que justifie, du reste, le résultat obtenu au point de vue de la salubrité des eaux courantes.
- Tableau XVII. — Composition en cent millièmes du « sewage » de East-Orange
- avant et après traitement.
- EAST ORANGE SKI’TKMBRH 1P90. 1 î lire. i £ N'IAQUK O s ri E3 O X D f- — 1 * § •a rL' ^ o o a ^ c Z u C > c; * ri O
- Sewage brut 1,0à i.:; 0.8:'.0,70
- Sewage au sortir des bas-
- sins après filtrage sur
- coke 0.087 0.027 0.44
- Sewage à l’émissaire. . 0,02 0,0011 0,40
- /. E-1 a Y. /. H a z * V. U < a z ’S. MaTIERKS organiques et volatiles. MATIÈRKS solides : total.
- » » à 10 ] 8 à 01 7 à 22 40 à 108
- 0 0.26 6,12 28.50 6,10 29,60
- 0 0,88 4,00 22.00 8,50 25,50
- Long Brandi (New Jersey). — Long Branch est la plage favorite, comme Concy Island, des familles de New-York. Les bains s’y prennent à marée haute, en vue des immenses hôtels qui se dressent le long du Beach Drive, d’où l’on jouit du spectacle sur l’Océan. La population, de 7 000 habitants en hiver, passe à 80 000 en été. La canalisation et le traitement du sewage sont confiés depuis 1885 à une compagnie placée sous le contrôle de la corporation. Cette compagnie applique le système mixte : l’épuration partielle à l’aide du sulfate d’alumine et le filtrage sur le coke.
- Le district de la ville où aboutit le réseau des 16 kilom. d’égouts établis pour le service de la population maxima ne se prêtant pas à l’acquisition de terrains de filtrage assez vastes au milieu des habitations, on a dû se préoccuper surtout de l’épuration chimique.
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- ASSAINISSEMENT DES VILLES ET DES COUDS d’kAU AUX ÉTATS-UNIS.
- 1649
- Les doubles bassins bétonnés sont installés de façon que le sewcige traité par les réactifs circule d’une manière continue sous des planches do champ et dépose, dans un parcours de 100 mètres, la plus grande partie des matières sédimentaires. Au sortir des bassins, il traverse un compartiment pourvu de filtres portatifs, formés à l’aide de cokes de différentes grosseurs. En renouvelant assez fréquemment les
- Baffle Boord BaffleBoarü,\
- Effluent Ciunml
- Outkt
- , Influentihannet
- Circutatinq Charme!
- Creek
- ' Eff'uenf Chann&t
- Air Pipe JL fESjmEj'ector
- ToFUtrafiçn ftr
- Fig. 85. — Rochesler (Minnesota . Plan et coupes longitudinale et transversale des bassins de précipitation.
- cages à coke, en treillage à mailles variées, mobiles sur glissières, on obtient une épuration satisfaisante.
- Toutefois, la perte de pente occasionnée par la circulation dans les bassins, et à travers les filtres, oblige à recourir à une pompe à vapeur qui évacue le liquide à la mer.
- Quand le dépôt des boues dans les premiers bassins a atteint l’épaisseur voulue, on dérive le sctcaye dans l’autre série, et les boues décantées sont refoulées par le vide dans un récepteur, comme à East Orange, comprimées, et finalement pressées en tourteaux dans un filtre Johnson.
- La consommation d’alun est évaluée à kilogrammes par jour de travail, car, en
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- 1650 HYGIENE PUBLIQUE ET AGRICULTURE. ---------------- DÉCEMBRE 1890.
- hiver, le sewage est écoulé directement à la mer. Quant à la chaux, elle n’est employée que pour faciliter la mise en tourteaux au filtre-presse.
- Rochester. Hospice des aliénés (Minnesota). — Les directeurs de cet établissement, sur les plaintes motivées des riverains du Silver Croek, ont dû faire épurer le savage des 1 050 résidents de l’hospice avant de pouvoir le rejeter au ruisseau.
- Au sortir du collecteur (0m,25) le savage traverse une chambre à grilles, reçoit du sulfate d’alumine en dissolution, et pénètre dans les bassins, au nombre de quatre, où il circule d’une manière continue en laissant déposer le précipité. Sur les quatre bassins, un est retiré du service chaque jour pour être nettoyé et recueillir le sewage de la nuit, lorsque la pompe ne fonctionne pas. La circulation n’a ainsi lieu que dans trois bassins. (Voir le plan et les coupes des bassins, (ig. 85.)
- Un éjecteur hydropneurnatique du système Shone pompe le sewage traité et le renvoie par un conduit (0m,10) sur des filtres entourés de banquettes, dont la surface est cultivée en prairie. Le sous-sol, à 0m, 10 de profondeur, est formé de sable et de
- ' Di t h f i
- Ejecter
- Fig. <S6. — Rochester (Minnesota). Plan général comprenant les filtres en culture.
- gravier ; au-dessous à lm,82, la nappe souterraine se draine dans Silver Creek. Un réseau de drains complète le drainage du sol. (Voir le plan général, fig. 86.)
- L'ingénieur Mac Hary, de Chicago, chargé de l’exécution des travaux, estime que, dans les bassins, la clarification par l’alun élimine toutes les matières nuisibles en suspension et, si ce réactif a été convenablement dosé, la plus grande partie des matières dissoutes dont la présence pourrait être nocive ; l’épuration se complète par le filtrage sur le sol, de manière à éliminer presque toutes les bactéries, et à profiter aux récoltes pendant la plus grande partie de l’année.
- 7. -- TRAITEMENT PAH L* É E E C T R I C l T É
- 11 reste à signaler, plutôt pour mémoire, quelques applications du traitement du sewage par l’électricité.
- Brewsters. —Dans une petite localité du bassin de la rivière Croton, à Brewsters (New-York), une compagnie Woolf Electric disinfecting a entrepris d’épurer le sewage d’une trentaine de maisons pour compte de la commune, que le Conseil de salubrité mettait en demeure de s'exécuter à bref délai.
- Une solution de 16 kilos de sel marin ajoutée à 1 000 litres de sewage, dans une
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- ASSAINISSEM ENT DES VILLES ET DES COURS d’eAU AUX ÉTATS-UNIS. 1651
- cuve ouverte, est soumise à un courant de 800 ampères et 5 volts, passant par une électrode positive de cuivre revêtu de platine cl une électrode négative de charbon, qui plongent l’un et l’autre dans le liquide. Un moteur de 12 chevaux, avec générateur de 20 chevaux-vapeur, actionne la dynamo de 4 chevaux.
- Le liquide désinfectant ainsi préparé sous le nom d'électrozone est évacué directement dans le collecteur où le setvage passe avant de liltrer finalement dans les tranchées d’un terrain en prairie et de gagner le ruisseau ïonetta.
- L’action chimique de l’électrozone s’explique par la transformation des chlorures en hypochlorites. Une partie du chlore se substitue à l’hydrogène de la matière organique du setvage, et l’hydrogène dégagé s'associe au chlore pour former de l’ozone.
- L’examen bactériologique fait à New-York du setvage de Brewsters, avant et après traitement, a donné les résulta!s suivants :
- Nombre de bactéries par centimètre cube.
- Avant traitement 32.60C 22.000 2.352 i. 124 7.1100
- L'installation de Brewsters, comprenant une cuve de i mètres cubes, un bassin de distribution de ld mètres cubes et les accessoires permettrait, suivant M. Woolf, de purifier le s nuage de 30 000 individus.
- Danburg. — Dans l’installation appliquée au savage de Danbury (Connecticut), l’électrozone est produit par le système Woolf dans une cuve placée auprès et au-dessus du bassin où débouche le savage. L’écoulement de l’électrozone par gravitation se règle au moyen d'une vanne, et le mélange s’effectue en recourant à un agitateur, avant que le liquide s’écoule par une série de conduits dans la rivière. Avec une machine à vapeur de 40 chevaux, la dynamo développe un courant de 1 000 ampères à 3 volts.
- Les frais se détaillent comme il suif :
- Après traiiement. 8
- .Main-d’œuvre............................. ...........39 francs
- Sel, huile, combustible, etc..........................2f> —
- Total....................115 francs.
- Pour une population de l(> 552 habitants, le coût à Danbury, par tête el par an, est de 1 fr. 50 (l).
- Quelque soit l’avenir réservé au traitement du setvage par l’électricité, il est présumable que l’on arrivera a produire de grands volumes d’air ozonisé à assez bas prix pour pouvoir non seulement stériliser le setvage, mais encore désinfecter les égouts qui le recueillent. C’est, avant tout, une question de force motrice capable de produire le courant électrique qui développe l’ozone.
- Fabrication du chlore. — Soit que le setvage renfermant beaucoup de chlorures, ou
- (1) Sewuge Irrif/atiun. Enyinecriny Mat/azine, octobre 1895.
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- HYGIÈNE PUBLIQUE ET AGRICULTURE. ---- DÉCEMBRE 1896.
- additionné de sel marin passe directement dans les électrolyseurs, soit qu’on lui ajoute du chlore en recourant à des électrodes de charbon qui mettent en liberté du chlore,ce dernier gaz estappeléà rendre des services inappréciables pour résoudre un problème d’une importance aussi capitale que celui de la stérilisation des eaux d’égout.
- Dans sa récente communication à la Société Polytechnique de Liverpool (1), James Hargreaves a montré comment le chlore peut être fabriqué à un prix minime, en utilisant le travail des usines électriques qui produisent de la lumière pour la nuit, mais qui chôment la plus grande partie du jour.
- La décomposition d’une tonne de sel marin ne devant pas coûter plus de 52 fr. 50, à raison de 0 fr. 025 par unité électrique, on obtiendrait une tonne de cristaux de soude auprixde 78 fr. 75, vendable au cours du marché à 110 francs(2). La différence de 31 fr. 25 servirait à payer l'intérêt et l’entretien de l’installation électrolytique. Elle peut varier suivant l’importance de l’installation, mais si celle-ci est considérable, comme l’exige une grande cité, le chlore pourrait ne rien coûter.
- Le courant électrique qui dégage de la saumure le chlore gazeux que l’on dirige dans le seivage ou les égouts laisse la dissolution de la soude au point voisin de la saturation, de sorte que la cristallisation s’achève rapidement, et les cristaux sont prêts sans retard pour être livrés au commerce.
- Conclusions.— Aucun des procédés qui viennent d’être décrits ne permet d’épurer les eaux des égouts d’une manière constante et absolue.
- L’irrigation et le filtrage intermittent approchent très près du but, à la condition d’être pratiqués rationnellement, sans qu’ils offrent, pour cela, une sécurité parfaite quant à l’élimination de la matière organique et des bactéries, ni qu’ils autorisent l’écoulement des liquides traités dans les cours d’eau servant à la consommation publique.
- Les exemples d’irrigation que fournissent les États-Unis n’ajoutent aucun fait nouveau à ceux depuis longtemps constatés ailleurs. Ils pèchent, du reste, comme la plupart des applications réalisées en Angleterre, en Allemagne, etc., par défaut de tout contrôle scientifique; sous le rapport économique, les données qui en résultent, concernant les arrosages, les cultures, les prix de revient, le degré final d’épuration, etc., sont également insuffisantes ou contestables. Certaines villes de l’Ouest n’ont pas hésité à concéder leur seivage à des fermiers qu’elles subventionnent pour assurer une épuration aussi parfaite que possible, plutôt que de courir elles-mêmes les risques d’une exploitation agricole.
- Au contraire, les exemples de filtrage intermittent, grâce à la direction impriméè aux premiers essais par la station expérimentale de Lawrence, présentent le plus grand intérêt. Les Américains, écartant toute idée de bénéfice dans des entreprises de pure hggiène publique, ont nettement sacrifié le point de vue agricole, en traitant les eaux d’égout sur des surfaces réduites, dans des sols appropriés, avec ou sans décantation préalable, avec ou sans irrigation finale. Contrairement à ce qui s’est passé en Europe, le leurre des intérêts de l’agriculture ne les a pas fait dévier du devoir qui s’impose à toute municipalité soucieuse de conserver avant tout la santé de ses administrés, celui de défendre les cours d’eau contre toute souillure dés qu’ils
- (1) Widnes Weekly News, 15 février 1890.
- (2) Ce prix ressort du coût d’une tonne de sel purifié, 16 fr. 25, ajouté au prix d’une tonne de houille 10 francs et aux 52 fr. 50 de décomposition par le courant électrique, mais la production de sel de soude résultant est de 2 234 kilogrammes.
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- 1653
- contribuent à l’alimentation et d’assainir les cloaques oii le savage empeste d’une manière permanente l’atmosphère respirable des cités. Les Conseils de salubrité ont toujours eu gain de cause sur les corporations et les particuliers devant les législatures des divers Etats, quand elles ont dû intervenir pour édicter des lois spéciales. La question d’assainissement des cours d’eau a fait ainsi un grand pas aux Etats-Unis par cette séparation très netle de l’épuration et de l’utilisation agricole du savage.
- 11 est probable que des capitales telles que Berlin, Paris, Bruxelles, Vienne, Budapest, etc., que dus grandes villes telles que Birmingham, Doncaster, Bradford, Blackburn, Danzig, Reims, etc., auraient depuis longtemps trouvé la solution des difficultés que crée l’écoulement des eaux d’égout dans les rivières qui les desservent, si elles avaient commencé par recourir au liltrage rationnel sur des terrains restreints sableux et méthodiquement drainés avant de tenter l’irrigation, avec des volumes énormes de seæage, sur des surfaces qui ne seront jamais assez vastes, tout en étant déjà trop étendues pour pouvoir être économiquement et avantageusement cultivées.
- L’épuration chimique, qui n’élimine pas la matière organique, est un expédient coûteux, donnant des produits encombrants, parfois insalubres, que justifie seulement l’éloignement de tout cours d’eau ou la proximité de la mer, des lacs et des fleuves à grande portée. Combinée avec le liltrage ou l'irrigation, elle a surtout pour résultat d’augmenter les frais déjà trop élevés du traitement.
- Reste l’épuration par l’électricité, dont il n’est guère possible aujourd’hui, d’après quelques faits isolés, de prévoir les conséquences, tant que son prix de revient ne la rendra pas accessible pour les grandes et importantes applications que réclame instamment l'hygiène moderne.
- A. Ronna.
- ERRATUM
- Page iioO, 3or ligne :
- Au lieu de : Ainsi, dans l’eau du la-- Cochituate. renfermant 3 700/200 bactéries par centimètre cube, la nitrifaction...
- Il faut lire : Ainsi, en inondant dans l'eau du lac Cochituate, une solution renfermant 3 762 000 bactéries par centimètre cube, la nitrification...
- 103
- Tome 1. — 05e année, a1' sérié.
- Décembre 1806.
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- MÉTALLURr, I K
- MÉTHODES AMÉRICAINES ET ANGLAISES DE FABRICATION DES TÔLES D’ACIER
- d’après M. Jeremiah Head (1).
- L’Angleterre consomme, pour la construction seule de ses navires, sans compter les plaques de blindages, — environ 300000 tonnes de tôles d’acier par an. Aux Etats-Unis, on n’en emploie à cet usage que 30 000 tonnes, mais on en use beaucoup plus qu’en Angleterre pour les loyers de locomotives, les carcasses et planchers des maisons (2), les chemins de fer aériens, comme, par exemple, celui de New-York.
- Procédés employas. —On a adopté, aux Etats-Unis, le Bessemer acide et les procédés au réverbère acide et basique pour la fabrication des tôles, le Bessemer acide pour les rails et les fers profilés. Le Bessemer basique n’y est presque pas employé, contrairement à ce qui se passe en Europe, principalement en Allemagne, où ce dernier procédé est presque exclusivement adopté pour les fers profilés. Ce fait est dû pro-
- fite 1. — Mamiiciitioii tics aciéries américaines.
- bablement à la facilité avec laquelle les usines américaines peuvent se procurer du minerai pur ou peu phosphoreux.
- Pour les tôles, on n’emploie que très rarement, en Amérique comme en Angleterre, les aciers Bessemer et presque toujours l’acier au réverbère. Dans le nord des Etats-Unis, les fontes proviennent des minerais du lac Supérieur. Les fontes de réverbère acide doivent renfermer moins de 0,1 p. 100 de phosphore. Au delà de cette proportion, il faut employer le procédé au réverbère basique, qui permet l’utilisation de fontes beaucoup moins chères.
- Fours à récerhcrc. — La capacité des fours à réverbère américains varie de ta à 30 tonnes, avec une production de 10 charges par semaine : 350 tonnes pour un four basique. On n'y tient pas, comme en Angleterre, à une production de scories considérable (1 3 du poids de l’acier produit et très phosphorées — 10 p. 100 d’acide phospho-rique) constituant un sous-produit de grande valeur. Le poids de la scorie n y dépasse guère 1/5 de celui de l’acier, ce qui permet de marcher, au basique, à une allure presque aussi rapide qu’au procédé acide. Le rendement en acier : rapport du
- (1) American and Eni/l/sk Mcthuds \of Manu/’ael nrin</ Steel Plaies l>\ Jeremiali llead. Institution of Civil Engineers London, ."> mai 18%. — Reproduction autorisée par Y Institution.
- (2) Bulletin de uovmilire 1806, p.
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- l'AlîlÜCATION DK S TOLES I) A CI KH .
- 1655
- poids de l'acier obtenu à celui de la foule, est d'environ 80 p. 100 pour le procédé acide et 81 p. 100 pour b; procédé basique.
- Dans la région de Pittsburg, on emploie le gaz naturel, d une puissance calorifique
- a..
- Fig. — Unie ;i lingots américaine.
- Coupes verticale et A li. Levée, e.67 : ripage, 2m.lL La position du iruek ou [hogie sous la grue est exactement ajustée par des vérins hydrauliques ////ilrnnlic l’iisrhers.
- environ douze lois plus grande que celle du gaz de gazogène, ce qui permet de n'employer les régénérateurs qu’au seul chauffage de l'air nécessaire à la combustion du gaz et qui, par conséquent, entre dans le four à une température plus élevée qu’à
- M; uni le ni, ion des aciéries anglaises.
- l’ordinaire; mais le gaz naturel devient de moins en moins abondant, et son prix — 0 l’r. 017 par mètre cube — tend à égaler celui du gaz de gazogène produit avec du charbon à 8 fr. i2,'i la tonne.
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- MÉTALLUIUIIE.
- DÉ G EM HUE 1891).
- Le chargement des i’ours s’opère au moyen de machines : grues hydrauliques, pnem matiques ou électriques, doux fois plus vite qu’à la main.
- Coulée, des lingots. — Les lingots pour tôles pèsent de 1500 kilos à 10 tonnes, suivant qu’ils doivent ou non passer par un laminoir dégrossissent’ ; dans le premier cas,
- SECTION
- ON C. C
- Fig. i à 7. —Four à réchauffer américain au gazogène.
- Coupes longitudinale et transversales AA, B B et CC. Échelle t/101'. Chequrr Brietr-irorh. chambres du régénérateur ; Waste </ns, gaz perdus ; Produce r g as, gaz du gazogène ;Staç/ tunnel, tunnel des scories.
- ils sont coulés par-dessus et dans le second par-dessous, ce qui les rend plus homogènes et moins poreux.
- Dégrossissage. — L’introduction de laminoirs dégrossisseurs très puissants a permis l’emploi, aujourd’hui universel en Angleterre, de lingots beaucoup plus lourds, réduit au minimum les inconvénients du piquage dans les coulées en dessus et
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- FABRICATION DES TOLES I) ACIER
- 1657
- diminué considérablement le nombre des moules en limitant la variété des lingots à deux ou trois types de dimensions indépendantes de celles des tôles. La cisaille à chaud, complément du laminoir dégrossisseur, permet de débiter le lingot en morceaux
- CROSS
- SECTION
- Fig'. S et 9. — Four à réchauft'er anglais au gazogène. Échelle 1/120*.
- SECTION AT A.B.
- SHEWIMG INGOTMOULO
- SECTION THROUGHCO SSICWING CENTRAL RUNNEU
- FLAN
- Fig. 10 à 12. — Coulée des lingots en dessous et par groupe.
- Coupes AH et CD. Firphrirk Lining, garnissage réfractaire; Cas! iron. fonte.
- de dimensions appropriées à celles de la tôle beaucoup plus exactement et avec moins de déchet que par un remplissage partiel du moule. Quant à l'amélioration espérée, pour les tôles, par la plus grande somme de tiavail mécanique dépensée sur le gros
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- MÉTALLURGIE.
- DÉCEMBRE 1890.
- lingot d’abord dégrossi, puis laminé, elle ne. paraît pas avoir été démontrée par la pratique.
- Disposition générale des fours. - - Les dégrossisscurs n’ont été adoptés, aux Llats-Unis, que par une seule l'orge. Les fours à réverbère à. charge de 3a tonnes sont basiques; les lingots pèsent environ 10 tonnes. Le sol est (tig. I) de plain-pied, à l’exception d’un puits devant chaque four, avec poche pouvant contenir toute la coulée,
- Fig. l.‘i à 15. — Laminoir trio à tôles américain. Elévation, plan et vue par bout. Echelle 1 /IO".
- enlevée ensuite par un pont roulant électrique, qui la déverse aux lingotières portées par des trucks sur une petite voie ferrée desservie par un cable. Ce cable les amène sous une grue hydraulique (tig. 2); le cylindre vertical de cette grue enlève la lingo-tière, dont le lingot est chassé par le long piston de ce même cylindre, et le cylindre horizontal la transporte, à 2m,44, sur une voie parallèle qui la ramène aux fours. Le lingot, saisi par une grue électrique, est plongé encore chaud dans un four à réchauffer vertical en attendant son passage au dégrossisseur.
- Dans les forges anglaises (fig. 3), les lingotières ne quittent jamais la fonderie : elles sont manœuvrées par des grues roulantes qui chargent aussi les lingots sur
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- FABRICATION DES TOLES I) ACIER.
- 1059
- une voie d’où ils sont amenés par une pelite locomotive à des grues à pivot qui les déposent dans les puits à réchauffer.
- La disposition américaine, où les moules et leurs lingots sont toujours sur voies,
- Fig. 10 à 18. — Laminoir à tôle anglais. Élévation, plan, vue par lmut. Echelle l/10c.
- estjbeaucoup plus expéditive que le système anglais. Ce dernier, en effet, comporte cinq opérations : 1° amenée des matériaux au niveau du chargement du four; 2° amenée de la lingotière au puits de coulée; 3° levée du lingot à son truck ; 4° levée de la lin-potière ramenée à son puits; tandis que la méthode américaine n’exige que deux
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- MÉTALLURGIE.
- DÉCEMBRE 1890.
- opérations : 1° levée de la poche de coulée, ramenée ensuite à son puits; 2° amenée de la lingotière à son truck.
- Fours à réchauffer. — Les fours à réchauffer sont, à Pitlsburg, flambés au gaz naurel. A Glasgow, M. Rilley a employé avec succès une batterie de huit puits, dont quatre seulement chauffés au gaz. Le lundi matin, on place les premiers lingots, de 5 à 7 tonnes chacun, dans les quatre puits non chauffés, qu’ils portent à la température voulue, et ensuite dans les puits chauffés, d’où ils passent au laminoir; pendant le reste delà semaine, on ne chauffe plus aucun des puits: la chaleur emmagasinée dans l’intérieur fondu du lingot suffit pour leur conserver, en se diffusant uniformément dans toute leur masse, la température voulue pour le laminage. Cette chaleur ne suffirait probablement pas avec de petits lingots, à rayonnement spécifique plus intense.
- Les fours à réchauffer américains chauffés au gaz de gazogène (lig. 4 à 7) ont leurs puits fermés par des couvercles à galets retenus par des cylindres hydrauliques; ceux
- •NQOT M O LgC O TO UftlPORM THICKNOS
- .SIQE {ELEVATION
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- PLAN
- Fig. 19. — Présentation du lingot américain au laminage. Vue de côté, plan. Ingot rolled lo uniform thikness, lingot laminé à une épaisseur uniforme. Direction o/‘ ro/ling, sens du laminage. Rectangular slaô, plaque rectangulaire.
- des fours anglais sont (fig. <8 et 9; portés par des chariots ou soulevés par des grues hydrauliques, manœuvre plus coûteuse que la manutention américaine.
- Quant au dégrossissent' américain, il ne diffère guère du type anglais. Dans une des nouvelles forges américaines, il est accouplé directement, sans train d’engrenages réducteurs, sur l’arbre de la machine motrice, a deux cylindres de 1m,i0 X 1"',50 de course. Les cisailles à chaud américaines sont en général hydrauliques, avec levée de la lame inférieure; en Angleterre, elles sont commandées mécaniquement (1).
- Aux États-Unis, les lingots destinés à fournir des tôles par laminage direct sans dégrossissage sont toujours coulés par-dessous, non pas isolément, mais (fig. 10 à 12) par séries de six groupés autour d’une lingotière centrale. Le laminage direct n’exige qu’un seul réchauffage et donne des résultats très satisfaisants.
- Laminoirs. — Le laminoir à tôles employé cm Amérique est presque toujours un trio du type représenté par les figures 13 à 1 5, actionné par une machine non réversible, sans condensation, à un seul cylindre de lm,37x 1 "1,«S() de course : pression d’admission 0 kilos, poids du volant 50 tonnes. La machine commande directement le pignon central réducteur du trio. Le cylindre médian a fi 10 millimètres sur 3m,15, tandis que ceux du haut et du bas ont -S60 millimètres de diamètre, — rapport des diamètres 2/3,
- (1) Bulletin de juin 1890, p. 8S7.
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- FABRICATION DES TOLES D’ACIER.
- 1661
- — el entraînent par frottement le cylindre du milieu. Les cylindres en fonte coulée en coquille sont refroidis par une aspersion d’eau. Le laminoir est desservi, de chaque côté, par des tables de galets conjuguées de manière à s’élever et s’abaisser simultanément, au moyen de manœuvres hydrauliques, en même temps que le cylindre central s’abaisse ou s’élève de manière à recevoir la tôle en dessus ou en dessous. Le serrage ou 1’écarfcmcnt des cylindres est commandé par un moteur électrique. Le lingot, de lm,06x0m,90 X 0m,30, pèse L2 500 kilos.
- Le laminoir type anglais comporte au contraire (fig. l(i à 18) quatre cylindres de 0m,76 X L2m,H, disposés Dont à bout en deux paires : l’une en fonte brute, pour le
- Scale, 1 inch = 4 feet
- Fig. 20. — Truck pour lu manutention des tôles à la cisaille. Echelle au l /ùic.
- Fig. 21. — Galets de manutention de la tôle devant la cisaille. Echelle l/50\
- premier passage du lingot, l'autre en coquille pour le finissage : ils sont desservis par trois tables de galets : deux fixes et une mobile ou traversière,et commandés, avec un train réducteur de *2 l/i à I, par une machine réversible sans condensation, à cylindres de lm,06x lm,50. Le laminoir américain ne comprend que]R pignons et l’anglais quatre, et il marche beaucoup plus vite avec sa machine près de deux fois plus puissante, ce qui est très important pour des lingots laminés directement sans réchauffage intermédiaire. Les lingots du laminoir anglais sont préalablement dégrossis, découpés à chaud et réchauffés dans un four lmri/.ontal ou vertical, d'où ils sont amenés par une grue hydraulique à la table du laminoir.
- Aux Llats-Unis, les moules ou lingotières m> sont pas prismatiques droits, mais à faces légèrement inclinées pour faciliter la sortie du lingot à la grue, comme eu figure
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- MÉTALLURGIE.
- ItÉCEMimE 1800
- Pour corriger au laminage l’effet de celte inégalité d’épaisseur du lingot, on le présente (fig. 19 et 20) an laminage par son petit bout, ce qui lui donne la forme d’égale épaisseur, mais trapézoïdale en plan, indiquée par le tracé pointillé, et que l’on rend rectangulaire en engageant ensuite la tôle par un coin puis par l’autre du gros bout, puis, au retour, par le petit bout: manipulations délicates, rendues, parait-il. faciles au moyen de leviers suspendus au-dessus des tables.
- Dans les laminoirs anglais modernes, la table de sortie débile la tôle directement sur le sol, presque à son niveau, d’où elle est enlevée par une pince à chaîne avec treuil à vapeur. La tôle ainsi traitée se refroidit inégalement, beaucoup moins vite sur sa face en contact avec le sol, dont les dalles ne tardent pas à s'échauffer, et son
- CROSS SECTION
- Fig. -2 et 23. — Knlevage des tôles par attraction d'un électro-aimant, suspendu à une grue électrique. Echelle l /12e.
- Hu/ihfi-, caoutchouc ; /tavl sn/'t phth>. semelle eu ter doux: J'Iule heiny liftai, tôle soulevée.
- maniement, pour la porter et la guider à la cisaille, exige une équipe d’une douzaine d’hommes. On a employé, dans une forge du nord de l’Angleterre, pour faciliter cette manutention, un treuil à voie de niveau parallèle à la cisaille (fig. 21; portant, sur une voie perpendiculaire à la première, un bogie avec plaque tournante ajustable à la hauteur de la cisaille, sur laquelle on pose la tôle, qui n’est plus ainsi portée tout entière par les hommes. Mais, pour des raisons que M. Ilead ne donne pas, ce truck n’a pas diminué le nombre des hommes employés à cette manipulation.
- Aux États-Unis, la tôle est, au sortir du laminoir, reprise par des galets transporteurs qui l’amènent, parfois par un trajet très long, — jusqu’à 110 mètres, — aux cisailles, où elles arrivent successivement, s’attendant l’une l'autre avec assez de lenteur pour en assurer le refroidissement uniforme sur les deux faces. Jusqu’à de faibles épaisseurs, de (j millimètres, les tôles restent parfaitement planes sur leurs galets. La tôle, affranchie sur son bord-avant, que la table présente à la cisaille, passe, après avoir traversé la cisaille, sur des galets disposés, comme l'indique la figure 21, au niveau des
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- FABRICATION DES TOLES 1) ACIER.
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- hunes, sur des liges éearlées de 0"*,50, qui perniellent de la retourner facilement de manière à en cisailler successivement les trois autres bords, puis elle est enlevée par la grue électrique. Unit homme,s suffisent pour le service de la cisaille et du lingot au finissage ; la foie ne quitte jamais les galets ou les trucks sinon pour le réchauffage. Les grues électriques saisissent parfois leurs tôles par Pallraclion d’élcctro-aimants, comme ceux de la ligure 'i'i, qui ont permis d’enlever ainsi des charges allant, parait-il, jusqu’à .‘>0 tonnes. On y renonce aujourd’hui par suite des dangers et inconvénients
- occasionnés par l’enlèvement des Iodes superposées. , le magnétisme rémanent, etc.
- Lingots bruts Crodiii'i ion maxima on dégrossis par semaine e JYiles maivluimlp* Noinbtv dp n p. lOO des lingots i‘prh;iulïag'< s (Jondiiistible des I :s rérhautfages ,’erte des lingots an rérhanliage
- tonnes Tôles d’acier. gr.
- Dégrossis 1,1 Ri 71 i 2 Charbon .3 An glel erre
- 000 0(1 ' moyenne 2 ;;,o:; „
- 1,12S ci | 70 p.iOO 2 (la/, (le gazogène 3,12
- 1 ,N07 OS 2 Gaz naturel 3,0 Etats-Unis
- Bruis S.'itl 00 'i moyenne 1 » 3
- .",20 00 j 07,C p. 100 1 (la/, de gazogène 3
- Biles de barres Tôles de fer.
- paillées et de 020 .'il, 3 2 Charbon 30.20 Angleterre
- ciblons.
- Jhh'ltels. — Le déchet est beaucoup moindre dans la fabrication des tôles d'acier que dans celle des tôles de fer au réchauffage, au recuit et à l’ébarbage, parce que l’on opère plus méthodiquement, sur de grandes masses, et à des températures moins élevées. D’après les données moyennes du tableau ci-contre, un laminoir à tôles avec dégrossisseur produit, toutes choses égales, deux fois plus que le laminoir direct sans dégrossisseur, mais avec déchet plus grand au réchauffage et beaucoup moindre au cisaillage, de sorte que le laminoir à dégrossisseur est, en somme, le plus économique.
- En moyenne, 100 tonnes d'acier en lingots donneront 69 tonnes de bonnes tôles au lieu de M pour le fer, "26 tonnes de riblons, 6 tonnes de perte au réchauffage.
- Dépensr de rfjinbiisii/jlr an réchauffage. — Celle dépens", pour le réchauffage des lingots bruts, varie avec la chaleur des lingots à leur arrivée, au four, l'activité de ce four, sa construction et la puissance calorifique du combustible; elle va de presque rien, — M. Riley, à 100 kilos par tonne dans le cas les plus défavorable; pour le rechauffage des lingots dégrossis, elle varie de 100 à 200 kilos par tonne soit, au total et en moyenne, 600 kilos par tonne de tôle d’acier au lieu de 600 kilos par tonne de tôle de fer.
- Di lata lion des rglindrcs de laminoirs. — Les longs cylindres des laminoirs à tôle d’acier, plus chauds au milieu qu'aux bords avec un arrosage médiocre, s’y bombent suffisamment pour creuser un peu la tôle en son milieu. En Angleterre, on y remédie en creusant un peu, au tournage, les cylindres dans leur milieu. On met le laminoir en train par un laminage de bandes de tôles jusqu a ce que la dilatation du milieu des cylindres en ait rendu le diamètre uniforme dans toute leur longueur. Aux Etats-Unis, on arrive au meme résultat, et plus simplement : pour les tôles jusqu'à 6 millimètres, par un arrosage assez abondant pour égaliser la température des cylindres, et, pour les tôles minces, par l’emploi de cylindres d'un grand diamètre sans arrosage. Pour les laminoirs à tôles Dès larges, jusqu’à à métrés, il faut à la fois un arrosage abondant et augmenter le diamètre des cylindres de manière à en empêcher la flexion.
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- MÉTALLURGIE. --- DÉCEMURE 489U.
- Fig. 24 et 25. — Types de laminoirs américains et anglais pouvant débiter 1 500 tonnes de tôles par semaine.
- Fig. 24. — Sheariug and Loadivg house, cisaille et transbordement des tôles : Goose hecks, galets de manutention du type figure 21; Uniceesal mill, laminoir universel: Sheet mill. laminoir à feuillards; Plate mil/., laminoir à tôles: Cooling table, table de transport et de refroidissement; RoII lurniiaj shop, tournage des cylindres do laminoir; Vertical, heating fnrnaces, fours à réchauffer verticaux. — Fig. 25. — Horizontal slab heataing flimaces coiil fireil.. fours à réchauffer les massiaux horizontaux et au charbon ; Vertical Boilers, chaudières verticales ; Large plate mil!, grand laminoir à tôles; Sinal plate mill, petit laminoir à tôles; Sheet mill, laminoir à feuillards; Cogging mill, laminoir dégrossisseur; Vertical ingot heating furnaces coal fired, fours verticaux au charbon à réchauffer les lingots ; Sheet shears, cisaille pour feuillards ; 13 /'. Piate shears, cisaille pour tôles de 3'",95 ; 7'!>" Plate shears, cisaille pour tôles de 2m,50.
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- FABRICATION DES TOLES I)’aC1ER.
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- /üb Ion s. — La rognure des tôles doit être évidemment aussi réduite que possible; elle est, à surface égale, minium pour les plaques carrées, le rendement du laminoir augmente aussi avec l’épaisseur et le poids des tôles. Il faut s’efforcer d’avoir, si possible, des laminoirs spécialemenl affectés à des fournitures homogènes et assez importantes.
- Laminoirs auxiliaires. — Le laminoir type américain est très heureusement complété par l’adjonction d’un laminoir universel belge à qualre cylindres : deux horizontaux et deux verticaux, pouvant laminer des bandes ou plats de 30 mètres de long, de
- Fig. 26 et 27. — Cisaille anglaise pour tôles. Elévation, vue par bout.
- Coupe AA, par l’un (les deux vérins hydrauliques qui maintiennent la tôle sur sa table pendant sa coupe. La lame mobile supérieure est équilibrée par un cylindre hydraulique. Echelle 1/201',
- 13 à 6 millimètres d’épaisseur sur 0m,90 à 0m,30 de large, au taux de 900 tonnes par semaine. On y ajoute souvent un laminoir pour tôles minces, de lra,50 de large sur 6 à 1,5 millimètres d’épaisseur, qui permet au grand laminoir d’augmenler considérablement son débit de grosses tôles. Ces derniers laminoirs sont en général plus petits en Angleterre qu’en Amérique, mais on en construit actuellement de plus puissants, comme celui de la ligure 25, à cylindres de 1 mètre Xl mètres, commandé par une paire de machines réversibles à cylindres de lm,20xlm,50 de course avec train réducteur au tiers. On peut y laminer, pour les chaudières marines, des tôles ayant jusqu'à 3m,95 de large. La forge est complétée par un laminoir à tôles minces de 2m,10 et par un laminoir universel. Cette installation répond à presque tous les besoins du marché anglais.
- Cisailles à tôles. — La cisaille anglaise (fig. 26) peut trancher une tôle de 50 millim.
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- d’épaisseur sur 4m,95 de large et couper en long une tôle indéfinie de 1,n,80 de large. Elle peut attaquer immédiatement et sans l’aide d’un volant sa coupe, dont l'effort est tout entier supporté par les boulons qui assemblent les pièces de son bâti. Les plus grandes cisailles américaines, ordinairement à moteur monocylindrique avec volant, peuvent couper des tôles de 3m,30x50 millimôlres.
- On a représenté en ligure 24 et 25 deux, forges types : l’une américaine, l’autre anglaise, d’une production moyenne de 1 500 tonnes de tôles d’acier par semaine.
- Conclusions. — D’après M. J. Head, la pratique américaine prouve l’utilité des garnissages basiques des fours à réverbères, môme avec de bonnes fontes, et que le dégrossissage n’est pas nécessaire pour l’obtention économique de bons produits. Aux Etats-Unis, l’emploi des machines, — principalement celui des moteurs électriques et des appareilsjpresque continus de roulage et de manutention— a permis de réduire la main-d’œuvre beaucoup plus qu’en Angleterre. Le laminoir type américain est supérieur à l'anglais parce qu’il comprime [dus rapidement ses lingots, avec une machine plus économique et des trains d’engrenages [dus simples; le trio est plus simple que le double train à deux cylindres anglais et ses trois tables, dont une traversière. La table américaine de transbordement à refroidissement automatique constitue aussi un perfectionnement sérieux. Les meilleures performances anglaises et américaines s’équivalent presque,comme le montre le tableau page 1565, et, dans les deux cas, la fabrication des tôles d’acier l’emporte sur celle des tôles de fer. La cisaille anglaise sans volant est préférable à la cisaille américaine.
- n r: s c h 11> t i o x 11 e o u a t r e l a m in o i r s a m é r k; a i n s d’arrès M. T. Wellman (H
- Le développement des appareils mécaniques destinés à économiser le travail date, dans les forges américaines, de la construction du laminoir de Cambria par M. (b Fritz, en 1871. C’était un laminoir trio, avec le cylindre du milieu fixe et les deux autres mobiles, ajustés à chaque passe, desservi par des tables à galets marchant dans un sens quand la table était soulevée et dans l'autre quand elle était abaissée. On ne tarda pas à actionner ces galets par un moteur spécial réversible permettant d’en changer la marche dans toutes les positions de la table et commandant les galets d'abord par courroies, puis, sur les indications de M. Halley, par des trains d’engrenages analogues à ceux que l’on emploie encore aujourd'hui, avec, toutefois, cette différence: que les moteurs électriques tendent de plus en [tins à remplacer la machine à vapeur.
- Le manipulateur inventé par M. Fritz pour faire passer le lingot d’une cannelure a l'autre est encore employé aujourd'hui. Dans tous les trios à fers et rails américains modernes, les trois cylindres sont à écartement invariable, chacune des cannelures du cylindre médian fournissant deux passes successives, une en haut l'autre en bas, et dans quelques forges, notamment à celles de Cambria., l’on a abandonné le trio pour les laminoirs réversibles, préférables quand il s'agit de fabriquer une très grande variété de prolils n’exigeant ainsi chacun qu’une paire de cylindres. Pour le finissage des rails et des gros fers, l’emploi du trio est presque universel aux Etats-Unis et l’emploi des tables à galets automatiques, introduites par Hunt en 1884, a permis de réduire de 15 à 5 le nombre des servants de ces trios.
- (t; Four American Itolliny Mills. Institution of Civil Enyinecrs, London, '> mai
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- Forges de Jolie,! (Illinois Steel C").
- Ces forges adoptèrent pour le chargement des loms, en 1891, les machines hydroélectriques de M. Wellman (tig. "28 et 88 ), montées sur un truck à voie de 5m,ti5,com-
- Eig. 2S à 32.— Kulourneuse liyduo-éte<"li‘i-quo Wellman, Vue par bout. Elévation Coupe AA, coupe longitudinale et plan, El di cl le 1/20".
- mandé par une dynamo de 12 chevaux à 800 tours, attaquant l’un des essieux par un train de réduction 12. Les lingots, amenés des convertisseurs par une petite voie
- |;l
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- MÉTALLURGIE. --- DÉCEMBRE 1896.
- devant la porte du four, sont culbutés, saisis, enfournés et détournés par des cylindres hydrauliques à pompes avec accumulateur, commandées par une dynamo semblable à la première et les attaquant par un train de réduction 8. L'accumulateur est constitué par un réservoir chargé d’air comprimé à l’origine à 7 atmosphères, et dont la pression atteint, à la limite, 28 atmosphères par le refoulement de l’eau dans ce réservoir. Avec ces machines, il faut un surveillant pour cinq fours, un aide à chaque four et un à chaque machine : elles fonctionnent très bien.
- Au sortir du four, le lingot est amené, par les wagonnets de la petite voie qui passe devant les fours, devant la table du laminoir; ces wagonnets, commandés par le câble d’une petite machine à vapeur, portent des galets qui, à l’arrivée devant le laminoir,
- Fig. 33. — Aciéries de Joliet Illinois Steel C°. Échelle 1/100e.
- Boiler house, chaudières; Pumping enr/ine room. salle des pompes; Electric light hanse, salle des dynamos; Roughnig mill engine, machine du dégrossisscur; Finishing mill, laminoir finisseur; Blooming mill. laminoir ébaucheur: Saws, scies; Overhead billet convegor, transporteur des billes; DriII presses, perceuses; Billet shear, cisaille des billes ; Straighteners, dresseuses.
- poussent le lingot sur une petite plate-forme auxiliaire'amenée au niveau de la table d’approche (Approach table, fig. 33), dont les galets, actionnés par une petite machine à vapeur, conduisent le lingot à la table du laminoir. Le lingot, de 400x400 millimètres, pouvant fournir quatre rails, est réduit, en 13 passes au trio,à 190X140 millimètres, amené par galets à la cisaille qui en affranchit les bouts et le coupe en deux morceaux fournissant chacun deux rails. Le lingot ainsi coupé passe de la cisaille (Shear, fig. 34) par une table, à la première passe du laminoir du trio dégrossisseur (roughiny mill) sur le cylindre du bas, d’où la table mobile (lifting table) le lève et le ripe dans la seconde passe, qui l’amène au basculeur (turning troughs) lequel abaisse le lingot au niveau du cylindre du bas et l’actionne de manière à le déposer sur la table fixe (driven rollers) en position pour la troisième passe, et ainsi de suite, — les lingots se suivant avec un écart d’une passe,— jusqu’à la sixième passe, d’où ils vont
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- FABRICATION DES TOLES D ACIER.
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- s s
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- fl T3
- par un plan incliné sur la table fixe du laminoir finisseur en face clés cannelures de la septième passe. Au sortir de cette passe, un basculeur (til-lingandmbraling table)l’amène à lahuitième passe, et ainsi de suite, jusqu’à la onzième et dernière passe, d’où les rails sont amenés directement aux scies. Cet appareil — tables et basculeurs — dû à M. F. H.
- Treat, accomplit d’une façon très satisfaisante la manipulation automatique des lingots.
- En 1895, la production des forges de Joliet fut presque tout entière en billes d’acier douxdelOOxlOO millimètres, laminées en quatre passes du dégrossisseur, d’où les billes affranchies sont amenées à 300 mètres par un convèyeur.
- On a laminé en 12 heures jusqu’à 670 tonnes de ces billes, et 27 003 tonnes par mois, en moyenne 500 tonnes par équipe. Le personnel se compose de 9 hommes aux fours, 9 au laminoir ébaucheur, 13 au finisseur travaillant des billes et 17 quand il lamine des rails, soit 35 hommes par équipe de 12 heures, avec une production moyenne de 14 t.,28 par homme.
- La forge de Joliet se tient, en Amérique, au premier rang pour l’uniformilé et l’économie de sa production.
- Aciéries du Sud Illinois.
- Chicago.
- Dans cette usine, recons- '' ^ °
- truite en 1890 (fig. 39), le réchauffage se fait dans des fours “ ^
- Siemens verticaux au gazogène ou au pétrole. La position verticale du lingot a pour objet d’empêcher sa cavité ou son creux de retrait de passer sur les parois, ce qui Tome I. — 95e année. 5e série. — Décembre 1896. 109
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- l-ll il 11 li 11 Iil1:
- Fig. :t'j. — Aciéries du Sur/. Illinois, Chicago. Kchelle 1/100'-'.
- Itoiler house, chaudières; Electric liyht plant, salle des dynamos: Purnp hanse, salle îles pompes: Heatiny. Preheatiny, Hehealiny ftmtaces. fours à chauffer, réchauffer et recuire Soaking pits, puits à recuire; Charrjinf/ machine, ent'ourneuse (tic:. 2K) : Tnol-ronm, outillage; ////ilraulic intensifier, multiplicateur de pression hydraulique: Surface billet con-reyar, transbordeur de billes à niveau: /lloorniny et rails Mills, laminoirs ébaucheur et h rails: Ilot rails bals, palier des rails chauds: Strnighteniny machines, dresseuses: Drop test, essayeuse au choc : Roll turniny shop. tournage des lingots.
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- FABRICATION DES TOLES d’ACIER.
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- aurait lieu si on lo couchait avec son contre encore en fusion. Ces fours {soaking pits) au nombre de huit, renfermant chacun huit lingots, sont desservis par des grues électriques Wellman. De là, les lingots sont amenés, par des wagonnets commandés à la vapeur, à la table du laminoir ébaucheur analogue à ceux de Joliet. Les lingots reconnus défectueux ou trop froids sont transportés au grand four à réchauffer (.Rehealing furnace) également desservi par des grues électriques Wellman.
- Les laminoirs à rails sont au nombre de deux (fig. 40). Le premier, à deux cages, avec les premiers cylindres ébaucheurs et les finisseurs, est commandé par une machine Porter Allen à cylindre de l"',40xlm ,67, marchant à 85 tours; le second, qui porte les second et troisième cylindres ébaucheurs,— passes 6, 7, 8 et 9,— est aussi commandé par une machine Porter Allen à cylindre de lm,12xlu,,67 et à 85 tours. Les tables mobiles (lifting tables) du premier laminoir renvoient successivement le lingot de la première à la quatrième passe, puis, après retournement de 90°, à la cinquième passe, d’où la table fixe (stationary table) l’envoie à la sixième passe, dans le second laminoir ; au sortir de cette passe, la table basculeuse (tilting table) le retourne de 90° et le renvoie à la septième passe, d'où la table mobile le retourne, parla huitième passe, à la transbordeuse (trams fer table) d à la quatrième table fixe, puis à la neuvième passe, la dernière du second laminoir. De là, une transbordeuse porte le lingot à une troisième basculeuse, qui l’engage dans les passes finisseuses 10, 11, 12, 13 du premier laminoir, d’où les rails sont amenés par une table fixe aux scies, puis au palier (hot rail beds) (fig. 39) où ils se refroidissent, pour être ensuite transférés à l’atelier de finissage par des wagonnets avec leviers de décharge mus par la vapeur de leur locomotive.
- Ces usines fabriquent aussi des billettes de lOOxlOO111, en trois passes au second laminoir dégrossisseur, d’où elles sont cisaillées puis amenées par des convoyeurs spéciaux (billet convegors) au magasin qui peut en tenir 2 500 tonnes. Celte faculté de pouvoir laminer des billettes sans changer les ébaucheurs permet de marcher en plein pendant qu’on change les cylindres finisseurs pour passer d’un profil de rail à un autre.
- L’usine peut produire jusqu’il 1 025 tonnes de rails en 12 heures; elle en a fait 38 093 tonnes en mai 1893 et pourrait, avec des convertisseurs en nombre suffisant, aller jusqu'à 50 000 tonnes par mois.
- Monceau laminoir à rails des acirries Edgar Thomson.
- Ce laminoir a été établi d’un seul jet, tout à neuf, par M. W. II. Jones. Pour assurer la qualité uniforme des rails, tous les lingots sont réchauffés au sortir du laminoir ébaucheur. Le laminoir à rail comprend (fig. 45) trois trains, à cylindres de 700 millimètres de diamètre : un ébaucheur (roughing train) à 5 passes, avec machine Allis à cylindres de l1",14xl‘",50 et 85 tours par minute; un intermédiaire, à 23U1,50 du premier, avec machine Porter Allen de P",37 X P",67 à 90 tours, et un finisseur, à 36 mètres de l’intermédiaire, avec deux cylindres, une seule passe, et commandé par une machine Allis de 760x1'",22 à 70 tours. Toutes les cages peuvent s’ouvrir en haut, — en détournant leur chapeau. — Pour changer les cylindres, on enlève d’une pièce le train tout entier, qu’on remplace par un autre tout monté. La figure 46 indique le trajet suivi par les rails. Le lingot va de la première passe ébaucheuse à la première table mobile, alors levée, puis, sans retournement, à la seconde passe, à la troisième
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- B —--------
- , f.«» ni
- Fig. 40 à 44. — Circulation du lingot au laminoir du Sud Illinois. (Même légende qu’en fig. 34.) —• Fig. 4a. — Laminoir à rails des aciéries Edgar Thomson.
- Cold san-, scie à froid ; Drill presses, perceuses : Straig/i-tening presse, dresseuse; Raughing intermediate et finishing trains, trains dégrossisseur. intermédiaire et finisseur: Heating furnaces. fours à réchauffer: Roll lathe house. tournage des cylindres; Transfer buggies, trucks transbordeurs: Charging machinas. onfourneitses du type tig. 2S;.
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- après retournement à 90°, puis à la quatrième, et, avec retournement, à la cinquième, d’ou la première table fixe le mène à la sixième passe du second laminoir,retourné par la forme dns gorges de ses galets. — De cette passe à la septième, la table basculante (lilling labié) retourne encore une fois le lingot, puis il franchit successivement les huitième, neuvième et dixième passes sans retournement, et la onzième du laminoir finisseur, d’où le rail va directement aux scies.
- Les billes, de 100 x 100 milli-mimètres, exigent, pour chaque profil, le changement de tous les cylindres ; elles subissent cinq passes au premier train, une au second, une au dernier. Elles sont coupées par cinq d’un coup à la cisaille.
- Ce laminoir a produit jusqu’à 1 945 tonnes de rails en 24 heures.
- Laminoirs à tôles de /’Illinois Steel C° Chicago.
- Ce laminoir est le plus grand et (fig. 48) le plus complet, des Etats-Unis.
- Le laminoir comprend deux trios du type Lauth : le premier, près du moteur, est à cylindres haut et bas de 0m,860x2m,20 et cylindre médian de 0"1,460x2"', 28 en fonte coulée en coquille; le second est à cylindres de 3m,3o sur 0"\86 et 0,n,530 : les extrêmes en acier, le médian en fonte de coquille. Il peut prendre des lingots de 0"',00 d’épaisseur pesant 7 à 8 tonnes, et est, commandé par une machine Porter Allen de l“‘,37x ln,,67 à (i0 tours. Les lingots sont tirés des fours et amenés aux ta-
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- IMÉTAI.LUIIGIE.
- DliCKMliltK. -189G.
- blés du laminoir par une machine hydro-électrique analogue à celle de la ligure 76; du laminoir, les tôles sont roulées au palier (coolint/ ùeds), où elles sont manipulées
- E L t CT R I ci !
- Fig. 18. — Lamiiuir de tôles de VIllinois Steel C’°. Eehelle 1/100".
- Electric Irnnsfer, transbordeur électrique; Electric crimes, 5 Ions, grues électriques île 5 tonnes; Castors, galets Je manutention (lig. 21); Continu heits, paliers de refroidissement des tôles; Orerheail plaie cooreyors, transbordeurs supérieurs des tôles: Shears. cisailles; Shnar knice. i/rimler, machine à affûter les lames de cisailles: Seules, bascules; /loll lalhe, tour pour cylindres de laminoir: lleiitiei/ fumures, fouis ;ï réchauffer: ('liiiri/iin/ machine, enfour-neuse du tvp“ tfig. 2X;,
- par quatre ponts roulants électriques (orechead plaie convei/ors). Après leur cisaillage aux dimensions voulues, les tôles sont manutentionnées par deux grues électriques de 6 tonnes, qui les placent d;ms les wagons d'expédition. La fabrication des petites
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- KAimiCATlON DES TOI.ES d’aOIEK.
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- ELEVATION
- Laminoie trio Lautli de VIllinois Shvl C". Echelle 1; I001
- tôles par le découpage des grandes et non par laminage direct réduit considérablement les déchets.
- ti. 11.
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- MÉTALLURGIE.
- DÉCEMBRE 189(1.
- SUR LA TREMPE DE l’aCIER A L’ACIDE PHÉNIQUE, NOTE I)E M. Levât (1).
- Mes premiers essais ont porté sur deux burins en acier fondu Holtzer, de qualité supérieure. Le premier, porté au rouge cerise, a été trempé à l’eau. Le second, à la même température, a été trempé dans une solution d’acide phénique du commerce, jusqu’à obtention de la teinle bleue. J’ai fait attaquer, avec, les deux outils trempés, du fer ébauché et de la fonte blanche extra-dure : le burin trempé à l’eau s’est ébréché à plusieurs reprises; le burin trempé à l’acide phénique a résisté intégralement.
- Mes seconds essais ont porté sur deux barres d’acier corroyé et d’acier fondu ordinaire, portées au rouge blanc, lesquelles ont été l’une et l’autre trempées à bleu dans une solution pareille d’acide phénique. Comparés aux échantillons non trempés, les échantillons trempés à l’acide phénique ont présenté une cassure plus fine, devenant d’un blanc miroitant à la lime. La teneur en carbone n’a pas augmenté, mais l’épreuve à la llexion a donné une élasticité un peu plus grande aux barres trempées à l’acide phénique.
- I.'acier trempé à l’acide phénique acquiert de la dureté, de l’élasticité, de la souplesse. Il tient ferme comme outil d’attaque, et il offre toutes les qualités d'une bonne trempe douce.
- ANALYSE DU CUIVRE INDUSTRIEL PAR VOIE ÉLEC.TROLYTIOUE,
- PAR M. A. Hollard (2).
- En raison du grand nombre d’analyses que j’ai faites, comme chef du Laboratoire central de la Compagnie française des Métaux, sur des cuivres industriels de toute provenance, je suis arrivé à établir une méthode d'analyse sure et complète, permettant de doser avec exactitude, grâce aux procédés électrolytiques, la teneur en cuivre ainsi que les quantités les plus minimes des impuretés qui accompagnent ce métal, cuivre, arsenic, antimoine, nickel, cobalt, fer, argent, plomb, soufra(3).
- Appareils d’électrolyse. — Nos électrodes se composent d’un tronc de cône en platine et d’une spirale du même métal fixée sur un pied (Lukoiv); elles pèsent chacune 20 grammes environ. Le tronc de cône est formé d’une feuille de platine pur, à bords réunis par une soudure autogène (diamètre supérieur 18 millimètres, diamètre inférieur 45 millimètres, génératrice 63 millimètres). Une tige en platine dur est soudée à l’or sur le tronc du cône. Les vases contenant les électrolyles sont des verres de Bohême cylindriques ordinaires de 6om,5 environ de diamètre intérieur.
- Pratique de l’analyse. — Dosage du cuivre (électrolyse en solution acide). — On pèse 10 grammes de cuivre en copeaux brillants, débarrassés par l’aimant des parcelles de fer provenant de l'outil. Ces copeaux sont introduits dans un verre de Bohême de 330 centimètres cubes à 400 centimètres cubes. On verse ensuite dans celui-ci 13 centimètres cubes d’acide sulfurique, puis 40 centimètres cubes d’acide nitrique à 38° R. après avoir tout d’abord immergé les
- (1) Travail fait au Laboratoire d’enseignement pratique de Chimie appliquée de la Faculté des Sciences.
- (2) Comptes Rendus de l’Académie des sciences, 7 et 14 décembre 18!Mi.
- (3) On retrouvera dans cette note des données empruntées à MM. Riche, Hampe, Classen (voir Analyse quantitative de Frésénius, 6" édition, p. 10111-1022; Méthode de Mansfeld. — Analyse électro-lytique quantitative de Classen, 2” édition, p. 170-178). Mais le but de cette note est de fixer les con" ditions pratiques du dosage électrolytique exact du cuivre industriel, bien plus que d'exposer une méthode nouvelle.
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- ANALYSIS DU CUIVRE INDUSTRIEL FAR VOIE ÉLECTROLYTIQUE.
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- morceaux de cuivre dans une quantité d’eau suffisante pour que l’altaque soit très modérée (1). Le vase est alors recouvert d’un entonnoir dont les bords reposent à l’intérieur de ceux du verre et forment ainsi une petite gouttière dans laquelle quelques gouttes d’eau font joint hydraulique parfait. On ne chauffe que très doucement et vers la lin de l’attaque seulement. La dissolution est complète pour un cuivre affiné; les cuivres non affinés laissent du soufre.
- Quelques cuivres bruts, riches en antimoine, peuvent laisser un résidu formé de composés oxygénés d’antimoine. S’il est peu considérable, il ne nuit pas au dépôt électrolytique du cuivre et on le laisse dans la liqueur; s’il est abondant, on le sépare par le filtre, on le dissout dans de l’eau régale, riche en acide nitrique; la solution est évaporée à sec; le produit qui reste est repris par de l’acide chlorhydrique additionné d’acide tartrique et d’eau, et cette nouvelle solution est ajoutée à la liqueur obtenue ultérieurement et de laquelle on précipitera l’antimoine par l’hydrogène sulfuré.
- Quant à la dissolution du cuivre, elle est étendue à 300 centimètres cubes environ. On y plonge les électrodes de platine communiquant,: la spirale avec le pôle + et le cône avec le pôle — d’une batterie. La distance qui sépare le bord inférieur du cône du pied de la spirale doit être de 0 millimètres environ (2).
- Le cône doit plonger complètement dans la dissolution et son sommet se trouver à 1 centimètre ou 2 centimètres au-dessous du niveau du liquide. Le vase doit être couvert.
- On soumet la dissolution à l’action d’un courant d’une intensité de 0amP,30.
- Lorsque la solution est décolorée, on s’assure qu’elle ne contient plus de cuivre en prélevant avec une pipette quelques centimètres cubes, les introduisant dans un petit tube à essai et les saturant d’ammoniaque. Si le tube ne présente pas la moindre coloration bleue, l’élec-trolyse du cuivre est terminée ou près de l’être (3) ; on laisse passser le courant encore quelques heures.
- L’électrolyse complète du cuivre, dans les conditions que nous venons d’indiquer, demande de deux à trois jours ; elle fournit un dépôt très adhérent, à surface lisse, d’une belle couleur rosée.
- Sans interrompre le courant, on retire rapidement le cône et la spirale du liquide; on les plonge successivement dans deux vases d’eau distillée; on détache le cône et la spirale de leur support; on retire le cône de l’eau distillée pour le plonger dans de l’alcool concentré, et on le porte mouillé d’alcool dans une étuve où il est chauffé à 00° pendant dix minutes environ; enfin on le pèse.
- Le poids trouvé, diminué de celui du cône, représente le poids du cuivre plus celui de l’argent. L’argent se dépose en effet intégralement avec le cuivre en solution nitro-sulfurique. On déduira donc du poids du cuivre le poids de l’argent déterminé ultérieurement. Si le cuivre à analyser contient du plomb, une partie seulement de celui-ci s’est déposé sur la spirale à l’état de bioxyde, le reste du plomb est resté dans la liqueur.
- (1) Si l’on désire peser, au début de l’analyse, des quantités de cuivre différentes de 10 grammes, on se basera sur le tableau suivant :
- gr. ce. eu.
- Pour 1 de cuivre .... 1 acide sulfurique concentré et 30 acide nitrique à 36° B.
- -3 - li - 33 —
- — .") 10 — 33
- — 20 - 20 — fit) —
- (2) Si la quantité de cuivre pesée au début est inférieure à 10 grammes, cette distance est légèrement diminuée- On l’augmente, au contraire, si la quantité de cuivre est supérieure à 10 grammes, sans dépasser toutefois 10 milligrammes.
- (3) Cette réaction n’est, pas aussi sensible qu'on pourrait, le croire. Ainsi avec une solution soumise à l’électrolyse, occupant un volume de 330 cc. et contenant une quantité de cuivre inferieure à 0»1,017, on ne perçoit plus aucune coloration en prélevant a vec la pipette 3"r,.r> du liquide et en le saturant d’ammoniaque. 0*r,817 de cuivre, restant dans l’électrolyse, constituent la quantité minima que l’on puisse révéler par l'essai à l’ammoniaque.
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- MÉTALLURGIE.----DÉCEMBRE 189G.
- Dosage de l’arsenic et de l’antimoine. — La liqueur de laquelle on a précipité le cuivre par électrolyse (1) est évaporée au bain de sable jusqu’à ce qu'il ne reste plus que quelques gouttes d’acide sulfurique. Après refroidissement, on reprend par 1 centimètre cube ou 2 centimètres cubes d’acide chlorhydrique additionné d’eau, et l’on chaulfe un peu, afin de tout dissoudre. La dissolution, occupant un volume de 200 centimètres cubes environ et portée à70o-7.'i°, est soumise à l’action d’un courant d’hydrogène sulfuré. On fait [tasser ce gaz jusqu’à complet, refroidissement. On laisse reposer vingt-quatre heures.
- L’arsenic et l’antimoine se trouvent en totalité dans le précipité des sulfures. Il contient en outre le plomb qui ne s’est pas déposé sur la spirale pendant l’éleclrolyse du cuivre, et du cuivre si cette électrolyse n’avait pas été poussée assez loin. Ce précipité est séparé par filtration de la liqueur où restent le fer, le nickel et le cobalt.
- On lave les sulfures insolubles avec une solution d’acide sulfhydrique, puis on traite à chaud par du sulfure d’ammonium fraîchement préparé. On filtre, et la solution filtrée, contenant la totalité de l'arsenic et de l’antimoine, est évaporée à sec au bain-marie. Le résidu est chauffé doucement avec de l’acide chlorhydrique étendu et du chlorate de potasse. Lorsque l’odeur des composés chlorés a disparu à peu près, on ajoute au liquide de l’acide tartrique et de l’ammoniaque, on filtre et l’on précipite l’arsenic par la mixture magnésienne. Le précipité d’arséniale ammoniaco-magnésien est redissous dans l’acide chlorhydrique, reprécipité par l’ammoniaque avec addition de quelques gouttes du réactif magnésien, et enfin pesé. Le liquide ammoniacal, débarrassé d’arsenic et contenant tout l’antimoine, est additionné d’acide chlorhydrique jusqu’à réaction acide, puis traité par un courant d’hydrogène sulfuré, filtré et lavé comme il a été dit plus haut. Le précipité de sulfure d’antimoine est dissous dans une solution concentrée de sulfure de sodium, de densité 1, 2, préparée d’après les indications de Classen (2). Cette solution, introduite dans un verre de bohème, est additionnée de 5 centimètres cubes d’une solution de soude à 12,o p. 100 pour un volume de 70 à 80 centimètres cubes et soumise à l’action d’un courant de 0ami',18. On fera bien de ne pas dépasser ce volume afin d’avoir un dépôt électrolytique sur une petite surface de la cathode, en raison des faibles proportions d’antimoine à déposer. Au bout de douze heures, le dépôt d’antimoine est complet; on le lave à l’eau et à l’alcool, et on le sèche comme il a été dit à propos de félectrolyse du cuivre (3).
- Dosage du nickel et du cobalt (par électrolyse en solution de sulfate double ammoniacal) et dosage du fer par le permanganate. — Le liquide, débarrassé du cuivre par électrolyse, de l’arsenic eide l’antimoine par l’hydrogène sulfuré, est chauffé jusqu’à élimination du gaz suif-hydrique. On peroxyde ensuite le fer par addition d’acide nitrique et ébullition de la liqueur. Celle-ci est évaporée à sec au bain de sable jusqu’à l’apparition de fumées blanches d’acide sulfurique. Après refroidissement, on dissout le résidu dans l’eau; on obtient ainsi une solution desulfales de nickel, de cobalt et de fer contenant un petit excès d’acide sulfurique.
- (1) Pour le dosage des impuretés du cuivre, il faut agir sur 10 grammes au moins de métal. Après qu’on a séparé le cuivre par électrolyse (voir p. 1 0831, toutes scs impuretés restent dans le liquide.
- L'arsenic, étant mauvais conducteur du courant, arrête félectrolyse aussitôt qu’une petite couche de ce métalloïde a recouvert la cathode (Expérience de M. Moissan; Annales de Chimie et de Physique, 0" série, t. XII, p. 501): de là l'impossibilité qu’il y a d’appliquer l'analyse électrolytique au dosage de ce corps.
- (2) Classhx, Analyse electrolylique quantitative, -p édition, p. 198.
- (3) Si félectrolyse du cuivre n’avait pas été poussée assez loin, les petites quantités de ce métal restées dans la liqueur se retrouveraient au moins en partie dans le sulfure de sodium, dans lequel le sulfure de cuivre n’est pas complètement insoluble. Cette solubilité, moins marquée que celle du sulfure de cuivre dans le sulfure d’ammonium est cependant très appréciable et peut fausser les résultats d’un dosage éleelrolytique d’antimoine, comme font prouvé nos essais : do petites quantités de sulfure de cuivre ont été traitées par du sulfure <lo sodium de densité 1,2; après tiltration, la liqueur a été soumise a félectrolyse dans les mêmes conditions que l’antimoine et a donné', sur le cône, un dépôt de cuivre métallique.
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- ANALYSE DU CUIVRE INDUSTRIEL PAR VOIE ÉLECTRÜLYTIQUE.
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- Celte solution est additionnée des quantités d’ammoniaque et de sulfate d’ammoniaque nécessaires pour l’obtention du dépôt électrolytique. A cet effet, on verse une quantité mesurée d’ammoniaque pure ordinaire jusqu’à neutralité de la liqueur; on ajoute encore un petit excès de ce réactif pour précipiter le fer; on fait bouillir; on filtre le peroxyde de fer et, pour le débarrasser des oxydes de nickel et de cobalt entraînés, on le redissout dans le moins possible d’acide sulfurique, et sa solution est reprécipitée par une nouvelle quantité d’ammoniaque mesurée; on filtre : le fer sera dosé volumélriquement par le permanganate de potasse.
- Toutes les eaux contenant le nickel et le cobalt sont réunies. Elles sont additionnées d’ammoniaque et d’acide sulfurique, s’il y a lieu, de façon à contenir, pour 100 centimètres cubes de liquide, Sait centimètres cubes d’ammoniaque combinée à l’acide sulfurique et 12 à 20 centimètres cubes d’ammoniaque libre. Ou soumet alors à d’élecfrolyse la solution ainsi préparée avec unjcournnt de 0a,,1P,48. Au bout de douze heures, le nickel et le cobalt se sont entièrement déposés sur le cône relié au pôle. On lave et l’on sèche celui-ci, comme il a été dit précédemment. Si l'on désire avoir isolément les teneurs en nickel et en cobalt, on les sépare et dose par les méthodes connues.
- Dosage de l’argent (par éleedrolyse). — Si le cuivre primitif était riche en argent, on dissout le cuivre déposé électrolytiquement sur le cône; nous savons qu’il contient la totalité de l’argent. Dans le cas contraire, on dissout une nouvelle prise de 10 à 50 grammes de cuivre, suivant sa teneur présumée en argent, dans de l’acide nitrique. La solution nitrique, filtrée s’il y a lieu, et contenant l’argent, est précipilée à l’état de chlorure; le précipité, filtré et lavé, est redissous dans de l’ammoniaque, puis reprécipité par l’acide nitrique, refiltré et relavé. Enfin, le chlorure d’argent est dissous dans du cyanure de potassium à 2 p. 100, et cette solution soumise à un courant de 0iu“p,02ü à 0ai"P,033. Au bout de douze heures, la précipitation est complète. Les lavages, séchage et pesée se font comme pour le cuivre.
- Dosage du plomb (par élcctrolyse). — Une nouvelle prise de 10 grammes de cuivre est attaquée par de l’acide nitrique étendu contenant 30 centimètres cubes d'acide nitrique à 36° B. Le liquide, filtré s’il y a lieu et étendu à 330 centimètres cubes, esL soumis à l’électrolyse, le cône de platine étant relié au pôle -t- et la spirale au pôle —. L'intensité du courant doit être de 0amP,3. Au bout de douze heures, le plomb s’esL intégralement précipité sur le cône à l’état de PbO2 hydraté en un dépôt très adhérent, brun ou noir suivant l’épaisseur, tandis que le cuivre s’est déposé en partie sur la spirale. Le cône est alors plongé successivement dans deux vases remplis d’eau distillée, puis introduit dans une étuve que l’on chauffe à 120°, point qu’on maintient durant une demi-heure. Dans ces conditions, le bioxyde de plomb est complètement déshydraté; il suffit de multiplier son poids par le facteur 0,806 pour avoir le poids corrrespondant au plomb métallique. Les dosages sont tout à fait exacts. '
- Dosage du soufre (à l’état de sulfate de baryum). — On attaque de 3 grammes à 20 grammes de cuivre, suivant sa richesse en soufre, par de l’eau régale chargée d’acide nitrique, et l’on dose le soufre dans la liqueur par les méthodes connues.
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- NOTES DE MECANIQUE
- TRANSMISSION DE LA CHALEUR PAR LES PAROIS DES CYLINDRES MÉTALLIQUES, EXPÉRIENCES
- de MM. Ent/lish et Br t/an Donkin (1).
- Ces expériences ont été exécutées sur des cylindres en verre de 137 millimètres de diamètre et de 70 mill.de haut, entourant des cylindres en métal avec, dans l’espace annulaire, de la vapeur, et, dans le cylindre central, une circulation d’eau. On mesurait la température aux divers points de l’épaisseur du métal par des thermomètres plongés dans des trous verticaux de 1/2 à 3 millimètres de diamètres et remplis de mercure. Ces expériences ont démontré que la couche adhérente de condensation déposée par la vapeur sur les parois des cylindres métalliques s’oppose à la transmission de la chaleur comme une couche de métal équivalente et beaucoup plus (‘paisse. Cette épaisseur, plus grande sur une surface de fonte rugueuse que sur une surface polie, n’est pas affectée par un balayage au moyen de jets de vapeur. La conductibilité est sensiblement la même à la surface du métal que dans la couche immédiatement voisine, de sorte qu’il n’y a pas de rejet de température à l’entrée et à la sortie du métal. La transmission de la chaleur, uniforme dans toute l'épaisseur d’une tôle plate, s’accentue vers l’intérieur d’un cylindre d’autant plus que son diamètre est plus petit, et la température, à la surface extérieure du cylindre, est toujours notablement supérieure à celle de l’eau de circulation par le fait de la couche d’eau adhérente qui s’y attache. L’intensité de la condensation, ou la transmission de la chaleur, augmente, mais toujours moins vite qu’elle, avec la différence entre les températures de la vapeur et de l’eau de circulation, et aussi avec la vitesse de circulation.
- CUNVÉYEl’ RS DODGE
- Ces convoyeurs, construits par la Unk lielt Eivjineerinti C°, de Philadelphie, sont remarquables par leur puissance, leur facilité d'adaptation aux applications les plus variées et l’ingéniosité de leurs détails.
- Les figures 1 à 0 en représentent l’application à une manutention de charbons.
- L’ensemble de l’appareil est constitué essentiellement par une poutre AA', portée par deux pylônes A2A2, roulant sur des voies aa', devant une estacade fixe B, à convoyeur b2 62, pouvant amener le charbon de B sur A ou de A sur B. Un chevalet cc c' amène le charbon en B. Le long de la poutre A, sont disposées des chutes D2 (fig. 4 et S), au droit desquelles on peut amener 1rs trémies E\ portées sur les voies <i±, a>, fixées aux poutres a-,\, par des chariots à huit roues, dont quatre porteuses e e et quatre guides e' empêchant le coinçage du chariot, qui, une fois amené en position, en face d’une chute, se fixe par le serrage des vis U2 E2 (fig. 4) sur le patin E.
- Le eonvéyeur D de A, à chaine-palettes D' (fig. 4)guidée au bas en d d' (fig. a), passe sur des poulies ou galets de renvoi d> d>, et est actionné par un moteur installé au bas du pylône A2 de gauche (fig. \). Les voies a> portent enfin chacune un chariot Vf (fig. 6), à corde / /*, le tirant dans le sens de la flèche (fig. 4) jusqu’à son arrêt par la butée du levier//,//' sur le taquet ajustable /, où il s’enclenche. Une poulie fi' porte (tig. 6), par la corde de levée//, a' renvoie /",
- (1) Mémoire lu à Y Institution of Merhaniatt Erjinnnrs. London. E»f/inrnrin(/, 18 décembre 18!)f>, ]». 188.
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- CONVÉYEURS DODGE.
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- Fig. 1 à 3. — Convoyeur Doilge. Ensemble : élévation et vue par bout. Détail de la trémie de droite.
- Fig. 4. — Convéycur Uodge. Elévation partielle du pont A (fig. 1).
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- DÉCEMBRE 18U6.
- l’écope G. Quand cette benne arrive au haut de sa course, comme en lig. 0, le prolongement ijü de Gi enclenche G dans celte position par un levier /ç, qui soulève en même temps h et le
- .A
- , o à 7. — Convéyeur Dodge. Coupe 4-1 (fig. 4) Détail de l’écope G et d’un godet (fig. 8).
- dégage de i. La traction de g amène ensuite l’écope dans sa position lig. 4, ou son taquet ry:) (fig. 0), venant buter contre le montant E, ouvre les verrous <j± de la porte <ji, qui laisse la benne
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- Convoyeur à godets articulés Dudge. Détail des godets
- Convoyeur à godets articulés Dodge. Application à nue descente de A en 1):( puis à une montée de A en 1).).
- !) et 10,
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- DÉCEMBRE 1896.
- se déverser dans la trémie E. On ramène alors, par {p,, la benne dans sa position primitive, trajet pendant lequel le levier h>, venant (fig. 4} heurter le taquet i, déclenche f>, qui laisse la benne retomber au bas du tas de charbon, puis li se renclenche sur t, de sorte que la traction de la corde de levage g relève, comme en figure 1, la benne le long du las de charbon dont elle se remplit.
- On voit que l’on peut ainsi mettre en tas le charbon déversé de G en b' et de b' en D, ou, inversement, amener le charbon du las à b', en renversant la marche du convoyeur 1) I)'.
- Les figures 7 et 8 représentent la forme particulière adoptée par M. Dodge pour ses convoyeurs à godets articulés en chaîne afin de leur permettre de fonctionner dans les circuits les plus contournés, comme ceux que représentent les ligures 9 et 10, où la matière,'chargée en d, sur les fonds a, est déversée sur les fonds ai, qui l’évacuent eu D;). Les mailles B de la chaîne rivées aux côtés (u des augels, sont articulées sur les essieux G des roues c, recouverts par les fonds a ih (lig. 7) que surplombent les fonds a-.-, a\ ati du godet précédent, de manière à former une continuité suffisamment étanche.
- ACCOUPLEMENT FLEXIBLE Spemj.
- L’accouplement représenté par les figures U à 16 a pour objet de permettre de transmettre la rotation d’un arbre A à un arbre B, tout en tolérant de légères déviations dans l’alignement et l’écartement de ces arbres. A cet effet, chacun de ces arbres porte un balancier A' et B , calé sur A et B à 90° l’un de l’autre, et les axe a,\ «;), fous dans A', portent chacun, calés à leurs extrémités : d’une part, un secteur denté C", en prise avec une des crémaillères I, calées sur le
- Fig. Il cl 12. — Accouplement flexible Sperry. Élévation et coupc yy.
- manchon À" de A', et, d’autre part, un bras G, relié à l'extrémité correspondante de B' par une bielle D. La transmission de A en B s’opère donc par la double chaîne cinématique A" I G" a1 G 1), dont les articulations sphériques c c et le jeu des pignons compensateurs I G" G'' permettent aux arbres A et B les déplacements susmentionnés. Le graissage des bielles D s’opère au moyen d’une chambre à huile e' (fig. 14) à soupape autoclave t, et les douilles excentrées H (fig. 12) permettent de rattraper l’usure des secteurs C .
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- AL1MENTATEUR AUTOMATIQUE POUR CHAUDIÈRES NORMAND SlUAUDI.
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- Fig. 13 à 16. — Accouplement flexiljlc Sperry. Détail d’une bielle D (lîg. 11) du balancent' A’ et du cadre I.
- AKATENE A I5IL1ÆS KO H LME VER
- Cette transmission est remarquable par l’emploi déjà bien souvent proposé, notamment avec les trains hélicoïdaux, de pignons à lanternes L, roulant sur des billes N, et transmettant
- Fig. 17. — Akatene Kohlmeycr.
- ainsi le mouvement du pédalier A à l’essieu K du vélocipède avec un frottement très réduit. Il reste à la pratique de démontrer la résistance de ces roulements à la fatigue et à l’inévitable poussière.
- ALIMENTAl’EURS AUTOMATIQUES POUR CHAUDIÈRES NORMAND-SIGAUDI ET YARROW
- Cet appareil a pour objet de régulariser l’alimentation dans les chaudières d’une batterie alimentée par une source unique. Voici comment il fonctionne. Tant que le niveau de l’eau dans Tome 1. — 90e année. 0e série. — Décembre 1890. Ht)
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- 1G 80
- NOTES DE MECANIQUE
- DÉCEMBRE 1896.
- la cnaudiére se trouve à sa hauteur normale, un peu au-dessus du débouché I (li^r. 18) du tube II dans la poche M, la chambre A, qui communique avec II d’une part et, de l’autre, avec l’atmo-
- Aliineiitatcur automatique Normand Sigaudi.
- Alimentatcur Yarrow,
- lll et 20
- sphère ou le condenseur, par le petit orifice J, reste pleine d’eau, avec le Jlotteur 11, équilibré en DC, assez haut pour presque fermer, par le tiroir E, l’admission F G de l’eau d’alimentation
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- POINÇONNAGE ET DÉCOUPAGE DES RONDELLES POUR DYNAMOS.
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- dans la chaudière. Dès, au contraire, que l’eau en L découvre I, R retombe et ouvre E. La poche L, qui communique avec l’eau de la chaudière par un petit orilice M, a son niveau sensiblement indépendant de l’ébullition et des mouvements de la chaudière sur un navire. Au départ, avec le débouché I un peu au-dessous de ce niveau, le tiroir E ne laisse passer l’eau d’alimentation que par un orifice assez étranglé pour occasionner une surpression de deux à trois atmosphères dans la conduite générale d’alimentation, condition évidemment favorable à l’égale répartition de l’eau aux différentes chaudières de la batterie malgré l’inégalité presque inévitable de leurs pressions
- L’appareil peut être facilement isolé de la chaudière par la fermeture du robinet N ; une lige J*, assez mince pour ne pas nuire à la sensibilité de l’appareil par les frottements de son presse-étoupe, permet de le mameuvrer à la main, et le tiroir E, dont on peut faire, pour le réglage, varier la longueur de la tige, est percé suivant son axe d’un petit canal maintenant l’équilibre des pressions entre sa chambre et A.
- Dans le dispositif de Yarroiv représenté par les ligures 19 et 20, l’eau de condensation des pompes à air est refoulée, par une pompe F, sous une pression de 3 à i atmosphères, réglée par la soupape S, à manomètre G, dans un réservoir-filtre A, assez grand pour n’être jamais rempli, quelles que soient les variations du débit de l’alimentation. De là, cette eau, reprise par une pompe D, à trop-plein V, faisant retour en F, est refoulée par P à la chaudière. La pompe D reçoit sa vapeur d’un tuyau BD', dont la prise L peut se régler par H à une hauteur telle <{ue, pour un excès donné de l’alimentation, Peau de la chaudière y pénètre et ralentisse la pompe, dont le débit se règle ainsi automatiquement. L’échappement de D va, par J, réchauffer l’eau de A qui, grâce à la pression maintenue dans A, peut arriver à la pompe I) sous une température élevée sans danger de la diminuer il i.
- POINÇONNAGE ET DÉCOUPAGE DES RONDELLES POUR DYNAMOS
- Le poinçonnage des rondelles pour armatures de dynamos s’effectue, aux Etats-Unis, jusqu’au diamètre de 750 millimètres, par des presses qui, comme celles de Bliss, découpent en même.
- Fig. 21 et 22. — Poinçonnag-découpagc des rondelles pour dynamos
- Fig. 23 et 24. — Poinçonnage renversé.
- temps les crénelures de ces rondelles pour le passage des fils de l’armature. On se sert pour cela d’un poinçon composé, avec gardes mobiles a, b, c, (fîg. 21 et 22) guidées et retenues par
- (1) Bulletin d’avril 1890, p. 613.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- DÉCEMBRE 1896.
- les tiges h, y, i, puis, après poinçonnage et découpage, repoussées par les poussoirs desmodro-miques d, d, c, f, avec assez de force pour assurer le débourrage du poinçon. Dans le dispo-if (fig. 23), la position des pinces est renversée de façon que la partie intérieure de la tôle
- Fig. 23. — Cisaille circulaire Bl'tsf.
- ou le disque découpé, tombe au travers du poinçon légèrement évasé et s’évacue ainsi automatiquement. Ce procédé 1res expéditif exige, pour chaque type de [rondelle, un assortissement continu de poinçons et de matrices, de sorte qu’il ne convient guère qu’à des productions en séries nombreuses.
- Lorsqu’on n’a pas l’emploi de cette dépense, on peut simplement découper les rondelles au
- |=±L__
- Fig. 26 à 28. — Cisaille circulaire Hiisf. Detail des lames.
- moyen d’une cisaille circulaire analogue à celle représentée par les figures 23 et 26, où la tôle, automatiquement centrée par les mâchoires du pivot, est coupée par deux galets inclinés l’un sur l’autre de manière à dégager facilement la coupe. Pour découper la circonférence exté-
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- FORETS A CIRCULATION d’jIUILE.
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- térieure de la rondelle, le pivot-pince est, comme l’indique la pointe lig. 27, légèrement en arrière du plan diamétral commun des lames, et la coupe se fait d’un coup en un seul tour de la tôle; le découpage de la circonférence intérieure se fait, au contraire, graduellement, avec, le pivot dans ce plan diamétral (lig. 28), et en avançant peu à peu la lame supérieure au moyen de sa manette. Une vis permet d’ajuster la lame inférieure après chaque ajustage.
- FOUETS A CIRCULATION l/HUlLE
- On sait que, dans la plupart des cas, la puissance ou l’intensité du travail des outils est limitée bien plus par leur éehauüement que par leur résistance; tel est, notamment, le cas des forets constamment enfouis dans leur coupe. Aussi, le graissage et le rafraichissage des forets à l’huile ou à l’eau de savon est-il toujours très abondant. L’un des meilleurs moyens d’assurer
- Fig. 29. — Foret à circulation d’huile de la T and B Tool C° (Daubury).
- le refroidissement et le graissage très actifs des forets consiste dans l’emploi d’une circulation forcée d’huile ou d’eau de savon dans des tubes tangents au foret; c’est un artifice adopté depuis longtemps pour les perçages de lingots par exemple (1). La ligure 29 en représente l’application à un foret hélicoïdal ordinaire où la circulation du liquide s’opère par deux canaux percés droits puis tordus en hélice avec la barre dont on forme ainsi le foret.
- Dans le type de foret représenté par les figures 30 à 35, l’huile arrive par une gorge latérale b. Avec le type (fig. 30) avantageux pour les grands diamètres, le copeau èst divisé par la pointe a entrois bandes étroites qui s’évacuent plus facilement que le copeau unique. Un foret
- Fig. 30 à 35. — Foret Lobben à gorge latérale.
- de 20 millimètres de diamètre reçoit une circulation d’huile de 9 litres par minute et peut percer dans de l’acier un trou de 303 millimètres de long en un quart d’heure : vitesse de rotation, 1000 tours à la minute; vitesse à la périphérie du foret ou de coupe, environ 1 mètre par seconde; avance 0mm,02 par tour, ou 20 millimètres par miniite, remarquable poui des trous aussi profonds (2).
- (1) G. Richard, Traité de machines-outils, vol. I, p. 495.
- (2) American Machinist, 2(> jiovombre,' l'r décembre 189G.
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- Traité d’ ÉLECTROMKTALLLitGii] par W. Borchers, professeur à /’Ecole de métallurgie de Duisburg. (Traduction par le D1' L. Gautier.) 1 vol. in-8, 480 p., 198 fig. Paris, Bauclry.
- Le traité d’électrométallurgie du professeur W. Borchers présente un intérêt tout particulier en raison de la part considérable que l’auteur a prise au développement de l’industrie naissante dont il expose l’état actuel. Ce n’est pas, comme tant d’ouvrages semblables, une sèche compilation de brevets et de dessins d’appareils trop souvent dépourvus de toute utilité pratique. M. W. Borchers discute, souvent avec une passion qui rend attachante la lecture de son traité, les principes théoriques et les résultats pratiques des différentes inventions qu’il passe en revue. Mais toute qualité a sa contre-partie ; peut-être ne faudrait-il pas chercher, dans cet ouvrage, un résumé impartial de l’état actuel de l’électrométallurgie ; ce sont surtout les idées, les inventions de M. W. Borchers que M. W. Borchers expose, et ce défaut même rend peut-être plus profitable encore la lecture du volume dont on va donner un bref résumé.
- Dans un premier chapitre, M. W. Borchers, comme tout savant allemand qui a le respect de soi-mème, fait sa profession de foi sur la doctrine des ions, puis il entre immédiatement dans le vif de son sujet.
- Magnésium. — La fabrication électrolytique du magnésium a été rendue industrielle par les travaux de Grætzel, ancien directeur de l’usine de Hemelingen, près Breure, qui est encore la seule usine où se fabrique ce métal.
- On le prépare en électrolysant la carnalite fondue (chlorure de potassium et de magnésium).
- L’auteur recommande le dispositif suivant (fig. 1) qui dérive des appareils de Grætzel et Troost. Le vase extérieur en acier fondu K sert d’électrode négative sur laquelle se dépose le métal. La partie supérieure est en dehors du fourneau, pour produire un refroidissement superficiel qui empêche le métal d’ctre corrodé aussi énergiquement par l’acide chlorhydrique que le sel fondu dégage sous l’action de la petite quantité d’eau échappée à la dessiccation préalable. Le chlore est évacué au dehors par le tube R, qui entoure l’électrode positive en charbon. Le magnésium s’accumule en gros globules restant adhérents au creuset de fer et visibles à travers la masse du sel fondu. Quand on juge l’opération assez avancée, on donne un coup de feu et l’on coule toute la masse dans des caisses plates en tôle bien sèche. En concassant la matière après refroidissement complet, on en retire des globules de métal qui sont réunis par une nouvelle fusion.
- En marchant avec un courant de 10 ampères par décimètre carrés de cathode et une anode en charbon de surface dix fois plus petite que celle de la carthode, la force électromolriee nécessaire est de 7 à 8 volts.
- Le magnésium ainsi préparé sert dans le raffinage du nickel pour la réduction des dcr. nières traces d’oxyde ; il est préférable à l’aluminium parce que le métal ajouté en excès ne s’allie pas au nickel; il sert encore pour les déshydratations complètes de l’alcool et de divers liquides organiques ; il est préférable au sodium parce que son hydrate est insoluble dans la plupart de ces liquides.
- Sodium. — La préparation électrolytique du sodium est à peine entrée dans une phase véritablement industrielle malgré les travaux de Grabau et d’un grand nombre d’inventeurs.
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- T K AIT K I ) ’ F.IÆ C 'T H 0 M KT A U AU ! < i IK.
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- Elle présente dos difficultés exceptionnelles résultant do la laildc densité, do la volatilité et des affinités énergiques du métal.
- On prépare ce métal en électrolysaut le mélange très fusible des trois chlorures de potassium, de strontium et de sodium pris chacun en quantités proporlionnelles à leur poids moléculaire. On obtient ainsi du sodium exempt de strontium et ne contenant que quelques centièmes de potassium.
- L’appareil recommandé par le professeur Borehers a (fig. 2 et 3) la forme d’un tube en U, dont l’une des branches A, contenant les anodes a et exposée à l’action du chlorure, est en terre réfractaire; l’autre K, dont la paroi même sert d’anode, est en fer. L’étanchéité du joint ent re les deux moitiés de l’appareil est obtenue en solidifiant à son contact une partie du mélange
- i. — Appareil de laboratoire pour la préparation du magnésium.
- salin par l’action refroidissante d’une enveloppe annulaire 11, à circulation d’eau, sur laquelle les brides de A et de K sont serrées par les pinces Z, à fourrure d'amiante I.
- L’intensité du courant à employer est de 30 ampères par décimètre carré de cathode et nécessite une force électromotrice de 10 volts. D’après bailleur, le prix de revient du sodium, par cette méthode, ne dépasserait pas 4 francs.
- Les usages du sodium sont : la préparation de la soude caustique chimiquement pure, du peroxyde de sodium, des cyanures alcalins par l’action de ci1 métal sur le ferrocyanure de potassium et la réduction de certaines substances organiques dans la fabrication des couleurs d’aniline.
- Pour la plupart de ces usages, on peut, au lieu du métal isolé, employer certains de ces alliages qui s’obtiennent facilement par voie électrocliimique, particulièrement les alliages de plomb et d’étain, qui se préparent par voie sèche, el peuvent contenir : le premier, jusqu’à
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- 15 p. 100 de sodium et le second 45 p. 100, l’amalgame avec le mercure qui se prépare par voie humide, mais ne peut absorber qu’une quantité très faible de sodium.
- L’amalgame de sodium n'est préparé que comme intermédiaire transitoire dans la fabrication delà soude. Dans le procédé Castner, dont l’appareil est reproduit ci-contre (lig. 4), l’amal-
- ' ïjll R
- Fig. 2 et 3. — Appareil lîorchers pour la préparation des métaux alcalins. Coupe verticale et plan.
- game produit dans les deux compartiments latéraux contenant une solution de sel ordinaire. Par l’agitation du vase, le mercure passe sous les cloisons et arrive dans le compartiment central où il décompose l’eau en donnant de la soude caustique. L’anode est constituée par deux charbons placés dans les compartiments latéraux où se dégage le chlore ; la cathode, formée par des peignes métalliques sur lesquels se dégage l’hydrogène, est placée dans le réservoir
- Fig. i. — Appareil Cashier pour la pré]) a ration île l'amalgame de sodium.
- central. Le mercure sert de conducteur intermédiaire jouant d’un côté le rôle de cathode et de l’autre le rôle d’anode.
- La préparation des alliages avec le plomb et l’étain, préconisée par Rogers, peut se faire au moyen de l’appareil suivant du professeur Porchers (lig. 5). Le mélange électrolysé est celui des trois chlorures déjà employés dans la fabrication du sodium pur. La force électromotrice nécessaire est la même. Il faut seulement, en raison de la plus faible densité de l’alliage, agiter le plomb pour arriver à le saturer de sodium. Ce résultat est obtenu en faisant tomber en cascade le plomb fondu en F le long des parois du vase métallique et d’où l’alliage s’évacue
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- TR AITÉ d’ÉLECTROMÉTALLURG 1E.
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- dans le vase OS, chauffé par les gaz du foyer, qui porte des cannelures circulaires à joint réfrigérant R.
- Carbure de calcium.. — Le professeur Borchers, après avoir reproduit les prix de revient annoncés par la Willson-Aluminium Company à Spray (Caroline du Nord), établit que, d’après
- Fig. 5. — Appareil Borchers pour la préparation des alliages de sodium et de plomb. Échelle 1/15°.
- ses expériences, la dépense de force motrice est beaucoup plus élevée que ne l’admet ce prix de revient et indique les consommations suivantes pour la production de i 000 kilos de carbure de calcium :
- 1 000 kilos de chaux vive.
- 800 — de poudre de charbon.
- ">00 — chevaux électriques pendant 12 heures.
- Aluminium. — Le procédé Cowles, dont le dessin ci-contre (fig. 6 et 7) représente l’appareil, obtient la réduction de l’aluminium par le charbon en présence de métaux, cuivre ou fer, qui s’allient à l’aluminium. Il est impossible d’obtenir l’aluminium isolé parce qu’en cette température élevée il se combine au charbon pour former un carbure; le cuivre ou le fer, en raison de leur grande affinité pour l’aluminium, empêchent cette combinaison de se faire. Dans cette opération, la réduction de l’aluminium résulte uniquement de l’élévation de température produite par le passage du courant et nullement d’une action électrolytique de ce courant. Le professeur Borchers le montre par une expérience qui consiste à réduire l’alumine au contact d’une baguette de charbon chauffée pour le passage du courant. L’intensité du courant doit être de 10 ampères par millimètre de section de la baguette, ce qui envoie une force électromotrice de 0'1’1,4 par millimètre de longueur. F.a baguette, qui a 3 millimètres de diamètre, est passée par ses deux extrémités entre deux gros charbons qui amènent le courant dans le creuset où se fait l’expérience.
- Toutes les tentatives faites pour préparer électrolytiquement l’aluminium par voie aqueuse ont échoué.
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- La préparation de l’aluminium se fait aujourd’hui exclusivement suivant le procédé Héroult par électrolyse de sels fondus, qui sont maintenus en fusion par l’emploi de courants suffisam-ment intenses. « C’est l’application de ce principe de chauffage qui a rendu possible l’extraction industrielle de l’aluminium par voie électrolytique, car, avec elle, pouvait être résolue la question relalive à la matière des vases en fusion,jusque-là restée sans réponse. » Le bain électro-lysé est un mélange de fluorure et d’oxyde d’aluminium, dont on entretient la composition par des additions continues d’alumine, comme Sainte-Claire Deville l’avait déjà indiqué, et des additions intermittentes de fluorures pour réparer les pertes du bain en fluor.
- L’intensité du courant est de 100 à 200 ampères par décimètre carré de cathode, avec une force éiectromotrice de 12 à la volts.
- Les figures 8 et 9 représentent l’appareil industriel d’Héroult.
- Enfin, des essais récents ont été faits pour électrolyser le sulfure d’aluminium en dissolution dans les chlorures alcalins fondus. Ce procédé aurait le grand avantage de réduire la consom-
- Fig. 6 et 7. — Foui’ Cowles pour la fabrication de l’aluminium. Coupes transversale et longitudinale.
- mation énorme des électrodes en charbon qui a lieu dans le procédé à l’oxyfluorure. Mais, jusqu’ici, on ne connaît aucun moyen économique de préparation du sulfure d’aluminium.
- Cuivre. — Le raffinage électrolytique du cuivre par le procédé Elkington a pris aujourd’hui un développement considérable ; il a été, il y a une dizaine d’années, l’objet d’une étude très complète de la part de Killiani. Dans ce procédé, on emploie comme anode du cuivre brut impur, qui se dissout par le passage du courant en même temps qu’il se précipite du cuivre pur sur la cathode. Le bain électrolytique est composé, au début, par une solution de sulfate de cuivre acidulé par l’acide sulfurique; par le fait même de l’opération, elle se charge progressivement de sels solubles, particulièrement de sulfate de fer provenant de la dissolution de l’anode, et s’appauvrit en cuivre, de telle sorte qu’il faut, de temps en temps, renouveler la solution cuivrique. La plupart des autres impuretés du cuivre noir se précipitent sous forme de dépôt boueux au fond des caisses.
- Les résultats suivants ont été obtenus par Killiani avec une densité de courant de 0i,rai’,2 par décimètre carré dans une solution contenant ISO grammes de sulfate de cuivre par litre, et 50 grammes d’acide sulfurique.
- ]j’oxyde de cuivre tombe d’abord dans les boues, sans être attaqué par le passage du courant; mais, à la longue, il se dissout dans l’acide sulfurique du bain.
- Le sulfure de cuivre tombe dans les boues sans être ultérieurement attaqué.
- L’argent passe totalement dans les boues si la liqueur est suffisamment acide; en liqueur neutre, il se dissoudrait totalement pour aller se reprécipiter à la cathode.
- Le bismuth se sépare à l’état de sels basiques insolubles.
- L’cfam reste à Eclat de sel basique sur l’anode; sa présence en quantité importante dans
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- TRAITÉ
- 1)’ ÉLECTROMÉTALLURGIE.
- lo cuivre à raffiner abaisserait la force éleefromotrice nécessaire, et donnerait sur l’anode un dépôt de cuivre beaucoup plus malléable,
- V arsenic et Y antimoine vont en partie dans la dissolution, en partie dans les boues; leur précipitation est activée par l’oxydation obtenue en faisant passer de l’air bulle à bulle dans le bain électrolytique.
- Le plomb passe dans les boues à l'état de sulfate.
- Enfin, le fer, le zinc, le nickel, le cobalt restent en totalité dissous, et la formation de leur sulfate amène un appauvrissement correspondant du bain en cuivre. 11 faut renouveler les bains lorsque la teneur en cuivre est trop faible; il faut surtout veiller à entretenir leur degré
- Fig. 8 et 9. — Appareil Hérault, pour la préparation des alliages d'aluminium.
- d’acidité convenable, sans quoi il se précipite sur l’anode, avec le cuivre, de l’oxvdrule, qui rend le métal cassant.
- Il est indispensable d’agiter constamment le bain électrolytiqne pour l’empêcher de se séparer en couches de densités différentes, d’y faire passer un courant d’air, et enfin de le chauffer, ce qui permet l’emploi de courants trois fois plus intenses, sans cesser d’avoir un bon dépôt métallique.
- E’appareil suivant de Rorchers permet de réaliser ces diverses conditions (fig. 10). L’insuf-ilation d’air est faite par un tube de verre </, placé au milieu d’un tube en plomb b, de telle sorte que la circulation des bulles d’air provoque celle de tout le liquide. Celui-ci part du fond de l’appareil au-dessous de la caisse à dépôt des boues, qu’il est important de ne pas mettre en suspension sur le liquide.
- La densité de courant la plus convenable est, à froid, de 01 mP,3, et, à chaud, de 1 ampère
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- par décimètre carré de cathode. Avec une distance de 0m,0.'> entre l’anode et la cathode, la force électromotrice nécessaire varie de 0volt,i à 0voU,2, suivant l’acidité de la dissolution.
- Par ce procédé, le raffinage de 1 -tonne de cuivre n’atteint pas 100 francs.
- Les nombreuses tentatives faites pour extraire par des procédés électrolytiques le cuivre de ses minerais n’ont jusqu’ici donné aucun résultat définitif. L’auteur appelle cependant tout particulièrement l’attention sur le procédé suivant de Hœffner.
- Une solution de chlorure cuivreux dans le chlorure de sodium est électrolysée en employant des anodes en charbon. Le cuivre se dépose sur la cathode, en même temps qu'il se forme du bichlorure de cuivre autour de l’anode. La force électromotrice est de 0voU,8, et le dépôt de cuivre, pour 1 ampère par heure, est de 2^r,36, c’est-à-dire le double de ce que l’on aurait par l’électrolyse du sulfate cuivrique.
- La solution du chlorure cuivrique est employée pour attaquer les minerais de cuivre crus ou grillés avec régénération de chlorure cuivreux, qui est de nouveau soumis à l’électrolyse, et
- Fig. 10. — Appareil Bor-chcrs pour le raffinage électrolytique du cuivre avec insufflation d’air.
- Fig. 11. — Appareil Cohen pour l’électrolyse du protochlorure de cuivre sans diaphragme.
- ainsi de suite indéfiniment. L’inconvénient de ce procédé est d’exiger un broyage très fin et par suite très coûteux des minerais, et des lavages difficiles.
- Pour éviter l’emploi de vases poreux dans l’électrolyse, Cohen sépare le chlorure cuivrique en utilisant sa plus grande densité au moyen de l’appareil suivant, (fig. 11).
- Le chlorure cuivreux arrive constamment par le haut du vase, tandis que le chlorure cuivrique s’écoule par la partie inférieure, où il descend h' long de l’anode de charbon A, contre laquelle il prend naissance.
- Nickel. — La préparation électrolytique de nickel a été l’objet d’un grand nombre d’essais infructueux; la décomposition du sulfate de nickel par le courant s’obtient facilement; mais, dès que la couche de nickel précipité atteint quelques dixièmes de millimètre d’épaisseur, elle s’exfolie et se détache. 11 a été pendant longtemps impossible d’obtenir ainsi des couches épaisses et compactes de ce métal. Le problème semble pourtant avoir été résolu par la Oxfonl Company, qui traite ainsi les minerais sulfurés du Canada, et qui livre au commerce du nickel très pur, malléable et tenace. Mais le procédé employé est tenu secret.
- Le nickelage en couche mince par les procédés électrolytiques est au contraire une opération très simple, couramment employée partout aujourd’hui.
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- tiluté d’klectromktalluiu; ie.
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- Ayi/enl. — Le seul traitement, éleelrolytique de Tardent qui ait une réelle portée industrielle est le raflinage de l’argent aurifère. On emploie comme électrolyte une solution diluée et acide d’azotate d’argent. I.’or n’est pas dissous, et tombe dans des sacs en toile entourant les anodes constituées par l’argent brut : le cuivre se dissous et s’accumule dans la dissolution, dont il n’est pas précipité par le courant, pourvu que sa proportion dans la liqueur ne soit pas trop élevée et que la densité du courant ne soit pas trop forte. L’argent se précipite sur la cathode en cristaux qui se dégageai et tombent au fond du vase.
- La densité du courant peut être, au début, de 3 ampères par décimètre carré, et doit descendre jusqu’à Tuni’,l3 à mesure que la teneur en cuivre de l’électrolyte augmente. La force électromotrice correspondante est de lv"u,3.
- Or. — l/or est extrait aujourd’hui sur une large échelle par voie éleclrolylique dans le traitement au cyanure. Dans le procédé Siemens et Halslce, on précipite l’or de sa dissolution, qui renferme environ 8 grammes d'or au mètre cube, sur des cathodes en plomb, que l’on coupelle lorsqu’elles sont chargées de 2 à 2 1/2 p. 100 de leur poids d'or. Les anodes en fer donnent lieu à la formation de bleu de Prusse qui sert à régénérer le cyanure.
- Zinc. — De nombreux essais, peu satisfaisants jusqu’ici, ont été faits pour extraire électro-lytiquemenl le zinc de ces minerais pauvres, dont le traitement par voie sèche est trop dispendieux.
- Le procédé électrolytique n’a donné de bons résultats que pour le traitement des écumes de zinc qui se forment dans la désargentation du plomb. Ces écumes renferment en moyenne 77 p. 100 de plomb, 12 p. 100 de zinc et 24 p. 100 d’argent ; quand on n’emploie pas d’aluminium, et quand on ajoute ce métal au zinc dans la proportion de 0,3 p. 100, on obtient des écumes beaucoup plus riches en argent et en zinc, qui tiennent jusqu’à 70 p. 100 de ce dernier métal, de 20 à 40 p. 100 d’argent, et très peu de plomb et de cuivre. C’est dans ce dernier cas seulement que l’électrolyse donne des résultats réellement industriels.
- L’écume est placée en fragments sur une plaque de plomb horizontale occupant le fond du banc; au-dessus, des lames de zinc fixées à un arbre vertical entretenu en rotation continuelle servent de cathode. L’élecirolyte se compose d’une solution de chlorure de zinc el de magnésium de densité 1,33, dont la neutralité est entretenue par des additions d’oxychlorure de zinc. Le zinc obtenu est très pur ; le plomb et l’argent restent sous forme de boues renfermant, à l’état sec, 73 p. 100 d’argent, 12 p. 100 de plomb, et de petites quantités de divers oxydes.
- Pour précipiter le zinc éleclrolytiquement sans décomposer l’eau, il faut des densités du courant considérables — Killiani a obtenu les résultats suivants avec une solution très concentrée de sulfate de zinc de densité 1,38.
- Ampères par décimètre carré.
- KquivalcntsJd'H. dégagés par équivalent de Zn déposé.
- Observations.
- 0,1 0,0213
- 1.8 0,0203
- 3,8 0,0031
- 13,8 0,0039
- 31,(3 0,0030
- 184,3 »
- 1!)1,81 »
- Très spongieux, kl. kl.
- Spongieux sur les bords Encore peu solide.
- Très solide et brillant, id.
- L’état spongieux du zinc tient à la présence de quantités très faibles d’oxyde de zinc n’atteignant pas 1 p. 100. — Tous les oxydants: eau oxygénée, azotates, favorisent la formation du zinc spongieux, ainsi que la présence de certaines impuretés qui favorisent l’oxydation du zinc, comme le cuivre, l’antimoine, la présence d’oxyde de zinc en suspension dans les bains. Au contraire, la présence de petites quantités d’acide libre s’oppose à la production de l’état spongieux; il suflit qu’elle renferme 0,01(1 p. 100 d’acide sulfurique libre. Avec un excès d’acide
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- libre, il se dégage constamment de l’hydrogène sur la cathode par suite de son attaque, et la présence des bulles de gaz rend très irrégulier l’accroissement du dépôt de métal.
- Nahuson a montré que l’on pouvait employer des densités de courant d’autant plus faibles, sans obtenir le dépôt spongieux, que la température était plus basse.
- Temporal m-II III 20 au
- Ampères par décimètre carre.
- 1
- Ci
- 211
- Chrome. — On a, à maintes reprises, préparé au laboratoire du chrome électrolytique en partant des solutions aqueuses de ses sels; mais, comme llunsen l’a montré, ce résultat ne peut être obtenu qu’avec de grandes densités de courant. Les courants trop faibles donnent un dépôt de protoxyde el même de sesquioxyde de chrome. Il faut, en moyenne, 70 ampères par décimètre carré de cathode. L’auteur emploie, comme éleclrolyle, une pâte de sesquichlo-rure de chrome dans l’acide chlorhydrique, et comme dépolarisant une solution de bisulfite de soude; l’anode est en charbon, la cathode en platine. La surface de cette dernière csl réduite de façon à avoir facilement l’intensité de courant désirable.
- On voit, par ces quelques extraits, l'abondance et la précision des renseignements que renferme l’ouvrage du professeur Boreliers ; on comprend les services qu’il est appelé à rendre à tous les industriels qui s'occupent d’électrométallurgie.
- II. L. C.
- Dictionnaire des Arts et Manufactures et de l’Agriculture par Ch. Laboulaye i'7L' édition ,
- Il vol. in-4°. Paris, Dunod et Vicq.
- Le Dictionnaire des Arts et Manufactures est suffisamment connu pour qu’il soit inutile d’en présenter longuement la nouvelle édition à nos lecteurs. Nous nous bornerons à dire que cette édition réalise sur les précédentes un notable progrès comme accroissement et "mise au courant des articles anciens, additions d'articles nouveaux. Comme exemple, nous citerons, parmi ces derniers, l’article consacré aux explosifs— chaleur dégagée, température, pressions, vivacité des explosions, déflagration et détonation, emploi des explosifs classés en : 1° explosifs détonants fà nitroglycérine ou dynamite, au coton nitré ou pyroxyles, à produits nilrés dérivés de la houille, panclasliles, explosifs d’amorce ; 2° explosifs déflagrants (poudre noire, poudres nitratées, chloratées, picratées, au coton nitré): emploi dans les mines à grisou, transport, destruction des matières et engins explosifs, (jràce à cette classification rationnelle et très pratique et à la division claire et logique de l’article, l'auteur a pu concentrer, en quelques pages, un grand nombre de données nettement exposées et faciles à retrouver immédiatement, condition évidemment nécessaire dans un pareil répertoire.
- La convention d’ïïnion internationale du 20 mars 1883 pour la protection de la Propriété industrielle. Commentaire, par M. Eugène Pouillet, bâtonnier de l'Ordre des avocats à la Cour de Paris, el M. Georges Plé, avocat à la Cour de Paris. (Un vol. in-8 de 162 p.). Paris, Marchai et billard.
- Par propriété industrielle, on entend l'ensemble des droits qui ont pour objet les brevets d’invention, les dessins et modèles de fabrique, le nom commercial, les mar-
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- BIBLIOGRAPHIE •
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- quos de fabrique ou de commerce. Les principes qui régissent ces différentes matières ne sont pas les mêmes dans tous les pays, et ils varient sensiblement d’une législation à l’autre.
- Depuis longtemps, les intéressés avaienl formé le vœu de voir adopter par tous les pays des règles communes. Ce vœu trouva un premier éebo en 1873, au Congrès qui s’est réuni à Vienne à l’occasion de l’Exposition qui avait lieu on cette ville. Il fut formulé de nouveau au Congrès de Paris, en 1878.
- C’est ;i ce vœu que la Convention internationale du "20 mars 1889 est venue donner un commencement de réalisation. Signée entre onze Etats, auxquels sont venus plus lard se joindre sept autres Etats, — qui, tous ensemble, forment ce que l’on appelle une Union, — elle contient un certain nombre de règles relatives à la propriété industrielle, qui ont été adoptées par tous les Etats contractants.
- Citons, parmi les règles les plus importantes : le traitement national accordé, dans chaque Etat, aux étrangers sujets des autres pays de l’Union; le nom commercial des sujets de l’Union protégé dans tous les Etats sans obligation de dépôt ; les marques de chaque pays, quelle que soit leur nature, admises au dépôt dans tous les autres pays, pourvu qu’elles le soient dans le pays d'origine, l’inventeur ou le commerçant, qui a pris un brevet ou fait le dépôt d’un dessin ou d’une marque jouissant d’un délai pour se faire protéger dans les autres pays de l’Union, sans avoir à craindre, pendant ce délai, la déchéance résultant de la publicité donnée au brevet, au dessin ou à la marque, objets du premier dépôt, etc.
- Les différentes règles édictées par la Convention n’ont pas été sans soulever des questions parfois délicates. Ces questions sont traitées par les auteurs du travail que nous présentons à nos lecteurs avec lucidité et compétence. Leur commentaire sera donc consulté avec fruit non seulement par les jurisconsultes, mais encore par les inventeurs, les industriels et les commerçants que les règles de la propriété industrielle intéressent à si juste titre.
- LEFÈVRE (Julien), professeur à l’Ecole de médecine de Nantes. — Éclairage électrique. (Encyclopédie scie ntlfi que fies Aide-Mémoire.) Paris, Gauthier-Villars.
- Les premiers chapitres traitent de la production de l’électricité. Après un article consacré aux piles, on y trouve : la théorie des dynamos à courants continus et des alternateurs à courants simples ou polyphasés ; l’étude des divers modes d’excitation et des propriétés des diverses sortes de machines génératrices, puis la description d’une station centrale et des appareils qu’elle renferme, en outre des dynamos : moteurs de divers genres, tableaux de distribution, etc.
- L’auteur s’occupe ensuite des différents systèmes de distribution : en série, en dérivation, en boucle, par feeders, à trois fils, etc., puis viennent les transformateurs et les accumulateurs avec leur emploi.
- La dernière partie est plus spécialement consacrée aux appareils d’éclairage : lampes à incandescence, régulateurs à arc voltaïque et bougies. Pour chacun de ces systèmes, l’auteur expose d’abord la théorie ; puis il décrit un certain nombre de modèles, choisis parmi les plus nouveaux et les plus intéressants. Le dernier chapitre indique les avantages de l’éclairage électrique et son prix do revient dans les cas les plus fréquents.
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- PROCÈS-VERBAUX
- Séance du 27 novembre 1896.
- Présidence de M. Mascart, président.
- .]/. le Président fait part de la perte si douloureuse que la Société vient d’éprouver par la mort de M. Alfred Tresca, membre du Conseil du Comité des Arts mécaniques. U exprime de nouveau la profonde estime, la très vive sympathie que nous portions tous à notre regretté collègue et donne lecture du discours prononcé sur sa tombe, au nom de la Société d’Encouragement, par M.Haton de la Goupillière, président du Comité des Arts mécaniques, et reproduit en tête du présent Bulletin.
- M. le Président donne lecture de la lettre suivante, qui lui a été adressée par M. A. Gortschakoff, vice-président de la Société Impériale technique russe :
- Monsieur le Président,
- La Société d’Encouragement a reconnu le président de la Société Impériale technique russe membre de la Société d’Encouragement à titre de réciprocité. En vertu des statuts de la Société Impériale technique russe, cette question a dû être soumise à la décision de l’assemblée générale le 19 octobre courant.
- L’assemblée générale a décrété à l’unanimité la réciprocité, c’est-à-dire l’élection du président de la Société d’Encouragement membre de la Société Impériale technique russe.
- En me faisant un plaisir de vous faire part de cette décision, j’espère que les deux Sociétés, dont le but est presque le même, continueront leurs œuvres en se donnant la main. Nos confrères français, munis de lettres de recommandation de votre part, peuvent être sûrs de recevoir à Saint-Pétersbourg un accueil fraternel...
- La lecture de cette lettre est saluée par les applaudissements de l’auditoire.
- Correspondance. — En l’absence de son collègue M. Aimé Girardretenu par une indisposition, M. Collignon dépouille seul la correspondance.
- Il fait part de la mort de M. A. Blavier, membre de la Société, ingénieur des mines et sénateur de Maine-et-Loire.
- M. K. Rélouis, membre de la Société, chimiste à Colombes, envoie, pour être déposé aux archives, un pli cacheté concernant des Travaux sur le Vanadium.
- M. P. Cadot, électricien à Maronnes, soumet à l’appréciation de la Société un compteur de son invention. (Arts économiques.)
- M. J. Groslière, à Saint-Victor, par Montluçon, demande le concours de la Société pour un mécanisme de transmission. (Arts mécaniques.)
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- l'ROCKS-YKUBAUX.
- DÉCEMBRE 18!M>.
- 1701
- M. II. de Sarrauton, à Oran, présente une montre décimale donnanL la division du quadrant on 12 et 24 heures, ainsi que l’heure décimale. (Arts économiques.)
- M. Thomas Roch/ord, à I>aîlyainiy Nenagli, comté de Tipperary (Irlande). — Noie sur un moyen de préserver les prairies de la sécheresse. (Comité d’Agriculture.)
- ;]/. Seun/er, 1)0, rue de Longchamps, demande une annuité de brevet pour un moteur il pétrole pour automobile. (Arts mécaniques.)
- M. lé Clore, 7, rue de l’Lslrapade, Paris, présente à l’approbation de la SociéLé un poêle hermétique pour chauffage. (Arts économiques.)
- Le Comité formé à Home en vue de fêter le 70' anniversaire du professeur Ceinnizaro, invite la Société à se faire représenter à la cérémonie qui doit avoir lieu à Home pour remettre au professeur une médaille commémorative.
- M. Arthur Rroivn. à Port-au-Prince (Haïti), s’adresse à la Société pour obtenir d’elle des renseignements relatifs à l'argenture des glaces.
- Corukspoisdaxce imlmumee. — M. Colliguon présente au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages mentionnés à la page lo60 du Bulletin de Novembre.
- Sont nommés membres de la Société :
- MM. Boulet, distillateur et Donard, ingénieur-chimiste, présentés par MM. Aimé Girard et Lindet.
- M. Brillié, ingénieur à la Compagnie du chemin de fer de l’Ouest, présenté par M. E. Sauvage.
- Le capitaine Mengin, chef de l’atelier de précision de la section technique de l’artillerie, présenté par M. Mascart.
- Conféiœnck. — M. E. Sauvage fait une conférence sur la Machine êi vapeur.
- M. le Président félicite M. Sauvage du succès de sa belle conférence, et le remercie de l’empressement avec lequel il a bien voulu nous consacrer cette soirée.
- 111
- lume 1. — 0t>“ année. ou série. — Décembre !8tM).
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- LIVRES ET OUVRAGES REÇUS A LA RIBLIOTHÈQUE
- EN DECEMBRE 189 0
- De la Snîithsonian Institution. Contributions to Knowledge. Vol. XXX, XXXI, XXXI I. Argon a new Constituent of the Atmosphère, by Lord Rayleigh and Professor W. Ramsay. Methods for the Détermination of Organic Matter in Air, by D. II. Rergey. An. Index to the Généra and Species of the Foraminifera, by C. D. Slierborn, par M. N. L. Z, publiés à Washington, par l'Institution.
- Lehrbuch der Mechanisch. Metallurgischen Technologie, par A. Ledebur, l('r fascicule, chez Yieweg, à Brunswick.
- Practical Electricity. Leroux de laboratoire. Vol. 1. Courant, voltage, résistance, énergie, piles, par W. E. Ayrton. 1 vol. in-18, G5-0 p. London, Cassell.
- American Society of Mechanical Engineers. Transactions, vol. XVII.
- Principaux mémoires. — IliUinys. Le marteau étanipeiir moderne (Mae Elroy). Utilisation tics chutes du Caratunk [ Webber). Utilisation des forces hydrauliques \Goss). Essai d'une turbine de Laval de 10 chevaux [Kinysbury . Expériences sur le frottement des vis Huer). Proportions des machines à vapeur rapides (Goubert, Peabody et Denton). Expériences avec le calorimètre à étranglement {Carpcn-1er). Effets de la température sur la résistance du fer et de l'acier (Emery). Essais comparatifs de chaudières [Potier). Pièces forgées creuses !. K et tel). Détermination de la résistance des cylindres des pompes Hryun). Les bateaux des fleuves de l'ouest (Gross). Influence des longs tuyautages sur les diagrammes d’indicateur [Murray). Volants en acier [Whitham . Action des retardeurs dans les tubes de chaudières. Expériences avec des grilles mécaniques [Hoffmann). Dynamomètre hydraulique [Thurston). La vapeur surchauffée ('arpenter). Nouveau calorimètre pour vapeur Kent,. Rendement des chaudières [Kee/i . Résistance des fontes.
- Séances de la Société française de physique, 18110, 2e fascicule.
- Annali di Statistica d’Italie. l'rot incia di Trapini. Rome, typographie nationale.
- Du Ministère des travaux publics. Statistique des chemins de fer français au 31 décembre 1894. 1 vol. in-4, 338 p. Imprimerie Nationale.
- Du Ministère de l'Instruction publique. Compte rendu du Congrès des Sociétés savantes de Paris et des départements, renu à la Sorbonne en 1890. Section des Sciences. 1 vol. in-8, 217 p. Imprimerie Nationale. Nouvelles archives des missions scientifiques et littéraires. Vol. VIII, in-8, 028 p. Imprimerie Nationale
- l)u Ministère du Commerce. Description des machines et procédés brevetés. Vol. LXXXVI
- (1893). Agriculture, Meunerie, Boulangerie, Mines, Métallurgie, Papeterie, Arts chimiques, Habille-ment. In-4, Imprimerie Nationale.
- De Y Encyclopédie des travaux publics de M. Lcchalas. Stabilité des constructions. Résistance des matériaux, par M. A. flamant, membre du Conseil. 1 vol. in-8, 070 p. Paris, Raudry.
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- OUVRAGES REÇUS EN DÉCEMBRE 1896.
- 1703
- Le piston, la tige de piston, les guides de la tête du piston et le balancier, par
- M. J. N. llaffard, membre du Conseil. I brocli. extraite du Bulletin des anciens élèves des écoles d’Arts et Métiers.
- Étude de Sociologie pratique, par E. de Masquard. Une brocli. in-8, 32 p. chez l’auteur, à Saint-Césaire-les-Nimes.
- De la collection Leauté. Les Levures, par E. Kayser. Paris, Gauthier-Villars.
- De M. E. Collii/non, membre du Conseil. Remarques sur les nombres entiers et applications diverses de la géométrie des masses, extraits du Bulletin de l’Association française pour l’avancement des Sciences.
- Annuaire du Bureau des longitudes pour 1897.
- Notice sur te mouvement propre du système salaire, par M. F. Tisserand. — Les rayons cathodiques et les rayons Rônlgen, par M. II. Poincaré. — Les époques (tans l’Histoire astronomique des planètes, par M. J. J anssen. — Notice sur lu quatrième Réunion du Comité international pour l'exécution de la Carte photographique du Ciel, par M. F. Tisserand. — Notice sur les travaux de la Commission internationale des étoiles fondamentales, par M. F. Tisserand. — Discours prononcé aux funérailles de M. Ilippolyle Fizeau, par M. A. Cornu. — Discours prononcés aux funérailles de M. Tisserand. par MM. II. Poincaré, •I. .Ianssen et M. Likwy. — Travaux au mont Blanc en 1896, par M. J. Janssen. In-18 de v-918 papes, avec 2 cartes magnétiques. (Paris, Gauthier-Villars et (ils.)
- De M. Paul Vibert. La République d’Haïti. Son présent, son avenir économique. La Concurrence étrangère. Les industries nationales. Les transports par terre et par mer, 2 vol. iu-8. Paris, Berger-Levrault.
- De M. F. Divelshaurcrs-Dery, membre correspondant. Étude de huit essais de machine à. vapeur. Extrait de la Bévue universelle des Mines. Une brocli. 40 p.
- Guide pour le soufflage du verre, par le l)1' Ebcrf, traduit par M. P. Lugol, I vol. in-18, 190 p., delà Collection des Actualités scientifiques. Paris, Gauthier-Villars.
- De la Bibliothèque des Conducteurs des Travaux publics. Locomotive et matériel roulant, par M. Demoulin, 1 vol. in-18, 402 p. 213 lig. Paris, Dunod et Vicq.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES RELUS A LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIETE
- Du 15 Novembre au 15 Décembre 1896
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES
- DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ay. . . Journal de l’Agriculture.
- Ae.. . . Annales de la Construction.
- Aep. . . . Annales de Chimie et de Physique.
- AM. . . Annales des Mines.
- Ap. . . Journal d’Agriculture pratique.
- A PP . . . Annales des Ponts et Chaussées.
- At. . . . Annales télégraphiques.
- Bam . . Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- Bip. . . . Bulletin du ministère des Travaux publics (statistiques).
- BMA. . . Bulletin du ministère de l’Agriculture.
- Ci. . . . Chronique industrielle.
- Co.. . . Cosmos.
- CS. . . Chimical News (London).
- C.S.. . . Journal of the Society of Chemical ludustry (London).
- DoL. . . . Bulletin nf lhe Reparlment of La-bor des Elats-l'nis.
- CR. . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- Dp. . . Ilingler’s Polytechnisches Journal.
- E. . . . Engineering.
- E’.. . . T he Engineer.
- Eum. . . Engineering and Mining Journal.
- EE.. . . Eclairage Électrique.
- El. . . Electrician (London).
- Ele. . . L’Électricien.
- Ef.. . . Économiste français.
- Es.. . . Engineers and Shipbuilders in Scolland (Proeeedings).
- Fi . . . . Journal of the Franklin Inslitule (Philadelphie).
- Gv. . . dénie civil.
- 6m. . . Revue du dénie militaire.
- IC. . . . Ingénieurs civils de France (fini-letin.).
- le. . . Industrie électrique.
- lm.. . . , Industrie minérale de Saint-Étienne.
- LITE . . Institutions of Mechanical Engi-
- neers (Proeeedings).
- loB . . . Institution of Brewing (Journal).
- En. ... La Nature.
- Ms. . . . Moniteur scientifique.
- N. . . . Nature (anglais).
- Pc. . . . JournaldePharmacie et de Chimie.
- Pm . . . Portefeuille éeonom. des machines.
- Ryc.. . . Revue générale des chemins de fer.
- Pi y Us. . . Revue générale des Sciences.
- Ri. . . . Revue industrielle.
- lime. . . Revue maritime et coloniale.
- lis .... Revue Scientifique.
- Iiso . . . Réforme Sociale.
- /CSE. . . Royal Society LondotyProceedingsj.
- Ht. . . . Revue technique.
- Ru. . . . Revue universelle des mines et de
- la métallurgie.
- SA. . . . Societv of Arts (Journal of the).
- ScP.. . . Société chimique de Paris (Bulletin).
- Sfp . . . Société française de photographie (Bulletin).
- Stj. . . . Bulletin de la Société de géogra-
- phie.
- Syc . . . Bulletin de la Société de géographie commerciale.
- Sic. . . . Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- SiM . . . Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- SiN . • Société industrielle du Nord de la France (Bulletin).
- SL. . . . Bulletin de statistique et de législation.
- SulL . . Sfahl und Eisen.
- USIt. . . Consular Reports to the United States Uovernment.
- VDl.. . . Zeitschrift des Vereincs Deutscher Jngenieure.
- 201.. . . Zeitschrift des Oesterrcichischeii Ingcnieure und Architekton-Ve-reins.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- DÉCEMBRE 1800.
- 1705
- AGRICULTURE
- Betteraves. Récolte et transport. Ay. 21 Nov., 824.
- — Expériences do Capello. Ay. 12 lire., 9:t0. Ap. 10 Dec., 839.
- — Draines françaises et, allemandes. Ay. 28 Nor., 800.
- — fourragères (Un insuccès dans la culture
- des). Ap. 10 Nor., 803.
- Blés d’iiiver (Labours pour). Ap. 20 Nor., 801. Engrais et prairies. Ay. 28 Nav.,802.
- — Fumier d’étable. Conservation. Ap. 10 Nuv., 747.
- — chimiques, emploi au jardinage. Co. 21
- Nor., .*28. 3 Dca., 300.
- — Conservation de l’azote du fumier, expériences do Hall. ,1p. 26 Nov., 783.
- — Utilisation des sels alcalins. Hs.28Nor., 008.
- — Assiuiilabilité de l’azote. A<j. 28 Nor., 873.
- — Nitragine (La; Voelker. Cs. 30 ïVor.. 707. Ferme de Plate. Aij. 28 Nor., 871.
- Forets. Reboisement du Sahara Desclianel . lis. 28 Nov., 087.
- Igname de Chine. Ay. 3 Déc., 903.
- Laiterie pour 40 laitières. Ap. 10 Déc., 800. Machines agricoles à l’Exposition de Cologne. YDI. 3, 12 Déc.. 1420, 1 133.
- — Labourage à la vapeur Mochwarl. YDI. 21 Nor., 1303.
- — — à l’électricité, expériences de Ber-taneourt. Ap. 3 Déc., 822. Ri, 3 Déc., 483. Ay. 12 Dec., 032.
- — Broyeurs de pommes;! cidre, lit. 23 Nor.-303.
- — Battage au Canada. F' 27 Nov., 333.
- — Moissonneuse Rrenlon. F. 4 Déc., 723. Metayayedans le Bourbonnais, dp. 10 Dre.,853 Plantations en mauvaises terres. Ay. 21 Nor., 830.
- Pommes de terre (Ensilage des). Ap. 20 Nor., 802.
- — (Rhizoetone de la*. E. Roze. CH. ~ Déc. 1017.
- Pression osmotique dans les graines germées.
- (Maquennei. CH. 23 Nov., 808.
- Russie (Industries agricoles en). Ap. 10 l)éc., 873.
- Sériciculture en France. Ap. 10 Déc., 800. Travail du sol. Ap. 10 Nor., 701.
- Vignes. Reconstitution. Ay. 21 Nov., 834.
- — Black-root (Viala). CH. 22 Nov., 003 Ay. 3 Déc., 003. dans le Sud-Ouest. Ay. 21 ;Yor., 830.
- — Pourri du raisin. Ay. 3 Dec., 009.
- — Vins de Russie (en France, Ap. 20 Nor., 702.
- — Production des vins en 1800. .SL. Nor., 510.
- — Analyse des vins, méthodes oflicielles allemandes. Ms. Déc., 889.
- CHEMINS DE FEU
- Accidents. Collision de Mardi. E. 4 Déc., 718. Chemins de fer. Américains en 1803 ]{i. 21 Nor., 407.
- — Autriche-Hongrie. AVC. Août 108; Etat Radois. kl. 201 ; Suède. Id. 203; Suisse, kl. 203,
- — du Lancashire Derbvshire. E'. 21 Nor..
- 547.
- — Brighton-Xoltingham.E, 4 Déc., 711.
- — de l'Afrique allemande, Société FFn-
- cournycinent de Berlin. Nor., 357.
- -— Clasgow District. E'. 4 Déc., 538.
- — Suisses en 180 4. Hyc. 4 Nov., 272
- à voie de 0m,37 de Eaton Hall. E. 20 Nor., 01.
- — d’intérêt local et tramways, loi du
- 11 juin 1880 Auric . APC. Sept. 271. Exploitation transporl des machines par colis séparés, Ce. 28 Nov., 042.
- Freins. Sabot Kmrer. Hc. 25 Aov., 525.
- — à air comprimé Crenet. Dp. 4 Déc., 23 4.
- — électro-pneumatiques Chapsal. IC. 10
- Déc., 554.
- Funiculaires Glasgow. Ex 20 Nov., 031 ; 4 Dec. 097.
- Locomotives express de Lehigli-Yalley Ry. E'. 11 Déc., 582.
- Uépèd de Stuggard. Hyc. Nov., 204, Compound express du Créât Southern. Ry. E'. 20 Nov., 524.
- -- Express du Nord Empereur Ferdinand. Ce. 28 Nov., 52.
- — Emploi de Uenveloppe de vapeur (Reare
- et üonkin). E. 4 Déc., 715.
- — au pétrole on Russie. VDI. 21 Nov.,
- 1357.
- Matériel roulant. Attelage Warsap. E. 27 Nor., 089. Norton. E. 11 Déc., 714.
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- 1700
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- DÉCEMBRE <800.
- Boîte à graisse Wilson. E. 27 Nov., 090. lvor-j buly. 300. 27 Nov., (RM.
- Bogies Spencer. E. 4 Déc., 723.
- Chauffage à la vapeur. E'. 4 Déc , 375.
- Roues en tôles ondulées üerterjuski. E. 20Nov., 0.39. en fonte et à bandages. FJ. 2QNov., 327. à galets lludson. E. 4 Déc., 723. j Becalage (des) au chemin de fer du 1 Nord, Rgc. Nov., 247. j
- Signaue. Bloch System automatique aux : Etats-Unis. Gc. 21 Nov. 43.
- — de la station de Uiverpool. St. E. 4 Dec.
- 097.
- Trains (Résistance des). E. 27 Nov., 340.
- — express anglais. Gc. 3 Dec. 73; E.
- 4 Déc., 710.
- — allemands. Rgc. Nov., 283.
- Voies. Coussinet à serrage automatique Chanu. Ri. 23 Nov., 321.
- — (Croisements et changements de) au
- P.-L.-M. Rgc. Nov., 232.
- Wagons pour le transport du poisson vivant. Gc. 3 Déc., 72.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles (Les). (W. Beaumont). SA. 27 Nov., 17.
- — en Angleterre. E'. 4 Déc., 333; Rt.
- 10 Déc., 337.
- — Barron. Austin. E. 4 Déc., 724.
- — Concours de l’Engineer. E'. 20, Nov.,
- 4 Déc., 317, 373. de l’Automobil-Club. Gc. 21 Nov., 40.
- — Cours»; de Brighton. E. 20, 27 Nov., 048, 033, 078. E1. 20 Nov., 318, 321,
- — Electriques (Les). Go, 3 Déc., 379.
- — à pétrole (Les t. E1. 4 Déc., 713. Craslain.
- E'. 27 Nov., 340; .SA. 21 Nov., *28. Root-Petter. SA. 27. Nov., 23, 20. Fiacre Roger. En. 3 Déc. ; Benz. La Locomotion automobile, 10 Déc., 320.
- — à vapeur Thornycroft-Holt. SA. 27 Nov.,
- 24, 30. Serpolet. La Locomotion automobile, 3 Déc., 313.
- Électricité. Elevaled de New-York. En. 31 Nov., 391.
- — Stations mixtes, éclairage et traclion. EE. 28 Nov., 412.
- — Matériel de la Compagnie de Fives-LiIle. EE. 28 Nov., 283.
- - Tramways (Les). Gc. 28 Nov., 39 ; Ef.
- 28 Nov., 703. aux Etats-Unis, Ln. 28 Nov., 407.
- ----- — de Brightorr E'. 4 Déc., 370. Bris-
- tol. E. H Hcc., 739. Londres, hl. 741. Paris. EE. 12 Déc., 303. Bordeaux. IL 320.
- — — (Perturbations dues aux). Elé. 21
- Nov.] 12 Déc., 328, 37o; Sic. Août, 300.
- — — Prix de la traction. W. Ocl. 374.
- - — Montée des rampes. Elé. 28 Nov., 339.
- à. Iroleg (Raccords des fils) sur ponts tournants Potier. EE. 21 Nov. 303.
- — — Passage en courbes. Elé.21 Nov.,320. — Emplacement correct des fils. EE.
- 3 Déc., 434.
- — sans truleg. Therrcll. EE. 28 Nov. , 411.
- — '— Thomson et Walker. E. 4 Déc., 723. Train continu Le Roui pour expositions. Rt.
- 23 Nov., 322.
- Tramways. Nettoyeurs automatiques des rails. Ri. 21 Nov.. 408.
- Prix de revient de la traction automobile (Séguela). Pm. Déc., 181. Vélocipèdes. Divers. Rs. 12 Déc.] Dp. 11 Déc, 230.
- — Exposition du Stanley-Club. É. 27 Nov., 078.
- électrique Libbey. E. 20 Nov. 000.
- — A pétrole Davis. Locomotion automobile. 10 Déc., 327. Runcan Suberbie. Pm. Déc., 190. tricycle de Dion et Bouton. Ln. 12 Déc., 17; Pm. Déc., 190 Bollée. hl. 190.
- — pliable Foitn. E1. 4 Déc..373.
- — Dynamique de la bicyclette. Rt. 10 Déc., 338.
- ; Changements de vitesse pour). Ln. 12 Déc., 23.
- — Compteurs pour) Foureau, Cliateau. Ln. 12 Déc., 29.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acides phosphorique et pyrophosphorique.
- dosagt! et transformation (Berthe-lot et André). CR. 10 Nov., 773, 770. -- Phosphorique. Dosage dans les eaux potables (Lepierre). ScP. 3 Déc., 1213.
- — sélénique. Chaleur de formation. CR.
- 7 Déc., 998. Dosage iodométrique. CN. 11 Déc., 284.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- DÉCEMBRE 1890.
- • 1707
- — Indique. Action do l’aeido sulfurique ol de l'iode. CR. 10 Nov., 814.
- — Citrique et malique. Exlraotiou et carue-térisation par la quinine cl la cin-choniue (Lindet). Sri1. 20 A’or., 1100. Acidimétrie (Mélliode d’). (Wnrms). Sel*. 20 Nov., 1709.
- Acoustique. Expériences sur la liauteur des sons rendus par des tiges cylindriques entaillées ou perforées (De-charme). Acp. Déc., 1.
- Air. (Analyse de l’j par un champignon. CA'. 20 Aor., 247; Cil. 10 Aor. <810.
- — (Composition de) (Leduc). CR. 10 Nov..
- 80a.
- Alcaloïdes. Caractérisation par leurs précipites micro-cristallins. De. 1 Déc., 48a.
- — de la coca et de la belladone (Crass-
- man), Ms. Déc., 87a.
- Amides (Constitution des). (Lechmann.i Sel*. 20 Nov., 1785.
- Amidon. Dosage dans les graines de céréales (Lindet). Sel*. 20 Nov., 1103.
- Amines aromatiques. Action sur les composés cétoniques (Simon). AcP. Déc., 433.
- Analyse spectrale. Spectres des chlorophyles. (Etard.) CR. 10 Aor., 82 4.
- — des vins officielle en Allemagne. Ms.
- Déc., 889.
- Anhydride eamphorique. Action du chlorure d'aluminium (Diane). SVP. 5 Déc. \ 191. Aryon (L’). Sel*, a Déc., 1803. et hélium. CA'. 27 Nov. 200.
- Atropine et cocaïne. Constitution chimique (Moureui. Actualités chimiques, uillet,
- 141.
- Blanchiment. Cuve Vallon. Cs. 30 Aor., 804. Brasserie. Analyse du malt. Ms. Déc., 902.
- — Divers. Cs. 30 Aor. 823.
- Caféine. Dosage dans le thé. Pc. 1 Déc., 490. Charbons. (Constituants des). CN. 26 Nov., 200. Céramique. Fours divers. Dp. 20, 27 Nov. 169, 193.
- — (Progrès de la). Dp. 4, 11 Dec.. 237,
- 202.
- t'halumeau (Emploi du plâtre dans les analyses au). (Andrews). CA. 28 Aor.)
- 4 Dde., 204, 273.
- Chaux et Ciments. Ciment de Portland pur.
- K. 20 Nov., 030. Mélangé de 1 aitiers.
- Le Ciment. 23 Nov., 179. (
- — Essais au laboratoire de Berlin. Cs-30 Nov., 809. Expériences de Zurich. Rt. 10 Déc., 332.
- — Ciment de laitiers. Fahricalion à Vilrv-le-Franrois. tic. 21 Nar., 39.
- — (Essais de). APC. Août, 174. Le Ciment. 23 Nov. 109, 184.
- — Ciment armé, le Ciment, 23 Nov. 173, 170.
- — Proportions des mortiers de ciment. APC. Sept. 338.
- — Résistance à la compression des ciments et bétons. VDI. 28 Nov., 1381.
- Chimie à l’Exposition de Conève. Ms. Déc.,
- 1803.
- Chlore. Récupération dans la fabrication de la soude à l’ammoniaque, lli. 12 Déc., 497.
- ('hromitc. neutre de magnésium. Du fan. CR. 23 Nov., 880.
- Cuirs et peau-r. Industrie en Europe. VSR. Nov. 304-430.
- Dcnsimctre Chabaud. Ce. 28 Nov., 02-Dissociation des hydrates salins iLescomij. Acp. Dec., 337.
- Entropie moléculaire Darrens. Cll. 30 Nov., 940.
- Ferricyanurcs. Comme agent oxydant. Sel*. 20 Nov. 1737.
- Filtre de laboraloire Diamond. CA. Il Déc., 283.
- Froid. Cryoscopie de précision. Application aux solutions de chlorure de sodium ÏRa-oultj. Sel*. 20 Nov., 1133. tiaz comprimés. Robinet, Ducreletet Lejeune. CR. I 0 Nov., 810.
- — Liquéfaction des). Histoire. Co. 3 Déc., 392.
- Gaz d’éclairage. Becs incandescents. Cs.
- 30 Aor., 794.Fabrication électrolytique des chapeaux Voelcr. EE. 12 Déc., 301.
- — Régulateurs Milne et O’ Connor. E.
- 11 Déc., 733.
- — Allumage des foyers. Gc. 3 Déc., 00. Acétylène (L’j. RI. 23 Nov., 519; E1. Déc.,
- 381.
- — Liquide (Pélissier). EE. 21 Nov., 3 Déc.,
- 339, 442.
- •— Réglementation de remploi.]?/?. 28 Aor., 427.
- — Fabrication (Perrodil). IC. OcL, 314.
- p.1707 - vue 1721/1758
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-
-
- 1 /Ü8
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- DÉCEMBRE 1896.
- — Prévention dos explosions. (Van don
- Berglie.) Ci. 6 Déc., 541.
- Glucine pure (La). (Lebeau). C1L 16 .Vue., SIS. Graisses. Industrie des matières grasses. ïn-<lus tria. 22 Nov., 743.
- Huiles. Essais par oxydation. La. 28 Nov., 410.
- — essentielles (Les). Pc. 1 l)éc., 491. di-
- verses. C’.s. 30 Nov., 820. (Appareil à extraire les). Mcrz. Cs. 30 Nov., 792. Laboratoires. Balance d’essai Luw. E. 4 Déc., 721.
- Lucium (Le). (Crookes.) CN. 27 Nov., 239. Molécules chimiques. Loi des (GuinehanL). Se P. 3 Déc., 1183.
- Molyhdène(Iodure de). (Guichard.) CH. IGiVor., 821.
- Monasite (Gonstituant de la). CN. 4 Déc., 274. Optique. Mesure dos faibles épaisseurs. (Fabry et Perot.) 671.16 Nov., 802.
- — Cercle azimutal Bremmer. Ht. 10 Dec , 547.
- — Isomérie de position et pouvoir rotai o ire.
- (A. Guye.) ScP. 20 Nov., 1137.
- — Réfractions astronomiques (Issaly). Co. 21 Nov., 330.
- — Mesure optique des petites épaisseurs d’air (Perot etEabry). CIL 7 Dec., 990. — Unités photométriques (Blondel). Sic. Août, 334. Iniluence de l’atmosphère sur la lampe au pentane. Je. 10 Déc., 343.
- Rayons de Puintgen. N. 19 Nov., 64; 3 Déc., 100; Lu. 21 Nov', 383; 5 Dec., 12; Ils. 21 Nov., 603; Cs. 28 Nov., 332; FÆ. 28 Nov., 408; CN. 27 Nov., 2C»0; CH. 23 Nov., 833, 878, 880 ; 7 Déc., 907, 993 ; Sic Nov., 399.
- Oxyde nitrique. Absorption par le bromure ferreux. CH. 30 Nov., 943.
- — de carbone. Recherche par le grisou-
- mètre dans les expertises médico-légales (Gréhant). CIL 7 Déc., 1013. Oxygène atmosphérique (Origine de F). (Pliip-son). Fi. Déc., 436.
- — et air liquides. Perméabilité magnéti-
- que (Fleming). 11SL. 9 Déc., 283. Ozone fl,’). (Engler et Wild.) ScP. 20 No’\, 17 47.
- — et les phénomènes de phosphorescence.
- (Otto). CIL IDéc. 1003.
- Papier. Explosion d’un digesleur, E, 20 Nov., 039.
- — (Dosage du bois dans la pulpe de). Cs.
- 30 Nov.,833.
- Peintures blanches (Détermination des sulfate et carbonate de plomb dans les). Cs.
- 30 Nov., 791.
- Pétrole. Fabrication des huiles de schistes. Ht.
- 23 Nov., 312.
- Piles. Iniluence de l’aimentation sur la force éleclromolriee des pii es dont le fer est l’un des éléments. CH. 10 Nov.,
- 801.
- — Sicard et Fnlle. Elé. 28 Nov., 349.
- Sels (Neutralité des) et les indicateurs colorés (Lescœur). CIL 10 i\roc.,_8lt. Silicium cristallisé. Préparation Chalmot. ScP, 20 Nov., 1749.
- Stéréochimiedescorps azotés (Mil 1er etPloeche). ScP 3 Déc., 1837.
- Stéréusimérie des composés azotés (Milloard et Tovitchieh). Actualités chimiques. Juillet, 107.
- Sucrerie (Progrès de la). Dp. 20, 27 Nov,, 186, 210.
- — Industrie en France. J7.S/L Oct.. 287.
- — Divers. Cs. 30 Nov., 819, 831, 832. Synthèse des excitants organiques (Kohn). Cs. 30 Nov., 773.
- Tannerie. Tannage au chrome. Ht. 10 Déc., 349.
- — Tanins de l’eucalyptus (Smith), lis. 30 Nov., 787.
- Teinturerie. Emploi de l’électricité. Etc. 21 Nov., 323.
- — L’aromadendrine. Cs. 30 Nov., 787.
- — Phénosafranine et Rosinduline. Cs. 30 Nov., 802.
- — Réaction de Schilf, appliquée à la fuchsine acide (Lefèvre). ScP. 20 Nov., 1109.
- — Jaune et rouge de chrome. Cs. 30 Nov., 830.
- — Safranines (Constitution des). (Nielzki.) ScP. 28 Nov., 1823.
- — Action de la lumière sur les matières colorantes. Cs. 30 Nov., 798.
- Terpènes (Conslitution des) (Magner.) ScP. 20 Nov., 1833.
- Taxine (La). Cs. 30 Nov., 820.
- Thallium (Pyrites contenant du). ScP. 20 Nov., 1730.
- Thermométrie. Déplacement du zéro du thermomètre en verre. CIL 10 Nov., 799.
- p.1708 - vue 1722/1758
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. —- DÉUEMRRE 1890,
- 1709
- Tungstène cl titane. Séparation (Defar.qz). CII. 10 Non., 823.
- Vapeur d’eau. Elasticité et densité maxima (MoiTou). Es. Nov., 12. Déc.
- Verre (Déformations permanentes du) (Mar-cliis). Cli. 10 Akau, 799.
- — el émaux. Rôle de l’acide borique (Crenet). Cli. 28 Non., 89J.
- Vins (Dosage des acides Indique et succini-que dans les). (Muller.) ScP. 9 Déc., 1209. de l’alcool. Dosage optique (Riegler). IJ. 1997.
- Vlrium dans les sables monu/.ités. 171. IGAmr., 782.
- Zinc. Hydrates des sels baloïdes iLubarskyb \ScP, 20 IVoix, 1759.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Alcool et étatisme (Rostand) liso. Ier I)éc., 792. Allemagne. Mouvement social. 1if. 9 Déc. 739. Agraires. Questions — au congrès de Buda-Reslb. Uso. l,,r Déc., 802.
- Algérie. Silualion et régime. Ef. 21 iVor., 009. Boulangerie coopérative de Roubaix. Ef. 21 Nuv., 079.
- Brésil. Situation commerciale. Ef. 12 Déc., 781.
- Canton. Noies commerciales sur — Sgc. 19 Ont., 770.
- Commerce et Navigation des principaux pays étrangers de 1880 à 1899. Annales du commerce extérieur, 1890, n° 10. lie oies ménagères en Belgique, liso. I01' Déc., 703.
- Enseignement économique (!’) (Ilewinsi. J.t. 4 Déc. , 42.
- Etats-Unis. Commerce avec rAllemagne. IJSII. Del., 320,330.
- Grande industrie et population ouvrière. USU. Oc/., 303.
- Japon. Traité) de commerce avec l'Angleterre.
- E'. 27 Nov., 933,939; 11 Dec., 381. Ef. 28 Nov., 713, E. 4 Dec., 707.
- Métaux précieux et monnaies. Ef. 21 Non.,
- 071.
- Monographie d’atelier (Cbeyson). Uso. 111 r Dec., 179.
- Nicaragua. Induslrie du. — USU. Ont., 237.
- llussic industrielle (la). Ci. 0 Déc., 331.
- Sans travail (les) en Prusse. Us. 21 Nov., 609. Sibérie. Commerce avec rAllemagne. C/ÎN. Oct., 300.
- Trades-Uuions. Situation actuelle. Ef. 12 Déc., 774.
- Valeur des choses. Mesure de la — et simplification des transactions. Comptabi-Usine social. (E. Solvay.) Us. 12 Dée., 737.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX IMJRLÏCS
- Chantier américain pour l’exécution d’un égout, tic. 3 I)éc., 73.
- Combles métalliques, application du système Cantaliver. Gc. 12 Déc., 89.
- Cylindrage à vapeur des chaussées ; prix de revient. Apc. Août, 100.
- Eglises monolyles d’Abyssinie. Lu. 3 Déc., 7. Fermes Craphostatique des poutres. Z01. 20 Nov., 018.
- Matériaux incombustibles aux Etals-Unis. Ui. 28 Nov., 477.
- Plâtre. Emploi dans les constructions. Dp. 4 Dec., 223.
- Ponts Alexandre III (de Roveti. IC. Oct., 301;
- sur le Rhin k Worms. VDI. 12 Déc., 1443; du Niagara, ZOI, Il Déc., 032.
- — du camp de Chàlons, Gm. Aroi'.,383, en
- ciment armé de Wildegg. Le ciment. 23 Nov., 173.
- — tournant à 4 voies ferrées sur la rivière
- Harlem à New-York, Gc. 21 Nov., 33.
- — levis américains équilibrés. Gc. 12 Dée.,
- 92.
- — Remplacement du pont du Créai, Northern Rv à Peterborougb. E'. 27 Nov., 338.
- — (Construction des'). E. Il Déc., 741.
- — à grandes portées. E. 11 Déc., 744 ; sur
- l’Hudson, lige. Nov., 287.
- Uépartilion des pressions sur les fondations, ZOI, 1 I Déc., 03k
- Houles coloniales. (Entretien des). E'. 11 Déc., 38k
- Théâtre. Scènes de—. E. 27 Non., 001. Tunnels. Projet de percement du Simplon. H(jc. Non., 237.
- p.1709 - vue 1723/1758
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- 1710
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- DÉCEMliRE 1800.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateur Tommasi. EE. Nov., 410. Go. 12 Déc., 012.
- Canalisation (calcul dos). EE. 21 iVoc., .'î;i7. Conception mécanique des phénomènes électriques (Itoibeau). N. 10 Nov., 05. Contacts en charbon. Siemens et Ilalske. EE.
- 4 Dec., 452.
- Courants triphasés. Asymétrie des conducteurs à — . le. 25 Nov., 517.
- Dynamos à l’Exposition de Buda-Pest. Y 1)1. Dec., 1442.
- — Jacquet. Ci. 15,22 Nov., 517,520.
- — Supports pour balais en graphite Royer. EE. 21 Nov., 564.
- — - Couplage des alternateurs en parallèle.
- EE. 21 Nov. 505.
- — Alternateur synchrone de 000 Kw.
- Hulin Eeblanc. Elé. 5 Dec., 555.
- — Moteur asynchrone alternatif Langdon et Ravies. Elé. 12 Dec., 300.
- — Régulateur Thury pour moteurs sériés. EE. 5 Déc., 438.
- — Contrôleur GE pour quatre moteurs.
- EE. 5 Déc., 456.
- Éclairage à Cape-Town. EJ. 20 Nov., 524; à Paris, EE. 28 Nov., 422; avenue de l’Opéra, Gc. 28 Nov., 60. En. 5 Déc.. 13. le. 10 Déc., 543.
- — Secteur de la place Clicliy. le. 25 Nov.,
- 533.
- Arc. (Phvsique de l’i (Ayrton, Boistel). EE.
- 5 Déc., 446.
- Incandescence. Evaluation de la température des lampes (Janet). Sic. Nov., 405. Électrochimie. Progrès de 1’—. 201. Il Dec., 040.
- Électrolyse divers. C,s. 30 Nov., 815; Kellner. EE. 12 Déc., 502.
- — et pression osmotique (Armstrong). N.
- 20 Nov., 79.
- — de l’eau. EE. 5 Déc., 463.
- Mesures. Les résistances (Armagnat). EE.
- 21 Nov., 358.
- — Pont magnétique Ewing. EE. 21 Nov.,
- 363.
- — Méthodes usitées au laboratoire central
- d’Electricité. Sic. Août, 325.
- — Unités magnétiques (Hospitalier). Sie.
- Août, 350.
- — Etalons d’intensité. EE. 28 Nov., 403.
- — — de force électromotrice, hl. 12 Déc.,
- 405.
- — Graduation du galvanomètre - Reprez d’Arsonval (Pellat). Sie. Nov., 411.
- — des résistances éleclrolytiques par les courants alternatifs. EE. 5 Déc., 407. — Enregislreur Wood et Majes. EE. 12 Déc., 501.
- Plombs de sûreté Siemens et Ilalske. E. M)cc., 723.
- Polarisation par les courants alternatifs. EE. 5 Déc., 459.
- Réducteur adjoncleur Schneider. EE. 4 Déc., 441.
- Soudure électrique Elihu Thomson. Ri. 21-28 Nov., 402-473 ; Coflin. Ri. 4 Déc., 482; Angell et Burton. Id. 12 Déc., 491. Stations centrales. Niagara. Sic. Août, 304.
- — suisses. EE. 28 Nov., 400.
- — à Paris. Ln. 12Déc., 20-
- — hydro-éleclrique von Riselberge. Elé.
- 12 Déc., 374.
- Télégraphie. Siphon recorder. Ln. 21 Nov., 397.
- Téléphonie. Lignes compensées en Angleterre (Gavey). E. 20-27 Nov., 057, 685.
- — Troubles par le voisinage des courants intenses. Sic. Août, 366. Transformateurs. Blakburn et Bovden. E. 27 Nov., 689.
- Transmission du .Niagara à Buffalo. le. 10 Déc., 541 ; E'. 11 Déc., 586.
- GÉOGRAPHIE
- Chili. Tour du monde. Déc.
- Inde. SA, 20 Nov., 6.
- Niger. Nouvelle voie de pénétration (Salesse). Comité de l’Afrique . française. Déc., 373.
- Tunisie. Rgds. 30 .Yor.-l 5 Déc.
- GUERRE
- Canons de campagne Canol. E. 27 Nov.;
- 5-11 Déc., 008, 095, 726; EJ. 27 Nov., 538; Gc. 12 Déc., 80.
- — Frein Krupp. E. U Déc., 753. Fortification de campagne aux colonies anglaises. Gm. Nov., 425.
- Garnison deCassel. Établissements militaires. Gm. Nov., 445.
- p.1710 - vue 1724/1758
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- DÉCEMBRE 1800.
- 1711
- Obus explosif Dam. E, 27 Nov., 089.
- — américains. EL 27 Nor., 348.
- Télémètre do forteresse. Barr oL Siroud. E.
- 4 Dre., 701.
- IIY D RA U El QUE
- Calculs d’hydraulique (règle à). (Wolheim). E. 20 Nov., 033.
- Canaux (Ecoulement, dans les). E. 20 Noc., 002. — Exploitation des, tonnage, elr. Dp.
- 11 Dre., 270.
- Captages d’eau pour la ville de Quimper. Ar. Déc., 1 82.
- Compteurs d’eau à turbine ; Accouplement des). Ri. 21 Nor., 407.
- ('rues de l’Yonne (Prévision des). Apc. Aoiit.,
- 128.
- Distribution d'eau. New-York. (Fleury. Je. Oct., 492.
- — Londres. E’. 27 Noc., 747.
- Filtre Capilleri. Cs. 12 Déc., 018.
- Laboratoire hydraulique de Cornell Lniver-sity. E'. 4 Déc., 774.
- Pompes diverses. Dp. 11 Déc., 247.
- — à incendie avec moteurs à gazoline.
- Grellier. Ri. 21 Nov., 401.
- — directes à vapeur Cordon, Rarr, Crabe,
- Hoyer, Smith, Cameron, Holmgren, Ernst, Dp. 11 Déc., 2 47.
- — centrifuge électrique Sulrcr. RE. 12 Déc..
- 482.
- Houe élévatoire la Vivonnaise. Ap. 7 Déc., 834.
- Turbines régulateur Heplogle. EE. 7 Déc., 472.
- — à l’Exposition de Genève, biduslria.
- 13 Déc., 787.
- HYGIÈNE
- Assainissement de la ville do Paris. Ht. 27 Nov., 714.
- Désinfectants (Essais des). Ic. Oct., 787.
- — Stations de désinfection de la ville de Paris. Ar. Déc., 180.
- Eaux de la Seine, de l’Yonne et de la Marne.
- (Acide nitrique pendant les crues.) (Schlœsing.) CR. 30 Nov., 919. Gadoues. Destruction à Paris. Ri. 21 Nov., 407; à l.eyton (procédé Beaman-Deas). E. 27 Nov., 071; à Bath. Ac. Déc., 178; à Manchester. E. Déc., 737.
- Habitation salubre Van der Heyden. Ln. 28 Nov., 412.
- Ozone et les bactéries (Andreoli). ER. 21 Nov., 348.
- Ventilateur Bredham. E. 27 Nov., 083.
- MARINE, NAVIGATION
- Ancre Reed. EE 4 Dec., 723.
- Bateaux sous-marins. Ic. Oct., 778.
- Canal de Bristol, E'. 27 Aou., 330. Constructions navales. Stabilité des navires. EL 20 Nov., 310.
- — Indicateur de gouvernail. Fiske. E. 4 Déc., 703.
- — Fermeture de cloisons étanches. Moo-dic, Cowles. IL 11 Déc., 734.
- — Résistance des navires. 7.01. 4 Déc., 037.
- •— llivure des coques. E. I l Déc.. 729.
- — Carène llarlwieh. E. 11 Déc., 734. Danube i Régularisation du). Rt. 23 Nov.,
- 10 Déc., 300-334.
- — (Dock flottant pour le .FR/.3 Réc.,1413. Delaware (Régularisation de la). Fi. Dec., 401. Ecole de la marine française. E. 20 Nov., 049. Electricité. Installation sur Vhidiana, cuirassé
- américain. Clé. 28 Nor., 341.
- — du croiseur litujeaud. R me. Nov., 237. Hélices Friedenthai. E. 20 Nov., 039.
- — (Rendement des). E'. 4 Déc.,'668.
- Jetée roulante de Rrighton. EL 4 Déc., 370. Machines marines. Machine à pétrole pour
- canots Edwards. E. 20 Nov., 033. Marine de guerre du monde.IL20Nor.,314.
- — des Etats-Unis. EL 4 Déc., 373.
- — Flotte volonlaire russe, E. 27 Nov.,003.
- Le Kherson. ld., 068, Il Déc., 780.
- — Stratégie navale (Farret). Hmc. Nov., 203.
- — Croiseur italien Marco Polo. Rmc.Nov., 383.
- — anglais Powerfull (Essais du). E. 4 Déc., 091. EL 4 Déc., 330.
- — avec éperons. E. 4 Déc., 708.
- - Cuirasse en cellulose (Linnard). E.
- 11 Déc., 729.
- — Cuirassé américain hnva. EL 11 D e., 391.
- Marine marchande. Cargo bout. Trunkey. E. 4 Déc., 700.
- — Paquebot. Peninsular-Oriental India. EL 4 Déc., 362.
- p.1711 - vue 1725/1758
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-
- 1712
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- DÉCEMBRE 1890.
- — du Lloyd allemand. E. Il Déc., 735.
- — Explosion d’une soute à peintures. E’.
- 1 I Dde., 590.
- Navigation intérieure en Hongrie. E. Il Dde., 583.
- Pêche. Transport du poisson et chasseurs à vapeur. Gc. 5 Dec., 70.
- Port de Dunkerque. Gc. 12 Déc., 81.
- Sauvetage (Bateau de) à réaction. Co. 21 Nov.,
- :;i3.
- — Appareils Robert. Co. 28 Nov., 550.
- — Bouée Sankey. E'. 4 Dde., .771. Sous-marins (Plongée des). CR. 28 Nov., 860-Voiles trouées. Lu, 28 AJov., 401.
- MÉCANIQUE
- Aérostalion. Vol mécanique. Société d’encouragement de Berlin. Nov., 217. Cartonnage. Machines à l'Exposition de Berlin. Rc. 10 Déc., 544.
- Chaudières mixtes. Montupet. E. 4 Déc., 724. — tabulées Belle vi 11 e à bord de Y Ohm. E. 20 Nov., G40. ; Philips. Ri. 21 Nov., 409; Jardine. E. 27 Nov., 090; Belle-ville (id.).
- — verticale. Edgar. E'. 4 Déc , 570.
- — distillateur pour machines marines.
- Oriolle. Dm. Déc., 178.
- — Avaries le long desrivures (Walkenaw).
- ARC. Sept., 298.
- — Foyers fumivores Davison. E. 20 Nov.,
- 059. — Mac Ivor id. (iOO.
- — — à tirage hélicoïdal Eaves. E'.
- 11 Déc,., 590. — accéléré (irosling. FJ. 11 Déc., 001.
- — — à vent forcé.Gosberg. E. 1 I Déc.,
- 702.
- — — à gazogène Hill. E. 4 Déc., 724.
- — — Injecteur d’air Branger. E.
- 4 Déc., 722.
- Brille Downing. E. 11 Dde.,751.
- — Explosions en Angleterre. E. 4 Réc.,708. --- Niveaux d’eaux. E'. 20 Nov., 520. -
- Summer. F. Nov., 000.
- — Pompes alimentaires Munford. FJ.
- 27 Nov., 535.
- — Réchauffeur séparateur d’huile Baker,
- 571.Royle. FJ. H Déc., 003.
- — Soupape Ford. Ri. 5 Déc., 480.
- — Surchaulfeur Salre Hawskley. E. 20 Nov., 000.
- — Suspension des longues chaudières. Ci. 22 Nov., 533.
- Compleurs de tours pour machines marines. Utile. E. 4 Déc., 722.
- Coussinets. Construction et graissage. Dm. Déc., 185.
- Drague électrique Varilla. Elé. 21 Nov., 321. Embrayage électromagnétique Walker. El.
- 12 Déc., 490.
- Engrenage hélicoïdal roulant. Clubbe et Sou-tliey. E. 4 Déc., 723.
- Essoreuse Laidlaw. FJ 4 Déc., 724.
- Froid (Liquéfaction des gaz par le). (Linde). FJ. 20 Nov., 509.
- — Transport du beurre en navires frigorifiques. USR. Oct., 271.
- — Les viandes frigorifiées au Havre et eu
- Australie. USR. Oct., 275, 270, 282.
- — Bouteilles d’acide carbonique liquide.
- 13 Déc., 1000.
- Horlogerie. Observations chronométriques. Rs. 21 Nov., 055.
- Levage. Grue roulante de 00 tonnes. E.
- 20 Nov.,()V2, de 30 tonnes. Eriôve. FJ. 31 Déc., 594.
- —• ’Basculeur de wagons. E. 27 Nov., 089.
- — Transporteur Timperley. Gc. 28 Nov.,
- 49.
- — Elévateurs des ports allemands. ZOl.
- 27 Nov., 4 Déc., 025, 039.
- — Asrenceurs électriques Otis, Herdman,
- Warner. EE. 12 Déc., 485.
- — Pont roulant électrique Fiegehen. EE.
- 15 Déc. 487.
- Machines-outils. Clef Blakemorc. E. 20 Nov., 059. — Durozoi. Ri. 5 Réc., 480. Perceuse électrique (Holmes). EE. 1 2 Déc., 490.
- — Porte-outil à ressort (Larousse). Fit.
- 20 Déc., 551.
- — Fraiseuses aléseuses Niles Tool Works.
- JJ 20 Nov., 038. — à copier Davis et Crohmann. Dm. Déc., 181.
- — Presse à forger Breuor Schumacher.
- lit. 10 Déc., 540.
- — Tour vertical de 7m,50. Schiess. E.
- 27 Nov., 083. —• Balzer à dégager les dents de fraises. Ri. 12 Déc., 493. Fi. Déc., 440.
- — à faire les tubes sans soudure Pilking-
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-
-
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- DÉCEMHRE 1800.
- 1713
- Ion. E. 20 A or., 059. — les tubes de loyers ondulés. Muller. E. 20 Ael., 03Î). Diverses pour tubes. I)p. 4 Dre., 222.
- — - les crampons de rails. E. 27 A’ov.. 080.
- — — les cclocijK’dcs. l'ratt Whitney. E.
- 4, 11 /Me., 000, 702. - les tubes de
- vélos. E. 4 Dec., 712.
- — à bois. Puissance absorbée par les —.
- le. nei., 582.
- Meunerie. Moulin de 1000 quinlaux par joui’.
- Truffant. lit. 10 hcr., 020.
- Moteurs à vapeur. Uendement des : étalons du (Thurston . Fi. Dre.. 412. — adiabatique (Ratenu). <11. 10 A’or.,808.
- — surchaulîée Sclnnidl. Y DI. 28 A 'or..
- 3 Dec., 1300, 1417. Industria. 0 hcr., 771.
- — Sul/.er. Essai d’une Compound 500 rhe-
- vaux. E'. 11 l)rc., 385.
- — Maebine rapide Raworlh. E'. 20 A 'or..
- 312.
- -- Eoconiobile Buchollz. Ili. 3 hcc., 483.
- — Essais du laboratoire de Liège (l)wels-
- liauvers;. Ha. Xov., 120.
- — Corliss Bollinrhx. E'. 11 hcc., 300.
- — à vaporisation instanlanée Sbenton. E.
- 1 hcr., 721.
- — Distribution par vapeur llowl. E. 4 hcr..
- 723.
- — llcgulatcun. Théorie des —. VUE 3,
- 12 l)cc., 1 124, 1431.
- — Slufling box Lew is. E. 27 A'or., 000.
- — à gaz. Théorie de Slaby. Bullrtin de lu
- Société d\E)U‘iniruijc)ncnt de Berlin. .Vol'., 278.
- — — Simplex à gaz pauvre 250 chevaux.
- IU. 10 Dec., 531. Ili. 12 hcc., 403.
- — à acétylène. EE. 12 hcc., 527.
- — à pétrole à 2 pistons équilibrés Capitaine.
- E. 20 A oi., 013. Ili. 28 A 'or., 473.
- — Crob. Ap. 10 Xoc., 751. — Lacroix. id., 731. — Capitaine, kl., 755. — Gnome, Miel. id. 20 Xov., 701, 700.
- — — Clayton. E'. Il Dec., 508.
- — — pour canots Edwards. E. 20 Xoc..
- 053.
- — pour chemins de 1er secondaires. E'. 1 hcc., 573.
- Insistance des iiiulcriuii.i’. Répartition des dé-lorinalions dans les métaux soumis à des elloits. Charpy. <11. 28 A'oc., 870.
- — des barres soumises à des efforts agis-
- sant parallèlement à leur axe neutre (Dupuy). A Pc. Sept., 823.
- Essais des matériaux pour le matériel des chemins de fer. SuE. hcc., 200.
- — - Machines à essayer les tubes coudés, (le.
- 12 Aroi., 50.
- Textiles. Calemlreuso Robertson. E. 20 Xov., 000.
- Cardes diverses. Dp. 20, 27 Xoc., 173, 201 ; 4. 11 hcc., 217, 211.
- Tuyauteries. Monlupet. G. 13 Xov., 322. Yélographe Raworlh. E'. 20 ..Ver., 513.
- Ventilaieurs. Essais de. lie. 28 Xoc., 55.
- Al ÉTALLUlUJIli
- Alliages. Poudres et feuilles d'or faux. Fa-brication des. Ili. 28 Xov., 478. Aluminium. Cuivrage galvanique. Co. 21 Xov., 531.
- — Alliages colorés. Co. 28 Xov., 501.
- — Séparation du fer Howe et Campbell;.
- Amcrirun Journal uf Sri: nrc, hcc., 410. Cuivre. Traitement des Sûmes. Eam. 28 AToi., 512.
- — Fonte directe des cuivres argentifères (Jamesi. Cs. 30 Xov., 811.
- Fer et acier employés dans les conslmotions. Conditions de réception. Gm. Xov., 390.
- — Dosage du manganèse dans les fers et aciers. Sources d’erreurs. Auchy). CX. 27 Xoi\, 202- — du soufre (Cam-predon). Ilu. Xov., 108.
- — Acier dur pour cuirasses. E. 11 Déc.,
- 715.
- — Double trempe de l’acier iGodeaux":. Hu. Xov., 221.
- — Ressemer. Histoire du procédé (Ressemer;. E. I I Xov., 749.
- — Fonte. Machines à mouler. Dp. 20 Xov., 180. E. 27 Xov., K) Dec., 089, 753.
- — Casse-fontes Corliss. Gc. 28 Xov., 02.
- — Nettoyage des conduits à gaz des hauts
- fourneaux. SuE. 1 Déc., 953.
- — Minerais oolithiques de l’Alsace-Lor-
- raine. SuE. I Déc., 915.
- — Sidi-rurgie à Nijni-Novogorod. SuE.
- 1 hcr., 900.
- Four à haute température Gantl. Fi. hcc., 458
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- 1714
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- DÉCEMBRE 1800.
- Industrie métallurgique du monde. Ef. 21 Nov., 675.
- Or. Progrès récents. Oc. 21 JY ou., 35.
- — Extraction par le plomb (Maxim). E. 11 Nov., 753,
- Plombs argentifères. Usine américaine modèle. E'. 20, 27 Nov., 511, 518.
- MINES
- Argent. Mines de Joachimslahl, Bohème Eam. 5 Déc. 533.
- Electricité. Locomotive électrique de Crozer Goal. Gc. 5 Déc., 65.
- Exploitation au jour. E. 11 Déc., 743.
- — aux grandes profondeurs (Brougli) SA.
- 11 Déc., 57.
- Fer. Minerais oolilhiques de la Lorraine entre Fentsch et Saint-Privat. SuE. Dec., 088 Fonçages frigoriiiques. VDI. 12 Dce., 1461. Houillères. Constituants des charbons. G .Y. 27 Nov., 4 Nov., 261, 4 Déc., 271.
- — de Grundy (Illinois) Eam. 21 Nov., 487.
- — de l'Inde. E'. 4 Déc. 560.
- — dosage du phosphore dans les cendres
- de houille (Campredon). CR. 7 Déc., 1000.
- Nitrates du Chili. E. 20 Nov., 633, 667.
- Or. Transvaal. Eam. 21 Nov., 482. Ef. 5 Dec., 743. Théorie de l’inclinaison des couches au —. Gc. 12 Déc., 87. Crise actuelle au —. Ef' 12 Déc., 760.
- — District de Bald Mountain (AYyoming'.
- Eam. 5 Déc., 535.
- Plomb. Mine de la Motte (Missouri). Eam. 21 Nov., 485.
- — Préparation mécanique. Table Brown. Eam. 28 Nov., 513.
- Reproduction artificielle des minéraux métallifères. (Ditte). lis. 5 Déc., 705. Sondages. Appareils de —. Dp. 4 Déc., 228. Soufre. Extracteur While. Eam. 5 Déc., 536.
- — Exploitation en Louisiane. Co. 12 Déc., 609.
- PHOTOGRAPHIE
- Chronophotographe Demeny. En. 21 Nov., 391, Sfp. 1 Nov., 502.
- Développement de l’image latenle par les aldéhydes et les acétones en présence du sulfate de soude (Lumière). ScP. 20 Nov., 1104.
- Détective. Comptoir Lansiaux. Sfp. 1 A'or., 407.
- formaldéhydes. Emploi dans les développa-teurs alcalins pour le tannage de la gélatine des couches sensibles (Lumière et Seywitz). Sfp. 15 Nov., 541.
- Photographie. Atelier de M1UCA. de Rothschild. Sfp. 1 Nov., 510.
- Plaques en gélatino-bromure d’argent. Absorption de l’eau par la couche de gélatino-bromure (Peliat). Sfp. 15 N or., 533.
- Trousses d’objectifs pour projections Molteni. Sfp. 15 Nov., 539.
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- LISTE DES NOUVEAUX MEMBRES
- A OMIS 1ÎN 1896
- A FAIRE FAUTIF I>E LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT 1>0UK L’iNDUSTRIE NATIONALE
- MM.
- André-Hubert, docteur ès sciences, directeur du laboratoire œnologique et agricole, 25, boulevard de la Citadelle, à Béziers (Hérault).
- Arson, ingénieur à la G'1' Parisienne du gaz, 19, rue de Malleville, à Enghien (Seine-et-Oise).
- Béguin (Léon Adolphe), ancien élève de l'École polytechnique, 5 4, rue Charles-Laflitte, à Neuilly (Seine).
- Bibliothèque communale de la ville de Douai, à Douai (Nord).
- Blonay (A. AV. de), chimiste, 9, rue Ver-daine, à Genève (Suisse).
- Boulet (G.), distillateur, quai du Mont-Riboudet, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Boyer-Guillon, ingénieur civil des mines, 62, rue de Verneuil.
- Brillié, ingénieur à la Cic des chemins de fer de l’Ouest.
- Buciiet, directeur de la pharmacie centrale de France, 21, rue des Nonnains-d’Ilyèrcs.
- Buisine, professeur à la Faculté des Sciences de Lille, à Lille (Nord).
- Carel (Paul), fabricant de produits chimiques, 27, boulevard Lamartine au Mans (Sartlie).
- MM.
- Cavaré, 155, boulevard Ilaussmann.
- Champion y, ingénieur civil des mines, 11, rue de Berne.
- Chômienne (G.), ingénieur aux forges de Couzon, à Rive-de-Gier (Loire).
- Clémancon, ingénieur, président de la G1' générale de travaux d’éclairage et de force, 25, rue Lamartine.
- Cloos (P.) et Sciimalzer (L.), mécaniciens, sente des Guérets, à Boulogne (Seine >.
- Comité central des Chambres syndicales, •4 4, rue de Rennes.
- Compagnie Thomson-Houston, 27, rue de Londres.
- Compagnie des Fonderies, Forges et Aciéries de Saint-Étienne-le-Marais (Loire).
- Coupier, ingénieur des poudres et salpêtres, 15, rue Armény, à Marseille.
- Crédit Lyonnais (service financier), 19, boulevard des Italiens.
- Damour (André), directeur des forges d’Eurville, à Eurville-Forges (Haute-Marne).
- Damour (Emilio), ingénieur civil des mines, 60, boulevard Saint-Michel.
- Desjuzeuk (Michel), directeur de l'association Lyonnaise des propriétaires d'appareils à vapeur, à Lyon.
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-
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- 1710
- LISTE DES NOUVEAUX MEMBRES ADMIS.
- DÉCEMBRE 1800.
- MM.
- Descret (Georges), direeleur de la Cie des glaces el verres spéciaux du Nord, à Jeumont (Nord).
- Diétricu (le baron de), mai Ire de forges, à N i e d e r b ro n n ( A1 s ace ).
- Donard, ingénieur chimiste, II, rue Édouard-Delaille.
- Dreyfus (Jules), agent commercial de la Société électro-métallurgique française, 30, rue du Rocher.
- Durant (Léon), ingénieur du matériel adjoint à l’ingénieur en chef du matériel et de la traction du chemin de fer d’Orléans, 4, rue des Carmes.
- Furet, direeleur du laboratoire des ponts et chaussées, à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais).
- Foville (de), membre de l'Institut, directeur de la Monnaie, II, quai Conti.
- Franche, chimiste, 7, rue Corneille.
- Frémy (R.), 11 rue Casimir-Pericr.
- Gaëcuter (Eugène de), sous-directeur des Aciéries et Forges de Trignac (Loire-Inférieure).
- Galhardo ) Uerculano), ingénieur à Alhan-dra (Portugal).
- Geisler, fabricant de papier, aux Chatelies, par Raon-1'Étape (Vosges).
- Glisenti (G. B.),Tavernole (Prov. Brescia) (Italie).
- Gonzales, ingénieur civil des ponts et chaussées, 25, rue Marbeuf.
- Grenet, ingénieur civil des mines, 52, rue de Verneuil.
- Grandeau, inspecteur général des stations agronomiques, 3, quai Voltaire.
- Haller, professeur à la Faculté des Sciences de Nancy, à Nancy (Meurthe-et-Moselle).
- IDnstin (J.), ingénieur des Arts et Manufactures, 23, rue de Turin.
- Javaux (Émile), directeur de la Société Gramme, 33, rue Clavel.
- Joannin, capitaine d’artillerie aux ateliers de Puteaux (Seine).
- MM.
- Juliiiet (lùl.), ancien élève de l’École polytechnique, ingénieur civil des mines, 5, rue de l’Université.
- Kolr-Bernaru, ingénieur civil des mines, agent général de la G’1, des mines de Courrièrcs (Pas-de-Calais).
- Iyrentzrercer (F.-G.), ingénieur mécanicien, 1 10, rue de Neuilly, à Puteaux (Seine).
- Kuiin (Williams), directeur technique. Département des procédés de stérilisation, •12, rue du Louvre.
- Langer (Robert), ingénieur. Usines Franco-Russes, à Saint-Pétersbourg (Russie).
- Lauointe (Maurice), administrateur délégué des Salines de Maixc, 3, rue Victor-llugo, à Nancy.
- Uasvignes, ingénieur civil des mines, à Montsaunôs (Haute-Garonne).
- Lefer (F.), ingénieur de la maison Weyher et Richmond, (»G, boul. de Strasbourg.
- Lemoine, chef du Service de la vérification du gaz, 5, rue Littré.
- Leoueux, constructeur d’instruments de précision, 64, rue Gay-Lussac.
- Levasseur, membre de l’Institut, 26, rue Monsicur-le-Prince.
- Loubat (J.), ingénieur à la maison Ve Ch. Dunod et P. Vicq, 49, quai des Augus-tins.
- Maigret (H.), ingénieur, 2!*, rue du Sentier.
- Marcillac (A. de), agriculteur, à Besse-mont, par Villers-Cottcrets (Aisne).
- Marié, ingénieur, chef de division, de la Ci0 P.-L.-M., en retraite, 4, boulevard des Sablons, à Neuilly (Seine).
- Marrel (J.), maître de forges, à Itive-de-Gicr (Loire).
- Mengin (le Capitaine), chef de l’atelier de précision de la Section technique de l’artillerie, jdace Saint-Thomas-d’Aquin.
- M envi elle (Paul), directeur de l’usine de la Société du Nickel, au Havre (Seine-Inférieure).
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- LISTE DES NOUVEAUX MEMBRES ADMIS.
- DÉCEMBRE 1890.
- 1717
- MM.
- Mu y hr (T. F.), directeur de la CUî Edison, 28, rue de Châteaudun.
- Mussat, ingénieur des ponts et chaussées, à Troyes (Aube).
- Orfila (Etienne^, ingénieur civil des mines, à la Gi,; de Chàtillon et Coinmenlry, à Montlucon (Allier).
- Paris (Charles), ingénieur des Arts et Manufactures, au Bourget (Seine).
- Parvillée, céramiste, 29, rue Gauthey.
- Péreire (Maurice), ingénieur des Arts et Manufactures, 53, rue Pierre-Charron.
- Ponnier, membre du Comité consultatif des Arts et Manufactures, 30, rue du Sentier.
- Pontiius et Therrode, constructeurs d’instruments deprécision, lti, rue Dauphine.
- Retz (le comte G. de), répétiteur de métallurgie à l’Ecole centrale, 2 bis, square du Croisic.
- MM.
- Secrétan (Eugène), 19, boulevard Beau-séjour.
- Singrun frères, constructeurs mécaniciens, à Epinal (Vosges).
- Société industrielle de Creil, à Creil (Oise).
- Société industrielle du Nord de la France, à Lille (Nord).
- Société de Laval, 48, rue de la Victoire.
- Société de constructions mécaniques du Sud de la Russie, 5, rue Chauchat.
- Société d’encouragement a l’agriculture de la Haute-Saone, 23, rue Géronne, à Vesoul.
- Valton (F.), ingénieur civil des mines, 19, parc de Montretout, à Saint-Cloud.
- Valton (Gabriel-Henri), ingénieur attaché au service du matériel et de la traction du chemin de fer d’Orléans, à Périgueux (Dordogne).
- Toms F — 95e année. 3e s crie.
- Décembre 1890.
- 112
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- TABLE ALPHABÉTIQUE
- DES
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNES
- DANS LA QUATRE-VINGT-QUINZIÈME ANNÉE DU 15ULLETIN
- (Cinquième série. — Tome I)
- (La lettre (P), à la suite d’un article, indique qu’il ne s’agit que d’une présentation.
- À
- Abel cl Mueller. Etat du carbone dans l'acier non trempé, 97.
- Adams. Manœuvre hydraulique à distance, 1277.
- Alexandre. Appareil à raffiner le sucre < I* , 288.
- — Résistance des matériaux, 83, 33. Allaire et Gautier. Roue a vapeur, 13-40. Altiiam. Turbine à vapeur, 1332.
- Allis. Machine soufflante, 117(1.
- American Stoker G°. Foyer, 352.
- Andréoli. Electrolyse de la soude, 52. Andrews. Travaux sur l'acier, 237, 238. Antier. Turbine à vapeur, 1254.
- Ai-ré. Houe à vapeur, 1320.
- Ari’Eirr. Conférence sur la verrerie, 415.
- •— Rôle de l'alumine dans la composition des verres, 415.
- Ariès. « Chaleur et Energie », 1303. Atkinson. Moteur à gaz, 800.
- Aubert. Voilure à vapeur (P), 1551.
- — Levier articulé (P), 280.
- Audrand, ouvrier (méd. br.), 974.
- B
- Babcox Wilcox. Presse à emboutir, 1183.
- — Chaudières, 540, 608.
- Bâclé. Unification des méthodes d'essai do résistance des matériaux, (il.
- Bach. Explosion des bouteilles à acide carbonique liquide, 601.
- Badois. Amenée de l’eau du lac de Genève à Paris (P), 144.
- Baillaed. Cours d’astronomie, 1391.
- Bajac. Treuil pour charrues, 354.
- — Charrue défonceuse, 355.
- — Arracheur de betteraves, 382.
- — Planteur de pommes de terre, 375.
- Bale. Fabrication de l’ammoniaque (P),
- 151.
- Ballet. Observation stratégique (P), 1037.
- Baniisett. Brûleurs. Rapport de M. Violle, 1378.
- Barba. Variation de résistance et dimensions des éprouvettes, 71, 77.
- Barbour. Transmissions par cordes, 1378.
- Barclay. Foyer, 554.
- Bardy. Dosage des huiles essentielles, 571.
- Barillot. « Distillation des bois », 1303.
- Basin. Barrages (P), 444,
- — Paquebot (P), 1530.
- Bahr et Stroud. Télémètre, 1526.
- Bâtes. Drague à succion, 283.
- Baudoux et Pagnoul. Fours à bassin pour verrerie, 405.
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-
-
-
- 1720
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS.
- DÉCEMBRE 1890.
- Bayer. Fabrication de l’alumine, 1 ^270.
- Beadle et Little. Nouveau dérivé de la cellulose, 598.
- Beardmore. Cisaille, 892.
- Beaudet. Triple carbonatation, 728.
- Beck Gueriiard. Lignes de Luders, 1220, 1225.
- Bejirens. Microphotographie des métaux, 200, 223.
- Bell. Procédé Schloesing, 45.
- Belleville. Chaudières, 008.
- Belvalette. Essieu à billes, 1278.
- Bérarj). Rapport sur les masques respirateurs Détourre et Detroye, 12.
- Bernard Jeoffroi. Compteur (P), 1037.
- Bernet Ciiaroy. Scarificateur, 370.
- Berthelot et Vieille. Explosivité de l’acétylène, 1364.
- Berlin. « Les chaudières marines », 1389.
- Besançon. Produits pour l’entretien des objets peints (P), 759.
- Beuret et Bruet. Prix d’agriculture, 958.
- Beylié (de'). Associations ouvrières au xviic siècle, 835.
- Billotte. Rapport sur l’exercice 1895, 781.
- Blainvillier (méd. br.), 974.
- Blayier. Nécrologie, 1699.
- Blecuynden. Chaudière, 539.
- Bliss. Cisaille circulaire, 1688.
- Boens. Epuration des eaux d’égout(P), 4 44.
- Boekler, ouvrier (méd. br.), 974.
- Bockkr, ouvrier (méd. br.), 974.
- Boissier. Le cheval de mines. Rapport de M. Lavalard, 503.
- Bollinckx. Distributeur, 720.
- Bollmann. Turbine à vapeur, 1504.
- Bouchers.Traité d’électrométallurgie, 1690.
- Bordet. Censeur. Rapport sur l’exercice 1895, 791.
- Bouchon. Sucre en morceaux, 733.
- — Triple carbonatation, 725.
- — Epuration par sulfitation, 725.
- Boulanger, ouvrier (méd. br.), 974, 975.
- Bourdon (Ch.). Chauffage à la vapeur. Rapport de M. Rouart, 153, 794.
- Bourgouin(P.).Décomposition du selmarin parle sulfate d’ammoniaque, 153,630 (P).
- — Agglomération des combustibles, 153, (P.).
- — Procédé pour empêcher le jeu dubois, 153 (P.).
- — Matière plastique, 153.
- Boyer. Clou automobile, 436.
- — Percuteur à air comprimé, 618.
- Boys. (Vernon). Différentiel à billes, 1548.
- Brandt. Perforatrice, 1586.
- Brayton. Moteur à pétrole, 993.
- Brillié. Auto-indicateur (P), 1551.
- Brinell et Tchernoff. Point critique des aciers, 97.
- Briot. « Les Alpes françaises. » Rapport de M. Ronna, 318.
- Brookes. Frein d’ascenseur, 286.
- Broutard. (Méd. br.), 975.
- Brown. Transmission réversible, 1167.
- — et Sharpe. Cage à rouleaux, 433.
- Brùll. Rapport sur les titres de M. Kreutz-
- rerger à la grande médaille des Arts mécaniques, 943.
- — Sur le prix des moteurs à huiles lourdes, 951.
- — Sur l’ouvrage de M. de Launay « les Mines d’or du Transvaal », 1039.
- — et Hirsch. Sur la distribution Durant Lencauchez pourlocomotives, 666, 1580.
- Brunet. Étude agricole de la Dordogne, 153.
- Brunet. Ouvrier (méd. br.), 975.
- Brenner. Turbine à vapeur, 1344.
- Brydges. Moleur à réaction, 1327.
- Buisine. Revue de chimie, 36.
- Bullock. Frein pour machines Compound, 616.
- Burkiiolder. Palan, 619.
- c
- Cahot. Compteur d’électricité (P), 1700.
- Canard, Montauran et Marchander. Eva-porateurs de jus sucrés, 727.
- Candiiou, ouvrier (méd. br.), 975.
- Cararasse. Sténographie (Pj, 448.
- Carnot. Analyse des aciers, 69.
- Carrenter. Calorimètre pour vapeur, 896.
- Carter. Moteur à pétrole, 993, 995.
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-
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS.
- DÉCEMBRE 1800.
- 1721
- Cary. Machine à vapeur rapide, 284.
- Castaing (l)r). Ventilation des habitations. Prix Melsens, 928, 955.
- Castner. Électrolyse du chlorure de solium, 56.
- Chaillou de l’Étang. Paquebot-réservoir (P), 1 550.
- Ciialenton, ouvrier (méd. br.), 975.
- Ci ampavère. Turbine à vapeur, 1230.
- Ciami-igny. Tachéomètre (méd. d’ori, 907.
- Ci amponnois.Notice nécrologique, 758,923.
- Ci anck et Clacss. Récupération du soufre du procédé Leblanc, 38.
- Ciandler. Machine à vapeur, 711, 713.
- Chapman. Moteur à transmission épicv-cloïdale, 611.
- Ciiapsal. Frein continu électro-pneumatique (P), 151.
- Clapuis. Pyromôtres, 1303.
- Ciarles, ouvrier ('méd. br.), 970.
- Ci a rpv. Alliages de cuivre et de zinc, 178, 50-4, 925.
- — Appareil pour essayer les métaux à chaud, 233.
- — Courbes de traction du fer et de l’acier, 239, 212, 250, 251, 25 4, 258, 388.
- — Observations sur les mémoires de MM. Howe et Le Chatelier. Trempe de l’acier, 380.
- Ciiautel. Appareil à mesurer les distances (P), 153.
- Craster. Procédé de lithographie (TV, 153.
- Ci atenel. Foyers à poussières de charbon, 710.
- Ciatin. Rapport sur le prix de pisciculture, 960.
- Ciauyeau, ouvrier (méd. br.), 976.
- Ci ènevtère. Système des parquets ( P), 632.
- Cievit.lot, ouvrier (méd. br.), 976.
- Ciieysson. Notice nécrologique de M. Giron, 313.
- — Rapport sur les tables de mortalité, 169.
- Chrétien et Félix. Labourage électrique,
- 361.
- Clark. Turbine à vapeur, 1325.
- Clèrault. Essais au choc, 78.
- Ci ère. Poêle hermétique (P), 1701.
- Glerk. Moteurs à gaz, 868, 872.
- Clermont. Outil de cordonnier (P), 1550. Closs et Sciimalzer. Frein de voiture, 20. Cloaves. Composition des atmosphères éteignant les flammes, 132.
- Goutter. Vérification de l’alcool (P), 1037. Combes. Transmission par cordes, 1378. Convers. Turbine à vapeur, 1235. Considère. Essais décompression, 78; de dureté, 80.
- Cook. Roue à vapeur, 1857.
- — Dessiccation à l’eau chaude, 130. Cooper. Roues à vapeur, 133 3.
- Goret. Niveau métallique fP), 1550. Coudon. Culture du pastel, 1216.
- Craig. Appareil à vérilier la combustion, 139. Crossley. Moteur à pétrole, 997, 1000. Cuinat. Moteur à gaz, 871.
- Cutler. Turbine à vapeur, 1330.
- I)
- Daimler. Moteur à pétrole, 999.
- Damour(E. ).Travaux de céramiqu e, 761,9 1 1.
- — Dilatation des pâtes et couvertes céramiques, 761, 926.
- Dariès. Allumage pour moteur à gaz, 876. Davey. Rendement des machines à vapeur, 681.
- Davey-Paxman. Renvoi d’indicateur, 718. David, ouvrier (méd. br.), 976.
- Dawson. Soupape de moteur à gaz, 881. Deacon. Fabrication du chlore, 10. Debauciiou, Delgorgue, Demilly, Desse, Descazeau, ouvriers (méd. br.), 977. Decukur. Bélier, 137.
- Deering. Moissonneuse, 381, 133. Delaurier. Moulin universel, moteur à vapeur i P), 1551.
- Delpeyron. Pompe à soufflet. Rapport do M. Raffard, 678.
- Déférais. Récupération du chlore (P), 152. Deprez. Turbine à vapeur, 1350. Dervillier. Incubateur (P), 289. -Retouchant. Turbine à vapeur, 1249. Détourre et Detroye. Masques respirateurs. Rapport de M. Rérard, 13.
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- 1722
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS.
- DÉCEMBRE 1890.
- Desreisses. Ëlectrolyso du chlorure de sodium, 56.
- Dietz. Houe à vapeur, 1158.
- Dodue. Convoyeurs, 16<S0.
- DonmncE. Hemblayeuse, 753.
- 1)ol, Doucet, ouvriers (méd. hr.). 977. Dolland. Moteur (H), 444.
- Donard et G. Boutet. Utilisation des sous-produits (P), 1551.
- Dorrange. Foyer, 553, 554.
- — Grille, 555.
- Dow. Turbine à vapeur, 1493.
- Duclaux. L’u'uvre industr. de Pasteur, "23. Dutay. Chaulage, 723.
- Dugommier. Ouvrier (méd. br.), 978. Dumoulin. Turbine à vapeur, 1336, 1339. Duneau. Charrue, 369.
- Durant et Lencauchez. Distribution pour locomotives, 666, 1580.
- Dureau. Notice nécrologique. 632, 923. Duryea. Automobile à pétrole, 1002.
- Duse. Piocheuse mécanique, 288. Dutemple. Chaudière, 533.
- Dutiiil de la Tuque. Colonisation française, 837.
- Détruit. Chauffage par l’électricité, 289. DYARetME.\NiNG.Soude;il’ammoniaque,41.
- E
- Ebrs. Allumage de moteurs à gaz, 869. Edwards. Pompe à air, 1182.
- — Turbine à vapeur, 1357.
- E feront. Fermentation alcoolique. Rapport de M. Duclaux, 330.
- — Prix Parmentier, 928.
- Endemann. Utilisation de la magnésie, 129. Englard (Mme), ouvrière (méd. br.), 978. English et Donkir. Transmission de la chaleur par les parois des cylindres, 1680. Etienne. Appareil de sauvetage (P), 633. Ewbank. Turbine à vapeur, 1238.
- F
- Fabre, Frimât, ouvriers (méd. br.), 978. Faramond de Lafajolle. Prix des moteurs à pétrole, 951.
- Farcot et Perrigault. Turbines à vapeur, 1257, 1321, 1346.
- Fencon. Roue à vapeur, 1161.
- Ferrand. Les torpilleurs, 511.
- Ferrante Turbine à vapeur, 1506.
- Ficret et Heurtey. Four à chaux, 722.
- Field et Morris. Machine aéro-vapeur, 691.
- Fielding. Presse à forger les roues, 1036.
- Fleurent. Théories atomique et dualis-Lique, 839.
- Floret. Expériences sur les vignes (P), 153.
- Fontviolant (De). Charge supportée par l’arbre d’une turbine, 275.
- Foucant. Turbine à vapeur, 1246.
- Frèoureau. Globes diffuseurs. Rapport de M. Violle, 902, 1420.
- Frémont. Cisaillage et poinçonnage, 79, 151, 926.
- — Lignes de Ludeks, 1218.
- Frennet, Yautrier. Arracheur de betteraves, 383.
- Frey. Notice nécrologique, 631, 923.
- Friedeberg.Foyer à poussières de charbon, 740.
- Friedel et Joubert. Actualités chimiques, 766.
- Froude. Dynamomètre, 1326.
- Furnas. Balayeuse pneumatique, 900.
- Furneaux et Butler. Mise en train de moteur à gaz, 878.
- Fryer. Four à gadoues, 595.
- <;
- Gacreux. Le sauvetage en France et à l’étranger, 768.
- Gallon. Lignes de Luders, 1224.
- Galloway, Beckwitr. Distribution à déclics, 714.
- Garçon. Pli cacheté, 151.
- Gauckler. Moteur à réaction, 1329.
- Gaudouin, Gautrier, ouvriers (méd. br.), 978, 979.
- Gauthier (H.). Fusibilité des alliages, 1293.
- Gayon et Dupetit. Ferment des fumiers, 1201.
- Geiire. Surchauffeur, 420.
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- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS.
- DÉCEMBRE 1890.
- 1723
- Génie. Triple carbonatation, 725.
- Giiiisox. Moteur à pétrole, 990.
- Giuon. Notice nécrologique par M. Cii eysson, 313, 923.
- Giitard. Pompe à air comprimé, 733.
- Gilly. Passe-escarbilles (P), 1530.
- Giovanni Branla. Roue à vapeur, 1150.
- Giraud. Turbine à vapeur, 1251.
- Girard (Aimé). Contrôle des distilleries agricoles Sidersky, 812.
- — Traitement du sol au sulfure de carbone, 1202.
- — Accumulation des produits cuivriques dans le sol, 1215.
- — Rapport sur le prix Fourcade, 950.
- — et Ment/.. Emploi des fumiers, 1198.
- Giediceï.li. Roue à vapeur, 1159.
- Glediiei.l. Presse à blindages, 753.
- Gorre et Baudoin. Fours à bassins pour
- verreries, 395.
- Gore. Théorie allotropique des aciers, 213.
- Gossart. Lampe à acétylène (P.), 1551.
- Goeilly. Géométrie descriptive, 769.
- Goucy. Règles pour le filetage P. , 289.
- Goepil de Préfei.n. trésorier. Remerciements de la Société, 790.
- Gouvy. Explosions des bouteilles d’acide carbonique, 002.
- Greener et Degener. Cristallisation des sucres, 731.
- Green. Mise en train pour moteurs à gaz, 875, 876.
- Grenet. Recherches expérimentales sur les verres, 1551.
- Greenlaee. Pivot à billes, 1373.
- Greenwood. Électrolyse du chlorure de sodium, 53, 55.
- Grille et Lelarge. Agriculture et machines agricoles aux Etats-Unis, 291.
- Giumault. Juridiction consulaire de la Rochelle, 700.
- Gri vaux. Mo tour à vapeur régénérée) P), 632.
- Groslière.Mécanisme de transmis(P), 1700.
- Grever. Rapport sur le Prix du commerce, 903.
- Guettier. La fonderie en France, 212.
- Guichard. Broyeur de pommes à cidre, U44.
- Guillemin. Alliage de cuivre, 67, 200.
- Guitard. Paniers démontables. Rapport de M. Mayer, 793.
- Guyot. Charrue défonceuse, 350.
- Il
- Hadeield. Aciers au nickel, 730, au manganèse, 737.
- Hall. Excavateur funiculaire, 430.
- Haller. Membre correspondant, 145.
- Hamille. Casier numéroteur, 1550.
- Hamrsox. Liquéfaction des gaz, 621.
- Hamelle et Ciiedvii.le. Produits d'amiante. Rapport de M. Simon, 829.
- Hannsen. Turbine à vapeur, 1323.
- Hardy. Formènophone. Rapport de M. Violle, 15 4, 051.
- IIargreaves. Production dirt'cte du sulfate de soude, 39, et Rird(IL), électrolyse des chlorures, 153.
- Hartmann. Lignes de Luders, 1225, Il 40.
- Haton de la Goupillière. Cours d’exploitation des mines, 702. Discours prononcé aux obsèques de M. A. Tresca, 1573.
- IIavard. Raccord pour tuyaux (P.), 288.
- IIawley. Tirage renversé, 551.
- IIaytiiorn. Chaudière, 53!*.
- Head. Forges américaines, 895, 105 4.
- 11Élouis. Vanadium, 4 40, 90-4; molybdène, 032.
- Hennererï. Attaque des places, 908 ; travaux de campagne ; communications militaires, 1392.
- H ermite et Durosc. Electrolyse des chlorures décolorants, 54. Traitement des eaux vannes, 129.
- Héron. Eolipyle, 1155.
- Herson. Four à gadoues, 595.
- Heye.oük et Neville. Fusibilité des alliages, 1295. Alliages de cuivre et zinc, 504.
- Heydicke. Cristallisation des sucres, 732.
- IIick. IIargreaves. Surchauffe ur, 421; distribution à déclic, 713, 717.
- Hiiïn. Avantages de la surehaulfo, 085.
- Hirsch. Mécanique générale à l'Exposition de 1889, 762. Rapport sur la turbine
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- 1724
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS. — DÉCEMBRE 1800.
- Singrun, 1409, et Bhûll. Rapport sur la distribution Lencauchez-Durant, 666,
- 1581.
- Hoel, Brachet et Gunter. Turbine à vapeur, 1256.
- IIollard. Analyse du cuivre industriel par voie électrolytique, 1676.
- Holborn et Wien. Mesure des hautes températures, 1012.
- Holt. Changement de marche pour moteurs à gaz, 880 ; distribution, 883. Honigman.Fonçage des puits de mines, 1583. Hopkins. Turbine à vapeur, 1505. Horsfall. Four à gadoues, 595,
- Houles. Blé pour l’alimentation du bétail. 1214.
- IIowden et Hunt. Roue à réaction, 1344, Howe et Sauveur. Trempe de l’acier, 235, 734, 1262. Observations do MM.Charpy, 386. Osmond, 734.
- I
- Imray. Turbine à vapeur, 1332.
- Imbs. Enregistreur musical Rivoire, 1064.
- J
- Jaffa. Culture de l’atriplex, 1217.
- Jaffier. Prix de pisciculture, 961. Jacquemond. Roue à vapeur, 1164.
- James. Allumage de moteur à gaz, 875. Jarolimek. Cartouche à chaux, 1603.
- Javaux et Nysten. Prix des lampes à incandescence, 929,956.
- Jeans (Stephen). Réduction des heures de travail, 506.
- Jolitz. Embrayage à friction, 1035.
- Jordan (J.). Discours prononcé aux obsèques de M. A. Tresca, 1574.
- Jousset. Notice nécrologique, 758, 925. Julit. Brancard de voiture (P), 1037.
- Iv
- Kane Pennington. Automobile à pétrole, 1003.
- Kasélowsky. Pompe hydraulique pour mines, 1592.
- Kellner. Electrolyse du chlorure de sodium, 57.
- Klebe. Appareil à mesurer les dilatations des ciments, 600.
- Knab. Notice nécrologique, 924.
- Knille. Culture du pastel, 1216.
- Kolb. Production directe du sulfate de soude, 39; du chlore, 40.
- Koiilmeyer. Akalène à billes, 1685.
- Kossman. Foyer à poussières de charbon 740.
- Kouendjy. Dosage des huiles essentielles,
- 571.
- Koutciieroff. Dosage des huiles essentielles, 571.
- Krebs. Turbine à vapeur (P), 1551.
- Kreutzberger. Grande médaille des Arts mécaniques, 928, 943.
- Kuiin. Fixation de l’azote par les légumineuses, 1208.
- L
- Laciiaux. Triple carbonatation, 724.
- Laffargue. Applications mécaniques de l’électricité, 767.
- Lagarez (M""'). Prix Fourcade, 930.
- Lagrasville. Moteur à réaction, 1341.
- Eagrelle et Crantrelle. Ëvaporateur pour jus sucrés, 727.
- Camberton. Cisailles, 888, 890, 893 ; laminoirs, 887 889.
- Lambert, Lécluse, Lécroaiit, Lefort, Le-lievre,Liborelle, ouvriers(méd.br.),980.
- Landrin. Diffusion, 721; cristallisation des sucres, 731.
- Landormy. Turbine à vapeur, 1242.
- Larney. Conservation des viandes (P), 903.
- Laroche. Turbine à vapeur, 1240.
- Last. Turbine à vapeur, 1342, 1343.
- Laval (De). Turbine à vapeur, 1334, 1508; pompe centrifuge, 1518.
- Lavalard. « Le Cheval de mines », ouvrage de M. Boissier, 503; frein de voiture Cloos et Sciimalzer, 20.
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- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS. ----- DÉCEMBRE 1896.
- 1725
- Lavolléu (Cli.). Notice nécrologique de M. Léon Sa y, 039.
- Launay (Du). Mines d’or du Transvaal, 1039.
- Lp.aku cl Lucas. Linoléum, 111.
- Lubasteur et Arnould. Essais au choc, 73; et Marié, dimensions des éprouvettes,77.
- Luron. Moteur à gaz, 807.
- Lu Guatuliur (II.). Fusibilité des alliages, 1295, 1300.
- — Métallographie microscopique, 559.
- — Pyromètre, 1012.
- — Propriétés de quelques verres, 590.
- — Nouveau dérivé de la cellulose, 598.
- — Appareil Klebu pour mesurer la dilatation des ciments, 000.
- — Chauffage et ventilation des édifices,020.
- — Traité d’électrométallurgie de Porchers, 1090.
- — Trempe de l’acier, 738.
- Le Chatulier (A.). Résistance des matériaux, influence de la température, 72; de la durée des efforts, 73.
- — Trempe de l’acier, 380.
- — Propriétés mécaniques des métaux, 182, 191 ; des aciers, 215.
- — Alliages de cuivre et de zinc, 565; recuit spontané, 508.
- Lecourt. Nécrologie, 925.
- Lederur. Trempe de l’acier, 132.
- Lufevre. Traité des matières colorantes, 153, 815. Eclairage électrique, 1699.
- Légat. Prix Giffard, 920, 931.
- Lencauciiez. Four à gaz (P), 152: et Durant, distribution pour locomotives, 000.
- Iæproux. Revue des progrès de l’industrie minière, 1582.
- Leroy. Turbine c't vapeur, 1226, 1231.
- Levât. Trempe de l’acier à l’acide phé-nique, 1670.
- Levasseur, Métier Northrop, 1555; nommé membre du Conseil, 901, 1037.
- Leverkus. Turbine à vapeur, 1331.
- Lgewes et Wright. Pouvoir éclairant des gaz carburés, -132.
- Lindet nommé membre du Conseil, 145 ; progrès de l’industrie sucrière, 721 ; congrès de chimie appliquée, 632.
- Livache. Traitement des ordures ménagères (P), 1550; «Vernis et huiles siccatives », traité (P), 1838.
- Lorben. Foret à circulation d’huile, 1089.
- Long. Déchargeur de charbons, 139.
- Loppè. « Les Accumulateurs », 1393.
- Lourbart. Machine rotative (F), 759.
- Loverdo (De). Culture du raisin de Corinthe, 631.
- Lumley. Roue à vapeur, 1327.
- Lfynes (De). Or brillant français, 290.
- — Traité des matières colorantes de M. Lefevre, 815.
- M
- Macadam. Destruction des gadoues, 595; four à—, 590.
- Mac Cullocii. Distribution par vapeur,719.
- Mac Intoscii et Seymour. Machine à vapeur à triple expansion, 1538.
- Mac Elroy. Turbine à vapeur.
- Mac Gloin. Roulement sur galets, 1635.
- Mac Laren. Régulateur direct, 016.
- Mac Piiail et Simpson. Surchauffeur, 323.
- Mages. Chaudière, 532.
- Magnien. Carte agronomique communale (P), 632.
- Maillet. Siphon renversé, 317.
- Makenstein. Jumelle photographique.
- Maxhattam. Foyer, 553. Rapport de M. Pector, 500.
- Manoury. Cuisson et cristallisation du sucre, 727.
- Mallet. Observation sur le rapport de M. Brûll et Hirsch. Distribution Du-rant-Lencauchez, I037.
- Malicot, Marciial, Mignard, ouvriers (méd. br.), 981.
- Marchelowski. Synthèse du sucre de canne (P), 151, 759.
- Marco Polo. Amiante en Mongolie, 830.
- Marre (De). Bec héliogène. Rapport de M. Violle, 333, 793.
- Maréchal. Tramways électriques, 1393.
- Marschall et Wigram. Distribution par robinets, 715.
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- 1720
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS. ----- DÉCEMBRE 1896.
- Martel. Epreuves pur pénétration, 79.
- Martens. Travaux sur l’acier, 10(5.
- Martin (A.). Prix Gifkard, 927, 940.
- Martin. Essais sur le tirage par aspiration, 543.
- Maücart, président. Séance générale, 922.
- Masse. Mesure des hautes températures, d’après IIolborn et Wien, 1012; influence du carbone sur le fer d’après J.-O. Arnold, 97.
- Massey. Cultivateur, 371.
- Maxim. Itégulateur direct, 1275.
- Mayer (E.). Rapport sur les paniers démontables. Guitard, 793.
- Meldrum. Pour à gadoues.
- Menabrea, membre correspondant. Nécrologie, 925.
- Mille et Sawf.rs. Action de la gélatine sur les dissolutions salines, 128.
- Miller. Excavation funiculaire, 1175.
- Moison. Essoreuse continue, 151.
- Moissan. Four électrique, 289,et Ouvrard, « le Nickel », 1047.
- Mond. Métallurgie du nickel, 133.
- Monmerqué. « Contrôle des installations électriques », 157.
- Morineau. Chauffe-bains. Rapport de M. Roi ART, 17(5.
- Müntz et Aimé Girard. Emploi des fumiers, 1198.
- Myrick et Doeg. Arrêt automatique, 137(5
- N
- Nasse, Nauiun, ouvriers (méd. br.j, 9S1.
- Naudet. Cristallisation dessucres, 728, 730.
- Newton. Moteur à réaction, 1320.
- Niclause. Chaudière, (508, (510.
- Nivière et Hubert. Rôle des acides dans la fermentation. Tourteaux et alcool de pommes de terre (P), (530.
- Noble et IIeltner. La nitragine, 1201).
- Normand. Torpilleurs, 511, 514, 517, 518, 521, 528,53)0. Chaudières, 523, et Sigau-dy. Alimenlateur automatique, 1(585.
- Northrop. Métier revolver, 897.
- Norton. Essais d’enveloppes calorifuges, 747.
- O
- Oberlin. Traitement du sol au sulfure de carbone, 1202.
- Osmond. Micrométallurgie des aciers, (57, (58, 1 20, 201, 2(57.
- — Dureté des matériaux, 80.
- — Allotropie, théorie, 23(5, 259, 273. Rôle dans la classification des aciers, 735.
- — Acier. Travaux sur F—, 97, 245, 248, 25(5, 2*57, 12(53. Trempe d’après Howe et Sauveur, 12(53. Observations au Mémoire de M. Arnold, 268.
- — Points critiques du fer, 235.
- — Structure des métaux, 1136.
- Otto. Moteurs à gaz, 8(57, 868, 883; à pétrole, 986,988.
- P
- Paris. Nécrologie, 925.
- Parker et Robinson. Électrolyse du chlorure de sodium, 54.
- Parry. Mortaiseuse à chaînes, 281.
- Parsons. Turbomoteur, 1335, 1352. Roue à réaction, 1500.
- Passot. Roue à vapeur, 1166.
- Pasteur. Œuvre industrielle de — (Du-claux), 23, 922.
- Patchell. Surchauffe de la vapeur, 418.
- Peache. Machine à vapeur, 712, 715.
- Péciiincy. Fabrication du chlore, 49.
- Pector (S.). Rapport sur le procédé de report photographique Yillaix, 173. Sur la jumelle photographique Makenstein,500.
- Peel. Roue à vapeur, 1158.
- Pelletan. Turbine à vapeur, 11(58.
- Pelton. Roue hydraulique, 141.
- Pekmont, Penolo, ouvriers (méd.br.), 982.
- Perrigault et Farcot. Turbine à vapeur, 1257.
- Perroux. Turbine à vapeur, 1245.
- Petsciie. Pavage en bois, 153(5.
- p.1726 - vue 1740/1758
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- NOMS I)KS AUTEURS MENTIONNÉS.
- DÉCEMBRE DS00.
- 1727
- Pktter. Moteur à pétrole automobile,
- 1000, 1002.
- Peterson et Mac. Donald. Chaudières, 511.
- Pilter. Charrue, 0(17. Pulvérisateur, .'172.
- Pinknicv. Mise eu train de moteurs à gaz, 877. Carburateur, 05,‘i. Moteur à pétrole> 002, 00i.
- Pistou. Distribution à déclic, 1271.
- Place. Appareil de sondage des éprouvettes, 08.
- P la y tord. Crillc à chaîne, 552.
- Poltsc.ii. Fonçage des puits de mines par congélation, 1582.
- Point. Appareil pour métier Jacquard, 838.
- Poolk et Pilorge. Roue à vapeur, 1102.
- Poucet et C. Pu’;. La Convention d’Union internationale du 20 mars 1888, 1008.
- Poulenc frères. Or brillant, 115.
- Powell et Wiiittaker. Arracheurs de pommes de terre, 377, 883.
- Praciik. Moteur ;i réaction, 1810.
- Pralon. Résistance des matériaux, 70,
- Prangey. Sucre en morceaux, 733.
- Priestman. Moteur il pétrole, 182, 180, 052,
- 001.
- Prunier. Rapport sur le prix Melsens, 055.
- O
- v
- Quimby. Pompe hélicoïdale, 1031.
- R
- Racr, Ravier, Richier, Roine. Rougier, ouvriers (méd. br. j, 082, 083.
- Raefard. Rapport sur la pompe Delpey-rou, 078.
- Ratiien. Turbine il vapeur, 1211.
- Raavortii. Machine à vapeur, 700, 711,715.
- Raymont Cros. Grands barèmes de la construction métallique, 707.
- Rear. Chaudières, 537.
- Real et Piciion. Roue ii vapeur, 1150.
- Reicheln et Maciilet. Carburateur, 080.
- Retdt. Fabrication du linoléum), 111.
- Reynolds. Fumivore, 551; (T Wilde, Fabrication du chlore, 10.
- Rey (Jean). Feux-éclairs ii l’huile et au pétrole, 203.
- Riboulet. Forces centripètes (P), 700. Richard (G.). liibliographics, 157-201, 170, 700, 008, 1018, 1803, 1557, 1008.
- — Littérature th’s périodiques, 150, 300, 171*, 0 8 8, 7 7 1,01 0,10 5 !, 1181, 18 0 7,15 G1,1 7 0 2.
- /{cour de mécanique générale. Chaudières, 531; machines à vapeur, 081 ; à gaz, 870; à pétrole, 081.
- — Notas de mécanique, 131, 280, 110, 020, 757, 1030, 1183, 1278, 1878, 1518, 1080.
- — Circulation de l’eau dans les chaudières tubulées d’après Yarrow, 131; Watkin-son et Ward, 007.
- — Roulements sur billes, 185, 133, 1278, 1177, 1518.
- — Uriques de pavage aux Ftats-Unis,1858.
- — Chaudières marines (Rertin), 1318.
- — Contrôle des installations électriques Monmerqué), 157.
- — Fabrication de l’alumine à l’usine de Larne Harrour, 1270.
- — La vapeur surchauffée, d’après Pat-
- CL1ELL, 418.
- — Télémètre de la marine anglaise Barre et Stroud, 1286.
- — Destruction des gadoues, d’après S. Macadam, 501.
- — Photographie cathodique de Rôntgen,
- 1 / 9 I 4i>.
- — Pailles microscopiques dans les aciers pour machines, 022.
- — Traité des machines-outils, 706.
- — Voitures automobiles au concours de Chicago, 110.
- — Machinerie des aciéries modernes, d'après .1. Riley, 880.
- — Pavage en bois (le) (Petshei, 1557.
- — Machine à vapeur :1a') (Sauvace), 1381.
- — La plus haute maison de New-York, 1582.
- — Per et acier à la température du soudage, d’après Wrigiitson, 1537.
- — Fabrication des tôles d’acier en Amérique et en Angleterre, d’après .1. IIead et Wellman, I 050, 1 060.
- Richards. Akalône à billes, 1270. Ouvi ’age
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- 1728
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS. ----- DÉCEMBRE 1890.
- sur l’aluminium. Rapport do M. H. Le Ciiatelier, 288, 832.
- — Outils à molettes, 893.
- Riley. Machinerie des aciéries modernes» 28tî.
- Rbipau. Culture des terres labourables, 121 U.
- Ringelman. Revue de mécanique agricole^ 350.
- Risler. Rapport sur les prix d'agriculture, 937.
- Rivoire. Piano compositeur. Rapport de M. Imbs, 1061.
- Roberts Austen. Travaux sur l’acier, 98. Alliages de cuivre et de zinc, 561. Lo1 du volume atomique, 733. Théorie allô' tropique, 236, 733. Structure des métaux, 136.
- Roberts et Cai.dwell. Electrolyse des chlorures, 34.
- Robey. Moteur à pétrole, 991, 993.
- Robin. Tricotage des bas (P), 1530. Robinson. Régulateur direct, 1373.
- Robson. Moteur à gaz, 874.
- Roc.iiford (Tii.). Moyen de préserver les prairies de la sécheresse (P), 1701. Rocques. Inventions mécaniques (P), 1550. Rogot et Tourneur. Cristallisation des sucres, 731.
- Roland. Soude à l’ammoniaque.
- Romanet. Turbine à vapeur, 1253.
- Ronna. Assainissement des villes et cours d’eau aux États-Unis, 1422, 1611.
- — Irrigation de la région aride aux États-Unis, 1071.
- — Rapport sur l’ouvrage de M. Briot, les Alpes Françaises, 318.
- Roney. Tirage artificiel, 547.
- Rontgen. Rayons de —, 143.
- Rossigneux. Rapport sur le logomètre Sol-LIER, 819.
- Rouart (U.). Rapport sur les appareils de chauffage Cn. Bourdon, 794.
- Rouché et Comberousse. Leçons de géomé_ trie, 769.
- Rozé. Siphon renversé Maillet, 417.
- — Rapport sur le tachimètreCiiAMPiGNY, 967.
- S
- Sadler. Turbine à vapeur, 1157. Saint-Cobain (Compagnie de). Subvention pour recherches sur les verres, 633, 926. Salomé. Peinture pour bâtiments (P), 1551. Salomon de Cals. Machine à vapeur, 1155. Samain. Compteur d’eau, médaille d’or, 969.
- Samson Lévy. Essoreuse continue (P), 732.
- Sarrauton. Montre décimale (P), 1701. Sauvage (E.). Filetage de la Société d’En-couragement, 346. Traité de la machine à vapeur, 1385.
- — Conférences sur la locomotive, 739, la machine à vapeur, 1701.
- — Notice sur le traité des machines-outils de G. Richard, 766.
- Savreux. Exploitation d’un jouet (P), 1037. Say (Léon). Notice nécrologique par M. Lavollée, 649, 758, 923.
- Scott. Moteur à pétrole, 998, 1000. Schmidt. Machine à vapeur surchauffée, 686.
- Schribaux. Revue d’agriculture, 1198. Schwartzkoff. Foyer à poussière de charbon, 743.
- Scuwoerer. Surchauffeur, 427. Sczerencowsky et Ponthowski. Essoreuse continue (P), 732.
- Sebert (Général). Appareils chronométriques du capitaine Tiiouvenain, 809.
- — Rapport sur le prix Giffard décerné à M. Martin, 927, 940.
- See Lamboi et Camuset. Carbonateur continu (P), 732.
- Seger. Turbine à vapeur, 1497.
- Seguéla. « Les tramways », 768.
- Seguy. Ozoniseur, 817.
- SemetSolvay. Four à coke.
- Seunier. Moteur à pétrole (P), 1701. Siiloesing. Fabrication de la soude, 38, 41, 45; du chlore, 50.
- Shultz. Culture des engrais verts à Luhtz, 1204, 1207.
- Siiunway. Roulement sur billes, 1545.
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-
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- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS. —- 1)ÉCEMIîHE 1890.
- 1729
- Shutzemberger. Rapport sur l’ozoniseur Seguy, 817.
- Sideksky. Contrôle des distilleries agricoles. Rapport de M. Aimé Girard, 812.
- Siemens et Halske. Treuil électrique pour mines, 1596.
- Siemens. Fours à bassin pour verrerie, 399.
- Simon (E.). Rapports sur le débrayage Franciiet, 1417, le Jacquart Point, 338. Le prix Gifeard décerné à M. Légat, 926,931; les produits d’amiante. IL\-melle et Ghedville, 829. Congrès des Sociétés savantes à la Sorbonne, 834. Réduction des heures de travail, 506. Métier Northrop, 897.
- Sinclair. Surchauffeur, 428.
- Singrcn. Turbine hydraulique. Rapport de M. Hirsch,1410.
- Smith. Outil circulaire, 1174. Turbine à vapeur, 1496.
- Sochet. Chaudière tubulée, 522.
- Solier. Logomètre. Rapport de M. Ros-signeüx, 152.
- Solignac. Prix des lampes à incandescence, 929, 956.
- Solvay (E.). Subvention pour travaux sur les verres, 444, 926.
- — Soude à l’ammoniaque, 41, 43.
- — Fabrication du chlore, 47, 49.
- -— Four à coke, 131.
- Sorby. Travaux sur l’acier, 97, 106.
- Sosnowsicy. Roues et turbines à vapeur, 1153, 1226, 1319, 1491.
- Spiel. Moteurs à pétrole, 992, 994.
- Sherry. Accouplements, 1684.
- Spitzer et Lokwe. Electrolyse du chlorure de sodium, 35 ; de potassium, 60.
- Sprague. Butée à billes, 1546.
- Staitte. Turbine à vapeur, 1496.
- Stark. Poupée de tour, 435.
- Steinbach. Ouvrier (méd. br.), 983.
- Stephen. Épuration des jus sucrés, 726.
- Stilks et Fladd. Presse à emboutir, 1368; sous-presse, 438.
- Stoddart. Roue à vapeur; 1162; écrou à rattrapage automatique, 750.
- Swinton. Rayons de Rontgkn, 150.
- T
- Taillades. Labourage électrique, 365.
- Tannett et Walker. Cisaille, 888.
- Tavernier, ouvrier (méd. br.), 983.
- Terry. Turbine radiale, 1 492.
- Têtard. Cristallisation des sucres, 731.
- Tetley. Turbine à vapeur, 1251.
- Tetmayer. Etude des mortiers, 87.
- — Alliages d’aluminium, 337.
- Thomas. Perforatrice à mains, 1604.
- Thomson. Machine à balancier, 693, 695, et
- Newart, moteur à réaction, 1491.
- Tuornycroft. Chaudière, 535, 609; torpilleurs, 5 13.
- Thouvenin. Appareil chronométrique. Rapport de M. le général Sebert, 809.
- Thurston. Traité des bronzes, 211; avantages de la surchauffe, 1181.
- Todd. Machine à échappement central, 690.
- Tollens. Les hydrates de carbone, 768.
- Tournaire. Turbines à vapeur, 1246.
- Tréteau. Roulement sur billes, 1547.
- Tresca( A.). Rapport sur le compteur d’eau Samain, 969; analyse du livre de MM. Grille et Lelaiige, /’Agriculture et les machines agricoles aux Etats-Unis, 291.
- — Notice nécrologique par MM. Haton de la Goupillière et Jordan, 1573, 1574.
- Trewithick. Surchauffeur, 419.
- Truchot. Fabrication de l’ammoniaque, 908.
- Tweddel. Cisaille, 913.
- v
- Yallerand. Charrue, 354.
- Vautier. Fabrication de la soude, 57.
- Vaux. Alimentation du bétail par le blé, 1214.
- Vernette. Treuil pour charrue, 357.
- Vkrstrappun. Culture des engrais verts, 1209.
- Veuclin. Industrie lyonnaise en Russie, 903,924.
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-
-
-
- \ 730
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS. ----- DÉCEMBRE 180(5.
- Vidal. Photographie des couleurs, 1392.
- Vieville. Triple carbonatation, 72-4.
- Villain. Report photographi<[ue sur planches de métal. Rapport de M. Pector, 173.
- Vimont. Notice nécrologique, 903, 924.
- Violle. Rapport sur les globes diffuseurs Frédureau, 1421.
- — Sur le prix des lampes à incandescence.
- — Sur la lampe héliogène de Marre, 793; sur le brûleur Randsupt, 490.
- — Sur le formènophonc Hardy, 051, conférence sur l'éclairage, 903.
- Vivien et Dervaux. Réchauffeur de jus sucrés, 720. Carbonateurs continus, 723.
- w
- Wagnier. Ferments de fumier, 1200, traitement du sol au sulfure de carbone, 1202. Assimilation des phosphates, 1213.
- Waldmann. Prix d’agriculture, 957.
- Walton. Linoléum, 413, 414.
- AVard et AVatkinson. Circulation dans les chaudières tubulées, 607, 019.
- AVatson. Niveau d’eau, 1543.
- AVeher. Vulcanisation du caoutchouc, 128.
- AVedding. Lignes de Luders, 1224.
- AVegexer. Foyer à poussière de charbon, 555, 745.
- AVeldon. Fabrication du chlore, 40, 49.
- AAr e ll i n g T o N. A11 u m a ge d e m o I c u r ;i g a z, 17 0.
- AA ellman. Forges américaines, 1660.
- AVertii. Travaux sur l’acier, 98, 237, 212, 248, 267.
- AVest. Roue à vapeur, 1348.
- AVjieyer et Riciiemond. Fssais de chauffage au pétrole, 1109.
- AVien. Treuil réversible, 1034.
- Willans. Machine à vapeur, 708.
- AVillans. Distribution, 748.
- AVillmann. Transmission hélicoïdale à billes, 1180.
- AVinder. Travaux sur l’acier, 116.
- AATnkelmann et Scuott. Préparation de quelques verres, 590.
- AVolff. Chauffage et ventilation des édifices, 627.
- AATilfmeller et Creiseniioff. Vélocipède à pétrole, 1006.
- AA’orthington. Condenseur, 438.
- AA'rengii. Turbine à vapeur, 1503.
- AVrigstson. Fer et acier à la température du soudage, 1537.
- Y
- Yarrow. Chaudières express, 60!), 613.
- — Alimentation automatique, 1686.
- — Circulation dans les chaudières tubulées, 131.
- — Torpilleurs, 512, 524, 530.
- z
- Zimmermann. Labourage électrique, 360.
- Zipcy. Prix de pisciculture, 960.
- Zoograi’iiicos. Mesure de la température à distance :P), 903.
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-
-
-
- TABLE ALPHABÉTIQUE ET ANALYTIQUE
- DES MATIÈRES
- CONTENUES DANS LA QUATRE-VINGT-QUINZIÈME A N N È E DU BULLETIN
- (Cinquième série. — Tome /.)
- A
- Acétylène. Explosivité (Berthelot et Vieille), 1364.
- Acide chlorhydrique, procédés Leblanc, 37, 39; IIargueaves, 39.
- — carbonique liquide. Explosion des bouteilles d’ —, Bach, 602.
- Aciers. Compositions des — normaux et trempés, 99, 127.
- — Définition des —, 100, 106, 117.
- — Écrouissage, 236, 241, 248.
- — Essais àla compression, 104.
- — Micrographie des — (Arnold), 103, 109.
- — Paliers des —, 239, 253, 256, 258, 388.
- — Recalescence, 120.
- — Recuit, 99, 102, 111, 127, 391; de l’acier doux moulé, 111.
- — Revenu, 122.
- — saturés et non saturés.
- — Sous-carbure dans les —, 108, 126.
- — Théorie allotropique, 236, 259, 273, 389, 738, 1268.
- — trempés (Uowe-Charry), 235, 386; (Sauveur), 1762; structure des — (Arnold), 118; à l’acide phénique (Levât), 1676.
- — Accouplement flexible SrKimv, 1684.
- Actualités chimiques. Revue des — (Friedel et Joubert), 768.
- Agriculture. Revue de F — en 1895, (ScilHlBAUx), 1198.
- — et machines agricoles aux Etats-Unis (Grille et Lelarge), 291.
- — Prix d’ —, 957.
- — et hygiène. Assainissement des cours d’eau aux Etats-Unis (Ronna'), 1122, 1611.
- Air comprimé. Transmission de force à la North Mining C'J, 141.
- Akatènes à billes. Richards, 1279; Kohlmeykr, 1685.
- Alliages. Commission des —, 925.
- — d’argent, 133.
- — de cuivre al de zinc (Cuarry), 180; propriétés mécaniques, 186 ; traction, 186; compression, 194; choc, 198; structure microscopique, 200; alliages de 0 ;'i 35 p. 100 de zinc, 203 ; de 35 il 45 p. 100 de zinc, 206 ; annexe, 210.
- — Mêlai Bulls, 242.
- — métalliques. Fusibilité (Gautier), 1293.
- — Recuit des—, 1189.
- — Structure des —, 1136.
- Alpes françaises. Les —Briot. Rapport de M. Ronna, 318.
- Alumine. Fabrication il Larne Harbour, 1270.
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-
-
- 1732
- TABLE ALPHABÉTIQUE UES MATIÈRES. --- DÉCEMBRE 1896.
- Aluminium. Ouvrage de Richards. Rapport de M. II. Le Ciiatklikr, 1422.
- Amiante. Produits de MM. IIamkllk et Cuedville. Rapport deM. E.Simon, 1422.
- Ammoniaque. Fabrication et applications (Trucuot), 908.
- Ardoisières de Rochefort-en-Terre (prix du Commerce), 904.
- Arrêt automatique Mvrice et Doec, 1376.
- Assainissement des villes et cours d’eau aux Etats-Unis (Ronna), 1422; les eaux et les égouts, 1422; Boston, 1427; Chicago, 1429; Los Angeles, 1443; les eaux d'égout, 1447 ; traitement des eaux d’égout, 14,34; filtrage intermittent, 1455. Irrigation, 1612. Irrigation souterraine, 1617; filtrage et irrigation, 1619. Épuration chimique, 1627 et filtrage, 1644. Traitement par l'électricité, 1650.
- Assistance par le travail (Union d'), 836.
- Associations ouvrières coopératives de production aux xvne et xvm° siècles, 835.
- Attaque des places (Hennebert), 908.
- Automobiles, 998 ; essais de Chicago, 440; au pétrole Daimler, 998; Duryea, 1002; Pennington, 1004, Wolfmuller, 1006, 1009.
- B
- Balayeuse pneumatique Furnas, 900.
- Bétail. Alimentation du —, par blé et pommes de terre, 1255.
- Bielle creuse Mac Intosii et Seymour, 1540.
- Bélier hydraulique Decokur, 137.
- Bibliographie. Ouvrages reçus a la bibliothèque, 158,297, 477,636, 770, 909, 1049, 1394, 1560, 1702.
- — Agriculture et machines agricoles aux États-Unis (Grille et Lelarge). Notice par M. A. Tresca, 291.
- — Alpes françaises (F. Briot). Notice de M. Ronna, 318.
- — Ammoniaque. Fabrication et applications (Trucuot), 908.
- — Aluminium (G. Richards). Notice de M. IL Le Ciiatelier, 332.
- — Astronomie. Cours d’ — (Baillaud),
- 1391.
- — Annuaire de l’Observatoire de Mont-souris (1896), 295.
- — Ateliers et fabriques d’Angleterre. Rapport du Chief-Inspector, 294 (G.IL).
- — Bibliothèque du conducteur de travaux publics, 476.
- — Chaudières marines. Les — (Bertiné 1388 (G.R).
- — Cheval de mines. Le — (Boissieu). Rapport de M. Lavalard, 503.
- — Chaleur et énergie (Akiés), 1393.
- — Constructions métalliques. Barêmes de la — 'Raymond Cros), 767.
- — Convention internationale du 20 mars 1883 (Pouillet et Plé), 1698.
- — Dictionnaire des arts et manufactures de Laboulaye, 1698.
- — Distillation des bois (Barillot), 1393.
- — Éclairage. Incandescence. Acétylène (Dommer), 1048. Électrique (Lefèvre), 1699.
- — Électricité. Applications mécaniques (Laefargue), 767. Accumulateurs (Lop-pé), 1393.
- — Électromélallurgie de Borciiers, notice de M. Le Chatelier, 1690.
- — Feux éclairs à l'huile et à l’électricité (J. Rey), 293.
- — Géométrie descriptive (A. Gouilly),769.
- — — Leçons de géométrie — (Roucué et de Comberousse), 769.
- — Guerre. Travaux de campagne et communications militaires (Hennehert),
- 1392.
- — Hydrates de carbone (Tollens), 768.
- — Machines-outils (G. Richard). Notice de M. Sauvage, 766.
- — Machines à vapeur. Les — (E. Sauvage), 1385 (G.R.).
- — Marine. Le sauvetage en France et à l’étranger (E. Gacheux), 768.
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-
-
-
- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES.
- DÉCEMBRE 1890.
- 1733
- — Mécanique générale de l’Exposition de 1889 (Hirsch'), 765.
- — Métallurgie. Le Nickel (Motssan et Ou-VHAIil)), 1017.
- — Minerai Industry (G.K.), 1280.
- — Mines. Traité d’exploitation (Haton de la Gourillière), 765.
- Mines d’or du Transvaal (de Launay). Notice de M. Brull, 1059.
- — Pavage en bois (Petsuii) (G.LL).
- — Teinturerie. Traité des matières colorantes (L. Lefèvre). Notice de M. de Luynes, 815.
- — Tramway s é 1 ect riques (M ares*: h a l ), 1892.
- — — Les tramways —, voie et matériel (R. Seguéla, 815.
- — Photographie des couleurs (Vidai,), 1892; calcul du temps de pose (Bour-SAULT , 176.
- — Spectroscopie et spectrométrie (J. Lefèvre), 1046.
- Boussole de vérification Evov, 620.
- Brasserie. Travaux de Pasteur (Duel AUX , 28.
- U
- Calorifuges. Expériences de Norton, 717.
- Caoutchouc.Vulcanisation du —. 128.
- Calorimètre pour vapeur Carpenter, 896.
- Cellulose. Nouveau dérivé de la — (Clayton, Beadle et A. Little), 598.
- Céramique. Travaux de M. Uamouii, 761.
- Chaudières. Alimenlateursautomatiques Yarrow, 618, 1685, 1686; Normand Si-GAUDI, 1685.
- — Sertissage des tubes Yarrow, 618.
- — Chauffage au pétrole. Essais Weyer et Riciiemont, 1169.
- — marines. Les — (Bertin), 1888.
- — tubidées. Circulation dans les —. Expériences de Yarrow, 184, 618, 619. —
- ' marines Babcox-Wilcox, 540 ; Belle-ville, 608; Blecuynden, 588; nu Temple, 528; IIaytorn, 538; Moges, 542; Ni-clause, Normand, 528 ; Petersen et Mac Donald, 541 ; Beau, 587 ; Soumet, 522 ;
- Tome I. — 95e année. 5e série. — Dëcembn
- Tiiornycroft, 585 ; Ward, 611 ; Waticin-son, 607 ; Yarrow, 609.
- — Surchauffeurs. Les—, d’aprèsPatciiell, 418 (G.IL); Schmidt, 686, 6S8.
- — Fumivorité, 550; appareils Reynolds, Mawley, 551 ; Playford, American Sto-ker C", 552 ; Manhattan!, Dewrance, Per-fect, 558; Barclay, 551.
- — Tirage artificiel, 542, 1890; par aspiration Martin, 518; Paterson, 514; aux Etats-Unis, 547.
- — Combustion des foyers. Appireil Creig, pour surveiller la —, 439.
- Chauffage à la vapeur Ch. Bourdon. Rapport de M. Rouart*795.
- — et ventilation des édifices publics Wolfe (R.L.C. ), 626.
- Chaux hydrauliques et grasses. Essais des —, 93, 91.
- Chauffe-bains Morineau. Rapport de M. Rouart, 176.
- Cheval de mines. Le — (Boissieu). Rapport de M. Lavalard,503.
- Chlorates. Fabrication électrolytique, 60 ; de potasse, 41.
- Chlore et chlorures décolorants, 39 ; chlore liquéfié, 10.
- — Extraction des résidus de la soude à l'ammoniaque, Mond et Solvay, 47, 49: Weldon-Pècuiney, 49; Siiloesing, 50, 51; procédés Deacon, 40; Reychler et Wilde, 10; par l’acide azotique, 41 ; électrolytiques, 52, 58, 56; prix de revient, 58 ; électrolyse du chlorure de potassium, 59.
- Chronométrie. Appareils Thouvenin. Rapport de M. le général Sebert, 809.
- Chimie. Grandes industries chimiques. Revue des — (Bltsine), 86.
- — 'théories atoinique et dualistique (Fleurent), 839.
- Ciments. Essais,84 ; porosité,92; prise,88.
- —- Décomposition par l’eau de mer, 98.
- — Appareil Klère pour mesurer les dilatations des —, 600.
- Cisailles hydrauliques Blooiiairn, 889 ; Tweddel, 894.
- a 1896. ||;j
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- 1 734
- TAULE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. ---- DÉCEMBRE I8U6.
- — à vapeur Buckton, 891 ; Lamberton, 890, 893. .Anglaises, 1665.
- — circulaire Rliss, 1688,
- Clou automatique Boyer, 186.
- Colonisation française. Causes d'infériorité, 887.
- Combustibles. Charbon en poudre (Kossmann), 710; appareils Frierherc, 711 ; Schwartzkoek, 718; Wegener, 556.
- — Combustion spontanée, 180.
- Commission des alliages. Travaux de
- la __ 178, 025.
- — Recherches sur les alliages de cuivre et de zinc (Ciiarpy), 180.
- ---sur la fusibilité des alliages (Gauthier), 1298.
- Compteurs d'eau Samain. Rapport de M. Tresca (médaille d’or), 969.
- Conductibilité électrique. Variation avec la température, 1027.
- Conservatoire des Arts et Métiers, cours pour 1896-1897, 1381.
- Conseil d’administration de la Société, 1.
- Convèyeurs à courroies aux Etats-Unis, 750; Dooge, 1681.
- Cuivre. Production en 1896, 1281 ; analyse électrolytique IIollard, 1676.
- Cultivateur Massey, 871.
- I)
- Débrayage aulomatique Fhant.iiet. Rapport de -M. Simun, 1117.
- Déchargeur de charbons U<>nc. 189.
- Derricks dans les carrières américaines, 280.
- Dessiccation a 1 air chaud, 180.
- Distilleries agricoles. Contrôle des (Sideusky). Rapport de M. Aimé Girard,
- 812.
- Distribution (voir Machines à vapeur) de locomotives Durant-Ueucauchez. Rapport de MM. Hirsch et Rrùli., 666, 1582.
- Dordogne. Étude agronomique de la, 958.
- Drague à succion Rates, 283.
- K
- Éclairage au gaz, 132; enrichissement du gaz, 130; pouvoir éclairant du gaz, 132; brûleurs Ranuseit. Rapport de M. Violi.e, 190; lampe héliogène de Marre. Rapport de M. Violle, 793.
- Écrou à billes Lier, à rattrapage de jeu Stoddart, 719, 750.
- Égouts. Combustion des gadoues [Macadam), (UIU, 591.
- — Assainissement aux Etats-Unis i Ronna), 1071, 1611.
- Électricité. Applications mécaniques (Uaffargue), 767.
- Électrochimie de Borchers, 1690.
- Électrolyse du chlorure de potassium, 59 ; de sodium, 52.
- — des eaux vannes Hermite, 129.
- Embrayage Jolitz, 1035.
- Enfourneuse hydro-électrique Well-
- mann. 1667.
- Engrais. Distributeur Puzenat, 378; composés cuivriques, 1215.
- — Nitrogine, 1209; phosphates d’os, 1213 ; verts à Lupitz, 1208.
- — Utilisation des—, 1197.
- Enveloppes calorifuges. Expériences de
- Norton, 717.
- Enregistreur musical Rivoire. Rapport de M. Imbs, 1061.
- Errata, 687.
- Essieuxà billes Simonds, 11 77;Belyalette, i 278.
- Excavateur funiculaire Hall. 530; Miller, 1175.
- Explosifs. Emploi dans les mines. 1597. 1601.
- F
- Fabriques et ateliers d’Angleterre. Rapport du chef inspecteur, 29 5.
- Faucheuses, 379; Deeiung, 380, 383.
- Fer pur, 107 ; sous-carbure de —, 108, 127 ; formes allotropiques du — et leur rôle dans la classification des aciers (Usmond), 735.
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- TABLE AUMIABETIOUK DES .MATIÈRES.
- DÉCEMBRE I SîKi.
- J 735
- — cl, acier a lu température du soudure, 1537.
- Fermentateur. Travaux de Pasteur, "23 ; — lactique, 21; alcoolique (Eeeront). Rapport de M. Duclaux, 330.
- Feux-éclairs à l’huile et à l'électricité (J. Rey), 293.
- Filetage français de la Société d’Encou-ragement (Sauvage), 310.
- Flammes. Composition des atmosphères qui les éteignent, 132.
- Forets ;i circulation d’huile, 1689.
- Formènophone Hardy, 151. Rapport de M. Violle, 651.
- Fourrages. Plantes nouvelles, 1216.
- Frein de voiture Ct.oos et Sciiaval/er. Rapport de M. Lavalard, 20.
- — pour machines Compound Bullock, 616.
- — pour ascenseur Brookes. 286.
- Froid. Liquéfaction du gaz par le —,
- Hampson, 621.
- Fumier. Perles d’azote, 119S.
- — Fernnmts dénitritiants du —, 1200.
- Fumivorité - voir Chaudières;.
- — des foyers a marche intermittente, 131.
- <;
- Gadoues. Destruction des — S. Macadam , 591.
- Gaz. Liquéfaction frigorifique des —, Hampson, 621.
- — d’éclairage. Enrichissement, 130: pouvoir éclairant, 132.
- — Brfdeurs Bandsept. Rapport de M. Violle, 190.
- - Lampe héliogène de Marre. Rapport de M. Violle, 793.
- Gélatine. Action sur les dissolutions salines, 128.
- Géométrie. Leçons de — (Bouché et Comrerousse ), descriptive ( Gouilly ), 7 6 il.
- Globes diffuseurs Frédureau. Rapport de M. Violle, 1121.
- Grues hydrauliques de fonderie améri-ricaine, 1665, électrique, 1663.
- II
- Huiles essentielles. Dosage dans les alcools (Koutcreroee), 571.
- Hydrates de carbone (Tollens), 768. Hygiène. Assainissement des villes et cours d’eau aux Etats-Unis (Ronna), 1122.
- J
- Indicateur. Renvoi pour machines rapides, 719.
- Industrie lyonnaise en Russie, 835.
- — Chimique aux Etats-Unis, 1280. Irrigation de la région aride aux Etats-
- Unis (Ronna), 1071.
- J
- Jacquard. Dispositif P. Point à appareiller les maillons, rapport de M. Simon 338.
- Jet à houle libre, 1518.
- L
- Labourage, 351; électrique Zimmermann, 360-362 ;Ciirétien et Félix, 361 ;Taillade, 365.
- — Charrue Vallerand-Bajac, 351; Pilier, 367; Duncan, 369; de défoncement Guyot, 356.
- Légumineuses. Culture des bactéries, 1209.
- Levage. Grue à charbon de Brême, 750.
- — Convéyeurs à courroies, 750; Dodue,
- 1680.
- — Palan Burkiiolder, 619.
- — Frein d’ascenseur Brookes, 286. Levures. Travaux de Pasteur, 27. Linoléum. Fabrication d’après M. F. Reid
- (G. R, ), 11.
- Littérature des périodiques reçus a la bibliothèque, 158, 300, 178, 638, 771, 910, 1051, 1181, 1397, 1561, 1702.
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- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. ---- DÉCEMBRE 1896.
- Locomotives. Distribution Durant Len-caucrez. Rapport de MM. Hirsch et Brüll, 666 (médaille d’or), 1611.
- Logomètre. Sollier. Rapport de M. Ros-signeux, SI9 (médaille d’or).
- M
- Machines agricoles. Revue des progrès (Ringelman), 351 ; machines pour la préparation du sol, 351; ensemencements et cultures d’entretien,37 4; récoltes,379.
- Machines à, vapeur. Économie, 681. Rendement, 1377.
- — Compound. Frein Bullock 616; horizontale et verticale Porter, 696, 703; triple expansion à balancier Thomson, 693; pilon Mac Intoscii et Sy.mour, 153<S ;
- — Surchauffée, 685, il9 ; Schmidt, 686.
- — rapides Cary, 282; Giianhler, 714; Peaciik, 712; Porter, 696, 703; Ra-wortii, 711; Willans, 706.
- — à échappement central, Toon, 690.
- — à transmission hvpocycloïdale Chapman, 614.
- — de Cornouailles, 681.
- — de laminoir, changement de marche pour —, 1033 ; régulateur, 752.
- — à simple effet Giianhler, 711, 714; Peaciie, 712 ; Rawortii, 709, 711; ’W'il-lans, 706.
- — Condenseur, pompe à air Kdwards, 1182.
- — Distributions à déclic Pistor, 1274;Hh:k IIargreaves, 713, 717 ; Gallonvay Bec-KM1TI1, 714, 718.
- -----à robinet Chandler, 709; Mars-
- ciiall et WlGRAM, 715, 718.
- -----à tiroirs cylindriques Bolunckx,
- 720; Peache, 712; Porter, 700, 704; Rawohtii, 709.
- -----à vapeur Mac Cullock, 718, 719.
- — Influence des parois, 682, 685, 690; Fn-glisii et Donkin, 1680.
- — Mise en train Porter, 705.
- — Réchauffeur intermédiaire Porter, 705.
- — Régulateurs directs Mac Laren, 616; Maxim, 1275; Robinson, 1375; à force
- centrifuge Porter, 707; hydrauliques pour machines de laminoirs, 752.
- Machines à, gaz, 867; rendement, 868; expulsion des gaz brûlés, 868; allumage, 875 ; changement de marche, 880; distribution, 881 ; applications; 882,
- — Atkinson-Otto, 869; Cuinat, 871 ; Rou-son, 874.
- — à gazoline pour automobiles 998; concours de Chicago, 440; Daimler, 999; Duryea, 1002, 1044; Kane Penninc.ton, 1004; Petter, 999; Wolemuller et Gei-SKNuoE, 1006-1009.
- à pi <'• truie, 98 4 ; Ott 'O, 986 , 988 ; P RI EST'
- MAN, 991-992, 1007, 1010 ; P INK N ey, 985
- 992, 994 ; Brayton , 994, 996 ; Carter
- 993, 995; Crossley , 997, 1000; S CUT I'
- 997, 1000 ; Spiel, 993, 994 ; Gibbon,
- 990, 991 ; American Gas Furnace C°, 986.
- Machines-outils. Cisaille hydraulique de Blochairn, 889; Tweiihell, 894.
- -----à vapeur Lamberton, 890, 893 ;
- Buckton, 891; anglaise, 1665. presse à blindages Gleimull, 753.
- -----à forger les roues Fielding, 1036.
- -----à emboutir Babcox-Wilcox, 1183.
- -----à découper S ri les, 428.
- — percuteuse à air comprimé Boyer, 618.
- — à rafraîchir les soupapes Morse, 757.
- — Outil à molettes Richards, 895; Smith, 1174.
- — Traité des — ('G. Richard), 766.
- — Mortaiseuse à chaîne Parry, 28 4.
- Machine soufflante Allis, 1176.
- Magnésie. Sous-produit de la fabrication de l’acide carbonique, 129.
- Manœuvre à distance pour vanne d’eau sous pression, 277.
- Masques respirateurs Détourbe et De-troy. Rapport de M. Bérard, 12.
- Maison de Park Road à New-York, 1532.
- Mécanique générale. Revue de (G. Richard), Chaudières, 534 ; machines à vapeur, 681 ; à gaz, 867; à pétrole, 985; à l’exposition de 1889 (Hirsch), 762.
- Métallographie microscopique H. Le Ciiateliek, 559.
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- TAULE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. ---- DÉCEMBRE 1890.
- 1737
- Métallurgie. Alliages de cuivre et de zinc (Ciiakpv), 180, 664.
- — Fusibilité des alliages métalliques (Granti.n), 1*293.
- — Alumine, fabrication à Larne IIar-Borh (G. H.), 1*270.
- — Fer et Acier, production en 185)6, 1*282.
- — Influence ducarbone (Arnold), 97 ; partie chimique, 98; mécanique, 100; microscopique, 107 ; théorie générale fondée sur l’examen microscopique, 117; structure des aciers trempés, 118; partie phijsique, 120; recuit revenu, 122: propriétés magnétiques, 123; résumé, 126; observations de M. Os.monr, 269.
- — Formes allotropiques et la classification des aciers, 766.
- — Fours Martin, appareil de chargement. 132.
- — — Trempe de l'acier (Ledeiser), 132;
- ! IIonve) 281 ; i H. Fi: Ciiatei.ier, Howë et C h a rpv !, 386; H<»\vk et Saeveer), 1262; à l'acide phénique, 1676.
- — —à la température du soudage, 1637.
- Machinerie des furç/es modernes (J. Ri-u:v , 886; Américaines (J. Heaii et
- Wei.lman), 1664, 1666.
- -----Laminoirs dégrossisseurs pour tôles
- et plaques de Wishaw, 886, 888, 892; Blochairn, 889. Américains, 1669.
- Mines. Progrès de l’industrie minière, par M. Leproux. Fonçaqe des puits. Fmploi du procédé Pudsch, 1681; procédé Monigmann ; bétonnage, 1683.— Emploi de Veau sous pression; perforatrices Brandi, 1686; puits Kaiser Wilhelm II à Klausthal, 1687; pompes Kazélowsky, 1692 ; élévateurs à injection d’eau, 1696 1 Treuil électrique de 30 chevaux de Siemens et Ifalske, 1696; Études des exp/n-si/'s de sûreté par l'Institut des ingénieurs des Mines du Nord de l’Angleterre; état de la question, 1697. — Suppression des explosifs; nouvelles perforatrices^ main Demany et Thomas, 1604; Aérage, 1606; Pr épuration niée a-
- nique, lavoir Francou, 1606; hocards californiens,! 609 ; Transports extérieurs, emploi des câbles aériens, 1610.
- — Métaux. Essais des résistances, 61.
- —- — Structure des — (Osmond et H. Aus-ten), 1136.
- Molybdène. Travaux de M. Héloeis, 632.
- N
- Nickel, procédé Mond, 133.
- Nitragine. La —, 1209.
- Niveau d’eau Watson, 1643.
- Notices nécrologiques de MM. Blavier, 1700; Ciiamronnois, 768, 923; Düreae, 682, 923; Frey, 634, 923; Gibon, par M. Ciieysson, 313; Knab, 924; Jousset, 768, 923; Lecourt, 926; Lgebnltz, 924; Ménabréa, 926; Léon Say, par M. Lavallée, 649; A. Tresca, par MM. Raton de la Gourillière et Jordan; 1673-1674; Paris, 924; Wimont, 903, 921.
- O
- Observatoire de Montsouris. Annuaire 1896, 770.
- Or brillant de la Société chimique des métaux français, 290 ; Poelenc frères, 446.
- — Mines du Transvaal (de Launay), notice de M. Brùll, 1039.
- — Point de fusion, 1022.
- — Production on 1896, 1281.
- Ozoniseur Seguy. Rapport de M. Shetzen-
- BERGEII, 817.
- P
- Paniers démontables Guitard. Rapport
- de M. P. Mayer, 793.
- Pavage en bois (Putsch), 1656.
- — en briques aux Etats-Unis (G. R.),
- 1358.
- Palan Berckholder, 618.
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- 1738
- TARIÆ . ALI'IIAlil-TIQl'K DES MATIÈRES.
- 1ÏÉCEMRRE 1896.
- Paliers à billes Simonds, H 79.
- Pétrole. Chauftage des chaudières au —:
- essais Weyer et Richmond, 1169. Perlite constituant de l’acier, 97, 108. Percuteur à air comprimé Boyer, 618. Pisciculture. Prix de — 960.
- Pivota billes Greenleaf, 1373. Phosphates d’os, faible; assimilabilité, 1213.
- Photographie cathodique Rontgen, 113-
- — Calcul du temps de pose (Bouhsaelt), 476; des couleurs <Vidal).
- — Jumelle Mackensteix. Rapport de M. Pector, 500.
- Plâtres. Essais des. 96.
- Pneumatiques pour roues de voilures.
- Rendement des —, 442.
- Points de fusion. Or, argent, cuivre.
- 1022; palladium, platine, 1024. Potasse. Fabrication électroylilique, 39. Pommes de terre.Planteur Ba.iac, 375 ; arracheuses, 382; Powell et Whitaker, 377 ; B.uac, 383 ; FrennetWai trier,388 : travaux de M. Aimé Girard, 378, 1215. Pompes Delpeyroe. Rapport de M. Rai -fard, 698.
- — à air comprimé Giefard, 756.
- — hélicoïdale Qfinry, 1034.
- — hydraulique Kasélowsky. 1592.
- — à air Edwards, 1182.
- Pouzzolanes. Essais des —-, 96. Presses à blindages Glediiell, 758.
- — à découper Sticks. 1369.
- à emboutir Barcox Wilcox, 1188; Sti-les, 1369, 1 183.
- - à forger les roues Fielding, 1036.
- - à poinçonner et découper les rondelles de dynamos, 1687.
- Prix. Programme pour 1897; 449.
- — Séance générale, 922; médailles, 966. 930, 969, 970.
- — Agriculture. Rapport de M. Rjsler (Wald.man, Beuret et Briet) 957.
- -- du commerce. Rapport de M. (Ruiner, 963.
- — Fourcade, M""‘ veuve Lagarez. Rapport de M. Girard, 930.
- -- (ri/fard, dédoublé, 927 ; à MM. Légat, Rapport de M. Simon, 932 et A. Martin. Rapport de M. le général Sebert, 950.
- — des lampes à incandescence, MM. So-lignac, Javaux et Nysten, 929, 956.
- — Melsens, Dr Castaing, aération des habitations. Rapport de M. Prunier, 955.
- — Parmentier, M. Effront. Rapport de M. Duclaux, 928.
- — Pisciculture MM. Zidcy et Jaffier. Rapport de M. Gratin, 960.
- — pour moteur à huile lourde, Fara-mo.nd de Lai AJou.E. Rapport de M. Brûle, 928, 943.
- Pulvérisateur Pili er, 372.
- Pyromètre Le Chatelier, comparaison avec le thermomètre à air, 1012.
- U
- Raisins de Corinthe. Culture en Algérie de Loverdo), 634.
- Report photographique sur rouleaux, procédé Villain. Rapport de M. S. Pec-ToR, 173.
- Régulateurs directs Mac Larin, 616; Maxim, 1275 ; Robinson, 1375.
- — Hydraulique pour machines de laminoirs, 752.
- Remblayeuse Dodridge, 753.
- Résistance des matériaux. Unification des méthodes d’essai (L. Raclés 61. Mètaa.r, essais physiques, 66; chimiques, 68; mécaniques. 69; préparations des éprouvettes. 72 ; influence de la température eide la durée, 72; machines d’essais, 73; examen des grandeurs à mesurer, 74; terminologie mécanique et technique, 76; essais de traelion, 76; compression, flexion, pliage, torsion, 78; cisaillement et poinçonnage, 79; par action brusque, 86; dureté et fragilité, 80; essais de fabrication, 81 ; spéciaux sur pièces finies, 81. Matériaux non métalliques, 83; ciments, 84 ; études des matières pulvé-
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- TAlîlÆ ALPHABETIQUE J)KS MAT1KHKS.
- DKCK.MliUK I8ü(i.
- 1739
- rulentos, 85 ; des pâles cl mortiers, 87 ; confection, 87 ; prix, 88; flexion, 90; déformation rendement, 91; porosité, perméabilité, 92; décomposition à l’eau de mer, adhérence, 93 ; chaux hydraulique, 93; grasses, 94; pouzzolanes, 94; sables destinés à la confection des mortiers, 95 ; plâtres, 90.
- — Lignes de Lcders (Frémont;, 1218.
- Roulements sur billes et galets Brown et
- Siiarpe, Deering, 433; Belvalette,1378 ; ( îreen le a e, 137 3 ; Kou lmeyer, 1085; Lier, 1540; Richards, 1279 ; Simonds, 1177; S'I'ARK, 435.
- s
- Sauvetage en France et à l’étranger (( i ACM E E \ . 708.
- Sables pour la composition des mortiers. 97.
- Scarificateurs Ber.net Giiaroy. 370.
- Séances du Conseil, procès-verbaux, 151. 152, 289, 440. 034. 701, 904, 1037, 1380, 1552,1700.
- Semoirs, 370.
- Siphon renversé Maillet. 417.
- Sociétés savantes, congrès à la Sorbonne, (E. Simone 834.
- Soude, procédé Leblanc, 37. 58.
- — à rmniunninqui’ 41. 43; Sciilhesini; et Roland, 41,42,45, 47,50; I)yar Memming, 41 ; Solvay, 42, 43; prix de revient, 43; Dacetn. 43; pertes en chlorure de sodium, procédé Sciireib, 44; extraction du chlore des résidus, 47 ; Mono et Solvay. 47, 49; Weldon Péciiiney, 49.
- — P, •uri’dés éleclroljjlu/ut’s, 52 ; électrodes, emploi du mercure, 50 ; diaphragmes, 53;Andreoli, Greenwood, 53; IIermite et Di bosc, Kellner, 57 ; Parker et Robinson, 54; Spikler et Lokye, 55; Dksreissë, Castner,56; Sinding Larsen,57 ; Vaetier, 57 ; prix de revient, 58.
- Soufre, extraction des résidus du procédé Leblanc (Chance et Claessi, 38.
- Soupape de retenue de vapeur, Kléron et Anderson, 737 4.
- Sous-presse Stiles, 438, 1370.
- Sténographie. Communicalion de M. Gara basse, 448.
- Sucrerie. Perfectionnement à l’industrie delà — (Lindet), 721; diffusion, 721; épuration par la chaux cl l’acide carbonique, 722; par suffusion, 725; turbinage des masses cuites, 732; produc-lion directe du sucre en morceaux, 733.
- Surchauffe de la vapeur, d’après Pat-cuell (G. R), 418; Hirn, 085.
- — Machine Schmidt, 080.
- -- Avantages de la (Tiierston.!, 1181.
- T
- Tachéomètre Ghamimcny. Rapport de M. Rozé médaille d’or;, 907.
- Tables de mortalité. Compagnies d’assurance, sur la vie médaille d’or',, 109.
- — des noms, des matières, des planches et des figures du Pnllciin de 1890, 1719, 1731, 1741.
- Teinturerie. Traité des matières colorantes Lkelyiv . Itapporl de M. de Leynes. 813.
- Télémètre de la marine anglaise Bahr <9 Strouic 1520.
- Terres bourbeuses. Culture par la méthode Rimi’au, 1210.
- : Thermométrie. Mesure des hautes températures Holborn et Wien. 1012.
- Torpilleurs, progrès depuis 10 ans Ferrand , 511.
- Tramways. Les — Ségeela708 : éler-! triques - Maréciial).
- Transmission hélicoïdale à billes Will-
- MANN, 1181.
- — réversible Brown, 1270; par cordes, 1378.
- Travail. Réduction des heures de — dans l’industrie ; 12. Simon), 500.
- Trempe de l’acier, 118, 123, 127, 132, 234 i 380, 1202. -;i l'acide phonique, I G76•
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- TABLE ALPHABETIQUE DES MATIÈRES.
- DÉCEMBRE 1896.
- Treuil réversible Wern, 1034.
- Turbines. Charge supportée par l’arbre (de Font violant), 275.
- — à vapeur Sosnowski, 1153, 1226, 1319, 1491.
- — hydrauliques Hercule Procress (Sin-grun). Rapport de M. Hirsch, 1409.
- Y
- Vanadium. Travaux de M. Hélouis, 146, 9041.
- Verrerie. Les fours à bassin, par M. Da-mour, 393.
- — Recherches sur les propriétés des verres. Subventions des Compagnies
- de Saint-Gobain, des mines de Blanzy et de M. Solvay, 444.
- — Travaux de M. Grknet, 1552.
- — Conférence de M. Appert sur la—,415.
- — Propriétés mécaniques et thermiques de quelques nouveaux verres, Winkel-mann et Scott, 1590.
- Vins gras. Travaux do Pasteur, 26; levures des —, 30 ; maladies des —, 32.
- Vinaigre. Travaux de Pasteur, 32.
- Virus. Atténuation des —, 35.
- Vers à, soie. Travaux de Pasteur, 32.
- Z
- Zinc. Traitement des minerais complexes, 134.
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- TABLE DES PLANCHES ET DES DESSINS
- PLANCHES
- Alliages de cuivre et de zinc. — Planches I à IV........................... I-SO
- Micrestructure des alliages d’or. — Planches V et VI....................... 1136
- Lignes de Luders. — Planches VII et VIII...................................1218
- DFSSINS
- Masques Délourbe et Detroye. — 6 figures................................... 12
- L’œuvre industrielle de Pasteur. — 6 figures............................... "23
- Inlluence du carbone sur le fer. —29 figures............................... 97
- Circulation de l’eau dans les chaudières tubulées. — 4 figures............. 134
- Bélier Decieur. — 3 figures................................................ 138
- Déchargeur de charbons Long. — 2 figures................................... 139
- Photographie cathodique de Iiontgen. — 3 figures........................... 143
- Alliages de cuivre et de zinc. — 11 figures................................ ISO
- Trempe de l’acier. — 3 figures............................................. 235
- Charge supportée par l’arbre d’une turbine. — 2 figures.................... 272
- Emploi des derricks dans les carrières américaines. — 3 figures............ 280
- Machine à vapeur rapide Cary. — 4 figures.................................. 282
- Drague à succion Bâtes. — 2 figures........................................ 283
- Mortaiseuse à chaîne verticale Expert. — 2 figures......................... 285
- Frein d’ascenseurs Brookes. — 3 figures.................................... 286
- Appareils Point pour Jacquards. — 23 figures............................... 338
- Machines agricoles. — 29 figures........................................... 351
- Fours à bassin de verrerie. — 7 figures.................................... 393
- Siphon renversé Maillet. — 2 figures....................................... 417
- Surchauffeurs de vapeur. — 28 figures...................................... 418
- Sous-presse Stiles et Fladd. — 3 figures................................... 429
- Excavateur funiculaire llall. — 4 figures.................................. 430
- Roulements sur billes et galets..............13, 20, 7, "23, 432, 1177, 1278, 1544
- Clou automatique Boyer. — 3 figures........................................ 436
- Refroidisseurs d’eau de condensation Worthington. — 3 figures.............. 437
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- 1742 TAULE DES PLANCHES ET DES DESSINS. --------------- DÉCEMBRE 1 D’Appareil Craig pour surveiller la combustion. — 2 ligures..................... 439
- Brûleurs à gaz Bandsept. — 29 ligures....................................... 190
- Les torpilleurs. Le Forban. — 8 ligures. ................................... 3H
- Chaudières à vapeur. — 58 ligures........................................... 531
- Métallographie microscopique. — 5 ligures................................... 559
- Alliages de cuivre et de zinc. — 2 ligures.................................. 504
- Dosage des huiles essentielles. — 5 ligures................................. 571
- Destruction des gadoues. — 7 ligures........................................ 591
- Micromètre à coin Klebe pour ciments. — 1 ligures........................... 500
- Explosions de bouteilles d’acide carbonique liquide. — 7 ligures............ 602
- Circulation dans les chaudières tubulées. — 22 figures...................... 007
- Moteur hypocycloïdal Chapman. — 3 figures................................... 614
- Régulateur direct Mac Laren.—3 figures..............•....................... 616
- Frein Bullock pour machines Compound. — 5 figures........................... 616
- Percuteur à air comprimé Boyer. — 4 figures................................. 618
- Palan Burkholder. — 4 figures............................................... 619
- Compas de vérification Evoy. — 2 figures.................................... 621
- Liquéfaction frigorifique des gaz Hampson. — 2 figures...................... 621
- Pailles microscopiques des pièces en acier. — 9 figures..................... 622
- Formènophone Hardy. — 6 figures............................................. 651
- Distribution pour locomotion Lencain hez-Durant. — 11 ligures............... 666
- Pompe Delpeyrou. — 1 figure................................................. 679
- Machines à vapeur. — 69 figures............................................. 680
- Foyers à poussière de charbon. — 1 ligures.................................. 740
- Essais d’enveloppes calorifuges Norton. - 1 ligure.......................... 747
- Distribution Willans. — 3 figures........................................... 748
- Renvoi d'indicateur Davy Paxman.— l figure.................................. 748
- Ecrou Stoddart. — 5 figures................................................. 749
- Convéyeurs à courroies américains. — 8 figures.............................. 750
- Régulateur hydraulique pour machines de laminoirs. — I ligure............... 752
- Presse à blindages Gledhell. — 2 figures.................................... 752
- Pompe Giffard.— 2 figures. . ............................................... 753
- Remblayeuse Dodridge. — 8 figures........................................... 753
- Grue à charbons du port de Brême. — 1 ligure................................ 756
- Appareil Morse pour la réfection des soupapes. — 3 ligures.................. 757
- Bec de gaz héliogène. — 2 figures........................................... 793
- Chauffage à la vapeur Ch. Bourdon. — 13 figures............................. 794
- Logomèlre Sollier. — 5 figures.............................................. 818
- Moteurs à gaz. — 38 figures................................................. 867
- Machinerie des aciéries modernes. — 27 figures.............................. 880
- Outils à molettes Richards. — 4 figures..................................... 895
- Calorimètre Carpentor. — 1 figure........................................... 896
- Métier Northrop. — 7 figures................................................ 897
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- TABLE DES BLANCHES ET DES DESSINS. --------- DÉCEMBRE 189<*>. 1743
- Balayeuse pneumatique Furnas. — 2 ligures................................ . 900
- Moteurs à pétrole. — 80 figures............................................. 984
- Mesure des hautes températures. I 1 ligures................................. 1012
- Changement de marche pour machine de laminoir. — 2 ligures..................1033
- Treuil réversible Wern. — 3 ligures.........................................1034
- Pompe hélicoïdale Üuinhy. —- 1 ligure.......................................1034
- Fmbrayage à friction Jolïlz. — I ligure.....................................1035
- Presse à forger les roues Fielding. — 5 ligures..............'.............. 1036
- Enregistreur musical liivoire. — 2 figures.................................. 1061
- Irrigation de la région aride des Elals-Unis. — 39 ligures .................1071
- Structure des métaux. — 2 ligures...........................................1036
- Iloues et turbines à vapeur. — 294 ligures................. 1153, 1226, 1318, 1490
- Chauffage des chaudières au pétiole. — 8 figures............................ 1169
- Outil circulaire Smith. — 5 ligures.........................................1174
- Excavateur funiculaire Miller. — 5 ligures..................................1175
- Machine soufflante Allis. — 5 ligures.......................................1176
- Transmission hélicoïdale à billes Wellmann. — 6 figures..................... 1181
- Pompe à air Edwards. — 2 ligures............................................1182
- Emboutisseuse Babcox-Wilcox. — 1 ligures....................................1183
- Revue d’agriculture. — 2 figures............................................1199
- Lignes de Luders. — Il ligures..............................................1218
- Trempe de l’acier. — 10 ligures........................................... . . 1262
- Fabrication de l’alumine à Larne Harbour. - 5 figures . ....................1270
- Distribution à déclic Pistor. — 5 figures...................................1274
- Régulateur direct Maxim. — 3 figures........................................ 1275
- Transmission réversible Brown. — 12 figures.................................1276
- Commande hydraulique Adams. — 3 figures.....................................1277
- Fusibilité des alliages. — 9 figures........................................1293
- Explosivité de l'acétylène. — 2 figures.....................................1367
- -Presse à emboutir Stiles. — 4 figures...................................... 1369
- Sous-presses à découper les pièces d’horlogerie. — 29 figures...............1369
- Pivot à billes Greenleaf. — 2 figures.......................................1373
- Soupape de retenue Fléron et Andersen. — 2 figures.......................... 1371
- Régulateur direct Robinson. — 7 figures..................................... 1375
- Arrêt automatique Myrick et Doeg. — 5 figures............................... 1376
- Transmissions par cordes. — 19 figures...................................... 1378
- Turbine Singrun. — 7 figures.. ............................................. 1409
- Débrayage Franchet.—2 figures............................................... U17
- Assainissement des villes et cours d’eau aux États-Unis. — 86 figures. . 1422, 1611
- Télémètre Barr et Stroud. — 40 figures......................................1526
- Maison de Parle Road. — 12 figures.......................................... 1532
- Machine à triple expansion Mac Intosh et Seymour. — 14 figures.............. 1538
- Tranchant d’un rasoir. — 3 figures.......................................... 1542
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- 1744 TAULE DES PLANCHES ET DES DESSINS. — .DÉCEMBRE 1890. •
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- Tube de niveau Walson. — 3 figures. . ............... ................... 1543
- Jet d’eau à boule libre. — 5 figures............................ 1548
- Perforatrice Brandt.— 4 figures..............................................1586
- Machines d’extraction du puits Ernst August.— 14 figures............... 1588
- Pompe hydraulique Kasèlowsky. — 4 figures...................................... 1593
- Élévateurs à injections d’eau. — 1 figure. . . ............... 1595
- Installation de Hebburn pour l’étude des explosifs. —10 figures. . . . . . . 1599
- — de Schalke. — 1 figure.. ........................ ... ................. . . 1602
- Perforatrice à bras Thomas. —6 figures. .....................................1604
- Lavoir Franc'ou. — 1 figure. ................................................1607
- Bocard Back Rock. — 1 figure ................................................1608
- Mortiers Alaska Wilmann Pacific Union. —4 figures............................1608
- Fabrication des tôles d’acier aux États-Unis et en Angleterre. — 51 figures . . 1654
- Convéyeurs Dodge. — 10 figures..................#..................... 1680
- Accouplement Sperry. — 6 figures .............................................. 1684
- Akatène à billes. — 1 figure . ............................................ 1685
- Alimentateurs automatiques Normand-Sigaudi et Yarrow. — 3 figures .... 1686
- Poinçonnage ,et découpage des rondelles pour dynamos. — 7 figures............ 1687
- Forets à circulation d’huile.—5 figures. •. . ........................... 1689
- Électrométallurgie, traité de Borchers. — Il figures ...................... 1690
- Le Gérant : Gustave Richard.
- Paris. — Typographie Chamcrot et Renouard, 19, rue des Saiuts-Pcres. — 31127
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