Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale
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- s. E. I. '
- Bibliothèque
- /bTbliothëqdeN
- BULLETIN-
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR
- L’INDUSTRIE NATIONALE
- 3
- PUBLIE
- SOUS LA DIRECTION DU SECRÉTAIRE DE LA SOCIÉTÉ
- M. ED. COLLIGNON
- CINQUIÈME SÉRIE. — TOME IV. — 1899
- Pour faire partie de la Sociit), il faut être présenté par un membre et être nommé par le Conseil d’administration,
- (Extrait du Règlement.)
- MD C CCT
- PARIS
- SIÈGE DE IA SOCIÉTÉ, RUE DE RENNES, 44
- 1899
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- SECRÉTARIAT DE LA SOCIÉTÉ
- RÉDACTION DU RULLETIN
- Communications, dépôts, renseignements, abonnements au Bulletin tous les jours, de 2 à 4 heures.
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- 98e ANNÉE.
- Cinquième Série, Tome IV.
- JANVIER 1899.
- *
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- CONSEIL D’ADMINISTRATION
- LISTE DES MEMBRES TITULAIRES, DES MEMBRES HONORAIRES DU CONSEIL ET DES MEMBRES CORRESPONDANTS, ARRÊTÉE DANS LA SÉANCE DES ÉLECTIONS
- du 13 janvier 1899 pour l’année 1899
- BUREAU
- Année de l’entrée au Conseil.
- Président.
- 1883. — Carnot (Adolphe) (O. #), membre de l’Institut, inspecteur général des mines, 1898. inspecteur de l’École supérieure des mines, boulevard Saint-Michel, 60.
- Vice-présidents.
- 1887.
- 1898.
- 1881.
- 1898.
- 1898.
- 1898.
- 1894.
- 1898.
- Carpentier (O. #), ingénieur, ancien élève de l’École polytechnique, 34, rue du Luxembourg.
- Lavalard (O. #), membre du Conseil supérieur d’agriculture, maître de conférences à l'Institut national agronomique, 54 bis, rue Cardinet. Levasseur (C. #), membre de l’Institut, 26, rue Monsieur-le-Prince.
- Linder (C. #), inspecteur général des mines, 38, rue du Luxembourg.
- Secrétaire.
- 1876. — Collignon (Ed.) (O. #), inspecteur général des ponts et chaussées, 6, rue de 1887. Seine.
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- CONSEIL D ADMINISTRATION.
- JANVIER 1899.
- Année de l’entrée au Conseil.
- Trésorier.
- 1868. — Goupil de Préfeln (#), boulevard Haussmann, 77.
- Censeurs.
- 1884. — Bordet, ancien inspecteur des finances, administrateur de la Compagnie des 1888. forges de Châtillon et Commentry, boulevard Saint-Germain, 181.
- 1881. — Simon (E.), ingénieur civil, 89, boulevard du Montparnasse.
- 1896.
- Commission des Fonds.
- 1884. —Bordet, ancien inspecteur des finances, administrateur de la Compagnie des forges de Châtillon et Commentry, boulevard Saint-Germain, 181, Préside nt. 1868. — Goupil de Préfeln (#), boulevard Haussmann, 77.
- 1876. — Bisciioffsheim (R.) (#), membre de l’Institut, rue Taitbout, 3.
- 1887. —Pereire (Henry), ingénieur des arts et manufactures, boulevard de Gour-
- celles, 33.
- 1888. — Fouret (#), examinateur d’admission à l’École polytechnique, rue Washing-
- ton, 16.
- 1891. —D’Eicuthal (Eug.), administrateur de la Compagnie des chemins de fer du
- Midi, boulevard Malesherbes, 144.
- 1892. — Heurteau (ü. &), ingénieur en chef des mines, directeur de la Compagnie du
- chemin de fer d’Orléans, rue de Clichy, 17.
- 1892. —Billotte (&), secrétaire général de la Banque de B'rance, rue de la Vrillière, 1.
- 1893. — Daubrée (Lucien) (O. &), directeur général des forêts, 78, rue de Varennes.
- Comité des Arts mécaniques.
- 1869. — IIaton de la Goupillière (C. {&), membre de l’Institut, directeur de l’École supérieure des mines, boulevard Saint-Michel, 60, Président.
- 1876. —• Collignon (Ed.) (O. #), inspecteur général des ponts et chaussées, rue de Seine, 6.
- 1881. — Simon (Ed.), ingénieur, boulevard du Montparnasse, 89.
- 1884. — Érüll ($0, ingénieur, ancien élève de l’École polytechnique, boulevard Malesherbes, 117.
- 1886. — Hirsch (ifc), inspecteur général des ponts et chaussées, professeur honoraire au Conservatoire des arts et métiers, rue Castiglione, 1.
- 1890. — Bienaymé(C. #), inspecteur général du Génie maritime, 14, rue Revel, à Toulon.
- 1891. — Imbs (#), professeur au Conservatoire des arts et métiers, rue Greuze, 20. 1891. — Sauvage (#), ingénieur des mines, professeur à l’École des mines, rue
- Eugène-Flachat, 14.
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- Ab née de l’entrée au Conseil.
- CONSEIL D’ADMINISTRATION. ---- JANVIER 1899.
- 1893. —Flamant (0. #), inspecteur général des ponts et chaussées, 1, rue Littré
- (Alger).
- 1894. — Linder (C. #), inspecteur général des mines, 38, rue du Luxembourg.
- 1895. — Bourdon (Edouard) (#), constructeur-mécanicien, rue du Faubourg-du-
- Temple, 74.
- 1895. — Rozé (#), répétiteur d’astronomie à l’École polytechnique, 62, rue du Cardinal-Lemoine.
- 1897. — Barbet, ingénieur, 57, rue de l’Universilé.
- 1897. — Diligeon, constructeur-mécanicien, 54, rue Saint-Maur.
- 1897. — E. Polonceau (0. #), ingénieur en chef du Matériel et de la Traction au che-
- min de fer d’Orléans, 55, rue de Verneuil.
- 1898. — Masson (#), sous-directeur du Conservatoire des arts et métiers, 292, rue
- Saint-Martin.
- Comité des Arts chimiques.
- 1872. —Troost (0. #), membre de l’Institut, professeur à la Faculté des sciences, rue Bonaparte, 84, Président.
- 1862. — De Luynes (Victor) (0. #), professeur au Conservatoire des arts et métiers, rue de Bagneux, 16.
- 1877. — Bérard (E.-P.) (0. #), secrétaire du Comité consultatif des arts et manufactures, rue Casimir-Delavigne, 2.
- 1880. — Vincent (C.) (#), professeur à l’École centrale des arts et manufactures, boulevard Saint-Germain, 28.
- 1880. —Jungfleisch (#), professeur au Conservatoire des arts et métiers et à l’École de pharmacie, rue du Cherche-Midi, 74.
- 1883. — Carnot (Adolphe) (O. #), membre de l’Institut, inspecteur général des mines,
- inspecteur de l’École supérieure des mines, boulevard Saint-Michel, 60.
- 1884. — Cailletet (O. $fc), membre de l’Institut, boulevard Saint-Michel, 75.
- 1885. — Le Chatelier (Henri) (#), ingénieur en chef des mines, professeur à l’École
- supérieure des mines et au Collège de France, rue Notre-Dame-des-Champs, 73.
- 1885. —Biver (Hector) (&), administrateur de la Compagnie de Saint-Gobain, rue Meissonier, 8.
- 1885. — Appert (Léon) (0. #), ingénieur manufacturier, 50. rue de Londres.
- 1889. — Vieille (O. #), ingénieur des poudres et salpêtres, quai Bourbon, 19.
- 1890. —Jordan (S.) (O. #), ingénieur civil, professeur à l’École centrale des arts et
- manufactures, rue Viète, 5.
- 1895. — Duclaux (C. #), membre de l’Institut, 35 ^'s,rue de Fleurus.
- 1897. — Buquet (O. #), directeur de l’École centrale des arts et manufactures, 1, rue
- Montgolfier.
- 1898. — Livaciie, ingénieur civil des mines, 24, rue de Grenelle.
- 1898. — Moissan (O. #), membre de l’Institut, 7, rue Vauquelin.
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- CONSEIL D’ADMINISTRATION. ---- JANVIER J899.
- Année
- au Conseil. Comité des Arts économiques.
- 1876. — Sebert (H.) (C. &) (général), administrateur de la Société des forges et chantiers de la Méditerranée, rue Brémontier, 14, Président.
- 1861. — Le Roux (F.-P.) (#), professeur à l’École de pharmacie, boulevard du Montparnasse, 120.
- 1866. — Bouilhet (Henri) (O. #), ingénieur-manufacturier, rue de Bondy, 56.
- 1876. — Fernet(E.) (O. #),inspecteur général de l’Instruction publique, 23, avenue de l’Observatoire.
- 1883. — Bardy (O. #), directeur honoraire du service scientifique des contributions indirectes, rue du Général-Foy, 32.
- 1883. — Mascart (G. #), membre de l’Institut, professeur au Collège de France, directeur du Bureau central météorologique, rue de l’Université, 176.
- 1883. — Laussedat (G. #), colonel du génie, membre de l’Institut, directeur du Conservatoire des arts et métiers, rue Saint-Martin, 292.
- 1885. — Prunier (L.*fc), professeur à l’École supérieure de pharmacie, membre de l’Aca-
- démie de médecine, 47, quai de la Tournelle.
- 1886. — Becquerel (Henri) (#), membre de l’Institut, 6, rue Dumont-d’Urville.
- 1887. — Carpentier (O. &), ingénieur, ancien élève de l’École polytechnique, rue du
- Luxembourg, 34.
- 1888. — Mayer (O. &), ingénieur en chef conseil delà Compagnie des chemins de fer de
- l’Ouest, boulevard Malesherbes, 66.
- 1888. — Raymond (O. #), directeur de l’École supérieure de télégraphie, boulevard de Courcelles, 87.
- 1891. — Rouart (Henri) (O. #), ingénieur-constructeur, 34, rue de Lisbonne.
- 1893. — Fontaine (O. #), ingénieur civil, rue Saint-Georges, 52.
- 1893. — Violle (O. #), membre de l’Institut, professeur au Conservatoire des arts et métiers, 89, boulevard Saint-Michel.
- 1897. — Lyon(^), directeur de la fabrique de pianos Pleyel et Wolf, 22, rueRoche-chouart.
- Comité d’Agriculture.
- 1864. — Chatin (O. &), membre de l’Institut, rue de Rennes, 149, Président.
- 1866. — Tisserand (Eug.) (G. O. &), conseiller d’État, directeur honoraire au ministère de l’Agriculture, rue du Cirque, 17.
- 1866. —Heuzé (Gustave) (O. #), inspecteur général honoraire de l’agriculture, rue Bertbier, 27, à Versailles.
- 1879. — Risler (O. #), directeur de l’Institut agronomique, rue de Rennes, 106 bis.
- 1879. — Sciilcesing (O. #), membre de l’Institut, directeur de l’École d’application des
- manufactures de l’État, quai d’Orsay, 67.
- 1880. —Ronna (C. #), ingénieur, membre du Conseil supérieur de l’agriculture,
- 48, boulevard Émile-Augier.
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- CONSEIL D’ADMINISTRATION. — JANVIER 1899.
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- Année de l’entrée au Conseil.
- 1881. — Lavalard (Ed.) (O. #),.membre du Conseil supérieur de l’agriculture, maître
- de conférences à l’Institut national agronomique, 54 bis, rue Cardinet.
- 1882. — Müntz (Achille) (O. #), professeur à l’Institut national agronomique, rue de
- Condé, 14.
- 1882. — Prillieux (E.) (O. #), inspecteur général de l’enseignement agricole, professeur à l’Institut national agronomique, rue Cambacérès, 14.
- 1884. — Muret (#), membre de la Société nationale d’agriculture de France, place du
- Théâtre-Français, 4.
- 1885. — Le baron Thénard (Arnould) (#), chimiste-agriculteur, place Saint-Sul-
- pice. 6.
- 1888. — Liébaut (O. #), président honoraire de la Chambre syndicale des ingénieurs-constructeurs-mécaniciens, avenue Marceau, 72.
- 1893. — Cornu (Maxime) (O. #), professeur de culture au Muséum d’histoire naturelle, rue Cuvier, 27.
- 1896. — Lindet (îfc), professeur à l’Institut agronomique, 108, boulevard Saint-
- Germain.
- 1897. — Grandeau(0. ^), inspecteur général des Stations agronomiques, 4, avenue de
- La Bourdonnais.
- N...
- Comité des Constructions et des Beaux-Arts.
- 1879. — Rossigneux (Ch.) (#), architecte, quai d’Anjou, Président, 23.
- 1876. — Bunel (H.) (#), ingénieur, architecte en chef de la Préfecture de police, rue du Rocher, 67.
- 1876. — Davanne (O. #), président du comité d’administration de la Société française de photographie, rue des Petits-Champs, 82.
- 1876. — Dufresne de Saint-Léon (comte H.) (O. #), inspecteur général de l’Université, rue Pierre-Charron, 61.
- 1876. — Guillaume (Eug.) (C. *fc), membre de l’Institut, directeur de l’Académie de France, à Rome.
- 1876. — De Salverte (comte Georges) (O. #), maître des requêtes honoraire au Conseil d’État, avenue Marceau, 54.
- 1876. — Huet (Edmond) (0. #), inspecteur général des ponts et chaussées, boulevard Raspail, 12.
- 1879. — Voisin-Bey (O. #), inspecteur général des ponts et chaussées, en retraite, rue Scribe, 3.
- 1885. — Romilly (Félix de), ancien président de la Société française de physique, avenue Montaigne, 25.
- 1892. — Froment-Meurice (#), fabricant d’orfèvrerie, 46, rue d’Anjou.
- 1895. — Pector (Sosthènes), membre du conseil d’administration de la Société française de photographie, 9, rue Lincoln.
- 1895. — Bouguereau (C. #), artiste peintre, membre de l’Institut, rue Notre-Dame-des-Champs, 75.
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- CONSEIL D ADMINISTRATION.
- JANVIER 1899.
- Année de l’entrée au Conseil.
- 1895. — Belin(E.) (#), éditeur, 52, rue de Yaugirard.
- N...
- N...
- Comité du Commerce.
- 1856.—Block (Maurice) (#), membre de l’Institut, rue de l’Assomption, 63, à Auteuil, Président.
- 1864.—Lavollée (Ch.) (#), ancien préfet, vice-président honoraire de la Société, 79, rue de la Tour.
- 1869. — Roy (Gustave) (G. #), ancien président de la Chambre de commerce de Paris, membre du Comité consultatif des arts et manufactures, rue de Tilsitt, 12.
- 1887. —Cheysson (O. #), inspecteur général des ponts et chaussées, 4, rue Adolphe-Yvon.
- 1892. — Gruner (E.) (#), ingénieur civil des mines, secrétaire du comité central des houillères de France, rue Férou, 6.
- 1896. — Levasseur (O. #), membre de l’Institut, 26, rue Monsieur-le-Prince.
- 1897. — Paulet ($fc), chef de bureau au Ministère du Commerce, 49, rue Vineuse.
- 1897. — Dupuis (#), ingénieur civil des Mines, 18, avenue Jules-Janin.
- N...
- N...
- Commission du Bulletin.
- MM. Collignon, secrétaire; Daubrée, Fouret, Haton de la Goupillière, Imbs, Bébard, Le Chatelier, Sebert, Bardy, Ronna, Lindet, Huet, Belin, Block, Lavollée.
- VICE-PRÉSIDENTS HONORAIRES
- 1864. — Lavollée (Ch.) (#), membre du Comité du commerce,rue de la Tour, 79.
- MEMBRES HONORAIRES
- Comité des Arts mécaniques.
- 1884. — Lévy (Maurice) (O. #), membre de l’Institut, professeur au Collège de France et à l’École centrale.
- 1895. — Richard (G.) (#), ingénieur civil des mines et agent de la Société d’Encou-ragement pour l’Industrie nationale, 44, rue de Rennes.
- 1898. — Boutillier(#), inspecteur général, professeur à l’École des ponts et chaussées, rue de Madrid, 24.
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- CONSEIL D’ADMINISTRATION. ----- JANVIER 1899.
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- Année
- de rentrée Comité des Arts économiques.
- nu Conseil- ^
- 1856. —Trélat (Émile) (O. #), architecte, professeur au Conservatoire des arts et métiers, boulevard Montparnasse, 136.
- Comité du Commerce.
- 1897. — Rondot (Natalis) (C. &), membre correspondant de l'Institut, ancien délégué de la Chambre de commerce de Lyon, 20, rue Saint-Joseph, à Lyon.
- 1897. — Christofle (Paul) (O. #), manufacturier, rue deBondy, 56.
- 1879. — Magnier (E.) (#), négociant, rue de l’Arcade, 16.
- MEMBRES CORRESPONDANTS
- Comité des Arts mécaniques.
- Corresponda/ (s français.
- Petit (Emile), ingénieur civil, au château de Suduiraut (Gironde).
- Bietrix, directeur de l’usine de la Chaléassière, à Saint-Étienne (Loire).
- Buxtorf, mécanicien, à Troyes (Aube).
- Cadiat, directeur des établissements de constructions mécaniques Mouraille et Cie, à Toulon (Var).
- Curières de Castelnau (de), ingénieur en chef des mines, 15, avenue Bosquet.
- Correspondants étrangers.
- Chapman (Henry), ingénieur-conseil, à Londres.
- Dwelshauvers-Dery, ingénieur, professeur à l’Université de Liège.
- Sellers(W.), constructeur-mécanicien, à Philadelphie (États-Unis).
- Llauradô, ingénieur en chef des forêts d’Espagne, à Barcelone.
- Habicr, directeur de l’École des mines, à Lima.
- Trurston, professeur à la Cornell University d’Ithaca (État de New-York). Waltrer-Miïunier, ingénieur en chef de l’Association des propriétaires de machines à vapeur, à Mulhouse.
- Comité des Arts chimiques.
- Correspondants français.
- Guimet fils, manufacturier, à Lyon.
- Pechiney, directeur de la Société des produits chimiques d’Alais. Manhès, directeur de la Société métallurgique du cuivre, à Lyon. Kessler, fabricant de produits chimiques, à Clermont-Ferrand.
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- CONSEIL D’ADMINISTRATION. -----
- Darblay, manufacturier, à Essonnes (Seine-et-Oise).
- Boire (Émile), administrateur des sucreries de Bourdon (Puy-de-Dôme).
- Petitpont (Gustave), manufacturier, à Choisy-le-Roi.
- Brustlein, directeur des usines Jacob Holtzer et Cie, à Unieux (Loire).
- Haller, professeur à la Faculté des Sciences de Nancy.
- Correspondants étrangers.
- Abel (Frédéric-Auguste), président de la commission gouvernementale des explosifs, 2, Whitehall Court S. W., à Londres.
- Lowthian Bell,chimiste-manufacturier, à Rounton-Grange, Northallerton(Angleterre). Canizzaro, professeur à l’Université de Rome.
- Mendeleef, professeur de l’Université de Saint-Pétersbourg.
- Roscoe (Henry), Enfield 10, Bramham garden’s, South-Kensington (S.-W.). Londres. Solvay, fabricant de produits chimiques, à Bruxelles.
- Comité des Arts économiques.
- Correspondants français.
- Loreau, manufacturier, à Briare.
- Chardonnet (comte de), ancien élève de l’École polytechnique.
- Correspondants étrangers.
- Cole (Henry), directeur du Kensington Muséum, Thurloe square, S. W., à Londres. Frankland, professeur de chimie à l’École royale des mines, correspondant de l’Académie des sciences, 14, Lancastergate, Hyde Park, à Londres.
- Crookes (William), directeur du journal The Chemical News, à Londres.
- Preece, électricien en chef des télégraphes de l’État, à Londres.
- Elihu-Thomson, électricien en chefde la Sociét é Thomson-H oust on,h Lynn-Mass.(E.U. A.). Steinlen, ingénieur-constructeur, à Gand (Belgique).
- Comité d’Agriculture.
- Correspondants français.
- Le Cler, ingénieur des polders de la Vendée.
- Mares (Henri), correspondant de l’Académie des sciences, à Montpellier Perret (Michel), agriculteur, à Tullins (Isère), et à Paris, place d’Iéna, 7. Philippar, directeur de l’École d’agriculture de Grignon.
- Rémond, agriculteur à Minpincien, par Guignes-Rabutin (Seine-et-Marne). Grosjean, inspecteur de l’enseignement agricole.
- Cochard, président de la. Société d’agriculture de Montmédy.
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- CONSEIL D ADMINISTRATION.
- JANVIER 1899.
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- Milliau (Ernest), chimiste, à Marseille.
- Brlot, inspecteur des forêts, à Chambéry (Savoie).
- Correspondants étrangers.
- Juulin-Dannfelt, 127, Great Winchester Street, à Londres, E. G.
- Gilbert (l)r), membre de la Société royale de Londres, à Rothamstead (Angleterre). Lawes (sir Bennett), membre de la Société royale de Londres, à Rothamstead (Angleterre).
- Miraglia, directeur de l’Agriculture, à Rome.
- Comité du Commerce.
- Correspondants français.
- Bergasse, négociant, à Marseille.
- Sévène, président de la Chambre de commerce de Lyon.
- Walbaum, président de la Chambre de commerce de Reims.
- Bessonneau, manufacturier, consul de Belgique, à Angers.
- Correspondants étrangers.
- Hemptine (comte Paul de), à Gand (Belgique).
- Mevissen, conseiller intime du commerce, ancien président de la Chambre de commerce de Cologne.
- Reader Lack (Esq.), directeur du Patent-Office, à Londres.
- Rada y Delgado (Juan de Dios), sénateur, à Madrid.
- Bodio (le commandeur), directeur général de la statistique du royaume d’Italie, à Rome.
- Giffin, directeur de la statistique du Board of Trade, à Londres.
- Garroll (D. Wright), commissaire du département du travail, à Washington (États-Unis).
- Comité des Constructions et des Beaux-Arts.
- Correspondant étranger.
- Carlos Relvas, à Collega (Portugal).
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- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. Édouard Simon, au nom du Comité des Arts
- mécaniques, sur les tissus mélangés soie et coton, teints en pièces, créés
- par M. Sylvain Graissot, de Lyon.
- Messieurs,
- La Société d’Encouragement poursuit un double but : elle signale les desiderata industriels et provoque les recherches utiles; elle enregistre les progrès accomplis et inscrit dans ses annales les noms des inventeurs qui, trop souvent sans profit personnel, augmentent le patrimoine commun, contribuent au développement de la fortune publique.
- C’est pour satisfaire à la seconde partie de ce programme que je dois vous entretenir des tissus créés depuis bientôt trente ans par un ancien fabricant de Lyon, M. Graissot.
- Le premier article façonné Jacquard, chaîne coton, trame soie grège, destiné à remplacer l’étoffe anglaise tout soie dite Nagasaki, fut livré sur le marché par M. Graissot, vers la fin de l’année 1869, sous le nom de Mossoul. Notre compatriote avait choisi cette désignation parce que, d’après l’ouvrage le Tour du Monde, Mossoul est une ville de l’Abyssinie dont les environs produisent la soie sauvage. Une vignette en chromolithographie portant les mots Mossoul Silk Handkerchiefs (mouchoirs de soie de Mossoul) complétait la parure des pièces et des emballages du nouveau foulard.
- Les débuts furent modestes, et le contraire eût été surprenant, car il ne fallut pas seulement inventer le tissu, mais étudier un décreusage approprié aux caractères dissemblables des matières constitutives et créer un apprêt spécial, bientôt adopté sous la marque G.-G. (Graissot et Cie), afin de donner au produit la souplesse et le brillant des foulards anglais.
- La guerre de 1870 retarda l’essor du nouveau tissu. L’Angleterre était, à cette époque, notre principal intermédiaire pour la vente à l’étranger, notamment en Allemagne. Les acheteurs anglais comprirent bien vite le parti à tirer du Mossoul, et la demande qui, pendant la terrible année, atteignait à peine à 500 francs par mois, s’éleva rapidement après la guerre,
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- TISSUS MÉLANGÉS SOIE ET COTON, TEINTS EN PIÈCES. 1 T
- et, tant sur le marché français qu’à l’exportation, fournit un total de près de 2 millions de francs au cours des années 1872-73.
- M. Graissot a bien voulu confier à votre rapporteur de nombreuses lettres de félicitations de ses principaux clients parisiens, datées de la même époque et unanimes à constater le succès du tissu Mossoul. « Il est, — dit l’un de ces correspondants, — d’une vente facile par son-toucher moelleux et son bas prix et, en outre, il est venu à ma grande satisfaction remplacer un tissu anglais que j’étais obligé d’acheter et de commettre en Angleterre.
- « Le blanc et l’apprêt que vous donnez, — écrit un autre, — rendent le toucher des plus agréables et font que cet article est si bien approprié aux besoins de la consommation... »
- « Les effets mats du tissu, le brillant des dessins, —écrit un troisième,— l’apprêt souple,font de cet article un succès que je crois pouvoirprédire durable... » Ces prévisions étaient fondées, comme on le verra plus loin, par des chiffres officiels; mais le succès du Mossoul suscita à M. Graissot une concurrence acharnée. Mal renseigné sur les mesures propres à sauvegarder sa propriété, l’inventeur, au lieu de se protéger par un brevet, s’était borné à un dépôt d’échantillons. Il dut soutenir un long et coûteux procès contre des rivaux peu scrupuleux, et les juges, tout en accordant une indemnité au plaignant, du fait d’une concurrence déloyale qui avait été jusqu’à l’imitation des étiquettes et des emballages, se trouvèrent dans l’impossibilité de punir le contrefacteur du tissu même.
- M. Graissot ne se découragea point ; il continua la fabrication des étoffes mélangées soie et coton, qui lui valut une médaille d’or à l’Exposition universelle de 1878. Le jury accompagnait cette haute récompense de la déclaration suivante : « M. S. Graissot. — Tissus de soie et fantaisie. Cette maison, entre autres produits fort bien compris, présente un tissu chaîne coton, tramé soie, qui est devenu universel sous le nom de Mossoul. Léger, brillant, doux au toucher, le Mossoul est, en outre, d’un bon marché qui l’a mis à la portée de tous. Nous sommes heureux de rendre justice à ce fabricant qui a trouvé, et que les fabricants de foulards ont imité et suivi... » Peut-être convient-il de rappeler, pour éviter un malentendu, qu’avant M. Graissot la fabrique lyonnaise tissait des étoffes mélangées soie et coton, mais avec des fils teints en flottes ou écheveaux. M. Graissot eut le mérite d’appliquer à ses nouveaux produits tissés écrus la teinture en pièces, beaucoup plus économique.
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- ARTS MÉCANIQUES. ---- JANVIER 1899.
- Vous avez sous les yeux une collection des principaux types ainsi créés successivement et devenus classiques. Après le Mossoul avec envers, le Mossoul sans envers, le tissu Prince de Galles (Mossoul avec chaîne de coton blanchi et trame de soie cuite), les satins pour doublures, les sergés pour parapluies et ombrelles, teints et glacés en une ou deux nuances (le coton d’une couleur et la soie, d’une autre) ; les rayures à deux ou trois teintures, les façonnés genre clamas et moirés, les satins imprimés et gaufrés, les mouselines soie et coton, les pékins imprimés, etc. La teinture en pièces du tissu mélangé présentait, au début, de grandes difficultés; elle a été l’origine de nombreux et importants perfectionnements.
- L’influence heureuse des créations multiples énumérées ci-dessus ne s’est pas limitée à l’industrie lyonnaise, elle s’est étendue à la filature du coton, lui créant un débouché aussi considérable qu’inattendu. Des chiffres communiqués par la Chambre syndicale lyonnaise, il résulte que la consommation approximative des cotons filés, simples et retors, nécessaires à la fabrication des tissus mélangés soie, s’est élevée en 1897, dans la seule région de Lyon, à 3 300 000 kilogrammes, représentant une valeur de 15375000 francs; que le produit des mêmes tissus teints en pièces a passé de 36200 000 francs en 1877, à 149 750 000 francs en 1896, enfin que l’exportation de ces articles, de 38328000 francs en 1877, s’est élevée à 107305 000 francs en 1897.
- Par un concours de circonstances pénibles, l’initiateur incontesté de cette prospérité commerciale, le créateur de ces charmantes étoffes dont la fabrication assure le pain de milliers d’ouvriers, a bien peu profité de son œuvre; il doit actuellement trouver, dans de nouvelles recherches, les moyens de supporter d’assez lourdes charges.
- Votre Comité des Arts mécaniques vous demande, Messieurs, de voter l’insertion au Bulletin du présent rapport, en témoignage des services rendus à l’industrie nationale par M. Sylvain Graissot; il vous propose, en outre, de prélever sur les réserves disponibles de la fondation due à l’initiative de notre collègue M. G. Roy, et à la générosité des exposants de la classe XXVIÏ à l’Exposition universelle de 1867, un encouragement pécuniaire qui ne saurait être mieux attribué.
- Signé : Edouard Simon, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance, le 1S janvier 1899.
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- L’Électrotechnie agricole en Allemagne (son avenir en France et dans nos
- colonies (I), par M. Paul Renaud, ingénieur, ancien élève de l'Ecole de
- Physique et de Chimie industrielles de Paris.
- J’ai déjà eu l’honneur l’année dernière (2) de venir vous entretenir de l’électricité employée comme force motrice en agriculture. C’était alors une revue de ce qui avait été effectué ; mais aujourd’hui, étant donné le grand développement qu’a pris la question, je veux me borner à vous exposer en détail ce qui a été fait ces temps derniers chez notre redoutable concurrent d’outre-Rhin, sauf, plus tard, à revenir peut-être sur un autre pays, non moins intéressant pour nous, les Etats-Unis, où, dans certaines régions, comme l’Ouest américain, on est arrivé, par ce mode de culture, à produire le blé à raison de 2 fr. 50 l’hectolitre.
- Je crois, en effet, que le meilleur moyen, pour un pays, de marcher de l’avant ne consiste pas à jalouser ses concurrents en rejetant tout ce qui a été fait par eux, mais au contraire à étudier ce qu’ils ont exécuté, en cherchant à en profiter le mieux possible, en prenant ce qu’il y a de bon, en y ajoutant ce que notre imagination nous suggère et en adaptant à nos convenances les principes qu’ils ont su mettre en œuvre.
- On peut, tout d’abord, se demander comment il se fait que cette application de l’électricité ait réussi en Allemagne et chercher à expliquer sa propagation dans ce pays. C’est que l’étude n’en a pas été faite, comme chez nous, par de simples particuliers, soit qu’ils cherchent à réaliser une idée, soit, comme M. Félix Prat, qu’ils espèrent par là pouvoir arriver à produire plus et meilleur marché. Ce sont au contraire des constructeurs mécaniciens et électriciens qui ont créé peu à peu des appareils homogènes, commodes, simples, en un mot, des appareils ayant quelques chances de réussir en agriculture.
- Ces constructeurs ont réalisé des types de moteurs électriques spécialement destinés à cet emploi ; ils ont fait des essais, ils ont modifié peu à peu leurs premiers types et sont ainsi arrivés aux instruments que je vais avoir l’honneur de vous décrire.
- (1) Voir le numéro de mai 1897.
- (2) Communication faite à .la séance du 10 juin 1898.
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- Mais il ne suffit pas d'avoir des appareils ; il faut encore voir s’ils sont bons, commodes et utiles. Le gouvernement prussien, eu mettant ses différents domaines nationaux du Sillium (1), de Rodenberg (2), de Kleinhof (3), de See-dranken(4), de Glœden (5), en exploitation par ces procédés, et la Société Allemande d’Agriculture, en créant des concours, ont permis à tout le monde de se rendre compte des avantages de ces appareils.
- Nous allons, pour débuter, examiner les différents modes de production d’énergie électrique qui ont été préconisés et employés, puis les modes de transport de l’électricité.
- Nous verrons ensuite quelle utilisation a été faite de cette énergie, soit pour les différents travaux agricoles, soit pour l’éclairage.
- PRODUCTION DE l’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
- Au point de vue de la production, il y a tout de suite à choisir entre les forces naturelles et les forces artificielles.
- Les premières en général sont les plus économiques.
- La force du vent, quoique très employée pour la production de l’électricité aux Etats-Unis, n’a eu guère d’utilisation en Allemagne.il en est de même en France, bien que certaines de nos régions possèdent des vents réguliers. Le vent n’est employé que pour l’élévation de l’eau et la meunerie ; on n’en a que de très rares exemples d’emploi pour la production d’électricité. Voici la puissance en chevaux fournie par le vent, utilisée en France :
- En 1882......... 27 438chx (20 578Pts,5) (6)
- En 1892......... 39 0 i 7cl,x (29 262 Pts) 75
- Le Finistère figure dans ce dernier chiffre pour 10 488 chevaux (7 866 ponce-lets) à lui tout seul.
- Cependant il faut citer les expériences du professeur La Cour, qui s’est livré à de nombreuses études sur les moulins à vent, et a imaginé un régulateur, le « Kratostale », permettant à un moulin à vent de commander facilement une dynamo.
- (1J Cci-cle de Marienburg, district de l’Hildesheim, près de la « Nette », affluent de f « Innerste ».
- (2) Cercle de Rinteln, district de Cassel, près de 1’ « Aue ».
- (3) Cercle de Wehlau, district de Kônigsberg.
- (4) Cercle de Oletzkow, district de Gumbinnen.
- (5) Cercle de Schweinitz, district de Mersebnrg.
- (6) C’est sous l’inspiration de M. E. Hospitalier que nous avons adopté la notation en Pon-celets, cette unité ayant l’avantage de correspondre à peu de cliose près au kilowatt et, par suite, facilitant beaucoup les calculs de puissance en électricité.
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- M. La Cour préconise surtout l’emploi des moulins à ailes verticales.
- Il a constaté qn’un moulin de 16 ailes ne fait que 1 fois 1/3 aulant de travail qu’un autre à 4 ailes seulement et que le rendement du vent frappant les ailes atteint 143,7 p. 100, ce qui s’explique par ce fait qu’on tient compte de l’effet de succion, opéré sous le vent, par le courant qui passe entre les ailes. C’est à cause de cette succion qu’il importe le plus de donner aux ailes une forme concave. Si, pour mesurer la proportion de vent utilisé, on fait état de la surface vide entre les ailes, on n’obtient plus qu’un rendement de 21 p. 100.
- Il faut noter en passant l’appareil réalisé par un Français, M. Soifranc, ayant pour but de régulariser l’action du vent de façon à en permettre l’emploi pour la production de l’électricité. Son dispositif consiste en une aile pendante faisant face au vent et placée en avant du moulin. Cette aile est le frein modérateur, elle est suspendue sur deux consoles et se termine par un arc de cercle qui se. trouve placé au-dessus d’une poulie fixée sur l’arbre du moulin. Cette aile oscillante est frappée par le vent, et, lorsqu’il augmente trop, elle opère un mouvement de bascule qui amène le cercle qu’elle porte au contact de la poulie et fait frein à friction, ralentissant ainsi la vitesse du moulin. Comme c’est la même force qui agit sur le frein que sur les ailes on s’explique que la résistance est aussi instantanée que la puissance. Enfin les ailettes des moulins sont maintenues inclinées sur le vent à l’aide d’un ressort; lorsque celui-ci devient trop fort, elles s’effacent. Néanmoins ce dispositif n’est pas encore suffisant; il faut intercaler une batterie d’accumulateurs sur le circuit.
- Au contraire des précédentes, les forces hydrauliques ont été très employées et même étudiées avec beaucoup de soin, comme je vous le montrerai tout à l’heure.
- C’est surtout ce genre de force motrice qui est appelé à faciliter l’emploi de l’électricité en agriculture, et cela à cause de son facile entretien comme mécanisme, du peu de surveillance qu’il nécessite et de l’économie que l’on doit y trouver en général. On est même arrivé maintenant, avec les forces hydrauliques, à supprimer presque complètement le mécanicien, le conducteur de l’usine génératrice, ou, tout au moins, à lui laisser assez de temps pour s’occuper d’autres travaux pendant la marche des appareils agricoles, travaux quj peuvent consister dans la conduite des appareils de sciage pour le bois. Il en résulte que l’on peut réaliser un nouveau bénéfice assez considérable.
- Ce résultat a été obtenu grâce à divers dispositifs et en particulier avec le régulateur de vitesse à frein électrique pour moteurs hydrauliques, dû à M. E. H Rieter. L’avantage de cet appareil, est, en dehors de l’économie signalée plus haut, de ménager beaucoup la dynamo-génératrice.
- En effet, les travaux agricoles, comme le labourage, le défonçage, sont discontinus. A chaque extrémité du sillon, il y a arrêt, d’où absorption moins grande Tome IV. — 98e année. 5e série. — Janvier 1899. 2
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- d’énergie; il s’ensuit un emballement de la dynamo-génératrice, la réceptrice étant shuntée. Pour éviter cet emballement, dans le cas ordinaire, chez M. Félix Prat, par exemple, le conducteur ferme le distributeur de la turbine, d’où ralentissement de cette dernière. Il y a bien un régulateur à boules dont c’est le rôle, mais il met au moins 3 à 5 minutes pour s’équilibrer pour une variation de 13Pts,S (18 chevaux). Avec le régulateur de M. Rieter, il suffit de 3 à 4 se-
- condes et le mécanicien n’a pas besoin de s’en occuper.
- Cela est très important, car une forte accélération de vitesse est très dangereuse pour les
- Coupe. Vue en bout.
- Fig. 1. — Régulateur Rieter pour les turbines à haute pression.
- Fig. 2. — Vues perpendiculaires à l’axe du frein Rieter.
- dynamos, surtout lorsque l’on produit des co urants à une tension élevée : on peut percer les isolants et, par suite, mettre l’installation hors de service.
- Les forces hydrauliques se présentent sous plusieurs aspects, mais les principales et les plus répandues sont les chutes d’eau. Nous verrons plus loin comment on ramène à cette forme la puissance de la marée.
- Dans les installations à chute, deux groupes se présentent :
- 1° Chute forte et volume d’eau assez faible (on emploie dans ce cas les turbines à haute pression).
- 2° Chute moyenne ou basse et volume d’eau considérable (on emploie alors différents systèmes de turbines à réaction).
- Les turbines à haute pression, généralement à axe horizontal, à injection interne et radiale, permettent un réglage relativement facile.
- La maison Rieter, de Winterthur (Suisse), construit, pour ce cas, un régulateur de précision (fig. 1) au moyen duquel on arrive à maintenir, dans la plu-
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- part des cas, inférieures à 1 p. 100 les différences de vitesse provoquées par de brusques variations de charges, atteignant jusqu’à 50 p. 100 de la puissance normale.
- Pour les turbines à réaction, employées dans le cas de basses chutes, la régulation est plus délicate; elle est plutôt plus nécessaire, étant donné que ces turbines sont les plus répandues dans les installations électriques usuelles.
- D’autres freins ont été préalablement construits dans ce but; mais ils avaient de très graves inconvénients qui empêchaient de s’en servir pendant une longue durée, car ils étaient, pour la plupart, fondés sur la transformation de l’énergie mécanique en énergie calorifique par frottement ; il s’ensuivait une rapide détérioration des surfaces de contact et, par suite, l’obligation de renoncer à ces appareils.
- Le principe de ce régulateur de M. Rieter est des plus simples ; il est fondé sur la découverte de Foucault concernant la résistance qu’oppose, sous l’influence d’un champ magnétique, une masse de fer au mouvement qu’on lui donne. La résistance est proportionnelle à l’intensité de ce champ magnétique; on agira donc sur ce dernier en faisant varier l’excitation.
- Cette variation dans l’excitation est obtenue à l’aide d’un rhéostat, actionné par un régulateur à boule monté sur l’axe de la turbine (fig. 3).
- Par la force centrifuge, les boules s’écartent plus ou moins et soulèvent ainsi une pièce portant des contacts dont les longueurs vont en diminuant. Ces tiges se trouvent au-dessus d’une cuve à mercure ; lorsque la vitesse croît, le porte-contact s’abaisse et le rhéostat est supprimé du circuit, l’excitation augmente, et le frein agit; l’inverse se passe lorsque la vitesse diminue.
- Le courant d’excitation peut parvenir soit directement delà dynamo que l’on cherche à régler, soit d’une batterie d’accumulateurs. Le frein (fig. 2,4 et 5) consiste doncen un système conducteur mobile P et un grand anneau de fer fixe E. Cet anneau muni d’ailettes H facilitant le refroidissement nécessaire pour lutter contre le léger échauffement qui se produit et qui est d’ailleurs sans inconvénient,.
- Voici quelques résultats obtenus avec cet appareil (fig. 6). (Puissance motrice durant ces expériences : 39pts,60 (52chx,80) :
- Fig. 3. — Régulateur ih'eferpourles turbines à basse pression, agissant sur le rhéostat du frein électrique.
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- I. On n’a pas de régulateur à frein.
- La vitesse étant régulière, on décharge la transmission de 8Pts,7 (llchx,6); la vitesse passe de 225 tours à 322 graduellement en 13 secondes; puis on charge brusquement de 7pts,975 (10chx,5). En 3 secondes, la vitesse retombe de 332 tours à 228.
- II. On a un régulateur à frein électrique; on diminue la rapidité d’action du régulateur au moyen d’une cataracte à huile.
- Une décharge de la transmission de 8pts,7 fait augmenter en 4 secondes la vitesse de 230 à 276 tours ; puis, 5 secondes après, on est revenu à la valeur initiale, 230.
- Il y a déjà un grand progrès.
- III. On emploie un régulateur à frein électrique sans cataracte.
- On a une décharge de 8p1,7 ; la vitesse ne s’accroît que de 243 à 251 tours et, au bout de 2 à 3 secondes, la vitesse est revenue à 245 ; la perturbation totale n’a duré que 5 secondes.
- IY. On a le régulateur à frein.
- La transmission marchant à vide, on mit subitement toute la charge normale ; la vitesse baissa de 30 tours en 2 secondes et, 4 secondes plus tard, elle était revenue à sa valeur initiale.
- Y. On a un régulateur à frein hydraulique (ce frein consiste en un cylindre contenant de l’eau, muni d’un orifice; un piston force cette eau à s’échapper et fait ainsi frein).
- La transmission est déchargée de 0 iJt,94 (lch 1/4) ; le frein met 9sec,5 à entrer en action, et la vitesse passe de 330 à 365 tours, puis diminue, et, après 9 secondes, revient à 330 tours.
- On voit donc que ce régulateur à frein électrique a une grande influence sur
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- la régularité. Gela est dû à son action très rapide, à sa grande élasticité et à sa continuité, sans crainte de détériorations et sans avoir besoin d’utie surveillance quelconque.
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- Fig. 6. — Diagrammes relevés aux essais du frein électrique ïiieter.
- Pour l’emploi dans les travaux agricoles de cet appareil, il faut adopter la combinaison du régulateur ordinaire à force centrifuge avec régulateur à frein, mais ce dernier étant un peu en retard sur le premier, de façon à agir, en attendant que le régulateur ordinaire ferme automatiquement lès vannes du distri-
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- buteur. 0n pourra aussi supprimer totalement l’homme au réglage et on aura uhe régularité parfaite. lTn régulateur à frein électrique, pour une puissance oscillant entre 3i,ls,7o et 22i)ls,o (5 à 30 chevaux), coûte 1600 francs ; le rhéostat et le régulateur coûtent 430 francs. Le poids de ce dernier est de 400 kilogrammes.
- Malheureusement, cet appareil coûte, comme on vient de le voir, encore assez
- cher : 2030 francs.
- Fr. o.
- D’où intérêt à 5 p. 100.................... 102,30
- Et amortissement en 10 ans................. 209
- Total................ 307,90
- On peut compter, avec l’entretien, 330 francs. Il faut donc rattraper cette somme sur le travail du conducteur de l’usine; cela est facile sil’on a affaire a une exploitation assez forte et assez régulière, et surtout si l’on possède une scierie.
- Mais, dans un certain nombre de cas, cela ne sera pas possible; il faut donc avoir recours à des appareils moins coûteux.
- Il existe un dispositif plus simple imaginé par M. Thunderbolt, dont le principe est le suivant. Quand la vitesse augmente, la force électromotrice de la machine augmente aussi : en plaçant sur le circuit de cette dynamo un solénoïde, contenant une tige de fer doux maintenue par un ressort antagoniste équilibré, cette tige sera d’autant plus attirée, que la force électromotrice croîtra. Il suffit donc d’utiliser directement ou indirectement le mouvement de cette tige pour ouvrir ou fermer la vanne d’admission de la turbine. Cet appareil peut même, au besoin, arrêter automatiquement le moteur dans le cas où la charge devient nulle par suite d’un accident quelconque. En donnant une disposition pratique à l’appareil, on peut arriver, croyons-nous, à un résultat assez bon, à meilleur compte qu’avec les appareils précédents.
- On oppose bien à l’emploi des forces hydrauliques que nous n’avons pas d’eau dans toutes les régions de la France. Mais il reste cependant encore beaucoup à faire dans les régions qui possèdent de l’eau et, d’ailleurs, cette énergie hydraulique, trop abondante en certains points, peut facilement être distribuée dans une grande surface avec les transports de puissance à haut potentiel qui deviennent de plus en plus fréquents.
- Dans le rapport déposé par M. Guillain, le 8 février 1898, sur le bureau de la Chambre, au nom de la commission chargée d’examiner le projet de loi sur la distribution d’énergie, il est dit que :
- « On évalue à 10 millions (1) de chevaux la puissance totale des chutes
- (1) On saura prochainement à quoi s’en tenir exactement. Par une circulaire adressée le 24 octobre 1898 aux ingénieurs en chef des Ponts et Chaussées par M. le ministre des Travaux i
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- d’eau qu’il serait possible d’aménager facilement en France. C’est à peu près autant que la puissance motrice des machines à vapeur employées par l’industrie dans le monde entier, en dehors des chemins de fer et de la navigation. Mais, jusqu’à présent, un dixième à peine de cette puissance hydraulique disponible en France est utilisé. » Soit exactement :
- Chevaux. Poncelets.
- 1.028.807 (771.605,25)
- M. Guillain ajoute :
- « Ce chiffre est à peine inférieur à la puissance totale des machines à vapeur employées en France par l’industrie et l’agriculture.
- « Si tant de forces hydrauliques restent encore stériles, c’est que jusque dans ces dernières années on ne pouvait les utiliser que sur place...........................
- « Mais l’électricité seule a permis d’aborder résolument le problème du transport à grande distance, de la distribution et de la division indéfinie de l’énergie. »
- Une force hydraulique énorme, qui a été peu employée jusqu’ici et qui cependant peut donner de bons résultats, est celle de la marée.
- La méthode employée pour cette utilisation est la suivante :
- On forme un bassin artificiel, lequel se remplit avec la marée; on le ferme par une écluse, et, lors de la basse mer, il se vide sur un jeu de turbines à réaction.
- Un semblable moulin à marée est installé à Pont-l’Abbé (Finistère) (fig. 7 et 7 bis).
- Il est situé à environ 4 kilomètres de la mer. On a utilisé, en arrière du moulin, un grand étang, mis en communication avec la mer par une rivière qui sert à la fois de canal d’amenée à l’étang pendant la marée montante, et de canal de fuite pendant la marée descendante. Cette rivière est aussi utilisée aux marées montantes et descendantes pour le transport des marchandises par bateaux.
- Le moulin construit entre la rivière et l’étang sert pour ainsi dire de barrage, et de chaque côté il a été créé de grands clapets à charnière supérieure s’ouvrant de dehors en dedans, permettant à la marée montante de pénétrer dans l’étang. A la marée descendante, ces clapets se referment par la charge de l’eau de cet étang et, par conséquent, cette eau reste en réserve, pour être ensuite utilisée par les moteurs hydrauliques de l’usine.
- On sait que les marées durent environ 12h,30 par jour, soit 6h,lS de marée
- publics, le gouvernement s’occupe de faire établir un relevé aussi juste que possible des. forces hydrauliques qui pourraient être empruntées, en vue d’utilisations industrielles^ à l’ensemble des cours d’eau du territoire.
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- Elévation.
- Fig. 7 et 7 bis. — Moulin à marée de Pont-l’Abbé. (Élévation et plan.) A et A' côté de l’étang. MN, axe de la turbine.
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- montante et'6h, 15 de marée descendante. L’éloignement du moulin de Pont-l’Abbé de la mer fait que la marée montante met 3 heures pour arriver au niveau au-dessous des moteurs; de même, la marée descendante met 3 heures pour baisser à ce même niveau ; elle continue à descendre encore pendant 3 heures. C’est donc 6 heures de pleine chute que l’on utilise à chaque marée, et, en tenant compte que les moteurs peuvent marcher noyés, on travaille 7 heures environ à chaque marée, soit 14 heures par joui-.
- Voyons maintenant les conditions d’établissement de ces moteurs :
- Le moulin possède 10 paires de meules avec accessoires de nettoyage, blu-teries, etc. La force nécessaire pour actionner ce matériel est d’environ 60 pon-celets (80 chevaux). La chute utilisable lors des grandes marées est de 2m,50 et de 2 mètres en moyenne aux marées basses; il faut donc produire cette force de 60 poricelets dans les deux cas.
- La maison Bonnet, de Toulouse, qui a réalisé cette intéressante installation, a construit deux turbines de 52pts,5 (70 chevaux) chacune, sous 2m,50 de chute, soit en tout 105 poncelels (140 chevaux). L’excès de force prévu permet de faire 60 poncelets en tout temps, et aussi de laisser marcher les turbines noyées dans les grandes marées oii il y a abondance d’eau.
- En travail normal, l’étang baisse de 0m,45 à 0m,50 environ pendant 7 heures de marche. A ce moment, la quantité d’eau dépensée en moyenne par seconde est de :
- Q — ^ X le rendement des moteurs étant de 0,75.
- H x 0,75
- T = 60 poncelets.
- H = en moyenne 2m,25.
- Q
- 60 x 100 2,25 x 0,75
- = 3 550 litres.
- Le volume dépensé en 7 heures sera de 3m3,550 x 3600s x 7h = 89460 mèt. cubes.
- La superficie de l’étang doit donc être de
- 89460
- lËmr
- = 178 920 mètres carrés, soit
- environ 18 hectares.
- La profondeur moyenne de l’étang est de 1 mètre à lm,20 environ, ce qui permet d’avoir toujours de l’eau en réserve, même par les plus basses marées.
- En petit ruisseau d’eau douce, assez abondant pendant l’hiver, se jette dans l’étang et permet à cette époque de l’année de conserver plus longtemps la chute maxima de 2m,50.
- Les moteurs installés dans ce moulin sont deux turbines à libre déviation, à couronnes parallèles, à arbre creux vertical et vannages à cônes d’enroulement du type Fontaine. Ces turbines actionnent par engrenages coniques un arbre
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- horizontal, qui les accouple et transmet leur force, par un autre engrenage conique, à un arbre vertical, de toute la hauteur du moulin, actionnant les machines de tous les étages. "
- Comme l’étang et la rivière se nivellent plusieurs fois par mois, quand les marées sont suffisamment grandes, on a établi un barrage déversoir à la côte, correspondant à la chute de 2ra,50, afin que, durant les grandes marées, plus hautes de 1 mètre quelquefois, l’eau ne séjourne pas dans les propriétés que la mer a envahies pendant la montée; les clapets se refermant à la descente, le trop-plein passe par le déversoir.
- Les clapets sont au nombre de 7 et ont une superficie de 9 mètres carrés environ.
- En résumé, avec une installation de 2 moteurs accouplés comme ils le sont à ce moulin, et commandant une série do dynamos, avec débrayages à friction, et chargeant des accumulateurs, on utiliserait presque complètement les variations de chute, et il est certain que la durée de marche serait de 18 à 20 heures par jour, dont 14 à 16 en pleine force.
- Les vannages pourraient être aussi commandés par un régulateur de vitesse qui réglerait les ouvertures au fur et à mesure de l’embrayage ou du débrayage des machines et de la variation de la chute.
- Le prix d’une installation semblable à celle de M. Laurent à Pont-l’Abbé serait d’environ 25 000 francs pour les moteurs complets, leur accouplement par engrenages, arbres, paliers, manchons, etc., etc., ainsi que les vannes de têtes et grilles. Quant aux frais de maçonnerie, ils dépendent de l’état des lieux, et il est impossible de les évaluer.
- La Revue de Physique et de Chimie et de leurs applications industrielles, dans son numéro de janvier 1898, signale un autre exemple de moulin de ce genre réalisé à Ploumanach (Côtes-du-Nord) ; la chute est là de 4 à 5 mètres; l’étang a lha,5; l’énergie représentée parles 60 000 mètres cubes accumulés par marée, s’écoulant avec 4 mètres de chute comme moyenne, est de 1 500 à 2000 chevaux-heure par jour.
- Une autre force motrice naturelle, qui n’a présenté aucun exemple d’application en Allemagne pas plus que chez nous, c’est la puissance des vagues.
- Il est cependant curieux de signaler la formation de la Compagnie des forces de l'Océan de Los-A?igelos, à Potencia-Beach (Californie).
- On a établi des jetées métalliques s’avançant d’une centaine de mètres dans la mer; à l’extrémité de chacune d’elles on a disposé trois flotteurs qui montent et qui descendent suivant le mouvement des vagues. La surface de ces flotteurs en tôle est de 9m2; ils sont lestés avec du ciment.
- Ces flotteurs n’agissant qu’à la descente sont reliés à la tige du piston d’une pompe qui comprime l’eau dans un réservoir clos contenant de l’eau pour amor-
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- l’ÉLECTROTECHNIE AGRICOLE EN ALLEMAGNE.
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- tir lés variations. La pression est de 8 kg- environ par c.q.; enfin, cette eau sous pression est envoyée sur une roue Pelton actionnant une dynamo génératrice.
- La course du piston de la pompe est de 30 cm.; chaque flotteur fournit à peu près une puissance de 2 à 3 chevaux.
- Ajoutons, pour terminer et pour excuser une semblable installation, que le charbon coûte très cher dans cette région (environ 500 francs la tonne).
- Mais il ne sera pas toujours possible d’avoir avec avantage une force naturelle. Il faudra donc recourir aux forces artificielles. Elles sont de trois genres :
- 1° Le moteur à pétrole pour les petites puissances allant jusqu’à 10 ou 15 chevaux ;
- Fig. 8. — Schéma du gazogène Kôrting pour la fabrication du gaz pauvre.
- 2° Au delà, il faut employer la machine à vapeur demi-fixe, dont la dépense en charbon brut est en moyenne de 2 kilogrammes à 2k§,5 par cheval-heure.
- A partir de 22 poncelets, — 18 au minimum, — on doit avoir recours au moteur à gaz pauvre. On se trouve là en face d’un nouveau genre de moteurs, sur lesquels l’expérience commence à permettre de se former une opinion.
- Opinion favorable. Ils présentent en effet de nombreux avantages, qui font croire que ce genre de machines est appelé à un grand avenir en agriculture et dans les industries agricoles, et qui sont :
- 1° Une dépense de charbon d’environ moitié moindre qu’avec la vapeur.
- A l’usine électrique de Lausanne, avec une batterie de gazogènes Pierson et des moteurs à gaz Grossley, en marche normale de l’usine, on dépense 869 grammes de charbon par poncelet(l kilowatt ou lch,l/3), y compris les cendres et l’eau (1) ;
- (i) Dans les nombreuses usines électriques que nous avons visitées, marchant par la vapeur, le chiffre le plus bas obtenu en pratique a été 1 700 gr. par kw. y compris l’eau et les
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- 28
- AGRICULTURE.
- JANVIER 1899.
- 2° Une surveillance beaucoup moindre, car il suffit d’un seul homme pour une puissance allant jusqu’à 100 chevaux. En effet, le moteur à gaz demande bien peu de surveillance.
- La mise en route avec le moteur à gaz pauvre est plus rapide que pour la machine à vapeur ; malheureusement, le prix de l’installation est un peu supérieur.
- Une maison allemande préconise l’emploi du gaz pauvre; c’est la maison Korting, de Kôrtingsdorf (Hanovre). Elle construit pour l’agriculture des gazogènes fournissant le gaz nécessaire à la production de l’électricité.
- L’installation se compose en principe : d’une petite chaudière D (fig. 8)
- Fig. 9. — Moteur à gaz pauvre tandem, actionnant directement une dynamo.
- fournissant la vapeur nécessaire au gazogène G, puis de ce gazogène G; et enfin, d’un système laveur W„ W2, W3, pour épurer le gaz, et d’un gazomètre B.
- La vapeur sous pression, fournie par D, arrive en U, pénètre dans G, traverse la masse de charbon incandescent (charbon chargé par E). Le gaz H + CO passe à travers v et c, A étant une cheminée servant pendant les arrêts à ne pas laisser éteindre le feu. c est un condenseur à goudrons, etc. De l’air froid pénétrant par K et s’échappant par L traverse un corps tubulaire et condense au passage tous les produits peu volatils. Lorsque le gazomètre est plein, à l’aide d’un cordeau passant à la partie supérieure sur deux poulies, on agit automatiquement sur le robinet de vapeur J de la chaudière D. Enfin, r est le tuyau de prise de gaz du moteur.
- La même maison Korting a réalisé un ensemble électrogène formé d’un
- cendres; au Havre, l’usine de tramways consomme 2 100 grammes et à Marseille 3 000 gr. au secteur des Champs-Êlysées, 2 500 grammes.
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-
-
- Poncelet-heure.
- l’ÉLECTROTECIINIE AGRICOLE EN ALLEMAGNE.
- m
- moteur à gaz pauvre à 2 cylindres tandemsct d’une dynamo accouplé directement.
- Lorsqu’on n’a besoin que de Ja force mécanique, on place une courroie sur la poulie placée à l’opposé de la dynamo et on laisse tourner librement celle-ci, en circuit ouvert.
- Enfin, pour terminer, notons, de la bouche même de ceux qui emploient journellement le gaz pauvre, que, contrairement à ce qu’ont dit certaines personnes, le moteur à gaz pauvre permet, tout aussi facilement que la vapeur, une
- Nombre d’heures d'emploi par an.
- Fig. 10. — Prix du Poncelet-heure et du Cheval-heure, rendus au lieu d’utilisation.
- ci
- >
- marche intermittente ; il y a en effet, comme on vient de le voir, un gazomètre qui sert à amortir les différences entre la production et la consommation.
- Il serait encore utile de signaler ici le gazogène Riché, d’invention française, qui produit un gaz riche en employant comme combustible Ja sciure de bois, les copeaux et les déchets de bois. Le gaz obtenu a un pouvoir calorifique de 3 028 calories.
- En comptant les déchets de bois à lo fr. les 1 000 kg. et le charbon de bois résiduaire revendu à 5 fr. les 100 kg., le Poncelet revient sensiblement à 0 fr. 15.
- Cet appareil a surtout un grand avantage dans le cas où l’installation agricole comporte une scierie, ce qui est, en général, une raison pour augmenter dans une notable mesure les bénéfices, car on utilise ainsi la force motrice
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- AGRICULTURE.
- JANVIER 1899.,
- disponible pendant les périodes d’arrêt ou de ralentissement dans le travail.
- Nous devons nous borner à ces quelques données pour ne pas sortir de la question.
- fr.
- 10 oun
- 7 500
- 2 500
- !ÜOO
- Nombre d'heures d’emploi par an.
- Fig. 11. — Coût annuel de l’énergie électrique fournie par une usine génératrice.
- 75 000
- 02 500
- 5 000
- T. !
- 3? 500
- 25 000
- 12 500
- 7000
- 2000
- 3000
- Nombre d'heures d’emploi par an.
- Fig. 12. — Coût annuel de l’énergie électrique absorbée par une exploitation électrique..
- Pour en finir avec ce problème de la production de l’électricité en agriculture, je tiens à mettre sous vos yeux trois graphiques (fig. 10 à 12) contenant cinq courbes :
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-
-
- l’ÉLECTROTEGHNIE AGRICOLE EN ALLEMAGNE.
- 31
- La lr0, V se rapportant à une installation qui comporte un moteur à vapeur de 30 poncelets;
- La 2e, T, à un moteur hydraulique de 30 poncelets ;
- La 3% V', à un moteur à vapeur de 30 poncelets, mais ce moteur existant au préalable (distillerie, sucrerie, etc.) ;
- La 4e, Vi, un moteur à vapeur de 300 poncelets;
- La 5e, Tj un moteur hydraulique de 300 poncelets;
- Le premier graphique est (fig. 10) relatif au prix du cheval-heure : en ordoni nées, nous avons le prix en Centimes, et en abscisses le nombre d’heures d’emplo-par an.
- On peut remarquer, qu’à partir de 1500 heures environ d’emploi par an, le moteur à vapeur de 30 poncelets, existant préalablement, revient plus cher que le moteur hydraulique de même puissance installé spécialement.
- Le 2e graphique se rapporte au coût annuel de l’énergie électrique fournie par une usine centrale;
- Le 3e graphique se rapporte au coût annuel de l’énergie électrique absorbée par une exploitation électrique.
- Voici les conditions dans lesquelles sont établies ces courbes, qui permettent d’établir approximativement les conditions économiques d’un établissement quelconque.
- Courbe V. — 1° Coût de l’énergie électrique d’une usine centrale actionnée
- PAR UNE MACHINE A VAPEUR
- Puissance delà machine..................... 30 Poncelets.
- Longueur de la canalisation électrique.. . . 612 mètres.
- I. Frais annuels.
- 1° Intérêts, amortissement et réparations de la station primaire.. 3 601,25 2° Intérêts, amortissement et réparations de 6 kilomètres de canalisation à haute tension (pour lkm,3362)...................... 2 017,50
- 3° Un machiniste.............................................. 2 225 »
- Total............................. 7 843,75
- Cette puissance est utilisable avec un rendement d’exploitation de 75 p. 100 (compté à partir de l’arbre de la machine à vapeur jusqu’aux embrayages à friction du moteur) ; cela fait donc 22pts,5 aux lieux de consommation.
- Le prix pour le Poncelet-heure, résultant du total de 7 843 fr. 75 des frais annuels pour l’usine génératrice, se monte alors,
- Poncelets. Fr.
- Pour 22,5 pendant 300 heures à.............................. 1,162
- — 22,5 — 600 — ....................... 0,581
- — 22,5 — 1 000 — 0,348
- — 22,5 — 2 000 — 0,174
- — 22,5 — 3 000 — 0,118
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-
-
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- AGRICULTURE.
- JANVIER 1899.
- II. Frais horaires.
- La dépense d’huile et le nettoyage, 831 millimes par Poncelet-heure. Une installation à vapeur a, enmarche normale, une dépense de charbon de lks,75 par Poncelet-heure. Pour le chauffage, et en marche irrégulière, il y aura une augmentation de 30 p. 100. Le prix du charbon est estimé 26 fr. 20 les 1 000 kilogrammes (rendu sur les lieux).
- Il peut se faire que, pendant Fexploitation, il faille, en plus, un aide.
- ~ x. . . , 30 X 1,/a X 2,6 X 1,3
- Consommation de charbon-----------——----------
- 100
- Dépense d’huile 30 x 0,cm834..................
- Aide..........................................
- Total
- Fr.
- 1,76
- 0,25
- 0,375
- 2,385
- Évaluation des frais dans une station primaire actionnée par une machine à vapeur; puissance motrice, 30 Poncelets.
- NOMBRE de PIÈCES. INDICATIONS DÉTAILLÉES DES OBJETS. PRIX. POUR 1 intérêts. J POUR amortissement. ^ • 100. 35 .2 C "S ci a* ] TOTAL. 1 j TOTAL A N U E L.
- fr. fr.
- 1 Locomobile Compound fixe, à con-
- densation, fournissant 30Ponce-
- lets effectifs, reposant sur des
- pieds 20250 » 4 4) î 10 2 025 »
- 1 Courroie de 300 millimètres de
- large et 12 mètres de long . . 312,50 4 10 2 16 50 »
- 1 Dynamo à champ tournant produi-
- sant, sous 3000 volts, 38kw,5;
- excitation indépendante, avec
- excitatrice et accessoires . . . 7 250 » 4 O i 10 725 »
- 1 Tableau de distribution avec ap-
- pareils 4 ï) 3 12 60
- » Conducteurs dans la station pri-
- maire 312,50 4 O 5 14 43,75
- )) Montage 1250 » 4 5 » 9 112,50
- » Fondations de la locomobile et de
- la dynamo 562,50 4 5 i 10 56,25
- )) Bâtiments pour la station pri-
- maire, 90 mètr. carrés à 56 fr. 25. 4500 « 4 3 i 8 360 » 1
- 1 Cheminée pour la locomobile . . 375 » 4 5 i 10 37,50
- )) Machines-outils et outils de répa-
- rations 937,50 4 10 » 14 131,25
- Total 36250 » )) )) )) 3601,25
- 45
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-
-
-
- l’ÉLECTROTECHNIE AGRICOLE EN ALLEMAGNE.
- 33
- Comme il y a 22pts,5 de disponibles, ces frais horaires par Poncelet-heure se montent donc à — 0 fr. 10.
- III. Total des frais.
- Faisons le total des frais annuels et horaires. On a :
- Nombre d’heures Frais totaux PRIX DE REVIENT DU PONCELET-HEURE
- d’emploi par an rendu sur les lieux d’utilisation.
- par an. («g- h). (fig. 10).
- fr. fr.
- 300 8 564,5 1,268
- 600 9 280 0,687
- 1000 10 234 0,454
- 2000 12619 0,28
- 3 000 15 004 0,222
- Courbe T. — 2° Coût de l’énergie électrique d’une centrale actionnée
- PAR UNE TURBINE HYDRAULIQUE
- Puissance de la turbine.......................... 30 Poncelets.
- Longueur de la canalisation électrique........... 6 kilomètres.
- I. Frais annuels.
- Fr.
- 1° Intérêts, amortissement et réparations de la station primaire.. 2 984,23
- 2° Intérêts, amortissement et réparation de 6 kilomètres de cana-
- lisation à haute tension (336 fr. par kilomètre)......... 2 017,30
- 3° Un machiniste................................................ 2 250
- Total.......................... 7 251,75
- Rendement d’exploitation de 75 p. 100 ; 22pts,5, aux lieux de consommation. Prix pour le Poncelet-heure :
- Poncelets. Fr.
- Pour 22,3 pendant 300 heures............................... 1,074
- — 22,5 — 600 — 0,537
- — 22,5 — 1000 — 0,332
- — 22,5 — 2 000 — 0,161
- — 22,5 — 3000 — 1,107
- II. Fi %ais horaires.
- La dépense d’huile et le nettoyage coûtent 0 fr. 0066 par Poncelet-heure. Cela fait dans une heure 30 X 0 fr. 0066 = Ofr. 20.
- Comme il y a 22pts,5 de disponibles, ces frais horaires par Poncelet-heure se montent à =0 fr. 0088.
- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Janvier 1899.
- 3
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-
- 34
- AGRICULTURE.
- JANVIER 1899.
- III. Total des frais. Faisons le total des frais annuels et horaires; on a :
- Nombre d’heures Frais totaux PRIX DE REVIENT DU PONCELET-HEURE
- d’emploi par an rendu sur les lieux d’utiiisation.
- par an. («g. ii). (fi g- 10).
- fr. fr-
- 300 7311,75 1,082
- 600 7371,75 0,545
- 1000 7451,75 0,330
- 2000 7 651,75 0,169
- 3000 7851,75 0,115
- Évaluation des frais dans une station primaire actionnée par une turbine hydraulique. — Puissance, 30 Poncelets.
- P. 100
- NOMBRE de PIÈCES. INDICATIONS DÉTAILLÉES DES OBJETS. PRIX. POUR intérêts. POUR J amortissement.1 POUR ( réparations. 1 TOTAL. J TOTAL ANNUEL.
- » La puissance hydraulique est déjà captée (pour un moulin par exemple) fr. » » » » » fr. »
- 1 Turbine pour un débit de 2 mètres cubes par minute sous 2 mètres de chute, avec engrenages et régulateurs pour absorber les fortes oscillations de l’exploitation 11250 » 4 5 1 10 1125 »
- 1 Courroie de 300 millimètres de large et 12 mètres de long. . . 312,50 4 10 2 16 50 »
- 1 Dynamo à champ tournant produisant 38kw,5 sous 3000 volts; (excitation séparée) ; une excitatrice et accessoires 7250 » 4 5 1 10 725 »
- 1 Tableau de distribution avec appareils, etc. 500 » 4 5 3 12 60 »
- » Canalisations dans la station primaire 312,50 4 5 5 14 43,75
- » Montage 1 250 » 4 5 )) 9 112,50
- Fondations pour la turbine et le canal de fuite 4375 » 4 5 1 10 437,50
- » Fondations pour la dynamo . . . 175 » 4 5 1 10 17,50
- 1 Bâtiment pour la station primaire de 90 mètres carrés à 56 fr. 25. 4500 » 4 2 1 i 315 »
- )) Outils de réparation et machines outils 700 4 10 )) 14 98
- Total 29 375 » )> )) )) )) 2 984,23
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-
-
-
- l’ÉLEGTROTECHNIE AGRICOLE EN ALLEMAGNE.
- 35
- Courbe V'. — 3° Coût de l’énergie électrique d’une centrale actionnée
- PAR UNE MACHINE A VAPEUR PRÉEXISTANTE
- Puissance de la machine..................... 30 Poncelets.
- Longueur de la canalisation électrique...... 6 kilomètres.
- I. Frais annuels.
- ' Fr.
- 1° Intérêts, amortissement et réparations de la station primaire. . 1218
- 2° Intérêts, amortissement et réparations de 6 kilomètres de conduite à haute tension (336 fr. par kilomètre) 2017,30
- 3° Un machiniste.......................................... 2 230
- Total................................. 5 485,50
- Rendement d’exploitation : 75 p. 100;
- 22pts,5 aux lieux de consommation.
- Prix pour le Poncelet-heure résultant du total de 5 485 fr. 50 des frais annuels pour l’usine génératrice :
- Poncelets. Fr.
- Pour 22,5 pendant 300 heures............................ 0,812
- — 22,5 — 600 —................................. 0,406
- — 22,5 — 1 000 —............................... 0,243
- — 22,5 — 2 000 —............................... 0,122
- — 22,5 — 3 000 —............................... 0,081
- II. Fi 'ais horaires.
- Dépense d’huile et nettoyage Ofr, 005 par Poncelet-heure. L’installation à vapeur a, en marche normale, une dépense de charbon de lk=,6 par Poncelet-heure (1).
- Pour la marche irrégulière, il sera fait une augmentation de 15 p. 100. Le charbon est compté à raison de 22 fr. 50 les 1 000 kilogrammes.
- Fr.
- r a l l 30 X 1,6 X 1,15 X 2,25
- Consommation de charbon :-----------—------------- . . 1,242
- Dépense d’huile : 30 x 0f,005........................ 0,15
- Total........................ 1,392
- Comme il y a 22Pts,5 de disponibles, ces frais horaires par Poncelet-heure se 1 392
- montent à : -J- - = 0 fr.0.61.
- 22,5
- III. Total des frais.
- Nombre d’heures Frais totaux PRIX DE REVIENT DU PONCELET-HEURE
- d’emploi par an rendu sur les lieux d’utilisation.
- par an. («g. h). (fig. 10).
- fr. fr.
- 300 5 903,10 0,873
- 600 6 320,70 0,467
- 1000 6 877,50 0,304
- 2 000 8 269,50 0,183
- 3 000 9 661,50 0,142
- (1) C’est un minimum.
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-
-
-
- 36
- AGRICULTURE.
- JANVIER 1899.
- Évaluation des frais dans une station primaire actionnée par une machine à vapeur préexistante. Puissance, 30 Poncelets.
- KOfflffiK de PIÈCES. P. 100.
- INDICATIONS DÉTAILLÉES DES OBJETS. PRIX. « s g 3 a POUR amortissement. POUR réparations. TOTAL. 1 TOTAL ANNUEL.
- » Transmission pour l’entraînement de la machine dynamo, avec embrayages, etc fr. 1250 4 5 1 10 fr. 125
- î Courroie de 500 millimètres de large et 12 mètres de long. . . 625 4 10 2 16 100
- î Courroie de 300 millimètres de large et 12 mètres de long. . . 312,50 4 10 2 16 50
- î Dynamo à champ tournant produisant 38kws,5 sous 3 000 volts et à excitation indépendante, avec excitatrice et accessoires. 7 250 4 O 1 10 725
- i Tableau de distribution avec appareils de mesure, etc 500 4 D 3 12 60
- » Conducteurs électriques dans la station primaire. . 312,50 4 5 ;) 14 43,75
- » Montage. 375 4 5 » 9 33,75
- » Fondations pour la dynamo . . . 175 4 5 i 10 17,50
- » Outils de réparation et machines-outils 450 4 10 » 14 63
- Total 11250 )) » » )) 1218
- Courbe Vi. — 4° Coût de l’énergie électrique d’une centrale actionnée
- PAR UNE MACHINE A VAPEUR
- Puissance de la machine............... 300 Poncelets.
- Longueur de la canalisation électrique. . . . 20 kilomètres.
- I. Frais annuels.
- Fr.
- 1° Intérêts, amortissement et réparations de la station primaire.. . 19 068,75
- 2° Intérêts, amortissement et réparations de 20 kilomètres de cana-
- lisation à haute tension (336 fr. pour 1 kilomètre).. ..... 6725
- 3° Un me'canicien................................................. 3 750
- 4° Un machiniste.................................................. 2 250
- 5° Un chauffeur................................................... 1500
- 6° Un aide........................................................ 1 250
- 1° Frais d’administration (Société)................................ 2 500
- Total............................ 37 043,75
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-
-
-
- l’ÉLECTROTECHNIE AGRICOLE EN ALLEMAGNE.
- 37
- Évaluation des frais dans une centrale électrique mue par une machine à vapeur.
- Puissance motrice 300 Poncelets.
- P. 100.
- K0UBB1 INDICATIONS DÉTAILLÉES C TOTAL
- de PRIX. a ^ fl « .2
- PIÈCES. DES OBJETS. S O S ^ O CW fl D » o u O a e$ P 2 1 Q-i *<X> U < H O H ANNUEL.
- fr. fr.
- 2 Chaudières tubulaires, de 130 mèt.
- carrés de surface de chauffe, à raison de 87 fr. 50 le mètre carré 22750 4 5 1 10 2 275 »
- 2 Machines à vapeur accouplées, à
- condensation, pour accouplement direct de la dynamo, 150 poncelets à 200 tours par minute ; 166 fr. 66 par Poncelet (125 francs par cheval-vapeur) 50000 4 5 1 10 5000 »
- 2 Dynamos à champ tournant, ac-
- couplables directement, produisant 248kilowats sous 4000volts tournant à 200 tours (excitation indépendante); une excitatrice 60000 4 5 1 10 6000 »
- 1 Tableau de distribution avec ap-
- pareils 2500 4 5 3 12 300 »
- » Canalisations dans la station pri-
- maire 1000 4 5 0 14 165 »
- )) Conduites de vapeur et alimen-
- mentation des chaudières. . . 15000 4 5 3 12 O O 00
- 1 Grue mobile 7 500 4 5 1 10 750 »
- » Machines-outils 1500 4 10 » 14 210 »
- » Maçonneries de la chaudière. . . 3000 4 5 1 10 300 »
- )) Fondations de la dynamo. . . . 1 125 4 5 1 10 112,50
- » Montage 5000 4 5 )) 9 450 »
- 1 Bâtiment avec habitation, 300 mè-
- très carrés à 56 fr. 23 16875 4 2 1 7 1181,23 ;
- 1 Cheminée 5000 4 2 1 7 350 »
- 1 Réservoir 2500 4 2 1 7 175 »
- Total 193730 » » )) )) 19068,75
- Rendement d’exploitation de 75 p. 100.
- 225 Poncelets aux lieux de consommation.
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-
-
-
- 38
- AGRICULTURE. --- JANVIER 1899.
- Prix pour le Poncelet-heure, résultant du total de 37 043 fr. 75 des frais annuels pour l’usine génératrice.
- Fr.
- Pour 225 Poncelets pendant 300 heures.................... 0,548
- — 225 — 600 —................. 0,274
- — 225 — 1000 —................. 0,164
- — 225 — 2 000 —.................. 0,082
- — 225 — 3 000 —.................. 0,054
- II. Frais horaires.
- La machine à vapeur a, en marche normale, une dépense de charbon de lk£,33 par Poncelet-heure (faisons remarquer ici, en passant, qu’on a pris dans ces calculs une dépense de charbon plutôt trop]faible, ce qui est encore un avantage pour ces calculs d’exploitation à vapeur).
- Pour le chauffage de la marche irrégulière, il faut compter une augmentation de 20 p. 100, le charbon étant estimé à 22 fr. 50 les 1 000 kilogrammes.
- La dépense d’huile et de nettoyage est de 0fr ,00834 par Poncelet-heure.
- Les frais horaires s’élèvent ainsi par heure :
- „ , 300 x 1,33 x 1,2 x 2,25
- Consommation de charbon :----------’-------1----:—
- 100
- Dépense d’huiles 300 x 0,834 .......................
- Total.
- Fr.
- 10,773
- 2,50
- 13,273
- Comme il y a 225 Poncelets
- , , 13,173
- heure se montent donc a : -
- 225
- III. Total des frais.
- disponibles, ces frais horaires par Poncelet-= 0 fr.058.
- Nombre d'heures Frais totaux
- d’emploi par an
- par an. (fig. 12.)
- fr.
- 300 41025,65
- 600 45 007,55
- 1 000 50316,75
- 2000 63 589,75
- 3 000 76 862,75
- PRIX DE REVIENT DU PONCELET-HEURE
- rendu sur les lieux d’utilisation.
- (fig. 10.)
- fr.
- 0,606
- 0,332
- 0,222
- 0,140
- 0,112
- Courbe T,. — 5° Coût de l’énergie Electrique d’une centrale actionnée
- PAR UNE TURBINE HYDRAULIQUE
- Puissance de la turbine........................... . 300 Poncelets.
- Longueur de la canalisation électrique.............. 20 kilomètres.
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-
- l’ÉLECTROTECHNIE AGRICOLE EN ALLEMAGNE.
- 39
- Évaluation des frais dans une station primaire actionnée par une turbine hydraulique. Puissance motrice, 300 Poncelets.
- NOMBRE de PIÈCES. P. 100.
- INDICATIONS DÉTAILLÉES DES OBJETS. PRIX. i POUR intérêts. POUR J amortissement. 1 POUR [ réparations. 1 a < H O H TOTAL ANNUEL.
- » Bâtisses pour capter la puissance hydraulique (cette dépense varie considérablement suivant le lieu, la hauteur de chute, etc.). fr. 75000 4 i î 6 fr. 4500
- 2 Turbines consommant 5 mètres cubes par seconde, avec 4 mèt. de chute; engrenages et régulateur 50000 4 o i 10 5000
- 2 Dynamos à champ tournant produisant 200 kilowats sous 4000 volts, tournant à 375 tours (excitation indépendante), accou-plables directement sur l’engrenage d’angle de la turbine ; y compris une excitatrice et les accessoires 50000 4 5 i 10 5000
- 1 Tableau de distribution avec appareils de mesure, etc.. . . . 2500 4 5 3 12 300
- )) Canalisation dans la station primaire 1000 4 5 5 14 140
- 1 Grue mobile 7500 4 5 1 10 750
- )) Appareils de réparation et machines-outils 8500 4 10 )) 14 106,50
- » Fondations pour la turbine.. . . 9375 4 5 1 10 937,50
- )) — — dynamo. . . 525 4 5 1 10 52,50
- )) Montage 3750 4 5 » 9 337,50
- » Bâtiments pour la station primaire, y compris l’habitation, 200 mètres carrés à 56 fr. 25. . 11250 4 2 1 7 787,50
- Total 211750 )) » » » 17911,50
- I. Frais annuels. Fr
- 1° Intérêts, amortissement, réparations de la station primaire. . 17 911,50
- 2° Intérêts, amortissement, réparations de la station primaire. . 6 725
- 3° Un mécanicien............................................ 3 750
- 4° Un machiniste................................................ 2 250
- 5° Un aide.................................................. 1 250
- 6° Frais d’administration (Société)......................... 2 500
- Total....................... 34 386,50
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- 40 AGRICULTURE. --- JANVIER 1899.
- Rendement d’exploitation de 75 p. 100.
- 225 Poncelets aux lieux de consommation.
- Prix pour le Poncelet-heure, résultant du total de 34 386 fr. 50 des frais
- annuels pour l’usine génératrice : ^
- Pour 225 Poncelets pendant 300 heures.................. 0,509
- — 225 — 600 —................. 0,204
- — 225 — 1000 —..................... 0,152
- — 225 — 2 000 —..................... 0,076
- — 225 — 3 000 —..................... 0,050
- II. Frais horaires.
- La dépense d’huile et de nettoyage est estimée à 0 fr. 005 par Poncelet-heure. Pour une heure, on aura : 300 + 0 fr. 005 = 1 fr. 50.
- Comme il y a 225 Poncelets disponibles, ces frais horaires par Pon-
- celet-heure se montent à III. Total des frais. 1 fr. 50 = 0 fr. 006.
- 225 PRIX DE REVIENT DU PONCELET-HEURE
- Nombre d’heures Frais totaux rendu sur les lieux
- d’emploi par an d’utilisation.
- par an. (fig- 12). fr. (fig. 10). fr.
- 300 18 361,50 0,515
- 600 18811,50 0,210
- 1000 19411,50 0,158
- 2 000 20911,50 0,082
- 3 000 22411,50 0,056
- TRANSPORT DE l’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
- Nous arrivons maintenant à la question du transport de l’électricité. C’est une des plus graves, parce que, si les capitaux y sont en jeu, il en est de même pour la vie des individus.
- Il s’agit de savoir quel genre de courant on emploiera et à quelle tension?
- Le courant continu n’est employé, en général, que jusqu’à 500 volts, on ne peut donc guère dépasser une distance de plus de 2 à 3 kilomètres pour ne pas avoir une trop grande immobilisation de capital dans l’achat des câbles.
- Pour aller plus loin, il faut de suite s’adresser aux courants alternatifs et, en particulier, au'courant triphasé (1). Avec ceux-là, on peut aller facilement à des tensions considérables et, par suite, à des distances très grandes avec des conducteurs de faible diamètre. Avec 5000 volts, on peut, sans grande perte d’énergie, rayonner sur une longueur de 15 à 20 kilomètres.
- Malheureusement, si l’on réalise une économie dans la dépense de cuivre, il y
- (1) L’avantage de ce genre de courants alternatifs est de permettre d’employer des moteurs démarrant sous charge, tout comme les moteurs à courant continu.
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- l’électrotechnie agricole en allemagné.
- 41
- a des inconvénients : d’abord, l’isolement devient un peu plus coûteux, et surtout des précautions spéciales sont absolument nécessaires au point de vue de la vie des individus.
- On ne peut pas dire, en général, à partir de quelle valeur la tension a un effet dangereux sur l’organisme, puisque cet effet dépend de la façon dont a eu lieu le contact et de la constitution de l’individu.
- En outre, il se produit souvent des phénomènes secondaires, tels que des battements de cœur, provoqués le plus souvent par la peur; mais il a été remarqué que, à tension égale, le courant alternatif a plutôt plus d’action que le courant continu; pour ce dernier, 500 volts n’offrent pas grand danger; mais une tension de 1000 volts en courant alternatif est reconnue comme amenant le plus souvent la mort.
- Il faut aussi remarquer que les chevaux sont plus susceptibles aux décharges électriques que les hommes; il y a eu des cas de mort de chevaux avec du courant à 500 volts.
- On devra donc, toutes les fois que l’on emploiera les courants alternatifs, prendre certaines précautions : des écriteaux prévenant du danger, des filets de ronce pour empêcher l’approche des poteaux, des filets suspendus en dessous des fils dans la traversée des routes.
- Enfin, à l’approche des appareils d’utilisation, il sera nécessaire de mettre des transformateurs pour amener la tension à une valeur inoffensive.
- Mais tous les genres de courants alternatifs ne sont pas également avantageux, comme on a pu le voir plus haut ; les courants alternatifs polyphasés sont préférables et en particulier le triphasé, et cela à cause de la régularité des moteurs utilisant ce genre de courant et parce qu’il suffit de 3 fils pour son transport.
- Ces moteurs, du type dit à cage d'écureuil, ne possèdent ni balais ni collecteurs; ils sont exempts de tous les ennuis que le réglage et l’usure des balais et des lames de collecteur, la production d’étincelles, etc., peuvent occasionner. La surveillance qu’ils exigent est réduite au minimum. De plus, ils peuvent être construits, à peu de chose près, avec le même rendement que les moteurs à courant continu et peuvent posséder uncouple de démarrage aussi puissantqu’onle désire.
- En consentant à une légère perte de rendement, on peut les réaliser jusqu’à 25 chevaux de façon à démarrex sous pleine charge sans rhéostat, le courant de démarrage ne dépassant pas trois fois celui du régime. Pour les moteurs plus puissants, il est préférable d’employer les rhéostats liquides ou métalliques, intercalés de préférence dans l’induit afin d’éviter un trop brusque appel de courant sur les génératrices. En effet, avec l’emploi du rhéostat, le courant de démarrage n’a pas besoin de dépasser celui du régime.
- Voilà, en quelques mots, les particularités de ces moteurs ; c’est ce qui explique pourquoi les constructeurs allemands les ont employés de préférence à tous les
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- AGRICULTURE.
- JANVIER 1899.
- autres. Pour les lignes de transport de force, les conducteurs sont généralement en cuivre; la distance des poteaux est alors en général de 30 à 40 mètres ; pour réduire les frais d’établissement, on emploie quelquefois les conducteurs en bronze siliceux, dont certainement la résistance électrique est plus grande, mais dont la résistance mécanique est supérieure, ce qui permet d’éloigner les poteaux de 60 à 70 mètres.
- Enfin il sera prudent, lorsqu’on aura une usine produisant des courants alternatifs, d’avoir à son service un spécialiste; cela n’entraînera qu’une dépense relativement faible, puisque ce genre de courant n’est employé que dans les grandes installations.
- Évaluation approximative des frais de kilomètre de ligne à haute tension formée de trois conducteurs de 16 millimètres carrés de section.
- SOMBRE des PIÈCES. INDICATIONS DÉTAILLÉES DES OBJETS. PRIX. POUR intérêts. POUR J amortissement.! U / O POUR 1 P réparations. 1 TOTAL. / TOTAL ANNUEL.
- fr. fr.
- » 3 200 mètres de conducteur de
- bronze de 16 millimètres carrés
- de section 1000 » 4 5 5 14 140 »
- 25 Mâts environ 9 mètres de long.
- 16 centimèt. de diam. à la cime. 250 » 4 7 3 14 35 »
- 75 Isolateurs à haute tension. . . . 281,25 4 5 » 0 25,31
- » 1 000 mètres de filets protecteurs. 375 » 4 5 5 14 52,50
- » Pose des mâts y compris les moel-
- Ions 312,50 4 5 )> 9 28,125
- » Montage des canalisations. . . . 125 4 5 )) 9 11,25
- )) Montage des filets protecteurs. . 156,25 4 5 » 9 14,06
- 4 Boîtes de raccordement 250 » 4 5 3 12 30 »
- Total 2 750 » » » )> )> 336,25
- UTILISATION DE l’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
- Le transport de l'énergie étant effectué, il reste à étudier l’utilisation; c’est la partie délicate de la question, tout au moins pour certains travaux.
- A première vue, il se présente deux manières d’utiliser l’énergie électrique :
- 1° Comme force mécanique ;
- 2° Pour l’éclairage.
- C’est l’emploi comme force mécanique qui offre le plus grand intérêt. On n’est certainement pas encore parvenu à appliquer l’électricité à tous les travaux agricoles, mais cela ne peut tarder.
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- l’ÉLECTROTECHNIE AGRICOLE EN ALLEMAGNE.
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- Nous allons d’abord voir quels sont les travaux qu’il faut exécuter et ensuite nous étudierons et discuterons les appareils réalisés dans chaque groupe.1
- 1° Défoncer; 2° Labourer;
- I. — TRAVAUX EXTÉRIEURS A LA FERME
- A. Travaux du sol.
- 3° Herser; 5° Retirer l’eau ;
- 4° Passer au rouleau; 6° Arroser.
- B. Culture des champs.
- 1° Semer; 3° Moissonner;
- 2° Sarcler (arracher de mauvaises herbes); 4° Faner.
- 5° Arracher les pommes de terre et les betteraves.
- II. — TRANSPORT DES MATIÈRES.
- 1° Charrier (fumier, grains, racines); 2° Élever en meule; 3° Mettre en grange.
- III. — TRAVAUX INTÉRIEURS A LA FERME
- A. Traitement des récoltes.
- 1° Battre; 2° Nettoyer le grain; 3° Presser la paille et le foin.
- B. Préparation de la nourriture pour l’élevage.
- 1° Moudre le grain; 3° Hacher la paille ;
- 2° Broyer ou concasser; 4° Hacher le fourrage;
- 5° Pomper de beau.
- Enfin, dans certaines circonstances, les industries auxiliaires peuvent consommer une quantité assez considérable de travail; cela permet d’obtenir un meilleur rendement dans l’utilisation de l’usine électrique. Voici ces industries :
- Meunerie, Distillerie, Sucrerie, Charronnerie, Serrurerie,
- Scierie, Brasserie, Briqueterie, Menuiserie, Maréchalerie.
- Mais, en général, on ne peut pas trop compter dessus, puisqu’elles n’existent pas fréquemment, concurremment avec l’exploitation agricole, à tort il est vrai.
- Quand on examine cette liste de travaux agricoles, on remarque que ce sont les premiers qui demandent les plus grandes dépenses d’énergie, surtout le défon-cement et le labourage. Ces deux espèces de travaux se font de la même façon et avec les mêmes appareils, si ce n’est qu’au lieu d’employer une charrue poly-soc pour défoncer, on se sert d’une charrue à un soc, allant jusqu’à 0m,70, 0ra,80 et même 1 mètre de profondeur.
- Pour ces travaux de labourage, dans lesquels l’effort résistant varie à chaque instant, le genre de dynamos qui convient le mieux est le genre excité en série comme génératrice et comme moteur : le couple moteur se proportionnant constamment au couple résislant.
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- Ces travaux de labourage et de défoncement s’exécutent de plusieurs façons,
- que nous allons tâcher de classer.
- A. - SYSTÈME PAR SIMPLE TRACTION.
- La charrue est attelée derrière une locomobile électrique très légère, circulant sur le champ (1). Ce système n’a pas été réalisé en Allemagne.
- B. - SYSTÈME A TOUEUR (flg. 12 bis).
- Le principe est le même que celui des bateaux circulant sur les canaux et les rivières.
- Une chaîne est fixée aux extrémités du sillon, et la charrue, à l’aide d’une roue à noix, se déplace en faisant traction sur la chaîne; en un mot, la charrue est automotrice; elle reçoit le courant par un câble.
- Fig. 12 bis. — Dispositif à toueur de Zimmermann (primitif).
- Fig. 13. — Dispositifs à treuils.
- 1“ A gauche en haut : Système à deux treuils (A, A) ; 2° 3 systèmes à un seul treuil [à double effet. A, le treuil; B, chariot mobile portant une poulie de retour; C, poulie fixe; M D, treuil.
- C. --- SYSTÈME A TREUIL (fig. 13).
- C’est celui qui est le plus répandu.
- I. Système à simple effet. — Il n’y a qu’un treuil; la charrue fonctionne (!) Voir dans le Bulletin de niai 1897 un appareil américain de ce geure.
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- Fig. 14. — Dessin schématique du système de labourage électrique Zimmermann modèle actuel (système à loueur).
- Kabelwangen, wagon à câbles (servant au transport des câbles métalliques conducteurs). — Kabelwinde, wagon à tambour, servant à tendre les câbles conducteurs,
- Pflug, charrue.
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- AGRICULTURE
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- dans un sens, celui où elle va vers le treuil, et s’en éloigne à vide, c’est-à-dire
- sans produire de travail. Ce système, réalisé en France chez M. Félix rPrat (fig. 14 bis), à Enguibaud (Tarn) (1), n’a pas eu d’exemple en Allemagne.
- (1) Voir le Bulletin de mai 1897.
- Fig. 14 bis. — Treuil et charrue Félix Prat à Enguibaud (Tarn).
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- II. Système à double effet. — La charrue fonctionne à l’aller et au retour.
- a. Un seul treuil. — Il y a alors un câble de retour comme dans le cas à simple effet.
- b. Deux treuils. — Chaque treuil alternativement agit sur le câble.
- Le système à loueur a été réalisé par M. Zimmermann, de Halle-sur-Saale ; nous avons décrit ces appareils l’année dernière, nous n’y reviendrons donc pas.
- Voici un dessin schématique qui en montrera simplement la disposition (fig. 14).
- Ces appareils ont un inconvénient; comme nous l’avons déjà dit souvent, ils nécessitent l’immobilisation d’un capital considérable, puisque chaque appareil de travail a besoin d’un matériel électrique particulier avec ses appareils de réglage et de mesure (1).
- Nous arrivons donc au système à treuil et, en premier lieu, nous trouvons le dispositif à un treuil.
- L’avantage de tout système ne Fig'15'- Figl,re schémati1,ie d“ BvMke.
- comportant qu’un treuil consiste dans la réduction des frais d’achat; mais, s’il n’y a qu’un treuil, il faut avoir une poulie pour le câble de retour (fig. 15), et la difficulté consistait à trouver un mode de fixation de cette poulie au sol, à la fois solide et mobile.
- La question a été résolue par M. Brutschke, qui a joint à cela un dispositif simple pour le déplacement de l’ancre, auquel est fixée cette poulie (fig. 16).
- Le principe de cet arrangement est le suivant. Lors de l’aller, lorsque la charrue va vers le treuil, le câble de retour ne fournit presque pas d’effort; donc l’ancre ne subit pas de traction,mais la poulie tourne tout de même. On emploie cette rotation à arracher l’ancre, à l’aide d’une petite grue disposée à cet effet (fig. 17 et 16), et en même temps, par un engrenage, tout le système se déplace perpendiculairement aux sillons, de façon à être en position pour continuer le travail lors du retour. L’ancre étant rabaissée, dès que la charrue s’éloigne du
- (1) Cet inconvénient sera mis en évidence dans les tableaux de comparaison qui terminent l’étude du labourage.
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- treuil, le câble de retour entre en fonctions; l’ancre subit une traction et pénètre dans le sol, et ainsi de suite toutes les cinq ou six raies.
- Les essais de ces appareils ont été faits dans la propriété de Gross-Behnitz, appartenant à M. Borsig, en mai 1897 (fig. 18 et 29).
- Fig. 16. — Ancre Brutschke enfoncée dans le sol (position du travail). C câblo cf de la fig. 15.
- A Gross-Behnitz, la station primaire employait comme force motrice une locomobile.
- La puissance absorbée était de llpts,25 (15 chevaux).
- Le câble tracteur pesait 600-750 kilos.
- Un homme suffisait pour la conduite du treuil (fig. 19-17 bis).
- La résistance de l’ancre a paru bonne, mais une plus grande puissance la ferait tourner ; d’autres essais ont permis de calculer les dimensions des ancres de plus grande résistance (fig. 21).
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- L ELECTROTECHNIE AGRICOLE EN ALLEMAGNE
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- Une modification intéressante consisterait à donner à l’ancre une forme qui
- Fig. 17 bis. — Treuil Brutschke.
- A, caisse à outils ; B, rhéostat ; M, électromoteur ; L, levier de manœuvre ; T, tambours du treuil.
- permette un déplacement continu. Il suffirait pour cela d’employer un grappin dont l’axe serait parallèle aux sillons et portant deux tourillons placés dans Tome IV. — 98e année. 5e série. — Janvier 1899. 4
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- deux coussinets. Cet axe, muni d’une roue à chevrons engrainant avec la poulie de retour, serait animé d’un mouvement de rotation. L’ancre se déplacerait ainsi transversalement, automatiquement, et offrirait à chaque instant le maximum de résistance. On économiserait ainsi quelques minutes à chaque raie, ce qui peut faire, à la fin de la journée, un temps assez considérable; or, en agriculture, plus que partout ailleurs, il faut être avare de son temps, la valeur de ce temps étant d’autant plus grande qu’il y a plus d’ouvriers.
- Le dispositif représenté par la fig. 22, montre que l’on peut labourer à^la fois au moins quatre champs, et cela avec le minimum de canalisations élec-
- Fig. 19. — Treuil Brutschke.
- triques, ce qui est très important dans le cas de nos grandes cultures à betterave, analogues à celles que l’on rencontre dans l’Allemagne du Nord.
- Ces appareils ont été, comme nous l’avons dit plus haut, essayés à Gross-Behnitz; mais on faisait une grave objection à ces essais. Le sol de ce domaine était très sablonneux; il aurait fallu, pour pouvoir comparer quelque peu avec les autres systèmes employés, au Sillium et à Cloeden, dans des terres grasses, les faire fonctionner dans des conditions semblables. On les a fait fonctionner alors à Klein-Wanzleben (district de Wanzleben). Yoici quelques-uns des résultats obtenus.
- La dynamo génératrice à champ tournant débitait, sous 2200 volts, au courant de 20 ampères, et la ligne consistait en 3 fils de cuivre. La puissance produite
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- Fig. 20. —
- Autre vue d’ensemble des appareils Brutschke,
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- était donc de 2 200 X 20 kil. y/ 3 X 0,8 = 59 880 Watts, ce qui fait 60 poncelets environ :
- Quant à la traction sur le câble, elle avait les valeurs suivantes :
- 1,000 kilog. Charrue à vide.
- 1,750 kilog. Charrue marchant avec un seul soc à 35 centimètres.
- 1,000 X 2,750 = 3,250 kilog. — Avec 350 centimètres, ce qui fait lm,20 de large.
- La vitesse étant de lm,5, on absorbait donc :
- 3 250 x 1,5 = 4 875 kilomètres ou 48pi*,75
- Un avantage du système à un seul treuil consiste en ce qu’il suffit d’une seule
- ligne double pour l’apport de l’énergie électrique, d’où économie considérable de cuivre, substance assez coûteuse.
- Nous verrons plus loin comment M. Forster est arrivé à un résultat analogue avec la méthode à deux treuils. Enfin,, en terminant l’étude du labourage, nous le comparerons aux autres systèmes.
- Nous avons un autre exemple de dispositif à un seul treuil, c’est le treuil réalisé par l’association de Y Union Elektricitats-Gesellschaft, la Compagnie Thomson-Houston allemande et la maison Eckert.
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- U Union a, dans ce but, construit spécialement dès moteurs à courant continu et à courants alternatifs, et un modèle du treuil a figuré à l’exposition de Hambourg de juin 1897.
- La génératrice de la station primaire est du type ouvert usuel, mais les moteurs ont quelques dispositions spéciales : les moteurs à courant continu sont du type cuirassé, complètement imperméables tant à l’eau qu’à la poussière ;
- Fig. 22. — Disposition employée par M. Brutsclike pour labourer quatre champs à la fois
- et plus même si l’on veut.
- les moteurs à courants alternatifs n’ont aucune bague de contact, de façon à être à l’abri de tout danger d’incendie, ce qui a une grande importance en agriculture à cause des poussières inflammables de toute sorte.
- Le treuil de labourage est actionné par un moteur à courant, continu, type WD. 18-900, pouvant fournir 13pts,3 normalement, et capable de supporter momentanément une surcharge de 23 p. 100, ce qui est très important dans les travaux de labourage, où le couple résistant varie constamment avec la nature du terrain.
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- Le démarrage se fait au moyen d’un contrôleur (1) type KR, pouvant donner six vitesses différentes.
- Les roues du treuil sont munies de parties tranchantes de façon à avoir une
- Fig. 23. — Treuil Dollberg pour le labourage sur lequel se met la machine motrice.
- meilleure adhérence avec le sol. La caractéristique de ce treuil, c’est d’avoir l’axe des tambours d’enroulement du câble perpendiculaire au champ, ressem-
- Fig. 24. — Installation de la locomobile dans le cas de labourage à la vapeur.
- blant en cela au treuil du colonel Bassière, mais mieux compris et mieux disposé.
- Il ne nous reste donc plus à étudier que le système où l’on emploie deux treuils. Nous avons quatre exemples intéressants :
- 1° Dollberg-Schuckert (2); 2°Kœrting; 3° Siemens et Halske; 4° Forster.
- (1) On appelle contrôleur un coupleur analogue à celui employé sur les tramways électriques.
- (2) La partie mécanique a été réalisée par la maison Dollberg et la partie électrique par Schuckert et Cie.
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- Dans le système Dollberg, on emploie deux treuils moteurs, et chacun d’eux consiste en un appareil transportable, sur lequel est monté le mécanisme, et dans le tambour à câble (fig. 23-24).
- Cet appareil repose sur deux petits trucks circulant sur rails, genre Decau-ville.
- Le moteur est électrique et vient glisser et se fixer sur cet appareil, il est relié au mécanisme par courroie (fig. 25).
- Fig. 25. — Treuil Dollberg pour le labourage électrique.
- Un dispositif spécial à crémaillère rend possible le déplacement automatique du treuil à l’aide de l’électromoteur. Dans certains cas, on remplace les petits trucks par de grandes et larges roues qui permettent de travailler sans l’emploi d’une voie de champ. On se déplace alors à l’aide d’attelages.
- Le poids total n’est guère supérieur à celui d’une locomobile ordinaire.
- Ces appareils ont été employés à la fin de 1895 près de Diedrichshagen, la station primaire étant à Warnemünde, à 3km,5 du point d’utilisation.
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- -l’ÉLECTROTEGHNIE AGRICOLE EN ALLEMAGNE.
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- La transmission se faisait en courant triphasé à une tension de 2 200 volts au départ de l’usine, après transformation.
- En arrivant près du lieu d’utilisation, la tension était ramenée à 320 volts à l'aide d’un deuxième transformateur; le courant, alors sans danger, était amené par un câble flexible au moteur électrique.
- La ligne de transport était à trois fils de cuivre de 4 millimètres de diamètre chacun. L’usine fournissait 27pts,75,et l’on avait à la réception 21 Poncelets effectifs, c’est-à-dire que le rendement était de 75 p. 100.
- Vitesse de la charrue
- à 4 socs..........50 m. à la min.
- Profondeur du sillon. 30 centimètres. Largeur totale . . . 180 —
- Temps absorbé par la bascule ..................lm30 sec.
- Surf, labourée par heure. 8 x 1,8 x 300 = 4 320 m. c. Donc en 10 heures ... 4 hectares 1/3.
- Tableau de puissance, en Poncelets, nécessaire pour les différents modèles de charrues Dollberg. Surface travaillée en 10 heures (avec arrêts nécessaires) sur un sol moyennement libre de pierres et à raison de 70 mètres à, la minute.
- NOMBRE DE SOCS. PROFONDEUR DU SILLON.
- 30 centimètres. 25 centimètres. 20 centimètres. 15 centimètres. 10 centimètres.
- 2 21 Poncelets (28 chevaux) 2ha,28 18Pts,75 (25 chevaux) 2ha,16 17pts,25 (23 chevaux) 2ha)04 15 Poncelets (20 chevaux) lta,92 »
- 3 27 Poncelets (36 chevaux) 3ha,42 24 Poncelets (32 chevaux) 3ha,25 21 Poncelets (28 chevaux) 3ha,07 18 Poncelets (24 chevaux) 2ha;88 15 Poncelets (20 chevaux) 2ha;70
- 4 34Pts,5 (46 chevaux) 4ha,56 29Pts,2o (39 chevaux) 4ha,33 2opts,5 (34 chevaux) 4ha;08 21 Poncelets (28 chevaux) 3ha}85 17pts,25 (23 chevaux) 3ha,60
- 5 )) 33Pts,75 (45 chevaux) 5ha,40 29Pts,25 (39 chevaux) 5ha,10 24 Poncelets (32 chevaux) 4ha,80 19Pts,5 (26 chevaux) 4ha,50
- 6 )) )) 33 Poncelets (44 chevaux) 7ha,20 27 Poncelets (36 chevaux) 5ha,27 21 Poncelets (28 chevaux) 5ha,40
- En deuxième lieu, on peut citer le dispositif Korting, de Kortingsdorf, près Hanovre; mais je n’insisterai pas sur ce système, qui n’a pas encore fait ses preuves.
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- Nous arrivons donc aux appareils Siemens et Halske, les meilleurs à notre avis, ou tout au moins ceux qui paraissent offrir les plus sérieux avantages pour une grande exploitation. Ils sont actuellement en usage dans le domaine du Sil-lium, appartenant au gouvernement prussien.
- Dès l’année 1883, Werner von Siemens avait entrepris un essai dans le but
- Fig. 26. — Transformateur employé pour le labourage électrique au Sillium.
- d'employer l’électricité comme force motrice pour le labourage mécanique. L’initiative était due au gouvernement des Pays-Bas.
- Parmi les troupeaux de buffles qui étaient employés à Java pour une culture assez profonde, il éclata une épidémie d’épizootie, ce qui diminua beaucoup le nombre des bêtes de trait. On eut l’idée, un moment, de remplacer les bêtes par des machines à vapeur; mais, le sol étant très mou et en partie marécageux, il fallut y renoncer. Siemens eut alors l’idée d’employer les électromoteurs, dont le poids est relativement plus faible. Des essais furent entrepris en Allemagne et l’on obtint un résultat très favorable pour l'époque.
- Mais l’emploi des tensions élevées n’étant pas encore bien répandu, on res-
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- l’ÉLECTROTECHNIE AGRICOLE EN ALLEMAGNE.
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- tait très limité dans les distances. La question ayant été abandonnée par le gouvernement hollandais, aucune exploitation définitive ne fut réalisée.
- En août 4895, la maison Siemens et Halske reçut l’ordre du ministère allemand de l’agriculture d’utiliser une force hydraulique d’à peu près 40 chevaux, située près du domaine du Sillium, pour l’exploitation de ce même domaine et, en particulier, pour le labourage.
- La force motrice consistait en un petit monlin placé à 2km;75 Je la ferme. Ce petit moulin actionnait un moulin à farine et une scierie. La hauteur de chute maxima était de 2m,90 ; le débit étaitde lmc,25 par sec en été (mai à octobre inclusivement) et 2mc,50 par sec en hiver (novembre à avril).
- Cela faisait environ 18pts,75 sur l’arbre de la turbine en été (rendement de la turbine, 0,75), et en hiver 46 pts 5. A cause de la distance, on employa, le courant tri-phaséà 1500 volts; (14 ampères,5).
- A la prise du courant pour le treuil, se trouve un transformateur, qui ramène la tension à 500 volts (fig. 26-27).
- Il suffit d’un seul cheval pour transporter cet appareil (fig. 28).
- Du transformateur, part un câble isolé, porté par un tambour traîné par un cheval ou tiré par le treuil (fig. 29-30-31).
- Le déroulement se fait naturellement par le déplacement du tambour, une des extrémités du câble étant fixée au sol.
- L’enroulement, lui aussi, se fait très naturellement, grâce à un ingénieux dispositif. En effet, il suffit de renverser le tambour autour de l’axe des roues du chariot qui le porte et de faire marche arrière ou plutôt de revenir le long du câble, pour que l’enroulement se fasse automatiquement.
- Un premier modèle de treuil avait été réalisé vers la fin de 1896; puis, après les essais, ayant remarqué de graves inconvénients, on en a établi un nouveau qui a été mis en fonctions le 23 septembre 1897. C’est celui-ci seulement que je vais décrire, car il a donné des résultats absolument satisfaisants.
- Le treuil moteur (fig. 32) est actionné par un moteur de 25 chevaux à 960 tours ;
- Fig. 27. —Transformateur employé pour le labourage électrique au Sillium.
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- il présente plusieurs particularités intéressantes. Les principales conditions à remplir dans la construction des treuils sont les suivantes : 1° opposer une
- résistance suffisante pour ne pas être déplacé par la traction du câble; 2° ne pas avoir un poids trop lourd. Les jantes des roues ont environ 30 centimètres
- Fig. 29. — Tambour à câble. (Élévation.)
- de large, de façon à ne point enfoncer dans les sols déjà travaillés. Elles sont munies de parties saillantes, car le treuil, étant automoteur, doit pouvoir avoir
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- Puissance et temps nécessaires pour labourer à, différentes profondeur et largeur.
- PROFONDEUR en centimètres LARGEUR en centimètres TRACTION AD CABLE en kilogrammes PUISS ANC A T = E NÉCESSAIRE AU SOC VKC LES VITESSES 3m SURFACE LABOURÉE MAXIMA EN ONE HEURE SANS ARRETS
- V -= 0m,4 p. sec i“ V = 2m A V = 0“\4 V — irn V — 9m y = 3'°
- Poncelets. chev. Poncelets. chev. Poncelets. chev. Poncelets. chev. hectares. hectares. hectares. hectares.
- 25 175 0, 72 (0,96) 1 8 (2,4) 3 50 (4,8) 3, 4 (7,2) 0,036 0 09 0 18 0,27
- 20 50 330 1, 54 (L9) 3 3 (4,7) 6, 8 (9,4) 10, 57 (14,1) 0,072 0 18 0 36 0,54
- 75 525 2, 16 (2,8) 3 25 (7) 10 50 (14) 15 75 (21) 0,108 0, 27 0 54 0,81
- 28 260 1, 05 (1,4) 2 62 (3,5) 5 25 (7) 7, 87 (10,5) 0,04 0, 1 0, 2 0,3
- 25 56 520 2, 10 (2,8) 25 (7) 10 50 (14) 15 74 (21) 0,08 0, 2 0 4 0,6
- 84 780 15 (4,2) 7 87 (10,5) 15 75 (21) 23 61 (31,5) 0,12 0, 3 0 6 0,9
- 112 1040 4, 20 (5,6) 10 50 (14) 21 (28) 31, 48 (42) 0,16 0 4 0, 8 1,2
- 32 380 1 55 (2,05) 3 8 (5,1) 7 6 (10,2) 11, 4 (15,3) 0,048 0 115 0, 23 0,345
- 30 ) 64 760 3, 10 (4,1) 7 6 (10,2) 15 3 (20,4) 22 8 (30,6) 0,096 0 23 0 46 0,69
- j 96 [1140 4 65 (6,1) 11 4 (15,3) 22, 8 (30,6) 34 2 (45,9) 0,014 0 ,345 0 69 1,035
- 128 1520 6 11 (8,15) 15, 3 (20,4) 30 4 (40.8) 45 9 (61,2) 0,0185 0 46 0 92 1,38
- ^ 36 570 2, 29 (3,05) 3, 7 (7,6) 11 4 (15,2) 17, 1 (22,8) 0,052 0 13 0 26 0,39
- 35 \ 72 1140 4 58 (6,1) 11, 4 (15,2) 22, 8 (30,4) 34 2 (45,6) 0,105 0 26 0 52 0,78
- \ 118 1710 6 87 (9,1) 17 1 (22,8) 34 2 (45,6) 51 3 (68.4) 0,156 0 39 0 78 1,17
- f 144 2280 9 16 (12,2) 22 8 (30,4) 45, 6 (60,8) 68 4 (91,2) 0,208 0 52 1, 04 1,56
- 40 800 3, 22 (4,3) 8 (10,7) 16 (21,4) 24 (32,1) 0, 058 0 144 0 288 0,432
- 40 \ 80 j 1600 6 44 (8,6) 16 (21,4) 32 (42,8) 48 (64,2) 0,115 0 288 0 576 0,864
- j 120 2400 9, 65 (12,8) 24 (32,1) 48 (64,2) 72 (96,3) 0,173 0, 432 0 814 1,296
- f 160 3 200 12, 88 (17,2) 32 (42,8) 64 (85,6) 96 (128,4) 0,23 0 572 1 152 1,728
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- prise sur les sols même le plus unis. Enfin des cercles [tranchants sont fixés perpendiculairement aux jantes pour éviter tout glissement transversal pendant le travail de labour. Le grand avantage du treuil automoteur consiste dans une assez grande économie de temps, et la complication mécanique qui en résulte est bien peu importante relativement au bénéfice que l’on y trouve.
- Le poids de ces appareils est de 10 tonnes 5. Ce poids paraît être considé-
- Fig. 30. — Char à câble (plan).
- C, câble isolé muni du raccord pour se réunis au câble déjà posé. M, mécanisme qui par le renversement de A en A', autour de x y, embraye le tambour, l'axe et rend ainsi l’enroulement automatique.
- rable, étant donnée la nature des terrains sur lesquels il est amené à séjourner. Cependant, grâce au dispositif employé pour les jantes, il ne présente aucun inconvénient, étant donné que le treuil est auto- Fig. 31. — Petit tambour à câble portatif,
- moteur; il a en outre l’avantage
- de lui donner une plus grande stabilité (fig. 33-34). Pour un treuil qui doit être mu par des bêtes de trait, 10 tonnes est beaucoup trop; déjà, pour déplacer un treuil de 5 tonnes dans les chemins de terre, il faut 8 paires de bœufs dans une région un peu mouvementée.
- C’est là le grave inconvénient du treuil représenté (fig. 31 bis), qui pèse 20 tonnes. Il est bien automoteur, mais il est très long à se mouvoir, étant donné qu’il circule sur des rails en fer à double T, qu’il faut déplacer constamment, il y a une perte de temps assez considérable.
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- On est alors obligé d’employer des amarres, copiées exactement, il est vrai,
- sur celles de M. Félix Prat (fig. 35), grâce à l'amabilité de ce dernier; mais, chez M. Prat, la chose est mieux comprise et l’ensemble plus mobile.
- Fig. 31 bis. — Treuil « FAralrumoteur » du colonel Bussière (Système à un- treuil et à double effet). Dimensions du tambour : lm,40 de diamètre et 0m,90 de longueur.
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- Ce treuil est celui réalisé par le colonel du génie Bussière, pour M. Cureyras, de Lamoricière (Algérie).
- Fig. 32. — Treuil actuellement employé au Sillium pour le labourage électrique.
- C, char à câble.
- m my n
- Fig, 33. — Treuil actuellement employé au Sillium. (Vue en élévation.)
- T, tambours du treuil; R, rhéostat; M, moteur; C, caisse à outils; m, levier embrayant le treuil sur l’èlectromotcur et actionnant un frein à friction agissant sur les treuils; m', levier servant à régler la marche avant ou arrière do l’èlectromotcur ; n, levier servant à embrajmr le moteur sur l'essieu do la voiture pour la rendre automotrice ; r, manette servant à la direction de la voiture automotrice.
- Revenons donc au treuil Siemens et Halske ; il nécessite 4 bœufs pour être
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- déplacé sur la route. Lorsqu’il doit pénétrer dans les chemins de terre g, a, c, d (fig. 36), on dételle les bêtes de trait et l’on relie le câble conducteur au transformateur g, placé au bas du poteau, supportant la ligne à haute tension /Z, qui est disposée le long de la route. A partir de ce moment, le treuil est automoteur. A mesure qu’il s’avance dans les terres, le câble conducteur isolé se déroule délicatement sur le sol (fig. 32). Lorsqu’un premier tambour a a été vidé, —et cela a lieu au bout de 400 mètres, — on revient en fixer un nouveau sur le treuil A, et on le relie en tension avec le premier; on peut ainsi en mettre trois, qua-
- Fig. 34. — Treuil employé au Sillium. (Vue en plan.
- tre, etc., à la suite les uns des autres. Le treuil a une force disponible considérable; il peut donc avancer encore assez vite.
- Pendant le labourage, ce sont ces tambours qui se déroulent; ils sont munis de freins pour conserver une certaine tension au câble.
- Quant à la main-d’œuvre, voici en quoi elle consiste :
- 2 machinistes (puisqu’il y a 2 treuils espacés au maxima de 500 mètres,
- 1 laboureur,
- 1 aide pour la bascule.
- Ce dernier aide pourrait peut-être être supprimé par l’emploi de certains dispositifs.
- Voici les résultats obtenus sur [place au Sillium, dans les essais officiels du 7 au 9 octobre 1897.
- La distance entre les treuils, c’est-à-dire la longueur dos sillons, était de 300 mètres (fig. 36).
- Tome IV. — 98e année. 5° série. — Janvier 1899.
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- AGRICULTURE
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- Le treuil le plus éloigné était à 3 010 mètres de l’usine génératrice.
- Le sol à labourer était glaiseux et lourd; en certains points apparaissait même
- Fig. 35. — Amarres employées chez M. Félix Prat, pour le labourage électrique.
- la glaise pure. La largeur des sillons allait à 60 et 65 centimètres, et la profondeur, à 20 et 26 centimètres.
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- La vitesse de la charrue était de 1 mètre en moyenne à la seconde.
- La traction sur le câble de la charrue oscillait de 900 à 2000 ldlog. et on en a même atteint 2 400. La puissance, à la charrue, oscillait donc entre 15 et 24 Pt\
- Dans ce sol de glaise lourde, on travaillait à peu près 0ha,2 en 1 heure, ou 2ha en 10 heures par jour.
- Dans la figure 32, on remarque que le conducteur du treuil a à sa disposition trois leviers.
- Celui qui est à sa droite sert à embrayer le treuil sur l’électromoteur. Il actionne aussi un frein mécanique, qui, lorsque l’on provoque l’arrêt du treuil, détruit l’élan donné aux tambours pour conserver au câble la tension qui lui est nécessaire afin qu’il ne s’abîme pas. Le levier du milieu sert à embrayer le moteur sur l’essieu de la voiture afin de la rendre automotrice; enfin, le levier qui est à gauche du conducteur sert à régler la marche avant ou arrière de l’électro-moteur.
- En résumé, les principaux avantages des appareils Siemens sont les suivants :
- Fig. 36. — Dispostions sur le sol des appareils Siemens.
- Fig. 36 bis. — Labourage électrique au domaine du Sillium.
- 1° Travail rapide, par suite de la puissance de la machine et du peu de perte de temps pendant le travail.
- 2° La poulie-guide qui porte le câble au moment où il quitte le treuil est à environ 90 centimètres ou 1 mètre au-dessus du sol, d’où économie considérable, en ce sens que le câble a un bien plus faible contact avec le sol (ce contact
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- occasionne une perte de 12 p. 100). Malgré cette disposition, la stabilité du treuil n’est aucunement menacée, car le point d’application de l’effort est encore en dessous du plan de suspension. Quant au centre de gravité, il est assez bas, grâce à la disposition des tambours et des engrenages du treuil, d’où :
- 3° Stabilité assez grande pour n’avoir besoin d’aucune amarre ;
- 4° Enfin, facilité de manœuvre.
- Dernière remarque : le moteur électrique ne paraît pas très volumineux. En effet, c’est un moteur triphasé à cage d’écureuil. L’avantage de ces moteurs
- Fig. 37. — Treuil Fürsler pour le labourage électrique au domaine de Glœden.
- est d’ètre assez légers par rapport aux moteurs à courant continu de même force.
- Ajoutons que l’énergie électrique était encore employée pour 136 lampes à incandescence de 16 bougies.
- Enfin, comme dernier système à deux treuils, nous arrivons aux appareils Forstcr.
- La puissance motrice du treuil (fig. 37) est de 22Pts,50, et la charrue marche à 90 mètres à la minute.
- Le reproche grave que l’on pourrait adresser à ce treuil, qui fonctionne au domaine de Clœden, c’est d’être un peu haut perché et, par là, de ne pas offrir peut-être une stabilité suffisante.
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- Ce système comporte une particularité qui fait honneur à M. Fôrster; nous verrons ce que l’expérience décidera à la longue à ce sujet. Cette disposition a pour but d’économiser la moitié de la ligne de cuivre employée dans le cas ordinaire. Pour cela, le courant arrive au premier treuil par un fil de cuivre ordinaire; puis, après avoir traversé l’électromoteur n° 1, il se rend dans le câble tracteur de la charrue et de là dans l’électromoteur n° 2, placé sur le
- Treuil
- Charrue
- Treuil
- Station
- Centrale
- N° 2
- Fig. 38. — Figure schématique de la disposition employée par M. Fôrsler. Fig. 39.—Poteau Fôrster.
- deuxième treuil (fig. 38); enfin il retourne à l’usine par une conduite de cuivre ordinaire simple.
- L’économie réalisée est assez considérable et, en outre, un avantage capital réside dans ceci : c’est que le conducteur de la charrue peut, à l’aide d’un commutateur disposé à cet effet, interrompre le courant chaque fois qu’il le juge nécessaire pour la sécurité de la marche. Ce dernier avantage est surtout précieux par les temps de brume. Reste à savoir's’il n’y aura pas de petits inconvénients, tels que des commotions reçues par les ouvriers.
- La ligne (à 500 volts, courant continu) réunissant l’usine aux appareils est sur des poteaux en fer (conduites à gaz), constitués par des tubes portant à
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- leur partie supérieure l’isolateur nécessaire et, à la partie inférieure, un pas en hélice permettant d’obtenir un maintien plus solide dans le sol (fig. 39).
- Comme résultats : on laboure par jour 3ha à 3ha,75, et, dans l’année écoulée, on en aura labouré 400.
- Le dernier avantage signalé par M. Fors ter consiste en ce que le moteur peut être retiré du treuil, placé sur une voiture légère, et servir à actionner d’autres appareils.
- M. Forster dit que l’hectare lui coûte 14 fr. 65 à labourer :
- Frais d’acquisition (1).
- Fr.
- TYeuils électriques............................ 14 125
- Câble tracteur.................................. 1 500
- Charrue à bascule........................... 625 (2)
- 2 moteurs électriques à 3 250 francs. . . . 6 500
- Matériel de conducteurs........................ 3 750
- Total.................... 26 500
- Les frais d’exploitation sont :
- Charbon par jour : 350 kilos à 12 fr. 50 la tonne, par an pour 100 jours. .
- Salaire de 3 journaliers à 1 fr. 875 par jour pour 100 jours.........
- Traitement pour le chauffeur à 1 fr. 25 par jour.....................
- Graisses et matériel à graisser......................................
- Usure du câble tracteur par an.......................................
- 10 p. 100 amortissement pour la charrue, etc.........................
- Amortissement pour la machine à vapeur en ce qui concerne la charrue.
- Fr.
- 437.50
- 562.50 125 125 625
- 2650
- 1045
- Total
- 5 570,00
- La charrue fait 3ha,75 par jour, ou 373 hectares en 100 jours, de sorte que 5 570
- l’hectare revient à =14 fr. 85 environ.
- Mais comment offrir un salaire de 1 fr. 85 et même de 1 fr. 25 à un chauffeur. Cela paraît impossible en France. C’est cependant ainsi, et grâce à leur esprit d’initiative bien compris, que les Allemands doivent d’avoir une agriculture qui donne encore d’assez beaux résultats.
- Pour pouvoir tabler sur ces prix en France, il faudrait amener le salaire des journaliers à 3 fr. 50 au minimum et à 3 francs celui du chauffeur, quoiqu’en France ce soit ce dernier qui aille traitement le plus élevé.
- (1) Dans ce cas, on emploie à Clœden la puissance d’une sucrerie qui n’est pas utilisée tout entière.
- (2) Ce prix de 625 francs pour une charrue à bascule nous paraît bien faible; nous en laissons Ja responsabilité à M. Forster qui nous l’a donné.
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- Cela ferait :
- Fr. c.
- Charbon........................................................ 437,50
- 3 journaliers à 3 fr. 50 et 100 jours par an . . . ........ 1050
- Gages pour le chauffeur................................... 300
- Câble tracteur (usure)..................................... 625
- Amortissement du matériel pour le labourage................ 2 650
- Amortissement pour la machine à vapeur en ce qui concerne
- la charrue.............................................. 1 045
- Matériel de graissage, huile, etc.......................... 125
- Total......................... 6 232,50
- 6232 50
- Donc, en France, l’hectare pourrait revenir à —— = 16fr.62 (au minimum).
- Chez M. Fôrster, la station primaire actionne en même temps une briqueterie et deux machines à battre.
- Je veux maintenant terminer la question du labourage par une étude comparative des quatre systèmes.
- Yoici d’abord un graphique (fig. 40) donnant le coût annuel de ces quatre systèmes, sans compter les dépenses pour l’énergie électrique.
- Les frais sont à peu près égaux.
- Les systèmes à deux treuils sont un peu plus chers au point de vue de l’achat; la dépense d’exploitation est sensiblement la même.
- L’appareil Zimmermann est bien, à première vue, le meilleur marché ; mais, comme je l’ai dit précédemment, il immobilise tout un matériel électrique et nécessite des manipulations et des allées et venues sur la surface à travailler. Il n’aura d’emploi que dans les petites installations, où l’on ne fera que le labourage.
- Nombre d’heures d’emploi par an.
- Fig. 40. — Graphique comparatif de quatre systèmes de labourage électrique.
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- I] en résulte que le système le plus avantageux pour les exploitations moyennes est celui du genre Brutschke; mais, pour les grandes exploitations, où l’on a une grande surface à travailler, il faut revenir à la méthode à deux treuils, qui permet d’aller plus vite.
- Voici d’abord un tableau comparatif :
- SYSTÈME RENDE- MENT p. 100 PUISSANCE AUX SOCS SUR LABOURÉ SANS au r 30 cm. FACE 13 EN 1 11. ARRÊT uax. 25 cm. ARRÊT p. 100 SUR LABOURÉ TIVEMENr 30 cm. FACE E EFFEC- EN 1 II. 25 cm. 150 HEC so LABO C 30 cm. 1TARES NT ÜRÉS n 25 cm.
- Poncelets. cliev. liect. hect. hect. hect. heures. heures.
- Siemens .... 66 12, 37 (16,5) 0,37 0,47 20 0, 295 0,375 500 400
- Dollberg . . . . 66 12,37 (16,5) 0, 37 0,47 30 0,260 0, 330 572 455
- Brutschke . . 60 11,25 (15) 0,34 0,43 20 0, 270 0,345 550 435
- Zimmermann . . 60 11,25 (i5) 0,34 0,43 30 0,240 0,300 630 500
- Note. — Dans ce tableau, le moteur du treuil fournit 18 Pis, 75 pour les 4 cas.
- Évaluation des frais pour les différents systèmes de labourage
- (moteurs 18 pts, 75).
- NOMBRE DK PIECES DÉTAIL DES OBJETS PRIX DES PIÈCES on francs. PRIX d’ensemble en francs. pour \ 1 intérêt j POU G G ^ | O co s- 1 G pour l & réparations j o | :nt TOTAL TOTAL PAR AN
- Système à 2 mach incs Siemei 1S.
- 2 Treuils avec moteurs de ISPi», 75 fr.
- (25 chevaux) et accessoires . . 14375 28750 4 6 O 15 4 312,50
- 3 Tambours àcâbles pourlestreuils. 2000 6000 4 8 10 22 1320 »
- 1 Transformateur transportable. . » 3250 4 6 3 13 422,50
- Appareils de champs : une char-
- rue à bascule et une défonceuse. 7 500 4 8 5 17 1275 »
- 800 mètres de câble d’acier . . . » 2000 4 46 » 50 ! 000 »
- Total. .... 47 500 8 330 »
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-
-
-
- l’ÉLECTROTECHNIE AGRICOLE EN ALLEMAGNE.
- 73
- w POUR CENT
- O PRIX
- £ PRIX "3 M TOTAL
- CS DÉTAIL DES OBJETS DES S O
- CS P2 03 PIÈCES d’ensemble §•2 g S TOTAL PAR AN
- en francs. Qm fl A ci
- O Z en francs. O B a u
- Système à 2 maeh ncs Dollbe fff-
- 2 Chariots portant le châssis et le
- treuil 3937,50 Il 875 4 6 5 15 1781,25
- 2 Moteurs électriques de 18 Pts, 73
- (23 chevaux) avec accessoires. 4000 » 8 000 4 6 5 15 1200 »
- 3 Tambours à câbles 2000 » 6000 4 8 10 22 1320 »
- 1 Transformateur transportable... Appareils de champs : une chai’- » 3250 4 6 3 13 422,50
- rue à bascule et une défonceuse. « 7 500 4 8 5 17 1275 »
- 800 mètres de câble d’acier. . . )» 2000 4 46 )> 50 1000 »
- Voie ferrée nécessaire » 1373 4 8 10 22 302,50
- Total 40000 7301,25
- Système à i machine Brutschke.
- 1 Voiture à treuil avec moteur de
- 18pts, 75 et accessoires. . . . » 14 375 4 8 6 18 2712,50
- 2 Tambours à câbles 2000 4000 4 8 10 22 855 »
- 1 Transformateur transportable . . >) 3 250 4 6 5 15 422,50
- 1 Chariot-ancre Appareils de champs : une char- )) 5 123 4 6 5 15 768,75
- rue à bascule et une défonceuse. )) 7 500 4 8 5 17 1275 »
- 800 mètres de câble d’acier . . . » 2000 4 46 )) 50 1000 »
- Total 36 250 7033.75
- Système de charrue à chaîne Zimmermann (1).
- 1 Charrue à bascule avec moteur fr.
- de 18 Pts, 75 et accessoires . . » 10000 4 8 7 19 1900 »
- 1 Dé fonceuse avec moteur de 18pts,75 »
- et accessoires » 10 000 4 8 7 19 1 900 »
- 2 Ancres pour la chaîne )) 375 4 10 5 19 71,25
- 300 mètres de chaîne. ..... )) 1000 4 30 » 34 340 »
- 6 Wagons pour supporter le câble. » 600 4 20 15 39 234 »
- 2 Tambours à câble 2000 4000 4 20 15 39 1560 »
- 1 Transformateur transportable. . » 3 250 4 6 3 13 422,50
- Total 29225 6427,75
- (1) Ce calcul est fait avec les premiers appareils Zimmermann; ave:; l’appareil actuel, le total serait sensiblement le même, mais les sommes seraient réparties peut-être autrement. Cela est donc d’une importance secondaire.
- Dans l'appareil actuel on est obligé d'employer le courant continu sans transformateur pour n’avoir que 2 frot-
- teurs au lieu de 3 nécessaires avec le courant triphasé.
- Le prix du transformateur serait alors remplacé par d'autres frais occasionnés par ce nouveau système.
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- 74
- AGRICULTURE.
- JANVIER 1899.
- Frais comparatifs pour les différentes charrues électriques.
- Dans ces frais on n’introduira pas le prix de l’énergie électrique; il sera donc encore à ajouter. On laisse cette partie à part, car l’énergie électrique revient plus ou moins cher suivant les conditions où l’on se trouve.
- Étant donné que la génératrice doit fournir 48pts,75 (25 chevaux) avec un rendement de 87 p. 400, il faudra lui donner 21pts,75 (29 chevaux).
- 1° SYSTÈME SIEMENS. MOTEUR DE 18Pts,75
- Frais annuels : Intérêts, amortissement et réparations, d’après l’es timation faite précédemment...................................
- Les frais par heure de travail, résultant de cette somme, sont :
- Fr. c.
- Pour 300 heures de travail par an....................... 27,75
- — 600 — — ................... 13,87
- — 1 000 — — ................... 8,33
- — 1 500 — — ............... . . 5,55
- Fr. c.
- Frais horaires : Consommation d’huile........................... 0,31
- Salaire de 2 machines.............................. 0,75
- — de 2 aides.................................... 0,50
- Total...................... 1,56
- Les frais généraux annuels résultants s’élèvent donc, pour une charrue
- actionnée, à :
- Fr. Fr. Fr.
- Pour 300 heures par an........... 8 330 + 468 = 8 798
- — 600 — — 8 330 + 936 = 9 266
- — 1 000 — — 8 330 + 15160= 9 890
- — 1 500 — — 8 330 + 2 340 = 10 670
- Fr.
- 8 330
- 2° SYSTÈME DOLLBERG. MOTEUR 18 Pt9,75
- Frais annuels : Intérêts, amortissement et réparations, d’après l’estimation faite précédemment...............................
- Fr. c.
- 7301,25
- Les frais par heure de travail, résultant de cette somme, sont :
- Fr. c.
- Pour 300 heures de travail par an........................... 24,35
- — 600 — — 12,17
- — 1 000 — — 7,30
- — 1 500 — — 4,86
- Frais horaires ; Consommation d’huile, etc.................. 0,31
- Salaire de 2 machinistes...................... 0,75
- — de 3 aides............................... 0,75
- Total
- 1,81
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-
-
- l’ÉLECTROTECHNIE AGRICOLE EN ALLEMAGNE.
- 75
- Les frais généraux annuels résultants s’élèvent donc, pour une charrue
- actionnée, à :
- Fr. c. Fr. Fr. c.
- Pour 300 heures par an ... . 7 301,25 + 543 = 7 844,25
- — 600 — — . . . . 7 301,25 + 1 086 = 8 387,25
- — 1 000 — — .... 7 301,25 + 1 810 = 9111,25
- — 1 500 — — .... 7 301,25 + 2 715 = 10 016,25
- 3° SYSTÈME BRUTSCHKE. MOTEUR 18 Pts,75
- Frais annuels : Intérêts, amortissement et réparations d’après l’estimation faite précédemment...............................
- Fr. c. 7058,73
- Les frais par heure de travail, résultant de cette somme, sont de :
- Fr. c.
- Pour 300 heures de travail par an................... 23,52
- — 600 — — 11,76
- — 1000 — — 7,05
- — 1 500 — — 4,70
- Frais horaires : Consommation d’huile, etc...................... 0,31
- Salaire de 1 machiniste.......................... 0,375
- Salaire de 3 hommes.............................. 0,75
- Total...................... 1,435
- Les frais généraux annuels résultants s’élèvent donc, actionnée, à :
- Fr. c. Fr. c.
- pour une 'charrue
- Fr. c.
- Pour 300 heures par an. — 600 — —
- — 1000 — —
- — 1 500 — —
- 7058,75 + 430,5 = 7 489,25 7058,75 + 861 =7919,75
- 7 038,75 + 1 435 =8 493,75 7 058,75 + 2152,5=9 211,25
- 4° SYSTÈME ZIMMERMAN.Y. MOTEUR 18Pts,75
- Frais annuels : Intérêts, amortissement et réparations d’après l’estimation faite précédemment.............................
- i’i\ c ♦
- 6 427,75
- Les frais par heure de travail, résultant de cette somme, sont de :
- Fr. c.
- Pour 300 heures de travail par an.......................... 21,42
- — 600 — — 10,71
- — 1000 — -- 6,42
- — 1 500 — — 4,28
- Frais horaires : Consommation d’huile, etc................ 0,31
- Salaire de 1 machiniste..................... 0,375
- — de 4 hommes.'............................ 1,00
- Total .
- 1,685
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-
- 76
- AGRICULTURE.
- JANVIER 1899.
- Les frais généraux annuels résultants s’élèvent donc, pour une charrue actionnée, à :
- Pour 300 heures par an. — 600 — — .
- — 1 000 — — .
- — 1500 — — .
- Fr. e. Fr. c. Fr. c.
- 6 427,75 + 505,5 = 6 933,25 6 427,75 + 1 011 =7 438,75
- 6427,75 + 1684 =8 112,75
- 6 427,75 + 2 527,5 = 9 055,25
- Prix de renient d'un hectare de travail pour les différents systèmes de charrues électriques.
- Les prix relatifs à l’énergie électrique sont estimés dans les tableaux qui se trouvent pages 31-40, et ceux relatifs aux charrues électriques dans les tableaux des pages 72 et 73.
- L’électromoteur du treuil produisant i8pts,75, avec le rendement de 87p. 100, il faut lui fournir 21Pts,75.
- Il reste maintenant à connaître un facteur très important dans cette question du labourage et du défonçage à l’aide de machines, c’est le suivant :
- Quel est le rapport supplémentaire qu’a donné le sol?
- Ici, on pourra prendre les chiffres donnés par la culture à la vapeur.
- 1° Il est possible d’entreprendre avec l’exploitation à l’aide de machines une manipulation plus profonde du sol. On augmente donc la couche de terre qui nourrit la plante.
- Le sol a ainsi une plus grande capacité pour garder l’humidité et la chaleur. Le surplus, obtenu par la culture profonde, varie considérablement avec la qualité du sol. Quelquefois il atteint une valeur surprenante. Yoici, par exemple, une statistique relevée sur les biens de l’archiduc Albrecbten Hongrie, pour une période de neuf ans :
- Blé..................... Augmentation de 20 p. 100
- Orge............................... — 35 —
- Avoine............................. — 1 —
- Maïs en masse...................... — 12 —
- On a atteint 25 p. 100 dans le domaine de Grosshof, dans la Prusse de l’Est, et on a remarqué que le blé, venant sur le sol travaillé avec des machines, résiste beaucoup mieux aux ondées et aux vents que les autres blés.
- Il est possible, avec une exploitation mécanique, de commencer plus tôt les travaux de labourage, et cela aussitôt après la récolte, puisqu’on n’est pas obligé d’attendre que les attelages soient disponibles après avoir été occupés à mettre sous grange.
- Par le travail précoce du sol, ses parties constituées sont exposées plus longtemps à l’action bienfaisante de l’air.
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- l’ÉLECTROTECHNIE AGRICOLE EN ALLEMAGNE.
- 77
- DISPOSITIONS. PRIX du Poncelet- heure. énergie FRAIS POUR 300 hectares. charrue. total. PRIX do l’hectare entre 25 et 30 centim.
- ON COMPTE SUR 1 800 HEURES DE TR AVAIL PAI t AN POUR L’USINE GÉNÉRATRICE (1)
- Siemens (900 heures).
- fr. fr. fr. fr. fr.
- V Moteur à vapeur de 30 poncelets . . 0,3033 5937,50 + 9750 =15687,50 52
- Y' Moteur à vapeur préexistant de
- 30 poncelets 0,1966 3850 + 9750 =13 600 45,50
- T Turbine hydraulique de 30 poncelets. 0,1916 3750 + 9750 =13 500 45
- Vi Moteur à vapeur de 300 poncelets.. . 0,1466 2875 + 9 750 =12625 42
- Ti Turbine hydraulique de 300 pon-
- celets 0,0900 1762,50 + 9750 =11512,50 38,50
- Dollberg (1027 heures).
- V Moteur à vapeur de 30 poncelets . . 0,3033 6775 + 9125 =15900 53
- V' Moteur à vapeur préexistant de
- 30 poncelets 0,1966 4400 + 9123 =13 525 45
- T Turbine hydrauli que de 30 poncelets. 0,1916 4300 + 9125 =13425- 44,75
- Vi Moteur à vapeur de 300 poncelets. . 0,1466 3275 + 9125 =12400 41,50
- Ti Turbine hydraulique de 300 pon-
- celets 0,0900 2012,50 + 9125 =11 137,30 37
- Brutschke (985 heures).
- V Moteur à vapeur de 30 poncelets.. . 0,3033 6500 + 8375 =14875 49,50
- Y' Moteur à vapeur préexistant de
- 30 poncelets 0,1966 4375 + 8375 =12750 42,50
- T Turbine hydraulique de 30 poncelets. 0,1916 4087,5 0 + 8375 =12462,50 41,50
- Vi Moteur à vapeur de 300 poncelets. . 0,1466 3125 + 8 375 =11 500 38,50
- Ti Turbine hydraulique de 300 pon-
- celets 0,0900 1925 + 8 375 =10300 34,50
- Zimmermann (1130 heures )•
- Y Moteur à vapeur de 30 poncelets.. . 0,3033 7562,50 + 8337,50 = 15900 53
- V' Moteur à vapeur préexistant de
- 30 poncelets 0,1966 4825 + 8 337,50 = 13162,50 43,87
- T Turbine hydraulique de 30 poncelets. 0,1916 4725 + 8337,50 = 13062,50 43,54
- Vi Moteur à vapeur de 300 poncelets. . 0,1466 3600 + 8 337,50 = 11 937,50 39,79
- Ti Turbine hydraulique de 300 pon-
- celets 0,0900 2087,50 + 8337,50= 10425 34,75
- (I) C’est un minimum, cela correspond donc au maximum pratique du prix [du Poncclet-houre.
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- Kio-. 42.
- Port de débarquement des betteraves pour la sucrerie de Groenendyk
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- Courbe de 10 mètres de rayon sur la voie étroite électrique reliant la sucrerie de Groenendyk à son port de débarquement de betteraves.
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- l’ÉLECTROTECI-INIE AGRICOLE EN ALLEMAGNE. 81
- Je crois avoir suffisamment insisté sur la question du labourage, qui était certainement la principale difficulté de l’application de l’énergie électrique à l’agriculture et qui est, on peut dire, à peu près résolue.
- Fig. 4L — Locomotive élcctrique Koppel à voie étroite ('2 moteurs.)
- Après ,1e labourage, parmi les travaux du sol, nous trouvons le drainage eL l’arrosage, qui ont été effectués aussi électriquement.
- Certes, là encore, l’électricité peut rendre de grands services soit pour aider au drainage à l’aide de pompes, soit encore pour arroser. On emploie de petites pompes rotatives mues par un électro-moteur. Cet ensemble n’a pas besoin de surveillance ou très peu, et peut être enfermé dans une cabane placée à l’endroit Tome IV. — 98° année, 5e série. — Janvier 1899. 6
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- 82
- AGRICULTURE.
- JANVIER 1891).
- meme où l’on en a besoin. Cela pourra être très utile pour les prairies par exemple.
- Nous arrivons maintenant aux travaux de culture. Ici, la place est vide. Aucun appareil de réalisé; mais on peut croire que, dès que le besoin s’en fera sentir, on en verra paraître (1). On n’a plus là à surmonter les difficultés du labourage, où l’on emploie des forces considérables.
- TRANSPORT DES MATIÈRES
- La question du transport des matières présente, au contraire, quelques exemples intéressants. Pour le charroi, il faut surtout signaler le dispositif dû à M. Koppel, de Berlin. Il a adapté l’électricité au petit Decauville employé dans la ferme ou dans les industries agricoles. Pour les grands charrois, il emploie le
- Fig. 45. — Détails des isolateurs de la suspension de la ligne aérienne, système Koppel.
- trolley à archet, dans lequel la partie frottante, au lieu d’ètre fixe, est libre de tourner.
- L’avantage de ce genre de trolley réside en ce que l’on évite complètement le dévoiement de la prise de courant. Cela est obligatoire dans les installations agricoles, où l’on est obligé d’adapter les appareils aux choses existantes, et cela économi quemen t, d’où résulte un certain manque de précision. On supprime encore les aiguilles dans le conducteur aérien, ce qui fournit une certaine économie.
- La figure il représente la station terminus d’un petit transport de betterave (système Koppel), à la fabrique de sucre de Groenendyk, près Oosterhout (Hollande), La voie a 60 millimètres de large et relie la fabrique de sucre à un port, éloigné d’environ 2km,5, où arrivent les bateaux chargés de betteraves (fig. i2).
- La plus grande pente est d’environ 2 p. 100. La conduite aérienne est en fil
- (l) Nous avons appris récemment qu’une moissonneuse était à l’étude.
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-
- l’ÉLECTROTECIINIE AGRICOLE EN ALLEMAGNE.
- 83
- de bronze silicié ; elle est supportée au moyen d’isolateurs (fig. 45) par des mâts ou des fils transversaux. L’éloignement entre les mâts, en ligne droite, de 30 à 40 mètres. Le fil est à environ 5 mètres au-dessus de la voie (fig. 43).
- La locomotive (fig. 44 et 50) est à deux moteurs de 8 chevaux et tire 15 chariots d’un mètre cube chacun avec une vitesse moyenne de 15 kilomètres à l’heure.
- Les betteraves sont basculées directement dans la cuve de lavage en arrivant
- - 'ARTHUR KOPPEL
- Fig. iG. — Cadre de voie, portant un support pour le fil aérien (petit modèle de (trolley Koppel).
- dans la sucrerie. En 7 heures de travail, on transporte 175 tonnes de betteraves.
- La station primaire comporte une machine à vapeur de 35 chevaux et une dynamo compound à quatre pôles, fournissant un courant à la tension de 550 volts.
- On peut, pour un transport beaucoup moins important, employer le petit modèle qui comporte une disposition spéciale pour la suspension du câble aérien. La partie intéressante est constituée par l’assemblage des cadres de voie avec le support de la conduite aérienne (fig. 46).
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- 84
- AGRICULTURE
- JANVIER 1899
- L’ensemble est très transportable et l’accroissement de poids du cadre de
- voie n’est que de 50 kilogrammes. L’éloignement de ces supports verticaux est, en ligne droite, de 30 à 40 mètres; ce n’est que dans les courbes de faible rayon que
- Trolley Koppel (petit modèle) employé pour le transport des [lierres à chaux dans une sucrerie.
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- 85
- l’ÉLECTROIECIINIE AGRICOLE EN ALLEMAGNE.
- chaque cadre de voie porte son support de façon à maintenir le fil au milieu, car, ici, on emploie Je trolley à roulette (fig. 47).
- Le fil, situé à 3 ou 4- mètres au-dessus du sol, est tendu à l’aide d’un petit tambour monté sur truc (fig. 48-49).
- L’avantage de l’exploitation électrique sur l’exploitation à vapeur, pour les chemins de fer à voie étroite, est évidente : d’abord, la locomotive est plus légère
- Fig. 48. — Tendeur, pour établir la ligne aérienne d’un trolley Koppel, petit modèle.
- et il y a suppression totale du mouvement de tangage. 11 résulte de ces deux points que l’on peut employer un profil de voie plus léger et, par cela même, réaliser une économie assez importante.
- On supprime presque tout danger d’incendie. Cela est de première importance en agriculture, où l'on manie tantde substances inflammables. Enfin, la locomotive électriq ue ne demande qu’un seul conducteur au lieu du chauffeur et du mécanicien nécessaires avec la vapeur. D’autre part, le moteur électrique, pouvant fournir pendant un petit moment un effort bien supérieur à la normale, permet
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- ii). — Le trolley Koppel à l'Exposition de Hambourg.
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- Fiü'. 50,
- Récente installation d'on transport électrique à la sucrerie de Ziilz Silésie'. (Dernier modèle des locomotives Koppel.
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- 88
- AGRICULTURE.
- JANVIER 1899.
- de réaliser des travaux que l’on ne pourrait accomplir avec le moteur à vapeur.
- Il faut montrer que l’exploitation avec chevaux ne saurait concourir avec l’exploitation mécanique dans beaucoup de cas où il s’agit d’un transport continuel, ne serait-ce même que pendant une saison donnée. C’est ce que je vais essayer de faire dans l’exemple suivant.
- Prenons une tuilerie à vapeur, où l’on doit transporter en deux cents jours 10 000 mètres cubes d’argile. La longueur de la voie est de 1 kilomètre et la largeur de 50 centimètres. Sur le parcours se trouvent des pentes de 1 p. 100.
- 1° Exploitation électrique. — On emploiera, pour produire le courant nécessaire, la machine à vapeur et la dynamo fournissant déjà l’éclairage. De la sorte, l’amortissement est partagé entre le service d’éclairage et le service de transport.
- La durée de l’aller et du retour est de
- tiO X 2 15
- m inutes.
- — du garage
- Total
- ta
- Si on emploie une locomotive électrique de 6 chevaux-vapeur, pesant 1 500 kilos, elle peut traîner 3 chariots à bascule de 3/4 de mètre cube de contenance, sur des pentes de 1 p. 100.
- Donc, la quantité de matière transportée par jour est de
- 10 000"'::
- 2ÔÔj7-'
- — 50m3 =100 tonnes.
- 1 chariot contient P,5 ; donc il faut faire
- 100
- 1,5 X 3
- 21 trajets.
- Comme il faut fournir à la presse à tuiles suivant les besoins, 011 est obligé d’avoir 3 trains de 3 wagons. Le capital d’établissement sera donc de :
- Fr. c.
- 1° Superstructure................................. 3 425
- 2° Équipement électrique de la voie............... 2 693,75
- 3° Matériel roulant............................... 5 443,75
- 4° Tableau de distribution, etc................... 237,50
- 5° Montage.................................... 700
- Total
- 12 500
- FRAIS D’EXPLOITATION
- I. Frais d'entretien :
- Fr. c.
- a. 2 p. 100 de la superstructure................................ 68,50
- b. 1 — de l’équipement électrique.......................... 26,93
- . c. 3 — du matériel roulant................................ 163,29
- d. 1 — de la station centrale (environ 6 250 francs de
- frais de revient, on prend la 1 /2 de 2 p. 100). . . . 62,50
- A reporter............................. 321,22
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-
-
-
- l’ÉLECTROTECHNIE AGRICOLE EN ALLEMAGNE. 89
- Fr. c.
- Report................................... 321,22
- II. Traitements :
- e. Du conducteur de la locomotive (200 jours, 4 fr. 375 par
- jour)............................................. 873
- f. De l’aide (3 fr. 125 par jour)...................... 623
- III. Combustible employé :
- g. Énergie électrique absorbée par jour =
- la dynamo, soit H Pts,3 environ en ajoutant les pertes par frottements, rendements, etc., soit environ 15 Poncelets; donc à raison de 2ks,66 de charbon par Poncelet, on aura au total 40 kilos de charbon pour 200 jours de travail 400 x 200 = 8 000 kilos de houille
- à 25 fr. la tonne, cela fait................... 200
- En coûtant 1/10° en plus on aura...................... 220
- IV. Nettoyage et graissage :
- h. 1 p. 100 du matériel roulant......................... 54,43
- i. La moitié de 1 p. 100 pour la dynamo et la machine à
- vapeur.............................................. 31,25
- V. Intérêts et amortissement :
- j. 6 p. 100 de la station centrale de 6 250 fr.......... 375
- k. 12 p. 100 du capital de construction, 12.500 fr. . . . . 1 500
- Total des frais d’exploitation. . . 4 001,90
- 2° Exploitation avec chevaux. — Un cheval peut en moyenne développer 70 kilogrammes de traction (1) et parcourir 30 kilomètres par jour; il peut
- donc ainsi traîner ^ = environ 6 tonnes sur voie ferrée, c’est-à-dire, dans 12
- notre cas, 3 chariots chargés, de 3/4 de mètre cube.
- Durée de l’aller................... 15 minutes.
- — du retour.................... 15 —
- Dételage et attelage................ 10 —
- Total................ 40 —
- En travaillant 8 heures par jour, un cheval peut donc faire * ^ = 12 allées et venues et transporter par jour : 12 X 1,5 X 3 = 54 tonnes de chargement net. Il faut par suite 2 chevaux et 2x3x3 = 18 wagons.
- (1) Stevenson a trouvé qu’un cheval peut développer momentanément 4Pts,5 et, dans le& tramways, les chevaux développeraient d’après lui 3 pts au maximum.
- Morin dit qu’un travail prolongé de 3 pts,75 surmène un cheval. Enfin M. Ringel-mann estime qu’un cheval français, en agriculture, peut fournir un travail journalier de-1 900 000 kilogrammes .en moyenne. Ici nous prenons 2 100 000; c’est un maximum.
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- Le capital de construction est donc de :
- Fr. c.
- 1° Superstructure..................... 3 425
- 2° Matériel roulant................... 2137,50
- 3° 2 chevaux avec harnais........... 2 000
- 4° Montage de la voie................. 368,75
- 5° Ecurie............................. 1 750
- Total.............. 9 671,25
- FRAIS d’eXPLOITATIOX
- I. Frais d’entretien :
- Fr. c.
- a. 2 p. 100 de la superstructure............. 68,50
- b. 3 — du matériel roulant................ 64,12
- e. 5 — des chevaux et harnais............. 100
- d. 1 — de l’écurie........................ 17,50
- II. Traitements :
- c. 2 conducteurs de voiture.................. 1 750
- f. Du gardien de l’écurie. . ................. 875
- III. Fourrage :
- g. Pour 2 chevaux............................ 1 875
- IV. Nettoyage et graissage du matériel :
- h. 1 p. 100 du matériel roulant.............. 21,37
- V. Intérêts et amortissement.
- i. 24 p. 100 des chevaux et harnais.......... 480
- j. 10 — de la superstructure et du matériel. 556,20
- k. 8 — de l’écurie........................ 140
- Total des frais d’exploitation . . 5 847,69
- L’exploitation électrique donne donc une économie d’environ 31 p. 100 du total des frais d’exploitation.
- Nous trouvons encore, dans ce genre d’appareils, le transport à trolley de la maison Schuckert, de Nurnberg pour le transport des bois (fig. 51) et le petit transport électrique réalisé par VUnion avec les moteurs Thomson-Houston.
- Enfin, voici le schéma d’une installation comprenant un réseau de voies ferrées pour le transport électrique; les câbles électriques aériens sont employés à la fois pour les travaux agricoles et pour les transports (fig. 52).
- Dans le tableau des travaux agricoles, on trouve, sous le titre transport des matières, la division intitulée : mise en grange.
- Rien n’a encore été réalisé pour l’emploi de l’électricité dans ce but, mais la question est devenue bien simple maintenant avec les appareils américains que M. Ringelmann a décrits dans deux très intéressants articles du Journal d Agriculture pratique des 12 et 19 mai 1898.
- Quoique nous devions nous borner aux appareils allemands, ici, nous
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- l’ÉIÆCTROTECHNIE AGRICOLE EN ALLEMAGNE.
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- nous permettrons de sortir un peu des limites que nous nous sommes tracées,
- J'ig. il. — Transport Glu».-Iritjlhj à trolley, pour les lads.
- étant donné le grand intérêt de la question, et, pour cela, nous allons puiser
- quelque peu dans les descriptions citées plus haut; mais nous remplacerons la traction animale par la traction électrique.
- Fig. 52. — Plan d’un domaine possédant un réseau
- Fig. 53. — Appareil à cordes Porter.
- de voie étroite électrique.
- Les appareils le moins compliqués sont ceux à cordes, représentés par les
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- figures 53, 54, 55. Dans le modèle de la figure 53, le déchargement du fourrage a
- Fig. 54. — Appareil à cordes Louden. Fig. 35. — Arrangement des appareils
- à cordes sur les voitures.
- lieu à l’aide du crochet abc, dont le détail est représenté. En donnant une certaine traction sur la cordelette m, le crochet s’ouvre.
- Le modèle de la figure 54, au contraire, s’ouvre par le bas, en exerçant une traction sur la corde c.
- On exerce une traction sur a pour mettre II II, en II'II'
- Enfin, la figure 55 représente la voiture. On reproche à ce système d’être obligé de laisser des cordes dans le fourrage lors du chargement. On a alors réa-
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- lisé des fourches de différents modèles. Avec certaines d’entre elles, on arrive à prendre une donne de foin dans la voiture en neuf minutes, l’élever à 7m,30 de haut, et la décharger dans le fenil.
- Fig. 57 bis. — Vue d’ensemble du fenil.
- y-y' rail de roulement.
- On fait en outre des harpons; le harpon Walker, représenté par la ligure 56, est surtout utilisé pour les foins longs.
- Fig. 58. — Grappin Gardner B. Weeks.
- V, petit chariot mobile sur V. WW, rail fixe, suspendu à la charpente du fenil.
- On plante le harpon dans la charge de la voiture, puis, en faisant passer / en il suffit d’exercer une traction en c pour enlever une masse assez importante de fourrage.
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- La figure 57 représente le double harpon de Harris ; c’est à peu près le mécanisme du précédent, répété en double, ABC étant un montant rigide.
- lre phase.
- 2e phase.
- Fig. 59. — Grappin à déchargement rapide.
- Nous arrivons aux grappins, qui constituent les appareils les plus simples à manier. La figure 58 représente le grappin Gardner B. Weeks.
- Fig. 60. — Crochet Provan.
- I, première position; on exerce traction sur c, le point a s’abaisse, on arrive à la position II, où a'o' glisse sur A' et le crochet échappe de l’anneau AA' (U dans la lig. 59).
- Par leur propre poids, les deux fourches F et F tendent à se rapprocher; pour les écarter, on exerce une traction sur L. Enfin, pour déplacer la charge, une traction, exercée à l’aide d’un moteur électrique sur M, dans notre cas, permet une manipulation rapide.*]
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- La figure 59 donne la théorie des appareils rapides de déchargement en forme de grappin. Pour saisir la charge sur la voiture, on laisse la corde m' passer dans l’anneau U librement, sans tension; les fourches A' et B' s’écartent
- Fig. 61. — Principe d’un déchargeur électrique à câble.
- T, treuil électrique; D, grappin; E, meule; ABC. poulies fixes; abc de, câble de O01,015 à O®,020 do diamètre; n, cordelette servant au déchargement du grappin ; NN. profil du fenil.
- quand la fourche repose sur le foin. On continue à laisser descendre l’anneau U jusqu’à ce qu’il puisse s’accrocher dans le crochet h! ; à ce moment, on exerce^une traction en /, les fourches se resserrent, entraînant une charge de foin. Lorsqu’on est arrivé au-dessus du tas de foin, par une traction exercée sur m', on décroche h’ de U, les fourches s’écartent et le foin tombe.
- Le détail du crochet U (crochet Provau) est représenté par la figure 60. Avec ces appareils, on peut enlever jusqu’à 800 kilogrammes de fourrage d’un seul coup.
- Les appareils que nous venons d’examiner ne dépassent pas, en général, une hauteur de 10 mèt.
- La figure 61 montre le principe d’un déchargeur électrique à câble pour constituer les meules en plein air. L’ensemble, en dehors du treuil électrique, peut revenir à 100 ou 130 francs d’après M. Ringel-mann. Pour supporter les poulies B et C en plein air, on emploie trois perches formant trépied et assemblées par des étriers (fig. 62).
- Fig. 62. — Assemblage des perches. P. P', P", perches en bois; e, étrier.
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- On peut employer le même dispositif pour un grand fenil.
- La figure 63 se rapporte au cas d’un fenil possédant un rail fixe Ail, BAC ou DCE, suivant le cas d’établissement du fenil.Ce rail fixe ou chemin de roulement est en bois (fig. 64) ou en fer (fig. 65).
- Le détail du chariot transporteur est donné par les ligures 66 et 67. La corde M
- Fig. 63. — Cas de l'appareil électrique de déchargement rapide pour un fenil.
- 1" Le fenil est de petit modèle, une seule entrée existe, dans ce cas AB est le rail fixe; 2° on a une ouverture pour le chargement de chaque côté. Le rail fixe : A B C. 3° La voiture pénètre dans le fenil et se trouve à l'abri du mauvais temps. Le rail fixe : CD K.
- subit l’action du treuil électrique, qui tend à faire monter la poulie m. Celle-ci vient faire butter e en n ; à ce moment, le déclic / se défait, et le chariot va de gauche à droite. Quand il arrive au-dessus du tas de foin, une traction sur s amène le déchargement; la voie Y ayant une pente convenable, le chariot revient seul à sa position initiale. La corde r sert dans le cas où Y n’a pas de pente.
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- La figure 68 donne l’ensemble de l’installation d’un grand fenil. Toute explication est inutile; il suffit de raisonner quelque peu la figure (1).
- TRAVAUX PRÉPARATOIRES
- Les matières premières étant parvenues à la ferme, nous allons leur
- Fig. 64. — Chemin de roulement en bois.
- différents bâtiments soit pour l’éclaira
- faire subir différents travaux préparatoires.
- La ferme possède en général une sous-station (fig. 69), d’où l’on dirige la distribution de l’énergie dans les
- Fig. 65. — Coupe d’un chemin de roulement en fer.
- ge, soit pour faire mouvoir >les appa-
- Fig. 66. — Principe d’un appareil transporteur.
- reils (fig. 69 bis). Souvent même, cette sous-station possède une batterie d’accumulateurs : au Sillium, par exemple.
- (1) Bulletin do novembre 189i, p. 820.
- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Janvier 1899.
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- AGRICULTURE
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- Dans la ferme de ce domaine, sont actionnés électriquement :
- 1° La machine à brasser de la brasserie; 2° le moulin à broyer le maïs; 3° le
- Fig. 67. — Chariot transporteur.
- Y, rail de roulement sur bois ; i, tige fixant le rail fixé après la ferme du fenil ; t, taquet fixe (fig. 68); V, crochet (voir fig. 66) ; I, position pendant l’ascension de la charge ; II, position pendant son déplacement latéral.
- Fig. 68. — Vue d’ensemble de l’installation électrique de déchargement rapide d’un grand fenil.
- La corde ihh' sert à ramener le grappin et le chariot A au-dessus de la voiture, grâce au contrepoids, P ;
- S S est le rail fixe ; t est un arrêt fixe pour A.
- moulin à malt; 4° le concasseur à malt; 5° le trieur à semailles ; 6° la machine à nettoyer le colza; 8° le montage des sacs.
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- l’ÉLEGTROTEGHNIE AGRICOLE EN ALLEMAGNE. 99
- Voici à peu près la puissance absorbée par chacun de ces appareils :
- Poncelets.
- 1° La machine à brasser............................... 3,74
- 2° Le nettoyeur pour malt................. ........... 0,57
- 3° Le concasseur à malt. ............................. 0,75
- 4° Le montage des sacs................................ 1,50
- 5° La machine abattre (pour 16000 à 2000 kilog. de blé
- en 11 heures).................................... 15
- 6°tPour la machine à battre et la presse à fourrage, ensemble. 23,76
- Nous allons passer en revue les différents appareils de préparation du grain et du fourrage.
- Fig. 69. — Sous-station de ferme.
- Voici d’abord une batteuse en grange, hermétiquement close de façon à empêcher les poussières de venir se déposer sur la dynamo (fig. 70).
- On emploie aussi (fig. 71-72) une batteuse en plein air mue par une petite locomobile, dont le détail est donné par la figure 73.
- L’avantage de ces petites locomobiles consiste dans leur facile transport, provenant de leur légèreté. Cela permet d’en employer une seule pour faire mouvoir un grand nombre d’appareils.
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- Mentionnons encore une batteuse Schuckert petit modèle, ayant figuré à
- l’exposition'de Hambourg, absorbant 110 volts et fournissant!1^,5 (2chevaux)(fig. 74).
- On pourra, de la même façon, faire mouvoir un tarare, un moulin à farine, un treuil de moulin (Fig. 80), etc. Citons aussi la disposition d’une presse à fourrage qui permet un grand débit (fîg. 75).
- Puis nous avons l’exemple d’un hache-paille (fig. 77) et d’un concasseur (Fig. 76).
- Dans les installations allemandes, nous trouvons beaucoup d’appareils mus électriquement : des scies circulaires, des raboteuses, des pompes à eau, à vin.
- La question des pompes est d’une grande importance, car, par leur extrême
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- l’ÉLECTROTECHNIE AGRICOLE EN ALLEMAGNE. 101
- rapidité de mise en marche, elles permettent d’arrêter au début tout commen-
- Fig. 72.,— Batteuse électrique,
- eement d’incendie, surtout s’il y a une tuyauterie habilement disposée avec des bouches toujours munies de tuyaux en toile et de lances.
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- A signaler encore une tondeuse électrique pour moutons absorbant 110 volts
- (Fermée.) (Ouverte.)
- Fig. 73. — Petites locomobiles électriques Schuckert,
- et un ventilateur électrique pour écuries et granges réalisé par Y Union. En voici une, vue pendant son fonctionnement à l’exposition de Hambourg (fig. 78).
- Fig. 74. — Batteuse électrique, petit modèle, à l’Exposition de Hambourg. M, électromoteur.
- Il y aurait encore beaucoup à dire, mais je ne veux pas retenir plus longtemps l’attention du lecteur sur un sujet aussi aride. Je crois avoir montré tous les
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- avantages que l’on peut tirer de l’électricité, avantages qui proviennent de lapro-
- Fig. 75. — Presse à fourrage Schuckert. Dans le fond, dispositif portatif d’éclairagê à arc
- de la figure 79.
- Fig. 76. — Concasseur actionné électriquement.
- priété particulière
- qu’a l’énergie électrique de se prêter facilement à toutes
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- Fig. 78. — Tondeuse électrique Schuekerl, à l’Exposition de Hambourg.
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- les fantaisies du travail mécanique et, en même temps, de donner un éclairage propre, abondant, bon marché, rapide et sans danger d’inflammation.
- Frais d’établissement des appareils complémentaires nécessaires sur un bien de 375 hectares.
- NOMBRE de PIECES. DESCRIPTIONS DÉTAILLÉES DES OBJETS. PRIX. POUR intérêts. TOUR 1 amortissement.! ^ ' s POUR P réparations. TOTAL. I 1 FRAIS ANNUELS.
- fr. fr.
- 1 Moteur carrossable de llPt*,25,
- avec accessoires (battre le blé). 3 000 4 6 5 15 450
- i Tambour à câble contenant 30 mè-
- très de conducteurs souples . . 500 4 6 5 15 75
- i Moteur transportable de lpt,5 avec
- accessoires (hacher la paille,
- pomper, etc.) 1500 4 6 5 15 225
- i Élévateur électrique 2500 4 6 5 15 375
- i Transformateur à la ferme . . . 2500 4 O 2 11 275
- » Éclairage : 4 lampes à arc, 80 lam-
- pes à incandescence 1500 4 5 5 14 210
- Total 11 500 )) » )> )) 1610
- BILANS COMPARATIFS d’üNE PROPRIÉTÉ DE 375 HECTARES AVEC OU SANS EXPLOITATION ÉLECTRIQUE
- I. Propriété sans exploitation électrique.
- 9 attelages (paire) à 3000 francs par an d’entretien chacun. . . 27 000 fr.
- Locomobile de llpts,25, travaillant pendant 600 heures, donc
- 6 750 Poncelets-heures à 0f,30................................ 2024 —
- Éclairage au pétrole : 20 lampes pendant 800 heures, donc 1 600 heures d’éclairage à 0f,037b.............................. 600 —
- Total.................. 29 62b fr.
- II. Propriété avec exploitation électrique.
- Sur 375 hectares, 200 doivent être labourés avec des machines et une partie même deux fois, de sorte que cela fait 300 hectares à labourer; on emploie une charrue Brutschke, qui convient le mieux pour une étendue de cette superficie, le modèle Siemens étant étudié pour de plus grandes exploitations. C’est un
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- AGRICULTURE.
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- modèle Brutschke demandant 18Pts,75. Il faut, d’après les tableaux reproduits précédemment, 985 heures pour faire ce travail.
- La consommation d’énergie est la suivante :
- Charrue électrique Machine à battre. Hache-paille, etc..
- Éclairage........
- Diverses .........
- Poncelets • heures.
- 18,75 x 985 = 18 468,75 Poncelets-heure.
- 11,27 x 600 = 6 750 —
- 1.50 x 800 = 1 200 —
- 7.50 x 800 = 6 000
- .......... 562,50 —
- 32 981,25 soit33 OOOPoncelets-heures.
- Si on compte, pour les établissements secondaires, un rendement de 84 p. 100, il faut prendre sur les canalisations 39 150 Poncelets, ce qui fait 21Pts,76 pendant 1 800 heures.
- On a donc :
- Dépenses :
- USINE CENTRALE
- MACHINE à vapeur de 30 Poncelets. MACHINÉ à vapeur préexistante de 30 Poncelets. TURBINE hydraulique de 30 Poncelets. MACHINE à vapeur de 300 Poncelets. TURBINE hydraulique de 300Poncelets.
- Cinq attelages restant. . . . fr. 15000 » fr. 15 000 » fr. 15000 » fr. 15000 » fr. 15 000 »
- Usine centrale : 1800 heures d’exploitation 12125 » 8062,50 7625 » 6125 » 3 687,50
- Charrue Brutschke (985 heures de travail) 8 437,50 8437,50 8437,50 8437,50 8637,50
- Installation électrique fixe (éclairage de) 1610 » 1610 » 1610 >» 1610 « 1610 »
- Total des dépenses. . 37172,50 33110 » 32672 » 31 172,50 28735 «
- Dépenses dans le cas où il n’y a pas d’énergie électrique.. 29 625 » 29625 » 29625 » 29625 » 29625 »
- On a une différence de. . . . 7547,50 3485 » 3 047 » 1 547,50 )>
- Ce qui fait qu’il faudra avoir un accroissement de recette par hectare de 19,60 9,30 8,15 4,12 »
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- l’ÉLECTROTECHNIE AGRICOLE EN ALLEMAGNE.
- bilan d’une exploitation de 1 250 HECTARES, avec ou sans installation électrique
- I. Sans installation électrique.
- Dépenses :
- 20 paires de bœufs à 2 500 francs par an.......... 50 000 francs.
- Une locomobile.................................... 4 375 —
- Éclairage......................................... 1500
- Dépenses pour hacher la paille, pompes, etc....... 2500
- Total des dépenses.......... 58 375 francs.
- II. Avec installation électrique.
- Des 1250 hectares, 750 doivent être labourés à la machine, et un tiers deux fois, de sorte que l’on a en tout 1000 hectares à labourer. On prend une charrue Semiens qui convient bien dans ce cas; la puissance absorbée serait de 56pts,25 ; on compte qu’il faudrait 1 27 0 heures de travail dans ces conditions Dépenses :
- 10 paires de bœufs à 2 500 francs Centrale actionnée par la vapeur, fr. 25 000 » Centrale actionnée hydrauliquement. fr. 25 000 »
- Usine centrale : 1 800 et 56Pfcs,25 Prix de la charrue Installations électriques diverses (à 0",145 le Pt-h.). 16 625 » 15 698,50 3 000 » (à Û'COD le Pt-h.). 10312,50 15 698.50 3 000 »
- Dépenses totales dans le cas d’une installation électrique 60 317,50 5 4000 »
- Dépenses dans le cas où il n’y a pas d’installation électrique 58 375 » 58 375 »
- Différence résultante. . . + 1942,50 — 4 370 »
- TRAVAIL EFFECTUÉ ET PRIX DE REVIENT d’une charrue ÉLECTRIQUE
- (système à 2 treuils).
- Puissance absorbée.................................... 56pts,25
- Travail de i, a charrue :
- Profondeur Surface labourée Surface labourée
- du en 1 heure effectivement
- sillon. au maximum. Arrêts. en 1 heure.
- hectares. p. 100. hectares.
- 30 1,13 20 0,91
- 35 0,85 20 0,68
- 500 hectares sont labourés à 30 centimètres de profondeur en . . 550 heure
- 500 hectares sont labourés à 35 centimètres de profondeur en 720 —
- 1000 hectares travaillés par an en
- 1 270 heures.
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- AGRICULTURE.
- JANVIER 1899.
- Les frais annuels s’élèvent à 12 380 francs.
- Les frais horaires sont de :
- Fr.
- Dépense d’huile........................................ 0,375
- 2 machinistes........................................ 0,750
- 2 aides.............................................. 0,S0
- Total
- 1,625
- En 1 270 heures on aura 2 063 fr. 73.
- Le total des frais par an est donc de 12 380 + 2 063,73 = 14443 fr. 73.
- 36pts 25
- La charrue absorbera—= 63pts,75 environ, étant donné que les
- 0,80
- électro-moteurs ont un rendement de 0,89.
- Estimation des frais pour une charrue électrique de 56Pts,25
- (système à deux treuils).
- NOMBRE DE PIECES. DÉTAIL DES OBJETS. PRIX d’une PIÈCE. TOTAL. POUR j intérêts. 1 POUR 1 amortissement. | T3 \ . , POUR ( P réparations. 1 *3* H O H TOTAL PAR AN.
- 2 Treuils avec moteurs de 56pts,25 fr. 22 500 45 000 A 6 4 14 6 300
- 3 Tambours à câbles pour les treuils.. . 2 500 7 500 4 7 8 19 1 425
- 1 Transformateur transportable 6 500 4 0 3 12 780
- » Appareil de champs : une défonceuse, et une charrue à bascule )) 12 500 4 7 0 16 2 000
- » 800 mètres de câble d’acier. )) 3 750 4 46 » 50 1 875
- Total )) 75 250 )> )> » )) 12 380
- On peut encore signaler un appareil pour faire les saucisses (n’oublions pas que nous sommes en Allemagne), une écrémeuse, etc.
- Il faudrait également citer tous les appareils employés dans la sucrerie, etc. Enfin, l’énergie électrique sera utilisée pour l’éclairage des différents em-
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- l’ÉLECTROTECHNIE AGRICOLE EN ALLEMAGNE.
- 109
- placements de la ferme; les mêmes conduites serviront à la distribution de l’énergie. Dans certains cas même, on pourra terminer des travaux commencés ou prolonger la journée de travail à cause de l’incertitude du temps, et cela, grâce au dispositif de la figure 79, qui est très mobile (1). Il est préférable, pour cette destination, d’employer les lampes à arc de longue durée, qui ne nécessitent de manipulation que toutes les 150 heures, au lieu de 16.
- Fig. 79. — Éclairage à arc, portatif (système Schuckert)
- Voici, en résumé, les principaux avantages des installations agricoles employant l’électricité comme force motrice :
- 1° On peut employer une force hydraulique ou une force à vapeur préexistante, utilisée momentanément dans Vannée (Ex. : distillerie, sucrerie, amidon-nerié), pour faire mouvoir : la charrue, la batteuse, la pompe centrifuge, la scie rotative, le presse-motte, etc.; et, dans le deuxième cas, cela permet un amortissement plus rapide du capital engagé dans Vinstallation initiale.
- 2° Les machines utilisant ïénergie électrique peuvent être placées à réimporte quel endroit sans nuire au rendement économique puisque la transmission se fait par une ligne en cuivre avec peu de perte.
- (t) Il reste à signaler une application curieuse et récente. Un aviculteur, remarquant qu’il devait avoir dans son poulailler un certain nombre de poules ne pondant pas, a eu l’idée d’installer des appareils producteurs de l’ayons X, et d’examiner ses bêtes une à une pour reconnaître les mauvaises pondeuses, qui ont été éliminées.
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- 3° Le même moteur électrique peut faire mouvoir successivement, et à des instants variables, différentes machines agricoles, grâce à son poids léger, d’où son facile transport.
- 4° La division illimitée de l’énergie électrique permet de faire fonctionner en même temps et en des lieux différents plusieurs appareils.
- 5° On a la possibilité, avec la même distribution, de fournir la force motrice, ïéclairage et même le chauffage.
- 6° On a aussi la sécurité presque absolue contre le feu, à la condition, toutefois, d’avoir une installation bien comprise et exécutée avec le plus grand soin, en ne ménageant nullement les appareils de sûreté.
- 7° La manipulation de l’exploitation est facile et simple.
- 8° Ce genre d’énergie permet la mise en route instantanée de pompes à grand débit, pour localiser et même arrêter tout commencement d'incendie, à la condition d’avoir un réseau de conduites d’eau bien compris.
- 9° Par la suppression des bêtes de somme, on évite l’action des grandes maladies épidémiques et des oscillations financières dans le prix des matières alimentaires, d’où il résulte quelquefois une vente forcée qui amène la ruine.
- Certainement, ces procédés de culture ne se généraliseront pas en France aussi vite qu’on pourrait le désirer, par suite de la division excessive de la propriété (1). Cette division n’a aucun lien avec la composition du sol, et, par conséquent, comme on l’a déjà dit tant de fois, elle est nuisible à la culture comme on doit la comprendre aujourd’hui pour pouvoir lutter avec nos concurrents étrangers sans gêner nos propres concitoyens par des droits vexatoires.
- Il y a encore beaucoup à faire en France. C’est aux électriciens à mobiliser des capitaux, à distribuer l’électricitc à bon marché, à louer des appareils de culture ou même faire exécuter par leurs propres ouvriers les travaux de l’agriculture, sans obliger le paysan à immobiliser un capital qu’il lui est presque impossible de se procurer.
- C’est aux agriculteurs à se grouper, à s’entendre, à former des syndicats, dont la puissance d’action est toujours beaucoup plus grande que celle d’aucun de ses membres.
- Quant au grand propriétaire, malgré les jalousies dont il est l’objet, et qui l’arrêtent souvent, il est de son devoir d’étudier la question, de chercher les avantages qu’il peut obtenir dans les conditions où il se trouve. C’est à lui à donner l’exemple, mais en marchant sagement, sans passer d’un extrême à l’autre.
- Un champ qui est certainement plus libre, où l’on rencontrera moins de résis-
- (1) Malheureusement on ne cherche guère à lutter contre cela; on voudrait plutôt voir chacun exploiter son petit coin de terre. Cette méthode nous nuira beaucoup, en ne nous permettant pas d’avoir un travail économique.
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- l’ÉLEGTROTECHNIE AGRICOLE EN ALLEMAGNE.
- tance pour cette application, — surtout aujourd’hui, où une réaction commence à se faire en faveur de nos colonies, — c’est en Algérie, à Madagascar. Là, des concessions immenses et d’un seul tenant pourraient être mises en exploitation, à la condition toutefois que ces concessions fussent accordées à des Sociétés ayant
- Fig. 80. — Treuil de moulin ou de ferme mû électriquement.
- de'puissants moyens d’action et non à des particuliers, la plupart du temps sans argent.
- On ne verra alors peut-être plus employer des procédés de travail agricole aussi barbares que celui de cet Arabe qui, n’ayant pas assez de force motrice pour sgs travaux de labour avec son âne, ne trouve rien de mieux que d’atteler sa femme en flèche avec cet intéressant animal.
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- Malheureusement, il se môle à ce mouvement colonial un esprit démocratique mal compris, qui menace de rendre pour longtemps encore nos colonies improductives. C’est la théorie des petites concessions ; on ne veut en accorder qu’à des gens de petite surface, oubliant que ce n’est qu’avec de puissants moyens d’action que l’on arrive à produire et à exporter, ce qui fait la richesse d’un pays.
- C’est un grave danger ; nous engloutissons ainsi des millions dans nos colonies sans vouloir employer les méthodes nécessaires pour en retirer un profit.
- On ne veut pas des grandes compagnies, oubliant que c’est grâce à elles que nos concurrents coloniaux ont réussi.
- Ceux qui, par hasard, comprennent les avantages que nous pourrions tirer de ces méthodes d’exploitation à l’aide de grandes compagnies, se taisent par peur, ils craignent d’être accusés de favoritisme.
- Les innovateurs s’attirent môme parfois chez nous l’hostilité de leurs concitoyens. En effet, n’a-t-on pas vu un candidat aux élections législatives dire, en parlant des appareils de M. Félix Prat :
- « Si les paysans se rendaient compte de ce que veut faire M. Prat avec ses machines, ils les auraient déjà bridées depuis longtemps. »
- Et cela parce qu’on reproche à M. Prat de chercher à substituer des machines à la main-d’œuvre et de répandre une méthode qui doit, dit-on, amener la ruine du petit propriétaire.
- Tout cela est faux. Jamais les machines n’ont déprécié la main-d’œuvre; elles ont surtout pour effet de donner plus de puissance à cette main-d’œuvre, qui commence à tant manquer en agriculture.
- Les machines ont un autre avantage : celui de produire davantage. Augmentant le rapport du propriétaire, elles permettront d’élever le salaire de ceux qui sauront rester au travail de la terre.
- Comme j’ai déjà cherché à vous le faire voir, après bien d’autres plus compétents que moi, l’Allemagne est actuellement un redoutable concurrent pour nous. A tous les points de vue : industriel et agricole, elle progresse encore. Il est temps d’aviser avec pleine confiance dans nos capacités et dans la puissance de nos capitaux.
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- ARTS CHIMIQUES
- sur l’essai rapide des fumées dans des foyers industriels, par M. H. Le Ghatelier, Membre du Conseil.
- Pour obtenir une bonne utilisation des combustibles, il est essentiel que la proportion d’air admise s’écarte aussi peu que possible de la quantité strictement nécessaire à la combustion totale. Un excès d’air, en augmentant la masse des fumées, augmente la quantité de chaleur qu’elles emportent en pure perte à la cheminée; un défaut d’air, en rendant la combustion incomplète, amène la production d’oxyde de carbone, qui emporte dans les fumées une quantité importante de chaleur latente non utilisée. Le seul procédé certain pour obtenir un bon réglage de la combustion est l’analyse fréquente des fumées; la burette de Bunte permet de faire facilement et avec une rapidité relative de semblables analyses. C’est néanmoins un appareil délicat, dont le maniement exige un certain apprentissage, dont l’usage, par suite, ne peut être confié au premier ouvrier venu; c’est là, indépendamment des traditions trop invétérées de routine, le motif pour lequel ces analyses de fumées ne sont pas plus répandues dans les usines.
- Je me suis demandé si, en se contentant d’un essai qualitatif des fumées, suffisant à la rigueur pour la conduite d’un four, on ne pourrait pas arriver à des procédés simples de contrôle, à la portée de n’importe quel ouvrier. En se plaçant dans les cas où les fumées, à leur sortie du four, ont une composition homogène, il suffit, pour le but poursuivi, de reconnaître si elles renferment de l’oxygène libre ou de l’oxyde de carbone.
- De nombreux réactifs de la voie humide permettent de reconnaître la présence de l’oxygène. Celui dont l’emploi m’a semblé le plus facile est l’hydrosulfite de soude additionnée d’une petite quantité d’indigo. En faisant traverser ce liquide par un courant de gaz aspiré dans la cheminée, la présence de l’oxygène se ma-manifeste par le rétablissement de la coloration bleue de l’indigo, qui avait été décoloré par l’hydrosulfite. On peut même se faire une idée de la proportion relative d’oxygène en comparant les volumes de fumée et d’air pur qu’il faut faire passer à travers le liquide pour obtenir la coloration bleue, la même quantité d’hydrosulfite ayant, bien entendu, été employée dans les deux cas.
- La reconnaissance par voie humide de l’oxyde de carbone, sans être impos-Tome IV. — 98e année. 5e série. — Janvier 1899. 8
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- sible, est plus difficile, parce que les actions réductrices qu’il exerce à la température ordinaire sont beaucoup plus lentes. Les principaux réactifs qui ont été indiqués sont les suivants :
- Dissolution ammoniacale d’oxyde d’argent avec précipitation d’argent pulvérulent noir;
- Dissolution de permanganate de potasse dans l’acide azotique avec addition de nitrate d’argent ; le liquide est décoloré ;
- Dissolution de manganate de potasse dans une solution concentrée de potasse ; la liqueur verte est décolorée avec précipitation d’oxyde noir de manganèse ;
- Acide iodique anhydre et légèrement chauffé, qui est réduit avec mise en liberté d’iode.
- Après bien des tâtonnements, je suis arrivé à cette conclusion : que le procédé le plus pratique pour l’essai des fumées était encore le vieux procédé classique des laboratoires, qui consiste à observer les changements de couleur du cuivre chauffé, lequel noircit par oxydation dans les atmosphères oxydantes et reprend sa couleur rouge par réduction. C’est le procédé recommandé depuis longtemps par M. Schlœsing pour le réglage de la flamme dans son chalumeau à vent soufflé.
- Pour rendre ce procédé pratique dans les usines, il fallait seulement trouver un mode simple de chauffage du cuivre soumis à l’action des fumées. Dans une série préliminaire d’expériences, j’ai déterminé la température minima à partir de laquelle les phénomènes d’oxydation et de réduction commencent à se produire. Ils commencent à se manifester dès 200°, et ils deviennent très rapides au-dessus de 300°.
- Il suffit que le cuivre soit chauffé à 300° pour obtenir des indications en quelque sorte instantanées, c’est-à-dire, pour que le temps de la réduction ou de l’oxydation ne diffère pas de celui nécessaire pour amener au contact du métal une quantité d’oxygène ou de gaz réducteurs capable de provoquer la transformation chimique complète. Dans le cas ou les fumées ont été préalablement refroidies, le courant gazeux ne doit pas avoir une vitesse exagérée, sans quoi, malgré le chauffage, il refroidirait le cuivre au-dessous de la température de réaction.
- Cette température de 300° peut être obtenue dans le verre sans même attendre son point de ramollissement, qui est supérieur à 500°. Pour avoir un appareil aussi portatif que possible, j’emploie (fig. 1) comme mode de chauffage un bec à gaz annulaire système Argand, du modèle courant, ou (fig. 2) une lampe à alcool à mèche annulaire. Un tube de verre fermé au sommet passe (fig. 3) par l’orifice central de l’un ou l’autre de ces appareils de chauffage, de façon à pouvoir être enveloppé par la flamme. A l’intérieur du tube de verre, un tuyau en
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- ESSAI RAPIDE DES FUMÉES DANS DES FOYERS INDUSTRIELS.
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- terre de pipe sert à amener les famées. Son extrémité supérieure a été enduite d’une mince couche d’oxyde de cuivre par immersion dans une solution étendue de nitrate de cuivre, suivie d’une calcination. On règle la flamme de façon à lui donner 15 millimètres environ de hauteur, le sommet du tube dépassant le sommet de la flamme d’environ 50 millimètres. Au niveau de la flamme, le tube
- Fig. i, 2 et 3. — Appareil de M. H„ Le Chatelier pour l’essai des fumées.
- de verre est recouvert d’une couche protectrice de lils d’amiante. Il est utile, la première fois que l’on se sert d’un semblable appareil, de se faire la main au réglage de la flamme en expérimentant alternativement les actions réductrices et oxydantes du gaz d’éclairage et de l’air pur. Si le chauffage est convenable, les changements de coloration doivent être instantanés.
- Pour faire passer les fumées dans cet appareil, on peut les recueillir d’abord dans un aspirateur formé de deux vases communicants, et les chasser ensuite
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- par un tube de caoutchouc aboutissant au tuyau en terre de pipe, c’est le dispositif correspondant à la figure 2. Ou bien on peut faire passer directement les fumées dans l’appareil en plaçant celui-ci entre la cheminée et l’aspirateur. Dans ce cas, le tube de verre doit, au-dessous de la lampe, porter une tubulure latérale, qui est reliée à l’aspirateur, tandis que le tuyau en terre de pipe est relié à la cheminée. Il faut alors établir un joint bien étanche, par un bouchon ou autrement, entre le tuyau de pipe et le tube de verre.
- Deux précautions importantes doivent être prises en recueillant les fumées afin de les avoir bien exactement avec la composition qu’elles présentent à la sortie du four. Il faut s’assurer, par un examen très minutieux, qu’il ne peut pas se produire de rentrées d’air entre le four et le point de prise d’essais par des fuites de registres, fissures dans les maçonneries, insuffisance des joints autour du tube servant à recueillir les gaz, ou par toute autre cause. Il faut, en second lieu, éviter que le tube servant à recueillir les fumées ne puisse altérer leur composition, ce qui arrive lorsque le tube est en métal et la température suffisamment élevée; l’acide carbonique est alors réduit à l’état d’oxyde de carbone. Il est préférable, dans tous les cas, de supprimer complètement le métal ou, au moins, de le séparer de tout contact immédiat avec les gaz, en employant des tubes de verre pour les températures inférieures au rouge visible et des tubes de porcelaine ou de terre pour les températures plus élevées.
- Sur quelques propriétés de l’aluminium. Note de M. A. Ditte (I)
- J’ai montré, dans une communication précédente (2), que l’aluminium, loin d’être inaltéré par les agents chimiques, est, au contraire, en raison de sa chaleur d’oxydation considérable, attaqué par le plus grand nombre d’entre eux. Son inaltérabilité n’est qu’apparente et tient à ce que, dans la majeure partie des cas, le métal se revêt immédiatement d’une couche protectrice très mince, mais continue et imperméable, d’alumine ou d’un gaz. Je me propose d’examiner dans cette note si les réactions demeurent les mêmes quand on opère en présence ou en l’absence de l’air, et de montrer que l’altération de l’aluminium est notablement facilitée par l’intervention de l’oxygène et de l’acide carbonique atmosphériques.
- Considérons, par exemple, une solution de sel marin mélangée d’acide acétique, liqueur qui, nous le savons, peut dissoudre l’aluminium, et faisons-le agir, dans un vase ouvert, sur une lame de ce métal qui n’y est plongée qu’en partie. Il est facile de constater que l’attaque est bien plus énergique dans une zone étroite située à la surface de séparation du liquide et de l’air que partout ailleurs. Au bout d’un temps variable avec l’épaisseur de la lame, la portion de celle-ci qui est voisine de la surface liquide est profondément corrodée et la partie immergée est presque entièrement séparée de celle qui est en dehors de la liqueur. C’est qu’en ces points, à l’action du sel marin et de l’acide acétique sur le métal s’est ajoutée celle de l’oxygène ; en effet, ce gaz, en se combinant directement à l’aluminium, avec dégagement
- (1) Comtes rendus de l’Académie des Sciences, 23 janvier 1899, p. 195.
- (2) Bulletin de décembre 1898, p. 161.
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- SUR QUELQUES PROPRIÉTÉS DE L’ALUMINIUM.
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- de 131 calories, le recouvre, dans les circonstances ordinaires, d’une couche imperméable d’alumine qui arrête immédiatement l’action de l’oxygène, tandis qu’il n’en est pas de même dans notre liqueur; l’alumine formée sera dissoute au fur et à mesure par l’acide acétique, de sorte que rien ne s’opposant au contact du métal et de l’oxygène, l’oxydation de l’aluminium continue, et bientôt la lame est corrodée et perforée en même temps que du chlorure aluminique et de l’acétate de soude se dissolvent dans la liqueur.
- Dans les régions de la surface liquide qui sont plus ou moins éloignées de la lame métallique, l’oxygène de l’air qui touche cette surface se dissout, pénètre à l’intérieur de la dissolution et finit par arriver en contact avec le métal ; en raison de la difficulté que ce gaz éprouve à traverser les couches liquides, son action estd’autant plus limitée que les régions considérées sont situées à une profondeur plus grande ; il n’en est pas moins vrai que la corrosion de l’aluminium résulte à la fois des actions combinées du chlorure de sodium et de l’acide acétique d’une part, de l’oxygène et de cet acide de l’autre. A la surface même, là où le contact avec l’oxygène est le plus facile, le liquide monte par capillarité le long de la lame, et comme, pendant le cours de l’expérience, la surface s’abaisse légèrement à la suite de l’évaporation du liquide, l’action de l’oxygène s’exerce non pas sur une ligne, mais sur une bande d’une faible largeur; les petits trous dont le métal est criblé se répartissent dans cette zone dont la largeur est de 2 millimètres environ.
- Naturellement, tout acide autre que l’acide acétique, mis en présence de notre solution de sel marin, se comportera comme lui; nous allons constater que l’acide carbonique de l’atmosphère joue un rôle un peu différent.
- Soit une lame d’aluminium partiellement plongée dans une solution de sel marin, en contenant 30 grammes par litre, par exemple, solution qui, lorsqu’elle est pure, n’agit pas sur l’aluminium, et opérons à la température ordinaire, en laissant l’air arriver librement à la suface de la liqueur; l’altération du métal ne tarde pas à commencer à cette surface, il se recouvre d’une couche d’alumine gélatineuse plus ou moins épaisse, tandis que l’attaque est beaucoup plus lente sur la partie immergée de la lame. Un peu plus tard, on observe, au milieu de la gelée d’alumine, l’apparition de points opaques, blanc mat, qui s’accroissent peu à peu, et, en cer~ tains de ses points, le métal immergé se recouvre, lui aussi, de flocons formés par de l’alumine en gelée, mêlée de parties blanches. La dissolution saline, d’abord neutre, ne tarde pas à bleuir le tournesol rouge, et elle devient de plus en plus alcaline à mesure que l’altération du métal va en s’accentuant. On peut se rendre compte aisément de ce qui se produit dans ces circonstances.
- L’oxygène dissous dans la liqueur, celui surtout qui se trouve au voisinage immédiat de la surface libre, oxyde une quantité très faible d’aluminium et recouvre le métal d’une mince couche d’alumine qui ne peut réagir sur le sel marin, puisque la réaction
- A1203 + 6NaCl diss. = Al2Cl6diss. x 3Na20 diss. —28,7
- est endothermique, c’est alors que l’acide carbonique de l’air intervient ; nous avons, en effet :
- A1203 + 6NaCl diss. + 3C02 diss. = Al2Cl6 diss. + 3C02, Na20 diss. + 33,1
- et le carbonate de soude ainsi formé est, à son tour, susceptible de réagir sur l’aluminium pour donner du bicarbonate de soude et de l’aluminate que l’eau dissocie :
- Al2 + 2C02, Na20 diss. + 4H20 = A1203, Na2O diss. + 2C02, Na20, H20 diss. + (104,6 + q)
- {q étant la chaleur de formation de l’aluminate à partir de la soude dissoute et de l’alumine hydratée).
- Il se produit donc sur la lame d’aluminium, au contact de l’air, de l’aluminate de soude qui, décomposable par l’eau, donnera lieu à la mise en liberté de petites quantités d’alumine et de soude; or celles-ci suffisent pour déterminer des réactions nouvelles; car, grâce aux
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- variations de la température ambiante, la liqueur n’aura pas en tous ses points la même température et la décomposition de l’aluminate alcalin s’accomplira suivant le mécanisme que j’ai indiqué (Comptes rendus, t. CXVI, p. 183); il se formera de la soude et de l’alumine trihydratée cristallisée qui, moins soluble dans la soude que l’alumine gélatineuse, sortira du champ de la réaction, empêchera tout équilibre de s’établir et amènera la décomposition graduelle de l’aluminate; celui-ci, en effet, au contact de l’alumine cristallisée, donnera de nouveaux cristaux de cet hydrate, et de la soude, qui redissoudra de l’alumine gélatineuse, de sorte que peu à peu celle-ci se transformera en matière blanche et mate constituée par l’hydrate Al203, 3H20. Comme l’alumine en gelée forme une masse dont les divers points sont inégalement perméables à la soude et à l’aluminate alcalin, sa transformation est plus active là où ces substances sont én quantité plus forte, ce qui fait que [pendant un certain temps au moins, on observe sur le métal des dépôts alumineux formés de points blancs d’alumine cristallisée enveloppés d’une couche plus ou moins épaisse d’alumine gélatineuse.
- L’acide carbonique de l’air intervient également dans la transformation ; j’ai montré (Comptes rendus, t. CXVI, p. 386) que ce gaz peut décomposer une solution d’aluminate alcalin en donnant des cristaux d’alumine trihydratée, un carbonate alcalin, et parfois même, quand la liqueur est relativement riche en carbonate et pauvre en alcali libre, un carbonate double de soude et d’alumine. Ce dernier peut, d’ailleurs, lui-même être décomposé par l’alcali, au contact duquel il se trouve, en carbonate alcalin et alumine cristallisée.
- Il ressort de ce qui précède que l’eau salée pure qui, à l’abri de l’air, n’agit pas sur l’aluminium, l’attaque avec le concours de l’oxygène et de l’acide carbonique de l’atmosphère ; il se forme du carbonate et de l’aluminate de soude qui, en présence d’alumine gélatineuse ou d’acide carbonique, donnera lieu à la production d’alumine cristallisée, et celle-ci se rassemblera en flocons et en petites masses plus ou moins épaisses à la surface du métal. Ces masses, adhérentes et perméables, seront alors le siège de réactions plus ou moins actives : comme les liquides se meuvent difficilement à leur intérieur, l’alcali libre ou carbonaté y sera retenu, s’y accumulera en certaines proportions et s’y trouvera en quantité plus grande que dans le liquide ambiant; aux points qu’elles recouvrent, l’aluminium se trouvera donc en'contact avec des liqueurs plus riches en soude ou en carbonate que ne l’est la solution qui le touche aux endroits où sa surface est à nu, son attaque sera plus rapide, et il en résultera des perforations. D’autre part, la difficulté qu’éprouvent les liquides à se mouvoir à l’intérieur des masses d’alumine explique en même temps comment la transformation de l’alumine gélatineuse en hydrate cristallisé ne s’effectue pas simultanément dans toute la masse, mais de préférence en certains de ses points.
- Des expériences répétées avec des solutions salées renfermant de b grammes à 30 grammes de sel marin par litre d’eau, ont montré que, quelle que soit la concentration de la liqueur, l’action est la même, d’autant plus lente, bien entendu, que la dilution est plus grande. Dans l’eau de Seine elle-même, une lame d’aluminium est lentement oxydée; au point où elle traverse la surface de l’eau elle se recouvre bientôt d’un enduit gélatineux d’alumine dont l’épaisseur augmente à mesure que l’expérience se prolonge davantage.
- Vient-on à remplacer l’eau salée pure par de l’eau de mer qui, avec le sel marin, renferme d’autres chlorures et des bromures en dissolution, les choses se passent à peu près de la même manière; sous l’influence de l’acide carbonique les chlorures de calcium et de magnésium donneront des réactions exothermiques avec l’alumine provenant de l’oxydation du métal par l’eau ou par l’oxygène.
- A1203 + 3MgCl2 diss. + 3C02 diss. = A12C16 diss. + 3C02,Mg0 + 22,o
- APO3 + 3CaCl2 diss. + 2C02 diss. = AI2C16 diss. + 3C02, CaO + 28,6
- il en sera de même du bromure de sodium :
- APO3 + 6NaBr diss. + 3C02diss. = APBr6 diss. + 3C02,Na20 diss. + 36,3
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- les carbonates insolubles de chaux et de magnésie, mélangés à l’alumine trihydratée, formeront sur le métal des enduits insolubles, mais perméables ; ils n’empêcheront en rien son attaque par le carbonate alcalin qui viendra, en contact avec lui, former de l’aluminate de soude comme dans le cas du sel marin pur.
- Envisageons maintenant une lame d’aluminium sur laquelle a été déposée une petite quantité d’eau salée; au contact de l’air, l’attaque du métal se fera en donnant un peu de chlorure aluminique et de carbonate de soude qui attaquera l’aluminium avec production d’aluminate alcalin. Celui-ci une fois formé, la présence d’une trace d’alumine gélatineuse ou d’acide carbonique en déterminera la transformation en alumine trihydraté et en soude; enfin cette dernière dissoudra une quantité correspondante de métal en dégageant de l’hydrogène et produisant de l’aluminate qui, au contact de cristaux d’alumine trihydratée, se dédouble en 'soude et alumine cristallisée, et ainsi de suite. Il pourra bien arriver qu’avant d’agir sur le métal la soude soit saturée en totalité ou en partie, par l’acide carbonique de l’air, qui d’ailleurs concourt à la décomposition de l’aluminate et à sa transformation en alumine cristallisée et carbonate alcalin; mais alors c’est celui-ci qui dissoudra l’aluminium, en formant de l’aluminate (Comptes rendus, t. CXXVII, p. 925). Admettons, pour un instant, que l’eau salée ne s’évapore pas; nous voyons qu’une petite quantité de sel marin suffira pour attaquer, au contact de l’air, une proportion théoriquement indéfinie d’aluminium; en effet, l’alumine hydratée cristallisée, non soluble dans la soude ou son carbonate étendus, sort du champ de la réaction, s’accumule à la surface du métal et y forme un enduit plus ou moins épais, perméable, à l’intérieur duquel les liquides se meuvent avec lenteur et qui se comporte comme une sorte d’éponge disposée à la surface de l’aluminium et imprégnée d’un liquide alcalin qui, par le jeu des réactions, se renouvelle sans cesse tout en oxydant des quantités nouvelles d’aluminium aux dépens de l’eau et de l’oxygène atmosphérique.
- Avec de l’eau salée pure, l’évaporation pourrait bientôt entraver le phénomène en desséchant l’alumine et changeant notre matière spongieuse en un mélange sec d’alumine et de sel marin. Il n’en sera pas de même si le liquide actif est de l’eau de mer qui renferme des substances très hygrométriques ( chlorures de magnésium et de calcium , bromure de sodium, etc.). Celles-ci retiendront de l’eau ou condenseront de la vapeur atmosphérique, de manière à empêcher la dessiccation complète de l’enduit, et l’humidité, ainsi retenue, permettra la dissolution de petites quantités de soude, de carbonate et d’aluminate alcalins, qui agiront sur le métal, comme nous venons de l’expliqner.
- En définitive, toutes les fois que de l’aluminium se trouvera, à la fois, en contact avec l’atmosphère, de l’eau salée, de l’eau de mer ou de l’eau saumâtre, les réactions précédemment indiquées se produiront; le métal attaqué se recouvrira d’une couche plus ou moins épaisse, plus ou moins compacte, d’alumine, mélangée d’autres sels, solubles ou non. Si l’aluminium, une fois retiré du liquide, n’est pas entièrement débarrassé de cet enduit, s’il n’a pas subi des lavages convenables qui le dépouillent de toute trace de matière alcaline, son altération continuera de se faire. Partout où la surface extérieure du métal aura laissé pénétrer une trace de sel marin à son intérieur, partout où un peu d’enduit demeurera adhérent à cette surface, l’attaque continuera lentement, se faisant d’autant mieux que la matière oxydée sera plus hygrométrique et rendra ainsi plus facile la réalisation des réactions précitées. Cet aluminium sera malade au même sens que le sont les objets antiques de cuivre qui, ayant été immergés dans des eaux saumâtres, continuent de s’altérer peu à peu dans la terre humide ou dans les musées, phénomène que M. Berthelot a élucidé en montrant (Comptes rendus, t. CXVIII, p. 768) qu’il a pour causes la formation et la décomposition successives d’un oxychlorure de cuivre; dans le cas de l’aluminium, le cycle des réactions exothermiques qui se reproduisent indéfiniment le change en alumine trihydratée cristallisée; l’oxydation, d’abord superficielle, pénètre de proche en proche jusqu’aux profondeurs de la masse métallique dont elle détermine le gonflement et la désagrégation progressifs.
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- CIMENTS
- SUR LA TEMPÉRATURE DE CUISSON DU CIMENT DE PORTLAND.*jNote de M. R. Feretr
- chef du laboratoire des ponts et chaussées à Boulogne-sur-Mer.
- Au cours de deux notes publiées en 1898 dans le Bulletin (pp. 867 et 1114), nous avons parlé de la haute température exigée par la cuisson du ciment de Portland et indiqué une limite inférieure de cette température.
- Des essais tout récents, que la Société des Ciments Français de Boulogne-sur-Mer et de Desvres a bien voulu faire sur notre demande, permettent de préciser ces indications.
- Dans un des fours coulants en usage depuis quelques années à l’usine de Boulogne, fours qui donnent du ciment de Portland de cuisson normale, on a, à cinq ou six reprises différentes, introduit des barres d’acier dur de diverses grosseurs, dont certaines mesuraient jusqu’à 0m,80 de longueur : jamais on n’a pu en retrouver trace au détournement.
- D’une barre de fer carrée de 0m,02 de côté et 0m,80 de long, mise dans le même four, on n’a retrouvé qu’un bout d’environ 0m,lo, dont l’une des extrémités, terminée en pointe, indiquait nettement qu’il y avait eu fusion du métal.
- Deux barres du même fer, de chacune 2 mètres de longueur, ont été placées verticalement en deux points différents d’un four Hoffmann, au milieu des briquettes de pâte et à une certaine distance des puits réservés pour l’introduction du charbon. Après cuisson, on n’a retrouvé qu’à peu près la moitié de chacune des barres.
- Pour l’une, la partie restante était la moitié inférieure ; elle était encore droite, mais fortement gonflée, arrondie, poreuse et très cassante, présentant à peu près l’aspect d’un morceau de charbon de bois. Sauf sur deux ou trois millimètres suivant l’axe du barreau, où le fer semblait être resté inattaqué, la matière était noire et brillante; son analyse (faite au laboratoire de l’École des Ponts et Chaussées) a montré qu’elle n’était autre que de l’oxyde de fer magnétique Fe3!)*, résultant évidemment de la décomposition, par le fer porté au rouge, de la vapeur d’eau entraînée dans le courant gazeux.
- L’autre barre avait été tordue en plusieurs points par l’éboulement des matières environnantes; on en a retrouvé deux tronçons, l’un, assez long, à la partie supérieure, l’autre, très court, au pied; ces débris étaient moins gonflés que ceux de la première barre, mais rongés à leur surface ; leurs extrémités, du
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- FOURS TOURNANTS AMÉRICAINS POUR LA CUISSON DES CIMENTS. 121
- côté de la partie manquante, étaient terminées en pointes, montrant bien que le métal intermédiaire avait fondu. Une roche de ciment assez homogène mais très lourde (densité = 3,35 au lieu de 3,20), trouvée dans le voisinage de la région fondue, contenait 17,5 p. 100 de sesquioxyde de fer, alors que la proportion ordinaire de ce corps, dans les ciments de la même usine, est d’environ 2,3 p. 100.
- Enfin, détail caractéristique, on a constaté, dans les deux cas, que les roches de ciment voisines des parties restantes des barres étaient d’une cuisson plutôt insuffisante, tandis que celles des régions où le fer avait fondu étaient bien cuites.
- Il y a donc tout lieu de penser que la température de cuisson du ciment portland est supérieure à la température de fusion de l’acier dur et correspond, à très peu près, à celle du fer.
- D’après les travaux les plus récents, qui fixent à 1 065° la température de fusion de l’or (1), celle du fer serait d’environ 1 600°.
- Il résulte de ces constatations qu’un bon four d’essai pour l’étude de la fabrication des ciments devrait permettre d’atteindre facilement au moins 1 800°, de manière qu’on pût y cuire des mélanges purs, ne contenant pas les fondants qui se rencontrent dans les ciments du commerce.
- FOURS TOURNANTS AMÉRICAINS POUR LA CUISSON DES CIMENTS (2)
- Ces fours procurent, comme on le sait (3), une grande économie de temps et d’argent, que l’on peut évaluer à peu près comme il suit :
- Dépense par baril.
- Production par jour. Main d’œuvre. Charbon.
- Four intermittent.................. 15 à 30 barrels (4)
- — continu...................... 40 à 80 — 0 fr. 60 à 0 fr. “0 0 fr. 25 à 0 fr. 30
- — tournant.....................120 à 180 — 0 fr. 13 à 0 fr. 20 0 fr. 55 à 0 fr. 75
- On voit que ces fours ne sont pas économiques de charbon : on compte, en effet, comme dépense de combustible :
- Pour les fours intermittents. ... 25 à 35 p. 100 du poids du ciment produit (coke)
- — continus.......... 12 à 16 — — — (charbon)
- — tournants. ..... 30 à 40 — — — —
- (1) Le chiffre de 1 200°, que nous avons indiqué dans une note antérieure (1898, p. 1114) est celui qu’on trouve dans les ouvrages de chimie déjà anciens.
- (2) Engineering Record, 17 décembre 1899, p. 47.
- (3) Bulletin de décembre 1898, p. 1298.
- (4) Un Barrel anglais vaut 164 litres.
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- CIMENTS.
- JANVIER 1899.
- Il faut, en outre, compter, en faveur du four tournant, une économie de 0 fr. 07 par baril pour son amortissement moins onéreux. Un four tournant coûte moins cher, et il faut cinq fours ordinaires pour faire la besogne de deux fours tournants, L’économie de main-d’œuvre explique le rapide progrès de ces fours aux États-Unis, où la main-d’œuvre est très coûteuse. On fabrique actuellement aux États-Unis 3 millions de barils de ciment par an avec les fours tournants, et cette production sera
- c .........'—r----1
- Fig. 1. — Four Ransonne (1885).
- bientôt doublée. La Compagnie Atlas possède, à elle seule, vingt-neuf de ces fours.
- Dès 1885, M. Ransonne breveta en Angleterre un four rotatif pour ciment (fig. 1), breveté en Amérique l’année suivante. Ce four consiste en un cylindre en tôle garni à l’extérieur de briques réfractaires, incliné, porté par des galets à ses deux extrémités, et tourné par un pignon à vis sans fin.
- Après avoir séché les matières généralement humides employées en Angleterre, on les introduisait en poudre dans ce four, qu’elles descendaient en zigzag par l’effet
- Fig. 2. — Four Navcuro (1891).
- combiné de sa rotation et de son inclinaison. Le chauffage se faisait par un gazogène dont le gaz brûlait à l’intérieur du four. Ce four est, en principe, semblable aux fours actuels, mais beaucoup plus petit ; on l’a employé en grand notamment aux usines de Gibbs, à Gray-sur-Tamise, mais sans succès, à cause, principalement, de l’agglomération des scories sur les parois, de l’irrégularité des produits et de sa dépense en combustible.
- La Compagnie américaine Atlas emploie ces fours Ransonne à Rondout et à Coplay, dans la vallée de Lehigh, où l’on dispose de matières premières sèches et dures admirablement adaptées aux fours tournants ; néanmoins, on ne put arriver au succès qu’après de nombreux tâtonnements et perfectionnements pratiques. C’est ainsi, qu’en
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- FOURS TOURNANTS AMÉRICAINS POUR LA CUISSON DES CIMENTS.
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- 1891, M. F. Navarro, ingénieur de cette Compagnie, breveta le dispositif, fig. permettant de récupérer la chaleur perdue du foqr en faisant passer ses gaz sur un réchauffeur que traverse l’air destiné à brûler le gaz, puis cet air achève de s’échauffer par son passage au travers d’un second cylindre placé soüs le four, au-dessus des cendres et scories qui tombent dans ce cylindre. Peu après, on remplaça le gaz par du pétrole brut, —
- ; Calcination Çyhndcr
- •ConveyorPit
- Conviyor Pif
- Fig. 3. — Four Warner (1892).
- qui remplaça le gaz de 1892 à 1896, — et qui est maintenant supplanté par le charbon pulvérisé.
- La figure 3 représente la disposition générale de l’un des premiers fours tournants américains pour des matières humides, construit en 1892 par la Compagnie Warner. Le séchage s’opéraitdans un premier cylindre tournant (Drtjing Cylinder), parla chaleur des gaz sortant du four. On séchait dans des cylindres séparés l’argile et la marne, que l’on mélangeait et pulvérisait avant de les passer au four. La longueur totale de l’installation, four et séchoir, était de 12 mètres environ.
- Fig. 4. — Four Giron (1893),
- En 1893, M. Giron, directeur de la Compagnie Atlas, proposa le four représenté par la figure 4, avec récupération de chaleur par une 'chaudière et par les scories, et marchant au pétrole. Actuellement, on a presque partout renoncé à cette récupération : les scories ne pourraient guère élever la température à plus de 120°; mais on pourra peut-être utiliser pratiquement la chaleur des gaz de la cheminée. D’après M- Giron (1), on aurait grand avantage à calciner au préalable les matières pour en chasser l’acide carbonique, ce qui faciliterait beaucoup le travail du four, et diminuerait
- (I) Enr/ineers Club of Philadelphia, Proceedings, vol. X, n° 3.
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- CIMENTS.
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- de moitié la dépense du pétrole. Ce serait, une opération économique partout où le pétrole est cher et le charbon bon marché; mais cette opinion de M. Giron aurait besoin d’être confirmée par la pratique. Néanmoins, en 1896, M. Navarro breveta le dispositif, fig. 5, pour la calcination préalable; la matière est calcinée dans un four tournant chauffé extérieurement au charbon, et son acide carbonique recueilli dans
- Fig. 5. — Four de calcination Navarro (1896),
- un récipient représenté à droite de la figure, pour être utilisé ; on ne connaît pas d’application de cet appareil sur une grande échelle.
- Dans l’appareil anglais de Stokes (fig. 6) pour matières humides, la matière tombe d’abord sur le côté descendant d’un grand séchoir tournant de 3m,60 X 12 mètres, en tôle nue, traversé par les gaz du calcinateur, et dont le côté montant est terminé par un racloir qui enlève les matières sèches déposées en croûte sur ce côté ; mais il n’y a pour ainsi dire, actuellement, plus de fours tournants en Angleterre.
- Le four breveté en 1895 par Hurry et Seaman,et employé par la Compagnie Atlas,
- Fig. G. — Four Stokes.
- est (fig. 7) suivi de deux cylindres auxiliaires, dont le premier, qui reçoit les scories du four, est disposé de manière à déterminer un appel d’air qui refroidit ces scories, et ces scories tombent, de là, dans un broyeur à cylindres refroidis par une circulation d’eau, puis dans une trémie aboutissant au second cylindre, avec (fîg. 8) arrosage d’eau et tirage provoqué par un ventilateur. Ce refroidissement rapide, avec nettoyage des scories, constitue un perfectionnement notable.
- Avec le dispositif très simple représenté par la figure 9,1a bouillie renfermée d^ns les réservoirs indiqués à gauche de la figure est pompée graduellement dans le four
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- fours tournants américains pour la cuisson des ciments. 125
- qui la sèche, en chasse l’acide carbonique'et.la calcine, les scories s’écoulant par le bas du four. Cet appareil fonctionne très bien pour le traitement des matières humides à Sandusky (Ohio).
- L’appareil représenté par la figure 10 est celui que l’on emploie le plus souvent
- Fig 7 et 8. — Four Hurry et Secimcin (1895).
- aujourd’hui avec des matières sèches : il ne diffère de celui de Ransonne que par ses grandes dimensions et l’emploi du charbon pulvérisé; son fonctionnement, complètement mécanique, est des plus économiques, et l’on pourra certainement le perfectionner beaucoup.
- Fig. 9. — Four américain actuel pour matières humides.
- Le four tournant dépense beaucoup de combustible parce qu’il emploie un grand excès d’air, perd beaucoup de chaleur par le rayonnement de sa grande surface, — perte que l’on peut diminuer par l’emploi d’un épais garnissage intérieur, — et aussi par la température du gaz à la cheminée. On peut espérer réduire cette dernière
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- perte par une bonne récupération combinée avec un tirage modéré, qui diminuerait aussi la première perte.
- On admet, en général, pour la durée du passage des matières au travers du four, une demi-heure environ; en réalité, ce temps est beaucoup plus long : trois heures probablement pour un four de 12 mètres de long, incliné de 1/60, de lm,40 de diamètre et faisant un tour par minute, — soit un débit d’environ 4 tonnes par heure, — extrêmement rapide en comparaison de celui des fours fixes, où la calcination dure de trois à six jours, et ce, avec un résultat avantageux, un produit meilleur à cause du mélange
- Fig. Î0. —Four américain actuel pour matières sèches.
- plus intime effectué par la rotation même du four. Le ciment des fours tournants renferme moins de scories, une proportion de matière active plus grande, des composés chimiques plus stables. Grâce à sa haute température, il convient spécialement aux matières réfractaires sèches ou humides et avec peu de fondants; il se peut qu’il soit inférieur aux fours fixes pour le traitement des matières riches en fondants, que l’on rencontre en Europe; mais, en Amérique, sa supériorité est incontestable.
- G. R.
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- MÉTALLURGIE
- Structure du fer et de l’acier, d’après M. J. E. Stead [bon and Steel Institute, mai 1898, t. LIII, p. 145 à 205), par M. H. Le Chatelier, membre du Conseil.
- Les recherches de M. J. Stead sur la structure du fer ont été provoquées par les réclamations fréquentes de consommateurs qui renvoyaient aux usines des échantillons de métal devenu très cassant et ayant pris un gros grain par suite du traitement auquel il avait été soumis pour son emploi. Il était utile de déterminer les conditions précises qui amènent cette altération du métal, en vue de les éviter et même d’y remédier une fois qu’elle s’est produite.
- On sait,depuis les travaux de M. Osmond, que le fer et l’acier (cela est également vrai des autres métaux) sont composés de grains (cellules polyédriques) juxtaposés et soudés entre eux, n’affectant aucune forme cristalline définie ; pourtant, chacun de ces grains constitue bien un cristal unique, présentant en tous ses points une orientation identique de la matière. Sur la cassure du métal, chaque facette est une section d’un grain semblable ou une surface terminale. La grosseur du grain d’un métal est donc la même qu’on l’observe sur la cassure brute ou sur une surface polie et attaquée par des réactifs appropriés. Cette dernière méthode se prête à des observations d’une précision beaucoup plus grande, et a été seule employée dans l’étude dont nous rendons compte ici.
- Formation des grains par solidification du métal fondu. — Le développement du grain se fait tout d’abord pendant la solidification du métal fondu, dont la cristallisation commence simultanément en différents points; les cristaux qui se développent à côté l’un de l’autre arrivent bientôt à se rencontrer en se limitant mutuellement suivant des contours irréguliers. Il faut d’ailleurs remarquer que, pour la plupart des métaux purs qui appartiennent au système cubique, ces cristaux ne sont en réalité que des cris-tallites semblables aux cristaux de neige ; ils ne s’accroissent pas par couches concentriques, comme les cristaux qui se déposent au sein des solutions salines, mais bien par longues ramifications, dont les intervalles ne se solidifient que postérieurement. Cette structure est particulièrement nette dans le cuivre et ses alliages, entre autres dans le bronze à 10 p. 100 d’étain. La forme du grain dépend de l’inégal développement de ces ramifications dans les différentes directions.
- M. Stead signale que ce mode de développement des grains s’observe très facilement dans le cas du plomb. En suivant la solidification d’une couche mince de plomb fondu, on voit la cristallisation commencer simultanément en différents points et se propager en rayonnant à partir de ces points. Si l’on a repéré ces différentes zones de solidification, et que l’on attaque ensuite le métal refroidi par un mélange de 1 partie d’acide azotique, de densité 1,42, avec 10 parties d’eau, on voit, au bout de quelques
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- 128 MÉTALLURGIE. ----- JANVIER 1899.
- heures, se développer une très belle marqueterie, dont chaque élément correspond à une zone de solidification.
- Quand on éclaire une surface semblablement attaquée par de la lumière oblique arrivant dans une seule direction, on remarque que les différents grains s’éclairent inégalement et que leur éclat varie avec l’azimut de la lumière incidente. Le phénomène est particulièrement net, comme l’a montré M. Charpy, dans le cas du laiton ordinaire recuit vers 600°. La figure ci-contre, empruntée au mémoire de M. Stead, se rapporte à un acier doux.
- Pour obtenir une semblable apparence il faut employer des moyens d’attaque beaucoup plus énergiques que lorsque l’on se propose de faire paraître seulement les
- contours des grains avec tous leurs détails les plus délicats. Dans ce cas l’acide au —
- Fig. 1. — Acier à 0,11 p. 100 de G recuit spontanément dans une masse de laiton : grosissement 130 diamètres; attaque 1' dans l’acide nitrique au 1/10°.
- c’est-à-dire 100 fois moins concentré, devrait être préféré. J’ai,de même,montré antérieurement que, pour l’attaque des bronzes par le courant électrique, il fallait des intensités de 100 fois plus grandes dans un cas que dans l’autre.
- Cette apparence des grains inégalement brillants résulte de ce qu’ils sont composés par des empilements de lamelles, ou, tout au moins, de ramifications parallèles arrivant obliquement sur la surface examinée. L’attaque inégale de ces lamelles fait ressortir la trace de leurs plans de séparation et produit ainsi des stries parallèles très fines, qui jouissent de la propriété bien connue de diffuser la lumière dans un plan perpendiculaire à leur orientation. Si même l’attaque est assez profonde, les lames commencent à se désagréger et à se casser perpendiculairement à leur allongement de façon à présenter le même aspect que des empilements de tuiles sur un toit. La photographie fig. 2 de M. Stead donne une idée très nette de cette disposition.
- Formation des grains dans le fer et Vacier forgés. — Le forge âge à chaud du fer et de l’acier détruit complètement la structure qui s’était développée pendant la solidi-
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- \m
- STRUCTURE DU FER ET DE u’ACIER.
- fication du métal fondu; les gros grains primitifs sont déformés, brisés et surtout allongés dans le sens de l’étirage. Le métal ainsi transformé peut reprendre une structure granulaire régulière par la seule action de la chaleur, à une température bien inférieure à celle de la fusion. Ce fait a été étudié d’abord par Brinell, puis par M. Osmond. Plus récemment, M. André Le Ghatelier a reconnu la môme propriété dans un grand nombre de métaux.et d’alliages autres que le fer, notamment dans le cuivre, l’argent, le zinc. Ce phénomène est particulièrement net avec le zinc ; un recuit prolongé à 150° suffit pour développer dans le zinc laminé-un grain très volumineux, qui le rend très cassant, et donne à sa cassure un aspect tout spécial.
- M. Stead a précisé, pour le fer et l’acier, les conditions de température qui développent le grain. Les résultats obtenus complètent très utilement les indications générales déjà données à ce sujet par M. Osmond. Pour ces expériences, des tiges d’acier de composition différente ont été placées à côté l’une de l’autre dans un tube en porcelaine et disposées de façon qu’une de leurs extrémités se trouve dans la région la plus chauffée, du tube, qui était à 1 025°. Les autres extrémités sortaient au dehors et n’étaient chauffées que par conductibilité à une température inférieure au rouge. Un couple thermo-électrique promené le long de ces barres permettait de mesurer la température qu’elles possédaient en leurs différents points.
- Cette température ne variait pas de plus de 10° pendant la durée d’une expérience, qui était de six heures. Après refroidissement, ces barres furent coupées en différents points, et la grosseur de leur grain mesuré au microscope après polissage et attaque. Le graphique ;fig. 3) résume les résultats obtenus : les abscisses donnent la température et les ordonnées la grosseur relative du grain.
- Dans le fer pur, le commencement de formation du grain et l’accroissement continu de sa grosseur avec la durée du chauffage se produit entre 500° et 870°, avec un maximum très marqué entre 600° et 700°, c’est-à-dire au-dessous des points de transformation du fer. C’est là un point important à noter car, dans les aciers, il ne se produit absolument aucun changement au-dessous du point de récalescence. Le fer ayant pris un gros grain par chauffage à 630° reprend immédiatement un grain fin si on le chauffe quelques instants au-dessus de 900° et qu’on le laisse refroidir rapidement. Ce fait a été vérifié par de nombreuses expériences. Un fer dont le diamètre moyen du grain était initialement de 0mm,23, a pris un grain de 0ram,15 dans tous les échantillons chauffés entre 930° et 1 300°. Il a conservé sa valeur initiale dans les échantillons chauffes entre 750° et 900°. Enfin, dans un échantillon chauffé quatre heures à 700°, le grain, très irrégulier d’un point à l’autre, a varié de 2mm,5 à 0mm,3, c’est-à-dire, qu’en certains points, il a plus que décuplé. Au-dessous de 300°, il ne s’est produit aucun changement.
- L’acier à 0,21 de carbone est particulièrement intéressant ; il est composé de régions Tome IV. — 98e année. 5e série. — Janvier 1899. 9
- Fig. 1. — Fur pur sans curlumc; partie d’un grain unique : grossissement 100 diamètres. — Attaque 5' dans l’acide nitrique au 1/10°.
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- METALLURGIE.
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- distinctes de ferrite et de perlite, qui, dans les échantillons étudiés par M. Stead, étaient très nettement séparés. Le grain de la ferrite augmente considérablement, comme dans le cas précédent, entre 630° et 700° (ligne ponctuée du diagramme); la perlite, au contraire, n’augmente de grain qu’au-dessus de 700°,.et d’autant plus que la température est plus élevée.
- Dans les aciers à 0,47 de carbone, le grain ne commence à augmenter qu’au dessus du point de récalescence (730u à 750°), et il le fait d’autant plus que la température est plus élevée et la teneur en
- 900° 800e
- % 1000°
- 700°
- 600°
- 500°
- y
- carbone plus forte.
- Le grain obtenu à une température élevée, 1 000° par exemple, pourra être modifié et diminué par chauffage à une température plus basse, mais à condition que, dans l’intervalle des deux chauffages, l’acier ait été ramené au-dessous du point de récalescence. C’est là un fait capital, qui a été découvert par Brinnell, et que les expériences de M. Stead ont précisé. Une fois une grosseur de grain déterminée par un chauffage à une température donnée, on ne pourra plus le modifier par le refroidissement de quelque façon qu’il soit conduit. Mais si, après refroidissement, on réchauffe de nouveau jusqu’au-dessus du point de récalescence, 800° à 900° au plus, et que l’on laisse refroidir aussitôt à l’air, le grain fin sera rétabli. C’est ce traitement que le colonel Caron avait indiqué pour restaurer les aciers brûlés.
- Structure de l’acier brûlé. — L’acier chauffé à une température plus élevée devient très fragile en prenant une cassure à gros grains. Cette structure a été attribuée tantôt à une oxydation de métal, tantôt à un simple changement de la grosseur du grain. Les recherches de M. Stead montrent que ces deux explications sont également exactes. Dans l’acier brûlé, il y a généralement une couche de métal plus ou moins épaisse, dans laquelle l’oxydation pénètre en suivant les joints qui séparent les grains et établissant le long de ces joints des solutions de continuité. Dans cette région, la surface de rupture présente des grains colorés en bleu ou jaune et môme recouverts d’une couche d’oxyde. La photographie (fîg. 4) représente un morceau d’acier brûlé après polissage et attaque à l’acide, sur lequel les solutions de continuité intergranulaires sont très visibles.
- Plus profondément, là où l’oxydation n’a pas pénétré, les grains ont simplement
- 0,01
- 0, Il
- 0,21
- 0,V7
- 0,90
- I, 14-
- Grain dans la ferrite Grain dans la martensite
- Fig, 3.
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- STRUCTURE DU FER ET DE- L’ACIER.
- 131
- augmenté de dimension, ils peuvent atteindre parfois un diamètre de plusieurs millimètres ; ce n’est pas à proprement parler du métal brûlé, on devrait l'appeler surchauffé.
- Fig. 5. — Acier à 0,21 p. 100 de C, recuit à 750° dans la chaux, pendant trois semaines : grossissement 3,5 diamètres; attaque 1' par l’acide nitrique au 1/10®.
- Fig. i. — Ai-irr in-iilc 0 il, -j:;:; p. înn jL. (j. Grossissement, 30 diamètres. Éclairement vertical. Attaque 1' par l’iode.
- Le métal surchauffé peut, par un traitement calorifique convenable, être ramené à ses propriétés premières, le métal brûlé jamais. En chauffant le métal à 900° et le refroi-
- Fig. 6. — Acier à 4,5 p. 100 de siiicium.uGrossissement 130gdiamètres. Éclairement^vertical. Attaque 3 heures par l’acide nitrique au 1/10e.
- dissant rapidement, les grandes cellules disparaissent partout, et sont remplacées par des petites, mais les contours oxydés des grandes cellules de la partie brûlée subsistent en constituant une cause permanente de faiblesse, bien qu’à l’intérieur de chacune d’elles le métal ait repris un grain normal.
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- MÉTALLURGIE.
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- Cette altération du grain est, en outre, accompagnée d’une décarburation superficielle, qui se produit d’ailleurs à des températures beaucoup plus basses toutes les fois que le métal est chauffé quelque temps à l’air.
- Structure granulaire prismatique. — Cette structure, représentée par la figure 5, prend naissance toutes les fois que l’on décarbure l’acier par un recuit prolongé à une température inférieure à 850°. La photographie reproduite se rapporte à un acier à 0,21 de carbone, recuit à 750° pendant trois semaines dans de la chaux. Le carbone avait complètement disparu pendant cette opération. On fait disparaître cette structure en chauffant le métal à 900° et le trempant dans l’eau; l’on ne peut plus ensuite la rétablir.
- Au cours de ces recherches, M. Stead a vérifié de nouveau que la décarburation par oxydation pouvait se produire sans formation d’oxyde métallique, en raison de la différence de composition des mélanges limites de CO2 et CO qui cessent d’oxyder soit le fer soit le carbone.
- Un mélange à volumes égaux de CO2 et CO, passant lentement sur du fer à la température de 1000°, s’arrête à une composition finale.
- Acide carbonique............................. 36
- Oxyde de carbone............................. 64
- qui n’a plus d’action sur le métal.
- Ce dernier mélange, passant à la même température sur de la fonte blanche, la transforme en fonte malléable par oxydation du carbone, et s’arrête à la composition
- limite
- Acide carbonique............................. 3
- Oxyde de carbone............................. 97
- l
- qui est sans action ultérieure sur le carbone combiné, mais agirait sans doute encore
- sur le carbone libre, pour lequel la limite semble correspondre à moins de 1 p. 100 d’acide carbonique dans le mélange.
- Structure cristalline. — On rencontre parfois dans le fer pur, mais surtout dans ses alliages avec le silicium, de véritables formes cristallines qui semblent appartenir au système cubique. Pouren isoler un peu nettement les faces, il faut attaquer le métal poli par un acide plus ou moins concentré et prolonger l’attaque. De l’acide azotique de densité 1,42, étendu de 10 fois son volume d’eau et agissant pendant trois heures, donne de bons résultats pour le fer à 4 p. 100 de silicium ; pour le fer pur, trois minutes suffisent.
- Les photographies fig. 6 et 7 représentent la première un fer à 4 1 /2 p. 100 de silicium, l’autre un grain de fer pur, qui s’était refroidi emprisonné dans des scories de Bessemer. Mais cette cristallisation est un phénomène tout à fait exceptionnel, dont il n’y a pas lieu de se préoccuper dans les métaux usuels.
- &
- wËÈÊÊm
- Fig. 7. — Grain de fer pur emprisonné dans des scories Ressemer. Grossissement 250 diamètres. Éclairement vertical. Attaque 3' par l’acide nitrique au 1/10'.
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- ÉTAT DES ÉLÉMENTS CONTENUS DANS LES PRODUITS SIDÉRURGIQUES. 133
- ÉTUDE SUR LA CONSTITUTION DES ALLIAGES MÉTALLIQUES, PAR M. HerSChkOWÎtSÇh
- (Zeit. fur physische Chemie, t. XXYIT, p. 123-167, 1898.
- L’auteur a employé, dans cette étude, la méthode de Laurie, qui consiste à mesurer la différence de force électromotrice entre une série d’alliages de composition variée et l’un des métaux pur entrant dans la composition de ces alliages. Lorsque la composition de l’alliage passe par une combinaison définie, il se produit une variation brusque dans la valeur de la force électro-motrice.
- Il n’a reconnu aucune combinaison définie dans le cas des alliages Cadmium-étain, Cadmium-plomb, zinc, étain, zinc, bismuth, cuivre, argent.
- Il a, au contraire, reconnu des combinaisons définies dans le cas des alliages suivants, dont le tableau ci-dessons donne la force électro-motrice par rapport au métal le plus attaquable de l’alliage.
- Volt.
- Zinc-cuivre Zn'2Cu — Zn = 0,728 à 612
- Zinc-argent Zn^Ag — Zn = 0,250 à 150
- Zinc-antimoine Zn 3b2 — Zn = 0,550
- Étain-cuivre - SnCu3 — Sn = 0,200
- Étain-argent 3n A g4 — Sn = 0,250
- Ces résultats sont à rapprocher de ceux de M. Laurie, qui ont antérieurement été résumés ici même {Bull. Soc. Encouragement, t. 92, p. 10, 1895).
- M. Herschkowitsch a cherché ensuite à contrôler ces résultats par la méthode calorimétrique qui consiste à mesurer la chaleur de dissolution dans un réactif approprié. Le réactif employé a été une dissolution saturée de brome dans le bromure de potassium. Ces expériences n’ont donné aucun résultat, les chaleurs de formation des alliages étant du même ordre de grandeur que les erreurs expérimentales des mesures.
- H. L. C.
- RECHERCHES SUR L’ÉTAT CHIMIQUE DES DIVERS ÉLÉMENTS CONTENUS DANS LES PRODUITS SIDÉRURGIQUES. CARBURES DOUBLES DE FER ET D’AUTRES MÉTAUX, par MM. Ad. Car-
- not et Goûtai (1). ...
- Nous nous proposons d’exposer la suite des recherches que nous avons entreprises sur l’état chimique où se trouvent les divers éléments dans les produits de la sidérurgie (2). La présente Note sera consacrée aux carbures métalliques.
- Nous avons déjà signalé l’existence de deux carbures doubles de fer et de chrome, de composition bien définie, que nous avions réussi à isoler en opérant sur des aciers chromés et sur des ferrochromes (3), carbures qui répondent aux formules
- et
- 3Fe3C.Cr3C2
- Fe3C.3Gr3C2.
- (1) Comptes rendus de l’Academie des Sciences, 23 janvier 1899, p. 207.
- (2) Bulletin d’août 1897, p. 1145, et de mai 1898, p. 618.
- (3) Bulletin de mai 1898, p. 618.
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- 134
- MÉTALLURGIE.
- JANVIER 1899.
- Quelque temps après (1), M. Perey Williams obtenait, à la très haute température du four électrique, un troisième carbure double, appartenant à la même série,
- 3Fe3C.2Cr3 1 4 5C2.
- Depuis celte époque, nos études ont porté sur les carbure doubles que forme le fer avec le tungstène, le molybdène ou le manganèse.
- Tungstène. — Des aciers peu carburés (0,4 à 0,6 p. 100 de carbone) renfermant du tungstène, traités par l’acide chlorhydrique étendu, à l'abri de l’air, nous avaient précédemment donné un résidu métallique, dont la composition répondait à la formule Fe3Tu (2).
- En opérant de la même façon sur des aciers beaucoup plus carburés, nous avons isolé un carbure double, attirable à l’aimant, qui est représenté par la formule
- Fe3C.TuC.
- Les aciers qui ont fourni ce carbure contenaient : l’un (I), 6,1 de tungstène et 2,0 de carbone p. 100; l’autre (II), 7,8 de tungstène et 2,2 de carbone.
- Pulvérisés, traités à chaud par l’acide chlorhydrique étendu de dix fois son volume d’eau, ils ont laissé des résidus insolubles, qui ont été purifiés par l’emploi d’une liqueur lourde (iodure de méthylène), pour être ensuite analysés. Le résultat a été :
- Composition calculée I. II. pour Fe3TuC2.
- Fer........................... 45,13 45,56 44,73
- Tungstène..................... 48,28 48,17 48,88
- Carbone........................ 6,59 6,26 6,39
- Rappelons que M. P. Williams avait préparé le carbure simple de tungstène TuC au feu de forge et au four électrique en présence d’un excès de fer (3); que M. Moissan a obtenu au four électrique le carbure Tu2C et que, de même, au four électrique, M. Williams a produit un mélange du carbure TuC et d’un carbure double, auquel il a attribué la formule 2Fe3C.3Tu2C (4).
- Molybdène. — Nous avions séparé, dans des aciers au molybdène "peu carburés, un alliage qui répondait à la formule FesMo2.
- En opérant plus récemment sur des aciers fortement carburés (1,7 à 2,3 p. 100 de carbone), nous avons isolé un carbure double :
- Fe3C.Mo2C.
- Le même composé avait été préparé au four électrique par M. P. Williams (5).
- Les aciers qui ont fourni ce résidu par l’attaque à l’acide chlorhydrique et la purification au moyen de liqueurs lourdes contenaient : l’un (I) molybdène 3,9, carbone 1,7 p. 100; l’autre (II) molybdène 3,3, carbone 2,3.
- L’analyse des résidus a donné, p. 100 :
- Composition calculée I. II. pour Fe3Mo2C2.
- Fer.......................... 43,30 43,48 43,08
- Molybdène.................... 50,57 50,43 50,77
- Carbone....................... 6,13 6,09 6,15
- Manganèse. — La recherche des carbures métalliques dans les ferromanganèses présente de sérieuses difficultés, parce qu’il peut en exister simultanément plusieurs, doués de propriétés fort peu différentes.
- Nous avons dû, pour arriver à les distinguer sûrement, soumettre à l’action de dissolvants multiples plus de trente échantillons, dont les teneurs en manganèse s’échelonnaient entre 23 et 83 p. 100.
- Voici les résultats généraux de cette étude comparative.
- Les ferromanganèses les plus riches sont attaqués par l’eau bouillante; ils donnent naissance à des hydrocarbures liquides et gazeux, mêlés d’hydrogène libre. Ce fait avait été déjà
- (1) Comptes rendus, 3 octobre 1898.
- (2) Bulletin d’août 1897, p. 1145.
- (3) Comptes rendus, 13 juin 1898.
- (4) Ibid., 12 septembre 1898.
- (5) Ibid., 3 octobre 1898.
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- ÉTAT DES ÉLÉMENTS CONTENUS DANS LES PRODUITS SIDÉRURGIQUES. 135
- remarqué par Cloëz en 1878 (I) et lui avait suggéré l’hypothèse de l’origine minérale du pétrole et des dégagements gazeux de carbures d’hydrogène, à l’époque même où Mendelejeff proposait une explication analogue.
- L’attaque par l’eau froide est généralement très faible, même lorsque le métal renferme 85 p. 100 de manganèse ; elle fournit, d’ailleurs, un mélange complexe, dans lequel domine l’hydrogène. Il paraît légitime de conclure de cette observation que les ferromanganèses ne renferment pas, du moins en proportion notable, le carbure de manganèse simple, Mn3C, découvert par MM. Troost et Hautefeuille en 1875 (2); car M. Moissan a montré que la décomposition de ce carbure simple par l’eau froide donne naissance â un mélange de méthane et d’hydrogène à volumes égaux, sans hydrocarbure liquide (3).
- Les ferromanganèses de teneur inférieure à 74 p. 100 ne sont plus attaqués d’une façon sensible par l’eau bouillante, mais ils peuvent l’être encore, même à froid, par l’acide acétique à 5 p. 100.
- Cette action est d’autant plus avancée que les ferromanganèses sont plus riches ; le résidu insoluble est de la moitié du poids total sur le métal à 30 pour 100; il n’est plus que du quart sur le métal à 55 pour 100.
- Les alliages riches sont presque entièrement dissous par l’acide acétique à 5 p. 100. Ils sont de même énergiquement attaqués par les solutions de chlorure d’ammonium, même avec excès d’ammoniaque. Ils se* dissolvent lentement, au contraire, dans une solution d’acétate d’ammonium légèrement ammoniacale, portée à l’ébullition. C’est à l’aide de ce réactif que nous avons pu isoler, par une attaque lente de plusieurs jours, les carbures contenus dans es ferromanganèses les plus riches.
- 1° Nos essais ont porté sur un alliage à 84 p. 100 de manganèse (I) et sur un alliage à 79 p. 100 (II).
- L’attaque par la solution ammoniacale d’acétate d’ammonium, à l’ébullition, à l’abri de l’air, a laissé des résidus cristallins, non magnétiques, inattaquables par l’eau bouillante, solubles dans l’acide acétique très étendu et froid. Ces résidus sont formés d’un carbure double de fer et de.manganèse répondant à la formule
- lalyse a donné : Fe3C.4Mn3C, I. II. Composition calculée Fe3 Mnl! G5.
- Fer 17,04 18,64 18,92
- Manganèse . 71,05 74,40 74,32
- Carbone et oxygène. . . 9,51 6.87 6,76
- Silice 2,40 0,09 *>
- La présence de la silice dans le n° I est évidemment accidentelle; ni les lavages répétés, ni le traitement par l’iodure de méthylène n’ont réussi à l’enlever; il en est de même d’une certaine quantité d’oxyde de manganèse mis en liberté par le réactif ammoniacal, et cette difficulté de purification rend parfaitement compte du léger écart de composition observé sur le n° I; l’analyse du n° II a fourni, au contraire, des résultats en parfait accord avec la formule théorique.
- La teneur de 74 p. 100 de manganèse, correspondant à cette formule Fe3C.4Mn3C, est précisément celle au-dessous de laquelle les ferromanganèses cessent d’être attaquables par 1 eau bouillante, ce qui confirme encore la valeur de cette formule. Ils sont, comme les résidus extraits des alliages riches, dépourvus de propriétés magnétiques, solubles dans le chlorure cuivrique, dans les acides minéraux très étendus et même à froid dans l’acide acétique
- au 20.
- 2° Les ferromanganèses, dont la teneur est comprise entre 74 et 60 p. 100, traités à froid par l’acide acétique au nous ont donné, comme résidu, un carbure double, cristallin, non magnétique, dont la composition est exprimée par la formule
- Fe3C. 2 Mn3C.
- (1) Comptes rendus, t. LXXXVI, p. 1238.
- (2) Ibid., t. LXXX. p. 909.
- (3) Ibid., t. CXX11, p. 421.
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- MÉTALLURGIE.
- JANVIER 1899.
- Voici, par exemple, les résultats trouvés en partant d’un échantillon à 70 (I) et d’un autre échantillon à 65 p. 100 (II).
- Composition calculée
- I. II. Fe3Mn6 C3
- Fer......................... 32,12 31,35 31,46
- Manganèse.................... 60,70 61,63 61,82
- Carbone................... 6,74 6,70 6,73
- Silice........................ 0,51 0,38 »
- 3° Les produits renfermant de 60 à 35 p. 100 de manganèse, traités de la même façon que les précédents, laissent un mélange de deux carbures doubles, en poudre cristalline, dont l’un est celui que nous venons de faire connaître et dont l’autre n’est pas non plus attirable à l’aimant et répond à la formule
- 2Fe3G.Mn3C.
- Ce dernier carbure double se conduit comme le précédent vis-à-vis des dissolvants : eau bouillante, acides minéraux et acide acétique étendus et froids, chlorure cuivrique. Il est donc fort difficile de l’obtenir pur en partant de ferrornanganèses à teneur plus élevée que 30 p. 100. Cependant, le traitement d’un alliage à 35,70 de manganèse, avec 57,40 de fer et 6,90 de carbone, nous a fourni un résidu qui a montré, à l’analyse :
- Composition calculée Fe°Mn3C3.
- Fer.......................................... 62,32 62,57
- Manganèse.................................... 30,31 30,72
- Carbone................................... 6,96 6,70
- Silice........................................ 0,28 »
- Ce même carbure double paraît avoir quelque tendance à s’isoler pendant le refroidissement des blocs de ferromanganèse. Ayant observé sur un gros échantillon, provenant de l’usine de Terrenoire, une portion cristallisée en grandes lames (I), tandis que le reste formait une masse à texture cristalline (II), nous les avons analysés et nous avons trouvé :
- I. II.
- Fer ; . . . . 62,42 47,14
- Manganèse .... 30,45 46,19
- Carbone combiné 6,80 5,98
- Carbone libre 0,10 0,25
- Silicium 0,02 0,19
- La partie lamelleuse présentait donc exactement la composition du carbure double Fe2Mn3C3. Des séparations aussi nettes sont rares, mais des liquations se produisent souvent dans les ferrornanganèses, sans doute à cause de l’écart qui peut exister entre les points de fusion des différents carbures.
- En résumé, nos recherches ontabouti, jusqu’ici, à démontrer l’existence, dans les produits sidérurgiques, d’un certain nombre de carbures doubles bien définis.
- Dans les aciers chromés et dans les ferrochromes :
- 3 Fe3C. Cr3 C2,
- Fe3C. 3Cr3C2.
- Dans les aciers carburés au tungstène et au molybdène :
- Fe3C.TuC,
- Fe3C.Mo2C.
- Dans les ferrornanganèses plus ou moins riches, dont la teneur atteint ou dépasse 30 p. 100 :
- 2 Fe3C.Mn3C Fe3C.2Mn3C,
- Fe3C.4Mn3C.
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- CONSTRUCTIONS
- INFLUENCE DÈS ARMATURES MÉTALLIQUES SUR LES PROPRIÉTÉS DES MORTIERS ET BETONS.
- Note de M. Considère(1).
- Ma note insérée aux Comptes rendus du 12 décembre 1898 (2) donne, sous forme de Tableau, les résultats de la flexion du prisme armé n° 34. 11 a supporté, sans ancune avarie apparente, le moment de 78k&,68; l’allongement du mortier a atteint le chiffre de lmm,980 par mètre, c’est-à-dire environ vingt fois l’allongement maximum que les matières identiques peuvent prendre avant de se rompre quand on les soumet à la traction simple sans armatures.
- Le prisme n° 31, fabriqué en même temps que le prisme n° 34, avec du mortier de la même gâchée, mais non pourvu d’armatures, a été essayé par flexion dans des conditions identiques ; il s’est brisé sous le moment sept fois moindre de ilk§,,48, avec un allongement de 0mm,266. J’expliquerai plus loin pourquoi le même mortier a pris des allongements par mètre de 0mm,100 par traction simple, de 0mm,266 par flexion simple, et de lmm,980 par flexion dans un prisme armé. Mais il importe de dégager d’abord des résultats obtenus les lois de la déformation du mortier dosé à 433 kilogrammes de ciment de Portland par mètre cube de sable, dont étaient formés les prismes nos 31 et 34.
- L’essai du prisme non armé n° 31 a permis de mesurer le coefficient d’élasticité de ses fibres comprimées et tendues, qui était égal à 3,10 x 109, et a donné ainsi la tangente à la courbe de déformation à l’origine, c’est-à-dire à la limite séparative des allongements et des raccourcissements pris pour abscisses. Les ordonnées étaient les tensions et pressions correspondantes.
- Pour chaque moment de flexion supporté par le prisme et inscrit dans la colonne 1 du tableau, la coloune 11 indique la fraction de ce moment qui était produite par le mortier travaillant par extension.
- Pour en déduire la tension moyenne de ce mortier, il faut connaître la distance de son point d’application à la résultante des compressions des fibres comprimées, dont une partie lui faisait équilibre, le surplus équilibrant la tension du fer. On ne connaît pas a priori cette distance, parce qu’elle dépend précisément de la courbe de déformation qu’il s’agit de déterminer; mais, par des tâtonnements successifs et en commençant par les moments de flexion les plus faibles, oh l’élasticité diffère encore très peu de sa valeur initiale déjà connue par l’essai du prisme non armé n° 31, on arrive, de proche en proche, à trouver, pour la courbe de déformation du mortier, une forme qui correspond aux chiffres inscrits dans les colonnes 10 et 11 du tableau, avec le degré d’approximation qu’on peut espérer en pareille matière. Il est d’ailleurs évident qu’il ne peut y avoir qu’une seule courbe de déformation qui satisfasse à la fois aux conditions résultant des chiffres des colonnes 10 et 11. 11 pourrait n’y en avoir aucune si ces chiffres étaient erronés.
- Le tableau ci-dessous donne les abscisses (allongements et raccourcissements) et les ordonnées (tensions et compressions) de la courbe de déformation.
- Allongements du mortier O B O 0mra,10 0mm,25 0mm,50 lmm,00 lmm,50
- Tensions correspondantes llks,5 16k» 18ks 21ks 21k»,l 21ks,2
- Raccourcissements du mortier . . 0mm,04 0mm,10 0.mm25 0mm,50 lmm,00 lmm,28
- Compressions correspondantes. . 20ks 35ks 66kff 108k® 177“* 207“®
- D’après les incertitudes que comporte la méthode employée pour obtenir ces chiffres, j’estime qu’ils peuvent renfermer des erreurs de 1/20 environ.
- Les valeurs des tensions et compressions sont bien d’accord avec ce que l’on sait des pro-
- (1) Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 2 janvier 1899, p. 30.
- (2) Bulletin de décembre 1898, p. 1648.
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- 138
- CONSTRUCTIONS.
- JANVIER 1899.
- priétés des morliers et bétons, qui résistent beaucoup mieux à la compression qu’à la traction. Ce qui est nouveau, c’est l’allongement très grand que le mortier prend sans se rompre quand il est armé.
- Ces résultats concordent aussi avec l’essai de flexion du prisme non armé n° 31, qui a résisté à une tension de 16ks,9,en prenant l’allongement de 0mm,201 avant de se déformer sans nouvelle addition de charge, jusqu’à l’allongement final de 0mm,266, sous lequel il s’est brisé, comme on l’a déjà vu.
- Quand, par des essais analogues, on aura obtenu la courbe de déformation du mortier employé dans un prisme quelconque armé d’un fer dont la courbe de déformation sera également connue, on aura évidemment les éléments nécessaires pour déterminer graphiquement, à chaque phase de sa llexion, d’abord la position de l’axe neutre, ensuite les tensions ou pressions qui se produiront en tous les points du mortier et des armatures. Dans une publication consacrée à la pratique en même temps qu’àla théorie desprocédés de construction, j’indiquerai les règles pratiques que l’on peut en déduire pour le calcul des mortiers et bétons armés.
- D’après la forme aplatie de la courbe de traction du mortier, on pourrait penser que la tension de ses fibres allongées ne contribue que dans une mesure peu importante à la résistance totale; et, en effet, elle n’en a fourni que 24 p. 100 lorsque le moment de flexion s’est élevé au chiffre considérable de 78kg',68; mais, dans la limite des efforts que l’on admet en pratique, et qui correspondent sensiblement au moment de 19kg, 88, la résistance produite par les fibres tendues du mortier a formé près de 70 p. 100 de la résistance totale du prisme armé n° 34.
- On voit quelle erreur théorique on commet en admettant, avec la plupart des constructeurs, que le mortier et le béton tendus se brisent avant que le fer ne travaille efficacement, et que, par suite, la résistance des pièces armées résulte seulement du couple formé par la tension du fer et la réaction du béton comprimé.
- Ce n’est pas ici que l’on doit discuter les restrictions à ces conclusions scientifiques, que commande l’éventualité des malfaçons et des accidents qui se produisent dans les constructions, et la mesure dans laquelle il est prudent de tenir compte des usages des constructeurs. Je laisse de côté ces questions, cependant très importantes, pour donner l’explication des faits observés, qui m’a été suggérée par l’étude de la déformation des métaux.
- Si l’on soumet à une traction simple une tige cylindrique d’acier doux, par exemple, elle se déforme d’abord régulièrement dans toute sa longueur, jusqu’à ce qu’elle ait pris un allongement uniforme de 18 à 22 p. 100. A ce moment, elle subit en un point la striction, suivant l’expression consacrée, c'est-à-dire s’étrangle de plus en plus en un point, jusqu’à ce que la rupture s’y produise après réduction à la moitié ou même au tiers de l’aire de la section transversale primitive. Si donc on considérait en gros le phénomène, on penserait que le fer ne peut prendre qu’un allongement de 18 à 22 p. 100, et cependant, dans certaines sections, il s’allonge de 200 à 300 p. 100. On constate des faits tout autres si l’on soumet une tige identique d’acier à un moment de flexion uniforme dans toute sa longueur. Elle fléchit, et ses fibres tendues prennent partout, avant de se rompre, un allongement voisin de celui de 200 à 300 p. 100 qui, dans la traction, ne se réalise que dans une seule section. J’ai donné l’explication suivante de ces faits dans un Mémoire inséré en 1883 aux Annales des Ponts et Chaussées.
- Pour un allongement donné, la résistance totale d’une section transversale d’une tige tendue est égale au produit ST de sa surface S par sa tension T, rapportée au millimètre carré. Si l’on pousse la déformation plus loin,la résistance de cette section devient (S — AS) (T + AT) et elle peut être plus grande ou plus petite que ST. Dans le premier cas, les différentes sections de la tige sont en équilibre stable; car, si l’une d’elles tend à céder plus que les autres, sa résistance totale devient vite égale à celle des autres sections, à cause de son excès d’allongement qui, par conséquent, ne s’accentue pas davantage. Dans le second cas, les sections sont en équilibre instable; car, lorsque la plus faible (et il y en a toujours une) cède plus que les autres, elle devient moins résistante et s’allonge jusqu’à rupture, tandis que les autres cessent absolument de se déformer davantage. J’ai démontré en 1883 que l’allongement pour lequel commence la striction correspond au point où la tangente à la courbe de déformation coupe Taxe des abscisses à gauche de l’origine et à une distance égale de l’unité.
- Telle est l’explication de la striction qui se produit dans les métaux soumis à la traction simple. Dans la flexion, il ne se produit pas de striction, et cela pour deux raisons. D’une part, la surface totale des sections transversales ne diminue pas, parce que le gonflement
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- INFLUENCE DES ARMATURES MÉTALLIQUES.
- 139
- des fibres comprimées compense l’amincissement des fibres tendues ; d’autre part, lorsque les fibres superficielles arrivent au point critique où (S — AS) (T + AT) devient plus petit que ST, il n’en est pas encore de même dos fibres intérieures, qui ne sont pas aussi déformées et auxquelles, par conséquent, tout accroissement de déformation donne encore un grand accroissement de résistance.
- On n’a jamais aperçu, et peut-être n’apercevra-t-on jamais, de striction dans les ciments et les mortiers, à cause de l’extrême petitesse de leurs déformations et de l’irrégularité de leurs surfaces ; mais, néanmoins, il peut y en avoir une, qui produise les mêmes effets relatifs que dans les métaux. Cette pensée m’a conduit à rechercher d’ahord si l’allongement de flexion des mortiers était, comme celui des métaux, plus grand que l’allongement de traction simple,et j’ai cru reconnaître que le rapport de ces deux allongements varie, en effet, de 1,5 et généralement de 2 à 3, avec une moyenne de près de 2,5. J’ai tenu à le faire vérifier : grâce à l’obligeance de M. l’ingénieur en chef Debray, le fait a été confirmé par de nombreuses expériences au laboratoire de l’École des Ponts et Chaussées. Il est du reste d’accord avec quelques essais dont on n’avait pas signalé l’importance.
- La constatation de ce fait n’épuisait pas la question ; car rien ne prouvait que le mortier prît, dans la flexion, tout l’allongement moléculaire dont il est capable. Si, en effet, à partir d’une certaine déformation, l’accroissement de tension correspondant à une augmentation d’allongement est moindre encore dans les mortiers que dans les métaux, il peut arriver que les cause d’augmentation de résistance, spéciales à la flexion, que j’ai signalées plus haut, ne puissent pas faire compensation à la faiblesse de l’accroissement de résistance des fibres tendues, et que, pour les mortiers, à l’inverse de ce qui se produit dans les métaux, la striction se produise dans la flexion plus tard que dans la traction, mais, néanmoins, avant que les fibres tendues aient pris partout l’allongement maximum dont elles sont susceptibles. S’il en est ainsi, l’addition de barres de fer noyées en quantité suffisante (I), dans les fibres tendues du mortier doit uniformiser l’allongement et, par suite, augmenter sa valeur moyenne, qui peut seule être mesurée. En effet, si une section plus faible cède la première, le fer, dont l’élasticité est très grande, y produit un supplément considérable de résistance, qui retarde sa déformation prématurée. On a vu que l’expérience a confirmé ces prévisions et que le même mortier a supporté, sans se rompre, des allongements de )0mm,100, de 0mm,266 et d’au moins lmtn,980, suivant qu’il était soumis à la traction, à la flexion en prisme non armé, ou à la flexion en prisme armé.
- L’augmentation de l’allongement sans fissure du mortier et du béton, par l’effet des armatures, augmente de beaucoup les chances de durée des constructions qui ont besoin de déformabilité (tassements de fondations, dilatations inégales dues à des inégalités de température), d’élanchéité (réservoirs), ou de résistance vive aux chocs.
- Les résultats donnés par le prisme n° 34 mettent en lumière un fait très important. Le fer écroui et l’acier dur, qualité rails, dont la limite d’élasticité est voisine de 40 kilogrammes, peuvent travailler jusqu’à cette limite sans que le mortier ou le béton se désagrège. Ils communiquent donc aux pièces armées une résistance deux fois plus grande que le fer employé jusqu’ici, dont la limite d’élasticité est inférieure à 20 kilogrammes.
- Nota. — M. Harel de la Noë vient de me communiquer un rapport adressé à M. le ministre des Travaux publics, où il a émis l’avis que, pour expliquer les faits connus, il faut admettre que le béton armé peut s’allonger beaucoup plus qu’on ne l’admettait. Je liens à le constater ici.
- (1) Dans le prisme n° 34, la section du fer était de j!_|de celle du prisme, et de — environ de celle
- 90
- 20
- des fibres de mortier travaillant fortement par traction.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- MANIPULATION DES CHARBONS A LA MINE DE CALUMET AND HECLA
- d’après M. J- Kahn (1).
- Nous avons déjà décrit quelques installations américaines de ce genre, remarquables par leur grande puissance (2). L’installation de mine de la Calumet andHecla, au lac Supérieur, des plus récentes, établie en juillet 1898, est destinée à décharger le charbon amené par des bateaux au rivage du lac dans des wagons qui le -conduisent à la mine.
- Le tonnage du charbon ainsi transporté a atteint 285 000 tonnes en 1898, approvisionnement énorme, justifié par la nécessité de tenir compte de la congélation du lac, qui arrête tout approvisionnement pendant l’hiver, et de se rendre indépendant des grèves, etc.
- Le magasin à charbon du lac est (fig. 1) constitué par une grande halle de 495X90 mètres, desservie par quatre déchargeurs ou tours du système Hunt, pouvant circuler sur le rivage (fig. 2) devant une série de 27 roulages automatiques, désignés par le mot Aut Rj sur le plan (fig. 1) et espacés d’axe en axe de 7m,20. Chaque tour (.tower, fig. I et 7) est portée par cinq paires de roues, et elles peuvent opérer soit isolément sur différents bateaux rangés le long du quai, soit toutes ensemble sur un seul bateau à quatre écoutilles; leur parcours total est de 194 mètres.
- L’étage supérieur de chaque tour porte la trémie réceptrice (hopper, fig. 6) et la machine du treuil, à deux cylindres de 300 x 610, réversible, avec frein à vapeur, frein de sûreté et chaînes s’enroulant sur les tambours dans un plan vertical. L’étage inférieur (car flour, fig. 7) porte la bascule et le wagonnet automatique (car, fig. 7) placé sous la trémie. Le bras de la grue a (fig. 6 et 12) sa semelle supérieure décrite avec un rayon de 19mm,30 et ses semelles inférieures en arcs de parabole sur lesquels roule le chariot de la poulie de levage. Ce bras porte deux heurtoirs, l’un au bas, l’autre en haut, avec un crochet pour y arrêter le chariot dans sa position de repos : il est relié, par des axes verticaux, d’une part, au haut de la tour et, de l’autre, aux croisillons indiqués sur la figure 3, de sorte qu’on peut, au repos, le rabattre contre la tour, ce qui permet aux mâtures des navires de s’approcher du quai sans obstacle. La courbe des semelles inférieures sur lesquelles roule le chariot est (fig. 13) telle que la résultante des forces agissant sur ce chariot est toujours normale à cette courbe, afin que ce chariot ne tende pas à se déplacer pendant la levée du bac : à la fin de cette levée, quand le bac arrive au contact du chariot, il est roulé avec lui au haut du bras, au-dessus de la trémie, dans laquelle il se décharge.
- Le mécanicien, installé sur sa plate-forme comme en figure 4,voit tous les mouvements du bac : il règle par une pédale la prise de vapeur, commande, par un levier à vapeur de droite, le changement de marche, et, de même, à gauche, le frein ; il dispose en outre, à sa droite, d’un frein de sûreté. Deux chaînes de Galle, à dix rangées de mailles,
- (1) American Society of Civil Enyineers. Décembre 1898.
- (2) Bulletin de Décembre 1896, p. 1680. Novembre 1897, p. 1618. Janvier, Mars, Juillet 1898, p, 90
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- manipulation des charbons a la mine de calumet and hecla. 141 commandent le bac : une pour la levée (hoisiing chain, fïg. 13), l’autre de retenue, pour
- 13 Fig- 1- — Plan d’une partie du magasin à charbons.
- l’ouverture et la fermeture du bac {holding chain). Le bac se trouvant à vide au-dessus du charbon, le mécanicien serre son frein à vapeur et fait marcher la machine de
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- NOTES I)E MÉCANIQUE.
- JANVIER 1899.
- manière à relâcher la chaîne de retenue; le bac s’ouvre alors par son propre poids, puis on le laisse tomber d’une faible hauteur, et tout ouvert, sur le charbon, dans lequel
- Fig. 2. — Ensemble du magasin et des appareils Hunf.
- Fig. 3. — Ensemble des appareils Hunt.
- il s’enfonce. Le mécanicien maintient alors immobile le tambour de la chaîne de retenue, tire la chaîne de levée, qui force le bac à se refermer, puis il l’enlève en faisant agir à la fois les deux chaînes jusqu’à l’arrivée au haut du bras. On arrête alors la
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- manipulation des charbons a la mine de calumet and hecla. 143
- machine, en laissant le bac suspendu à la chaîne de retenue, puis on renverse la ma-'
- Fig. 5. — Appareils Hunt. Détail des treuils.
- chine de manière à relâcher la chaîne de levée, ce qui fait ouvrir le bac. Après cette
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- JANVIER 1899.
- décharge, on referme le bac et on le laisse redescendre. Le bac contient 2 tonnes1, et chaque manœuvre dure cinquante secondes.
- Un ouvrier placé sur la plate-forme inférieure de la tour ouvre la trappe de la tré-
- Fig. 6. — Appareils Hunt. Vue de côté.
- Fig. 7 à 11. — Appareils Hunt. Détail d’une tour.
- mie, reçoit le charbon dans le wagonnet, le pèse, et pousse le wagonnet sur le plan incliné du roulage automatique. Arrivé à un certain point de son parcours sur ce roulage, le wagonnet rencontre un heurtoir relié à un contrepoids triangulaire C (fîg. 6 et 14), qu’il soulève en repoussant le heurtoir jusqu’à son arrêt graduel par la résistance de ce contrepoids : arrivé ainsi au bout de sa course, il rencontre un taquet
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- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Janvier 1899.
- 10
- I
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- NOTES 1)E MÉCANIQUE.
- JANVIER 1890.
- qui déclenche ses parois et le fait se vider; puis le contrepoids le ramène en arrière avec une vitesse suffisante pour le relancer jusqu’à la plate-forme de la tour. Toute cette ingénieuse manœuvre se fait rapidement, gratuitement et sans choc.
- Ainsi qu’on le voit en figure 14, le contrepoids triangulaire, pivoté en O, est suspendu en A à un cable passant sur l’une des gorges d’une poulie roulant sur une poutre; de là, cette corde s’attache à la poutre du heurtoir, puis va passer sur une poulie fixée à l’une des extrémités de la voie de roulage, d’où elle va repasser sur la seconde gorge de la partie roulante, puis, enfin, s’attacher à l’autre bout de la voie.
- Soient :
- P et P' les poids du wagonnet à vide et rempli.
- h la hauteur de chute depuis le départ du wagonnet jusqu’à son arrêt.
- 8 l’inclinaison de la voie sur la verticale.
- p et p" les poids du triangle et de sa poulie.
- r = OA, et a — OC le rayon du centre de gravité du triangle.
- y le parcours de la poulie du triangle, m la distance initiale de A à sa poulie.
- 9 l’angle de pivotement.
- a l’inclinaison initiale de OA.
- p' et p" les angles initial et final de OC avec l’horizontale.
- On a, en égalant le travail résistant du triangle à l’impulsion du wagonnet qu’elle éteint, l’équation :
- ap (sin p” — sin p') == (P' + P) h sin p",
- sans tenir compte du frottement. Pour en tenir compte, désignons par fia hauteur de chute équivalente à la résistance de ce frottement, par v et - les vitesses maxima de retour du wagonnet et de la poulie du triangle, de sorte que l’énergie perdue et dissipée en vibration
- . pn V*
- par celte poulie est égale à ^—, il vient :
- ° 8 g
- P7t
- f 4- et sin p" —
- 8 9
- (P' + P) h
- ap sin p'
- sin—1 (P' -j- P) (h
- ap
- fi) a p sin p’
- a p
- (II)
- Le pivotement total du triangle est de p'' — p', d’où la relation
- y = r cos a — r cos (a -f p'-' — p') -f- s/m2 — (c — r sin (a + 6)- (III) et, pour 9 = p" —• p'.
- y — r cos a — r (cos (a + p" — p') + \/rn2 — (c — r sin (a + p'' — p')2,
- ^e qui donne, pour le parcours 2y du heurtoir,
- 2 y 2 (r cos a — r cos (a -f p" — p') ~f~ s/m2 — c — r sin (a + p" - p'')2) Dilférentiant l’équation III, il vient :
- dy d 0
- • , . f.v , c — r sin (a + 9) cos (a + 0)
- r sin (a -f 9) -|...................... ' (V
- s/m2 — c — r sin (a -f 9)2
- et, pour 9 £= 0,
- dy
- dô
- sin a +
- r ra cos a
- S/m1 — n2
- pour 9 =- 90° — a, OA est vertical, et
- dy d 9
- sin 90° -- 1
- :iv
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- manipulation des charbons a la MINE 1)E calumet and hecla. 147
- Quand 0 = 0, le point A est dans la verticale de la poulie du triangle, et se déplace avec la même vitesse que cette poulie, puis cette vitesse relative se ralentit suivant l’équation V.
- Le triangle, en retombant, restitue le travail de remontée du wagonnet + le travail de résis-.. p" v2
- tance de sa poulie . d’où :
- Pu2 p" V2
- / + 8g ~
- ap( smp"—sinp')—2Pcosô^rcosa—rcos(a + B" — p' + \/m2 — (c — rsin(a + p"— p')2^ —Q(V1).
- Q, étant la partie déjà accomplie du travail total de frottement— équation dont on tire v Ayant déterminé v on a :
- f = P 'h +
- p" v2
- ~W
- Ainsi qu’on le voit sur la figure 14, la courbe réelle des semelles inférieures du bras est comprise entre la parabole correspondant à une traction de la chaîne de levée constamment égale à la charge verticale maxima de 10000 livres (4 500 kilogrammes) et
- Fig. 14. — Appareils Hunt. Fonctionnement du contrepoids.
- la courbe extrême, correspondant à une charge verticale limité de 12 000 livres. On a pris, comme charge verticale totale, 11500 livres, pour tenir compte du poids et du frottement du chariot. Cette courbe, moins inclinée que la parabole, assure la stabilité du chariot, en lui conservant une tendance à descendre, môme lorsqu’il arrive au point de bascule du bac au haut du bras. En outre, le chariot étant au bas de sa course, si au commencement de sa montée dans le bateau, le bac s’y accrochait par un obstacle quelconque, la chaîne de levée exercerait son effort maximum, qui est de 20000 livres, avec, sur la courbe, une charge verticale totale de 20000 livres plus le poids du chariot, et comme la résultante de ces deux forces est plus inclinée que celle des forces prévues : 10000 et H 500 livres, elle aurait une composante tarigentielle à la courbe, qui ferait monter un peu le chariot, et qui avertirait ainsi immédiatement le-mécanicien.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- JANVIER 1899.
- Quant au prix de revient du transbordement du navire au magasin par ces machines, il s’abaisse à 15 et même à 5 centimes par tonne, au lieu de 1 fr. 65 à 1 fr. 25 par porteur.
- FABRICATION DES BARRES ET DES TUBES PAR REFOULEMENT, PROCÉDÉ Dick (1).
- Ce procédé est, en principe, le même que celui employé depuis longtemps pour la fabrication des tuyaux de plomb que l’on produit en forçant le plomb au travers d’une
- Fig. 15 à 18. — Presse Dick.
- filière par une presse hydraulique, [mais avec la différence qu’il s'agit ici de métaux, tels que le Delta par exemple, refoulés à des températures très élevées, pouvant atteindre 600°, et à des pressions bien plus intenses.
- On avait essayé tout d’abord des récepteurs constitués par des cylindres en acier très épais : aucun ne put résister à une pression de 500 atmosphères avec du métal Delta à la température de sa plasticité; ce récepteur se fondait et se déformait en raison
- (1 ; Iron. and Steel Institute journal 1890. N" 1, p. 53. Engineering, 0 janv. 1899. p. 12. Brevets anglais 1090 et 23172, de 4894; 8874 et 8917, 17889 de 1897.
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- FABRICATION DES BARRES ET DES TUBES PAR REFOULEMENT.
- 149
- de réchauffement beaucoup trop considérable de la partie de ses parois immédiatement en contact avec le métal et gênées dans leurs dilatations par le reste de la masse considérable du cylindre. M. Dick a très heureusement vaincu cette grave difficulté en constituant le récepteur d’une série de tubes en acier concentriques séparés les uns des autres par une garniture non conductrice, le tout pris dans une forte enveloppe d’acier b (fig. 15) avec fonds vissés 7»6, à garniture d’amiante. Le premier tube è2, qui reçoit le métal b* à refouler au travers de la filière d, est conique, de manière que la pression du métal tende à l’appuyer sur le second tube sans pouvoir l’en sortir. La filière d, que l’on doit pouvoir chauffer pour la première opération, est montée dans
- divers.
- un bloc d2, saisi par les pinces o?:! d’une grue hydraulique et solidement appuyée sur le bâti de la presse à refouler. Le piston C de cette presse, qui ne touche pas les parois du tube b2, pousse le métal par un bloc cv terminé par un diaphragme en acier c2, de l’une des formes indiquées en figure 27, ou même plat (fig. 28) se centrant de lui-même dans l’embouchure tronconique an et qui, par sa dilatation, forme un obturateur glissant imperméable au métal refoulé.
- Avant la première opération, il faut chauffer le bloc ci et le récepteur, disposé verticalement sur tourillons blt comme en fig. 19, et fermé par une porte bs,a loquet b9, afin d’y verser le métal à refouler. Ce chauffage s’opère par une rampe de Bunsen /), par un lingot au rouge g, ou (fig. 29) par l’électricité. Le récepteur se maintient ensuite suffisamment chaud de lui-même.
- On emploie, comme garnissage entre les viroles du récepteur, un mélange de granit pulvérisé et de borax, et, pour la filière d, de l’acier au tungstène.
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- 150 ' NOTES DE MÉCANIQUE. ------ JANVIER 1809.
- On voit que l’on peut (fig. 20 à 26) donner au récepteur les dispositions les plus variées. Le récepteur employé en 1896 aux Delta Métal Works, à Londres, était du type figure 16 ; il avait 0m,60 de long sur 0m,60 de diamètre extérieur, avec tube b2 en acier fondu de 125 à 200 millimètres, suivant la grosseur des barres à refouler, trois viroles et trois garnissages de 20 millimètres d’épaisseur. Le piston de la presse hydraulique, de 160 millimètres de diamètre, et sous une charge de 820 kilogrammes par centimètre
- Fig. 29.
- O- N *
- v\\sN
- carré, exerçait une pression de 530 tonnes environ. Après y avoir versé une charge de 80 kilogrammes de métal Delta fondu, qu’on y laissait pendant six minutes prendre l’état plastique, on remettait le récepteur dans sa position horizontale, et la presse en refoulait, en quatre minutes, quatre barres de 2omm X3m,60 de long. Après quoi, on relâche les pinces (/,,, et le piston C achève de chasser le reste du métal, la filière, le
- Fig. 30 et 31. — Presse Dick pour tubes. Fig. 32. — Presse à tubes Dick. Détail dune filière. Ensemble et détail d’une Fdière.
- diaphragme c.,, et le bloc c*, laissant le récepteur prêt pour recevoir une autre charge. On peut ainsi traiter 25 charges en dix heures.
- On peut, par ce procédé, refouler des barres des profils les plus variés, impossibles à laminer, et jusqu’à des fils très fins. La résistance du métal Delta passe, par ce refoulement, de 60 à 76 kilogrammes par millimètre carré, c’est-à-dire augmente de 24 p. 100, et son allongement de 20 à 32,5 p. 100.
- On n’a pas encore réussi à refouler ainsi des barres d’acier; les filières surtout ne résistent pas.
- La fabrication plus récente des tubes s’opère par un appareil analogue au précédent et n’en différant (fig. 30) que par la filière f (lig. 31 et 32), dans laquelle on introduit une
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- FABRICATION DES BARRES ET DES TUBES PAR REFOULEMENT.
- 151
- pince d, à trois couteaux e, avec petit mandrin ei sur lequel les trois bandes de métal, refoulé, découpées par les couteaux e viennent se presser et se souder à l’abri de l’air sans oxydation des sections en contact. Cette condition est essentielle, car l'avant
- Fig. 34.
- du tube, forcément exposé à l’air, ne se soude jamais, ainsi que le montre la figure 33.
- On fabrique ainsi des tubes de toutes formes (fig. 34) jusqu’à un diamètre de 70 millimètres, en laiton, Delta, alliages d’aluminium, parfaitement soudés et très résistants : jusqu’à 37 kilogrammes par mètre carré pour le laiton.
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- NOTES DE MECANIQUE. ----
- MACHINE ReuL A MEULER LES BAGUES
- On sait que l’un des grands services que rend aux constructeurs de machines l’emploi de la meule à l’émeri est de permettre le meulage et la rectification très précise des pièces après la trempe. La machine de M. Reid, ingénieur de l’atelier de
- 1/V !
- — Machine à meules Reid. Élévation-coupe.
- construction de locomotives de Neilson, à Glasgow, a pour objet le meulage des bagues des bielles d’accouplement ou de distribution des locomotives après cémentation et trempe.
- Ce meulage est exécuté par une petite meule A' (flg. 35) dont l’axe A tourne dans un palier L, fixé par M à une glissière N, qui porte la crapaudine do A, et qui,équilibrée par P, reçoit, do la manivelle à course réglable F et du balancier E, un mouvement de va-et-vient vertical rendu uniforme en commandant F par les engrenages elliptiques K2.
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- MACHINE REID A MEULER LES BAGUES.
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- La pièce à meuler est fixée sur une table Q (lu chariot compound RS, monté sur l’excentrique T, qui fait décrire à l’intérieur de la pièce un cercle tangent à A', dont le rayon est déterminé par l’excentricité de VT relativement à son axe Y, qui est dans le prolongement de A. Celte excentricité est réglée d’abord à la main par la vis de
- Fig. 36Vt 37. — Machine à meules Eeid. Vues par bout.
- l’écrou V, puis, à mesure que le meulage se fait, cette excentricité augmente peu à peu de manière à faire avancer la meule, à chaque passe, jusqu’à la fin de son travail.
- A cet effet, l’arbre Y, commandé par la transmission hélicoïdale W, est traversé par un axe central U, commandé par le train différentiel a b c g f h (fig. 36), dont le pignon a, calé sur U, entraîne à des vitesses égales et contraires les pignons £ etc, calés sur les axes e et d. L’axe d porte, fou sur lui, un pignon et e un pignon h, tous deux en prise avec le pignon f, calé sur U, et qui a une dent de plus que g et une de moins que h.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- JANVIER 1899.
- Il on résulte ({ue, suivant que l’on embraye, par le levier l et les griffes R, g suri/ ou h sur e, l’axe U tourne un peu moins ou un peu plus vite que Y, et fait, par conséquent, par j i et Y, augmenter ou diminuer progressivement l’excentricité de T.
- Pour passer le calibre dans la pièce en travail, afin d’en vérifier le diamètre vers la lin de l’opération, il suffit de détacher en M le palier L, que l’on enlève, avec A,, par une corde à contrepoids O.
- MANOMÈTRE ENREGISTREE R Wûlfe.
- Ce manomètre, construit par la compagnie Crosby, de Boston, porte un quadrant C (fig. 38) commandé par un mouvement d’horlogerie, et sur lequel le stylo F inscrit les
- Kig. JS-U). — Manomètre enregistreur Wof/'e.
- pressions de la chaudière d’une façon continue. Le tube de Bourdon B b commande l’aiguille D de F par la bielle ajustable //, la coulisse b.v ajustable par les vis b% sur le bras d'de l’arbre a.v pivoté dans et qui porte l’aiguille. Enfin, cette aiguille porte, sur elle, en e e', une lamelle E, qu’il suffit de presser ou de relâcher par la vis e2 pour régler avec une grande précision la distance du style F au papier.
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- PROCÈS-VERBAUX
- Stance du 33 décembre 1898.
- Présidence de M. A. Carnot, président.
- Correspondance.'—M. E. Collignon, secrétaire, dépouille la correspondance.
- MM. Hirsch, Expert-Besançon et Baquet s’excusent de ne pouvoir assister à la séance.
- MM. Moissan et Masson remercient le Conseil pour leur nomination de membre des Comités des Arts chimiques et mécaniques.
- M. O. Lefèvre remercie le Comité pour sa nomination de membre de la Société.
- M. Schabaver, constructeur mécanicien à Castres, présente ses pompes cen-trifuges. (Comité des Arls mécaniques.)
- M Marshall, boulevard des Italiens, 11, présente ses courroies pégamoïd. Comité des Arts mécaniques.)
- M. Bachelier présente un Mémoire sur Y Utilisation de la ramie. (Arts mécaniques.)
- il/. H. Bouron, de Nantes, 20, présente ses pâlie)s hydrodynamométriques pour bateaux, transmissions, elc. (Arts mécaniques.)
- MM. Vinsonneau- et Secrétan déposent un pli cacheté relatif à des appareils pour l’examen optique des tubes de chaudière.
- La Commission permanente internationale de ta Propriété industrielle invite Ja Société d’Encouragement à se faire représenter par des délégués au Congrès de la Propriété industrielle de 1900. (Bureau.)
- Correspondance imprimée. — M. Collignon présente au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages mentionnés à la page 1667 du Bulletin de décembre.
- Nominations de memrres de la Société. — Sont nommés :
- M. P. Renaud, ingénieur à Paris, présenté par M. Carpentier.
- La maison Dubois et Trubert, de Reims, teinture et traitement des tissus, présentée par M. G. Richard.
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- 150
- PROCÈS-VERBAUX.
- JANVIER 1899.
- Conférence. — M. Gall fait une conférence sur Y Industrie électro-chimique.
- M. le Président remercie vivement M. Gall de sa très intéressante communication, qui sera insérée au Bulletin.
- Dépouillement du scrutin pour le bureau de 1898. — Le dépouillement du scrutin n’ayant pas donné le nombre do voix exigé par les statuts, l’élection du bureau est renvoyée à la prochaine séance.
- Séance du 14 janvier 1899.
- Présidence de M. A. Carnot, président.
- M. Collignon, secrétaire, dépouille la correspondance. Il fait part du décès de MM. E. Pépratx, membre correspondant du Comité des Constructions et Beaux-Arts, et C.-A. Décaux, membre de la Société.
- M. Kayser annonce l’envoi d’un mémoire sur les levures sélectionnées, pour concourir au prix correspondant du Comité d’Agriculture.
- La Société nationale d’Agriculture de France communique l’avis suivant :
- « La Société nationale d’Agriculture de France vient de constituer une Commission spéciale chargée d’étudier l’utilisation, pour l’éclairage, de l’alcool additionné ou non de substances étrangères.
- « La Société fait appel aux inventeurs ou constructeurs et les prie d’envoyer les communications et renseignements intéressant cette question au siège de la Société, rue de Bellechasse, 18. »
- La Société Suisse des Industries chimiques envoie le programme de son concours pour un travail utile au développement de Vindustrie électro-chimique en Suisse et pour la construction cl’un compteur pour vapeur. Tout Suisse ou étranger peut concourir. Les mémoires rédigés en allemand ou en français, doivent être envoyés avant le 1er mai à M. le docteur H. Schœppi à Mitlodi (Claris).
- M. Gautier, rue Lesage, 25 à Beims, demande une annuité de brevet pour un block-system de chemin de fer. (Arts mécaniques.)
- M. Michaud. 95, rue de Montreuil, demande une annuité de brevet pour une tuyère de forge. (Arts mécaniques.)
- Correspondance imprimée. — M. Collignon présente au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages mentionnés à la page 158 du présent Bulletin.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- JANVIER 1899.
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- Déclaration de vacance. — M. Bordel fait, au nom de la Commission des fonds, déclaration d’une vacance en remplacement de M. Legrand.
- Nominations de membres de la Société.—Sont nommés :
- M. F. Tixier, ingénieur civil des mines, à Paris, présenté par M. G. Richard.
- M. S. Harant, président de la Chambre syndicale de la céramique et de la verrerie, à Paris, présenté par M.Appert.
- Communications. —M. A. Good fait une communicatiou sur les prismes pour Véclairage des habitations.
- M. Chabaud fait une communication sur son matériel de radiographie stéréoscopique.
- M. le Président remercie MM. Good et Chabaud de leurs très intéressantes communications, qui sont renvoyées aux Comités des Constructions et des Arts économiques.
- Election du bureau. — Les élections ont donné, pour la composition du Bureau, celle mentionnée en tête du présent Bulletin; ont été en outre nommés définitivement Membres du Conseil : MM. Livache, Masson, Moissan et le prince Roland Bonaparte.
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- LIVRES ET OUVRAGES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE
- EN JANVIER 1899
- La Machine à vapeur et La Locomotive, modèles démontables en carton, par M. C. Volkert, Paris, Bernard.
- De la Petite Encyclopédie pratique du bâtiment, publiée sous la direction de M. L.-A. Barré.
- Distributions d’eau et assainissement. Couverture, plomberie, zingage. Lois et règlements concernant la construction. Chauffage, fumisterie, ventilation, éclairage et électricité, 4 vol. in-18, 100 p. Paris, Bernard.
- Les Voitures automobiles, par MM. Milandre et Bouquet, 3U vol. Voitures à pétrole, 1 vol. in-4, 160 p., 113 fig.
- De la Bibliothèque des conducteurs de travaux publics. Assainissement des villes, par M. P. Wery, 1 vol. in-8, 663 p., 434 fig. Paris, Dunod.
- Idées pour le siècle nouveau. Anonyme, 1 brocb. in-4, 169 p.
- The World’s Wheat Supply, par MM. Lames et Gilbert,2 broch. 16p., Spottiswod, Londres.
- Du ministère de l'Instruction publique. Œuvres d’Augustin Cauchy. lre série, t. XI, 1 vol. în-4, 45fip., Paris, Gauthier-Yittars, et Expéditions scientifiques du « Travailleur » et du « Talisman » ,t. II, Mollusques testacés, par Jî. A. Imard, 1 vol. in-4,513 p., 18 pl. Paris, Masson.
- De l’Encyclopédie Leauté. L’Industrie du goudron de houille, par M. F. Jaubert. Paris, Gauthier-Villars.
- On the Organisation of Engineering Courses and on Entrance Requirements for Professional Schools, par M. R. H. Thurston, broch. in-8, 183 p.
- American Society of Mechanical Engineers. (Transactions.) Vol. XIX (1898). Le télescope aux points de vue historique et pratique, par M. R. Warner. Machine à mouler Plainfield. Les machines multicylindriques, par MM. Thurston et Brinsdade. Machines auxiliaires et transmissions sur les bateaux de guerre, par M. G. W. Dickies. Essais de pompes centrifuges, par M. C. Carpenter. Diminution du prix delà puissance des machines à vapeur de 1870 à 1897, par M. W. Dean. Essais de chaudières, par M. Patterson. Résistance de la fonte au choc, par M. J. Keep. Purification des eaux, par M. Stelman. La distribution Stevenspourmachinesmarines, par M. Fletcher. L’électricité dans les lilatures, par M. Whaley. Thermodynamique sans calcul, par M. G, Richemond. Diagrammes et Stéréogrammes, par M. Thurston. Propriétés mécaniques de quelques alliages d’aluminium, par M. Carpenter. Définition de la surface de chauffe des chaudières, par M. W. Baker. Expérience avec des cylindres en fonte, par M. B. Cleveland. Les brevets, par M. S. Hamilton. Essais par pliage des entretoises de locomotives, par M. C. Pa-terson. Unification des essais de machines à vapeur, par M. Barrus et Donkin. Les calorifuges, par M. L. Norton. Nouvelle fabrication de tubes sans soudure, par MM. Carpenter et Beaver. Montage des chaudières tubulaires horizontales, par M. Woolson. Peignage et hallage du coton depuis 1798, par M. Lowry. Turbines du Niagara, par M. C. Sellers. Vie de Bessemer, par M. Dredge (1 vol. in-8, 1033 p.).
- General View of Commerce and Industry in the Empire of Japan, publié par le bureau du Commerce etde l’Agriculture du Japon. In-18, 320 p. Imprimerie Yamaguclii, Tokyo (1897).
- Recherches sur les instruments, les méthodes et les dessins topographiques, par
- M. le colonel A. Laussedat. 1 vol. in-8, 450 p., 11 pl. Paris, Gauthier-Villars.
- De la Bibliothèque du jeune ouvrier. Résumés de causeries familières. 1er fascicule : Le Dessin, par G. Somasco, publié pour VÉcole gratuite de travail manuel de Creil (1899).
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- LITTERATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA BIRLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Décembre 1898 au 15 Janvier 1899
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag.
- Ac.
- Acp.
- AM.
- Ap.
- APC.
- Barn.
- BMA .
- Ci.. . Co.. . CN. . Cs.. .
- en. .
- Dol. .
- Dp. . E. . . E’.. .
- Eam. . EE.. . EU. . Et-. . EM. . Es.. .
- Fi - .
- Gc.. . Gm. . IC.. . le. . . Dn . . IME. .
- loB. . La . .
- Journal de l’Agriculture.
- Annales de la Construction. Annales de Chimie et de Physique. Annales des Mines.
- Journal d’Agriculture pratique. Annales des Ponts et Chaussées. Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- Bull, du ministère de l’Agriculture. Chronique industrielle.
- Cosmos.
- Chimical News (London).
- Journal of the Society of Chemical Industry (London).
- Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- Bulletin of the Department of La-bor des États-Unis.
- Dingler’s Polytechnisches Journal. Engineering.
- The Engineer.
- Engineering and Mining Journal. Eclairage Électrique.
- L’Électricien.
- Économiste français.
- Engineering Magazine.
- Engineers and Shipbuilders in Scotland (Proceedings).
- Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Génie civil.
- Revue du Génie .militaire. Ingénieurs civils de France (Bull.). Industrie électrique.
- Industrie minérale de St-Étienne. Institution of Mechanical Engineers (Proceedings).
- Institution of Brewing (Journal). La Locomotion automobile.
- Ln. ... .La Nature.
- Ms........Moniteur scientifique.
- Mc . . . . Revue générale des matières colorantes.
- N.........Nature (anglais).
- Pc........Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Pm. . . . Portefeuille économ. des machines.
- Rgc. . . . Revue générale des chemins de fer.
- Rgds.. . . Revue générale des Sciences.
- Ri ... . Revue industrielle.
- RM. . . . Revue de mécanique.
- Rmc... . . Revue maritime et coloniale.
- Rs........Revue Scientifique.
- Rso. . . . Réforme Sociale.
- RSL. . . . Royal Society London (Procee-
- dingsj.
- Rt........Revue technique.
- Ru........Rgvue universelle des mines et de
- la métallurgie.
- SA........Society of Arts (Journal of the).
- ScP. . . . Société chimique de Paris (Bull.).
- SU........Société internationale des Électri-
- ciens (Bulletin).
- SiM. . . . Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- SiN. . . . Société industrielle du Nord de la France (Bulletin).
- SL........Bull, de statistique et de légis-
- lation.
- SNA.. . . Société nationale d’agriculture de France (Bulletin).
- SuE. . . . Stahl und Eisen.
- USR. . . . Consular Reports to the United States Government.
- VDl. . . . Zeitschrift des Vereines Deutscher Ingenieure.
- ZOI. . . . Zeitschrift des Oesterreichischen Ingenieure und Architekten-Ve-reins.
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- f 60
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JANVIER 1899.
- AGRICULTURE Bétail. Tuberculose des bovidés. Ap. 22 Dec.,
- m.
- — Elevage du bœuf à Madagascar (Charon). BMA. Nov., 1400.
- Blé (Conservation du) (Heuzé). Ap. 24 Déc., 898.
- — (Exigences minérales du) et fumures du
- printemps (Grandeau) Ap. b Janv., 12. Charrues. Concours international en Italie (Ringelmann). Ap. 12 Janv., 53. Châtaigniers des Pyrénées (Maladies des) (Crié) BMA. Nov., 1291.
- Engrais.Divers. Co. 31 Déc., 1160.
- — Fosses à fumier (Les), plates-formes et fumières (Ringelmann). Ap. 13, 22, 29 Déc., 856, 892, 924.
- — Engrais de mer (Grandeau). Ap. 12 Janv. 48.
- — Salpêtre du Chili. Cs. 31 Déc., 1160.
- — Assimilation de l’azote nitrique et de l’azote ammoniacal par les végétaux supérieurs (Mazé). CR. 12 Déc., 1041.
- — Présence et dosage du chlore dans les
- plantes (Berlhelot). CR. 2 Janv., 7.
- — Nitrates naturels, production et utilisa-
- tion (Aymé). R s. 24 Déc., 817.
- — Phosphates, valeur fertilisante (Gran-
- deau). Ap. 22 Dec., 881.
- Eure-et-Loir. Monographie agricole (Garola). BMA. Nov., 1313.
- Fourrages. Ensilage dans la pulpe fraîche des sucreries. Ag. 24 Déc., 1018.
- Fruits frais (Composition des) (A. Girard et Lindet). BMA. Déc., 1523.
- Gard (Monographie agricole du). (Chanzet). BMA. Déc., 1329.
- Haras et Remontes (Lavalard). Ag. 24 Déc., 1009. Labours en planches (Exécution des). (Rabaté). Ap. 5 Janv., 16.
- Lait (Appareils pour le traitement du). Ag. 24, 31 Déc., 1020, 1060.
- — École de Mamirolle. BMA. Nov., 1425. Moisson (Frais de la) dans la Brie en 1898 (Rayer). Ag. 17 Déc., 974.
- Mûrier et vers à soie dans les Abruzzes. Ap. 22 Déc., 885.
- Noyers (Maladies des) en France (Prillieux et Delacroix). BMA. Nov., 1387. Oiseaux insectivores (Disparition des). Moyens de l’enrayer (Millet), fis, 14 Janv., 43.
- | Olive (Mouche de l’j. Ap. 30 Déc., 916. j Pécher (Culture du) (Berger). Ag. 7 Déc., 985. ! Vigne. Nouvelle bouillie cuprique. Ap. 13 | Déc., 849.
- j — Nutrition et défense par injection. Ap.
- 29 Déc ,918.
- — Plantation et palissage. Ap. 15 Déc.,830. — Dissémination naturelle des levures de vin (Boutroux). CR. 12 Déc., 1033.
- — Exportation des vins. Ag. 17 Déc., 976. — Vinification dans le canton de Neuf-châtel en 1897 (Rousseau).DMA. Nov., 1435.
- CHEMINS DE FER
- Chemins de fer (Trafic des). Cf. 7 Janv., 3.
- — Métropolitain de Paris. Rt. 10 Déc., 533. — Sui sses pour 1896. statistique. Rgc. Janv., 49.
- — Orléans, quai d’Orsay. Gc. 7, 14 Jane., 145, 161.
- — Électriques (Les) (Barbier). Gc. 24 Déc.,
- 122.
- — — Orléans-Paris. Gc. 17 Déc., 187.
- — — de Barmen (à crémaillère). EE.
- 31 Déc., 553.
- — — de la Jungfrau. Rgc. Janv., 7.
- Freins Hamar. RM. Déc., 688.
- Gare de Zurich. Rgc. Janv., 1.
- Locomotives express Etat français (Guédonj. Barn. Déc., 1147.
- — à voyageurs et marchandises pour l’iu-
- terocéanien R. (Mexique). E. 13 Janv., 44.
- — (Caractéristique des) (Henderson). IC
- Oct., 114.
- — Compound à trois essieux couplés du chemin de fer du Nord. E'. 30 Déc., 649 — Distribution Cutler et Godden. RM. Déc., 687.
- — Équilibre des masses (Augier). Rgc Janv., 28.
- — Tiroir Reeves et Heath. RM. Déc., 687. Rails lourds (Avantage des), Sandberg. E. 13 Janv., 62.
- Résistance des trains. Essais du Caledonian. Er.
- 23 Déc., 621, 624; 13 Janv., 36.
- Roues en fonte (Spécification chimique des) (Davis). Cs. 31 Déc., 1126.
- — Fixation de bandages Hœnigswall. Gc. 14 Janv., 172.
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- 161
- LITTÉRATURE DES PERIODIQUES. ’—= JANVIER 1899.
- Traverses métalliques. Essais comparatifs (lien- • son). Ru. Déc., 229.
- Voiture-salon privée Jackson et Sharpe. E', 13 J an r., 30. •
- Wagons. Porte Hyde. E. 16 Déc., 793.
- . Convergence des essieux à grand écartement (Polonceau). AM. Nov., 557,
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles à Paris. E'. 23 Déc., 612.
- — Formulaire pour concours (Hospitalier). La. 15 Déc., 783.
- — Transmissions. Ri. 17, 24 Déc., 503, 515 ; 14 Janv., 15. .
- —- Exposition des Tuileries (Barbet). RM. Déc., 577. • -
- — Concours des poids lourds à Liverpool.
- tic. 17 Déc., 106...
- — Direction Priestmann et Wright. RM. Déc., 689. -,
- Électriques Lindsay. La. 15 Déc., 786.
- — .— Mildé. La. 29 Déc., 815.
- à vapeur.Kecheur. La. 12 Janv., 24.
- — à pétrole (Les). E1. 6 Janv., 1,
- . — — Taurin. La. 15 Déc., 788.
- . — — Gauthier Wehrlé. Pm. Déc., 186.
- — — Lepape. Id., 190.
- — — Delahaye. La. 22 Déc., 798.
- .— — Gobron et Brillie, Ernouf. La. 27 Déc., 816.
- — — Calloch. RM. Déc., 689.
- — PneumatiquesKersting. La.22 Déc., 807,
- — — Tuf Tuf. La. 12 Janv., 20. Tramways électriques à caniveau. Glasgow. E1. 16 Déc., 586.
- — La Bastille-Charenton. Gc. 31 Déc., 129.
- — (Résistance électrique d’un circuit de).
- EE. 24 Déc., 505.
- . — de Boston. Elé. 24, 31 Déc., 417, 428.
- — New-York. Id. 31 Déc., 434.
- — à trolleys. Lausanne. E. 16 Dec., 769.
- — à contacts. Thomson et Walker. EE. 14
- Janv., 61.
- — Mixtes Paris-Pantin (de Marchena). Sie.
- Déc., 517.
- Vélocipédie au salon du Cycle. Gc. 7 Janv., 154.
- — . (Fabrication des). (Haedike). Société
- d’Encouragement de Berlin. 5 Déc., 435.
- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Janvü
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acétone. Dosage dans l’eau et les alcools (Deniges). Pc. 1er Janv., 7..
- Acides acétique. Procédé Scott. E. 16 Déc., 801.
- — Camphorique (Blanc). Actualités chimiques. 30 Oct.
- Acoustique. Vitesse du son à 0° (Leduc). CR. 26 Déc., 1201.
- — L’audition et l’intensité du son (Gellé). Rs., 14 Janv., 35, 301. ' - ;
- Alcool éthylique. Synthèse (Word). CN. 23 Déc.,
- — 308. •' <
- — Alcaloïdes. Réaction de Vitali. Ms. Janv.,
- 03. ' . . . ::o
- Ammonium organique du lithium (Moissan).
- CR. 2 Janv., 26....... - - .
- Azote. Action des oxydants sur les composés azotés (de Coninck). CR. 12 Déc. 1028.
- — atmosphérique. Azote pur et argonj
- densités (Ramsay). CN. 13 Janv., 13. Arséniure de calcium (Lebeau). CR. 9 Janv., 95. Brasserie (École de) moderne (Frew); IoB. Déc., 596. . . ' -
- — Diastase du malt (Petit). Ms. Janv., 14, Divers. Cs. 31 Déc., 1162, 1191, 1193.
- — Cellulose (la) (Cross et Bevan), Mc. Janv., 17. - . • , ‘
- Caoutchouc. Préparation (Biffen). JA. 23 Déc.,
- 111. -......................" ^
- Céramique. Presses diverses Luzzato, Zeit-- ter. Dp. 24 Déc., 223.
- . — et verrerie (Granger). Ms. Janv., 5, Chaleurs spécifiques des gaz (Rapport des).
- (Boltzmann) Fi. Déc., 1009.
- Chaux et ciments. Divers. Cs. 31 Déc,, 1148. — Résistance et élasticité des ciments de Portland (de Joly). APC., 1898(3), 1-98. — Hydroxyde de calcium dans le ciment de Porlland (Le Ciment). Déc., 181.
- —: Industrie du ciment eu Allemagne. Le Ciment. Déc., 291. .
- Corps gras. Divers. Cs. 31 Déc., 1155.
- Créosotes commerciales. Cs. 31 Déc., 1171. Digitaline (Kiliani). Cs. 31 Déc., 1174.
- Égouts. Destructeur Saint. E. 23 Déc., 842.
- Mason. E. 30. Déc., 870. v, .• .. :
- Essences. Diverses. Cs. 31 Déc., 1172.
- — de Thym (Labbé). ScP. Déc., 1009.
- — Séparation du citronel et du citràl (Fla-
- teau et Labbé). Id., 1012:
- 1899.
- 11
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- 162
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JANVIER 1899.
- Explosifs. Divers, Cs. 31 Dec., 1179.
- — puissants et poudres sans fumée, leur
- emploi à la guerre (Maxim). Fi. Déc., 457.
- — Poudre à coton humide, décomposition lente (Thomas). Cs. 31 Déc., 1179.
- — et poudre sans fumée. Essais de stabi-
- lité (Thomas). Id., 1180.
- Esprit de sciure de bois. Fabrication (Semou-sen). Cs. 31 Déc., 1164.
- Étain, Action de l’acide nitrique sur V— en présence des métaux du groupe du fer (Van Leent). CN. 30 Déc., 320. Fermentation (Chimie de la). Progrès récents (Delbruck). Cs. 31 Déc., 1162.
- — Alcoolique. Son mécanisme. Expériences de Buchner (Bertrand). Rgds. 15 Déc., 907.
- — Ferments oxydants de l’aconit et de la belladone. Pc. 15 Janv., 49.
- Flammes contenant des sels vaporisés. Luminosité et conductibilité (Dawson et Wilson). RSL. 20 Déc., 130.
- Gélatine. Dosage dans les gommes (Trilliat). ScP. Déc., 1017.
- Hypochloi'ites. Solutions concentrées. (Expériences sur les). (Musprath et Smith). Cs. 31 Déc., 1096.
- Hyponitrites. Préparation par le sodium (Divers). Cs. 31 Déc-, 1177.
- Gaz d’éclairage (Mélanges explosifs d’air et de), Technology Quarterly. Sept., 187. — Chauffage divers. Dp. 7 Janv., 9.
- — Allumeur. Auto-Lux. Ln. 7 Janv., 95. — Manchons à incandescence (Hintz). Ms. Janv., 47.
- — Détermination du soufre (Longi). Ms. Janv., 40.
- — — Acétylène (L’). (W. Lewes). SA.
- 23, 30 Déc., 105, 117; 6, 13 Janv., 129, 141.
- — — Gazogène. Société italienne. E. 16
- Déc., 801.
- — — Utilisation industrielle. Ri. 24 Déc.,
- 517.
- — — Éclairage des trains. Ri. 1 Janv. 4.
- — — Divers. Cs. 31 Déc., 1131.
- Huiles siccatives et cuites, détermination de
- l’oxygène absorbé (Lippert). Ms. Janv.,
- 51.
- — Matière saponifiable de l’huile de lin
- cuite, Ms, Janv., 56.
- Huiles de bois japonaises. Ms. Janv. 55.
- — de noix, de froment. Id. 57.
- — essentielles. (Détermination du point de
- solidification des). (Schimmel). Cs. Déc., 1189.
- Laboratoire. Divers. Cs.31 Déc., 1183, 1190. — Mesures par les miroirs (W. llolman). Technology Quarterly. Sept., 134. Détermination électrolytique de l’étain dans les minerais (Campbell et Champion). CN. 23Déc., 310.
- — Graissage des robinets de verre. CN. Déc., 311.
- — Dosage de l’oyyde de carbone. Appareil simple Barker. CN. 16 Déc., 293.
- — Séparation des éléments halogènes combinés avec l’argent. (Baubigny). CR. 26 Déc., 1219.
- — Dosage du phosphore et du soufre dans les végétaux et dans leurs cendres (Berthelot). CR. 2 Janv., il.
- — Séparation du chlore, du brome et de l’iode mélangés à l’état de sels d’argent (Baubigny). CR. 2 Janv. 51.
- — Tube-creuset Murmann. Cs. 31 Déc., 1181.
- — Dosage de l’acide borique (Gooch et Jones). American Journal of Science. Janv., 34.
- — — De l’acide carbonique dans les mi-
- néraux (Marshall). Cs. 31 Déc., 1106.
- — — calorimétrique de l’oxygène dis-
- sous dans l’eau (Makny et Middleton). Cs. 31 Déc. 1127.
- — — de la silice dans l’eau (Jolies et
- Neurath). CN. 13 Janv., 13.
- — — du plomb et de l’étain en petites
- quantités (Handeshagen). Cs.31 Déc., 1183.
- — — de l’hydrogène sulfuré, des acides
- sulfureux et thiasulfuriques (Feld). Cs. 31 Déc., 1196.
- — — volumétrique du cérium (Job). CR.
- 9 Janv., 101.
- Météorites. (Gaz des) (Travers). CN. 23, 30 Déc., 317.
- Molybdène. (Analysedes composésdu)(Brearly). CN. 6, 13 Janv., 2, 14.
- Occlusion des gaz par les oxydes métalliques (W. Richards). CN. 13 Janv., 19. Nickel et Cobalt. Séparation par l'acide chlorhydrique (Havens). CN. 30 Déc., 323
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JANVIER 1899.
- 163
- Nickel. Nickelage des petites pièces mécaniques (Langbein). Ri 7 Janv., 1. Optique. Spectroscopie interférentielle. Application d’une nouvelle méthode (Fabry etPérot). AcP. Janv., 115.
- — RayonsX. CR. 20 Déc., 1210,1215,1218; EE. 7, 13 Janv., 37, 41, 66, 72.
- Oxyde de carbone. Décomposition par l’oxyde de fer (Boudouard). CR. 9 Janv., 98. Ozone et ses applications (Engledue). Cs.
- 31 Déc., 1101; (Hershaw). Id. 1173. Papier. Fabrication du. Dp. 17 Déc., 205.
- — Divers. Cs. 31 Déc., 1171.
- — de bois. Utilisation des résidus (Harpfj.
- Id., 1171.
- Paraffines. Point de solidilication. Teneur en — des huiles lampantes. Ms. Janv. ,39,40. Sulphonation. Cs. 31 Déc., 1135. Pétrole. Gaz d’huile lourde. Ms. Janv., 31 35. — Récupération des sous-produits de l’industrie des) acide sulfurique et soude. Ms. Janv., 45.
- — Valeur des graisses minérales. Ms. Janv., 62.
- — Américain. Composition. Cs. 31 Déc., 1136.
- Peintures anticorrosives. Cs. 31 Déc., 1157. Phosphures métalliques (Les) (Granger). Actualités scientifiques. 30 Août, 237. Photographie. Divers. Cs. 31 Déc., 1178.
- — Faits et théories photochimiques (Bac-keland). Cs. 31 Déc., 1120.
- — Action de la lumière sur les chlorures
- d’or et d’argent. Cs. 31 Déc., 1178. Platine et indium dans le fer météorique (Da-vison). American Journal of Science. Janv., 4.
- Plomb (Toxicologie du) (Hugounenq). Pc. 15 Déc., 529.
- Savons. Destruction par les eaux dures (Mel-drum). CN. 16 Déc., 293.
- — Théorie de la saponification (Luvko-
- witsh). Cs. 31 Déc., 1107.
- Siliciures de tungstène, molybdène, chrome et manganèse (Wanen). CN. 30Déc.,318. Sucrerie. Échappement automatique des gaz et mousses de diffusion. Ri. 24 Déc., 519.
- — Divers. Cs. 31 Déc., 1137, 1141.
- Action de la bactérie du Sorbose sur
- les sucres aldéhydiques (Bertrand). ScP. Déc., 999.
- Tétrachlorure de Zirconium, thorium et plomb (Matthews). CN. 6, 13 Janv., 5, 15. Tannerie. Divers. Cs. 31 Déc., 1159.
- Teinture. Divers. Cs. 31 Déc., 1137, 1141.
- — Indigotine fixée sur tissus, dosage colorimétrique. Scheurer. Mc. Janv., 5 et 7.
- — Résistance des couleurs à la lumière. Mc. Janv., 7.
- — Mordançage de la laine avec les sels d’alumine. Cs. 31 Déc., 1142.
- — Monomethylorthotoluidine, préparation (Guchm et Blumer). Mc. Janv., 11. — Emploi de l’hydrosulfite de soude dans la teinture de l’indigo. Cs. 31 Déc., 1109.
- Yaniline. (Fabrication de la). Pc. 1er Janv., 21. Vapeur d’eau. Volume spécifique et la calorie de Régnault (Starkweather). American Journal of Science. Janv., 13. Verre hydraté. Relations thermodynamiques (Barus). American Journal of Science. Janv., 1.
- Vernis et résines. Divers. Cs. 31 Déc., 1157,
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Accidents du travail (Prévention des) (Mamy). IC. Oct., 87.
- Allemagne. Politique commerciale (G. Blondel). Rso. 1er Janv., 45.
- Associations agricoles allemandes. Rso. 16 Déc., 898. (
- — Coopératives en Allemagne (id.). 1er Janv., 95.
- Boutons (Industrie des) en Europe. JJJR. Déc., 481.
- Brevets. Examen préalable. E. 16 Déc., 789. Crédit personnel et intervention de l’État en Allemagne (Bloch). Cf. 17 Déc., 819. Décentralisation et économie budgétaire. Ef. 14 Janv., 25.
- États-Unis. Notes sur les manufactures américaines (Birch). E. 16, 24 Déc., 774, 805.
- — Les trusts. Ef. 31 Déc., 893.
- — Commerce extérieur. SL. Déc., 676. France. Les retraités de l’État (Turquan). Rso.
- 16 Déc., 910.
- — Dépopulation. Hso. 16 Déc., 933.
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-
- 164
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JANVIER 1899.
- France. Mouvement des ports en 1897. Ef. 24 Déc., 859.
- — Son avenir en Chine. Ef. 24 Déc., 857. — Métallurgie et Mines en 1897. Ef. 31 Dec., 897.
- — Population indigente à Paris. Ef. 31 Déc., 895.
- Gaz et Électricité. Régime des entreprises de en France et à l’étranger. Ef. 7 Janv., 7.
- Habitations ouvrières à Berlin (Nérinex). Rso. 1er Janv., 76.
- Grève des ouvriers mineurs du pays de Galles (Leproux). AM. Nov., 463.
- Marine marchande française. Moyen de la relever. Ef. 17 Déc., 821.
- Métaux précieux, production et consommation. SL. Déc., 641.
- Or et Argent. Mines et frappe de monnaies (White).FL Déc., 401.
- Retraites ouvrières et Associations privées. Ef. 24 Déc., 855.
- Secours mutuels et partage des bénéfices dans l’imprimerie ( Waudry). Dol. Nov., 829. Sucres et Boissons. Documents statistiques.
- BMA. Bée., 1585.
- Tunisie en 1898. Ef. 17 Déc., 825.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Brevets allemands. 100 000. SuE. 15 Déc., 1429. Canal de la Marne à la Saône (Étanchenrent . du) (Cadart). APC. 1898 (3) 93. Ciment et bétons armés. Calcul des poutres et planchers (Lefort). Ac. Déc., 245,
- — (Constructions en). Gc. 17 Déc., 103.
- — et métal déployé. Le Cciment Déc., 185.
- — de la Société Pavin Lafarge. Le Ciment.
- Déc., 1778.
- Dômes et convoles (Théorie des). VDl. 17 Déc., 1412.
- Constructions incombustibles. E. 16 Déc., 786. Exposition de 1900. Déplacement de la galerie de 30 mètres. Gc. 17 Déc., 97.
- Ponts en maçonnerie articulés aux naissances et à la clef (Bourdelles). APC. 1898 (3) 31.
- Alexandre-III (Construction du) (Rèsal et Alby). APC. 1898 (3) 244.
- — Suspendu Argens. VDI. 7 Janv., 11.
- Ponts à bascule de Buffalo. Gc. 24 Déc., 123. Théâtre royal de Wiesbade. ZOI. 6 Janv., 1. — Manutention électrique à Drury Lane. E. 23 Déc., 835.
- Tunnels. Emploi du bouclier à Melbourne. E'.
- 16, 30 Déc., 501, 652.
- Université de Columbia. E. 30 Déc., 849.
- Voûtes elliptiques en briques. Tracé des joints (Morre). Ac. Déc., 242.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs au plomb. Théorie (Doleza-lek.) EE. 17 Déc., 490.
- — pour automobiles Pulvis. EE. 24 Déc.,
- 22.
- — de la Société du Travail des métaux. Id.
- 31 Déc., 545.
- — à l’Exposition du Cycle. Elé. 31 Déc.,
- 427.
- Actions galvaniques et thermo-électriques comparées (Read). Fi. Déc., 424. Coupe-circuits Brunswick. EE. 14 Janv., 62.
- — automatique Shuckert. E. 16 Déc., 773. Distribution et transmission par courants alternatifs (Leblanc). EE. 17 24, 31. Déc., 473, 509, 547; Sie. Déc., 482.
- Dynamos (Les) (Parshall et Hobart) E. 13 Janv., 41. (Aliamet). Elé. 24 Déc., 413. — de 400 Watts (Shuckert). E. 16 Déc., 772.
- — à potentiel constant (Parshall et Ho-
- bart). E. 23 Déc., 803.
- — commutatrices. Elé. 7, 14 Janv., 1, 21;
- EE. 7, 14 Janv., 21, 48; (Ritter). le. 10 Janv., 14.
- — Moteurs alternatifs à collecteurs ; théo -rie (Moulun). EE. 17 Déc., 465.
- — à champs tournants (Hanappe). EE. 24,
- 31 Déc., 512, 551.
- Éclairage en Angleterre, aspect commercial (Hammondj. EM. Janv., 624.
- — Arc à courants alternatifs (Blondel). CR. 12 Déc., 1016.
- — — Courants continus, apparents dans
- un arc alternatif. EE. 31 Déc., 560.
- — — Lampe Bergmann. Elé. 17 Déc., 400.
- — — Sonia. EE. 17 Dec., 488.
- — Incandescence. Fabrication du filament.
- Dp. 7 Janv., 15.
- Electricité et ses applications depuis 1881 (Ba-doûreaü). Rs. 17 Déc., 769.
- p.164 - vue 164/1864
-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.------JANVIER 1899.
- Électro-chimie. Divers. Dp. 17 Déc. 213. Cs. 31 Déc., 1151.
- ___ Cuivre. E. 30 Déc., 861.
- ___ Tungstène cristallisé par électrolyse
- (Hallopeau). ScP. 20 Dec. 997.
- — Chlorates. Usine de Saint-Michel. Eam. 17 Déc., 730.
- _ Chlorurés alcalins (Électrolyse des) (Winteler). C$. 31 Déc. 1145.
- __ Action de l’effluve électrique sur les composés carbonés Co et Az; Carbures d’hydrogène et azote, Alcools, Aldéhydes, Acides organiques (Ber-thelot). ACP. Janv., 5-81.
- — État des industries électro-chimiques (Glotin). Actualités chimiques. 30 Sept., 274.
- ___Électro - déposition de l’étain (An -
- dréoli). Elé. 1, 14 Janv., 7, 19.
- — Fours Wood, Memno, Roberts Créés Siemens Maxim Burton. EE. 7 Janv., 15.
- Industries électriques. Progrès en 1898. EE. 7 Janv., 1.
- Inventions électriques (État des) (Rosenbaum). Fi. Déc., 448.
- Magnétisme. Propriétés magnétiques du fer pur. EE. 7 Janv., 39.
- Mesures. Compteur horaire multiple Caude-ray. Elé. 17 Déc., 395. Thomson. Influence de la température. EE. il Déc., 495.
- — Mesure de l’intensité des champs ma-
- gnétiques (Bouty). Annales télégraphiques. Juillet, 363.
- — — des grandes résistances (Schurr).
- EE. 31 Déc., 569.
- — Hystérésimètre Blondel-Carpentier. le.
- 25 Déc., 543. Sie. Déc., 467.
- — Magnétomètre Guillet. CR. 2 Janv., 48 Radiation dans un champ magnétique (Preslon).
- N. 5 Janv., 224.
- Stations centrales. Grenade. Gc. 24 Déc., 113. Mont-Dore. IC. Oct., 72.
- — de 70000 chevaux à New-York. EE.
- 7 Janv., 31.
- — Tarification de l’énergie électrique aux
- États-Unis. EE. 14 Janv., 56, 78. Télégraphie multiple réversible Mercadier. Annales télégraphiques, Juillet, 287. par les oscillations électriques (Tur-pain). CR. 26 Déc., 1208.
- 165
- Télégraphie. Fils fusibles de protection (Voi-senat). Annales télégraphiques. Juillet, 334.
- — Radio-conducteurs d’or et de platine
- (Branly) 17. CR. 26 Déc., 1206.
- — sous-marine, pose des câbles (Moreval).
- Gc. 24 Déc., 100, 117.
- — sans fil (Lodge). E. 6 Janv., 31 (Apple-
- yard). N. 12 Janv., 248. Transformateurs. (Régularisation des) (Be-dell). EE. 24 Déc., 529.
- — Transformation des courants triphasés
- en alternatifs simples. EE. 31 Déc. 557.
- Transport de force. Saint-Anthony Falls. Rt. 25 Déc., 563.
- — aux forges de Gotesberg. VDI. 24 Déc.
- 1429.
- — à 50 000 volts. Ri. 7 Janv., 7.
- — Emploi des hautes tensions. le. 10 Janv.,
- 3.
- HYDRAULIQUE
- Distribution d’eau de Derwent et Ashop. E1. 23 Déc., 613.
- — du lac de Breiten. VDI. 7 Janv., 1.
- — de Berlin. VDI. 17 Déc., 1401.
- — du Facz, Hongrie. ZOI. 2 Déc., 693. Écoulement des liquides (Helé-Shaw). E. 6 Janv.,
- 28.
- Filtration (Études sur la) (Hausser). CR. 9 Janv.,
- 112.
- Jaugeages. Procédés du département hydrographique de Hongrie (Pech). APC. 1898 (S). 287.
- Machineries hydrauliques nouvelles (Prouteau). Rt. 10 Déc., 547.
- Pompes Easton Anderson. E'. 30 Déc. 641.
- — Colibri. Ap. 5 Janv., 24.
- — Bergmans,Snow. RM. Déc., 690.
- — Marchand. Edwards, Id. 692.
- — à incendies Iludson. RM. Déc., 690. Purification des eaux potables (Cottveli). E.
- 16 Déc., 767.
- — par l’ozone (Andréoli). Elé. 24 Déc., 411. Presse Kœben pour huilerie. Gc. 7 Janv., 156. Robinet Whitefield. RM. Déc., 693.
- Roue Hug. RM. Déc., 693.
- Turbines Francis. Dp. 7, 14 Janv., 4, 24.
- — à injection totale et hélicoïdales (Râ-
- teau). RM. Déc., 628.
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-
-
- 106
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JANVIER 1899.
- Turbines. Utilisation des forces motrices du Rhin en Suisse. Gc. 7 Janv., 151.
- MARINE, NAVIGATION
- Arbres d’hélices (Réparation des). E'. 16 Déc., 500.
- Constructions navales sur la Tamise. EL 30 Déc., 637.
- — En Angleterre en 1898. E. 30 Déc., Bol.
- 6, 13 Janv., 25, 60.
- — En Amérique. Id., 860.
- — Limite de chargement : rapport du Comité. E'. 16 Déc., 596.
- — Règles pour la construction des navires. E'. 16Déc., 790-795.
- — Détérioration des coques en fer et acier (Thearle). E. 16 Déc., 603.
- — Cloisons étanches (Essais des). E. 23 Déc., 821.
- — Quilles cambrées. E1. 13 Janv., 26. Canal de la basse Saxe. Z01. 16 Déc., 729.
- — de Manchester (Hunter). EM. Janv.,
- 556.
- Canaux et voies navigables cle Russie (Moberly). E. 13 Janv., 37.
- Collisions et sauvetage en mer (Banazé). Rmc. Déc., 385.
- — et l’électricité. Elé. 14 Janv., 17.
- Docks de Barry. E'. 16, 23 Déc., 583, 611. Gouvernails Watts et Sandeson Brown. RM.
- Déc., 699.
- Hélices. Pitchomètre Chapman-Hunter. E. 16 Déc., 793.
- — Claparède. RM. Déc., 699.
- Machines marines. Triple expansion de 3 000 chevaux Vickers. E. 16 Déc., 780.
- — du Laos. RM. Déc., 698.
- — Turbine Parsons. RM. Déc., 699.
- — Appareils auxiliaires (Joubert). Bam. Déc., 1113.
- Marines de guerre anglaise. E. 16, 23 Déc., 786, 830, 862. Rm. Déc., 553.
- — — Destroyers. Ln. 7 Janv., 83.
- — — Cuirassé l’irrésistible. E. 16 Déc.,
- 791.
- — — Diadem. E'. 30 Déc. 635.
- — — Croiseur Argonaut. E. 23 Déc., 809. -- américaine. Navires types. E. 23 Déc.,
- 812.
- — — Contre-torpilleurs. Id. 816.
- Marines russe. Croiseurs et cuirassé nouveaux. E'. 16, 30 Déc., 592, 638.
- — japonaise. Contre-torpilleur. E. 30 Déc.
- 854.
- — BlindagesKrupp. E'. 23 Déc., 617.
- — Torpilleurs américains nouveaux. E'. 16 Déc., 585.
- — Guerre hispano-américaine. Rmc. Déc., EM. Janv., 533.
- Paquebots belges de la ligne Oslende-Dou-vres. Rt. 25 Déc., 553.
- •— l’Océanie. E1. 6, 13 Janv., 2, 30. E.
- • 13 Janv., 53.
- — à roues américains. E'. 13 Janv., 26. Pêches maritimes. Diverses. Rmc. Déc., 593. Ports. Brise-lames d’Alderny. Gc. 30 Déc., 138. Signaux acoustiques à la mer. E. 6 Janv., 1. Sondages (Les). Bright. E. 13 Déc., 35.
- Yacht Earoslawna. E. 6 Janv., 8.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Air comprimé. Compresseurs Barber, Bro-therhood. RM. Déc., 709.
- — Kauffmann. Id. 701.
- Arbres creux en acier. E. 23 Déc., 823.
- Appareil Boucherot(à mesurer les couples. Sie. Déc., 474.
- Broyeurs Buchanan, Cruse. RM. Déc., 701. Changement de vitesse Humpage. E'. 30 Déc., 648.
- — Panhard Levassor. RM. Déc., 700.
- — Finlay. Ici, 701.
- Chaudières à tubes d’eau (Les) (Humbert). APC. 1898 (3) 154; (Guillemot). Bam. Déc., 1179; (Munford), EL 16 Déc., 590; (Ashby). EL 16 Déc., 899.
- — — Tangye et Johnson, Michelson, Pat-
- tison, Dupont, Scott. RM. Déc., 682.
- — -- (Circulation dans les) (Brillié). Gct
- 31 Déc., 134; 7-14 Janv., 147, 165.
- — calorifuges (Expériences sur les) (Nor-
- ton). Technology Quarterly. Sept. ,297
- — Circulateurs Stapfer, Seifert, Watson
- et Noble, Kippaz. RM. Déc., 682.
- — Désincrustants (Analyse rapide des)
- (Stillman). CN. 30 Déc., 319.
- — Filtre Watson. RM. Déc., 683.
- — Explosions. Application des règlements
- en Angleterre. E. 6 Janv., 19. — par
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JANVIER 1899.
- 167
- avaries aux rivures. Gc, 7 Janv., 153, de Barking. E'. 13 Janv., 27,35. Chaudières. Purgeur Lamplough. Ri. il Déc., 506.
- ____ Pompes alimentairesBarker. Rilf. Déc. ,
- 683. Blake, Fumènux et Horne. Id.
- 684. E'. 13 Janv., 40. I
- ____ Injecteur Friedmann. RM. Déc,, 683.
- ____ Foyers fumivores. Concours de la Ville
- de Paris. Conclusions. RM. Déc., 648.
- — — Coulthurst. RM. Déc., 685.
- — —. Au pétrole Rosier. Id. 785. Seigle.
- Ri. 14 Janv., 13.
- — Sécheur Meldrum. RM. Déc., 682.
- — Soupape de sûreté Liré. RM. Déc., 677.
- — — d’arrêt de la Société de Brême.
- RM. Déc., 684.
- Compteur de vapeur Gehre. Ri. 17 Déc., 504. Concasseur Preston. RM. Déc., 702.
- Drague Satre. RM. Déc., 693.
- Froid. Entrepôt frigorifique de Vienne. 101. 6 Janv., 4.
- Frein Mégy. RM. Déc., 674.
- Graissage (Essai d’huile de). Rgc. Janv., 66. Levage . Divers. Dp. 14 Janv., 25.
- — Elévateur pneumatique Blanchard. Ri.
- 17 Déc., 501.
- — Ascenseurs électriques de la tour Eiffel
- de Brighton E'. 6 Janv., 3.
- — Cableway Laurent et Chery. RM. Déc.,
- 694.
- — Pont roulant électrique Vaughan E'.
- 6 Janv., 8.
- — Appareils divers. Dp. 7 Janv., 6. Machines-outils américaines. E'. 16-30 Déc.,
- 589, 650; EM. Janv., 549.
- — actionnées par l’électricité. Ateliers
- Kendall et Gent. E'. 16Dec., 590.
- — Ateliers Herbert, E. 30 Déc., 843.
- — Canneleuse Hoffmann et Frist. RM.Déc.,
- 695.
- — Cisaille Hilles. E. 6 Janv., 12.
- — Fraiseuse aléseuse Droop et Rein. Ri.,
- 24 Déc., 513.
- — — universelle Tyler et Grohmann.
- RM. Déc., 667.
- — Forgeuse pour boulons Burdict. RM.
- Déc., 696.
- Micromètre Laurent. Bam. Déc., 1189. Perceuses Capitaine. Cliton. RM. Déc., 695. Fraiseuse Oerlikon. VDI. 7 Janv., 17.
- Machines-outils. Presse à forger de 8 000 tonnes Vickers. Pm. Déc., 182, à puissance variable Berry. Rt. 10Déc., 529. — Raboteuse pour blindages. VDJ. 31 Déc., 1457.
- — Riveuse Rothe. RM. Déc., 694.
- — Tour à revolver Blood. RM. Déc., 673. — Tubes. Fabrication aux Alma Works. E. 23 Déc., 825.
- — — Fabrication par tréfilage à chaud
- Dick. E. 6 Janv., 12.
- — — Assembleuse Sherrerd. RM. Déc.,
- 697.
- • — Vis, machine Spencer. Gc. 7 Janv., 149.
- — à bois. Raboteuse Pickles. E1. 26 Déc.,
- 502.
- — — Scie Ransome pour pavés en bois.
- E. 30 Déc., 855.
- — — — à tronçonner Robinson. Ri. 14
- Janv., 18.
- — — Couvre-scies Scott. E. 6 Janv., 25.
- — -- Affûteuse Hicks. RM. Déc., 697.
- — — Cintrage des bois à la Compagnie
- de l’Est. Rgc. Janv., 20. Machines à vapeur Gompound verticale Anderston.E. 16 Déc., 784. Merz. RM. Déc., 678.
- — Triple expansion (Calcul des). ZOl. 16 Déc., 732. Chatwood. RM. Déc., 704.
- — à vapeur surchauffée (P. Schou). E. 16-
- 23 Déc., 797, 838.
- — à trois cylindres Décimas. RM. Déc., 704. — Rotative Le Rond. RM. Déc., 705.
- — Théorie mathématique fNadal j. RM. Déc., 603. Calcul graphique des moteurs à plusieurs cylindres (Illeck). VDI. 7 Janv., 14.
- — à vapeur et air Hesqueth et Marcet. RM.
- Déc., 707.
- — Turbine Jourdanel et Gauthier. RM. Déc., 705.
- — Arrêt Milner. RM. Déc., 706.
- — Condenseur Dean. RM. Déc., 706.
- — Distributions. Cylindre équilibreur Joy. E'. 16 Déc., 599. Galloway-Marshall. RM. Déc., 706.
- — Dépense de vapeur. E. 13 Janv., 51.
- — Régulateur Shaeffer-Budenberg. E'. 16 Déc., 503.
- — Stuffing box métallique Lancaster. E'. 16 Déc., 503.
- -- Volants (Rupture des). E'. 30 Déc., 645.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ------ JANVIER 1899.
- 1()8
- Machines à, gaz acétylène. EE. 24 Déc., 541. Anciens. IC. Oct., 130.
- — — Rrillié, Crouan, Hornsby et Young
- RM. Déc., 707. Bole et Hogan. JtZ 708.
- — à pétrole Damas. La. 15 Déc., 784.
- — — Planteau. Rt. 10 Déc., 540.
- —- — Daimler, Thornton et Léa. RM. Déc., 709.
- — — Diesel (G. Eberle). Dp. 7,14 Janv.
- 1, 24; VDI. H Janv., 37.
- — — Capitaine. VDI. 31 Déc., 1458. Poulies étagées (Calcul des). ZOl. 23 Déc., 749-Résistance des matériaux au llambemont (üs-
- tenfeld). VDI. 31 Déc., 1462.
- MÉTALLURGIE
- Alliages. Bronzes. Effets du bismuth (Sperry). E. 16 Déc., 775.
- — Théorie de la dissolution (Juptner) SuE. 1er Janv., 23.
- — (Microstructure des). Stead. Cs. 31 Déc.,
- 1111.
- Cuivre. Traitement dans le pays de Galles (Terrill). Ecm. 3 Déc , 665.
- Fer et acier. Forges de l’Illinois Steel C°. E'. 23,30 Déc., 609, 633.
- — Acier Martin basique, micrographie
- (V. Dormus). ZOL 2 Déc., 697; Coulé en coquille. SuE. 1er Janv., 10.
- — Aciéries de Forain. E. 6 Janv., 3.
- — Bessemer. Emploi du vent chaud
- (Wiborgh). SuE. 1er Janv., 13.
- — Laminoirs continus. SuE. 1er Janv., 16.
- — Four à réchauffer Barnes. E. 16 Déc.,
- 793.
- — — à réverbère Charles. Eam. 17 Déc.,
- 731.
- — Chargeur de haut fourneau. Eam. 31
- Déc., 789.
- -• Fonte. Cubilots. Prn. Déc., 178.
- — Machine soufflante compound Furness.
- E. 6 Janv., 10.
- Fer et acier. Silicium et chrome. État dans le fer. Cs. 31 Déc., 1150.
- Or. Trailement des sûmes. Cs. 31 Déc., 1152. Eam. 31 Déc., 787.
- MINES
- Boisages. Conservation des procédé Hasselman. Eam. 24 Déc., 758.
- Cuivre dans le comté de Montgomery (Lyman). Fi. Déc., 416.
- Épuisement. Machines souterraines. Ru. Déc., 281; pompes souterraines. VDI. 14 Janv., 29.
- Électricité. Emploi à Cripple Greck. Eam. 10 Déc., 700.
- Extraction. Machine Robey. E'. 16 Déc., 598. — Parachute Briart. Ri. 17 Déc., 505.
- — Fermeture automatique des recettes. (Schmerber). Gc. 24 Déc., 120. Explosions et conséquences d’un tirage artificiel excessif (Buttenbach). Ru. Déc., 262.
- Fer. Mines du nord de l’Europe (Louis). EM. Janv., 610.
- Fours àcoke de Gottersberg. Service électrique. VDI. 24 Déc., 1429.
- Japon (Industrie minérale au). (P. Jordan). AM. Nov., 530.
- Locomotive électrique Sperry.Eam. 17 Déc.,731. Or. Mines de l’Alaska (Dunkam). DOL. Nov., 790,828.
- — — de l’Australie Ouest. Eam. 17 Déc.,
- 725.
- — — Dragues pour placées. Eam Al Déc ,
- 728.
- Perforatrice électrique Meissner. Eam. 24Déc., 759.
- Russie. Bassin du Nord de Krivoï Rog et le plateau cristallin du midi de la Russie. Ru. Déc., 267.
- Sardaigne. Origine des calcaires métallifères (Dietz). Ru. Déc., 256.
- Triage magnétique. Gc. 14 Janv., 167.
- Le Gérant : Gustave Richaud,
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-
-
-
- 98e ANXl^Ë.
- Cinquième Série, Tome IV.
- FÉVRIER 1899.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. A. Brüll, au nom du Comité des Arts mécaniques,
- sur le générateur Niclausse.
- MM. J. et A. Nic-lausse, constructeurs de chaudières à Paris, 24, rue des Ardennes, ont soumis à l’appréciation de la Société, les appareils évaporatoires de leur système.
- Ces générateurs, brevetés en 1890, sont aujourd’hui fort en usage dans l’industrie et dans la marine. Ils appartiennent au type multitubulaire, qu’on nomme aussi chaudières à petits éléments, chaudières à tubes d’eau, tubuleuses ou aquitubulaires, dans lesquelles on chauffe directement un faisceau de tubes contenant l’eau et la vapeur. Ces chaudières sont de plus en plus employées; on apprécie leur sécurité sous les plus hautes pressions, leur mise en service rapide, leur poids et leur encombrement restreints, leur prix réduit et leur rendement favorable.
- C’est Belleville qui, en 1850, a, le premier, réalisé une chaudière de ce genre, formée de serpentins à un bout desquels l’eau était refoulée par une pompe et qui émettaient par l’autre bout la vapeur engendrée. L’inventeur a courageusement lutté contre les difficultés de toute nature de ce problème un peu ingrat. Avec une admirable fécondité de ressources, il parvint à résoudre successivement toutes les difficultés que révélait l’expérience. Lorsque, à la suite de nombreux insuccès, il présenta son modèle de 1^77, on put reconnaître que, grâce à diverses dispositions des plus ingénieuses, les inconvénients inhérents à l’idée première avaient été l’un après
- Tome IV. — 98® année. 5® série. — Février 1899. 12
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- l’autre écartés. Ce modèle se répandit alors dans l’industrie et dans la marine. Tout le monde connaît l’énorme extension qu’ont prise aujourd’hui les applications de la chaudière Belleville.
- D’autres constructeurs se sont attachés au même problème et l’ont résolu souvent avec succès.
- Une des principales difficultés que l’on rencontre dans l’établissement des chaudières aquitubulaires, c’est d’assurer d’une manière efficace la circulation de l’eau qu’elles contiennent. On connaît (1) la solution proposée en 1863 par l’ingénieur anglais Field pour atteindre ce but. Des tubes pendentifs sont placés dans le foyer; ces tubes sont fermés à leur extrémité inférieure et fixés à leur bout supérieur dans une plaque formant paroi du générateur. Chaque tube fixe porte à l’intérieur un tube concentrique ouvert
- aux deux bouts et évasé vers le haut. Par le fait de la dilatation et de la vaporisation de l’eau dans l’espace annulaire compris entre les deux tubes, il s’établit dans cet espace un courant ascendant, tandis qu’un courant descendant se forme dans le tube central.
- C’est de cette disposition que s’est inspiré M. Collet lorsqu’il imagina, en 1878, le système d’après lequel fut combinée peu d’années après la chaudière Niclausse. Les tubes qui constituent la partie essentielle du générateur sont couchés avec une
- Fig. 1.
- faible pente sur l’horizontale de l’avant vers l’arrière du foyer. Ces tubes comportent, comme dans le système Field, un tube extérieur formant vaporisateur et un tube intérieur concentrique au premier.
- Les tubes extérieurs débouchent dans le compartiment arrière d’un collecteur vertical, tandis que les tubes intérieurs s’ouvrent dans le compartiment avant (fig. 1) séparé du premier par une cloison étanche. Plusieurs files accolées de tubes de 2 ou 3 mètres de longueur composent un faisceau couché qui se présente favorablement pour dépouiller de leur chaleur les flammes du foyer; les extrémités des tubes sont protégées par un écran contre les flammes.
- La hauteur génératrice du mouvement de circulation est celle même du plan d’eau au-dessus des tubes.
- (I) Voir d’ailleurs la note insérée page 181.
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- j\l. J. Niclausse, directeur de la société formée en 1881 pour la construction des chaudières Collet, a apporté à leurs dispositions des perfec-
- Fig. 2. — Ensemble (Tun générateur Niclausse.
- tionnements importants, tout en conservant le mode de circulation qui les caractérise.
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- Les générateurs qu’il construit actuellement se composent (fig. 2), comme le générateur Collet, de quatre parties principales :
- Le faisceau tubulaire.
- Les collecteurs verticaux.
- Le récepteur.
- Le fourneau.
- L’annexe jointe au présent rapport donne la description et les ligures de ces diverses parties, ainsi que des renseignements sur l’installation de la chaudière.
- Les principales modifications dues à M. Niclausse ont porté sur l’emmanchement des tubes dans les collecteurs verticaux. Elles ont permis de supprimer le long boulon-tirant qui traversait les tubes suivant leur axe longitudinal pour serrer les bouchons de l’avant, et de l’arrière et assurer les deux joints des tubes.
- Dans la chaudière Niclausse, les bouchons sont simplement vissés et il n’y a plus qu’un seul joint à deux sièges qui se trouve à l’avant. Les deux portées sont assurées par l’élasticité de la lanterne conique qui termine le bout avant des tubes.
- La construction des chaudières Niclausse exige l’emploi de matières de très fine qualité. L’outillage de fabrication doit être de la plus haute précision et la main-d’œuvre de premier ordre. Ce n’est plus là de la chaudronnerie ordinaire.
- Ce système se prête bien à l’emploi des pressions élevées que l’on recherche aujourd’hui. Chaque collecteur muni de ses tubes est essayé à la pression hydraulique de 25 kilogrammes par centimètre carré. Les chaudières du Cristobal Colon sont timbrées à 15 kilogrammes.
- La valeur produite est très sèche ainsi qu’il résulte des essais spéciaux faits sous la direction des ingénieurs A. B. W. Kennedy et W. Cawthorne Unwin, dans les ateliers de MM. Willians et Robinson à Thames-Ditlon (Angleterre) et par l’ingénieur Jay Witham dans les ateliers Cramp, à Philadelphie (États-Unis).
- La chaudière, bien construite, présente une sécurité satisfaisante: la partie tubulaire est seule exposée au feu, la circulation constante de l’eau empêche les tubes de s’échauffer.
- La combustion se fait dans de bonnes conditions : la grille est vaste et placée assez au-dessous du faisceau tubulaire, les intervalles entre les tubes sont grands et ne nécessitent qu’un tirage modéré.
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- Avec un tirage ordinaire, la grille consomme 50 ou 60 kilogrammes de charbon par heure et par mètre carré. En poussant les feux, on a atteint 176 kilogrammes à bord du navire de guerre le Friant. Une chaudière pour torpilleur, essayée à l’atelier, au tirage forcée, a pu consommer jusqu’à 400 kilogrammes par mètre carré et par heure. Ces résultats ne sont pas encore consacrés par la pratique. Si l’on parvient à les réaliser couramment à la mer, ce sera pour la marine une conquête précieuse, car on professe aujourd’hui que le tirage forcé est nécessaire sur les bateaux de guerre. 11 y a lieu de remarquer d’ailleurs que ce chiffre de 400 kilogrammes par mètre carré qui, en marine, est encore à l’état d’objectif, n’est que la moitié de celui qu’on atteint sur les locomotives.
- La vaporisation par mètre carré de surface de chauffe est communément de 16 à 20 kilogrammes à l’heure ; elle a pu atteindre 54 kilogrammes avec le tirage forcé sans dommage pour l’appareil.
- La conduite des chaudières Niclausse ne paraît pas comporter de difficulté spéciale et a pu, dans quelques occasions, être confiée à des chauffeurs qui n’avaient jamais vu auparavant de chaudières multitubulaires. La mise en pression est rapide. Bien qu’on puisse aisément maintenir une vaporisation régulière, on reconnaît cependant à ces chaudières une grande élasticité de production : en quelques minutes on peut faire passer la combustion par mètre carré de grille de 70 kilogrammes à 160 kilogrammes à l’heure.
- L’entretien est facilité par les dispositions de la construction. On lave à la lance à vapeur l’extérieur des tubes. On extrait facilement les tubes intérieurs, dans lesquels l’eau dépose la plus grande partie des sels calcaires; on les nettoie avec un écouvillon et on les lave à grande eau ; on nettoie sur place l’intérieur des vaporisateurs. Ceux-ci se démontent aussi très rapidement; on peut alors dévisser le bouchon d’arrière pour mieux nettoyer le vaporisateur et pour l’examiner. La remise en place de ces tubes ou de tubes de rechange n’est ni longue ni difficile.
- En répartissant méthodiquement ces nettoyages sur tout le faisceau, en pratiquant régulièrement les extractions de surface et de fond pour enlever les boues, on réalise un entretien courant qui ne nécessite de chômage qu’à titre exceptionnel, du moins avec des eaux de qualité ordinaire. C’est ce qui a été constaté sur le croiseur Friant, dont chaque corps de chaudière était, d après le roulement établi, nettoyé tous les six mois. Sur le remorqueur Menhir, après 7 000 heures de chauffe, les tubes, retirés et visités, ont été trouvés propres.
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- Les divers avantages qui viennent d’être passés en revue font de la chaudière Niclausse un important élément de progrès pour l’industrie en général, pour la marine de commerce et pour la marine militaire.
- La chaudière fixe est appliquée, en France et dans plusieurs autres pays, dans les travaux publics, dans les établissements municipaux, dans les stations d’électricité et dans les industries les plus diverses. Les installations ainsi établies sont des plus importantes; l’une d’elles peut produire 700000 kilogrammes de vapeur par vingt-quatre heures.
- Les applications sont nombreuses aussi dans la marine de commerce fluvial et maritime et dans la marine militaire.
- Les marines russe, anglaise, allemande, espagnole, portugaise, argentine èt chilienne emploient aussi ce système.
- Nous avons l’honneur de vous proposer de remercier de leur très intéressante communication MM. J. et A. Niclausse, qui ont apporté des perfectionnements à la production de la vapeur, et d’autoriser la publication du présent rapport dans le Bulletin, avec l’annexe descriptive et les dessins nécessaires pour bien faire comprendre la construction, l’installation et le fonctionnement de leur chaudière.
- Signé : A. Brüll, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance, le 10 février 1899.
- ANNEXE DESCRIPTIVE DU GÉNÉRATEUR NICLAUSSE
- FAISCEAU TUBULAIRE
- Suivant la destination des chaudières, on fait varier les dimensions et la disposition des divers organes de J’appareil. On dispose d’abord du diamètre et de la longueur des tubes Vaporisateurs. Ceux-ci se font actuellement suivant deux types ayant respectivement pour diamètre :
- A l’extérieur........................ 82 millimètres 40 millimètres
- A l’intérieur........................ 75 — 35 —
- On détermine ensuite, en raison de la hauteur disponible, le nombre des tubes superposés dans chaque file, et le nombre des doubles files dans le faisceau. On préfère, pour réaliser une surface de chauffe donnée, employer un
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- grand nombre de tubes courts, plutôt qu’un moins grand nombre de tubes plus longs. On rend ainsi plus faciles les nettoyages extérieur et intérieur, l’extraction des tubes dans une chambre de chauffe restreinte. De plus, un faisceau court peut être convenablement chauffé sans recourir à aucun retour de flammes.
- Le faisceau tubulaire est (fig. 3) incliné de l’avant à l’arrière de 1/10 environ ;
- Fig. 3. — Ensemble d’un générateur Niclausse. Coupe verticale.
- il est formé par la juxtaposition d’un certain nombre d’éléments composés chacun de deux files verticales de vaporisateurs. Les tubes extérieurs sont en acier doux, soudés à recouvrement ou étirés sans soudure.
- Le bout arrière est rétréci et fileté à l’extérieur (fig. 4) ; un bouchon en acier s’y visse fortement ; cette partie du tube est placée en arrière de l’autel, en dehors du foyer, dont elle est séparée par des écrans en fonte percés de trous pour le passage de chaque tube.
- L'extrémité avant est (fig. b et 6) surépaissie par refoulement et tournée en
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- cône; elle fait joint sur un orifice alésé de la face arrière du collecteur, et reçoit, par un filetage intérieur, un prolongement en acier moulé. Cette pièce, ouverte aux deux bouts et ajourée en lanterne dans l’un et l’autre compartiment du
- Fig. 4.
- collecteur, traverse le diaphragme à frottement doux, et se termine par une partie cône qui forme joint dans la paroi avant du collecteur.
- Le vaporisateur muni de sa lanterne porte ainsi, sur les deux faces extrêmes du collecteur, à peu près comme le tube amovible de Béren-dorf porte sur les plaques de foyer et de boîte à fumée des chaudières tubulaires. Les cônes sont profilés de façon que les joints se fassent sur un étroit anneau plutôt que sur toute la longueur de la génératrice et, afin que les deux cônes puissent ensemble former joint sans aucune garniture, le bout avant de la lanterne est (fig. 6) évidé intérieurement de façon à présenter une certaine élasticité. Cet artifice permet de faire porter cette partie la première lors du montage, et de la presser ensuite dans son logement, jusqu’à ce que le joint arrière soit assuré à son tour.
- La pression de la vapeur s’exerçant sur des surfaces peu différentes, presque également de l’avant à l’arrière et dans le sens opposé, ne tend guère à faire sortir le vaporisateur du collecteur; ceux-ci sont cependant maintenus par des griffes de sûreté sur lesquelles appuie l’écrou d’un goujon vissé dans le collecteur.
- L’avant de la lanterne est fileté intérieurement, et on y visse une pièce évidée en acier moulé, nommée lanterneau, qui traverse par une simple branche le compartiment avant du collecteur, et se termine à l’arrière par une virole cylin-
- Fiar. 6.
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- drique ; celle-ci s’introduit librement dans la partie de la lanterne qui traverse le diaphragme du collecteur, et se prolonge par un tube en tôle très mince, agrafé, ouvert aux deux bouts, qui pénètre à l’intérieur du vaporisateur, et s’arrête à une dizaine de centimètres du bouchon qui ferme celui-ci.
- On a soin, au montage, de disposer les évidements de la lanterne et la branche
- Fig. 7. — Collecteur de vapeur.
- du lanterneau de façon que les courants entrant et sortant ne rencontrent aucun obstacle.
- Un petit outillage très habilement conçu permet le montage et le démontage sûrs et rapides de toutes les parties des vaporisateurs.
- Au montage, les joints sont enduits d’une graisse non oxydante; moyennant cette simple précaution, ces joints se démontent sans résistance après de longs services.
- COLLECTEURS VERTICAUX
- Le collecteur de vapeur est (fig. 7 et 8) une sorte de caisse verticale allongée séparée par une cloison en deux compartiments. Les faces avant et arrière,
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- ainsi que le diaphragme, présentent tous les orifices alésés nécessaires au passage des vaporisateurs et des lanternes. Ces orifices sont disposés en quinconce. Pour gagner sur la largeur du faisceau, les faces latérales du collecteur sonCon-
- —\-
- Fig. 8. — Détail de la circulation dans une chaudière Niclausse (type de 1896).
- R, réservoir de vapeur et d’eau renforcé en P. O, viroles réunissant le cylindre R aux collecteurs F ; la cloison D divise ceux-ei en deux parties, l’une L pour la descente de l’eau de R par les tubes intérieurs t, l'autre, L', pour la montée de la vapeur par O’. CC' lanternes faisant joint en ab, a'b’, avec diaphragmes D', laissant passer librement les tubes t, et maintenues deux à deux par les étriers E.
- dulées et juxtaposées de façon que les indentations de deux collecteurs voisins se pénètrent, tout en laissant entre elles un espace de 8 à 10 millimètres, suffisant pour l’introduction de la lance avec laquelle on nettoie l’extérieur des vaporisateurs de la suie qui s’y dépose. Au bas de chaque collecteur, se trouve un trou
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- de lavage desservant le compartiment. Les trous des collecteurs d’une chaudière communiquent, au moyen de clarinettes, avec un tube de vidange pourvu d’un robinet à chacune de ses extrémités. La manœuvre d’un seul ou de deux robinets permet ainsi d’opérer une extraction de fond dans le compartiment avant de tous les collecteurs. Une bride carrée à quatre boulons termine en haut chaque collecteur et sert, à l’aide de bagues biconiques, à les fixer en rangées sous un piétement de 40 millimètres d’épaisseur, qui forme la base du récepteur. Le compartiment arrière de chaque récepteur débouche dans un entonnoir qui traverse le piétement, et conduit dans l’eau du récepteur le mélange d’eau et de vapeur produit par le faisceau tubulaire, tandis que l’eau à vaporiser descend à l’avant de l’entonnoir dans le compartiment avant.
- RÉCEPTEUR
- Le récepteur d’eau et de vapeur est un cylindre en tôle d’acier doux placé transversalement au-dessus du faisceau vaporisateur, sur toute la longueur de la façade de la chaudière. Il est terminé en deux fonds emboutis extérieurement ou intérieurement. Un dôme de prise de vapeur surmonte le récepteur.
- Le récepteur est solidement tenu par deux ou trois rangées de rivets sur le haut du
- piétement, afin de combattre l’affaiblissement de ce cylindre par les ouvertures qui le découpent sur presque toute sa longueur.
- A l’intérieur et à l’extérieur de ce réservoir, sont installés divers organes acces-soiresqu'ilsuffirad’énumérer.
- Ce sont des lances d’alimentation (figure 9), une plaque de Fig- 9> — Détail de l inJecteur d’alimentation.
- tôlp fini hri«sp lpc îotc rlo A, lance d’alimentation terminée en cuiller K ; B, cuiller d’extraction de
- 4 ct> jet» Ue ces surface. C, tubulures d’extraction de fond. D, diaphragme dans chaque
- lances un régulateur automa- collecteur; E, auge d’épuration régnant dans toute la longueur du . ’ ® réservoir R.
- tique d’alimentation, un dé-
- tartreur, des extracteurs, la prise de vapeur principale et une prise auxiliaire,
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- les soupapes de sûreté, le tube de niveau d’eau, les robinets de jauge, le clapet de retenue, le manomètre, le trou d’homme et enfin un robinet de vapeur pour la lance de ramonage.
- Le récepteur est formé d’un simple cylindre transversal si l’on ne recherche pas un grand volume d’eau et de vapeur ; on en réduit même le diamètre s’il s’agit de satisfaire aux règlements qui régissent l’établissement des chaudières \
- à vapeur dans les lieux habités, ou encore si la hauteur manque, comme dans |
- quelques sous-sols ou à bord de certains navires. Si, au contraire, on veut éviter j
- les à-coups de pression, inséparables d’une réserve trop faible de calorique, on prend un cylindre de grand diamètre et on le complète par des cylindres longitudinaux. On peut atteindre ainsi pour le générateur multitubulaire la capacité des chaudières semi-tubulaires ou à bouilleurs.
- FOURNEAU
- Le fourneau, à façade de fonte, est construit, à l’arrière et sur les côtés, en tôlerie légère garnie de murettes de briques réfractaires et couvert, au-dessus du faisceau vaporisateur, par des voûtes plates en briques réfractaires arc-boutées sur des fers I. Le cendrier est vaste, à portes réglables, se fermant automatique- I
- ment en cas dépréssion à l’intérieur; il peut recevoir de l’air refoulé par injection de vapeur. La grille est légèrement inclinée vers l’arrière et placée à 60 ou 70 centimètres au-dessous des tubes; elle est formée de deux ou trois cours de barreaux de fonte ajourés. Les portes de chargement, articulées par le haut, s’ouvrent en dedans et sont à fermeture automatique. Des chicanes en tôle diri- 1
- gent les gaz du foyer de manière qu’ils traversent le faisceau de tubes sur la grande partie de sa surface et sortent, convenablement refroidis, à l’arrière et en haut du fourneau. Des conduits verticaux, munis de portes de ramonage, évacuent la fumée de chaque générateur dans un carreau transversal aboutissant à la cheminée.
- INSTALLATION
- En dehors des questions d’emplacement et de volume d’eau et de vapeur, l’étude de chaque générateur doit être aussi combinée suivant les conditions du tirage, les nécessités du transport ou encore les exigences de légèreté ou de faible encombrement qui se présentent dans certains cas particuliers.
- Il va sans dire que la vaporisation par mètre carré de surface de chauffe et l’utilisation du combustible varient sensiblement suivant ces conditions si dissemblables d’établissement.
- La chaudière Niclausse peut subir une chauffe intense et une vaporisation >
- active; elle réalise alors une remarquable légèreté par rapport à la production
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- de vapeur. La divisibilité de l’appareil en colis de faible poids en facilite le transport et permet de l’établir dans les endroits d’un accès difficile. D’autre part, les chaudières sont ordinairement expédiées tout assemblées après épreuves à l’atelier, de façon à en simplifier le montage sur place.
- La chaudière en service reste légère et de faible encombrement en regard de sa production.
- La façade de la chaudière a seule besoin de rester libre pour les opérations d’entretien; on peut ainsi accoler plusieurs générateurs et en opposer deux, rangées, ce qui diminue à la fois l’encombrement et la déperdition de chaleur.
- Une batterie de trois générateurs produisant, chacun, 1 500 kilogrammes de vapeur à l’heure, disposés sur une seule ligne, occupe 5m,390 en longueur, 3ra,250 en largeur et 4m,100 en hauteur.
- NOTE SUR LE TUBE FIELD
- L’invention du tube à double circulation, due à l’ingénieur anglais Field, remonte à 1863.
- Dans le ciel du foyer des générateurs sont percés des trous légèrement coniques; dans chacun de ces trous, on engage (fig. 10 et 11) un tube fermé par le bas et d’une longueur telle qu’il se trouve suspendu à une hauteur convenable au-dessus de la couche de combustible. Un tube en tôle mince, ouvert aux deux bouts, est introduit dans le tube vaporisateur; sa partie supérieure se termine en entonnoir et porte des ailettes, qui le centrent et le supportent de façon que son orifice inférieur se place à une certaine distance du fond du tube extérieur et qu’en même temps, l’entonnoir se tienne à quelques centimètres au-dessus de l’orifice de cc même tube,
- La chaudière étant pleine d’eau jusqu’au-dessus des entonnoirs, si l’on allume le
- feu, la chaleur pénètre d’abord l’eau qui garnit l’espace annulaire de chaque vaporisateur. Cette eau se dilate, sa densité devient plus faible que celle de la colonnecentrale,ellemonte et s’épanche autour du cornet déflecteur dans la lame d'eau supérieure ; elle est remplacée par l’eau plus froide de la colonne cen-
- Fii
- 11. — Fonctionnement d’un tube Field.
- Fis- 10. - Tube Field.
- traie qui descend en traversant l’entonnoir. Plus la chaleur augmente, plus s’accélère cette circulation ; elle devient incomparablement plus intense dès qu’il se forme dans
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- l’espace annulaire des bulles de vapeur de plus en plus grosses qui, de place en place, remplissent presque complètement ou même tout à fait la section annulaire comprise entre les deux tubes. La vitesse suffit à soulever de gros grains de plomb; elle s’oppose au dépôt des sels calcaires dissous dans l’eau; elle permet à toute la masse d’eau de la chaudière de passer plusieurs fois par minute dans la partie la plus chaude du foyer.
- Aussi, la mise en pression de ces chaudières à circulation, dont les fig. 12 et 13 donnent un dispositif, est-elle très rapide; elles sont légères et prennent peu de place, tout en fournissant beaucoup de vapeur; elles utilisent bien la chaleur quand les tubes vaporisateurs sont habilement disposés dans le fourneau.
- L’invention provoqua, dès le début, une vive sensation en Angleterre. On voyait une pompe à vapeur de Merryweather d’une vingtaine de chevaux monter en 8 ou 9 minutes à la pression de 6 atmosphères et demie; on voyait doubler la puissance de certaines chaudières par l’action de quelques tubes pendentifs dans le foyer; on constatait, sur les chaudières du
- type consacré de Cornouailles une amélioration importante de la production et du rendement.
- De toutes parts, on réalisa les applications les plus variées dutubeField; entre autres sur les bateaux où la réduction du poids et de l’espace occupé est si précieuse. La marine française a souvent employé des chaudières Field à bord, comme chaudières auxiliaires.
- Il faut reconnaître qu’il y avait quelque engouement dans cet entraînement général. Le nouvel organe de vaporisation avait des défauts, qu’on n’avait pas aperçus. Il suffira de citer les deux plus graves.
- Malgré le déflecteur, le courant ascendant d’eau et de vapeur est contrarié par le mouvement presque horizontal des filets d’eau qui convergent vers l’entrée de l’entonnoir, de sorte que la circulation, qui est indispensable pour combattre l’incrustation et pour protéger le vaporisateur contre un échaufïement excessif, n’est pas certaine
- Fig. 12. — Chaudière Smith à deux sériés de tubes Field.
- Fig. 13. — Tube Field de la chaudière Smith.
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- et fait quelquefois défaut. D’autre part, s’il est vrai qu’aucun dépôt ne peut se former pendant que l’eau circule à grande vitesse dans l'appareil, il n’en est plus de même quand le générateur ne fonctionne pas ou quand il se refroidit après la mise hors feu ou s’échauffe pour la mise en pression. L’eau en mouvement amène dans les tubes des dépôts que la vitesse est insuffisante à entraîner et qui se coagulent au fond des tubes ; il y arrive aussi des paillettes détachées par les mouvements de dilatation et de contraction. Le bas des vaporisateurs, qui paraît être le point faible de la combinaison, s’encombre et s’obstrue, la circulation devient trop faible et le tube est bientôt mis hors de service par la violente chaleur à laquelle il est exposé..
- Bien que plusieurs inventeurs, et notamment Dulac, vers 1882, à Paris, aient réussi à atténuer ces inconvénients, la chaudière Field n’a pu conquérir la place importante que pouvaient faire espérer ses premiers succès.
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- Rapport fait par M. A. Brüll, au nom du Comité des Arts mécaniques, sur le Déverseur de vapeur Muller et Roger.
- L’emploi de générateurs de vapeur à haute pression, qui se répand de plus en plus dans les diverses industries, a pour effet, dans les usines un peu anciennes, de créer deux sources bien distinctes pour la production de la vapeur : les anciennes chaudières, dont le timbre dépasse rarement 5 kilogrammes, etles générateurs modernes, timbrés à lOkilogrammes etau-dessus.
- Quelquefois on consacre chacune des deux batteries à un service distinct. Ainsi, par exemple, dans une sucrerie, les chaudières à haute pression alimenteront les moteurs et la batterie à basse pression sera chargée d’assurer le chauffage des divers appareils de fabrication. Que cela soit ou non le cas, il arrive assez souvent que la production de vapeur à haule pression est surabondante, en même temps que les chaudières à basse tension ne fournissent pas assez pour assurer le service dont elles ont la charge.
- Il n’est pas possible, naturellement, de réunir directement sur une seule et même canalisation les deux genres de chaudières, et il est bien désirable pourtant d’utiliser au bénéfice du service à basse pression la surproduction de vapeur à forte pression, qui se perdrait autrement par les soupapes de sûreté. C’est pour réaliser cette amélioration que MM. Muller et Roger, les constructeurs bien connus, avenue Philippe-Auguste, 108, à Paris, ont combiné l’appareil auquel ils ont donné le nom de Déverseur automatique de vapeur, et qu’ils ont soumis à l’appréciation de la Société d’Encourage-ment.
- Ce déverseur de vapeur est un limitateur de pression pour la batterie de générateurs à haute tension. Il est réglé pour une pression déterminée, plus ou moins inférieure à celle pour laquelle les soupapes de surelé de ces générateurs commencent à se lever. Lorsque cette pression est atteinte, et tant qu’elle subsiste, l’appareil livre passage à la vapeur, et la déverse dans la canalisation à basse pression.
- La figure 1 est une coupe verticale faite suivant l’axe du déver-
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- DÉVERSEUR DE VAPEUR MULLER ET ROGER.
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- Seur, qui se construit actuellement suivant vingt-quatre types, pour des canalisations de 20 à 400 millimètres de diamètre.
- L’orifice A communique avec la canalisation à haute pression et celui B avec celle à basse tension. Ces deux orifices peuvent communiquer entre eux par deux orifices circulaires dans lesquels se meut une soupape à double obturateur C.
- Dans le compartiment à basse tension À les deux surfaces des obturateurs sont identiques, et, par conséquent, les variations de pression dans cette partie ne peuvent faire jouer la soupape.
- Dans la portion B, qui communique avec les générateurs à haute pression, la surface de l’obturateur supérieur est plus grande que celle de l’obturateur inférieur de toute la section de la tige verticale D E, qui passe à l’air libre. Cette tige est cannelée, descend dans un cylindre alésé, et traverse un presse-étoupe E, portant une garniture légère, qu’un chapeau taraudé serre par l’intermédiaire d’un ressort à boudin; cette tige porte à son pied un ressort F, réglable, au moyen du volant G, pour la pression à laquelle l’appareil doit commencer à fonctionner.
- Fig. 1. — Déversoir de vapeur Muller et Roger disposé de manière que la pression de l’entrée B reste fixe quelles que soient les dépressions du côté de la sortie A.
- Le ressort H maintient toujours la tige D E en contact avec le ressort F.
- Un manomètre est posé sur la conduite à haute tension pour permettre de régler la pression du ressort F Tome IV. — 98® année. 5e série. — Février 1899. 13
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- s <
- K
- quand l’appareil déverseur est éloigné des générateurs.
- Un levier I, manœuvrable à la main, permet de s’assurer à tout instant du libre jeu de la soupape de déversement.
- Un graisseur K assure la lubrification de la tige D E.
- Dans le cas où la pression delà conduite à haute tension dépasse celle pour laquelle le ressort F a été réglé, par suite de la différence de surface entre les obturateurs de la soupape, celle-ci s’abaisse en comprimant le ressort H et en détendant celui F. La vapeur à haute pression se déverse alors vers B jusqu’à ce que la pression normale soit rétablie en A.
- La surface supérieure de chacun des deux obturateurs est hélicoïdale, afin d’obtenir un déversement progressif au fur et à mesure de l’abaissement de la soupape.
- Une soupape de sûreté sert d’avertisseur en cas d’une trop forte surproduction, qui pourrait être dangereuse pour les conduites et chaudières à basse pression. Cette soupape doit être d’un système approprié et de dimen-
- Fig. 2. — Déverseur de vapeur Muller et Rouer disposé de manière que la pression en A reste fixe quelles que soient. les variations du côté de l’entrée B.
- Pour faire fonctionner l'appareil, on étend le ressort extérieur F à l’aide du volant de manœuvre G, jusqu’à ce que l'on ait obtenu à la sortie A la pression voulue, indiquée par le manomètre. La vapeur détendue, agissant alors sur la tige E, tend à fermer l’appareil, de même que le ressort F. Il en résulte que si la pression augmente à l’entrée B, et par suite momentanément on A le ressort F s’allonge, et la soupape. C, se fermant, no laisse passer que la quantité do vapeur nécessaire à maintenir la pression pour laquelle' 1 appareil est îegle. si la pression au contraire diminue à l’entrée, le ressort F se détend, ouvre la soupape, et une plus grande quantité de vapeur vient maintenir la détente.
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- DÉVERSEUR DE VAPEUR MULLER ET ROGER.
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- sions convenables pour empêcher la pression de s’élever dans ces enceintes.
- L’appareil qui vient d’être décrit est installé dans plusieurs sucreries françaises, dont quelques-unes ont témoigné des bons services qu’il leur avait rendus. On nous a vanté les économies de vapeur qu’il a permis de réaliser.
- Le déversement de la vapeur n’est pas indiqué par un signal, mais on entend nettement le bruit que fait ce déversement lorsqu’on est à proximité de l’appareil.
- Le graissage de la tige des obturateurs est certainement un point délicat dans le déverseur de vapeur, car la moindre gêne aux mouvements de cette tige apporterait un trouble fâcheux dans le fonctionnement de la soupape. Il y a donc lieu de soigner ce graissage.
- Nous avons l’honneur de vous proposer de remercier MM. Muller et Roger de leur intéressante communication et d’autoriser la publication du présent rapport dans le Bulletin, avec les deux figures nécessaires pour faire comprendre le fonctionnement du déverseur automatique de vapeur.
- Signé : A. Brull, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance, le 10 février 1899.
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- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. Édouard Bourdon, au nom du Comité des Arts mécaniques, sur un embrayage à friction et à enclenchement simultané par verrous, système Etienne Roman, breveté S. G. D G.
- Messieurs,
- La recherche d’un bon système d’embrayage pour transmission de mouvement a déjà tenté un grand nombre d’inventeurs, parce que les circonstances où il est nécessaire d’employer un semblable appareil sont de plus en plus fréquentes dans l’industrie. M. Etienne Roman a présenté à l’examen de la Société d’Encouragement un embrayage à friction et à enclenchement simultané par verrous; le caractère essentiel et distinctif de cette invention réside dans une combinaison d’organes qui, au moyen d’une manœuvre unique, produit deux résultats successifs : d’abord un embrayage provisoire par friction et ensuite l’embrayage définitif, par la pénétration de verrous dans les encoches d’une couronne dentée.
- 11 suffit de se reporter au dessin ci-annexé et à la légende qui l’accompagne pour connaître les différentes pièces qui composent l’appareil, sans qu’il soit nécessaire d’en faire une description détaillée. Le fonctionnement s’opère de la manière suivante : pour mettre en marche, on fait avancer le cône D vers le plateau H au moyen du levier à fourche; aussitôt les leviers P sont soulevés grâce au roulement des galets Q sur le cône D ; le serrage des lames d’acier garnies de cuir se produit, et l’entraînement par friction a lieu. En continuant à faire avancer le cône D, on arrive au point où il vient buter sur les embases des tiges R; ces dernières, dans leur mouvement d’avancement, relèvent les bielles N et tendent les ressorts O; ceux-ci soulèvent alors les verrous J, qui pénètrent dans les encoches du cercle B. Si ensuite on ramène le cône D en arrière d’une moitié de sa course, les leviers P cessent d’agir, la friction devient nulle, et l’entraînement se fait uniquement par les verrous J. Pour obtenir l’arrêt, il suffit de continuer à faire
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- \C
- ophH -1
- Fig. 1 et 2. — Coupes CC et AA.
- A, disque on fonte claveté sur l’arbre a' entraîner; B, couronne à dents de rochet fixée sur le disque A; C, supports pour les leviers du frein; P, leviers avec galets en bronze Q; E, bandes d'acier avec cuirs de frictions F; G, ressorts compensateurs du frein; H, plateau ajouré, placé à l’intérieur du disque A, et claveté sur l’arbre moteur; J, verrous terminés en forme de dent de rochet; D, cône en fonte commandé par la fourche de manœuvre; L, cercle; R, tiges mobiles; M, articulations; N, bielles; O, ressorts; L, R, M, N, O mécanismes actionnant les verrous J.
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- ARTS MÉCANIQUES. --- FÉVRIER 1899.
- revenir en arrière le cône D ; par suite de ce mouvement, toutes les pièces reprennent leur position initiale et l’embrayage cesse sans aucun choc.
- Bien que cet appareil nécessite certains soins dans sa fabrication, il n’en constitue pas moins une disposition nouvelle et ingénieuse. M. Etienne Roman, qui remplit les fonctions de dessinateur-mécanicien aux ateliers du journal le Petit Marseillais, en a fait la première application dans cet établissement, et les résultats obtenus sont très satisfaisants. En conséquence, nous vous proposons, Messieurs, de remercier M. Roman de son intéressante communication et de publier dans le Bulletin le présent rapport, ainsi que les dessins et la légende qui le complètent.
- Signé : Edouard Bourdon, rapnorteur.
- Lu et approuvé en séance, le 10 février 1899.
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- TRAVAUX DE LA COMMISSION DES ALLIAGES
- recherches expérimentales sur les alliages métalliques
- ÉTUDE SUR l’influence DE LA TEMPÉRATURE SUR LES PROPRIÉTÉS
- des alliages métalliques, par M. G-eorges Gharpy.
- Par suite de la tendance que l’on a actuellement à augmenter la pression de la vapeur dans les machines, il devient de plus en plus nécessaire de connaître l’influence des températures supérieures à la température ambiante sur les propriétés mécaniques des métaux. L’étude de cette question a déjà fait l’objet d’un assez grand nombre de travaux dus à MM. Thurston, Kirkaldy, Adamson, Joes-sel, Parker, Unwin, A. Le Chatelier, Roberts-Austen, etc. — La plupart de ces travaux ont été résumés par M. André Le Chatelier, qui a fait considérablement avancer la question, tant par la création d’appareils nouveaux que par l’obtention d’un grand nombre de résultats numériques, et qui a déduit de ses recherches d’ingénieuses théories sur le recuit, le rôle de la durée et de la température dans les essais mécaniques. Nous renvoyons le lecteur aux publications de ce savant ingénieur, qu’il est nécessaire et à peu près suffisant d’étudier pour se mettre complètement au courant de la question (1).
- Parmi les études plus récentes, nous devons signaler les recherches du professeur Roberts-Austen, qui amontré l’importance des essais à chaud en faisant ressortir le rôle des impuretés dans le cuivre rouge; il en résulte que certains corps, tels que le bismuth, qui, en faible proportion, modifient peu les propriétés mécaniques du cuivre à la température ordinaire, produisent une altération profonde des qualités de ce métal à une température peu élevée.
- Toutes les études que nous venons de signaler ont porté sur les variations de la résistance à la traction et de l’allongement après rupture. Nous résumerons brièvement les résultats obtenus d’après le travail de M. A. Le Chatelier.
- (I) André Le Chatelier. Influence de la température sur les propriétés mécaniques des métaux {Génie civil), 1891. Revue Générale des sciences, août 1891. — Rapport de la commission des méthodes d’essai des matériaux de construction. — Voir aussi les travaux du professeur Unwin, résumés dans l’Engineering en 1889.
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- MÉTALLURGIE.
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- Pour le cuivre rouge, la résistance diminue régulièrement quand la température s’élève et peut être calculée par Ja formule
- R = 21kg — 0,025 t.
- Le bronze d étain donne des résultats très variables d’un échantillon à l’autre. Quelquefois, il présente une chute très rapide de résistance et d’allongement «à partir de 180° à 200°. Ce cas s’est présenté dans des expériences faites par l’amirauté anglaise et dans d’autres dues au professeur Unwin. D’autres fois, la résistance conserve encore une valeur importante à 250° ; il en est toujours ainsi pour le bronze phosphoreux et quelquefois aussi pour les bronzes obtenus sans l’emploi d’aucun désoxydant.
- Tous les laitons éprouvent au-dessus de 250° à 300° une perte considérable de résistance et d’allongement; à 250°, la charge de rupture n’est que de 15 p. 100 inférieure à la valeur obtenue à la température ordinaire.
- Les bronzes d'aluminium présentent un phénomène tout spécial : entre 80° et 150°, ils éprouvent une perte brusque de résistance, qui n’est que de 5 à 10 kilogrammes quand ils sont étirés ou laminés, mais qui peut être bien plus forte quand ils sont fondus.
- Le laiton à 1 p. 100 d'aluminium est, aux températures élevées, supérieur au bronze d’étain et même au laiton ordinaire laminé. 11 conserve une résistance de plus de 20 kilogrammes par millimètre carré, avec un allongement considérable jusque vers 260°.
- Pour le fer et V acier, J a charge de rupture va en décroissant jusqu’à une température qui varie de60°à l00°, suivant que ce métal est plus oumoins dur; elle croît ensuite jusqu’à un maximum qui est atteint vers 250°, et décroît ensuite très rapidement à partir de 300°. La différence entre les résistances à 250° et à 15° est toujours de 8 à 10 kilogrammes, quelle que soit la dureté du métal.
- L’allongement varie en sens inverse de la résistance. La striction décroît sans cesse à partir de la température ordinaire jusque vers 300° à 350°. A partir de 400°, elle augmente rapidement et devient très forte à 700° ou 800 .
- Les variations des propriétés mécaniques dos métaux avec la température dépendent, dans une large mesure, de la rapidité d’application des efforts. Les courbes qui représentent les variations pour une vitesse d’effort donnée ont toujours à peu près la même allure; mais elles se déplacent dans l’échelle des températures à mesure qu’il s’agit d’efforts agissant plus rapidement.
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- INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE SUR LES ALLIAGES.
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- I
- Dans les essais qui font l’objet de ce mémoire, nous nous sommes préoccupés surtout d’étudier la variation à chaud de qualités qui avaient été rarement envisagées jusqu’ici. Nous avons cherché à enregistrer automatiquement le diagramme de l’essai de traction à différentes températures, de façon à pouvoir suivre les variations de la limite élastique; nous avons également effectué des essais au choc en vue d’étudier la fragilité à chaud.
- Appareils d’essai. — Les appareils d’essai employés ont déjà été décrits en partie dans nos mémoires antérieurs. (Etude sur la trempe de l’acier, Bulletin de la Société d’Encouragement, 1895. — Etude sur les alliages de cuivre et de zinc, Bulletin de la Société d'Encouragement, 1896.) Nous en rappellerons brièvement la disposition.
- Les essais de traction étaient effectués siy une machine Maillard, le barreau étant placé horizontalement. Pour chauffer ce barreau à une température constante et bien déterminée, nous avons eu recours à un bain d’huile; la difficulté consistait à éviter les fuites de liquide sans gêner le déplacement horizontal des mâchoires ; pour l’éviter, nous avons employé l’artifice suivant, qui a donné de bons résultats : la tête du barreau est filetée et vissée dans deux écrous qui sont reliés aux mâchoires de la machine par des pièces d’acier en forme d’U renversé. Ces pièces sont attachées aux mâchoires et aux écrous par des goupilles horizontales autour desquelles elles peuvent tourner, de telle sorte que le barreau se place toujours automatiquement dans l’axe de la machine. Grâce à cette disposition, on peut placer en dessous du barreau une cuve en cuivre rouge à section rectangulaire, remplie d’huile, dont les parois s’engagent dans l’évidement des pièces en U, de façon que le niveau de l’huile soit à 2 ou 3 centimètres au-dessus de l’axe du barreau. Le bain d’huile est chauffé par des brûleurs Bunsen, auxquels le gaz arrive par l’intermédiaire d’un régulateur automatique de température à mercure placé dans ce bain, et qui règle la température à 1° ou 2° près pendant aussi longtemps qu’on le veut. Sur le barreau, et baignant dans l’huile, on monte l’amplificateur des allongements que nous avons décrit antérieurement (Etude sur la trempe de l’acier) et qui avait été étudié spécialement en vue de pouvoir être utilisé à chaud; l’amplificateur commande par un fil métallique le cylindre du manomètre enregistreur fixé sur l’une des mordaches de la machine.
- La figure 1 représente l’ensemble de ce dispositif.
- Pour faire une expérience, on commence par monter sur la machine le barreau muni des colliers et de l’amplificateur; on met ensuite le bain d’huile en place de façon que le liquide recouvre complètement le barreau et l’amplifica-
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- MÉTALLURGIE.
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- teur; on allume le gaz et on agit sur le régulateur pour arriver à une température déterminée, qu’on lit sur un thermomètre qui sert en môme temps d’agitateur. Quand la température à laquelle on veut opérer a été maintenue sans variations pendant une dizaine de minutes, on met la machine en marche. Il n’est pas besoin de toucher à l’appareil pendant la durée de l’essai; les deux branches des pièces en U sont écartées de S centimètres environ; comme l’une d’elles seulement se déplace, il faut, pour que la branche intérieure vienne toucher la cuve, que le barreau se soit allongé de S centimètres, soit de 50 p. 100. Si l’allongement total est supérieur à cette valeur, ce qui est rare, on fait glisser
- latéralement le bain d’huile en sens inverse du déplacement du barreau, et on dispose d’une nouvelle course de 5 centimètres. L’allongement total du barreau peut ainsi atteindre 100 p. 100, ce qui ne s’est jamais produit dans nos essais. La figure 2 reproduit les positions successives de la cuve et des mâchoires dans le cours de l’essai.
- Après rupture, on retire les deux portions du barreau et, après refroidissement, on relève l’allongement total et la section de rupture. Le diagramme fourni par l’enregistreur permet d’évaluer la limite élastique et donne la charge maxima.
- Les essais étaient faits avec une vitesse d’allongement uniforme, correspondant à un déplacement de la mordache mobile de 5 millimètres par minute.
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- INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE SUR LES ALLIAGES.
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- L’essai durait doncdeuxminutessi lebarreau s’allongeait de 10p.100, cinqminutes si l’allongement était de 25 p. 100, dix minutes si l’allongement atteignait 50 p. 100.
- Essais au choc. — Les essais au choc à température élevée sont assez difficiles à réaliser, car il est peu commode de chauffer le barreau en place, à cause de la masse considérable de la chabotte qui doit être chauffée en même temps,
- Fig. 2.
- 1° Début de l’opération.
- ------------------ r
- 2* Le barreau s’est allongé de 50 p. 100.
- 3° Le barreau étant allongé de 50 p. 100, on déplaee la cuve sur la gauche, sans interrompre l’essai, et on dispose d’une nouvelle course de 5 centimètres, correspondant à un allongement de 50 p. 100.
- et, d’autre part, quand le barreau est chauffé en dehors de l’appareil, il se refroidit pendant la mise en place.
- Nous avons cependant adopté cette dernière méthode, en réglant la marche de l’opération de façon à rendre le refroidissement négligeable.
- Les barreaux employés avaient 6 centimètres de longueur et de 14 X 9 millimètres de section. Ils étaient encastrés dans un étau sur le tiers de leur longueur, soit 20 millimètres, et recevaient le choc d’un mouton de 10 kilogrammes
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- MÉTALLURGIE.
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- dont la panne frappait à 5 millimètres de l’extrémité libre. L’étau qui servait à l’encastrement était mobile autour d’un axe horizontal; on pouvait ainsi ramener l’extrémité libre du barreau a être horizontale; pour cela, on y fixait par une vis de pression un petit niveau à bulle d’air. Une aiguille fixée à l’étau indiquait sur un cadran gradué les angles de rotation.
- Pour éviter le refroidissement du barreau par contact avec les parois de l’étau, on employait une pièce d’acier présentant une cavité ayant la même section que le barreau et une profondeur de 20 millimètres. On fixait cette pièce sur le barreau au moyen d’une vis de pression, et on chauffait le tout; la pièce d’acier était serrée dans l’étau pour l’essai au choc, et empêchait le refroidissement d’arriver jusqu’au barreau. La figure 3 reproduit ce dispositif très simple.
- L’opération se conduit de la façon suivante :
- On monte le barreau sur la pièce C; on place le tout dans l’étau de l’appareil de choc ; on fixe le niveau à bulle d’air sur l’extrémité A du barreau, et on
- \ u / - C
- A
- Fig. 3.
- règle l’étau de façon que le barreau soit horizontal et que la panne du mouton vienne bien à 5 millimètres de l’extrémité libre; on place le mouton à la hauteur voulue; on retire le niveau et, saisissant l’extrémité A avec une pince, on place dans un bain maintenu à température constante par un régulateur à mercure la pièce C, le barreau et la pince, qui est munie d’un manche isolant. Au bout d’un temps suffisant pour que le tout se soit mis en équilibre de température avec le bain (une demi-heure en général est plus que suffisante), on retire le barreau, on engage la pièce G dans l’étau, que l’on serre immédiatement, et on déclenche le mouton. Avec cette façon d’opérer, le temps qui s’écoule entre le moment où on retire le barreau du bain et celui où il reçoit le choc du mouton ne dépasse pas éinq ou six secondes. Il a été impossible de reconnaître le moindre refroidissement dans ce court intervalle en suivant un pyromètre attaché au barreau.
- Après le choc, on fixe de nouveau le niveau mobile à l’extrémité A du barreau; on fait tourner l’étau jusqu’à ce que cette extrémité redevienne horizontale et on lit l’angle de ployage sur le cadran divisé. On remet alors le barreau
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- INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE SUR LES ALLIAGES.
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- et la pièce C dans le bain, et, quand le tout est revenu à la même température, on donne le second coup de mouton ; et ainsi de suite. On continue, en notant chaque fois l’angle de ployage, jusqu’à ce qu’il y ait rupture, ou que le barreau vienne toucher les parois de l’étau, ses deux extrémités faisant un angle inférieur à 90°.
- Pour les bronzes, laitons, etc., on donnait le premier coup de mouton à 10 centimètres de hauteur, le deuxième à 20 centimètres, le troisième à 30 centimètres, et ainsi de suite. Pour les aciers, on donnait le premier coup de mouton à 25 centimètres de hauteur, le deuxième à 50 centimètres, le troisième à 75 centimètres, et ainsi de suite.
- Les résultats obtenus peuvent être interprétés graphiquement au moyen d’un diagramme que nous avons déjà employé (Étude sur la trempe de l’acier). On représente chaque choc par un point dont l’ordonnée correspond à la hauteur de chute et l’abscisse à l’angle de ployage. On réunit tous ces points par une ligne, dont l’inclinaison sur l’axe des abscisses peut servir à caractériser la raideur du métal, et dont la longueur varie en raison inverse de la fragilité. On sait que la raideur, et particulièrement l’angle au premier choc, varient en général comme la limite élastique à la traction.
- II
- Les essais que nous avons effectués ont porté sur les alliages de cuivre et de zinc, de cuivre et d’étain, de cuivre et d’aluminium, de cuivre et de nickel, ainsi que sur quelques aciers et alliages de fer et de nickel.
- Alliages de cuivre et de zinc. — Nous avons examiné d’abord, en ce qui concerne la résistance au choc, quelques-uns des alliages de cuivre et de zinc que nous avions étudiés au point de vue mécanique et micrographique dans notre étude sur les alliages de cuivre et de zinc. Ces alliages correspondaient aux proportions de cuivre suivantes (voir loc. cii., les analyses complètes) :
- N° 1...............99,8 cuivre
- N° 2...............81,3 — 18,4 zinc
- N° 3................ . 69,3 — 30,2 —
- N° 4.............. 62,08 — 37,6 —
- N° 5. ........ . 58,9 — 40,4 —
- N° 6............... 55,0 — 44,7 —
- N° 7. .................. » » 99,4 —
- Tous ces alliages, laminés puis recuits à 700° environ, sauf le n° 7, zinc à peu près pur, qui a été recuit seulement à 350°, ont été soumis au choc du mouton de 10 kilogrammes, tombant successivement de 0m,10, 0m,20, 0m,30, etc., aux températures de 150°, 200°, 250°, 300°, 350°.
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- MÉTALLURGIE.
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- Les résultats abtenus pour les ployages produits par les chocs successifs sont résumés dans les tableaux suivants :
- Cuivre rouge.
- TEMPÉRATURE. ANGLE DE PLOYAGE APRÈS CHOC DE
- OMO 0m,20 0"\30 0“,40 0m,50
- Degrés. 15 161 139 115 90
- 200 160 137 110 74 »
- 250 160 136 106 70 )>
- 300 159 133 104 68 )>
- 350 159 133 O O 61 ))
- Les diagrammes s’abaissent vers l’axe des abscisses quand la température s’élève, indiquant une diminution de la raideur; la fragilité n’apparaît naturellement pas.
- Alliage n° 2 (20 p. 100 de Zn environ).
- TEMPÉRATURE. ANGLE DE PLQYAGE APRÈS CHOC DE
- OMO 0m,20 Om,30 0m,40 0“,50
- Degrés. 15 164 143 120 95 67
- 200 164 139 114 84 53
- 250 164 139 113 82 50
- 300 161 139 112 80 »
- 350 164 cassé )) » » »
- L’allure du phénomène est la même que pour le cuivre rouge, mais, à 350° le métal devient fragile et casse au premier choc, montrant une cassure cristalline.
- Alliage n° 3 (30 p. 100 de Zn environ).
- TEMPÉRATURE. ANGLE DE PLOYAGE APRÈS CHOC DE
- OMO 0m,20 O™,30 O”,40 0m,50
- Degrés. 15 165 145 121 97 68
- 200 161 135 104 70 ))
- 250 160 135 104 70 ))
- 300 159 131 100 62 »
- 350 163 cassé )) » )) ))
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- INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE SUR LES ALLIAGES.
- 199
- Même variation que pour l’alliage à 20 p. 100; la diminution de raideur est plus rapide ; l’alliage casse encore au premier choc à 350° avec une cassure cris-
- 170 160 150 14-0 130 120 110 100 90 80 70
- Angles de ployage >
- Fig. 4.
- talline. La figure 4 reproduit les diagrammes représentatifs des divers essais sur le métal n° 3.
- Alliage n° 4 (37,5 p. ÎOO de 2n environ).
- TEMPÉRATURE. ANGLE DE PLOYAGE APRÈS CHOC DE
- O H 1 ^ 0m,20 0“,30 o b"' ° O”,50
- Degrés.
- 18 '168 152 132 111 88
- 200 168 151 129 105 76
- 250 168 150 127 101 72
- 300 168 149 127 103 71
- 350 179 cassé. » » » ))
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- 200
- MÉTALLURGIE.
- FÉVRIER 1899.
- La diminution de raideur avec la température est très peu marquée ; l’alliage casse au premier choc à 350% mais la cassure présente des grains fins au lieu d’être à larges facettes cristallines comme dans les cas précédents.
- Alliage n° 5 (40 p. 100 de Zn environ).
- TEMPÉRATURE. AXGLE DE PLOYAGE APRÈS CHOC DE
- 0”,10 0“,20 o B CO ° 0'",40 0m,50 0m,60
- Degrés. 15 170 156 139 120 101 78
- 200 170 157 139 119 96 70
- 250 170 157 137 115 93 62
- 300 171 157 137 115 91 60
- 350 171 165 cassé. )) » ))
- La raideur ne varie presque plus jusqu’à 300°. On observe même une légère diminution du ployage au premier et au second choc, ce qui semblerait indiquer que la limite élastique est plus élevée à chaud qu’à froid. Nous retrouverons cette propriété dans les essais de traction. L’alliage casse encore à 350°, mais seulement au deuxième choc; il est donc beaucoup moins fragile que les précédents; le grain est fin.
- Alliage n° 6 (45 p. ÎOO de Zn environ).
- TEMPÉRATURE. ANGE E DE PLOYAGE APRÈS CHOC DE
- 0m,10 O",20 0m,30 O”,40 O"1,50 o © o 0ra,70
- Degrés. 15° 170 158 144 128 MO 94 78
- 200° 173 163 149 130 108 cassé. )) »
- 250° 174 165 150 130 cassé. )> » ))
- 300° 175 171 cassé. )) )) » )) »»
- 350° 179 cassé. » )) )) )) ))
- L’augmentation de la raideur à chaud devient ici tout à fait nette, mais la
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- INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE SUR LES ALLIAGES
- 201
- fragilité apparaît dès la température de 200°; la cassure est à grandes facettes cristallines. La figure 5 donne les diagrammes relatifs à ces essais.
- Zinc pur.
- TEMPÉRATURE. ANGLE DE PLOYAGE APRÈS CHOC DE
- 0”,10 0m,20 0“,30
- degrés 0 135 119 71
- 250 152 110 53
- 300. : . . 147 98 42
- 350. . . 177 cassé. » »
- 1 4
- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Février 1899.
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- MÉTALLURGIE. --- FÉVRIER 1899.
- 202
- Si l’on compare les résultats obtenus pour les différents métaux, on observe que la raideur qui, à froid, va constamment en augmentant avec la teneur en zinc, diminue d’abord à chaud et présente un minimum pour l’alliage contenant environ 30 p. 100 de zinc. La fragilité qui, à froid, est pratiquement nulle pour les alliages contenant moins de 40 p. 100 de zinc, est notable à chaud pour les alliages à 30 p. 100 de zinc , etplus grande même que pour les alliages à 40 p. 100 de zinc.
- Nous avons signalé déjà (Étude sur les alliages de cuivre et de zinc) la différence profonde de structure qui existe entre les alliages à 30 p. 100 et à 40 p. 100 de zinc.
- Cette différence se retrouve dans la façon dont se comportent ces alliages à chaud.
- L’alliage à 30 p. 100 de zinc est formé de grands cristaux maclés directement soudés entre eux. La cassure à chaud montre de nombreuses facettes, indiquant que la rupture s’est produite par décollement des faces de ces cristaux tandis, qu’à froid, on observe toujours des cassures à nerf soyeuses, la rupture se produisant à l’intérieur des cristaux. Dans les alliages à 40 p. 100 de zinc, constitués par des cristallites soudées par un ciment, la rupture se produit toujours dans le ciment et présente sensiblement le même aspect, qu’elle soit faite à chaud ou à froid.
- Pour l’alliage à 30 p. 100, la raideur diminue rapidement quand la température s’élève ; en même temps, la fragilité augmente. Pour l’alliage à 40 p. i00> la raideur augmente d’abord quandla température s’élève, pour diminuer ensuite, et c’est alors seulement que la fragilité apparaît.
- Essais de traction. — Les métaux essayés au choc se présentaient sous forme de planches dans lesquelles on ne pouvait découper des éprouvettes cylindriques pour les essais de traction. Ces derniers essais ont porté sur des éprouvettes prélevées dans des alliages industriels soit laminés et recuits, soit bruts de fusion.
- Ces alliages, dont nous donnons dans chaque cas l’analyse, contiennent en proportions variables des éléments autres que le cuivre et le zinc : les uns, tels que le plomb, l’étain, etc., provenant des impuretés des matières premières; les autres, tels que l’aluminium, le manganèse, le phosphore, ajoutés volontairement ; ils comprennent la plupart des métaux actuellement employés dans l’industrie sous le nom de bronzes malléables, laitons forgeables, bronzes à haute résistance, etc.
- Le tableau suivant donne les résultats des essais effectués sur des barreaux prélevés dans les alliages contenant environ 40 p. 100 de zinc avec des traces variables d’aluminium, de phosphore et de manganèse. La composition de ces alliages était la suivante :
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- INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE SUR LES ALLIAGES.
- 203
- CUIVRE. ZINC. ÉTAIN. PLOMB. FER. ALUMINIUM. MANGANÈSE. PHOSPHATE.
- N°1 58,99 40,27 0,31 0,17 0,06 )) 0,30 0,09
- N° 2 57,56 41,47 0,10 0,19 0,07 )) 0,22 0,11
- N° 3 58,90 40,49 0,34 0,22 0,06 1,09 0,13 0,10
- N° 4 57,07 42,24 Traces. 0,17 0,07 0,62 0,15 0,08
- N° 5 58,97 40,40 0,05 0,18 0,07 )) 0,18 0,08
- N° 6 56,20 42,95 0,11 0,13 0,05 » 0,33 0,07
- N° 7 ; 58,04 40,10 0,32 0,07 0.05 » 0,21 »
- Les éprouvettes étaient découpées dans des barres brutes de coulée; les numéros 1, 2, 3, 4 avaient été coulés chauds; les nos 5, 6 et 7 avaient été coulés à une température peu supérieure à la température de solidification.
- Les résultats marqués d’un astérisque au tableau p. 204 correspondent à des barreaux pour lesquels la rupture s’est produite en dehors des repères.
- On voit que, pour tous ces métaux, la charge maxima diminue quand la température s”élève ; l’allongement augmente d’abord, pour diminuer ensuite; l’augmentation est beaucoup plus marquée sur le métal coulé froid, qui semble ainsi subir un recuit partiel pendant le chauffage.
- La limite élastique augmente aussi d’abord, pour diminuer ensuite. Par suite du vague qui s’attache au terme de limite élastique, il est bon de préciser ce que nous exprimons ainsi ; les diagrammes de traction obtenus sont parfaitement continus, et bien que présentant en général au début un changement de direction assez rapide, ils ne comportent aucun point singulier. Les chiffres marqués dans la colonne des limites élastiques sont les charges pour lesquelles l’allongement total du barreau, relevé sur le diagramme, est égal à 0mra,2. Nous nous sommes assurés qu’aucun des métaux examinés ne revenait à sa longueur primitive quand on supprimait la charge après lui avoir fait subir un tel allongement.
- Le fait est donc le suivant : avec des vitesses de traction modérées, les diagrammes indiquent, dans la 'première période de Fessai, des déformations d'autant plus petites, pour une même charge, que la température est plus élevée entre 0° et 200°.
- La figure 6 reproduit les diagrammes obtenus à 15° et à 225° pour le métal n° 1.
- La figure 7 donne les courbes représentant la variation, avec la température : de la résistance (trait plein), de l’allongement (trait pointillé), et de la limite
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- TEMPÉRATURE. a S MUTAI ri < y r rt , N« 1 . y. S S Y Y, O b ri Y LIMITE 1 élastique. 1 MUTAI % .i < y x ri N° 2. Y <. O a o Y O O H ri H Y. c H £ H J ri MÉTAI a ri % s ri •— x , N° :-î. S Y O a o Y o c- < Y O ri Y Ç H | META a rt a s ~ £ . 4 Y ~ o a o Y Y. Y
- Degrés.
- 15 8,0 38,6 42,0 0,620 8,7 * 36,4 * 26,0 * 0,793* 8,7 58,7 32,3 0,657 )) 39,5 25,0 0,731
- 100 12,0 34,7 45,0 0,635 » )> )) )> )) )) » )) )) » » »
- 150 12,0 30,8 43,0 0,577 13,0 30,0 41,0 0,546 » )) )) )) 15,4 30,8 30,0 0,705
- 200 )) 27,8 52,4 0,567 14,0 21,8 48,4 0,452 14,0 28,7 40,0 0,600 12,7 26,8 42,0 0,635
- 225 12,0 23,97 46,0 0,556 14,0 24,8 52,0 0,450 8,7 24,6 31,0 0,682 14,0 23,5 37,3 0,589
- 250 12,0 21,4 41,5 0,611 12,0 20,5 52,8 0,514 8,0 21,8 26,0 0,682 14,0 21,4 37,5 0,635
- MÉTAL X» 5. MÈTAI , X» 6. MUTAI , X» 7.
- 15 13,5 * 35,9 * 15,0* 0,872* 12,7 * 38,5 * 8,4* 0,913* 21,0* 44,0* 16,2* 0,859*
- 100 21,7 35,4 27,3 0,717 18,0 41,4 13,6 0,846 17,4* 37,4* 11.7* 0,850*
- 150 15,4 34,1 34,7 0,577 20,0 37,4 29,0 0,717 16,0* 36,4 * 19,7* 0,819*
- 200 15,4 30,8 47,5 0,546 22,0 29,4 44,0 0,492 18,0 34,0 40,0 0,011
- 225 15,4 28.1 46,5 0,546 21,4 27,4 40,8 0,361 17,4 32,1 40,2 0,600
- 250 17,4 26,7 55,0 0,600 19,4 25,4 65,2 0,310 18,0 28,7 45,2 0,534
- 204 MÉTALLURGIE. -— FÉVRIER 1899.
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- INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE SUR LES ALLIAGES.
- 205
- élastique (trait mixte) pour le métal n° 1. La figure 8 donne les mêmes indications pour le métal n° 6.
- Nous donnerons encore les résultats d’une série d’essais effectués sur des
- p érature 225 °
- *3 £2(3
- Allong-em eut s
- -------------Limite élastique
- _____________ Charge maxima
- _____________Allongement
- Température
- Fig. 7.
- éprouvettes prélevées dans une même pièce brute de coulée. La composition moyenne de cette pièce était la suivante : cuivre 58,59, zinc 40,67, plomb 0,39, aluminium 0,20.
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- 206
- MÉTALLURGIE.
- FÉVRIER 1899.
- On a essayé quatre éprouvettes à chacune des températures de 15°, 100°, ISO0, 200°, 214°, 225°. 2S0°.
- Limite élastique
- __Char (je maxima
- — Allongement
- /
- Température
- Fig. 8.
- 200 214- 225
- Temp érature
- Fig. 9.
- La figure 9 donne la variation de la moyenne des résultats relatifs à chaque température. (Tableau p. 207.)
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- INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE SUR LES ALLIAGES
- 207
- tempérât®- LIMITE ÉLASTIQUE. RÉSISTANCE MAXIMA. ALLONGEMENT p. 100. CONTRACTION.
- Individuelle. Moyenne. Individuelle. Moyenne. Iindividuelle. Moyenne. Individuelle. Moyenne.
- ld,0 41,4 27,6 0,669
- 12,0 11 9 40,9 41,4 32,o 31,2 0,622 0,648
- 15° 12,7 42,1 31,3 0,669 .
- 12,0 41,4 33,7 0,635
- 14 38,7 27,8 0,663
- 100° 14,3 13,6 36,7 36,1 39,8 32 0,717 0,682
- 14,3 36,7 40,0 0,657
- 12,0 34,1 23,4 0,693
- 12,3 32,1 40,2 0,483
- ISO0 12,7 12,3 31,4 31,9 31,7 35,1 0,611 0,570
- 12,7 32,1 27,5 0,682
- 11,7 32,1 41,2 0,504
- 16,0 28,7 38,6 0,492
- 14,3 28,7 44,7 0.524
- O O O 14,14 29 42,3 0,508
- 13,4 30,0 48,7 0,524
- 14,0 28,7 37,4 0,492
- 14,0 28,1 32,3 0,524
- 10,7 28,1 37,5 0,635
- 214° 13,0 28,0 38,8 0,546
- 14,0 28,7 43,8 0,504
- 14,3 28,1 41,8 0,524
- 15,4 27,4 3)1.6 0,600
- 14,7 27,4 32,8 0,635
- 225° 15,0 27,1 34,0 0,600
- 15,4 27,4 35,7 0,577
- 14,7 26,7 32,9 0,589
- 16,0 25,4 26,5 0,705
- 15,0 24,7 29,8 0,693
- 250° 14,8 24,8 28,0 0,690
- 14,7 24,7 28,7 0,705
- 13.7 24,7 27,1 0,657
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- MÉTALLURGIE.
- FÉVRIER 1899-
- Nous avons essayé également des métaux de même nature laminés en barres. Bans le tableau suivant, les métaux 1, 2 et 3 avaient été recuits à 700° environ avant l’essai, les métaux i, 5 et (i n’avaient subi aucun changement après étirage.
- 6^ H < O 5 É-^ o* E- *
- H S 7^ < bd o 6-2 H § Cd as H o* c 2 Cd
- 2 g ^ < < 3 X s Sû CS iC ce ce 25 2 g 3 3 e g E 5 ce SE O CS as 5S H en s < 2 5 ^ bd ce o — 6— O
- ce
- A A 150". A 00».
- N° 1 . . 14,5* 37,7* 33,6* a> V* o 14,7 34,1 58,6 0,425 15,0 31,4 61,8 0,404
- N° 2 . . 13,7 40,0 48,5 0,528 14,6 34,6 50,8 0,586 14,2 31,8 54,8 0,421
- N° 3 . . 13,5 40,0 47,0 0,511 13,2 33,9 54,7 0,553 14,2 31,1 58,6 0,511
- N° 4 . . 21,4 45,0 27,0 0,483 23,4 42,1 27,8 0,462 20,4 39,4 32,6 0,473
- N° o . . 22.4 48,8 22,4 0,564 23,7 43,4 26,5 0,501 21,7 40,7 22,6 0,678
- ^To 6 . . 21,2 47,1 21,1 0,543 21,1 40,7 28,0 0,531 21,7 33,8 28,0 0,521
- Les métaux recuits indiquent encore nettement l’augmentation de la limite élastique et la diminution delà charge de rupture. Les allongements varient
- assez irrégulièrement. Pour les métaux écrouis, on n’observe plus les mêmes variations, ainsi que cela était facile à prévoir, le métal se recuisant au cours
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- INFLUENCE I)E LA TEMPÉRATURE SUR LES ALLIAGES.
- 20&
- même de l’essai ; les résultats obtenus n’ont pas de signification très précise à cause de la complexité du phénomène dans lequel la température agit à la fois pour modifier l’écrouissage du métal d’une façon permanente et pour modifier ses propriétés d’une façon temporaire.
- La propriété du laiton à 40 p. 100 de zinc : d’avoir une limite élastique croissante quand la température s’élève, se retrouve aussi dans les laitons d’aluminium contenant 27 p. 100 de zinc et 3 p. 100 d’aluminium, et dont la structure est la même que celle de l’alliage à 60 de cuivre et 40 de zinc. La figure 10 donne la variation des propriétés d’un alliage de ce genre, laminé et recuit à 700® environ, dont la limite élastique était de 12 kilogrammes à 15°, 16 kilogrammes à 100°, 18 kilogrammes à 150°, 17k",3 à 200°, et 17 kilogrammes à 250°. La charge de rupture tombe de 46ks,2 à 15°, à 29kf?,4 à 230°, et l’allongement diminue également quand la température s’élève.
- ALLIAGES DE CUIVRE ET d’ÉTAIN
- Les essais au choc ont porté sur divers types de bronze, dont les compositions sont données dans le tableau suivant :
- DÉSIGNATION des MÉTAUX. CUIVRE. ÉTAIN. ZINC. PLOMB. FER. PHOSPHORE.
- NM 92,63 6,06 0,44 0,04 0,60 »
- N° 2. . . . . 89,55 9,66 0,14 0,32 0,20 0,03
- N° 3. . . . . 86,06 12,94 0,25 0,34 0,22 0,01
- N° 4 85,10 13,83 0,32 0,33 0,22 0,01
- N° 5. . 84,42 15,04 0,06 0,27 0,03 0,006
- N° 6 80,0 19,50 0,23 0,30 0,05 0,02
- Les éprouvettes, découpées dans des fragments bruts de coulée, étaient soumises au choc du mouton de 10 kilogrammes tombant successivement de 0m,10, 0m,20, etc.
- Le n° 6 casse au premier choc sans plier, aussi bien à froid qu’à 200° ou 230°.
- On voit que, pour les bronzes contenant moins de 12 p. 100 d’étain, les seuls utilisables pour d’autres objets que les pièces frottantes, la raideur diminue beaucoup quand la température s’élève; en même temps, la fragilité augmente. L aspect de la cassure varie en même temps d’une façon très marquée. A froid
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- MÉTALLURGIE. --- FÉVRIER 1899.
- on obtient des cassures de couleur jaune, à grain relativement lin, avec des arrachements ; à chaud la cassure présente de grandes faces planes, de couleur blanchâtre, et sur lesquelles on distingue des files de cfendrites toutes parallèles. Il semble donc, qu’à chaud, la cassure se fasse suivant les faces de contact des groupements cristallisés formés par la réunion des cristallites ayant la même orientation, et qui seraient soudés par un alliage fusible très riche en étain. Ce sont ces groupements cristallins que l’on distingue nettement sur un morceau de bronze poli et décapé à l’acide azotique concentré, et qui, par suite de l’inclinaison différente des cristallites qui les constituent, s’illuminent plus ou moins suivant l’orientation de la lumière incidente (1).
- TEMPÉRATURE. ANGLE DE PLOYAGE APRÈS CHOC DE NATURE du MÉTAL.
- OMO 0"\20 o 3 CO O 0”,40
- Degrés. 15 172 158 140 119 cassé N° 1. Bronze à 6 p. 100
- 200 169 153 131 116 cassé d’étain non phos-
- 250 169 140 134 )) phoreux.
- 350 168 cassé » )> »
- 15 174 164 150 143 cassé Bronze phosphoreux
- 200 170 1 56 138 125 cassé à 9,6 p. 100 d’étain.
- 250 169 153 133 cassé )>
- 350 172 cassé » )) »
- 15 174 165 cassé » » Bronze phosphoreux
- 200 172 164 cassé » » à 12,9p. 100 d’étain.
- 15 175 167 cassé )) )) Bronze phosphoreux
- 200 172 161 cassé » )) à 13,8 p. 100 d’étain.
- 15 175 cassé » )) » Bronze phosphoreux
- 200 175 170 » » à 15 p. 100 d’étain.
- Les figures H et 12 (pl. 1) donnent la reproduction photographique des cassures obtenues soit à 15° (A), soit à 250° (B) sur le bronze n° 1 et le bronze n° 2.
- Les alliages dont il vient d’être question étaient tous bruts de coulée. Nous avons essayé également un alliage contenant 96,42 de cuivre et 3,35 d’étain,
- (I) Voir Le Chatelier, Bulletin de la Société d’Encouragement, 1897.
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- INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE SUR LES ALLIAGES.
- 211
- préalablement laminé en planches et recuit. Cet alliage a donné les résultats suivants :
- TEMPÉRATURE. ANGLE DE PLOYAGE APRÈS UN CHOC DE
- 0“\10 0”\20 O”,30 0m,40 0m,50 0"',60
- Degrés. 15 170 154 136 114 89 61
- 200 167 149 129 106 82 50
- 300 166 147 125 101 73 45
- 400 165 143 119 92 57 ))
- Ce métal, dont la structure est assez voisine de celle des laitons, se rap-! proche également de ces métaux par ses propriétés; mais la raideur n’augmente pas par élévation de température, comme dans le laiton à 40 p. 100 de-zinc, qui a à peu près la même résistance à froid.
- Nous n’avons essayé à la traction qu’un seul échantillon de bronze, brut de fusion; ce métal contenait 88,11 p. 100 de cuivre, 13,05 d’étain, 1,62 de zinc, et des traces d’autres éléments; les essais ont donné les résultats suivants :
- TEMPÉRATURE. LIMITE ÉLASTIQUE. CHARGE MAXIMA. ALLONGEMENT p. 100. CONTRACTION.
- Degrés. 15 14,7 22,7 . 4,5 0,929
- 100 13,5 20,7 6,3 0,889
- 150 12,7 20,1 13,1 0,817
- 200 13,0 18,1 5,8 0,929
- 225 13,1 17,4 4,0 0,956
- 250 11,3 16,0 3,3 0,948
- On voit que la limite élastique et la charge maxima diminuent toutes deux à haute température. L’allongement présente un maximum vers 150° et diminue rapidement.
- ALLIAGES DE CUIVRE ET ü’ALUMINIUM
- des
- Nous avons étudié trois alliages de cuivre et d’aluminium, préparés avec matériaux très purs, et ne contenant, comme impuretés, que des traces de
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- 212
- MÉTALLURGIE.
- FÉVRIER 1899.
- fer ; ils contenaient : le n° 1, 94,43 p. 100 de cuivre et 5,45 p. 100 d’aluminium; le n° 2, 91,87 p. 100 de cuivre et 8,16 p. 100 d’aluminium ; le n° 3, 90,34 p. 100 de cuivre et 9,53 p. 100 d'aluminium. Ces trois alliages étaient sous forme de barres laminées et recuites; ils ont servi seulement à des essais au choc résumés dans le tableau suivant :
- DÉSIGNATION 5 H ANGLE DE PLIAGE APRÈS CHOC DE
- du MÉTAL. OS a H Om,10 0m,20 0m,30 o O 0m,50 Om,60 0ra,70 Om,80 Om,90
- Degrés. 15 171 157 141 122 103 78 )) »
- N° 1 200 169 154 135 114 92 68 ». » ))
- 5,45 °/0 Al. 300 169 152 133 112 91 55 »» )) ))
- 400 167 149 128 104 79 » ” » »
- 15 173 162 148 132 113 91 69 » „
- N° 2 200 172 159 145 128 107 88 63 » »
- 8,16% Al. 300 172 160 144 126 105 83 57 ». )>
- 400 171 159 142 123 101 75 )> ))
- / 15 177 172 164 154 143 130 116 98 80
- N° 3 200 177 171 163 152 140 126 111 94 90 cassé
- 9,53 % Al. 300 177 171 163 152 139 124 108 94 cassé »
- 400 176 170 161 149 134 117 98 ea sé »
- Ces métaux présentent des propriétés très remarquables ; on voit, qu’avec une grande raideur, qu’ils conservent jusqu’à des températures élevées, ils présentent très peu de fragilité, même à chaud; ils apparaissent donc comme supérieurs aux meilleurs alliages de cuivre et de zinc. La raideur augmente avec la teneur en aluminium.
- Il ne faut pas oublier qu’il s’agit de barres étirées de faibles dimensions, et non de pièces fondues.
- ALLIAGES DE CUIVRE ET DE NICKEL
- Nous avons examiné trois maillechorts : deux formés seulement de cuivre et de nickel, le troisième contenant en outre une forte proportion de zinc.
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- INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE SUR LES ALLIAGES.
- 213
- Le tableau suivant indique leurs compositions :
- Cuivre. Nickel. Zinc.
- Numéros 1................ 79,76 19,60 »
- 2 ............ 74,26 25,10 »
- 3 ............ 60,7 13,95 24,2
- Ces métaux étaient sous forme de planches laminées; ils ont été recuits à 700° et ont servi à des essais de choc.
- désignation té té P H ANGLE DE PLIAGE APRÈS CHOC DE
- du MÉTAL. té té H 0"‘,iO 0“,20 O*,30 Om,40 0m,50 0“S60 O”,70 O B 00 O O”,90
- Degrés. 15 177 171 163 152 139 123 103 80 60
- N° 1 200 176 170 161 148 132 112 18 » »
- 19,60 %Ni. 300 177 170 159 146 12/ 105 79 )) ))
- 400 177 169 157 140 127 102 cassé )) )) ))
- 15 178 173 165 156 144 124 110 97 cass )>
- N° 2 200 177 172 164 153 138 120 89 cassé )) ))
- 25,10% Ni. 300 177 172 163 150 136 cassé » 7) >» »
- 400 177 170 160 157 cassé » » )) ”
- N° 3 15 177 172 164 152 139 124 107 87 65
- 13,95% Ni. 24,2 % Zn. 200 177 170 161 150 136 120 77 cassé » »
- 300 177 171 162 150 127 cassé » »
- 400 176 casse )> )) )) » » ))
- La raideur de ces alliages est supérieure à celle de tous les alliages étudiés jusqu’ici; mais la fragilité est plus grande; aussi elle s’accentue quand la température s’élève. L’alliage contenant du zinc devient particulièrement fragile à chaud. Les cassures sont à nerf, et présentent à froid de beaux arrachements qui disparaissent à température élevée.
- ACIERS ORDINAIRES ET ACIERS AU NICKEL
- Nous donnerons d’abord les résultats des essais au choc effectués sur six aciers, préparés au creuset avec des matières très pures, et contenant des pro-
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-
-
-
- 214
- MÉTALLURGIE. --- FÉVRIER 1899.
- portions variables de carbone et de nickel. Les analyses de ces aciers sont reproduites dans le tableau ci-dessous.
- NUMÉROS. CARBONE. NICKEL. MANGANÈSE. SILICIUM. SOUFRE. PHOSPHORE.
- 1 0,07 ï) 0,03 0,03 0,01 0,030
- 2 0,27 » 0,03 0,04 0,01 0,019
- 3 0,07 5,1 0,04 0,03 0,01 0.012
- 4 0,39 4,4 0,16 0,03 0,01 0,020
- 5 0,07 23,3 0,07 0,04 0,01 0,014
- P 0,31 23,6 0,23 0,08 0,01 0,013
- Ces aciers, préalablement recuits à 900° et refroidis lentement, ont été soumis à des essais au choc en opérant comme on l’a indiqué au début de ce mémoire; mais, comme l’effet produit par les chocs d’un mouton de 10 kilogrammes tombant d’une hauteur de 10 ou 20 centimètres était très faible, on a changé les conditions de chute, pour ne pas prolonger l’essai outre mesure. On a donc donné le premier choc à 0m,25 de hauteur, le deuxième à 0m,50, le troisième à 0m,75, et ainsi de suite. Les résultats obtenus sont résumés dans les tableaux suivants :
- Aciers sans nickel.
- MÉTA L. TEMPÉRATURE. ANGLE Dp; PL OYAGE APRÈS CHOC DE
- 0™,25 0“,50 0“,75 o <D 1 tH i“,25
- Degrés 15 167 145 113 78 ))
- 200 160 135 107 72 »
- N° 1 230 160 136 107 70 »
- 300 160 136 103 66 »
- 400 160 134 103 64
- 15 168 150 126 97 63
- 200 163 141 114 81 »
- N° 9 250 163 140 112 76 »
- 300 162 139 1 10 70 ))
- 400 161 134 109 7;.i
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-
-
-
- INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE SUR LES ALLIAGES.
- 215
- La raideur subit une forte diminution'quand on passe de 15° à 200°, elle diminue très lentement ensuite jusqu’à 400°. La fragilité n’apparaît pas dans ces essais.
- Aciers à 5 p. 100 de nickel.
- MÉTAL. TE8PÉRATURE ANGLE DE PLOYAGE APRÈS CHOC DE
- O",25 O”,50 0m,75 lm,00 im,25 lm,75
- Degrés^ 15 171 154 132 104 72
- 200 167 147 121 94 57 ))
- N° 3 250 166 145 119 89 47 ))
- 300 166 145 120 88 50 „
- 400 166 145 119 88 50 »
- 15 173 160 143 122 95 67
- 200 169 155 136 112 85 »
- N° 4 250 169 154 135 106 O . »
- 300 169 152 133 105 )) )>
- 400 169 153 133 106 »
- Les variations sont du même genre que celles qui se présentent pour les aciers sans nickel, mais la diminution de raideur à chaud est moins marquée.
- Aciers à 25 p. ÎOO de nickel.
- MÉTAL. TEMPÉRATURE. ANGLE DE PLOYAGE APRÈS CHOC DE
- O”,25 0“,50 0m,75 ! O O j- ln,,25 im,50 im,75
- Degrés. 15 176 170 160 149 136 115 97
- 200 175 167 156 140 122 96 ))
- N° 5. . < 250 175 167 155 138 118 90 ))
- 300 175 167 155 138 117 85 ))
- 400 17 ;> 164 147 126 99 72 )>
- 15 168 148 124 96 67 )) »
- | 200 162 139 112 81 48 )) »
- N° 6. . 250 162 138 110 80 48 » ))
- 300 163 140 111 80 45 » ))
- 400 162 137 109 74 » )) ))
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- 216
- MÉTALLURGIE. --- FÉVRIER 1899.
- Le métal n° 5 est particulièrement remarquable ; il possède à froid une grande raideur, qui ne diminue que très peu jusque vers 400° et, dans tout cet intervalle, de température, il ne présente pas de fragilité.
- Nous avons examiné également un acier contenant 11,6 p. 100 de nickel et 1,9 p. 100 de chrome. Ce métal, qui présente à froid une très grande raideur, devient fragile à 300°. Les résultats suivants ont été obtenus à 15° et à 300°.
- TEMPÉRATURE. ANGIÆ DD PLOYAGE APRÈS CHOC DE
- 0",15 0m,50 0m,75 1“,00 lm,25 1”',50 1"\75 2m,00
- Degrés. 15 178 174 168 160 150 139 125 109
- 300 177 172 164 148 cassé » » )) »
- Nous n’avons pu effectuer de série d’essais de traction à chaud sur l’acier, la résistance de l’appareil étant insuffisante. D’ailleurs, de nombreux essais ont été effectués déjà sur ce sujet. Nous avons donné, dans l’étude sur la trempe de l’acier, des diagrammes de traction à chaud obtenus avec un dispositif moins précis que celui qui a été décrit au début de ce mémoire. Nous avons cherché à vérifier les résultats obtenus en opérant sur deux aciers extra-doux; le premier, le n° 1 des essais au choc, contenait seulement 0,06 de carbone; le deuxième contenait 0,09 de carbone et 1 p. 100 de nickel. Les résultats numériques obtenus dans ces essais sont les suivants :
- MÉTAL. TEMPÉRATURE. LIMITE ÉLASTIQUE. CHARGE AIAXIMA. ALLONGEMENT p. 100. CONTRACTION.
- Degrés. 15 22,0 32,1 37,4 0,264
- Acier extra doux . . 200 16,0 41,4 20,0 0, 369
- 230 16,0 42,1 20,8 0,396
- Acier extra doux 1 p. 100 nickel . . 15 27,8 40,7 34,5 0,287
- 200 21,0 44,6 22,3 0,260
- 230 17,7 44,1 23,9 0,275
- La limite élastique diminue notablement lorsque la température s’élève, tandis que la charge de rupture augmente. La variation des propriétés est ici
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-
- INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE SUR LES ALLIAGES.
- 217
- inverse de celle qu’on observe pour le laiton à 40 p. 100 de zinc, pour lequel la résistance diminue et la limite élastique augmente.
- 9000 i Charges :
- Fig. 13.
- L’abaissement de la limite élastique de l’acier, quand la température s’élève, Tome IV. — 98e année. 5e série. — Février 1899. 15
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- 218
- MÉTALLURGIE. --- FÉVRIER 1899.
- est accompagné d’une modification de la forme dés diagrammes, qui mérite d’étre signalée.
- On sait que les diagrammes de traction relatifs à l’acier recuit présentent, à partir de la limite élastique, un palier rectiligne indiquant une déformation sous charge constante. Les essais effectués montrent que la charge sous laquelle se produit ce palier diminue, ainsi que sa longueur, à mesure que la courbe ne présente plus de palier rectiligne.
- La figure 13 est la reproduction exacte de la partie initiale des diagrammes obtenus pour l’acier doux contenant 1 p. 100 de nickel à lo°, 200° et 250°. Le palier qui, à la température de 15°, correspond à un allongement de 2 p. 100, est cinq fois plus petit à 200°, et a disparu complètement à 250°. Le point à partir duquel la palier disparaît varie notablement avec la composition de l’acier, mais l’allure du phénomène est toujours la même.
- On remarque également, sur les diagrammes obtenus à chaud, une série de variations brusques de la pression qui semblent correspondre à des ruptures partielles internes. Cette apparence irrégulière des diagrammes n’est nullement due à un mauvais fonctionnement de l’appareil enregistreur, comme on pourrait être tenté de le supposer; elle se reproduit toujours pour certains métaux dans des conditions bien déterminées. Ce phénomène est toujours très marqué quand on opère à chaud sur l’acier, notamment sur l’acier doux; il existe aussi, à chaud, pour le laiton à 30 p. 100 de zinc, mais il n’apparaît sur le laiton à 40 p. 100 qu’exceptionnellement, et d’une façon beaucoup moins marquée; enfin, certains métaux le présentent déjà très nettement dans les essais à froid, notamment les alliages d’aluminium à forte teneur d’aluminium et les aciers à forte teneur en nickel.
- III
- En résumé, les appareils décrits au commencement de ce mémoire nous ont permis : 1° d’effectuer des essais de traction à différentes températures en enregistrant les diagrammes de traction, et de suivre ainsi les variations de la limite élastique; 2° d’effectuer des essais au choc sur des barrettes chauffées à des températures variables. Ce dernier essai est assez empirique, ainsi d’ailleurs que la plupart des essais au choc, même à froid. Le métal étant chauffé à une certaine température reçoit un premier choc; il est ensuite rechauffé et soumis à un second choc, plus énergique que le premier. Les échauffements et refroidissements successifs que subit forcément le barreau entre les différents chocs rendent difficile toute interprétation théorique, mais paraissent constituer une base satisfaisante pour la comparaison des métaux au point de vue pratique, les
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-
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- 200
- 175
- 150
- 125
- 100
- 90
- 80
- 70
- 60
- 50
- 40
- 30
- 20
- 10.
- 0
- il tp
- INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE SUR LES ALLIAGES.
- 219
- travaillent à chaud dans une machine subissant forcé-
- / / / / / / /
- ' b k 0 > / - / y /o\° Y /• /
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- 170 160 150 140 130 120 110 100 90 80 70
- Angles de ployage Température = 15°
- Fig. 14.
- natives d’échauffement et de
- refroidissement de même nature.
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- 220
- MÉTALLURGIE. --- FÉVRIER 1899
- Les résultats obtenus sur les alliages de cuivre et de zinc, de cuivre et d’aluminium, de cuivre et d’étain, de cuivre et de nickel, de fer et de nickel, ont été donnés dans les paragraphes précédents; il est inutile de les reproduire ici. Nous rappellerons seulement un résultat qui montre bien l’intérêt qu’il y a à
- Vo;
- Angles de plojage
- déterminer directement les différentes caractéristiques d’un métal aussi bien à chaud qu’à froid; pour les laitons à 40 p. 100 de zinc, qui comprennent la plupart des métaux utilisés industriellement sous le nom de bronzes malléables et de bronzes à haute résistance, la limite élastique augmente d’abord quand la température s’élève, pour diminuer ensuite, tandis que la charge de rupture
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- INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE SUR LES ALLIAGES. 221
- diminue d’une manière continue. Pour l’acier, au contraire, la limite élastique diminue d’une manière continue quand la température s’élève, tandis que la charge de rupture augmente, passe par un maximum, puis décroît. Ce résultat ne permet pas d’attribuer de supériorité à l’un ou l’autre métal, mais il montre que la loi de variation des propriétés avec la température est très différente d’un métal à l’autre, et ne peut être déterminée seulement d’après les mesures de charges de rupture.
- De l’ensemble des essais effectués, on peut déduire un classement approximatif des différents métaux étudiés; les moins bons sont les bronzes d’étain, dont la fragilité augmente rapidement quand la température s’élève; viennent ensuite les alliages de cuivre avec 30 p. 100 de zinc, dont la raideur diminue beaucoup à chaud, au point de devenir inférieure à celle du cuivre rouge, et qui sont fragiles à chaud ; les laitons à 40 p. 100 de zinc présentent des propriétés beaucoup plus remarquables, mais ils restent encore inférieurs aux maillechorts et aux bronzes d’aluminum.
- Les aciers ordinaires ne présentent pas, à chaud, la supériorité qu’ils possèdent à froid sur les alliages de cuivre, mais cette supériorité reparaît nettement dans les aciers au nickel, qui participent à la fois des propriétés des alliages et de celles des aciers. Pour faciliter celte comparaison, nous avons réuni dans les figures 14 et 13 les diagrammes représentatifs des essais au choc effectués soit à 13°, soit à 300°, sur les alliages de cuivre avec 30p. 100 de zinc, 40 p. 100 de zinc, 10 p. 100 d’aluminium (traits pleins) et sur l’acier doux, l’acier à 3 p. 100 de nickel, à 12 p. 100 de nickel et à 25 p. 100 de nickel (traits pointillés). Bien que les essais effectués sur les aciers et les alliages de cuivre ne soient pas absolument identiques, ils permettent néanmoins de se faire une idée des propriétés relatives de ces divers métaux, et justifient le classement qui vient d’en être donné.
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- AGRICULTURE
- ÉTUDE GÉOLOGIQUE ET AGRICOLE DES TERRAINS DU DÉPARTEMENT DE LA LOZÈRE, PAR
- M. Ernest Cord, ingénieur agronome, ancien élève de l'Institut national agronomique (1).
- INTRODUCTION
- Le département de la Lozère est un de ceux qui ont été tenus, jusqu’ici, loin de tout progrès par suite de leur isolement au milieu du plateau central. Pendant longtemps privé de voies de communication, routes ou chemins de fer (le premier qui a desservile chef-lieu du département date de 1884), il n’a pas eu à subir les grandes crises agricoles qui auraient pu modifier son agriculture déjà si pauvre, et ce n’est que depuis huit ans qu’il a ressenti le contre-coup de la crise agricole datant, dans le reste de la France, de 1878.
- Jusqu’à ces dernières années, le département a dû. tâcher de se suffire et de fournir à sa population tout le blé qui lui était nécessaire ; aussi, toute l’agriculture du département était basée sur la culture des céréales, et, partout où le paysan pouvait les cultiver, il le faisait, car il essayait de les cultiver pour avoir son pain et puis ensuite pour vendre un peu de blé.
- Le blé ne venant pas bien sur les terres incomplètes de ce pays, le paysan lozérien était loin d’être dénué de toute ressource, car il avait pour lui les châtaignes, les noix dont il tirait une bonne huile, des fruits abondants, des racines (navet et grosse rave d’Auvergne), des pommes de terre, qui ne se sont cultivées dans les champs que depuis cinquante ans.
- L’ouverture des voies de chemins de fer a amené la crise dans le pays ; le blé produit au prix de tant d’efforts n’a pu se vendre à un prix suffisamment rémunérateur, et la crise a été d’autant plus intense que la terre était moins fertile ; le paysan lozérien n’a pu encore se faire à l’idée de ne plus cultiver des céréales, car, pour lui, le seigle c’est le pain assuré pour toute l’année, et, quand bien même il lui coûterait plus cher à produire qu'à acheter, il le produira pour ses besoins. — Mais l’abandon de la culture des céréales pour la vente du grain a eu comme résultat de laisser de côté d’immenses terres incultes, terres qui,
- (1) Mémoire ayant obtenu, en 1898, le prix de 2 000 francs, pour une étude sur la constitution. physique et la composition chimique des terrains d’une des réqions naturelles ou agricoles de la France. Voir le Bulletin de juillet 1898, p. 818.
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- ÉTUDE GÉOLOGIQUE ET AGRICOLE DES TERRAINS DE LA LOZÈRE. 223
- par suite de la nature de leur sol, ne semblaient pouvoir convenir à aucune autre culture; aussi, maintenant, voit-on des hectares abandonnés en friche, et rien n’attriste autant le voyageur que ces immenses solitudes, où l’on n’aperçoit plus que des troupeaux de moutons paissant dans la lande.
- Comment remédier à cet état de choses? telle est la question que nous nous sommes posée ici, et que nous tâcherons de résoudre par la suite d’une manière pratique, en nous fondant sur l’expérience de quelques-uns.
- C’est en étudiant pas à pas l’agriculture du département que nous tâcherons de montrer ce que l’on doit faire comme culture dans telle ou telle formation géologique, apte d’ailleurs à tel mode de culture, que nous indiquerons. L’agriculteur lozérien doit changer du tout au tout ses modes de culture et chercher pour ses produits des débouchés. Je sais bien que ce changement sera long et présentera beaucoup de difficultés, mais il ne peut se faire que peu à peu ; d’ailleurs, il a commencé, et cette transformation sera d’autant plus longue que le paysan lozérien est plus pauvre. Lui donner des conseils, tel sera le but de cette rapide étude sur l’agriculture de notre département.
- APERÇU GÉOGRAPHIQUE DU DÉPARTEMENT
- Situation. — Le département de la Lozère est redevable de son nom à sa principale chaîne de montagnes, dont l’altitude est la plus élevée.
- Il fait partie de la région Sud-Est de la France, et est compris entre 44° 6' 20’/ et 44° 58' 16" de latitude Nord et 0° 38' 40" et 1°39' 48" de longitude. Son niveau très élevé oscille entre 200 mètres et 1 702 mètres au-dessus du niveau de la mer, c’est dire que ce département est très montagneux.
- Superficie. — C’est un des plus petits départements de France, avec ses 316 973 hectares de superficie, aussi arrive-t-il de ce fait à être le 73e.
- Sa plus grande largeur est de 103 kilomètres du Nord au Sud et sa plus grande largeur de 80 kilomètres .
- Limites. — Il est borné au Nord par les départements du Cantal et delà Haute-Loire, à l’Est par l’Ardèche et le Gard, au Sud par le Gard et l’Aveyron, ainsi que par l’Aveyron à l’Ouest.
- Son périmètre est formé par des limites naturelles et conventionnelles, telles que rivières ou lignes de faîte.
- Climat. — Le climat est très variable avec le point considéré : dans la Mon-tagne, il fait froid même en été ; sur les Causses, à l’été brûlant, succède un hiver presque sibérien; dans les Cévennes, le climat varie avec l’exposition et l’altitude : il fait très chaud dans les bas-fonds des vallées, puisqu’on trouve le mûrier et 1 olivier; il est aussi froid que celui de la Montagne dans les hautes régions des pâturages.
- Il pleut beaucoup dans le département ; les vents du Sud et du Sud-Est
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-
- m
- A GRICULTURE.
- FÉVRIER J 899.
- apportent avec eux de l’humidité qu’ils ont prise pendant leur parcours à tra-
- Nasbinals
- jnoirrBEi)Ô» V®
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- Villefort
- >fa Canourgi
- CAUSSE
- DE SAUVETEBRE^x./ !
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- Carte N° 1. •— Carte physique de la Lozère.
- vers la Méditerranée. Arrivant sur le département, ils rencontrent une première
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- ÉTUDE GÉOLOGIQUE ET AGRICOLE DES TERRAINS DE LA LOZÈRE. 225
- et courte barrière, c’est l’Aigoual et son massif; de là, résultent des condensations subites, causant dans le pays des pluies énormes. Ces masses nuageuses n’ont pas encore condensé toute leur humidité : une deuxième barrière se présentant à elles, c’est le massif des monts Lozère, avec les Causses, d’où nouvelle condensation, par suite crues subites dans toute la région des Cévennes, des Gardons et du mont Lozère, crues qui ravagent régulièrement à l’automne presque tout le pays.
- La moyenne des pluies pour le département est de lm,244 ; il tombe annuellement :
- Sur Je versant méditerranéen............................lra,890
- — garonnais.................................. tm,150
- — de la Loire.................................0m,7l0
- Relief et cours d’eau. — Le département de la Lozère est un des plus montagneux du centre, aussi son altitude moyenne est la plus élevée. Il est pour ainsi dire le plateau de Pamir français, où prennent naissance les rivières de trois grands bassins, séparés par quatre chaînons parallèles reliés à des massifs dont l’altitude va jusqu’à 1 700 mètres : ce sont les massifs de la Margeride,du Lozère, des Causses et de l’Aigoual. De tous les départements français, c’est le seul qui ne reçoive pas une goutte d’eau des départements voisins, et tous ses ruisseaux vont soit à l’Océan par la Loire et la Garonne, soit à la Méditerranée par le Rhône.
- Citons quelques affluents de ces grands fleuves français. Dans le Rhône se jettent : les affluents lozériens de d’Ardèche, le Chassezac, la Cèze, les Gardons d’Alais, d’Anduze et Mialet.
- Dans la Garonne se jettent :
- Le Lot avec ses affluents, la Colagne, la Truyère, l’Aveyron.
- Le Tarn avec ses affluents, la Mimente, le Tarnon, la Jonte.
- Dans la Loire se jette l’Ailier grossi du Chapeauroux et de l’Ance lozérienne.
- Population. — A cause même de la pauvreté de son sol, le département de la Lozère est un des moins peuplés; il n’a que 143 500 habitants, sa population spécifique s’élève à 28 habitants au kilomètre carré, alors que la France entière a 71 habitants.
- UTILITÉ DE LA GÉOLOGIE DANS l’eTL'DE DE L’AGRICULTURE DE CE DÉPARTEMENT
- Comment étudier l’agriculture et l’économie rurale d’un département? On pourrait étudier chaque région de ce département et faire, pour chacune, une monographie détaillée : ainsi, on pourrait redire, pour une région, ce qui a été dit pour l’autre, et, de ces monographies plus ou moins bien faites, dont
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- 226
- AGRICULTURE.
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- la lecture pourrait être fastidieuse, en résulterait-il un parallèle entre ces diverses régions administratives? Assurément non, car on ne pourrait saisir les lois qui président à la production végétale, lois basées sur la connaissance exacte de la composition chimique du sol et des conditions économiques du milieu où l’on se trouve.
- A chaque pas fait dans ce département, l’observateur peut s’apercevoir que, dans les mêmes conditions de climat, la fertilité des terres varie à tout instant avec la composition chimique du sol, ses propriétés physiques et quelquefois même avec l’exposition.
- Etudions la matière première qui doit aider à manufacturer le produit : faire cette étude, c’est étudier la terre arable. La terre arable n’est pour ainsi dire qu’une faible partie du sol, qui a pu subir des modifications postérieures à sa formation, et l’étude de ce sol n’est autre que l’étude même de la géologie du pays; aussi, est-ce par elle que nous étudierons l’agriculture du département.
- A l’heure actuelle, l’utilité de la géologie est incontestable ; en effet, dans toutes les branches de l’industrie, nous aurons recours à elle; aussi, n’est-il pas inutile de rechercher l’utilité pratique de ses applications dans l’agriculture.
- Plus que tous les autres hommes, l’agriculteur est appelé à profiter de la vulgarisation de toutes les découvertes scientifiques qui peuvent augmenter la fécondité de la terre, et c’est en cela que la connaissance exacte du sol et du sous-sol est le premier et le seul indispensable élément de tout progrès agricole. — Nous ne devons pas oublier que, dans une même région, chaque étage géologique correspond à des formes orographiques très particulières, d’où dépend un sol arable tout spécial, avec ses cultures qui en sont la conséquence naturelle. Mais comme ces formes orographiques dépendent uniquement du régime des eaux, on voit les rapports intimes qui existent entre la géologie, l’hydrologie et l’agriculture d’un pays.
- La géologie peut indiquer à l’agriculteur les amendements dont il a besoin pour fertiliser ses champs : chaux, plâtre, marnes, phosphate, sels de potasse, cendres pyriteuses et tourbe. Son étude peut donner aux puisatiers ou aux chercheurs de sources de précieuses indications. Elle nous permet d’expliquer les phénomènes auxquels sont dues les vallées du pays et, avec elles, le régime des eaux. Elle nous fait voir pourquoi les maisons sont réparties de telle ou telle façon à la surface du sol d’un pays, et l’importance de cette répartition sur l’agriculture du pays.
- Nous avons prononcé plusieurs fois le mot de pays : voyons ce qu’il veut dire. Gomme l’a justement fait remarquer M. Risler, le mot pays a un sens particulier, que le bon sens vulgaire a montré comme une sorte de spécialisation d’un mode de culture et de cultures variant avec la constitution géologique du sol. Le mot pays peut donc être synonyme de formation géologique de telle partie du dépar-
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- tement : par exemple, le pays des Cévennes veut dire, pour nous, terre formée par les micaschistes, dont la culture principale est le châtaignier, et la dénomination de Ségalas désigne les champs formés par les débris micaschiteux et cultivés uniquement en seigle. Dans ce pays des Cévennes, toute terre est un Ségalas; de même, toute pierre est un rocher schisteux que l’on trouve à la surface du sol. Dans l’étude d’un pays, ne dédaignons pas ces dénominations locales de telle ou telle partie de la région considérée, elles peuvent nous indiquer beaucoup de choses au point de vue de l’étude d’une région; et, ainsi, tel mot qui peut paraître vulgaire a une grande signification.
- Nous avons cru pouvoir étudier de notre mieux les diverses parties du département de la Lozère, que nous avons parcourues pendant quatre années successives. Nous nous sommes persuadé que, sans la géologie, on ne pouvait étudier avec fruit les diverses régions de ce département, qui présentent soit des formations géologiques identiques, soit des formations différentes. Nous avons cherché à voir les liens qui unissaient la production végétale à la nature du sol et, par suite, l’agriculture avec la géologie et les conditions climatériques propres à chaque région de ce département pauvre, trop méconnu et trop délaissé de ses enfants et des étrangers. Nous avons tâché, de notre mieux, de prouver ce que nous avancions par des vues photographiques qui ont été prises pendant ces quatre dernières années.
- Classification des régions naturelles des pays du département suivant la nomenclature géologique. — Les différents pays que nous trouvons dans le département étant nettement caractérisés par leur sol, leur climat et leurs cultures, nous ne pouvons les étudier qu’en considérant les formations géologiques qui les composent.
- Les différents pays que nous rencontrons dans le département sont :
- La Montagne s’étendant sur. . . 213000 hectares, représentant les 41,3 p. 100 de la surface.
- Le pays des Cévennes et annexes. Le pays des plateaux Causses, cor- 108000 — — 20 —
- respondant au Ségalas-Causse de l’Aveyron. . . 38 300 7 —
- Le pays des Vallons 24000 — — 3 — —
- Le pays des Causses 120000 — — 23 —
- Le pays d’Aubrac 12000 — — 2,3 - —
- Total. . . . 313 300 99
- Dans le pays de la Montagne, on trouve des formations granitiques et gneis-siques, et, dans le pays des Cévennes et annexes, des micaschistes et schistes, pays tous pauvres en chaux et en acide phosphorique, ou, par conséquent, les terres sont incomplètes, et cela sur les 62 p. 100 de la surface du département.
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- Il n’en est pas de meme des autres pays : dans le pays des Plateaux Causses, on rencontre les formations infra-liasiques, dans celui des Vallons les formations liasiques, dans celui des Causses les formations jurassiques moyennes et supérieures, enfin, dans le pays d’Aubrac, les formations basaltiques pliocènes, dont les terres riches en chaux et en acide phosphorique, par suite complètes, s’étendent sur les 8,8 p. 100 de la surface du département.
- C’est l’étude de ces pays avec les formations géologiques correspondantes qui va faire l’objet de ce travail.
- Division de l’étude. — Nous suivrons donc l’ordre géologique de la classification actuellement adoptée par la jeune école : après avoir dit quelques mots sur la situation géographique du pays avec les formations annexes séparées par de grandes distances et présentant la même constitution géologique, nous étudierons la formation elle-même, en commençant par son histoire, sa composition pétrographique, sa faune ou sa flore, puis son relief et ses formes de terrains. Nous verrons ensuite le régime des eaux et enfin l’agriculture, conséquence naturelle de la constitution géologique et minéralogique du sol, ainsi que du régime des eaux ; nous terminerons par quelques mots sur l’économie rurale et les populations agricoles du pays.
- La partie agriculture doit occuper la partie principale de l’étude ; aussi, devrons-nous adopter un ordre que nous suivrons toujours.
- Nous diviserons l’élude de l’agriculture en deux parties :
- 1° Étude des cultures naturelles / Les forêts.
- (c’est-à-dire ne réclamant au- / Les prairies et pâturages et avec elles l’industrie pas-
- cun soin aratoire).............j torale.
- / Céréales.
- 2° Les cultures artificielles
- Cultures arbustives.
- Vigne.
- Arbres fruitiers.
- Mûriers.
- Arbres exploités pour la feuille.
- Cultures fourragères.
- Cultures de plantes alimentaires.
- Nous terminerons l’étude de l’agriculture en montrant les améliorations à réaliser.
- Le département a travers les temps géologiques. — Jetons un rapide coup d’œil sur le département de la Lozère à travers les âges, ce qui nous permettra d’avoir une vue d’ensemble de ce singulier pays, avant même d’en aborder la description.
- Une partie du département, recouverte par les gneiss et les micaschistes qui,
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- eux-mcmes, ont été traversés par les injections éruptives granitiques, représente un reste, peut-être bien usé et métamorphisé, d’une partie de ce que l’on a appelé l’écorce terrestre primitive, et c’est tout ce que nous savons d’elle. C’est le Gévaudan, que M. de Lapparent nous décrit en ces termes : « Le haut plateau granitique du Gévaudan, où un vent sauvage souffle sur d’âpres solitudes, est une portion disloquée de la pénéplaine (archéenne) parfois accidentée de cimes comme le Truc de Randon. Mais l’allure de plate-forme redevient nette entre la vallée de la Truyère et de l’Aubrac, comme dans le plateau gneissique qui descend de Saint-Flour à l’Ailier. » La pénéplaine archéenne se continue dans les Cévennes schisteuses, que dominent d’un côté le mont Lozère et l’Aigoual.
- La pénéplaine archéenne a eu à subir pas mal de vicissitudes : du côté nord du mont Lozère, se sont déposés les sédiments qui ont donné les schistes séri-citeux précambriens (?) plus tard métamorphisés, ainsi que, de l’autre côté, jusqu’au mont Aigoual, dont ils forment la masse principale.
- Nous ne savons rien de ce qui s’est passé pendant les temps paléozoïques : la mer a-t-elle laissé des sédiments sur la pénéplaine archéenne? nous ne pouvons le savoir, car elle a pu être immergée et émergée sans que nous le Sachions, tout sédiment ayant pu disparaître par suite des érosions qui ont duré de longs siècles.
- Le massif de la pénéplaine archéenne et précambrienne du département de la Lozère, se trouvant à l’extrémité de l’U français de la chaîne hercynienne, a vu la plus grande partie de sa masse s’élever au-dessus des eaux. Après sa formation en massif élevé, cette pénéplaine archéenne, bien disloquée, a vu les agents atmosphériques continuer leur œuvre de destruction, et, dans cette région, ils ont arasé les dômes de sédiments paléozoïques qui recouvraient les massifs granitiques, tendant ainsi à rendre à la pénéplaine archéenne une partie de son aspect. C’est alors que le géosynclinal des Causses a pu commencer à être esquissé depuis Nant (Aveyron) jusqu’au Monaslier (Haute-Loire), géosynclinal qui passait par Hures, Montbrun (Lozère), Lanuéjols (Lozère), Aliène, Langogne.
- Vers la fin de la période paléozoïque, a commencé la formation du géosynclinal hercynien qui a entouré le sud du Plateau Central ; sans doute, alors, le sol a subi des oscillations nombreuses, et, avec la période triasique, commence, dans le Sud-Ouest du bassin des Causses, la formation de sédiments qui intéressent peu le département, dont tout le reste est exondé.
- Avec la période jurassique, commence la grande transgression des mers basiques qui envahit les trois quarts du département. La mer s’avance en débordant ses rivages et prend en écharpe le département, guidée qu’elle est par le géosynclinal des Causses, qui va aller en s’approfondissant jusqu’à la fin de la période jurassique. La mer occupe toute la région qu’on a appelée le golfe des Causses ou mieux bassin des Causses, cuvette synclinale comprise entre la ligne
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- qui va de Marvejols à Grandricu (si toutefois on peut espérer restaurer la ligne des anciens rivages) jusqu’au Sud du département, et enfin, avec la transgression bajocienne, elle s’étend encore sur presque tout le département. Le balancement de l’axe de l’anticlinal des Cévennes a rejeté la mer en dehors du département, et, depuis la fin de la période jurassique, elle n’est plus revenue dans le bassin des Gausses.
- Après l’émersion des Causses, les agents d’érosion ont commencé leur œuvre de destruction, guidés qu’ils étaient par des influences tectoniques ou génétiques, tant sur la partie de la pénéplaine non recouverte par les sédiments jurassiques que sur toutes les parties du Causse.
- A l’époque tertiaire, dans les dépressions de la pénéplaine archéenne, se sont formés des lacs où venaient se jeter des cours d’eau dont l’œuvre a été de les combler et de se servir de l’ancien emplacement des lacs comme de lit pour leurs eaux.
- Après l’oligocène, commencent les plissements alpins, qui ont eu leurs contrecoups dans ce pays, car c’est à eux qu’est dû l’exhaussement du bassin des Causses à l’altitude qu’ils ont au-dessus du niveau de la mer, ainsi que la série des plissements qui ont porté l’Aigoual et le mont Lozère à l’altitude qu’ils ont depuis, et c’est aussi à eux qu’est due l’extrême dislocation de toutes les formations du département, ainsi que les grands traits de son relief.
- Un peu après, les éruptions pliocènes ont eu leur écho dans le département, où les volcans ont transpercé la pénéplaine archéenne du Gévaudan et ont produit la gibbosité du pays d’Aubrac, tandis que leurs dykes ont traversé les Causses.
- Le creusement des vallées s’est continué jusqu’à nos jours, pendant que se modifiait peu à peu la surface du département, pour arriver au modelé que nous lui connaissons actuellement.
- SECTION I
- TERRAINS PRIMITIFS DU DÉPARTEMENT
- Les terrains primitifs qui, dans le département de la Lozère, occupent environ les deux tiers de la surface totale de son territoire, sont représentés par des gneiss et des micaschistes, que recoupent des massifs granitiques.
- Situation géographique. — Ils forment à eux seuls deux régions naturelles, aussi distinctes par leur aspect que par leur agriculture : la Montagne et les Cévennes.
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- La Montagne. — C’est la première région naturelle occupant la partie comprise entre les limites du département au Nord et le Tarn au Sud, jusque près de Florac. Les terrains qui s’étendent sur cette région sont :
- «) Les terrains stratifiés métamorphiques composés de :
- Gneiss.
- Schistes micacés
- I à mica noir, j à chlorite. j à séricite.
- \ à amphibole.
- fj) Les terrains cristallisés représentés par les granités.
- Les Cévennes. — Elles forment la région la plus nettement caractérisée au point de vue géologique; là, les micaschistes occupent la presque totalité de son territoire, tandis que le granité n’apparaît qu’aux hautes altitudes.
- A. — Terrains stratifiés métamorphiques, dits terrains primitifs.
- Système archéen.
- Considérations sur les terrains primitifs. — On avait admis, jusqu’à ces derniers temps, que les gneiss ont formé la première écorce de la terre et que les micaschistes (assises sédimentaires) sont ensuite venus se plaquer et s’imbri-queter sur ces derniers ; mais ce n’est pas exact, car les gneiss ne sont autre chose que des assises schisteuses qui ont subi des actions métamorphiques; la première écorce du globe, nous ne la connaissons pas, car elle a disparu par suite d’accidents divers.
- Les granités, qui paraissent être venus recouper les premières assises sédimentaires par leurs puissantes injections, ne sont réellement venus au jour que par suite de dénudations qui ont attaqué les sédiments qu’ils supportaient, lesquels ont d’ailleurs complètement disparu par la suite.
- La masse totale des formations primitives a été injectée par la granulite e^ autres roches éruptives, qui ont exercé sur les roches encaissantes des phénomènes métamorphiques.
- CHAPITRE PREMIER
- GNEISS
- Position géographique. — Les gneiss se montrent au jour dans la partie Est du département, dans la région de Mercoire, à la naissance de l’Ailier (dans les communes de Langogne, Puy-Laurent, Chasseradés) et dans la partie Ouest, non loin du massif basaltique de l’Aubrac.
- Ils occupent peu d’espace, et sont entourés par toutes les variétés de mica-
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- schistes avec lesquels on tend à les confondre par suite de leur ressemblance. Ces massifs gneissiques font partie de la Montagne.
- Géologie. — Variétés de gneiss. — On distingue dans les gneiss lozériens plusieurs variétés :
- 1° Le gneiss glanduleux, ou phlogopite, à mica noir et à gros cristaux de feld-spath-orthose de 4 centimètres de long (variété du bassin de l’Ailier);
- 2° Le gneiss rubanné ou franc ;
- 3° Le gneiss granulitisé riche en mica blanc, gneiss mêlé avec le gneiss rubanné (variété de Langogne) ;
- 4° Le gneiss granitoïde;
- 5° Le gneiss œillé, ou augen gneiss des Allemands, intercalé dans les micaschistes.
- Ces diverses variétés de gneiss passent soit aux granités, soit aux micaschistes, et on rencontre, au fur et à mesure que l’on s’éloigne des massifs, tous les passages intermédiaires.
- Roches intrusives. — On trouve de nombreux filons de granulite qui recoupent la masse des gneiss, qui est soit la granulite franche, soit de ses variétés, la peg-matite ou l’aplite. On rencontre aussi des filons de quartz formant de puissants dykes qui représentent soit les chapeaux de filons de granulite, soit le produit des lentilles micaschisteuses de quartz qui auraient été incomplètement digérées par le métamorphisme.
- La microgranulite apparaît en filons formant des dykes plus ou moins volumineux, très nombreux en certains points. Plus rares sont les liions de por-phyrite.
- Aspect et relief des pays gneissiques du département. — Tous les gneiss qui occupent la partie Est gévaudanaise du département forment un pays de hauts plateaux, dont l’altitude varie de 1 200 mètres à 1 500 mètres; ces plateaux, coupés par les vallées tourbeuses du haut Allier ainsi que de ses affluents, s’élèvent, monotones et doucement ondulés ; alors, ils prennent le nom de monts du Mercoire. Ici, la nature du gneiss a une grande influence sur l’aspect et le relief du pays; avec le gneiss glanduleux du bassin de l’Ailier, les crêtes sont très déchiquetées, au lieu d’être arrondies comme avec les autres variétés de gneiss. mais un autre facteur intervient, c’est l’inclinaison des strates gneissiques, relevées presque jusqu’à la verticale qui, tout en favorisant ce déchiquètement des crêtes, aide singulièrement le travail érosif des eaux soit dans le thalweg soit sur les crêtes.
- Régime des eaux. — Le sol gneissique étant tout à fait imperméable par suite de la nature de la roche, le ruissellement y est maximum ; aussi, les collines ont-elles été arrondies par l’érosion, sauf dans le cas précédent, tandis que les vallons, toujours remblayés par les alluvions, sont largement ouverts, et portent, le long
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- de leur thalweg- des prairies tourbeuses, d’où s’échappent une multitude de ruisseaux qui vont grossir les affluents de l’Ailier et du Ghassezac. Le caractère d’imperméabilité est encore attesté par les tourbières que l’on trouve à chaque pli de terrain dans les landes de ce pays gneissique de la région de Mercoire.
- Agriculture. — Les monts du Mercoire, qui ont une altitude moyenne de 1 400 mètres., sont couverts par de vastes landes et de belles forêts, ce qui est d’ailleurs la conséquence de la nature du sol et de l’altitude.
- Au milieu de ces landes, on ne voit que très peu d’habitations, toutes cachées au fond d’une vallée, non loin des prairies plus ou moins tourbeuses qui occupent les bas-fonds; là, l’élevage des bovidés se fait sur une grande échelle, dans ces frais pâturages d’été, oùles bêtes pâturent dans la landependant le jour, tandis quelles parquent la nuit dans les prairies hautes. L’hiver, à cause de l’extrême rigueur du climat, les bêtes quittent ces montagnes pour passer la mauvaise saison dans les étables des gros villages situés à des altitudes de
- 1 000 mètres, où le climat, moins rigoureux, a permis l’établissement de prairies arrosées, destinées à donner le foin nécessaire à la nourriture des bestiaux pendant la saison d’hiver. Ces pâturages du Mercoire, loin de tout centre d’habitation, valaient autrefois 800 à 1 000 francs l’hectare, donnant un revenu annuel de 20 à 30 francs, tandis que le prix des herbages situés non loin des villages de l’Ailier valent de 1 500 à 4 000 francs l’hectare, donnant un revenu net de 40 à 120 francs : on voit la différence de prix qui existe entre les divers herbages de cette région pauvre.
- Pendant l’été et le printemps, on fabrique, avec le lait des vaches qui pâturent dans les monts du Mercoire, du beurre dit « de Langogne », qui est centralisé dans cette ville, et, de là, expédié dans tout le bas Languedoc et la Provence, depuis Montpellier jusqu’à Nice, où l’on ne connaît pas d’autre beurre que celui-là. Ce beurre est vendu par les paysans de la région, au prix de 1 fr. 80 à
- 2 francs le kilogramme, à des intermédiaires qui l’expédient dans les centres de consommation, où il est vendu de 2 fr. 50 à 3 fr. 50 le kilogramme, suivant la qualité et la saison. Pendant l’hiver, le beurre qui' est produit par ces vaches vivant en stabulation est très mauvais, très dur, peu coloré et sans parfum; cela tient au régime, car ces bêtes ne sont alors nourries que de foin sec, de qualité inférieure et pauvre en éléments nutritifs, et de paille d’avoine hachée. On devrait nourrir ces bêtes plus copieusement, avec des foins bien récoltés et avec des racines qui viennent pourtant bien dans toutes les terres légères de gneiss.
- Transhumance. — Pendant l’été, les troupeaux de transhumance du bas Languedoc viennent « estiver » dans les landes et pâturages du Mercoire; c’est un tort que ces animaux font au pays, car il vaudrait mieux engraisser des moutons du pays, qui profiteraient mieux de ces pâturages.
- Tome IV. — 98e année, S® série. — Février 1899.
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- Forêts. — En plus d’un point, aux landes succèdent des bois de pins et d’impénétrables taillis de hêtres, qui réussissent très bien dans les arènes argileuses et dans les gneiss non décomposés, où ces arbres implantent leurs puissantes racines dans les feuillets de la roche, qui sont presque toujours verticaux.
- Avant la Révolution, les monts du Mercoire étaient recouverts des plus belles forêts qu’il y ait eu dans le département, et la forêt de Mercoire était une des plus belles de l’ancienne France, mais elle fut ruinée par les paysans des environs, et, de 12 000 hectares, elle est réduite à l’heure actuelle à340 hectares. Le pillage et la dévastation de cette forêt, qui avaient commencé en 1739, ont même continué jusque vers 1840; les paysans venaient en bandes de fort loin, de 50 kilomètres, paraît-il, avec leurs chars et leurs bœufs, abattaient eux-mêmes les arbres, et repartaient ensuite ; ces paysans, qui faisaient du bois dans cette forêt de Mercoire, venaient du versant Sud des monts Lozère, région absolument privée de bois, et même de broussailles. Les propriétaires de la forêt de Mercoire furent obligés de faire garder leurs bois par la force publique, et cela dura pendant dix ans. De cette dévastation sauvage, il n’est resté que des landes qui s’étendent à perte de vue, où pâturent maintenant les moutons et les vaches, et où l’on aperçoit encore de loin en loin quelques bouquets de beaux arbres, tandis que les souches pourries, coupées à demi-hauteur d’homme, se rencontrent encore fréquemment au milieu des genêts.
- Cultures. —Il n’y a pas de cultures possibles suffisamment rémunératrices dans les sols formés par la décomposition des gneiss, car, dans cette région élevée, l’homme a à lutter contre l’âpreté du climat jointe à la trop grande aridité du sol. Cependant, dans les parties abritées, dans les vallons argileux, où le kaolin s’est accumulé, dans la zone située au-dessus des prairies tourbeuses et près des hameaux,on rencontre quelques champs de seigle et de pommes de terre qui servent à la nourriture du ménage. Ces champs sont fumés par le fumier produit en hiver par la stabulation des bêtes à cornes, aussi donnent-ils des récoltes assez abondantes. Ces terres à seigle, situées non loin de la ferme, valent assez cher, de 300 francs à 800 francs l’hectare, donnant un revenu net de 15 francs à 60 francs.
- Avenir de cette région. — L’avenir de cette région du Mercoire est dans l’élevage des bovidés et dans l’industrie laitière ; la restauration des forêts dans les parties les plus élevées est de toute nécessité, là où on ne peut avoir des herbages à cause de la nature du sol. L’élevage seul peut être rémunérateur, car il ne peut y avoir de cultures possibles à cause de l’altitude élevée de cette région.
- Population agricole. — Elle est peu nombreuse, et appartient au type de la Montagne.
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- CHAPITRE II
- MICASCHISTES ARCHÉENS ET SCHISTES PRÉCAMBRIENS (?)
- Pays des Cévennes. — Considérations générales. — Dans ce département, les micaschistes et schistes ont une grande épaisseur et occupent de grands espaces : environ 110 000 hectares. Ce sont ici des formations sédimentaires cristallines qui ont été métamorphosées; aussi, fixer leur âge est difficile; on peut toutefois affirmer que les schistes micacés sont d’âge archéen, mais l’incertitude est grande pour la série supérieure, formée de schistes de moins en moins cristallisés et tous privés de débris organiques qui auraient pu dater l’époque de leur formation. Ces schistes supérieurs ont-ils vu enfouir dans leur masse des êtres organisés? nous n’en savons rien, car le métamorphisme a pu faire disparaître toute trace de débris organiques. Faut-il les regarder comme précambriens ou comme appartenant à la série silurienne, ou même à celle dévonienne ? L’incertitude est grande, car on ne peut fixer l’àge que par des caractères pétro-graphiques et par analogie avec les schistes des départements voisins.
- Position géographique. — On trouve toutes ces séries schisteuses à des altitudes variables, à 1560 mètres à l’Aigoual, 1400 mètres au mont Lozère, à 1 510 mètres dans la région du Mercoire, à 500 mètres dans la vallée du Tarn, et à 200 mètres dans celle des Gardons. .
- Les régions occupées par ces formations ont une étendue de 110000 hectares, occupant 20,5 p. 100 de la surface du département.
- Elles comprennent :
- 1° Une petite partie du Mercoire, dans la zone entourant les îlots gneissiques;
- 2° La région de la Boulame, comprenant 2 000 hectares, région comprise entre le Palais-du-Roi et le sud de l’Aubrac basaltique ;
- 3° Les contreforts nord du mont Lozère, avec les monts du Goulet, comprenant une superficie d’environ 15 000 hectares;
- 40 Les véritables Cévennes, qui s’étendent sur 91 000 hectares, du mont Lozère à l’Aigoual, sont limités à l’Est et au Sud par les limites administratives du département, au Nord et à l’Ouest par une ligne sinueuse passant par Yialas, Pont-de-Montvert, Ispagnac, Florac, Vebron et Meyrueis ; elles comprennent en outre les monts du Bougés.
- Il faudrait étudier séparément l’agriculture de chacune de ces régions, tant est différent le mode de culture et l’économie rurale de chacune d’elles, qui en font un pays à part.
- Climat. — Si le climat est froid dans le pays micaschisteux situé au Nord du mont Lozère, il n’en est plus de même dans le pays des Cévennes, dont
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- l’altitude varie de 900 mètres à 200 mètres. Dans les profondes vallées cévenoles, qu’éclaire un chaud soleil, tout pousse : la vigne, le châtaignier, le mûrier, et même l’olivier, que l’on retrouve le long des flancs des vallées dont
- l’altitude n’est pas supérieure à 300 mètres. Dans ce pays, les hivers sont très doux, la neige n’y séjourne jamais plus d’une journée.
- C’est peut-être, de tous les pays lozériens, dans les Cévenncs où il tombe le plus d’eau; là, ce ne sont pas des pluies fines, mais des pluies d’orages, qui arrivent à donner jusqu’à 0m,40 d’eau'par nuit;aussi, il tombe annuellement environ lm,80 d’eau. Dans ce pays, où tout est extrême, on voit les dommages que peuvent causer ces pluies; aussi les inondations sont-elles terribles ; elles portent dans le pays le nom de « Gardonnades ».
- Géologie. — Variétés des schistes et micaschistes. — Nous avons à distinguer parmi les variétés de micaschistes et schistes :
- Tous ces schistes sont métamorphisés, et sont plus ou moins anciens, a) Schistes micacés. — De tous, ce sont les plus anciens et aussi, par suite même de leur ancienneté, sont-ils les plus métamorphisés. Nous avons donc, dans ces schistes, à distinguer deux zones.
- a) La zone inférieure des schistes micacés comprend la zone des « schistes granitiques » ou micaschistes francs; ce sont des schistes à mica noir, très durs et très compacts, et d’autant plus durs que l’on est plus près du granité.
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- Carte N° 2. — Les Cévennes.
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- Us sont très difficiles à tailler à cause des filets de quartz qui recoupent la masse, et, à certains endroits, on trouve de véritables filons, de plus de 100 mètres de largeur, filons d’un blanc laiteux ou colorés en roux par de l’oxyde de fer. Le quartz ne s’y rencontre pas seulement en filets et filons, mais aussi en poches ovoïdes plus ou moins aplaties, dont la longueur n’excède pas 1 mètre.
- Au contact du granité, ce schiste se charge de feldspath, et quelquefois même le granité semble, à des endroits, s’être fait sa place par corrosion ou digestion des strates schisteuses encaissantes.
- b) La zone supérieure se distingue des schistes granitiques par l’absence de quartz dans les strates, que l’on ne trouve qu’à l’état de lentilles fortement aplaties ; encore sont-elles rares.
- Ce schiste, que l’on peut qualifier de « schiste ardoisier », est bleu clair ou bleu foncé, et quelquefois verdâtre, coloration due à la chlorite ; il se divise très bien en lames minces, qui servent comme ardoises pour couvrir les maisons ou pour faire des clôtures. Ce schiste n’est pas aussi compact que le schiste granitique, aussi est-il toujours plus attaquable par les agents atmosphériques, et il est très souvent transformé en schiste argileux.
- Ces schistes passent « aux schistes à séricite », parleur partie supérieure, par des schistes à chlorite plus fissiles.
- P) Schistes à amphibole. — Ce n’est qu’une variété de micaschiste, où le mica noir est remplacé par l’amphibole, et dans lequel on ne voit qu’une alternance de lits de feldspath et de quartz.
- Ils reposent sur les schistes micacés, et apparaissent sous les schistes à séricite; ils ne forment que de très petits massifs, ce ne sont que des enclaves qui ont pu prendre la place de sédiments calcaires; aussi, ne les citons-nous que pour mémoire.
- y) Schistes à séricite. — Ils reposent en stratification concordante sur les schistes micacés, mais ils sont toutefois moins cristallisés que ces derniers, et, entre eux, on trouve toujours tous les passages.
- Us présentent à la vue de très minces lits de quartz en tout petits grains alternant avec de minces lits de séricite, qui n’est autre qu’un mica blanc particulier, brillant, fibreux, qui semble s’être déposé entre les feuillets schisteux de la roche. Ces schistes sont soyeux, d’un aspect blanc ou gris métallique, polis, comme satinés à leur surface, doux au toucher, comme ressemblant au talc, ce qui leur a fait longtemps donner des noms particuliers et tout à fait impropres ; ce sont les schistes talqueux d’Emilien Dumas ou les sléaschistes d’autres géologues. L’aspect de ces schistes est variable suivant que prédominent les lits quartzeux ou sériciteux; si le lit de séricite est épais, ou bien si la séricite seule existe, la roche feuilletée devient très soyeuse; si le quartz prédomine, on a une phyllade. Souvent, la séricite est hydratée, ou même décomposée, elle donne alors de la
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- chlorite, qui communique sa coloration verte au schiste sériciteux, et ce dernier prend alors le nom de chloritoschiste ou schiste chloriteux, mais la chlorite n’existe jamais seule, elle est toujours accompagnée de séricite. Les chlorilo-
- Fig. 1. — Château de Saint-Julien-du-Tournel sur les schistes luisants (1).
- schistes sont toujours interstratifiés avec les schistes à séricite et, par suite, sont du même âge.
- Dans les schistes sériciteux, nous devons reconnaître plusieurs séries de schistes peut-être d’âges très divers.
- a) La série inférieure est formée par des schistes remplis d’amandes et de vei-
- (1) Les photographies de cetle vue et des suivantes ont été prises par M- Corel.
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- nules de quartz d’un blanc éclatant, avec de grosses boules de feldspath orthose; la désagrégation de cette roche donne des fragments parallélipipédiques, qui forment des roches d’apparence bizarre, et c’esl à cette série qu’appartiennent les schistes sériciteux du Nord du mont Lozère.
- b) La série moyenne est formée de schistes beaucoup plus tendres, et toutefois moins quartzeux; le quartz y est isolé, et forme des glandes blanches de 1 à 20 centimètres de long; leur désagrégation donne des pentes montagneuses assez douces, qui sont recouvertes (fig. 1) par un très grand nombre de dalles. C’est à ces schistes qu’on a donné le nom de « schistes luisants des Cévennes », et ce sont eux qui occupent toutes les crêtes déchiquetées des Cévennes. On trouve ces schistes localisés dans les montagnes du Goulet, et, à eux seuls, ils occupent 30 000 hectares du pays des Cévennes.
- (1) Calschistes. —Dans la région de l’Aigoual, à la zone moyenne et inférieure des schistes sériciteux, succèdent des bancs de calcaires gréseux, dont l’un a 50 mètres d’épaisseur, calcaires grenus, dits cipolins, qui ont une origine sédi-mentaire.
- Ces bancs, inclus dans les strates de la roche schisteuse, sont tous craquelés de nombreuses fissures perpendiculaires à la schistosité des schistes sériciteux sous-jacents.
- Leur coloration est blanc sale ou blanc jaunâtre, blond, et même couleur noir de fumée ou bleu ; ces calcaires sont fortement magnésiens.
- A mesure qu’on s’élève, ces bancs passent à des schistes bleus, puis enfin à un schiste de
- c) La série supérieure des schistes sériciteux qui, alternant avec des quartzites, terminent la série supérieure des schistes sériciteux du département, dont l’épaisseur atteint 700 à 800 mètres dans le massif de l’Aigoual.
- Roches intrusives. — Les roches intrusives qui ont coupé la masse des micaschistes sont peu nombreuses.
- Ce sont la granulite, la microgranulite, les porphyrites et le kersanton.
- La granulite tourmalinifère a été injectée dans les micaschistes, et, à Yialas, elle a produit dans la roche un métamorphisme qui s’est étendu à plus de 100 mètres ; à des endroits, le schiste a été silicifié en donnant des nœuds et veines qui sont même feldspathisés.
- Le kersanton ou porphyre noir micacé apparaît en filon, et il a formé, au col de Jalcreste, une sorte de dyke de 800 mètres de longueur sur 700 mètres de large, toute déchiquetée, qui lui a valu le nom de Jalcreste ou crête de coq.
- La microgranulite n’est pas rare dans les Cévennes, où elle apparaît en massif d’apparence filonienne, notamment à Barre et à Saint-Julien-d’Arpaon.
- Une autre roche non moins remarquable est celle désignée par E. Dumas sous le nom de fraidronite; ce n'est autre qu’un orthophyre.
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- Matériaux utiles. — Toutes ces roches, d’origine filonienne et par suite, éruptives, sont plus ou moinsutiles à l’homme; elles servent,dans les Cévennes, de pierre de taille et de matériaux d’empierrement pour les routes de ces pays. Pendant longtemps, les cipolins ont servi à faire de la, chaux; mais on les a abandonnés, car ils donnaient une chaux trop maigre.
- Il y a dans les micaschistes d’autres produits non moins utiles, comme la galène, que l'on a exploitée à Yialas, du plomb argentifère au Marazel, de l’antimoine sulfuré et de la barytine au Collet-de-Dèze.
- Aspect et relief des pays micaschisteux. — Le voyageur placé tout à coup sur un des sommets des Cévennes ne peut qu’être étonné par le spectacle qui s’offre à ses yeux. A ses pieds, ilaperçoitde profondes vallées toutes vertes, très encaissées, que domine une série de crêtes déchiquetées en dents de scie, ce sont les Serres cévenoles ; le mot serre n’est que l’ancien mot du bas latin serra, qui veut dire dent de scie; cette désignation s’applique aux crêtes crénelées et très déchiquetées de la région des Cévennes; et il n’est autre que le mot espagnol sierra qui s’applique aussi à toute chaîne dont la crête dentelée est formée par les schistes primitifs.
- Cette dénomination de Serre implique donc une notion minéralogique et en même temps une notion orographique de forme de terrain.
- Quand le soleil brille dans tout son éclat, les Serres et les flancs escarpés et nus des montagnes schisteuses paraissent comme éblouissants de lumière; ce sont les plaquettes (fig. 2) miroitantes des schistes sériciteux qui réfléchissent au loin cette lumière si blanche du soleil. Cet aspect des montagnes schisteuses permet de reconnaître au loin la nature géologique de la contrée qui s’offre à nos regards.
- Comment expliquer cet encaissement des vallées micaschisteuses? La géologie peut seule répondre à la question.
- Bans une région aussi disloquée que l’est la région cévenole, les micaschistes sont toujours très plissés et brisés par de nombreuses failles. Les plis qui affectent tous les micaschistes sont de diverses sortes : tantôt ce sont des plis renversés, des plis en S, et quelquefois des plis en éventail. Les failles et les fractures divisent la masse en prismes plus ou moins nombreux et donnent, suivant la nature du micaschiste, des piliers, colonnes ou crêtes aiguës. — Plis et failles ont singulièrement aidé le creusement de ces vallées cévenoles. La direction même des strates dans le micaschiste a une influence sur le pays : est-elle verticale, le creusement du thalweg et son approfondissement ont énormément facilité le travail des eaux parce qu’elles n’ont pas eu de difficultés à descendre entre deux strates, surtout avec l’aide de la gelée qui sépare les feuillets en les débitant en minces plaquettes. — Un autre facteur non moins important est l’altitude du massif micaschisteux au-dessus des plaines environnantes, car le torrent tend toujours à atteindre son niveau de base le plus
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- vite possible, et le creusement est d’autant plus intense que le torrent est à une moindre distance de la mer. Prenons les Gardons, rivières des Cévennes; leurs vallées sont toujours profondes et étroites, car ces rivières n’ont que 400 kilomètres à faire pour atteindre la mer. Aussi ce sont de véritables rivières torrentielles, car elles passent sur 400 kilomètres de cours de l’altitude de 1 000 mètres à 200 mètres. Le Tarn et ses affluents cévenols ont 800 kilomètres de parcours avant que ses eaux, par la Garonne, se jettent à l’Atlantique ;
- Fig. 2. — Un coin de route cévenole dans les schistes hrisés.
- aussi, dans le département, passent-ils de 1 000 mètres d’altitude à 400 mètres sur 70 kilomètres de parcours, ce qui fait que cette rivière est moins torrentielle et moins encaissée dans son parcours à travers les micaschistes.
- En somme, les Cévennes ne sont autre chose qu’un pays fortement accidenté, traversé par un lacis de gorges parallèles très profondes et très irrégulières, que dominent des crêtes schisteuses étroites et très dentelées.
- Tout est contraste dans ce pays, et, à côté de la roche tantôt brune, tantôt violette ou même rouge, on trouve le châtaignier et la bruyère, qui semblent faire ressortir les détails du coloris qu’ont les diverses parties de cette région.
- Ici, la lande cévenole, lande micaschisteuse, diffère beaucoup de la lande
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- granitique tant par sa végétation que par son aspect. La lande cévenole est soit complètement nue, soit recouverte de graminées et de légumineuses comme la bugrane épineuse, qu’abritent le genêt à balais et le genêt cendré tant que l’altitude ne dépasse pas 1 000 mètres. Au delà de 1 000 mètres, seul le genêt cendré, tout rabougri, subsiste; mais à partir de 1100 mètres plus de genêt, la petite bruyère a pris sa place, et elle couvre tous les flancs et les cimes des Serres cévenoles, qu’elle revêt, au mois d’août, d’un manteau de fleurs violettes qui contraste avec la roche sériciteuse blanche. La bruyère est le seul végétal qui puisse glisser ses fortes racines entre les feuillets de la roche, c’est ce qui lui permet de recouvrir d’un manteau vert les cimes les plus escarpées.
- A partir de 1200 mètres, plus de végétation ligneuse, la lande est nue, ce ne sont plus, comme à l’Aigoual, que des pâturages à flore alpestre, où dominent le trèfle de montagne et le nard raide.
- Régime des eaux. — La série micasehisteuse est totalement imperméable, imperméabilité qui tient du reste tant à la nature de la roche qu’à la direction de ses strates. La conséquence de cette imperméabilité est l’état même des vallées cévenoles aux capricieux Gardons, souvent taris en été, ou véritables torrents pendant les pluies d’automne.
- Ici, dans les Cévennes, pays du châtaignier, les sources sont très nombreuses, mais peu abondantes toutefois. Quand les pluies très fortes tombent sur les montagnes schisteuses, elles glissent sur la roche sans la pénétrer et vont grossir très vite les ruisseaux et torrents, qui, en moins de quelques heures, ont vu leurs lits caillouteux couverts par plusieurs mètres d’eaux limoneuses rougeâtres. Ces pluies d’orage provoquent de nombreux éboulements des murs de soutènement des routes et des châtaigneraies, dus à des glissements de terrains car les schistes argileux des fondations sont délayés par les eaux d’infiltration.
- L’imperméabilité des micaschistes, conséquence de la nature même de la roche, est un peu atténuée là où, dans les Cévennes, la roche est assez disloquée, ou quand les strates ont été relevées. Seules, les petites pluies fines donnent de l’eau qui s’infiltre entièrement peu à peu dans les feuillets inclinés de la roche schisteuse, et là elles y entretiennent une humidité constante, qui donne naissance à ces infinités de petites sources cévenoles qui ne tarissent que très rarement, même dans les étés très secs et très longs. Ces sources sont très nombreuses et donnent des eaux très limpides ; elles sortent des feuillets micaschisteux sur les flancs des montagnes, ce qui donne aux vallons cévenols leur fraîcheur qui étonne les voyageurs venant pendant l’été des basses plaines brûlées du Bas Languedoc.
- De cette abondance de sources, il résulte qu’il n’y a pas de gros villages ou de grandes agglomérations dans les Cévennes; et les villages que l’on trouve sont tout particuliers (fig. 3), l’église, la mairie et l’école forment tout le village, et
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- il ne faudrait pas croire que ces bâtiments communaux soient contigus; il n’en est rien, ils sont même très éloignés les uns des autres. Les maisons du village sont un peu partout disséminées dans les châtaigneraies, près d’une source dont l’eau sert aux besoins du ménage et à arroser le jardin et la véranda couverte de treilles qui environne la maison. C’est ainsique sont constitués tous les villages et hameaux des vallées cévenoles.
- Caractères de la terre arable des pays micaschisteux. — Voyons comment
- Fig. 3. — Un gros village cévenol : Sainte-Croix, Vallée Française.
- s’est produit le sol arable des terres mieaschisteuses. Suivant la plus ou moins grande richesse des micaschistes en quartz, leur décomposition est plus ou moins facile; quand le micaschiste est pauvre en quartz, les feuillets de la roche sont plus facilement décomposables et décomposés par les eaux météoriques; ce ne sont plus alors que des feuillets argileux sans consistance, s’effondrant au moindre choc; ainsi s’est formé, avec la kaolinisation du peu de feldspath de ces roches, le sol des Cévennes, dont la coloration dépend de la quantité de fer qu’il contient, aussi tantôt cette terre est rouge, tantôt rose violacée, tantôt blanche, tantôt grisâtre.
- Par suite même de son origine, cette terre est très pauvre en certains élé-
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- ments fertilisants comme la chaux et l’acide phosphorique, seule la potasse est en abondance, c’est en somme une terre incomplète.
- Agriculture. — L’agriculture des Cévennes est toute particulière. Le Cévenol a su, mieux que tous les autres hommes, tirer parti d’une terre aussi ingrate que la sienne, qui couvre 91 000 hectares situés à des altitudes les plus diverses.
- Rares sont les forêts dans la région cévenole, car tout a été coupé pour faire
- Fig. i. — Route forestière à travers la hêtraie de l'Aigoual.
- place au châtaignier tant que l’altitude l’a permis. Au delà de 900 mètres, le hêtre et le chêne remplacent le châtaignier, et seul le hêtre reste jusqu’à 1 500 mètres d’altitude; c’est ici l’arbre limite. Les forêts de ces essences sont peu nombreuses sur la terre cévenole, et les seules qui restent encore debout sont situées dans le massif de l’Aigoual, au Sud du département; là, les terres composées de schistes sériciteux se trouvent à des altitudes très élevées au Sud du département. Jusqu’à 4 500 mètres, l’exploitation du sol par le bois n’est pas très rémunératrice et le
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- hêtre, qui est la seule essence qui vienne à cette altitude, donne comme bois taillis à peine un rendement annuel d’un demi-stère de tbois, dont la valeur est de 0 fr. 70 les 100 kilogrammes, ce qui fait un produit brut de 3 francs par hectare et par an, ce qui n’est pas très beau comme revenu.
- Prairies et 'pâturages. — Trois cultures ont fait la richesse du Cévenol : la prairie, le mûrier et le châtaignier, et, suivant M. Destreux, avec une de ces cultures, le Cévenol a son pain assuré; avec deux il est dans l’aisance ; avec trois il est riche. Voilà les cultures qui ont fait la richesse du pays pendant un certain temps.
- Le Cévenol a su créer sa prairie, car il est seul capable de la créer dans de tels sols; mieux que tout autre, il sait que l’eau est le facteur principal de toute production végétale, aussi sait-il merveilleusement utiliser les eaux de ses sources et des ruisseaux. Si la source a un débit peu considérable et ne tarit pas, il creuse dans la roche micaschisteuse un bassin qui sert à emmagasiner cette eau si précieuse; le réservoir mettra une semaine à se remplir, cela ne fait rien, le Cévenol est patient, il sait attendre. Très habile dans l’art de découvrir Jes sources, il sait les amener chez lui; un étranger est fort étonné, en venant dans ce pays, de trouver le long des gorges abruptes des troncs d’arbre soutenus par des piliers en pierres sèches qui vont d’une rive à l’autre à 5 mètres au-dessus d’un ravin; ce ne sont que des chenaux en bois de châtaignier, que le Cévenol a creusés pour faire passer l’eau de source d’un versant à l’autre. Les propriétaires plus riches remplacent ces chenaux soit par des aqueducs en maçonnerie, soit par des siphons. Il n’est pas rare de voir le long des routes, à mi-hauteur d’homme, des rochers creusés en gouttières; c’est là que le Cévenol a établi des tuyaux en poterie qui amènent les eaux de fort loin. Ce besoin d’eau est tel, qu’à certains endroits, les propriétaires s’imposent de lourds sacrifices pour amener l’eau chez eux; on nous a cité l’exemple de deux propriétaires qui avaient dépensé 3300 francs pour l’achat de 1 500 mètres de tuyaux de fonte destinés à amener l’eau pour arroser en commun trois hectares de prés.
- Le paysan cévenol sait créer sa prairie pourvu qu’il ait de l’eau à sa disposition, et rien n’est aussi curieux que la façon dont il procède; la première chose qu’il faut, c’est l’eau, qu’il sait aller chercher au loin. Tout sol pour lui sera bon, et partout il pourra faire de toute pièce sa prairie ; est-ce à une lande qu’il a affaire, il commence par couper les genêts et arracher toute végétation ligneuse. Si la pente est trop forte, il fait avec les pierres plates micaschisteuses qui peuvent encombrer le terrain des terrasses, et, aveclapoudre, il fait disparaître les rochers qui affleurent trop à la surface du sol. Après avoir ainsi grossièrement nivelé le sol, il plante des arbres, mûriers ou châtaigniers, dans les parties les plus profondes ; et, cela fait, il crée les rigoles d’arrosement de façon qu’elles aient une pente très douce; avec les déblais et les plaques de gazon, il recouvre les parties
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- les plus dénudées, tandis qu’au printemps il sème de la fenasse (mélange à poids égal de graines d’avoine élevée et de luzerne). Il met peu à peu l’eau de façon à éviter l’entraînement du faible manteau de terre qui recouvre le schiste; le sol est vite enherbé. Alors, il n’a plus à craindre les ravinements, aussi commence-t-il dès le printemps de l’année suivante des irrigations abondantes. Alors commencent les soins d’entretien, qui consistent à niveler le sol d'année en année par J’apportdes sédiments avec les eaux troubles et par des curures de fossés, de façon à faire disparaître toutes les inégalités de terrain. C’est ainsi que se sont créées de nombreuses prairies dans les Cévennes, prairies en terrasses plantées de mûriers ou de superbes châtaigniers.
- Les prairies que l’on trouve sur les terres schisteuses sont préférables à celles du granité quand l’irrigation est possible. Si l’eau fait défaut en été, on n’en obtient qu’une coupe de foin généralement de bonne qualité; le regain ne peut pousser qu’avec de fréquentes irrigations, répétées pendant les mois de juillet et d’août, et, vers le 15 septembre, on coupe les regains; mais si le paysan a des bovidés, il réserve ses prairies pour ses vaches, qui alors voient leur lait augmenter en quantité et en qualité.
- Bien que le châtaignier occupe la moitié du territoire des Cévennes, il y a encore bien des hectares qui ne portent pas cet arbre calcifuge ; il y a 45 000 hectares de pâturages, de landes et de champs, avec quelques bois de hêtres. De bien maigres pâturages occupent toutes les crêtes, où le châtaignier ne peut venir à cause de l’altitude : ce sont de bien tristes pâturages que ceux reposant sur les schistes sériciteux, car la nature a offert, avec ces schistes, le moins d’appui et le plus triste garde-manger à la plante. L’état même de la roche fait que ces schistes sont divisés en un très grand nombre de feuillets très petits qui recouvrent le sol de leurs débris. Si les petits débris restaient en place, le mal ne serait pas grand; mais comme la région est assez plissée,et que les strates tendent vers le thalweg, il s’ensuit que tous les débris glissent le long des pentes et semblent même couler sous le pied du mouton qui broute ces maigres pâturages. Situés dans les parties même les moins en pente, ces pâturages sont sujets à de sérieux ravinements quand le sol a été privé de ses herbes, par exemple par un piétinement prolongé des moutons à une même place ; aussi les fait-on parquer l’été dans les endroits les plus plans.
- Que faire de tels terrains quand ils se trouvent sur les crêtes et le long des versants d’une montagne? Comme ils ne valent pas 100 francs ou guère plus l’hectare, et que la mise en valeur par le mouton est souvent impossible, le mieux serait de les boiser avec le pin sylvestre ou le pin à crochet; alors seulement le revenu brut serait de 2 francs à l’hectare, mais il y a lieu de tenir compte de l’œuvre de protection accomplie en reboisant ces terres incultes des Cévennes.
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- La zone située non loin des thalwegs et près des habitations a été l’objet de tous les soins du Cévenol; il faut dire, avec M. Destremx que, « la transformation agricole de la première zone (zone du châtaignier) a été une lutte contre la nature et le climat : l’industrie du cultivateur a tout fait. En plantant ses montagnes de châtaigniers, le paysan cévenol a demandé à l’arbre à pain sa nourriture et son bien-être; il a peu à peu augmenté ce bien-être avec le mûrier et les prairies; il a construit des murs avec les rochers de ses montagnes pour retenir le sol ; il a porté de la terre à dos d’homme sur les parties rocheuses » ; et c’est là qu’il a planté le châtaignier. « Le châtaignier, a dit M. Destremx, est chez nous l’arbre par excellence, l’arbre à pain, l’arbre de Dieu, car il nourrit tous les habitants des Cévennes; le seul vert sous notre climat brûlant et le plus utile; car, si son produit n’atteint pas des chiffres élevés, il est du moinsassez régulier; il donne de plus la litière, des fagots pour les moutons, du bois pour le chauffage et des échalas pour nos vignes. Il aime les terres vierges et les terrains légers dépourvus de calcaire, où l’eau ne peut séjourner sur ses racines.
- « Chétif et rabougri sur les montagnes décharnées, il donne encore un assez bon produit. Dans les terres d’alluvions du fond des vallées, il devient magnifique; mais, plein de vigueur, il rend proportionnellement moins, aussi le taille-t-on beaucoup pour l’affaiblir et le forcer à faire plus de fruits. »
- Le châtaignier remplace donc le blé et, à lui seul, il nourrit toute la famille et les animaux de la ferme du Cévenol; il a permis de mettre en culture les flancs des vallées escarpées de ce pays; et, par ses puissantes racines, il a su retenir la terre que les eaux sauvages tendent à entraîner. Sa culture est donc très avantageuse, car, comme dit le comte de Gasparin : « C’est ainsi que les plantations de mûrier, les arts de la soie, s’allient merveilleusement à la culture du châtaignier, qui cède tous les jours à son rival les meilleures places, qu’il avait usurpées en son absence. »
- En effet, avec le châtaignier, le Cévenol est occupé tout l’automne à la récolte de ses fruits, une partie de l’hiver se passe à les faire sécher; au printemps, jusqu’en juin, le ver à soie et le.mûrier l’occupent avec toute sa famille ; à partir de juin, la récolte des fourrages commence, et la morte-saison pour le Cévenol est l’été, où il passe presque tout son temps à soigner ses vignes, à relever les murailles qui se sont éboulées. On voit que son année de travail est bien longue.
- Le mûrier a disparu des vallées Gardonnaises du nord des Cévennes à cause de la maladie des vers à soie ; aussi ne le trouve-t-on plus que dans les profondes vallées des Gardons, qui sont plus riches actuellement qu’autrefois.
- Céréales. — Les terres schisteuses des Cévennes sont peu propres à la culture des céréales, soit parce qu’elles sont fort en pente, soit parce qu’elles sont pierreuses et trop peu profondes. Cependant, en dehors de la zone des châtai-
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- gniers, qui ne s’élève pas à plus de 850 à 900 mètres, on trouve dans la région de l’Aigoual, du Bougés et du mont Lozère, ainsi que dans le pays de la Bou-laine, de grands champs de seigle, qui s’étendent autant que le permet l’altitude et la profondeur du sol ; ce sont les champs de Ségalas, où ne peut se cultiver que le seigle, dénomination qui s’applique aussi bien à la nature du champ, seul capable de produire du seigle, qu’aux blocs de schistes qui les encombrent, et elle est tout à fait en opposition avec les bonnes terres à blé du lias, les terres
- Fig. 5. — Une châtaigneraie des Cévennes.
- fromentales. — Dans ces Ségalas, on retrouve un système de culture particulier qui porte le nom d’« issartage », et que l’on retrouve bien souvent dans ce pays, car il se pratique d’une façon courante dans la partie Sud du département, notamment dans le massif de l’Aigoual. Il consiste à brûler sur pied toutes les plantes de la lande, genêts, bruyères, etc., en mettant feu à celles-ci dans le courant de l’été et pendant l’automne; un labour enterre les cendres tout en aérant le sol. Au printemps, le Cévenol sème une avoine, et, après l’avoine, il'tire trois à quatre récoltes de seigle, de sarrasin, avec récoltes dérobées de raves; puis le sol est abandonné pendant dix ans à la végétation spontanée, qui s’en empare très rapidement. C’est alors la lande qui nourrit pendant dix ans les moutons de
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- transhumance. —En somme, ce système de culture n’est autre que celui que le comte de Gasparin appelait système celtique, et qui paraît se cantonner dans les parties les plus infertiles et les plus arriérées du département, c’est-à-dire au Sud et au Nord du mont Lozère. — Ce système n’a plus sa raison d’être à l’heure actuelle, parce que les céréales sont à très bon marché et que leur prix de revient dans ces régions n’est plus rémunérateur ; seulement il permet de mettre en valeur des terrains qui ne rapportent pas plus de 20 francs l’hectare par l’élevage des moutons, et avec les forêts qui ne pourraient donner guère plus d’un demi-stère de bois par an, rendement bien faible, dont le revenu net est voisin de 3 francs.
- — L’issartage a de très graves inconvénients, car il détruit les souches et rejets d’arbres indigènes au pays, et par suite, tout reboisement spontané est impossible; de plus, le feu mis à la lande se communique souvent à des forêts, et c’est ainsi que plusieurs communes ont vu disparaître leurs forêts ; à cela, il est vrai, il y a un remède, c’est la surveillance attentive des feux. — Aussi bien dans les Cévennes que dans le Goulet ou la Boulaine, les façons culturales sont tout à fait rudimentaires, et c’est avec l’antique araire des Romains, dont se servent encore nos paysans, que sont labourées toutes ces terres plus ou moins pierreuses, où la herse est même rarement employée.
- Le seigle et l’avoine sont les deux se ules céréales qui peuvent réussir dans ces terres situées de 700 à 1 000 mètres d’altitude, où le méteil est très peu cultivé.
- — Dans ces régions micaschisteuses, comme dans toutes les régions pauvres, le système de culture est intensif près de la ferme et extensif loin de celle-ci. Les champs situés loin de la ferme sont soumis à l’assolement à jachère biennale.
- lre année.................. Seigle fumé.
- 2e année.......................Jachère nue.
- Souvent c’est la jachère que l’on trouve avec un assolement ainsi conçu :
- ire année...............................Seigle fumé.
- 2e année................................Seigle fumé ou avoine.
- 3° année................................Jachère nue, pois ou lentilles.
- Les bons champs de Ségalas, avec une dose de 6 000 kilogrammes de fumier de mouton, arrivent à donner des rendements de 20 hectolitres de seigle ou 25 d’avoine.
- Les terres des environs des fermes sont très bonnes : elles ont reçu d’énormes quantités de fumier de ferme à cause de la facilité des transports; aussi, y suit-on l’assolement de quatre ans au moins; les récoltes suivent les récoltes sans interruption, et c’est là seulement qu’on sème du froment, de l’orge et de la luzerne.
- Autrefois, on cultivait le sol de toutes les châtaigneraies tant que le permet-Tome IV. — 98e année. 5e série. — Février 1899. 17
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- taient la profondeur du sol et la pente, maintenant on préfère cultiver les champs et laisser les châtaigneraies à leur destination naturelle.
- L’hectare de Ségalas vaut, suivant sa fertilité de 500 à 1 000 francs, et le champ situé près de la ferme peut atteindre 3 000 francs, tant est grande la fertilité du sol toujours copieusement fumé.
- Une autre culture prend énormément d’extension, c’est la pomme de terre, qui vient très bien dans les terres schisteuses, surtout quand elles ne sont pas très encombrées de pierres, mais la terre micaschisteuse est quelquefois argileuse; aussi, avec des fumures au fumier de ferme, le paysan des Cévennes peut avoir de très gros rendements en très bonnes pommes de terre, et, là, les rendements de 20 000 kilogrammes à l’hectare ne sont pas rares.
- Cultures fourragères. — Dans toutes ces terres micaschisteuses, le trèfle et le sainfoin ne peuvent venir à cause du manque de chaux, quoique ce manque de chaux soit atténué, pour le trèfle, dans le cas où il est cultivé dans les bonnes terres du voisinage de la ferme, par la fertilité de ces champs. Seule, la luzerne, avec ses puissantes racines, sait trouver sa nourriture dans ce sol si pauvre; si le sol est argileux, comme dans les bas-fonds des vallées, la luzerne donne de très beaux rendements, surtout quand elle est arrosée avec des eaux provenant des terres calcaires; mais si le sol reste humide, on a à craindre l’envahissement de la luzernière par les graminées qui la font vite disparaître. Une luzerne arrosée peut donner quatre bonnes coupes et un pâturage à l’automne, c’est-à-dire 8 000 kilogrammes de foin à l’hectare.
- Les luzernières non arrosées arrivent à produire 5 000 kilogrammes entre le foin et le regain.
- La betterave fourragère tend à se répandre de plus en plus dans les vallons de Florac et d’Ispagnac; là, elle est cultivée uniquement pour être donnée aux vaches et aux chèvres pendant l’hiver, mais sa culture n’occupe que très peu d’espace parce que le paysan n’a pas assez de bétail pour la faire consommer.
- Le maïs, comme plante fourragère, est cultivé dans les vallons ; on le donne en vert à l’automne aux bêtes à cornes.
- Amélioration des terres schisteuses. — Drainage. — Les terres provenant de la décomposition des micaschistes sont très compactes là où les eaux pluviales les ont accumulées dans les bas-fonds des vallées, et cette compacité est plus grande avec la variété de schiste granitique décomposé ou schiste argileux.
- La conséquence de cette compacité n’est autre qu’une humidité extrême des prairies situées dans les bas-fonds. Les prairies des hautes montagnes ne sont généralement pas trop tourbeuses ou trop humides à cause du drainage naturel que forme le sous-sol mioaschisteux qui, quoique imperméable en réalité, est plus fissuré que le sous-sol granitique.
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- La première des améliorations à faire est, quand on a des terres humides, un drainage qui ne serait guère coûteux si l’on faisait des drains en pierres sèches avec les ardoises ou pierres plates qui abondent dans cette formation géologique.
- Bien souvent il y a, dans une bonne prairie, des points humides qui proviennent de raccumulation des eaux d’irrigation à la fin d’une rigole, là où la pente est trop faible: dans ce cas, il y aurait à corriger les rigoles de distribution de l’eau, qui sont à pente trop forte près de la prise, par un abaissement du niveau de l’extrémité et par un petit drainage suivant la ligne de plus grande pente ; ce n’est qu’alors que disparaîtraient de ces places humides les joncs, mousses et graminées de mauvaise qualité, qui font tache dans une bonne prairie.
- Chaulage. — Dans toutes les terres, prairies ou pâturages situés dans la zone des formations schisteuses des Cévennes ou du Lozère, l’examen de la flore montre la pauvreté du sol en chaux par l’absence presque totale des légumineuses et par la non-réussite du trèfle et du sainfoin dans ces terres : la chaux est donc le meilleur amendement que l’on pourrait fournir à ces terres micaschisteuses, trop siliceuses et trop argileuses.
- De tous les amendements, la chaux est peut-être celui qui est le moins employé; et d’où cela vient-il? sans doute c’est à l’ignorance de ses effets et puis au manque de voies de communication qu’il faut attribuer son défaut d’emploi ; et cependant le Cévenol plâtre quelquefois ses luzernes, mais c’est avec une trop grande parcimonie qu’il effectue cette opération. Les paysans de la Lozère et des Cévennes peuvent se procurer la chaux nécessaire au chaulage de leurs terres chez les chaufourniers des Causses et des îlots calcaires qui entourent comme d’un chapelet les monts Lozère au Nord et au Sud.
- Dans les vallées des Cévennes, le cultivateur peut trouver de la chaux faite avec les calcaires de la Can de l’Hospitalet ou avec les calcaires cipolins,que l’on rencontre dans les schistes sériciteux. Dans les régions boisées, les paysans peuvent faire eux-mêmes leur chaux quand ils sont près d’un gisement de pierre à chaux; mais, bien souvent, comme ils manquent généralement de bois, il vaut mieux qu’ils achètent la chaux. Près de l’Aigoual, ils avaient à leur disposition de la chaux faite avec le cipolin ; là, cette pierre à chaux est cuite dans des fours assez primitifs, chauffés avec des rameaux de hêtre et des broussailles pendant trente heures. La chaux ainsi obtenue n’est pas de bonne qualité ; elle est maigre, impure, fortement magnésienne, mais elle est suffisante pour le chaulage des terres et,prise sur place, elle valait 0 fr. 80 le quintal(50 kilogr.). A l’heure actuelle, on ne fait plus de chaux avec le cipolin, car on n’en obtient qu’une mauvaise chaux.
- Le long du mont Lozère, la pierre à chaux employée est soit le calcaire magnésien jaune sale de l’hettangien, soit le calcaire à gryphœa cymbium ; ce dernier
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- donne une bien meilleure chaux, valant 0 fr. 90 à 1 fr. 10 les 50 kilogrammes, aussi doit-on la préférer, car elle peut contenir de petites quantités d’acide pho-spliorique.
- En admettant que le paysan lozérien trouve la chaux trop chère, il a à sa disposition, dans les parties peu éloignées, des affleurements du lias représentés par les dépôts de marnes bleues argileuses du cliarmouthien et du toarcien, l’amendement qui pourrait remplacer la chaux. Ce sont ces marnes, qui affleurent dans la grande vallée d’érosion du Yaldonnez et le long des talus de certains Causses, qu’il pourra utiliser, et avec lesquelles il pourrait amender ses terres schisteuses ou granitiques trop légères et trop perméables; il changerai^ ainsi à son profit les propriétés physiques et chimiques de ces terres ingrates, qu’il pourrait ensuite cultiver en trèfle et en froment.
- L’emploi de ces marnes et argiles du lias comme amendement n’est pas seulement justifié par la quantité de chaux que l’on peut fournir au sol mais aussi par la petite quantité d’acide phosphorique qu’elles peuvent renfermer, et en outre par l’apport du sulfate de chaux de transformation qu’elles contiennent, qui fournirait ainsi au sol, et par suite aux plantes, en même temps que la chaux, Te soufre qui leur est absolument nécessaire.
- Plusieurs grands propriétaires ont déjà essayé les scories de déphosphoration avec succès ; elles ont surtout produit de bons effets dans les prairies où la flore s’est transformée tout en donnant une plus grande quantité de fourrage. L’usage des scories tend à se répandre dans cette région des Cévennes, grâce aux conférences qu’a faites M. Bellet, professeur d’agriculture à Florac, et c’est grâce à lui que les Cévenols commencent à apprendre ce que l’on doit attendre de l’emploi des engrais chimiques. Pendant longtemps encore, nos paysans n’oseront acheter des scories, qui pourtant, par un emploi judicieux, transformeraient la flore de leurs prairies, car ils ne peuvent comprendre qu’avec peine qu’on ose leur dire d’acheter tout autre chose que la nourriture de leur personnel et de leurs animaux.
- La transhumance. — Les pâturages des contreforts de l’Aigoual et des versants de ce massif sont loués aux chefs bergers des troupeaux de transhumance par les propriétaires ou les communes à qui appartiennent ces landes, et cela moyennant une somme fixe par mouton. Les bergers font parquer leurs troupeaux toujours au même endroit en plein air : le fumier produit, séché au soleil, est mis en tas pour être expédié quand il sera sec à destination des centres viticoles des départements de l’Hérault et du Gard, où on l’emploie pour fumer les vignes.
- Ce fumier, connu sous le nom de « migou », est très recherché dans le midi de la France, uniquement pour la fumure des vignes, à cause de sa richesse en éléments fertilisants. Le berger ou le paysan cévenol qui a un parc de moutons de transhumance vend ce fumier en sac de 50 kilogrammes à raison de 1 fr. 50
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- pris chez lui; expédié à la station d’Anduze, ce même sac vaut 2 fr. 50 et, rendu chez le viticulteur, il vaut 3 francs, ce qui porte la tonne de migou à 60 francs; c’est, vraiment cher, et, malgré cela, les viticulteurs n’hésitent pas à acheter ce fumier chaud, que rien pour eux ne peut compenser pour la fumure de leurs vignes. Ici, comme partout, quand la vente d’une marchandise est rémunératrice, la fraude arrive vite; aussi le migou est quelquefois fraudé par une addition de bouse de vache séchée au soleil et triturée ; et, dans ces conditions, il est possible que dans un certain temps le prix du fumier « migou » vienne considérablement à baisser.
- L’exportation de ce fumier est très considérable; on voit même certains propriétaires avoir, par cette vente, le plus clair revenu de leurs terres; mais il faut dire que c’est dans des cas exceptionnels, là où l’altitude et le climat ne permettent que la culture du seigle, la prairie et les pâturages pour les troupeaux de transhumance. Dans ce cas, le revenu d’une ferme se compose de la vente du migou, de la location des pâturages et de la vente du bois de hêtre aux Caussenards.
- Cette vente de migou est un mal pour le pays ; c’est une exportation continue d’azote, de potasse et d’acide phosphorique, aux dépens d’un pays pauvre et déjà appauvri par le pâturage des moutons; cette double exportation de matières fertilisantes et de viande ne peut que faire un grand tort au pays où pâturent ces troupeaux; aussi, les communes et les particuliers qui louent leurs pâturages devraient se réserver au moins la totalité des fumiers produits, qui seraient utilisés à la fumure de leurs champs ou de leurs prés.
- La terre micaschisteuse n’est pas seulement pauvre en chaux et en acide phosphorique, mais aussi en azote : lui rendre l’azote enlevé par les récoltes, tel doit être le but du paysan des Cévennes quand il fume ses terres ; mais comme il n’a pas trop de fumiers, il augmente leur masse en se servant comme litières pour ses animaux des plantes de la lande telles que les genêts, les fougères et la bruyère. Il a suppléé au manque de paille comme litière par l’emploi des feuilles de châtaignier et de chêne qu’il prend dans sa châtaigneraie ou dans ses bois à l’automne; ce fumier se ressent de son origine, car il n’est pas riche en éléments qui font défaut dans ces terres.
- Il est peut-être une litière qui pourrait rendre de grands services là où l’on pourrait se la procurer, c’est la tourbe, que l’on trouve dans les bas-fonds des terres granitiques du mont Lozère et dans les marais de l’Aubrac basaltique : tourbe qui, malgré son acidité, serait fort utile tant comme litière que comme amendement, pour ses propriétés physiques qui changeraient la nature du sol, et riche en azote ; elle serait la litière type que l’on devrait employer dans ce pays.
- Reboisement. — Lalande micaschisteuse des hautes altitudes et des crêtes des serres cévenoles est peut-être celle qui aurait le plus besoin d’être reboisée, tant à cause de la nature ébouleuse de son sol que de sa pauvreté. Mais comme le
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- sol est généralement assez aride, les essences à employer sont peu nombreuses; aussi, doit-on préconiser le pin sylvestre, le pin à crochet et le hêtre.
- Si la lande à reboiser est abritée du Midi, le hêtre est l’essence à préférer, et, au delà de 1 400 mètres, le mélèze peut venir avec le hêtre, seul feuillu capable de résister au vent qui souffle d’une façon continue sur ces crêtes à une altitude de 1 000 mètres et plus. — Le reboisement n’aura qu’un but : maintenir le sol en place de façon à éviter le ravinement de la lande, car il ne faut pas songer à tirer autrement parti du bois que par la vente comme bois de chauffage aux habitants du pays, étant donné qu’il n’y a pas de débouché pour tout autre bois.
- Populations agricoles et la propriété dans le pays des Cévennes. — Dans cette Gévenne qu’a, pour ainsi dire, créée le Cévenol, « nous retrouvons à chaque pas l’empreinte de la main de l’homme comme marque indélébile d’une lutte contre la nature.
- « Partout des murs pour retenir le sol toujours précieux, là où il a fallu créer le domaine parcelle par parcelle, en transportant péniblement la terre, ou la former en pulvérisant le rocher. C’est dans ces conditions que la profession d’agriculteur a besoin d’être encouragée, l’instruction agricole répandue, l’exemple donné, la science économique appliquée, l’absentéisme combattu, l’émigration arrêtée (Destremx). »
- On peut donc dire, sans exagération, que l’existence du Cévenol est une lutte continuelle contre les éléments; car, après chaque pluie, il va relever les murs de soutènement de ses châtaigneraies ou de ses petits champs que les eaux ont fait glisser. Dans ces conditions, la propriété, entièrement créée par l’homme, ne peut qu’être très divisée ; aussi, la culture directe est-elle la plus fréquente et le métayage rare ; la population que peut nourrir un tel pays ne peut qu’être très dense, et c’est ainsi que la densité de la population, avec 364 habitants au kilomètre carré, paraît être exagérée; il n’en est rien, car l’homme, avec son travail, trouve à vivre sans peine.
- Le Cévenol est petit de taille, actif et entreprenant, aucun effort ne lui coûte; très habile de ses mains, il sait s’en servir, aussi le voyons-nous toujours au travail, sauf le dimanche. Très austère, il sait, lui, descendant des Camisards, ce que ses ancêtres ont souffert pour leur liberté de conscience. Visitons une de ces fermes cévenoles toutes isolées et égarées au milieu des châtaigneraies ; nous arrivons en face d’une de ces maisons dont l’entrée et presque tout le pourtour sont couverts par unevérandah de belles treilles1 d’où pendent, en été, d’immenses grappes. A côté, un jardin fournit les légumes nécessaires au ménage, dans lequel un bassin dit « gourg » recueille soigneusement les eaux d’un jet qui s’échappe en murmurant des flancs mousseux de la parti abrupte à laquelle est adossée la maison. Pénétrons dans la maison, ou la cuisine bien éclairée, très
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- proprement tenue, montre la propreté et l’activité de la ménagère cévenole, elle contraste beaucoup avec la cuisine enfumée, noire et sale des grandes fermes du reste du département, où prône la grosse Louzerote ou la maigre Gaussenarde. Dans cette cuisine, tout est propre, et les murs blanchis à la chaux portent des étagères et quelques gravures rappelant le passé du pays et les souffrances des ancêtres Camisards ; la gravure qu’on voit très souvent est celle d’une peinture méridionale représentant « les captives Gamisardes à la tour de Constance » (Aiguesmortes). Très bien accueillis par la Cévenole, plus civilisée et plus polie
- Fig. 7. — Un hameau des Cévennes au pied du Bougés : Saint-Julien-d’Arpaon.
- que toutes les antres Lozériennes, vous verrez que la maison a plusieurs chambres proprement tenues; ici rien n’indique la misère, comme dans les habitations de la montagneuse Margeride. — A côté de la maison se trouve la grange, avec les écuries qui abritent les vaches et les porcs. En contre-bas de la maison, et arrosée par l’eau du « gourg » s’étend jusqu’au thalweg une prairie plantée d’arbres fruitiers, tandis que les parties hautes, jusqu’aux crêtes, sont couvertes par de verts châtaigniers. — Non loin de la maison, vous serez étonné de voir à chaque instant, près de celle-ci, dans un jardin ou dans les châtaigneraies, un tombeau ; c’est que le sol peu profond et le défaut de voies de communication avaient autrefois empêché la création de cimetières. Une croix indique que l’on
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- est en présence d’une tombe d’un catholique; une pierre avec un nom indique celle d’un protestant.
- Maintenant quelques villages des Cévennes ont un cimetière, qu’habitent seuls les morts catholiques, tandis que les protestants conservent encore l’habitude d’enterrer les leurs près de la maison où ils ont vécu, qu’ils ont même, peut-être, construite de leurs mains; c’est une pieuse habitude, qui rappelle à la nouvelle génération ce qu’ont été leurs parents, ce qu’ils ont fait les siècles derniers, quand ils se battaient pour leur liberté de conscience, et cela pendant de longues années.
- B. — Terrains cristallins d’origine éruptive. — Pays de la Montagne.
- Gramte. — Considérations générales sur les formations granitiques. — Dans le département, les terrains granitiques occupent environ 213 000 hectares, où l’on ne trouve presque exclusivement que le granité et la granulite comme base géologique. On rencontre comme roche les différentes variétés de granité, toutes nettement cristallines, sans débris organiques, ce qu’implique d’ailleurs la nature même de la roche.
- On a regardé tour à tour à tour le granité comme une roche ayant formé la première écorce terrestre (et des personnes peu au courant de la géologie ont même prétendu que le granité n’était que la scorie d’une terre en fusion) puis comme une roche éruptive qui se serait fait jour au milieu des roches sédimentaires plus ou moins anciennes. Mais l’opinion la plus courante, à l’heure actuelle, est que le granité provient, en plus d’un point, de la digestion de roches stratifiées plus ancienne qui aurait eu lieu de bas en haut, et elle aurait été suivie de lare-cristallisation des éléments composant le produit de cette digestion, cette roche recristalliséc aurait été le granité. Dans cet ordre d’idée, des éléments auraient pu être respectés s’ils étaient assez résistants à cette action digestive. Nous croyons que ce mode de formation du granité est le seul qu’on puisse rencontrer, et, en plus d’un point, nous l’avons observé; il permettrait d’expliquer en outre l’existence de certaines roches étrangères qu’Emilien Dumas a trouvées dans le granité de l’Aigoual.
- Fixer l’âge de ces granités n’est pas chose facile; cependant on peut, par l’exploration minutieuse des diverses régions granitiques du département, voir qu’ils paraissent être d’âges différents. Le granité de la Margeride et du mont Lozère nous paraît être le granité le plus ancien; et celui de l’Aigoual, plus récent, nous montre bien la digestion des strates sériciteuses qui aurait respecté les bancs de cipolins.Le granité de la Margeride est donc précambrien, tandis que celui de l’Aigoual est peut-être silurien ou même dévonien, suivant l’âge des schistes sériciteux.
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- Position géographique. — Dans le département de la Lozère, les terrains granitiques occupent 213 000 hectares, c’est-à-dire les 41,5 p. 100 de sa superficie, aussi doit-on les considérer dans chacune de ses parties.
- Us forment quatre massifs isolés les uns des autres par des bandes de gneiss ou de micaschistes, ce sont :
- a) Le massif du Gévaudan comprenant :
- 1° La région haute du Gévaudan, avec la Margeride à une altitude moyenne
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- Carte N° 3. — La Montagne. Partie blanche : la Montagne.
- de 1300 mètres, le Palais-du-Roi (1350 mètres), le plateau de Grandrieu à 1 200 mètres, la Can-de-la-Roche à 1200 mètres ;
- 2° La région du bas Gévaudan comprenant tout le pays d’Aumont, Saint-Ghély, le Malzieu avec les bassins de la Golagne et de la Truyère.
- P) Le massif du mont Lozère qui s’étend de Génolhac à Saint-Etienne-du-Valdonnez, et il est limité au Nord par les petits Causses calcaires du Lot et les schistes, au Sud par les Cévenneset les grands Gausses Méjean et de Sauveterre.
- y) Le massif de la partie Nord du mont Aigoual, petit massif de peu d’étendue.
- b) Le petit massif de la Borne, situé à l’Est de la ligne qui va de Pourcha-
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- resse à Prévenchères, dont une partie appartient au département de la Lozère.
- Tous ces massifs granitiques forment, dans le département, ce que Ton appelle la Montagne, région naturelle habitée par de rudes montagnards, les Montagnols ou les Gavauds, qui ne sont autres que les descendants des Gabali.
- Climat de la Montagne. — Le climat de la Montagne est peut-être un des plus rigoureux de tous les départements de la France centrale; il est plus froid que le montre son altitude moyenne assez élevée (1 200 mètres); c’est le climat auvergnat.
- Les hivers de la Montagne sont rigoureux et très longs, les étés courts ; il n’y a pas ou presque pas de printemps ni d’automne, et, pour se faire une idée de ce qu’est ce climat, il suffit de rappeler, qu’au mois de juin 1874, le 28 juin, on a vu tomber de la neige, ainsi que le 21 septembre 1897.
- Les gelées durent longtemps, tandis que les brouillards, à cause même de l’humidité et de l’altitude, sont très fréquents à l’automne et au printemps.
- La température moyenne est assez basse sur la Montagne 8°,9, avec des températures minima de —15° à—25° et la température maxima est +32°.
- Sur la Montagne il tombe une moyenne de lm,40 d’eau que l’on, répartit ainsi dans le pays :
- Versant sud du mont Lozère. . . . lm,20 de pluie.
- — est — — . . . . lm,30 —
- nord — — . . . . 0m,82 jusqu’à l’extrême nord
- du département.
- Cette inégale répartition des pluies tient au vent du Midi, qui apporte presque toute la pluie : vent assez chaud, dont les masses nuageuses viennent buter contre le mont Lozère et s’y crever en produisant des pluies torrentielles.
- Ce pays assez froid a une flore spéciale bien délimitée par ses zones de végétation, que l’on peut diviser suivant l’altitude en quatre zones :
- La première, de 1 700 mètres à 1400 mètres; on n’y trouve pas d’arbres quelques arbrisseaux, l’airelle myrtille, la bruyère, c’est la région des pâturages à flore subalpine, à herbes grossières (le nard raide) pour les moutons de transhumance.
- La deuxième, de 1400 à 1 200 mètres ; les hêtres rabougris apparaissent avec le genévrier, dit « cade », la bruyère et le genêt cendré; c’est la zone des pâturages pour les bovidés et des cultures de seigle dans les vallons abrités.
- La troisième, de 1 200 à 900 mètres; on y trouve des bois de pins sylvestres, c’est la zone des pâturages pour bovidés et de toutes cultures de céréales.
- La quatrième, de 900 à 600 mètres, c’est la zone des châtaigniers, chênes, arbres fruitiers, et de cultures diverses.
- Au-dessous de 600 mètres, on ne retrouve plus de formations granitiques.
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- Géologie. — Variétés de granité. — Toutes les variétés de granité s’observent dans le département, et les principales sont :
- 1° Le granité porphyroïde de la Margeride. — C’est une roche remarquablement porphyroïde, dont la masse est parsemée de grands cristaux blancs d’or-those maclés et disséminés partout dans la masse, leur taille atteint jusqu’à 10 centimètres de long. On y trouve du mica noir et de rares paillettes de mica blanc. Le quartz y est isolé en petits grains, avec l’oligoclase en petits éléments.
- Il est en outre très riche en apatite et zircon inclus soit dans les feldspaths
- orthose et oligoclase, soit dans le mica. Le granité porphyroïde de la Margeride est peut-être un des plus beaux de la France.
- 2° Le granité porphyroïde du mont Lozère. — C’est une variété à deux micas, dont l’un est blanc, l’autre noir; le quartz s’y isole en grains et en cristaux bipyramidés : sa texture se rapproche de celle des granulites.
- 3° Le granité porphyroïde de la Borne. — C’est un granité porphyroïde à éléments bien moins gros que ceux du granité de la Margeride; les cristaux d’orthose y atteignent rarement 3 centimètres de longueur.
- 4° Le granité porphyroïde de TAigoual. — Il est légèrement verdâtre, avec de gros cristaux d’orthose d’un blanc éclatant, contrastant avec le reste de la roche qui est verdâtre, apparence due à un mica particulier. A mesure qu’on s’éloigne des zones de contact avec le micaschiste, la roche devient plus blanche.
- 5° Le granité amphibolique. — C’est peut-êiie une amphibolite ancienne ou
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- un schiste amphibolique qui ne serait autre qu’un lambeau incomplètement digéré par la venue des masses internes éruptives et qui, par la recristallisation granitique, aurait donné un granité où le mica aurait été remplacé par de l’amphibole. On ne trouve ce granité que dans la commune de Grandrieu, où il est empâté dans le granité : il ne forme que de très petits massifs, ce sont des enclaves.
- 6° Le granité commun, que l’on trouve dans le bas Gévaudan.
- 7° Une roche intermédiaire entre le granité et la granulite provenant du métamorphisme de la granulite sur le granité.
- Roches intrusives. — La masse des granités de la Margeride est souvent recoupée par la microgranulite ou porphyrite quartz-if ère, en filons allongés ressemblant à des dykes comme à Lajo, à Saint-Paul-le-Froid ; c’est une roche compacte, de couleur rose, très riche en quartz bipyramidé. Elle apparaît à la surface du sol sous forme de très longs et nombreux dykes, ayant tous la même direction, ou de rares masses plus ou moins volumineuses, et jamais pourtant elle n’occupe de grands espaces.
- La granulite traverse la masse des granités sous forme de filons assez nombreux; son grain est fin, le mica est très abondant ainsi que la tourmaline noire. Parfois cette roche passe à la pegmatite et à l’aplitepar le développement, l’isolement d’un élément ou bien sa perte. Ces filons granulitiques sont très nombreux dans les granités du département, où ils paraissent avoir une direction générale bien déterminée.
- On peut regarder comme tête de filons de granulite ce que nous prenons pour des filons de quartz à la surface; filons assez rares, d’un blanc éclatant ou même légèrement rosé, et ayant une structure saccharoïde.
- Dans le massif de la Margeride, la granulite ne se présente pas seulement en filons, mais encore en grandes masses d’épanchements dont les contours sont fort irréguliers. Cette granulite, assez riche en mica blanc, mais très pauvre en tourmaline, forme le grand dôme du Ron-de-la-Moulière, au Nord de Saint-Jean-la-Fouilleuse et de Saint-Sauveur-de-Ginestou.
- Quelques filons de porphyrite traversent la masse des granités de la Margeride, mais ils sont assez rares.
- Dans le massif granitique de la Borne, les filons de quartz passent tantôt à des jaspes ferrugineuses, tantôt à des quartz cornés, qui constituent de grands dykes contenant de la galène, de la barytine et même du zircon.
- Telles sont à peu près toutes les roches intrusives d’origine éruptive que l’on rencontre dans les granités de la Montagne.
- M. Emilien Dumas a signalé, dans la masse du granité porphyroïde du versant nord du mont Aigoual, la présence d’un calcaire qu’il a regardé comme calcaire éruptif, voici ce qu’il en dit :
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- « Nous signalerons un fait géologique qui nous paraît trop intéressant pour le passer sous silence : c’est l’existence d’un calcaire éruptif formant de véritables filons au milieu du terrain granitique. Ce calcaire, ordinairement magnésien, est d’un beau blanc, à structure cristalline, et nous ferons remarquer, qu’indé-pendammentde son gisement, ce qui doit encore conduire à le considérer comme ayant une origine ignée, c’est sa fréquente association avec des substances minérales qui ont évidemment elles-mêmes une origine plutonique incontestable.
- C’est ainsi que, dans le grand filon de calcaire éruptif qui s’étend de Fons à Cabrillac (Lozère), sur une longueur de 4 kilomètres, nous avons rencontré du quartz, de la blende, du plomb sulfuré et carbonaté.
- Dans le Yallat de Rieufrais, près de Cabrillac, nous avons observé que ce même filon présentait la particularité remarquable d’offrir dans sa partie supérieure une véritable stratification distincte et régulière, comme si le calcaire, en se sublimant dans cette fissure granitique, y avait formé de haut en bas une série de couches successives à peu près semblables à celles d’un dépôt qui se serait opéré par voie neptunienne. Et certes, l’on ne peut pas supposer ici que ce filon ait été rempli par sa partie supérieure, puisque sa crête est encore recouverte par le granité, et qui n’a été mis à nu que par les torrents qui, descendant des montagnes de l’Aigoual, sont venus creuser dans cette roche décomposée les ravins dans lesquels on les voit à découvert.
- Ces filons de calcaire éruptif sont presque verticaux, et offrent une épaisseur variable de 4 à 10 mètres; leur direction oscille entre le N. 62° E et le N. 98° E.
- J’ai désigné cette roche, sur la légende de la carte géologique du Gard, sous le nom de calcaire cristallin; les filons qu’elle forme sont peu répandus, et, indépendamment de celui que nous avons signalé dans le département de la Lozère, nous n’en avons rencontré que cinq ou six autres. » (E. Dumas, B. S. G. F., 2e série, tome III.)
- Nous ne pouvons pas dire que ce calcaire rencontré par Dumas, soit éruptif comme il l’a cru; s’est-il trompé en signalant ces filons, est-ce bien du calcaire plus ou moins transformé, là est le doute. Cependant, si nous considérons le granité du massif de l’Aigoual en massif champignonnaire qui s’est formé par la digestion des strates du massif sériciteux et chloriteux de l’Aigoual, dans lequel M. E. Dumas a rencontré, sur le versant nord, deux bancs de 50 centimètres d’épaisseur de calcaires cipolins, nous pourrions en conclure que le filon de calcaire de Fons à Cabrillac ne serait autre que la réapparition au jour d’un des bancs de cipolin qui aurait pu être respecté par la digestion des anciens sédiments de schistes chloriteux et sériciteux, dont le résultat final a été de donner le granité porphyroïde de l’Aigoual. Cette action digestive aurait-elle respecté le calcaire comme elle respecte les bancs de grès en donnant des quarlzites, nous
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- n’en sommes pas très sûrs. La question est douteuse; une étude est certainement nécessaire, et pourra nous fixer sur cette question qui pourrait donner un argument de plus à la théorie qui veut que le granité ne soit pas venu au jour, mais se serait formé aux dépens de couches sédimentaires archéennes, précambriennes ou même siluriennes.
- Aspect et relief des terrains granitiques du département. — La géologie nous a appris que les massifs granitiques du mont Lozère, ainsi qu’une partie de ceux du Gévaudan ne nous sont seulement visibles que grâce à la disposition de leur léger manteau de calcaire jurassique qui, autrefois, les couvrait presque entièrement et dont la destruction n’est que l’œuvre des phénomènes d’érosions guidés par des influences qui ne sont que la conséquence de l’état même des assises jurassiques. C’est à cause de cela que la Margerideparaît usée; et, si l’on ne fait pas attention à la profonde vallée que l’Ailier s’est creusée dans sa partie Est, on n’aperçoit qu’un grand plateau dont les caractères d’usure et d’aplanissement sont très visibles ; ce pays du Gévaudan n’est donc autre chose qu’une portion très stable de la grande pénéplaine archéenne. Nous ne retrouvons plus les pics aigus ou les cimes escarpées qui caractérisent le pays de micaschistes, mais on ne rencontre que des collines tuberculeuses qui nous semblent encore plus usées dans ce pays, toujours un peu brumeux. Toutes ces portions de collines fortement aplaties portent le nom de Can ou de Lacham; ce mot se retrouve presque partout dans le département, c’est tantôt Lacan, Lacham, Lachamp, la Calm, la Cham, la Calmette ; et, quelle que soit son orthographe, son origine est latine : c’est le mot calma, qui veut dire croupe élevée et plane. Cette désignation s’applique non seulement aux terrains granitiques, mais aussi aux terrains calcaires, et par lui-même, il n’implique pas la désignation minéralogique d’une partie de région, mais seulement une notion orographique de forme de terrain propre à un pays.
- Examinons de plus près la Montagne : dans le massif du montLozère et dans la Margeride, là où le granité est un granité porphyroïde à gros cristaux, on aperçoit des entassements de blocs qui font croire au premier abord que l’on [est en présence d’une moraine glaciaire; il n’en est rien cependant, car cet entassement est dû à la nature même de la roche.
- C’est sous l’influence des multiples causes de destruction du granité que l’altération se porte sur les points faibles, comme là où se trouvent les joints de la roche; et, de l’inégale dureté, résulte une altération par écaille, qui ne s’arrête qu’au noyau le plus compact; quand les eaux sauvages ont entraîné l’arène, il ne reste que ces blocs isolés et arrondis, qu’on est surpris de voir ainsi accumulés les uns sur les autres, et cela sur un faible espace. Quand le massif est attaqué par les agents de destruction sur un grand espace, l’accumulation des blocs arrondis forme une véritable mer de roche, que des personnes peu au courant de la géologie ont prise pour les écumes ou scories de la mer granitique en
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- fusion : assertions qui ne peuvent provenir que de personnes qui voient un pays de leur cabinet de travail.
- Suivant la nature et la texture de la roche, la kaolinisation est plus ou moins intense; aussi elle peut attaquer une épaisseur de 10 centimètres de granité por-phyroïde de la Margeride, et elle est telle que la forme des éléments est respectée; les cristaux d’orthose de 7 à 8 centimètres de long sont intaets et, détachés avec soin, iis s’émiettent à la moindre pression du doigt en donnant une poussière argileuse blanche. L’arène et le kaolin peuvent être enlevés par les eaux ou
- Fig. 9. — Cascade du Gà de Runes.
- rester en place; dans ce dernier cas, la végétation spontanée s’empare vite de ce substratum, et ainsi la lande est constituée. Si la lande est sèche, le genêt à balais la recouvre bien vite, aussi porte-t-elle le nom de ginestière. Sa végétation est typique, elle comprend un très petit nombre de végétaux ligneux comme le genêt à balais, l’airelle myrtille, le genévrier cade, la grande bruyère et le troène, beaucoup de fougères et une plante caractéristique, la digitale pourprée ; les graminées à l’abri des genêts poussent vigoureusement et forment un tapis très épais. Après 1 200 mètres d’altitude, plus de végétation ligneuse ; la lande n’est plus formée que d’un immense tapis de graminées plus ou moins grossières.
- Lalande est entrecoupée de dépressions qui portent des tourbières; mais là
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- où le pays est trop plat et ne présente qu’une série de petites cuvettes, comme dans le nord de laMargeride, la lande devient tourbeuse'; elle porte alors un nom particulier, c’est « la Moulière » où la bruyère semble disputer le sol mouillé aux sphaignes et mousses.
- Ces mouiières sont très nombreuses dans le nord du Gévaudan, où elles ont donné à un rocher, point culminant, leur nom,Ron-de-Moulière, c’est-à-dire Rocher de Moulière.
- Quand la lande est entrecoupée de profondes dépressions, on n’a plus, dans les bas-fonds, une moulière mais une narse, sagne ou sagnasse, désignations synonymes de tourbière, noms que portent actuellement des hameaux situés près de tourbières desséchées.
- Maintenant que nous avons vu les parties plates et les crêtes du pays granitique lozérien, voyons les vallées. Les vallées des terrains granitiques sont toujours largement ouvertes; la cause en est uniquement à l’imperméabilité du sol, qui rend le ruissellement maximum; et, par suite, l’érosion tend toujours à aplanir les crêtes, tandis que les eaux sauvages interviendront pour déblayer et emporter dans la vallée les matériaux de destruction qui vont alors continuellement remblaye# le thalweg de celui-ci et le protègent ainsi contre l’action érosive de l’eau. Cette règle ne s’applique pas quand on se trouve en présence d’un massif non homogène ou fracturé : c’est le cas du ruisseau de Mirai, où une faille avec rejet coupe perpendiculairement la vallée, d’où formation d’une cascade comme la cascade de Runes (fig. 9) dans le massif granitique du mont Lozère ; dans ce cas, la vallée est très profonde et le lit du torrent n’est qu’une succession de cascatelles. Un filon de pegmatite injecté dans le granité a pu produire une zone de moindre résistance, dont ont profité les eaux pour se creuser un lit très profond et former une vallée fort encaissée ; tel est le cas du Yallat du Marazel. Quelquefois, les eaux ont creusé une vallée à la limite des granités et des micaschistes; on rencontre alors une vallée fortement encaissée. Si une vallée creusée dans les micaschistes fait suite aune vallée granitique, on est sûr de voir de suite après le passage de la rivière du pays granitique au pays micaschisteux un approfondissement brusque de cette dernière, qui contraste vivement avec la première vallée.
- La vallée typique des terrains granitiques est une vallée largement ouverte; mais, dans le cas où le granité, tout en présentant la même structure, présente une inégale dureté variant avec les zones, il en résulte une érosion non uniforme, qui produit la division du ruisseau en parties toutes limitées par des cascades, et la vallée, par suite même de l’état de son thalweg, est profondément encaissée. Tous ces types de vallées se présentent au pied du versant Sud du mont Lozère.
- Un facteur de plus qui agit sur le creusement et, par suite, sur l’encaissement
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- des vallées, c’est la distance de la rivière'au niveau de base; tel est le cas de la Borne, dont la vallée est très profonde grâce à l’érosion régressive très intense due à la faible distance qui sépare la source de cette rivière delà Méditerranée.
- Les formations granitiques du département sont totalement imperméables; et, à cause même de la compacité de la roche, elles n’ont pas cette petite perméabilité d’entre les strates que nous avons trouvée dans les formations micaschis-teuses des Cévennes ou de la Boulaine, la perméabilité de joint seule existe très rarement.
- Fig. 10. — Un étang artificiel près du Mont Lozère : vivier Barrandon.
- Les eaux pluviales s’infiltrent très rapidement au travers des arènes qui recouvrent les pentes, et cette infiltration va jusqu’à la roche imperméable.
- Quand la pente n’est pas suffisante dans le thalweg, les eaux s’accumulent dans les vallons et les dépressions ; aussi, comme les eaux de sources qui sortent des terrains granitiques sont très pures et très claires, elles sont très propres à la production de la- tourbe, à laquelle elles donnent naissance par suite de la stagnation, ce qui est cause que ces marais tourbeux ou tourbières, portant dans le pays du mont Lozère les noms de narse, sogne, sagne ou sagnasse, ne sont pas rares dans la Montagne.
- A certains endroits, l’homme n’a fait que guider la nature dans certains valions (fig. 10) en empêchant tout écoulement des eaux dans les larges vallons granitiques du mont Lozère, et c’est par une digue qu’il a su barrer le vallon pour le transformer en un étang que la tourbe a envahi très rapidement; ainsi, il a créé Tome IV. — 98e année. 5e série. — Février 1899. 18
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- un vivier où la truite prospère bien dans ces eaux froides et assez pures (vivier
- Fig. 11. —Les Vallats du Marazel près d’Ispagnac.
- Barrandon); ces viviers ont un autre avantage, ils régularisent le cours des
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- eaux dans les terrains imperméables granitiques, et, en cela, ils sont une bonne chose, tout en permettant ainsi d’irriguer les terrains inférieurs.
- Quand la surface des terrains granitiques offre peu de dénivellations, l’imperméabilité du sol est telle, même sur les faibles pentes, que la tourbe se forme au milieu même des landes couvertes de bruyères; alors, ces tourbières des pentes donnent à la lande le nom de moullières.
- Quand les thalwegs des vallons ont assez de pente dans les prairies qui occupent leur fond, alors, au flanc des coteaux et à chaque pli de terrains, naissent de
- Fig. 12. — Le cours torrentiel du Tarn à Pont-de-Montvert.
- minces et innombrables filets d’eau qui, de ruisselets en ruisseaux, et de ruisseaux en torrents, forment des deux côtés de la chaîne du Lozère les rivières du Tarn et du Lot avec leurs très nombreux affluents.
- Ces torrents se sont creusé des lits profonds au milieu de la roche granitique en formant un très grand nombre de cascades et de gorges très profondes et très pittoresques. C’est ainsi qu’ont été creusés dans les schistes et surtout dans le granité les Yallats ou ruisseaux du Marazel (fig. 11) et de Nozière, connus sous le nom de Yallats d’Ispagnac.
- L’imperméabilité du sol granitique a une grande influence sur la répartition des habitations; dans le pays de granité, quand l’altitude est voisine de 1000 à
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- 1100 mètres, on est étonné de voir une aussi grande quantité de petits hameaux situés à peu de distance les uns des autres, et presque tous non loin du confluent de deux ruisseaux : c’est l’abondance de l’eau qui est cause de ce groupement des maisons, car le montagnard a voulu que sa maison fut située près de son jardin, et comme tout jardin est situé près d’une source ou d’un ruisselet. Ainsi se sont créés ces hameaux lozériens tout à fait typiques, composés de quatre à dix feux.
- Maintenant que nous avons vu la nature du granité, l’aspect et relief du pays, le régime des eaux, examinons comment s’est formée la terre arable qui intéresse au plus haut point le cultivateur.
- La terre granitique, qui porte ici le nom de terre de « gress », est formée par un mélange des produits de décomposition du granité avec des matières organiques végétales. — Etudions la décomposition du granité : elle est due à la décomposition d’une partie de ses éléments, c’est la kaolinisation du feldspath, l’hydratation et la décomposition partielle du mica, l’oxydation des sulfures, la suroxydation et l’hydratation du fer, et le résultat final est la mise en liberté de certains éléments solubles ou solubilisés par l’acide carbonique des eaux et par les acides organiques du sol : la chaux, la potasse et même l’acide phospho-rique sont peu à peu mis en liberté suivant l’état de décomposition des éléments de la roche. La roche désagrégée, réduite à l’état de sable, forme la terre arable, où l’on trouve les sels de chaux, de fer, de potasse, de magnésie, que la plante recherche, et qui existent dans tous les sols granitiques grâce à cette solubilisation graduelle des éléments décomposés. — La chaux est très rare et elle est en petite quantité dans les granités lozériens ; la potasse abonde, elle provient du feldspath décomposé ou du mica altéré; l’acide phosphorique est abondant dans le granité de la Marge ride, où on le trouve sous forme d’apatite, il en contient jusqu’à 6 kilogrammes au mètre cube, ce qui ferait à peu près 3,3 p. 1 000 d’àpatite dans la roche.
- Tous ces éléments sont peu à peu solubilisés, mais les autres, insolubles, restent en place pour former le sol arable. On voit combien le sol granitique doit être pauvre en chaux et en acide phosphorique, malgré les petites quantités qu’il en contient.
- Les matières organiques azotées abondent dans les bas-fonds, dans les anciennes tourbières, les vieilles prairies et les pâturages gazonnés, mais les terres des pentes et des champs qui détruisent continuellement la matière organique par la nitrification sont assez pauvres en azote. — En somme, la terre granitique, pauvre en chaux et en acide phosphorique par le manque presque absolu de ces éléments, imprimera à la flore un caractère tout particulier.
- Les terres granitiques, sauf toutefois celles des vallons, sont très sablonneuses, légères à l’excès, très sèches en été quand elles sont tro,p sablonneuses; mais, là
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- où l’humus a pu se mélanger avec elles, par voie naturelle ou artificielle, elles donnent d’assez bonnes récoltes là où on trouve ces terres.
- Agriculture. — L’agriculture de la Montagne n’est autre que celle des pays pauvres et de tous les pays granitiques de France; il semble en effet que, pour une formation donnée, il y ait une agriculture spéciale, qui doive se conserver aussi longtemps que l’homme ait à cultiver de telles terres.
- Forêts. — La Montagne était autrefois le pays le plus boisé de tout le département, et, sur 210 000 hectares 150 000 étaient boisés ou formaient des prairies-bois; actuellement, il n’y a pas 30 000 hectares boisés, tant a été grande cette déforestation. Dans les quelques bois qui existent encore dans le nord du Gé vaudan, les essences du pays sont le pin sylvestre, le hêtre et le bouleau ; au nord du mont Lozère, c’est le hêtre, le pin et le pin sylvestre qui dominent; le •chêne existe à moins de 1 000 mètres d’altitude.
- Dans la partie sud du département, on retrouve, sur les contreforts nord de l’Aigoual, les restes des anciennes forêts de hêtre qui couvraient autrefois la région. Là, ces forêts sont rabougries; le hêtre, à l’altitude de 1 400 mètres, n’atteint pas 5 mètres, et à peine cette hauteur est-elle dépassée dans les vallons bien abrités L’étendue de cette forêt tend à diminuer devant le déboisement produit par la vente du bois de hêtre aux Caussenards, qui viennent le chercher pour leur chauffage. Dans les parties abritées de 600 mètres à 800 mètres d’altitude, il existe de grands bois de chênes, que les habitants ont respectés faute de voies de communication, et aussi parce qu’ils servent à la glandée, qui est ici l’unique nourriture des porcs du pays, de l’ancienne race des Gaules.
- Le bois, dans le pays, n’a pas de valeur; aussi, le paysan cherche-t-il à s’en1 défaire et à défricher le sol pour le mettre en culture. Il a tellement peu de valeur que, dans une vallée dont une partie est peuplée de pins sylvestres et de magnifiques sapins qu’une exploitation industrielle tend à faire disparaître, on ne trouve pas à le vendre dans les pays environnants; cette forêt avait été vendue 400 000 francs, et y avait, paraît-il, avant le commencement de l’exploitation 800 000 francs de bois d’œuvre, mais celle-ci a jeté sur le marché une telle quantité de planches et de poutres qu’elle a amené, faute de débouchés, comme une industrie locale ou un centre de consommation, une telle dépréciation que les bois ont subi dans le pays une baisse de 75 p. 100. Ceci est un exemple pour qui prétendrait que l’exploitation du sol par le bois est une exploitation plus rémunératrice que toute autre quand on se trouve loin de tout centre de •consommation ou de toute voie ferrée, comme c’est le cas pour toute la région de la Montagne. Cela ne veut pas dire que nous défendions de reboiser; au -contraire, nous sommes partisan du reboisement partiel des landes granitiques Irop sèches et trop froides, et surtout de celles qui sont particulièrement exposées
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- au ravinement le long des pentes abruptes ; le bois servirait en partie pour le chauffage, en partie pour le bois d’œuvre nécessaire dans l’entretien des bâtiments de la ferme; le pin sylvestre est l’essence du pays qui doit seule être employée pour ces reboisements, car seul il vient très vite, tout en donnant un bois de chauffage de bonne qualité.
- Le département souffre du déboisement depuis de longues années, et il est des régions où les paysans sont obligés de faire dix heures de chemin à travers la Montagne pour aller acheter du bois. Les habitants du versant Sud du mont Lozère n’ont à leur disposition que le bois de taille des frênes des bordures des prés exploités en têtards pour leurs feuilles; c’est peu de chose pour se chauffer pendant les longs hivers de ce pays; aussi est-on obligé d’aller au loin acheter du bois. Jusqu’à la fin du siècle dernier, les bois du voisinage du mont Lozère furent coupés et servirent au chauffage; mais, après leur disparition, les habitants du Lozère durent se tourner autre part. Pendant et après la Révolution, jusque vers 1840, ils allaient piller à main armée la forêt de Mercoire, et cela régulièrement chaque année vers la fin de septembre. Cette habitude d’aller chercher du bois dans la forêt de Mercoire s’est encore conservée de nos jours; à un jour dit, plusieurs communes s’assemblent pour faire celte expédition; mais maintenant on ne pille plus, on achète le bois sur pied aux propriétaires. Un jour, avant l’aurore, tout un hameau, avec tous les bras disponibles, tous les chars avec leurs attelages partent pour aller faire du bois; bêtes et gens marchent pendant vingt heures : arrivés à la forêt, si le jour le permet, les hommes s’empressent d’abattre eux mêmes les arbres, tandis que les femmes et les jeunes gens dépouillent de leurs branches les arbres abattus pendant que les plus jeunes gardent les bœufs et vaches qui pâturent dans les clairières. L’arbre dépouillé de ses branches est coupé en tronçons de la longueur du char qui est immédiatement chargé; les branchettes et ramilles sont mises en fagots, et elles seront transportées à dos par les chevaux et mulets. Le paysan paye au propriétaire de la forêt une somme de 4 à b francs par char de bois emporté suivant l’essence, pin ou hêtre, les branchettes lui sont données pour rien. Quand tout a été chargé, tout le monde se repose un peu, puis on repart pour le village, où l’absence n’a duré que trois jours. — Ces expéditions sont renouvelées plusieurs fois dans le courant de l’aunée, et c’est toujours de la même façon qu’elles sont faites. Le bois acheté dans la forêt de Mercoire ne doit être employé à la ferme que pendant l’hiver, tandis que, pendant l’été et le printemps, ce sont les broussailles et les bruyères de la lande qui servent à faire la soupe et à cuire le pain.
- Depuis quelques années, ce manque de combustible, qui s’accentue de plus en plus, a fait créera certains endroits des champs de genêt, que l’on arrache par tiers ou moitié tous les deux ans; ces ginestières ont été semées dans les champs les plus arides et les plus secs, avec des graines ramassées par les enfants dans
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- ]a forêt de Mercoire; quand on a soin de ne jamais conduire les vaches ou les moutons dans ces ginestières, on voit le genêt à balais atteindre lm,50 de hauteur en trois ans. On a soin d’arracher le genêt à la pioche au lieu de le couper avec des serpettes ; car, avec ce dernier instrument le genêt est tué sans avoir pu repousser du pied et des racines, tandis que si le pied a été abîmé et mâché par la pioche il n’en repousse que plus vigoureusement. Ce genêt vert est exclusivement réservé en toute saison pour le chauffage du four. Dans le bas Gévaudan, le déboisement continue même de nos jours, surtout dans ces dernières années; le paysan déboise malgré l’administration des forêts, sans demander de permission, et cela par le seul fait qu il est maître chez lui. La cause de ce déboisement est bien simple; le bois d’œuvre n’a pas de valeur, les arbres jeunes et vieux sont vendus comme bois de chauffage uniquement parce que le paysan ne trouve pas à le vendre à un prix suffisamment rémunérateur; aussi, à la forêt, fait place la lande ou des champs de seigle et de pommes de terre si le climat le permet; la lande avec l’élevage du mouton rapporte plus au paysan que la forêt. Arrêter ce déboisement n’est pas possible à l’heure actuelle; seule, l’ouverture de débouchés permettant de vendre le bois à un prix suffisamment rémunérateur empêchera le déboisement des 50 000 hectares qui couvrent encore le département.
- Pâturages. — César, en parlant du pays des Gabales (c'est-à-dire le Gévaudan) qu’il avait traversé, a dit, dans ses Commentaires, que la région était « herbosa » (herbeuse), c’est-à-dire couverte de pâturages.
- Le Gévaudan et le Lozère qui forment la Montagne étaient autrefois ce qu’ils sont encore aujourd’hui; d’ailleurs, c’est la destinée naturelle de la montagne, qui doit rester la région des verts pâturages.
- La lande lozérienne n’est couverte de genêts qu’au-dessous de 1 400 mètres d’altitude; au-dessus de cette limite, ce n’est plus qu’un vaste tapis vert, ou toutes les pentes sont gazonnées; l’herbe y pousse dru même sur les crêtes, où elle dispute la place au rocher. Si le gazon est dru, les herbes qui le composent sont très fines et de bonne qualité jusqu’à 1 400 mètres d’altitude; c’est là que se limite le pâturage des bêtes à cornes; mais au-dessus de 1 400 mètres, le gazon est très grossier et presque entièrement formé par une graminée spéciale à ces hauteurs, comme le nard raide, que seuls les moutons peuvent manger et que refusent les bovidés. Nous voyons donc que l’agriculture, dans la zone comprise entre 1200 et 1700 mètres d’altitude, doit être exclusivement pastorale; aussi devons-nous l’étudier avec soin. Le mouton est seul capable de mettre en valeur de tels pâturages ; mais, ici, les troupeaux, qui passent l’été ou « estivent » dans cette zone des pâturages, n’appartiennent pas aux propriétaires du département mais à des viticulteurs et propriétaires des basses Gévennes ou du bas Languedoc, qui les envoient « estiver » sur la montagne, et leurs troupeaux portent le nom de troupeaux de transhumance. — La transhumance, c’est-à-dire le passage d’un trou-
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- peau d’un pays dans un autre dans le but de faire consommer les herbes, n’est pas spéciale aux régions du midi de la France, et elle s’applique non seulement aux bêtes ovines mais encore aux bêtes à cornes dans la région ouest du département, dans la région de l’Aubrac.
- La transhumance des moutons du Languedoc existe dans la région lozérienne de la Montagne depuis les temps les plus reculés, sans doute depuis l’établissement des Romains en Gaule; d’ailleurs, dans le pays, ne voit-on pas un endroit qui porte le nom d’un riche Romain de Provence qui faisait estiver ses trou-
- Fig. 13. — La Draye d’Aubrac traversant la forêt de l’Aigoual.
- peaux dans les contreforts de l’Aigoual, près de Meyrueisou Mayrueis (corruption du mot Marius). C’est par les drailles, qui suivent les crêtes déboisées, que César et ses armées ont pénétré dans le centre de la Gaule après la révolte des Arvernes, et c’est en suivant ces drailles cévenoles qu’il a pu atteindre l’Auvergne. — C’est une véritable armée de moutons qu’envoient chaque année le Languedoc, et même la Provence, dans les montagnes de la Lozère et du Gévaudan : 220000 moutons nous arrivent par ces larges sentiers tondus, « les drayes » (fig. 13) ou « drailles » qui furent et seront toujours les mêmes; elles remontent à une époque fort reculée; une d’elles, « la grande draye », incontestablement d’origine gauloise, est si importante qu’on la voit figurer sur la carte d’état-major; c’est la draye de César; elle vient de Provence en passant par le
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- département du Gard qu’elle dessert, elle aborde la région cévenole au défilé d’Anduze, suit les crêtes des Cévennes en passant par le signal de la Vieille-Morte, le col des Ayres, le col de Jalcerste; à l’Aubaret, elle traverse le Tarn sur un pont ou même à gué, de là passe sur le Finiels à 1 702 mètres, descend dans la vallée du Lot, traverse le mont de Goulet et la plaine de Montbel; ici c’est son point terminus, car on est en plein cœur de la Montagne; c’est elle qui est la draye gévaudanaise. La deuxième grande draye dessert le bas Languedoc, c’est la draye de l’Hérault; elle passe et entre dans le département de la Lozère au col de la Serreyrède, elle traverse le massif de l’Aigoual à 4 500 mètres d’altitude, passe à Cabrillac, de là, gagne le col de Perjuret, traverse, par l’isthme de Perjuret, tout le Causse Méjean et le cagnon du Tarn sur le pont de la Malène, puis tout le Causse de Sauveterre, atteint la vallée du Lot à la Canourgue, passe à Saint-Germain-du-Teil, Salces, le Moutasset et la Faltre, où elle se termine dans les pâturages de l’Aubrac; c’est la draye aubracoise. — Ces deux drailles communiquent entre elles par un branchement qui part de Cabrillac en passant par le col de Salidès, de Marqueirès et par la Can de l’Hospital et rejoint la draille gévaudanaise. Une fois arrivées dans la région des pâturages, ces drayes envoient dans certaines directions des diverticula, qui mènent dans les pâturages où doivent passer l’été ces nombreux troupeaux. — La largeur d’une draye varie beaucoup : 6 mètres quand elle traverse les villages, 30 mètres quand elle traverse les reboisements de l’Etat, 100 mètres et plus sur les plateaux sans cultures. La grande draye a 100 mètres de largeur; toute pelée et tout éraillée, elle semble éviter les villages; elle suit une longue ligne défaite et ne traverse les futures grandes rivières du Lot et du Tarn que là où elles roulent pendant les grandes crues un peu d’eau dans un lit embarrassé de blocailles granitiques. — C’est une triste servitude qu’une draye traversant une propriété : là, le gazon brouté par le mouton met à nu la terre qui s’éraille sous le pied fourchu de l’animal et qui s’écroule au premier orage en ne laissant sur le sol que le schiste dénudé, ou bien une grossière arène granitique. Si les champs et les prés ne sont pas clos du côté de la draye par des murs en pierres sèches ou par des haies, toutes les récoltes sont ravagées par ces troupeaux, car les bergers négligents ou peu consciencieux ne prennent que peu de peine à faire respecter par leurs moutons le bien d’autrui.
- Maintenant, depuis quelques années, c’est surtout du bas Languedoc que montent les troupeaux de transhumance; ils fuient l’été, saison longue et chaude et si redoutable pour eux, et de plus, comme toute végétation cesse de vivre sur le sol languedocien desséché par la chaleur, pareils aux peuples pasteurs du désert les bergers doivent chercher de nouveaux pâturages dans la Montagne. C’est au nord de la région des Cévennes, sur toute la Lozère, la Margeride et l’Aubrac que les maîtres bergers conduisent leurs troupeaux, qui y trouveront une nour-
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- riture abondante et un climat moins meurtrier. Pour ces animaux commence un régime nouveau : plus de bergeries, car ils vivent parqués la nuit sur les pâturages de la montagne, sous la surveillance du berger et d’énormes chiens, tandis que le jour ils paissent les verts pâturages.
- Cette transhumance expose les troupeaux à des grandes fatigues, et de plus elle oblige le propriétaire du troupeau à un surcroît de dépenses s’élevant de 1 fr. 25 à 1 fr. 50 par bête, sans compter les frais de nourriture du berger pendant toute la saison d’estivage ; 1 fr. 25 à 1 fr. 50 est donné au berger par mouton
- ramené à l’automne; le berger a à sa charge la location du pâturage, qui s’élève à 1 franc par tête.
- Le départ du troupeau pour la Montagne est fixé de manière à éviter qu’il ne soit a'en route le 8 juin, jour redouté pour les fréquents orages, qui éclatent d’habitude à cette époque, car le voyage à ce moment l’exposerait à ces intempéries si redoutées dans ces régions. Peu avant le départ, on a eu soin de tondre tout le troupeau, sauf toutefois les agneaux nés au printemps ou en hiver, qui peuvent faire le voyage. Celte tonte, tout à fait nécessaire, expose les moutons aux variations atmosphériques, et il s’est vu des cas où l’on avait envoyé les troupeaux vers le 28 mai sur l’Aubrac et la Margeride, des tempêtes de neige ont
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- éclaté, et les troupeaux ont été décimés ; on a cité l’exemple d’un troupeau qui a été réduit au quart de son effectif.
- La marche d’un troupeau transhumant se fait toujours pendant la journée, de l’aurore au coucher du soleil. Dans leur marche vers la Montagne, les bergers évitent toujours les gros villages; d’ailleurs, ils ont toujours le même itinéraire et suivent toujours les mêmes drayes, car ils sont et restent toujours bergers de transhumance, et cela de père en fils. Un troupeau vient-il à traverser une ville, un itinéraire lui est imposé, il ne doit jamais passer dans les rues macadamisées, car le pied du mouton abîme et détériore rapidement la chaussée, aussi l’oblige-t-on à passer dans les rues pavées. Le troupeau ne peut jamais passer sur une route nationale, sauf quand cette dernière a pris la place d’une draye; il en est de même des routes forestières, où le malheureux berger qui s’y aventure est sur d’avoir une forte amende.
- Les étapes sont préparées à l’avance; et, là où le troupeau doit passer une nuit, on lui prépare des parcs dans des champs nouvellement labourés et situés dans le voisinage des habitations. Le long des claies du parc, sont disposés des râteliers où l’on a mis du foin destiné à compléter la nourriture bien maigre que le mouton a ramassée le long de la route.
- A l’étape, les bergers ont un lit, tandis que le troupeau, pendant la nuit, est surveillé par les gens de la ferme où il s’est arrêté. Le foin donné aux moutons pendant la nuit est payé par le chef berger, et le fumier produit par le troupeau rémunère largement le propriétaire du champ qui a eu la peine d’installer le parc : cette nuit de fumure par le parc est ce qu’on appelle dans le pays « la fumature », sorte de servitude que recherchent, avec raison, les paysans dont les champs se trouvent près d’une draye.
- Un troupeau de transhumance se compose de 4 000 à 8 000 bêtes, appartenant à un même propriétaire ou à plusieurs, et il y a quelquefois jusqu’à quarante propriétaires qui ont confié leurs bêtes à un chef berger.
- L’absence dure jusque vers le 20 ou 30 octobre; et, quand le froid se fait trop sentir à ces hautes altitudes, le berger reprend la route qu’il a suivie au mois de juin; alors recommencent ces défilés de troupeaux sur les drayes. Quand un paysan lozérien, à l’automne, entend passer un troupeau de transhumance, grâce au son des clochettes que chaque animal porte au cou, il dit : « La draye chante, le froid n’est pas loin. » C’est en effet le froid qui chasse les moutons de la Montagne ; ceux-ci vont alors se réfugier dans le bas Languedoc, où les pluies de septembre et d’octobre ont produit un deuxième printemps après cette longue saison brûlante qui est l’été du midi de la France.
- Doit-elle être rejetée ou conservée, cette transhumance des moutons du Languedoc, si détestée par les forestiers trop amis des arbres, et contre laquelle on a tant crié à tort ou à raison? — Quant à nous, agriculteur progressiste, nous
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- sommes de l’avis de notre maître M. Sanson, et comme lui, après avoir vu les conditions actuelles, nous soutenons qu’elle doit être conservée, et le sera tant qu’il y aura des propriétaires et des communes qui loueront leurs pâturages aux bergers de transhumance.
- Elle doit être conservée :
- 1° Parce qu’elle permet de mettre en valeur des terrains qui, sans cela, et même avec la forêt, ne rapporteraient pas assez;
- 2° Parce que les paysans de ces régions granitiques et micaschisteuses ne pourraient pas avoir des moutons toute l’année faute de foin pour les nourrir pendant l’hiver et de capitaux nécessaires à leur achat. Nous devons considérer le pays où pâturent les moutons de transhumance : sur la Margeride et la Lozère, ce sont des pâturages, des terrains granitiques situés à une altitude assez élevée de 4 300 à 1 700 mètres, et où, à la transhumance, ne pourrait pas être substitué l’élevage des bovidés à plus de 1 300 mètres, substitution qui ne serait possible qu’avec des ressources fourragères pour l’hiver plus grandes qu’on n’en a dans ces pays; aussi la transhumance à l’heure actuelle doit être conservée partout où il existe des terrains granitiques et dans toutes les parties où les pâturages ne sont pas accessibles aux vaches. Sur les contreforts des Cévennes, la transhumance doit être conservée parce que l’élevage des bêtes à cornes n’est pas possible à cause des pâturages trop maigres dont seuls les moutons peuvent profiter. Dans le massif de l’Aigoual, sur les parties granitiques, s’étendent de vastes pâturages très bons pour les bovidés, mais que l’administration forestière a reboisés à tort, et c’est dans ces grands pâturages qu’estivaient autrefois de nombreux troupeaux de transhumance.
- On pourrait dire aux paysans lozériens de ne pas louer leurs pâturages aux bergers de transhumance, et qu’ils pourraient, s’ils ne peuvent pas nourrir des moutons en hiver, les acheter au printemps pour les revendre à l’automne : à cela, les paysans répondent qu’ils n’ont pas les capitaux nécessaires pour effectuer cette spéculation, et que, d’ailleurs, la somme exposée est trop considérable pour eux, qu’ils peuvent ne pas gagner grand’chose, car au printemps les moutons seraient hors de prix, et, si l’été est sec, ils revendraient les bêtes à l’automne avec de grosses pertes.
- Supprimons, avec les forestiers, la transhumance, pour la remplacer par le reboisement : dans les conditions actuelles, c’est chasser du pays une population pauvre et nombreuse, empêcher dans tout le Languedoc l’hivernage des moutons dont on ne saurait que faire pendant l’été. D’ailleurs le bois, après un certain nombre d’années, ne donnerait pas un revenu annuel supérieur brut à 2 fr. 50 à l’hectare, d’après de très justes calculs faits sans supposer une industrie dans un pays, où il n’y aurait plus d’habitants, tandis que la transhumance donne, dans les plus mauvaises conditions, un revenu net de 6 francs à l’hectare. Les forestier
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- n’ont pas à se plaindre, car la transhumance tend à disparaître devant les progrès effectués en agriculture résultant de l’exploitation des pâturages par l’élevage des bovidés et des ovidés du pays; aussi, le nombre des moutons de transhumance a singulièrement diminué depuis quelques années. Tandis qu’en 1850 le Languedoc envoyait 500 000 bêtes, maintenant il n’y en a plus, en 1894, que 200 000.
- C’est en nous appuyant sur ces considérations que nous soutenons, qu’à l’heure actuelle, la transhumance est « un mal nécessaire » pour le département de la Lozère, tant que l’on n’aura pas su exploiter les pâturages d’une façon plus avantageuse que par l’élevage du mouton.
- Nous avons signalé, avec la transhumance dans les terres micaschisteuses de l’Aigoual, l’exportation du migou hors du département; dans la Montagne, il n’en est plus de même. Dans le Gévaudan, le migou reste là où le troupeau a parqué en plein pâturage. Dans la région du mont Lozère, où séjournent les troupeaux de transhumance, beaucoup de terres arables sont fumées par le parcage. Ici, il ne peut y avoir exportation du migou au profit des vignobles du bas Languedoc, car les voies de communication font absolument défaut dans les landes du mont Lozère; mais le berger qui garde le troupeau lui fait faire de longs trajets pour l’amener dans la zone cultivée à 1 300 mètres d’altitude, où les habitants des hameaux lui offrent l’hospitalité et la nourriture du soir pour sa peine, et ils ont ainsi, pour les champs, une fumure parle parcage qui ne leur est pas trop coûteuse. Le parcage ainsi entendu est une bonne chose, car il fournit une forte fumure aux sols siliceux formés par les arènes et, en même temps, il permet de tasser ces sols en faisant office d’un plombage. Ici, nous avons encore l’appauvrissement des landes des hautes altitudes au profit des champs cultivés de la zone limite de la culture des céréales ; mais ici il est moindre, attendu qu’il n’y a qu’expor-tation de principes fertilisants qui peuvent profiter au pays granitique et non aux départements viticoles voisins, comme cela se pratique dans la partie sud du département. En somme, ici, nous avons, pour fumer et fertiliser un petit nombre d’hectares de bonnes terres, les principes fertilisants soustraits à un très grand nombre d’hectares de landes pâturées par les moutons.
- Valeur des landes. — Les pâturages froids de la Margeride, ainsi que les landes qui nourrissent les moutons de transhumance, valent de 50 à 200 francs l’hectare, suivant l’altitude et la valeur de leurs herbes. Certains pâturages sont loués aux bergers des troupeaux de transhumance à des prix assez élevés, c’est ainsi qu’un pâturage de 1 500 hectares, acheté 200 000 francs, sert à nourrir 15 000 à 20000 moutons pendant la belle saison, ce qui fait 133 francs l’hectare comme valeur vénale; les bergers l’ont loué à raison de 1 franc par mouton pour toute la belle saison ce qui donne un revenu minimum brut de 15 000 francs c’est-à-dire 7 fr. 50 p. 100, d’où à déduire les impositions qui peuvent s’élever au maximum à 15 p. 100 du revenubrut, ce qui fait net6 fr. 20 p. 100 ; c’est un revenu
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- bien supérieur à ce que pourrait donner un reboisement dans de pareilles terres.
- Industries pastorales. — Toute la Margeride est couverte de vastes pâturages et de prairies à une altitude moyenne de 1 300 mètres; aussi l’agriculture y est-elle essentiellement pastorale. On ne rencontre que de grands troupeaux de bêtes à cornes qui pâturent dans ces prairies ou pâturages; ils y passent l’été et vivent au grand air jour et nuit sous la garde de nombreux vachers qui, le soir, les ramènent dans des parcs pour y passer la nuit. Là on fait surtout de l’élevage; les jeunes taureaux d’un an sont vendus à la fin de la saison d’estivage et sont achetés par des petits cultivateurs des pays calcaires et des régions granitiques
- Fig. 15. — Un pâturage aux Combes.
- qui les élèvent en les habituant au joug, tout en leur faisant labourer leurs champs. Le lait des vaches qui ont cessé d’allaiter les jeunes sert à faire des fromages connus sous le nom de « fourme », qui sont expédiés au loin et consommés dans les villes du midi de la France. La fabrication de ces fromages se fait dans les fermes voisines des pâturages et plus rarement dans les burons.
- Si les villages sont rares dans cette région, un surtout a une grande importance dans l’économie rurale de la région, c’est le village de Châteauneuf-de-Randon, où se tiennent toute l’année de grandes foires (fig. 16), une tous les mois, et c’est là que se font pour ainsi dire toutes les affaires de la région, c’est-à-dire la vente des produits d’élevage et des fromages.
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- Dans la région de la Margeride, les domaines ont une grande étendue, ceux de 300 hectares ne sont pas rares.
- Défrichement de la lande. — Nous pouvons citer un domaine de 300 hectares de pâturages et prairies pour les bêtes à cornes, dont le nombre s’élève à soixante vaches, cinq taureaux et en plus une quarantaine de jeunes bêtes d’un an. Dans ce domaine, tandis que les prairies ne sont pâturées qu’après la coupe du foin, les pâturages portent le bétail dès que la température le permet, vers la fin
- Fig. 16. — Foire aux bœufs dans la Montagne.
- de mai. Le bétail couche la nuit en plein air dans des parcs; le jour, il pâture sous la surveillance des vachers. Le principal produit de ce troupeau est la vente des vaches de 6 ans, des jeunes taureaux de 1 an à 15 mois et la fabrication du fromage « la fourme ». Le propriétaire de ce domaine tend à augmenter de plus en plus la surface des prairies fauchables aux dépens des pâturages de la lande; aussi, a-t-il un procédé de défrichement tout spécial, que l’on ne rencontre pas souvent. Le problème qu’il s’est posé est celui-ci : transformer la lande couverte de bruyères et de genêts en une prairie fauchable, capable de donner une bonne coupe de foin tout en réduisant au minimum les frais qu’occasionnerait cette transformation.
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- Il Ta résolu en effectuant sur la lande un certain nombre d’opérations : la première consiste à supprimer les blocs de granité qui émaillent la lande ; les petits blocs sont enlevés tandis que les gros sont pulvérisés à la dynamite, et les morceaux servent à faire des murs de clôture pour la future prairie ; la deuxième opération consiste à couper ou à arracher les bruyères, genêts et autres plantes ligneuses; c’est laque se terminent toutes opérations nécessitant des frais.
- Après ces deux sortes d’opérations, le propriétaire fait parquer sur son hectare de landes ses soixante-cinq grosses bêtes et les quarante bouvillons pendant vingt nuits d’environ douze heures. La conséquence de ce parcage est une fumure azotée abondante, qui occasionne la mort des racines de bruyères et des jeunes genêts qui ont échappé à l’arrachage, mort occasionnée par l’urine et la bouse qui les ont brûlées. Au printemps suivant, l’herbe pousse très drue, et, à la fin de juillet, le foin a atteint une hauteur de près de 1 mètre ; mais il est très abondant, d’assez bonne qualité, quoique ne se composant presque uniquement que de graminées qui ont pris le dessus sur les rares légumineuses de ces terres granitiques ; c’est en effet la conséquence d’une fumure azotée aussi copieuse que peuvent la donner ces vingt nuits de parcage. — Dans ce domaine, la superficie des prairies fau-chables augmente chaque année aux dépens de la lande granitique d’environ 10 hectares; aussi, le propriétaire sera-t-il obligé de construire de nouvelles granges pour contenir la récolte de foin qui va toutes les années en augmentant, et, dans une dizaine d’années, espère-t-il pouvoir hiverner de 120 à 150 bêtes. Dans cette ferme, le fumier produit pendant la stabulation de l’hiver sert à fertiliser les champs de seigle et de pommes de terre situés près de la ferme, dans les vallons abrités; la paille de 'seigle est employée comme litière avec les fougères et les bruyères que l’on a arrachées au courant du défrichement de la lande et l’excédent de fumier sert à fertiliser les prairies de bonne qualité situées non loin de la ferme. En somme, si nous considérons cette ferme, où le bétail paît sur les pâturages et les prairies une partie de l’année, nous voyons quhl ramène chaque année, sur 10 hectares de futures prairies, les principes fertilisants enlevés à 300 hectares. Calculons la quantité de matières fertilisantes apportées par cette fumure : on voit qu’une vache produit en douze heures 18 kilogrammes de déjections, dont la composition pour 100 est :
- Az............................................0,38
- P2 O5...........................................0,055
- KOH...........................................0,75
- Nous pouvons admettre que les quarante jeunes bêtes produisent autant de déjections que vingt vaches ; on a alors quatre-vingt-cinq grosses bêtes qui
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- produiront, pendant vingt nuits de douze heures de parcage, 17 280 kilogrammes de déjections qui renfermeront :
- Az organique.............................65 kilogr.
- P2 O3....................................9k&,5
- K OH..................................... 130 kilogr.
- En comparant ces chiffres avec les analyses de Wolf, on voit que cette fumure apporte, à poids égal, moins d’azote, d’acide phosphorique, mais plus de potasse que le même poids de fumier de vache fait à la ferme. Nous ne devons pas nous étonner de trouver si peu d’azote, car celui-ci est retenu par l’organisme; l’acide phosphorique est en faible quantité quoique le sol de la Margeride soit relativement plus riche en P205 que celui des autres terres granitiques de la France ; quant à la potasse non absorbée par l’organisme, elle est rejetée et rendue au sol granitique qui est lui-même très riche en cette matière. — Cette accumulation de matières fertilisantes sur 1 hectare est tout à fait momentanée, et, l’année
- suivante, ce seront 10 autres hectares qui enlèveront les ou des matières
- fertilisantes cédées par le sol de la prairie aux plantes. Dans cette ferme, il y a donc exportation continue d’azote et d’acide phosphorique, qui n’est pas compensée par l’emploi d’engrais chimiques phosphatés ou azotés.
- D’autres propriétaires ont imité ce mode de défrichement de la lande, mais ils ont dû, suivant les endroits, pratiquer au préalable le drainage des parties tourbeuses de la lande, « des moulières », drainage très primitif, fait avec des coulisses en pierres, ce qui a aidé jusqu’à un certain point le défrichement de la lande. Ce mode de défrichement est à préconiser parce que seul il est très économique et permet de mettre en valeur des terres très pauvres qui, sans cela, resteraient toujours lande; mais il y aurait lieu, tout eu préconisant ce mode de défrichement, d’ajouter à la fumure par le parcage des phosphates que l’on répandrait avant l’hiver sous la forme de scories, ce qui permettrait, tout en apportant au sol de l’acide phosphorique, de lui fournir de la chaux.
- Prairies. — Les contreforts du mont Lozère et les plateaux du Gévaudan, qui sont à une altitude moindre que 1 300 mètres, semblent être les régions par excellence de l’élevage des bovidés qui profitent mieux des herbes fines et de bonne qualité que ne le font les moutons.
- Examinons un vallon dans les terrains granitiques du mont Lozère; le fond de ces larges vallons est occupé par des pâturages ou des prairies. La partie la plus basse fournit le foin nécessaire à la nourriture des jeunes bêles de l’année, assez abondant, mais qui n’est généralement pas de bonne qualité, car ces bas-fonds sont presque toujours humides et tourbeux. La partie comprise entre la prairie et les champs de seigle est un pâturage où les vaches et les Tome IV. — 98e année. 5e série. — Février 1899. 19
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- jeunes trouvent leur nourriture, depuis que le « déprimage » a cessé dans la partie basse jusqu’à la coupe des foins; ici, les herbes sont de bien meilleure qualité, et elles sont pacagées tant que la température le permet. Généralement, la partie pacagée toute l’année est la véritable lande granitique encombrée de blocs de granité qui émergent au milieu du tapis de gazon ici privé de genêts, car le Louzerot l’en a débarrassé pour les employer au chauffage de son four. — Les prairies saines des vallons, à une altitude de moins de 1 000 mètres, donnent un foin très fin, mais pas trop abondant à cause de ce que les paysans appellent le « déprimage ».
- Au printemps (à la primo), ils n’ont plus de foin pour nourrir leurs bêtes à l’étable, aussi les envoient-ils dans les prairies dès que l’herbe pousse, et cela dure jusque vers le 15 mai, époque à laquelle on retire les bestiaux des prés pour laisser pousser l’herbe qui donnera le foin. Pur cette détestable habitude, on diminue le rendement en foin de plus d’un quart, et ce quart pourrait servir à faire cesser tout déprimage l’année suivante. — Gomme on fauche généralement les foins assez tard, la récolte du regain n’est pas très abondante.
- La qualité des prairies granitiques varie avec l’altitude et les eaux d’irrigation. Entre 700 et 1 000 mètres, on trouve les meilleures prairies; leur valeur dépend de la nature des eaux qui servent à les irriguer et par suite aussi de la flore. De 1 000 mètres à 1 300 mètres, les graminées prédominent dans la composition de l’herbe ; aussi le foin en est-il grossier, et comme ces prairies ne sont pas suffisamment arrosées en été, elles ne peuvent donner qu’une récolte de foin, de sorte qu’elles sont, après la récolte du foin, livrées aux bêtes à cornes qui les pâturent ; c’est aussi à partir de cette zone que se fait l’élevage.
- Les prairies des terrains granitiques sont généralement irriguées, sauf dans les parties élevées où le paysan Louzerot n’a pu amener l’eau. Les eaux servant à l’irrigation sont celles qui proviennent des sources sortant à flanc de coteau; ce sont des eaux de terres granitiques pauvres en éléments fertilisants, mais généralement potassiques, très pures et très limpides, aussi peuvent-elles être employées à l’irrigation des prairies. Il n’en est pas de même de celles qui sortent des tourbières ou moulières, car ces eaux sont généralement de mauvaise qualité et de couleur roussâtre, elles ont perdu l’alcalinité propre aux eaux des terrains granitiques pour devenir acides, peu aérées; elles sont chargées d’acide carbonique, de matières humiques en demi-suspension, de tannin et de sels de protoxyde de fer; aussi, avant d’être employées, doivent-elles être battues par un certain parcours à l’air ou bien aérées par l’emmagasinage dans des bassins «gourgs». — Les eaux des ruisseaux sont généralement assez chaudes, et comme elles sont de bonne qualité, on peut les employer immédiatement, ou bien les réunir dans des gourgs, ce qui permet de pouvoir les employer à l’irri-
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- ÉTUDE GÉOLOGIQUE ET AGRICOLE DES TERRAINS DE LA LOZÈRE. 283 galion d’une surface plus grande que n’aurait permis d'arroser d’une façon con-
- Fig. 18. — Ruisseau des Combes servant à irriguer les prairies.
- tinue l’eau du ruisseau. — Toutes ces eaux trop pures ne contiennent que très peu de matières fertilisantes; aussi, les foins qu’elles font pousser sont-ils peu
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- nutritifs et ne peuvent convenir qu’à l’élevage et non à l’engraissement des bovidés.
- A une même altitude, au pied du mont Lozère, on observe une grande variété dans la qualité des prairies qui reposent sur le granité; tandis qu’une prairie arrosée par les eaux d’un ruisseau donne un foin grossier, une autre, à peu de distance, produit du foin de première qualité, et pourtant cette deuxième prairie est dans les mêmes conditions de sol, de pente, arrosée par des eaux qui sortent du granité. Cette différence de qualité de prairie doit tenir uniquement à la nature des eaux qui toutes deux sortent du granité. L’étude chimique de la composition de la roche, ainsique sa structure, permettent d’expliquer cette particularité ; la première eau vient de sources situées sur des terrains granitiques dont la roche est grenue tandis que l’autre venait de la partie granitique du mont Lozère, dont le granité est porphyroïde, plus facilement décomposable, se laisse décomposer plus rapidement et cède aux eaux une plus grande quantité de principes fertilisants, sels de potasse, de chaux et de phosphore.
- Les eaux des gourgs vont irriguer une surface de prairie en proportion avec leur capacité; tantôt le gourg n’est autre qu’un simple bassin creusé dans la terre et dont les parois et le fond ont été rendus imperméables par de la terre argileuse battue, tantôt c’est un grand bassin creusé en partie dans le roc, une bonde en châtaignier permet l’écoulement de l’eau. L’eau, à sa sortie du bassin, est dirigée vers des rigoles toutes étagées les unes au-dessus des autres, suivant des lignes de niveau à des distances de 5 à 30 mètres, variant avec la nature du sous-sol et avec la pente.
- La pente des rigoles, tracée à vue d’œil, est généralement ménagée de façon à arroser le plus de terrain possible : très forte près de la prise, elle devient nulle à l’extrémité de la prairie; aussi, est-ce à ces endroits que la prairie devient généralement humide et même tourbeuse si le sous-sol granitique est voisin de la surface.
- Les prairies ne sont jamais arrosées en hiver, et ce n’est qu’au printemps qu’on met l’eau au pré; quinze jours avant la coupe du foin, on cesse d’arroser, et, un mois après la coupe, on recommence les irrigations; c’est un tort, et quoique le paysan ait voulu laisser dessécher la prairie, de façon à donner l’avance aux légumineuses qui prédominent sur les graminées, en fin juillet la prairie sera roussie par le soleil, et ce n’est qu’alors qu’on remettra l’eau. Cette pratique est détestable, car, à la fin de juillet, la sécheresse a tari les sources et les ruisseaux, et, de plus, le gazon met un certain temps avant de renaître; la récolte est donc diminuée d’un mois de végétation.
- Dans le pays, le but de l’irrigation est de donner de l’humidité à la prairie ; aussi, le paysan lozerot n’a pas la moindre idée que l’eau puisse jouer un autre rôle, comme celui d’apporter des matières fertilisantes, sels minéraux solubles et gaz qui favorisent l’aération du sol.
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- La prairie est généralement peu soignée; presque jamais elle n’est fumée, elle est seulement épierrée; on cure tous les printemps les fossés, et les eurures servent à couvrir les parties où la roche affleure au niveau du sol.
- Les rendements en foins des prairies granitiques sont très variables, depuis i 500 kilogrammes jusqu’à 5 000 kilogrammes à l’hectare, rendements qui dépendent de l’altitude, de l’exposition, de la plus ou moins abondante irrigation, des soins ou des fumures. La valeur de la prairie est variable : elle vaut, de 2000francs l’hectare près des lieux habités, jusqu’à 5000 francs, et le revenu varie de 60 à 180 francs.
- Cultures. — Dans les pays granitiques de ce département, nous retrouvons tous les systèmes de culture que le comte de Gasparin a classés et que l’on voit suivre ici, car, dans ces pays pauvres, le paysan a cherché à cultiver les céréales nécessaires pour sa nourriture et celle de ses animaux ; aussi, vu la nature du terrain, c’est la culture extensive qui règne dans ces pays; c’est en effet la seule qui ait sa raison d’être à cause de la nature du sol. Le système celtique s’y rencontre sous toutes ses formes : c’est l’écobuage, et la culture à assolement avec ginestières temporaires, la jachère biennale, la culture à assolement de longue durée et jachère arborescente, c’est la jachère forestière.
- Le système hétérositique est celui qui est le plus employé actuellement, vers lequel doit tendre l’agriculture.
- La pratique de l’écobuage s’est encore conservée dans la région granitique des monts Lozère, delaMargerideet del’Aigoual; le gazon très épais qui recouvre naturellement cette formation géologique est découpé vers le mois de juillet en tranches de 0m,25 de large sur 0m,50 de longueur et 0m,08 à 0m,10 d’épaisseur à la bêche coupante, puis la tranche est dressée et courbée de façon à former un demi-cylindre. Le soleil d’été dessèche les herbes et leurs racines, et, vers la fin de septembre, ces tranches sont mises en meules et, allumées à l’aide d’un petit fagot de genêt; ces tranches brûlent assez facilement, et à peine le feu est-il éteint, qu’on en répand les cendres qu’un seul labour enterre avec la semence de seigle. Cette opération a rendu le sol granitique riche en humus un peu alcalin, la nitrification y devient par suite plus active ; il y a eu tout à coup solubilisation des éléments fertilisants : Ca0,P203,K0H, que la plante de la lande avait su chercher dans le sous-sol et avait mobilisés en les faisant entrer dans des combinaisons organiques, ce qui est d’ailleurs une bonne chose pour les récoltes qui vont venir. Le Louzerot obtient ainsi quatre à cinq récoltes de pommes de terre, seigle ou sarrasin; puis, comme il ne fournit pas ou très peu de fumier au sol, ce dernier est vite épuisé; aussi, cette terre est elle abandonnée à la végétation spontanée qui ne tarde pas à s’en emparer. Il va ensuite écobuer une autre partie de la lande et ne reviendra à la même place qu’au bout d’un nombre d’année telles que toutes ses terres auront été écobuées successivement.
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- Ce mode de mise en culture des terrains granitiques n’existe que là où les champs sont trop éloignés de la ferme et où les transports de fumier de ferme seraient trop onéreux par suite de l’éloignement de ces champs et du défaut de viabilité des chemins d’exploitation. Ce système de culture celtique ne se comprend plus à l’heure actuelle, maintenant que le prix des céréales est très bas et que la viande tend à augmenter de prix. Mais, puisque la culture des céréales n’est plus rémunératrice pour le paysan lozérien, que faire de ces champs et que peut-on conseiller de cultiver? Nous ne pensons pas que le bois rapporte plus que toute autre culture ; l’extension des pâturages pour l’élevage des bovidés est à désirer, surtout si on peut les arroser; l’engraissement du mouton dans la lande sèche est à préconiser, car l’herbe est fine sous les genêts ; l’industrie pastorale doit remplacer la culture des céréales, qui n’est que faiblement rémunératrice.
- Du côté du versant sud du mont Lozère, à 1200 mètres d’altitude, là où le bois est peu abondant ou manque même, on a l’habitude de cultiver les champs pendant quatre ou cinq ans, puis de laisser le sol en jachère pendant six ans; les genêts envahissent le champ en jachère et ceux-ci, tous les deux ans, sont arrachés pour servir au chauffage du four tandis que les racines en terre émettent des rejetons qui régénèrent cette gineslière temporaire. On a ainsi son pâturage annuel et une récolte .de combustible tous les deux ans, qui peut être estimée à deux à trois chars de genêt à raison de 10 francs le char. Après cette jachère de six ans, quatre à cinq récoltes sont prises au sol, récoltes dont le rendement est plus élevé que celle des terrains non soumis à ce système de culture. Entre deux récoltes, la rave est semée comme culture dérobée, et cette plante sert à nourrir les porcs pendant l’hiver.
- Ce mode de culture a sa raison d’être dans un pays entièrement déboisé, comme l’est le versant sud du montLozère, où le paysan est obligé d’aller acheter au loin le bois nécessaire pour son chauffage d’hiver, et, déplus, il trouve avantageux d’avoir une récolte d’environ 80 à 100 cartes (16 à 20 hectolitres) de seigle qui servira à sa nourriture et avec la rave à l’engraissement de ses porcs.
- Dans le bas Gévaudan, dont l’altitude varie de 900 à 1000 mètres, pays à la fois agricole et forestier, on retrouve une pratique absolument caractéristique de ce pays, c’est un assolement celtique. Il consiste à tirer d’un champ deux ou trois récoltes de seigle, une à deux de pommes de terre, puis le sol est abandonné à la jachère, et comme les champs sont pour ainsi dire enclavés dans des bois de pins sylvestres, l’ensemencement naturel se produit par suite de l’apport par le vent de semences ailées; et, malgré un pâturage continu, on a, au bout de quelques années, un beau bois de pins. Après quarante ou cinquante ans de cette jachère forestière, on coupe tout et le bois sert à faire des perches de mine, qui sont d’ailleurs très recherchées, et le sol retourne à la cul-
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- ture; le seigle, la pomme de terre et l’avoine sont cultivés sur cet ancien sol de foret. Ce genre d’assolement tend à disparaître, car le bois ne se vend pas à des prix suffisamment rémunérateurs et, en comptant sur un rendement annue d’un stère de bois à l’hectare, dont le prix sur pied, fixé par l’acheteur, est de 1 fr. 10 à 1 fr. 25 le stère, on trouve un rendement brut annuel correspondant à l’hectare qui est dérisoire ; aussi, malgré la baisse du prix du blé en ces dernières années, la culture de la pomme de terre, alternant avec le seigle ou l’avoine, a-t-elle remplacé avantageusement cet assolement demi-forestier.
- Les défrichements de ces bois augmentent de plus en plus, et malgré que l’époque de l’âge ne soit pas atteinte, le Montagnard abat tout le bois pour Je vendre ou le consommer à la ferme. Ce mode de culture donne au pays un aspect riant et frais qui contraste agréablement avec les pâturages nus du haut Gévau-dan.
- Aux systèmes celtiques de mise en culture Fl£-19-des terrains granitiques fait place presque toujours, dans une même ferme, un autre système de culture, que le comte de Gasparin a nommé système hétérositique. Il consiste à concen-
- Une des parties les moins déboisées du Lozère près de Runes.
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- trer sur une terre arable et sur les terres arables du voisinage de la ferme tous les principes fertilisants que les plantes de la lande ont su extirper au sol; c’est, en somme, l’appauvrissement continu de la lande aux dépens des terres arables proches de la ferme. Ce système de culture est très employé, et l’apport de principes fertilisants dans les champs se fait soit en se servant des plantes de la lande (fougères, genêts, bruyères) comme litière dont le fumier servira à fertiliser les bonnes terres, soit en faisant pâturer les moutons dans la lande, et le fumier produit soit à l’étable, soit au parc, servira à fumer les terres du voisinage. Ailleurs, c’est le parcage des moutons de transhumance qui servira à accumuler les principes fertilisants dans les champs des régions voisines de 1 400 mètres d’altitude. En somme, dans tous les cas, plusieurs hectares de lande serviront, de quelque manière que ce soit, à fertiliser un hectare de bonne terre, qui donnera les récoltes de seigle qui serviront à nourrir le personnel de la ferme.
- Dans la région du mont Lozère et du Gévaudan, on trouve des fermes où tous ces systèmes de culture sont appliqués avec peu de variantes, systèmes qui ne s’excluent pas les uns les autres, car, tous ils n’ont qu’un seul but, rendre possible la culture des céréales de façon à avoir de bons rendements dans les sols granitiques.
- Les terres d’une ferme sont généralement soumises, en dehors des cas vus précédemment, à l’assolement triennal ou biennal avec jachère.
- L’assolement biennal est :
- lre année..............Seigle avec fumure.
- 2e armée...............Jachère nue ou avoine.
- C’est l’assolement des terres éloignées de la ferme.
- Les terres situées à moyenne distance de la ferme sont soumises à l’assolement triennal :
- lre année...........Seigle.
- 2e année............Seigle ou avoine.
- 3e année. ....... Jachère nue ou pommes de terre en orge.
- Les terres du voisinage de la ferme sont les plus riches, car, fumées de longue date par un apport annuel considérable de fumier très pailleux, elles permettent la culture du froment, du trèfle, de la betterave, de la pomme de terre; aussi, dans ces terres, on ne suit pas d’assolement, car elles sont le régulateur des autres; toutes cultures y réussissent et l’orge y donne jusqu’à 18 hectolitres.
- L’avoine occupe d’année en année un plus grand espace de terrain à cause même de sa rusticité; aussi, la voit-on accompagner la limite culturale des céréales; son rendement moyen est de 16 hectolitres.
- La pomme de terre semble partout occuper la place que perdent les céréales,
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- et, partout où on peut la cultiver, le Lozérien le fait, car elle lui permet de remplacer le pain qui manque en hiver et elle engraisse ses porcs.
- La rave est moins cultivée qu’autrefois, cependant elle occupe le terrain entre une céréale d’hiver et de printemps comme culture dérobée.
- Le trèfle rouge est peu cultivé et il n’occupe comme prairie artificielle que les terres du voisinage de la ferme.
- La récolte des céréales se fait à l’aide de la aucille, et le battage est ici le dépiquage, qui se fait toujours avec les bœufs sur une aire pavée en dalles de granit : 8 hectolitres sont ainsi dépiqués dans une journée avec deux paires de bœufs.
- La terre labourable, champ de seigle, a une valeur variant de 1 000 à 400 francs l’hectare, les plus mauvaises valent 300 francs; cette terre peut donner un revenu qui peut être estimé de 15 francs à 60 francs.
- Cultures arbustives. —Toutes les prairies des terrains granitiques sont plantées d’arbres fruitiers; pommiers, poiriers, cerisiers, pruniers et cela tant que l’altitude le rpermet, jusqu’à environ 800 mètres, et même, dans les vallons très abrités, on en trouve jusqu’à 850 à 900 mètres; il faut dire, qu’au delà de 850 mètres, les fruits ne mûrissent pas.
- Le châtaignier vient très bien dans les terres granitiques; il donne des récoltes très abondantes, quoique poussant beaucoup à bois, mais ses fruits sont de moins bonne qualité que ceux venus sur la terre de micaschiste ; cela tient à ce qu’ils sont trop aqueux. Cependant, dans certaines conditions, on a obtenu de très bons fruits dans plusieurs communes du département.
- Dans le canton de Villefort, une région, celle du massif granitique de la Borne, est à l’heure actuelle une des plus riches du département, grâce au travail énergique de ses habitants ; comme la terre venait à manquer le long des flancs de la vallée de la Borne, les habitants ont construit des terrasses; la terre manquant, c’est à dos d’homme et de mulet qu’ils sont allés la chercher, et, là où le châtaignier ne pouvait venir auparavant faute de terre, on l’a planté dans ce sol artificiel, puis, au bout de quatre ans de plantation, on l’a greffé de façon à avoir les meilleures variétés et les plus beaux fruits comme le marron.
- Comme ce sol artificiel a été trop sec, les habitants de la vallée de la Borne se sont syndiqués de façon à aller chercher l’eau au loin pour arroser les châtaigneraies ; des béais ou canaux creusés dans le roc ont de 3 à 5 kilomètres de longueur, et, devant les résultats obtenus, les habitants de la Borne sont allés chercher l’eau à 16 ou 17 kilomètres plus en amont. La population de ce pays est, à l’heure actuelle, une des plus riches du département, et, avec leurs petites châtaigneraies, ils ont, outre les fruits très abondants, vendus à de très bons prix, le foin de luzerne dont est plantée la châtaigneraie, dont ils tirent, avec
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- le chaud soleil du Midi, des récoltes superbes, et outre cela des fruits et des légumes, qu’ils vendent à Villefort, à Langogne et à Alais.
- On voit quels ont été les efforts opiniâtres de ces hommes, qui, d’une vallée aride et rocheuse, en ont fait une des plus riches, si ce n’est pas la plus riche de tout le département et des départements voisins.
- Dans les vallons au pied des monts Lozère, on voit en bordure, le long des champs, des prairies et des routes, un grand nombre de frênes exploités en têtards par émondage trisannuel et effeuillage annuel. La feuille de cet arbre, donnée en vert et mélangée au foin, sert à nourrir les vaches qui restent à l’étable une partie de la journée; c’est un excellent fourrage, qu’elles recherchent, et qui améliore singulièrement le lait produit en quantité et qualité. Le lait est plus gras, le beurre a meilleur goût et le rendement en beurre est plus grand, en outre le beurre fabriqué pendant la belle saison est d’autant plus recherché etplus payé qu’il a le goût de frêne, estimé dans les départements voisins.
- Economie rurale. — La 'propriété. — La terre de Gress est la terre granitique dans tout le département; c’est la terre de la grande propriété, où les fermes de 400 hectares ne sont pas rares surtout après 1 000 mètres d’altitude-On cite des domaines de 1500 hectares d’un seul tenant; mais ce n’est que l’exception, encore ne sont-ils composés que de pâturages ou landes moulières dans la Margeride ou dans la région haute des monts Lozère. Souvent, des fermes de 400 hectares ne comprennent pas plus de 50 hectares de terres labourables, car l’altitude ne permet la culture du seigle et de la pomme de terre que dans les vallons abrités, tout le reste sert au pâturage des bêtes à cornes ou des moutons.
- Mode de location de la terre. — Dans ces régions hautes, c’est le fermage que l’on rencontre souvent; la culture directe n’est, pas rare.
- A partir de 1 200 mètres, la propriété est plus divisée, les fermes de 150 hectares deviennent l’exception, car la proportion des terres arables augmente avec la plus grande densité de la population et, avec elle, la petite propriété réapparaît avec la culture directe. Le fermage est plus rare; mais, quand on le rencontre, il s’applique sur des fermes de 100 hectares. Le métayage est plus commun, car le paysan pauvre n’a plus comme capitaux que ses bras et son travail; aussi préfère-t-il le métayage qui n’engage pas pour lui une grande responsabilité; ici,c’est le métayage où tous les produits se partagent également, le bailleur donne sa terre, un inventaire en cheptel et un inventaire mort composé de semences, foin, paille, fumier de ferme, en convenant d’un bail renouvelable tous les trois ans. Le preneur apporte, avec ses instruments de travail et d’intérieur de ferme, beaucoup de bon vouloir. Au furet à mesure de la vente des produits, l’argent est partagé, ainsi que toutes les récoltes qui entrent dans la ferme.
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- La rémunération du métayer n’est pas bien grande, car il manque de capitaux; aussi, le paysan préfère-t-il ce mode d’exploitation, qui n’engage en rien sa petite fortune personnelle, puisqu’il a comme rémunération de son travail la moitié des bénéfices.
- Les hameaux des environs du mont Lozère, qui possèdent un assez grand nombre de feux, de quatre à douze, ont la jouissance de dépaissance dans les biens communaux appartenant à la commune dont ils dépendent, jouissance réservée aux seuls habitants de ces hameaux ; ces biens communaux ne sont autre que des landes où paissent les moutons et où le petit cultivateur a même cherché à établir de petits champs par l’écobuage de la lande, et, tant que sa récolte est sur pied, l’usage veut que ses terres soient mises en défend jusqu’à ce que toute la récolte soit enlevée; mais après, le troupeau communal a le droit d’entrer dans ses champs. Souvent, à côté de ces landes communales, existent des prairies communales où, toute l’année, paissent les troupeaux de bêtes à cornes gardés par le vacher communal.
- En outre des biens communaux, les hameaux ont aussi des biens indivis, sortes d’étendues de landes et prairies qui appartiennent aux seuls habitants du hameau et qui ont seuls le droit de dépaissance.
- Il y a, à côté des communaux où les hameaux ont seuls le droit de pâture, d’autres biens communaux dont le pâturage est commun à deux, trois et même quatre hameaux.
- Améliorations des terres granitiques. — Les améliorations à faire dans les terres granitiques du département sont au nombre de cinq principales :
- 1° Création de prairies et de pâturages aux dépens des landes;
- 2° Reboisement des parties ébouleuses et abruptes;
- 3° Drainage des prairies humides et tourbeuses ;
- 4° Meilleure utilisation des eaux pour l’irrigation des prairies;
- 5° Apport d’amendements.
- Quand les arènes granitiques argilo-sableuses sont cultivées et se trouvent sur les fortes pentes, les eaux sauvages ont une tendance à les raviner en emportant toujours les parties sableuses les plus fines ainsi que le kaolin. Il résulte de là des dénudations des pieds de seigle ou d’autres céréales, ce qui leur porte un grand tort. Quand on a des arènes granitiques en pente, le mieux est de les laisser s’enherber naturellement, les genêts les envahissent et un gazon fin peut pousser au pied de ccs arbrisseaux, que sa finesse fera rechercher par les moutons ; ce seront d’ailleurs d’excellents pâturages pour ces animaux. Quand on pourra amener l’eau sur les arènes, on devra le faire, on aura ainsi des prairies d’assez bonne qualité.
- Le reboisement est de toute nécessité sur les pentes pierreuses qui s’éboulent sous les pas des moutons. L’essence à employer est le pin sylvestre qui
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- réussit très bien, soit dans les arènes, soit dans les terres pierreuses trop en pente; le mélèze est à recommander, car il peut, quand il est en défend, permettre le pâturage des moutons, les herbes étant très abondantes sous son couvert toujours très clair. Le reboisement aura en outre un autre but : de régulariser le régime des eaux des terrains granitiques. Dans ces seuls cas, le reboisement est une chose nécessaire.
- On devra drainer les prairies tourbeuses et humides, et cela est d’autant plus facile que l’on pourra faire des drains avec les pierres qui abondent dans le voisinage des prairies.
- Fig. 21. — Les reboisements autour de l’Observatoire de l’Aigoual.
- Utilisation des eaux. — On ne devra pas laisser perdre les eaux de drainage; elles serviront avantageusement à irriguer les prairies situées à des niveaux inférieurs. Pour l’arrosage des prairies, il ne faudra pas laisser perdre les eaux qui s’écoulent des champs supérieurs, eaux d’ailleurs très riches en principes fertilisants.
- L’arrosage des prairies nécessite la capture d’un grand nombre de sources dont on pourra employer les eaux en les réunissant dans des bassins; puis, une fois le bassin rempli, on laissera écouler l’eau pas trop rapidement sur la surface engazonnée.
- Etendre la surface consacrée à la prairie aux dépens de la lande, tel est le problème que devrait se poser le paysan lozérien. Si la lande peut être irriguée en amenant l’eau des ruisseaux, le problème est tout résolu ; mais, souvent on ne peut amener l’eau au loin, car le ruisseau ne peut, quand on en a besoin en été, fournir l’eau nécessaire. Dans ce cas, la question est plus complexe; il est diffi-
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- cile, autrement que par l’irrigation et les fumures, de transformer la lande en prairie. Si l’eau n’est pas assez abondante pour transformer la lande en prairie fauchable, voici ce qu’on peut faire : on peut transformer la lande en un bon pâturage en profitant de l’eau des ruisseaux au moment où l’on n’en a pas besoin pour l’irrigation des prairies déjà existantes et aussi au moment des crues; toute l’eau peut ainsi, dans certaines périodes, arroser la lande et, par cette fumure avec l’eau trouble, on aura un très bon pâturage pour les bovidés. Le problème serait de savoir utiliser les eaux et de ne pas laisser perdre une goutte sans que la lande ait été arrosée.
- Amendements. — Les chaulages et marnages sont de toute nécessité dans les terres granitiques ; car, sans chaux, le blé ne vient pas, et le peu de carbonate de chaux contenu dans les granités décomposés a été entraîné au loin par les eaux d’infiltration. Le pouvoir dissolvant de l’eau de pluie et d’infiltration paraît être plus considérable dans les terres granitiques que dans les terres calcaires; on peut en effet citer comme exemple ce qui arrive chaque jour dans ce pays aux archéologues qui fouillent les dolmens de notre département. En terre granitique, ils ne trouvent jamais un seul ossement soit 'd’hommes soit d’animaux, tandis que, sur les Causses calcaires, ils rencontrent des squelettes conservés presque entièrement au pied des dolmens. Il y a plusieurs motifs qui peuvent nous montrer pourquoi les matières calciques disparaissent plutôt dans le granité que dans la terre calcaire. L’eau de pluie qui tombe sur le Causse se sature très vite de carbonate de chaux; son pouvoir dissolvant sur le phosphate des os est sinon nul ou presque nul, c’est une des causes qui expliquent pourquoi on trouve dans les dolmens des Causses des squelettes entiers. Dans les terres granitiques, l’eau et la pluie pénètrent sans être saturés par le carbonate de chaux, il y a attaque de la matière calcique des os et disparition complète, au bout de très peu d’années, de tout débris osseux. Ce phénomène d’attaque de toute matière calcique est encore augmenté par l’acidité naturelle du sol granitique et par un acte physiologique, la nitrification, car les micro-organismes ont besoin, pour saturer l’acide nitrique qu’ils sécrètent, d’une base; aussi, en sol granitique, l’acidité est d’autant plus grande que les acides organiques ne sont pas saturés par une base comme la chaux. La terre granitique, pauvre en chaux, a un impérieux besoin de chaux ; sans elle, pas de saturation de l’acidité du sol, mais il y a une production et accumulation de matières organiques végétales dans le sol, d’où dans certaines circonstances formation de la tourbe. Le chaulage est donc de toute nécessité.
- Chauler, c’est beaucoup demander à nos paysans lozériens, trop amis de la routine, et pourtant c’est de toute nécessité. On peut remplacer la chaux par les argiles et marnes du lias qui apporteront au sol granitique, outre le carbonate de chaux, de l’argile qui changera la couleur et les propriétés physiques des
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- arènes; il y a de plus, dans ces marnes et argiles de l’étage charmouthien, une petite quantité de phosphate de chaux qui n’est pas négligeable; on y trouve aussi du sulfate de chaux.
- Il serait de toute nécessité de phosphater ces terres granitiques pour avoir du blé; les scories de déphosphoration sont excellentes pour cela à cause delà grande quantité de chaux vive qu’elles contiennent et qui pourrait jusqu’à un certain point diminuer l’acidité du sol. Les cultivateurs lozériens ont déjà commencé à employer le phosphate de chaux sous forme de superphosphates et de scories, mais tous préfèrent employer le superphosphate, en disant qu’il donne de plus belles récoltes.
- Comment expliquer ce fait que le superphosphate a donné de meilleurs résultats dans les prairies humides des terres granitiques que les scories? C’est une chose qui peut paraître surprenante, car on peut dire que les superphosphates augmentent plutôt qu’ils ne diminuent l’acidité des terres tourbeuses. On dit que les scories apportent de la chaux qui neutralise l’acidité du sol; c’est vrai, mais que conclure, devant les résultats de l’expérience en grand : que les superphosphates sont toujours préférables, partout et pour toutes les cultures, si ce n’est qu’il y a une question de solubilité et d’apport de matières étrangères? On doit faire attention que les scories n’apportent que la chaux sous forme de chaux libre ou combinée à l’état de silicate et de phosphate; avec les superphosphates, on apporte la chaux sous forme de superphosphate plus soluble et de sulfate; c’est ce sulfate qui doit agir par son soufre et produire les effets remarquables des superphosphates en terres acides. — L’emploi des engrais phosphatés doit se généraliser de plus en plus à cause de leur bon marché.
- On devra apporter aussi la plus grande quantité possible d’engrais organiques, surtout dans les terres arénacées; c’est avec le fumier de ferme que l’on peut faire cela, en augmentant sa masse par d’abondantes litières végétales. Le paysan lozérien se sert généralement de paille comme litière pour le coucher de ses animaux ; toutes les pailles des céréales sont bonnes pour cet usage. Les feuilles de châtaigniers ainsi que les hérissons sont soigneusement ramassés dans toutes les régions où croît cet arbre, elles servent de litières pour tous les animaux. Toutes les autres feuilles sont bonnes pour cet usage, surtout celles de chêne. Les genêts verts ou secs dont on a enlevé les grosses tiges servent de litières pour les moutons et, avec les fougères de la lande, ce sont ces plantes qui fournissent les litières les plus riches donnant les meilleurs fumiers. Le Louzerot a une grande ressource dans la tourbe comme litière; très abondante dans toutes les prairies humides reposant sur les arènes granitiques, elle peut rendre de grands services. Son exploitation est très facile et, séchée, elle donnera une bonne litière ou bien sera portée directement dans les champs où elle servira à faire des composts avec de la chaux. Elle pourrait encore être répandue à la surface du champ
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- ÉTUDE GÉOLOGIQUE ET AGRICOLE DES TERRAINS DE LA LOZÈRE. 295
- après avoir fait au préalable un chaulage; elle servirait ainsi à changer les propriétés physiques des arènes trop sèches.
- Les engrais verts sont peu employés dans ce département ; pourtant, dans certaines circonstances, ils pourraient rendre de grands services. Chez certains cultivateurs, les engrais verts que l’on emploie à la fumure des champs ne sont autres que des branchettes de genêts que des enfants couchent dans le sillon de la charrue.
- Mais ce qu’on entend par engrais verts, c’est-à-dire l’enfouissement d’une plante cultivée pour fumer un champ, ne se pratique presque jamais ; le paysan lozérien ne peut se faire à l’idée de sacrifier comme fumure des plantes qui pourraient servir d’aliments à ses bestiaux; en fait, il a raison; aussi, puisqu’il tient tant à la culture des céréales, il pourrait les employer pour fumer les terres très éloignées de la ferme, là où les transports sont très pénibles et coûteux par suite de la viabilité défectueuse des routes. Il y aurait lieu de recommander comme engrais verts, dans les terres granitiques, les lupins, vesces et pois d’hiver.
- Les populations agricoles de la Montagne. — La Montagne est habitée par les rudes Montagnols ou Gavauds, dont le type est gaulois ; blonds, grands, gros et forts, ils contrastent avec le Caussenard grand, sec et osseux, ou le Cévenol petit, maigre, dont le type est latin. Très têtu et très borné, le Gavaud est réfléchi; il met longtemps à se décider à faire une chose, mais une fois qu’il est au travail il ne connaît plus la fatigue. — Il n’émigre pas pendant l’hiver quand il pourrait aller gagner de bonnes journées en travaillant dans les vignes du Bas Languedoc; il préfère rester chez lui, couché une bonne partie de la journée pendant l’hiver quand la neige bloque sa porte ; il ne se lève que pour manger, et pour ne pas laisser mourir de faim ses bestiaux qui sont à l’étable.
- Il est pauvre et reste pauvre sans chercher à gagner dans un meilleur pays de l’argent qui lui permettrait de passer l’hiver sans trop craindre la misère. Depuis quelques années, le Gavaud louzerot et surtout le jeune a commencé à savoir ce que rapportait le travail pendant l’été dans le Midi ; l’amour du vin a vaincu son apathie et aussi, après la moisson, se décide-t-il à aller vendanger jusque vers le 15 septembre dans les vignes du Bas Languedoc, « pour aller, dit-il, passer un peu de bon temps à boire du bon vin ». C’est ainsi que, depuis le 15 août jusque vers le 15 septembre, certains villages perdent la moitié de leurs habitants qui vont vendanger pendant un mois dans le Bas Languedoc (Hérault ou Gard) ; les Gavauds en reviennent avec une somme rondelette. A cela, il y a un inconvénient, c’est que, à l’heure actuelle, les fièvres paludéennes qu’ils ont contractées dans la zone littorale du Bas Languedoc les abîment avec l’aide des excès de vin; aussi, 4 p. 100 d’entre eux viennent mourir de ces fièvres dans le pays et 10 p. 100 les gardent longtemps, parce qu’ils ne se soignent pas.
- La famille du Montagnol est pour ainsi dire une famille souche ; l’aîné, avant
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- AGRICULTURE.
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- le partage des biens de ses parents, et en plus de sa part, doit toucher le quart de l'héritage; il garde le bien entier, quitte à dédommager frères et sœurs, qui se marient ou se placent comme domestiques dans le pays ou dans le Midi. Souvent un des enfants, s’il est un peu intelligent, est pris parle séminaire, qui en fait un de ces prêtres typiques, que l’on trouve surtout dans ce département; s’il n’est pas assez intelligent on en fait un cher frère. — Le bien de la famille doit rester intact, car le Gavaud tient à avoir son foyer où il garde son père et sa mère quand ils ne peuvent plus travailler; les frères peuvent rester au foyer ou aller travailler ailleurs.
- Cette conservation du patrimoine est peut-être un bien, parce que le petit domaine, partagé entre le grand nombre d’enfants qu’ont les Gavauds, ne pourrait faire vivre sur sa part chaque co-partageant, qui devrait alors chercher au loin son pain; aussi, cet usage du quart, qui date de très longtemps, est-il une bonne chose.
- (/I suivre.)
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- ARTS CHIMIQUES
- nouvelles recherches sur les produits de combustion du gaz d’éclairage, par M. le Dr G-rehant, professeur au Muséum d’Histoire naturelle (1).
- M. A. Carnot, l’éminent président de la Société d’Encouragement, a bien voulu me donner de nouveau la parole pour vous entretenir des recherches que je poursuis sur les applications de la physiologie à l’hygiène; j’ai l’honneur d’adresser à Monsieur le Président, aux Membres du bureau et aux Membres de la Société mes hommages respectueux et mes remerciements.
- Je dois vous parler ce soir du gaz d’éclairage qui provient de la distillation de la houille; tous ou presque tous nous utilisons le gaz qui rend de si grands services pour l’éclairage et pour le chauffage, mais qui présente dans son emploi des dangers qu’une explosion récente, celle du restaurant Champeaux, vient de nous démontrer; on ne se rend pas facilement compte, a priori, de la puissance mécanique capable de tordre les métaux, de renverser des murs, qui résulte d’une explosion de gaz et d’air.
- Une expérience de laboratoire très simple,' que je vais répéter devant vous, donne une idée de la violence de ces mélanges détonants ; je dois vous rassurer tout d’abord, nous avons pris toutes les précautions.
- Dans une cloche pleine d’eau dont la partie fermée est recouverte d’un chapeau de laiton nous introduisons 10 centimètres cubes de gaz et 58cm3,6 d’air, volume d’air qui contient juste assez d’oxygène pour brûler complètement les gaz qui entrent dans la composition fort compliquée du gaz d’éclairage.
- La cloche est immergée dans un bocal plein d’eau, puis fixée par un support convenable (2).
- En faisant rougir par un courantélectrique un fil de platine introduit dans ce mélange rendu homogène par l’agitation, nous obtenons une explosion violente.
- Or si, au lieu de 10 centimètres cubes de gaz, nous supposons, ce qui est bien admissible que, dans une salle, se soit répandu 1 mètre cube de gaz ou 1 000 litres c’est-à-dire cent mille fois plus de gaz que 10 centimètres cubes, si nous admettons en outre que le gaz soit mélangé avec 5m3,8 ou 6 mètres cubes d’air, il est évident qu’aucun obstacle ne pourra résister à l’explosion.
- (1) Communication faite à la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, le 9 décembre 1898.
- (2) Figure 3. Bulletin d’avril 1898, de la Société d’Encouragement.
- Tome IV. — 98e année. 3e série. — Février 1899.
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- Nous devons la découverte du gaz à un ingénieur français Philippe Lebon qui le premier annonça, en 1786, que l’on pouvait obtenir par la distillation du bois ou de la houille un gaz inflammable produisant une belle lumière. Grâce à l’extrême obligeance du savant directeur du Conservatoire des Arts et Métiers, M. le colonel Laussedat, j’ai pu faire photographier une belle statue de marbre qui représente .Philippe Lebon au moment ou ayant chauffé de la houille dans un ballon il vit sortir une flamme éclairante; iM‘. Molteni va projeter la photographie de cette statue qui se trouve dans la grande galerie du Conservatoire, près de la riche collection des appareils de Lavoisier, qui fut aussi grand chimiste que grand physiologiste.
- Rien n’est plus facile que de faire en petit une préparation de gaz d’éclairage ; on a introduit, dans un tube de fer fermé à une extrémité, de la houille à longue flamme concassée en petits fragments; l’ouverture du tube, qui est chauffé au rouge sur une grille à analyses, est fermée par un bouchon de caoutchouc et un tube de verre uni directement à un bec papillon; au bout de quelques instants, on allume ce bec qui brûle avec un éclat moins vif que la flamme du gaz épuré.
- Je me contente ici de faire projeter une figure empruntée au savant professeur M. Troost de l’appareil employé dans l’industrie pour préparer le gaz d’éclairage, vous y voyez le dispositif qui permet l’épuration physique et chimique du gaz.
- Le gaz épuré conserve encore une odeur forte, ce qui est très heureux, car nous découvrons ainsi les moindres fuites de gaz, qu’il ne faut jamais chercher avec une lumière. Dès qu’on s’aperçoit d’une fuite de gaz, on ferme le compteur et on ouvre toutes les fenêtres.
- C’est un faitbien établi : que le gaz en brûlant consomme un volume d’oxygène double de celui de l’acide carbonique produit; ce fait important résulte de la composition même du gaz d’éclairage et des caractères eudiométriques que présentent l’hydrogène et les carbures d’hydrogène qui entrent dans sa composition.
- J’emprunte à l’Agenda du Chimiste les caractères eudiométriques indiqués par l’éminent professeur M. Berthelot et je choisis, dans le traité de chimie du regretté professeur Schutzenberger, un tableau indiquant la composition d’un
- échantillon de gaz épuré : Oxygène Acide carbonique
- consommé. produit.
- Hydrogène 22,8 ))
- Oxyde de carbone . . 6,6 3,3 6,6
- Acide carbonique . . 3,6 )) 3,6
- Formène . . 34,9 69,8 34,9
- Éthylène . 4,1 12,3 8,9
- Butylène 2,3 13,8 9,2
- Total . . » 122 » 62,5
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- RECHERCHES SUR LES PRODUITS DE COMBUSTION DU GAZ D’ÉCLAIRAGE. 299
- 122 centimètres cubes d’oxygène sont nécessaires pour brûler 100 centimètres cubes de gaz, et on obtient 62c,n3,S d’acide carbonique, à.peu près la moitié de 122 qui est 61 ; on voit donc que, dans la combustion complète du gaz d’éclairage, le volume d’oxygène absorbé èst double du volume de l’acide carbonique produit.
- C’est sans doute pour cette raison qu’il est si désagréable et si nuisible de respirer les produits de la combustion du gaz, quand on est placé au-dessus ou auprès de réchauds à gaz où de becs de gaz allumés ; de* l’air chaud pauvre en oxygène est fourni aux poumons; il faut éviter de se placër dans ces mauvaises conditions hygiéniques que certaines personnes ne peuvent pas supporter même pendant quelques instants sans être prises d'étouffements.
- Le gaz, en brûlant dans différents appareils, produit-il de l’oxyde de carbone ? c’est une question qui était encore controversée, et que j’ai définitivement résolue, comme on le verra dans la suite de ce travail.
- Fig. 1. — Dosage par l’eau de baryte de l’acide carbonique contenu dans un sac de caoutchouc.
- Mais avant d’exposer la série de mes recherches expérimentales, il me paraît nécessaire de donner d’abord un résumé des procédés que j’ai employés pour doser l’acide carbonique, l’oxygène et l’oxyde de carbone.
- Dosage de l'acide carbonique. — J’ai toujours dosé ce gaz par l'eau de baryte en utilisant le dispositif que j’ai décrit complètement dans mon ouvrage sur les gaz du sang (1). Dans un tube de verre long de 80 centimètres et ayant 2centimôtresdelarge,jefiltre de l’eaude baryte une première fois, et une seconde fois après agitation avec l’air du tube.
- Je ferme l’ouverture par un bouchon de caoutchouc à deux trous, l’un traversé par un tube de verre recourbé à angle droit, l’autre par un tube tout semblable, uni par un caoutchouc à un long tube de verre qui atteint le fond du tube à baryte placé sur un support qui le maintient peu incliné sur l’horizon, comme le montre la figure 1.
- Un aspirateur composé d’un manchon tubulé fermé par un robinet à trois voies et gradué en dizaines de centimètres cubes et* d’un flacon q-ue l’on fait monter ou descendre avec un treuil (fig. 2), sert à faire passer très lentement,
- (1) Volume de l’Encyclopédie scientifique des aide-mémoire publiée sous la direction de M. Léauté, membre de l’Institut. ,
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- bulle à bulle, le gaz que l'on doit analyser à travers la longue colonne de baryte ; s’il y a très peu d’acide carbonique, il se forme un léger anneau de carbonate à
- l’extrémité du tube; s’il y a une plus
- grande quantité d’acide carbonique, le liquide est troublé dans toute sa hauteur.
- On mesure exactement le volume de gaz qui a pénétré dans le manchon gradué de l’aspirateur en le ramenant à la pression atmosphérique ; on décompose dans le vide de la pompe à mercure le carbonate de baryte par l’acide chlorhydrique pur étendu privé de gaz par l'ébullition, et on reçoit l’acide carbonique dans une cloche pleine de mercure (fig. 3) son volume est mesuré après absorption par la potasse.
- Je suppose que 1500 centimètres cubes de gaz aient traversé la baryte, et que la décomposition du carbonate de baryte ait donné 12 centimètres cubes d’acide
- .12
- carbonique ; j’écris la proportion ^ ^ =
- d’où # = 80. Ainsi, le gaz analysé 80
- 10000
- d’acide carbonique, ou
- 10000 renfermait 80
- — = 26,6 fois plus que l’air atmosphérique pur, qui contient trois dix millièmes d’acide carbonique.
- Dosage de Voxygène. — J’ai renoncé à l’emploi de l’étincelle électrique dans l’analyse eudiométrique; je me sers d’une cloche graduée quelconque et d’un excitateur à fil de platine continu traversant un bouchon de caoutchouc qui ferme exactement la cloche qui a reçu les volumes de gaz et d’hydrogène mesurés et agités avant le passage du courant. Un support spécial, que j’ai fait construire depuis longtemps (1), maintient la cloche et le bouchon, de
- Fig. 2. — Aspirateur gradué servant aussi de gazomètre.
- (1) Figure I. Bulletin d’avril 1898, de la Société d’Encouragement.
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- sorte qu’au moment de l’explosion, l’eudiomètre étant immergé dans l’eau, aucune bulle de gaz ne peut s’échapper.
- Exemple d’analyse :
- 30cm3,3 d’air vicié par la combustion du gaz.
- 46,9 air + hydrogène.
- 33,2 après la détonation.
- 13,7
- le tiers 4,566 représente l’oxygène.
- 30,3 100 ,, nm
- '4,566 ~ x~ oxygene P- 100.
- Dosage de l’oxyde de carbone par mon procédé physiologique. — J’ai souvent décrit ce procédé, qui m’a rendu de grands services et qui m’a permis de recon-
- Fig. 3. — Décomposition du carbonate de baryte par un acide dans le vide; on recueille l’acide carbonique par la manœuvre de la pompe à mercure.
- naître que des mélanges d’air et d’oxyde de carbone renfermant seulement de
- 1,1 .
- Ïqqqq a gooQQ 3e ce gaz peuvent être analysés exactement; il me paraît nécessaire de vous rappeler en deux mots comment j’expérimente. Je prends dans une artère, chez un animal, un premier échantillon de sang; 2b centimètres cubes
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- suffisent; j’extrais les gaz à l’aide de la pompe à mercure en présence de l’acide acétique à 8°; je mesure au grisoumètre la réduction produite par le gaz combustible normal que j’ai découvert dans le sang; je fais respirer ensuite à l’animal, pendant une heure, l’air dans lequel je cherchel’oxyde decarbone, et si un second échantillon de sang donne une réduction grisoumétrique plus grande, en retranchant la première, j’obtiens une différence qui correspond à l’oxyde de carbone fixé par l’hémoglobine. Dans mon grisoumètre, 1 centimètre cube d’oxyde de carbone fournit une réduction égale à 5,4 divisions; il est facile, par une simple proportion, de calculer le volume du gaz combustible qui a été absorbé par 100 centimètres cubes de sang. En se reportant au tableau que j’ai publié dans les Comptes rendus de l’Académie des Sciences (8 novembre 1897) et dans le Bulletin d’avril 1898 de la Société d’Encouragement, on trouve quelle est la proportion d’oxyde de carbone qui était contenue dans l’air analysé.
- Mon procédé est applicable pour tous les mélanges d’air et d’oxyde de carbone 1 1
- compris entre——et——— ; pour des mélanges plus riches en gaz toxique, r 500 60000 or » ^
- 1
- contenant-----par exemple, la mort arrive invariablement chez le chien en vingt
- 100
- ou vingt-deux minutes.
- Dosage chimique de petites quantités d'oxyde de carbone dans l'air; procédé de M. Nicloux. — J’ai eu l’occasion de faire un grand nombre de recherches d’oxyde de carbone par un autre procédé, qui a été appliqué dans mon laboratoire par mon élève et préparateur : M. Nicloux.
- Ce procédé est très sensible et très commode; il m’a permis, chaque fois qu’il a donné un résultat négatif, d’éviter des sacrifices inutiles d’animaux; il repose « ur l’oxydation de l’oxyde de carbone par l’acide iodique anhydre, avec formation d’acide carbonique et d’iode libre, réaction signalée par M. le professeur Ditte(l) dans son mémoire sur l’acide iodique et les iodates, etappliquée par MM. de la Harpe et Reverdin (2) à la recherche qualitative de traces d'oxyde de carbone dans l’air; ces auteurs ont caractérisé l’iode par l’empois d’amidon.
- Rabourdin (3) a mis en liberté l’iode de l’iodure de potassium par l’acide sulfurique nitreux ; il a dissous l’iode dans 5 centimètres cubes de chloroforme ou de sulfure de carbone et a comparé la teinte rose ainsi obtenue à celle qui est fournie dans les mêmes conditions par une quantité connue d’une solution titrée d’iodure de potassium.
- Mon savant collègue et ami le professeur A. Gautier s’est servi le premier de
- (1) Ditte. Propriétés de l’acide iodique (Bulletin Soc. Chim., t. I, p. 318; 1870).
- (2) De la Harpe et Reverdin. Recherche de l’oxyde de carbone dans l’air (Bulletin Soc. Chim., 3e série, t. I, p. 103; 1889).
- (3) Rabourdin, Essai de dosage de l’école G. R. A. S. T. XXXI, p. 784; 1850.
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- l’acide iodique anhydre, il y a plusieurs années, pour doser dans l’air l’oxyde de carbone transformé en acide carbonique.
- L’appareil employé par M. Nicloux se compose, comme le montre la figure 4, de trois petits tubes en U à tubulures latérales; dans le premier, on a introduit de la potasse en pastilles pour absorber l’acide carbonique; dans le second, de la ponce sulfurique sert à l’absorption de la vapeur d’eau ; le troisième tube, fermé à la lampe, contient 30 ou 40 grammes d’acide iodique anhydre; à la suite de ce tube, on a placé un tube de Will renfermant 5 centimètres cubes d’une
- h
- lessive de potasse pure ayant une densité égale à 1,2, la solution alcaline est additionnée de 5 centimètres cubes d’eau distillée, elle sert à fixer l’iode, qui est mis en liberté lorsque l’oxyde de carbone passe sur l’acide iodique chauffé à l’aide d’un bain d’huile à 150°.
- Le gaz que l’on doit analyser est mis en circulation à l’aide d’un flacon aspirateur de Mariotte.
- La solution de l’iode dans l’alcali est introduite dans une éprouvette de 100 centimètres cubes d’assez petit diamètre et bouchée à l’émeri. On amène, après lavage à l’eau pure, le volume à 40 centimètres cubes, on ajoute de l’acide sulfurique, 5 centimètres cubes de sulfure de carbone ou de chloroforme, quelques centigrammes d’azotite de soude; on agite fortement; le sulfure de carbone dissout l’iode, et donne une teinte rose. On répète la même réaction dans une seconde éprouvette en ajoutant un volume connu d’une solution à 0mras,l d’io-dure de potassium par centimètre cube, que l’on verse à l’aide d’une burette graduée jusqu’à ce que l’on obtienne l’égalité des teintes.
- Le volume de l’oxyde de carbone, en centimètres cubes à 0 et à 760 millimètres de pression, est obtenu en divisant par 3 le chiffre indiquant le poids de biodure de potassium exprimé en milligrammes -
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- Ce procédé, dont tout les détails ont été publiés par M. Nicloux (1), permet donc de reconnaître et de doser l’oxyde de carbone dans l’air, mais il faut remarquer que l’acétylène, l’éthylène, un certain nombre de vapeurs organiques, en particulier les vapeurs de pétrole, réduisent l’acide iodique; dans le cas où la
- Fig. 5. — Dispositif employé pour étudier les produits de la combustion de divers appareils
- d'éclairage par le gaz ; becs Auer.
- recherche de l’oxyde de carbone dans une atmosphère donnée aurait fourni un résultat positif, il est nécessaire de compléter le procédé chimique et de le contrôler à l’aide de mon procédé physiologique basé sur l’affinité spéciale de l’oxyde de carbone pour l’hémoglobine.
- (1) Annales de Chimie et de Physique, t. XIV, août 1898, 7e série.
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- J’arrive à la seconde partie de ma conférence, dans laquelle je dois vous exposer une série de recherches que j’ai faites sur divers appareils d’éclairage et de chauffage par le gaz qui sont d’un usage très répandu.
- Bec papillon. — Sur un tuyau de laiton recourbé en forme de cercle, maintenu horizontalement par un pied-support, j’ai fait fixer trois tubes munis de robinets, pourvus d’ajutages en stéatite donnant des becs papillon. Les trois becs, disposés aux angles d’un triangle équilatéral, brûlent normalement dans l’air; le débit du gaz est mesuré par un compteur spécial (figure 5). On enveloppe les becs allumés d’un cylindre de tôle galvanisée ayant 66 centimètres de hauteur et 42 centimètres de diamètre, pourvu d’une porte à coulisse de 21 centimètres de large et de 12 centimètres de hauteur; sur le couvercle du cylindre, a été soudé un tuyau de 50 centimètres de hauteur, qui communique par un tuyau de cuivre courbé à angle droit avec la partie inférieure d'un gazomètre de zinc à rainure, d’une capacité de 140 litres environ, dans lequel on a introduit un petit chien du poids de 6 kilogrammes, qui a fourni un premier échantillon de sang normal (1).
- Les 6 centimètres cubes de gaz restant après l’absorption de l’acide carbonique (10 centimètres cubes) introduits dans mon grisoumètre ont donné une réduction égale à 1,4 (gaz combustible du sang normal).
- 2ocm3 de sang ont donné :
- 16cm3 de gaz.
- Potasse. ... 6
- L’animal est laissé une heure dans le gazomètre, il respire les produits de la combustion des trois becs papillon avec l’air entraîné, mélange gazeux plus riche en acide carbonique et contenant moins d’oxygène que l’air pur; 25 centimètres cubes de sang ont donné moins de gaz :
- 13cra3,6
- Potasse. . . . 3,9.
- Le sang contenait 9cm3,7 d’acide carbonique, un peu moins que le sang normal, ce qui peut s’expliquer par une ventilation pulmonaire plus active, causée par l’air chaud. Le sang renfermait moins d’oxygène.
- Le résidu : 3cm3,9 a donné une réduction grisoumétrique plus grande: 1,7 au lieu de 1,4; la différence : 0,3 correspond à l’oxyde de carbone qui a été fixé par 25 centimètres cubes de sang; une réduction égale à 5,4 divisions correspond à
- 1 x
- 1 centimètre cube d’oxyde de carbone; j’écris la proportion: —- = — ; d où
- Oj4 UjO
- (I) Voir la figure 10 du mémoire déjà cité : numéro d’avril 1898 du Bulletin de la Société d’Encouragement.
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- x = 0cm3,055, ce qui fait, pour 100 centimètres cubes de sang, 0cmi,22 d’oxyde de
- carbone ;
- ce nombre correspond à - de F 60000
- ce gaz dans le mélange qui a été
- respiré par l’animal pendant une heure; ce résultat démontre que les becs papillon ne produisent qu’une quantité très petite et tout à fait négligeable d’oxyde de carbone.
- Le volume de gazbrûlé en une heure a été de 444 litres ou de 148 litres par bec.
- Éclairage des escaliers. Ventilation incomplète. — Dans un grand nombre de maisons à Paris, la cage de l’escalier est éclairée au gaz par des becs papillon; quand, à la fin d’une soirée, on gravit les marches d’un escalier, on trouve que la température de l’air s’accroît au fur et à mesure que l’on s’approche du dernier étage ; l’air chaud, entraîné avec les produits de combustion de trois becs papillon, vient s’accumuler à la partie supérieure. J’ai fait une prise d’air au cinquième et dernier étage d’une maison trois heures après l’allumage des becs, et j’ai
- trouvé, par l’analyse
- 19,5
- ’IOOOO
- d’acide carbonique, ou six fois plus que dans l’air pur,
- et 20,5 d’oxygène au lieu de 20,8, c’est-à-dire 0cmJ,3 d’oxygène en moins.
- Ces résultats montrent que l’air est renouvelé d’une manière insuffisante dans l’escalier, qui représente en somme une vaste cheminée ; il serait très facile d’y remédier, soit en élargissant convenablement les orifices de sortie de l’air près du plafond de l’escalier, soit en fixant au sommet et dans l’axe un tuyau à chapiteau déterminant un tirage modéré.
- Les architectes trouveront facilement un dispositif permettant de renouveler l’air vicié par la combustion; ils rendront ainsi plus facile le travail musculaire fatigant de ceux que leur profession oblige à gravir souvent des étages de maison; mais il faut se garder d’établir un courant d’air ascendant trop violent qui ne serait pas sans danger.
- Bec Bengel. Calcul approximatif du volume d'air mis en circulation par la combustion du gaz. — Un bec Bengel allumé consommait par heure 153 litres de gaz et produisait par suite 95ut,6 d'acide carbonique; j’ai placé au-dessus du bec, à 3 centimètres du plan horizontal passant par l’orifice supérieur du verre cylindrique de lampe, un petit cylindre de tôle ayant 5 centimètres de hauteur et 12 centimètres de diamètre, surmonté d’un tuyau de 88 centimètres de hauteur; j’ai fait, avec l’aspirateur dans le tuyau, une prise de gaz mélangé des produits de la combustion et de l’air entraîné à l’aide d’un tube de verre en forme de siphon uni par un caoutchouc avec un tube à baryte; 1 350 centimètres cubes d’air ont traversé la baryte et ont donné un précipité manifeste mais peu abondant qui, décomposé dans le vide, a fourni 4cm3,9 d’acide carbonique ou 0cm3,36 de ce gaz pour 100 centimètres cubes; l’analyse eudiométrique de l’air dépouillé d’acide carbonique a donné pour l’oxygène 20,07; donc 0cmî,73 d’oxy-
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- gène ont été consommés; c’est le double exactement de l’acide carbonique produit 0cm3,36.
- Un calcul très simple permet de se rendre compte du volume d’air entraîné par un bec Bengel : soit x le volume d’air exprimé en litres qui a circulé dans le tuyau en une heure; cet air analysé contenait 0,36 p. 100 d’acide carbonique ou 3cra3,6 de ce gaz par litre; en une heure, il devait renfermer 95lu,6 d’acide carbonique provenant de la combustion de 153 litres de gaz et l’acide carbonique
- a; X 3l
- contenifdans l’air pur, dont le volume est égal à ———— ; on a donc :
- ° 10000
- d’où
- x X 3cm3,6 = 95 600 cm3
- a; x 3 000cm3 1 0000
- x = 28 900 litres.
- C’est donc environ 29 mètres cubes qui traversent le tube placé au-dessus d’un bec de Bengel allumé.
- Réchaud à gaz. Chauffage de l'air et ventilation. — J’ai répété une expérience semblable à la précédente en utilisant un réchaud à gaz à flammes brûlant en bleu, très employé dans les laboratoires et dans les cuisines.
- Ce réchaud brûlait 608 litres de gaz à l’heure et produisait 380 litres d’acide carbonique.
- J’ai placé autour du réchaud un cylindre de tôle galvanisée ayant 67 centimètres de hauteur, 42 centimètres de diamètre, surmonté d’un tuyau de 50 centimètres de hauteur et de 6cm,5 de diamètre.
- Cinq minutes après l’allumage, la température de l’air prise dans le tuyau était de 230°;- dix minutes après elle était de 265°.
- J’ai dosé l’acide carbonique et l’oxygène de l’air mélangé aux produits de la combustion du gaz qui circulait dans le tuyau, et j’ai trouvé qu’il renfermait 2,24 d’acide carbonique p. 100 et 18 d’oxygène au lieu de 20,8, que contient l’air pur.
- Soit x le volume d’air exprimé en litres qui a circulé dans le tuyau en une heure; cet air renfermait par litre 22cm3,4 d’acide carbonique, nous écrivons l’équation :
- 3000 cm3
- x X 22cm3,4 == 380 000 cm3 + x x —,
- d’où :
- x = ll mètres cubes en une heure.
- Dans cette expérience, la flamme d’une bougie approchée de la porte à coulisse du cylindre enveloppant, dont les dimensions étaient de 21 centimètres sur
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- 16 centimètres, indiquait l’entrée de l’air par un grand nombre de points de la surface rectangulaire, mais en certains points la flamme était repoussée en dehors, ce qui indiquait un tirage imparfait; une partie des produits de la combustion se dégageait par en bas.
- J’ai ajouté au cylindre un tuyau plus long, dont la hauteur totale était de 2m,20; j’ai constaté alors que le tirage était parfait, l’air nécessaire à Ja combustion et l’air entraîné pénétrait par tous les points de la surface rectangulaire delà porte à coulisse, la flamme de la bougie était partout inclinée vers l’intérieur du cylindre.
- La température de l’air chaud à la partie supérieure du tuyau a été trouvée égale à 175° puis à 204°.
- L’analyse de cet air a donné 14cra3,58 d’acide carbonique par litre; nous avons à résoudre l’équation :
- 3 000 cm3
- x X 14cm3,58 = 380 000cm3 + æx .
- d’où :
- lr = 26m:î,6
- Comme on le voit, l’addition d’un tuyau plus long a augmenté de beaucoup l’activité du tirage.
- Ces résultats démontrent les conditions dans lesquelles doivent se placer les constructeurs d’appareils de chauffage pour obtenir l’élimination complète au dehors des produits de la combustion du gaz et de l’air entraîné.
- Il arrive souvent, quand on fait installer un poêle à gaz à rayonnement par l’amiante chauffée au rouge, qui peut rendre de grands services pour le chauffage d’une chambre ou d’un bureau, que les produits de combustion, au lieu de se dégager parle tuyau, se répandent dans la pièce, et c’est. Pair extérieur qui descend par le tuyau qui reste froid; on est forcé, dans ces conditions, de respirer de l’air vicié par la combustion, ce qu’il faut éviter.
- Il est facile de remédier à cet inconvénient en établissant au niveau du sol et dans le mur des ouvertures communiquant par un tuyau enchâssé dans le parquet avec une bouche placée près du poêle, recouverte d’une toile métallique à larges mailles.
- Il faut bien se garder de fermer une cheminée, qui sert toujours au renouvellement de l’air; même quand il n’y a pas de feu allumé, on reconnaît par l’inclinaison de la flamme d’une bougie qu’il y a presque toujours, sous le tablier d’une cheminée, un courant d’air ascendant.
- Il est évident que les constructeurs d’appareils de chauffage doivent s’efforcer d’utiliser la chaleur des gaz qui résultent de la combustion au lieu de les envoyer directement dans l’atmosphère extérieure.
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- Dans quelles conditions lé gaz, en brûlant, dégage-t-il de Voxyde de carbone ? — Lorsqu’on fait brûler par en bas un bec de Bunsen, on obtient une petite flamme vibrante, et les gaz qui se dégagent dans l’air répandent l’odeur de l’acétylène, ce gaz que l’éminent secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences, M. Berthelot, a obtenu en combinant directement l’hydrogène avec le charbon de l’arc électrique figure 6. Voici, en projection, des figures empruntées à M. le professeur Jungfleisch, montrant les appareils qui ont servi à cette remarquable synthèse.
- L’acétylène, dans ces conditions, est toujours accompagné d’oxyde de carbone ; j’ai fixé au-dessus d’un bec de Bunsen brûlant par en bas un entonnoir métallique pourvu d’un tuyau dans lequel j’ai introduit l’extrémité d’un réfrigérant
- Fig. 6. — Appareil de M. Berthelot servant à la synthèse de l’acétylène.
- de laiton; un animal astreint à respirer les produits de la combustion est mort avec le sang oxycarboné.
- Je me suis demandé si, dans ces conditions anormales, l’oxyde de carbone contenu dans le gaz d’éclairage n’échappait pas en partie à la combustion. J’ai fait absorber l’oxyde de carbone du gaz par agitation avec une solution abondante de protochlorure de cuivre dans l’acide chlorhydrique, et je suis parvenu facilement à réduire la proportion de l’oxyde de carbone dans le gaz de 7 p. 100 à
- 1 p. 100.
- Cependant ce gaz recueilli dans un gazomètre, et conduit à un bec Bunsen que j’ai fait brûler par en bas, a produit chez un autre animal exactement les mêmes accidents. Enfin, j’ai fait préparer du formène en faisant chauffer sur une grille à analyses, dans un tube en fer, 200 grammes d’acétate de soude sec et 400 grammes de chaux sodée.
- Ce gaz, en brûlant à la partie inférieure'd’un bec de Bunsen, a donné des produits odorants, une forte odeur d’acétylène; j’ai fait respirer de la même manière les gaz de la combustion et l’air entraîné, et, au bout d’une demi-heure, j’ai extrait à 40° et sans acide acétique les gaz du sang, qui ont donné, pour 100 centimètres cubes, une réduction égale à 7,4 divisions de grisoumètre, due à l’acétylène absorbé par le sang, qui est resté rouge vif (caractère du sang oxycarboné).
- L’addition d’acide acétique et l’élévation de la température du bain d’eau à
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- 100° a permis d’obtenir un gaz qui, dans le grisoumètre, a donné une belle auréole bleue, le sang de l’animal renfermait, pour 100 centimètres cubes, 16cm!,6 d’oxyde de carbone.
- Ainsi, le formône, en brûlant incomplètement, dégage aussi de l’oxyde de carbone. C’est là un fait de la plus grande importance; il explique par une expérience de laboratoire ce qui se produit malheureusement lors des explosions de grisou, quand les ouvriers respirent les produits de la combustion, ce que les savants anglais désignent sous le nom d’after-damp, gaz contenant de l’oxyde de carbone. Il me paraît essentiel, à ce propos, d’appeler votre attention sur les faits exposés par M. le professeur Chesneau, ingénieur en chef des Mines et secrétaire de la Commission du grisou, dans une note (1) sur le rôle de l’oxyde de carbone dans les conséquences des explosions de grisou, d’après le D1'John Haldane, professeur de physiologie à l’Université d’Oxford. Je ne puis mieux faire que de vous citer quelques passages de la note de M. l’ingénieur Chesneau.
- « M. le Dr John Haldane a présenté, dans un très intéressant rapport adressé au Ministre de l’Intérieur de la Grande-Bretagne, les observations qu’il a eu l’occasion de faire sur les victimes du coup de grisou de Tylerstown, survenu le 27 janvier 1896, et qui a causé la mort de cinquante-sept ouvriers, sur quatre-vingt-dix qui se trouvaient dans la mine, ainsi que d’une trentaine de chevaux.
- « Ce rapport, qui a été traduit et commenté dans les Annales des Mines de Belgique, par M. J. Daniel, ingénieur des Arts et Manufactures, constitue l’étude la plus importante faite jusqu’à ce jour sur le rôle signalé pour la première fois par M. le D1’ Rambault, en 1876, dans la catastrophe du puits Jabin, et encore controversé, de l’oxyde de carbone dans les conséquences désastreuses des explosions de grisou ; elle tire un intérêt tout particulier de ce fait que M. le Dr Haldane, spécialiste en la matière, a pu examiner lui-même, dès le lendemain de la catastrophe de Tylerstown, la plupart des victimes, et procéder, séance tenante, à l’analyse du sang de plusieurs d’entre elles, ainsi qu’à l’autopsie des cadavres de quinze chevaux. D’après l’enquête officielle de M. l’inspecteur Robson, l’explosion de Tylerstown a été produite par un coup de mine dont la flamme a allumé un amas de grisou se trouvant vers le haut de la taille, et la poussière répandue dans la mine a propagé au loin l’inflammation initiale.
- « Parmi les mesures qu’il préconise pour sauvegarder l’existence des ouvriers surpris par une explosion de grisou, M. le D1’ Haldane insiste sur les points bien connus du prompt rétablissement de l’aérage et du sang-froid nécessaire aux ouvriers qui doivent, avant tout, éviter de se précipiter sur le parcours des gaz de l’explosion. Il conseille la construction de chambres de refuge imperméables à l’air, avec doubles portes hermétiques et solides qui pourraient assurer
- (1) Annales des Mines, juillet 1898.
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- l’existence, pendant dix heures, à autant d’hommes qu’elles contiendraient de fois 2,83 mètres cuhes de capacité.
- « On ne peut qu’approuver ces conseils fort judicieux, mais il nous paraît à propos de faire observer que dans la mine de Tylerstown, spécialement étudiée par le Dr Haldane, la teneur en grisou, d’après l’auteur, atteint, dans le puits de sortie d’air, la proportion de 1,87 p. 100, et la première mesure à conseiller en pareil cas serait d’abaisser cette teneur (exorbitante pour un puits de retour d’air) en augmentant le volume d’air frais parcourant les travaux, ou, si cela est impossible, en restreignant la production. » (Professeur Chesneau.)
- Il résulte d’un grand nombre de recherches que j’ai faites, et qu’il serait trop long de détailler ici, que, toutes les fois que la flamme du gaz d’éclairage est contrariée par un obstacle, par le fond d’un récipient trop rapproché des orifices de sortie du gaz, par un tube enveloppant (bec Bunsen brûlant par en bas), il y a production d’oxyde de carbone, et on voit que, lors des explosions de grisou (formène), la flamme, rencontrant les surfaces très inégales de la houille, produit également ce gaz toxique; mais ici un autre phénomène chimique peut intervenir, la combustion de la poussière de charbon peut aussi engendrer ce gaz.
- Bec Auer. — J’ai repris, avec beaucoup de persévérance, les recherches que j’ai publiées dans les gaz du sang (1) sur la présence d’une trace d’oxyde de carbone dans les produits de combustion des becs Auer; mon intention n’a jamais été d’attaquer un dispositif heureux, qui donne une lumière éblouissante que tout le monde admire avec raison; j’ai cherché à découvrir la vérité dans un but tout à fait désintéressé.
- Mes nouvelles recherches confirment absolument les précédentes; toutes les fois que j’ai fait [une prise de gaz à 2 ou 3 centimètres au-dessus du manchon et que j’ai analysé ce gaz soit par mon procédé physiologique, soit par le procédé de Nicloux, j’ai obtenu un résultat positif, et j’ai constaté la présence de l’oxyde de carbone. Je ne puis donner ici toutes les expériences que j’ai faites sur ce sujet, je me contenterai d’indiquer la suivante, qui est très probante : j’ai fait installer dans une petite salle de mon laboratoire, du volume de 50 mètres cubes environ, trois becs Auer qui ont été allumés à 9 heures du matin; une hotte et trois ouvertures pratiquées près du plafond permettaient un certain renouvellement de l’air intérieur; à 4 heures de l’après-midi, l’analyse de cet air, faite par l’acide iodique et par mon procédé physiologique, a donné seulement
- 77-» AA/V d’oxvde de carbone.
- 30 000
- C’est la grande sensibilité de mes procédés de recherches, qui permet de
- (1) Ouvrage déjà cité de l’Encyclopédie scientifique de M. Leauté.
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- reconnaître dans l’air ------ d’oxyde de carbone, et même , qui m’a
- fait reconnaître dans les produits de la combustion du bec Auer une trace de ce gaz, qui provient peut-être d’une dissociation partielle de l’acide carbonique
- Fig. 7. — Hotte permettant un échappement complet au dehors des produits de la combustion du gaz.
- à Ja température très élevée du manchon; mais j’ajoute, comme je l’ai déjà écrit, que la quantité d’oxyde de carbone dégagée dans l’air d’une salle est trop petite pour qu’il y ait danger à le respirer.
- Je conseille seulement, pour favoriser l’accès de l’air pur, d’augmenter la ventilation dans les salles éclairées par les becs à manchons incandescents, soit
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- RECHERCHES SUR LES PRODUITS DE COMBUSTION DU GAZ d’ÉCLAIRAGE. 313
- par l’ouverture de vasistas, soit par l’établissement de tuyaux d’appel qui, prenant les gaz chauds à la partie supérieure des salles, les expulseraient au dehors.
- Hotte à tirage complet. — La plupart des hottes employées dans les laboratoires ou dans les cuisines ne produisent qu’un tirage insuffisant, comme on peut s’en assurer en plaçant une toile métallique sur un réchaud allumé et en jetant sur la toile quelques pincées de chlorhydrate d’ammoniaque en poudre; la fumée se répand partout. Un dispositif très simple, que j’emploie avec beaucoup de profit dans mon laboratoire, et qui est représenté par la figure 7, permet d’obtenir un tirage complet, un échappement au dehors de tous les produits de la combustion, de l’air entraîné et des vapeurs produites par l’ébullition des liquides. La hotte présente deux parois verticales et latérales de tôle galvanisée, soudées à un chapiteau qui communique par un large tuyau avec l’extérieur; le sommet du tuyau porte une extrémité mobile pourvue d’une girouette.
- Les deux faces parallèles les plus larges sont de glace ou de verre enchâssé dans un cadre métallique qui glisse entre deux coulisses et qui peut être équilibré par deux chaînes terminées par des poids, tournant sur des poulies convenablement fixées.
- Lorsque les réchauds sont allumés, pour maintenir par exemple des liquides à l’ébullition, on abaisse convenablement les châssis pour que la flamme d’une bougie indique en tous les points des ouvertures rectangulaires une inclinaison de dehors en dedans. Il est toujours facile d’établir un dispositif analogue.
- En terminant cet exposé déjà long, je vous engage à vérifier tous les soirs si le compteur à gaz a été fermé ou à le fermer vous-même. Des accidents graves, et même mortels, se sont produits pendant le sommeil par des fuites de gaz qui peuvent avoir lieu soit par des tubes de caoutchouc fendus, soit par des robinets mal graissés; c’est l’oxyde de carbone contenu dans le gaz d’éclairage qui a été l’agent toxique.
- Il ne me reste plus, qu’à vous remercier de votre bienveillante attention.
- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Février 1899.
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- ARTS CHIMIQUES
- sur l’explosibilité de l’acétylène aux basses températures
- Note de M. Georges Claude (1).
- J’ai l’honneur de présenter à l’Académie quelques résultats d’expériences que je me propose de poursuivre, et qui sont relatives aux propriétés de l’acétylène aux basses températures.
- 1° La solubilité de l’acétylène dans l’acétone augmente avec une rapidité extrême lorsque la température diminue, surtout quand on arrive aux environs du point de congélation de l’acétylène, soit — 80°. A cette température, sous la seule pression atmosphérique, l’acétone dissout plus de deux mille fois son volume d’acétylène, le volume du liquide après la saturation étant de quatre à cinq fois le volume initial. On ne peut confondre cette dissolution avec un mélange de deux liquides en proportions quelconques, puisque l’acétylène n’existe à la pression atmosphérique que sous les deux états gazeux et solide.
- 2° Un fil de platine, traversé par un courant électrique susceptible de le porter au rouge éblouissant, peut être maintenu indéfiniment dans cette solution à 2 000 volumes sans en provoquer la décomposition explosive. Il est intéressant de rapprocher ce résultat de ceux qui ont été obtenus par MM. Bertholet et Vieille sur les solutions d’acétylène dans l’acétone à la température ordinaire, lesquelles, amenées par l’emploi d’une pression de dissolution voisine de 200 atmosphères au taux de 400 volumes d’acétylène seulement, détonent avec une extrême violence au contact d’un fil de platine rougi.
- 3° Ce résultat m’a conduit à un autre essai du même ordre et plus intéressant, en employant l’acétylène liquide lui-même, soumis à une température voisine de son point de fusion ( — 80°) et présentant alors une tension de vapeur de latm,3 seulement. Cet acétylène se comporte exactement comme la dissolution précédente à l’égard d’un fil de platine rougi dans sa masse.
- Il est probable que la température très basse ne suffit pas pour expliquer le mécanisme de l’inactivité que je signale ; je me propose de voir si celle-ci ne proviendrait pas en partie de la faible valeur de la pression, qui permet au gaz volatilisé de se développer avec facilité en une gaine isolante épaisse à la surface du fil incandescent : d’où l’impossibilité pour le calorique, la chaleur de volatilisation aidant, de se propager jusqu’au liquide avec une suffisante intensité.
- Quoi qu’il en soit, cette propriété permet de combiner un procédé de liquéfaction de l’acétylène totalement exempt de danger par l’action simultanée d’une température de — 80° environ et d’une pression voisine de latm,3 absolue : dans ces conditions, en effet, ni le gaz comprimé, ni le liquide produit, ni l’acétylène solide qui peut résulter de ce dernier par simple décompression ne sont .aptes à la décomposition explosive. La pression minima de latm,3 est d’ailleurs indispensable pour que l’acétylène se condense sous la forme liquide.
- (1) Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 30 janvier 1899.
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- MÉTALLURGIE
- SUR LES ALLIAGES DE FER ET DE NICKEL
- Note de M. F. Osmond (1).
- Les points de transformation des alliages de fer et de nickel, pour ceux de ces alliages qui contiennent moins de 50 p. 100 de nickel, ont été déterminés, au moyen de différentes méthodes, par MM. Hopkinson (2), H. Le Chatelier (3), Guillaume (4), Dumont (5) et par l’auteur de cette Note (6). Le même travail restait à faire pour les alliages contenant de 50 à 100 p. 100 de nickel.
- Pour ces derniers, les quantités de chaleur absorbées pendant le chauffage ou dégagées pendant le refroidissement ne sont pas toujours facilement observables soit parce qu’elles ne sont pas toujours facilement observables, soit parce qu’elles sont réparties sur un trop large intervalle de température. Pour cette raison, j’ai joint à la méthode par échauffement ou refroidissement, que j’avais seule employée antérieurement, la détermination des températures auxquelles le ferro-magnétisme commence à apparaître (pendant le refroidissement) ou finit de disparaître (pendant le chauffage). J’ai repris aussi par la même méthode l’examen d’alliages déjà connus, de façon à obtenir un ensemble de résultats comparables (7).
- Ces résultats sont réunis dans le tableau suivant :
- Composition chimique. _ Disparition du magnéti sme pendant Apparition du magnétisme pendant
- Carbone. Manganèse. N ickel. le chauffage. le refroidissement.
- 0.19 0,79 0,27 Degrés. 735 Degrés. 715
- 0,19 0,65 3,82 710 628
- 0,17 0,68 7,65 710 330
- 0,23 0,93 13,48 623 145
- 0,16 0,32 24,75 540 27
- 0,61 0,46 26,20 0 < o
- 0,23 0,49 31,44 138 124
- 0,46 0,28 35,70 276 232
- 0,30 0,68 43,04 401 357
- 0,11 0,38 58,30 557 523
- 0,08 0,41 69,20 390 557
- 0,07 0.68 76,75 582 545
- 0,12 0,38 88,95 488 437
- 0,09 0,74 92,20 450 415
- 0,10 0,86 94,70 423 388
- 0,12 0,55 98.50 384 345
- (1) Comptes rendus de VAcadémie des Sciences, 30 janvier 1899. Ce travail a été fait au laboratoire de Chimie générale, à la Sorbonne.
- (2) Communication du 16 janvier 1890 à la Société Royale de Londres.
- (3) Comptes rendus, t. CX, p. 283, et t. CXI, p. 434.
- (4) Comptes rendus, t. CXX1V, p. 176 et 1315; t. CXXV, p. 233; t. CXXVI, p. 738, et Bulletin de la Société d’Encouragement, mars 1898.
- (5) Comptes rendus, t. CXXVI, p. 741.
- (6) Comptes rendus, t. CXVIII, p. 532.
- (7) Les échantillons au-desssus de 50 p. 100 m’ont été gracieusement fournis par M. Hadfield, par
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- MÉTALLURGIE. --- FÉVRIER 1899.
- Le diagramme ci-joint, dans lequel les proportions centésimales de fer ou de nickel sont prises pour abscisses et les températures de transformation magnétique pour ordonnées,, résume les données de l’expérience (1).
- On voit que la courbe se compose de trois branches : 1° la branche AB, A'B' était déjà connue depuis les travaux précédents; 2° la branche montante CD, C'D', déjà déterminée jusque vers 45 p. 100, surtout par les recherches de M. Guillaume, se continue jusqu’au maximum D, D'; 3° passé le maximum, la courbe donne une troisième branche descendante DE, D'E' rejoignant le point de transformation du nickel (2).
- La courbe de refroidissement, si on la considère seule, rappelle beaucoup certaines courbes
- d. 300.
- Nickel pour cçnt. -
- de fusibilité. Par analogie, on pourrait être tenté de croire que le minimum correspond à un alliage eutectique et le maximum à un composé défini Ni2Fe, partiellement dissocié. Ceci sous toutes réserves. La courbe des transformations au chauffage montre en elfet, comme on le savait, un énorme hiatus [vers 25 p. 100 de nickel. Il n’est pas non plus certain que les deux branches AB, DC se coupent quelque part : M. Guillaume a rencontré dans cette région un alliage qui ne se transforme pas, même dans l’air liquide ; au surplus, ni les expériences de M. Dumont ni les miennes n’ont révélé jusqu’à présent l’existence d’une branche de courbe horizontale au-dessous de zéro, comme le voudrait l’hypothèse d’un eutectique. Je compte revoir cette question de plus près.
- Il est à remarquer que l’addition de fer au nickel relève le point de transformation du nickel, tandis que l’addition du nickel au fer abaisse les points de transformation du fer. Ce fait pourrait indiquer une différence de signe dans les changements de volume qui accompagnent les transformations des deux métaux. C’est aussi ce que j’ai l’intention de rechercher.
- M. Guillaume et par M. Wertli. Les échantillons au-dessus de 50 p. 100 ont été spécialement préparés et analysés au laboratoire des Aciéries de Denain.
- (1) Dans les échantillons de provenance anglaise, dont [les points de transformation sont inférieurs à 550", le ferro-magnétisme apparaît ou disparaît réellement en deux temps. Les températures inscrites au t ableau sont celles de la phase principale ; la phase secondaire, réversible et relativement très faible, débute à une température pratiquement constante de 550° et croît proportionnellement à la teneur en nickel. Dans les alliages de provenance française, on ne retrouve que des traces de cette seconde phase. J’en ignore absolument la cause.
- (2) L’écart régulier d’une quarantaine de degrés entre les courbes CDE, G'D'E' du diagramme n’est qu’apparent. Les températures lues sont quelque peu en avance pendant le chauffage et en retard pendant le refroidissement sur les températures réelles. D’après MM. Guillaume et Dumont, les phénomènes magnétiques pour les alliages considérés sont réversibles.
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- SUR LA TORSION PERMANENTE ET LE POINT DE RÉCALESCENCE DE L’ACIER
- Note de M. G. Moreau (1).
- Dans une note précédente (2), j’ai indiqué un moyen précis pour étudier la torsion résiduelle Tr, d’un ftl magnétique, tordu de T degrés à partir de l’état naturel; après l’avoir tordu de T degrés, il suffit de le détordre lentement et de mesurer, au fur et à mesure, la torsion magnétique temporaire qu’un champ longitudinal lui communique. Celle-ci diminue graduellement et s’annule quand la torsion restante est la torsion permanente.
- J’ai étudié avec différents fils d’un même acier (cordes de piano) la loi qui relie T,, à T. Voici les résultats observés avec un fil de 0cm,06 de diamètre :
- T. Tr. T. Tr.
- cire. cire. cire. cire.
- 0,03 0,003 0,160 0,072
- 0,06 0,007 0,226 0,136
- 0,08 0,012 0,280 8,188
- 0,093 0,017 0,360 0,268
- 0,113 0,031 0,460 0,368
- 0,133 0,048 0,500 0,198
- Les torsions sont exprimées en circonférences et rapportées à 1 centimètre de longueur du fil.
- Ces nombres montrent qu’à partir d’une certaine torsion (0circ,160 ou 58° par centimètre) la torsion permanente varie proportionnellement à la torsion initiale T. En outre, si l’on compare entre eux les résultats relatifs à des fils de diamètres différents, on trouve que la différence T — T;. est inversement proportionnelle au diamètre, c’est-à-dire que, pour une torsion initiale T suffisamment grande, on peut écrire
- Les lois relatives à l’acier sont donc analogues à celles du fer doux. La seule différence est que la torsion permanente apparaît beaucoup plus tard chez l’acier (k égale 0,00546 pour l’acier étudié, il est six fois plus grand que pour le fer).
- J’ai cherché si la constante k ne pourrait pas caractériser l’état moléculaire d’un acier trempé et recuit. J’ai trouvé qu’elle variait très rapidement au voisinage du point de récalescence et du point de trempe maxima, et qu’elle fournissait ainsi un nouveau procédé pour fixer exactement ces deux points.
- I. Une corde d’acier, primitivement trempée, a été recuite au courant électrique à des températures croissantes t et refroidie très lentement à l’air. J’ai déterminé, après chaque opération, la valeur de k :
- l. . . . 20° 100° 290“ 550“ 650“ 690“ 710“ 720“ 850“ 1 000“
- k.. . . 0,0056 0,0056 0,0036 0,0042 0,0030 0,0024 0,0021 0,00175 0,0018 0,0018
- k conserve sa valeur initiale 0,0056 jusqu’à la température du premier recuit, diminue jusqu’au point de récalescence (715°) et reste ensuite constant.
- IL Une corde d’acier, chauffée primitivement à 1000°, est trempée, à des températures décroissantes t, dans l’huile à 20°. Elle est recuite ensuite à 440°.
- I............... 1 000“ 820“ 780“ 730“ 740“ 690“ 540“ 20“
- k............... 0,0031 0,0033 0,0033 0,00313 0,0030 0,0015 0,0016 0,0016
- (1) Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 30 janvier 1899.
- (2) Comptes rendus, 7 février 1898.
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- PHYSIQUE.
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- Tant que la température de trempe est supérieure à 780°, k ne change pas. De 780° à 710°, il diminue brusquement et conserve ensuite une valeur constante.
- Avec les résultats précédents, on peut tracer deux courbes en t et k. Elles se coupent au point de récalescence et le déterminent très exactement. La courbe des observations du second tableau donne la température de trempe maxima au premier point, où k n’augmente plus avec t. J’ai obtenu pour l’acier des cordes de piano, comme moyennes de plusieurs séries d’observations, 715° pour la température de récalescence et 775° pour la température de trempe maxima.
- Dans ces expériences, la température a été évaluée en mesurant la résistance du fil. J’avais préalablement déterminé la courbe qui donne la résistance en fonction de la température, en chauffant les fils d’acier dans un tube de porcelaine avec un couple Le Chatelier. Elle présente, vers 710° et 850° des changements brusques d’allure qui ont été indiqués antérieurement par M. Le Chatelier (1). L’accord qui existe entre les nombres obtenus pour la température de récalescence par les deux méthodes justifie le procédé de la torsion résiduelle pour ce genre de recherches. La différence observée entre la température maximum de trempe (775°) et le second point critique de l’acier (850e) indiqué par l’étude des résistances ne doit pas surprendre, puisque la première température dépend essentiellement [de la constitution de l’acier, tandis que la seconde, qui caractérise le point de transformation du fer, est indépendante de la teneur en carbone et silicium, ainsi que l’a démontre M. Le Chatelier.
- (F: Séances de la Société française de Physique (189F.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- LES TUYAUX EN BOIS AMÉRICAINS (1).
- Ces tuyaux sont aujourd’hui très fréquemment employés pour les conduites d’eau de grande longueur, principalement dans l’est des Etats-Unis. L’un des types les plus usités est celui d’ Allen, à Denver, constitué par l’assemblage de douves, emboîtées les unes dans les autres latéralement par une petite feuillure (fig. 2) et en bout par une lame de fer enfoncée dans un trait de scie, le tout cerclé par des barres (fig. 1) serrées par l’appui de leurs écrous sur des sabots en fonte [malléable (flg. 9) .
- Fig. 1.
- Ces tuyaux se construisent dans la tranchée même destinée à les recevoir. On commence par assembler les douves du bas sur deux formes en U (fig. 3) disposées dans la tranchée et distantes de 3 mètres environ, avec (fig. 5), à l’intérieur, un cercle servant de calibre ; puis, quand les douves sont toutes assemblées de manière à former une section de tuyau, on enlève le cercle intérieur, on serre un peu leurs cercles extérieurs, on affleure, on réduit les extrémités des douves et on achève de serrer les cercles, et l’on continue indéfiniment, section par section,' emboîtées l’une dans l’autre, comme l’indique la figure 6. Les équipes de 8 à 16 hommes travaillent à la fois au finissage d’une section et au commencement de la suivante; ces équipes
- (t) American Society of Civil Engineers, mai et septembre 1877, mai 1898. Communications de MM. Goldmark Adams, Marx, Wing et Iloskins. Engineering Magazine, juin 1895. Note de M. A. Lokes. Engineering News, 19 janvier 1899. Note de M. Ilenny.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- FÉVRIER 1899.
- sont espacées d’environ 450 mètres, et l’on coupe les douves à la longueur voulue pour raccorder leurs travaux. Les bois les plus fréquemment employés sont le sapin
- Fig. 2-. — Détail d’une douve.
- jaune du Texas et le bois rouge du Canada. Les barres d’acier qui servent à former les cercles sont cintrées sur place et soigneusement goudronnées à chaud.
- Ces tuyaux sont souvent moins coûteux, plus durables, plus propres que ceux en
- Fig. 3. — Commencement d’une section en tranchées.
- acier ou en poterie : ils ne s’incrustent pas, se prêtent (fig. 7 et 8) facilement aux courbes et aux tassements du terrain et se réparent facilement.
- L’espacement des cercles et leur serrage varient avec la pression de l’eau, le diamètre du tuyau et la nature du bois. Des expériences exécutées par M. Henny sur u
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- LES TUYAUX EN BOIS AMÉRICAINS.
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- tuyau en pin d’Orégon montrent que ce bois peut supporter des pressions de serrage allant jusqu’à 70 kilogrammes par centimètre carré du contact des cercles avec les douves, mais on ne doit guère dépasser 5 kilogrammes, et que le bois peut exercer une réaction allant jusqu’à 7 kilogrammes par centimètre carré de la surface de contact des douves entre elles; de sorte que; pour des fortes pressions, à partir de 5 à 6 kilogrammes par centimètre carré, il faut compter, pour assurer l’étanchéité, non pas sur l’élasticité du bois mais sur le serrage des cercles. Il est prudent de ne pas exer-
- cer un serrage supérieur à 5k®,5 par centimètre carré de contact du cercle; le diamètre des barres dont sont formés ces cercles doit être d’au moins 10 millimètres, et l’on a souvent avantage à les faire d’une section ovale de manière à diminuer cette pression.
- Il est facile de calculer, d’après ces données générales, l’épaisseur des douves, l’écartement et le diamètre des barres de serrage : on en trouvera les formules dans le mémoire de M. Adams; en voici quelques résultats.
- Diamètre du tuyau.
- 250 m/m 500 760 1",
- 1"\50
- 1“,80
- Section des douves.
- 40 X 100 m/m 50 X 150 50 X 150 50 X 150 70 X 200 76 X 200
- Section des bandes.
- 8 X llm/m 8 X H 40 rond.
- 42
- 63
- 66
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- FÉVRIER 1899.
- L’espacement /des barres est donné, enfonction du rayon Rdu tuyau, de l’épaisseur e des douves, de la tension t de la barre de serrage et de la pression P de l’eau en kilogrammes par centimètre carré par la formule
- On donne aux sabots de tension des cercles différentes formes, recevant les extrémités desbarres dans un même plan transversal (fig.9et 10) ou dans des plans différents;
- Fig. 5. — Enfoncement des douves.
- on les fait en fer (fîg. 10 et 11), en fonte (fig. 12), ou fonte malléable (fig. 9). Le type figure 9, adopté par l’Excelsior Wooden Pipe. G0, est excellent à cause de sa large assise, qui ne fatigue pas les douves, et du facile accès aux boulons. L’assise du type fig. 10 est trop étroite, et elle exige en x une grande épaisseur pour ne pas se déformerparle moment de traction de la barre. La forme figure 11, préférable à la précédente, employée dans l’installation d’Ogden, a l’inconvénient d’exiger un maillon soudé. Le type figure 12 présente l’inconvénient d’une tendance à tourner par le fait du désaxement des extrémités des barres, tendance combattue par le long prolongement des sabots, qui d'ailleurs se brisent parfois.
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- . 0. — Raccordement des deux équipes.
- Fig. 7. — Courbage d’une conduite.
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- En ce qui concerne l’économie de ces tuyaux en bois, M. Adams l’établit comme il suit, pour une pression maxima de 7 kilogrammes, qu’il ne faut guère songer à dépasser avec ce genre de tuyaux.
- Prix.
- Duree.
- Débit.
- (1) Bois.
- (2) Acier rivé.
- (3) Fonte.
- Fontes.
- Bois.
- Acier rivé.
- Bois. Fonte. Acier rivé.
- L’infériorité des tuyaux d’acier au point de vue de la durée tient principalement à ce qu’elle est vite compromise par le moindre défaut de leurs innombrables rivets :
- Fig. 8. — Passage en terrains accidentés.
- quant à la durée des tuyaux en bois, elle est probablement déterminée par celle de leurs cercles plus ou moins protégés contre la rouille : le bois est pratiquement indestructible; on cite des tuyaux intacts après 50 ans de service. L’acier, généralement trop mince, périt très vite par la rouille. Comme débit, toutes choses pareilles, il est égal, avec des diamètres de 0m,30,à 93 p. 100 de celui du tuyau en bois pour un tuyau d’acier propre et à 84 p. 100 pour un tuyau entartré; avec un diamètre de lra,80, ces débits tombent à 68 et à 54 p. 100.
- Quant au prix, celui des tuyaux en bois est, d’après un tableau dresséparM. Adams, notablement inférieur à ceux des tuyaux en acier et en fonte pour des diamètres allant de 0m,30 à lm,80, et des charges ne dépassant pas 6 atmosphères.
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- LES TUYAUX EN BOIS AMÉRICAINS.
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- L’une des installations les plus remarquables de conduite en bois est celle d’Ogden, dans l’Utah, pour amener aux turbines de la Pioneer Electric Power C° l’eau
- — Sabot de serrage en fonte malléable.
- Fig. 10. — Sabot dissymétrique.
- d’un réservoir artificiel de 68 millions de mètres cubes, formé à l’extrémité d’une vallée, par un barrage de 120 mètres de haut. Celte eau est prise par une conduite en acier de lm,83 de diamètre, dont 9630 mètres en acier et 8230 mètres en bois. Cette
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- dernière conduite, où la [pression ne dépasse pas 3k°,5, est en 32 douves de pin de Douglas, d’une section de 200x630 et de trois longueurs : 4"1,90, 5'n,50 et séchées à l’air, exemptes de tout défaut, nœuds, fentes, etc., et dressées à la machine, à des rayons intérieur de 972 et extérieur de 973, vérifiés au calibre avec une tolérance de 1 millimètre seulement. Les redans (tig. 13) avaient300 millimètres et les languettes d’assemblage, en acier (fig. 2), 3 millimètres d’épaisseur sur 37 de longueur. Les cercles de serrage étaient en barres d’acier de 15 et 18 millimètres de diamètre, terminées (fig. 13) les unes par deux filetages, les autres par deux étriers avec sabots de la forme figure 11 : elles devaient se plier à froid de 180° sans criques, résistera une
- B—
- -B
- lia kH
- B-B
- A—A
- Fii;'. 11. — Sabot à œillet.
- traction de 40 à 45 kilogrammes par millimètre carré, avec une limite d’élasticité de 28 kilogrammes et un allongement de 25 millimètres sur 200 millimètres. Elles travaillaient au serrage à 10 kilogrammes environ : leur écartement varie de 130 à 70 millimètres pour les barres de 15, et de 200 à 90 pour celles de 18 millimètres, suivant la charge et les courbes de la conduite, dont le rayon s’abaisse jusqu'à 125 millimètres.
- Au raccordement avec la conduite en bois, celle d’acier y pénètre (fig. 54) sur une longueur de 305 millimètres et y est rattachée par brides et viroles avec, entre la virole et le bois, un bourrage de 107 millimètres d’épaisseur.
- La pose de la conduite en bois en tranchée de 2“,60 delarge, recouvertede0m,90 de terre, a marché très vite : jusqu’à 150 mètres par jour avec septéquipes. Elle franchit neuf ponts, dont le plus long, sur l’Ogden, a 22m,50, et elle porte à tous ses sommets des clapets de sortie d’air de 150 millimètres de diamètre, par où l’air s’échappe automatiquement quand on remplit les conduites d’eau, qui restent ensuite fermées par la pression de l’eau, et que l’on peut visiter en fermant la vanne indiquée en figure 15.
- La conduite d’acier, de 10 millimètres d’épaisseur, a coûté, toute posée, trois ou quatre fois plus que celle en bois.
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- LES TUYAUX EN BOIS AMÉRICAINS.
- A-A
- B-B
- Fig. 12. — Sabot croisé.
- 6"x 8x8-p'
- <
- Fig. 13. — Conduite d’Oç/clen.
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- Les installations de conduites en bois sont actuellement très nombreuses aux Etats-Unis. Je citerai entre autres la conduite de l’alimentation des eaux de Denver,
- Fig. 14. — Conduite d’Oytleji. Raccordement des tuyaux en bois et en acier.
- d’une longueur totale de 86 kilomètres, de diamètres variant de 30 millimètres à 1111,12, avec charges variant de 3 mètres à 63 mètres d’eau, et débitant environ 250000 mètres
- Fig. 15. — Conduite d’Or/clen. Détail d’une sortie d’air.
- cubes par jour, établie au prix total de 2 500000 francs, et qui fonctionne parfaitement depuis une dizaine d’années.
- Il semble que de pareilles conduites pourraient rendre de grands services, principalement dans nos colonies, où le bois ne coûte pas cher, et où elles présentent le grand avantage de pouvoir être construites sur place, avec de la main-d’œuvre à bon marché.
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- MACHINE COMPOUND A SIMPLE EFFET WESTINGHOUSE.
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- MACHINE COMPOUND A SIMPLE EFFET Westinghouse.
- Cette machine, des pins répandues aux États-Unis, a subi, depuis son origine, quelques modifications destinées à en augmenter le rendement et la simplicité : les figures 16 à 38 en représentent le type actuel dans ses principaux détails.
- Les manivelles tournent dans un bain d’huile formant enveloppe, permettant l’accès
- Fig. 16. — Machine Westinghouse. Vue de face.
- aux manivelles par deux regards et pourvue d’une soupape qui empêche toute surpression dans cette enveloppe et dénonce immédiatement la moindre fuite de vapeur aux pistons.
- Les deux cylindres sont (fig. 18) de simples tubes sans lumières, où les moindres défauts de fonderie se voient immédiatement, alésés simultanément par un alésoir double, assurant leur parallélisme, et calibrés au millième de pouce. La boîte du tiroir cylindrique est aussi une pièce de fonderie très simple, dans laquelle on force la douille en fonte dure où sont percées les lumières de distribution : ces douilles sont interchangeables. Chaque cylindre porte une soupape de sûreté R, contre les coups Tome IV. — 98e année. 5° série. — Février 1899. 22
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- d’eau, avec attache d’indicateur sur sa tige creuse. Le gros piston porte un tronc de môme diamètre que le petit piston, de sorte que le volume de l’air confiné dans la chambre à huile ne varie presque pas par le jeu des pistons qui, ainsi, ne provoque pas de projection d’huile par sa soupape; en outre, l’air alternativement comprimé puis raréfié dans l’espace annulaire A amortit la force vive du gros piston aux fonds de course et soulage sa bielle. Cet espace communique avec l’atmosphère par un tuyau de purge C (fig. 20), que l’on ouvre pour le tournage du moteur à la main.
- Fig. 17. — Machine Weslinç/house. Coupe verticale.
- Les coussinets de l’arbre de couche, en fonte garnie d’antifriction et réglables par deux coins, sont (fig. 20) maintenus dans un palier à plateau boulonné sur le socle. La machine étant à simple effet, c’est le coussinet inférieur seul qui s’use, et le supérieur sert de repère permanent pour l’alignement de l’arbre, de sorte que le serrage de l’arbre par les coins sur ce palier le centre automatiquement. L’huile fournie par un graisseur médian, et empêchée de sortir par une bague extérieure, revient au socle par un conduit du palier. Le palier central est (fig. 21) aussi réglable par un coin.
- Les bielles sont (fig. 22) constituées par un grand étrier A, fini pour recevoir les
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- Fig. 18. — Machine Westinghouse. Détails des cylindres et du tiroir
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- coussinets G, D, E et F, dont deux mobiles : F réglable par un coin et G à l’extrémité du corps B, appuyé sur le coin, de sorte qu’il monte, quand on serre le coin, de la
- Fig. 19. — Machine Westinghouse. Détail d’un palier.
- quantité même dont descend F, et que ce réglage par une seule vis ne change pas la longueur de la bielle. G et E sont en bronze phosphoreux, E et F à garniture Babbitt,
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- MACHINE COMPOUND A SIMPLE EFFET WESTINGHOUSE.
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- préférable pour les faibles pressions et les grandes vitesses. Le goujon G fixe B et C quand on enlève F ou E. Les tourillons des bielles sont en fer cémenté et finis à la meule.
- L’excentrique à garniture Babbilt qui commande la distribution est (fig. 23) de
- Fig. 20. — Machine Westinghouse. Détail Fig. 21. — Machine Westinghouse. Palier du milieu, des purgeurs C (fig. 18).
- forme sphérique, pour que sa bielle puisse suivre le renvoi coudé, et cette bielle, creuse et ajustable, attaque ce renvoi par une articulation sphérique. Tous les axes de ce renvoi sont trempés avec bagues en bronze. Le graissage s’opère par une coupe à
- i *
- Fig. 22. — Machine Westinghouse. Bielle.
- trois tubes : l’un plongeant dans une petite auge taillée dans l’une des menottes de la tige du tiroir, qui la distribue par de petits canaux dans l’axe des tourillons; les deux autres tubes, qui se projettent l’un sur l’autre en figure 23, aboutissentà deux poches sur l’axe d’oscillation du renvoi, communiquant l’une avec le centre de cet axe et l’autre au joint sphérique de la bielle d’excentrique, d’où l’huile en excès tombe sur l’excentrique.
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- L’arbre en 'acier, avec manivelles à 180°, est (fig. 34) forgé d’un lingot, d’une section quadruple de celle de l’arbre, découpé à la presse et tourné.
- Le régulateur direct, très simple, accessible (fig. 30) et stable règle la vitesse à 1 p. 100 près de pleine charge à marche à vide. Quand la machine s’accélère, le centre de gravité Gdes masses s’écarte du centre comme dans les figures 34 et 35, en diminuant le rayon et augmentant l’avance angulaire de l’excentrique : comme G se trouve assez éloigné
- du pivot des masses, en cas de décharge subite du moteur, leur inertie • s’oppose immédiatement à son emballement, aidant ainsi la force centrifuge ; de là, le nom de régulateur d’inertie, qu’on leur donne souvent. L’excentrique est ici constitué par un anneau léger facile à remplacer.Le volant qui porte ce régulateur a (fig. 36) son moyeu fendu tourné au diamètre exact de l’arbre, et serré par quatre gros boulons sans poussée centripète de la clavette.
- Le jeu de la distribution de ces machines est facile à suivre sur les figures 24 à 29, où l’on a, pour plus de clarté, représenté la dérivation B (fig. 18) sous la forme d’un robinet à trois voies. En figure 24, le tiroir marchant vers la gauche, la vapeur admise de la chaudière par S passe au petit cylindre, et celle du grand s’échappe par E ; puis après l’admission ab (fig. 37) correspondant à l’échappement fg, le tiroir, revenant à droite (fig. 25), ferme l’admission au petit cylindre, où la détente se fait suivant bc, correspondant à la compression gf au grand cylindre. A la fin du premier tour, le tiroir et les cylindres occupent les positions figure 26, où le tiroir allant vers la droite, commence à faire communiquer le petit cylindre avec le grand, suivant la détente cd (fig. 37). En d, les pièces occupent les positions figure 27, coupant l’admission du petit au grand cylindre, où la détente se continue suivant def, pendant que la compression de s’opère au petit cylindre.
- On voit que le petit cylindre a un grand espace mort, mais qui, n’étant jamais en rapport avec l’échappement, n’est pas nuisible et assurerait au contraire, paraît-il, une marche économique sous des charges très variables.
- La dérivation B sert à la mise en train lorsque la machine s’arrête dans la position figure 28, en permettant, comme on le voit, d’admettre la vapeur de S sur le grand pis-
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- MACHINE COMPOUND A SIMPLE EFFET WESTINGHOUSE. 335
- Fig. 24-29. — Machine Westinghouse. Marche de la distribution et de la mise en train B.
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- Fig. 30 à 33. — Machine '^Westinghouse. Fabrication de l’arbre de couche.
- Fig. 34 et 35. — Machine Westinghouse. Détail du régulateur.
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- MACHINE COMPOUND A SIMPLE EFFET WESTINGHOUSE.
- ton : après un demi-tour ain-si fait l’admission est (fig. 29) ouverte au petit cylindre et l’on ramène B à sa position normale.
- Fig. 36. — Machine Westinghouse. Calage du volant.
- Ces machines sont compactes et très énergiques, ainsi que le montre le tableau ci-joint.
- Diamètre Puissance en chevaux Tours
- des cylindres. Course, aux pressions de : parminute. Poids. Longueur. Largeur. Hauleur.
- millim. millim. millim. ldi. kil. kil. met. mêt. mèt.
- Petit. Grand. >. 7 10,5 ,, » » » ))
- 200 330 200 35 55 375 2 900 2 1,02 1,58
- 230 380 230 50 80 350 3 800 2,30 1,12 1,70
- 230 460 250 65 100 320 4 800 2,63 1,22 1,85
- 280 480 280 80 130 300 6 200 2,70 1,32 1,96
- 305 510 305 100 160 300 6 800 3,02 1,32 2,41
- 330 560 330 125 200 290 9 480 3,30 1,42 2,26
- 355 610 355 150 250 280 10 500 3,60 1,42 2,41
- 405 685 403 200 330 250 15100 3,90 1,83 2,80
- 460 760 405 250 410 250 18 370 4,27 1,83 2,95
- 510 860 460 340 510 240 24 950 4,70 2,03 3,18
- 585 lm,016 510 460 740 215 29 500 5,80 2,13j 3,96
- Quant à la dépense de vapeur, elle varie évidemment avec la pression initiale et la puissance du moteur. Voici, en kilogrammes de vapeur et par cheval-heure indiqué,
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- NOTES DE MECANIQUE, a b
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- les
- Sans condensation, aux pressions do : Puissances indiquées. Avec condensation, aux pressions de :
- kil. lui. kil. kil. kil. kil. kil. kil.
- 4,2 5,6 7 8,40 » 8,40 7 »» 5,6 4,2
- » )) )) 10,23 210 8,33 » )) »
- » » 10,5 9,9 170 8,21 8,53 » »
- » 11,3 10,7 10 » 140 8,26 8,4 9,07 ï)
- » 12,0 10,8 10 » 115 8,26 8,41 8,9 9,30
- 12,2 11,4 11,3 10,16 100 8,30 8,44 8,93 9,21
- 12,5 11,4 11,4 11,15 80 8,30 8,44 9 » 9,17
- 13,7 13 13,4 13 » 50 9.33 9,35 9,39 9,23
- Fig. 38. — Machine Westinghouse. Atelier d’essais.
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- FABRICATION MÉCANIQUE DES VILEBREQUINS.
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- Ces machines sont toutes essayées dans un atelier spécial, avec banc en maçonnerie sur lequel on peut (fig. 38) monter, sur des plaques ad hoc, une douzaine de machines de 5 à 750 chevaux, que l’on raccorde aux chaudières par une tuyauterie ajustable. A l’arrière de ce banc, se trouvent trois condenseurs à surfaces de 300 à 1 000 chevaux, pouvant marcher avec ou sans pompes à air. Les chaudières sont timbrées à 12 kilogrammes. L’essai de chaque machine dure de vingt à soixante heures, et sa feuille d’essai avec diagramme, etc., est remise à l’acheteur comme garantie. On évite ainsi tout mécompte.
- FABRICATION MÉCANIQUE DES VILEBREQUINS A PLANTSVILLE, ÉTATS-UNIS (1)
- Cette fabrication est un bon exemple de la précision, de la rapidité et de l’économie avec lesquelles on peut manufacturer et améliorer considérablement les objets les
- plus usuels et les plus simples par l’emploi méthodique et spécialisé des machines-outils.
- Le corps du vilebrequin se compose (fig. 39 et 40) d’une barre d’acier courbée en U ; cette barre est d’abord molletée en B, pour y forcer les viroles C, après avoir enfilé la poignée en bois A; puis on taraude la petite extrémité de cette tige pour la visser dans l’étrier que l’on voit à gauche de la figure 40. On décape ce filet de vis et l’étrier à
- l’acide chlorhydrique, on les trempe dans un bain de soudure fondue et on les visse rapidement l’un dans l’autre ; on obtient ainsi la fixation parfaite de 1 étrier.
- L’opération suivante consiste (fig. 41) à courber la barre prise en F (fig. 42) dans l’enclume ABE, sur laquelle avance la matrice C. On décolette ensuite le long bout de la tige, pour recevoir le roulement sur billes B (fig. 43) et la pomme CD. Cette opération
- (1) Iron Age, 5 janvier 1899.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- se fait sur le tour figure 44, où le vilebrequin est entraîné par la poupée au moyen d’un chuck spécial.
- L’étrier ou rocbet en fonte malléable (fig. 45) a d’abord ses trous xy percés par la
- foreuse multiple figure 46, puis on le fend à la fraise (fig. 47), on le taraude en A, puis on perce (fig. 48) les trous pour les axes des cliquets G (fig. 49) sur plaques B, à ressort de rappel E.
- La pince AA (fig. 50 et 54), qui saisit le tournevis ou le foret au bout du vilebrequin, est tirée d’une pièce en acier étampée (fig. 51) filetée à la fraise A' (fig. 52), obliquée (fig. 53) sur cette pièce de l’inclinaison même du filet : après avoir ainsi taillé la moitié
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- FABRICATION MÉCANIQUE DES VILEBREQUINS.
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- de la vis de A, on retourne cette pièce de 180° dans son étau, en l’avançant d’un demi-filet, et on fait de même le reste de la vis.
- La douille filetée B (fig. 50) enfilée sur la pièce CG, vissée sur F, tirée d’une tige
- d’acierpleine, se fait au tour à revolver figure 54, en six opérations : moletage, alésage, taraudage, décolletage des bouts et coupage de la barre. Les pièces B et A sont ensuite trempées. Les pièces à nickeler sont polies au polissoir à bandes (fig. 55).
- Fig. 55. — Polissage. Fig. 56. — Fraisage des rochets D (fig. 49).
- Les roues à rochetD (fig. 49) sont taillées à la fraise multiple (fig. 56) et montées, à cet effet, sur des broches sur pointes reliées par des pignons.
- La rondelle d’acier D (fig. 50) montée sur C, entre le rochet et C, et qui retient B sur C, supporte toute l’usure et diminue le frottement du rochet.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- FÉVRIER 1899.
- UNIFICATION DES CHAÎNES D’AUTOMOBILES Propositions du Touring-Club.
- Suivant la proposition de son comité technique, le Touring-Club a institué, pour l’étude de l’unification des chaînes d’automobiles, une commission spéciale composée de : MM. Marcel Deprez, Michel Lévy, Hirsch, Gariel, Benoit, Krebs, Rafer, Roger Durand, Sebin, Sauvage secrétaire.
- Cette commission s’est réunie les 25 avril, 16 mai, 27 juin, 17 octobre 1898. Divers documents, outre la lettre de MM. Rafer et la note de M. Michel Lévy, lui ont été communiqués, notamment des rapports de MM. Rafer frères et Benoit.
- L’étude des divers rapports et les discussions dans les séances ont finalement conduit la commission aux conclusions suivantes :
- Il est désirable d’arriver à l’unificalion des chaînes en traçant des règles qui puissent guider les constructeurs, sans leur imposer d’entraves gênantes; on évitera ainsi que le choix des dimensions essentielles des chaînes soit arbitraire; il importe que ces dimensions soient exprimées en mesures métriques, à l’exclusion des mesures anglaises.
- Il est évident que l’emploi du nouveau système unifié ne peut être rendu obligatoire ; les constructeurs conservent toute liberté quant à l’emploi de leurs types anciens de chaînes. Ce sont les qualités du nouveau système, s’il répond bien aux besoins de la pratique, qui décideront les constructeurs et les consommateurs à en faire usage de plus en plus fréquemment.
- Les règles à proposer pour asseoir un système uniforme de chaînes doivent être établies sans jamais perdre de vue les usages auxquels les chaînes sont destinées. Ce qu’il faut, c’est que, dans une transmission, si la chaîne est avariée, on puisse immédiatement, et sans tâtonnements, en trouver une autre pour la remplacer. C’est une sorte de gabarit qu’il convient de tracer.
- Dans ces conditions, les éléments à considérer se réduisent à trois principaux : le pas, la largeur intérieure du vide et la longueur des parties pleines. Les dimensions types de ces éléments doivent d’ailleurs être calculées de manière à permettre de donner aux chaînes le jeu nécessaire et la résistance convenable au moyen des matériaux et des méthodes de construction généralement en usage. Il faut, en outre, fixer, pour que les règles soient absolument précises, le diamètre des rouleaux des chaînes à doubles rouleaux.
- Quant aux données autres que celles définies ci-dessus, il paraît inutile et même dangereux de les fixer à l’avance. La résistance d’une chaîne, par exemple, dépend non seulement des dimensions de ses éléments, mais aussi de la nature du métal, du mode de traitement et de construction, etc. Le coefficient de sécurité, variable d’un cas à l’autre, intervient également. C’est donc au constructeur qu’il faut laisser le soin de déterminer ces dimensions sous sa responsabilité, eu égard aux ressources dont il dispose et suivant ses vues particulières.
- En ce qui concerne les roues dentées, il n’a pas paru nécessaire d’indiquer des règles spéciales; il y a, dans tous les cas, assez de marge pour qu’on puisse donner aux dents une résistance largement suffisante. Le profil doit être tracé de telle sorte que les rouleaux et les blocs se placent convenablement entre les dents et s’en détachent nettement lorsque la chaîne quitte la roue. Ces conditions sont faciles à réaliser sans qu’il soit nécessaire de donner des règles précises pour ces tracés.
- Les chaînes à unifier se rangent (fig. 57-59) dans deux catégories : celles à simples rouleaux et celles à doubles rouleaux ou à blocs, les blocs prenant la place des paires de rouleaux jumelés.
- En ce qui concerne les pas, les différentes propositions et les discussions de la commission montrent qu’on est en général d’accord pour proposer qu’ils varient de 5 et 5 millimètres pour les petites chaînes et de 10 et 10 millimètres pour les grosses chaînes. Il convient de prendre les limites les plus étendues pour ces dimensions, en dépassant même celles qui sont aujour-
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- UNIFICATION DES CHAINES d’aüTOMOBILES.
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- cl’hui d’un usage général. Les limites de 25 et 75 millimètres ont paru convenables pour les chaînes à simples rouleaux, et celles de 35 et 100 millimètres pour les chaînes à doubles rouleaux et à blocs.
- Les largeurs ont été fixées, par comparaison avec les diverses dimensions en usage, à 13, 15, 20, 25, 30 et 35 millimètres pour les chaînes à simples rouleaux, et à 20, 25, 30, 35 et 40 millimètres pour les autres chaînes. Nous ferons remarquer que, pour les trois derniers types de chaînes à pas de 70, 80 et 90 millimètres, la commission n’a trouvé que peu de renseignements.
- On pourrait prévoir deux ou plusieurs largeurs pour des chaînes de môme pas : mais cette
- variation de largeur ne présenterait, le plus souvent, que des avantages secondaires, tandis qu’elle multiplierait le nombre des types non échangeables. Mieux vaut créer une chaîne spéciale pour un cas exceptionnel qu’employer couramment deux ou trois types différents quan d un seul suffirait.
- Les pleins ont été fixés, comme les autres éléments, d’après les dimensions adoptées déjà et les propositions présentées en tenant compte des indications données à ce sujet à la commission. Avec certains systèmes de construction, il est difficile de bien proportionner la résistance de toutes les parties si les pleins ne sont pas suffisamment grands; il paraît utile, à ce point de vue, de donner aux pleins les plus grandes dimensions possibles, en réduisant les vides au minimum.
- Dans les chaînes à simples rouleaux, le plein est égal au diamètre du rouleau; dans celles à doubles rouleaux, le plein est égal au double du diamètre des rouleaux augmenté du jeu ménagé entre les deux rouleaux jumelés, jeu fixé à 2 millimètres.
- Le tableau qui suit résume les propositions de la commission.
- TABLEAU DES DIMENSIONS PROPOSÉES
- Chaînes à simples rouleaux. Chaînes à doubles rouleaux et à blocs.
- Pas. Largeur. Plein. Pas. Largeur. Plein.
- mm. ram. mm. mm. mm. mm.
- 25 13 îi 35 20 24
- 30 15 13 40 20 28
- 35 20 16 45 20 32
- 40 20 18 50 20 36
- 50 23 22 60 23 42
- 00 30 27 70 30 48
- 75 35 33 85 35 60
- » » )) 100 40 70
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- PROCÈS-VERBAUX
- Séance du $7 janvier 1899.
- Présidence de M. A. Garnot, président.
- M. le Président fait part de ]a mort du général Annenkoff, membre correspondant de la Société.
- Correspondance. — M. Collignon, secrétaire, dépouille la correspondance.
- M. L. Harant remercie le Conseil de sa nomination de membre de la Société.
- M. Guichard, à Saint-Vincent-dc-Connezac (Dordogne), présente une greffeuse pour vigne. (Agriculture.)
- M. E. Delanau, rue du Quatorze-Juillet, 33, à Alfortville, demande une annuité de brevet pour un nouveau système de charpente. (Constructions et Beaux-Arts.)
- Correspondance imprimée.— M. Collignon présente au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages mentionnés à la page 158 du Bulletin de janvier 1899.
- Déclaration de vacance. — M. Rossigneux déclare une vacance au Comité des Constructions et Beaux-Arts, en remplacement de M. Appert.
- Nomination d’en membre du Conseil. — M. L. Dumont, administrateur de la Société des Papeteries du Marais et de laClcde Saint-Gobain, est nommé membre de la Commission des fonds, en remplacement de M. Legrand.
- Nominations de membres de la Société. — Sont nommés membres de la Société :
- M. Bontemps, ingénieur civil des mines, présenté par MM. Livache et G. Richard;
- M. Drouet, boulevard Malesherbes, 107, à Paris, présenté par MM. Lindet et Livache;
- M. Gallois, à Asnières (Seine), présenté par MM. Lindet et Livache;
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- PROCÈS-VERBAUX. --- FÉVRIER 1899.
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- M. Gautier, constructeur d’instruments de précision, membre du Bureau des longitudes, présenté par M. Rozé;
- M. Gesenheimer (Georges), docteur ès sciences, à Paris, présenté par M. Troost.
- Conférence. — M. Pérard fait une conférence sur Y Exposition des pèches à Bergen.
- M. le Président félicite M. Pérard de sa très'intéressante conférence, qui sera reproduite au Bulletin.
- Séance du 10 février 1899.
- Présidence de M. A. Carnot, président.
- M. le Président fait part de la perte très douloureuse que vient d’éprouver la Société d’Encouragement en la personne de M. le comte G. de Salverte, membre du Comité des Constructions et Beaux-Arts.
- Correspondance. — M. E. Collignon, secrétaire, dépouille la correspondance.
- Il fait part de la mort de M. Brault, chef de la maison Brault, Tesset et Gillet, membre de la Société.
- M. Dumont remercie le Conseil de sa nomination comme membre de la Commission des Fonds.
- M. Boutet, ingénieur, boulevard Riquet, 15, à Toulouse, présente un Cuvier laveur épierreur pour les blés. (Agriculture.)
- M. G. Chambost, rue du Milieu, 9, à lvry, demande une annuité de brevet pour une Essoreuse domestigue. (Arts économiques.)
- M. A. Berthier,k Saint-Julien-en-Genevois (Haute-Savoie), présente un travail, l'influence des corps dissous sur le pouvoir calorifique et lumineux des liquides dissolvants. (Arts chimiques.)
- Correspondance imprimée. — M. Collignon présente au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages mentionnés à la page 347 du présent Bulletin.
- Nominations de membres de la Société. — Sont nommés membre de la Société :
- Comme membres à vie, M. E. Biver, ingénieur, déjà membre de la Société, Tome IV. — 98e année. 5e série. — Février 1899. 23
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- PROCÈS-VERBAUX.
- FÉVRIER 1899.
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- et M. Vallot (llcnri), ingénieur des arts et manufactures, présenté par MM. E. Simon et G. Richard.
- Comme membre* :
- M. Thiry (Joseph), ingénieur à Forest-les-Bruxelles (Belgique), présenté par MM Debize et Sorel ;
- M. Lalance (Auguste), boulevard Malesherbes, 195, présenté par MM. Roy et Cheysson ;
- M. Raphaël-Georges Lévy, boulevard de üourcelles, 80, présenté par M. Cheysson ;
- La Bibliothèque de l'Ecole du Génie maritime, présentée par MM. Coliiynon et Eaton de la Goupillière.
- Rapports des comités. — Sont présentés, au nom du Comité des Arts mécaniques, et approuvés, les rapports de :
- M. Brull, sur la Chaudière Niclaus&e et le Déverseur de vapeur de MM. Muller et Royer (voir page 169 du présent Bulletin).
- M. E. Bourdon, sur XEmbrayage de M. Roman (p. 188).
- Communications. — M. Villard fait une communication sur les Rayons X et la photographie.
- M. le P> *ésident, s’associant aux applaudissements de l’auditoire, félicite M. Villard de sa très intéressante communication, qui sera reproduite au Bulletin.
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- LIVRES ET OUVRAGES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE
- EN FÉVRIER 1899
- Donnés par M. E. Simon, membre du Conseil, le Journal des papetiers, année 1898;
- Revue de la Chapellerie, année 1898; le Travail National, année 1898.
- Du ministère de l’Intérieur, Situation financière des départements en 1896, présentée par M. Martin, 1 vol. in-4, 423 p. Melun, Imprimerie administrative.
- L’Aéronautique, par M. Banet-Rivet, 1 vol. in-8, 270 p., 3 tîg. Paris, Société française d’Éditions d’Art.
- Papeteries et Imprimeries du département de la Creuse, 1519-1898, par
- M. L. Duval, une brochure in-8, 31 p. Guéret, Imprimerie Amiault.
- La Photographie animée, par M. E. Trutat, avec préface de M. Marey, 1 vol. in-8, 177 p., 146 fîg. Paris, .Gauthier-Villars.
- L’Année industrielle, par M. Max de Naiisouty, 1 vol. in-18, 303 p. Paris, F. Juven.
- Du ministère de l’Instruction publique, Bulletin des Travaux historiques et scientifiques, section des Sciences économiques et sociales. Congrès des Sociétés savantes en 1898, 1 vol. in-8, 30 p. Imprimerie Nationale.
- Bulletin Technique, organe de VInstilut du Génie civil, Hevue mensuelle, par MM. de Sergniat et A. Minet, n° 1. Paris, avenue de l'Opéra, 22.
- De VEncyclopédie Leauté. Application de la Photographie à. l’Industrie, par M. C. H. Niewenglowski. Paris, Gauthier-Villars.
- De l’Institut Egyptien. Bulletin et Mémoires, années 1897-1898.
- De la Bibliothèque des Conducteurs de travaux publics. L’Électricité, par M. Dagremont. 2e partie, applications industrielles, 1 vol. in-8, 642 p., 320 flg., et Exploitation des Mines, par M. F. Colomer, 1 voL in-8, 345 p. 176 fîg. Paris, Dunod.
- Recueil des données numériques, publié par la Société française de Physique. Optique, par M. H. Dufet. 2e fascicule, Propriétés optiques des solides, 1 vol. in-8, 785 p. Paris, Gauthier-Villars.
- Note sur la convergence des essieux dans les voitures à grand écartement d’essieux, par M. E. Ponlonceau. Extrait des Annales des mines.
- Les Machines frigorifiques, par M. H. Lorenz, traduction par MM. Petit et Jacquet, 1 vol. in-8, 183 p. Paris, Gauthier-Villars.
- Table alphabétique de la Bibliographie de la France, année 1898, in-8, 250 p. au Cercle de la Librairie.
- Analyse chimique. Essais des combustibles, par M. L. Campredon, 1 brocli. in-8, 21 p., chez l’auteur, à Saint-Nazaire.
- Du ministère du Commerce. Rapports sur l’application, pendant l’année 1897, des lois réglementant le travail, 1 vol. in-8, 748 p. Imprimerie Nationale.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A UA RIBUIOTHÈQUE DE UA SOCIÉTÉ
- Du 15 Janvier au 15 Février 1899
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag.
- Ac.
- Acp.
- AM.
- Ap.
- APC.
- Bam.
- BMA Ci.. Co.. CN. Cs..
- CR.
- DoL.
- Dp. E. .
- EL .
- Eam.
- EE..
- Eté.
- Ef..
- EM.
- Es. .
- Fi .
- Gc.. Gin.
- IC..
- te. . Im . IME.
- loB. La .
- Journal de l’Agriculture.
- Annales de la Construction. Annales de Chimie et de Physique. Annales des Mines.
- Journal d’Agriculture pratique. Annales des Ponts et Chaussées. Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- Bull, du ministère de l’Agriculture. Chronique industrielle.
- Cosmos.
- Chimical News (London).
- Journal of the Society of Chemical Industry (London).
- Comptes rendus de l’Académie des Sciences'
- Bulletin of the Department of La-bor des États-Unis.
- Dingler’s Polytechnisches Journal. Engineering.
- The Engineer.
- Engineering and Mining Journal. Eclairage Électrique.
- L’Électricien.
- Économiste français.
- Engineering Magazine.
- Engineers and Shipbuilders in Scotland (Proceedings).
- Journal of the Franklin institute (Philadelphie).
- Génie civil.
- Revue du Génie militaire. Ingénieurs civils de France (Bull.). Industrie électrique.
- Industrie minérale de St-Étienne. Institution of Mechanical Engineers (Proceedings).
- Institution of Brewing (Journal). La Locomotion automobile.
- Ln. . . . . La Nature.
- Ms.. . . . Moniteur scientifique.
- Mc .. . . Revue générale des matières colorantes .
- N.. . . . Nature (anglais).
- Pc.. . . . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Pm. . . . Portefeuille économ. des machines.
- Rgc. . . . Revue générale des chemins de fer.
- Rgcls.. . . Revue générale des Sciences.
- Ri . . . . Revue industrielle.
- RM. . . . Revue de mécanique.
- Rmc.. . . Revue maritime et coloniale.
- Rs. . . . . Revue Scientifique.
- Rso. . . . Réforme Sociale.
- RSL. . . . Royal Society London (Proceedings;.
- Ht.. . . . Revue technique.
- Ru.. . . . Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- SA.. . . . Society of Arts (Journal of the).
- ScP. . . . Société chiinique de Paris ( Bull. ).
- Sie. . . . Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- SiM. . . Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- SiN. . . Société industrielle du Nord de la France (Bulletin).
- SL.. . . Bull, de statistique et de législation.
- SNA.. . Société nationale d’agriculture de France (Bulletin).
- SuE. . . Stahl und Eisen.
- USR. . . Consular Reports to the United States Government.
- VDl. . . Zeitschrift des Yereines Deutscher Ingenieure.
- ZOI. . . Zeitschrift des Oesterreichischen Ingenieure und Architekten-Ve-reins.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- FÉVRIER 1899.
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- AGRICULTURE
- Agronomie. Revue annuelle (Dehérain). Rgcls. 30 Janv., 63.
- Angleterre. Statistique agricole (Levasseur). SNA. Août, 513.
- Assolement de 5 ans en Limousin (Heuzé). Ap. 19 Janv., 85.
- Bétail (Tuberculose du) (W. Hunting). JA. 27 Janv., 190.
- Betterave de distillerie dans l’Oise.Ag. 28Janv., 130.
- — à sucre. Expériences (Desprez). Ag.
- 4 Fév., 170; production de la graine. ld., 209.
- Blé (Piétin du). JNA. Nov., 550.
- — (Verse du) et superphosphates. Ag.
- 11 Fév., 229.
- Cheval de guerre (Le) (Lavalard). SNA. Nov., 560; Déc., 625.
- Défrichement. Arrachage des souches (Ringel-mann). Ap. 9 Fév., 207.
- Engrais. Divers. Cs. 31 Janv., 55.
- — Marche générale de la végétation (Ber-thelot). CR. 16 Janv., 139.
- — Échantillonnage (Girard). Ap. 2 Fév., 163.
- — Fumier de ferme. Considérations pratiques (Grandeau). Ap. 2 Fév., 161.
- — Assimilation des hydrates de carbone et élaboration de l’azote organique dans les végétaux supérieurs (Mazé). CR. 15 Janv., 185. Galéga officinal comme engrais vert (Heuzé). Ap. 9 Fév., 205.
- — Nitrogine et les nodules des légumineuses (Dawson). RSL. 23 Janv., 167. — Fosse ou plate-forme à fumier. Ap. 19 Janv., 93.
- — Fumure des arbres fruitiers. Ag. 21 Janv., 96; Ap. 9 Fév., 199. Espaliers. Protection contre la grêle. Ap. 26 Janv., 139.
- Lupin. Culture en Sologne, Ap. 21 Fév., 89. Lait (Influence du travail sur la décomposition du). (Grandeau). Ap. 26 Janv., 123.
- — Baratteur Wahlin. Ap. 23 Janv., 130. Machines agricoles dans les pays à métayage (Vacher). SNA. Août, 491.
- — Tarares et concasseurs (Appréciation
- des) (Ringelmann). SNA. 5 Août, 484.
- Machines agricoles.Arracheuse.de souches (Ringelmann). Ap. 2 Fév., 167.
- — Charrues. Concours en Algérie (Ringelmann). SNA. Déc., 641.
- Pins sylvestres. Maladie ronde. SNA. Août 457 ; Nov., 546.
- Plantes nouvelles de grande culture (Dubois).
- Ap. 19 Janv., 90; Ag. 28 Janv., 134. Terrains secs et rupestres (Gervais). SNA. Déc., 656.
- Travail du sol (Le). (Dehérain). SNA. Déc., 619. Vigne. Cochylis en hiver. Ag. 21 Janv., 101.
- CHEMINS DE FER
- Attelage central Penney. E. 27 Janv., 120. Chauffage des trains à la vapeur sur le P.-L.-M. Ln. 28 Janv., 131.
- — En Allemagne, Autriche et Suisse, 1897-1898. Rgc. Fév. 93.
- Chemins de fer pour les colonies africaines. E. 20 Janv., 82.
- — État prussien en 1899. SUE. 1er Fcc., U 6.
- — — français en 1897. Rgc., Fév., 104.
- — de Sibérie et de l’est de la Chine (De
- Batz). Gc. 21 Janv., 177.
- — du Burmah (Nisbet). JA. 27 Janv., 173.
- — du Saint-Gothard en 1897 (J. Mich'èl)»
- Rgc. Fév., 83.
- — d’Anneslëy-Nottingham. E1. 3 Fév., 103.
- — du Great-Central. E. 10 Fév., 165.
- — Construits en Italie. Pc. 1885 à 1897
- (Longraire). IC. Janv., 358.
- — delà Jungfrau. E1 10 Fév., 132.
- — Sfas à Gafsa (Rey). IC. Déc., 485.
- — Métropolitain de Paris. Rt. 10 Janv., 15.
- — — Londres Waterloo-City E', 27 Janv.,
- 77. — (Avenir du). E'. 3 Fév., 103. Désinfection des wagons à bestiaux. Z01. 13-20 Janv., 21, 39.
- Gares de marchandises du G. Norhern à Manchester. Rgc. Fév., 115. Locomotives Express du Great-Northern ot Ireland. E'. 20 Janv., 69. du Nord Français. EM. Fév., 784.
- — — de l’État belge. E. 2 Fév., 144.
- — — Compound de l’État autrichien.
- Gc. 4 Fév., 216.
- — — 6 couplés du Nord français. RM.
- Janv., 97.
- — — tender (Stabilité des). E. 27 Janv.,
- 122.
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- 350
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- FÉVRIER 1899.
- Locomotives. Mogul du New-York-Central. E. 10 Fév., 177.
- — à voie d'un mètre. Morandière. E.
- 20 Janv., 72.
- — Proportions des cylindres et de la sur "
- face de chaulle. Rgc. Fer., 120.
- — à cylindres oscillants Garbutt. RM.
- Janv., 97.
- — à crémaillère Raldwin. Er. 27 Janv., 90.
- — Chaudières à tubes d’eau Smith. RM.
- Janv., 96.
- — Atelier de montage du Baltimore Ohio.
- Rge. Fév., 110.
- Rails en acier (Spécification des). Fi. Janv., 1.
- — Joints Falk. Rt. 10 Janv., 3.
- Résistance des trains. E. 10 Fer., 182.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles. Les transmissions. Ri. 21, 28 Janv., 24, 34; 4 Fcc.,42; 11 Fév., 155.
- — Concours des fiacres (Forestier). IC.
- Nov., 199.
- — Changements de vitesse. Brun. La. 26 Janv., 52. Crouan. R)I. Janv., 98.
- — à pétrole (Les). E'. 20-27 Janv., il, 75;
- 3 Fév., 101 ; 10 Fév., 127.
- — — Combier. La. 19 Janv., 36.
- — — Boustetten. RM. Janv.. 98.
- — — Koch. E1.3 Fév., 120.
- — — Klauss. La. 9 Fév., 88.
- — — Rozé Mazurier. Pm. Janv., 14.
- — — Daimler. La. 26 Janv., 53.
- — — Johnston. La. 2 Fév., 69.
- — à vapeur Vauclain. RM. Janv., 99.
- — Électriques (Moteurspour). Je.25 Janv.,39.
- — — Krieger. Mildé. Patin. Pm. Fév., 29.
- — — Fiacres. Concours de l’Automobile-
- Club de France. La. 9 Fév., 82.
- — — Concours d’accumulateurs de l’Au-
- tomobile Club de France. La. 9 Fév., 81.
- Locomotives à air comprimé Porter. E'. 27 Janv., 79.
- Tramways. Statistique en France. Ri.,
- 4 Fév., il.
- — Rails de la Compagnie des Omnibus.
- Rgc. Fév., 89.
- — Freins. Patins à ressorts. Rgc. Fév., 117. — Électriques. Bastille - Charenton. Ri.
- 21 Janv., 22.
- — — Midlesborough, à courants tripha-
- sés. EE. 4 Fév., 184.
- Tramways. Retour par terre (Tripier ). EE 28 Janv., 128.
- — — (Distributions pour).E'.20Janv.,51.
- — — de Porto-Rico. EM. Fév., 799.
- — — de Lyon. EE. 11 Fév., 209-212.
- — - d’Osterule. EE. 11 Fév., 212.
- — — de Glasgow. E'. 10 Fév., 142. Locomoteur Parker. E’. 27 Janv., 90.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acides acétique et eau. Congélation des mélanges et solubilité réciproque (Coppet). ACP. Fév., 275.
- — antimonique soluble nouveau et ses an-
- timoniales (Senderens). ScP. 20 Jctnv., 47.
- — carbonique. Absorption de petites quan-
- tités dissoutes dans l’eau (Marboutin, Pécoul et Bouyssy). ScP. 5 Janv., 3.
- — sulfurique. Concentration industrielle
- et dégagement des vapeurs blanches (H. N Morris). Ms. Fév., 125. Acoustique. Flammes chantantes. Étude photographique (Nichols). N. 2 Fév., 320. Albumine. Dosage. (Delaunaye). Pc. 1er Fév., 100.
- Amidon. Dosage dans les grains (Lindet). Ms. Fév., 115.
- Argon pur (Ramsay). RSL. 23 Janv., 183.
- CN. 27 Janv., 38; 3 Fév., 49.
- Azote atmosphérique et argon. Densités (Ramsay). RSL. 23 Janv., 181.
- Brasserie. Divers. Cs. 31 Janv., 59.
- — État actuel en France. Rgcls. 15 Janv., 8.
- — Matières fermentescibles dans la bière
- (Glendining). IoB. Janv., 21. Cadmium. Recherches dans le cuivre (Trey). Cs. 31 Janv., 73.
- Caoutchouc au Para. USR. Janv., 65.
- Carbures alcalins etalcalino-terreux (Moissan). ACP. Fév., 145.
- Chaux et ciments. Importation et exportation en 1897. Le Ciment. Janv., 9.
- — Divers. Cs. 31 Janv., 42.
- Chrome. Nouvel hydrate d’oxyde salin (Baugé). ScP. 20 Janv., 44.
- Corps gras.Évaluation par l’iode (Aschman). Cl\, 27 Janv., 39.
- — Unification des analyses de (Ulzer). CN. 27 Janv., 40.
- — Divers. Cs. 31 Janv., 31.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- FÉVRIER 1899.
- 351
- Cellulose. La. Cross et Bevan. MC. 1er Fév., 41. Céramique et poterie. Divers. Cs. 31 Janv., 40. Chlore. Procédés Wilde et Reychier. Ms. Fév., 121. — Mond à la magnésie. Cs. 31 Janv., 38.
- Cryoscopie de précision. Application aux dissolutions aqueuses (Raoult). ACF. Fév., 162.
- Essences. Diverses. Cs. 31 Janv., 06.
- — Citrate, ld., 67. Petit grain. Lemon-Grass. ScP. 02 Janv., 75, 77. Explosif. Divers. Cs. 31 Janv., 69, 71.
- — brisants. Essais industriels (Auzenat).
- Gc. 28 Janv., 203.
- de sûreté, théorie (Ephraïm). Ms. Fév.,
- J 40.
- — (Les) (Gutmann). Cs. 31 Janv., 6.
- — Fulmi-coton humide. Décomposition lente (Thomas). Ms. Fév. 143.
- — — Stabilité. Id., 148, 150.
- — — Détonations accidentelles. Id., 150. Gaz d’éclairage. Divers. Cs. 31 Janv., 23.
- — Laveurs épurateurs Zschocke. Ri. 4 Fév., 31.
- — Allumeur Céard. Ln. 28 Janv., 139.
- — Manchons incandescents. Recherches chimiques (Hintz). CN. 20, 27 Janv., 25, 41.
- — Société d’Encouragement de Berlin. Janv., 57.
- —• Acétylène. Divers. Cs. 31 Janv., 24.
- — Gazogènes divers. Bp. 28 Janv., 65;
- 4 Fév., 80.
- — Action de l’acide sulfurique (Berthelot). CR. 6 Fév., 333.
- Gazogènes nouveaux. Société d’Encouragement de Berlin. Janv., 37.
- Glycocolle. Nouvelle préparation (Auger). ScP.
- 5 Janv., 5.
- Huiles (Séchage des). Cs. 31 Janv., II. Hydrogène liquide. Point d’ébullition (Dewar). CN. 10 Fév., 61.
- Laboratoire. Divers. Cs. 31 Janv., 83.
- — Dosage du manganèse par le perman-
- ganate de potasse (Daw). CN. 20 Janv., 25.
- — — du carbone et de l’hydrogène dans
- les liquides organiques volatils ( Streatfîeld et Eynon ). CN.
- 3 Fév., 50.
- — Volumétrique de l’acideborique(Jones).
- American Journal of Science. Fév., 147.
- Laboratoires techniques de l’École polytechnique de Zurich, et ceux de nos Facultés (Weiss). Rgds. 30 Janv., 56.
- — Appareils pour chauffage en tubes scellés à température constante (Sudboroug). Cs. 31 Janv., 16. Occlusion des gaz par les oxydes métalliques (W. Richards). CN. 20, 27 Janv., 27, 43; 3, 10 Fév., 53, 67.
- Optique. Dispersion anormale de la vapeur de sodium incandescente (Becquerel). CR. Janv., 146.
- — Transmission des sons par les rayons ultra-violets (Dussaud). CR. 16 Janv., 171.
- — Etalon au pentane Vernon-Hercourt. le. 25 Janv,, 42.
- — Persistance de la luminescence visible (Le Bon). CR. 16 Janv., 174.
- — Luminescence invisible (G. L. Bon).
- RS. 28 Janv., 106; 11 Fév., 161.
- — Source de l’énergie dans les corps radio-actifs (Crookes). CR. 16 Janv., 176.
- — Grande lunette de 1900. Ln. 11 Fév., 167.
- — Échelle du spectre (Guillaume). Rgds.
- 15 Janv., 3.
- — Rayons X. EE. 21, 28 Janv., 115, 153;
- 4 Fév., 194, 198; 30 Janv., 297, 301. CR. 23 Janv., 237 ; 6 Fév., 356.
- — Rayons de Becquerel et Polonium (Curie). Rgds., 30 Janv., 41.
- Oxyde de carbone. Décomposition en présence des oxydes métalliques (Boudouard). CR. 30 Janv., 307.
- — Dosage (Schlagdenhauffen et Paget). CR. 30 Janv., 309.
- Oxydes métalliques. Réductibilité (Hélier). ScP. 20 Janv., 43.
- Oxygène. Procédé Stuart. Eam. 21, 28 Janv., 83, 111.
- Papier. Divers. Cs. 31 Janv., 63.
- Paraffine. Point de solidification (Kisling). CN. 10 Fév., 67.
- Parfums. Synthèse du parfum du jasmin (Ver-ley). CR. 30 Janv., 314.
- — Développement des principes aromatiques par fermentation alcoolique en présence de certaines feuilles (Jacquemin). CR. 6 Fév., 369.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- FÉVRIER 1899.
- Photographie. Divers. Cs. 31 Janv., 69.
- Résines et vernis. Divers. Cs. 31 Janv., 53.
- Sets neutres métalliques. Actions caractéristiques (clés) (Kiefting). Cs. 31 Janv., 21. Soie artificielle. Fabrication et essais (Millar). Sulfate de cuivre. Toxicité. Rôle de l’ionisation (Maillard). ScP. 5 Janv., 26. Cs. 31 Janv., 16.
- Sucrerie. Purification et décoloration des dissolutions par l’ozone (Peters). Cs. 31 Janv., 56.
- Stéréochimie et vitalisme (Japp). Ms. Fév., 81. Tannerie. Divers. Cs. 31 Janv., 54.
- — Terres rares. Cs. Janv., 64.
- Teinture. Divers. Cs. 31 Janv., 29, 37.
- — Série de la Safranine (Jaubert). Actualités chimiques. 30 Nov., 333.
- — Mordants pour la laine, essais avec 44 éléments (Gandourine). SiM. Déc., 326.
- — Bistre obtenu par la combinaison de la dinitrosoréine avec l’ammoniaque (Binder). SiM. Déc., 342.
- — Emploi des quinones oximes et leur fixation directe sur les tissus (Grand-mougin). Sim. Déc., 345.
- — Mordants à base de titane (Barnes). Cs. 31 Janv., 15.
- — Couleurs nouvelles. MC. 1er Fév., 5 4. Ms. Fév., 15.
- — Imprégnation des toiles à voile (Guene). Cs. 31 Janv., 36.
- — Mercerisage. Brevets divers. MC. 1er Fév., 67.
- — — du coton tendu (Gardner). Cs. 31 Janv., 36.
- — Pigments à l’oxyde de fer (Bauke). Cs. 31 Jcmv., 52.
- — Technologie chimique des libres (Progrès de la) (Gassmann). Ms. Fév., 94. Thorium. Séparation des autres terres rares Cs. 31 Janv., 75.
- Thermodynamique de la vapeur d’eau (Stark-weather). American Journal of Science. Fév., 129.
- Tungstène. (Dosage du) (Brearly). CN. 10 Fée., 65.
- Tourmaline. Composition chimique (Penfîeld et Foote). American Journal of Science. Fév., 97.
- Vide très élevé produit par l’hydrogène liquide. (Dewar). N. 19 Janv., 280.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Angleterre. Commerce extérieur en 1898. Ef. il Fév., 168.
- Artel et coopération en Russie. Ef. 4 Fév., 138. Assistance par le travail et asile de nuit (Rivière). Rso. 1 Fév., 226.
- Chine. Mines et chemins de fer. E. 3 Fév., 152.
- États-Unis et Allemagne (Concurrence des). EM. Fév., 79.
- Fédération ouvrière de Garni (Variez). Musée social. Janv.
- France. Commerce extérieur en 1898. Ef. 21 Janv., 67; H Fév., 168.
- — Fonctionnaires et pensionnés de l’Etat (Recensement des) (Turquan). Rso. 1 Fév., 202.
- — Défense des colonies. Ef. H Fév., 17t. — Marine marchande. Ef. 11 Fév., 173. Logement des classes laborieuses (Hardy). Rso., 16 Janv., 180.
- — Logements, professions, salaires dans un quartier de Paris. Ef. Il Fév.. 169.
- Or. Production au Klondyke. Ef. 21 Janv., 67.
- Ouvrier anglais (Avenir de 1’). E. 27 Janv.,
- 117.
- Salaires. Taux aux États-Unis (Levasseur). Gc. 28 Janv., 197.
- Secours mutuels. (Loi sur les sociétés de) (Ma-hilleau). Musée Social. Série A, n° 24. Taux de l’intérêt. Relèvement depuis un an. Ef. 28 Janv., 97.
- Trades-Unions (Les) en 1897. E'. 27 Janv., 82.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Bois (Incombustibilisation des) (Hexamer). Fi. Janv., 65.
- Ciments. Résistance à l’élasticité (Joly). Le Ciment. Janv., 5.
- — armé. État de la question en Italie (Ca-
- novetli). Le Ciment. Janv., 12.
- — — Considère. Gc. 4 Fév., 213.
- — Résistance des poutres et planchers (Lefort). Pc. Fév., 25.
- Incendies (Protection en Europe contre les) (Sachs). E. 20 Janv., 66.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ------ FÉVRIER 1899.
- 353
- Incendies. Station d’essais du British Fire Prévention Connnittee. E. 3 Fcc., 141. FJ. 3 Fév., 110.
- — dans les hautes maisons, américaines.
- FM. Fév., 769.
- Ponts de Mungsten. E' 20 Janv., 57.
- — Alexandre-llI. Pont roulant de mon-
- tage. Gc. 4 Fév., 209.
- — en fer. Construction en Autriche. SuE.
- 1er Fév., 138.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs (Les). Progrès récents. (Appleton). E. 10 Fév., 194.
- — Pisca. EE. 21 Janv., 86.
- — au plomb. Variation de la capacité avec
- la concentration de l’acide sulfurique (Jumau). EE. 11 Fév., 202.
- — Détermination des composantes de la capacité des accumulateurs (Schoop). le. 25 Janv., 29.
- Ambroine comme isolant (Korda). EE. 11 Fév., 229.
- Appareils thermiques pour courants alternatifs. Elé. 21 Janv., 33.
- — Parvillée. EE. 28 Janv., 138. Commutateurs de l’Allgemeinen. EE. 4Fer., 182. Coupe-circuit Brunswick. Sie. Janv., 7. Vedo-velli Id., 13. Grivolas ld., 19. Gros-selin-Zeller. EE. 11 Fév., 228. Distribution par courants alternatifs (Leblanc).
- EE. 28 Janv., 123; 4 Fév., 161. Dynamos (Les). (Parshall et Hobart). E. 27 Janv., 100.
- — En dérivation, excitation, procédé Sen-gel. EE. 4 Fév., 188.
- — Moteurs Asynchrones monophasés, démarrage (Arno). EE. 28 Janv., 145. Éclairage (Progrès de 1'). Société cl’Encoura-gement de Berlin. Janv., 5.
- — Arc. Lampes Combier et Duflos. Gs. 21 Janv., 187. Brillié-Vigreux, Lacko, Siemens, Davies, Thomson-Houston, Pomeroy llubbel. EE. 4 Fév., 174.
- — Vigneux Brillié. le. 10 Fév., 59. Incandescence. Divers. Dp. 28 Janv., 63. 11 Fév., 93.
- — Lampe Nest. E. 10 Fév., 183. SA. 10 Fév., 253.
- Électrochimie. Divers. Ms. Fév., 127. Cs. 31 Janv., 49.
- Électrochimie. Fours à carbure divers. Dp. 21 Janv., 47..
- — Appareils lliban, pour l’électrolyse.
- ScP. 20 Janv., 81.
- — Four Clark et Blum pour la décompo-
- sition de l’eau par l’arc. EE. 28 Janv., 143.
- — Analyse électrolytique. Séparation du
- nickel et du fer. Dosage du plomb et du manganèse. EE. 21 Janv., 88.
- — Alcalis et chlore. Dp. 11 Fév., 95.
- — Chlorure de sodium. Chlorates. Per-chlorates. Ms. Fév., 127, 133, 137.
- — Oxygène et hydrogène. Fabrication électrolylique Hammerschmidt. Ms. Fév., 135.
- — Céruse Cowper Coles. Ms. Fév., 139. Étincelle électrique. (Constitution de F) (Schuster et Hemslalick). N. 9 Fév., 350. Magnétisme. Effet d’un chauffage prolongé sur les propriétés magnétiques du fer (Roget). RSL. 23 Janv., 150.
- — Pénétration dans le fer (Stéfanini et Kirstædter). EE. 11 Fév., 234. Mesures. Comparateur de phases Siemens et Halske. Ele. 28 Janv., 54.
- — Compteur Peloux. le. 25 Janv., 39.
- — llystérisimètres Blondel et Deprez. EE. 11 Fév., 227.
- — Voltmètre à mercure Gourwitch. Elé. 4 Fév., 66.
- Stations centrales. Grandes stations. E. 10 Fév., 183.
- — Éclairage et force motrice pour les ports (Aldridge). E. 3 Fév., 159.
- — Niagara (C. Sellers). E. 20, 27 Janv., 91, 128.
- — Utilisation des forces motrices du Doubs. Elé. 28 Janv., 59.
- — Usine de Montier. le. 25 Janv., 32.
- — Tarification de l’énergie électrique, le. 23 Janv., 37.
- Télégraphie sans fils (Lodge). E. 20, 27 Janv., 94, 125. EE. 21 Janv., 81-100.
- — Actino-électrique Zieckler.EF. 21 Janv.,
- 110.
- — TransmetteurMuirhead. EE. 11 Fév. ,225. Tensions (Les) très élevées (Trowbridge). iV. 9 Fév., 343.
- Transformateurs rotatifs donnant des tensions variables avec la charge (de Marchèna). le. 10 Fév., 53.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- FÉVRIER 1899.
- Transformateurs à haute tension pour courants continus Rochefort. le. Déc., 496.
- HYDRAULIQUE
- Bélier Ryfe. Ri. 21 Janv., 21.
- Conduites d'eau (Destruction des). SuE. 1erFév., 134.
- Eaux de Londres. E’. 27 Janv., 76; £.27 Janv., 115.
- Ecoulement dans les canaux découverts. Application de la formule (Daries). Pc. Fév., 30.
- Pompes Ashley pour puits profonds. E. 3 Fév., 140.
- Barnes. RM. Janv., 99.
- Réservoir élevé en tôle de Mulheim. VDI. 23 Janv., 98.
- MARINE, NAVIGATION
- Canal de Berlin-Steltin, Société d’Encouragement de Berlin. Janv., 17.
- — de Panama. État actuel (Hunter). EM.
- Fév., 711.
- — Voies navigables de Russie. E. 10 Fév., 170.
- Constructions navales en 1898. E. 20 Janv., 70.
- — dans le monde entier en 1898. Ef.
- 21 Janv., 60.
- —- Résistance des fluides au mouvement (Hele Shaw). £'. 27 Janv., 94.
- — Forme des carènes et variations du ni-
- veau de l’eau à l'arrière des bateaux (Chaudy). IC. Nov., 333.
- — Propulsion des navires. Théorie (Man-sell). E' 10 Fév., 130.
- Gouvernail. Répétiteur hydraulique Faret. Bam. Janv., o.
- Lanceur hydraulique Phorson. E'. 10 Fév., 133. Machines marines des navires de guerre aux Etats-Unis. FJ. 3 Fév.. 110, 113.
- — à cinq cylindres Mudd. RM. Janv., 104.
- — Essais de Y Ariane. E. Fév., 185. Marines de guerre. Défense des côtes.
- E'. 20 Janv., 52.
- — Comparaison entre les Hottes diverses.
- Gc. 28 Janv., 200.
- — Bateaux sous-marins. E'. 20 Janv., 61.
- — Etats-Unis. E'. 27 Janv., 93.
- — Croiseur Albany. E'. 27 Janv., 86, 90.
- — Japon. Contre-torpilleur Ikadsuchi. Rt.
- 25 Janv., 25.
- Navigation intérieure en Europe et dans l’Amé rique du Nord (V. Hercourt). SA. 20 Janv., 153.
- — en Russie. E. Janv., 99.
- Paquebots à roues américains. E'. 20 Janv., 48; 3 Fév., 107.
- — VOceanic. E'. 20 Janv., 75 )E' .20 Janv., 53. — Caractéristiques des grands paquebots. E'. 10 Fév., 139.
- Signaux acoustiques à la mer. E. 27 Janv., 105. Topographie sous-marine. Sondages. E. 27 Janv.’ 101; 10 Fév., 167.
- Transatlantiques. Mouvement des voyageurs. E. 3 Fév., 150.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Compresseurs Gordon, Paton et Shaw, Kanfhold RM. Janv., 105.
- Chaudières à tubes d’eau (Circulation dans les) (Brillié). Gc. 21-28 Janv., 181, 195; E'. \0 Fév., 140.
- — Okes-Serve. E'. 27 Janv., 92.
- — White. E. 27 Janv., 107.
- — Explosion de Barking. E. 20 Janv., 85. à Ecoles. E. Janv., 92.
- — Circulateur Schoefield et Mac Farlaue. RM. Janv. 95.
- — Filtration des eaux d’alimentation (Shute). Es. Janv., i.
- — Alimentateur Blechynden. E'. 10 Fév., 142.
- - Épurateur Buron. Rt. 23 Janv., 29.
- — Foyers Galloway. RM. Janv., 95. Orvis. Pi., 95.
- — Grille Américaine. RM. Janv., 94.
- — Surchaulfeur Mac Phail. RM. Janv., 94.
- — Purgeur Albany. RM. Janv., 95. Contrôleurs distributeurs. Bam. Janv., 26. Coussinets au gaiac. La. 26 Janv., 59.
- Drague Satre de 500 chevaux. Ri. 11 Fév., 54. Écrou indesserrable Poulot. Bam. Janv., 50. Embrayage End ter. RM. Janv., 109. Engrenages Peerless. RM. Janv., 109.
- — échangeables. RM. Janv., 109. Filetages. Congrès de Zurich (Kreutzberger).
- IC. Nov., 342.
- Froid. Installations du Val-de-Grâce et de l’hôpital Cochin. Gc. 21 Janv., 182.
- - Machines Linde pour navires.£'20 Ja^ir. 65. Heskethet Marcel. RM. Janv. 108. Pictet. VDI. 4 Fév., 121.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- FÉVRIER 1899.
- 355
- Graissage (Avertisseur électrique du manque de Ele. 4 Fév., 65.
- indicateurs (Étalonnage des). RM. Janv., 107.
- — Montage Rieper. RM. Jane., 108.
- Joint de tuyaux Preschlin. RM. Janv., 109. Levage. Cabestans électriques au chemin de
- fer du Nord. Pm. Janv., 1.
- — Construction des grues (Horner). E.
- 3 Fév., 135.
- — Ascenseur électrique à frein hydrau-
- lique Guyenet. Ac. Fév., 18.
- -- Transbordeurs divers. Dp.. 4 Fév., 73. Temperly. RM. Janv., 91.
- — Transport électrique des livres à la
- bibliothèque de Chicago. EE. 11 Fév., 220.
- — Appareils de sûreté Blake-Smith. Ri.
- 4 Fév., 45.
- — Pont roulant électrique de 50 tonnes. Vaughan. E10 Fév., 129. Machines-outils américaines. E'. 20 Janv., 66; EM. (Orcutt). Fév., 703.
- — Actionnées par l’électricité, atelier de l’Allgemeinen. VDI. 4-11 Fév., 113,141.
- — AlésoirquadrupleNewton. E. 3 Fév., 137.
- — — pour dynamos Gisolt. E'. 3 Fév.,
- 117.
- — Atel iers d’artillerie du Creusot.E. 10 Fée., 174.
- — Billes Polisseuses Winkler et Racke. RM. Janv., 100.
- — Fraiseuse pour pignons hélicoïdaux (Miles). E. 20 Janv., 89.
- — — pour les bords des tôles Langbein.
- Pm. Fév., 18.
- — — Colmant. Bam. Janv., 89. Faeon-
- neuse Herbert. RM. Janv., 91. Craven.
- £'. 10 Fev., 135.
- — Cisaille de forge Leavitt. RM. Janv., 86.
- — Coupe-tubes Plummer. RM. Janv., 101.
- — Machine à vis Spencer. Pm. Janv., 8.
- — Perceuses pour chaudières Coates. E.
- 27 Janv., MO.
- — Tours Revolver Fay et Scott. RM. Janv., 101. Gisholt. RM. Janv., 102.
- — Plieuse Shann. RM. Janv., 101.
- — Raboteuse Porte-outil Smith et Sli-ngsby. RM. Janv., 101.
- — Tour Craven. E!. 10 Fév., 135.
- — Tubes à ailettes (Fabrication des). SUE. j 13 Janv., 68.
- — Trieuse Castenholtz. RM. Janv., 101. I
- Machines-outils. Riveuses pneumatiques à bord des navires. E1. Fév., 147.
- — Vis abois, machine Sloan. RM. Janv., 80.
- — Machines iibois (Evolution des). Richards _
- EM. Fév., 729.
- Moteurs à. vapeur Compound pour, hautes pressions. E'. 20 Janv., 62.
- — (Théorie pratique de la) (Dwelshauvers).
- RM. Janv., 5.
- — Compression dans l’espace mort. Ans-
- pach. RM. Janv., 5.
- — à balancier de 2 500 chevaux. RM. Janv.,
- 111.
- — à piston oscillant von Grubinske. RM.
- Janv., 112.
- — Condenseurs centraux. SuE. 1e' Fev., 127.
- — — àeau régénérée (Vail). IC. Déc., 560.
- — — Bromousky. E'. 10 Fév., 147.
- — Régulateurs. Théorie (Weiss). VDI. Janv., 63. Monarch. Id., 115.
- — DistributionsSellers et Pegg. RM. Janv., 113. Stumpf. RM. Janv , 124.
- — Pompe à air sans clapets. Théorie (Berg). VDI. 28 Janv., 92.
- — Stuffing-box Lancaster. RM. Janv. 115.
- — à gaz Cadiot Melvin.Rt. 21 Janv., 29.
- -- Peck. Ravel. Astresse. RM. Janv., 116.
- — à l’exposition de Munich en 1898. Dp.
- 21 Janv., 37, 53; 4 Fév., 71.
- — Crossey pour compresseur.F'. 20 Janv., 68.
- — Régulateur Crouan. RM. Janv., 17.
- — gaz Riché. Ri. 28 Janv., 33.
- — — de hauts fourneaux. E. 10 Fév., 140.
- — — acétylène. Id., 145.
- — Mise en train Stimpson et Green. RM. Janv., 117.
- — à pétrole. Diesel. Dp. 21 Janv., 40; RM.
- Janv., 117. Capitaine. Dp. Tl Fév., 85. Priestmann. Eam., 21 Janv., 83.
- — Carburateurs Starr.jCogswell-Dussaulx-Eden. RM. Janv., 118.
- Réducteur de vitesse. Humpage. RM. Janv., 108. Résistance des matériaux. Les machines à essayer (Charpy). RM. Janv., 44.
- — — de M. Frémont. IC. Déc., 306.
- — Tubes en plomb armés Felten et Guillaume. Ri. 11 Fév., 53.
- Vanne Nelson. RM. Janv., 108.
- Ventilateurs (Équilibre des). Rt. 2'6Janv., 32.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- FÉVRIER 1899.
- MÉTALLURGIE
- Alliages d’or (Arnold), li. 3 Fée., 140.
- - Or et argent. Etude microscopique (Andrews). E. 20 Janv., 87.
- — Bronzes (Microstructure des) (Outer-bridge). Fi. Janr., 18.
- — Fer et nickel (Rudelotf). Cs. 31 .lane., 84.
- Fer et acier. Métallographie microscopique des — : installation des aciéries de Saint-Étienne (Périllon). lm. XII, 409.
- — Structure cristalline (Stead). E. 10 Fer., 191.
- — Changement dans la fabrication du fer et de l’acier. Eam. 21 Janv., 78.
- — Aciérie de Forain. E. 20 Janv., 60.
- — Nouveaux fours à réchauffer. SUE. 15 Janr., 72.
- — Hauts fourneaux. Purilication des gaz, procédé Theisen. SUE. la Janv., 57.
- — Chemin de fer Indo-Norvégien pour desservir les mines de fer. SUE. 15 Janv., 61.
- — Cubilots. Pm. Fée., 21.
- Four de fusion Rousseau. Bain. .lune., 81.
- Or. Traitement des quartz aurifères (CoigneU. lm., XII, 529.
- Or. Mines de la Ilhodesia (Wilkinson). SA. 3 Fcv., 209.
- MINES
- Belgique (Santé des ouvriers dans les mines de). Rt. 25 Janv., 32.
- Électricité. Emploi en 1898. Eam. 7 Janv., 31. Épuisement. Machines souterraines. YDl. 21 Janv., 57.
- États-Unis. Production minérale et métallurgique en 1898. Eam. 7,14 Janv., 3, 45. Extraction. Machine des salines d’Heilbron. Dp.
- 28 Janv., 55; 11 Fer., 88.
- Grisou. Indicateur Lyncker et Schropp. Eam. 28 Janv., 117.
- Houillères. Lignite de Marceau, Algérie (Dusangey). Im. XII, 501.
- — Dépense de vapeur dans les mines d’anthracite. Eam. 21 Janv., 81.
- — Combustion spontanée des charbons. E.
- 3 Fer., 153.
- — Ventilateur pour mines d’anthracite.
- Eam. 28 Janv., 114.
- Lampe électrique. Susmann. Ri. 11 Fer., 56.
- Or. Géologie du Ivlondyke. Eam. 28 Janv., 116.
- — Placées de Cédar Creek. Eam. 4 Fer., 143.
- Le Gerant : Gustave Richard.
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- 98e ANNÉE-
- Cinquième Série, Tome IV.
- MARS 1899.
- BULLETIN
- DË
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- NOTICE NÉCROLOGIQUE
- sur M. Schlemmer, membre du Comité des Constructions et des Beaux-Arts,
- par M. Huet.
- Messieurs,
- La Société d’Encouragement a perdu récemment un de ses membres les plus distingués, M. Schlemmer, inspecteur général des ponts et chaussées en retraite, membre de votre Conseil d’administration.
- Cette perte a été vivement ressentie par tous ses collègues lorsque notre président nous en a donné la douloureuse nouvelle à l’ouverture de la séance du 9 décembre dernier, comme elle l’avait été d’ailleurs par les membres du Comité des Constructions et des Beaux-Arts dont il faisait partie, le jour où cette nouvelle bien inattendue lui est parvenue.
- 11 est d’usage de rappeler en quelques mots, devant vous, les services rendus à la Société par les membres qui nous quittent et les titres qui avaient porté sur eux votre attention et vos suffrages. Votre Comité des Constructions et des Beaux-Arts m’a chargé de cette tâche délicate. Je pouvais d’autant moins m’y dérober qu’elle répondait aux sentiments d’affection sincère et d’estime profonde que j’avais pour le camarade et l’ami.
- Je connaissais M. Schlemmer depuis plus de quarante ans : Attachés tous deux, en 1852, pendant près de cinq années, à la Compagnie concessionnaire du chemin de fer de Lyon à Genève, nous étions chargés de la construction de deux sections contiguës de ce chemin; je débutais dans la carrière; il y était entré depuis quelques années déjà, et je ne saurais oublier Tome IV. — 98e année. 5e série. — Mars 1899. 24
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- le précieux concours que son expérience m’a prêté en plusieurs circonstances, dans les travaux, difficiles pour cette époque, que présentait la partie de ce chemin aux abords du territoire suisse,où il remonte les gorges étroites du Rhône, anciennes limites de la France et de l’Italie;je ne saurais oublier l’accueil si affectueux qu’exilé dans la petite ville de Seyssel, à dix-huit heures de Lyon, à quarante-huit heures de Paris, je trouvais à Genève, dans sa famille, où tout respirait alors la jeunesse et le bonheur des premières années d’une union aujourd’hui douloureusement brisée.
- Vous me pardonnerez, Messieurs, d’avoir évoqué un instant ces souvenirs intimes déjà si loin de nous; ils justifient, je le répète, la tâche que j’ai volontiers assumée de retracer rapidement devant vous la carrière si bien remplie de M. Schlemmer, de faire revivre un moment cette physionomie si fine et si bienveillante qui n’était que le reflet d’un caractère droit et loyal, d’un cœur ouvert et généreux, et de vous dire le concours qu’il a apporté aux travaux de la Société.
- M. Georges Schlemmer est né à Erckartswiller, alors département du Bas-Rhin,le lljanvier 1820. Sapremière enfance se passaà Yasselonne, où il reçut l’enseignement primaire en allemand; ce n’est qu’à 14 ans qu’il commença, au collège de Phalsbourg. ses études en langue française; mais, comme il arrive souvent en pareil cas, son intelligence s’était développée sans fatigue, et il regagnait rapidement le temps perdu. Aussitôt bachelier, il allait à Nancy, auprès d’une famille amie, se préparer aux examens de l’École normale, vers laquelle ses goûts, croyait-il, le portaient; mais ils se modifièrent au sein de cette famille unie par de nombreux liens à l’École polytechnique, et, en 1840, il entrait à cette École pour en sortir deux ans après, le quatrième de sa promotion, dans le corps des ponts et chaussées.
- C’était précisément l’époque à laquelle toutes les idées, toutes les énergies commençaient à se porter vers la construction des chemins de fer, dont on sentait la nécessité sans prévoir toutefois leur prodigieux développement et sans comprendre encore leur portée sociale.
- M. Schlemmer fut entraîné dans ce grand mouvement, et l’on peut dire que sa longue carrière est remplie presque tout entière par les travaux, l’exploitation, le contrôle, l’administration ou la direction des chemins de fer. 11 y occupe une place des plus distinguées à la suite des Talabot, des Thirion, des Collignon, dont il fut l’élève et le collaborateur.
- C’est à peine si, à deux ou trois reprises différentes, il est chargé momentanément de services étrangers aux chemins de fer, de services ordinaires
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- de départements, de navigation, de dessèchements, de canaux, d’usines, de manière à ne rester pour ainsi dire étranger à aucun service de travaux publics.
- C’est ainsi qu’à sa sortie de l’École des Ponts et Chaussées, il est envoyé dans le département de l’Ailier, puis dans celui de Nièvre, où il joint au service ordinaire celui des travaux du chemin de fer du Centre. Mais bientôt, en raison de l’importance considérable que prennent ces derniers travaux, il en est exclusivement chargé. C’est là qu’en 1853 vient le chercher M. Bartho-lony, président du Conseil d’administration de la Compagnie qui s’était constituée en vue de la construction du chemin de fer de Lyon à Genève, pour l’attacher au service de cette Compagnie, en le chargeant de l’exécution des travaux de la section de la ligne aboutissant à Genève.
- Cette section, qui s’étendait à la fois sur le territoire français et sur le territoire suisse, était une des plus difficiles, en raison des travaux importants qu’elle comportait, et une des plus délicates au point de vue administratif, en raison de la partie de cette ligne comprise en pays étranger.
- D’une longueur de 35 à 40 kilomètres, elle partait de Bellegarde, célèbre par la perte du Rhône, pour aboutir à Genève.
- A Bellegarde même, la ligne devait franchir le torrent profondément encaissé de la Valserine, puis s’enfoncer dans la montagne du Credo, l’un des derniers contreforts du Jura, pour ressortir au flanc du coteau que domine le fort de l’Écluse.
- Le viaduc en maçonnerie de la Valserine, dont l’arche principale, jetée à 50 mètres au-dessus du lit du torrent, a une ouverture de 32m,40,etle souterrain, d’une longueur de 4 kilomètres environ, ouvert sous la montagne du Credo, ne sont plus aujourd’hui que des ouvrages ordinaires, qui disparaissent à côté de viaducs plus importants et plus grandioses, à côté de souterrains de 12 et 15 kilomètres de longueur. Mais depuis l’établissement du chemin de fer de Genève, qui remonte à plus de quarante ans, les procédés de construction du génie civil se sont singulièrement perfectionnés; un personnel qui n’existait pas à cette époque, et qu’ont formé les grands travaux exécutés pendant cette période de temps sur la surface du monde entier, s’est constitué, et je ne crains pas de dire que la construction de viaducs comme ceux de Morlaix, de Chaumont, du Point-du-Jour, que le percement de souterrains comme ceux du Mont-Cenis et du Gothard présentent aujourd’hui moins de difficultés, en raison des ressources de toute nature dont on dispose, que n’en offraient alors la construction du viaduc de la Valserine,
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- le percement du souterrain du Credo, l’établissement d’une ligne de chemin de fer à double voie au-dessous du fort de l’Écluse, au flanc abrupt et tourmenté de la gorge au fond de laquelle roule le Rhône.
- M. Schlemmer a surmonté avec une énergie et une activité remarquables, avec une science sûre d’elle-même, toutes les difficultés qu’a présentées l’exécution de ces ouvrages, en même temps que, comme délégué de la Compagnie auprès des autorités du canton de Genève et de la Confédération suisse, il aplanissait par son tact, sa modération qui n’excluait pas la fermeté, les conflits qui résultaient nécessairement de l’exécution des travaux d’une Compagnie française sur un territoire étranger.
- Le gouvernement français a du reste reconnu hautement les services de toute nature que M. Schlemmer avait rendus pendant ces cinq années passées à la Compagnie du Chemin de fer de Genève, en lui donnant, au moment de l’inauguration de la ligne, la croix de la Légion d’honneur.
- Ses services le signalaient d’ailleurs à l’attention des sociétés qui s’organisaient alors de foute part pour la création et l’exploitation, soit en France, soit à l’étranger, de grands réseaux de voies ferrées, et il avait à peine terminé la liquidation de son service à la Compagnie de Genève qu’au commencement de l’année 1859, par l’intermédiaire de M. Charles Collignon, directeur général de la grande Société des Chemins de fer russes, cette Société lui proposait une position importante dans le haut personnel de son réseau.
- Il allait passer de l’exécution à l’exploitation des chemins de fer; il était adjoint, en effet, au directeur de l’exploitation de la ligne de Saint-Pétersbourg à Varsovie, et de son embranchement vers la frontière de Prusse, et peu après il en devenait directeur. A ce titre il avait à organiser l’exploitation de 1 280 kilomètres de chemin de fer dans un pays dépourvu de ressources, tant en matériel qu’en personnel, comme l’était alors la Russie. 11 s’en est acquitté avec un plein succès et une rare distinction ; il y a fait preuve d’un esprit éminemment pratique et organisateur, auquel M. Ch. Collignon a rendu officiellement hommage lorsque au cours de l’année 1862, le personnel français de la Société ayant quitté la Russie à l’expiration de ses engagements, il fît connaître au ministre des Travaux publics de France les titres que son ancien collaborateur s’était acquis à sa bienveillante attention par « l’organisation d’une exploitation de chemin de fer plus étendue que jusque-là aucun ingénieur n’avait eu à en diriger, et qui avait fonctionné avec unerégularité que les difficultéslocales ne permettaient guère d’espérer. »
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- M. Schlemmer rentre ainsi en France, où il est chargé pendant quelques mois du service de l’arrondissement de Clermont (Oise). Mais bientôt de nouvelles propositions lui sont faites. M. Paulin Talabot, délégué général du Conseil d’administration de la Compagnie des Chemins de fer du Sud de l’Autriche, lui offre la position de directeur adjoint de l’exploitation du réseau de cette Compagnie. Ses qualités et l’expérience acquise dans l’orga-nisatiop de l’exploitation d’une partie du réseau des chemins de fer russes devaient lui rendre la tâche relativement facile; mais le climat de Vienne ne lui réussit pas aussi bien que celui de Pétersbourg, et une grave maladie le força de quitter, dès les premiers mois de 1865, le service de la Compagnie autrichienne. Il rentra de nouveau en France, et cette fois définitivement, en sollicitant pour le rétablissement de sa santé un service dans le Midi.
- C’est ainsi qu’il est chargé de l’arrondissement d’Aix en Provence, auquel il joint, bientôt après, le contrôle des travaux du chemin de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.
- Sa santé rétablie, il revient à la fin de l’année 1868 à Paris, attaché au contrôle de l’exploitation de ce même réseau; puis, deux ans plus tard, au Conseil général des ponts et chaussées comme secrétaire de la section de navigation.
- Bien que jeté ainsi momentanément en dehors du courant des études et des travaux auxquels il s’était jusque-là presque exclusivement consacré, il a laissé une trace importante de son passage à la section de navigation, sous la forme de.deux notes des plus intéressantes insérées dans les Annales des Ponts et Chaussées, l’une du 13 juin 1864, sur l’état, à cette époque, de la jurisprudence en matière de délimitation des cours d’eau du domaine public; l’autre du 19 septembre 1875, sur la propriété des alluvions dites artificielles.
- Mais au mois d’octobre 1876, lors de la réorganisation de l’administration du Ministère des Travaux publics, amenée parla mort deM. deFranque-ville, directeur général des chemins de fer, et la retraite de M. de Boureuille, directeur du personnel, les services qu’avait rendus M. Schlemmer, tant dans les travaux que dans l’exploitation et le contrôle des chemins de fer, appellent sur lui l’attention, et, sur la désignation du président du Conseil général des ponts et chaussées, il est nommé directeur des chemins de fer au Ministère des Travaux publics.
- Il prend part en cette qualité aux négociations si délicates relatives au
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- rachat de plusieurs compagnies secondaires, à la rédaction et à la discussion de projets de loi importants, soit devant le Conseil d’Etat, soit devant les commissions de la Chambre des députés.
- En 1878, l’organisation de la direction des chemins de fer est remaniée de nouveau : la direction générale, supprimée à la mort de M. de Franque-ville, est rétablie, et la nouvelle organisation place M. Schlemmer à la direction de l’exploitation, qu’il occupe pendant plus de trois ans avec la haute compétence et l’autorité dues à la longue pratique des questions qu’il avait à y traiter.
- Mais dans le cours de sa carrière, son opinion et ses idées s’étaient mûrement arrêtées sur le rôle éminemment utile et important que doivent jouer les Compagnies dans l’industrie des chemins de fer, sur les conséquences heureuses de l’esprit d’initiative privée qu’elles stimulent et encouragent, en même temps que sur les tristes résultats de l’ingérence delà politique dans ces questions d’intérêt général. Comme directeur, il était amené journellement à développer et à soutenir au besoin, auprès des ministres qui se succédaient aux Travaux publics, cette opinion et ces idées. Un jour il ne put les faire prévaloir, et il n’hésita pas, dans ces conditions, à remettre entre les mains du ministre, pour lequel il ne pouvait plus être un collaborateur utile, sa démission des fonctions de directeur de l’exploitation des chemins de fer.
- Promu depuis quelque temps déjà au grade d’inspecteur général des ponts et chaussées, il est alors chargé de la direction du service du contrôle de l’exploitation des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, qu’il occupe jusqu’à l’heure de sa retraite, en janvier 1885.
- Mais la retraite atteignait M. Schlemmer en pleine possession de toutes ses facultés physiques et intellectuelles ; elle ne pouvait comporter pour lui le repos, et, en fait, les quinze années qui se sont écoulées depuis sa mise à la retraite jusqu’à sa dernière maladie ont été aussi remplies que celles de sa carrière active.
- Sa haute compétence technique et administrative l’a fait appeler, en effet, presque immédiatement, dans le Conseil du chemin de fer de Bône à Guelma et prolongements, comme administrateur et membre du Conseil de Direction,et,bientôt après, l’a placé à la tête delà Société anonyme d’Éclai-rageet de Transmission de la Force motrice par l’Électricité à Paris, comme président du Conseil d’administration de cette Société. Il a conservé ces deux situations jusqu’à sa mort, et il y a rendu, pendant plus de dix ans,
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- tous les services que l’on devait attendre de sa grande expérience des affaires.
- Après avoir ainsi résumé devant vous les principales phases de la carrière si bien et si honorablement remplie de M. Schlemmer, je n’ai pas à insister sur les litres qui vous ont conduits à porter sur lui vos suffrages et à le nommer membre de votre Comité des Constructions et des Beaux-Arts.
- Il importe cependant de vous signaler encore le témoignage de haute estime et de considération que lui valurent, quelque temps avant sa retraite, les souvenirs qu’il avait laissés en Suisse, lors de la construction du chemin de fer de Lyon à Genève. Le Tribunal fédéral suisse se rappelait, en effet, après trente ans écoulés depuis cette époque, le caractère intègre et ferme et les capacités techniques de votre regretté collègue, et lui demandait de faire partie d’une commission d’experts appelée à le renseigner sur certains points litigieux d’un procès pendant entre la Compagnie du Gothard et l’entreprise qui avait exécuté le tunnel de ce nom.
- Je n’ai plus qu’à vous rappeler en quelques mots la part que M. Schlemmer a prise à vos travaux.
- Un certain nombre de rapports insérés au Bulletin de la Société en gardent la trace, sans parler de la position qu’il avait prise au sein de votre Comité des Constructions et des Beaux-Arts, où ses avis éclairés et si compétents en tout ce qui se rattachait aux questions de chemins de fer et aux constructions en général, avaient toujours une si grande autorité.
- C’est ainsi qu’on trouve à votre Bulletin, sous la signature de M. Schlemmer, dès le 13 novembre 1885, un rapport très complet et très documenté sur les Nouveaux ponts portatifs et économiques du système Eiffel. Huit ans plus tard, à la date du 27 janvier 1893, M. Schlemmer reprend la même question à l’occasion d’une communication verbale faite à la Société « par M. Brochocki, ingénieur, ancien officier du génie russe, et relative à son système de Ponts à articulations, portatifs et démontables, en acier ».
- Dans ces rapports, et notamment dans le dernier, il reprend toute la question des ponts métalliques mobilisables, et il pose tout d’abord, avec cette précision et cette clarté qui sont le caractère dominant de tous ses rapports et de tous ses écrits, les conditions du problème à résoudre.
- Il fait ressortir les récents et immenses progrès de l’art des constructions métalliques, en remarquant très judicieusemenl que cet art « a eu la bonne fortune que l’analyse appliquée au calcul des résistances a su trouver des méthodes nouvelles, permettant d’évaluer les efforts auxquels travaille le métal dans toutes les parties de ces audacieuses constructions, avec un degré
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- d’approximation qui surpasse de beaucoup ce dont on était obligé de se contenter jusqu’alors, et qui contraste singulièrement avec la classique indétermination de la répartition des pressions sur les joints des constructions en maçonnerie. »
- Il a soin d’ailleurs, fidèle en cela aux habitudes d’équité et de patriotisme de votre Société, de faire remarquer que cette œuvre des ponts mobilisables est une œuvre essentiellement française, datant de la guerre de 1870-1871.
- Il en fait l’historique, en passant en revue, dans un exposé plein d’intérêt, les différents systèmes successivement mis en essais, depuis le système du commandant Marcille jusqu’au système de M. Brochocki, dont la caractéristique est la suppression, non seulement du rivetage, mais même des boulons pour l’assemblage des éléments, et l’emploi d’éléments exclusive « ment rectilignes, réunis entre eux par articulations sur tourillons ou pivots,
- De même, en vous présentant, le 25 novembre 1887, un rapport sur les documents adressés à la Société par M. Post, ingénieur de la Compagnie des Chemins de fer néerlandais, touchant Y Emploi des traverses métalliques, il saisit cette occasion de faire un historique rapide des efforts tentés pour substituer les traverses métalliques aux traverses en bois, dont la destruction plus ou moins rapide est inévitable, et il a soin, tout d’abord, de faire remarquer « que les premières traverses métalliques dont l’application ait été pratiquement réalisée, sur la ligne de Besançon à Lons-le-Saulnier, étaient d’un système inventé par un ingénieur français, M. Yautherin, et que leur forme est encore celle qui sert de^base et comme de type à la plupart des systèmes actuellement en usage. »
- Au mois d’avril 1889, la communication faite quelque temps auparavant à la Société par M. Berlier, et relative au projet de Tramways tubulaires souterrains qu’il avait présenté au Conseil municipal de Paris, est l’objet, de la part de M. Schlemmer, d’un nouveau rapport, où il relève, avec un juste discernement, les traits principaux de ce projet, notamment « l’emploi, comme mode de construction, d’un tube en fonte composé d’éléments assemblés dans l’intérieur d’un bouclier servant à l’avancement de la galerie souterraine, l’application de l’électricité à la traction, l’exploitation par trains légers se succédant à une ou deux minutes d’intervalle. »
- Mais, dans cet ordre d’idées, l’un des travaux les plus intéressants et les plus remarquables dus à M. Schlemmer et insérés dans votre Bulletin, est certainement le rapport en date du 14 mai 1890 sur les Procédés employés
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- par la Compagnie de Fives-Lille pour le montage des charpentes métalliques du Palais des Machines à ïExposition universelle de 1889.
- Après avoir indiqué sommairement les difficultés du problème à résoudre pour élever cette gigantesque construction, dont l’exécution devait en outre être réalisée dans un délai très court, il donne la description la plus claire et la plus saisissante des procédés employés qu’il résume ainsi qu’il suit ;
- Le procédé en usage consistait à lever les fermes par petits tronçons qu’on assemblait et rivait sur les échafaudages épousant le contour inférieur des fermes. La disposition combinée par la Compagnie de Fives-Lille a permis de faire à terre, à l’abri de toutes chances d’accidents, une partie importante du travail d’assemblage et de rivetage des pièces composant les fermes sans le secours d’installations spéciales. Le système de levage des fermes a consisté, dans son ensemble, à assembler et à river à terre les éléments de chaque ferme de façon à former quatre grands tronçons, deux pieds-droits et deux arbalétriers, puis à lever ces quatre tronçons deux à deux, à l’aide d’échafaudages et enfin, à les réunir par les quelques pièces nécessaires à leur raccordement. Le procédé de mise en place des pannes a consisté à les faire rouler sur les rampants des fermes en les reliant, au fur et à mesure de leur avancement, par les chevrons et autres pièces de la toiture, de façon à faire avancer à la fois sur le vide toute l’ossature comprise entre deux fermes.
- Comme le. dit M. Schlemmer, « tout était nouveau dans ces procédés qui résolvent victorieusement le problème qu’on s’était posé et qui frappent par leur simplicité harmonieuse et leur suprême élégance, cachet particulier des belles et bonnes œuvres »,
- Mais votre regretté collègue ne s’est pas borné à vous parler de travaux qui avaient été l’objet des occupations de toute sa vie, c’est-à-dire des travaux relatifs à l’art des constructions ; on trouve dans le Bulletin de la Société, à la date du 28 novembre 1884, un rapport fort intéressant de JM. Schlemmer sur les procédés d’exécution d’une carte du Nivernais en quatre couleurs, de M. Julien, directeur du musée de Clamecy. Comme directeur de l’exploitation des chemins de fer au Ministère des Travaux publics, M. Schlemmer avait eu à s’occuper de la gravure des cartes pour la publication des profils-cartes des chemins de fer exploités, et il avait été frappé des résistances que l’on rencontrait, à cette époque, chez les imprimeurs et les ouvriers pour obtenir, dans la gravure, la substitution du zinc à la pierre lithographique. 11 fait ressortir les avantages considérables et multiples que
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- présente cette substitution au point de vue de la dépense, des frais et des difficultés de conservation, de logement et de manutention des matrices, et il signale le mérite qu’a eu M. Julien, non seulement « en dressant lui-même une carte forte intéressante, d’une lecture facile, très bien venue à l’impression et d’un prix très modéré, mais principalement, peut-être, en contribuant à la propagation d’une excellente méthode de gravure et d’impression ».
- C’est ainsi également qu’il vous présente le 25 octobre 1889 un rapport sur un objet purement scientifique, un rapport sur une notice de M. Ar-mengaud relative à un matériel destiné à l’enseignement de la géométrie descriptive, et, traitant cette question avec la même netteté et la même précision, il fait très clairement voir le secours nouveau apporté par M. Armen-gaud à l’enseignement des premiers éléments de la géométrie descriptive.
- Enfin, en dehors de ces rapports techniques, se trouvent insérées dans votre Bulletin, aux dates d’avril 1885 et d’avril 1887, deux notices biographiques que je ne puis passer sous silence. On y trouve en effet, tout à la fois, les jugements réfléchis et pondérés de l’homme de science et les élans de l’homme de cœur : c’est la biographie de M. le baron Alphonse Baude, un de vos anciens vice-présidents, et celle de M. Thirion, ancien membre de votre Commission des Fonds.
- En parcourant les nombreux rapports de M. le baron Baude insérés dans votre Bulletin, M. Schlemmer fait voir les services qu’il'a rendus à la Société, son zèle, son esprit d’équité, son patriotisme, ne manquant jamais, lorsque l’occasion s’en présente, ce qui n’arrive que trop souvent, de signaler les inventions qui, nées en France, et ne pouvant s’y développer, souvent faute d’argent, quelquefois aussi faute d’initiative hardie, émigrent à l’étranger et nous reviennent pratiquement réalisées, mais ayant perdu leur certificat d’origine.
- M. Schlemmer résumait en quelques mots ces nombreux rapports en disant qu’« ils constituent dans leur ensemble un historique précieux des inventions et des progrès réalisés pendant quarante ans en matière de chemins de fer et portent témoignage de la sollicitude qu’avait M. le baron Baude pour l’intérêt de l’invention et des inventeurs. »
- La notice biographique sur M. Thirion est pleine de cœur. On y sent toute l’affection et la vénération qu’il avait pour un chef et un maître dont la famille était liée à la sienne par une longue amitié. C’est dans les formes les plus heureuses qu’il rend hommage non pas seulement à l’homme émi-
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- nent, « dont l’intelligence pénétrante a été aux prises avec les affaires industrielles les plus considérables de son temps, mais à l’ami sûr et de bon conseil, dont le bon sens s’élevait presque au niveau du génie, tant son jugement était à la fois sûr et prompt », et dont « la bonté, ornée de la plus parfaite aménité, avait pour tous, sans distinction de rang, un cachet inoubliable »,
- Ces quelques citations des deux notices biographiques de M. Schlemmer font mieux ressortir que je ne saurais le dire, la clarté de son style, la chaleur de son cœur.
- Si, d’ailleurs, votre regretté collègue a été avant tout, pendant le cours de sa longue carrière et de sa belle existence, l’homme du devoir et du travail, il a été en même temps l’homme de la famille.
- Marié, il y a près de cinquante ans, à la fille de M. Achille Biaise, membre du Conseil général de la Meurthe, président de la Chambre des Notaires de ce département, il a trouvé jusqu’à ses derniers moments, auprès de sa compagne et dans ses enfants, tout le bonheur que l’on peut espérer ici-bas. Arrivé à un âge déjà avancé, il a été assez heureux pour ne pas connaître les souffrances morales de celui qui sent s’amoindrir ses facultés, les souffrances physiques de celui qu’atteignent peu à peu les infirmités de l’âge. Il est mort, après une courte maladie dont rien ne pouvait faire prévoir le fatal dénouement, dans la plénitude de ses facultés physiques et intellectuelles.
- Seuls sont à plaindre ceux qu’il laisse après lui, et vous vous joindrez certainement à moi, Messieurs, pour leur envoyer l’expression de notre douloureuse sympathie et des vifs regrets que nous cause la perte de notre excellent et distingué collègue.
- Lue en séance, le 24 mars 1899.
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- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS
- Rapport fait par M. Davanne, au nom du Comité des Constructions et des
- Beaux-Arts, sur le Chromographoscope de M. Ducos du Hauron, présenté
- par M. Mackenstein, constructeur (i),
- Nous avons expliqué, dans de précédents rapports, comment on pouvait obtenir la reproduction photographique des couleurs d’un sujet par une méthode indirecte, qui fut inventée en même temps par M. Ducos du Hauron et par M. Cros (décédé).
- Cette méthode comprend deux phases bien distinctes : l’analyse et la synthèse.
- L’analyse est la séparation des couleurs au moyen d’écrans de teinte complémentaire permettant d’obtenir, de chacune des trois couleurs fondamentales, une impression photographique négative, qui en représente, ou doit en représenter en teinte neutre toutes les valeurs et dégradations.
- La difficulté d’obtenir ces impressions, surtout pour les teintes antiphotogéniques comme le rouge, le jaune, l’orange, le vert, est actuellement surmontée par l’emploi de surfaces sensibles dites panchromatiques.
- La synthèse est la reconstitution de l’image colorée par la superposition des trois épreuves positives correspondantes, auxquelles on a préalablement donné leur coloration fondamentale monochrome par l’emploi d’une matière colorante convenablement choisie.
- Le plus souvent, l’appareil servant à l’analyse (le chromographe) n’est pas le même que celui servant à la reconstitution de l’image (le chromo-scope), M. Ducos du Hauron a réuni les deux fonctions en un seul appareil, auquel il a donné le nom de Chromographoscope.
- M. Ducos de Hauron avait déjà décrit plusieurs appareils de ce genre, inventés par lui (2) dans le même but; leur construction était généralement basée sur l’emploi de réflecteurs transparents, reflétant une partie des rayons lumineux et se laissant traverser par les autres.
- (1) Séance du 8 juillet 1898.
- (2) Les mémoires descriptifs dont il s’agit datent des années 1862, 1868, 1869, 1875, 1891.
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- SUR LE CHR0M0GRAPH0SC0PE DE M. DUCOS DU HAURON. 369
- Les dispositifs de ces appareils peuvent varier, mais ils ont un point* commun qui est la position de ces réflecteurs à la fois réfléchissants et transparents les uns derrière les autres; chacun d’eux est maintenu dans la position convenable et réfléchit une des trois images à analyser.
- Dans l’appareil présenté à la Société, M. Ducos du Hauron s’est attaché à résoudre le problème suivant :
- Obtenir trois images du sujet coloré que l’on veut reproduire en faisant le triage des couleurs élémentaires, et cela par une opération unique de pose et de développement, malgré l’inégale activité des radiations fondamentales ; puis réaliser dans l’appareil même la superposition automatique des trois images positives, qui donnent la sensation d’une image unique avec ses couleurs. M. Ducos du Hauron a réalisé le problème par l’emploi de réflecteurs transparents pelliculaires inclinés à 45° et de miroirs ordinaires recevant les rayons suivant la normale et les renvoyant sur la surface sensible en leur faisant traverser l’écran coloré qui produit l’analyse.
- Par sa construction, l’appareil permet d’obtenir les trois images monochromes par une seule opération sur une seule glace sensible ; par le jeu des lames transparentes et des miroirs, le faisceau lumineux se divise, en arrière de l’objectif, en trois parties qui parcourent, avant d’arriver à la surface sensible, des chemins exactement équivalents, d’où netteté et dimension égale des trois images ; mais chacune de ces parties offre des quantités inégales de lumière, ce qui compense les différences actiniques et permet d’arriver à un même temps de pose.
- La distribution de la lumière entre les faisceaux étant réglée pour une lumière normale, il y aura lieu, si, par suite de l’heure ou de l’état atmosphérique, la lumière ambiante tend à prendre une coloration bleue ou jaune, de faire une correction; elle est effectuée d’une façon très simple, au moyen d’une sorte d’iris transparent, jaune, à pupille blanche, combiné avec un diaphragme-iris dont l’ouverture, plus ou moins agrandie, rétablit l’équilibre d’activité entre le groupe de rayons spectraux dont l’ensemble constitue la lumière jaune et celui dont l’ensemble constitue la lumière bleue.
- Les lames transparentes qui fonctionnent à la fois par réflexion et par transmission n’ont pas d’épaisseur sensible ; les miroirs sont rencontrés par les rayons lumineux sous une incidence normale, donc les contours des images conservent leur pureté»
- La glace sensible panchromatique est placée dans un châssis qui se sub-
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- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS.
- MARS 1809.
- ^stitue à la glace dépolie de mise au point : elle y est calée dans une position déterminée au moyen de boutons de serrage situés à l’extérieur du châssis; les faisceaux lumineux, avant d’y parvenir, traversent respectivement des filtres colorés solides de couleur convenable, disposés dans une feuillure du châssis.
- Pour éviter, qu’au moment de l’observation, l’image ne paraisse renversée, les rayons lumineux, avant d’arriver à l’objet, sont reçus par un prisme à réflexion totale, et, pour les opérations de mise au point et de pose, l’appareil est placé verticalement, l’objectif tourné vers le zénith, et la face antérieure du prisme tournée vers l’objet.
- Après la pose, la glace sensible, retirée du châssis, est soumise au déve-veloppement. La triple image négative obtenue peut être utilisée pour toutes les opérations d’impression pigmentaire aux trois couleurs rouge, jaune et bleue, en se conformant aux principes établis par l’auteur dès l’année 1868. Si l’on veut, au contraire, se borner à l’employer à l’observation directe, on peut (en opérant, comme l’a indiqué M. Balagny, par réduction et nouveau développement) transformer le négatif obtenu en un positif que l’on replace ensuite dans le châssis, où il reprend de lui-même la position exacte qu’il avait pendant la pose, moyennant la simple manœuvre des mêmes boutons de serrage. Toute difficulté de repérage est ainsi supprimée.
- En substituant alors à l’objectif muni du prisme redresseur une loupe de grand diamètre jouant le rôle d’oculaire, on percevra la sensation d’une image unique, présentant les couleurs de l’objet. Il y a lieu seulement, pour cette observation, d’atténuer l’intensité des faisceaux vert et surtout rouge, qui devait être, pour la pose, plus grande que celle du faisceau violet, mais qui doit être maintenant 'ramenée à une valeur sensiblement égale : on y parvient très sensiblement en recouvrant extérieurement le positif d’un verre dépoli sur lequel sont fixés des écrans pelliculaires d’une opacité convenable.
- Si l’on préfère conserver la triple image à l’état de négatif, on peut en prendre une contre-épreuve positive par contact, à la manière ordinaire, sur plaque au gélatino-bromure ou au gélatino-chlorure. L’impression se fait dans le châssis négatif lui-même, en calant les deux glaces ensemble à l’aide des boutons de serrage. La vision repérée de cette contre-épreuve sera tout de même assurée, malgré une légère différence de calibrage, si, dans cette seconde série d’opérations, on a eu soin de tourner les plaques dans le sens convenable.
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- SUR LE CHROMOGRAPHOSCOPE DE M. DUCOS DU HAURON.
- Cette disposition d’appareil inventée par M. Ducos du Hauron est ingénieuse; elle présente un progrès dans l’application si intéressante de la reproduction des couleurs par les procédés photographiques.
- Nous demandons au Conseil d’approuver le présent rapport et d’en ordonner l’impression au Bulletin, en y joignant les figures nécessaires pour faire comprendre la disposition de l’appareil.
- Signé : A. Davanne, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance le 10 mars 1899.
- .ANNEXE
- La figure 1 montre, dans ses lignes principales, le schéma de l’appareil : R F et R' F' sont les réflecteurs transparents pelliculaires constitués par des lames incolores de collodion tendues dans des cadres en glace. — MI et MT sont des
- A" K* B" A' K' B' A K B
- Fig. 1.
- miroirs ordinaires; M" I" est un miroir ordinaire incliné à 45°, comme les réflecteurs transparents, mais en sens contraire; EL est l’écran vert. E L' l’écran bleu violet, E"L" est l’écran rouge orangé.
- Les lignes ponctuées indiquent les trajets des rayons lumineux qui, dirigés d’abord suivant l’axe de l’objectif, viennent aboutir au centre de l’image après diverses réflexions.
- Ainsi, une première portion des rayons émanés de l’objectif est réfléchie par
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- le réflecteur transparent RF vers le miroir MI, qui la renvoie, à travers ce même réflecteur et à travers l’écran ou milieu vert EL, sur la plaque sensible qu’ils impressionnent, et y forment l’image AB, l’autre portion continue sa marche à travers le réflecteur RF ; elle est en partie réfléchie par le réflecteur transparent RT' vers le miroir MT, qui la renvoie, à travers ce même réflecteur et à travers le milieu bleu violet, sur la glace sensible, où elle va former l’image A'B'. Le res-
- Fig. 2.
- Fig. 3.
- tant des rayons est réfléchi directement par le miroir M"I", qui l’envoie, à travers le milieu rouge orangé, à la glace sensible où ils vont former l’image A "B".
- L’image rouge A"B" ayant été réfléchie directement par le miroir M'T', se trouve de beaucoup la plus lumineuse ; elle n’a pas subi, comme les deux autres, un affaiblissement considérable par une première réflexion sur une lame non étamée; ce sucroît d’éclat sert à compenser le peu d’activité des rayons rouges.
- L’image rouge est inversée par rapport aux deux autres quant au sens des objets, puisqu’elle est le produit d’une seule réflexion ; elle n’en sera pas moins vue dans le sens véritable, comme les deux autres, lorsqu’on la regardera dans l’appareil, attendu que les rayons, en revenant des images à l’œil, suivent exactement les mêmes trajets qu’ils ont suivis, la première fois en partant de l’objectif pour aller former ces mêmes images.
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- SUR LE CHROMOGRAPHOSCOPE DE M. DUCOS DU HAURON.
- La figure 2 montre l’appareil dont sa position verticale, au moment de la pose. L’objectif est tourné vers le zénith, il est surmonté de son prisme, et la face antérieure de celui-ci est tournée vers le modèle.
- La figure 3 montre le chromographoscope dans la position voulue pour l’observation de l’image polychrome, position un peu oblique à l’horizon. L’avant-corps portant l’objectif a été remplacé par une large lentille L, servant d’oculaire.
- A' B' A B
- Fig. 4.
- La figure 4 montre le schéma d’une variante du dispositif ayant des avantages particuliers. Les trois épreuves chromographiques ne sont pas réunies, il est vrai, sur une seule plaque, mais le volume de l’instrument est réduit au minimum possible. Deux réflecteurs transparents et un seul miroir ordinaire suffisent.
- RF et R/F' sont les deux réflecteurs transparents disposés en V l’un par rapport à l’autre ; MI est le miroir ordinaire ; EL est le milieu vert, ET/ le milieu bleu violet, Wh" le milieu rouge orangé. On voit que l’image rouge A" B" est formée et vue directement, sans avoir eu à subir une réflexion quelconque.
- Tome IY.
- 98e année. 5e série. — Mars 1899.
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- ARTS ÉCONOMIQUES
- Rapport de M. Henri Rouart, fait au nom du Comité des Arts économiques,
- sur des appareils fumivores d'usage domestique présentés par M. Joseph
- Hinstin.
- M. Joseph Hinstin, ingénieur des Arts et Manufactures, demeurant à Paris, a soumis à l’examen de la Société d’Encouragement un certain nombre de foyers destinés à obtenir la fumivorité dans les appareils d’usage domestique.
- Il a antérieurement présenté à notre Société ses appareils fumivores pour l’industrie.
- A cette occasion, notre collègue M. Brüll a fait, au nom du Comité des Arts mécaniques, un remarquable rapport, très documenté, publié dans le numéro d’avril 1898 de notre Bulletin, ensuite duquel nous avons décerné à M. Hinstin une médaille d’argent.
- Le rapport de M. Brüll fait l’historique de la fumivorité et rappelle les principes posés par Combes dès 1840.
- M. Hinstin, pour leur application, les résume ainsi :
- « Pour brûler les carbures d’hydrogène et tous les gaz combustibles en général, il faut les mélanger intimement avec une quantité d’air en excès, puis faire passer le mélange en un point porté à une haute température pour en déterminer l’inflammation. »
- 11 réalise leur application dans un foyer dont M. Brüll donne la description et le dessin.
- Je ne voudrais pas reproduire ici son travail; je me contente d’y renvoyer, me bornant à étudier la question qui nous est soumise aujourd’hui.
- M. Hinstin s’est présenté au grand concours de fumivorité institué par la Ville de Paris en 1894. 11 a obtenu le n° 4 sur 110 concurrents; c’est dire que sa méthode mérite attention.
- Aujourd’hui, il nous montre des appareils d’usage domestique auxquels il applique les principes et, autant que possible, les moyens qui lui ont réussi dans la pratique industrielle.
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- , i: : , . i
- APPAREILS FUMIVORES HINST1N. 375
- Ce qui rend l’appréciation des nouveaux résultats obtenus par M. Hinstin difficile, c’est qu’il est encore plus délicat d’instituer des expériences méthodiques dans les appareils domestiques que dans des appareils industriels.
- Je me bornerai donc à relater ce que j’ai constaté d’intéressant.
- Suivant M. Hinstin, les qualités fumivores de ses appareils sont obtenues par l’emploi d’une voûte réfractaire de renversement des gaz de la combustion, qui assure leur mouvement rationnel et favorise leur mélange intime avec de l’air en excès.
- Dans le poêle ci-dessus représenté, ces deux conditions sont réalisées par la voûte a et par les cannelures b.
- La marche de l’air est indiquée par les flèches c, c, c; celle des gaz, par les flèches d, d, d.
- 11 faut une certaine réflexion pour reconnaître dans cette forme les dispositions indiquées par M. Briill dans son rapport; néanmoins, on en retrouve les parties essentielles et le fonctionnement est analogue. L’air en excès est assuré au moyen des cannelures ménagées tout autour du foyer.
- La voûte de renversement en terre réfractaire amène les gaz à passer sur le combustible au point où son épaisseur sur la grille est la moindre, sa combustion la plus vive et sa température la plus élevée.
- Ce sont bien les conditions énoncées d’autre part pour amener la com-
- Fig. 1. — Poêle fumivore Hinstin.
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- ARTS ÉCONOMIQUES. --- MARS 189Ü.
- bustion de la fumée et la transformation de l’oxyde de carbone en acide carbonique par suite de l’excès d’air ou d’oxygène.
- Le poêle ainsi décrit a été installé dans une cour et surmonté d’un tuyau d’environ 3 mètres de hauteur. Nous avons fait les constatations suivantes :
- 1° Nous avons jeté du charbon gras froid sur la masse incandescente. Il ne s’est produit aucune fumée à la sortie du tuyau abducteur.
- 2° En ouvrant la porte servant à l’introduction du charbon, nous avons remarqué, au moyen d’une bougie allumée, qu’il y avait appel de la flamme vers l’intérieur du poêle. De ces faits, on semble en droit de conclure :
- a. Que la fumée se trouve brûlée dans cet appareil, qui est donc fumi-vore, et peut en conséquence réaliser une certaine économie dans la consommation du charbon ;
- b. Que l’on peut espérer voir disparaître à peu près certainement, dans une marche régulière, c’est-à-dire quand le tirage se fait normalement, les sorties d’oxyde de carbone si cruellement fatales.
- Par comparaison, nous avons répété les mêmes expériences sur un des systèmes de poêles en usage courant.
- Au moment de l’introduction du charbon frais, nous ayons eu un dégagement des gaz de la combustion et production, quelques instants après, d’une fumée abondante.
- Ces faits appellent l’attention sur les appareils qui nous sont présentés.
- M. Hinstin a cherché à construire des foyers rationnels pour toutes les applications domestiques : les cheminées d’appartement, les fourneaux de cuisine, et, comme il semble que, jusqu’ici, on se soit peu préoccupé de la fumivorité de ce genre d’appareils, il est vraisemblable qu’il est sur la voie d’applications heureuses.
- Pour terminer, je dirai que M. Hinstin s’occupe depuis très longtemps de ces questions de fumivorité. Ses premiers brevets datent de 1890. Ses appareils domestiques, auxquels il vient d’en appliquer les principes, n’ont pas encore une très longue pratique industrielle, mais chaque jour amène des applications nouvelles.
- Ils paraissent rationnels, les expériences auxquelles nous nous sommes livrés sont concluantes. Je propose donc de remercier M. Hinstin de sa communication et d’insérer le présent rapport au Bulletin de la Société.
- Signé : II. Rouart, rapporteur.
- Lu et approuvé en scêance le 10 mars 1899.
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- ARTS CHIMIQUES
- Rapport présenté par M. Ach. Livache, au nom du Comité des Arts chimiques, sur un travail de M. L. Quivy relatif à la galvanisation à froid ou zingage électro-chimique.
- Le zingage du fer, désigné plus généralement sous le nom de galvanisation, et ayant pour but de protéger le métal contre l’oxydation, est dû à Sorel. Dès 1842, une Commission du Comité consultatif des Arts et Manufactures constatait les premiers résultats obtenus par Sorel, et, en 1864, la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale lui décernait, sur un rapport de Barrai, le grand prix du marquis d’Argenteuil.
- Le procédé du zingage du fer, de la fonte ou de l’acier, qui a rendu tant de services, est resté tel qu’il avait été indiqué par Sorel; il consiste à plonger la pièce à zinguer dans un bain de zinc en fusion recouvert d’une couche de sel ammoniac destiné à empêcher l’oxydation, et les mêmes difficultés qu’avait rencontrées Sorel subsistent toujours.
- La plus importante tient à ce que si, au contact du fer, le zinc forme bien un alliage, cet alliage, ne contenant pas plus de 5 p. 100 de fer et désigné sous le nom de zinc dur, est cassant; il se produit en outre une déformation des lames minces. De plus, une partie de cet alliage cassant se sépare souvent de la pièce à zinguer, et, par son mélange avec le zinc fondu formant le bain de trempage, donne des produits de plus en plus défectueux, ce qui oblige à renouveler fréquemment le bain.
- Si donc la galvanisation protège la surface des pièces contre les actions chimiques, par contre, la résistance de ces pièces est souvent diminuée, principalement quand elles n’ont qu’un faible volume, comme c’est le cas pour les fils, les vis, les rivets, etc.
- Parmi les autres inconvénients du procédé, nous citerons encore l’altération du profil des pièces, car il est impossible d’avoir des couches unies et d’une épaisseur donnée. Enfin,la couche de zinc empêche de reconnaître les défectuosités qui existeraient dans les pièces, ce qui peut avoir des conséquences très graves.
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- ARTS CHIMIQUES.
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- On comprend donc l’importance qu’il y aurait à remplacer industriellement le procédé de zingage à chaud par le zingage électro-chimique, qui permet d’obtenir un dépôt superficiel régulier, adhérent, d’une épaisseur déterminée, sans formation de cet alliage cassant de fer et de zinc.
- De nombreux essais furent faits dans cette voie à l’instigation des marines anglaise et française, qui se proposaient surtout d’éviter la réception de pièces dont les défectuosités pouvaient être masquées par la couche de zinc. Comme le zingage électro-chimique ne se fait régulièrement que sur une surface parfaitement homogène, on peut, dans le cas, par exemple, des tubes pour chaudière, constater sur la pièce simplement blanchie les pailles, les gravelures, les endroits criqués.
- En France, actuellement, le zingage électro-chimique est appliqué dans plusieurs usines importantes, mais on n’a encore que peu de renseignements soit sur les détails du procédé, soit sur les résultats obtenus.
- M. L. Quivy, chimiste-électricien à Marly-lès-Valenciennes, présente à la Société un mémoire très intéressant sur le zingage électro-chimique, dans lequel il commence par examiner les divers procédés disséminés dans les publications françaises et étrangères ou ceux qu’il a eu l’occasion de voir appliquer en Angleterre, puis, cet examen fait, l’auteur expose les essais qu’il a poursuivis personnellement et les résultats industriels qu’il a obtenus ; cette seconde partie présente un réel intérêt.
- Après avoir décrit l’installation des bains avec tous les détails nécessaires concernant la disposition des cuves, des anodes, etc., M. Quivy s’étend sur la préparation des pièces à galvaniser ; c’est, en effet, un point important, car le dépôt de zinc se fait mal et son adhérence n’est pas parfaite si la surface métallique sur laquelle on veut l’appliquer n’est pas absolument exempte d’oxyde et complètement débarrassée de corps gras ou de toute matière étrangère; d’où l’importance d’un décapage très soigné.
- Étudiant ensuite la composition des bains généralement employés, M. Quivy, après avoir discuté leur valeur, indique un bain de composition très simple, présentant le grand avantage de ne pas contenir de cyanure de potassium; il a essayé ce bain dans diverses usines, et, personnellement, nous avons eu des affirmations très nettes sur son bon fonctionn ement.
- M. Quivy donne les résultats de plusieurs expériences de zingage électro-chimique, au point de vue de la quantité de zinc déposé, de la qualité du dépôt et de sa résistance à l’action des acides, comparativement à la résistance de pièces similaires galvanisées à chaud.
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- GALVANISATION A FROID OU Z1NGAGE ÉLECTRO-CHIMIQUE. 379
- Enfin, M. Quivy termine son travail par la description détaillée d’une installation pour le zingage électro-chimique, avec établissement du prix de revient; d’après les essais industriels de l’auteur, ce prix de revient serait de 8 francs pour 100 kilogrammes de tubes d’une épaisseur de 4 millimètres.
- Le prix demandé pour le zingage à chaud s’établit généralement d’après l’épaisseur des pièces à galvaniser; on comprend, en effet, que pour un même poids, la surface à zinguer sera d’autant plus grande que l’épaisseur sera moindre. Les prix courants peuvent être établis pour 100 kilogrammes de pièces à zinguer, à :
- 20 fr. 17 fr. 14 fr. 13 fr. 12 fr. 11 fr.
- Pour une épaisseur en
- millimètres de : . . 0,1 à 1,4 1,8 à 1,9 2 à 2,9 3 4 5
- avec une remise de 10 à 25 p. 100 suivant le cours du zinc.
- Pour des tubes d’une épaisseur de 4 millimètres, le prix demandé serait donc compris, avec le zingage à chaud, entre 9 francs et 11 fr. 20 ; avec le zingage à froid, le prix de revient serait de 8 francs. L’écart semble laisser une marge suffisante au procédé de zingage électro-chimique; mais nous n’avons fait cette comparaison qu’à titre d’indication, et de nombreuses expériences seraient nécessaires tant pour établir avec précision les prix de revient que pour déterminer avec certitude la différence de résistance et la qualité des pièces zinguées par les deux procédés.
- En résumé, grâce aux nombreux renseignements qu’il contient et, surtout, aux expériences personnelles de l’auteur, le travail de M. Quivy rendra des services aux industriels qu’intéresse cette question, particulièrement importante lorsqu’il s’agit du zingage des tubes de chaudière. Le Comité des Arts chimiques vous propose donc de remercier M. Quivy de sa communication, et vous demande d’ordonner l’insertion au Bulletin du présent rapport, avec le mémoire qui y est joint.
- Signé : A. Livache, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance, le 10 mars 1899.
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- ARTS CHIMIQUES.
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- MÉMOIRE DE M. QUIVY
- AVANT-PROPOS
- I. — EFFETS DE LA GALVANISATION
- La galvanisation s’applique à toutes espèces d’objets en fer ou en fonte, dans le but de les préserver de l’oxydation. Le nom de galvanisation, que l’on a donné à l’action de recouvrir de zinc le fer ou la fonte, semble indiquer que ce recouvrement a été effectué par un courant galvanique ; mais on a voulu l’appliquer à la nature de l’influence protectrice et non au procédé.
- Dans du fer galvanisé, le fer et le zinc forment, en présence de l’humidité, un couple galvanique, et l’action galvanique que produit ainsi le contact des deux métaux a pour effet de dissoudre ou de corroder le zinc, qui "est électropositif par rapport au fer, en protégeant celui-ci. Le fer galvanisé résiste très longtemps à l’action des intempéries, son emploi s’est répandu d’une façon rapide, et la galvanisation a pris les proportions d’une très grande industrie.
- II. - DE LA GALVANISATION A CHAUD
- Elle se pratique en plongeant dans du zinc en fusion le fer préalablement bien décapé.
- Ce procédé exige une installation assez dispendieuse. De plus, il est des conditions difficiles à réunir pour obtenir une bonne galvanisation, et il n’est guère possible d’éviter complètement les graves inconvénients que présente cette méthode.
- C’est d’abord l’altération du bain, qui se produit de diverses manières.
- 1° Si le bain est trop chaud et l’immersion trop prolongée, la couche d’alliage qui s’est formée à la surface du fer devient trop épaisse, se charge de zinc, fond, se détache et souille le bain qui s’enrichit en fer. Quand cela s’est produit un certain nombre de fois, le bain devient impropre à la galvanisation.
- 2° Par le contact prolongé du fer et du zinc à une haute température, il se forme un alliage contenant beaucoup de zinc et peu de fer (6 à 8 p. 100 au plus), peu fusible, qui, par le refroidissement, donne de beaux cristaux soit en longues aiguilles, soit en prismes courts. Il faut alors renouveler le bain.
- Les pièces à galvaniser ne peuvent donc rester dans le bain que le temps strictement nécessaire.
- 3° L’altération du bain se produit de la même manière si l’on secoue au-dessus du creuset les pièces que l’on retire, afin de les débarrasser de l’excès de
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- GALVANISATION A FROID OU ZINGAGE ÉLECTRO-CHIMIQUE.
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- zinc adhérent. Mais elle est autrement rapide lorsque des pièces de fer à galvaniser tombent au fond du bain, soit par mégarde, soit par l’explosion qui se produit quelquefois en introduisant les pièces dans le zinc en fusion.
- 11 est ensuite un double inconvénient, qui provient de l’attaque des parois de la cuve par le bain. On peut l’atténuer quelque peu en remplissant le fond de la cuve avec du plomb, qui reçoit directement Je coup de feu et sert en même temps à transmettre d’une façon douce et régulière la chaleur plus ou moins irrégulière du foyer. Néanmoins, c’est là une cause continue et persistante de détérioration, à la fois pour le bain qui se charge de fer et pour la cuve qui se détruit. L’action est d’autant plus énergique que le bain est plus neuf et le zinc plus pur. Et si le fond de la cuve est protégé par le plomb, il n’en est pas de même des parois en contact avec le zinc ; celles-ci s’usent assez vite et entraînent la nécessité de faire une nouvelle dépense pour remplacer le creuset.
- D’autre part, la galvanisation à chaud exige l’immobilisation d’une quantité de zinc relativement grande dont on remplit la cuve, et une dépense de sel ammoniac dont on recouvre le zinc en fusion pour éviter que ce dernier, très volatil, ne s’oxyde rapidement au contact de l’air.
- III. - LE ZINGAGE ÉLECTRO-CHIMIQUE
- Pour parer à tous ces inconvénients, on a cherché à remplacer la galvanisation à chaud par la galvanisation à froid au moyen de l’électrolyse.
- L’opération consiste à faire passer à travers une solution convenable d’un sel de zinc un courant électrique qui la décompose. Le pôle positif de la source d’électricité est relié avec des plaques de zinc appelées anodes, et le pôle négatif avec les objets à galvaniser formant cathode.
- Sous l’action du courant, le zinc se porte sur la cathode, et le corps qui joue le rôle d’acide dans le sel se porte sur l’anode, qu’il attaque et dissout dans le bain. On donne le nom d’électrolyse à l’opération de décomposition du bain par le courant, et le nom d’électrolyte aux corps décomposés.
- De nombreux essais de zingage par électrolyse ont été faits, mais on a trouvé que ce procédé était trop lent et donnait un dépôt poreux. Jusqu’ici seuls quelques doreurs s’en étaient servis pour la bijouterie, et, en réalité, le peu de solidité qu’il offrait le rendait impropre aux besoins de l’industrie.
- En ces derniers temps, l’on s’est encore beaucoup préoccupé, en Angleterre et en France, de ce mode de galvanisation. Les Anglais l’ont déjà appliqué aux rivets et aux clous, ainsi qu’aux tubes en acier qui servent à la construction des générateurs pour la marine, et il ne serait pas étonnant que l’application du zingage électro-chimique s’étende ensuite à d’autres produits, en attendant que l’usage s’en généralise. Dans la prévision que la marine de l’Etat français suive
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- ARTS CHIMIQUES.
- MARS 1899.
- cet exemple, des essais ont été faits en France dans différentes usines, dans le courant*de l’année dernière.
- La question du zingage galvanique présente donc une grande actualité, et, bien que trop peu étudiée jusqu’ici, elle offre cependant un grand intérêt. Ce sont ces considérations qui nous ont amené à écrire ce mémoire; aussi espérons -nous que les lecteurs nous sauront gré de leur donner des renseignements recueillis çà et là et qu’on ne saurait trouver complètement dans aucun traité, les auteurs, même les meilleurs, ne parlant ordinairement du zingage galvanique que pour mémoire.
- Après avoir indiqué les formules employées et décrit les procédés opératoires que nos travaux personnels nous ont fait apprécier comme les meilleurs, nous terminerons ce petit travail par la description d’une installation et l’établissement du prix de revient de la galvanisation obtenue par l’électrolyse, heureux si nos faibles efforts peuvent contribuer à la vulgarisation et au développement de cette partie à la fois utile et intéressante de la galvanoplastie.
- CHAPITRE PREMIER
- QUALITÉ DU ZINC ÉLECTROLYTIQUE
- Le zinc précipité par le courant électrique est blanc, gris bleuâtre. Il a un aspect uniforme si l’objet qu’il recouvre a lui-même une surface uniforme ; mais si cette dernière présente des défauts, ils ressortent davantage. C’est ainsi que l’on reconnaît plus facilement sur l’acier les pailles, les gravelures, les endroits criqués, etc., et la marine anglaise, en imposant la galvanisation électrique, n’avait d’abord pas d’autre but que de mettre à profit cette propriété qui devient un puissant auxiliaire pour la réception des tubes. Dans ce cas, l’on commence par blanchir tout simplement la pièce que l’on doit examiner, après quoi on lui rend une couche plus épaisse si on veut la garantir contre une oxydation ultérieure.
- La galvanisation à chaud ne pourrait remplir le même but, car non seulement elle cacherait les défauts des tubes, mais elle pourrait altérer quelque peu les qualités essentielles de l’acier. N’est-il pas bien connu, en effet, qu’un fil d’acier devient très cassant forsqu’il a été galvanisé à chaud?
- On a trouvé que le dépôt de zinc obtenu par l’électrolyse était poreux et que ce procédé était trop lent, mais l’on est maintenant parvenu à avoir assez rapidement une couche suffisante de zinc bien adhérente, non poreuse et solide. Ce résultat dépend de la composition et de la préparation du bain, de l’intensité du courant électrique et du traitement des objets à galvaniser avant, pendant et après l’immersion dans le bain chimique.
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- CHAPITRE II
- INSTALLATION DES BAINS. — CUVES. — ANODES. — DYNAMOS. ACTION DES COURANTS
- Fis- 1.
- Les cuves qui conviennent le mieux pour contenir les bains de zingage sont, à notre avis, les cuves en bois, sapin ou chêne, bien assemblées. Elles sont doublées intérieurement de gutta-percha, ou de feuillles de plomb réunies entre elles par une soudure autogène. Parfois,le revêtement de plomb est lui-même protégé par un second doublage en bois mince fixé avec des traverses, sans clous ni boulons. Le mieux serait d’avoir des cuves assez bien assemblées pour qu ’elles puissent servir sans avoir de revêtement intérieur. La hauteur des cuves doit être telle que les objets à galvaniser entièrement plongés n’atteignent qu’à la moitié de la profondeur.
- Les anodes formées de zinc, laminé doivent être (fig. 1) suspendues dans le bain, à l’aide de crochets en zinc, à deux tringles en laiton placées sur la cuve dans le sens de la longueur. Ces deux tringles sont réunies entre elles par un bout de conducteur souple à l’aide de deux presses à œil placées à l’une de leurs extrémités. De cette façon, lorsqu’on reliera l’une de ces tringles au pôle positif de la source électrique, toutes deux recevront également le courant.
- La cathode est constituée, comme nous l’avons déjà dit, par les objets plongés dans le bain. Si ces objets sont de petites dimensions, ils peuvent être supportés à la façon des anodes sur unej tringle placée entre deux rangées d’anodes. Dans le cas où l’on voudrait placer sur la cuve plusieurs rangées de cathodes, on devrait les alterner avec des tringles d’anodes en nombre suffisant pour que chacune des premières soit (lig. 2) comprise entre deux des secondes.
- fi
- fi anodes cathode
- T anodes n
- y
- Fiff. 2.
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- La surface totale des anodes doit être au moins égale à celle des objets. La distance à observer entre les anodes et les objets à galvaniser varie de 10 à 25 centimètres, suivant que ces derniers ont une surface plate ou présentent des reliefs ou des cavités.
- Le courant électrique est fourni par une dynamo de faible force électromotrice (8 à 15 volts) et de grande intensité. Celle-ci doit être largement suffisante pour le travail électrolytique que Ton veut opérer. La dynamo doit être installée le plus près possible des bains, à l’abri des poussières et de l’humidité.
- Les bains se groupent en tension ou en quantité comme les éléments d’une pile.
- La figure 3 représente l’installation de deux bains montés en tension. Le fil
- qui part du pôle positif de la dynamo est relié aux anodes de la première cuve, la cathode de la première cuve est reliée aux anodes de la deuxième cuve, et enfin la cathode de cette dernière au pôle négatif. Un ampère-mètre est installé dans le circuit.
- La figure 4 représente l’installation de trois bains en quantité. Deux fils, partis de la dynamo, sont reliés l’un au pôle positif l’autre au pôle négatif, et forment les conducteurs principaux. Des dérivations prises sur les conducteurs principaux amènent le courant à chacune des cuves, et relient les anodes avec le pôle positif et les cathodes avec le pôle négatif.
- Comme on vient de le voir, le courant entre par l’anode, traverse la couche de liquide comprise entre l’anode et la cathode, sort par la cathode, et décompose l’électrolyte pendant ce parcours. La décomposition est le plus souvent accompagnée de dégagements d’oxygène et d’hydrogène à l’état libre. L’oxygène se combine autour de l’anode avec tous les corps susceptibles d’oxydation qu’il y
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- rencontre, l’hydrogène précipite les métaux et transforme certains sels autour de la cathode.
- Si l’on opère sur une solution de sulfate de zinc, le zinc se porte sur la cathode, tandis que l’oxygène et l’acide sulfurique se portent sur l’anode, avec laquelle ils s’unissent pour reformer du sulfate de zinc, et celui-ci remplace dans le bain le sulfate décomposé. Par ce moyen le bain reste identique à lui-même. Si, au lieu de plaques de zinc, on emploie comme anodes du charbon ou du platine qui sont insolubles, le bain s’appauvrit, et les anodes se tapissent d’une couche d’oxygène; par suite, le bain devient plus résistant et le dépôt se ralentit Pendant le passage du courant, la cathode se couvre de métal et augmente de poids, ce qui la différencie presque immédiatement de l’anode. Ce fait vient
- Fig. 4.
- encore réduire le travail de dissociation et de recomposition qui s’opère dans le bain.
- Pour qu’un courant puisse décomposer un électrolyte quelconque, il faut qu’il ait une force électromotrice déterminée ; et, quelle que soit l’intensité de ce courant, s’il ne possède pas cette force électromotrice, il n’y a pas décomposition de l’électrolyte. Ainsi, l’eau ne se décompose pas sous l’action d’un courant ayant une force électromotrice inférieure à lvolt,495. De même pour décomposer une solution de sulfate de zinc, il faut employer une force électromotrice d’au moins 2volls,34.
- Mais la quantité d’électrolyte décomposée ne dépend pas de la force électromotrice, elle dépend uniquement de l’intensité du courant. Le poids du métal libéré dans un temps donné est proportionnel à la quantité d’électricité qui traverse le liquide. Dans un bain de sulfate de zinc, un courant de 1 ampère décompose en une heure 3er,0262 de sulfate et dépose l&r,22 de zinc; un courant d’intensité double, triple ou quadruple décomposerait deux, trois, quatre fois plus
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- de zinc. Un courant de 4 ampères, sous une différence de potentiel de 10 volts, ne décomposerait pas plus de sulfate de zinc dans le même temps qu’un courant de 4 ampères sous une différence de potentiel de 2volls,5.
- CHAPITRE III
- PRÉPARATION DES PIÈCES A GALVANISER
- Le dépôt de zinc se fait mal et son adhérence n’est pas parfaite si la surface métallique sur laquelle on veut l’appliquer n’est pas absolument exempte d’oxyde et complètement débarrassée de corps gras ou de toute matière étrangère. De là, la nécessité des opérations préalables qu’il faut faire subir aux pièces avant le bain de zingage, opérations qui portent le nom de décapage, et dont les plus fréquentes sont le dégraissage par un alcali ou la recuisson au feu et le déroché.
- Le dégraissage par un alcali ne saurait convenir aux objets de grandes dimensions, comme les tubes de générateurs. On a donc recours à l’action du feu, qui détruit les corps étrangers et surtout les matières grasses dont la pièce est toujours imprégnée en sortant des laminoirs ou des filières. Chauffée dans un four jusqu’à la-température rouge sombre, la pièce métallique noircit par la formation d’un oxyde. Pour enlever l’oxyde ainsi formé, on laisse séjourner la pièce durant une heure environ dans l’acide sulfurique étendu de dix fois son poids d’eau ; c’est ce qu’on appelle dérocher, et plus ordinairement décaper.
- Pour aider à l’action de l’acide sulfurique, il est bon de sortir de temps en temps les objets des cuves de décapage, et de les brosser vigoureusement dans l’eau claire avec des brosses métalliques, puis de les y replonger jusqu’à disparition complète de toute trace d’oxyde.
- Un décapage ayant déjà servi quelque peu agit sur le fer plus uniformément et est à ce point de vue préférable à un décapage neuf; un décapage trop vieux laisse sur les objets qu’on y a plongés du sulfate de fer que le rinçage ne parvient pas toujours à enlever, surtout si ce rinçage n’est pas fait très rapidement.
- On peut aussi se servir de l’acide chlorhydrique (acide muriatique, esprit de sel) pour décaper, mais la solution doit alors être plus concentrée, et l’opération est plus coûteuse et plus incertaine.
- Les solutions employées doivent être relativement fortes, et il faut les renouveler fréquemment, ce qui devient défectueux et coûteux. L’on pourrait économiser l'acide, le travail et aussi le temps nécessaire pour les opérations de décapage en appliquant le procédé de Willam Rawson.
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- Willam Rawson emploie ordinairement 50 p. 100 d’acide chlorhydrique ou environ 3 p. 100 d’acide sulfurique. Il fait passer un courant électrique pendant quelque temps à travers le liquide et les objets à décaper, puis, au moyen d’un commutateur convenable, renverse de temps en temps le sens du courant. Après plusieurs renversements de courant pendant environ dix minutes, l’écaille d’oxyde se détache de la pièce, et finalement elle tombe ou on la brosse.
- Cowper-Coles et Walker n’emploient que 1 p. 100 d’acide sulfurique et chauffent la solution décapante, en se servant aussi du courant électrique.
- Le décapage terminé, il ne reste plüs qu’à laver vivement et à grande eau, de façon à ne laisser aucune trace d’acide avant de porter au bain. Il est de nécessité absolue de rincer rapidement et à grande eau, et de porter immédiatement au bain, de peur que l’oxydation ne s’empare des surfaces métalliques.
- Dès que les pièces ont été ainsi soigneusement décapées, il ne faut plus les toucher avec la main. L’on se sert, pour les transporter et les mettre aux bains de zingage, de crochets ou autres instruments les plus convenables pour leur forme et leurs dimensions, qui servent en même temps à leur amener le courant électrique.
- Ce n’est qu’après galvanisation, alors qu’elles ont été rincées et passées à la sciure chaude, que l’on peut les toucher impunément. En opérant autrement, il serait impossible d’obtenir des pièces sans tache, car la main la plus propre laisse toujours une légère tache graisseuse.
- Avant de terminer ce chapitre, disons qu’il n’est pas inutile de donner un très léger recuit aux objets en acier qui ont subi les opérations de décapage à l’acide, afin de détruire l’effet qu’aurait pu produire sur eux l’hydrogène naissant pendant leur passage à l’acide. En effet, si l’on essayait d’écraser des tubes nouvellement galvanisés par les procédés électrolytiques, l’on constaterait que ces tubes se brisent au lieu de s’écraser. Cet inconvénient provenant du décapage ne se manifeste plus si les tubes galvanisés sont restés un temps assez long en repos, ou s’ils ont été légèrement recuits après décapage.
- CHAPITRE IV
- COMPOSITION DES BAINS
- Pour obtenir un bain capable de donner un dépôt de zinc au moyen du courant électrique, il suffit de précipiter par l’ammoniaque un sel soluble de zinc et de redissoudre le précipité par un excès d’alcali. On peut également dissoudre dans le cyanure de potassium ou dans un sulfite soluble un sel quelconque de
- zinc.
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- Voici une formule dans laquelle on a pris comme dissolvant le premier de ces deux sels :
- Cyanure de potassium pur. .
- Carbonate de soude cristallisé
- Chlorure de zinc pur.....
- Eau......................
- On dissout d’une partie cyanure, de l’autre le carbonate de soude et le chlorure de zinc et on mélange; si, après dissolution des sels, le bain restait trouble, on ajouterait quelques gouttes d’ammoniaque pour l’éclaircir. Le carbonate de soude donne au bain la conductibilité qui lui est nécessaire.
- Ce bain donne de bons résultats et le dépôt obtenu est d’une adhérence parfaite, laquelle résulte de ce que le zinc a été précipité dans un liquide alcalin à base de cyanure qui donne un complément de décapage et supplée à ce que la préparation primitive pourrait, malgré tous les soins pris, avoir de défectueux. Malheureusement, le dépôt se fait trop lentement pour pouvoir employer cette composition dans l’industrie. Pour avoir un beau dépôt, il faudrait employer un courant dont l’intensité ne dépasserait pas 0,7 ampère.
- Par l’aspect et l’uniformité du dépôt qu’il donne, ce bain convient plutôt à la bijouterie, qui ne demande qu’une couche légère.
- Le cyanure de potassium est très coûteux et aussi très dangereux : c’est un poison des plus violents et dont l’action est instantanée. Aussi sa dissolution doit-elle se faire sous une hotte ou tout au moins dans un bon courant d’air pour ne pas aspirer les gaz délétères qui se dégagent.
- Quand le bain ne fonctionne pas, il faut avoir soin d’enlever les anodes, sans quoi, le cyanure continuant à les dissoudre même en l’absence du courant, le bain se chargerait trop de zinc et il faudrait rajouter du cyanure pour remettre les choses en état.
- Dans son traité VÉlectrolyse, M. H. Fontaine donne le procédé suivant, déjà ancien, décrit par M. Watt, et dans lequel le cyanure de potassium entre encore comme dissolvant. Aux défauts du bain précédent, celui-ci joint encore les inconvénients d’une préparation plus compliquée, ce qui en fait plutôt un travail de laboratoire :
- Dissoudre 7 kilogrammes de cyanure commercial de potassium dans 100 litres d’eau distillée. Verser dans la solution 2k«,500 d’ammoniaque concentrée (densité 0,880). Après avoir bien agité et mélangé, placer plusieurs vases poreux, tels que ceux des batteries Daniell, dans la solution, et verser dans chacun autant de solution concentrée de cyanure de potassium (environ 550 grammes pour 5 litres d’eau) qu’il en faut pour que le niveau soit le même que dans le vase extérieur. Placer dans la dissolution de cyanure de potassium et d’ammo-
- 60 grammes. 30 " —
- 23 —
- 1 litre.
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- niaque des morceaux de zinc laminé de bonne qualité, décapés à l’acide chlorhydrique, et les mettre en relation avec le pôle positif de la pile. Faire passer le courant jusqu’à ce que la solution de cyanure et d’ammoniaque ait pris environ 2 kilogrammes de zinc, c’est-à-dire 20 grammes par litre. Enlever alors les zincs et les vases poreux, dissoudre 2 kilogrammes et demi de carbonate alcalin (potasse de préférence) dans une partie de la solution précédente, et réunir le tout ensuite en agitant et en mélangeant avec soin. Laisser reposer et décanter. Employer le bain avec des électrodes en zinc laminé.
- La composition suivante, de Pearson et Sire, est très économique, et n’offre pas de danger comme celles que nous venons de citer :
- Eau................................................ i00 parties.
- Alun................................................. 10 —
- Oxyde de zinc........................................... 1 —
- Dans ce bain, le dépôt de zinc peut être obtenu plus rapidement que dans les précédents; on peut lui appliquer un courant un peu plus intense, mais le dégagement abondant d’hydrogène qui se produit vient gêner considérablement l’opération et nuire à la qualité du dépôt. Encore ne pourrait-on pas pratiquement dépasser le régime de 1 ampère par décimètre carré de cathode, au delà duquel le zinc précipité serait pulvérulent et sans adhérence.
- Procédé de MM. Heathfield et Bawson. — Dans ce procédé, pour produire une solution de zinc pouvant servir d’électrolyte, on précipite hors d’une solution d’un sel de zinc de l’oxyde de zinc hydraté, et, après avoir lavé l’oxyde précipité pour le débarrasser du sel neutre formé pendant la précipitation, on dissout l’oxyde de zinc dans de l’alcali caustique, de préférence de la potasse ou de la soude.
- Cette solution peut être enrichie, et lorsqu’on l’emploie comme électrolyte, on peut la maintenir suffisamment riche pour former des dépôts en y suspendant des plaques de zinc qui se trouvent en contact électrique avec du fer dans le bain. Le contact du fer et du zinc produit un courant électrique par lequel le bain est rendu plus riche en zinc, beaucoup au delà de ce qu’on obtient par la solution de l’oxyde hydraté.
- En mettant du zinc en contact avec du fer dans unè solution alcaline, cette dernière peut être suffisamment imprégnée de zinc pour agir comme électrolyte sans dissoudre d’abord l’oxyde hydraté. D’une solution ainsi enrichie, on peut opérer des dépôts électrolytiques avec une intensité de courant électrique suffisamment grande sans l’évolution d’une quantité gênante d’hydrogène. La température du bain ne devrait pas dépasser 27°, et l’électrolyte lui-même ne devrait pas être enrichi à un degré de saturation complète de zinc.
- Pour produire une solution alcaline utilisable comme électrolyte, on peut se Tome IV. — 98e année. 5° série. — Mars 1899. 26
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- servir de morceaux de fer galvanisés que l’on met en contact électrique avec du fer en présence d’alcali caustique, et le zinc du fer galvanisé peut être récupéré de la solution par l’électrolyse.
- Lorsqu’on doit couvrir de zinc les surfaces d’objets en fer ou en acier, il est avantageux de couvrir d’abord ces surfaces d’une mince pellicule de mercure. On obtient cela en faisant des objets en fer ou en acier la cathode dans un bain électrolytique contenant une solution acide d’un sel de mercure, tel que du sulfate, après y avoir d’abord mélangé une petite quantité de sel de zinc correspondant, celui-ci favorisant le dépôt du mercure. L’anode peut être du charbon ou du plomb.
- MM. Heathfield et Rawson ont construit un appareil spécial pour traiter de petits objets tels que clous, vis, etc. Cet appareil comprend un tambour rotatif contenant le liquide électrolytique et un métal de cathode pour recevoir le dépôt, une anode centrale isolée du tambour mais reliée au pôle positif d’une source d’électricité, des barres conductrices disposées à certains intervalles autour de l’intérieur du tambour, isolées de celui-ci et reliées au pôle négatif d’une source d’électricité. L’anode centrale peut consister en une série de disques de zinc ou en un cylindre perforé contenant des morceaux de zinc.
- Procédé Cowper-Coles et Walker. — MM. Cowper-Coles et Walker emploient un électrolyte alcalin en combinaison avec du zinc dans un état de division fine, et maintenu suspendu ou dispersé dans l’électrolyte, qui est très dense. Cette addition de zinc en poudre impalpable permet, dans des conditions favorables, d’obtenir un dépôt de métal plus considérable que le dépôt théorique. La poudre de zinc employée s’obtient directement par la distillation du minerai.
- Le courant employé est de 548 ampères par mètre carré. C’est par le procédé Cowper-Coles que les tubes Belleville sont galvanisés en Angleterre.
- Les ligures 5 et 6 montrent les dispositions d’un atelier de zingage par le procédé Cowper-Coles, installé en 1894 chez MM. Watson, Laidlaw et Cio, à Glasgow.
- Enfin, voici un bain très simple, que nous avons aussi essayé, et qui nous paraît recommandable :
- Sulfate de zinc........................................... 5 kilos.
- Acide ace'tique.. .'..................................... 10 grammes.
- Eau..................................................... 100 litres.
- On peut, dans cette formule, remplacer les 5 kilos de sulfate de zinc par 3 kilos de chlorure de zinc et 6 kilos d’acétate de zinc, et l’acide acétique par de l’acide citrique. Ce dernier coûte très cher, et, de plus, les citrates donnent des moisissures qu’il vaut mieux éviter; il est donc préférable d’employer l’acide acétique, en le renouvelant de temps en temps. Le sulfate et le chlorure de zinc ont sur l’acétate de zinc l’avantage d’être plus économiques.
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- Les anodes doivent être en zinc laminé. Si l’on employait des anodes inso-
- 1. Grue tournante; 2. Cuve de décapage; 3. Cuve de zingage; 4. Réservoir d’oxydation; 5. Commutateur inverseur -6. Potasse caustique; 7. Tableau des communications électriques; 8. Salle de la dynamo.
- lubies avec le c hlorure de zinc, ce dernier donnerait lieu à un dégagement de
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- chlore à l’anode, qui se polariserait assez vite, et bientôt le courant ne précipiterait plus de zinc.
- Avec une intensité de courant de lamp,5 par décimètre carré, on obtient assez rapidement une couche de zinc très adhérente; on pourrait même forcer ce régime et pousser jusqu’à 2 ampères par décimètre carré, sans pour cela avoir un mauvais dépôt.
- Nous avons nous-même installé, dans le courant de l’année 1897, des bains pour la galvanisation électrolytique des tubes en acier dans les importantes usines de la Société anonyme d’Escaut et Meuse à Anzin. C’est à cette occasion que nous nous sommes enquis des divers procédés existants, que nous avons tous étudiés, et que nous avons été amené à rechercher un bain qui puisse rivaliser avec celui de Cowper-Coles employé en Angleterre.
- C’est aussi sur nos indications, et d’après nos plans et nos renseignements, que la Compagnie des Forges de Châtillon et Commentry se propose de faire, dans son usine Saint-Jacques, une installation de zingage, beaucoup plus importante que celle de la Société d’Escaut et Meuse.
- Les résultats que nous avons obtenus sont comparables à ceux que donne le système Cowper-Coles. Nous avons eu en main des tubes galvanisés par ce procédé, et notre travail ne le cède en rien à celui des Anglais. Dans le bain que nous employons, le courant appliqué peut aller jusqu’à 5 ampères par décimètre carré de cathode, et il suffit de 40 minutes à ce régime pour obtenir sur les tubes un dépôt d’une épaisseur convenable, suffisant aux exigences de la marine.
- Le tableau ci-dessous résume une expérience que nous avons faite sur quatre tubes différemment préparés, et placés deux dans une cuve et deux dans une autre. Les deux cuves étaient montées en tension. Le courant appliqué a été de 3 ampères par décimètre carré pendant une heure.
- POIDS DES TUBES POIDS DE ZI.VC DÉPOSÉ ÉPAISSEUR de la coucho de zinc. POIDS de zinc p. 100 du poids du tube. OBSERVATIONS.
- avant zingage. apres zingage. sur tout lo tube. par décimètre carré.
- kilos. ( 12,145 lr0 cuve.] ( 12,120 ( 12,435 2e cuve.. ( 12,810 kilos. 12,300 12,325 12,640 12,975 kilos. 0,155 0,205 0,205 0,165 g r. 3,70 4,90 4,90 3,94 millim. 0,054 0,071 0,071 0,057 kilos. 1,26 1,67 1,61 1,27 Tube décapé à l’acido, pailleuxaux extrémités. Tube parfaitement décapé à l'acide et bien net. Tube parfaitement dégraissé à la potasse caustique et bien net. Tube dégrairsé à la potasse caustique légèrement pailleux à divers endroits.
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- Au régime de 5 ampères, on aurait donc obtenu un dépôt de zinc de 2,7o p. 100 du poids des tubes, ceux-ci étant supposés bien décapés et bien nets de tout oxyde ou de matières étrangères (1).
- Les résultats relativement beaux que nous avons obtenus sont dus en grande partie à la présence du chlorure de sodium dans les bains que nous employons, ce sel leur donnant une grande conductibilité.
- CHAPITRE Y
- DESCRIPTION D’UNE INSTALLATION. — MANIÈRE DE DISSOUDRE LES SELS. MARCHE DE L’OPÉRATION. — PRIX DE REVIENT.
- I. Description d'une installation.— La description qui va suivre est celle d’nue installation que nous avons faite, et qui nous a servi à faire nos nombreux essais.
- L’installation comprend une dynamo Gramme de 900 ampères, un tableau des communications électriques et quatre bains de zingage.
- Les cuves ont 2m,75 de longueur, 0m,75 de largeur et 0m,55 de hauteur, sont en sapin et n’ont aucun revêtement intérieur. Chacune d’elles contient trois rangées d’anodes, et reçoit en cathodes deux tubes en acier de 1m,90 de long et 0m,07 de diamètre.
- Gomme on le voit par la figure 7 ci-après, les bains sont montés deux par deux en série, puis réunis en dérivation.
- Afin de pouvoir équilibrer les deux ponts, une résistance R a été placée sur le tableau dans le circuit de la série IL
- H est le rhéostat d’excitation de la dynamo; V le voltmètre, avec un bouton de contact b ; C et C' deux commutateurs à deux directions, avec point mort, et enfin A, un ampèremètre de 450 ampères.
- Pour envoyer le courant dans les bains, il suffit de mettre les commutateurs
- (1) J’ai voulu essayer la résistance du dépôt électrolytique de zinc comparativement avec celle du dépôt de ziuc obtenu par voie ignée.
- Pour cela, j’ai plongé dans de l’eau acidulée par de l’acide sulfurique un morceau de tôle de 0m,10 x 0m,03 découpé dans une tôle de 2 millimètres et demi d’épaisseur galvanisée à chaud. Le poids de zinc qui la recouvrait était de 6,25 p. 100 du poids de cette tôle. En même temps et dans la même eau acidulée, j’ai plongé un morceau de tôle galvanisée à froid par mon procédé, et dont les dimensions étaient exactement les mêmes que celles du précédent. Le poids du zinc déposé sur ce morceau de tôle était de 3^,55, obtenus par un courant moyen de 2amP,5 pendant une heure.
- Après quinze minutes de cette immersion, le zinc qui couvrait le morceau de tôle galvanisé à chaud avait complètement disparu, taudis que le morceau de tôle galvanisé à froid était encore couvert sur les deux tiers de sa surface d’une couche de zinc, sans aucune valeur protectrice il est vrai, mais encore très nettement visible. D’ailleurs, pendant l’opération, il était visible que l’attaque était plus vive sur le premier échantillon que sur le second.
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- tous deux à la fois en 1 ou en 2 : en 1, si l’on veut connaître le nombre d’ampères qui passent dans la série de cuves I, et en 2 si l’on veut connaître le nombre d’ampères qui passent dans la série II.
- Si l’on veut mettre l’une des deux séries hors du circuit, l’on met le commutateur correspondant au point mort. Cette installation est des plus simples, peu coûteuse, et les manipulations très faciles.
- Comme complément, un décapage à l’acide sulfurique est placé le plus près
- Anodes
- Fig. 7.
- possible des bains de zingage, ainsi que des bacs de rinçage à eau courante, et une caisse contenant de la sciure de bois maintenue chaude.
- Une installation plus parfaite serait celle dans laquelle on comprendrait un décapage à l’acide sulfurique que l’on chaufferait, et dans lequel on enverrait le courant électrique, comme le fait Cowper-Coles. Les cuves contenant la solution électrolytique pourraient être à circulation et du genre Thofehrn, c’est-à-dire que chaque cuve serait munie de deux siphons prenant le liquide à une certaine distance du fond pour l’amener à la partie supérieure de la cuve suivante. Les cuves seraient placées en gradins : une différence de niveau de 2 centimètres entre deux cuves successives suffit pour amener une circulation. La dernière cuve de chaque série verse le liquide dans un petit canal d’où il se rend dans un bassin collecteur. C’est à ce même canal que vient aboutir le liquide provenant des fuites qui peuvent se déclarer dans les cuves. De là, il est renvoyé, au
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- GALVANISATION A FROID OU ZINGAGE ÉLECTRO-CHIMIQUE- 3Ô5
- moyen d’injecteurs, dans un réservoir supérieur distributeur, qui le verse dans les caniveaux en communication avec le premier rang1 des séries de cuves.
- II. Manière de dissoudre les sels. —= L’on met les sels à dissoudre dans une cuve qui contient la quantité d’eau nécessaire, soit en totalité, soit par parties, suivant que le poids des sels est plus ou moins considérable et suivant les dimensions de la cuve dont on dispose pour cet usage. On y fait ensuite barboter de la vapeur jusqu’à dissolution complète et on laisse reposer. La solution est ensuite versée soit dans un distributeur, soit directement dans chaque cuve de zingage sur laquelle on a préalablement installé un filtre qui retient toutes les matières insolubles. Ce filtre peut être fait d’une toile que l’on fixe sur un châssis couvrant la plus grande partie possible de la cuve de façon que l’opération se fasse rapidement.
- III. Conduite de Vopération. — Au début de la'journée, douze tubes, parmi lesquels huit ont déjà été presque complètement décapés la veille, puis rincés et séchés à la sciure de bois, sont plongés dans l’acide afin de décaper les uns et d’achever le décapage des autres. Quelques minutes après, et dès que quatre de ces tubes sont suffisamment décapés, deux hommes les enlèvent et les lavent à l’eau courante pour les porter dans les deux cuves à galvaniser d’une même série, où l’on fait passer aussitôt le courant électrique.
- Pendant cette opération, un troisième ouvrier a mis au décapage quatre nouveaux tubes, qu’il aura soin d’enlever de temps en temps pour les brosser. Au bout de vingt minutes, la deuxième série de cuves à galvaniser reçoit aussi quatre tubes; en même temps on lui envoie le courant.
- Dès lors, les quatre bains sont en fonction, et, tandis que le dépôt se fait, les hommes préparent toujours quatre autres tubes qui viendront remplacer les premiers dans les bains de zingage lorsqu’ils seront suffisamment couverts de zinc, c’est-à-dire après quarante minutes. Aussitôt galvanisés, les tubes sont rincés et essuyés dans la sciure de bois.
- La série des opérations continue : les tubes sont remplacés dans le décapage et dans le zingage au fur et à mesure qu’ils sont décapés et galvanisés. De quarante minutes en quarante minutes, une même série de deux bains reçoit quatre tubes en remplacement des quatre précédents.
- De cette façon, on peut recouvrir d’une bonne couche de zinc une centaine de tubes par jour, et il suffit, pour ce travail, de trois hommes et de quatre bains de zingage, semblables comme composition à ceux que nous employons, avec un courant de 800 à 900 ampères.
- IV. Pi dx de revient. — La petite installation que nous venons de décrire, avec son décapage, ses quatre bains de zingage, les anodes, produits chimiques, et tous les accessoires, avec une dynamo de 900 ampères et toute l’installation électrique, peut coûter environ6200 francs.
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- ARTS CHIMIQUES.
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- On pourrait galvaniser, avons-nous dit, une centaine de tubes par jour pesant ensemble 1 230 kilogrammes. La dépense jour nalière pourrait se répartir ainsi :
- Main-d’œuvre (deux ouvriers à 4 fr. et un demi-ouvrier à 2 fr.)..
- Frais généraux (50 p. 100 de la main-d’œuvre).................
- Pertes d’électrolyte et renouvellement du bain de décapage.. .
- Anodes (achetées en grande quantité)..........................
- Amortissement de l’installation et intérêts (12 p. 100).......
- 10 francs. 5 —
- 2 —
- 80 —
- 2 —
- Total
- 99 francs.
- soit environ 8 francs par 100 kilogrammes du poids des tubes avant galvanisation.
- CHAPITRE VI
- CONCLUSIONS
- Nous venons de passer en revue tous les procédés de zingage électro-chimique que l’on a trouvés jusqu’à aujourd’hui, et nous constatons avec regret que les perfectionnements apportés dans cette voie laissent encore bien des desiderata. Cependant, les résultats obtenus nous apportent quelque satisfaction et nous permettent d’espérer que, dans un avenir quelque peu éloigné peut-être, la galvanisation à froid pourra avantageusement se substituer d’une façon générale à la galvanisation à chaud. Car, s’il est vrai que certaines inventions scientifiques de notre siècle ne s’avancent qu’à pas lents dans la route du progrès, il n’en est pas moins vrai que leur marche est sûre et qu’elle nous conduira un jour à des résultats merveilleux.
- C’est déjà un début favorable pour la galvanisation électrolytique que de s’être imposée, en ces derniers temps, à la grosse industrie sous les auspices de la marine; ceci est pour elle d’un bon augure.
- A notre connaissance, quatre des plus grandes usines qui s’occupent spécialement en France de la fabrication des tubes en acier ou de la construction des générateurs, tant pour la marine de l’Etat français que pour la marine d’autres puissances européennes, se servent du zingage galvanique. Deux d’entre elles ont eu recours à notre expérience, et nous prévoyons que d’autres établissements se trouveront bientôt dans la nécessité d’avoir une semblable installation.
- Le premier pas est donc fait. Il s’agit maintenant de travailler plus ardemment à la découverte d’un procédé qui permette de produire par l’électrolyse une galvanisation solide et économique : voilà un but aux recherches des savants et des praticiens. Pour nous personnellement, qui sommes de ces derniers, nous ne nous ferons pas faute d’apporter, dans la mesure de nos moyens, notre tribut à cette tâche.
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- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. A. Barbet, au nom du Comité clés Arts mécaniques, sur un appareil de soulèvement des voitures automobiles de tramways, présenté par M. Chardonnet.
- M. Chardonnet a présenté à la Société d’Encouragement un dispositif qu'il a fait breveter, et qui a pour but de soulever les voitures automobiles,
- Fig. 1. — Frein Chardonnet.
- bb, Presses Axées au châssis des voitures pour en opérer le soulèvement : cui, flasques du châssis; ü, galets pouvant rouler sur un rail mobile ; kk, verrous se logeant dans les encoches de la tige des pistons et supportant le poids de la voiture quand son soulèvement est produit par les presses; U, ressorts écartant le verrou de la tige du piston ; nn, cames commandant la tension des ressorts II; mm, arbre de calage des cames nn.
- Appareil pour remettre la voiture sur rails au cas do déraillemement : jj, rail mobile ; bi bi, support d’écrou ; aiœ,, écrou ; yy, vis terminée par un carrée permettant la manœuvre au moyen d’un cliquet; xx, partie cylindrique terminant lavis et agissant directement sur la tige t; tt, tige mobile maintenant l’écartement des têtes de tige de piston, et sur laquelle on vient agir pour remettre transversalement la voiture sur ses rails.
- de tramways à vapeur ou à air comprimé, à l'aide de presses fixées à demeure au châssis.
- La figure jointe à cette note montre le détail de cette invention : quatre
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- ARTS MÉCANIQUES.
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- presses verticales fixées au longeron de la voiture ont les tiges de leurs pistons dirigées vers le sol; en admettant au-dessus du piston soit la vapeur, soit l’air comprimé, on produit le soulèvement de la voiture. Ce soulèvement permet de dégager rapidement un blessé qui se trouverait sous le châssis, ou bien encore, en s’aidant de rails transversaux, de remettre sur la voie la voiture, en cas de déraillement. Le dessin est fait dans cette dernière hypothèse. Le dispositif très simple de la presse et de la tige à encoches du piston se comprend aisément sur la figure. Les encoches ont pour but d’arrêter avec un verrou la voiture à la hauteur que l’on désire, sans qu’il soit nécessaire de maintenir la pression au-dessous du piston. Nous pensons que, pour le cas où le déraillement place la voiture obliquement par rapport à la voie, il eût mieux valu supposer trois presses au lieu de quatre. Néanmoins, l’idée de remplacer les crics ou les vérins de secours emportés par les automobiles sur rails par des appareils fixes est justifiable, surtout à Paris. L’objection de l’augmentation de poids de la voiture n’est pas recevable, puisque la nécessité du remorquage exige, pour l’adhérence, de lourdes automobiles. D’autre part, les appareils de soulèvement à demeure, toujours prêts à fonctionner, permettent de dégager rapidement et peut-être de sauver un blessé, et ce point de vue oblige à recommander le dispositif proposé par M. Chardonnet.
- En conséquence, votre Comité des Arts mécaniques vous demande, Messieurs, de voter l’insertion au Bulletin du présent rapport, avec le dessin qui l’accompagne.
- Signé : E. Barbet, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance, le 10 mars 1899.
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- ARTS MÉCANIQUES
- MACHINES A VAPEUR
- Étude du rôle de l’enveloppe de vapeur, par M. Lefer.
- On désigne les cylindres des machines à vapeur sous le nom de cylindres sans enveloppe ou de cylindres 'avec enveloppe de vapeur, selon leur mode de construction.
- Dans le premier cas, le cylindre est constitué par un récipient tubulaire et le plus souvent de forme circulaire, muni de brides à ses extrémités, sur lesquelles se boulonnent les fonds ou couvercles de cylindre, composés eux-mêmes d’une simple paroi plane ou courbe suffisamment renforcée pour résister à la pression.
- Dans le deuxième cas, le cylindre est constitué par deux récipients tubulaires placés l’un dans l’autre, et entre les parois desquels il reste un espace de dimensions variables dans lequel circule de la vapeur à la pression ou non de celle de la chaudière. Le cylindre est fermé par d’es couvercles à simple paroi, comme pour le cylindre sans enveloppe, ou à doubles parois entre lesquelles on introduit de la vapeur à la même pression que celle qui circule dans l’espace compris entre les deux récipients tubulaires.
- C’est cet espace et la vapeur qu’il contient qu’on désigne sous les noms d'enveloppe ou de chemise de vapeur.
- L’enveloppe de vapeur est dite partielle lorsqu’elle ne comprend que l’espace restant libre entre les deux récipients tubulaires. Elle est complète lorsqu’elle comprend aussi les couvercles à doubles parois des cylindres et à introduction de vapeur entre ces parois.
- Doit-on ou ne doit-on pas mettre d’enveloppe aux cylindres des moteurs à vapeur? C’est là une question très controversée, qui a eu ses adversaires et ses partisans, se fondant les uns et les autres sur des expériences diverses, dans lesquelles les enveloppes avaient quelquefois donné des résultats négatifs, tandis que, dans d’autres circonstances, on avait réalisé des économies pouvant même paraître exagérées.
- On admet cependant aujourd’hui que, en général, l’emploi de l’enveloppe procure une économie; mais nous verrons plus loin dans quelles conditions
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- cette économie peut être obtenue, et qu’il y a des cas où l’emploi d’une enveloppe de vapeur n’aurait aucun effet et ne servirait à rien autre qu’à augmenter la consommation des moteurs à vapeur.
- Nous avons expliqué, dans l’étude parue aux Bulletins de la Société de janvier et février 1897, le rôle et l’action des parois des cylindres des moteurs à vapeur désignés sous le nom de moteurs à un cylindre, par opposition aux machines Woolf, Compound, triple et quadruple expansion.
- Nous avons, dans cette étude, démontré que, pendant le fonctionnement des moteurs à vapeur, il se produisait des vaporisations et des condensations, suivant que la vapeur admise dans le cylindre se détendait ou était comprimée, et que ces phénomènes étaient dus uniquement à l’action des parois du cylindre soumises, pendant ce fonctionnement, à des températures diverses, et absorbant de la chaleur quand leur température devait s’élever ou en cédant quand elle devait s’abaisser.
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- Que les cylindres soient ou non à enveloppe de vapeur, les parois n’en sont pas moins soumises à des températures variables par suite de leur contact avec la vapeur admise à la pression de la chaudière, puis se détendant ensuite, et enfin sortant du cylindre pour s’échapper dans l’atmosphère ou dans le condenseur.
- L’eau produite pendant la période d’admission par la condensation d’un certain poids de la vapeur entrant en contact avec les parois du cylindre sans enveloppe qui, un instant auparavant, avaient une température moindre par suite de leur contact avec la vapeur d’échappement, reste déposée sur ces parois et se vaporise à nouveau, mais partiellement, ainsi que l’indiquent les diagrammes 1, 2, 3 et 4 (p. 412) relevés sur des machines en marche, dès qu’une certaine détente s’est produite, sous la double action de la chaleur propre qu’elle contient et d’une partie de la chaleur qui lui est alors recédée par les parois auxquelles elle avait elle-même fourni précédemment de la chaleur en se condensant.
- Nous disons que cette vaporisation est partielle, parce que, lorsquelacondensation a eu lieu au moment de l’admission de la vapeur dans le cylindre, elle a été causée par un écart relativement considérable de température des parois, correspondant apparemment aux températures que possédait la vapeur à son entrée et ensuite à sa sortie du cylindre, tandis que la vaporisation indiquée par les diagrammes a lieu pour une chute relativement faible de température, et est, par cela même, insuffisante pour que l’eau vaporisée absorbe à cet instant toute la chaleur cédée par elle primitivement, alors que l’écart des températures ayant provoqué la condensation était plus considérable.
- Il existe un autre indice que cette vaporisation est partielle, c’est que, si la détente continue après cette vaporisation, il s’en produit une seconde, puis une troisième, et quelquefois davantage, et que ces nouvelles vaporisations ne pour-
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- raient se produire s’il ne restait plus d’eau sur les parois du cylindre, c’est-à-dire si toute cette eau avait été vaporisée par l’action des parois dès la première période de la détente.
- De l’exposé que nous venons de faire, il résulte ceci, c’est qu’il reste forcément de l’eau sur les parois jusqu’à la fin de la détente, puisque celle-ci ne se prolonge jamais jusqu’à atteindre la pression du condenseur, et que, par conséquent, pendant l’opération propre de la détente, la différence extrême des températures internes ne peut atteindre la différence des températures internes qui avaient provoqué la condensation d’une partie de la vapeur d’admission, d’où il suit que l’eau déposée sur les parois du fait de cette condensation ne peut leur enlever toute la chaleur qu’elle leur avait cédée primitivement, et qui lui est nécessaire pour se revaporiser à nouveau. Il reste donc, à la fin de la détente, un certain poids d’eau sur les parois du cylindre, laquelle eau ne se transforme en vapeur en soustrayant de la chaleur à ces parois qu’au moment ou l’échappement se fait au condenseur.
- La chaleur ainsi soustraite aux parois pendant la période d’échappement et emportée au condenseur ne pourrait pas l’être s’il n’y avait plus d’eau dans le cylindre à la fin de la détente. Elle constitue une perte, que MM. Hirn etHallauer ont appelée Rc, c’est-à-dire perte au condenseur.
- Ce que nous venons de dire s’applique à tous les moteurs n’ayant pas d’enveloppe de vapeur au cylindre, ou en ayant une incomplète, parce que, pour ces derniers, les fonds de cylindre ne sont pas chauffés, et ce sont les parois de ces fonds dont l’action se fait le plus sentir sur le fonctionnement des moteurs à vapeur.
- Nous avons exposé la théorie du fonctionnement des moteurs à un cylindre sans enveloppe, et nous savons maintenant que ce fonctionnement donne lieu à un échange réciproque de chaleur qui se fait constamment à l’intérieur du cylindre par l’intermédiaire des parois, et à une perte thermique (nous supposons que le cylindre est bien protégé contre les refroidissements) causée par ce fait : que toute la chaleur qui a été cédée aux parois pendant l’introduction de la vapeur par la condensation d’une partie de celle-ci ne lui a pas été restituée intégralement pendant la détente, d’où il résulte que le travail que la vapeur condensée sur les parois aurait pu fournir du fait de sa revaporisation est perdu pour la machine.
- Lorsque les cylindres des moteurs sont munis d’une enveloppe complète de vapeur, les phénomènes ci-dessus n’en existent pas moins, mais ils sont modifiés par la présence d’une source de chaleur qui ajoute son action à celle des parois.
- Pendant le fonctionnement du moteur, les parois internes, c’est-à-dire celles qui sont en contact immédiat avec la vapeur introduite dans le cylindre, son
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- soumises, par suite de la rapidité des actions d’admission et de détente, aux mêmes variations de température que les parois du cylindre sans enveloppes de vapeur.
- Ces variations de température ne se font sentir que sur une très faible épaisseur, on pourrait presque dire sur la surface interne seule des parois, car il suffit, pour provoquer des vaporisations et des condensations importantes de la vapeur, que la variation de température desdites parois se produise sur une épaisseur très minime du métal (1).
- En raison de la rapidité des diverses périodes du fonctionnement des moteurs à vapeur, et par suite de l’épaisseur relativement considérable des parois séparant le cylindre proprement dit de l’enveloppe de vapeur, la transmission de la chaleur, ou, si on préfère, l’écoulement de la chaleur de l’enveloppe au cylindre, ne peut se fair e instantanément, et exige un certain temps matériel, probablement d’autant plus long que les différences de température existant entre la vapeur contenue dans le cylindre et celle contenue dans l’enveloppe sont plus petites.
- C’est pour cette raison que la surface de paroi en contact avec la vapeur qui travaille dans le cylindre subit immédiatement, et sur une faible épaisseur, toutes les variations de température par où passe cette vapeur, qui lui fournit de la chaleur comme si l’enveloppe n’existait pas, et que cette dernière lui restitue ensuite pendant une autre période du fonctionnement.
- La principale action de l’enveloppe se produit pendant la période d’échappement. Dans les cylindres sans enveloppe, dès que l’échappement commence, nous avons vu qu’il ne pouvait pas ne pas y avoir d’eau sur les parois du cylindre, et que, par suite, il devait se produire une vaporisation importante, bien que rien ne la trahisse à nos yeux, laquelle doit, pour s’accomplir, enlever aux parois une certaine quantité de chaleur, que rien ne leur restitue pendant la durée de la période d’échappement, et ce n’est que lorsque la vapeur est admise à nouveau que les parois reprennent une nouvelle température aux dépens de ladite vapeur, qu’elles viennent de recevoir dans leur enceinte.
- Dans les cylindres à enveloppe complète de vapeur, les choses ne se passent pas de la même manière. Pendant la durée de l’échappement, l’intérieur du cylindre est en communication avec le condenseur dont il tend à prendre la température. Dans l’enveloppe, au contraire, la vapeur qui y est reçue est généralement à la pression de la chaudière, et, par conséquent, possède une température relativement élevée. Il résulte donc de ceci que c’est pendant la période d’échappement que l’écart de température est le plus grand entre la vapeur contenue dans l’intérieur du cylindre, qui n’a alors que la tension régnant dans le condenseur, et celle contenue dans l’enveloppe. C’est donc à ce moment que
- (1) Voir les expériences de Donkin et l’étude calorimétrique des machines à vapeur par Dwelshauvers Déry.
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- l’écoulement, ou mieux le transport de chaleur de l’enveloppe à l’intérieur du cylindre, c’est-à-dire delà face externe à la face interne des parois, sera le plus énergique ; et si, pendant cette période d’échappement, il n’y a pas d’eau sur les parois internes du cylindre, toute la chaleur ainsi transportée sera employée uniquement à élever la température du métal du côté de la face interne du cylindre.
- Ainsi, la différence essentielle qu’il y a entre les moteurs avec ou sans enveloppe de vapeur, c’est que, pendant la période d’échappement, les parois du premier sont réchauffées et ont le temps d’absorber du calorique et de prendre une température relativement élevée, tandis que, pour le second, au contraire, les parois se refroidissent d’autant plus que cette période d’échappement est plus longue.
- D’après cela, l’action physique des parois sur la [vapeur admise dans le cylindre d’un moteur à vapeur serait identiquement la même, que ce cylindre soit ou non pourvu d’une enveloppe de vapeur. La seule différence proviendrait de ce que, pour les moteurs à vapeur à cylindre sans enveloppe de vapeur, c’est la vapeur admise dans le cylindre même qui doit fournir la chaleur nécessaire aux variations de température des parois; tandis que,pour les moteurs à vapeur à cylindre avec enveloppe de vapeur, c’est la vapeur de l’enveloppe qui fournit en partie aux parois la chaleur dont elles ont besoin pour satisfaire aux différentes phases physiques que subit la vapeur admise dans le cylindre du fait du contact de cette dernière avec les parois.
- Ceci seul suffirait à démontrer l’avantage des moteurs à vapeur dont les cylindres seraient munis d’une enveloppe de vapeur, parce que, pour ceux-ci, il y aurait moins de vapeur condensée à l’admission que dans le cas où les cylindres seraient sans enveloppe de vapeur.
- C’est, à notre avis, dans cette seule différence que réside la supériorité des moteurs dont le cylindre a une enveloppe de vapeur.
- En effet, si nous introduisons de la vapeur dans un cylindre à enveloppe de vapeur, et aussi dans un cylindre sans enveloppe, nous verrons que, dans le premier, cette vapeur entrera en contact avec des parois relativement chaudes, tandis que, dans le second, elle sera mise en contact avec des parois relativement froides. Il s’en condensera donc moins dans le premier que dans le second, et, de là, dépendra, comme nous allons le voir, toute l’économie de la machine.
- Il ne faut pas croire cependant que ce seul fait d’une condensation réduite puisse permettre d’établir immédiatement l’économie réalisée, car si la condensation est moindre à l’admission dans le cylindre à enveloppe de vapeur que dans celui sans enveloppe,il y a, dans l’enveloppe du premier, une condensation non apparente causée par ce fait que c’est la chaleur de l’enveloppe qui aura servi à élever la température des parois, et que cette chaleur ne peut être cédée que par condensation d’une partie de la vapeur contenue dans l’enveloppe,
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- tandis que, dans le cylindre sans enveloppe, c’est la vapeur introduite dans le cylindre lui-même qui réchauffe les parois au détriment de la chaleur qu’elle possède.
- Ceci établi, il nous reste maintenant à examiner ce qui se passe dans le cylindre à enveloppe de vapeur pendant les périodes d’introduction et de détente.
- Pendant l’introduction de la vapeur arrivant de la chaudière, il s’en condensera une partie sur les parois, et il ne peut en être autrement. Ces parois, comme nous l’avons vu plus haut, ont bien été chauffées par la vapeur de l’enveloppe pendant la période d’échappement; mais, quelle que soit l’énergie ou la rapidité de cette chauffe, les parois internes ne peuvent être ramenées jusqu’à la température que possède la vapeur de l’enveloppe. Il y a en quelque sorte retard dans la transmission de la chaleur, soit du fait de l’épaisseur des parois, soit pour d’autres causes physiques, et lorsque la vapeur est admise dans le cylindre, il faut, pour que les surfaces internes des parois se mettent en équilibre de température avec elle, que celle-ci leur cède de la chaleur en se condensant partiellement.
- La condensation produite ainsi est plus faible que celle qui a lieu dans les cylindres sans enveloppe de vapeur, mais elle existe cependant, ainsi qu’on le constate par l’examen des diagrammes.
- Pendant la détente, il se produit des vaporisations partielles et successives ainsi que dans les cylindres sans enveloppe de vapeur, avec cette différence cependant que le phénomène paraît mieux accusé et plus complet, ce qui est dû sans doute à ce que, plus les revaporisations sont basses et plus la différence de température entre la vapeur contenue dans le cylindre et celle des parois chauffées par l’enveloppe est grande. On reconnaît ainsi, sur les diagrammes, jusqu’à trois vaporisations successives et plus, puis ensuite pendant, cette période de la détente qu’on peut appeler à basse pression, et dans laquelle la courbe se rapproche de plus en plus de l’horizontale, il n’apparaît plus aucune perturbation.
- Il est donc probable que, lorsque la détente arrive à sa fin, il n’y a plus d’eau sur les parois. Ceci paraît assez plausible, car, si les phénomènes de vaporisation ont été les mêmes dans les moteurs dont les cylindres ont une enveloppe de vapeur et dans ceux dont les cylindres n’ont pas d’enveloppe, comme nous savons que, dans les premiers, il y a moins d’eau produite du fait des condensations internes et que, cependant, ces phénomènes paraissent plus importants que ceux observés dans les cylindres sans enveloppe, il est permis de penser que toute l’eau déposée sur les parois a été vaporisée pendant la détente et qu’il ne doit plus en rester sur ces parois quand l’échappement commence.
- Or, c’est là que gît toute l’économie de l’emploi des chemises et enveloppes de
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- vapeur (1). Car si, lorsque l’échappement commence, il n’y a pas d’eau sur les parois, il n’y aura plus aucune vaporisation produite à ce moment, quelle que soit la baisse de pression résultant de la mise en communication du cylindre avec le condenseur, et, par suite, il n’y aura pas soustraction de chaleur aux parois du cylindre, ni transport inutile de cette chaleur au condenseur, et la perte Rc devra être annulée.
- Le bénéfice de l’emploi des enveloppes de vapeur, en admettant que celles-ci soient complètes, pourrait donc se traduire comme suit :
- 1° La condensation partielle de la vapeur introduite dans le cylindre étant, dans une certaine mesure, diminuée par la condensation de la vapeur contenue dans l’enveloppe et dont on restitue l’eau à la chaudière, on bénéficie, en effectuant cette restitution, de toute la chaleur du liquide que celui-ci contient à la pression sous laquelle il a été formé.
- 2° L’eau produite par la condensation d’un certain poids de vapeur à l’admission de celle-ci dans le cylindre étant revaporisée entièrement pendant la détente, tout le travail que peut fournir cette eau à la pression à laquelle elle est revaporisée est utilisé par le moteur.
- 3° L’absence d’eau sur la paroi du cylindre au moment où l’échappement commence ayant pour conséquence qu’il ne peut plus y avoir, du fait d’une vaporisation quelconque, soustraction de chaleur à ces mêmes parois, leur température s’abaisse d’autant moins; et, pour les relever, il faut une moindre condensation de la vapeur contenue dans l’enveloppe que lorsque ce relèvement de température doit être obtenu par condensation de la vapeur admise au cylindre.
- Il résulte donc de ceci qu’il y a intérêt à faire usage des enveloppes de vapeur pour les cylindres des moteurs si on veut réaliser le fonctionnement le plus économique.
- Nous avons dit plus haut que l’action de l’enveloppe de vapeur devait d’autant mieux s’exercer que la détente est plus étendue, parce que, dans ce cas, la différence de température entre la vapeur qui se détend et celle qui est contenue dans l’enveloppe est notable.
- Cela peut se concevoir a priori, parce que, plus la différence des températures est grande, mieux se fait l’écoulement delà chaleur de la source la plus chaude vers celle qui l’est le moins, c’est-à-dire que mieux les parois cèdent la chaleur qu’elles contiennent et qui leur a été fournie par la vapeur de l’enveloppe.
- Lorsque la détente est réduite, il peut arriver, qu’entre les température et pression que possède la vapeur à la fin de la détente et celles que possède la vapeur contenue dans l’enveloppe, il n’y ait pas assez de différence pour provo-
- (l) Voie l’étude calorimétrique des machines à vapeur M. Dwelshauvers Déry. Tome IV. — 98e année. 5° série. — Mars 1899.
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- quer pendant la détente la vaporisation de l’eau déposée sur les parois à l’admission, et, dans ce cas, le rôle de l’enveloppe serait réduit à fournir de la chaleur à l’eau pour effectuer sa vaporisation au moment où l’échappement commence, c’est-à-dire que ce rôle serait nul et même nuisible au point de vue économique.
- Nous disons qu’il faut une certaine différence de température et aussi de pression entre la vapeur contenue dans le cylindre et celle de l’enveloppe. Une différence de température seule ne pourrait produire la vaporisation de l’eau déposée sur les parois, et il faut, pour que celle-ci puisse avoir lieu, qu’il y ait rupture d’équilibre entre la pression de la vapeur et la température de l’eau et des parois sur lesquelles celle-ci est déposée. Or, quand la détente est réduite, la pression de la vapeur à la fin de la détente ne diminue pas assez pour produire cette rupture d’équilibre, et, par suite, pour provoquer la vaporisation de l’eau déposée sur les parois. Celle-ci ne se vaporise que lorsque le tiroir ouvre à l’échappement, et les choses se passent alors comme s’il n’y avait pas d’enveloppe de vapeur au cylindre.
- Une différence assez notable des températures initiale et finale de la vapeur évoluant dans un cylindre étant, par cela même, reconnue nécessaire pour justifier l’emploi efficace d’une enveloppe de vapeur, il s’ensuit qu’il serait inutile de mettre une enveloppe de vapeur à certains moteurs.
- En effet, admettons que nous disposions d’un moteur à vapeur quelconque dans le cylindre duquel la vapeur serait admise pendant toute la course du piston et n’aurait pas de détente, si le cylindre de ce moteur était pourvu d’une enveloppe de vapeur, il est évident qu’elle serait inutile, sinon nuisible. La raison en est que la vapeur qui évoluerait dans le cylindre aurait, pendant toute son évolution, quoiqu’il se soit produit une condensation initiale à l’admission, la même température que celle de la vapeur contenue dans l’enveloppe, et que, par suite, il ne pourrait y avoir transmission de chaleur de l’une à l’autre par l’intermédiaire des parois.
- La vapeur de l’enveloppe n’aurait d’autre utilité, dans ce cas, que de vaporiser au début de l’échappement l’eau de condensation déposée sur les parois et qui ne serait pas vaporisée du fait de l’absence de détente. Elle ne servirait donc qu’à créer une dépense de chaleur, et serait encore nuisible par ce fait qu’elle augmenterait les pertes par rayonnement, un cylindre à enveloppe ayant plus de superficie qu’un cylindre sans enveloppe, sans compter les chances de fuite et autres inconvénients qui résultent de son emploi.
- De ce qui précède, on voit qu’il est inutile de munir d’une enveloppe de vapeur un cylindre dans lequel la vapeur ne subirait aucune détente ou même une détente trop faible pour provoquer la vaporisation de l’eau déposée sur les parois.
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- Ce que nous venons de dire pour les moteurs sans détente où à détente réduite s’applique aussi à ceux dans lesquels la vapeur est employée à de faibles pressions, puisque, par cela même, la différence des températures initiale et finale est faible et que la détente est réduite. Si l’enveloppe de vapeur présente des avantages d’autant plus marqués que la détente est plus étendue et les pressions ou les températures plus différentes entre les périodes d’admission et de détente, et que, pour les moteurs sans détente, ou à faible différence de température, comme c’est le cas des moteurs à faible détente ou à faible pression, elle ait au contraire des inconvénients, il y aura un point de partage pour des détentes et des pressions données où les avantages équilibreront les inconvénients et où le résultat économique sera le même qu’on fasse usage ou non d’une enveloppe de vapeur.
- Au delà de ce point de partage, qui dépend de diverses considérations et du système de moteur, il y aura avantage à faire usage de l’enveloppe de vapeur En deçà, il y aura désavantage, et l’usage de l’enveloppe de vapeur coûtera plus cher que sa suppression.- La conséquence de ce que nous venons de démontrer est que l’usage de l’enveloppe de vapeur est à recommander pour les machines à condensation, mais que, le plus souvent, pour les machines sans condensation, son emploi sera inutile, sinon onéreux.
- Cela explique pourquoi les enveloppes de vapeur ont eu des détracteurs et des partisans.
- Il est certain que l’application qui en a été faite ne l’a pas toujours été d’une façon rationnelle, et qu’il a dû y avoir parfois des mécomptes.
- Ce que nous avons dit des enveloppes de vapeur pour les moteurs à un cylindre peut aussi s’appliquer aux moteurs à plusieurs cylindres, et il peut arriver que, sur un moteur de ce genre, il y ait intérêt à munir un ou plusieurs cylindres d’une enveloppe de vapeur et à la supprimer sur le ou les autres cylindres. Cela dépend des rapports des cylindres entre eùx et des conditions dans lesquelles la vapeur évolue dans ces cylindres, selon qu’elle est admise avec ou sans détente dans les uns ou les autres et que cette détente est plus ou moins étendue.
- Lorsqu’on fait usage de l’enveloppe de vapeur pour les moteurs à plusieurs cylindres, la vapeur des enveloppes est, le plus souvent, à la pression et par suite à la même température que la vapeur admise au premier cylindre. Il s’ensuit donc que, pour le dernier cylindre, tout au moins, il y a un écart assez considérable entre la pression et la température de la vapeur de l’enveloppe et les pression et température de la vapeur qui évolue ou travaille dans le cylindre. Est-ce un avantage ou un inconvénient? Il semble, à première vue, que ce devrait être un avantage, puisque les parois seraient tenues ainsi à plus haute
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- température et que Ja condensation initiale à l’admission devrait être diminuée. Mais si on examine le fonctionnement de la vapeur dans le dernier cylindre d’un moteur de ce genre, on verra que, le plus souvent, il y a peu de différence relative entre les pressions et les températures de Ja vapeur admise depuis le moment où cette vapeur entre dans le cylindre et le moment où elle en sort, que, par suite, s’il se produit une condensation initiale peu importante de ce fait, il ne se produira pas de vaporisation pendant la détente, la chute de température ou de pression n’étant pas suffisante pour que cette vaporisation puisse avoir lieu, et que, d’après ce que nous avons vu ci-dessus, il ne serait pas bien sûr que, dans ce cas, l’enveloppe à haute température ne revînt pas plus cher en définitive à cause des pertes plus grandes par rayonnement que si on faisait usage d’une enveloppe contenant de la vapeur à la même température que celle qui va entrer dans le cylindre, ou même que s’il n’y avait pas du tout d’enveloppe, si on tient compte de ce. que nous savons : que l’enveloppe de vapeur quelle que soit son activité, ne peut suffire à faire disparaître entièrement la condensation initiale à l’introduction.
- Ce que nous disons là pourra paraître surprenant, mais nous devons ajouter que nous connaissons des exemples de moteurs à plusieurs cylindres ayant une enveloppe de vapeur commune ou à haute température, et que malgré cette disposition, dans certains cas où, par suite des nécessités, de la marche, la vapeur était admise au premier cylindre avec une faible introduction et subissait déjà, dans ce cylindre, une détente assez forte, elle entrait dans le deuxième cylindre sous forme de vapeur entièrement condensée, c’est-à-dire à l’état liquide, malgré l’énergie et l’importance de l’enveloppe, et ce phénomène a donné lieu à des accidents assez graves et assez fréquents pour que, dans l’un de ces moteurs, on ait pensé à supprimer un des cylindres.
- Pour améliorer le fonctionnement d’un moteur à vapeur, il ne suffit donc pas de munir le ouïes cylindres d’une enveloppe de vapeur, car il peut parfaitement arriver qu’on obtienne un résultat tout contraire à celui qu’on espérait en ajoutant une enveloppe de vapeur.
- L’expérience comparée seule peut indiquer ce qu’il convient de faire pour obtenir des moteurs à vapeur le meilleur fonctionnement, et il ne suffit pas, pour asseoir un jugement sur ce sujet, de se reporter à quelques essais isolés, insuffisants et pour indiquer la loi de l’influence de l’enveloppe de vapeur et pour fixer des chiffres pouvant servir de base pour ou contre l’emploi de ce moyen pour améliorer le fonctionnement des moteurs à vapeur.
- Nous avons vu plus haut que la chaleur que peut fournir la vapeur de l’enveloppe aux parois d’un cylindre nécessite, pour son transport à travers lesdites parois, un certain temps.
- Ce temps dépend de l’épaisseur des parois, de la différence de température
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- sur leurs deux faces interne et externe et aussi de la rapidité de marche des moteurs.
- On conçoit que, si un moteur a une allure de marche très lente, comme c’est le cas pour ceux employés dans les élévations d’eau, souffleries, la marine, etc., il pourra passer, pendant la durée d’un coup de piston et par unité de paroi, plus de chaleur que si la marche du moteur était accélérée, comme c’est le cas pour ceux actionnant directement des machines électriques, ventilateurs, pompes centrifuges, etc.
- On pourrait donc penser que, dans les moteurs à marche lente, l’action de l’enveloppe serait assez énergique pour effectuer la vaporisation de l’eau produite par condensation de la vapeur à son entrée dans le cylindre, et que cette condensation pourrait même ne plus exister.
- L’examen des diagrammes que nous avons donnés dans notre étude de 1897 montre qu’il n’en est rien. Quelle que soit la vitesse démarché des moteurs, il se produit toujours des condensations à l’admission, et l’enveloppe ne peut fournir de la chaleur assez rapidement et en assez grande quantité pour empêcher la condensation partielle d’un certain poids de vapeur à l’introduction. Son action se manifeste cependant en ce sens que les ondulations indiquant des vaporisations successives pendant la détente disparaissent partiellement quand la vitesse de marche des moteurs diminue et qu’il semble se produire une vaporisation continue.
- Il y aurait donc, selon que la marche des moteurs est lente ou accélérée, des différences dans le mode de cession de la chaleur des parois à la vapeur qui se détend dans le cylindre.
- Lorsque la vitesse de marche est lente, il y aurait d’abord une vaporisation instantanée correspondant à la première partie de la détente, c’est-à-dire à la période dans laquelle, à une faible course du piston, correspond une grande chute de pression. Ensuite, dans la période de la détente pendant laquelle le piston parcourt un très grand chemin pour une faible chute de pression, il se produirait une vaporisation continue, c’est-à-dire que les parois céderaient leur chaleur au fur et à mesure que le piston avance et que la pression diminue.
- Lorsque la vitesse de marche est accélérée, il y aurait au contraire, par suite de la rapidité de la chute de pression pendant la détente, défaut d’équilibre physique instantané entre les parois et la vapeur contenue dans le cylindre, et les premières céderaient leur chaleur par à-coup, et seulement lorsque la pression et par suite la température de la vapeur qui se détend serait descendue notablement au-dessous de la température que posséderaient les parois.
- Il y a lieu de remarquer que la transmission de la chaleur par les parois peut être influencée de ce fait que la vapeur de l’enveloppe qui lui cède sa chaleur ne peut le faire que par condensation. Or, par suite de cette condensation même, il
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- se dépose sur la face externe des parois, c’est-à-dire à l’intérieur de l’enveloppe, une couche d'eau plus ou moins épaisse qui, tant qu’elle n’est pas écoulée, peut s’opposer à la transmission de la chaleur entre la vapeur restant dans l’enveloppe et les parois de ladite enveloppe.
- Si la vitesse de marche des moteurs est très lente, et que cela soit favorable au point de vue de la transmission de chaleur provenant de l’enveloppe, c’est aussi une circonstance favorable aux refroidissements divers qui peuvent se produire au détriment du moteur. Il est donc très probable que, si les parois ont, dans ce genre de moteurs, le temps d’absorber de la chaleur pendant diverses phases de leur fonctionnement, elles ont aussi le temps, pendant les autres phases, de céder leur chaleur et d’être refroidies plus complètement que lorsque la vitesse de marche est accélérée.
- Quoi qu'il en soit, on reconnaît, d’après cet énoncé même, que les moteurs à marche lente devront être le plus souvent munis d’une enveloppe de vapeur, parce que, dans le cas où ils n’en auraient pas, les actions réfrigérantes des parois seraient telles que la consommation de vapeur en serait affectée.
- Lorsque les moteurs à vapeur ont une vitesse de marche accélérée, c’est-à-dire lorsque les coups de piston sont très nombreux dans un temps donné, les parois du cylindre ne peuvent suivre complètement les différentes variations de température de la vapeur qui évolue dans le cylindre, à cause de la résistance à l’écoulement de la chaleur que ces parois présentent en raison de leur constitution et de leur épaisseur.
- Il en résulte que les parois prennent une température pour ainsi dire intermédiaire, présentant des oscillations calorifiques très faibles dans leur épaisseur propre, quoique leur surface en contact avec la vapeur évoluant dans le cylindre cède de la chaleur à l’eau déposée sur elle pour satisfaire aux vaporisations qui se produisent en cours de détente.
- On conçoit que, si on compare ensemble deux moteurs de même force, dont l’un donnerait 60 coups de piston par minute, par exemple, et l’autre 300 coups dans le même temps, c’est-à-dire 3 coups de piston pendant que le premier en donnerait 1 seulement, les parois du cylindre du deuxième moteur devront éprouver des différences de température extrêmes bien plus faibles que celles du cylindre du premier, d’abord parce que les différentes phases de l’évolution de la vapeur dans le cylindre de ce deuxième moteur auront moins de durée, et par conséquent que le contact de la vapeur avec les parois sera moins prolongé ; ensuite parce que, par suite de l’épaisseur des parois et de la résistance qu’elles présentent à l’écoulement de la chaleur, celle-ci n’aura pas le temps de les traverser pendant la durée d’un coup de piston, et aussi parce que, pendant la période d’échappement très courte, la vapeur de l’enveloppe ne pourra fournir
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- aux parois du cylindre du moteur à marche rapide autant de chaleur qu’aux parois du cylindre du moteur à marche lente; et, si on remarque que,dans le cas où le cylindre n’a pas d’enveloppe, c’est la vapeur introduite dans le cylindre qui fournit de la chaleur aux parois, puis que celles-ci lui restituent ensuite ladite chaleur pendant la détente, c’est-à-dire que les parois devront absorber et rendre de la chaleur dans un temps très court, ce qu’elles ne peuvent faire complètement ou que d’une façon tout à fait superficielle à cause de la rapidité de marche, on en conclura que, pour les moteurs à vapeur à marche rapide, l’enveloppe de vapeur a moins d’utilité que pour ceux à marche lente et pourra souvent être supprimée sans nuire au fonctionnement du moteur, puisque, par ce fait que la température des parois oscillera faiblement autour d’une température moyenne, les condensations à l’admission et les vaporisations pendant la détente devront être plus réduites dans ces moteurs que dans ceux à marche lente.
- Nous savons d’ailleurs que, si ces condensations initiales n’existaient pas, il n’y aurait pas lieu de faire usage des enveloppes de vapeur, lesquelles n’ont pour but que de les empêcher de se produire dans les cylindres, au moins dans une certaine mesure, en les reportant dans les enveloppes, où ces condensations se font sous pression constante et dans de meilleures conditions économiques.
- Lorsque les condensations initiales sont réduites par une cause quelconque, on peut encore, dans nombre de cas, supprimer sans inconvénient l’enveloppe de vapeur, puisque le principal rôle de celle-ci, qui est de fournir de la chaleur pour empêcher ces condensations, ou tout au moins pour produire les vaporisations en cours de détente, disparaît.
- Le développement de l’électricité, depuis quelques années, a permis, par les exigences de marche imposées aux moteurs à vapeur, de se rendre compte plus complètement des divers phénomènes sur lesquels déjà nous avons attiré l’atten-ttion du lecteur (1).
- Nous donnons ci-dessous plusieurs diagrammes relevés sur des moteurs divers, recevant la vapeur à la même pression, et actionnant des dynamos génératrices pour tramways. Ces moteurs fournissent, par suite de leur destination même, un travail très variable, car on peut dire que, dans un temps donné, il n’y a pas deux coups de piston successifs semblables.
- Le premier de ces diagrammes a été relevé sur les machines motrices des tramways électriques d’une ville du Nord.
- Ces machines sont à quatre distributeurs du genre Corliss, sans déclenchement, la variation de l’admission étant opérée par la variation de course des tiroirs d’admission, menés par un excentrique sous la dépendance d’un régulateur, ce qui produit un étranglement de la vapeur à l’admission.
- (1) Voir les Bulletins de la Société d’Encouragement, janvier et février 1897.
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- Ces machines sont à enveloppe partielle de vapeur, c’est-à-dire que les couvercles des cylindres ne sont pas chauffés.
- Leur vitesse de marche est de 160 tours par minute, soit 320 coups de piston dans le même temps.
- A l’inspection des courbes qui forment le diagramme, on reconnaît qu’il y a
- une dépression à l’admission causée par l’étranglement des tiroirs, puis que, après que la détente a commencé, il y a une vaporisation dont la loi ascendante varie avec celle des admissions. La détente se continue ensuite sans qu’aucune autre vaporisation nouvelle se fasse remarquer sur les courbes de ce diagramme.
- Fig. 2.
- Le deuxième diagramme a été relevé sur les machines d’un tramway des environs de Caris.
- Ces machines sont à quatre distributeurs du système Corliss, à déclenchement des tiroirs d’admission.
- Leur vitesse de marche est de 90 tours par minute, soit 180 coups de piston dans le même temps.
- Les cylindres sont à enveloppe partielle de vapeur, c’est-à-dire que les couvercles de ces cylindres ne sont pas chauffés.
- Les courbes qui composent ce diagramme indiquent que, peu après que l’admission a cessé et que la détente a commencé, il se fait une première vaporisation suivie de plusieurs autres, dont la loi de formation et de variation apparaît nettement. Plus l’admission est importante, et plus le point du diagramme
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- où commencent les vaporisations internes est élevé; c’est-à-dire que, lorsque l’admission augmente, les vaporisations internes se font à pression et à température plus élevées (1).
- Les troisième et quatrième diagrammes ont été relevés récemment sur des machines du tramway de Cannes.
- Fig. 3.
- Ces machines sont à quatre distributeurs du système Corliss Weyher, avec tiroirs d’admission à déclenchement spécial.
- Leur vitesse de marche est de 110 tours par minute, soit 220 coups de piston pendant le même temps.
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- Les cylindres sont à enveloppe complète de vapeur, c’est-à-dire que les couvercles des cylindres sont chauffés.
- L’examen des courbes fait voir qu’il se produit plusieurs vaporisations successives après que l’admission a été fermée et que la détente a commencé.
- (1) Voir notre étude de 1897 pour l’explication de ce phénomène.
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- Ces vaporisations sont d’une régularité remarquable et varient selon la durée de l’admission, suivant une loi qu’on reconnaît fort bien, et qui est de beaucoup plus nette que dans le diagramme de l’exemple précédent, ce qui démontre bien l’inlluence et l’action de l’enveloppe de vapeur.
- De ces diagrammes, il ressort que :
- Pour la première machine, il y a de l’eau produite à l’admission de la vapeur par condensation sur les parois. Ensuite, pendant la détente, il ne se produit qu’une seule vaporisation indiquant qu’il y a peu de chaleur soustraite aux parois du cylindre, ce qui est probablement dû à la grande vitesse de marche de ce moteur, et peut-être aussi à ce que, l’admission ayant lieu par étranglement, les conditions de fonctionnement ne sont pas les mêmes (1).
- Pour la deuxième machine, l’examen de la courbe fait voir qu’il y a une forte proportion d’eau condensée à l’admission, donnant lieu à des revaporisations importantes et successives pendant la détente, et qui doivent enlever aux parois une grande quantité de chaleur, ce qui explique d’ailleurs l’importance de la condensation initiale.
- Pour la troisième machine, l’examen des diagrammes révèle que, malgré le chauffage des fonds constituant une enveloppe de vapeur complète, il se produit encore une condensation, quoique de moindre importance que dans la deuxième machine, puis, pendant la détente, il se produit des vaporisations successives qui semblent augmenter à mesure que la détente augmente elle-même, et il est présumable que, lorsque la détente est complète il ne reste plus d’eau dans le cylindre, ce qui expliquerait que la condensation initiale est moins importante ici que pour les moteurs à enveloppe de vapeur incomplète.
- Nous pensons avoir bien démontré l’influence de l’enveloppe de vapeur sur les parois des cylindres, et, par suite, l’avantage que peut procurer son emploi judicieux pour les moteurs à vapeur.
- Cependant, et ainsi que nous l’avons dit plus haut, cet avantage n’existe pas toujours, et il ne suffit pas de mettre une enveloppe de vapeur an cylindre d’un moteur pour améliorer sa consommation.
- Le manque d’expériences ne nous a pas permis de formuler des chiffres; mais, au point de vue où nous nous sommes placé, cela n’a pas un très grand intérêt, parce que la théorie de l’enveloppe de vapeur n’est pas générale ; c’est-à-dire que, si on compare deux moteurs de même force mais de systèmes différents, ou même ayant un fonctionnement différent, il peut très bien se faire que l’enveloppe de vapeur procure des avantages appliquée à l’un d’eux et n’en procure pas étant appliquée à l’autre.
- (i) Voir notre étude du fonctionnement des moteurs à vapeur à un cylindre (Bulletins de janvier et février 1897).
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- Ce que nous avons voulu faire ici, c’est attirer l’attention des ingénieurs sur ce sujet important, en leur indiquant les-points généraux qui peuvent décider en faveur ou non de l'enveloppe de vapeur. Il est un autre point sur lequel nous attirons encore leur attention : c’est l’importance de l’action des parois, qui démontre quel intérêt il y a à diminuer la superficie de celles-ci le plus possible si on veut réduire les condensations initiales et par suite la consommation des moteurs à vapeur.
- Nous savons que, s’il se produit des condensations lorsqu’on admet de la vapeur dans le cylindre d’un moteur à détente et à condensation ou non, cela tient à la constitution même de ce cylindre, c’est-à-dire au métal avec lequel il est construit, lequel métal ne peut augmenter ni diminuer de température sans absorber ou restituer de la chaleur.
- On a donc pensé que, s’il était possible de construire des cylindres avec une autre matière, ayant une très faible capacité calorifique, ou tout au moins que si on garnissait les parois des cylindres métalliques de revêtements constitués par ces matières, il n’y aurait plus de condensations à l’admission, par conséquent plus d’eau dans les cylindres, et que les pertes de chaleur provenant des vaporisations pendant la détente ou l’échappement seraient réduites ou n’existeraient plus.
- Evidemment, si ceci pouvait être réalisé, ce serait un grand progrès. Ce serait aussi la suppression des enveloppes de vapeur, puisque nous avons vu que l’utilité de celles-ci était de diminuer l’importance des échanges de chaleur entre la vapeur évoluant dans un cylindre et les parois de ce même cylindre.
- Des essais ont été faits dans cette voie, il y a déjà longtemps, par divers ingénieurs.
- Récemment de nouveaux essais ont été faits et ont été décrits dans la Revue de Mécanique, année 1898.
- Nous doutons, après réflexion, que ces tentatives puissent donner des résultats bien probants, et nous allons dire pourquoi.
- Lorsqu’on ouvre le cylindre d’un moteur à vapeur quelconque, qui vient de fournir une marche industrielle, on trouve toujours les parois, même celles qui subissent le frottement du piston, recouvertes d’une couche de matière lubrifiante.
- Ces matières grasses, le plus souvent d’origine minérale, en recouvrant les parois sur toutes leurs parties, soustraient celles-ci au contact immédiat de la vapeur qui évolue dans le cylindre.
- Il résulte de cette observation que, si des échanges de chaleur peuvent se produire entre la vapeur contenue dans tun cylindre et les parois de ce même cylindre, ce ne peut être que par l’intermédiaire de cette couche de matière
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- grasse, qui a quelquefois une épaisseur relativement importante, et qui, elle-même, doit varier de température avec les parois ou la vapeur admise; peut-être même cette couche intervient-elle en s’opposant à la rapidité de l’action de l’enveloppe de vapeur.
- En outre, dans certains moteurs qui sont alimentés avec de la vapeur provenant d’eaux très calcaires ou argileuses, on peut observer qu’il se fait, sur les parois des cylindres sur lesquelles le frottement du piston ne s’exerce pas, un dépôt parfois très épais (1), composé de matière grasse et de calcaire ou d’argile, et isolant complètement les parois du contact direct de la vapeur.
- La présence de ces dépôts doit avoir pour premier effet de retarder la transmission de la chaleur entre la vapeur contenue dans l’enveloppe et celle contenue dans le cylindre.
- Ces dépôts devraient aussi jouer par rapport aux parois, au moins ceux calcaires et argileux, le même rôle que les enduits internes dont on veut garnir les cylindres des moteurs à vapeur.
- Il ne semble pas cependant que le fonctionnement des moteurs à vapeur soit modifié notablement par la présence de ces dépôts, qui, dès qu’ils sont formés, devraient trahir leur présence par une économie considérable de la dépense de vapeur.
- S’il n’en est pas ainsi, on doit conclure qu’il est inutile de vouloir garnir intérieurement les cylindres des moteurs à vapeur d’enduits à faible capacité calorifique.
- D’ailleurs, quels que soient les enduits employés, ils seront toujours recouverts d’une couche de matière grasse, et cette couche devra varier de température, tout comme la vapeur avec laquelle elle sera en contact. Or, si nous remarquons que, dans les cylindres à vapeur actuels, il suffît, pour produire des condensations ou des vaporisations importantes de la vapeur et de l’eau qu’ils contiennent, que le métal des parois change de température sur une très faible épaisseur, on pourra en déduire que les changements de température de la couche de matière grasse qui recouvrira des parois même inertes à l’action de la chaleur sera suffisante pour provoquer des condensations ou des vaporisations de la vapeur et de l’eau de condensation avec lesquelles cette couche de matière grasse sera en contact direct.
- Il faut aussi remarquer que, même si les enduits dont seraient revêtues les parois des cylindres métalliques étaient insensibles à l’action de la chaleur et ne transmettaient pas celle-ci de l’une à leur autre face, il n’en faudrait pas moins que la face en contact direct avec la vapeur, qu’elle soit couverte ou non
- (t) Nous avons vu un moteur dans lequel il n’y avait plus de jeu entre le piston et les couvercles des cylindres par suite de l’importance du dépôt qui s’était formé en marche sur les parois de ces organes.
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- d’huile de graissage, prenne, sur une épaisseur si faible soit-elle, la température de cette vapeur et, par conséquent, qu’elle chauge de. température en même temps que celle-ci.
- Il y aurait donc, de ce fait, condensation puis vaporisation de la vapeur en contact, suivant qu’il y aura élévation de température puis ensuite refroidissement de la paroi, et les mêmes phénomènes que.ceux que nous avons signalés se reproduiraient malgré la présence des enduits réfractaires à la chaleur.
- Nous ne pensons pas qu’on puisse améliorer le fonctionnement des moteurs à vapeur en s’engageant dans cette voie, et il faut remarquer que la conséquence de l’emploi de ces moyens, s’ils étaient reconnus utiles, aurait pour effet de modifier la construction des moteurs à vapeur, en ce sens qu’il y aurait intérêt à diminuer les surfaces qui ne pourraient être enduites, c’est-à-dire celles qui sont soumises au frottement des pistons. Il faudrait donc diminuer le plus possible les courses des pistons et augmenter le diamètre de ceux-ci, ce qui pourrait conduire à d’autres mauvaises conditions sous Je rapport de la marche économique, de sorte, qu’en fin de compte, le résultat obtenu serait négatif à notre avis.
- En examinant les diagrammes des moteurs à vapeur, tant ceux que nous avons donnés dans notre étude de 1897 que ceux que nous donnons ici, nous avons reconnu, et nous pensons que cela ne doit faire doute pour personne, qu’il se produisait des vaporisations au cours de la détente, se traduisant par des ondulations des courbes obtenues, lesquelles ondulations ne peuvent plus être mises sur le compte d’un mauvais fonctionnement des indicateurs.
- Ces ondulations varient selon les admissions et suivant les lois probablement variables avec les divers systèmes des moteurs.
- Il y a cependant une lacune dans l’observation des diagrammes, c’est que ceux-ci n’indiquent pas comment se font les condensations.
- Nous avons admis, dans nos études, qu'un certain poids de vapeur se condensait à l’admission sur les parois du cylindre, c’est-à-dire sur les fonds du cylindre et du piston (1), et que l’eau produite par la condensation se revaporisait ensuite et en plusieurs fois pendant l’opération de la détente.
- Il se pourrait cependant que les choses ne se passent pas uniquement de cette façon, parce que nous n’avons pas tenu compte de l’action des parois découvertes successivement pendant le mouvement du piston, et que les phénomènes soient modifiés de ce fait.
- Si nous observons à nouveau les diagrammes, nous voyons que, lorsque le piston a parcouru un petit chemin, après que la détente a commencé, il se produit une première vaporisation.
- (J) Voir notre étude du fonctionnement des moteurs à vapeur à un cylindre. Bulletin delà Société de janvier et février 1897.
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- La portion de paroi circulaire découverte à ce point, c’est-à-dire depuis le moment où l’admission a cessé, n’est pas assez grande pour avoir pu provoquer une condensation suivie d’une vaporisation aussi importante. D’autre part, le travail de détente qui a été produit est lui-meme trop faible pour qu’il se soit condensé un poids de vapeur aussi considérable du fait seul de ce travail. Nous devons donc en conclure que, s’il s’est produit à ce point de la détente une vaporisation importante, c’est que, pendant l’admission de la vapeur dans le cylindre, il y a eu une condensation notable de celle-ci, et qu’elle est restée à l’état liquide sur les parois du couvercle et du piston.
- Le piston, continuant sa course, découvre de nouvelles parties de la paroi circulaire dans laquelle il se meut pendant que continue le travail de détente. Les parties ainsi découvertes, d’abord avec une vitesse qui s’accélère au fur et à mesure que le piston arrive vers le milieu de sa course, puis ensuite avec une vitesse décroissante lorsqu’il arrive vers l’extrémité du cylindre, ont probablement une température d’autant plus élevée qu’elles sont plus près de l’extrémité de la course du piston, puisque ce sont celles qui ont été le plus longtemps en communication avec l’échappement, et que l’écoulement de la chaleur, c’est-à-dire l’action de l’enveloppe, a dû être plus énergique en ces points que sur les parties des parois situées vers le milieu de la longueur du cylindre; et on peut déduire de ceci que les condensations qui se produisent sur les parois internes des cylindres à vapeur doivent diminuer à mesure que la pression baisse et que le piston avance, d’abord parce que ces parties de parois sont de plus en plus chaudes, ensuite parce que, plus on approche de la fin de la détente, plus la température de la vapeur qui se détend se rapproche de celle des parois internes qui peuvent même posséder une température plus élevée que celle de la vapeur selon le plus ou moins d’étendue de la détente de celle-ci.
- Au fur et à mesure de l’avancement du piston, il se produit des vaporisations qui succèdent à la première et qui, ensuite, disparaissent malgré que nous venions de voir que l’énergie de l’enveloppe doit d’autant mieux se faire sentir que le piston approche de la fin de sa course.
- Deux hypothèses se présentent pour expliquer ce phénomène.
- La première c’est que, vers la fin de la détente, il n’y a plus d’eau sur les parois du cylindre, celle-ci ayant été entièrement vaporisée pendant la première partie de la course du piston, où la chute de température est considérable, et que la différence de température existant entre le point où s’accomplit la dernière vaporisation et celui où se termine la courbe de détente n’est pas assez grande pour produire la vaporisation de l’eau qui se dépose par condensation sur les parties de paroi découvertes successivement, cette condensation étant produite soit par le contact de la vapeur avec la paroi découverte, soit par le travail de détente de la vapeur.
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- La deuxième c’est que, malgré la grande vitesse du piston vers et après le milieu de sa course, il se produirait une vaporisation constante de l’eau au fur et à mesure que celle-ci se formerait, et la courbe du diagramme serait continue au lieu de présenter des ondulations.
- Ces deux hypothèses sont plausibles et peuvent s’admettre Lune et l’autre, si on observe, qu’à la fin de la détente, le poids de vapeur présent dans le cylindre est toujours, d’après les diagrammes, supérieur au poids de vapeur admis à pleine pression, d’où on conclut qu’il y a eu vaporisation pendant la détente.
- Mais, d’après ce que nous avons vu plus haut, pour les moteurs dont les cylindres n’ont pas d’enveloppe de vapeur, les choses devraient se passer tout différemment. En effet, quand le piston se meut et découvre des parties de paroi de plus en plus froides relativement, par suite même de l’absence de l’enveloppe de vapeur, ainsi que nous l’avons expliqué, et sur lesquelles il ne peut évidemment que se produire des condensations non suivies de vaporisations, car la faible différence de température et de pression entre les divers points successifs de la détente ne permet pas aux phénomènes que nous avons décrits de se produire, et toute l’eau ainsi déposée sur les parois ne se vaporise qu’au moment où le tiroir ouvre à l’échappement, parce qu’alors là il y a une grande différence de pression et de température entre la vapeur à la fin de sa détente et le condenseur, ou mieux entre l’eau déposée sur les parois et le condenseur. C’est donc à ce moment que les parois agissent en fournissant de la chaleur pour l’accomplissement du phénomène que nous venons d’indiquer, et cette chaleur est perdue pour le moteur.
- Malgré ce fonctionnement, qui incite à penser que la courbe de détente doit descendre plus rapidement que celle des moteurs à enveloppe de vapeur, on reconnaît, en examinant les diagrammes relevés sur des moteurs sans enveloppe de vapeur, que, à la fin de la détente, les courbes indiquent un poids de vapeur plus élevé que celui introduit à l’admission (1). Ainsi, malgré les conditions de fonctionnement, qui semblent contraires à l’économie du moteur à vapeur, les diagrammes du moteur à cylindre sans enveloppe de vapeur ne différeraient pas sensiblement de ceux des moteurs à cylindres avec enveloppe de vapeur.
- Cette augmentation du poids de vapeur présent à la fin de la détente pro_ vient évidemment de la vaporisation active qui a eu lieu au commencement de celle-ci, et démontre que, si l’action des parois est importante lorsque les températures et les pressions de la vapeur varient beaucoup, elle est pour ainsi dire nulle lorsque ces températures et ces pressions diffèrent peu entre elles, puisqu’elle ne se fait plus sentir vers la fin de la détente, que le cylindre soit ou non muni d’une enveloppe de vapeur.
- (1) Voir les diagrammes numéros 16 et 17 de notre étude de 1897 et qui ont été relevés sur un moteur à cylindre sans enveloppe de vapeur.
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- De ce qui précède, nous pouvons encore conclure que l’emploi de l’enveloppe de vapeur est à recommander pour les moteurs à vapeur à grande détente, mais qu’elle ne semble pas utile pour les moteurs à vapeur à faible détente.
- C’est pour cette raison que les parties de paroi qui doivent le plus influer sur le fonctionnement des moteurs à vapeur et qui, par conséquent, doivent être munies d’une enveloppe, sont celles qui reçoivent la vapeur à haute pression, c’est-à-dire celles qui constituent les faces des couvercles des cylindres à vapeur (1), tandis que les autres parties, constituées par la paroi de forme circulaire dans laquelle se meut le piston, ont moins d’influence sur le fonctionnement du moteur et pourront souvent sans grand désavantage ne pas être munies d’une enveloppe de vapeur.
- Nous appelons sur ce point l’attention des ingénieurs qui s’occupent de moteurs à vapeur, car ce sont là choses qui ne peuvent être résolues que par l’expérience. Il faut, pour être éclairé sur une question de ce genre, de nombreuses observations comparatives, qui jusqu’à présent font défaut, et ce n’est que lorsqu’on les possédera qu’on pourra connaître avec certitude dans quelles conditions il est réellement avantageux de faire usage de l’enveloppe de vapeur.
- (1) Nous n’avons pas parlé, dans notre étude, du chauffage des pistons à vapeur, dont les parois jouent le même rôle que les couvercles des cylindres au point de vue des condensations et vaporisations internes, ni du chauffage des tiges de piston.
- Il est évident, après ce que nous avons exposé plus haut, qu’il y aurait à chauffer ces organes le même intérêt qu’à chauffer les couvercles des cylindres.
- Ceci a déjà été essayé, mais, en pratique, ce chauffage donne lieu à de telles difficultés qu’il n’est pas bien sûr, en fin de compte, que l’avantage économique qu’on cherche ainsi à réaliser soit obtenu, et c’est pourquoi nous l’avons passé sous silence.
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- UNIFICATION DES FILETAGES
- CONGRÈS INTERNATIONAL DE ZURICH SYSTÈME INTERNATIONAL DE FILETAGES, A BASE MÉTRIQUE, POUR LES VIS MÉCANIQUES,
- par M. E. Sauvage, membre du Conseil.
- Le Bulletin de la Société d’Encouragement a déjà rendu compte des efforts de Y Union des Industriels mécaniciens suisses en vue d’une unification internationale des filetages pour les vis mécaniques, et des décisions du Congrès international, tenu à Zurich les 3 et 4 octobre 1898, pour établir les bases de cette unification (1). Il reproduit aujourd’hui les documents relatifs à ce travail, qu’il n’a pas encore publiés.
- Dès 1893, un des membres de YUnion suisse, M. R. Landolt, avait rédigé un rapport sur le projet de filetages pour les vis mécaniques, présenté par la Société d’Encouragement. Ce rapport a été analysé dans la première conférence, instituée par l’Union des Industriels mécaniciens suisses (2), tenue à Zurich le 2 mars 1897 (Document n° 1). Le compte rendu en a été publié dans le Bulletin de la Société, 1897, p. 849. Cette conférence avait réuni des représentants des principales associations techniques et des chemins de fer suisses.
- 'Dans cette première conférence, l’Union suisse avait joint à l’étude des filetages celle des jauges pour les fils. Mais, plus tard, la question de ces jauges fut abandonnée.
- Une seconde conférence a été tenue à Zurich, le 20 novembre 1897; à cette conférence, ont pris part des représentants de la Société d’Encouragement et de l’Union des ingénieurs allemands. Le procès-verbal en a été publié dans le Bulletin de 1898, p. 203 (Document n° 2). Cette conférence a décidé qu’un congrès international serait convoqué à Zurich en 1898, afin d’étudier l’établissement d'un système de filetages à base métrique pour les vis mécaniques; elle a précisé
- (1) Bulletin, années 1897, p. 8i9, et 1898, p. 203 et 1269.
- (2) Le titre de cette Société, Verein schweizerischer Maschincn-lndustrieller, a été diversement traduit en français; on a notamment employé la désignation Association suisse des Ingénieurs mécaniciens.
- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Mars 1899.
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- autant que possible les questions qui seraient posées à ce congrès international.
- Dans une réunion tenue à Zurich, le 29 janvier 1898, les ingénieurs suisses ont discuté l’organisation de ce congrès. Le Document n° 3 donne le compte rendu de cette réunion.
- Le Comité d’organisation, nommé dans cette réunion, a rédigé des propositions pour l’unification des filetages, publiées en allemand et en français, dans le courant d’avril 1898 (Document n° 4).
- Ces propositions furent complétées par un tableau d’ouvertures de clefs, établi peu avant la réunion du Congrès (Document n° 5).
- Le Congrès international s’est réuni à Zurich les 3 et 4 octobre 1898. Un mémoire de M. Th. Springmann, des grands établissements de boulonnerie Funcke et Hueck, à liagen en Westphalie, fut distribué aux membres du Congrès, M. Springmann s’y déclare partisan du système français. Le Document n° 6 en est la traduction.
- Le Document n° 7 est le procès-verbal des séances du Congrès, et le Document n° 8 donne les règles du système international de filetages, rédigées suivant les décisions du Congrès prises à l’unanimité de ses membres (1).
- Ainsi que nous l’avons déjà fait remarquer dans le Bulletin de la Société (1898, p. 1271), le nouveau système international ne diffère du système français que par les pas des vis de 8 et 9, 12 et 13 millimètres, qui sont respectivement de 1,25 mm. et 1,75 mm. au lieu de 1 et 1,5 mm., et par l’emploi, dans la série normale, des diamètres impairs 27, 33, 39, 45, dont l’usage n’était pas recommandé dans le système français. On voit que ces modifications sont peu importantes; il sera donc facile aux nombreux constructeurs qui ont adopté le système français d’y substituer le système international. Les grandes compagnies des chemins de fer français qui faisaient usage du système français ont décidé qu’elles le remplaceraient à l’avenir par le système international. Il est probable qu’il se répandra rapidement en France, il faut espérer qu’il en sera de même dans les autres pays faisant usage de mesures métriques. Le système international a l’avantage d’offrir une série très bien graduée de diamètres normaux pouvant suffire à presque tous les besoins de la construction, de sorte que l’emploi des diamètres intercalaires ne sera nécessaire que par exception, dans les constructions neuves.
- Nous terminons cette note par une bibliographie relative aux filetages, établie d’après celle qu’a donnée la Zeitschrift des Vereine s dents cher Ingénieur e, dans son numéro du 3 décembre 1898 (p. 1370).
- (1) Les résolutions du Congrès ont déjà été publiées dans le Bulletin de la Société, en octobre 1898, p. 1269. La rédaction donnée à cette époque diffère légèrement de la rédaction définitive.
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- DOCUMENTS
- RELATIFS
- a l’établissement du système international de filetages
- Document n° 1
- Conférence de l'Union des Industriels mécaniciens suisses, à Zurich, le 2 mars 1897. î (Voir Bulletin de la Société (l'Encouragement, année 1897, p. 849.)
- Document n° 2
- Procès-verbal de la séance du Comité d’action suisse pour l’unification des filetages et des jauges, tenue à Zurich le 20 novembre 1897.
- (Voir Bulletin de la Société d’Encouragement, 1898, p. 203.)
- Document n° 3
- Procès-verbal de la Conférence pour l’unification des filetages et des jauges, tenue à Zurich le 29 janvier 1898.
- Étaient présents à la Conférence les délégués dont les noms suivent :
- Pour l’Association des Chemins de fer suisses, M. H. Dietler, directeur du chemin de fer du Gothard;
- Pour l’Association des lignes secondaires de la Suisse, M. P. Schenker, ingénieur;
- Pour l’Association des Ingénieurs et Architectes suisses, M. W. Weissenbach, ingénieur;
- Pour la Société des Anciens Élèves de l’École polytechnique de Zurich, M. A. Sto-dola, professeur à l’École polytechnique fédérale;
- Pour l’Union suisse électrotechnique, M. R. Falkner, ingénieur;
- Pour l’Union des Industriels mécaniciens suisses, M. le colonel P. E. Huber, président de l’Union, M. A. Jegher, secrétaire, et M. Cari Sulzer, ingénieur.
- Assistaient en outre à la conférence : M. Htirlimann, ingénieur de la fabrique Reishauer,
- Et M. l’i nspecteur A. Bertschinger, qui avait déjà été chargé par le Département des ch emins de fer du compte rendu de la première conférence.
- S’étaient excusés : M. l’ingénieur en chef R. Weyermann, M. l’ingénieur Brown, M. le professeur L. Tetmajer et M. le professeur R. Escher.
- M. le colonel P. E. Huber, président du Comité d’action institué par la Conférence du 2 mars 1897, préside la Conférence.
- Le procès-verbal de la séance du Comité d’action du 20 novembre 1897 a été remis à tous les membres de la Conférence. Le retard survenu dans cette distribution doit être attribué à la nécessité de s’assurer, avant la publication du procès-verbal, l’assentiment de ceux qui ont pris part à cette intéressante consultation. Le procès-verbal
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- sera suivi du dessin, qui y est mentionné, représentant le filetage normal proposé à base métrique, et d’une échelle que M. le directeur Peters s’est chargé d’établir.
- Le président rend compte des correspondances et des démarches personnelles faites du 2 mars au 20 novembre 1897, pour se tenir en rapport avec les associations et les personnalités françaises et allemandes dont le concours est le plus nécessaire; il conclut que le résultat provisoire auquel on est parvenu peut être regardé comme très satisfaisant. Même dans les questions de détail, pour lesquelles il y a lieu d’espérer une solution relativement plus facile, nous paraissons être arrivés assez près du but. Des relations entretenues depuis le 20 novembre avec M. le directeur Peters, permettent de penser que la discussion des questions au Comité de l’Union des Ingénieurs allemands aura lieu d’une manière aussi favorable.
- D’après les réponses des associations auxquelles le Comité d’action a décidé de s’adresser, il semble même que l’on pourrait renoncer à convoquer le Congrès international prévu si l’on arrivait à s’entendre complètement par correspondance.
- M. Cari Sulzer se déclare très satisfait des résultats obtenus jusqu’ici par le Comité d’action; il adhère sans réserve à la proposition du Comité d’action, d’après laquelle, au lieu d’opposer le système normal de filetage à base métrique aux systèmes basés sur les mesures anglaises, on en recommanderait seulement l’emploi à côté des systèmes WhiUvorth et Sellers.
- Tous les autres assistants déclarent également se rallier aux décisions du Comité d’action.
- En discutant la liste des associations qu’il convenait d’inviter à donner leur avis et, s'il y a lieu, à envoyer des délégués au Congrès international, le président donne l’explication suivante : « C’est pour des motifs pratiques, pour permettre de traiter la question en toute liberté et au point de vue purement technique et spécial de l’industrie mécanique, qu’on a décidé en principe de convoquer au Congrès les administrations compétentes et les compagnies des chemins de fer. On s’est d’autant plus empressé de prendre cette décision que M. l’ingénieur en chef Weyermann a émis l’opinion qu’au point de vue spécial des administrations de chemins de fer, la question était d’un intérêt relativement secondaire, et qu’on pourrait la traiter d’une manière plus scientifique à la prochaine conférence internationale pour l’unité technique des chemins de fer. Le Comité d’action a senti qu’il ne pourrait qu’être agréable aux compagnies de chemins de fer de voir ces travaux préparatoires aboutir à une proposition en rapport avec leurs besoins; il faut reconnaître le mérite du Département des chemins de fer, qui a remis la question à l’ordre du jour de la prochaine conférence internationale des chemins de fer, et qui a ainsi provoqué les travaux actuels. »
- M. le directeur Dietler, sur la motion de M. l’inspecteur Bertschinger, propose d’inviter aussi l’Union des Chemins de fer allemands et l’Union pour l’Industrie des Chemins de fer à Berlin. On approuve cette proposition. Si cette invitation est acceptée, on demandera à la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale de convoquer également des représentants des associations françaises qui représentent les chemins de fer.
- Le texte de la circulaire à adresser aux associations énumérées dans le procès-verbal du 20 novembre 1897 est arrêté comme suit. (Cette circulaire a été publiée dans le Bulletin de la Société, 1898, p. 219.)
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- Document n° 4
- Propositions pour Vunification des filetages établies d’après les décisions de la conférence préliminaire du 20 novembre 1897 tenue entre le Comité d’action suisse et les représentants de VAssociation des Ingénieurs allemands et de la Société dEncouragement.
- Dans le tableau comparatif que nous vous avons envoyé au commencement du mois d’août (1), vous avez pn trouver, en dehors des filetages en mesures anglaises les plus usités, un certain nombre de systèmes à base métrique, savoir : le système unifié français, dont l’emploi s’est déjà répandu en France; trois nouvelles propositions émanant de l’Association des Ingénieurs allemands en remplacement du système de 1893, qui a été abandonné définitivement, et enfin le filetage système Kreutzberger, adopté par l’artillerie française : c’est une adaptation aussi exacte que possible du système Sellers aux mesures métriques.
- Si l’on compare entre eux ces systèmes métriques, on voit que leur profil dérive de celui de Sellers : l’angle est de 60° et la troncature de 1/8 de la hauteur du triangle équilatéral. Les propositions allemandes comportent en outre un arrondi de l’angle rentrant, qui se trouverait à l’intérieur du profil tronqué pour le boulon et à l’extérieur pour l’écrou. Le système français abandonne cet arrondi à l’appréciation du constructeur, et Kreutzberger s’en tient au profil tronqué tel qu’il est appliqué par Sellers.
- Les pas présentent, par rapport à ceux de Whitworth et de Sellers, plutôt une diminution, qui se fait sentir surtout pour les petits et les gros diamètres, tandis que pour les diamètres moyens (environ 25 mm.) elle disparaît presque entièrement. La valeur du pas est donnée en général par une mesure directe et rationnelle; seul Loewe reprend le procédé usité pour les systèmes à mesures anglaises, d’indiquer le nombre de filets par unité de longueur. Il en résulte pour la mesure de certains pas des nombres irrationnels; mais pour l’usage pratique cela n’aurait que peu d’importance, puisqu’on pourrait néanmoins, en intercalant quatre roues au maximum, produire tous les filetages sur n’importe quel tour dont la vis de commande serait établie en mesures anglaises ou métriques.
- L’écart entre les diamètres successifs paraît très grand dans le système français et dans celui de Loewe. Pour le système français, il est admis que des échelons intermédiaires peuvent être intercalés à volonté, dont le pas correspond à celui du type immédiatement inférieur. Dans le système de Loewe, il faudrait sans doute procéder de même. Delisle et Kreutzberger fixent toutes les grandeurs intermédiaires; dans les gros diamètres, celles de ce dernier système sont même en nombre visiblement exagéré.
- Si nous passons à l’examen des systèmes proposés, nous remarquerons, en ce qui concerne d’abord l’angle, que la valeur de 53°8', avec troncature de 1/8, telle qu’elle figurait au filetage de 1893 de l’Association des Ingénieurs allemands, s’est trouvée peu appropriée : l’usure des tarauds et des filières était trop rapide. L’angle de Whitworth, quoique légèrement supérieur (55°), n’a certainement pu se maintenir que
- (1) Ce tableau est donné à la fin de la présente note (p. 430 et 431); il diffère du tableau du Bulletin de la Société d’Encouragement (1897, p. 852 et 853) par plusieurs additions et retranchements.
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- grâce à l'étendue de la troncature et de l’arrondi. C’est donc à juste titre qu’on s’est décidé pour l’angle de 60°, dont, ainsi, que l’a prouvé le filetage Sellers, la résistance est suftisante, même sans arrondi et avec une troncature de 1/8. L’arrondi, tel que l’indiquent les propositions allemandes, paraît avantageux; le noyau, il est vrai, en sera encore quelque peu affaibli; mais, par contre, la suppression de tout angle vif dans la partie rentrante permettra au boulon de mieux résister aux chocs. Un avantage plus important encore peut-être consiste en ce que, par suite de l’arrondi, il y aura un peu de jeu entre le boulon et l’écrou, ce qui sera utile quand les outils de filetage commenceront à s’user. Quoi qu’il en soit, il faut reconnaître que l’arrondi ne peut pas avoir une bien grande importance; autrement le système Sellers, qui en est dépourvu, n’aurait pas pu se répandre et se faire apprécier comme il l’a fait en Amérique.
- L’attribution, dans les nouvelles propositions, aux petits diamètres, de filetages plus fins que ceux de Whitworth et de Sellers, paraît justifiée ; en effet, si l’on examine, par exemple, une vis système Witworth de 1/4", on ne pourra guère s’empêcher de trouver exagérée la saillie de son filet. D’autre part les différences ne sont pas telles qu’il y ait lieu de craindre, en s’écartant des pratiques actuelles, de s’exposer à de nouveaux inconvénients.
- Bien que les diverses propositions présentent des différences plus ou moins grandes, on peut néanmoins, en toute sécurité, affirmer que chacune d’elles pourrait satisfaire aux besoins de la pratique, et l’une presque exactement aussi bien que l’autre. Si l’on nous accorde cela, on renoncera volontiers à présenter quelque nouveau système, qui, peut-être, ne serait pas moins bon, mais aussi ne serait sans doute pas meilleur que tous les autres. Il ne peut plus s’agir alors que de faire un choix entre les systèmes déjà proposés. Mais si aucun de ces systèmes ne présente, de par sa nature spéciale, d’avantage prépondérant, il ne reste, en définitive, qu’à se laisser guider, pour ce choix, par des considérations extérieures.
- Le système unifié français étant, parmi ceux soumis à notre choix, le seul qui, dès maintenant, est appliqué en grand et continue à se répandre, la conférence préliminaire a été amenée à se décider en faveur de ce système, en y apportant toutefois quelques modifications tirées des propositions allemandes.
- Ces modifications portent sur les points suivants :
- 1° Sont intercalés, dans l’échelle des pas de vis, les échelons intermédiaires suivants :
- Diamètre. Pas.
- ‘ 8 mm. 1,23 mm.
- 12 — 1,75 —
- 2° Les angles rentrants du profil du boulon et de l’écrou seront arrondis au moyen d’un arc de 60° ;
- 3° Les diamètres intermédiaires sont fixés suivant la proposition Delisle I.
- Quelques explications vont donner les raisons des modifications proposées.
- .1° D’après le système français on aurait :
- Pour un diamètre de 8 mm. un pas de 1,0 mm.
- — — 12 — — 1,5 —
- Cn regard des vis Whitworth à peu près correspondantes :
- 5/16" de diamètre avec 1,41 mm. de pas et 1/2" — — 2,12 — —
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- ce filetage a paru réellement trop fin; c’est pourquoi deux nouveaux pas ont été intercalés.
- 2° Si l’on considère l’arrondi comme utile, il semble préférable de le prescrire formellement, plutôt que d’en rendre l’emploi facultatif.
- Au sujet du rayon de la partie arrondie, il y a eu échange-de vues avec l’Association des Ingénieurs allemands. La première proposition de cette Association prenait (fig. D
- Fig. 1.
- Fig. 3.
- Fig. 2.
- le centre de l’arc au milieu de la troncature. D’autre part, nous proposions de prendre (fig. 2) le rayon aussi grand que possible; enfin, on nous a fait, à titre de transaction, la proposition consignée au tableau (fig. 3), en faisant remarquer qu’il serait nécessaire de prolonger en ligne droite le profil rentrant d’une petite longueur au delà de l’autre profil (1). Un petit calcul numérique a donné les résultats que voici. L’approfondissement x au delà de la troncature, qui résulte de l’arrondi, est de
- x = 0,036 p
- en prenant le rayon le plus grand possible et de
- x — 0,046 p
- d’après la seconde proposition allemande, p étant le pas. La différence n’est donc que de 0,01/), si faible, par conséquent, qu’elle se trouvera complètement masquée par les défauts d’exécution. Dans ces conditions cette question peut être abandonnée comme n’ayant aucun intérêt pratique.
- 3° Puisque l’on cherche à unifier, il a paru convenable de fixer les diamètres intermédiaires, plutôt que de s’en remettre au bon plaisir de chacun. Les intervalles doivent être moindres dans les petits diamètres et augmenter d’une manière aussi régulière que possible avec l’augmentation des diamètres. Ces conditions sont fort bien satisfaites par la proposition Delisle I. La deuxième proposition de Delisle présente quelques écarts, dus sans doute au désir d’éviter certains nombres impairs, comme 27 et 33; il est vrai que le nombre impair 39 s’y trouve maintenu. Il semble que l’inconvénient de ces nombres impairs ne soit pas tel qu’il y ait lieu de rompre pour cela la continuité dans l’échelle des diamètres.
- Dans la conférence préliminaire du 20 novembre 1897, la question relative à la manière de mesurer le diamètre n’a pas été tranchée. Il s’agissait de savoir si l’on doit mesurer le diamètre sur le filet lui-même (diamètre réel) ou sur les pointes du filet supposé sans troncature (diamètre idéal). Les deux méthodes peuvent être appuyées de solides raisons; voir à ce sujet les explications qui figurent au procès-verbal du
- (1) Ces propositions étaient éclairées par des dessins à grande échelle qui ont été exposés dans la salle du Congrès. Les figures ci-jointes sont établies d’après ces dessins.
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- 20 novembre 1897 (1). Le principal argument produit en faveur du diamètre idéal, c’est qu’on obtient ainsi tout naturellement le jeu nécessaire entre la grosseur du corps du boulon et le diamètre vrai du filetage. Si l’on applique le calcul à cet ordre de considérations, on trouve ce qui suit :
- Avec un angle de filetage de 60° et une troncature de 1/8, la différence entre les diamètres idéal et réel est de
- A d = 0,216 p
- étant le pas.
- On peut dès lors former, pour le système français par exemple, le petit tableau que voici :
- d. p. A d.
- 6 mm. 1,0 mm. 0,216 mm
- 10 — 1,5 — 0,324 —
- 16 — 2,0 — 0,432 —
- 24 — 3.0 — 0,648 —
- 30 — 3,4 — 0,756 —
- 36 — 4,0 — 0,864 —
- Ce jeu, qui, comme l’on voit, est, pour la grande majorité des boulons, de moins de deux tiers de'millimètre, suffira pour les vis filetées à la machine; pour celles filetées à la main, qui peuvent, pendant le filetage, se courber d’une manière très sensible, ce jeu ne sera guère suffisant pour éviter que le boulon ne soit abîmé au moment de sa mise en place. On sera donc obligé, dans la plupart des cas, de donner au corps du boulon une épaisseur supérieure au diamètre idéal ; mais alors l’avantage indiqué plus haut devient illusoire. Il semble en général qu’il vaille mieux donner pleine liberté au constructeur au sujet du corps du boulon et laisser ce point en dehors du système. On doit craindre, en effet, qu’en voulant pousser l’unification au delà du strict nécessaire, on n’obtienne un résultat diamétralement opposé.
- Comme il faut résoudre, dans un sens ou dans l’autre, la question de la mesure du diamètre, nous proposons de conserver l’usage universellement répandu jusqu’ici et de mesurer le diamètre vrai. C’est la solution la plus simple, et il n’y a pas pour s’en écarter de raisons suffisantes.
- Zurich, août 1898.
- Le Comité d’action suisse pour Vunification des filetages.
- Filetage proposé.
- Angle de filetage..........'................. 60°
- Troncature................................... l-8
- L’angle rentrant du boulon et de l’écrou sera arrondi au moyen d’un arc de 60°. L’ordre du jour du Congrès était ainsi fixé :
- Diamètre. Pas. Diamètre. Pas. Diamètre. Pas. Diamètre. Pas.
- mm. mm. mm. mm. mm. mm. mm. mm.
- 6 1,0 16 »> 33 3,5 56 5,5
- 7 )) 18 2,5 36 4,0 60 d
- 8 1,25 20 » 39 » 64 6,0
- 9 » 22 » 42 4,5 68 ))
- 10 1,5 24 3,0 45 » 72 6,5
- 11 » 27 » 48 5,0 76 »
- 12 1,75 30 3,5 52 >, 80 7,0
- 14 2,0
- (1) Document n°2; Bulletin de la Société d’Encouragement, 1898, p. 203.
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- Ordre du jour pour la séance du 3 octobre :
- 1. Ouverture de la séance par le président du Comité d’action suisse, M. le colonel Hubèr.
- 2. Élection du président.
- 3. Élection des vice-présidents et du bureau.
- 4. Rapports de M. Peters, directeur de l’Union des Ingénieurs allemands ; de M. Sauvage, membre de la Société d’Encouragement; de M. Escher, membre du Comité d’action suisse.
- 5. Discussion générale d’après le programme suivant :
- a) Profil de filetage (angle, troncature, arrondi), b) Gradation des diamètres et du pas. c) Manière de mesurer le diamètre (diamètre idéal ou réel), d) Ouverture des clefs.
- Ordre du jour pour la séance du 4 octobre :
- Continuation delà discussion. Résolutions.
- Document n° 5.
- Tableau des ouvertures des clefs.
- DIAMÈTRE du FILETAGE. d DIFFÉRENCE A OU CALCULÉES (*) VERTURES DES CLE D PROPOSÉES FS DIFFÉRENCE A
- mm. mm. mm. mm. mm.
- 6 i 13,4 12 i
- 7 i 14,8 13 i
- 8 i 16,2 14 i
- 9 i 17,6 15 2
- 10 i 19 17 2
- 11 i 20,4 19 2
- 12 2 21,8 21 2
- 14 2 24,6 23 3
- 16 2 27,4 26 3
- 18 2 30,2 29 3
- 20 2 33 32 3
- 22 2 35,8 35 3
- 24 3 38,6 38 4 '
- 27 3 42,8 42 4
- 30 3 47 46 4
- 33 3 51,2 50 . 4
- 36 3 55,4 54 4
- 39 3 59,6 58 4
- 42 3 63,8 62 4
- 43 3 68 66 4
- 48 4 72,2 70 5
- 52 4 77,8 75 5
- 56 4 83,4 80 6
- 60 4 89 86 6
- 64 4 94,6 92 6
- 68 4 100,2 98 6
- 72 4 105,8 104 6
- 76 4 111,4 110 6
- 80 117 116
- (*) D’après la formule D = 1,4 d + 5 millimètres. Zurich, septembre 1898.
- p.429 - vue 433/1864
-
-
-
- TABLEAU COMPARATIF DE QUELQUES SYSTÈMES DE
- PIEETAG, (l’l0Xe
- FILETAGES EN MESURES ANGLAISES
- P
- Système Sellers.
- ANGLE DU FILET 60
- IRA A POUCES anglais. [ÈTRK mm. P R O F 0 NOMBRE de filets par pouce. NDEUR PAS mm. DU FILE! PROFONDEUR du FILET. 1 0,65 ] NOYAU mm.
- 1/4 6,35 20 1,27 0,82 4.70
- 5/16 7.94 18 1,41 0.91 6.11
- 3/8 9.52 16 1,59 1,03 7,46
- 7/16 11,11 14 1,81 1,17 8,76
- 1/2 12,70 13 1,95 1,26 10,16
- 5/8 15,87 11 2,31 1,50 12,87
- 3/4 19.05 10 2,54 1,65 15,75
- 7/8 22,22 9 2,82 1,83 18,55
- 1 25,40 8 3,17 2,06 21.26
- 1 1 S 28.57 - 3,63 2,36 23,85
- 1 14 31.75 ‘ 3,63 2,36 ' 27,03
- 1 3/8 34.92 6 4.23 2,75 29,42
- 1 1/2 38,10 6 4,23 2,75 32,59
- 1 5 8 41,27 5 1/2 ' 4,62 3,00 35,27
- 1 3/4 44,45 5 5,08 3,30 37,85
- 1 7/8 47,62 o 5,08 3,30 41,02
- 9 50.80 4 1/2 5,65 3,67 43,45
- 2 1/8 53.97
- 2 1/4 57,15 4 1/2 5,65 3,67 49,80
- 2 1/2 63.50 4 6,35 4,12 55,24
- 2 3/4 69.85 4 6,35 4,12 61,59
- 3 76,20 3 1/2 7,26 4,71 66,76
- / fr/r '%Ir ;-tov > " §k | jjjffSr - V 6-i— JPS S ----- Système Whitworth. • // %
- ANGLE DU FILET 55°
- PROFONDEUR DU FILET 0,64 S.
- NOMBRE PROFONDEUR
- de PAS du NOYAU
- filets FILET.
- par pouce. mm. mm. mm.
- 20 1,27 0.81 4,72
- 18 1.41 0.90 6.13
- 16 1,59 1.01 7,49
- 14 1,81 1,16 8,79
- 12 2,12 1.35 9,99
- 11 2,31 1.48 12,92
- 10 2,54 1,61 15,79
- 9 2,82 1,80 18,61
- 8 3,17 2,03 21,33
- 7 3.63 2.32 23.93
- 7 3,63 2,32 27,10
- 6 4,23 2,70 29.50
- 6 4,-23 2,70 32,68
- 5 5,08 3,23 34,77
- 5 5,08 3,25 37,95
- 4 1/2 5,65 3,61 40,40
- 4 1/2 5,65 3,61 43,57
- 4 1/2 5,65 3,61 46,75
- 4 6,35 4,06 49,02
- 4 6,35 4,06 55,37
- 3 1/2 7,26 4,64 60,56
- 3 1/2 7,26 4,6 4 66,91
- Système unifié français.
- ANGLE DU FILET 60»
- DIAMETRE
- 10
- 14
- 18
- 24
- 30
- 36
- 42
- 48
- 56
- 64
- 72
- 80
- 6,5
- MLET 0,65 P
- PRO-
- FONDEUR noyau
- du
- filet. mm. |
- 0,65 4,1
- 0,975 8,o
- 1,30 11,40
- 1,623 14,75
- 1.95 20,10
- 2,275 '25,45
- 2,60 30,80
- 2,925 36,15
- 3,25 41,30
- 3.575
- 3.90 56.-20
- 4,225 63,55
- 4,55 70,90
- aux propositions du Comité d’action suisse).
- FILETAGES MÉTRIQUES
- PHLISLE 1
- Nouvelles propositions allemandes.
- | Delixee II |
- Ludwig Lœwe et 0°
- dia-
- mètre
- LO
- ))
- 1,2
- 1.4 1,6 2,0
- 2.4 ))
- 2,8
- 3.2
- 3.6 )>
- 4,0
- »
- 4.4
- 4,8
- 5.2
- 5.6
- 6,0
- PRO-
- FONDEUR
- du
- filet.
- 0.60
- 0.83
- 0.97
- 1.11
- 1,39
- 1,67
- 1,9:»
- 2.50
- 2,78
- 3,00
- 3,34
- 3,61
- 3,89
- 4,17
- ANGLE DU FILET 60“ PROFONDEUR DU FILET 0,695 P.
- 4.61
- o,61
- 6.33
- 7.33 8.03 9.03 9.78
- 11,78
- 13.22
- 18.22 17.06 19,60 20,11
- 23.11
- 23.38
- 28,55
- 31.00
- 34,00
- 36.44
- 39.44
- 41.88
- 45.88
- 49.33
- 53.33
- 56.77
- 60.77
- 64.22
- 68.22
- 71,66
- METRE
- mm.
- 6
- 7
- 8 9
- 10
- 11
- 12
- 14
- 16
- 18
- 20
- 22
- 24
- 26
- 30
- 32
- 36
- 39
- 42
- 45
- 48
- 52
- 56
- 60
- 64
- 68
- 72
- 76
- 80
- 1,9
- 1,25
- 4,3
- 1,75
- 2,0
- ))
- 2,5
- 3,0
- PRO-
- FONDEUR
- du
- filet.
- 4,0
- 5.0
- 6,0
- 6,5
- 7,0
- 0,69
- 0,87
- 1,04
- 1,22
- 1,39
- 1,74
- 2,08
- 2,43
- 2,78
- 3,13
- 3,47
- ))
- 3,82
- 4,17
- 4,59
- 4,86
- 4.61
- 5.61
- 6.25
- 7.25
- 7.92
- 8.92 9,57
- 11,57
- 13.22
- 15.22
- 16.52
- 18.52
- 19.73
- 21.73
- 25.13
- 27.13
- 30.44 33.4 4
- 35.74
- 38.74 41,05 45,03
- 48.36
- 52.36
- 35.66
- 39.66
- 62.83
- 66.83 70,28
- DIA-
- MÈTRE
- 6
- 8
- 10
- 12
- 16
- 20
- 24
- 30
- 36
- 42
- 48
- 56
- 64
- 72
- 80
- NOMBRE
- do
- filets par déc.
- 100
- 80
- 70
- 60
- 50
- 40
- 35
- 30
- 25
- 22.5
- 20
- 17,3
- 17.5
- 15
- 1,00 1.25 1.43 1,67 2.00 2,50 2.86
- o. 3 O
- 4,00
- 5,00
- .1,71
- 1,71
- 6,67
- 6,67
- FONDEUR.
- du
- filet.
- 0,69
- 0,87
- 0,99
- 1,16
- 1.39
- 1,74
- 1.99
- 2,78
- 3.09
- 3,47
- 3,97
- 3,97
- 4,63
- ,63
- 4.61
- 6,26
- 8,01
- 9,68
- 13,22
- 16,32
- 20.03
- 23,37
- 30,44
- 33,82
- 41,03
- 48,06
- 36,06
- 63.73
- 71.73
- Kreutzberger à Puteaux.
- ANGLE DU FILET 60“ PROFONDEUR DU FILET 0,65 P.
- 6
- 7
- 8 9
- 10
- 12
- 14
- 16
- 18
- 20
- 22
- 24
- 26
- 28
- 30
- 32
- 34
- 36
- 38
- 40
- 42
- 44
- 46
- 48
- 50
- 52
- 54
- 56
- 58
- 60
- 62
- 64
- 66
- 68
- 70
- 72
- 74
- 76
- 78
- 80
- 1,0
- 1,1
- 1,2
- 1.3
- 1.4
- 1,6
- 1,8
- 2,0
- 2,2
- 2.4 2,6 2,8 3,0
- 3.2
- 3.4
- 3.6
- 3.8 4,0
- 4.2
- 4.4
- 4.6
- 4.8
- 5,0
- 5.2
- 5.4
- 5.6
- 5.8
- 6,0
- 6.2
- 6.4
- 6.6
- 6.8 7,0 7,2
- PROFONDEUR
- du
- FILET
- 0,63
- 0,71
- 0.87
- 0,84
- 0,93
- 1,04
- 1,17
- 1.30 1,43 l,o 6 1,69 1,82 1,93
- 2,08
- 2,21
- 2,34
- 2,47
- 2,60
- 2,73
- 2,86
- 2,99
- 3,12
- 3,25
- 3,38
- 3.31 3,64 3,77 3,90 4,03
- 4,16
- 4,29
- 4,42
- ,20
- 4.70
- 7,31
- 8,14
- 9,92
- 11,66
- 13,40
- 13,14
- 16,88
- 18,62
- 20,36
- 22,10
- 23,84
- 25,58
- 27,32
- 29.06
- 30,80
- 32,34
- 34.28
- 36.02
- 37,76
- 39,50
- 41,24
- 42,98
- 44,72
- 46,46
- 48,20
- 49.94
- 51.94
- 53.68
- 55.68
- 57.42
- 59.42 61.10 63,16
- 64.90
- 66.90 68,60 70,60
- p.n.n. - vue 434/1864
-
-
-
- 432
- ARTS MÉCANIQUES.
- MARS 1899.
- Document n° 6.
- Rapport de M. Th. Springmann, de la Société Funcke et Hueck. Hagen, en Wcstphalie, adressé au Congrès pour l’unification des filetages, à Zurich.
- Ilagen en Wesphalie, le 27 septembre 1898.
- Monsieur Rodolphe Escher, professeur à l’École polytechnique fédérale de Zurich.
- Monsieur,
- En qualité d’associé technique et de directeur de la plus importante fabrique allemande de boulonnerie (nous occupons environ 1 200 ouvriers), le signataire de cette lettre a été chargé, par le Comité de l’Union allemande des Constructeurs de machines, d’exprimer son opinion sur les propositions qui vont être soumises au prochain Congrès de Zurich.
- Je me permets, Monsieur, de vous transmettre une copie de cet aperçu, certainement superficiel et fait à la hâte, mais qui repose sur trente-sept années d’expérience pendant lesquelles j’ai suivi tous les travaux essentiels concernant la question du filetage. Je vous prierai, — si vous voulez bien accorder quelque valeur à la parole d’un praticien,— de porter cet aperçu à la connaissance de MM. les autres membres du Comité d’action.
- Agréez, monsieur, l’expression de ma considération distinguée,
- Th. Springmanx, ingénieur.
- Observations sur les propositions du Comité d’action suisse.
- Dans la séance préparatoire du Comité d’action du 20 novembre 1897, M. Peters, directeur de l’Union des Ingénieurs allemands, s’exprime ainsi sur le programme du Congrès projeté.
- « Il ne faudrait forcer personne ; au contraire, on devrait se contenter d’établir un système de filetage unifié à base métrique et n’en recommander l’adoption qu’à ceux qui ne voudraient pas employer le système Whitworth. »
- Cette manière de voir, qui fut unanimement approuvée par le Comité, devra être maintenue au Congrès même et y être exprimée d’une façon précise; car tant que les constructeurs de machines anglais conserveront le système Whitworth, il n’y aura pas lieu pour l’Allemagne d’envisager l’abandon de ce dernier système.
- Du reste, il faut reconnaître que la proposition du Comité d’action suisse de prendre comme base d’une entente internationale le système français, établi par la Société d’Encouragement par décision du 10 mai 1894 et appliqué depuis par presque tous les ateliers français, montre bien l’unique voie dans laquelle une entente internationale générale paraisse possible.
- En s’écartant de ce système, qui est déjà répandu, comme ces écarts ne pourraient trouver d’application en France, on ne pourrait que compromettre l’entente qu’on se propose de réaliser sur Y unification internationale.
- Un nouveau système, si remarquable qu’il soit au point de vue théorique, serait certainement mauvais et nuisible dès l’instant qu’il ne serait pas unanimement adopté : la question de l’unification se trouverait alors enterrée.
- C’est bien l’idée qu’exprimait le rapporteur du Comité d’action suisse, M. le professeur R. Escher, en disant :
- « Ce qu’il nous faut, c’est, avant tout, l’unification à côté de l’unification, la nature
- p.432 - vue 435/1864
-
-
-
- UNIFICATION DES FILETAGES.
- 433
- particulière du système perd beaucoup de son importance ; tout filetage est bon pourvu que le même filetage soit appliqué partout. »
- C’est à ce point de vue qu’il convient d’examiner les propositions de modifications que le Comité d’action fait au Congrès; et mieux vaut renoncer à telle ou telle modification de détail que de risquer de ne pas atteindre le principal but : l’unification internationale.
- Devant ce point capital il faut mettre au second plan les tendances privées et les desiderata particuliers.
- La première proposition de modifications consiste à introduire les échelons intercalaires de 8 millimètres de diamètre avec un pas de 1,25 mm. et de 12 millimètres avec un pas de 1,75 mm.
- On ne peut qu’insister sur l’importance de cette modification, et il est à espérer que les Français l’adoptent, car le filetage français présente pour ces diamètres des sauts trop brusques; les intercalations proposées feraient disparaître ce défaut.
- La seconde proposition de modification consiste à arrondir les angles rentrants du profil des boulons et des écrous au moyen d’un arc de 60°. Le praticien ne peut voir dans cette modification une amélioration du système français, mais ce serait un défaut introduit dans le système. La règle française relative à ce sujet est la suivante :
- « Les vis pleines et les vis creuses ou écrous, qui se correspondent, ont, en principe, mêmes filets; mais afin de tenir compte des tolérances d’exécution, indispensables dans la pratique, tolérances qui doivent varier selon les circonstances, le profil fixé est un profil limite, pour la vis pleine comme pour la vis creuse; cette limite est prévue par excès pour la vis pleine et par défaut pour la vis creuse : en d’autres termes, la vis pleine doit toujours rester à Yintérieur du profil limite, et la vis creuse à Yexté-rieur de ce même profil.
- « Les écarts entre la surface théorique commune et les surfaces réalisées sur la vis pleine et sur son écrou déterminent le jeu que présenteront les deux pièces montées l'une sur l’autre. Aucune valeur n’est fixée pour ce jeu, chaque constructeur restant juge des tolérances admissibles, suivant la destination des vis et suivant l’outillage employé pour la fabrication. »
- Conformément à ce principe général, il est dit plus loin, relativement à l’arrondi des angles :
- « Dans la pratique, et suivant le degré de fini dans l’exécution, les angles vifs saillants et rentrants du profil se trouveront arrondis, plus on moins légèrement, mais de telle sorte que ni la vis pleine ni la vis creuse ne dépassent leur surface limite commune, fixée suivant la règle indiquée plus haut. »
- Ces règles répondent parfaitement aux nécessités de la pratique; comme les autres règles du système, on sent que le système de filetage français a été établi par des hommes pratiques et ayant constamment en vue l’application pratique.
- La figure 4 ci-jointe représente le profil du système français; c’est aussi celui du système de filetage Sellers employé en Amérique.
- Au contraire, la proposition du Comité d’action tend à établir la règle suivante : « Les angles rentrants du profil, dans le boulon et dans l’écrou, seront arrondis au moyen d’un arc de 60°. »
- Fig. 4.
- p.433 - vue 436/1864
-
-
-
- 434
- ARTS MÉCANIQUES. — MARS 1899.
- Au point de vue de l’application pratique, il y a lieu de signaler le maintien de cette règle comme une impossibilité absolue dans la majorité des cas.
- Supposons, par exemple, une vis de 24 millimètres de diamètre ; le pas est de 3 millimètres. Le calcul donne, pour le rayon r de l’arrondi, 0,33 millimètre approximativement; c’est la hauteur du segment du cercle de cet arrondi ; ce sont des dimensions irréalisables si l’on a quelque prétention à l’exactitude, et, avec des filets plus petits, par exemple pour des boulons de 6 ou 10 millimètres de diamètre, on trouve des dimensions encore moins réalisables.
- Il faut donc conserver les règles françaises, qui sont tout à fait pratiques.
- La troisième proposition de modifications fixe les diamètres nouveaux d’après la proposition Delisle I. Il ne me semble pas qu’on désire appuyer cette proposition; car, sous ce rapport également, les règles françaises sont établies à un point de vue beaucoup plus pratique, qui est même, à mon avis, le seul juste.
- Ces règles françaises disent : « Le système proposé pour les vis mécaniques comprend une série normale de vis principales, de diamètres pairs, dont les pas croissent de demi en demi-millimètre à partir de 6 millimètres, savoir :
- Diamètre des boulons. ... G 10 14 18 24 30 36 42 mm. etc.
- Pas....................... 1 1,3 2 2,3 3 3,3 4 4,5 —
- « Entre les vis principales, on peut intercaler, suivant les besoins, des vis intermédiaires, dont le pas reste celui de la vis principale immédiatement inférieure. Les diamètres de ces vis intermédiaires doivent être exprimés par un nombre entier de millimètres, et de préférence par un nombre pair. »
- C’est exactement le point de vue où s’est placé l’éminent praticien S. Whitworth pour l’établissement de son nouveau système de filetage, en 1857.
- L’introduction obligatoire des échelons proposés resterait lettre morte, attendu que la pratique ne peut être assujettie à de telles restrictions.
- En terminant, mentionnons une proposition qui a été introduite à la Conférence par le représentant de l’Union des Ingénieurs allemands, et dont la discussion a été réservée pour le Congrès.
- Bien que cette proposition ne soit pas indiquée dans le programme distribué actuellement pour le Congrès, il paraît néanmoins nécessaire de l’examiner ici, pour le cas où elle reparaîtrait à ce Congrès.
- Le procès-verbal de la Conférence préparatoire dit, à ce sujet, ce qui suit :
- « L’Union des Ingénieurs allemands propose de compter le diamètre des vis sur la partie lisse du boulon, égal au diamètre de la partie filetée avant troncature des filets, tandis que la Société d’Encouragement le compte sur les sommets tronqués du filet. »
- Les règles du système français disent à ce sujet :
- « Le corps des boulons et des vîs peut avoir un dianètre supérieur à celui de la partie filetée. L’excès de diamètre du corps ne devra pas dépasser 0,5 millimètre pour les vis de 6 à 14 millimètres; 1 millimètre pour celles de 15 à 48 millimètres; enfin 2 millimètres pour les diamètres de plus de 48 millimètres. »
- Ces règles correspondent aux usages de la pratique, tandis que la proposition faite par le représentant de l’Union des Ingénieurs allemands à la Conférence préliminaire donne des nombres irrationnels pour les diamètres de filets.
- Par exemple, avec un diamètre de la partie lisse du boulon de 24 millimètres, le
- p.434 - vue 437/1864
-
-
-
- UNIFICATION DES FILETAGES.
- 435
- diamètre de la vis sera, sur le filet, de 23mm,3505, et, avec 48 millimètres, de 46mm,89175. Or on ne doit pas oublier que, pour plus de 90 p. 100 des vis employées, c’est-à-dire pour les vis dont la tige n’est pas tournée, par des raisons d’économie comme pour des raisons techniques de fabrication, la partie non filetée du boulon doit être prise aussi exactement que possible égale au diamètre de la partie filetée.
- Au point de vue de la résistance des vis, la partie faible est dans la partie filetée ; tout excédent de matière dans la partie non filetée, en plus de ce qu’on ne peut éviter dans la fabrication,seraitdoncun véritable gaspillage de la richesse publique; en outre, la réduction du diamètre de la partie filetée entraînerait un surcroît de travail qui n’est pas sans importance.
- Bref, cette proposition ne me paraît pas acceptable, et il y a lieu d’espérer qu’elle ne réapparaîtra pas au Congrès. D’une manière succincte, mon opinion se résume comme il suit :
- Le nouveau système de filetage français, tel qu’il a été établi par la Société d’Encou-ràgement et appliqué depuis dans presque toute la France, doit être considéré comme l’unique base possible de l’unification générale internationale des filetages à mesures métriques ; chaque proposition de modification ne fait que gêner l’unification internationale, tandis que le système de filetage français répond à tous les besoins réels de la pratique.
- Th. Springmann.
- Hagen, le 24 septembre 1898.
- Document n9 7.
- Procès-verbal du Congrès international pour l'unification des filetages à Zurich
- les S et 4 octobre 1898.
- PREMIÈRE SÉANCE
- Lundi, 3 octobre 1898, dans l’Aula de l'École Pohjlechnique fédérale, à 9 h. 20 du matin.
- En ouvrant la séance, le président du Comité d’action suisse, M. le colonel P. E. Huber, prononce en allemand une allocution, que M. le professeur Weber traduit ensuite en français :
- Messieurs,
- J’ai l’honneur de vous souhaiter la bienvenue au nom du Comité suisse d’action pour l’unification des filetages ; je vous remercie de vous être rendus en si grand nombre à notre invitation.
- Vous êtes venus ici pour examiner en commun s’il est possible d’établir une règle universellement admise pour la forme et les dimensions des vis mécaniques ; cette règle, admise dans tous les États, finirait par être exclusivement appliquée.
- La vis, sous ses formes multiples, est l’élément le plus universellement employé dans presque toutes les constructions mécaniques. Elle a une importance considérable pour l’entretien, les réparations et les modifications apportées aux machines.
- Les produits de l’industrie mécanique des différents pays se répandent de plus en plus sur tout le globe et se mêlent entre eux; il est donc bien désirable que toute vis et
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- tout écrou soient partout interchangeables ; en d’autres termes, il devrait n’exister qu’un seul système de filetage. Nous ne nous dissimulons pas que nous sommes encore fort éloignés de ce but; le présent Congrès aura déjà accompli une œuvre importante s’il réussit à empêcher qu’on ne s’en écarte de plus en plus.
- Jusqu’à ces derniers temps, il n’y avait, en somme, que deux systèmes de filetage, basés tous les deux sur les mesures anglaises, dont l’emploi fût en quelque sorte international. L’un, celui de Whitworth, sert non seulement dans toute la Grande-Bretagne et dans ses colonies, mais encore dans presque tous les ateliers du continent européen, soit seul, soit concurremment avec d’autres systèmes; l’autre, celui de Sellers, n’a d’importance pour nous que parce que les macnines américaines tendent de plus en plus à s’emparer du marché européen.
- Mais, quels que soient les avantages de ces deux systèmes, quelle que soit l’importance du système Whitworth en Europe, il faut reconnaître que, dans les pays qui n’ont comme mesure légale que le mètre, on sera obligé, tôt ou tard, de baser le système de filetage sur les mesures métriques.
- Ceux mêmes, parmi nous, que nos délibérations ne décideraient pas à abandonner le système Whitworth ne sauraient empêcher l’emploi de filetages à base métrique, péremptoirement imposés par certains acheteurs.
- De grands efforts ont été faits, tant en France qu’en Allemagne, pour établir un système uniforme de filetages métriques : la solution de ce problème se présentait comme très complexe et très difficile. En outre, ces deux pays procédaient indépendamment l’un de l’autre, de sorte que nous risquions d’avoir, à côté des deux systèmes à mesures anglaises, deux systèmes à base métrique.
- En raison des multiples relations de la Suisse avec ces deux puissants voisins, les industriels suisses suivaient avec grand intérêt les travaux faits des deux parts, et il était naturel qu’ils s’efforçassent de concilier ces deux systèmes. Il y a plusieurs années, ils s’adressèrent à la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale de Paris, en vue d’ouvrir sur ce sujet une discussion internationale ; mais il fut répondu, réponse bien justifiée à cette époque, que l’unification sur une base internationale paraissait impossible quand, dans la France seule, on avait à combattre tant de systèmes divers. Au contraire, on est arrivé aujourd’hui, en France aussi bien qu’en Allemagne, à des résultats définitifs, de nature à servir de base à une entente internationale.
- Lorsqu’on apprit que l’Association officielle des grandes compagnies de chemins de fer de l’Europe se proposait d’établir un nouveau système de filetage, qui serait obligatoire pour toutes les fournitures de chemins de fer, les industriels suisses pensèrent que le moment était venu de discuter au préalable la question dans les milieux qui s’occupent plus spécialement delà fabrication de vis et de leur emploi. Il est clair que les grandes administrations de chemins de fer seront bien aises de connaître l’avis des spécialistes, qui servira de base à leurs décisions.
- Le Comité d’action suisse, qui se proposait de provoquer une entente internationale sur la question des filetages, trouva le meilleur accueil tant à Paris, auprès de la Société d’Encouragement, qu’à Berlin, auprès de l’Associationdes Ingénieurs allemands. Je remercie vivement aujourd’hui, une fois de plus, ces deux grandes associations de leur puissant appui. C’est grâce à elles que le présent Congrès a pu être réuni et qu’on peut lui soumettre un programme élaboré dans une conférence internationale préliminaire.
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- Ce programme s’appuie sur des considérations purement pratiques; on peut seulement se proposer aujourd’hui d’établir un système à base métrique, destiné à être employé partout où, pour une raison ou pour une autre, on ne voudrait ni du système Whitworth ni du système Sellers; il s’agit, d’ailleurs, d’adopter non pas le système qui théoriquement peut paraître le meilleur, mais, sans oublier les conditions théoriques indispensables, celui qui sera le plus facile à réaliser effectivement.
- Dans les documents imprimés qui ont été distribués aux membres du Congrès, autant que possible en langues française et allemande, se trouve la description et l’appréciation de divers systèmes de [filetages.
- Chaque membre du Congrès devra librement émettre ses opinions personnelles et présenter les amendements qu’il jugerait utiles. De l’échange des opinions adverses, jailliront les conclusions qui, grâce aux spécialistes éminents qui se trouvent réunis ici, résoudront définitivement les questions posées.
- Bien que certains pays ne soient pas représentés ici, on n’en est pas moins convaincu partout qu’une unification aussi complète que possible desfilelages serait d’une grande importance, non seulement pour les producteurs, mais aussi pour les consommateurs. Avec l’espoir de voir universellement adoptées les résolutions que vous allez formuler, je déclare ouvert le Congrès.
- Le Congrès s’occupe d’abord de la nomination du bureau.
- M. le colonel Huber est choisi à l’unanimité comme président.
- Le Congrès nomme également à l’unanimité vice-présidents :
- M. Linder, inspecteur général des mines, de Paris; M. Lemmer, fabricant de machines, à Brunswick; M. Dietler, directeur du chemin de fer du Gothard, à Lucerne-M. Van Gelder, ingénieur, à Hengelo, Hollande; M. Ponzio, professeur, à Milan; M. Schinz, vice-consul suisse, à Saint-Pétersbourg.
- Secrétaires :
- MM. Escher, professeur à Zurich; Weber, professeur; Hoffet, ingénieur; Melli, ingénieur.
- Le président propose que le Congrès ne vote pas de décisions à la majorité seulement de ses membres, mais ne formule que les résolutions pouvant rallier l’unanimité des suffrages. Cette proposition est adoptée :
- Vient ensuite la lecture des rapports de
- M. le directeur Peters, représentant l’Association des Ingénieurs allemands; M. le professeur Sauvage, représentant la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale de France; M. le professeur Escler, représentant du Comité d’action suisse.
- Les rapports allemands sont traduits en français par M. le professeur Weber.
- Rapport de M. le Directeur Peters.
- Messieurs,
- Nous pouvons dire que nous célébrons aujourd’hui un anniversaire : il y a ans que M. l’ingénieur Delisle a donné l’impulsion à l’étude des filetages, et nous avons aujourd’hui le plaisir de le saluer au milieu de nous. Au début, cette étude a eu un caractère purement scientifique. Puis, un système de vis ayant été définitivement établi et approuvé en 1888, la maison J. E. Reinecker de Chemnitz voulut bien se charger de construire des types étalons, avec des jeux complets de tarauds et de filières, destinés à être essayés en pratique. Je tiens à en remercier de nouveau M. Reinecker.
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- L’Association des Ingénieurs allemands s’adressa alors aux administrations et aux industriels d’Allemagne en vue de l’introduction du nouveau filetage. La réponse presque unanime à ces propositions fut que, si l’on se décidait à remplacer le système Whitworth par un système à base métrique, ce ne pourrait être que par un système adopté également dans les autres pays industriels, et l’Association fut mise en demeure de provoquer à ce sujet une entente internationale.
- En conséquence, l’Association des Ingénieurs allemands décida, dans sa trente-sixième assemblée générale, tenue à Aix-la-Chapelle en 1895, qu’elle renoncerait à l’introduction, en Allemagne seulement, de son système, et elle chargea son bureau de porter la question sur le terrain international. En vertu de ce mandat, le bureau demanda à 18 associations d’ingénieurs d’Angleterre, de l’Amérique du Nord, de Russie, de France, d’Autriche-Hongrie, d’Italie, de Belgique et de Suisse, si elles étaient disposées à établir une entente internationale pour l’unification des filetages, et quel système de mesure il conviendrait de donner pour base à ce système unifié. A l’exception de l’Angleterre et de l’Amérique du Nord, dont l’unité de mesure est le pouce anglais, toutes les réponses furent favorables aune entente, et elles désignèrent le mètre comme base du système unifié. La Société des Ingénieurs et Architectes suisses en particulier prit un grand intérêt à la question, et nous indiqua l’Union des industriels mécaniciens suisses comme étant spécialement qualifiée pour s’en occuper. Nous nous mîmes donc en rapport avec cette association. C’est à cette époque (printemps 18961 que nous apprîmes, qu’une conférence internationale des compagnies de chemin de fer devant se réunir à Berne, le gouvernement suisse avait mis à l’ordre du jour de cette conférence le choix d’un filetage métrique à l’usage des chemins de fer. Il est évident que, pour les ingénieurs et les fabricants de machines, il était de la plus grande importance d’arriver à une solution ferme avant la conférence des chemins de fer. C’est pourquoi l’Union des Industriels mécaniciens suisses et l’Association des Ingénieurs allemands s’entendirent aussitôt pour pousser avec activité les délibérations internationales, et l’Association suisse voulut bien prendre en main la suite de l’affaire. Je crois donc devoir laisser à nos collègues de la Suisse le soin de rendre compte des démarches ultérieures; mais je ne veux pas terminer cet aperçu historique des travaux de l’Association des Ingénieurs allemands sans avoir remercié nos dévoués collaborateurs, et en particulier M. Delisle et M. Reinecker, ainsi que l’Union des Industriels mécaniciens suisses, pour l’activité féconde qu’ils ont déployée.
- Passant au côté technique de mon sujet, je pourrai être bref, les imprimés distribués par l’Association suisse vous ayant tous renseignés sur l’état de la question. Vous savez que, pendant que l’Association des Ingénieurs allemands poursuivait ses travaux, la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale établissait un système de filetage qui s’est rapidement répandu en France; nos collègues suisses crurent devoir tout, d’abord mettre en rapport les deux principaux représentants de systèmes métriques, l’Association des Ingénieurs allemands et la Société d’Encouragement, en vue d’une entente au sujet des différences entre les deux systèmes; les représentants de ces deux sociétés se sont réunis à cet effet, et cette réunion a eu, on peut le dire, le meilleur succès. Sur plusieurs points importants, on obtint une entente complète, ainsi qu’on peut le lire dans les documents imprimés. Toutefois, je ne saurais me dispenser de faire remarquer une inexactitude du dernier imprimé de l’Association suisse. Il n’est pas exact, qu’à la suite de la conférence du 20 novembre 1897, l’Association des Ingénieurs allemands ait abandonné son système de 1888. Les représentants de cette
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- Association avaient nettement déclaré dans cette conférence que toutes les modifications et concessions qu’ils feraient auraient besoin de l’approbation de l’Association des ingénieurs allemands; aujourd’hui encore, je suis obligé de formuler la même réserve au sujet de tout ce que pourra décider le présent Congrès. Les trois nouvelles propositions qui vous sont soumises de notre part n’émanent pas de l’Association elle-même, mais seulement de quelques-uns de ses membres; elles ont été faites à la suite delà conférence de l’année dernière, mais l’Association des Ingénieurs allemands ne s’est pas encore prononcée à leur égard.
- En ce qui concerne les résolutions que nous allons prendre, nous répétons que le Congrès n’aura pas à faire des lois, mais seulement à donner des conseils. On devrait déclarer qu’il n’y a pas urgence à modifier les pratiques actuelles en ce qui concerne les filetages, et, qu’en conséquence, on ne veut exercer de pression sur personne. Le rôle du Congrès serait d’établir un système de filetage métrique unifié pour tous ceux qui ne veulent pas employer le système Whitworth, et d’en recommander l’adoption.
- Un représentant du Comité suisse d’action vous donnera un aperçu des propositions qui ont été faites de différents côtés. Je me bornerai donc, me réservant d’intervenir dans la discussion détaillée, à énumérer les points sur lesquels, comme représentants de l’Association des Ingénieurs allemands, nous ne sommes pas encore tout à fait d’accord avec les propositions du Comité d’action suisse.
- 1° Forme du filet. — La seule différence est que l’Association allemande a proposé un angle de 53°8/, tandis que le Comité suisse s’est prononcé en faveur de l’angle de 60°, recommandé par la Société d’Encouragement. Nous pensons que cette question n’est pas d’une importance capitale. Notre angle se rapproche de celui de Whitworth et de presque tous ceux qui, après lui, ont proposé des filetages; l’angle de 60° est généralement employé aux États-Unis, grâce à Sellers. Les deux angles peuvent être construits exactement. Ceux qui ont employé le filetage à 53°8' lui reprochent de donner lieu à une usure plus rapide des tarauds et des filières. L’expérience seule pourrait apprendre jusqu’à quel point cet effet est sensible.
- 2° Diamètres et pas. — Beaucoup d’ingénieurs pensent que les types de la Société d’Encouragement sont trop peu nombreux; cela ressortde l’expérience acquise avec le système Whitworth et de la comparaison avec le système Sellers. Pour des diamètres supérieurs à 50 ou 60 millimètres, il ne paraît pas indispensable d’établir des règles.
- 3° Jeu entre le boulon et l’écrou. — Entre les surfaces d’appui, il ne doit pas y avoir de jeu. Dans la direction du rayon, par contre, il est nécessaire de laisser du jeu entre les angles rentrants et saillants. La Société d’Encouragement s’en rapporte au fabricant pour ce jeu, ainsi que pour la mesure et la forme de l’arrondi qui se produit de lui-même. Nous préférerions que l’arrondi fût nettement prescrit, et nous nous rallions à la proposition Loewe, qui fait dépendre le rayon de l’arrondi de la valeur du pas
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- 4° Définition du diamètre des boulons. — Comme la Société d’Encouragement, nous sommes partis de l’idée qu’il serait nécessaire de faire le corps du boulon un peu plus gros que la partie filetée. La proposition française laisse encore la valeur de cette différence à l’appréciation de chacun; elle se borne à fixer les limites suivantes :
- De 6 à 15 mm. de diamètre, pas plus de 0,5 mm. de jeu
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- Pour éviter cet arbitraire, nous avons proposé de fixer un rapport constant entre la partie lisse et le diamètre et de désigner les boulons par le diamètre de la partie lisse, qu’on peut plus sûrement mesurer avec exactitude. Mais, en fait, le besoin de renforcer la partie lisse par rapport au filetage n’est pas aussi général que nous le pensions; il vaut donc mieux, sans doute, renoncer entièrement à toute prescription de ce genre. Dans cette hypothèse, nous nous rallions à la proposition de mesurer le diamètre sur la partie filetée.
- J’ai dit que, dans la conférence préliminaire, une entente s’était établie sur des points importants, et j’exprime l’espoir qu’au sujet des questions qui sont encore pendantes, le Congrès actuel aura le même succès.
- Rapport de M. Sauvage.
- Grâce à l’initiative de l’Union des industriels mécaniciens suisses et au dévouement du comité d’action qu’elle a nommé, on peut espérer voir bientôt réalisée, après tant d’efforts infructueux, l’adoption d’un système uniforme, basé sur les mesures métriques, pour les vis mécaniques, système uniforme, que les ingénieurs et les constructeurs désirent depuis longtemps. Rappelons qu’on a déjà vu la Suisse prendre avec succès l’initiative d’une réforme analogue, quand elle a uniformisé les vis horlogères, suivant le système Thury, largement appliqué aujourd’hui.
- En France, la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale a entrepris, en 1893, l’étude des filetages; elle a présenté divers projets, qu’elle a soumis aux grandes administrations et aux principaux constructeurs. Après une enquête minutieuse et une réunion des principaux intéressés, la Société a pu formuler, en juin 1894, les règles d’un système de filetage, en tenant compte, autant que possible, des observations nombreuses qu’elle avait recueillies. A ce moment, elle n’a pas cru devoir proposer un examen international de la question: tant de tentatives infructueuses avaient déjà été faites pour unifier les filetages que le succès du nouvel effort de la Société d’Encouragement était fort incertain ; dans ces conditions, on pouvait raisonnablement craindre un échec complet si on élargissait par trop le champ d’action.
- Mais, depuis 1894, les conditions ont bien changé ; la question a fait de rapides progrès, et on voit que l’industrie désire aujourd’hui sérieusement une solution. En France, le succès a dépassé les espérances de la Société d’Encouragement : le système qu’elle proposait a été rapidement adopté par un grand nombre d’administrations et d’industriels. En premier lieu, il convient de citer la marine de l’État : par circulaire du 11 février 1895, M. le ministre de la Marine en a prescrit l’emploi général à partir du 1er janvier 1896. A la même date, les importants ateliers des Forges et Chantiers de la Méditerranée, au Havre et à Marseille, ont adopté les mêmes filetages d’une manière générale, sauf pour quelques commandes, où l’usage d’un autre système était imposé. Les directeurs de ces établissements déclarent qu’ils n’ont qu’à se louer du nouveau système de filetage qui est, disent-ils, « d’une facile exécution, qui présente de grandes garanties de solidité, et qu’ils trouvent parfaitement proportionné dans toute l’échelle des dimensions, même les plus petites».
- La plupart des Compagnies de chemins de fer en France ont adopté le système de la Société d’Encouragement. Comme documents relatifs à cette adoption, la Société d’Encouragement a reçu, le 20 juin 1895, des lettres de M. l'Ingénieur en chef du ma-
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- tériel et de la traction de la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, lettres informant la Société de l’adoption de système. Une lettre de M. le Directeur de la Compagnie des chemins de l’Est, du 17 juillet 1895, annonce de même que l’emploi du système de la Société d’Encouragement est décidé pour les constructions neuves et les réparations; une instruction publiée en avril 1896 parla même Compagnie est relative à cet emploi. M. le Directeur de la Compagnie du Midi a de même annoncé, par lettre du 24 février 1896, l’adoption du nouveau système; une instruction a été publiée le 2 décembre 1897 par les Chemins de fer de l’Ouest pour en prescrire l’emploi. De même, le matériel neuf du Chemin de fer du Nord est commandé avec les nouveaux filetages.
- Parmi les industriels qui ont annoncé à la Société d’Encouragement avoir adopté le système de filetages qu’elle a proposé, nous citerons la Compagnie des Hauts-Fourneaux, Forges et Aciéries de la Marine et des Chemins de fer, la Compagnie des Forges de Châtillon et Commentry, la Société de Construction des Batignolles, la Société des générateürs Niclausse, la Compagnie des mines d’Ostricourt, la Compagnie des mines d’Aniche, la Compagnie du touage de la Basse-Seine et de l’Oise, la Société des ateliers et chantiers de la Loire, MM. Sautter Harlé et Cie, MM. Brissonneau fils et A. Lotz, la Compagnie générale des automobiles, MM. Nathan Bloch fils. Les établissements si connus de MM. Schneider et Cie, au Çreusot, ont aussi adopté ce système.
- Aucune observation n’est parvenue à la Société d’Encouragement relative à des difficultés qu’on aurait éprouvées dans la fabrication et dans l’emploi des nouvelles vis ; au contraire, elle a reçu plusieurs déclarations analogues à celle des Forges et Chantiers de la Méditerranée, rapportée plus haut.
- Nous ne donnons ici que quelques noms relevés dans la liste des correspondances reçues par la Société ; mais il est à notre connaissance que bien d’autres établissements importants emploient le nouveau système. Du reste, tous les constructeurs travaillant pour la Marine de l’État et les compagnies de chemins de fer ayant prescrit l’emploi du nouveau système ont dû l'appliquer.
- Nous savons aussi que plusieurs constructeurs, tant à l’étranger qu’en France, ont entrepris la fabrication de l’outillage nécessaire pour la vérification et l’exécution des vis suivant le système proposé par la Société d’Encouragement, notamment MM. Bari-quand et Marre, à Paris, la Société alsacienne de constructions mécaniques, la Société Reishauer, à Zurich, MM. Reinecker, à Chemnitz.
- Cette énumération, très incomplète, d’applications du système proposé par la Société d’Encouragement, permet déjuger quelles dépenses ont déjà été faites pour ces applications; les administrations et les constructeurs qui les ont faites seraient sans doute peu empressés à les recommencer, au bout d’un délai si court, pour l’adoption d’un système différent.
- C’est avec un grand plaisir que la Société d’Encouragement a vu l’Union des industriels mécaniciens suisses porter la question sur le terrain international, chose qu’elle n’avait pas cru devoir faire et qui aurait sans doute été prématurée lorsqu’elle en a entrepris l’étude. Le Comité d’action suisse nous présente aujourd’hui un projet étudié avec le plus grand soin et avec le souci de voir aboutir la grande réforme qu’il poursuit.
- Les avantages du profil à troncature rectiligne, tel qu’il existe dans le système Sel-lers, avec l’angle de 60°, conduisent logiquement à le préférer aux autres profils; la pratique a d’ailleurs démontré aux constructeurs qui, depuis plusieurs années, ont exécuté en grand nombre des vis suivant ce profil, tant en Suisse et en Allemagne
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- qu’en France, qu’il ne présentait aucune difficulté spéciale d’exécution, ainsi que le déclarent d’autre parties constructeurs américains; l’effet de l’usure des outils dans les angles vifs est d’ailleurs complètement évité par l’addition d’arrondis au fond des filets de la vis pleine et de la vis creuse, ainsi que le recommande le Comité d’action suisse, et ainsi que l’ont fait souvent les constructeurs de ces vis. A cette occasion, on peut citer la règle adoptée par plusieurs de ces constructeurs, qui consiste à déterminer la troncature au fond des filets par la quantité h : 16, au lieu de h : 8 [h étant la hauteur primitive du triangle), en la raccordant avec les côtés principaux du profil par de très légers arrondis. Cette règle est suivie notamment par MM. Barriquand et Marre et par la Société alsacienne.
- Ainsi que le fait observer le Comité d’action suisse, comme il s’agit d’une partie du profil prévue surtout pour parer à l’usure des outils, et contre laquelle aucune partie ne s’ajuste, les légères variations dans la forme de cette partie supplémentaire n’ont pas d’importance.
- L’emploi de lavis intercalaire, au pas de lmm,25, pour le diamètre de 8 millimètres se justifie, parce que le saut de 1 millimètre à lmui,5 paraît un peu brusque. On peut remarquer toutefois que les constructeurs qui font usage du système de la Société d'Encouragement ne paraissent pas avoir reconnu l’utilité de cette intercalation, qui troublerait un peu la simplicité du système. On doit espérer que, si le Congrès approuve cette intercalation, ces industriels n’hésiteront pas à faire le sacrifice de l’outillage construit pour le diamètre de 8 millimètres.
- On peut en dire autant de l’addition du pas de lmm,75 pour lavis de 12 millimètres; cette addition a surtout pour objet de se rapprocher des types de Whitworth, pour lesquels les pas sont généralement un peu trop gros dans les petits diamètres. En examinant les filetages existants (voir notamment le tableau donné à la fin des « Projets d’unification des filetages » publiés par la Société d’Encouragement en avril 1893), on voit beaucoup de vis actuelles de 12 millimètres au pas de 1mm,5 seulement, ce qui est un argument en faveur de la conservation de ce pas.
- La fixation des diamètres intermédiaires entre les diamètres principaux paraît convenable. Peut-être plusieurs ingénieurs préféreraient-ils que tous ces diamètres fussent pairs. Il est clair que, dans des cas spéciaux et pour des réparations, on sera obligé d’employer d’autres diamètres, mais seulement à titre exceptionnel. Cette détermination des diamètres intermédiaires a l’avantage de réduire l’outillage à prévoir pour les cas usuels.
- Quant à la fixation du diamètre, il paraît nécessaire de continuer à le compter sur l’extérieur des filets des vis pleines, tels qu’ils sont réalisés, suivant la règle admise pour tous les systèmes de filetages existants, et non sur la pointe théorique avant troncature.
- Nous ne connaissions qu’une seule exception à cette règle, et elle a disparu : la Marine française comptait autrefois le diamètre sur la pointe des filets avant troncature -elle a abandonné cette méthode en adoptant le système de la Société d’Encouragement; or, la principale différence entre les deux systèmes consistait précisément en cette manière de compter le diamètre, qui a été abandonnée.
- Ainsi que le fait observer le Comité d’action suisse, la définition du diamètre d’après les pointes théoriques des filets avant troncature ne correspond qu’exceptionnellement au diamètre du corps du boulon. Le boulon n’est d’ailleurs qu’une des formes des vis mécaniques,et, pourplusieursautresformes, on n’apasdecorpscylindriqueàconsidérer.
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- Pour beaucoup de vis employées dans la construction des machines, on a, par exemple, une partie cylindrique de diamètre, ou beaucoup plus grand que la partie filetée, ou plus petit; certaines vis sont entièrement filetées sur toute leur longueur. Pour les boulons mêmes, le diamètre peut être commandé par l’ajustage précis dans les trous qu’il traverse. Ce n’est donc que dans des cas exceptionnels que le diamètre du corps du boulon correspondra au diamètre compté sur l’extérieur du filet.
- Quant au diamètre des tiges servant à l’exécution des vis, il est clair que ce diamètre peut varier suivant les procédés d’exécution et suivant la précision du laminage des tiges; on ne comprend pas bien que ce diamètre, qui peut varier et qui disparaît dans l’exécution, serve de base aux dimensions d’un système de vis.
- On a dit aussi, qu’en pratique, il était indifférent de mesurer en nombre entier de millimètres le diamètre réel des vis, parce qu’elles devaient être vérifiées au moyen de calibres. Ce motif n’est-il pas en contradiction avec le point de départ des résolutions du Comité d’action suisse, qui a reconnu « l’opportunité et l’utilité de l’unification des filetages sur une base métrique » ? Si on définit les vis par des calibres qui ne correspondent pas à nos unités de mesure, on retombe dans les inconvénients des systèmes de filetage à base non métrique. On peut faire, en outre, une objection plus générale au mode de définition des vis par des calibres ; il est nécessaire que les divers constructeurs puissent réaliser ces calibres suivant les règles qui seront recommandées par le Congrès: il importe dans l’intérêt de l’unification que les mesures à observer pour l’exécution de ces calibres soit simples. Les ateliers disposent actuellement de jauges et de bagues correspondant à des nombres entiers de millimètres, à l’aide desquelles ils peuvent vérifier certaines parties des calibres de filetage; serait-il bien pratique de leur demander de créer de nouvelles séries de ces outils correspondant à des nombres fractionnaires de millimètres ?
- Pour exécuter des vis précises, on commence souvent par tourner la barre d’acier au diamètre de ces vis ; n’est-il pas bien préférable de [faire ce travail suivant un diamètre facile à exprimer et à vérifier avec les calibres dont on dispose déjà ?
- Enfin, la question du diamètre des corps des boulons, ainsi que le déclare très justement le Comité d’action, est une de ces questions accessoires qu’il vaut mieux laisser de côté ; bien d’autres détails pourraient être fixés, mais la fixation de ces détails compliquerait extrêmement la question sans avantagejondamental ; l’entente sur la forme et les dimensions des parties filetées est seule essentielle ; le reste n’a qu’une importance secondaire.
- En résumé, le système présenté par le Comité d’action suisse satisfait aux conditions de la pratique, qu’on y conserve ou non les pas intercalaires de lmm,2o et de lIIim,75 ; il se rapproche beaucoup d’un système déjà largement appliqué, on peut dire du seul système à base métrique largement appliqué, ce qui ne peut qu’en faciliter l’adoption générale.
- Il importe surtout de [remarquer qu’aucun système de filetage ne présente de mérites intrinsèques assez grands pour le faire nécessairement préférer à tout autre système bien étudié ; beaucoup de systèmes sont à peu près équivalents en pratique ; ce qu’il faut, c’est qu’on s’entende pour en choisir un, en se laissant guider surtout par la probabilité de l’adoption la plus générale.
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- Rapport de M. le Professeur Escher;
- J’ai reçu la mission d’exposer les propositions du Comité d’action suisse. Mon exposé sera bref, car le texte de ces propositions a été distribué.
- Je m’appuierai sur le « Tableau comparatif », qui vous a été envoyé au mois d’août, sur les « Propositions», que vous avez reçues il y a quelques semaines, et sur les graphiques sur papier calque qui vous ont été remis hier.
- Dans toutes les propositions récentes, le profil a un angle de 60° avec troncatures au 8e comme dans le système Sellers, courant en Amérique. Les pas sont à peu près les mêmes que dans le système Whitworth pour les diamètres moyens; pour les petits comme pour les gros diamètres, ils sont plus fins que dans le système Whitworth ; on a ainsi tenu compte des critiques adressées à ce système.
- Toutes ces propositions sont en état de répondre aux besoins de la pratique : on peut dire qu’elles se valent toutes à ce point de vue. Il est facile de produire encore d’autres systèmes, qui seraient tout aussi bons ; en fait, nous avons reçu de la Société des Ingénieurs et Architectes de Turin des propositions fort bien étudiées, qui pourraient, tout aussi bien qu’aucune autre, servir de base a un système unifié, si l’on faisait table rase de tout ce qui existe.
- Mais, en fin dejcompte, il faut faire un choix. Puisque aucune raison fondamentale ne peut déterminer ce choix, il faut se décider d’après des motifs indépendants de la valeur intrinsèquedes systèmes. Pour nous, la circonstance décisive est que le système français a déjà pris racine en France et s’y développe rapidement, ainsi que M. Sauvage vient de le dire. C’est pour cette raison que nous vous recommandons le système français, sous réserve de quelques modifications qui n’en changent pas les principes essentiels.
- C’est ainsi que nous vous proposons les pas de lmm,25 et Imm,75 respectivement pour les diamètres de 8 et de 12 millimètres parce que les pas de 1 millimètre et lmm,5 du système français’nous paraissent trop fins. Nous proposons ensuite que les angles rentrants du profil de lavis soient arrondis en arc de cercle de 60°. Nous désirons que cet arrondissement soit prévu, mais sans prescrire une valeur précise pour le diamètre de l’arrondi, car les dimensions en sont si faibles que la vérification exacte en serait fort difficile.
- En ce qui concerne les diamètres, le système français se contente de donner les valeurs des diamètres auxquelles correspond une variation du pas ; il ne fixe ainsi que les points principaux de la série et laisse toute liberté dans le choix des diamètres intermédiaires.
- Cette conception nous parait opposée au principe même d’unification ; aussi nous vous proposons de fixer les diamètres intermédiaires et de choisir la proposition Delisle I dans le « Tableau comparatif de quelques systèmes de filetages ». Certes on peut se demander si la pratique ratifiera toujours notre choix, mais il ne peut offrir aucun inconvénient, car, s’il n’est pas suivi en pratique, une autre série s’établira d’elle-même.
- Sur la manière de mesurer le diamètre, je n’ai rien à dire, puisque la proposition de le compter sur la pointe des filets avant troncature n’a pas été maintenue.
- Quant au tableau d’ouvertures de clefs, que vous avez entre les mains, je dois vous faire remarquer qu’elle n’a pas été soumise au Comité d’action ; elle a été préparée au dernier moment, par deux de ses membres, pour servir de première base aux discus-
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- sions du Congrès. En les établissant, on a cherché à réduire les dimensions des écrous, autant que le permet la résistance du fer forgé; souvent en effet les constructeurs sont gênés à un millimètre près pour placer les écrous, et on en arrive fréquemment à choisir le diamètre des boulons en vue de la place disponible pour la tête et l’écrou, au lieu de le fixer d’après la charge qu’il doit supporter.
- Nous avons été conduits à une ouverture différente de clefs pour chaque diamètre de boulon. Quand on veut réduire le nombre des clefs, il n’y a qu’à adopter une même largeur d’écrou pour des diamètres différents. Cette question n’a d’ailleurs qu’un intérêt secondaire; on arrive toujours à manœuvrer un écrou de largeur quelconque, par exemple à l’aide d’une clef anglaise.
- Le Président fait remarquer les divisions du sujet indiquées sur l’ordre du jour, divisions qui doivent être discutées successivement :
- a) Profil du filet (angle, troncature, arrondi) ; b) Échelle des diamètres et des pas; c) Mesure du diamètre (diamètre idéal ou réel; d) Ouvertures de clefs.
- M. Van Gelder, de Hengelo (Hollande), demande à exposer au préalable les vues des ingénieurs hollandais. La Hollande reçoit la plupart de ses machines des diverses contrées voisines ; elle a par suite un intérêt tout spécial à ce que l’unification se fasse. Les ingénieurs hollandais pencheraient en général pour le système français ; mais il aimeraient à voir fixer les diamètres intermédiaires pour prévenir les irrégularités dans le choix de ces diamètres. Il serait à craindre qu’on employât des vis de diamètres si voisins qu’on ne les distinguerait pas à première vue (par exemple 26 et 27 mm.). M. Van Gelder pense qu’on pourrait se contenter de 22 à 25 diamètres. Quant au jeu, il est d’avis qu’il ne peut être l’objet d’aucune prescription; le jeu se produit spontanément. L’assemblée passe à l’examen successif des divisions.
- a) Profil du filet (angle, troncature, arrondi). — M. Kreutzberger, de Puteaux, explique la construction des vis et dit qu’il est impossible de produire le profil à angles vifs ou à arrondis de rayon déterminé. Seul le profil à angles tronqués admet des règles précises. Quand on arrondit les angles rentrants, le taraud à écrous ne peut servir à tailler les filières. En outre, l’arrondi ne peut être contrôlé et vérifié; le jeu permet alors un déplacement latéral de l’écrou sur le boulon. On n’évite cet inconvénient qu’en exécutant rigoureusement les profils des deux pièces, ce qui n’est possible qu’avec le profil à angles tronqués sans arrondis. Dans l’opération du taraudage, c’est le dernier taraud qui exécute les angles des profils; comme ce taraud enlève très peu de métal, il ne s’use pas vite ; dès qu’il présente quelques traces d’usure, on le remplace, mais on continue à l’employer pour l’avant-dernier passage.
- M. J. Reinecker, de Chemnitz, exprime sa satisfaction de voir l’angle de 60° rallier tous les suffrages. Il est d’avis qu’on ne doit faire aucune prescription en ce qui concerne l’arrondi, car le jeu nécessaire s’obtient spontanément.
- M. Sauvage remarque, qu’au fond, toutes les opinions concordent. Du moment qu’on admet le profil à troncatures comme limite commune infranchissable, le reste n’a qu’une importance secondaire.
- M. Kreutzberger maintient les avantages du profil exactement arrêté aux troncatures.
- Le Président propose de passer aux points suivants du programme et de sou-
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- mettre la question en suspens à une sous-commission, qui apportera une proposition à la seconde séance du Congrès.
- On passe à la discussion du second point.
- b) Échelle des diamètres et des pas. — M. l’ingénieur en chef Delisle, de Karlsruhe, demande qu’on substitue à la proposition « Delisle I » présentée par le Comité d’action la proposition « Delisle II », en y remplaçant les diamètres de 26 et 32 mm. pour la régulariser. Il reproche à la proposition du Comité d’action l’irrégularité de l’échelle des diamètres par rapport à l’échelle des pas.
- M. Peters dit qu’il faut décider si l’on se contente de compléter le système français ou si on le modifie.
- M. le professeur Galassini, de Turin, présente la proposition de la Société des ingénieurs et architectes de Turin. Une commission désignée par cette Société a pris pour bases de ses études les propositions de la Société d’Encouragement, de l’Association des ingénieurs allemands et du Comité d’action suisse ; elle a cherché à s’en rapprocher le plus possible et à ne les modifier que lorsqu’elle a cru la modification absolument nécessaire.
- Le profil choisi est resté le même (angle de 60°, troncatures au huitième), avec un approfondissement des angles rentrants jusqu’au 16e de la hauteur.
- Le diamètre est mesuré sur l’extérieur des filets après troncatures.
- La commission reproche au système de la Société d’Encouragement le choix préalable des pas de demi en demi-millimètre; les diamètres ont été fixés ensuite. Il en est résulté quelques inconvénients. Les échelons sont trop éloignés pour les petits diamètres et trop rapprochés pour les gros. Pour les pas, on a une bonne série de nombres ronds; mais il n’en est pas de même pour les diamètres, où manquent par exemple les nombres 20, 40, 50, 60 et 70 mm.
- La commission turinoise a pris la méthode inverse; elle a d’abord fixé la série des diamètres, carie diamètre est la dimension essentielle d’une vis, puis elle a choisi des pas convenables. Comme dans la proposition du Comité d’action suisse, les diamètres croissentde millimètre en millimètre de 6 à 12 mm., puis de2en 2 mm. jusqu’à 33 mm. ; vient ensuite une progression de 4 en 4 mm., puis à partir du diamètre de 40mm., de 5 en 5 mm. On évite ainsi la progression par 3mm., qui n’est pas décimale, et donne des nombres impairs. On obtient ainsi une série de 27 diamètres, contre 29 dans la proposition suisse; les gros diamètres, qui exigent un outillage coûteux, sont moins nombreux, tandis que, dans la série jusqu’à 40 mm., il y a 19 diamètres au lieu de 18.
- La commission était d’avis qu’il serait préférable de fixer un pas spécial pour chaque diamètre ; mais les considérations exposées dans la conférence préliminaire du 20 novembre 1897 la décidèrent à adopter les pas en échelons.
- L’intervalle de 1/2 mm. du système français lui a paru trop grand pour les petits diamètres; c’est donc avec raison que le Comité suisse a intercalé les pas de 1,25 et de 1,75 mm.; mais ces fractions ont le défaut de s’exprimer en vingtièmes de millimètre (1), ce qui trouble la simplicité de l’échelle française. En outre, on remarque dans l’échelle suisse une irrégularité : le pas de 1,75 mm. ne s’applique qu’à un seul diamètre, tandis que celui de 2,5 mm. s’applique à trois diamètres. On a évité ces irrégularités en appliquant chaque pas à deux diamètres. Ces pas s’expriment en dixièmes de millimètre et suivent de très près l’échelle du Comité suisse d’action.
- (1) Cette remarque ne s’applique qu’à l’écrire en traction décimale; car les pas varient par quarts de millimètres.
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- La série proposée est la suivante :
- Diamètre. Pas. Diamètre. Pas.
- mm. mm. mm. mm.
- 6 1,0 28 3,4
- 7 1,0 30 3,4
- 8 1,3 32 3,8
- 9 1,3 36 3,8
- 10 1,6 40 4,5
- 11 1,6 45 4,5
- 12 1,8 50 o,2
- 14 1,8 55 5,2
- 16 2,2 60 5,9
- 18 2,2 65 5,9
- 20 2,6 70 6,5
- 22 2,6 73 '6,5
- 24 3,0 80 ^,0
- 26 3,0
- M. Escher, en réponse aux observations de M. Delisle, fait remarquer que la proposition Delisle II renferme aussi une irrégularité dans l’acroissement des pas, bien visible sur le tracé graphique. Il ne voit aucun inconvénient à ces irrégularités, que seule l’étude complète du système révèle ; il trouve des inconvénients bien plus graves à s’écarter du système français et à s’éloigner ainsi du but à atteindre. La proposition Delisle II donne des pas différents pour deux diamètres principaux du système français.
- M. Delisle est d’avis qu’en effet ces irrégularités n’ont qu’une importance secondaire.
- Sur la proposition du Président, la question est renvoyée à l’examen de la sous-commission.
- La troisième question, c) mesure du diamètre (idéal ou réel), se trouve résolue, aucune divergence d’opinion n’existant plus à cet égard.
- M. Peters soulève la question de la limite supérieure du système : doit-on s’arrêter aux diamètres de 60 ou 80 mm ?
- M. le général Sébert, de Paris, est opposé à la limitation inférieure, car on emploie fréquemment des vis de plus de 60 millimètres.
- M. Peters est, au contraire, partisan de la limite inférieure, car on peut reprocher au système proposé des pas trop forts pour les grands diamètres, et ce défaut peut être un obstacle à la diffusion du système.
- M. Sauvage se rallierait volontiers à la proposition de M. Peters.
- M. le directeur Huber, d’Oerlikon, dit qu’il vaudrait mieux, en principe, que, dans le système français comme dans le système Whitworth, les vis de plus de deux pouces eussent un pas un peu plus fin ; mais il ne voit pas là de motifs suffisants pour changer la série proposée. Les constructeurs de machines emploient en somme assez fréquemment les vis de grand diamètre ; il est donc opportun d’étendre la série jusqu’à 80 millimètres.
- M. l’ingénieur en chef Weyermann, de Berne, dit que la série des chemins de fer suisses ne dépasse pas le diamètre de 2 pouces ; la limite de 60 millimètres suffirait donc.
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- M. Kreutzberger rappelle que le système Sellers s’étend beaucoup plus loin ; il convient de pousser la série jusqu’à 80 millimètres.
- Sur la proposition du'président, le Congrès passe à la discussion de l’article suivant.
- • d) Ouverture des clefs. — M. Delisle approuve le tableau proposé ; les dimensions portées dans ce tableau concordent avec la formule qu’il a établie (D — d + 4,3 p; d, diamètre de la vis, p, pas). Toutefois, à partir de l’ouverture de 70 millimètres, ces ouvertures devraient croître par 5 millimètres, de manière à obtenir pour la vis de 80 millimètres la clef de 110 millimètres, dimension suffisante.
- M. Escher est d’accord avec M. Delisle.
- M. l’ingénieur en chef Weyermann, au nom des chemins de fer, demande que Ton réduise le nombre des clefs, une même clef pouvant servir pour plusieurs diamètres.
- M. Delisle insiste au contraire pour qu’à chaque diamètre corresponde une clef spéciale. Il est d’ailleurs toujours facile, quand on veut réduire le nombre de clefs d’un outillage, de donner la même largeur aux écrous pour divers diamètres.
- M. Huber, d’Oerlikon, demande la réduction au minimum de l’ouverture de clefs. Le constructeur est souvent embarrassé pour loger les têtes de boulons et les écrous. En particulier, dans le tableau proposé, les ouvertures de clef supérieures à 60 millimètres pourraient être diminuées.
- Le Président déclare qu’il est heureux de constater qu’il ne reste plus que des questions secondaires à trancher. Il propose de charger la sous-commission de l’examen de toutes ces questions.
- Cette sous-commission est composé de MM. Peters, Sauvage, Escher, Reinecker, Marre, Bechstein, van Gelder et Galassini. Elle se réunira le mardi 4. octobre à 8 heures dans l’Aula.
- Par suite la seconde séance du Congrès sera retardée jusqu’à 11 heures.
- Après quelques observations de M. Escher sur l’exécution du reste du programme, le président lève la séance à midi et demi.
- séance de la sous-commission.
- Mardi 4 octobre, à 8 h. 15, dans l'Aula de l'École polytechnique.
- La sous-commission est présidée par M. le colonel Huber.
- M. le directeur Peters, en qualité de représentant de l’Association des Ingénieurs allemands, exprime l’espoir que les délégués français se rallieront aux quelques modifications qui ont été proposées au système français, puisque ce système a été en principe adopté par le Congrès.
- M. Sauvage propose de fixer la limite de l’approfondissement des angles rentrants du profil au 16e de la hauteur, mais sans prescrire la forme de cet approfondissement.
- M. Peters préférerait qu’on prescrivît un fond arrondi, car on ne peut guère obtenir normalement un profil à angles vifs.
- M. Bechstein partage cette opinion. Il rappelle les expériences faites à l’instigation de l’Association des Ingénieurs allemands sur les vis de Whitworth, de Sellers et du type allemand. C’est le profil Whitworth qui a montré le moins d’usure, ce qui démontre l’avantage des arrondis.
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- M. Reinecker demande qu’on laisse toute liberté à ce sujet, car il s’agit de dimensions si petites qu’on ne peut les vérifier; les prescriptions à ce sujet sont donc inutiles.
- La sous-commission se rallie à la proposition suivante formulée par M. Peters :
- L’approfondissement de l’angle rentrant du profil ne dépassera pas le 16e de la hauteur du triangle primitif; la forme de cet approfondissement n’est pas spécifiée; il est toutefois recommandé d’adopter un profil arrondi.
- En ce qui concerne la limite supérieure des diamètres, M. Esciier propose de s’arrêter aux dimensions obtenues couramment par taraudage, c’est-à-dire de ne pas dépasser 50 millimètres.
- Mais le Président dit qu’il est fort important aussi d’unifier les vis de plus grands diamètres. M. Peters se rallie à cette proposition, et la limite de 80 millimètres est admise.
- En ce qui concerne l’échelle des pas, M. Sauvage combat l’intercalation des pas de l'nm,25 et lmm,75 pour les diamètres de 8 et de I2 millimètres. Aucun des constructeurs qui ont adopté le système français n’a trouvé que les pas de 1 millimètre et de lmm,o fussent trop fins pour ces diamètres; ces intercalations ne sont nullement justifiées par les besoins de la pratique.
- M. Reinecker ne partage pas cette opinion. Le saut du pas de 1 millimètre, pour la vis de 9 millimètres, au pas de lmin,5 pour la vis de 10 millimètres est trop grand.
- On tombe finalement d’accord pour intercaler les pas de lmm,25 et lram,75.
- L’échelle des diamètres proposée par le Comité d’action est adoptée sans discussion. Les diamètres intercalaires ne devront être employés qu’exceptionnellement; le pas sera celui du diamètre normal immédiatement inférieur.
- La question des ouvertures des clefs est ajournée, sur la proposition de M. Peters, car elle n’est pas suffisamment préparée. Elle est d’ailleurs d’importance secondaire. Cette question sera ultérieurement étudiée par la Société d’Encouragement, l’Association des ingénieurs allemands et l’Union des Industriels mécaniciens suisses.
- Le Président constate que l’accord existe sur toutes les questions maintenues à l’ordre du jour ; la sous-commission est en mesure de présenter au Congrès, unanimement, la proposition d’adopter le système français, avec les modifications apportées par le Comité d’action suisse. MM. Peters et Sauvage rédigeront les propositions dans l’intervalle des deux séances.
- La séance de la sous-commission est levée à 10 h. 30 m.
- Le 13 octobre, M. le professeur Galassini, au nom de la Société des Ingénieurs et Architectes de Turin, a demandé l’addition suivante au procès-verbal :
- M. le professeur Galassini a expliqué au Congrès, dans la séance du 3 octobre, pour quelles raisons la Société des Ingénieurs de Turin a cru devoir présenter une proposition spéciale, qui modifie légèrement celle du Comité d’action suisse ; maintenant, il tient à déclarer, qu’après les déclarations de M. Sauvage sur la diffusion du système de la Société d’Encouragement en France, déclarations qui ont déterminé les ingénieurs allemands eux-mêmes à renoncer à leur système pour adopter celui du Comité d’action suisse,
- Considérant que l’unanimité de vote est imposée par le programme du Congrès, et que toute proposition n’ayant pas pour base le système français ne pourrait rallier
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- cette unanimité, la Société des Ingénieurs de Turin, si l’on se met d’accord sur la proposition suisse, est disposée à l’approuver, car toute question de détail doit céder devant le bénéfice d’un accord international sur l’unification des filetages.
- SÉANCE FINALE DU CONGRÈS
- Mardi 4 octobre, « Il heures, dans VAula de l'Ecole polytechnique.
- En ouvrant la séance, le Président annonce que la sous-commission a adopté à l’unanimité une proposition qui va être soumise au Congrès. Lecture en est donnée, en français et en allemand ; à l’unanimité, et sans discussion, les membres du Congrès adoptent cette proposition ainsi conçue :
- Le Congrès a entrepris la tâche d'unifier les filetages des vis mécaniques; il recommande à tous ceux qui veulent adopter, un système de filetage à base métrique de se servir du système qu’il propose.
- Ce système est celui qui a été établi par la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale, avec les modifications qui suivent, adoptées par le Congrès :
- 1° Le jeu au fond des sommets creux ne doit pas dépasser le seizième de la hauteur du triangle primitif. La forme de l’approfondissement qui en résulte est laissée à l’appréciation des constructeurs. Le Congrès recommande toutefois d’adopter un profil arrondi pour cet approfondissement.
- 2° La série des vis envisagées s’étend du diamètre de 6 millimètres à celui de 80 millimètres.
- 3° Le tableau des diamètres normaux est celui qui a été proposé par le Comité d’action suisse; on y remarquera spécialement que le pas de lmui,2o est adopté pour le diamètre de 8 millimètres, et le pas de luim,75 pour le diamètre de 12 millimètres.
- Entre les diamètres normaux indiqués au tableau, on peut intercaler, par exception, d’autres diamètres; le pas reste alors celui de la vis normale de diamètre immédiatement inférieur.
- Les règles adoptées seront rédigées par les soins de l’Union des industriels mécaniciens suisses, de l’Association des ingénieurs allemands et de la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale.
- Le système sera désigné sous le nom de Système international (S. I.).
- Les trois sociétés susnommées sont invitées à étudier la question des ouvertures de clefs et à provoquer une entente à ce sujet.
- Le Congrès adresse ses remerciements à tous ceux qui se sont occupés de la question et tout spécialement à l’Union des industriels mécaniciens suisses et à son Comité d’action.
- Le Président dit qu’il est heureux de cette unanimité du Congrès; il est persuade' que les travaux du Congrès auront d’utiles conséquences.
- M. Sauvage prie les membres du Congrès de voter des remerciements au Président et à ses collaborateurs.
- La séance est levée à 11 h. 20.
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- UNIFICATION DES FILETAGES.
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- Système international de filetages.
- Angle du filet................ 60°
- Troncature.................... 1/8 de la hauteur du triangle primitif
- Diamètre. Pas.
- mm. mm.
- 6 1
- 7 1
- 8 1,25
- 9 1,25
- 10 1,5
- 11 1,5
- 12 1,75
- 14 2
- 16 2
- 18 2,5
- 20 2,5
- 22 2,5
- 24 3
- 27 3
- 30 3,5
- Diamètre. Pas.
- mm. mm.
- 33 3,5
- 36 4
- 39 4
- .42 4,5
- 45 4,5
- 48 5
- 52 5
- 56 5,5
- 60 5,5
- 64 6
- 68 6
- 72 6,5
- 76 6,5
- 80 7
- En annexes à ce procès-verbal on a publié les propositions pour l’unification des filetages (document n° 4 ci-dessus), le tableau comparatif de quelques systèmes de filetages, qui l’accompagne, ainsi que le tableau des ouvertures de clefs proposées (document n° 5).
- LISTE DES SOCIETES QUI ONT ETE INVITÉES AU CONGRÈS
- Society of mechanical engineers, New York.
- Franklin Institute, Philadelphia.
- Association des ingénieurs sortis des Ecoles spéciales de Gand, Gand.
- Yerein deutscher Ingenieure, Berlin.
- Verein deutscher Eisenbahnverbande, Berlin.
- Yerein deutscher Maschinenfabrikanten, Düsseldorf.
- Verein für Eisenbahnkunde, Berlin.
- Institute of civil engineers, London.
- Institute of mechanical engineers, London.
- Société d’Encouragement pour l’industrie nationale, Paris.
- Société des ingénieurs civils de France, Paris.
- Kônigl. Niederlàndisches Institut für Ingenieure, s’Gravenhage.
- Società degli ingegneri e degli architetti, Torino.
- Collegio degli ingegneri ed architetti, Milano.
- Società degli ingegneri ed architetti, Roma.
- Oesterreichischer Ingénieur und Architekten-verein, Wien.
- Ungarischer Ingenieur-und Architektenverein, Budapest.
- Société Impériale technique russe, St. Péters-bourg.
- Société des ingénieurs technologues, St. Pé-tersbourg.
- Société polytechnique, St. Pétersbourg.
- Schwedischer Technikerverein, Stockholm.
- Schweizerischer Eisenbahnverband.
- Yerband schweizerischer Sekundarbahnen.
- Schweizerischer Ingenieur-und Architektenverein.
- Gesellschaft ehemaliger Studierender der eid-genôssischen polytechnischen Schule.
- Schweizerischer elektrotechnischer Verein.
- Verein schweizerischer Maschinen-Industriel-ler.
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- Document n° 8.
- Système international de filetages à base métrique, établi par le Congrès Internationa pour l'unification des filetages ci Zurich, les 3 et 4 octobre 1898.
- L’emploi général du système métrique en Europe fait désirer de plus en plus vivement l’adoption des mesures métriques pour la construction des vis. 11 est clair qu’on ne peut détruire d’un seul coup, par la simple décision des intéressés, un système de filetages aussi profondément implanté que le système Whitworth ; mais les efforts faits pour établir un système métrique de filetages, efforts de plus en plus grands et répétés, prouvent que cette question exige une solution qui finira par s’imposer tôt ou tard.
- Mais il importe que cette solution soit unique, et qu’on ne voie pas surgir une série de systèmes de filetages à base métrique : c’est pourquoi l’Association des ingénieurs allemands, la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale, de Paris, et EUnion des industriels mécaniciens suisses se sont associées pour poser les règles d’un système uniforme de filetages» dont l’adoption serait recommandée à tous ceux qui désirent, pour une raison quelconque, appliquer une base métrique au tracé des vis.Ces règles ont été établies par le Congrès international tenu à Zurich les 3 et 4 octobre 1898, Congrès auquel avaient été conviés les représentants des principales associations techniques des pays industriels.
- Il était impossible d’établir un système de filetages dont les avantages intrinsèques fussent tels qu’il primât les nombreuses propositions bien étudiées faites antérieurement ; et le Congrès aurait eu peine à réaliser l’unification, si le système établi par la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale en 1894 n’était pas rapidement devenu d’un usage général en France. Comme ce système répond à tous les besoins de la pratique, comme on ne pouvait supposer que les constructeurs français seraient disposés à l’abandonner sitôt après l’avoir adopté, c’est ce système que le Congrès a choisi à l’unanimité de ses membres, avec quelques légères additions, pour le recommander aux techniciens du monde entier.
- Les règles de ce système, dénommé Système international de filetages, et désigné par les initiales S. I., sont données ci-dessous en détail.
- Règles du système international de filetages.
- S. I.
- Vis auxquelles s'appliquent les règles du système international. — Les règles adoptées par le Congrès, et formulées ci-après, ne s’appliquent qu’aux seules vis mécaniques, c’est-à-dire aux vis métalliques, de diamètre égal ou supérieur à 6 millimètres, destinées à l’assemblage des pièces de machines et aux constructions mécaniques. Ces règles ne s’appliquent pas aux très petites vis, dites vis horlogères ; aux vis qui servent aux transmissions de mouvement dans les tours et autres machines; aux vis découpées sur les tubes, tels que les tuyaux à gaz et autres ; aux vis micrométriques ; à toutes les vis qui servent à des usages particuliers, exigeant certaines dispositions qui ne peuvent rentrer dans un système uniforme de filetages ; enfin elles ne s’appliquent pas aux vis à bois, qui pratiquent elles-mêmes leur logement dans une matière relativement molle.
- Nature du filet. — Le tracé des vis mécaniques est déterminé par l’enroulement en
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- UNIFICATION DES FILETAGES.
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- hélice à droite d’un tilet simple, obtenu par la troncature d’un triangle primitif équilatéral, dont le côté, placé parallèlement à l’axe de la vis, est égal au pas de la vis.
- Forme du filet. — Le triangle primitif équilatéral est tronqué par deux parallèles à la base (placée parallèlement à l’axe de la vis), menées respectivement au huitième de la hauteur à partir du sommet et de la base.
- La hauteur du filet, mesurée entre les troncatures, est, par suite, égale aux trois quarts de la hauteur h (fig. 5) du triangle équilatéral primitif; c’est approximativement le pas p multiplié par 0,6495.
- Jeux entre les vis pleines et les vis creuses. — Les vis pleines et les vis creuses ou écrous, qui se correspondent, ont, en principe, mêmes fdets ; mais, afin de tenir compte des tolérances d’exécution, indispensables dans la pratique, tolérances qui doivent varier selon les circonstances, le profil fixé est un profil limite, pour la vis pleine comme pour la vis creuse ; cette limite est prévue par excès pour la vis pleine et par défaut pour la vis creuse : en d’autres termes, la vis pleine doit toujours rester à l'intérieur du profil limite, et la vis creuse à l'extérieur de ce même profil.
- Les écarts entre la surface théorique commune et les surfaces réalisées sur la vis pleine et sur son écrou déterminent le jeu que présenteront les deux pièces montées l’une sur l’autre. Aucune valeur n’est fixée pour ce jeu, chaque constructeur restant juge des tolérances admissibles, suivant la destination des vis et suivant l’outillage employé pour leur fabrication.
- En ce qui concerne le jeu que présentent la vis pleine et la vis creuse au fond des angles rentrants du profil, l’approfondissement dû à ce jeu ne devra pas dépasser un seizième de la hauteur du triangle primitif. Aucune règle n’est tracée pour la forme de cet approfondissement ; il est seulement recommandé d’employer un profil arrondi. La profondeur du filet peut ainsi atteindre les treize seizièmes de la hauteur h du triangle primitif, ou 0,704 p.
- Diamètre des vis. — Le diamètre des vis se mesure sur l’extérieur des filets après troncature: le diamètre, exprimé en millimètres, sert à désigner lavis.
- Tableau de la série normale des diamètres et des pas correspondants.
- DIAMÈTRE. PAS. DIAMÈTRE. PAS. DIAMÈTRE. PAS.
- Millim. Millim. Millim. Millim. Millim. Millim.
- 6 1,0 20 2,5 48 5,0
- 7 1,0 22 2,5 52 5,0
- 8 1,25 24 3,0 56 5,5
- 9 1,25 27 3,0 60 5.5
- 10 1,5 30 3,5 64 6,0
- 11 1,5 33 3,5 68 6,0
- 12 1,75 36 4,0 72 6,5
- 14 2,0 34 4,0 76 6,5
- 16 2.0 42 4,5 80 7,0
- 18 2.5 45 4,5 ”
- Tome IV. — 98e année. 5° série. — Mars 1899.
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- m
- Diamètres intermédiaires. — Entre les vis portées sur le tableau, on peut intercaler, exceptionnellement, des vis intermédiaires, dont le pas reste celui de la vis indiquée au tableau immédiatement inférieure. Les diamètres de ces vis intermédiaires doivent toujours être exprimés par un nombre entier de millimètres.
- Sur le désir du Congrès, les trois Associations ci-dessus désignées prépareront une proposition relative à l’ouverture des clefs.
- Bibliographie relative aux filetages, spécialement aux filetages à base métrique,
- par ordre chronologique (i).
- 1) LIVRES
- Redtenbacher. Resultate fur den Maschinenbau, 1848.
- Traité des machines à vapeur de Julien, 1859, p. 91.
- Report of the board to recommand a “ Standard ” gauge for bolts, nuts and screw-threads for the U. S. Navy, 1868.
- Poncelet. Cours de mécanique appliqué aux machines, publié par Kretz, 1874, p. 366, 427. Delile. Ueber Gewindesysteme für scharfgàngige Schrauben, Karlsruhe, 1873.
- Résal. Mécanique générale, 1875, partie III, p. 237.
- Die metrischen Gewindesysteme für scharfgangige Schrauben und die Môglichkeit der allgemeinen Einführung eines derselben. Im Auftrage des Vereines deutscher Ingenieure zusammengestellt und erlautert, Rerlin, 1876.
- G. Delile, Th. Peters, H. Ludewig. Die metrischen Gewindesysteme, 1876. Weisbach-Herrmann. Ingénieur und Maschinen-Mechanik, 1876, partie III, p. 609.
- Unwin. Machine design, 1877, p. 791 ; 2e édition, partie I, p. 142.
- Thury. Systématique des vis horlogères, Genève, 1878.
- D. A. Casalonga. Communication du Congrès international du Génie civil, 6 sept, 1878. Contamin. Cours de résistance appliquée, 1878, p. 40.
- Monnier. Le pas de vis différentiel et ses applications, P.aris, 1879.
- Notice sur le système des vis de la filière suisse, 1880.
- Reuleaux. Der Konstrukteur, 4e édition, 1882, à 1889, p. 195, 203, 1012.
- Uhland. Handbuch für den praktischen Maschinen Konstrukteur, 1883, p. 8.
- Karmarsch und Heeren. Technologisches Wôrterbuch, 1884, vol. 6, p. 787.
- J. Cady. Traité pratique du filetage, 3e édition, Paris, 1885.
- Flamant. Mécanique générale, 1888, p. 452.
- Sebert. Compte rendu du Congrès de photographie à Paris, 1889, p. 130.
- P.-N. Hasluck. Screw threads, methods of producing them, London, 1890.
- Ueber der Einführung einheitlicher Schraubengewinde. Offizieller Rericht über die internationale Elektroteehnische Ausstellung in Frankfurt a/M. 1891, vol. I, p. 93.
- Rach. Maschinenelemente, 6e édition, p. 99.
- H. de la Goupillière. Traité des mécanismes, p. 369.
- E. Sauvage. Revue de l’état actuel de la construction des machines, chap. xiv.
- Rocquet. Nouvelle méthode de filetage à 2, 4 et 6 roues, Paris.
- Boulvin. Mécanique appliquée aux machines, vol. I, p. 70.
- (1) D’après la Zeitschrift des Vereines deutscher Ingenieure, 3 déc. 1898, p. 1370.
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- UNIFICATION DES FILETAGES.
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- 2) PÉRIODIQUES
- Whitworth. On a uniform System of screw-threads, Proceedings of the Soc. of Civil Engineers, 1841, p. 157.
- Sellers. System of screw-thread and nuts, Journ. of the Franklin Institute, 1864, p. 344.
- Report of the spécial Committee on a uniform System of screw-threads and nuts, Journ. of the Franklin Institute, vol. 49, 1865, p. 53.
- Briggs. A uniform System of screw-threads, Journ. of the Franklin Institute, vol. 49, 1865, p. 111.
- Kæssner. Vergleiche gegenwartiger Gewindesysteme vor Einführung eines einheitlichen deutschen Gewindesysteme. Deutsche Industrie-Zeitung, 1872, p. 373, 384, 392.
- Steinlen. Note sur les diamètres et pas des boulons et des vis à filets triangulaires. Bulletin de la Société industr. de Mulhouse, 1873, p. 444, Schoen, do, p. 451.
- Steinlens Gewindesystem fur scharfgiingige Schrauben Polytechn. Zentralblatt, 1874, p. 73.
- Neues Gewindesystem für scharfgiingige Schrauben (System Delisle), Z. (1), 1876, p. 294.
- Ladewig. Annahme eines metrischen Gewindesystems für scharfgiingige Schrauben (Vortrag in der 16. Hauptversammlung des Vereines deutscher Ingenieure in Aachen), Z. 1875, p. 773,846. Deutsche Industrie-Zeitung, 1875, p. 505.
- Tilp. Zur metrischen Schraubenskala, Organ für die Fortschritte des Eisenbahnwesens, 1875, p. 292.
- Schraubenskala nach dem metrischen System (Verhandl. im Polytechn. Yerein in München), Bayr. Industrie-und Gewerbeblatt, 1875, p. 248, 251, 330; 1876, p. 81.
- Metrisches Gewindesystem für scharfgiingige Schrauben, Deutsche Industrie-Zeitung, 1875, p. 375.
- Kayser. Yorschliige für eine Schraubenskala nach dem metrischen Messystem, Z., 1876, p. 277, 764.
- Delisle. do, p. 541.
- Gewindesystem von Delisle (Verhandl. d. Sachs.-Anhalt. Bezirksvereines), Z, 1876, p. 122.
- Mertz. Einführung eines Normalgewindes (Verhandl. des Pfalz-Saarbrücker Bezirksvereines), Z., 1876, p. 370.
- Delisle Zur metrischen Gewindeskala (Tilp) Organ. für die Fortschritte des Eisenbahnwesens, 1876, p. 206.
- Delisle. Einführung eines metrischen Gewindesystems ( Beschluss der 18. Hauptversammlung des Vereines deutscher Ingenieure), Wochenschrift d. V. d. I., 1877, p. 355.
- Lohren. Gutachten der Abteilung für Mathematik und Mechanik des Vereines zur Befôrde-rung des Gewerbüeifses über die Vorschliige des Vereines deutscher Ingenieure betrelfs Einführung des metrischen Gewindesystems für scharfgiingige Schrauben,Verhandl. d. Ver. z. Befôrd. d. Gewerbfleifses, 1877, p. 338, Sitzungsbericht, 1877, p. 81. Deutsche Industrie-Zeitung, 1877, p. 275 (Auszung).
- Hauteur des écrous, Railroad gazette, 1877, p. 483.
- Ueber die Einführung eines metrischen Systems für Befestigungsschrauben, Dinglers Polytechn. Journ., vol. 224 (1877), p. 219, 330, 449, 546; vol. 226 (1877), p. 638.
- Reuleaux. Einführung eines Schraubengewindesystems, Sitzungsbericht d. Ver. z. Befôrd. d. Gewerbfleifses, 1879, p. 59, Dinglers Polytechn. Journ., vol. 234 (1879), p. 445.
- Schmidt. Vergleichung der verschiedenen metrischen Gewindesysteme nebst Vorschlag zur Einführung des Ducommunschen und Bodmerschen Systems, Der praktische Maschinen-Konstrukteur, 1880, p. 47.
- Liegt ein Bedürfnis vor, nach Einführung des Melermafses ein metrisches Gewindesysm anstelle des Whitworthschen anzustreben? Verhandl. d.^Ver. deutscher Maschinen-Ingenieure, Annalen f. Gewerbeund Bauwesen, vol. II (1882) p. 265.
- (1) L’initiale Z désigne la Zeitschrift des Vereines deutscher Ingenieure.
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- ARTS MÉCANIQUES. ---- MARS 1899.
- On a gauge for small screws, Reports of the British. Ass. for the advance of sciences, 1882, p. 311, 1884, p. 287.
- Delisle. Einführung eines metrischen Gewindesystem (Vortr. in Kôlner Bezirksverein), Z. 1883, p. 623.
- Gl’tekunst. Deutsches Normalmetergewinde (Briedd. Wiirltb. Bezirksverein), Z. 1883,p. 629.
- Bo.nd. Standards of length as applied to gauge dimensions,Journ. of the Franklin Institutc, vol. 88 (1884), p. 474.
- Standard sizes for hexagon boit heads and nuts, Journ. of the Franklin Institutc, vol. 88 (1884), p. 474.
- Système de la Marine française, Bulletin officiel de la Marine, 26 Août 1886 ; Mémorial du Génie maritime, 6e livraison, 1883, p. 91 ; 3e livraison, 1887, p. 304.
- Filetages sur tuyaux, Transactions of the American Soc. of Mech. Engineers vol. VII (1883-1886) p. 311, vol. VIII (1886-1887), p. 29, 347.
- Einführung eines metrischen Gewindesystems, Eisen-Zeitung, 1883, p. 129.
- Metrisches oder Whitworth-Gewinde ?, Schlosser-Zeitung, 1886, p. 213, 228, 242.
- Ueber einheitliche Gewindeformen, insbesondere die Einführung einheitlicher scbmiedei-sener Rohre und Rohrgewinde, Der Metall-Arbeiter, 1886, p. 287.
- Mehrtens, Zur Gewindefrage, Annalen f. Gewerbe und Bauwesen, vol. 18 (1886), p. 103, 123 ; Zcntral-Zeitung f. Optik und Mechanik, 1886, p. 174, 182.
- Metrisches Gewindesystem (Schriftwechsel d. Ver. deutsch. Ing. mit dem Franklin Institute), Z. 1887, p. 378 ; Journ. of the Franklin Institute, vol. 93 (1888), p. 261.
- Standard pipethreads, The raiiroad and Engineering Journal, juin 1887.
- Kings Gewindesystem, Dingl. Polytechn. Journ., vol. 266 (1887), p. 319.
- Delisle. Ueber die Frage des metrischen Gewindesystems (Vorschlag des Karlsruher Be-zirlcsvereines). Z. 1887, p. 793, 838 ; Dingl. Polytechn. Journ., vol. 266 (1887), p. 448.
- Metrisches Gewindesystem (Briefwechsel Peters-Weidtman-Reinecker), Z. 1887, p. 661.
- Gill. Screw-tlireads, Journ. of the Franklin Institute, vol. 93 (1388), p. 183.
- Metrisches Gewindesystem, Z. 1888, p. 260, 883.
- Metrisches Gewindesystem, Deutsche Schlosser-Zeitung, 1888 p. 316, 329,340, 333, 366, 393, 403.
- Gewindesystem für Feinmechanikschrauben (Gand & Co.), Dingl. Polytechn. Journ.,vol. 274 (1889), p. 372.
- Ueber die Einführung einheilicher Schraubengewinde (Verhandl. d. I. deutschen Mechani-kertages in Heidelberg, 1889), Praktische Physik (Krieg, Magdeburg), 1889, p. 433; Zeitschr. f. Yermessungen 1891,p. 89; Z. 1891, p. 396 (extrait) ; Journ. de Physique, 1890,p. 117 (extrait)-
- Note sur l’équilibre de la vis dans son écrou, Bull, de la Soc. des anciens élèves des Écoles d’Arts et Métiers, 1890, p. 326.
- Loewexherz. Stand der Arbeiten für Einführung einheitlicher Schraubengewinde in die Feinmechanik, Zeitschr. f. Instrumentenkun.de, 1890, p. 301,392.
- Loewenherz. Einführung einheitlicher Schraubengewinde in die Feinmechanik (Vortrag im Elektrotechn. Ver. Berlin), Elektrotechn. Zeitschr., 1890, p. 293.
- Bericht über die Fachmannerversammlung zur Einführung einheitlicher Gewinde in die deutschen Feinmechanik zu Frankfurt a/M. 1890, Zeitschr.^f. Vermessungen, 1890, p. 449 ; Zentral-Zeitung f. Optik und Mechanik, 1890, p. 220.
- Zur Einführuug einheitlicher Gewinde in die Feinmechanik [(Mitteil. aus der Physikal.-Techn. Reichsanstalt), Zeitschr. f. Instrumentenkunde, 1892, p. 329.
- Système de filetage, Bull, de la Soc. des anciens élèves des Écoles d’Arts et Métiers, 1891, p. 303.
- E. Sauvage. Communication à la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale. (Bull, de la Société d’Encouragement. 1891, p. 692.)
- Beschreibung des NormalgewindesjfnrJBefestigangsschruben nach dem metrischen Mafssys-tem, Zentral-Zeitung f. Optik und Mechanik, 1893, p. 14.
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- UNIFICATION DES FILETAGES
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- Metrisches Gewinde (Denkschrift d. Vereines deutscher Ingenieure), Z, 1893 p. 516; Der Metall-Arbeiter 1894 p. 274, 290; Zentral-Zeitung f. Optik und Mechanik, 1894, p. 110 ; Dingl. Polytechn. Journ. vol. 292, p. 262.
- Delisle. Vorschlage zur Yereinheitlichung der Gewinde in Frankreich,Z. 1893, p. 1324.
- Unification des filetages et des jauges, Revue industrielle, 1893, p. 126.
- Rapport et mémoire sur l’unification des filetages. (Bull, de la Soc. d’Encouragement, 1893, p. 173.)
- Marre. Exécution pratique des vis à filet triangulaire. (Bull, de la Soc. d’Encouragement, 1893, p. 243.)
- L’unification des filetages, Annales industrielles, 1893, n° 19 et suiv.
- Laquestiondes filetages en Allemagne.(Bull, delà Soc. d’Encouragement, 1893, p. 704,806.)
- Das neue franzôsische Scliraubensystem, Dingl.Polytechn. Journ., vol. 293 (1894), p. 264.
- Schraubén, Dingl. Polytechn. Journ. vol. 293 (1894) p. 73, 106.
- G. Richard. Rapport sur l’unification des filetages. (Bull, de la Soc. d’Encouragement pour l’industrie nationale, avril 1893.)
- E. Sauvage. Mémoire sur l’unification des filetages et Rapport au nom de la Commission de filetages. (Bull, de la Soc. d’Encouragement, avril 1893 et 1894, p. 145.)
- Circulaire de la Société d’Encouragement (Bull, de la Soc. d. Encouragement, 1894, p. 321.
- Règles pour la construction des vis mécaniques, Bull, de la Soc. d’Encouragement, 1894, p. 311; Annales des Mines, 9. Sér., vol. VI (1894), p. 338; Annales des Ponts et Chaussées, vol. IX (1894). p. 118; Portefeuille économique des Machines, 1894, p. 118; Journ. de la Bonneterie française, 1894, 1. Sept., 1 Nov. et I. Dec.; L’Ingénieur civil, 1895, p. 1473; Bull, de la Socj) des Agriculteurs de France, 1896, p. 501.
- Pajeken. Metrisches Gewinde v. Ludw. Loewe, & Co.), Z. 1895 p. 51.
- Lettre et circulaire de M. le Ministre de la Marine, prescrivant l’adoption du système de filetage proposé par la Société d’Encouragement. (Bull, de la Soc. d’Encouragement, 1895, p. 314, 319.)
- Notes sur les applications du système de filetage pour vis mécaniques, établi parla Société d’Encouragement. (Bull, de la Soc. d’Encouragement, 1897, p. 346.)
- L’unification des filetages (Bull, delà Soc. des Agriculteurs de France, 1897, p. 562).
- L’unification des filetages à l’étranger. (Procès-verbal de la séance du Comité d’action suisse du 20 nov. 1897.) (Bull, de la Soc. d’Encouragement, 1898, p. 203.)
- L’unification des filetages à l’étranger (Compte rendu de la Conférence tenue à Zurich le 2 mars 1897, par l’Union des Industriels mécaniciens) (Bull, de la Soc. d’Encouragement, 1897, p. 849.)
- Internationales metrisches Norrnalgewinde für Befestigungsschrauben, Schweizererische Bauzeitung, 1898, p. 70.
- Marre. Sur les instruments vérificateurs des filetages. (Bull, de la Soc. d’Encouragement,
- 1897, p. 77.)
- Applications du système de filetages de la Société d’Encouragement : outils de taraudago établis par la Société Alsacienne de Constructions mécaniques. (Bull, de la Soc. d’Encouragement, 1898, p. 84.)
- Applications des règles de filetage établies par la Société d’Encouragement, pour les vis mécaniques du matériel des chemins de fer de l’Ouest (Bull, de la Soc. d’Encouragement, 1898, p. 85.
- Metrisches Gerwinde (note et règles établies par le Congrès international de Zurich), Z.,
- 1898, p. 1367.)
- Kreutzberger. Sur le Congrès de Zurich. (Bull, de la Soc. des Ingénieurs civils, nov, 1898, p. 195 et 342.)
- Congrès international de Zurich. (Bull, de la Soc. d’Encouragement, 1898, p. 1269.)
- An International standard for metric screw threads, Engineering, 3 février 1899, p. 154.
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- MÉTALLURGIE
- analyse du cinquième rapport du comité des alliages de l'Institution of Mechanical Engineers de Londres, d’après sir W. G. Roberts Austen (1).
- Le fer carburé considéré comme dissolution. — Il est aujourd’hui démontré, qu’en général, les alliages ordinaires se comportent comme des dissolutions; il est donc certain que la démonstration de ce même fait pour les aciers et les fontes serait d’une très grande importance en métallurgie- Cette analogie entre les aciers et les dissolutions a déjà été établie par l’étude des courbes de refroidissement, mais c'est une question très complexe, qui exige, pour être définitivement tranchée, des méthodes
- Fig. 1. — Disposition des appareils enregistreurs à la monnaie de Londres.
- plus précises. Il faut d’abord rendre le pyromètre-enregistreur plus sensible; le pivotement du miroir du galvanomètre aurait atteint, avec le courant direct de la thermojonction, une amplitude de 50°, mais ce courant est contre-balancé (fîg. 1) par celui d’une pile de Clarke g, à larges électrodes, et réglé par un potentiomètre B, à quatre rhéostats permettant de déterminer exactement la fraction du courant total envoyé aux galvanomètres G etGu dont les déviations sont alors très petites, même aux tempé-
- (1) Enrjineerinf/, 17 février, p. 210. Voir aussi, au Bulletin d’avril 1897, p. 523, le quatrième rapport du Comité.
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- RAPPORT DU COMITÉ DES ALLIAGES.
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- ratures les plus élevées, de manière à leur conserver toute leur sensibilité. On a en outre, dans l’installation actuelle, remplacé l’horloge astronomique par une horloge hydraulique à flotteur F, portant la plaque photographique P, sur laquelle les rayons des lampes à incandescence L et Ln réfléchis par les galvanomètres GetGn viennent par la fente S. Au lieu de relier les fils d’une seule thermo-jonction A (fîg. 2) plongée dans la masse B du métal, à un galvanomètre unique G, on a employé deux couples thermo-électriques A et A4 (fig. 3), plongés l’un dans le métal à étudier B, l’autre dans un compensateur de platine ou de porcelaine G, et deux galvanomètres : l’un G1} donnant comme auparavant les températures mêmes de B et l’autre, très sensible G2, donnant la différence des températures entre B et C, ce qui permet d’obtenir un tracé très amplifié des évolutions de la température en B, non affecté par le refroidissement général
- p*
- P&~JOXjtr.
- Fig. 2 et 3. — Circuits des thermo-fonctions.
- du système. La chaleur perdue par le refroidissement de B est en effet compensée par celle que perd la masse de platine C ; les variations brusques de la température de B par suite de ses changements moléculaires ne sont pas masquées par le refroidissement général de B, puisque le refroidissement général du système n’a pas d’influence sur G2, dont les indications sont très précises.
- On le comprendra facilement par l’étude d’un cas spécial : celui du refroidissement d’une masse de fer électrolytique au rouge blanc. Ce fer fut déposé d’une dissolution de chlorure de fer pur, avec anode en fer électrolytique pur, sur une thermo-fonction émergeant d’un tube de verre fondu sur ses fils : le dépôt pesait 5 grammes et présentait, grossi quatre fois, l’aspect figure 4. Il avait à peu près la dureté du spath fluor, et, chauffé à 70°, il dégagea de l’hydrogène pur pendant quelques heures. On le disposa, comme en figure 3, dans un tube en porcelaine vernie, dans lequel on fit le vide avec une pompe à mercure, avec dispositif pour recueillir les gaz dégagés. Le dégagement de l’hydrogène augmenta d’abord avec réchauffement du fer, puis cessa presque à 1 300°. La courbe de refroidissement de ce fer, après quatre refroidissements succès-
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- MÉTALLURGIE. --- MARS 1899.
- sifs, est représentée, par la figure 5, dont les ordonnées représentent les différences entre les températures de l’intérieur du fer et de la masse de platine C (fig. 3), ou les évolutions de la chaleur dans la masse du fer, et les abscisses les durées du refroidissement. On remarque : en A, le dégagement de chaleur à 1 130°, découvert par E. J. Bail ; en B, le point A2:3 d’Osmond, à 895°, au lieu de 830° pour l’acier, puis, à 770°, le point Ar2; le point de carbonatation Art n’existe pas dans ce fer très pur, mais il y a dégagement de chaleur en un point, entre 500° et 600°. Entre 300° et 450°, il se présente un point nouveau, très intéressant, dû à la rétention de l’hydrogène par la masse du fer, bien qu’elle ait été portée à 1 300°; enfin, il se manifeste encore un point de cales-cence à 270°, ou à 400° au-dessous du rouge.
- Nous allons maintenant étudier la signification de ces points.
- Fig. 4. — Dépôt de fer électrolytique (tt, fils de la thermo-fonction).
- Fer et hydrogène. — En 1866, Graham a démontré que l’hydrogène non seulement traverse librement le fer rouge, mais s’occlut dans le fer qui se refroidit à partir du rouge dans une atmosphère d’hyrogène, et ce au taux de 0,46 fois le volume de ce 'fer en hydrogène : 1 de fer en volume occlus, 0,46 d’hydrogène (1).
- Cailletet en décomposant une disolution de chlorure de fer neutralisée par l’ammoniaque, obtint de brillantes écailles de fer assez dures pour rayer le fer et renfermant 0,028 p. 100 d’hydrogène (2). Johnson, Hughes, Baedeker, Ledebur (3), ont tous reconnu que le fer attaqué par l’acide chlorhydrique dilué retient de l’hydrogène. D’après M. Roberts Austen, le fer électrolytique se rompt sous un effort de 4kg, 3par millimètre carré, puis de 24k-,6 après un recuit à 800°. Les expériences de Muller (4) confirmées
- (1) Graham, Collected Works, p.279.
- (2) Comptes Rendus, vol. LXXX, p. 319.
- (3) Johnson, Proceedings Royal Society, vol. XXIII, 1893, p. 168. — Hughes, Journal of the Society of Telegraph Engineers, 1880, p. 163. —Baedeker, Z. des Vereines Deutscher Ingenieure, 1868, p. 186. — Ledebur, Stahl und Eisen, 1887, p. 081; 1889, p.745.
- (4) Journal of the Iron and Steel înslilute, 1887, part, I. p. 71.
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- RAPPORT DU COMITÉ DES ALLIAGES.
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- par Stead, exécutées sur les gaz dégagés parle perçage de lingots, ont démontré l’importance des gaz occlus dans le fer et l’acier : et il est singulier de voir l’acier Bessemer, traversé par des torrents d’air avec très peu de vapeur d’eau, retenir beaucoup plus d’hydrogène que d’acide carbonique et d’azote. Il faut aussi tenir compte de l’argon. Parry a aussi fait ressortir la persistance avec laquelle le fer retient l’hydrogène (1).
- BewdN?!.
- Record
- Record N? 3.
- C' [tl32°
- TEMPÉRA TORE
- Fig. 5.
- Nos recherches actuelles placent les rapports du fer et de l’hydrogène sous un nouveau jour. La courbe de refroidissement figure 5, dénote l’existence de deux dégagements de chaleur distincts: à 475° et 270°,après chauffage dufer électrolytique à 1 300° dans le vide, trois fois; mais,après des chauffages répétés dans le vide, ces points disparaissent peu à peu : ils sont donc dus probablement à la présence de l’hydrogène occlus : il se peut que le point supérieur corresponde à la séparation d’un hydrure de fer de la dissolution solide dans la masse de fer et que le point inférieur, à 270°, en soitle point eutectique correspondant. Les points des changements moléculaires Arn Ar2, Ar3, qui disparaissent à la suite de chauffages et de refroidissements répétés dans le vide, reviennent quand on recharge d’hydrogène ce fer vidé en l’employant comme électrode d’un bain d’eau acidulée : quant aux nouveaux points d’hydrogénation, le plus élevé seul, à 475°, revient à peu près ainsi, mais pas l’autre. Ces faits, qui paraissent démontrer que les changements moléculaires du fer sont affectés par la présence de l’hydrogène en petites quantités, méritent d’être étudiés avec soin : mais des expériences récentes de l’auteur montrent que ce rôle de l’hydrogène est des plus complexes.
- Pour mieux comprendre l’analogie entre les fers carburés et les dissolutions salines, reportons-nous au diagramme de Guthrie (fig. 6) représentatif du refroidissement d’une dissolution de sel marin, et dont les points correspondent aux arrêts d’un thermomètre plongé dans cette dissolution. La courbe de diagramme est à deux branches, qui s’expliquent en voyant ce qui se passe dans le refroidissement d’une dissolution de sel à des titres différents. La température de la dissolution à 10 p. 100, lentement refroidie, cesse de s’abaisser à— 8°, — au point d de la branche AB, — ce qui correspond à la congélation et à la séparation de l’eau sous forme de glace pure non salée; puis la température baisse jusqu’à — 22°, point où se solidifie le cryohydrate ou l’eutectique du sel, constitué par une juxtaposition de cristaux de glace et de sel. Plus la dissolution originelle est concentrée, plus son point de congélation s’abaisse, mais
- (1) Journal of the Iron and Steel Instilute, part I, p. 429, et 1874, part I, p. 92.
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- MÉTALLURGIE.
- MARS 1899.
- l’eutectique se congèle toujours à — 22°, et ce point coïncide, pour un titre de 23,5 p. 100 de sel, avec le point de congélation même de la dissolution.
- -20° -
- EUTECT/C . OU CRYQHYDRATE
- Fig. 6.— Diagramme de Guthrie.
- La courbe de refroidissement du sel est (ligure 6) très raide, car le point de fusion du sel pur est à 700°. Considérons, sur cette courbe, le point e, représentatif d’une dissolution à plus de 23,5 p. 100, soit à 25 p. 100 de sel ; il s’en sépare d’abord du sel pur
- >. G_'.ARBON n • IRC 1
- IRO ÏcARMcI'SmÎmU
- HYDROGCH ’OINf
- Cen jenJt xiLo vil eelA .
- Tku e. Ir orp C arbi tris ecb.
- O 0-2 0.4 06 CS 10 1-2 74 1-6 JS Z-
- ' O 2-2 24 2-6 26 3,0 32 34 3-6 38 40 42
- CARBON PER CENT
- 4* 4-6 46 SO 31 S4 3B
- Fi g. 7.
- à — 12°, puis l’eutectique sel et glace, toujours à — 22°, ce qui explique les deux branches du diagramme reliées par une droite.
- Dissolution carbone-fer. — J’ai pu, grâce à l’obligeance de M. J. Darby, des aciéries deBrymbo, me procurer une série d’échantillons d’acier dont la teneur en carbone variait progressivement, et presque seule, et coulés en petits lingots, toutes les demi-heures,
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- RAPPORT DU COMITÉ DES ALLIAGES. 463
- d’une charge d’hématite en travail dans un four Siemen s basique : leur analyse, exécutée par M. W. Harbord, est donnée par le tableau ci-dessous.
- NUMÉROS. CARBONE. SILICE. SOUFRE. PHOSPHORE. MANGANÈSE. ARSENIC.
- 1 1,800 0,008 0,032 0,054 0,391 trace
- 2 » » .. „ » J)
- 3 1,740 0,006 0,037 0,046 0,380 ».
- 4 1,451 0,006 0,029 0,023 0,340 0,004
- 5 1,461 0,007 0,038 0,025 • 0,340 0,002
- 6 1,234 trace 0.030 0,013 0,327 0,004
- 7 1,161 )) 0,030 0,016 0,290 trace
- 8 0,927 )) 0,025 0,013 0,293 0,004
- 9 0,912 » 0,036 0,010 0,236 trace
- 10 0,871 » 0,040 0,008 0,270 0,002
- 11 0,690 » 0,038 0,009 0,220 0,004
- 12 0,540 » 0,032 0,006 0,280 trace
- 13 0,434 » 0,030 0,009 0,270 ,»
- 14 0,342 » 0,032 0,006 0,270 0,003
- 15 0,160 » 0,037 0,008 0,240 trace
- 16 0,145 » 0,041 0,006 0,250 »»
- 17 0,102 » 0,037 0,008 0,230 >»
- 18 » )) » » » ))
- 19 0,070 trace 0,035 0,008 0,244 trace
- 20 )) » )) » )) »
- 21 0,097 trace 0,030 0,007 0,220 0,004
- 22 » » »> » » »
- 23 0,108 trace 0,033 0,005 0,240 trace
- 24 0,101 » 0,034 0,004 0,216 ))
- 25 0,078 ” 0,033 0,007 0,217 »
- La courbe de refroidissement de ces aciers a deux branches, AB et BD (figure 7), qui se coupent sur l’horizontale ac : la branche AB correspond à la séparation de la glace pure (fig. 6) et BD à la séparation du sel, AB représentant la solidification du fer et BD la séparation du graphite, mais avec cette différence que le fer, en raison de l’élévation de sa température de fusion, retient encore un peu de carbone après sa solidification. Il se forme ainsi une dissolution solide de fer et de carbone, et ceci complique encore les phénomènes quand le fer s’est refroidi à une température où il ne peut plus retenir le carbone dissous.
- Considérons d’abord le fer électrolytique fondu à un point très élevé au-dessus de son point de solidification : 1 600° environ. Quand ce fer arrive, en se refroidissant, à l’état plastique, au point y d’Osmond, il peut dissoudre 0,8 à 0,9 p. 100 de carbone à 700°, et jusqu’à 1,5 p. 100 à 1 000° ; mais le carbone à l’état de graphite est, à certaines températures, beaucoup moins soluble que sous la forme combinée ou de cémentite, ce qui expliquerait pourquoi l’acier renferme plus de carbone combiné que la fonte lentement refroidie.
- Quand la fonte se refroidit, le graphite se sépare de sa dissolution lorsque latem-
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- 464
- MÉTALLURGIE.
- MARS 1899..
- pérature atteint celle de l’eutectique ac: c’est-à-dire que l’eutectique liquide du carbone et du fer se solidifie suivant la ligne ac à 1120° environ. La teneur en carbone des fontes,—jusqu’à 4 p. 100, — sera indiquée par laquantité de chaleur dégagée à cette température. Au delà de 4 p. 100, il se sépare un excès de graphite suivant BD. Le carbone combiné est, en grande partie, celui retenu par le fer pendant la solidification suivant AB, bien que le fer qui se solidifie sur l’eutectique ac conserve aussi un peu de carbone.
- Lorsque le fer y pur s'abaisse à la température G de 890°, ou au point Ar3, il se transforme en fer (3 avec un dégagement considérable de chaleur : le fer p est non magnétique, comme le y, mais moins capable de retenir le carbone en dissolution. Au point M, à 770°, le fer [i se transforme en fer a magnétique, et avec un dégagement de chaleur considérable, mais moins rapide qu’en Ar3, probablement parce que le fer est moins mobile à cette basse température de 770°. En outre, comme le fer (3 ne renferme que très peu de carbone, — moins de 0,1 p. 100, —l’influence du carbone sur le fer est presque nulle aux températures inférieures à celle du changement [3, de sorte que la ligne Mo est horizontale.
- Considérons maintenant du fer à 0,2 p. 100 de carbone: il se solidifie un peu au-dessous du point de fusion du fer pur, et tout le carbone reste en dissolution dans le fer y solidifié, sans formation d’eutectique fer-carbone solidifiable à 1120°. A 820°, il se produit le dégagement de chaleur Ar3, à une température abaissée par la présence du carbone, comme la présence du sel abaisse le point de congélation de l’eau, et le fer pur, — comme la glace, — se sépare et cristallise en fer p, avec formation de ferrite. A 690°, le reste de la dissolution se sépare en perlite. Le fer se transforme en variétés y, [3, puis a, pendant que le carbone se sépare en cémentite Fe3C., séparation analogue à celle du sulfate de cuivre d’une dissolution où ce sel retient une certaine quantité d’eau de cristallisation. D’autre part, le fer séparé en [5 à 830° s’est transformé en a à 770°, au point Ar2, et comme le fer [3 ne contient pas de carbone, le carbone renfermé dans la masse de l’acier n’a pas d’influence sur la température Ar2 de la transformation a.
- Dans l’acier à 0,6 p. 100 de carbone, le point Ar;J tombe à 720°, de sorte que tout le fer reste à l’état y, puis la ferrite, ou fer pur, se sépare en passant au p, et aussitôt à l’état a. A 600°, se présente un nouveau point, que nous proposons de désigner par le symbole Ar0, ce qui paraît être l’origine d’un léger changement moléculaire lent, qui se prolonge sur une longueur d’une centaine de degrés environ. Ce changement est accompagné d’une variation des propriétés magnétiques et de la perméabilité, comme Fa déjà reconnu M. D. Morris (1).
- PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES DU FER CARBURÉ EN FONCTION DE SES COURBES DE SOLUBILITÉ OU DE SES POINTS DË SOLIDIFICATION
- Il se présente dès l’abord, pour l’étude de l’influence des points de congélation sur la résistance et l’élasticité des fers carburés, une grande difficulté : l’ignorance où l’on est encore de l’influence du carbone sur la résistance et l’élasticité du fer pur. D’après M. Howe, pour des aciers de teneurs variant entre 1,30 et 0,05 p. 100 de carbone, la teneur de 0,9 p. 100 correspondrait à la ténacité maxima. M. Arnold est arrivé au
- (1) Philosophical Magazine, part NII (1897), p. 213, 230, 231.
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- PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES DU FER CARBURÉ.
- 465
- même résultat avec des aciers recuits bien purs : cette teneur est très voisine de celle : 0,89 p- 100 de l’eutectique ; mais ce résultat n’est admissible que pour les aciers recuits : au sortir du laminoir, le maximum de ténacité a lieu pour une teneur de 1,2 p. 100 environ.
- Pour les laitons, le maximum de résistance a lieu avec l’alliage à point de solidification unique; de même, dans la série des alliages carbone-fer, le plus résistant est celui qui, en se refroidissant, ne présente qu’un seul dégagement de chaleur en un point unique ; mais ici ce n’est plus le point de solidification initial qui détermine la ténacité, ce sont les dispositions moléculaires de la masse bien après sa solidification, c’est-à-dire quand elle est devenue une dissolution solide.
- On sait que les dissolutions gelées de glace et de sel sont composées de deux
- Forrito. Perlite.
- Martensite.
- Fig. 8.
- constituants : la glace et l’eutectique, ou le sel et l’eutectique : de même, les dissolutions solidifiées de carbure de fer sont composées de l’eutectique et de fer ou de carbure Fe3c, suivant la quantité de carbure présent.
- Comme le savent très bien les lecteurs de ce Bulletin, la micrographie a rendu dans l’étude de ces questions les plus grands services. Dans ces coupes microscopiques, l’acier apparaît comme une roche avec différents minerais dispersés dans sa masse. Une dissolution très étendue d’acide nitrique y fait ressortir le caractère cristallin du fer pur ou ferrite (fig. 9). La cémentite, FeaC, très dure, reste brillante et en relief après l’attaque de l’iode et le polissage. Rarement à l’état libre dans les aciers peu carburés, on la rencontre souvent sous forme de perlite, mélange intime de ferrite et de cémentite, caractéristique principale des aciers lentement refroidis. Si l’acier renferme environ 0,9 p. 100 de carbone et un peu de manganèse, la masse est formée presque tout entière de perlite. Cette perlite est lamellaire ou granulaire, colorée par la dissolution d’iode, et ses lamelles sont alternativement tendres et dures. L’acier trempé paraît composé de martensite, à fibres cristallines entrelacées, colorées par l’iode (1).
- (1) Travaux de Arnold, Gharpy, Curie, Ilowe, Guillaume, Le Chatelier, Osmond, Roberts-Austen, Sauveur, Stead. Voir nos Bulletins de 1895, p. 188, 203, 476, 660, 726, 1212 ; 1896, p. 96. 234, 386, 1136, 1262; 1897, p. 384, 523, 700, 1642; 1898, p. 36, 191, 260, 648, 743.
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- MÉTALLURGIE.
- MARS 1899.
- La ferrite, comme la glace pure, montre des plans cristallins; mais il suffit d’infiniment peu de carbone: 0,04p. 100,pour qu’il se forme,entre les grains de ferrite, un cément de carbone de fer, comme on le voit en figure 9. Dansle fer à 0,3 et 0,5 p. 100 de carbone lentement refroidi, le carbone se concentre en noyaux de perlite engagés
- Fig. !J. — Fer à 0,05 p. 100 C. Fig. 10. — Fer à 0,03 C.
- Grossissement, 123 diamètres. Grossissement, 744,
- dans la ferrite comme en a (fig. 8 et 11); un grossissement de 1 000 diamètres résout ces noyaux de perlite en structures striées formées, comme en b (fig. 8 et fig. 13) de bandes alternées de carbure dur et de ferrite.
- Le fer est saturé de carbone à la teneur de 0,9 p. 100 ; lentement refroidi, il consiste alors entièrement en perlite, sans ferrite libre (fig. 13); au delà de 0,9 p. 100, les
- Fig. 11. — Acier de rail à, 0,33 C et 0,09 Mn. Grossissement. 123.
- Fig. 12. — Acier de rail à 0.30 G et 1,009 Mn. Grossissement, 123.
- couches de carbures ont (fig. 8 et fig. 14) tendance à se grouper en bandes de cémentite.
- L’aspect de l’acier rapidement refroidi ou trempé est tout différent. La vnartensite apparaît comme enc (fig. 8) et en figure 17. Cet acier prend parfois, au recuit, un aspect analogue (fig. 18). A la teneur de 1,5 p. 100, il se produit, par un refroidissement rapide, un nouveau composé, découvert par Osmond, qui lui a donné le nom d’austenite, dont l’aspect est représenté en d (fig. 8).
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- PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES DU FER CARBURÉ.
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- Un acier riche en carbone, trempé à 1 000° dans de l’air liquide à---200°,a présenté l’aspect fig. 19 et 20, peu différent de la structure de ce même acier trempé dans
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- Fig. 13. — Perlite : 0.82 C, traces de Mn. Grossissement 744.
- Fig. 14. — Cémentite et i>rrlilr : 1,4 C. Grossissemenl. 7iî.
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- Fig. 13. — Paille de scorie dans un rail. Grossissement, 500.
- Fig. 16. — Troostite, martensite et ferrite, 0,34 C. Grossissement 744.
- x*
- Fig. 17. — Martensite, 0,54 C. Grossissement, 744.
- Fig. 18. — Acier recuit, 0,54 C. Grossissement, 744.
- de la glace, probablement parce que l’état sphéroïdal de l’air liquide l’empêchait de rester au contact de l’acier.
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- MÉTALLURGIE
- MARS 1899.
- Quand on trempe à 750° environ de l’acier ayant jusqu’à 0,4 p. 100 de carbone, il se produit de la troosüte (fig. 16). -
- Fig. 21. — 0,07 C. Grossissement, 123. Cémentation IA.
- Fig. 22. — 0,07 C. Grossissement, 744. Cémentation I A.
- Fig. 23. —0,097 C. Grossissement, 123 Brymbo 21.
- Fig. 24. — 0,007 C. Grossissement,744. Brymbo 21
- Nous allons maintenant examiner les photo-micrographies des aciers de cémentation des forges de Brymbo, dont la composition est donnée au tableau, p. 463, et qui
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- PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES DU FER CARBURÉ.
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- nous fourniront des cas bien définis, à comparer aux types dont nous venons de parler-Le fer qui constituait la base de cette série présentait l’aspect figures 21 et 22, avec 0,07 p. 100 seulement de carbone ; on voit, en figure 21, quelques taches de perlite. Le n° 21 du tableau p. 463, très faible en carbone : 0,097 p. 100, a présenté, à l’attaque par l’alcool à 1 p. 100 d’acide azotique, l’aspect figures 23 et 24, avec un peu de perlite dans
- Fig. 25. — 0,218 C. Grossissement, 123. Cémentation AA.
- Fig. 26.’—'0,218,0. Grossissement, 744. Cémentation AA.
- une matrice de ferrite cristalline. Les figures 25 et 26 représentent l’effet de la carburation du fer desfig. 21 et 22; leur structure est très différente de celle de l’acier des rails fig. 49 à 60; les grains sont presque elliptiques, sans trace d’enchevêtrement, et l’on y reconnaît la perlite à un plus fort grossissement.
- Fig. 27. — 0,300 C. Grossissement, 123. Fig. 28. — 0,300 C. Grossissement, 744. Cémentation 1 C. Cémentation 1 C.
- Les figures 27 et 28 représentent une préparation d’acier cémenté faite au laboratoire; les grains sont très petits, avec perlite en lames bien développées. L’acier Brymbo n° 11 du tableau p. 463, à 0,312 p. 100 de carbone, comme le précédent, présente l’aspect figures 29 et 30, en grains plus gros aussi avec perlite. Avec 0,54 p. 100 de carbone (fig. 31 et 32), les grains sont plus anguleux.
- Il faut d’ailleurs remarquer qu’aucun de ces aciers n’avait été soumis aux manipulations mécaniques : laminage, forgeage, susceptibles d’en enchevêtrer la structure.
- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Mars 1899. 31
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- MÉTALLURGIE.
- MARS 1809.
- Le grain du n° 11, à 0,690 de carbone, est (fig. 33) encore très fin. L’acier (fig. 34) à 0,552 de carbone, présente la perlite bien développée. Le nu 10, à 0,82 p. 100, dénote
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- Fig. 29. — 0,342 C. Grossissement, 123. Brymbo 14.
- Fig. 30. — 0,342G.Grossissement, 744. Brymbo 14.
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- Fig. 31. —0,340. Grossissement, 123. Brymbo 12.
- Fig. 32. — 0,540 G. Grossissement, 744. Brymbo 12.
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- Fig. 33. — 0,690 C. Grossissement, 123. Brymbo 11.
- Fig. 34. — 0,5.32 G. Grossissement, 744. Cémentation 1 1).
- (lig. 33) de [la ferrite dans sa masse ; l’acier fig. 36, de même composition que le n° 10, est composé presque entièrement de perlite. Le n° 8, à 0,927 p. 100, présente
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- PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES DU FER CARBURÉ.
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- des masses confuses avec taches de cémentite, masses qui, sous un grossissement de 850, se transforment en perlite, dont les grains ne sont jamais cerclés de cémentite.
- Fi», o0. — 0,821 C. Gro^Lïcment, 123. Fi». -î0. — 0,820 C. Grossissement, 7 il. Brymbo 10. Acier dur.
- Fig. 39. —1,160 C. Grossissement, 123. Brymbo 7.
- Fig. 40. — 1,160 C. Grossissement, 744. Brymbo 7.
- Le n° 7, à 1,16 p. 100, présente un aspect analogue (fig. 39 et 40) avec beaucoup plus de cémentite. - w‘
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- MÉTALLURGIE.
- MARS 1899.
- Le n° 5, avec 1,46 p. 100 de carbone, a ses grains de perlite entièrement entourés de cémentite en relief, polie et dure, mais dont on reconnaît la discontinuité sous un grossissement de 850, ce qui la distingue alors de la ferrite. Le n° 1, à 1,8 p. 100, présente (fig. 43 et 44) le même aspect que le n° 5, avec relativement beaucoup plus de perlite que de cémentite, en raison de la plus forte teneur en carbone.
- Fig. 41. — 1,460 G. Grossissement, 123. Fig. 42. — 1,460 C. Grossissement, 744. Brymbo 5. Brymbo 5.
- Étudions maintenant la portée pratique et industrielle des considérations précédentes.
- Le fer à 0,2 p. 100 de carbone, lentement refroidi, manifeste à 850° un dégagement de chaleur correspondant à la formation de la ferrite, ou fer pur, qui subit un nouveau
- Fig. 43. —1,800 C. Grossissement, 123. Fig. 44. —1,800 G. Grossissement, 744. Brymbo 1. Brymbo 1.
- changement et devient magnétique à 760°. A 680°, se forme la perlite. Parmi les aciers peu carburés, les plus importants sont ceux compris entre les points O et S du diagramme (fig. 7), avec 0,3 à 0,8 p. 100 de carbone, très employés pour les rails; ils présentent deux points d’arrêt de refroidissement, à 700° et 750°, correspondant à la production de la ferrite et au changement magnétique, et un troisième point, à 680°, séparation du carbone perlite.
- Application de la photo-micrographie à l'étude des rails d'acier. — Pour ces études micrographiquesj, on coupe une section du rail de 25 millimètres d’épaisseur, on la
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- RECHERCHES SUR LA CÉMENTATION.
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- polit, puis on la plonge pendant deux heures dans un bain à 60° d’acide sulfurique pour 4 d’eau; après l’avoir lavée à l’eau chaude et séchée, on trempe cette section dans de l’acide azotique concentré, qui dissout les taches de Fe3C, et donne, après essuyage, une section très nette, révélant, en général, une structure soit finement granulée, soit piquée et ravinée.
- Les sections très corrodées sont souvent riches en phosphore, soufre et carbone, pauvres en manganèse; la corrosion indique une forte liquation des constituants pendant la solidification, mais cela ne diminue pas toujours la durée du rail. La texture à grains fins indique en général une teneur de manganèse supérieure à 0,9 p. 100 et une grande ténacité souvent accompagnée d’aigreur.
- MM. Andrews (1) et Stead(2) se sont beaucoup occupés de la structure moléculaire des rails. Les dimensions du grain et celles des taches de perlite et de ferrite fournissent d’utiles indications sur la qualité des rails et leur durée probable. M. Martens a montré (3) que la grosseur du grain dépend de la température du laminage et que la résistance et la ductilité diminuent quand cette grosseur augmente. Le laminage à une température trop élevée produit de grands amas de ferrite renfermant la perlite, mais augmente jusqu’à un certain point la résistance et la durée du rail.
- D’après M. Sauveur, la ténacité de l’acier laminé augmente avec la grosseur du grain, mais il faut avoir soin, comme l’a fait remarquer M. Osmond( t), de ne comparer, à ce point de vue, que des aciers de même composition, car la grosseur du grain et la ténacité augmentent, en général, avec la teneur en manganèse et en acier.
- G. R.
- recherches sur la cémentation par M. F. Mannessman.
- (Société pour TEncouragement cle Vlnclustrie de Berlin. 1879).
- L’auteur, en abordant l’étude de la cémentation, s’était proposé d’embrasser les quatre points de vue suivants : Solubilité du carbone. — Cémentation expérimentale. — Cémentation industrielle. — Rôle des différents céments et de la température d'obtention des différents aciers.
- Voici un résumé sommaire des plus importantes conclusions de son travail.
- I. — SOLUBILITÉ DU CARB3NE
- On peut obtenir par cémentation tous les aciers, toutes les fontes blanches et les fontes grises peu carburées, jusqu’à la limite de 76 p. 100 de carbone, qui ne peut être dépassée. Dans le cas d’une cémentation restée incomplète, on n’a pas, dans toute la masse, une teneur uniformément plus faible en carbure; il se forme une croûte superficielle carburée, pouvant projeter des sortes de ramifications dans le fer doux, mais, en tout cas, séparée nettement de celui-ci. Le résultat des expériences est consigné dans la courbe ci-contre (figure 45) qui donne la solubilité du carbone dans le fer aux diffé-
- (1) Engineering, 1897-1898.
- (2) Proceedings of the Cleveland institution of Engineers, 1898-1898; n0 1, p. 12.
- (3) Mittheilungen aus den Koniglichen Technischen Versuschanstalt, vol. XIV, 1896, p. 89.
- (4) The Metallographist, 1899, p. 78.
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- 474
- MÉTALLURGIE.
- MARS 1899.
- rentes températures. La ligure 46 donne la courbe de fusibilité du fer à ses divers étals de carburation, tels qu’ils peuvent être obtenus par cémentation. Les températures certainement inexactes données par Mannessman ont été corrigées en prenant comme
- (2000)
- 1200°
- 1300°
- 1500°
- 800°
- 1000°
- Fig. 45. — Teneurs limites en carbone du fer cémenté.
- Fig. 46. — Fusibilité du fer carburé.
- point de fusion du fer 1 550° au lieu de 2 000°, et en admettant que les températures voisines de 500° sont exactes. Les températures de Mannessman sont indiquées entre parenthèses.
- IL — CÉMENTATION EXPÉRIMENTALE
- La cémentation peut être produite soit au moyen d’hydrocarbures tels que la vapeur de pétrole, d’un emploi assez commode au laboratoire, et elle est alors accompagnée d’un abondant dépôt de noir de fumée; soit de cyanures, très employés pour le durcissement superficiel du métal ; soit de carbone pur. Dans ce dernier cas, il semble que la présence des gaz du four ne joue aucun rôle : la cémentation, en effet se produit au sein du plomb fondu, à l’intérieur d’une masse de fonte enrobant le fer, etc. D’autre part, se cémentent seules les parties très voisines du charbon. Quel que soit le cément employé, la pénétration du carbone se fait de la même manière et avec la même vitesse. Elle ne peut donc être produite par la pénétration des gaz carburés dans les pores du fer. Par tous ses caractères, la cémentation ressemble à une dissolution : la proportion du carbone, comme celle des corps dissous, s’arrête, pour chaque tempé-ture, à une limite définie, et le carbone, ainsi que les corps dissous, se diffuse peu à peu dans toute la masse. Ceci est en contradiction avec l’idée qu’on se fait en général d’un corps cristallisé. Mais les métaux, le fer particulièrement, ont beaucoup de propriétés communes avec les liquides : le fer se forge et se soude ; sa structure cristalline varie très facilement; toutes choses qui montrent que sa molécule doit encore avoir une grande liberté,
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- RECHERCHES SUR LA CÉMENTATION,
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- III, — CÉMENTATION INDUSTRIELLE
- Les observations faites dans les fours à cémenter industriels montrent, comme les expériences de laboratoire, que la cémentation exige le contact direct du fer et du charbon, et qu’elle est indépendante des gaz contenus dans les caisses. L’habitude que l’on a de se servir de charbon de bois neuf s’explique par ce fait que ce charbon se dissout plus facilement dans le fer pur: il amorce ainsi la cémentation, qui se continue ensuite sans difficulté.
- Quelque soit le cément employé, le fer ne se combine qu’au carbone. Il en résulte que l’absorption par le fer du carbone du cément dépendra de la différence entre l’affinité pour le carbone du fer, d’une part, et celle du reste du cément, d’autre part. L’affinité du fer pour le carbone croit très vite avec la température. Mais il peut arriver
- . Épaisseur de la
- Jours croûte cimentée
- 20 minutes
- Fig. 47. — Durée de la cémentation des barres de 12 millimètres. — Fig. 48. — Progrès de la cémentation dans le Spiegel.
- que celle du carbone pour d’autres corps croisse encore plus vite. C’est ce qui explique qu’un mélange de CO et de CO2, neutre ou même cémentant à une certaine température, devienne oxydant à une température plus élevée. Un gaz qui cémente facilement la surface du métal ne pourra cependant agir directement à une certaine profondeur, parce qu’il laisse dans les pores du métal un résidu inerte qui empêche la pénétration d’une nouvelle quantité de gaz. Si le gaz est peu stable, on aura une cémentation superficielle énergique, 'qui s’étendra par diffusion comme avec le charbon pur. Mais, au point de vue de la cémentation dans la masse, on pourra ne rien gagner comme rapidité, ni comme teneur en carbure. Il en serait de même avec le cyanure de potassium fondu, qui donne encore une cémentation superficielle très rapide : le corps liquide entre en contact intime avec le métal et ses produits de décomposition sont facilement entraînés. Dans certaines conditions cependant, surtout aux basses températures, la nature de la cémentation dépendra de la nature des céments et de leur aptitude variable à activer le transport du carbone sur le métal; mais lorsque le charbon arrive à fournir directement au métal autant de carbone qu’il peut en pénétrer par diffusion, il est inutile de recourir au cément. Ce cas se présente aux hautes températures employées dans la cémentation ordinaire.
- Si l’on cherche seulement une faible cémentation, il faut ralentir le transport du carbone sur le métal ; on peut employer soit de gros morceaux de charbon, n’ayant que de mauvais contact avec le métal, soit des gaz ou des liquides cémentants dilués dans des
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- MÉTALLURGIE. --- MARS 1899.
- Fig. 33 à 37. — Sections de barres cémentées au coke.
- Fig- 61. Fig. 62. Fig. 63.
- Fig. 58 à 63. — Barres cémentées au charbon de bois après 7, 8, 9, 10, 11, 12 et 13 jours,
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- RECHERCHES SUR LA CÉMENTATION.
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- corps neutres. Les gaz, par exemple, seront ainsi employés avantageusement à cémenter faiblement de grosses pièces. Aux températures élevées, la rapide diffusion du carbone maintiendra la teneur en carbone assez faible si la vitesse d’apport de ce corps est suffisamment réduite. Les figures 47 à 63 indiquent la rapidité d’action de différents charbons et la figure 48 celle du spiegeleisen fondu (fig. 55).
- On peut résumer comme suit les résultats obtenus :
- Action de la température.
- Plus la température sera haute :1° Plus grande sera la solubilité du carbone dans le fer; 2° Plus rapide sera la diffusion du carbone; 3° Plus bas sera le point de fusion du métal obtenu ; 4° Moindre sera la différence entre l’action des différents céments.
- Influence du temps.
- Plus longue sera la durée : 1° Plus profonde sera la couche cémentée ; 2° Plus elle s’approchera de la limite de saturation; 3° Plus les barres seront uniformément cémentées; 4° Moindre sera la différence entre l’action des différents céments.
- IV. — FORMATION DE SOUFFLURES
- On a souvent discuté la cause des soufflures et cherché à y remédier. Les expériences de l’auteur ont montré qu’elles proviennent de fragments de scories emprisonnés par le passage dans la masse et ensuite brusquement réduits pendant la cémentation avec dégagement de produits gazeux. Pour les éviter, il faut employer du fer bien forgé, de façon à éviter la présence de scories, et à obtenir un métal suffisamment compact pour résister à la pression des gaz.
- V. — CONCLUSIONS THÉORIQUES
- On appellera affinité la force qui fait pénétrer le carbone dans le fer, et on admettra que cette force est proportionnelle à l’écart entre la teneur actuelle du métal en carbone et la limite de saturation. L’affinité du carbone pour le fer pur croîtra donc comme le coefficient de solubilité. D'autre part, les résistances qui s’opposent au déplacement du carbone dans le fer tendent vers 0 quand la teneur en carbone se rapproche de celle qui correspondrait à un métal fondant à la température considérée. Il en résulte que la vitesse de diffusion du carbone dans le fer, à une température donnée, commence par croître, par suite de la diminution de la résistance résultant de l’abaissement du point de fusion, passe par un maximum, puis tend vers 0 au voisinage de la saturation. Cela explique pourquoi, tant que la cémentation est incomplète, il existe entre la croûte cémentée et le noyau central, une démarcation très nette, comme le montrent les cassures reproduites ci-dessous.
- On n’obserye pas, comme on pourrait le supposer a priori, une variation graduelle et continue de la teneur en carbone de la surface au centre.
- En résumé, la vitesse de pénétration du carbone est le produit de trois termes :
- 1° L'affinité, qui est proportionnelle à l’écart entre la teneur actuelle en carbone et la limite de saturation ; 2° La mobilité du métal, qui dépend de l’écart entre la température actuelle et la température de fusion ; 3° La différence entre la teneur en carbone de deux couches aune certaine distance l’une de l’autre.
- Ç. L. Ç,
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- ARTS CHIMIQUES
- analyse de l’eau pour l’épuration chimique, par MM, Léo Vignon et Meunier (1).
- On sait que l’eau, en industrie, peut être épurée chimiquement.
- 1° Dans des réservoirs spéciaux, par la chaux et le carbonate de soude, suivant les équations :
- GO1 2 + Ca (OH)2 = C03Ca + H20,
- CaCl2
- S04Ca
- + C03Na2 = C03Ga +
- S02Na2. (NaGl)2 ’
- 2° Dans les (chaudières à vapeur, par l’addition de C03Na2 rendant l’eau très faiblement alcaline, amenant le dégagement de l’acide carbonique libre ou à demi combiné, et la précipitation de la chaux à l’état de carbonate.
- Nous avons l’honneur de communiquer à l’Académie une méthode analytique qui permet de déterminer rapidement, et avec exactitude, les éléments de l’épuration : (a) par dosage de l’acide carbonique, (b) par la mesure directe de la quantité de carbonate de sodium à employer.
- Cette méthode a comme point de départ les recherches de l’un de nous, concernant les propriétés de la phénolphtaléine employée comme indicateur, colorée (2). Elle a été rendue plus rapide et plus précise par l’emploi d’alcool pour insolubiliser le carbonate de chaux. Elle comporte deux parties :
- I. — DOSAGE DE L’ACIDE CARBONIQUE LIBRE OU A DEMI COMBINÉ
- Principe. — L’acide carbonique libre, ou à demi combiné, possède la propriété de décolorer la liqueur rouge formée par le mélange d’eau de chaux et de solution alcoolique de phénolphtaléine; cette action est très rapide dans une solution renfermant 50 p. 100 d’alcool éthylique, le carbonate de chaux se précipitant immédiatement dans ce milieu.
- Réactifs. — a. Solution d’eau de chaux saturée, renfermant à la température de 15°, ler,8 Ca(OH)2 par litre; cette solution peut être titrée par l’acide sulfurique 1/5 normal.
- b. Solution alcoolique neutre, de 5 grammes de phénolphtaléine dans 100 cc. d’alcool à 93°. Après une heure de digestion, la liqueur est filtrée.
- c. Alcool éthylique 90°-93°, neutre, ayant bouilli immédiatement avant l’emploi.
- Mode opératoire. — 1° Dans une éprouvette de verre cylindrique, graduée, de 100 cc., bouchée à l’émeri, introduire 50 cc. d’eau distillée, récemment bouillie dans une’capsule de nickel, compléter le volume à 100 cc. avec de l’alcool à 93° récemment bouilli (ballon de verre), refroidir l’éprouvette extérieurement par un courant d’eau, ajouter 10 gouttes de la solution alcoolique de phénolphtaléine. Verser ensuite dans l’éprouvette, au moyen d’une burette divisée en dixièmes de centimètre cube, de l’eau de chaux saturée, jusqu’à coloration rouge : il faut 1 cc. On a ainsi un type coloré.
- 2° Dans une deuxième éprouvette, semblable à la précédente (même diamètre), introduire 50 cc. de
- (1) Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 13 mars 1899.
- (2) Léo Vignon, Nouvelle méthode de dosage de l’acide carbonique dissous. (Comptes rendus,
- 5 décembre 1887.)
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- ANALYSE DE L’EAU POUR L’ÉPURATION CHIMIQUE.
- l’eau à analyser, compléter le volume à 100 ce. avec de l’alcool 90°-93° préalablement bouilli et refroidi, ajouter 10 gouttes de la solution de phénolphtaléine ; puis verser dans l’éprouvette, à l’aide de la burette, et en agitant de temps en temps, de la solution d’eau dé chaux jusqu’à coloration rouge persistante, identique à celle du type. Soit n le nombre de centimètres cubes d’eau de chaux employés (déduction faite de 1 cc. du type). Le volume d’acide carbonique contenu dans 1 litre d’eau examinée sera en centimètres cubes (ou en litres par mètre cube d’eau) :
- Yol. CO2 =
- n X 1,8 X 22 X 1 000 50 X 37 X 1.9774
- n X 1,8 5Ô
- X 0,3 = n X 10,8.
- II. — DOSAGE DU CARBONATE DE SODIUM NÉCESSAIRE A LA TRANSFORMATION DES CHLORURES ET SULFATES
- Principe. — a. Les chlorures et sulfates de calcium et de magnésium dissous dans l’eau sont intégralement et rapidement transformés en carbonates par l’action d’une solution de carbonate de sodium, si l’on a préalablement additionné l’eau de son volume d’alcool.
- b. La phénolphtaléine n’est pas colorée par les sulfates et chlorures de calcium et de magnésium dans les conditions précédentes, mais le carbonate de soude la colore.
- Réactifs. — a. Une solution de carbonate de sodium à. 1 gramme par litre, cette solution étant préparée avec de l’eau distillée bouillie.
- b. Une solution de phénolphtaléine, comme précédemment,
- c, De l’alcool à 93°, neutre et récemment bouilli,
- Mode opératoire. — 1° On préparera un type coloré, en introduisant dans une éprouvette cylindrique de 100 cc. graduée, bouchée à l’émeri : 50 cc. eau distillée bouillie, complétant à 100 cc. avec de l’alcool bouilli, refroidissant, additionnant de 10 gouttes de solution alcoolique de phénolphtaléine, et 3 cc. de la solution de carbouate de soude. On obtient ainsi un type suffisamment coloré.
- 2° Dans une capsule de nickel, on fera bouillir, pendant cinq minutes, 50 cc. de l’eau à analyser; on verse ensuite l’eau bouillie dans une éprouvette semblable à celle du type ; on rince la capsule avec de l’eau distillée que l’on fait bouillir et l’on complète le volume à 50 cc. avec cette eau; on ajoute 50 cc. d’alcool récemment bouilli, on refroidit l’éprouvette, puis l’on ajoute 10 gouttes de la solution de phénolphtaléine ; on verse alors la solution ttitrée de carbonate de soude, à l’aide de la burette graduée, en agitant de manière à amener la coloration à être identique à celle du type.
- Soit n le nombre de centimètres cubes de la liqueur de carbonate de soude employés (déduction faite des 3 cc. du type). La quantité de carbonate de soude nécessaire pour la transformation intégrale des chlorures et sulfates sera, en grammes, pour 1 litre d’eau :
- Q = ~^r = 0sr,02 X n.
- 50
- Calculs. — Il faut distinguer deux cas ;
- 1° Épuration par la chaux et le carbonate de soude dans un réservoir séparé. — On emploiera 2*r,51 CaO (préalablement éteinte et mise en lait tamisé) pour 1 litre GO2, et la quantité de carbonate de sodium indiquée directement par l’analyse.
- Les quantités de réactifs ainsi fixées sont théoriques; ce sont celles qui correspondent aux réactions intégrales de l’épuration. Mais, dans la pratique, ces réactions ne s’accomplissent pas complètement; il y a lieu de diminuer les quantités par tâtonnements, suivant les conditions dans lesquelles se pratique l’épuration (température, durée du contact des réactifs et de l’eau, etc.). Ces conditions étant variables, elles doivent être prises en considération pour chaque cas particulier. Finalement, 50 cc. de l’eau épurée, au moment de son emploi, ne devront pas se colorer, ou très faiblement, à l’ébullition, par l’addition de 10 gouttes de la solution alcoolique de phénolphtaléine.
- 2° Emploi de l'eau dans les chaudières à vapeur, — La réaction est ici intégrale, tant à cause de la température à laquelle se trouve portée l’eau que par suite de la concentration qu’elle subit,
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- ARTS CHIMIQUES.
- MARS 1899.
- 11 faudra employer 4sr,76 de C03Na1 2 pour un litre de CO2. Cette quantité se régénérant constamment devra être employée une fois pour toutes, sans être renouvelée, et pour le volume moyen de l’eau de la chaudière :
- (C03H)2 Ca + C03Na2 = (CO3 H Na)2 + C03Ca,
- (CO3 H Na)2 == C03Na2 + H20 + CO3.
- Pour les chlorures et sulfates, on prendra la quantité de carbonate de soude indiquée directement par l’analyse; comme ce carbonate de soude est détruit, il y a lieu de l’employer proportionnellement au volume d’eau total introduit dans la chaudière à vapeur.
- SUR LE MÉCANISME DE LA DÉSAGRÉGATION DES MORTIERS HYDRAULIQUES
- Note de M. H. Le Chatelier (1).
- La désagrégation accidentelle des mortiers hydrauliques présente quelques particularités restées jusqu’ici inexpliquées. Les conditions les plus habituelles de cette désagrégation sont, comme on le sait, la présence, dans le ciment, de chaux ou de magnésie non combinée, la présence dans les eaux ambiantes de sulfates solubles de chaux et de magnésie (eau de mer, eau séléniteuse). L’action de ces agents destructeurs ne se manifeste pas seulement par une perle de cohésion mais aussi par des fentes, par des gonflements, indices certains du développement de forces internes considérables, corrélatives soit de l’extinction tardive des bases libres, soit de la combinaison des sulfates avec les sels calcaires du ciment. Sans insister pour le moment sur la cause immédiate de ces forces, acceptons leur existence comme un fait; il reste encore, rien que pour expliquer leurs effets, bien des difficultés à résoudre. Voici l’une des plus graves : tandis que l’hydratation de la chaux et de la magnésie ne demande, pour s’achever, que quelques jours au plus, l’action expansive ne se fait parfois sentir qu’après des mois et des années. L’explication de ce retard, et des retards semblables dans la destruction des mortiers à la mer, me semble résulter de deux faits, mis en évidence par mes recherches antérieures : la solubilité plus ou moins grande de tous les composés actifs des ciments et la variation de solubilité (2) des corps solides avec la pression qu’ils supportent.
- La chaux ou la magnésie en s’éteignant, le sulfo-aluminate en cristallisant, développent, suivant leur proportion relative, des forces plus ou moins énergiques; envisageons le cas où elles sont insuffisantes pour provoquer une rupture immédiate et n’occasionnent, au premier moment, que des tensions élastiques. Les éléments actifs du ciment ainsi mis en tension voient leur solubilité croître; ils se dissolvent pour recristalliser immédiatement sur place hors de tension. Les déformations élastiques se transforment, par ce mécanisme, en déformations permanentes qui se développent très lentement en raison de la faible solubilité des silicates et aluminates de chaux, mais peuvent se prolonger indéfiniment jusqu’à ce que rupture s’ensuive, à moins que les forces ne viennent auparavant à s’annuler. On voit alors comment les effets mécaniques peuvent ne suivre que de très loin les actions chimiques.
- Cette théorie peut être soumise au contrôle de l’expérience : un prisme de mortier, sollicité par une force indéfiniment maintenue, l’action d’un poids par exemple, devra nécessairement, s’il est conservé humide, se rompre au bout d’un temps plus ou moins prolongé ; conservé à sec de façon à rendre impossible toute dissolution et toute cristallisation, il pourra résister indéfiniment. J’ai fait l’expérience avec le plâtre, composé notablement plus soluble que ceux des mortiers hydrauliques et, par suite, plus facile à étudier.
- Les expériences ont porté sur des baguettes de plâtre de 120 centimètres de longueur, d’une section carrée de 10 millimètres de côté. Elles ont toutes été séchées une première fois et un certain nombre d’entre elles mouillées à nouveau avec une solution saturée de sulfate de chaux. L’effort nécessaire pour provoquer leur rupture rapide a été mesuré en les posant
- (1) Comptes rendus de l’Académie des sciences, 13 mars 1899.
- (2) H. Le Chatelier, Sur la théorie du regel (Comptes rendus, t, CXIY, p. 62; 1892).
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- SUR LE MÉCANISME DE LA DÉSAGRÉGATION DES MORTIERS HYDRAULIQUES. 481
- sur deux couteaux, distants de 100 centimètres et les mettant en charge par leur milieu, au moyen d’un vase rempli progressivement d’eau à raison de 1 litre par minute :
- Baguette sèche.................. 7ks,04 et 7ks,125 : moyenne 7ks,08
- Baguette ^mouillée.............. 3ks,57 et 3ks,365 : moyenne 3ks,61
- On a mis alors parallèlement en expérience une baguette sèche et une baguette immergée dans une solution de sulfate de chaux, en les chargeant de poids moitié de ceux de rupture, soit 3k&,54 pour la baguette sèche et lks,80 pour la baguette mouillée. La baguette sèche était encore intacte au bout de deux mois, tandis que la baguette mouillée avait cassé au bout de vingt-quatre heures après avoir pris une flèche permanente de 0mm,8. Une nouvelle expérience a été faite en chargeant une autre baguette mouillée d’un poids égal au quart de celui de rupture immédiate, soit 0ks,900. La rupture s’est encore produite, mais cette fois seulement après quarante-neuf jours. La flèche permanente était de I millimètre.
- On est en droit d’admettre, par raison d’analogie, que les choses se passent exactement de la même façon dans les ciments. La seule différence est que la force ne peut être assimilée à un poids constant et varie progressivement en tendant vers zéro. La chaux comprimée devient plus soluble et se dissout passagèrement comme les éléments résistants; ces déplacements inverses des éléments antagonistes tendent à faire disparaître les forces mutuelles qui les sollicitent, et souvent un état d’équilibre définitif sera atteint avant que la rupture ne se produise; faute de quoi, tous les mortiers devraient se détruire à la longue, parce qu’il n’y en a pas qui soient, au moment de leur emploi, absolument exempts d’expansifs.
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- ARTS ÉCONOMIQUES
- la radiographie stéréoscopique par M. Chabaud (1).
- Tous les tubes producteurs de rayons X ont un maximum de puissance qui correspond à un état de vide particulier, lié intimement à la forme du tube, à la disposition de ses électrodes et aux dimensions de ces dernières.
- Il était impossible, jusqu’ici, de conserver un tel tube à sa puissance maxima le fonctionnement ayant pour effet de modifier peu à peu sa résistance, de sorte, qu’après un certain nombre d’opérations, le courant refuse de passer dans l’ampoule.
- L’osmo-régulateur de M. Villard permet aujourd’hui d’amener le tube qui le porte à un degré de vide donné et de le maintenir indéfiniment dans cet état, puisque l’on peut ou bien introduire du gaz dans le tube, opération qui aura pour but de diminuer sa résistance, dispositif indiqué par la figure 1, ou bien extraire du même tube une partie du gaz qu’il contient, opération qui aura pour but d’augmenter sa résistance, dispositif indiqué par la figure 2.
- On conçoit que si la résistance que l’on donne au tube est celle correspondant à son maximum de puissance, on obtiendra des radiographies avec des temps de pose aussi réduits que possible.
- Toutes les bobines d’induction, d’autre part, ne fournissent pas des étincelles de même nature, et, en employant une bobine fournissant une étincelle de 35 centimètres et un tube réglé à une résistance R, j’ai dû poser trois minutes pour obtenir un thorax d’adulte, que j’obtenais en vingt secondes avec une bobine d’induction qui fournissait une étincelle de 25 centimètres et le même tube réglé à la même résistance R.
- Dans le premier cas la dépense était de 30 volts et 15 ampères moyens soit 450 watts, alors que dans le second cas elle]était de 12 volts et 10 ampères moyens, soit 120 watts.
- En revanche, l’écran au platino-cyanure de baryum était beaucoup plus lumineux lorsque le tube était actionné par la bobine donnant l’étincelle de 35 centimètres.
- Il semble que l’étincelle qui convient le mieux à la fluoroscopie n’est pas
- (1) Communication faite en séance le 14 janvier 1899.
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- LA RADIOGRAPHIE STÉRÉOSCOPIQUE.
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- celle qui convient le mieux à la radiographie et que telle bobine qui convient très bien à l’un de ces usages ne convient pas nécessairement à l’autre.
- L’interrupteur, de son côté, n’est pas sans jouer un rôle important en radiographie. J’ai construit, sur les indications de M. Villard, un instrument de ce genre, basé sur l’action des aimants sur les courants.
- Cet instrument, qui a été décrit par l’auteur à la Société de Physique, permet d’obtenir une étincelle de 26 centimètres de longueur avec la bobine d’induction Carpentier n’ayant entre joues qu’une longueur de 3S centimètres.
- Fig. I.
- Avec la bobine, l’interrupteur à mercure, le tube muni de son osmo-régula-leur, dont j’ai parlé plus haut, et une batterie de six accumulateurs, j’ai radiographié toutes les parties les plus épaisses du corps humain en moins de cinq minutes.
- Le tableau ci-dessous indique les temps de pose auxquels je me suis arrêté pour obtenir de bons clichés :
- Tête.............................................. . 2 à 5 minutes.
- Bassin d’adulte......................................2ào minutes.
- Thorax d’adulte...................................... 10, 30, 60 secondes.
- Genou et cuisse......................................30 secondes.
- Pied, pour la partie la plus épaisse.................10, 15 secondes
- Bras.................................................10, 15 secondes.
- Main.................................................3, 10 secondes.
- Ces rapidités de pose ont, sans aucun doute, été déjà obtenues, mais avec des éléments beaucoup plus puissants ; j’aurais pu diminuer encore les temps de pose si j’avais rapproché le tube du corps à photographier, ce qui, dans le cas
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- ARTS ÉCONOMIQUES. ---- MARS 189Ô.
- particulier de mes tubes, ne changerait absolument rien à la netteté et à la finesse des clichés.
- Dans toutes les expériences que j’ai faites, le tube se trouvait à une distance de la plaque photographique variant entre 40 et 50 centimètres.
- Pour éviter les insuccès et obtenir en toute sûreté toutes les radiographies des différentes parties du corps humain, j’ai adopté le mode opératoire suivant :
- La première chose à faire est de chercher quelle doit être la résistance du tube pour qu’il donne les meilleurs résultats.
- Quelques radiographies d’essai permettront de déterminer cette résistance optima, mesurée par l’étincelle équivalente.
- Avec la bobine dont je disposais, dont la longueur maxima d’étincelle était de 25 centimètres, le maximum de puissance du tube était atteint quand l’étin-
- Fig. 3.
- celle passait indifféremment par le tube ou entre deux fils de cuivre fixés aux bornes de la bobine et rapprochés à 10 ou 12 centimètres comme l’indique la figure 3.
- Celle résistance ayant alors été réalisée au moyen de l’osmo-régulateur, les fils de cuivre ont été éloignés jusqu’à laisser entre leurs extrémités une distance de 15 à 16 centimètres; la bobine étant mise en activité, le courant passait ainsi uniquement par le tube. La résistance de celui-ci augmentant peu à peu au courant des expériences, au bout de quelque temps, l’étincelle passait entre les fils de cuivre; il était dès lors indiqué de chauffer l’osmo-régulateur pour ramener le tube à sa résistance initiale, correspondant à environ 11 centimètres d’étincelle. —Ce résultat, facile à obtenir avec tous les tubes et toutes les bobines d’induction, permet donc d’obtenir avec toute sûreté une épreuve, pourvu qu’une semblable ait été obtenue une fois.
- J’ai fait pour le développement du cliché ce qui m’avait réussi pour la prise de l’épreuve, c’est-à-dire que j’ai éliminé, en procédant méthodiquement, tous les insuccès pouvant venir de cette partie opératoire.
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- LA RADIOGRAPHIE STÉRÉOSCOPIQUE.
- 485
- J’ai employé le dévcloppateur dont la formule est la suivante :
- iEau 500 grammes.
- Sulfite de soude 50 grammes.
- Pyrocatéchine 10 grammes.
- c . .. ’( Eau 500 grammes.
- Solution B. .
- ( Phosphate de soude tnbasique 100 grammes.
- Pour développer une plaque 24 x 30, j’ai versé dans la cuvette photographique 125 centimètres cubes de bain A, 125 centimètres cubes de bain B et 1 centimètre cube de solution de bromure de potassium à 10 p. 100.
- Ce bain a développé le cliché d’un genou, d’un pied, d’un thorax en vingt ou trente minutes ;
- Le cliché d’un bassin en quarante minutes ;
- Le cliché d’une main et d’un bras en quinze ou vingt minutes.
- La rapidité avec laquelle j’ai pu obtenir toutes les parties du corps humain et la simplicité du dispositif nécessaire pour l’obtention assurée d’une bonne épreuve photographique m’ont conduit à étudier un matériel stéréoscopique. La méthode stéréoscopique est en effet la seule qui permette au médecin de juger de la place occupée par un corps étranger en même temps qu’elle lui donne le relief exact des os du squelette.
- Beaucoup d’opérateurs ont appliqué la stéréoscopie, mais généralement à l’examen d’objets peu épais. Les temps de pose se sont d’ailleurs jusqu’ici opposés à l’extension de cette méthode, car on ne pouvait guère songer à obtenir deux épreuves de pièces épaisses quand on se trouvait parfois très heureux d’en obtenir une seule.
- Le travail le plus important qui ait été fait sur cette question est certainement celui de MM. Marie et Ribaut.
- Je me suis servi du tableau dressé par ces auteurs pour fixer la distance à donner aux deux foyers employés pour obtenir les deux épreuves stéréoscopiques.
- M. Destot, de Lyon, s’est occupé de la même question et a cherché à donner au médecin un moyen de voir directement le relief stéréoscopique sur les négatifs aussitôt leur développement terminé. J’ai cherché la solution du même problème, et l’ai résolu au moyen des appareils décrits ci-dessous.
- Le matériel stéréoscopique comprend :
- 1° L’appareil servant à faire les deux radiographies;
- 2° L’appareil servant à observer les épreuves obtenues, c’est l’appareil de M. Gazes, auquel M. Pellin a apporté quelques modifications de détail ;
- 3° L’appareil servant à éclairer les négatifs et à les repérer.
- Torn V. — 98e année. 5e série. — Mars 1899.
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- Appareil servant à prendre les deux épreuves radiographiques. — Cet appareil se compose (fig. i) d’une planchette horizontale P, dans l’épaisseur de laquelle glisse à frottement doux un tiroir E. Le tiroir renferme une série d’intermédiaires photographiques, que l’on peut, au moyen d’un dispositif simple, orienter en longueur ou en largeur par rapport au sujet à photographier.
- Des traits tracés sur la planchette P correspondent exactement aux divers
- V- Chabaud
- PA ï\j5 gg&kMpose
- intermédiaires qui sont dans le tiroir. Le support P reçoit à ses deux extrémités deux tiges S, S, sur lesquelles glisse, sur toute la hauteur, une tige transversale T. La tige T, cylindrique à ses extrémités, présente au centre, sur une certaine longueur, une section carrée. Cette partie centrale est divisée; elle reçoit deux curseurs CI, C2, munis de vis de pression, et un curseur central, armé lui-même d’un coulisseau B. Une pince M, à longue tige, glisse dans le coulisseau B. La pince M est ainsi mobile en tous sens; sur la tige de cette dernière, se vient
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- LA RADIOGRAPHIE STÉRÉOSCOPIQUE:
- fixer une deuxième pince mobile sur son axe. Ces deux pinces et leurs mouvements permettent d’orienter tous les tubes, de quelque forme qu’ils soient.
- Le jeu de l’appareil est le suivant : on commence par placer la partie qu’on veut radiographier au centre du rectangle correspondant à la plaque qu’on emploiera; on mesure l’épaisseur de la partie qu’on veut radiographier et la distance du foyer du tube à la paroi la plus proche de cette partie, on en déduit la valeur du déplacement qu’on devra imprimer au tube. Untableau dressé par MM. Marie et Ribaut fournit directement cette mesure.
- Fig.
- On glisse sur la tige le porte-tube G de façon que le foyer de l’ampoule coïncide avec un point qui serait, à droite ou à gauche du centre de la plaque, à une distance de celui-ci égale à la demi-valeur du déplacement total, on butte sur G le curseur C2 et l’on place Ct à une distance de C2 telle que C puisse parcourir exactement, entre C4 et C2, la distance fournie par le tableau. L’instrument est alors prêt à fonctionner. Il ne reste qu’à mettre la plaque photographique dans le tiroir, à faire fonctionner le tube, puis à retirer la plaque pour la remplacer par une seconde, à déplacer le tube en venant butter G contre Gx et à faire la deuxième épreuve. La partie qu’on radiographie doit rester immobile pendant ces deux opérations.
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- ARTS ÉCONOMIQUES.
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- Appareil servant à éclairer les négatifs et à les repérer. — L’appareil qui sert à éclairer les négatifs se compose (fig. 5) d’un cadre rectangulaire en bois A, B, G, D, E, portant en Y une glace et en V, un verre opale faisant avec V un angle d’environ 45 degrés. Le cadre tout entier, supporté par une planchette P, peut prendre toutes les inclinaisons possibles et être arrêté dans une position quelconque au moyen d’un écrou de serrage L.
- Sur la glace Y, deux planchettes, guidées chacune par deux ressorls ggn g2 g3, peuvent être poussées ou rappelées par les vis In I.
- Le jeu de cet instrument est le suivant : les deux négatifs développés et séchés à l’alcool absolu sont placés sur V, appuyés l’un sur g Ji gi: l’autre sur g2 I g3. Le cadre est orienté de façon que la lumière frappant Yl soit réfléchie sur Y.
- L’appareil de M. Cazes, placé entre gv et y2, est disposé au-dessus des négatifs. La superposition des images est obtenue par les vis I It, le déplacement dans le sens du grand côté du rectangle étant fait à la main.
- L’appareil peut être éclairé par la lumière du jour ou par toute lumière artificielle qu’on voudra y adapter. Le même appareil peut servir à l’examen des épreuves stéréoscopiques sur papier, il suffit de laisser les pieds A D toucher la planchette P pour avoir Y horizontal. J’ai pensé que, si la stéréoscopie pouvait prendre des services importants en permettant au chirurgien de savoir si un corps étranger se trouvait au-dessus d’un os ou au-dessous de celui-ci, il ne serait peut-être pas sans intérêt de pouvoir déterminer avec une certaine rigueur la position d’un corps étranger dans le corps humain par rapport à un point connu du même squelette, ces deux points étant pris dans un même plan ou dans des plans peu différents.
- M. Cazes a bien voulu calculer pour moi le tableau ci-dessous, qui renferme les coefficients (page 489) par lesquels on doit multiplier la moyenne des deux distances mesurées sur les deux épreuves stéréoscopiques pour obtenir la distance réelle entre les deux points considérés.
- Enfin, il est un point qui m’a paru très important, c’est l’inversion du relief que l’on obtient si l’on intervertit la position des deux épreuves sur l’appareil stéréoscopique; elle fournit un contrôle presque indispensable dans certains cas.
- Une main paraîtra ainsi vue successivement par la face dorsale ou par la face palmaire. Supposons qu’un corps étranger tel qu’une aiguille se trouve dans cette main; s’il apparaît placé au-dessus des os dans un cas, il apparaîtra place au-dessous de ceux-ci dans l’autre; aucune hésitation ne pourra donc subsister sur la position réelle occupée par ce corps par rapport au squelette. Cette remarque permettra en outre de replacer toujours les deux épreuves dans l’ordre qui convient pour voir la main telle qu’elle a été radiographiée.
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- LA RADIOGRAPHIE STÉRÉOSCOPIQUE.
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- Tableau donnant le facteur par lequel il faut multiplier la distance moyenne mesurée sur les épreuves pour obtenir la distance réelle de deux points, à- 1 p. 100 près de sa valeur.
- (Applicable seulement au cas où les deux points sont à la même hauteur au-dessus de la plaque.)
- HAUTEUR COMMUNE DES POINTS RÉELS AU-DESSUS DE LA PLAQUE (en centimètres).
- Ccntim.
- 0,625
- 0,545
- Je reconnais, avec MM. Marie et Ribaut, que le relief est moins exact dans le cas où les épreuves sont examinées dans l’ordre opposé à celui dans lequel elles ont été prises; néanmoins, comme je l’ai déjà dit, je crois cette indication absolument précieuse.
- En résumé, avec un tube bien réglé et une source électrique relativement faible, on peut faire toutes les parties du corps humain en moins de cinq minutes.
- Avec le matériel stéréoscopique que j’ai établi, on peut trouver un corps étranger dans le corps humain, on peut sans hésitation connaître la place occupée par ce corps, on peut en déterminer la distance par rapport à un point connu du squelette, enfin on peut, en quelques instants, prendre deux épreuves radiographiques, les développer, les examiner au stéréoscope et en tirer immédiatement une conclusion.
- Tout ceci n’était possible qu’à condition de faire deux épreuves de parties du corps, même très épaisses, en un temps assez court.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- le compteur Venturi (1).
- Le compteur Venturi se compose essentiellement de deux pièces : le tube et le totaliseur enregistreur.
- Le tube est caractérisé (fig. l)par un ajutage conique a.2, que traverse le courant d’eau dont on veut mesurer le débit. Si l’on désigne par hi et h2 les hauteurs piézomé-
- __ -T-
- - vi-vî:
- Fig. 1. — Schéma d’un tube Venturi.
- triques et par ûq et w2 les vitesses de l’eau en ai et en a2, la vitesse v2 de l’eau est donnée théoriquement par la formule :
- vï=^/%g (A2 — hi) + = \/2g (üt + (t)
- en pratique
- *. = cV/*„(H + -^-) = c^=%=vÆjr> (*j
- G étant un coefficient variant de 0,5 à 1, dû à la viscosité de l’eau.
- En pratique, ces tubes sont (fig. 2) construits en fonte, parfois en bois pour les très grands débits. La gorge «2 est (fig. 3) en bronze, percée de trous débouchant dans la chambre piézométrique AB; il en est de même pour l’entrée ait et les deux chambres piézométriques ainsi formées reçoivent chacune un tube aboutissant à l’enregistreur.
- (1) American Society of Civil Engineers, novembre 1897 et février 1899,
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- LE COMPTEUR VÈNTURI.
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- L’invention de ce tube est due à M. G. Herschell (1888).
- L’enregistreur, inventé par MM. Connel et Jackson, est (fig. 4) relié au tube par deux tuyaux étamés UU et TT. Le tuyau UU débouche dans un bain de mercure W,
- Fig. 3. — Tube Venturi. Détail de la gorge.
- dont le mercure communique par une petite ouverture avec le mercure du tube B, à la surface duquel presse l’eau du tube TT, de sorte que la hauteur H de la formule (2) est représentée par celle de la colonne de mercure en B au-dessus de W. Un flotteur J, à molette H, appuyée par un ressort V, porte sur le tambour I, commandé par un mécanisme d’horlogerie. Ce tambour porte une came R, saillante de 3 millimètres sur
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- le reste D de la surface. Quand la molette H est sur D, le tambour est en prise avec le pignon F, qui transmet son mouvement au compteur; quand elle repose sur R, le pignon F est désengrené et le compteur ne tourne pas. Comme le profil de la came R est une hélice dont l’origine correspond à la position occupée par H pour un écoulement nul, la roue F et le compteur tourneront, à chaque révolution du tambour, d’une quantité proportionnelle à H, de sorte que le compteur, relié au tambour par une transmission convenable, enregistrera les débits du tube. Une vis permet de régler la hauteur du tambour au zéro.
- En marche, l’appareil doit être entièrement rempli d’eau jusqu’au dôme et purgé
- - i
- Fig. 4. — Compteur enregistreur Connel et Jackson,
- d’air par un robinet en haut du dôme. Toutes les dix minutes, le tambour fait un tour en quelques secondes, de sorte que chaque indication du compteur donne l’eau passée pendant dix minutes.
- 2 1
- Le rapport -=, ou l’étranglement du tube, varie, de -7-, pour les grandes vitesses, à 77
- y lu
- pour les petites vitesses d’écoulement.
- De nombreuses expériences ont démontré le bon fonctionnement et l’exactitude de cet appareil, extrêmement avantageux pour les grands débits, où l’on n’a pas à regarder au prix de l’enregistreur — jusqu’à 80 000 mètres cubes par jour à
- I
- Ogden (fig. 5) avec un tube de lra,20 en a,v et contraction de-^-; 250000 mètres cubes
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- INJECTEUR KACZANDER, POUR LE LAVAGE ET l’eSSAI DES CHAUDIÈRES. 493
- à Lea-Bridge (Londres) : avec une perte de charge de 0m,75, — la plus petite dimension admise pour les tubes Venturi est de 150 millimètres en a,,
- A
- — 'l'i11if J ciilnri d Uyik'il,
- L’Institut Franklin vient d’accorder à cet appareil une médaille d’or.
- injecteur Kaczande)', pour le lavage et l’essai des chaudières
- Cet appareil comprend (fig. 6 à 10) un éjecteur pour le lavage de la chaudière à l’eau chaude et un injecteur pour son essai à la pression, avec manomètre en R. L’eau arrive sous forte charge parC, la vapeur par B, et le refoulement se fait à la chaudière par N.
- Pour remplir ou laver la chaudière, on recule, par H3 H2 Hj H4, le convergent H de l’injecteur I de manière à fermer Q, puis on ouvre la prise de vapeur K de l’éjec-teur E F, qui refoule par M N, dans la chaudière, l’eau de lavage, que l’on peut au besoin réchauffer en admettant un supplément de vapeur en N par W2 W1 W.
- Une fois la chaudière remplie d’eau, on ferme K, on ouvre, par L1, la prise de vapeur
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- K1 de l’injecteur, on approche 11 de G jusqu’à ce que l’on constate un accroissement de pression en R, puis, par la manette J2, on règle la pression du ressort s sur la sou-
- Fig. 6, — Injecteur Kaczander.
- Fig. 7 à 10. — Injecteur Kaczander. Coupes (2-2) (3-3) (fig. 6) et (4-4).
- pape de trop-plein P, jusqu’à ce qu’on atteigne en R la pression voulue : l’eau en excès s’échappe au trop-plein Y partie par Q, partie par P U.
- Cet appareil très pratique est construit par la Nathan Manafacturing C°, New York.
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- FRAISE A FINIR EES ENGRENAGES BEARE.
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- FRAISE A FINIR LÉS ENGRENAGES Beale (ATELIERS BROWN ET S1IARPE
- Le principe de cette fraise consiste à faire terminer les dents ébauchées du pignon *B(fig. 12) par le roulement, sur son cercle primitif, d’un pignon A, avec dents a, tronquées en arêtes a, à des longueurs différentes, de manière à tailler successivement chacune des dents de B à sa forme théorique. Le nombre n des dènts de A doit être tel, qu’à chaque tour, chacune de ces dents'attaque une dent différente de B, de sorte
- Fig, 11 à 15. — Fraises Beale.
- qu’après n tours de A, chacune des dents de B ait été attaquée par toutes celles de A.
- En figure 15, la fraise G est constituée par une couronne à dents coniques affranchies comme en c1, avec arêtes coupantes c2, de saillies alternativement hautes et basses, de sorte qu’il y a toujours au moins une grande dent en prise. En figure 11 les arêtes coupantes sont faites entaillant les dents d suivant une spirale d'. En figure 14, les dents E sont coupées à la fois au sommet e et sur les bases e1, qui ne font alors que couper par leurs arêtes sans entraîner B,
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- PRESSE A ÉTAMPER Fox.
- Cette presse, construite par la Fox Machine C°, de Grand Rapids, Michigan, a pour objet de poinçonner, emboutir et découper d’un seul coup des rondelles analogues à
- Fig. 16 et 17. — Presse à étamper Fox.
- celle indiquée en figure 18, pour galets de fenêtres, etc.; elle fonctionne comme il suit :
- Quand l’excentrique ajustable 12 (fîg. 16) fait descendre le châssis 8, cette pièce
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- FABRICATION DES MONTRES A LA WALTHAM.
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- pince d’abord (fig. 18) la tôle entre 16 et 17, en refoulant 16, malgré son ressort 20; puis la came 42 fait descendre dans 8 le poussoir 19, à rappel 42, qui emboutit la pièce ainsi maintenue sur la matrice fixe 18; et 8, continuant à descendre, entraîne, par les vis 35, la barre 34, solidaire du poinçon 33-31, qui, sortant de 19, poinçonne dans 28 le trou central de la pièce. En même temps, la bague 13, supportée par trois tiges 14, avec jeu vertical, et trois tiges 21, à ressorts 22, d’une flexibilité limitée par ce jeu, s’enfonce de la quantité permise par ce jeu, puis découpe la pièce, comme en figure 18, et, dès la levée de 8 et de 17, les ressorts 20 et 22, repoussant 19 et 13, chassent la pièce finie.
- Comme détails de construction, on remarquera le roulement sur billes du galet 43 par lequel la came 41 commande 19 avec une usure réparable par la vis 48, le réglage du poinçon 31 par les vis 35, celui de la bague 13 par l’écrou 15, et celui de ladouille 28 par 30.
- FABRICATION DES MONTRES A LA Waltham
- La célèbre fabrique de Waltham, fondée en 1854 par L. Dennison, produit actuellement 2500 montres par jour avec 2 200 ouvriers, dont 800 femmes. Ces montres,
- Fig. 19. — Machine à dresser les platines de montres.
- faites à la machine, ont une grande précision. A l’Exposition de Chicago, trois d’entre elles, soumises au jury, ont, pendant dix semaiues, varié seulement de 0S 23 par jour. On se figurera facilement l’immense détail d’une pareille fabrication par ce fait qu’un mouvement ordinaire de montre comprend 160 pièces, exigeant pour leur production 3 750 opérations mécaniques.
- Les deux platines de chaque montre, de préférence en nickel, sont découpées dans des bandes continues, puis dressées sur les deux faces par une machine qui (fig. 19) la
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- _ _ > ' *• S >. i".
- 498 NOTES DE MÉCANIQUE. ----- MARS 1899.
- prend, par une main-poseuse CD, au magasin A, la porte à un premier cliuckF, devant
- Fig. 20, — Fraisage des platines. Fig. 21. — Perçage des'platines.
- l’outil qui en dresse la première face, d’où, elle est reprise, retournée et amenée au
- second outil G, qui en dresse la seconde face, après quoi, on l'amène,, toujours automatiquement, au second magasin E.
- Après le dressage, vient le fraisage des platines, parleur passage automatique dans
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- FABRICATION DES MONTRES A LA WALTHAM.
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- sept machines successives G (fig. 20), dont chacune d’elles centre automatiquement la platine devant la broche spéciale correspondante (1).
- Fig. 24. — Machine à fraiser les pignons.
- Fig. 25. — Fraisage des dents des roues.
- De là, la platine passe à la perceuse (fig. 21) qui, en six opérations, transporte
- (1). Pour la description détaillée de cette remarquable machine, due à M. Church. voir G. Richard, Traité des machines-outils, vol. 11, p. 528.
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- les platines du magasin A au magasin C, en y perçant chaque fois six trous, soit, en tout, 36 trous, au diamètre et à la place voulue (1).
- Les corps des roues sont poinçonnés dans des bandes de laiton au moyen de
- Fig. 26. — Fraisage des pignons.
- presses très exactes (2), qui en débitent 25000parjour;il en est de même des aiguilles ébauchées au poinçon (fig. 22), finies à la découpeuse et polies avec du caoutchouc
- Fig. 27. — Fabrication des vis de montres.
- dur A (fig. 22) sur une petite table B, oscillant de manière à recourber légèrement la pointe. Les dents des roues sont ensuite fraisées en séries sur un mandrin B (fig. 23). Les pignons, découpés dans des fils d’acier, sont amenés, du magasin tournant A
- (1) Revue de mécanique, avril 1899.
- (2) G. Richard. La Mécanique à l’Exposition de Chicago, p. 622.
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- FABRICATION DES MONTRES A LA WALTHAM.
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- (fig. 23) par la pince B, en GG, sous les trois fraises D (fig. 25), ébaucheuse moyenne et finisseuse en denture épicycloïdale (1).
- Les vis sont fabriquées par une machine spéciale (2) (fig. 26) à chucks multiples 1, 2, 3... et à deux outils de coupe circulaire A et B, qui, en 1, font la pointe et, en 2, affranchissent le fil d’acier dont on tire la vis; en 3, une pince l’avance de la longueur voulue; en 4, la filière C, la taraude; en 5, B coupe la vis, puis on la transporte en 6, où l’on fend sa tête, puis àl’éjecteur 7, qui l’enlève. Le graissage se fait par de l’huile refoulée au travers des tuyaux (DD). Il y a 41 de ces machines, qui font 175000 vis par jour.
- Toutes les pièces en acier sont recuites au gaz dans des boîtes entourées de pous-
- &
- Fig. 28.
- sière de charbon, trempées à l’huile ou au gaz, et, s’il y a lieu, chauffées au gaz à la couleur voulue.
- Les ressorts spiraux sont fabriqués au moyen d’un fil d’acier de lmm, 5, étiré à 1/50 de millimètre au travers d’une filière en rubis, aplati dans un laminoir spécial, puis étiré fini au travers d’une filière en diamant. La longueur moyenne de ces ressorts est de 230 millimètres. On les recuit par trois à la fois dans des boîtes cylindriques en bronze.
- Le balancier bimétallique et bifendu fait 18000 oscillations par heure; son axe pivote sur un petit rubis A (fig. 27) avec rubis-guide arrondi B, ce qui facilite l’exécution du pivot de l’axe (3).
- (1) Voir G. Richard, Traité des machines-outils, vol. II, p. 192. La machine de Church.
- (2) Id., p. 405.
- (3) Scientific american, 4 mars 1879, p. 132.
- Tome IV. — 98e année, 5e série. — Mars IS9L
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- PROCÈS-VERBAUX
- Séance du 24 février 1899.
- Présidence de M. A. Carnot, président.
- Correspondance. — M. Collignon, secrétaire, dépouille la correspondance.
- Il fait part du décès de M. Isidore Leroy, membre de la Société.
- M. Magnien, fabricant de bronzes, 16, boulevard de Strasbourg, demande des renseignements sur la composition et les propriétés de certains bronzes. (Comité de Chimie.)
- Le Comité technique du Touring Club de France informe la Société d’Encou-ragement d’un projet à’unification des chaînes de transmission d'automobiles, au sujet duquel il la prie de lui présenter ses observations. (Arts mécaniques.)
- M. Delaitre, horloger, 3, rue de Madagascar, demande une annuité de brevet pour un système d’accrochage. (Arts mécaniques.)
- M. Ollive, 45, rue Ramey, demande une annuité de brevet pour une nouvelle pile. (Arts économiques.)
- Le Ministère de h Instruction publique invite la Société à se faire représenter par des délégués au troisième Congrès des Sociétés savantes, qui s’ouvrira à Toulouse le 5 avril prochain.
- Correspondance imprimée. — M. Collignon présente au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages mentionnés à la page 347 du Bulletin de février.
- Déclarations de vacances. — M. Lavalard déclare une vacance au Comité dé Agriculture en remplacement de M. Krantz.
- M. Huet déclare une vacance au Comité des Constructions et Beaux-Arts, en remplacement de M. Schlemmer.
- Nominations de memrres de la Société. — S ont nommés membres de la Société :
- M. Marcel Brillouin, maître de conférences à l’Ecole normale, présenté par MM. Carnot et Mascart.
- M. Bornèque-Japy (Eugène), président de la Chambre de commerce de Belfort, présenté par M. Jordan.
- M. Vautier (Théodore), professeur à la Faculté des sciences de Lyon, présenté par M. Jordan. {M. Vautier s’inscrit comme membre à vie.)
- Conférence. — M. le commandant Renard fait une conférence sur l’Aéronautique.
- M. le Président félicite M. le commandant Renard de sa très intéressante conférence, fréquemment applaudie; il le remercie vivement de sa promesse de la compléter par une nouvelle communication sur la direction des ballons.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- MARS 1899.
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- Séance du 10 mars 1899. .
- Présidence de M. A. Carnot, président.
- Correspondance. —M. Collignon, secrétaire, dépouille la correspondance.
- M. Jacqmain, 26, rue Félicien-David, demande une annuité de brevet pour un vélocipède nautique. (Arts mécaniques.)
- M. Arnaud, 56, rue de la République, à Marseille, présente un odographe pour navires. (Arts mécaniques.)
- M. Mardiconi, 80, rue des Gravilliers, présente un moteur hydraulique. (Arts mécaniques.)
- M. Poyet, 80, rue des Chaumettes, Lyon, demande une annuité de brevet pour un protecteur de toupie, machine à bois. (Arts mécaniques.) s
- M. Doubicm, 154, rue Saint-Maur, demande une annuité de brevet pour un mode de fabrication du papier dentelle. (Arts mécaniques.)
- Correspondance imprimée. — M. Collignon présente au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages mentionnés à la page 504 du présent Bidletin.
- Nominations de memrres de la Société. — Sont nommés membres de la Société :
- Mme la baronne de Pages, 6, boulevard Émile-Augier, présentée pariJi. le comte de Chardonnet.
- M. Leleux (Henri), administrateur de la Compagnie Electro-Métallurgique, présenté par M. le général Sebert.
- M. Peugeot (Robert), ingénieur de la maison Les Fils de Peugeot frères, à Yalentigney, présenté par M. Jordan.
- M. Georgeot, ingénieur chimiste aux Forges de Montataire, présenté par M. Carnot.
- Rapports des comités. — Sont lus et approuvés les rapports suivants :
- Rapport de M. Rouart, au nom du Comité des Arts économiques, sur le poêle f umivore de M. Hinstin, page 374 du présent Bidletin.
- Rapport de M. Davanne, au nom du Comité des Constructions et Beaux-Arts, sur le Chromographoscope de M. Ducos de Hauron (p. 368).
- Rapport de M. Livache, au nom du Comité des Arts chimiques, sur le travail de M. Quivy, relatif à la galvanisation à froid (p. 377). ,
- Rapport de M. Barbet, au nom du Comité des Arts mécaniques, sur le frein Chardonnet {p. 397).
- Communications. — M. Lezé fait une communication sur Y appareil de carbit-ration centrifuge de M. Hignette.
- M. Claude Couhin fait une communication sur Y Association des inventeurs et artistes industriels.
- M. le Président remercie MM. Lezé et Couhin de leurs très intéressantes communications qui seront renvoyées aux comités compétents.
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- LIVRES ET OUVRAGES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE
- EN MARS 1899
- Cours de mécanique appliquée aux machines, par M. J. Boulvin, 8e partie. Application de l’air comprime et de l’eau sous pression, appareils de levage. In-8. Paris, Bernard. ;
- Unités électriques absolues. Leçons professées à la Sorbonne (1884-1885), par M. C. Lip-mann, rédigées par M. Berget. ln-8, 240 p., 98 fig. Paris, Carré et Naud.
- Bulletin de la Société d’Économie politique. Année 1898. In-8, 847 p., 228 fig. Paris, Guillaumin.
- Manipulations de Chimie, par M. A. Mermet. Métalloïdes. In-8. Paris, Paul Dupont.
- Donnés par M. Ch. Bauer, directeur des Annales des Conducteurs des Ponts et Chaussées :
- Traité d’exploitation des mines de houille, par M. C. Dumanet. 2 vol. in-8, 400 et 580 p. Bruxelles, Société belge d’Edition, etc. ; Las Obras publicas en Espana. Étude historique, par M. P. de Abrola J. Minondo. In-8, 1897. Bilbao.
- La Propriété industrielle, artistique et littéraire, par M. Claude Couliin. 3 vol. in-8,
- 650 p. Paris, Larose.
- Manuel du patron pêcheur, par MM. Roche-Canu et Mangon de La Lande, publié sous le patronage de la Société de C Enseignement des Pêches maritimes. In-18, 564 p. Paris, Challamel.
- Premiers Éléments de Pêche maritime et de Navigation, par MM. Coûtant et Lavieuville. ln-18, 192 p. Paris, Challamel.
- Copenhague. 1 vol. in-8, 112 p. Publié par l’Union danoise des Touristes.
- Abaques des efforts tranchants et des moments de flexion dans les poutres à une travée, par M. Duplaix. In-8, 102 p., avec atlas. Paris, Carré et Naud.
- Les Progrès récents dans la teinture et l'impression des tissus, par M. A. Sansone. I01' fascicule. In-8, 92 p. et 15 planches. Paris, Carré et Naud.
- Du Ministère des Travaux publics : Statistique des chemins de fer français au 31 décembre 1897. Documents principaux. In-4, 560 p. Imprimerie nationale.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS À LA RIRLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Février au 15 Mars 1899
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac. . . . Annales de la Construction.
- Acp.... Annales de Chimie et de Physique. AM. . , . Annales des Mines.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique. APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. Bam. . . . Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- BMA . . . Bull, du ministère de l’Agriculture. CN. . . . Ghimical News (London).
- Cs........Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- CR. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- DoL. . . . Bulletin of the Department of La-bor des États-Unis.
- Bp. . . . Dingler’s Polytechnisches Journal.
- E.........Engineering.
- E’........The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE........Eclairage Électrique.
- EU. . . . L’Électricien.
- Ef.. . . . Économiste français.
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Es........Engineers and Shipbuilders in
- Scotland (Proceedings).
- Fi ... Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc........Génie civil.
- Gm. . . . Revue du Génie militaire.
- IC........Ingénieurs civils de France (Bull.).
- ie........Industrie électrique.
- Im . . . Industrie minérale de St-Étienne. IME. . . . Institution of Mechanical Engineers (Proceedings).
- loB. . . . Institution of Brewing (Journal). La . . . . La Locomotion automobile.
- Ln........La Nature.
- Ms........Moniteur scientifique.
- MC. .
- N.. . Pc.. . Pm. . RcP .
- Rgc. . Rgds.. Ri . . RM. . Rmc.. Rs. . . Rso. . RSL. .
- Rt.. . Ru.. .
- SA.. . ScP. . Sie.. .
- SiM. .
- SiN. .
- SL.. .
- SNA..
- SuE. . USR. .
- VD1. .
- ZOI. .
- Revue générale des matières colorantes .
- Nature (anglais).
- Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Portefeuille économ. des machines.
- Revue générale de chimie pure et appliquée.
- Revue générale des chemins de fer.
- Revue générale des Sciences.
- Revue industrielle.
- Revue de mécanique.
- Revue maritime et coloniale.
- Revue Scientifique.
- Réforme Sociale.
- Royal Society London (Procee-dingsj.
- Revue technique.
- Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- Society of Arts (Journal of the).
- Société chimique de Paris ( Bull. ).
- Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- Société industrielle du Nord de la France (Bulletin).
- Bull, de statistique et de législation.
- Société nationale d’agriculture de France (Bulletin).
- Stahl und Eisen.
- Consular Reports to the United States Government.
- Zeitschrift des Yereines Deutscher Ingenieure.
- Zeitschrift des Oesterreichischen Ingenieure und Architekten-Ve-reins.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MARS 1899.
- AGRICULTURE
- Arbres à caoutchouc d’Amérique. Ln. 25 Fév., 203.
- Bétail. Alimentation par la mélasse, SNA. Janv., 25. Ap. 9 Mars, 340.
- — Charbon symptomatique. Ap. 9 Mars,
- 305.
- Betteraves. Production de la graine. (F. Desprez). Ap. 16 Fév., 24.
- Beurres et falsifications (Cochran). Fi. Fév., 85. Blé (Nielle du). Ag. 18 Fév., 254.
- Cacaoyer. Importance dans les colonies françaises. Ag. 18 Fév., 261.
- Engrais. Fumure des vergers. Ap. 16 Fév., 238.
- — Transformation directe de l’ammo-
- niaque en acide azotique dans les milieux liquides (Demonsy). CR.
- ! 27 Fév., 566.
- Forêts. Rouille des résineux en Sologne. Ag. 25 Fév., 300.
- Labours et scarifages (Heuzé). Ap. 16 Fév., 240. Lait. Écrémeuse Fram. Ln. 18 Fév., 191.
- — fromageries coopératives. Ag. 18,
- 25 Fév., 265, 306.
- Machines agricoles. Trieur automatique russe. Ag. 2b Fév., 299.
- — Charrues à siège. Expériences. SNA.
- Janv., 26.
- — Semeuses les (Ringelmann). RM. Fév., 158.
- Semis en rayons inégalement rapprochés (Schribaux). Ap. 23 Fer., 279.
- Travail du sol (Dehérain). CR. 20 Fév., 474. Vers à soie. Influence de la chaleur (Lambert). SNA. Janv., 40.
- Vigne. Taille de quarante (Goste Flore!). Ag. 18 Fév., 256; 4 Mars, 338. Ap. 23 Fév., 286.
- — et les engrais végétaux dans les sols
- légers (Pagest). Ap. 23 Fév., 288; 2 Mars, 311.
- Vins de Champagne. État actuel de l’industrie. Rgcls. 15 Fév., 92.
- — Dosage du cuivre et du mercure dans
- les vins (L. Vignon et Barrillot). CR. 6 Mars, 613.
- CHEMINS DE FER
- Accouplements Cox. RM. Fév., 202.
- Attelages White et Burk. RM. Fév., 202.
- Chemins de fer. Créât Central. E. 17 Fév., 208; 3, 10 Mars, 276, 311. E1.10 Mars, 236.
- — français (matériel roulant des). Ef.
- 25 Fév., 235.
- — australiens. E. 24 Fév., 250.
- —• Inde anglaise (1896-97). Rgc. Mars, 181.
- — Chauffage des trains en Suisse, Alle-
- magne et Autriche en 1897-98. Rgc. Mars, 138.
- — japonais. E'. 3 Mars, 220.
- — du Rajputana, Inde. EM. Mars, 903.
- — métropolitain de Paris. Ac. Mars, 34.
- — électrique de la Jungfrau. E'. 24 Fév.,
- 183.
- — — urbains. VDi. 18 Fév., 170.
- Gares de Marylebone. E. 24 Fév., 242.
- — de Lyon, Paris. Gc. 4 Mars, 273. Locomotives compound du Midi. Rt.
- 25 Fév., 88.
- — Consolidation pour l’Union. Ry. E'.
- 17 Fév., 169.
- — Vauclain. RM. Fév., 198.
- — de l’Oregon. Ry. ld.,.199.
- — Dépense de charbon. Essais de M. Goss.
- RM. Féi'., 197.
- — Influence des incrustations, ld., 201.
- —• Excentrique en fonte malléable de
- l’Union Pacific. RM. Fév., 200.
- — Châssis en acier coulé. RM. Fév., 201.
- — Réchauffeur d’eau du Northern Pacific.
- Rgc. Mars, 200.
- Résistance des trains. E', 17 Fév., 166.
- Signaux. Appareil Ducousso. EE. 25 Fév., 281. Transport des charbons en Angleterre et sur le Nord français. Rgc., Mars, 189. Voituresh couloir du Great Central. E'. 10 Mars, 236.
- Wagons à décharge automatique. Gc. 25 Fév., 269.
- — pour ballast. Gc. 4 Mars, 285.
- — de 45 tonnes pour le Pittsburg. Besse-
- mer. Ry. RM. Fév., 202.
- — — pour grosses, pièces de machines.
- Rgc. Mars, 131.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles. Concours au États-Unis. Eté.
- 18 Fév., 101.
- — État actuel de l’automobilisme, Rgds.
- 28 Fév., 130.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MARS 1899.
- 1)07
- Automobiles. Unification des chaînes. Gc. 18 Fév., 253.
- — Transmissions. Diverses. Ri. 18 Fév., 63, 78, 4; 11 Mars, 85, 95.
- — — Smith. La. 2 Mars, 152.
- — — Straker. Draulette et Gatois. Dili-
- geon. RM. Fcv., 203.
- — — Srnyser. La. 9 Mars, 152.
- — électriques en France. E. 24 Fév., 233;
- 3 Mars, 269. Divers. Pm. Fév., 46.
- — — à New-York. Elé. 11 Mars, 145.
- — à vapeur. Serpollet. La. 23 Fév., 120.
- — — pour poids lourds. E'. 3 Mars, 211.
- — à pétrole. De Dion. La. 23 Fév., 124;
- 2 Mars, 133.
- — — Brouhot. La. 2 Mars, 136.
- — — Vélos, Rivière, Holdin, Girardot,
- Butikofer, Hell, Cudell, Benz, Hen-riot, Bidaud. Dp. 4 Mars, 125. Heine etWegelm (Rub). Gladiator. Baines et Norris. Ici. 11 Mars, 1521.
- Plate-forme mobile. Guyenet et de Mocomble. Gc. 18 Fév., 241.
- Tramways électriques. Coût delà puissance. Gc. 18 Fév., 249.
- — Salle des machines de la Capital Traction C°. RM. Fév., 186.
- — Connexion des rails. Élé. 11 Mars, 150. — De la Ringstrasse au Prater, Vienne. Gc. 14 Mars, 304.
- — Du Puy. Rm. Fév., 34.
- Vélocipèdes américains en Angleterre. TJSR. Fév., 225.
- — Joints Felslie, Pope. RM. Fév.,- 205,
- — — Schilling. La. 9 Mars, 154.
- — Divers. Dp. 18-25 Fév., 107, 122.
- — Akatènes Kuntz Kershaw. RM. Fév., 204.
- — Chaîne Abell. RM. Fév., 204.
- — Pédalier Tucker. RM. Fév., 205.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acétone (Dosage de F) dans les alcools mé-thylique et éthylique (Denigès). ScP. 5 Mars, 240.
- Acétylène (Rapport du Comité sur les générateurs à). SA. 24 Fév., 289.
- — Purification (Wolff). CN. Fév., 88.
- Alcool méthylique. Recherche dans les liqueurs
- spiritueuses (Trillat). CR. 13 Fév., 438.
- Acoustique. Amplification des sons dans les phonographes (Dussaut). CR. 21 Fév., 552.
- Atmosphère (Nouveaux gaz de F) et la loi de Mendeleef (Ramsay). RCP. 15 Fév., 49. Brasserie. Sucre de brasserie en Amérique (Rolfe et Defren). IoB. Fév., 59.
- — Malt (Examenphysique des) (Meacham). IoB. Fév., 87.
- — Consommation de la bière en France et à l’étranger. Ef. 11 Mars, 307. Caoutchouc. État de l’industrie. E. 17 Fév., 217.
- — Essai chimique des dissolutions (Thaï). Ms. Mars, 201.
- — Tissus caoutchoutés Mosetig (Thaï). Ms. Mars, 207.
- Chaux anhydre. Chaleur de formation (Mois-san). CR., 13 Fév., 384.
- Chaux et ciments. Résistance et élasticité des Portland. Le Ciment. Fév., 19.
- — (Dosage rationnel des mortiers de). Id.
- 22.
- — Dépôts de sulfate de baryte sur pierres comme ciment (Clowes). CN. 10 Mars, 109.
- Colle (Analyse delà) (Kissling). Ms. Mars, 222. Cyanogène. Polymérisation des quelques composés cyaniques (Lemoult). ACP. Mars., 338.
- Émaux. Divers (Davenport). SA. 3 Mars, 315.
- Essences et parfums. Lemon-grass. ScP.
- 20 Fév., 158, 159.
- — Acides hydrosulfoniques dérivés du ci-tral, de l’aldéhyde cinnamique et du citronellad (Tieman). ScP. 5 Mars, 196.
- — Extraction et synthèse du principe odorant du jasmin (Verley). ScP. 5 Mars, 226.
- — Fonction f(pvt) — 0, relative aux fluides (Amagat). CR. 27 Fév., 528.
- Farines (Falsification des) (Balland). Pc. Mars, 239.
- Ferments, digestifs et conserves (Lifïmann). Fi. Fév., 97.
- —• Fermentation des saccharides (Du-bourg). CR. 13 Fév., 440.
- — Fermentation du galactose (Dienert).
- CR. 6 Mars, 617.
- Fibres végétales, progrès de la technologie chimique. (Gassmann.) Ms. Mars., 169.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MARS 1899.
- Gaz d’éclairage. Éclairage par incandescence. Société d’Encouragement de Berlin. Fév., ICM.
- Huiles essentielles (Industrie des) (Charabot). RCP. 15 Fév., 58.
- — — d’acétone. Essais (Buisine). CR.
- 27 Fév., 561.
- Hydrogène liquide. Application à la production du vide (Dewar). RsL. 16 Fév., 231. Industrie chimique dans la région parisienne (Progrès de 1’) (Guillet). Gc. 25 4 Mars. 11 Fév., 263, 277, 294.
- Laboratoire. Déplacement des métaux par le magnésium (Biyant), CN. 17 Fév., 75.
- — Dosage des halogènes et de l’ammoniaque. Nouveaux appareils (Chal-taway et Orton). CN. 24 Fév., 85.
- — Analyse de l’ammoniaque du commerce (Lunge et Heftner). Ms. Mars, 219. — Pompe-filtre Jervis. CN. 24 Fév., 86.
- — Peroxyde de sodium. Emploi dans l’a-
- nalyse quantitative (Glaser). Ms. Mars, 220.
- Margarine. Fabrication en Hollande. Rs. 17 Fév., 221.
- Palladium. Sels complexes (Vères). ScP. 5 Mars, 173.
- Optique. Loi de Kirchoff : aspect actuel de la (Cotton). Rgds. 15 Fév., 103.
- — Fabrication des appareils d’optique en Allemagne. Rt. 25 Fév , 76.
- — Spectroscope simple et son emploi (Nor-
- man Lockyer). N. 16, 23 Fév., 371, 391.
- — Lampe étalon Blondel. le. 25 Fév., 81. — Rayons X. CR. 13, 27 Fév., 422, 546.
- — Méthodes interférentielles pour la me-
- sure des grandes épaisseurs et la comparaison des longueurs d’onde (Pérot et Fabry). ACP. Mars, 289.
- Oxyde de carbone. Dosage (Gautier). CR. 20 Fév., 487.
- Paraffines (Point de solidification des) (Bar-rue!). Ms. Mars, 173.
- Photographie. Salification delà fonction dé-veloppatrice (Lumière et Segewetz). Rcp. 15 Fév., 72.
- — (Revue de) (Granger). Ms. Mars, 161. Phosphate ammonio-magnésien. Analyse et
- constitution (Gooch et Austen). American Journal of Science, Mars, 187.
- Phosphorescence du sulfure de strontium (Mou-relo). CR. 27 Fév., 557.
- — Influence des très basses températures
- sur la phosphorescence (Lumière). CR. 27 Fév., 549.
- Platine. Sels complexes, oxalates et nitrites (Vezès). ScP. 20 Fév., 143.
- Poids moléculaire et densité des fluides (D. Berthelot). CR. 27 Feu., 553. 6 Mars, 606.
- Soie artificielle parisienne (Persoz). MC. 1 Mars,
- 86.
- Sulfure de strontium phosphorescent (Mourelo). CR. 13 Fév., 427.
- Teinture. Matières colorantes nouvelles (Re-verdin). Ms. Mars, 170.
- — de la série safranine (Jaubert). ScP.
- 5 Mars, 186.
- — Analyse des matières colorantes natu-
- relles et artificielles (Rota). Ms. Mars,
- 210.
- — Teinture, blanchiment et impression en 1898 (Buntrock). MC. 1er Mars., 70. Tungstène (Bisulfure de) (Defacqz). CR. 6 Mars, 609.
- Terres rares. Oxydes complexes (Wyrouboff et Verneuil). ScP. 20 Fév., 118.
- — CR. 20 Feu., 501.
- — Séparation du fer du zircone (Mattliews).
- CN. 3 Mars, 97.
- — Tétrabomures de zirconium et thorium
- et dérivés (Matthews). CN. 24 Fév., 89.
- Verres. Fabrication des glaces et bouteilles àCourcelles (Belgique). Ru. Janv.,52, 55.
- — Verre sans plomb (Rix). SA. 3 Mars,
- 324.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Accidents (Dernière loi anglaise sur les). Ef. 4 Mars, 273.
- — Règlements du 28 février 1899. Gc.
- 11 Mars, 302.
- Allemagne. Progrès industriels. E. 24 Fév., 250.
- — Concurrence à l’Amérique. EM. Mars,
- 896.
- —• Budget de 1899. SL. Fév., 176. Associations ouvrières (Les). Ef. 4 Mars, 27.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ---- MARS 1899.
- 509
- Bourgeoisie (Petite), d’après une enquête à Gand. Rso. 16 Fév., 28b.
- États-Unis. Industrie minérale et métallurgie. Ef. 25 Fév., 238.
- France. Recensement des fonctionnaires, fisc. 16 Fév., 311.
- — Budget de l’agriculture. Ef. 23 Fcv., 240.
- — Mouvement social en France (Musée social. Fév.).
- — Régime foncier des colonies. Ef. 11 Mars, 305.
- Institutions patronales des chemins de fer français. Rgc. Fév.
- Monnaie de Paris en 1898. Ef. 18 Fév., 199. Ouvriers de chemins de fer en Europe (Les) (Weyl). üoL. Janv., 1.
- Perse. Routes commerciales Hotz. SA. 10 Mars, 341.
- Travail des enfants de 12 à 14 ans en Allemagne (V. Brants). Rsc. 1er Mars, 361. Trusts (Développement des). E. 3 Mars, 284.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Ciment armé. (Résistance du) (Considère), Gc. 18, 25 Fév., 244, 260.
- — Derniers progrès (Tedesco). IC. Janv.,63. Palais des mines à l’Exposition. Rt. 16 Mars, 97. Ponts en X au Mans. Rt. 10 Fév., 49.
- — Tournant de la rivière Harlem. E. 24 Fév., 256.
- — Sur le chemin de fer local de Weido-fen-Gaming. ZOI. 24 Fév., 113.
- — Canal de Briare. Gc. 11 Mars, 219. Voûtes. (Détermination de l’axe neutre dans les) VDI. 25 Fév., 203.
- — Arche biaise (Doriès). Ac. Mars, 44.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs divers (Reynal). EE. 18Fév., 253.
- — Schoppe, Ici., 323.
- — à gaz. Elé. 11 Mars, 147.
- — Empâtage des supports. Formation des
- électrodes (Loppé). EE. 11 Mars, 367, Chauffage éléctrique. Le Roy. Elé. 25 Fév., 113. Commutateurs et court-circuits. SiE. Fév., 37. Courants de Foucault (Puissance absorbée par les) dans les conducteurs.
- Distributions par courants alternatifs (M. Leblanc). EE. 13 Fév., 249; 11 Mars, 376. Dynamos à courants continus (Guilbert) EE. 18, 24 Fév., 241, 298.
- — Cuirassées Parker. E'. 17 Fév., 170.
- — Détermination du rendement. SiM. Janv., 48.
- — Limite de la marche sans étincelles (Kapp). Rt. 25 Fév., 74,
- — Rendement comparé de machines actionnées par groupe ou isolément (Hartmann). EE. 18 Fév., 260.
- — Propriété des machines d’induction (Leblanc). SiC. Fév., 54.
- Commutatrices (Guilbert). EE. 4 Mars, 322 (Steinmetz). Id., 337. Théorie (Kapp). EE. 11 Mars, 379.
- — Fonctionnement et tension aux balais (Aliamet). Elé. 25 Fév., 114. Éclairage. Arc. Lampe pour tramway. Rt.
- 10 Mars, 101.
- — Incandescence. Lampe Nust. le. 25 Fév., II. E. 3 Mars, 285. Diverses. Dp.
- 11 Mars, 158.
- Électricité et chaleur. Théorie de Riecke. EE. 25 Fév., 281.
- — Production directe par le charbon. Rt. 25 Fer.,79.
- Électrocapillarité (phénomènes d’) Nature des (Smith). RSL. 16 Féa., 254. Électrochimie. Divers. Dp. 18 Fév., 112. — Organique. Dp. 25 Fév., 128.
- — Loi de dilution des électrolytes (Muller). CR. 20 Fév., 505.
- — Chlorates par électrolyse du chlorure
- de calcium (Oettel). CJS. 24 Fév., 86. Yaubel. CN-10 Mars, 110.
- — Désargentation des plombs argentifères
- (Tommasi). Elé. 4 Mars, 129. Interrupteurs électrolytiques Wehnelt pour bobines d’induction. le. 25 Fév.r 84. Darsonval. CR. 27 Fév., 529. EE. 11 Mars, 399.
- Lignes aériennes, isolement. Elé. 23 Fév., 128. Magnétisme. Influence sur la conductibilité du fer (Korda). CR. 13 Fév., 418.
- — Propriétés magnétiques des fers de
- Steinmetz. EE. 24 Fév., 304.
- Mesures. Galvanomètres différentiels. Meilleur d’emploi pour la mesure des faibles résistances (Pomey). EE. 18 Fév., 247.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MARS 1899.
- Mesures, Appareils divers (Armagnat). EF. 3 Mars, 331.
- Stations centrales. Moyens d’accroître l’utilisation du matériel, le. 23 Fév., 78.
- — Cely of London. E'. 10 Mars, 232. Télégraphie sans lils. Principe et utilité (Broca).
- Rs. 17 Fév., 193 (Marconi). £.10 Mars, 321.
- — côtière (Bright). E1. 17 Fév., 133. 3,
- 10 Mars, 203, 227.
- Téléphonie. Tableau commutateur de la Société des Téléphones. EE. 23 Fév., 297.
- Transformateurs (Essais des). Elé. 18 Fév. 98.
- — Tournants (J. P. Thomson). EE. 11 Mars,
- 389). Gc. iiMars, 297.
- Transport à haute tension, E. 24 Fév., 249.
- HYDRAULIQUE
- Canaux et rivières de Russie (Moberly). E. 3 Mars, 267.
- — — Canal du Nicaragua (Hunter). EM.
- Mars, 972.
- Compteur Yenturi. Fi. Fév., 108.
- Distribution d’eau de Vienne. Ri. 18 Fév., 64.
- — d’Yport. Gc., 2b Fév., 257. Hydro-élévateur Durozoi. Ri. 4 Mars, 82. Pompes à incendie Meryweather. E. 17 Fév.,
- 206.
- Double directe Odie. RM. Fév., 207.
- — Rotatives (Masse). RM. Fév., 171.
- Pneumatique Merrill. Eam. 4 Mars,267.
- — Soupape de sûreté pour pompes. Dal-
- le tt. RM. Fév., 207.
- Puits. Variation du niveau. 25 Fév., 202.
- Pulsomètre Peter. Ri. 23 Fév., 73.
- MARINE, NAVIGATION
- Bateau brise-glaces russe. E'. 24 Fév., 252. Canal de Nicaragua. E. il Fév., 200.
- Crues. (Prévision des). Rt. 10 Fév., 63. Machines marines du cuirassé Goliath. E'. 24 Fév., 183.
- — De TUltonia. E. 3 Mars, 276.
- — à 4manivelles,perfectionnées.E. 24Fév.,
- 186. Es. Fév., 26.
- — Appareils auxiliaires (Joubert). Bam.
- Fév., 10.
- Marines de guerre. Tactique navale (de Carfort) Rmc. Janv., 6 (Lemoine) 149.
- — allemande. Rmc. Janv., 17. Fév., 347.
- — russe. E'. 24 Fév., 179. Rmc. Janv., 186.
- Croiseur Pallada. E'. 10 Mars, 231.
- — anglaise. Rmc. Janv., 90, 174.
- — Italie. Rmc. Janv., 183
- — États-Unis. Rmc. Janv., 182. Nouveaux destroyers. Gc. 4 Mars, 280.
- — japonaise. Croiseur Asama. E. 4 Mars,
- 277.
- — Bataille de Santiago (Cuba). E1. 24 Fév.,
- 177. Guerre de Cuba. E. 10 Mars, 317.
- — Sous-marins (Les). En. 18 Fév., 177.
- — Torpilles. Vitesse et rayon d’action.Rmc.,
- Janv., 163
- — Torpilleurs (Les). Rmc. Fév., 340. Paquebots à roue amércains. E1. Fév., 154. Phares. Appareils dioptriques (White). E.
- 3 Mars, 278.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Accouplement de la Vieille Montagne. RM. Fév., 217.
- Air comprimé. Moteur Stow. RM. Fév., 221. Butée Wilkinson. RM. Fév., 218.
- Changement de marche. Kennedy.RM.Fév.,217. Chaudières à tubes d’eau Knop. £'. 24 Fév., 194.
- — Blechynden, Okes-White. RM.Fév., 194.
- — Accidents des (Sinigaglia). RM. Fév.,
- 126.
- — Chocs dans les tuyaux d’alimentation. Rt. 23 fév., 77.
- — Explosion de Prague. EJ. 17 Fév., 162.
- — Grandes tôles pour. E1. 24 Fev., 192.
- — Filtres d’alimentation (Shute). Es.
- Fév., 1er.
- — Iniecteur Parle et Williston. RM. Fév.,
- 194.
- — Niveau d’eau Hiller. RM. Fév., 196.
- — Soupape de vidange Mac Intosh. RM.
- Fév., 195.
- -- Foyer Lowe. RM. Fév., 193.
- — — au pétrole Clarkson. RM. Fév., 195.
- Serrurier. Id. 196. dans la marine. Fév., 362, 368.
- — — Fumivores et leur aspect indus-
- triel. E. 10 Mars, 300.
- — Purgeurs Thornycroft. Royle. RM. Fév.,
- — Réchauffeur Thomson. RM. Fév., 197.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- MARS 1899.
- 511
- Chaudières. Cheval-vapeur (Mesure du). E. 10 Mars, 227.
- — Surchauffeur Mac Phail. RM. Fév., 197.
- — Tuyauteries de vapeur. E. 10 Mars, 320. Coussinets à rouleaux. Hyatt. Fi. Fév., 145. Compresseurs électriques Allen E. 10 Mars, 312. Dynamomètre hydraulique. Bouron. Gc. 18 Fév.,
- 247.
- Dntgue h grappin Osgood. RM. Fév., 208. Dynamomètre. Theodorovitch. IC. Janv., 56. Embrayage.Hodgkinsson, Seeley. RM.Fév., 217. Froid. Usine Berksà la Côte-d’Or. E'. 3 Mars, 219.
- Graisseur Klein. RM., Fév., 217.
- Imprimerie. Machines pour livres (Pavrie). E. 10 Mars, 327.
- Levage. Cableway Henderson. E'. 24 Fév., 193.
- — Ascenseurs électriques du Central Lon-
- don. E. 3-10 Mars, 273, 304. Delatour deNewBrighton.jRi. 11 Mars, 93.
- — Transporteurs divers. Dp. 4 Mars, 134. VDI. 4, 11 Mars, 225, 255.
- — Derrick Adams. RM. Fév., 207. Machines-outils. Ateliers de Victoria à Shef-
- feld. E. 17 Fév., 199.
- — Du Creusot (artillerie). Id., 202, 24 Fév.,
- 235 ; 10 Mars, 308.
- — de l’Algemeine. VDI. 18 Fév., 178.
- — américaines et d’Europe (Orcutte). EM.
- Mars, 921. Américaines. E1. 24 Fév., 189.
- — (Amortissement des). EM. Mars, 957.
- — Clef, Billing. RM. Fév., 210.
- — Alésoirs Niles. E1. 3 Mars, 210.
- — Newton. RM. Fév., 210"
- — Affûteurs pour scies Taylor-Dnnkerley.
- RM. Fév., 183.
- — Fraiseuse Heterington. Ri. 25 Fév., 74.
- — — Bindel. VDI. 11 Mars, 254.
- — Frappeur à air comprimé Hotten. RM.
- Fév., 212.
- — Rochet Williams. RM. Fév., 212.
- — Taraudeuses Hartness. RM. Fév., 180.
- — — Hilgendorf. RM. Fév., 213.
- — Perceuse Warren, RM. Fév., 213.
- — Tour-revolver Heinemann. RM. Fév.,
- 211.
- — — à commande électrique Hulse.
- RM. Fév., 211.
- — — Meulage des pointes Tiffen. E.
- 10 Mars, 313.
- Machines-outils Tubes (Fabrication des). Klatte. SuE. lnr Mars, 233.
- — à bois. Scies Ransome. Ri. 18 Fév., 61.
- — — Chapeau de sûreté Bûcheron.
- Ram., Fév., 168. — Glover. E. 3 Mars 291. — Fleuret. Gc. Il Mars, 305.
- — — Raboteuse Robinson. E'. 24 Fév.,
- 192.
- — — (Développement des) (Richards).
- EM. Mars, 932.
- Machines à, vapeur et à gaz dans les villes (Korting). VDI. 25 Fév., 198.
- — Compound Galloway. RM. Fév., 222.
- — Influence des parois (Anspach). RM.
- Fév., 190.
- — Compression dans les machines à va-
- peur (Donkin). RM. Fév., 121.
- — Rotative Meyer. Gc. 4 Mars, 286.
- — Piston à course variable Holden. RM.
- Fév., 224.
- — Condenseurs Bohler. Ln. 18 Fév., 180. A
- eau récupérée Rarnard. RM. Fév., 225.
- — — centraux. SuE. 15 Fév., 186.
- — Distributions Allen, Edlund. RM. Fév.,
- 222. — Root, Chandler, Nichols. Id.,
- 223.
- — Régulateur Shaffer Budenberg. RM. Fév.,
- 224.
- — Turbines Lundell, Thorsin, Huber. RM.
- Fév., 222.
- — à air et vapeur Pictet. RM. Fév., 226.
- — à gaz (de haut fourneau). Société d’En-
- couragement de Berlin. Fév., 53.
- — — Régulateur Klein. RM. Fév., 227.
- — à pétrole Obermsel, Korting. Dp. 18 Fév.,
- 103 — Allen et Barker. E. 17 Fév., 207. — Eldin. La. 23 Fév., 117.
- — — Turbine Irgens et Brunn. La.
- 16 Fév., 106.
- Poidies en papier. Fabrication. RM. Fév., 215.
- — Folle-Blood. RM. Fév., 218.
- Pesage. Appareils Avery. E’. 24 Fév., 196. Résistance des matériaux. Peintures préservatrices. E. 24 Fév., 238.
- — Corrosion du cuivre par l’eau de mer.
- SuE. 1er Mars, 224.
- — Préservation des bois (Cowper Cowles).
- E. 24 Fév., 258.
- Régulateur de pression Thompson. RM. Fév., 217.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MARS 1899.
- Tuyauterie. Enveloppes calorifuges FJuss et Heira. Rt. 25 Fév., 92.
- — Accouplement Meryweatlier. RM. Fév., 219.
- MÉTALLURGIE
- Aluminium (Progrès de 1’). E!. il Fév., 155. Bronze en poudre. (Industrie eu Allemagne).RL 10 Mars, 108.
- Creuset au pétrole. Bickford. E.17 Fèv., 168. Fer et acier (État cristallin) (Stead). £. 24-17 Fév., 226, 263.
- — Aciéries de Gharleroi et petits convertisseurs. Ru. Janv., 42.
- — Puddlage direct. Bonehill à Hourpes. Ru. Janv., 36.
- — Appareils employés dans les aciéries américaines. Bam. Fév., 171.
- — Laminoirs. Cause de rupture des cylindres trempés. (Nicholson). E. 3 Mar:s, 297.
- — Sfliciures de fer (Fabrication indus-
- trielle). Eam. 18 Fév., 204.
- — Fonte (Point de fusion). (Moldenke.) E.
- 10 Mars, 331.
- — — Appareils de fusion. Pm.Mars, 45. Gazogènes (Histoire des). Société d'Encourage-
- ment de Berlin. Fév., 81.
- Or. Action des oxydants sur la dissolution de l’or dans les cyanures alcalins. (Noel-ting et Forel.) SiM. Janv., 28.
- Or. Production de 1850 à 1898. SL. Fév., 175.
- MINES
- Bassin de Charleroi. Ru. Janv., 1.
- Cuivre dans les districts de Washington. Eam. 11 Fév., 173.
- — dans les eaux de mer. VDl. 18 Fév.,
- 182 )SuE. 15 Fév., 170.
- — Bocard à vapeur pour la mine de Ta-marak. Eam. 24 Fév., 237. Électricité. Emploi dans les mines à grisou en Angleterre (Leproux). AM. Janv., 101.
- — — dans les mines de Cros (Loire).
- Gc. 25 Fév., 268.
- Extraction. Machines des salines de Heilbronn.
- Dp. 25 Fév., 117.
- Mica au Bengale. F. 3 Mars, 293.
- Or. District de Gasiar, Colombie. Eam. 18 Fév., 305.
- — Ouest de l’Afrique. (Irvine.) SA. 24 Fév., 285.
- — au Klondyke. ZOI. 3 Mars, 139. Phosphates noirs des Pyrénées (Levât). AM,
- Janv., 1.
- Sel de Stassfurt. Dépôt. Théorie de sa formation. N. 16 Fév. 379.
- Talc fibreux. Comté de Saint-Laurent. New-York. Eam. 25 Fév., 234.
- Le Gérant : Gustave Richard,
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- 98e ANNÉE.
- Cinquième Série, Tome IV.
- AVRIL 1899
- BULLETIN
- DE
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. Édouard Bourdon, au nom du Comité des Arts mécaniques, sur les élévateurs-transporteurs pneumatiques de M. E. Far-cot fils.
- Messieurs,
- Au cours de la séance du 11 novembre 1898 de la Société d’Encoura-gement, M. E. Farcottîls a fait une communication sur les applications des élévateurs ou transporteurs pneumatiques à l’aide de ventilateurs ; à la suite de cette conférence, le Comité des Arts mécaniques a été saisi de cette intéressante question, avec mission de présenter un rapport sur les appareils dont il venait d’être parlé. Avant d’entrer dans leur description, il nous paraît utile de donner quelques mots d’explication sur leur emploi et sur les résultats qu’ils sont destinés à produire. Les grands élévateurs ou transporteurs pneumatiques, qui fonctionnent journellement en Angleterre et en Amérique et débitent à l’heure plus de 100 tonnes de grains, ne se rencontrent guère en France, où les quantités de grain qu’il s’agit de déplacer sont bien moindres que dans ces deux pays; conséquemment, l’utilisation d’appareils aussi puissants et aussi coûteux serait trop intermittente et par suite peu économique. Dans nos ports de commerce et dans nos grandes usines, des appareils de plus faible importance conviennent mieux, et ceux dont nous avons à nous occuper ici correspondent à des débits d’environ 30 tonnes de grain à l’heure au maximum.
- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Avril 1899.
- 34
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- ARTS MÉCANIQUES. ---- AVRIL 1899,
- Les premiers essais d’élévateur pneumatique par ventilateur aspirant furent faits en 1877, par MM. Renard et de la Haye, qui prirent un brevet sous la désignation d’élévateur Renaye ; depuis cette date, de nombreuses applications furent faites, dans lesquelles le problème a été résolu en opérant soit par aspiration, soit par refoulement. Nous allons examiner successivement ces deux systèmes, en nous reportant au dessin d’ensemble d’une installation qui comporte à la fois les deux dispositions.
- 1° Manutention par aspiration. — Un élévateur ou transporteur aspirant se compose (fig. l)d’un ventilateur à haute dépression Y, qui fait un vide relatif de 0m,300 à 1 mètre de hauteur d’eau dans un réservoir étanche B, appelé séparateur, à l’intérieur duquel vient déboucher un tuyau recourbé qui amène le grain. Ce tuyau d’ascension communique à sa partie inférieure avec une trémie B, (fig. 2), remplie du grain à élever, dont on règle le débit au moyen d’une vanne à coulisse; le courant d’air prend en dessous le grain déjà animé d’une certaine vitesse par sa chute et l’entraîne immédiatement, La poussière aspirée avec le mélange dans le séparateur B continue son trajet dans le tuyau B2 jusqu’au ventilateur, qui la rejette soit dans une chambre où elle est recueillie, soit directement dans l’atmosphère. Le grain qui s’est accumulé dans le séparateur s’écoule par un tuyau de descente jusqu’à une soupape à contrepoids, qui s’ouvre par intermittence sous l’influence du poids du grain, chaque fois que la résistance offerte par le grain au passage de l’air est plus grande que la dépression produite dans le réservoir par le ventilateur. L’installation représentée par la figure 1 a été faite avec un seul ventilateur V, aspirant à volonté dans deux séparateurs B et C au moyen des tuyaux B2 et Câ. Le séparateur C n’est pas muni, comme B, d’une soupape automatique ; on en extrait le grain suivant les nécessités des opérations. Les appareils qui viennent d’être décrits conviennent bien pour le transport et le nettoyage des grains secs ou crus, mais ils ne peuvent être employés pour les grains germés; en effet, quand ils ont atteint leur degré de germination, ces grains, qui contiennent 90 p. 100 d’eau, sont très tendres et portent de longues radicelles; il en résulte qu’ils s’agglomèrent facilement en pelotes, lesquelles forment tampons dans les tuyaux et gênent beaucoup le fonctionnement de ce système d’élévateur. Après de nombreux essais M. E. Farcot fut conduit, pour remédier à l’inconvénient signalé, à remplacer l’aspirateur par un ventilateur soufflant ; c’est le second procédé, dont nous allons donner la description.
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- ÉLÉVATEURS-TRANSPORTEURS PNEUMATIQUES.
- 515
- 2° Manutention par refoulement. — L’élévateur transporteur soufflant a pour organe principal un ventilateur A, pouvant comprimer l’air à une pression d’environ 1 mètre d’eau; l’air ainsi comprimé se rend à une trémie de chargement A, dont le fond communique avec un distributeur rotatif. Cet appareil est (fig. 3) constitué par deux cylindres superposés et placés horizontalement; le premier porte à sa partie supérieure la trémie de chargement, et il communique par sa partie inférieure directement avec le second
- Touraille
- 1er Plateau
- Sortie de græn
- Chambre de chauffe des touraûles
- pjdumalt'
- Fig. 1. — Élévateur Farcot. Ensemble d’un système aspirant et refoulant.
- cylindre dans lequel arrive le courant d’air. A l’intérieur du cylindre supérieur, tourne un distributeur composé de huit palettes formant augets, dont les extrémités sont garnies d’une lame de caoutchouc qui assure l’étanchéité du système.
- Le grain remplissant la trémie tombe dans les augets du distributeur et, de là, en quantité déterminée, dans le cylindre inférieur, où il se trouve d’abord entraîné par le courant d’air venant du ventilateur, puis ensuite élevé dans le tuyau A2; le but du distributeur est d’empêcher la pression de se perdre au moment du mélange du grain avec l’air. A l’inverse de ce qui se passe dans l’élévateur aspirant, on obtient la pression maxima pour la mise en mouvement du grain au moment même où il arrive dans le courant
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- il,:.'
- 816
- ARTS MÉCANIQUES. — AVRIL 1899.
- d’air; il suffît alors d’une force plus faible pour entretenir sa vitesse, et cela explique la raison pour laquelle le rendement de cet appareil est supérieur à celui de l’élévateur aspirant, qui n’est guère que de 6 à 10 p. 100.
- Les deux systèmes d’élévation et de transport des grains dont nous venons de faire la description ont été l’objet de plusieurs applications importantes, notamment dans les brasseries; si, jusqu’à présent, elles n’ont pas
- Fig. 2. — Élévateur Fcircot. Détail d’une trémie
- Cornière de 3S x3â
- été très nombreuses, cela tient à ce que les petits industriels s’effraient de la force motrice qu’il est nécessaire de dépenser momentanément. Comme
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- ÉLÉVATEURS-TRANSPORTEURS PNEUMATIQUES.
- 517
- exemple, nous citerons une installation où le ventilateur aspirant absorbe 45 chevaux-vapeur pour élever par heure 32 tonnes de grains à une hauteur de 22 mètres. Mais si l’on tient compte de la diminution de la main-d’œuvre, de la simplification d’installation, de mise en marche et d’entretion, en dehors même des résultats obtenus quant au séchage et au nettoyage du
- Sortie du
- Entrée
- de l'air
- d'air et de grain
- Fig. 3. — Élévateur Fcircot, Détail d’un distributeur.
- grain, on reconnaîtra que ces avantages compensent largement la dépense momentanée de force motrice et que,somme toute, un industriel trouvera son intérêt à exécuter rapidement et d’un seul coup une opération qui nécessiterait, en suivant les anciens errements, une main-d’œuvre coûteuse et un délai prolongé.
- Nous vous proposons, Messieurs, de remercier M. E. Farcot fils de son intéressante communication et de décider l’insertion dans le Bulletin du présent rapport et des dessins nécessaires pour suivre les explications données.
- Signé : Edouard Bourdon, rapporteur,
- Lu et approuvé en séance, le 14 avril 1899.
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-
-
- ARTS ÉCONOMIQUES
- Fig. 1. — Générateur d’acétylène Guy.
- A, réservoir recevant le carbure de calcium granulé de la réserve A' par le robinet G; D, poche commandant par E le tiroir B,qui distribue le carbure de A à la bâche C, alimentée d’eau par II.
- F, épurateur par où l’acétylène de C passe avant d’arriver à la canalisation par D.
- 1
- Vf
- Rapport présenté, au nom du Comité des Arts économiques, par M. Violle, sur XAppareil automatique pour la production de ïacétylène, construit par M. Bor-dier, suivant le système Guy.
- Messieurs,
- L’éclairage par l’acétylène, après avoir donné les plus belles espérances, s’est trouvé momentanément arrêté dans son essor par l’une de ces vicissitudes auxquelles sont sujettes les applications de toute découverte. La Société d’Encouragement s’est' toujours plu à soutenir, dans ces périodes de crise, les industries naissantes, en signalant les appareils imaginés en vue d’étendre à un plus grand nombre de personnes le bénéfice de précieuses découvertes.
- Suivant cette tradition, nous nous permettons d’appeler l’attention de la Société sur l’appareil imaginé par M. Guy, et construit par M. Bordier, pour la production domestique de l’acétylène.
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-
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- APPAREIL AUTOMATIQUE POUR LA PRODUCTION DE L’ACÉTYLÈNE. 519
- Cet appareil se compose essentiellement d’une bâche à eau surmontée d’un réservoir contenant du carbure de calcium granulé,.que le jeu automatique d’un tiroir laisse tomber par petites portions dans l’eau.
- Le jeu du tiroir est réglé par l’aclion d’une poche en caoutchouc en relation avec la partie supérieure de la bâche où s’emmagasine le gaz produit. La quantité de gaz venant à diminuer par suite de la consommation, la poche se dégonfle, un ressort antagoniste pousse le tiroir, une petite quantité de carbone tombe dans l’eau; de l’acétylène se produit immédiatement; la poche de caoutchouc se gonfle et, par l’intermédiaire d’un levier, retire le tiroir. Les mêmes mouvements se reproduisent régulièrement, à des intervalles plus ou moins rapprochés suivant la consommation. L’appareil est peu embarrassant, et, logé sous un hangar ouvert, il convient très bien à l’éclairage privé, pour lequel il rend facile l’emploi si précieux de l’acétylène.
- Votre rapporteur vous demande l’insertion, dans le Bulletin, de cette courte note, avec le dessin et la légende indiquant la disposition ingénieuse de l’appareil.
- Signé : Violle, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance, le 14 avril 1899.
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- ARTS ÉCONOMIQUES
- Rapport présenté au nom du Comité des Arts économiques, par M. Violle, sur le Traité d'électricité de M. Dagremont.
- K
- M. Dagremont, conducteur des ponts et chaussées au service de la Ville de Paris, soumet à la Société d’Encouragement un Traité d’électricité en deux volumes (Paris, Dunod, 1898-1899). Ce Traité, qui fait partie de la Bibliothèque des Conducteurs de travaux publics, nous paraît très bien approprié à son but. Le tome Ier comprend une étude générale présentée de manière à conduire tout naturellement le lecteur aux applications traitées dans le tome II. Exact et bien au point, l’ouvrage de M. Dagremont a surtout un caractère « vécu » qui en rend la lecture éminemment profitable.
- Nous vous demandons d’adresser à l’auteur les remerciements et les félicitations de la Société, et de vouloir bien insérer ce rapport dans le Bulletin de la Société.
- Signé : Violle, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance, le 14 avril 1899.
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- ARTS CHIMIQUES
- Rapport fait, au nom àu. Comité des Arts chimiques, parM. de Luynes, sur
- l’ouvrage deM. Larchevèque intitulé Fabrication de la porcelaine dure,
- Parmi les ouvrages présentés à la Société, le livre intitulé Fabrication de la porcelaine dure, de M. Larchevèque, a particulièrement attiré l’attention de notre Comité des Arts chimiques. L’auteur passe en revue tout ce qui se rapporte à la fabrication de cette poterie, et, sans entrer dans la description de trop de détails, résume d’une manière complète les procédés employés, depuis l’extraction des kaolins jusqu’à la décoration de la porcelaine. Après une description sommaire des principaux gisements de kaolin actuellement exploités, des roches et des sables qui servent comme éléments de la pâte à porcelaine, M. Larchevèque passe en revue les opérations mécaniques qui permettent d’arriver à la constitution des pâtes. Le travail des pâtes, c’est-à-dire la fabrication proprement dite, est décrite dans un chapitre très intéressant. On y trouve ce qui concerne le dessin des modèles, la détermination du retrait des pâtes, les procédés graphiques servant à exprimer le retrait d’une pâte pour un système de façonnage, etc. Les avantages et les inconvénients de ces procédés sont discutés avec beaucoup de sagacité. Il en est de même pour la description des procédés numériques, qui sont plus pratiques que l’emploi des méthodes graphiques. A propos des procédés de fabrication, l’auteur insiste sur le réglage des machines, leur vitesse démarché, la détermination des épaisseurs. Il décrit l’usage des courbes de coulage et les conditions que doit remplir une barbotine pour se bien démouler et bien résister au feu du four. La même exactitude existe dans l’exposé de la fabrication générale, ou l’on trouve des détails théoriques et pratiques qu’on chercherait en vain dans d’autres publications.
- Cet ouvrage est intéressant par la simplicité et la précision des descriptions, par l’esprit éminemment pratique dans lequel il est écrit; il peut être cité comme un modèle à suivre pour les traités du même genre. Il sera consulté avec la plus grande utilité par ceux qui s’intéressent à la fabrication de la porcelaine.
- Votre Comité vous propose de remercier M. Larchevèque de la présentation qu’il a faite à la Société, et de lui adresser les plus vives félicitations.
- Signé : De Lutines, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance, le 14 avril 1899.
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- MÉTALLURGIE
- Rapport fait, au nom du Comité des Arts chimiques, par M. Jordan, sur le Traité de métallurgie du fer de M. le capitaine Gages.
- M. Léon Gages, capitaine d’artillerie et ancien professeur de métallurgie à l’École d’application de Fontainebleau, a publié un Traité de métallurgie du fer en deux volumes, qu’il a présenté à notre Société avec le désir de concourir pour le prix relatif à une publication utile à l’industrie chimique ou métallurgique.
- Cet ouvrage est divisé en deux parties bien distinctes, comme l’est depuis longtemps le cours de métallurgie de l’École de Fontainebleau, savoir :
- La production ou élaboration des métaux;
- Le travail des métaux.
- Le volume relatif à XElaboration des métaux comprend 404 pages et 187 figures dans le texte; les divisions principales sont les suivantes :
- 1° Des Notions 'préliminaires sur les minerais de fer et métaux connexes, sur les combustibles et la fabrication du coke, et comprenant une étude de physique industrielle sur la combustion complète, le pouvoir calorifique, les températures de combustion;
- 2° Le haut fourneau et la fabrication de la fonte, qui contient l’étude du fonctionnement du haut fourneau, la classification des fontes ordinaires et spéciales, l’établissement du haut fourneau et de ses divers accessoires (appareils à air chaud, prises de gaz, machines soufflantes), l’utilisation du laitier et le bilan calorifique du haut fourneau;
- 3° Le four à puddler et la fabrication des métaux misés ou soudés. Après quelques généralités sur l’affinage de la fonte et quelques brèves données sur l’affinage au bas foyer, l’auteur examine la marche générale du puddlage, ses variantes pour l’obtention des produits durs ou doux, et passe en revue rapidement quelques fours à puddler chauffés au gaz;
- 4° Fabrication des fers et aciers fondus par le procédé Bessemer. Dans cette partie, l’auteur examine successivement le Ressemer acide, le Bessemer basique ou procédé Thomas ou Gilchrist et les petits convertisseurs;
- 5° Fabrication des fers et aciers fondus par le procédé Martin Siemens,
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- TRAITÉ DE MÉTALLURGIE DU FER.
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- comprenant d’aborci une étude de physique industrielle sur les gazogènes, le gaz à l’eau, le chauffage système Siemens, les fours Biedermann et Harvey et le four Martin, pour arriver ensuite au travail de ce dernier et aux diverses formules qui permettent la production d’aciers ou d’alliages ferreux de diverses natures ; cette partie se termine par l’examen de quelques procédés nouvellement proposés et un aperçu sur les moyens d’épuration préalable, notamment sur la désulfuration au cubilot Rollet ;
- 6° Procédé de la cémentation. Aciers corroyés. — Aciers fondus au creuset. Ce titre indique complètement le contenu de cette partie, consacrée à l’exposé des anciens procédés de fabrication des aciers.
- On voit que l’auteur a trouvé le moyen de faire tenir dans un nombre de pages relativement limité un tableau d’ensemble suffisamment complet des procédés d’élaboration des fontes, des fers et des aciers; il est vrai qu’il déclare n’avoir pas pour but d’enseigner la pratique de la fabrication des nouveaux dérivés du fer, ni de décrire les méthodes de travail spéciales aux usines de telle ou telle région, et vouloir uniquement donner aux théories et aux descriptions de procédés un grand caractère de généralité de façon à appuyer sur une base sûre les connaissances nécessaires aux jeunes ingénieurs métallurgistes. Nous croyons, en effet, que cette première partie de l’ouvrage de M. le capitaine Gages sera utile surtout aux ingénieurs qui sont déjà entrés dans la pratique industrielle comme aux ingénieurs et officiers, dont le rôle, dans les usines métallurgiques, est le contrôle et non la pratique, plutôt qu’aux élèves qui viennent chercher dans les écoles industrielles l’enseignement de la pratique, autant qu’il peut se donner dans un cours, en même temps que les connaissances théoriques nécessaires à la métallurgie, de façon à se mettre le plus possible en situation de rendre des services immédiats à leurs employeurs futurs. M. le capitaine Gages a remarquablement rempli son programme : sa tâche lui a peut-être été facilitée par la connaissance des leçons de métallurgie professées avant lui tant à Fontainebleau par ses prédécesseurs que dans d’autres écoles spéciales françaises ; c’est pourquoi on peut regretter que, pour abréger sa rédaction, il n’ait donné aucune bibliographie ou indication de sources.
- Le second volume, le plus important suivant votre rapporteur, relatif au Travail des métaux, comprend 392 pages et 244 gravures dans le texte. Il est divisé en cinq parties.
- Des préliminaires sont consacrés à la mesure des hautes températures, et l’auteur y passe en revue successivement le thermomètre à air, la méthode
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- MÉTALLURGIE.
- AVRIL 1899.
- de M. Daniel Berthelot, les moyens pyroscopiques divers, pour étudier plus complètement la lunette polarimétrique de MM. Mesuré et Nouel, le pyromètre thermo-électrique et le pyromètre optique de M. II. Le Chatelier.
- Le titre Ier traite du Travail de la fonte par le moulage. Après avoir étudié les appareils des fonderies (cubilots, fours à réverbère, creusets, poches, étuves), l’auteur traite de la construction des modèles, du moulage en sable et en terre, du moulage en coquille, de la coulée et des défauts des pièces moulées en fonte, pour terminer par quelques détails sur la fabrication de la fonte malléable.
- Le titre II est intitulé : Introduction à Iétude du travail de ïacier. — Le lingot. L’auteur y étudie successivement les divers modes de coulée en lin-gotière et les divers types de lingotières, pour en arriver à l’étude du lingot lui-même,au point de vue chimique (ségrégation, etc.) comme au point de vue physique (vide central, soufflures, tapures, cristallisation). II passe ensuite à l’examen des divers moyens employés ou proposés pour obtenir des aciers coulés sans soufflures et pour expliquer l’origine de celles-ci, et termine par l’étude de la fabrication des moulages d’acier et des aciers comprimés (procédé Whitworth).
- Le titre III est intitulé : Travail de l'acier [pratique et théorie). Dans la partie pratique, l’auteur étudie successivement le réchauffage des lingots, les divers modes de forgeage au marteau-pilon (étirage, emboutissage, étampage, forgeage sur mandrin, etc.) et à la presse, en comparant ces deux sortes de forgeage, puis les divers modes de laminage des lingots et des paquets, tant pour barres et tôles que pour tubes, chaînes, etc., la fabrication des roues, le recuit après forgeage, la trempe (y compris par exemple la trempe des canons, le procédé Harvey) et le revenu ou recuit après trempe.
- Dans la partie théorique, l’auteur expose d’abord les travaux de Tcher-noff, puis la théorie cellulaire des propriétés de l’acier et les transformations du fer et du carbone conduisant à la théorie de la trempe, principalement d’après les travaux de M. Osmond, auquel il rend un hommage mérité.
- Dans la dernière partie intitulée : Etude des propriétés des divers aciers. Les théories finales, — un premier chapitre est consacré aux essais des métaux à froid (traction, choc, flexion, etc.) et à chaud et aux machines pour ces essais. Dans le second chapitre, très important, après quelques considérations préliminaires sur les travaux de Roberts Austen et de Mendeléieff,le capitaine Gages étudie successivement les aciers au carbone et leur analyse micrographique, les aciers spéciaux de la première série de
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- TRAITÉ DE MÉTALLURGIE DU FER.
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- Roberts Austen (aciers-manganèse, aciers-nickel, aciers au cuivre, au bore), les aciers spéciaux de la deuxième série de Roberts Austen (aciers au chrome, au tungstène, au molybdène, au silicium, etc.), en résumant méthodiquement les nombreux travaux modernes sur ces aciers de MM. Roberts Austen, Osmond, Brustlein, Deshayes, Mrazek, Hadfield, Curie, etc.
- On voit que ce deuxième volume se distingue par une grande originalité : les sujets qu’il traite ne se sont trouvés réunis et classés dans aucun traité de métallurgie publié jusqu’à présent (sauf le cours autographié de l’École de Fontainebleau depuis quelques années). Aussi, le capitaine Gages a-t-il rendu un véritable service à l’industrie en mettant à la disposition des métallurgistes, sous une forme concise et méthodique, un ensemble de connaissances théoriques qu’ils ne peuvent guère aller rechercher dans les mémoires et notes diverses où elles sont éparses, et un grand nombre de .renseignements pratiques (graphiques et autres) qu’il leur est généralement difficile, sinon impossible de se procurer à cause de la parcimonie avec laquelle les industriels intéressés laissent se divulguer leurs procédés et appareils de fabrication quand il s’agit d’acier. 11 eût été difficile à un autre qu’à un officier d’artillerie ou à un ingénieur de la marine, que leurs fonctions de contrôle des fabrications mettent à même de voir et d’apprécier les diverses circonstances du travail, en même temps que les dispositions de détail employées pour les réaliser, dans les diverses forges et aciéries, de réunir, de coordonner et de discuter un pareil nombre de faits. — M. le capitaine Gages a aussi le mérite d’avoir publié le premier traité de métallurgie du fer en langue française qui l’ait été depuis l’époque lointaine de la publication des livres de Walter de Saint-Ange, Flachat, Rarrault et Petiet, Valerius, Jullien, et d’avoir ainsi comblé une lacune regrettable pour notre amour-propre national. Son livre est bien un travail français, basé surtout, sinon uniquement, sur l’expérience des usines françaises.
- Votre Comité des Arts chimiques vous propose, Messieurs, de remercier M. le capitaine Gages de l’envoi de son remarquable ouvrage, et de décider l’impression au Bulletin du présent rapport.
- Signé : Jordan, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance, le 14 avril 1899.
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- AGRICULTURE
- Rapport présenté au nom du Comité ci’Agriculture, par M. Lindet, sur le Cuvier laveur-ëpierreur de blés de M. Routet.
- Le nettoyage des grains destinés à la mouture peut être exécuté à sec ou en présence de l’eau. Ce dernier procédé est considéré comme plus avantageux en ce sens qu’il permet non seulement de séparer les pierres, les balles, les grains creux mélangés au blé, mais qu’il permet en outre de détacher de la surface de ce blé la poussière adhérente, les spores de champignons (charbon, rouille, carie, etc.).
- L’outillage nécessaire pour mettre en œuvre ce procédé comporte un cuvier rempli d’eau, qui reçoit le blé d’une façon continue et élimine, grâce à la différence de leur densité, les pierres d’un côté, de l’autre les grains légers, les balles, les poussières mélangées, etc. Les grains ainsi mouillés sont ensuite, dans une double colonne, nettoyés par frottement et essorés.
- Le procédé de nettoyage en présence de l’eau, très employé vis-à-vis des blés durs, ne s’applique généralement pas aux blés tendres ; ceux-ci renferment en effet une proportion de 12 à 15 p. 100 d’eau, et l’on ne peut, sous peine de rendre la graine difficile à moudre et de nuire à la conservation de la farine, s’exposera lui en faire absorber davantage. Mais on peut, en réduisant au minimum la durée de contact du grain avec l’eau, éviter que celle-ci pénètre dans le grain en quantité appréciable.
- M. Routet a, dans cet ordre d’idées, heureusement modifié le dispositif du cuvier laveur-épierreur de M. Demaux, dont il est un des successeurs, et a pu réaliser économiquement le lavage des blés tendres.
- Son appareil se compose (fig. 1) d’un plateau en fonte disposé horizontalement et tournant autour d’un axe vertical; ce plateau est circulaire; la surface en est rugueuse; il est creusé au centre en forme de cuvette, et porte à la périphérie un léger rebord. L’eau arrive au centre de la cuvette, se répand sur le plateau en nappe mince et se déverse par-dessus bord dans un caniveau circulaire extérieur au plateau. Le blé, distribué par une surface conique dont l’extrémité inférieure touche la surface de l’eau, est entraîné par le mouvement centrifuge de celle-ci, surnage même, et passe en déversoir également dans le caniveau. Là, il est entraîné rapidement par le courant d’eau, d’abord dans une cuve où s’effectue la séparation des grains
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- légers, puis dans la colonne dite sécheuse. Quant aux pierres, que le courant d’eau ne saurait entraîner à la surface du plateau rugueux, elles viennent, du fait delà rotation de celui-ci, se présenter à un jet d’eau fixe, agissant de l’intérieur à l’extérieur et tangentiellement à la surface du plateau; ce jet
- Fig. 1.
- A, arbre vertical ; B, babillard fixé sur l’arbre ; C, canal circulaire recevant le blé; C' compartiment pour recevoir les pierres ; D, tuyau d’ame-née de l’eau ; E, tronc de cône fixé au bâti et guidant l’arbre ; F, raclette des corps étrangers ; G, bâti en fonte ; O, ouverture circulaire pour le passage de l’eau ; O', ouverture circulaire pour le passage du blé ; P, plateau rugueux à cuvette ; R, rebord du plateau ; T, tuyau d’amenée du blé ; T', tuyau de réglage de la distribution; a, arrêt de la distribution ; c, collier articulé portant le tuyau: d'd'r, jets d’eau; e, écrou à oreilles pour le réglage de la distribution du blé ; V, vannette pour arrêter l’arrivée du blé.
- d’eau, dont l’action ne se fait sentir que sur un secteur du plateau, a pour effet de soulever les pierres et de les chasser dans un caniveau spécial.
- Dans ces conditions, le blé reste un temps très court en présence de l’eau, et l’hydratation du grain reste sensiblement la même.
- Noire Comité a l’honneur de vous proposer de remercier M. Boutet de son intéressante communication et d’insérer le présent rapport dans le Bulletin.
- Signé : Lindet, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance, le 14 avril 1899.
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- AGRICULTURE
- ÉTUDE GÉOLOGIQUE ET AGRICOLE DES TERRAINS DU DÉPARTEMENT DE LA LOZÈRE, PAR
- M. Ernest Gord, ingénieur agronome, ancien élève de l'Institut national agronomigue [Suite] (1).
- SECTION II
- TERRAINS SÈDIMENTAIRES DE LA PÉRIODE SECONDAIRE
- Considérations sur cette période. — Si l’existence de dépôts paléozoïques sur la pénéplaine archéenne est problématique, il n’en est pas de même des dépôts mésozoïques, qui se sont formés autour du noyau archéen, et ont même envahi une partie de ce dernier. Les mers triasiques sont allées à l’assaut de la pénéplaine archéenne lozérienne et l’ontattaquée à l’est dans la région de la Borne et à l’ouest au pied du massif de l’Aubrac. Cette attaque du continent archéen a produit des dépôts gréseux et argileux annonçant la proximité de la ligne de rivage.
- Avec le début de la période jurassique, commence la grande transgression liasique : la mer a envahi le département dont elle a occupé les deux tiers de la surface, et, jusque vers la fin de cette période, elle en a occupé le territoire, dont elle s’était emparée dès le début. La création et l’approfondissement d’un géosynci-nal marchant de pair avec la formation d’un anticlinal a eu pour but de produire des balancements de la mer qui se sont continués jusqu’au moment où elle a été rejetée dans la direction du sud, et depuis elle n’a pas reparu sur son ancien domaine.
- Totalement exondé à l’époque crétacique, le pays lozérien a été, dès ce moment, en butte aux actions destructives qui ont tendu à démanteler sa surface et à le priver du manteau sédimentaire jurassique qui le recouvrait.
- CHAPITRE PREMIER
- TERRAINS TRIASIQUES
- Position géographique. — Les formations triasiques n’existent pas dans le fond du golfe des Causses, ni vers Florac, ni près de Mende. On ne les retrouve que vers Villefort et la Canourgue.
- (1) Voir le Bulletin de février 1899.
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- ÉTUDE GÉOLOGIQUE ET AGRICOLE DÈS TERRAINS DE LA LOZÈRE.
- Géologie.—Vers Villefort, on trouve des grès sableux recouvrant entièrement la région granitique de la Borne, que l’érosion a isolés en petits bancs qui forment une calotte à la surface de ce plateau cristallin. Ces formations occupent le pays des Chams, dont cinq sont lozériennes : ce sont la Cham du Roure (962 mètres d’altitude), plus au sud la Cham de la Garde (850 mètres) et trois petites autres chams plus au sud. Ces petits plateaux gréseux sont formés d’une couche de grès blanc de 40 à 30 mètres d’épaisseur, en strates horizontales entièrement privées de fossiles. — Ces assises puissantes de grès très compacts reposent sur un conglomérat quartzeux qui recouvre soit le granité porphyroïde de la Borne, soit le schiste sériciteux de cette région.
- Ces formations dénotent l’approche d’un rivage que battait la mer, qui ne devaitguère être éloigné d’une ligne allant de Villefort à Pourcharesse. E. Dumas, en 1859, avait regardé ces grès comme triasiques; M. Hébert, en 1869, avait vu en eux des preuves de transgression jurassique; plus tard M. Dieulafait et M. Fabre ont repris l’opinion d’E. Dumas en classant ces grès comme triasiques, quoiqu’ils n’aient pu s’aider d’aucune preuve paléontologique qui aurait pu les aider à fixer leur âge, mais ce n’est que stratigraphiquement qu’ils ont fixé l’époque de leur formation. Quant à nous, nous les classons ici comme triasi-ques, vu l’incertitude qui règne sur eux.
- Le trias se présente dans la vallée du Lot, près de la Canourgue, avec un faciès littoral nettement caractérisé; là,le terrain est constitué par despsammites rouges micacés très fissiles, alternant avec des bancs puissants de poudingues quartzeux et de grès. Dans ces poudingues, on trouve des grains de quartz blanc enduits d’oxyde de fer, des galets de quartz, de granité, gneiss et schistes. A des endroits ce poudingue tend à devenir bréchiforme et à constituer une véritable brèche. Les grès de couleur rouge brique se délitent facilement à l’air.
- Tout cet étage a un aspect particulier, sa couleur est soit rouge intense ou rouge lie de vin, violacée ou même jaune clair.
- Dans les strates qui se débitent en dalles, et sur les feuillets argileux qui recoupentla masse des roches de cet étage, on a trouvé des empreintes de gouttes de pluie, des ondulations et des clapotements de vagues, surtout des traces de pas de quadrupèdes. Dans les psammites micacés on a reconnu les ramules d’un conifère triasique, le Voltzia heterophylla qui synchronise cet étage avec l’étage des grès bigarrés de la base du trias.
- Aspect et relief des pays triasiques. — Cette formation donne aux collines un aspect escarpé, et, à des endroits, les vallées sont tellement encaissées qu’elles semblent vouloir former un petit cagnon, comme près [de la Canourgue. Tandis que les chams de la Borne sont simplement plates et horizontales, le sommet des collines du Lot, formé par des grès très durs, qui ont pu protéger les assises sous-jacentes de l’action destructive des agents atmosphériques, est générale-Tome IV. — 98e année. 5e série. — Avril 1899. 35
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- ment légèrement arrondi. Si les cimes et les flancs des collines sont nus et presque incultes, il n’en est pas de môme des dépôts meubles des pentes qui se sont déposés au fond des vallées et qui contrastent parfer leur tilité.
- Régime des eaux. — Les eaux pluviales ne peuvent pénétrer profondément cet étage qui est tout à fait imperméable, aussi on ne trouve pas de source à flanc de coteau.
- On en trouve quelques-unes dans la partie où le sol est formé par des débris et les dépôts meubles de pente, encore tarissent-elles pendant l’été. Ces terrains étant par suite imperméables, il s’ensuit qu’ils sont sillonnés de ravins pas très profonds à cause de la nature même du terrain.
- Agriculture. — On rencontre un très grand nombre de bois sur cette formation triasique. Le châtaignier, arbre calcifuge, y forme de grands bois exploités pour ses fruits; le chêne y est exploité en taillis, que l’on coupe tous les trente ans et aussi pour ses feuilles, données sèches pendant l’hiver, sous forme de fagots, aux moutons en stabulation.
- On voit beaucoup de prairies non loin des affleurements de l’Infralias où sourdent un grand nombre de sources qui servent à irriguer les terrains triasi-ques. 11 serait de toute nécessité de reboiser les pentes des montagnes jusqu’à une certaine distance des thalwegs, et alors des prairies et de bons pâturages se créeraient tout naturellement après les reboisements. Sous l’influence des irrigations, les terres incultes pourraient se transformer en riches herbages qui pourraient être utilisés pour l’élevage des bêtes à cornes et pour la nourriture de vaches laitières, mais, à cause de la nature du sol, l’élevage serait à préconiser.
- La vigne est un peu cultivée, mais sur des espaces restreints, près de la Canourgue.
- Vu le peu d’importance de cette formation nous ne nous arrêterons pas plus longtemps sur l’agriculture de cette région.
- CHAPITRE II
- FORMATIONS JURASSIQUES
- Importance des f ormations jurassigues dans le département de la Lozère. — Les formations jurassiques de ce département ne sont qu’une série de dépôts uniquement sédimentaires composés par toutes les variétés de calcaires (calcaires gréseux, compacts, marneux, oolithiques, dolomitiques, lithographiques) ainsi que par des dépôts arénacés (grès, sables) et argileux.
- Elles occupent à peu près 35 p. 100 de la surface totale du département, c’est-à-dire environ 180 000 hectares. Par elles-mêmes, elles contrastent énormé-
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- ment avec les formations précédentes, tant par un relief tout spécial que par leur aspect qui en font des régions spéciales. On peut dire qu’elles forment trois régions naturelles toutes typiques, ce sont de véritables pays distincts des pays précédemment étudiés. Ce sont :
- Le pays des petits Causses, composés de sédiments infraliasiques.
- — — Vallons — basiques.
- Le pays des grands Causses — jurassiques moyens et
- supérieurs.
- L’ensemble de ces trois régions a une agriculture toute spéciale à la formation géologique considérée et ainsi qu’une race d’individus, les Caussenards, qui tranche nettement avec celle des autres régions voisines, Cévennes ou Montagne.
- Les dépôts jurassiques occupent dans ce département la dépression qu’on désigne généralement sous le nom de golfe des Causses, mais ce n’est pas à proprement parler un golfe, c’est une sorte de grand bassin, qui a dû occuper tout le département de la Lozère, sauf une partie du Haut Gévaudan.
- Considérations sur les formations jurassiques du département de la Lozère. — Depuis E. de Beaumont jusqu’à nos jours, on regardait le Plateau Central, comprenant des massifs de gneiss, micaschiste et granité, comme une sorte d’îlot autour duquel les sédiments primaires, secondaires et tertiaires étaient venus se déposer chacun à tour de rôle. Les découvertes récentes et l’étude de la géologie du département ont prouvé qu’anciennement la partie la plus élevée du Massif Central, c’est-à-dire le département de la Lozère, avait été recouverte en presque totalité par les mers jurassiques.
- C’est à M. Fabre qu’est due la découverte du recouvrement de la Lozère par les mers jurassiques ainsi que les limites des anciens rivages de cette mer. Ce sont les dépôts trouvés en place qui ont servi de preuves à ce qu’il avançait.
- L’examen d’une carte géologique du département montre, le granité du mont Lozère à 1 700 mètres d’altitude, point le plus élevé du Massif Central, où l’on trouve les roches cristallines, tandis que les dépôts jurassiques ont été trouvés àl 500 mètres dans la forêt de Mercoire. Ceci est un détail qui prouverait que le mont Lozère a formé un îlot au milieu du bassin des Causses. Il est vrai aussi que le gneiss et les micaschistes, se trouvant à 1 500 mètres d’altitude, paraissent avoir été percés par les injections éruptives des granités et granulites, et que, par suite soit des pressions externes, soit de l'abaissement des lèvres de l’ouverture de sortie, le granité a été porté à des hauteurs plus considérables que le reste de l’écorce terrestre : c’est la théorie admise par certains géologues pour expliquer pourquoi on trouve le granité à des altitudes plus élevées que le gneiss et les micaschistes; et, comme exemple, on pourrait citer le point du Mo lire de la Gardille (monts du Mercoire) gneissique qui est à 1 501 mètres, tandis que le pic de Finiels du Lozère granitique est à 1 702 mètres et i’Aigoual granitique et mi-
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- caschisteux à 1 567 mètres. De là à dire que les mers jurassiques ont recouvert le mont Lozère à 1 700 mètres d’altitude il n’y a qu’un pas. Il y a d’autres raisons qui indiquent que la mer jurassique n’est pas allée à ces altitudes; l’étude même des massifs le montre.
- M. Fabre a établi que la mer jurassique recouvrait plus des trois quarts du département sans toutefois former ce qu’on a appelé le golfe des Causses, dont les dépôts, tels qu’ils existent actuellement, occupent une région qui semble être un ancien golfe. Le rivage de la mer jurassique du bassin des Causses dans le département de la Lozère était sans doute à peu près parallèle à une ligne droite allant de Serveretle à Grandrieu.
- Exondée à la fin de lapériode jurassique, larégion des Causses n’avait pas alors l’altitude qu’elle a à l’heure actuelle, mais il est probable que ce niveau était, jusqu’à la fin de la période miocène, peu élevé, ce qui n’a pas empêché que jusqu’à cette époque la région a eu à subir toutes les actions destructives qui ont modifié son modelé.
- Le massif lozérien, composé sur à peine un quart de sa surface de roches cristallines et sur trois quarts d’assises jurassiques, a eu à subir les contre-coups des plissements alpins; il a formé une sorte de môle de résistance et a opposé un.obstacle aux poussées orogéniques venues de l’Est, et, par suite de ces actions jointes aux poussées provenant de l’effondrement qui a créé les fosses méditerranéennes, il y a donc deux directions de poussées, une dirigée de l’Est à l’Ouest l’autre, du Sud au Nord.
- La lre a relevé le bord Est du Massif Central, la 2° a reproduit cette sorte de plissement qui caractérise la formation du massif de l’Aigoual et la chaîne du mont Lozère. L’action combinée de ces deux sortes de poussées a porté toute la région des Causses lozériens à l’altitude qu’elle a actuellement, ainsi que celles qu’ont les bases cristallines du mont Lozère, duMercoire et de l’Aigoual qui supportaient alors un manteau de sédiments jurassiques.
- Les masses calcaires jurassiques ont eu à subir ces deux sortes de poussées tangentielles qui ont produit des plissements à très grand rayon de courbure ainsi que des gerçures de la masse. Quand les poussées tangentielles ont cessé d’agir, la masse qui avait eu à les subir ne s’est plus maintenue en équilibre, sous l'influence de son poids, elle s’est fendillée suivant les deux directions très nettes E.-O. et S .-N : ainsi se sontproduites les failles ayant ces directions qui sont peut-être du même âge. Des compartiments de terrains compris entre les failles sont restés en place comme l’Aigoual, la chaîne du Mont-Lozère, la montagne du Goulet ; ce sont là les véritables « Hôrsts » de M. Suess, tandis que des compartiments se sont abaissés à différentes altitudes variables inférieures à 1 500 mètres comme toute la région comprise entre l’Aigoual et la chaîne du Mont-Lozère, la région du Causse Méjean et du Causse de Sauveterre.
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- L’érosion a vite eu raison d’un territoire ainsi disloqué et a tendu jusqu’à nos jours à donner au pays le modelé que nous lui connaissons.
- Les assises jurassiques, qui recouvraient le horst du mont Lozère et celui de l’Aigoual parfaitement délimités par les failles ayant des directions voisines de celles du N.-S., E.-O., par suite des phénomènes de dénudations et d’ablations gigantesques qu’elles ont eu à subir, ont complètement disparu ; l’érosion n’a fait que tendre à démanteler ces hôrsts, elle était préparée à remplir ce rôle par la grande dislocation qu’avait subie ce massif et qui avait produit dans toute la masse des gerçures et craquellements divisant le manteau jurassique. Il n’est rien resté de ces dépôts jurassiques juchés sur les hôrsts, il faut dire aussi du reste que les masses cristallines qui faisaient partie de ces hôrsts ont été elles-mêmes fortement attaquées et entamées par les agents de destruction qui leur ont donné leur modelé actuel. *
- Voyons ce que sont devenus les compartiments effondrés autour des hôrsts : tous ceux qui avaient subi un effondrement en gradins se sont conservés presque entièrement en place ; l’érosion, il est vrai, a bien tendu à faire disparaître les formations jurassiques qui les recouvraient, mais elle n’a jamais pu y arriver à bout, et son action n’a été qu’un lent isolement des compartiments, qui ont été ainsi fragmentés en un nombre infini de petits Causses formant des sentinelles avancées, placées tout autour des hôrsts et des grands Causses. Au nord du horst du mont Lozère, on trouve les petits Causses de Beyrac, Aliène, Montbel, Belvezet, Larzalier, Mirandol, de Bergougnon, d’Oultet, d’Orcières, du Bleymar, au sud les dépôts du Marazel, de l’Eschino d’Ase, de Grizac, de Ramponenche et les Causses cévenols. Ces Causses n’ont conservé qu’une partie de leurs assises, rarement le jurassique moyen, mais on y rencontre toujours l'Infralias, moins souvent les assises du Lias.
- Des compartiments plus effondrés ont gardé toutes les assises, car ils ont été préservés de l’érosion trop intense par leur moindre altitude et par leur sorte d’isolement conséquent de la nature même de leurs assises ; c’est ainsi que le Causse Méjean a toutes les assises jurassiques supérieures, tandis que le Gausse de Sauveterre,moins isolé,ne possède plus que les formations jurassiques supérieures jusqu’à l’étage rauracien : ici, l’érosion a été en effet plus intense; le Causse de Mende a toutes ses assises jurassiques moyennes.
- Telle est l’histoire des phénomènes qu’ont subis les formations jurassiques du département pendant les temps tertiaires.
- Ces phénomènes de dislocation du massif de la région des Causses lozériens ne sont que la conséquence des grands mouvements alpins, et c’est pendant qu’ils se produisaient que, par les failles qui recoupent le Massif Central, sont sorties les masses éruptives basaltiques du centre de la France, qui s’alignent suivant la direction N.-S., et en même temps le massif lozérien n’estpas resté en dehors de ce
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- régime temporaire volcanique; le basalte a su trouer les Causses ainsi que la partie Est de pénéplaine archéenne et margeridienne, et a formé le massif de l’Aubrac, que nous examinerons plus tard.
- Les notions orogéniques précédentes peuvent nous expliquer pourquoi, dans la partie jurassique du département, le géologue ne sera pas embarrassé pour étudier les terrains; ici, il ne trouvera ni les redressements gigantesques des assises, ni les plissements plus ou moins compliqués de la région alpine ou pyrénéenne; il constatera à peine quelques légères inclinaisons des strates dans le voisinage des failles.
- La faille est en effet caractéristique du jurassique lozérien ; on la trouve à tout instant, ce qui n’empêche pas que les couches se succèdent toutes parallèles entre elles au-dessus des granités ou des micaschistes plus ou moins plissés. Ce qui étonne et déroute tout géologue au premier abord, ce sont les dénivellations considérables qui existent entre les mêmes couches des deux bords d’une vallée, ou bien entre les couches elles-mêmes, le long des bords d’une même vallée. On trouve ces dénivellations partout, et les failles qui s’entrecroisent ou se branchent ont une énorme importance dans l’histoire géologique et dans l’économie rurale du pays.
- Les rares plissements que l’on observe dans le jurassique lozérien sont des plissements à grande courbure, à peine trouve-t-on un pli monoclinal; mais le pli le plus remarquable que l’on rencontre, c’est le géosynclinal de Blajoux qui, vu en coupe le long de la falaise du Cagnon du Tarn, peut donner une idée de l’épaisseur des sédiments jurassiques supérieurs, qui atteignent ici près de 600 mètres.
- CHAPITRE lit SÉRIE LIASIQUE
- On divise la série liasique en deux parties :
- A) A la base, l’infralias comprenant les étages. . ( ^hétien.
- ° ( Hettangien.
- Sinémurien ou lias inférieur. Charmonthien ou lias moyen. Toarcien ou lias supérieur.
- Tous ces étages du Lias sont très bien représentés dans le département de la Lozère, ils y présentent une grande épaisseur, suivant les points où l’on se trouve.
- L’infralias est tout à fait distinct du lias proprement dit, tant par sa faune
- B) Le lias proprement dit.
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- que par la diversité des sédiments, ainsi que par leur mode de formation; aussi devons-nous étudier séparément toutes les assises de chacune de ces formations géologiques, et montrer la diversité de culture qui dépend uniquement de la composition minéralogique du sol.
- A. Infralias.
- Position géographique. — Les petits Causses, qui ne portent pas réellement ce nom dans le pays, sont tous formés par l’infralias; ce sont les Causses de Bey-rac, d’Allenc, de la Rouvière, de Montbel, de Badaroux, tous situés au nord du Lot; au sud du Lot, c’est-à-dire le long du versant nord du mont Lozère, les petits Causses de l’Houltet, de Bourbon, d’Orcières; au sud du mont Lozère, les petits Causses de Marazel, de Grizac, du Bougés, une partie des Cans cévenoles; au nord de Mende, les petits Causses du Crouzet, de Dauge, près de Marvejols, des lambeaux de Causse de Valadouse, Limouse, de Trémolet.
- Tous ces Causses ont été privés de leur manteau jurassique par l’érosion qui les a attaqués en ne laissant subsister que quelques étages.
- Les formations infraliasiques se retrouvent encore au pied des grands Causses, le long du Tarn à Ispagnac, le long du Lot jusqu’à la Canourgue, ainsi que sur les plates-formes micaschisteuses qui supportent les satellites des grands Causses lozériens.
- Le pays de l’infralias ne porte pas de nom particulier parce qu’il est très disséminé dans le département, et tandis que dans le département de l’Aveyron c’était le Ségala-Causse, ici nous ne lui trouvons pas de nom.
- Cette formation jurassique occupe une superficie de 38 300 hectares, représentant les 7 p. 100 du territoire du département de la Lozère.
- Généralités sur la période infraliasique. — La mer, qui paraît n’avoir plus envahi la région du centre du département depuis la période silurienne, quoiqu’elle ait tenté l’assaut du continent émergé à l’époque triasique dans l’ouest du département, déborde ses rivages avec la période infraliasique et envahit les trois quarts de la surface du pays. C’est alors qu’a lieu la grande transgression de la mer jurassique, fait absolument général dans toute la France, que nous retrouvons d’ailleurs, avec tous ses caractères, dans la région lozérienne. Avec l’époque rhétienne, la mer a eu vite conquis les régions qu’elle occupera jusqu’à la fin delà période jurassique ; et, à cette période agitée, a succédé une période plus calme, pendant laquelle se déposeront les sédiments calcaires hettangiens dans tout le bassin des Causses.
- Etudions séparément chacun des étages qui composent l’infralias.
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- Étage rhétien.
- Géologie. —L’étage rhétien est représenté dans ce département uniquement par des assises gréseuses que l’on retrouve sur presque tout son territoire.
- M. Hébert, en 1858, en étudiant le premier les assises infraliasiques de la partie Est du département, avait cru trouver dans les grès de cette région l’équivalent de la zone à Avicula conlorta qui manque dans le département, mais on n’est pas d’accord pour synchroniser ces grès avec ceux de l’iiifralias. MM. Fabre et Dieulafait ont voulu qu’ils soient triasiques, nous les avons rangés dans le trias uniquement parce qu’on ne sait leur âge.
- Les dépôts rhétiens sont venus se plaquer et ont remblayé le fond de ce qu’on appelait autrefois le golfe des Causses ainsi que leur pourtour. Ils sont composés par des grès arkoses qui ont été formés sur des rivages; et, unis avec le sable et les cailloux roulés, se sont formés les poudingues gréseux de la base. — Ces dépôts vont en s’amincissant à mesure que l’on se dirige de Mende vers les monts de laMargerideetdu Mercoire, et, malgré cela, on est toujours sûr de les retrouver. Ces grès arkoses, qui ont été autrefois désignés par E. de Beaumont sous le nom de grès infraliasiques, par analogie avec les grès d’autres régions françaises, sont micacés et feldspathiques, à grains fins, très siliceux, on y trouve des cailloux de quartz dont la dimension varie de la grosseur d’un pois à celle d’un œuf; par endroits on trouve dans la masse du sable en lentilles irrégulières. Avec les éléments du granité sous-jacent remanié, se rencontrent des galets mica-schisteux très plats provenant d’un transport de graviers opéré parles courants de la mer rhétienne. Quelquefois la base passe à un conglomérat bréchiforme de quartz blanc et de fragments anguleux de micaschiste. Il arrive aussi que l’ar-kose peut être rudimentaire, elle se réduit à quelques cailloux de quartz blanc disséminés dans la pâte gréseuse fine.
- Suivant les endroits où l’on observe cette formation, l’arkose peut passer latéralement à un grès dolomitique très fin qui tend d’ailleurs à se confondre avec le calcaire brun de capucin de l’étage supérieur, ce qui explique pourquoi on ne rencontre pas dans certaines localités le grès arkose.
- Dans ces arkoses, on trouve des débris de végétaux, on a pu déterminer l’un d’entre eux, YOtozamites latior. L’absence presque complète d’un grand nombre de végétaux ainsi que de débris animaux indique une mer battant très violemment le rivage; la vie dans de telles conditions était presque complètement impossible et les débris de végétaux ne sont que très rares, aussi peut-être ont-ils été apportés de très loin par des courants marins, ou peut-être sont-ce des débris de végétaux que la mer a arrachés au continent envahi.
- L’épaisseur des bancs de grès varie beaucoup avec l’endroit où l’on se trouve,
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- tantôt elle atteint 4 0 centimètres, tantôt cette épaisseur peut aller à 10 mètres, c'est un maximum. Sur un des contreforts du mont Lozère, près de l’Eschino d’Ase, nous avons pu observer les arkoses rhétiennes. Elles reposent sur un granité à gros grains totalement décomposé à leur contact sur une épaisseur de 3 mètres, elles ont une épaisseur de lm,50 divisée en deux bancs très distincts. Le banc supérieur contient tous les éléments du granité sans cailloux roulés et n’a que 0m,30 d’épaisseur, le banc inférieur contient des cailloux de quartz d’un blanc éclatant, à cassure vitreuse, tantôt blanche, tantôt grise, des débris d’un micaschiste bleu ou noir très dur. Le banc supérieur seul contient des tiges informes de végétaux, et parmi eux l’Otozamites latior qui a dû être enterré dans le sable de la plage par le remous des eaux.
- Il est une chose remarquable, c’est que les arkoses rhétiennes n’existent pas seulement au contact des micaschistes où on observe toutefois un autre phénomène sur lequel nous reviendrons.
- Cherchons à voir comment a eu lieu l’invasion de la mer sur le territoire du département : la transgression a commencé par la région Sud du département, et la mer, envahissant tout, a produit des phénomènes d’érosion très violents ainsi que l’attestent les galets de base qui ont formé des poudingues, puis la stabilité croissante du sol a permis une érosion de moins en moins forte, ce que prouvent les grès plus fins de la partie supérieure. Nous ne devons pas attacher de l’importance au grès dolomitique, c’est une roche de formation postérieure au dépôt du sable. Par suite même du mode de formation de ces grès arkoses, l’épaisseur de leurs bancs est extrêmement variable, et ils peuvent même manquer en certains endroits; cela tient à ce que les eaux marines, dans leur invasion par suite de la transgression, ont nivelé certains accidents de terrains, la roche a été, en certains endroits, comme décapée, aussi trouve-t-on des endroits où les calcaires hettangiens reposent sur les micaschistes, tandis que plus loin on retrouve les bancs de grès. Tout cela s’explique en considérant l’action des courants qui ont pu déblayer les crêtes les moins résistantes pour remblayer les dépressions plus profondes qui étaient plus à l’abri de l’action des vagues.
- Rubéfaction des schistes sous les strates rhétiennes. — Reprenons un point laissé de côté, il y a un instant : les schistes paléozoïques prennent, au contact de l’infralias, une couleur lie de vin, quelquefois c’est la couleur verte qui domine, le bleu est assez rare, mais la couleur lie de vin prédomine.
- Cette sorte de rubéfaction affecte toute la masse des micaschistes sur une épaisseur qui peut aller à 50 mètres, mais elle est souvent moindre et ne paraît pas moins être de 20 mètres d’épaisseur de schiste. — En 1868, M. Jaubert a vu le premier cette modification des schistes sous les strates de l’infralias et l’attribuait aux infiltrations des eaux pluviales dans l’infralias qui arrivaient chargées de matières ferrugineuses au contact des tranches du schiste redressé. — xActuel-
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- lement, M. Fabre prétend que celle rubéfaction, phénomène absolument général dans le bassin des Causses de la Lozère, serait due aux eaux de la mer infraliasique qui auraient été douées de propriétés minéralisatrices puissantes : c’est en effet à ce niveau qu’on trouve, en plus d’un point de la Lozère, au col de Montmirat et près d’Allenc, des nids de fer oxydé et de manganèse ou bien de la barytine et de l’alquifoux.
- Nous nous rangerions à l’opinion de M. Jaubert qui nous paraît être la bonne et qui permettrait d’expliquer cette rubéfaction sans aller chercher une hypothèse, celle d’une mer ancienne possédant à un moment donné une puissance minéralisatrice plus grande qu’à un autre, ce qui impliquerait par suite l’absence de la vie à ce moment-là, si toutefois on était fixé sur l’âge et la nalure des sédiments micaschiteux sous-jacents. L’examen des schistes rubéfiés montre, en effet, qu’ils ont du subir une plus forte compression que les autres parce qu’ils nous paraissent plus cassés; et comme, de plus, les dépôts de l’infralias sont presque toujours en discordance de stratification avec les strates schisteuses toujours fortement redressées, nous ne sommes pas loin de conclure que ce sont des infiltrations de matières ferrugineuses qui oni dû donner à ces schistes tout cassés leur coloration lie de vin, et ils n’ont été d’ailleurs conservés jusqu’à notre époque que par suite du manteau de sédiments de l’infralias qui les protégeait; aussi, devons-nous nous demander si ces schistes privés de fossiles ne sont pas les plus récents de la série mica-schisteuse lozérienne.
- Au phénomène de rubéfaction des micaschistes, se rattache la décomposition des granités que l’on observe sous les strates arkosiques, qui n’a eu lieu que lorsqu’elles n’ont qu’une faible épaisseur, car alors les bancs sont craquelés; les eaux d’infiltration ont pu ainsi amener la kaolinisation du granité. L’arène que l’on trouve sous les arkoses est très blanche, elle contient énormément d’argile provenant delà décomposition du feldspathorthose du granité,l’argile n’a pu s’en aller, aussi est-elle restée en place et donne par suite aux arènes plus de consistance et les rend moins perméables aux eaux pluviales et d’infiltration.
- Aspect et relief du pays. — Rarement les grès arkoses apparaissent sur de grandes surfaces, car ils sont généralement recouverts par les dépôts de l’étage supérieur et ce n’est que dans la plaine de Montbel, plaine de 2 000 hectares située au pied du Palais-du-Roi, qu’on retrouve le rhétien. Les arkoses ont été mises à nu par des ablations qui se sont arrêtées aux bancs solides et résistants qu’offre cette roche aux agents de destruction. La plaine de Montbel n’est pas un Causse comme on l’a prétendu, ce n’est autre chose qu’une vaste plaine élevée, sans un arbre, uniformément plate, que revêt un épais tapis de gazon; il n’y a pas de culture sur ce plateau non abrité situé à 1200 mètres d’altitude, mais beaucoup de pâturages entrecoupés de tourbières ou moulières.
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- A la limite de cette formation géologique avec le granité se trouve le village de Montbel, pauvre village où les habitants sont obligés, faute de bois, de se chauffer pendant les six mois froids de l'année avec des plaques de bouse de vache et de gazon qui ont été séchées l’été au soleil.
- Quand l’érosion a détaché de la masse d’un grand Causse un petit Causse dont elle a attaqué les assises de l’infralias, le morceau ainsi isolé est plus ou moins accessible suivant la plus ou moins grande épaisseur de la formation rhé-tienne; c'est ainsi que le petit Causse des Cévennes, celui de Moncamp, où les
- Fig. 22. — Récolte du foin.
- y, granité du mont Lozère; R, bancs de grèsarkoses; y§, granité décomposé; H, calcaire capucin hettangien.
- arkoses ont 20 mètres d’épaisseur, n’est accessible que sur une faible lisière, tant est grand l’escarpement de la falaise de grès qui a pris ici l’aspect érodé et à pic des falaises dolomitiques des grands Causses.
- Caractères des sols gréseux rhétiens. — Le sol d’arkose a presque tous les caractères des sols granitiques ; comme eux, il est sableux et sec ; les terres en sont très froides, toutefois ce sont des terres plus riches en chaux que celles du granité et partant de meilleure qualité. Quand l’arkose résiste trop à la décomposition, c’est-à-dire n’est pas trop sableuse, les terres qui en proviennent sont très pierreuses.
- Agricidture. — Les dépôts arkosiques des Monts du Mercoire sont généralement couverts par des bois de hêtres, mais il n’en est pas ainsi partout, ils sont
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- généralement dénudés, sans un seul arbre, sauf toutefois dans la région sud de la Margeride.
- Comme souvent les bancs d’arkoses sont imperméables, de vastes landes ou des pâturages apparaissent là où ils affleurent. On y rencontre beaucoup de prairies arrosées. Les cultures que l’on trouve dans les sols de cette formation sont celles des céréales; on y voit quelques champs de seigle, d’avoine, ainsique des champs de pommes de terre.
- Quand l’nrkose affleure dans les Causses cévenols, on est sûr de rencontrer des bois de châtaigniers, qui disparaissent immédiatement dès qu’apparaissent les strates des formations calcaires hettangiennes. Ces bois sont fort beaux et témoignent par leur verte végétation du peu de carbonate de chaux que contient le sol.
- Étage hettangien.
- Division. — L’étage hettangien est très épais dans ce département, aussi doit-on y distinguer en général trois zones :
- a) (à la base) La zone du calcaire brun de capucin.
- b) — à Psiloceras planorbis.
- c) — des calcaires jaunes sales ou blancs.
- La deuxième zone semble manquer en pas mal d’endroits, peut-être ne l’a-t-on pas trouvée à cause de la faible épaisseur de ses bancs.
- a) ZONE DES CALCAIRES BRUN DE CAPUCIN
- Géologie. — C’est un niveau pétrographique de la plus haute importance et partout on le retrouve avec l’infralias. Son nom de calcaire bnm de capucin lui a été donné depuis longtemps à cause de sa couleur, aussi par abréviation on le désigne sous le nom de calcaire capucin.
- Il est d’une couleur brun intense, très peu gréseux ou magnésien. Dans sa masse, on trouve des cristaux de quartz limpides pyramidés, de plusieurs centimètres de long, quelquefois les grains de quartz sont vitreux. Sa masse est quelquefois traversée par des filons de barytine rougie par l’oxyde de fer ou mouchetée en vert par le carbonate de cuivre, on y trouve de l’azurite et de la malachite; la galène n’y est pas rare, elle forme des amas et des nids qu’on exploite en plus d’un endroit, par exemple près de Montmirat, et non loind’Allenc. — Outre la barytine, on y trouve, non loin de Montmirat, au pied de ce village et près du col, un filon de 5 mètres d’épaisseur en moyenne d’un mélange d’oxyde de fer et de manganèse.
- Jusqu’à maintenant, on avait exploité cette mine à ciel ouvert, actuellement on commence à creuser des galeries.
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- Le minerai extrait est trié sur le carreau de la mine, on ne prend que les gros morceaux purs; il a comme teneur :
- 50 p. 100 de fer et de manganèse,
- 20 p. 100 de silice.
- L’exploitant de la mine le vend en gare de Balsièges à raison de 20 francs la tonne, il a pour lui les frais de transport de la mine au quai d’embarquement et là les usines des départements de l’Isère et du Gard l’achètent malgré son prix élevé.
- Le calcaire capucin renferme bien souvent des boules de carbonate spathique
- Fig. 23. — Village et mines de Montmirat.
- [J-, micaschiste rubéfié; Hi, calcaire capucin; Ha, calcaire jaune sale; L, argiles charmoutliiennes; B/3, dolomie bajocienne; as, argile de décalcification et éboulis; f, faille.
- d’un blanc éclatant qui contrastent avec la couleur chocolat de la roche, on y trouve des cavités géodiques contenant des cristaux de calcite.
- Souvent les bancs inférieurs des calcaires capucin passent à des grès calca-rifères, d’autrefois à des calcaires un peu gréseux avec des cailloux de quartz blanc rosé dont le volume atteint la grosseur d’une noix.
- Quand ce calcaire capucin est au contact de l’air, une partie du C03Ca est enlevée par les eaux pluviales, aussi rencontre-t-on souvent à la surface de la roche des cailloux blancs isolés à peine collés et ne tenant à la surface de la roche que par un petit pédoncule.
- Souvent ce calcaire gréseux de la partie inférieure contient des débris de bois.
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- — Los bancs de la partie supérieure sont feuilletés et fragmentés, et ce n’est que là où l’on trouve des débris d’êtres : ce sont des coquilles de Cardium, deMytilus minutus, de Pecten Valonensis et rarement d’Avicula contorta. On y trouve quelques rares bancs de ligniles notamment dans les calcaires de la Can de Barre et de l’IIospitalet, ils ne sont jamais exploitables.
- L’épaisseur de la couche de calcaire capucin est très variable, elle va de 5 mètres à 45 mètres et même plus.
- Plus on s’éloigne d’un massif granitique, plus le calcaire capucin change d’aspect ;près du granité et non loin des grandes failles, il est très brun, couleur chocolat, et ses débris gisent dans une terre argileuse brun rougeâtre. Loin des massifs granitiques, quand il forme presque uniquement la masse des petits Gausses juchés sur les plates-formes micaschisteuses, sa couleur tend au jaune ; à quoi attribuer ce changement de couleur partout très frappant au premier abord? l’explication n’en sera donnée que par l’étude et la comparaison des calcaires au point de vue chimique.
- Le calcaire capucin fortement magnésien a une tendance à se transformer en dolomie par suite de la dissolution par les eaux pluviales et d’infiltration du CO:îCa et de la précipitation partielle du C03Mg surplace. Les eaux qui ont dissous le CO:!Ca en sortant à l'air libre le précipitent; aussi, trouve-t-on, au bas des collines de ce calcaire, des brèches et conglomérats formés uniquement par des débris de calcaire jaune sale de 1a, zone supérieure et de calcaire capucin, le tout est relié par un ciment de carbonate de chaux.
- Certains bancs de calcaire capucin ont été transformés sur place en dolomie, on en trouve dont l’épaisseur varie de 0m,50 à 1 mètre. Il est des endroits où des masses entières de calcaire capucin ont été transformées en dolomies et cela sur une épaisseur de 50 à 60 mètres, comme à Malaval. La dolomie des bancs de 1 mètre d’épaisseur, que l’on a désignée sous le nom de dolomie infraliasique, est compacte, solide, pesante, à grains fins et serrés et brillants, elle se laisse tailler et tourner assez facilement, aussi est-elle très recherchée comme pierre de taille, car elle a l’avantage de ne pas se désagréger facilement sous l’influence de la gelée. Tout autre est la dolomie en masse, comme celle de Malaval, dont la structure est finement cristalline, la cassure en est esquilleuse, aussi la gelée la désagrège facilement.
- L’examen du calcaire capucin a montré, qu’au commencement, le dépôt s’est fait non loin d’un rivage dans une zone assez agitée, tandis qu’au centre du bassin la mer plus tranquille a donné en même temps naissance à des sédiments calcaires assez purs; puis peu à peu, l’eau a été plus tranquille et partout les sédiments calcaires se sont déposés plus tranquillement, aussi la finesse du sédiment va en augmentant à mesure qu’on atteint les couches supérieures,
- On pourrait croire que la vie, dans cette mer des Gausses, n’a été possible que
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- quand les dépôts sédimentaircs ont été moins nombreux, alors seulement on retrouverait des traces d’organismes, car l’eau de mer a été à la fois moins magnésienne : il n’en est rien, car nous devons faire attention à la nature de la roche qui est fortement magnésienne et passe même à l’état de dolomie en certains points. Supposer que l’eau de mer a été plus magnésienne à ce moment-là, c’est faire une hypothèse peu vraisemblable, car si nous ne trouvons pas ou presque pas de débris organiques cela tient à ce que la roche a subi une transformation postérieurement à sa formation qui a porté sur le carbonate de chaux en l’enlevant et qui l’a enrichi en G03Mg; les débris organiques ont alors disparu et rares sont ceux qui ont été épargnés. — L’origine de ce calcaire magnésien est inconnue : sommes-nous en présence d’un calcaire coralligène. Nous l’ignorons.
- Caractères des terres de cette formation. — Les terres que forment les calcaires capucin sont très fines, elles sont argilo-calcaires, l’argile de ces terres doit être un produit de décalcification de la roche. A des endroits on trouve très peu de pierres, aussi a-t-on des terres de première qualité où viennent très bien toutes les céréales. Rarement elles sont compactes et souvent même elles sont très pierreuses, mais leur seul défaut est d’être gélives et de former pâte quand on les laboure un peu trop humides.
- Agriculture. — Les anciennes forêts que l’on trouve sur cet étage sont rares, au pied de la Margeride, on rencontre quelques forêts de pins sylvestres; près de Florac, le long du bord du Gausse Méjean quelques taillis de chêne rouvre bien abîmés. De nouveaux reboisements ont été faits par les particuliers sur cette formation, ils ont bien réussi ; les reboisements qu’a faits l’administration des forêts dans les terres ébouleuses de ce calcaire ont parfaitement réussi, car tous les pins (pins sylvestres et pins noirs) et les cytises peuvent plonger leurs racines puissantes dans les fissures multiples dont sont traversés les bancs. Il serait à désirer que les particuliers suivent ces exemples de reboisement, car les pâturages qui se trouvent sur cette zone ont peu de valeur à cause des grossières graminées qui les recouvrent et aussi à cause du sol trop ébouleux et trop pierreux.
- Cette terre est la terre de prédilection des crucifères qui envahissent et salissent les champs au point de réduire considérablement les récoltes et notamment celles de la pomme de terre ; le seul remède est de les arracher en été quand elles sont en fleur (fig. 24). Les choux atteignent dans ces sols des dimensions prodigieuses aussi bien dans les champs que dans les jardins, là ils atteignent le poids de 10 kilogrammes. Après une récolte de seigle ou de froment, le paysan lozérien laboure le sol, sème à la volée la graine de rave, et comme ces terres sont généralement assez fraîches, il peut obtenir à l’automne une récolte superbe, qu’il n’arrache qu’au furet à mesure des besoins pendant tout le courant de l’hiver, soit pour sa nourriture, soit pour celle de ses porcs. A quoi
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- attribuer la préférence des crucifères pour ce sol, nous n’en savons rien.
- La pomme de terre donne de très grands rendements dans ces sols; de plus, elle est recherchée à cause de sa richesse en fécule, qui la rend très farineuse, et que l’on donne de préférence aux porcs pour les engraisser.
- Toutes les légumineuses viennent très bien dans ce sol, la luzerne y donne de gros rendements; le trèfle et le sainfoin donnent de très belles récoltes
- Fig. 24. — Dépiquage du blé à Lachamp.
- dans les sols même les plus pierreux où ils peuvent enfoncer leur puissantes racines.
- Dans les vallons de Florac et d’Ispagnac, où cette formation affleure sur de grands espaces et a une grande épaisseur à une altitude variant de 500 à 600 mètres, on trouve la vigne cultivée en plaine ou sur les coteaux dont le sol est soutenu par des murailles. Elle réussit d’autant mieux que les bancs sont plus fissurés; aussi, peut-elle aller au loin chercher sa nourriture. Elle est d’autant plus vigoureuse que le sol est plus profond, notamment le long des éboulis des pentes ; elle ne craint pas la chlorose à cause de la compacité et de la dureté de la roche qui est fortement magnésienne. Dans les bas-fonds des vallons, ces terres de couleur très brune ou même marron chocolat sont très
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- Fig. 25. — Entrée de la rivière souterraine de limmabiuu.
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- chaudes, aussi le raisin y mûrit plus tôt, tout en donnant un vin plus alcoolique que celui de vignes venant sur les micaschistes.
- Le froment et le seigle viennent très bien dans ces sols et donnent de très bons rendements.
- Le châtaignier ne se rencontre jamais dans ces sols qui ont toujours plus de 4 p. 400 de carbonate de chaux, aussi c’est le noyer et l’amandier qui Vont remplacé tant que l’altitude le permet. Dans les vallons du Tarn, la petite propriété domine sur cette formation, car tous les villages populeux qui se pressent le long des affleurements de l’Infralias semblent se disputer le sol; aussi, la terre est très divisée, chacun a voulu avoir sa vigne, son champ deblé, la valeur du sol varie avec la distance au village; c’est à la vigne qu’on doit attribuer le haut prix qu’atteint l’hectare de terre de cette formation.
- b) ZONE A PSILOORAS PLANORBIS (AMMONITES PLANORBIs) ,
- Cette zone a peu d’épaisseur, environ 2 à 3 mètres ; elle est composée de bancs calcaires gris, compacts, donnant par le choc des plaquettes assez minces couvertes de fossiles, ce sont de véritables lumaehelles.
- Elle ne se trouve que près d’Allenc et du Bleymard, d’ailleurs elle n’a d’importance qu’au point de vue paléontologique.
- Elle ne forme pas de terres arables.
- C) ZONE DES CALCAIRES JAUNE SALE OU BLANCS
- Cette zone comprend un très grand nombre de lits de calcaires jaune sale, d’argile et de cargneules qui alternent entre eux. Elle a surtout une grande épaisseur et occupe de grands espaces entre Florac et Mende, où se trouvait le centre du bassin. Le grain de ce calcaire est très fin et comme ce calcaire est un calcaire de transformation, un calcaire magnésien, on n’y rencontre pas ou peu de fossiles. Les bancs de ce calcaire jaune sale plus ou moins magnésien alternent très souvent avec les bancs d’une argile écailleuse tantôt noire, tantôt verte, tantôt bleue et même grise et n’atteignant jamais 0m,80 d’épaisseur; ces argiles ont une cassure esquilleuse conchoïdale, avec l’eau elles se brisent en petits fragments sans jamais faire pâte. Voici une analyse chimique d’une de ces argiles (faite à l’Ecole des mines) :
- Silice............. . , . . . . . . . . . V ... . 55 p. 100
- Alumine.........................................21,3 —
- Fer.............. ............. .................. 5,3 —
- Chaux et magnésie. . . . . . . . . . . . . . . . . . ‘ 9,3 —•
- Chlore............. . . . . ........... . ... . traces
- Acide sulfurique. .......................... »
- Acide phosphorique.............................. »
- Perte par calcination........................... . 9 —
- 99,9
- Tome IV. — 98e annie. 5e série. — Avril 1899.
- 30
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- Les bancs d’argile sont tellement nombreux en certains points que sur une épaisseur de 40 mètres de ce calcaire on trouve jusqu’à douze petits bancs de cette argile. Elles n’ont, à proprement parler, aucun rôle, elles n’arrêtent pas les eaux d’infiltration qui ont traversé les bancs du calcaire jaune'sale.
- On trouve quelques bancs de calcaires cariés qui passent à la dolomie, ce sont des cargneules.
- Entre Mende et FJorac le calcaire jaune sale occupe-de grands espaces, il est jaune presque de couleur paille; mais, après Florac, jusqu’au massif de l’Aigoual, il tend à prendre sa couleur jaune pour devenir blanc, c’est alors qu’il forme la surface des Cans Cévenoles (eans de Barres, de Moncamp).
- Caractères des terres de cette formation. — Le sol des champs que forme ce calcaire est très perméable, mais aussi il est très aride, très sec et très pierreux. — Là où il n’y a pas trop de pierres, notamment dans les combes, on a des terres argilo-calcaires d’assez bonne qualité; mais bien souvent, sur les flancs des coteaux, on ne peut labourer, car les plaquettes de ce calcaire entravent la marche des instruments aratoires. Le mieux à faire quand on a de tels champs, c’est, s’ils en valent la peine, soit de les épierrcr, soit de les amender avec des marnes et argiles du Charmouthien ou du Toarcien, alors on pourra y cultiver du sainfoin qui alternera avec les céréales (froment et avoine).
- Quand ces sols sont mélangés aux argiles du Lias, et cela naturellement par suite d’éboulis de pente, on a des champs d’une grande fertilité où l’on cultive avec succès la luzerne, le sainfoin, la touzelle de Provence : c’est ce que l’on trouve dans la plaine de Florac.
- On avait replanté dans ces terrains, notamment près d’Ispagnac, des vignes américaines, mais elles disparaissent peu à peu, car elles sont entièrement chlo-rosées, ce qui est dû à la nature même de la roche qui est ici peu compacte et se désagrège facilement, aussi les terres où elles sont plantées renferment-elles trop de CO'Ca.
- Le noyer prospère assez bien dans ces terres, quoiqu’il ait toujours l’air assez rabougri, son rendement en fruits y est très élevé malgré la sécheresse du terrain.
- Dans cette formation, les reboisements de l’Etat ont eu beaucoup de peine à réussir sur les pentes, car les éboulements des plaquettes calcaires enfouissaient les jeunes pins, et ce n’est qu’après plusieurs semis pendant plusieurs années successives qu’on arrive à couvrir de bois ces sortes de terrains.
- Le reboisement de ces terrains est de toute 'nécessité à cause de la nature ébouleuse du sol; et puis, d’ailleurs, que faire de tels sols où il faudrait plus de 10 hectares pour nourrir un mouton pendant la belle saison? le bois seul est capable de donner un revenu pécuniaire.
- Régime des eaux de Vlnfralias. — De toutes les formations sédimentaires
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- J-'i'r. 2().— lnl(Ticm' de Bramabiau el aven du lîalset.
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- du Lias celles de l’infralias sont les plus perméables et cette perméabilité est extrême, car toute la pluie qui tombe sur le sol disparaît très vile dans tous les calcaires très fissurés de cet âge pour ne reparaître au jour que quand un niveau imperméable se présente.
- Le niveau imperméable est soit un banc de calcaire dolomitique ou un massif de dolomie, soit le banc d’arkose du Rhétien, soit même la base sur laquelle repose tout l’infralias, base schisteuse ou granitique.
- Examinons chacun des cas qui peuvent se présenter. La caractéristique des calcaires jaunes et capucin est le grand nombre de fissures qui les traversent et qui recoupent leurs bancs dans une direction normale aux strates. Les eaux des rivières ont profité de ces fissures pour s’y engouffrer et reparaître dans d’autres fentes à des niveaux inférieurs, d’où elles s’échappent plus abondantes, car elles ont drainé tout le massif, en suivant une strate inclinée dans un sens. — Comme exemple nous pouvons citer (fig. 25 et 28) la rivière de Bramabiau, dont le cours aérien appartient un peu au département de la Lozère et beaucoup au département du Gard comme cours souterrain. L’examen du cours souterrain avec ses cascades montre des fractures qui ont été élargies par le travail des eaux sous forme de sciage des bancs de calcaire et de dolomie, de marmite de géants, de taraudage des points faibles et éboulements des bancs calcaires du plafond insuffisamment soutenus par les bancs inférieurs qui ont été taraudés et déblayés par les eaux. — Ces éboulements sont tels, qu’à certains endroits, le toit du tunnel s’est effondré et a formé un aven ou puits, c’est l’aven du Balset(fig. 26). Après un certain nombre de cascades, la rivière ressort par une alcôve qu’elle s’est creusée en s’aidant d’une grande fracture qui a traversé un grand nombre de bancs (fig. 27). — Partout où affleurent les calcaires capucin dans ce département, on trouve des rivières qui ont une partie de leur cours souterraine, nous pouvons citer un ruisseau près du Bleymard, un autre celui des Combes, qui n’est qu’une branche et une dérivation du ruisseau du Bramont où l’on ne peut pénétrer; aussi les paysans intéressés bouchent plus d’une fois l’entrée avec des mottes de gazon et des pierres pour rejeter la rivière dans son propre lit aérien.
- Toutes ces eaux qui sourdent actuellement dans les calcaires capucin et la dolomie infraliasique sont très magnésiennes, aussi ont-elles sur l’homme une action néfaste. On peut dire, d’une façon générale et certaine, quë, là où on trouve des gens goitreux, on trouve aussi des paysans idiots et sauvages, on est alors sûr que l’eau qu’ils boivent sort des calcaires capucin ou des dolomies et sont par suite très magnésiennes. Ce fait est tellement vrai que dans deux villages, Monteils et Malaval, où l’on boit la même eau, ayant même provenance, et qui sort des calcaires capucin, on trouve les trois quarts des gens goitreux. Il en est de même sur tout le pourtour du mont Lozère, le long des affleurements de l’Jn-fratias.
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- Dans le cas de Bramabiau et des rivières souterraines, nous avons vu que le niveau imperméable était le calcaire capucin non fissuré. Dans le second cas, où
- Fig. 27. — Tunnel de Bramabiau près de sa sortie.
- l’on a un massif compact dolomitique, il ne peut y avoir de niveaux imperméables; aussi, dans ce cas, une fissure seule amène les eaux au jour : tel est le
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- Fig. 28,
- Sortie de Bramabiau.
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- cas de l’aven-grotte de Malaval (fig. 29), où les eaux sortaient autrefois par l’aven et aujourd’hui par la grotte inférieure.
- Les arkoses qui surmontent le granité sont toujours un niveau aquifère très puissant, et c’est le long de leur affleurement que naissent un grand nombre de sources. Ces sources sont uniquement alimentées par les eaux d’infiltration qui ont traversé tous les calcaires hettangiens très perméables par nature.
- 11 arrive que, par suite de la nature même du terrain de base, les arkoses soient très fissurées; les eaux d’infiltration qui ont traversé les étages supérieurs passent alors à travers les fractures qui ont divisé la roche en prismes; elles traversent les arènes granitiques que l’on trouve toujours au contact du granité et de l’intralias pour sortir au contact de la roche inaltérée à l’état de sources nombreuses à débit variable.
- Au contact de l’infralias et des micaschistes, où manquent quelquefois les assises rhétiennes, le calcaire brun de capucin repose directement sur les micaschistes; mais alors on ne trouve pas à proprement parler de niveaux d’eau considérables, seulement, dans la zone de décomposition, le schiste altéré est toujours très humide, il est onctueux au toucher et suinte beaucoup, aussi presque toujours ces schistes décomposés portent de belles prairies donnant du foin et du regain, prairies généralement un peu humides, ce qui est dû à la pente toujours assez forte qui permet un prompt écoulement de l’eau.
- Quand une vallée a été produite par une faille ou une diaclase qui a été élargie par l’érosion, on voit dans le fond même de celles-ci de grandes sources qui sortent en bouillonnant du sol. On peut citer des exemples de ce phénomène : c’est la ligne de sources perennes terrestres ou sous-fluviatiles qui sortent par la faille qui va d’Ispagriac à Molines, sources très abondantes et très fortes, qui sortent dans des prairies à S mètres au-dessus du niveau de la rivière. Un peu plus loin, dans le lit même de la rivière, au bord même de la fracture produite dans les calcaires capucin, naissent des sources très abondantes et très froides, qui sortent en bouillonnant, et dont l’eau s’élève à 0ni,40 au-dessus de celle de la rivière. A 500 mètres plus loin, sans doute par une autre faille , sort la source minérale de Quézac, carbonatée, sodique et gazeuse, qui a été captée dans le lit même du Tarn.
- Il y a un cas où les eaux d’infiltration, après avoir traversé toutes les assises perméables ou imperméables du Causse Méjean, du Lias et du Jurassique moyen et supérieur, viennent trouver un niveau imperméable dans les micaschistes qui forment le socle de cette partie du Causse ; tel est le cas de la source du Pes-chierà Florac, une des plus belles sources vauclusiennes de France. Comment expliquer cette particularité d’une source naissant au contact des micaschistes tout à fait imperméables et alimentée par des eaux qui auraient dû être arrêtées par plusieurs niveaux imperméables argileux? Une seule explication
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- nous paraît rationnelle, qui a été donnée par l’étude de la géologie du Causse Méjean. Il y a lieu de tenir compte de la grande faille parallèle au géosynclinal de Montbrun-Meyrueis qui 'doit drainer toute la masse; les eaux ne pouvant sortir par la faille à Meyrueis ont du trouver un point bas dans le Causse Méjean, non loin de Florac, aussi ont-elles dû se créer une sortie, elles se sont sans doute servies, pour se créer une issue en dehors, de la faible dureté des strates micaschisteuses rubéfiées et, peu à peu, elles se sont creusées leur nouveau lit pour venir au jour non loin de Florac. Si nous trouvons des sources aux niveaux imperméables dansles formations infraliasiques, jamais nous ne trouvons de ruisseaux dans les vallées creusées dans ces assises; toujours, les thalwegs de ces vallons largement ouverts sont secs et resteront secs, on n’y trouve pas même un filet d’eau après les gros orages, car le sol a tout bu; aussi, ces pays n’ont rien à craindre des inondations, car l’eau met assez longtemps pour atteindre le niveau imperméable.
- Répartition des habitations dans lespays de formations infraliasiques.—L’eau est une des ressources naturelles dont l’homme ne peut se passer, aussi place-t-il son habitation dans le voisinage d’une source ou d’un ruisseau ; si un plateau est privé de sources, il a beaucoup de chances pour ne pas être habité, c’est ce qui arrive pour les petits Causses dont le sol trop perméable n’a pu retenir les eaux pluviales. Ici, pas une maison sur ces plateaux, sorte de déserts couverts de champs ou de pâturages : les maisons se groupent toutes au pied de ces petits Causses où un niveau imperméable a forcé les flancs spongieux du Causse à rendre au jour les eaux qu’il recélait. C’est le long des affleurements de grès arkoses et de bases imperméables micaschiteuses ou granitiques que naissent les sources et, à côté d’elles, se pressent les habitations qui sont d’autant plus nombreuses que le petit Causse a plus d’hectares cultivables.
- Utilisation des eaux. — Voyons comment ces eaux sont utilisées par les habitants des hameaux : toutes celles qui s’échappent au niveau des arkoses sont soigneusement captées et recueillies dans des bassins creusés dans le granité par les paysans, et, quand ils sont pleins, on laisse échapper l’eau qui va arroser un jardin ou une prairie, suivant l’importance du débit de la source. Non loin du village des Bondons, le long des affleurements des arkoses sur une longueur de 500 mètres, on peut compter quatre sources dont l’une est si abondante qu’elle arrose 10 hectares de belles prairies; les autres, moins abondantes, arrosent des petits prés ou des jardins.
- Les sources qui naissent au contact des granités sont généralement très abondantes, il y en a même qui, dès leur naissance, sont capables de faire tourner la roue d’un moulin. Si ces eaux sont très abondantes, elles sont généralement très froides tant en été qu’au printemps pour l’irrigation des prairies, aussi le Louzerot qui a de telles sources à sa disposition a-t-il eu à prendre certaines
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- Fig. 2'J.
- Sortie de la source de Mulaval.
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- précautions : son but a été de réchauffer celte eau par une exposition à l’air et au soleil; il a tourné la difficulté en donnant aux canaux d’irrigation une pente très faible et une section de canal de 1 mètre de largeur par 0m,20 à 0m,30 de profondeur; de cette façon, l’eau a eu le temps de s’aérer, de se réchauffer et de déposer le carbonate de chaux et de magnésie en excès dont sont généralement chargées les eaux qui sortent des formations infraliasiques des contreforts du mont Lozère. Bien souvent, comme la ferme est située près du canal d’amenée des eaux d’irrigation (cas de la ferme des Combes) (fig. 30), le Louzerota eu soin de conduire une partie des eaux dans les étables à bœufs, et, par un dispositif
- Fig. 30. — Grosse ferme des Combes, au pied du Lozère.
- y, granité du mont Lozère; p., micaschiste rubéfié; Ht, calcaire capucin (hettangien); Hî, calcaire 'aune sale (hettangien).
- spécial, elles lavent et emportent les déjections solides et liquides qui vont alors rejoindre le canal principal qui va arroser les prairies situées sur les formations granitiques.
- Quand le Louzerot a des sources à faible débit, il réunit leurs eaux dans des bassins ayant une grande surface en contact avec l’air et une profondeur ne dépassant guère lm,50 à 2 mètres et, suivant la capacité du réservoir la prairie est arrosée une à deux fois par semaine. Dans ce mode de traitement des eaux de sources à faible débit, le C03Ca et le CO:iMg se sont déposés au fond du bassin en formant un limon de couleur rouille bistre, qui est enlevé à la fin de la saison d'ir-
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- rigation et que l’on porte avant les gelées sur les parties hautes de la prairie qui ont le moins d’épaisseur ou sur celles où le rocher granitique non recouvert de gazon affleure à la surface du sol.
- Le foin que l’on obtient avec ces eaux est de très bonne qualité et, quoique ce soit un foin de région granitique, il est très riche en légumineuses; dans les parties pas trop arrosées, le sainfoin y est même très abondant, ce qui contraste avec la nature du sol, et tout cela est dû à l’eau calcaire.
- Fig. 31. — Un pâturage dans un des vallons de l’Eschino d’Ase. y, granité du mont Lozère; Hi, calcaire capucin; KG, calcaire jaune sale; L,zone inférieure du Charmouthien.
- Quand les circonstances ont permis d’arroser la prairie des flancs du Gausse qui repose sur l’infralias, on a de très bons prés, dont le rendement en foin va jusqu’à 4 500 kilogrammes en une seule coupe. Le foin obtenu est alors remarquable par sa grande richesse en légumineuses, dont les principales sont le sainfoin, le trèfle des prés, la coronille variée, le lotier corniculé, l’anthyllide vulnéraire.
- B. — Lias proprement dit.
- PAYS DES VALLONS
- Position géographique. — Les pays des Vallons. —On trouve le Lias proprement dit dans plusieurs régions du département où il occupe tantôt les vallons, tantôt seulement les flancs du Causse. Au pied de chacun des massifs jurassiques existe, dans les vallées où affleure le Lias proprement dit, tout entier marno-calcaire, une série de pays particuliers qui contrastent par leur fertilité et leur
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- climat avec les Causses environnants : ce sont les pays des Vallons, qui comprennent ensemble une superficie totale d’environ 24 000 hectares.
- Citons les différentes parties qui forment le pays des vallons, « le bon pays » (fig.31), comme disent les montagnards. Il s’étend le long du Lot, de Bagnols à Barjac et Changefège; tandis qu’il n’a, au commencement, qu’environ 1 à 2 kilomètres de largeur, dans la région comprise entre Marvejols, Saint-Germain-du-Teil et Chanac,il occupe tout l’espace limité par ces villes. Alors commencent les défilés du Lot à travers les escarpements du Causse; plus de vallons, et on ne retrouve la série qu’avec les vallons de Banassac et de LaCanourgue. En dehors de cette série de vallons, on trouve dans la vallée d’un affluent du Lot le pays du Valdonnez, avec ses 1 700 hectares de marnes basiques.
- Dans la vallée du Tarn, existent deux vallons : le vallon d’Ispagnac avec ses 1 200 hecLares, l’autre de 600 hectares à Florac.
- Dans la vallée de la Jonte, affluent du Tarn, on trouve le fertile vallon basique de Meyrueis avec ses 500 hectares.
- En somme, le pays des Vallons, avec ses 24 000 hectares situés dans toutes les parties du département s’étend sur 5 p. 100 de sa surface. Là, dans ces vallons, semble se concentrer tout ce que le pays a de vie et d’activité, la population y est très dense et atteint le chiffre de 165 habitants au kilomètre carré, c’est qu’aussi partout les terres fertiles basiques du voisinage sont capables de les enrichir.
- Généralités sur la période liasique. — Les sédiments du Lias, dans la région des Causses lozériens, atteignent une grande épaisseur en certains points. Nous devons diviser la période basique en deux parties : dans la première moitié de cette période, l’examen des sédiments montre, par les divers débris et les divers fossiles, que l’on avait une mer agitée par des courants et où ne devait, sans nul doute, se jeter aucun fleuve limoneux et torrentueux; aussi,cette mer pure et assez profonde permettait aux Crinoïdes et Oursins de vivre.
- Dans la deuxième période, il n’en est plus ainsi, car nous trouvons des calcaires argileux, des marnes, des argiles et des schistes bitumineux, et, à la mer agitée de la première période succède une mer tranquille, à eaux dormantes, où la vase calcaire ou argileuse a pu se déposer dans les grandes profondeurs.
- La vase argileuse et calcaire pouvait provenir de matières vaseuses que les eaux des courants de la haute mer poussaient vers les parties plus tranquilles. Cette période tranquille n’a pu permettre aux oursins et aux crinoïdes de vivre, quoique l’on rencontre des débris d’Encrines dans les argiles qui sont venus s’échouer dans cette région, car ils ne peuvent vivre que dans des mers à eaux pures et limpides, agitées par des courants.
- Division du Lias en étages. — Les étages de la série basique que nous rencontrons dans le pays lozérien sont les suivants :
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- A la base, le Sinémurien, puis le Charmouthien et le Toarcien. Étudions chacun de ces étages.
- ÉTAGE SINÉMURIEN
- Géologie. — Il n’est seulement représenté que dans la partie N. et N.-O. du département et paraît manquer totalement dans Ja partie S.
- Il comprend une épaisseur de 10 à 20 mètres de bancs calcaires; à la base, on trouve un banc gris de calcaire noduleux ou marneux assez rouillé où on trouve l’Oxynoticeras oxynotum. Puis au-dessus viennent des bancs très puissants de calcaires encrinitiques cristallins, à cassure brillante où les fossiles (Gastéropodes) paraissent avoir été silicifiés. Les surfaces de ces bancs sont généralement corrodées et trouées de perforations où l’on trouve des petits cailloux de quartz, ce qui implique l’idée d’une mer dont le fond était balayé par des courants où des pholades ont pu creuser des trous que les cailloux ont dû remplir; en d’autres parties certaines perforations tubulaires de 10 à 15 centimètres de profondeur sont dues à la disparition de la pyrite qui avait cristallisé dans le magma.
- Cette mer agitée et non troublée par des apports vaseux a été pour beaucoup dans le développement des Crinoïdes, qui vivaient sur le fond rocheux en véritables prairies, et ont formé des bancs de calcaires encrinitiques très puissants.
- Caractères des terres clu Sinémurien. — Ce sont des terres très perméables, d’excellente qualité mais très pierreuses et sèches; ce sont d’excellentes terres à froment où toutes céréales réussissent très bien, c’est la véritable terre fro-mentale. Le sainfoin vient très bien dans ces sols, aussi y aurait-il lieu toutefois d’augmenter la surface consacrée à cette culture, car c’est la seuleplante qui puisse implanter ses puissantes racines dans ces terres pierreuses et donner un très bon rendement en foin.
- ETAGE CHARMOUTHIEN
- (.Ancien étage liasien.)
- Caractères de cet étage. — Il y a lieu de faire une distinction dans les différentes couches du Charmouthien.
- Dans le Charmouthien inférieur, on remarque une grande uniformité de sédiments : ce sont des calcaires encrinitiques ou siliceux déposés par des eaux peu troubles mais agitées par des courants comme le montrent les perforations produites par les Ostréacées.
- Pendant le Charmouthien moyen et supérieur, il n’en est plus ainsi, la mer
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- est tranquille, aussi se forme-t-il des dépôts calcairo-vaseux dans tout le bassin des Causses.
- Les formations charmoulhiennes sont très apparentes sur tous les pourtours de certains Causses du versant Nord des monts Lozère tandis que sur les bords du versant Sud elles ne sont réduites qu’à une partie de leurs couches et celles qui existent ont une assez grande épaisseur. On les retrouve sur tous les pourtours du Causse de Mende où elles forment les ravins des Enfers et constituent la vallée fertile du Yaklonnez.
- Division de l'étage en zones. — Les différents niveaux de cet étage sont à la base :
- A) La zone de calcaire à Gryphœa Cymbium et Gryphœa obliquata.
- B) La zone de calcaire à Lytoceras fîmbriatum et ÜEgoceras Davœi.
- G) La zone des marnes à Amaltheus margaritatus et Amaltheus spinatus.
- A) Zone du calcaire à Gryphœa Cymbiun.
- Géologie. — Cette zone est formée par un calcaire siliceux grenu dont la surface des bancs est rouillée ; tantôt il est de couleur blanche, tantôt jaunâtre avec des silex à la base. Ce calcaire peut devenir très gréseux à la base avec des galets de quartz et peut même passer à un grès grossier. La cassure est spathique ; très compact et très lourd, c’est un calcaire encrinitique. Un échantillon nous a donné comme composition chimique :
- Silice.............................................25,7 p. 100
- Fer et alumine.................................... 5,8 —
- Chaux.............................................. 50,6 —
- Dans ce calcaire, on peut trouver très souvent de l’hématite brune octaédrique provenant de la transformation de la pyrite, et, par suite d’hydratation cette hématite se transforme en limonite qui colore la surface des bancs.
- Cette zone peut atteindre jusqu’à 30 mètres d’épaisseur.
- Les fossiles qu’on y trouve (Gryphées, Pectens) sont transformés en silice orbiculaire.
- Matériaux utiles. — Cette zone est intéressante par la grande quantité de nodules de phosphate de chaux qu’on rencontre à sa base, surtout dans les environs du Bleymard et du col de Tribes ; près du Causse de Mende, ce phosphate se rencontre dans un mince banc argileux de la base, mais il est accompagné de glauconie.
- On se sert souvent de ce calcaire comme pierre de taille, mais il a le défaut d’être gélif.
- Caractères des terres de cette zone et agriculture. — Sur cette zone on trouve les meilleures terres à froment de tout le département, sans doute à cause
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- du phosphate de chaux qui abonde dans le sous-sol. Ce sont en effet d’excellentes terres, mais elles ont le défaut d’être peu profondes. Les céréales y réussissent très bien, on y trouve des champs de luzerne et de sainfoin.
- Une légumineuse en particulier prospère très bien dans ces sols, c’est la lentille. Elle est cultivée sur d’assez grandes surfaces, partout où affleure cette assise sur les petits Causses qui bordent le versant Nord du mont Lozère; le village du Bleymard est pour ainsi dire le centre de production de cette lentille connue dans le Bas Languedoc sous le nom de lentille du Bleymard, elle doit peut-être au sol riche en acide phosphorique les qualités qui la font rechercher des consommateurs des régions du Bas Languedoc.
- Là où le sol n’est pas entamé par le soc de la charrue, un gazon épais où prédominent les légumineuses recouvre cette zone, ce qui montre d’ailleurs, par la végétation exubérante de ces plantes et à l’altitude où on retrouve ces affleurements, la richesse du sol en chaux et en acide phosphorique.
- Quand la base de cette zone est siliceuse et même passe à un grès calcarifère ou même siliceux, là où elle affleure sur les plateaux des contreforts caussenards du mont Lozère, on est étonné, notamment à l’Eschino d’Ase, de rencontrer sur cette zone des ginestières avec le genêt à balais de la lande granitique, ce qui n’a d’ailleurs rien d’étonnant, carie sol, tout siliceux qu’il est, permet à cette légumineuse calcifuge de pousser, surtout si le Louzerot l’a semé comme cela a lieu ordinairement.
- B) Zone des calcaires à Lytoceras fimbriatum, CEgoceras Davœi,
- Géologie. — Cette zone a une puissance de 5 à 40 mètres ; elle est caractérisée par le L. fimbriatum, CE. Davœi, A. Valdani, et est entièrement formée tantôt par des calcaires marneux bleu ou jaunes, en bancs minces, tantôt par des calcaires durs ocreux ou très siliceux, bleus clair, passant à des grès calcaires glauco-nieux sur les bords du bassin. Comme les différents bancs de ces calcaires alternent avec des bancs plus marneux, il s’ensuit qu’ils sont plus facilement attaquables par les agents atmosphériques.
- On trouve souvent, dans la masse de ces calcaires, des amas de petites dimensions de pyrite qui en s’oxydant à l’air colorent leur masse en roux.
- Ces calcaires marneux sont susceptibles de donner des chaux hydrauliques, d’excellente qualité, très recherchées dans le pays pour la construction des voûtes.
- Caractère des terres de cette zone. — Elle donne des terres très grasses, très fertiles, mais qui sont généralement difficiles à travailler quoique assez pierreuses et assez profondes. Des défoncements assez profonds doivent y être faits et
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- c’est surtout le froment et l’orge qu’on cultive dans ces terres, aussi devrait-on partout donner la préférence aux prairies artificielles de sainfoin.
- Ces terres, quoique imperméables, sont généralement saines, parce qu’elles sont situées sur des talus possédant une pente assez sensible; cependant, en contre-bas de ces talus, on trouve dans les champs de grandes quantités de prêles et de tussilages qui doivent indiquer une grande humidité du sous-sol, car il est impossible qu’elles soient acides à cause de la grande quantité de calcaire qu’elles renferment.
- Là où cette zone apparaît sous forme de bancs de calcaire marneux assez compacts entremêlés de lits de marne, on est sûr de voir, le long des talus, le sol couvert d’un gazon épais quelle que soit la pente, même si les éboulis des assises supérieures l’avaient recouvert. Ce feutrage du sol est tel que les pierres fixées par les racines du gazon ne peuvent s’arracher à la main; aussi, bien souvent, sont-elles recouvertes en partie par celui-ci. Ce gazonnement montre bien quelle est la richesse de cette zone en acide phosphorique; aussi, le sous-sol est-il quelquefois recouvert par 0m,50 de terre végétale brune très riche en matières organiques.
- G) Zone des marnes à Amaltheus margaritatus et A. spinatus.
- Géologie. — Cette zone est entièrement constituée par des assises de marnes grises, noires ou bleuâtres, qui ont jusqu’à 60 mètres d’épaisseur. Ces marnes sont pyriteuses et les assises sont séparées les unes des autres par des bancs très fendillés formés de gros blocs sphéroïdaux très aplatis, disposés en cordons parallèles à la stratification; ce sont des septarias formés par un marno-calcaire compactr contenant souvent à leur intérieur des Ammonites et des Bélemnites, quelques-uns ont même dans leur masse des cavités géodiques.
- Les rognons calcaires et les marnes exposés à l’air perdent par oxydation leur couleur noire, qu’ils doivent aux matières organiques qu’il contiennent, et leur surface prend alors une couleur jaune grisâtre, presque dorée.
- Ces marnes sont très fossilifères.
- Elles forment presque exclusivement les ravines qui sillonnent les flancs des Causses et notamment les «Enfers » très connus des géologues de la région par leur richesse en fossiles.
- Matériaux utiles. — Souvent les paysans épierrent leurs champs qui se trouvent sur cette formation dans le but d’employer les rognons calcaires et les septarias à faire de la chaux ; la chaux produite est hydraulique, de bonne qualité et pouvant servir comme amendement pour les terres granitiques et schisteuses; car, avec elle, elle apporterait, outre la chaux, de petites quantités d’acide phosphorique. La marne peut être employée comme amendement.
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- Caractères des terres de cette zone. — Cette zone marneuse produit des terres grasses, profondes, très fertiles, mais elles sont d’un travail difficile, et ne peuvent être labourées que quand elles sont assez sèches.
- Comme elles sont totalement imperméables, le sous-sol est quelquefois humide, ce que montrent d’ailleurs les prêles. Ces terres réclament des sous-solages énergiques, faits assez longtemps après les pluies.
- Ces terres sont généralement cultivées en froment et en orge; mais notre
- Fig. 32. — Vue des terres fromentalcs au pied du Causse de Mende.
- B/:J, zone de dolomie bajocienne; B/1,2, zone des calcaires à entroques et à fucoïdes; T, zone des argiles toarcienues; L3, L>. Li, zone de l’ctage charmouthien.
- avis est qu’on devrait les laisser s’enherber ou bien les cultiver en sainfoin qui y réussit très bien. Ces marnes peuvent être exploitées tout le long de leur affleurement, elles peuvent servir d’amendement pour les terres siliceuses (granitiques ou schisteuses) et même polir les terres trop sèches et trop pierreuses de l’Infralias ; c’est une ressource que l’on ne devrait pas négliger un seul instant dans les régions voisines du lias où le bois manquant généralement ne permet pas d’employer la chaux à cause de son prix de revient très élevé dans ces régions.
- Agriculture de Vétage charmouthien. — Dans la région des Causses, quand on voit affleurer le Charmouthien, on peut être sûr de trouver de gros villages
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- comme Saint-Etiennc-du-Valdonnez, Lanuéjols, Brenoux, dont les terres n’ont pas une grande étendue; mais comme le travail y est pénible et exige un grand nombre de bras, c’est sur cette formation que la propriété est la plus divisée; un petit nombre d’hectares peut nourrir une famille, car le paysan ne refuse pas son travail à une terre si fertile et dont le grand produit n’est pour lui qu’un produit net à cause de la diversité de récoltes qu’il peut cultiver sur sa terre : il a en effet le blé nécessaire pour son pain, des pommes de terre pour sa nourriture et celle de ses porcs, de la luzerne ou du sainfoin pour nourrir ses bestiaux, tous les fruits que lui donnent ses prairies plantées d’arbres.
- Par suite de l’imperméabilité du sous-sol, on trouve un grand nombre de belles prairies au pied même du Gausse : « ce sont, comme dit E. de Beaumont, des oasis au milieu du désert calcaire des Causses ». Une quelconque de ces oasis au pied du Causse de Mende est annoncée de loin par un gros village situé au bas d’un vallon. Là, un propriétaire qui a su améliorer son domaine a pu montrer à ses voisins ce qu’est une ferme modèle dans cette formation. Après avoir acheté cette ferme,- il a commencé par réduire le plus possible la surface ensemencée en céréales, il a fait débarrasser ses champs des pierres qui gênaient les instruments de culture et ces dernières ont été mises en réserve ou ont servi à faire des murs de clôture. Dans les champs, le travail était très difficile et très pénible, il fallait plusieurs attelages de bœufs à chaque charrue et même jusqu’à trois paires.
- Les terres, qui étaient naturellement humides et qui s’enherbaient facilement, ont été transformées en prairies naturelles où on a fait prédominer les légumineuses sainfoin et trèfle ; les terres trop sèches sont cultivées en sainfoin et en froment dont la paille produite sert de litière. Les prairies naturelles reposant sur les marnes ont été assainies par un drainage fait à 0m,40 de profondeur avec des coulisses en pierres plates ; l’eau provenant des drains est conduite dans des réservoirs où elle se décante et s’aère, et, delà, elle est distribuée par des tuyaux en poterie soit dans les jardins, soit dans les prairies naturelles du Charmouthien inférieur. Les sources du pied du Causse de Mende, qui sortent au niveau du Toarcien après avoir été captées par des drainages assez profonds, sont conduites en certains endroits où des tuyaux en poterie les amènent à la ferme pour les usages du ménage ou pour l’irrigation. Dans cette ferme, le foin que l’on récolte sert à la nourriture des bœufs et vaches pendant les longs mois de l’hiver ; après la coupe des foins, le gros bétail reste toute la journée dans les prairies naturelles, mais jamais on ne le conduit dans les champs de trèfle ou de sainfoin qui donnent un regain en septembre. Les bénéfices dans cette ferme proviennent de la vente du froment, de l’élevage et de l’engraissement des bœufs et vaches.
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- AGRICULTURE.
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- Caractères de cette période. — Dans le bassin des Causses, le Toarcien est lies bien représenté par une épaisseur de sédiments entièrement vaseux, atteignant jusqu’à plus de 100 mètres d’épaisseur.
- Pendant la période toarcienne, le bassin des Causses est occupé par une sorte de mer tranquille à eaux dormantes, et où la vase va s’accumuler dans les grandes profondeurs, ce qui semblerait indiquer la présence de fosses profondes comme un géosynclinal.
- Dans ces vases, se sont enfouis des débris organiques de toute espèce, qui y ont subi diverses décompositions putrides, dont le résultat final a été de donner des schistes imprégnés d’hydrocarbures et où la réduction de l’oxyde de fer par les matières organiques a produit de la pyrite que l’on trouve cristallisée dans tous ces restes. Il s’est en outre formé des dépôts argileux d’une grande épaisseur dans toute la région.
- Division de cet étage en zones. — On peut distinguer dans le Toarcien deux zones absolument caractéristiques de cette formation dans le bassin des Causses ; à la base on trouve :
- a) Zone des schistes bitumineux à Harpoceras serpentinum.
- P) Zone de Marnes à Ammonites.
- «) Zone des schistes à H. serpentinum et à Posidonies.
- Caractères pétrographiques. — Cette formation à H. serpentinum est particulière à la région des Causses de la Lozère et, partout où on trouve l’étage toarcien, on est sûr de le voir délimiter le Charmouthien du Lias supérieur.
- A mesure qu’on s’élève au-dessus des marnes charmouthiennes à A. marga-ritatus, on voit les marnes bleuir de plus en plus en même temps qu’une schistosité apparaître plus nettement à mesure qu’on s’élève ; c’est alors la zone des schistes bitumineux marneux à H. serpentinum.
- Les débris végétaux y abondent et y forment des lignites qui passent au jayet.
- Ces schistes noirs se divisent en feuillets très minces et flexibles mélangés a de petits cristaux de carbonate de chaux; à l’air, ces schistes deviennent gris, aussi ont-ils été désignés sous le nom de « schistes cartons ». Comme ils sont fortement imprégnés de matières bitumineuses, ils deviennent fétides par le choc; ils contiennent de la pyrite de fer qui effleurit à l’air en donnant de l’alunogène.
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- En outre des lignites en bancs minces, on trouve dans ces schistes bitumineux des bancs de calcaires très fissiles contenant des empreintes de fossiles, des squelettes entiers et des écailles de poissons.
- Matériaux utiles. — On a tenté d’exploiter le lignite, on y a renoncé à cause du peu d’épaisseur des^bancs et des impuretés minérales qu’elle contenait.
- On pourrait utiliser ces schistes bitumineux comme amendements calcaires et argileux, ils conviendront surtout dans les sols granitiques.
- On pourrait transformer ces schistes en cendres rouges par la combustion et l’oxydation de la pyrite, du bitume et de la lignite qu’ils contiennent, et les cendres seraient alors d’un transport facile et peu coûteux.
- Ces schistes en aucun endroit ne forment des terres arables.
- (j) Zone des Marnes à, Ammonites.
- Divers niveaux. — On y distingue plusieurs niveaux :
- A la base, le niveau à H. bifrons
- Puis le niveau à Dumortieria radiosa
- Le niveau à H. aalense et à Turbo duplicalus.
- Caractères pétrographiques. — Cette zone est entièrement marneuse et argileuse: dans la masse des marnes à EL bifrons, on trouve des calcaires arrondis, géodiques à l’intérieur, ce sont des septarias monocalcaires. On rencontre dans ces argiles de petits amas de gypse de transformation, gris, translucide en cristaux groupés et confus, son origine est récente, c’est un gypse de décomposition provenant de l’action des produits de décomposition de la pyrite conditionnée qu’elle contient abondamment, le résultat final est de la limonite et du sulfate de chaux qui cristallise.
- Les argiles bleues dedeux premiers niveaux sont très fossilifères.
- La partie supérieure de cette zone est caractérisée par des marnes non pyri-teusesà H. aalense et à Turbo subduplicatus. Tous ces fossiles sont calcaires et cette couche sert d’intermédiaire et de passage entre le Toarcien et les calcaires à fucoïdes du Jurassique moyen.
- Par une exposition à l’air, ces marnes et argiles bleues perdent leur couleur et deviennent jaunes, c’est l’oxydation des matières organiques et des sels de protoxyde de fer qui produit cette teinte jaunâtre.
- Caractères des terres de l’étage toarcien. — Toutes ces marnes et argiles toarciennes forment des sols arables, imperméables, la terre y est grasse, fertile, difficile à travailler, très profonde, se crevassant par la chaleur de l’été et se divisant en prismes sur une épaisseur de 1 mètre.
- Toutes les cultures réussissent, surtout les céréales dans le pays des Vallons.
- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Avril 1899. 37
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- AGRICULTURE.
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- L’agriculture d’un vallon. — Parler de l’agriculture d’un vallon, c’est faire l’éloge des habitants qui font de la culture intensive ou plutôt du jardinage sur ces argiles toarciennes.
- Examinons un de ces vallons, celui d’Ispagnac (fig. 33), qui est la vallée de Tempé du département. La touzelle de Provence semée en avril occupe beaucoup d’espace, ainsi que la variété de blé de Noé, on applique à cette culture des en-
- Fig. 33. — Vallon d'Ispagnae et Quézac.
- Ail, alluvions anciennes du Tarn; R, zone des calcaires lithographiques (Rauraeien); B2, zone des dolomies (Bathonien) ; B/3, zone des dolomies (Bajocien S.); B72, zone des calcaires à entroques (Baj. M.) ; Bji, zone des calcaires h fucoïdes (Baj. I); zone des argiles (Toarcien) ; L3, La. Li, zone des formations argilo-calcaires (Charmouthien) ; H2 zone des calcaires jaunes (Hettangien S); Hi, zone des calcaires capucin (Hettangien I) fxô, zone des micaschistes rubéfiés; g, zone des micaschistes.
- grais chimiques, nitrates et superphosphates ; Je superphosphaste à raison de la richesse du sol en acide phosphorique semblerait inutile, la dose employée est de 150 kilogrammes de nitrate de soude, 400 kilogrammes de superphosphate avec beaucoup de fumier de ferme. — On ne cultive pas d’autres céréales.
- La luzerne ^est cultivée sur de grands espaces et c’est avec son foin qu’on nourrit les chevaux de travail, les chèvres et moutons qui restent en stabulation les trois quarts de l’année, elle alterne avec le blé et la pomme de terre.
- La pomme de terre est très cultivée surtout comme pomme de terre de pri-
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- meur destinée à être apportée et vendue à Mende ; elle est en outre cultivée pour engraisser les porcs.
- Le maïs est cultivé pour son grain et sa paille qui sert de litière. On commence à cultiver la betterave fourragère pour la donner pendant l’hiver aux vaches, aux moutons et aux chèvres.
- La vigne américaine greffée occupe un certain espace, mais sa culture est limitée, car elle se chlorose et tend à disparaître après la cinquième année de plantation. A peine le traitement de la chlorose par le procédé du Dr Rasseguier a-t-il été connu par les journaux agricoles que les paysans des Vallons l’ont employé dès l’automne suivant, ce qui a permis de sauver la vigne plantée dans cette formation.
- Tous les champs des Vallons sont plantés d’arbres fruitiers, poiriers, pommiers et pruniers; les fruits, pendant l’été et l’automne, sont portés sur le marché de Mende deux fois par semaine par « les carrabiniers » ou charretiers : d’abord c’est le transport des cerises au commencement de juin qui inaugure la vente des produits annuels, vers la fin de juillet les abricots et les prunes, au 15 août les poires jusqu’au 15 septembre, au 15 septembre ce sont les pommes et au 1er octobre les raisins, les noix fraîches etles amandes.
- Le long de la rivière où sortent des sources s’étend une zone entièrement consacrée aux jardins; là on y fait des primeurs que l’on porte à Mende depuis le 10 juin jusqu’aux premiers froids.
- Tons les vallons lozériens ont à peu près la même culture, mais ils sont tous loin d’avoir un climat comme celui que possède Ispagnac, protégé du froid par un écran de falaises de 500 mètres de hauteur.
- Régime des eaux dans les formations du Lias. — Les formations basiques ne sont incomplètement imperméables que dans les zones argileuses du Charmou-thien moyen et supérieur et dans le Toarcien. Les argiles sont un puissant niveau aquifère ; c’est à leur contact que s’échappent un grand nombre de sources sur le pourtour de tous les Gausses qui présentent ces formations géologiques à leur base, aussi la zone d’affleurement du Toarcien est-elle le lieu de sources dans le pays des Vallons. — L’eau de ces sources provient des eaux d’infiltration qui ont traversé toute l’épaisseur des calcaires très fissurés du jurassique moyen et supérieur du Causse ; elles sont généralement fraîches, limpides, mais elles contiennent beaucoup de sels calcaires et autres, dont on ne reconnaît pas la présence au goût grâce à leur fraîcheur excessive.
- Beaucoup de sources sortent par des failles qui n’ont pas attaqué les argiles; aussi ont-elles une grande importance dans le mode de répartition de celles-ci et c’est presque toujours par elles que s’échappent les nombreuses sources de la base des Causses; presque toutes les eaux qui ont filtré à travers la masse très fissurée des Causses s’arrêtent sur un fond de bateau argileux, et leur sortie est
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- AGRICULTURE.
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- déterminée par une faille ou diaclase ou par le point du lieu de source situé le plus bas; ainsi, presque toutes les sources qui naissent au pied du Causse de Mende sont dans ce cas.
- Si par hasard, comme dans la grande vallée d’érosion de la Nize ou vallon du Valdonnez, les argiles affleurent sur de grandes surfaces, le régime des eaux dans ce pays est tout différent : les eaux pluviales ne pouvant s’infiltrer dans les formations imperméables du Lias, le ruissellement y est donc maximum et par suite l’érosion conséquente avec la nature ébouleuse du sol tend à entraîner les terres vers le thalweg. La conséquence en est, dans le Valdonnez, le peu de pente des versants, des vallées très larges où coulent des ruisseaux à eaux louches et que dominent des collines nettement tuberculeuses, des combes ramifiées que ravinent des torrents qui tendent à embarrasser de leurs débris les vallons voisins. Dans ces conditions, les crues des ruisseaux du Bramont et de la Nize sont terribles et leurs eaux, longtemps même après les orages, restent troubles à cause de l’argile qu’elles tiennent en suspension, aussi contrastent-elles avec les eaux des terrains granitiques qui sont toujours claires et pures.
- Là où le Charmouthien et le Toarcien, avec leurs bancs de schistes argileux et d’argile, paraissent au jour le long des flancs des Gausses, les agents atmosphériques ont pu creuser les zones d'affleurement, les torrents tendent à continuer leur œuvre de destruction et forment ces sortes de ravins noirs et laids qui portent dans le pays le nom d’enfers. L’administration des forêts a fait des reboisements dans certains ravins et est parvenue à les éteindre.
- Conséquences. — De l’imperméabilité des terres du Lias, conséquence de la nature de ses assises géologiques, il résulte que toutes ces terres sont très humides au printemps et à l’automne et par suite elles sont difficiles à travailler, aussi fait-on de ces terres de très bonnes terres à blé par des sous-solages énergiques et surtout par le drainage qui est de toute nécessité.
- Par le drainage, on pourra sensiblement améliorer les prairies du fond des vallons qui sont généralement humides et les eaux de bonne qualité que l’on peut y amener y feront alors seulement le plus grand bien.
- Tout autres sont les terres basiques des flancs du Gausse : si les terres sont trop humides au printemps et à l’automne, il n’en est pas de même en été où la sécheresse se fait sentir à cause de la trop grande pente de ces formations.
- Prairies. — De toutes les prairies des terrains jurassiques, les meilleures sont celles qui reposent sur les argiles toarciennes et charmouthiennes le long des flancs des vallons. Arrosées, elles donnent un foin et un regain de très bonne qualité qui sert uniquement à l’engraissement des bovidés. Quand les prairies ne
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- sont par irriguées pendant l’été, on en obtient un foin de bonne qualité, puis elles sont pâturées jusqu’à l’automne.
- Rien ne contraste autant que la flore de la prairie du Lias avec celle des terrains granitiques; tandis que, sur la prairie granitique, on ne rencontre que la bugrane épineuse (arrête-bœuf) et le trèfle de montagne, quand toutefois le sol n’est pas trop tourbeux, il n’en est pas de même dans la prairie du lias et dans les pâturages, tous de très bonne qualité, où les légumineuses prédominent sur les graminées (le sainfoin, le trèfle blanc, l’anthyllide vulnéraire, la coronille variée), aussi malgré l’altitude (1 200 mètres) où l’on trouve les riches pâturages des contreforts du Lozère les utilise-t-on pendant la belle saison pour l’élevage et l’engraissement des bêtes à cornes.
- Répartition des maisons dans le pays liasique. —
- Le régime des eaux a une grande influence sur la répartition des maisons dans la campagne ; partout dans les vastes vallons du Lias, Fig. 34. —Un coin de la place d’Ispagnac.
- les maisons sont groupées en
- nombreux villages près d’un ruisseau ; il en est de même sur le flanc du Gausse où le point d’émergence d’une source a été la cause de l’établissement d’un hameau entouré de vastes prairies; jamais on ne trouve de maisons isolées, sauf le cas de petites sources qui n’ont pas pu fournir de l’eau à plus d’un hectare de prairies.
- Populations agricoles du pays des Vallons. — A cause même delà non-homogénéité de la surface des pays des Vallons, un peu disséminés dans le département, il n’en résulte pas pour ce pays une population typique ; l’habitant du Vallon n’est ni le véritable Caussenard ni le Montagnard; il semble tenir en certains points de ces deux races, sans qu’on puisse distinguer à qui l’on a affaire.
- (A suivre.)
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- ARTS MÉCANIQUES
- note sur le métier MiLLAR, par M. Édouard Simon, membre du Conseil,
- Depuis quelques mois, et à plusieurs reprises, les journaux de divers centres industriels ont entretenu le public d’un « nouveau métier à tisser, d’invention française, dépassant debeaucoupla machine américaine Northrop (1) ». Ce métier, — d’après les publications auxquelles nous faisons allusion, — « tisse l’étoffe à
- 00
- raison de 400 à 175 mètres par journée de dix heures; un ouvrier suffit à conduire six machines, et la force motrice est moitié moindre qu’à l’ordinaire ».
- Renseignements pris, il ne s’agit ni d’une invention française, ni d’un métier à tisser, mais d’un métier à tricoter américain, dans lequel l’inventeur, John Millar, de Providence (Rhode-Island, U. S.), a cherché, comme plusieurs de ses
- (1) Voir Bulletin, juin 1896, p. 897. Communication sur le métier à tisser Northrop, par Édouard Simon; Bulletin, juin 1897, p. 753. Étude sur le même métier, par Éd. Simon.
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- NOTE SUR LE MÉTIER MILLAR.
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- devanciers, à neutraliser la trop grande élasticité de l’étoffe tricotée, nuisible pour certains usages. A cet effet les mailles sont maintenues par une sorte de canevas, produit en même temps que le tricot proprement dit, et formé par l’entre-croisement à angle droit de fils rectilignes, les uns longitudinaux (chaîne) et les autres transversaux {trame).
- Bien que le rôle du nouveau métier se trouve ainsi notablement réduit, cette
- machine n’en constitue pas moins une invention digne d’être connue et de trouver place dans le Bulletin de la Société d’Encouragement.
- Une fois de plus, l’organisation défectueuse de notre Bureau des brevets et . t le retard apporté à la publication des inventions
- brevetées nous ont obligé à recourir aux patentes anglaises pour procéder à notre étude.
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- mm * ? \V \Vk b°%\ "
- Fig. 3.
- Disposition d'ensemble du métier Millar. — Les figures 1 et 2 montrent, en élévation et en pian, l’aspect général de la machine garnie de fils; les figures 3, 4, 5 et 6 sont les détails des pièces articulées, qui permettent à deux rangs superposés de bobines de cheminer avec leurs supports de façon continue, et de travailler avec les fils de chaîne enroulés autour de deux ensouples symétriquement placées sur chaque bord, à la partie inférieure du métier ; a, a indiquent, sur la figure 1, les bâtis extrêmes, écartés d’une distance correspondant à la Ion-
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- ARTS MÉCANIQUES.
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- gueur des barres à aiguilles. Ces bâtis sont réunis par une table b, à nervures, dont les bouts ont été arrondis, comme on le voit dans la figure 2.
- La machine produit deux pièces de tricot à la fois, une sur chaque bord, et la double étoffe, réunie aux extrémités, passe à travers la fente médiane b% de la able, puis, de là, entre les rouleaux d’appel e.
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- NOTE SUR LE MÉTIER MILLAR,
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- La table supérieure c est comparable, de forme et de construction, à la table inférieure, sauf que l’évidement central ô9 est beaucoup plus large.
- L’intervalle des tables se règle au moyen de tiges /, fixées par les écrous t%. Sur chaque table, se voit une coulisse ouverte i, servant de guide à la chaîne articulée, qui transporte la série correspondante de fils de trame h, ou de fils tricoteurs h'; des plaques vissées sur le bord interne empêchent la chaîne de
- Fig. 8.
- sortir de sa coulisse. Cette chaîne se compose d’une série de segments dentés n, réunis par les articulations l2.
- A l’un des côtés du métier, un petit arbre g?, commandé par la courroie b2 qui passe sur la poulie à friction p, se fixe en dessous et au centre de la table b ; un engrenage conique g, monté sur le même arbre, actionne le pignon claveté à 1 extrémité inférieure de l’arbre vertical t2; le dernier dépasse la table c, ei porte une roue dentée g2 qui, par l’intermédiaire d’une autre roue g2, entraîne la chaîne supérieure. Les roues gi, de même diamètre et semblablement disposées, commandent simultanément la chaîne articulée inférieure.
- Les figures 7 à 16 permettent de suivre les évolutions des organes correspon-
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- dant aux trois groupes de fils, dont les situations respectives viennent d’être indiquées. La figure 7 est une section verticale et transversale de la partie supérieure du métier; la figure 8 montre, à plus grande échelle, une coupe de la barre à aiguilles, du bâti et d’un guide-chaîne. La figure 9 donne en perspective
- Fig. 9.
- une série de ces guides, la partie de plate-bande qui les supporte et la came qui en règle les déplacements. La figure 10 est une vue en bout, et la figure 11 une vue en plan de la même came.
- La figure 12 est la vue latérale d’un guide-chaîne. La figure 13 représente, en élévation, une fraction de la barre à aiguilles et la partie adjacente de la plate-
- Fig/10.
- Fig. 11.
- bande qui supporte les guides-chaîne; la figure 14 reproduit les mêmes pièces en plan.
- Enfin, la figure 15 est une section verticale (suivant la ligne o o de la fig. 8), montrant un groupe de cames et d’aiguilles, et la figure 16 une section agrandie (suivant la ligne x x de la même fig. 8) de la plaque cannelée qui porte les guide-chaîne.
- Commande des aiguilles. — Comme on le voit, sans qu’il soit besoin de représenter la machine en entier, le métier Millar est muni de deux barres à aiguilles 11 et montées vis-à-vis l’une de l’autre, et d’un couple d’arbres parai-
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- lèles s, sur lesquels sont fixées, suivant un pas hélicoïdal, des séries de cames s' (fig. 15); chaque came actionne une chape;', terminée, à la partie supérieure, par une aiguille tricoteuse n, articulée ou self-acting; celle-ci monte et descend dans une rainure verticale pratiquée à l’avant de la barre à aiguilles. Les cames s1 (fig. 8) présentent deux renflements s2 s3, mesurant des arcs d’environ 90 degrés; au dernier renflement, succède le doigt ,s4.
- Grâce à cette construction, la came, après avoir fait descendre son aiguille
- CA
- 9
- J-
- )
- Fig. 12. — Détail d’un guide-chaîne.
- au plus bas de la course, soit exactement au-dessous du bord supérieur de la barre t, agit sur la chape;, par l’intermédiaire de la bosse s2, pour soulever l’aiguille tout d’abord au niveau des guide-chaîne g, puis un peu plus haut, sous l’action du renflement s2; après quoi, le doigt s4 achève l’ascension verticale de l’aiguille. Cette dernière demeure stationnaire jusqu’à ce que le même doigt si appuie de nouveau sur le talon y1, pour faire redescendre la chape et compléter les évolutions de l’aiguille nécessaires au cueillage et au maillage du fil tricoteur h'.
- Déroulement de la chaîne. — A la table supérieure est accrochée, parle moyen
- des colonnettes é et des pièces e (fig. 8),
- Fig. 13. Fig. 14.
- nures perpendiculaires à la rangée d’aiguilles; ces rainures servent de coulisses aux guides des fils de chaîne ÿ, dont le talon g' (fig. 12) s’engage dans l’embouchure m de la pièce mobile a, formant came, et faisant alternativement avancer et reculer chaque guide. Une pièce b2, montée à queue d’hironde dans la plaque b, soutient les guides g vers l’avant (fig. 8, 9 et 16), tandis que, du bout opposé, et toujours en dessous de b, une pièce ô4 sert à la fois de support aux chariots-consoles c et de butée aux guides g. Le recul extrême de ces guides est indiqué à droite de la figure 14-,
- Le déplacement en avant des guides g amène les fils de chaîne w vers les aiguilles et les distribue entre celles-ci ; puis le mouvement rétrograde des guide-chaîne laisse le champ libre pour l’insertion de la trame.
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- Jetée de la trame. — En avant de chaque bloc a, solidaire de l’une des consoles c (fig. 8 et 9), se voit un guide coudé d, dont l’extrémité antérieure libre porte un œil d'; ce dernier, destiné à recevoir et à jeter un des fils de trame h, chemine entre les guides g et les têtes des aiguilles, lorsque celles-ci sont en bas de course (fig. 8 et 13).
- Contexture de l'étoffe. — De ce qui précède, il ressort que les bobines m1 apportent successivement aux aiguilles n les fils h! tricoteurs, ainsi désignés parce qu’ils sont en effet les seuls rebouclés sous forme de mailles ; 2° que les bobines m\
- par l’intermédiaire des guides d, animés comme ces bobines d’un mouvement de translation parallèle à la rangée d’aiguilles, jettent les fils de trame h en avant des fils tricoteurs; 3° que les fils de chaîne w, amenés entre les aiguilles par les guides g, suivent, au contraire des précédents, une direction parallèle à la longueur des aiguilles, et se déroulent en arrière des fils tricoteurs.
- Les entrelacements ainsi réalisés apparaissent nettement dans la figure 17. Sous la lettre a, sont tracés les fils longitudinaux rectilignes (chaîne) ; la lettre b correspond aux fils transversaux également rectilignes (trame), et la lettre c indique les sinuosités des fils tricoteurs, dont les mailles élastiques sont maintenues entre les deux premiers groupes de fils.
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- ÉTUDE SUR LA PRODUCTION DES MACHINES-OUTILS FAÇONNANT LES MÉTAUX,
- par MM. F. Huillier et Ch. Frémont. *
- Dans un important mémoire (1), M. Joessel, ingénieur de la marine, a décrit, il y a longtemps déjà, ses nombreuses expériences relatives à la forme et à l’emploi des outils d’ajustage.
- M. Joessel admet, pour simplifier (2), que le travail absorbé par la machine-outil reste le même quand elle marche à blanc et quand elle travaille utilement, en faisant remarquer toutefois que cette hypothèse n’est pas exacte, puisque la courroie motrice étant plus tendue dans le second cas que dans le premier, les frottements de la machine sont plus grands.
- M. Joessel ajoute très judicieusement que cette erreur ne peut, en aucun cas, altérer la loi des nombres qui représentent les valeurs relatives des outils essayés.
- Il était donc du plus haut intérêt de rechercher, dès le début de notre étude, quelle était la valeur de cette augmentation du frottement des organes de la machine pendant le fonctionnement de l’outil.
- M. Clérault, ingénieur en chef du matériel et de la traction des chemins de fer de l’Ouest, dont nous avions appelé l’attention sur l’importance du sujet, a bien voulu nous autoriser à effectuer dans ses ateliers les recherches destinées à élucider divers points du problème. Nous sommes très heureux d’avoir pu, grâce à lui, entreprendre un travail dont les résultats présenteront peut-être un réel intérêt pour les praticiens, et de lui en offririci nos bien vifs remerciements.
- L’augmentation du frottement varie avec chaque machine et, pour une même machine, à diverses périodes.
- Ces variations sont dues aux différences :
- 1° De qualité et de quantité de la matière lubrifiante ;
- 2° De l’état des surfaces frottantes en fonction de la pression, ces surfaces étant calculées pour recevoir une pression donnée ; lorsque cette pression dépasse certaines limites, le frottement s’exagère et il y a échauffement et grippement ;
- 3° De l’état des surfaces frottantes en fonction du temps : au début du fonc-
- (1) Bulletin delà Société d’Encouragement, octobre 1864 (p. 595 à 630).
- (2) Bulletin de la Société cl'Encouragement, octobre 1864 (p. 604).
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- tionnement, la machine dépense plus qu’après un certain temps de service, quand les parties en contact sont rodées et mieux polies; l’augmentation reparaît plus tard, quand les surfaces sont usées ou grippées ;
- 4° De direction de la courroie de commande, car l’augmentation de tension de celle-ci peut s’ajouter au poids de la transmission, des cônes, etc., ou au contraire l’alléger.
- En résumé, ces causes multiples et variables empêchent de considérer comme absolue une valeur qui n’est pas constante, et il nous a paru intéressant de l’évaluer 'pour une machine déterminée.
- Nous avons choisi pour nos expériences un grand tour parallèle de 60 centimètres de hauteur de pointes, nous avons mesuré le travail absorbé par la machine-outil : 1° tournant à blanc à ses diverses vitesses; 2° en fonctionnant sous une production de travail connu évalué au frein de Prony. Le travail total nécessaire à cette production et au frottement de la machine était évalué au dynamomètre de rotation.
- M
- Fig. 1. — Principe du dynamomètre de rotation.
- Ce dynamomètre, destiné à mesurer le travail transmis par une courroie est un compteur de travail interposé entre la transmission qui distribue la puissance motrice et la machine qui l’utilise. Tels les compteurs d’eau, de gaz, d’électricité, etc., interposés entre les sources productrices et les appareils qui utilisent l’eau, le gaz, l’électricité, etc., pour en mesurer la consommation. C’est, en somme, une transmission intermédiaire portative, fixée -entre la transmission motrice et la transmission intermédiaire qui commande la machine-outil lorsqu’il y a un cône, ou simplement entre la transmission motrice et la machine-outil à étudier, lorsque celle-ci fonctionne sans cônes pour changements de vitesse.
- Comme toute transmission intermédiaire, le dynamomètre comporte deux poulies (fig. 1), l’une, M, actionnée par le moteur, entraîne l’autre, O, qui fait fonctionner la machine-outil; cet entraînement s’effectue au moyen d’un ressort qui transmet ainsi une pression en se comprimant proportionnellement; il suffit donc de mesurer la compression du ressort convenablement taré.
- En pratique, en vue du fonctionnement dans les deux sens, le dynamomètre
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- comporte deux ressorts antagonistes placés en réaction et déjà comprimés au repos.
- Les ressorts étant entraînés avec les poulies, il n’est pas possible de mesurer leur compression pendant l’expérience (1).
- Fig. 3.
- Dans notre dynamomètre (fig. 3), l'écartement angulaire des deux poulies résultant de la compression des ressorts est très simplement reporté sur l’axe de rotation de l’appareil par un mouvement de sonnette; de la sorte, les efforts
- (1) Le général Morin avait imaginé de mettre l’appareil enregistreur dans l’intérieur des poulies; mais, dans ce cas, il n’est pas possible de suivre le tracé de façon à savoir à quels accidents ou à quels phénomènes correspondent les variations, enfin les crayons peuvent cesser de marquer, ou la bande même se déchirer sans que l’opérateur soit prévenu.
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- constamment variables sont indiqués extérieurement sur un tambour par une pointe qui pousse le levier du crayon traceur d’une quantité exactement proportionnelle à l’effort transmis; le coefficient de proportionnalité est évalué par un tarage préalable.
- Le dynamomètre enregistre, en outre des efforts, la vitesse de la courroie de transmission, c’est-à-dire l’espace qu elle parcourt dans un élément de temps donné, la seconde par exemple.
- Le tambour, sur la circonférence duquel s’enregistrent les efforts, tourne à
- une vitesse proportionnelle à celle de la courroie (omillim. par mètre de courroie dans l’appareil dont il s’agit), un ehronographe à remontage automatique marque les quarts de seconde; il suffit donc de mesureren abscisses sur le diagramme l’espace qui sépare les tracés correspondant à deux secondes consécutives pour en déduire la vitesse de la courroie. En multipliant le nombre de millimètres trouvé dans cette mesure par 200, on aura en mètres, l’espace parcouru dans cette seconde par la courroie.
- Ainsi, dans une expérience, le diagramme (fig. 2) indique un écartemeht de 16 millimètres entre deux secondes consécutives, on conclura que la vitesse de la courroie était de 16 millimètres x 200 = 3m,20.
- La figure 3 représente le dynamomètre de rotation dans son ensemble.
- La figure 4, montre l’installation du dynamomètre lors de son fonctionnement.
- ESSAIS DYNAMOMÉTRIQUES d’üN TOUR TOURNANT A BLANC A SES DIVERSES VITESSES
- Le tarage préalable du dynamomètre avait indiqué, pour la valeur des ordonnées du diagramme, un effort de traction de la courroie de lk-,666 par millimètre de hauteur : v étant la vitesse de la courroie de transmission, qui ne varie que peu, chaque millimètre d’ordonnée indique donc, par seconde, un travail de lks,666 v transmis par la courroie.
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- Les diagrammes des expériences à blanc, c’est-à-dire quand la transmission intermédiaire, les deux cônes et le grand plateau du tour tournent sans produire de travail utile, nous ont indiqué :
- Avec une vitesse de la courroie de transmission constante et = à 1m,750 par seconde :
- Aux vitesses du plateau de 18 tours 33 tours 33 tours 90 tours par minute.
- Une ordonnée moyenne de 6 mm. 12 mm. 22 mm. 40 mm.
- Soit, par seconde, en kilo-
- grammèlres.......... 17,49 34,98 64,13 116,60
- Si l’on déduit du travail absorbé par seconde le travail dépensé pour effec-tuer une révolution à chacune de ces vitesses, on trouvera :
- à...................... 18 tours. 33 tours 35 tours 90 tours par minute.
- 58kferm,30 63,k8'm,60 69k8'm,96 77kem,73
- Si l’on représente graphiquement ce travail en prenant pour abscisses les
- 90
- tours
- Fig. 5. — Graphique montrant le travail par tour du plateau à différentes vitesses.
- nombres de tours par minute et pour ordonnées les nombres de kilogrammc-tres dépensés par révolution, on a le graphique figure 5.
- On constate de suite que, pour effectuer une révolution du plateau, le tour-Tome IV. — 98° année, b® série. — Avril 1899. 38
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- ARTS MECANIQUES.
- AVRIL 4899.
- outil dépense d’autant plus de travail que cette révolution est accomplie avec une plus grande vitesse.
- Le frottement étant indépendant de la vitesse, d’après le général Morin, il faut attribuer cette augmentation de frottement au plus grand effort de traction de la courroie.
- ESSAIS AU FREIN DE PRONY
- Comme nous l’avons indiqué, pour évaluer l’augmentation du frottement pendant le fonctionnement du tour-outil, nous avons installé sur cette machine un frein de Prony.
- La photographie ligure 6, montre cette installation: le frein est monté sur
- une poulie calée sur un arbre entre les pointes du tour, il est équilibre, et un plateau recevant les poids est placé sur le levier, à 2 mètres de l’axe.
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- ÉTUDE SUR LA PRODUCTION DES MACHINES-OUTILS.
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- Le travail absorbé par le frein est de
- X 4 X V X n 60
- Y étant le nombre de
- tours par minute et n le poids en kilogrammes mis sur le plateau.
- Kilogrammôtrcs.
- A 18 tours par minute, 1 kilog. sur le plateau absorbe. ....... 3,769 par seconde.
- A 33 — 1 — — ......... 6,910 —
- A 35 — 1 — . — ............. 1-1,520 —
- Résultats des essais à la vitesse de 18 tours à la minute.
- Charge Travail absorbé Travail enregistré
- sur le plateau. par le frein. par le dynamomètre.
- kgm mm kgm
- 3 kilogrammes X 3,769 —18,85 13 S X 2,913 = 39,35
- 10 — X 3,769 = 37,69 21 X 2,915 = 61,21
- 15 — X 3,769 = 56,54 28 X 2,915 = 83,62
- 20 — X 3,769 = 73,38 36 X 2,913 = 104,94
- Ainsi, pour produire un travail utile de 18k»m,85 (en mettant 5 kilogrammes sur le plateau du frein), le tour a absorbé 39kem,35; il y a donc eu 39kem,33 — 18^,85 = 20k^,50 de dépensés par frottement.
- Or, nous avons vu que la machine fonctionnant à blanc, à cette vitesse de 18 tours, dépense 17k«m,49; l’augmenlation de frottement dû au travail utile est donc de 20k=m,50 — 17ksm,49 = 3ksm,01 pour un travail utile de 18ksm,85.
- Pour 1 kilogrammètre de travail utile, ce supplément de frottement est de 3,01
- 18 8o,e^ Pour 100 kilogrammètres de travail utile, ce supplément de frottement est , 3,01x100
- de ---18^5----= 16 P’ 10°-
- Si l’on représente graphiquement le résultat de ces essais, en prenant pour abscisses le travail absorbé par le frein et en ordonnées le travail indiqué par le dynamomètre comme dépense totale, on a le graphique figure 7, qui permet de constater que l’augmentation du frottement est proportionnelle au travail utile.
- Ce coefficient de 16 p. 100 variera, comme nous l’avons dit, si le graissage est moins parfait, si le travail utile dépasse certaines limites pratiques, les surfaces de frottement s’échauffant et finissant par se gripper, etc.
- Il varie, en outre, dans des limites très étendues, d’un type de tour-outil à un autre type.
- Il nous a paru suffisant de l’évaluer exactement sur une machine-outil du type le plus courant et effectuant un travail normal.
- En résumé, il n’est pas possible d’attribuer à une machine donnée un coefficient de rendement pour deux raisons : 1° le rendement, c’est-à-dire le rapport
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- im
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- du travail utile au travail dépensé, est fonction de deux quantités, l’une est le frottement résultant du travail à blanc, et l’autre dépend de l’effort transmis ou du travail utile; 2° la première de ces deux quantités dépend de la qualité du graissage et de l’état des surfaces en frottement.
- Nous n’avons pas cru devoir mesurer un rendement aussi éphémère sur
- Kgm.
- 83,62
- 61.2!
- 39.35
- 37.69
- Uig. 7. — Graphique montrant l’augmentation du frottement [du tour-outil avec le travail de l’outil.
- chaque tour-outil essayé, et cela d’autant plus que la plupart de ces machines ne permettaient pas l’application du frein d’une façon pratique ; les unes ne laissant pas assez d’espace libre autour d’elles, les autres ayant, de par leur construction et leur but, une marche trop lente, ce qui eût entraîné l’obligation de se servir de freins de dimensions exagérées.
- Nous avons préféré rechercher le travail dépensé à l’outil tranchant, ou l’effort sur l'outil, ce qui permet de calculer le travail utile en multipliant l’effort par l’espace parcouru par l’outil dans un élément de temps; le rapport de ce
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- ÉTUDE SUR LA PRODUCTION DES MACHINES-OUTILS.
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- travail utile au travail dépensé par la machine et enregistré par le dynamomètre indique le rendement sous l’effort considéré.
- La connaissance du travail à l’outil permet en outre de comparer les rendements de machines fonctionnant d’après des principes différents, fraiseuses, limeuses, etc.
- Pour évaluer l’effort à l’outil tranchant, nous avons dû imaginer un appareil spécial, que nous désignons sous le nom de toc dynamométrique.
- Toc dynamométrique. —
- Dans la pratique habituelle, le plateau du tour pousse le toc fixé sur la pièce à tourner.
- Dans notre dispositif, c’est l’inverse, le toc est tiré par le plateau, mais par l’intermédiaire d’un ressort taré; de sorte qu’il suffit de savoir quelle est l’amplitude du ressort à un moment donné pour en déduire l’effort sur l’outil.
- Mais comme le toc, le ressort et le plateau tournent en même temps, il est impossible de prendre directement la mesure de l’amplitude du ressort ; nous avons dû imaginer un artifice permettant de reporter les mouvements élastiques du ressort sur un plan fixe.
- Une extrémité de la pièce destinée aux essais (arbre en acier doux) fut tournée pour recevoir une douille alésée à frottement doux et portant circulairement deux rainures. La rainure la plus proche de la pointe du tour est destinée à recevoir l’extrémité d’un levier correspondant par renvois en mouvement de sonnette avec la tige-guide du ressort. Ce mécanisme, fixé sur le plateau du tour,
- Fig.
- Toc dynamométrique. Élévation et plan.
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- est soigneusement équilibré. Les oscillations du ressort sont ainsi exactement transmises à la douille placée sur l’arbre à tourner. La seconde rainure reçoit l’extrémité d’un levier oscillant dans un plan fixe et transmet à ce levier les oscillations du ressort. La figure 8 montre le schéma de ce dispositif, et les photographies 9 et 10 en montrent l’installation sur le tour-outil.
- Nous avons profité de cette installation pour évaluer un second facteur du travail produit pendant le tournage, c’est la pression de l’outil pour en permettre
- la pénétration dans le métal. Ce facteur u’est pas utile pour déterminer le rendement de la machine, but de notre étude, mais il est intéressant de le connaître pour être renseigné sur la coupe de l’outil (1).
- La résistance à la pénétration dépend de l’acuité du tranchant, de la qualité du métal de l’outiJ et de la surface en prise ; pour en connaître la mesure, nous avons utilisé des crushers en plomb d’une forme cylindrique, de 12 millimètres de diamètre et de 10 millimètres de hauteur.
- L’extrémité de l’arbre à tourner fut creusée en son milieu d’un trou cylindrique de 23 millimètres de diamètre et de 40millimètres de profondeur (fig. 11) pour servir de logement au crusher; le fond du trou a été rendu plan par l’adjonction d’un disque en acier trempé, entré à frottement dur; par-dessus le crusher, un cylindre d’acier, glissant à frottement doux, remplit le reste du trou ; le crusher est ainsi placé entre deux surfaces planes, l’une fixe, l’autre mobile. Le cylindre d’acier mobile porte sur la face opposée à celle qui comprimera le crusher une cavité conique pour recevoir la pointe du tour du côté du plateau ; il porte, en outre, sur l’autre face une pointe d’aiguille de 2 ou 3 millimètres de longueur destinée à maintenir le crusher dans le milieu de son logement; une rainure suivant une génératrice laisse échapper l’air quand le volume du logement diminue par la compression du crusher. L’outil fixé sur le chariot est poussé automatiquement dans une direction parallèle à l’axe de l’arbre à tourner
- (1) Nous nous proposons d’ailleurs de faire une étude complète sur la coupe des outils en utilisant de nouveaux procédés d’investigation ; celte étude, n’étant pas suffisamment avancée, fera le sujet d’un autre mémoire.
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- ÉTUDE SUD LA PRODUCTION DES MACHINES-OUTILS.
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- et entame le métal. Notre installation permet, ainsi que nous venons de l’expliquer, de mesurer, par l’écrasement du crusher, l’effort sur l’outil dans le plan
- Fig. 10.
- Aiguille T.-siinle-Tumt la rondelle dej>lomb au cm-
- horizontal; c’est sous cet effort que se fait l’avancement, et, par la compression du ressort du toc dynamométrique, l’effort dans le plan vertical opérant le tranchage du copeau.
- Tarage préalable. — Le plateau du tour ayant été rendu momentanément fixe pour permettre le tarage du ressort, des poids de 10, 20, 30, 40 et 50 kilogrammes ont été successivement suspendus, et l’écartement du levier de mesure, relevé à chacun de ces efforts, a indiqué une course de 20 millimètres par 10 kilogrammes, soit 2 millimètres par kilogramme d’effort sur le ressort.
- Mais l’axe de ce ressort est situé à 45 centimètres de la pointe du tour et l’arbre à tourner a 100 millimètres de diamètre; il s’ensuit que l’effort sur le ressort est le 1/9 de l’effort à l’ou_ til ; par conséquent, un écartement de 1 millimètre de la tige du levier mesureur indique sur l’outil un effort de 4k8,500.
- Résultats des expériences. — Par une première passe d’outil, l’arbre a été rendu bien cylindrique au diamètre de 102 millimètres. La passe d’essai a été effectuée à une profondeur de 5 millimètres, c’est-à-dire que le cylindre, primitivement à 102 millimètres de diamètre, a été réduit à 92 millimètres.
- Acier tnesnpé
- Fig. 11.
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- Pendant ce travail, le levier mesureur s’est écarté d’une distance de 60 à 75 millimètres, ce qui indique un effort sur l’outil de 60miu x 4kff,50 = 270 kilo-gramm. à 75mm x 4k§',50 = 337ks,5.
- L’effort moyen a été de 70ram X 4ks,50 — 315 kilogramm.
- Les variations d’effort sont dues à deux causes principales : l’hétérogénéité du métal et la rupture du copeau.
- Le métal essayé laissait en effet beaucoup à désirer sous le rapport de l’homogénéité, et il était facile pendant l’expérience de constater que, chaque fois que l’outil coupait dans une région située au voisinage d’une même génératrice du cylindre tourné, l’effort variait brusquement. De même, nous constations une variation brusque lorsque le copeau se cassait; ce phénomène est d’ailleurs facile à expliquer. L’outil effectue à la fois deux opérations : le tranchage du métal et l’enroulement du copeau; quand le copeau se rompt, l’outil n’a momentanément qu’à trancher le métal, et l’effort diminue (1).
- Calcul du travail à l’outil. — L’avancement latéral de l’outil, c’est-à-dire parallèlement à l’axe de l’arbre tourné, était pendant l’expérience, de 102 millimètres en quinze minutes, et le nombre de révolutions du plateau de 17 à la minute.
- En quinze minutes,le plateau avait effectué 255 révolutions ; l'outil avait avancé
- 102
- de 102 millimètres ; l’avancement, pendant une révolution, était donc de soit
- de 0mm,4.
- Le poids du métal enlevé à l’heure est de 4kg,849.
- Dans une heure, le nombre de révolutions du plateau est de 17 x 60 = 1 020. La circonférence tournée est de 102 x ir = 0m,32; l’espace parcouru à l’outil est de 1 020 x 0,32 = 326m,40 à l’heure. L’effort sur l’outil étant de 31 kilogrammes en moyenne, le travail utile, c’est-à-dire strictement nécessaire à l’effet
- (1) Nous avons complété ultérieurement ce toc dynamométrique en le rendant enregistreur : un crayon a été fixé à l’extrémité du levier indicateur de l’effort et immédiatement en dessous un cylindre, fou sur un axe parallèle à l’axe du tour, reçoit le papier en rouleau destiné au tracé du diagramme; l’entraînement du papier se fait très simplement en utilisant le mouvement même de la pièce à tourner; à cet effet, un cylindre en caoutchouc, poussé par un ressort, presse à volonté la bande de papier contre cet arbre, et la vitesse du papier déroulé est ainsi proportionnelle à la vitesse de rotation de l’arbre travaillé.
- Les diagrammes obtenus ont confirmé les résultats déjà connus, et nous avons pu, à leur inspection, vérifier le degré d’homogénéité de la matière travaillée; c’est une véritable méthode de recette des matériaux indiquée en 1722 par Réaumur : « La meilleure méthode que je sache pour reconnaître si un acier est partout de la même qualité, c’est d’en faire travailler un morceau au tour, en faire un cylindre plus ou moins long et plus ou moins gros à volonté. Les horlogers sont souvent obligés d’en tourner pour faire des arbres de roues et de pignons, etc. Ils éprouvent qu’il y a des aciers dont la tissure n’est pas égale; le burin mord davantage dans les endroits moins durs, les creuse plus que le reste. »
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- ÉTUDE SUR LA PRODUCTION DES MACIIINES-OUTILS.
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- produit, est donc 326ra,40 x 315ke = 102 816 kilogrammètres pour 4ks,849 de copeaux.
- Pour produire 1 kilogramme de copeaux, il faut donc 21200 kilogrammètres. Quand l’outil est fraîchement affûté, l’effort sur l’outil diminue et descend de 315 à 270 kilogrammes, comme nous l’avons vu.
- Dans ce cas spécial et relativement de courte durée, la dépense de travail
- utile pour produire 1 kilogramme de copeaux est de
- 21200 X 270 315
- = 18 170 ki-
- logrammètres.
- Un essai dynamométrique effectué vingt mois antérieurement aux essais qui viennent d’être décrits nous avait indiqué un rendement sensiblement équivalent, quoique la dépense du travail à blanc fût, à cette époque, environ le double de celle qui a été relevée dans les derniers essais, le tour ayant été depuis cette époque réparé et modifié dans sa commande.
- Dans cet essai antérieur, le nombre de révolutions était de vingt-six par minute. La dépense du travail à blanc a été trouvée de 53k»m,04, d’après le graphique des derniers essais; le travail aurait été de 27 kilogrammètres environ si le tour avait pu fonctionner à cette vitesse; l’essai avait été effectué sur un cylindre de fer de 97 millimètres de diamètre réduit, par le tournage, à 89 milli-
- 97 _ §9
- mètres; l’épaisseur de la passe était donc de]---- = 4 millimètres.
- La vitesse moyenne de coupe à l’outil était ainsi de 126 millimètres par seconde et l’avancement de l’outil de 0mra,65 par seconde.
- Le poids du métal enlevé a été de 9ks,200 à l’heure, quantité vérifiée par l’expérience en pesant directement les copeaux produits.
- Le travail total dépensé, mesuré au dynamomètre, a été de 114ksm,32, par seconde.
- Le travail net (c’est-à-dire travail à blanc déduit) a été de 23900 kilogrammètres pour 1 kilogramme de copeaux.
- Ce chiffre ne s’écarte pas sensiblement du chiffre trouvé pour l’acier, en tenant naturellement compte de la différence de résistance des deux métaux (1).
- Or il est bien évident que la quantité de travail utile nécessaire pour produire 1 kilogramme de copeaux, indépendamment du travail absorbé par la
- (1) L’effort maximum sur l’outil, dans le plan horizontal, mesuré par le crusher a été de 380 kilogrammes; le crusher, d’une épaisseur initiale de 10 millimètres, a été réduit à ~mm,5 d’épaisseur pendant l’essai avec un outil bien affûté, il s’est affaissé à 7 millimètres après un travail de quelques instants, l’outil étant moins bien affûté; cette dernière épaisseur indique une pression de 450 kilogrammes.
- La passe avait 5 millimètres de large comme nous l’avons dit, et l’avancement de l’outil était de 0mm,4 par rotation.
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- machine-outil, varie avec la qualité du métal tourné, avec l’épaisseur du copeau, avec la forme de l’outil, ses angles de coupe, son état d’alfûtage, etc.
- L’influence de ces causes diverses rentre dans l’étude de la coupe des outils; elle n’est donc pas à étudier dans ce mémoire.
- Fig. 12.
- Nous donnons dans le tableau n° 1 le résultat d’essais de tours de types et de qualités très différents (fig. 12 et 13).
- Deux genres de machines-outils peuvent être comparés au genre tour; ce sont les fraiseuses et les machines à percer, plus justement dénommées foreries (pour les distinguer des poinçonneuses).
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- ÉTUDE SUR LA PRODUCTION DES MACIUNES-OUTILS.
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- ESSAIS DES MACHINES-OUTILS A FER N° 1.
- Tours.
- EFFORT VITESSE TRAVAIL VITESSE A L’OUTIL POIDS TRAVAIL NET POUR
- SUR LA DE LA EN KGM.PAR P Vl\ DE COPEAUX PRODUIRE
- COURROIE COURROIE SECONDE SECONDE A L’HEURE 1 KG. DE
- COPEAUX
- m. kg. mm. kg. kgm.
- 1 Tour à aléser / à blanc 13,95 3,60 50,22 » » »
- les bandages] en ( avec 1 outil.. 21,7 3,60 78,12 67,5 3 » 33,500
- (fig. 12). 1 marche* avec2oulils. 31 3,60 111,60 67,5 6 » 40,100
- 3. Tour à roues i à blanc 18,6 2,10 39,06 )) » »
- de locomo-] en l avec 1 outil.. 43,4 2,10 91,14 50 » 3,600 62 »
- tires (fig. 13). 1 marche! avec 2 outils. 71,3 2,10 149,73 50 » 7,200 58,500
- o. Tour à roues / à blanc 15,5 2,63 41,07 » » ))
- de < en ( avec 1 outil.. 62 2,65 164,30 60 » 19,500 22,700
- wagons. ( marche! avec 2 outils. 108,5 2,65 287,52 60 » 39 » 22,700
- 6. Tour à roues / à blanc 13,95 4,60 64,17 )> )> ))
- de < en / avec 1 outil.. 31 4,60 142,60 55 » 6,800 41,300
- wagons. ! marche! avec 2 outils. 65,1 4,60 299,46 55 » 14,230 39,600
- 7. Tour à roues / à blanc 6,2 4,60 28,52 » )) ))
- de / en / avec 1 outil.. 27,9 4,60 128,34 34,3 12,800 28,100
- locomotives.! marche! avec2outils. 49,6 4,60 228,16 34,3 23,800 33 »
- / à blanc 13,93 1,70 23,70 )) » ))
- 8. Tour 25 »
- \ / avec 1 outil.. 21,7 1,70 36,89 48 » 1,900
- a / en l ) { avec 2 outils. 51,15 1,70 86,95 45 » 8,200 28,500
- 3 plateaux, f marche/
- \ l avec 3 outils. 80,6 1,70 137,02 45 » 14,500 28,500
- 11. Tour (à blanc 12,4 2,83 35,34 » » tt
- parallèle. ( en marche ..... 38,75 2,85 110,43 147,25 9 » 29 »
- 12. Tour /à blanc 20,4 2,60 53,04 » * )) »
- parallèle. ! en marche 44,2 2,60 114,92 132 » 9,200 24 200
- ,„ (àblanc . 18,6 1,70 31,62 )) » ))
- 13. Tour 65,87 26,800
- ( en marche 38,75 1,70 140 » 4,600
- 24. Tour /à blanc 1,66 2 » 3,33 » » »
- parallèle. ( en marche 8,33 2 » 16,65 88 » 2,153 22,200
- 24 ter. Tour i à blanc 1,66 2 » 3,33 )) » »
- parallèle. ( en marche 13,33 2 » 26,64 79 » 3,346 25 »
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- 588
- ARTS MÉCANIQUES.
- AVRIL 1899.
- Dans ces trois types l’effet est continu ; tandis que, dans les machines à raboter, limer, mortaiser, etc., l’effet étant alternatif, il y a une dépense supplémentaire de travail pour ramener l’outil au point initial de sa course.
- Notre étude portant sur le rendement des machines, nous n’avons pas à considérer le choix de tel ou tel genre pour un travail donné.
- Le rendement le plus économique n’implique pas nécessairement l’obligation d’utiliser un genre plutôt qu’un autre; un tour ne peut évidemment pas remplacer une fraiseuse pour ce seul motif qu’il dépense moins de travail pour enlever le même poids de copeaux.
- Dans un tour, la pièce travaillée est montée sur pointes, et l’augmentation de travail occasionnée par le frottement sur la pointe fixe, sous la pression de l’outil, est relativement très faible; — dans la fraiseuse (fig. 14), le frottement a lieu à la périphérie de l’arbre porte-outil et le bras du levier est beaucoup plus important ; par suite, le travail supplémentaire dû à ce dispositif est beaucoup plus élevé.
- Le travail à l’outil ne s’effectue pas non plus dans les mômes conditions de coupe du métal.
- Dans la forerie, il y a en outre le frottement de l’outil contre la paroi du trou et le travail supplémentaire nécessaire pour dégager les copeaux et les remonter à la surface.
- Tous ces facteurs, variables dans des limites très étendues, empêchent de rechercher l’effort sur l’outil comme il nous a été possible de le faire dans l’étude du tour-outil; nous avons dû nous borner, dans nos essais, à noter le travail à blanc pour le déduire du travail en marche productive et, par conséquent, englober tout le travail supplémentaire de ces phénomènes parasitaires, mais obligatoires par le fait même de l’opération industrielle et du mécanisme enployé pour le produire.
- OUTILS A MOUVEMENT ALTERNATIF. — RABOTEUSES, LIMEUSES, MORTAISEUSES
- Résistance à l'outil. — Nous avons vu que, dans le travail du tournage d’un cylindre d’acier doux, l’effort moyen sur l’outil était de 315 kilogrammes pour
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- ÉTUDE SUR LA PRODUCTION DES MACHINES-OUTILS.
- 589
- enlever un copeau dont la section initiale était de 5 millimètres de large sur 0,4 millimètre d’épaisseur, soit 2 millimètres carrés; l’effort moyen est donc de 315
- —-= I57ks,500 par millimètre carré.
- 2
- Dans un essai sur un étau limeur, nous avons placé un crusher en cuivre de 8 millimètres de diamètre et de 13 millimètres de hauteur dans une petite cavité du porte-outil située à 230 millimètres de son axe de rotation de l’outil et à 160 millimètres de son tranchant. Dans ces conditions, l’effort maximum au
- 230
- tranchant de l’outil est les de l’effort
- mesuré par le crusher.
- Le résultat de trois essais, avec des épaisseurs de passe de 2mm,5, 3mm,9 et 3mm,9,aété de 210 kilogrammes au tranchant de l’outil par millimètre carré enlevé pour l’effort maximum.
- Il ne parait donc pas y avoir de différence sensible dans l’effort sur l’outil pour tourner ou raboter; puisque dans le premier mode de travail, nous avons trouvé pour l’effort moyen, 157ks,50 et dans le second mode, pour l’effort maximum, 210 kilogrammes.
- Les écarts de pression sur le toc dynamométrique, pendant le fonctionnement, étaient en effet dans des proportions analogues ; notre étude n’ayant pas
- pour but la coupe des outils, nous n’avons pas à insister dans cette recherche, il nous a paru suffisant d’en faire connaître les grandes lignes.
- Machine à raboter (fig. 15). — Nos essais ont porté sur deux machines à retour rapide à peu près de mêmes dimensions et de même puissance ; dans l’une, le retour était deux fois plus rapide que l’aller, et dans l’autre trois fois plus rapide. Dans cette sorte de machine, le travail n’étant pas régularisé par l’emploi d’un volant, l’effort sur la courroie varie dans de grandes proportions, surtout aux extrémités de course du chariot, pour annuler la force vive du plateau lancé à sa vitesse dans un sens et ensuite pour redonner la vitesse dans le sens contraire; il y a, de ce fait, une grande dépense de travail sans production utile.
- Le retour rapide est aussi une cause de dépense supplémentaire pour une raison analogue à celle que nous avons indiquée dans l’augmentation de vitesse du plateau d’un tour.
- Fig. 15.
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-
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- im
- ARTS MÉCANIQUES. ---- AVRIL 1890.
- Dans la machine à raboter dont la vitesse est double au retour de la vitesse à l’aller, le travail dépensé a été de 31ksra,62 par seconde à l’aller; au retour, le travail dépensé pour faire une course se double ; or, il a été trouvé égal à 73k=in,78, au lieu de 63k»m?2i; il y a donc une dépense supplémentaire de 10k”m,5i.
- Dans la machine à raboter à retour trois fois plus rapide, le travail par seconde, à l’aller, est de 27k»'n,90, au retour, il devrait être de 83ksm,70,il est de 130ksm,20, — soit une dépense supplémentaire de 46k*m,50 (1).
- On constate ainsi que plus le retour est rapide, plus la dépense supplémentaire est grande.
- Le diagramme du travail dépensé signale une particularité, c’est une augmentation de dépense dans le retour quand la machine fonctionne; il semblerait au premier abord que la dépense devrait être la même que dans la marche à
- r-
- /
- Fig. IG et 17.
- blanc, puisque l’outil ne coupe pas; mais le frottement de cet outil sur la pièce rabotée suffit pour occasionner cette dépense supplémentaire.
- Dans la machine à retour deux fois plus rapide, le travail par seconde, qui aurait dû être de 73k§,78, a monté à 79k»,05, soit de ok£,37,ce qui fait environ 7,2 p. 100.
- Dans la machine à retour rapide triple, le travail par seconde de 130k?,20 a monté à 139ks,50, soit de 9k?,3, ou de 7,1 p. 100 environ.
- L’inspection du diagramme, figure 10, montre bien les différences des efforts pendant la course du chariot à l’aller et au retour, en rabotant ou à blanc.
- Machine à mortaise?. -— Le mouvement circulaire de la commande est transformé en mouvement alternatif communiqué au porte-outil. Dans le travail à blanc, on constate, à l’inspection du diagramme ligure 17, une chute d’effort quand le porte-outil descend, et cela se conçoit, car le poids est presque suffisant pour lutter contre les résistances de la machine-outil. En marche, il
- (i) Les essais ont été' effectués sur une barre de métal de 96 centimètres de long sur 75 millimètres de large et de quelques centimètres d’épaisseur; son poids était donc faible par rapport à la masse de la table ; il va de soi que les différences signalées augmentent sensiblement avec le poids de la pièce à travailler.
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- ÉTUDE SUIl LA PRODUCTION DES MACHINES-OUTILS.
- 591
- n’en est plus de même, Je poids ne suffit plus dès que l’outil commence à couper, la chute d’effort n’est visible que pendant le temps que l’outil met à parcourir l’espace vide entre Je haut de sa course et la pièce de métal à attaquer.
- Plus Je volant est lourd et tourne vite, moins l’effet est sensible; il est évident qu’il n’y a pas intérêt à augmenter cette régularité dans la dépense de travail, parce que, pour l’obtenir, il faudrait emmagasiner une plus grande quantité de travail dans le volant, et cet excès de puissance vive amènerait des accidents, par exemple quand l’outil s’engagerait trop dans le métal.
- Le diagramme de travail de l’étau limeur est analogue; les différences d’effort dans le travail à blanc sont moins sensibles, parce que le poids du porte-outil n’a plus d’influence.
- Il est à remarquer, dans ces outils, que la dépense de travail net pour produire 1 kilogramme de copeaux est assez élevée; cela tient surtout à la disposition obligée du porte-outil, qui n’est guidé que dans une partie et fonctionne en porte-à-faux, ce qui augmente le frottement par une sorte de coincement.
- Meules en grès. — La meule en grès qui a servi à notre étude est d’un diamètre de 2m,08b et d’une épaisseur de 305 millimètres; son poids est de 2 443 kilogrammes.
- Les ferrures qui Ja maintiennent, arbre, plateaux, écrous, etc., pèsent ensemble 733 kilogrammes. Le poids total sur les coussinets est donc de 3176 kilogrammes.
- La courroie qui l’actionne a une largeur de 120 millimètres et une vitesse de 5m,60 par secoude.
- La meule fait 135 tours par minute, ce qui donne une vitesse circonféren-cielle de 14m,73 à la seconde.
- A blanc, l’effort moyen sur la courroie est de 20 kilogrammes. La dépense de travail pour entretenir la rotation de la meule, une fois celle-ci mise en marche, est donc de 20ks X 5m,60 = 112 kilogrammètres, soit exactement lch,5.
- L’essai a été effectué sur deux morceaux d’acier de 250 millimètres de longueur et de 30 millimètres d’épaisseur; l’un de ces morceaux étant d’acier dur et l’autre d’acier doux. Pour mesurer l’effort de pression de l’acier sur la meule, nous avons dû imaginer un dispositif spécial; (fig. 18) un fort chariot de tour a été fixé à la hauteur convenable devant la meule; une plate-forme recevait les pièces à meuler bien serrées par de forts boulons.
- Cette plate-forme, glissant à frottement doux sur la surface supérieure du chariot, était conduite dans le plan horizontal par une tige lisse remplaçant la tige filetée habituelle du mouvement d’avancement; cet avancement devant être opéré par une pression connue, c’est-à-dire par des poids et non par une pression par vis.
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-
- Machines à, fraiser.
- N0 2.
- c:
- O
- ÎNÎ>
- EFFORT VITESSE TRAVAIL DIAMÈTRE VITESSE AVANCEMENT ÉPAISSEUR POIDS TRAVAIL NET
- SUR LA COURROIE DE LA COURROIE K GM. PAR SECONDE DE LA FRAISE HÉLICOÏDALE périphérique A l’outil DE L’OUTIL PAR SECONDE DE LA PASSE DE COPEAUX A L'HEURE POUR PRODUIRE 1 KIL. DE COPEAUX
- m. kgm. mm. mm. mm. mm. kg. kgm.
- ! à blanc 68,2 3,25 221,65 47 320 0,8 )> » ))
- 13. Fraiseuse . .< en marche 105,4 3,25 342,55 47 320 0,8 2,3 6,562 66,500
- \ en marche 139,5 3,25 453,375 47 320 0,8 4,8 13,700 61,000
- / à blanc 30,6 3,60 110,16 42 400 1,705 )) » ))
- 17. Fraiseuse . ' en marche 57,8 3,60 208,08 42 400 1,705 2 » 8,226 42,800
- r à blanc 10,2 3,90 40 » 32 268 0,8 )> )) )>
- 19. Fraiseuse . \ en marche 32,3 3,90 126 » 32 268 0,8 2,5 5,500 56,300
- ARTS MÉCANIQUES. - AVRIL 1899.
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- Tome IV. — 98e année, b® série. — Avril 1899.
- Machines à, percer.
- N° 3.
- EFFORT VITESSE TRAVAIL EK KGM. DIAMÈTRE VITESSE PÉRI- AVANCEMENT DU FORET POIDS TRAVAIL NET POUR
- SUR LA DE LA PAR DU FORET PHÉR1QUE PAR DE COPEAUX PRODUIRE 1 KG.
- COURROIE COURROIE SECONDE HELICOÏDAL A L’OUTIL SECONDE A L’HEURE
- DE COPEAUX
- m. kgm. mm. mm. mm. kF- kgm.
- 14. Tour ( à blanc 8,5 3,50 29,75
- (perçage d’an essieu coude de locomotive).| en 18,7 3,50 65,45 5 o 43,2 0,035 2,35 54,600
- ( à blanc 13,95 2,60 36,27
- 16. Forerie double ] 20 167,5 0,255 2,25 51,000
- (en marche 26,35 2,60 68,51 |
- i à blanc. ... 17 » 2,10 35,70
- 16 bis. Forerie double ] 30 “267 » 0,333 6,60 54,500
- ( en marche 64,6 2,10 135,66
- ( à blanc 3,1 3,25 10 » )
- 18. Forerie . j 25 210 » 0,354 4,70 35,000
- ( en marche 17,05 3,25 55 »
- / à blanc . 3,33 3,75 12,50
- 21. Forerie radiale 1 23 » 0,333 4,28 52,500
- ( en marche 20,11 3,75 75 » Cuivre
- 1 à blanc 23,8 2,70 64,26 rouge.
- 22. Forerie radiale ] 51 226 » 0,166 9,54 41,500
- ( en marche 64,6 2,70 174,42
- ( à blanc 1,55 3,70 5,75 Couronne.
- 23. Forerie radiale 12,4 51-36,5 208 » 0,083 2,33 62,000
- ( en marche 3,70 45,80
- ÉTUDE SUR LA PRODUCTION DES MACHINES-OUTILS.
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-
-
-
- N° 4 .
- EKKORT VITESSE TRAVAIL POIDS TRAVAIL
- m; la VITESSE EPAISSEUR NET POUF,
- sri; la EX K GM. UE COPEAUX PRODUIRE
- COL 11 KOI L a i. o ri ai. HL LA PA SSL 1 KILO DE
- c.im liiiou:. l'Ali SLCOXIlL r a a seconde A L IIECKE
- COPEAUX
- înO res. kgm. mm. 111111. kg. kgm.
- Machines à raboter.
- à l'aller 9,:.i 9 .. 27,90 73,3 )>
- [ à blanc
- l au retour .... «,4 3 « 130,20 220 » » )> »
- 0. Raboteuse. . . J £ à l’aller ..... 27,9 :i „ 83,70 73,3 3,6 4,320 40,300
- [ en marche au retour .... 1 :i »> 139,30 220 » » ••
- à l’aller 9,:i 3,40 31,62 O l » )) ,,
- ! h blanc
- ( 1 au retour .... 21,7 3,40 73,78 102 » » )) ))
- 10. Raboteuse. . . .< 1 à l’aller 20,94 3,40 89,39 91 » 6 , 0,320 33,000
- 1 en marche au retour .... 29,2:1 3,40 79,03 102 » » > >
- Machines à, mortaiser. Mo venin'.
- ( à blanc . . 19,99 1,83 OO O 100 r
- 27. Mortaiseuse. . .1 2,700 37,300
- ( en marche. 97,2 1,83 08,80 100 » 8 o
- Étau limeur.
- i à blanc . . 6,60 2,30 16,03 103 >. ))
- Etau limeur. . . j 3,400 33,000
- ( en marche. 20 » 2,30 49,93 103 r 3,3
- CD
- ARTS MÉCANIQUES. - AVRIL 1809.
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- ÉTUDE SUR LA PRODUCTION DES MACHINES-OUTILS. 595
- Cette pression au moyen de poids dans un plan horizontal était obtenue par un levier coudé d’équerre, en forme de mouvement de sonnette et équilibré.
- Les poids suspendus en un point déterminé du grand bras horizontal de ce levier produisaient une pression amplifiée dans le rapport de 1 à S sur la pièce meulée. La figure 18 est la photographie de ce montage spécial avec un poids de 40 kilogrammes, c’est-à-dire sous un effort de poussée de 200 kilogrammes (1).
- L’acier dur exigeait sur la courroie un effort moyen de 215 kilogrammes,
- Fig. 18.
- ce qui, à la vitesse de 5m,60, représente un travail de 4 204 kilogrammètres, soit de 16 chevaux.
- L’acier doux exigeait sur la courroie un effort moyen de 310 kilogrammes, ce qui représente un travail de 1 736 kilogrammètres, soit de 23ch,15.
- Cette différence surprenante de dépense de travail pour meuler deux morceaux d’acier de même surface en prise et subissant la même pression de 200 kilogrammes s’explique par la différence de travail utile obtenu.
- En effet, l’acier dur n’a été usé que de 10 grammes pendant vingt minutes de meulage, tandis que l’acier doux a été usé de 4k£,840 pendant le même espace de temps.
- Le travail du meulage semble donc devoir se diviser en deux phénomènes distincts : un travail de freinage, qui, dans notre essai, a été des deux tiers du travail total, et un travail utile d’usure du métal, qui a été de un tiers du travail.
- Dans cet essai, il y a eu une dépense de 1 136 300 kilogrammètres pour
- (1) Nous considérons comme négligeable l’action sur les paliers de cette pression, eu égard à la valeur relative considérable du poids suspendu, 3 176 kilogrammes.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- AVRIL 1899.
- enlever 1 kilogramme d’acier doux, soit cinquante fois environ la dépense nécessaire pour effectuer le même travail sur un tour.
- Cette pression de 200 kilogrammes, sur une surface de 250 millimètres x 30 ou de 75 centimètres carrés, correspond à une pression de 2k*,666 par centimètre carré meulé. Elle paraît suffisante pour de l’acier doux; mais, avec de l’acier dur, il faut l’augmenter pour obtenir un travail utile; en effet, un ouvrier meilleur reprenant le même morceau d’acier dur qui n’avait, pour ainsi dire, pas pu être usé à cette pression, est parvenu à user 850 grammes en vingt minutes, soit 2ks,550 de métal à l’heure, tout en opérant avec une pression totale moindre, mais en agissant par surface plus petite, de manière à augmenter sensiblement la pression par centimètre carré.
- En résumé, il ressort de ces essais qu’il y a intérêt, au point de vue économique, à meuler sous une grande pression, soit en augmentant la pression totale, soit en diminuant la surface meulée, une partie du travail dépensé étant perdue par le freinage.
- Nous avons condensé dans les pages qui précèdent la première partie des travaux que nous avons entrepris en vue de la détermination du rendement des machines-outils.
- Dans cette première partie, nous nous sommes proposé la recherche du rendement de ces machines dans les conditions habituelles des ateliers. Ces données ont, suivant nous, aujourd’hui surtout où les transmissions générales par arbre actionnant des intermédiaires tendent de plus en plus à faire place aux récepteurs électriques individuels ou par groupe, un intérêt tout particulier.
- Ainsi que nous l’avons annoncé plus haut, nous nous proposons de continuer nos recherches dans le but de déterminer les conditions les meilleures dans lesquelles doit fonctionner une machine donnée, conditions qui sont fonction notamment de l’angle de coupe de l’outil, de la vitesse circonférentielle, de l’avancement, de la profondeur de la passe, etc.
- Nous ne nous dissimulons pas la difficulté et la longueur de notre tâche, mais nous espérons aussi que quelques personnes particulièrement en situation de contrôler nos travaux voudront bien s’occuper d’une question certainement intéressante en soi et utile par les résultats auxquels elle doit conduire.
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- ARTS CHIMIQUES
- SUR LA DÉCOMPOSITION DE L’OXYDE DE CARBONE EN PRÉSENCE DES OXYDES MÉTALLIQUES (1).
- Note de M. O. Boudouard (2).
- Dans des communications antérieures (3), j’ai étudié la décomposition de l’oxyde de carbone en présence des oxydes métalliques à la température de 445°. J’ai poursuivi ces recherches à 650° : ce sont les résultats obtenus que j’ai l’honneur de présenter à l’Académie.
- Le dispositif expérimental employé est le même que précédemment; j’avais la précaution d’envelopper les tubes de verre dans une lame de clinquant de façon à les préserver des déformations que le verre peut prendre à la température de 650° ; ce point 650° est, en effet, là limite à laquelle le verre se ramollit sans cependant fondre ni perdre la forme sous laquelle on l’a amené. Le verre employé était du verre vert, analogue à celui que l’on trouve couramment dans le commerce.
- Les tubes sont chauffés dans un four Mermet, et la température est repérée au moyen d’un couple thermo-électrique de M. II. Le Chatelier. J’ai employé le galvanomètre à lecture directe présenté, il y a quelque temps, à la Société de physique, par M. Le Chatelier. Dans cet appareil, le cadre mobile est suspendu par un fil droit de 0m,20 de longueur, le fil de retour étant constitué par une spirale noyée dans le fer doux de façon à maintenir sa température constante ; la sensibilité est suffisante, et l’on peut faire les mesures avec une approximation de 15°. J’ai aussi utilisé le galvanomètre à microscope; modèle Carpentier, qui donne une approximation plus grande que le précédent.
- Les résultats numériques obtenus sont les suivants :
- 1° Oxyde de fer.
- 8 minutes.
- 6 heures.
- heures.
- 9 heures.
- Quantité -——- —
- d’oxyde. gr. CO1 2 3 CO. CO2. CO. CO2. CO. CO2. CO.
- 0.0673. . . . . . 18,6 81,4 39,1 . 60,9 » » »
- 0,0224. . . . . . 9,8 90,2 23,1 76,9 » » »
- 0.0022. . . . . . 2,1 97,9 22,5 2° Oxyde de 77,5 nickel.
- 0,15 . . 31,3 68,7 42,5 57,9 »» .. »
- 0,05 . . 6,9 93,1 27,5 72,5 » » »
- 0,005 . . 1,5 98,5 25,0 3° Oxyde de 75,0 cobalt. 39,0 1 63.0 37,0
- 0.15 . . 39,7 60,3 61,5 38,5 61,0 ( 60,9 40,0
- 0,05 . . 33,3 66,7 60,9 39,1 » )) »
- 0.005 . . 20,0 80,0 39,2 60,8 » » »
- La réaction de décomposition de l’oxyde de carbone est fonction du temps, et elle dépend aussi de la quantité d’oxyde métallique présent. La quantité d’acide carbonique formé croît d’une façon régulière ; mais, tandis qu’à 445° la décomposition de l’oxyde de carbone est totale,
- (1) Comptes rendus de VAcadémie des Sciences, Tl mars 1899.
- (2) Travail fait au Collège de France, laboratoire de M. H. Le Chatelier.
- (3) Comptes rendus, t. CXXVIII, p. 98 et 307.
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-
- ARTS CHIMIQUES.
- AVRIL 1899.
- :;98
- à 650° elle est, limitée; les expériences faites en présence de l’oxyde de cobalt montrent que la réaction s’arrête lorsque le mélange gazeux contient 61 p. 100 de CO2 et 39 de CO.
- Remarquons de plus qu’il, faut encore un temps moins long pour arriver au terme de la réaction avec les oxydes de cobalt et de nickel. Avec ce dernier, cependant, la réaction semble aussi moins rapide. Mais, d’après le mode de chauffage employé, il se produit des variations inévitables de température qui, d’une expérience à l’autre, peuvent atteindre 23°, et comme la variation de décomposition entre 0 et 100 p. 100 se fait dans un intervalle très resserré de température, il peut y avoir des écarts notables entre des expériences censées faites à la même température'.
- SCR LA DÉCOMPOSITION DE L’ACIDE CARBONIQUE EN PRÉSENCE DU CHARBON (1)
- Note de M. O. Boudouard.
- On sait qu’un courant d’acide carbonique, passant sur du charbo.n chauffé au rouge, dans un tube de porcelaine, lui cède la moitié de son oxygène et passe à l’état d’oxyde de carbone; on obtient ainsi un volume de gaz double de celui de l’acide employé
- CO'2 + G = 2 CO.
- Cette réaction se produit toutes les fois que, dans un fourneau allumé, se trouve une couche épaisse de charbon. L’acide carbonique formé dans la partie voisine de la grille se décompose en passant sur le charbon rouge et donne de l’oxyde de carbone qui se dégage à la partie supérieure. Si la température est suffisamment élevée, ce gaz brûle avec la flamme bleue bien connue.
- Je rappellerai que l’acide carbonique, comme auxiliaire de la gazéification, est employé dans le nouveau four Siemens, combiné pour permettre le passage des fumées sous le gazogène en telle proportion que l’on veut. Certains ingénieurs ont même émis l’idée qu’il pourrait être avantageux d’alimenter les gazogènes avec de l’acide carbonique non emprunté aux fumées, par exemple avec celui qui se dégage d’un four à chaux (2).
- Je me suis proposé d’étudier la réaction CO2 + C == 2CO au point de vue quantitatif à diverses températures. Une première série d’expériences a été faite à 630°.
- Connue dans les recherches qui ont fait l'objet de la Note précédente, j’ai employé des tubes en verre dans lesquels j’introduisais le charbon; ces tubes, remplis de gaz carbonique et scellés à la lampe, étaient chauffés pendant des temps qui ont varié de huit minutes à douze heures. J’ai fait les expériences, soit en présence de charbon de bois préalablement débarrassé des gaz occlus qu'il peut contenir, soit en présence de charbon provenant de la décomposition de l’oxyde de carbone.
- J’ai obtenu les résultats suivants :
- I. Charbon do bois. II. Charbon de CO.
- Temps. CO2. CO. CO2. CO.
- 8 minutes..................... 81,8 18,2 93,0 7,0
- 64 minutes..................... 71,7 ‘28.3 88,1 11,9
- 6 heures...................... 63.2 31,8 70,9 29,1
- 8 fleures.................... 63,1 36,9 » »
- 9 heures..................... 02,1 37,6 69,2 30,8
- 12 heures...................... 61,3 38.3 » »
- Dans les deux séries, l’allure du phénomène est la même; dans la seconde, la vitesse de réaction semble être moindre : il faut remarquer que la quantité de charbon est beaucoup plus petite (vingt-cinq fois). La décomposition de l’acide carbonique n’est donc pas totale ; mais ce qu’il y a de particulièrement intéressant, c’est que la limite à laquelle on arrive est la même que celle trouvée en étudiant la décomposition de l’oxyde de carbone (61 p. 100 de CO2 et 93 de CO).
- Cl) Travail fait au Collège de France, laboratoire de M. H. Le Chntclier.
- (2) E. Damock. le Chauffage iiu/us/riel e.l les Fours à gaz, p. 93.
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-
-
- sur l’aptitude explosive de l’acétylène.
- 599
- SUR L’APTITUDE.EXPLOSIVE DE L’ACÉTYLÈNE MÉLANGÉ A DES GAZ INERTES,
- par MM. Berthelot et Vieille (1).
- L’emploi de l’acétylène comme agent d’éclairage a conduit à rechercher les conditions propres à en diminuer les propriétés explosives. Ces propriétés sont de deux ordres : les unes spéciales à l’acétylène pur ou mélangé avec des gaz non comburants, les autres communes à tous les gaz combustibles mélangés d’air ou d'oxygène. Nous nous occuperons seulement des premières. Ainsi que nous l’avons établi dans une suite de recherches antérieures (2), elles résultent du caractère endothermique de l’acétylène, c’est-à-dire de la chaleur dégagée par sa décomposition en éléments ; le cyanogène et, dans une mesure plus restreinte, l’éthylène offrent le même caractère ; mais ils ne sont pas entrés jusqu’ici dans la pratique de l’éclairage.
- Parmi les conditions susceptibles de diminuer les propriétés explosives des systèmes dégageant de la chaleur lors de leur mise en réaction, l’une de celles que la théorie indique tout d’abord consiste à les mélanger avec une matière non explosive, susceptible d’amoindrir à la fois la condensation du système explosif, tel que l’acétylène, et la température développée par sa décomposition. En effet, la condensation tend en général à rendre les réactions exothermiques plus rapides à température constante, et l’élévation de température les accélère également suivant une loi exponentielle (3). Une troisième circonstance, également favorable dans une certaine mesure, peut être réalisée si l’on emploie comme corps additionnel un composé exothermique susceptible d’être détruit par des énergies calorifiques mises enjeu dans la destruction de l’acétylène en consommant une fraction de ces énergies : c’est ce que nous avons établi pour l’acétone mis en œuvre comme dissolvant de l’acétylène (4).
- Ajoutons enfin que ces diverses influences des corps additionnels peuvent être exercées d’une façon avantageuse pour l’éclairage si l’on dilue l’acétylène avec des matières douées elles-mêmes de facultés éclairantes, facultés qui seront exaltées par une addition convenable d’acétylène.
- C’est ainsi que nous avons été conduits à examiner les propriétés explosives de mélanges gazeux, formés les uns d’acétylène et d’hydrogène, les autres d’acétylène et de gaz d’éclairage, en diverses proportions.
- Nous rappellerons d’abord que nous avons montré, dans des communications précédentes, comment l’aptitude de l’acétylène gazeux à propager une décomposition excitée en un de ses points était rapidement variable avec la pression. Cette même propriété se retrouve, ainsi qu’on devait s’y attendre, dans les mélanges de l’acétylène avec les gaz inertes. Il semblait donc indiqué de rechercher s’il existe une pression limite bien définie entre les mélanges explosifs et ceux qui ne le sont pas.
- En fait, dans ce cas, comme dans la plupart des réactions explosives, nous avons reconnu qu’il n’existe pas de pression critique déterminée au-dessus de laquelle la propagation soit assurée et au-dessous de laquelle elle soit impossible. Tout ce que l’expérience permet de définir, c’est une zone plus ou moins étendue de pressions, zone dans laquelle la probabilité de propagation varie avec une extrême rapidité.
- La détermination de cette zone de passage est la seule donnée expérimentale qui présente quelque valeur lorsqu’il s’agit d’évaluer le degré de sécurité que peut présenter une installation industrielle comportant l’emploi de ces mélanges. On conçoit en effet, que si multipliés que soient les essais, il est impossible d’obtenir par leur nombre seul, et pour une condition
- (1) Comptes rendus de VAcadémie des Sciences, 27 mars 1899.
- (2) Annales de Phys, et Chim., Ie série, t. XI, p. 31, 1897, et t. XIII, p. 5-30, 1898. — Sur la force des matières explosives, t. I, p. 109, 1883.
- (3) Essai de Mécanique chimique, t. Il, p. 92-95; d’après les recherches de l’un de nous sur les éthers (1862).
- (4) Annales de Phys, et Chim., Ie série, t. XTIT, p. 18.
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- 600
- ARTS CHIMIQUES. ---- AVRIL 1899.
- unique d’expérience donnée, une garantie absolue de sécurité concernant une exploitation régulière, où les réitérations des phénomènes s’opèrent par millions.
- Lorsque, au contraire, les essais de laboratoire ont circonscrit la région dans laquelle s’effectue, suivant une loi régulière, le passage d’une probabilité de propagation très voisine de l’unité jusqu’à une probabilité très petite, il devient possible de définir d’une façon raisonnable le coefficient de sécurité d’une opération, d’après l’écart entre les conditions industrielles adoptées et les conditions franchement dangereuses.
- C’est à ce point de vue que nous avons étudié divers mélanges d’acétylène et de gaz inertes, dont l’emploi a été proposé pour l’éclairage. Les résultats suivants concernent, ainsi que nous l’avons dit plus haut, les mélanges en proportions variables de l’acétylène avec le gaz d’éclairage ordinaire de Paris et avec le gaz hydrogène.
- Exécution des essais. — Le mélange était préparé, sous la pression ordinaire, dans un gazomètre à cuve annulaire de 100 litres de capacité. Le mélange était aspiré, refoulé et comprimé par une pompe Golaz dans une éprouvette en acier munie d’un appareil crusher pour la mesure des pressions et d’un dispositif d’allumage par fil métallique porté à l’incandescence au moyen d’un couranl électrique. Cette éprouvette est isolée de la pompe et du manomètre, au moyen d’un robinet à pointeau. Il est bon d’interposer un flacon laveur à eau, de très petites dimensions, entre la grande cuve et la pompe de compression, afin de prévenir tout risque de propagation a rétro de la flamme et de l’explosion jusqu’au gazomètre.
- Lorsque la réaction a eu lieu, l’éprouvette est retrouvée pleine d’un charbon poreux, dont nous avons étudié ailleurs les caractères. Le manomètre crusher indique, d’autre part, une pression supérieure à la pression initiale de chargement : ce qui est une conséquence générale de toute réaction exothermique opérée à volume constant. Le coefficient d’accroissement des pressions est toutefois variable avec la composition du mélange et la pression initiale en raison de la vitesse variable des réactions et de l’influence du refroidissement.
- Alors même que la réaction, déterminée sur un point, ne se propage pas dans toute la masse, les résultats de l’essai ne sont pas purement négatifs. Le fil incandescent est retrouvé couvert de charbon, et l’importance de la végétation charbonneuse qui le recouvre permet, dans une certaine mesure, d’apprécier la tendance que le mélange présente à propager la réaction et d’abréger les essais destinés à localiser la zone des pressions dangereuses.
- Voici les tableaux de nos expériences : ils permettent d’acquérir quelques notions générales fort intéressantes pour la théorie comme pour la pratique.
- Dans la première colonne, on indique les pressions initiales.
- Dans la seconde colonne, les pressions réalisées au moment de l’explosion.
- La troisième colonne donne le rapport de ces pressions.
- La quatrième colonne se rapporte au volume de l’acétylène, rapport qui ne répond pas, d’ailleurs, au calcul théorique des pressions.
- La cinquième colonne renferme des remarques relatives aux expériences.
- Enfin, dans les sixième et septième colonnes, nous avons cru utile d’indiquer les pressions et températures d’explosion théoriques, calculées par les formules suivantes :
- Q étant la chaleur développée à volume constant, soit 51cal,400 pour la décomposition en éléments du poids qui répond au volume moléculaire de l’acétylène, C2H2 = 26 grammes,
- T la température correspondante, comptée depuis le zéro ordinaire,
- K la chaleur spécifique, à volume constant, des produits finaux résultant du système mis en expérience, c’est-à-dire du carbone et de l’hydrogène, dans les cas les plus généraux,
- P la pression finale,
- p la pression initiale,
- On a les relations connues :
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-
- sur l’aptitude explosive de l’acétylène.
- 601
- c’est-à-dire d’après la valeur de Q = 51cal,400 (rapportée au carbone amorphe),
- P . , 188,3 p K
- Dans le cas où le gaz additionnel serait un gaz composé formé avec un dégagement de chaleur q et susceptible d’être détruit au moment de l’explosion, il faudrait remplacer, dans ce calcul, Q par Q — q.
- Soit 1 molécule d’acétylène C1 2 * H2, mélangée avec 1 molécule de formène, CH4, par exemple, alors q = 22,2 (carbone amorphe), et
- P 106 8
- Q — q = 290’,200 ; — = 1 + .
- p l\
- Mais ce calcul ne donne des valeurs applicables à des réactions possibles que pour le cas où la dose de formène décomposée est peu considérable; pour un mélange C2 H2 + 2,5 CH4, par exemple, il devrait y avoir absorption de chaleur.
- K est la somme des chaleurs spécifiques des produits finaux, c’est-à-dire de l’hydrogène et du carbone. Or, dans les cas que nous allons envisager, la chaleur spécifique moléculaire à volume constant de l’hydrogène, H2, est de la forme 4,8 -f a T ; celle du carbone, C2, 8,4 + 6 T (1).
- Rappelons que la détonation de l’acétylène pur, d’après ces formules, développerait une température de 2 750° et une pression de il atmosphères environ. L’expérience a donné 10 atmosphères pour les mélanges les plus condensés (pression initiale, 21 kil.), c’est-à-dire pour ceux où l’influence du refroidissement est la plus petite.
- Afin de simplifier, et dans une première approximation plus applicable aux mélanges actuels, nous adopterons pour H2 : K = 5,4; pour C2 : K' = 9,0, valeurs calculées pour la température de 2000°, lesquelles suffisent aux comparaisons générales (1).
- Première série.
- Mélange
- 25 acétylène en volume. 75 hydrogène.
- Coefficient d’accroissement
- initiales absol. finales des pressions
- en kilogr. en kilogr.
- par par rapporté
- centim. carré. centim. carré. moyen, à l’acétylène.
- kg kg
- 41,3 145,6 | 3,51 14,0
- 41,3 147,8
- 30,9 105,0 3,39 13,6
- 20.6 63,0 | 3,05 12,20
- 20,6 61,6
- 10,3 non-propagation
- 10,3 Id.
- 10,3 20,6 1 } 2,14 8,56
- 10,3 23,4 j
- 10,3 22,1
- 10,3 non-propagation
- Observations.
- Propagation. Éprouvette pleine de charbon.
- 3 propagations sur 6 expériences.
- Filaments charbonneux dans les cas de non-propagation.
- Rapport
- des
- pressions Température calculées, calculée.
- 7,2 1680°
- (1) Annales de Chimie et de Physique, 7° série, t. XIII, p. 8.
- (2) Pour l’acétylène pur, elles fourniraient une valeur un peu trop forte, soit 14 atmosphères, celle
- des chaleurs spécifiques étant évaluée trop haut, comme les formules l’indiquent d’ailleurs; mais la
- température est abaissée dans les cas que nous examinons ici, en présence des gaz étrangers.
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-
-
-
- AVRIL 1899.
- 602
- ARTS CHIMIQUES. ----
- Pressions
- — . Coefficient d’accroissement
- initiales absol. finales des pressions Rapport
- en kilogr. en kilogr. — - — — des
- par par rapporté pressions Température
- eentim. carré. eentim. carré. moyen, à l'acétylène. Observai ions. calculées, calculée.
- kg kg
- 7,2 non-propagation
- 7,2 ld.
- 7.2 Id. ( 1 Dépôt, charbonneux }
- 7/2 Id. l i sur le fil. |
- 7.2 Id.
- Mélange
- 2.'i acétylène en volume.
- 73 gaz d’éclairage (Ville do Paris).
- Pressions
- initiales absol. Anales
- on kilogr. en kilogr.
- par par
- eentim. carré. eentim. carré.
- Coefficient d'accroissement des pressions
- rapporté
- moyen, à l'acétylène.
- Observations.
- Rapport
- des
- pressions Température calculées, calculée.
- 10,2 non-propagation 1 1 Très léger dépôt
- 40.2 Td. J l charbonneux sur
- 10,2 10,2 107,0 f non-propagation ( 2, GG 10,G 4 ) le fil. 1 Les 2 derniers essais
- 10.2 ld. \ f amorcés par le ful-
- 10,2 ld. 1 l minate de mercure.
- 818“
- Deuxième série.
- Mélange
- 33,3 acétylène, (iti.G hydrogène.
- Pressions
- nitiales absol. finales
- en kilogr. en kilogr.
- par par
- ’entim. carré. eentim. carré.
- kg kg
- 10,3 29,8
- 10,3 29,8
- 10,3 29,8
- 10,3 28,7
- 10,3 29,8
- 7,-2 non-propagation
- 7,2 11,0
- 7,2 non-propagation
- 7,2 Id.
- 7,2 ld.
- 7,2 ld.
- 4,1 ld.
- 4,1 ld.
- 4,1 ld.
- 4,1 ld.
- 1.1 ld.
- Coefficient d’accroissement des pressions
- rapporté
- moyen, à l'acétylène.
- Observations.
- propagations sur ë expériences.
- t propagation sur ) G expériences. )
- Pas de propagationj sur 3 expériences. )
- Rapport
- des
- pressions Température calculées, calculée.
- 8.3 2 II 18"
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-
-
-
- sur l’aptitude explosive de l’acétylène.
- 603
- Mélange :
- 33,3 acétylène.
- 66,6 gaz d’éclairage.
- Pressions
- initiales absol. en kilogr. par
- centim. carré.
- finales en kilogr. par
- centim. carré.
- Coefficient d’accroissement, des pressions
- rapporté
- moyen, à. l’acélylène.
- kg kg
- 29,9 112,5
- 29,9 109,5
- 29,9 108,2
- 29,9 < 123
- 21,1 67,8
- 21,1 70,7
- 21,1 72,1
- 21,1 72,1
- 12,4 non-propagation
- 12,4 kl.
- 12,4 Id.
- 12,4 ld.
- 12,4 Id.
- 3,68
- 11,04
- 10,15
- Observations.
- 4 propagations sur 4 essais.
- 4 propagations sur •4 essais.
- Pas de propagation sur 5 essais.
- Léger dépôt charbonneux sur le fil.
- Rapport
- des
- pressions Température calculées, calculée.
- 5,1 1 090°
- Troisième série.
- Mélange :
- 50 acétylène. 50 hydrogène.
- Pressions
- initiales absol. en kilogr. par
- centim. carré.
- finales en kilogr. par
- centim. carré.
- Coefficient d’accroissement des pressions
- rapporté
- moyen, à l’acétylène.
- Observations.
- Rapport
- des
- pressions Température calculées, calculée.
- kg kg
- 41.3 221,0 ) 5,55 11,0
- 41,3 241,0 j
- 22,6 110.4 4,9 9,8
- 6,2 14,8 \
- 6,2 18,0 i
- 6,2 14,8 > 2,7 5,4
- 6,2 26,2 \
- 6,2 12,6 1
- 4,1 non-propagation \
- 4,1 Id. J
- 4,1 11,0 f 2,6
- 4,1 11,0 ? 5,2
- 4,1 non-propagation 1
- 4,1 ld. ’ 1
- 3,1 non-propagation \
- 3,1 Id.
- 3,1 Id. > »
- 3,1 Id. \
- 3,1 Id. ]
- 10,8 2 590'
- ( 5 propagations sur \ 5 essais.
- 2 propagations sur 6 essais.
- Pas de propagation sur 5 essais.
- Léger dépôt charbonneux sur le fil.
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-
-
- 604
- ARTS CHIMIQUES.
- AVRIL 1899.
- Mélange :
- 50 hydrogène.
- 50 gaz d’éclaira<
- Pressions
- nitiales ale iolnes. finales
- on kilogr. (;n kilogr.
- par par
- centim. carré. rcntim. carre.
- kg kg
- 12,4 49,0
- 12,4 50,0
- 12,4 (23,4)
- 12,4 42,0
- 7,2 11,0
- 7,2 18,0
- 7,2 18,0
- 7,2 22,2
- 7,2 non- -propagation
- 7,2 Id.
- 7,2 19,6
- 7.2 no n- -propagation
- 7,2 ld.
- 7.2 19.6
- / , 1 7,2 22,7
- 4,1 non- -propagation
- 4,1 Id.
- 4,1 Id.
- 4,1 ld.
- 4,1 Id.
- Coefficient (l'accroissement des pressions
- rapporté
- moyen, à l’acétylène.
- 3,79
- 7,58
- 2,08
- 5,30
- e (Ville de Paris)
- Observations.
- Éprouvette remplie de char!)on.
- Eprouvette remplie de charbon.
- 8 propagations sur 12 essais.
- Champignon charbonneux sur le fil.
- Rapport
- des
- pressions Température calculées, calculée.
- 7,2 1 700"
- Si le l'ormène est supposé décomposé entièrement, on aurait 1,5 980"
- Comparons maintenant les données expérimentales entre elles et avec les chiffres calculés :
- 1° Pour tous les mélanges examinés, l’accroissement proportionne] de la pression est d’autant plus faible que la pression initiale est moindre : ce qui accuse l’influence d’un refroidissement croissant exercé par les parois, à la fois en raison de la masse relative moindre des gaz intérieurs et de la durée plus grande du phénomène explosif.
- Même dans le cas du mélange le plus riche en acétylène et le plus condensé (41k&,3) la pression observée avec l’hydrogène n’a été que la moitié de la pression calculée, et le chiffre est tombé au quart avec le mélange limite étudié, c’est-à-dire avec celui où l’explosion, sous une pression initiale de 10 kilogrammes, ne se propageait plus qu’une fois sur trois.
- De même avec le mélange à volumes égaux d’acétylène et de formène. Ici l’intervalle entre le calcul et l’expérience est cependant moindre, circonstances qui semblent indiquer que la décomposition du formène a dû être faible ou nulle dans ces conditions.
- Observons encore que les mélanges les plus riches en acétylène sont à peu près les seuls qui aient fait explosion sous les faibles pressions; mais aussi ce sont ces mélanges qui ont fourni les plus grandes irrégularités des pressions finales, répondant à un même système initial; circonstance attribuable, ainsi qu’il a été dit plus haut, à la condensation moindre des mélanges gazeux, laquelle tend à la fois à ralentir la réaction et à exagérer l’influence du refroidissement, parce que la masse du mélange gazeux devient plus petite par rapport à celle de l’éprouvette qui le renferme.
- 2° On voit par là que la température moyenne des produits des systèmes formés au début à volumes égaux doit être fort inférieure, au moment de l’explosion, à la température calculée : elle serait réduite à peu près à moitié avec l’hydrôgène, la réduction étant un peu moindre avec le gaz d’éclairage.
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-
- sur l’aptitude explosive de l’acétylène.
- 605
- Poussons plus loin les conséquences des nombres observés. Dans la troisième série, par exemple, le rapport entre la pression finale observée et la pression initiale tombe, avec les condensations les plus faibles, vers 2,7 : ce qui signifie que la température moyenne des systèmes, au moment où ces pressions ont été observées, était voisine de 350°. Qr c’est là une température incapable de déterminer l’explosion de l’acétylène, ou, ce qui est la même chose, de la propager. Il est clair que, pour ces conditions, l’explosion n’a dû être que partielle et lentement propagée dans une certaine zone entourant le fil métallique incandescent qui ]’a provoquée.
- 3° La propagation de l’explosion cesse d’avoir lieu vers une limite de pression initiale d’autant plus élevée que le mélange est moins riche en acétylène. Cette limite était située vers 4 kilogrammes avec le mélange à volumes égaux d’hydrogène ; vers 7 kilogrammes avec le mélange renfermant deux tiers d’hydrogène; vers 10 kilogrammes avec le mélange qui contient 3 volumes d’hydrogène pour 1 volume d’acétylène.
- Pour les mélanges formés avec le gaz d’éclairage, les pressions limites sont encore plus hautes : soit 7 kilogrammes à volumes égaux; supérieures à 12 kilogrammes pour les deux tiers de gaz inerte; enfin voisines de 40 kilogrammes pour le mélange qui contient seulement un quart d’acétylène.
- Ces limites pourraient être abaissées, surtout pour les faibles pressions, si l’on opérait avec des récipients d’une capacité considérable, dans lesquels la température de la masse centrale du gaz n’aurait pas le temps d’être refroidie au contact des parois.
- En admettant les valeurs observées, les nombres de la série I montrent que la probabilité d’explosion (1/2) se rencontre vers la pression de 10 kilogrammes avec l’hydrogène, et vers celle de 45 kilogrammes seulement avec le gaz d’éclairage ordinaire dans les mélanges renfermant 25 p. 100 d’acétylène en volume.
- Les nombres de la série II montrent que la probabilité d’explosion (1/2) s’obtient vers la pression de 8 kilogrammes avec l’hydrogène et vers la pression de 17 kilogrammes avec le gaz d’éclairage dans les mélanges renfermant 33 p. 100 d’acétylène en volume.
- Les données de la série III conduisent à attribuer la probabilité d’explosion (1/2) à une pression voisine de 4k°,5 pour l’hydrogène, et de 6bg:,o pour le gaz d’éclairage dans les mélanges renfermant 50 p. 100 d’acétylène en volume.
- Le risque sera donc toujours diminué par la présence du gaz d’éclairage, c’est-à-dire d’un gaz riche en formène, composé décomposable avec absorption de chaleur.
- En résumé, ces premiers exemples suffisent à établir que les pressions limites, assurant l’explosibilité des mélanges d’acétylène et des gaz inertes, convergent avec une extrême rapidité vers les valeurs correspondant à l’acétylène pur, au fur et à mesure que la teneur de ce gaz dans les mélanges augmente.
- La loi de cette croissance est essentiellement variable avec la nature du gaz inerte utilisé ; le choix de ce dernier gaz joue donc un rôle important dans la sécurité d’emploi, aussi bien que dans les questions pratiques de rendement lumineux et de prix de revient.
- Les gaz décomposables avec absorption de chaleur paraissent aptes à diminuer le risque d’explosion de l’acétylène auquel ils sont mélangés en absorbant pour leur propre compte une portion de l’énergie interne du composé endothermique et explosif. Mais, par là même, ils abaissent la température développée dans la décomposition propre de l’acétylène aussi bien que dans sa combustion, et ils en amoindrissent dès lors, dans une certaine mesure, les propriétés éclairantes. C’est entre ces deux ordres de phénomènes que l’industrie doit se tenir, en recherchant les conditions à la fois les moins périlleuses pour la pratique et les plus favorables pour l’éclairage.
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-
-
- MÉ TALLURGIE
- SUR LES PROPRIÉTÉS ET LES APPLICATIONS DE L’ALUMINIUM. Note de M. A. Ditte (1).
- Au cours de mes recherches sur l’aluminium, j’ai été conduit à examiner les détériorations plus ou moins profondes constatées sur certains objets d’équipement militaire et à rechercher les causes auxquelles on peut les attribuer, j’ai dû étudier pour cela les propriétés des alliages qui servent à les fabriquer. M. le colonel Lambert, directeur de la section technique du Comité d’artillerie, et, avec son autorisation, M. le capitaine Ducru, adjoint à cette section, ont bien voulu mettre à ma disposition les vases neufs nécessaires à mes expériences, ainsi que des objets réformés provenant du corps expéditionnaire de Madagascar; je prie ces messieurs de recevoir mes remercîments pour l’extrême obligeance que j’ai rencontrée chez eux à l’occasion de mon travail.
- J’qi particulièrement examiné deux tôles d'aluminium; la première renferme de cuivre,
- avec des impuretés dont la teneur ne doit pas dépasser 1 p. 100, et qui consistent en fer (de 0,29 à 0,37 p. 100), en silicium (de 0,37 à 0,o4 p. 100), et en traces de carbone, d’après des analyses faites au Comité d’artillerie sous la direction de M. le capitaine Ducru ; elle sert à fabriquer les gamelles individuelles, les gamelles de campement, les marmites, les quarts, les caisses à eau des voitures-citernes. La seconde tôle, avec laquelle sont formés les anneaux
- 5 6
- et les chaînettes des gamelles, les anses des marmites, etc., contient ——- à •— de cuivre, avec
- 100 100
- {
- — au maximum des mêmes impuretés. Les propriétés de ces alliages, sans différer beaucoup 100
- de celles de l’aluminium non allié, offrent cependant quelques particularités intéressantes.
- Maintenus quelque temps au rouge sombre, ces alliages changent de structure, leur surface devient rugueuse, bulleuse, et, si on les trempe dans l’eau froide, ils prennent une texture grenue confusément cristalline; ils se couvrent de fines craquelures, deviennent plus cassants, et la trempe y provoque la formation de déchirures à bords brillants et à gros grains. La matière, suivant qu’elle est trempée ou non, se comporte de manière un peu différentes sous l’action des divers réactifs : dans l’acide sulfurique dilué à 2 p. 100, par exemple, la tôle neuve se dissout avec une très graude lenteur en dégageant quelques bulles d’hydrogène; elle se recouvre d’une couche grise d’abord, noire ensuite, sans adhérence de cuivre divisé mêlé d’un peu de fer et de silicium, sous laquelle est une belle surface blanche, mate, formée d’aspérités très fines, sensiblement égales entre elles, et parsemée de petits points foncés de cuivre.
- Le même alliage trempé, puis immergé pendant le même temps dans la même liqueur, est attaqué un peu plus vite et de la même façon ; mais, au bout de quelques jours, la surface est différente; elle est moirée, couverte de craquelures, de fissures, dans lesquelles pénètre le dépôt noir, ce qui les rend très apparentes ; au microscope, elle montre une sorte de réseau formé de parties en relief plus blanches et de faibles dépressions jaunâtres séparées entre elles par un système de fissures plus ou moins fines; il y a là commencement de désagrégation du métal, de séparation en écailles ou en lamelles toutes prêtes à se soulever sous l’action de
- (1) Complets rendus de l'Académie des Sciences, 27 mars 1809. Uullelin de Décembre 1898, p. 1941.
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- l’hydrogène ou de l’alumine qui peuvent provenir de l’altération de l’aluminium. Les mêmes apparences se produisent sur le métal non trempé mais chauffé très près de son point de fusion et refroidi rapidement à l’air.
- Les carbonates alcalins en solution étendue (à 2 p. 100), l’eau salée (8 gr. par litre), l’eau de mer, pure ou étendue, au contact de l’atmosphère, attaquent rapidement ces tôles d’alliages à la température ordinaire; au bout de quelques heures, la surface est recouverte d’une couche d’alumine gélatineuse qui augmente graduellement et se change partiellement en grumeaux blancs d’alumine trihydratée pendant que les solutions salées deviennent alcalines. Finalement, la surface demeure revêtue, partout où le liquide l’a touchée, d’une couche blanche, farineuse, formée de grumeaux peu cohérents d’alumine; au-dessous de cette couche, est un enduit très mince, jaunâtre, dur, adhérent, non homogène, renfermant de l’alumine avec un peu de cuivre, de fer et de silicium.
- Lorsqu’une plaque polie d’alliage est soumise à l’action de l’une de ces liqueurs, elle ne tarde pas à perdre son poli spéculaire et à se couvrir d’un voile blanc formé de grains d’alumine cristallisée; après lavage à l’acide sulfurique très dilué, qui dissout cette alumine, la surface est blanche, formée de Unes aspérités qui la rendent mate, et semée de points foncés dont les plus gros présentent nettement la coloration rouge mat du cuivre pur.
- A l’intensité près, ces apparences sont celles que présentent les objets provenant de Madagascar; un fragment de voiture-citerne dont la face extérieure est recouverte d’un enduit goudronneux est peu altéré de ce côté, mais la surface qui était en contact avec l’eau est profondément attaquée ; elle est grisâtre et le métal est mélangé d’alumine qui adhère assez fortement. Jusqu’à une certaine profondeur, la tôle est devenue schisteuse, séparée en lamelles et en feuillets ; elle est fragile, se rompt sous un faible effort et montre alors une cassure lamelleuse ou formée de grains qui lui donnent une apparence arénacée. Au microscope, le métal, fortement rongé, est en partie recouvert de cristaux ou de petites masses d’alumine trihydratée; une fois celle-ci enlevée par un lavage à l’acide sulfurique très dilué, la surface métallique est caverneuse, hérissée de petites masses blanches brillantes qui, souvent, offrent l’apparence de cristaux arrondis et déformés, et creusée de cavités polyédriques semblables aux empreintes qu’auraient laissées des cristaux détachés de la masse; reliefs et cavités ont leurs faces criblées de piqûres très fines provenant soit de l’oxydation primitive de l’aluminium, soit de l’action exercée sur lui par l’eau acidulée qui a servi au lavage. La proportion d’alumine mélangée au métal est du reste faible; même dans les portions les plus altérées, elle ne
- dépasse pas 13 à 14 p. 100 de la masse, ce qui correspond à environ d’aluminium oxydé.
- Mais pendant cette oxydation partielle, la tôle d’aluminium, qui a perdu la résistance à la rupture qu’offrait la tôle neuve, s’est modifiée aussi dans sa structure et dans ses autres propriétés. Immergée à froid dans l’eau acidulée, elle ne se comporte plus comme nous avons vu la matière neuve le faire; le métal s’attaque plus rapidement et, en même temps, il s’en détache une poussière métallique formée de grains confusément polyédriques, dont les angles et les arêtes ont été plus ou moins arrondis et dont les faces sont criblées de piqûres très petites. Ces polyèdres sont manifestement limités par des droites, et, sur certains d’entre eux on distingue nettement des groupements de trois arêtes rectilignes, formant un trièdre dont les faces sont des angles obtus égaux et qui appartient vraisemblablement à un rhomboèdre ou à un dodécaèdre rhomboïdal; la désagrégation de la tôle devient plus lente à mesure qu’on pénètre plus profondément dans son épaisseur, la quantité de poudre métallique qui se sépare devient de plus en plus petite, et au bout d’un certain temps la dissolution se fait comme celle d’une tôle neuve, la surface se recouvrant d’un enduit noir de cuivre divisé.
- Il est à noter, d’autre part, qu’un fragment de métal altéré mis en digestion dans l’eau distillée la rend légèrement alcaline en lui cédant de très petites quantités de chloi'e, d’alumine et de sodium. On en peut inférer que l’eau contenue dans la caisse pendant son service renfermait des traces de sel marin, ce qui est le cas de la plupart des eaux fluviales; peut-être même la voiture-citerne a-t-elle servi à transporter de l’eau légèrement saumâtre; dans les
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- deux cas, l’attaque du métal s’est laite, au contact de l’oxygène et de l’acide carbonique de l’air, suivant le mécanisme que j’ai indiqué (Comptes rendus, t. CXXVIII, p. 195), et, une fois l’altération commencée, le métal « malade » porte en lui le germe de sa destruction. Il est aisé de favoriser le développement de la maladie : il suffit, pour cela, d’abandonner un morceau de Lôle altérée dans un peu d’eau à l’air; l’eau devient alcaline ; après vingt-quatre à quarante-huit heures, des flocons d’alumine nagent dans le liquide et forment une couche légère à la surface du fragment; cette couche augmente, il se forme des masses blanches d’alumine trihydratée qui épaississent peu à peu, et l’altération du métal malade devient de plus en plus profonde à mesure que l’expérience est prolongée davantage.
- Les gamelles, les quarts, les marmites présentent des détériorations analogues; ici encore, le métal attaqué est mêlé d’alumine hydratée; il est devenu cassant, sa surface est grenue, rugueuse, et la structure feuilletée est manifeste, quoique moins sensible que sur les fragments de caisse à eau constitués avec de la tôle plus épaisse; on peut distinguer aussi des grains polyédriques à faces criblées de fines piqûres, comme ceux dont il a été parlé plus haut.
- L’altération de ces vases peut être due à l’introduction d’aliments salés à leur intérieur; le métal poreux restant plus ou moins imprégné de sel marin qui en provoque l’attaque à l'air, et, une fois commencée, celle-ci peut se poursuivre ; en effet, un fragment de gamelle altérée, par exemple, mis en digestion avec un peu d’eau distillée, la rend alcaline, comme le fait un morceau de caisse à eau ; comme lui, donc, il retient les substances alcalines, cause de maladie pour le métal; aussi celui-ci continue-t-il de s’oxyder dans l’eau au contact de l’air; il se recouvre d’alumine formant des grumeaux plus épais sur les parties voisines de la surface de l’eau, là où l’air atmosphérique a l’accès le plus facile, et la destruction de l’aluminium se poursuit graduellement.
- Une seconde cause capable de faciliter l’oxydation apparaît dans la structure même du métal attaqué. Il a pu arriver que des ustensiles placés sur le feu avec un liquide à chauffer aient [été oubliés ou forcément abandonnés pendant quelques heures, et que, le liquide s’étant évaporé, le fond se soit trouvé porté à une température voisine du rouge sombre et peu inférieure au point de fusion de l’aluminium; les vases ainsi surchauffés peuvent avoir été refroidis d’une façon plus ou moins brusque, quand le feu s’est éteint, par l’affusion d’eau froide à leur intérieur ou par leur immersion dans ce liquide; or, nous avons vu que l’action de la chaleur et celle de la trempe ont précisément pour effet de donner aux tôles d’aluminium allié une structure à gros grains, tout en couvrant leur surface de craquelures dans lesquelles peuvent pénétrer, bien plus facilement que dans le métal neuf, tous les agents susceptibles de l’altérer.
- En résumé, la connaissance des propriétés de l’aluminium et de ses alliages à faible teneur en cuivre permet de se rendre compte des détériorations que subissent à la température ambiante, en France comme aux colonies, les vases fabriqués avec ces métaux. Sous les influences multiples des eaux de rivière, de l’eau plus ou moins saumâtre, de l’eau de mer, de l’air atmosphérique pur ou chargé, comme il l’est au voisinage des cotes, de particules salines; sous l’action des aliments salés rendus acides soit par du vinaigre, soit par des jus de fruits; quand ils sont en contact avec des mélanges de liquides salés et de substances telles que la crème de tartre, le sel d’oseille, etc., leur surface est altérée ; et l’altération commencée peut se poursuivre à sec, c’est-à-dire par l’intervention de grumeaux alumineux plus ou moins imbibés de substances alcalines, grâce à la succession ininterrompue de réactions exothermiques qui se passent en tous les points du métal recouvert par ces grumeaux.
- Il convient de signaler aussi une autre cause d’altération tout à fait différente des précédentes, et dont les effets ne sauraient être négligés : ce sont les forces électromotrices qui se produisent au contact des métaux différents. Laissant de côté les impuretés, fer, silicium,etc., que l’aluminium renferme toujours en quantités très petites, et pour ne parler que du cuivre des alliages, nous avons vu que, dans l’attaque de ceux-ci par divers réactifs, l’aluminium se-dissoutplus facilement que le cuivre, ce qui est tout naturel, étant données les chaleurs d’oxy-
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- dation de ces deux métaux. Les particules de cuivre qui restent sous la forme de points foncés à la surface de l’aluminium forment avec lui et les liquides qui les mouillent des couples locaux, et ceux-ci concourent à la dissolution de l’élément le plus attaquable, qui est
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- l’aluminium ; le contact des deux alliages à -7^- et à —^ de cuivre développe, lui aussi, une
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- force électromotrice, et la valeur de ces diverses forces est souvent comparable à celle de certains éléments de piles d’usage courant; d’après les déterminations faites par M. G. Manœuvrier, celles des éléments constitués par de l’eau de mer avec les couples aluminium-cuivre, aluminium à 3 p. 100 de cuivre-cuivre, aluminium à 6 p. 100 de cuivre-cuivre, sont 0volt,525; 0volt,486; 0volt,488; celle du couple formé par les deux alliages et l’eau de mer est seulement 0voIt,04. L’action de ces forces électromotrices qui s’exerce en circuit fermé, avec des résistances à peu près nulles peut donner lieu à des effets importants; les actions électriques peuvent donc contribuer à la destruction des objets en aluminium pur ou allié, mouillés par un liquide capable d’attaquer l’aluminium avec ou sans le concours des gaz de l’atmosphère.
- Nous voyons, en dernière analyse, les propriétés véritables de l’aluminium se manifester et le métal être attaqué dans une multitude de circonstances toutes les fois qu’aucun enduit protecteur ne peut se déposer à sa surface et que, par suite, il se trouve vraiment en contact avec les liquides qu’il renferme. Il en résulte que, dans ses applications à la fabrication de vases et d’ustensiles destinés soit aux usages domestiques, soit à l’équipement militaire, il y a lieu de se préoccuper sérieusement des altérations plus ou moins intenses qu’il est susceptible d’éprouver, altérations qui peuvent devenir pour ces objets une cause de détérioration rapide et qui en rendent le nettoyage particulièrement difficile. Les liquides acides ne sauraient convenir, ils sont sans action sur les matières grasses ; les solutions alcalines, qui atteindraient parfaitement le but, ne peuvent être utilisées : non seulement elles attaquent le métal à froid, et à plus forte raison à chaud, mais encore elles se glissent en des points d’où il est bien difficile de les faire sortir; elles pénètrent dans toutes les parties repliées, dans tous les points où le métal présente une fissure, une rugosité accidentelles ; elles sont retenues là par des actions capillaires et rongent l’aluminium en formant des grumeaux d’alumine qui demeurent imprégnés d’aluminate de soude, etc.; comme l’air et l’humidité peuvent pénétrer dans ces petits espaces, l’oxydation s’y continue avec lenteur, sourdement, et le métal est détruit peu à peu. Enfin les nettoyages mécaniques, tels que des lavages et des frottements avec de l’eau froide ou chaude mélangée de sable fin ne sont pas efficaces; il n’est pas facile de les effectuer dans les parties anguleuses, dans les régions resserrées, et, en outre, pendant les frottements, le sable fin peut lui-même s’introduire là où les liqueurs alcalines peuvent pénétrer et emprisonner, dans ces espaces étroits, des matières grasses, des substances alimentaires chargées de germes et de microbes de toute espèce. J’ai trouvé, par exemple, sous les feuilles d’aluminium qui retiennent l’anneau du couvercle de gamelles individuelles tout un remplissage formé de matières terreuses et de substances organiques. Il est certain que ces dépôts, que la présence d’une couche légère de matière grasse sur toute la surface de l’aluminium, favoriseraient beaucoup la conservation des vases, précisément en empêchant le contact de leurs parois avec les liquides intérieurs, mais une telle couche peut présenter des inconvénients sérieux au point de vue de l’hygiène et de la propreté.
- Ces considérations, qui s’appliquent à tous les objets d’aluminium, se rattachent immédiatement à l’ensemble des propriétés véritables de cet élément; celles-ci en font un corps, en réalité, très altérable ; elles me paraissent de nature à inspirer certains doutes et à dissiper quelques illusions relativement aux applications industrielles possibles de ce métal.
- Tome IV. — 98® année. 5* série. — Avril 1899.
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- sur les applications de l’aluminium. Noie de M. Henri Moissan (1).
- J’ai lu avec beaucoup d’intérêt les différentes Notes de notre confrère M. Ditte (2) sur les propriétés de l’aluminium, sur la façon dont ce métal se comporte en présence des solutions de chlorure de sodium et d’acide acétique, et sur ce fait que sa chaleur considérable d’oxydation le rend attaquable par un très grand nombre d’agents chimiques.
- Cependant, sur divers points, nous différons d’avis; je voudrais préciser ces points et donner mon opinion sur ce sujet.
- Je ne critique en rien, bien entendu, les expériences de M. Ditte, mais je ne partage pas ses idées à propos des conclusions qu’il en tire au point de vue des applications de l’aluminium.
- Tout d’abord, je me permettrai de faire une observation générale. Toutes les expériences de notre confrère n’ont pas été faites sur un métal ou des alliages dont la composition ait été déterminée d’une façon rigoureuse. Dans son étude M. Ditte ne tient pas compte des impuretés de l’aluminium ; il semble ne pas y attacher d’importance. Pour lui, les causes déterminantes d’attaque du métal ou des alliages sont dues aux seules propriétés particulières du corps simple aluminium. Il dit bien, il est vrai, au début de sa note, qu’il a examiné deux tôles d’aluminium qui renferment p. 100 de 0,29 à 0,37 de fer et de 0,37 à 0,54 de silicium, ces analyses ayant été faites au comité d’artillerie, sous la direction de M. le capitaine Ducru.
- J’aurais préféré, pour ma part, voir confirmer ces chiffres par des analyses personnelles de M. Ditte. D’autant plus que notre confrère signale dans sa note des expériences faites sur l’aluminium, sur des alliages aluminium-cuivre, sur des fragments des voitures-citernes employées à Madagascar et sur d’autres fragments de gamelles mises en réforme après cette même campagne.
- Or ces derniers alliages d’aluminium sont différents des alliages employés aujourd’hui. J’ai déjà eu l’honneur d’appeler l’attention de l’Académie sur les variations profondes que présentent les échantillons d’aluminium industriel impurs ou à peu près purs (3). Je puis assurer à M. Ditte que l’aluminium qui renferme des traces de sodium ou de carbone s’altère beaucoup plus rapidement que l’aluminium préparé en ces derniers temps. D’ailleurs, c’est à la présence d’une petite quantité de métal alcalin que l’aluminium découvert par Wœhler devait de différer comme propriétés de l’aluminium de Sainte-Glaire Deville.
- Je crois faire un acte de justice en rappelant que c’est en particulier à la commission militaire de l’aluminium et au zèle et à l’activité de M. l’intendant Darolles que nous devons d’être arrivés en France à faire produire aux deux usines d’aluminium de M. Héroult et de M. Secrétan un métal de plus en plus pur. Je dois reconnaître aussi que ces industriels ont fait le possible pour nous satisfaire et que les progrès de leur fabrication ont été continus et très réels.
- Pour bien faire comprendre la différence profonde qui existe entre l’aluminium produit en 1893 et l’aluminium d’aujourd’hui, je citerai les analyses suivantes, choisies parmi les cen_ taines d’analyses qui ont été faites dans mon laboratoire pour l’étude de cette question (4).
- (1) Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 10 avril 1899, p. 695.
- (2) Ditte, Sur les propriétés et les applications de Valuminium (Comptes rendus, t. CXNVII1, p. 193. 195, 1899, et t. GXXVII, p. 919, 1898).
- (3) II. Moissan, Impuretés de l’aluminium industriel (Comptes rendus, t. CXIX, p. 12, 1894).
- (4) H. Moissan, Analyse de l’aluminium et de ses alliages (Comptes rendus, t. CXX1. p. 851, 1895).
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- Analyses d’alliages d’aluminium faites I. II. III. en août et septembre 1893. IV. Y. VI. VII.
- Cuivre.. . 5,85 5,60 2,62 2,27 1,29 6,35 5,99
- Silicium. . 1,27 1,43 1,56 1,50 1,58 1,64 0,93
- Fer 0,41 0,32 1,53 1,59 1,15 1,66 1,13
- Aluminium. 92,78 92,85 84,52 94,77 96,33 90,55 92,07
- 100,31 100,20 100,23 100,13 100,26 100,20 100,12
- Analyses d’aluminium et d’alliages d’aluminium faites en novembre 1897.
- I. II. III. IV. V. VI.
- Cuivre .... 3,02 traces traces 3,01 3,02 2,90
- Silicium .... 0,04 0,05 0,08 0,09 0,02 0,13
- Fer .... 0,20 0,19 0,32 0,12 0,20 0,12
- Aluminium .... 97,01 99,80 99,18 97,02 96,64 97,04
- 100,27 100,04 99,58 100,24 99,98 100,19
- Cette pureté de l’aluminium actuel a été due, en partie, aux perfectionnements que M. Se-crétan a apportés au procédé Hall.
- * Quoi qu’il en soit, l’aluminium employé pour les objets d’équipement de Madagascar ne doit pas, selon moi, être comparé à l’aluminium pur ou à peu près pur que l’on obtient aujourd’hui. J’ajouterai que, bien que M. Ditte’ne semble pas attacher un rôle important aux impuretés de ce métal, j’ai toujours vu l’aluminium impur s’attaquer et se piquer beaucoup plus vite que l’aluminium pur.
- Je tiens à faire remarquer que je n’ai pas étudié le métal des voitures-citernes employées à Madagascar et que, a priori, ces voitures, étant données les propriétés de l’aluminium, devaient fournir de mauvais résultats, la caisse d’aluminium étant placée sur des montants en fer. J’ai déjà signalé l’action électrolytique qui se produit au contact de l’aluminium et d’un autre métal, ou même au milieu d’une plaque d’aluminium hétérogène (1). M. Ditte, dans sa dernière Note, insiste avec beaucoup de raison sur ces conditions.
- Il n’en est pas de même pour les gamelles, marmites, bidons et quarts employés dans la campagne de Madagascar, bien que cet aluminium ne fût pas encore très pur. M. le capitaine Ducru a remis à M. Ditte quelques objets en aluminium en mauvais état, revenant de Madagascar. Il existe d’autres objets de petit équipement en aluminium qui, après avoir fait la campagne, sont revenus en bon état. On ne peut tirer du reste aucune conclusion d’objets en aluminium réformés dont on ne connaît pas l’histoire, et qui peuvent, par exemple, avoir été ramenés en France à fond de cale, au contact de l’eau de mer. Ce que je puis certifier à M. Ditte, c’est que la plupart des gamelles qui sont revenues sur le sac de nos soldats étaient en bon état. J’ai l’honneur de présenter à l’Académie un certain nombre de ces objets, gardés en magasin depuis trois années. Ils sont bossués, noircis, mais ils ne sont pas percés.
- Enfin M. le général Dumont, président de la Commission de l’aluminium, après approbation de M. le Ministre de la Guerre, m’a autorisé à apporter devant l’Académie des extraits de quelques rapports des chefs de corps de Madagascar :
- 200e d’infanterie. — La substitution des objets en aluminium à ceux en fer-blanc constitue un grand progrès. Ces objets de campement sont plus propres, plus légers, se détériorent moins.
- Régiment d’Algérie, 1er bataillon. — Ce matériel est absolument supérieur à l’ancien au point de vue de la légèreté, de la propreté, de la résistance et de l’absence d’oxydation.
- Régiment d’Algérie. — Les marmites et gamelles ont été employées journellement depuis le début de la campagne, et cependant aucun de ces objets n’a été signalé comme troué par usure ou par le
- (1) H. Moissan, Sur la présence du sodium dans l’aluminium préparé par électrolyse (Comptes rendus, t. CXXI, p. 794, 1895).
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- feu, accidents qui n’auraient pas manqué de se produire avec des ustensiles en fer battu. Et plus loin : plus de rouille comme avec les objets de campement dont l’étamage disparaît si rapidement; partant plus d’ustensiles troués; plus de mauvais goût des petits bidons.
- l6r chasseurs d’Afrique, 10° escadron. — Les ustensiles en aluminium, en outre de leur légèreté, offrent le sérieux avantage d’être fabriqués d’une seule pièce et par conséquent de ne point présenter les soudures par lesquelles, le plus souvent, se produisent les détériorations et les mises hors d’usage, en particulier, pour les bidons individuels.
- 13° régiment d’infanterie de marine, 2e brigade. — Les ustensiles en service au régiment sont en bon état après quatre mois de colonne et continuent à être employés, alors que l’ancien campement est mis généralement hors d’usage au bout de trois mois au maximum. L’entretien des ustensiles est très facile. On rend rapidement au métal son extérieur poli et brillant en le frottant avec un linge. L’ancien campement, au contraire, ne tardait pas à être noirci, son nettoyage était laborieux et l’on ne pouvait le rendre d’aspect convenable que par des étamages mensuels.
- 2e régiment d’artillerie de marine, 9° batterie. — Les avantages que le campement en aluminium présente sur l’ancien campement en fer battu sont de ne pas s’oxyder et d’être très léger; au point de vue de sa solidité, je crois qu’il offre au moins autant de résistance que l’ancien, seulement il se bosselle plus facilement.
- 13e compagnie du génie, lre brigade. — L’emploi de l’aluminium présente de sérieux avantages principalement au point de vue de la légèreté et de l’entretien des ustensiles.
- Artillerie de marine, 8e batterie de montagne. — Les gamelles et marmites en aluminium pour quatre hommes, dont la batterie se sert depuis le commencement de la campagne, rendent de très bons services et ont l’avantage d’être beaucoup plus légères que les gamelles et marmites en fer battu. Les conditions de solidité paraissent être également remplies, car aucune dégradation n’a été constatée dans les ustensiles en service à la batterie.
- Si l’on veut d’ailleurs se rendre compte de la valeur des gamelles en aluminium, nous devons ^les étudier comparativement avec les objets similaires en fer étamé. Les objets en aluminium ont l’avantage d’être beaucoup plus légers que les objets en fer-blanc. Il nous semble très important de pouvoir diminuer de ce chef la charge du soldat de 800 grammes, ou, dans un moment donné, de pouvoir remplacer cette différence de poids par un poids équivalent de cartouches. Nous ajouterons que ces gamelles, marmites, quarts et bidons ont une autre qualité, celle de supprimer l’étamage, par conséquent d’éviter ces empoisonnements accidentels par le plomb, si bien étudiés par notre confrère M. Armand Gauthier.
- De plus, ils présentent un troisième avantage. Comme l’aluminium ne peut pas se souder, tous ces objets de petit équipement sont fabriqués par estampage avec une seule feuille d’aluminium. Or c’est toujours par les soudures que commençait, en campagne, l’altération des bidons et des marmites.
- Dans une de ces expériences, M. Ditte porte son métal à une température voisine du rouge sombre et peu inférieure au point de fusion de l’aluminium, puis il le trempe dans l’eau froide, ce qui provoque la formation de déchirures. Le fer étamé, dans les mêmes conditions, ne tarderait pas à être impropre à tout service. L’étamage et la soudure seraient fondus, car leurs points de fusion sont bien inférieurs à celui de l’aluminium ; le fer serait mis à nu, et la rouille aurait vite fait de mettre la gamelle hors de service.
- M. Ditte conclut de la façon suivante :
- En résumé, la connaissance des propriétés de l’aluminium et de ses alliages à faible teneur en cuivre permet de se rendre compte des détériorations que subissent, à la température ambiante, en France comme aux colonies, les vases fabriqués avec ces métaux.
- Je ne dois pas citer, dans cette note, les résultats obtenus dans les nombreuses expériences que la Commission a organisées dans les compagnies de chasseurs alpins et dans différentes compagnies d’Algérie, qui ont utilisé d’une façon continue ces marmites et ces gamelles en aluminium. Mais M. Ditte me permettra de lui citer des expériences d’ordre domestique.
- Depuis trois ans, toute ma cuisine est faite dans des casseroles en aluminium. Ces objets sont chauffés l’été sur le gaz et l’hiver sur un feu de charbon de terre. Ces casseroles, qui ont passé par les mains de plusieurs domestiques, sont encore en parfait état de conservation,
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- et je puis assurer à M. Ditte qu’elles ne gardent pas, dans leur intérieur, une couche de matières grasses « qui présente des inconvénients sérieux pour l’hygiène et la propreté». Ces essais ont été répétés du reste par différentes personnes.
- J’ajouterai qu’un grand restaurant de Paris a employé pendant une année de semblables casseroles et qu’il n’a eu qu’à s’en louer.
- Il est certain qu’il se forme à la surface du métal une couche protectrice d’oxyde qui arrête et qui, dans certains cas, limite l’oxydation (1).
- Je sais très bien qu’il ne faut demander à l’aluminium que ce qu’il peut donner. C’est à tort que l’on a parlé de remplacer l’acier ou le laiton par l’aluminium. Certains néophytes trop zélés ont surfait ses propriétés mécaniques ainsi que sa résistance à l’oxydation et, en le baptisant pompeusement du nom de métal de l’avenir, ont été au-devant de nombreuses difficultés. A cet enthousiasme exagéré, a succédé un dénigrement systématique. L’aluminium est devenu le métal de la déception. Il n’a mérité « ni cet excès d’honneur, ni cette indignité ».
- Chaque application de l’aluminium demande une étude spéciale longue et délicate ; mais, parce que les difficultés se présentent, on ne doit pas d’emblée rejeter les applications possibles. Ce métal possède trois grandes qualités : légèreté, innocuité de son oxyde et facilité de travail par estampage. Je voudrais bien savoir si le fer est entré de piano dans nos habitudes. Lorsque ce métal était encore une curiosité, un chimiste de cette époque reculée aurait pu prédire, qu’en comparaison du bronze, et à cause de sa facile oxydabilité, le fer n’aurait jamais d’emploi. Le fer, bien que très oxydable, a cependant rendu quelques services à l’humanité.
- Je suis loin de vouloir comparer l’aluminium au fer, mais j’estime que, pour des emplois spéciaux, nous verrons la consommation de l’aluminium augmenter de plus en plus.
- Pour moi, les conclusions du beau Mémoire d’Henri Sainte-Claire Deville, publié en 1855, sont toujours vraies. Ce grand savant a eu nettement la perception des services que ce méta pourrait rendre lorsqu’il serait devenu un métal usuel.
- Sa densité, si faible qu’elle égale à peine celle du verre, lui assure des applications spéciales. Intermédiaire entre les métaux communs et les métaux précieux, par certaines de ses propriétés, il est supérieur aux premiers dans les usages de la vie domestique par l’innocuité absolue de ses combinaisons, etc.
- Et après avoir établi dans ce mémoire avec quelle facilité le chlorure double d’aluminium et de sodium s’électrolyse en fournissant ce métal, Deville ajoute cette phrase prophétique:
- On doit désirer que l’aluminium soit tôt ou tard introduit dans l’industrie. Il suffira, sans doute, de modifier fort peu les procédés que j’ai décrits pour les rendre applicables à la production économique de l’aluminium.
- La découverte de Deville n’avait plus qu’à attendre, pour devenir industrielle, la découverte de Gramme.
- Après m’être occupé pendant plusieurs années des applications si diverses que l’aluminium peut donner à l’armée et à l’industrie moderne, je suis resté fidèle aux conclusions d’Henri Sainte-Claire Deville.
- (1) Au contraire, une solution saline qui ne dissout pas l’alumine, le sel marin par exemple, ne peut avoir aucun effet sur l’aluminium, et, dès l’instant que l’enduit protecteur peut se produire, les choses se passent comme si l’aluminium ne pouvait décomposer l’eau dans les conditions de l’expérience; mais, on le voit, si cette décomposition n’a pas lieu, c’est en raison d’une cause purement accidentelle, c’est parce qu’il se forme dans ce cas, comme dans beaucoup d’autres, un enduit plus ou moins imperméable, qui, s’opposant au contact du métal avec les liquides qui l’environnent, ralentit considérablement les réactions et peut même les empêcher tout à fait de se produire (Ditte, Comptes rendus, t. CX, p. 784, 1890).
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- scie pour forges Veilgaarcl et Mac Donald.
- Cet appareil a pour objet de permettre de scier ou tronçonner des barres d’une grande longueur : 30 mètres par exemple, au sortir du laminoir, en morceaux de longueurs diverses, et ce en ajustant rapidement l’écartement des différentes scies A, B, G (fig. 13) de la machine, de manière à effectuer ce découpage avec le moins de déchet possible.
- Les barres à découper sont amenées devant les scies A, B, C, D (fig. 1 et 3) par des
- Fig 1 et 2. — Scie Veilf/aard et Mac Donald. Plan et élévation (extrémité de gauche).
- tables de roulement qui les prennent à celle du laminoir, et chacun des bâtis 2 des scies repose sur des glissières 1,1 (fig. 7) sur lesquelles ils se déplacent de la quantité nécessaire pour les différents tronçonnages prévus. Dans chaque appareil, la scie 8, commandée par une poulie n, assez large pour se prêter au déplacement de 2, est montée sur un balancier 6, 4, 5, actionné par le bras 14 et les cylindres hydrauliques 18 et 19, qui reçoivent leur eau motrice des tuyaux 20 et 21, à garnitures mobiles dans es cylindres 22 (fig. 9) fixés aux bâtis 2. Chacun de ces bâtis porte un prolongement 23 (fig. 7) avec guides 24, 25, qui maintiennent la barre au moment du sciage.
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- 60 —' 24
- Fig. 7 et 8 . — Scie Veilgaard et Mac Donald. Détail de la scie de droite (flg. 5).
- Fig. 9 et 10. — Scie Veilgaard et Mac Donald. Plan de la scie de droite (fig. 8).
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- APPAREIL HAMPSON, POUR LIQUÉFIER LE GAZ PAR LE FROID. 617
- Le déplacement des scies sur leurs rails 1, 1 s’opère au moyen d’un cylindre hydraulique 26 (fig. 12) commandant par chaîne les arbres 28 et 28a tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre. Les arbres 28 et 28a commandent par 34 et 34a (fig. 1 et 3a) le déplacement de A et de B, et l’arbre 28a porte un tambour 38 (fig. la et 13) qui, par 39-40, commande le tambour 41 de G, lequel commande, par la chaîne 44, 44, le déplacement de G, puis (fig. 13), par le renvoi 46, 47, 49, 51a, le déplacement de D. En somme, A est (fig. 13) déplacé par 31-28 et B, C, D le sont par 31a-28a, et les diamètres des tambours 31, 33, 37 sont tels que A s’écarte ou se rapproche de D plus vite que B
- Fig. Il, 12 et 13. — Scie Veilgaarcl et Mac Donald. Détail d’un zigzag et schéma de l’ensemble.
- ne s’écarte ou ne se rapproche de G. Les diamètres de 31a, 33, 37, 51 et 51a sont égaux, et plus grands que ceux, aussi égaux, de 33a, 37a, 41 et 41a, et ce, dans un rapport facile à déterminer suivant les tronçonnages que l’on veut exécuter le plus souvent.
- Entre les scies A, B, G, D se trouvent disposées des tables d’avancement 55, 55a, 55b, à galets d’avance 56, et l’espace compris entre chacune de ces tables et les bras 23 est comblé par des zigzags 58, à galets 59 (fig. 12) qui se prêtent aux déplacements des scies.
- Enfin, la dernière scie D porte (fig. 7) un bras 60, commandé, de l’électro-aimant 65, parle renvoi 66, 62, 61, à manchon rainuré sur l’arbre 63, et qui vient servir de taquet à la barre en coupe.
- appareil Hampson pour liquéfier les gaz par le froid
- Dans l’appareil de 1895 (1), le gaz à liquéfier : de l’air, par exemple, comprimé à 120 atmosphères dans une bouteille en acier entrait par 1 (fig. 14) dans le serpentin
- (1) Bulletin d’avril 1896, p. 621.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- de l’échangeur de températures 2-3, se détendait en 4 d’une quantité réglée par la manette 5, puis s’échappait détendu et refroidi par 7, le long du serpentin, pour être repris par le compresseur et refoulé de nouveau en 1.
- Dans l’appareil de 1898, construit par la Brins oxygen C°, de Londres, le serpentin de l’échangeur est le plus serré possible (fig. 17), de manière à réduire au minimum les pertes par rayonnement, tout en présentant une grande surface de contact à l’air aspiré. Dans le type figuré, le serpentin est formé de deux tubes a et bi
- Fig. 14 à 17. — Liquéfacteur Hampson. Fig. 18. — Liquéfacteur Ilampson.
- Détail du récipient.
- de 4 millimètres extérieur, écartés de 0mm,5 : diamètre de l’échangeur 300 millimètres, diamètre intérieur 70 millimètres. La détente se fait presque jusqu’à la pression atmosphérique dans un récipient en verre 1 (fig. 18), avec enveloppe de vide entourée de trois ou quatre cylindres de verre, sur joints de caoutchouc 6, 7, 8, assurant une étanchéité parfaite sans crainte d’accidents par le serrage.
- Pour permettre l’introduction, près du détendeur, d’acide carbonique presque à la température de cet acide solide sans risquer de l’encombrer, on fait arriver de l’acide carbonique liquide par un détendeur auxiliaire 1 (fig. 19) entouré en 2 d’air comprimé un peu moins froid, qui empêche juste la formation de la neige carbonique en 1,
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- TRANSPORTEUR POUR FOINS LOUDEN.
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- puis le mélange, détendu en 3, est filtré de sa neige sur les toiles métalliques 4, d’où il passe par 5, 6, 7, 8, autour du détendeur liquéfacteur d’air. Grâce au refroidissement initial ainsi produit, la liquéfaction de l’air s’effectue très vite : 2litres, paraît-il,
- Fig. 19. — Liquéfacteur Ilampson. Introduction de l’acide carbonique.
- en quelques minutes, et automatiquement, dans un appareil fort simple, peu encour brant, facile à transporter par un homme.
- TRANSPORTEUR POUR FOINS Louden.
- Nous avons déjà décrit quelques-uns de ces appareils, qui rendent de grands services dans les fermes américaines (1). Voici comment fonctionne celui de M. Louden, qui est à la fois robuste, automatique et bien simple.
- Fig. 20. — Transporteur Louden. Détail des déclics.
- Tout l’appareil G est (fig. 20 et 21) suspendu au chariot B par un cercle I, qui lui permet de tourner sous le chariot. Au repos, la corne O' du verrou O O' a? est prise entre les tocs R de la voie, ce qui immobilise le chariot, et les cornes Mm Mm passent sous les taquets P P de O', comme en (fig. 20.) Si l’on tire alors sur la corde de levée K, on soulève L et sa charge jusqu’à ce que L, venant heurter les bras S S de M,
- (1) Bulletin de janvier 1899, p. 91.
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- accrochés en T, les déclenche et les repousse de manière à amener mm en prise avec le bord U de la chape de L et à dégager M M de P O, de sorte que la charge, aussi
- ü 3
- Fig. 21. — Transporteur Louden.
- suspendue par m m U, peut être amenée au point de déchargement. Au retour en R, les pièces reprennent automatiquement la position (fig. 20) par le choc de O sur R, et la manœuvre recommence.
- régulateurs Aspinall Hepburn.
- Ce régulateur est du type oscillant si fréquemment usité aujourd’hui sur les machines à gaz et plus rarement sur les machines à vapeur, où il pourrait néanmoins rendre parfois de grands services, notamment pour éviter les emballements des machines par suite de rupture de l’arbre ou de la courroie, ou, comme à la mer, de la sortie de l’hélice. Le régulateur Aspinall est assez fréquemment adopté en Angleterre pour des machines marines, parmi lesquelles je citerai celles, toutes récentes, de YUtonia (1).
- (1) Revue de mécanique, mars 1879, p. 324.
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- RÉGULATEURS ASPINALL HEPBURN.
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- Fig. 22 à 25. — Régulateur Aspinall.
- Fig. 26 à 29. — Régulateur Hepburn
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- La masse a de ce régulateur, pivotée en c (fig. 22 à 25) sur une glissière b, oscillant avec le piston du moteur, porte une masse auxiliaire a4, dont on peut régler la distance a' c de manière à en faire varier le moment total suivant la vitesse de régime voulu, et elle attaque, par l’étrier a.t et les axes c e, les cliquets g g, pivotés sur b en g!g'.
- Quand la machine s’accélère, la masse «, retardée par son inertie et enclenchée par h, occupe, au commencement de la descente de b, la position figurée, repoussant
- le déclic inférieur g qui, au bas de sa course, passe, malgré le ressort de rappel d, sur l’extrémité du levier, non figuré, de la prise de vapeur, puis, à la montée de b, et rappelé par d, reprend ce levier, le soulève et ferme la prise de vapeur. A la descente suivante de b, le bras A>, heurtant ce levier, déclenche d eh la masse a, qui retombe en retirant le déclic inférieur g et éloignant de b le déclic supérieur, lequel, si la machine a repris sa vitesse normale, rabaisse le levier de la prise de vapeur à sa position normale.
- Quand la machine s’emporte très vivement, le coin k (fig. 22) coulissé dans a,
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- APPLICATION des moteurs mécaniques a la traction des tramways. 623
- passe, à la descente de b et par son inertie, de la position pointillée à la position représentée en traits pleins (fig. 22) dans laquelle il s’enclenche par le loquet k2, derrière la butée fixe ô3, qui, ainsi, maintient a soulevé jusqu’à l’arrêt automatique du moteur.
- M. Hepburn a récemment apporté à ce régulateur deux perfectionnements : 1° le remplacement du poids auxiliaire a2 du type précédent par (fig. 26) une pointe /r, pivotée en ï et appuyée sur a par un ressort réglable en marche par m et la transmission g p (fig. 22); 2° le remplacement du coin k (fig. 22) par (fig. 27) une masse u, pivotée en u', et qui, sous l’action d’un vif emportement du moteur, se dresse sous l’encoche a2 de a et le maintient soulevé.
- CHARGEUR DE HAUT FOURNEAU Slick.
- L’appareil est desservi (fig. 30) par deux voies 8, à chariots 7, tirés par des câbles 5, dont les roues d’avant viennent buter sur les taquets 9 pendant que les chariots basculent avec leurs roues d’arrière guidées par les contre-rails 10, et déversent leur contenu dans la trémie 11, à tube 12, la répartissant uniformément sur le petit cône b. A son tour, le cône b, suspendu par le tube 14 au balancier 17 du cylindre 19, répartit, quand il s’abaisse, sa charge uniformément sur le grand cône B, qui, suspendu par sa tige 21 et par le parallélogramme 27 au balancier 26 du cylindre 30, la répartit uniformément au haut fourneau. C’est un bon exemple-de chargeur rapide et simple.
- APPLICATION DES MOTEURS MÉCANIQUES A LA TRACTION DES TRAMWAYS,
- d’après M. Ziffer.
- M. Ziffer a fait sur ce sujet, à l’assemblée générale de YUnion internationale des tramways, tenue à Genève en 1898, un remarquable rapport, dont voici les conclusions (1) :
- Les voitures à vapeur ont été sensiblement perfectionnées, en ces derniers temps, en Amérique; elles sont prises en considération, notamment, pour les voies d’embranchement aux grandes lignes, ainsi que pour les tramways oii le trafic n’est pas assez important et rémunérateur pour les exploiter par locomotives à vapeur et par trains complets, et où des circonstances locales s’opposent à l’emploi d’autres moteurs et même de la traction électrique. Dans ces conditions, la voiture à vapeur est à recommander. Parmi les moteurs à vapeur en général, le système Serpollet a subi quelques améliorations qui ont eu pour conséquence une plus grande application de ce système, particulièrement en France; mais, néanmoins, il y a encore quelques inconvénients attachés à ce système, que la Société des Générateurs à vaporisation instantanée s’efforce à faire disparaître. Un inconvénient auquel on ne pourra guère remédier, c’est l’emplacement de la chaudière à côté de l’emplacement des voyageurs qui sont incommodés par les émanations de la combustion des gaz, par l’air chaud et par la vapeur s’échappant des cylindres.
- Si l’on parvenait à écarter ces inconvénients, le système Serpollet serait très approprié pour être appliqué non seulement aux tramways de banlieue, mais aussi aux chemins de fer pour desservir le trafic à courte distance par des trains omnibus pour voyageurs, bagages, articles de messageries et pour le service postal. Les essais faits à cet égard avec des voitures à vapeur spécialement construites ne sont pas encore assez avancés pour qu’on puisse porter un jugement sur l’emploi pratique et sur la valeur économique de ces voitures.
- (1) Bulletin de la Commission internationale du Congrès des chemins de fer, avril 1899, p. 537.
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- La locomotive sans foyer n’a pas d’extension d’application à consigner depuis les deux dernières années; les résultats d’exploitation de ce système sont peu favorables; ce mode de traction convient particulièrement pour le trafic des voyageurs dans la banlieue des grandes villes.
- Le système à eau chaude Dodge (dit aussi Kinetic-moteur) est un moteur rentrant dans la catégorie des moteurs sans foyer; il est employé à titre d’essai sur quelques lignes en Amérique et représente sur les autres moteurs de la même catégorie l’avantage d’une plus grande simplicité de construction et de pouvoir transporter, comme voiture, soixante voyageurs.
- I.es essais ne sont pas encore terminés; cependant ce système promet du succès; il y a à attendre encore d’autres résultats d’exploitation que ceux déjà connus.
- L’extension de l’exploitation par Yair comprimé a fait en Europe, dans les deux dernières années, peu de progrès, quoique ce système ait maints avantages; par contre, on fait des efforts en Amérique pour appliquer ce mode de traction spécialement à l’exploitation des chemins de fer aériens, en construisant des locomotives à air comprimé.
- Quant à la valeur de ces locomotives, les opinions sont partagées, faute d’expériences suffisantes.
- L’exploitation par l’air comprimé pourrait, en considération de certains avantages que ce système possède, concourir avec l’exploitation par voiture à vapeur, si elle était plus économique.
- La traction funiculaire no peut être considérée comme entièrement abandonnée; au contraire, elle a été appliquée avec succès en ces derniers temps, en Angleterre, malgré son coût élevé d’établissement, l’usure rapide du câble et les grandes pertes de force par le frottement. Ce mode de traction convient fort bien à cause de la grande capacité de transport qu’il présente et des dépenses d’exploitation relativement peu élevées qu’il occasionne, pour des lignes à grand trafic situées en terrain accidenté.
- Les voitures motrices à gaz, à benzine et à pétrole ont été l’objet de perfectionnements notables, et ce sont surtout les locomotives à gaz construites en ces derniers temps pour tramways et chemins de fer d’ordre inférieur qui méritent une attention particulière, parce qu’avec une plus grande puissance de traction, elles travaillent plus économiquement que les voitures à gaz. Ce système convient notamment pour l’exploitation des tramways de petites villes, ainsi que pour de longues lignes à faible trafic, parce que l’installation est simple et peu coûteuse et que partout on peut obtenir du gaz.
- Le moteur à gaz excite également un certain intérêt en dehors de l’Allemagne, quoiqu’on ne soit pas encore parvenu à éviter entièrement les trépidations désagréables, ainsi que les émanations de gaz pénétrant dans les voitures et incommodant parfois les voyageurs. La traction à moteur de gazoline, système Hoskin, en Amérique, se trouve dans la période d’essai.
- Les voitures à moteur de benzine système Daimler ont été quelque peu perfectionnées, mais les expériences qui en ont été faites aux chemins de fer de l’État wurtembergeois pour le service de banlieue ne sont pas suffisantes pour prononcer un jugement sur leur utilité pratique. Quant aux moteurs à acétylène, ils se trouvent encore dans la période d’essai.
- La traction électrique, sous ces diverses formes, a été améliorée de différentes manières et a fait des progrès assez notables, en sorte que ce système l’emporte sur les autres systèmes sous bien des rapports.
- La traction par accumulateurs, que l’on pourrait considérer comme l’idéal de la traction électrique, est encore dans la période des essais, malgré divers bons résultats déjà obtenus.
- Elle continue à être l’objet du plus grand intérêt, de manière que la solution de la question
- de ce mode de traction ne se fera plus longtemps attendre.
- La traction par trolley est la plus répandue, la moins coûteuse, celle qui a été mise à
- l’épreuve; elle est à recommander au point de vue technique et ne peut être dépassée par la traction par accumulatenrs quant à la capacité de travail. Les considérations esthétiques ne préoccupent plus autant l’opinion publique, vu que l’on commence à s’habituer peu à peu au changement de l’aspect des rues.
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- application des moteurs mécaniques a la traction des tramways. 62o
- Vexploitation électrique à conduite souterraine a fait de nombreux progrès et gagne déplus en plus d’adhérents, de sorte qu’il y a lieu de s’attendre à une extension d’application de ce système malgré son coût d’établissement et d’entretien plus élevé et malgré les irrégularités de service auxquelles il a donné fréquemment lieu.
- Si même les opinions relativement à la valeur pratique de ce système sont partagées, nous devons néanmoins signaler que les expériences faites avec le système Siemens et Halske, à Budapest notamment, avec leur système perfectionné, ont donné des résultats favorables.
- Le système mixte : traction par accumulateurs combinée à la traction par trolley, se trouve des applications de plus en plus nombreuses, et mérite que l’on s’y intéresse tant au point de vue technique qu’au point de vue financier, dans toutes les circonstances où l’installation de la conduite aérienne n’est pas autorisée. D’ailleurs, ce système mixte constitue la transition la plus pratique à l’emploi ultérieur des accumulateurs seuls.
- La combinaison du trolley avec la conduite souterraine est moins à recommander que la combinaison du trolley avec les accumulateurs, parce que les inconvénients de la conduite souterraine ne sont pas compensés par d'autres avantages; d’ailleurs, les résultats des expériences sont insuffisants; en outre, il ne faut pas oublier que l’introduction de la traction par accumulateurs ou d’autres modes de traction rendrait inutile le canal à rainure et que par conséquent les dépenses affectées à son établissement seraient perdues.
- Le système d'adduction de courant au niveau de la rue (canal fermé à conducteur sectionné) présente la difficulté de fermer convenablement un canal encastré dans le pavage de la rue, de façon à le garantir suffisamment contre l’humidité qui pourrait compromettre la sécurité du service d’exploitation ; on s’efforce néanmoins d’améliorer ces systèmes. Les progrès réalisés jusqu’à présent permettent d’espérer que le système des conducteurs sectionnés est appelé à un certain avenir.
- Le système à trois rails (rail central) est, en ce qui concerne son établissement, le moins coûteux de tous les systèmes d’exploitation électrique; il convient aux lignes sur plate-forme indépendante et particulièrement aux lignes aériennes et souterraines; il a donné de bons résultats dans la pratique et trouvera, par des améliorations qui se feront indubitablement, une extension d’application.
- Dire quels sont parmi les moteurs mécaniques ou systèmes de traction dont il a été question dans ce travail, les plus remarquables au point de vue technique et économique pour l’exploitation des tramways et des chemins de fer d’ordre secondaire est encore un problème difficile à résoudre, d’après les expériences que nous venons d’exposer; je considérerais même comme présomptueux de vouloir en tirer des conclusions définitives pour tous les cas. Il faut plutôt reconnaître que cette question ne peut être résolue, pour chaque cas isolé, qu’en pesant soigneusement toutes les circonstances relatives à la construction et à l’exploitation.
- De tout ce qui a été dit, il ressort toutefois incontestablement que le système à conducteur aérien est le plus répandu, aussi bien en Amérique qu’en Europe; qu’il est le plus simple, le plus économique et celui qui a donné dans la pratique les meilleurs résultats jusqu’à présent. Je dois finalement signaler l’automobilisme sur routes comme un complément précieux des chemins de fer locaux et d’ordre inférieur appelé à combler une lacune et à contribuer au développement des moyens actuels de communication propres à exercer une influence bienfaisante sur le trafic des voyageurs et des marchandises,
- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Avril 1899.
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- PROCÈS-VERBAUX
- Séance du 24 Mars 1899
- Présidence de M. A. Carnot, président.
- Correspondance. — M. Collignon, secrétaire, dépouille la correspondance.
- M. Rosset, 8, rue Gracieuse, envoie un pli cacheté concernant un perfectionnement dans la construction des automobiles et motocycles.
- M. F. Ollive, 44, rue Ramey, demande une annuité de brevet pour un perfectionnement à la bobine de Ruhmkorf. (Artséconomiques.)
- M. Bomriol, 27, rue de Créteil, à Alfort, demande une annuité de brevet pour une nouvelle forme de chaussures. (Arts économiques.)
- M. Boucand, 13, rne de la Renaissance, à Bordeaux, présente un avertisseur des incendies occasionnés à bord des bâtiments par la combustion spontanée de la houille. (Arts mécaniques.)
- M. Cacheux, président de la Société d'enseignement professionnel et technique' des pèches maritimes, présente plusieurs ouvrages relatifs à cet enseignement, et demande, pour son œuvre, le concours de la Société d’Encouragement. (Comité du Commerce.)
- Correspondance imprimée. — M. Collignon présente au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages mentionnés à la page 504 du Bulletin de mars, parmi lesquels il signale tout particulièrement l’ouvrage de M. Claude Coidiin, sur la Propriété industrielle, artistique et littéraire, qui est renvoyé au Comité du Commerce.
- Nomination d’un membre de la Société. — M. Chadeffaud (Marcel), directeur des forges de Gueugnon, présenté par M. Jordan, est nommé membre de la Société.
- Notice nécrologique. —M. Huet Ml, au nom du Comité des Constructions et Beaux-Arts, sa notice nécrologique sur M. Schlemmer, reproduite en tête du Bulletin de mars.
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- PROCÈS-VERBAUX.
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- Conférence. — AL L.-E. Ber tin fait une conférence sur les Machines marines.
- M. le Président félicite et remercie vivement M. Berlin de sa très intéressante conférence, qui sera insérée au Bulletin.
- Séance du 14 Avril 1890.
- Présidence de M. A. Carnot, président.
- Correspondance. —AI. Collignon, secrétaire, dépouille la correspondance.
- M. Ducretel appelle l’attention de la Société sur les expériences exécutées par lui, à Paris, sur la télégraphie sans fils. (Arts économiques.)
- AI. Abraham envoie les rapports de MM. Poux et Calmetle sur l’application, faite à Lille, de son procédé pour la stérilisation des eaux par l'ozone. (Arts économiques.)
- AI. Hélouis dépose un pli cacheté relatif à des recherches chimiques et thérapeutiques sur le vanadium, exécutées en collaboration avec M. le Dl Delarue.
- M. Martial (Jacob), 15, rue des Immeubles-Industriels, présente à l’appréciation de la Société un chasse-clou automatique, une machine rotative et un classeur. (Arts mécaniques et économiques.)
- Al. A. Béghin, 50, rue du Tilleul, Roubaix, présente une nouvelle règle à calcul. (Arts mécaniques.)
- M. F. Zierer, président du Congrès international pour l’examen des conditions d’hygiène et de production dans les manufactures textiles, qui s’ouvrira à Rouen, le 1er mai 1899, demande à la Société de s’y faire représenter. (Bureau.)
- M. De laurier soumet à l’appréciation de la Société un moteur à vapeur universel. (Arts mécaniques.)
- M. H. Miller, de Hazebrouck (Nord), envoie une lanterne de bicyclette à acétylène. (Arts économiques.)
- M. E. Pouilletpxi\o\Q les statuts de l'Association française pour la protection de la propriété industrielle.
- AI. Gruet, 51, rue de l’Echiquier, demande une seconde annuité de brevet pour son système de tramways électriques.
- M. J.-W. Post, ingénieur à Utrecht, présente ses traverses métalliques pour chemins de fer. (Constructions et Beaux-Arts.)
- M. J. Jadot, 28, boulevard Diderot, demande une annuité de brevet pour une nouvelle fabrication du paillon. (Arts chimiques.)
- Correspondance imprimée. — AI. Collignon présente au Conseil, avec remerciements aux donateurs,les ouvrages mentionnés à la page 666 du présent Bulletin.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- AVRIL 1899.
- Rapports des comités. — Sont lus et approuvés les rapports suivants :
- Au nom du Comité des Arts économiques :
- Rapports de M. Violle sur les Appareils de mesures électriques de MM. Chauvin et Arnoux ; le Générateur dé acétylène de M. Bordier et le Traité d’électricité industrielle de M. Du g remont f p. 518 du présent Bulletin).
- Au nom du Comité des Arts chimiques :
- Rapports de M. de Luynes sur l’ouvrage de M. Larchevêque : sur la Porcelaine dure et de M. Jordan sur le Traité de métallurgie du capitaine Gages (p. 521 et 522).
- Au nom du Comité dé Agriculture :
- Rapport de M. Linclel sur le Laceur-épierreur de blés de M. Boutet (p. 526).
- Au nom du Comité de Mécanique :
- Rapport de M. E. Bourdon sur les Elévateurs pneumatiques de M. E. D. Farcot (p. 513).
- Communications. — Sont présentées les communications suivantes, de :
- M. Thomas. Le Visco'ide et ses applications.
- M. Germain. Le Téléphone haut parleur.
- M. Barbier. L’Éclairage et le Chauffage à h alcool.
- M. le Président remercie MM. Thomas, Germain et Barbier de leurs très intéressantes communications, qui seront renvoyées aux Comités des Arts chimiques et économiques.
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- PROGRAMME DES PRIX
- PROPOSÉS PAR LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’INDUSTRIE NATIONALE A DÉCERNER DANS LES ANNÉES 1899 ET SUIVANTES
- GRANDES MEDAILLES
- La Société décerne chaque année, sur la proposition de l’un des six comités du Conseil, une médaille en or portant l’effigie de l’un des plus grands hommes qui ont illustré les arts ou les sciences, aux auteurs, français ou étrangers, des travaux qui ont exercé la plus grande influence sur les progrès de F industrie française, pendant le cours des six années précédentes.
- Ces grandes médailles seront distribuées dans l’ordre suivant :
- A l’effigie
- 1900. Arts économiques..........(l’Ampère.
- 1901. Commerce..................de Chaptal.
- 1902. Arts mécaniques...........de Prony.
- A l’effigie
- 1903. Arts chimiques..........de Lavoisier.
- 1904. ArchitectureetBeaux-Arts. de Jean Goujon.
- 1903. Agriculture................ . de Thénard.
- Dans les années précédentes, ces médailles ont été décernées, savoir : en 1868, pour le commerce, à M. F. de Lesseps; — en 1870, pour la chimie, à M. B. Sainte-Claire Deville; — en 1872, pour l’agriculture, à M. Boussingault ; — en 1873, pour la physique et les arts économiques, à sir Charles Wheatstone ; — en 1873, pour le commerce, à M. Jacques Siegfried; — en 1876, pour les arts mécaniques, à M. H. Giffard; — en 1877, pour les arts chimiques, à M. Walter Weldon; — en 1880, pour l’architecture et les beaux-arts, à M. Ch. Garnier, architecte; — en 1882, pour les arts économiques, à M. Gaston Planté;— en 1883, pour le commerce, à la Chambre de commerce de Paris; — en 1884, pour les arts mécaniques, à M. Joseph Farcot; — en 1883, pour la chimie, à M. Michel Perret; — en 1886, pour les beaux-arts, à M. Barbedienne; — en 1887, à M. Gaston Bazille, pour l’agriculture ;— en 1888, àM .Émile Baudot, pour les arts économiques;
- — en 1889, pour le commerce, à la Société de Géographie commerciale de Paris;
- — en 1890, pour les arts mécaniques, à M. Pierre-André Frey; — en 1890 (hors tour), pour les arts économiques, à M. Gramme; — en 1891, pour les arts chimiques, à M. Solvay; — en 1892, pour les constructions et beaux-arts, à M. Froment-Meurice ; — en 1893, pour l’agriculture, à M. Lecouteux ;—en 1894, pour les arts économiques, à Lord Kelvin; — en 1893, pour le commerce, au Comité de l’Afrique française; — en 1896, pour les arts mécaniques, à M. Kreutzberger ;—en 1897, pour les arts chimiques, à M. Osmond; — en 1898, pour les beaux-arts, à M. Paul Marne.
- GRAND PRIX DU MARQUIS D’ARGENÏEUIL
- Le marquis d’Argenteuil a légué à la Société d’Eneouragement une somme de 40 000 francs pour la fondation d’un prix qui doit être décerné, tous les six ans, à
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- l’auteur de la découverte la plus utile au perfectionnement de l’industrie française, principalement pour les objets dans lesquels la France ri aurait point encore atteint la supériorité sur iindustrie étrangère, soit equant à la qualité, soit quant aux prix des objets fabriqués.
- Le prix de 12 000 francs, ainsi fondé, a été décerné, en 1846, à M. Vicat, pour ses travaux sur les chaux hydrauliques; — en 1852, à M. Chevreul, pour ses travaux sur les corps gras; — en 1858, à M. Heilmann, pour sa peigneuse mécanique; — en 1864, à M. Soref pour la galvanisation du fer; — en 1870, à M. Champenois, pour l’organisation des distilleries agricoles; — en 1880, à M. Poitevin, pour ses découvertes en photographie; — en 1886, à M. Lenoir, pour son moteur à gaz et l’ensemble de ses inventions; —en 1892, àM. Bérthelot, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, pour ses remarquables travaux, qui ont puissamment contribué aux progrès des industries chimiques.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1904.
- GRAND PRIX DE LA SOCIÉTÉ
- La Société d’Eneouragement décerne, tous les six ans, un grand prix de 12 000 francs à l’auteur de la découverte la plus utile cl Vindustrie française. Ce prix alterne avec celui qui a été fondé par le marquis d’Argenteuil.
- Il a été décerné, en 1873, à M .Pasteur, pour ses travaux sur l’éducation des vers à soie, sur la conservation des vins et sur la fabrication de la bière et du vinaigre; — en 1883, à M. Faucon^ pour le traitement par submersion des vignes;
- — en 1889, à M. Benjamin Normand, pour l’ensemble de ses travaux mécaniques ;
- — en 1895, à M. Lippmann pour sa découverte de la photographie des couleurs. Il sera décerné de nouveau, s’il y a lieu, en 1901.
- PRIX POUR LE PERFECTIONNEMENT DE L’INDUSTRIE COTONNIÈRE
- Les exposants de la classe 27, à l’Exposition universelle de 1867, sur l’initiative de M. ustave Roy, ont donné à la Société d’Eneouragement une somme de 13 169 fr. 85 pour la fondation d’un prix qui sera délivré, xous les six ans, à celui qui aura contribué le plus efficacement au développement ou aux progrès de l’industrie cotonnière en France.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1901.
- PRIX POUR LE MATÉRIEL DU GÉNIE CIVIL ET DE L’ARCHITECTURE
- Les exposants de la classe 65, à la même Exposition universelle, sur l’initiative de M. Elphège Raude, ont donné à la Société d’Eneouragement pour l’in-
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- du s trie nationale une somme de 2 315 fr. 75 c. pour fonder un prix qui sera décerné, tous les cinq ans, à Vauteur des perfectionnements les plus importants au matériel et aux procédés du génie civil, des travaux publics et de l architecture.
- Ce prix consiste en une médaille d’or de 500 francs; il sera décerné, s’il y a lieu, en 1900.
- PRIX FOURCADE, POUR LES OUVRIERS DES FABRIQUES DE PRODUITS CHIMIQUES
- Les exposants de la classe il, à l’Exposition universelle do 1878, sur l’initiative et avec la coopération deM.Fourcade, ont fondé, auprès de la Société (l’Encouragement pour l’industrie nationale, un prix de 1 000 fr. qui sera remis chaque année, en séance publique de cette Société, au simple ouvrier des exposants de la classe 47 ayant le plus grand nombre d’années consécutives de service dans la meme maison.
- Ce prix est décerné tous les ans ; il est de 1 000 francs.
- PRIX DE LA CLASSE 50 A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1867
- Les exposants de cette classe, sur l’initiative du baron Thénard, ont donné à la Société d’Encouragementune somme de 6 326 fr. 80 c. pour la fondation d’un prix qui sera accordé à l’auteur du perfectionnement le plus important apporté dans le matériel des usines agricoles et des industries alimentaires.
- PRIX PARMENTIER
- Les exposants delà classe 50 à l’Exposition universelle de 1889 ont donné à la Société d’Encouragement, sur l’initiative de M. Aimé Girard, une somme de 9 846 fr. 75 c. pour la fondation d’un prix triennal de 1 000 francs, destiné à récompenser les recherches scientifiques ou techniques susceptibles d’améliorer le matériel ou les procédés des usines agricoles et des industries alimentaires.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1902.
- Prix biennal Meynot aîné père et fils, de Donzère [Drôme], de la valeur de 1 200 francs, provenant du don de M. Meynot aîné père et fis.
- Ce prix sera attribué s’il y a lieu comme l’indique le tableau p. 632.
- 1° A celui qui aura inventé ou perfectionné un instrument ou une machine propre à la moyenne ou à la petite culture.
- L’invention ou le perfectionnement devra avoir pour résultat de réaliser une amélioration notable et avantageuse soit dans la préparation des terres, soit
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- dans le traitement des plantes et des animaux, soit encore dans les manipulations, des produits de l’exploitation.
- Ce prix pourra être encore attribué à celui qui aura introduit soit un procédé perfectionné de culture, soit un végétal ou un animal nouveau propres à accroître les profits de la petite ou de la moyenne culture.
- 2° Au cultivateur, viticulteur ou maraîcher qui, cultivant son bien ou le bien d’autrui en qualité de colon à mi-fruits ou à prix d’argent, avec les bras de sa famille, soit seul, soit avec un ouvrier au plus, donnera le meilleur exemple par sa conduite, son assiduité au travail, par l’ordre dans son ménage et qui, par l’application des meilleures méthodes de culture et de l’outillage le plus perfectionné, aura réalisé les meilleurs résultats dans sa petite exploitation.
- Ce prix aura une certaine importance, il constituera une petite fortune pour celui qui l’obtiendra, et fera bénir le bienfaiteur par les familles laborieuses du pays.
- La Société joindra à la récompense pécuniaire une médaille d’argent qui en perpétuera le souvenir dans les familles.
- Pour atteindre le but et empêcher le prix d’aller à de gros cultivateurs, il faudra tenir la main à ce que les concurrents soient ceux qui cultiveront leur bien avec leurs bras, seuls ou avec l'aide d'un ouvrier au plus (homme ou femme).
- SUCCESSION DES PRIX
- Prix en 1901, pour petite culture : dans l’Isère.
- — 1903, — invention agricole : dans toute la France.
- Au cas où aucun concurrent ne serait jugé digne de la récompense aux époejues fixées, le concours sera remis d’année en année, jusqu’à ce qu’un mérite suffisant se soit produit.
- En cas de non-attribution, le montant du prix fera retour au capital pour accroître la valeur du prix à distribuer ultérieurement.
- Les concurrents devront se faire inscrire avant le 1er janvier de l’année du concours.
- PRIX MELSENS
- (ARTS ÉCONOMIQUES)
- Mme veuve Melsens, voulant perpétuer la mémoire de M. Melsens, son mari, a donné à la Société une somme de 5 000 francs, pour fonder un prix destiné à récompenser l’auteur d’une application de la physique ou de la chimie à l’électricité, à la balistique ou à l’hygiène.
- Ce prix, de la valeur de 500 francs, est triennal. Il sera décerné en 1902.
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- PRIX SPÉCIAUX PROPOSÉS ET MIS AU CONCOURS
- POUR ÊTRE DÉCERNÉS DANS LES ANNÉES 1899 ET SUIVANTES
- ARTS MÉCANIQUES
- 1° Prix de 2000 francs pour un moteur d’un poids de moins de 50 kilogrammes par cheval de puissance. — La puissance est effective et mesurée au frein sur l’arbre de couche.
- Le poids est celui de l’appareil moteur complet, y compris, s’il y a lieu, la chaudière, les volants, la tuyauterie, les outils de service et autres accessoires, les approvisionnements pour une marche à pleine puissance pendant deux heures au moins, et les récipients contenant ces approvisionnements. Le moteur devra être produit tout prêt à fonctionner; il sera soumis à des essais sous le contrôle de la Société d’Encouragement; le fonctionnement devra être sûr et régulier. L’agent moteur pourra être quelconque : vapeur, gaz, électricité, etc.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1901.
- 2° Prix de 2000 francs pour une étude des coefficients nécessaires au calcul mécanique d'une machine aérienne.
- Depuis quelques années, grâce aux travaux de MM. Krebs, Renard, Tissandier et autres savants aéronautes, la science de la navigation aérienne a fait des progrès considérables. Sans que le problème de la direction des navires aériens ait encore reçu une solution entièrement pratique, il semble que le moment ne soit plus bien éloigné où il sera possible à l’homme de se soutenir et de se diriger dans les airs : la question, on peut le dire, touche à sa maturité, car les études antérieures ont défini à la fois ce qu’il faut chercher et dans quel sens il'faut chercher. On sait aujourd’hui que le problème rentrerait dans la catégorie de ceux que résolvent chaque jour les mécaniciens, si l’on était en possession à la fois d’un moteur très puissant et très léger, et de données et coefficients numériques permettant de calculer l’intensité des réactions qui s’exercent entre une surface mobile et l’air dans lequel elle est en mouvement.
- Le Conseil de la Société a pensé que le moment était venu d’aborder enfin ces questions", et c’est pour en hâter la solution qu’il propose, outre le prix précédent des moteurs légers, le prix ci-après :
- Il s’agit de recherches ayant pour objet la détermination des réactions qui se produisent aux divers points d’une surface se mouvant dans l’air, dans les circonstances variées que peut offrir le problème de la navigation aérienne; les
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- principales de ces circonstances sont : l’étendue de sa surface, sa nature, sa forme, sa vitesse, la nature de son mouvement, etc. L’étude aura un caractère essentiellement expérimental; les calculs théoriques ne seront pas exclus, mais en tant seulement qu’ils ne comporteront rien d’hypothétique.
- Le prix sera délivré, s’il y a lieu, en 1900.
- ‘1° Prix de 2 000 francs pour un petit moteur destiné à un atelier de famille, fonctionnant isolément ou rattaché à une usine centrale.
- On a souvent signalé l’intérêt qu’il y aurait, pour le petit fabricant en chambre, à se procurer commodément et à bon marché, toutes les fois qu’il en aurait besoin, la petite quantité de travail pour laquelle il a ordinairement recours à l’assistance momentanée d’un tourneur de roue.
- Un prix est proposé, dans ce but, pour un moteur à arbre rotatif, pouvant mettre à peu de frais, à la disposition de l’ouvrier en chambre, un travail de 6 à 20 kilogrammètres par seconde. Les dispositions proposées devront permettre de faire varier, entre ces limites, la puissance disponible, sans présenter de trop grands écarts dans le rendement; et, s’il est possible, elles devront se prêter aux vitesses les plus convenables, suivant la nature de l’opération à effectuer.
- La solution de cette question aurait pour conséquence de favoriser le travail en famille.
- La Société a décerné quatre fois ce prix : la première fois, à un moteur hydraulique utilisant l’eau des conduites d’une ville; la deuxième, à un moteur à vapeur; la troisième, à un moteur à gaz; et la quatrième, à un système de transmission de force à domicile. Elle désirerait voir varier la forme et le mode d’action des moteurs qui peuvent recevoir des applications du même genre, et elle a maintenu ce prix au concours pour 1900.
- |° Prix de 2000 francs pour mie étude sur la production des machines-outils
- façonnant les métaux.
- Cette étude devra porter sur des machines d’une application générale, telles que tours, fraiseuses, raboteuses. On pourra la limiter à une catégorie seulement de ces appareils. Elle devra indiquer, pour chaque machine étudiée, le poids de métal enlevé, en un temps déterminé, dans un travail de dégrossissage aussi simple que possible, tel que le tournage d’un cylindre. Le métal travaillé sera un acier doux de qualité bien définie. On donnera tous les détails utiles sur les machines essayées, sur les outils coupants employés, sur la vitesse, la prise, le serrage. 11 sera bon, si on le peut, de mesurer la puissance motrice consommée.
- Les observations relatives à un type d’appareils seront d’autant plus intéressantes qu’elles porteront sur un plus grand nombre de machines.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1900.
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- 5° et 6° Deux Prix de 2 000 francs chacun, relatifs à la locomotion automobile
- sur routes.
- Les concours qui ont lieu depuis deux ans'montrent que la locomotion automobile sur roules et sans rails a pris en France une grande extension,
- Le Conseil de la Société pense qu’il y a lieu d’encourager autant qu’il le peut cette industrie essentiellement nationale et propose les deux prix ci-après :
- 1° Premier prix de 2000 francs, applicable à la locomotion automobile sur routes dans les villes.
- La voiture devra porter deux ou un plus grand nombre de personnes; elle sera en état de monter, à la vitesse de 6 kilomètres à l’heure, des rampes de 12 centimètres paramètre; elle ne rejettera dans l’atmosphère ni vapeur, ni fumée, ni gaz délétère ou de mauvaise odeur. La voiture sera électrique, à air comprimé, à gaz ou de tout autre système répondant aux conditions précédentes.
- Elle pourra s’approvisionner de force dans des stations répandues en divers points de la ville et devra, avec une charge, être en état de fournir un parcours de 40 kilomètres.
- 2° Deuxième prix de 2000 fr., applicable à la locomotion automobile en campagne.
- La voiture devra porter deux ou un plus grand nombre de personnes ; elle sera en état de monter, à la vitesse de 6 kilomètres à l’heure, des rampes de 15 centimètres par mètre.
- La machine ne devra nécessiter, pour sa marche, que des matières se trouvant dans toutes les villes, telles que coke, pétrole, essence, charbon, etc. Elle n’aura pas besoin de s’alimenter dans des stations de production de force.
- Pour les deux prix précédents, il ne sera tenu compte que des voitures réellement construites et ayant déjà fourni un certain parcours. Les projets ne seront pas examinés. La voiture devra offrir, dans sa machine ou sa transmission, une nouveauté de l’invention de l’ingénieur qui la présente. Le Conseil de la Société d’Encouragement pourra faire les essais qui lui conviendront pour s’assurer de la facilité d’entretien de la machine, de la voiture, de son obéissance et de sa flexibilité, et aussi du prix de revient du kilomètre parcouru.
- Ces prix seront délivrés, s’il y a lieu, en 1901.
- ARTS CHIMIQUES
- 1° Prix de 1000 francs pour /’utilisation des résidus de fabrique.
- Il fut un temps où les chimistes rejetaient, comme inutile et sans objet, le résidu, le caput mortuum de leurs opérations.
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- Certaines industries en sont encore à cette période où les résidus de leurs travaux demeurent sans emploi et deviennent, par leur importance, l’occasion de troubles pour l’hygiène publique ou de lourdes dépenses et de grandes gênes.
- Tout emploi utile de ces matériaux dégrèverait d’une charge les industries qui les produisent, et réduirait d’autant le prix de revient de leurs produits au profit du consommateur.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1901.
- 2° Prix de SOOO francs 'pour une publication utile à Vindustrie chimique ou métallurgique (traités, mémoires).
- Les progrès rapides de l’industrie font que les traités technologiques cessent, peu de temps après leur publication, d’être au courant des plus récents perfectionnements. La publication de semblables traités présente un grand intérêt pour les industriels qui ne peuvent se tenir au courant des progrès réalisés que par la lecture de mémoires dispersés de tous côtés, et difficiles à se procurer.
- A côté des traités purement descriptifs, où l’énumération des recettes et procédés particuliers à chaque industrie tient une place prépondérante, il est une catégorie d’ouvrages plus utiles encore au progrès de l’industrie, et dont la publication ne saurait être trop encouragée. Ce sont les traités qui font surtout connaître les principes et les méthodes scientifiques des divers procédés industriels, c’est-à-dire montrent comment ces procédés peuvent se déduire de quelques faits plus simples et plus généraux, susceptibles de mesures précises, tels que réactions chimiques, propriétés physiques, dont les expériences de laboratoire ont permis l’étude rationnelle. — La publication d’un traité de chimie métallurgique résumant les travaux parus sur ce sujet dans ces vingt dernières années rendrait les plus grands service^ à l’industrie française.
- La Société d’Encouragement propose, pour de semblables publications, un prix de 2 000 francs, qu’elle se réserve de diviser. Il ne sera accordé de récompense qu’aux ouvrages d’un mérite réel, dont les auteurs auront fait preuve d’une compétence spéciale sur les sujets qu’ils traitent.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1900.
- 3° Prix de 2000 francs pour une étude expérimentale des propriétés physiques ou mécaniques d’un ou plusieurs métaux ou alliages choisis parmi ceux qui sont d’un usage courant.
- La plupart des procédés industriels reposent sur l’utilisation de certaines propriétés des corps (coefficient de dilatation, ténacité, malléabilité, fusibilité, etc.) dont le rôle est généralement connu d’une façon purement qualitative. Il serait très important de posséder des mesures précises de ces diverses grandeurs, qui
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- permettent d’apprécier exactement leur influence individuelle. Pour ne citer qu’un exemple, on sait que, dans le moulage de la fonte, l’une des plus grandes difficultés que l’on rencontre provient du retrait du métal; or, aujourd’hui, l’on ne possède aucune donnée précise sur la loi de dilatation de la fonte et, même les expériences capitales de Gore, sur les changements brusques de volume que les fers, aciers ou fontes éprouvent au rouge, n’ont pas été reprises, et sont complètement tombées dans l’oubli.
- La Société espère que la création d’un prix de 2 000 francs encouragera les recherches dans cette voie. Elle se réserve de partager le prix ou de n’en accorder qu’une partie suivant la valeur des travaux qui lui seront soumis.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1902.
- 4° Deux Prix de 500 francs chacun,pour clés recherches scientifiques de chimie, dont les résultats seront jugés de nature à être utiles à Vindustrie.
- tLes recherches doivent avoir un caractère exclusivement scientifique. Leurs auteurs ne sont pas tenus d’avoir réalisé les applications pratiques qu’ils peuvent entrevoir comme résultant de leurs observations; mais il leur est recommandé de faire porter leurs mesures sur les réactions ou sur les propriétés des corps dont la connaissance peut intéresser telle ou telle des industries chimiques.
- Ces prix seront décernés, s’il y a lieu, en 1900.
- S° Prix de 2 OOO francs pour de nouveaux progrès réalisés dans la fabrication du chlore.
- La fabrication de la soude suit, en ce moment, une grave transformation. Au procédé de Le Blanc, tend à se substituer, de tous côtés, le procédé de fabrication qui repose sur la décomposition à froid du chlorure de sodium par le bicarbonate d’ammoniaque.
- L’exploitation de ce procédé, tentée déjà à plusieurs reprises, et notamment en 1855, par MM. Schlœsing et Rolland, a, depuis quelques années, pris rang définitivement parmi les grandes industries chimiques, et, dès à présent, elle livre au commerce des quantités de sel de soude dont le prix de revient est, dans une large mesure, inférieur au prix de revient de la soude fabriquée par le procédé Le Blanc.
- Cependant, le développement de cette nouvelle industrie se trouve forcément limité parla nécessité, pour la fabrication des produits chimiques, de fournir aux arts non seulement le sodium, mais encore le chlore que le sel contient. En effet, tandis que, dans le procédé Le Blanc, le manufacturier, par la production du sulfate de soude et de l’acide chlorhydrique, utilise ces deux éléments, on voit, dans tes procédés à l’ammoniaque, tout le chlore évacué à l’état de résidus, et généra-
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- lementsousla forme de chlorure de calcium. D’où résulte, d’uue façon nécessaire, et dans une mesure fixée par les besoins du blanchiment, de la papeterie, etc., la conservation actuelle du procédé ancien en face du procédé nouveau.
- Il en serait autrement si, résolvant un problème jusqu’ici considéré comme insoluble, la fabrication des produits chimiques parvenait à retirer, des résidus laissés par la fabrication de la soude à l’ammoniaque, le chlore que ceux-ci emportent à l’état inutile. Complétés par cette découverte, les procédés à l’ammoniaque exerceraient une influence de premier ordre sur la valeur des produits chimiques de grosse fabrication, qui, pour nombre d’industries, sont de véritables matières premières, en même temps que la salubrité publique trouverait tout avantage à la suppression de résidus, que, jusqu’ici, les manufacturiers sont obligés d’évacuer dans les cours d’eau.
- La Société d’Encouragement, préoccupée des conséquences importantes qu’entraînerait l’utilisation de ces résidus, propose un prix de 1 000 francs pour celui qui parviendra à en retirer industriellement le chlore qu’ils contiennent.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1901.
- 6° Prix de 1 OOO francs pour la découverte d'un nouvel alliage
- utile aux arts.
- La plupart des alliages employés dans l’industrie sont connus depuis longtemps. Cependant, de nouveaux métaux ont été découverts, et l’un d’eux, l’aluminium, a fourni un bronze doué de*qualités extraordinaires, dont les arts et les beaux-arts tireront un parti considérable, lorsque son prix de revient le rendra accessible aux emplois communs de la vie.
- Le bronze d’aluminium, éminemment malléable et ductile, partage avec le fer et l’acier la propriété de se laisser forger à chaud et de pouvoir être soudé. Fusible à une température élevée, il se prête à tous les travaux de moulage. Il résiste mieux à l’air et aux agents d’oxydation que les bronzes ou laitons anciennement connus.
- Pourquoi les métaux nouvellement connus ne seraient-ils pas susceptibles de fournir aussi des alliages doués de qualités spéciales dignes de l’attention de l’industrie? Ce sont des études à entreprendre et des essais à tenter : la Société, en les provoquant, tiendra compte, du reste, de tout travail exact, faisant connaître les propriétés des alliages anciens ou nouveaux, lors même que leurs auteurs n’auraient pas trouvé l’occasion de faire sortir de leurs recherches de nouvelles applications industrielles.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1901.
- 7° Prix de 2 000 francs pour une étude scientifique de la combustion dans les fours chauffés par gazogènes.
- Depuis les travaux classiques d’Ebelmen sur l’emploi des combustibles gazeux, il n’a été fait en France aucune recherche d’ensemble sur un sujet si
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- important. Ce mode de chauffage, actuellement appliqué dans les industries les plus variées, est appelé à prendre un développement de jour en jour plus grand, et à se substituer complètement au chauffage direct par grille. Les analyses de gaz qui ont été faites, quoique très nombreuses, présentent généralement peu d’intérêt. Elles sont toujours incomplètes, un des éléments importants, l’eau, n’étant jamais dosé ; elles se rapportent à des gaz dont les conditions de production ne sont pas spécifiées, et un grand nombre d’entre elles ne présentent aucune garantie d’exactitude.
- Il serait très important d’avoir une série d’analyses complètes, se rapportant à des gaz obtenus dans des conditions parfaitement déterminées, comme composition chimique du combustible solide, poids d’eau vaporisée sous la grille, durée de séjour des gaz au contact du charbon, température du gazogène. Des analyses des produits de la combustion devraient être faites parallèlement, en les rapprochant de la durée de séjour des flammes dans les fours, de la température de ce dernier, de la vitesse relative d’arrivée des gaz et des sections et positions relatives des carneaux d’émission. ,
- De semblables données numériques seraient très utiles à l’industrie, en faisant connaître par avance les résultats que l’on peut attendre d’un combustible donné, et plus encore en faisant ressortir la nécessité absolue des analyses fréquentes de gaz pour la conduite des gazogènes, — analyses dont l’utilité pratique est loin d’être admise comme elle devrait l’être.
- La Société d’Encouragement propose, pour une semblable étude, un prix qui pourra s’élever à 2 000 francs. On attachera moins d’importance au nombre des résultats d’expérience obtenus qu’à la précision des analyses, et au soin avec lequel les conditions déterminantes des phénomènes auront été mises en évidence.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1902.
- 8° Prix de 2 000 francs pour une étude scientifique d'un procédé industrie dont la théorie est encore imparfaitement connue.
- Un grand nombre d’industries se développent d’une façon purement empirique; les procédés permettant d’obtenir un résultat donné sont connus souvent bien longtemps avant qu’on ne soupçonne la nature ou renchaînement des phénomènes mis en jeu. Leur connaissance exacte présenterait pourtant un grand intérêt au point de vue industriel, en réduisant le nombre des tâtonnements nécessaires pour arriver à réaliser de nouveaux perfectionnements.
- La Société propose un prix de 2 000 francs pour le meilleur travail qui lui sera soumis; elle se réserve de partager le prix, ou même d’en différer l’attribution. Les mémoires les plus intéressants pourront être publiés en entier, ou par extrait, dans les bulletins de la Société.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1900.
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- 9° Prix de 2000 francs pour une étude sur la dilatation, l'élasticité et la ténacité des pâtes et couvertes céramiques.
- Les differents produits céramiques présentent, au point de vue de la solidité, des qualités bien différentes. Les porcelaines et les grès peuvent être environ dix fois plus résistants que les terres cuites et faïences communes; l’addition de fondants à la pâte des faïences fines leur donne, à ce point de vue, une situation intermédiaire entre les produits extrêmes. Des mesures précises de résistance à l’écrasement, à l’arrachement ou à la flexion de ces divers produits seraient évidemment très utiles, si elles étaient rapprochées de la nature et de la proportion des éléments constitutifs des pâtes, et de leur température de cuisson.
- L’accord des pâtes et des couvertures est un des problèmes les plus délicats de la céramique; ce n’est actuellement que par des tâtonnements indéfiniment prolongés, et partant très coûteux, que l’on arrive à quelques solutions particulières plus ou moins satisfaisantes. Ainsi, pour arriver à reconstituer la véritable porcelaine chinoise, il n’a pas fallu moins de trente années de travail. Il semble que la connaissance exacte des coefficients de dilatation et des limites d’élasticité de pâtes et de couvertes de nature déterminée, en permettant de réduire le nombre des essais analogues, serait d’un grand secours pour le perfectionnement de notre industrie céramique.
- Enfin, la mesure de la dureté des couvertes présente également un intérêt incontestable.
- La Société d’Encouragement propose, pour une semblable étude, un prix qui pourra s’élever à 2 000 francs, et qui sera décerné, s’il y a lieu, en 1901.
- 10° Prix de 2 OOO francs pour une étude scientifique des propriétés physiques
- et mécaniques des verres.
- La composition chimique des verres varie avec les usages auxquels ils sont destinés. Ce ne sont pas seulement la considération de l’abaissement du prix de revient d’une part, et celle de l’éclat, de la transparence, d’autre part, qui motivent ces variations de composition. Les conditions variées de travail et d’emploi du verre exigent des qualités également variées. D’une façon générale, le verre doit prendre une fluidité telle que l’affinage soit complet, le dégagement des bulles gazeuses parfaitement assuré. En outre, pour la gobeleterie, il faudra un verre restant longtemps malléable, et pouvant se travailler jusqu’à une température relativement assez basse ; pour les bouteilles à champagne, il faut un verre résistant et peu altérable; pour les émaux, il faudra des verres ayant une élasticité considérable, leur permettant de se prêter aux dilatations inégales des corps qui les supportent.
- Ces diverses qualités sont susceptibles, les unes de mesures rigoureuses, les autres de mesures approchées, dont la connaissance présenterait un intérêt incon-
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- testable. On peut déterminer la température à laquelle un verre commence à plier sans rompre, puis à se déformer sous son propre poids, à couler comme un liquide, et enfin à laisser monter à la surface les bulles gazeuses. On peut également mesurer la ténacité à des températures croissantes. Le coefficient d’élasticité et celui de dilatation peuvent aussi faire l’objet de mesures précises.
- De semblables mesures, bien entendu, ne peuvent avoir d’utilité qu’à condition d’être rapprochées de la composition chimique du verre, des conditions de refroidissement lent ou rapide, en un mot, de toutes les circonstances dont ces grandeurs peuvent être fonctions. Des expériences faites sur des matières insuffisamment déterminées seraient totalement dénuées de valeur.
- La Société d’Encouragement propose, pour une semblable étude, un prix qui pourra s’élever à 2 000 francs, suivant l’importance du travail et des résultats obtenus.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1901.
- 11° Prix de 2000 francs pour un nouveau procédé de fabrication de l’acide sulfurique fumant et de l’acide sulfurique anhydre.
- La fabrication de l’acide sulfurique de Nordhausen a été, jusqu’ici, le monopole de quelques fabriques de l’Allemagne. La consommation était d’ailleurs limitée à l’emploi qu’on en faisait pour dissoudre l’indigo. Aujourd’hui que l’acide fumant est, pour ainsi dire, indispensable à la production de corps importants, tels que l’alizarine artificielle, il serait utile que nos industriels, au lieu de faire venir de loin et à grands frais un produit dont l’usage s’étend déjà beaucoup et s’étendra certainement encore plus dans l’avenir, puissent avoir à leur disposition un nouveau procédé de fabrication.
- La Société d’Encouragement a décidé qu’un prix de 2 000 francs serait décerné, pour un nouveau procédé de fabrication de l’acide sulfurique fumant, ou de l’acide anhydre, plus économique que ceux qui ont été appliqués jusqu’ici.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1901.
- 12° Prix de 2000 francs pour la fabrication courante d’un acier ou fer fondu
- doué de propriétés spéciales utiles, par l’incorporation d’un corps étranger.
- On sait, par les recherches de Faraday, que plusieurs métaux : le platine, le palladium, le chrome, etc., modifient les propriétés de l’acier d’une façon notable, dans le cas où ces métaux ne sont alliés au fer qu’en minime proportion.
- Plus récemment, il a été constaté que les aciers sont rendus d’autant plus durs qu’ils renferment plus de tungstène. Leur ténacité statique s’accroît aussi; mais le métal devient plusaigre; il s’allonge moins.Les effets utiles ou nuisibles du manganèse sur l’acier ont été signalés également dans ces derniers temps.
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- Mais il y a loin encore de ces indications plus ou moins vagues à une fabrication régulière et courante.
- Cependant aujourd’hui que, grâce aux procédés Bessemer et Martin Siemens, l’emploi de l’acier et des fers fondus s’est considérablement élargi, l’attention se reporte de nouveau sur les travaux de Faraday. Il importe de connaître l’influence spéciale des métaux étrangers sur les propriétés du fer et de l’acier.
- La Société d’Encouragement, désirant favoriser ces études, décernera un prix de 2 000 francs à celui qui fabriquera sur une large échelle, et qui aura fait accepter parles arts ou les ateliers de construction, un fer fondu doué de propriétés spéciales par l’incorporation d’un corps étranger.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1901.
- ARTS ÉCONOMIQUES
- 1° Prix de 2000 francs pour l’invention de procédés nouveaux permettant d’utiliser pour l’éclairage et le chauffage, le pétrole pesant au moins 0k,800 soit dans l’industrie, soit dans l’économie domestique.
- Le pétrole, dont la production augmente de jour en jour et dont l’usage, sous des formes diverses, tend à se développer, fournit une source précieuse de chaleur et de lumière. Il importe de perfectionner les appareils à l’aide desquels on l’emploie, et cela non seulement au point de vue de l’utilité que l’on peut en retirer, mais aussi pour éviter complètement, ou du moins pour diminuer autant que possible les accidents auxquels donne trop fréquemment lieu l’usage du pétrole. La Société d’Encouragement accordera le prix à l’inventeur qui, dans ce double ordre d’idées, aura réalisé les plus grands progrès.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1901.
- 2° Prix de 2000 francs pour la construction d'une essoreuse
- à effet continu.
- L’industrie des produits chimiques utilise avec grand profit les essoreuses à force centrifuge. Mais dans certains cas, notamment lorsqu’il s’agit d’opérer la séparation et le lavage de précipités, de cristaux, etc., des substances volatiles, l’alcool, la benzine, le chloroforme, etc., avec lesquels ces corps sont mélangés, l’emploi des appareils ordinaires devient très onéreux par suite des pertes occasionnées par la manipulation nécessaire pour retirer les matières solides du panier de l’appareil, ces matières conservant toujours une petite quantité du liquide volatil qu’il s’agissait d’extraire.
- Une essoreuse dans laquelle les matières à séparer s’introduiraient d’une manière continue et qui permettrait de recueillir sans arrêt, d’une part les
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- substances essorées, et de l’autre les liquides, réaliserait un grand progrès dans la séparation des matières industrielles.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1901.
- 3° Prix de 3000 francs relatif à la fabrication des aimants permanents.
- Les aimants permanents, en fournissant des champs magnétiques indépendants, gratuits et relativement puissants, sont susceptibles de rendre de grands services dans le domaine des applications électriques; ils se prêtent notamment d’une manière fort avantageuse à la construction de toute une catégorie d’instruments de mesure, et concourent ainsi efficacement à la solution des problèmes généraux.
- Les qualités qu’on attend d’eux sont la force et la stabilité. Ces qualités sont évidemment liées à la nature du métal qui les constitue et au traitement que ce métal a pu subir.
- Les études à faire sur la question peuvent doncporter, d'une part, sur la composition de l’acier à aimants et le rôle des éléments, autres que le fer, qui peuvent y être introduits, et, d’autre part, sur les procédés et températures de trempe, les recuits et opérations accessoires de nature à améliorer les résultats obtenus.
- Le prix sera décerné en 1900 à l’auteur d’une méthode réalisant des perfectionnements importants sur les méthodes actuelles.
- 4° Prix de 3000 francs pour la purification des eaux potables.
- Le prix sera décerné à l’auteur de recherches d’ordre physique chimique ou autre qui l’auront amené à découvrir et appliquer dans la pratique générale et domestique le meilleur procédé de purification des eaux potables. Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1901.
- 3° Prix de 2 000 francs pour une lampe électrique à incandescence ayant,
- au maximum, une intensité de deux bougies décimales et fonctionnant, avec un
- dixième d’ampère, sous 100 volts de différence de potentiel.
- Les lampes à incandescence actuelles ont une intensité lumineuse de 8, 10, 16 ou 20 bougies. Ces unités, qui conviennent bien pour l’éclairage des magasins, des théâtres, des cafés et de certaines parties des appartements, sont trop fortes pour les petits locaux et même pour les grandes pièces où l’on a besoin d’une lumière discrète ne fatiguant pas la vue. On peut, il est vrai, réduire l’intensité des lampes ordinaires en les dépolissant plus ou moins, ou en intercalant des résistances dans leurs circuits. Mais la dépense, pour une intensité donnée, se trouve augmentée; les lampes dépolies se salissent très rapidement et les rhéostats compliquent l’installation.
- Des lampes électriques de très faible intensité permettant d’éclairer les salons comme ils l’étaient avec des bougies stéariques, fatigueraient moins les yeux et se-
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- raient souvent d’un meilleur effet décoratif que les foyers plus puissants. Ces lampes pourraient servir de veilleuses et elles conviendraient également bien pour les couloirs et les pièces de dégagement. La fabrication de lampes à haut voltage et à faible intensité constituerait donc un progrès réel dans l’éclairage par l’électricité.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1901.
- Si le problème n’est pas résolu entièrement, la Société se réserve de tenir compte des résultats obtenus dans la voie indiquée.
- 6° Prix de 2 000 francs pour un ensemble d'appareils électriques applicables à un commerce ou à une petite industrie.
- L’utilisation de l’énergie électrique pour les usages courants de la vie domestique et pour le service de la petite industrie se généralise de plus en plus, et des applications spéciales en ont été faites déjà dans un assez grand nombre de cas en France et à l’étranger.
- Nous citerons notamment les appareils établis depuis longtemps dans un grand restaurant de Paris pour le lavage de la vaisselle, des installations de moteurs électriques pour machines à coudre, métiers à tisser, et réalisées dans des cités ouvrières et des immeubles spéciaux, à Paris et à Lyon, des applications aux besoins d’exploitations agricoles faites en Italie, enfin des installations diverses faites en Allemagne, chez de petits commerçants, pour les opérations de vente et de débit de certaines denrées (1).
- Il y a un intérêt, pour les petites industries et le commerce des grandes villes, où l’on peut disposer aujourd’hui avec facilité de distribution d’énergie électrique, de voir se multiplier ces applications et de créer des types nouveaux d’appareils et d’outils appropriés aux diverses opérations qui s’exécutent actuellement encore à la main dans la pratique de la vie journalière.
- Un prix de 2 000 francs sera décerné, s’il y a lieu, en 1900, à l’auteur d’un ensemble d’appareils ou d’outils mus par l’électricité, répondant aux vues qui précèdent et s’appliquant à un commerce spécial ou à une petite industrie déterminée, manufacturière, agricole ou autres.
- 7° Prix de 2 OOO francs pour un appareil de chauffage à vapeur applicable
- aux appartements isolés.
- Les appareils de chauffage des appartements par l’emploi de la vapeur à basse pression ont déjà reçu, à Paris et dans ses environs, des applications assez nombreuses soit pour des immeubles neufs, soit pour des constructions anciennes (2).
- (1) Voir Rapport de M. Charles Bos au Conseil municipal de Paris et le Bulletin international d’électricité du I81' janvier 1898.
- (2) Voir Bulletin 1896, p. 195. Rapport de M. Henri Rouart.
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- Les différents types réalisés de ces appareils sont d’une application facile quand il s’agit d’immeubles entiers ou de pavillons isolés, dans lesquels on peut ménager, entre l’appareil vaporogène et les radiateurs, des différences de niveau suffisantes pour assurer le retour de l’eau de condensation à la chaudière ; mais ils ne peuvent s’installer avec la même facilité pour le chauffage d’un nombre restreint de pièces situées de plain-pied et ne constituant qu’une partie d’un immeuble.
- Il y aurait intérêt, pour améliorer le chauffage des nombreux appartements de ce genre qui existent en France, et notamment à Paris, à réaliser un type d’appareil de chauffage à vapeur pouvant être installé, par les locataires, dans ces appartements, avec la même facilité que les appareils à gaz par exemple.
- Un prix de 2000 francs sera décerné, s’il y a lieu, en 1900, à l’auteur du meilleur système d’appareil de ce genre satisfaisant à ces conditions.
- AGRICULTURE
- 1° Prix de 2000 francs pour l'étude de la pomme de terre alimentaire.
- L’étude de la pomme de terre industrielle et fourragère a tenté depuis longtemps les chimistes et les agronomes. Dans ces dernières années notamment, elle a fait l’objet des recherches magistrales d’Aimé Girard, qui ont si puissamment contribué à l’extension de la culture des variétés à grands rendements.
- Celle de la pomme de terre alimentaire, au contraire, a été jusqu’à présent à peu près complètement négligée. Cependant, elle tient dans l’alimentation de l’homme une place beaucoup plus importante encore que dans l’industrie. D’après la statistique agricole officielle de 1892, la culture de la pomme de terre alimentaire occupe en France une superficie de près de 1 million et demi d’hectares, et la valeur des produits qu’elle fournit atteint plus de 670 millions de francs, tandis que, sur une surface de 46 600 hectares, la pomme de terre de féculerie produit seulement pour 25 millions de francs de tubercules.
- L’étude chimique du tubercule en vue de l’alimentation, celle des variétés les plus appréciées pour cet usage, des méthodes culturales propres à améliorer ces variétés, à en créer de nouvelles, à développer la production des unes et des autres, serait des plus intéressantes et pourrait conduire à des résultats fructueux pour notre agriculture, qui trouve à l’étranger de faciles débouchés pour la pomme de terre de table.
- Les mémoires traitant une question partielle seront admis au concours.
- Dans le but d’encourager des recherches de ce genre, la Société d’Encou-ragement met au concours un prix de 2 000 francs.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1900. :
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- 2° Prix de 2 OOO francs 'pour la meilleure étude sur ïagriculture et l'économie rurale d'une province ou d'un département.
- L’agriculture et l’économie rurale des diverses parties de la France présentent des différences dignes de remarque, provenant de causes locales encore peu connues. Il serait très utile de pouvoir comparer entre elles les méthodes ou systèmes qui y sont mis en pratique. Une série de monographies faisant connaître ce qui se passe dans chaque région agricole permettrait de faire ces rapprochements, et contribuerait ainsi puissamment aux progrès de l’agriculture.
- Quelques études de ce genre, qui avaient été tentées, ont engagé la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale à proposer un prix pour ce genre de recherches, et elle a pu décerner déjà des prix et des mentions honorables aux auteurs de remarquables monographies de ce genre. Ce succès l’a décidée à maintenir la question au concours. Elle propose donc de nouveau un prix de 2 000 francs pour la meilleure description de l’agriculture et de l’économie rurale d’une région agricole. L’étendue de cette région pourra embrasser une province entière ou se borner à un département; mais les investigations dont cette contrée sera l’objet devront être précises et détaillées, et faire connaître, aussi complètement que possible, les pratiques agricoles et surtout les méthodes d’économie rurale qui y sont employées.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1901.
- 3° Prix de 3000 francs pour la meilleure étude sur l'emploi agricole de
- l'eau en grande culture.
- La France possède un merveilleux réseau de cours d’eau. Elle n’en compte pas moins de 60 000, sur lesquelles 83 p. 100 environ sont de petits cours d’eau ayant un bassin inférieur à 2000 hectares et une longueur moyenne variant de 2 et 3 kilomètres. Elle possède également un assez grand nombre de canaux d’arrosage et se trouve donc dans les conditions les plus favorables au développement des irrigations. Malgré cela, on ne saurait évaluer à plus de 300 000 hectares l’étendue des terrains régulièrement arrosés, et les eaux des canaux d’irrigation elles-mêmes ne sont utilisées que dans une faible mesure.
- Et cependant l’agriculture française est puissamment intéressée à voir s’étendre la pratique de l’arrosage, et notre production nationale retirerait de sa généralisation des bénéfices énormes.
- La Commission supérieure pour l’aménagement et l’utilisation des eaux, instituée en 1878 au Ministère des Travaux Publics, a admis, en effet, que, d’une façon assez générale, « l’irrigation procure en moyenne un accroissement de revenu net d’au moins 200 francs par hectare, déduction faite de toutes charges
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- résultant de l’arrosage ; que la plus-value foncière qu’acquiert une terre mise à l’arrosage peut, en conséquence, être évaluée à environ 4 000 francs l’hectare, et qu’elle peut même atteindre un chiffre plus élevé pour les terres de mauvaise qualité ».
- D’après les études de Barrai sur les irrigations des Bouches-du-Rhône, l’augmentation de la valeur foncière ou du revenu serait bien plus considérable encore dans cette région.
- Ces considérations engagent la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale à proposer un prix pour le meilleur mémoire indiquant quels seraient les moyens les plus propres à assurer l’utilisation agricole de nos petits cours d’eau et de nos grands canaux d’arrosage.
- Un certain nombre d’Etats du centre et dn nord de l’Europe, l’Allemagne en particulier, ont fait depuis une trentaine d’années des progrès considérables dans cette branche de leur activité nationale. Il conviendrait d’exposer les progrès et d'étudier rapidement les principales mesures d’ordre financier, administratif, législatif ou technique, qui ont occasionné ou accompagné, dans les divers Etats, le développement de l’arrosage.
- On indiquerait jusqu’à quel point les mesures seraient applicables à notre pays, et quelles modifications on pourrait y apporter pour qu’elles puissent s’adapter à notre organisation administrative.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1901.
- 4° Prix de 3000 francs pour Vétude des ferments et diastases alcooliques qui interviennent dans la production des boissons.
- L’étude de ces ferments et diastases a pris, depuis les travaux de Pasteur, une importance considérable. Les diverses levures entrent en jeu non seulement pour produire de l’alcool mais encore pour développer le goût et le bouquet qui établissent de si grandes différences dans la valeur de ces produits.
- L’étude de ces levures et diastases n’est pas, à l’heure qu’il est, suffisamment avancée, leur rôle dans la qualité des boissons fermentées n’est pas bien défini. La Société désire provoquer de nouvelles recherches sur ce sujet.
- En outre, à côté de ces levures et diastases qui sont les agents de la production du vin, du cidre, de la bière, se trouvent d’autres organismes, dont le rôle est bien différent, et qui agissent sur les boissons fermentées d’une manière défavorable, occasionnant ce qu’on appelle les maladies des vins, du cidre, delà bière. L’étude de ces organismes et des moyens propres à soustraire à leur action les boissons ermentées présente également le plus haut intérêt. La Société a pensé qu’elle devait encourager ceux qui, dans ces questions délicates, auront fourni des documents nouveaux pouvant s’appliquer à la pratique.
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- Les concurrents à ce prix devront apporter des données précises, obtenues avec une rigueur scientifique. Ils devront indiquer en outre l’application de ces données à l’amélioration de la qualité et à la conservation des boissons fermentées. Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1903.
- 5° Prix de 2 OOO francs pour la meilleure étude sur la constitution physique et la composition chimique comparées des terrains d’une des régions naturelles ou agricoles de la France, par exemple, de la Brie, de la Beauce, du pays de Caux, etc., etc.
- Les cartes géologiques de détail, que publie l’administration des mines, indiquent non seulement les divers étages géologiques qui ont formé les terrains superficiels, mais les dépôts de limon quaternaire qui les recouvrent en certains points, sur une épaisseur plus ou moins grande, les dépôts meubles qui, provenant des précédents, sont venus s’accumuler sur les pentes ou former des allu-vions au fond des vallées.
- Ce sont de véritables caries agronomiques, qu’on pourrait rendre encore plus utiles aux agriculteurs en étudiant chacun de ces étages, d’un côté,par l’analyse dans le laboratoire, et, de l’autre, par des essais méthodiques d’engrais chimiques (engrais analyseurs, analyse du sol par les plantes) dans les champs.
- Un petit nombre d’analyses faites sur des échantillons assez bien choisis, d’après les indications des cartes, pour représenter le type de chacun de ces terrains, pourrait ainsi servir pour tous les champs désignés sur des cartes par la même teinte. Il faudrait employer, pour ces analyses, des méthodes qui permettent de donner aux agriculteurs des conseils pratiques sur l’emploi de l’acide phosphorique, de la potasse, etc., pour telle culture ou telle autre (par exemple, les méthodes indiquées par M. P. de Gasparin dans son Traité de la détermination des terres arables dans le laboratoire).
- Dans les cas où il serait d’usage, dans le pays, d’employer de la marne ou de la chaux, il faudrait étudier aussi la composition chimique de ces amendements, leur action sur le sol, etc.
- Les concurrents devront également donner des indications sur les cultures pratiquées dans ces divers terrains.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1902.
- 6° Prix de 2 OOO francs pour les meilleures études sur la culture de la vigne dans les diverses régions de la France, et sur l'influence des fumures et des procédés de vinification sur la qualité des vins.
- Les conditions économiques de la production du vin se sont considérablement modifiées à la suite de l’invasion phylloxérique et de la reconstitution des vigno-
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- blés par les plants américains. Cependant, dans les diverses régions viticoles, les procédés de culture anciennement employés sont encore aujourd’hui en usage. Il y a un grand intérêt à les étudier pour voir s’ils répondent aux besoins actuels, ou s’il serait avantageux de remplacer quelques-unes des pratiques usuelles par d’autres s’adaptant mieux à la nouvelle situation.
- L’intervention des fumures paraît appelée à jouer dans l’avenir un rôle de plus en plus grand dans l’exploitation des vignobles. Il importe de savoir dans quelle mesure les fumures influent sur l’augmentation de la récol te et sur la qualité des vins. Ce n’est pas seulement la quantité d’engrais à employer dans les divers cas qu’il s’agit de déterminer, mais aussi leur nature, en distinguant nettement les engrais naturels, généralement volumineux et encombrants, des engrais commerciaux ou chimiques, ordinairement concentrés.
- Autant que le mode de culture et que la fumure, les procédés de vinification influent sur la qualité des vins et sur les prix auxquels ils se vendent. Dans diverses régions de la France, ces procédés sont encore très défectueux. Les concurrents devront étudier les améliorations pratiques à y apporter.
- Souvent aussi, le climat ou la nature des cépages s’opposent à une bonne fermentation ; il y aurait lieu de déterminer quelles sont les influences fâcheuses qui s’exercent dans le cours de la vinification, et d’indiquer quels remèdes on peut y apporter pratiquement.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1902.
- 7° Prix de 2000 francs pour la meilleure étude sur les maladies du cidre et les moyens de les prévenir et de les arrêter dans leur développement.
- Le cidre bien fabriqué et convenablement conservé est une boisson à la fois très hygiénique et très alimentaire. Malheureusement, dans diverses circonstances, il est exposé à des maladies ou altérations qui nuisent beaucoup à sa qualité, et qui même le rendent souvent imbuvable. Ainsi tantôt, quelque temps après avoir été fabriqué et même soutiré, il prend le gras, maladie qu’on attribue à diverses causes, tantôt il passe à Y état acide ou aigre, sans qu’on puisse souvent bien déterminer les causes de cette acétification ; enfin, parfois, quelques instants après avoir été tiré d’une barrique pleine ou en vidange, le cidre perd sa couleur native jaune rougeâtre, et prend une nuance plus ou moins brune. On dit alors que le cidre se tue. Les cidres qui subissent de telles modifications ne sont pas agréables et ils sont d’une vente difficile.
- Ces diverses altérations ou maladies ont une grande importance en ce qu’elles nuisent à la propagation du cidre comme boisson en altérant sa qualité et son bouquet. Ces faits, bien connus en Normandie, dans le Maine, la Bretagne, etc., ont engagé la Société d’Encouragement à provoquer de nouvelles recherches théoriques et pratiques surlayrame, Y acétification, le noircissement
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- les fleurs, etc., des cidres et les moyens de les prévenir et de les arrêter dans leur développement.
- Les progrès que la’microbiologie a réalisés, les ressources dont la chimie dispose permettent aujourd’hui de rechercher avec plus de méthode et plus d’exactitude qu’on ne l’a fait jusqu’ici les causes et les effets de ces maladies; quels sont les ferments qui, dans les différents cas, se développent?Quelles sont les conditions favorables à leur développement? Quels sont les produits qu’ils détruisent et quels sont ceux qu’ils élaborent? Ce n’est qu’après une étude attentive des conditions théoriques où ces maladies évoluent que l’on pourra songer à appliquer avec sécurité les remèdes destinés soit à les arrêter, soit à les prévenir.
- La valeur du prix ne sera délivrée qu’après que les faits avancés auront été soigneusement vérifiés.
- Ce prix sera décerné, s’il y a Heu, en 1901.
- 8° Prix de 1500 francs pour les meilleures variétés d'orges de brasserie.
- Il est ouvert, parla Société nationale d’Encouragement pour l’Industrie nationale, un concours pour la culture des variétés d’orges d’hiver et de printemps, en vue de la brasserie.
- Les conditions du concours sont les suivantes :
- 1° Nul ne peut être admis au concours si la culture, pour chaque variété, n’est pas de deux hectares au moins.
- 2° Le poids de l’hectolitre devra être de 68 kilos au minimum.
- Les caractères qui serviront à l’appréciation du jury sont ceux d’une bonne orge de brasserie, savoir :
- 1° Couleur jaune clair de paille, ou serin ou blanc jaunâtre, uniformément répartie sur tout le grain.
- 2° Cassure blanche, farineuse et de bon goût.
- 3e Odeur franche.
- 4° Bonne conformation des grains (forme bombée, courte, ronde, grains bien nourris et finement ridés).
- 5° Propreté et homogénéité des grains.
- 6° Grande faculté et énergie germinatives (92 à 96 p. 100 de grains germés dans un délai de 3 jours).
- La pureté, la faculté germinative et la composition chimique seront examinées au laboratoire de l’Institut national agronomique.
- Les échantillons exposés devront être de 20 litres ; ils seront envoyés en sac scellé, et seront accompagnés d’une gerbe.
- La Société aura le droit de disposer de ces échantillons.
- La Société se réserve le droit de faire inspecter, par des délégués, les champs ensemencés et d’assister à la récolte.
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- Les concurrents, dans leur déclaration, devront faire connaître :
- 1° Leur nom et domicile.
- 2° L’étendue de leur culture.
- 3° L’étendue consacrée à la culture de l’orge.
- 4° La variété d’orge cultivée.
- 5° L’origine ou la provenance des semences d’orge qu’ils emploient.
- 6° La nature du sol et du sous-sol où se fait leur culture d’orge.
- 7° Les façons données au sol et l’assolement suivi.
- 8° Les fumures, — fumiers, — engrais complémentaires ou chimiques, — quantité, — époque des applications.
- 9° Époque des semailles, — mode de semailles : en lignes ou à la volée, — quantité de semences employée à l’hectare.
- 10° Sarclage, binage.
- 11° Date de la floraison.
- 12° Date de la moisson.
- 13° Conditions climatériques dans lesquelles elle s’est faite : beau temps, temps froid, pluvieux, etc., et température.
- 14° État de maturité du grain au moment de la moisson.
- 15° Mode et durée de la dessiccation des gerbes.
- 16° Mode et époque du battage.
- 17° Mode de conservation des grains.
- 18° Rendement total en grains.
- Rendement en paille.
- 19° Rendement par hectare en grains.
- Rendement par hectare en paille.
- 20° Poids de l’hectolitre du grain aumoment du battage et au moment de la vente.
- 21° Quantité d’orge vendue en 1896 et en 1897.
- Prix obtenu par hectolitre.
- Prix obtenu par quintal.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1900.
- 9° Prix de 3 OOO francs pour la reconstitution des vignobles sur les terrains
- calcaires-crayeux.
- Le phylloxéra, depuis son apparition en France, a causé de grands dommages dans les vignobles des régions du Sud et du Sud-Ouest. Dans beaucoup de localités appartenant à ces régions, les vignes ont été complètement anéanties; mais grâce à divers cépages américains cultivés soit comme producteurs directs, soit comme porte-greffes pour les anciennes vignes françaises, on est parvenu, depuis quinze années, sur un assez grand nombre de points, à reconstituer des vignobles remar-
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- quables par leur vigueur et leur productivité. Toutefois, ces excellents résultats n’ont pu être obtenus que sur des terrains argilo-siliceux, silico-argileux ou silico-calcaires, profonds et de bonne fertilité. Jusqu’à ce jour, c’est en vain qu’on a tenté de créer des vignobles sur les sols calcaires crayeux à sous-sol crayeux, à la place des vignes détruites par le phylloxéra. C’est aussi sans succès qu’on a cherché à reconstituer les vignobles qui ont fait la richesse de la Champagne dans l’Angou-mois, parce que leurs produits servaient à la fabrication de Xeau-de-vie dite fine-Champagne.
- La Société d’Encouragement espère qu’un prix de 3 000 francs encouragera les tentatives dans cette voie. Elle se réserve de partager le prix ou de n’en accorder qu’une partie, suivant les mémoires qui lui seront adressés.
- Les concurrents devront fournir, avec la dénomination exacte du cépage cultivé, un échantillon du terrain, une description du sol, l’étendue plantée, l’âge et le mode de direction des plants, et un échantillon du produit avant et après la distillation. Tous ces détails devront être certifiés exacts par le professeur départemental d’agriculture et les agents des contributions indirectes.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1900.
- 10° Prix de 1 OOO francs fondé par les exposants de la classe 75 (Exposition de 1889) pour être décerné à celui qui indiquera un moyen pratique de se débarrasser de l’un des insectes ennemis de la vigne : l’altise ou la cochilis.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1902.
- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS
- 1° Prix de 3000 francs pour la fabrication industrielle en France des trames ou réseaux employés pour la production des photogravures typographiques, ou pour la divulgation et la vulgarisation de méthodes permettant dé obtenir le même résultat. Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1900.
- L’illustration des livres par l’insertion de gravures typographiques dans le texte est devenue une nécessité pour tous les ouvrages de sciences, d’art, même d’imagination, pour les publications périodiques et journalières. Pour répondre à ce besoin, il fallait la vérité de la reproduction, la rapidité et le bon marché relatif de l’exécution. Seule la photographie pouvait remplir ces conditions, et, depuis plus de vingt ans, elle a marché dans cette voie en progressant sans cesse, mais en se heurtant à des difficultés pratiques augmentées souvent par des partis pris industriels qui ralentissaient son essor.
- On retrouvera un résumé de ces premières applications dans le rapport pré-
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- senté par nous à la Société d’Encouragement, et publié en 1886 dans le Bulletin de la Société (1).
- Dans ce rapport, après avoir expliqué que, pour obtenir la gravure photographique, la première condition est de transformer les teintes continues du phototype (ou cliché) en teintes brisées, les premières donnant leur effet et leur modelé par l’épaisseur de la matière colorante, tandis que les secondes rendent leur effet par la proportion des écarts entre les blancs et les noirs, l’auteur rappelait que ce principe avait été formulé dès 1859 par Berchtold (2), qui indiquait l’emploi de la glace striée et les diverses manières de l’utiliser.
- L’idée fit lentement son chemin. Néanmoins, en 1882, M. Monge, collaborateur delà maison Boussod et Valadon, réalisait de remarquables résultats par ce procédé et, en 1884, montra à 1a, Société d’Encouragement de très belles gravures en relief et en creux que M. Mauzé obtenait par cette méthode des clichés striés; quelques-unes étaient de très grande dimension, un spécimen fut même inséré au Bulletin. Nous n’avions alors qu’à constater les résultats sans avoir à demander à l’exécutant qu’il nous initiât à ses procédés.
- Aujourd’hui la transformation de l’image photographique en planche gravée en relief pour la typographie est devenue courante ; et, devant les spécimens remarquables qui revenaient de l’étranger, les éditeurs et les imprimeurs français ont compris qu’il devenait nécessaire d’améliorer leur matériel, qu’il fallait adapter leurs presses, leurs papiers, leurs encres, aux nécessités de cette gravure nouvelle dont la beauté réside surtout dans la délicatesse des traits et qui exige la même délicatesse dans les procédés d’emploi.
- Les clichés striés qui servent pour la photogravure typographique s’obtiennent actuellement par l’intermédiaire d’une glace couverte de rayures très fines tracées avec une régularité qui demande la perfection. Cette glace striée est l’outil employé par le photograveur; et si nous nous servons de ce mot outil, c’est, qu’en effet, le photograveur n’en fait pas une simple application, une simple interposition, il l’utilise de manières très diverses en l’éloignant plus ou moins de son épreuve par fractions de millimètre, en croisant les stries, en modifiant l’action et l’arrivée de la lumière par des diaphragmes de formes très variées. Les résultats obtenus dépendent de l’emploi raisonné de ces réseaux, bien que la théorie de l’action lumineuse qui en résulte soit encore assez vague.
- La fabrication des glaces striées présente de grandes difficultés qui vont croissant avec les dimensions; souvent ces glaces portent six à huit rayures au millimètre, et ces rayures doivent présenter la plus parfaite régularité dans leur tracé, les moindres défauts s’apercevraient surtout dans les demi-teintes de la gravure, s’ils détruisaient la pureté des modelés.
- (1) Bulletin de la Société d’Encouragement, octobre 1886, page 510 et suivantes.
- (2) Bulletin de la Société française de photographie, avril 1859.
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- Quelques essais faits en France pour la fabrication de ces glaces n’ont pas encore donné les résultats désirés ; nos photograveurs sont obligés de demander en Amérique ou en Allemagne et de payer fort cher les réseaux qui leur sont nécessaires. Ainsi l’invention et les premières applications sont françaises, mais, comme ilarrive trop souvent, nous les avons laissées s’expatrier, elles sontallécs grandir et se développer à l’étranger après avoir reçu une nouvelle nationalité.
- Le Comité des Constructions et des Beaux-Arts a pensé qu’il y avait lieu de chercher à rendre à la France une fabrication qui aurait dû y rester, il a proposé au Conseil, qui a adopté cette proposition, de fonder un prix de 3 000francs pour encourager en France soit la fabrication industrielle des glaces striées, soit la vulgarisation de toute autre méthode de photogravure typographique, à la condition que les résultats obtenus seront aussi bons, sinon meilleurs, que ceux réalisés à ce jour.
- 2° Prix de 1OOO francs pour la découverte d’un procédé empêchant les bois de menuiserie et d’ébénisterie de jouer ou de se déformer sous les influences atmosphériques.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1900.
- 3° Prix de 3000 francs à Vinventeur du procédé qui permettra de tirer un nombre indéfini d’épreuves positives en couleurs avec des clichés obtenus soit par la méthode de reproduction des couleurs de M. Lippmann, soit par un autre procédé direct.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1900.
- PRIX
- OFFERT PAR LA SOCIÉTÉ DES CIMENTS FRANÇAIS DE BOULOGNE-SUR-MER (Anciens établissements Demarle, Lonquéty et Cie, et Famchon et Cie, réunis.)
- Un prix de 1 000 francs sera décerné à l’auteur du meilleur mémoire sur le procédé pratique, en dehors des procédés chimiques, applicable sur les chantiers, pour reconnaître les adultérations du ciment Portland artificiel.
- COMMERCE
- Les mémoires présentés au concours devront être manuscrits, et porter une devise qui sera répétée sur un pli cacheté renfermant le nom de l’auteur. Messieurs les candidats sont priés de se conformer le plus possible aux pro-
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- grammes ci-dessous et de n’envoyer que des communications qui, par leur développement, soient en rapport avec l’importance des prix.
- 1° Prix de 2000 francs pour une étude économique d’un centre industriel
- en France.
- I. — Acclimatation de l’industrie dans la contrée. — Ses transformations successives. — Ses progrès. — Ses crises. — Situation actuelle.
- II. — Organisation des ateliers. — Recrutement du personnel. — Situation et habitudes générales de la famille ouvrière. — Institutions de prévoyance. — Salaires. — Grèves. — Chômages. — Rapports entre le capital et le travail.
- III. — Organisation commerciale. — Comptoirs. — Dépôts. — Approvisionnements des matières premières. — Vente des produits fixés. — Transports — Action de la concurrence. — Législation douanière. — Débouchés.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1900.
- 2° Prix de 1500 francs pour un Mémoire relatif à Vindustrie et au commerce des vélocipèdes.
- La vélocipédie est de date récente, et, déjà, elle crée, dans l’industrie et dans le commerce, un mouvement d’affaires très considérable.
- La question mise au concours a pour objet :
- 1° D’indiquer les conditions dans lesquelles s’est établie tout d’abord et s’exerce actuellement la construction des vélocipèdes, notamment en France, en Angleterre, en Allemagne, en Relgique et aux Etats-Unis; l’importance approximative des capitaux employés par cette industrie, le nombre des usines, l’effectif des ouvriers, les salaires et autres conditions du travail;
- 2° De rechercher, d’après les statistiques, le mouvement commercial auquel donnent lieu la vente et l’achat des vélocipèdes dans les principaux pays, l’importance des capitaux et du personnel employés, les usages actuels et les usages à prévoir du vélocipède, les prix de vente et les causes qui font varier ces prix entre les différents pays, les tarifs de douane, les importations et les exportations, les taxes et impôts intérieurs, les règlements administratifs sur la circulation, en un mot tout ce qui peut, en l’état actuel, aider ou nuire au développement de l’industrie et du commerce vélocipédique.
- L’examen et la description des perfectionnements mécaniques ne sont point compris dans cette étude, pour laquelle les concurrents doivent s’attacher principalement à faire ressortir aussi exactement que possible les nouveaux emplois que la vélocipédie procure dès à présent au capital et à la main-d’œuvre.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1901.
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- 3° Prix de 3000 francs pour une étude sur les syndicats industriels de production et de vente (1).
- Après une introduction sur le rôle, la légalité, les effets, et les diverses variétés des syndicats industriels de production et de vente, on s’attachera à l’étude précise des syndicats d’une même industrie dans un pays, ou, mieux encore, à celle d’un syndicat déterminé, dont on présentera l’histoire et l’organisation et dont on fera ressortir l’influence sur la production, la consommation, les débouchés, les salaires et les prix.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1901.
- (I) On entend sous ce titre les syndicats (distincts des associations professionnelles de la loi du 21 mars 1884), qui se donnent pour objet de régler la production ou la vente de manière à prévenir les crises que la concurrence ou la reproduction pourraient avoir sur les prix de vente et sur les salaires. Ils portent des noms très variés (Trust, Pools, Cartels, Rings, Corners...), suivant leur organisation et leur mode d’action et suivant les pays.
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- FONDATIONS ET DONS SPÉCIAUX
- Legs Bapst.
- Cette fondation se compose de deux parties. L’une d’elles, destinée à donner des secours aux inventeurs malheureux, possède un titre de 1 565 fr. 20 de rente 3 p. 100.
- La seconde partie du legs, qui doit servir à favoriser les recherches utiles à l’industrie et à aiderlesinventeurs dansleurs travaux, possède un titre de 3 480 fr. de rente 3 p. 100.
- Fondation Christofle et Bouilhet pour la délivrance des premières annuités de brevets.
- Cette fondation possède un revenu annuel de 1 036 francs de rente.
- Fondation Fauler (Industrie des cuirs).
- Cette fondation a pour but de secourir des ouvriers ou contremaîtres malheureux, ayant rendu des services appréciés dans l’industrie des cuirs.
- Son revenu annuel est de 621 fr. 30 de rente.
- Fondation Legrand (Industrie de la savonnerie).
- Cette fondation est destinée à venir en aide aux ouvriers ou contremaîtres malheureux de l’industrie de la savonnerie, ayant rendu des services appréciés.
- Son revenu annuel est actuellement de 892 fr. 80 de rente.
- Fondation de Milly (Industrie de la stéarine).
- Cette fondation a pour but de venir en aide à des ouvriers et contremaîtres malheureux, ou ayant contracté quelque infirmité dans l’exercice de leur profession.
- Son revenu annuel est actuellement de 561 fr. 60 de rente.
- Fondation de Baccarat (Industrie de la cristallerie).
- Cette fondation, destinée à secourir des ouvriers et contremaîtres malheureux ou infirmes, possède un revenu annuel de 115 fr. 20.
- Fondation Ménier (Industrie des arts chimiques).
- Cette fondation a pour but de venir en aide à des ouvriers et contremaîtres appartenant à l’industrie des arts chimiques.
- La fondation possède un revenu annuel de 177 fr. 60.
- Legs Giffard.
- Une partie du revenu du capital de 50 000 francs, légué à la Société par Henri Giffard, a été destinée à distribuer des secours dans des conditions qu’il appartient au Conseil d’administration de la Société de fixer. — La somme disponible pour les secours est de 974 fr. 50.
- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Avril 1899.
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- Fondation Christofle et Bouilhet (Artistes industriels).
- Cette fondation, destinée à venir en aide à des artistes industriels malheureux, possède un revenu annuel de 417 fr. 60.
- MÉDAILLES DUMAS
- Ces médailles ont été instituées en 1897 — sur l’initiative de M. Aimé Girard — en faveur des ouvriers qui, sans quitter les ateliers, se sont peu à peu élevés jusqu’au rang de directeur d’usine ou de chef d’un service important dans un grand établissement industriel ou agricole.
- Pour concourir à cette récompense, les seules conditions à remplir sont d’appartenir à la nationalité française et d’être présenté à la Société parles personnes auxquelles appartiennent les établissements dont les concurrents font partie.
- MÉDAILLES
- A DÉCERNER AUX CONTREMAITRES ET AUX OUVRIERS DES ÉTABLISSEMENTS INDUSTRIELS
- ET DES EXPLOITATIONS AGRICOLES.
- La Société d’Encouragement, dans le but d’exciter les contremaîtres et les ouvriers à se distinguer dans leur profession et à encourager ceux qui se font remarquer par leur bonne conduite et les services qu’ils rendent aux chefs qui les emploient, a pensé que le moyen le plus propre à amener ce résultat était d’accorder des récompenses à ceux qu’une longue expérience aurait fait reconnaître comme ayant servi avec zèle, activité et intelligence; en conséquence, elle a pris l’arrêté suivant :
- 1° Il sera décerné chaque année, dans la séance générale, des médailles de bronze aux contremaîtres et ouvriers des grands établissements industriels et des exploitations agricoles de France.
- 2° Chaque médaille, à laquelle seront joints des livres pour une valeur de 50 francs, portera gravés le nom du contremaître ou de l’ouvrier et la désignation soit de l’atelier, soit de l’exploitation agricole à laquelle il est attaché.
- 3° Les contremaîtres ou ouvriers qui voudront obtenir ces médailles devront se munir de certificats dûment légalisés, attestant leur moralité et les services qu’ils ont rendus, depuis cinq ans au moins, à l’établissement auquel ils sont attachés. Ces certificats devront être appuyés tant par le chef de la maison, par le maire et les autorités locales, que par les ingénieurs civils ou militaires, en activité ou en retraite, et par les membres de la Société d’Encouragement qui résident sur les lieux.
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- 4° Le contremaître ou l’ouvrier ne pourra être ni le parent, ni l’allié, ni l’associé, par acte, des propriétaires de l’établissement. Il devra savoir lire et écrire, et s’être distingué par son assiduité à ses travaux, son intelligence et les services qu’il aura rendus à l’atelier ou à l’exploitation agricole ; à mérite égal, la préférence sera accordée à celui qui saura dessiner et qui aura fait faire des progrès à la profession qu’il exerce. Enfin, les certificats, en attestant que ces conditions sont remplies, donneront sur le candidat tous les détails propres à faire apprécier ses qualités.
- CONDITIONS GÉNÉRALES
- A REMPLIR PAR LES CONCURRENTS AUX PRIX ET RÉCOMPENSES DÉCERNÉS PAR LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- 1° Les modèles, mémoires, descriptions, renseignements, échantillons et pièces destinés à constater les droits des concurrents seront adressés franco de port au Secrétariat de la Société dé Encouragement pour l’industrie nationale, 44, rue de Rennes. Ils devront être remis avant le 31 décembre de Vannée précédant la distribution des prix : ce terme est de rigueur.
- 2° Les procédés ou machines seront examinés par les Comités compétents.
- 3° Les membres du Conseil d’Administration sont exclus du concours.
- 4° Les autres membres de la Société sont admis à concourir ainsi que toutes autres personnes de nationalités française ou étrangères. Les mémoires, notes, descriptions et légendes doivent être rédigés en langue française.
- 5° La Société se réserve le droit de publier en tout ou en partie les documents récompensés.
- 6° La Société ne rendra pas les mémoires descriptifs, les pièces écrites et les dessins qui n’auront point été récompensés ; mais elle permettra aux auteurs d’en prendre copie, et elle leur rendra les modèles s’il y a lieu.
- 7° Les concurrents qui auraient traité plusieurs des questions mises au concours sont invités à envoyer des mémoires séparés sur chacune d’elles.
- 8° La Société remettra le montant des récompenses ou les médailles aux titulaires ou à leurs fondés de pouvoir.
- N. B. La communication des mémoires ou procédés soumis aux concours ne saurait engager en aucune façon la responsabilité de la Société quant à l’application des lois et règlements qui régissent les brevets d’invention.
- Les pièces déposées restent la propriété de la Société.
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- BIBLIOGRAPHIE
- J. BOULVIN, Cours de mécanique appliquée aux machines, professé à l’École spéciale
- du génie civil de Gand, 8e fascicule. — Appareil de levage, transmission du travail à
- distance, in-8°, 243 pages. — Paris, Bernard.
- Les modes de transmission du travail à distance étudiés dans cet ouvrage sont ceux purement mécaniques par câbles, eau ou air sous pression. Les transmissions télédy namiques, bien que supplantées par l’électricité comme agents de distribution de l’énergie d’une grande station centrale, sont encore très recommandables pour la-transmission de faibles forces : 5 à 400 chevaux, à de faibles distances, de 30 à 200 mètres. Leur rendement très élevé en pleine charge (83 p. 100, par exemple, pour une transmission de 100 chevaux àl kilomètre), s’abaisse notablement quand la puissance transmise diminue, car la perte est à peu près la même en pleine charge et à vide.
- La transmission hydraulique exige l’emploi d’organes spéciaux: pompes avec accumulateurs, distributeurs, compteurs, canalisations. La perte des canalisations varie, toutes choses égales, en raison inverse de la cinquième puissance de leur diamètre, au lieu du carré pour la canalisation électrique : mais les frais d’établissement et d’entretien augmentent rapidement avec le diamètre, de sorte que c’est principalement par l’emploi des hautes pressions que l’on augmente le rendement. La pression la plus fréquemment usitée est celle de 30 atmosphères : une conduite de 1 kilomètre et de 150 millimètres de diamètre, transmettant 100 chevaux à 50 atmosphères et avec une vitesse de l’eau de 0m,83 par seconde, occasionnerait une perte d’environ 2 p. 100,qui, pour 200 chevaux, s’élèverait à 8 p. 100, car la perte augmente, toutes choses égales, proportionnellement au cours des puissances transmises. Grâce à l’emploi d’eau glycé-rinée ou légèrement chauffée, on n’a guère à craindre d’accidents par congélation. Les pompes, souvent verticales et directes, avec condensation et compoundage, ont leur marche réglée par la montée même des accumulateurs suivant les besoins de la consommation, et sont pourvus de dispositifs spéciaux permettant le démarrage automatique des pompes ainsi arrêtées en pleine charge. Les accumulateurs, nécessairement multiples dans les grandes installations, sont en général irrégulièrement chargés afin cl’en assurer la marche successive, et c’est le plus chargé qui règle les pompes et commande les dispositifs de sûreté nécessaires pour empêcher de dépasser la course limite prévue. Les pistons des grands accumulateurs ont environ 0m, 10 de diamètre et 6 â 7 mètres de course, et pour les très hautes pressions, nécessaires à certaines machines-outils, on emploie des pistons différentiels ; enfin, lorsque des raisons d’encombrement, par exemple, l’exigent, on remplace les poids qui chargent ces pistons par de la vapeur ou de l’air comprimé. La distribution hydraulique la plus considérable est celle de Londres, qui possède 122 kilomètres de canalisation à 50 atmosphères, débite, avec une puissance de 3 400 chevaux, 42 750 mètres cubes par semaine, et actionne 2 300 opérateurs, parmi lesquels un grand nombre de grues de magasins
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- BIBLIOGRAPHIE.
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- particulièrement bien adaptées à l’utilisation de l’eau sous pression : prix de revient de l’eau refoulée, environ 12 centimes par mètre cube. Les récepteurs les plus fréquemment utilisés sont les appareils à pistons, mais on peut aussi employer des roues Pelton ou, comme à Anvers, des turbines Girard, avec un rendement de 65 p. 100 environ.
- L’organe principal des transmissions par air comprimé est le compresseur, à sec ou humide, dont M. Boulvin décrit les principaux types et expose la théorie avec l’aide de son diagramme entropique. Le rendement des compresseurs, ou le rapport du travail théorique de compression isothermique au travail indiqué sur le compresseur, ne dépasse guère 90 p. 100. Pour les hautes pressions, on emploie des compresseurs étagés, avantageux à partir de 5 à 6 atmosphères, dont le rendement total, rapport du travail utile de compression au travail indiqué au moteur, atteint jusqu’à 8 p. 100. La perte de pression qui augmente comme le carré de la vitesse de l’air, est, en général, très faible dans les canalisations (0atm,2 environ par kilomètre pour un tuyau de 0ra,20 de diamètre, une pression de 5 atmosphères effectives et une vitesse de 8 mètres par seconde) et le rapport de cette perte au travail de compression diminue quand la pression augmente. Dans les machines qu’il fait fonctionner, et qui dérivent presque toujours directement de la machine à vapeur, l’air doit être chauffé soit avant son admission, soit pendant sa détente, par un foyer ou par une saturation de vapeur d’eau. On peut, avec un réchauffage bien compris et une canalisation convenable, compter sur un rendement total de 90 p. 100, ou de 0clieval,9 indiqué au récepteur par cheval indiqué au compresseur.
- Dans la seconde partie de son ouvrage, consacrée aux appareils de levage, M. Boulvin décrit successivement les machines servant aux opérations élémentaires : crics, palans, treuils, cabestans, puis les grues, bigues et ponts roulants, les appareils dépendant d’une station centrale, et, enfin, les ascenseurs. Ces descriptions très claires constituent une série de petites monographies parfaitement documentées et des plus suggestives.
- Ce dernier fascicule termine la publication du cours de M. Boulvin, commencée en 1891, dont l’ensemble, de 1 600 pages environ, constitue un ouvrage indispensable à tous les mécaniciens, et qui fait grand honneur à son laborieux et savant auteur.
- G. R.
- DUPLAIX (Marcelin), professeur à l’École centrale. — Abaques des efforts tranchants et des moments de flexion développés dans les poutres à une travée par les surcharges du règlement du 29 août 1891 sur les ponts métalliques. — 1 vol. in-8, 108 pages, 36 figures, avec atlas de 8 planches. — Paris, Carré et Naud.
- Le calcul des efforts développés dans les poutres d’un pont par des systèmes de charges distinctes, fixes ou mobiles, bien que relativement aisé grâce aux méthodes modernes de la résistance des matériaux, est cependant beaucoup moins simple et rapide que le calcul basé sur des charges uniformément réparties.
- Mais on peut le simplifier : 1° par un recueil méthodique de résultats numériques isolés; 2° par une représentation graphique des efforts. Le second procédé a sur le premier l’avantage de la continuité, et il fournit tous les résultats intermédiaires si la représentation est complète. Le problème, envisagé à ce dernier point de vue, est résolu par les Abaques de M. Duplaix.
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- BIBLIOGRAPHIE.
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- Ces abaques sont au nombre de huit : quatre pour les efforts tranchants et quatre pour les moments de flexion; ils se rapportent aux trains-types pour voies de largeur normale et pour voies de 1 mètre de largeur, et aux convois réglementaires pour les ponts-routes; ils s’appliquent enfin à des poutres dont la portée peut atteindre 80 mètres. Les efforts tranchants ou fléchissants y sont représentés par des lignes de niveau, de la même façon que le relief des terrains est figuré sur les cartes.
- Le recueil des abaques est accompagné d’un volume divisé en deux parties : la première est toute théorique, elle expose les propriétés géométriques et mécaniques qui ont permis de rendre abordable un tracé pouvant paraître à première vue inextricable; la seconde partie donne la description et l’usage des abaques avec exemplesji l’appui. Le problème le plus général que l’on peut se proposer de résoudre au moyen des abaques est celui-ci : Etant donnée une certaine section d’une poutre de portée déterminée, quelle est, dans cette section, la valeur du plus grand effort tranchant ou du plus grand moment de flexion développé par l’une des surcharges réglementaires! On possède deux données géométriques, la portée de la poutre et la position sur cette poutre de la section considérée; de ces deux données géométriques on déduit sur l’abaque la position d’un point particulier qui représentera la section. Ce point trouvé, on lit, au moyen des lignes de niveau, la valeur cherchée soit de l’effort tranchant, soit du moment de flexion, de même que sur une carte on lit l’altitude d’un lieu dont on a préalablement fixé la position au moyen de sa longitude et de sa latitude. D’après la région de l’abaque dans laquelle tombe le point représentatif de la section, on lit encore la composition du train ou du convoi, et son emplacement sur le pont au moment où l’effort atteint son maximum dans la section considérée, exactement de la même façon qu’on lit sur une carte le nom de la province à laquelle appartient un lieu donné.
- Les abaques de M. Duplaix sont appelés à rendre service aux Ingénieurs et aux Constructeurs pour la rédaction rapide de leurs projets et avant-projets; l’usage en est très simple, et l’approximation avec laquelle sont obtenus les résultats est bien suffisante dans la pratique. Toutefois, afin d’épuiser complètement la question, l’auteur a dressé des tableaux numériques qui permettent, concurremment avec certaines indications des abaques, d’écrire immédiatement et sans hésitation les expressions de l’effort tranchant et du moment de flexion, de sorte que le calcul pourrait être poursuivi avec toute la rigueur que l’on voudrait lui demander.
- H. BRILLIË, ingénieur des constructions navales. — Torpilles et Torpilleurs. — 1 vol. in-8,
- 204 pages, 48 figures et 10 planches. De la bibliothèque de la Revue générale des sciences. —
- Paris, Carré et C. Naud.
- Les événements les plus importants survenus dans l’histoire de la marine au xixe siècle sont l’adoption de la torpille comme engin de guerre et la création du torpilleur à grande vitesse. Le torpilleur, en permettant d’utiliser la torpille comme arme d’attaque, a profondément modifié les règles de la tactique navale; s’il n’est pas appelé à devenir le roi des mers, il n’en reste pas moins un adversaire redoutable. De l’apparition du torpilleur à grande vitesse, date la révolution qui s’est opérée depuis vingt ans dans la constitution des flottes européennes. L’auteur de cet ouvrage s’occupe tout d’abord de la torpille et étudie cet engin dans ses divers emplois pour la défense des côtes et l’attaque des escadres. En second lieu, il aborde l’étude des torpilleurs et s’efforce de montrer les progrès réalisés depuis vingt-cinq ans dans la construction de leurs coques, de leurs machines et de leurs chaudières. Enfin il passe en revue les flottilles des torpilleurs des différentes puissances et le rôle que ces petits bâtiments sont appelés à jouer dans les guerres navales de l’avenir.
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- Une excursion électrotechnique en Suisse, par les élèves de l’Ecole supérieure d’électricité, avec une Préface de P. JANET, directeur de l’École supérieure d’électricité. — 1 vol. in-8, avec 48 figures. 1899. — Paris, Gauthier-Villars.
- L’École supérieure d’électricité a organisé, dès 1897, des stages dans les principales usines de Paris; c’est pour le compléter qu’elle a organisé, en 1898, un voyage d’études en pays étranger. C’est le résumé de ce voyage, notes rapides recueillies au passage par les élèves, qui fait l’objet de ce volume. La Suisse, par le nombre et la variété de ses installations hydrauliques et électriques, par son voisinage et les facilités de communication, était tout indiquée pour une excursion de ce genre; c’est elle qui fut choisie comme but.
- L’impression générale rapportée de ce voyage d’études a été celle de la diversité des méthodes employées pour arriver au même but : à savoir la production et la distribution, sous toutes ses formes, de l’énergie électrique. Cette diversité tient à la fois à la richesse et à la jeunesse de l’industrie électrique; elle disparaîtra sans doute peu à peu; mais, en attendant, elle est intéressante à plus d’un point de vue; la Suisse, si merveilleusement dotée de forces motrices naturelles, a été, pour ses ingénieurs, un champ d’étude en même temps qu’une source de richesses inattendues. On peut dire que, en quelques jours et sur une étendue de quelques centaines de kilomètres, les élèves de l’École supérieure d’électricité ont pu voir, en abrégé, l’histoire des dernières années de l’Éleclrotechnique : le courant continu rajeuni par les belles distributions en série de Thury; le courant alternatif simple, bien démodé et destiné à disparaître; le diaphasé, qui a eu son époque de vogue, et qui semble aujourd’hui céder la place au triphasé...
- Telle est l’origine de ce livre; c’est la mise en commun de tous les carnets, de toutes les’ notes rapidement jetées sur le papier, souvent au milieu du bruit des machines ou des remous des grands barrages ; c’est la première œuvre d’observation personnelle de jeunes gens pleins d’ardeur pour la science à laquelle ils se sont consacrés.
- LAURENT (P.), ingénieur au polygone du Hoc. — Résistance des bouches à feu. — Petit in-8.
- [Encyclopédie scientifique des Aide-Mémoire.) — Paris, Gauthier-Villars.
- Dans ce volume, l’auteur a condensé les théories établies par le général Virgile, mais en s’appuyant sur les formules de l’équilibre élastique de Lamé. Ces formules offrent l’avantage de s’appliquer d’une façon générale à toutes les questions de résistance, sans nécessiter l’établissement de théories spéciales pour chaque cas particulier. Les premiers chapitres traitent de la résistance des canons frettés et tubés au moyen de frettes ou de manchons; ils contiennent de nombreux exemples numériques résolus soit au moyen des formules habituelles, soit au moyen de tables numériques d’un emploi facile et rapide. Comme corollaire du frettage cylindrique, l’auteur expose, dans un chapitre spécial, la théorie du frettage conique, théorie qui n’a jamais été exposée jusqu’ici, et qui lui a valu une lettre de félicitations du ministre de la guerre.
- L’ouvrage se termine par l’exposé du frettage filiforme et des formules qu’il comporte. Ce système, peu employé et à tort, est décrit, en détail et fait l’objet d’applications numériques nombreuses. Des notes terminent le volume et permettent de reconstituer les formules sans avoir l’ecours aux ouvrages spéciaux sur la théorie mathématique de l’Élasticité.
- Cet ouvrage résume, d’une façon très condensée, tout ce qui est nécessaire pour l’établissement d’un projet de bouche à feu, il complète le premier volume du même auteur sur le déculassement.
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- BIBLIOGRAPHIE.
- AVRIL 1899.
- SEYRIG (T.), in génieur-constructeur. — Statique graphique des systèmes triangulés. — T. Exposé*
- théoriques. — II. Exemples d'applications. 2 vol. petit, in-8. (Enci/clopédie scientifique des
- Aide-Mémoire.) — Paris, Gauthier-Villars.
- La Statique graphique trouve aujourd’hui des applications extrêmement nombreuses. Les constructions métalliques se calculent à son aide plus facilement et plus sûrement que par les méthodes analytiques. La simplicité des méthodes graphiques en fait le plus grand attrait et les rend accessibles à la majorité des personnes qui s’occupent de questions techniques et de construction.
- Dans la première partie de cet ouvrage, l’auteur expose les principes essentiels à la compréhension des méthodes appliquées. Il s’attache particulièrement à ramener à des considérations purement géométriques les bases de la Statique, en écartant toute considération qui exige l’emploi de la théorie générale de l’élasticité.
- Dans une seconde partie, l’application des principes se trouve étendue aux charpentes et aux ponts, avec une suffisante variété dans le choix des types étudiés pour pouvoir y rapporter sans peine toutes les formes usitées dans les constructions.
- Enfin, dans une troisième partie, l’auteur expose une méthode également géométrique, qui permet de calculer les déformations des systèmes triangulés soumis à des charges ou à des efforts quelconques. Ces procédés, d’une grande simplicité, sont destinés à faciliter la détermination des flèches souvent fort compliquée.
- Le deuxième volume*pourrait s’intituler la quatrième partie du premier volume. 11 est, en effet, formé d’une série d'exemples numériques dans lesquels est faite l’application directe de tous les principes. Ces applications sont un complément nécessaire des exposés théoriques, et font aisément saisir tous les avantages que présente cette forme de la statique générale.
- NIEWENGLOWSKI (G.-H.), préparateur à la Faculté des Sciences de Paris. — Applications de
- la Photographie aux Arts industriels. Petit in-8. (Encyclopédie scientifique des Aide-Mémoire.)
- Paris, Gauthier-Villars.
- L’auteur s’est proposé de montrer que la Photographie est susceptible de rendre aux arts industriels de nombreux services, dont il semble que l’on ne profite pas assez.
- Dans un premier chapitre intitulé Généralités, constituant une sorte d’introduction, l’auteur rappelle les propriétés si fécondes en applications de la gélatine bichromatée et de la gélatine imbibée de chlorure ferrique, fait l’étude des clichés et passe en revue les divers procédés de moulage des reliefs de gélatine.
- Le chapitre II est consacré aux principales méthodes d’obtention des émaux photographiques; le chapitre III, à la décoration photographique de la porcelaine ; le chapitre IV, à la décoration du verre; les nombreux procédés qui permettent d’obtenir des vitraux monochromes et polychromes y sont décrits en détail. Les impressions photographiques sur tissus et la phototeinture font l’objet du chapitre V. Enfin un VIe et dernier chapitre renferme diverses applications de la Photographie à la damasquinure et à laniellure, aux filigranes, à Limitation de la nacre, à l’industrie textile, etc.
- LECORNU (L.), ingénieur en chef des mines, répétiteur de mécanique à l’École polytechnique.
- — Régularisation du mouvement dans les machines. Petit in-8. (Encyclopédie scientifique des
- Aide-Mémoire). — Paris, Gauthier-Villars.
- La théorie de la régularisation du mouvement dans les machines est l’une des plus intéressantes et en même temps l’une des plus difficiles de la mécanique appliquée. Pour aboutir à des résultats pratiques, on est obligé de se contenter d’équations approximatives, mais il importe de ne négliger que ce qui est réellement négligeable. Or les auteurs qui ont abordé
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- BIBLIOGRAPHIE.
- AVRIL 1899.
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- ce problème ne paraissent pas avoir toujours procédé avec le soin nécessaire. Tantôt ils se sont attachés uniquement à rechercher les propriétés du régulateur en tant qu’appareil indépendant, perdant de vue la liaison avec la machine, et c’est ainsi qu’ils ont été conduits à la poursuite intempestive de l’isochronisme parfait. Tantôt ils ont négligé l’inertie des houles, admettant sans discussion qu’ils avaient le droit de le faire. D’autres ont laissé de côté le frottement, qui joue pourtant un rôle prépondérant. En ce qui concerne l’action de la valve, on suppose le plus souvent que le moment moteur est proportionnel, toutes choses égales d’ailleurs, au passage offert à la vapeur; hypothèse sujette à caution. Toutes ces questions ont été examinées par l’auteur dans un travail Sur les régulateurs à action directe, auquel l’Académie des Sciences, en 1895, a décerné le prix Fourneyron, et qui, demeuré jusqu’ici inédit, est reproduit presque intégralement dans le présent volume. Comme conclusion pratique, on est conduit à formuler les relations qui doivent exister entre les divers éléments de la machine, du régulateur et de la valve pour obtenir un fonctionnement satisfaisant.
- Le volume est complété par une Théorie des régulateurs ci action indirecte. Les théorèmes généraux concernant les cycles représentatifs de l’allure des machines sont établis par une voie purement géométrique, et l’on en déduit les conditions à remplir pour rendre impossible la production d’oscillations à longue période.
- P. TRUCHOT, ingénieur-chimiste. — Les Terres rares. —Minéralogie. — Propriétés. —Analyse. 1 vol. in-8 carré, 315 pages, de la Bibliothèque de la Revue générale des sciences.
- — Paris, Carré et Naud.
- Cet ouvrage fixe le détails des connaissances physiques et chimiques que l’on possède actuellement sur les métaux des terres rares. Leurs applications à l’éclairage et le grand nombre de documents qu’elles fournissent à l’analyse en font un sujet d’une grande actualité. L’auteur a divisé son ouvrage en trois parties :
- 1° La partie minéralogique, comprenant un tableau des minéraux des terres rares, l’étude détaillée des principaux d’entre eux, en particulier des sables monazités qui sont employés à la fabrication des manchons incandescents, et enfin un aperçu sur la situation géographique des principaux gisements ;
- 2° La partie générale, dans laquelle se trouve la description de chacun des métaux rares et de leurs sels à acides minéraux et organiques ;
- 3° La partie analytique, comprenant ce que l’on sait actuellement sur les différentes méthodes de fractionnement et de séparation, les caractères analytiques des différents métaux rares et, enfin, les divers procédés d’analyse de produits commerciaux, nitrate de thorium, précipité de thorium, sables monazités, manchons à incandescence, etc.
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- LIVRES ET OUVRAGES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE
- EN AVRIL 1899
- La Bicyclette, sa construction et sa forme, par M. G. Boculet. In-8, 525 p., 269 fig. Paris, G au thi er- Vi 11 a r s.
- Congrès international pour l’examen des meilleures conditions d’hygiène et de production dans les manufactures textiles, sous les auspices de la Société industrielle do Rouen et du Lloyd Rouennais, I vol. E t iules préparatoires en vue du Congrès. fn-8,160 p. Rouen, imprimerie Wolf.
- Une excursion électrotechnique en Suisse, par les élèves de l’École supérieure d’électricité. In-8, 92 p., 47 fig. Paris, Gauthier-Villars.
- De la Petite Encyclopédie pratique de Chimie industrielle de M. Billon. Lait, Corps gras et Conserves alimentaires. 2 vol. in-18, 160 p. Paris, Bernard.
- Premiers Principes d’Électricité industrielle. Piles, dynamos, transformateurs, par M. P. Janet, 9° éd. In-8, 272 p., 169 fig. Paris, Gauthier-Villars.
- Du ministère de VAgriculture et de l’Industrie d’Italie. Carte hydrographique. Le Tibre.
- Cinquantenaire de la Société des Ingénieurs et Architectes autrichiens. In-4, IbO p. Vienne, imprimerie Jasper.
- De la Smithsonian Institution. Annual Report, 1896. In-8, 730 p. Washington, Government Printing Office.
- De la Société d’Agriculture, Sciences et Arts de Varrondissement de Valenciennes, Revue agricole, industrielle et artistique. Année 1898.
- Annuaire de la Papeterie française et étrangère pour 1899. In-8, 632 p. 18, rue des Pyramides, Paris.
- Séances de la Société française de Physique, 1898, 3e fascicule.
- Mémoires de la Société nationale d’Agriculture de France, 1899. In-8, 791 p. Typographie Chamerot, 19, rue des Saints-Pères.
- De la Société vétérinaire de l’Aube. Procès-Verbaux, 1897, In-8, 176 p. Troyes, imprimerie Frémont.
- Institution of Civil Enyineers. London, Proceedings. Vol. CXXXV (1899). Principauxmémoires, Roberts Austen, Extraction du nickel par le procédé Mond. W. B. Esson, Transmission de la force dans le mines. 8. R. Kay, Atfaissemenls dus aux travaux miniers. Franrius et Thierry, Travaux de ports et de rivières en Allemagne. Donaldson, Efforts développés dans les tuyaux courbés à angle droit par la vapeur. Watson, Destruction des ordures ménagères.
- Notice sur la Ramie, par M. A. Promio. In-8, 16 p. Paris, Maisonneuve.
- Du ministère du Commerce. Tableau décennal du Commerce de la France (1887-1896). 2 vol. in-4. Imprimerie Nationale.
- Du ministère du Commerce des États-Unis. Review of the Wold’s Commerce, 1898. In-8, 190 p. Washington, Government Printing Office.
- Les moteurs légers applicables à l’industrie, aux cycles, aux automobiles, à la navigation et à l’aéronautique, par M. IL de Graffîgny. ln-8, 332 p., 216 fig. Paris, Bernard.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA RIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Mars au 15 Avril 1899
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac. . . . Annales de la Construction.
- Acp. . . . Annales de Chimie et de Physique.
- AM. . . . Annales des Mines.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique. APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. Barri. . . . Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- BMA . . . Bull, du ministère de l’Agriculture. CN. . . . Chimical News (London).
- Cs...Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- CR. ... Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- DoL. . . . Bulletin of the Department of La-bor des États-Unis.
- Dp. . Dingler’s Polytechnisches Journal.
- E..........................Engineering.
- E’........................The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE................Eclairage Électrique.
- EU. . . . L’Électricien.
- Ef.. . . . Économiste français.
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Es. . . . . Engineers and Shipbuilders in
- Scotland (Proceedings).
- Fi Journal of the Franklin Institute
- (Philadelphie).
- Gc........Génie civil.
- Gm. . . . Revue du Génie militaire.
- IC.Ingénieurs civils de France (Bull.).
- ie........Industrie électrique.
- Im . . . , Industrie minérale de St-Étienne. IME. . . . Institution of Mechanical Engineers (Proceedings).
- loB. . . . Institution of Brewing (Journal). La . . . .La Locomotion automobile.
- Ln........La Nature.
- Ms........Moniteur scientifique.
- MC. .
- N.. . Pc.. . Pm. . RcP .
- Rgc. . Rgds.. Ri . . RM. . Rmc.. Rs. . . Rso. . RSL. .
- Rt.. . Ru.. .
- SA.. . ScP. . Sie. . .
- SiM. .
- SiN. .
- SL.. .
- SNA..
- SuE. . USR. .
- VDl. .
- ZOl. .
- Revue générale des matières colorantes .
- Nature (anglais).
- Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Portefeuille économ. des machines.
- Revue générale de chimie pure et appliquée.
- Revue générale des chemins de fer.
- Revue générale des Sciences.
- Revue industrielle.
- Revue de mécanique.
- Revue maritime et coloniale.
- Revue Scientifique,
- Réforme Sociale.
- Royal Society London (Procee-dingsj.
- Revue technique.
- Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- Society of Arts (Journal of the).
- Société chimique de Paris ( Bull.).
- Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- Société industrielle du Nord de la France (Bulletin).
- Bull, de statistique et de législation.
- Société nationale d’agriculture de France (Bulletin).
- Stahl und Eisen.
- Consular Reports to the United States Government.
- Zeitschrift des Vereines Deutscher Ingenieure.
- Zeitschrift des Oesterreichischen Ingenieure und Architekten-Ve-reins.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- AVRIL 1899.
- (H) 8
- AGRICULTURE |
- |
- Arbres fruitiers (Pourriture des). Ag. 1 Man, 420. J
- Betterave sucrière et engrais phosphatés. Ap.
- 13 Avril, 526.
- Bétail (Loi de 1881 sur la police sanitaire du). SNa. Fée., 98.
- — Méthode des mensurations. Ap. Je,
- Avril, 504.
- Blé. Ensemencements au printemps. Ag. \ Mars, 449.
- — (Faits contradictoires dans la culture du)
- (Heuzé). Ap. 13 Avril, 542.
- — (Tallage des). Ap. G Avril, 509.
- Céréales. Pourquoi les quantités de semences j
- de céréales augmentent du Midi vers ! le Nord (Schribaux). Ap. 30 Mars, 455. i Engrais minéraux et l’arboriculture fruitière. — Pommiers (Grandeau). Ap. 1G-23 Mars, 376, 417.
- — Phosphates naturels transformés en
- scories artificielles (Schribaux). Ap.
- 16 Mars, 382.
- — Fixation de l’azote atmosphérique par
- les algues et les bactéries (Bouilhac). SNA. Fév., 84.
- — Phosphates et verse des céréales (Gran-
- deau). Ap. 6 Avril, 489.
- — Fosses à fumier étagées. Ap. 13 Avril,
- 530.
- — Guano du Pérou. Dépôts de (1878-98).
- (Fallon). Cs. 31 Mars, 213.
- — Pouvoir absorbant de l’eau des sols
- arables (Pétermann). Ap. 30 Mars, 457.
- — Divers. Cs. 31 Mars, 28'i.
- — Détermination des matières solubles
- des sols. American Journal of Science (Meam). Avril. 249.
- Fromages. (Altérations des) (Kirsten). Cs.
- 28 Fév., 162.
- — du Cantal (Pagès). Ap. 30 Mars, 474.
- Foin. Combustion spontanée. Ag. 15 Avril, 569. Lait (Analyse rapide du) (Mac Dougald). Cs.
- 31 Mars, 235.
- Machines agricoles (Congrès des constructeurs de). Ap. 18 Mars, 283.
- — Concours d’appareils préventifs des ac-
- cidents. Ap. 23 Mars, 427.
- — au concours général de Paris (Ringel-
- mann). Ap. Mars, 461.
- Mais (Valeur alimentaire du). Cs. 28 Fév., 160. Pommes de terre (Pourriture des) (Mangin). Ap. 16 Mars, 379.
- — à grand rendement (Gathoye). Ag.
- 1er A vril, 499.
- -- (Plantation des). Id. 307.
- — (Influence de la sélection et de l’espace-
- ment dans la culture des) (Grandeau). Ap. 30 Mars, 453.
- Semences. (Emploi des). S/VA. Fév., 113. Vigne. Culture en chaintres en Champagne. Ag. 15 Avril, 573.
- — Destruction de F Attise par le Sporotri-chum globulifer. Ag. 25 Mars, 453.
- — Mercure dans les produits des vignes traitées avec les bouillies mercurielles (Vignon et Perraud). CM. 27 Mars, 830.
- — Maladie cryptogamique. (Traitement
- des). Ag. 1er, 8 Avril, 492, 532.
- — Reconstitution des vignobles en terrains
- calcaires Ap. 13 Avril, 534.
- CHEMINS DE FER
- Attelages automatiques (Les). E'. 17 Mars, 263; 14 Avril,'360.
- Chemins de fer africains nouveaux (Gros-claude). Rs. 18 Mars, 321.
- — allemands. Statistique (1896). Rgc.
- Avril, 237.
- — du Japon. F. 14 Avril, 473,
- — Grand Central Anglais. E. 18 24, 31,
- Mars, 337, 378, 401 ; 7, 14. Avril, 439.
- — Métropolitain de Paris. Ac. Avril 50; E',
- 14 Avril, 356.
- — Burmah-Chine. E. 7 Avril, 457.
- -- Transsibérien. E'. 7 Avril, 494.
- — de montagne Nilgiri. E!. 31 Mars, 311.
- — électriques métropolitains, et subur-
- bains (Dawson). SA. 24 Mars, 399. Divers. Dp. 15 Avril, 17. De Stand-stad-Engelberg. VDI. 15 Avril, 415. Locomotives express du Lancashire Yorks-hire. FJ. 17, 24 Mars, 258, 289.
- — Gompound Goldsdorf. E'. 31 Mars, 319.
- — — à 4 cylindres (Les) (Leitlmann).
- VDI. 8, 15 Avril, 373, 409.
- — américaines. E. 31 Mars, 423; FJ.
- 7 Avril, 341.
- — Consolidation du Rhode Island. Ry. RM.
- Mars, 306.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- AVRIL 1899.
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- Locomotives. Pertes par rayonnement. RM. Mars, 305.
- — Distribution Panoux. Rgc. Avril, 216.
- — Ressorts Mac Cord. RM. Mars, 305.
- — Valves de démarrage Lindner et du Chemin de fer du Midi. Roc. Avril, 269.
- — Purgeurs Hornish et Haskel. RM. Mars, 479.
- Voie. Pose dans les souterrains (J. Michel). Rgc. Avril, 209.
- — Machine à poser les voies. Pm. Avril, 53.
- Voitures. Fermeture de fenêtre Hill. E'. 17 Mars, 259.
- — et wagons de l’État belge (Morizot.). Rgc.
- Avril, 224.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles. Puissance des moteurs. Ri. Mars, 103.
- — Essieux. Ici. 8, 15 Avril, 13A, 143.
- — Résistance au roulement, expériences de Mauni. Ri. 25 Mars, 118; 1er Avril, 129.
- —i de poids lourds. Emploi industriel. La. 16 Mars, 163.
- — Routes et. Ac. Mars, 61.
- — Transmissions. Rgds. 15 Mars, 190. Mil-lot. RM. Mars, 308. Société française d’automobiles. RM. Mars, 309.
- — Voitures. Ici. 30 Mars, 224.
- — Pneumatiques. E. 7 Avril, 457.
- — Direction Jeanteau. La. 23 Mars, 183.
- — à pétrole. De Dion. Notice de route. La.
- 16 Mars, 165.
- — — Vélo. Butikofer. La. 6 Avril, 216.
- — — Gruet. Rt. 10 Avril, 153.
- — — Avant-train Amiot et Peneau. La.
- 16 Mars, 167.
- — Électriques (Ravitaillement des). La.
- ' 6 Avril, 215.
- — — Station des fiacres électriques de la
- Cie des Petites Voitures à Paris. Gc. 15 Avril, 373.
- — à vapeur. Toward.E. 14 Avril, 497. Pur-
- rey. RM. Mars, 307.
- — ' — Serpollet Kecheur. Pm. Avril, 58. Plate-forme électrique Guyenet. le. 10 Mars,
- 160.
- Tramways. Divers. Dp. 8 Avril, 10.
- — Transit des grandes villes (lliggins). Fi. Avril, 315.
- — Électriques. En Angleterre. Résultats commerciaux. EM. Avril, 45, et funiculaires- comparaison des dépenses. Ri. 8 Avril, 137.
- — — Combinateur Thomson Houston
- pour 4 moteurs. EE. 18 Mars, 425.
- — — Electrolyse par les courants de re-
- tour à Jersey City. EE. 18 Mars, 435.
- — — Statistique en 1898. le. 10 Mars.
- — — de Glasgow. E. 24 Mars, 397 ; E'.
- 7 Avril, 343.
- — — Trolley. Siemens. E. 24 Mars, 399. Vélocipèdes. Divers. Dp. 18, 25 Mars, 171,
- 183.
- — Akatènes Symonds. Parker. Harden. RM. Mars, 313.
- — Changement de vitesse Erker et Loffler. RM. Mars, 312.
- — (Théorie du) (Boussinesq). CR. 27 Mars,
- 766 ; 4 Avril, 859.
- — Vélocipèdes militaires Gérard, Ln. Vô Avril, 311.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acétylène. Divers. Cs. Fév., 126 ; E. 17 Mars, 335.
- — Valeur comme éclairant. E'. 31 Mars, 303.
- — et ses applications (Hubou). Ic. Fév.
- 180.
- — Étalon de lumière à acétylène (Technology Quarterly).Déc.,2i(}.
- — Règlements américains. Fi. Avril, 309. Acides carbonique. Décomposition en présence du charbon (Boudouard). CR. 27 Mars, 824.
- — sulfurique. Fabrication en 1894. Cs.
- 31 Mars, 270.
- — azotique fumant. Action sur quelques
- combinaisons cycliques obtenues par synthèse. Ms. Avril, 295.
- Acoustiquc. Tuyaux sonores irréguliers et coniques. AcP. Avril, 562.
- Air liquide. Applications chimiques (Hem-pel). Cs. 28 Fév. 121 ; industrielles (Dominer). Rs. 1er Avril, 385.
- — production (Hampson). E' 1*4 Avril, 372.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- AVRIL 1899.
- Alcool amylique du commerce. (Examen de F) (Richmond et O. Shaughnessy). Cs. 28 Fév., 107.
- — (Synthèse de F) (Rerthelot). Ils. 8 Avril,
- 425 ; CR. Avril, 860.
- Amidon. Hydraulise par les acides (II. Johnson). Ms. Avril. 283.
- Ammoniac liquide. Propriétés. Cs. 31 Mars, 272.
- Cadmium. Précipitation par Fhydrogène sulfuré (Meldrum). CN. 14 Avril, 170. Céruse. Fabrication et produits (Handy). Cs. 31 Mars, 233.
- Cellulose (La). (Cross et Revan). Mc. 1er Avril, 126.
- Brasserie. Divers. Cs. 31 Mars, 288.
- — Houblons. Composition (Wroblevv ski !. Cs. 28 Fév., 156.
- — Malterie nouvelle (Hempelj. VDl. 8 Avril, 378.
- — Maltodextrine (Brown et MiJlar). Cs. 28 Fév., 159.
- — Production du sucre et de l’amidon dans Forge et le malt. Ms. Avril, 286. — Fabrication du malt (Hempel). VDl. 8 Avril, 379.
- Céramique. Divers. Cs. 28 Fév., 144.
- •— Couvertes coloriées. Cs. 31 Mars, 275.
- — Fusibilité des argiles, méthode de Bis-chof modiiiée (Hoffman). Technololy Quarterly. Décembre, 255.
- — Influence de la dimension des grains
- sur la résistance des argiles (Hofman). Id. 260.
- Chaleur. (Équivalent mécanique de la). Guillaume. le, 10 Mars, 99.
- — Spécifique des liquides. Détermination
- rapide. (Negréano). CR. 4 Avril, 875.
- — — des métaux aux basses tempéra-
- tures. Ln. 8 Avril, 299.
- Chaux et ciments. Divers. Cs. Fév., 146.
- — Sulfate de baryte comme constituant des
- pierres (Clowes). RSL. 29 Mars, 374. — Ciments de scories. Fabrication et propriétés (May). Ms. 31 Mars, 27 ; Ms. Avril, 266.
- Briques de scorie (Helmhakerj.FJ ., 276. -- Prise des chaux hydrauliques naturelles et artificielles (Zulkowski). Ms. Avril, 277.
- — Constitution des ciments hydrauliques
- (Rébuffort). kl. 278.
- Chaux et ciments. Essai à chaud des produits hydrauliques. Le Ciment. Mars, 44.
- — Congrès allemand du béton. Le Ciment. Mars, 37.
- — Influence de Facide carbonique sur les mortiers de ciment Portland et de Taas. Le Ciment. Mars, 46.
- — Industrie du ciment Portland en Angle-
- terre. Le Ciment. Mars, 71.
- — Propriétés thermiques de la chaux (Gautier). CR. 18 Avril, 939.
- Cyanures doubles (Rerthelot). CR. 13 Mars, 630.
- — — Cyano-sulfures. Id. 20 Mars, 666. Cuivre. Sous-phosphorure cristallisé (Mazon-
- neau). CR. 10 Avril, 936.
- Chloroforme. Purification Pictet. Cs. 31 Mars, 231.
- Corps gras. Divers. Cs. 31 Mars, 283.
- Égouts. Les destructeurs, E. 7 Avril, 459.
- — Destructeur Horsfall. E'. 17 Mars, 260. Essences et parfums. Divers. Cs. 28 Fév., 167;
- 31 Mars, 293. Citral. kl, 169. Explosif. Fulmicoton et poudre sans fumée. Stabilité (Gutmann). Cs. 20 Fév., 174. —• (Examen des) (Williams). Fi. Mars, 197. Farines. Falsifications (Balland). Pc. 15 Mars, 286.
- Fermentations antiseptiques : action sur les micro-organismes du vin (Seifert). Cs. 28 Fév., 158.
- Formaldoxine (La) (Bach). Ms. Avril, 251.
- Gaz. Compressibilité des mélanges gazeux (Berthelot et Sacerdote). CR. 27 Mars, 820.
- Gaz d’éclairage (Tensions de vapeur des hydrocarbures dans le). Leur influence sur les dépôts de naphtaline et sur l’enrichissement par la benzine (Irwin). Cs., 28 Fév., 109.
- — Production du gaz et du coke dans des fours à sous-produits (Hofman). Technology Quarterly. Déc., 211.
- — Becs à incandescence divers. Cs. 28 Fév.,
- 125 ; Société d’Encouragement de Berlin. Mars, 141.
- — (Chauffage au). Divers. Dp. 25 Mars, 193.
- — Usines d’Edimbourg. E'. 24 Mars, 275. Glucinium et ses composés (Lebeau). Acp. Avril,
- 457.
- Glucose. Dosage (Garnier). Pc. 1er Avril, 326.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AVRIL 1899.
- (571
- Glycérine (Détermination de l’arsenic dans la) (Langmen). CN. 14 Avril, 171.
- Huiles essentielles (Progrès de l’industrie des) (Gharabot et Pillet). RCP. Mars, 111.
- — d’arachide. (Recherche de) (Merklen).
- Ms. Avril, 254.
- — d'acétone (Buisine). CR. 7 Avril, 885. Hydrogène liquide. Point d’ébullition (Dewar).
- CN. 24 Mars, 333.
- Hydrosulfite d’ammonium (Prudhomme). ScP.
- 5 Avril, 326; MC. 1er Avril, 105. Hypochlorites. Expériences sur des dissolutions concentrées (Musprath et Smith). Cs. 31 Mars, 210.
- Industrie chimique dans la région de Paris. (Progrès de 1’) (Guillet). Gc. 18 Mars, 316; 1er, 8, 16 Avril, 344, 361, 380. Iodates doubles de bioxyde de manganèse (Berg). CR. 13 Mars, 673.
- Laboratoire. Divers. Cs. 31 Mars, 298.
- — Balance de précisiou. Étude des oscilla-
- tions (Mendeleef). RCP. 15 Mars., 100. — Infuseur automatique Stanford. Cs. 28 Fév., 117.
- — Dosage de l’azote par le procédé
- Kjedahl (Maquenne et Roux). ScP. 20 Mars, 312.
- — Filtre pour l’analyse microscopique des
- eaux (Jackson). Technology Quarterly. Déc., 241.
- — Filtre en verre. CN. 7 Avril, 158. Mercure. Dissociation de l’oxyde de (Pélaban).
- CR. 27 Mars, 825.
- Meunerie. Système Schweitzer. Ri. 25 Mars, 113.
- — de 120 sacs, à cylindres. Dp. 15 Avril,
- 24.
- Nitroprussiates et leur constitution (Miolati). RCP. Mars, 103.
- Optique. Indice de réfraction et densité des dissolutions d’acide chlorhydrique (Conroy). RSL. 13 Mars, 308.
- — Stéréoscope à double réflexion Drouin.
- Ln. 8 Avril, 303.
- — Polarisation de la lumière diffusée par le verre dépoli (Lafay). Acp. Avril, 503.
- Spectre de l’hydrogène (Richards). CN. 7 Avril, 159.
- — Objectif pour spectroscope (Hastings). American Journal of Science. Avril, 267.
- Optique. Accommodation visuelle. (L.’) N' 6 Avril, 541.
- — Rayons X. CR. 27 Mars, 771 ; RSL. 29 Mars,
- 377.
- Oxyde de carbone. Décomposition en présence des oxydes métalliques (Baudouard), ScP. 20 Mars, 269.
- Papier. Emploi de la caséine pour les papiers colorés. Cs. 28 Fév.. 165.
- Parfums. Extraction par dissolvants organiques (Otto). RCP. Mars, 120.
- Pétroles. (Oxydation des) (Stenart). Cs. 31 Mars, 238.
- — Distillation des pétroles bruts. Cornue
- perfectionnée Henderson. Cs. 31 Mars, 246.
- — Raffinage deshuiles de schiste.(Stenart).
- Id. 248.
- Phosphure de calcium cristallisé (Moissan). CR.
- 27 Mars, 787.
- Photographie. Divers. Cs. 28 Fév., 173.
- — Emploi de l’eau oxygénée (Russell). CN.
- 17, 24 Mars, 121, 133; RSL. 29 Mars, 409.
- — Jumelle Mackinstin. Ln. 8 Avril, 299. Plomb chimique. Cause d’un accident (Davis).
- Cs. 31 Mars, 227.
- Poids atomique du nickel. (Richards et Cushman). CN. 14 Avril, 163, 174.
- Potasse (Estimation de la) (Bell). CN. 24 Mars, 135.
- Résines et vernis. Préparation des vernis. Cs.
- 28 Fév., 153 ; au copal. Id. 153.
- — Divers. Cs. Mars, 284.
- Siliciure de fer cristallisé. Préparation (Lebeau).
- CR. 10 Avril, 933.
- Soie artificielle. Cs. 28 Fév., 134.
- Sumac et ses fraudes. (Randall). Cs. 28 Fév., 105.
- Sucrerie. Divers. Cs. 28 Fév., 155; 31 Mars, 286.
- — Perfectionnements possibles (Skaïfe). Fi. Mars, 215.
- — Moyens de diminuer les pertes. Cs. 31 Mars, 287.
- Tannerie. Divers. Cs. 28 Fév., 154; 31 Mars, 284.
- — Emploi de la soie comme absorbant du tanin dans les analyses (Guthrie). Cs. 31 Mars, 253.
- Températures 'extrêmes. (Mesures des) (Callen-dar). N. 23, 30 Mars, 4S5, 518.
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- 672
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AVRIL 1899.
- Teinture. Huiles et sel d’aniline (Analyse des) (Liebman et Studer). Cs. 28Fée., 110.
- — Essais de l’indigo ; composé jaune dans l’indigo de Java. Cs. 31 Mars, 230.
- — Divers. Cs. 28 Fév., 31 Mars, 260, 264 5 267. MC. 1er Avril, 123, 129, 132.
- — Développement en Allemagne par le chimiste et le laboratoire. MC. 1er Avril, 117.
- — Colorants nouveaux. (Gassmann). Ms. Avril, 237.
- — Azoïques par diatozage (Blondel). MC. 1er Avril, 122.
- — Indigo pur et naturel. Cs. 31 Mars, 267.
- — Progrès dans les blanchiment, teintures et impressions (Buntrock). MC. j 1er Avril, 106.
- — Acides indigotine-sulfoniques (Gerland). Cs. 31 Mars, 223.
- — Chrome, fixation sur coton. Cs. 31 Mars, 269.
- Thermodynamique. Forme nouvelle de la relation. f. (ptv) = 0 : cas de l’état de saturation (Amagat). CB. 13 Mars, 649.
- Thermométrie. Températures fixées par les températures de transition des systèmes complexes (Richards et Churchill). CN. 30 Mars, 149.
- — Détermination des points de fusion des corps gras. (Dowrard). CiV. 30 Mars, 130.
- Titane. Combinaisons de l’acide titanique avec l’acide sulfurique (Blondel). ScP. 26 Mars, 262.
- Tungstatepotassique (Hallopeau). ScP. 20 Mars, 267.
- Vanadium. Électro-déposition. Cowper-Cooles. CN. 30 Mars, 147.
- Verres sans plomb. SA. 7 Avril, 439.
- Uranium. Chlorures et bromures doubles. (Aloy). ScP. 20 Mars, 264.
- Waterproof (Fabrication des tissus). Cs. 28 Fév., 133.
- Zinc et fer galvanisés. Action de l’eau (Davies).
- Cs. 28 Fév., 102.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Alcoolisme et aliénation en France et en Angleterre. Cf. 1er Avril, 413.
- Allemagne. Colonie de Kiaotseheou. Ef. 18 Mars, 333.
- Allemagne. Progrès commercial. (Roren-raad). SA. 7 Avril, 443.
- Brevets. Loi allemande. Rt. 10 Avril, 137. Coopératives en Belgique. Rso. 16 Avril, 620. Concurrence et coopération (Gide). Musée social. Mars.
- Dettes hypothécaires (Assurance en faveur des) en Allemagne. Ef. 8 Avril, 443. Enseignement ménager en Belgique. Rso. 1er Avril, 370.
- Étain. (Etat du commerce de 1’). E. 31 Mars, 421.
- États-Unis. Compétition avec l’Angleterre. USR. Mars, 407; avec l’Allemagne. EM. Avril, 113.
- — Marine marchande américaine. Loi pour l’encourager. Ef. 23 Mars, 373. France (Indigence et assistance en). Ef. 23 Mars, 371.
- — Dépopulation et ses remèdes (Bertillon).
- Rs. 8, 15 Avril, 417, 453.
- — Situation commerciale. Ef. 8 Avril, 448 ;
- financier, ld., 15 Avril, 483.
- — Coût de la vie à Paris depuis soixante-dix ans. Ef. 15 Avril, 473.
- Grèves et coopératives (Langeron). Rso. 16 Mars, 485.
- — de chemins de fer. Législation en diffé-
- rents pays. Ef. 8 Avril, 444. Hospitalité de nuit et assistance par le travail, (Rivière). Rso. 16 Avril, 646.
- Industrie minière et revendications des ouvriers. Ef. 25 Mars, 377.
- Industries de l’État. Les chemins de fer. Ef. 1er Avril, 411.
- Mexique. Commerce et industrie. USR. Mars, 354.
- Or et argent (Production dcl’).E'. 14 Aen7,354. Petite propriété dans l’Orne en 1789. Rso. 1er, 16 Avril, 551,603.
- Progrès économique (Les ennemis du). Rso. le,‘ Avril, 526.
- Trade-unionisme (Évolution du). Rso. 16 Mars, 477.
- Travail. En New-Zealand. E. 7 Avril, 455.
- — Inspection dans l’Allemagne du Sud.
- Rso. 16 Avril, 650.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PURLICS
- Coupoles et dômes. Théorie (Muller-Breslau). VD1. 8 Avril, 388.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- AVRIL 1809.
- 073
- Excavateur Ruston Proctor. FJ. 17 Mars, 260. Exposition de 1900. Palais du génie civil. Gc. 18 Mars, 309.
- incendies. Protection en Europe (Sachs). E.
- 31 Mars, 401, 7 Avril, 439.
- Pierres à bâtir. Résistance et structure. (Julien). Fi. Avril, 257.
- Planchers en fer et béton. Matray. Le ciment. Mars, 33.
- Ponts de Montreal. Rt. 10 Avril, 163.
- — Alexendre-Ul (Résal et Alby). APC. 1898, n° 47.
- — ponts-ballons militaires. Ln. 8 Avril,
- 289.
- — en maçonnerie et en acier (Durée des).
- (Huet). EM. Avril, 23.
- — du Rhin, près Dusseldorf. VDL 23 Mars,
- 309.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs. Willard. Elé.[ier Avril, 200.
- — Charge et Rendement. (Bainville). Elé.
- 18 Mars, 163.
- — Electrodes à parois poreuses. Essais comparatifs (Loppé). EE. 25 Mars, 446) — Chargements à potentiel et à densité constants. EE. 1er Avril, 503.
- — (Théorie des) (Liebenow). EE. 8 Avril.
- 38.
- Actions voltaïques (Expériences sur les.
- (Brown). RSL. 29 Mars, 369.
- Aimants rectilignes (Propriétés des) Guillet, EE. 25 Mars, 441.
- Commutateur pour rhéostats Vedovelli. Elé. 15 Avril, 225.
- Distribution et transmission par courants alternatifs (Leblanc). Sie. Mars, 112. EE. 1er Avril, 488.
- Dynamos (Les) (Parshall et Hohart). E. 24 Mars, 374; 14 Avril, 473.
- —. Continues Johnson et Lundell, Finlay, Déri, Howitt (Guilbert). EE. 18 Mars, 417.
- — Alternatives. Étude graphique (Ha-
- nappe). Ru. Fév. 137.
- — Compoundage (des) (Danielson). EE.
- 15 Avril, 73.
- — A fort démarrage (Deri). Elé. 15 Avril, 230.
- — Réaction de l’induit (Picou). Sie. Mars,
- 160.
- Dynamos. Freinage des moteur asynchrones (Etckberg). EE. 1er Avril,498.
- — Commutatrices (Kapp). le. 25 Mars, 113. — Moteurs à grande puissance de démarrage (Déri). EE. 25 Mars, 462.
- Éclairage. Arc. Lampes par 2 ou 3 en tension sur distribution à 210 volts. le. 25 Mars, 116.
- — Arcs à courants alternatifs dissymétriques entre métaux et charbons. (Blondel). CR. 20 Mars, 727.
- — Incandescence. Filaments en silicium.
- EE. 18 Mars, 437.
- — — ampoules à 2 verres Barras et
- Gower. EE. 13 Avril, 73. Électricité et chaleur. Théorie de Riecke. EE.
- 18, 23 Mars, 412, 452, F'r Avril, 491. Électro-chimie. Électro-déposition de l’étain. EU. 23 Mars, 180.
- — Divers. Cs. 31 Mars, 281.
- — Électro-métallurgie (L’). Chalon). Ru.
- Mars, 221.
- Étincelle électrique (Nature de 1’). (Schuster). RSL. 13 Mars, 331.
- Fantômes électriques des lignes de forces dans l’air (Boudroux). CR. 7 Avril, 882. Industrie électrique en Amérique. Gc. 1er, 8 Avril, 349, 365, 383.
- Interrupteur Winhelt. CR. 20, 27 Mars, 732, 815; 4, 10 Avril, 877, 925. EE. 15 Avril, 42.
- — Villars. Rgds. 30 Mars, 210.
- Mesures. Maximum de sensibilité des galvanomètres à cadre mobile (Fery). CR. 13 Mars, 633.
- — Compteurs Bastian, Evershed et Vi-
- gnoles. EE. 18 Mars, 412; Hummel, Aron, Ferranti. Id., 25 Mars, 457 ; Hoockham, Feldmann, Steinmetz, Shand, Thomson etPratt. id., 1erAvril, 494; Cruto, Peloux. EE. S Avril, 35, 36; Yulcain. EU. 1er Avril, 193.
- — Pont de Kelvin (Tobler). EE. 18 Mars, 428.
- — Mesure de la résistance d’un circuit
- contenant des forces électromotrices. Elé. 8 Avril, 210.
- — Oscillographes. Progrès récents (Blon-
- del). le. 10 Avril, 137.
- Piles Dobell à charbon. EE. 18 Mars, 422.
- — Fontaine. Atgier. Lu. 1er Avril, 285. Résistance des métaux. Effet delatorsion(Szily).
- CR. 10 Avril, 927.
- Tome IV.
- 98e année. 5e série. — Avril 1899.
- 44
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- 674
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. — AVRIL 1899.
- Stations centrales. Chute du Rhin à Shaf-fouse. EE. 18 Mars, 433; Padermo d’Adda. Gc. 1er Avril, 341 ; de Canter-bury. EJ. 17 Mars, 263.
- Télégraphie sans fils (Janel). IC. Fév., 223 (Voisenat Lodge). EE. 8,13 Avril, 23, 28, 61. Cohéreur à charbon Tomma-sina. CR. 13 Mars, 666; Marconi, E. 18 Mars, 356, 360.
- — Côtière (Bright). E'. 17 Mars, 231.
- — Électro-optique Zickler. Elé. 8 Arril,
- 209.
- Téléphones (Les) (J. Gavey). JA. 14 Avril, 463. Thermo-électricité. Effet des déformations des métaux sur leurs propriétés thermoélectriques (Macheon). RsL. 13 Mars, 322.
- Transformateurs Berry, Boritschewky, Bel-mann, Rittenhouse, Siemens, Bur-nond (Guilbert). EE. 13 Avril, 46.
- — Épaisseur à donner aux tôles. Elé. 15 Avril, 227.
- HYDRAULIQUE
- Distributeurs pour machines hydrauliques Fielding. Stevens, 314.
- Tiltration. Clarification des eaux de rivière (Hazen). Fi. Mars, 177.
- Pompes. Compensateur Worthington (Bejat). Bam. Mars, 282.
- — rotatives à deux axes (Masse). R.M.
- Mars, 272.
- — continue Worthington-Bender. R.M.
- Mars, 313.
- — Centrifuge Lobnitz. R.M. Mars, 313.
- — Piston Tangye. R.M. Mars, 313. Turbines Gunter. E1. 31 Mars, 319.
- — Francis, pour moulin, de 120 sacs. Dp. 8 Avril, 6.
- MARINE, NAVIGATION
- Brise-glaces Ermack. E. 31 Mars, 410.
- Canal de Bourgogne. Alimentation des installations électriques (Galliot), APC. 1898, n° 46; du Nicaragua. E’. 7 Avril, 329. Constructions navales. Balastage des navires. E'. 24 Mars, 289.
- — Calcul des stabilités (Munday). E.14 Avril, 499.
- — Fatigue des navires (Bruhn). E. 31 Mars.
- Barrages (Glaise). Résistance des fermettes. APC. 1898, n° 48.
- — Résistance à l’avancement des navires
- (Ghaudy). TC. Fév., 163.
- — Modèle de croiseur. FJ. 14 Avril, 361. Courants de marée (Distribution de vitesse dans
- les) (Bourdelles). APC. 1898, n° 45. Gouvernail électrique Martinez. EE. 23 Mars, 461.
- Huile. Action sur les vagues. E’. 14 Avril, 360. Machines marines. Essais en Danemark (Rasmusen). E. 24 Mars, 395 ; de
- Y Argonaut. E. 31 Mars, 432; de
- Y Amphitrile, E. 14 Avril, 491.
- — Disposition sur les navires de guerre. Melville. E!. 24 Mars, 285; E. 31 Mars, 435, 7 Avril, 469.
- — Machines du Castillan. E'. 31 Mars, 307 ;
- du Spartiate. E'. 7 Avril, 335.
- — Appareils auxiliaires (Joubert). Bam.
- Mars, 189.
- — Condenseurs. E'. 7 Avril, 342.
- Marines de guerre française. E. 31 Mars,
- 315.
- — russe. FJ. 14 Avril, 363.
- — anglaise. E. 17-24 Mars, 331, 385; Rmc.
- Mars, 550, 568, 603, 618. — Cuirassés Glory. E. 17 Mars, 358. —Implacable. E'. 17 Mars, 268. — Croiseur Argo-naut (essais). E. 24 Mars, 391.
- — japonaise. Rmc. Mars, 621. — Croiseur
- Kasacji. E'. 31 Mars, 306.
- -- américaine. Rmc. Mars, 593, 614.
- — Monitors cuirassés et destroyers (Dickie).
- EM. Avril, 1.
- — Plaques de blindages en Amérique et
- en Angleterre. Rt. 10 Avril, 162. — Krupp, de 30 centimètres. Rmc. Mars, 593.
- — Torpilleurs (Rôle des) électriques. Elé.
- 18 Mars, 161 ; Rmc. Mars, 559, 626. Marine marchande française. USR. Mars, 383.
- Mississipi. (Navigation du). Fi. Avril, 257. Navigation en temps de brouillards (Lacoine). Rt. 10 Avril, 1, 150.
- Protection des côtes. E'. 7, 14 Avril, 329, 353. Navires éi roues américains. E'. 17, 24 Mars, 232, 277.
- Paquebot des Messageries le « Laos ». E. 31 Mars, 413 ; 14 Avril, 485.
- Sondeur Cooper et Wigzell. E. 7 Avril, 451.
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-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AVRIL 1899.
- 075
- Remorqueurs de la marine française. Gc. 8 Avril, 357.
- Voies navigables de Russie. R. 15 Mars, 371.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Air comprimé. Compresseur Markwick. RM. Mars, 323.
- Arbres des machines (Calcul des). Ri. 18 Mars, Broyeurs Kent. Eam. 25 Avril, 330; Gates. RM. Mars, 293.
- Chaudières à tubes d’eau (Les). E'. 17, 24 Mars, 263, 290; Turgan. En. 25 Mars, 257 ; Ri. 25 Mars, 113.
- — pour la marine. E. 31 Mars, 424; E' 14
- Avril, 353; Knap. Ri. 1er Avril, 125.
- — Niclausse de 1898. RM. Mars, 293 ; Ste-
- vens, Tinker et Fawcus, Pennam, Hastings, Toulmin et Coulthard, Sim-som Adamson. RM. Mars, 300, 302.
- — Accidents en 1897. AM. Déc. 582.
- — Foyers Ransome et Rapier. Ri. 18 Mars,
- 101.
- — — au pétrole (Les) (Samuel). SA.
- 17 Mars, 384.
- — — Fumivores à Philadelphie. Fi. Mars,
- 244 ; Lethem; E'. 24 Mai\s, 297.
- — — Alimentateur Lefèvre. Ri. 18 Mars,
- 102.
- — — CirculateurManning. Ru. Mars, 303.
- — — Purgeur Hornish, RM. Mars, 305.
- — — Réchauffeurs Lemoine. RM. Mars,
- 304.
- — — Détendeur Sandillon. Ri. 18 Mars,
- 102.
- — — Soupape de vidange Lemoine. RM.
- Mars, 304.
- — — Tuyauteries de vapeur (Milton). E.
- 24 Mars, 294; E. 21 Mars, 408; 7 Avril, 465.
- Courroies compound. Ri. 18 Mars, 109. Embrayages Croft. E. 18 Mars, 339 ; Gillet, Hill. RM. Mars, 322.
- Excavateurs divers. Dp. 25 Mars, 182.
- Essoreuse Longdon. RM. Mars, 322.
- Froid. Détendeur Knox. RM. Mars, 323. Graisseur Herber et Sernota. RM. Mars, 322. Dnprimerie. Presses pour livres (Powrie). E. Mars, 365, 414.
- Levage. Appareils des ports. Ef. 18 Mars, 339. — Câbles pour ascenseurs (Rousselet). Ram. Mars, 224.
- Levage. Conveyeur Anthony. RM. Mars, 31(i.
- — Cabestan Grant. RM. Mars, 344.
- — Titan de 33 tonnes. E. Avril, 488.
- — Treuil Armstrong- Whitwort. RM. Mars,
- 315.
- — Vérin hydraulique Wecks et Dudgeon.
- MR. Mars, 315.
- Machines-outils. Ateliers Westinghouse. E. 24 Mars, 369. Américaines. EM. Avril, 15, 76.
- — Actionnées par l’électricité. VD1.
- 18 Mars, 287. Berry. E'. 14 Avril, 362.
- — Alésoir Snout. E' 24 Mars, 279.
- — Affûteuse Smith et Coventry. RM. Mars,
- 286.
- — Cloutière Hutchins. RM. Mars, 297.
- — Fraiseuses Reineker. Dp. 18 Mars, 165.
- — — Grant. Ri. 15 Avril, 145.
- — — pour cames Bradhury. E'. 14 Avril,
- 372.
- — Centreur Lockwood. RM. Mars, 316,
- — Étau limeur Juengst. RM. Mars, 316.
- — Machines à réduire. Gc. 15 Avril, 382.
- — Perceuses Grant. Ri. 15 Avril, 145.
- — — Capitaine. RM. Mars, 319.
- — — Kearney. Ici., 320.
- — Presses pour tubes à plomb. Gc. 8 Avril,
- 369.
- — — à forger Fielding. RM. Mars, 288.
- — Riveuse hydraulique Graves. RM. Mars,
- 291.
- — Tours revolvers et machines à vis (She-
- pherd). E'. 24 Mars, 292.
- — Tubes (Fabrication des — sans sou-
- dures) (Vinsonneau). RM. Mars, 229.
- — Laminoir à vis Lèvent. RM. Mars, 320.
- — à bois (Évolution des). Richards. EM.
- Avril, 88.
- — — Mortaiseuse. Fay. Ri. 1er Avril, 121.
- — — protège-scies de Crewe. E. 7 Avril,
- 463.
- Moteurs à vapeur. Prix de la puissance motrice. VDI. 18 Mars. 29 — A l’exposition de Chicago (Canon). Ru. Mars, 257.
- — surchauffée (lierre). Dp. 8 Avril, 3.
- Schmidt. RM. Mars, 325.
- — Rapide compound BrumstedetChaudler.
- E'. 14 Avril, 371. Browett et Liudley, E'. 14 Avril, 374.
- — Corliss compound de 500 chevaux. Bollinckx. P/n. Avril, 50.
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- (>76
- littérature des périodiques.
- AVRIL 1899.
- Moteur à. vapeur. Distribution HowardGreen. RM. Mars, 326.
- — Turbines Rateau. RM- Mars, 294. Hel-mann, Clarke et Warburton. Id., 323.
- — à gaz (Les). (Rudd). E. 17 Mars, 343.
- — — Influence de la compression
- (Meyer). VDI. 18, 23 Mars, 283, 327. 1er Avril, 361.
- — — Letombe. Gc. 1er Avril, 347. Sims,
- De Riancey et Guérin, Pichard. RM. Mars, 327.
- — — De haut fourneau (Witz). E E.
- 18 Mars, 401.
- — — Refroidissement par ailettes. La.
- 30 Mars, 193; 6 Avril, 209. Parcircu-laf ion. Julien. Ri. ier Avril, 122.
- — — AllumeursCrossley-Alkinson. New.
- RM. Mars, 328.
- — à pétrole. Cyclone. La. 23 Mars, 184.
- — — Bryant. E'. 24 Mars, 278.
- — — Truscott. Bamford. Mi Ilot. Craig.
- RM. Mars, 330.
- Résistance des matériaux. Fatigue du fer : retour après surfatigue (Muir). RSL. 13 Mars, 327.
- — Résistance des brides (Bach). VI)I•
- 28 Mars ; 1er Avril, 321, 347.
- — Tension moléculaire dans les aciers
- trempés. SuE. 1er Avril, 319.
- MÉTALLURGIE
- Alliages d’étain et de plomb (Sperry). Cs. 28 Fév., 113.
- — Bronze d’aluminium. (Explosion dans
- la fabrication des poudres de). Cs.
- 31 Mars, 280.
- Fer et aciers. Dosage du carbone dans les. CIV. 14 Am7, 169.
- — Teneur en oxygène. SuE. 13 Mars, 263.
- — Acier Martin. (Amélioration de T.) SuE.
- 15 Mars. 277.
- — Hauts fourneaux. Machines soufflantes
- Davy. E. 18 Mars, 347. Lamy. VDI. 15 Avril, 406.
- Fer et acier. Appareils à air chaud SuE. 15 Mars, 273.
- Gazor/ènes Riché. IC. Fév., 241.
- — Fours divers. Société d’Encouragement de Berlin. Mars, 123.
- Manganèse. Production en Espagne, lit. 10 Avril., 155.
- Or. Cyanuration nouvelle (H. Louis). Cs. 31 Mars, 229, 279. (Traphagen et Co-leigh). Cs. 28 Fév., 112.
- — Procédé Netto (Legrand). Ru. Fév., 123. — Traitement du quartz (Coignet). Im. xn, 727.
- MINES
- Boisages en fer et en acier. Eam.. 1er Avril, 377.
- Fer. Enrichissement magnétique. Procédé Grundahl-Delwik. SuE. 15 Mars, 271. Grisou. Allumeur de sûreté Davey, Reckford. A JL Déc., 567.
- Houillères de Wladivostok. Eam. 11 Mars, 293.
- — (Statistique ouvrière des). Ru. Fév., 210. — Question ouvrière dans le bassin du Donetz. Id., 187.
- — Analyse des combustibles minéraux par les rayons X (Couriot). Im. xn, 713.
- — Épuisement hydraulique d’Uddingston. E'. 7 Avril, 339.
- — Présence du terrain houiller au nord du bassin de Liège. Ru. Mars, 268.
- — Bassin de l’Emscher. Ru. Mars, 278.
- — Enfoncement des puits 3, 6 et 7 de Bas-coup (Buart). Ru. Mars, 238. Locomotives électriques pour mines. Dp. 8 Avril, 10.
- Minette. Gisement de la Lorraine. SuE. 1er Avril, 306.
- Or. Ressources du Mexique. Eam. 25 Mars,
- 349.
- Platine à la rivière Tura, Russie. Eam. 23 Mars}
- 350.
- Ventilateurs soufflant clans les mines allemandes. Eam. 8 Avril, 410.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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- 98* ANNÉE.
- Cinquième Série, Tome IV.
- MAI 1899.
- BULLETIN
- DË
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- NOTICE NÉCROLOGIQUE
- sur M. le comte de Salverte, membre du Comité des Constru étions et Beaux-Arts, par M. Dufresne de Saint-Léon.
- C’est, Messieurs, un des premiers mérites, une des principales qualités de notre compagnie de pouvoir fournir, pour les objets souvent divers, des hommes d’un mérite différent, apportant aux divers comités de notre Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale des lumières variées, qui puissent se prêter aux différents besoins de notre Société.
- Non seulement il nous faut, mais nous comptons parmi nous, des savants, des ingénieurs, des architectes d’une grande valeur, des artistes, des inventeurs de mérite, pour apprécier et seconder les travaux des jeunes chercheurs qui ont ou croient avoir une idée utile, qu’il faut encourager ou ne pas décourager tout à fait.
- Il nous faut aussi des hommes s’étant occupés d’études de nature diffé* rente, ayant vécu au milieu de personnes d’une grande instruction juridique qui possèdent eux-mêmes d’utiles connaissances de l’administration ; aussi, la perte si prématurée du comte de Salverte, dont je veux vous entretenir aujourd’hui, nous peut montrer combien était utile l’homme de bien que nous regrettons tous.
- Né à Paris le 22 janvier 1833, M. de Salverte appartenait à une famille originaire de Bretagne. Ses premières années, comme du reste la plus grande partie de sa vie, il les passa à Paris, au lycée Louis-le-Grand, où il fit des Tome IV. — 98e année. 5e série. — Mai 1899. 45
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- NOTICE NÉCROLOGIQUE. --- MAI 1899.
- études excellentes, dont la récompense fut le succès brillant qu’il obtint en 1854, en étant admis le second aux examens de Fauditoriat au Conseil d’Etat. Maîtres des requêtes en 1865, il fut récompensé de ses utiles services au Conseil d’État parla croix d'officier de l’Instruction publique en 1880 et par celle d’officier de la Légion d’honneur en 1894.
- Très instruit, très érudit, il travaillait sans cesse, aimant à voyager et à chercher; il racontait lui-même avoir affaibli ses yeux par d’incessantes recherches. Aimable et sympathique à tous, il était affectueux pour tous les inventeurs dont nous le chargions d’examiner les éludes, et trouvait pour tous un mot d’encouragement. Recherchant et goûtant la société de toutes les personnes éclairées, il vivait avec un grand plaisir au milieu des diplomates, des artistes, des savants, tandis qu’il savait conserver à son foyer une grande place pour les affections intimes d’une famille nombreuse et bien unie, et il trouvait encore le temps de s’adonner au bien par une utile collaboration aux œuvres de la charité.
- Membre à vie du conseil de la Société d’Ëncouragement, il eut l’honneur de la représenter au Congrès des sociétés savantes en 1889, 1890 et 1893.
- Tous ses collègues savent avec quelle attention, quel intérêt, quelle assiduité il prenait part à leurs travaux. Plusieurs étaient parmi ses amis les meilleurs ; il était attaché et dévoué à tous, et, dans les derniers moments, quand il eut perdu toute espérance de vie, il pensait encore à nous tous, et voulait que nous fussions informés d’une manière individuelle de sa mort, qu’il a vue venir avec piété et courage, et qui l’a pris au milieu de tous les siens, qui avaient pour lui l’affection la plus profonde.
- Le 10 février 1899, il s’éteignit, après une très brève maladie. Parmi nous, il laisse un vide profond. Il savait si bien écouter; puis il savait consoler, et surtout, quand l’inventeur lui apportait un de ces brevets mal rédigés qui était pour lui un vrai péril, M. de Salverte était celui d’entre nous qui pouvait le mieux avertir du danger ou apporter un remède à cette imprudence.
- Dans une de nos dernières séances, on s’est longuement étendu sur le péril et l’utilité cependant du brevet. Je ne veux rien ajouter à tout ce qui a été si utilement dit sur cette question, qu’on peut résumer ainsi : Le brevet doit protéger une idée, même incomplète, si elle est bonne et peut devenir féconde. Nous sommes ici pour reconnaître la vérité, l’envisager et pour la défendre. Mais le brevet ne peut et ne doit entraver aucun progrès, arrêter
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- ou anéantir aucune idée, aucune pensée nouvelle, aucune expansion utile, tout en consacrant le droit à la libre propriété de l’idée pour son inventeur. Pour cela, il faut, dans toutes les divisions du travail qui nous concerne, et qu’embrassent nos comités, des hommes sages, habiles, éclairés, connaissant bien les lois de notre pays, versés aussi dans l’étude des lois des autres pays et connaissant d’une manière complète les règlements d’administration. publique qui complètent et parfois éclairent la rédaction confuse ou obscure des lois. Un de ces hommes, nous l’avons perdu dans la personne du comte de Salverte, qui laisse parmi nous un vide difficile à combler.
- Lu en séance le 12 mai 1899.
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- COMMERCE
- Rapport fait par M. Charles Lavollée, au nom du Comité du Commerce sur l’Ecole d'horlogerie de Paris.
- L’attention du Conseil a été appelée sur l’École d’horlogerie fondée en 1880, sous les auspices de la Chambre syndicale de l’horlogerie, par une société qui, sous le titre de Société de l'Ecole d'horlogerie de Paris, a été reconnue comme établissement d’utilité publique aux termes d’un décret du 12 juillet 1883.
- Il s’agit d’une branche importante de l’enseignement professionnel, s’appliquant à une industrie considérable, qui met en œuvre les procédés mécaniques en même temps que l’habileté des ouvriers, et qui donne lieu, pour la consommation intérieure comme pour l’exportation, à un commerce très étendu. A ces divers titres, l’appel qui vous a été adressé méritait de fixer l’attention du Conseil, et vous avez renvoyé à l’examen du Comité du commerce la communication deM. Rodanet, président de la Chambre syndicale et de la Société de l’École d’horlogerie de Paris.
- L’école eut les débuts les plus modestes. Établie d’abord (en 1880) dans un local provisoire, faubourg du Temple, elle ne possédait qu’un atelier, où dix élèves ou apprentis, externes, sous la direction d’un seul professeur, recevaient l’enseignement théorique et pratique. Son budget annuel ne dépassait pas 14,000 francs.
- Confiante dans le succès d’une organisation définitive, et assurée du patronage de l’État et de la Ville de Paris, la Société fit, en 1886, l’acquisition d’un terrain, rue Manin, où elle édifia des bfitiments parfaitement appropriés à leur destination. L’inauguration de la nouvelle école eut lieu en novembre 1888, et, depuis lors, celle-ci n’a cessé d’obtenir des résultats très appréciés par l’industrie de l’horlogerie, tant à Paris que dans les départements.
- L’École peut recevoir 30 élèves internes, et ses ateliers sont outillés pour l’instruction de 90 élèves. En 1898, elle comptait 60 élèves, dont 25 internes. L’enseignement comportait 8 professeurs, et le personnel
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- ÉCOJLE D’ïIORLOGERIE DE PARIS.
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- administratif 7 employés. Le budget des dépenses s’élevait à 71 000 francs, couverts par les recettes provenant des cotisations des membres de la Société, de la rétribution payée parles élèves (1330 francs pour les internes, 400 francs pour les externes), des bourses allouées par le Ministère du Commerce et de l’Industrie, des dons et legs, des subventions de la Chambre syndicale de l’horlogerie, de l’État et delà Ville de Paris. Parmi les articles de recettes prévus par les statuts de la Société, figure la vente des objets manufacturés dans les ateliers de l’Ecole, si le Conseil d’administration croit devoir les vendre. Cette ressource ne serait pas négligeable, le produit du travail des élèves, à partir de leur troisième année, atteignant un haut degré de perfection attesté par les récompenses obtenues dans les expositions nationales et internationales; mais le Conseil s’est abstenu jusqu’ici d’y avoir recours : les produits reconnus hors ligne sont, en général, conservés comme modèles ou distribués au dehors en dons utiles pour la bonne renommée de l’École ; quelques-uns seulement sont cédés aux familles des élèves. On a voulu sans doute garder aux ateliers de la rue Manin leur caractère exclusif d’enseignement et ne pas livrer leurs produits en concurrence avec ceux des autres ateliers.
- Nous avons visité l’École. Les salles de cours, les ateliers avec leur outillage, les dortoirs et les réfectoires, tous les détails de l’aménagement intérieur sont organisés avec une parfaite entente. A ces éléments nécessaires s’ajoutent une Bibliothèque de près de 2 000 volumes, composée des ouvrages anciens et modernes, des publications en toutes langues qui traitent de l’horlogerie, et un Musée où les spécialistes, les archéologues et les artistes peuvent observer par les yeux, de siècle en siècle, les modèles si variés qui ont été successivement inventés pour déterminer la marche du temps.
- L’enseignement dure quatre années. La méthode consiste, ainsi que l’expose M. Rodanet, « à faire exécuter aux débutants des travaux de limage, de tournage, de polissage, de planage et de trempe, en augmentant progressivement, et d’une façon raisonnée, les difficultés de main-d’œuvre et en obligeant en toutes circonstances les élèves à faire de la précision ». Parallèlement, sont institués des cours théoriques, dont le programme comprend, outre le français et le dessin, les diverses sciences dont l’étude est nécessaire à l’exercice de la profession : géométrie, algèbre, physique, chimie, cosmographie, mécanique. Pendant les deux dernières années, un cours spécial d’horlogerie, se composant de soixante-quatre leçons, initie l’élève, déjà fortement préparé, à tous les détails de la fabrication comme aux inventions
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- COMMERCE.
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- et aux perfectionnements de date récente. Les six dernières leçons du cours sont consacrées à l’horlogerie électrique.
- Cette méthode d’enseignement vise d’abord à pousser jusqu’à la perfection le travail de la main et elle exige de l’élève le plus grand souci de la précision dans la confection des outils et des pièces si nombreuses et si délicates qui ont leur emploi dans l’horlogerie. Si la machine peut suffire pour la fabrication commune, elle ne saurait remplacer, pour les produits supérieurs, pour les chronomètres, l’habileté de main, le juste coup d’œil qui caractérisent le bon praticien. L’Ecole s’est donc attachée, tout d’abord, à rendre aussi complet que possible l’apprentissage manuel de la profession avant d’approfondir les notions théoriques. L’expérience a pleinement justifié ce système, qui est aujourd’hui adopté dans la plupart des écoles d’horlogerie créées en France et dans les autres pays.
- Il est intéressant de connaître, au point de vue des élèves, les résultats de cet enseignement. Le tiers environ des élèves quitte l’école après la première ou la seconde année, soit qu’on ne leur ait pas reconnu l’aptitude suffisante pour suivre utilement les cours, soit que, se contentant de l’habileté de main acquise dans les ateliers de début, ils espèrent gagner tout de suite, dans les fabriques d’horlogerie, des salaires plus ou moins élevés; soit enfin, ce qui est plus rare, que des écarts de conduite ou des infractions répétées à la discipline aient motivé leur éviction. Sur les deux autres tiers, la plus grande part, après avoir reçu l’enseignement complet, trouvent à s’employer soit dans l’atelier familial dont ils sont destinés à prendre plus tard la direction, soit dans les établissements d’horlogerie comme ouvriers d’élite ou contremaîtres, avec une rémunération avantageuse et un avenir assuré. Un certain nombre sont accueillis dans les ateliers de télégraphie, de mécanique, d’arts de précision. Depuis 1881, près de 350 jeunes gens sont sortis de l’École d’horlogerie avec l’instruction complète, et partout ils lui font honneur. Dans les concours ouverts chaque année entre les ouvriers d’art pour la dispense partielle du service militaire, les succès des anciens élèves de l’École d’horlogerie sont justement remarqués.
- Au sujet de ces dispenses, par lesquelles la loi s’est proposé sagement d’assurer aux industries d’art le recrutement plus facile des ouvriers d’élite, il convient de signaler le dommage sérieux que cause à Paris et aux principales villes industrielles la répartition du nombre des dispensés entre les départements. Il n’est pas tenu compte, dans une suffisante mesure, de la différence qui existe entre des foyers de travail artistique, tels que Paris,
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- Lyon, Saint-Etienne, Roubaix, etc., d’une part, et, d’autre part, des régions où les industries d’art n’existent pour ainsi dire pas. Peut-être l’inconvénient est-il diminué par ce fait que bon nombre de conscrits, se présentant pour concourir comme ouvriers d’art dans les grands centres industriels, à Paris, à Lyon, etc., appartiennent, pour le tirage au sort et par suite pour le calcul des dispenses, à d’autres départements, et que, dès lors, ils peuvent bénéficier des dispenses allouées par décision du Ministre de la Guerre à chacun de ces départements. Toutefois, malgré ce correctif, le résultat des concours départementaux, tels qu’ils sont organisés, est trop souvent d’accorder dans certaines régions la dispense à des ouvriers d’ordre tout à fait inférieur et de la refuser, dans certaines autres, à de jeunes ouvriers qui en seraient dignes et qui n’en peuvent profiter par suite du nombre et de la qualité de leurs concurrents locaux. Cette observation ne concerne pas seulement l’horlogerie; elle intéresse l’ensemble de l’industrie parisienne, où les métiers artistiques tiennent une si grande place, elle intéresse au plus haut point l’industrie nationale. Qu’il nous soit donc permis de nous associer incidemment ici aux critiques que nous avons recueillies contre l’application défectueuse de cette catégorie des dispenses militaires.
- Dans l’horlogerie, comme dans la plupart des industries du même ordre, l’École remplace l’ancien apprentissage. Celui-ci tend à disparaître complètement par le fait de la division du travail et du développement des procédés mécaniques. Partout où cela est possible, la machine est substituée à la main-d’œuvre, et l’ouvrier, parqué en quelque sorte dans la fabrication d’une pièce détachée, toujours la même, ne possède plus, et n’a même plus besoin d’acquérir les connaissances générales que l’apprentissage, tel qu’il était pratiqué, avait pour objet de lui procurer. Cette évolution procède des besoins de la production moderne, qui vise aux grandes quantités et aux plus bas prix; elle s’explique, elle se justifie même par les nécessités de la concurrence; mais elle peut avoir pour conséquence de diminuer le nombre des ouvriers habiles, experts dans leur profession, et d’abaisser, quant à la qualité, le niveau de la production industrielle. Cette conséquence serait particulièrement dommageable pour l’horlogerie française qui s’est, de tout temps, distinguée par la perfection de ses produits : si cet avantage venait à lui faire défaut, elle risquerait de se voir abandonnée par la clientèle encore nombreuse qui, en France et à l’étranger, résiste à la tentation du bas prix et qui alimente, pour les qualités supérieures et moyennes, un commerce très important. Le préjudice ne serait pas moindre pour d’autres industries
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- connexes, telles que la bijouterie, qui, à Paris notamment, ajoute sa parure et son décor à l’horlogerie de luxe. L’École est appelée à conjurer ces périls en préparant, de concert avec d’autres Écoles dont nous parlerons plus loin, le personnel nécessaire pour maintenir, à côté ou plutôt au-dessus do l’horlogerie à la mécanique, l’horlogerie d’art, qui exige la science théorique en même temps que l’habileté manuelle.
- L’industrie horlogère, en France, a ses principaux centres à Paris et dans les départements limitrophes de la Suisse (Doubs, Jura, Haute-Savoie, territoire de Belfort). Il existe également un centre de fabrication pour chronomètres et petite pendulerie à Saint-Nicolas d’Aliermont, près Dieppe, dans la Seine-Inférieure. Besançon, Morteau, toute la région de Montbé-liard, Morez dans le Jura, Cluses dans la Haute-Savoie, possèdent des ateliers et des usines soit pour la fabrication complète des montres, pendules et horloges de toute sorte, soit pour celle des pièces détachées ou fournitures d’horlogerie. Tous les modes de travail sont employés dans cette industrie qui occupe un très grand nombre d’ouvriers et d’ouvrières. Tantôt le travail à la main s’exécute dans de grands ateliers au milieu des villes ; tantôt il se répand dans les villages en alternant avec les travaux des champs. Enfin, la fabrication mécanique, suivant l’élan donné parles États-Unis et par la Suisse, a fait, dans le cours de ces dernières années, de rapides progrès. A l’usine américaine de Waltham, qui produit 2500 montres par jour, aux usines créées en Suisse depuis 1876, à la suite de l’Exposition de Philadelphie, où l’exhibition des machines-outils employées dans les fabriques américaines avait produit une vive impresssion et inspiré à l’industrie suisse de sérieuses craintes, la France peut opposer des usines d’une puissance presque égale, notamment l’usine de Beaucourt (territoire de Belfort), qui fabrique par milliers, chaque jour, des montres, des pendulettes, des réveils, se vendant à des prix invraisemblables (3 à 4 fr. la montre, 2 à 3 les pendules à réveil) et pouvant à cet égard soutenir, même sur les marchés étrangers, toute concurrence. Ne confondons pas cette horlogerie mécanique avec celle qui est enseignée dans les Écoles, et qui est destinée à la consommation de luxe ou moyenne ; mais, à un point de vue général, reconnaissons qu’elle constitue un réel progrès en mettant les pendules et surtout les montres à la portée des bourses les plus modestes, à ce point que la montre est devenue un objet vulgaire, dont l’usage s’est répandu dans toutes les classes de la population. De là, le développement qu’a pris l’industrie horlogère sous toutes ses formes et l’accroissement continu de ses opéra-
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- ÉCOLE D’HORLOGERIE DE PARIS.
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- tions. L’intervention mécanique et la production des montres à bas prix n’ont point diminué le chiffre des capitaux ni le nombre des ouvriers affectés à cette industrie. Les montres, garanties, et pour cause, pour une moindre durée, se renouvellent plus fréquemment, et il faut tenir compte plus qu’autrefois du travail de rhabillage ou des réparations.
- Le commerce extérieur prend une part de la production. D’après les statistiques de la douane (commerce spécial), il a été importé en 1897 pour 12 millions de francs en articles d’horlogerie et il a été exporté pour 20 millions. Si l’on consulte les chiffres des périodes antérieures, on observe que les deux mouvements de l’importation et de l’exportation sont en hausse continue et, qu’à toute époque, l’exportation française a été supérieure à l’importation. Nous exportons à destination de presque tous les pays, même aux Etats-Unis, dont la concurrence paraissait un moment devoir être si menaçante, et malgré les droits très élevés du tarif américain.
- Nous ne croyons pas devoir entrer ici dans les détails de cette statistique douanière qui comprend les mouvements de montres, les montres d’or et d’argent et d’autres métaux, simples et compliqués, les boîtes de montres, les pendules, horloges et réveils de toute sorte, les carillons et boîtes à musique, les fournitures d’horlogerie. Pour chacun de ces articles nous sommes à la fois acheteurs et vendeurs, selon les pays avec lesquels s’opèrent nos transactions. C’est de la Suisse que nous vient l’importation la plus considérable : en 1897, la Suisse nous a vendu pour 7 millions d’horlogerie, tandis qu’elle nous en a acheté pour 4 millions seulement. L’industrie allemande nous fournit en quantités appréciables des horloges en bois, des carillons, des fournitures d’horlogerie, et elle a fait, dans ces dernières années, des progrès incontestables, qui doivent appeler notre attention. En résumé, si l’horlogerie française conserve, à côté de l’horlogerie suisse, une place éminente dans l’ensemble du commerce international, elle doit veiller à l’activité des concurrences qu’elle rencontre même sur notre marché, perfectionner sans cesse son outillage et fortement organiser son enseignement.
- Cette dernière condition est indispensable. La Suisse qui, en cette matière, peut être citée comme modèle, possède de nombreuses écoles d’horlogerie. Les écoles de Genève, du Locle, de la Chaux-de-Fonds, de Neuchâtel, de Bienne, de Saint-lmier, de Fleurier (nous ne citons que les principales) reçoivent de nombreux élèves. En France, trois écoles seulement
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- méritent d’être citées : l’école de Besançon, l’école de Cluses et l’école d’horlogerie de Paris.
- L’école municipale de Besançon, subventionnée par l’Etat, peut recevoir 60 élèves, auxquels 11 professeurs donnent l’enseignement complet, qui dure trois ans. Elle rend de grands services à l’industrie horlogère de toute la région.
- L’école de Cluses, dans la Haute-Savoie, a été fondée en 1848, parle gouvernement sarde, pour l’instruction de 24 élèves (12 garçons et 12 filles). En 1860, lors de la réunion de la Savoie à la France, il fut convenu que le gouvernement français continuerait à l’entretenir. Cet engagement a été largement tenu. L’école, réorganisée par un décret du 8 février 1890, vit augmenter sensiblement le nombre de ses élèves (garçons seulement), lequel s’élevait en 1896 à 160. La durée de l’enseignement théorique et pratique (avec 11 professeurs) est de trois ans. L’école ne reçoit que des élèves externes, qui prennent pension dans des familles agréées par l’administration. L’État accorde des bourses ou fractions déboursés à la moitié environ des élèves. À la fin des études, un brevet est délivré, après examen, par le ministre du Commerce et de l’Industrie. Le budget des dépenses de l’État, pour l’école de Cluses, atteint 50000 francs. Grâce à l’entretien de cette école, le petit pays de Cluses est devenu le siège important et prospère d’une fabrication mécanique très perfectionnée, dont les produits (notamment les pièces détachées, les pignons et les remontoirs) sont recherchés non seulement en France, mais encore à l’étranger.
- Nous revenons à l’École d’horlogerie de Paris. Après avoir exposé avec les détails nécessaires l’organisation et le fonctionnement de cette école, il nous reste à soumettre au Conseil quelques courtes observations sur l’intervention des syndicats dans l’enseignement professionnel.
- Dès avant la loi de 1884, les chambres syndicales de patrons, dont l’existence était seulement tolérée, avaient organisé des cours du soir pour les ouvriers. Depuis 1884, ces fondations se sont multipliées à Paris, et, dans plusieurs industries d’art, elles produisent d’importants résultats. Seule, l’industrie horlogère, constatant que les cours du soir ne peuvent tenir lieu d’apprentissage, a créé, sous le patronage de sa chambre syndicale, uneécole spéciale, procurant l’enseignement professionnel dans toutes ses parties. Mais si les cours techniques n’ont besoin que d’un local et de faibles subventions, dont l’administration municipale fait ordinairement les frais, il
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- ÉCOLE D’HORLOGERIE DE PARIS.
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- n’en est pas de même d’une école complète. Celle-ci, outre les intérêts et l’amortissement de ses dépenses de construction et d’installation, est grevée de lourdes charges pour l’entretien du personnel enseignant, pour l’administration et la surveillance, pour les dépenses de toute nature qui sont à supporter, quel que soit le nombre des élèves. Un simple cours peut se réduire, s’interrompre même en un moment de crise, pour se rouvrir ensuite lorsque les circonstances redeviennent favorables. Une école ne se prête point à ces alternations; il faut qu’elle ait en elle-même des garanties de durée. Cette réflexion n’est point faite pour décourager les fondateurs de l’École d’horlogerie de Paris ni pour taxer d’imprudence leur généreuse initiative; ce sont eux-mêmes qui nous l’ont inspirée. Quelle que soit l’assistance qu’elle ait reçue jusqu’ici, quels que soient le dévouement et les sacrifices personnels de ceux qui l’ont fondée, que deviendrait l’École s’il arrivait que l’équilibre entre ses recettes et ses dépenses vînt à se rompre? Le déficit lui est interdit. C’est, là le point délicat des créations syndicales. Aussi, les fondateurs de l’École et le Comité qui la dirige sont-ils les premiers à désirer en quelque sorte leur propre abdication et à demander que l’État ou la Ville de Paris adopte l’institution, adulte déjà, qui est née de leur initiative. Ils estiment qu’une école nationale comme celle de Cluses, ou une école municipale à l’instar de l’École Diderot, pour le travail du fer et du bois; de l’École Boule, pour l’industrie du mobilier; de l’École Estienne, pour les arts et l’industrie du livre, prendrait utilement la suite de l’École d’horlogerie, à laquelle, pour lui donner plus d’ampleur, serait annexé l’enseignement de tous les arts de précision. Tel est le vœu publiquement exprimé par les fondateurs de l’École avec un souci très louable de l’avenir, et avec pne abnégation également digne d’éloges. Nous avons, à notre tour, été priés de nous y associer. 11 n’appartient pas à votre Comité du commerce de se prononcer sur cette question, qui ne relève pas de sa compétence. Le Comité ne peut que féliciter les chambres syndicales, et en particulier la Chambre syndicale de l'horlogerie, des efforts dirigés vers le développement de l’enseignement professionnel dans les principales branches d’industrie, et il est assuré de l’intérêt bienveillant du Conseil en faveur d’une cause que, depuis sa fondation presque centenaire, la Société d’Encouragement a toujours soutenue. L’enseignement à la fois théorique et pratique a été, de tout temps et en toutes circonstances, recommandé par notre Société comme étant la condition nécessaire du progrès industriel, condition d’autant plus pressante aujourd’hui que la concur-
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- rence internationale est devenue si active, et que, spécialement pour les industries d’art, les autres pays, éclairés par les expositions universelles, disputent plus ardemment, et non sans succès, à la France la supériorité qui faisait à la fois sa force, sa fortune et sa gloire.
- Nous concluons en vous priant de marquer, par l’insertion du présent rapport au Bulletin de la Société, votre intérêt sympathique pour l’École d’horlogerie de Paris, représentée par son président M. Rodanet.
- Signé : G. Lavollée, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance, le 12 mai 1899.
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- ARTS MÉCANIQUES
- LOIS DES VARIATIONS D’AMPLITUDE DU BALANCIER DES CHRONOMÈTRES
- par M. Marcel Brillouin, maître de conférences à l'Ecole normale supérieure.
- I. -- INTRODUCTION
- 1. — Les essais que je poursuis depuis plusieurs années pour la construction d’un appareil à mesures rapides de l’intensité de la pesanteur, m’ont amené à étudier de très près le fonctionnement des chronomètres.
- Il résulte de cette étude que les chronomètres de la marine ont, par leur construction, même supposée parfaite, un défaut grave, qu’exagèrent beaucoup les imperfections de construction à peu près inévitables. J’indiquerai par quels caractères très faciles à observer ces défauts de construction se manifestent. La méthode d’examen que j’ai employée est assez simple et assez rapide pour mériter de sortir du laboratoire du physicien et de s’introduire dans le laboratoire d’essais comme méthode d'essai régulière; il me semble qu’il y aurait intérêt à l’introduire dans les essais de la marine, et à refuser tous les chronomètres dans lesquels le défaut que j’étudie dépasse une certaine limite. J’ajoute qu’il me paraît possible, par une modification de l’échappement, actuellement à l’étude, de remédier rigoureusement à ce défaut.
- 2. — Ce défaut grave est le suivant : l’amplitude du balancier d’un chronomètre immobile varie constamment, dans des limites bien plus larges qu’on ne l’imagine d’ordinaire et d’une manière extraordinairement irrégulière, bien qu’il soit facile d’en indiquer la loi dans un chronomètre irréprochable. Or, quelles que soient les précautions prises, l’isochronisme ne saurait être rigoureux, et les renseignements fournis par l’épreuve dite d’isochronisme, à ressort désarmé, sont trop complexes pour que l’interprétation en soit certaine, comme nous le verrons bientôt.
- Par conséquent, à toute irrégularité d’amplitude doit correspondre unecirré-gularité de période, surtout lorsque l’amplitude varie constamment, ce qui exclut tout état permanent. D’ailleurs ces irrégularités de période seront très petites, en sorte que l’examen des amplitudes les révélera avec une grande sensibilité; Ayant besoin pour la détermination de la pesanteur d’avoir sur chaque oscillation
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- du chronomètre toute la précision, 10 % qu’il donne en moyenne pour les vingt-quatre heures, j’ai donc entrepris l’étude des amplitudes du chronomètre à éclairs construit pour mon appareil. A mon grand étonnement, j’ai constaté (mai, juillet 1896) une variation d’amplitude irrégulière de plus de 10° à chaque extrémité, avec des sautillements singuliers, mais se reproduisant à peu près semblables toutes les six ou sept minutes. J’observais à l’œil nu, en éclairant, à travers une fente, les masses cylindriques horizontales du balancier, et je suivais les déplacements du trait lumineux produit par réflexion sur la surface cylindrique polie de ces masses. Les déplacements dépassaient 2 millimètres pour un
- 1
- rayon d’environ lcm,4. Lorsque le balancier a son amplitude maximum, 460°
- environ, c’est encore une variation d’un vingtième de l’amplitude.
- 3. — Or la période T est fonction de l’amplitude a; le balancier est très loin d’osciller librement; les oscillations ne sont pas symétriques, puisque l’impulsion ne se produit qu’une fois par période; celte impulsion ne se produit pas au moment du passage par la position d’équilibre et a une durée notable; il me paraît donc probable que la période contient un terme proportionnel à l’amplitude, et est de la forme
- J — lo “l- (t & 4” b (y.~
- Les horlogers d’ailleurs donnent à leurs spiraux des formes qui les rapprochent des spiraux isochrones de Philipps, mais il n’y a pas de moyen de réaliser rigoureusement ces courbes terminales. En pratique l’artiste retouche la courbe jusqu’à ce que la période soit la même dans les deux conditions définies par les concours de la Marine, qui correspondent à l’amplitude maximum et usuelle et à une amplitude réduite à peu près aux deux tiers. Par ces retouches on a donc
- 2 (i 4
- a a0 + b a02 = —— a0 + — 6 a02 ;
- o y
- d’où
- 5 .
- a—— b a0,
- et
- T=T0 + 6a4-----oc0
- Si, comme je le crois, le terme du premier degré n’est pas identiquement nul à cause du mécanisme, on voit que, bien que le terme b soit assurément petit, il peut y avoir aux environs de l’amplitude usuelle des variations bien supérieures à i0“5 quand l’amplitude varie d’un vingtième.
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- 4. — J’ai dit que le balancier est très loin d’osciller librement ; il suffit d’énumérer les actions qu’il subit et les positions correspondantes pour en être assuré.
- Le balancier ayant atteint son écart maximum d’un côté, revient librement. A peu près au moment où il passe par la position d’équilibre, il attaque le ressort d’or de la détente et l’entraîne sur un arc de 20° à 30°; cette résistance, au delà de la position d’équilibre, ralentit le mouvement et donne une avance de phase, d’autant plus que la résistance du ressort fléchi augmente en même temps que sa flexion jusqu’au moment où il cesse d’être en prise. Le balancier continue librement, atteint son écart maximum, et revient; un peu avant (15° ou 20° au moins) d’arriver à la position d’équilibre, la même pierre attaque en sens inverse le ressort d’or, qui, cette fois, entraîne le ressort d’acier de la détente; d’où un ralentissement avec une faible perte de phase, la résistance croissant à mesure qu’on se rapproche de la position d’équilibre; très peu après ce moment, la roue d’échappement est dégagée, et prend un mouvement accéléré sous l’influence du mouvement d’horlogerie ; une de ses dents rattrape la pierre d’impulsion du balancier et continue à la pousser en exerçant un couple, qui croît rapidement jusqu’au moment où la prise cesse brusquement. Le balancier, après un parcours de 10° à 20°, abandonne la détente, et à 50° seulement de la position d’équilibre il redevient libre.
- Ce couple moteur considérable et prolongé pendant un quart de l’amplitude actuelle (moitié de l’amplitude réduite pour l’essai d’isochronisme) produit une perte de phase certainement considérable. C’est certainement cet effet qui domine. Concluons donc :
- La période du balancier doit être plus longue que s’il était libre, — de plusieurs millièmes probablement. — Elle doit être beaucoup plus allongée aux petites amplitudes qu’aux grandes. C’est ce qui se produit en effet; avec le mode de construction des chronomètres, les courbes de Philipps donnent de l’avance aux « petits arcs (1) ». Cette avance peut être considérable et dépasser dix ou vingt secondes. Je me borne à cette indication, pour bien montrer que l’isochronisme des chronomètres est tout autre chose que l’isochronisme d’un balancier libre. J’ai d’ailleurs l’intention d’étudier avec précision le mode de fonctionnement réel de la détente.
- 5. — « Les variations de marche dues au défaut d’isochronisme sont consécutives des changements d’amplitude, qui eux-mêmes dépendent de circonstances diverses difficiles à prévoir, dit M. Caspari (2) : usure des pivots, inégalités des moteurs et du rouage, et, avant tout, épaississement des huiles, c’est-à-dire causes capricieuses et mal définies. Des observations nombreuses et dont les
- (1) Caspari. Chronomètres de Marine, p. 27.
- (2) Id., ibid., p. 36.
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- plus récentes ont été faites aux observatoires de Poulkova et de Cronstadt (1), ont montré que les changements d’amplitude peuvent même avoir lieu dans le courant d’une journée, d’où des irrégularités diverses de la marche si le régulateur n’est pas isochrone. »
- Ce sont ces variations, considérables dans le cours d’une même journée, dont j’ai trouvé la loi extrêmement simple : ces variations sont dues à l’emploi d’engrenages pour la transmission des mouvements; elles sont inévitables, même avec des engrenages d’une taille parfaite et d’une position parfaite, en raison du frottement des dents; elles sont considérablement accrues parle moindre défaut de centrage, de distance ou de taille des dents. C’est ce que je vais montrer en exposant d’abord la théorie du phénomène.
- II. — THÉORIE DES VARIATIONS d’aMPEITUDE
- 6. — Toute variation du couple d’entretien fourni par le mouvement d’horlogerie au balancier produit une variation de même sens de l’amplitude. Il faut donc obtenir un couple constant, c’est ce qu’on fait approximativement, au moyen de la fusée et d’engrenages bien taillés et bien centrés.
- 7. — Frottement des engrenages. Construction parfaite. — Mais l’emploi d’engrenages avec frottement sec du laiton de la roue sur l’acier du pignon ne donne pas un couple rigoureusement constant lorsque les dents sont taillées de manière à donner un rapport des vitesses angulaires constant Q : w. Par suite du frottement, le couple transmis est constamment inférieur à la fraction a>' : £2 du couple moteur, il lui est égal seulement au moment où le point de contact est sur la ligne des centres. A ce moment le rapport du couple transmis au couple moteur passe par un maximum ; il est minimum au moment où les dents entrent en prise, ou cessent d’être en prise, s’il n’y a qu’une dent en prise à la fois; mais si, comme on le fait toujours en vue de la sécurité, il y a deux dents en prise à la fois, les variations du rapport sont plus compliquées. D’ailleurs le minimum, au moment de la prise des deux dents, n’est pas un minimum algébrique, caractérisé par un état stationnaire au voisinage ; c’est un minimum par discontinuité, la vitesse de variation du rapport des couples y est finie. S’il y a deux dents en prise à la fois, au moment où Tune d’entre elles sort ou entre, le rapport des couples n’est plus minimum, mais sa vitesse de variation change brusquement. L’importance de celte variation est d’autant plus grande que le pignon a moins d’ailes; avec les pignons de 8, 10 et 12 ailes, les plus usités en horlogerie, cette variation atteint certainement plusieurs Centièmes, peut-être un vingtième.
- (l)Nyren, Congrès de Chronométrie, 1889* p. 153.
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- Conséquence. — On doit retrouver dans /’amplitude du balancier toutes les périodes correspondant au passage d’une dent à la suivante. de tous les rouages, la construction étant supposée parfaite.
- 8. — Exemple. Chronomètre Winnerl.
- Nombre Une dent
- de dents. passe en Un tour dure.
- Roue d’échappement. . . . . . 15 \ J 7®,5
- Pignon d’échappement. . . . . . 10 | lr, < o
- Roues de secondes. .... . . . 80 I 6S
- Pignon de secondes .... . . . 10 | 60s
- Roue de moyenne Pignon de moyenne . . . . . . . 75 1 . . . 10 j 4os j 450s
- Roue de centre 300s \
- Pignon de centre . . . 12 i 3 600s
- Fusée . . . 84 7 x 3 600s
- Le balancier fait deux oscillations par seconde, on doit donc trouver sur l’amplitude les périodes de 3, 12, 90, 600 vibrations.
- Si la construction était parfaite et la fusée exactement adaptée au ressort moteur, ce sont les seules périodes que l’on doive trouver. A la vérité, l’action du ressort est transmise à la fusée par une chaîne, et il est possible que le passage d’un chaînon produise une petite variation du couple ; mais, d’une part le bras de levier de la chaîne sur la fusée est toujours assez grand et ne peut varier que bien peu dans l’enroulement de la chaîne; d’autre part, le phénomène n’est pas périodique, la longueur d’un chaînon ne correspondant pas à la même valeur angulaire d’un bout à l’autre de la fusée. Je n’ai rien rencontré qui rende ces variations manifestes. Pratiquement, l’enregistrement des variations d’amplitude pendant une demi-heure permet de compter les dents de presque tous les pignons. Ajoutons que si la construction était parfaite, les rapports des vitesses étant tous de même ordre, les variations d’amplitude devraient être toutes de même ordre.
- 9. Rôle des tourillons. — Chaque axe d’acier ne tourne pas en réalité autour de son axe géométrique, et cela modifie tout. Chaque axe est terminé par des tourillons d’un diamètre d’autant plus fort que l’axe est soumis à des fforces plus considérables. Comme chaque rouage réduit l’effort transmis dans un rapport considérable 6, 8 ou 10, le pivot reste soumis à une force tout à fait comparable, en grandeur et direction, à la force appliquée à son pignon; il est donc fortement appuyé contre sa crapaudine, de laiton ou de pierre, à peu près à angle droit de l’aile du pignon qui est en prise, quelle que soit la position de l’axe que sa roue entraîne.
- Tome IV. — 98e année. 5e série. —
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- Or, si le frottement du pivot sur sa crapaudine était un frottement solide intense, empêchant tout glissement au point d’appui C, (fig. 1) c’est ce point C et non l’axe 0 qui serait le centre instantané de rotation du rouage. En pratique le pivot est huilé, et le point G n’est pas immobilisé par un frottement solide, néanmoins on ne peut guère douter que le centre instantané de rotation soit sur la droite OG hors du centre de ligure 0, et d’autant plus près de C que l’effort supporté par l’axe est plus grand, et que les frottements sont plus intenses. Or les premiers rouages, fusée, roue de centre, supportent des efforts considérables (le pignon de centre supporte probablement près ou plus de 1 kilogramme) ; leurs tourillons sont gros; ils sont montés directement dans la platine de cuivre. Les tourillons des autres axes diminuent de plus en plus, en valeur absolue et par rapport au diamètre de leur pignon ; les derniers sont montés dans des pierres. Toutes ces circonstances concordent pour placer le
- centre instantané de rotation d’autant plus loin du centre de figure que l’axe se meut plus lentement. Peut-être ce déplacement latéral atteint-il pour l’axe des heures le dixième, ou plus, du diamètre du pignon.
- 11 faut bien remarquer en effet, que le mouvement du rouage n’est pas un mouvement permanent (dans ce cas la rotation se ferait forcément autour du centre de figure 0, puisque celui-ci serait fixe) ; c’est un mouvement saccadé, brusquement lâché puis brusquement arrêté.
- Les pressions sur les axes subissent certainement les mêmes variations, le centre de figure 0 saute certainement au moment où la détente lâche le rouage, vers une certaine position Oj pour revenir à une autre 02 au moment où Je rouage est arrêté ; ces mouvements sont rendus très manifestes par les sauts des petites bulles, vues à la loupe ou au microscope, dans l’huile de la crapaudine de la roue d’échappement.
- La taille des dents supposée parfaitement réalisée donnerait un rapport constant des vitesses de rotation autour de l’axe géométrique 0. L’axe instantané de rotation étant en dehors de l’axe géométrique, le rapport des vitesses de rotation et des couples transmis sera périodiquement variable au passage de chaque dent. L’amplitude de la variation due à cette cause sera d’autant plus grande que l’axe instantané de rotation sera plus éloigné de l’axe géométrique. A ce point de vue, les variations d'amplitude du balancier les plus grandes seront celles qui proviennent du pignon de centre, puis viendront celles du pignon de moyennes, et ainsi de suite jusqu'à celles du pignon d'échappement qui seront les plus petites.
- Pignon
- Roue
- Fig. 1.
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- 10. Construction imparfaite. Erreur dans la distance des centres. — Lorsque la distance des centres est trop grande ou trop petite, le rapport des vitesses moyennes est toujours celui du nombre des dents, mais le rapport des vitesses à chaque instant varie, depuis le moment où une dent entre en prise jusqu’au moment où elle sort, et le rapport des couples, — abstraction faite du frottement — varie dans la même proportion.
- C’est là une action directe, qui n’est pas réduite par la petitesse du coefficient de frottement et par la petitesse du bras de levier du frottement, aussi doit-on s’attendre à lavoir se manifester très énergiquement. Avec la taille épi-cycloïde, on obtient facilement, d’après la théorie des engrenages, les indications suivantes :
- Cercle générateur du pignon................ r
- Cercle de la roue.......................... R
- Distance des centres....................... R + r + s
- Au moment de la prise, le rapport des vitesses est sensiblement--------, et il
- en est de même jusqu’au moment ou les deux parties courbes du pignon et de la dent entrent en contact; pendant tout le temps que les deux parties courbes sont en contact, le rapport est beaucoup plus petit, le pignon est à peine entraîné par la roue; puis dès que la partie courbe de la dent touche le flanc rectiligne
- jq
- de l’aile du pignon, le rapport devient sensiblement fixe et égal à------. Il y a
- donc au passage de chaque dent un couple transmis beaucoup plus faible que la moyenne, précédé d’un couple à peine supérieur et suivi d’un couple un peu inférieur. Il doit donc y avoir une perte rapide d’amplitude avec minimum très accentué, suivie d’une récupération progressive et lente. Cette chute d’amplitude doit être beaucoup plus grande que les autres variations périodiques pour la roue et le pignon qui sont trop écartés.
- Si la distance des centres, R + r + s, est trop petite, les plans des deux dents sont un moment en contact sur toute la longueur e, et le rapport des couples
- R
- R
- -, brusquement, sans sortir de ces limites.
- passe de
- r r
- Conséquence. La variation d'amplitude la plus manifeste correspond au couple de rouages dont l'écart est excessif. — Cet énoncé théorique concorde exactement avec le résultat de l’examen fait par M. Fournier, horloger de la Marine, des quatre chronomètres dont j’ai enregistré les variations d’amplitude.
- 11. Construction imparfaite ; excentricité d’une roue ou d'un pignon. — Si un pignon ou la roue avec laquelle il est en prise est un peu excentré, cela équivaut à une distance des centres alternativement excessive et insuffisante, avec
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- ]a période d’un tour de l’élément excentré, roue ou pignon. On observera donc les grandes variations d’amplitude d’une période correspondant à une dent; mais ces variations d’amplitude ne seront pas constantes et se reproduiront avec la période d’un tour, du pignon ou de la roue ; comme les périodes d’un tour entier ne se confondent ordinairement avec aucune des périodes d’une dent, on les reconnaîtra facilement sur le tracé des amplitudes du balancier.
- On peut donc reconnaître sur ce tracé les éléments excentrés.
- 12. Irrégularités individuelles de* dents. — Indépendamment de toutes ces variations régulières, l’expérience a montré l’existence de variations extrêmement irrégulières qui se reproduisent à chaque tour de certaines roues pour certaines dents particulières.
- L’examen de ces roues, avec un grossissement de 15 à 20 diamètres, a montré que, dans les chronomètres neufs de la fabrication la plus soignée, les dents de laiton d’une même roue présentent des inégalités d’épaisseur de plusieurs centièmes, et des différences de forme tout à fait singulières (fîg. 2). Après conversation avec M. Fournier et examen en commun d’une roue d’un chronomètre neuf qui venait d’être bien classé au concours de la Marine, il est devenu évident que ces inégalités sont dues à l’opération dite de repassage, par laquelle on donne aux dents leur forme définitive au moyen d’une petite fraise circulaire, qui fait avancer les dents l’une après l’autre à l’aide d’une petite lame latérale en hélice (outil à arrondir). Cette opération n’est susceptible d’aucune précision, pourtant elle est souvent regardée comme donnant au rouage sa dernière perfection. En fait, un rouage taillé au couteau (1) et à la machine à diviser est exact comme forme des dents et égalité d’espacement ; en outre les faces des dents en sont bien polies; il y a seulement une petite bavure du coté de la face de sortie du couteau. Quand on passe à la fraise, c’est à peu près comme si on limait ensuite à la main. Il me paraît certain que les roues doivent être taillées au couteau, et laissées sans aucune retouche, sauf ébarbage à la pierre fine; c’était, paraît-il, l’opinion de Winnerl.
- III. - APPAREILS d’oBSERVATIOX
- 13. Les premières observations ont été faites à l’œil nu; le chronomètre, sorti de sa boîte, était renversé à plat sur la table, le balancier en haut, le cadran en dessous. La position de l’œil était fixée par un œilleton à 30 centi-
- Fig. 2.
- (I) Sorte d’emporte-pièce qui a la forme du vide de la denture.
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- mètres environ au-dessus du balancier, qu’éclairait une petite flamme éloignée. En choisissant convenablement le plan d’incidence, on arrive à voir très nettement le trait lumineux, image de la flamme par réflexion sur une des masses cylindriques à axe horizontal qui chargent le balancier; cette image donne, lorsque le balancier est en mouvement, une traînée lumineuse brusquement terminée par un bord éclatant qui correspond à la position extrême du balancier un moment stationnaire.
- On marque par un point blanc un repère dans le voisinage de cette position.
- Quand on suit pendant un quart d’heure la marche du balancier, on constate une variation d’amplitude de 1 ou 2 millimètres en plusieurs minutes; on constate en outre très facilement l’existence de variations à période plus longue, car les amplitudes maxima et minima varient d’une période à la suivante; en outre l’image est tantôt fixe ou lentement mobile, tantôt sautillante; il y a donc un grand nombre de variations à discerner.
- 14. — Cela étant, au lieu d’observer à l’œil nu, j’ai observé avec un viseur muni d’une division micrométrique oculaire; dans des conditions où il était très facile d’apprécier la demi-division ou même le quart de division, le bord de l’image se déplaçait de 2b à 30 divisions entre le maximum et le minimum.
- J’ai commencé par déterminer la période; j’ai trouvé ainsi que cette période était voisine de 6 minutes; j’ai constaté d’abord qu’elle n’a aucune relation avec la chute du déclic du ressort auxiliaire de la fusée, laquelle se produit toutes les deux minutes et demie environ. M. Fournier m’ayant envoyé par la suite le relevé du nombre des dents des chronomètres Winnerl (p. 693), j’ai constaté que cette période ne peut être que le temps de passage d'une dent de la fu sée à la dent suivante.
- J’ai constaté et montré à M. Fournier l’existence du même phénomène sur le chronomètre à éclairs qu’il m’avait fourni et sur deux chronomètres de sa fabrication.
- Le chronomètre à éclairs est un chronomètre anglais, acheté d’occasion, et ayant servi et souffert. Les deux chronomètres de M. Fournier étaient deux chronomètres neufs (n° 12, n° 16), en très bon état, classés sixième et dixième au précédent concours de la Marine.
- Les variations d’amplitude paraissaient à peu près aussi importantes dans les quatre instruments; mais elles avaient dans le détail, dans la succession des phases calmes et sautillantes, une allure spéciale pour chacun. 11 me parut donc nécessaire d’aller plus loin.
- 15. — Mettant un second chronomètre sous les yeux d’un aide, j’entrepris de dicter les observations, — amplitudes stables ou sautillantes, et dans quelles limites — pendant une vingtaine de minutes consécutives. Par ce procédé, passablement fatigant, j’obtins, sans doute possible, les résultats suivants pour
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- le chronomètre de M. Fournier : il existe une période de 5 minutes; mais les périodes consécutives ne se superposent point; elles présentent une certaine ressemblance de trois en trois. Il y a une période plus courte, très nette de37s,5. Les autres irrégularités de la courbe ne sont pas suffisamment marquées par la lecture directe pour être analysées correctement.
- Or dans les chronomètres Fournier, la roue de centre qui fait son tour en une heure a 96 dents et son pignon a 12 ailes. Les ailes du pignon entrent donc en prise avec les dents de la fusée toutes les cinq minutes; les dents de la roue entrent en prise avec le pignon de moyennes toutes les 3600 : 96 secondes, c’est-à-dire toutes les 37s,5.
- 16. — La constatation de cette coïncidence de périodes ne me laissant plus aucun doute sur la nature du phénomène, il me parut utile d’organiser son enregistrement automatique; l’éclat de l’image, la netteté de son bord rendaient certaine la possibilité de photographier chaque amplitude; c’est ce que j’ai réalisé au moyen de la disposition que représente le dessin ci-joint (fig. 3).
- Le chronomètre, sorti de sa boîte, est supporté dans sa position normale, cadran en haut, sur un petit trépied de chimie, en fer, posé lui-même sur la planche mobile d’un support stable. Une forte lentille L (fig. 3 et fig. 4), placée sur ce support, concentre sur une des masses cylindriques du balancier la lumière d’une lampe oxhydrique Dubosq, ou simplement d’un bec Auër, contenu dans la lanterne. Un diaphragme, quelques écrans en papier noir limitent la traînée lumineuse de manière à réduire autant que possible la lumière étrangère, réfléchie en permanence par la platine du chronomètre. Le mieux est de peindre cette platine avec du noir d’ivoire à l’huile, en évitant soigneusement les pierres d’axe. La lentille est inclinée sur le faisceau lumineux de manière à fournir une surface focale à peu près tangente à la trajectoire de la masse au voisinage de sa position stationnaire (fig. 4). La lumière qui arrive ainsi sous une incidence presque rasante donne une ligne focale très nette par réflexion dans le cylindre.
- 17. —Une lunette de cathélomètre C, horizontale, munie, devant l’objectif, d’un prisme à réflexion totale à arêtes horizontales (encastré dans le liège P), reçoit la lumière réfléchie à peu près verticalement. L’oculaire de cette lunette est enlevé et remplacé par un tube de cuivre, long de 20 centimètres environ, noirci intérieurement. Un disque de laiton est collé à l’arcanson sur un bouchon de liège entré à frottement dur sur le tube de la lunette. Ce disque est garni de drap noir. On y applique et on y maintient avec deux pinces de blanchisseur le disque antérieur d’un soufflet de chambre noireS, dont le verre dépoli est entraîné dans son propre plan par un chariot et une vis. La souplesse du soufflet suffit pour que l’entraînement, d’un bout à l’autre d’une plaque 9x12 soit possible sans résistance. Le chariot et la
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- vis employés sont ceux qui entraînent un tambour Marey dans un appareil enregistreur construit par Bréguet pour le Laboratoire de physique de l'Ecole normale.
- 18. —On voit encore, sur la droite de la figure 3, tout un équipage de poulies d’Atwood, sur lequel passe un fil chargé de poids Q.Gcs poids ont été employés, dans un assez grand nombre d’expériences, comme force motrice substituée à celle du ressort du chronomètre. Pour cela M. Fournier avait enlevé le barillet et la fusée du chronomètre, puis monté une petite poulie sur l’aiguille des heures. C’est à cette poulie qu’est attaché le fil moteur; on évite tout accident, 1° en calant le balancier par un coin de papier de soie glissé entre le balancier et la platine du chronomètre (comme pour le transport du chronomètre) avant de décharger le fil, et n’ôtant cette cale qu’après avoir chargé le fil; 2° par
- Balancier
- Fig. 4.
- le montage de la poulie sur l’aiguille des heures, qui n’entraîne son axe que par frottement; si la charge est excessive, l'aiguille glisse sans entraîner le mouvement, et aucun choc n’est transmis au balancier. Ces expériences ont été faites pour faire disparaître l’action des dents de la fusée, ce qui a complètement réussi, et observer mieux les détails dus aux dents des autres roues et pignons.
- 19. — On met au point soigneusement sur le verre dépoli, en montant ou en descendant le support du chronomètre; on amène au milieu du champ le bord net de la traînée lumineuse, qui donne l’amplitude limite, en déplaçant le chronomètre sur la tablette, et on rend cette ligne bien horizontale en tournant le chronomètre autour d’un axe vertical sur son petit trépied.
- Cela fait, on ôte le verre dépoli, on coiffe l’extrémité du tube de la lunette d’un petit couvercle en carton noir dans lequel on a fait une fente fine avec le tranchant d’un canif; l’image horizontale, diaphragmée par cette fente verlicale, ne donne plus qu’un point lumineux. On met un châssis avec une plaque photographique, et après avoir ouvert le châssis, on déclenche le mouvement d’horlogerie, qui entraîne tout l’arrière de la chambre noire et la plaque photogra-
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- EXPERIENCES DE M. Marcel BRILLOUIN Sur le Réglage des Chronomètres
- Fie;. 5
- CHRONOMÈTRE WINNERL entraîné par un poids
- i" ligne : 13 minutes ; 2e ligne : 35 minutes ; 5' ligne ; 36 minutes
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- phique devant la fente. Chaque oscillation du balancier marque ainsi son amplitude par une étroite traînée lumineuse dont l’éclat va croissant jusqu’à l’extrémité; celle-ci est bien nette lorsque la mise au point est bonne,
- 20. — Le châssis peut être arrêté à des hauteurs différentes au moyen d’un curseur mobile sur une colonne triangulaire A montée sur le chariot. On utilise bien la plaque en faisant trois épreuves successives. Le temps d’arrêt nécessaire pour déplacer le châssis en hauteur, remonter le mouvement d’horlogerie, ramener le châssis à l’origine ne dépasse pas trente secondes,
- La course est limitée par des cales (p) placées sur les rails pour éviter que l’intérieur du châssis ne bute contre la lunette et ne dérègle tout,
- On trouve comme repères : 1° des lignes horizontales fournies par des points restés brillants de la platine du chronomètre ; 2° la ligne tracée par un petit trou percé à côté de l’extrémité supérieure de la fente. Le parallélisme de ces deux lignes montre que rien n’a été déréglé. En outre, le petit trou latéral, toujours placé du même côté, permet d’orienter sans hésitation l’épreuve photographique.
- 21. — On peut, en conservant les ailettes du moteur, opérer lentement et décrire chaque ligne en vingt, trente ou quarante minutes. On reconnaît bien alors les longues périodes. On peut aussi remplacer ces ailettes par d’autres plus courtes et plus légères, et décrire chaque ligne en cinq ou six minutes, [ce qui dissocie bien les courtes périodes. Malheureusement le moteur n’est pas bien uniforme, et la vis n’est pas bien centrée; l’effort demandé au moteur étant un peu grand, le frottement variable du couteau, par lequel le chariot est entraîné, exerce une résistance marquée et variable périodiquement à chaque tour. La vitesse de translation est périodique, ce qui donne les cannelures verticales régulières de toutes les photographies (fig. 5, planche ci-jointe); ce défaut est d’ailleurs sans gravité. La difficulté de retrouver les plus fins détails des photographies dans le quadrillage du tirage typographique, m’a décidé à faire calquer les courbes. Ce sont ces calques, très suffisamment fidèles, qu’on trouvera ci-dessous.
- 22. — Le tirage de la lunette donne un grossissement linéaire de 3,B, fixe dans toutes Jes épreuves. La valeur angulaire n’est pas rigoureusement fixe, mais peu s’en faut; tous les balanciers ont à peu près le même diamètre, 27 millimètres de lame bi-métallique. Les masses cylindriques ont une longueur d’environ 5 millimètres, et c’est toujours très près de leur milieu que la fente coupe l’image focale qu’elles fournissent. Le point repéré est donc à 16 millimètres environ du centre. Lorsque l’amplitude est de 360°, ce point décrit environ 10 centimètres de circonférence et son image décrirait 33 centimètres entre ses positions extrêmes. Il faut donc se représenter les variations photographiées comme se produisant en vraie grandeur aux deux extrémités
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- d’unè ligne de 35 centimètres lorsque l’amplitude est de 3G0°, de 40 centimètres environ pour l’amplitude ordinaire des chronomètres, de 17cm,5 lorsque l’amplitude est réduite à 180° environ.
- IV. -- RÉSULTATS
- 23. — Chronomètre Winnerl, n° 242, appartenant au cabinet de physique de l’École normale supérieure (voir n° 8 les dentures des roues et pignons). La première photographie (fig. 6) représente la série des amplitudes du balancier pendant cent dix minutes consécutives, près de deux heures. La première ligne a été décrite en trente-six minutes, la deuxième et la troisième chacune en trente-sept minutes de droite à gauche.
- Le mouvement venait d’être remonté à fond. On y remarquera d’abord, par
- Fig. 6.
- comparaison avec le trait de repère au haut de chaque ligne, que l’amplitude continuait à augmenter, — lentement à la vérité, — même après une heure et demie. Il est difficile de décider si c’est là un effet de mise en train, — ce que je ne crois pas, — ou simplement un résultat de la taille de la fusée ou d’une légère excentricité de la roue qui lui est attachée, laquelle a fait à peu près 2/7 de tour pendant l’expérience.
- Le tracé montre de grandes dentelures. Il y avait évidemment un sommet très peu avant le commencement de l’expérience, et un autre très peu avant la fin. Il y a donc à peu près exactement vingt-deux grandes dentelures en cent dix minutes; chacune d’elles correspond exactement à cinq minutes; chacune correspond donc à une dent du pignon des heures.
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- 24. — Ces grandes dentelures se succèdent sans se ressembler; les unes ont un sommet aigu, les autres un sommet à deux dents, les autres un sommet plat à fines dentelures. Pourtant l’examen des creux et des pointes montre une ressemblance très nette de trois en trois, par exemple pour les creux 1,2 ; 4,5; 10, 11- 16, 17; 19, 20. La descente en marches d’escalier auprès de ces creux est bien nette. En comptant ces marches, on y reconnaît sans nul doute qu’il y en a plus de six dans un intervalle de deux sommets, et certainement moins de huit ; en fait, si on n’avait sous les yeux qu’une ou deux grandes dents consécutives, on en trouverait sensiblement sept. Comme ces dents ne sont semblables que de trois
- O
- T î
- 10
- intervalles
- M
- 3 nettes, 1 aplatie
- k
- 3
- Fig. 7;
- en trois, il y a 7 + 1/3 intervalles en cinq minutes, ou 7 + 2/3 ; la roue des heures a donc 12 x 7 + 4, ou 12 X 7 + 8 dents. On peut facilement aller plus loin ; il y a en effet une très petite dentelure, très bien marquée, à la pointe supérieure à gauche de toutes les grandes dents 1, 4, 7, 10, 13. Cette petite saute d’amplitude est très visible dans tout le creux 3, 4 par exemple, on peut relever la longueur de 3 ou 4 des intervalles; de même dans le creux 6, 7, et dans presque tous ceux de même rang.
- Ce relevé ne laisse plus aucun doute; trois'grandes dents comprenant 19 ou 20 de ces intervalles; ce n’est certainement pas 19 qui est un nombre premier; la période est donc de 3/20 de 5 minutes ou 3/4 de minute, ou 45 secondes. La roue des heures 80 dents.
- 25. — La période qu’il nous faut maintenant chercher est celle du passage d’une dent de la roue de moyenne, la même que celle d’une aile du pignon de
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- secondes; la période sera — , Pratiquement ce nombre n2 sera toujours 8, 10
- ou 12- Nous avons donc à chercher s’il y a 8, 10 ou 12 dentelures fines dans une minute, ou mieux s’il y a 6, ou 7,3, ou 9 dentelures dans la période qui vient d’être déterminée. Sans pouvoir à si petite échelle décider absolument ce qu’il en est, nous pouvons remarquer que les creux des grandes dents, et tout leur ensemble se ressemblent mieux de six en six que de trois en trois. Or, si le nombre de dentelures d’un intervalle de 45 secondes était un nombre entier, tous ces intervalles seraient exactement pareils lorsqu’on les'placerait dans la même position par rapport aux grandes dentelures, c’est-à-dire de trois en trois grandes dents. Si, au contraire, il y a un nombre entier, plus une demi-dentelure, c’est de six en six grandes dents que la ressemblance doit être la plus complète. Ceci indique comme seul probable le nombre 7,5 c’est-à-dire dix ailes au pignon, ce qui est conforme à la réalité. Pour avoir une certitude complète, il faut faire un autre cliché plus rapide, sur lequel les oscillations seront mieux séparées dans l’espace.
- 26. — La figure 7, p. 703, qui représente une des premières photographies exécutées, a été faite à raison d’un peu plus de cinq minutes environ parligne(l); on rencontre seulement sur chaque ligne un sommet de dentelure due aux dents de la fusée,
- Les dentelures plus serrées dues à la roue de centre correspondent à des ondulations de lcra,3 de longueur environ, à peine perceptibles dans ce développement (2). Certainement le pignon de la roue de moyennes et celui de la roue de centre sont bien réglés.
- En revanche les ondulations plus courtes, lmm,67 environ (trois d’entre elles occupent un peu moins de 5 millimètres) sont très bien marquées. N’ayant pas noté la durée exacte de chaque ligne je me bornerai à une vérification. Chaque aile du pignon de secondes passe en 6 secondes (n° 8) au taux de lmm,67 pour 6 secondes, 45 secondes doivent occuper 12mm,5, et 300 secondes ou cinq minutes doivent occuper 83mm,o (ailes du pignon du centre, dents de la roue de moyennes). La longueur des lignes tracées est de 87 millimètres. Nous tombons d’accord.
- Les dents de la roue de secondes engrenant avec le pignon de la roue d’échappement donneraient une période de 0mm,21 qui n’est pas séparable sur ce développement.
- (1) Dans celte photographie, le chronomètre reposait sur la glace, cadran en dessous, balancier en dessus, ce qui est bien plus commode pour les réglages. Je n’ai pas remarqué que cette disposition renversée exerçât la moindre influence perturbatrice, néanmoins j’ai préféré dans la suite observer le chronomètre dans sa position normale, au moyen du dispositif décrit précédemment.
- (2) Elles deviennent très nettes en regardant sous une incidence rasante.
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- 27. — La courbe (fig. 7) présente une particularité dont il faut trouver l’explication. Tantôt trois petites dentelures, tantôt quatre consécutives sont bien marquées; puis deux dentelures sont comme fondues en une seule. Ces dentelures fondues correspondent tantôt à un maximum (M), tantôt à un minimum (m) d’amplitude, tantôt à une amplitude moyenne, et dans ce dernier cas l’imiformité est un peu moins bonne. Il semble bien qu’entre deux maximums consécutifs il y ait trois de ces aplatissements soit donc quinze des petites dentelures ou quatre-vingt-dix secondes, c’est-à-dire la durée du passage de deux dents de la roue de moyennes. Une partie du phénomène provient donc de ce que les variations dues à la prise d’une dent de la roue du centre avec une aile du pignon -de
- 16 12 8 k 100 96 92 88 8k 80 76 72
- Fig. 8.
- moyennes sont compensées ou accrues par les variations simultanées de prise de la roue de moyennes avec le pignon de secondes; les deux prises ne se reproduisant avec la même phase que toutes les quatre-vingt-dix secondes. Quant à la petite période de 30 secondes, elle indique 'probablement une excentricité sensible du pignon d'échappement, ou une irrégularité notable d’épaisseur de ses ailes. Car la même aile revient en prise avec une dent de la roue de secondes toutes les sept secondes et demie, et une aile du pignon de secondes revient en prise toutes les six secondes avec la roue de centre. Pour que la même phase de ce dernier phénomène corresponde à la même aile de la roue d’échappement, il faut quatre tours de celle-ci, ou trente secondes.
- 28. — Passons maintenant à une autre photographie (fig. 8). Le barillet et la fusée ont été enlevés; une poulie montée sur la roue des heures est entraînée par un poids de 279 grammes.
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- La première ligne est décrite en 15 minutes, la seconde en 35, la troisième en 36 exactement. Entre la première et la seconde ligne l’arrêt a duré 60 secondes juste; entre la deuxième et la troisième, moins de 15 secondes.
- Il est facile de reconnaître :
- 1® L’excentricité de la poulie, qui n’atteignait certainement pas un vingt-cinquième, et qui a pourtant donné une variation d’amplitude considérable ayant une période d’une heure ;
- 2° L’absence complète des dentelures attribuées précédemment à l’entraîne-
- Fig. 9.
- ment du pignon de centre par la fusée. Ces dentelures ont disparu en même temps qu’on a supprimé la fusée; c’est la meilleure justification de l’exactitude de l’opinion émise sur leur origine;
- 3° La conservation de tous les autres accidents périodiques déjà analysés, mais avec des caractères bien plus nettement visibles, grâce à la suppression des grandes dentelures dues à la fusée. La période de 45 secondes est numérotée de quatre en quatre.
- Première ligne. ... 20 périodes en 15 minutes.
- Ensemble...........116 périodes en 87 minutes.
- Les périodes plus courtes sont particulièrement visibles sur la seconde ligne.
- Les appareils d’entraînement du châssis dont je disposais ne m’ont pas permis d’aller plus loin ; en outre, pour analyser les plus courtes périodes, il faudrait tripler ou quadrupler la multiplication des variations d’amplitude; cela ne m’a pas paru nécessaire.
- 11 m’a paru plus important d’étudier plusieurs chronomètres.
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- 29. — Chronomètre anglais modifié pour produire des éclairs (Chron. M.B.g). — La première photographie (%. 9) montre les dentelures dues à la fusée et au pignon de centre — un peu trop distants, d’après l’examen ultérieur de M. Fournier. Mais dans cet intervalle de une heure et quart, il ne semble pas que
- Fig. 10.
- deux de ces grandes dentelures soient identiques. Les dents de la fusée sont probablement très irrégulières, ce qui n’aurait rien d’étonnant, le chronomètre
- Fig. 11.
- ayant été acheté d’occasion. L’examen à la loupe d’horloger n’avait pourtant rien révélé d’inacceptable à M. Fournier.
- Les dentelures dues aux ailes du pignon de moyennes et du pignon de secondes sont également très visibles.
- Il en est de même sur la photographie suivante (fig. 10) à marche plus rapide (8 minutes par ligne), qui semble indiquer que les amplitudes varient d’une oscillation à la suivante sans aucune continuité.
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- 30. — Chronomètre neuf de M. Fournier (n° 12). — (Fig. 11).Trois périodes consécutives de 5 minutes. Chronomètre désarmé, à peine remonté.
- (Fig. 12), idem, complètement armé.
- Fig. 12.
- 31. — Fusée enlevée. — Mouvement sous l'action de poids. — (Fig- 13), 96 grammes pour les deux premières lignes. 126§T,5 (par addition d’un poids
- Fig. 13.
- de 30sr,5) au commencement de la troisième ligne; l’image sort rapidement du champ (environ S minutes par ligne).
- (Fig. 14), S minutes environ par ligne, poids 131er,5.
- (Fig. 15), même vitesse, poids 141^’,5.
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- , (Fig-. 16 et 16 bis), charge 1268r,5. Mouvement lent. Chaque ligne est décrite en 24 minutes. — L’ensemble des deux photographies donne près de deux heures consécutives. Vers le milieu de l’avant-dernière ligne, le déroulement du fil était presque terminé; le fil est sorti du fond de la gorge de la poulie, glissant
- Fig. 14.
- sur le rebord, puis est tombé brusquement au dehors, à son point d’attache plus près du centre; il en est résulté d’abord une augmentation du bras de levier, de 6 millimètres à 8 millimètres, d’où l’augmentation d’amplitude qui fait sortir l’image du champ; puis une réduction rapide du bras du levier, à 5 milli-
- Fig. 15.
- mètres environ, d’où la chute d’amplitude très rapide de latin de l’avant-dernière ligne et du commencement de la dernière.
- Sur cette photographie de longue durée, la ressemblance des deux heures consécutives est évidente; mais l’identité n’est pas complète. La roue de centre a 96 dents dont les dentelures sont bien apparentes. Au premier aspect, le retour Tome IV. — 98e année. 5° série. — Mai 1899. 47
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- de la même aile du pignon de moyenne (toutes les 12 dents de la roue de centre), ne paraît jouer aucun rôle. Pourtant il suffit de regarder la photographie sous une incidence rasante, de manière à raccourcir le développement apparent, pour
- 01 heure
- compter sans hésitation huit longues ondulations. Or ce pignon fait 8 tours à l’heure, il est donc certainement excentré. Les ailes du pignon de secondes, qui
- sont en prise de la même façon toutes les deux dents (15 ailes de la roue de secondes pour 2 dents de la roue de centre), ne paraissent pas non plus jouer de rôle. Mais sur la figure il y a une périodicité non douteuse de 8 en 8.
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- Cette période correspond exactement à 5 tours de la roue de secondes pour 8 dents de la roue de centre. O11 est donc conduit à penser que le pignon de la roue de secondes a une excentricité notable.
- 32. Irrégularités des dents. — Même en tenant compte de tout cela, il reste certainement des irrégularités individuelles, qui doivent tenir à une réelle irrégularité de forme des dents de la roue de centre. Pour contrôler cette supposition, M. Fournier a enlevé la roue du centre, et je l’ai examinée au microscope. En éclairant par le haut sur fond noir, on arrive assez bien à se débarrasser des reflets latéraux ; l’axe étant planté dans un morceau de moelle de sureau, on amène successivement les 96 dents au milieu du champ, et on peut noter leurs particularités.
- Au grossissement de 20 environ, beaucoup de dents ont paru incontestablement trop faibles; presque toutes ont perdu leur forme exacte, la courbure est continue d’un côté, probablement celui qui entraîne le pignon de moyennes ; le passage brusque du flanc rectiligne à l’ogive épicycloïde n’existe plus. Du côté opposé, chaque dent a conservé la forme que lui a donnée la fraise avec ses à-coups et ses encoches diverses. M. Fournier, à qui j’ai prêté le microscope, a constaté les mêmes défauts sur les roues les plus soignées de chronomètres, de compteurs ou de montres de haute précision. Le mode d’action de la fraise héli-coïde semble rendre inévitable ce défaut ; la fraise mue à la main fait quatre tours pour un tour de manivelle ; une irrégularité se reproduisant toutes les 4 dents, au moment où la manivelle tombe au bas de sa course, n’aurait rien d’étonnant.En fait, les dents les plus mauvaises que j’avais relevées étaient les suivantes :
- 3, 5, 12, la, 16, 20, 21, 25, 28, 29, 82, 85 et les dents nettement trop faibles,
- 33, 34, 51, 52; 65, 72, 74, 75
- Il semble bien que les irrégularités du mouvement de la main se produisent de préférence dans une moitié de la rotation. Au microscope les roues laissées sous le coup du couteau ont d’innombrables bavures ; mais leur forme est nette et sans défaut. Les bavures sont très faciles à détacher. Les roues qui ont subi Faction de la fraise (machine à arrondir) ou du rabot (lime droite et guidée, employée autrefois) n’ont presque pas de bavures, mais elles ont de gros défauts locaux, des arrachements comme produits par une strie trop forte de la lime ou de la fraise. Quoi qu’il en soit, si l’on veut continuer à employer la fraise, il faudra perfectionner le mode d’entraînement, et mieux guider le passage de la fraise d’une dent à la suivante. Il n’y a pas lieu de chercher à rapprocher ces gros défauts bien visibles des dentelures de nos photographies; ces gros défauts n’ont probablement persisté que sur la face inutilisée des dents de la roue, face qui, grâce au jeu nécessaire pour que deux dents soient en prise à la fois, n’a
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- pas été rodée par le pignon. Ce sont les défauts bien moindres, les différences bien plus délicates d’état, de forme et de distance deux à deux des autres faces, des faces polies par le frottement du pignon, qu’il faudrait pouvoir relever pour les comparer aux irrégularités delà courbe enregistrée.
- Quoi que fasse l’artiste, je pense que chaque chronomètre fabrique lui-même son propre rouage. Les pignons d’acier taillés, puis polis à l’émeri fin et au rouge, n’ont certainement pas la forme théorique après ce polissage. Chaque pignon travaille et use la roue qui l’entraîne, comme cela est bien visible par la trace jaune qui marque la place de la roue sur le pignon.
- De là résulte une denture qui ne satisfait pas à la condition de constance du rapport des vitesses, mais à la condition de constance approchée delà forme; ce qui est tout différent.
- 33. Accommodation des chronomètres neufs. -— Je suis, pour ma part, très porté à croire que ce ne sont pas les ressorts, moteur ou isochrone, qui produisent toutes les irrégularités de marche des chronomètres neufs, et qui empêchent tout réglage. Quand on compare les défauts de forme, les irrégularités grossières du flanc non usé de chaque dent, aux défauts devenus invisibles du flanc utile, et qu’on songe aux variations d'amplitude déjà si visibles qu’ils produisent, on ne peut douter que l’amplitude ne soit tout à fait irrégulière et ne subisse des sautes énormes, lorsque les roues sont neuves, et tant que les pignons n’ont pas encore poli les dents qui les entraînent. Dans de pareilles conditions, aucun réglage ne serait possible; mais il est probable qu’on abrégerait beaucoup cette période d’irrégularité en faisant mouvoir, pendant quelque temps, d’un mouvement continu et rapide, chaque groupe de deux rouages, surtout les plus lents. Chaque dent de la roue de centre ne revient en prise avec le pignon que toutes les heures; en s’en rapportant au mouvement du chronomètre pour amener cette roue à son état stable, c’est donc à peu près comme si on la polissait à raison de vingt-quatre coups de polissoir par jour; il n'est pas étonnant qu’il faille des mois pour y arriver. Si, au contraire, on la faisait mouvoir artificiellement à raison d’un ou deux tours par seconde, il n’est pas douteux que quelques heures suffiraient.
- La même remarque s’appliquer fortiori à la roue de la fusée qui tourne ordinairement sept fois moins vite, et dont chaque dent ne reçoit que trois coups et demi de polissoir par jour.
- V. — CONCLUSION
- 3L — Je crois donc pouvoir énoncer les conclusions suivantes :
- 1° A l'usage des horlogers. —Les roues de précision ne doivent jamais être passées à la fraise au moyen de l’outil à arrondir; elles doivent toujours être
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- taillées au couteau et à la machine à diviser, puis débarrassées des bavures le plus délicatement possible à la pierre et à la brosse fine garnie de rouge.
- Il faut apporter le soin le plus méticuleux au centrage des pignons et à la plantation à distance exacte.
- On peut probablement abréger beaucoup la période préparatoire de marche du chronomètre en soumettant les roues de fusée, de centre et de moyennes à des rotations rapides pendant une journée, dans des conditions d’effort rendues analogues à celle de la marche réelle par un léger frottement régulateur de vitessesur l’axe de moyennes, —les rouesdesecondes et d’échappement enlevées.
- 2° A l'usage des Laboratoires d’Essais. — La méthode d’enregistrement des amplitudes que j’ai employée fournit des renseignements immédiats sur les soins apportés à la fabrication des rouages et à leur plantation. Une épreuve d’une heure et demie, suivie d’une épreuve rapide de vingt minutes, donnera sans aucune peine et presque sans dépense un document indiscutable, d’ailleurs susceptible d’être communiqué à l’horloger. A mon avis cette épreuve devrait être éliminatoire, certains types d’irrégularités devant être totalement évités dans une bonne fabrication, certains autres devant être compris entre les limites àfixer par l’examen d’un certain nombre de chronomètres reconnus excellents. Il n’y a aucun bon service à attendre d’un outil dont les dents sont mal taillées ; l’épreuve que je propose équivaut à l’examen microscopique des dents elles-mêmes.
- 3b. — Mais ce n’est pas tout. Il est évidemment désirable de transformer le chronomètre, qui est déjà un instrument de précision moyenne, en un instrument de précision instantanée. Il faut pour cela rendre les oscillations du balancier parfaitement identiques. On sait qu’une telle préoccupation est ancienne chez les horlogers, et qu’un grand nombre de « remontoirs d’égalité » ont été imaginés. Jusqu’ici la fusée bien taillée a paru suffire, et les remontoirs d’égalité, tous délicats et dépourvus de sécurité, ont été abandonnés.
- Toutes réflexions faites, l’action individuelle de toutes les dents du rouage m’a paru impossible à éviter, et il m’a semblé que le seul moyen d’annuler les variations d’amplitude était de revenir à l’emploi d’un remontoir d’égalité. Je crois avoir imaginé un dispositif simple et précis, qui conserve toutes les qualités de l’échappement actuel; mais je ne m’attends pas à obtenir du premier coup toutes les qualités, principales et accessoires, nécessaires pour que cet échappement devienne robuste et pratique; je remercie la Société d’Encourage-ment d’avoir bien voulu m’accorder son aide, tant pour l’exécution de ces essais, auxquels M. Fournier concourt avec toute son habileté et son expérience d’artiste, que pour les observations que je vais instituer cette année sur le mode de fonctionnement réel de l’échappement à détente.
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- AGRICULTURE
- ÉTUDE GÉOLOGIQUE ET AGRICOLE DES TERRAINS DU DÉPARTEMENT DE LA LOZÈRE, PAR
- M. Ernest Cord, ingénieur agronome, ancien élève de l'Institut national agronomique [Suite) (1).
- CHAPITRE IV
- FORMATIONS JURASSIQUES MOYENNES ET SUPÉRIEURES
- Pays des Causses. — Position géographigue. — Ces formations jurassiques constituent à elles seules « le pays des véritables Causses ». Elles affleurent à la surface des grands Causses et forment la surface de leurs satellites.
- Les grands Causses sont :
- Le Causse de Sauveterre (en partie) avec ses. . . 61000 hectares de superficie.
- — Méjean............................ 42000 —
- Mende.............................. 2900 —
- — Noir (en partie)................ 1800 —
- 107 700
- Ces grands Causses sont séparés les uns des autres par des rivières comme le Lot, le Tarn, la Jonte et leurs affluents, qui ont détaché de la masse d’autres petits Causses ne présentant les formations considérées que comme couronnement. Citons quelques-uns de ces petits Causses satellites comme :
- Le Causse de Valdue,
- L’Eschino d’Ase,
- Les Cans des Cévennes.
- sortes de témoins de 2000 hectares, que les actions des eaux ont respectés, en nous montrant ainsi jusqu’où s’avançait la mer jurassique.
- Outre ces petits Causses voisins des grands, il existe d’autres plateaux calcaires, en dehors de la région des grands Causses, qui présentent à leur surface les formations jurassiques moyennes, ce sont les petits Causses de Larzallier, du Rleymard et ceux voisins de Marvejols.
- L’ensemble de tous ces Causses forme la région naturelle des Causses ou « pays des Causses », qui s’étend sur 20 000 hectares et occupe les 23 p. 100 de la surface du département.
- (I) Bulletin de février et d’avril 1899, p. 528.
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- Sur ces formations, la population clairsemée n’est pas bien élevée; à peine trouve-t-on dix habitants au kilomètre carré sur le Causse Méjean.
- Climat. — Le climat du pays des Causses est généralement extrême; une température sibérienne règne tout l’hiver sur ces plateaux non abrités, balayés par le vent ou couverts de neige. L’été y est chaud, sec et court, les températures de 30° pendant la journée ne sont pas rares.
- Il pleut autant sur le Causse que sur les autres pays lozériens, et il y tombe environ lra,20 àlm,30 de pluie par an. Malgré cela, le Causse est toujours sec et l’altitude d’environ 1 000 mètres ne communique pas au climat une assez forte quantité de fraîcheur et d’humidité; c’est ce qui explique pourquoi le sol n’est couvert que d’un maigre pâturage, tandis que pour les mêmes formations dans le Jura sous un climat plus humide avec des parties plus boisées, on trouve de verts pâturages.
- Cependant la répartition des pluies est tout à fait inégale sur le Causse; il pleut plus à l’ouest qu’à l’est : cela tient uniquement à la zone des forêts de l’Est du Causse, qui arrête les vents pluvieux venant de l’Océan.
- A. — Caractères généraux de la période jurassique moyenne
- et supérieure.
- La période de calme pendant laquelle se sont déposés dans des golfes peu profonds les sédiments de la période basique se continue encore pendant quelque temps. Une nouvelle transgression, concomitante avec l’approfondissement du géosynclinal des Causses, a permis la formation de dépôts peu détritiques et dans les eaux limpides se manifeste l’activité corallienne. C’est alors que se construisent ces gigantesques récifs coralligènes, pendant les trois quarts de la période bajocienne et bathonienne ; ces récifs ont donné des calcaires magnésiens qui passent latéralement à des calcaires oolithiques, que l’on voit affleurer par bandes.
- Vers la fin de la période jurassique moyenne, une partie de la région Est a été exondée sans doute par suite de la formation de l’anticlinal des Cévennes et de l’approfondissement correspondant du géosynclinal des Causses. C’est alors, sur cette petite portion de continent émergé, que se sont formés des dépôts lagunaires avec intercalation de lignites, ce qui montre que la végétation n’avait pas tardé à s’emparer des parties exondées.
- Pendant toute la période Jurassique supérieure, les dépôts qui se sont formés dans le bassin des Causses montrent un régime pélagique très uniforme, qui nous apparaît avec le dépôt de grandes masses calcaires homogènes, blanches, lithographiques, dont les bancs atteignent une grande épaisseur, sont surmontés par
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- des formations coralligènes. Avec l’époque kimmeridgienne, l’activité corallienne a continué son œuvre jusque dans l’époque portlandienne.
- A la fin du Jurassique, la mer a complètement abandonné la région des Causses pour ne plus y reparaître d’ailleurs dans toutes les périodes suivantes. Pendant la période jurassique moyenne et supérieure, l’accumulation des sédiments dans la région des Causses atteint en certains points jusqu’à 1000 mètres d’épaisseur, notamment dans les cagnons du Tarn près de Blajoux, où le géosynclinal des Causses apparaît nettement coupé perpendiculairement à son axe par le cagnon, et 600 mètres paraît être l’épaisseur moyenne que l’on peut fixer comme épaisseur des sédiments le long des bords des grands Causses.
- Nous ne pouvons pas, dans les conditions actuelles, fixer d’une manière sûre les rivages des anciennes mers qui ont occupé pendant la période jurassique moyenne et supérieure la région des Causses lozériens.
- Le pays des Causses a été l’objet de très longues érosions de la part des agents de destruction, et cela depuis qu’il a été émergé et relevé à la suite des contrecoups des plissements alpins et de l’effondrement méditerranéen ; aussi est-il crevassé, disloqué, ondulé et recouvert par places d’un très léger manteau de sédiments, que l’on peut qualifier de tertiaires; ce sont des dépôts d’origine fluviatile que nous étudierons plus tard.
- Division des formations jurassiques en étages. — Nous rencontrons dans le département tous les étages suivants :
- Étage bajocien. . .
- — bathonien. .
- — callovien. . .
- — oxfordien.. .
- — rauracien . .
- — séquanien . . — Kimmeridgien — Portlandien..
- appartenant à la série jurassique moyenne oudu Dogger.
- supérieure ou du Malm.
- Nous allons étudier chacune de ces formations, citer les principales cultures qu’on y trouve, puis nous étudierons la formation du sol, le régime des eaux et l’agriculture générale.
- a) Formations de la série du Dogger.
- a) ÉTAGE BAJOCIEN
- Division des dépôts en zones. — Les dépôts que l’on trouve dans le Bajocien sont par ordre, en remontant la série des couches successives :
- 1) La zone des calcaires à fucoïdes et charveyrons. . . . Baj. Inf.
- 2) — à entroques.....................Baj. Moy.
- 3) La zone de dolomie cloisonnée . ..................Baj. Soup.
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- Pendant l’époque bajocienne, il y a approfondissement continu du géosynclinal; on ne rencontre pas de dépôt littoral, où sont les rivages? Nous l’ignorons; à peine pouvons-nous indiquer une augmentation de silex sur les bords du bassin qui ont sans nul doute une origine postérieure à la formation de ces calcaires.
- 1) Zone des calcaires à fucoïdes et à charveyrons.
- Géologie. — Au-dessus des assises du lias, on trouve les couches du calcaire à fucoïdes formant, le long des flancs des Gausses, un long talus très raide, reconnaissable à première vue par l’aspect bleuâtre de ses escarpements ainsi que par ses saillies en étagères; le tout semble craquelé par des diadases, dont les bords paraissent rouges ou jaunes. Cette formation n’est qu’une succession de couches de calcaire et de marne.
- La base de cette zone est formée d’une alternance de lits de marnes bleues et de cordons de calcaires blancs, le tout tend à se confondre avec les argiles du toarcien supérieur : dans la masse, on trouve de belles géodes de carbonate de chaux contenant de la calcite nettement cristallisée.
- Les fossiles que l’on rencontre sont : Ludwigia Murchisonæ, Ostrea sublo-bata, Pecten personnatus, Lima heteromorpha Rynchonella epiliasina et des empreintes mécaniques (Cancellophycus scoporius).
- La partie inférieure ou calcaire à fucoïdes, avec L. Murchisonæ, nous montre bien que nous sommes dans le Dogger ou Jurassique moyen. Elle a une épaisseur de 50 à 60 mètres au centre du bassin, qui va en diminuant à mesure que l’on se rapproche des bords du bassin et disparaît même non loin de la partie où nous croyons voir l’ancien rivage.
- La partie supérieure est formée par une série de bancs calcaires bleus ou jaunes à pâte fine, siliceux, où même les silex peuvent s’isoler dans la masse en formant des silex branchus ou charveyrons formant des rognons. Yers le centre du bassin, les silex sont assez rares dans la masse; c’est alors un véritable calcaire ; mais, au fur et à mesure qu’on s’approche de la région peut-être voisine des rivages, les silex augmentent à un tel point que, vers le dernier Gausse margeridien de Belvezet, les bancs calcaires sont passés à l’état de bancs de silex qui alternent avec des bancs calcaires. L’origine de ces silex est certainement postérieure à la formation des bancs calcaires; d’ailleurs, leur aspect zoné montre que ce sont des produits de concrétions chimiques; les eaux d’infiltration circulant très bien à travers la masse de ces calcaires bien fendillés ont dissous le carbonate de chaux; la silice, moins soluble, a dû se précipiter; d’ailleurs, les charveyrons qui semblaient s’être formés autour de débris organiques calcaires sont poreux et entièrement décalcifiés.
- Pourrait-on supposer que l'augmentation de la teneur en silice dans la roche
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- implique le voisinage de l’ancien rivage du bassin? on pourrait le croire à première vue, mais il y a une autre cause. Vers le centre du bassin, nous trouvons un véritable calcaire à fucoïdes, c’est-à-dire un calcaire marneux teinté en bleu par les matière organiques, tandis que, vers ce que nous croyons être le bord, nous avons un faciès qui semble être un faciès littoral. Nous ne croyons pas qu’il en soit ainsi à cause même de la nature de ce faciès, tandis que, vers le centre, la mer n’était pas agitée, on pourrait dire que vers les bords des rivages les courants marins ont amené des particules sableuses qui ont été dissoutes dans la roche formée et les produits de dissolution, entre autres la silice, se seraient concrétionnés autour d’un débris organique.
- Nous ne croyons pas qu’il en soit ainsi; d’ailleurs si nous trouvons cette abondance de charveyrons là où, comme sur le Gausse de Belvezet, cette formation affleure sur de très grandes surfaces, cela indique que, dans ces bancs très fissurés, ont séjourné pendant longtemps des eaux d’infiltration : ce calcaire a donc subi la transformation qu’a subie la craie blanche sénonienne du bassin de Paris dans laquelle nous trouvons des silex concrétionnés. La silice concrétionnée a pour origine la silice des organismes, elle s’est déposée autour d’un centre d’attraction englobant par suite un organisme fossilisé comme un Ludwigia Mur-chisonæ, un Pecten, une Posidonomye.
- Transgression de la mer bajocienne. — D’ailleurs ce sont ces charveyrons avec des silex blancs roulés, que l’on retrouve reposant sur le granité ou le micaschiste surtout le plateau delà Margeride, attestant à la fois d’un transport de cailloux roulés et de la disposition de ces assises sur place.
- Ces silex se sont formés sur place par suite de la décalcification des calcaires à fucoïdes et à charveyrons ou chailles'; le résultat a été une argile de décalcification qui a été entraînée par les eaux courantes et les parties les moins solubles sont restées en place.
- On trouve ces chailles à Langogne, et pourtant elles sont là à plus de 23 kilomètres des affleurements actuels du Bajocien.
- C’est en somme une des preuves de la transgression des mers bajociennes sur le Plateau Central et, à cette époque, la mer bajocienne du bassin du Rhône communiquait avec celle du bassin des Causses par-dessus ce qui était l’anticlinal des Cévennes.
- Caractères des terres de cette zone et agriculture. — Ordinairement, cette zone ne donne pas naissance à des terres arables à cause même de l’allure de ses escarpements absolument caractéristiques ; mais, par ses éboulis de pente très nombreux, elle peut changer les propriétés physiques des terres argileuses toar-ciennes.
- Quand cette zone affleure sur de larges surfaces à cause même de la disparition des assises supérieures, comme c’est le cas non loin du col de Mont-
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- mirât ou à la surface du causse du Belvezet, on a, par suite de l’altitude où l’on trouve ces assises (IloO à 1 230 mètres), des terres qui contrastent avec celles des formations antérieures.
- Les terres qui en dérivent sont généralement peu profondes à cause même de l’alternance des lits de calcaires et marneux et, malgré cela, elles sont d’assez bonne qualité. Quand elles ne sont pas recouvertes par des éboulis de pente; dans certaines conditions, elles portent de bons pâturages à moutons ; ils sont assez rares, et on ne les trouve à la surface du Causse que quand les érosions ont fait disparaître les assises supérieures,
- Fig. 35. — Un petit Causse du Mont Lozère : l’Eschino d’Ase.
- Bjs, zone des dolomies (Bajocien supérieur); B/a, zone des calcaires à entroques (Bajocien moyen); B/,, zone des calcaires à fucoïdes (Bajocien inférieur); T, zone des argiles (Coarcien); H2, zone des calcaires jaunes (Hettan-gieu supérieur); R, zone des calcaires capucins (Hettangien inférieur); R, zone des arkoses et grès (Rhetien) ; p, micaschiste; y, granité du mont Lozère.
- Sur le Causse de Belvezet l’abondance des silex à la surface du sol est telle qu’elle empêche la culture du froment et oblige le cultivateur à laisser de nombreux champs en friche.
- Cette zone, à cause même de sa situation au flanc des Causses, doit délimiter le périmètre des reboisements que fait l’administration des forêts, car commençant dès que finit le Lias, c’est-à-dire la terre fromentale, elle forme une série d’étagères le long des bords du Causse, qui ne peuvent donner par la culture que des produits faiblement rémunérateurs, et la forêt seule peut permettre de fixer ces talus ébouleux, toujours croulants sous le pied des moutons, et dont les débris tendent à recouvrir les riches pâturages ou les bons champs de la terre fromentale liasique.
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- 2) Zone des calcaires à entroques [li. M.).
- Géologie. -— Les dépôts de ce calcaire à entroque n’ont pu se faire que dans une mer pure non troublée par des sédiments et parcourue par des courants.
- Ce calcaire ne se montre que le long des flancs des grands Causses; cependant, il compose presque toute la superficie du Causse de Mende, où ses plaquettes forment des sortes de dalles nacrées couvrant le sommet des mamelons de ce Causse.
- Près du col de Montmirat, cette zone atteint une épaisseur de 50 mètres, formée d’un calcaire à cassure brillante à Terebratula perovalis, qui se délite en minces dalles dont les fragments toujours anguleux, croulant sous les pas, couvrent les pentes. Sur le causse de Mende, il a une épaisseur de 40 mètres, ici les fossiles que l’on trouve sont uniquement des débris de Bryozoaires,
- Latéralement, cette zone passe, au col de Tribes, à un faciès coralligène.
- Sur le Causse de Belvezet, ce calcaire forme de petits massifs à rochers escarpés de 15 mètres d’épaisseur d’un calcaire encrinitique très dur.
- En somme, cette formation est parfaitement constante sur tout le bassin; nous la trouvons, il est vrai, très réduite à cause de l’érosion et des phénomènes d’ablations qui l’ont fait disparaître entièrement de toute la partie Nord des Causses lozériens.
- Caractères des terres de cette zone.—- Cette formation est très perméable, le sol des champs qui repose sur cette assise est très pierreux et très sec, on y cultive des céréales, mais le mieux serait de les boiser.
- 3) Zone de la dolomie cristalline caverneuse (B. S.).
- Géologie. — Cette zone est formée par de la dolomie grenue caverneuse, passant latéralement à de la dolomie jaune cristalline saccbaroïde, parfois meme à de la dolomie grise compacte gréseuse, ou sableuse contenant même dans sa masse des lits de silex ou des druses spathiques de carbonate de chaux, des nids de barytine ou même des cristaux de quartz.
- Ce niveau dolomitique atteint une épaisseur très variable, allant de 150 mètres à 30 mètres et même 3 mètres loin du centre du bassin.
- Cette zone est absolument privée de fossiles; des recherches nous ont fait trouver un Pecten qui paraît être le P. demissus. Cette absence de fossiles tient à la nature même de la roche qui, en se formant, a fait disparaître presque entièrement tout débris organique.
- C’est elle qui constitue sur le pourtour des Causses des escarpements rui-niformes très remarquables, qui font l’admiration des touristes. Comme en-
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- droits où on la trouve, nous pouvons citer les localités d’ispagnac, de la Chau-mette, de Montmirat.
- Origine. — Cette dolomie n’est autre qu’une formation coralligène qui a donné naissance à des récifs coralliens et, par la suite, à des calcaires magné-
- siens.
- Les calcaires dolomiliques ou dolomies des Causses ne sont autre chose que le résultat de la transformation de calcaires plus ou moins magnésiens dans lesquels le carbonate de chaux a été enlevé par la dissolution, grâce à l’acidité des eaux météoriques riches en acide carbonique et, tandis que la roche s’est enrichie en carbonate de magnésie par suite de sa solubilité plus faible, le carbonate de chaux est parti à l’état de bicarbonate ; quelquefois le carbonate de chaux dissous a cristallisé dans certaines parties de la roche, et a formé des druses.
- Suivant l’état de transformation de la roche, on a une dolomie saccharoïde ou une dolomie poreuse ou caverneuse, la roche a cristallisé quand elle est entièrement formée de carbonate double de chaux et de magnésie. La conséquence de cette transformation est la disparition totale de toute stratification et la disparition des débris organiques fossilisés.
- Les impuretés que l'on trouve dans cette roche ne doivent pas nous étonner, attendu qu’ellen’est pas homogène.
- Matériaux utiles. —A certains endroits, cette dolomie se désagrège et donne un sable fin qui n’est que de la dolomie pulvérulente, c’est au premier abord un véritable sable très fin formé de petits cristaux.
- Cette dolomie sableuse est « le grésou » des Caussenards, qui l’emploient en guise de sable pour la construction de leurs maisons, toutes voûtées depuis l’écurie jusqu’au toit; le Caussenard ne peut penser à aller chercher du sable dans le Lot ou dans le Tarn, par suite de la mauvaise viabilité des sentiers et du temps qu’il faudrait pour transporter une charge de mule de sable de rivière; aussi le grésou est-il pour lui un véritable sable.
- Non loin des affleurements où celle-ci est sableuse, et notamment près de Sauveterre, on voit très souvent dans la lande des excavations nombreuses, qui
- Fig. 36.
- Blocs dolomitiques à la Cham de Montmirat.
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- ne sont autres que celles que le Caussenard a creusées pour prendre le grésou ; l’extraction en est très facile, elle se fait au pic, un simple grillage sépare les parties fines des parties pierreuses résistantes.
- Il n’est pas même jusqu a la ménagère caussenarde qui, elle aussi, n’emploie le grésou, c’est pour elle « le brasehl », tripoli peu cher, qu’elle va chercher de temps en temps là où il affleure à la surface du sol; aussi en fait-elle provision pour faire luire tous les samedis ses cuivres, chaudrons et marmites alignés sur les étagères, qui forment à eux seuls le plus bel ornement de la cuisine enfumée des fermes aisées du Causse.
- Agriculture : caractères des terres dolomitiques. — De toutes les terres provenant de la décomposition de la roche sous-jacente, la terre dolomitique est la plus pauvre à tous les égards. La simple inspection des bords des falaises dolomitiques nous montre le sol presque privé d’herbes là où il est incliné ; et encore la flore qui s’y trouve y est-elle toute spéciale. Quand la dolomie affleure en surfaces horizontales, l’imperméabilité du sous-sol a permis la formation d’une mince couche de terre qui recouvre un gazon très épais de graminées et de quelques rares autres plantes.
- Si la dolomie sableuse affleure à la surface du Causse, alors la stérilité du sol est presque complète, plus de végétation quand c’est la dolomie bajocienne qui apparaît, plus de champs ni de pâturages pierreux, on ne voit en quelques endroits que des étendues sableuses qui brillent au soleil, et qui font croire qu’on est transporté au bord d’une plage de la Méditerranée.
- Les terres dolomitiques de la base du Causse sont assez sèches, mais il y a lieu de distinguer suivant que le sol est formé d’éboulis ou d’un sable grossier dolomitique; dans ce dernier cas, avec cette roche, apparaît le buis, qui occupe presque toute la surface d’affleurement, et avec lui quelques bois de chênes ou d’ormes. Au pied du Causse et le long des falaises, le sol bien maigre de la dolomie, le long des talus d’éboulement, ne nourrit seulement que la plante cal-eicole par excellence, la lavande, et une variété de bruyères Yerica elegans,
- Cette formation géologique ne donne de sols arables que là où la dolomie est effritée et partiellement transformée en grésou, et qu’à la condition d’être mélangée avec « l’argile rouge du Causse ». Dans ces conditions, on y voit de beaux champs de blé, d’avoine, d’orge, et même de petits champs de maïs, dont le fourrage vert est destiné à être donné aux bestiaux.
- En empiétant sur ce qui sera dit au sujet de l’argile rouge du Causse, et comme elle, la dolomie a même origine, presque tout ce qui était soluble a été enlevé parla décalcification; on voit d’ici le maigre garde-manger qu'offre un tel sol à la plante, les phosphates ainsi que les sulfates ont été entraînés et enlevés, et d’après l’effet que produit le plâtrage des sainfoins, on peut dire sans analyse que la terre dolomitique est très pauvre en soufre, ce qui explique les insuccès
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- nombreux provenant de la création des prairies artificielles de sainfoin et de luzerne sur une telle base géologique, tandis que, dans les terres provenant des calcaires lithographiques, on a sans plâtrage de magnifiques sainfoins.
- La pauvreté des terres dolomitiques sableuses est telle que les nouveaux reboisements en pins silvestres ne peuvent réussir; seul le pin noir d’Autriche réussit à cause même de ses moins grandes exigences en principes fertilisants.
- Les terres dolomitiques sableuses sont heureusement plus rares qu’on ne croit ; elles occupent le sommet des puechs, car presque toujours l’argile rouge du Causse, entraînée par le ruissellement, vient se mélanger à la dolomie pulvérulente dans les cuvettes ou « sotchs ».
- P) ÉTAGE BATHONIEN
- Caractères des dépôts de la période bathomenne. — Cet étage ne comprend que deux zones très distinctes formées de calcaires dolomitiques qui témoignent de l’existence d’une mer peu profonde ne dépassant pas 50 mètres, mais qui s’est approfondie peu à peu par suite de l’abaissement lent et progressif des fonds, conséquence des oscillations du sous-sol marin qui va en s’affaissant par suite même de l’approfondissement du géosynclinal des Causses.
- Diverses zones. — Il y a lieu de distinguer deux zones :
- 1) La zone des calcaires blancs oolithiques (Bath. inférieur).
- £ ; , :2) La zone de la dolomie blanche massive (Bath. supérieur).
- 1) Zone des calcaires blancs.
- Géologie. — Elle comprend des calcaires oolithiques dont les éléments solides sont de taille différente, suivant l’endroit où l’on se trouve.
- Elle contient peu de fossiles, le plus commun est YOstrea acuminata.
- Le calcaire est très fragmenté, il couvre et stérilise par ses plaquettes nombreuses de grands espaces.
- Faciès des lignites. — A la base de cette zone, et dans le calcaire oolithique lui-même, on trouve des dépôts de lignite, notamment sur le Causse Noir. Là, le calcaire oolithique est marneux, et a une puissance de 30 mètres, et c’est dans cette masse que se trouvent les lignites.
- Les lignites dites stipites par Brongniart sont formées de débris de Cycadés, avec une flore composée d’Equisetum, Otozamites, Sphenozamites. Cette intercalation de dépôts d’origine saumâtre marque un changement de régime et une tendance à l’immersion de certaines parties due à l’approfondissement du géosynclinal. Les fossiles que l’on trouve dans ces dépôts sont des cyclades, corbules, cyrènes, paludines, mélanies, anios, mytiles.
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- Ces couches saumâtres sont recouvertes par des calcaires marneux ooliLhiques à Perisphinctes arbustigerus qui passent latéralement, sur le Causse Méjean, à des calcaires sublithographiques dont l’épaisseur est très variable.
- Matériaux utiles„ — Ce calcaire oolithique assez pur est utilisé comme pierre à chaux; elle donne une chaux blanche de bonne qualité; la pierre est cuite là où se trouvent encore des forets, et de là la chaux est expédiée sur tout le Causse et dans les vallées. Un four primitif donne 75 000 kilogr. de chaux, donnant au paysan qui l’a faite un produit brut de 1 500 francs par fournée.
- Fig. 37. — Labour d'automne sur le Causse : Mazel-Bouisset
- Le calcaire sublithographique donne une très bonne pierre de construction se coupant bien et se laissant tailler.
- On exploite encore maintenant les gisements de lignite qui n’ont à l’heure actuelle que peu d’importance.
- La couche de charbon n’a guère plus de 25 centimètres d’épaisseur, aussi les procédés d’extraction doivent-ils être très primitifs. Chaque paysan creuse sa petite galerie, et l’exploite à ses moments perdus pour sa propre consommation.
- Caractères des terres de cette zone. — Ce calcaire, souvent très facilement décomposable à l’air, donne avec l’argile rouge des sols arables qui ne sont cultivés en céréales et prairies artificielles que dans les bas-fonds ou sotchs, et Rarement sur les pentes.
- 2) Zone de dolomie blanche massive (Bath. sup.).
- Géologie. — Elle comprend une grande épaisseur de dolomies blanches (200 mèt.) plus ou moins gréseuses
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- Elle forme des escarpements bizarres sur tous les Causses le long-des cagnons du Tarn. Ces formes bizarres proviennent de la désagrégation de cette roche tendre par les agents atmosphériques qui les corrodent, et cette corrosion commence toujours par les parties les plus basses, qui sont toujours les plus humides,
- A tout instant, dans les formations dolomitiques lozériennes, on peut constater l’émiettement de la roche dans les parties les plus tendres, tandis que les endroits les plus durs résistent et donnent ainsi ces sortes de niches ou abris sous roche que l’homme a souvent utilisés comme habitation.
- Imperméabilité de cette zone. — Cette dolomie décomposée ne forme pas de sol arable, mais un épais gazon la recouvre presque toujours quand la pente est faible, et c’est sans doute à l’imperméabilité de la roche qu’est du le sol gazonné qui surmonte généralement cette zone.
- b) Formations de la série du Malm.
- a) ZONE CALLO VIENNE ET ÉTAGE CALLOV1EN
- Nous rencontrons dans cette zone des calcaires encriniliques spathiques miroitants, ferrugineux par endroits; la couleur rouille de ces calcaires est due à l’oxyde de fer, très répandu dans la masse. On retrouve cette zone dans beaucoup d’endroits sur le causse de Sauveterre, et surtout au-dessus du village de Montmirat.
- Latéralement, sur le causse Méjean, il passe à un calcaire à silex à Reine-keia anceps dont l’épaisseur peut atteindre 10 mètres.
- Les terres arables que forme ce calcaire avec l’argile rouge du causse sont très siliceuses, mais généralement légères et d’assez bonne qualité.
- jî) ÉTAGE OXFORDIEN
- Il se présente sous forme de calcaires se débitant en plaquettes plus ou moins marneusesn vers la base.
- Diverses zones. —• On trouve dans cet étage les fossiles qui caractérisent ce faciès méditerranée avec ses deux zones.
- On distingue à la partie inférieure :
- La zone neuvizyenne, composée d’une alternance de petits lits d’un calcaire marneux et de marnes contenant le Peltoceras transversarium, Y Aspidoce ras perarmatum; puis
- La zone argovienne, composée de calcaire marneux avec le Perisphinctes Martelli, Y Ocheloceras canaliculatam.
- Sa puissance est variable, et l’ensemble des deux sous-étages a une épaisseur qui varie de 25 à 45 mètres d’après M. Fabre.
- Tome IV. — R8° année, 5a série. — Mai 1899.
- 48
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- Fig. 38. — Couronne de dolomies bordant le Causse.
- R, calcaires lithographiques (Rauracien); Ox, calcaires marneux (Oxfordien); B», dolomie blanche (Bathonien B’3, dolomie grise (Bajocien supérieur); Bj-i, calcaire à entroques (Bajocien moyen).
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- Aspect des affleurements de cette zone. — Près de Florac, à environ 1 000 mètres d’altitude, sur le bord du Gausse Méjean, on aperçoit, bien au-dessus des dolomies bathoniennes, un niveau de marnes très blanches d’une épaisseur de 10 mètres, ce sont les marnes oxfordiennes. Lors même que les éboulis de pente provenant de calcaires sublithographiques du Rauracien les auraient recouvertes, elles nous sont annoncées par une végétation arbustive plus développée, ou plus rarement par un rideau de peupliers qu’on est étonné de voir au bord même du Gausse; c’est en effet un des niveaux imperméables, ce qui nous explique la présence de peupliers, arbres indiquant l’humidité du sous-sol.
- Ges marnes, n’existant pas partout avec une aussi grande épaisseur, ne forment pas un niveau d’eau bien important, et bien rares sont les sources qui naissent le long de ces affleurements, dont le débit est très faible après une pluie ; ce ne sont en effet que des sources de suintement dont les eaux trop peu abondantes ne peuvent pas satisfaire à l’arrosage du moindre jardin.
- Quand la pente a permis au Caussenard de pouvoir labourer, là où affleurent Ces marnes, on aperçoit un petit champ assez étroit et long, qui apparaît comme suspendu au-dessus de la falaise dolomitique bathonienne et au-dessous des pentes abruptes do la zone des calcaires sublithographiques rauraciens. Ges terres marneuses contrastent par leur fertilité avec celles du Causse.
- y) ÉTAGE RAURACIEN
- Géologie. — Il forme les assises les plus élevées de la série du Malm du Causse de Sauveterre : là on trouve des assises de calcaires dont l’épaisseur totale est d’environ 100 mètres et plus; ce sont des alternances de bancs calcaires blancs, lithographiques, très compacts, en grandes dalles fissurées ; les fossiles y sont rares.
- Sur le Causse Méjean, cet étage est représenté par des calcaires sublithographiques en dalles caractérisées à la base par un fossile l’Oppelia tenuilobata. Son épaisseur est très variable, elle peut aller sur les bords du causse Méjean à 200 mètres : au géosynclinal des Causses, elle atteint 300 mètres environ tandis qu’à 6 kilomètres de l’axe du géosynclinal sur les bords du Causse Méjean, au-dessus de Florac, cette épaisseur est réduite à 100 mètres.
- C’est ce calcaire qui couvre une bonne partie de la surface des grands Causses lozériens et leur donne leur aspect particulier pierreux et sec.
- Agriculture. — Caractères des terres de cet étage. — Les terres provenant de la décomposition des calcaires lithographiques sont généralement pierreuses, toujours ce sont de très bonnes terres à blé.
- Il semble que ce soit sur celte zone de calcaires lithographiques que les forêts ont été défrichées dernièrement, et cela à cause de la richesse du soi générale-
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- ment noir brunâtre couvert de petites plaquettes de calcaire d’un blanc éclatant. Sans doute, le paysan caussenard voyant la nature du sol de sa forêt formé par un cailloutis anguleux de pierres à cassure très aiguë, n’a défriché que quand le bois lui a complètement manqué ; aussi, à l’heure actuelle, le sol formé par cette zone est, de tous ceux du Causse, un des meilleurs et des plus fertiles. C’est en effet la meilleure terre à froment du Causse, car elle est très profonde, et aux
- Eig. 39. — Entrée des Cognons du Tarn au Pont de Qnézae.
- R, calcaire lithographique (Rauracien) ; Ox, calcaire marneux (Oxfordien) ; B.2, dolomie blanche (Bathonien); An/, argile rouge de décalcification; Al, alluvions du Tarn; f, faille parallèle au Geosguchnal des Causses
- abords d’une ferme à la lande pierreuse des « puechs « elles font place, dans les bas-fonds, à de grands champs de froment, d’avoine et de sainfoin.
- Le plus souvent, cette terre arable est mélangée à l’argile rouge du Causse; alors les champs sont de meilleure qualité, les rendements en céréales sont plus élevés peut-être, sans doute à cause de la plus grande quantité d’eau ainsi retenue par le sol moins filtrant, eau qui contribuera à une meilleure utilisation des principes fertilisants enlevés par la plante au sol.
- 8) ÉTAGE SÉ QU A NI EN
- Cet étage est représenté par des bancs calcaires à pâte, fine : ce calcaire est un calcaire zoogène dans lequel on trouve des Nérinées et des coraux. Il agéné-
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- râlement peu d’épaisseur, on ne Je trouve que sur le Causse Méjean non loin de remplacement du géosynclinal des Causses, dans la région comprise de Hures à la Parade où il atteint 100 mètres d’épaisseur.
- Cette formation géologique n’a pas une grande importance au point de vue agricole.
- 7]) ÉTAGE KIMMERIDGIEN
- D’après M. Fabre, il est entièrement formé par une dolomie massive, grenue, grise et sans un seul fossile.
- On ne le trouve que sur le Causse Méjean, où sa puissance est variable et tandis que, vers l’axe du géosynclinal, vers la coupe du cagnon du Tarn et le long de certaines parties du Cagnon, elle atteint 300 à 400 mètres de puissance, à peu de distance de cet axe, à environ 6 kilomètres, elle n’a plus qu’une épaisseur de 60 mètres.
- Nous avons déjà parlé des caractères des terres dolomitiques.
- Ç) ÉTAGE PORTLAND1EN
- II est formé par des calcaires compacts, blancs, zoogcnes, aussi se présente-t-il sous forme de calcaire subllthographiquc ou ooülhique ou compact.
- Il ne présente pas de fossiles et semble en être très pauvre; M. Fabre a synchronisé cette zone sans doute avec celles de régions du Gard, pour fixer son âge.
- Sa puissance est variable, elle atteint, d’après M. Fabre, 150 à 200 mètres.
- On ne trouve les formations portlandiennes que vers le centre du Causse Méjean dans les régions voisines de l’axe du géosynclinal des Causses. -
- Retrait des mers après la période porllandienne. — Ici se termine la série de formations marines du département de la Lozère et, depuis la fin des temps jurassiques jusqu’à nos jours, la mer n’a pas reparu, dans le bassin des Causses désormais à l’abri de toute incursion marine.
- B. — Les Causses à, travers les âges.
- Les Causses pendant l’époque crétacée et tertiaire. — A peine exondé, le pays des Causses a été de suite en butte aux attaques des agents de destruction ; la pénéplaine archécnne du Lozère, des Cévennes et de laMargeride, recouverte d’un manteau de sédiments jurassiques, avait, par suite même de l’accentuation de l’anticlinal des Cévennes, une pente sensible vers l’Océan; dès lors, les eaux courantes ont pris la direction du bassin d’Aquitaine. Les eaux ont alors commencé leur action de destruction : d’abord les sédiments qui devaient être les premiers attaqués, comme les sédiments transgressifs du Bajocien, ont disparu en laissant
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- à nu une partie de la pénéplaine, puis alors est venu le tour des sédiments postérieurs régressifs, portlandiens, kimmeridgiens.
- Des rivières descendant de la Margeride vers l’Océan et vers la Méditerranée ont traversé certaines parties du pays.
- Dépôts tertiaires des Causses. — A la fin de la période éocène, les rivières actuelles devaient commencera dessiner leurs cours tout en serpentant sur les plateaux calcaires des Causses, qui alors ne devaient pas être à une altitude supérieure à 200 mètres. Les contre-coups des mouvements alpins ont fortement accentué le relief de la région, le plateau des Causses a été porté à l’altitude de 1 200 à 1 200 mètres, le mont Lozère à 2000 mètres et la Margeride à l’altitude qu’elle a actuellement.
- La distance au niveau de base étant plus grande, les rivières qui venaient du mont Lozère et serpentaient au milieu des Causses ont peu à peu modifié leurs cours. Le Lot et le Tarn ont laissé leurs anciens lits en abandonnant leurs allu-vions à la surface des Causses, alluvions calcaires argileuses; puis, quand le horst du Lozère a été suffisamment débarrassé de ses 300 mètres de couches jurassiques, les eaux courantes ont attaqué les zones plus résistantes du granité et du micaschiste, elles ont déblayé et ont emporté des galets de granité, de micaschistes, de quartz qu’elles ont déposés sur tous les Causses. Des sédiments calcaires, il n’est rien resté sauf peut-être leurs produits de décomposition à la surface du Causse; mais il n’en est pas de même pour les matériaux plus résistants, comme les sables et cailloux granitiques, micaschisteux ou quartzeux que l’on retrouve encore sur place. Nous trouvons dans les fentes du calcaire à entroque du Causse de Mende, ainsi que sur la terre arable de petits cailloux de quartz blanc parfaitement roulés au milieu d’une terre argileuse rouge, témoins évidents d’un transport par l’eau courante postérieurement au creusement des vallées actuelles.
- Ces cailloux se trouvent aussi bien sur le Causse de Mende que sur les autres Causses dont l’altitude est d’environ 1200 mètres où ils atteignent la grosseur du poing. On rencontre des galets granitiques, mais quand on les trouve ils tombent en poussière sous le choc d’un coup de canne, parce qu’ils sont altérés; aussi, le plus souvent, trouve-t-on dans l’argile rouge du Causse des grains de quartz blanc, hyalin, n’offrant pas les caractères de grains roulés, tous sont anguleux avec des facettes planes comme s’ils provenaient d’une arène, ce sont les grains de quartz provenant de la kaolinisation sur place des cailloux de granité. Enfin, là où les cailloux de granité et degranulite étaient abondants, on trouve du kaolin dans certaines parties des Causses : c’est un kaolin blanc à paillettes de mica argentin avec des grains de tourmaline et même avec des fragments d’orthose rouge ou blanc non décomposé que l’on trouve en certains points.
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- Tous ces minéraux ne sont autres que ceux du granité et de la granulite du mont Lozère et de laMargeride.
- Les galets micaschisteux se rencontrent quelquefois sur le Gausse Méjean. Ceux de quartz proviennent de débris roulés quartzeux provenant des filons qui recouvrent les micaschistes. On rencontre des galets de grès et d’arkose très résistants.
- Outre ces graviers, on trouve parfois des bancs de sable, mais ils sont plus rares parce qu’ils ont été enfouis et recouverts par l’argile rouge du Gausse.
- Ces alluvions anciennes, entre autres les sables laissés dans les bas-fonds, ont été, dans certaines dépressions lacustres, cimentés, et ont formé des grès ferrugineux très rouges, que l’on ne retrouve pas en place à la surface du Gausse, mais qui ont été remaniés dans la suite par les courants ; aussi on ne les rencontre pas en place, mais très brisés, réduits à l’état de boules presque rondes, ce sont en effet, avec les galets de quartz, les éléments les plus durs et les moins altérés de cette formation détritique.
- Ces grès proviennent uniquement de l’agglutination des éléments sableux allu-viatils par les eaux d’infiltration de la surface plus ou moins chargées d’oxyde de fer et de manganèse dont l’origine est dans les produits de décomposition des cailloutis calcaires.
- En somme, les dépôts que nous trouvons à la surface des grands Gausses ont certainement une origine alluviatile très nette. Ce sont des dépôts dont l’âge remonte sans nul doute à la période tertiaire.
- Creusement des vallées du Lot et du Tarn. — En parcourant une partie du Gausse Méjean, nous avons rencontré et nous avons pu suivre l’ancien lit d’une ancienne rivière venant du mont Lozère et qui n’est autre que l’ancien lit du Tarn; on retrouve en effet, son lit sur un parcours d’environ 1 S00 mètres. On pourrait, par suite de recherches sur ces Gausses, déterminer le lit de ces anciennes rivières du pays lozérien.
- Par suite de l’exhaussement de la région lozérienne, les rivières ont changé le cours de leurs lits, elles ont profité des points faibles, des failles et des dia-clases pour commencer à se creuser un nouveau lit, ce qui a facilité la descente de la rivière qui cherchait à se rapprocher le plus vite possible du niveau de base.
- Fixer le moment où le Tarn et le Lot ont commencé de creuser leurs cagnons est impossible : est-ce à la fin de la période tertiaire ou au commencement de la période quaternaire, nous n’en savons rien, et ce que nous pouvons dire, c’est que ce creusement a commencé après l’époque de la formation des dépôts alluviatils du Causse.
- Des savants peu au courant de la géologie, en jetant les yeux sur une carte d’état-major, ont voulu attribuer le creusement de la vallée du Tarn à une cra-
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- quelure gigantesque de 50 kilomètres de long, qui se serait produite dans la masse calcaire. D’autres personnes ont attribué la formation du cagnon à une nombreuse série de failles rectangulaires et elles se basaient sur quelques grands coudes à angle droit que fait actuellement le Tarn. Toutes ces théories de la formation du cagnon sont absolument fausses et les personnes qui les ont regardées comme exactes sont absolument étrangères à la géologie lozérienne.
- Le creusement du cagnon, dTspagnac au Rozier (50 kilomètres) s’est fait (fig. 40) uniquement par l’action érosive et corrosive de l’eau, car il n’y a pas une seule faille directrice sur tout ce parcours et quand bien môme il y aurait eu une faille, on n’aperçoit pas une seule dénivellation de couches de terrain sur les deux murs des deux Gausses.
- La vallée du Tarn, d’ispagnac à Florae, est une vallée où, sur un parcours de 80 kilomètres, les failles ont joué un rôle directeur de la première importance.
- Le creusement du cagnon a été progressif et lent, et une des preuves en est aux terrasses fluvi ali les que l’on rencontre à divers niveaux, notamment près de Florae et à Montbrun.
- Les eaux du Tarn ont continué le taraudage des roches à différents niveaux et ont produit ces rochers plus ou moins excavés qui font l’admiration du touriste; il faut d’ailleurs dire que les agents atmosphériques ont été pour quelque chose dans ce tournage de la roche dolomitiquc.
- On ne voit que difficilement ce qu’ont été ces érosions à travers les 500 mètres de calcaire plus ou moins pur qui forment la masse du Causse, qu’en considérant les érosions qui se sont produites dans les vallées des petits affluents du Tarn où l’on trouve des petits Gausses isolés sur un socle micaschisteux ou granitique.
- Origine de la terre arable du Causse. — Maintenant que nous avons vu la description des formations géologiques dont sont généralement composés les massifs des Gausses, cherchons à expliquer comment s’est formée cette terre arable dont ils sont recouverts.
- Dans la question que nous nous sommes posée, il y a heu de distinguer plusieurs modes de formation de la terre arable :
- 1° Par décomposition du calcaire jurassique sur place et transport des pro duits le long des pentes;
- 2° Par voie de transport et décomposition des matériaux transportés sur le Causse même.
- Nous avons du ainsi bien poser le problème car, àpremière vue, nous sommes complètement en désaccord avec ceux qui ont cherché à expliquer l’origine de la terre arable par des considérations sur des phénomènes géologiques, qui ont formé plutôt l’exception que la règle dans les temps anciens. —^ Comme géo-
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- Fig. 40 — Le Gagnon dji Tarn vu du point SuFlimç,
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- logue, quoique actualiste, nous ne devons pas attacher une aussi grande importance à des phénomènes qui ont pour nous à l’heure actuelle si peu d’intérêt et qui n’ont eu d’actualité que parce qu’ils ont été mis en évidence et ont mis en évidence les premiers maîtres de la géologie moderne; toujours, nous tâcherons de nous guider sur les phénomènes géologiques pour donner les explications les plus récentes et les plus plausibles et que ne peut démentir aucune des sciences physiques ou naturelles.
- Dans le premier cas de la décomposition du calcaire jurassique sur place, nous avons comme agents décomposants les agents atmosphériques, les agents physiologiques et les agents chimiques de dissolution. Nous laisserons de côté les deux premières sortes d’agents, dont l’action est bien connue, pour n’étudier que le troisième agent. — L’agent chimique de dissolution le plus important est l’acide carbonique dissous dans les eaux pluviales et dans les eaux d’infiltration, il joue le plus grand rôle dans la formation delà terre arable. C’est lui qui a produit la terre rouge argileuse qui recouvre tout le Causse, et cela par un mode d’attaque du calcaire que nous verrons plus loin.
- Sur l’origine de cette terre argileuse, bien des choses ont été écrites. Un géologue plus imbu que d’autres d’idées particulièrement originales a même prétendu que la terre du Causse avait une origine éolienne. D’après lui, les particules sableuses, grains de quartz et de mica, proviennent des hauteurs de la Margeride et du mont Lozère et elles auraient été transportées par le vent pendant de longues années sur toute la surface du Causse. On voit ce que cette théorie a de puéril : supposer le vent capable de transporter de tels minéraux, c’est lui donner une puissance telle qu’il n’en a jamais eu dans notre pays, et puis il aurait fallu que ces éléments traversent les profondes vallées du Lot et du Tarn, après des parcours de 15 à 40 kilomètres, cela paraît peu probable.
- En peu de mots voici ce dont se compose la terre arable du Causse.
- 1° D’argile rouge ;
- 2° De graviers, sables et débris d’origine fluviatile ;
- 3° De cailioutis calcaires provenant de la roche.
- Nous avons vu l’origine fluviatile des éléments de transport.
- Il reste à voir ce qu’est cette argile rouge.
- Elle n’a donc pas une origine éolienne.
- Origine de l'argile rouge du Causse. — M. Fabre [B. S. G. F., 3e série, tome III] a regardé l’argile rouge qui forme le sol arable du Causse comme étant le produit d’éruptions geysériennes ainsi que le sable granitique qu’on y rencontre, dont l’origine aurait été dans l’action geysérienne qui aurait percé le granité et toute la masse calcaire du Causse.
- Ce n’est pas admissible du tout et voyons ce qu’il nous dit au sujet du sol arable. « C’est qu’en effet les argiles éruptives jouent un rôle dans l’économie
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- agricole de la région perméable du Gausse, un rôle très important, celui de terrains absolument imperméables.
- « Étendues à la surface de la dolomie fissurée et filtrante des environs de la Capelle, elles constituent de petites nappes locales de quelques ares de superficie remarquables au milieu de la stérilité générale par la richesse de leur végétation, conséquence de leur perméabilité... »
- M. Fabre nous dit en outre que celte argile éruptive a été remaniée. Dès 1868, E. Dumas avait entrevu une partie de l’origine de la terre arable du Causse et avait regardé uniquement les graviers et les cailloux que l’on rencontre dans l’argile rouge du Causse comme ayant une origine de transport et comme un très ancien diluvium que l’on rencontre sur tous les Causses, mais il n’avait pas vu l’origine de cette argile dans la décomposition même du calcaire.
- M. Jeanjean a aussi attribué, comme M. Fabre, l’origine de l’argile rouge à des émissions geysériennes.
- Cette terre argileuse rouge, qui forme à elle seule presque le seul sol arable du Causse, n’est autre que « le bolus » des montagnes du Jura, c’est « la terra rossa » des Italiens du Karst et ce n’est autre que l’argile sidérolithique de la plupart des géologues, elle est pour nous une argile de décalcification.
- En résumé, nous sommes en présence des deux modes de formation de la terre arable du Causse :
- 1° Par décalcification de la roche sous-jacente ;
- 2° Par voie de transport par les eaux de matériaux étrangers au Causse.
- Ces deux modes s'allient et ajoutent leur action pour donner une composante unique, la terre arable, que l’on trouve actuellement sur tous les Causses jurassiques du Lozère, du Rouergue et du Languedoc, même sur les Garrigues du Bas Languedoc.
- Voyons comment s’opère cette décalcification : les eaux pluviales et les eaux d’infiltration sont chargées d’acide carbonique dissolvant le carbonate de chaux à raison de 1/1000, ce dernier passe à l’état de bicarbonate soluble dans l’eau, s’en va avec les eaux d’infiltration qui s’enrichissent à mesure qu’elles s’enfoncent de plus en plus dans le sol. L’altération de la roche à certains endroits se produit profondément et le résultat final a été de donner naissance à des gouffres ou avens, ou à des poches d’altération ; on a ainsi des dépressions particulières connues sous le nom de sotchs dans le pays lozérien, cloups, igue ou lacs dans les départements de l’Aveyron et du Lot, dolines dans le Karst autrichien ; ce sont des « dépressions rondes sans abîmes au fond, profondes de quelques pieds à plusieurs décamètres, qui paraissent non pas des effondrements, mais bien des cuvettes d’érosion superficielle » (Martel). Ce n’est pas à des actions d’érosion que sont dus les sotchs, mais à la corrosion de la masse par les eaux chargées d’acide carbonique.
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- Voyons un peu ce que contient un calcaire ordinaire comme celui du Causse : on y trouve du CCPCa, de la magnésie, du fer, du phosphate de chaux, de la silice, du soufre, tous ces éléments par la décalcification de la roche vont être mis en liberté.
- Voyons leur origine et leur transformation ou disparition après la décalcification de la roche.
- Le carbonate de chaux de la roche, qui est un carbonate zoogène ou de précipitation chimique, dissous par les eaux d’infiltration, disparaît avec elles, ou bien peut aller cristalliser dans les fissures ou cavités en donnant des concrétions ou stalactites, en tout cas il disparaît complètement du lieu d’attaque.
- Le carbonate de magnésie contenu dans la roche, en plus ou moins grande quantité suivant son origine, peu soluble tout en étant isolé dans la masse, peut rester en place à l’état pulvérulent ou bien étant dissous lentement peut recristalliser loin du point d’attaque.
- Le fer dans la roche est à l’état de sulfure de fer, il se peroxyde à l’air et donne de la limonite ou oligiste, d’où rubéfaction intense du résidu de décalcification, quelquefois il y a formation de concrétions ferrugineuses, ce sont des pisolilhes. L’oxydation du sulfure de fer adonné de l’acide sulfurique qui en se combinant avec le carbonate de chaux donne du sulfate de chaux qui peut cristalliser dans la masse résiduelle de la décalcification. Le fer et le manganèse peuvent passer à l’élat de silicate de fer et de manganèse.
- L’alumine, que l'on trouve toujours meme dans les roches les plus pures, passe à l’état de silicate d’alumine ou reste libre, c’est elle qui constitue la masse de l’argile colorée en rouge par de l’oxyde de fer; quelquefois ce silicate d’alumine et l’alumine s’isolent tout en restant blancs, car le fer n’a pas coloré la masse, c’est alors la bauxite que l’on trouve plus ou moins colorée par l’oxyde de fer dans des poches.
- La silice faiblement solubilisée reste en place dans les produits insolubles de la décalcification.
- La destruction des roches anciennes (granités) a mis en liberté l’apatite qu’elles contenaient, cette dernière n’a pas été perdue car elle a été condensée dans les organes des êtres marins et après leur mort ces organismes ont enrichi les dépôts sédimentaires, en particulier les calcaires jurassiques qui sont très riches en P203 ; dans la masse de ces calcaires, le phosphate de chaux est dissé-* miné sous forme de petits grains. La décalcification de ces roches a produit la condensation de cet P-03 épars dans la masse et par suite la formation de phos-phorite concrétionnée des que l’arasement des Causses a commencé. En outre, le phosphore existe encore dans les produits de transformation des sels de fer, il est là à l’état de phosphate et de phosphure de fer. La phosphorite et les phos-phures de fer ont pu être peu à peu dissous par les eaux et entraînés dans des
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- cavités où ils ont formé des poches à phosphate recherchées et exploitées pour les usages agricoles.
- Il semblerait au premier abord que ce mode d’altération du calcaire dût être faible, mais on doit songer que ce sont, sur notre globe, les plus petites actions qui échappent à l’observation sommaire qui produisent les plus grands effets. Plus la roche jurassique est friable, plus la décalcification est intense, et il arrive souvent dans le cas particulier où l’on a un calcaire oolithique de voir la charrue ramener à la surface du sol rougeâtre'du Gausse des traînées blanches d’oolithes partiellement dissociées; l’attaque delà roche est d’autant plus grande qu’elle est plus divisée et plus fissurée.
- Age de ces argiles de décalcification. — Il semblerait que le géologue devrait pouvoir fixer l’âge de cette formation qui continue encore de nos jours à accroître sa masse, ce n’est pas facile.
- Dans certaines conditions, on peut facilement fixer l’âge où a commencé cette décalcification dans le cas où des mammifères tertiaires ont été entraînés dans les poches, c’est le cas des poches du Quercy qui contiennent, avec cette argile entraînée par les eaux, les autres produits insolubles ou facilement solubles de la décalcification, comme la phosphorite. Il n’en est pas de même sur les Causses lozériens où les recherches géologiques ont été insuffisantes, on n’a pas trouvé jusqu’à ce jour d’ossements et de phosphate, mais d’après nos recherches il semblerait que la chose n’est pas impossible pour le phosphate.
- On voit de là l’indétermination qui règne au sujet de l’âge de cette formation. L’âge, d’ailleurs, ne peut être déterminé exactement, car il s’en forme encore tous les jours, nous n’avons pas de limite supérieure.
- Après que les Causses ont été exondés, les agents de destruction ont commencé leurs actions sur ce sol nouvellement formé; il y a alors eu tendance au nivellement et par suite, dès lors, la décalcification a commencé et les produits ont pu être entraînés au loin.
- Poches et filons d'argile. — Les eaux qui ont circulé à la surface du sol et à l’intérieur ont entraîné l’argile de décalcification vers les fissures et failles du sol, dans des poches et enfin dans toutes les parties qui ont disparu tant à cause de la décalcification que par suite des effondrements provenant de ce fait. — Ce n’est pas seulement dans les Causses du midi de la France que l’on retrouve cette formation argileuse, voici ce que dit M. Deperet au sujet de ces mêmes formations dans le bassin du Rhône :
- « L’origine de ces poches sidérolithiques, autrefois attribuée à des éruptions geysériennes, est aujourd’hui reconnue d’une manière unanime comme un résultat do dissolution des calcaires jurassiques par les eaux de ruissellement continentales et l’accumulation du produit argileux et ferrugineux insoluble dans les crevasses que présentent ces calcaires. Cette origine s’impose à un
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- examen presque rapide de ces fentes toujours ouvertes par le haut et fermées à leur partie inférieure dont la profondeur est variable. Les parois du calcaire sont corrodées par la dissolution et souvent tapissées d’un enduit stalagmitique. Le remplissage est formé tantôt par des argiles grises, parfois micacées et assez bien litées ; le plus souvent par une argile non stratifiée englobant des galets de silix non roulés et des fragments anguleux du calcaire bathonien. La couleur des argiles est rutilante et forme un contraste frappant avec la paroi rocheuse bathonienne. » [B. S. G. F., années 1894-95.]
- Ces quelques mots nous indiquent l'origine et les caractères saillants de ces poches que l’on rencontre dans la région de Lyon; nous les avons rencontrées identiques dans les calcaires crétacés du Bas Languedoc, dans le Barrémien des Garrigues du Gard ainsi que dans tous les calcaires jurassiques des Gausses lozériens.
- Ces poches sidérolithiques ne sont autres, pour nous, que des bassins de décantation et d’attaque des résidus des roches ; une première sélection des résidus s’est faite à la surface du Causse et les parties les plus fines, entraînées par les eaux sauvages et les eaux d’infiltration, se sont déposées dans ces cavités.
- L’argile dans ces poches est composée de silicate d’alumine, d’alumine et de fer, c’est alors la bauxite que l’on trouve soit dans des poches, soit dans des filons dont l’origine n’est que le remplissage par le haut des fentes et failles du sol effectué avec l’argile de décalcification plus ou moins décantée que l’eau a entraînée dans ces fissures du sol. Quelquefois, dans cette argile, on trouve des poches où le fer contenu dans la masse s’est concentré en formant de petits amas de fer oxydé à l’état de grains plus ou moins gros, de dragées ou de haricots, ce sont des pisolithes.
- Voici l’analyse d’une de ces argiles que l’on considère comme une bauxite :
- Provenance Causse Mende (E. M. de Paris)
- Si O2...........*.......................................... . 44,6
- Al203........................................................ 36,3
- Fe203....................................................... 15
- CaO.........................................................traces
- MgO........................................................... 0,6
- Cl.......................................................... >,
- SO4 H2...................................................... »
- PO4 H3......................................................
- Perte par calcination........................................ 4,1
- 99,8
- On voit que celte argile est pauvre en chaux et en acide phosphorique, ce ne sont que les parties les moins solubles contenues dans le calcaire qu’on y retrouve, comme la silice, l’alumine, le fer et la magnésie.
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- Matériaux utiles. — Le fer peroxydé à l’état d’hématite a été exploité autrefois pour la production de ce fer, que l’on extrayait du minerai par réduction avec le charbon de bois du Causse. On ne l’exploite plus à l’heure actuelle.
- Cette argile rouge des poches et filons qui est quelquefois assez pure, d’un rouge vif, à cassure conchoïdale, tachant les doigts, est utilisée par les paysans qui en font de petits pains qu’ils pétrissent et s’en servent après l’avoir légèrement mouillée pour marquer les moutons sur le dos avant de les conduire à la foire.
- On n’a pas encore songé à exploiter cette argile pour la bauxite qu’elle peut contenir, elle ne serait pas longtemps exploitable car elle est trop ferrifère.
- Il est possible que l’on trouve des phosphates exploitables car on n’a trouvé jusqu’ici que de toutes petites poches.
- Terre du Causse. — Après toutes les explications, nous voyons que la terre arable du Causse n’est autre qu’un mélange d’argile rouge de décalcification très ferrugineuse avec les produits insolubles de cette décalcification. En outre, cette argile est mélangée à des formations alluviatiles dont nous avons parlé plus haut et à des pierres calcaires de la formation géologique considérée.
- Partout où l’argile rouge est mêlée aux calcaires friables, elle donne dans les vallons des terres de première qualité qui portent de belles récoltes de froment, de sainfoin et d’avoine.
- L’argile rouge modifie heureusement la nature des terres du Causse et c’est à elle qu’est due presque entièrement la fertilité de toutes les terres des diverses formations géologiques si variées comme composition.
- C’est dans les bas-fonds, cuvettes ou sotchs que les eaux de ruissellement ont entraîné l’argile rouge de décalcification et là se trouvent les meilleurs champs du Causse, profonds et presque imperméables à tel point que, après les pluies de septembre et d’octobre, les Caussenards labourent dans la boue cette terre qui doit porter leur froment.
- Ces sotchs portent les plus belles avoines du Causse et, quand la sécheresse de juin et de juillet est grande, on voit ces champs porter les avoines les plus hautes alors qu’autre part elles ont à peine 40 centimètres de hauteur; les Caussenards vous disent que leur avoine n’est plus qu’une forêt. Dans certains de ces sotchs, jamais il n’entre un char de fumier et pourtant les récoltes sont magnifiques tant en froment qu’en avoine, et si par hasard on laissait le champ en friche il se couvrirait vite d’une épaisse couche de gazon. A quoi attribuer cette fertilité exceptionnelle si ce n’est sans doute aux matières fertilisantes qui y sont amenées des pentes voisines parle ruissellement?
- Dans le Causse si craquelé, on peut se demander comment il y a des sotchs si imperméables. A cela, il y a deux réponses :
- 1° L’imperméabilité est amenée par l’argile rouge.
- 2° L’imperméabilité est due à la nature du sous-sol.
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- Quand le sous-sol est dolomitiquc, alorsplus de craquelures, l’imperméabilité est presque parfaite par suite de la nature de la roche qui tend à ressouder ses éléments disjoints.
- C’est ce dernier mode d’imperméabilité qui donne au Caussenard ses meilleurs champs.
- Régime des eaux dans les formations du Dogger et du Malm. — Un des caractères qui différencient la région naturelle des Causses des autres pays, Cévennes ou Margeride, c’est l’absence complète de cours d’eau et d’eau à la surface des Causses; on ne rencontre que des vallons largement ouverts dans le thalweg,
- Fig. il. — Un sotchs sur le Gausse de Sauveterre,
- desquels le regard cherche en vain le moindre (ilet d’eau, il n’a pas même la satisfaction de trouver le lit d’un torrent à sec.
- C’est qu’en effet dans les calcaires très fissurés du Causse le ruissellement est nul, car toute l’eau s’infiltre presque instantanément dans les nombreuses fissures dont les bancs sont recoupés.
- Profitant des fractures et diaclases qui traversent les assises, l’eau peut se concentrer dans les failles dont elle tend de plus en plus à élargir la base jusqu’à ce qu’elle soit arrêtée soit par un banc non fissuré, soit par un niveau argileux imperméable, soit encore par les débris et les résidus provenant de la décalcification des calcaires. Là elle continue son action destructive et elle est à peine arrivée au jour dans la vallée dont elle mine les parois qu’elle tend ainsi à se creuser un lit non loin de la falaise qu’elle a corrodée.
- Les sources sont nombreuses au pied du Causse, beaucoup sont vauclusiennes,
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- d’autres ont un faible débit. Elles viennent au jour au pied de la falaise soit dans une sorte de vasque, soit dans une grotte dont elles peuvent mouiller le plafond, soit même au milieu d’éboulis de pente.
- Répartition des habitations à la surface du Causse et rôle des argiles rouges. — La perméabilité de la surface du Causse est atténuée dans une certaine mesure par l’argile rouge de décalcification qui a été entraînée peu à peu dans les sotchs ou dans les bas-fonds, ce n’est qu’alors que l’on trouve au fond de ces sotchs des mares verdâtres que l’on désigne sous le nom de lavognes. M. E. Dumas, en
- Fig. 42. — Une lavogne sur le Gausse.
- 1868, dans sa Statistique géologique du département du Gard, a consacré au régime des eaux des Causses quelques lignes qui montrent bien comment il savait observer avec justesse et expliquer ce qu’il avait vu. Voici ce qu’il nous dit: « Il résulte de cette facilité qu’ont les Couches oxfordiennes (?) d’absorber les eaux pluviales par leurs nombreuses fissures, que les grands Causses sont généralement dépourvus d’eaux vives; les habitants de ces plateaux n’ont pour leur usage que l’eau des citernes où va s’emmagasiner l’eau de pluie qui tombe sur la toiture de leur habitation. On voit aussi, à l’entrée des villages ou dans le voisinage des fermes isolées, de grandes mares désignées dans ces contrées sous le nom de « lavognes » (fig. 4-2). Ces petits lacs sont placés dans une dépression Tome' IY. — 98e année. 5° série. — Mai 1899. 49
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- naturelle du sol oxfordicn qui, se trouvant accidentellement argileux, permet aux eaux de s’amasser dans leur cuvette et les empêche de s’échapper par les fissures de la roche. L’argile qui en tapisse le fond est rougeâtre et caillouteuse, elle provient d’un diluvium très ancien qu’on observe sur presque tous les Causses. Ces eaux sont destinées surtout au bétail, et il est à présumer que l’emplacement des villages ou des habitations a été, la plupart du temps, déterminé par l’existence d’une de ces lavognes. »
- L’eau est pour l’homme une des conditions essentielles qui l’attachent à la
- Fig. Ci. — Rochers do-Iomitiqiios sur le bord du Causse.
- terre, mais sur le Causse il n’y a pas de ruisseaux, aussi les habitations ne sont pas éparses dans ces immensités, elles sont en effet groupées en villages ou en hameaux, tous précédés d’une mare verdâtre, la« lavogne ». — La lavogne n’est pas seulement un abreuvoir pour les bœufs et les moutons, c’est aussi un lavoir et, plus d’une fois, il nous est arrivé de voir des ménagères caussenardes laver leur linge dans celte mare boueuse.
- Quand la sécheresse de l’été a duré trop longtemps, les lavognes et les citernes sont vides, alors il faut aller chercher l’eau dans le Tarn ou le Lot; une partie de la journée est consacrée à mener les bêtes bovines boire à la rivière, bêtes et gens s'en retournent harassés, mais on rapporte dans des tonneaux l’eau qui leur coûte si cher. — En temps de sécheresse l’eau se vend sur le Causse à raison de 0 fr. 2o le litre, tandis que, dans les auberges des villages, le vin ne vaut
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- que 0 fr. 50; aussi, malgré ce prix de l’eau, le Caussenard est obligé d’acheter cette eau si précieuse ou d’aller la chercher dans le Tarn ou dans le Lot.
- A certains endroits du Causse, toutes les formations du Dogger et du Malm n’ont pas toutes le même degré de perméabilité, et c’est ainsi que, quand les dolomies forment des bancs assez épais et non fissurés, on a une formation qui rend le sol tout à fait imperméable; on voit de là l’heureuse conséquence pour le pays, car l’eau de pluie ne peut plus se glisser dans les profondeurs du sous-sol et reste non loin de la surface au milieu des argiles; c’est alors que l’on trouve les rares puits qui ne tarissent jamais, et dont la nappe d’eau est voisine du sol et affleure même, heureuse conséquence qui a permis dans les sotchs ou les cloups privilégiés l’établissement de villages et de hameaux relativement populeux. Quand le sotch a un puits, il est plus fertile, car à l’imperméabilité du banc dolomitique s’ajoute aussi une plus grande épaisseur de terre arable due à l’entraînement et à l’accumulation par les eaux de ruissellement de l’argile rouge; dans ce cas la terre est chère et par suite très divisée, ce qui est une conséquence de sa fertilité.
- C. — Agriculture du pays des Causses.
- Sur le Causse, plus qu’en toute région, on voit la grande loi naturelle qui montre que l’agriculture d’un pays est la conséquence de la nature minéralogique de son sol et de son climat.
- L’étude géologique et minéralogique du sol nous a montré ce que valait la terre du Causse, aussi devons-nous étudier au point de vue économique les productions végétales et animales qu’on y rencontre.
- En peu de mots, voici les principales cultures qu’on trouve sur le Causse: le blé, l’avoine, l’orge, le sainfoin, le trèfle, la pomme de terre, la rave.
- Comme industrie pastorale nous trouvons l’élevage du mouton, la production du lait qui va servir à la fabrication du fromage de Roquefort. L’élevage des bovidés n’a pas lieu sur le Causse, mais les jeunes bœufs de la race d’Aubrac, nés sur les formations granitiques de la Montagne, sont amenés sur le Causse à l’âge de 15 à 18 mois où on les dresse pour le labour.
- Ne pouvant décrire entièrement chaque particularité pour un Causse, nous passerons en revue les particularités les plus saillantes de l’un d’eux qui se retrouvent d’ailleurs dans l’autre.
- a) Le Causse de Sauveterre.
- Il n’est autre que la région comprise entre les profondes vallées du Lot et du Tarn et de leurs affluents, les contreforls du mont Lozère et les sources de l’Aveyron.
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- Do lous les Gausses c’est le moins infertile, ce n’est pas pourtant faire son éloge; il est moins désolé vers l’occident, cela tient à ce que cette partie a un manteau de belles forêts de pins sylvestres, qui ont retenu la terre végétale d’ailleurs plus épaisse de ce côté-là : c’est la zone des forêts qui précède un désert.
- Le Causse de Sauveterre n’est qu’un plateau ridé, sillonné de vallons avec des puechs, des couronnes que ne recouvre plus le pin sylvestre. Le Caussenard cultive dans les sotchs la terre végétale que la pluie a entraînée dans les bas-fonds.
- On n’aperçoit qu’avec peine les habitations des cultivateurs tant elles sont enfouies dans les vallons qui les portent et c’est de ces vallons que les Caussenards partent chaque matin pour se rendre à leurs travaux soit pour aller labourer les terres éloignées de la ferme, soit pour faire paître les moutons dans les endroits incultes les plus éloignés de la ferme. Sur le Causse les maisons sont voûtées de bas en haut, on y trouve trois étages de voûtes; l’écurie, où est enfermé pendant l’hiver le troupeau de moutons, est voûtée ainsi que le premier étage qui sert d’habitation aux gens de la ferme; il en est de même du deuxième étage où est enfermée la provision de foin pour l’hiver ainsi que la paille d’avoine et de froment. Ces maisons voûtées sont couvertes pardegrandes dalles en calcaire qui remplacent dans ces pays les ardoises de schistes.
- Dans la partie Ouest les couronnes sont couvertes de forêts de pins sylvestres, le pays semble plus fertile, il n’en possède pas pour cela des cours d’eau, car le ruisselet n’est pas pour le Causse.
- On trouve dans cette partie Ouest du Causse de Sauveterre, qui est, la plus boisée, unsystème de culture rappelant de loin l’essartagede larégion ardennaise.
- La végétation forestière, dans cette partie, est assez développée et les essences qu’on y trouve sont le chêne rouvre et le pin sylvestre. L’essartage porte sur les bois de chênes exploités en taillis et têtards à révolution de quarante ans; après avoir coupé les ramilles des têtards, le gazon et les broussailles sont arrachés à la pioche vers la fin de juillet et les plaques de gazon, dressées, sèchent sur le sol; en septembre la broussaille, mise en tas en forme de meules, est recouverte par les plaques de gazon et on y met le feu. Les cendres répandues à la surface du sol sont enterrées par un labour qui recouvre le seigle semé vers la fin de septembre. L’année suivante, on prend une récolte d’avoine, puis pendant quatre années successives le sol est abandonné à la végétation spontanée et à la végétation forestière. — Ce mode de culture, essentiellement extensif, tend à disparaître devant le bas prix des céréales et le déboisement continu du Causse.
- Un village du Causse. — Visitons le village et les champs de Montredon; comme tout village, Montredon a sa lavogne verdâtre où viennent boire les troupeaux de bêtes à cornes et les moutons. Ce village se trouve dans un très large vallon entouré par des bois de pins : le sous-sol de sotchs est formé par des couches de calcaires lithographiques que revêt un épais manteau d’argile
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- rouge qui occupe tous les bas-fonds. Montredon est entouré de belles prairies naturelles non irriguées complantées d’arbres fruitiers, pommiers, poiriers, pruniers, cerisiers. Le sous-sol de ces prairies est argileux et est formé par l’argile rouge: elles sont traitées d’une façon spéciale, aussi, après que la fumure des champs par le parcage des moutons a pris fin avec les semailles d’automne, on met les parcs sur la prairie et on la fume ainsi tant que la température le permet; avec ce système on a de grands rendements en foin. Cela se passe ainsi dans tous les hameaux des Causses où chaque propriétaire possède un bout de pré qui lui donne du foin.
- Le trèfle, comme culture fourragère, tend à prendre de plus en plus d’exten-
- Fig. 44. — Ferme de Montredon sur le Gausse de Sauveterre.
- sion sur le Causse, on le trouve surtout dans les champs qui avoisinent la ferme. Quand les labours d’hiver sont finis, le Caussenard fait parquer son troupeau de moutons dans les champs voisins de la ferme qui ont été semés en trèfle après la moisson; le parcage, qui dure jusqu’aux froides nuits de la fin d’octobre, donne une fumure abondante dans ces champs privilégiés, aussi, dès le 15 juin, on a une très belle récolte de foin, puis, vers le 15 septembre, un beau regain, et, après, un pâturage pour les vaches. La quatrième année, on a deux coupes de trèfle et, en fin septembre, on sème du blé ou du seigle sur la prairie retournée.
- Le trèfle est préféré au sainfoin parce que les récoltes de foin sont plus abondantes et qu’il peut supporter le pâturage et le parcage sans danger pour une deuxième récolte.
- La luzerne occupe un certain espace et, dans les terres sèches, on ne cultive
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- que le froment et le seigle. Les avoines de printemps ne mûrissent que très tard.
- A Montrcdon, avec le lait de brebis, on fait des fromages façon de Roquefort qui sont vendus à Sainte-Enimie et, de là, expédiés dans toute la Lozère; c’est l’élevage du mouton avec l’industrie fromagère, qui fait la richesse de toute cette partie du Causse.
- Sur le Causse, les semences se font après un labour, un autre labour sert à enfouir la semence. Ici on emploie toujours l’araire romaine, que l’on retrouve dans toute la Lozère, sans une seule modification, aussi légère qu’elle soit. On se sert d’une herse en bois armée de dents de fer pour briser les mottes de terre après le labour.
- Systèmes de culture. — Sur les Causses, comme dans tous les pays pauvres, toujours les mêmes systèmes de culture : cultures avec l’assolement biennal et jachère pour les terres éloignées de la ferme, culture plus intensive près de la ferme avec l’assolement de quatre ans et cultures de légumineuses. — Les fermes ont toujours une très grande étendue, un domaine comprenant presque toujours un hectare de terre labourable pour six à huit de pâturages et lande; toujours le même système, appauvrissement de la lande par le mouton au profit des terres cultivées situées près de la ferme. Somme tonte, le champ ne peut pas se passer de la lande, sans cela il serait trop infertile et le blé ne pourrait pas donner un rendement supérieur à 5 pour 1 de semence.
- b) Le Causse Méjean.
- Un désert. — C’est le plus isolé de tous les Causses, il est relié aux Céven-nes par l’isthme de Perjuret.
- De tous les Causses, c’est (fig. 46) le moins fertile, on n’y voit que de misérables hameaux qui n’ont d’autre eau que celle des lavognes verdâtres et celle des citernes oii l’on recueille précieusement les gouttes d’eau qui tombent du ciel, car le Causse Méjean est le plus cassé de tous, le plus criblé d’avens très profonds.
- Ce Causse est le plus stérile de tous et il devient chaque année un désert qui se dépeuple en perdant ses habitants et ses cultures. Toute la cause de ce mal paraît être dans le déboisement.
- La destruction des forêts de pins, de hêtres et de chênes s’est faite lentement, à cause même de la consommation du bois par le ménage du Caussenard ou par l’incendie (fig. 45).
- Si le Caussenard n’avait pas besoin de bois autre que celui de charpente, il pourrait se dispenser d’en produire et de conserver les bois qui lui restent, mais il a besoin de bois pour se chauffer l’hiver et pour les besoins du ménage. Sur le Causse, il n’y a pas un arbre, car les habitants ont tout coupé, les buissons
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- n’ont pas trouvé grâce devant le Caussenard qui a tout arraché; seul, le buis., à cause de sa rusticité et du peu de goût qu’ont les moutons pour ses feuilles, a pu résister et encore est-il coupé très souvent pour servir au chauffage du four.
- Le Caussenard est obligé d’aller acheter le bois au loin, aux propriétaires des forêts de l’Aigoual. C’est au mois de juin ou d’octobre, quand les travaux n’occupent pas trop le Caussenard, qu’il va faire sa provision de bois. Suivant la distance du Causse à la forêt, deux à trois jours sont nécessaires pour le voyage; le départ a toujours lieu à huit heures du soir, avec un clair de lune, et rien n’est aussi impressionnant que ce voyage à travers champs pendant la nuit, au clair de lune : on croirait voir les Gaulois émigrant à la recherche d’un meilleur pays.
- Fig. 45. — Reste d’une forêt de pins incendiée sur le Causse.
- Arrivés à la forêt, les hommes chargent les chars avec le bois qui avait été coupé d’avance par Je propriétaire de la forêt, puis repartent aussitôt et vont se reposer en route dans l’auberge de Cabrillac. Le Caussenard charge tant qu’il peut son char de bois, qu’il achète à raison de 5 francs le char, mais il ne peut dépasser une limite, car les chemins sont en mauvais état; aussi ce bois de hêtre lui revient-il à 70 centimes les 100 kilogrammes.
- Le remède à cet état de choses paraît être le reboisement dont le troupeau est le grand ennemi, car lui seul peut profiter du court et maigre gazon qui pousse entre les pierres de ce désert, le mouton mange même les jeunes pousses.
- Si nous ôtons au véritable Caussenard son troupeau, c’est sa ruine. Le reboisement par l’Etat n’est pas pratique avec nos Caussenards qui regardent peu le bien des autres, mais qui le respectent de crainte de représailles; et puis l’Etat propriétaire de forêt ne pourrait pas seulement vendre ses bois faute d’acheteurs et de débouchés.
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- Le déboisement a fait des Causses un désert et les troupeaux ont remplacé les cultures, s’opposant toujours à la restauration des forêts.
- La résolution de ce problème sera bien diflicile, car il faut éviter de froisser l’intérêt des paysans.
- Le reboisement entier des Causses, qui porterait aussi bien sur les terres pierreuses des pentes et sur les sotchs, n’aurait d’autre conséquence que de chasser d’un pays pauvre une population robuste, courageuse et très prolifique, population rurale qui ne pourrait alors que se tourner vers les villes où, peut-être, elle vivrait plus misérable encore que sur le Causse.
- Le reboisement partiel est pratique, il permettrait en outre de maintenir
- Fig. 46. — Une vue du Causse.
- dans le pays une population intéressante, qui ne peut que vivre des produits de sa terre.
- Il faudrait donc :
- 1° Un reboisement partiel ;
- 2° La création de prairies artificielles d’esparcette ;
- 3° La création d’industrie fromagère façon roquefort.
- Le reboisement partiel devrait être fait sur les sommets et les penchants des collines, ainsi que sur tous les flancs du Causse. Il va sans dire que ces reboisements seraient protégés contre la dent du mouton.
- Avec cela, on pourra quand même élever le mouton, on devra créer des prairies artificielles d’esparcettes, et des prairies temporaires pour la nourriture du troupeau du printemps jusqu’après la moisson et après la dépaissance sur les chaumes avec les prairies temporaires, pourront constituer une nourriture suffisante. Pendant l’hiver, le Caussenard pourra nourrir son troupeau avec le foin d’esparcette et de luzerne. Il devra donc réduire de plus en plus la surface cultivée en céréales; il devra, au lieu de faire de la culture extensive, faire de
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- la culture intensive dans les champs qui entourent la ferme, y consacrer tous ses efforts et tous ses engrais. Il devra tâcher de produire le plus de fumier possible et en augmenter la masse par des litières de buis; l’emploi d’engrais chimiques et d’engrais verts sera à recommander dans certaines circonstances.
- Ap rès le reboisement, si le Caussenard a moins de moutons, ceux-ci seront mieux soignés et, par une sélection judicieuse et rigoureuse, il pourra améliorer les aptitudes laitières de son troupeau. La brebis du Causse, qui est rustique, s’est accommodée aux herbes du Causse qui poussent entre les pierres, c’est une maigre nourriture et c’est à elles qu’elle doit sa petite taille, sa chair délicate et fine, et, avec une nourriture plus substantielle, on pourra augmenter la taille et la viande en poids.
- C’est l’utilisation du lait de la brebis qui pourra faire la fortune du Caussenard, il pourra faire du fromage de Roquefort d’avril en novembre. Il faudrait créer des associations fromagères qui achèteraient aux Caussenards soit le fromage fait et qui n'a pas encore passé dans les caves, soit le lait de la brebis à un prix suffisament rémunérateur.
- Des caves de Roquefort, il en existe dans le pays avec toutes les grottes que l’on rencontre dans le pays; le choix de la cave très fraîche est la question la plus délicate.
- Pour pouvoir accomplir cette œuvre de restauration du Causse, qui rendrait une partie de sa prospérité à une portion du département, il faudrait la coopération des agents forestiers et des professeurs d’agriculture, des hommes du pays qui, avec beaucoup d’initiative et de bonne volonté, tout en connaissant bien les Caussenards et leur langue, pourront mener à bien cette œuvre de régénération avec l’aide pécuniaire de la Société d’agriculture et du Conseil général.
- C’est là, je crois, les seuls moyens qui permettront d’empêcher la ruine des Caussenards tout en enrayant le mouvement de dépopulation croissante et continue de ce pays.
- Devant les deux ressources qui manquent au Caussenard, le bois etl’eau, que vaut le remède? Le reboisement pourra donner du bois après une longue attente, mais le Causse reboisé n’aura pas plus d’eau pour cela, car le Causse est trop craquelé; pour l’eau, comme autrefois, le Caussenard n’aura que sa citerne, et, malgré les bois, le Causse doit, par suite de la nature de son sol, rester un pays sans fonts joyeuses murmurant de cascades en cascades.
- c) Les vallées du Tarn et du Lot.
- Ces vallées sont presque toutes creusées dans les formations du Malm et du Dogger. La terre arable est presque toujours formée par les éboulfs de pent§ et en de rares endroits par des allnvions anciennes,
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- D’Ispagnac à Sainte-Enimie, dans le Gagnon du Tarn, on aperçoit quelques bandes de prairies qui longent la ri vibre, mais en général elles ne dépassent rarement même pas 10 mètres de largeur, encore sont-elles souvent inondées par le Tarn.
- De Sainte-Enimie à la sortie du Gagnon il n’y a (fîg. 47) plus de prairies arro-
- Fig. 47. — Un coin de la vallée du Tarn à Sainte-Énimie.
- sées, seulement quelques champs le long des talus du Causse sont cultivés en vigne ou en luzerne. Une culture réussit parfaitement sur les terrasses des Gagnons, c’est l’amandier qui, dans cette chaude vallée, donne de très bons produits et très recherchés dans le commerce. L’amandier est l’arbre providence des Gagnons du Tarn, on le trouve depuis le niveau de la rivière de 450 mètres d’altitude jusqu’à 800 mètres. Partout où une fente de rocher a permis l’introduction d’un peu de terre, le paysan y a semé des amandes. Quand la terre a
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- fait défaut, le paysan du Tarn a fait alors des plantations enterrasses, et Sainte-Énimie autrefois sans commerce a beaucoup gagné par la vente des amandes dont elle est le centre de production.
- Depuis la ri vière jusqu’à 950 mètres et 1 000 mètres, on trouve le noyer. C’est un arbre indifférent au point de vue du calcaire; très beau comme arbre sur les micaschistes, les granités et sur les terres du Lias, il est rabougri sur les terres du Dogger et du Malm, le long du Causse où il monte jusqu’à 1 000 mètres dans les ravins abrités. Ses puissantes racines suivent les fissures de la roche calcaire et vont même y chercher l’humidité fort loin, son développement varie avec la fissilité et l’inclinaison des strates. — Le rendement en fruit est plus élevé sur les terres calcaires que sur les terres siliceuses, mais la qualité des produits fait qu’on recherche les noix des flancs du Causse.
- Un autre arbre semble faire incursion dans les Cagnons du Tarn, c’est l’olivier, que l’on trouve près de la sortie; cet arbre de la région du Midi semble être ici à la limite de son aire géographique.
- Tous les arbres fruitiers sont cultivés dans la vallée du Tarn et, à eux seuls, ils font vivre les populations du Cagnon qui vendent leurs fruits aux Caussenards venus dans la vallée le dimanche pour entendre la messe.
- Les mêmes cultures se retrouvent dans la vallée du Lot.
- Populations agricoles du Causse. — L’habitant du Causse est le Caussenard; aussi, pour juger de l’homme, il faut voir ce qu’est le pays. Le type berger représente bien le type Caussenard. Vous verrez en lui le même type curieux etmalicieux. Dans la famille, le père est tout; il commande avec douceur les siens qui partagent avec lui sa vie île travail. Grand, maigre, sec et osseux, le Caussenard est résistant à la fatigue, aucun effort ne lui coûte; parti dès le matin pour le travail il ne retourne à la ferme qu’à la nuit tombante, sa femme ou sa fille lui apporte le déjeuner dans le champ; toujours la même frugalité qui caractérise le paysan de la montagne : le repas de dix heures ne consiste qu’en soupe, lait et fromage, jamais de vin dans la semaine, sauf le dimanche, où il s’oublie à l’auberge du village.
- La Caussenarde travaille chez elle du matin au soir et bien souvent elle aide son mari et ses enfants qui moissonnent; là se termine tout travail dans les champs pour elle.
- Elle n’est que la servante obéissante de son mari et n’a pas d’autorité dans le ménage, elle doit s’incliner devant les ordres du père de famille.
- Les enfants restent dans la famille jusqu’au moment du service militaire; les filles, à dix-huit ans, quittent le pays, sont domestiques dans les grandes villes du Midi; elles savent qu’elles se doivent à leur famille, aussi elles envoient leur salaire à leurs parents qui doivent les marier dans le pays.
- L’aîné des garçons de la famille doit rester le chef plus tard; aussi, d’après
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- une vieille coutume, il a droit au quart de l’héritage de ses parents en sus de ce qui lui revient après avoir enlevé ce quart : les antres frères peuvent rester auprès de lui pour travailler, mais il ne peuvent que réclamer leur part en arg'ent dans l’héritage, car l’héritage terre est indivisible et la maison est un foyer pour la famille; l’aîné reste donc paysan caussenard et chef de famille, il doit se marier et garder auprès de lui scs vieux parents qu’il doit soigner jusqu’à leur mort; les autres garçons restent au foyer familial ou émigrent. Les uns vont peupler les séminaires et donnent ces prêtres caussenards caractéristiques de la région, les autres sont frères ignoran-tins ou bien instituteurs laïques, d’autres émigrent et quittent le pays tout en cherchant une bonne petite place du gouvernement où ils pourraient avoir une retraite; aussi le rêve du Caussenard est d’avoir des fils fonctionnaires, cantonniers, gardes forestiers, gardes champêtres, facteurs ou curés.
- Le foyer paternel toujours ouvert reçoit de temps en temps la visite des enfants qui l’ont quitté, et souvent ils y reviennent pour y mourir pauvres ou enrichis.
- On voit l’attachement de cette race à son sol et elle semble contraster par ses habitudes et ses mœurs avec les autres races du pays des Cévennes ou de la montagne.
- SECTION III
- FORMATIONS S É D I M E N T A IR E S ET ÉRUPTIVES DE LA P É R I O D E T E R TI A I R E
- CHAPITRE PREMIER
- FORMATIONS ALLUVIATILES DES CAUSSES
- Nous avons vu dans l’étude des terrains jurassiques ces formations et leur utilité au point de vue agricole.
- Dépôts dits « tortoniens » du Gévaudan.
- En étudiant le Bajocien, nous avons vu l’origine de ces dépôts comme étant le produit de la désagrégation et du transport des sédiments transgressifs de cet étage. On a fixé la date de leur formation à l’époque tortonienne, c’est sans doute un tort, car on n’est pas fixé sur le moment où a commencé la destruction de ces sédiments jurassiques,
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- Dépôts lacustres. — On trouve non loin du Malezieu une longue bande de terre de nature toute particulière. C’est une formation lacustre qui est représentée par des arkoses rouges siliceuses, des poudingues grossiers et variés et par des bancs de calcaire lacustre à Phrygame. M. Marcellin Boule, qui les a étudiés, nous dit : «Les dépôts tertiaires occupent le fond et les bords du petit bassin ainsi délimité et qui a, en moyenne, 9 kilomètres de longeur sur 2 kilomètres et demi de largeur. — Au nord, vers Jullianges, ces dépôts se perdent sous le basalte des Plateaux, tandis que, partout ailleurs, ils reposent ou s’appuient contre les massifs granitiques et granulitiques.
- Toutes ces formations donnent des terres argilo-calcaires ou argilo-sableuses ou sablo-calcaires, aussi ont-elles des caractères distincts suivant que tel ou tel élément prédomine.
- CHAPITRE II
- ÉRUPTIONS BASALTIQUES DU PLIOCÈNE ET DU PLEISTOCÈNE
- A l’époque pliocène l’activité volcanique qui s’est manifestée dans le centre de la France a eu son écho dans le département de la Lozère où l’on trouve en plus d’un point les traces de son existence.
- 11 n’y a à distinguer à proprement parler qu’un seul centre éruptif, c’est ce centre qui a formé le massif basaltique de l’Aubrac, appartenant par moitié aux départements de la Lozère et de l’Aveyron.
- En outre, il existe un certain nombre de pointements basaltiques répartis au sud du massif de l’Aubrac dans le pays des Causses. Ici l’injection du basalte pliocène s’est faite à travers les masses jurassiques des Causses sans doute par des fentes qui ont dû se remplir par suite de la pression exercée par la masse en fusion. Des actions postérieures, comme l’érosion, ont amené la destruction progressive de strates jurassiques, aussi le basalte est-il apparu au jour sous forme d’une muraille en saillie ou dyke. Les endroits du pays des Causses lozé-riens où l’on trouve ces injections sont situés de part et d’autre du géosynclinal des Causses, sans doute là où des craquellements se sont produits au voisinage des zones qui ont dû subir quelques fractures.
- Parmi ces pointements on peut citer sur le Causse Méjean le puy Chamblon, sur le Causse de Sauveterre la butte basaltique contre laquelle est (fig. 49) adossé le village de ce nom ; dans la vallée du Tarn on trouve deux pointements, l’un dans le fond de la gorge aux Eglanzines, l’autre non loin de Laval-du-Tarn, enfin, avant l’entrée des Cagnons, la dyke de Lonjagnes.
- Ces divers pointements de basalte qui ont traversé 500 mètres de calcaires
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- jurassiques semblent être un trait d’union entre les volcans de l’Hérault et les massifs volcaniques de l’Aubrac et du Cantal.
- Ces pointements de basalte sont si petits qu’ils ne forment pas par leur décomposition des terres arables. Nous devons cependant signaler le pointement du village de Sauvet.erre, remarquable par ses pepérinos, qui ont donné ici, par leur désagrégation, environ 6 hectares de champs remarquables par leur fertilité ; ce sont de beaux champs de froment, des prairies de trèfle qui occupent environ deux hectares et qui sont d’autant plus remarquables qu’ils contrastent avec les champs dolomitiques du voisinage. Enfin, dans la partie nord-est de la Margeride
- Fig. 49. — Vue du village de Sauveterre adossé à sa dyke basaltique.
- il existe quelques cônes basaltiques ; près de Langognes on trouve le massif basaltique postpliocène des Barres avec le cratère, le cône de scories et les coulées, et à peu de distance de celui-ci le massif de Montarenne qui est du même âge, c’est-à-dire pleistocène. — Seul le massif basaltique des Barres, situé à une altitude variant de 1 094 à 960 mètres, a donné naissance à de très bons sols arables. C’est là que M. des Molles, qui a eu la prime d’honneur du département de la Lozère, possède une des plus belles fermes du pays, ferme d’élevage et d’engraissement où la culture n’est basée que sur les spéculations bovines; il a pu ainsi créer de magnifiques prairies artificielles de luzerne à 1 000 mètres d’altitude et en outre il a produit des betteraves pour la nourriture de ses animaux.
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- Massif basaltique de l’Aubrac.
- Le pays d’Aubrac. — Position géographique. — 11 s’étend à l’ouest du département de la Lozère sur une très grande étendue, et les formations balsatiques qui le composent occupent environ 12000 heclares, c’est-à-dire 2,5 p. 100 de la surface du département.
- Il est isolé des autres massifs par les rivières la Colagne, le Lot et la Truyère, qui l’ont séparé du massif granitique de la Margeride et du Cantal.
- Climat. — Le climat de ce pays est peut-être un des plus froids du Massif Central, son altitude moyenne étant de 1 300 mètres, les hivers sur ces plateaux sont froids et très rigoureux, ils durent longtemps; pas de printemps et d’automne, car on a vu plusieurs fois la neige vers le milieu de juin et de septembre dans ce pays. Les étés sont courts, chauds et quelquefois très pluvieux.
- Composition du massif. — L’Aubrac n’est autre qu’un épais amas de coulées basaltiques amoncelées dans la direction de l’axe du Yelay. Il repose directement sur le sol de la pénéplaine archéenne qui est ici micaschisteuse et granitique; peut-être la venue des basaltes s’est-elle faite par la ligne de contact de-ces formations qui est une zone de moindre résistance.
- Ce massif a été isolé sur son socle archéen par le sciage des rivières de la Truyère, du Lot et de leurs affluents qui ont même profondément attaqué les roches granitiques et surtout micaschisteuses pour donner ces vallées profondément encaissées comme celles de la Truyère et des Boraldes.
- Variétés de basaltes. — L’Aubrac est entièrement formé par des roches à péridot du type des basaltes, aussi par ordre de succession trouve-t-on les différentes variétés en les considérant d’après leur aspect, leur couleur et leur tenture; on distingue d’abord :
- Le basalte compact foncé ou très noir;
- Puis le basalte fragmenté, tendre et bleu qui se brise facilement;
- Puis le basalte sphéroïdal qui forme des boules isolées en couches concentriques ;
- Puis le basalte bulleux, scoriacé, vacuolaire qu’on trouve très souvent à la surface ;
- Puis le basalte porphyroïde à cristaux de pyroxène.
- Au contact du basalte et des roches cristallines, on trouve une sorte d’argile basaltique jaune, rouge ou arénacée ; cette argile ou wacke représente l’ancien sol qui a du être calciné par le contact des coulées. Il ne faudrait pas croire que les coulées basaltiques se sont produites en deux ou trois éruptions, un examen un peu attentif montre qu’il y en a eu un grand nombre qui se sont entre-croisées
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- en divisant la masse en une sorte de réseau entre les mailles duquel se sont formés les lacs.
- Par refroidissement, la lave basaltique s’est divisée en formant dans sa masse des colonnes prismatiques que l’on trouve à tout instant sur l’Aubrac.
- Aspect et relief du pays d’Aubrac : les lacs. — Vu d’un point élevé, l’Aubrac nous paraît comme formé par une succession de mamelons dont l’altitude varie de 1 100 à 1 400 mètres, avec de larges vallons marécageux où viennent s’accumuler les eaux pluviales. Les dépressions sont occupées par des parties marécageuses, des tourbières et même en des endroits on trouve de petits lacs. — Ces lacs forment une des curiosités du pays et on croirait en voyant le bord de certains d’entre eux qu’ils occupent les cratères d’anciens volcans à cause des colonnades basaltiques qui les entourent : il n’en est rien et quelques-uns ne sont pas du tout profonds. Chaque lac correspond à un point où le manteau basaltique manque : c’est ainsi que le lac de Saint-Andéol repose sur les schistes sérici-teux, près de son déversoir on a trouvé un filon d’amphibolite ; à l’Ouest il est bordé par une masse de granulite et vers le Nord-Ouest le granité apparaît non loin du lac. Le lac de Bord seul est entièrement situé sur une nappe basaltique. A l’heure actuelle un certain nombre de lacs comme ceux de Pin-Doliou, d’Aubrac et de Moussons ont été desséchés et ils ne forment plus que des amas d’une tourbe spongieuse et humide qu’il est dangereux de traverser.
- Agriculture du pays d’Aubrac : la terre.
- Décomposition de la roche basaltique. — Les roches basaltiques quoique très dures sont décomposées par les eaux de pluies, la gelée, les actions organiques; dans les terres qui en résultent il y a du calcaire, du P205, du KOH en quantité plus que suffisante pour subvenir aux besoins de la végétation. — Elles sont très fertiles, d’un travail facile quand le sol n’est pas trop embarrassé de grosses pierres; ce sont d’excellentes terres pour la culture de l’orge et du froment, quand toutefois l’altitude et l’exposition leur permettent de pousser sans trop craindre le froid, comme c’est le cas dans la partie Sud du massif, près de Saint-Germain-du-Teil.
- Forêts de /’Aubrac. — On trouve peu de belles forêts car elles ont été détruites, on en retrouve des traces dans l’existence de gros troncs que l’on rencontre dans les tourbières. Il reste encore quelques bouquets d’arbres, restes des anciennes forêts de chênes, de hêtres et de bouleaux qui couvraient le pays; on rencontre quelques forêts d’épicéas.
- Prairies et pâturages. — L’Aubrac, à cause de son altitude élevée, est par excellence le pays des pâturages et des prairies; c’est là que paissent pendant
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- toute la belle saison, du commencement de juin jusqu’aux neiges, les 30000 vaches de la variété d’Aubrac et 40 000 moutons de transhumance venus du Bas Languedoc.
- L’Aubrac basaltique a un sol bien trop riche pour les moutons, et cela parce que l’herbage est de première qualité; aussi, depuis quelques années la transhumance des moutons tend à disparaître pour faire place à l’élevage des bêtes à cornes.
- En plus d’un point, on a construit des granges, ce qui a permis de récolter le foin nécessaire à la nourriture des vaches en stabulation en hiver et l’industrie pastorale a été et deviendra de plus en plus rémunératrice avec l’élevage des veaux et la fabrication du fromage, « la fourme ».
- Industrie pastorale. — Une fois sur le pâturage, il n’y a plus d’étables, pour ces animaux c’est la’vie au grand air jour et nuit. — La nuit les vaches sont parquées dans des parcs en lattes de pins, le jour elles paissent sous la surveillance du « vachiau », le soir on les ramène au parc où on les trait partiellement et elles passent la nuit avec leurs veaux que l’on sépare au jour pour pouvoir les traire, après quoi on les conduit au pâturage tandis que « lou vedeliou » garde les veaux dans une autre partie du pâturage. Les laits des deux traites, de celles du matin et du soir, sont mélangés dans le buron où le chef « cantalès » s’en sert pour faire « la fourme ».
- Le buron est la masure couverte de chaume ou de plaques de gazon où se fait le fromage ; la visite du buron est chose pénible, la pièce où l’on fait le fromage est au rez-de-chaussée, de plain-pied avec le sol du pâturage, une odeur d’aigre vous saisit à la gorge quand on y entre et en faisant un pas on risque de glisser dans la boue gluante qui recouvre le sol de la pièce. C’est là que le cantalès fabrique le fromage au milieu de ce bourbier, il pétrit le caillé et le presse avec ses genoux qui sont d’une propreté plus que douteuse. L’unique étage du buron sert à enfermer le peu de foin que l’on récolte dans les endroits où le parcage de l’année précédente a fumé le sol : ce foin est donné aux veaux pendant la période de sevrage. —Le cantalès avec ses aides loge dans le grenier à foin; c’est là l’unique pièce qui, tout en servant de chambre, sert à enfermer les provisions de pain et de sel. Ces individus vivent uniquement de pain, de lait, de fromage et de saucisson, encore faut-il qu’on vienne tous les quinze jours leur porter ces quelques provisions. Il serait de toute nécessité d’améliorer la fabrication de ces fourmes, d’abord par une plus grande propreté du local et des vases, surtout il faudrait supprimer ces manipulations dégoûtantes auxquelles on soumet le fromage, comme le pressage du caillé. C’est avec la propreté que l’on arrivera à avoir des fromages de meilleure qualité ainsi que de meilleure garde.
- Le fromage est un des principaux produits d’une vacherie de l’Aubrac : l’éle-Tome IV. — 98e année. 5® série. — Mai 1899. 50
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- vage des jeunes assure le remplacement des vaches trop vieilles qui ont perdu l’aptitude laitière; la vente des jeunes taureaux est aussi un bénéfice non négligeable; elle a lieu après la descente des pâturages, en fin d’octobre, et ces derniers sont achetés par de petits cultivateurs qui les habituent au joug de bonne heure. Les bêtes de la race d’Aubrac sont remarquables parleur rusticité et elles le doivent au pays où elles sont forcées de vivre.
- Voyons ce que valent les prairies et pâturages de l’Aubrac : l’examen montre entre les divers herbages des différences considérables, en général les pentes sont saines et donnent des herbes de bonne qualité, tandis que les bas-fonds sont humides, c’est là que vient la tourbe qui atteint souvent plusieurs mètres d’épaisseur et c’est ici que se trouvent des fondrières où, d’après un « vachiau », beaucoup de vaches se sont souvent englouties; aussi distinguc-t-on ces endroits par une barrière en bois qui indique leur présence. Dans les bas-fonds, on a une herbe grossière et de très mauvaise qualité, que les vaches délaissent et ne mangent que faute d’autre.
- Amélioration des herbages. — Il y aurait lieu de faire, dans ces prairies, un grand nombre d’améliorations qui sont de toute nécessité : 1° le drainage et l’assainissement des parties basses, ce qui pourrait se faire par des tranchées assez profondes ou par des drains en pierres; — 2° l’arrosage des parties élevées, qui sont généralement trop sèches, par des eaux provenant des lacs qui pourraient servir de réservoir ; — 3° emploi de chaulages nécessités par le manque de chaux dans le sol, ce qui apparaît par l’examen de la flore d’où le trèfle est absent.
- On a remplacé le buron par des fermes, aussi les vaches ont-elles été soumises à un régime de stabulation pendant la nuit, leur santé y a gagné ainsi que la production du lait. Il serait à désirer que ces améliorations soient faites dans tout l’Aubrac et on aurait alors fait une transformation complète du pays, ce qui amènerait la richesse et l’aisance dans cette région, qui n’est habitée que pendant l’été tandis que, pendant l’hiver, il n’y a pas âme qui vive dans ce pays recouvert par la neige.
- Valeur des herbages. — Dans le pays d’Aubrac, la valeur de la terre est bien supérieure à celle du pays granitique, elle vaut plus de 1000 francs 1 hectare donnant un revenu net de 30 francs : une montagne, c’est-à-dire une étendue d’herbage destinée à la nourriture d’été des bêtes, de 70 hectares permet de nourrir 50 à 65 vaches et est louée à raison de 40 francs par têle.
- On voit la valeur de ces herbages dont le prix est un peu plus du double de la moyenne totale de la valeur des terres de tout le département.
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- CHAPITRE III
- TERRAINS SÉDIMENTAIRES DE LA PÉRIODE PLÉISTOCÈNE
- Ces terrains comprennent :
- 1° Les alluvions anciennes des cours d’eau;
- 2° Les alluvions glacières de l’Aubrac;
- 3° Les alluvions modernes comprenant les dépôts alluviatils, tuffacés, tourbeux et aliosiques.
- a) ALLUVIONS ANCIENNES
- On distingue les alluvions anciennes des alluvions plus récentes par leurs éléments qui sont plus gros; on les trouve près du fond des vallées granitiques, schisteuses ou liasiques. — Sur la Margeride et le Lozère le fond de certaines vallées granitiques est littéralement couvert de gros blocs de granité arrondis et polis à tel point qu’on les a pris pour des blocs glaciaires, ce sont des alluvions résultant d’actions torrentielles très intenses; i’alluvionnement a été tel à certains endroits que des blocs de granité ont été poussés au loin en plein sol micaschisteux, c’est ce qui a fait croire à M. Charles Martins et à M. Martel à la présence de glaciers sur les montagnes de la Lozère. M. Fabre a prouvé par ses recherches qu’il n'y a eu glaciers que sur l’Aubrac basaltique et sur une petite partie de la Margeride.
- Dans la grande vallée d’érosion du Yaldonnez les torrents ont laissé sur les marnes et calcaires du Lias des dépôts très épais de cailloux de granité gros comme la tête, avec des dépôts aréniques et micaschisteux. Les paysans ont débarrassé leurs champs de ces débris en construisant des murs de clôtures et de soutènement : à cause de la nature du sol et du sous-sol calcaire on rencontre de beaux champs de froment, de trèfle, le maïs y est cultivé pour ses graines, mais ce que l’on remarque le plus, ce sont de belles prairies naturelles donnant de grands rendements en foin et regain; la pomme de terre réussit très bien aussi elle tend à occuper des espaces de plus en plus grands; on cultive depuis quelques années la betterave fourragère destinée à être donnée en hiver aux vaches, mais cette culture n’occupe que peu d’espace, on ne fait encore que de timides essais.
- ALLUVIONS GLACIAIRES DE L’AUBRAC
- Le massif de l’Aubrac n’a pas échappé aux phénomènes glaciaires de la période pleistocène et c’est un des seuls massifs lozériens où l’existence de gla*
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- ciers est indiscutable. Le glacier lozéricn du Bès occupait une bonne partie de l’Aubrac, et c’est ainsi que M. Fabre a suivi une de ses moraines frontales pendant 30 kilomètres, cette moraine était en plein basalte, formée par de gros blocs de granit et de basalte.
- Cette nappe de glace a occupé à peu près 25 000 hectares, elle a aidé au nivellement des anciens cônes des volcans pleistocènes d’Aubrac. Sa traînée était dirigée vers l’Ouest, c’est-à-dire du côté le plus humide encore de nos jours à cause des masses aériennes venant de l’Océan ; on sait en effet que le froid tue le glacier tandis que la chaleur l’augmente, Les moraines, toutes dirigées vers l’Ouest, nous indiquent la marche du glacier, on les a toutes retrouvées et même les moraines frontales qui reposent sur les roches cristallines. — L'action de ce glacier nous intéresse toutefois moins car elle n’a trait qu’au modelé des vallées des départements voisins de celui de la Lozère.
- y) a L L U VI O X 5 MOD E H X E S
- 1) Dépôts alluviatils.
- On les trouve le plus fréquemment au fond des vallées dont elles ont recouvert les alluvions anciennes. La puissance de cet alluvionnement peut être considérable, c’est ainsi qu’à Lanuéjols il a atteint 6 mètres en 1 500 ans grâce au déboisement des pentes du Gausse de Mende.
- Les actions torrentielles étant moins fortes qu’autrefois, les débris arrachés sont moins gros, aussi les alluvions modernes sont-elles plus fines. — A part quelques gros cailloux, elles sont formées par une poussière impalpable plus ou moins micacée enrichie par des matières fertilisantes minérales ou végétales. — La terre d’alluvion est généralement très perméable d’ailleurs, d’un travail facile et d’une très grande fertilité : le voisinage des cours d’eau et par suite la faible profondeur à laquelle on trouve la nappe phréatique ainsi que la facile irrigation qui en est la conséquence naturelle en font des terres de toute première qualité. Considérons le cours du Tarn de Florac à Ispagnac (fig. 50) : tout le temps la rivière divague au milieu de ces alluvions modernes que dominent d’un côté les micaschistes des monts Lozère et de l’autre les pourtours calcaires du Causse Méjean.
- Les alluvions qui bordent la rivière sont couvertes de riches cultures, près de Florac il y a une propriété de 25 hectares de belles prairies d’un seul tenant et arrosées toute l’année par une prise d’eau, on y récolte de très grandes quantités de foin avec deux à trois récoltes de regain, elle est louée à raison de 100 francs l’hectare.—La luzerne vient admirablement dans ces terres et, quand elle n’est pas trop arrosée, elle donne un foin et trois regains du 1er juin au mois
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- de novembre. La culture de la touzelle y est très rémunératrice, mais elle tend de plus en plus à faire place à la pomme de terre qui, dans les bonnes années, donne de forts rendements. La betterave fourragère n’occupe que peu de place. Les prairies naturelles, anciennes luzernières envahies, occupent une zone continue le long de la rivière, la raison en est dans le limonage intense qui se produit avec les crues du Tarn au printemps et à l’automne, il rend toute culture
- Fig. 50. — Vue de la plaine alluviatile d’Ispagnac.
- sarclée impossible et seule la prairie peut réussir et donner de gros rendements entre deux périodes d’inondations.
- Malgré la forte proportion du calcaire que renferment ces terres d’alluvions on y voit des châtaigniers calcifuges, qui peuvent y venir grâce à la forte proportion de Si O2 et de KOH qu’on y trouve, mais on les arrache pour les remplacer par des cultures beaucoup plus rémunératrices.
- La conséquence de l’extrême fertilité de ces terres d’alluvions est une extrême division de la propriété; on y trouve, surtout aux environs des villages, des champs qui ne dépassent que très rarement un hectare de superficie. La consé-
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- quence de cette fertilité est aussi une plus forte densité de la population qui se traduit par de nombreux villages situés le long de la rivière et à 10 mètres au-dessus de celle-ci.
- 2) Dépôts tuffacés.
- Les eaux calcaires des sources qui sourdent le long du pied des Gausses, une fois arrivées à Tair, déposent tout le carbonate de chaux qu’elles tenaient en dissolution et celui-ci, en se précipitant, empâte les débris dans un ciment calcaire, c’est le tuf.
- On se sert de ce tuf comme pierre à bâtir quoique très poreuse.
- Les terres formées par les tufs ont peu d’étendue, on ne les trouve qu’en des points limités, en général elles sont profondes et devraient être très poreuses et très sèches; mais ces inconvénients sont atténués par l’argile rouge provenant des terrains supérieurs. C’est ainsi que toutes les terres qui dominent Mende, au pied du Causse de ce nom, non loin du ruisseau du Merdanson, ont un sous-sol et un sol formés par les tufs, leurs produits de décomposition et les argiles rouges; ces terres sont très fertiles, aussi sont-elles employées soit comme jardins potagers, soit comme prairies que l’on fume énergiquement pour augmenter la production herbagère destinée à être donnée en vert aux vaches laitières qui fournissent le lait à la ville.
- 3) Formations tourbeuses. Tourbières.
- Position géographique. — Les tourbières sont très nombreuses dans le département de la Lozère, on les rencontre là où le sol est imperméable et surtout là où l’eau est stagnante.
- On en rencontre un très grand nombre sur les formations granitiques et gneissiques de la Margeride, du Mercoire et du mont Lozère. Elles sont relativement rares dans les formations micascbisteuses, peut-être à cause de la trop grande perméabilité de ces roches, celles que l’on peut citer se trouvent dans le massif de l’Aigoual. La plaine de Montbel, dont le sous-sol est formé par les arkoses infraliasiques, porte sur une grande partie de sa surface quelques tourbières. Dans l’Aubrac basaltique, la tourbe constitue uniquement le fond de certains lacs desséchés, ce sont là des tremblants très dangereux quand le dessèchement n’est pas complet.
- Origine de la tourbe. — La tourbe provient d’un dépôt sur place, dépôt d’origine végétale, que l’on retrouve quelle que soit la perméabilité ou l’imperméabilité du sous-sol, mais qui exige, pour se former, des eaux stagnantes provenant soit de l’infiltration des terrains supérieurs, soit des eaux pluviales.
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- Les végétaux qui contribuent à cette formation sont des graminées (Garex, jonc glauque, nard raide), des mousses (Sphagnum, Ilypnum).
- Sa composition. — Nous ne devons pas nous étonner de la pauvreté de la tourbe en éléments minéraux, l’azote abonde dans ces tourbes ainsi que les matériaux ternaires de la cellule. — Tant que la plante a été vivante, par suite des phénomènes chlorophylliens, elle a absorbé et a fixé KOH, P203, GaO dans ses diverses cellules sous forme de composés qui nous sont peu connus : après la mort du végétal, les différentes parties baignées dans beau ont laissé diffuser les sels minéraux contenus dans la cellule et cela à cause même de la mort du protoplasma cellulaire qui n’a plus le pouvoir de retenir ses composants mi-néraux. Il n’est donc resté que l’Az, H2, U, G.
- Que deviennent ces éléments à leur sortie de la cellule ? L’acide phosphorique, par exemple, diffusé sans doute à l’état de phosphate en présence de l’oxyde de fer des eaux de la tourbière, va donner un phosphate de fer bleu pâle, qui se dépose en concrétions; aussi n’est-il pas rare de le trouver dans toutes les tourbières.
- L’eau acide des tourbières tient en dissolution des sels de fer qui après le contact à l’air se précipitent sous forme de limonite ou bien donnent du sulfure de fer au contact des matières organiques. Les autres sels sont entraînés par les eaux.
- Il reste donc la tourbe, matière organique composée des débris de la cellule, et presque pas de matières minérales.
- Utilisation des terres tourbeuses. — C’est dans notre département, dans tous ces bas-fonds imperméables, que l’on trouve les terres les plus riches en matières organiques azotées : c’est avec ces tourbières, qui ne donnent pas, ou presque pas d’herbes, que l’on pourrait faire des prairies très fertiles par le drainage, le chaulage et le phosphatage.
- Il serait absurde de penser à faire de ces terres des champs qui produiraient, par les améliorations citées plus haut, des récoltes abondantes en céréales, cela est impossible à cause de l’altitude très élevée à laquelle on rencontre ces tourbières; on est donc arrêté par des conditions climatériques car on ne les rencontre que dans la zone comprise entre 1000 et 1 700 mètres d’altitude.
- Il n’y a pas, dans toute la Lozère, une seule tourbière exploitée, et pourtant elles seraient une richesse pour les propriétaires. On pourrait exploiter la tourbe comme combustible, ce qui rendrait énormément de service aux populations de la Margeride et du mont Lozère, qui manquent généralement de bois.
- On pourrait encore exploiter la tourbe comme litière, après l’avoir séchée à l’air. Rien ne serait aussi facile que son extraction; il suffirait, par exemple, dans l’Aubrac, de dessécher la tourbière par un large fossé, et avec des dragues on en retirerait la tourbe moussue surtout dans sa partie supérieure. Cette tourbe,
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- outre son usage comme combustible ou comme litière, pourrait servir d’engrais azoté après l’avoir mise en tas avec de la chaux; ce serait un véritable compost pour les arènes granitiques dont elle atténuerait la couleur blanche en môme temps qu’elle modifierait les propriétés physiques : elle servirait d’amendement et en même temps d’engrais pour les terres argileuses ou pour les terres calcaires trop sèches.
- Nos paysans ne savent pas tout le parti qu’ils pourraient tirer de la tourbe comme litière.
- 4) Dépôts aliosiques.
- Il convient de rapprocher de l’alios les dépôts qui se forment à une certaine profondeur du sol dans les prairies granitiques de la Lozère. Elles reposent sur une base géologique imperméable, le granité, que surmontent, dans la vallée, trois à quatre mètres de débris de quartz et sable fin : par suite de cette imperméabilité, les eaux souterraines n’ont pas d’écoulement; les eaux d’infiltration forment une nappe phréatique, à peu de distance de la surface, retenue par un magma, sorte d’alios formé d’hydrate ferrique ocreux, de sulfure de fer et d’acide humique. Cette couche tend à rendre le sol encore plus imperméable et contribue à rendre la prairie plus tourbeuse.
- Ici se termine notre étude : peut-être beaucoup de choses y manquent; le temps nous a forcé à condenser certains chapitres, mais nous avons tenu toujours à montrer les rapports si intimes qui existent entre la géologie, l’agriculture et les conditions économiques actuelles; nous n’y avons peut-être pas réussi entièrement, mais nous avons essayé de ne pas effrayer le lecteur par des théories géologiques trop risquées.
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- l’association des inventeurs et artistes industriels envisagée notamment au
- POINT DE VUE DE l’ÉTAT d’iNFÉRIORITÉ OU NOS LOIS ACTUELLES PLACENT LES INVENTEURS ET LES ARTISTES INDUSTRIELS FRANÇAIS VIS-A-VIS DE LEURS RIVAUX
- étrangers, par M. Claude Couhin, avocat à la Cour de Paris, président de rAssociation des Inventeurs industriels (1).
- Mesdames, Messieurs,
- Un grand philanthrope, le baron Taylor, a fondé, de 1840 à 1858, cinq associations très inégalement connues et qui sont : l’Association des Artistes dramatiques, l’Association des Artistes musiciens, l’Association des Artistes peintres, sculpteurs, architectes, graveurs et dessinateurs, l’Association des Inventeurs et Artistes industriels — celle dont je vais avoir l’honneur de vous entretenir plus spécialement — et l’Association des membres de l’enseignement.
- Ces cinq associations ont eu, dès l’origine, et ont encore aujourd’hui, chacune dans sa sphère, un but commun qui n’est autre qu’un but de bienfaisance et d’assistance mutuelle. Mais leur destinée a été très différente : quatre d’entre elles, y compris la dernière en date, l’Association des membres de l’enseignement, n’ont pas cessé de progresser, tandis que la cinquième, la nôtre, l’Association des Inventeurs et Artistes industriels, est restée en arrière, n’avançant que pas à pas et péniblement.
- C’est ainsi que, à l’heure actuelle, l’Association des membres de l’enseignement compte 27 655 membres et possède un capital de 3 981 757 francs ; que l’Association des artistes peintres, sculpteurs, architectes, graveurs et dessinateurs compte 6 263 membres et possède un capital de 4 941 665 francs; que l’Association des artistes musiciens compte 5 804 membres et possède un capital de 4 562 800 francs ; qu’enfin l’Association des artistes dramatiques compte 3 260 membres et possède un capital de 5 164 843 francs, tandis que notre association à nous, l’Association des Inventeurs et Artistes industriels, ne comprend que
- (1) Conférence faite en séance le 10 mars 1899,
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- 649 membres et ne possède pour tout capital que la somme infime de 583 879 francs !
- D’où vient un contraste aussi frappant? Il est permis de se le demander. L’Association des Inventeurs et Artistes industriels, en effet, a été reconnue, dès l’année 1882, comme établissement d’utilité publique. L’accès en est largement ouvert, puisqu’on y admet non seulement les inventeurs et les artistes indus' triels, mais encore, aux termes formels de ses statuts, « toutes les personnes qui concourent à l’amélioration de l’industrie », c’est-à-dire, en définitive, et d’après une tradition constante, tous les hommes de bonne volonté. La cotisation annuelle est de douze francs, elle peut être rachetée au moyen d’une somme de deux cents francs. A tous les points de vue, en un mot, notre association est sur le même pied que les autres fondations du baron Taylor.
- Est-ce donc, par hasard, que cette association serait moins digne d’intérêt et de sympathie? Est-ce qu’elle répondrait à des besoins moins réels, moins pressants? Non certes, c’est tout le contraire, et il me suffira, pour le montrer, de jeter un coup d’œil sur la situation qui est faite aujourd’hui aux inventeurs et aux artistes industriels français par la loi qui les régit dans notre pays.
- Les inventions industrielles, sous l’ancien régime, n’étaient pas protégées par des dispositions précises et définies; elles faisaient de temps en temps l’objet de privilèges, mais la France n’a connu qu’en 1791 des dispositions législatives proprement dites dans cette matière. Elle avait été devancée, près de deux siècles auparavant, en ce point comme en beaucoup d’autres, par l’Angleterre.
- L’Assemblée Constituante se préoccupa de supprimer l’inégalité qui résultait pour notre pays de ce défaut de législation, et c’est ainsi qu’est née la loi du 7 janvier 1791.
- Cette loi contenait un préambule qui, à lui seul, mérite un instant d’attention. On y trouve, en effet, un admirable exposé de principes, et l’on ne saurait assez déplorer que la loi actuelle, la loi du 5 juillet 1844, ait remplacé ce préambule par une déclaration initiale d’un esprit complètement opposé. Voici le texte de ce préambule :
- L’Assemblée Nationale,
- Considérant que toute idée nouvelle, dont la manifestation ou le développement peut devenir utile à la Société, appartient primitivement à celui qui l’a conçue et que ce serait attaquer les droits de l’homme dans leur essence que de ne pas regarder une découverte industrielle comme la propriété de son auteur;
- Considérant, en même temps, combien le défaut d’une déclaration positive et authentique de cette vérité peut avoir contribué jusqu’à présent à décourager l’industrie française, en occasionnant l’émigration de plusieurs artistes distingués et en faisant passer à l’étranger un grand nombre d’inventions nouvelles dont cet empire aurait dû tirer les premiers avantages;
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- Considérant enfin que tous les principes de justice, d’ordre public et d’intérêt national lui commandent impérieusement de fixer désormais l’opinion des citoyens français sur ce genre de propriété par une loi qui la consacre et qui la protège,
- Décrète ce qui suit...
- Tout cela est aussi exact que juste. Cette émigration d’« artistes distingués », ces découvertes qui avaient profité aux pays étrangers au lieu de profiter à la France par cela seul que nous ne possédions pas de loi sur la matière, ce sont des faits certains, établis par Boufflers dans son fameux rapport à l’Assemblée Constituante et surtout par Poncelet, dans son monumental ouvrage sur les outils et les machines, où il a tracé de main de maître, vous le savez, l’historique des découvertes et des inventions mécaniques.
- De même, en déclarant que tous les principes « de justice, d’ordre public et d’intérêt national » commandent à l’Assemblée de voter une loi qui consacre la propriété des inventions industrielles, le préambule résume excellemment la raison d’être d’une pareille loi.
- En dépit de ce préambule, le décret du 7 janvier 1791 n’était pas parfait. Il offrait quelques taches, quelques défectuosités, et, dès 1828, on eut la pensée de le refondre. Il a fait place, le 5 juillet 1844, à la loi qui nous régit encore aujourd’hui. Cette loi, les inventeurs la considèrent comme un fléau; les inventeurs estiment qu’elle a fait à notre pays un mal incalculable. C’est aussi l’avis des hommes les plus compétents, les plus autorisés; c’était l’avis, notamment, de M. Charles Laboulaye, l’auteur du célèbre Dictionnaire des Arts et Manufactures, l’ancien membre du Comité des arts mécaniques de la Société d’Encou-ragement pour l’industrie nationale; c’était l’avis de Poncelet, qui l’a exprimé, en maint passage de l’ouvrage que je citais tout à l’heure, dans des termes véhéments.
- Je ne puis songer à énumérer ici toutes les dispositions fâcheuses de la loi du 5 juillet 1844. Je m’attacherai plus spécialement à deux points. Je montrerai, très rapidement l’état d’infériorité où se trouvent les inventeurs français vis-à-vis de leurs rivaux étrangers. J’établirai par là même l’intérêt que présente l’Association des Inventeurs et Artistes industriels.
- Notre Association, en effet, aux termes de ses statuts, a un double objet. Elle a pour but, d’abord, de venir en aide aux inventeurs et aux artistes industriels qui sont dans le besoin; elle a pour but, en second lieu, de provoquer la réforme et le perfectionnement des lois relatives à la propriété intellectuelle. L’intérêt, les avantages qu’offre notre Association à ces deux points de vue sont certains. Il est superflu d’insister sur le premier, car il a pour lui l’évidence. Mais le second appelle des explications. Y a-t-il véritablement lieu de reviser nos lois sur la propriété intellectuelle? Pour répondre à cette question et l’endre
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- palpable l’intérêt que notre Association présente à ce point de vue, il suffit de jeter un regard sur la situation que ces lois font à nos inventeurs et à nos artistes industriels vis-à-vis de leurs rivaux anglais, allemands et américains.
- Parlons d’abord des inventeurs.
- Quel est le premier besoin de tout inventeur en quête d’innovation dans quelque industrie que ce soit? C’est de connaître, aussi exactement et aussi complètement que possible, les découvertes antérieures, plus particulièrement les descriptions et les dessins joints aux brevets ou patentes qui ont été pris pour ces découvertes. Ces descriptions et ces dessins constituent le principal instrument de l’inventeur. Aussi s’est-on constamment appliqué, en Angleterre, en Allemagne, aux Etats-Unis, à porter cet instrument au dernier degré de perfection. C’est ainsi que, dans ces trois pays, les descriptions et les dessins sont publiés deux ou trois mois au plus après la prise des brevets; qu’ils sont publiés en entier, sans aucun retranchement; qu’ils sont publiés à l’aide de la photogravure, de façon à en* assurer la reproduction identique; qu’ils sont publiés par fascicules distincts et séparés, de manière que tout inventeur puisse se procurer les documents mêmes dont il a besoin; qu’ils sont publiés enfin à des prix extrêmement réduits, de telle sorte que la description la plus étendue, avec les dessins qui la complètent, coûte 1 fr. 25 en Allemagne, 0 fr. 80 en Angleterre, 0 fr. 25 aux Etats-Unis. — En France, au contraire, la publication des descriptions et des dessins, loin d’être faite dans les deux ou trois mois qui suivent la prise du brevet, n’a même pas lieu dans les deux ou trois années consécutives. A l’heure actuelle, les descriptions et dessins qui se rattachent aux brevets délivrés en 1894 ne sont pas complètement publiés. Aucune publication n’a encore été faite pour les descriptions et dessins qui ont trait aux brevets délivrés en 1895, 1896, 1897, 1898. Ce n’est pas tout. Quand la publication a lieu enfin, après des années, est-ce qu’elle porte sur l’intégralité des descriptions et des dessins, comme dans les trois pays précités ? Non, du moins pour une partie des brevets. On sait, en effet, que la publication est faite, d’après la loi, « soit textuellement, soit par extrait ».Qui est juge, d’ailleurs, du point de savoir si la publication sera intégrale ou partielle? L’administration, c’est-à-dire des employés et des fonctionnaires qui, en dépit de toute leur capacité et de tout leur zèle, sont absolument hors d’état de résoudre une question aussi délicate.
- C’est donc, forcément, le régime de l’arbitraire et du bon plaisir. Aussi voit-on, par exemple, dans la collection imprimée des brevets français, l’indication pure et simple, sans aucune description et sans aucun dessin, du titre et de l’objet d’un certain nombre de brevets qui n’ont paru à l’administration mériter que cette mention et qui cependant, en raison de leur importance dûment vérifiée, ont été récompensés par la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale. Ce n’est pas tout encore. On n’a pas recours, chez nous, à la photo-
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- gravure pour publier les descriptions et les dessins. Il en résulte que beaucoup de ces documents sont inexactement reproduits. C’est au point que Poncelet, dans son ouvrage sur les outils et les machines, a pu dire qu’il avait rencontré des dessins qui étaient demeurés pour lui inintelligibles. Ce n’est pas tout encore. Au lieu d’être publiés par fascicules distincts et séparés, les descriptions et les dessins sont publiés chez nous dans d’énormes volumes in-4°. Tant pis pour l’inventeur qui ne désire qu’un seul des brevets renfermés dans tel ou tel de ces volumes : il est obligé d’acheter le volume entier. Et enfin, tandis que, dans les trois pays précités, on peut acquérir n’importe quelle description, avec le dessin afférent, moyennant la somme minime indiquée tout à l’heure, chacun des volumes dont je viens de parler ne coûte pas moins de 10 à 15 francs. Aussi, a-t-on calculé que les descriptions et les dessins des brevets relatifs à la fabrication des pianos, par exemple, reviendraient en France à 900 francs, au lieu qu’on se les procurerait, dans le système anglais, pour 25 francs. Conclusion : l’instrument que la loi française met entre les mains de nos inventeurs est un instrument suranné, défectueux et avec cela hors de prix, tandis que l’instrument offert par des lois tutélaires aux inventeurs anglais, allemands et américains est un instrument perfectionné, de première qualité et avec cela d’un prix infime. A ce point de vue, les inventeurs français sont placés, vis-à-vis de leurs rivaux étrangers, dans une situation de navrante inégalité. C’est à peu près comme si l’on demandait à nos soldats de combattre avec des fusils à pierre contre des adversaires armés de fusils à tir rapide, ou comme si l’on demandait à nos marins d’affronter sur des navires en bois des ennemis montés sur des navires cuirassés.
- Voici une seconde cause d’inégalité entre les inventeurs français et leurs rivaux étrangers. Les trois pays déjà cités admettent, comme la France, le système des annuités pour le paiement de la taxe des brevets ou patentes. Seulement, le défaut de paiement d’une annuité au terme fixé n’entraîne pas, dans ces pays, la déchéance du brevet. Un délai plus ou moins long est accordé à l’inventeur qui a la faculté de se libérer, moyennant une légère amende, jusqu’à l’expiration de ce délai. On fait ainsi la part des oublis, des inadvertances, des accidents. On va même quelquefois plus loin. La loi allemande, par exemple, dans certains cas, dispense l’inventeur de toute taxe si cet inventeur est un ouvrier qui n’a pour vivre que son salaire quotidien. — Chez nous, au contraire, malheur à l’inventeur qui n’acquitte par son annuité au terme fixé î II est irrévocablement déchu de son brevet, il perd sans retour le fruit de ses veilles, de ses pénibles travaux. Pas de délai de grâce, pas de rémission, même s’il a été empêché par la maladie ou par la folie : c’était à lui, dit la Cour Suprême, à prévoir ces éventualités et à prendre ses précautions en conséquence... Aucune distinction, d’ailleurs, entre les ouvriers et les inventeurs plus fortunés. Conclusion : à ce point de
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- vue encore, nos inventeurs sont condamnés à une lutte inégale contre leurs rivaux étrangers.
- Je pourrais citer d’autres causes d’infériorité. Mais l’heure me presse. J’en ai dit assez pour que vous compreniez comment M. Laboulaye, l’homme grave, réfléchi, pondéré par excellence, a été conduit à écrire, dans son Dictionnaire des Arts et Manufactures, les lignes suivantes :
- On pourrait citer nombre d’inventeurs qui ont préféré l’exploitation secrète de leur découverte aux garanties insuffisantes que leur offrait la loi des brevets. C’est, il me semble, la critique la plus amère de notre loi, de voir des gens intelligents raisonner en France comme s’ils étaient en Turquie. M. Canson, le grand fabricant qui assura le succès de la machine à fabriquer le papier en y adaptant des pompes pour affermir la pâte en faisant le vide, exploita ainsi en secret à Annonay sa belle découverte pendant plusieurs années et se félicita toujours de ne pas avoir eu confiance dans un brevet.
- De même, vous ne vous étonnerez pas d’entendre Poncelet lui-même s’exprimer ainsi :
- Ne serait-il donc pas temps enfin défaire cesser ce désordre, cette législation barbare qui étouffent, étreignent trop souvent le vrai mérite et répandent, comme à plaisir, dans l’histoire de la science et dans les procédures une obscurité dont l’ineptie et l’esprit de chicane ou de rapine font leur indigne profit au détriment des progrès de l’industrie et de la prospérité nationale ?
- Dès 1850, d’ailleurs, les défectuosités de la loi de 1844 éclataient à tous les yeux. En 1854, le Ministre du Commerce envoya une circulaire à toutes les chambres consultatives et à toutes les chambres de commerce pour leur demander leur avis sur les modifications qui leur semblaient les plus urgentes. Un projet fut arrêté par le Conseil d’Etat en 1858. Il disparut avec beaucoup d’autres en 1870. Depuis, toutes les tentatives en vue de remanier la loi de 1844 ont avorté.
- En 1894, le syndicat des ingénieurs conseils s’était avisé d’adresser au Ministre du Commerce une pétition signalant, notamment, ce qu’il y avait d’inique et de cruel à déclarer les brevets déchus pour défaut de paiement des annuités. La réponse du ministre renferme cette phrase stupéfiante :
- Une première et importante remarque à faire, c’est que les diverses modifications que le Syndicat propose d’apporter à la loi de 1844 ne sauraient avoir pour conséquence d’augmenter la garantie que la loi de 1844 accorde aux inventeurs. Cette garantie est aussi complète que possible.
- Je me hâte d’ajouter que les successeurs de ce ministre si étrangement optimiste ont, au contraire, reconnu que laloi de 1844 laissait à désirer sur plus d’un
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- point. C’est ainsi que M. Boucher avait déclaré qu’il avait à cœur de réaliser la réforme depuis longtemps attendue pour la publication des brevets. M. Boucher n’a pas eu le temps de mettre ce dessein à exécution. Je suis sûr que son successeur, animé de l’esprit que tout le monde connaît, serait heureux de mener à bien une réforme aussi désirable. Mais le pourra-t-il ?
- Dans tous les cas, et quoi qu’il arrive, qu’il me soit permis d’exprimer à la Socété d’Encouragement pour l’Industrie nationale toute la gratitude de notre association. La Société d’Encouragemeut pour l’Industrie nationale a compris, dès le début de sa fondation, c’est-à-dire dès le commencement de ce siècle, que par cela même qu’elle était une société « d’encouragement pour l’industrie nationale », elle était une société d’encouragement pour les inventeurs. Aussi, ne leur a-t-elle pas ménagé les récompenses. Elle en a accordé à Jacquart, à Philippe de Girard, à beaucoup d’autres. L’ouvrage de Poncelet les relate avec un soin particulier. Elle en a aussi décerné à des hommes qui ont fait partie de notre association et que notre association s’honorera toujours d’avoir eu à sa tête; je citerai tout spécialement notre ancien vice-président Dulac et notre ancien président Légat. Au nom de l’association tout entière, je saisis l’occasion qui m’est offerte d’adresser ici publiquement, comme je l’ai déjà fait dans une autre enceinte, les remerciements des inventeurs à la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale.
- Ce que j’ai dit tout à l’heure de la situation des inventeurs, je pourrais le dire avec autant de vérité de la situation des artistes industriels. Mais mes instants sont comptés. Un mot seulement à ce sujet.
- En Allemagne, en Angleterre, aux Etats-Unis, les créations des artistes industriels sont garanties par des lois spéciales et précises. En France, une pareille loi n’existe pas, quoique tout le monde en reconnaisse la nécessité. Les projets élaborés en 1848 et en 1868 ont avorté. Le projet Bozérian, voté en 1879 par le Sénat, a été repoussé par la Chambre des députés. Il reparaît de temps à autre, sans qu’on puisse dire ce qu’il en adviendra. En attendant, les tribunaux et les Cours se querellent sur le point de savoir quelles sont les dispositions applicables aux artistes industriels. Les uns tiennent pour la loi du 19 juillet 1793 sur les œuvres du dessin, les autres pour la loi du 18 mars 1806 sur la fabrique lyonnaise. D’autres encore prétendent que ces deux lois sont étrangères aux dessins en relief, qui seraient régis par la disposition générale de l’article 1382 du Code civil. En un mot, c’est l’anarchie, partant l’insécurité. Conclusion : nos artistes industriels sont dans un état d’infériorité manifeste vis-à-vis de leurs rivaux étrangers.
- Que serait-ce si, laissant de côté les lois, je comparais l’esprit des tribunaux français à l’esprit des tribunaux étrangers en ce qui touche les inventeurs et les artistes industriels? Que serait-ce surtout si j’établissais un parallèle entre les
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- mœurs françaises et les mœurs anglaises, allemandes, américaines, relativement au même objet? Dans ses admirables rapports à l’Assemblée constituante sur les lois de 1791 relatives aux inventions industrielles, Boufllers avait déjà signalé, à ce dernier point de vue, l’immense supériorité du peuple anglais. Il avait montré les capitalistes de la Grande-Bretagne soutenant de leurs deniers, dans tous les genres d’industrie, les découvertes nouvelles et trouvant ainsi de nombreuses occasions d’excellents placements. Aujourd’hui, les capitalistes allemands suivent la même voie. Mais les capitalistes américains ont distancé tous les autres, et c’est pour cola sans doute, qu’aux Etats-Unis, le génie de l’invention a pris un aussi merveilleux essor.
- Bref, la situation des inventeurs et des artistes industriels français, à quelque point de vue qu’on la compare avec celle de leurs rivaux étrangers, apparaît sous le jour le plus fâcheux et appelle d’urgentes améliorations. Il appartient à l’Association des Inventeurs et Artistes industriels de provoquer cette réforme des lois et des mœurs. C’est dans ce but que le président de cette association a pris le parti d’instituer, à Paris et en province, une série de conférences : celle-ci est la première. Mais, pour qu’elle puisse exercer une action efficace, il faut que notre association soit forte : forte par le nombre, forte par l’argent. Tous les inventeurs, tous les artistes industriels seraient sûrement des nôtres s’ils avaient conscience de leurs véritables intérêts. Il en est de même de tous ceux qui tiennent de près ou de loin à l’industrie nationale, car le sort de l’industrie d’un pays est étroitement lié au sort de ses inventeurs et de ses artistes. C’est ce que comprennent les nations qui nous environnent. C’est ce qu’on ne saisit chez nous, au contraire, que d’une façon fort imparfaite. Il faut répandre cette vérité. Il faut aussi intéresser à notre association les riches philanthropes. Le jour où ils la connaîtront, d’ailleurs, ils l’aimeront. Ils se rendront compte du bien immense qu’elle pourrait faire avec des ressources plus étendues et ils l’aideront, par d’intelligentes libéralités, à se procurer une partie de ces ressources.
- Est-il admissible que les artistes dramatiques, que les artistes musiciens, que les artistes peintres possèdent des millions tandis que les artistes industriels et les inventeurs, qui ne sont assurément ni moins nombreux ni moins utiles que tous les autres, disposent seulement des revenus infimes que j’ai indiqués en commençant? Non, il faut que cet état de choses cesse, et pour cela il faut que notre association soit connue. Si elle l’était, elle serait comblée de libéralités, elle en aurait reçu bien d’autres que le legs de 100 000 francs de M"u' Boucicaut et que l’allocation de 20 000 francs qui lui a été accordée par le ministère du Commerce sur la succession Giffard Je parle de Giffard, le grand inventeur. S’il avait connu l’existence de notre association, il lui aurait certainement laissé une somme dix ou vingt fois plus considérable. Malheureusement il l’ignorait.
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- Je vous remercie, Mesdames et Messieurs, de l’attention si soutenue, si sympathique, si bienveillante que vous m’avez prêtée. Je vous en conjure, ne vous en tenez pas là, allez plus loin, parlez de nous autour de vous, faites-nous connaître, et dites-vous bien que tout concours apporté à l’Association des Inventeurs et Artistes industriels, sous quelque forme que ce soit, est un acte de haute solidarité, un acte d’utilité vraiment nationale, un acte enfin — dans la meilleure acception du mot — de bon citoyen.
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- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Mai 1899.
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- MÉTALLURGIE
- l’extraction du nickel de ses minerais, par le procédé Mond,
- d’après M. W.-C. Roberts-Austen (1).
- Ce procédé est fondé sur ce que Je nickel forme avec l’oxyde de carbone un composé volatil gazeux qui, chauffé à 180°, se décompose en abandonnant le nickel à l’état métallique.
- En 1899, MM. Mond et Langer (2) voulurent utiliser le nickel pour le séparer de l’oxyde de carbone des gaz renfermant de l’hydrogène (3) en profitant de ce que, à 350°, le nickel en poudre sépare le carbone de l’oxyde de carbone en le transformant en acide carbonique, alors que la dissociation de l’oxyde de carbone par la chaleur seule n’est complète qu’à 1 690°. En soumettant, avec M. Quincke (4), à l’action de l’oxyde de carbone, du nickel pur en poudre, obtenu par la réduction de son oxyde au moyen de l’hydrogène et renfermé dans un tube de verre, ils remarquèrent, qu’à mesure que le tube se refroidissait au-dessous de 100°, la flamme du gaz qui en sortait devenait de plus en plus lumineuse et déposait sur une assiette froide des taches noires, analogues à celles de l’arsenic dans l’appareil de Marsh. En chauffant le tube, on obtenait ainsi un véritable miroir métallique de pur nickel, et la llamme cessait d’être lumineuse. Pour isoler ce gaz nickélifère, on traita de même, à 50°, du nickel obtenu à la plus basse température possible; et, en traitant le gaz sortant du tube par une dissolution de chlorure de cuivre pour absorber l’oxyde de carbone en excès, on obtint quelques centimètres cubes d’un gaz incolore qui, -chauffé dans un tube, se décomposa en nickel et oxyde de carbone, dans la proportion de 4 équivalents d’oxyde de carbone pour 1 de nickel. En perfectionnant cette méthode et en faisant passer le gaz nickélifère dans un serpentin refroidi, on parvint à le condenser en un liquide, le nickel-carbonyle, bouillant à 43°, de densité 1,3185 à 17°, se solidifiant à—'25° en cristaux en forme d’aiguilles. Soluble dans l’alcool, le pétrole et le chloroforme, inattaqué par les acides et les alcalis dilués, on peut le distiller sans décomposition; mais, à 150°,
- (1) lmülulion of Civil Engincern. London, 8 novembre 1808.
- (2) brevet anglais, 12,608, de 1888.
- (8) Royal Society, vol. xlvi, p. 296.
- (4) Journal ofthe Chemical Society, vol. lvii, p. 749.
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- EXTRACTION DU NICKEL, PROCÉDÉ MOND.
- il se dissocie complètement en précipitant son nickel sous la forme d’une couche métallique dense sur les parois de la cornue.
- On essaya en vain d’obtenir par un procédé analogue du cobalt carbonyle, mais on put obtenir, bien que difficilement, un fer carbonyle, liquide jaunâtre, visqueux, de densité 1,4064 à 18°, distillant sans décomposition à 102° sous une pression de 749 millimètres de mercure, cristallisant à — 21° en une masse de cristaux aciculaires jaunâtres, et composé de 5 équivalents d’oxyde de carbone pour 1 de fer — d’où son nom de fer penta-carbonyle. Exposé à la lumière du jour dans un tube fermé, il précipite en plusieurs heures des cristaux tabulaires dorés avec dégagement d’oxyde do carbone, de sorte que la pression augmente considérablement dans le tube; ces cristaux renferment 7 équivalents d’oxyde de carbone pour 2 de fer.
- La découverte de ce fait que, dans un mélange de différents métaux, le fer et le nickel seuls forment, avec l’oxyde de carbone, des carbonyles conduisit M. Mond à essayer de séparer ainsi le nickel de ses minerais et à prendre, après quelques essais encourageants, le 12 août 1890, un brevet à cet effet (1). Ces minerais, qui renferment le nickel à l’état sulfuré et arsénié, mélangé à des gangues, est grillé, puis on traite l’oxyde de nickel ainsi formé par un réducteur : gaz à l’eau ou de gazogène, qui transforme l’oxyde de nickel en poudre de nickel, refroidie à 50° puis traité par l’oxyde de carbone. Les minerais qui renferment le nickel en combinaison avec les acides silicique et arsénieux— qui ne peuvent être séparés par calcination — sont d’abord convertis en mattes puis grillés.
- En 1892 (2) on érigea à Smithwick, près de Birmingham, une grande installation expérimentale qui, après plusieurs reconstructions, prit l’aspect représenté par la figure 1.
- Le procédé s’applique principalement aux minerais renfermant le nickel (2 à 6 p. 100), mélangé au cuivre (2 à 6 p. 100) et au fer. On commence par les griller pour chasser presque tout le soufre et transformer le fer en oxyde de manière que, dans la formation subséquente de la matto, l’oxyde de fer se combine à la silice éliminée en scorie, pendant que le cuivre s’unit au reste du soufre, pour constituer une malte à 15 ou 20 p. 100 de nickel, autant de cuivre, avec un résidu de sulfure de fer. Pour enrichir cette matte, on la bessemérise. Une matte ainsi obtenue par la Compagnie canadienne de Sudbury, avec des minerais tenant 4 p. 100 de nickel et 4 p. 100 de cuivre, renferme 31, 37 p. 100 Ni. 48,62 Cu, et 0,70 de fer. Cette matte broyée, grillée pour convertir les sulfures en oxydes et lavée, ne renferme plus que des oxydes de cuivre et de nickel : on la traite par de l’acide sulfurique étendu, qui dissout les 2/5 du
- (1) Royal Institution (Proceedings), vol. xm, p. 608.
- (2) Association des anciens élèves de l’École des mines (Bulletin, janvier 1892, p. 2] à 20) : La Carbo-mctalluryie de nickel.
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- cuivre avec 1 à 2 p. 100 de nickel. Le cuivre dissout se vend en cristaux de sulfate, et le résidu, qui renferme de 45 à 60 p. 100 de nickel, séché et réduit par le gaz à l’eau, est ensuite traité par l’oxyde de carbone. On peut ainsi en extraire d’abord les 2/3 du nickel; puis l’extraction se ralentit au point qu’il est
- p l a n
- Fi<s. 1. — Première installation de fabrication du nickel-carbonylc à Smi/hwic/i.
- plus avantageux de recalciner le résidu, de le soumettre à une nouvelle extraction du cuivre par l’acide sulfurique, à une nouvelle réduction au gaz à l’eau, puis de recommencer l’opération à l’oxyde de carbone.
- Le cycle de ces cinq opérations est représenté par le diagramme fig. 3. La matte bessemérisée, grillée dans un four quelconque (Roaster, en 1, fig. 3) renferme, en moyenne, après grillage, 35 p. 100 Ni, 42 Gu, 2 Fe, et passe au n° 2,
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- pour être traitée par l’acide sulfurique; elle en sort contenant 51 p. 100 3Ni, 21 p. 100 Cu, et passe, au réducteur n° 3, dans une tour chauffée par l’hydrogène du gaz à l’eau à une température ne dépassant pas 300° et môme moindre s’il existe beaucoup de fer. Du réducteur, le minerai passe au volatiliseur n° 4, où le nickel réduit subit la première volatilisation par l’oxyde de carbone dans une tour semblable à celle n° 3, mais sous une température qui ne doit jamais dépasser 100°. Du volatiliseur 4,1e minerai revient au réducteur 3, et circule aussi entre 3 et 4 pendant 7 à 15 jours, jusqu’à ce que l’on ait séparé 60 p. 100 du nickel en carbonyle. Le résidu, qui comprend les 2/3 de la matte primitive, et avec sensiblement la meme composition, revient en 1 et reprend le cycle des opérations jusqu’en 4. Le carbonyle formé en 4 passe ensuite au dissocieur 5,
- BOASTEO MATTCJ
- MATTE ?
- CIRCUIT
- SULPHURlC
- i^CKEL g)TTttACT»0» 'Il
- <ArTER ROASTING)
- Fig. 2, — Diagramme du procédé Mond.
- chauffé à 180°, où le nickel se précipite pur sur des plaques de fer, ou mieux sur des granules de nickel du commerce, et d’où l’oxyde de carbone séparé revient au volatiliseur 4. On voit que cet oxyde de carbone et les oxydes partiellement réduits de cuivre et de nickel circulent perpétuellement en deux circuits qui se croisent au volatiliseur 4. Le nickel ainsi obtenu commercialement est à la teneur de 99,4 à 99,8 p. 100.
- A Smithwick, 1898, on traite de la matte du Canada, renfermant 35,4 p. 100 Ni, 41,8, Cu,2 p. 100 Fc, broyée et tamisée; on la traite d’abord, par masses de 150 kilogrammes dans un mélangeur plombé (Mixer 3, à droite de la fig. 1), par 90 kilogrammes d’acide sulfurique ordinaire, préalablement dilué dans 0m3,56 de liqueur mère provenant des opérations précédentes : on maintient la température à 85°, par un jet de vapeur,pendant une demi-heure. Du mélangeur, la matière passe dans une essoreuse (Hydro) qui sépare par filtration centrifuge la dissolution de sulfate de cuivre, pompée dans les bacs de cristallisation, du résidu solide renfermant le nickel. Après huit ou dix jours, on retire les cristaux de sulfate de cuivre, dont la liqueur mère repasse à l’extraction du cuivre; mais comme elle renferme un peu de nickel et de fer, on l’évapore au
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- bout d’un certain nombre d’opérations, puis on grille les sulfates de cuivre et de nickel ainsi précipités. Quant au sulfate de cuivre cristallisé dans les bacs, [Vats) il ne renferme que 0,05 p. 100 de Ni et 0,05 p. 100 environ de Fe : on le vend au commerce après séchage à l’essoreuse.
- Le résidu du premier essorage renferme 52,5 p. 100 de nickel, 20,6 de cuivre et 2,6 p. 100 de fer. On le charge par demi-tonne dans la trémie des
- « O'
- Fig. 3. — Dissociaient* Moiul do 1898.
- malles [Malte Intel, fi g. 1) qui l’amène par un tube à hélice et par un élévateur au haut de la tour de réduction, où il tombe au travers d’une valve tournante. Ce réducteur décrit, ainsi que le volatiliseur, dans le brevet anglais Mond n° 23 661 du 10 décembre 1895, est une tour de 7m,50 de haut, avec une série de quatorze plaques, creuses pour pouvoir être chauffées à 250° par du gaz de gazogène, et sur lesquelles la matle grillée tombe raclée d’une plaque à l’autre par des racloirs montés sur un axe vertical. Les cinq plaques du bas sont refroidies par un arrosage d’eau pour ramener la matte à la température du volatiliseur : 50° environ.
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- Le volatiliseur est semblable au réducteur, mais avec des plaques massives et, dans les nouvelles installations, un peu plus petit.
- Le dissociateur A (fig. 3) reçoit le nickel carbonyle par B, dans le tube C, qui le diffuse par ses trous O aux granules de nickel qui remplissent A, et sur lesquelles le nickel se précipite, puis les gaz s’échappent par M. Les granules sont continuellement extraites par le convoyeur à vis U N, avec trieur laissant retomber les plus petites sur le plan incliné W, d’où l’élévateur E les ramène par X au haut de l’appareil. Pour éviter la décomposition du carbonyle dans le tube C, on le refroidit par une circulation d’eau suivant FFjF2. Le chauffage de A se fait par les enveloppes II, en communication avec les gaz chauds par des registres P, permettant de régler à 200° la température des granules. Une tige R permet de s’assurer si A est plein de granules. Ces granules sont, après la dissociation du carbonyle, formées d’un noyau de nickel cristallin entouré de couches concentriques de nickel précipité : parfois le noyau manque dans les granules formés autour d’un petit fragment de nickel détaché pendant la précipitation.
- Le gaz à l’eau employé dans la réduction est produit par trois gazogènes à anthracite et recueilli dans un gazomètre : il renferme environ 60 p. 100 d’hydrogène.
- La marche de la réduction est réglée de façon qu’il ne reste dans ces gaz, au sortir du réducteur, que 5 à 10 p. 100 d’hydrogène : on les soumet à un arrosage qui condense la vapeur produite par la combustion de l’hydrogène dans le gaz à l’eau. On emploie une partie de ce gaz à la fabrication de l’oxyde de carbone nécessaire au volatiliseur en lui faisant traverser une cornue (Co Retort fig. 1) remplie de charbon de bois incandescent, dont il sort chargé de 80 p. 100 d’oxyde de carbone, et d’où il se rend dans un second gazomètre en communication avec la conduite principale d’oxyde de carbone. Après avoir traversé le volatiliseur, l’oxyde de carbone, filtré pour en séparer les poussières entraînées, passe au dissociateur (décomposer), puis à un ventilateur (C0. Bloiver, fig. 1) qui le renvoie se recharger de nickel au volatiliseur.
- La matière solide dont on extrait le nickel, circule dans le réducteur et le volatiliseur pendant sept ou quinze jours; puis, quand on en a extrait la majorité du nickel, on la passe dans un grillcur rotatif (Rotary Roaster, fig. 1) qui en réoxyde les métaux pour un nouveau traitement à l’acide sulfurique, etc. Celte seconde matle renferme la même proportion, à peu près, de cuivre et de nickel que la première : 35,48 et 36,63 p. 100, au lieu de 35,27 et 41,87 p. 100, mais plus de fer : 4,58 p. 100 au lieu de 2,13 p. 100, puis, après la seconde extraction, 7,82 p. 100. On extrait, au premier tour, 60 p. 100 et au second 20 p. 100 du nickel contenu dans la première matte, en tout, 80 p. 100, mais en opérant alors sur trois fois moins de matière. Avec une première matte,
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- Fig. 4 et j.
- Appareil Noiul pour une production de 1 000 tonnes de nickel par an. Coupe CC et plan AA.
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- tenant de 5 à 20 p. 100 de fer, et une température assez basse au réducteur, le nickel résultant ne renferme pas plus de 0,5 p. 100 de fer : s’il en tient davantage, l’opération est très lente, à cause de la basse température à laquelle il faut maintenir le réducteur; il faut alors refondre-les résidas avant de procéder à l’extraction du nickel et du cuivre.
- a—.
- Fig. 6. — Appareil Mond pour une production de 1 000 tonnes de nickel par an. Coupe BB (fig. 5).
- la composition de deux échantillons de nickel du procédé Mond
- Nickel . . . . 99,82 p. 100 99,43
- Fer et Al20:i . . . 0,10 0,43
- Soufre . . . . 0,068 0,0099
- Carbone . . . . 0,07 0,087
- Itésidu insoluble 0,073
- L’installation expérimentale de Smithwiek a déjà produit environ 80 tonnes
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- de nickel avec différentes sortes de mattes. Les figures 4 et o représentent le projet d’une installation pouvant produire 1 000 tonnes de nickel par an, avec 4 500 tonnes de sulfate de cuivre comme sous-produit, et disposée de façon que la matte, continuellement chargée dans le premier réducteur, traverse successivement tous les appareils au nombre de dix : un grand rédacteur, huit réducteurs et volatiliseurs combinés, et un grand volatiliseur. La matte est élevée du grand réducteur au volatiliseur situé au haut du réducteur suivant, puis de ce réducteur au second volatiliseur, et ainsi de suite, jusqu’au grand réducteur, d’où elle passe au grillage. Le conveyeur (Main Conveyor) au haut des volatiliseurs est commun à tous, de sorte que, pour isoler l’un des appareils, il faut arrêter la valve tournante par laquelle la matière passe de son élévateur à ce conveyeur, qui l’amène alors à l’appareil suivant. Chacun des réducteurs reçoit son gaz à l’eau du gazomètre, à l’exception du premier, par où passent les gaz perdus de tous les autres, de manière à brûler tout l’hydrogène du gaz à l’eau. L’oxyde de carbone est pris, pour les volatiliseurs, dans une conduite principale, et est renvoyé après filtration à un ventilateur qui le refoule aux dissocieurs, d’où il revient aux volatiliseurs.
- Ce procédé n’exigeant pas de température élevée, les appareils s’useront peu; la dépense de combustible sera faible et le fonctionnement automatique s’effectuera par régénération, sans autre perte que celle de l’agent réducteur : le gaz à l’eau. G. R.
- sur les impuretés de l’aluminium. Note de M. Adolphe Minet (1).
- On sait que les impuretés de l’aluminium ont pour premier effet de rendre ce métal plus attaquable par les agents chimiques, avec celte circonstance aggravante que, tandis que l’aluminium pur présente, au contact de ces agents, une usure normale qui permet d’en fixer a priori la durée, l’aluminium impur se corrode très irrégulièrement, au point qu’on ne peut accorder aux objets qui en sont formés qu’une confiance limitée.
- Les impuretés de l’aluminium produit avec les nouvelles méthodes électrolytiques (2) sont formées généralement de silicium, de fer et de traces de carbone : leurs proportions, qui
- (1) Comptes rendus de VAcadémie des Sciences, 8 mai 1899.
- (2) L’éfectrométallurgie de ratuminium est basée sur félectrolyse d’un bain fondu, composé d'un mélange de fluorure double d’alumininm et de sodium et de fluorures et chlorures de métaux alcalins et alcalino-terreux ; cette addition de sels étrangers a pour principal but d’abaisser la température du point de fusion du bain, tout en lui conservant le maximum de fluidité.
- Le bain est contenu dans une cuve en fonte de fer, garnie ou non intérieurement d’une couche de charbon aggloméré ; il est amené à l’état de fusion ignée et maintenu fondu par le courant qui le traverse, ou partie par le courant, partie par une source extérieure de chaleur. Les électrodes sont formées de charbon aggloméré.
- L’alimentation du bain s’opère par un mélange d’alumine, de fluorure d’aluminium et des différents sels qui constituent l’électrolyte, dé façon à maintenir constants son niveau et sa composition,
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- SUR LES IMPURETÉS DE L’ALUMINIUM.
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- étaient d’environ un centième peu après les premières applications de ces méthodes, ne dépassent guère aujourd’hui quinze dix-millièmes. Voici d’ailleurs les chiffres trouvés à différentes époques :
- Silicium. . Fer.... Aluminium
- Années.
- 1890. 1893. 1897.
- 0,90 0,25 0,02
- 0,40 0,40 0.12
- 98,70 99,35 99,86
- 100,00 100,00 100,00
- On remarque que les proportions de silicium sont allées sans cesse en s’affaiblissant, jusqu’à devenir négligeables, tandis que celles du fer restent appréciables.
- 11 faut, pour expliquer ce fait, remonter aux sources mêmes des impuretés. Le silicium provient principalement des produits d’alimentation et du charbon des électrodes, substances qui sont rarement exemptes de silice, mais qu’on a réussi à purifier suffisamment; le fer est fourni par la cuve ou son armature, et peut être évité avec certaines dispositions que nous allons décrire :
- Premier type de four. — Le bain est maintenu fondu, moitié par le courant, moitié par une source extérieure de chaleur. L’appareil est formé d’une cuve en fonte de fer VV (fig. 1) de forme parallélipi-pédique, revêtue extérieurement d’une garniture en maçonnerie MM, la protégeant contre les gaz surchauffés qui l’entourent.
- Les électrodes sont en charbon; la cathode G est disposée immédiatement au-dessus d’un creuset ce, en charbon de même nature que les électrodes, où s’écoule l’aluminium, au fur et à mesure de sa formation sur la cathode.
- Afin d’empêcher la cuve d’être attaquée par le bain, qui se trouverait, de ce fait, rapidement chargé de sels de fer facilement décomposables par le courant, on la place en dérivation sur la cathode par l’intermédiaire d’une résistance R, calculée de façon qu’il ne passe par la cuve que les S centièmes du courant total ; grâce à cet artifice, les parois intérieures de la cuve sont recouvertes d’une couche infiniment faible d’aluminium sans cesse renouvelée, qui la garantit de toute corrosion.
- J’ai obtenu avec ce type de four, imaginé en 1887, de l’aluminium où les impuretés n’excédaient pas 0,51 p. 100, dont 0,33 p. 100 de silicium, 0,18 p. 100 seulement de feri les produits d’alimentation n’avaient pas leur degré actuel de pureté, d’où les proportions assez importantes de silicium.
- Si ce dispositif donne de l’aluminium à un assez grand degré de pureté, il est peu pratique, en ce sens que la cuve métallique est rapidement mise hors d’usage, ayant à subir une double détérioration ; celle causée par l’aluminium qui se dépose sur ses faces intérieures et se répand dans sa masse, en formant un alliage fusible de ferro-aluminium, et celle due aux gaz chauds qui l’environnent ; au bout de huit à dix jours de marche, la cuve laisse filtrer le bain et se trouve ainsi hors de service.
- Deuxième type de four. — Avec cet appareil, le bain est maintenu fondu par le courant seul. La cuve a conservé la forme parallélipipédique ; elle est nue à l’extérieur et garnie intérieurement d’une couche de charbon GG (fig. 2) ; elle remplit les fonctions d’électrode négative. On la dénomme communément -cuve cathode.
- Au- début de l’opération, la proportion de fer dans l’aluminium est très faible et peut descendre à 0,1-0,2 p. 100; mais, à la température élevée où elle se trouve, la garniture en charbon laisse filtrer facilement le bain, qui se trouve bientôt en contact avec la cuve métallique ; dès lors, cette dernière, étant en communication électrolytique avec l’anode A, reçoit sur ses parois intérieures de l’aluminium accompagné de certaines quantités de sodium, ce dernier métal provenant de l’électrolyse du chlorure de sodium ou du fluorure de sodium, parties constituantes du bain, qui, à la tension de 8 volts, force électromotrice atteinte généralement dans l’électro-métallurgie de l’aluminium, peut se produire en même temps que celle du fluorure d’aluminium, la décomposition de ce dernier sel restant toutefois prédominante.
- Lorsque le sodium se dépose sur les parois intérieures de la garniture en charbon, cela n’offre aucun inconvénient; il réduit le fluorure d’aluminium qu’il rencontre en se transformant en fluorure de sodium et mettant en liberté des quantités équivalentes d’aluminium; au contraire, lorsque le sodium prend naissance au point de séparation de la cuve métallique et de sa garniture, il ne trouve
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- pas des quantités suffisantes de fluorure d’aluminium pour disparaître ; il se répand alors dans la masse de la garniture, la corrode et la transforme en bouillie.
- L’aluminium produit avec ce dispositif, presque pur au début, devient de plus en plus ferreux; certaines cuves de ce type durent environ trente à quarante jours, d'autres sont mises presque immédiatement hors de service.
- Lorsque l'aluminium doit être transformé en alliage, on peut tirer un bon parti de ce type de four, qui est le plus pratique, industriellement parlant, en formant la cuve du métal ou d’un des métaux qui entrent aussi dans l'alliage, de sorte que si, dans le cours de l'électrolyse, à la suite de la corrosion de la garniture intérieure, le bain se souille du métal de la cuve, cela ne constitue pas, à proprement parler, une impureté; on élimine ainsi les dernières traces du fer.
- Tkoisièmk type nu foun. — Le bain est maintenu fondu par le courant seul. Ce dispositif tient le
- Fig. 1.
- milieu entre les premier et deuxième types. La cuve métallique VV (tig. 3) est nue à l’extérieur; elle est garnie intérieurement d'une couche de charbon cc, dont on exagère l’épaisseur; elle est indépendante des électrodes-; l’aluminium s’écoule de la cathode G dans une cavité ménagée au centre même du fond de la garniture, d’où on la retire par le trou de coulée /.
- La garniture intérieure, n’étant le siège d’aucune réaction électrolytique, comme dans le deuxième type, dure beaucoup plus longtemps; il en est de même de la cuve métallique, qui peut être amenée, par refroidissement extérieur ou par son éloignement du bain, à une température inférieure à celle du point de fusion de ce dernier.
- Toute communication entre la cuve métallique et la masse du bain est donc complètement supprimée, et aussi l’afflux dans le bain du métal de la cuve.
- Dans le cas où l’aluminium est destiné à former un alliage, on peut, comme avec le deuxième dispositif, remplacer la fonte de fer, qui constitue généralement la cuve métallique, par le métal ou l’un des métaux qui doivent entrer dans cet alliage.
- On peut aussi prévoir une garniture de charbon suffisamment épaisse et un refroidissement extérieur assez grand pour que la température de la cuve métallique n’excède pas 500°, celle du bain étant abaissée et maintenue à 750° environ; dans ces conditions, la cuve métallique peut être en aluminium et l’on obtient alors un métal ne renfermant plus, comme impuretés, que des traces de silicium.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- MORTAISEUSE A CHAINE ET TARIÈRE UE H. J. Brown.
- Cette mortaiseuse est analogue, en ce qui concerne le mécanisme de la chaîne, à celle de Parry, décrite à la page 285 du Bulletin de février 1895. La chaîne 22 (fig. 1 et 3)
- Fig. 1. — Mortaiseuse Brown. Vue de face.
- circule sur le guide à galets 23, et sa tension est réglée par la vis 27, qui fait monter ou descendre sur la glissière 25 le support 24 de 23. Le chariot 45, qui porte la table 53
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- Fig. 2 à 4. — Mortaiseuse Brown. Vue par bout et de côté et plan.
- est réglé sur les glissières A par l’écrou (fig. 10) de la vis 40, commandé par le carrelet 52, et la vis 46, qui ne tourne pas et est guidée en 146, 72 et 67 (fig. 1 et 10) est soulevée par la courroie 68, quand on l’appuie par la pédale 69 sur la poulie 66, toujours en rotation par le train 5, 62, 63 (fig. 7). La levée de la vis 46 et de la table, ou la profondeur de la mortaise, est limitée
- par la longueur de la chaîne 74 qui, au haut de course, comme en fig. 12, se tend
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- Fig. 5 à 9. — Mortaiseuse Brown. Détail (le la pédale 46, du pignon 63, du ventilateur et de la tarière.
- Fig. 10. — Mortaiseuse Brown. Détail du réglage de la table. — Fig. 11 et 12. — Mortaiseuse Brown. Détail de la levée de la table.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- et relève la pédale : la descente est limitée par la butée réglable 71, avec, pour les grandes machines, un dash-pot amortisseur 77.
- La table 53 porte, à l’arrière (fig. 10), un rebord fixe 54 et un appui 55 (fig.4) réglable verticalement, et elle peut se régler transversalement par la vis 56. En outre, à côté de la chaîne, se trouve un brise-copeaux 44 (fig. 1), appuyé sur le bois en travail par les poids 39, et qui dévie les copeaux brisés vers la hotte 30 du ventilateur '26 (fig. 6) : en avant de la chaîne, se trouve la tige de garde 43.
- J.a poupée 82, 85 de la tarière 84, à ciseau creux 89 (fig. 9), est (fig. 1 et 4) portée par une glissière B, réglable perpendiculairement à la table 55 parles vis calantes 80 (fig. 6) et le glissement de 82 sur B est commandé par le renvoi 93, 94, 95 (fig. 3) de la pédale 96 (fig. 5) par laquelle on pousse la tarière contre, le bois, appuyé sur la butée 57 (fig. 3) réglable parla vis 58. Enfin,un miroir 101 (fig. 1) permet d’observer sans peine le travail de la tarière.
- fabrication des ÉCROUS Berry.
- Cette fabrication s’opère par le moyen de deux machines, l’une à fraiser les barres ^ au profil des écrous l’autre pour percer et découper
- les écrous de cette barre.
- — Machine Berry à fraiser les écrous. Élévation cl plan.
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- FABRICATION DES ÉCROUS BERRY.
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- La fraiseuse est très simple : la barre, saisie par le chuck B du chariot D (fig. 13) est poussée par la vis C, commandée, de E E', entre les quatre fraises HH, J J, montées sur l’arbre F, et celles K et K, montées sur l’arbre G, et disposées de manière à raboter la barre au profil de l’écrou. Les arbres F et G sont commandés, du cône N, par le train L'L, N, N'.
- Cette barre est ensuite saisie par le chuck S (fig. 15) de la perceuse-coupeuse, où le
- T»
- Fig. 15 et 16. — Perceuse-coupeuse Berry pour écrous.
- perçage se fait par le foret T, que fait aller et venir, par U2 U, la came U, solidaire du pignon hélicoïdal X, dont la came W commande, par Y;, V2, le chariot de l’outil T de manière que, après le perçage de la barre à la profondeur d’un écrou, cet outil avance, coupe cet écrou, et arrondit par son talon le bout affranchi de la barre.
- Après ces opérations, une deuxième came de X, repoussant le galet Y, débraye, par Y,, l’écrou Z de la vis fixe Z2, puis une troisième came W, de X, repoussant à gauche le galet W2 du levier W3 fait, par sa bielle W4, avancer Z de la longueur d’un écrou, après quoi Yj Y, lâché par sa came, rembraye Z, et W, repoussant à droite W2, qui tire par W4 sur Z, fait avancer le chariot T2 de la longueur d’un écrou, ce qui permet de recommencer une seconde opération.
- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Mai 1899.
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- notes de mécanique.
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- MANUTENTION DES CHARBONS AU DÉPÔT l’ÉRIÉ RY. JERSEY CITY
- Nous avons à plusieurs reprises décrit des installations de conveyeurs, si répandus aux États-Unis pour la manutention des charbons et des minerais; celle du dépôt de
- Fig. 17. — Ensemble du conveyeur de YÉrié Ry. Fig. 18. — Détail d’une manche de trémie.
- Enqme TrocK
- Cool Suppiy TrocK
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- Fig. 19 et 20. — Élévation et plan du magasin de charbon.
- Jersey City, établie par la Link. Belt Engineering G0, de Philadelphie, peut être citée comme l’une des plus importantes et des mieux comprises.
- Il s’agissait de pouvoir charger rapidement un grand nombre de locomotives avec de l’anthracite en gros ou en noisette, de la houille bitumineuse, ou un mélange de
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- MANUTENTION DES ' CHAUI30NS.
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- ces différents charbons. Le conveyeur consiste (fig. 17) en deux lignes de baquets se recouvrant les uns les autres, roulant sur des rails guides, et articulés à deux cours de chaînes horizontales et. verticales. Le conveyeur vertical ou élévateur reçoit (fig. 21) le charbon par deux trémies des .voies ( Track Hopper) pourvues chacune d’une man-
- che automatique (fig. 18) à galets portant sur les bords inclinés des bacs, qui lui impriment des secousses et lui assurent un débit réglé par la vis indiquée sur la figure, qui détermine la hauteur de sa levée. Au haut de leur course, les baquets sont culbutés
- et déversés dans le conveyeur horizontal qui passe au-dessus r___________________
- d’une rangée de 14 doubles trémies, d’une capacité totale de 2 500 tonnes (Bins, fig. 19) avec, de chaque côté du bâtiment,
- 14 chutes équilibrées, que l’on manœuvre du plancher même du conveyeur, amenant, comme on le voit en fig. 21, le charbon aux tenders, et fermées par des portes cylindriques dont
- Fig. 23. — Conveyeur pour cendres de YËrié Ry.
- la manœuvre ne peut pas être empêchée par les gros morceaux de charbon. On peut charger simultanément en trois minutes huit locomotives : quatre de chaque côté. Le magasin peut recevoir 90 tonnes de charbon par jour : on charge par l’une des trémies de la voie le charbon gras et par l’autre l’anthracite. Le graissage des galets s’opère automatiquement au moyen de tubes recourbés aboutissant à leurs moyeus et plongeant dans des baquets d’huile amenés sur le parcours. Le conveyeur a 28-mètres de
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- long et marche à la vitesse de 15 mètres par minute. Son graissage entier se fait en 5 minutes.
- Les cendres sont enlevées (lig. 23) par un conveyeur de 30 mètres de long, placé dans un tunnel entre deux voies, avec chacune 2 fosses de 7m,50 de long, et, pour chaque fosse, une trémie à clapet déchargeant les cendres dans des vis d’Archimède qui les amènent au conveyeur. Chacune de ces trémies peut contenir les cendres de 6 locomotives, et les 4 trémies peuvent desservir 24 locomotives en 20 minutes. Ces cendres sontlevéesà un magasin qui peut renfermer les cendres de 150 locomotives et se vide par 4 chutes sur deux voies. Le service des cendres est commandé par un moteur à gaz Otto de 19 chevaux, avec transmission à embrayages permettant de mettre à volonté en marche l’une quelconque des huit vis d’Archimède : il emploie deux hommes.
- L’élévateur à charbon emploie huit hommes et un moteur à gaz de 30 chevaux.
- QUELQUES APPLICATIONS DES ROULEMENTS SUR BILLES ET GALETS (1)
- Malgré de très nombreux essais, les roulements sur billes ne se sont encore que très peu répandus sur les tramways et les chemins de fer : pour ces derniers, le dan-
- ger d’un accident par l’écrasement toujours possible d’une bille s’oppose très fortement à leur adoption; pour les tramways, un pareil danger est moins redoutable. La question, toujours la même, est d’éviter l’usure des chemins de roulement etl’encras-
- (1) Bulletins de décembre 1894, p. 871. Mars, août, septembre, novembre et décembre 1896, p. 433, 1171,1278, 1544 et 1685. Janvier, mars, mai, juin, octobre et novembre 1897, p. 134, 431, 725, 840, 1406 et 1529. Février, mai et septembre 1898, p. 228, 637 et 1260.
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- sernent par la poussière. Parmi les systèmes qui ont eu un certain succès sur les tramways, on peut citer celui de M. Scuhppiser, des tramways de Zurich, à manchon b (fig. 24) roulant sur quatre cercles de billes, dont deux de chacun 16 billes f, de 19 millimètres, et deux g, de 26 billes de 12 millimètres, ne servant que pour le guidage latéral. Les bagues i peuvent s’ajuster dans quatre positions pour mieux répartir l’usure des roulements. Le graissage se fait par de la graisse sous pression. Des essais
- Fig. 25. — Boîte pour essieu Baker.
- exécutés pendant le mois de juin 1898 ont constaté une diminution de résistance de 18 à 20 p. 100 en palier, avec roulement en bon état. Les billes, en acier Krupp au creuset, durent très longtemps (6 à 8 mois)(t).
- La boîte pour essieu de voiture de M. Baker, ingénieur de la American Bail. Bea-ring C°, de Gleveland, est en deux pièces A et A' (fig. 25) vissées l’une dans l’autre en a a’ avec manchons de roulement B et B', faciles à enlever. Les billes sont prises entre ces manchons et les cônes D et D', de 90° au sommet, et montés à frottement doux sur
- Fig. 28 et 29. — Roulement Philippe pour vélocipèdes.
- l’essieu E, ainsi que les contre-cônes ; tout se règle en même temps par le serrage du bouchon J, fileté dans E, et le manchon A porte en M une rainure qui le cale par une vis sur le moyeu de la roue de manière qu’il ne puisse pas tourner et se dévisser de A' quand on dévisse le chapeau K.
- Le réglage du roulement Obenchain s’opère (fig. 26) en 4, en tournant l’écrou 9, fileté à la fois, en 8 sur l’essieu 1 et en 9, avec un pas double de v, dans le cône 7, rainure e' en 6 sur 8, de sorte que ce réglage s’opère sans déplacer le plan moyen du roulement.
- (1) Elecktric Zeitung, 26 janvier et 2 février 1899.
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- Un contre-écrou 10, avec rondelle 11, rainure e en 12, assure la fixation de 9 après réglage. La cuvette 4 est fixée par les vis 27 et le recouvrement 15, à feutre 14. Le réglage du roulement 23 s’opère de même symétriquement par la rotation de la cuvette 21, à double filetage 22 et 20, la cuvette 18, rainurée en 19 sur le moyeu 2, et
- Fig. 30 et 31. — Roulement Philippe sur galets et billes. — Fig. 32 à 39. — Roulette de fauteuil de la Standard Castor C°.
- le manchon 16, rainuré en 17, ne pouvant que glisser sur 2 et sur 1, de sorte que la position de 16 s’ajuste automatiquement par rapport à la cuvette fixe 4.
- On a souvent proposé des solutions parfois fort ingénieuses pour éviter le frottement des billes les unes sur les autres, bien que ce frottement, qui n’a guère lieu qu’entre les billes folles ou non chargées, soit en réalité bien faible. La solution la plus répandue consiste à séparer les billes portantes par des billes plus petites, et l’une
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- des meilleures de ces dispositions est celle de M. Philippe (fig. 28). Les diamètres indiqués sur la ligure 30 et 31 doivent être avec ceux des roulements G et A dans le
- . A CXH. rapport-g = ^
- L’un des emplois les plus anciens des billes est leur application aux roulettes de fauteuils ; le type de la Standar d Caster C°, de Ne w-York, est (fig. 32-39) remarquable par l’emploi de roues et de crapaudines entièrement en acier embouti, solide et très léger.
- Nous avons déjà décrit dans ce Bulletin les rouleaux élastiques de M. Hyatt (fig. 40) et la machine à les fabriquer (1). Des expériences ont été récemment exécutées, sous le patronage du Franklin Insiitute, avec des rouleaux ordinaires de 10 millimètres de diamètre et des rouleaux Hyatt de même diamètre formés par l’enroulement d’une barre d’acier de ressort de 13 millimètres de large sur 3 millimètres d’épaisseur. On disposait ces rouleaux entre trois plaques A, a et B (fig. 41), tantôt polies, tantôt rugueuses, et on mesurait l’effort de traction nécessaire pour déplacer B sous différentes charges de A. Voici quelques-uns des résultats :
- Avec plaques polies. Avec plaques rugueuses.
- Charge en Coefficient Coefficient
- kilogrammes par de frottement. de frottement.
- centimètre Rouleaux Rouleaux Rapport p. 100. Rouleaux Rouleaux Rapport p. 100.
- de longueur Hyatt. ordinaires.
- des rouleaux. H R
- 5,04 0,005 0,013
- 15 0,005 0,0116
- 25 0,004 0,0116
- 40 0.0056 0,010
- 60 0,0082 0,018
- 80 0,014 0,021
- 100 0,016 0,032
- 130 0,29
- Moyenne du rapport —
- R Hyatt. ordinaires. R
- H H R H
- 38 0,018 0,030 60
- 43 0,019 0,021 90
- 34 0,015 0,021 68
- 56 0,017 0,024 71
- 46 0,021 0,028 75
- 67 0,024 0,029 83
- 50 0,029 0,34 0,035 83
- 49 p. 100 77 p. 100
- Fig. 42 et 43. — Meulage et essais des roulements Mossberg.
- On obtient en somme, avec les rouleaux Hyatt, une diminution de frottement supérieure de 51 p. 100 en moyenne dans le cas des plaques lisses, et de 23 p. 100 dans
- (1) Bulletins de décembre 1894, p. 898, et février 1898, p. 228.
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- le cas des plaques rugueuses, telles que sorties du laminoir; en outre, les rouleaux élastiques s’appliquent beaucoup plus exactement, principalement avec les plaques rugueuses, sur toute l’étendue de leur portée, et ne se brisent pas.
- L’un des roulements sur rouleaux les plus employés aux États-Unis est celui de Mossberg (Providence). Gomme le savent nos lecteurs (1), ce roulement est constitué par une cage en bronze d’une épaisseur un peu inférieure au diamètre des rouleaux
- Fig. 44 à 50. — Clef à billes Converse.
- qui s’y trouvent maintenus dans des rainures cylindriques alésées très exactement par une machine spéciale, puis fermées à un bout par des bouchons, après l’introduction des rouleaux. Ces rouleaux, en acier trempé, sont rectifiés, après trempe, d’abord par un frappage à froid sur l’enclume, qui élimine en les brisant tous ceux qui sont cri-qués, puis à la machine à meuler. Le manchon du palier dans lequel roule la cage à rouleaux est aussi en acier trempé et (flg. 42) rectifié à la meule, puis l’ensemble, tout monté sur un étau, est (fig. 43) essayé en le faisant tourner à la main et en le retou-
- (1) Bulletin de mai 1898, p. 639. Iron Age, 26 mai 1898.
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- chant jusqu’à ce que la cage n’ait plus aucune tendance à se déplacer longitudinalement pendant sa rotation.
- Les roulement à billes ou à galets peuvent très facilement servir de transmetteurs et d’enclencheurs, comme des colonnes d’eau. Lesfig. 44-50 représentent une ingénieuse application de cette propriété au serrage des clefs anglaises. Quand le robinet H est dans la position fig. 44, les galets, libres de rouler, laissent manœuvrer sans frottement sensible la mâchoire E ; quand H occupe la position fig. 50, qu’on lui donne après avoir approché E de l’écrou, il ferme en C la canalisation des galets, et achève de serrer E sur l’écrou par la poussée de sa face excentrée.
- NOTE SUR L’UTILISATION DIRECTE DES GAZ DES HAUTS FOURNEAUX POUR LA PRODUCTION
- de la force motrice, par M. L. Jacoupy, Ingénieur civil des Mines (1).
- On commence actuellement,dans la métallurgie du fer,l’application d’un nouveau progrès, qui marquera dans son histoire et qui donnera un essor considérable à son industrie si importante. Ce progrès remarquable consiste en l’utilisation directe des gaz des hauts fourneaux dans des machines motrices; il permet de récupérer, plus complètement qu’on n’avait pu le faire jusqu’à ce jour, l’énergie du combustible nécessaire à la réduction du minerai. Depuis quelques années, la recherche d’une solution de cette question était poursuivie avec ardeur. L’étude théorique et les comptes rendus des expériences tentées ont fait l’objet de publications dans les principaux pays industriels (2).
- De ces diverses publications, ainsi que d’un article de M. Aimé Witz, paru dans l’jÉclairage électrique du 18 mars 1899, nous.avons tiré les éléments qui nous ont permis de résumer l’historique des variations apportées dans l’utilisation de l’énergie des gaz combustibles dégagés des hauts fourneaux et de donner des renseignements sur la genèse du dernier progrès accompli.
- L’opération industrielle ayant pour but d’extraire le fer de ses minerais est une de celles qui consomment le plus de charbon et dont le prix de revient est le plus directement influencé par la dépense du combustible. De tout temps, on a cherché à réduire la quantité de combustible exigée pour la production d’une tonne de fonte. La réduction de cette quantité a pu être obtenue peu à peu par le choix de la qualité du combustible, par le dosage plus exact des quantités de minerais divers et des fondants appropriés, par l’insufflation d’air chaud dans l’intérieur du haut fourneau, par d’utilisation des gaz combustibles s’échappant du gueulard, et qu’on laissait autrefois brûler à l’air libre.
- (1) Bulletin de l’Association amicale des Élèves de l’École nationale des Mines.
- (2) Parmi ces publications, nous citerons :
- En Belgique :
- Note de M. Hubert, ingénieur en chef, directeur des Mines, lue le 17 octobre 1897, à l’Association des Ingénieurs sortis de l’École de Liège (Séances techniques du Cinquantenaire);
- Note de M. Hubert, dans les Annales des Mines de Belgique (tome II, 1897);
- En France :
- Note de M. Lencauchez, lue le 8 novembre 1897, à la Séance du district de Paris de la Société de l’Industrie minérale ;
- En Angleterre :
- Note de MM. Galbreith et Rowden, lue le 18 novembre 1897, à l’Institut du fer et de l’acier de l’Ouest de l’Écosse, à Glasgow ;
- Communication par M. Ad. Greiner, directeur de la Société John Cockerill, faite le 3 mai 1898 à Londres, à l’Institut du fer et de l’acier ;
- En Allemagne :
- Notice présentée par M. Lurmann, le 27 février 1898, à l’Association des Sidérurgistes à Düsseldorf.
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- [/exemple suivant, pris en Angleterre et cité par M. L. Martin, président de l'Institut du fer et de l’acier en 1897, permettra le développement successif de la production des hauts fourneaux. En 1791, la production d’un fourneau de Dowlais, dans le sud du pays de Galles, n’était que de 20 tonnes par semaine. La consommation de houille par tonne de fonte dépas sait 8 tonnes (1).
- En 1821, la consommation de charbon était tombée à 4 tonnes, et en 1831 à 3 tonnes, tandis que la production hebdomadaire d’un fourneau s’élevait respectivement à 62 et à 78 tonnes. C’est seulement en 1845 que la production moyenne de chacun des 18 fourneaux de Dowlais s’élevait à 101 tonnes par semaine. En 1870, cette production était de 174 tonnes; en 1877, elle était de 260 tonnes avec des consommations de 2 1/2 et 2 tonnes de coke par tonne de fonte. Vingt ans plus tard, en 1896, la production hebdomadaire moyenne, dans cette même région de Dowlais, atteignait 1600 tonnes avec une consommation de 1 1/2 tonne de coke par tonne de fonte. Ainsi donc, en un siècle, la capacité productive de chaque fourneau est devenue 80 fois plus grande et la dépense de combustible par tonne de fonte produite a pu être réduite en même temps dans la proportion de 6 à 1.
- En Amérique, les résultats sont encore plus grandioses: les hauts fourneaux de la maison Carnegie, à Duquesne, qui consomment des minerais dont la teneur en fer est de 57 à 60 p. 100, ont produit jusqu’à 690 tonnes par jour et 4110 tonnes par semaine, avec une consommation de 3/4 de tonne de combustible par tonne de fonte produite. Les métallurgistes américains construisent même en ce moment des hauts fourneaux qui pourront produire 1000 tonnes par jour.
- Mais en fait, laissant de côté les installations géantes, on peut admettre actuellement qu’un haut fourneau moyen produit 200 tonnes par jour avec une consommation d’une tonne de coke par tonne de fonte.
- L’économie de combustible réalisée dans l’industrie de la fonte a été obtenue surtout par l’utilisation des gaz chauds produits par les réactions qui s’etfectuent dans l’intérieur du haut fourneau. Ces gaz étaient autrefois perdus et on les laissait brûler au gueulard. Mais depuis que Faber du Faur eut émis l’idée de capter ces gaz combustibles, que Laurent et Thomas, Chadefîaud, Parry, etc., eurent inventé les appareils de chargement et de prise cup and cône et autres, ces gaz ont reçu un double emploi : d’une part, ils sont utilisés pour chauffer l’air que les machines soufflantes injectent dans les hauts fourneaux à des températures qui ont toujours été en augmentant; d’autre part, iis sont brûlés dans les foyers des chaudières destinées à produire la vapeur nécessaire pouf l’alimentation des machines des souffleries, des monte-charges, des pompes, des concasseurs et des divers engins, accessoires indispensables des hauts fourneaux.
- Malgré le perfectionnement continuel des modes et des appareils de captation de ces gaz, on laisse encore échapper bien des calories sans les transformer en travail. On pourra se convaincre de ce fait par la lecture du tableau ci-joint, dressé avec soin par un ingénieur de la plus grande compétence, M. P. Gredt, directeur des hauts fournaux de Differdange (2). Ce tableau représente le bilan thermique d’un haut fourneau de 100 tonnes.
- (1) Presidential address : Journal of the Iron and Steel Institute, n° 1. — 1897.
- (2) Stahl und Eisen n° 7. — 1890. Düsseldorf.
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- Bilan thermique d’un haut fourneau de 100 tonnes.
- CALORIES
- EN 24 HEURES. REÇUES. UTILISÉES OU PERDUES.
- Chargement de 92,400 kilogrammes de coke Calories apportées par le vent servi par 3,5 (7 pour 2 fourneaux) réchauffeurs d’air fonctionnant durant 629,377,056 • ”
- 8 heures Calories consommées dans le fourneau par les réac- . 415,575,972 »
- tions et opérations diverses Calories utilisées par les réchauffeurs d’air, chauffés ' 182,237,077
- chacun durant 16 heures par combustion de gaz. . . Calories utilisées pour la production de la vapeur dans les chaudières en service continu par combustion ' 472,708,432
- des gaz » - 50,374,372
- Calories emportées par les gaz non recueillis » 339,633,147
- Balance 1,044,953,028 1,044,953,828
- On voit en somme que 29 p. 100 seulement de la chaleur du coke sont utilisés pour les réactions intérieures du haut fourneau, et 54 p. 100 de cette chaleur sont encore emportés par les gaz qu’on ne recueille pas. La quantité de chaleur du coke qui est utilisée pour la production de la vapeur dans les chaudières est seulement de 8 p. 100.
- Bien que cette proportion d’énergie calorique soit faible, elle donne cependant un total de 50 millions de calories. Quel parti tire-t-on de ces 8 p. 100 de la chaleur du coke, nécessairement employé dans le haut fourneau ?
- C’est ce que nous allons examiner rapidement.
- La composition des gaz sortant du gueulard est connue ; elle est, en moyenne, la suivante :
- CO2.............................. 16 volumes
- CO................................... 28 —
- H..................................... 1 —
- Az.................................. 50 —
- Divers............................... T —
- Total.......... 100 volumes.
- Mais il peut arriver que le gaz ne renferme que 24 volumes d’oxyde de carbone contre 17 volumes d’acide carbonique.
- La connaissance de cette composition des gaz permet de calculer leur pouvoir calorique par mètre cube. Ce calcul a été établi par M. Hubert (Annales des Mines de Belgique, tome II, 1897). Ce dernier observe tout d’abord que le rapport entre les poids de CO2 et de CO peut être pris comme mesure de l’utilisation plus ou moins complète du carbone dans la réduction de l’oxyde de fer du minerai. Ce rapport est variable suivant les époques et les régions. En Belgique, il atteint et dépasse 70 p. 100, mais il reste souvent au-dessous de 50 p. 100, surtout dans les contrées où le charbon est moins cher et où son économie s’impose d’une façon moins urgente. En même temps que Ja composition, le poids des gaz dégagés par tonne de fonte varie. M. Hubert a recherché, pour une composition du lit de fusion répondant à une
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- allure déterminée du fourneau et dont les éléments lui avaient été fournis par M. Hiertz, chef de service de la Société J. Cockerill, quels seraient le poids et la composition des gaz
- CO2
- dégagés suivant que le rapport des poids qq serait de 50 ou 70 p. 100. M. Hubert a trouvé
- que le poids varie de 5 500 à 5 830 kilogrammes par tonne de fonte, et il a évalué le pouvoir calorique, pour ces deux cas, à 820 et 730 calories par kilogramme. Il en résulte qu’un mètre cube de ces gaz, à la température de 15° et avec 1 p. 100 d’humidité, est susceptible de dégager en brûlant entièrement 1 094 calories dans le premier cas et 982 dans le second cas.
- Ces chiffres déduits du calcul ont été confirmés par l’analyse calorimétrique directe. Des échantillons de gaz ont été adressés par divers hauts fourneaux de Belgique et d’Allemagne à M. A. Witz, le savant bien connu. Celui-ci a effectué sur ces gaz des mesures calorimétriques directes en opérant au moyen de sa bombe eudiométrique. Il a constaté que les pouvoirs oscillent généralement entre 970 et 1000 calories, et, exceptionnellement, atteignait 927 et 1 058 calories. La moyenne ordinaire paraît être de 980 calories pour des fourneaux de bonne allure. En somme, ces expériences confirment les nombres trouvés par le calcul, et l’on peut fixer assez approximativement à 1000 calories le pouvoir calorifique d’un mètre cube de gaz à 0° et à 760 millimètres de pression sous volume constant, vapeur d’eau condensée à 16° environ.
- Quant à la quantité de gaz produite, on est d’accord aujourd’hui pour la fixer à 4500 mètres cubes par tonne de fonte produite, dont au minimum 2 000 vont sous les chaudières, le reste passant dans les appareils à air, dans les fuites, etc. Il résulte d’observations faites par M. Ad. Greiner, directeur général de la Société Cockerill, à Seraing, que, pour un haut fourneau de 100 tonnes, dégageant environ la quantité moyenne de gaz établie ci-dessus, c’est-à-dire 18765 mètres cubes par heure, on brûle par heure, sous les chaudières, au plus 8333 mètres cubes, et la vapeur produite fournit près de 380 chevaux indiqués, Le cheval-heure indiqué coûterait donc, pour le moins, 22 mètres cubes de gaz de haut fourneau.
- Ces 22 mètres cubes représentent 22000 calories, par lesquelles on développe 270000 kilo-
- grammètres. Le rendement thermique est égal en conséquence à 2^1jéC"x~4277
- =0,03 environ.
- C’est là un rendement extrêmement faible.
- Ce faible rendement avait été constaté depuis longtemps, et on avait cherché à l’améliorer le mieux possible, soit en établissant de meilleures chaudières, soit en s’appliquant à perfectionner les machines à vapeur. On est arrivé, dans certains cas, à produire le kilogramme de vapeur sous six atmosphères de pression par mètre cube de gaz, ce qui correspond à un rendement de 65 p. 100 à peu près; c’est un maximum dans l’espèce, qu’on ne dépassera guère. D’autre part, dans les meilleures conditions, la dépense moyenne par cheval-heure indiqué ressort encore à 12 kilogrammes de vapeur en tenant compte des différentes machines : souffleries, pompes, etc. Il en résulte donc toujours une dépense de 12 mètres cubes de gaz par cheval indiqué. D’ailleurs, il est très facile de se rendre compte qu’on ne peut faire de progrès marquants dans cette utilisation de la chaleur des gaz. La thermodynamique a permis d’établir, en effet, que, des différents moyens d’utiliser la chaleur pour créer du travail mécanique, celui qui consiste à passer par l’intermédiaire de la production de la vapeur est au moins théoriquement un des moins économiques.
- Pourquoi ne pas essayer de supprimer l’intermédiaire : la chaudière, et de faire travailler directement la chaleur de la combustion des gaz dans le cylindre lui-même, en un mot, substituer au moteur à vapeur le moteur à gaz.
- On a souvent établi la supériorité que présente le moteur à gaz sur le moteur à vapeur au point de vue non seulement du rendement thermique maximum, mais du rendement réel pratique. Des expériences dignes de foi ont prouvé que le moteur à gaz peut transformer en travail 22 à 23 p. 100 de la chaleur de combustion, tandis que le moteur à vapeur, générateur compris, ne dépasse guère un rendement total de 9 p. 100.
- L’idée de l’utilisation de gaz de haut fourneau pour l’alimentation de moteurs à gaz a été
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- NOTE SUR L’UTILISATION DIRECTE DES GAZ DES HAUTS FOURNEAUX. 801
- énoncée pour la première fois, en octobre 1894, par un éminent praticien anglais, M. Thwaite.
- Elle fut accueillie avec scepticisme. On éleva contre cette idée de nombreuses objections : faible pouvoir calorique des gaz, débit variable de ceux-ci, poussières entraînées par les gaz imposant l’établissement de colonnes de lavages et d’épuration, de scrubbers compliqués, etc. M. Thwaite ne se laissa pas décourager et essaya quand même d’installer des moteurs à gaz au pied des hauts fourneaux de Wishaw, en Écosse; ils fournirent une marche satisfaisante.
- Mais ces fourneaux fonctionnaient à la houille crue et la démonstration ne parut pas complète. MM. Bailly et Kroff entreprirent alors des essais à Seraing sur des fourneaux au coke; M. Yon QEchelhœuser fit de même à Herde, en Westphalie. Les essais eurent un plein succès.
- Nous parlerons plus spécialement de ceux entrepris à la Société Cockerill à Seraing. Le choix des ingénieurs de cette Société s’arrêta sur le moteur Simplex, créé par MM. Delamare-Deboutteville et Malandin. Ce moteur avait depuis longtemps fait ses preuves pour l’utilisalion des gaz très pauvres fournis par les gazogènes. Bien que le pouvoir calorique de ces gaz fût encore sensiblement supérieur à celui des gaz de hauts fourneaux, le mode d’allumage du moteur Simplex, qui emploie des étincelles d’induction jaillissant sans interruption dans le mélange explosif, permettait d’espérer qu’il réussirait également à fonctionner avec des gaz ne donnant que 1 000 calories par mètre cube. Cet espoir ne fut pas déçu. Un moteur de 8 chevaux, installé à l’atelier de réparation de la division des hauts fourneaux, fut mis en marche le 20 décembre 1895. Pendant 18 mois, ce moteur a fonctionné en actionnant quelques machines-outils et fournissant un travail journalier de 16 heures. La marche excellente de cette machine permit de se rendre compte de ce qu’il convenait de faire pour la réussite des gros moteurs. Une machine de 200 chevaux, étudiée par M. Delamare-DebouteviJle,fut construite en 1897, et installée aux mines Cockerill. Cette machine fut mise en marche avec la plus grande facilité et dès le premier essai, qui eut lieu le il avril 1898, la consommation de ce moteur relevée par M. A. Witz, a été de 3 329 litres par cheval-heure effectif, 30 litres d’eau aux scrubbers, 72 au cylindre et 17 grammes d’huile et de graisse.
- A Hœrde, un moteur de 600 chevaux installé par M. Von QEchelhœuser a consommé 3 170 litres d’un gaz donnant seulement 961 calories.
- En somme, on ne s’expose à aucun mécompte en évaluant à 3 500 litres la dépense de gaz par cheval-heure effectif. La consommation d’eau est minime et elle n’entrera assurément pas en considération dans l’évaluation des prix de revient.
- Les deux grandes difficultés inhérentes à l’emploi des gaz des hauts fourneaux étaient l’inflammation pratique de ces gaz peu combustibles et la quantité de poussières introduites dans le cylindre pendant la marche. Ces deux obstacles ont été la cause principale des échecs antérieurs, et le succès obtenu dans l’installation des moteurs des usines Cockerill est dû aux formes et aux dispositifs spéciaux combinés par les inventeurs du Simplex pour permettre l’utilisation des gaz pauvres.
- En ce qui concerne les poussières, on a relevé les observations suivantes dans les établissements Cockerill, où l’on traite du minerai espagnol et des résidus de pyrites. Un mètre cube de gaz emporte au moins 100 grammes de poussières lourdes, qu’il est assez facile d’arrêter par des épurateurs spéciaux; mais il entraîne environ 22 grammes dans les canalisations, et 3 grammes franchissent tous les scrubbers et arrivent au moteur. Un moteur de 200 chevaux recevrait donc, par vingt-quatre heures, près de 50 kilogrammes de poussières. Mais, en raison même de leur extrême ténuité, ces poussières, qui échappent aux tamiseurs et laveurs, sont aussi entraînées hors des cylindres par la violence de l’échappement. Elles sont d’ailleurs porphyrisées au point qu’elles ne rayent pas les pistons ni les cylindres. En résumé, il suffit de nettoyer les canalisations et de démonter tous les mois les pièces essentielles des machines, pour n’avoir à redouter aucune action nuisible des poussières. Les parties des machines qui réclament le plus de soin au point de vue du nettoyage sont les lumières de l’appareil d’inflammation. Cet inconvénient d’un arrêt des machines, nécessité par le nettoyage, pourrait
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- MAI 1899.
- donner lieu à une objection contre l’emploi des moteurs à gaz si l’on veut comparer l’utilisation de ces moteurs avec l’état actuel de la production de forme motrice par l’intermédiaire des chaudières à vapeur. Mais il ne faut pas oublier que les chaudières exigent aussi bien des nettoyages et des réparations, et que les carneaux amenant les gaz dans les foyers s’encrassent très facilement. D’ailleurs, on a remarqué, dans les installations en service courant de Belgique et d’Allemagne, qu’il n’est pas utile pour la bonne marche des appareils d’épurer les gaz avec autant de soin qu’on en avait mis tout d’abord.
- A Differdange, dans le Grand-Duché de Luxembourg, M. Gredt a pu supprimer, sans inconvénient, la plupart des épurateurs qui avaient été disposés sur le parcours des gaz avant leur arrivée au moteur. Cependant si, en Belgique et en Allemagne, on considère l’épuration préalable des gaz comme une opération qui n’est pas indispensable, en Angleterre, on continue à apporter le plus grand soin à cette épuration.
- Quant aux variations de pression des gaz venant des hauts fourneaux, elles ont été sans influence sur la marche des moteurs. On a reconnu, en particulier, que, pour les petits moteurs, des variations de la pression comprises entre 80 millimètres d’eau et zéro ne produisaient aucun dérangement dans le fonctionnement. Les cloches des gazomètres, qu’on avait d’abord supposées indispensables, ne sont pas non plus absolument nécessaires ; en tout cas, on a pu réduire considérablement leur volume.
- On peut donc considérer que la question de l’utilisation directe des gaz de hauts fourneaux est résolue au point de vue technique.
- Il est intéressant de voir quel est le bénéfice procuré par cette application.
- Les 8 333 mètres cubes brûlés sous les chaudières étant employés pour alimenter des
- 8 333
- moteurs à gaz donneront, au taux de 3m3,5 cheval-heure effectif, = 2 381 chevaux
- effectifs. La même consommation de gaz ne fournissait jusqu’ici que 380 chevaux indiqués, soit 380 x 0,85 = 332 chevaux effectifs. La différence est de 2 049 chevaux effectifs.
- Ainsi, un haut fourneau capable de produire 600 tonnes par jour pourrait fournir — par cette utilisation des gaz — 12 000 chevaux effectifs disponibles.
- N’est-ce pas là un résultat tout à fait remarquable? Actuellement, cette application n’est encore qu’au début, et, pour en retirer tout le bénéfice que les chiffres établis ci-dessus font espérer, il sera nécessaire que les gaz puissent faire fonctionner les machines soufflantes elles-mêmes. En réalité, il manque donc un nombre suffisant de moteurs et aussi des moteurs de force suffisante. On a commencé par utiliser ceux qui se trouvaient dans le commerce. En Angleterre et en Ecosse, à Wishaw, à Frondigham, à Barrovv, M. Thwaite a employé des Otto, des Crossley, des Acmé. En Allemagne et en Belgique on a fait choix d'Otto et de Simplex. Successivement, ont fonctionné des moteurs de 6, puis 8, puis 16, puis 65 chevaux— presque tous utilisés pour l’éclairage électrique des usines. Mais ce sont les ingénieurs des usines J. Gockerill, à Seraing, qui ont montré la plus grande initiative. MM. Bailly et Kroft ont construit, avec la collaboration de M. E. Delamare-Deboutteville, le moteur Simplex de 200 chevaux dont nous avons déjà parlé plus haut. Ce moteur est à 4 temps; il a un cylindre de 800 millimètres de diamètre et la course du piston est de 1 mètre. Il marche à la vitesse de 105 tours et il a pu, en essais, fonctionner d’une façon continue, sans arrêts, pendant 120 heures, sans qu’il se soit produit aucun allumage prématuré. A Hœrde (Westphalie), on a mis en marche, récemment, un moteur Von QEchelhœuser à 2 temps avec 2 pistons opposés, marchant en sens contraire dans un seul cylindre ; ce dernier a un diamètre de 480 millimètres, et la course des pistons est de 800 millimètres. 11 fait 132 tours par minute et peut développer 320 chevaux. Actuellement, les usines Cockerill construisent le même type de moteur, mais à 2 cylindres, chacun de ceux-ci devant développer une force de 500 chevaux, soit 1 000 chevaux pour la machine double. Il est probable qu’une machine de cette force pourra marcher à 75 ou 80 tours. Or, les machines soufflantes soutiennent très bien une allure de 50 à 60 tours et rien ne fait prévoir qu’elles ne s’accommoderaient pas de vitesses plus grandes. Il y a là une simple question d’adaptation que les mécaniciens pourront sans doute résoudre.
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- NOTE SUR L’UTILISATION DIRECTE DES GAZ DES HAUTS FOURNEAUX. 803
- La Société Cockerill a accepté la commande de plusieurs machines du type de 1 000 chevaux (1).
- Toutefois, l’opinion de plusieurs ingénieurs, et en particulier celle de M. Aimé Witz, est qu’il semble assez audacieux de se lancer si rapidement dans la construction de moteurs de grande puissance. D’après ce dernier, il serait possible d’utiliser entièrement le gaz des hauts fourneaux sans dépasser la puissance, actuellement réalisée, de 200 chevaux par cylindre. Si l’on considère un haut fourneau de 100 tonnes, après avoir assuré le service des machines soufflantes, on pourrait disposer de 1 900 chevaux, qui seraient appliqués à mouvoir les dynamos d’une station centrale d’électricité. Celle-ci distribuerait l’énergie dans les meilleures conditions à toutes les pompes, monte-charges et machines accessoires. Le groupement de moteurs de 200 chevaux auxquels on adjoindrait quelques moteurs de 100 et 50 chevaux donnerait une solution très pratique de la question.
- On ne s’attendait certainement pas à voir les hauts fourneaux devenir le centre de grandes stations centrales et pouvant disputer aux cours d’eau ce privilège d’être les pourvoyeurs d’énergie des usines d’électricité. Cependant, les 400 millions de calories disponibles en 24 heures par fourneau de 100 tonnes, et équivalant à 170 milliards de kilogrammètres, peuvent entrer en parallèle avec le travail d’importantes chutes d’eau. On peut donc, dès aujourd’hui, entrevoir le moment où chaque haut fourneau sera la source d’où rayonnera la force qui mettra en marche d’énormes moteurs et activera de vastes usines.
- Cette perspective de l’avenir a été exprimée sous une forme humoristique par M. Ed. Martin, signalant les essais de Cockerill à l’Institut du fer et de l’acier. La fonte, dit cet ingénieur, ne sera plus qu’un sous-produit du haut fourneau, dont la principale fonction sera de fournir aux environs la force et la lumière.
- Sans prédire une révolution aussi radicale, on peut affirmer, qu’avant peu, chaque haut fourneau sera entouré de moteurs à gaz et de dynamos qui remplaceront avantageusement les chaudières et les machines à vapeur actuelles.
- Les usines possédant des hauts fourneaux ne seront, d’ailleurs, pas les seules qui pourront profiter des progrès accomplis récemment par l’utilisation directe des gaz combustibles dans des machines motrices. Les installations de fours à coke, qui fournissent un gaz plus riche que celui des hauts fourneaux, sont tout à fait désignées pour donner lieu à une application de moteurs à gaz analogue à celle que nous avons décrite plus haut d’après M. A. Witz. Les compagnies minières réaliseraient alors, à bref délai, dans la production des forces motrices, le bénéfice énorme d’au moins 200 p. 100, par l’utilisation directe des gaz de distillation de leurs batteries de fours.
- (1) La Gasmotorenfabrik-Deutz construit actuellement 4 moteurs de 1000 chevaux, dont deux pour Horde et deux (avec deux autres de 600 chevaux) pour Dudelinger. (Yereins Deutscher Ingenieure, 20 mai 1899, p. 591.)
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- PROCÈS-VERBAUX
- Séance du 28 Avril 1899
- Présidence de M. A. Carnot, président.
- Correspondance. — M. Gollignon, secrétaire, dépouille la correspondance.
- Mme Ve Hurel, petite-fille de Robert, inventeur de la machine à fabriquer le papier, se recommande à la bienveillance de la Société. (Arts mécaniques.)
- M. Blot, à Bierles (Haute-Marne), demande une annuité de brevet pour un coupe-fleurs. (Agriculture.)
- M. Dumont, président de la Société des ingénieurs civils de France, recommande à la bienveillance do la Société M. Testud de Beauregard. (Arts mécaniques.)
- M. F. de Saint-André, 7, rue de Tournon, demande une annuité de brevet pour un avertisseur empêchant les rencontres des trains. (Arts mécaniques.)
- M. O. Lefèvre, à Saint-Quentin, présente plusieurs appareils mécaniques de sa construction. (Arts mécaniques.)
- M. P. Colin, président du Congrès international de l’enseignement du dessin, qui doit se réunir à Paris du 29 août au 1er septembre 1900, envoie le programme de ce congrès.
- Correspondance imprimée. — M. Collignon présente au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages mentionnés à la page 666 du Bulletin d’avril.
- Nominations de membres du Conseil. — Sont nommés membres du Conseil :
- Au Comité du Commerce, MM. Lalance et Raphaël-Georges Lévy ;
- Au Comité d’Agriculture, M. Bénard;
- Au Comité des Constructions et Beaux-Arts, MM. Larivière et Pillet.
- Nomination de membres de la Société. — Sont nommés membres de la Société :
- MM. Cardozo (Henri) et Cardozo (Albert), ingénieurs des arts et manufactures, présentés par M. Jordan;
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- PROCÈS-VERBAUX.
- MAI 1899.
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- M. Farcot fils, ingénieur-constructeur à Paris, présenté par MM. E. Bourdon et G. Richard;
- M. Biard (Eugène), ingénieur principal du matériel de la Compagnie de l’Est, présenté par M. Sauvage.
- Conférence. — M. L. Bâclé fait une conférence sur les plaques de blindage.
- M. le Président remercie et félicite vivement M. Bâclé de sa très intéressanle conférence, qui sera insérée au Bulletin.
- Séance du F2 Mai 1899.
- Présidence de M. A. Carnot, président.
- Correspondance. —M. Collignon, secrétaire, dépouille la correspondance.
- MM. Bénard, Raphaël-Georges Lévy et Larivière remercient le Conseil de leurs nominations comme membres des Comités d’Agriculture, du Commerce et des Beaux-Arts. M. Biard remercie le Conseil de sa nomination comme membre de la Société.
- M. J. Velter fait part de la mort de son associé M. Pillon, membre de la Société.
- M. Villard remercie la Société de la subvention de 1 500 francs qui lui a été accordée pour ses recherches de physique photographique.
- M. Cacheux, directeur de la Société d’Enseignement professionnel et technique des pêches maritimes, remercie la Société de la médaille mise à sa disposition pour la décerner à M. Le Bozée.
- M. F. Monnoyer, 95, boulevard Montparnasse, demande une annuité de brevet pour une pièce de quincaillerie. (Arts économiques.)
- M. Corel dépose un pli cacheté relatif à un deuxième perfectionnement de son inclinomètre.
- M. Girarbon, 12, rue Normande, à Vanves, dépose un pli cacheté relatif à une transformation de la bicyclette.
- M. A. Courtry, 113, boulevard de Vaugirard, présente une carte du Congo français en 12 feuilles au 1 : 800 000e. (Commerce.)
- Correspondance imprimée. — d/. Collignon présente au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages mentionnés à la page 808 du présent Bulletin.
- Tome IV. — 98e année, o® série. — Mai 1899. B3
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- 80() PROCÙS—VEltlUUX. --- MAI 1899,
- Notice nécrologique. — M. le comte de Saint-Lé on lil sa notice nécrologique sur M. le comte de Salverte, membre du Comité des Constructions et Beaux-Arts. (Voir page 677 du présent Bulletin.)
- Rapports des Comités. — M. Ch. Lavollée lit, au nom du Comité du Commerce, son rapport sur l’Ecole d'horlogerie de Paris. (Voir p. 680.)
- M. Rozé lit, au nom du Comité de mécanique, son rapport sur le Répartiteur angulaire de M. Guillerminet.
- Communications. — M. Bine fait une communication sur le Robinet économique pour distributions d'eaux.
- M. Dussaud fait une communication sur le phonographe Stentor, de MM. Pathé frères.
- M. le Président remercie MM. Bine et Dussaud de leurs très intéressantes communications, qui sont renvoyées aux Comités des Arts mécaniques et économiques.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Les Enzymes et leurs applications, par M. le Dr JEAN EFFRONT, directeur de l’Institut des Fermentations à Bruxelles. 1 vol. in-8, 372 pages, de la Bibliothèque de la Revue générale des sciences. — Paris, Carré et Naud.
- L’étude des ferments chimiques présente un grand intérêt scientifique en même temps que de nombreuses applications industrielles. Les phénomènes d’assimilation et de respiration qui se passent à l’intérieur de la cellule vivante sont en relation étroite avec les sécrétions diastasiques, dont l’étude s’impose aussi bien aux physiologues qu’aux botanistes et qu’aux bactériologues. La connaissance des réactions provoquées par les diastases est également de première importance pour les chimistes, pour qui ces agents physiologiques peuvent devenir des réactifs d’une sensibilité exceptionnelle. La science des ferments chimiques comprend aussi la connaissance de certaines toxines microbiennes qui, par leurs propriétés, se rapprochent des diastases ordinaires. Aussi faut-il, pour étudier ces poisons au point de vue de leur diffusion, de leur conservation et de leur destruction dans l’organisme, posséder des connaissances très exactes sur les enzymes. Enfin, toute une classe de ferments solubles ont trouvé, dès à présent, des applications industrielles, et il est indiscutable que l’avenir en amènera beaucoup d’autres; il y a, de ce fait, un intérêt de plus qui s’attache à l’étude des enzymes.
- Le présent ouvrage, qui résume le cours que l’auteur a donné à l’Institut des Fermentations de l’Université nouvelle de Bruxelles, s’adresse à la fois aux personnes qui se livrent à des études purement scientifiques et à celles qui s’occupent particulièrement des industries de fermentation. Il est divisé en deux parties. Dans la première, qui constitue le présent volume, l’auteur s’occupe des enzymes des hydrates de carbone et des oxydases ainsi que de leurs applications industrielles. Dans la seconde partie, actuellement en préparation, on étudiera les enzymes des matières protéiques et les toxines.
- L’auteur a vérifié la plupart des données expérimentales que contient ce premier volume, dans lequel on trouvera un certain nombre d’expe'riences, de modes de préparation, de méthodes d’analyse et de procédés techniques inédits.
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- LIVRES ET OUVRAGES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE
- EN MAI 1899
- Ve la Smilhsonian Institution, Annual Report of the U. S. National Muséum (1896). In-8°, 1110 p. Washington, Government Printing Office.
- VeM. E. Garnault, Le Bassin de la Pallice. La prise du Triton. Les Bourgeois roche-lais des temps passés et la cause de la décadence du commerce rochelais. Brochures chez l’auteur, à La Rochelle.
- Du Ministère du Commerce, École Centrale. Portefeuille des travaux de vacance des élèves, année 4898, 52 pl. in-fol. Paris, Librairie des Arts et Manufactures, 12, rue Paul-Lelong.
- Vu Ministère de l'Instruction publique, Société des Beaux-Arts départementaux. Table des comptes rendus, 1877 à 1896. In-8°, 405 p. Paris, Plon.
- Ve l’Institution of Mechanical Engineer. London Proceedings. Octobre 1898. Lang don. Installations électriques du Midland Ry. W. M. Smith. Pratique récente des locomotives express. G. W. Peet. Essais des matériaux au Midland Ry.
- Annuaire de la Société philotechnique, année 1898. 2 vol., 270 p. Paris, Delagrave.
- Jahresbericht uber der chemischen Technologie pour 1898, par M. F. Fischer. In-8°, 1 280 p., 202 fig. Leipsick. Otto Wigrand.
- Organisation de la coopération chez les marins pêcheurs, parM. A. Roussin. 1 broch-in-8°. Paris, Challamel.
- Méthode Renaud. Enseignement professionnel pour tailleurs d’habits. 1 vol. autographe in-4°, 223 p. Chez l’auteur, 133, rue de Sèvres.
- De l’Encyclopédie Lèauté, Calcul des canaux et aqueducs. In-18,180 p. Paris, Gauthier-Villars.
- De M. E. Collignon, Notice sur la vie et les travaux de M. Schlemmer. In-8°, 24 p. Paris, Dunod, et sur les Courbes de sûreté et Recherche des rayons de courbure dans les courbes de second ordre. Extraits des comptes rendus de l’Association française pour l’avancement des sciences.
- De M. J. Cannizaro, Cenno Necrologico de Carlo Friedel. 1 broch. Rome, Typographie de l’Académie des Lincei.
- Commentaire de la loi de 1898 sur la Responsabilité des accidents, par M. P. Guil-lot. In-18, 210 p. Paris, Marchal-Billard.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA RIRLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Avril au 15 Mai 1899
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac. . . . Annales de la Construction.
- Acp. . . . Annales de Chimie et de Physique.
- AM. . , . Annales des Mines.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique. APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. Bam. . . . Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- BMA . . . Bull, du ministère de l’Agriculture. ÇN. . . . Chimical News (London).
- Çs........Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- CR. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- DoL. . . . Bulletin of the Department of La-bor des États-Unis.
- Dp. . . . Dingler’s Polytechnisches Journal.
- E..........................Engineering.
- E’........................The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE................Eclairage Électrique.
- EU. . . . L’Électricien.
- Ef.. . . . Économiste français.
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Es........Engineers and Shipbuilders in
- Scotland (Proceedings).
- Fi .... Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc........Génie civil.
- Gm. . . . Revue du Génie militaire.
- IC.Ingénieurs civils de France (Bull.).
- le........Industrie électrique.
- Im . . . . Industrie minérale de St-Étienne. IME. . . . Institution of Mechanical Engineers (Proceedings).
- loB. . . . Institution of Brewing (Journal). La . . . .La Locomotion automobile.
- En........La Nature.
- Ms........Moniteur scientifique.
- MC. .
- N.. . Pc.. . Pm. . RcP .
- Rgc. . Rgds.. Ri . . RM. . Rmc.. Rs. . . Rso. . RSL. .
- Rt..
- Ru..
- SA..
- Sep. Sie..
- SiM.
- SiN.
- SL..
- SNA.
- SuE. U SR.
- VD1.
- ZOl.
- Revue générale des matières colorantes.
- Nature (anglais).
- Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Portefeuille économ. des machines.
- Revue générale de chimie pure et appliquée.
- Revue générale des chemins de fer.
- Revue générale des Sciences.
- Revue industrielle.
- Revue de mécanique.
- Revue maritime et coloniale.
- Bevue Scientifique.
- Réforme Sociale.
- Royal Society London (Proceedings).
- Revue technique.
- Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- Society of Arts (Journal of the).
- Société chimique de Paris ( Bull.).
- Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- Société industrielle du Nord de la France (Bulletin).
- Bull, de statistique et de législation.
- Société nationale d’agriculture de France (Bulletin).
- Stahl und Eisen.
- Consular Reports to the United
- . States Government.
- Zeitschrift des Vereines Deutscher Ingenieure.
- Zeitschrift des Oesterreichischen Ingenieure und Architekten-Ve-reins.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- MAI 1899.
- AGRICULTURE
- Betteraves (Ferme à) des environs de Paris. Ap. Mai, 684.
- Blé (Arrosage du) (Heuzé). Ap. 20 Avril, 662.
- Caoutchouc. Exploitation des lianes en Afrique. Ag. 22 Avril, 619.
- Céréales (Rouille des) et des Urédinées (La-fosse). Rs. 22 Avril, 493.
- — (Sulfatage des). Ap. 4 Mai, 661.
- — (tallage des). Ag. 22 avril, 6 mai, 623,
- 709; Ap. 20 Avril, 578; 4, Il Mai, 635, 741, 751.
- Colchique cl’automne. Ap. 11 Mai, 674.
- Drains (Écartement des). Ap. 11 Mai, 681. Cidre (Lavage des fruits à) (Sirodot). SNA. 1er Mars, 150.
- Chanvre (Qualité du) et les engrais (Guffroy). Ap. 20 Avril, 563.
- Colzas d’hiver et de printemps (Heuzé). Ap. 27 Avril, 602.
- Engrais. Utilisation des poussières de hauts fourneaux (Grandeau). SNA. Avril, 229.
- — Nitrate de soude et betteraves fourragères (Grandeau). Ap. Avril, 561.
- — Fosses à fumier étagées. Ap. 27 Avril, 614; 11 Mai, 686.
- — Fumures des arbres fruitiers. Ag. 6 Mai, 701.
- Foin. Combustion spontanée. SNA. ler Mars, 133.
- Fromages. Industrie du gruyère en France. Ag. 29 Avril, 654.
- Fruits (Séchagedes) en Amérique. Ag. 13 Mai, 730.
- Landes (Monographie agricole des) (Dufour-Bazin). BMA. Mars, 87.
- Machines agricoles. Trieur automatique russe. SNA. 1er Mars, 149.
- — Appareils préventifs des accidents (Rin-gelmann). SNA. 8 Mars 169.
- — Charrues au Congrès d’Alger. Ap. 27 Avril, 608.
- Maïs. Sélection des graines. Ap. 4 Mai, 641. Sauves (Destruction des). Ag. 22 Avril, 608;
- 6 Mai, 693.
- Transports agricoles aux États-Unis (Prix des), (Levasseur). SNA. 8 Mars 206.
- Vesce commune (Histoire de la) (Clos). SATA.
- 8 Mars, 162.
- Vigne. Destruction de U attise. SAM. 8 Mars, 143.
- — Traitement cuprique. Ap. 11 Mai, 676. — Culture en chaintres. Ag. 22 Avril, 626. — Progrès de la vinification (Loir). Rs. 29 Avril, 526.
- — Vins obtenus par le chaulfage préalable de la vendange (Rosentiehl). CR. 24 Avril, 1050.
- CHEMINS DE FER
- Chemins de fer. Grand Central anglais. E'. 28 Avril, 411.
- — Métropolitain de Paris. Mc. Mai, 66.
- — Saint-Gothard (Jules Michel). Rgc. Mai, 297.
- — belges. Statistique, 1897. Rgc. Mai, 327.
- — électriques de la Jungfrau (Martin).
- Gc. 22, 29 Avril, 393, 413. Locomotives. Express, État français. E. 28 Avril, 405.
- — État prussien. Compound.Rgc. Mai, 353.
- — du Great Western. E'. 28 Avril, 405.
- — Américaines pour le Midland anglais.
- E'. 6 Mai, 445. Consolidation Yau-clain. RM. Avril 424. Krauss. Id. 423. — Tender pour le Pretoria-Pétersbourg. E' 6 Mai, 443.
- — Rayonnement des chaudières (Closs).
- E1. 28 Avril, 419; Rgc. Mai, 332.
- — A4 cylindres Hagans. RM. Avril, 426.
- — (Entretien des). E. Mai. 595.
- — Dépense de charbons en Amérique. Id. 349. des machines Compound et simples, kl. 352.
- Matériel roulant. Bogies Common Sense et Sterlingworth. RM. Avril, 427.
- — Accouplements automatiques en Angleterre. Rgc. Mai, 334.
- Voie. Enclenchements par serrures Bourré. AM. Mars, 298. électriques du P.-L.-M. (Bouvier). Rgc. Mai, 285.
- — — Signaux aux États-Unis. Rgc. Mai,
- 338.
- —- — Coins Barberot pour empêcher le déversement des rails Vignole. Rgc. 342.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles (Décret pour la circulation des). Ri. 29 Avril, 169.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES
- MAI 1899.
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- Automobiles. Travail développé pendant la marche. La. 27 Avril, 259.
- — Roues. Ri. 29 Avril, 164; 6, 13 Mai, 175,
- 184.
- — Direction Brillié. RM. Avril, 430.
- — à alcool. La. 20 Avril, 242.
- — à 'pétrole de Dion. RM. Avril, 428.
- — — Bénier, Id., 429.
- — électriques. Fiacres des Petites Voitures.
- le, 25 Avril, 166.
- — — (Les). Ele’. 6 Mai, 275.
- — à vapeur Ernst. RM. Avril, 428.
- — — Nègre. Prn. Mai, 77.
- — à pétrole. Consommation des moteurs.
- La. H Mai, 292.
- — — Bollée. La. 11 Mai, 294.
- — — Barrière. Id., 296.
- Tramways électriques Diatto. Elé, 29 Avril,
- 257; Rt. 25 Avril, 169; EE. 29 Avril,
- 121.
- — — du Caire. Ri. 6 Mai, 438.
- — — du Puy. Pm. 6 Mai, 66.
- — (Dynamos pour) Parshall et Hobart). E.
- 27 Avril, 257.
- — Frein à air comprimé Standard. EE.
- 6 Mai, 180.
- Vélocipèdes. Multiplicateur variable Evans. Lu. 6 Mai, 365.
- — Auto-vélo Craig, et Philip. RM. Avril, 429.
- — Akatènes Trépoud et Lagarde. Rm.
- Avril, 430.
- — — Bergeron. Id. 431.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acétylène. Divers. Dp. 22 Avril, 44.
- — Règlements américains. Ri. & Mai, 177.
- — Hydrogénation en présence du nickel
- (Sabatier et Sanderens). CR. 8 Mai, 1173.
- — Usine à carbure de Meran. Ri. 29 Avril,
- 162; EE. 6 Mai, 172.
- Acides sulfurique. État de l’industrie en Allemagne (1898) (Hasenclever). Ms. Mai, 332.
- — tartrique. Nouvelle méthode de fabri-
- cation (Scarlata). Ms. Mai, 360. Alcool (Synthèse de) (Berthelot). ScP. 20 Avril, 362.
- — dénaturé, Régénération par le chlorure
- de chaux (Buisine). Pc. 1er Mai 429.
- Alcool. Par les huiles d’acétone (Klaz). CN. 5 Mai, 205.
- — Méthylique. Recherche dans les liqueurs et les spiritueux (Trillat) ScP. 5 Mai, 439, 445.
- Argent. Sous-oxyde (Guntz). CR. 17 Avril, 996.
- Actinomètrc à l'alcool (Crova). AcP. Mai, 22.
- Aéro-thermomètre automatique Volquartz. Ri. 13 Mai, 189.
- Brasserie. Fermentivité du houblon (0. Sullivan). loB. Mars, 161.
- Carbure de calcium. Énergie nécessaire pour sa production. EE. 6 Mai.
- — Usine de Méran. Ri. 29 Avril, 162; EE.
- 6 Mai, 172.
- Céramique. Emploi du plomb dans les couvertes. N. 4 Mai, 18.
- Cérium. Carbonate double (Job). CE. 1er Mai, 1098.
- Chaleur deformation et de combustion de divers composés azotés et autres (Berthelot et André). CR. 17 Avril, 959.
- Chaux et ciments. Blocs coulés en ciment (Behrens). Le Ciment. Avril, 101.
- Cryoscopie. Mesures de Raoult (Ponsot). ScP. 20 Avril, 356.
- Chlorure barytique et blanc fixe. Fabrication (Jurich). Ms. Mai 352.
- Céruse. Fabrication Cowper Cooles. Ms. Mai, 344.
- Chlore. Procédé Mond (Lunge et Wegell). Ms. Mai, 353.
- Essences et parfums. Citral. Sa découverte et ses propriété (Tiemann). Rcp. 15 Avril, 150; ScP. 5 Mai, 409,417.
- Huiles essentielles (Industrie des) (Charabot et Pillet). Rcp. 15 Avril, 157.
- Explosifs desûreté (Gutmann), 362.
- — Poudre chloratée. Pyrodialyte Turpin. Ms. Mai, 376.
- — Combinaisons non explosives de gaz neutres et explosifs (Mixter). American Journal of Science. Mai, 327.
- Égouts. Épuration, procédé Howatson. Bam. Avril, 387.
- Gaz. Augmentation de pression produite par le mélange de deux gaz et compressibilité du mélange (D. Berthelot). CR. 8 Mai, 1159.
- Hélium (Granger). RcP. 15 Avril, 137.
- Huiles essentielles et chimie des terpènes (Ger-ber). Ms. Mai, 313.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- MAI 1899.
- Hydrosulfites d’ammoniaque (Prudhomme). Ms. Mai, 331.
- Hydrogène liquide. Point d’ébullition (Dewar)-AcP. Mai, 5 ; application à la production du vide. Td., 12.
- Hypochlorites en solutions concentrées (Muspratt et Smith). Ms. Mai, 337.
- Iodure de soufre (Prunier). Pc. 1er Mai, 421. Iode dans l’eau de mer (Gautier). CR. 1er Mai, 1069.
- —- Dosage en petites quantités dans les matières organiques (Bourget). CR. 1er Mai, 1120.
- Industries chimiques dans la région parisienne (Guillet). Gc. 22, 29 Avril, 403, 421. Laboratoire. Chimie analytique. Bases nouvelles (Muller). ScM. Fév., 63.
- — Détermination du zinc (Langmuir). CN. 21 Avril, 183.
- — Analyse de l’ammoniaque du commerce (Hefter). CN. 21 Avril, 182.
- — Séparation du fer et des sels alcalins
- (Brearley). CN. 28 Avril, 193.
- — Dosage colorimé trique du nickel(Lucas). ScP. 5 Mai, 432.
- — Volatilisation des chlorures de fer dans les analyses et séparation des oxydes de fer et d’aluminium (Gooch et Ha-vens). American Journal of Science. Mai, 378.
- Masse moléculaire (Derome). Détermination par laméthode de Ramsay et Shields. RcP. 15 Avril, 142; par la mesure des tensions de dissociation des hydrates de gaz (Rosset). ScP. 20 Avril. 361. Margarine. Moyen de la reconnaître dans le beurre (Cotton). Pc. 15 Mai, 505. Mercure. Déplacement par l’hydrogène (Col-son). CR. 1er Mai, 1104.
- Métaux. Combinaisons halogénées basiques ammoniacales (Tassily). ACP. Mai, 38.
- Morphine et ses sels (Leroy). CR. 1er Mai, 1107. Optique. Analyse spectrale. État actuel (Norman Lockyer). N. 20 Avril, 585.
- — Nouvelle forme de miroirs plans (Mal-
- lock). RSL. 18 Avril, 440.
- — Polarisation rotatoire magnétique du
- quartz (Bord). CR. 1er Mai, 1095.
- — Stéréomètre Maru et Ilibaut. CR.
- 17 Avril, 1808.
- — Sur une source intense de lumière mo-
- nochromatique (Eabry et Pérot). CR. 8 Mai. 1156.
- Optique. Spectroscope à échelons Michelson. N. 27 Avril, 607.
- — Théorie de l’arc-en-ciel (Pope). N.
- 27 Avril, 616.
- — Rayons X (Formation des). Villard. Rgds. 30 Avril, 301.
- — — Transformation par les différents
- corps (Sagnac). EE. 13 Mai, 201.
- — — (Photomètre à)(Hibert et Raynaud).
- ScP. 5 Mai, 392.
- — — Absorption par les sels métalliques.
- ld., 394.
- Periôdates alcalins. Pouvoir oxydant (Pichardb CR. Ie'' Mai, 1101.
- Phosphure de magnésium (Gautier). CR. 8 Mai, 1167.
- Poids’ atomiques (Rapport de la commission des). ScP. 20 Avril, 337. CN.
- 28 Avril, 195 ; 5 Mai, 206.
- — du nickel (Richards et Cushman). CN.
- 21 A vril, 185.
- — du cobalt (Richards et Boxter). CN.
- 28 Avril, 199; 5, 12 Mai, 208, 219.
- — de l’hydrogène et de l’oxygène (Rap-
- port des) (Leduc). CR. 8 Mai, 1158. Pyromètre pneumatique Uehling et Steinhart. SuE. 1er Mai, 431.
- Solanine (La). Cazeneuve et Bretian. Pc. 15 Mai, 465.
- Sucrerie. Industrie au Brésil (Diamanti). BMA. Mars, 171.
- — pouvoir rotatoire du sucre (Mascart et
- Bénard), ACP. Mai, 125.
- Sulfure d’argent. Action de l’hydrogène (Péla-bon). ScP. 5 Mai, 402.
- Teinture. Sans couleurs (Gilotin). Rcp. 15 Avril, 167.
- — Réserves au tanin sous couleurs azoï-
- ques (Kœchlin). SiM. Fév., 74; sous rouge paranitraniline (Langer), ld., 76.
- — Action des réducteurs alcalins sur les
- couleurs azoïques dérivées des nitra-nilines (Brandt). SiM. Fév., 77.
- — Effets plissés sur laines (Sufert). SiM.
- Fév., 86, 90.
- — Action de la lumière sur les couleurs
- (Brilensky). SiM. Fév., 95.
- — Indigo artificiel. Synthèse et prépara-
- tion (Hanzlik). MS. 1er Mai, 166.
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- MAI 1899.
- 813
- Teinture. Matières colorantes nouvelles (Revue des) (Reverdin). Ms. Mai, 32a; MC. 1er Mai, 172.
- — Noii’s sur soie et charge des soies. MC. 1er Mai, 175.
- — Brevets divers. Ms. Mai, 384; MC.
- lor Mai, 181.
- — Teinture de la laine. Théorie (Gillet).
- MC. 1er Mai, 157.
- — Teinture en bain acide (Hallilt). MC. 1er Mai, 164.
- Thermochimie. Expériences avec les gaz endo-thermiques (Mixter). American Journal of Sciences. Mai, 323.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Afrique (Invasion européenne en) (Foa). lis. 6 Mai, 545.
- Accidents du travail (Loi française sur les). Ef. 13 Mai, 621.
- Alimentation en blé (Pavlowski). Rs. 6 Mai, 553. France. Production et populations agricoles. Ef. 13 Mai, 623.
- Chine (Intérêts européens en) (Duchanoy). Gc. 6 Mai, 5.
- Grandes villes (Croissance des). Ef. 6 Mai, 585.
- Impôt personnel sur le revenu en Autriche. Ef. 6 Mai, 587.
- Ingénieurs et ouvriers (Polonceau). Rso. 1er Mai, 713.
- Marins pécheurs (Les) (Musée Social). Mai. Monts-de-piété en Amérique et en Europe. DoL. 21 Mars, 175.
- Ouvriers des chemins de fer aux États-Unis (Carbonel) (Musée Social). Avril.
- — (Condition des) à Troyes. Rso. 1er Mai,
- 717.
- Recensement des industries et professions en 1896 (March). IC. Mars, 398.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Ciment armé (Évolution des constructions en). Le Ciment. Avril, 50.
- Exposition de 1900. Palais des fils et tissus. Gc. 13 Mai, 17.
- Incendies. Protection en Europe. (Sachs.) Ë. 5 Mai, 571.
- Ponts du Niagara. E. 28 Avril, 541 ; 5 Mai, 578.
- — Alexandre III. Paris. EM. Mai, 214.
- ÉLECTRICITÉ
- Bobine d’induction. Progrès de la (Arma-gnat). EE. 29 Avril, 134.
- — Différence de potentiel entre les bornes. Fonction du condensateur. Id., 144, 147, 151.
- — à haute fréquence (Boynton). EE. 6 Mai,
- 190.
- Canalisation pour lampes à incandescence. Calcul. EU. 6 Mai, 273.
- Chauffage électrique. (Lalance). IC. Mars, 385. Condensateurs Bradley au stéarate de plomb. EE. 6 Mai, 186.
- Conducteurs La Chamette. Formules et fables (Laroze). Annales télégraphiques. Nov. 488.
- Distribution continue à 220 volts. Eté. 22 Avril, 242.
- Dynamos à courant interrompu. Elë. 22 Avril, 247.
- — limite d’étincelles dans les dynamos
- à courants continus (Kapp). EU. 22 Avril, 250.
- — continue Campbell. le. 25 Avril, 165.
- — Effet de la commutation sur le champ
- inducteur. EE. 29 Avril, 141.
- — Résistance du contact des balais de charbon. EE. 13 Mai, 224.
- — Alternateurs Stanly, Langdon, Davies, Rosenquist, Steinmetz, Thomson-Houston , Bradley, Westinghouse (Guilbert). EE. 6, 13 Mai, 160, 208. Éclairage. Arc. Lampes diverses. Dp. 13 Mai, 88.
- Électro-chimie aux États-Unis. Gc. 22 Avril,
- 406.
- — Analyse électrolytique. Détermination
- du fer déposé (Arth). EE. 29 Avril, 133.
- — Usine de Clavaux. Eam. 26 Avril, 497.
- — Fabrication du fer, de l’acier et de leurs
- alliages (Stassano). IC. Mars, 425. Industries électriques aux États-Unis. Gc. 29 Avril, 422.
- Interrupteurs Wehnelt. CR. 17 Avril, 987, 991 ; le, 25 Avril, 161 »
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MAI 1 899.
- Magnétisme (Le) (Ewing). E. 28 Avril; 12 Mai, 5G3, 027.
- — terrestre (Bezold). VDI. 29 Avril, 473. Mesures. Electromètre et voltmètre électrostatique Pérot et Eabry. Annales télégraphiques. Nov., ait, 538.
- Ondes hertziennes (Transparence pour les) (G. Le Bon). Es. 29 Avril, 513. Parafoudrcsdes canalisations (Boehet). Sic. Avril. 184.
- Stations centrales en Angleterre (Hall). EM. Mai, 206.
- — City of London. FJ. 12 Mai, 458. Télégraphie et téléphonie simultanées Van Risselberge. EE. 15 Avril, 107.
- — sans fils. le. 25 Avril, 164 ; E. 5 Mat, 585.
- — — Preece. SA. 5 Mai, 519.
- — — Radioconducteurs à billes métalli-
- ques (Branly). CR. 1er Mai, 1089. Blondel et Dobkwitch. EE. 13 Mai> 228.
- — Sous-marine. Câbles français New-York, Cap haïtien Brest-cap Cod (de Nerville). Annales télégraphiques. Sept., 383.
- Téléphonie. Hôtel de la rue Gutenberg (de la Touane). Annales tltélégraphiques. Sept. 933.
- — Câble à isolement d’air W. Smith et Granville (de Nerville). Annales télégraphiques. 'Nov., 475.
- — Tableau d’essai pour essais téléphoniques. EE. Mai, 221.
- — Microphone Schwarze. EE. 13 Mai, 222? Transformateurs rotatifs à tensions variables avec la charge (Marchena). EE. 15 Avril, 108.
- — à noyau pour passer d’une distribution
- à deux fils à une distribution à trois fils. EE. 29 Avril, 140.
- HYDRAULIQUE
- Distribution de force hydraulique (Ellington). EM. Mai, 233.
- Eaux de Londres (W. Hunter). SA. 21 Avril, 475.
- — Stérilisation par l’Ozone. Andreoli. Elé. 13 Mai, 289.
- Pompes des eaux de Charlottenbourg. VDI. 29 Avril, 481.
- — centrifuge Tangye. Eh 28 Avril, 407.
- Pompes de Rockford. RM. Avril, 432.
- — à incendies, automobile Cambier. Ln.
- 22 Avril, 331.
- Robinet. Craven, RM. Avril, 432.
- Roue Pelton. Dp. 13 Mai, 84.
- Turbines hélicoïdales (Les) (Ilateau). RM. Avril, 363.
- MARINE, NAVIGATION
- Canaux. Porte de garde à fermeture automatique pour canaux. Gc. 13 Mai, 28.
- — Canal de l’Elbe au Rhin. SuE. 15 Avril, 350.
- Côtes (protection des) (Wlieler). E' 21, 28 Avril;
- 6 Mai, 381, 403, 403; 12 Mai, 455. Dock de la Clxgde (Machinerie des) (Baxter).
- Es. Avril, 13. E'. 28 Avril, 406. Machines marines. Essais de YAmphitrite. E. 21 Avril, 522.
- — (Équilibrage des) (Dalby). E. 21,28 Avril,
- 530, 561.
- — Les monitors, les cuirassés (Dickie). EM. Mai, 189.
- — Appareils auxiliaires. Épuisement (Jou-bertj.Bam. Avril, 319. (Dépense des). E. 21 Avril, 524.
- Marine de guerre. Les cuirassés futurs. E1. 28 Avril, 417.
- — Bateaux sous-marins. EE. 6 Mai, 195.
- — Russe. E'. 5 Mai, 429.
- — Emploi de l’électricité. E'. 5 Mai, 441. Paquebots des Messageries ; le Laos.E.28 Avril, 542.
- — Américains à roues. E'. 28 Avril, 410.
- — Moskwa de la flotte des volontaires russes. E. 13 Mai, 626.
- Pêches maritimes. Exposition de Bergen. (Pé-rard). le. Mars, 436.
- Yacht Royal Albert nouveau. E. 12 Mai, 021.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Aérostation. Les aéroplanes (Fitz Gérald). Rïh. 18 Avril, 420.
- Chaudières à tubes d’eau Belleville. EE.
- 15 Avril, 81. Explosion du Terrible. E. 5 Mai, 391.
- — — A la mer. E'. 21, 28 Avril, 383, 403 ;
- 5, 12 Mai, 427, 455.
- — — Verbuck et Pirscb, Langton, Keene,
- Strickland et Cross. RM. Avril, 419. Munford, Ri. 6 Mai, 176.
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- 815
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- MAI 1899.
- Ghaudières.Épurateur Buron.lR‘,29 Avril, 161.
- — Tire-grilles Brown. E. 21 Avril, 527.
- — Surchauffeurs divers. Dp. 22, 24, Avril,
- 34, 51 ; 6, 13 Mai, 67, 81 ; SuE. 15 Avril, 370; Rosenthal. RM. Avril, 422.
- — Transmission de la chaleur à l’eau en
- circulation (Ilalliday). E'. IdMai, 473.
- — (Tuyauterie des) (Milton). RM. Avril, 416.
- — Cheminée de l’Exposition de 1900. Gc.
- 6 Mai.
- — Purgeurs automatiques divers (Dague).
- Ram. Avril, 354. Korting. Ri. 13 Mai,
- 185.
- — Robinet de jauge. Phillips. RM. Avril, 421.
- — Régulateur de pression Masson. RM.
- Avril, 421.
- — Réchauffeurs Smith. RM. Avril, 421.
- Mac Phail. Rd. Avril, Rd. 422. Courroies. Tendeur Musgrave. RM. Avril, 439. Coussinets à lanternes. RM. Avril, 441.
- Drague. Lobnitz. RM. Avril, 433.
- Embrayages Margulies Crown. RM. Avril, 439, 440.
- Froid. Appareil Hampson E'. 12 Mai, 470. Indicateur Paige. RM. Avril, 440.
- Levage. Élévateur Landis. RM. Avril, 432.
- — Kochs. Id., 434.
- — Escalier mobile Wheeler. RM. Avril, 434.
- — Convoyeur Honigmann. RM. Avril, 432.
- — Grue Walker. RAI. Avril, 434.
- — Treuil-Bolzani. RM. Avril, 434.
- — Chaland à déchargeur Paul. IC. Mars,432. Machines-Outils. Ateliers américains et anglais. EM. Mai, 268.
- — Cisailles Stevens. RM. Avril, 435.
- — Étau limeur Fein actionné par l’élec-
- tricité. Rc. 29 Avril, 166.
- — Frappeur Johnson. RM. Avril, 435.
- — Perceuses radiale russe. E. 21 Avril, 503.
- — — Church pour platines de montres.
- RM. Avril, 401. Jansen. RM. Avril, 410.
- — Tours pour canons de lm,25, Bernent,
- Miles. E. 28 Avril, 535. A revolver Schishkar. E'. 28 Avril, 419.
- — Fraiseuse Beale pour engrenages. RM.
- Avril, 411.
- — — Potter. MR. Avril, 436.
- — — Fraises rapportées Hillmann. RM.
- Avril, 435.
- — à bois. Évolution des raboteuses (Ri-
- chards). EM. Mai, 252.
- Moteurs à vapeur. Théorie des (Anspach). RM. Avril, 381.
- — de 2000 chevaux compound. Plenty. E'.
- 21 Avril, 385.
- — Verticaux)divers (Marx). VD1. 13 Mai.
- 540.
- — Turbine Schultze. RM. Avril, 445.
- — compound. Tracé des diagrammes. VDI.
- 29 Avril, 489.
- — — Tandem. 13 Mai, 559.
- — — Wigzell. E. 5 Mai, 580.
- — Compression dans l’espace mort (Isher-
- wood). RM. Avril, 396.
- — Condenseur séparé Allen, fî.21 Avril, 389.
- — — à air (Oldharn). E. 5 Mai, 432, 412,
- 447; E. 5 Mai, 595.
- — — Pickhans, RM. Avril, 446.
- — Distributions Coleman. VDI. 22 Avril,
- 461.
- — — Petsch. RM. Avril, 414.
- — — Wilson et Mitchell. MR.Avril, 44.
- — — Abell. RAI. Avril, 446.
- — (Équilibrage des) (Dalby). E. 28 Avril,
- 561.
- — Garniture Platts. E. 28 Avril, 555.
- — Régulateurs (Les) (Lecornu). RAI. Avril,
- 333. Nichols. RAI. Avril, 446.
- — — d’inertie américains (Stodola). VDI.
- 6 Alai, 506.
- — à gaz à l’Exposition de Munich. Dp.
- 22 Avril, 38.
- — — Andrew. E'. 12 Mai, 470.
- — — Crouan. RM. Avril, 446.
- — — Chauvin et Arnoux. Id., 447.
- — — de haut fourneau de 60 chevaux
- (Meyer). VDI. 22, 29 Avril, 418, 483.
- — à pétrole. Diesel. Dp. 22 Avril, 41.
- — — Caillardet. La. 4 Alai, 278.
- — — Koch. Id., 280.
- Résistance des matériaux. Fonte. Coulée des barrettes pour essais (West). E. 28 Avril, 545.
- — Analyse thermique des efforts, leur mesure thermo-électrique (Turner). E. 28 Avril, 564.
- — Machines à essayer Warren, Olsen,
- Clermont, Henning. Dp. 29 Avril, 55.
- — Rockie-Kingsbury. Buckton. Id. 6 Mai,
- 71.
- Similitude en mécanique. (Barr.). Es. Avril, 38.
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-
-
- 816
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MAI 1899.
- Ventilateurs. Essais Carpenter. BM. Avril, 442.
- MÉTALLURGIE
- Alliages. Nickel et aluminium. E. 21 Avril. 508.
- — Bronze Elio. E'. 21 Avril, 396.
- Coke. Fours divers. SuE. 15 Avril, 301.
- Fer et acier. Progrès récents des installations de laminage (Lantz). Bulletin du Comité des Forges, 10 Avril.
- — Acier au creuset (J. Kern.). CJV. 21 Avril, 181.
- — Diffusion des éléments dans le fer et l’acier (Arnold). E. 12 Mai, 604.
- — Laminage des demi-produits. Rails, traverses (Demenge). Gc. 13 Mai. 24. — Fours à réverbères oscillants (Head). E. 12 Mai, 613.
- — — à gazogènes. Divers. Société d’En-
- couragement de Berlin. Avril, 160.
- —- Haut fourneau. Four à air chaud. Stevenson et Evans. £'. 28 Avril, 411.
- — — Chargeurs Stephenson. RM. Avril,
- 443. Wagner. Eam. 29 Avril, 501.
- — - (Emploi des gaz de). E. 12 Mai, 608. Fer-blanc. Fabrication moderne. Possibilité
- de son introduction en Belgique. Ru. Avril, 1.
- Fonderie. Moulages Cothias. Ri. 22 Avril, 154.
- — Creuset au pétrole. Bickford. Eam.
- 22 Avril, 473.
- — (Machines de) (Ledebur). VD1. 22 Avril.
- 433.
- — Poche Jackson. E. 21 Avril, 533.
- Hautes températures pour la fusion des métaux (Goldsmilh). CN. 21 Avril, 181.
- Or. Pertes au Wihvalersrand. Eam. 15 Avril, 441.
- Or. Chloruration à Etica. Eam. 22 Avril, 467.
- Pi/rites mélangées au sel marin (grillage des) (Krutwig). Ru. Avril, 35.
- Z inc (Haut fourneau à). Eam. 22 Avril, 469.
- MINES
- Antilles et Philippines. Richesses minérales. EM. Mai, 242.
- Boisages (Résistance des). Expériences exécutées àla mine deKœnig, à Saarbruck. Ru. Avril, 103.
- Corindon dans l’Ontario. Eam. 29 Avril, 500. Cuivre. Ressources de la Californie. Eam. 22 Avril, 470.
- — en Amérique. E. 5 Mai, 587.
- — en Bolivie. AM. Mars, 351.
- Exploitations des mines à grandes profondeurs.
- Ru. Avril, 67.
- Explosifs de sûreté (Les) (Chesneau). AM. Mars, 253.
- Filons. Détermination de leur âge (Hoffer). Ru. Avril,'oo.
- Houillères. Anthracites. Rendement des tas (Reynolds). Eam. 15 Avril, 440. Industrie minérale en Autriche. Statistique 1897. AM. Mars, 350.
- Machines d’épuisement de Cornouailles (Davey). E1. Mai, 471.
- Perforatrice Doble. RM. Avril, 499.
- — à main Elmore. Eam. Avril, 444.
- Or (Dragage de 1’) (Longridge). E. 21, 27 Avril, 503, 535.
- — Moyen de le reconnaître dans un mi-
- nerai. Eam. 29 Avril, 499.
- Préparation mécanique. Concentration Cani-mett. Eam. 15 Avril, 439.
- Trieur mécanique. Trustedl, Eam. 29 Avril, 503.
- Le Gerant : Gustave Richard.
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-
-
- 08e ANNEE.
- Cinquième Série, Tome IV.
- JUIN 1899.
- BULLETIN
- DE
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS ÉCONOMIQUES
- Rapport présenté, au nom du Comité des Arts économiques, par M. Violle,
- sur les Instruments de mesures électriques de MM. Chauvin et Arnoux.
- Messieurs,
- Nous ne connaissons bien que ce que nous pouvons mesurer. Seules, les idées qui peuvent se traduire par des nombres ont la netteté constitutive de la science, seules elles ont la fécondité productive des applications industrielles.
- En électricité, l’importance des mesures s’est manifestée avec d’autant plus de force que l’établissement d’un système rationnel d’unités a coïncidé avec le renouvellement de la science et l’avènement de l’industrie électrique.
- Les instruments de mesures électriques méritent donc spécialement notre attention, et c’est pour nous un devoir, en même temps qu’un plaisir, de vous signaler d’une façon toute particulière des appareils exacts, robustes et bon marché.
- Pour allier ces qualités contradictoires, MM. Chauvin et Arnoux ont eu plus d’une difficulté à surmonter, et ce n’est que par une série d’efforts éminemment louables qu’ils ont réussi à établir des modèles tout à fait satisfaisants.
- Leur galvanomètre (ampèremètre ou voltmètre) est du type Deprez-Tome IV. — 98° année. 5e série. — Juin 1899. 54
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- D’Arsonval, c’est dire qu’il se compose d’un cadre mobile dans un champ permanent. Le cadre est fait par plusieurs tours de fils logés à l’intérieur d’un anneau en cuivre pur, de la forme et de la grandeur d’une alliance, qui constitue à la fois une enveloppe rigide et un amortisseur puissant. Il est porté par deux pointes en acier reposant sur deux chapes en agate et lui permettant de tourner autour d’un axe perpendiculaire aux lignes de force du champ. Ce champ est donné par un fort aimant recourbé en cercle, et dont les extrémités sont directement creusées d’une cavité recevant l’anneau, à l’intérieur duquel on loge une bille d’acier pour compléter le circuit magnétique. Deux ressorts spiraux en métal non magnétique, courbés en sens inverse, tendent à ramener l’anneau dans sa position d’équilibre, en même temps qu’ils servent à introduire le courant dans le fil intérieur. Une aiguille en aluminium marque sur un cadran la déviation produite.
- Dans les ampèremètres, le circuit du cadre mobile a une résistance d’environ 0ohm,5, et un courant de 0aill,’,05 suffit pour faire parcourir à l’aiguille la totalité de l’échelle. Une série de shunts en maillechort permet d’effectuer, à l’aide d’un seul appareil, des mesures très étendues avec une précision suffisante et une commodité extrême.
- Dans les voltmètres, la résistance du cadre mobile est de 75 ohms, et un courant de 0amp,005 donne à l’aiguille une déviation correspondant à la totalité de l’échelle. En série-avecle cadre, sont disposées des bobines à forte résistance et à faible coefficient de température, que l’on peut introduire successivement dans le circuit au moyen de bornes correspondant aux divers voltages. Un seul voltmètre sert ainsi à des mesures étendues, que la faiblesse du courant admis dans l’instrument et la très petite résistance du cadre rendent pratiquement indépendants de la température.
- Les appareils de MM. Chauvin et Arnoux se prêtent d’ailleurs à un enregistrement continu de leurs indications. Cet enregistrement s’effectue à l’aide d’une plume-molette traçant par roulement un trait fin sur le papier qui se déplace d’un mouvement uniforme. L’ajustement du papier et le réglage du mouvement seraient à noter.
- Nous devrions encore examiner les caisses de contrôle, caisses portatives universelles, très ingénieusement aménagées pour toutes les mesures pratiques ; mais nous voulons laisser aux auteurs le soin de décrire en détail leurs appareils.
- Notre tâche sera remplie si nous avons réussi à mettre en évidence les mérites d’une construction intelligente et consciencieuse, très estimée des
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- industriels. Ils apprécient particulièrement la sûreté d’appareils qui se maintiennent réglés pendant de longues années et constituent de véritables étalons pratiques.
- Vous estimerez sans doute, Messieurs, avec le Comité des Arts économiques, que MM. Chauvin et Arnoux sont en tous points dignes de vos encouragements; et si vous approuvez ce rapport, nous vous demanderons de vouloir bien le faire suivre de la description des appareils par leurs auteurs.
- Signé : J. Violle, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance, le 14 avril 1899.
- appareils de mesures électriques construits par MM. Chauvin et Arnoux.
- Les appareils de mesures électriques présentés à la Société par MM. Chauvin et Arnoux, ingénieurs-constructeurs, 186, rue Championnet, à Paris, constituent une série très complète d’instruments de mesures utilisés dans l’industrie électrique et les laboratoires s’occupant d’électricité.
- VOLTMÈTRES ET AMPÈREMÈTRES
- Les voltmètres et ampèremètres construits par MM. Chauvin et Arnoux comprennent trois types principaux : type industriel, type demi-précision, type de précision apériodique et à sensibilité variable. Ces différents types ont été étudiés de façon à permettre une construction par série et par conséquent économique.
- Toutes les pièces sont très simples et interchangeables.
- Le type industriel est un des premiers qui aient été réalisés. Il est représenté comme ampèremètre par la figure 1. Le dispositif magnétique est constitué par
- Fig. 1. — Type industriel.
- une sorte de volet mobile en tôle de fer très mince et par un volet fixe en tôle de fer de même épaisseur et terminé par une volute. Sous l’action du flux de
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- force magnétique créé par le courant traversant ]e circuit du solénoïde inducteur dans lequel ce système est plongé, la pièce fixe exerce sur le volet mobile une action répulsive qui est équilibrée par une force antagoniste développée par la torsion d’un ressort spiral de montre. Tout l’équipage magnétique est d’ailleurs monté et centré sur crapaudines en pierre fine dans une douille simplement lixée à frottement dur dans l’intérieur du solénoïde. Dans ces conditions l’action électro-magnétique développée peut permettre d’imprimer à la partie mobile une déviation maxima de près de 180 degrés.
- Toutefois la présence de la volute en fer dans l’intérieur du solénoïde ayant pour inconvénient, dans le cas où ce type de galvanomètre serait employé à la mesure des courants alternatifs, de donner à ce solénoïde une auto-induction un
- peu élevée, MM. Chauvin et Ar-noux ont créé un autre type dénommé type demi-précision. Ce type est représenté figure 2.
- Le dispositif électro-magnétique adopté pour ce type a permis de réduire son coefficient d’auto-induction à une valeur assez faible pour qu’il puisse être utilisé pour la mesure des courants continus ou alternatifs à fréquences comprises en 30 et 100 périodes par seconde.
- Ce nouveau type a, comme l’ancien, l’avantage de permettre des lectures exactes dans toutes les positions de l’appareil par suite de l’emploi, comme force antagoniste, de celle développée par la torsion d’un ressort spiral sur un équipage équilibré par rapport à son axe de rotation.
- Pour les voltmètres de ce type, le coefficient de température a pu être réduit au tiers de la valeur qu’il possède dans les anciens modèles, l’enroulement étant composé, pour les trois quarts de la résistance totale, d’un conducteur à très faible coeflicient de température.
- Avec les ampèremètres de ce type, MM. Chauvin et Arnoux sont parvenus à mesurer des courants très intenses, ce qui présente de grandes difficultés avec les appareils à fer doux mobile dans un champ magnétique. Dans ce système de galvanomètres en effet, le nombre (Yampères-tours du solénoïde inducteur produisant la déviation maxima de la partie mobile, est généralement compris, quelles que soient d’ailleurs les dimensions de l’appareil, entre 250 et 500 ampères-tours, suivant le dispositif magnétique adopté, en sorte que si le courant
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- devient supérieur à 250 ou 500 ampères, le nombre de tours de l’enroulement doit être inférieur à 1. MM. Chauvin et Arnoux sont parvenus à tourner cette difficulté en employant deux enroulements dont l’action sur l'équipage mobile est différentielle et à réaliser ainsi des ampèremètres pouvant mesurer dans les mêmes conditions d’exactitude des intensités de courant de 200 et 3 000 ampères.
- Le dispositif à double enroulement différentiel permet également la solution de quelques problèmes intéressants, de réaliser par exemple un voltmètre faisant connaître directement la différencé de potentiel existant à l’une des extrémités d’un double câble parcouru par un courant variable d’après les variations de ce courant traversant un des enroulements et le courant traversant l’autre enroule-
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- ment dus à la différence de potentiel existant à l’autre extrémité du double câble. C’est là une solution qui permet de supprimer les fil s pilotes employés dans les distributions sous pression électrique constante,
- GALVANOMÈTRES APÉRIODIQUES A SENSIBILITÉ VARIABLE
- Les galvanomètres à solénoïde agissant sur une pièce de fer doux ont l’avantage d’être robustes et peu coûteux de construction, mais, par contre, ils ont un nombre de défauts susceptibles de faire rejeter leur emploi dans bien des cas. Ils sont peu sensibles, d’une précision insuffisante, surtout dans le voisinage du zéro de leur échelle, enfin ils ne sont pas apériodiques, et il n’est guère possible de leur donner par des moyens simples une apériodicité suffisante pour permettre des lectures rapides et exactes.
- C’est dans le but de remédier à ces différents défauts que MM. Chauvin et Arnoux ont créé un troisième type de précision, apériodique et à sensibilité variable. Ce dernier système de galvanomètre, dont la figure 3 représente un voltmètre et la figure 4 un ampèremètre relié à un shunt de 1 000 ampères par des cordons souples terminés par des broches coniques, est basé sur le principe d’un cadre galvanométrique mobile dans un champ magnétique produit par un aimant permanent de forme annulaire sans pièces polaires rapportées.
- La sensibilité est due à l’emploi d’un champ magnétique très intense dans lequel se déplace le cadre mobile, l’apériodicité au déplacement dans ce même champ magnétique très intense d’un amortisseur électro-magnétique entourant
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- le cadre mobile et la précision à une exécution particulièrement soignée et au principe même sur lequel est. basé le fonctionnement de ce système de galvanomètre.
- La construction de ce dernier type de galvanomètre sur les éléments constituants duquel nous ne reviendrons pas, puisqu’ils ont été décrits plus haut, nécessite évidemment une main-d’œuvre plus coûteuse, des soins plus complexes et un agencement plus compliqué que les types précédents; mais tout cela est racheté par des avantages incontestables, apériodicité de fonctionne-
- ment de l’appareil, précision de ces indications et une grande sensibilité qui permet à un seul galvanomètre de ce système de remplacer avantageusement plusieurs galvanomètres des systèmes précédents.
- Voltmètres apériodiques. — C’est ainsi qu’un voltmètre dont le boîtier a 45 centimètres de diamètre et 5 centimètres d’épaisseur permet d’effectuer toutes les mesures de différences de potentiel comprises entre 0 et 600 volts, avec cinq sensibilités intermédiaires. Un tel voltmètre (fig. 5) peut être disposé pour donner une déviation égale à la totalité de son échelle (150 divisions par exemple), pour 3—15—150—300—600 volts, et remplacer 5 voltmètres des types précédents. Cette marge de sensibilité est due à ce fait qu’un courant de 0,005 ampère traversant l’enroulement du cadre mobile dont la persistance est de 75 ohms en
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- moyenne suffit pour obtenir une déviation égale à la totalité de son échelle, ce qui correspond à une résistance de 1/0,005 ou 200 ohms par volt, soit une résistance totale de 120000 ohms pour mesurer 600 volts. C’est cette persistance de 120000 ohms presque entièrement constituée par un conducteur à très faible
- Fig. 5.
- coefficient de température (en maillechort, argentan, manganine), qui est divisée en cinq parties proportionnelles aux différences de potentiel à mesurer et reliées aux six bornes visibles sur l’un des galvanomètres représentés dans la figure 5.
- Ampèremètres apériodiques. — La mesure de l’intensité d’un courant à l’aide des galvanomètres de ce système est basée sur leur emploi comme voltmètres pour mesurer la différence de potentiel aux extrémités d’une résistance constante parcourue par ce courant. On sait en effet, d’après la loi d’Ohm, que
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- cette différence de potentiel est directement proportionnelle à l’intensité du courant lorsque la résistance reste constante, constance qu’il est facile de réaliser en la constituant avec des lames minces d’un alliage à très faible coefficient de température.
- Afin que les consommations de courant et les dimensions de ces résistances ou shunts n’atteignent pas des valeurs exagérées, ils sont établis pour fonctionner sous des différences de potentiel n’excédant jamais 0,04 et les galvanomètres ont été étudiés pour mesurer des différences de potentiel n’excédant pas cette valeur. MM. Chauvin et Arnoux sont parvenus en outre à rendre ces shunts
- Fig, 6.
- rigoureusement interchangeables, non seulement vis-à-vis d’un même ampèremètre, mais vis-à-vis de tous les ampèremètres qu’ils fabriquent sur ce système par une méthode d’étalonnage extrêmement simple qui est la suivante.
- Tous les shunts de même capacité maxima constituent des résistances étalonnées (au pont double de Thomson) de façon à avoir la même valeur, et cette valeur est égale au quotient de 0,04 volt par le courant maximum (en ampères) que le shunt permet de mesurer.
- Tous les ampèremètres de ce système sont également étalonnés (au potentiomètre) de façon à donner une déviation égale au maximum de leur échelle lorsqu’il existe une différence de potentiel de 0,04 volt aux extrémités des cordons souples dont ils sont munis. Dès lors il est facile de voir que si on relie un ampèremètre quelconque à un shunt quelconque, le galvanomètre donnera une déviation égale au maximum de son échelle, lorsque le courant traversant le shunt atteindra la valeur maxima exprimée et poinçonnée en ampères sur sa plaque d’identité.
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- La figure 4 représente un ampèremètre ayant un boîtier de 10 centimètres de diamètre relié à un shunt de 1000 ampères et de 40 microhmsde résistance.
- La figure 5 représente une caisse de contrôle pour ingénieurs, électriciens, experts, constructeurs, renfermant un ampèremètre avec ses sept shunts interchangeables et un voltmètre à cinq sensibilités. Cette caisse, sorte de laboratoire portatif, remplace avantageusement douze voltmètres et ampèremètres des systèmes précédents. En effet, elle permet de mesurer, à l’aide de ses deux galvanomètres, toutes les différences de potentiel comprises entre 0 et 600 volts avec cinq
- M I LUAM PERES
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- sensibilités intermédiaires et tou tes les intensités de courant comprises entre 0 et 1000 ampères avec sept sensibilités intermédiaires, ce qui correspond à une capacité de 600 000 watts, soit à une puissance mécanique de plus de 800 chevaux.
- La figure 6 représente une caisse rendue parfaitement étanche, renfermant un voltmètre et un ampèremètre apériodiques, employée sur les fiacres ou automobiles électriques et permettant à leur conducteur de contrôler le courant consommé par le système moteur actionnant la voiture. L’apériodicité des appareils présente dans cette application de très grands avantages.
- La figure 7 représente un milli-ampèremètre destiné à la mesure des courants de très faible intensité employés en télégraphie et dans les applications médicales du courant électrique. Ce modèle, qui est aujourd’hui très répandu, est muni do trois sensibilités commandées par une clé placée à la partie inférieure du boîtier
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- du galvanomètre. On obtient chacune de ces trois sensibilités suivant que la clé est maintenue dans sa position médiane ou poussée à droite ou à gauche de cette position.
- O A L V A NOMETRES EAU E(41 ST li EU R S A SENSUiTLITÉ VARIABLE
- Les avantages que possèdent les voltmètres et les ampèremètres apériodiques à cadre mobile dans un champ magnétique ont amenés MM. Chauvin et Arnoux
- à étudier sur le même principe des galvanomètres enregistreurs permettant, avec un instrument unique d’effectuer des mesures pouvant varier dans un rapport très étendu.
- Les voltmètres enregistreurs peuvent être munis de plusieurs sensibilités très différentes comme les voltmètres apériodiques décrits plus haut,
- Les ampèremètres enregistreurs (voir lig. 8) emploient, comme les ampèremètres apériodiques, des shunts interchangeables également, mais la résistance mécanique opposée par la plume inscrivant le diagramme ayant obligé à donner au cadre mobile des dimensions plus grandes, il a fallu donner aux*shunts des dimensions plus grandes également. Ces shunts ont des résistances doubles de celles des shunts d’apériodiques. Les méthodes employées pour étalonner ces shunts et les appareils enregistreurs sont d’ailleurs exactement les mêmes que ceux employés pour les galvanomètres apériodiques.
- Plume-molette. — Un perfectionne Fig, 8 ment important, imaginé par MM. Chau-
- vin et Arnoux, et appliqué par eux aux enregistreurs, consiste dans l’emploi d’une plume-molette, qui n’oppose à son déplacement sur le papier du cylindre suivant les ordonnées au diagramme qu’une résistance huit à dix fois plus faible que celle des plumes ordinairement
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- employées jusqu’ici. Cette plume-molette trace par roulement, et non par frottement, un trait délié dans son propre plan, et large dans la direction perpendiculaire, mais cela n’offre aucun inconvénient, l’épaisseur de ce trait conservant une valeur constante.
- Mouvement dhorlogerie. — Il y a également lieu de faire une mention spéciale du mouvement d’horlogerie, qui diffère des mouvements ordinairement employés jusqu’ici en ce que l’axe destiné à entraîner le cylindre porte-papier est celui d’un des mobiles du mouvement d’horlogerie compris entre l’échappement et le barillet. Lorsque ce dernier est remonté pour la mise en service, tous les jeux des différents engrenages, et en particulier celui qui existe dans la liaison du cylindre avec le mouvement des enregistreurs ordinaires, sont rattrapés.
- Dans les mouvements imprimant au cylindre porte-papier une révolution complète en vingt-quatre heures, ce dernier est simplement fixé sur l’axe même du barillet.
- La figure 9 représente un de ces mouvements d’horlogerie dépourvu de son enveloppe protectrice, et dont l’échappement ordinaire est remplacé par un disque de métal non magnétique (cuivre ou aluminium) se déplaçant dans un champ magnétique dont on peut faire varier l’intensité en agissant sur une armature facilement visible sur la figure. C’est le déplacement de cette armature qui permet de faire varier la vitesse de rotation du cylindre depuis un tour en cinq minutes jusqu’à un tour en cinq heures. Le tarage en est facilement effectué, à l’aide d’une montre à minuterie.
- Ce mouvement à vitesse variable est particulièrement commode dans les applications des galvanomètres enregistreurs à l’étude de phénomènes variant rapidement.
- La fixation de la bande de papier sur le cylindre a également été rendue très commode et très rapide. Les bandes de papier sont gommées à une extrémité à la façon des enveloppes de lettres, ce qui permet, par juxtaposition des extrémités, de former un tube en papier dont les divisions se succèdent sans solution de continuité pour un tour complet du cylindre. Ce tube de papier peut être très facilement enfilé et tendu sur le cylindre, même avec une seule main, grâce au dispositif suivant : le cylindre est fendu suivant une de ses génératrices, et une des lèvres, ne se trouvant pas soutenue par la platine intérieure, peut, sous la pression de la main, fléchir assez pour être enclenchée par un verrou. Ceci a pour effet de diminuer le développement extérieur du cylindre, qui peut alors
- Fig. 9.
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- facilement recevoir le tube de papier qui se trouve ensuite parfaitement maintenu et tendu par l’élasticité de la lèvre mobile du cylindre.
- Wattmètrès enregistreurs à plume-molette. — La très faible résistance qu'oppose à tout déplacement suivant son propre plan celte plume-molette a permis également la création de waltmètres enregistreurs à grande sensibilité, qui ne diffèrent des appareils précédents que par la substitution à l’aimant permanent d’un double cadre galvanométrique parcouru par le courant, le déplacement de la plume devenant alors proportionnel au produit du courant par la différence de potentiel.
- MESURE DES PERSISTANCES ÉLECTRIQUES OHM MÉTRÉS
- MM. Chauvin et Arnoux ont créé pour cette mesure deux séries d’appareils portatifs qui diffèrent l’une de l’autre par la rapidité de la précision avec laquelle cette mesure peut être effectuée.
- Le premier modèle est un ohmmètre portatif, représenté par la figure 10 et
- Fig. 10.
- basé sur le principe du pont de Wheatstone à branches de proportion variables. Muni d’une boite à piles de hauteur moitié moindre mais de mêmes longueur et largeur, contenant douze éléments Leclanché à liquide immobilisé fixée sous la caisse de l’olimmètre à l’aide de barrettes de contact reliées aux bornes B et B', cet ensemble constitue un appareil complet en lui-même et toujours prêt à servir pour la mesure des résistances qu’il suffit de relier aux bornes X et X'.
- Les résistances de comparaison sont au nombre de six, ayant respectivement pour valeur 1—10—100—1 000 —10000—100 000 ohms. L’une de ces résistances et la résistance X constituent l’un des bras du pont. L’autre bras est
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- constitué par un fil de grande résistivité, homogène, bien calibré et isolé, régulièrement enroulé sur un cylindre isolant. Cette disposition permet de réaliser, sur une longueur de 40 centimètres, une résistance de 2 000 ohms en moyenne, comparable aux résistances moyennes que cet ohmmètre permet de mesurer avec le plus de précision. L’étendue des mesures de résistance pouvant être effectuées avec cet instrument est comprise entre les limites extrêmes 0,01 ohm et 20 mégohms. Sur le cylindre-rhéostat, et suivant une de ses génératrices, se déplace un contact commandé par un curseur à index C, susceptible d’être déplacé le long d’une règle divisée sur une longueur exactement égale à celle qu’occupe le fil roulé sur le cylindre. Ce contact, en se déplaçant le long du cylindre rhéostat, permet de faire varier de zéro à l’infini et cela d’une façon pratiquement continue en raison de la finesse du conducteur employé, le rapport de deux résistances a et (L-a), dont la somme L est égale à celle du cylindre entier. C’est afin d’éviter le calcul de ce rapport que la règle divisée porte une graduation faisant connaître directement sa valeur a : L -a).
- Grâce à cette disposition, une mesure est toujours possible quelle que soit la résistance de comparaison adoptée, mais il est clair que cette mesure est d’autant plus précise que cette dernière diffère moins de la résistance à mesurer. Ceci explique pourquoi l’ohmmètre est muni de six résistances de comparaison. Au lieu d’indiquer leur valeur en ohms on les a simplement numérotées sur la barrette du curseur c' qui les commande 0 — 1 —2 —3 — 4 — S. Ces chiffres indiquent le nombre de rangs dont il faut reculer vers la droite la virgule du nombre lu sur l’échelle divisée en face l’index du curseur c. Le galvanomètre o, contenu également dans la caisse de l’ohmmètre, est relié aux curseurs c etc7 par l’intermédiaire du bouton de contact G. C’est un galvanomètre apériodique très sensible, à cadre mobile dans un champ magnétique, ce qui évite d’avoir à orienter l’appareil et rend les mesures toujours possibles même dans le voisinage des machines dynamos. Le cadre mobile est suspendu élastiquement entre deux ressorts à boudin, ce qui évite toute chance de rupture des fils de suspension pendant le transport et permet d’obtenir une sensibilité à peu près 300 fois plus grande qu’avec un montage sur pivots toujours susceptibles de s’émousser par les chocs. Le conducteur du cadre mobile étant mis à l’abri de l’action destructive des chocs par suite de son sertissage entre deux bagues de cuivre remplissant en outre le rôle d’amortisseur électro-magnétique, il n’est nécessaire d’observer aucune précaution pour le transport. L’équipage est muni d’une aiguille d’aluminium dont l’extrémité peut se déplacer dans le champ d’une forte loupe entre deux flèches, orientées en sens inverse, tracées sur un cadran à fond blanc. Lorsque l'aiguille du galvanomètre dévie vers l’une de ses flèches, son sens d’orientation indique le sens dans lequel il faut pousser le curseur c pour ramener le galvanomètre à zéro. Les boutons P et G, très accessibles à la main gauche,
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- permettent de lancer le courant de la pile dans le pont et dans le galvanomètre.
- CAISSE PORTATIVE UNIVERSELLE POUR LA MESURE
- Des résistancesj différences de potentiel et intensités de courant. — La précision des mesures que permet d’efFectuer l’olimmètre précédent étant inferieure à celle qu’on peut obtenir avec les ponts à décades, MM. Chauvin et Arnoux ont créé un autre modèle de caisse pour les mesures de résistances électriques permettant, avec un galvanomètre à réflexion plus sensible, des mesures plus précises mais moins rapides que celles obtenues à l’aide de l’appareil précédent. Cette caisse, permettant en outre la mesure des différences de potentiel et celle des intensités de courant à l’aide de shunts interchangeables, constitue en quelque sorte un véritable laboratoire portatif représenté par la figure 11. La partie inférieure de la caisse contient un pont de Wbeatstone à décades, un pont double de Thomson, différentes clés de contact commandées par des boutons et un rédacteur de sensibilité pour le galvanomètre. Les résistances en décades, les bras de proportion des deux ponts et le réducteur sont commandés par des curseurs pouvant être déplacés le long de barrettes munies de ressorts de rappel à leurs extrémités.
- Le couvercle, qui peut prendre la position verticale indiquée par la figure 11, en venant simplement se reposer par son propre poids sur la poignée servant au transport de la caisse, contient un galvanomètre à cadre mobile et à miroir conforme à la figure 12, une échelle divisée avec support susceptible d’êfre fixé dans la position indiquée par la figure 11, des cordons souples terminés par des broches coniques et des shunts destinés à la mesure des intensités de courant.
- Le galvanomètre de celte caisse mérite une mention spéciale parce qu’il présente quelques perfectionnements intéressants sur les modèles similaires antérieurs. C’est un galvanomètre à miroir et à cadre mobile dans un champ magnétique produit par un aimant permanent en acier au tungstène d’Allevard. Le cadre est suspendu élastiquement entre deux ressorts à boudin, en fil d’argent méplat, et dont le diamètre a été calculé de façon à pouvoir supporter directement le poids ducadre mobile (1). Ce dispositif, en même temps qu’il permet de donner plus de sensibilité au galvanomètre, met les fils de suspension à l’abri de toute rupture, accident qui se produit si fréquemment dans le transportées appareils à fils de suspension rectilignes. La figure 12 représente un de ces
- (1) L’emploi des ressorts dans les galvanomètres à cadre a été préconisé il y a une quinzaine d’anne'es par M. Eric Gérard, directeur de l’institut électro-technique de Liège. 1.es ressorts à boudin employés par M. E. Gérard donnaient beaucoup de sensibilité, mais comme ils étaient de très grand diamètre, ils ne pouvaient supporter le poids du cadre, ce qui obligeait ce professeur à employer pour cela un til de cocon très fragile.
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- galvanomètres fixé par une suspension à la Cardan à une potence qui sert également de support à une échelle divisée. C’est le couvercle de la caisse qui remplace cette potence. Le galvanomètre est fixé par sa suspension à la Cardan à la paroi supérieure de façon à pouvoir se balancer librement dans le couvercle lorsque celui-ci est relevé dans la position indiquée par la ligure 11. Ce mode de suspension du galvanomètre à cadre est absolument nécessaire pour lui permettre de conserver son tarage effectué une fois pour toutes par les soins des construc-
- Fig. 11.
- teurs. En effet, si le cadre mobile, qui ne peut jamais être centré sur son axe de rotation d’une façon précise lors de sa construction, ne se retrouvait pas constamment replacé dans les mêmes conditions de verticalité grâce à ce mode de suspension, le tarage de l’appareil changerait constamment par suite précisément de ce défaut de centrage.
- Pour permettre les pointages sur l’échelle divisée dont est muni le galvanomètre, un trait vertical, c’est-à-dire parallèle à l’axe de rotation du cadre, est ménagé sur l’argenture du miroir. Ce trait, en se détachant sur l’échelle divisée vue par réflexion dans le miroir, détermine avec l’œilleton ménagé dans le support
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- de l’échelle une ligne de visée très nettement définie. L’échelle placée à 33 centimètres du miroir est divisée sur une longueur de 30 centimètres en 300 divisions proportionnelles à l’intensité du courant traversant le cadre.'Dans ces conditions, ce modèle de galvanomètre donne généralement une déviation de 1 division de son échelle pour une intensité de 0,1 micro-ampère, sa résistance intérieure étant d’environ 100 ohms à la0, cette déviation correspond à 0,000 01 volt par division.
- La mesure des faibles résistances s’effectue à l’aide d’un pont double de Thomson, comprenant une tige de maillechort sur laquelle peut se déplacer un curseur à contact, une échelle divisée sur métal et deux bras de proportion dont l’un sert également pour le pont à décades. Ce pont double permet la mesure des résistances comprises entre 0,1 microhm et 0,1 ohm.
- La mesure des résistances moyennes comprises entre 0,01 et 999 900 ohms s’effectue à l’aide du pont de Wheatstone à décades, toujours en employant le galvanomètre comme appareil de zéro.
- La mesure des grandes résistances (résistances d’isolement) comprises entre 10 000 ohms et 100 megohms s’effectue par la méthode des comparaisons successives en utilisant pour cela le galvanomètre avec son réducteur de sensibilité, une résistance de comparaison de 100 000 ohms et une source de force électromotrice constante.
- Mesure des différences de potentiel. —- Cette mesure s’effectue par lecture directe sur l’échelle du galvanomètre, en utilisant ce dernier avec son réducteur de sensibilité et la résistance constante de 100 000 ohms. L’étendue des mesures de différences de potentiel est comprise entre 0 et 300 volts.
- Mesure des intensités de courant. — Cette mesure s’effectue également par lecture directe sur l’échelle de proportionnalité du galvanomètre.
- Pour les intensités de courant comprises entre 0,000 0001 et 0,3 ampères, on utilise simplement le réducteur de sensibilité du galvanomètre.
- Pour les intensités de courant comprises entre 0,01 et 300 ampères, on utilise un des trois shunts interchangeables en le reliant, à l’aide de cordons souples terminés par des broches coniques, aux plots de connection placés sur le côté droit de la caisse. Ces shunts donnent respectivement 0,01 — 0,1 et 1 ampère par division de l’échelle de proportionnalité.
- Telles sont les différentes mesures électriques pouvant être effectuées avec ce laboratoire portatif, dont la création a été surtout faite en vue de mettre entre les mains de l’électricien un appareil de vérification de ceux employés dans la pratique industrielle courante.
- Le galvanomètre de cette caisse de mesures peut être également utilisé dans des applications diverses. Ses faibles dimensions (200 x 83 X 20 millimètres) le rendent très transportable, même dans la poche d’un vêtement. Avec un cadre
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- INSTRUMENTS DE MESURES ÉLECTRIQUES.
- 833
- en fil de maillechort ayant 4 à 500 ohms de résistance, ce galvanomètre peut être utilisé pour la mesure des hautes températures (au-dessus de 300° centigrades) à l’aide d’un couple thermo-électrique platine-platine iridié de M. le Chatelier et pour celle des températures inférieures à 300° à l’aide du couple fer-constantan. La figure 12 représente un de ces galvanomètres fixé par sa suspension à la cardan à une applique servant également de support, par l’intermé-
- Fig. 14.
- "galvanomètre
- ^RÉSISTANCE EXTÉRIEURE—
- RÉDUCTEUR UNIVERSEL
- R= 100 OHMS
- Fig. 13.
- Fig. 12.
- diaire d’un col de cygne, à une échelle divisée qui n’a besoin, pour permettre les mesures, que d’être bien éclairée par un moyen quelconque, par exemple en fixant l’applique sur le montant d’une fenêtre.
- La figure 13 représente le réducteur de sensibilité généralement employé avec ces galvanomètres. Ce réducteur est d’ailleurs basé sur le même principe que celui employé dans la caisse qui vient d’être décrite. Ce réducteur universel (1)
- (1) Ce système de réducteur justifie la qualification à'universel, en ce qu’il permet de réduire toujours dans les mêmes rapports, déterminés lors de sa construction, la sensibilité de tous les galvanomètres reliés à ses deux bornes extrêmes. Il présente en outre le double avant âge de rendre la précision des mesures indépendante des variations de résistance du système de Tome IV. — 98e année. 5e série. — Juin 1899. o5
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- ARTS ÉCONOMIQUES
- JUIN 1899.
- peut être étalonné avec un galvanomètre de façon à permettre la mesure (en milliampères) de courants de très faible intensité. Employé concurremment avec une caisse de résistance très simple, comme celle de la figure 15, l’ensemble permet la mesure des différences de potentiel.
- POTENTIOMÈTRE PORTATIF POUR LA MESURE EN UNITÉS C. G. S. DES FORCES ÉLECTRO-MOTRICES, INTENSITÉS ET RÉSISTANCES ÉLECTRIQUES
- Dans le but de mettre entre les mains des ingénieurs électriciens, experts, constructeurs, un appareil capable de leur permettre de vérifier avec précision et sur place l’étalonnage des appareils de mesures électriques, MM. Chauvin et Arnoux ont créé le potentiomètre portatif représenté par la figure 15.
- Fig. 15.
- Ce potentiomètre permet d’effectuer ou de vérifier avec rapidité et précision l’étalonnage des voltmètres et ampérimètres industriels et accessoirement des résistances électriques.
- Toutes les mesures sont basées sur l’emploi comme étalons de résistances de shunts et de résistances établies en ohms légaux et comme étalon de force électromotrice de l’élément Latimer Clark au sulfate mercureux, dont la force électro-motrice E exprimée en volts légaux, en fonction de la température t exprimée en degrés centigrades est donnée, d’après les récentes recherches de lord Rayleigh par la relation :
- E = 1,4312 [1 — 0,000 77 (/ — 15) j == 1,4508 — 0,001104/° (a)
- contact commandant les différentes sensibilités, et de ne nécessiter pour l’étalonnage de toutes les sensibilités qu’il permet de donner au galvanomètre, que l’ajustage d’une seule résistance placée en série dans le circuit constitué par le galvanomètre et le réducteur.
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- INSTRUMENTS DE MESURES ÉLECTRIQUES.
- 835
- La variation de la force électro-motrice de cette pile étalon étant de plus de 0,001 volt par degré centigrade, MM. Chauvin et Arnoux ont muni le modèle qu’ils ont étudié pour leur potentiomètre d’uu thermomètre. La figure 16 représente ce modèle avec son thermomètre en verre vert qu’il suffit de sortir un instant de la pile pour connaître sa température à un dixième de degré près. Cette pile est d’ailleurs construite suivant les données adoptées par le Congrès des électriciens tenu à Chicago en 1893.
- Ce potentiomètre, dont l’agencement intérieur est à peu près le même que celui de l’ohmmètre de ces constructeurs, comprend :
- 1° Un fil de grande résistivité bien calibré et homogène (en acier-nickel Guillaume) sur lequel on peut déplacer un contact conduit par un curseur à index, mobile le long d’une règle divisée comportant 1100 divisions;
- Cette règle, et c’est là une des parties les plus intéressantes du potentiomètre de MM. Chauvin et Arnoux, porte sur sa face antérieure une échelle de compensation en degrés centigrades qui est la traduction sur l’échelle divisée du potentiomètre, de la relation a. A cette échelle, correspond uu deuxième index gravé sur l’autre face du curseur, index qu’il suffit, lors du tarage du potentiomètre lui-même, de mettre en regard du nombre de degrés indiqués par le thermomètre de la pile étalon, pour que les différences dues à la température de cet étalon soient corrigées directement sur l’échelle polentiométrique ;
- 2° Un fil de même matière et do même diamètre que le précédent, divisé en quinze sections, chacune étant de résistance rigoureusement égale à celle du fil divisé sur une longueur correspondant à 1 000 divisions de son échelle et reliée à un des plots d’une série commandée par un curseur mobile le long d’une barrette portant en face de chaque plot le numéro d’ordre [divisé par 10, de la résistance considérée, dont le fil divisé constitue en quelque sorte le vernier;
- 3° Un groupe de sept résistances supplémentaires de même valeur que les précédentes reliées à une seconde série de plots commandée comme la première par un curseur se déplaçant le long d’une barrette ;
- 4° Un fil rectiligne identique au premier et tendu commme lui sous une règle à curseur. Ce fil, qui sert de vernier-rhéostat aux sections précédentes, est monté comme elles en série avec les sections étalonnées et le fil divisé, et, comme elles, sert de rhéostat pour amener le courant traversant le potentiomètre à la valeur de tarage déterminée par la pile étalon;
- 3° Deux éléments étalon Latimer Clark munis chacun d’un thermomètre; •
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- ARTS ÉCONOMIQUES.
- JUIN 1899.
- 6° Un galvanoscope apériodique semblable à celui de l’ohmmètre portatif des mêmes constructeurs, dont T aiguille peut se déplacer dans le champ d’une forte loupe entre deux flèches dirigées en sens inverse, indique d’après le sens de déflexion de l’aiguille le sens dans lequel il faut pousser les différents curseurs pour obtenir l’équilibre du galvanomètre ;
- 7° Un commutateur à plateau tournant et poussoir bien à portée de la main gauche et permettant de relier au circuit l’étalon n° 1, l’étalon n° 2 et les bornes marquées E et I pour la mesure des forces électro-motrices et des intensités sans avoir à repasser par les contacts précédents ;
- 8° Deux petites bornes, reliées par une barrette G qu’on peut retirer pour mettre en série avec le galvanoscope du potentiomètre un appareil plus sensible;
- 9° Une résistance étalonnée de 100 000 ohms pour la mesure des différences de potentiel supérieures à 1,5 volt. Cette résistance est divisée en trois sections aboutissant à une série de trois plots repérés 1 — 2 — 3 — sur la barrette guidant le curseur qui les commande. Le plot 0 correspondant à l’élimination automatique de toute résistance à l’aide d’un commutateur actionné par le curseur lorsqu’il est poussé sur ce plot 0 permet la mesure de forces électro-motrices inférieures à 1,5 volt, sans qu’il soit nécessaire de leur faire débiter un courant ;
- 10° Deux bornes + E, — E destinées à relier à la résistance de 100 000 ohms la source dont on veut mesurer la force électro-motrice ;
- 11° Deux plots + I — I placés également à l’extrémité droite de la table en ébonite du potentiomètre, destinés à relier celui-ci, au moyen de conducteurs souples terminés par des broches coniques, à des shunts convenablement étalonnés et appropriés aux différents courants à mesurer.
- Eufin, en dehors du potentiomètre, se trouve un petit accumulateur de 30 ampères-heure de capacité aménagé dans une caisse qui est reliée à celle du potentiomètre par deux charnières doublées de lames d’acier très minces et destinées à relier mécaniquement et électriquement l’accumulateur au potentiomètre. C’est cet accumulateur qui est chargé de fournir à ce dernier le courant de 0,05 ampère qu’il est nécessaire d’avoir très constant pendant toute la durée des mesures.
- Toute mesure électrique effectuée à l’aide du potentiomètre comporte le tarage préalable de celui-ci, tarage qui dans le modèle de MM. Chauvin et Arnoux s’effectue de la façon suivante ;
- Après avoir observé la température de l’étalon dont on doit se servir pour le tarage, on pousse le curseur du fil divisé de façon à amener sur l’échelle de compensation, son index, en face du nombre de degrés lus sur le thermomètre de l’étalon, et on pousse le curseur des quinze sections sur la division marquée 1,4. Ceci fait, on amène ensuite le curseur des sept sections supplémentaires sur le plot 1,9 (pour un accumulateur récemment chargé) et le curseur du fil-
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- INSTRUMENTS DE MESURES ÉLECTRIQUES.
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- rhéostat (curseur qui sert également d’interrupteur dans la position indiquée par la figure) à peu près au milieu de la règle qui lui sert de guide. Le plateau tournant étant amené dans la position correspondant à la mise en service de l’étalon considéré, on agit sur le poussoir de ce plateau pendant un temps juste suffisant pour observer le sens dans lequel dévie l’aiguille du galvanoscope, ce qui détermine le sens dans lequel doivent être poussés les deux derniers curseurs pour obtenir l’équilibre rigoureux du galvanoscope. Ace moment, le potentiomètre se trouve taré de façon que chacune des quinze sections correspond à 0,1 et chacune des 1 000 divisions delarègle potentiométrique correspond à 0,0001 volt.
- Pour la mesure de la différence de potentiel fournie par une source électrique il suffit de relier ses bornes à celles ( + E — E) de même 'polarité du potentiomètre après avoir eu soin de pousser le curseur correspondant sur l’un des plots 3, 2, 1 ou 0 suivant que cette différence du potentiel est inférieure à 1600, 160, 16 ou 1,6 volt. Lorsque l’équilibre du potentiomètre est obtenu ensuite par la manœuvre des curseurs des quinze sections et de la règle divisée, ces chiffres 0, 1, 2 ou 3 font connaître qu’il faut dans le nombre lu sur la barrette des quinze sections et l’échelle divisée, reculer la virgule de 0, 1, 2 ou 3 rangs vers la droite pour avoir la valeur en volts de la différence de potentiel mesurée.
- La mesure des intensités s’effectue en déterminant à l’aide du potentiomètre la valeur en volts de la différence de potentiel aux extrémités d’un shunt étalonné en ohms et parcouru par le courant à mesurer. Pour cette mesure, la manœuvre du curseur de la règle divisée suffit, car la valeur maxima de la différence de potentiel mise en jeu ne dépasse jamais 0,1 volt. Afin d’éviter tout calcul subséquent, la plaque d’identité de chacun des shunts utilisés par le potentiomètre porte en dehors de la valeur de la capacité maxima, en ampères, du shunt, un chiffre spécial, précédé du signe + ou du signe — qui indique de combien de rangs vers la droite ou vers la gauche il faut reculer la virgule dans le nombre de volts lus sur l’échelle divisée pour avoir en ampères la valeur du courant traversant le shunt au moment de l’équilibre du potentiomètre.
- Enfin la mesure des résistances électriques peut également être effectuée à l’aide du potentiomètre, par la comparaison des différences de potentiel existant aux extrémités de la résistance X et celles d’un shunt de résistance connue et convenablement choisi placé en série avec cette résistance parcourue par le même courant constant. Le rapport des résistances est, dans ce cas, égal au rapport des différences de potentiel.
- Tels sont, parmi les appareils construits par MM. Chauvin et Arnoux, ceux qui nous ont paru plus particulièrement intéressants. On voit que ces appareils constituent une série très complète parmi les appareils de mesures employés aujourd’hui pour l’industrie électrique.
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- ARTS CHIMIQUES
- RECHERCHES SUR LA RÉSISTANCE MÉCANIQUE DU VERRE, exécutées par M. Grenet,
- Ingénieur civil des mines, sous les auspices de la Société d’Encouragement
- pour IIndustrie nationale.
- La résistance mécanique du verre est intéressante à connaître en vue de scs applications, mais sa résistance à la compression est presque toujours plus que suffisante (environ 60 kilogrammes par millimètre carré), c’est généralement l’insuffisance de sa résistance à la traction qui provoque les ruptures.
- Nous avons fait quelques essais qui ont porté seulement sur la résistance à la traction d’un verre donné (verre de Saint-Gobain). Leur but était surtout de déterminer l’influence des différentes conditions des essais. Nous rappellerons les compositions du verre de Saint-Gobain.
- Verre n° 4 de Saint-Gobain. Verre cathédrale de Saint-Gobain.
- SiO2 Degrés. 71,75 SiO2 Degrés. 70,98
- A1203 + Fe20:s . 1,50 AK)3 + Fe203 1,56
- GaO 14 GaO . ' 14,94
- Alcalis et acide sulfurique. . 12,75 Alcalis et acide sulfurique. . 12,52
- ESSAIS A LA FLEXION
- Nous avons opéré sur du verre recuit en carcaises ;
- 1° Sur des lames de verre n° 4 dont les faces étaient polies ;
- 2° Sur des lames de verre cathédrale dont les faces étaient brutes de coulée •
- ?
- 3° Sur des baguettes de verre n° 4.
- La plaque de verre reposait librement sur deux couteaux en fer distants de dix centimètres.
- La charge était appliquée au milieu de la glace par un petit prisme en fer de 3 millimètres de côté dont les arêtes étaient parallèles aux couteaux.
- Pour assurer un contact régulier on avait collé une feuille de caoutchouc sur la face du prisme en contact avec la glace.
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- RECHERCHES SUR LA RÉSISTANCE MÉCANIQUE DU VERRE.
- 839
- Le poids servant à produire la rupture exerçait son action au milieu du prisme en fer par l’intermédiaire d’un couteau; de cette façon la charge était également répartie et nous n’avions pas à craindre qu’un côté fût plus chargé que l’autre.
- Le poids servant à produire la rupture était constitué par un sceau dans
- „ y
- P
- Fig. 1.
- lequel on faisait tomber de l’eau d’une façon régulière et continue au moyen d’un vase de Mariotte.
- RÉSULTAT DES EXPÉRIENCES
- PI
- Formule employée ; R = 3/2
- Dans nos essais à la flexion sur les plaques de verre, la mise en charge initiale constituée par le sceau était de 2ks,35.
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- 840
- ARTS CHIMIQUES.
- JUIN 1899.
- Vitesse de mise en charge : 1 kilogramme en 4 minutes.
- Lames de verre n° 4. Tranches polies.
- Section de la plaque de verre en millimètres. a X b Charge en kilogrammes produisant la rupture. Résistance calculéo en kilogrammes par millimètre carré.
- 3,0 X 25,0 8,25 5,50
- 2,64 X 23,5 4,95 4,62
- 2,77 X 25,0 6,35 4,96
- 2,695 X 25,2 5,90 4,83
- 2,28 X 25,5 4,10 4,68
- 2,21 X 25,5 3,85 4,63
- 3,0 X 25,0 8,25 5,50
- 2,70 X 25,0 4,95 4,07
- 2,71 X 23,8 6,35 5,44
- 2,78 X 25,0 5,45 4,23
- 2,74 X 25,0 5,74 4,57
- Nombre d’expériences................................11
- Moyenne............................................. 4,82
- Résistance maxima supérieure à la moyenne........... 5k8’,50, écart 14 p. 100
- Résistance minima inférieure à la moyenne........... 4kg,07 — 16 —
- Lames de verre n° 4. Tranches doucies.
- Section de la plaque Charge en kilogrammes Résistance calculée
- de verre en millimètres. produisant la en kilogrammes
- a y. b rupture. par millimètre carré.
- 2,59 x 23,5 5,05 4,91
- 2,61 X 24,5 4,85 4,35
- 2,11 X 24,5 3,70 5,1
- 2,15 x 25,0 4,50 5,85
- 2,36 x 26,0 4,60 5,85
- 3,02 X 25,2 6,65 4,35
- Nombre d’expériences....................................... 6
- Moyenne.................................................... 4,90
- Résistance maxima inférieure à la moyenne.................. 5k8,85, écart 19 p. 100
- Résistance minima inférieure à la moyenne.................. 4k8,35 — H —
- Nous voyons que les résultats ne diffèrent pas sensiblement d’après l’état des tranches polies et doucies.
- La moyenne de ces 17 expériences sans tenir compte de l’état des tranches donne une résistance à la traction de 4kg,84 par millimètre carré.
- Verre cathédrale, tranches polies.
- Section de la plaque do verre en millimètres. a X b
- Charge en kilogrammes produisant la rupture.
- Résistance calculée on kilogrammes par millimètre carré.
- 4.4 x 23,0 9,95
- 4,21 x 21,5 11,65
- 3,58
- 4,62
- Nombre d’expériences............ 2 Moyenne
- 4,10
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-
-
-
- RECHERCHES SUR LA RÉSISTANCE MÉCANIQUE DU VERRE.
- 841
- Verre cathédrale, tranches doucies.
- Section de la plaque de verre en millimètres. a X b
- 4,24 X 24,5 4,44 X 22,0 4,10 X 25,0
- Charge en kilogrammes produisant la rupture.
- 15.45
- 12.45 11,48
- Résistance calculée en kilogrammes par millimètre carré,
- 5,26
- 4,30
- 4,10
- Nombre d’expériences........... 3 Moyenne........... 4,55
- Dans ces expériences nous avons négligé de noter si le côté de la coupure est celui travaillant à la flexion ou à la compression.
- Verre cathédrale coupé au diamant.
- Section de la plaque de verre en millimètres. a X b
- 4,19 X 26,0 4,35 x 25,5 3,72 x 25,0 3,50 x 26,5 Nombre d’expériences
- Charge en kilogrammes produisant la rupture.
- 16,25
- 14,45
- 10,75
- 11,35
- Résistance calculée en kilogrammes par millimètre carré.
- 5,37
- 4,52
- 4,67
- 4,75
- Moyenne........ 4,82
- Les différences de résistance suivant l'état des tranches sont un peu plus fortes pour le verre cathédrale que pour le verre n° 4, mais cela tient probablement au moins grand nombre d’expériences; ce qui donne des écarts plus grands dans les moyennes.
- Nombre d’expériences pour le verre cathédrale .... 9
- Moyenne des expériences............................... 4,57
- Résistance maxima supérieure à la moyenne............. 5kff,37, écart 18 p. 100
- Résistance minima inférieure à la moyenne............. 3k£,58 — 22 —
- Nous voyons que pour ces essais, avec des vitesses de mise en charge comparables, la résistance ne varie pas d’une façon nette suivant l’état des surfaces ou des tranches.
- La résistance trouvée pour le verre n° 4 est un peu plus forte que celle trouvée pour le verre cathédrale, mais la différence est faible et peut être attribuée à sa plus grande épaisseur qui fait que la vitesse de mise en charge par unité de surface soumise à la traction est plus faible.
- Vitesse de mise en charge : 1 kilogramme en 13 minutes.
- Verre n° 4. Tranches polies.
- Section de la plaque de verre en millimètres, a X b
- 3,0 X 25,5 2,66 x 23,7 2,91 x 25,0 2,85 x 25,0
- Charge en kilogrammes produisant la rupture.
- 4,70
- 4,70
- 4.35
- 7.35
- Résistance calculée en kilogrammes par millimètre carré,
- 4,54
- 4,21
- 3,10
- >}
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-
- 842
- ARTS CHIMIQUES.
- .IL) IN 1899.
- La'dernière plaque de verre s’est rompue à 15 millimètres du milieu; la résistance calculée au milieu est alors supérieure à 5k,40 et la résistance au point où a eu lieu la rupture est de 3k,80.
- L’écart de résistance dans la même plaque à 15 millimétrés de distance est dans ce cas de 35 p. 100.
- Nombre d’expériences................................... 4
- Moyenne des 5 résultats................................ 4k«,21
- Résistance maxirna supérieure à la moyenne............. 5k«',70, écart 28 p. 100
- Résistance minima inférieure à la moyenne.............. 3kR',10 — 26 —
- Verre n° 4. Tranches doucies.
- Section de la plaque de verre en millimètres. a X b
- 24,5 x 2,84 24,5 x 1,95
- Charge en kilogrammes produisant la rupture.
- 4,70
- 5,20
- Résistance calculée en kilogrammes par millimètre carré.
- 3,56
- ))
- La dernière plaque a cassé à 10 millimètres du milieu :
- à la rupture :
- R > 4,21 R = 3,37
- milieu ; ce qui donne au
- Écart dans la même plaque à 10 millimètres de distance. 22 p. 100
- Moyenne des 3 résultats....................................3,71
- Moyenne des 8 résultats sans tenir compte de l’état des
- tranches ............................................... 4ks,02
- Résistance maxima supérieure à la moyenne..................5,40, écart 34 p. 100
- Résistance minima inférieure à la moyenne.................3,10 — 23 —
- Nous voyons que les moyennes données par une mise en charge de 1 kilogramme en douze minutes sont un peu plus faibles que celles que l’on avait obtenues avec une vitesse de mise en charge de 1 kilogramme en quatre minutes; la différence va devenir plus nette avec une mise en charge extrêmement lente.
- Vitesse de mise en charge : 1 kilogramme en 4 heures.
- Verre N° 4. Tranches doucies.
- Section de la plaque de verre en millimètres. a X b
- 2,55 x 24,2
- 3,00 x 24,5 2,55 x 24,5 2,74 x 23,2
- Nombre d’expériences
- Charge en kilogrammes Résistance calculée
- produisant la en kilogrammes
- rupture. par millimètre carré.
- 3,75 Rupture à 15mm du milieu
- R > 3,6
- R = 2,51
- 4,35 2,95
- 3,15 2,97
- 4,10 Rupture à 9mm du milieu
- R > 3,39 R = 2,78
- 4 Moyenne des six résultats.. . 3,03
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-
-
- RECHERCHES SUR LA RÉSISTANCE MÉCANIQUE DU VERRE.
- 843
- Verre N° 4. Tranches coupées au diamant.
- (Le coup de diamant était au-dessus du côté où le verre travaille à la compression.)
- Section do la plaque de verre en millimètres a X b
- Charge on kilogrammes produisant la rupture.
- Résistance calculée en kilogrammes par millimètre carré.
- 2,65 x 25,5
- 2,62 X 25,7
- 4,10 Rupture à 12mm,5 du milieu .
- R > 3,44 R = 2,58
- 3,90 3,30
- Nombre d’expériences.. .... 2 Moyenne des 3 résullats . . . 3,11
- Verre N° 4. Surface inférieure travaillant à la traction dépolie en tràvers.
- (Les rayures produites par le dépolissages sont ainsi perpendiculaires à la longueur du verre.)
- Tranches dépolies en travers.
- Section de la plaque de verre en millimètres a X b
- 2,67 x 24 .
- Moyenne
- Charge en kilogrammes Résistance calculée
- produisant la en kilogrammes
- rupture. par millimètre carré.
- 4,35 Rupture à 10mm du milieu :
- R > 3,8 R = 3,04
- . ................ . R — 3^,42
- Nous voyons que l’état dos tranches et l’état des surfaces n’influe pas d’une façon nette sur la résistance au moins pour les vitesses faibles de mise en charge. La moyenne des 11 résultats avec une mise en charge de 1 kilogramme en
- quatre heures donne :
- R = 3,12
- Résistance maxima supérieure à la moyenne..............3,80, écart 22 p. 100
- Résistance minima inférieure à la moyenne..............2,51 — 20 —
- Nous voyons que la moyenne des résistances avec une mise en charge très lente est sensiblement plus faible que celle obtenue avec une mise en charge de 1 kilogramme en quatre minutes.
- Mise en charge très rapide.
- Nous avons fait quelques essais de mise en charge très rapide, afin de voir l’influence sur la résistance ; à cet effet nous exercions l’effort de rupture par l’intermédiaire d’un peson auquel on suspendait un poids de 15 kilos notablement supérieur à celui nécessaire à produire la rupture.
- En laissant descendre le poids jusqu’à la rupture de la lame de verre; un petit indicateur indiquait l’effort maximum exercé par le peson; cet effort était l’effort de rupture..
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- 844
- ARTS CHIMIQUES. ---- JUIN 1899.
- La charge nécessaire à la rupture était ainsi effectuée dans un intervalle de
- temps variant de 5 à 10 secondes.
- Section de la plaque Charge en kilogrammes Résistance calculée
- de verre en millimètres. produisant la en kilogrammes
- a X rupture. par millimètre carré.
- 2,60 X 25,0 9 7,99
- 2,85 x 26,0 8 5,68
- 2,85 X 25,0 10 7,39
- Moyenne. , . . R = 7kf?,02
- Nons voyons que cette mise en charge très rapide donne un accroissement notable de résistance.
- Nous avons fait une autre expérience en mesurant le travail nécessaire à la rupture d’une de nos plaques de verre ; à cet effet nous faisions tomber un poids A de 100 grammes, à partir de hauteurs croissantes, jusqu’à la rupture du verre.
- Le prisme de fer exerçant sa pression sur le verre était relié directement au poids A par 2 brins égaux de ficelle b et c, de cette façon la pression était répartie à peu près également sur toute la surface de contact.
- Pour produire la rupture il fallait laisser tomber le poids de 0k,100 d’une hauteur comprise entre 800 et 850 millimètres.
- Travail nécessaire à la rupture =
- l
- x—----------
- if________
- A I A
- P
- P l
- 48 El
- ’R =
- T =
- E Coefficient d’élasti ci té. I Moment d’inertie.
- P P-48 El + 2
- P =
- 48 El x 2-
- P/
- ba2
- v/
- /18 e t r V Iba ~~ V '
- 18 E t
- V
- Le coefficient d’élasticité indiqué dans les livres pour le verre est de 7 000 ; ce chiffre est conforme à celui que nous ont donné quelques expériences.
- E = 7 000 l = 100 6 = 24 a = 2,71 T = 0,1 x 850
- d’où R = 25,5
- Dans cette expérience l’augmentation de résistance ne peut tenir à l’inertie qui diminuerait le volume eptrant en jeu dans le travail de rupture et par con
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- RECHERCHES SUR LA RÉSISTANCE MÉCANIQUE DU VERRE. 845
- séquent le résultat calculé pour R ne pourrait qu’être trop faible par suite de cette cause.
- Mais il y a peut-être beaucoup de travail perdu par suite de l’élasticité de la ficelle servant à attacher le poids et ce résultat n’aurait ainsi pas grande valeur.
- ESSAIS A LA FLEXION SUR DES BAGUETTES DE VERRE N° 4
- DE SAINT-GOBAIN
- La section de ces baguettes était sensiblement circulaire.
- Les baguettes qui n’étaient pas bien rondes et pour lesquelles nous indiquons deux diamètres (le plus grand et le plus petit) ont été considérées pour le calcul de la résistance comme de section elliptique.
- La baguette de verre reposait librement sur deux couteaux distants de 10 centimètres; la charge était appliquée au milieu.
- Quand la section de la baguette n’était pas bien circulaire, c’est toujours le plus grand diamètre qui était horizontal.
- formule employée.
- RÉSULTAT DES EXPÉRIENCES
- La charge initiale dans les essais sur les baguettes était de 0k,430.
- Vitesse de mise en charge : 1 kilogramme en 4 minutes.
- Diamètre de la baguette Charge en kilogrammes produisant la Résistance calculée en kilogrammes
- en millimètres. rupture. par millimètre carré.
- 5,80 5,512 7,20
- 4,69 2,912 7,35
- 4,74 2,66 6,61
- 5,24 3,96 7,05
- 2,51 0,53 8,50
- 4,02 — 4,45 1,83 6,48
- 3,6.5 — 3,80 1,53 7,70
- 4,86 3,33 8,15
- 5,63 4,48 8,30
- Nombre d’expériences .... . 7
- . 7,54
- Résistance maxima supérieure à la moyenne . 8,5, écart 13 p
- Résistance minima inférieure à la moyenne . 6,48 — 14
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- ARTS CHIMIQUES.
- JUIN 1899.
- V itcsse de mise en charge : 1 kilogramme en 12 minutes.
- Charge en kilogrammes Résistance calculée
- Diamètre de la baguette produisant la en kilogrammes
- en millimètres. rupture. par millimètre carré.
- 3,45 — 4,24 1,43 7,22
- 3,40 — 4,20 1,33 7,74
- 4,73 — 3,13 2,48 5,48
- 4,44 —• 4,33 ! ,83 5,53
- Nombre d’expériences. . . . . 4
- Moyenne . 6,47
- Résistance rnaxima supérieure à la moyenne 7,64, écart 18 p
- Résistance minima inférieure à la moyenne...... 5,48 — 13
- Vitesse de mise en charge : 1 kilogramme en 4 heures.
- Charge en kilogrammes Résistance calculée
- Diamètre de la baguette produisant la en kilogrammes
- en millimètres. rupture. par millimètre carré.
- 0,00 — 3,09 3,00 4,30
- 3,30 — 4,87 1,00 3,30
- 3,42 — 4,8! 1,84 3, /i
- 3,82 — 4,93 2,01 3,78
- 3,08 — 0,27 2,90 4,06
- 3,40 — 0,98 3,00 3,83
- Nombre d’expériences 0
- Moyenne . 3,99
- Résistance rnaxima supérieure à la moyenne . 4,60, écart 17 p.
- Résistance minima inférieure à la moyenne 3,30 — 16
- Nous voyons que les résistances données par les essais à la flexion sur les baguettes sont notablement supérieures à celles données par les essais à la flexion sur les plaques; néanmoins avec une mise en charge très lente de 1 kilogramme en quatre heures les résultats se rapprochent très sensiblement.
- Nous avons cherché à voir quels poids il fallait suspendre à des baguettes pour en obtenir la rupture au bout d’un temps très long.
- Voici le résultat de ces quelques mesures :
- Charge c» kilogrammes Résistance calculée
- Diamètre de la baguette produisant la en kilogrammes observations.
- en millimètres. rupture. par millimètre carré.
- 3,76 — 3,70 0,402 1,99 N’n, pas cassé au bout de 3 mois.
- 3,76 — 4,80 0,810 3,40 A cassé au bout de 5 jours.
- 4,80 — 5,04 2, » 4,38 A cassé au bout de 4 jours.
- 3,17 — 4,03 0,830 2,51 N'a pas cassé au bout de 3 mois.
- 4,03 — 4,90 0,380 3,01 A cassé au bout de 1 jour.
- 3,14 — 3,20 0,380 3‘00 A cassé au bout de 2 jours.
- 5,90 — 4,70 1,530 2,99 N'a pas cassé au bout de 5 jours.
- 5,90 — 4,70 1,830 3,58 Même b; uguette ‘que celle indiquée
- plus haut, a cassé au bout de 1 jour.
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- RECHERCHES SUR LA RÉSISTANCE MÉCANIQUE DU VERRE. 847
- Nous voyons que pour les baguettes la charge de rupture est encore environ de 3 kilogrammes par millimètre carré.
- ESSAIS A LA TRACTION
- Nous n’avons fait qu’un nombre insignifiant d’essais à la traction et nous ne pouvons rien en conclure.
- Résultats avec une mise en charge de : 1 kilogramme en 4 minutes.
- Verre N° 4 recuit.
- Diamètre de la baguette en millimètres.
- 1,15
- 0,75
- Charge en kilogrammes produisant la rupture.
- 9,42
- 3,89
- Résistance calculée en kilogrammes par millimètre carré.
- 9,00
- 8,80
- Verre N° 4 non recuit.
- Diamètre de la baguette en millimètres.
- 0,80
- Charge en kilogrammes produisant la rupture.
- 6,03
- Résistance calculée en kilogrammes par millimètre carré.
- 12
- DÉFORMATION PRÉCÉDANT LA RUPTURE
- Nous avons cherché à voir si le retard à la rupture se produisant dans les essais par flexion ne tenait pas à une déformation permanente, se produisant lentement après la mise en charge jusqu’au moment de la rupture.
- A cet effet nous avons pris une lame de verre n° 4 de 25 x 3 millimètres de section à tranches doucies et nous l’avons chargée comme pour produire une rupture avec une vitesse de 1 kilogramme en deux minutes jusqu’à une charge correspondant à une résistance de 4 kilogrammes par millimètre carré.
- Une plaque de verre libre était placée sur la plaque dont on essayait la résistance et on éclairait l’ensemble des deux plaques à la lumière jaune du sodium.
- On visait avec une lunette une des franges d’interférence qui se produisaient entre les deux plaques.
- Pendant la mise en charge par suite de la déformation de la plaque de verre les franges se déplaçaient et aussitôt que nous arrêtions l’arrivée de l’eau de façon à laisser la charge fixe, les franges cessaient de passer.
- Quand nous sommes arrivé à une charge de 6 kilogrammes correspondant à 4 kilogrammes par millimètre carré, nous avons cessé d’augmenter la charge ; les franges ont alors cessé de passer et au bout de deux ou trois minutes environ la rupture s’est produite.
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- ARTS CHIMIQUES.
- JUIN 1899.
- Pendant la mise en charge du dernier kilogramme nous avons vu passer 70 franges (raie noire à raie noire) et nous n’avons observé aucun déplacement des franges depuis le moment où nous avons cessé d’augmenter la charge jusqu’au moment de la rupture.
- Comme nous aurions certainement apprécié le déplacement de 1/4 de frange (milieu d’une raie blanche à bord d’une raie noire) nous voyons que s’il y a eu déformation permanente elle est de l’ordre de grandeur d’une déformation élastique correspondant à une augmentation de charge très faible.
- lkil X —7— X = 3gr,o 4 10
- L’augmentation de résistance qui résulterait de cette augmentation de charge si on opérait avec une mise en charge plus rapide serait insignifiante
- R = 4kil,002 au lieu de R = 4 kil
- et ne suffit pas à expliquer les différences trouvées pour la résistance suivant la vitesse de mise en charge.
- Dans une autre expérience analogue nous avons chargé la plaque de verre jusqu’à 3^,8 par millimètre carré, nous avons observé 80 franges dans le passage du dernier kilogramme; nous n’avons observé aucun déplacement sensible des franges depuis la fin de la mise en charge jusqu’à la rupture qui a eu lieu au bout de quelques minutes.
- Le retard à la rupture du verre est connu des fabricants de champagne qui ne font jamais resservir les bouteilles deux fois malgré leur prix relativement élevé ; il est probable également que les explosions de bouteilles d’eau de Seltz se produisant longtemps après leur mise en service tiennent à ce phénomène.
- Conclusion. — Il résulte de ces expériences que :
- 1° La résistance à la rupture par traction du verre varie dans des limites considérables avec la vitesse de mise en charge, dans le rapport de 1 à 4.
- 2° La résistance obtenue est la même dans les essais par flexion ou par traction, sur des lames ou des baguettes, pourvu que la mise en charge soit assez lente. Dans les mises en charge rapide ces différents modes d’essais conduisent au contraire à des résultats très différents.
- 3° La résistance limite à la rupture par traction d’un verre blanc de bonne qualité comme la glace de Saint-Gobain est voisine de 3 kilogrammes par millimètre carré. ,
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- ARTS CHIMIQUES
- Compte rendu des progrès réalisés dans l’étude et l'industrie des huiles essentielles et des parfums, par M. A. Haller, correspondant de l’Institut.
- L’année qui vient de s’écouler a été fertile en travaux de tout genre sur les huiles essentielles et les parfums. Nous constatons avec satisfaction que le nombre de chimistes français, qui s’intéressent à cette partie si importante de notre industrie nationale, va sans cesse en augmentant. Nombreuses sont les recherches faites en France, ainsi qu’à l’étranger, dans le domaine des essences. Les méthodes préconisées pour reconnaître et la nature et la pureté des huiles essentielles se multiplient et se précisent. La falsification et la contrefaçon, si en honneur dans cette industrie, deviendront de plus en plus difficiles. D’autre part la concurrence active faite par les parfums artificiels aux produits naturels, dont le midi de la France est un des plus grands producteurs, ne manquera pas de convaincre nos distillateurs de l’importance, de la nécessité qu’il y a pour eux de s’adjoindre à bref délai des hommes de science et en particulier des chimistes, s’ils ne veulent pas s’exposer à voir péricliter leur industrie (1). Les traditions, qu’elles inspirent la production ou les pratiques commerciales, quand elles reposent sur l’empirisme, conduisent fatalement à la ruine. Ne sont immuables, dans l’industrie comme partout ailleurs, que les traditions de loyauté, d’intégrité, qui sont du domaine de la conscience.
- Si une partie de notre jeunesse scientifique a pris goût à l’étude des huiles essentielles et des parfums, il faut aussi reconnaître qu’un certain nombre de producteurs commencent à s’apercevoir que les exhortations, qui leur ont été adressées de toute part, sont justifiées. Depuis quelque temps, un petit nombre d’entre eux ont pris comme auxiliaires des chimistes, dont quelques-uns ont bien voulu avoir recours à nos conseils. Nous avons lieu d’espérer que cet exemple sera suivi et que, à l’instar des distillateurs allemands et américains, nos fabricants d’essences et de parfums du Midi ne tarderont pas à s’associer un ou plusieurs chimistes versés dans l’étude des huiles essentielles.
- (1) Il n’est pas inutile (le faire remarquer qu’une industrie quelconque, quand elle est rémunératrice, suscite des concurrences. Or, on sait, par les chiffres d exportation, combien le débouché des États-Unis est important pour les parfums. Encouragé par l’extension que prend l’industrie du sucre de betteraves, le département de l’Agriculture de Washington appelle l’attention des agriculteurs sur les profits qu’ils retireraient de la production des huiles essentielles et des parfums naturels en général. Dans une brochure qui est sur le point de paraître, M. le professeur Steele invite les stations agronomiques des États-Unis à instituer des essais de culture des fleurs et plantes à parfums, et sur la manière d en extraire les huiles essentielles de façon à pouvoir, dans l’avenir, garder pour l’industrie nationale les sommes considérables qui sont exportées à l’étranger.
- On connaît déjà l’importance qu’a acquise l’exploitation de la menthe en Amérique, et nul Tome IV. — 98e année. 5e série. — Juin 1899. ü6
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- 850
- ARTS CHIMIQUES.
- JUIN 1899.
- Comme les années précédentes (1), la présente revue a pour objet de mettre nos lecteurs au courant de tous les faits nouveaux qui se sont produits dans le domaine des huiles essentielles depuis la publication de notre dernier compte rendu.
- Elle comportera en outre quelques statistiques, des méthodes générales de recherches s’appliquant à unenscmble d’essences,ainsi que des données numériques permettant do se rendre compté de la teneur en alcools et en éthers des essences, après avoir effectué les dosages d’après les procédés décrits antérieurement (2).
- La Fabrication des Parf ums dans les Alpes-Maritimes. — D’après la Revue de Statistique, on traite annuellement dans le département des Alpes-Maritimes :
- loOOOO kilog. de cassies.
- 2 000 000 kilog. de roses.
- 2 500 000 — de lleurs d’oranger.
- 200 00.0 — jasmins.
- tubéreuses.
- violettes.
- 150 000 200 000
- Les prix moyens de vente du kilogramme de fleurs sont : pour la violette et la cassie, de 4 francs; la tubéreuse, de 3 francs; le jasmin, de 2 fr. 50; la rose, de 0 fr. 65; la fleur d’oranger, de 0 fr. 70. Un plant de violette peut fournir 20 grammes de fleurs; un oranger, 10 kilogrammes. Une coupcuse, dans la matinée, c’est-à-dire en quatre heures, peut cueillir 20 kilogrammes de roses,
- 3 de jasmins, 6 de tubéreuses; dans une journée entière, 10 kilogrammes de violettes ou de fleurs d’oranger.
- Pour produire 1 kilogramme de néroli, il faut plus de 1000 kilogrammes de fleurs d’oranger, soit approximativement 1 200000 fleurs; pour 1 kilogramme d’essence de roses, 16000 kilogrammes de roses ou 5millions de fleurs. On fabrique 500 000 kilogrammes de pommades ou d’huiles parfumées,
- 4 millions de litres d’eaux aromatiques. On évalue la production de la parfumerie en matières premières pour le département des Alpes-Maritimes à plus de 15 millions de francs.
- Essais des huiles essentielles, par Ed. Hirschsohn (3). — L’auteur a porté son attention sur les terpènes eten particulier sur le pinône contenus dans les essences. Les recherches ont été effectuées sur un ensemble de quatre-vingt-dix essences.
- Dans un appareil spécial, dont il donne une description détaillée, M. Ed. Hirschsohn distille, dans un courant de vapeur d’eau, l’essence à examiner, dans le but de séparer les terpènes des combinaisons oxygénées contenues dans l’huile. Il en prend 10 centimètres cubes, recueille le produit distillé dans des éprouvettes graduées en dixièmes de centimètre cube, qu’il change aussitôt que
- n’iguore que le climat de la Floride, de la Louisiane et celui de la Californie, où l’on cultive déjà en grand le citron et l’orange, se prêtent merveilleusement à la culture de presque toutes les plantes aromatiques. Cette concurrence éventuelle des Américains ouvrira-t-elle les yeux de nos producteurs du Midi?
- (1) Bull, de la Soc. d'Encour., 1897, p. 14 et 322; 1868, p. loi et 291.
- (2) Bull, de la Soc. d'Encour1897, p. 31 et 40.
- (3) Pharm. Zeit. f. Hmsland, t. XXX, 30, 433.
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- INDUSTRIE DES HUILES ESSENTIELLES ET DES PARFUMS.
- 851
- le volume d’eau et de terpène distillés a atteint 10 centimètres cubes. On conduit ainsi le fractionnement jusqu’à ce que l’huile qui passe n’atteigne plus qu’un dixième de centimètre cube. Les premières portions d’essence qui distillent sont examinées au point de vue de leur volume par rapport au volume d’eau, et aussi au point de vue de leur solubilité à 90°.
- L’auteur a en outre étudié quelques fractions, en utilisant les réactions colo-rimétriques auxquelles cerlains produits donnent Jieu avec le réactif de Dragen-dorff (solution de 1 partie de brome dans 20 parties d’alcool), et aussi avec un mélange deb parties d’anhydride acétique et 5 gouttes d’acide sulfurique concentré (1).
- La liste des observations faites étant trop longue, nous renvoyons le lecteur au mémoire original. Nous croyons aussi devoir signaler une longue étude faite par M. Richard Mauch sur le pouvoir dissolvant des solutions d’hydrate de chlo-ral vis-à-vis d’un certain nombre d’essences. L’auteur a employé :
- 1° Des solutions aqueuses dé chloral à 60 p. 100;
- 2° Des solutions aqueuses de chloral à 80 p. 100;
- 3° Des solutions chlorhydriques de chloral (1 partie d’acide de densité 1,12 + 10 parties de la solution à 80 p. 100).
- Gomme terme de comparaison, une solution chlorhydro-alcoolique (1 partie d’acide de densité 1,12 + 5 parties d’alcool absolu).
- Les réactions ont été faites de la façon suivante : on a mélangé dans un tube à réactif 1 à 2 gouttes de l’essence à examiner avec 1 à 2 centimètres cubes du réactif, on a noté la solubilité à froid puis à chaud. Il a, en outre, été tenu compte des colorations qui se sont produites. Les observations ont porté sur quarante-cinq essences ou parties d’essences, et ont été consignées dans un tableau très étendu. Nous renvoyons le lecteur au mémoire original, vu la difficulté qu’il y a de le résumer (2).
- Calcul des résultats obtenus dans la saponification des essences avant et après Vacétylation. — Nous avons déjà décrit, à propos des essences de bergamote et de lavande (3), la méthode préconisée par MM. Schimmel pour doser la quantité d’alcools et d’éthers contenus dans ces huiles essentielles. Etant donné la saponification, on connaît la quantité d’éther correspondant; mais il est souvent utile de savoir également le poids d’alcool terpénique contenu dans cet éther, ou de pouvoir déduire directement l’alcool existant primitivement de l’indice de saponification d’une essence acétylée. Comme ces opérations demandent souvent des calculs, MM. Schimmel ont établi les valeurs correspondant aux indices, en particulier pour les alcools C10H18O(géraniol, linalol, bornéol, etc.),
- (1) Ce réactif, que fauteur appelle réactif acétique, demande à être renouvelé de temps à autre, car il jaunit au bout de peu de temps.
- (2) Inaugural-Dissertation, Strassburg, 1898.
- (3) Bull. Soc. d’Encour,, 1897, p. 31 et 40.
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- 852 ARTS CHIMIQUES. ---- JUIN 1899.
- C10H table d’un L vant Pon l'alço CioHi Pmi l'alco C1UH* Dans a = s = 20O (ment] aux suiva de leurs j es formul es : . „ 196 x I. £ l° “ 56 °|. ax.5.4 tiol, C ints, t julleti es em --- — cthc :—>= alco 127.= alco itronellol), dans les [ue nous extrayons ns (1). ployées sont les sui- r pour-cent, ol pour-ccnw ol pour-cent dans l'essence primitive. r pour-cent, ol pour-cent, ol pour-cent dans l’essence primitive. e saponification; s de potasse normale employés mefc, d'essence acétylée employée à " C cH„0 C.oF .oO
- U. .. Aeétat« Alcool Alcool dana l'oMeocoprlui Alcool Alcool daoi 1. S.
- 5' 52 53 54 55 56 57 5» 59 60 47,85 l8,20 18,55 18,90 49,25 19,60 «9,95 20,3° 20,65 21,00' 14,03 14,30 14,58 14,85 '5,13 15,40 15,68 15,95 16,23 16,50 14,58 14,88 .15,18 1,5,48 15,77 16,07 16,38 16,68 16,98 17,28 18,03 18,39 '8,74 19,09 9.45 19,80 20,15 20,51 20,86 21,21 14,21 14,49 14,76 '5,04 >5,32 15,60 15,88 16,16 16,44 16,71 14,77 15,07 15.38 15,68 '5,98 16,28 16,59 16,89 17,20 17,50 51 52 53 54 55 56 57 58 59' 60
- 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 2135 21,70 22,05 22,40 22,75 23,10 23,45 23,80 24,15 24,50 16,78' 17,05 17.33 17,60 17,88 18,15 18,43 18,70 18,98 '9.25 17.58 17,88 18,18 18,49 18,79 19,10 19,40 (<9,70 20,01 .po,3 2 21,57 21,92 22,27 22,63 22,98 23,34 23,69 24,04 24,40 24,75 .16,99 17,27 17,55 17,83 18,11 '8,39 18,66 18,94 19,22 19.50 17,81 18,11 18,42 8,73 19,04 '9,34 19,65 19,96 20,2 7 20,58 61 62 63 64 65 66 67 68 69 7°
- ol 0 ces e a c 1 s 8“ —(axO.O 198x1. S
- 56 156xI.S.
- 56 *.-£%£*»-** formules I. S. = Indice d ombre de centimètres cube tiautité, exprimée en grau aponification.
- 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 24,85 25.20 25.55 25,90 26,25 26,60 26,95 27,30 27,65 28,00 *9,33 19,80 20,08 20,35 20,63 20,90 21,1,8 2i,45 2',73 22,00 20,62 '•20,93 21,24 21,55 21,85 22,16 22,47 22,78 23,09 23,40 25,10 25,46 25,81 20,16 26,52 26,87 27,22 27,58 27,93 28,29 19,78 20,06 2044 20,61 20,89 21,17 21,45 2 1,73 22,01 22,29 20,89 21,20 21,5' 21,83 22,14 22,45 22,77 23,08 23,39 23,71 7' 72 73 74 75 76 7? 78 79 80
- c, „h,8o C,oH „o
- I. S. Acétate AIcmI VernupriD Acétate Alcool ,.s.
- 0,28 n o,35 0,28 0,28 i 81 28,35 22,28 23,72 28,64 22,56 24,02 81
- o,55 0,55 0,71 0,56 0,56 2 82 28,70 22,55 24,03 28,99 22,84 24,34 84
- - •°Ô 0,83 0.83 1,06 0,84 0,84 3 83 29,05 22,83' 24.34 29,35 23,12 24,66 8.3
- .4° 1,10 1,10 *,4* 1,11 1,12 4 84 29,40 *3,10 24,65 29,70 23,40 24,97 84
- .7S <,38 1,38 1.77 1.39 1,40 5 85 29,75 23,38 24,97 30,05 23,68 25,29 8.5
- 6 2,10 1.65 1,66 ^2,12 1.67 1,08 6 86 30,10 23,65 25,28 30,41 25,96 25,61 86
- y 2.4S *.93 i,94 2,47 *,95 1,96 7 87 30,45 23,93 25,60 30,76 24,24 25,93 87
- 8 ,80 2,20 2,2 ! 2,83 2.23 2,24 8 88 30,80 24,20 25,9' 31.11 •24,5' 26,25 88
- 9 5,13 2,48 2,49 3,-8 2Ô‘ 2-52 9 «9 31,15 24,48 26,23 3M7 24,79 26,57 89
- lO ),5° 2.75 2,77 3-54 2.79 2.8 1 IO go 31,50 24,75 26,54 31,82 2507 26;8g-- 90
- 11 3,85 3,03 3,05 3,89 3,06 3,09 ! I 9' 31,85 25,03 26,86 32,17 25,35 27.2 1 9*
- 1 2 4,20 3,30 3.33 4,24 3,34 3 37 12 92 32,20 25,30 27,18 32,53 25,63 27,55 92
- 4.55 3,58 3,61 4,60 3,62 3,66 '3 93 32,55 25,58 27,49 32,88 - 25,9' 27,85 93
- U 4,90 335 3,89 4,95 3,90 3,94 *4 94 32,90 25,85 27,81 33,24 26,19 28,17 94
- '5 5,25 4,<3 4,'7 5,30 4,18 473 * 5 95 33.25 26,13 28,13 33,59 26,46 28,49 95
- 16 5,6o 4,40 4,45 5,66 4,46 4,5i 16 96 33,60 26,40 28,45 33,94 26.74 28,84 96
- •7 5,95 4,68 4,74 6,0. 4,74 4,80 <7 97 33,95 26,68 28,77 34,30 2 7,02 29,14 97
- 18 6,30 4,95 5,02 6,36 5,01 5,°8 18 98 34,30 26,95 29,09 34,65 27,30 29,47 93
- 9 ' 6,65 5,23 5,30 6.72 5,29 5,37 1Q 99 34,65 27.23 29,41 35,oo 27,58 29.79 99
- 20 7,00 5,50 5,58 7,07 5,57 5,66 20 100 35,00 27,50 29,73 35,36 27,86 30,11 100
- 2 I 7,35 5,78 5,87 7,42 5,85 5,94 2 I 101 35.35 27.78 30,05 35,/i 28,14 3°-44 !OI
- 22 770 6,05 6,15 7,78 6,13 6,23 22 102 35,70 28,05 30,37 36,06 28,4 1 30,77 102
- 23 8,05 6,33 6,44 8,13 6,41 6,52 2j 103 36,05 28,33 30.70 36.42 28,69 3 1,0 9 103
- 24 8,40 6,60 6,72 8,49 6,69 6,81 24 104 36,40 28,60 31,02 36,77 28,97 3 * ,4 2 104
- 2 5 8,75 .6,88 7,01 8,84 6,96 7,io 25 05 36,75 28,88 31-34 37.12 29-25 3 r-73 105
- 2Ô 9,10 7,<5 7,29 9,19 7,24 7,39 . 26 lOÔ 37,'0 29,15 31.67 37.48 29,53 32,oS iot>
- 27 9.45 7,43 7,58 9,55 7,52 7,68 27 107 37,45 29.43 31.99 37.83 29,81 32.4' !°7
- 28 9,80 7,7° 7,87 9,90 7,80 7,97 28 IO8 37.8o 29,70 32,32 38,19 30,09 32.74 10S
- 29 10,15 7,98 8,.5 10,25 8,08 8,26 29 109 38,15 29,98 32,64 38.54 30,36 33.07 109
- 3° 10,50 8,25 8,44 IO,(U 8,36 8,55 3° I IO 38,50 30,25 32.97 38,89 30,64 33-40 110
- 31 10,85 8,53 8,73 10,96 8,64 8,84 31 ! I 1 38,85 30,53 33,30 39,25 30,92 33-73 ! 1
- 32 11,20 8,80 9,02 iï:3* 8,91 943 32 1 1 2 39,20 30,80 33,62 39.60 31,20 34,06 1 2
- 33 ",55 9,08 9-31 1 11,67 949 9,43- 33 113 39,55 31,08 33,95 39.95 31,48 34.39 1*3
- 34 1 1.90 9,35 9,59 12,02 9,47 9,7 2 34 I 14 39,90 3',35 34.28 40,31 31.76 34.73 114
- 35 12,25 9,63 9,38 12,37 9,75 10,01 35 "5 40,25 3'.63 34.61 40,66 32,04 35.06 "5
- 36 I 2,00 9,9° VO,i 7 12,73 10,03 10,31 36 1 16 40,60 3',9o 34,94 4 1,01 3231 35-39 ! l6
- 37 2,95 10,18 10,47 ij,08 10,31 10,60 \ 17 40,95 32.18 35,27 4137 32,59 33*73 **7
- 38 <3,30 <0,45 10,76 13-44 «0.59 10,90 38 1 18 41,30 32.45 35,60 41.72 32,87 36,06 i iS
- 39 <3,65 <0,73 **,05 13/9 1.0,86 11,19 39 .19 41,65 32,73 35.93 42.07 33,15 36,40 119
- 40 14,00 I 1,00 * *,34 Ï4,*4 u,14 11,49 40 (20 42, OO 33,oo 36,26 42^3 33.43 36,73 I 20
- 41 <4,35 11,28 ",63 14,5° 11,42 11,78 41 1 2 T 42,35 .33,28 36,60 42,78. 33,71 1 37,07 121
- 42 14,70 ' ',55 ",93 14,85 11,70 12,08 42 1 22 42,70 33,55 36,93 43.14 33,99 37,41 122
- 43 <5,°5 ï 1.83 I 2,22 *5,20 11,98 12.38 43 '23 43,05 33,83 37,26 43,49 34,26 37.75 123
- 44 15*40 12,10 12,51 15.56 12,26 >2,68 44 *24 43,40 34.10 37,60 43,84 34,54 38,08 124
- 45 <5,75 12,38 12,81 15,91 12,54 12,97 45 25 43,75 34,38 37.93 44.20 34.82 3842 125
- 46 16,10 12,65 *3,*o 16,26 12,81 13,27 46 i:6 4.4,10 34,65 38,27 44,55 35,'o 38,76 126
- 47 <6,45 <2,93 13,40 16,62 13,09 13.57 47 12.7 44.45 ' 34,93 38,60 44,90 35.33 39.'0 127
- 48 16,80 13,20 13,69 16,97 <3,37 13.87 48 128 44,80 35,20 38-94 45.26 35.66 39.44 128
- 49 <7.<5 <3,48 '3,99 17.32 13,65 1447 49 129 4 5, '5 35-4S 39,27 45.6* 35,94 39./8 129
- 50 >7,5° <3,75 14,29 17,68 *3,93 14-4 7 50 '30 45,50 35-75 39,61 45,96 j6,2I 40,13 130
- (1) Bull. Schimmel et C‘% octobre 1897, p. 78 et suiv.
- p.852 - vue 860/1864
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- INDUSTRIE DES HUILES ESSENTIELLES ET DES PARFUMS
- 853
- C oH.,0 C.oHioO C,c H,»0 C10H oO
- I. 8. Acétate Alcool Alcool 4*o* ('«••aocoprla Ac^Uto Alcool Alcool <!*«« I. B. ri/ Aéltatc | Alcool Alcool dans ’oMenoeprlni Acdl&IO j Alcool Alcool lUn* 1. B.
- 211 73.85 58,03 68,93 74,60 58,78 69,83 21 >3' 45,85 36,03 39,95 46,32 36,49 40,47 131
- 212 74,20 58,30 69,32 74,96 59,06 70,22 212 132 46,20 36,30 40,29 46,67 36,77 40,81 132
- 2'3 74,55 58,58 69,71 75.31 59,34 70,62 213 133 46,55 36,58 40,63 47,02 37,05 41,16 133
- 214 74,9° 58,85 70,10 75,66 59,61 71,01 214 '34 46,90 36,85 40,97 47,38- 37,33 41,50 '34
- 2'5 75,25 59,13 70,49 76,02 59,89 71,41 215 '35 47,25 37,13 4',3' 47,73 37,6i .41,84 135
- 2 IÔ 75,6o 59,4° 70,88 76,37 60,17 71,80 2IÔ 136 47,60 3(7,4° 41,65 48,09 37,89 42,19 136
- 217 75,93 59,68 71,28 76,72 60,45 72,20 217 '37 47,95 37,68 41,99 48,44 38,16 42,53 137
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- 220 77,oo 60,50 72,45 77,79 61,29 73,40 220 140 49,00 38,50 43,02- 49,50 39,0° 43,58 140
- 22 1 77,35 60,78 72,85 78,14 61,56 74,80 221 141 49,35 38,78 43,36 49,85 39,28 43,92 141
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- 227 79-45 62,43 75,23 80,26 63,24 76,21 227 '47 51,45 40,43 45,44 5',97 40,95 46,02 147
- 228 79,8o 62,70 75,63 80,61 63,5' 76,62 228 «48 51,80 40,70 45-78 52,33. 41,23 46,38 148
- 22Q 80,15 62,98 76,03 80,97 63,79 77,02 220 149 52,15 40,98 46,13 52,68 41,51 46.73 149
- 239 80,50 -63,25 76,44 81,32 64,07. 77,43 23° 150 52,50 41,25 46,48 53,04 4i,79 47,08 150
- 23^ 80,85 63.53 76,84 81,67 64,35 77,83 23' 151 52,85 41,53 46,83 53,39 42,06 47.44 '5'
- 232 81,20 63,80 77,24 82,03 64,63 78,24 232 152 53,20 41,80 47,18 53,74 42,34 47,79 152
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- 235 82,25 64,63 78,45 83,09 65,46 79,47 235 155 5^,25 42,63 48,23 54,8o 43,'8 48,86 15 5
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- 239 83.65 65,73 80,08 84,50 66,58 81,12 239 *59 55,65 43,73 49.65 56,22 44,29 56,29 '59
- 24O 84,00 66,00 80,49 84,86 66,86 81,53 24O 160 56,00 44,00 50,00 50,57 44,57 50,65 160
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- 246 86,10 67,65 82,96 86,98 68,53 84,03 246 166 58,10 45,65 52,14 58,69 46,24 52,82 166
- 247 86,45 67,93 83,37 87,33 68,81 84,45 247 167 58,45 45,93 52,50 59,05 46,52 53,18 167
- 248 86.80 68,20 83,78 87,69 69,09 84,87 248 168 58,80 46,20 52,86 59,4° 46,80 53,55 168
- 249 87,<5 68,48 84,20 88,04 69,36 85,29 249 169 59,'S 46,48 53,22 59,75 47,o8 53,9i 169
- 2.SO 87.50 68,75 84,62 88,39 69,64 85,71 250 170 59,50 46,75 53,58 60,11 47,36 54,28 170
- 251 87,85 69.03 85,03 88,75 69,92 86,14 251 171 59,85 47,03 53,94 60,46 47,64 54,64 171
- 252 88,20 69,30 85,45 89,10 70,20 86,56 252 172 00,20 47,30 54,3i 60,81 47,9i 55,oi 172
- 253 88,55 69,58 85,87 89,45 70,48 86,98 253 60,55 54,6/ 61,17 48,19 55,38 '73
- 254 88,90 69,85 86,29 89,81 70,76 87,41 254 174 ÔOjÇO 47,85 55,03 61,52 48,47 55,75 174
- 255 89,25 70,13 86,71 90,16 71,04 87,83 255 *75 61,25 48,13 55,40 61,87 48,75 56," 175
- 256 89,60 70,40 87,13 90,5' 7i,3i 88,26 256 176 6l,60 48,40 55,76 62,23 49,03 56,48 1/6
- 257 89,95 70,68 87,55 90,87 71 59 88,69 257 177 6i,95 48,68 56,13 62,58 49,31 56,85 177
- 258 90.30 70,95 87,97 91.22 71,87 89,11 258 178 62,30 48,95 56,49 62,94 49,59 57,23 *78
- 2 59 90,65 71,23 88,40 9i,57 72,15 89,54 259 '79 62,65 49,23 56,86 63,29 49,86 57,6o 179
- > 260 91,00 71,50 88,82 9i,93 72,43 89,97 260 180 63,00 49,50 57,22 63.64 50,14 57,97 180
- 2ÔI 9',35 71,78 89.25 92,28 ' 72,71 90,40 2ÔI 181 63,35 49,78 57,59 64,00 50,42 58,34 181
- 262 91,70 72,05 89,67 92,64 72,99 90,83 262 182 63,70 50,05 57,96 64,35 50,70 58,71 182
- 263 92,05 72,33 90,10 92,99 73,26 91,27 263 '83 64,05 50-33 58,33 64,70 50,98 59,09 183
- 264 92,40 72,60 90,52 93,34 73,54 91,70 264 I84 64,40 50,60 58,70 65,06 51,26 59,46 184
- 265 92,75 72,88 90,95 93,70 73,82 92,13 265 185 64,75 50,88 59,07 65,41 51,54 59,84 185
- 266 93,io 73,i5 91,38 94,05 74,io 92,57 266 186 65,10 5‘,*5 59,44- 65,76 51,81 60,21 186
- 267 93.45 73,43 91,81 94,40 74,38 93,00 267 187 65,45 5',43 59,8i 66,12 52,09 60,59 187
- 268 93,8o 73,70 92,24 94,76 74,66 93,44 268 188 65,80 5',7° 60,19 66,47 52,37 60,97 iss
- 269 94,‘5 73,98 92,67 95,i‘ 74,94 93,87 269 189 66,15 5',98 60,56 66,82 52,65 6i,35 189
- 270 94,5° 74,25 . 93,10 95,46 75,2i 94,31 270 IÇO 66,50 52,25 60,93 67,18 52,93 6l,“2 190
- 271 94,85 74,53 93.54 95,82 75,49 94.75 271 191 66,85 52,53 61,31 67,53 53,21 62,10 191
- 272 95,20 74,8o 93.97 96,17 75,77 95,19 272 192 67,20 52,80 61,68 67,89 53.49 62,48 192
- 2/3 95,55 75,o8 94,40 96,52 76,05 95,63 273 193 67,55 53,o8 62,00 68,24 53,76 02,86 193
- 2 74 95,9° 75,35 94,84 96,88 76,33 96,07 274 104 67,90 53,35 62,43 68,59 54,04 63,24 194
- 275 96,25 75,63 95,28 97,23 76,61 96,51 . 275 '95 68.25 53,63 62,81 68,95 54,32 63,63 '95
- 2fb 96,60 75,9° 95,71 97,59 76,89 96,96 276 196 68,60 53,90 63,19 69,30 54,60 64,01 196
- 277 96,95 76,l8 96,15 97,94 77,i6 97,40 277 '97 68,95 54,i8 63,57 69,65 54,88 64,39 '97
- 278 97,3° 76,45 96,59 98,29 77,44 97,84 278 198 69,30 54,45 63,95 70,01 55,‘6 64,78 198
- 279 97,65 76,73 97,03 98,65 77,72 98,29 279 199 69,65 54,73 64,33 70,36 55,44 65,16 '99
- 280 98,00 77,00 97,47 99-00 78,00 98,73 280 200 70,00 55,oo 64,71 70,71 55,7 ' 65,55 200
- 281 98,35 77,28 97,91 99,35 78,28 99,18 281 201 70.35 55,28 65,09 71,07 55,99 65,93 201
- 282 98,70 77,55 98,35 99,71 78,56 99,63 282 202 70,/0 55,55 65,47 71,42 56,27 66,32 202
- 283 99,05 77,83 98,80 100,06 78,84 100,08 283 203 71,05 55,»3 65,85 71,77 56,55 66,71 203
- 284 99,40 78,10 99,24 204 7i,40 56,10 66,23 72,13 56,83 67,09 204
- 283 99,75 78,38 99,68 205 7',75 56,38 66,62 72,48 57," 67,48 205
- 286 100,10 78,65 100,13 206 72,10 56,65 67,00 72,84 57,39 67,87 206
- 207 72,45 56,93 67,39 73,19 57,66 68,26 207
- 208 72,80 57,20 67,77 73,54 57,94 68,65 208
- 209 73,15 57,48 68,16 73,90 58,22 69,04 209
- 210 73,50 57,75 68,55 74,25 58,50 69,44 210
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- Action des essences ou de certaines parties d’essences sur des infusoires, des diatomées, des moisissures et en général sur les ferments.
- Dans un travail très sommaire M. Bokorny (1) a étudié l’action des essences de girolle, de cannelle, d’amandes amères, de macis, de lavande, de térébenthine, puis celle du bornéol, du carvène, du carvol, de la coumarine, du carvacrol, de l’eugénol, du menthol, du pipéronal, de l’aldéhyde salicylique, de la saligénine et de la vanilline sur un certain nombre de ferments. La plupart de ces essences et combinaisons entravent ou arrêtent plus ou moins les fermentations, soit qu’elles tuent les bactéries, soit qu’elles contrarient simplement le développement des micro-organismes.
- Essence d’Agératum conyzo'ides. — Préparée et étudiée par M. van Romburgh, au laboratoire de chimie agricole du jardin botanique de Buitenzorg, cette essence est fournie par l’herbe fraîche qui croît à l’état sauvage à Java. Elle a pour densité 1,015 à 27°,5, et dévie la lumière polarisée de 5,5 à gauche pour une longueur de 200 millimètres. L’essence bout à environ 260°, et renferme probablement des corps appartenant à la série des sesquiterpènes (2). M. van Romburgh y a, en outre, observé la présence d’alcool méthylique.
- Essence d’Alpinia malaccensis (Rose.). — Cette plante qui croît dans les environs de Buitenzorg (Java), fournit à la distillation environ 2 p. 100 d’une huile essentielle, de densité 1,032 à 27°, et d’un pouvoir rotatoire 1°,5 pour une longueur de 200 millimètres.
- En la refroidissant, elle laisse déposer des aiguilles incolores de cinnamate de méthyle C6H’CH = CHC02CH!, fusibles à 36° et bouillant à 259° sous 740 millimètres.
- Les feuilles de la plante contiennent le même cinnamate dont la présence dans le règne végétal est constatée ici pour la première fois.
- (P. van Romburgh. Académie des Sciences d’Amsterdam, séance du 23 avril 1898.)
- Essence d’absinthe. — Sous le nom d’essence d’absinthe sans terpènes, M. II. Haensel (3) préconise une essence, débarrassée de thuyène C10H16 et de produits résineux, et dont il donne les constantes physiques suivantes, comparées à celles de l’essence naturelle.
- Poids spécifique à 1 ;i°..............
- Polarisation à 15° pour / = 100 mm. . Indice de réfraction no à 20°.........
- Esseuce Terpènes
- Essence d'absinthe d’essence
- d’absinthe. sans terpènes. d’absinthe.
- 0,9455 0,9220 0,8314
- + 27,7 +29,4 +9,7
- 1,484 1,4600 1,4739
- (1) Chem. Zeitung, 1899, t. XXIII, p. 60 et 76.
- (2) Bull. Schimmel, 1898, avril, p. 53.
- (3) Revue commerciale, avril-juin 1898, p. 5.
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- INDUSTRIE DES HUILES ESSENTIELLES ET DES PARFUMS.
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- Pour déterminer le pouvoir rotatoire, les trois produits ont été,- à cause de leur couleur, dissous dans l’alcool, et les chilires ci-dessus ont été trouvés par le calcul. Les solutions observées ont donné :
- Rotation observée 1 Dilution dans Pal- Essence d’absinthe. Essence d’absinthe sans terpènes. Terpènes d’essence d’absinthe.
- clans un tube < cool t : 100 1 : 25 1:10
- de 50 millim. . ( , Rotation constatée . 0,44° 0,59° 0,48°
- Essence (Vangusture (Ecorces de racines). — (Cusparia trifoliata, Engler; Gaiipea officinalis, Hancock). Rappelons que dans un premier mémoire, MM. Beckurts et J. Troeger(drc//. der Phann.,\ 897,t. CCXXV,p. 518) ont montré que l’essence d’écorces de racines d’angusture obtenue en épuisant l’écorce par de l’éther, agitant cette solution avec de l’acide sulfurique étendu pour extraire les alcaloïdes, évaporant et distillant le résidu huileux avec de la vapeur d’eau, était identique à celle qu’on prépare par distillation directe des écorces avec de l’eau. C’est un liquide jaunâtre, qui fonce en couleur au bout de quelque temps, de densité 0,941 à 20°, lévogyre an = — 43°9 à — 50° (/ = 100 mm.) et dont l’indice n0 — 1,50624.
- De l’ensemble des recherches nouvelles effectuées par MM. H. Beckurts et J. Treger(l) sur cette essence, il semble résulter qu’elle renferme : 1° du galipol (appelé d’abord alcool galipénique), répondant à la formule d’un alcool sesquiterpénique C,:iII2eO; 2° du cadinène Ci5H24, sesquiterpène lévogyre; 3° du galipène C15H2'% sesquiterpène inactif; 4° un terpène, le pinène.
- Ajoutons que l’alcool sesquiterpénique est inactif, et que l’anhydride acétique le déshydrate en donnant un sesquiterpène droit «D = + 18° à 20°, qui, au sein de l’acide acétique glacial, se combine aux acides chlorhydrique et hrom-hydrique pour fournir les composés C15H242HC1 et C13H2,2HBr, fondant respectivement à 114-145° et 123°. D’après des essais d’acétylation, l’essence renfermerait de 13 à 14 p, 100 de cet alcool.
- Essence d'anis. — Dans le Bulletin de MM. Schimmel, lor avril 1898, p. 7, nous lisons :
- « Dans l’ouvrage les Forces productives de la Russie, publié sous les auspices du Ministre des finances russe, et qui vient d’être récemment mis au jour par M. W.-J. Kowalski, directeur du département du Commerce et des Manufactures, nous trouvons la relation suivante :
- « L’anis est cultivé en grande quantité dans les districts de Walcysk, Birjuts-chensk et d’Ostrog (gouvernement de Woronesh) ; c’est le rayon principal de la culture, mais on en trouve aussi par places dans les gouvernements de Podolie, de
- (1) Arch. der Pharm., t. CCXXXV, p. 643; t. CCXXXYI, p. 401. ,
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- lvursk, de Charkow, de Taurie et deCherson. Une partie de la semence récoltée est consommée sur les lieux pour la production de l’huile, le reste est réservé pour les besoins de l’intérieur et pour l’exportation. Pendant les dix dernières années, l’exportation a atteint, en moyenne, 150 032pouds, d’une valeur annuelle
- de 453 721 roubles. Les villes de Krassnaja et de Alexejewkaja (gouvernement de Wo-ronesh) constituent le centre du commerce de fruits d’anis. Ce sont principalement les paysans qui s’occupent de la culture de l’a-nis. »
- Dans le cours de l’année 1893, la Russie a produit de l’essence d’anis pour une somme de 105 500 roubles.
- Essence d'aspic. — Comme on peut additionner l’essence d’aspic de petites quantités d’essence de térébenthine sans modifier notablement ses constantes physiques, MM. Schim-mel (1) préconisent le mode opératoire suivant pour déceler la falsification.
- Dans un rectificateur, possédant la forme et les dimensions indiquées dans la figure ci-jointe, on distille 50 centimètres cubes d’huile, et on recueille les 5 premiers centimètres cubes qui passent pouren déterminer la rotation. Dans toutes les essences authentiques essayées jusqu’alors, les auteurs ont toujours constaté une rotation à droite dans les premiers 10 p. 100 qui distillent :
- Fig. 1.
- Poids Solubilité dans Addition des
- spécifique. Addition. l’alcool à 70 p. 100. premiers 10 p. 100.
- degrés. degrés.
- I . . . . . 0,916 + 7,7 1 : 3 + 7,11
- 2 . . . , . . 0,915 + 7,3 1 : 2 + 5,10
- 3 . . . . . 0,914 + 5,0 1 : 2,5 + 9,11
- 4 . . . . . 0,918 + 5,30 1 : 2,5 + 6,7
- MM. Schimmel ajoutent : Si l’on additionnait une pareille essence de petites quantités d’huile de térébenthine française, ses propriétés physiques répondraient encore à celles qu’ils avaient autrefois établies pour des essences pures, mais la rotation des 10 p. 100 de produit, distillé en premier lieu, serait à gauche. Dès lors, il faut exiger qu’une essence d’aspic remplisse les conditions suivantes :
- 1° Poids spécifique, pas inférieur à 0,905 ;
- (1) Bulletin Schimmel, octobre 1898, p. 9.
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- 2° Rotation à droite des 10 premiers centimètres cubes qui passent à la distillation ;
- 3° Solubilité dans 3 parties d’alcool à 70 p. 100.
- Veut-on obtenir, dans la distillation, des résultats comparables, il est à recommander d’employer toujours les mêmes rectificateurs, et de conduire l’opération de façon que le produit distille goutte par goutte (une goutte par seconde).
- Dans un travail sur la même essence, M. Unmey (1) arrive à peu près aux mêmes conclusions que MM. Schimmel. L’auteur admet qu’on se sert pour la falsification de l’essence d’aspic, d’huile de romarin de Dalmatie de qualité inférieure, laquelle possède la même densité et la même rotation que l’essence d’aspic; mais d’après ses recherches, elle ne renferme que 16 p~ 100 d’alcool, tandis qu’une essence d’aspic pure en accuse au moins de 30 à 40 p. 100 ; de plus, l’essence de romarin exige pour se dissoudre plus de 10 volumes d’alcool à 70° ; des mélanges à parties égales d’essence d’aspic pure et d’essence de romarin de Dalmatie ressemblent, comme odeur et en tout, aux essences falsifiées qui existent actuellement dans le commerce.
- Essence de badiane. —L’essence de badiane de Chine est, paraît-il, l’objet de falsifications nombreuses de la part des distillateurs et surtout des commerçants chinois.
- Le fait est attesté, d’une part, par MM. Schimmel (2), qui ont trouvé des échantillons qui renfermaient jusqu’à 40 p. 100 de pétrole, avec un point de solidification variant de + 5,1 à 6,5, et, d’autre part, par M. J. C. Unmey, qui observa la même sophistication sur six échantillons prélevés sur le marché de Londres.
- Pour déceler le pétrole dans ces produits, M. Unmey les soumet à l’action de l’acide sulfurique concentré qui détermine une destruction complète de l’essence d’anis. Celle-ci est, en effet, convertie en une masse résineuse d’un brun noirâtre, tandis que le pétrole reste inattaqué. En opérant ainsi, l’auteur a pu isoler, des échantillons examinés, de 36 à 56 p. 100 de pétrole (3).
- D’après MM. Schimmel (loc. cit.), ce procédé, déjà ancien, de destruction des essences, peut rendre de bons services pour la recherche qualitative du pétrole dans les huiles essentielles, mais se montre insuffisant pour des déterminations quantitatives, comme l’ont montré des recherches qu’ils ont entreprises.
- Dans notre dernière revue, nous avons déjà cité le témoignage de
- (1) The Chem, and Druggist, 1898, p. 166.
- (2) Bull, avril 1898, p. 10.
- (3) The Chemist and Druggist, 1897, p. 623.
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- MM. Schimmel (4) concernant la bonne qualité de l’essence de badiane venant duTonkin. Dans \quv Bulletin du mois d’avril 1896, ils reviennent sur la question dans les termes suivants :
- « Nous conseillons vivement aux maisons de Hong-Kong de se rappeler que l’essence de badiane pure possède une densité de 0,980 à 0,990 à 15°, et donne une solution limpide avec 3 parties d’alcool à 90°. Les essences, qui ne répondent pas à ces conditions, doivent être considérées comme falsifiées, et celles qui ont un point de solidification inférieur à + 15, comme de qualité inférieure. Si les commerçants en question ne tiennent pas la main à ce que les produits livrés par eux répondent à ces données, tout le commerce de cette essence émigrera au Tonkin, d’où nous n’avons tiré, jusqu’à présent, que des huiles sans reproche et dont le point de solidification atteint parfois + 18 degrés. A cette occasion nous nous plaisons à répéter avec quels soins et quelle intelligence les commerçants français, au Tonkin, choisissent et classent les essences. Nous leur sommes également redevables d’une foule de détails très importants sur la production de la badiane et de son essence, renseignements qui n’ont pas peu contribué à nous éclairer sur ces importants produits. Ajoutons que, tout récemment, il y a aussi eu des envois d’huile du Tonkin à Hong-Kong, où on la vend ensuite comme telle, sous la garantie d’un point de solidification de + 17°. »
- Dans leur Bulletin du mois d’octobre dernier, page 10, MM. Schimmel s’expriment à nouveau de la façon suivante quant au commerce de cette huile :
- « Les cours de ce produit ont été influencés par la révolution qui a éclaté dans les provinces chinoises Kwang-Si et Kwang-Tung, et seraient encore plus élevés si la colonie française du Tonkin n’avait pas été en mesure de fournir le marché. Ceci montre la supériorité d’un régime bien ordonné, comparativement aux pratiques funestes des provinces chinoises. »
- Inquiété par la concurrence française, on a, entre temps, cherché à entraver, en Chine, les habitudes de falsification qui y sévissent avec tant de vigueur. Le 16 février dernier, la douane de Lungchow a publié un avis, d’après lequel toute essence de badiane destinée à Pakoi-Hong-Kong devait être préalablement examinée à Lungchow, organisé à cet effet, de façon à empêcher l’expédition d’huile falsifiée à Hong-Kong. S’il en était autrement, les producteurs enverraient leur bonne essence sur le marché de Langson (Tonkin), tandis que l’huile falsifiée prendrait le chemin de Pakoi pour Hong-Kong, d’où elle serait expédiée, ce qui constituerait une véritable déchéance de ce port, qui passerait au second rang concernant cet article.
- Une note intitulée: la Fraude sur l'Essence de Badiane et les Moyens de la
- (1) Bull. Soc. d’Encour., 1898, p. 159.
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- combattre, que son auteur, M. L. Simon, de Paris, a bien voulu nous adresser, nous révèle la manière d’opérer de sa maison, à laquelle MM. Schimmel font allusion. Nous transcrivons textuellement la partie de la brochure où il est question de la façon dont procèdent les agents de M. Simon :
- « Mes agents recueillent l’essence au sortir de l’alambic. Les diverses provenances sont soigneusement séparées, afin que chaque lot ait bien sa finesse propre, ainsi que sa teneur réelle en anéthol. Après un essai sévère constatant la pureté du produit, essai effectué par un chimiste attaché à ma maison, on prélève un échantillon sur chaque partie, laquelle est ensuite mise en esta-gnons puis en caisses, d’un conditionnement absolument identique à celui de Hong-Kong, auquel les négociants sont habitués depuis de longues années. Les estagnons sont auparavant revêtus d’une étiquette spéciale, déposée à Hong-Kong et en Europe. Et enfin les caisses, portant mes initiales J. L. S. avec un numéro d’ordre, sont dirigées, d’une part sur Hong-Kong, pour la partie recueillie sur territoire chinois, d’autre part sur Haïphong, pour la partie récoltée sur territoire tonkinois, et de là embarquées à destination des divers ports d’Europe.
- « Je ferai observer, en finissant, que le transit à travers le Tonkin, grâce à la ligne de Langson au fleuve Rouge, est infiniment plus rapide et économique que la voie chinoise, au point que je puis offrir sur les différents marchés d’Europe l’essence de la nouvelle récolte quatre semaines avant les maisons de Hong-Kong, et à des prix sensiblement inférieurs aux leurs (1). »
- MM. Schimmel (2) ont examiné cinq échantillons d’essences obtenus par distillation des fleurs de l’arbre à badiane, qui, tout en étant indemnes de falsification, possédaient un point de solidification extraordinairement bas.
- Les propriétés de ces essences étaient les suivantes :
- Solubilité dans Point de
- Rotation. Densité. l’alcool à 90°. solidification.
- min. degrés.
- 1 .................+ 11 0,998 1 1/2 8,75
- 2 ................+ 16 0,988 1 1/2 13,5
- 3 ................+ 32 0,991 1 1/2 13,25
- 4 ................+ 26 0,990 1 1/2 13,50
- 5 ................+ 26 0,991 1 1/2 13,75
- MM. Schimmel ajoutent : « Ces chiffres montrent que ces huiles, malgré leur pureté, ne peuvent pas être considérées comme des produits normaux, commer-
- (1) Malgré le caractère purement commercial de cette notice, nous avons cru devoir la mentionner pour montrer, qu’avec de l’initiative bien entendue et une conception saine et intelligente du commerce, on arrive à surmonter tous les obstacles et à faire bénéficier nos colonies, et partant notre pays, de transactions qui lui échappaient jusqu’alors.
- • (2) Bull., avril 1898,
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- cialement parlant, mais qu’on doit les regarder comme des produits de qualité inférieure. Les quantités d’essences mises à notre disposition ne nous ont malheureusement pas permis de chercherquels sont les éléments qui, dans ces huiles, contribuent à abaisser le point de solidification. Nous en avons commandé de plus grandes quantités et espérons, dans notre prochain Bulletin, être en mesure de soulever le voile qui couvre ces produits.
- « En ce qui concerne les essences nous recevons de Langson (Tonkin) l’avis suivant :
- Indépendamment de la récolte principale de badiane, qui commence en juillet pour se terminer fin octobre, on procède à deux petites récoltes, la première en janvier et février, la seconde en avril et mai. Les habitants désignent les essences obtenues à l’aide de ces deux récoltes des noms de Yu-Qui: « essence de fleurs », ou plus exactement Noa-Yu-Qui, ce qui veut dire « fleurs des quatre saisons ».
- Cette huile ne provient d’ailleurs aucunement des fleurs, mais s’obtient par la distillation des premiers fruits non mûrs, la maturité réelle n’étant atteinte que beaucoup plus tard. La culture exige la cueillette de ces fruits non mûrs, car elle favorise la maturité des fruits restants.
- La petite récolte de décembre à janvier fournit des fruits arrivés à pleine maturité. A côté d’eux, on soumet encore à la distillation les fruits dont la chute a été provoquée par les tempêtes qui sévissent à cette époque de l’année.
- La qualité des essences obtenues avec cette récolte peut être normale, tandis que les huiles extraites des fruits non mûrs ne doivent pas être désignées comme produits marchands, à cause de leur point de solidification très bas, qu’on détermine sur place, bien qu’au Tonkin on leur attribue plus de finesse et un rendement plus élevé.
- Suivant Mr. H. B. Morse, Gollector of the Customhouse à Lungchow, la production en essence de badiane, dans des conditions normales, s’élève à :
- Piculs.
- Dans le district de Poseh (Chine)..................................1 500
- — — Lungchow (Chine).................................. 500
- — — Langso (Tonkin)................................... 500
- Total..................... 2 500
- 500 caisses ou 150 000 kilogrammes par an.
- Nous extrayons encore du Bulletin de MM. Schimmel la note suivante :
- L’appareil de Beckmann (fig. 2) pour la détermination des poids moléculaires, d’après la méthode cryoscopique, peut très bien être utilisé pour observer le point de solidification des huiles essentielles. Légèrement modifié, il se prête particulièrement bien à l’essai des essences d’anis et de badiane. Ces modifications consistent surtout en l’élimination du liège qui rend difficile l’examen de la colonne mercurielle du thermomètre. On peut, d’autre part, supprimer la tubulure du tube réfrigérant C qui, dans l’appareil de Beckmann, sert à l’introduction de la substance à examiner. Nous avons
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- donné à l’appareil, dont nous nous servons, la forme figurée dans le dessin ci-contre. Le verre à précipiter A sert à recevoir le mélange réfrigérant. Le tube en verre B, fixé dans le couvercle métallique, sert à protéger par une couche d’air le tube à refroidir C, et à empêcher une solidification anticipée de l’essence à examiner. Le tube G, évasé à la partie supérieure, se rétrécit à l’endroit où il s’engage dans le tube B. C est maintenu dans le tube B par trois arrêts en verre, fixés inférieurement, environ à 5 centimètres du bord supérieur de B. Le thermomètre, divisé en demi-degrés, est assujetti, au moyen de trois ressorts, à un disque métallique dans lequel il glisse facilement.
- S’agit-il de faire un essai d’essence d'anis ou de badiane, on remplit le verre à précipiter d’eau froide et de morceaux de glace. Dans le cas de l’essence de fenouil, on y introduira de la glace et du sel. On verse ensuite dans le tube G une quantité d’essence à essayer telle qu’elle occupe une hauteur de 5 centimètres, et on plonge dans le liquide le thermomètre, tout en évitant de lui faire toucher les parois. Pendant toute la durée du refroidissement, il convient de ne pas agiter l’huile, pour éviter une solidification prématurée (1). La colonne du thermomètre se trouve-t-elle à environ 10° au-dessous du point de solidification de l’huile, par exemple à 6 ou 8° pour les essences d’anis et de badiane, on essaie de provoquer la cristallisation en frottant le thermomètre contre les parois du tube. La tentative reste-t-elle sans résultat, on introduit dans le liquide un cristal d’huile solidifiée ou un fragment d’anethol, et aussitôt la prise en masse se produit, avec accompagnement d’un fort dégagement de chaleur. On favorise la solidification du produit en remuant constamment avec le thermomètre, dont la colonne mercurielle monte rapidement, pour atteindre un maximum, qui est considéré comme le point de solidification de l’essence.
- Essence de bergamote. —MM. Soldaini et G. Berte(2), poursuivant leurs études sur les falsifications des essences d’agrumes, ont cherché un procédé qui permît de déceler, dans l’essence de bergamote, les essences deté rébenthineet de citron, produits généralement employés pour adultérer cette huile essentielle. Ils utilisent à cet effet la distillation fractionnée, telle qu’ils l’ont préconisée pour l’essence de citron elle-même.
- Le fractionnement se fait lentement et sous une pression de 20 à 30 millimètres. Des essais effectués avec 30 centimètres cubes d’essence de berga_
- (1) Une solidification prématurée se produit aussi quand le liquide n’a pas été rendu clair par une filtration préalable, les corps étrangers formant axe de cristallisation.
- Le mode opératoire repose sur la manière dont se comporte l’anéthol, qu’on peut refroidir bien au-dessous de son point de solidification, ou, pour parler le langage scientifique, qu’on peut amener à surfusion.
- (2) Boll. chim. farrru, 1898, t. XXXVII, p. 577.
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- mote pure, possédant le pouvoir rotatoire + 14°,30 à .14° C., ont fourni à la distillation les six fractions suivantes :
- i
- Volume de la fraction distillée . . 5 cm3
- Rotation à 14°,5 . . + 45°,28'
- Point d’ébullition. . 74° — 79°
- Il III IV
- 10 cm3 10 cm3 la cm3 + 38° + 30°,28' —4°, 20'
- 78° — 91° 90° — 100° 100° — 103°
- v VI
- 3 cm3 1,5 cm3
- — 11°, 40' —9°
- 105° —114° 114° —118°
- On obtient comme résidu un produit vert, demi-solide, d’environ 3cm3,5. Une essence additionnée de 2 p. 100 d’essence de térébenthine (—30°,45 à 14° C) donna dans les mêmes conditions de fractionnement :
- Pouvoir rotatoire . Point d’ébullition .
- 1
- Il ni iv
- V VI
- + 35°,58' + 37°,56' +38° . — 3°,22' —11° 0°
- 69° — 76° 76° — 88° 87°-99° 99° —110° 110°—115 —
- D’après ce qui précède, il semble donc qu’avec l’essence de bergamote pure, le pouvoir rotatoire des fractions distillées diminue, et devient même négatif, quand la moitié de l’huile a distillé.
- Avec une essence à 2 p. 100 d’huile de térébenthine, les 5 premiers centimètres cubes qui passent à la distillation possèdent un pouvoir rotatoire beaucoup plus faible; la deuxième portion distillée possède à peu près le même pouvoir rotatoire que dans le cas d’une essence pure. Mais ce qui est frappant, c’est que la rotation de cette seconde fraction est supérieure à celle de la première fraction.
- Les auteurs ont multiplié leurs essais, qui ont, entre autres, porté sur 15 centimètres cubes d’essence pure, sur le même volume d’une essence à 5 p. 100 d’huile de térébenthine, sur une autre à 2,5 p. 100 d’essence de térébenthine et 2,5 d’essence de citron, sur une quatrième, enfin, renfermant 5 p. 100 d’essence de citron.
- On distilla de chacun de ces produits 5 centimètres cubes et on constata les résultats suivants :
- 1° Essence pure à 14° C.................
- 2° Essence falsifiée avec 5 p. 100 d’essence de térébenthine à 14° G. . . . 3° Essence falsifiée avec 2,5 p. 100 d’essence de térébenthine et 2,5 p. 100
- d’essence de citron à 14° C.........
- 4° Essence falsifiée avec 5 p. 100 d’essence de citron à 14°G. ................
- POUVOIR ROTATOIRE.
- ; l'essenco. degrés. + 14,50 du résidu, degrés. — 0,56 du produit distillé degrés. + 41,20
- -|“ 12,36 — 0 + 35,28
- -+- 14,55 + 2,40 + 40,20
- + 17,11 + 3,20 + 42,28
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- 11 résulte de ces recherches que la présence de l’essence de térébenthine est décelée par l’abaissement du point d’ébullition de l’essence de bergamote, ainsi que par la diminution du pouvoir rotatoire du produit distillé, tandis que la falsification avec l’essence de citron se remarque par le pouvoir rotatoire, à droite du résidu de la distillation.
- Huile de cade. — On sait que cette huile est un produit de distillation sèche du bois du Juni'perus oxycedrus L. et qu’elle constitue un liquide brun, d’aspect goudronneux et d’une odeur empyreumatique.
- Wallach, en soumettant cette huile à la distillation dans un courant de vapeur d’eau sous pression, en a isolé un sesquiterpône C15H24, le cadi-nène (1).
- MM. Cathelineau et Hausser (2) ont essayé de caractériser les différents corps qui entrent dans la composition de l’huile brute et n’ont réussi qu’à les classer en produits solubles dans la soude et en produits insolubles dans les alcalis.
- 400 centimètres cubes d’huile ont fourni :
- I. — PRODUITS SOLUBLES DANS LA SOUDE.
- Épuisement à l’éther de pétrole.........................
- — à l’alcool amylique..............................
- Huile entraînée par la vapeur d’eau.....................
- Résine....................................................
- Huile soluble non entraînée par la vapeur d’eau .... Acides entraînés par la vapeur d’eau....................
- 9 I
- 36 J
- 6 (
- 19 (
- 4 \
- 3 I
- 77 cm3
- II. — PRODUITS INSOLUBLES DANS LA SOUDE.
- Distillant de 100° à 245°.................................... . 3 \
- — de 245° à 260°......................................120/
- — de 263° à 285°......................................140 j cm
- Résidu après 283°............................................. 60 /
- Total....................... . 400 cm3
- M. Paul Adam (3) a, de son côté, étudié à un point de vue pharmaceutique différents échantillons d’huile de cade, et a comparé les caractères dè ces huiles avec ceux des produits étudiés antérieurement par M. Hirschsohn d’une part (4) et M. de Schulz d’autre part (3). Les constantes observées et les essais effectués sont consignés dans le tableau suivant :
- (1) Ann. Chem., t. CCXXXVIII, p. 82.
- (2) Bull. Soc. Chim. (3), 1898, t. XIX, p. 577.
- (3) Bull. Soc. Chim. (3), 1898, t. XIX, p. 580.
- (4) Pharm. Zeitschr. f. Russland, 1893, t. XXXIV, p. 817.
- (5) Arch. cle la Soc. Biol, de Saint-Pétersbourg, 1897, p. 345.
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- CARACTÈRES DONNÉS PI R 11. DE SCHULTZ.
- Densité..............................
- Viscosité (durée d’écoulement du compte-gouttes de Duclaux, en minutes) ..............................
- Dissolution dans l’alcool à 93°......
- Alcool amylique, éther, benzène, chloroforme, sulfure de carbone, aniline. Huile d’olive. . . ..................
- Essence de térébenthine. . . . . . . .
- 0,9814 à 0,9904
- 9
- Incomplète.
- Solubilité complète.
- Dissolution parfaite.
- Acide acétique....................
- Potasse caustique. ..........
- Ether de pétrole . . . ............
- La dissolution au 1/10 d’éther de pétrole est liltrée et agitée avec une dissolution d’acétate de cuivre au 1/1000 ...............................
- On agite l’huile de code avec l’eau dans la proportion de 1/10; on filtre; on a un liquide acide qui donne les colorations suivantes avec :
- Perchlorure de fer au 1/1000 .........
- Eau de chaux..........................
- Dissolution incomplète.
- ))
- Dissolution
- Coloration verdâtre.
- Rouge. Rouge brun.
- Ammoniaque..........................
- 5 cent. cub. d’eau goudronnée + 3 gouttes d’aniline + 6 gouttes d’acide chlory-drique. ............................
- Le liquide ci-dessus + du chloroforme. Proportion °fa passant à la distillation:
- Avant 250°. . ......................
- De 250» à 275" . .’.................
- De 270" à 300“ .....................
- Au-dessus de 300“ et résidu. . . . . .
- Total. . . ..............
- Madère.
- Rien, ou couleur jaunâtre. Jaune.
- Huile de cade.
- PELTOT. POULENC. PHARMACIE CENTRALE. PAUL BONNES.
- 1 à 20“ 0,998 à 18",5 1,031 à 14" 1,02 à 14“
- 105 60 270 360
- Complète. Complète. Trouble. Trouble.
- 9 Solubilité. Complète. )>
- Solution légèrement trouble. Solution légèrement trouble. Solution trouble. Solution légèrement trouble.
- Dissolution à Solution légère- Solution incom- Solution impar-
- peine louche. ment trouble. plète. Un dépôt goudronneux s’attache au verre. faite.
- » )) Dissolution incomplète.
- incomplète. )) Dissolution incomplète.
- Un dépôt brun s’ attache au verre. Dissolution
- Rien. Rien. Rien. Coloration rouge.
- Rouge vineux. Pelure d’oignon. Rouge vineux. Pelure d’oignon.
- Coloration a peine sensible. Rien. Jaune. Jaune.
- Jaune. Madère. Jaune. Jaune.
- Rien. Rien. Rien. Jaune.
- Rien. Jaune. Jaune. Jaune.
- 12 7 11 9
- 33 36 12 10
- 26 34 14 10
- 30 27 65 72
- 101 104 102 101
- CABANIS.
- 0,998 à 25“
- 32
- A peine trouble.
- Solution à peine trouble. Solution incomplète.
- ))
- »
- incomplète.
- Rien.
- Pelure d’oignon. Pelure d’oignon.
- Jaune.
- Coloration à peine sensible. Jaune.
- 9
- 29
- 37
- 28 '
- 103
- GO
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- Les données inscrites dans ce tableau montrent : 1° qu’il est difficile, ou bien d’avoir une huile de cade pure, ou bien d’avoir toujours un produit identique à lui-même; 2° que cette huile s’oxyde facilement au contact de l’air en présence des alcalis, puisque la somme des poids des différentes fractions a toujours dépassé, malgré les pertes inévitables, le poids do la matière mise en œuvre.
- Dans le but de comparer le cadinône (nom donné par Wallach au sesquiterpène extrait de l’huile de cade) à un sesquiterpène contenu dans l’essence d’angusture, MM. Troeger et Feldmann (1) ont également repris l’étude des produits qu’on obtient en distillant l’huile de cade dans un courant de vapeur d’eau. L’échantillon examiné par les auteurs ne renfermait que de petites quantités de cadinène susceptibles de former, avec une solution d’acide bromhydriquo dans l’acide acétique cristallisable, l’hydrobromure fondant à 122°. Le produit dominant paraît être un sesquiterpène inactif, de couleur citron, et distillant de 250° à 260°.
- Essence de Cæsalpinia Sappan L. (de feuilles fraîches). — C’est le même arbre qui fournit le bois de sappan; les feuilles contiennent environ 0,16 à 0,2 p. 100 d’une essence pour ainsi dire incolore, qui a été étudiée par M. van Rom-burgh (2). Elle a pour densité 0,825 à 28°, est fortement dextrogyre, + 75° à + 100°,5 pour une longueur de 200 millimètres, et la majeure partie du liquide distille vers 170°. L’odeur de l’essence est poivrée et rappelle le phellan-drène; traitée par de l’azotite de soude et de l’acide acétique, elle laisse déposer du nitrite de phellandrène en telle quantité, qu’on peut supposer que la majeure partie de Fhuile est formée de phellandrène droit. Elle contient en outre de l’alcool méthylique.
- à
- Essence de caparrapi (huile de bois, d’amacey). — Produit d’exsudation liquide d’un arbre vulgairement appelé canelo, qui croît dans certains terrains humides et tempérés de la République de Colombie, tels que Caparrapi, Muzo, Paune, etc. Selon M. Sandino, l’arbre serait le Nectandra Caparrapi (Laurinées). °
- On procède à l’extraction de l’essence en faisant au pied de l’arbre une incision qu’on appelle boîte, à la surface inférieure de laquelle on forme une cavité où se rassemble l’essence. Un arbre donne en deux jours environ une bouteille, mais il paraît que certains pieds peuvent produire jusqu’à 6 litres.
- C’est un liquide assez épais dont la couleur varie depuis le jaune très pâle jusqu’au rouge brunâtre foncé; à cause de ces différences de couleur, on distingue dans le commerce deux espèces d’huile de caparrapi, nommées, l’une, huile blanche, et l’autre huile noire. Cette dernière est moins épaisse que l’autre.
- (1) Arch. der. Pharm., 1898, t. GCXXXVI, p. 692.
- (2) Bull. Schimmel, 1898, avril, p. 58.
- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Juin 1899.
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- L’odeur est douce, plus agréable dans les huiles blanches que dans les noires, et rappelle le chloral. La densité varie notablement avec les échantillons; ainsi une huile blanche avait pour densité 0°,9336 à 15°, tandis qu’une noire a donné 0°,7163.
- Faiblement lévogyre, une essence blanche a donné — 3°.
- A la température de — 27°, l’essence blanche se trouble et sa consistance augmente, de telle manière qu’on peut retourner le tube sans la renverser, tandis que la noire reste transparente et conserve à peu près sa consistance. L’essence de caparrapi est très soluble dans les alcools méthylique et éthylique, l’acide acétique cristallisablc, l’éther, le chloroforme, le benzène, les pétroles et le sulfure de carbone; elle est moins soluble dans l’alcool amyliquc. Cette essence est un bon dissolvant des corps gras, des cires, des résines, du caoutchouc, de la naphtaline et des paraffines.
- Elle possède une réaction acide, et quelques échantillons de l’essence blanche abandonnent, avec le temps, des dépôts formés de cristaux volumineux, en prismes allongés, appartenant au système oblique rhomboïdal ; ces cristaux fondent sur le mercure à 83°,5 et se montrent, par l’ensemble de leurs caractères, identiques à ceux de l’acide cristallisé qu’on peut extraire de l’essence. L’extraction se fait au moyen de la soude caustique à 2° B. 4.
- L’essence noire fournit un acide cristallin et un acide résineux, amorphe quand on l’agite avec de l’eau de chaux. L’acide résineux donne avec les alcalis des solutions rouges et possède une odeur désagréable particulière aux essences noires.
- L’essence blanche, lavée avec de la soude, abandonne un acide qui, après purification dans l’alcool, cristallise en aiguilles blanches fondant à 84°,5 et ayant le pouvoir rotatoire (a)D= + 3°en solution alcoolique. Peu soluble dans l’eau froide, cet acide se dissout facilement dans l’alcool, d’où il se sépare à l’état cristallin par l’addition d’eau ; si l’on chauffe sa solution alcoolique en présence d’un acide minéral, il perd très rapidement la propriété de cristalliser. Chauffé entre 120° et 130°, cet acide s’altère en perdant de son poids et en se transformant en un liquide très épais, incristallisable, d’une couleur jaune rougeâtre, qui ressemble à l’acide résineux contenu dans les essences de couleur foncée.
- L’acide répond à la formule C1:iH2603.
- Son sel de chaux (Ci3H2i0:1)2Ca + 5H’0, cristallise en aiguilles blanches et soyeuses.
- Son sel d’argent ClbH230:!Ag se présente en lamelles rectangulaires fondant à 170\
- On a retiré, par distillation à l’eau, du produit débarrassé de l’acide, une huile incolore, de densité 0,9146, de pouvoir rotatoire (a)u= —18°,50, et dont l’indice
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- /?0=1,48433. Cette huile bout à 260° à la pression de 757 millimètres et a pour composition CuH260. C’est un alcool sesquiterpénique, que l’anhydride acétique convertit en carbure sesquiterpénique C13H24, bouillant à 180°-200° (H=65 millimètres), et dont la densité =0,9019. Ce carbure donne un chlorhydrate C13H2t2HCl, qui, abandonné pendant longtemps au contact de l’air, fournit des cristaux fondant à 83°.
- Quant au résidu de la distillation avec l’eau, c’est un liquide très épais, jaunâtre, d’une densité relativement élevée =0,9751 à 18°; il conserve l’odeur de l’essence, ainsi que sa solubilité dans l’alcool et l’acide acétique. Il est dextrogyre (a)D = + 3°,33, et l’analyse élémentaire montre qu’il est oxygéné.
- L'essence dite noire renferme, outre l’acide résineux déjà signalé, le même alcool sesquiterpène (environ 35,8 p. 100 d'après les dosages); elle ne contient ni aldéhyde ni éther.
- Conclusions. — Il existe plusieurs sortes d’essences de caparrapi plus ou moins colorées ; les premières ont subi l’action de la chaleur et diffèrent surtout des autres en ce que l’acide qu’elles contiennent est devenu incrislalli-sable.
- L’acide cristallisable qu’on peut extraire des essences incolores a pour formule C1BH26Oa ; il est monobasique. Quant à l’essence privée d’acide, elle est constituée en grande partie par un alcool sesquiterpénique ou caparrapiol, de formule C13H260, se transformant avec facilité, sous l’influence des agents de déshydratation, en carbure ClâH24 ou caparrapène. L’alcool et le carbure se poly_ mérisent facilement par l’action de la chaleur, en donnant des corps résineux de plus en plus condensés (1).
- Essence de feuilles de cèdre. — Dans le Bulletin de MM. Schimmel et Gie, avril 1898, on lit ce qui suit au sujet de cette essence :
- « Il règne en Amérique une grande confusion en ce qui concerne cette essence^ parce que l’on y considère comme cèdres deux arbres absolument différents, le Juniperus virginiana elle Thuya occidentalis. On les distingue, il est vrai, en red cedar et en white cedar, mais les producteurs d’essences semblent peu se soucier de ces différences et employer indifféremment, pour la fabrication du cedar oil, les feuilles de l’une ou de l’autre de ces espèces; il paraît même que souvent ils y mélangent des aiguilles d’autres conifères.
- « Dans l’intention de faire quelques essais, nous obtînmes d’un producteur un échantillon de matériaux employés à la distillation. Cette matière consistait en feuilles de thuya, mais l’huile obtenue par distillation n’avait pas les caractères de l’essence de thuya pure. Il ne faut donc pas s’étonner que les huiles de cèdre du commerce diffèrent tellement les unes des autres. »
- (1) _F. J. Tapia, Bulletin Soc. Chim., 37, t. XIX, p. 638.
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- Le tableau suivant donne une image de ces variations :
- Numéro Solubilité dans
- de l’huile. Densité. Pouvoir rotatoire. l’alcool à 70°.
- degrés.
- 1 .................... 0,897 —12,25 insoluble.
- 2 ................... 0,880 — 3,40 —
- 3 ................... 0,887 —24,10 —
- 4 ................. 0,920 — 10.25 soluble dans 4 p.
- 5 .................0,918 —10,55 — 5 p.
- G..................... 0,905 —10,0 insoluble.
- Toutes ces essences du commerce ont plus ou moins l’odeur de l’essence du thuya.
- En août 1894, nous avons distillé nous-mêmes un lot de feuilles de Juni-perus virginiana, et avons obtenu une huile qui ne ressemblait à aucune des essences du commerce. Cette huile possédait une densité de 0,887, une rotation de 59° 25', et ne se dissolvait pas dans 10 parties d’alcool à 80\ L’odeur en était agréable et douce. A la distillation fractionnée, la majeure partie passa au-dessous de 180°, et le produit dominant distillait entre 173° et 176°. La densité de cette fraction était égale à 0,847 ; son pouvoir rotatoire, + 89 [1 = 100mm].
- En la bromurant on obtint nettement le tétrabromure fondant à 104°-105°; elle était donc constituée par du limonène pur. On isola aussi de petites quantités de produits distillant à une température plus basse, dans lesquels on soupçonna la présence du pinène ; on put, en effet, les transformer en nitroso-chlorure, mais il a été impossible d’obtenir avec celui-ci les combinaisons pipé-ridique et benzylamique. Des recherches instituées pour la caractérisation du phellandrène restèrent également sans résultat.
- Il est possible qu’il se trouve ici des terpènes non encore caractérisés et identiques à ceux qui accompagnent le limonène dans l’essence de citron.
- Les portions bouillant au-dessous du limonène furent traitées par de la potasse alcoolique, car elles contiennent de petiles quantités de corps saponi-fiables (indice de saponification de l’essence primitive 10,9, indice d’acétyle 39,1) ; l’acide isolé donna des chiffres se rapprochant de ceux de l’acide valérianique. L’huile exempte d’acide fournit par fractionnement dans le vide, puis à la pression ordinaire, un produit distillant entre 210° et 215°, qui cristallisa par refroidissement. Ce produit, après expression et sublimation, se trouva être du bor-néol fondant à 203°-204°. Dans les portions les plus élevées, on put caractériser le cadinène.
- En résumé, la vraie essence de feuilles de cèdre se compose principalement de limonène avec du cadinène et un peu de bornéol, ainsi que de petites quantités d éthers bornyliques.
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- Elle ne se trouve généralement pas dans le commerce; celui-ci ne fournit que des mélanges non définis d’essences de conifères et de thuya. Le produit vendu sous le nom de cedar oil, et qui n’est en réalité que de l’essence de thuya, devrait plutôt être vendu sous ce nom (1).
- Essence de chrysanthème. — M. H. Haense (2) a distillé des fleurs de pyrèthre de Dalmatie (chrysanlhemum cinerarifolium), et a obtenu environ 0,39 p. 100, d’une essence de couleur brune, qui se fige à la température de 28°, en laissant déposer des cristaux. Elle possède les constantes physiques suivantes :
- Rotation à 20°, 1 cent. cub. d’essence avec 10 cent. cub. de chlo-
- roforme (tube de 50 millim.)............................... —0,39
- Rotation à 20°, tube de 100 millim., calculée pour l’essence non
- étendue....................................................... —8,58
- Indice de réfraction à 40°.......................................nu = 1,4728
- D’après l’auteur, cette essence possède un certain parfum rappelant celui des fleurs de Sambucus nigra, mais qui s’améliore par la dilution.
- Essence de citron. — MM. John Unmey et R. S. Swinton (3) ayant remarqué que l’essence de citron concentrée, obtenue par distillation dans le vide de l’essence ordinaire, possédait une odeur nettement différente de celle que possède une huile artificielle constituée par un mélange de citral et de citron-nellal, en ont conclu que le produit naturel renfermait d’autres éléments aromatiques.
- Les auteurs ont donc distillé dans le vide 2 000 centimètres cubes d’huile essentielle, jusqu’à ce qu’il ne restât que 200 centimètres cubes. Ce résidu fut agité avec une solution à 30 p. 100 de bisulfite de soude pour enlever les aldéhydes; il resta finalement un liquide qui avait l’odeur de l’acétate de géranyle. D’après ces recherches, les essences de citron de Palerme et de Messine contiennent de 1,2 à 1,4 p. 100 de cet acétate.
- Une étude ultérieure de ces mêmes essences a montré aux auteurs que l’essence de Palerme renferme en outre de l’acétate de linanyle, 3 p. 100 environ, tandis que l’essence de Messine en est exempte.
- Dans leur Bulletin du mois d’octobre 1898 , page 28, MM. Schimmel critiquent la manière d’opérer des auteurs anglais, et émettent un doute sur la présence de l’acétate de géranyle dans l’essence de citron. Rappelant l’action de la potasse alcoolique sur l’aldéhyde isovalérique, qui est convertie en isovalérate de
- (1) Bulletin Schimmel, avril 1898, p. 17.
- (2) Revue commerciale, juillet-septembre, p. 10.
- (3) Pharm. Journ., 61, 196, 370.
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- potasse et alcool amylique, les chimistes allemands présument que la présence de géraniol pourrait bien être due à une réaction analogue de la potasse sur le citral, sans toutefois nier la possibilité de la préexistence de cet alcool dans l’huile essentielle. Quant à l’acide acétique, il pourrait provenir de l’oxydation de l’aldéhyde éthylique, produit de dédoublement du citral quand on fait bouillir eette aldéhyde avec la potasse alcoolique. M. Verley a en effet montré que, dans ces conditions, il se forme de la méthylhepténone et de l’acétaldéhyde (1).
- M. T. II. Idris a également constaté que l’essence de citron renferme, outre du limonène, du citral et du citronnellal, environ 4 p. 100 d’un produit plus dense que les terpènes, dont il se réserve l’étude. D’après l’auteur, l’essence de citron pure, employée pour parfumer les boissons gazeuses, se trouvant modifiée, probablement par sa teneur en terpènes, par l’eau chargée d’acide carbonique, il convient, pour éviter cet inconvénient, de distiller dans le vide, au-dessous de 100°, environ 90 p. 100 de l’huile, d’interrompre ensuite l’opération et de chasser le résidu dans un courant de vapeur d’eau. On obtient ainsi 6 à 7 p. 100 d’une huile faiblement jaunâtre, d’une odeur très pure de citron qui es* liffé-rente de celle de citral. Gomme le majeure partie de l’essence distillée dms le vide est constituée par des terpènes, et que ce produit trouve des amateurs au tiers du prix de l’essence pure, M. Idris pense qu’on pourrait améliorer cette huile en y ajoutant du citral extrait de l’essence de lemon-grass (2).
- Essence de citronnelle. — M. J. Flatau (3), en appliquant à l’essence de citronnelle le procédé de séparation du citral et du citronnellal, préconisé par MM. J. Flatau et H. Labbé (voir essence de lemon-grass), a trouvé dans l’essence de citronnelle 2o à 30 p. 100 de citronnellal et 2 à 5 p. 100 de citral.
- Il n’est pas sans intérêt de connaître des détails sur le lieu, la culture de la citronnelle, et la façon dont se fait la distillation de l’essence. Nous croyons donc devoir reproduire ici la relation d’un voyage fait par M. Ch. Fritsche, de la maison Schimmel, de Leipzig (4).
- La culture de l’herbe de citronnelle se fait exclusivement dans la province sud de Ceylan. Elle s’étend particulièrement dans la région située entre le Ginganga au nord-est et le Wallaweganga à l’est. On trouve en général l’herbe sur le flanc des coteaux, quand ceux-ci ne sont pas consacrés à la culture du thé, qui a pris une extension considérable dans ces dernières années, ou quand ils ne sont pas envahis par la broussaille. Les bouquets d’herbe, qui atteignent l mètre de hauteur, croissent isolément et d’une façon irrégulière. Selon Ferguson, Handbook of Ceylon, 1896-97, ouvrage qui n’est plus au courant, étant donné que la culture de la citronnelle augmente
- (1) Bull. Soc. chim., Paris (3), p. 17, 176.
- (2) Pharm. Journ., 61, 161. — Chem. centr.Jblatt., 1898, t. LXIX, p. 1139.
- (3) Bull. Soc. chim., 1899 (3), 21, 158.
- (4) Bulletin Schimmel, octobre 1898, p. 17.
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- constamment, 30 000 à 35 000 acres seraient consacrés à cette exploitation. En effet; d’après des commerçants compétents, cette estimation se rapporterait à l’année 1895, tandis qu’actuellement, en évaluant la surface cultivée à 40000 ou 50 000 acres, on ne serait pas loin de la vérité. Il ne sera pas possible d’avoir des renseignements plus précis tant que le gouvernement ne fera pas le relevé officiel des surfaces plantées.
- Les plantes semblent ne pas avoir besoin de beaucoup de soins, à la condition toutefois qu’on empêche, par des coupes réglées, la fructification de se produire, car sans cela les touffes deviennent trop denses, jaunissent à l’intérieur, et finissent par pourrir. Bien que l’on puisse procéder continuellement à des coupes, grâce aux conditions climatériques locales qui, à toute époque de l’année, sont favorables au développement des plants, on n’en considère pas moins deux périodes principales pendant lesquelles se font les récoltes. La première, qui est en même temps la plus importante, tombe les mois de juillet et août, c’est-à-dire à l’époque qui précède l’arrivée de la mousson du nord-est, époque à laquelle on peut se passer le plus facilement des bras qui sont nécessaires à la conduite de la distillation. En septembre-octobre, on a besoin de toutes les forces disponibles pour les plantations du riz, car avec la mousson commence la saison des pluies. La seconde récolte tombe de décembre en février, c’est-à-dire avant l’époque où on laboure les champs de riz. En résumé, les récoltes ne se font qu’aux périodes où l’on peut se passer des coolies pour les autres cultures. (Faute de bras, il arrive quelquefois que certaines plantations de citronnelle ne sont pas coupées, une ou deux fois de suite.) Bien entendu, il n’y a rien d’absolu dans cette manière de faire, car on introduit souvent de l’huile pendant les mois d’avril et de mai. On évalue le rendement à environ 16 à 20 bouteilles (de 22 oz.) par acre en été, et à 5-10 bouteilles pendant la saison d’hiver. Il est naturellement difficile de fournir des données rigoureuses sur ces rendements, qui dépendent du temps, ainsi que de l’âge et de la situation des plantations. Plus une plantation est vieille, moins elle fournit d’huile, quelque favorables que soient les conditions de température et de terrain. Quinze ans paraissent être la limite que peut atteindre une culture; passé cet âge, il faut renouveler les plantes si l’on veut avoir de bons rendements.
- Indépendamment des exploitations situées dans les environs de Galle, et qui me paraissent assez négligées, j’ai visité la région qui s’étend de Matara à Akuressa (ce dernier point à 4 milles au nord, par conséquent assez au centre de la région productrice), ainsi que le parcours Akuressa-Hanegama (environ 4 milles). Les distillations se font exclusivement au pied des coteaux, où il y a de l’eau en suffisante quantité, et où la température est relativement basse. Les installations se reconnaissent de loin, à leurs cheminées massives de 4 mètres de haut, qui naturellement frappent doublement dans ces pays tropicaux. Dans la plupart des cas, leur construction est loin d’être primitive, comme le montrent les figures ci-contre ; c’est même étonnant à quel point de perfection elles ont été portées par les indigènes, qui comprennent la majeure partie des producteurs. Sous un long toit, destiné à la préserver du soleil, se trouve une chaudière à vapeur munie d’une soupape de sûreté et d’un niveau d’eau, le tout reposant sur de solides fondations. A côté, sont disposés deux appareils à distillation cylindriques en fer, hauts de 6 à 7 pieds et larges de 3 à 4 pieds, auxquels s’adapte un chapiteau commun, allant de l’un à l’autre. Le col du chapiteau s’engage dans un grand tonneau en bois et dans un bassin à eau disposés sous le sol. L’installation se complète par un dernier récipient qui se trouve en contre-bas du bassin, dans un local
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- fermé à clef, et qui est destiné à recevoir le liquide distillé. Ci-joint une esquisse sommaire d’une de ces installations.
- La manière dont on pratique la distillation ne présente rien d’extraordinaire; il s’agit d’une distillation à la vapeur, sans addition d’eau. L’eau servant à refroidir le
- Fig. 3 et 4,
- 1. Cheminée. — 2. Chaudière à vapenr. — 3. Appareils de distillation. — 4. Réfrigérant. — 5. Bassin à eau. — 6. Cave fermée pour la conservation du produit distillé. — 7. Toit. — 8. Tuyau d'alimentation de la chaudière — 9. Récipient.
- serpentin, une fois chaude, sert à l’alimentation de la chaudière, tandis que celle qui se trouve dans le bassin souterrain est destinée à achever le refroidissement de la portion du serpentin qui y circule. Ce qu’il y a de curieux, c’est que le produit distillé est conservé tel quel dans les récipients, sans qu’on procède au préalable à sa séparation d’avec l’eau. Pour les coolies, qui sont en outre plus ou moins disposés au vol^ l’opération de la décantation serait trop difficile, de sorte qu’il faudrait préposer à
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- chaque distillation une personne de confiance, qui demanderait des honoraires en conséquence, toutes choses qui prouvent 'que ce sont des raisons économiques qui président à la pratique suivie. Au bout de quelque temps, le propriétaire se rend sur les lieux et procède lui-même à la décantation. L’eau distillée est simplement jetée dès qu’on a besoin des contenants.
- Une charge d’herbe sèche, car on n’emploie que de la matière sèche, demande pour être distillée environ six heures, parfois plus, le bon marché du combustible et de la main-d’œuvre permettant de ne pas y regarder de si près. Une exploitation possédant une distillerie semblable exige le personnel suivant :
- 10 femmes pour couper et lier l’herbe en paquets ;
- 3 coolies pour charger et voiturer ;
- 3 coolies pour remplir, vider, distiller et pour nettoyer les alambics.
- Le coolie se paie environ 37 cents 50 par jour, et les femmes touchent 18 cents (1 roupie —100 cents = ca. frcs 1,65). Le combustible ne coûte rien, l’berbe distillée préalablement, séchée au soleil, servant à ce but. La province sud de l’île étant très pauvre en bois, la distillation ne peut se faire pendant la saison des pluies, car alors on ne peut sécher l’herbe épuisée. Les frais d’une exploitation se bornent donc au salaire des ouvriers et à l’usure des appareils, cette dernière étant très minime.
- Un appareil de 7 pieds de haut et 45 pieds de diamètre produit (fig. 3 et 4) environ 16 à 20 bouteilles de 22 oz. par jour, ce qui fait 360 à 440 onces. On ne pèse jamais la matière, on se borne à remplir l’alambic et on distille ensuite. Il est par conséquent difficile de donner des rendements rigoureux. D’ailleurs les résultats varient avec la saison (de mêmes quantités de matières donnant le moins d’huile à l’époque de la floraison, c’est-à-dire en janvier et février); tandis qu’en juin et août, par exemple, on obtient 18 bouteilles = ca. 406 onces par acre, au moment de l’époque de la floraison, le rendement est à peine de 125 à 150 onces par acre.
- Outre les appareils décrits plus haut, il paraît que dans certaines contrées il en existe à feu direct ; on peut cependant affirmer que la plus grande partie de l’essence de citronnelle est obtenue aujourd’hui par distillation à la vapeur. Opère-t-on à feu nu, il est naturellement nécessaire d’ajouter de l’eau. Remarquons encore que dans ce cas l’herbe n’est pas soumise à une dessiccation complète avant la distillation; elle n’est cependant jamais humide quand on l’introduit dans l’alambic, car à partir du moment où elle est coupée il s’écoule plusieurs heures jusqu’à ce qu’elle soit soumise à la distillation. Or ce temps, pendant lequel elle est exposée au soleil, à une température de 150° à 160e F., suffit pour lui enlever une bonne partie de son humidité.
- On évalue à 600 le nombre d’appareils à distiller qui sont en marche àCeylan; ils produisent annuellement environ 1 000 000 lbs. d’essence de citronnelle. Ferguson, dans son ouvrage déjà mentionné, cite parmi les plantations de citronnelle d’une superficie de 100 acres et plus, les suivantes :
- Acres.
- Estate Citronella près d’Akuressa ca. 1400
- — Wilpita — , — — 800
- — Gharley Mount — de Weligama — 900
- — Rose Neath — — — — 500
- — « Fred’s Ruhe » — de Hikkaduva — 250
- — Wallahandova — de Galle — 390
- — Ratmaherre — de Dodanduwa — 260
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- Estate Katherine Valley près
- — Karayaldenyia —
- — Niedenwea —
- — Danapatiya —
- — Galduwewadda —
- — Miriswatta —
- — Rose Wood —
- — Mellagalpathe —
- — Karayalemyawatte —
- — Panapittygalla —
- — Udabatalahena —
- — Rorakanda —
- — Kananka —
- de Kataluwa Acres. ca. 280
- d’Akuressa — 180
- de Weligama — 150
- — — 220
- de Wegaroda — 200
- de Tangalla — 200
- de Galle — 100
- de Weligama — 100
- de Kataluwa — 100
- de Balapatiya — 104
- de Parawahera — 100
- d’Ambalagoda — 100
- d’Akuressa — 150
- M. Ch. Fritsche a adressé à sa maison, pour les soumettre à l’essai, quatorze échantillons d’essence de citronnelle qui proviennent des maisons les plus importantes de Geylan. Nous donnons, dans le tableau ci-dessous, les résultats des analyses effectuées dans les laboratoires de MM. Schimmel.
- NUMÉROS. MARQUES. aD à 20°. DENSITÉ à 15°. TENEUR en géraniol (d). SOLUBILITÉ DANS L’ALCOOL à 80 p. 100.
- 1 J. F. 1. degrés. — 0,46 0,892 p. 100. 88,6 1 :1 jusqu’à 7 claire ; de 7 à 10 trouble opalin.
- 2 J. F. 2. — 0,54 0,892 80,9 Id.
- 3 J. F. 3. — 0,48 0,892 82,5 Id.
- 4 W. 1. — 0,18 0,890 85,4 1 : 1 jusqu’à 4,5 claire ; de 4,5 à 10 trouble.
- O W. 2. — 1,32 0,886 85,1 Id.
- 6 W. 3. — 2,20 0,888 83,4 Id.
- 7 8 9 10 11 12 W. 4. St. S. VII. VIII. S. V. W. VI. — 1,2b — 0,53 - 7,10 — 0,34 — 9,53 — 20,37 0,893 0,890 0,919 0,888 0,915 0,896 81,8 1 90,6 56,9 j 86.4 | 65.5 | 50,4 | 1 : 1 jusqu’à 8 claire; 8 à 10 trouble opalin. 1 : 1 claire jusqu’à 10. 1 :1 jusqu’à 4 claire ; de 4 à 10 trouble laiteux. 1 : 1 jusqu’à 4 claire ; de 4 à 10 trouble opalin. 1 : 1 jusqu’à 10 claire; au bout d’une heure faible trouble. 1 :1 jusqu’à 3 claire ; de 3 à 7 fort
- trouble; de 7 à 10 trouble faible.
- 13 I,. B. — 7,13 0,918 54,1 j 1 :1 jusqu’à 3 claire; de 3 à 10 fort trouble.
- 14 Sch. et Co. — 9,36 0,908 61,1 j 1 :1 jusqu’à 4 claire; de 4 à 10 trouble faible.
- (1) « Teneur en géraniol » comprend aussi teneur en citronnellal.
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- Les « Straits Settlements », près de Singapoure, mis en regard des plantations de citronnelle de Geylan, paraissent bien modestes.
- Le Singapove and Straits Directory de 1898 n’accuse, comme produisant de l’essence de citronnelle que les Etats suivants :
- Acres.
- Estate Geylon Epoh., Provinz Negri Sembilan........................500
- — Hardouin — Wellesly................................ 40
- — Persévérance — Singapore...............................430
- Par contre, le « Selangar Plantations Syndicate Limited » a récemment repris la fabrication de l’essence de citronnelle sur son domaine « Glen Marie Estate », et fournit une essence de première qualité, si l’on peut s’en rapporter à l’échantillon qui nous a été communiqué. Celui-ci renfermait 90 p. 100 de géraniol, et se dissolvait complètement dans une fois son volume d’alcool à 80°. A Java, on s’efforce également d’attirer une partie du commerce d’essence de citronnelle.
- Les auteurs font remarquer que l’échantillon n° 14 provient de leur dépôt, et que leur n° 8 est originaire des « Straits Settlements ». Aucun des échantillons examinés ne montrait le moindre indice de falsification. Les constituants de l’essence de citronnelle, qui lui donnent de la valeur, sont le géraniol, le ci-tronnellal et le citral (Flateau). La méthode d’acétylation des auteurs permet, dans le cas présent, de déterminer non seulement la quantité de géraniol, mais encore le citronnellal ce dernier étant transformé par l’anhydride acétique, quantitativement, en acétate d’isopulégol, isomère de l’acétate de géranyle (1).
- Le taux des chiffres obtenus pour l’ensemble des deux corps peut, à juste titre, être considéré comme un critérium de la qualité de l’essence.
- D’après les résultats fournis par ces essais, on peut diviser les 14 essences en deux groupes : l’un ayant une teneur en géraniol élevée, une faible rotation et une faible densité (noS 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 et 10); l’autre à faible teneur en géraniol, à densité et à rotation élevées (nos 9, 11, 12, 13 et 14).
- MM. J. C. Unmey et R. S. Swinton (2) ont déjà appelé l’attention sur ces différences; dans ces dernières essences, ils croient devoir expliquer la faible teneur en éléments acétylables, et le fort poids spécifique, par la présence d’un sesquiterpène, et ils ajoutent que le produit isolé par eux, dans les portions de l’huile qui passent à une température élevée (245° à 280°), ne se confond avec aucun des sesquiterpènes connus jusqu’à présent.
- Après saponification préalable, MM. Schimmel ont, de leur côté, soumis une semblable huile de densité 0,915 (n° 5) à la distillation. Indépendamment d’assez fortes quantités de camphène, les auteurs ont isolé du méthyleugénol,
- (1) Tiemann et Schmidt. Ber. cleut. Chem. Ges., t. XXXI, 213. — Bulletin Schimmel, octobre 1896, p. 35.
- (2) Phcirni. Jour., 59, 138.
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- découverte qui, selon les auteurs, demande à être confirmée. A Geylan, on emploie pour la distillation deux espèces d’herbes de citronnelle, et on ne sait pas encore s’il s’agit de deux variétés d’ Andropogon nardm L. ou de simples plants dégénérés. Quoi qu’il en soit, les matériaux de distillation employés fournissent deux huiles différentes, qu’on peut distinguer en essences d’un fort poids spécifique mais pauvres en géraniol, et en essences de faibles densité mais riches en géraniol.
- Pou r se prémunir contre les falsifications auxquelles est sujette l’essence de citronnelle, MM. Schimmel continuent à recommander l’essai de solubilité dans l’alcool. Une partie d’essence doit donner une solution claire, ou tout au plus opaline, aussi bien avec 2 ou 3 parties de cet alcool qu’avec 10 parties ; il faut de plus que le liquide, après repos, ne donne aucun dépôt. Une essence falsifiée avec du pétrole, même dans la proportion de 5 p. 100 seulement, ne remplit pas ces conditions.
- Essence d’Eucalyptus piperita. — MM. Baker et Smith ont communiqué à la Société royale de la Nouvelle-Galles du Sud (1) leurs recherches concernant le produit de la distillation, par la vapeur d’eau, des feuilles à'Eucalyptus piperita. L’essence ainsi isolée a pour densité 0,9006 et contient, outre une quantité relativement considérable d’eucalyptol, un produit cristallisant en aiguilles fondant à 74°, auquel les auteurs ont donné le nom d’eudesmol. Ce corps ressemble au camphre et se trouve dans les parties de l’essence distillant entre 265° et 270°.
- Les quantités d’essence fournies par les feuilles de cette plante sont relativement considérables.
- Les mêmes auteurs (2) ont étudié une nouvelle essence fournie par Y Eucalyptus punctata D. C. [E. tereticorius Sin., var. brachycoris). Cet arbre s’appelle Grey Grun et fournit, indépendamment du Kino, un bois très dur. Il se trouve sur tout le littoral de la Nouvelle-Galles du Sud, depuis Queensland jusqu’à Victoria. On employa, pour la préparation de l’huile, les feuilles et les jeunes pousses, et on opéra en tout neuf distillations, avec des matériaux provenant de différentes régions. Rendement en essence 0,63 à 1,19, p. 100. Densité : 0,9122 à 17°. Deux échantillons étaient lévogyres [(a)D — 0°,92 et — 2°,52), les sept autres étaient dextrogyres ((a)D— + 0°,54, jusqu’à + 4°,44). Un échantillon moyen de toutes les essences distillées avait les propriétés suivantes : densité à 16°, 0,915, (»)D = + 0,927°. La teneur eu cinéol, déterminée au moyen de la méthode à l’acide phosphorique (défectueuse d’après MM. Schimmel), donna 46,4 à 64,5 p. 100. On ne trouva pas de phellandrène dans l’huile d’#. punctata.
- (1) Journal of the Society of Chem. Ind., 1898, p. T80.
- (2) Journal and Proceedings of the Royal Society of N. S. Wales, t. XXXI, p. 259.
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- Dans leur Bulletin du mois d’octobre 1898, page 30, MM. Schimmel relatent les essais effectués sur trois échantillons d’essence d’eucalyptus de Portugal.
- Essence d'Eucalyptus rostrata Schlecht. — D’une odeur agréable et d’une forte teneur en cinéol. Densité : 0.921 ; (a)D => —1°,8 à 30°. Soluble dans 2 parties d’alcool à 70°. Ne donne pas la réaction du phellandrène avec le nitrite de soude et l’acide acétique cristallisable.
- L’origine botanique du second échantillon n’est pas bien fixée. On se demande si cette essence dérive de Y Eucalyptus resinifera Smith ou de VE. rostrata Schlecht. Comparée avec l’essence précédente, il semble probable qu’il faut plutôt l’attribuer à YE. resinifera. Elle contient (réaction à l’iode) du cinéol e^ du phellandrène, terpène qui, jusqu’à présent, n’a pas encore été caractérisé dans l’huile d’E. rostrata. Densité : — 0.893 rotation; (a)D ——17°,8; à 30°.
- L’huile n’était pas soluble dans l’alcool à70°-80°.
- L’huile d'E. obliqua L’Herit renferme, à côté du cinéol (réaction à l’iodol), également du phellandrène, et se dissout dans son volume d’alcool à 80°. Densité : 0,914 ; (a)D —— 7°,28 : MM. Schimmel ajoutent : « Étant donnéela surabondance d’essences d’eucalyptus riches en cinéol, l’introduction sur le marché de ces deux dernières sortes, ne semble pas devoir être suivie de succès. D’après ce que nous avons pu en juger, sur le faible échantillon misa notre disposition, l’essence à’E. rostrata peut, par contre, être rangée parmi les meilleures sortes d’essences d’eucalyptus. »
- Essence d'Eucalyptus toxophleba. — L’arbre qui a fourni cette essence est appelé « York Gum », parce qu’il est très répandu dans les environ de la ville d’York.
- L’huile possède une odeur très désagréable et provoque fortement la toux. Densité à 15°,5 0,8828, rotation environ : + 5°. La distillation fournit les fractions suivantes : de 168° à 171°, 68 p. 100; de 171° à 176°, 14 p. 100; de 176°àl82°, 2 p. 100; de 182° à 187°, 8 p. 100; résidus 8 p. 100. L’essence contient du phellandrène et du cinéol, ce dernier dans la proportion de 15 à 20 p. 100. En l’agitant avec une solution de bisulfite, l’essence perdit 20 p. 100 de son volume; elle renferme donc de notables quantités d’aldéhvdes et de cétones. L’alcool amylique, dont il existe de petites quantités dans l’huile d'E. globulusr et auquel on attribue, en partie, la propriété que possède cette essence de provoquer la toux, n’a pu être décelé dans l’huile d'E. toxophleba. L’auteur espère pouvoir étudier cette huile d’une façon plus complète (1).
- (1) E. J. Parry, Pharm. Journ., 1898, t. LXI,p. 98; Bulletin Schimmel, octobre 1898, p. 31. Dans le même Bulletin MM. Schimmel appellent aussi l’attention sur une description des différentes variétés d’Eucalyptus parue sous le nom : « On a new species of Eucalyptus from the Sydney district » by Henry Deane, M. A., F. L. S. and J. H. Maiden, F. L. S. (Proceed. of the Linnean Soc. of N. S. Wales 1897, part 3, septembre 29.) und « Observations on the Eucalyptus of New
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- Essence de Fréjard. — Cette essence, signalée pour la première fois par M. II. Haensel (1), s’obtient en abattant les arbres de fréjard, et recueillant l’huile qui s’écoule spontanément des cellules de la moelle. Le lieu de production sont les Indes néerlandaises. A l’état brut elle est de couleur jaune, peu fluide, et contient de la résine en assez grande quantité, résine qui reste comme résidu quand on soumet l’essence à la rectification. Ce résidu résineux atteint jusqu’à 20 p. 100 de l’huile brute.
- Rectifiée, l’essence est claire et limpide. Le poids spécifique de l’huile brute est de 0,9395; celui du produit rectifié; 0,9065 à 15°. Comme toutes les essences de bois, l’huile de Fréjar possède une odeur persistante qui est assez agréable. Aux Indes néerlandaises elle est employée contre les maladies de la peau. En Europe elle sert à parfumer les savons de toilette.
- Essence de genièvre. —.Préparée par M. H. Haensel (2) au moyen de baies rouges de genièvre de Dalmatie, Juniperus oxycedrus, avec un rendement de 1,3 p. 100, cette essence possède un arôme qui n’est pas le même que celui du produit extrait des baies de genièvre d’Italie. D’après M. le professeur Sadebeck, ces dernières, qui sont d’un bleu foncé, proviendraient du Juniperus communis.
- Les constantes physiques de ces deux essences, ainsi que celles d’une huile de baies de Dalmatie rectifiée, montrent nettement la différence qui existe entre ces produits :
- Essence Essence Essence
- de de baies rouges de
- baies rouges de Dalmatie baies italiennes
- Dalmatie. rectifiée. rectifiée.
- Poids spécifique à 15° 0,8515 0,8478 0,8644
- Rotation à 20°, tube de 100 mm.. . — 8,50 — 8,75 —1,82
- Indice de réfraction à 20° (lumière de sodium) I,4793 1,4782 1,4778
- Essence de gaycic (bois). — A propos de l’origine de ce bois, MAI. Schimmel signalent ce qui suit dans leur Bulletin d’octobre 1898, page 32 :
- A la suite de l’observation que nous avons faite, dans notre Bulletin d’Avril, sur les doutes qui régnent quant à l’origine du bois appelé Palo balsamo en Argentine, le Dr E. Paetzold, premier assistant de l’Institut pharmaceutique de Strasbourg, nous a informé, le 20 juin dernier, qu’il a examiné ce bois en le comparant avec des matériaux authentiques, et en tenant compte aussi d’autres renseignements. Il conclut qu’il appartient au Bidnesia sarmienti Lor., arbre haut de 40 à 60 pieds, delà famille des Zygophyllés, et qu’il a d’étroits rapports avec le gayac. Griesbach lui assigne comme origine les provinces argentines
- South Wales », III, by Henry Deane, M. A., F. L. S. and J. H. Maiden F. L. S. (Proced. of the Linneàn Society of N. S. Wales, 1897, part 4, nov. 24.)
- (1) Revue commerciale, 4° trim., 1895, p. 10.
- (2) Revue commerciale, 4« trim., 1898, p. 15.
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- INDUSTRIE DES HUILES ESSENTIELLES ET DES PARFUMS.
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- d’Oran et de Gr. Chaco, en particulier le cours moyen du Rio Cermejo, un affluent du Rio Paraguay. Ces provinces se trouvent tout à fait à l’extrémité nord-ouest de la République Argentine.
- Ce bois arrive par Bnenos-Ayres, et dans ces derniers temps on en expédia cent fois plus que la parfumerie ne peut en consommer. S’il ne trouve pas d’autre usage important, les importateurs subiront de grosses pertes, car notre industrie n’est pas susceptible d’en utiliser des quantités considérables, la consommation de l’huile, en parfumerie, dût-elle décupler.
- Essence de géranium de Indes (Palmarosa). — En saponifiant 500 grammes d’essence de géranium par la quantité convenable de potasse alcoolique à 5 p. 100°, MM. Flatau et Labbé (1) ont pu isoler du géraniol distillant entre 125° et 128°, sous 32 millimètres, et un acide passant de 495 à 200, sous la même pression. Cet acide a été caractérisé par l’analyse de ses sels de calcium, d’argent, de barium et de cuivre. Sa formule répond à Cu H28 O2. L’acide est saturé, fonda 28°,2 et comme le point de fusion de l’acide myristique est 53°,8, il en résulte que c’est un isomère. Dans la solution aqueuse, d’où ils ont précipité l’acide solide, MM. Flatau et Labbé ont encore reconnu la présence d’acide acétique et de petites quantités d’acide butyrique.
- MM. Schimmel ayant trouvé, jadis (2), en opérant sur 400 kilogrammes d’essence, qu’elle renfermait de l’acide acétique et de l’acide caproïque, maintiennent leurs dires, et admettent que, vu le peu d’essence mise en œuvre par les chimistes français, la présence de l’acide caproïque a pu leur échapper. Ils ajoutent que MM. Flatau et Labbé ont sans doute étudié une essence qui avait été falsifiée par un corps gras (huile de coco, ou analogue), ce qui arrive fréquemment.
- Essence de géranium de Bourbon. — En soumettant au même traitement l’essence de géranium de Bourbon, MM. Flatau et Labbé (3) ont d’abord trouvé que cette huile avait une réaction acide, et que cet acide était identique avec celui qu’on obtient par saponification de l’essence. La quantité totale est d’environ 0,5 à 4 p. 100, dont la moitié, à peu près, à l’état libre.
- En transformant l’acide isolé en son sel d’argent, les auteurs ont constaté que ce sel fondait à 458° en se décomposant, et qu’il avait pour formule, G10H17O2 Ag. Le produit bromé, obtenu avec cet acide, constitue une huile incris-tallisable.
- Quant aux acides moins élevés, combinés dans cette essence, ils sont constitués par de l’acide acétique et en petite quantité de l’acide valérique.
- MM. Schimmel font observer, dans leur Bulletin d’octobre 1898, page 34,
- (1) Comptes rendus, 126, 1876.
- (2) Ber, avril 1896, 33 à 36. Archiv. de Pharm., t. 234, p. 326.
- (3) Comptes rendus, ld.
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- ARTS CHIMIQUES.
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- que MM. Flatau et Labbé ne font pas mention de l’acide tiglique qu’ils avaient caractérisé dans cette essence dès 1894 (1).
- Essence de lavande. — En soumettant à une rectification méthodique les portions de l’essence de lavande bouillant à une température élevée, MM. Schim-mel (Bulletin, avril 1898, p. 35) ont recueilli un liquide distillant entre 110° et 120 degrés, sous 13 millimètres, qu’ils ont caractérisé comme étant du géraniol.
- Les auteurs précités ont également examiné un échantillon d’huile du Portugal provenant du Lavandula pedunculata Cav., plante indigène de la péninsule ibérique.
- Cette essence possède une odeur peu agréable, difficile à définir, et ne paraît pas se prêter à l’usage. Densité : 0,939, pouvoir rotatoire (a)D —— 44°54/. Elle se dissout clairement dans son volume d’alcool à 80°. L’indice de saponification élevé, 111,7, répondrait à une teneur de 38 p. 100 de l’éther acétique d’un alcool C10H18O. En distillant l’huile saponifiée avec la vapeur d’eau, il passe un liquide d’un jaune clair. La première fraction contient du cinéol, caractérisé par la combinaison iodol-cinéol. L’odeur de cette fraction rend probable la présence de thuyone, indépendamment de celle du cinéol.
- (1) Bericht, avril 1894. Barbier et Bouveault, C. R. p. 119, 283.
- (A suivre.)
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- INJECTION DES TRAVERSES DE CHEMINS DE FER ET DES BOIS DE CONSTRUCTION PAR DES
- ANTISEPTIQUES OBTENUS AVEC LES DÉCHETS ALCALINS DES USINES DE PÉTROLE, d’après
- M. Karitschkoff. (Zapisky lmp. Tech, russe, 4 898, n° .2), par M. P. Kouindjy.
- Jusqu’à présent, on considérait le naphte et les résidus du naphte comme des produits doués de propriétés antiseptiques. Les expériences faites récemment par l’auteur et par M. Kautos prouvent le contraire. Le Bacülus amylobacler se développe facilement en présence du naphte. Il en résulte que le bois, et principalement les traverses des rails, qui sont attaquées par ce bacille, ne sont nullement garantis par le naphte ou par ses résidus. Du reste, le naphte n’imbibe point le bois dans toute son épaisseur, quelle que soit la pression sous laquelle se fait l’injection. L auteur a soumis à la pression de 5 atmosphères et à 150° un mélange du mazout avec quatre parties de benzines contenant des petits morceaux de hêtre et de sapin. Quelque temps après, ces petits morceaux de bois avaient leurs surfaces imbibées à 1,2 millimètre. Par suite, les traverses de rails trempées longtemps dans du naphte ou injectées par ce dernier ne sont imbibées que superficiellement. D’autre part, le naphte est une substance qui ne se condense pas et dont la densité est inférieure à celle de l’eau; d’où il suit que le naphte doit être facilement chassé du bois par l’eau, et que la première pluie ou la première neige sont capables de rendre ces traverses humides et putrescibles. La créosote et les autres substances visqueuses sont inférieures au naphte comme antiseptiques.
- Il en est de même des mélanges de naphte et de goudron, mais le goudron provenant de la distillation du naphte pour le gaz d’éclairage se rencontre rarement.
- M. Adiassevitch chercha ensuite à transformer le naphte en une substance antiseptique. D’après l’auteur, ce chimiste croyait, en chauffant le naphte mélangé d azote à 200° ou en faisant passer un courant électrique dans un mélange de naphte et d azote, produire une formation spontanée des phénols. Les résultats de ses expériences démontrèrent qu’il n’en est pas ainsi.
- D’après M. Philipoff, les produits antiseptiques destinés à préserver les bois contre la putréfaction doivent répondre aux conditions suivantes : être des antiseptiques énergiques; ne pas détériorer les bois; s’injecter facilement dans le bois et s y fixer de manière qu’aucune humidité ne puisse les en chasser; former dans le bois des composés chimiques stables; être dialysables, afin de pénétrer facilement dans le tissu du bois; ne présenter aucun danger pour la santé des ouvriers qui le manipulent.
- L’auteur ajoute, de son côté, que ces antiseptiques doivent posséder une combinaison stable et déterminée.
- La stabilité de la composition permet de manipuler le produit avec plus de sûreté. Lorsqu’un produit a une composition variable, on ne peut pas savoir à quel composé Tome IV. — 98° année, b® série. — Juin 1899.
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- il faut rapporter son action. C’est ainsi que l’action de la créosote a fait naître autant de versions, qu’elle contient de composés. D’après les uns, c’est grâce aux phénols que cette substance est antiseptique; d’autres croient que c’est la naphtaline qu’elle renferme ; ou parce qu’elle contient une huile verte très antiseptique ou encore un alcaloïde particulier : « l’acridine ». Quelle que soit l’opinion qui doit dominer, il est un fait acquis : que les créosotes de différentes provenances agissent différemment : les créosotes tirées du goudron de différents bois ne se ressemblent ni par leur action antiseptique, ni par leur composition. Cette distinction est encore plus caractéristique entre la créosote de bois et la créosote minérale.
- La transformation du naphte en substance créosotéc est, d’après l’auteur, impossible, puisqu’on est obligé de modifier la nature même du naphte. Jusqu’à présent la relation entre les propriétés toxiques d’une substance antiseptique èt sa composition est peu connue. Récemment M. Bokorny a donné quelques indications pour transformer les composés chimiques neutres en substances antiseptiques. Il suffirait de remplacer un atome d’H par un de Chlore ou de Brome, pour que la toxicité du produit augmentât vis-à-vis des organismes inférieurs. En remplaçant l’H par un groupe nitré, on obtient le même résultat.
- Jusqu’à présent, on croyait que c’était aux phénols qu’appartenait la supériorité comme antiseptiques. D’après Bokorny, il faut leur, préférer les aldéhydes, aldéhyde formique, par exemple ; le formaldéhyde ou le formol CH2 a déjà obtenu une large application en médecine. Ainsi, la question d’obtenir du naphte un produit antiseptique peut se résoudre par la transformation des hydrocarbures du naphte en aldéhydes. Cette transformation peut se faire par le remplacement d’H soit parles éléments organiques, soit par les éléments inorganiques; elle permet d’obtenir, au moyen de la synthèse des hydrocarbures naturels, non seulement des substances antiseptiques, mais aussi leurs dérivés élevés.
- Outre les antiseptiques inorganiques, comme les sels des métaux lourds, et les antiseptiques organiques, comme la créosote, il existe d’autres antiseptiques mi-organiques comme par exemple les sels des acides co-organiques. Ce sont ces derniers qui furent proposés par Wagner en 1862 pour injecter le bois. Les essais, faits avec l’oléate d'alumine, l’oléate de cuivre et le palmitate de zinc prouvèrent que ces sels remplissent bien le rôle d’antiseptique. Millier fit injecter des morceaux de chêne avec du savon et du sulfate de cuivre; il trouva que le bois ainsi imbibé se conserve même dans l’humidité. Mais cette injection exige de nombreuses manipulations. Outre leurs propriétés, antiseptiques, les sels des acides oléique ou palmitique présentent l’avantage de ne pas se dissoudre dans l’eau et de se fixer solidement sur le tissu du bois. Ces sels sont préférables à la créosote, parce qu’ils pénètrent plus profondément le bois; il en suffit d’une quantité beaucoup moindre. De plus, ces sels ont une composition définie, ce. qui les place au-dessus de la créosote, dont la composition est encore incertaine. Ils surpassent également les antiseptiques organiques : on peut dès à présent affirmer que les sels les plus antiseptiques sont des sels organiques des métaux lourds. Si ces sels ne sont pas utilisés en grand, c’est que leur prix est très élevé. Les acides organiques étant chers, il est presque impossible de les employer dans l’imbibition des traverses et des bois de construction. Le produit qui pourra résoudre la difficulté, c’est le naphte. On sait que le naphte et les résidus du naphte contiennent les acides organiques provenant de l’oxydation des hydrocarbures : la benzine en contient le moins possible ; les huiles solaires et minérales en renferment
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- plus. Le kerottihe (le pétrole) contient près de 1 p. 100 d’acides organiques. Tous les acides organiques contenus dans le naphte et ses résidus se réunissent dans le dépôt alcalin ou le savon sodique obtenu pendant la rectification du pétrole par la soude caustique, après le traitement par l’acide sulfurique, de sorte que ce dépôt alcalin n’est autre chose qu’un mélange des sels de soude des acides précédents, ou acides du naphte.
- C’est M. Eycharst, chimiste à Bakou, qui étudia pour la première fois les acides, dits du naphte. Il les identifia aux acides saturés de la série grasse. Plus tard, MM. Morkovnikoff et Oglobine réfutèrent l’opinion d’Eychorsk. Ils trouvèrent que ces acides appartiennent à ceux du groupe GHn2-2ll02. Comme ces derniers acides dérivent des hydrocarbures du radical CW1, ils leur donnèrent le nom d’un hydrocarbure de ce radical, 1 e.naphtène, d’où le nom d’acides naphténiques.^
- Les acides naphténiques sont des liquides huileux, jaunes, à odeur de suif. Ils sont insolubles dans l’eau, solubles dans l’acide sulfurique, l’alcool, l’élher et les hydrocarbures. Leur composition présente un mélange des composés homologues, répondent à la formule empirique CnH2D-202. Ce sont des combinaisons cycliques. Mais leur identité avec les acides héta-hydro-aromatiques, comme l’acide héta-hydro-benzoïque, n’est pas encore confirmé. Ce& acides forment avec les alcools des, éthers dont l’odeur rappelle tantôt les aromatiques, tantôt les fruits. En les fractionnant, on obtient des produits purs à point d’ébullition inférieur et d’une odeur qui rappelle celle de l’éther acétique; les produits d’un point d’ébullition plus élevé possèdent une odeur qui ressemble à celle de l’ananas. Les glycéroéthers ressemblent par leur consistance à l’huile de poisson, ce sont de véritables corps gras artificiels. Les acides du naphte forment plusieurs sels : les sels neutres et les sels acides. Les premiers fsels alcalins et alealino-terreux) sont insolubles dans les hydrocarbures, les seconds sont solubles dans les hydrocarbures comme les sels des métaux lourds, neutres et acides; les sels d’argent et en partie de zinc font exception. Ils ne cristalr lisent pas et se déposent en masse compacte ou en un précipité gélatiniforme.
- Les sels des métaux lourds (sauf l’argent) et d’alumine récemment précipités peuvent être extraits au moyen des hydrocarbures par simple agitation. Pendant cette réaction, les sels de cuivre changent de couleur.
- L’auteur a étudié en détail les propriétés antiseptiques de ces acides. Jusqu’à présent, on ne possédait que des indications assez vagues sur les propriétés antiseptiques des acides gras. MM. Jacques et Sauvai proposèrent d’injecter les bois avec les acides gras en décomposant les savons sodiques de ces acides dans l’intérieur même du bois.
- En ce qui concerne les acides du naphte, les expériences ont prouvé qu’ils sont les antiseptiques les plus puissants. Leur action fut essayée sur les champignons A spergillus niger d’un cryptogame parasitaire et du Bacillus amylobacter. Six éprouvettes furent cultivées pour les spores du cryptogame précédent. Le milieu de culture, formé d’un mélange de gélatine et d’amidon, fut traité par différents antiseptiques : la première éprouvette ne renfermait aucun antiseptique; la seconde 1 p. 100 d’acide de naphte (acide naphténique) ; la troisième, 1 p. 100vd’un sel de cuivre; la quatrième, 1 p. 100 d’un sel d’alumine; la cinquième, 1 p. IDO d’un sel de fer, et enfin la sixième, 1 p. 100 d’un sel de zinc. Dans la première éprouvette, le cryptogame se développe très rapidement et, au bout du cinquième jour, couvre déjà toute la surface du bouillon. Dans la seconde éprouvette (en présence de l’acide de naphte) le champignon resta intact, même à la lin de la cinquième semaine. L’action des autres antiseptiques fut moins
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- caractérisée : le sel de cuivre ne permit au cryptogame de se développer qu’après vingt jours ; le sel de fer, après seize jours. En présence des sels d’alumine et de zinc, le cryptogame commença à se développer au bout de deux semaines. Les mêmes expériences furent faites avec le Pacillus amylobacter. Ges expériences ont prouvé que l’acide du naphte arrête le développement de ce microbe au moins pour trois mois, d’où l’auteur conclut : 1° que l’acide du naphte est un antiseptique supérieur aux autres sels ; 2° que, de tous les sels de l’acide du naphte, le sel de cuivre agit mieux que les autres, et que les sels d’alumine et de zinc sont les antiseptiques inférieurs; 3° que les antiseptiques provenant du dépôt alcalin du naphle agissent non seulement sur les micro-organismes multicellulaires, mais aussi sur les bacilles et même plus sûrement sur ces derniers.
- Après avoir expérimenté les antiseptiques de naphte sur les cryptogames et les bactéries, l’auteur a essayé leur influence sur les organismes qui sont la cause même de la destruction des bois; et, pour répondre mieux à la question, il a conduit ces essais dans les mêmes conditions de putréfaction. De tous les organismes de la putréfaction, le plus répandu est le Polyporus sulfureus, — champignon aussi destructif que le Merulius lacrimans. On a trouvé un autre cryptogame, présentant deux formes de spores, — l’uredospores et toleutospores, —et produisant une rouille brune, l’auteur l’appelle cryptogame rouillé.
- D’après l’auteur, le succès de l’antiseptique dépend beaucoup des micro-organismes qu’on trouve dans le terrain. Il conseille même de créer, pour chaque chemin de fer, un laboratoire micrographique; ces laboratoires permettront d’étudier les causes locales de la putréfaction et les antiseptiques correspondants.
- Les cultures du champignon Polyporus sulfureus et du cryptogame rouillé ont permis d’étudier l’action des différents antiseptiques et celle de l’acide du naphte sur ces micro-organismes avec des copeaux de bois et des tasseaux dont un tiers était plongé dans l’eau. On inoculait le champignon à la partie supérieure des tasseaux. Les échantillons non injectés se couvraient en peu de temps du cryptogame, tandis que les échantillons injectés restaient intacts huit mois de suite. Les acides de naphte et les sels de ces acides sont donc des antiseptiques d’une valeur incontestable. Si les propriétés antiseptiques des acides de naphte ne sont plus à discuter, il s’agit de savoir quel est le sel de ces acides auquel il faut donner la préférence, ou s’il ne vaudrait pas mieux s’arrêter à l’acide même,
- Avant de répondre à ces questions, il faut déterminer quel serait le dissolvant de ces sels ou de cet acide (acide naphténique). Quel que soit le sel des 3e et 4e groupes de cet acide, ils sont tous insolubles dans l’eau. On était donc obligé d’introduire ces sels dans le corps des bois par double réaction : on introduisait d’abord le savon puis le sel neutre. Cette double opération est très compliquée, longue, et entraîne la perte d’une portion du produit qui se forme par double réaction, en dehors du bois : déplus, ce sel étant insoluble, sa formation même, avant le temps voulu, empêche l’antiseptique d’y pénétrer. Il présente un autre inconvénient, provenant de l’emploi de l’eau. On sait que le bois humide, une fois chauffé, se fend pendant l’évaporation de l’eau, et qu’il se produit pendant les froids, dans l’intérieur du bois, de la glace qui en déchire le tissu. C’est, pour cela que certaines des usines d’injection arrêtent leur travail pendant l’hiver.
- Il existe cependant un dissolvant qui peut avantageusement remplacer l’eau. C’est, d’après l’auteur, un produit de la distillation du naphte; on l’appelle à Bakou
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- ligroïne et à Grosnoié gazoline. Ce produit se place entre le kerottine (le pétrole) et la benzine. On ne l’emploie pas pour l’éclairage. Il s’évapore difficilement. Jus-i qu’à présent, ce produit fut considéré comme un déchet de la distillation, d’un emplo dangereux à cause de sa grande inflammabilité. Actuellement, on cherche à l’utiliser pour le chauffage en le mélangeant tantôt avec les résidus de naphte, tantôt avec le goudron. Le naphte de Bakou en contient de 1,5 à 2 p. 100, celui de Grosnoié, de 8 à 10 p. 100. En remplaçant le chauffage avec les résidus de naphte par la gazoline, il resterait encore à Grosnoié près de 5 à 7 p. 100 de ce produit. En 1897, la production du naphte à Bakou atteignit le chiffre colossal de 422 960 751 pouds, ce qui fait, pour la ligroïne, de 6 à 8 millions de pouds. A Grosnoié, la quantité de naphte extraite est moindre : — 15 millions de pouds; la ligroïne atteint 1 500 000 pouds. De sorte que, tous les ans, le Caucase peut fournir 9 millions de pouds environ (1).
- Pour obtenir les solutions ligroïques des sels naphténiques de cuivre, de zinc et d’alumine, il suffit d’agiter les sels naphténiques aqueux récemment obtenus avec la ligroïne. Si ce produit présente de réels avantages comme dissolvant, il présente aussi un inconvénient : sa grande inflammabilité, qui peut être évitée en prenant les précautions nécessaires et en se servant d’appareils convenables. La ligroïne est supérieure aux autres dissolvants car : 1° elle permet d’éviter des manipulations doubles, puisqu’elle dissout complètement les déchets alcalins de la distillation du naphte; 2° grâce à sa chaleur latente, qui est neuf fois moindre que celle de l’eau, son évaporation exige neuf fois moins de chaleur; 3° les essais ont montré que son évaporation, ainsi que celle des autres hydrocarbures, n’entraîne aucune altération des bois.
- L’acide de naphte, ou mieux le mélange des acides de naphte obtenu avec les déchets de la distillation est un bon antiseptique; on pourrait injecter les bois avec une solution ligroïque de cet acide, mais, ne pouvant pas les fixer sur le tissu de bois, on n’est pas sûr de leur stabilité et de leur résistance à l’eau. Le sel naphténique de zinc est un antiseptique médiocre et se dissout très peu dans la ligroïne. Le sel d’alumine convient mieux, mais sa fabrication exige de nombreux appareils spéciaux et une terre glaise donnant beaucoup de sulfate d’alumine. Le sel de fer pourrait également satisfaire; mais il paraît que ce sel change complètement les propriétés mécaniques du bois. Il ne reste que le sel de cuivre, et c’est ce produit que l’auteur a choisi comme type des antiseptiques naphténiques pour injecter les traverses. L’auteur a étudié deux procédés pour fabriquer ce sel. Par le premier procédé il fait agir directement l’acide de naphte sur des copeaux de cuivre à l’air libre. Le cuivre mouillé par les acides est exposé à l’air. Lorsque le sel est formé, on le reprend par la ligroïne, qui le dissout. La solution ligroïque peut être employée séance tenante. Le rendement de l’antiseptique et la vitesse de la réaction dépendent beaucoup de la température ambiante. Lorsqu’on fait chaufferie mélange, la réaction s’arrête; elle est au contraire très énergique à la température du milieu ambiant. Ce phénomène explique un fait constaté plusieurs fois pendant la distillation du naphte. On sait que la chaudière en fer où se produit la distillation de la benzine se conserve plus longtemps que les tuyaux par lesquels la benzine refroidie coule dans les réservoirs. Ces tuyaux, étant en contact avec la benzine froide et avec les acides du naphte à la température ambiante se détériorent plus vite que la chaudière qui n’est en contact avec ces acides qu’à la température élevée.
- (1) Un poud représente 410 grammes.
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- Le second procédé consiste à précipiter le sel cuivreux par double réaction du sel alcalin et du sulfate de cuivre. Ce dernier sel peut être préparé à l’usine même par l’action de l’acide provenant de la rectification du pétrole sur le cuivre en morceaux ou en copeaux. Le sel de cuivre précipité est repris par la ligroïne et lavé avec une solution de savon alcalin pour neutraliser l’excès de l’acide minéral et des sulfo-acides.
- Si l’on a besoin de produire l’antiseptique en grande quantité et dans un temps restreint, il vaut mieux avoir recours au second procédé. L’opération se fait dans des baquets en fer ou en bois, dont l’intérieur est doublé de feuilles de zinc; les baquets sont réunis entre eux par des tuyaux en fonte. Le dernier baquet, d’où on extrait le produit, est muni d’un agitateur. Voici comment on opère : on fait évaporer le sel alcalin ou les sels sodiques des acides du naphte dans un réservoir en fer jusqu’à 9° B. Le pétrole qui se sépare pendant l’évaporation est recueilli,et l’on ajoute dans la solution du sulfate de cuivre de 7° à 8° B. On mélange les deux solutions et on y ajoute la ligroïne pour extraire l’antiseptique. D’après l’auteur, ce procédé peut être exécuté dans une usine de pétrole, où quelques appareils, comme les pompes pneumatiques, pourront servir à la fabrication de l’antiseptique. Seuls les baquets et les tuyaux qui les réunissent entraîneront une faible dépense. La proportion des acides du naphte dans la solution ligroïque doit être d’environ 2 p. 100. Dans de bonnes conditions de travail l’injection d’une traverse coûterait environ 0 fr. 50.
- La vente d’un poud de produit est fixée à 20 kopeks sans impôt.
- Chaque traverse exige 800 gr. d’antiseptique, et les acides fournis par la distillation à Bakou suffiraient pour injecter 22 millions de traverses par an. Le cas échéant, on pourrait utiliser le naphte pour la fabrication de l’antiseptique. Pour éviter la perte d’élasticité du bois causée par le dépôt du sel de cuivre dans ses interstices, l’auteur ajoute d’autres substances qui rendent tout l’antiseptique élastique.
- Après avoir injecté les bois il faut éliminer le dissolvant, la ligroïne. On y arrive par l’évaporation à l’air chaud dans les cylindres mêmes qui servent pour l’injection. L’évaporation se fait en une heure à une heure et demie, et l’on recueille dans des condenseurs le dissolvant évaporé. L’injection se fait parle procédé Bettel. Comme la ligroïne est parfaitement dialysable, il suffît d’une pression de 4 atmosphères. Pour que l’antiseptique pénètre bien les bois, il faut qu’ils soient très secs. En pratique, les traverses sont desséchées dans des séchoirs spéciaux.
- On peut, en chauffant les bois avec les vapeurs de ligroïne, éliminer une partie notable de l’eau qu’ils contiennent; à cet effet, on dirige la ligroïne évaporée pendant l’injection dans un cylindre rempli des traverses fraîches non séchées. Cette manipulation peut se faire en même temps que l’imbibition des traverses : dans l’un des cylindres on imbibe les traverses, dans l’autre on sèche les bois. Les deux cylindres étant réunis entre eux, la ligroïne éliminée par l’air chaud des traverses injectées passe dans l’autre cylindre aux traverses non séchées, et, au fur et à mesure que les unes s’imbibent de Tantiseptique, les autres se débarrassent de leur eau. De plus, le rôle des deux cylindres peut se renverser : lorsqu’on a fini de dessécher les traverses fraîches, celles de l’autre cylindre, étant injectées, sont retirées, et, à leur place, on met des traverses sèches; les traverses du premier cylindre sont donc injectées sans être déplacées, et ainsi de suite.
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- FOUR TOURNANT POUR CIMENTS.
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- four tournant pour ciments Hurry et Se aman.
- Nous avons déjà, à plusieurs reprises (1), attiré l’attention de nos lecteurs sur les fours tournants employés actuellement dans les fabriques de ciment, principalement r>.
- Fig. 1. — Four à ciment Hurry et Seaman.
- Fig. 2 à 4. — Four à ciment Hurry et Seaman. Détail du brûleur.
- aux États-Unis ; nous compléterons aujourd’hui ces renseignements par la description du nouveau four de MM. Hurry et Seaman, spécialistes éminents en cette matière (2).
- (1) Bulletin de janvier 1899, p. 121. . '
- (2) Ibid., p. 123.
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- ART» CHIMIQUES.
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- Le four A (fig. 1) reçoit son mouvement de rotation du train efcd, sur les couronnes a, à galets b ; il communique avec la cheminée G par le carneau j de la chambre B, à regards h et i. La matière à griller dans ce four lui est amenée par le tuyau m, rafraîchi par une enveloppe à circulation d’eau. La scorie incandescente tombe de A, par DG, au cylindre auxiliaire F, tournant par op sur les galets n. La sortie
- ig. 5. — Foup Hurry et Seaman. Détail des convoyeurs de charbon.
- Fig. 6. — Four Hurry et Seaman. Détail du garnissage.
- de A en D est pourvue d’une garniture 17 et l’entrée de F d’une garniture 16, qui forcent 1 air chaud appelé de F en G à passer entièrement, partie directement du four A, partie par 18, dans le moufle. Ce moufle, porté par un trolley 13, mais ordinairement boulonné sur le massif 10, porte une plaque 15, pour l’attache du brûleur à charbon pulvérisé E, représenté en détail par les figures 2 à 4, boulonné en 27 à la plaque 15.
- Ce brûleur E reçoit l’air comprimé à lk^,5 environ par la pompe H (fig. 1) du tuyau 41 qui l’amène par la chambre 40 (fig. 2) autour de l’aiguille 33, réglable en 34, et par le cône 31, dans la chambre 20, alimentée de charbon pulvérisé par 23 et d’air
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- ESSAI RAPIDE DES ALLIAGES PLOMB-ÉTAIN ET PLOMB-ANTIMOINE. 889
- par les orifices 45, réglables au moyen du plateau 46, tourné par la vis sans fin 48 et percé d’orifices 47, que l’on fait ainsi plus ou moins coïncider avec 45. Le mélange ainsi formé est injecté au four par le conduit 22, au bout duquel il reçoit son complément d’air par les orifices 28. L’étanchéité de la chambre 40 est obtenue par deux garnitures 43 et 44, avec lanterne 40 permettant de les serrer d’un seul coup par leur bride 39.
- Le combustible pulvérisé, accumulé dans la trémie 50 (fig. 5), est distribué par le petit conveyeur à vis 51, en petites masses au grand conveyeur 8, de 150 millimètres environ de diamètre, qui tourne beaucoup plus vite que 51, de manière que le charbon arrive en poussière parfaitement désagrégée au conduit 23 du brûleur E. L’expérience a prouvé qu’il ne faut injecter, en air comprimé à lkg,5, que 2 p. 100 environ de l’air nécessaire à la combustion complète du charbon, et l’on obtient ainsi une longue flamme bien stable, d’une température assez élevée pour maintenir la garniture réfractaire du tube au rouge blanc. Le vide de 0kg,35 environ, produit en 20 par l’injection d’air comprimé, suffit pour en entraîner tout le charbon : la grande majorité de l’air nécessaire à la combustion est amené chaud de G en 12 par 18 et en A par D. Presque tous les résidus solides de la combustion se recueillent en B, sans salir les matières traitées en A, car le jet de flamme est orienté de façon à ne frapper ni sur ces matières ni sur le garnissage de A. Néanmoins ce garnissage fatigue beaucoup, principalement à l’entrée du jet, en D, où il est avantageux de le protéger par un fer h (fig. 6), avec bagues GG, à injection d’eau m et m1.
- G. R.
- ESSAI RAPIDE DES ALLIAGES PLOMB-ÉTAIN ET PLOMB-ANTIMOINE
- d’après M. J. Richards (1).
- Dans le raffinage des minerais de ploinb-antimonieux l’antimoine s’oxyde et flotte sur le bain en écumes qui entraînent avec elles plus ou moins de plomb : c’est ainsi que s’élimine peu à peu, — en vingt-quatre heures environ, — l’antimoine, et il importe^ pour surveiller la marche de cette élimination, de pouvoir analyser rapidement ces écumes. A cet effet, M. Richards a déterminé exactement les points du fléau d’une romaine auxquels il suffisait de suspendre un même volume d’alliages de plomb et d’antimoine, jusqu’à une teneur de 24 p. 100 d’antimoine, correspondant à la saturation du plomb. II suffit, dès lors, de couler une prise d’écume dans le moule correspondant à ce volume, d’en suspendre le lingot au curseur de la romaine, et de le faire glisser jusqu’à ce que ce fléau prenne son équilibre pour y lire, à la division où l’on s’arrête ainsi, la teneur en antimoine du lingot.
- Mais, à partir de 2 p. 100 et au- dessous, ces alliages d’antimoine et de plomb sont plus denses que le plomb. M. Richards a profité de ce que ces alliages, coulés en petits boutons, présentent une surface cristalline pour compléter sa romaine par une série de ces boutons types à 2 p. 100, 1,9 p. 100... jusqu’à 0 d’antimoine, permettant d’identifier instantanément une prise d’écume au-dessous de 2 p. 100 d’antimoine.
- En ce qui concerne les alliages de plomb et d’étain, M. Richards a gradué de même
- (1) Journal of the Franklin lnstitute, mai 1899, p. 398.
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- ARTS CHIMIQUES.
- JUIN 1899.
- expérimentalement un fléau de romaine pour des alliages à teneur allant depuis 99 de plomb pour 1 d’étain jusqu’à l’étain pur, avec moules étalons interchangeables, permettant un dosage immédiat à 0,25 p. 100 près.
- Le même principe a été appliqué à l’examen des tôles de toiture recouvertes d’un alliage de plomb et d’étain. L’éprouvette découpée dans la tôle est de dimension telle qu’elle marque, sur la romaine, le poids d’une grosse de tôles de 500 x 520 millimètres, dimensions usuelles de ces tôles. Il suffit de chauffer ensuite cette éprouvette au blanc, puis de la repeser bien débarrassée de sa couverte, pour avoir, par différence, le poids de cette couverte à la grosse.
- G. R.
- SUR LA DÉCOMPOSITION DE L’OXYDE DE CARBONE EN PRÉSENCE DES OXYDES MÉTALLIQUES (1).
- Note de M. O. Boudouard.
- J’ai indiqué précédemment les résultats auxquels j’étais arrivé en étudiant la décomposition de l’oxyde de carbone en présence des oxydes métalliques aux températures de 445° et de G50° (2) ; j’ai continué ces recherches à 800°.
- J’ai dû modifier le dispositif expérimental employé dans les expériences antérieures, et remplacer le verre par la porcelaine.
- Je me suis servi d’un tube en porcelaine vernissée extérieurement et intérieurement, de 400 millimètres de longueur, 30 millimètres de diamètre extérieur et 24 millimètres de diamètre intérieur; ce tube est continué par un autre tube capillaire, également en porcelaine, de 200 millimètres de longueur, 9 millimètres de diamètre extérieur et 1 millimètre de diamètre intérieur. L’extrémité de ce tube capillaire est reliée, à l’aide d’un joint au mastic Golaz, à un robinet à trois voies permettant de le mettre en communication soit avec la pompe à mercure, soit avec l’extérieur.
- La partie large du tube est remplie sur une longueur de 100 millimètres environ avec de la ponce cobaltée, nickelée ou ferrée, ayant déjà subi l’action de l’oxyde de carbone à la température de 445°, et recouverte de carbone provenant de la décomposition de l’oxyde de carbone. On achève de garnir l’intérieur avec des morceaux de porcelaine et l’on ferme avec une garniture métallique mastiquée au Golaz, cette garniture étant munie d’un robinet. C’est de ce côté que l’on fait arriver le gaz destiné à être mis en expérience.
- L’appareil ainsi monté est installé dans un four Mermet de façon que la partie du tube contenant la ponce soit exposée directement à l’action de la chaleur; la température est repérée au moyen d’un couple thermo-électrique de M. IL Le Ghatelier. On remplit d’oxyde de carbone, on ferme les deux robinets et on laisse chauffer pendant des temps plus ou moins longs. On extrait ensuite les gaz avec la pompe à mercure, l’appareil étant encore chaud; le dispositif capillaire décrit plus haut favorise le refroidissement immédiat du mélange gazeux ; de plus, l’analyse faite correspond exactement à l’état du mélange tel qu’il existe, car au moment de l’extraction, on supprime instantanément tout contact entre les gaz et le carbone.
- Les résultats numériques obtenus sont les suivants :
- Oxyde de cobalt. Oxyde de nickel. Oxyde do fer.
- Temps. COL CO. COL CO. COL CO.
- h. min- 0.08 4,4 95,6 3,0 97,0 3,2 96,8
- 0.30 5,5 94,5 4,8 95,2 » »
- 0.45 5,6 94,4 » » )) )>
- 2.15 7,0 93,0 6,3 93,7 » »
- 4.00 6,5 93,5 6,7 93,3 „ »
- (1) Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 19 juin 1899. Travail fait au Collège de France. Laboratoire de M. H. Le Chatelier.
- (2) Bulletin d’avril 1899, p. 397.
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- DÉCOMPOSITION DE LUCIDE CARBONIQUE EN PRÉSENCE DU CHARBON. 891
- i La réaction de décomposition de l’oxyde de carbone est donc fonction du temps; la quantité d’acide carbonique formé croît d’une façon régulière ; mais, comme à 650°, la décomposition de l’oxyde de carbone est limitée; les expériences montrent que la réaction s’arrête lorsque le mélange gazeux contient 7 p. 100 de CO'1 2 et de 93 de CO.
- Remarquons, de plus, que la vitesse de réaction est plus grande à 800° jusqu’à 650° ; tandis qu’à 650° il fallait chauffer jusqu’à six heures pour atteindre la limite, il suffit de chauffer pendant deux heures à 800°.
- SUR LA DIÎCOMPOSITION DE L’ACIDE CARBONIQUE EN PRÉSENCE DU CHARBON (1).
- Note de M. O. Boudouard.
- Dans une communication antérieure (2) j’ai indiqué les résultats auxquels j’étais arrivé en étudiant la réaction CO2 + C = 2CO à la température de 650°. J’ai poursuivi ces recherches à des températures supérieures.
- 1° Expériences à 800°. — J’ai employé le même dispositif expérimental que dans les expériences qui ont fait l’objet de la note précédente :
- La ponce imprégnée d’oxyde métallique est remplacée par des morceaux de charbon de la grosseur d’une noisette. Lorsque l’appareil est’rempli de gaz carbonique, on ferme le robinet antérieur, l’autre extrémité plongeant dans le mercure. Comme il y a augmentation de volume par suite de la réaction 2GO = CO2 + C, les gaz peuvent ainsi s’échapper librement. On laisse chauffer pendant des temps plus ou moins longs ; puis l’on extrait les gaz que l’on analyse. .
- J’ai également fait des essais en présence de charbon provenant de la décomposition de l’oxyde de carbone.
- J’ai obtenu les résultats suivants :
- Cliarbon
- Charbon de bois. des cornues. Coke Charbon de CO.
- Temps, h. min CO-, CO. CO2. CO. CO2. CO. CO2. CO.
- 0,08. . . 17,1 82,9 86,7 13,3 83,6 16,6 13,6 86,4
- 1.00. . . 6,1 93,9 65,8 34,2 )) »» »» .»
- 1.30. . . » )) » » 42,6 57,4 8,0 92,0
- 2.30. . . »» )) >» ». » » 7,1 92,9
- 6.00. . . 6,7 95,3 .» » 11,0 89,0 » »»
- 7.00. . . )> » 43,3 36,7 »> »» »» ))
- 9.00. . . )) » » 12,8 87,2 »» »»
- 9.30. . . )) » 29,7 70,3 )) )) »> »
- Dans une autre série d’expériences, j’ai employé du charbon en morceaux beaucoup plus petits (2mm à 5mm environ de côté) ; les résultats sont sensiblement les mêmes avec le charbon de bois et le coke ; avec le charbon des cornues, il y a augmentation de la vitesse de la réaction, mais on n’atteint pas encore la limite obtenue avec le charbon de bois et le charbon de CO, du moins après des temps de chauffe n’ayant pas dépassé neuf heures.
- L’ensemble des résultats numériques donnés plus haut montre que, dans les différents cas, l’allure du phénomène est la même; il n’y a de différence que dans la vitesse de réaction. La décomposition de l’acide carbonique n’est pas totale. Mais, comme à 650°, la limite à laquelle on arrive à 800° est la même que celle trouvée en étudiant la décomposition de l’oxyde de carbone (93 pour 100 de CO et 7 pour 100 de CO2).
- (1) Comptes rendus, 19 juin 1899. Travail faitau Collège de France. Laboratoire de M. H. Le Chatelier.
- (2) Bulletin d’avril 1899, p. 598.
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- ARTS CHIMIQUES.
- JUIN 1899.
- 2° Expériences à 925°. — La proportion d’acide carbonique restant diminuant de plus en plus à mesure que la température s’élève, j’ai substitué la méthode pondérale à la méthode volumétrique.
- Pendant des temps variables, j’ai fait passer un courant d’acide carbonique sur du charbon ; à la sortie de l’appareil, le mélange gazeux traversait un flacon contenant de l’eau de baryte. Un tube témoin à eau de baryte indiquait que l’acide carbonique était complètement absorbé. Du poids de carbonate de baryte obtenu on déduisait la quantité d’acide carbonique qui s’était formée.
- . J’ai ainsi trouvé, qu’à la température de 925°, il restait encore, dans le mélange gazeux résultant de l’action de l’acide carbonique sur le charbon, une proportion de 4 p. 100 d’acide carbonique.
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- MÉTALLURGIE
- expériences de micro-métallurgie. — effets des déformations — Notice préliminaire d’après MM. Ewing et W. Rosenhain (1).
- Quand on examine au microscope une surface métallique polie légèrement attaquée par les acides, on reconnaît qu’elle se compose de grains irréguliers nettement délimités, à facettes très nombreuses, d’une orientation bien définie et d’aspects variant avec l’incidence de la lumière qui les éclaire. Ces grains se déforment par le laminage ou le martelage à froid et l’étirage : les grains s’allongent alors plus dans le sens de
- Fig. 1. — Fer doux déformé par traction; dans le sens ' Fig- o.
- vertical de la figure. Grossissement 400 en diamètre.
- l’allongement du métal; mais le rechauffage du métal lui restitue sa structuie primitive, les grains perdent leur allongement dans un sens déterminé. Avec le fer, celte recristallisation a lieu vers le rouge : une température prolongée de 700° y produit une structure granulaire plus large que par le refroidissement rapide. Ces grains paraissent produits par une cristallisation rayonnant plus ou moins simultanément d’autant de centres que de grains, et c’est la rencontre de ces rayonnements qui produit les facettes polygognales des surfaces attaquées : les grains sont, en fait, des cristaux mutuellement gênés dans leur développement.
- Pour étudier l’effet des déformations sur ces grains cristallins, les auteurs ont examiné sous le microscope des surfaces polies de métaux étirés jusqu à la rupture et photographié les aspects successifs que prenait, pendant cette opération, un groupe de cristaux bien défini. On a opéré ainsi sur du fer recuit, du cuivre, des barres
- (1) Royal Society : Proceedings, 25 mai 1899, p. 85.
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- MÉTALLURGIE.
- — JUIN 1899.
- soumis à la traction d’une machine à essayer de 50 tonnes, à la compression et à la torsion.
- Quand on déforme une pièce de métal au delà de sa limite d’élasticité, il se produit à sa surface, sous l’éclairage vertical, un réseau de raies noires plus ou moins droites et parallèles sur chacun des grains, mais de directions variables d’un grain à l’autre, d’abord perpendiculaires à la direction de l’effort, puis de plus en plus inclinées à mesure que l’on dépasse la limite d’élasticité. La ligure 1 représente l’aspect d’une tôle de fer de Suède déformée sous une traction modérée, bien avant sa charge de rupture. Les raies y présentent l’aspect des crevasses d’un glacier, mais elles persistent
- Fig. 4. — Fer de Suède très déformé sous un éclairage oblique. Grossissement 280 en diamètre.
- après le retour à la longueur primitive, et, d’autre part, on ne les voit pas à l’attaque d’une surface polie après déformation. Comme on le constate en considérant la constitution de chaque grain, ces raies ne sont pas des crevasses, mais des clivages qui, sous un effort de traction, se développent de chaque côté du plan de séparation de deux grains A et B, comme en a b c cl e (fig. 2 et 3). Sous une lumière rasant la surface A, B, la surface apparaît noire, avec (fig. 4) des séries de raies brillantes coïncidant avec les raies noires de l'éclairage vertical, ainsi que cela résulte du schéma figure 3. Quant aux raies moins nettes qui séparent les grains les uns des autres, leur éclat variable indique qu’elles sont constituées par des plans diversement inclinés.
- Quand la déformation s’accentue, il se .produit sur quelques grains un second
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- EXPÉRIENCES DE MICRO-MÉTALLURGIE.
- ' 895
- système de raies de clivage coupant le premier, avec, parfois, formation de gradins (flg. 8) et sous un angle fonction de l’inclinaison de la surface polie sur les plans de clivage E; enfin il se produit parfois]un troisième système de raies; puis, la déformation
- mM
- Fig. o. — Avant déformation. Grossissement 140.
- continuant, la surface devient rugueuse et ondulée par la sortie des grains glissant, l’un par rapport à l’autre. Ces raies de clivage et ces rugosités apparaissent d’ailleurs très nettement sur des surfaces polies déformées sans être attaquées (1).
- y x -
- Fig. 6. — Après une déformation modérée sous un effort horizontal. Grossissement 140.
- Les figures 5, 6 et 7 montrent, sous un grossissement de lm,40 de diamètre, la transformation d’un même groupe de grains sous un effort d’abord nul (fig. 5), puis dépassant un peu (fig. 6) et beaucoup (fig. 7) la limite d’élasticité ; on y constate fort bien la déformation et la dénivellation des grains.
- 1) Charpy, Comptes Rendus, t. CXX111, p. 225, 1896.
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- MÉTALLURGIE. — JUIN 1899.
- Fig. 8. — Fer de Suède très déformé sous un effort horizontal. Grossissement 400 en diamètre.
- recuit prolongé à 700°, photographié près de la section de rupture, on voit à gauche un grain dont la longueur, dans le sens de la traction, a passé de 0mm, 16 à 0m"’,20.
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- EXPÉRIENCES DE MICRO-MÉTALLURGIE.
- 897
- Les raies de clivage y sont écartées en moyenne de de millimètre; leur
- 400
- largeur, trop faible pour être mesurée exactement, ne dépasse guère
- 2000
- de milli-
- mètre.
- La figure 9 montre le développement de ces raies par compression. Elles se produisent aussi par torsion, mais, dans ce cas, en des directions parallèles et perpendiculaires à l’axe de torsion. Elles sont particulièrement nettes avec l’argent, plus droites et plus régulièrement espacées dans le cuivre que dans le fer. On les observe beaucoup plus difficilement dans les aciers au carbone que dans le fer forgé, à cause du grain
- Fig. 9. — Fer de Low Moor après compression verticale. Grossissement 400 en diamètre.
- plus fin des aciers. Avec les aciers fins carburés, on n’en découvre guère que dans les régions de ferrite, et sous un grossissement de 1000 diamètres.
- D’après ces expériences, la plasticité des métaux est due aux glissements de leurs cristaux sur les plans de clivage : chaque grain cristallin se déforme par des glissements successifs dans sa masse, qui se produisent dans au moins trois plans, et permettent aux grains de se faire place mutuellement. C’est une action discontinue, une série de petits glissements individuels, la partie de chaque grain comprise entre deux plans de clivage se comportant comme un roc indéformable. L’écoulement ou la déformation non élastique des métaux se produit par le glissement, dans chaque grain cristallin, de portions de cristaux les unes sur les autres, le long des plans de clivage.
- Le nickel donne des raies analogues à celles du fer, mais beaucoup plus petites. L’or pur révèle, par compression sur une surface non attaquée, et avec un grossisse-Tome IV. — 98e année. 5e série. — Juin 1899. 59
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- MÉTALLURGIE.
- JUIN 1899.
- ment de 1000 diamètres, deux ou trois réseaux de raies droites, longues, régulièrement espacées, une structure cristalline largement développée, sans matières étrangères entre les cristaux.
- (G. R.)
- MOULAGES Cothias.
- La Compagnie des Alliages Cothias livre au commerce des pièces moulées avec assez de finesse et de précision pour n’exiger que peu ou pas de retouches. Les unes sont en alliages complexes de cuivre, étain, aluminium, zinc, plomb, avec un peu de manganèse, de titane et de tungstène : l’alliage de 10 d’aluminium pour 1 de cuivre, 9 de zinc et S d’étain est très résistant; celui à 22 d’aluminium pour 1 de cuivre et
- 2 d’étain est à la fois résistant et très léger. Cette compagnie fabrique aussi des métaux d’une porosité uniforme, comme les plombs d’accumulateurs, les anodes de galvanoplastie... et cette porosité est obtenue en injectant dans le métal fondu et moulé une goutte de pétrole dont la vaporisation émulsionne le métal.
- Comme exemple de ce procédé, nous décrirons le mode employé pour la fabrication des pastilles ou plombs de douane, légers et d’un écrasement facile.
- Le plomb se trouve maintenu en fusion dans une cuve4(fig.ll), chauffée extérieurement, d’où il passe, à chaque levée du piston 1 par le levier 2, par le trou Ie, la chambre 4a et la soupape lb, dans la chambre 3, d’où il est refoulé, par 5, à l’ajutage J, qui l’injecte, par 6 et 6„, au moule M M'. L’ajutage J fait joint avec la plaque J' de l’entrée 6, et le moule porte, en face de 6, un second orifice pour l’entrée du poinçon B, destiné à former le trou du plomb P. Ce poinçon est recouvert d’une couche de pétrole qui, amené du réservoir R, tombe, par r et le trou t de la plaque p, sur le poinçon au
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- MOULAGES GOTHIAS.
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- moment même où il pénètre dans le plomb du moule, lorsque t est découvert par le registre 77a. Ce registre, commandé par le levier 8, se retire après le moulage, et la
- j~ //. '
- Fig. H et 1?. — Moulages Cothias. Coupe x — x et plan.
- tige 9, réglable en 10, chasse du moule, par son piston 11, la pièce et le plomb en excès entre le jet J et le moule, puis 7 repousse le plomb P sur P' et sur la décharge 12.
- Le registre 77a est guidé par une plaque à galets 17, serrée par la vis 18-19. Le poinçon B est fixé par une vis b au bloc 15, commandé par le levier 16, guidé par une plaque à galets 15a serrée, comme 17, par une vis lo„, 15b.
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- MÉTALLURGIE.
- JUIN 1899.
- sur la dilatation des alliages métalliques. Note de M. H. Le Ghatelier (1).
- Dans une étude antérieure (2) sur les alliages métalliques, j’ai observé ce fait singulier que les maxima des courbes de fusibilité ne correspondent pas toujours exactement à une composition de la partie fondue identique à la composition des combinaisons définies, auxquelles ces maxima sont imputables. Ce résultat de mes recherches a été contesté par M. Van der Waals (3), en s’appuyant sur la théorie des équilibres chimiques du professeur W. Gibbs, d’après laquelle, à tout maximum d’une courbe de fusibilité, correspond nécessairement une composition de la partie liquide identique à celle de la partie solide qui s’en dégage. En réalité, cette contradiction entre la théorie et l’expérience disparaît si l’on admet que la composition de la partie solide peut varier d’une façon continue à partir de la combinaison définie, et se comporter comme un mélange isomorphe de la combinaison avec le métal en excès, en un mot constituer ce que l’on appelle une solution solide. 11 n’y a contradiction que si l’on attribue, a priori, à la partie solide une composition invariable et identique à celle de la combinaison définie.
- Il était bien vraisemblable que mes expériences de fusibilité avaient dû porter sur des solutions solides semblables. Pour les vérifier, j’ai entrepris une étude d’ensemble sur les propriétés physiques de ces alliages : micrographie, résistance électrique, dilatation, etc. Une publication récente de M. Stead (4) sur la micrographie des alliages cuivre-antimoine me décide à publier les premiers résultats de mes recherches relatives aux mesures de dilatation, sans attendre l’achèvement des autres études que je poursuis parallèlement.
- Les mesures de dilatation peuvent donner les indications suivantes. Quand un alliage est constitué par la juxtaposition en proportion variable de deux éléments bien définis, un métal et une combinaison par exemple, la dilatation de l’alliage sera nécessairement intei-médiaire entre celles de ses deux constituants ; si, au contraire, la dilatation de l’alliage est toute différente, on est en droit de conclure que l’on a affaire à une solution solide.
- Les expériences ont été faites par la méthode de Fizeau modifiée, que j’avais étudiée (o) à l’occasion des études sur les verres de MM. Damour et Chatenet. Elles ont porté sur les alliages cuivre-antimoine et cuivre-aluminium qui avaient présenté d’une façon très nette les anomalies en question des courbes de fusibilité. Voici les résultats obtenus; les compositions des alliages sont exprimées en nombre d’équivalents (6) de cuivre sur 100 équivalents
- du mélange.
- Cuivre-antimoine.
- Cu pour 100. ....... 100 95 90 85 80 57 33 10 0
- 106X dil. à 63“...... 96,3 19,2 20,2 20 19,2 14,5 11,5 9,1 10
- Les dilatations des alliages riches en antimoine sont incertaines parce que les cristaux d’antimoine ont une dilatation très différente suivant leur axe ou perpendiculairement, et, quand les cristaux deviennent un peu gros, ils prennent, au moment de la solidification dans le moule, une orientation dominante.
- Cuivre et aluminium.
- Cu pour 100.............. . 100 91 75 60 50 33 30 10 0
- 101 2 3 4 5 6X dil. à 63“. 16,4 16,3 16,5 15,7 15,8 16,2 20 21,9 24,6
- (1) Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 12 juin 1899.
- (2) Bulletin de la Société d’Encouragement, t. X, p. 569, 1895.
- (3) Archives des Sciences néerlandaises, 1898.
- (4) Journ. of Soc. chemical industry, janvier 1899.
- (5) Bulletin de la Société d’Encouragement, t. II, p. 199, 1897.
- (6) J’ai conservé les équivalents au lieu des atomes pour pouvoir utiliser un ancien cliché de mes courbes de fusibilité qui avaient été dressées avec cette notation.
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- DILATATION DES ALLIAGES MÉTALLIQUES.
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- Dans ces deux catégories d’alliages, les combinaisons définies présentent les compositions
- suivantes :
- Pour 100.
- Alliages de Gu et Sb........... Cu = 80 SbCu2 (atomes) ou SbCu'1- (équivalents)
- Alliages de Cu et Al........... Cu = 75 AlCu3 et Cu — 33 Al2Cu
- Les résultats des mesures sont résumés dans le tableau n°l, qui est rapproché des courbes de fusibilité antérieurement obtenues.
- La comparaison de ces courbes montre, pour les alliages cuivre et antimoine, qu’au point de fusion maximum, correspond un maximum de dilatation très supérieur à la dilatation du cuivre seul et de la combinaison définie. Ce seul fait suffit à prouver que l’alliage présentant ce double maximum ne peut pas être constitué par la juxtaposition de cristaux de Cu et de la combinaison SbCu2. Ce ne peut donc être qu’une solution solide.
- Pour les alliages cuivre et aluminium la combinaison AlCu3 ne donne lieu à aucune anomalie ni dans la courbe de fusibilité, ni dans celle de dilatation. La combinaison Al2Cu
- Al Cu5
- s Al
- 3 Sb
- Equivalents de cuivre °/c
- Equivalents de Cu %
- Fig. 14.
- Fig. 13.
- présente un point de fusion maximum, correspondant à une proportion de Cu, 30 p. 100, différente de celle de celle de la combinaison définie, 33 p. 100. La courbe de dilatation présente entre ces deux teneurs une montée extrêmement rapide, qui semble indiquer également, dans ce cas, l’existence d’une solution solide.
- Si ces prévisions sont exactes, des indications analogues devront être fournies par les études micrographiques et les mesures de résistance électrique. Il en est bien ainsi pour les alliages de cuivre et d’antimoine. Kamensky (1) a trouvé un maximum de résistance électrique, et M. Stead (2) une texture homogène pour l’alliage à point de fusion maximum. Les expériences restent à faire pour les alliages de cuivre et d’aluminium.
- (1) Phil. Mag., t. XVII, p. 270, 1884.
- (2) Loc. cit.
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- MÉTALLURGIE.
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- de l’effet des basses temfératures sur certains aciers. Note de M. F. Osmond.
- L’installation, au laboratoire de Chimie générale de la Sorbonne, de la fabrication de l’air liquide m’a permis de réaliser quelques expériences sur les transformations de certains aciers aux basses températures.
- Dès 1890, Hopkinson (1) avait décrit un acier à 25 p. 100 de nickel, non magnétique à la température ordinaire, qui devenait magnétique dans l’acide carbonique solide, et gardait ses nouvelles propriétés jusqu’à 580°. Le passage de l’état non magnétique à l’état magnétique était accompagné d’une augmentation de dureté, d’nne diminution de résistance électrique et d’un abaissement de densité de 8,15 à 7,98. A la même époque, M. Le Chatelier obtenait la même transformation par une autre méthode (2).
- Ces faits ont suggéré l’hypothèse d’un composé défini Fe1 2 3 4 Ni.
- Cependant, parmi une série d’aciers au nickel préparés par M. Hadfield, il en est un contenant 29,07 de nickel avec 0,14 de carbone et 0,86 de manganèse (composition assez éloigné de Fe3Ni) que MM. Dewar et Fleming assimilent au métal de Hopkinson (3). J’ai vérifié leurs expériences sur un échantillon de la même coulée. A l’état non magnétique, une barrette de 26mm,5 de long et pesant ll&r,190, placée sur l’un des pôles d’un électro-aimant traversé par un courant de 5amP,5, ne porte que 50 grammes; son magnétisme rémanent donne sur l’échelle de mon magnétomètre une déviation de 2mm,5; la densité à 17° est 8,044. A l’état magnétique, après refroidissement dans l’air liquide, toutes choses égales d’ailleurs, la force d’arrachement est devenue 1500 grammes, la déviation au magnétomètre 81 millimètres et la densité 7,914. Ces résultats sont bien semblables à ceux de Hopkinson.
- J’ai examiné un acier, que je dois également à l’obligeante libéralité de Hadfield, et qui contient pour 100:0,59 de carbone, 5,90 de manganèse et seulement 3,77 de nickel. Unebarrettet de 38 millimètres de long, pesant l isr,945, ne se porte pas elle-même sur l’électro-aiman toujours traversé par un courant de 5amP,5; elle donne, au magnétomètre, une déviation de 4mm,l et la densité à 17° est 7,848. Après cinq minutes d’immersion dans l’air liquide, le métal est devenu magnétique : la force d’arrachement, pour une barrette de 38 millimètres, pesant ll«r, 660, s’élève àl kilogramme; la déviation sur l’échelle du magnétomètre monte à 104mm,6 ; la densité s’abaisse à 7,624. Le métal ainsi transformé garde l’état magnétique jusqu’à 650° environ. Ce sont, ici encore, les propriétés caractéristiques de l’alliage étudié par Hopkinson; on peut donc, par comparaison avec l’échantillon précédent, dire que la substitution, dans un acier, de 0,45 de carbone plus 5,04 de manganèse à 25,30 de nickel ne modifie pas les 'caractères essentiels.
- Il y a plus. De même qu’on a pu remplacer la plus grande partie du nickel par du manganèse, on peut remplacer ces deux corps par du carbone. J’ai montré (4) qu’un acier de cémentation ordinaire, pourvu qu’il soit suffisamment carburé (de préférence 1,40 à 1,60 de carbone), si on le trempe vers 1050° dans l’eau glacée, est formé de deux constituants structuraux : l’un dur comme les aciers trempés normalement; l’autre relativement doux, que j’ai assimilé aux aciers manganèse ou nickel. Après quelques minutes d’immersion dans l’air liquide, le métal ainsi composé, ramené à la température ordinaire, se retrouve profondément modifié : sa perméabilité magnétique et son magnétisme rémanent ont augmenté; sa densité s’est abaissée de 7,798 à 7,692. (La densité du même acier recuit est 7,808.) Si la barrette immergée dans l’air liquide avait été préalablement polie plane sur une de ses faces, cette face sort dépolie du bain : le constituant doux, en se transformant avec augmentation de volume, s’est élevé en relief au-dessus du constituant dur non modifié, et la structure, auparavant invisible, se montre telle qu’une attaque appropriée aurait pu la faire apparaître; en même temps»
- (1) Proc. Roy. Soc., t. XLVIf, p. 138 et Journ. Iron and Steel Inst., t. I, p. 208, 1896.
- (2) Comptes rendus, p. 283; 10 février 1890.
- (3) Proc. Roy. Soc., t. LX, 1896.
- (4) Comptes rendus, t. GXXI, p. 684, 11 novembre 1895. •
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- SUR LES ACIERS A AIMANTS.
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- la dureté du constituant doux a augmenté sans égaler celle du constituant dur : pour employer la terminologie des métallographes, l’austenite a subi une transformation qui la rapproche de la martensite.
- L’explication des faits d’expérience est très simple.
- Quand on ajoute au fer, en proportions croissant progressivement, du nickel, du manganèse ou du carbone, séparément ou ensemble, les points de transformation du fer sont progressivement abaissés, pendant le refroidissement lent ou rapide, par le nickel ou le manganèse et pendant le refroidissement rapide seulement (trempe) par le carbone. Quand la proportion des corps ajoutés est convenable, on obtient des aciers qui ne sont pas transformés du tout : le fer y garde, à la température ordinaire, la même forme moléculaire, non magnétique et relativement dense, qu’il possède normalement au-dessus de 860°; mais les transformations restent possibles, du moins partiellement, à une température plus basse (1), avec apparition du magnétisme, diminution de densité et augmentation de dureté. Tels sont les aciers qui viennent d’être étudiés : on en pourra probablement trouver d’autres dans les familles des aciers au chrome ou au tungstène en présence du carbone. Enfin, si l’on élève plus encore la proportion des corps dénommés, il arrive un moment où l’acier n’est plus transformable même dans l’air liquide ; à ce type appartiennent l’acier manganèse à 13 p. 100 environ de M. Hadfield> certains aciers nickel-chrome signalés par M. Guillaume, etc.
- Bref, l’abaissement des points de transformation allotropique du fer apparaît comparable à l’abaissement des points de solidification des dissolvants par les corps dissous.
- sur les aciers a aimants (2). Note de M. F. Osmond.
- La condition suffisante et nécessaire pour qu’un acier fondu puisse fournir un aimant permanent utilisable est que les points de transformation en soient amenés ou placés au-dessous de 350° environ, et au-dessus de la température la plus basse à laquelle le métal sera soumis.
- Cette condition peut être réalisée de deux manières : 1° par la trempe pour les aciers à base de carbone; 2° par l’addition, en proportions convenables, de certains corps étrangers (Mn, Ni, Cr, Tu) qui, par eux-mêmes ou par leur action sur le carbone, abaissent suffisamment, pendant le refroidissement lent à partir d’une température suffisante, les points de transformation du fer.
- Les aciers à aimants qui doivent leurs propriétés à la trempe ont fait le sujet d’un travail étendu et très bien conduit de Mme Curie (3).
- Les aciers du second groupe ont été moins étudiés. Ils sont représentés dans le mémoire de Mme Curie par un type à 7,70 de tungstène; mais ce groupe comprend aussi les aciers de 10 à 25 environ de nickel, de 3,3 à 7,3 environ de manganèse, de 3 à 15 environ de chrome* en un mot tous les aciers qui prennent spontanément des propriétés analogues à celles des aciers trempés et que, pour cette raison, on appelle en anglais self-hardening, expression dont l’équivalent français serait à peu près quasi trempés. Comme les aciers trempés, les aciers quasi trempés possèdent, en général, un état dur et un état doux : ils prennent leur état dur quand on les laisse refroidir à partir d’une température supérieure à leurs points de transformation pendant le chauffage, et on les adoucit en les faisant revenir au-dessous de ces points de transformation.
- L’étude d’un tel métal comporterait donc la double recherche du traitement qui donne les meilleures qualités magnétiques et de celui qui permet le travail mécanique d’ajustage. Mais les procédés d’adoucissement sont déjà connus, et c’est surtout le traitement pour aimants quj reste à déterminer.
- (t) Et aussi par l’écrouissage à la température ordinaire.
- (2) Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 19 juin 1899. Travail fait au laboratoire de chimie générale de la Sorbonne.
- (3j Bulletin de la Société d'Encouragement, janvier 1898.
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- MÉTALLURGIE.
- JUIN 1899.
- Les échantillons examinés, empruntés aux collections de M. Hadfîeld, avaient respective-
- mpositions et les dimensions indiquées dans le tableau suivant
- C. Mn. Ni. Poids. .ongueur
- gr- mill.
- 1 0,23 0,93 15,48 10,670 36,7
- 2 0,19 0,93 19,64 11,285 38,5
- 3 0,16 1,00 24,51 12,345 37.6
- 4 0,45 4,00 11,135 39,2
- 5 0,32 5,67 11,754 39,2
- 6 0,46 7,80 11,616 39,6
- Chacun de ces échantillons a été amené à son état dur par recuit au-dessus des points de transformation et refroidissement à température convenable, puis soumis à une série de revenus à des températures croissantes. Après chaque opération et retour à la température ordinaire, la barrette était tâtée à la lime, aimantée sur un électro-aimant traversé par un courant de 5amP,5 et présentée, en position constante, devant un magnémomètre à réflexion.
- Les résultats des essais magnétiques sont réunis ci-dessous.
- Les colonnes des t indiquent, dans l’ordre suivi, les températures de chauffage successives; les chiffres inscrits dans les colonnes d et d' sont les déviations brutes lues sur l’échelle, placée à un mètre en avant du magnétomètre, immédiatement après l’aimantation et après quinze minutes de repos.
- Aciers nickel.
- 15,48 de Ni. 19,64 de Ni. 24,51 de Ni.
- t. d. d'. t. d. d'. t. d. d'.
- 837 132,0 118,5 837 121,0 106,0 842 112,0 110,7
- 770 141,0 126,5 770 126,6 114,5 723 124,6 123,0
- 710 146,0 127,9 710 131,5 118,4 158 115,1 114,8
- 634 155,9 634 169,0 295 92,8 92,1
- 105 154,8 152,0 105 168,0 163,7 399 62,9 62,9
- 214 139,3 138,9 214 150,9 150,0 454 61,8 61,2
- 303 123,7 123,3 303 132,3 132,5 513 79,9 79,4
- 370 98,1 98,0 370 104,9 104,9 585 152,7 151,1
- 415 78,0 78,0 415 82,9 82,9 648 152,0 151,0
- 475 64,0 64,0 475 72,1 72,1
- 514 64,8 64,5 514 78,4 78,0
- 565 149,0 136,0 565 181,0 171,0
- 603 164,0 149,8 603 175,0 165,5
- Aciers manganèse.
- 4,00 de Mn. 5,67 de Mn. 7,80 de Mn.
- t. d. d’. t. d. d’. t. d. d'.
- 755 161,8 142,2 755 148,7 148,1 750 1,2
- -190 182,9 166,1 125 138,0 136,0 —190 151,9 144,0
- 125 164,3 162,5 355 135,0 123,2 157 163,2 163,2
- 355 70,4 69,1 574 165,0 153,5 315 177,0 176,4
- 594 95,5 93,5 479 182,9 182,0
- 618 217,5 214,8
- —190 234,9 230,4
- 594 205,9 205,9
- —190 210,0 209,4
- 534 204,8 204,0
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- CONGRÈS INTERNATIONAL DE MÉCANIQUE.
- 90 O
- Comme terme de comparaison, une barrette similaire en acier de qualité usuelle pour aimants
- (0,71 de C,0,73 de Mil,3,47 de Tu; poids = 1 l^r,612; longueur = 39mm,5),
- trempée au rouge cerise dans l’eau, a donné une déviation de 197mm,l, réduite à!91mm après quinze minutes,
- Parmi les nouveaux aciers étudiés, plusieurs se rapprochent de ce type et un d’eux le dépasse, du moins dans les conditions des essais.
- Les aciers au nickel et l’acier à 4 p. 100 de Mn présentent un minimum magnétisme rémanent qui coïncide pratiquement avec le minimum de dureté. Pour un de ces métaux, la formule de préparation sera donc la suivante : 1° faire revenir, après forgeage, un peu au-dessous des points de transformation; 2° ajuster; 3° recuire juste au-dessus des points de transformation pour obtenir le maximum d’intensité magnétique; 4° faire revenir vers 100° pour rendre l’aimantation plus stable.
- L’acier à 3,67 de Mn présente cette particularité que le minimum d’intensité magnétique est peu marqué : à l’état doux, cet acier donne encore des aimants passables.
- L’acier à 7,80 de Mn, refroidi deux fois dans l’air liquide et revenu au rouge très sombre après chaque refroidissement, fournit des aimants remarquables ; mais on ne peut pas l’adoucir notablement.
- L’intérêt de ces aciers quasi trempés pour la fabrication des aimants tient à cette double circonstance, que la trempe est évitée et que les propriétés magnétiques sont constantes dans toute la masse. Ces propriétés mériteraient l’attention des physiciens.
- CONGRÈS INTERNATIONAL DE MÉCANIQUE APPLIQUÉE EN 1900
- Par décision du 18 mars dernier, M. le Commissaire général de l’Exposition universelle de 1900 a institué un Congrès International de Mécanique appliquée. Ce Congrès fera suite à celui du même nom qui a eu lieu avec tant de succès pendant l’Exposition de 1889.
- La même décision a constitué la Commission d’organisation; M. Haton de la Goupil-lière a été élu président de cette Commission. La Commission a déjà jeté les premières bases d’un programme des travaux, avec l’intention de mettre en discussion les questions les plus modernes et celles qui intéressent le plus vivement les mécaniciens, telles que : les laboratoires de mécanique, les applications mécaniques de Vélectricité, les machines à vapeur rapides, la mécanique des automobiles, les machines-outils, etc.
- Le Congrès s’ouvrira le 19 juillet 1900 et durera une semaine. La cotisation est fixée à 25 francs.
- Les renseignements complémentaires relatifs au Congrès de Mécanique appliquée seront fournis par le Secrétariat de la Commission, qui est établi en l’hôtel de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, 44, rue de Rennes.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- ' PERCEUSE A AIR COMPRIMÉ Olsen.
- Les frappeurs et autres outils portatifs à air comprimé, originaires des États-Unis, sont maintenant assez répandus en Europe : nous en. avons ici même (1) décrit plusieurs. M. Olsen ja récemment inventé une perceuse à air comprimé différant des types déjà nombreux de ce genre en ce sens que le foret y est actionné non par un moteur
- Z8 Z6 Zf 40‘
- 30
- Fig. 1, 2 et 3. — Perceuse Olsen. Élévation'et coupes longitudinale, verticale et horizontale.
- rotatif, mais par un piston de percuteur 21 (flg. 10), commandant son arbre 22 par deux manchons 25 et 26 (lig. 3), à cliquets opposés de manière que, tournés tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre par le va-et-vient du piston, ils fassent tourner le foret toujours dans le même sens.
- Le piston 21 est (fîg. 10) empêché de tourner par la prise de ses tétons 21a dans les (1) Bulletin d’avril, 1896 et 1897, p. 618 et 544.
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- PERCEUSE A AIR COMPRIMÉ OLSEN.
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- rainures 20a 20a (fig. 3) de son cylindre 20, et il porte des stuffing boxes 23-24 étanches sur la tige 22, ainsi que des coulisseaux 27 et 28 (fig. 2 et 11) inclinés en sens opposés et en prise avec les coulisses 25a 26a des manchons 23 et 26. Ces manchons sont pourvus de rochets 29 (fig. 4) de sens opposés et en prise avec les cliquets 30a 31a, repoussés
- Fig. 4 à 8. — Perceuse Olsen. Coupes (4-4) (5-5) (6-6) (fig. 1 et détails.
- zf
- Fig. 9 à 13. — Perceuse Olsen. Détail de l’arbre et du piston. Coupes (12-12 et 13-13).
- en sens contraires hors de l’arbre 22 par l’air comprimé admis par les conduites 22a 22b de cet arbre.
- L’air comprimé est amené, de la crosse 56, par 38a 38, au travers du robinet 45% à rappel par ressort 45% qui le referme quand on cesse d’appuyer, avec la paume de la main qui tient la crosse, la tige 46 sur sa butée réglable 46 a.
- Les pièces occupant les positions fig. 2, quand on ouvre 45, l’air comprimé arrive par 30, 39, 39a au bout de gauche du cylindre 20 et repousse le piston 21 à droite, et le
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- JUIN 1899.
- manchon 25 entraîne l’arbre 22 dans le sens de la flèche fig. 4. Quand le piston 21 découvre le petit canal 43, ce canal amène (fig. 6) l’air comprimé sur le piston distributeur 34 et l’abaisse, ainsi que 33 et 36, de façon à faire communiquer 39 avec l’échappement 42 et le conduit 40 avec l’admission 38, le petit canal 44, symétrique de 43, communiquant par 44a avec l’échappement 44b. L’air comprimé, ainsi admis par 40, 40a à droite du piston 21, le repousse à gauche en entraînant 22 par 26, mais toujours dans le sens de la flèche lig. 4. Quand le piston 21 arrive au fond de sa course de gauche, il découvre 44 qui, admettant de l’air comprimé sous 36, le soulève comme en fig. 6, de manière à laisser l’air s’échapper de la droite de 20 par 40% 40, 41, et l’air comprimé pénétrer à gauche par 39, 39a, comme précédemment.
- L’arbre 42 roule sur trois butées à billes 31, 52, réglables en 48, 49, 53, et la culasse de distribution 32 se sépare en dévissant son raccord 33, ce qui en rend le mécanisme facilement accessible.
- tour A revolver Lavigne.
- Ce tour, construit par la Compagnie Lavigne, de Paterson (New Jersey), peut être cité comme un excellent exemple de tour automatique où le revolver D (fig. 14) à pivot
- Fig. 14. — Tour Lavigne. Détail du tambour à cames A.
- conique ajustable I' (fig. 15) est commandé par une série de cames A'et de tétons A2, disposés suivant les besoins du travail sur un tambour A.
- Les cames A' commandent le va-et-vient du revolver en repoussant la tête B de l’axe B', vissé dans le chariot C du revolver, mobile sur la glissière B2.
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- TOUR A REVOLVER LAVIGNE.
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- Les tétons A2 commandent la rotation du revolver par leur poussée sur les bras E de l’étoile E, en nombre égal à celui des outils du revolver : quatre dans le cas actuel pivotée sur B', et dont le pignon 4Ea engrène avec celui Ej du manchon Es, rendu soli, daire du revolver par la rondelle F, à cales F3F., (fig. 16), et serrée par l’écrou F'Ar cha-
- Fig 15 à 19. — Tour Lavigne avec revolver libre et enclenché. Détails.
- que passage d’un toc A2, E' et le revolver tournent de 90°; mais si l’on veut précipiter le passage de certains outils, il suffit d’en rapprocher les tocs correspondants comme en G G7 G" par exemple (fig. 14).
- Le calage du revolver après chaque rotation s’opère d’abord par le frottement, sur le haut du revolver, du frein H', assujetti par l’écrou H2 sur la tige H du revolver, et
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- JUIN 1899.
- pourvue d’un excentrique k, pivoté en K'. A l’aller du chariot G, pendant lequel l’outil en jeu travaille, l’extrémité K2 du levier K de k monte sur la glissière L2 de B2 et fait que k, appuyant sur la plaque k', tire sur H et serre le frein : au retour, K2 rencontre l’encoche L3 et desserre le frein comme en figure 15. De plus, en même temps que le frein EL se serre, le verrou M P achève l’enclenchement du revolver par son encoche correspondante N. A cet effet, ce verrou, sans cesse rappelé par le ressort M', est, pendant le retour du chariot G, et pour permettre la rotation du revolver, retiré de N par la butée de l’osselet 00' (fîg. 15), sur le taquet arrondi P, réglable par la vis Q; puis, à l’aller du chariot G vers la gauche, après le serrage de k, 0 abandonne P et le ressort M' repousse, comme en figure 19, M dans l’encoche N, amenée devant lui par la rotation du revolver.
- distribution Drolet.
- Cette distribution, d’un genre fréquemment adopté aux États-Unis, est (fig. 20) à quatre tiroirs à grille : deux pour l’admission en 2 2, et deux pour l’échappement en 3 3
- Fig. 20. — Distribution Drolet, ensemble.
- commandés tous par un arbre de distribution 8. Cet arbre porte deux cames 8a, qui commandent invariablement les tiroirs d’échappement par les leviers 7a 7b, avec dash-pots 5b, et deux cames 8b, rainurées sur 8, qui commandent les tiroirs d’admission par le renvoi 6b, 6, 6a, à dash-pots 4b. Les cames 86 sont en spirale et soumises au régulateur à tige 9, réglable en 10 par le renvoi 11, de manière à régulariser ainsi l’admission et à la fermer automatiquement en cas de rupture du régulateur. C’est un dispositif simple et robuste.
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- ARRÊT DE MACHINE ESKENROTH.
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- Fig. 22 et 23. — Distribution Drolet, coupes xs Xî et 9 (fig. 20).
- ARRÊT DE MACHINE A VAPEUR Eskenroth.
- En temps ordinaire, le régulateur agit (fig. 26 et 27) sur la distribution par l’étrier 4 et le croisillon G : quand la machine s’emporte ou se ralentit au delà des limites prévues
- Fig. 24-26. — Arrêt Eskenroth, ensemble. Détail du déclic 25.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- et fixées par la vis 12 et sa coulisse, qui règlent l’écartement des leviers 10 et 11, la vis 2 du manchon du régulateur 3 vient, comme en figure 28, heurter 10 ou 11 et déclencher ainsi le déclic 13 de son appui 17, ce qui laisse le contrepoids 16 retomber et fermer, par la tige 18-20, réglable en 19, l’admission de la vapeur.
- Cette même tige 18 repoussant par 29 (fig. 26) le levier 28, fig. 24, déclenche en même temps, par 27, la corde 24 du contrepoids 25 qui, ouvrant le reniflard 23, met le tuyau d’échappement 22 en communication directe avec l’atmosphère de manière à empêcher toute entrée d’eau du condenseur au cylindre pendant les quelques tours que la machine fait à vide avant de s’arrêter.
- liquéfaction de l’air par le PROCÉDÉ Ostergren et Burger (1).
- Le schéma de ce procédé, employé par la General Liquid Air and Refrigerating C°, de New-York, est représenté par la figure 30.
- L’installation comprend (fig. 30) trois chaudières verticales de 75 chevaux chacune, qui fournissent la vapeur à deux compresseurs compound Sergeant : le compresseur de droite aspire l’air de l’atmosphère au travers d’un laveur (fig. 31), dans un cylindre de 460 x 465, qui le refoule à la pression d’une atmosphère, et au travers d’un premier
- (1) Engeneering News, 8 juin 1899.
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- Liquéfier
- Separaior
- ToOutside
- Water T
- Aftercooler
- Tir
- Inter-cooler
- x Boilers
- Fig. 30. — Liquéfaction de l’air, procédé Ostergren et Burger. Schéma de l’installation.
- WaterLeye!
- To Vacuum Pump
- Water
- Fig. 31. — Laveur Cleoner (ûg. 30). Tome IV. — 98e année. 5° série.
- Fig. 32. — Séparateur.
- Juin 1899
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- refroidisseur (intcrcooler) dans le second cylindre dn compresseur, de 300 X 460, lequel refoule l’air à quatre atmosphères, et au travers du deuxième refroidisseur, dans le premier cylindre, de 600 X 195, du deuxième compresseur. Ce dernier refoule l’air au travers d'un troisième refroidisseur, et à 21 kilogrammes au quatrième cylindre compresseur, de 600 x 175, qui le comprime à 84 kilogrammes, dans le dernier refroidisseur (aftercooler), constitué comme les autres par un serpentin à circulation d’eau.
- De ce dernier refroidisseur, l’air passe au séparateur (flg. 32) qui en enlève les poussières, l’huile et l’humidité : c’est une longue colonne de 3in,75 de haut, où l’air traverse d’abord de l’eau, puis une série de déflecteurs en tôles inclinées et ondulées d’où il s’échappe par une soupape régulatrice et, sous une pression constante, au refroidisseur (fig. 33) (Brine Tank de la figure 1). Une dérivation de cet air passe au régulateur du compresseur de gauche, dont la marche est ainsi réglée par sa pression.
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- Fig. 33. — Refroidisseur.
- Fig. 34. — Liquéfacteur. Détail de la partie supérieure.
- Le refroidisseur se compose de deux serpentins entourés d’une circulation de liquide incongelable. Le premier de ces serpentins reçoit l’air comprimé en X ; cet air y arrive par un tube intérieur d’un diamètre assez faible pour qu’il y prenne une grande vitesse^ et qui se termine par un ajutage avec déflecteur qui la débarrasse de son humidité, puis il passe de là au liquéfacteur. Le second serpentin, enroulé en sens contraire du premier, reçoit en E l’air refroidi et détendu revenant du liquéfacteur, qui en sort par X à la pression de 21 kilogrammes pour revenir (fig. 1) au troisième refroidisseur dans lequel il est repris par le dernier cylindre compresseur.
- L’air comprimé passe de X (fig. 33) au liquéfacteur, dans lequel il pénètre, par le haut du tuyau de droite (fig. 34) sous une pression de 84 kilogrammes, dans un premier serpentin de cuivre qui l’amène par la soupape de détente indiquée en figure 5 et avec une chute de pression de 63 kilogrammes, au tube central intérieur (Inner Header? fig. 34) d’où il passe au second serpentin, concentrique et inverse du premier, d’où il passe au premier cylindre compresseur ( Vacuum Pump). C’est donc toujours le même air qui circule dans l’appareil — sauf les fuites récupérées par l’air aspiré de l’atmo-sphère au travers du laveur (fig. 31) — et qui, par l’accumulation du froid dùe aux
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- LIQUÉFACTION DE l’AIR PAR LE PROCÉDÉ OSTERGREN ET BURGER. 915
- détentes successives qu’il subit au sortir du premier serpentin du liquéfacteur, finit par se liquéfier. Dès que cette liquéfaction se manifeste, on ouvre le pointeau du bas du liquéfacteur (fîg. 35) qui laisse cet air tomber dans le collecteur d’air liquide, où il
- a—
- -—9
- Section A-Q.
- Vacuum
- Pump
- -----5'8‘
- Coi b of\ Copper Pipe
- -Expansion
- -Réservoir Valve
- LiqurfAirOullet
- Fig. 35. — Liquéfacteur. Détail du collecteur d’air liquide et d’une soupape de détente.
- commence par se volatiliser en soulevant le lourd couvercle de ce collecteur, chargé à 0k,4, pour repasser en grande partie au premier compresseur ( Vacuum Pump). Une faible partie seulement de cet air resté liquide passe par le siphon du collecteur au petit serpentin, sans cesse refroidi par cette volatilisation, et qui l’amène liquéfié, et même en partie solidifié, au récipient fig. 7, en cuivre, entouré d’un second réservoir à enveloppe isolante avec, entre eux, un espace où une soupape chargée
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- JUIN 1899.
- à 0k,4 laisse de temps en temps pénétrer de l’air liquide détendu, qui en conserve le froid.
- Cet intéressant appareil vient d’être installé; il est actuellement soumis à des essais
- - ex C&L5 /o/f T l/i~A T/oh.
- Fig. 36. — Récipient à air liquide.
- qui en ont constaté le bon fonctionnement, et dont nous rendrons compte quand ils seront publiés. Ces essais auraient constaté la presque inutilité du refroidisseur (fig. 33) interposé entre le liquéfacteur et le séparateur.
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- PROCÈS-VERBAUX
- Séance du 26 mai 1899.
- Présidence de M. A. Carnot, président.
- Correspondance. — M. Collignon, secrétaire, dépouille la correspondance; il fait part de la perte douloureuse éprouvée par la Société en la personne de M. D. A. de Llaurado, inspecteur général des forêts de l’Etat espagnol, correspondant de la Société, décédé à Barcelone, le 18 avril 1899.
- M. le capitaine Gages remercie la Société pour la publication, au Bulletin, du rapport de M. Jordan sur son Traité de la métallurgie du fer et de l’acier.
- M. Dumont, président de la Société des ingénieurs civils de France, remercie la Société d’Encouragement pour le secours qu’elle a accordé à M. Testud de Beauregard.
- M. B. Simonet, 37, rue Cornes-de-Cerf, à Lyon, présente un système de canots de sauvetage. (Arts mécaniques.)
- M. Renaud (Michel), aux Petits-Ménages, à Issy, présente son ouvrage sur la coupe des habits.
- M. Hervais, 9, rue Saint-Sébastien, Paris, présente un manomètre à spirale. (Arts mécaniques.)
- MM. Burnouf et Palleau, à Etrechy, présentent un palier à rouleaux. (Arts mécaniques.)
- M. J. Revin, à Avesnes, présente un mémoire sur une machine à jambes. (Arts mécaniques.)
- M. L. Dalibon, 34, rue de l’Espérance, demande une annuité de brevet pour un méchoir. (Arts économiques.)
- M. Ducretet envoie une note sur les radio-conducteurs Branly. (Arts économiques.)
- Correspondance imprimée. — M. Collignon présente au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages mentionnés à la page 808 du Bulletin de mai.
- Nomination d’un membre de la Société. — Est nommé membre de la Société :
- M. Granjean, ingénieur à Paris, présenté par M. Carpentier.
- Conférence. — M. de Chasseloup-Laubat fait une conférence sur les Marines de guerre.
- M. le Président remercie et félicite vivement M. de Chasseloup-Laubat de sa très intéressante conférence, qui sera publiée au Bulletin.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- JUIN 1899.
- Séance du 9 juin 1899.
- Présidence de M. A. Carnot, président.
- Correspondance. — M. Collignon, secrétaire, dépouille la correspondance ; il fait part de la mort de M. Gillet, constructeur-mécanicien à Chartres, membre de la Société.
- M. Quincy, conducteur des ponts et chaussées, à Saint-Maur, présente une bicyclette sans manivelles. (Arts mécaniques.)
- M. Garnault, 35, quai Maubec, à la Rochelle, demande l’assistance de la Société pour la continuation de son Histoire du Commerce Rochelais au xviii6 siècle. (Comité du Commerce.)
- M. G. Pichollet, hospitalisé à la Maison de Nanterre, demande une annuité de brevet pour des articles de sellerie. (Agriculture.)
- MM. Delval et Pascalis, 5, rue Chapon, envoient des observations relatives à la communication de M. Quivy, sur le zingage électro-chimique. (Arts chimiques.)
- Correspondance imprimée.— M. Collignon présente auConseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages mentionnés à la page 919 du présent Bulletin.
- Communication. — M. Schweitzer fait une communication sur les Meuneries et boidangeries rurales.
- M. le Président remercie M. Schweitzer de son intéressante communication qui est renvoyée au Comité d’Agriculture.
- CORRESPONDANCE
- M. Léon Francq nous signale une notice dans laquelle sont exposés les résultats d’exploitation et de traction obtenus par les locomotives sans foyer de son système. En voici le résumé :
- Les locomotives en usage sur les lignes de tramways à Paris, de Saint-Germain à Poissy, à Lyon, à Marseille, à Lille, Roubaix et Tourcoing ainsi qn’à l’étranger, font un parcours sans rechargement qui va jusqu’à 19 kilomètres; les déclivités atteignent parfois 60 millimètres par mètre; les courbes ont comme plus petit rayon 18 mètres; le poids brut des trains remorqués va jusqu’à 44 tonnes; le poids du tracteur en service varie jusqu’à 16 tonnes au maximum; l’exploitation sur certaines lignes a été faite à raison de 49 de dépenses p. 100 de la recette brute; le prix de revient de la traction par kilomètre-train varie entre 45 et 24 centimes ; le prix de traction ramené à la voiture-kilomètre oscille entre 35, 20, 17, 13, 10 et 6 centimes, selon les lignes, les déclivités, le nombre de voitures remorquées, la fréquence des départs, les prix des matières et des salaires.
- Les résultats ci-dessus sont opposés, par M. Francq, à l’opinion formulée dans une note de M. Ziffer que nous avons reproduite dans notre Bulletin d’avril, p. 624.
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- LIVRES ET OUVRAGES REÇUS A LA RIRLIOTHÈQUE
- EN JUIN 1899
- Cinématique et mécanismes, potentiel et mécanique des fluides, cours professé à la Sorbonne, par M. II. Poincaré, membre de l’Institut, rédigé par M. A. Guillet. In-8°, 385 p. Paris, Carré et Naud.
- Loi sur la responsabilité des accidents du travail, promulguée le 9 avril 1898. Règlements d’administration, Circulaires, Tarifs, 2e édition. In-8, 204 pages, au Comité central des houillères de France, 55, rue de Châteaudun.
- L’ouvrier en soie. Monographie du tisseur lyonnais, lre partie. La Réglementation du travail (1466-1791), par M. J. Codard. In-8°, 530 pages. Paris, Arthur Rousseau, 14, rue Soufflot.
- De la Smithsonian Institution, Annual Report, 1897. In-8, 686 pages. Washington, Government Printing Office.
- De 1 ’Association alsacienne des propriétaires d’appareils à vapeur. Exercice 1888. In-8°, 100 pages. Nancy, imprimerie Berger-Levrault.
- De l’Association lyonnaise des propriétaires d’appareils à vapeur. Exercice 1898. In-8°, 83 pages. Lyon, imprimerie Storck.
- Du Comité des Forges de France. Les progrès récents des installations de laminage.
- In-4°, 76 pages et 5 planches.
- De l’Encyclopédie Leaulé. L’industrie des matières colorantes azoïques, par M. G. F. Jaubert. Paris, Gauthier-Villars.
- Traité de Nomographie. Théorie des abaques. Applications pratiques, par M. d’Ocagne. In-8°, 480 p. Paris, Gauthier-Villars.
- Atti del reale instituto d’incoraggiamento di Napoli, 1898. In-4, Tipografia coope-rativa. Naples.
- Bulletin de l’Institut international de bibliographie, années 1897 et 1898. Bruxelles, 1, rue du Musée.
- Petits logements et habitations à bon marché du département de l’Oise par M. G.
- Baudron. In-8°, 204 p. Paris, Didot.
- Du Ministère du Commerce. Statistique des grèves et des recours 'à l’arbitrage et à la conciliation en 1898. In-8°, 334 p. Imprimerie nationale.
- Bulletin de l’Association des industriels de France contre les accidents du travail (1899). In-8°, 336 p. Paris, 3, rue de Lutèce.
- De la Royal Dublin Society. Transactions. Vol. VI et VII, séries 2 et Proceedings Vol. VIII, part C.
- Traité pratique de voirie rurale, par MM. Guillaume et Baur. In-8°, 370 p. Paris, Paul Dupont.
- Les machines à, vapeur, par M. H. Hœder. Traduction par M. Svilokossiteh. In-8, 630 p. 1972 fîg., 268 tableaux. Paris, Fritsch.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Mai au 15 Juin 1899
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac. . . . Annales de la Construction.
- Acp. . . . Annales de Chimie et de Physique. AM. . . . Annales des Mines.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique. APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. Bam. . ». . Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- BMA . . . Bull, du ministère de l’Agriculture. CN. . . . Chimical News (London).
- Cs........Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- CR. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- DoL. . . . Bulletin of the Department of La-hor des États-Unis.
- Dp. . . . Dingler’s Polytechnisches Journal.
- E.........Engineering.
- E’........The Eogineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE........Eclairage Électrique.
- Elé. . . . L’Électricien.
- Ef..... Économiste français.
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Es........Engineers and Shipbuilders in
- Scotland (Proceedings).
- Fi ... Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc........Génie civil.
- Gm. . . . Revue du Génie militaire.
- IC........Ingénieurs civils de France (Bull.).
- le........Industrie électrique.
- Im . . . . Industrie minérale de St-Étienne. IME. . . . Institution of Mechanical Engineers (Proceedings).
- loB. . . . Institution of Brewing (Journal). La . . . .La Locomotion automobile.
- Ln........La Nature.
- Ms........Moniteur scientifique.
- MC. .
- N..
- Pc..
- Pm.
- RcP
- Rgc. Rgds. Ri . RM. Rmc. lis. . Rso. RSL.
- Rt..
- Ru..
- SA.. Sep. Sie..
- SiM.
- SiN.
- SL..
- SNA.
- SuE.
- USR.
- y Di..
- zOi. .
- Revue générale des matières colorantes .
- Nature (anglais).
- Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Portefeuille économ. des machines.
- Revue générale de chimie pure et appliquée.
- Revue générale des chemins de fer.
- Revue générale des Sciences.
- Revue industrielle.
- Revue de mécanique.
- Revue maritime et coloniale.
- Bevue Scientifique,
- Réforme Sociale.
- Royal Society London (Procee-dingsj.
- Revue technique.
- Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- Society of Arts (Journal of the).
- Société chimique de Paris ( Bull.).
- Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- Société industrielle du Nord de la France (Bulletin).
- Bull, de statistique et de législation.
- Société nationale d’agriculture de France (Bulletin).
- Stahl und Eisen.
- Consular Reports to the United States Government.
- Zeitschrift des Vereines Deutscher Ingenieure.
- Zeitschrift des Oesterreichischen Ingenieure und Architekten-Ve-reins.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUIN 1899.
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- AGRICULTURE
- Asperge. Sa culture (Passy). SNA. Avril, 249.
- Détail (Police sanitaire du) (Rollin). Ap. 18 Mai, 708.
- — Œstres gastrophiles du cheval (Trai-ment des) (Thierry). Ap. 25 Mai, 74G. — Étable pour engraisser à volonté des bœufs ou des moutons (Crevât). Ap. 18, 25 Mai, 711, 742.
- Blés du Midi (Sélection des) (Graissaguel). Ap. 18 Mai, 706.
- — de Bordeaux, semis tardifs et épais
- (Barbotin). Ap. 18 Mai, 718.
- — (Tallage des) (Schribaux). Ap. 18 Mai,
- 720.
- Café. Production et consommation dans le monde. USR. Aoiît, 481.
- Céréales (Expériences sur les) (Desprez). Ap. S Juin, 817.
- Décrochements (Les) Ringelmann. Ap. [25 Mai, 747.
- Écobuage (L’). (Ringelmann). Ap. 8 Juin, 823. École cVAgriculture de Rennes. Gc. 3 Jidn, 69. Étangs (Exploitation des) (Zipcy). Ap. 25 Mai, 762.
- Engrais. Constitution des matières humi-ques naturelles (André). ScP. 20 Mai, 497.
- — Phosphates (Note sur les) (JofFre). ScP. 20 Mai, 511.
- — — des Pyrénées (Sagnier). Ag. 27 Mai,
- 829.
- — — d’Algérie et de Tunisie. Ap. 1er
- Juin, 779.
- — Poussières de hauts fourneaux (Pradel). SNA. Avril, 299.
- — L’acide phosphorique dans la vie des végétaux (Wagner). Ag. 27 Mai, 816. — Scories de déphosphoration en horticulture. Ag. 27 Mai, 827 ; 3 Juin, 872. Enseignement agricole (L’) (Vacher). Ag. 27 Mai, 812.
- Forêts. Leur importance géographique. Fi. Juillet, 1.
- Indigo. Culture dans le Bengale (Rawson). Cs. 31 Mai, 467.
- Machines agricoles. Pulvérisateurs. Concours de Pithiviers. Ap. 18 Mai, 720; 1er Juin, 786.
- — Dégazonneuses. Ap. 1er Juin, 782.
- Organisation agricole en France et l’association. Ef. 3 Juin, 743.
- Pommes de terre. Causes de dégénéresence. Ag. 20 Mai, 775.
- Prairies du domaine de Faillades (Grandeau). Ap. 8 Juin, 813.
- Toile (Maladie de la) (Beauverie). CR. 15 Mai, 1251.
- Vigne Black-Root. Conservation et reproduction (Penaud). CR. 15 Mai, 1249. — Dosage du soufre et du sulfate de cuivre dans les mélanges antiphylloxériques (Scarlata). Ms. Juin, 409.
- — Choix de l’époque de la vendange. Ag. 3 Juin, 860.
- CHEMINS DE FER
- Chemins de fer du Queensland. E. 2 Juin, 714.
- — africains. Rgc. Juin, 445.
- — minuscules. Ln. 27 Mai, 403.
- — de montagnes (Pownall). E. 9 Juin, 753.
- — atmosphériques. E'. 2 Juin, 533.
- — Grand-Central anglais. E'. 19 Mai, 485; E. 26 Mai, 672 ; 2 Juin, 704; Rgc. Juin, 454.
- — de l’Ouest. Lignes nouvelles dans Paris
- et la banlieue. Rgc. Juin, 381.
- — de l’Inde (Extension des). E'. 26 Mai,
- 509.
- — Electriques (Les). Elè. 27 Mai, 322.
- — — Stanstad Engelberg. EE. 20, 27
- Mai, 252, 289.
- — — Les locomotives électriques. E. 26
- Mai, 682.
- — — Dynamo pour une locomotive de
- 35 tonnes. E. 26 Mai, 669.
- — — Dans les grandes villes. Londres
- (Jacquin). EE. 10 Juin, 361.
- Gare terminus de l’Orléans. Gc. 10 Juin, 85. Locomotives diverses. Dp. 10 Juin, 153.
- — américaines. E. 26 Mai, 688.
- — au Pérou. E. 26 Mai, 689.
- — Compound du Northern Pacific. RM.
- Mai, 542. De l’État prussien. Rgc. Juin, 468. Consolidation du Lehigh Valley E. 2 Juin, 705. Du Cleveland Cincinnati. RM. Mai, 541. Webbe (Les)-E. 9 Juin, 755.
- — Express du Lancashire-Yorkshire. E'.
- 2 Juin, 546. Du London and South
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JUIN 1899.
- Western. E. 9 Juin, 741. Du Palatinat. Gc. 27 Mai, 60.
- Tramways. Bouilleurs Millar. E'. 19 Mai, 500. — Foyers Brotan. Smith. RM. Mai, 542.
- — Levage des locomotives dans l’atelier du Midi. Rgc. Juin, 465.
- — (Distributions Corliss pour). VDI. 10
- Juin, 686.
- Matériel roulant. Attelage automatique Laycoek. JE. 49 Mai, 645.
- — Voiture à bogie du London Chatham. E1. 2 Juin, 635.
- — Freins régulateurs. RM. Mai, 543.
- — — Triples valves Hayden Beasley
- Haberhorn. RM. Mai, 543, 544. Wagons pour minerais. E. 9 Juin, 752. Signaux (Les). E. 9 Juin 753.
- — Enclenchements Bouré, application au Nord (Moulier). Rgc. Juin, 392.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles. Étude d’une voiture (Forestier). Gc.:27 Mai, 52; 3, 10 Juin, 72, 89.
- — Effort maximum disponible à la barre d’attelage d’un tracteur (Petot). CR. 23 Mai, 1283.
- — Ressorts. Ri. 20, 27 Mai, 194; 3 Juin, 202, 213.
- — Caisse. Ri. 10 Juin, 224.
- — Bandages Ramsay Julien. La. 18 Mai, 312.
- — Moteur amovible Pantz. La. 8 Juin, 356.
- — Transmission de Metz. La. 8 Juin, 356. — A pétrole Daimler. La. 95 Mai, 326.
- — — Maxim. RM. Mai, 345.
- — — Brothier et Pougnand, La. 1er Juin,
- 344.
- — Electriques Schelle. La. 25 Mai, 328.
- Monnard. La 8 Juin, 359; Elé. 3 Juin, 343.
- Locomotives routières. Législation anglaise. La. 18 Mai, 309.
- Tramways électriques. Inspection des voitures (Herrick). Fi. Mai, 360.
- — Diatte. le. 10 Mai, 185; Rgc. Juin, 459.
- — Aériens et retour paria terre (Pepper).
- Fi. Avril, 55.
- — Applications des courants triphasés
- (Michel). Rgc. Juin, 442.
- — Attaque électrique des conduites d’eau
- et de gaz par les courants de retour (Fléming). Annales télégraphiques. Janvier, 27.
- Vélocipèdes. Concurrence américaine. E. 26 Mai, 685.
- — Frein Renard. RM. Mai, 546.
- — Autovelos (Les). Ln. 10 Juin, 23.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acide sulfurique. Fabrication aux États-Unis (Gilchrist). Cs. 31 Mai, 459. Acétylène. Divers. Cs. 31 Mai, 480.
- — et préparation du diodoforme (Ma-
- quenne). RcP. 15 Mai, 223.
- — Exposition de Budapesth. Dp. 10 Juin, 157. RcP. 15 Mai, 226.
- Alcool et CO2. Formation et absorption de l’oxygène par les plantes (Berthelot). CR. 5 juin 1365.
- Alcaloïdes. Extraction et dosage (Gordin et Prescott). Ms. Juin, 425.
- Acoustique. Étude sur le microphone (Cauro).
- EE. 3 Juin, 333.
- Acoines (Les). Ms. Juin, 420.
- Bitumes de Californie (Les) (Peckham), Fi. Avril, 45.
- Carbure de calcium. Four Siemens. RcP. 15 Mai, 229.
- — estimation par l’appareil Bamberger.
- ld., 230.
- Brasserie. Divers. Cs. 29 Avril, 283. 31 Mai, 509.
- — Sucre de brasserie en Amérique. Cs. 31 Mai, 507.
- — Bière et électricité (Chapman). ZoB, Avril, %ïl.
- — Protéides du malt (Grant). IoB. Avril, 298.
- Céramique. Emploi du plomb. Influence sur la santé. Cs. Mai, 493.
- Ccrite pure. Cs. 29 Avril, 392.
- Cérium. Séparation quantitative (Wyrouboff et Verneuil). CR. 29 Mai, 1331.
- Caoutchouc au Guatémala. USR. Mai, 147. Chaux et ciments. Divers. Cs. 29 Avril, 373; 31 Mai, 496.
- Chlorate de potasse. Explosion de Saint-Helen. E'. 19 Mai, 488.
- Chlorobromure de plomb (Thomas). ScP. 5 Juin, 533.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUIN 1899.
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- Corps gras. Estimation par l’iode (Smethan). Cs. 29 Avril, 330.
- — Divers. Çs. 29 Avril, 377, 406; 31 Mai, 500.
- — Séparation des aeides non saturés (Farnsteiner). Cs. 31 Mai, 500.
- Cyano ferrure de potassium dis sons. Action de l’oxyde de carbone (Muller). ScP. 20 Mai, 473.
- — Séparation des ferrocyanures d’avec les carbonylferrocyanures (Muller), ld., 475.
- Cyanures (Fabrication des) (Conroy). Cs. 31 Mai, 432.
- Dérivés boraciques (Production des) (Suilliot). RcP. 15 Mai, 217.
- Eaux (Analyse des) (Baily et Johnston). Cs. 31 Mai, 455.
- Égouts. Assainissement de Monaco. Ri. 3 Juin, 214.
- Essences et parfums. Divers. Cs. 29 Avril, 390; 31 Mai, 513.
- Explosifs. Divers. Cs. 29 Avril, 399 ; 31 Mai, 517.
- — Explosion de Toulon. E. 16 Mai, 665.
- — Chlorate de potasse. E. 26 Mai, 683.
- — Emploi du chlorate de potasse dans les explosifs au nitrate d’ammoniaque (Le Chatelier). CR. 5 Juin, 1394. Fermentations. Diverses. Cs. 9 Avril, 392, 405.
- — au point de vue de la distillerie (Mat-
- thews). IoB. Avril, 221.
- — Etude biologique des levures anglaises (Forgensen). IoB. Avril, 257.
- Gaz. Compressibilité d’un mélange gazeux d’après celle de ses éléments (D. Ber-thelot). CR. 15 Mai, 1229.
- Gaz d’éclairage. Divers. Cs. 29 Avril, 356.
- — Usine de Bekton. E'. 9 Juin, 557.
- — Becs incandescents divers (Gentsh).
- Société d’Encouragement de Berlin. Mai, 210.
- Glycérine. Évaluation dans la glycérine du commerce (Smethan). Cs. 29 Avril, 331.
- — (Dosage de l’arsenic dans la) (Langmuir).
- Ms. Juin, 436.
- Graisses d’os. Analyse industrielle (Shukofî et Schestakoff). Ms. Juin, 439.
- Graphite. Formation et Fabrication (Acheron). Fi. Juin, 475.
- Huiles de maïs (Arcbutt). Cs. 9 Avril, 346.
- — de coton. Recherche dans l’huile d’olive
- (Charabot). RcP. 15 Mai, 220. Hydrates métalliques condensés (Schlumber-ger). ScP. 20 Mai, 467.
- Iode. Recherche d'ans l’air (Gautier). ScP. 20 Mai, 456.
- — colorimétrique dans les matières orga-
- niques (Bourget). ScP. 5 Juin, 554. Iodoforme. Propriétés chimiques et recherche dans les solutions aqueuses. Ms. Juin. 429.
- Laboratoires. Titrage de l’oxygène des eaux parl’hyposulfite (Gerland).Cs. 29 Avril, 340.
- — Séparation et dosage de traces de brome en présence d’un excès de chlorure (Bauboigny). CR. 15 Mai, 1236.
- — Emploi de l’essoreuse pour recueillir les précipités (Meillère). ScP. 20 Mai, 513. — Applications nouvelles de l’eau oxygénée en analyse quantitative. Ms'. Juin, 434.
- — Dosage rapide du tungstène dans l’acier (Auchy). Ms. Juin, 433.
- — — volumétrique du cuivre (Meade).
- Ms. Juin, 434.
- — — du phosphure d’hydrogène dans les
- mélanges gazeux (Joannès) .CR. 29 Mai, 1322.
- — — de traces de chlore dans un excès
- de bromure (Baubigny). CR. 29 Mai, 1326.
- — — des perchlorates dans le salpêtre
- du Chili. Cs. 31 Mai, 520.
- — Titrage de l’acide oxalique (par le per-
- manganate de potasse en présence de l’acide chlorhydrique (Gooch et Peters). American Journal of Science. Juin, 461.
- — Balance à filament de quartz (Threlfall
- et Pollock). Rsl. 9 Juin, 123. Margarine. Dosage dans les beurres (Violette). SIN (n° 103), 163.
- Nickel et Cobalt. Coefficient de dilatation (Tut-ton). CN. 19 Mai, 229.
- Optique. Transmission de la lumière dans les milieux troubles (Compan). CR. 15 Mai, 1226.
- — Analyse spectrale, progrès récents
- (N. Lokyer). N. 1er Juin, 103.
- — — Détermination des points de repère
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-
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JUIN 1899.
- dans le spectre (Hamy). CR. 5 Juin, 1380.
- Optique. Rayons X. Luminosité des terres rares chauffées dans le vide par les rayons X (Swinton). RSL. 9 Juin, lia. Oxyde de mercure. Dissociation (Pétabov). ScP. 20 Mai, 408.
- Pliosphure d’hydrogène. Action sur le cuivre (Rubinovitch). CR. 5 Juin, 1398. Polymérisation des vapeurs anomales. Peroxyde d’azote et acide acétique (Leduc). CR.
- 29 Mai, 1314.
- Papier. Divers. Cs. 29 Avril, 391.
- Pectines (les) (Bourquelot). CR. 15 Mai, 1241. Pétroles. Concentration de l’acide sulfurique résidu du traitement des pétroles (Wedge). Cs. 9 Avril, 343.
- — — en Roumanie. Eam. 20 Mai, 393.
- — — Distillation (Adiassewich). Cs.
- 31 Mai, 483.
- — Divers. Cs. 29 Avril, 339.
- Physique (revue annuelle) (Poincaré). Rgds.
- 30 Mai, 395.
- Platine. Sels complexes. Platoxalonitrite de potassium (Veres). ScP. 20 Mai, 481. Plomb. Sels mixtes halogènes (Thomas). Cr. 29 Mai, 1234, 1329.
- Pourpre de Cassius. Action des dissolutions d’or (Reese). CN. 26 Mai, 242.
- Savons. Rôle de l’acide borique (Carulla). Cs. 29 Avril, 347.
- Sucrerie. Divers. Cs. 31 Mai, 503.
- — Industrie dans l’État de New-York. Cs.
- 29 Avril, 343.
- — Procédé Fontenille et Désormeaux. Cs. 29 Avril, 383.
- — Dosage du sucre. Cs. 29 Avril. 407.
- — Décoloration du jusparl’ozone (Verley). EE. 3 Juin, 339.
- — — par l’électrohydrosulfîtation. ld.,
- 357.
- Culture du sucre et développement des exportations agricoles aux Etats-Unis. Ef.
- 3 Juin, 747.
- Phosphate ammoniaco-magnésien (Constitution du) (M. Austin). CN. 26 Mai 244 ; 2 Jidn, 254.
- Pyraxol (Dérivés du). Ms. Jvin, 410.
- Résines et vernis divers. Cs. 31 Mai, 502. Stéréochimie et Physiologie (Fischer). Ms. Juin, 385.
- Soie artificielle. Cs. 29 Avril, 364.
- Système périodique des éléments (Mendeleef). RcP. 15 Mai, 210.
- Tannerie. Divers. Cs. 29 Avril, 388; 31 Mai, 503.
- — Dosage volumétrique de l’aniline en solution. Pc. 1er Juin, 521.
- Teinture. Divers. Cs. 29 Avril, 361, 366, 379; 32 Mai, 485, 491.
- -- de la laine (Théorie) (Gillet). MC. 1e1' Juin, 189.
- — Bain acide (Théorie du) (Hallitt). Cs. 29 Avril, 369.
- — Indigo. Culture et fabrication au Bengale. Cs. 31 Mai, 467.
- — Progrès en 1898 (Suais). Ms. Juin, 396.
- Buntrock. MC. Juin, 1 98.
- — Rapport entre la constitution des matières colorantes et leurs propriétés colorantes (Gassmann et Bernard). Ms. Juin, 406.
- — Action des réducteurs alcalins sur les couleurs azoïques dérivées des nitro-nilines (Brandt). MC. 1er Juin, 191.
- — Mercerisage des tissus (Gardner). MC-1er Juin, 194.
- — Emploi de l’hydrosulfite de soude dans la teinture à l’indigo (Grossmann). Cs. 31 Mai, 451, 453.
- Thermomètre électrique Callendar. E. 26 Mai, 676.
- Thyosulfate d’ammonium (Llectrolyse du). ScP. 20 Mai, 477.
- Tungstène (Pentabromure de) (Defacqz). CR. 8 Mai, 1232.
- Verre. Four électrique Becker. EE. 27 Mai, 304.
- — nouveau. Son emploi dans les arts (Duller). Cs. 31 Mai, 457.
- Volumes moléculaires (Applications des) (Cha-ron). AcP. Juin, 197.
- Zinc (Dosage du) (Langmuir). Ms. Juin, 436.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Accidents. Loi de 1898 et les anciennes polices d’assurances. Gc. 3 Juin, 81. Angleterre et Russie, relations commerciales. E. 19 Mai, 650.
- Annuité successorale et la richesse en France. Ef. 10 Juin, 779.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUIN 1899.
- 925
- Assistance pm le travail au dépôt de mendicité de Courville (Rivière). Rso. 16 Mai, 787.
- Associations sans but lucratif (Projet de loi sur les). (Hubert Yalleroux). Rso. 1er Juin, 857.
- Brevets. Loi allemande. Rt. 25 Mai, 227.
- Brésil. Commerce et industrie. DoL. Mai, 1. Crédit agricole. Lois qui le favorisent. Ef. 20 Mai, 670.
- Démocratie (La) (Kerallain). Rso. 1er Juin, 810. Espagne. Situation financière. Ef. 20 Mai, 667. Émigration aux colonies et la bourgeoisie (Piolet). Rso. 16 Mai, 737. Enseignement de la Chimie en Angleterre. E'. 19 Mai, 481.
- — commercial en Angleterre. SA. 26 Mai,
- 590.
- Japon. Rôle en extrême-Orient. Ef. 20 Mai, 665, 705.
- — (Industries du). EM. Juin, 470.
- Liberté de tester (La). Rso. 16 Mai, 795.
- Loteries publiques et Associations d’épargne en
- Allemagne. Ef. 3 Juin, 739.
- Marques de fabrique. Loi anglaise. SA. 19 Mai, 563.
- Paris. Logements, professions et salaires dans le quartier de la Porte-d’Ivry (Man-genot). Rso. 16 Mai, 768.1er Juin, 832. Recouvrement des dettes en Angleterre, Irlande, Relgique, Guatemala, Allemagne. DoL. Mai, 159.
- Trade-Unionisme en Allemagne. E. 9 Juin, 746. Transvaal. Présent et avenir. Ef. 20 Mai, 661. Trust (Les) en Amérique. E. 2 Juin, 711; FJ. 2 Juin, 544; Ef. 10 Juin, 731.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Béton. Résistance des voûtes sur béton (Koe-ners). Le Ciment. Mai, 69.
- Excavateur électrique Thomson. Ri. 10 Juin,
- 222.
- Métal déployé. Emploi au palais des tissus.
- Exposition de 1900. Rt. 25 Mai, 217. Pierres à bâtir (Résistance des) (Julien). Fi. Mai, 378, Juin, 430.
- Ponts du Niagara. E. 12 Mai, 633; 2 Juin, 700.
- — de Glasgow. E'. Juin, 541.
- Ponts du Rhin à Bonn et Dusseldorf. Gc. 20, 27 Mai, 33, 49.
- — de Sydney. E' 19 Mai, 500.
- — de Vauxhall (Londres), en béton. Le
- Ciment. Mai, 67.
- — de l’Atbara. E'. 2 Juin, 539; E'. 9 Juin,
- 729.
- ÉLECTRICITÉ
- Bobine d’induction. Interrupteur Wehnelt. CR.
- 15 Mai, 1224. EE. 27 Mai, 311, Distribution Ferraris-Arno. EE. 20 Mai, 263.
- — Par courants alternatifs Thomson-Hous-
- ton. Shuckert (Guilbert). EE. 27 Mai, 281.
- Dynamos. Réaction de l’induit et les ampère-tours démagnétisants (Potier). EE. 20 Mai, 242 (Picott); Id., 264.
- — Moteurs d’induction à vitesse variable
- (Niethammer). EE. 27 Mai, 305. Éclairage (Machinerie de 1’). E’. 2 Juin. 543. — Arc. Lampes par 2 ou 3 en tension. Elé. 20 Mai, 308, 327.
- — — L’arc sifflant (Ayrton). EE. 10 Juin,
- 388.
- — Incandescence. Lampes diverses. Dp. 20 Mai, 104; EE. 3 Juin, 321.
- — — (Canalisation pour), Calcul. Elé.
- 10 Mai, 311.
- Électro-chimie. Raffinage du cuivre. Annales télégraphiques. Janvier, 41.
- — Analyse électrolytique. Dosage du fer. de l’uranium, du cadmium. EE. 3 Juin, 338.
- — Électrolyse des solutions de sulfate de cuivre (Foerster et Seidel). EE. 3 Juin, 342.
- Interrupteurs à mercure Ducorno. EE. 27 Mai, 302.
- — Wenhelt dans le courant d’un arc alternatif. EE. 10 Juin, 372.
- — Liquide Caldwell. Ele. 10 Juin, 353; le. 10 Juin, 243.
- Magnétisme. Susceptibilité magnétique des corps anisotropes, variations avec la température (Lutteroth), des solides et des liquides (Kœnigsberger) et susceptibilité moléculaire (Jaeger et S. Meyer). EE. 28 Mai, 270, 275.
- — Aimants et tourbillons. Expériences de Weyer. Ln. 27 Mai, 407.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUIN 1899.
- Mesures. Appareils Richard. Elé. 27 Mai, 325.
- — Compteur Aron. Elé. 3, 10 Juin, 337, 354; EE. 10 Juin, 377; le. 10 Juin, 237.
- — Compteurs non totaliseurs (Ayrton). E. Juin, 757.
- Stations centrales. Tarification de l’énergie. le. 10 Mai, 192.
- — Tarification différentielle de Brighton (Pelissier). le. 25 Mai, 210 — De Brown et Routin (Hospitalier). Id. 10 Juin, 233.
- — Emploi des batteurs-volants avec sur-volteurs (Girault). le. 25 Mai, 213.
- — en Suisse. SiE. Mai, 217.
- Télégraphie. Communication entre le phare
- Fastnett et l’Irlande. Annales télégraphiques. Janvier, 10.
- — Réseau de câbles exclusivement anglais. (Hurd). Annales télégraphiques. Janvier, 10.
- — sans fils, Cohéreurs Tommasina. CR.
- 15 Mai, 1225.
- — militaire. Organisation et fonctionne-
- ment du service. Gm. Mai, 380. Téléphonie. Mesures sur le microphone (Cauro). EE. 27 Mai, 295.
- Théorie du potentiel. Analogies électriques.
- Holzmuller. VDI. 3, 10 Juin, 659, 690.
- Transformateurs. Méthodes de transformation (Swinburne). E. 9 Juin, 739.
- HYDRAULIQUE
- Eaux de Londres. FJ. 29 Mai, 486.
- — Stérilisation par l’Ozone. Elé. 27 Mai, 321.
- Écoulement des liquides (Hele Shaw). E. 2 Juin, 548.
- Pompes rotative Lehmann. Dp. 20 Mai, 110.
- — Johnson. Eam. 13 Mai, 561.
- — à incendie (Les) (Mosse). RM. Mai, 486.
- — Decrew, Dean. RM. Mai, 546.
- Puits. Fonçage hydraulique. E. 26 Mai, 665. Roues Pelton (Muller). Dp. 27 Mai, 116, 3 Juin, 138.
- Transmissions hydrauliques (Ellington). EM. Juin, 399.
- Turbines Francis. VDI. 20 Mai, 581.
- Turbines. Escher Wyss, pour basses chutes. E. 2 Juin, 705.
- — Rice. RM. Mai, 547.
- MARINE, NAVIGATION
- Abordages en temps de brume. Règlement pour les prévenir. Rmc. Avril, 46. Canal de Marseille au Rhône. Rt. 25 Mai, 221. Côtes (Protection des).E'. 19 Mai, 482. Constructions navales. Ballastage des coques. E. 26 Mai, 690.
- — Cargo-Boats récents. E. 9 Juin, 567. Chargement et déchargement des grands navires (Hunter). E. 9 Juin, 754.
- Docks de radoub (Les). Davison. E. 9 Juin, loi.
- — de Talcahuano Chili, 101. 19 Mai, 330. Machines marines. Appareils auxiliaires.
- Distillation, condensation (Joubert). Bam. Mai, 427.
- — triple expansion de la Moskwa. E.
- 26 Mai, 674.
- — Essais de 1 ’Hermès. E. 9 Juin, 745. Navires de guerre américains. Nouvelles
- canonnières. Rmc. Avril, 152.
- — russe. E'. 9 Juin, 560.
- — italienne. Transformation du Dandolo.
- Rmc. Avril, 134.
- — Guerre hispano-américaine. Rmc. Avril,
- 56, 80* Bateau-atelier Vulcan. EM. Juin, 359.
- — anglaise. Rmc. Avril, 173.
- — française. Croiseur Jeanne-d’Arc. E'.
- 9 Juin, 571.
- — Blindages, essais récents (Bâclé). Gc.
- 20, 21 Mai, 38, 62. Plaque Krupp de 150 millimètres. Rmc. Avril, 158. Pêches maritimes en Allemagne. Rmc. Avril,
- \ II.
- Paquebots rapides moyens (Martin). E. 9 Juin, loi.
- — marchands, emploi à la guerre (Biles).
- E. 9 Juin, 757.
- — Kinfaus Castle. E. 19 Mai, 488.
- Phares. Co'mmunications avec les bateaux-feux. Rmc. Avril, 118.
- Propulsion électrique (Child). EM. Juin, 477. Remorqueur à deux hélices Salvo. E. 19 Mai, 644.
- Voies fluviales de la Russie. E. 19 Mai, 638; 9 Juin, 727.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES>
- JUIN 1899.
- 927
- Yacht Victoria-Albert. E. 19 Mai, 641.
- — E'. 9 Mai, 568.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Broyeur Morel et Heimpel. Le Ciment. Mai, 81. Cale Canda. RM. Mai, 555.
- Chaudières marines à haute pression. E'.
- 19 Mai, 493.
- — à tubes d'eau. Défauts de construction.
- E'. 9 Juin, 569. Lyall. E1. 19 Mars, 496. A la mer. E'. 26 Mai, 511. Explosion de VOrlando. E'. 9 Juin, 576. Munford. RM. Mai, 534.
- — Bouchon de tubes Thomson. E. 2 Juin, 719.
- — Fumivorité (La) (Doukin). E'. 26 Mai, 507 ; 2 Juin, 531.
- — Foyers Weir. RM. Mai, 534.
- — — Kirmode Ivanoff, au pétrole ;
- Schwartzkoff, au charbon pulvérisé. Id. 535.
- — Manomètres (Tuyauteries des). Dp.
- 20 Mai, 107.
- — Réchauffeur détartreur Chevalet. Rim 10 Juin, 221.
- — Purgeur Barthel. Dp. 20 Mai, 111.
- — — Royle. E. 2 Juin, 719.
- — — Schoof. RM. Mai, 537.
- — Grilles Réagan, Frouvé. RM. Mai, 536.
- Mécanique Ransome. E. 26 Mai 677. — Surchauffeurs. Divers. Dp. 20 Mai, 99.
- — — Babcox Wilcox. RM. Mai, 538.
- — Transmission de la chaleur (La) (Dominer). Rgds. 15 Mai, 350.
- — Explosion de Stroud. E. 20 Mai, 686.
- — Soupape de vidange Donnelly. RM. Mai, 538.
- Compresseur Alley. RM. Mai, 555.
- Embrayage Croft-Perkins. Ri. 27 Mai, 201. Essoreuse Facwett et Preston. RM. Mai, 556. Graisseur Wakefield. E1. 9 juin, 578.
- Levage. Élévateur Dufï. RM. Mai, 548.
- — Chèvre Henggi. RM. Mai, 548.
- — Palan Gastin. RM. Mai, 548.
- — Grue pneumatique Alley. RM. Mai, 549.
- — — électrique de 25 tonnes, E. 9 juin, 742. Machine à écrire Williams. Fi. Avril, 72. Machines-outils. Ateliers américains et européens (Orcutt). EM. Juin, 384.
- — Chuck. Jones. RM. Mai, 555.
- — Cisaille Scriven. E. 2 Juin, 707.
- — Étau Jones. E. 2 Juin, 545.
- Machines-outils. Fraiseuse Burnham pour pignons hélicoïdaux. PM. Mai, 521.
- — — Beale pour pignons. RM. Mai, 550. — Fraises Flanders. RM. Mai, 552.
- — Machines à forger (Les) (Brett). E'. 9 Juin, 566.
- — Perceuse radiale électrique Bell. VDI. 20 Mai, 579.
- — Sertisseuse Crowdeti. RM. Mai, 554.
- — Tour vertical Schiess. JuE. 15 Mai, 490.
- — — Mac Gregor. RM. Mai, 552.
- — — Buckly Fiather. Id. 553.
- — — Tours Reineker. Dp. 10 Juin, 151. — Tubes. Presse Holinger. RM. Mai, 555.
- Moteurs à vapeur surchauffée Doerfel. VDI. 27 Mai, 601, 3 Juin, 652; lierre. Dp. 27 Mai, 113, 3-10 Juin, 131, 147; E. Thomson. RM. Mai, 558.
- — Bielle (Théorie de la), Dunkerley. E. 2 Juin, 695.
- — — Calcul des forces d’inertie (Weilh
- ZOi. 26 Mai, 341.
- — Cylindre Evans. RM. Mai, 560.
- — Condenseurs vaporisateurs (Les). (Old-ham). RM. Mai, 524.
- — Distribution Hoyois. RM. Mai, 522.
- — — Toulmin et Coulthard. Id., 560.
- — Régulateurs (Les) (Lecornu). RM. Mai, 466.
- — — Américains (Stodola). VDI. 20 Mai,
- 573.
- — Moteurs à gaz Lewis. RM. Mai, 561.
- — — gazogène Taylor. RM. Mai. 562.
- — — à pétrole Maxim. RM. Mai, 523.
- — — — Lewis. RM. Mai, 562.
- — Théorie physique (Duchesne). Ru. Mai,
- 131.
- — — mathématique (Nadal). RM. Mai,
- 449.
- Résistance des matériaux. Fonte. Changements moléculaires par les vibrations (Outerbridge). Fi. Avril, 69.
- — Résistance des fers en Z. (Meyerhof).
- VDI. 27 Mai, 607.
- de la fonte d’acier (Bach). VDI. 10 Juin, 694.
- — Structure cristalline des métaux (Er-
- ving et Rosenham). CN. 9 Juin, 265.
- MÉTALLURGIE
- Aluminium. Propriétés et applications (Ditte). ACP. Juin, 145.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUIN 1899.
- Bronzes (Micro-structure des) (Heyn). Fi. Juin, 447.
- Fer et acier. Industrie sidérurgique russe (Trasenter). lin. Mai, 151.
- — En Suède (Louis). EM. Juin, 426.
- — Machines de laminoirs. SuE.Mai, 470.
- — Hauts fourneaux de Duquesne, lïu. Mai,
- 113.
- — — Emploi et enrichissement des gaz
- (Wedding). Société df Encouragement de Berlin. Mai, 123 et 185-
- — — Machines soufflantes. SuE. la Mai,
- 473 ; 1er Juin, 518.
- — — Utilisation des scories(Elbers). Eam,
- 3 Juin, 649.
- Fonderie deSchenectady. Gc. 10 Juin, 94. Or. Traitement des quartz aurifères (Coignet). lm. xiii, b.
- MINES
- Anthracite de Pensi/lvanie. Machinerie des mines. Eam. 13, 20 Mai, 559, 589. Ardoisières de l’État de New-York. Eam. 20, 27 Mai. 585, 622.
- Artjcnl. Amalgamation (Phénomènes chimiques de F). CN. 19 Mai, 231.
- Cuba. Richesses minérales (Cabrera). Fi. Avril, 26.
- Cuivre en Californie. Eam. 27 Mai, 619. Electricité. Nouvelle installation de Blanzy (Goichot). lm. xm, 179.
- Fer. Genèse des minerais de la région lorraine (Viilain). CR. 23 Mai, 1291.
- — Minerais de l’Oural (Nitze). Fi. Juin,
- 442.
- Houillères du Kent. E'. 26 Mai, 508.
- — du territoire d’Aix-la-Chapelle du xur
- au xvnic siècle (F. Buttenbach). Uu. Mai, 214.
- Machines d'extraction de Ileilbron. Dp. 3 Juin, 135.
- Or. Dragage. E. 17 Mai, 642.
- — Mines en Californie (Tatham). Fi. Avril,
- 19.
- Perforatrices Bail et Officer. Jackson. RM. Mai, 537.
- Produits volcaniques (Utilisation des). E'. 26 Mai, 525.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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-
-
-
- 98e ANNÉE.
- Cinquième Série, Tome IV.
- JUILLET 1899.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- SÉANCE GÉNÉRALE DU 23 JUIN 1899
- PRÉSIDENCE DE M. AD. CARNOT
- PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ
- Le fauteuil de la présidence est occupé par M. Ad. Carnot, président de la Société. A ses côtés siègent : MM. Carpentier, Lavalard, Levasseur et Linder, vice-présidents, et M. Collignon, secrétaire.
- M. le Président ouvre la séance par le discours suivant :
- Tome IV. —98e année. 5e série. — Juillet 1899.
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-
-
-
- DISCOURS DE M. ADOLPHE CARNOT
- PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ
- Messieurs et chers Collègues,
- Jamais peut-être la mort n’a frappé notre Société de coups plus nombreux et plus cruels que cette année : nous avons perdu trois membres de notre Conseil, quatre membres correspondants et dix membres adhérents de notre Société. Laissez-moi donner quelques mots de souvenir à ces amis, qui nous ont quittés.
- M. Raffard, membre du Comité des Arts mécaniques, est mort le premier, à la date du 3 novembre 1898. Sa longue existence, si bien remplie, nous a été racontée par M. Haton de la Goupillière. Entré en 1841 à l’École des Arts et Métiers d’Angers, il débuta dans la carrière de mécanicien chez Saulnier d’abord, puis aux célèbres ateliers de Penn, en Angleterre; en 1852, il passa en Australie, pays neuf, où tout alors était à créer et où il introduisit le bocard californien, bientôt adopté dans tout le pays pour le traitement des minerais d’or. De retour en France en 1866, Raffard ne cessa de remplir dans l’industrie mécanique le rôle éminent, que lui assuraient, malgré son extrême modestie, ses connaissances étendues, son sens pratique, son expérience incomparable des hommes et des choses de la mécanique'. C’était un inventeur des plus féconds et des plus ingénieux. 11 fut même, pour certaines questions importantes, l’initiateur de grands progrès, dont il ne recueillit ni gloire ni profit. C’est ce qui arriva notamment pour la locomotion électrique; car c’est à lui qu’il faut faire remonter les premières études de nos tramways électriques, études faites à une époque (1880), où l’on ne considérait guère que comme une curiosité ce mode de locomotion aujourd’hui si universellement répandu. M. Raffard, élu membre de notre Comité de Mécanique en 1894, n’a passé que peu d’années parmi nous, mais elles ont suffi pour nous faire apprécier la valeur de cet homme de bien; nul mieux que lui ne savait s’intéresser utilement aux nombreux inventeurs qui s’adressent à notre Société, en les aidant de ses conseils, quand leurs inventions avaient quelque chance de succès, et, d’autres fois, en s’efforçant de les faire renoncer à la poursuite de conceptions irréalisables. Grâce à son
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- DISCOURS DU PRÉSIDENT. ----- JUILLET 1899. 931
- inaltérable patience, à l’autorité toute particulière que lui valait sa carrière d’inventeur, à une érudition remarquable servie par une sûre mémoire, il y réussissait quelquefois, sauvant ainsi de la ruine définitive ou de la folie de braves gens, dont quelques-uns ne l’ont pas oublié et sont venus avec nous lui rendre, au dernier jour, un suprême et reconnaissant hommage. C’est là, en effet, Messieurs, l’une des tâches les plus délicates de nos rapporteurs. Il nous est toujours fort agréable d’aider un inventeur qui nous soumet une idée nouvelle et juste; il nous serait facile assurément d’écarter par une fin de non-recevoir ceux, trop nombreux, qui ne nous apportent que des songes creux et de les laisser se perdre loin de nous dans leur course vers la chimère. Ce n’est point ainsi que nous comprenons notre rôle; nous nous faisons un devoir de dissiper les illusions et de chercher à persuader les rêveurs, qui sont souvent des ouvriers ou de modestes artisans, de reprendre sans arrière-pensée le métier qui les faisait vivre.
- Vous avez tous présente à l’esprit la notice nécrologique, dans laquelle notre collègue, M. Huet, nous a résumé la vie deilf. G. Schlemmer, membre de notre Comité des Constructions et Beaux-Arts. Entré au corps des Ponts et Chaussées en 1840, Schlemmer eut la bonne fortune de débuter dans sa carrière d’ingénieur à une époque où, sous la direction de maîtres éminents, notre réseau de chemins de fer et nos grands travaux d’utilité publique, routes, ponts, canaux, ports de mer, tout notre grand outillage national, en un mot, se développaient avec une merveilleuse activité ; c’était Page d’or pour les ingénieurs, à qui ne manquait ni l’esprit d’initiative, ni le sang-froid ou la persévérance, qualités que possédait au plus haut degré notre très regretté collègue. Elles se révélèrent bientôt dans la construction de la ligne de Bellegarde à Genève, qui fut entreprise par Schlemmer en 1853 et qu’il sut mener rapidement à bonne fin, au milieu de difficultés considérables. Ce succès attira sur lui l’attention des sociétés industrielles, et il fut chargé successivement d’organiser l’exploitation du chemin de fer de Saint-Pétersbourg à Varsovie, puis celle des chemins de fer du sud de l’Autriche. 11 rentra, après de nouveaux succès, dans le corps des Ponts et Chaussées, et il devint, en 1876, Directeur des Chemins de fer au Ministère des Travaux publics. Schlemmer sut se montrer à la hauteur de ces importantes et difficiles fonctions, où il s’opposa de son mieux à l’ingérence de la politique dans les questions d’intérêt général. Le jour, nous apprend M. Huet, où il ne put faire prévaloir ses idées d’ingénieur soucieux du seul bien public , il n’hésita pas à se retirer. Mis alors à la tête du service du
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- contrôle de l’exploitation de la Compagnie de Paris-Lyon-Méditerranée, il y prit sa retraite en 1885 comme Inspecteur général des Ponts et Chaussées; mais il continua jusqu’à sa mort à faire profiter l’industrie et, en particulier, les chemins de fer de sa grande expérience. Nommé membre de notre Conseil en 1884, il lui consacra ses loisirs, assez rares encore, à la rédaction des rapports et mémoires remarquables qu’il écrivit pour notre Bulletm et dont M. Huet vous a donné l’analyse. Ainsi s’acheva, dans une retraite laborieuse, une longue vie d’honneur et de probité, qui mérite à la mémoire de M. Schlemmer l’affection et le respect de tous.
- Comme nous l’a si bien dit M. Dufresne de Saint Léon dans sa notice nécrologique sur M. de Salverte (i), notre Société a besoin, pour répondre à son multiple objet, de faire appel au concours de toutes les capacités, dans les champs les plus divers de l’activité scientifique, industrielle et commerciale. Le comte de Salverte, membre de notre Comité des Constructions et Beaux-Arts depuis 1876, ancien Maître des requêtes au Conseil d’État, nous apportait le concours d’une connaissance profonde des choses de l’administration, dont les règlements, dans notre pays surtout, intéressent, on peut le dire, presque tous les actes des sociétés, comme des particuliers. M. de Salverte était, dans toute l’acception du terme, un homme de bien; il se montra toujours très attaché à notre Société et disposé à aider de ses conseils, de ses recommandations, souvent de ses deniers, les inventeurs que nous lui adressions. Sa perte inattendue nous a été des plus pénibles, et laisse parmi nous d’unanimes regrets.
- M. Antony Pollock, membre correspondant de notre Comité des Constructions et Beaux-Arts, l’une des victimes du naufrage de la Bourgogne, avait acquis, aux Etats-Unis, comme ingénieur conseil en matière de brevets d’invention, une situation prépondérante, dont il mettait généreusement l’influence au service des ingénieurs français qui venaient le consulter. Sorti de l’École centrale des Arts et Manufactures, il avait conservé pour notre pays, qu’il venait revoir presque chaque année, une reconnaissante affection, qu’il était heureux de témoigner à nos compatriotes. Que notre pays soit sincèrement aimé de ceux dont son hospitalité a facilité les débuts, ce n’est que justice assurément; mais cette justice ne lui est pas toujours rendue. Nous devons donc un sympathique hommage à la mémoire de M. Pollock (2).
- (1) Bulletin de mai 1899.
- (2) Bulletin d’août 1898, p. 919. Notice de M. Appert.
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- Pressé parle temps, je ne puis que vous rappeler les noms de nos autres correspondants et des membres de notre Société décédés cette année : le général Annenkoff, correspondant de notre Comité d’Agriculture, l’illustre constructeur du chemin de fer Transcaucasien, qu’il a poussé avec une rapidité si étonnante à travers le continent asiatique ; M. Pepratx, correspondant de notre Comité des Constructions et Beaux-Arts; M. de Llaurcido, ingénieur en chef des forêts d’Espagne, membre correspondant de notre Comité de Mécanique ; MM. Bayle, Brault, Cavaré, Decaux, Charles Garnier, Gillet, Leroy, Mandet, Mondollot, Pillon, membres de notre Société. J’adresse à leurs familles et à leurs amis l’expression de nos vives sympathies.
- Vous savez que, chaque année, nous décernons, sur la proposition de l’un de nos six Comités, une grande médaille d'or aux auteurs, français ou étrangers, des travaux qui ont exercé la plus grande influence sur les progrès de l’industrie française pendant le cours des six années précédentes. C’est au Comité d’Agriculture qu’il appartenait de désigner, pour cette année, le lauréat de cette grande médaille. Son choix s’est porté sur M. H. Joulie, dont les travaux, poursuivis avec une rare persévérance, ont très efficacement aidé au développement de la production agricole en France. Son laboratoire est devenu, suivant l’heureuse expression de M. Risler, une véritable station agronomique; il est aujourd’hui le chimiste consultant de plus de mille fermes de France ; il est de ceux qui ont le plus contribué à faire passer dans la pratique courante l’emploi rationnel et méthodique des engrais chimiques, emploi qui constitue le plus grand progrès de notre agriculture moderne. M. Risler, qui connaît si bien toutes ces questions et qui a lui-même apporté tant de lumière dans la comparaison des différents terrains géologiques au point de vue agricole et dans l’étude des cultures et des engrais qui leur conviennent, nous dit, dans le rapport qu’il a rédigé au nom du Comité d’Agriculture, que l’emploi des engrais chimiques a augmenté de près d’un milliard le rendement annuel de nos récoltes. De pareils résultats placent leurs auteurs au premier rang des bienfaiteurs de notre pays ; leur œuvre pacifique et bienfaisante, quoique souvent ignorée du grand public, mérite l’admiration et le respect de tous. C’est dire combien nous serons heureux de remettre tout à l’heure à M. Joulie cette haute récompense de notre Société.
- Nous devons à la générosité de M. Fourcade de pouvoir décerner chaque année, en son nom, un prix de 1 000 francs à celui des ouvriers de l’in-
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- dustrie des produits chimiques, qui, parmi les candidats, a passé le plus grand nombre d’années dans un même établissement. Le prix Fourcade est décerné cette année à M. Dorne, ouvrier depuis quaranle-neuf ans aux établissements Kuhlmann, dont notre dévoué secrétaire, M. Collignon, vous dira bientôt la simple et digne existence.
- Le prix triennal, d’une valeur de 500 francs fondé par Mmc Vv(> Melsens, pour récompenser l’auteur d’une application de la physique ou de la chimie à l’électricité, à la balistique ou à l’hygiène, est décerné cette année à M. le Dr Gréhant, professeur au Muséum d’histoire naturelle, président de la Société française d’hygiène. Les services rendus par M. Gréhant à l’hygiène sont connus de tous ceux qui s’intéressent à cette science, qui a tant progressé depuis vingt ans. Il suffit de rappeler ses travaux sur les Gaz du sang, la Respiration, les Poisons de l'air, le Grisou, le Gaz d'éclairage, enfin XOxyde de carbone, le grand ennemi, que M. Gréhant a su atteindre et dévoiler au milieu de ses dissimulations les plus subtiles et dont il nous a entretenus, ici même, dans deux conférences que nous n’avons pas oubliées (1). Ces travaux ont déjà mérité à M. Gréhant de hautes récompenses de XAcadémie des Sciences et de XAcadémie de Médecine; nous sommes heureux d’y ajouter aujourd’hui la nôtre, en souhaitant à notre lauréat la continuation de ses succès.
- Parmi les problèmes de la mécanique aucun n’a sollicité les chercheurs depuis plus longtemps et avec plus d’attraits que celui de la navigation aérienne, dont la solution serait pour l’humanité un immense bienfait. Mais cette solution, après tant de recherches, semble être encore bien lointaine au point de vue industriel; il nous manque à la fois et le moteur suffisamment énergique et léger et la connaissance des réactions de l’air sur lequel il prendrait son appui. C’est pour favoriser l’étude de ces réactions que notre comité a institué, cette année, un prix de 2 000 francs. Ce prix n’est pas décerné, mais l’un de nos deux lauréats, M. l'abbé Le Dantec en reçoit la presque totalité à titre d’encouragement. Malgré le peu de ressources dont il disposait, M. l’abbé Le Dantec a su, comme vous le dira tout à l’heure M. Barbet, imaginer et construire des appareils, grâce auxquels il a pu découvrir quelques propriétés nouvelles de la résistance opposée par l’air aux surfaces en mouvement et en déterminer les coefficients, données des plus importantes pour le problème de l’aviation. Nous ne pouvons que féliciter
- (1) Bulletins d’avril 1898, p. 408, et de mai 1899, p. 297.
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- M. l’abbé Le Dantec de son beau succès et l’engager à le poursuivre : nous félicitons vivement aussi notre second lauréat, M. Canovetti, dont le travail relatif à la meme question présente aussi beacoup d’intérêt.
- Je vous signalais l’an passé les beaux travaux exécutés, sous le patronage de notre Comité de Mécanique, par M. Frémont sur le poinçonnage des métaux; poursuivant ses recherches sur les machines-outils, en collaboration avec M. Huillier, ingénieur au chemin de fer de l’Ouest, M. Frémont nous a présenté cette année (1), sur le rendement de ces machines, un très remarquable travail, qui a mérité à leurs auteurs le prix de 2 000 francs, institué en vue d’une étude sur la 'production des machines-outils. Ce travail a le grand mérite d’apporter des chiffres précis, des résultats bien contrôlés et pratiques sur une question, au sujet de laquelle on ne possède, malgré son extrême importance, que très peu de données exactes et précises. Cette ignorance s’explique par la complexité de pareilles études et aussi par leur inévitable longueur et les frais qu’elles exigent : il faut y dépenser, avec une intelligence parfaite du sujet, beaucoup d’habileté, de temps et d’argent. Nous devons féliciter les chercheurs, qui ne reculent pas devant de pareils obstacles; mais nous ne pouvons nous empêcher d’exprimer le regret qu’il n’existe pas, en France, de laboratoire de mécanique, où ils puissent trouver l’outillage et les ressources nécessaires. Ces institutions existent à l’étranger, aux Etats-Unis surtout; elles sont richement dotées et permettent aux ingénieurs ou savants d’y faire des recherches sans y compromettre leur avoir. Ce n’est pas d’ailleurs, d’aujourd’hui, que la nécessité de ces laboratoires se manifeste avec une incontestable évidence; en 1889, le Congrès international de mécanique appliquée a, sur l’initiative de notre collègue, M. Hirsch, émis le vœu que des laboratoires de mécanique fussent installés dans certaines écoles du gouvernement aussi bien que dans quelques grandes administrations, et certains établissements d’utilité publique, comme le conservatoire des Arts et Métiers. Nous en sommes aujourd’hui au même point qu’en 1889. On peut donc dire que nous avons reculé, puisque nous assistions aux progrès réalisés dans cette voie à l’étranger, pendant que nous restions stationnaires. Nous engageons néanmoins ceux d’entre vous, Messieurs, qui participeront au Congrès de mécanique de 1900, à renouveler un vœu analo-
- (1) Bulletin d’avril 1899.
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- gue; car le passé et le présent nous montrent qu’il ne faut jamais désespérer du triomphe final des idées justes.
- Nous avons institué, l’an passé, deux nouveaux prix de 500 francs chacun, pour des recherches scientifiques de chimie, dont les résultats seront jugés de nature à être utiles à l’industrie. Ces deux prix, fondés dans le but d’orienter vers des applications industrielles possibles les recherches des jeunes chimistes, sont décernés, cette année, l’un à M. Boudouart, pour ses travaux sur les conditions de la dissociation de l’oxvde de carbone, l’autre à M. Mouneyrat, pour ses travaux sur les hydrocarbures bromurés. La valeur de ces travaux, qui vous sera tout à l’heure exposée par MM. Le Chatelier et Jungfleish, démontre que nous ne nous sommes pas trompés en instituant ces nouveaux prix, et nous a décidés à les renouveler pour l’année 1900.
- Le prix de fondation institué par M. Meynot est biennal; il peut être attribué au petit « cultivateur, viticulteur ou maraîcher qui, cultivant son bien « ou le bien d’autrui, soit seul, soit avec les bras de sa familleou aidé par un « ouvrier au plus, aura donné le meilleur exemple par sa conduite, par son « assiduité au travail, par l’ordre de son ménage, et qui, grâce à l’application « des meilleures méthodes de culture et de l’outillage le plus perfectionné, « aura réalisé les meilleurs résultats dans sa petite exploitation ». Ce prix, qui devait être attribué cet année à un cultivateur de la Drôme, n’a pas été décerné; mais nous en avons partagé le montant entre quatre cultivateurs de la Drôme, MM. Brunet, Blachon, Bonneton et Raymond, dont M. Heuzé vous racontera les travaux et les succès, Ils sont des plus intéressants au point de vue social, en ce qu’ils montrent que, pour s’assurer l’aisance et l’indépendance, tout en contribuant à la prospérité générale, rien ne vaut le travail, la bonne conduite et l’épargne.
- Notre prix de 2000 francs, pour une Étude de ïAgriculture et de l'Économie rurale d'une 'province ou d’un département français, est rarement décerné tout entier à l’un des nombreux candidats, qui ne lui font jamais défaut. Cette année encore, il a été partagé en plusieurs encouragements: 500francs à M. Géry, pour son Étude agronomique de la commune de J en fosse; 500 francs à M. Guenaux, pour son Étude de la plaine de Caen, et deux médailles de vermeil : à MM. Zacharewicz, pour son Étude du Vaucluse, et à M. Bayer, pour son Étude du département de Seine-et-Marne.
- Je vous disais, il y a un instant, en vous parlant de modestes cultivateurs, qu’il n’y a encore, pour parvenir à l’indépendance et à l’aisance, rien de mieux que ces vieilles vertus : le travail, la bonne conduite, l’épargne,
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- qui ont fait, plus que toute autre chose, la grandeur de la France et la solidité de notre ordre social. Cela est également vrai dans toutes les professions honorables. Je n’en saurais trouver de plus frappant exemple que la carrière de M. Fleurant, à qui nous décernons aujourd’hui notre médaille Dumas. Entré comme apprenti, en 1848, à l’âge de treize ans, à l’imprimerie Chaix, il y franchit successivement les différents degrés de la hiérarchie. Il est, depuis l’année 1861, directeur de ce grand établissement. Dans ce poste difficile, M. Fleurant a su non seulement se montrer digne de l’entière confiance de ses patrons, mais aussi s’attirer l’estime et la sympathie générales; car ses camarades de la Société fraternelle des protes des imprimeries de Paris se sont joints à M. Chaix pour le signaler à notre attention et lui faire obtenir cette médaille en témoignage de ses mérites.
- Parmi les travaux entrepris sous le patronage de notre société, il en est qui se sont terminés par un succès définitif; je citerai ceux de notre Commission des filetages. Vous savez qu’au Congrès international des filetages, tenu à Zurich en octobre 1898 (1), le système des filetages français, proposé par notre Société, a été universellement adopté sous le nom de Système international, sauf par l’Angleterre et les Etats-Unis, qui n’ont pas encore le système métrique. Il est inutile d’insister sur l’importance d’un pareil résultat; nous nous bornerons à remercier de nouveau et à féliciter de tout cœur ceux de nos collègues : MM. Kreutzberger, Linder, Marre, Sauvage et le général Sebert, qui nous ont représentés à Zurich et qui ont contribué à ce grand succès de la science appliquée à l’industrie.
- L’œuvre entreprise par notre Commission des alliages n’est pas terminée ; elle ne le sera peut-être jamais, tant se renouvelle sans cesse le sujet multiple et varié de ses travaux ; mais il s’y est ajouté un récent et remarquable travail de M. Charpy (2) relatif à XInfluence de la température sur les alliages métalliques. L’ensemble des mémoires publiés dans nos Bulletins constitue, dès à présent, un ouvrage considérable, entièrement original, rempli de faits bien établis et du plus haut intérêt. Nous comptons les publier, au commencement de 1900, en un volume, qui permettra de réunir, sous une forme accessible à tous, les précieux documents accumulés par une longue série de travaux poursuivis par nos chers collaborateurs avec une persévérance et un désintéressement dignes des plus grands éloges.
- (1) Bulletin de mars 1899, p. 421.
- (2) Bulletin de février 1899, p. 191.
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- Dans le même ordre d’idées, celui des recherches exécutées aux frais ou sous le patronage de notre Société et de ses donateurs, je dois aussi vous rappeler les travaux publiés cette année dans notre Bulletin par MM. Cou-peau, Le Chatelierpi Vogt (1) sur les Pâtes céramiques, par MM. Saglio et Damour sur les Emaux (2), par M. Grenet sur les Verres (3), travaux dont la valeur a été hautement appréciée tant à l’étranger qu’en France. Le suc-cès de pareils travaux, sous l’impulsion donnée par la Société d’Encourage-ment, est bien fait pour nous engager à persévérer dans une voie aussi féconde pour la science et l’industrie.
- D’autres recherches sont actuellement poursuivies dans les mêmes conditions : par M. Brillouin sur le Réglage des Chronom'etres,^dec M. Villard sur Y Application des rayons de Rœntgen à la Photograjihie, par M. Derval sur la Résistance des Ciments à l’eau de mer. Nous ne doutons pas qu’elles n’aboutissent bientôt aussi heureusement que les précédentes.
- A côté de ces recherches, nous avons publié dans notre Bulletin des mémoires originaux de nos collègues : M. Livache, sur les Résinâtes et oléates métalliques employés comme siccatifs (4); M. Ronnci, sur le Tibre (5) ; M. Simon, sur le Transport électrique de la Force motrice à domicile dans la région de Saint-Etienne (6); M. Cord, sur la Géologie agricole de la Lozère il) ; M. De Billy et M. Marillier, sur la Métallurgie du fer (8); M. Marchai, sur Y Influence de ïarsenic sur les propriétés mécaniques des aciers (9). Ces travaux, joints aux communications qui nous sont présentées et aux rapports de nos comités, contribuent puissamment à la valeur de notre Bulletin et justifient bien les dépenses consacrées à leur publication.
- Les conférenciers non plus ne nous ont pas fait défaut. On retrouvera bientôt dans notre Bulletin les communications si intéressantes qui nous ont été faites : par M. Bciclé sur les Plaques de blindage ; par M. Ber tin, sur les Machines marines ;par M. de Ckasseloup-Laubat, sur les Marines de guerre;
- (1) Bulletin d’octobre 1898, p. 1274-1309 et 1317.
- (2) Bulletin d’août 1898, p. 1060.
- (3) Bulletin de novembre 1898, p. 1507.
- (4) Bulletin de décembre 1898, p. 1597.
- (5) Bulletins de septembre et novembre 1898, p. 1125 et 1401.
- (6) Bulletin de décembre 1898, p. 1617.
- (7) Bulletins de février, avril, mai 1899.
- (8) Bulletin de septembre 1898, p. 1219.
- (9) Bulletin de novembre 1898, p. 1336.
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- par M. Couhin, sur la Propriété industrielle ; par M. Gall, sur Y Industrie électro-chimique ; par M. Pérard, sur les Pêches maritimes à T Exposition de Bergen; par M. le commandant Renard, sur Y Aéronautique. Nous leur remettrons tout à l’heure, en leur disant au revoir, notre médaille commémorative, comme remerciement sincère pour la peine qu’ils ont prise de répondre à notre appel avec tant d’obligeance, de bonne volonté et de talent.
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- Rapport fait sur les titres de M. H. Joulie, à la grande médaille d'or, à l’effigie de Thénard, par M. Risler, membre du Comité d'Agriculture.
- Messieurs,
- Nous avons à décerner cette année notre grande médaille d’or à l’effigie de Thénard à l’auteur des travaux qui ont exercé la plus grande influence sur les progrès de l’agriculture française. Notre comité nous proposa de l’attribuer à M. H. Joulie.
- Le principal progrès réalisé depuis trente à quarante ans par l’agriculture française a été l’emploi des engrais chimiques, et M. H. Joulie est certainement un de ceux qui ont le plus contribué à le faire passer dans la pratique courante de nos fermes et à augmenter ainsi de près d’un milliard leurs récoltes annuelles de céréales, de fourrages, de vin, etc. Mais l’accroissement du produit brut ne suffisait pas. Pour lutter contre la concurrence étrangère, il fallait en même temps diminuer le prix de revient des produits, et c’est en cela que M. H. Joulie a été particulièrement utile à nos cultivateurs.
- Les premiers vulgarisateurs des engrais chimiques en France, entre autres M. Georges Ville, avaient spécialisé ces engrais beaucoup plus d’après les plantes que d’après les terrains auxquels ils étaient destinés. Ils prétendaient que les engrais chimiques sont supérieurs au fumier de ferme et qu’ils doivent ou peuvent le remplacer. Ils employaient dans tous les sols des engrais complets. Mais à quoi bon donner à ces terres ce qu’elles contiennent déjà en quantités suffisantes. Cela coûte trop cher. Cela ne paie pas. Cela augmente le produit brut, mais cela n’augmente pas le produit net.
- M. Joulie n’exclut pas le fumier de ferme qui, sauf de rares exceptions, est et restera toujours la base de la fertilité de nos terres. Mais, suivant son expression, le fumier est l'image des terres où il a été produit. Dans les terres trop pauvres en acide phosphorique ou en potasse, il est lui-même trop pauvre en acide phosphorique ou en potasse, comme les pailles et les fourrages au moyen desquels il a été fabriqué. Il faut le compléter au moyen
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- de phosphates ou de sels de potasse. C’est là le véritable rôle des engrais chimiques : ils doivent servir de compléments au fumier de ferme.
- Mais comment savoir quels sont les engrais chimiques qu’il faut employer dans telle ou telle autre ?
- M. Joulie commence par analyser la terre.
- Entrant dans la voie ouverte par Paul de Gasparin, il la détermine dans le laboratoire. Il cherche à obtenir, comme lui, des réponses précises à ces questions. Cette terre a-t-elle plus ou moins besoin de chaux, de potasse, d’acide phosphorique ou d’azote dans un état plus ou moins soluble? Leur emploi sera-t-il payé par les récoltes?
- Puis, allant plus loin encore, M. Joulie contrôle la réponse du laboratoire par celle des champs d’essais; après avoir interrogé les réactifs et la balance, il interroge les plantes elles-mêmes, en comparant les effets que produisent sur elles la potasse, l’acide phosphorique, les nitrates, etc., associés deux à deux, ou trois à trois, etc., de manière à en faire des engrais analyseurs. Il interroge toutes les plantes qui sont ou qui pourraient être cultivées dans la terre soumise à son expertise, et il réussit ainsi à trouver, non seulement ce qu’il faut à cette terre, mais ce qui convient spécialement à chacune de ses récoltes et, par suite, dans quelle période de la rotation ou de l’année il faut appliquer tel engrais ou tel autre.
- Enfin, dans les cas douteux, M. Joulie emploie un procédé dont il sait tirer un parti très ingénieux : il choisit dans un même champ les plantes les plus parfaites; il compare leur composition chimique au moment de la floraison avec celles de plantes voisines dont le développement est moins complet ou qui ont éprouvé quelque accident, comme la verse, l’échau-dage, etc., et cette comparaison lui a souvent fourni des renseignements précieux sur les causes de ses insuccès et, par suite, sur les remèdes qu’il fallait employer pour les prévenir.
- Pour apprécier les résultats auxquels cette méthode a conduit M. Joulie, citons quelques exemples parmi les fermes qui ont suivi ses conseils :
- Dans les terres moyennes de la propriété de M. de Bohans, en pleine Champagne Pouilleuse, à Fresnes, M. Joulie trouve par l’analyse à peu près ja dose nécessaire d’acide phosphorique : presque le double de celle qu’il faut pour l’azote, mais pas la moitié de celle que devrait atteindre la potasse.
- Les essais d’engrais confirment ces résultats. L’absence de potasse dans ces engrais fait tomber les récoltes de blé à 15 hectolitres par hectare, et ce blé ne pèse que 67 kilogrammes par hectolitre, guère plus que sur les
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- parcelles sans engrais. L’azote seul ne fait presque rien, et l’acide phospho-rique n’augmente la récolte qu’à la condition d’être lui-même accompagné de potasse qui parait favoriser son assimilation.
- Nous voilà fixés. La potasse est l’engrais complémentaire par excellence des terres crayeuses. Avec le fumier de sa ferme, M. de Bohans ne pouvait jamais dépasser 18 à 20 hectolitres de blé par hectare. Mais une addition de 50 à 60 kilogrammes de potasse à l’état de chlorure suffit pour porter la récolte à plus de 30 hectolitres.
- Même résultat pour la luzerne.
- En Sologne, une terre du domaine de M. Rousseau, à la Rebutinière, près de Souesmes, ne contient que
- 0,215 pour mille d’acide phosphorique.
- 0,09 — de potasse.
- 1,15 — de chaux.
- 1,25 — d’azote.
- Elle est pauvre en tout, excepté en azote, mais cet azote est à l’état de matières organiques, débris de racines, etc.; c’est ce que l’on appelle en Sologne un pcitureau, rempli d’ajoncs, de ronces, de bruyères et de fougères. M. Rousseau les fait enlever à la serpe et, d’après les conseils de M. Joulie, il y sème en septembre 1 000 kilogrammes de phosphate fossile. Dès la première année, dit-il, le résultat a été surprenant; il a pu y nourrir 1 000 kilogrammes de poids vif par hectare. La deuxième année, il applique 100 kilogrammes de chlorure de potassium, et la troisième, 10 à 20 hectolitres de chaux à l’hectare.
- Le laboratoire de M. Joulie est devenu une véritable station agronomique, et il est le chimiste consultant pour les terres et les plantes de plus de mille fermes situées dans les diverses régions de la France.
- Le pays où il a rendu le plus de services et obtenu les résultats les plus merveilleux, c’est la Brie. Par exemple, chez M. Émile Rémond, à Mainpin-cien. M. E. Rémond cultive une ferme de 308 hectares, située à environ 7 kilomètres de la station Verneuil-Chaumes du chemin de fer de l’Est, et ses terres se composent de limons sablonneux, pauvres en chaux, comme la plupart de ceux qui couvrent les argiles à meulières sur les plateaux de la Brie. Y créer des herbages ou des prairies permanentes serait impossible. Pendant longtemps, les cultures de trèfle et de luzerne y avaient donné de grands profits, mais on en avait abusé, et leurs rendements diminuaient de plus en plus. Les fumiers produits sur la ferme coûtaient trop cher et, d’un
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- autre côté, ils ne donnaient que des récoltes de céréales très sujettes à la verse et à l’échaudage, exubérantes en paille, mais pauvres en grain. L’avenir commençait à inquiéter gravement M. Rémond, lorsqu’il eut l’heureuse idée de consulter M. Joulie. Quelques analyses montrèrent immédiatement que les terres de Mainpincien étaient riches en azote, même relativement trop riches, mais qu’elles étaient assez pauvres en chaux, en potasse et en acide phosphorique. On essaya de rétablir l’équilibre par des chaulages légers et fréquents et par l’emploi du superphosphate de chaux et du chlorure de potassium mélangés avec un égal poids de plâtre. Les résultats en furent très satisfaisants. Peu à peu, on chercha non seulement à compléter le fumier, mais à le remplacer totalement en ajoutant aux engrais minéraux du nitrate de soude ou du sulfate d’ammoniaque. On obtint alors des récoltes de blé beaucoup plus sûres et plus régulières qu’avec le fumier ; elles ne souffraient plus, comme le dit M. Rémond, tantôt de pléthore, tantôt d’anémie; les maxima arrivaient comme autrefois à 42 hectolitres à l’hectare, mais les plus faibles ne descendirent plus jamais au-dessous de 24 hectolitres, tandis qu’avec le fumier de ferme, la verse les réduisait souvent à 10 hectolitres. La moyenne avec les engrais chimiques est de 33 hectolitres; sous l’ancien régime, elle n’était que de 26. Même progression pour l’avoine, pour les betteraves, etc.
- Rien plus, les luzernes et les trèfles ont retrouvé leur ancienne vigueur; le sol n’en est plus fatigué depuis qu’on leur a rendu la chaux, l’acide phosphorique et la potasse que l’excès de leur culture avait fait disparaître.
- Autre exemple. Dans le même pays, à Arcy-en-Rrie, M. Nicolas a entrepris en 1872, la transformation de 360 hectares d’argiles à meulières très pauvres, et dont 210 étaient même en friche depuis de longues années. Aujourd’hui, ces terres lui donnent en moyenne 33 hectolitres de blé, 54 hectolitres d’avoine, 5 000 kilogrammes de trèfles et 7 000 kilogrammes de luzerne par hectare. M. Nicolas a compris que la bonne pratique doit reposer sur des principes scientifiques et il a eu pour guide M. Joulie dont les analyses et les conseils l’ont aidé à régler la fumure de ses terres et l’alimentation de ses vaches laitières.
- Signé : Risler, rapporteur.
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- COMITÉ DES ARTS CHIMIQUES
- PRIX FOURCADE
- Rapport de M. E. Collignon, secrétaire.
- M. Adrien Dorne, déjà titulaire d’une médaille d’argent décernée par le Ministère du commerce, compte quarante-neuf ans de services aux établissements Kulhmann (usine de Loos). Il y a occupé durant de longues années le poste de chef-ouvrier de la fabrication des produits chlorés, jusqu’au jour où un accident a occasionné son entrée dans le laboratoire. Très populaire à l’usine, où son dévouement est en quelque sorte légendaire, M. Dorne est est un exemple parfait du travailleur consciencieux, infatigable et dévoué. Toujours le premier à la besogne, il n’hésite devant aucune tâche, si pénible soit-elle, et ceux-là seuls sauront apprécier un tel dévouement, qui connaissent combien la fabrication en question est difficile. L’attribution du prix Fourcade est le digne couronnement d’une carrière si bien remplie.
- PRIX MELSENS
- Rapport de M. Violle, au nom du Comité des Arts économiques.
- M. le Dr N. Gréhant, membre de l’Académie de Médecine, professeur au Muséum d’histoire naturelle, a effectué de belles et patientes recherches sur diverses questions de physique et de chimie qui intéressent au plus haut degré l’hygiène. Il a combiné des appareils ingénieux pour extraire les gaz contenus dans les liquides, les doser et les analyser. Il a employé ces appareils à l’étude des gaz du sang et des produits de la respiration, à la recherche des gaz ou vapeurs toxiques qui peuvent être mêlés à l’air; il a pris une part active à la lutte contre le grisou, il a dénoncé les dangers que peuvent occasionner certains appareils de chauffage et d’éclairage. Ecrivain aussi habile qu’expérimentateur ingénieux, il a fait ressortir les conclusions de
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- PRIX MELSENS.
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- ses expériences dans diverses publications et spécialement dans un très intéressant aide-mémoire de la collection Léauté, intitulé les Gaz du sang. Je n’ai pas à rappeler ici les deux récentes conférences faites avec un si légitime succès devant la Société d’Encouragement sur l'oxyde de carbone, le grisou et le grisoum'etre et sur les produits de combustion du gaz d'éclairage. Honorés de plusieurs prix à l’Académie des Sciences, les travaux de M. Gréhant n’ont plus à être loués. Je ne puis cependant résister au plaisir de rappeler ses remarquables investigations touchant l’oxyde de carbone. Après avoir montré comment un oiseau ou un petit mammifère introduit dans une atmosphère confinée donne le moyen le plus simple de savoir si l’on y peut pénétrer sans crainte, M. Gréhant a reconnu que le sang d’un animal ayant respiré pendant un certain temps dans une atmosphère contaminée permet de déceler des traces d’oxyde de carbone, ce gaz ayant la propriété de s’attacher à l’hémoglobine, d’où on peut ensuite l’extraire pour le doser.
- A l’aide de ce procédé physiologique, M. Gréhant a pu effectuer des dosages exacts d’oxyde de carbone, en reconnaître la présence dans les produits de la combustion avec des appareils qui en dégageaient cependant très peu, et signaler ainsi en maintes circonstances ce redoutable poison.
- En conséquence, la Société d’Encouragement se plaît à reconnaître les importants résultats obtenus par M. Gréhant et lui décerne le prix Melsens.
- Signé : J. Violle, rapporteur.
- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Juillet 1899.
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- Rapport fait par M. Barbet, au nom du Comité des Arts mécaniques (1) sur le prix proposé pour une étude des coefficients nécessaires au calcul mécanique d’une machine aérienne. Recherches de M. Canovetti et de M. l’abbé Le Dantec.
- Parmi les prix ressortissant au Comité des Arts mécaniques, le Conseil de notre Société a donné le programme d’un prix pour une étude essentiellement expérimentale ayant pour but la détermination des réactions qui se produisent aux divers points d’une surface se mouvant dans l’air dans des circonstances variées de nature, de forme et de vitesse.
- La détermination de la résistance qu’oppose l’air auxsurfaces en mouvement parait, en effet, être le point de départ de l’étude de la navigation aérienne. Déjà plusieurs ingénieurs ont tenté la solution de ce problème soit en plaçant les surfaces étudiées à l’extrémité d’une perche horizontale tournant autour d’un axe vertical, soit en notant la vitesse de chute dans l’eau de solides de formes déterminées ; mais aucune de ces expériences n’a été faite dans des conditions tout à fait satisfaisantes de précision.
- Le prix proposé par notre Société a donné un nouvel élan à ces recherches et plusieurs candidats présentent des travaux exécutés en vue de ce prix. Deux seulement se sont maintenus dans les termes du programme : ce sont M. Canovetti et M. l’abbé Le Dantec.
- La résistance que l’air oppose au mouvement des surfaces peut être mesurée en attachant celles-ci à un chariot descendant librement sur un rail incliné. Si le chariot et sa surface d’essai n’éprouvaient aucune résistance, leur vitesse, à un moment donné, résulterait seulement de la hauteur de leur chute. En réalité, la vitesse observée est plus petite : le frottement de roulement du chariot, la résistance opposée par l’air au mouvement de ce chariot et de la surface d’essai sont des forces qui diminuent l’action de la pesanteur et qui, à un moment donné, arrivent à l’égaler, puisqu’elles
- (1) Commissaires : MM. Hirsch, Imhs, Masson et Barbet, rapporteur.
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- croissent avec la vitesse. A ce momejut, le chariot prend un mouvement uniforme, et l’on peut dire que, pour cette vitesse uniforme, le total des résistances mentionnées est égal au poids du chariot et de la surface expéri-, rnentée.Un essai préliminaire avec le chariot seul permet dé déterminer ce qui appartient au chariot dans le total des.résistances, et on obtient, par différence, ce qui revient à la surface d’essai.
- M. Canovetti a suivi cette méthode, mais il n’a pas réalisé l’expérience, dans des conditions suffisantes d’exactitude. Au lieu du plan incliné régulier, il emploie un fil de cuivre de 3 millimètres de diamètre et de 370 mètres de longueur, dont il attache une extrémité dans une plaine et l’autre au flanc d’une colline. Dans les expériences faites, la partie inférieure de cette chaînette s’est trouvée naturellement beaucoup moins inclinée que sa partie supérieure et a même présenté, dans certains cas, une contre-pente qui ralentissait la marche du chariot. C’est pourquoi M. Canovetti ne tint pas compte des derniers 90-mètres de parcours. — D’autre part, il détermina les résistances dues au chariot seul en le faisant rouler sur un fil moins long et beaucoup moins incliné que le fil d’essai : la suppression de la surface expérimentée fait, en effet, disparaître la principale résistance opposée au mouvement du chariot et, pour retrouver des vitesses d’expérience, il faut réduire la pente du fil. Ces essais ont semblé indiquer que la résistance opposée au mouvement du chariot seul était proportionnelle à sa vitesse.
- La mesure de cette résistance est une première cause d’erreur; en outre,; le chariot roulant sur un long fil flexible lui imprime des flèches variables à tout instant et changeant encore, à chaque expérience, avec le poids du chariot et sa vitesse. Pour mesurer cette vitesse, M. Canovetti s’est contenté de lire sur un chronomètre l’instant du départ du chariot et celui de son passage devant un mât placé à 90 mètres du point d'attache du fil dans la plaine. La vitesse a été déterminée en divisant les 280 mètres parcourus par le chariot par le temps écoulé entre les deux lectures. En réalité, la hauteur verticale d’où le mobile est tombé a été altérée par les flèches du fil ; en outre, la vitesse a varié à chaque instant en partant de zéro, et la moyenne prise dans l’expérience ne peut être qu’une approximation. Toutes ces imperfections semblent difficiles à corriger et enlèvent aux résultats obtenus le caractère de précision qu’on exige aujourd’hui dans les expériences.
- Sous ces réserves, les expériences de M. Canovetti ont donné des résultats intéressants et il est à désirer qu’elles soient reprises avec plus de précision
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- dans la mesure des vitesses et surtout avec un chemin de roulement rigide, à l’abri des courants d’air, qui doivent troubler la marche d’un chariot léger et de grande surface.
- M. Canovetti a employé, dans ses essais, des surfaces planes, rondes et rectangulaires, et a trouvé que la résistance de l’air, ramenée à 1 mètre de surface plane et à la vitesse de 1 mètre par seconde, était d’environ 80 grammes pour le cercle et de 90 grammes pour le rectangle.
- Un cône droit de 1,5 de hauteur pour 1 de base, placé en poupe à l’arrière du cercle, a ramené la résistance à 60 grammes.
- Une demi-sphère, placée en proue à l’avant du cercle, a réduit la résistance à 22gr,5.
- Enfin, en plaçant à l’avant du cercle une proue formée d’un cône droit d’une hauteur double du diamètre de la base, et, à l’arrière, une poupe formée d’un cône droit d’une hauteur égale au diamètre de la base, la résistance est tombée à 15 grammes, soit à 1/5 de la résistance primitive.
- M. Canovetti a fait encore des essais sur des solides ayant la forme du ballon de Chalais en les garnissant de fdets divers. On trouvera dans son mémoire les résultats de ces expériences.
- M. l'abbé Le Dantec a employé, pour la solution du problème mis au concours, une méthode fort simple, qu’il avait déjà soumise à notre Société, et pour laquelle un prix de 500 francs lui a été décerné en 1893.
- La surface expérimentée est traversée par un fîl vertical servant de guide ; en la laissant tomber, elle prend d’abord un mouvement accéléré; puis la résistance de l’air, croissant avec la vitesse, ralentit ce mouvement, qui devient uniforme quand cette résistance est égale au poids de la surface. A partir de ce moment, le poids de la surface, qui tombe uniformément, mesure exactement la résistance opposée par l’air à son mouvement, pour la vitesse uniforme avec laquelle la surface continue de descendre.
- La surface essayée étant parfaitement équilibrée, on peut négliger le frottement de cette surface sur la tige servant de guide; son poids, son étendue sont des quantités faciles à mesurer avec précision. Il en est de même du temps de chute, grâce à un enregistreur électrique imaginé par M. l’abbé Le Dantec. Une bande de papier se déroule par un mouvement d’horlogerie et, sur cette bande, viennent, par une transmission électrique, s’imprimer les oscillations d’un pendule battant la seconde. D’autre part les choses sont disposées de telle sorte que l’ouverture du déclic détermi-
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- nant à volonté la chute de la surface d’expérience donne naissance à un courant électrique actionnant une roue à molettes qui marque sur la bande de papier une ligne de points. La course est limitée, suivant les besoins de l’expérience, par un buttoir et quand, dans sa chute, la surface vient en contact avec ce buttoir, le courant électrique qui s’était établi depuis le départ s’arrête, et la cessation du pointillé qu’il marquait sur la bande de papier indique le moment précis d’arrivée.
- Ainsi, l’opérateur peut faire varier la hauteur de chute de façon qu’elle s’opère successivement en uné, ou deux, ou trois secondes, etc. ; et, par différences, il a les espaces parcourus pendant chacune des secondes successives.
- M. l’abbé Le Dantec nous a présenté les bandes de papier obtenues dans ses expériences. L’exactitude des résultats obtenus est vérifiée par leur parfaite concordance : ainsi, entre plusieurs expériences successives ayant pour but de rechercher la hauteur d’où tombe une surface en plusieurs secondes, les écarts n’atteignent pas un centimètre.
- C’est dans la chapelle du Conservatoire des arts et métiers que M. l’abbé Le Dantec a pu faire avec fruit ses intéressantes opérations, grâce à la hauteur de la nef. Ses travaux lui ont donné les résultats suivants :
- 1° Un faible courant d’air, causé par le déplacement d’une personne dans la nef, suffit pour altérer considérablement les expériences; ce qui indique qu’elles doivent se faire dans une enceinte fermée, mais de suffisante étendue pour que les déplacements de l’air rencontré par la surface étudiée ne soient pas gênés par les murs;
- 2° Une surface carrée et plane d’un mètre carré d’étendue éprouve, de la part de l’air, quand elle parcourt un mètre par seconde, une résistance de 81 grammes;
- 3° M. l’abbé Le Dantec a expérimenté ensuite deux surfaces planes ayant également un mètre carré d’étendue, l’une ronde, la seconde triangulaire. Il a reconnu que la résistance de l’air était différente pour ces surfaces et, en rapportant ces résistances à la longueur de leurs périmètres, il est arrivé à établir que la résistance de l’air varie avec la forme de la surface et est proportionnelle à la longueur des contours des surfaces. Ce résultat n’avait pas encore été énoncé ;
- 4° Pour des vitesses variant autour d’un mètre par seconde, M. l’abbé Le Dantec a vérifié la loi de proportionnalité des résistances au carré des vitesses.
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- La méthode employée par M, l’abbé Le Dantec pour la solution du problème auquel vous avez réservé un prix nous a paru parfaite. Nous regrettons seulement que les circonstances n’aient pas permis à l’expérimentateur de jouir des délais nécessaires pour faire de plus nombreuses expériences. Il eût été notamment intéressant de faire varier la vitesse de .mouvement des surfaces dans des limites plus étendues, d’étudier les effets de l’inclinaison des surfaces planes, de rechercher l’action des proues et des poupes mises en avant ou en arrière de ces surfaces, etc. A ce point de vue, les expériences n’ont pas été suffisamment étendues.
- En conséquence, la Société d’Encouragement accorde la plus grande partie du prix de 2000 francs, soit 1 700 francs, à M. l’abbé Le Dantec.
- Elle accorde également à M. l’ingénieur Canovetti une médaille de vermeil; enfin, elle décide l’impression, dans son Bulletin, du résumé des mémoires de M. Canovetti et de M. l’abbé Le Dantec (1).
- Signé : Barbet, rapporteur.
- Rapport fait, au nom du Comité des Arts mécaniques, sur Y Étude sur la
- production des machines-outils façonnant les métaux, présentée par
- MM. F. Huillier et Ch. Frémont. (2).
- Dans cette étude très intéressante, que nous allons sommairement analyser, les auteurs font d’abord remarquer que le frottement des organes d’une machine-outil dont l’outil travaille est supérieur à celui de la marche à blanc et que cette augmentation varie, pour une même machine, à des périodes différentes, avec le graissage, l’état des surfaces frottantes, la direction des courroies, etc.
- Ils ont évalué cette augmentation pour un tour de 0m,60 de hauteur de pointe en mesurant au moyen d’un dynamomètre de rotation le travail total dépensé d’abord dans la marche à blanc et ensuite par la machine produisant un travail mesuré connu au moyen du frein de Prony.
- (1) Voir page 1024 du présent Bulletin.
- (2) Bulletin d’avril 1899, p. 573.
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- Le dynamomètre de rotation reposait sur l’emploi d’un ressort à boudin reliant deux parties différentes fixées Tune à l’arbre moteur, l’autre sur l’arbre intermédiaire. Un enregistreur indiquant les variations de compression du ressort et, par suite, l’effort transmis à la machine, donnait en même temps la vitesse de la courroie.
- Il fut ainsi constaté que la dépense de travail par révolution était d’autant plus grande que la révolution était rapide, et que l’augmentation de frottement était proportionnelle au travail utile.
- Mais cette augmentation étant variable, comme cela a été dit, le rendement de la machine, ou le rapport du travail utile au travail total, ne pouvait être fixé d’une manière absolue. De plus, le frein de Prony ne pouvait pas s’adapter à tous les tours. Aussi, les auteurs ont-ils procédé d’une autre manière pour évaluer la production des machines-outils.
- Ils ont recherché le travail dépensé à l’outil tranchant et en ont déduit le travail net pour produire un kilogramme de copeaux, ce qui leur a permis de comparer entre elles les machines-outils.
- Tours. — Le travail à l’outil a été obtenu en mesurant l’effort sur l’outil et en multipliant cet effort parle chemin parcouru par l’outil supposé tournant avec le plateau, et la pièce chargée étant fixe.
- Pour évaluer cet effort, MM. Huillier et Frémont ont imaginé le toc dynamométrique, c’est-à-dire un toc tiré par le plateau au lieu d’être poussé, et cela au moyen d’un ressort à boudin taré, dont l’amplitude indiquait l’effort transmis. Pour permettre l’enregistrement de cette amplitude sur un plan, une extrémité de l’arbre servant aux essais a été tournée et munie d’une douille mobile à frottement doux qui portait deux rainures circulaires. Un levier recevant les oscillations du ressort avait son extrémité dans l’une des rainures et mettait ainsi la douille en mouvement suivant l’axe; un autre levier mobile dans un plan et relié par son extrémité à la deuxième rainure où cette extrémité pouvait glisser traçait le mouvement sur un papier.
- Le tableau n° 1 du mémoire, reproduit à la page 587 du Bulletin d’avril 1899, donne les résultats des divers essais, avec cette remarque que le travail pour produire un kilogramme de copeaux, indépendamment du travail absorbé par la machine-outil, varie avec la qualité du métal tourné, avec l’épaisseur du copeau, avec la forme de l’outil, ses angles de coupe, son état d’affûtage. De plus, l’effort sur l’outil n’est pas régulier, parce que le métal n’est pas très homogène et que, lorsque le copeau se brise, il y a dimi-
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- nution de résistance, l’outil effectuant en même temps le tranchage du métal et l’enroulement des copeaux.
- Machines à fraiser et à percer. — Dans ces machines, l’effort est continu comme dans les tours, mais on n’a pas cherché l’effort sur l’outil pour les raisons suivantes et, pour ces opérations comme pour les suivantes, on a évalué le travail à l’outil en retranchant du travail total avec production le travail avec marche à blanc.
- Dans les fraiseuses, le travail à l’outil ne s’effectue pas dans les mêmes conditions de coupe du métal que dans les tours, et le faible frottement à la pointe de ces derniers est remplacé, dans les fraiseuses, par un frottement plus grand à la périphérie du porte-outil.
- Dans les perceuses, il se produit un frottement de l’outil dans les trous auquel s’ajoute le travail nécessaire pour dégager les copeaux et les remonter à la surface.
- Tous ces facteurs sont trop variables et empêchent la recherche directe de l’effort de l’outil.
- Les tableaux II et III (p. 592 et 593) donnent les résultats.
- Rabatteuses, mortaiseuses, limeuses. — Les essais dont les résultats sont indiqués dans le tableau n° 4 (p. 594) ont montré ce qui suit au moyen des dynamomètres.
- Rabatteuses. — Le retour de l’outil, plus rapide que l’aller, entraîne un travail supérieur à celui qui serait dépensé s’il-augmentait proportionnellement à la vitesse; ainsi, pour un retour une fois plus rapide qu’à l’aller, le travail sera supérieur au double du travail à l’aller. Au retour, le travail est plus grand lorsque la machine ne travaille qu’à blanc par suite du frottement de l’outil sur la pièce.
- L’absence de volant entraîne une irrégularité dans le travail et une plus grande dépense sans production utile.
- Mortaiseuses. —A l’aller, il y a en descendant chute d’effort due au poids du porte-outil. Quand la machine travaille, le même effort existe, mais il dure moins longtemps et cesse quand l’outil attaque le métal.
- Dans ces diverses machines, le travail pour 1 kilogramme de copeaux est assez élevé, parce que le porte-outil n’est guidé que dans une partie et fonctionne en porte à faux, ce qui augmente le frottement par une sorte de cais-sement.
- Meules en grès. — Deux morceaux d’aciers de mêmes dimensions, l’un dur, l’autre doux, ont été meulés sur une même meule et, pour presser ce
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- métal contre la meule, on s’est servi d’un chariot de tour où la vis d’avancement du plateau vers la meule était remplacé par des poids suspendus.
- On a trouvé ainsi que, la surface meulée étant la même, ainsi que la pression contre la meule, le travail dépensé pour l’acier dur était moins grand que pour l’acier doux, mais le poids dont celui-ci avait diminué était beaucoup plus grand.
- Le travail du meulage semble se diviser en un travail de framage qui a été, dans l’essai, les 2/3 du travail total et en un travail utile d'usure du métal.
- Il est préférable de meuler sous une grande pression, soit en augmentant cette pression, soit en diminuant la surface meulée; une partie du travail dépensé était employée au fraissage.
- Le travail de MM. Huillier et Frémont est très intéressant : il constitue un véritable progrès dans l’étude des machines-outils, aussi bien au point de vue des moyens employés pour les essais qu’à celui des résultats obtenus; il y aurait grand intérêt à le continuer par des études sur le profil de l’acier employé comme outil, sur la nature de cet acier la meilleure pour les diverses machines-outils et les divers métaux, sur la nature de sa trempe, sur l’influence du mode d’attache de l’outil et de la distance du point d’attache au point d’attaque de l’outil ; sur l’influence des surfaces frottantes et du poids des machines-outils ; sur le broutement, les avantages des grandes surfaces et des fortes machines pour le supprimer et obtenir un meilleur rendement. Il y aurait aussi lieu de comparer le travail produit par les machines-outils actuelles et les machines à percer, tarauder, buriner, mater, mues par l’air comprimé, dont l’emploi se développe peu en France, malgré leur grande économie d’argent et de temps.
- En conséquence, la Société d’Encouragement décerne à MM. Huillier et Frémont son prix de 2000 francs pour l’étude du travail des machines-outils.
- Signé : E. Polonceau, rapporteur.
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- ARTS CHIMIQUES
- Rapport, fait au nom du Comité des Arts chimiques, par M.H. Le Chatelier, sur les titres de M. Roüdouard, à l’un des prix de 500 fr. pour les recherches scientifiques (voir page suivante).
- La dissociation de l’oxyde de carbone en charbon et acide carbonique; la réaction inverse de l’acide carbonique sur le charbon, jo.uent un rôle important dans un grand nombre d’opérations métallurgiques, particulièrement dans la transformation du charbon en gaz combustible par les gazogènes et dans la réduction du minerai de fer au haut fourneau. On ne possédait cependant aucune donnée expérimentale précise sur cet intéressant phénomène d’équilibre chimique. Son étude rentrait donc absolument dans le cadre des deux prix proposés par la Société d’Encouragement pour engager les jeunes chimistes à diriger plus particulièrement leurs recherches vers les phénomènes chimiques mis en œuvre dans l’industrie.
- Le travail de M. Boudouard fournit sur la dissociation de l’oyde de carbone des données très précises, qui seront directement utilisables dans l’industrie. Il donne, aux différentes températures, les proportions relatives d’oxyde de carbone et d’acide carbonique qui sont en équilibre avec le charbon; il fait connaître, à chaque température, la vitesse avec laquelle le mélange gazeux se rapproche de son état d’équilibre. Il précise enfin le rôle des oxydes de fer, de nickel et de cobalt dans la dissociation de l’oxyde de carbone. Le rapprochement des nombres ainsi obtenus et de ceux que donne la composition du gaz de gazogène permettra de déterminer avec certitude l’écart qui subsiste entre la marche réelle de ces appareils et une marche théoriquement parfaite.
- En conséquence la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale décerne à M. Boudouard un prix de 500 francs.
- Signé : H. Le Chatelier, rapporteur.
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- Rapport fait, au nom du Comité des Arts chimiques, par M. Jungfleisch, sur les titres de M. Mouneyrat l’un des prix de 500 francs, pour des Recherches scientifiques de chimie, dont les résultats seront jugés de nature à être utiles à l’industrie.
- En mettant au concours ces deux prix, la Société d’Encouragement a voulu spécialement récompenser les jeunes chimistes dont les recherches, d’un caractère exclusivement scientifique, n’ont pas encore été l’objet d’une application pratique, mais ont fait connaître des réactions susceptibles d’intéresser l’industrie chimique,
- M. Mouneyrat, préparateur de chimie organique à la Faculté des sciences de Paris, a présenté, pour l’un de ces prix, un travail manuscrit intitulé : Sur une nouvelle méthode générale de synthèse de carbures d'hydrogène chlorés, bromés et chloro-bromés de la série acyclique.
- M. Mouneyrat s’est livré sur ce sujet à des recherches étendues, dont les résultats ont fait l’objet de plusieurs communications à la Société chimique de Paris et de plusieurs notes insérées aux Comptes rendus de l’Académie des sciences. Le mémoire présenté à la Société d’Encouragement est l’exposé de l’ensemble du travail.
- L’iode, le perchlorure de molybdène, le perchlorure d’antimoine, etc., sont employés depuis longtemps pour faciliter la substitution du chlore à l’hydrogène dans les composés organiques ; ces agents intermédiaires de la substitution sont beaucoup moins efficaces en présence des composés organiques de la série grasse qu’en présence de ceux de la série aromatique. A la suite de M. Gustavson, M. Mouneyrat a constaté que le chlorure d’aluminium anhydre est un agent de substitution du chlore, un transporteur de chlore d’une activité exceptionnelle quand il s’agit des composés organiques à chaînes acycliques ; il a vu aussi que cet agent ne le cède pas à l’iode sous le rapport de l’activité quand il est employé pour les corps aromatiques. De même, le bromure d’aluminium fournit aisément des dérivés bromo-substitués quand on met, en sa présence, le brome au contact des substances organiques.il a été constaté, en outre, que la nature du dérivé de substitution engendré dépend surtout de la température de la réaction.
- En recherchant, semble-t-il, le mécanisme de cette intervention du chlorure d’aluminium, M. Mouneyrat a constaté que ce composé, mis en contact avec une combinaison organique chlorée, provoque l’élimination,
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- ARTS CHIMIQUES.
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- dans cette dernière, d’une molécule d’acide chlorhydrique, avec formation d’un dérivé dont la formule comporte une double liaison entre deux atomes de carbone voisins. 11 a appliqué ce fait général à l’interprétation du rôle du chlorure d’aluminium anhydre comme agent de chloruration, en admettant que le composé organique à double liaison éthylénique, au contact du chlore, se change, par addition de Cl2, en un composé contenant un atome de chlore substitué à un atome d’hydrogène dans le corps initial : un composé dichloré au lieu d’un composé monochloré, par exemple.
- M. Mouneyrat a soumis un bon nombre de corps de la série grasse à l’action du chlore en présence du chlorure d’aluminium anhydre ou à l’action du brome en présence du bromure d’aluminium anhydre. Dans beaucoup de cas, il a obtenu des résultats intéressants. On doit signaler, en outre, des observations curieuses relatives à l’action du chlore sur l’acétylène, cette action s’effectuant avec explosion toutes les fois qu’une très faible proportion d’oxygène se trouve en présence.
- La substitution des éléments halogènes à l’hydrogène est réalisée très fréquemment et sur les substances organiques les plus variées, par l’industrie chimique ; la pratique trouvera donc, dans le travail de M. Mouneyrat, des renseignements fort utiles. Ce travail intéressant répond bien aux conditions fixées pour le prix dont il s’agit. En conséquence, la Société d’En-couragement a décidé d’accorder un des prix de 500 francs à M. Mouneyrat.
- Signé : E. Jungfleisch, rapporteur.
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- AGRICULTURE
- PRIX MEYNOT
- Rapport présenté par M. Heuzé au nom du Comité (Fagriculture.
- Les concurrents qui ont disputé le prix que de la Société d’Encourage-ment doit à la générosité bien connue de MM. Meynat père et fils étaient assez nombreux, mais plusieurs ont dû être écartés parce que leur exploitation ne répondait pas au programme concernant ce prix.
- Le but que se sont proposé ces bienfaiteurs a été de récompenser les cultivateurs qui, par leur travail, leur assiduité, leur conduite et l’ordre dans leur ménage, sont parvenus, par l’application de procédés rationnels et un bon outillage, à réaliser les meilleurs résultats sur leurs petites exploitations.
- Les concurrents qui sont dignes d’être récompensés sont au nombre de quatre, à savoir :
- M. Louis Brunet, aux Rrunets, commune de Barnave (Drôme).
- M. Louis Brunet acheta, en 1869, un domaine contenant 22 hectares et situé à Barnave. Les terres de cette propriété très accidentée étaient très pauvres et en grande partie incultes parce qu’elles avaient été délaissées par les fermiers qui y avaient séjourné. On n’y voyait que 2 hectares de prairies très peu productives. Le froment y produisait 4 à 5 hectolitres par hectare. Quant au bétail, il se composait de quelques brebis et de deux chèvres.
- L’aspect de cette petite exploitation est aujourd’hui bien changé, grâce à une culture intelligente et progressive. Le froment y donne, en moyenne, 17 hectolitres par hectare, et on y admire 6 hectares de prairies à l’arrosage, sur lesquelles on récolte de 6000 à 7000 kilogrammes de foin par hectare, production qui permet à M. Brunet de posséder un bon troupeau de 80 têtes ovines.
- Avant 1869, le torrent de Barnave, souvent très impétueux au moment des grandes pluies, ravinait la partie basse du domaine. En 1883, dans le
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- but de prévenir ce fâcheux ravinement, M. Brunet, construisit, aidé seulement par son fils, une digue ayant 500 mètres de longueur. Ce travail, pour lequel il a souvent fallu lutter contre l’impétuosité du torrent, a permis à M. Brunet de conquérir 12 hectares, qui sont utilisés aujourd’hui avec succès. Cette importante construction lui a valu une médaille d’argent en 1885, au concours régional de Valence.
- Ce domaine est en grande partie en montagne. La pente du terrain est telle que les eaux provenant des fortes pluies ravinaient autrefois les récoltes. Pour éviter ce grave inconvénient, M. Brunet a créé des aqueducs en pierre et en gazon sur 1200 mètres de longueur.
- Dans le but d’établir une communication facile entre la partie basse et la partie haute du domaine, M. Brunet a créé une route de 5 mètres de largeur sur une déclivité de plus de 25 p. 100. De plus, il a capté une source qui jaillissait dans la partie haute pour la conduire : 1° au milieu des bâtiments d’exploitation où elle alimente un lavoir et un abreuvoir ; 2° dans le jardin, où elle sert à arroser les cultures légumières. Enfin, après avoir séparé et agrandi les bâtiments, il a construit une magnanerie.
- La ferme de M. Brunet est intéressante à visiter; sa tenue est très satisfaisante et elle dispose d’un bon outillage moderne.
- M. Brunet a obtenu au concours agricole de Die un prix cultural de 300 francs et une médaille d’or. 11 appartient à la classe des travailleurs laborieux et intelligents. Il a élevé sept enfants. Secondé par sa femme, c’est à l’aide de ses économies qu’il s’est acquitté de ce qu’il devait pour le solde de son acquisition de terrain.
- 2. M. Daniel Blachon, à Saint-Uze (Drôme).
- M. Blachon est propriétaire de 75 ares,, qui sont occupés par une pépinière d’arbres fruitiers : pêchers, cerisiers, vignes, etc., qui sont en pyramide, fuseau, gobelet, palmette et cordons.
- Appartenant à une famille sans fortune, son père le fit entrer à l’âge de douze ans dans une usine à fer; son père étant décédé, il quitta la maison paternelle aussitôt qu’il eut dix-huit ans, se rendit à Ànnonay, et entra comme apprenti jardinier dans la maison Jacquemet-Bonnefond. 11 recevait 1 fr. 50 par jour.
- Il y avait un an qu’il était à Annonay, lorsque M. Bonnefond, le voyant actif et désireux de s’instruire, le fit entrer chez M. de Mortillel, pépiniériste à la Tronche (Isère), ce qui lui permit de suivre les cours d’horticulture et
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- de botanique professés à Grenoble par M. Yerlot. Après avoir obtenu plusieurs prix de la Société d'Agriculture, il entra, en 1880, comme jardinier chef à l’asile de Saint-Robert (Isère).
- M. Blachon avait vingt-cinq ans et 1 600 francs d’économies lorsqu’il se maria en 1881. Il était alors jardinier chez M. Revel,à Saint-Uze. En 1886, il acheta un terrain de 31 ares moyennant 3 100 francs, et en 1889, un autre terrain contigu de 31 ares, pour 3 666 francs, qu’il fit clôturer par un mur ou une palissade.
- Ce sont ces 62 ares qui, bien cultivés, lui valurent, en 1896, un prix de 250 francs de la Société d’Agriculture de là Drôme et le prix d’arboriculture, en 1897, au concours régional de Valence. M. Blachon fit connaître au jury, en lui soumettant ces actes d’acquêt, qu’il s’était libéré vis-à-vis de ses vendeurs.
- J’ai dit que M. Blachon avait commencé l’amélioration de son domaine avec de très faibles ressources; on peut dire aujourd’hui qu’il est parvenu à une situation qui satisfait ses désirs et qu’il doit entièrement à son travail et à ses économies. . ;
- M. Blachon a beaucoup appris dans les diverses positions qu’il a occupées avant de cultiver le petit domaine qui lui a coûté 6 766 francs. Il est très progressif.
- 3° M. Élie Bonneton, à Saint-Uze, par Saint-Vallier (Drôme),
- Le vignoble que possédait la famille de M. Bonneton avant 1875, et qui était situé dans un terrain granitique, fut détruit successivement par le phylloxéra. C’est alors que M. Bonneton songea à expérimenter le plant américain dit clinton; mais la plupart des pieds, qui donnaient les plus grandes espérances, disparurent successivement. C’est alors qu’il eut l’idée de remplacer cette variété par d’autres cépages qui étaient alors très recommandés. Cette reconstitution valut à son père, en 1885, une médaille d’argent et 100 francs.
- En 1888, M. Élie Bonneton se maria, mais son beau-père lui refusa l'autorisation de remplacer les vignes qui étaient languissantes dans le vignoble qui lui appartenait par des cépages américains. En présence de ce refus,et convaincu qu’il parviendrait avec le temps à créer un vignoble productif, il loua pour douze et quinze ans deux parcelles de terrain, sur lesquelles il entreprit, avec un grand courage et à l’aide des économies qu’il avait réalisées par la vente de plusieurs milliers de plants greffés, la créa-
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- tion d’un petit vignoble. Les vignes américaines qu’il adopta furent le riparia et le rupestris, greffés avec des vignes indigènes.
- Aujourd’hui, M. Bonneton possède 2ha,50, dont 40 ares sur un terrain affermé, 120 ares appartenant à son beau-père et 105 ares qui lui appartiennent. Les premières plantations datent de 1886. Toutes ses vignes sont en bon état. Toutefois, M. Bonneton s’est trouvé dans l’obligation de remplacer les greffes sur le York modeira par des greffes sur le rupestris, qui pousse avec une grande vigueur dans le sol qu’il cultive.
- Toutes ces vignes ont été établies sur un terrain défoncé à bras jusqu'à 80 centimètres de profondeur, et fertilisées avec 50000 kilogrammes de fumier par hectare. Les greffons ont été pris sur des souches marquées avant la vendange. Les ceps qui ont plusieurs années de végétation sont fumés tous les deux ans avec 30 000 kilogrammes de fumier et 800 kilogrammes d’engrais chimiques.
- Toutes ces vignes sont vigoureuses, bien conduites et bien tenues. Elles ont valu à M. Bonneton, depuis 1885, divers prix et médailles d’or et d’argent.
- M. Bonneton est un travailleur intelligent et opiniâtre. Les bénéfices nets qu’il a réalisés depuis 1886 lui ont permis d’acheter 208 ares de terrain et de creuser une cave dans un rocher. Dans les bonnes années, son petit vignoble lui fournit 90 hectolitres de vin qui est vendu de 30 à 40 francs l’hectolitre.
- M. J.-B. Raymond, à Françey, canton de Valence.
- M. Raymond est aussi un cultivateur intelligent et laborieux. En 1875, après son mariage, qui lui permit de disposer de 6 000 francs, il acheta un petit domaine contenant lha,68 et d’une valeur de 7000 francs, auquel il ajouta, en 1892, lha,26 qu’il hérita de son père, et 3ha,33 qu’il loua à ses frères et sœurs.
- La première occupation de M. Raymond, après avoir créé ce domaine de 6ha,27, a été de créer, malgré les conseils de prudence de son père, un petit vignoble de 1ha, 25 avec le cépage hybride appelé Rupestris Gauzin n° /-? qui présente en ce moment une belle végétation.
- Mais ce travail n’est pas le seul qu’entreprit M. Raymond ; il planta des amandiers, des cerisiers, des abricotiers, des pruniers, qui lui donnent par an un revenu de 400 à 500 francs.
- Les terres qu’il cultive contenaient autrefois très peu de mûriers. Con-
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- vaincu qu’il pouvait avec profit élever des vers à soie en suivant la méthode dite grainage cellulaire, il planta 600 mûriers à basse tige sur les limites de ses champs. Ces arbres sont assez développés aujourd’hui pour fournir la feuille qu’exige une éducation de 3 onces de graine.
- Aux cultures céréales et fourragères, on peut joindre une basse-cour qui est bien peuplée, et un rucher convenablement disposé, qui comprend 30 ruches à cadre.
- Toujours désireux d’adopter des cultures lucratives appartenant à la petite culture, M. Raymond a expérimenté, sur 25 ares, la culture du melon en pleine terre, qui n’est pas pratiquée dans sa commune. Les 1 400 pieds qu’il a possédés, quoiqu’ils fussent défectueux parce qu’ils provenaient de mauvaises graines, lui ont procuré une recette de 150 francs.
- En résumé, c’est à l’aide d’un capital presque nul que M. Raymond a entrepris avec succès l’amélioration des 6ha,27 qu’il cultive à l’aide de sa famille et d’un aide. Les prix culturaux qu’il a obtenus en 1895, au concours départemental et au concours régional à Valence, justifient l’intérêt que présente le petit domaine qu’il a bien amélioré par son intelligence et son activité.
- MM. Meynot ont pensé que le prix qu’ils ont offert constituerait une petite fortune pour celui qui l’obtiendrait, mais comme les quatre concurrents les plus dignes dont je viens d’esquisser les travaux méritent d’être récompensés parce qu’ils appartiennent bien à la classe des petits cultivateurs, la Société d’Encouragement a partagé le prix Meynot comme suit :
- Francs.
- M. Louis Brunet, à Barnave.......................................... 600
- M. Daniel Blachon, à Saint-Uze....................................... 400
- M. Élie Bonneton, à Saint-Uze. ....................................... 300
- M. J.-B. Raymond, à Françey.......................................... 200
- Total. . .................................. 1500
- Tous ces lauréats cultivent, avec le concours de leur famille, les terres qui leur appartiennent, et qu’ils ont achetées à l’aide des économies qu’ils ont faites chaque année. C’est en s’imposant des travaux manuels nombreux et souvent pénibles qu’ils sont parvenus à les améliorer et les rendre productives.
- Signé : Heuzé, rapporteur.
- Tome IV. — 98e année. 5° série. — Juillet 1899
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- AGRICULTURE
- Rapport de M. Risler, sur les prix d’agriculture (1).
- Nous avons, cette année, deux prix de 2 000 francs à attribuer : l’un pour la meilleure étude sur la constitution physique et la composition chimique comparées des terrains d’une des régions agricoles de la France, l’autre pour la meilleure étude sur Vagriculture et Véconomie rurale d’une province ou d’un département.
- Parmi les livres et manuscrits qui nous ont été présentés, aucun ne répond bien au programme du 1er prix, comme le faisait l’année dernière celui de M. Cord, sur le département de la Corrèze. Il n’y a donc pas lieu de décerner ce prix.
- Par contre, pour le 2e, il y a sept concurrents parmi lesquels quelques-uns ont beaucoup de mérite.
- Ainsi 10 Y Étude sur l’économie rurale du département de Seme-et-Mame, par M. Rayer, ancien élève de Grignon, propriétaire agriculteur près de Provins, est un excellent travail. Il se compose de deux parties : dans la première, l’auteur décrit et discute successivement, pour l’ensemble du département, tout ce qui concerne le climat, le sol, le bétail, les diverses cultures et les conditions économiques dans lesquelles elles se font : c’est un petit traité d’économie rurale à l’usage des agriculteurs de Seine-et-Marne basé sur des principes très judicieux, plein de détails statistiques très intéressants et de conseils très utiles. Dans la deuxième partie, on passe en revue, canton par canton, les cinq arrondissements de Seine-et-Marne, on insiste sur les caractères spéciaux de leur agriculture et cite, comme exemples, les fermes les plus célèbres de cette région, une des mieux cultivées de l’Europe et des plus avancées comme applications des engrais chimiques, du drainage, des machines agricoles.
- L’étude de M. Rayer est imprimée et elle a déjà reçu une médaille d’or
- (I) Bulletins de février, avril et mai 1899.
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- RAPPORT DE M. R1SLER, SUR LE PRIX D’AGRICULTURE. 963
- de la Société nationale d’agriculture. Nous lui accordons une médaille de vermeil.
- 2° M. E. Géry, instituteur à Montgeroult (Seine-et-Oise), nous envoie Une Monographie agricole de la Commune de Jenfosse, située dans la vallée de la Seine, entre Bonnières et Mantes. Les deux tiers du manuscrit sont consacrés à l’histoire économique de la commune, et contiennent des documents fort curieux sur les variations de la population, du prix des denrées, des salaires, des terres, depuis trois siècles. Dans la suite, l’auteur décrit l’agriculture actuelle : agriculture de petits propriétaires, mais de petits propriétaires qui emploient les engrais chimiques outre le fumier que donnent leurs chevaux et leurs vaches laitières, qui s’entr’aident au moment des travaux pressants, qui trouvent moyen, malgré la crise agricole, de mettre de jolies sommes à la caisse d’épargne. La propriété est assez divisée, mais les réunions de parcelles par échange ne sont pas rares.
- Nous décernons à M. Géry un encouragement de 500 francs.
- 3° M. Guénaux, ingénieur agronome, nous a remis une Etude sur la plaine de Caen qui dénote chez l’auteur une connaissance approfondie de cette région. La première partie du mémoire est consacrée à l’étude des terrains et du climat du pays. Dans la deuxième, l’auteur s’occupe des cultures. Il donne des détails tout particulièrement intéressants sur la culture du colza qui, après y avoir fourni pendant longtemps des bénéfices considérables, tend à disparaître peu à peu devant la concurrence du pétrole. Dans cette partie, M. Guénaux cite souvent les résultats obtenus dans les exploitations modèles de M. Bastard et de M. de Saint-Quentin.
- Dans la troisième partie, il fait l’historique de l’élevage du cheval de demi-sang et il discute longuement, trop longuement à notre avis, la question soulevée par le rapport du colonel de Witte sur la création d’un cheval galopeur.
- La quatrième partie du mémoire est consacrée à l’économie rurale proprement dite : constitution de la propriété, modes d’exploitation, salaires.
- Nous décernons à M. Guénaux un encouragement de 500 francs, mais son étude ne pourrait être publiée qu’après avoir été revue et condensée en un plus petit nombre de pages.
- 4° M. M. Ed. Zacharewicz, professeur départemental d’agriculture de Vaucluse, nous a présenté un mémoire sur l’agriculture de ce département,
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- qui a été imprimé en 1898, et un volume intitulé le Vaucluse agricole qui a paru en 1898.
- Dans le premier, c’est la statistique qui prédomine avec des détails sur les procédés de culture qui sont développés dans le deuxième ouvrage. La partie la plus intéressante de cet ouvrage est la troisième : celle qui concerne la culture potagère des primeurs, culture qui se développe de plus en plus dans le département de Vaucluse depuis que les chemins de fer lui ont ouvert des débouchés dans toute la France et même dans toute l’Europe. L’auteur a entrepris, pour ces cultures potagères, des essais fort intéressants avec les engrais chimiques. Plus loin, il s’occupe de la viticulture et de la sériciculture.
- C’est un livre qui sera très utile aux agriculteurs du département de Vaucluse.
- Nous lui décernons une médaille de vermeil.
- 5° M. Constant Fume, secrétaire de la Société d’agriculture de Boulogne-sur-Mer, nous présente un petit volume sur le Boulonnais. C’est, comme il le dit, une étude de géographie physique, économique et sociale, dans laquelle il s’occupe, non seulement de l’agriculture, mais aussi de la pêche et de toutes les industries locales. Cependant c’est l’agriculture qui y est traitée avec le plus de détails et sa description est excellente. L’auteur distingue le Bas-Boulonnais, pays de pâturage et d’élevage du cheval, et le Haut-Boulonnais, dont les cultures de céréales et de racines ont les mêmes caractères que ceux de la Picardie et du pays de Caux, et il montre bien comment cette différence repose sur la constitution géologique du sol. M. Furne est un économiste et un historien distingué, et il mêle souvent à ses descriptions de l’économie rurale des renseignements historiques fort curieux.
- Nous décernons à M. Furne une médaille de vermeil.
- * Signé : Bisler, rapporteur.
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- MÉDAILLES
- I. LISTE DES MÉDAILLES DÉCERNÉES PAR LA SOCIÉTÉ POUR DES INVENTIONS OU DES PERFECTIONNEMENTS AUX ARTS INDUSTRIELS
- w PH Q PS O 'a Z NOMS DES LAURÉATS. NOMS DES RAPPORTEURS nommés par les comités. INVENTIONS OU PERFECTIONNEMENTS qui ont motivé les médailles.
- MÉDAILLES D’OR
- MM. MM.
- 1 Bapst et Hamet. Livache. Vulcanisation du caoutchouc (1).
- 2 A. et J. Bastie. Simon. Métier brodeur (2).
- 3 Bodin. Risler. Fabrication du cidre.
- 4 Chabaud. Yiolle.* Appareils de radiographie (3).
- 5 Chauvin et Arnoux. VlOLLE. Appareils de mesures électriques (4).
- 6 École d’horlogerie Lavollée (5). )>
- de Paris.
- 7 Fromholt. Barbet. Scies diamantées pour le travail des
- pierres (6).
- 8 Gages (capitaine). Jordan. Traité de la métallurgie du fer (7).
- 9 Blot, Güyenet et Barbet. Plate-forme mobile de l’Exposition
- de Mocomble. de 1900 (8).
- 10 Niclausse. Brull. Chaudières (9).
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR
- M. M.
- DüCOS DE Hauron. Davanne. Chromographoscope (10).
- MÉDAILLES DE VERMEIL
- MM. MM.
- 1 Boutet. Lindet. Laveur épierreur (11).
- 2 Farcot fils. Bourdon. Élévateurs pneumatiques (12).
- 3 Furne. Risler. Ouvrage sur le Boulonnais.
- 4 Hinstin. Rouart. Foyers fumivores domestiques (13).
- 5 Larchevêque. De Luynes. Ouvrage sur la porcelaine dure (14).
- 6 Quivy. Livache. Zingage électro-chimique (15),
- MÉDAILLES D’ argent
- MM. MM.
- 1 Dacremont. Yiolle. Traité d’électricité industrielle (16).
- 2 Deiss. Roy. A travers l’Angleterre.
- (i Bulletin de décembre 1898, p. 1591. — (2) Bulletin de novembre 1898, p. 1388. (3) Bulletin de
- mars 1899, p. 482. — (4) Bulletin de juin 1899, p. 705. — - (5) Bulletin de mai 1899, p. 611. — (6) Bul-
- letin de iuin 1898, p. 661. — (7) Bulletin d’avril 1899, p. 528. — (8) Bulletin de novembre 1897,
- p. 1435. — (9) Bulletin de février 1899, p. 169. — (10) Bulletin de mars 1899, p. 368. (11) Bulletin
- d’avril 1899, p. 526. — (12) Bulletin d’avril 1899. p. 513. — (13) Bulletin de mars 1899, p. 374. -
- (14) Bulletin d’avril 1899, p. 521 — (15) Bulletin de mars 1899, p. 377. — (16) Bulletin d avril 1899, p. 520.
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- MÉDAILLES D’ENCOURAGEMENT.
- JUILLET 1899.
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- w P P P2 O ~P o NOMS DES LAURÉATS. NOMS DES RAPPORTEURS nommés par les comités. INVENTIONS OU PERFECTIONNEMENTS qui ont motivé les médailles.
- A IÉDA1LLES D’AF TiENT {Suite)
- MM. MM.
- 3 Gaillard. Lavollée. Imprimerie des sourds-muets.
- i Desmarets. Lavollée. Imprimerie des sourds-muets.
- 5 Solignac et Cri- Fontaine. Lampes à incandescence de faible
- QUEBEUF. puissance.
- 6 Angenault. )) »
- 7 Société méridio- )) ))
- N ALE d’ÉLECTRI" »
- cité, a Garcas-
- SONNE.
- MÉDAILLE DE BRONZE
- M. M.
- 1 | Roman. | Bourdon. Embrayage (1).
- | (1) Bulletin de février 1899, p. 188.
- Le Secrétaire de la Société,
- Ed. collignon,
- Inspecteur général des Ponts et Chaussées.
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- DISTRIBUTION DES MÉDAILLES
- DÉCERNÉES POUR LES INVENTIONS UTILES OU LES PERFECTIONNEMENTS DANS LES ARTS INDUSTRIELS Rapports des différents Comités (Voir le tableau, p. 965)
- MÉDAILLES D’OR
- COMMERCE
- Rapport présenté par M. E. Roy, au nom du Comité du Commerce, sur l’ouvrage de M. Édouard Deiss, intitulé : A travers VAngleterre industrielle et commerciale (1).
- M. Édouard Deiss a fait à la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale envoi de son livre intitulé A Travers VAngleterre industrielle et commerciale. Notes de Voyage.
- M. Deiss, dans un récent voyage, a pu se rendre compte de cette activité industrielle et commerciale qui fait la force de nos voisins d’outre-Manche. Il a visité les principaux centres industriels; grâce à des lettres d’introduction, il a pu voir les principales manufactures. On sent, par son livre, qu’il a largement profité de ses visites; il a étudié, il a su voir et a voulu rendre compte de ses observations.
- Passant en revue les principaux centres industriels : c’est d’abord Birmingham, pour le travail du fer et du cuivre, qui a fait de cette cité l’une des plus grandes villes manufacturières de l’Angleterre. M. Deiss nous montre l’importance de toutes ces industries, depuis la fabrication des rails jusqu’à celle des plumes en acier, la dorure et l’argenture galvaniques et la bijouterie.
- Puis il nous montre Reddich et la fabrication des aiguilles et des hame-
- (1) In-8, 390 p., Paris, Guillaumin.
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- COMMERCE.
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- çons, Sheffîeld et ses coutelleries, Burton-on-Trent et les grandes brasseries de Bass, leur immense production. Il nous fait passer ensuite dans la région des poteries et visiter les usines de Burslem, celles de Stoke-on-Trent, et nous montre l’importance de la fabrication céramique anglaise.
- 11 nous mène ensuite à Manchester, la ville du coton, dont il a pu visiter quelques filatures et tissages, et fait une longue description du Ship Canal qui joint Manchester à la Mersey, et fait un port de mer; son attention s’arrête surtout à l’agencement commercial de ce port, à ses grands docks où s’emmagasinent les marchandises, aux moyens de charger et décharger promptement les navires.
- De là nous arrivons à Liverpool, ce magnifique port, à cet immense bassin d’une superficie.de 76 kilomètres carrés, capable d’emmagasiner à marée haute 600 millions de mètres cubes d’eau, et qui vient, en se resserrant entre Liverpool, qui occupe l’une des rives, et Birkenhead, qui occupe l’autre; c’est de là que part la navigation transatlantique, dont le service est tait par de nombreuses compagnies, les Cunard, la White Star line, l’An-chor line, la Dominion line, l’Allan line. M. Deiss nous donne la note des importations et exportations par ce port.
- C’est par l’Ecosse qu’il termine sa visite; il nous conduit à Glasgow et nous introduit dans ces vastes chantiers de la Clyde, qui produisent les plus grands vaisseaux qui sillonnent les mers. Tous les progrès connus dans la construction maritime sont mis en œuvre dans ces ateliers immenses, dont les frais généraux sont d’autant moindres qu’ils sont répartis sur un chiffre d’affaires considérable.
- L’ouvrage que nous présente M. Deiss peut être fort utile à ceux qui désirent s’instruire et connaître ce que sont en Angleterre le commerce et l’industrie; il peut inspirer à beaucoup le besoin d’aller s’en rendre compte par eux-mêmes, et celte exploration pourrait changer chez nous beaucoup d’idées préconçues.
- Signé : Roy, rapporteur.
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- MÉDAILLES D’ARGENT
- ARTS ÉCONOMIQUES
- Rapport fait par M. Hippolyte Fontaine, au nom du Comité des Arts
- économiques, sur le prix proposé pour une lampe à incandescence de
- faible intensité.
- Le programme du concours indique que la lampe doit fonctionner sous 100 volts de différence de potentiel et donner une intensité lumineuse de deux bougies décimales, avec une consommation d’un dixième d’ampère.
- La durée minimum de la lampe n’est pas spécifiée. Trois concurrents se sont présentés pour prendre part au concours.
- 1° La Société méridionale cVElectricité, dont le siège social est à Carcassonne;
- 2° MM. Solignac et Criquebeuf, de l’Usine des Lampes homogènes françaises, rue Didot, 19 ;
- 3° M. Angenault, de la maison Gabriel-Angenault, boulevard Poissonnière, 24.
- Avant de procéder à l’examen et aux essais des lampes envoyées au concours, la commission a décidé que le prix jie serait accordé qu’à une lampe dont la durée serait de 400 heures au minimum, c’est-à-dire la moitié environ de ce que durent les lampes de 10 à 20 bougies généralement employées dans les installations électriques.
- La commission a ensuite pris connaissance des lettres et des documents envoyés parles trois concurrents. En voici le résumé.
- § 1. — La Société méridionale d'Électricité a adressé 9 lampes, montées les unes sur des culots à vis, les autres sur des culots à baïonnette, et affectant diverses formes : ampoule sphérique, torse, flamme à double ampoule, remarquables par la régularité des éléments constitutifs et la précision du montage, Toutes les 9 lampes ont leur filament bouclé. Le
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- ARTS ÉCONOMIQUES.
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- diamètre de la boucle a 5 millimètres dans 8 lampes et 10 millimètres dans la neuvième. La fabrication paraît bonne.
- § 2. — MM. Solignac et Criquebeuf, ont envoyé 9 lampes, savoir : 4 à ampoule olive et culot à vis, 1 à ampoule torsade et culot à vis, 2 à ampoule cylindrique et culot à baïonnette, 2 à ampoule olive et culot à baïonnette.
- Les filaments ne sont pas bouclés ; leur extrémité opposée au culot est retenue par un petit fil de platine pénétrant dans l’ampoule par son bouton de fermeture. La fabrication laisse un peu à désirer, mais tous les éléments des lampes sont bien étudiés et leur montage est satisfaisant. La seule chose qu’on puisse critiquer dans quelques lampes, c’est la mauvaise position prise par le fil de retenue au moment de la fermeture de l’ampoule.
- § 3. — M. Angenault a envoyé 12 lampes toutes semblables, avec ampoule en forme de flamme et culot à vis.
- Les filaments, comme ceux des précédentes, ne sont pas bouclés, mais ils restent bien dans la partie axiale des ampoules, malgré leur assez grande longueur.
- L’examen des lampes Angenault fait ressortir des qualités de montage exceptionnelles. On voit qu’on est en présence non pas de pièces d’essai ou d’expérience, mais bien de lampes de fabrication courante, régulière et soignée.
- La commission, ces constatations préliminaires faites, a soumis à l’essai 3 lampes de chaque concurrent, et elle a reconnu :
- 1° Que, pour obtenir l’intensité de deux bougies décimales exigée au programme, il fallait un courant de
- 98 volts avec les lampes de Carcassonne;
- 106 volts avec les lampes à.vis Solignac et Criquebeuf;
- 120 volts avec les lampes à baïonnette Solignac et Criquebeuf;
- 100 volts avec les lampes Angenault ;
- 2° Que les 9 lampes ont bien fonctionné pendant toute la durée sans perte trop appréciable d’intensité lumineuse;
- 3° Que la dépense en watts était de
- 4,17 par bougie pour les lampes de Carcassonne.
- 3,60 par bougie pour les lampes Solignac et Criquebeuf.
- 4,80 par bougie pour les lampes Angenault ;
- 4° Que la durée a été :
- Lampes de Carcassonne : 14b, 190, 210; moyenne: 192 heures;
- Lampes Solignac et Criquebeuf : 102, 160, 130; moyenne: 131 heures
- Lampes Angenault : 380, 166, 475; moyenne: 307 heures.
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- MÉDAILLE DUMAS.
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- Aucune lampe n’ayant vécu 400 heures, la commission est d’avis qu’il n’y a pas lieu de décerner le prix; mais comme les trois concurrents ont présenté des lampes remarquables sous tous les autres rapports, elle propose d’accorder à titre d’encouragement une médaille d'argent à chacun d’eux.
- Elle propose également de remettre le prix au concours en fixant à 500 heures la durée minimum moyenne prise sur 5 lampes. Ce prix pourrait être décerné en 1901.
- Signé : H. Fontaine, rapporteur.
- MÉDAILLE DUMAS
- Rapport de M. E. Collignon, secrétaire.
- La médaille Dumas a été instituée, presque à la veille de la mort de son promoteur, Aimé Girard, pour récompenser les ouvriers qui sont devenus directeurs ou chefs d’un service important de grands établissements industriels ou agricoles, sans avoir quitté ces établissements, où ils se sont peu à peu élevés jusqu’au poste le plus important. Elle a pour objet d’ho-norer le mérite éminent et rare d’hommes qui, partis d’une humble condition, sans autres ressources que leur énergie, leur intelligence, leur honnêteté, donnent, par leurs succès mêmes, un enseignement social des plus efficaces en démontrant par leurs exemples que, dans l’état actuel de notre société, le véritable mérite peut arriver à se faire rendre justice même au milieu de difficultés en apparence insurmontables.
- La carrière de notre lauréat de cette année, M. J.-L. Fleurant, est, à cet égard, des plus significatives. Né à Angoulême le 11 janvier 1835, M. Fleurant, après deux années d’apprentissage, entre en mai 1848 dans l’imprimerie Chaix ; il en est nommé directeur en janvier 1861, et il occupe encore aujourd’hui ce poste, après cinquante années de services. Nommé officier d’académie en 1886, officier de l’Instruction publique en 1897, M. Fleurant reçut à l’Exposition de 1889 une médaille d’or comme collaborateur de l’imprimerie Chaix, et, en 1898, du ministère de l’Intérieur, une autre médaille d’or, comme vice-président de la Société de secours mutuels
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- MÉDAILLES COMMÉMORATIVES. JUILLET 1899.
- de l’imprimerie Chaix depuis trente-cinq ans. Notre médaille Dumas vient aujourd’hui s’ajouter à ces belles distinctions; nous en félicitons le lauréat qui l’a si bien méritée; qu’il nous soit permis aussi de féliciter la maison Chaix pour s’être attaché un aussi précieux collaborateur.
- MÉDAILLES COMMÉMORATIVES
- Le Conseil d’administration a décidé d’offrir aux personnes qui ont bien voulu faire des communications intéressant la Société des médailles commémoratives en argent, à titre de remerciement, pour marquer l'intérêt avec lequel elles ont été accueillies. Ces médailles sont remises à :
- MM. Bâclé, séance du 28 avril 1899. — Les plaques de blindages,
- Bertin, séance du 24 mars 1899. — Les machines marines.
- De Chasseloup-Laubat, séance du 26 mai 1899. — Les marines de guerre. Claude Couhin, séance du 10 mars 1899. — La société des inventeurs et artistes industriels (1).
- Gall, séance du 23 décembre 1898. — U industrie électro-chimique, Pérard, séance du 27 janvier 1899. — Les pêches maritimes à lyexposition de Bergen.
- Renard (le commandant), séance du 24 février 1899. — L’aéronautique. Ronna. — Le Tibre (2).
- (1) Bulletin de mai 1899, p. 765.
- (2) Bulletins de septembre et novembre 1898.
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- MÉDAILLES
- 1
- II. LISTE DES CONTREMAITRES ET OUVRIERS AUXQUELS ONT ÉTÉ DÉCERNÉES DES MÉDAILLES D’ENCOURAGEMENT
- Nos d’ordre. NOMS ET PRÉNOMS. ANNÉES DE SERVICE. ÉTABLISSEMENTS 1 AUXQUELS ILS APPARTIENNENT. ;
- 1 MM. Béziers (Étienne) 33 Bourrelier à la Cie générale des om-
- 2 Bonain (Jean) ' 33 nibus, à Paris. Ajusteur à la Cie- générale des omni-
- 3 Charlet (Cyriaque). 42 bus, à Paris. Ouvrier à la Société anonyme des
- 4 Chambas (Louis). 33 amidonnerie et glucoserie à Hau-bourdin (Nord). Ouvrier à la maison Guyard, G a-
- 5 Collignon (Auguste-Joseph). . . 33 vary et Cie, à Paris. Contremaître aux ateliers du chemin
- 6 Declercq (Jean-Baptiste)..... 40 de fer de l'Est, à Mohon. Ouvrier aux Établissements Kuhl-
- 7 Delplace (Mme Vve Rosalie). . . . 46 mann, à Lille. Ouvrière chez MM. Poure et Cie, ma-
- 8 Dubuisson (Mme Élisa) 46 nufacturiers à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). Ouvrière chez MM. Poure et Cie, ma-
- 9 Enjolras (Louis) 37 nufacturiers à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). Garçon de recettes chez MM. Linze-
- 10 Fauquembergue (MmeYve Catherine) 46 1er frères, orfèvres à Paris. Ouvrière chez MM. Poure et Cie, ma-
- 11 Gruvel (Barthélemy) ...... 36 nufacturiers à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). Yernisseur à la Cie des chemins de
- 12 Guyot (Jules) 40 fer de P.-L.-M., à Oullins. Chef contremaître à la Cie des forges
- 13 Hantute (Alexandre) 36 de Châtillon et Commentry. Contremaître chez MM. Darsy, Lefeb-
- 14 Hodicq (Alphonse) 31 vre, Sienne et Lavocat, fabricants de ciment Portland à Neufchâtel. Ouvrier chez MM. Darsy, Lefebvre, Stenne et Lavocat, fabricants de ciment Portland à Neufchâtel. Contremaître à la Société française
- 15 Isambert (Alfred-Désiré) 34
- des Munitions de chasse, de tir et de guerre, à Paris.
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- MÉDAILLES DECOURAGEMENT. - JUILLET 1899.
- Nos d’ordre. NOMS ET PRÉNOMS. ANNÉES DE SERVICE. ÉTABLISSEMENTS AUXQUELS ILS APPARTIENNENT.
- 16 MM. Jacqmond (Alphonse) 35 Lampiste à la Cie générale des omni-
- 17 Jung (Erwin-François). 38 bus, à Paris. Contremaître aux ateliers de la Cie du
- 18 Laumaillé (Eugène-Marie). . . . 33 chemin de fer de P.-L.-M., àLyon-Guillotière. Mécanicien aux ateliers de la Cie du
- 19 Leclerc (Frédéric-Nicolas). . . . 34 chemin de fer de l'Ouest, à Rennes. Menuisier aux ateliers de la Cie du
- 20 Petit (Louis) 34 chemin de fer de l’Ouest, à Sotte-ville. Mécanicien à l'hôpital Saint-Louis,
- 21 Prévost (Jean) 31 administration de VAssistance publique. Tourneur aux ateliers de la CiK du
- 22 Robillard (Laurent) 38 chemin de fer de l'Ouest, à Argentan. Chef d’équipe chaudronnier à la Cie
- 23 Rousse (Pierre) 39 du chemin de fer de P.-L.-M., à Arles. Ouvrier aux Etablissements Kuhl-
- 24 Sengelin (Émile) 19 mann, à Lille. Aide conducteur de machines typo-
- 25 Thomas (Jacques). ....... 42 graphiques à la Société de publications industrielles, à Paris. Bourrelier à la Cie des forges de Châ-
- 26 Vanabelle (Émile) 31 tillon et Commentry. Surveillant des ateliers à la Société
- 27 Voisin (Guillaume) 50 anonyme des amidonnerie et gluco-serie à Haubourdin (Nord). Ouvrier mécanicien chezM. Édouard
- 28 Waroquier (Henri-Joseph ). . . . 32 Bourdon, constructeur-mécanicien à Paris. Ouvrier chez M. Théodore Lefebvre,
- 29 Witz (Jules-Émile) 17 fabricant de produits chimiques, à Lille. Metteur en pages à la Société de pu-
- blications industrielles, à Paris.
- Le Secrétaire de la Société,
- Ed. collignon,
- Inspecteur général des Ponts et Chaussées.
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- MÉDAILLES
- DÉCERNÉES AUX CONTREMAITRES ET OUVRIERS DES ÉTABLISSEMENTS MANUFACTURIERS ET AGRICOLES
- (Voir le tableau pages 973-974.)
- 1. Béziers (Étienne).
- M. Béziers, né à Laval en 1830, compte près de 34 années de service à la Compagnie générale des omnibus, où l’on a toujours été satisfait de ses bons et loyaux services.
- i
- 2. Bohain (Jean).
- M. Bohain, né à Pont-l’Evêque en 1836, compte à la Compagnie des omnibus le même nombre d’années de service que M. Béziers. Il y est actuellement employé à l’ajustage des ressorts, et continue à s’y distinguer par sa bonne con-conduite, son exactitude et son intelligence.
- 3. Charlet (Cyriaque).
- Né à Houplies le 15 avril 1829, entré en 1857 aux ateliers de la Société des amidonnerie et glucoserie d’Haubourdin, M. Charlet s’y est occupé pendant 42 ans des travaux de maçonnerie et de fumisterie se rapportant à ces fabrications; il a su montrer, dans l’accomplissement de ces travaux divers et variés, une intelligence et une initiative remarquables.
- 4. Chambas (Louis).
- M. Chambas, lauréat en 1898 d’une médaille d’argent du ministère du Commerce, est, depuis le 1er janvier 1866 ouvrier mécanicien, dans la maison Richer, Guyard et Canary, fabricants d’instruments de précision à Paris ; il s’y est constamment distingué par son assiduité, son habileté professionnelle et son excellente conduite. ........
- 5. Collignon (Auguste-Joseph),
- Né le 22 décembre 1838 à Sedan, entré au service de la Compagnie du chemin de fer de l’Est comme chef monteur en décembre 1861, M. Collignon y occupe le poste de contremaître des dépôts de Mohon depuis le 1er novembre
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- MÉDAILLES D ENCOURAGEMENT.
- JUILLET 1899.
- 1890. D’une conduite et d’une moralité exemplaires, il s’est imposé, pour élever convenablement ses trois enfants, de lourds sacrifices : il a constamment fait preuve d’une intelligence remarquable des travaux parfois délicats et difficiles à exécuter pour la réparation des machines.
- 6. Declerc (Jean-Baptiste).
- Né le 7 avril 1824 à Ooveghem (Belgique), entré aux établissements Kuhl-mann le 15 avril 1859 comme ouvrier déchargeur de bateaux, M. Duclerq passa successivement aux divers ateliers de l’usine, accomplissant ses pénibles et modestes travaux avec une ponctualité remarquable : c’est un ouvrier excellent et consciencieux.
- 7. Delplace (Madame Vve Rosalie).
- Madame Vve Delplace, née à Boulogne-sur-Mer en 1836, est entrée en 1853 dans la fabrique de plumes de MM. Blanzy, Poure et Cie, où l’on n’a jamais eu qu’à se louer de sa conduite, de sa probité et de son assiduité au travail. Elle a obtenu en 1890 la médaille d’honneur du ministère du Commerce.
- 8. Dubuisson (Madame Elisa).
- Egalement ouvrière chez MM. Blanzy, Poure et Cie depuis 1853, Mme Dubuisson, née en 1830 à Saint-Pierre-lez-Calais, est aussi titulaire, depuis 1890, de la médaille d’honneur du ministère du Commerce, et a toujours rempli ses fonctions avec assiduité et dévouement pendant 46 années de service.
- 9. Enjolras (Louis).
- Entré au service de MM. Linzelerfrères, joailliers à Paris, en 1862,M. Enjolras, médaillé de la guerre d’Italie, y fut d’abord homme de peine, puis garçon de recettes, poste qu’il occupe encore aujourd’hui, et dans lequel il a bien mérité, sous tous lesrapports, la confiance et l’estime de ses patrons.
- 10. Fauquemberge (Mmc vve Catherine).
- Née en 1836 à Boulogne-sur-Mer, entrée en 1853 dans la fabrique de plumes de MM. Blanzy, Poure et Cie, Mme Fauquemberge a obtenu en 1890 la médaille d’honneur du ministère du Commerce. Ses patrons n’ont eu qu’à se louer de sa conduite, de sa probité et de son assiduité au travail.
- 11. Gruvel (Barthélemy).
- Entré au service de la Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée en avril 1863, M. Gruvel est actuellement employé comme peintre vernisseur aux ateliers
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- MÉDAILLES D’ENCOURAGEMENT. JUILLET 1899 . 97 7
- d’Oulins. C’est un agent remarquable sous tous les rapports; il s’est constamment fait remarquer par son exactitude et sa conduite exemplaire.
- 12. Guyot (Jules).
- Né le 21 mai 1843 à Aubricourt, entré en octobre 1838 comme ajusteur au service de la Compagnie de Châtillon et Commentry à Ancy-le-Franc, dessinateur de 1862 à 1867, chef d’atelier de 1867 à 1886, M. Guyot, nommé contremaître à Saint-Jacques en 1886, puis chef contremaître en 1893, a collaboré à l’installation et à la mise en marche du train des poutrelles de Saint-Jacques, dont il a considérablement amélioré l’outillage. Il n’a cessé de se rendre, pendant 40 années de service, des plus utiles par son intelligence, son assiduité et son dévouement.
- 13. Hantute ((Alexandre).
- M. Hantute, né à Doudeauville, le 21 mars 1843, est entré le 1er octobre 1863 au service de MM. Dasy, Lefèbre, Stenne et Lavocat, fabricants de ciments à Neuchâtel (Pas-de-Calais), où il est actuellement contremaître. Il n’a cessé de donner, pendant 36 ans de service, pleine satisfaction à ses patrons.
- 14. Hodicq (Alphonse).
- M. Hodicq, né à Ergny (Pas-de-Calais), a passé 31 ans de sa vie au service de la même maison que M. Hantute en qualité de maçon, en s’acquittant à la satisfaction de tous de ses modestes travaux.
- 15. Isambert (Alfred-Désiré).
- Actuellement contremaître à la Société française des munitions de chasse, de tir et de guerre, M. Isambert, né en 1834 à Oii s ville-s ur-Anneau, y est entré comme mécanicien en 1864 à l’atelier des Moulineaux. D’une intelligence remarquable, il y conduit à la pleine satisfaction de ses patrons l’atelier de découpage et d’emboutissage des métaux. M. Isambert a obtenu en 1894 la médaille d’honneur du Commerce.
- 16. Jacqmond (Alphonse).
- Né àBontamines (Haute-Savoie), en 1834, M. Jacqmond a, pendant ses 38 années de service à la Compagnie générale des omnibus, mérité l’estime de ses chefs par sa bonne conduite et sa parfaite assiduité.
- 17. Laumaillé (Eugène-Marie).
- M. Laumaillé, qui compte 33 années de service comme mécanicien de la Compagnie de l’Ouest, où il est actuellement autorisé à remplir les fonctions de chef Tome IV. — 98e année. 5» série. — Juillet 1899. 64
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- 978 MÉDAILLES DECOURAGEMENT. ------ JUILLET 1899.
- de dépôt à Rennes, s’est constamment signalé par son exactitude, sa bonne conduite et sa parfaite honorabilité.
- 18. Jung (Erwin-François).
- M. Jung, actuellement contremaître aux ateliers du petit entretien à Lyon, est entré à la Compagnie de Paris-Lyon en 1883; il y a été successivement ferblantier, chef d’équipe, aide-contremaître et contremaître, et s’est constamment distingué, pendant 35 années de service, par son exactitude, sa conduite exemplaire et son aptitude professionnelle. C’est un agent très recommandable sous tous les rapports.
- 19. Leclerc (François-Nicolas).
- Entré à la Compagnie de l’Ouest en 1864, M. Leclerq, âgé de 71 ans, s’y est constamment fait remarquer par son intelligence, sa conduite exemplaire et son dévouement. Il connaît suffisamment le dessin pour s’acquitter à la satisfaction de tous des travaux qui lui sont confiés comme chef menuisier.
- 20. Petit (Louis).
- M. Petit, né en 1835, à Saint-Éloi (Oise), est entré au service de l’Assistance publique comme mécanicien de 2e classe, en 1864, à l’hôpital Saint-Louis, et a été nommé de lre classe en 1897. Très entendu et dévoué, il s’est constamment acquitté de ses fonctions à la satisfaction de tous.
- 21. Prévost (Jean).j
- Entré à la Compagnie de l’Ouest en 1867, M. Prévost a constamment, pendant 31 années de service, fait preuve d’intelligence, d’assiduité et de dévouement : c’est un excellent ouvrier, d’une parfaite honorabilité et d’une conduite exemplaire.
- 22. Robillard (Laurent).
- Entré aux ateliers de la Compagnie P.-L.-M., à Arles, en 1861, M. Robillard a été successivement riveur, chaudronnier, chef d’équipe : pendant 37 ans de service, il s’est constamment fait remarquer par sa conduite exemplaire et son exactitude.
- 23. Rousse (Pierre).
- Né le 15 mars 1833 à Rodbart (Belgique), entré aux usines Kuhlmann en janvier 1860, M. Rousse s’est, pendant 39 années de service, signalé par son excellente conduite, son assiduité et sa parfaite honorabilité.
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- MÉDAILLES D’ENCOURAGEMENT.
- JUILLET 1899.
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- 24. Sengelin (Émile).
- Entré à l’imprimerie de la Société anonyme des publications industrielles en 1880, M. Sengelin est remarquable par l’assiduité, le soin et l’exactitude qu’il apporte à ses travaux ainsi que par son excellente conduite.
- 23. Thomas (Jacques).
- Né en 1837 à Châtillon (Allier) M. Thomas, entré à la Compagnie de Châtil-lon-Commentry en 1856, y compte 42 ans de service, pendant lesquels il a constamment rempli ses fonctions de bourrelier avec zèle, exactitude et assez d’intelligence pour apporter aux harnais quelques perfectionnements heureux.
- 26. Vanabelle (Emile).
- Né à Haubourdin en mai 1857, entré comme manœuvre en 1868 à la Société des amidonnerie et glucosurie d’Haubourdin, où il est actuellement surveillant des ateliers de l’amidonnerie, M. Vanabelle est un excellent sujet sous tous les rapports et parfaitement à la hauteur de ses délicates fonctions.
- 27. Voisin (Guillaume).
- Né en 1829 à Moulins, entré dans l’atelier de M. L. Bourdon en 1849, M. Voisin a, l’un des premiers, travaillé à la fabrication des manomètres : lauréat en 1888 d’une médaille d’argent du ministère du Commerce, puis en 1894 du prix Pichet, décerné par la Chambre syndicale des mécaniciens, il a donné, pendant 50 années de service, l’exemple d’une conduite irréprochable, d’un dévouement et d’une assiduité des plus dignes d’éloges.
- 28. Waroquier (Jules-Henri).
- Entré en 1867 dans l’usine de MM. T. Lefebvre et Cie, fabricants de céruse à Lille, M. Waroquier y a, pendant 32 ans, rempli avec intelligence et dévouement un poste pénible. Sa conduite est irréprochable.
- 29. Witz (Jules-Émile).
- Employé en qualité de metteur en pages depuis 1882 à la Société anonyme des publications industrielles, M. Witz remplit avec assiduité, intelligence et à la pleine satisfaction de tous ces délicates fonctions.
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- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ
- Rapport fait par M. Daubrée, au nom de la Commission des fonds, SUR LES COMPTES DE L’EXERCICE 1898
- Messieurs,
- Conformément à l’article 31 de nos Statuts, j’ai l’honneur de vous présenter, au nom de la Commission des fonds, le résumé des comptes de l’exercice 1898.
- lre PARTIE
- PONDS GÉNÉRAUX
- AVOIR
- 1° Cotisations des membres de la Société (693 cotisations à 36 francs).........
- 2° Dons divers.........
- 3° Abonnement au Bulletin de la Société........
- 4° Produit de la vente au numéro du Bulletin de la Société......................
- 5° Locations diverses. . 6° Arrérages de rentes : 3 p. 100. ... 59 885 »
- 31/2 p. 100. . , 1 351 »
- 7° Intérêts de fonds en
- dépôt......................
- 8° Divers..............
- 24 948 »
- 2 750 »
- 3 744 »
- 1 369,65 11 778,35
- 61 236 »
- 41,53
- 2 833,40
- DÉBIT
- 1° Prix, médailles et récompenses diverses.........
- 2° Bulletin : frais de rédaction, d’impression et d’expédition. .................
- 3° Impressions diverses: Annuaire, Comptes rendus. .
- 4° Bibliothèque : traitements des agents, acquisitions, abonnements, reliures,
- fiches.....................
- 5° Agence et Économat : traitements des agents et employés, frais divers. . . 6° Jetons de présence. . 7° Hôtel de la Socie'té :
- A. Aménagement, entretien, l
- réparations. 8 324,19 I
- B. Mobilier. . . 404,55 /
- C. Chauffage, éclairage, >
- eau........ 4 890,10 l
- D. Contributions, assurances I
- et divers. . . 3 124,07 J
- 8° Frais d’expériences,
- et conférences.............
- 9° Allocation pour le
- Grand Prix.................
- 10° Pensions.............
- 14 965,92
- 34 717, 64 1 988,20
- 6 192,95
- 18 049, 19 5 060 »
- 16 742,91
- 6 978,01
- 1 500 »
- 3 500 »
- A reporter. . . 108 700,93
- A reporter. . . 109 694,82
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- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. ----- JUILLET 1899.
- 981
- AVOIR
- DÉBIT
- Report
- 108 700,93
- 108 700, 93
- Rèport............... 109 694,82
- 11° Souscriptions et dons divers..................... 970 »
- 110 664,82
- Excédent de dépenses reporté de l’exercice 1897. 2 237, 77
- 112 902,59
- Les recettes s’élèvent
- à . . . ................. 108 700,93
- Il ressort un excédent de dépenses sur les
- recettes de.................. 4 201, 66
- On peut voir par cet exposé que nos recettes n’ont pas sensiblement augmenté; elles sont de 625 francs seulement supérieures à celles de 1897. Le nombre des sociétaires ne s’est pas accru dans la même proportion qu’en 1897, nous ne relevons qu’une augmentation de 4 unités, alors qu’au cours de l’exercice précédent le chiffre de nos membres avait augmenté de 37.
- Le chiffre de nos dépenses a subi un nouvel accroissement et le déficit est en nouvelle augmentation. Les dépenses qui s’élevaient en 1897 à 108 043 fr. 99 avec un excédent de dépenses de 2 237 fr. 77 se sont chiffrées en 1898 à 110 664 francs avec un déficit de 4201 fr. 66. Il est vrai que nous avons eu cette année une cause exceptionnelle de dépenses dans l’exécution des réparations urgentes de l’Hôtel de la Société. Nous avons, comme les années précédentes, sérieusement doté le fonds des recherches et expériences et des conférences, et nos dépenses ont largement profité à ce point de vue à notre industrie nationale. En somme, la Société est toujours en pleine prospérité : mais il importe de persévérer dans la voie des économies pour arriver à équilibrer notre budget.
- »e PARTIE
- FONDATIONS, DONS ET COMPTES SPÉCIAUX 1° Grand Prix de la Société.
- Ce prix, de 12000 francs, est destiné à récompenser tous les six ans une découverte ou un perfectionnement présentant un intérêt capital pour notre industrie nationale.
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- 982
- JUILLET 1899.
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. -----
- Il a été décerné en 1895; une somme de 1 500 francs a été prélevée en 1898, sur les fonds généraux pour augmenter la réserve en vue du prochain prix.
- AVOIR
- Solde de 1897 versé à la Caisse des Dépôts et Consignations................... 4 731,38
- Solde en recette du compte
- de 1897.................... 706,45
- Subvention reçue des
- fonds généraux............. 1 500 »
- Intérêts des sommes déposées....................... 94,52
- 7 032,35
- Le montant des sommes déposées à la Caisse des Dépôts et Consignations s’élève à 6 325 fr. 90; il reste 706 fr. 45 dans la caisse de la Société.
- DEBIT
- Yersé à la Caisse des Dépôts et Consignations. ... 1 594,52
- 2° Fondation destinée à développer et à perpétuer l’œuvre créée par le comte et la comtesse Jollivet.
- Les intérêts de cette fondation doivent être capitalisés jusqu’en 1933. Capital au 31 décembre 1897 : 6 092 francs de rente 3 p. 100.
- AVOIR
- DÉBIT
- Solde de 1897. Arrérages. . .
- 80, 10 Achat de 178 francs de 6 159,25 rente 3 p. 100 ............... 6 078,15
- 6 239,35
- Reste 161 fr. 20 dans la caisse de la Société.
- Le capital de cette fondation se trouve portéà6 270 francsde rente 3 p.100.
- 3° Grand prix fondé par le marquis d’Argenteuil.
- But: récompenser tous les six ans, par un prix de 12000 francs, l’auteur de la découverte la plus utile au perfectionnement de notre industrie nationale. Le prix a été décerné en 1898.
- Legs primitif : 40000 francs, représentés par un titre de rente 3 p. 100 de 2 000 francs.
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- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. ------ JUILLET 1899.
- 983
- AVOIR DÉBIT
- Solde de 1897 versé à la Caisse des Dépôts et Consignations 15 185,98 Arrérages 2 000 » Intérêts des sommes versées à la Caisse des Dépôts et Consignations 168,56 17 354,54 Prix décerné 12 000 »
- Les sommes disponibles au 31 décembre 1898 s’élèvent à 5 354fr. 54, versés à la Caisse des Dépôts et Consignations.
- 4° Legs Bapst.
- Legs primitif: 2160 francs de rente 3 p. 100; a servi à établir deux fondations.
- lre Fondation. — But: venir en aide aux inventeurs malheureux. Capital : un titre de 1 565 fr. 20 de rente 3 p. 100.
- AVOIR DÉBIT
- Solde de 1897 1 530, 40 Arrérages 1 565, 20 Secours à 7 inventeurs. . 1 500 »
- 3 095, 60
- Reste disponible dans la caisse de la Société,! 595 fr. 60.
- 2eFondation. —But:aiderles inventeurs dans leurs travaux et recherches. Capital, 3 594 fr. 80 de rente 3 p. 100.
- AVOIR DÉBIT
- Solde de 1897 2 923,55 Arrérages 3 594, 80 6158,35 Allocations à 15 inventeurs. 1 965 » Prélèvement en faveur du Comité des alliages 3 662, 80
- 5 627,80
- Reste en recette dans la caisse de la Société, 890 fr. 55.
- 5° Fondation Christofle pour la délivrance des premières annuités de brevets. Capital : de 1 036 francs de rente 3 p. 100.
- AVOIR DÉBIT
- Solde de 1897 1 047,65 Arrérages 1 036 » Payé quatorze annuités de brevets 470 »
- 2 083, 65
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 613 fr. 65
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- 984
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- JUILLET 1899.
- 6° Fondation de la princesse Galitzine.
- But : servir un prix à décerner sur la proposition du Comité des arts économiques.
- Legs primitif: 2 000 francs.
- Cette fondation n’ayant pas encore reçu d’application, les intérêts s’en sont capitalisés.
- Capital au 31 décembre 1897 : 17 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR DÉBIT
- Solde de 1897............ 253,40 Néant.
- Arrérages................ 244,80
- 498, 20
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 498 fr. 20. Capital : 17 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- 7° Fondation Carré.
- But : analogue à celui de la fondation précédente.
- Legs primitif : 1000 francs.
- Jusqu’ici les intérêts ont été capitalisés en attendant une destination spéciale.
- Capital au 31 décembre 1897 : 7 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOTR DÉBIT
- Solde de 1897............ 22,38 Néant.
- Arrérages................ 100, 80
- 123,18
- Reste en recette à la caisse de la Société : 123 fr. 18. Capital : 7 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- 8° Fondation Fauler (industrie des cuirs).
- But : venir en aide à des contremaîtres ou ouvriers malheureux de l’industrie des cuirs.
- Capital au 31 décembre 1897 : 34 obligations 3 p. 100 de l’Est, 3 des Ardennes, 11 du Midi.
- Aucun secours n’a été distribué en 1898.
- AVOIR
- Solde de 1897 . . . . Arrérages..........
- DÉBIT
- 211,81 Achat de 1 obligation 726, 70 3 p. 100 de l’Est............
- 938,51
- 485,34
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- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- JUILLET 1899.
- 985
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 453 fr. 17.
- Capital au 31 décembre 1898 : 35 obligations 3 p. 100 de l’Est, 3 des Ardennes, 11 du Midi.
- 9° Fondation Legrand (industrie de la savonnerie).
- Même but que la précédente, à part la différence des industries. Capital au 31 décembre 1897 : 72 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- DÉBIT
- Solde de 1897 ............ 18,90 Achat de 1 obligation
- Arrérages. . . . . . . . 1 050,70 3 p. 100 de l’Est............ . 485,39
- 1 069,60
- Reste en recette, dans la caisse de la Société : 584 fr. 21. Capital au 31 décembre 1898 : 73 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- 10° Fondation Christofle et Bouilhet en faveur d’artistes industriels malheureux.
- Capital; 29 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR DÉBIT
- Solde de 1897............ 464,85 2 secours............... 320 »
- Arrérages................ 417, 60
- 882,45
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 562 fr. 45.
- 11° Fondation de Milly (industrie de la stéarine).
- But : secourir des contremaîtres ou ouvriers de cette industrie qui sont malheureux ou ont contracté des infirmités dans l’exercice de leur profession.
- Capital au 31 décembre 1897 : 46 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- Solde de 1897............ 131, 86
- Arrérages................... 662,40
- 794,26
- Néant.
- DÉBIT
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 794 fr. 26.
- Le capital de la fondation est de 46 obligations 3 p. 100 de l’Est.
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- 986
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- JUILLET 1899.
- 12° Fondation de Baccarat (industrie de la cristallerie).
- But : venir en aide aux contremaîtres ou ouvriers malheureux de cette industrie.
- Capital: 9 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- Solde de 1897............ 376,69
- Arrérages................ 143,50
- 520,19
- DÉBIT
- Achat de 1 obligation p. 100 de l’Est............ 485,34
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 34 fr. 85.
- Le capital de la fondation se trouve porté à 10 obligations 3 p. 100 de
- l’Est.
- 13° Prix de la classe 27 à l’Exposition universelle de 1867 (industrie cotonnière).
- But : décerner tous les six ans un prix à celui qui aura le plus contribué au progrès de l’industrie cotonnière en France.
- Legs primitif : 13169 fr. 85.
- Capital actuel : 43 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- Solde de 1897, versé à la Caisse des Dépôts et Consignations................. 6 762, 26
- Intérêts des sommes versées à la Caisse des Dépôts et
- Consignations.............. 132, 36
- Coupons des obligations
- de l’Est................... 639, 35
- Remboursement de 3 obligations sorties au tirage. . . 1 475, 35
- 9 009,32
- DÉBIT
- Achat de 3 obligations
- 3 p. 100 de l’Est............ 1 447, 80
- Allocation............... 1 000 »
- 2 447,80
- Les sommes déposées à la Caisse des Dépôts et Consignations se montent à 6 762 fr. 24.
- 14° Fondation Ménier (industrie des arts chimiques).
- But : venir en aide à des contremaîtres ou à des ouvriers malheureux ou infirmes de cette industrie.
- Capital au 31 décembre 1897 : 11 obligations 3 p. 100 et 2 obligations 5 p. 100 de l’Est.
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- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. ----- JUILLET 1899.
- 987
- AVOIR
- Solde de 1897 Arrérages. .
- 307, 87 206, 40
- 514, 27
- Néant.
- DÉBIT
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 514 fr. 27.
- Le capital est de 11 obligations 3 p. 100 et 2 obligations 5 p. 100 de l’Est.
- 15° Prix de la classe 65 à l’Exposition universelle de 1867 (génie civil et architecture).
- But : décerner tous les cinq ans un prix de 500 francs à l’auteur d’un perfectionnement apporté au matériel ou aux procédés du génie civil ou de l’architecture.
- Legs primitif : 2315 fr. 75.
- Capital au 31 décembre 1897 : 14 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- i
- Solde de 1897............ 466, 44
- Arrérages................ 215, 50
- 681, 94
- DÉBIT
- Achat d’une obligation 3 p. 100 de l’Est.......... 485,34
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 196 fr. 60. Le capital est de 15 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- 16° Prix de la classe 47 à l’Exposition universelle de 1878 et fondation Fourcade (industrie des produits chimiques).
- But : créer un prix annuel pour récompenser un ouvrier de l’industrie chimique, choisi de préférence parmi ceux des donateurs et parmi ceux qui comptent le plus grand nombre d’années consécutives de bons services dans le même établissement.
- Capital : 1 titre de 1 000 francs de rente 3 p. 100.
- AVOIR
- Arrérages. . . , . .
- 1 000 »
- DÉBIT
- Prix décerné en 1898
- 1 000 »
- 17° Fondation du général comte d’Aboville.
- But : décerner 3 prix à des manufacturiers qui auront employé à leur service, pendant une assez longue période de temps, des ouvriers estropiés, amputés ou aveugles, et les auront ainsi soustraits à la mendicité.
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- 988
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- JUILLET 1899.
- Legs primitif : 1 000 francs.
- 4 prix ayant déjà été décernés, le capital est réduit à 1 obligation 3 p. 100 du chemin de fer de l’Est.
- AVOIR
- Solde de 1897............ 240,70
- Arrérages................ 14,40
- 255,10
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 255 fr. 10.
- DEBIT
- Néant.
- 18° Legs G-iffard.
- But : la moitié du revenu est destinée à créer un prix sexennal de 6000 francs pour services signalés rendus à l’industrie française; l’autre moitié, à distribuer des secours.
- Legs primitif : 50000 francs, représentés par un titre de rente 3 p. 100 de 1 949 francs.
- Le prix a été décerné en 1896.
- AVOIR
- DÉBIT
- En dépôt à la Caisse des Dépôts et Consignations. . 1 107, 85
- Arrérages.............. 1 966, 90
- Remboursement d’une partie de la subvention fournie par la fondation du Grand Prix de la Société..... 1 949 »
- 3 074,75
- Reste en recette à la caisse de la Société : 17 fr. 90.
- En dépôt à la Caisse des Dépôts et Consignations : 1 107 fr. 85, comme réserve pour le prochain prix à décerner.
- 19° Fondation Meynot.
- Rut : créer un prix destiné à récompenser les inventions, progrès et perfectionnements intéressant la moyenne ou la petite culture.
- Legs primitif : 20000 francs, représentés par un titre de rente 3 p. 100 de 730 francs.
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- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. ------ JUILLET 1899.
- 989
- AVOIR
- Solde de 1897 versé à la Caisse des Dépôts et Consignations ..................... 8 915,55
- Arrérages.............. 730 »
- Intérêts des sommes versées à la Caisse des Dépôts et Consignations.............. 174,91
- 9 820,46
- Néant.
- DÉBIT
- Les sommes disponibles au 31 décembre 1898 s’élèvent à 9 820 fr. 46, versés à la Caisse des Dépôts et Consignations.
- 20° Fondation Melsens.
- But: création d’un prix triennal de 500 francs pour récompenser l’auteur d’une application intéressante de la physique ou de la chimie à l’électricité, à la balistique ou à l’hygiène.
- Legs primitif : 5000 francs, représentés par 13 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- Le prix a été décerné en 1896.
- AVOIR
- Solde de 1897......... 548 »
- Arrérages............. 187, 20
- 735,20
- Reste dans la caisse de la Société : 735 fr. 20.
- DEBIT
- Néant.
- 21° Fondation de la classe 50 à l’Exposition universelle de 1867 (matériel des industries alimentaires).
- Don primitif : 6 326 fr. 14.
- Cette somme n’a été reçue que sous réserve de restitution aux exposants qui réclameraient leur quote-part avant trente ans ; l’intégralité en est aujourd’hui définitivement acquise par suite de l’expiration de ce délai. Capital au 31 décembre 1897 : 21 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- Solde de 1897. . . . Arrérages..........
- DÉBIT
- 447,14 Achat de 1 obligation
- 316,30 3 p. 100 de l’Est........... 485,34
- 763,44
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- 990
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- JUILLET 1899.
- Solde en recette à la caisse de la Société : 278 fr. 10.
- Le capital se trouve porté à 22 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- 22° Prix Parmentier fondé par les exposants de la classe 50 à l’Exposition universelle de 1889 (industries relatives à l’alimentation).
- But : création d’un prix triennal de 1 000 francs destiné à récompenser les recherches scientifiques ou techniques de nature à améliorer le matériel ou les procédés des usines agricoles et des industries alimentaires.
- Don primitif : 9846 fr. 75, représentés par un titre de 335 francs de rente 3 p. 100.
- Le prix a été décerné en 1896.
- AVOIR
- Solde de 1897.......... 1 689,90
- Arrérages.............. 335 »
- 2 024, 90
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 2 024 fr. 90.
- 23° Fondation des exposants de la classe 51 à l’Exposition universelle de 1889 (matériel des arts chimiques, de la pharmacie et de la tannerie).
- But : création d’un prix.
- Don primitif : 2 556 fr. 20.
- Capital actuel : 7 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- La fondation est restée sans emploi en 1898.
- AVOIR DÉBIT
- Solde en 1897 ..... 225,73 Néant.
- Arrérages.............. 100, 80
- 326, 53
- Reste en recette dans la caisse de la Société 326 fr. 53.
- 24° Don de la classe 21 à l’Exposition universelle de 1889 (industrie des tapis et tissus d’ameublement).
- But : secourir des ouvriers malheureux appartenant à cette industrie. Don primitif : 400 francs.
- DEBIT
- Néant.
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-
-
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- JUILLET 1899.
- 991
- Capital actuel : 10 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- DÉBIT
- Solde de 1897 Arrérages .
- 80,17 14, 40
- 94, 57
- Néant.
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 94 fr. 57.
- 25° Fondation des exposants de la classe 63 à l’Exposition universelle de 1889 (génie civil, travaux publics et architecture).
- But : création d’un prix.
- Don primitif: 3869 fr. 85.
- Capital au 31 décembre 1897 : 10 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR DÉBIT
- Solde de 1897........... 188,25 Néant.
- Arrérages................. 144 »
- 332, 25
- Reste en recette à la caisse de la Société : 332 fr. 25.
- Le capital est de 10 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- 26° Fondation des exposants de la classe 75 à 1 Exposition universelle de 1889
- (viticulture).
- But : prix à décerner à celui qui indiquera un moyen pratique de se débarrasser des insectes ennemis de la vigne: l’altise ou la cochylis.
- Don : 1000 francs.
- AVOIR
- Solde de 1897 versé à la Caisse des Dépôts et Consignations ................ . . 1 000 »
- Arrérages.............. 12,77
- 1 012, 77
- Reste en recette dans la caisse de Caisse des Dépôts et Consignations : 1
- DÉBIT
- Néant.
- la Société : 12 fr. 77 ; en dépôt à la 000 francs.
- 27° Fondation de Salverte.
- But : décerner chaque année, sur la proposition du Comité des beaux-arts, un prix consistant en une médaille d’argent et une somme de 25 francs à un ouvrier français, appartenant à la corporation du bâtiment, moral,
- p.991 - vue 999/1864
-
-
-
- 992 ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. — JUILLET 1899.
- habile, âgé de 60 ans au moins, père d’une famille nombreuse qu’il aurait bien élevée.
- Don primitif : 1 000 francs, qui ont été employés à l’achat de 29 francs de rente 3 p. 100.
- La fondation ne remonte qu’à 1896 et le prix n’a pas encore été décerné.
- AVOIR
- DÉBIT
- Solde de 1897 Arrérages. .
- 39, 35 29 »
- 68,35
- Néant.
- Reste en recette à la caisse de la Société : 68 fr. 35.
- 28° Compte spécial du Comité des alliages. Don fait en 1895 : 6 500 francs.
- AVOIR
- DÉBIT
- Prélèvement sur la fondation Bapst, 2° partie..... 3 662, 80
- Allocations
- 3 662,80
- 29° Compte spécial du Comité d’expériences sur le verre.
- AVOIR DÉBIT
- Solde de 1897........... 500 » Payé en 1898 ...................... 3 000 »
- Solde débiteur : 2 500 francs (rattachés aux fonds généraux).
- 30° Souscriptions perpétuelles et à vie.
- AVOIR
- DÉBIT
- Solde de 1897 .......... 95, 86
- Souscription perpétuelle de M. Cunet................. 1 000 »
- 1 095,86
- Achat de 29 francs de rente 3 p. 100..................... 1 000,25
- Solde en caisse: 95 fr. 61.
- Le capital constitué par les souscriptions perpétuelles et à vie comprend trois inscriptions montant à 2 506 francs de rente 3 p. 100.
- 31° Table décennale du Bulletin.
- AVOIR
- Solde de 1897 déposé à la Caisse des Dépôts et Consigna-
- tions ......................... 600 »
- Intérêts.................... 6, 66
- Annuité de 1898............ 300 »
- Néant.
- DÉBIT
- 906,66
- p.992 - vue 1000/1864
-
-
-
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. — JUILLET 1899 . 9 93
- Solde : 906 fr. 66, déposés à la Caisse des Dépôts et Consignations.
- Le bilan de notre Société arrêté au 31 décembre 1898 est annexé à notre rapport.
- Votre Commission a constaté l’exactitude et la parfaite régularité des comptes que nous venons de vous présenter et vous propose de les approuver. Nous ne saurions terminer cet exposé sans vous demander de témoigner une fois de plus notre profonde gratitude à notre dévoué trésorier, dont le zèle, jamais démenti, assure à nos finances cette bonne gestion que nous constatons depuis nombre d’années. Nous sommes certains d’être l’interprète des sentiments de tous nos collègues en adressant à M. Goupil de Préfeln nos plus vifs remerciements.
- . Lucien Daubrée.
- Lu et approuvé en séance, le 91 juillet 1899.
- Tome IV. — 98e année. B® série. — Juillet 1899.
- (iB
- p.993 - vue 1001/1864
-
-
-
- BILAN AU 31 DÉCEMBRE 1898
- ACTIF
- Immeuble de la Société. . Portefeuille de la Société .
- Portefeuille des fondations...........
- Portefeuille du fonds d'accroissement
- fiOO.OOO » 2.14-4.609.1)0
- 2.744.609,56
- 586.654,
- 212.374,
- 28 84 i
- Caisse, Banquiers :
- Crédit Foncier.......................
- Caisse des Dépôts et Consignations .
- Caisse du Siège social...............
- Caisse du Trésorier..................
- 15.041, 31.277 1.007 1.588
- Fonds généraux : Solde débiteur...........
- Débiteurs [divers.........................
- Solde débiteur du compte Fondation R oy cl c‘
- 799.029,10
- 48.894,46
- 4.201,66
- 3.973,70
- 200,79
- 3.600.909,27
- PASSIF
- Valeurs mobilières et immobilières appartenant à la Société. Valeurs des fondations.......................................
- Sommes provenant des fondations, classes et comptes spéciaux versées dans la Caisse de la Société, qui en est débitrice.
- Jollivcl.............................................. 161,20
- Bapst, (A.)......................................... 1.393,60
- Bapst (B.)............................................ 890,55
- Christ,oile........................................... 613,65
- Galitzinc............................................. 498,20
- Carré................................................. 123,18
- Fauler................................................ 453,17
- Legrand............................................... 584.21
- Christotle et Bouilhet................................ 562,45
- De Mi 11 y............................................ 794,26
- Baccarat............................................... 34,85
- Menicr................................................ 314,27
- Classe 65 (1867)..................................... 196,60
- D’Aboville............................................ 255,10
- Melsens............................................... 735,20
- Classe 50 (1867;..................................... 278,10
- Parmenlier.......................................... 2.024,90
- Classe 51 (1889)..................................... 326,53
- — 21 (1889)....................................... 94,57
- — 63 (1889)...................................... 332,23
- — 75 (1889)....................................... 12,77
- Souscription perpétuelle et à vie...................... 95,61
- De Salverte............................................ 68,35
- Réserves provenant des fondations, dons el comptes spéciaux versées à la. Caisse des Dépôts et Consignations.
- Grand prix de la Société............................ 6.325,90
- Prix d’Argenteuil................................... 5.354,54
- Prix de la Classe 27 (1867)......................... 6.762,24
- Prix Gill'ard....................................... 1.107,85
- Prix Meynot......................................... 9.820,46
- Classe 75 (1895)................................. 1.000 »
- Table décennale du Bulletin........................... 906,66
- Créanciers divers............................................
- 2.744.609,56
- 799.029,10
- 11.245,37
- 31.277, 65
- 14.747,39
- 3.600.909,27
- p.994 - vue 1002/1864
-
-
-
- Rapport présenté par M. Édouard Simon, au nom des censeurs, sur les comptes de l’année 1898.
- Messieurs,
- Le rapport que vous venez d’entendre me dispense d’entrer dans de longues explications; M. Daubrée vous a fourni l’état détaillé de nos ressources, des fondations spéciales dont de généreux donateurs nous ont confié la gestion, du fonds d’accroissement de la dotation Jollivet, qui constitue pour la Société d’Encouragement un important élément de sécurité et de progrès (1). En constatant l’exactitude des comptes relevés par la Commission des fonds, il nous paraît utile, pour bien dégager la situation morale, de distinguer les recettes et dépenses normales, des recettes et dépenses extraordinaires. Si, en effet, le total des recettes ne donne qu’une augmentation de 625 francs, eu égard au précédent exercice, l’année 1898 n’en présente pas moins un supplément
- Francs.
- de cotisations égal à. . . ....................
- un accroissement d’abonnements au Bulletin, de de ventes au numéro, de......................
- Les locations sont aussi en plus-value de. . .
- soit au total
- Ensemble
- 144 »
- 804 » 271 95 919 95 416 60 1 336 55
- La différence se trouve ramenée à 625 francs, comme l’a montré M. le rapporteur de la commission des fonds, parce qu’en 1897 une recette extraordinaire, provenant de la vente d’un matériel hors d’usage, avait notablement bonifié Xavoir.
- D’autre part, les dépenses ordinaires comportent des réductions d’autant plus intéressantes que les économies réalisées, pour la majeure partie, sur les frais delà bibliothèque et sur la confection du Bulletin, n’ont porté
- aucun préjudice au bon fonctionnement des services. Les différences en moins se répartissent comme suit :
- Francs.
- Sur frais du Bulletin................................................. 562 20
- — impressions diverses.............................................. 722 18
- — frais de bibliothèque.......................................... 875 45
- — — d’agence et d’économat....................................... 824 »
- soit une somme de......... 2 983 83
- à laquelle il convient d’ajouter la suppression de l’entretien de l’ancienne
- installation mécanique................................................ 876 04
- d’où, une économie totale de. .... 3 859 87
- (1) Voir bulletin de juillet 1897. Rapport sur les comptes de l’année 1896.
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- ÉTAÎ FINANCIER DÈ LA SOCIÉTÉ. - JUILLET 1899.
- Pour s’expliquer comment, malgré ce boni, les dépenses ont passé de 110 312 fr. 54 en 1897, à 112 902 fr. 59 en 1898, il suffit de remarquer que le dernier exercice a supporté un supplément de 3 156 fr. 62 en prix, médailles et encouragements, et qu’il a été dépensé dans l’hôtel de la Société, en frais d’aménagements intérieurs, d’installations électriques, etc., une somme globale de 8 324 fr. 19. Cette dernière dépense, qui grève le budget de 1898, profitera aux exercices ultérieurs.
- Le meilleur moyen de rétablir l’équilibre, — M. Daubrée vous l’a dit, — est de recruter des sociétaires; ce recrutement s’impose sous peine de laisser s’amoindrir le rôle utile de la Société d’Encouragement. Vous savez que, grâce à une active propagande parmi leurs amis, quelques dévoués collègues ont amené
- 117 membres nouveaux au cours de l’année 1895, 80 — — — 1896,
- 65 — — — 1897,
- et 37 — — — 1898.
- Sans demander à tous le même effort, si chacun des membres du Conseil voulait bien se faire une loi de recruter un sociétaire par année, la progression du nombre de nos adhérents serait largement assurée. Le recrutement se trouve, d’ailleurs, facilité par l’intérêt croissant du Bulletin, qui forme une véritable encyclopédie industrielle.
- Permettez-moi encore de vous rappeler que les revenus de plusieurs fondations, dont le but a été précisé dans le rapport de la Commission des fonds, ne sont pas suffisamment utilisés : sur 17 000 francs de disponibilités en chiffres ronds, 9 000 francs seulement ont été employés, en 1898, conformément aux volontés des donateurs. Sans doute, les reliquats se sont ajoutés aux dotations et en ont accru l’importance, mais notre objectif doit être moins de thésauriser que de distribuer ces ressources.
- En terminant, Messieurs, nous vous demandons d’approuver les comptes conformément aux conclusions de la Commission des fonds et d’adresser de chaleureux remercîments à notre trésorier, M. Goupil de Préfeln, dont nous apprécions tous l’activité, le soin et le dévouement incessant.
- Édouard Simon.
- Lu et approuvé en séance, le 21 juillet 1899.
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- ARTS CHIMIQUES
- Compte rendu des progrès réalisés dans l’étude et l’industrie des huiles essentielles et des parfums, par M. A. Haller, correspondant de l'Institut (1) [Suite).
- Essence de lemon-grass. —Dans le Bulletin of miscellaneous informations, Royal gardens Kew (n° 140, p. 206), on indique V Andropogon nardus comme la plante fournissant cette huile. Cette affirmation est en contradiction, non seulement avec les indications de Fluckiger et Hanbury (Pharmacographia, 2e édit., p. 726), mais encore avec la citation de Dymock [Pharmacographia indica, t. III, p. 664), d’après lesquelles l’essence de citronnelle provient de /’Andropogon nardus L., et l’huile de lemon-grass de V Andropogon citratus (2).
- Il serait intéressant de savoir de quel côté se trouve la vérité, ou s’il s’agit d’une erreur de citation.
- On sait que cette essence sert de matière première pour l’extraction du citral, dont elle renferme des quantités atteignant parfois 82 p. 100. On sait, d’autre part, que le citral est employé dans la fabrication de l’ionone. Or ce succédané de l’essence de violettes est un produit très rémunérateur, qui exerce une certaine tentation parmi les producteurs de parfums. Des imitations de l’ionone ayant paru sur le marché, il a fallu expliquer leur origine et justifier les différences qui existent entre elles et le produit de MM. Tiemann et de Laire. Cette justification et la réponse des inventeurs de l’ionone nous a valu une étude plus complète de l’essence de lemon-grass.
- Plusieurs auteurs ont pris part à ce tournoi; ce sont, d’une part, MM. Tiemann (3), Doebner (4), Schimmel et Cie (6), et, d’autre part, MM. Ziegler (6) et Stiehl (7). Nous ne retiendrons de ces recherches que ce qui concerne spécialement l’essence de lemon-grass, nous réservant de revenir sur cette controverse à propos de l’ionone.
- (1) Bulletin de la Société d’Encouragement, juin 1898.
- (2) Bull. Schimmel, octobre 1898, p. 38.
- (3) Ber. deut. chem. Gus., p. 31, 867, 2313, 3278, 3297, 3324.
- (4) Ber. deut. chem. Gus. 31, 1888.
- (5) Bull. Schimmel, octobre 1898, p. 59.
- (6) Journ. f. prakt. chem. (2), 57, 493.
- (7) Journ. f. prakt. chem. (2), 58, 51.
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- ARTS CHIMIQUES.
- JUILLET 1899.
- Le point de départ du débat est la prise de brevets, par une maison de Hambourg, pour la préparation d’une « essence de violettes artificielle » différente de l’ionone, en partant de l’huile de lemon-grass (1).
- D’après M. Ziegler, si l’on emploie, au lieu de citral, de l’essence brute de lemon-grass, ou, ce qui est encore préférable, « celles de ses parties dont on a séparé par distillation les autres parties correspondant au citral, de sorte qu’elles aient un point d’ébullition de 115° à 130° sous 12 millimètres de pression, on obtient des résultats, autres que ceux observés par M. Tiemann, quand on les fait bouillir, avec de l’acétone, une solution d’hypochlorite de chaux et de l’alcool additionné de nitrate de cobalt ». Il se produit une essence ne contenant pas de chlore, presque sans odeur, d’un poids spécifique de 0,898 à 20°, et dont le point d’ébullition est généralement de 135° à 170° sous une pression de 12 millimètres, tandis que la pseudo-ionone de M. Tiemann a un poids spécifique de 0,9044 et qu’elle bout à une température de 143° à 145° sous 12 millimètres de pression (2).
- M. Stiehl cherche à préciser la nature des aldéhydes contenues dans l’essence de lemon-grass, et trouve que cette huile renferme trois aldéhydes différentes de la formule C10H16O, tandis qu’à l’état pur et non adultéré, elle est exempte de citronnellal et de géraniol. Les trois aldéhydes seraient : 1° l’aldéhyde cylriodo-rique de Dodge; 2° le citral ou géranial de Tiemann et Semmler; 3° le licarhodal gauche de Barbier et Bouveault.
- D’après l’auteur, ces trois aldéhydes se distinguent l’une de l’autre, par la manière dont elles se comportent vis-à-vis du bisulfite de soude. La combinaison bisulfitique du citral, chauffée avec le liquide d’où elle s’est séparée, se transforme, au bout de quelque temps, en un acide sulfonique soluble, duquel ni les carbonates alcalins ni les alcalis caustiques ne sont susceptibles de séparer de nouveau le citral.
- La combinaison bisulfitique de l’aldéhyde citriodorique Se liquéfie également quand on l’abandonne à elle-même, et l’on peut isoler de la solution un composé
- C10H16O.2NaHSO3 h- 4Na1 2S03 + 50 H2G
- que seuls les alcalis caustiques décomposent. On sait d’ailleurs que l’aldéhyde cinnamique donne un composé analogue.
- Quant à la combinaison bisulfitique du licarhodal ou allo-lemonal, elle se dédouble avec la plus grande facilité quand on la chauffe légèrement.
- M. Stiehl caractérise ensuite ces aldéhydes au moyen de la réaction de
- (1) Brevet français n° 260319, brevet anglais n° 26350, brevet américain de décembre 1896, demande de brevet allemand Pat. n° 9386, du 7 octobre 1896.
- (2) Bull. Soc. Chim., t. XIX, p. 621.
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- Doebner, en les transformant en acides a-alkoyl-b-naphtocinchoniniques. Il prépare également les semi-carbazones correspondantes.
- L’auteur condense ensuite l’ensemble des aldéhydes de l’essence de lemon-grass avec de l’acétone, et dans le mélange, il peut reconnaître la présence de la pseudo-ionone, sans toutefois réussir à l’isoler.
- En traitant les aldéhydes citriodorique et allo-lemonal par les acides, le savant allemand constate que ces deux composés sont convertis en géranial. Il ajoute que si l’on soumet au préalable l’essence de lemon-grass à l’action des acides et qu’on la condense ensuite avec de l’acétone, on obtient facilement de la pseudo-ionone. Inversement, le géranial traité par de l’acétate de soude ou des agents alcalins se transforme en les deux autres aldéhydes.
- Dans un tableau très étendu, l’auteur donne ensuite les constantes physiques des trois aldéhydes, ainsi que celles de leurs semi-carbazones, de leurs acides naphtocinchoniniques correspondants, et des produits de condensation avec l’acétone. Nous renvoyons le lecteur au mémoire original pour ces données, ainsi que pour les considérations théoriques qui terminent le mémoire. Nous nous bornons à ajouter que, selon M. Stiehl, l’essence de lemon-grass renfermerait :
- Environ 10 p. 100 de citral (géranial).
- — 40 à 50 — d’aldéhyde citriodorique. ,
- — 25 à 30 — d’allolemonâl.
- Dans un sesond mémoire (1), M. Stiehl revient sur différents points de ses recherches, surtout en ce qui concerne l’action du bisulfite de soude sur l’essence de lemon-grass. Il recommande : 1° d’employer une solution de bisulfite exempte d’acide libre, lorsqu’il s’agit de séparer l’allo-lemonal et l’aldéhyde citriodorique de l’essence de lemon-grass. Il faut, en outre, que l’essence ne soit pas traitée au préalable, par des acides; 2° d’opérer en milieu acide, ou tout au moins d’avoir soin d’invertir l’huile au moyen d’un acide quand il s’agit d’extraire le géranial; 3° la réaction caractéristique du citriodoral, comme celle de l’allo-lemonal, doit toujours se faire avec un bisulfite exempt d’acide; 4° la réaction correspondante du géranial peut aussi se faire avec un bisulfite neutre, mais on réussit naturellement aussi en employant un bisulfite acide.
- MM. Schimmel, en rendant compte du mémoire de M. Stiehl, maintiennent l’identité du citral, isolé par eux, des essences de lemon-grass, de citron et de certaines variétés d’eucalyptus, avec l’aldéhyde citriodorique de M. Stiehl. Leurs recherches antérieures ont également montré que leur citral (aldéhyde citriodorique de M. Stiehl) se combine, à la longue, totalement au bisulfite, que la combinaison ainsi obtenue n’est plus saponifiable par la potasse, et se comporte
- (1) Chem. Zeit. 1898, t. XXII, p. 1086.
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- ARTS CHIMIQUES.
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- comme un véritable acide sulfonique. D’autre part, quand on chauffe le composé bisulfitique, il se produit toujours une élimination d’aldéhyde, lorsque le bisulfite en présence est en quantité insuffisante pour former la combinaison C10H,6O2(NaHSO3), ce qUj arrive quand on se place dans les conditions où s’est placé M. Stiehl. Il en résulterait que la méthode préconisée par M. Stiehl pour extraire l’allo-lemonal n’est pas à l’abri de toute critique.
- Malgré les indications de M. Stiehl, MM. Schimmel n’en maintiennent pas moins, que l’essence de lemon-grass renferme constamment delà méthylhepté-none et du géraniol, parmi ses constituants.
- M. Doebner se refuse également à croire à la présence de plusieurs aldéhydes différentes dans l’essence de lemon-grass. En faisant la condensation de l’acide pyruvique et de la naphtylamine, d’une part, avec le citral, et d’autre part avec l’essence de lemon-grass, l’auteur obtint le même acide citryl-naphtocinchoni-nique, et d’après la quantité de cet acide qu’il a pu isoler, il a conclu que l’essence de lemon-grass renfermait 82 p. 100 de citral; M. Doebner constata en outre que cette essence ne contenait pas de proportions notables d’autres aldéhydes que le citral.
- M. Semmler (1), mis en cause par M. Stiehl, a également répété ses expériences relatives au géranial, produit d’oxydation du géraniol, géranial qu’il considère comme identique avec le citral de l’essence de lemon-grass. L’auteur a montré que l’aldéhyde citro-odorique est de même susceptible de donner naissance à un acide sulfonique quand on le met en présence d’un excès de bisulfite, et qu’il ne présente par conséquent aucune différecee avec le citral. D’autre part, l’allo-lemonal, que M. Sthiel considère comme jouissant du pouvoir rotatoire, combiné à plusieurs reprises au bisulfite, finit par devenir inactif et par se montrer identique au citral.
- M. Semmler conclut finalement à l’identité de ces trois aldéhydes avec le géranial obtenu par lui par oxydation du géraniol. Dans une série de mémoires très étendus, M. Tiemann aborde à son tour la question du citral, et partant, celle de l’essence de lemon-grass. L’auteur montre d’abord que le citral est le seul aldéhyde qui existe en quantité notable (85 p. 100) dans l’essence de lemon-grass. Par une étude approfondie du géranial de différentes provenances, il arrive ensuite à déterminer rigoureusement les conditions dans lesquelles il faut se placer pour obtenir :
- 1° La combinaison bisulfitique normale du citral
- C9H15CH(0H).S03Na ;
- 2° Le dérivé dihydrodisulfonique stable du citral
- C#H17(S03Na)s.C0H;
- (1) Ber. Deutsch. Chem. Ges., 1898, t. XXXI, p. 300.
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- 3° Le dérivé dihydrodisulfonique labile du citral
- C9H17(S03Na)2.C0H ;
- 4° Le citralhydrosulfonate de sodium.
- C9Hi6(S03Na).C0H.
- La caractérisation rigoureuse de ces différentes combinaisons, la façon dont elle se comportent vis-à-vis des alcalis, ont permis à M. Tiemannde donner une interprétation rationnelle des phénomènes observés avec l’essence de lemon-grass.
- L’auteur revient aussi sur la réaction de Doebner, et montre à quelles causes il faut attribuer les faibles divergences observées dans les points de fusion d’acide citryl-^-naphtocinchoninique, ce dernier étant souvent mélangé de petites quantités d’acide méthyl-[3-naphtocinchoninique fondant à 232°,
- M. Tiemann utilise enfin une nouvelle combinaison du citral avec l’acide cyanacétique, découverte par M. Strebel, l’acide citralydénecyariaçétique,
- C18H17N02,
- pour caractériser et même doser le citral dans l’essence de lemon-grass. Cet acide s’obtient en ajoutant 1 molécule de citral à 1 molécule d’acide cyanacétique, dissout dans 3 parties d’eau, et 1 molécule de soude caustique, sous la forme de lessive à 30 p. 100. On acidulé et on purifie le nouveau composé dans un mélange de benzène et de ligroïne. L’acide pur fond à 122°.
- M. Tiemann a observé que lorsqu’on agite une essence contenant du citral avec une solution alcaline d’acide cyanacétique, on réussit à extraire la totalité de cette aldéhyde.
- L’auteur, pour se résumer, donne finalement les rendements obtenus en citral par l’application des différentes méthodes d’extraction, à la même essence de lemon-grass.
- Méthode
- Méthode Méthode au sulfite
- à l’action au Na*S03-l-7HI0
- cyanacétique. bisulfite. 4 bicarbonate de soude
- p. 100
- Composants non aldéhydiques. 18
- exempt de citral.
- ( a) Par différence. . . 82
- 1 ra (6) dosage direct . . . 75,44
- Perte de citral par détermination directe................... 6,56
- p. 100
- 24
- encore un peu de citral.
- 76
- 65
- p. 100 20
- encore du citral.
- 80
- 77,5
- 11 2,5
- M. Tiemann recommande la méthode au sulfite neutre additionné de bi-car-bonate quand on veut obtenir un citral exempt de citronnellal. Avec le mélange
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- ARTS CHIMIQUES.
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- de ces deux sels, le citronnellal donne du citronnellylhydrosulfonate de sodium non décomposable par la soude, tandis que la combinaison que donne le citral se dédouble facilement dans ces conditions.
- MM. Flatau et H. Labbé (1), en possession d’un autre procédé permettant de séparer le citral du citronnellal, l’ont appliqué à la recherche de cette dernière aldéhyde dans l’essence de lemon-grass.
- M. Labbé (2) agite 100 grammes d’essence pendant deux h trois heures, avec un volume égale de bisulfite frais et une petite quantité d’éther ordinaire qui facilite la formation des cristaux. Les cristaux sont dissous dans l’eau, lavés avec l’éther, et la solution aqueuse est précipitée par une liqueur concentrée de chlorure de barium. Le précipité est lavé plusieurs fois à l’eau, mis en digestion aqueuse pendant douze heures, lavé à l’alcool et enfin à l’éther. Les eaux mères de ce précipité sont recueillies.
- Ce sel barytique est traité par de la potasse alcoolique à fi p. 100 qui le décompose immédiatement ; par extraction à l’éther, on obtient immédiatement le citronnellal.
- La solution aqueuse décomposée par la potasse aqueuse, en présence d'éther, a fourni une notable quantité de citral.
- D’après l’auteur, l’essence de lemon-grass renferme environ :
- P. 100
- Citral.......................................76-77
- Citronnellal................................. 7-8
- ce qui fait les 84 à 8fi p. 100 d’aldéhydes accusés par M. Tiemann. On a enfin de nouveau caractérisé la présence de géraniol dans cette essence, qui en contiendrait 4 p. 100.
- M. Flatau, à la suite de la publication du mémoire de M. Ziegler, revient de nouveau sur l’essence de lemon-grass, isole les aldéhydes contenues dans cette essence, les compare avec le citral préparé avec le géraniol, et conclut à l’identité de leurs semi-carbazones. En résumé, ses recherches ont permis de constater la présence, dans l’huile de lemon-grass, de la méthylhepténone, du citral et du citronellal (3).
- M. H. Labbé a enfin trouvé que le résidu de l’essence de lemon-grass, bouillant à une température élevée, est constitué par un mélange d’éthers caprique et caproïque d’un alcool qui est probablement le géraniol (4). L’essence contiendrait environ 8 à 9 p. 100 de ces éthers.
- (1) Bull. Soc. Chim., 1898, (3) t. XIX, p. 1012.
- (2) Bull. Soc. Chim., 1899, (3) t. XX, p. 98.
- (3) Bull. Soc. Chim., (3) 1899, t. XX, p. 158.
- (4) Bull. Soc, Chim., (2) 1899, t. XX, p. 159.
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- Essence de hinaloé. — D’après M. J. Muller, professeur à Gratz, les bois d’aloès et de linaloé n’auraient d’autre parenté que le nom (1).
- Il existe deux sortes de bois de linaloé dans le commerce, l’une vient du Mexique, l’autre de la Guyane française.
- Le bois du Mexique, dont on extrait sur place, et aussi en Europe, la vraie essence de linaloé, dérive d’une variété de Bursera, et sûrement du Bursera delpechiana Poisson, ou du Bursera alæxylon Engl., peut-être encore d’autres variétés, dans tous les cas pas de toutes les variétés.
- Par contre, le bois de Cayenne, bien qu’à la distillation il fournisse une huile analogue à celle du Mexique, provient non d’une Burséracée, mais d’une Laurinée, probablement de YOcotea caudata Mez : il est identique avec le Licari ou bois de Rose femelle.
- Dans le bois du Mexique, l’huile essentielle se développe comme un contenu cellulaire, sous la forme de couches circulaires, au sein du tissu ligneux; dans le bois de Cayenne, au contraire, l’huile existe dans des canaux disséminés, (cellules évasées du parenchyme). Ce bois est moins riche en essence que celui du Mexique, fait que MM. Schimmel ont depuis longtemps observé dans la pratique de la distillation.
- Essence de Liquidambar styraciflua (de feuilles). — Les feuilles d’un vert foncé et brillant de cet arbre ressemblent à celles de l’érable. En automne, elles prennent une teinte d’un bronze clair et possèdent une odeur spéciale, peu commune aux arbres feuillus et rappelant la térébenthine. Cet arbre n’est pas rare dans le New-Jersey. Les feuilles fraîches ne fournissent à la distillation que 0,85 p. 100 d’essence. Celle-ci est d’un jaune verdâtre, fluide, de densité 0,872 et possède le pouvoir rotatoire — 38°,45'. L’indice de saponification est de 5,9 et celui de l’acétylation 25,2. L’odeur de l’essence rappelle celle du sapin; il est donc probable qu’à côté des terpènes, elle renferme du bornéol et de l’acétate de bornyle (2).
- Esssence de Lophantus anisatus. — Préparée par M. le professeur Kremers du Collège of Pharmacy de Madison, Wisconsin, cette essence fut étudiée sommairement par MM. Schimmel, qui lui reconnurent la densité 0,943 à 20°, et la déviation optique — 7,10. Elle dégage une odeur d’anis assez agréable, qui rappelle dans une certaine mesure celle du Solidago odorata (3).
- (1) Lignum Aloés und Linaloeholz (Pharrn. Post., 1896, n° 46-48)\Dingler,s polytechn. Joum., Bd. CGXXXIV, 1899, p. 468.
- (2) Bull. Schimmel, 1898, avril, p. 54.
- (3) Bull. Schimmel, 1898, avril, p. 54.
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- A.RTS CHIMIQUES.
- JUILLET 1899.
- Essence de mandarines. —- On avait caractérisé jusqu’à présent dans cette essence, le limonène, une petite quantité de citral, et on y soupçonne aussi la la présence de citronnellal (1).
- En fractionnant 500 grammes d’essence de mandarines, MM. Flatau et Labbé (2) ont isolé 93 p. 100 de limonène, une trace de citral et enfin 1 p. 100 du même éther, insoluble dans l’éther qui se trouve dans l’essence de Portugal. (Voir cette essence.)
- Essence de mélisse. — En agitant cette essence avec une solution de bisulfite de soude, MM. Flatau et Labbé ont isolé environ 60 p. 100 de citronnellal. La distillation fractionnée de 600 grammes de la même essence a fourni :
- Ilo —160 sous 40 millim,
- 180 — 280 —
- 280 et au-dessus.
- Les portions 2 et 3 n’ont pas été étudiées, La portion 1, traitée par poids égal d’anhydride phtalique dissous dans même volume de benzène, a été chauffée une heure au réfrigérant ascendant.
- Après fractionnement du benzène dans le vide, et purification par la méthode des auteurs, décrite dans le Bulletin de la Société chimique (3), on a obtenu 240 grammes d’éther phtalique qui, saponifiés, ont fourni environ 120 grammes de géraniol pur. Le lavage à l’éther du sel sodique a permis de constater la présence, dans cette même portion 1, d’environ 72 grammes d’un alcool qui a été identifié avec le linalol.
- En résumé, l’essence de mélisse renferme en alcools terpéniques : 20 p. 100 de génaniol, 12 p. 100 de linalol, et environ 6 p: 100 de citronnellal. MM. Schim-mel et Cie (4) y avaient précédemment démontré la présence de citral.
- Essence de marjolaine. — M. Biltz (5), dans un travail inaugural exécuté au laboratoire de M. Semmler, à l’Université de Greisswald, vient de montrer que cette essence renferme du terpinène et du terpinéol droit; l’auteur n’a malheureusement pas réussi à isoler le principe aromatique auquel l’huile doit son parfum.
- 1. 325 grammes de produits
- 2. 120 — —
- 3. 90 — —
- (1) Ed. Gildemaster et K. Stephan, t. GGXXV. Arch. der Pharm., 235, p. 582.
- (2) Bull. Soc. chim. t. XIX (3), p. 364.
- (3) Bull. Soc. chim. (3), t. XIX, p. 637.
- (4) Bericht. Schimmel, octobre 1894, p. 37.
- (5) Inaug. Dissert. Greisswald, 6, 1898.
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- ÉTUDE DE L'iNDUSTRIE DES HUILES ESSENTIELLES ET DES PARFUMS. 1005
- Essence de malico. — A l’occasion d’une étude qu’ils ont effectuée sur ce produit, MM. Schimmel (1) s’expriment de la façon suivante : .
- « A la suite de nombreuses observations que nous avons faites dans nos distillations de feuilles de matico du commerce, nous avons pu nous convaincre que les matériaux — feuilles et sommités fleuries —ne dérivent pas toujours d’une seule et même plante. L’odeur et l’aspect de la drogue ne permettent pas de saisir de grosses différences, mais les produits montrent souvent de notables écarts dans leurs propriétés physiques, écarts qui ne sont pas supputables à l’emploi de matériaux plus ou moins riches en sommités fleuries. Il nous a été impossible d’extraire le camphre de matico, d’une cristallisation si caractéristique, des huiles que nous avons distillées en dernier lieu ; par contre ces essences (D === 1.077 : (a)D= 0°,2o) ont laissé déposer un corps qui, après plusieurs cristallisations dans l’éther de pétrole, s’est montré être de l’asarone fondant à 62°. En solution dans l’éther de pétrole, il se combine à une molécule de brome pour donner le bibromure d’asarone cristallisé et fondant à 8o°-87° ; par oxydation au moyen du permanganate de potasse, il a fourni de l’acide asarylique fondant à 144°, qui fut caractérisé par l’analyse de son sel d’argent (trouvé 33-82 p. 100 d’Ag.; cale, pour C6H2 (OGH3) 3COOAg 33, 85 p. 400). L’huile paraît, en outre, contenir du méthyleugénol, car on obtient par oxydation, au moyen du permanganate, un acide fondant à 174 (acide vératrique?). Cette huile mérite une étude scientifique plus complète. »
- Essence de menthe crépue ou verte de Russie. — Cette essence se distingue de la façon laplus nette des essences allemande et américaine par son odeur fade, son poids spécifique (0,89) qui est plus faible, et son moindre pouvoir rotatoire — (23). La densité des deux autres essences oscille,'en effet, entre 0,92 et 0,93, et leur pouvoir rotatoire atteint — 43. MM. Schimmel etCie [Bull, avril 1898, p. 39) ont fait l’étude de cette essence et ont prouvé qu’elle possédait les constantes suivantes :
- Densité à 15°. ............................................ 0,885
- Pouvoir rotatoire à 17°..............................' . . —22°15'
- Indice de saponification................................... t 25,9
- Teneur en alcool, calculée sur C10H18O.....................40,6 p. 100
- Avec 2 vol. d’alcool à 70°, elle donna une solution claire ; son indice de saponification était de . ...................... 25,9
- 500 grammes d’huile furent saponifiés par de la potasse alcoolique; le produit de la réaction, après avoir été traité par de l’eau, fut distillé dans la vapeur,
- (1) Bulletin, octobre, 1898, p. 39.
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- et on recueillit le liquide de 100 à 100 centimètres cubes. Ces différentes fractions, soumises à des rectifications méthodiques, ont permis d’isoler :
- p. 100
- Carvone gauche...............................de 5 à 10
- Linalol gauche...............................de 50 à 60
- Cinéol et limonéne gauche....................environ 20
- La différence qui existe entre les essences allemande et américaine d’une part, et l’essence russe d’autre part, repose principalement sur la haute teneur en linalol de cette dernière, et sa faible teneur en carvone.
- Essence de menthe 'poivrée française. — La littérature ne renfermant aucune donnée analytique bien précise sur l’essence indigène, M. Charabot (1) a entrepris l’étude de cette essence. L’auteur a mesuré les constantes physiques de quelques produits purs, et dosé les éthers composés du menthol, le menthol libre et lamenthone dans ces produits. Les acides combinés ont, en outre, été caractérisés.
- Le résultat de ces recherches a été que cette essence renferme, comme les essences anglaise et américaine, les éthers acétique et valérianique du menthol, du menthol libre, et de la menthone. Voici d’ailleurs ces résultats :
- i
- Essence
- récoltée en 1895.
- Densité à 18°............ 0,921
- Pouvoir rotatoire à 18°
- Z = 100 millim....... —6°,38'
- Éthers................... 9,5 p. 100
- Menthol libre............39,4 —
- Menthol total............46 —
- Menthone................. 9 —
- Il III IV
- Essence La même Essence
- récoltée on 1896. rectifiée. récoltée en 1896.
- 0,918 0,918 0,918
- — 5°,34' — 7°,06' — 6°,40'
- 10 p. 100 9,8 p. 100 7,1 p. 100
- 35,7 — 37,8 — 38,3 —
- 43,7 — 43,5 — 44,3 —
- 8,8 — 9,6 — 8,9 —
- MM. Power et Kléber ont obtenu avec les essences exotiques les nombres
- suivants : Menthe Menthe Menthe
- du Japon. d’Amérique. anglaise.
- Densité à 18° 0,895 à 0,095 0,910 à 0,920 0,900 à 0,910
- Pouvoir rotatoire (1-100 millim.). — 26 à —37 — 25 à —33 — 22 à —31
- Éthers . . 3,3 p. 100 4,15 p. 100 4,8 p. 100
- Menthol total 60,77 — 45,60 — 38,67 —
- Menthone. . . . . . . . . . . )) 12,3 — (2)
- La différence entre l’essence française et les produits exotiques réside, comme on le voit, dans les constantes physiques et notamment dans le pouvoir rotatoire.
- (1) Bull. Soc. chim. (3),'t. XIX, p. 117.
- (2) M. Unmey a trouvé 9-12 p. 100 de menthone dans l’essence de menthe anglaise.
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- M. Charabot a encore étudié, en collaboration avec M. Ebray, une espèce de menthe poivrée appelée « menthe basiliquée » par les agriculteurs du sud de la France, et qui présente la curieuse particularité de porter à côté de tiges normales des tiges terminées non par des fleurs, mais par des espèces de grappes semblables aux sommités fleuries du basilic après la chute des pétales. Ce phénomène s’observe fréquemment dans les champs de menthe poivrée du midi de la France.
- L’examen microscopique a montré la présence d’une huile brune dans la partie modifiée, tandis que la tige ordinaire laisse suinter une essence incolore.
- En faisant une section au point où prend-naissance la partie transformée, on observe au microscope une piqûre d’insecte. On constate aussi l’atrophie des fonctions sous l’influence du parasitisme : les sommités modifiées ne fleurissent pas, elles semblent porter des graines, mais on n’y rencontre, en réalité, que des groupements de feuilles.
- Les auteurs ont soumis à la distillation un lot de tige modifiées, dites « basi-liquées », et ont obtenu une huile essentielle douée d’une odeur très commune, qui déviait à droite, tandis que l’essence extraite de la plante normale est lévogyre.
- L’analyse de cette essence a donné les résultats suivants :
- Densité à 18°............................................... 0,924
- Pouvoir rotatoire (1 = 100 millim.)......................... +7
- Éthers...................................................... 8,2 p. 100
- Menthol total. . ............................................ 41 — .
- Menthone.................................................... 3 —
- En résumé, l’inflorescence de la mèrlthe poivrée est susceptible d’être modifiée sous l’influence d’une piqûre d’insecte; l’essence élaborée est alors dextrogyre, sa densité est plus élevée, ses teneurs en menthol et en menthone plus faibles que dans le cas d’une essence normale.
- Fabrication de l’essence de menthe poivrée, dans le district de Kasan (Russie). — Cette fabrication date d’environ soixante ans, et il existe seize « soi-disant fabriques » dans quatre villages. Les paysans récoltent environ 6 000 puds (1) de menthe poivrée sèche par an, qui fournissent à peu près 36 puds d’essence d’une valeur de 4 500 roubles. Bien que la menthe poivrée allemande soit plus riche en essence que la variété anglaise, c’est cette dernière qui est employée dans les cultures.
- Les procédés de distillation ainsi que les appareils sont, paraît-il, très primitifs ; l’installation d’une fabrique revient à peine à 100 roubles. Le pud de plante sèche fournit environ un quart de livre (soit 102 grammes) d’essence.
- (1) Le pud ==• 16^,380.
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- L’essence produite est en majeure partie consommée sur place, principalement pour la fabrication des savons.
- Jusqu’en 1890, la livre d’essence se vendait de 7 à 8 roubles; par suite de l’extension donnée à l’exploitation, elle ne vaut actuellement plus que 3 à 4 roubles (1).
- Essence de néroli. — On sait d’après MM. Semmler et Tiemann (2) que l’essence de néroli renferme environ 20 p. 100 de limonène, 30 p. 100 de linalol gauche, 40 p. 100 d’éther acétique du linalol gauche et de petites quantités de géraniol. Or il est résulté d’essais effectués au laboratoire de la maison Schim-mel que du néroli pur, provenant du sud-est de la France, présentait un coefficient de saponification ne dépassant pas 38. Ces essais ont porté sur deux huiles essentielles obtenues en distillant des fleurs récoltées dans le Midi et expédiées dans du sel; ils semblent prouver que l’essence à indice de saponification 38 correspond à une teneur en éther de 13°,3 p. 100, chiffre fort éloigné de celui de MM. Tiemann et Semmler.
- M. Charabot et L. Pillet (3) ont cherché à éclaircir la question, en faisant de nouvelles déterminations sur des produits authentiques.
- Poids spécifique. — Les poids spécifiques ont été déterminés par rapport à l’eau à 15.
- Rendements Densité
- Numéros. Essence de Néroli. p. 100. * à 15°.
- I. Fleurs du Cannet (A. M.) distillées le 17 mai 1898 . . . 0,0880 0,8725
- II. — d’Antibes distillées le 17 mai 1898 . 0,0780 0,8720
- III. — de Cannes — le 17 mai 1898 . 0,0750 0,8757
- IV. — du Cannet — le 18 mai 1898 . 0,0955 0,8739
- V. — d’Antibes — le 18 mai 1898 . 0,0740 0,8729
- VI. — de Cannes — le 18 mai 1898 . 0,0964 0,8720
- VII. — du Cannet — le 18 mai 1898 (cueillies après
- une journée de pluie)................................ 0,0775 0,8749
- VIII. Mélange des essences distillées en 1898 avant le 17 mai . 0,0911 0,8752
- IX. — — en 1897 .................. » 0,8745
- Pour faciliter les recherches ultérieures, les auteurs ont cherché la correction qu’il faut faire subir à la densité prise à une température quelconque pour la ramener à la température de 15°.
- Ces corrections sont les suivantes :
- Retrancher du nombre trouvé, 0,0007, pour chaque degré au-dessous de 15, si la détermination est faite entre 0 et 15;
- (1) Farmaz, Journ., 1898, t. XX, p. 202; Chemiker Rép., Chemiker Zeit, 1898, p. 146.
- (2) Deut. Chem. Gesellsch., t. XXVI, p. 271.
- (3) Bull. Soc. chim.f t. XIX, p. 853.
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- Ajouter 0,0008, pour chaque degré au-dessus de 15, si la détermination est faite entre 15 et 30.
- 11 résulte de l’examen de ce tableau que le poids spécifique de l’essence de néroli, à 15°, varie entre 0°,8720 et 0°,8760, tandis que celui de l’essence de petit grain, que nous étudierons plus loin, est plus élevé et compris entre 0°,8910 et 0°,8940.
- Pouvoir rotatoire. — Indice de réfraction. — Solubilité dans l’alcool. — Les différences que présentent les pouvoirs rotatoires de ces deux essences, néroli et petit grain, sont beaucoup plus sensibles que celles qui existent entre les poids spécifiques. Les indices de réfraction ont été déterminés avec le réfracto-mètre Féry. Les lectures polarimétriques ont été faites avec des tubes de 100 millimètres de longueur.
- ESSENCES do NEROLI. POUVOIRS ROTATOIRES à 15°. INDICES DE RÉFRACTION n . D SOLUBILITÉ dans l’alcool à 80° (tcmp. 20°). ESSENCES de PETIT-GRAIN. POUVOIRS ROTATOIRES à 15». SOLUBITILÉ dans l'alcool à 80° (temp. 20°).
- degrés. degrés. Ess. Aie. degrés. Ess Aie.
- I + 3,12 1,474 à 19 2 3,1 1 — 5,54 2 2,0
- II + 3,57 1,4745 à 18 2 2,9 2 — 5,12 2 2,0
- III + 2,15 1,473 à 20 2 2,6 3 — 6,15 2 2,1
- IV + 3,18 1,473 à 20 2 2,9 4 — 5,57 2 2,2
- V + 4,03 1,473 à 20,5 2 2,9 5 —- 5,33 2 2,1
- VI + 3,42 1,473 à 20 2 3,1 6 — 4,45 2 2,1
- VII + 1,42 1,470 à 21 2 2,6 7 — 6,00 2 2,1
- VIII + 3,54 1,472 à 20 2 2,7 8 — 5,45 2 2,2
- IX + 4,06 1,474’ à 19,5 insoluble.
- En résumé, l’essence de petit grain est lévogyre, tandis que l’essence de néroli est dextrogyre, contrairement à ce que l’on croyait. Cette différence entre des essences, dont la composition est très voisine, tient à ce que dans l’essence de petit grain la portion alcoolique est de beaucoup plus abondante que dans l’essence de néroli.
- Le pouvoir rotatoire donne donc de précieuses indications sur l’état de pureté d’une essence de néroli, les essences de citron, d’orange, de bergamote, ayant pour effet de l’augmenter, celles de petit grain, de linaloé, de le réduire. Quant à la solubilité dans l’alcool, elle paraît diminuer à mesure que l’essence vieillit.
- Dosage des éthers. — Ce dosage a été effectué avec une solution alcoolique demi-normale de potasse, à la température du bain-marie. On a opéré avec 2 ou 3 grammes d’essence, puis titré l’excès d’alcali et calculé en C10H18O CO.CH3 les Tome IV. — 98® année. 5° série. — Juillet 1899. 60
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- teneurs en éthers, correspondant aux quantités de potasse utilisées pour la saponification.
- TENEURS I>. 100 EN ÉTIIERS DES ESSENCES DE NEROLJ I • II III VI V VI VH VIII IX
- 14,4 10,1 18 IG,8 13,4 10,1 10,7 12,1 14,5
- On voit que la teneur en éthers, de l’essence de néroli, varie entre 10 et 20 p. 100, tandis que celle de l’essence du petit grain oscille entre 30 et 70 p. 100, comme nous le verrons plus loin. On sait que l’essence de bergamote contient environ 38 p. 100 d’éthers; sa présence dans l’essence de néroli sera donc annoncée et par une élévation du pouvoir rotatoire et par une augmentation de la teneur en éthers.
- Le rôle des éthers, au point de vue du parfum si suave de l’essence de néroli, parait être très considérable. On constate, en effet que, après saponification, les essences de néroli et de petit-grain perdent leur odeur caractéristique pour acquérir, d’une façon à peu près identique, un parfum rappelant celui du lina-lol. Ce fait tend à prouver que le parfum de la fleur d’oranger est du à des éthers soit du linalol, soit du gérauiol, ou plutôt un mélange de ces deux alcools. Les portions alcooliques des essences de néroli et de petit grain sont qualitativement identiques; la différence de finesse de ces deux essences serait donc due à la présence, dans chacune d’elles, d’éthers des mêmes alcools, mais d’acides différents. Les auteurs continuent l’étude de cette essence.
- Essence d'oranges de la Janurique. — MM. Schimmel (1) ont eu l’occasion d’examiner un échantillon de cette essence. Elle possède des constantes physiques normales (densité : 0,831, dév. opt. -i- 96,30), mais l’odeur en est fade, faible, et fait l’impression que ce produit a été préparé avec des fruits pourris, ou bien qu’il a été mélangé avec de l’essence distillée.
- Essence de petit grain. — On sait, d’après les travaux de MM. Bertram et Wal-baum, Tiemann et Semmler, Passy, que l’essence de petit grain renferme du limonène, du linalol (partie à l’état libre, partie à l’état d’éther acétique), du géra-niol, de l’acétate de géraniol et un sesquiterpène. Le produit le plus couramment employé pour l’adultération de l’essence de néroli étant l’essence de petit grain, MM. E. Gharabot et L. Pillet (2) ont examiné à nouveau un certain nombre de types de cette essence.
- (1) Bull. Schimmel, 1898, avril, p. 54.
- (2) Gharabot et Pillet, Bull. Soc. chim., t. XIX, p. 854.
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- ÉTUDE DE L’INDUSTRIE DES HUILES ESSENTIELLES ET DES PARFUMS. 101 1 Poids spécifique.
- Fondements Poids spéc.
- Numéros. Essence de petit grain. p. 100. à 15°.
- \. Feuilles du Oannet distillées le 7 juin 1898.......... 0,1748 0,8918
- 2. — — — le 8 juin 1898............... 0,1785 0,8937
- 3. — — — le 9 juin 1898. ....... 0,1552 0,8936
- 4. — — — le 10 juin 1898 ............ 0,1846 0,8920
- 5. — de Cannes — le 7 juin 1898. ...................... 0,1828 0,8934
- 6. — — — le 8 juin 1898............... 0,1724 0,8900
- 7. — — — le 9 juin 1898............... 0,1468 0,89,32
- 8. — — — le 11 juin 1898............. 0,1330 0,8926
- Pouvoir rotatoire. — Indice de réfraction. — Solubilité dans ïalcool. — Ce constantes figurent dans le tableau comparatif inséré à l’article essence de néroli. On y voit que l’essence de petit grain est lévogyre (4°,45 à 6°, 15), tandis que l’essence de néroli est dextrogyre.
- Dosage des éthers. — Ce dosage, effectué comme celui de l’essence de néroli, a donné les résultats suivants :
- TENEURS P. 100 EN ÉTHER DES ESSENCES DE PETIT GRAIN
- 12345678
- 54,9 55,9 60,7 59,2 69,6 51,5 61,1 63,7
- Cette essence renferme notablement plus d’éthers que l’essence de néroli.
- Essence de Portugal. — MM. Flatau et Labbé (1) ont repris l’étude de cette essence et ont, en particulier, cherché à caractériser les produits oxygénés qu’elle renferme.
- En agitant cette huile (500 gr.) avec une solution de bisulfite de soude, les auteurs ont réussi à isoler environ 1 gramme de composés aldhéhydiques, dans lequel ils ont caractérisé des traces de citronnellal, et 6 à 7 décigrammes d’une nouvelle aldéhyde possédant une odeur très caractéristique d’orange.
- 500 grammes d’essence soumis à la distillation ont fourni environ 95 p. cent d’un produit passant au-dessous de 179° sous la pression ordinaire. Le résidu saponifié par de la potasse alcoolique a permis d’isoler à peu près 6 grammes d’un acide huileux, dont on a préparé les sels d’argent et de baryum.
- Dissous dans l’éther, cet acide fixe deux atomes de brome pour donner naissance à un produit qui, lavé plusieurs fois à la ligroïne et séché dans le vide, se présente sous la forme d’une poudre jaune insoluble dans la ligroïne, facilement soluble dans l’éther et le benzène à froid, le chloroforme, difficilement soluble dans l’alcool à froid et un peu moins à chaud. A 80°, il donne une masse pâteuse et il fond à 9i°-96°.
- (1) Bull. Soc. Chim. (3), t. XIX, p. 361.
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- MM. Flalau et Labbé admettent comme probable une formule en C21 pour cet acide qui renfermerait en même temps deux doubles liaisons. L’acide étant difficilement soluble dans l’éther, les auteurs ont pensé qu’il en serait de même de l’éther. Après avoir fractionné 95 p. cent de limonène environ, on a étendu le résidu d’alcool : l’éther insoluble dans ce solvant se précipite sous forme d’une poudre jaune, qu’on peut recueillir sur filtre, parfaitement pure, après plusieurs lavages à l’alcool.
- Ce nouvel éther possède une odeur agréable et très caractéristique cl’orange. Il fond à 64°-65°, est facilement soluble à froid dans l’éther, le benzène, le chloroforme, difficilement dans l’alcool à chaud, à peu près insoluble dans l’alcool à froid, la ligroïne légère et l’eau bouillante.
- En solution éthérée, cet éther absorbe une grande quantité de brome.
- Après vaporisation de l’éther et lavage à l’alcool froid, on obtient une poudre légèrement jaunâtre, fondant à 56°-57°, facilement soluble dans l’éther, le benzène froid, le chloroforme, insoluble dans l’alcool bouillant et la ligroïne.
- Rappelons qu’on avait signalé dans cette essence du myristicol et environ 2-3 p. 100 d’un corps C20H30O3 qui ne distille pas encore à 300°, non solidifiable, et qui constitue le résidu de la distillation.
- Essence de raifort (Cochlearia armorica). —Comme l’a démontréIlubatka(l), le produit qui se développe dans la racine de raifort est de l’isosulfocyanate d’allyle. On ne connaît toutefois pas encore la nature du glucoside qui donne lieu à la formation de cette essence. M. I. Gadamar (2) a cherché à isoler la sinigrine ou glucoside approchant, sans y être arrivé d’une façon directe.
- Les expériences suivantes semblent néanmoins prouver que le raifort renferme de la sinigrine. Quand on traite l’extrait de la racine, préalablement purifié, par de l’azotate d’argent, on obtient une combinaison d’essence de moutarde et de sulfate d’argent qui, dissoute dans l’ammoniaque, fournit, par évaporation dans le vide, des cristaux de formule CfH;AzAg20'f + 2AzH3, identiques avec ceux qui se forment quand on traite la sinigrine par de l’azotate d’argent.
- On peut en conclure qu’il existe de l’acide myronique dans l’alcaloïde cherché. Enfin quand on analyse les cendres, on constate qu’elles renferment de la potasse et non de la soude. Il est donc probable que les racines renferment du myronate de potasse.
- Essence de roses. — Dans notre dernière revue (3), nous avons signalé les recherches de M. Dietze qui préconise la détermination de l’indice de saponifi-
- (1) Ann. der Chem, nnd Pharm., t. XLVII, p. 153.
- (2) Arch. der Pharm., 1897, t. CCXXXV, p. 577.
- (3) Bull, de la Soc. <fEncouragement, 1898 (5), t. III, p. 180.
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- cation de l’essence de roses (9,5 à 10) comme le meilleur moyen de se rendre compte de la falsification de ce produit. Il ajoute que la densité de l’essence à 15° ne doit pas être supérieure à 0,87, que le point de solidification ne doit pas être inférieur à 15° ou 20°, et que le pouvoir rotatoire (/— 100 millim.) ne doit pas dépasser — 1°30' à 20°. M. P. N. Raikow (1), du laboratoire de l’Ecole supérieur de Sofia, montre, par des recherches exécutées sur un ensemble d’essences de roses de provenance authentique, que ces données de M. Dietze sont loin d’être rigoureuses.
- L’auteur commence par affirmer, que l’essence de roses s’obtient actuellement avec différentes variétés de roses rouges et blanches, et non plus uniquement avec la Rosa cenlifolia. Il donne ensuite les constantes et les indices de huit échantillons d’essences de roses et de deux échantillons d’essences de géranium.
- Les huiles nos 1,2, 3 ont été obtenues avec des roses mélangées, le n° 4, avec des roses rouges (R. centifolio), le n° 5, avec une rose rouge inférieure; les nos 6 et 7 ont été préparés d’une manière toute spéciale; parmi ces deux essences, la dernière, connue sous le nom d'essence de roses verte, est très appréciée, à cause de son odeur agréable, et se vend beaucoup plus cher que les autres produits. Toutes ces essences proviennent de différents districts de Bulgarie, et ont été distillées sous les yeux de l’auteur, assisté du Dr Tscherwen-Ivanow.
- L’échantillon n° 8 a été tiré d’une maison très honorable de Kasanlik, qui avait fourni la même essence à M. Dietze.
- M. Raikow résume dans un tableau les constantes physiques et les différents indices de ces essences, les compare entre elles et avec les constantes de deux essences de géranium turque et française.
- ESSENCES DE ROSES.
- Poids Point Pouvoir Rapport
- spécifique de la rotatoire entre
- à 27° 5, soli- à 15» Indice l’indice acide
- Eau à difica- pour l de Indice et l’indice
- N»' [15°]. tion. -=100 mm. Indice acide. saponification. d’éther. éther.
- 1. 0,8531 22,5 — 2° 12' 15" 1,9; 1,8; 1,4; 1,5 17,3; 18,3; 17,7; 17,6 16,1 1 : 10,1
- moyenne : 1,6 moyenne : 17,7
- 2. 0,8573 20,5 — 2° , 6' 50" 2,3; 2,2; 2,1; 2,6 16,3; 14,9; 16,8; 16,6 14,2 1 : 6,1
- moyenne : 2,3 moyenne : 16,5
- 3. — 22,5 — 2° 38' 40" 1,5; 1,5; 1,6 17,5 ; 16,4 15,4 1 : 10,2
- moyenne : 1,5 moyenne : 16,9
- 4. 0,8659 18,5 — 2° 35' 0,8 13,1 12,3 1 : 15,4
- S. — 22,5 — 2° 45' 2,5 16,8 14,3 1 : 5,7
- 6. 14,5 -- 1° 43' 40" — 17,8 — —
- 7. — 27,2 — 3° 28' 30" 2,7 21,1 18,4 1 : 6,8
- 8. 0,845 — ^ 24’3 — 3° 3' 50" 13; 13 10,9 ; 16,7 9,5 1 : 7,3
- ’ 17» moyenne : 10,8
- (1) Chemiker Zeit, 1898, p. 149.
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- ARTS CHIMIQUES.
- JUILLET 1899.
- ESSENCES DE GERANIUM
- Rapport
- (Mitre
- Indien' ] .'indice aci
- Poids Pouvoir Indice de Indice et l'indice
- spcciiique. rotatoire. acide. saponification. d'éther. d'éther.
- ( 0,8867 à 27”6 + 0° 4 U 20" 0,9; 1,1 39,4; 39,8 38,0 1 : 38,0
- Turque j 0j8960 h 13„ (à 19°) moyenne 1,0 moyenne 39,0
- j 0,8859 à 27° 5 — 7*52' 7,9 (7,3) 04,6; 61,0 DO, 1 1 : 7,2
- \ 0,8771 à 13° à 19° 1 moyenne : 7,7 moyenne : 62,8
- Si l’on considère le poids spécifique de ces essences de roses, on constate qu’il est en réalité inférieur à celui des essences de géranium; mais la faible densité que possèdent certaines essences rend d’autant mieux possible leur falsification avec de l’essence de géranium. Ainsi un mélange de 4 p. 100 d’huile de géranium des Indes, de densité 0,8922, avec 6 p. 100 d’essence de roses,fournit un produit de densité 0,8639 < 0,870, limite maxima attribuée à l’essence de roses d’après M. Dietze.
- En ce qui concerne le point de solidification de l’essence de roses, c’est-à-dire la température précise à laquelle le stéaroptène commence à cristalliser au sein de Eoléoptène, il est important de s’entendre sur la façon dont on opère la détermination. M. Raikow conseille d’abaisser lentement la température de l’essence, tout en l’agitant, d’observer la formation des premiers cristaux, de noter la température, de rechauffer à nouveau le liquide en le remuant, de refroidir et de faire une nouvelle lecture du thermomètre.
- L’auteur fait remarquer que les pouvoirs rotatoires observés sur les essences étudiées par lui sont tous supérieurs à ceux pris par M. Dietze. Il ajoute que ce dernier semble ignorer qu’il existe des essences de géranium qui dévient la lumière polarisée à droite.
- A part l’essence n° 8, celle-là même que M. Dietze avait soumise à l’étude, toutes les autres huiles de roses examinées par M. Raikow possèdent des indices de saponification supérieurs à celui indiqué par M. Dietze, indices qui oscillent entre 13,1 et 21,1. D’après ce savant, il faudrait donc conclure à une falsification, puisqu’il admet comme limite 10.
- Il résulte, en résumé, des recherches de l’auteur bulgare que les critériums, préconisés par M. Dietze, exposent à considérer des essences de roses pures, comme falsifiées par des essences de géranium. La question de la recherche de ces dernières dans le produit de la distillation de la rose reste donc dans l’état, et est encore ouverte.
- Il nous paraît en effet bien difficile de pouvoir établir avec certitude les limites entre lesquelles les différentes constantes d’une essence de roses peuvent osciller, tout dépendant de l’origine de cette essence, de la plante qui l’a fournie, du climat sous lequel elle a été produite et aussi des conditions dans lesquelles elle
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- ÉTUDE DE L’INDUSTRIE DES HUILES ESSENTIELLES ET DES PARFUMS. 1015
- a été distillée. Gomme l’ont montré MM. Charabot et Claris, ainsi que MM. Dupont et Guerlain, une essence mal distillée voit son pouvoir rotatoire diminuer par suite d’une saponification partielle (1).
- M. Duyk a soumis à l’étude un certain nombre d’échantillons d’essence de roses authentiques, parmi lesquelles s’en trouvait une qui ne renfermait point de rhodinol (2). Pour l’analyse de l’essence, il propose de doser les acides volatils et opère de la façon suivante. On saponifie l’huile avec une lessive alcoolique de potasse, on sursature avec un acide et on distille 75 p. 100 du liquide ainsi obtenu. L’auteur communique les résultats obtenus en indiquant le nombre
- 71
- de centimètres de cubes de potasse ^qq (au centième normal) nécessaire pour neutraliser les acides volatils extraits d’tm gramme d’essence :
- Essence d’origine allemande................................. 9,1
- — — turque........................................ 8,2
- — distillée à Bruxelles.............................. 3,8
- — de Palmarosa (lemon-grass)........................ 33,6
- de Géranium d’Afrique. . ........................ 33,7
- — — de Rome................................. 37,8
- L’auteur croit aussi que l’essai à l’acide sulfurique, qu’il avait préconisé jadis, pourrait aider à déceler les falsifications. Il ajoute enfin que, d’après ses recherches, le sléaroptène de l’essence de roses, considéré par Baur comme possédant une fonction alcoolique, a toutes les propriétés d’une paraffine. L’auteur confirme une fois de plus ce que l’on sait sur ce stéaroptène, par les travaux de MM. Fluckiger, Schimmel, Reformatzky et Markonnikoff, etc.
- Association belge des chimistes. Session du 3 octobre 1898. (Chemiker Zeit, 1898, p. 954).
- MM. Schimmel [Bull., octobre 1898, p. 43) ont examiné une essence de roses qui avait été falsifiée avec de l’essence de gaïac. Ils sont parvenus à isoler le produit cristallin, fondant à 91°, caractéristique de l’huile de gaïac.
- Essence de sabine. — M. Émile Fromm(3), en distillant l’essence de sabine, l’a séparée en trois fractions principales : 1° une portion qui passe au-dessous de 195°, constituée principalement par des terpènes, parmi lesquels le pinène, carbure déjà trouvé par M. S. Lévy (4) ; 2° entre 195° et 235°, un mélange d’éthers, signalé par MM. Schimmel et Cic, (5); 3° de 235° à 310°, des
- (1) Bull. Soc. d’Encouragement, 1897 (5), t. II, p. 44.
- (2) L’auteur ne dit pas ce qu’il entend par rhodinol. Est-ce du géraniol C10Hl8O (Rhodinol d’Erdmann, Polack) ou du citronnellol C'oH^O?
- (3) Ber. Deut. Chem. Ges. t. XXI, p. 2025.
- (4) Id., t. XVIII, p. 3206,
- (5) Ber Schimmel et Co, octobre 1893, p. 39.
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- ARTS CHIMIQUES.
- JUILLET 1899.
- résines et d’autres produits, parmi lesquels se trouve le cadinône de Wallach(1 ).
- Le mélange renfermant les éthers composés, soumis au fractionnement, fournit de l’acétate de sabinol, C10lli:1O COC;l, huile incolore, à odeur très agréable,bouillant entre 222°-224°, etqui donna par saponification le « sabinol, » alcool de la formule G10ir6O. Cet alcool, qu’on obtient plus facilement, en partant du produit de la saponification directe de l’essence de sabine, parla potasse alcoolique, a déjà été isolé par MM. Schimmel et Gic, qui lui ont assigné la formule C10H18O. Jl est isomère avec la tanacétone et constitue une huile incolore, à odeur agréable, mais faible, et bouillant de 208° à 209°; ses produits d’addition avec les halogènes ei les hydracidesne distillent pas sans décomposition. Les agents déshydratants l’attaquent énergiquement, en donnant une combinaison bouillant à 175°, qui constitue, sans doute, un hydrocarbure; une solution de permanganate de potasse, saturée à froid, oxyde le sabinol en acide a-tana-cétogénique, C9HuO 4, qui, chauffé à 240°, perd de l’acide carbonique et fournit un acide monobasique, C8Hu02, qui se présente sous la forme d’une huile distillant à 229°. Eu égard aux rapports étroits qui existent entre le sabinol et l’acide a-tanacétogénique, la formule de cet alcool doit avoir pour base celle de l’acide; mais comme, d’autre part, la constitution de cet acide, telle que l’ont figurée MM. Tiemann etSemmler(2), a été critiquée par M. Wagner (3), il en résulte qu’on ne peut encore se prononcer d’une façon définitive sur la formule du sabinol.
- Essence de sassafras (écorces). — L’écorce du sassafras, séchée à l’air, fournit par distillation environ 7,4 p. 100 d’une huile allant du jaune au jaune rouge, de densité 1,075 à 15°, et de pouvoir rotatoire (a)D = 3,16 (1= 100 millimètres).
- Le bois de racines de sassafras (débarrassé de son écorce) ne donne que 0,9 p. 100 d’essence de la même composition. En soumettant l’essence à une forte réfrigération on peut en extraire environ 78 p. 100 de safrol sur les 80 p. 100 qu’elle renferme. La partie de l’huile qui ne cristallise pas, agitée avec de la soude, fournit 0,5 p. 100 d’eugénol, caractérisé par son benzoate qui fond à 69°.
- Dans les premiers produits de la distillation fractionnée de l’essence ainsi traitée, on a pu isoler environ 10 p. 100 de pinène et de phellandrène, mais on n’arrive pas à y déceler de dipentène ni de cinéol, composés qui se trouvent dans l’essence de camphre, dont la constitution se rapproche de celle de l’huile de sassafras. Ce que l’on appelait jusqu’à présent du safrène semble, par conséquent, être un mélange de pinène et d’un peu de phellandrène.
- (!) Liebgi’s Annalen, p. 238, 82.
- (2) Ber. Deut. chem. Ges., t. XXV, p. 3347.
- (3) Id., t. XXVIII, p. 883.
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- ÉTUDE DE L’INDUSTRIE DES HUILES ESSENTIELLES ET DES PARFUMS. 1017
- Dans les fractions les plus élevées de l’essence de racines de sassafras, on a réussi à isoler du camphre droit (6,8 p. 100), corps qui, jusqu’alors, avait échappé aux recherches. Les dernières portions donnent, avec l’acide sulfurique et l’acide acétique cristallisable, la réaction violette cacactéristique du cadinène. Toutefois, comme le sesquiterpène (3 p. 100) de l’essence de sassafras ne donne pas de chlorhydrate solide, la présence de cadinène dans cette huile est douteuse. Le dosage du camphre dans l’huile a été effectuée de la façon suivante: on a hydrogéné le produit au moyen du sodium, le bornéol fut ensuite converti en éther acétique, et celui-ci fut dosé par saponification (1).
- Essence de sassafras [feuilles). — Les feuilles fraîches ne donnent à la distillation que 0,028 p. 100 d’une huile jaunâtre, à odeur de citron, de densité 0,872° à 15, et de pouvoir rotatoire (a)D = + 6,25. Agitée avec du bisulfite de soude, elle fournit une combinaison cristalline, de laquelle on a isolé du citral, caractérisé par sa transformation en acide citryl-ë-naphtocinchoninique, fondant à 196°. Après traitement au bisulfite et saponification, on distille l’huile dans un courant de vapeur d’eau. 11 resta comme résidu une paraffine fondant à 58°. La lessive alcaline renfermait de l’acétate et du valérianate de potasse. Dans le produit distillé, on put déceler du pinène et du phellandrène. Les réactions des premières portions permirent aussi de conclure à la présence du terpène aliphatique, le myrcène. Dans les portions les plus élevées de l’essence saponifiée, on réussit à caractériser le linalol et le géraniol, ce dernier par l’intermédiaire de sa combinaison avec le chlorure de calcium. Les dernières fractions renferment enfin un sesquiterpène qui ne donne pas naissance à un chlorhydrate solide, et ressemble par suite au terpène contenu dans l’huile extraite de l’écorce de racines.
- Ces deux essences montrent une fois de plus que les différentes parties d’une même plante peuvent donner des huiles essentielles totalement différentes.
- L’essence de sassafras pure doit avoir une densité oscillant entre 1,07 et 1,09. MM. Charles H. La Wall et R. C. Pursel (2) ont trouvé qu’une huile, de densité inférieure à celle indiquée, possédait ce poids spécifique après qu’on l’eut décanté et qu’on eut fortement agité le produit restant. Ils ont de plus remarqué qu’une essence parfaitement pure, abandonnée à elle-même, se sépare en trois couches de densités différentes. Les auteurs recommandent donc, quand il s’agit d’un essai d’essence de sassafras, de décanter la moitié de l’échantillon, de chauffer légèrement le produit restant, pour faire fondre le safrol, et de prendre la densité de l’huile ainsi obtenue à la température de 15°.
- (1) Fréd. IL Power et Clem. Kleber, Pharm. Rewiev; 1896. Chem. Centr. Bl. (5), 1897, t. II, p. 42.
- (2) Amer. Journ. of Pharm., t. LXX, p. 340; Chem. Centr. Blatt., 1898, t. II, p. 546.
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- ARTS CHIMIQUES.
- JUILLET 1899.
- Essence de santal (bois de). — Cette essence a été 1 objet de recherches très intéressantes de la part de M. Dulière (1).
- Pour ses.essais, l’auteur eut à sa disposition des échantillons d’une pureté incontestable d’essence de santal des Indes orientales et des Indes occidentales, de l’essence de cèdre, des essences de copahu et de baume de Gurjun, ainsi qu’une grande variété de « soi-disant essences de santal » du commerce, que M. Dulière a trouvées dans les pharmacies et dans les drogueries belges, en partie sous le nom de 01. santali, en partie comme contenu des capsules d’essence de santal. Les essais ont démontré qu’aucune de ces variétés commerciales n’était constituée par de l’essence de santal pure; bien plus, beaucoup de ces produits ne renfermaient pas trace d’huile de santal vraie.
- Selon M. Dulière, l’essence de santal des Indes orientales possède la densité 0,973 à 0,986, le pouvoir rotatoire 17° à 20°. De l’huile, distillée fraîchement, donne une solution claire avec a parties d’alcool à 70°, mais cette solubilité diminue quand, l’essence est conservée dans des flacons mal bouchés et exposés à la lumière. L’indice de saponification de l’huile est de 12,6 (correspondant à b,94 d’acétate de santalol). Les sophistications avec des corps gras se reconnaissent avec l’augmentation de cet indice.
- On peut déterminer avec une assez grande approximation la quantité de corps gras ajouté, en admettant pour les huiles grasses l’indice moyen 188.
- La teneur en santalol (déterminée par la méthode Parry) des huiles de santal pures oscille entre 94 et 97 p. 100.
- On examine également l’élévation de température produite par l’addition d’acide sulfurique concentré à l’essence (réaction de Maumené). Pour faire cette réaction, on prit 5 grammes d’un mélange fait à parties égales d’essence et de paraffinum Uquidumt auxquels on ajouta 5 grammes d’acide sulfurique concentré, et on observa la tempé-ture produite. On détermina encore l’indice d’iode et on fit en outre quelques réactions colorées.
- M. Dulière n’attache pas grande importance à cette dernière classe de réactions, car il dit textuellement : « Ces réactions n’ont rien de scientifique, et aucun chimiste ne voudrait s’appuyer sur elles en cas de contestation. »
- Dans le tableau suivant, MM. Schimmel (2) donnent les résultats obtenus par M. Dulière, et ajoutent, en vue d’une comparaison, quelques données extraites de leur journal de laboratoire.
- Se basant sur ses recherches, M. Dulière admet pour l’essence de santal des Indes orientales les critériums suivants :
- Poids spécifique à 13° ~ 0,973 à 0,971; ;
- Solubilité dans l'alcool à 70°, 1 : 3 pour l'huile fraîche);
- Indice de saponif. au maximum 12,<1 = 3.91 p. 100 d'acétate de santalol:
- Teneur en santalol 94 p. 100.
- (1) Ann. de Pharmacie (Louvain), t. III, p. 533; t. IV, p. 4,8,52 et 98.
- (2) Bull., avril 1898.
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- ÉTUDE DE L’INDUSTRIE DES HUILES ESSENTIELLES ET DES PARFUMS. 1019
- SOLUBILITÉ TENEUR TENEUR DÉVIATION
- NUMÉROS. dans EN ACÉTATE EN SANTALOL OPTIQUE
- DENSITE. i/alcool de santalol. dans essence dans tube
- il 70». primitive. huile acétylée. de 100 mm.
- 1. Ess ence de bois s de Santal des Indes o: mentales.
- P. 100. P. 100. Degrés.
- Dulière . 1 0,9743 1 : 4,8 5,94 94,95
- . 2 0,9762 1 : 5 5,94 96.45
- 95,70 jusqu à
- — . 3 0,9729 1 : 4,6 5,94 — 20“
- — . 4 0,9616 1 : 5 3,94 94,14
- Schimmel et G'». . . 1 0,973 1 : 5 4,6 97,75 — 18°38'
- . 2 0,976 1 : 5 5,99 94,02 — 18°45'
- — . . . 3 0,976 1 : 5 6,30 94,72 — 18°8'
- - • • . 4 0,977 1 : 5 3,73 94,60 — 18°52'
- 2. Essence de bois de Santal des Indes occidentales.
- Dulière . 1 0,9615 1 : 80 3,96 41,93 »
- Schimmel et O-. . . 1 0,966 1,5 : 80 1,20 ' 53,75 + 25°38'
- — . . . 2 0,953 insoluble 3,12 33,77 + 8°15'
- dans 1 : 80 de troncs
- minces
- - • • 3 0,963 Id. 0,87 .. 35,77 + 29°3'
- 3. Essence de bois de Cèdre.
- Dulière. . „ . . . . i 0,9455 3,96 13,68 »>
- 9 0,9689 difficilement 3,9 13,42 »
- — . 3 0,960 soluble. 3,96 18,32 »
- — (Cuba ) 4 0,9132 3,96 14,62 »
- Schimmel et Cie. . . 1 0,946 insoluble dans » 15,5 — 37°50'
- l’alcool à 90°
- 9 0,949 Id. » 15,9 — 35°5'
- - . 3 0,951 ld. » » — 34°12’
- 4. Essence de baume de Copahu.
- Dulière . i 2 0,9155 )) peu soluble 3,96 3,96 6,74 7,35 »
- Schimmel et O’. . . i 0,904 insoluble dans » - 6,6 — 7 °4'
- l’alcool à 90°
- - • • 2 0,907 “ » — 7°40'
- 5. Essence de baume de Gurjun.
- Dulière . i 0,921 très difficile- 2,64 7,88 »
- Schimmel et (!". . . i 0,923 ment soluble 9,7 — 105°4’
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- ARTS CHIMIQUES.
- JUILLET 1899.
- D’une façon générale, ces données coïncident avec celles de MM. Schimmel, niais, se basant sur leurs expériences, ces derniers croient devoir donner plus d'élasticité à ces limites et s’en tenir aux suivantes :
- Poids spécifique : 0,970 à 0,980;
- Solubilité dans l’alcool à 70°, 1:5;
- Indice de saponification au maximum 15 = 7 p. 100 d'acétate de santalol ;
- Teneur en santalol minimum 90 p. 100.
- Tous les autres essais sont inutiles, parce que les données qui précèdent suffisent pour être fixé sur la pureté de l’essence.
- Essence de thé. — Dans notre dernière revue, nous avons signalé les recherches de M. van Romburgh sur cette essence (1).
- En soumettant le liquide (2), duquel l’auteur a réussi à isoler l’alcool méthy-lique, à un fractionnement plus complet, on est arrivé à séparer une portion qui est probablement constituée par de l’acétone, qu’on trouve d’ailleurs assez souvent dans le règne organique ; traitée par une solution d’iode dans l’iodure de potassium, cette portion donne immédiatement de l’iodoforme. Quand on soumet à la distillation à la vapeur d’eau de jeunes feuilles de thé fraîchement fermentées, le produit distillé donne avec le perchlorure de fer la réaction de l’acide salicylique; en soumettant au fractionnement les portions élevées de l’essence de thé, on peut isoler entre 220° et 225° un produit qui a une odeur de salicylate de méthyle et qui, par saponification, fournit de l’acide salicylique et de l’alcool méthylique. De 130 centimètres cubes d’essence de thé, produit de la distillation de 2500 kilogrammes de feuilles de thé, 'on obtient 1 gramme d’acide salicylique, correspondant à lSr, 1 de salicylate de méthyle.
- L’essense de thé possède la densité 0,8557 à 15° et est très faiblement dextrogyre; elle sent fortement le thé, mais seulement en solution étendue.
- Essence de thym. — Les composés trouvés jusqu’alors dans l’essence de thym sont : lepinène, le cymène,l’acétate de bornyle, le carvacrol, le thymol et lelina-lol, ce dernier alcool n’ayant d’ailleurs pas été caractérisé d’une façon certaine (U).
- M. E. Labbé a repris l’étude de cette essence et y a caractérisé les composés
- suivants : P 100_
- Thymol........................................... 30
- Hydrocarbure 156-158.............................. 17
- Menthène.......................................... 13
- Cymène........................................... 21
- Linalol............................................ 5
- Bornéol............................................ 8
- Résidu............................................ 4
- (1) Bulletin Soc. d'Encouragement, 1898, p. 183.
- (2) Schimmel et C. Ber. octobre 1894, p. 57.
- (3) Bull. Soc. chim., Paris, 1898 (3), t. XIX, p. 1009.
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- ÉTUDE DE L’INDUSTRIE DES HUILES ESSENTIELLES ET DES PARFUMS. 102]
- Les propriétés du carbure passant de 156 à 158 degrés ne répondent pas à celles du pinène, car il fournit, d’après l’auteur, un nitrosochlorure fondant à 106,5, point de fusion qui n’est pas celui du nitrosochlorure de pinène. M. Labbé ajoute : « La fraude de l’essence de thym au moyen de l’essence de térébenthine est du reste assez connue pour que l’on puisse penser que l’échantillon examiné par MM. Schimmel et Cie contenait du pinène qui y avait été introduit artificiellement. »
- Selon l’auteur, les produits supérieurs contenaient une très petite portion d’un phénol (carvacrol) échappé à l’action de l’alcali aqueux.
- M. Labbé conclut enfin qu’il était d’une pratique mauvaise d’estimer les essences de thym uniquement à leur teneur en phénols, des produits tels que le linalol, à odeur suave et forte, et le bornéol, contribuant singulièrement à modifier et à renforcer le parfum de l’huile essentielle.
- Essence de Wintergreen. — MM. Kremers et Miss James (1) préconisent à nouveau, pour le dosage de l’acide salicylique, après saponification de l’essence, le procédé imaginé depuis longtemps par MM. Messinger et Vortmann, procédé qui repose sur la propriété que possède l’acide de donner, en présence de beaucoup d’alcali, avec une solution titrée d’iode, de l’acide diiodosalicylique ; le dosage subséquent de l’iode restant, au moyen cl’une liqueur d’hyposulfite, permettra de connaître celui combiné à l’acide.
- Nous sommes d’accord avec MM. Schimmel (2) quand ils font observer que « bien que l’essence de Betnla lenta, ainsi que celle de Gaulthcria procumbens, renferment, outre du salicylate de méthyle, de petites quantités d’autres éthers que, dans la saponification, on met sur le compte de l’éther méthylsalicylique, on ne s’en tiendra pas moins à ce dosage par saponification, cette opération étant beaucoup plus simple que celle recommandée par MM. Kremers et Miss James. » M. Kremers et Miss M. James (3) ont aussi consigné dans un tableau toutes les plantes dans lesquelles, à l’époque où le travail a été effectué, on a réussi à déceler le salicylate de méthyle. Ce travail, selon MM. Schimmel, est intéressant, en ce sens qu’il nous donne quelques éclaircissements botaniques, beaucoup de noms de plantes renfermant cet éther étant souvent exemptes de noms d’auteurs, ou accompagnées de noms faux. Pour la désignation des espèces, les auteurs se sont tenus au Kew-lndex.
- L’éther méthylsalicylique a donc été trouvé dans les plantes suivantes :
- (1) Pharm. Review, t. XVI (1898), p. 131.
- (2) Bull. Schimmel, octobre 1898, p. 46.
- (3) Pharm. Review, t. XVI (1898), p. 100.
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- ARTS CHIMIQUES.
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- BETULACÉES
- Betula Icnta L
- Auteurs rtc la decouverte. Années. Procter.....................1844
- Il est probable qu'il se trouve aussi dans le />. lulen, mais n’y a pas encore été décelé.
- LAURACÉES
- Limier a benzoin Meissner
- Schimmel et C[e
- 188;]
- ROSACEES
- Spirea ulmaria I.
- Schneegans et Gerock. 1892
- ÉRYTIIROXYLACEES
- Èrythroxylon coca I......................................
- — bolivianum '......................................
- Cette dernière espèce n'est pas indiquée dans le Keic-Index.
- V. Romb Urg
- POLYGALACÉES
- Polygala senega I...................................
- P. s. var. latifol. Torrey et Gray..................
- P. Baclwinii Nutt...................................
- P. variabilis H. B. K., albiflora D. C..............
- P. Javana D. C......................................
- P. oleifera Heckel, pas dans K. I...................
- P. serpyllacea Weihe (syn. P. depressa Warden).
- P. cale area F. Scuitz..............................
- P. vulgaris L.......................................
- Langbeck. Reuter . . Maisch . . ,
- V. Romburg.
- Bourquelot
- PYROLACÉES
- Hypopitis multiflora Scop. (syn. Monotropa hypo. L). . . . Bourquelot .
- ÉR1CACEES
- Gaidtheria procumbens L.................................... Cahours. . .
- G. fragrantissima Wall (syn. G. punctata Blume G. Leschc-
- naati D. G.)........................................... Broughton. .
- G. leucocarpa Blume........................................ De Vry. . .
- 1894
- 1881
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- 1894
- 1894-
- 1894
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- Pour compléter le tableau, il faut encore y joindre le Thea Chinensis, dans lequel on trouva également du salicate de méthyle. (Voir essence de thé.)
- Selon le J)1' van Romburgh (1), du Jardin botanique de Buitenzorg, le salicy-late de méthyle est beaucoup plus répandu dans le règne végétal qu’on ne le croit; sur 900 plantes examinées au point de vue des produits volatils qu’elles contiennent, 160, c’est-à-dire 18 p. 100, renfermaient du salicylate de méthyle. Phénomène intéressant: tandis que les produits de la distillation des feuilles
- (1) Comptes Rendus de VAc, des Sciences d’Amsterdam ; Bull. Schimmel, octobre 1898 p. 46.
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- ÉTUDE DE L’INDUSTRIE DES HUILES ESSENTIELLES ET DES PARFUMS. 1023
- fraîches de certaines de ces plantes ne donnaient pas la réaction du salicylale de méthyle, cette même réaction se manifestait, quand on distillait ces mêmes feuilles le lendemain du jour où elles avaient été cueillies. Conclusion, l’éther méthylsalicylique est combiné, dans la plante, sous la forme d’un glucoside, hypothèse déjà émise par MM. Bourquelot, Schneegans et Gerock. Cet éther se trouve surtout dans les plantes de la famille des légumineuses; mais il a aussi été signalé dans une ou différentes espèces des familles suivantes : Aurantiacées, Célastrinées, Composées, Cupulifères, Ebénacées, Euphorbiacées, Jasminées, Graminées, Lonicérées, Méliosmées, Myrtacées, Oléinées, Polygalées, Ramnées, Rosacées, Rubiacées, Sapindacées, Staphyléa-cées, Tiliacées. Ce corps n’est pas localisé dans un seul organe de la plante, mais suivant les cas, l’éther se trouve dans la racine, les fleurs, les feuilles ou l’écorce.
- M. Vidal (1) a observé que l’application externe du salicylate de méthyle, dans les cas de rhumatisme, donne souvent lieu à des irritations de la peau, parfois même à des éruptions. En cherchant les cause de ces accidents, on a reconnu que seule l’essence naturelle jouissait de cette propriété ; le salicylate de méthyle synthétique est exempt de ces inconvénients. Il faut donc attribuer cette action irritante à un produit secondaire existant dans l’essence naturelle.
- (i) D’après Pharm. Journ. Trans. (4) (5) (1897), p. 459.
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- ARTS MÉCANIQUES
- RECHERCHES DE M. L ABBÉ LE DANTEC ET DE M. CANOVETTI
- SUR LA RÉSISTANCE DE L’AIR (1)
- EXPÉRIENCES FAITES DANS LA CHAPELLE DES ARTS ET MÉTIERS, eil Septembre 1898,
- par M. l’abbé Le Dantec.
- § 1. PRINCIPE
- Tout corps qui tombe accélère sa chute; soit donc une surface quelconque, traversée par un tube normal à son plan, lequel tube glisse sur un fil métallique bien tendu verticalement.
- Cette surface accélérera sa chiite pendant.quelque temps; mais, la résistance de l’air grandissant avec la vitesse, il arrivera certainement un moment où elle deviendra égale au poids de la surface.
- A partir de ce moment la chute deviendra régulière. C’est le cas du parachute.
- Il suffit donc de constater que la chute de la surface est devenue régulière, de connaître sa vitesse et son poids, pour pouvoir dire sans l’intervention d’aucun calcul :
- Telle surface, parcourant tel espace à la seconde, éprouve de la part de l’air telle résistance, laquelle n’est autre que son poids.
- * § 2. EXPÉRIENCES DE 1893
- Les expériences que j’avais l’honneur de vous présenter en 1893, ayant été faites dans une salle ne mesurant guère que 3m,50 de hauteur, n’étaient pas concluantes. La résistance de 106 grammes, qu’elles m’indiquaient pour 1 mètre carré parcourant l mètre à la seconde, était évidemment beaucoup trop grande. A l’approche du plancher, dans la quatrième seconde de chute, l’air, ne pouvant fuir, faisait matelas, et la vitesse de chute se trouvait régularisée trop tôt.
- D’ailleurs, comme moyen de mesurer l’espace parcouru dans chaque seconde, je n’avais employé, dans ces expériences, que le jugement de l’oreille appréciant le synchronisme du choc de la surface sur le curseur et du coup d’un métronome battant la seconde.
- (1) Voir p. 946 le Rapport de M. Barbet.
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- RECHERCHES SUR LA RÉSISTANCE DE l’AIR.
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- J,a résistance de 106 grammes ne pouvait donc être le coefficient vrai delà résistance de l’air.
- § 3. EXPÉRIENCES DE 1898
- Encouragé par votre haute approbation, je construisis alors un enregistreur électrique, pouvant consigner sur un papier la durée exacte de la chute; mais j’ai dû attendre cinq ans pour trouver un local assez vaste et assez élevé pour appliquer sérieusement ma méthode, à l’aide de cet enregistreur.
- Au mois de juin dernier, M. Appel, membre de l’Institut, ayant eu la bonté de parler pour moi à son collègue M. le colonel Laussedat, le savant directeur du Conservatoire des Arts et Métiers, j’ai pu, grâce à l’extrême obligeance de MM. Masson et Tresca, qui ont mis à ma disposition leur chapelle, leurs piles et leurs ouvriers si intelligents et si habiles, faire des expériences sérieuses.
- L’organisation matérielle, qui a exigé beaucoup de tâtonnements, a malheureusement absorbé les deux mois de juillet et d’aout; de sorte que je n’ai pu utiliser ce local presque idéal que pendant le mois de septembre.
- La nécessité d’organiser le service des différents cours du Conservatoire des Arts et Métiers a seule mis un terme obligatoire à la parfaite complaisance de ces messieurs.
- Mes expériences ont donc dû prendre fin avec les vacances, et c’est pourquoi je n’ai pas pu, comme je l’aurais désiré, prier quelques-uns d’entre vous de me faire l’honneur d’y assister.
- Mais l’enregistreur ayant imprimé tous les résultats, je puis cependant vous donner une idée suffisante des résultats intéressants que j’ai obtenus.
- § 4. ENREGISTREUR ÉLECTRIQUE ET DÉTAIL DES EXPÉRIENCES
- La figure ci-jointe (tîg. 1) avec la légende qui l’accompagne permettent de suivre les dispositions que j’ai prises dans mes expériences et en fait comprendre le fonctionnement, nous allons les compléter par quelques détails pratiques.
- Pour éviter le très grave ennui de se servir d’une échelle pour remonter la surface jusqu’aux crochets du suspenseur, deux moyens se présentent.
- lor moyen. — Le suspenseur étant à une hauteur fixe, on peut, à l’aide de roseaux de 3 mètres s’emmanchant l’un sur l’autre par des douilles, pousser le curseur et la surface ensemble, jusqu’à ce que le godet conique de celle-ci s’agrafe de lui-même sur les crochets du suspenseur. La surface restant alors en place, on rabaisse le curseur à la hauteur voulue pour la longueur de chute désirée.
- L’extrémité du premier roseau porte une fourche à targette qui, engagée sur le fil directement, permet de faire cette opération très facilement.
- Tome IV. — 98e année, 5e série. — Juillet 1899.
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- 2e moyen. —Les roseaux sont malheureusement tlexibles, et, pour des hauteurs de 10 mètres, on ne pourrait guère s'en servir.
- - Enregistreur électrique Le Dan/ec.
- La pile A dépend do l'interrupteur I et du pendule 2. Quand l'interrupteur 1 est rabattu au contact, le courant passe chaque l'ois que le pendule Touche le ménisque de mercure
- Quand le courant de A est ainsi émis, il traverse les deux électro J et 5.
- En traversant l’éloctro-ai niant 1, iJ attire son armature, et ferme, en 0, le circuit de la pile
- En traversant l'élcetro-ainiant î>, il attire son armature, et la molette pointe la seconde sur le ruban enregistreur.
- Le circuit de la pile B étant fermé en (i, le courant passe dans l'électro-aimant 7. attire son armature, et cotte armature produit deux effets : eu premier lieu, elle laisse tomber la surface on faisant rentrer les crochets 9 du suspenseur; et on second lieu, elle terme le circuit do la pile C en mettant les deux balais 13 en contact.
- Dos que le courant de la pile <1 est ainsi fermé, il passe dans l’électro-aimant 8, qui attire son armature, et, par suite, la molette, dont les dents sont doublées de dix en dix, trace sur le ruban une ligne pointilléo facile à nombrer.
- Dès que la surface rencontre le curseur 10, fixé à frottement doux sur le fil directeur, relève la languette 11, et, le courant de la pile C étant interrompu, la molette de l’enregistreur cesse de tracer son pointillé.
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- RECHERCHES SUR LA RÉSISTANCE DE l’AIR.
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- Dans ce cas, les deux treuils 14 et 15 permettront encore d’éviter l’ennui des échelles. A l’aide de ces treuils, en effet, on fera monter et descendre le suspen-seur 9, comme on le voudra. Ainsi, on pourra l’abaisser à une hauteur accessible à l’aide des roseaux, agrafer la surface, et la remonter ensuite avec le sus-penseur à la hauteur voulue. Un point de repère marqué sur le fil, du côté du treuil 15, dira quand la surface sera remontée à cette hauteur normale.
- Pour déterminer la chute et l’enregistrer, on déclenche le moteur 16 et on ferme le courant de la pile A en 1.
- Quand la chute s’est effectuée, on embraye de nouveau le moteur 15; on relève l’interrupteur 1 ; on desserre la vis 17, pour rendre le cylindre 18 libre, et on dégage le ruban pour lire le diagramme.
- A l’aide de cet enregistreur électrique, les expériences peuvent se faire avec une précision remarquable.
- Nous avons pu, par exemple, dans des conditions de calme convenables, constater les variations produites dans la durée de la chute par un centimètre et même par un demi-centimètre de variation dans/ la hauteur de chute.
- Examinez, par exemple, les diagrammes de la série /, dans laquelle nous recherchons par tâtonnements l’espace exact que parcourt en une seconde une surface d’un demi-mètre carré pesant 52=r,40. On y voit que :
- 1° avec 80 centimètres, la chute a duré.....................1,40 secondes.
- 2° — 70 — — 1,33
- 3° — 60 — —- 1,16 —
- 4° — 50 — — 0,96 —
- 5° — 51 — — 1,14 —
- 6° — 52 — — 1,07 —
- 7° — 51 — — 0,97 —
- 8° — 51cents,5 — ....... 1,00 —
- Nous joignons à l’appui de ce tableau les diagrammes imprimés par les appareils enregistreurs (fîg. 2).
- Cette série remarquable montre bien, encore une fois, avec quelle précision on pourra faire cette étude expérimentale quand on disposera d’un local à l’abri des courants d’air, et que l’on emploiera l’enregistreur électrique 'perfectionné conformément aux indications fournies par l’expérience.
- Malheureusement, toutes les expériences n’ont pas pu être faites dans ces conditions de calme atmosphérique. L’on était, en effet, souvent gêné par des visiteurs qui, en ouvrant à contretemps les grandes portes de la chapelle, y produisaient des vagues qui troublaient la chute tantôt pour l’accélérer, tantôt pour la retarder.
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- Pournousassurer de la réalité de cette cause de trouble, nous l’avons produite à dessin, et elle s’est toujours manifestée par des variations que nous ne constations pas quand tout était calme dans la nef.
- Indépendamment des grands troubles ainsi occasionnés par la brusque ouver ture des portes, il y avait des troubles moins graves produits par les courants d’air provenant des fermetures défectueuses et dépendant de l’intensité du vent à l’extérieur.
- 2. — Espaces parcourus en une seconde par une surface d'un demi-mètre carré pesant 52-',40.
- Quand ces troubles se manifestaient, je répétais souvent la même clin te pour trouver une moyenne.
- Ceci prouve que les expériences que l’on a tentées à la Tour Eiffel, en se servant de ma méthode expérimentale, n’ont pu donner aucun résultat sérieux. Si l’air est le moindrement en mouvement, sa vitesse et sa direction inconnues introduisent dans la question des facteurs inanalysables.
- J’ajoute qu’un enregistreur électrique est également indispensable.
- Sans le secours de cet appareil, il est impossible d’analyser la chule d’une surface seconde par seconde, et par conséquent de préciser quelle est la vitesse régulière qui produit une résistance égale à tel poids de la surface.
- Je ne m'étonne donc pas que ces expérimentateurs en plein vent, non seule-
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- ment n’ont pas pu assigner un chiffre au coefficient de résistance de l’air, mais ont trouvé un résultat faux.
- Dans le Mémoire que je vous avais soumis, j’avais parlé d’une surface de 1 mètre carré ronde, carrée et triangulaire; et le compte rendu que j’ai vu de leurs expériences dit qu’ils n’ont trouvé, pour ces trois espèces de surfaces, que des différences insignifiantes. Comment ont-ils procédé? Je n’en sais rien; mais, comme vous le verrez, les différences de résistance montrent qu’elle grandit avec le périmètre.
- Je le repète donc, les expériences faites à la Tour Eiffel n’ont pas pu être exactes.
- § 5. SYNTHÈSE DES 286 EXPÉRIENCES
- J’avais préparé quatre surfaces :
- Une surface d’un demi-mètre carré, carrée et plane, pesant 52§'1',40 et trois autres surfaces de 1 mètre carré, l’une ronde, l’autre carrée et la troisième triangulaire. La ronde, la plus lourde des trois, pesait 269 grammes, et je me proposais de donner exactement le même poids aux deux autres, afin de pouvoir comparer, sans calcul, les résistances qu’elles rencontreraient de la part de l’air.
- Sachant, d’après les expériences défectueuses que j’avais faites il y a dix-huit ans, que le coefficient devait se trouver aux environs de 100 grammes, je mis tout d’abord à l’étude la surface d’un demi-mètre carré qui, ne pesant que 52sr,40, me faisait espérer une indication.
- Série I. — Les expériences de la série I ont montré, qu’à partir de la première seconde, la chute est devenue sensiblement régulière pour une vitesse de lm,12 à la seconde.
- J’ai donc pu en conclure : qu’un demi-mètre carré qui parcourt lm,12 à la seconde éprouve, de la part de l’air, une résistance de 52§r,40. Cette première série d’expériences me confirma dans l’idée que le coefficient de l’air devait se trouver aux environs de 100 grammes.
- En effet, si l’on admet, comme le raisonnement l’indique, que la résistance est proportionnelle à la surface, nous en conclurons qu’une surface de 1 mètre carré qui parcourrait lm,12 à la seconde éprouverait de la part de l’air une résistance de 104§r,80. Si donc la vitesse était de 1 mètre au lieu de lm,12, la surface de 1 mètre carré éprouverait certainement moins de 104sr,80 de résistance. Je ne pouvais donc espérer trouver le coefficient de résistance de l’air avec mes trois surfaces qui, toutes les trois, pesaient plus de 200 grammes.
- C’est pourquoi j’ai interrompu mes expériences pour fabriquer une surface de 1 mètre carré aussi légère que possible.
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- Série II. — C'est avec celte nouvelle surface, qui ne pesait que 98 grammes,
- que j’ai fait les expériences de la série 11.
- Permettez-moi, Messieurs, de signaler cette série à voire attention.
- La chute de deux secondes n’ayant pas grande importance, au point de vue de la régularisation de la vitesse, je me suis contenté pour elle d’une seule expérience. L’approximation obtenue par cette expérience était d'ailleurs suffisante pour m’indiquer que l’espace devait être à peu près de lm,2o.
- Mais,pour toutes les autres secondes, j’ai répété les expériences, et leur précision est vraiment remarquable. Le temps y varie généralement en concordance avec les variations de la chute.
- Examinez spécialement les trois expériences pour huit secondes; et, pour vous en faire une idée exacte, voyez la photographie des trois longs rubans qui les représentent (fig. 3) • Ces photographies, dans lesquelles les points de départ sont placés de niveau, montrent, qu’aprèshuitsecondesde chute, les points d’arrivée sont encore presque de niveau.
- Je le répète, quand on aura soin d’éviter les courants d’air, même ceux que l’on produit en allant et venant dans la salle, l’enregistreur nous montrera qu’une même surface parcourt toujours le même espace dans le même temps.
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- Fi". — Chutes de 7m,UUi observées pour une surface de 1 mètre carré pesant 98 grammes.
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- L’analyse des espaces parcourus seconde par seconde nous donne :
- Dans la ;ie seconde.....................lm,07
- — G° — lm,08;i
- — 7° — lm,10
- — 8° — lm,10
- Nous pouvons donc dire que la régularisation de la vitesse s’est faite sensiblement sur lm,09.
- Donc mie surface de 1 mètre carré, carrée et plane, éprouve de la part de l'air, quand elle parcourt ln',09 à la seconde, une résistance de 90 grammes.
- Cette surface était donc encore trop pesante pour donner directement le coefficient de la résistance de l’air.
- Série III. — En enlevant tout superflu à la précédente surface, j’ai réussi à la réduire au poids de 87sr,75.
- Les expériences de la série II m’ayant montré que la chute s’était régularisée à partir de la cinquième seconde, je pouvais en conclure que, le poids ayant diminué, la régularisation se ferait encore plus tôt. C’esl pourquoi je me suis contenté d’observer des chutes de sept et de huit secondes.
- L’espace parcouru pendant la huitième seconde ayant été lm,04, j’en ai conclu que :
- Une surface de 1 mètre carré, carrée et pjlane, éprouve de la part de l'air, quand elle parcourt lm,04 à la seconde, une résistance de 87sr,7o.
- J’étais donc encore au-dessus du coefficient de résistance de l’air.
- Série IV. — Désireux de trouver ce coefficient directement par l’expérience, j’ai tenu à faire un mètre carré assez léger, et, pour cela, j’ai substitué des nervures en plumes d’oie aux nervures en bois.
- J’ai ainsi réussi à fabriquer une surface de 1 mètre carré ne pesant que 76^,75.
- Le temps me pressant beaucoup, cette construction improvisée n’a pas été aussi parfaite que je l’aurais désiré. La tension de la surface n’avait pas toute la rigidité voulue, et, par suite, elle ne restait pas absolument plane devant la résistance de l’air. Ce défaut n’était cependant pas très grand.
- Faute de temps, je n’ai observé, pour cette surface, que des chutes de sept et de huit secondes, me contentant même, pour huit secondes, d’expériences qui ne sont qu’approchées.
- En examinant ces trois dernières chutes, série IV, vous verrez qu’il faut ajouter cinq ou six centimètres aux 6m,45 parcourus par la surface.
- J’ai passé outre parce que ces chiffres m’indiquaient à coup sûr que, cette foi, j’étais au-dessous du coefficient de résistance de l’air.
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- La surface avait en effet parcouru dans la huitième seconde :
- <)“, ÎIO — ;>m,ia = 0m,9.'>
- Donc, une surface de 1 mètre carré, carrée et plane, éprouve de la part de l’air, quand elle parcourt 0rn,9o à la seconde, une résistance de 76sr,74.
- Série V. — A l’aide de petites masses additionnelles, j’ai fait monter le poids de la surface à 81 grammes.
- Cette fois, les expériences pour 0, 7 et 8 secondes m’ont donné une vitesse régulière de 1 mètre à la seconde ; d’où, pour le coefficient de résistance de l’air :
- Une surface de 1 mètre carré, carrée et plane, éprouve de la part de l’air, quand elle parcourt 1 mètre à la seconde, une résistance de 81 grammes.
- Malheureusement cette Ve série a été très troublée par les courants d’air, et le temps m’a manqué pour la reprendre dans de meilleures conditions.
- Je ferai d’ailleurs remarquer que ce chiffre de 81 grammes pourra varier avec les dimensions de l’édifice fermé dans lequel on le cherchera.
- En effet, bien que l’air soit compressible, un déplacement, produit en un certain point d’une atmosphère confinée, se progage très rapidement dans tous les sens jusqu’aux parois. Sur ces parois, il se forme des remous qui ramènent avec la même vitesse le mouvement ondulatoire vers sa source. D’où des troubles dans la vitesse de la surface en jeu, lesquels seront d’autant moindres que les parois qui les [produisent seront plus éloignées.
- La chapelle'des Arts et Métiers mesure à peu près 70 mètres de longueur, sur 12 à 15 mètres de largeur, à l’endroit où se faisaient les expériences, et 18 mètres de hauteur. La nef a, dit-on, 25 mètres sous la clef de voûte.
- Dans un local plus vaste, le coefficient de résistance de l’air serait peut-être inférieur à 81 grammes.
- Les expériences de l’avenir pourront seules trancher la question.
- En attendant, nous pouvons regarder 81 grammes, sinon comme étant le coefficient absolu, au moins comme le coefficient pour les surfaces carrées et planes, dans l’air confiné de la chapelle des Arts et Métiers.
- Série VI. — Un jour me restait pour essayera la hâte les trois surfaces de 1 mètre carré que j’avais préparées en soupçonnant que leurs périmètres différents influeraient sur la résistance de l’air.
- N’espérant pas, avec la hauteur de 10 mètres dont je me servais, voir la chute de ces lourdes surfaces se régulariser, je me suis contenté d’ôbserver les espaces parcourus dans les quatre premières secondes.
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- Les chutes, pour cinq secondes, se sont terminées trop près du sol, et n’ont pas été répétées assez souvent pour que l’on puisse en tirer quelque conséquence.
- Or la surface de 1 mètre carré ronde, plane et entourée d’un rebord de 5 millimètres de hauteur, en prenant la moyenne des expériences faites en deux séances,
- parcouru : / en 1 seconde. . . . V — 2secondes. . . . 0m,90 2m,35 i'MO dans la lre seconde. 2e — 3e — . 0m,90 lm,43 lm,73
- fis i : : : : Gm,18 ' 8ra,lÿ — 4e — . 3e — . 2m,08 im,97 ( a vérifier
- Cette dernière expérience semblerait indiquer que la régularisation de la vitesse s’est faite à la quatrième seconde de la chute, l’espace parcouru pendant la cinquième seconde étant moindre. Mais, ainsi que je l’ai déjà dit, c’est l’appro: che du sol qui, en empêchant l’air de s’échapper, a produit ce retard. Contentons-nous donc de noter que l’espace parcouru en quatre secondes a été de 6m,18.
- Ayant trouvé plus tard que 1 mètre carré triangulaire de même poids ne parcourait que 5m,80 en quatre secondes, nous avons voulu voir comment se comporterait la surface ronde avec cette chute de Sm,80, et quatre expériences consécutives nous ont prouvé que réellement le temps employé à parcourir ces 5m,80 a été plus court.
- Série VIL — Je n’ai pu réaliser que quelques expériences avec la surface carrée, pour une, quatre et cinq secondes.
- Les cinq expériences pour une seconde indiquent 0ra,89.
- Les trois expériences pour quatre secondes donnent clairement 6 mètres.
- Et les deux expériences pour cinq secondes indiquent que l’espace aurait dû être d’environ 7m,60.
- Série VIII. — La moyenne des expériences faites en deux séances donne :
- En 1 seconde .... . . . 0m,89 Dans la lre seconde . . . 0m,89
- 2 secondes. . . . 2mj32 2e . lm,43
- — 3 — .... . . . 4m,0o — 3e — . lm,73
- — 4 — .... . . . om,80 — 4e — . 1m, 7 5
- — 5 — . . . 7m,30 — 5e — lm,70 (à vérifier
- La surface ronde ayant parcouru 6m,20 en quatre secondes, j’ai commencé par donner 6m,20 à la surface triangulaire; mais en examinant les onze expériences série VIII, 1°; et en les confrontant avec les six expériences faites le lendemain, nous avons été forcé de réduire la chute à 5m,80.
- C’est alors que, pour contrôle, je remis la surface ronde en expérience, pour voir si elle se contenterait de ces om,80, et qu’elle me prouva que l’air résistait moins à sa chute qu’à celle de la surface triangulaire.
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- Quant aux cinq chutes pour cinq secondes, série VIII, 2°, elles indiquent avec assez de précision 7"',50.
- $ 6. — CONCLUSIONS
- Pour avoir le droit de comparer les chiffres fournis par les expériences avec ces trois surfaces de 1 mètre carré, ronde, carrée et triangulaire, j’avais pris soin de les mettre dans les mêmes conditions comme superficie, comme poids. et comme bordure.
- Loi des périmètres. — Une seule condition établissait donc une différence entre elles : c’était leur périmètre.
- . Or, si nous mettons en présence les périmètres et les espaces parcourus en quatre secondes, nous trouvons :
- FORME DE LA SURFACE. PÉRIMÈTRE DE LA SURFACE. ESPACE PARCOURU EX 4".
- Ronde 3m,54 \ Différence. 46 cent. 6m,18 ) { Différence. 18 cent.
- Carrée 4m,00 Gm,00 )
- Triangulaire 4m,52 Différence. 42 — 5m,80 Diffe'rence. 20 —
- Or, en substituant 17c,n,69 à 18 centimètres, on a la proportion exacte :
- 46 _ 17,69 52 ~ 20 ’
- Nous pouvons donc dire que : La différence des espaces parcourus, ou, autrement dit, V augmentation de la résistance,est proportionnelle à T augmentation du périmètre.
- Ceci confirme mes prévisions, basées d’ailleurs sur l’analyse raisonnée des conditions physiques du phénomène.
- En effet, dès lors que la surface tend à laisser un vide derrière elle, il faut bien que l’air vienne combler ce vide.
- Or, quelle que soit sa fluidité, cet air est un corps pondérable inerte ; son déplacement exige donc un certain temps.
- Si donc la vitesse avec laquelle se meut la surface est plus grande que celle avec laquelle la masse inerte de l’air peut fuir devant la surface et la contourner, pour combler le vide qu’elle tend à produire, la résistance éprouvée par la surface sera extrêmement grande.
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- C’est ce qui arrive, par exemple, dans l’explosion de la dynamite. L’énorme volume des gaz delà déflagration est mis si subitement en liberté, que l’air choqué par lui devient aussi résistant que le rocher, comme le prouve le brisement du rocher.
- Dans ces vitesses extrêmes, aucun remous n’a le temps de se réaliser. Mais, dans les petites vitesses observables, l’air se déplace en formant des remous pour passer d’avant en arrière, en tourbillonnant sur les bords.
- Ces tourbillons deviendraient visibles à l’œil si, pendant la chute d’une surface, on produisait de la fumée sur son trajet.
- Or il est de toute évidence que, plus le périmètre de la surface est grand, plus il y a de remous à se former autour d’elle.
- il est de même évident que, plus les bords sont éloignés du centre, plus l’air qui contourne ces bords a de chemin à faire pour arriver à ce centre, où le vide tend à se former avec le maximum d’intensité.
- Sans doute, l’air qui est en contact avec le dos de la surface la suit plus
- ou moins, selon que la vitesse le permet à son inertie; mais si cet air postérieur
- ne laisse pas le vide absolu se former, il ne peut combler l’espace laissé libre par la surface sans produire une raréfaction, un commencement de vide, que les remous ont la charge de combler.
- Ces deux causes physiques interviennent à différents degrés dans les trois expériences qui nous occupent.
- C’est autour de la surface ronde qu’il y a le moins de remous, qu’ils sont
- tous convergents Arers le centre, et qu’ils ont le moins de chemin à parcourir
- pour y arriver, ce chemin étant pour tous le même, la longueur du rayon R = 564 millimètres.
- Pour le carré, les remous qui se font normalement au bord de la surface ne se dirigent plus vers le centre. Ils se rencontrent sur les diagonales sous un angle de 90°, et forment, en s’y choquant, des remous secondaires, dont la marche vers le centre est plus ou moins facile. La longueur des demi-diagonales est de 700 millimètres.
- Pour le triangle enfin, les remous venant perpendiculairement aux côtés se rencontrent sur les trois médianes sous un angle de 120°. Ils se rapprochent donc du choc de front beaucoup plus que ceux du carré. Les remous secondaires qu’ils produisent sont donc plus troublés dans leur direction vers le centre que ceux du carré. Les deux tiers de médianes sur lesquels ils se forment ont une longueur de 877 millimètres.
- L’expérience a justifié cette analyse physique.
- Reste à en tirer cette conclusion remarquable : que le coefficient de résistance n’existe pas, ou du moins qu’il y en a un pour chaque espèce de surface, chaque espèce étant caractérisée par la forme polygonale de son périmètre.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- JUILLET 1899.
- Loi des surfaces. — Si j’en avais le temps, j’aurais chargé la surface do 1 mètre carré, carrée et plane, de masses additionnelles jusqu’à lui donner le poids de 104^,80, double de 24^'',40, poids de la surface d’un demi-mètre carré, qui m’a servi dans la première série. Si, dans ces conditions, elle avait parcouru, seconde par seconde, les mêmes espaces que cette dernière, l’expérience aurait démontré que la résistance est proportionnelle à la surface.
- J’aurais voulu, dans le même but, préparer des surfaces rondes, carrées, triangulaires de 2, 3 ou 4 mètres carrés de superficie. Mais il faudra attendre que je trouve un nouveau local.
- Parmi les expériences que j’ai faites, il y a cependant deux surfaces, carrées et planes, de superficies différentes; voyons si l’expérience nous révèle quelque chose à leur sujet.
- Puisque la surface qui m’a donné 81 grammes pour coefficient de la résistance de l’air était carrée, elle est comparable au demi-mètre carré qui, lui aussi, était limité par un carré. Si nous admettons que 81 grammes est le coefficient de résistance pour toutes les surfaces carrées et planes, servons-nous-en pour calculer quelle devrait être la vitesse d’une surface de 0m2,o0 pour trouver une résistance R = 52&r,40.
- En supposant que la résistance soit proportionnelle à la surface et au carré de la vitesse, posons :
- En revoyant la série 1, elle nous montre la surface de 0ni2,b0 parcourant
- dans la 4° seconde
- 1m, 14 lm, 10 lm,i3 lm,15
- Cet accord est bien remarquable et nous autorise, autant qu’un seul cas vérifié peut nous le permettre, à dire que la résistance est 'proportionnelle à la surface.
- Loi des vitesses. — Parmi les expériences réalisées, il y en a quatre qui sont comparables comme exécutées avec des surfaces carrées et planes.
- avec la vitesse de 0m,96 une résistance de 76S1',~'>
- Le même mètre carré a éprouvé :
- lm,00
- lm,04
- lm,09
- 81eq00
- 87£'',7o
- 98«'r,00
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- RECHERCHES SUll LA RÉSISTANCE DE l’AIR.
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- Supposons celte dernière résistance inconnue, et calculons-ia à l’aide des trois données précédentes, en admettant que les résistances sont proportionnelles aux carrés des vitesses, ou que l’on ait :
- nous aurons : 1”
- C)L
- H _ V2
- R'— y' r
- 76»r,7S 962 d’où 76gr,75 X 109' = 97«r,86 ;
- X 109-’ 37 ~ 962
- 81 gr. X 1002 10 9-’ d’où 81 gr. X 1092 X z=z — 1002 = 96sr,23;
- 87*r,75 1 ° d’où 87sr, 75 X 109' ) - = 96"r,39.
- X 1092’ x ~ 1042
- J’ose dire que, lorsque l’on pourra faire des expériences à l’abri des courants d’air, ce qui permettra de préciser les espaces à 1 centimètre près, seul écart que nous trouvons ici, on constatera, au moins pour ces petites vitesses, que la résistance est proportionnelle au carré de la vitesse.
- En résumé, nos 81 grammes peuvent être admis, jusqu’à plus amples renseignements, comme donnant le coefficient de résistance de l'air pour les surfaces carrées et planes des deux côtés, se mouvant dans l’atmosphère confinée de la chapelle des Arts et Métiers.
- Ces résultats me donnent bien envie de recommencer cette étude avec les conditions de perfection indiquées par l’expérience.
- Il serait bien intéressant et bien instructif d’étudier les ehules d’un ballon sphérique, d’un ballon conique d’un côté et plan de l’autre, d’un ballon doublement conique, etc., etc.
- On trouverait expérimentalement quelle est la forme à donner à un volume — à un boulet par exemple — pour qu’il rencontre de la part de l’air le minimum de résistance.
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- EXPÉRIENCES SUR LE COEFFICIENT DE RÉSISTANCE DE l’AIR, PAR M. CailOVetti.
- L’auteur, après avoir rappelé les recherches antérieures, expose comme il suit les expériences qui l’ont conduit à la détermination du coefficients de résistance de l’air.
- Description des expériences. — Depuis longtemps, nous avions pensé à essayer de déterminer la forme de moindre résistance, dans l’air, de solides de formes différentes, mais la hauteur maxima dont on peut disposer est limitée et la chute libre de ces hauteurs serait de trop courte durée pour pouvoir donner lieu à des mesures précises.
- Nous avons pensé que la chute d’un mobile sur un fil tendu pouvait permettre de réduire la vitesse de chute en la rapprochant des valeurs qu’il intéresse davantage de connaître.
- Depuis longtemps, nous songions à instituer des expériences de ce genre quand le prix proposé par la Société d’Encouragement est venu nous décider.
- Les conditions offertes par la topographie de la ville choisie pour nos expériences ne pouvaient pas être plus favorables : un vieux château fort servant aujourd’hui de prison militaire, et situé sur une colline au nord de la ville, colline à pente douce vers l’intérieur, et terminée par des rochers escarpés presque à plomb vers l’extérieur (fîg. 1).
- Un fil de cuivre de transmission électrique de 3 millimètres de diamètre pesant 23 kilogrammes et long de 400 mètres fut tendu d’un point du parapet extérieur à un point convenablement choisi de la plaine, de façon à éviter la rencontre de tout obstacle tout en aboutissant à un point bas facilement accessible.
- Si on avait pu tendre le fil en ligne droite, le mouvement aurait été uniforme après quelque temps, lorsque la résistance de l’air aurait atteint son équilibre avec l’effort moteur.
- Mais les tentatives faites pour tendre un premier fil avaient montré qu’il fallait se contenter d’une tension modérée laissant au fil la forme de chaînette, pour ne pas risquer de le rompre, surtout dans les endroits où les manœuvres pour la mise en place avaient produit quelques plis devenus des points faibles.
- La partie inférieure de la chaînette est forcément presque horizontale. Cette condition est favorable pour réduire la vitesse d’arrivée qui atteint des valeurs dépassant 20 mètres à la seconde, ce qui nous a obligé à employer différents expédients pour amortir le choc.
- Pour réduire les frottements du chariot roulant sur le fil, nous avons (fig. 2)
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- RECHERCHES SUR LA RÉSISTANCE DE L’AIR.
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- réalisé des essieux à billes en employant des coquilles et billes en acier en noyant les coquilles dans la fusion de raluminium des roues que l’on tournait ensuite.
- Aux grandes vitesses, pour arrêter le chariot, nous disposions à l’arrivée un sac à copeaux, plusieurs grosses ficelles attachées lâches à un fil métallique tendu horizontalement et qui faisait ressort. La ficelle était coupée par les bords de la zone antérieure et surtout par le choc, ce qui nous était arrivé lorsque nous avions voulu attacher la ficelle même par un seul bout à un obstacle fixe.
- Dans le cas des grandes vitesses, et lorsque nous avons expérimenté avec la sphère, nous nous placions près du sac à copeaux et nous arrêtions le chariot avec un coup de canne faussant tout, quitte à refaire le chariot pour sauver les roues; cela nous a toujours réussi même avec la sphère si fragile.
- Ces tentatives nous ont absorbé tout un mois, et lorsque nous avons commencé les expériences définitives, nous avons constaté que le mouvement, dans le dernier tronçon de la chaînette, était ralenti, et nous avons dû porter l’arrivée à une trentaine de mètres en avant du sacà copeaux, sur un arbrisseau qui était tout près du fil, et dont nous n’avons pas coupé les branches comme nous avions fait aux autres.
- En y a ttachan t un pc ti t drapeau rouge, le mobile venait l’agiter en passant, car, sous la flexion du mouvement, le fil s’y abaissait de 0,50 environ, tandis que, au repos, le fil passait librement au-dessus.
- Fig. 1.
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- Malgré cela, avec une série d’expériences faites avec des poids moteurs croissants, nous avons trouvé qu’il fallait se porter encore à 60 mètres en avant pour avoir un mouvement uniforme.
- A cet endroit, nous avons planté un mât de signal haut de 7'",50 au-dessus du sol, la chaînette passait à 0m,50 au-dessus, mais à un demi-mètre de distance horizontale pour laisser passer le mobile sans heurter le mât.
- Ce mât nous servait à observer la flèche prise par le fil en même temps qu’à préciser l’instant du passage du mobile. Cette flèche était de 1 mètre (1).
- Un aide, porteur d’un grand drapeau, le tenait soulevé et l’abaissait brusquement à cet instant, ce qui permettait à l’observateur placé en haut d’arrêter
- Fig. 2.
- le chronomètre qu’il avait mis en mouvement au moment même où il lâchait le mobile.
- Marche des expériences. — La marche des expériences était la suivante ; quand il n’y avait qu’un seul observateur en haut : après trois sifflets d’appel, que nous répétions étant près du poteau d’arrivée, l’observateur faisait partir le mobile, avec un long sifflet qui (étant donnée la distance) nous arrivait souvent après la mise en marche de notre chronomètre, car nous avions vu partir le mobile avant.
- A ce moment, nous élevions le chronomètre sur la ligne de visée vers le haut, pour lire l’instant du passage, et nous suivions de l’œil le mobile jusqu’à ce qu’il touchât le petit drapeau rouge, auquel moment nous arrêtions le chronomètre.
- La lecture du chronomètre du haut était seule retenue exacte, car le départ coïncidait exactement avec la mise en marche de ce chronomètre, et l’observateur du haut n’avait autre chose à faire que d’attendre l’abaissement du drapeau tandis que nous avions encore à apprécierJa flèche, etc., etc.
- (1) C’est cette valeur que nous avons introduite dans les calculs, quoiqu’elle varie avec le poids et surtout avec la vitesse.
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- La deuxième mesure nous servait à constater la constance du mouvement, mais la première seule était intéressante et la seule que nous emploierons.
- On ne pouvait faire que six expériences au plus dans une après-midi et autant dans la matinée, chaque expérience demandait une demi-heure environ, les trois quarts employés à ramener le chariot et à substituer les surfaces et les solides, faire les pesées et revenir au point d’arrivée.
- Lorsque nous pouvions disposer d’un troisième aide, celui-ci servait surtout à tourner le dévidoir sur lequel on enroulait la ficelle que le premier observateur était obligé de tirer à la main, car l’effort était considérable, et il fallait éviter les chocs qui pouvaient déterminer la rupture de la ficelle, que nous avons changée plusieurs fois.
- Un des chocs détermina la chute et la rupture du chariot n° 2, qui fut remplacé par le n° 3, plus robuste, en fer creux, mais aplati aux deux biseaux.
- L’augmentation de poids de ce chariot et sa plus grande résistance à l’air nous ont obligé à séparer les expériences faites avec ces deux chariots.
- Programme des recherches. — Nos recherches avaient pour but :
- 1° De déterminer la valeur du coefficient K d’une surface plane et, ceci connu? de déterminer :
- 2° Les variations de ce coefficient dues:
- a) A la forme de la surface plane ;
- b) A l’état de cette surface ;
- c) A son étendue;
- d) A la substitution d’une surface sphérique ou conique recouvrant cette surface à l’avant (proue) ;
- e) A l’influence de cette même adjonction derrière la surface plane (poupe);
- f) A l’influence d’une proue et d’une pompe réunies;
- 3° A la plus ou moins grande stabilité des solides ainsi accouplés.
- Analyse des expériences. — Il n’a pas soufflé de vent du Sud pendant les expériences. Les vents du Nord ont soufflé pendant quelques jours, pendant lesquels nous avons fait les expériences pour en étudier l’effet sans tenir compte des résultats.
- Deux fois on a eu des vents transversaux et le ralentissement nous avertissait quand leur influence se faisait sentir.
- En effet, de toutes les expériences, à conditions égales, nous avons toujours retenu comme la plus exacte celle à temps le plus court, puisque les vents du Sud étaient absolument exclus.
- Au chariot vide, la résistance de l’air ne s’exerce que sur le chariot lui-même, Tome' IV. — 98e année. 5° série. — Juillet 1899. 08
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- que nous avons fait le plus tranchant possible, de sorte que la vitesse était indépendante du poids.
- Calcul de* résistances. — Une fois le fil tendu et les premiers essais réussis, il fallait songer à établir les cotes des points de départ et d’arrivée, la longueur du fil, etc.
- Le poids du fil employé et son poids au mètre linéaire nous faisaient connaître que la longueur du fil, attaches comprises, était d’environ 400 mètres.
- IJn nivellement nous donna pour cote du parapet 230'",12. Le fil passait à 0m,20 au-dessus du parapet, sa cote de départ était donc 230"',32.
- Dans la plaine, nous avons attaché le fil à un appareil de tension placé sur une berge de canal en remblai.
- MC très.
- 230,32
- Le poteau d’arrivée fut placé à une distance du par-
- quet, mesurée selon la chaînette, de ..... . 280
- La deuxième station étant à............‘.......... 60
- L’arrivée à....................................... 30
- Longueur totale entre attaches...........370
- 159,12
- 71,20
- La cote du sol au poteau d arrivée...............
- Hauteur du fil au-dessus du sol au repos.........
- A retrancher la flèche pendant le mouvement. . .
- 152,12
- 160,12
- 1
- Hauteur effective de chute h.
- Pente moyenne théorique
- 71,20
- 280
- = 25 p. 100 environ.
- Lorsqu’un poids P parcourt la chaînette, le travail total est réparti en travaux absorbés par la résistance de l’air, par le frottement du chariot et par la force vive du mobile. Si la vitesse est V au moment de l’arrêt, il faut retrancher
- m\J1 ~2~'
- du travail total P h la demi-force vive
- P h
- 1
- 2 m V2
- où
- P
- P
- m — —.
- fl
- et si on appelle h' la hauteur génératrice de la vitesse,
- !• V2
- h=¥j
- P {h — h')
- représentera le travail absorbé par le frottement et la résistance de l’air.
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- RECHERCHES SUR LA RÉSISTANCE DE l’AIR.
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- La séparation de ces deux facteurs de la résistance n’a pas été facile à faire.
- Travail absorbé par le chariot et poids suspendus par frottement. — Les essais faits avec le chariot seul nous avaient montré que le poids avait peu d’in-lluence sur la vitesse et que celle-ci atteignait des valeurs proches de 22 mètres; à cette vitesse, tout le travail disponible était donc absorbé en frottements.
- Mais il était impossible de diminuer la vitesse, ne pouvant pas diminuer le poids propre du chariot, et celui-ci, avec l’adjonction de la fusée munie de pointes à l’avant et à l’arrière, augmentait la vitesse, et il était nécessaire d’expérimenter avec le même poids et former des expériences définitives.
- Il ne restait donc qu’à diminuer la pente. Ne pouvant pas descendre le fil jusqu’à la hauteur nécessaire pour obtenir les vitesses réduites des expériences avec des surfaces, nous avons résolu d’établir un fil beaucoup plus bas, et, après quelques tentatives, nous l’avons attaché au deuxième réservoir, haut de 16m,30 au-dessus de l’arrivée. Le fil avait alors une longueur de 130 mètres utiles, soit à peu près la moitié de celle du fil d’essai.
- Nous avons pu établir la hauteur de chute absorbée par cette vitesse sur cette longueur, d’où nous avons déduit la pente par mètre nécessaire à ces vitesses d’essai.
- Les expériences avec le chariot seul nous ont donné la vitesse limite, où il n’v a plus de travail disponible, et ces valeurs nous ont permis d’établir le tableau suivant et le graphique annexe (fig. 3), p. 1043, dans lequel les ordonnées comprises entre les deux courbes donnent le travail absorbé par la résistance de l’air seule.
- La représentation de la résistance du chariot est une fonction linéaire de la vitesse. Ses deux valeurs, plusieurs fois vérifiées, se trouvent en effet en ligne droite avec l’origine.
- VITESSE. HAUTEUR GÉNÉRATRICE. h' HAUTEUR DE CHUTE totale. h DIFFÉRENCE. h-h' LONGUEUR. en mètres. PENTE par mètre. HAUTEUR pour 280 mètres.
- 11,3 6, 50 16,50 10 130 0,0769 21,65
- 20,55 21,50 74,20 52,60 370 0,0142 39,76
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- DÉTERMINATION DU COEFFICIENT K DE LA RÉSISTANCE DE l’aIU
- L’étude du coefficient K a absorbé la plus grande partie de notre temps et les plus belles journées d’expériences.
- Les valeurs de K que nous avons trouvées sont toutes proches de 0,09 pour les surfaces un peu grandes, d’environ 1/5 de m2. Elles s’abaissent à 0,08 pour les surfaces de 1/15 de m2 et au-dessous, et conservent cette valeur, même pour les très petites surfaces.
- A cause de cette valeur réduite de K, nous avons douté de nos résultats. En nous rapportant à la valeur ordinairement admise : de 0,134, nous avons répété nos expériences, déterminé avec un grand soin les constantes du chariot, et nous aurions bien voulu pouvoir opérer sur des surfaces plus grandes, mais la fusée ne nous permettait pas de placer plus de 2 kilogrammes de poids supplémentaire et les épreuves à petite vitesse étaient trop sujettes aux erreurs provenant du vent, des bosses du fil, du chariot, etc., pour pouvoir être tentées. Celles à grande vitesse étaient dangereuses pour le chariot lui-même, qu’il fallut réparer souvent, refaire trois fois, etc., etc.
- Les variations de vitesse sont suffisantes, puisqu’elles vont de 5 à 15 mètres pour les surfaces, et au delà pour les solides.
- Pour faire des expériences avec des surfaces plus grandes, il faudrait un fil plus long, plus fort, c’est-à-dire un vrai fil porteur de transports aériens, capable de soutenir un chariot muni d’un châssis bien immobile, et cela nous a été impossible à réaliser.
- Toutes les expériences ont été répétées au moins deux fois.
- On prenait, chaque fois, la plus petite des valeurs, considérant l’autre comme faussée, et, puisque l’augmentation ou la diminution du poids ou des surfaces était constante, toute valeur frappée d’erreur se dénonçait aisément et nous avons répété souvent les expériences douteuses.
- Nos valeurs sont (tableau n° 2, p. 1050) beaucoup plus basses que celles ordinairement admises. Nous avons, par contre, vérifié l’exactitude des expériences faites à Chalais, et nous avons trouvé, pour un solide analogue au ballon la France enveloppé d’un filet, un coefficient K de 0,0171, qui n’est que le 1/5 de la valeur de K déterminée par nous.
- Concordance avec les expériences de Chalais. — Les expériences de Chalais ont donné, pour le ballon la France complètement gréé, K = 0.0215, en prenant la section au maître-couple. Nous trouvons absolument les mêmes valeurs quand le mobile ne suit pas une ligne absolument droite.
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- Pour nous rapprocher des conditions effectives de ce ballon, nous avons allongé (fig. 6) le filet en forme de suspension, en laissant dépasser à l’arrière une partie de ce filet pour prendre la place du gouvernail.
- Dans ces conditions, et le filet de suspension ayant une hauteur égaie à 2 diamètres, nous avons trouvé pour Iv juste la valeur ordinaire rapportée au maître-couple.
- Ceci justifie aussi les calculs de M. Dupuy de Lôme. Ce n’est pas tant le filet adhérent à l’enveloppe proprement dite, mais bien celui qui dépasse les attaches
- Hauteur de chiite
- Valeur h des tableaux
- représentant la résistance de l'air
- j et 2 du mémoire
- et tous les agrès qui introduit de nouvelles surfaces opposées au mouvement.
- Cependant le filet tout seul, bien serré contre le solide, a donné une augmentation de 50 p. 100.
- Cela justifie notre proposition : de constituer le filet par des bandes de métal, de le tenir bien près du ballon et de constituer les attaches par des fils ronds, puisque le bénéfice de l’arrondissement est considérable, comme nous le disons plus bas.
- Nous aurions voulu déterminer l’influence de l’inclinaison des surfaces, mais quelques expériences nous ontjmontré la nécessité d’un châssis-porteur bien rigide, qui ne peut être fait qu’avec des expériences coûteuses et à une échelle plus grande.
- L’inclinaison de la surface tendant à soulager la roue d’avant, nous avions à craindre le déraillement; toutefois, fine expérience faite avec un disque de 0m,°295
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- de diamètre légèrement incliné a abaissé le coefficient K jusque à 0,0b, mais cela imprimait des mouvements oscillatoires qui ôtaient toute sûreté à la mesure du temps.
- Influence des proues et des poupes (Tableaux 1 et 4). — L’influence des proues
- et des poupes est par contre très intéressante et nous répétons que leur influence paraît moins grande parce que notre coefficient K est beaucoup plus bas que celui ordinairement admis.
- En opérant sur un treillis pareil au rectangle d’épreuve mais évidé de l/d,
- de façon à le ramener à 0m2,12 seulement et muni derrière de cornières, nous avons obtenu un coefficient K plus bas et, en cherchant le rectangle équivalent, c’est-à-dire prenant sous le même poids la même vitesse, il nous a fallu un rectangle de 0n,2,132, soit de 1/10 plus grand, ce qui s’explique par rabaissement du coefficient K quand l’air frappe des surfaces restreintes.
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- RECHERCHES SUR LA RÉSISTANCE DE l’AIR.
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- Ces résultats figurent, dans le tableau n° 1 (p. 1050) qui nous a servi pour calculer la valeur du coefficient K.
- La deuxième partie de notre programme comportait l’étude de l'influence de la forme de la surface plane sur le coefficient K. En opérant (tableau n° 2) sur un rectangle de O"1,50 X 0m,36 et sur un cercle équivalent de 0m,48 de diamètre, nous n’avons pas trouvé de différences sensibles, sinon quelque fraction de seconde à l’avantage de la surface circulaire.
- L’influence de l’état de ces surfaces nous a paru plus intéressante à étudier sur des solides (tableau n° 3). Nous avons déjà dit qu’un filet enveloppant (fig. 6), quoique bien tendu, en empêchant le déplacement de l’air, a augmenté K
- Fig. 6.
- de 50 p. 100, et, évidemment, toute irrégularité de la surface fera varier plus ou moins le coefficient suivant l’importance relative des saillies.
- L’influence de l’étendue n’a pu être vérifiée qu’en partie, et il y a lieu de croire à une augmentation du coefficient K avec l’augmentation de la surface; mais nous n’avons pas pu aller au delà de 1/5 de m2.
- L’influence de la proue a été étudiée en constituant (fig. 7) des cônes à la conicité de 1, 1 1/2, 2 et 3, et en les faisant marcher, ainsi que la sphère, toujours sous un poids moteur constant.
- Nous n’avons pas calculé tous les coefficients K, puisque les différences sont minimes, et qu’il suffit de considérer la diminution du temps ou l’augmentation de la vitesse pour s’en rendre compte.
- Lorsque l’on opérait avec les solides terminés par une surface plane, il était beaucoup plus facile, d’avoir des attaches rigides, et les résultats sont plus
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- sûrs que quand on essayait avec les solides à poupe allongée, car alors l’attache devenait moins facile et était forcément moins rigide.
- Cependant, en accouplant les cônes de conicité 1 à 1 et 1 sur 2, et il y eut grand avantage à faire marcher les cônes 1 sur 2 en avant.
- Stabilité de route. — Nous avons accouplé, comme nous avons dit, la sphère avec le cône 1 à 3 en interposant une petite surface cylindrique de raccord, et la sphère marchant en avant nous a donné la plus grande vitesse.
- U' c Ci
- Fig. 7.
- Avec deux attaches maintenant bien le solide dans l’axe du mouvement, les
- i"
- 280 m. ont été franchis en 80 tandis que le chariot seul en demande 75.
- O
- Cette forme est sans contredit celle du solide de moindre résistance.
- Pour marcher la pointe en avant, l’attache du cône fut faite légère; mais, comme nous l’avions prévu, elle cassa, et la pointe passa à l’arrière. Pour la faire marcher effectivement à l’avant, il nous fallut trois attaches, et, malgré cela, il y avait un mouvement d’oscillation qui marquait l’instabilité de route.
- Ces oscillations allongèrent de \ " le temps; mais, comme notre tableau le montre, cela suffit à élever notablement le coefficient K, exactement comme il arrive avec l’emploi du filet serré contre le solide.
- En suspendant le solide par son centre de gravité, seul ou avec le filet allongé,
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- RECHERCHES SUR LA RÉSISTANCE DE l’AIR
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- Tableau n° 1.
- INFLUENCE DES PROUES ET DES POUPES MESURÉE PAR LE TEMPS EMPLOYÉ
- A PARCOURIR 280 MÈTRES
- FORME DU MOBILE
- M A RC II ANT
- POIDS
- VALEUR
- OBSERVATIONS.
- de K.
- A H R 1 K R E.
- en grammes.
- L'àV a N T.
- i.’arrière.
- Temps t en cinquièmes de seconde.
- 2 oOO
- 3 260
- 0,0117
- attache non [rigide
- 0,0171
- adhérent
- attache libre par le. 1—centre de gravité
- 3 260
- A Chalais, on avait eu 0,0215.
- Centre de gravité
- 3 775
- La résistance supérieure est due au filet.
- 3 200
- On n’a pas fait l’expérience avec le maître-couple, mais on a cherché la surface plane équivalente.
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-
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- 1050
- ARTS MÉCANIQUES.
- JUILLET 1899.
- Expériences sur les surfaces.
- CALCIJI, DC fiOEl>FICiBKT
- FKil'KK DT MO IUI. K.
- SURFACES s c‘ii mùtiv carriL POIDS M O T K U R P en •rrammes. LO N OTE U R d’unsAI / en mètres. TEMPS H M I> I. O Y K en cinquièmes de seconde. t VITESSE Y 1 n m i; t R k s par seconde. 5 l T
- 0, 181 1 800 280 280 6,00
- » 2 060 )> 268 5, 22
- » 2 370 » 238 3, 42
- » 2 380 )) 243 3,71
- » 2 840 ’> 233 5,93
- » 3 040 )) 223 6,22
- 0,0684 1 430 » 193 7,18
- )) i 710 » 186 7,32
- » 1 990 » 171 8,18
- » 2 390 >) 130 9,33
- 0,0467 2 300 )) 138 10,14
- 0,0240 » » 113 12,17
- 0,0163 » )) 94 14,88
- 0,12 » )> 191 9,32
- BATITES 1)13 chdtr 6ffectivenient disponible
- li
- en mètres.
- 39,70
- 59,00
- LH ,60
- 68,00
- 119,70
- :ü,oo :;:s, :io
- 11,90
- 48,20
- 46,00
- 39, 70
- 30,60
- RECHERCHES SUR LA RÉSISTANCE DE l’AIR.
- 1051
- p\R LA
- formule
- K
- P.h
- S.V2./
- Tableau N° 2
- travaIIj absoRbé par la résistance ,1c l'air \\h s./ Il K S1S T A S i: E I)K I.'AIIt au m2 P.h S./ X- VALEUR I)K - ^ O I? S E K V A T I ON S.
- [07,46 30, ) 2, I l 23 0,084 Nous avons opéré avec le cercle et avec le rectangle sans différences sensibles, mais à l'avantage du cercle.
- 121,34 » 2, 39 27, 24; 0,087 •
- 135,8a >- 2,67 29, 37 0,090
- 149,64 » 2, 93 32,60 0,090 "
- 162,73 » 3, 20 43,40 0,090
- 172,37 )) 3,39 38,68 0,087
- i 78,30 19,2 4,07 31,33 0,08 section du maître-couple de tous uos solides.
- 1)1,14 i « 4,75 36,53 0,084 '
- ' 102,483 3,33 66,91 0,08
- : 136,83 7,12 87,00 0,081
- R3,0ü 13,07 8,64 103,00 0, 08
- ! 09,25 7,72 12,86 O O 0,087
- ; '0,25 4,34 17,50 221,00 0, 0794
- ‘34,45 3, 36 4,00 33, 32 0,073 Pour avoir la même vitesse, il a fallu employer une surface de 0,1U2. soit augmenter de 1 /10 celle effective exposée, qui offre une résistance moindre de 1/10.
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- 1052
- ARTS MÉCANIQUES
- JUILLET 1899.
- Expériences sur les solides.
- RECHERCHES sur
- 4
- DETERMINATION DU COEFFi
- scient £
- FI DU RE DU MOBILE.
- AVANT.
- ARRIKRK.
- Filet de suspension
- 3
- z'. attache
- SURFACE S en mètres carrés. POIDS MOT E H P en grammes. LONGUEUR J)'ESSAI l en mètres. TEMPS H M l'I.OYÉ en cinquièmes de seconde t VITESSE V UN MÈTRES par seconde 5 / 7~ hauteur DE CHUTE Activement disponible h en mètres.
- 0,0684 2 500 280 139 10,07 46,40
- )) )) >) 100 14,00 34,00
- )> » )) 91 15,38 28,80
- D 3 o75 » 134 10,44 43,00
- » 3 260 » 127 H,02 23,60
- 3 260 )) 123 11,38 22,50 j 1
- 0, 0155 3 200 » 89 15, 72 28,00 ;
- 0,0684 3 500 85 16,47 25,00
- » » » 80 17,50 21,00 I
- » 3 260 » 85 » »
- RECHERCHES SUR LA RÉSISTANCE DE L AIR.
- 1053
- RÉSISTANOE DE L'AIR
- ^ r./i Tableau N° 3.
- par ^ F0BMULIi S.V2./
- IRA- vaiIj
- par
- la
- résistance
- de l’air -
- --? h
- 116,00
- 85,00
- 72,00
- 169,87
- 57,25
- 56,25
- 88,00
- 69,54
- PRODUIT de la surface par la longueur. RÉSISTANCE DK L'AIR au m* P h ai v- VALEUR de Iv Vh COEFFICIENT de O B S E R V A T IO N S.
- eu kilogrammes. SV*/ [réduction.
- 19,2 0,14 101,4 0,06 3/4 envir. La réduction de ce coefficient montre l'influence de la poupe seule.
- * )> 4,42 196,0 0,0225 1/4 - La réduction de ce coefficient montre l’influence do la proue.
- » 3,75 236,4 0,0158 1/5 — La réduction do ce coefficient montre l'influence do la proue et de la poupe ensemble.
- » 8,79 109,7 0,08 » La plus grande résistance est due au filet, mais aussi à l'instabilité do route, qui [faisait ondoyer le mobile, comme le montrent les deux expériences suivantes.
- » 2,98 121,4 O O 1^' » Dos expériences de Clialais ont donné 0,0215, et nous trouvons 0,022, à cause de 1 instabilité de route, puisque, quand celle-ci est assurée, on a les résultats des deux dernières expériences.
- )> 2,92 129,5 0,022 » Nous avons cherché de téaliser la surface équivalente au solide, qui est résultée un peu trop grande.
- 4, 34 20,64 247,4 0,083 » Le rapport vrai doit être 1/5. comme le donne
- le coefficient de 1 expérience suivante.
- 19,2 4,58 267,3 0,0171 1/5 — 1/5 du coefficient de la surface plane, comprise la résistance du filet.
- )) 3,62 308,9 0,0117 1/7 - 1/7 du coffieient de la surface plane, ce qui montre bien le bénéfice do cette forme.
- » )) » )) ; ))
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- ARTS MÉCANIQUES
- JUILLET 1899
- Tableau uj
- Après l’envol du Mémoire précédent, M. Canovetti noua a communiqué les résultats
- d’exPéHem,
- FIGURE RU MOBILE.
- SURFACE POIDS LONGUEUR
- S M 0 T 1’: U R Ii'KSSAT
- eu mètres p !
- carres. en grammes. on mètres.
- c O -J 4,000 Mètres. 280
- » )>
- » » »
- )) » ))
- » » »
- - )) »
- )) » »
- „ i 4,000 3,600
- )> » »
- TEMPS KMI’LOYK en cinquièmes de secondes t VITESSE V en mètres par seconde 51 ~A~ hauteub DE CHCTE effectivement disponible en mètres. h
- 90 13,35 28,60
- 126 11,11 43,30
- 129 10,83 44,20
- 138 » »
- 73 18,66 17 »
- 104 )) »
- 83 16,86 24,00
- 8 o 16,47 25,00
- 8o 120 i ))
- 171 )) »
- RECHERCHES SUR LA RÉSISTANCE DE l’àIR.
- 1055
- TableaU lV
- iqqq Ces résultats sont consignés dans le tableau ci-dessous :
- pim en
- TRAVAIL par la résistance ,1e l’air P h produit J)B la surface par la longueur S/ RÉSISTANCE DE L’AIR au m- P A SL en kilogrammes. X- VALEURS DE K PA SIX- OBSERVATION S
- 114,4 . 204 5,77 241,7 0,0224 0,0225 dans les expériences à 2500 kilogrammes.
- 174 » )) 8,30 123,4 0,064 Réduction de 0,9 environ sur la surface pleine du maître-couple.
- 176,8 » 8,66 117,7 0,074 0,075 à 0,008 dans les précédentes expériences.
- )) » » )) » Le solide ondoyait et présentait les flancs.
- 68 » » 3,33 347,9 0,0096 Le solide était rigidement maintenu, il a donné la plus grande réduction, 1/8 environ.
- )) )) » » » Les attaches étant rapprochées, le solide ondoyait.
- 96 » » 4,76 284,2 0,0167 Le solide était maintenu rigidement, il a donné une résistance moindre que le cône 3 et une réduction de 1/5 environ de K.
- iOOn )) 4,90 247,3 0,0183 Lesté et libre, suspendu par le centre de gravité ;non lesté, il avait donné K — 0,0158.
- )) » )> » » Lesté, suspendu par le centre do gravité, marchant droit, insuffisamment lesté, le centre do gravité de travers.
- » )) )) )) )) Lesté, suspendu librement, mais le centre de gravité trop près du centre de figure, le solide était insuffisamment guidé.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- JUILLET 1899.
- ce qui devait assurer davantage la stabilité de route, nous avons eu une série d’oscillations périodiques qui ont allongé notablement le temps.
- Avec les cônes accouplés, nous avons eu ces mêmes oscillations, quelque soit le cône placé en avant, et, en le suspendant par son centre de gravité, le solide a marché de travers avec des oscillations d’une certaine amplitude, mais sans jamais se présenter en flanc.
- Nous avons déjà dit que la sphère était plus lourde spécifiquement à cause de sa constitution. Cela a pu aider à la ramener en avant; mais, avec le filet, nous avions compensé cette tendance, et elle se manifestait encore, quoique à un degré moindre.
- La forme du ballon la France est bonne, à la condition d’éviter tout mouvement transversal, ce qui nous paraît assuré pour l’hélice placée en avant, et nous sommes heureux d’avoir à constater le bien fondé de ces dispositions, quoique, d’abord, nous penchions vers l’avis de M. de Bruignac, surtout pour préférer un cône allongé à la sphère placée en avant.
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- ARTS MÉCANIQUES
- VÉRIFICATEURS OPTIQUES DES LIGNES ET SURFACES DES MACHINES (1)
- ET PROCÉDÉS DE RECTIFICATION, PAR M. Ch. Dévé.
- CHAPITRE PREMIER
- VÉRIFICATION OPTIQUE DE LA LIGNE DROITE ET DU PLAN LUNETTES AUTOCOLLIMATRICES A LONGUE PORTÉE.
- Dans la construction d’un organe mécanique de précision, la rectitude de certaines lignes droites et de certains plans de référence est une condition au moins aussi essentielle que l’exactitude des dimensions linéaires; or ces dernières seules sont facilement mesurables avec des instruments d’un usage courant (pieds à coulisse, palmers, rapporteurs, etc...); il n’existait rien d’analogue permettant de contrôler avec une précision comparable les lignes droites et les plans ; on se contente le plus souvent, pour vérifier une partie droite, d’appliquer contre elle une règle type, mais la précision de ce procédé est généralement subordonnée à la plus ou moins grande flexion que peut prendre la règle sous l’effet de son propre poids ; une règle ordinaire d’un mètre de longueur, reposant par ses extrémités sur deux cales, présente une flèche de plusieurs centièmes de millimètre ; si la partie droite à vérifier offre la même courbure, elle touchera par tous ses points à la règle qu’on placera sur elle et sera réputée droite; le seul contrôle exact serait donné dans le cas où l’on pourrait coucher la règle à côté de la partie à vérifier, de façon à échapper à l’action de la pesanteur ; en tout cas, une simple règle métallique ne saurait mesurer avec précison les défauts de rectitude.
- La vérification d’un plan par l’application d’un marbre type est sujette aux mêmes erreurs; un marbre, même parfait, n’est rigoureusement plan que lorsqu’il est placé dans sa position normale sur un pied central ou sur trois pieds ; dans toute autre position, il s’infléchit; à fortiori, lorsqu’on le retourne sens dessus dessous, il se courbe de lui-même et peut même gauchir fortement par son propre poids la pièce sur laquelle on l’applique. Il va sans dire, d’ailleurs,
- (1) Ces vérificateurs ont été décrits sommairement dans les Comptes Rendus des séances de l’Académie des sciences (séance du 28 février 1898). Ils sont construits par MM. Bariquaud et Marre pour la partie mécanique, et par M. Jobin pour la partie optique.
- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Juillet 1899.
- 69
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- ARTS MÉCANIQUES.
- JUILLET 1899.
- que ce procédé est inapplicable lorsque la surface à vérifier atteint des dimensions un peu grandes.
- La construction des régies et des marbres par les anciens procédés ne peut se faire qu’à l’aide de la comparaison entre elles de trois pièces semblables, qui doivent s’appliquer exactement l’une sur l’autre deux à deux ; c’est une opération très longue, et l’appréciation de la précision obtenue est absolument incertaine.
- Nous allons décrire ci-après les appareils et les procédés qui permettent de déterminer les défauts de rectitude, de les mesurer exactement et de rectifier les lignes droites et les plans, sans avoir recours à la comparaison d’objet semblable. Nous exposerons ensuite quelques autres applications des mêmes vérificateurs.
- Principe de la méthode.
- Pour l’objet qui nous occupe, l’emploi d’un vérificateur optique paraissait tout indiqué, car le rayon lumineux est exempt de flexion (au moins dans un milieu homogène); il est indifférent aux variations de température et peut constituer un bras de levier d’une longueur illimitée. Toutefois, avec les lunettes ordinaires, on ne saurait comparer des mesures prises sur des mires inégalement éloignées, surtout si les distances sont petites; il faut, en effet, pour faire un pointé exact, amener l’image dans le plan du réticule, ou inversement, et, quand l’objet s’éloigne ou se rapproche, l’image se déplaçant dans le même sens, il faut la suivre avec le réticule; une lunette ordinaire, destinée à vérifier le déplacement d’un point suivant une ligne droite, devrait donc être agencée de façon que le réticule ait lui-même un déplacement rigoureusement rectiligne et dirigé vers le centre de l’objectif de la lunette; un tel instrument, d’une construction d’ailleurs extrêmement délicate, serait sujet à des déréglages fréquents.
- L’emploi de lunettes autocollimatrices ne présente pas les mêmes inconvénients. Nous allons rappeler d’abord le principe de l’autocollimation.
- Soit F un point du plan focal d’une lunette; ce point, que nous supposons éclairé d’une façon quelconque, émet des rayons qui, à la sortie de l’objectif, forment'un faisceau parallèle.
- Si ces rayons sont reçus sur un miroir plan et normal au faisceau, ils reviennent sur eux-mêmes et forment une image de F superposée au point lumineux lui-même; si le miroir fait un petit angle avec la direction du faisceau (fig. 2), le faisceau est dévié d’un angle 2 a, mais il reste parallèle et forme par conséquent dans le plan focal une image F' telle que l’angle F'OF soit égal à 2 a.
- Autrement dit, quand le miroir tourne d’un angle a l’image, tout en restant dans le plan focal, tourne d’un angle 2 autour du centre de l’objectif. Ce que
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- VÉRIFICATEURS OPTIQUES DES LIGNES ET SURFACES DES MACHINES. 1059
- nous venons de dire étant indépendant de la distance du miroir, il est évident que si le miroir s'éloigne en restant parallèle à lui-même, l’image F’ sera immobile; si, au contraire, le miroir, en se déplaçant, s’incline légèrement dans un sens ou dans un autre, on observera un déplacement de l’image qui traduira les variations d’inclinaison du miroir, mais, dans tous les cas, la mise au point de la lunette ne devra pas être modifiée.
- Supposons maintenant que le miroir soit monté sur un chariot mobile le
- long d’une règle, le chariot suivra toutes les sinuosités de la règle, et les différentes pentes se liront dans la lunette par les déplacements de l’image. Du relevé des pentes successives, on déduira la forme de la règle.
- Nous avons dit que cette théorie est indépendante de la position du miroir; si le miroir est normal au faisceau, incident considéré, c’est rigoureusement vrai ; si, au contraire, il fait un certain angle avec ce faisceau, on voit par l’examen de la figure 2 qu’à partir d’une certaine distance le faisceau réfléchi passe tout entier à côté de l’objectif, et il n’y a plus d’image. On est par là conduit à la considération du champ d’une lunette autocollimatrice. Nous appellerons ainsi le diamètre de la plage du plan focal dont on voit l’image réfléchie par un miroir à distance donnée.
- Soit :
- 2 x le champ pour la distance d du miroir,
- 2 R le diamètre de l’objectif, f sa focale.
- Pour qu’un point M situé à une distance x du point P, centre du champ, soit sur le hord du champ, il faut que le rayon marginal MAC rencontre le bord de l’objectif après réflexion, ce qui donne, en supposant le miroir à peu près normal à l’axe de la lunette :
- x R f ~ d
- 2 R f
- le champ — 2.z==—-—
- Toutefois, pour cette limite, la quantité de lumière renvoyée sur l’objectif
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- ARTS MÉCANIQUES.
- JUILLET 1899.
- est infiniment petite ; le champ pratique de l’instrument ne sera guère que les
- . 4 R /
- deux tiers de la limite ci-dessus, soit — -r.
- 3 a
- Inversement, pour que l’image d’un point traverse le champ, il faut que le miroir tourne d’un angle dont la tangente soit égale à soit à ^
- diT O CL
- Le tableau suivant donne, pour une lunette de 400 millimètres de focale et de 50 millimètres d’ouverture, la grandeur du champ utile et l’amplitude des variations angulaires qu’on peut observer à différentes distances.
- DISTANCES <lll miroir. CHAMP PRATIQUE. VARIATIONS angulaires observables.
- Mètres. Millimètres. Tangentes.
- 1 13,3 0,0166
- 2 6,65 0,0083
- 3 4,45 0,0055
- 4 3,33 0,0041
- 0 ...... . 2,67 0,0033
- 10 1,33 0,0016
- Les lunettes autocollimatrices en usage dans les laboratoires sont de deux > sortes : les unes ont un réticule en fil d’araignée éclairé
- par une glace oblique ; avec celles-là, la portée théorique est illimitée, mais l’objet lumineux est si ténu qu’à 2 ou I Jl 3 mètres de distance, la quantité de lumière renvoyée
- dans la lunette est insuffisante pour qu’on puisse distinguer nettement l’image; de plus, la moindre imperfection du miroir produit une diffusion qui augmente très rapidement avec la distance et rend l’observation impos-ujdifrpJ sible. Pour parer à ces inconvénients, on a construit des
- lunettes qui présentent sur le côté du plan focal un prisme éclaireur sur lequel est collée une lamelle percée d’un petit trou visible seulement du côté de l’objectif (fig. 4); une lampe latérale éclaire ce prisme; pour
- Fig.
- que l’image du trou soit perceptible, il est nécessaire qu’elle vienne se former à côté du prisme; le prisme cache donc plus de la moitié du champ, et l’examen du tableau précédent montre que pour unedistance du miroir supérieure à 3 mètres, le champ se trouve entièrement masqué par le prisme.
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- VÉRIFICATEURS OPTIQUES DES LIGNES ET SURFACES DES MACHINES. 1061
- Oculcu..
- Lunettes autocollimatrices à longue portée. — La combinaison optique que nous avons imaginée, permettant d’employer un point lumineux sans que le champ soit masqué, se prête à des visées sur un miroir très éloigné (pratiquement à 15 ou 20 mètres) ; elle est susceptible, en outre, d’une plus grande précision que les anciennes lunettes autocollimatrices de mêmes dimensions.
- L’écran percé d’un trou éclairé par une lumière quelconque est placé sur le côté de la lunette dans un « tube éclaireur » ; une lame inclinée, interposée dans le corps de lunette en face du tube éclaireur, fournit dans l’axe de l’appareil une image fixe de l’écran située au foyer de l’objectif? maiscette lame, sous peine de donner deux images, doit être infiniment mince ; la lame réfléchissante employée est une lame d’air AB d’environ 0mm,l d’épaisseur comprise entre deux prismes ABC et ABDE (fig. 5). Les faces CB et AE sont parallèles; la face DE normale au tube éclaireur est symétrique de la face CB par rapport à la lame mince.
- Grâce à ces dispositions, les rayons qui traversent le prisme et ceux qui se réfléchissent sur la lame mince ne subissent aucune décomposition et les images observées sont parfaitement achromatiques si l’on a eu soin d’achromatiser le système prisme-objectif. L’inclinaison de la lame mince a été calculée de façon à obtenir le maximum d’intensité lumineuse des images observées tout en évitant la réflexion totale (1).
- Cette lame n’a pas ses faces rigoureusement parallèles; elles font entre elles un angle très petit, de façon à superposer les deux images dans le sens de l’axe de la lunette ; cet artifice permet de donner à la lame une épaisseur assez grande pour éviter les franges d’interférences qui communiqueraient leurs colorations aux images.
- Tube éclaireur. — Le tube éclaireur aurait pu être constitué en principe par un tube latéral portant un écran percé d’un trou et une lentille convergente concentrant sur l’écran la lumière d’une lampe quelconque ; mais on a voulu donner au trou de l’écran des dimensions spéciales très exactes, afin que les déplacements de l’image pussent être évalués immédiatement en fonction de ces dimensions ; à cet effet, on a constitué l’objet lumineux par un trou entouré d’un anneau ; les épaisseurs de l’anneau, du trou et de la bague obscure qui les sépare, sont dans le rapport des nombres 1, 2 et 3; les combinaisons de ces dimensions donnent tous les chiffres de 1 à 10; l’objet lumineux doit d’ailleurs
- -—8----H
- (1) Voir plus loin la note sur le calcul des éléments optiques de la lunette.
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- AIVI’S MÉCANIQUES.
- JUILLET 1899.
- êlre très petit, afin d’être toujours contenu dans le champ; le diamètre réel de l’image observée a été fixé à 1 millimètre; d’autre part, l’unité de longueur choisie doit correspondre à une division des tambours gradués de la lunette ; il serait très difficile de confectionner un écran aussi petit répondant exactement à ces conditions, c’est pourquoi on a trouvé commode de confectionner un écran environ trois fois plus grand et d’en produire une image réduite à l’aide d’une lentille divergente interposée dans le tube éclaireur (lig. 8); c’est l’image
- Fig. 7. — Premier modèle de lunette autocollimotrice à longue portée.
- réduite de l’écran qui est réfléchie dans le miroir mobile et qu’on observe ensuite dans la lunette. On a, d’ailleurs, la facilité de régler la grandeur de l’image réduite et sa position en faisant varier les positions relatives de l’écran et de la lentille divergente.
- La lumière diffuse du ciel, ou une lampe quelconque placée à quelques centimètres du tube éclaireur suffisent parfaitement à l’éclairage de l’écran.
- Pour que l’image lumineuse de l’écran se détache nettement dans la lunette, il est bon de placer, au delà de la surface à vérifier, une masse noire quelconque, qui diminue la lumière diffusée dans la lunette et produit un fond sombre.
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- VÉRIFICATEURS OPTIQUES DES LIGNES ET SURFACES DES MACHINES. 1063
- Réglage de la lunette. — Le réticule étant placé au foyer de l'instrument, il s’agit de centrer l’image de l’écran sur le réticule. A cet effet, tout en mettant l’œil devant l’objectif, on déplace le tube éclaireur sur le côté de la boîte du prisme jusqu’à ce que la croisée du réticule apparaisse au centre du trou ; on peut se servir pour cette observation d’une lunette auxiliaire ou d’une jumelle si le réticule ne se distingue pas assez nettement. Le trou lumineux paraissant centré peut n’être pas exactement dans le plan focal ; on s’en aperçoit en faisant autocollimation sur un miroir plan ; l’image, qu’on observe alors par l’oculaire, est affectée de parallaxe ; on corrige ce défaut en déplaçant l’écran dans le tube éclaireur ; on vérifie de nouveau le centrage, et la lunette se trouve réglée; elle est en état de donner des mesures précises sur des miroirs éloignés, à la condition de ramener l’image à observer dans le voisinage du centre du réticule.
- Monture de la lunette. — Sur le corps de lunette est soudé un disque qui s’emboîte dans une plaque verticale triangulaire A dans laquelle elle est maintenue par trois oreilles a avec vis de serrage.
- Les vis étant desserrées, la lunette peut tourner sur elle-même; ce mouvement permet de diriger le tube éclaireur vers une lumière fixe, vers une fenêtre ou vers le ciel, de façon à obtenir l’éclairage le plus favorable.
- La plaque triangulaire porte les organes qui permettent de faire varier l’inclinaison de la lunette et par conséquent de ramener les images observées au centre du réticule. Elle est fixée par trois points contre une autre plaque de laiton portée par le pied de l’instrument. Au-dessous de la lunette, un pivot sphérique repose dans une crapau-dine conique. Deux vis munies de tambours gradués b sont appuyées contre la plaque B par deux ressorts à boudin qui sollicitent les plaques A et B l’une vers l’autre ; l’une des vis a sa pointe calée dans une rainure pratiquée dans un grain en acier, l’autre vis repose simplement sur un grain plan en acier. Les deux vis forment avec le pivot un triangle rectangle isocèle, en sorte que les vis produisent sur l’image, pour une même fraction de tour, des déplacements rectangulaires égaux. Les tambours divisés en 100 parties mesurent les variations angulaires de la lunette ; chaque division correspond à tan-
- Fig. 7 bis.
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- 1064
- ARTS MÉCANIQUES. ---- JUILLET 1899.
- 1
- gcnte = 2TÔÔÔ' dispositif supprime tout jeu et tout temps perdu des vis;
- il n’occasionne ni torsion ni flexion des organes.
- La plaque B est fixée sur un pied massif en fonte à l’aide d’un écrou à oreilles et d’une pièce qui permet un coulissement vertical et horizontal de la plaque par rapport au pied, de manière à amener facilement la lunette en face du miroir. Une vis calante, placée à l’avant du support, sert à donner à l’instrument une inclinaison approchée.
- Recherche de ïimage. — Lorsque le miroir est un peu éloigné de la lunette, la recherche de l’image^serait très laborieuse, si l’on n’opérait pas avec méthode, car, le champ étant petit, il faut amener l’axe optique à être très sensiblement normal au centre du miroir. Pour obtenir ce double résultat avec une première approximation, on se sert d’une mouche blanche m (fig. 7) et d’un œilleton o qui sont fixés aux deux extrémités d’un diamètre du garde-soleil P de la lunette. Lorsque le miroir est bien placé par rapport à la lunette, l’image de la mouche dans le miroir n’apparaît que si Ton place l’œil devant l’œilleton; on aperçoit en même temps le miroir dans le centre du champ de la lunette, en reculant suffisamment l’oculaire ou en l’enlevant complètement pour regarder avec une simple loupe à main
- Pour la recherche de Limage, deux cas sont à considérer suivant qu’on veut déplacer le miroir ou déplacer la lunette sans toucher au miroir.
- 1er cas. — Réglage en déplacent le miroir.
- Déplacer le miroir de façon à centrer son image sur le réticule de la lunette.
- Chercher à voir l’image de la mouche blanche dans le miroir, en déplaçant la tête sur un côté de la lunette, et amener cette image à être visible à travers l’œilleton, en variant l’inclinaison et l’obliquité du miroir, mais sans lui donner de déplacement de translation sensible.
- En remettant l’oculaire au point, on doit voir l’image lumineuse dans le champ.
- S2e cas. — Réglage en déplaçant l'appareil.
- Déplacer l’appareil par les deux mouvements de translation jusqu’à ce que l’on voie l’image de la mouche dans l’œilleton.
- Tirer l oculaire et agir sur les vis calantes pour amener le réticule à se superposer à l’image du miroir, l’image lumineuse apparaitra en même temps.
- Les considérations qui précèdent font voir l’intérêt qu’il y a, au point de vue du champ, à régler le miroir du chariot normalement à ses lignes d’appui. Supposons que cette condition ne soit pas remplie, et que l’autocollimation soit établie pour une position du miroir sur une ligne parfaitement droite; dans cette position, l’axe optique de la lunette passera par le centre du miroir, mais, si l’on recule le chariot sur la même ligne, l’axe optique ne passera plus par le
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- centre du miroir et s’en écartera de plus en plus, de sorte qu’à une certaine distance, le faisceau lumineux ne sera plus réfléchi.
- Nous verrons d’ailleurs, un peu plus loin, que pour certaines vérifications il est nécessaire que le miroir soit rigoureusement normal aux lignes d’appui du chariot.
- Vérification d’une ligne droite (1
- Les chariots porte-miroir qui servent à vérifier les lignes droites sont d’ordinaire des pièces métalliques reposant par quatre pieds en acier trempé et surmontées d’un contrepoids en porte-à-faux qui assure l’appui sur deux des pieds latéraux ; les deux pieds d’appui sont ceux qui doivent suivre la ligne droite à vérifier, lorsque cette ligne est tracée sur un plan à peu près horizontal ; le troisième point d’appui est l’un ou l’autre des deux autres pieds latéraux; il résulte de cette disposition que lorsque le chemin suivi par le chariot monte ou descend, les rotations du chariot s’effectuent toujours autour d’axes perpendiculaires au cheminement; ce sont ces rotations successives qu’on doit observer et mesurer avec la lunette autocollimatrice. Le miroir est collé dans une avéole ménagée sur la face antérieure du chariot; il est établi normalement aux lignes d’appui du chariot.
- Lorsque la ligne à vérifier n’est accessible que par côté, on se sert des touches latérales du chariot, en le faisant reposer sur une cale de façon que ces touches soient à hauteur de la ligne à vérifier.
- Tracé des sinuosités d’une ligne. — Pour pouvoir représenter graphiquement la forme générale d’une ligne, on divise cette ligne en segments égaux à l’intervalle des pieds du chariot; sur chaque segment successivement, on met le chariot en station de façon que les pieds antérieurs prennent la place occupée précédemment par les pieds postérieurs ; à chaque station, on centre l'image lumineuse sur le réticule en agissant sur les tambours gradués et on relève le chiffre lu sur i’un des tambours (le tambour supérieur si le chariot repose sur la ligne à vérifier, le tambour latéral si le tambour s'appuie par côté sur cette ligne); les chiffres ainsi relevés représentent les pentes successives du cheminement.
- (1) Le principe de la collimation a déjà été appliqué en 1892 à la vérification de la ligne droite par MM. Michelson et Benoit, qui s’en sont servis pour établir les coulisses du comparateur destiné à évaluer le mètre étalon en longueurs d’ondes lumineuses.
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- Soit AX un axe de coordonnées correspondant au zéro du tambour et ABCD... 1, les extrémités des différents segments, les hauteurs B b, Ce., I i
- représentent les nombres y#,, ?z8,lus sur les tambours; les ordonnées
- successives sont donc :
- O
- »,
- n, -b n
- >h 4- n2 4- n..
- n[ 4- a.).........4-
- Il est clair, d’ailleurs, que la position du zéro sur le tambour importe peu; on peut donc diminuer les indications de l’appareil d’un même nombre, que l’on a le droit de choisir comme l’on veut. En le prenant égal à leur moyenne arithmétique arrondie en nombre entier, on ramène l’ordonnée finale de la courbe à une valeur voisine de zéro. Si l’on opérait autrement pour un cheminement très sinueux, le dessin manquerait de clarté et risquerait de sortir du cadre de l’épure.
- D’où la règle suivante :
- Pour déterminer la forme de la projection verticale (horizontale) d’un cheminement tracé sur une surface horizontale (verticale), diviser le cheminement en segments égaux à l’écartement des pieds du chariot; placer successivement le chariot sur chaque segment.
- Centrer l’image, à chaque station, en agissant sur les tambours.
- Préparer un tableau à quatre colonnes ; inscrire dans la première les indications de l’appareil.
- Inscrire dans la deuxième ces nombres convertis en microns.
- Diminuer les nombres de la deuxième colonne de leur moyenne arithmétique arrondie en nombre entier et inscrire les résultats dans la troisième colonne.
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- Inscrire dans la quatrième colonne les sommes successives des nombres de la précédente, en commençant par zéro.
- INDICATIONS SOMMES
- DONNEES ' par l’appareil. CONVERTIES en microns.- DIMINUEES de leur moyenne arithmétique. des nombres ci-contre (cotes on microns).
- 40 . 16 — 13 0 — 13
- 62,5 25 — 4 . — 17 7
- 97,5 39 + 10
- 97,5 39 + 10 + 3 + 2
- 70 28 — 1
- 55 22 — 7
- 97,5 39 + 10 — 5 + 3 — 6 — 22
- 45 18 — 11
- 32,5 13 — 16
- 67,5 27 — 2 — 24
- 120 48 314 94 11 29" + 19 — 5
- Une division des tambours vaut 4 microns pour un segment de 100 milli-
- , , .. 4 X n . -,
- mètres, c est-a-dire ^ - microns pour un segment de n.
- Les nombres de la quatrième colonne représentent les ordonnées de la courbe cherchée, au signe près.
- Il faut, en effet, considérer que suivant la position du chariot par rapport au cheminement, il y a lieu de prendre ces chiffres avec leur signe ou de les prendre tous avec le signe contraire ; pour se fixer sur ce point, il suffit de faire glisser le chariot sur le cheminement en l’éloignant de la lunette : l’image se déplace toujours du côté vers lequel le cheminement tourne sa convexité.
- Le relevé graphique du cheminement se fait commodément sur un papier quadrillé en millimètres, en prenant 1 ou plusieurs centimètres pour la longueur de chaque segment et 1 millimètre pour l’ordonnée correspondant à une division. On note l’échelle choisie pour les abcisses et l’échelle choisie pour les ordonnées. Enjoignant les deux extrémités du cheminement, on voit immédiatement l’emplacement et la valeur de la flèche maximum.
- Précision des mesures. — Si l’on considère la valeur de l’ordonnée extrême par rapport au premier élément du cheminement pris pour axe de coordon-
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- nées, l’erreur à craindre peut avoir une valeur notable dont il est bon de se rendre compte ; cette ordonnée cumule en effet toutes les erreurs accidentelles qui ont pu être commises sur chacune des mesures relevées.
- Soit ± S l’erreur de pointé et de lecture à craindre pour chaque observation;
- Soi't ± 0 Terreur de contact à craindre, erreur dépendant seulement de la façon dont les pieds du chariot reposent sur la surface à visiter. (Des poussières peuvent s’interposer sous les pieds; en passant d’une station à la suivante, les pieds antérieurs peuvent ne pas être exactement replacés à l’endroit qu’occupaient les pieds, postérieurs, etc.);
- Soit :
- cl la distance des pieds du chariot,
- L la longueur totale du cheminement, a b une quelconque des stations du chariot;
- Si l’on commet sur l’évaluation de la pente ab une erreur qui assigne au point b la place b', l’ordonnée finale est entachée de l’erreur II' =bb’ = d tg. 6 + 0.
- Si la même erreur est commise pour toutes les positions successives du chariot, l’ordonnée finale est affectée d’une erreur
- ,r = (d tg § + 0) = L tg § + 0
- L’ordonnée finale sera connue d’autant plus exactemenent que d sera grand, c’est-à-dire que le chariot sera long et le nombre des stations petit. L’erreur sur la llèche moyenne est d’ailleurs la moitié environ de l’erreur commise sur l’ordonnée finale.
- 1
- Avec la lunette de 400 millimètres de focale, a est < sur un chemi-
- OU uuu
- nement déjà dressé et bien poli, 0 est <0^,5; sur un cheminement simplement raboté, 0 peut devenir considérable.
- Avec une règle de 1 mètre, vérifiée à l’aide d’un chariot ordinaire de 10 centimètres, l’erreur maximum à craindre sur la valeur de l’ordonnée finale serait
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- de ± 25a et sur la flèche moyenne de dr Mais un tel écart suppose que toutes les mesures auraient été entachées d’erreurs maxima et de même sens; l’erreur probable serait bien inférieure à ces chiffres; si l’on admet que, pour une station quelconque, l’erreur maximum est de 4tx, l’erreur probable pour une station est de lp- et l’erreur probable sur l’ensemble de dix stations est égale à 1/lOp-, c’est-à-dire < 4g.
- Nous verrons plus loin comment on peut réduire de moitié l’erreur a en remplaçant sur le chariot le miroir plan par un prisme et en modifiant légèrement la lunette.
- L’erreur sur l’ordonnée finale peut encore être réduite en employant un cha-
- logement dw chariot. — a prisme.
- logement des pieds dudit-.
- Fig. 11. — Chariot à écartement variable.
- riot très long; dans ce cas, en effet, l’erreur 3 est répétée moins souvent; il faut d’ailleurs que l’écartement des pieds du chariot soit une fraction ronde de la longueur du cheminement. Pour satisfaire à ces conditions, on a établi des chariots dont l’écartement des pieds est réglable. Ces chariots sont munis en outre de quatre touches cylindriques qui permettent de les faire glisser sur des pièces cylindriques ou prismatiques sans les rayer (1).
- Lorsque la surface à visiter est très rugueuse (surface rabotée, par exemple), l’exiguïté des pieds des chariots serait une cause d’aggravation considérable de Terreurs. L’emploi de pieds très larges aurait d’ailleurs l’inconvénient de faire
- (I) Les touches cylindriques sont de petits cylindres terminés par des troncs de cône et pourvus de deux tourillons; ils sont logés dans un alvéole rectangulaire dans laquel ils sont maintenus par deux lames d’acier fortement tendues sur les tourillons; grâce à ce dispositif, on peut facilement tourner les touches sur elles-mêmes, lorsqu’elles présentent des traces d’usure.
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- dessus
- dessous
- changer à chaque station les points de contact du chariot sur le cheminement; dans un creux, par exemple, le chariot reposerait par les arêtes extérieures de scs pieds; sur une partie convexe, au contraire, il ne reposerait que par ses arêtes intérieures; d’une position à l’autre, la base de sustentation varierait ainsi de deux fois la longueur des pieds.
- Sabots. — On tourne cette difficulté en chaussant les pieds du chariot de sabots spéciaux.
- Chaque sabot est un petit disque en acier trempé reposant par toute sa face inférieure sur la surface à visiter et portant en son centre sur la face supérieure un V dans lequel se cale un pied du chariot. Les chariots sont couplés à l’aide d’une feuille d’acier flexible.
- Le poids du chariot est assez fort pour que les pieds ne tendent pas à sortir des sabots lorsqu’on pousse le chariot pour le faire glisser. Quelles que soient les pentes et la rugosité du cheminement, les sabots reposent toujours par toute leur surface et les rotations se font autour des pieds du chariot, comme si les sabots n’existaient pas.
- Fig. 12.
- Courbe décrite par le miroir placé sur un chariot quelconque. — Vérification de la rectitude des mouvements dé machines à raboter, à rectifier, etc.
- Nous avons vu comment on vérifie la rectitude d’une ligne sur laquelle on peut déplacer le chariot porte-miroir; mais, dans bien des cas, la rectitude absolue d’une ligne importe peu, pourvu que le déplacement d’un organe qui doit s’appuyer sur elle soit lui-même suffisamment rectiligne; une glissière, par exemple, peut avoir des sinuosités nombreuses et si chacune d’elles est suffisamment courte, la pièce mobile, grâce à la longueur de ses surfaces en contact, ne sera pas influencée par les défauts locaux de la glissière; celle-ci peut même, sans inconvénient, avoir une courbure longue et continue, à la condition que le poids de la pièce mobile cause à chaque instant une flexion convenable en sens contraire de la courbure. Il est donc aussi utile que commode de pouvoir vérifier la rectitude d’un déplacement sans vérifier les glissières elles-mêmes ; nous allons voir que le principe de la méthode que nous venons d’exposer s’applique aussi, avec une précision suffisante, à ce cas particulier.
- En plaçant un miroir sur la pièce mobile, la lunette fournit les directions d’un certain nombre de tangentes prises sur la courbe à des distances données de l’origine, mais les positions exactes de ces tangentes dans l’espace sont inconnues; il s’ensuit que la courbe décrite par le chariot reste indéterminée.
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- Cependant, si le nombre des tangentes était infini, le problème deviendrait évidemment déterminé; on a donc pratiquement une certaine approximation avec un nombre limité, mais suffisamment grand de directions de tangentes; étudions quelle peut être cette approximation si l’on construit la courbe par points suivant la méthode exposée précédemment, en relevant les tangentes de place en place.
- Soit AX la courbe réellement décrite par un point du chariot.
- On suppose connues les directions des tangentes aux points équidistants
- A,B,C,D,....X. En appliquant la méthode connue, en substitue à l’arc AB la
- droite Ab tangente au point A, on commet ainsi une erreur B b; puis, du point
- Fig. 13.
- b on mène une parallèle bc à la tangente en B et l’on obtient un point c dont la cote est affectée d’une erreur cc=cc' +c'C = ôB+ c’C; et ainsi de suite de proche en proche. On voit que la cote de chaque point est affectée d’une erreur égale à la somme des écarts entre chaque extrémité de tangente et la courbe ; si nous appelons £j, g, chacun de ces écarts, la cote d’un point N est affectée d’une erreur s, + s,... + sn. Or, la chose intéressante n’est pas de connaître la cote de chaque point par rapport à l’axe AX, mais bien les cotes de ces mêmes points par rapport à A ex, et surtout la flèche principale de la courbe Ax sur la corde Ax. Soit :
- KG la flèche de la courbe AX.
- Par la construction employée, lepointX se trouve relevé en x d’une quantité 2s. Le point K est donc relevé en y d’une quantité
- AK
- K Y = Ss
- AX
- 1
- D’autre part, nous avons vu que le point C est relevé enc d’une quantité
- Cc = s! + V (2)
- égale à
- L’erreur commise en adoptant y c pour valeur de la flèche cherchée est donc
- AK
- AX
- (3)
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- La discussion de cette formule conduit aux conclusions suivantes :
- 1° L’erreur sur la valeur de la flèche est nulle, si la flèche est un axe de symétrie de la courbe ;
- 2° Si la courbure est plus accentuée dans la seconde partie (vers la droite)
- de la courbe que dans la première, la valeur trouvée pour la flèche est trop petite ;
- 3° La valeur trouvée pour la flèche est trop grande dans le cas contraire.
- Il est intéressant de se faire une idée de la grandeur de l’erreur systématique qu’on peut commettre dans un des cas les plus défavorables.
- Supposons un cheminement de 2 mètres de longueur dont on relève la direction des tangentes de 10 en 10 centimètres; admettons que les tangentes successives fassent entre elles des angles égaux et de même sens mesurés par 5 divisions d’un des tambours de la lunette, dans toute la première moitié delà courbe, et que, dans la dernière moitié, le cheminement soit rectiligne.
- Soit A et B les points du cheminement correspondant aux deux premières tangentes mesurées. Soit :
- a l’angle de ces tangentes.
- 1
- o divisions correspondent k Ig a == gÔQQ'
- L’écart £ = B b est sensiblement égal à Ail, et BH est de môme sensiblement égal à AB = 10 centimètres,
- a
- l’angle ABH = —-
- et la — = --------.
- J 2 10000
- Or AH = B H tg
- 10C1U
- 10000
- = 0mil,,0t.
- Or le tracé de la courbe montre que la flèche maximum est située à environ 80 centimètres de l’origine; d’après les formules (1 et 2), le sommet de la
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- VÉRIFICATEURS OPTIQUES DES LIGNES ET SURFACES DES MACHINES. 1073
- flèche est donc relevé de 0mm,08 environ et le pied de la flèche est relevé de 0m 8
- (0mm,01 X 10) x — 0mm704 ; la flèche trouvée est donc trop forte de 0mn,,08— 0,04 = 0mm,04.
- La valeur de cette flèche obtenue par la méthode ordinaire est de 0nim,3; sa vraie valeur serait donc de 0mm,26.
- Ainsi donc, dans ce cas très défavorable, l’erreur systématique n’est guère que de 15 p. 100 de la valeur de la flèche trouvée.
- Avec ce terme de comparaison et les lois énoncées ci-dessus qui donnent le sens de l’écart, on peut donc corriger le tracé de la courbe de façon à ramener l’erreur à moins de 10 p. 100 de la valeur vraie.
- En se reportant à la formule (4), on voit que si l’on double le nombre des
- stations (c’est-à-dire des mesures de tangentes, £ est divisé par 4; en effet, tg^ diminue de moitié, BH diminue aussi de moitié, de sorte que le produit BH
- a
- tg se trouve divisé par 4. Or, dans la valeur de l’erreur de flèche [for-
- mule (3)], le nombre des s est doublé, et comme d’autre part chaque s est réduit au quart, la valeur de la formule est réduite de moitié.
- Ainsi, d’une façon générale, l’erreur systématique est inversement proportionnelle au nombre des tangentes mesurées.
- Dispositifs optiques doublant la précision des mesures.
- Nous avons vu qu’avec une surface bien polie et très approchée déjà de la parfaite rectitude, l’erreur 9 due aux contacts du chariot est extrêmement faible et diminue d’importance lorsqu’on emploie des chariots très longs; l’erreur de pointé et de lecture (8) peut, au contraire, altérer les résultats d’une façon notable, lorsque la longueur du cheminement est grande ; il y a donc intérêt à réduire le plus possible la valeur de cette erreur 8.
- L’erreur de lecture est fort amoindrie par l’emploi d’une loupe.
- L’erreur de pointé peut être aussi diminuée de moitié au moins à l’aide du dispositif suivant :
- Une glace à faces parallèles et planes est fixée devant l’objectif de la lunette dans un barillet monté sur trois vis calantes et rappelé contre le corps de lunette par trois ressorts à boudin. La glace donne par autocollimation une image lumineuse solidaire de la lunette et qu’on centre sur le réticule à l’aide des vis calantes de la glace. (Cette image peut même remplacer le réticule et permet l’emploi d’un oculaire négatif à grand champ, ce qui est commode pour la recherche des images.) Entre la glace de la lunette et le miroir du Tome IV. — 98e année. 5e Rérie. — Juillet 1899. 70
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- chariot, qui sont très sensiblement parallèles, il se produit des réflexions multiples qui font apparaître trois ou quatre images à la fois dans la lunette ; ces images sont placées en ligne droite, et leurs déplacements, pour de petits mouvements du chariot, sont proportionnels à leur ordre de production; ainsi la troisième image se déplace d’une quantité trois fois plus grande que la première ; toutes les images d’ailleurs se centrent ensemble, lorsque le miroir du chariot devient parallèle à la glace de la lunette; le moindre défaut de centrage se traduit donc par une ovalisation de l’image et une apparence floue suivant le grand axe de l’ovale; la précision du pointé est ainsi considérablement accrue.
- Ce dispositif présente cependant, dans certains cas, des inconvénients :
- réticule,
- mouche-:
- Fi". 15. — Deuxième modèle de lunette autocollimatrieo à longue portée.
- L’enchevêtrement des images produit une certaine confusion et rend difficile l’estimation des écarts par comparaison avec les dimensions des images; il est nécessaire alors, pour la mesure de petites sinuosités, de centrer à chaque instant les images et de faire de nombreuses lectures. En outre, les images se déplacent en tous sens, non seulement par suite des défauts de la surface à vérilier, mais aussi par suite des inégalités de la règle ou de la cale qui guide le chariot dans son mouvement.
- Ces inconvénients sont supprimés par la substitution d’un prisme droit au miroir du chariot.
- Chariot à prisme. — Pour permettre l’emploi du prisme, un segment ah de la glace de la lunette est argenté; les arêtes du prisme sont perpendiculaires au plan des pieds du chariot et la face hypoténuse est tournée vers la lunette.
- L’arête du dièdre droit étant placée vis-à-vis du bord h du segment argenté, la face MN seule reçoit les rayons émis par la lunette; ces rayons sont succès-
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- sivement réfléchis par la face NP, le segment aô, les faces NP et NM et renvoyés dans la lunette. Grâce à ces réflexions successives, l’image observée se déplace avec la même amplitude que le ferait la deuxième image dans le cas des images multiples produites entre deux glaces parallèles et possède une intensité lumineuse considérable.
- Le prisme étant insensible aux désorien-tements qui peuvent se produire parallèlement à sa base, les déplacements de l’image
- se trouvent limités au sens vertical ou au sens horizontal, suivant la position que l’on donne au prisme, ce qui élimine tous les écarts qui ne sont pas dus aux défauts de la ligne explorée.
- Le chariot à prisme, qui est de petites dimensions, peut être placé directement sur la ligne à vérifier; il peut aussi se fixer sur l’extrémité du grand chariot à pieds mobiles. Dans le premier cas, il sert à estimer, en fractions de micron, des dénivellations peu profondes et peu étendues; dans le deuxième cas, il sert à déterminer aussi exactement que possible la cote finale d’un long cheminement.
- Vérification des surfaces planes.
- La vérification optique des surfaces planes dérive immédiatement de la vérification de la ligne droite.
- Le principe consiste : 1° à déterminer, avec toute la précision possible, les cotes de quatre points donnés aux quatre coins du marbre en se rapportant à un plan de référence convenablement choisi; 2° à relever le nivellement des côtés du rectangle en se rapportant aux cotes des sommets; 3° à relever le nivellement d'un certain nombre de transversales dont les cotes extrêmes ont été trouvées par le nivellement du rectangle.
- Nous donnons ci-après le détail des opérations tel que nous l’avons arrêté après une assez longue pratique :
- 1° Tracer sur le marbre un rectangle dont les côtés soient à environ 10 à 20 millimètres des bords.
- 2° Diviser chaque côté en un nombre pair de segments égaux; tracer le quadrillage ainsi défini.
- 3° Tracer les diagonales et les diviser en un nombre pair de segments égaux
- Fig. 17. — Chariot à prisme.
- Olace
- parallèle.'
- Oculaire—
- Ckanvt a. prisme
- Fig. 16.
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- et aussi grands que le permet la longueur du chariot à écartement réglable dont on dispose.
- 4° Relever le nivellement des diagonales en employant le chariot à écartement réglable (équipé si possible avec le prisme); l’écartement des pieds doit être rigoureusement égal aux segments des diagonales; les pieds doivent être chaussés de sabots, à moins que la surface ne soit très unie. Les mesures doivent être répétées plusieurs fois en plaçant la lunette successivement à chaque bout des diagonales; faire une moyenne des pentes observées pour chaque station. Etablir le tracé par points pour chaque diagonale, comme il est expliqué plus haut, en diminuant chaque chiffre de la moyenne générale arrondie en nombre entier; chaque diagonale accuse alors généralement une cote différente pour le point médian; soit y cette différence; en relevant de y toutes les cotes de la diagonale la plus basse, les deux cheminements diagonaux se trouvent rapportés à un même plan de référence sensiblement parallèle aux deux diagonales idéales du rectangle.
- Cette opération, qui a pour objet de déterminer les cotes relatives des quatre sommets et d’établir pour ainsi dire la base du nivellement, a besoin d’être exécutée avec le plus grand soin.
- 5° Relever le nivellement des côtés, en tenant compte de l’écartement des pieds qui peut être diffèrent pour les grands et les petits côtés, comme pour la diagonale, et en s’arrangeant, comme il est expliqué plus loin, pour que les cotes des extrémités soient précisément celles qui ont été déterminées par le nivellement des diagonales.
- 6° Relever le nivellement des transversales et des médianes en s’arrangeant pour que les cotes des extrémités soient précisément les cotes trouvées parle nivellement des côtés.
- L’opération 6 n’a pas besoin de la même précision que les opérations 4 et d.
- Chaque point du quadrillage se trouvant ainsi affecté de deux cotes, l'une provenant des cheminements parallèles aux grands côtés, l’autre provenant des cheminements parallèles aux petits côtés, on possède un contrôle des opérations.
- L’examen attentif des différentes cotes peut faire suspecter l’exactitude des cotes primordiales. Si les différences sont petites et de sens divers, il convient d’adopter pour chaque point une cote moyenne.
- Si, par hasard, un ou plusieurs des sommets du rectangle se trouvent dans une cavité ou sur un relief peu étendu, on constate que des régions considérables de la surface sont affectées de cotes élevées, tandis que d’autres régions sont affectées de cotes négatives; cela prouve que le plan de référence choisi n’est pas le plus avantageux; on a d’ailleurs intérêt à prendre un plan de réfé-
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- rence tel que toutes les cotes soient positives et aussi petites que possible. Pour changer de plan de référence, il suffit de faire tourner le premier plan autour d’un axe convenable (intersection du premier plan de référence avec le deuxième) ; la cote de chaque point est multipliée par un coefficient proportionnel à la distance du point à l’axe; ce coefficient est positif ou négatif suivant que le point est situé d’un côté ou de l’autre de l’axe.
- Méthode pour rapporter un cheminement à un axe de coordonnées tel que les cotes de deux points déterminés quelconques du cheminement soient respectivement égales à deux nombres donnés. — En pratique, les cotes données sont presque toujours celles des points extrêmes du cheminement; nous donnons néanmoins la règle à suivre dans le cas le plus général, afin de prévoir les difficultés qui peuvent se présenter dans des cas particuliers de vérification.
- Soit : a0 al a,. . . Ap. . . «. An an + l... «n + q les sommets d’un cheminement dont on connaît les cotes des points Ap et An et toutes les pentes réduites en microns, a a0 a2, il s’agit de déterminer les cotes des points a0 ay a.2. . . «n + q.
- Faire la somme :
- 1
- n — p
- ap + ap-H
- —1 H“ A p An).
- Retrancher 5 de chaque pente, ce qui donne a',, a',. .. a'n_i ; les cotes cherchées se déduisent successivement les unes des autres, en partant de la cote Ap, comme suit :
- ao = ai — a'o = ai — a'l
- flp_i = Ap — a'p.i Ap = Àp
- dp-f-1 Ap -t~ OC p
- ^p-f-2 ^p-f-i ^ p-f-1
- 23
- O
- 1 ^
- point de départ du calcul.
- ci 72
- o p
- 3 O g3 ü
- dn -- i “H &
- An
- GC O
- S
- (comme on peut le vérifier algébriquement.)
- ^n+ti-l + a n+q-1
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- Donnons un exemple montrant la disposition du calcul.
- INDICATIONS.
- données par 'appareil. RÉDUITES en microns (1) DIMINUÉES de .s*.
- 10 Uj O II « — 5,25 = a'o
- 13 l>£> O II + 11,25 = a'j
- 2 tO II S3 t 9,25= a' 2
- 10 20 = a-j + 5,25 = a'3
- 8 16 = a; + 1,25 = a'',.
- 6 12 = a-, oz il
- 4 8 = a6 — 6,75 = a'e
- 5 10 = a7 — 4,75 = a'7
- 7 14 = —• 0,75 = a'g
- 9 18 = «9 + 3,25 = x 9
- 11 22 = xjo + 7,25 = a'io
- J 8 36 = an + 21,25 = a'ii
- COTES. OBSERVATIONS.
- — 9,50 = «o | , ... 1 — 4,2a = «i j + 7 = a± + 16,25 = a?, | 1 + 21,50 = «t + 22,75 = a:j j + 20 = «e + 13,25 = «7 + 8, o0 — ci s + 7,75 = 1(9 + 11 =«.U) + 18,25 — «i i + 39,50 = ai-. + On suppose l'écartement des pieds du chariot égal à 50mm. — 7 — 11,25. Cote donnée (point de départ). _ 7 + 9,25 Calcul de s : j 24 -= a-2 20 ^OC:l [ 16 = a, . } 12 ^ a5 8 < 8 _= a6 1 10 ^ a, 1 14 —= Ct 8 18 -= a0 S 7 == cote e*,. 129 11 cote et i0 Cote donnée. 118 j 8 ;!8 11.75^ s. 60 1
- Le nivellement complet d’un marbre est une opération longue et délicate dont on se dispensera généralement, sauf pour la confection d’un marbre type; elle n’est en effet indispensable que pour la rectification à la main; lorsque le marbre doit être rectifié mécaniquement, on peut se contenter, comme nous le verrons, d’une vérification sommaire.
- CHAPITRE II
- RECTIFICATION DES SURFACES PLANES (RÈGLES ET MARBRES).
- L'opération peut être conduite de différentes façons, suivant le degré de per fection à atteindre, suivant l’outillage dont on dispose et suivant qu’on possède ou non des règles et des marbres types.
- Rectification à la main. — Disons d’abord comment on peut établir directe-tement une règle type sans outillage spécial.
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- VÉRIFICATEURS OPTIQUES DES LIGNES ET SURFACES DES MACHINES. 1079
- La règle étant ébauchée et son champ suffisamment uni, on exécute une double vérification optique, d’abord avec un grand écartement des pieds du chariot, afin de mesurer exactement les cotes extrêmes, puis avec une subdivision du premier écartement, afin de déterminer les petites sinuosités. Connaissant la courbe détaillée et amplifiée de la règle, on lui mène une tangente du côté intérieur de la règle; toute la surface comprise entre cette tangente et la
- B
- courbe représente la quantité de métal qu’il faut enlever pour rectifier la règle. Après avoir fixé solidement la règle à plat sur un marbre quelconque, on pratique avec un grattoir des saignées A, B, C, D, E, F, dont la profondeur est donnée parle tracé. Pour mesurer la profondeur des saignées et guider l’ouvrier dans son travail, on fait reposer, à l’endroit de la saignée, le pied d’un chariot à miroir sur lequel on fait autocollimation; on convertit en divisions du tambour de la lunette le nombre de microns qu’il y a à enlever, et l’ouvrier, remettant
- constamment le chariot -en place, use le métal jusqu’à ce que le chariot se soit incliné de la quantité voulue, mesurée sur le tambour.
- Les saignées étant faites de place en place le long de la règle, la surface entière du champ est rodée de façon à ne laisser apparaître qu’une trace à peiïie perceptible de chaque saignée. Un bon procédé de rodage est le suivant :
- A pierre de corindon fin dont la face aa est normale au plan x y,
- B chariot porte-pierre,'
- R règle à rectifier,
- C C cales.
- La règle étant couchée sur deux cales d’inégales hauteurs, placées sur un marbre, on la frotte avec une pierre fine d’émeri ou de corindon fixée dans un
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- chariot dont la semelle est assez large pour être bien d’aplomb sur le marbre. Si la face a a de la pierre a été réglée normalement à la semelle du chariot, le champ de la règle se trouve rodé normalement au marbre. La légère inclinaison longitudinale de la règle a pour effet d’empècher la formation d’un sillon dans la pierre. Le fil du rodage, par sa régularité, se distingue aisément du travail, du grattoir dans le fond des saignées, en sorte qu’on peut facilement suivre les progrès du travail.
- Pour les règles de haute précision et de petite dimension (jusqu’à 50 centimètres environ) nous recommandons le profil à pans coupés (fig. 20); dans une règle quelconque, les champs, tout en ayant des génératrices droites, sont généralement des surfaces gauches; ce défaut est sans inconvénient lorsque les champs sont étroits; de plus, un champ étroit laisse plus facilement voir la lumière entre la règle et une pièce prise en contact; un petit arc-boutant fixé au milieu de la règle et une vis à tête molettée permettent d’incliner légèrement la règle de façon à ne la faire porter que par le bord du champ ; en promenant une lumière derrière la règle et au ras de la surface à visiter, on aperçoit facilement les très petites dénivellations. Les règles à pans coupés sont très rigides et faciles à roder à moins de 2 microns près sur 40 centimètres de longueur.
- Lorsqu’on possède une règle type, on peut en faire dériver d’autres avec une assez grande précision, sans être obligé de recourir à la visite optique. Il suffit, pour cela, de relever (avec du noir ou du rouge) les points par lesquels la règle à rectifier est en contact avec la règle type. La retouche se fait comme il est dit plus haut. Ce procédé n’est précis qu’autant que les deux règles sont couchées toutes deux sur un marbre et appuyées doucement l’une contre l’autre, de façon à éviter les flexions dues au poids des pièces ou à la pression de la main ; encore ne peut-on compter que sur une approximation de 15 g environ pour 1 mètre de longueur; pour une plus grande approximation, la visite optique est nécessaire.
- Les marbres peuvent se rectifier d’après le même principe. iVprès avoir procédé au nivellement optique de toute la surface ébauchée, on pratique des saignées de place en place sur le marbre. Afin de conserver trace des saignées, il est bon de les enduire d’une légère couche de sulfate de cuivre.
- Le rodage s’exécute à l’aide de plateaux d’émeri plus ou moins fin d’environ 25 centimètres de côté. Ces plateaux sont posés sur le marbre et surchargés d’un poids de 10 à 20 kilogrammes; on s’en sert comme de rodoirs ordinaires (1). Si l’on veut obtenir une très grande approximation, il faut terminer par un rodage semblable à celui que pratiquent les opticiens et qui consiste à user la surface
- (1) Pour décrasser les plateaux, on est obligé de les frotter de temps en temps sur une plaque de fonte recouverte de silex pulvérisé.
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- avec un rodoir en fonte bien plan et de l’émeri fin mouillé. Après un tel rodage, toute la surface du marbre se trouve « armée » d’émeri et prend une teinte d’un brun mat, à l’exception des saignées qui restent brillantes tant que le niveau du marbre n’a pas atteint très exactement le fond des saignées.
- La surface « armée » d’émeri est plus dure, ce qui peut être désavantageux pour certaines pièces qu’on craindrait de dépolir en les frottant sur le marbre; pour éviter cet inconvénient, il suffit de frotter le marbre avec de la paille de fer; la couche émerisée disparaît rapidement.
- Lorsqu’on possède un marbre type, on peut en dériver d’autre marbres, comme pour les règles; toutefois, l’approximation qu’on peut atteindre est moins grande pour les marbres que pour les règles, à cause de la difficulté d’éviter les flexions.
- Rectification mécanique. — Jusqu’à ces derniers temps, on admettait que les travaux de haute précision ne pouvaient être terminés qu’à la main; le centième de millimètre était la plus extrême tolérance qu’on pensait pouvoir assigner aux travaux mécaniques pour de petites dimensions. M. P. Gautier, ax^ecles très remarquables machines qu’il a construites pour façonner les miroirs et objectifs du grand télescope de l’Exposition de 1900, a démontré qu’on peut obtenir mécaniquement une précision surprenante; les dénivellations qui peuvent subsister sur son miroir de 2 mètres sont inférieures à celles que produisent les moindres variations de la température ambiante.
- Sans songer à atteindre une telle perfection par des procédés industriels, on pouvait penser qu’il serait possible et même avantageux d’obtenir mécaniquement des marbres au moins aussi précis que ceux qu’on a confectionnés jusqu’ici par simple rodage. C’est ce que nous nous sommes efforcé de réaliser à l’aide d’une machine à rectifier à la meule, spécialement établie en vue du dressage des marbres.et des règles.
- Les machines à rectifier, en général, sont susceptibles d’une grande précision, lorsque la meule travaille sur un point situé sensiblement à hauteur de son axe; le mouvement alternatif de la table de la machine s’exécute en effet avec une rectitude presque parfaite en projection horizontale ; le V longitudinal qui guide le mouvement peut être facilement dressé et le mouvement prolongé de la table ne tend qu’à le roder davantage en faisant disparaître les petites inégalités de sa projection horizontale. En projection verticale, au contraire, les actions ne sont pas égales en tous les points; le poids de la table, s’exerçant plus souvent sur certaines parties du Y, peut produire une certaine usure locale ; lorsque la table est à l’un des bouts de sa course, il se produit une flexion considérable de toute la machine, en sorte que le mouvement de la table n’est pas, à proprement parler, un mouvement rectiligne, mais un mouve-
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- ment fortement convexe et compris dans un plan vertical. On peut néanmoins utiliser la machine pour rectifier des règles et des marbres en l’équipant de la façon suivante :
- Le marbre est placé verticalement sur la machine et maintenu par deux chandeliers boulonnés dans la rainure de la table; il est serré sur les chandeliers en trois points et légèrement calé en un quatrième point, de façon à éviter toute torsion anormale. La meule est montée sur un axe vertical entraîné, au
- Fig. 21. — Machine à rectifier les marbres.
- moyen d’un clavetage, par une poulie fixe située en haut de l’appareil et dans laquelle il coulisse librement; la meule et son axe sont susceptibles d’un mouvement vertical commandé par une manivelle A, et d’un mouvement d’arrière en avant commandé par le volant Y. Pour pouvoir rectifier des marbres un peu larges, il est nécessaire de donner à la machine des dimensions transversales plus grandes que celles qui sont généralement usitées ; il faut en effet de larges bases aux chandeliers porte-marbre et à l’appareil porte-meule, pour que les flexions ne soient pas exagérées lorsque la’meule travaille dans sa position la plus haute.
- On emploie des meules de 12 à 15 millimètres de largeur qu’on rectifie sur des morceaux d’acier à outil, de façon que la surface active soit bien centrée et bien cylindrique.
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- L’opération se conduit de la façon suivante :
- Plaçant le marbre debout sur la table, on meule une bande AB qui doit servir de témoin.
- Couchant le marbre sur un établi quelconque, on exécute au grattoir ou avec une pierre d’émeri à la main une deuxième bande témoin CD, qu’on dresse parallèlement à AB en se guidant avec un niveau très sensible. On vérifie optiquement les deux bandes AB et CD pour s’assurer de leur rectitude, et ces bandes terminées, bien droites et parallèles, définissent la surface future du marbre. Replaçant le marbre sur la table de la machine, mais en long cette fois, on le cale et on oriente la table de façon que la meule affleure chaque bande sur toute la hauteur de la course de la meule. Le marbre étant ainsi fixé, on recule légèrement la meule et on met la machine en marche; l’avance de la meule doit être réglée de façon à n’enlever qu’un ou deux centièmes de millimètre pour les premières passes et un demi-centième pour les dernières; il est préférable de ne jamais faire deux passes consécutives sur chaque sillon, mais, au contraire, de monter ou de descendre la meule, après chaque passe, d’une quantité un peu inférieure à sa largeur; après avoir fait une série de passes en montant, on donne l’avance convenable et l’on règle la descente de la meule pour que les nouveaux sillons chevauchent sur les précédents; on évite ainsi la production de côtes entre les sillons. Si l’on voulait conduire le travail trop rapidement, réchauffement de la surface du marbre lui ferait prendre une forme convexe souslameuleet, parsuite,le marbre seraitconcave après refroidissement.
- Quand on approche de la fin du travail, on règle avec le plus grand soin la machine de façon que la meule morde très légèrement et d’une façon égale sur chacune des bandes témoins; on termine enfin par une ou deux passes sans
- donner d’avance et en limitant la course, de façon à ne plus toucher les
- bandes. Malgré ces précautions, les bandes restent généralement de quelques microns en contre-bas du reste de la surface.
- Si, après vérification, on constate que le marbre placé dans sa position normale est légèrement bombé ou creux, on peut corriger le défaut à la machine
- en plaçant derrière le' marbre et contre les chandeliers des brides, à l’aide
- desquelles on force le marbre à se creuser ou à se bomber. Le défaut qu’on se trouve ainsi obligé de corriger peut provenir, soit du changement d’équilibre du marbre monté sur la machine (si le marbre est trop mince et sans nervures), soit d’un montage défectueux, soit de réchauffement produit par un excès de travail de la meule.
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- Lorsque le marbre à rectifier est d’une largeur supérieure à la hauteur de lu course verticale de la meule, il suffit de retourner le marbre sens dessus dessous pour achever le travail; la plus grande largeur de marbre que peut accepter la machine est donc égale au double de la course verticale de la meule. Le marbre étant dans sa nouvelle position, on le règle d’après ses bandes-témoins, comme il a été dit plus haut.
- En sortant de la machine, le marbre est replacé sur l’établi et on le rode pendant quelques instants avec un plateau d’émeri, comme il a été expliqué pour la rectification à la main ; on voit aussitôt apparaître plus nettement les légères côtes qui séparent les sillons, les ressauts qui révèlent la naissance des
- bandes-témoins et les différents accidents locaux, s’il y en a. On poursuit le rodage de façon à atténuer toutes ces irrégularités, mais sans attaquer nulle part le fond des sillons. Dans cet état, le marbre ne présente généralement plus de sinuosités appréciables; il n’a qu’une légère et longue courbure (creuse ou convexe) ; une visite optique sommaire suffit pour constater le sens de cette courbure et son importance approximative. .
- En assimilant la courbure à un arc de cercle, on peut déduire la flèche maximum de la différence des pentes à chaque extrémité d’une diagonale ou d’une transversale.
- La flèche h est <C l
- Fig. 23.
- Or OC
- ^ ta —
- O y 9
- h<~ri9
- Supposons qu’on se donne, pour tolérance de h, la valeur 0mm,01, ce qui correspond à une approximation de dz 5 microns; la courbure sera dans les tolérances si
- l
- — tg — < 0mm,01
- h J 9 ^ ’
- OU
- tcJ
- <
- 0,(L
- ou en remplaçant ces tangentes très petites par leurs angles
- 0,08
- oc <
- l
- Une division du tambour valant
- 1
- 25 000’
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- le nombre de divisions admissibles sera
- 25000 X 0,08 X ~ l *
- Si l — 1 mètre, x = 2 divisions.
- Lorsque la tolérance a été légèrement dépassée, on peut le plus souvent y remédier en continuant le rodage avec le plateau d’émeri d’après les indications de la visite optique, et sans pratiquer de saignées.
- Nous avons exposé le procédé général de rectification mécanique d’un marbre de moyenne dimension. Pour un marbre de petites dimensions (25cm x 25cm, par exemple), l’opération est encore plus facile, car l’établissement de bandes-témoins n’est plus indispensable.
- La rectification d'une règle est le cas le plus simple de rectification d’une surface plane. Une règle d’un mètre peut être rectifiée sur ses deux champs en moins d’une demi-journée. Un marbre de 60cm x 40cm est rectifié, rodé et vérifié en deux jours à peine et son approximation est de moins de 0mm,005. La rectification mécanique est donc, à précision égale, beaucoup plus rapide que la rectification à la main; on a vu d’ailleurs combien l’emploi de la machine à rectifier simplifie la visite optique.
- Les surfaces rectifiées mécaniquement présentent un aspect particulier qui n’a rien de choquant; on y voit des lignes mates (parties rodées) qui alternent avec des lignes brillantes (sillons de la meule); rien n’empêche d’ailleurs de donner au grattoir l’aspect frisé ordinairement usité en mécanique; on doit seulement redouter de gâter la surface, si l’on confie ce travail d’enjolivement à un ouvrier qui n’ait pas la main très légère.
- Rectification mécanique de très grands marbres. — Lorsque les marbres atteignent de grandes dimensions, il est impossible de les rectifier autrement que surplace; si, en effet, on réussissait à rectifier parfaitement la surface, en portant un marbre sur une machine, on détruirait sa rectitude en le calant ensuite sur son emplacement définitif, car ce calage n’est pas susceptible d’une grande précision. Il serait à désirer que les usines qui fabriquent ces grands marbres fussent pourvues d’un outillage propre à les rectifier sur place; un tel outillage serait, en effet, d’une certaine complication et ne pourrait être construit qu’en vue d’un usage assez fréquent. Nous avons néanmoins entrepris, avec des moyens de circonstances, la rectification mécanique d’un marbre de 3 mètres sur lm,S0. Sans entrer dans les détails de cette opération, nous en exposerons les principales conditions.
- Une dynamo de 3 à 4 chevaux était mobile sur la surface du marbre; elle portait avec elle une meule et une touche placée à l’aplomb de la meule.
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- La dynamo reposait par deux patins sur le marbre, et, par la touche, sur une règle-guide; une longue vis de tour, actionnée par la dynamo elle-même, entraînait celle-ci par l’intermédiaire d’un écrou logé dans sa semelle; la meule pratiquait ainsi sur le marbre un sillon qui était la copie de la règle.
- On commençait par mouler deux bandes-témoins près des petits côtés , comme on le fait pour les marbres portatifs, à cette différence près que les deux bandes étaient moulées par la machine.
- Avant tout travail mécanique, la règle-guide était soigneusement réglée tant au point de vue de sa rectitude qu’au point de vue de son horizontalité ; des cales en forme de coins étaient placées ça et là sous le champ inférieur pour prévenir les flexions de la règle sous la pression de la touche.
- Les bandes-témoins terminées, on disposait la règle parallèlement aux grands cotés en la calant comme il est dit ci-dessus, et l’on exécutait plusieurs passes successives jusqu’à ce que la meule affleurât aux bandes-témoins. Ce premier sillon terminé, la meule était déplacée sur son axe d’une quantité égale à sa largeur et l’on pratiquait un second sillon, puis un troisième, etc...; la dynamo elle-même était ensuite déplacée jusqu’à ce que la touche ne portât plus sur la règle. A ce moment, il fallait déplacer la règle et recommencer la série des mêmes opérations un peu plus loin.
- Une visite optique minutieuse exécutée après l’achèvement du travail a montré que le marbre était plan à 30 microns près, c’est-à-dire que la surface entière était comprise entre deux plans parallèles distants de 6 centièmes de millimètre. Ce résultat permet de croire qu’avec un outillage spécial et plus perfectionné que l’outillage de circonstance employé pour cet essai, il serait possible de rectifier couramment des marbres de grandes dimensions avec une approximation de moins de 0ra,013 par mètre.
- D’après l’expérience acquise au cours de l’essai dont il s'agit, nous estimons qu’un appareil à rectifier les grands marbres devrait être établi sur les bases générales suivantes :
- Ne faire reposer sur le marbre que la règle-guide ;
- Confectionner des règles à un seul champ, légèrement bombé lorsque la règle est à plat, de façon à être rigoureusement droit lorsque la règle repose de champ et par ses extrémités. Employer des règles égales en longueur aux deux dimensions du marbre et les caler de place en place ;
- Etablir une sorte de pont roulant à 20 centimètres environ au-dessous du marbre et dans le sens de sa plus grande dimension ;
- Construire un appareil à meuler reposant par deux galets sur le pont et par une touche sur la règle, l’appareil étant équilibré de façon à reporter sur la touche un poids de 10 kilogrammes environ;
- Installer la dynamo en dehors du marbre et transmettre les mouvements a
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- l’appareil et à sa meule au moyen de poulies, de galets et de cordes sans lin.
- La méthode à suivre pour l’exécution du travail serait celle que nous avons suivie, et qui consiste à établir d’abord deux bandes-témoins bien droites et parallèles. Lorsque la meule a beaucoup à travailler, l’usage des bandes-témoins est en effet indispensable pour qu’on n’ait pas à s’inquiéter de l’usure de la meule.
- CHAPITRE III
- VÉRIFICATION Ol'TIQUE DES BARRES PRISMATIQUES CYLINDRIQUES, DES TROUS CYLINDRIQUES. — ÉTOILES MOBILES OPTIQUES. — RECTIFICATION DES OPÉRATIONS D’USINAGE. — MESURE DE l’aRCURE D’UNE BARRE FLEXIBLE.
- Fig. 24. — Chariot de réglage.
- La vérification de la rectitude de barres prismatiques ou cylindriques comporte pour la première fois l’emploi d’une « équerre à trois dimensions » qui sera d’une grande utilité pour les opérations dont nous aurons à nous occuper dans le chapitre suivant; il faut, en outre, pour éviter une importante cause d’erreur, se servir d’un chariot dont le miroir soit rigoureusement normal aux lignes d’appui.
- Réglage du miroir du chariot. — Lorsque le chariot se déplaçait sur une surface plane, il n’était pas nécessaire que le miroir fût exactement normal à la surface ; mais si nous le plaçons maintenant sur une barre, sans organiser un dispositif spécial pour l’empêcher de tourner pendant sa translation, le miroir ne sera insensible aux rotations qu’à la condition d’être rigoureusement normal aux lignes d’appui.
- Pour obtenir ce résultat, on se sert d’un chariot de réglage. Le « chariot de réglage » diffère des chariots ordinaires en ce que, au lieu d’un miroir argenté, il est pourvu d’une glace, à faces parallèles, non argentée et visible par l’avant comme par l’arrière du chariot; ce miroir donne encore des images suffisamment nettes, si l’on s’entoure de quelques précautions pour diminuer la lumière diffusée dans la lunette; son réglage s’exécute de la façon suivante :
- Placer le chariot sur un marbre et contre une règle fixe, faire autocollimo-tion, retourner le chariot bout pour bout, retoucher les pieds et les points d’appui latéraux pour corriger la moitié du déplacement de l’image. Répéter l’opération.
- Un chariot à miroir ordinaire se règle par comparaison avec le « chariot de réglage »; en substituant le premier au second, le pointé ne doit pas changer, et si l’on constate un changement, on corrige les pieds et les appuis latéraux du chariot ordinaire en les retouchant avec une lime douce, puis avec une
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- « pierre du Levant ». Pour s’assurer que les lignes d’appui latérales sont rigoureusement parallèles, on donne quartier au chariot d’abord à droite puis à gauche, le pointé en hauteur ne doit pas changer.
- Ce réglage est un des exemples les plus frappants de l’économie de temps sur les travaux d’ajustage, qui peut résulter de l’emploi de vérificateurs sensibles. Quandle chariot a été soigneusement construit, le réglage des huit pieds ou points d’appui s’exécute, à moins de 1 micron près, en moins de temps qu’il n’en faudrait pour régler un chariot dont le miroir serait monté sur trois vis calantes ; ce résultat surprenant a été confirmé à maintes reprises ; il s’explique
- v|- Chariot orüinaire
- £q narre à 3 r/nrie'i; i
- . ncr! du ûrtsm c
- \ ‘ \^T.
- v....
- C h a r >0 ta te art b m rep-’abte
- v Chariot à o ris me
- Chariot de regiaye
- Fig, 23.
- en considérant que les très petites corrections se pratiquent plus sûrement par rodage que par des mouvements de vis, lorsque les bras de leviers sont courts.
- Équerre à trois dimensions. — Cette équerre en fonte comporte, intérieurement, deux V rectangulaires, extérieurement deux faces à angle droit formant un dièdre dont l’arête est parallèle à celle des deux Y ; ces faces sont munies de pieds et d’accotoirs en acier trempé ; les pieds déterminent des plans parallèles aux faces et les accotoirs des lignes parallèles ou perpendiculaires à l’arête du dièdre. Tous ces éléments sont réglés optiquement par la méthode des retournements.
- 1° Pour régler la perpendicularité des faces, disposer un marbre debout normalement à la lunette autocollimatrice, appuyer contre sa surface l’équerre chargée du chariot à miroir, retourner l’équerre sens dessus dessous en main-
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- tenant avec la main le chariot à sa place; la lunette mesure le double de l’erreur angulaire;
- 2° Pour régler la hauteur des pieds, placer le chariot sur une face de l’équerre, puis sur le dessus des pieds, la lunette mesure l’erreur. Répéter l’opération pour tous les pieds doux à deux ;
- 3° Pour régler les accotoirs parallèlement à l’arôte de l’équerre, poser celle-ci contre un marbre et le chariot contre les accotoirs, poser ensuite le chariot sur le marbre; la lunette mesure l’erreur;
- 4° Pour régler les accotoirs normalement à l’arête de l’équerre, placer contre eux le chariot et appuyer l’équerre contre un marbre, faire tourner l’équerre de 180° autour de l’axe du miroir; la lunette mesure le double de l’erreur;
- 5° Pour régler les V parallèlement à l’arête des faces, placer l’équerre chargée du chariot sur un cylindre horizontal dans le prolongement de la lunette ; faire autocollimation; placer l’équerre de l’autre côté du cylindre; la lunette mesure le double de l’erreur.
- Rectitude d’une barre prismatique ou cylindrique.
- L’équerre étant placée sur la barre et surmontée d’un chariot à miroir ou à prisme, on suit la méthode de vérification d’une ligne droite, mais en déplaçant l’équerre solidairement avec le chariot.
- Rectitude d’un trou cylindrique. — Mesure de l’arcure.
- Dans ce cas, comme dans le cas précédent, il est utile que le miroir soit normal aux surfaces d’appui. Toutefois, quand les dimensions du trou sont petites, il est difficile d’organiser le chariot en vue de ce réglage, il est plus avantageux de guider le chariot par une tringle qui l’empêche de tourner sur lui-même. On trouvera un exemple des dispositifs qu’on peut adopter pour ce cas particulier, dans la description détaillée des appareils qui ont été établis pour la vérification optique des fusils et carabines (1).
- Pour cette application spéciale, la lunette est d’un modèle très simple et de petite dimension; nous reproduirons seulement la description d’ensemble de l’un des appareils et celle du chariot (calibre) à miroir.
- Vérificateur optique du dressage des canons de fusil.
- Une table en fonte posée sur un chevalet de bois reçoit les différents organes de l’appareil; à l’une des extrémités, est vissé le support de lunette et se trouve
- (1) Vérificateurs du dressage des canons de fusils (Revue d’Artillerie, 1896).
- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Juillet 1899.
- 71
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- la lampe qui fournil la lumière dans le cas où l’on ne peut pas profiter du jour d’une fenêtre. Une longue fente est ménagée dans l’axe de la table pour recevoir et assujettir à volonté les différents accessoires (butées. V, fourchette, etc.) qui doivent servir à supporter soit les canons de fusil, soit les canons de mousqueton, enculassés ou non enculassés. Un système de poulies montées sur des
- Fig. 26. — Vérificateur du dressage des canons de fusils,
- tiges également fixées à l’appareil permet à l’ouvrier, assis devant la lunette, de tirer lui-même la tringle ou de la ramener à son point de départ pendant qu'il observe à la lunette ; l’une des cordes qui sert à ces manœuvres porte la petite
- -JE3
- Fig. 21. — Calibre à miroir et sa tringle.
- plaque indicatrice de l’emplacement des courbures dont nous parlerons plus loin.
- Le calibre a 10 à 11 centimètres de longueur; il.ne repose dans l’âme que par deux contacts cylindriques ah et cd (fig. 27), rodés au diamètre minimum du canon et appuyés contre la paroi par des segments r et détachés à la scie, et qui forment ressort. La distance bd est égale au quart du pas des rayures (6 centimètres); celles-ci étant au nombre de quatre, tous les 6 centimètres une rayure se substitue à la précédente sur la même génératrice ; les parties de l’âme sur lesquelles reposent les contacts sont constamment identiques, et, lorsqu’on déplace
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- le calibre, les deux contacts passent simultanément d’un creux sur un plein, ou réciproquement, sans que le calibre prenne aucun mouvement de tangage, sans que l’image du réticule subisse de ressaut sensible du fait des rayures.
- Deux vis vv servent à tendre les ressorts lorsque les contacts viennent â s’user, ou si l’on veut visiter des canons après différentes passes d’alésage.
- Le calibre est réuni à une tringle à section carrée par l’intermédiaire de quatre maillons formant « flexible » qui assurent l’indépendance du calibre et de la tringle, sauf pour les rotations autour de l’axe. La tringle glisse dans une fourchette fixe qui l’empêche de tourner; grâce à cet artifice, le miroir peut n’être pas exactement normal à l’axe et reste néanmoins parallèle à lui-même tout le long du canon, si celui-ci est droit; il s’incline seulement suivant les courbures de l’âme, si le canon est faussé. La tringle porte des graduations qu’on
- Û
- Foids
- Fip-. 28.
- lit à hauteur de la fourchette; les divisions sont espacées de 6 centimètres (distance des contacts) et numérotées.
- Emplacement d’une courbure. — Le calibre glissant de la bouché vers le tonnerre, la déviation de l'image commence lorsque le premier contact s’engage sur la courbure et elle augmente jusqu’à ce que le second contact en soit sorti; pour connaître l’étendue de la partie faussée, il suffit donc de marquer sur le canon l’endroit où se trouve le premier contact au début de la déviation et l’endroit où se trouve le second contact lorsque la déviation cesse de croître. La graduation de la tringle renseigne à ce sujet, mais un dispositif spécial est plus commode : une petite plaque de laiton de la longueur du calibre est.reliée au manche de la tringle par une ficelle, de façon à se trouver à hauteur du calibre lorsque cette ficelle est tendue; la plaque suit, à l’extérieur du canon, tous les déplacements du calibre; elle porte (fig. 28) des pointes marquées G et F en regard desquelles on indique à la craie, sur le canon, le commencement et la fin des courbures.
- Sens des courbures observées. — Si l’on prend la peine de se rendre compte du sens dans lequel s’incline le miroir pour une courbure donnée, on arrive à cette règle simple :
- Lorsque le calibre avance de la bouche vers la culasse, l’image se déplace
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- toujours vers la génératrice extérieure sur laquelle il faudra frapper pour redresser le canon.
- On peut relever par points la courbe d’un trou cylindrique par les procédés que nous avons indiqués pour la vérification des règles; toutefois, une seule visite permet de tracer la projection de l’arcure sur deux plans rectangulaires en relevant les indications des deux tambours à chaque station du chariot. Il est utile défaire une deuxième visite en retournant le miroir sens dessus dessous et de prendre la moyenne des deux visites, afin d’éliminer les erreurs de conicité qui pourraient fausser l’aspect général de l’arcure.
- Lorsque les dimensions du trou le permettent, on peut agencer sur le chariot un dispositif de réglage du miroir; nous donnons ci-contre la figure d’un chariot dont le miroir est monté sur trois vis calantes et dont les quatre pieds sont mobiles et peuvent être remplacés par d’autres pieds plus ou moins saillants, afin de permettre la visite de trous de diamètre un peu différent. Un piston à ressort.assure l’appui des quatre pieds dans le trou, même quand le chariot est retourné les pieds en dessus. La hampe qui lire le chariot le tient au moyen d’une attache très libre, afin que les oscillations de la hampe n’infiuencent pas les observations.
- Le réglage du cylindre lui-même se vérifie par un procédé analogue : on règle le miroir comme il a été dit, puis on retourne le tube bout pour bout, et l’on introduit de nouveau le calibre. Si le tube est cylindrique, le miroir est encore réglé dans cette nouvelle position; si le tube est conique, le miroir n’est plus réglé dans la deuxième position, et le diamètre du cercle que décrit l’image mesure le double de la conicité.
- Visite des trous de moyenne ouverture.
- Le réglage du chariot s’effectue à l’aide d’un cylindre creux (jauge de réglage) soigneusement rectifié. Le chariot (ou le calibre) à miroir étant placé dans la jauge, le pointé de la lunette autocollimatrice ne doit pas varier lorsque le chariot tourne sur lui-même.
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- Mesure de la conicité. — Le miroir étant ainsi réglé, le chariot peut être introduit dans le trou à vérifier sous un orientement quelconque; lorsqu’il tourne sur lui-même sans avancer ni reculer, l’image reste immobile si le trou est bien cylindrique; lorsque, au contraire, le chariot se trouve dans une partie légèrement conique, l’image décrit un cercle pendant une rotation complète du miroir; le diamètre de ce cercle mesure la conicité, c’est-à-dire la différence entre le diamètre à hauteur des pieds antérieurs du chariot et le diamètre à hauteur des pieds postérieurs.
- Etoile mobile optique. — Si nous plaçons devant la lunette deux miroirs en forme de demi-cercles, chaque miroir donnera une image; ces images coïncideront lorsque les miroirs seront parallèles, et, s’ils font un certain angle, l’écar-
- Fig. 30. — Étoile mobile optique.
- tement des images mesurera cet angle. Tel est le principe sur lequel est basée l’étoile mobile optique. Un chariot, analogue à ceux qui mesurent l’arcure, est (fig. 30) pourvu de deux miroirs ; chaque miroir est monté sur un levier dont l’extrémité repose sur un piston (touche) en contact avec la paroi du trou à mesurer; les deux mécanismes des miroirs sont symétriques. Chaque miroir tourne ainsi d’un angle proportionnel à la saillie de sa touche; si la saillie de la première touche augmente d’une certaine quantité et que celle de la seconde diminue de la même quantité, les deux miroirs décrivent dans le même sens des angles égaux et les images se déplacent toutes deux en conservant leur écartement; ceci se produit évidemment lorsque le diamètre restant constant dans le plan des touches, certaines dénivellations viennent à passer sous les pieds du chariot. Si le diamètre varie, les touches se déplacent de quantités inégales et les images s’écartent ou se rapprochent; lorsque l’une des touches passe sur un défaut local, l’image correspondante seule est affectée d’une oscillation dont l’amplitude mesure la profondeur du défaut local (érosion, accident d’usinage, etc.).
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- Les mouvements relatifs des images se lisent par un simple examen de la taçon dont elles se recoupent. C’est surtout en vue de cet usage qu'on a constitué l’objet lumineux en deux parties ayant entre elles des rapports simples bien déterminés. Une « réglette de lecture » sert à interpréter immédiatement les divers aspects que peuvent présenter les images. Cette réglette se compose ( lig. 31) d’une planchette en. bois portant gravée en son milieu la silhouette agrandie de l’objet lumineux. Un coulisseau en verre porte gravée la meme image et sur le côté un index; en faisant glisser le coulisseau sur la planchette, on reproduit tous les aspects que les deux images sont susceptibles de présenter suivant la façon dont elles se recoupent; une graduation mobile peut être fixée sur le côté à une position initiale quelconque, de façon qu’on lise toujours en face de l’index le diamètre mesuré en microns.
- Réglage cle l'étoile mobile et de la réglette de lecture. — Avant toute opération de mesure, il faut régler l’étoile mobile et la réglette de lecture. À cet effet, on introduit l'étoile mobile dans la jauge de réglage dont le diamètre a été préalablement étalonné ; on agit sur les vis des miroirs pour amener les images à se recouper d’une façon convenable, qu’on peut choisir d’ailleurs à son gré (1). On reproduit le même recoupement avec les silhouettes de la réglette de lecture et l’on fixe la graduation mobile de telle sorte que l’index marque le diamètre exact du cylindre de réglage.
- Avec ce système, on peut estimer les écarts des miroirs dans toutes les obliquités avec une précision égale à celle que donneraient les tambours si les écarts ne se produisaient que dans le plan vertical ou dans le plan horizontal.
- Les tracés des étoiles mobiles optiques varient beaucoup suivant l’emploi spécial auquel elles sont destinées; la place des pistons, la forme des pieds, etc., sont à peu près arbitraires ; l’essentiel est que les montages des miroirs et des axes soient libres et sans aucun jeu, ce qu’on a pu réaliser assez simplement à l’aide de ressorts convenablement combinés.
- Pour les trous de dimensions un peu considérables (bouches à feu), on donne aux miroirs la forme de secteurs à 120°, de façon à découvrir un troisième
- Fig. 31. — Réglette de lecture.
- (1)11 faut que les miroirs soient tous deux à peu près normaux aux génératrices de la jauge; il est en outre nécessaire que les images se recoupent toujours dans la jauge comme dans le trou; on choisira donc un recoupement initial différent, suivant que la dimension moyenne du trou sera plus grande ou plus petite que la dimension de la jauge.
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- miroir fixé sur le corps du chariot et destiné à mesurer l’arcure. L’image fournie par ce miroir sert encore à indiquer, par ses distances aux deux autres images, vers quelle touche se trouvent les irrégularités qui produisent les variations de diamètre. Afin de ne pas confondre entre elles les trois images, on a constitué ces miroirs en matières de couleurs différentes : glace ordinaire, verre vert, vert rose.
- L’avantage des étoiles mobiles optiques sur les étoiles mobiles ordinaires est de donner des mesures continues, c’est-à-dire de révéler tous les défauts qui se trouvent sur le parcours des pistons et de déterminer sur quelle génératrice se trouve la saillie ou le creux qui cause une variation de diamètre.
- Des ailettes épousant la forme des rayures des canons peuvent être placées sur le corps de l’étoile mobile dans le plan des touches; elles forcent l’appareil à suivre les rayures et permettent d’inspecter successivement toutes les cloisons et toutes les rayures. Un nouveau réglage des miroirs est évidemment nécessaire lorsqu’on passe de la visite des cloisons à celle des rayures.
- Il faut noter que l’appareil se prête en outre à la mesure de l’excentricité angulaire et de l’excentricité parallèle (angle et distance des axes) de la chambre par rapport à l’âme des bouches à feu.
- Rectification des opérations d’usinage.
- Il 11e peut être question, quant à présent, de rectifier mécaniquement les défauts provenant du travail moléculaire du métal; on n’a pas encore trouvé, par exemple, de machine propre à redresser automatiquement des canons de fusils faussés par la trempe, mais il est possible de prévenir les défauts qui résulteraient d’une opération mécanique mal conduite.
- Or, qu’il s’agisse d’une machine à raboter, à rectifier, apercer, à aléser ou à rayer, la façon de monter la pièce à usiner, de soutenir l’outil, la vitesse à donner à l’outil ou à la pièce elle-même, etc., sont autant d’éléments qui peuvent avoir une action sur la précision et la rectitude du travail. Une étude détaillée de l’effet produit par chaque opération mécanique doit donc être entreprise avant de lancer une fabrication; elle permettra le plus souvent de compenser par des montages convenables de la pièce les défauts inhérents à chaque machine. Prenons l’exemple d’une machine à raboter; supposons que sa table décrive une courbe légèrement convexe; on devra employer de préférence un montage qui serre la pièce par ses extrémités en faisant bomber le milieu, car la pièce, une fois démontée, tendra à prendre une forme concave opposée à celle qu’aura usinée la machine. Si, au contraire, la table de la machine décrit une courbe concave, on calera la pièce par ses extrémités et on la serrera par son milieu.
- On ne pourra pas toujours obtenir pour chaque opération un degré de précision suffisante, mais on pourra, le plus souvent, corriger une opération par
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- les opérations suivantes. Supposons, par exemple, que la courbure d'une partie rabotée, ou d’un trou, soit due au sens dans lequel la pièce à usiner a été placée sur la machine, on pourra généralement changer le sens dans lequel la pièce sera présentée aux opérations suivantes et faire des montages en conséquence.
- Il est donc nécessaire de pouvoir déterminer facilement les défauts propres à chaque machine et à chaque montage. Nous avons vu comment on détermine la courbe décrite par la table mobile d’une machine à raboter ou à rectifier; la meme méthode peut s’appliquer à beaucoup d’autres machines. On conçoit facilement, d’autre part, comment on peut, à l’aidede deux vérifications optiques, étudier les défauts de rectitude dus à un montage défectueux de la pièce à usiner ou de l’outil. La même méthode s’applique d’ailleurs à l’étude de la déformation produite par une épreuve mécanique ou physique déterminée.
- les indications fournies par la lunette autocollimatrice pour une visite de la surface à usiner ou à éprouver, passée avant que la pièce soit installée sur la machine.
- n\, n'2.............n\
- les indications fournies par une seconde visite de la surface usinée ou éprouvée, passée sur la pièce remise dans les mêmes conditions qu’avant l’opération ou l’épreuve.
- La déformation produite est caractérisée par la différence des pentes en chaque point,
- (n'j —nt), {n'2--n.,)...........(n'q — nq).
- D’où la règle suivante :
- « Pour déterminer la déformation résultant d’une épreuve ou d’un montage « déterminé, visiter la pièce une première fois avant l’épreuve ou avant le mon-« tage, puis une deuxième fois après l’avoir soumise à l’épreuve ou à l’opéra-« tion; retrancher les premières indications des secondes, et opérer sur les diffé-« rences comme il a été dit au paragraphe 1er. »
- La courbe ainsi obtenue est celle que prendrait une pièce parfaitement droite sous l’influence de l’épreuve ou par suite de l’opération dont il s’agit.
- Mesure de la rectitude d'une barre flexible. — L’épreuve la plus simple que puisse subir une barre est celle de la flexion sous son propre poids, lorsqu’elle est appuyée par ses extrémités; il peut être utile de mesurer sa flèche dans cette position ou d’en déduire quel sera son degré de rectitude, lorsqu’elle sera suspendue par un seul bout.
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- Pour mesurer la llôche exacte dans le premier cas, il faut éliminer l’action du poids du chariot et de l’équerre; or on peut admettre, sans erreur sensible, que cette action serait double pour un poids double; d’après cela, on la détermine de la façon suivante : après une première visite, on surcharge le chariot d’un poids égal à son propre poids augmenté de celui de l’équerre et l’on effectue une deuxième visite; on déduit par différence l’action produite par le poids du chariot et de l’équerre; cette action est définie par les nombres :
- (A) M — n>)> {»'! — n-i)............(n'q = ”q)-
- Or les indications
- (B) «j, n,..............................nq
- définissent la courbure de la barre sous l’influence de son propre poids et de celui du chariot accompagné de l’équerre ; les différences des quantités À et B, deux à deux, définissent donc la courbure de la barre sous son poids, soit :
- [> 1 — (ra'i [«2 — Kn'i — ?C)1.......[>q — « — Wq)]-
- Ces différences peuvent s’écrire :
- (2 n{ — n\), (2 n., — n',2)..........(2 nq — n'q).
- D’où la règle suivante :
- « Pour mesurer l’arcure d’une barre flexible, faire une première visite et « doubler les indications de l’appareil; effectuer une seconde visite en surchar-« géant le chariot d’un poids égal au sien augmenté de celui de l’équerre, s’il y « a lieu, et retrancher les nouvelles indications des nombres précédents. Opérer « sur les différences comme il a été dit au paragraphe 1er. »
- L’étude de la courbure de la barre, abstraction faite de la pesanteur et de toute action extérieure (barre suspendue par une extrémité), ne présente pas plus de difficulté.
- Soit
- xl} X ............xq
- les pentes cherchées,
- Cly ^ Cl ^ • ••••••«•# Clq
- les pentes dues à l’effet du poids de la barre et du poids du chariot,
- n
- i ?
- »,
- «q
- les indications de l’appareil pour une première visite. On a évidemment :
- (C)
- nv = xï + ay n2 = x2 + cr2
- ?? q --------'7'*q Clq
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- Si l’on fait tourner la barre sur elle-même de 180° et qu’on effectue une seconde visite, les pentes
- aq, x.,...............xq
- changeront toutes de signes et garderont les mêmes valeurs absolues.
- Les pentes
- rq, a,................aq
- ne changeront pas, de sorte que les nouvelles indications
- n\, ri.,..............ri
- auront les valeurs suivantes :
- n'l = al —
- (D) n'2 = a.2—x.
- n — oK. — ,iq.
- Des égalités (C) et (D), on déduit :
- 1 , o
- 1
- n1 — ril) = xi
- n, — n,) = x.
- (n 0 — ri
- D’où la règle suivante :
- a Pour terminer le dressage d’une barre flexible, indépendamment de la « pesanteur, faire une première visite, puis une seconde, la barre étant tournée « de 180°; opérer sur les demi-différences des indications de l’appareil, comme « il a été dit au paragraphe 1er. »
- CHAPITRE IV
- VÉRIFICATION OPTIQUE DU PARALLÉLISME ET DELA PERPENDICULARITÉ. — VÉRIFICATEUR A TRANSLATIONS PARALLÈLES. — APPLICATIONS DIVERSES. — RÉGLAGE d’üNE MACHINE A VAPEUR.
- Dans la plupart des cas, le parallélisme et la perpendicularité se mesurent avec une précision suffisante à i’aidc d’équerres, de règles et de trusquins à aiguille amplificatrice; mais ces procédés simples se trouvent assez souvent en défaut, notamment dans les cas suivants :
- Quand les lignes ou surfaces sont très courtes, la détermination de leurs directions est incertaine;
- Lorsque les lignes ou surfaces ne sont pas placées les unes à côté des au-
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- très, il est impossible de mesurer leurs distances relatives en différents endroits et par conséquent de s’assurer de leur parallélisme à moins de construire des vérificateurs spéciaux;
- Quand les lignes ou surfaces ne sont déterminées que par leurs traces sur d’autres plans, par des axes et des intersections virtuelles de surfaces, ou par des alignements éloignés, leur vérification échappe presque complètement aux instruments de mesure d’atelier, surtout si les traces, dont il s’agit, sont inaccessibles au trusquin.
- Lorsque les intersections des lignes ou surfaces à vérifier sont inaccessibles, l’emploi de 1 équerre simple est impossible pour vérifier leur perpendicularité.
- Les vérificateurs optiques, quoique d’un emploi plus délicat que la règle et
- le trusquin, se prêtent à un bien plus grand nombre d’applications, et toujours avec une précision très supérieure.
- Parallélisme. — Pour vérifier optiquement le parallélisme de deux lignes ou surfaces, le procédé consiste à transporter la lunette autocollimatrice parallèlement à elle-même pour l’amener successivement dans le prolongement des deux lignes ou surfaces dont il s’agit; plaçant alors le chariot à miroir sur chaque élément, le pointé de la lunette doit être le même dans les deux positions, si les lignes ou surfaces sont parallèles; dans le cas contraire, l’écart de pointé mesure le défaut de parallélisme,
- Cette translation de la lunette peut s’exécuter avec les instruments que nous avons décrits précédemment, en opérant de la façon suivante :
- Soit (fig. 32) AB et CD deux lignes dont on veut vérifier le parallélisme.
- Placer debout derrière les lignes AB et CD un marbre bien dressé et l’orienter à peu près normalement aux lignes à vérifier.
- Placer le chariot à miroir sur AB, faire autocollimation et noter les indications a et b de l’appareil.
- Appuyer l’équerre contre le marbre dans l’alignement de AB; poser sur elle
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- Je chariot à miroir, faire autocollimation etnoter les indications n etm de l’appareil; transporter l’équerre et la lunette en face de CD et faire autocollimation ; noter les nouvelles indications n' etm' de l’appareil.
- En faisant marquer aux deux tambours les divisions [n' + a — n) pour l’un et (m’ + b — m) pour l’autre, l’axe optique de la lunette se retrouvera dans une position parallèle à sa position initiale en face de AB; le chariot placé sur Cl) devra donner le môme pointé que sur AB.
- On remarquera que ce procédé n’implique pas que les éléments AB et Cl) soient placés cote à côte ou qu’ils aient une étendue quelconque, pourvu qu’ils soient assez grands pour supporter un chariot; ces éléments peuvent donc être très courts et placés à plusieurs mètres l’un derrière l’autre.
- Perpendicularité. — Une mesure de défaut de perpendicularité a été précisément exécutée dans l’exemple précédent; le défaut de perpendicularité de la droite AB avec le marbre est en effet donné par les différences (a-n) et (b-m).
- Lorsque l’intersection des deux lignes ou surfaces à vérifier est accessible, la vérification est immédiate ; dans le cas contraire, il faut assurer la translation rigoureuse de la lunette; à cet effet, après avoir visé la première ligne ou surface, on peut interposer un marbre verticalement devant la lunette et opérer comme il est dit plus haut; on enlève ensuite le marbre pour pouvoir viser sur la deuxième ligne ou surface.
- L’emploi d’un marbre intermédiaire est une complication et une cause de perte de temps qui pourrait rendre le procédé d’une pratique difficile dans le cas où l’on aurait à répéter l’opération sur un grand nombre d’objets semblables. Pour éviter cet inconvénient, nous avons établi un support de lunette qui donne immédiatement des déplacements parallèles de la lunette avec une grande exactitude.
- Vérificateur ci translations parallèles. — Les organes qui supportent directement la lunette autocollimatrice sont les mêmes que dans le modèle simple décrit au paragraphe 1er; les particularités nouvelles consistent dans les moyens de déplacement de la plaque de laiton sur laquelle appuient les vis des tambours divisés.
- Cette plaque coulisse sur une colonne en acier B (lig. 33 et 34) qu’elle embrasse par deux coussinets à serrage réglable. Entre les coussinets, un mécanisme à vis sans fin engrène avec une crémaillère taillée dans la colonne ; il est commandé par un bouton moletté d, qui sert à donner les petits déplacements verticaux; un poussoir à ressort p permet de débrayer le mécanisme à vis sans fin dans le cas où de grands déplacements de la lunette sont nécessaires. Du côté opposé à la colonne s’élève un pilier c, portant une règle en acier trempé b, sur laquelle s’appuie l’extrémité gauche de la plaque en laiton, par l’intermédiaire d’une touche en acier; un ressort assure le contact constant de la touche.
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- La tranche d’appui de la règle peut être fixée parallèlement à la colonne, elle peut même être rodée à l’émeri et retouchée par place de façon que le pointé
- Fig. 33 et 34. — Vérificateur à translations parallèles et ses accessoires.
- M,'M, N, chariots divers à miroirs; KIv, jauges do réglage; E, étoile mobile; T, tête d’une tringle conductrice;
- P, garde-soleil, sa mouche et son œilleton.
- de la lunette, pendant une ascension complète, suive exactement un fil à plomb placé à une centaine de mètres en avant de l’appareil. Dans ces conditions, l’axe
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- optique de la lunette reste parallèle à un même plan vertical pendant toute l’ascension. Gomme, d’autre part, les défauts de rectitude et les flexions que peut produire le poids de la lunette dans un plan normal à son axe sont sans influence sur le pointé, on voit qu’il suffit d’assurer le dressage de la colonne dans un seul plan, ce qui simplifie sa construction. Au cas même où ce dressage serait imparfait, on s’en apercevrait en plaçant un niveau sensible sur le corps de lunette; on peut même, par ce moyen, noter les corrections à faire sur le tambour supérieur pour différentes hauteurs de la colonne, afin de corriger les défauts de dressage (1).
- La colonne et le pilier sont solidement fixes sur un chariot en bronze A, qui coulisse, d’une part, sur un arbre horizontal et, d’autre part, sur une règle a, dont le champ est parallèle à l’arbre.
- L’arbre et la règle horizontale assurent la translation horizontale de la même façon que la colonne et la règle verticale assurentla translation verticale; mais, pour le mouvement horizontal, le poids de tout le système intervient d’une façon sensible, et l’on est obligé de retoucher fortement la règle pour corriger en chaque position l’effet de la flexion du système; à cet effet, on dispose un niveau sur le chariot parallèlement à la lunette et l’on note, de place en place, l’épaisseur de matière à enlever sur la règle pour ramener la bulle entre ses repères ; quand la règle est bien retouchée, la bulle doit rester immobile pendant toute la course du chariot. On voit que le dressage de l’arbre est indifférent dans le plan vertical, on peut donc se contenter de l’établir rigoureusement dans un seul plan seulement. Si ce dressage n’a pu être obtenu avec assez de perfection, on tient compte des imperfections en notant les corrections à faire subir au tambour latéral pour les différentes positions du chariot; à cet effet, on dispose un mètre horizontalement à une centaine de mètres en avant de l’appareil et on observe les différences entre les divers pointés et les déplacements correspondants du chariot.
- Un volant à main, engrenant avec une crémaillère pratiquée à la partie supérieure de l’arbre, commande le mouvement horizontal.
- L’emploi de ce vérificateur n’est pas limité au cas où les lignes et surfaces à visiter sont contenues dans le rectangle défini par la course horizontale et la course verticale de la lunette; si cette condition n’est pas remplie, il est facile de tourner la difficulté en déplaçant le vérificateur tout entier parallèlement à lui-même .
- (1) L’action du bouton moletté, qui commande le mouvement ascensionnel, a une certaine action sur la façon dont les coussinets se calent sur l’arbre ; ainsi le pointé change légèrement suivant qu’on s’arrête sur une montée ou sur une descente; on doit donc prendre la précaution, à chaque changement de position, de toujours terminer la manœuvre en tournant le bouton dans le même sens.
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- Supposons, par exemple, qu’on ait à vérifier deux arêtes horizontales plus écartées que la largeur du vérificateur, on opère de la façon suivante :
- La lunette étant à la gauche du vérificateur, placer l’appareil vis-à-vis de la ligne ou surface de gauche et faire autocollimation; transporter la lunette à la droite du vérificateur et disposer en face de la lunette un miroir plan quelconque qu’on règle de façon à rétablir l’autocollimation ; ramener la lunette à gauche ; déplacer tout l’appareil pour replacer la lunette devant le miroir auxiliaire et
- Fig. 33. — Vérificateur de parallélisme (miroir auxiliaire).
- caler le socle de l’instrument à l’aide de ses vis calantes, de façon à rétablir le même pointé; déplacer la lunette vers la droite jusqu’à ce qu’elle arrive en regard de la deuxième ligne ou surface à vérifier ou, s’il est nécessaire, recommencer une seconde série d’opérations pour transporter parallèlement l’instrument une seconde ou une troisième fois.
- Miroir auxiliaire. —Le miroir plan auxiliaire qui sert à l’opération ci-dessus décrite a aussi d’autres applications que nous allons exposer plus loin; nous donnerons d’abord sa description. C’est un morceau de glace épaisse dont le pourtour est taillé en biseau; il est argenté sur sa surface extérieure qui a un diamètre supérieur à l’autre face et l’argenture est protégée par un vernis à la
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- gélatine bichromatée (1). Le miroir est collé dans une chape à charnière qui permet de donner au miroir une inclinaison quelconque; la chape est fixée sur un pied long reposant par deux pointes fixes et une vis calante; les petits déplacements zénithaux se font à l’aide de la vis calante; les déplacements azimutaux, par de petits coups donnés sur les côtés du pied.
- Déterminer la direction d’une ligne ou d’un plan virtuel. — Soit (fig. 30) A et B deux traces (traits, coups de pointeau, centres, arêtes, etc.) définissant une direction qu’il s’agit de comparer avec une autre quelconque.
- Si l’on place un miroir dans le plan normal au milieu de AB, l’image de B coïncide avec A, et cette coïncidence n’a lieu que si le miroir est exactement dans ce plan. On peut s’assurer que cette condition est remplie, en plaçant l’œil en C de façon à apercevoir le point A sur le bord a du miroir, le point B y apparaîtra en même temps ; toutefois, l’observation à l’œil nu n’est pas susceptible de précision parce que Tonne voit qu’une partie de la région A et une partie delà région B; ce procédé ne doit donc être employé que pour ébaucher le réglage du miroir. L’emploi d’une lunette quelconque fera ensuite apparaître les deux régions A et B entières et grossies ; la clarté des images sera seulement moitié moindre que si chaque région était vue directement sans l’interposition du miroir qui couvre à peu près la moitié de l’objectif de la lunette; il est donc nécessaire d’éclairer vivement les deux traces A et B. Nous avons choisi une lunette du type « astronomique » à long tirage; il n’y a pas grand inconvénient, en effet, à ce que les images soient renversées ; il est nécessaire, d’autre part, de pouvoir mettre au point sur des objets très rapprochés comme sur des objets assez éloignés.
- La précision de l’opération dépend de la puissance de la lunette employée, mais il faut remarquer que la position du miroir n’est pas également bien définie dans toutes les directions; sa détermination est moins certaine dans le plan AOM que dans le plan normal; supposons en effet le miroir parfaitement réglé, on pourra lui donner un petit déplacement et, dans le plan AOM, une inclinaison telle que l’image de B vienne en B' dans l’alignement AM, et le défaut de superposition sera difficile à apprécier; toute rotation dans le plan normal à AOM donnera au contraire des déplacements faciles à constater. Cette inégalité de
- (1) Procédé Yrarn, Comptes rendus des Séances de l’Academie des Sciences, 1893-1894.— Ce vernis produit des irisations qui sont sans inconvénient.
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- VÉRIFICATEURS OPTIQUES DES LIGNES ET SURFACES DES MACHINES. H 05
- précision décroît avec la distance OM; en effet, la rotation du miroir autour de O a pour effet de promener l’image de B sur une sphère décrite sur AB comme diamètre. Le maximum de précision a lieu lorsque AM est normal au chemin décrit par l’image; cette condition n’est remplie pour toutes les directions que si M est exactement sur la ligne AB. Il est donc bon de répéter la vérification en changeant le miroir de place, la seconde position étant à environ 90° de la première par rapport à la ligne à vérifier, et en se rapprochant toujours autant que possible de la ligne à vérifier. .
- Le miroir étant ainsi réglé normalement à AB se trouve être normal à toutes les parallèles à AB; on peut donc, sans bouger le miroir, et par simples visées dans différentes directions, vérifier immédiatement le parallélisme d’un nombre quelconque d’alignements, à condition que leurs milieux soient à peu près dans un même plan normal. .
- Dans le cas contraire, on est obligé de recourir à l’autocollimation. Le miroir auxiliaire étant réglé normalement à l’alignement considéré, on dispose la lunette en face de lui, puis on la transporte parallèlement en regard de la seconde ligne ou surface à vérifier sur laquelle on place un chariot à miroir. Nous donnons ci-après un exemple d’une telle vérification.
- APPLICATIONS DIVERSES
- Déterminer la direction de la ligne de mire d’an canon par rapport à la direction da dernier élément de l'âme. — Dans une bouche à feu longue, où l’arcure intervient d’une façon sensible, de même que dans un canon de fusil, la direction initiale de la trajectoire ne dépend pas de la ligne qui joint les centres des tranches extrêmes de l’ame, mais bien de la direction du dernier élément de l’âme; c’est donc par rapport à ce dernier élément de l’âme qu’il convient de déterminer la direction de la ligne de mire. A cet effet, on place un chariot à miroir bien réglé dans la bouche de la pièce ; on dispose le miroir auxiliaire à mi-chemin entre l’œilleton et le guidon et on le règle normalement à la ligne de mire; il reste alors à transporter parallèlement la lunette autocollimatrice en face de l’âme, puis en face du miroir auxiliaire; la différence de pointé mesurée sur les tambours de la lunette détermine complètement la direction relative cherchée. La même opération permet d’établir la ligne de mire d’un fusil type devant servir de « rapporteur » pour une fabrication ; un calibre à miroir réglable donne la direction du dernier élément du canon (1).
- Dans le cas où la ligne de mire est déterminée par un collimateur, la vérification est encore plus simple. Il suffit d’introduire le chariot à miroir dans la
- (1) Vérificateurs du dressage des canons de fusils. Revue d’Artillerie, 1896. .1: 0.
- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Juillet 1899. 72
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- ARTS MÉCANIQUES. ---- JUILLET 1899.
- bouche, face en arrière, et de placer le vérificateur à lunette autocollimatricc derrière la culasse. On pointe successivement sur le miroir du chariot et sur l’intersection des lignes de foi du collimateur.
- Nous donnerons, pour terminer, quelques exemples de vérification de parallélisme et de perpendicularité en prenant le cas du montage d’une machine à vapeur.
- Vérifier que les tourillons d'un vilebrequin sont parallèles entre eux. — Poser le vilebrequin sur un marbre, ses axes étant parallèles à la lunette autocolli-matrice. Placer, sur chaque tourillon, l’équerre spéciale surmontée du chariot à miroir; transporter parallèlement la lunette en face de chaque tourillon successivement ; le pointé ne doit pas changer. Il est bon de faire tourner l’équerre avec son chariot à miroir autour de chaque tourillon, afin d’éliminer l’influence de la conicité dont peuvent être entachés ces tourillons; on adopte pour chaque tourillon la moyenne des lectures laites pour les divers orientements de l’équerre.
- Vérifier que le cylindre d'un moteur est parallèle aux glissières et normal aux coussinets du vilebrequin. — Préparer deux barres prismatiques identiques, ayant vers leur milieu un Y destiné à recevoir une barre cylindrique.
- Placer les barres prismatiques dans le cylindre près des deux extrémités, et les régler parallèlement l’une à l’autre à l’aide d’un niveau. Poser dans les Y la barre cylindrique qui se trouve ainsi parallèle à l’axe du cylindre. Sur la barre cylindrique, placer le chariot à miroir par l’intermédiaire de l’équerre. Le miroir détermine la direction de l’axe du cylindre.
- Pour avoir la direction de la glissière, disposer sur sa partie inférieure une règle reposant par ses extrémités sur deux cales larges et la caler bien parallèlement aux arêtes à l’aide de jauges ou de trusquins. Au milieu de la règle, placer le chariot à miroir qui détermine la direction de la glissière. La direction ainsi définie n’a de valeur qu’autant que la glissière est droite, on devra donc s’assurer au préalable que cette condition est remplie ; pour cela, il suffit de placer un miroir contre le patin engagé dans les glissières, mais détaché de la bielle et de la tige de piston, puis d’exécuter une visite optique en faisant cheminer le patin d’un bout à l’autre de la glissière.
- Le vérificateur placé dans le prolongement du cylindre permettra de comparer la direction de l’axe de celui-ci à la direction de la glissière.
- Plaçant, d’autre part, une règle plate dans les coussinets du palier, on la surmonte d’un chariot à miroir appuyé contre une équerre ordinaire appliquée sur le bord de la règle, et l’on a ainsi une direction perpendiculaire à l’axe des coussinets ; une visée dans ce miroir fait constater si l’axe dont il s’agit est bien normal à l’axe du cylindre.
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- VÉRIFICATEURS OPTIQUES DES LIGNES ET SURFACES DES MACHINES. 1107
- Vérifier le centrage des presse-étoupes. —Il peut se faire enfin que le cylindre soit mal centré par rapport aux presse-étoupes; dans ce cas, la tige du piston prend un mouvement de tangage; on s’en aperçoit en fixant un miroir à l’extrémité de la tige du pistou détachée de la bielle et seulement engagé sur le manet-ton du patin; le pointé changera pendant une course du piston.
- Vérifier que les paliers de l'arbre de couche sont dans le prolongement des coussinets du vilebreguin. — A cet effet, ’on dispose une règle sur les coussinets de l’arbre de couche, comme on l’a fait sur les coussinets du vilebrequin, mais en plaçant cette fois le chariot à miroir contre la tranche de la règle.
- Le pointé doit être le même pour les deux règles. Il faut avoir soin de toujours placer le chariot à miroir à égale distance des points d’appui de la règle, afin que la flexion de celle-ci n’intervienne pas.
- Nous venons d’indiquer quelques vérifications pour l’exécution desquelles on ne possédait pas, jusqu’à présent, d’instruments précis; il nous paraît suffisant qu’on ait compris dans quels cas les vérificateurs optiques dont il s’agit peuvent être utiles, les applications se présenteront d’elles-mêmes dans les diverses fabrications mécaniques de précision.
- NOTES
- I. — CALCUL DE L’OBJECTIF
- Afin d’obtenir un grand champ et, par suite, une plus longue portée, on a adopté un objectif dont l’ouverture est un peu plus grande que pour une lunette astronomique ordinaire ; avec un objectif d’ouverture supérieure à l’ouverture moyenne, les rayons marginaux donnent une image médiocre, mais, comme le miroir sur lequel on fait autocollimation est plus petit que l’objectif, et doit être dans l’axe de la lunette, les bords de l’objectif ne reçoivent le faisceau réfléchi par le miroir que dans le cas où celui-ci fait un certain angle avec l’axe de la lunette ; or, comme on le verra plus loin, les mesures se font en centrant l’image sur le réticule ; à ce moment, la partie médiane seule de l’objectif fonctionne, et l’image doit être très nette : on remarque, en effet, qu’en ramenant l’image du bord au centre du champ, sa netteté augmente.
- L’interposition de la lame de verre de 30 millimètres d’épaisseur, formée des deux prismes éclaireurs, a, sur l’aplanétisme de l’objectif, une action négligeable ; son influence est, au contraire, appréciable sur l’achromatisme ; le calcul montre que le foyer des rayons rouges est déplacé d’environ 0mm,3 vers l’objectif par rapport à celui des rayons bleus.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- JUILLET 1890.
- II. — CALCUL DE L’INCLINAISON DE LA LAME MINCE. — INTENSITÉ LUMINEUSE
- DES IMAGES OBSERVÉES.
- La proportion p de lumière réfléchie sous une incidence i est donnée par la formule :
- P =
- strr
- tg2
- SHr
- (i 4- r) Ixf (i r)
- la quantité q de lumière réfractée sous la même incidence est :
- q — ï—p. (2)
- Si l’on change i en r et réciproquement dans la formule (1), sa valeur ne change pas. Or, un rayon So (fig. 37) tombant sous une incidence i sur la face AB
- arrive sous une incidence r, sur la S£ndement/ face CD ; il est donc réfléchi par
- cette face dans la même proportion que le premier rayon l’est sur la face AB.
- Suivons la décomposition du rayon So. Il arrive en o avec une intensité 1, envoie en M un rayon d’intensité Ip et en a! un rayon d’intensité Iq. Plaçons enM un miroir plan normal à OM. Si l’on néglige les deuxième, troisième, etc., réflexions qui se produisent entre les deux faces de la lame, les rayons qui arrivent en B, R' à l’oculaire sont les deux suivants : SoMoQR et So«o'MVaR'.
- D’après ce que nous venons de voir, la quantité de lumière arrivant sur l’une quelconque des faces doit être multipliée par p ou par q suivant que le rayon traverse ou qu’il est réfléchi. Ainsi le premier rayon, en arrivant en R, a une intensité :
- I Xp X q X q = I p q2-
- Le deuxième rayon, en arrivant en R, a une intensité :
- ÏXqXpXqXqXq-lpq1*-
- Fxg. 37.
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- VÉRIFICATEURS OPTIQUES DES LIGNES ET SURFACES DES MACHINES. 1109
- L’intensité du faisceau reçu par l’oculaire sera donc la somme des deux intensités ci-dessus, c’est-à-dire :
- Ip cf (1 -+- q2).
- Si l’on néglige le deuxième rayon, l’intensité se réduit à I p q2 et, en vertu
- 1
- de la relation (2), le maximum d’intensité a lieu par p=-K et l’intensité corres-
- O
- , 1 pondante est gVjg*
- En tenant compte des deux rayons, le maximum correspond à une valeur
- 1 \ de p — et l’intensité résultante est 7—^.
- 1 3,69 4,53
- Connaissant la valeur maximum de p, l’équation [1] donne l’angle d’incidence le plus favorable.
- Nous appellerons rendement lumineux de la lame, sous une incidence i, la valeur
- p = p?8 (t + ÿ2) (3).
- La formule (1) donne la relation qui existe entre p et i pour une valeur donnée de l’indice de réfraction. La formule (3) doune la relation qui existe entre p et le rendement lumineux p. Ces formules permettent donc d’établir un abaque donnant les valeurs de i et les valeurs de p en fonction des valeurs de p.
- Nous donnons ci-contre (fig. 38) un tel abaque, construit en prenant successive-1
- ment n — 1,52 et n c’est-à- dire en supposant un rayon réfléchi dans
- 1 , t) —
- l’air sur du verre, puis dans le verre sur une surface de séparation de l’air.
- Cet abaque montre que le rendement maximum est donné par une lame d’air inclinée à 39° environ ou par une lame de 'serre inclinée à 75° environ. On voit en même temps que la lame de verre à 45°, généralement adoptée pour les lunettesautocollimatricesordinaires,aun rendement lumineux bien inférieur (1).
- Toutefois, on est obligé de s’en tenir à une inclinaison un peu inférieure à 39°, afin que les rayons utiles les plus obliques ne s’approchent pas de l’incidence de réflexion totale. L’angle de 35°, satisfaisant suffisamment à cette condition, a été adopté.
- Clarté du fond. — Nous n’avons pas parlé des réflexions qui se produisent sur les faces parallèles du prisme. Ces réflexions forment des images qui, se
- (1) Lorsque le système éclaireur 11e doit pas fournir d’image par réflexion, le problème n’est plus le même, et l’on peut augmenter le rendement lumineux, comme l’a fait M. A. Cornu, en remplaçant la lame à 45u par une pile de lames minces à 45° qui multiplient la quantité de umière renvoyée dans le corps de lunette.
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- ARTS MÉCANIQUES. ---- JUILLET 1899.
- trouvant très éloignées du plan du réticule, sont absolument invisibles de l’oculaire; elles ont seulement pour effet de jeter un peu de clarté sur le fond; un
- . . 1
- calcul simple ferait voir que la clarté ainsi répandue sur le fond est à peine
- ce du vt rre = 1,51,
- dans le
- Incidences
- valeur de p.
- Fig. 38.
- de la clarté des images à observer, c’est-à-dire qu’elle est tout à fait négligeable par rapport à la lumière diffuse entrant par l’objectif.
- III. — AUTRES PROPRIÉTÉS DU DOUBLE PRISME. '
- Si l’on place l’œil du côté de la face AE(fig. b, p. 1061), on aperçoit tous les objets situés au delà de la face CB en même temps que tous les objets situés à droite de la face ED; un calcul analogue à celui qui précède montre que l’intensité lumineuse des objets situés dans l’axe du prisme perd 1/4 environ de sa valeur, tandis que celle des objets situés dans l’axe de l’éclaireur perd les 3/4 de sa valeur. Ces rapports varient d’ailleurs avec la direction de la visée, et deviennent tous deux égaux à 1/2, lorsque cette direction fait un angle d’environ 40° avec la face réfléchissante AB. (Ce résultat ne serait obtenu avec une lame de
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- VÉRIFICATEURS OPTIQUES DES LIGNES ET SURFACES DES MACHINES. 1111
- verre à faces parallèles que sous une incidence rasante.) La quantité de lumière absorbée étant insignifiante, la propriété précédente permettra d’employer avec avantage le double prisme dans bien des cas où Ton avait recours à la demi-argenture Foucault, qui est très fragile et absorbe beaucoup de lumière.
- Dans certains cas, le double prisme peut être avantageusement employé comme chambre claire.
- On peut aussi superposer à un objet ou à un cliché vu à travers le prisme l’image rélléchie d’un second cliché de couleur différente, ou portant d’autres détails, ce qui comporte de multiples applications.
- Le prisme permet encore, d’établir un viseur très commode dans le cas où le but n^est pas trop clair; il suffit, pour cela, de placer devant la face ED un collimateur fournissant des lignes de foi brillantes, qu’on voit, par réflexion, se détacher à l’infini sur le paysage vu par transparence-. Le prisme et le collimateur étant rendus solidaires constituent donc un viseur à très grand champ, qu’on peut employer sans tenir l’œil immobile ; toutefois, les lignes de foi, perdant par réflexion les deux tiers environ de leur intensité, ne sont nettement visibles que sur un fond un peu sombre; pour les apercevoir sur un fond blanc très éclairé, il devient nécessaire de disposer derrière le collimateur une source de lumière assez vive.
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- MÉTALLURGIE
- SUR LA POSITION DES POINTS DE TRANSFORMATION MAGNÉTIQUE
- des aciers au nickel. Note de M. L. Dumas (1).
- Les travaux de MM. J. Hopkinson, H. Le Chatelier, C.-Ed. Guillaume, Osmond, ont déterminé la position des points de transformation magnétique des alliages de fer et de nickel. Lorsque la teneur en nickel est voisine de 25 p. 100, le point de l’échelle des températures où commence à apparaître Je magnétisme, pendant le refroidissement, est peu éloigné de 0° : il se relève rapidement, soit que la teneur en nickel diminue (alliages dénommés par M. Guillaume irréversibles), soit qu’elle augmente (alliages réversibles).
- Nous avons été amenés à constater que les aciers au nickel ayant la composition suivante : C = 0,6 à 0,8, Mn = 0,5, Ni 20 à 25, Cr = 2 à 3 p. 100, ne sont pas magnétiques à la température ordinaire et ne se transforment pas sous l’influence du refroidisssement, même après l’immersion dans l’air liquide (2).
- Cette constatation a été le point de départ de nos recherches (3). Nous avons préparé des échantillons dont nous donnons ci-après les analyses, suivies de l'état magnétique à la température ordinaire + 15°, dans la neige carbonique — 78°, et pour quelques-uns dans l’air liquide — 188° (4). Pour plus de clarté, nous groupons les teneurs en nickel voisines. Dans chaque groupe, nous classons les échantillons par ordre de teneur en carbone :
- COMPOSITION CHIMIQUE POUR 100. MAGNÉTISME.
- Carbone. Silicium. Manganèse. Nickel. à -j- 15°. à — 78°. à — 188".
- 1. 1,37. 0,41 2,71 10,00 très faible très faible permanent
- 1 0.07 0,25 1,45 15,48 très fort très fort
- 1 0,19 0,12 0,73 14,55 très fort très fort
- Il ) 0,73 0,38 0,41 15,92 très faible permanent
- ) 1,03 0,37 1,22 14,44 nul permanent
- 1 1,13 0,38 1,89 15,88 nul nul permanent
- 1 1,36 0,55 2,07 14,80 nul nul
- | 0.15 0,15 0,31 24,06 très faible très fort
- 1 0,34 0,22 0,51 24,04 très faible très fort
- 111. { 0,41 0.23 0,11 24,05 nul permanent
- | 0,04 0,27 0,88 24.61 nul nul non permanent
- f 0,85 0, 47 1,41 23,35 nul nul
- IV. I 0,39 0,23 0,43 25,38 nul permanent
- j 0,62 0,41 0,80 25,45 nul non permanent
- V. 1 0,23 0,17 0,18 27,12 nul permanent
- I 0.25 0,14 0,30 27,72 très faible non permanent permanent
- d: 1 Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 3 juillet 1899, p. 42.
- (2 ) Grâce à l’obligeant intermédiaire de M. Guillaume, M. le professeur J. Dcwar a bien voulu faire cette expérience en mai et juin 1897 sur trois échantillons : 1 un d eux a subi la transformation magnétique.
- (3) La Société de Commentry-Fourchambault nous a chargé de la direction de ces recherches, qui ont été faites à l’usine d’Jmphy par les soins de MM. Adenot, directeur; Girin, ingénieur principal, Dauphin, Gineste et Coupeaud, ingénieurs.
- (4) C’est à la grande obligeance de M. d'Arsonval que nous devons d avoir pu donner à nos expé.
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- TRANSFORMATION MAGNÉTIQUE DES ACIERS AU NICKEL.
- H ] 3
- L’examen du tableau (I) nous amène aux conclusions qui suivent :
- 1° La position du point de transformation magnétique ne dépend pas exclusivement de la teneur en nickel; dans chaque groupe, les points de transformation sont répartis, sur l’échelle des températures, entre des limites éloignées de plusieurs centaines de degrés;
- 2° Dans chaque groupe, le point de transformation peut être abaissé par des additions de carbone et de manganèse, ce qui permet d’obtenir des aciers non magnétiques à basse température, même avec des teneurs en nickel très faibles ;
- 3° Certains aciers de teneur en nickel supérieure à 24 p. 100 ont acquis, par le refroidissement, un magnétisme non permanent, c’est-à-dire qui ne subsiste pas à la température ordinaire (réversibles de M. Guillaume) ; d’autres, faisant partie des mêmes groupes, ont acquis parle refroidissement le magnétisme permanent (irréversibles). L’un des échantillons possède même cette propriété remarquable d’être successivement non magnétique à -f 15°, magnétique non permanent à —78°, magnétique permanent à — 188° ;
- 4° L’influence du carbone est nettement prépondérante; quelques millièmes de cet élément suffisent pour amener le point de transformation dans le voisinage de — 188°, tandis que celui des alliages de fer et de nickel, qui sont d’ailleurs toujours un peu carburés, ne descend jamais au-dessous de 0°. Les proportions de manganèse sont assez faibles pour que l’influence de cet élément puisse être considérée comme négligeable, relativement à celles du carbone et du nickel. Le manganèse a été introduit pour favoriser la dissolution du carbone et éviter sa précipitation à l’état de graphite.
- Le chrome est un dissolvant du carbone plus énergique encore que le manganèse, il a une action très favorable sur la ductilité à chaud et à froid, c’est ainsi que nous avons été amenés à préparer un certain nombre d’échantillons d’acier au nickel contenant des proportions variées de chrome.
- COMPOSITION CHIMIQUE POUR 100. MAGNÉTISME.
- Carbone. Silicium. Chrome. Manganèse. Nickel. à + 15». à — 78°. à — 188'
- VI. 0,36 0,47 14,4 0,60 0,9 très fort très fort très fort
- ( 0,52 0,24 2,83 0,59 4,95 très fort très fort
- vu. 1,14 )) 3,12 0,93 5,05 très faible très faible
- ( 2,13 0,54 3,92 5,05 4,96 nul nul
- VIII. 1,77 0,40 3,19 2,78 7,28 nul nul nul
- ( 0,31 0,42 2,92 0,46 10,20 très fort très fort
- IX. ) 0,73 0,58 2,70 0,61 12,04 nul permanent
- ( 1,10 0,34 3,55 0,91 13,34 nul nul nul
- 1 0,07 0,23 2,74 0,96 17,24 très fort très fort
- 0,19 0,31 0,98 0,26 17,50 très fort très fort
- \ 0,29 0,30 9,05 0,13 15,50 nul nul nul
- X. J 0,33 0,21 2,83 0,60 15,08 nul permanent
- \ 0,40 0,47 1,75 0,63 16,06 nul permanent
- ! 0,50 0,24 1,77 0,53 16,68 nul permanent
- 0,53 0,35 3,02 0,82 16,05 nul nul nul
- 1 0,71 0,58 2,02 1,17 16,16 nul nul
- riences l’extension très intéressante dont les résultats sont consignés dans la dernière colonne du tableau. Nous lui en exprimons notre vive gratitude.
- (1) M. Osmond, poursuivant ses remarquables travaux sur les modifications allotropiques du fer, a eu recours au refroidissement dans l’air liquide. Il a signalé récemment [Bulletin de juin 1899, p. 902) deux aciers à 29,07 et 3,77 p. 100 de nickel qui deviennent magnétiques dans l’air liquide. Il a, de plus, démontré que, dans l’austénite, le carbone seul, sans auxiliaire, abaisse le point de transformation du fer bien loin au-dessous de 0°. Ces résultats sont confirmés et généralisés par nos propres constatations.
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- MÉTALLURGIE.
- JUILLET 1899.
- COEI'OSITION CHIMIQUE POUR 100. MAGNETISMK.
- Carbone. Silicium. Chrome. Manganèse. Nickel. à + 15°. il - 78». à — 188».
- / 0,10 0,21 0,43 0,32 21,84 très fort très fort
- l 0,27 0,23 0,50 0,43 22,08 très fort très permanent
- AI. ) 0,28 0,29 0,39 0,30 23,06 nul permanent
- 1 0,30 0,23 0,33 0,27 23,73 nul permanent
- I 0,31 0,2a 9,29 0,23 24,20 nul nul non permanent
- 1 0,4a 0,3a 0,28 0,60 24,26 nul nul permanent
- XII. 0,03 0,94 2,33 0,41 27,10 très faible non permanent non permanent
- ( 0,11 0,23 9,87 0,70 fer (1) 1,63 nul nul non permanent
- XIII. j 0,10 0,32 9,40 1,72 fer 1,73 nul nul non permanent
- ( 0,90 0,49 9,62 1,43 fer 1,4a nul nul non permanent
- L’action du carbone reste prépondérante dans la plupart des échantillons composant ce tableau, mais elle me paraît nulle lorsque le nickel remplace à peu près complètement le fer. Par contre, le chrome n’abaisse pas le point de transformation des aciers à très faible teneur en nickel, mais il abaisse considérablement celui des aciers au nickel h forte teneur, et notamment celui des aciers au nickel sans fer ou pouvant être considérés comme tels.
- Le magnétisme acquis par le refroidissement est encore, comme celui des aciers non chromés, soit permanent, soit non permanent. Quatre échantillons, dont les teneurs en nickel diffèrent notablement, mais qui sont très fortement chromés, sont restés non magnétiques, même dans l’air liquide. L’abaissement le plus considérable du point de transformation a été obtenu par l’action combinée du carbone et du chrome.
- 1 ) La teneur en nickel s’obtient par différence.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- LES TRAMWAYS A AIR COMPRIMÉ DE NEW-YORK (1)
- Ces tramways, exploités par Y American Air Power C°, ont actuellement un matériel de 10 voitures seulement, mais on est en train de monter un compresseur de 1 000 chevaux qui pourra en alimenter 80.
- Le système adopté, de M. Hoadley Knight, dérive immédiatement de celui d i Mékarsky. Chaque Y'oiture porte (fig. 1 à 3) deux r.:otcu:s à air comprimé : un à haute
- "‘Via
- ln-4- -
- --------G-i
- Fig. 1 à'3. — Voiture des tramways à air comprimé de New-York. Élévation, plan et schéma des conduites.
- pression, à cylindres de 100 X 150 et l’autre à basse pression, à cylindres de 150 x 200, enfermés (fig. 4) dans des caisses à bains d’huile à l’abri de la poussière, et attaquant chacun leur essieu par un pignon médian de 234 milimètres, en prise avec une roue de 533 milimètres. Le tout est monté (fig. 5^ sur un truck aussi semblable que possible à ceux des tramways électriques.
- L’air comprimé est renfermé dans des bouteilles en acier doux sans soudure
- (1) Street Railway Journal, juin 1899.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- B (fig. 1 et 3) au nombre de 6 par voiture, de 6m,555 x 233, de 9 milimètres d’épaisseur, pesant 320 kilogrammes chacune, et chargées d’air à 180 kilogrammes par la sou-
- Fig. 4. — Tramways à air comprimé de New-York. Vue d’un moteur.
- Fig. S. — Tramways à air comprimé de New-York. Détail d’un truck-moteur.
- pape A (fig. 3). De ces bouteilles, l’air passe dans un réchauffeur (Heater, fig. 6) de l,n3,70, rempli d’eau chaude à 15 kilogrammes et à 200°; après avoir traversé ce ré-
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- LES TRAMWAYS A AIR COMPRIMÉ DE NEW-YORK.
- Hj7
- chauffeur, l'air passe au détenteur D (fig. 8), qui en abaisse la pression à 22 kilo-
- Fig. 6. — Tramways à air comprimé de New-York. Détail d’un moteur.
- Fig. 7. — Tramways à air comprimé de New-York. Détail d’un injecteur.
- grammes, puis aux distributeurs EE, placés à la portée des conducteurs, à chaque extrémité de la plate-forme, et qui l’amènent à l’injecteur F (fig. 7), alimenté par le
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- JUILLET 1899.
- réchauffeur d’eau à 200°, d’où l’air mélangé à un peu de cette eau vaporisée, comme dans l’appareil Mékarski, passe aux cylindres de haute pression G (iig. 3); de ces cylindres, l’air repasse de nouveau au travers du réchauffeur et d’un injecteur, puis aux cylindres de basse pression. On remarquera que l’air comprimé ne traverse jamais l’eau même du réchauffeur, mais des tubes plongés dans cette eau.
- Chacun des distributeurs E a deux manivelles permettant de faire varier soit la pres-
- 115
- sion d’admission de l’air, soit la longueur de cette admission : au -, au -, aux g de la
- course des pistons de haute pression. En allure normale, on marche au 7, en réglant
- par la première manivelle ; en pente, des reniflards aux cylindres permettant de marcher en admission fermée : en cas d’urgence, la seconde manivelle permet de renverser la distribution et de faire agir l’air comme frein. Quand on arrive au terminus, on transporte les deux manivelles d’un distributeur sur l’autre, et l’on repart sans plus tarder.
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- MACHINE A MEULER LES PIGNONS.
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- Chaque voiture pèse 8 500 kilogrammes, dont 1 900 pour les bouteilles, 310 pour le réchauffeur, 1 270 pour les moteurs : c’est à peu près le poids d’une voiture électrique de meme puissance. Elles peuvent parcourir 25 kilomètres sans changer les bouteilles, et l’on espère aller à 60 en augmentant le nombre et la pression de ces bouteilles ; la marche est silencieuse et le démarrage sans secousses.
- Le nouveau compresseur est (fig. 8) du type Ingersoil-Sergeant vertical, avec machine à vapeur compound croisée d’Allis, à deux cylindres de 810 et lm, 50 x lm,50 de course, commandant chacun, par un croisillon à quatre tiges, deux cylindres compresseurs à simple effet de 11U,16, 610, 350, 150 et 1111,50 de course, à enveloppes d’eau, réservoirs refroidisseurs intermédiaires et comprimant respectivement l’air à 2kg,8 12kg,5, 60 kilogrammes et 160 kilogrammes. Le grand et le deuxième de ces cylindres sont en tandem sous le cylindre à vapeur de basse pression, et les deux autres sous le petit cylindre. Les deux refroidisseurs de basse pression sont en tubes droits traversés par l’air, entourés d’eau, et présentant une grande surface, les autres sont constitués par des serpentins qui diminuent le nombre des joints. Quand la pression s’exagère, un régulateur à air ferme la prise de vapeur. La puissance de la machine est de 1 500 chevaux à 75 tours; sa vitesse de régime est de 60 tours ; elle aspire lm3,60 d’air par course. L’arbre, à portées de 500 x 915, porte un volant de 6in,60, à jante de 0m,60x 460, pesant 57 tonnes. Hauteur totale des cylindres à vapeur et à air 18 mètres. L’échappement se fait par un tuyau de 560 milimètres à l’air libre ou dans un condenseur Worthington précédé d’un réchauffeur d’alimentation. La vapeur est fournie à 10kg,5 par des chaudières Babcox-Wilcox.
- Le rendement maximum du cycle : rapport du travail théorique indiqué des moteurs à celui des compresseurs, est de 61 p. 100. D’après M. Knight, ingénieur de la ligne, on dépenserait environ 0m3, 760 d’air par voiture kilomètre.
- machine a mecler les pignons, de MM. Leland et Ferris.
- Cette machine a pour objet de finir après recuit et trempe les pignons taillés à la fraise dans des blocs d’acier, principalement ceux des vélocipèdes akatènes, et de leur donner ainsi la forme exacte et géométrique définitive. Cette opération ne peut se faire que par une meule très fine, en corindon très dur, assez résistant pour que le profil de la meule ne se déforme pas sensiblement pendant la taille d’un pignon, et tournant très vite, à une vitesse périphérique de 50 mètres environ par seconde (1).
- Le pignon en travail Bj (fig. 8 et 10) est fixé sur un axe enfoncé en B,t dans une broche B2, à diviseur B;j, et qui reçoit un mouvement d’oscillation autour de son axe par son bras Bfi, terminé par le gabarit B7(fig. 12), indiqué en C (fig. 8) représentatif du profil agrandi des dents à tailler. Les paliers de B2 reposent sur une platine Bs, avec fourche b (fig. 11, 12 et 25) pivotée en ab' sur le socle A, Taxe fictif aa coupant celui de B2 au sommet Q du cône du pignon, et Bs repose, à l’arrière, sur un segment B.3, décrit de aa, avec coulisse A, sur lequel il peut se fixer parles boulons b± b2.
- La meule C a son arbre C, commandé par une poulie C2 et porté par l’extrémité D2 d’une glissière D', mobile à l’intérieur d’un châssis D (fig. 13), guidé en B10 b~ (fig. 11) dans le quadrant Bs et pivoté en d sur le prolongement de l’axe aa : la glissière Dt reçoit le mouvement ée va-et-vient dans D de la poulie E2, par la came E (fig. 24) et
- (T; American Machinist. / .
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- Fig. 9. — Machine Leland et Fer ris. Vue par bout.
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- MACHINE A MEULER LES PIGNONS
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- Fig. 10 et H. — Machine à meuler les pignons Leland et Fêtais. Élévation et plan.
- Tome IV. — 98e année. 5e série. —Juillet 1899.
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- son galet d', pris dans e : ce mouvement très rapide donne environ 500 courses par minute. Quant aux châssis D, il reçoit aussi par son galet d.A, et d’une came F fv (fig. l I et 16) commandée par le train F3 f2 F2 F', une oscillation autour de d, beaucoup plus lente, et commandant l’avance ou la pénétration radiale de la meule.
- Le châssis D porte à son extrémité de droite (fig. 10) un bras D;( (fig. 12), pivoté en
- Fig. 12. — Machine Leland et Ferrie. Vue par bout.
- c/4, et appuyé par son galet D,t, comme on le voit aussi en figure 11, sur le gabarit B7, qu’il repousse pendant les oscillations de D de manière à imprimer sensiblement à B(; et à la broche B2 l’oscillation voulue pour la description du profil correspondant à B7 sur la dent du pignon. Le galet D,(, indiqué en D (fig. 26), fait (fig. 12) contact avec B7 dans un plan passant toujours par l’axe de la broche et de la roue Bt en taille, comme l’indique la flèche figure 11 ; et quand D soulève D,t dans la position pointillée, en retirant la meule de B, on peut faire passer Dv de l’autre côté de B7 de manière à faire agir (fig. 20) la meule sur l’autre face des dents.
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- MACHINE A MEULER LES PIGNONS.
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- En même temps que Dt est ainsi soulevé par l’oscillation du châssis D au moyen de la came F, le diviseur B3 tourne d’une dent de B'. Ce diviseur, qui porte un nombre de dents multiple de celui de B', s’ajuste par les boulons mm,' sur un rochet G (fig. 13) commandé par un cliquet G' g3, ajustable en g sur la glissière G3, mobile sur la barre G,t, fixée à la platine B5, et G3 est commandé par un levier H (fig. 11) pivoté en h sur B5, et à fourche "prise dans le collet H’, rainuré sur l’arbre H2, en prolongement de
- i P
- Fig. 13 à 16. — Machine Lelancl et Ferris. Détail du diviseur et de la came F.
- l’axe b'b'. Un second levier H3, pivoté en h' sur le socle A, également engagé sur H', et en prise par son galet j avec la came J, imprime à H' sur Il2, et par suite à H autour de h, un mouvement d’oscillation qu’il transmet à G3 et au cliquet G', dont le retrait de M est (fig. 13) assuré par sa butée sur la languette g', réglable en g2 sur G,,. Le calage du diviseur B3, après chaque rotation, se fait au moyen d’un verrou K, mobile dans une glissière portée par un bras K', monté sur B2, et solidaire du bras Bg. Quand G3 avance pour faire tourner M et le diviseur, son cliquet L/', à ressort k!i (fig. 13) et pivoté en /, repousse par 14 le levier S2, pivoté en /3 sur G4, et retire par K2, malgré le1 ressort K,f, le verrou K de B3 : au retour de G3 à droite, / passe sous la came /' de L, qui
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- \m
- bascule sans agir sur L2, puis, au nouvel aller de G., vers la gauche l,t, montant sur i, l’abaisse de manière à dégager K de B3 et à le laisser enclancher B2 par le rappel de son ressort K3, quand, à la fin du retour de G., à gauche, l!t retombe dans la position figurée. On remarquera que la tige K2,dont la course est réglée par l’écrou K., engage K par une griffe circulaire qui permet à K' de tourner avec B6 et de le déclancher ainsi de K2 de manière à immobiliser B2.
- Jat
- Fig. 17 à 20. — Machine Leland et Ferris. Détail cle la tête de meule.
- Le bras D3 (fig. 12) est (fig. 21) guidé en d%, sur une platine d7, fixée au bout du châssis D, avec butées NN, fixées par des vis nn, limitant la course de D3 par son taquet Nj. Quant au rappel de B7 sur le galet Dw il se fait par la bielle P3 (fig. 12 et 28) à bouton p', poussé soit à gauche par la glissière P3, soit à droite par P2, ces glissières étant conjuguées par leurs poulies pp, à corde p,t, tendue par un ressort P» (fig. 12) et à courses limitées par la butée p6.
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- MACHINE A MEULER LES PIGNONS.
- H25
- L’avant de la [glissière D' porte (fig. 10, 11 et 18) un guide transversal di0, sur lequel glisse, d’une longueur réglée par les vis micrométriques Ra r3, la tête Rr, qui porte en R4 l’étrier D2 de la meule, par un boulon R,t, permettant à R' de s’orienter par la prise de ses coulisseaux ri dans la coulisse Rs de R (fig. 32) où elle se fixe par le serrage de R,t au moyen du boulon R6, manœuvré par la tige R7. On peut aussi donner
- (fig. 20) à la meule l’inclinaison voulue pour son attaque. Enfin, D2 peut s’ajuster,” verticalement sur Rj par une vis S (fig. 10 et 27) de manière que le bord de lai meule attaque toujours le pignon B' sur une génératrice de son cône. Pour s’assurer que cette attaque se fait bien ainsi horizontalement et verticalement, on a pourvu les paliers d" d'r du châssis D (fig. 30) l’un d’un support taraudé en 13 t3, l’autre d’un support à deux V, tt, taraudés en t't'. On ajuste sur ces supports, par les vis T' et T2, un gabarit T, à couteau tel que, lorsqu’il est engagé, comme sur la figure,, dans le V t.r
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- Fig. 23. — Machine Lelancl et Ferris. Détail du châssis porte-broche.
- Fig. 26. — Machine Lelancl el Ferris. Détail du châssis D (fig. 10).
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- Fig. 27. — Machine Lelarnl et Ferris. Détail du porte-meule.
- h
- Fig. 28 à 32. — Machine Leland et Ferris. Détail du rappel P3 du gabarit de vérification de la meule et de la tête R’ (fig. 18)
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- n 28
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- de droite, la face de gauche T de sa tête Tt soit dans le plan passant par le sommet du cône du pignon, et t,t dans un second plan passant également par ce point, de sorte que leur intersection donne la tangente à la meule C, ce dont on s’assure en amenant la meule sur un carrelet Ts, appuyé sur T; et t,t.
- Cette ingénieuse machine, construite par la Leland and Falconer C°, de Détroit, fonctionne avec succès dans les ateliers de construction de vélocipèdes de Pope, à Cleveland.
- notes sur les scies a bois, d’après M. J. Richards (1).
- En raison de l’abondance des bois et de la cherté de la main-d’œuvre, leur débitage en forêt s’est longtemps opéré aux États-Unis avec un énorme gaspillage.
- On y employa tout d’abord, comme partout, la scie à cadre, caractérisée (fig. 33) par l’emploi d’une lame unique A, tendue dans un châssis BB, guidé dans un cadre CCDD par des glissières en fer C G, et recevant son mouvement alternatif d’une bielle F : vitesse 150 doubles courses par minute. En 1848, on supprima le châssis, remplacé par deux croisillons légers BB (fig. 34) avec guides G pour la scie non tendue, ce qui permit d’augmenter la vitesse à 350 et 400 doubles courses par minute, correspondant à 200 et 240 mètres de vitesse de coupe; c’est-à-dire, que la longueur totale du chemin parcouru par les dents de la scie en coupant était de 200 à 240 mètres par minute; mais cet appareil disparut bientôt devant la scie circulaire, dont la vitesse des dents atteignait 1 800 à 2 700 mètres par minute.
- (1) Engineering Magazine, mars-avril 1899.
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- NOTES SUR LES SCIES A BOIS.
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- Les machines à scie circulaires rapides, transportables, bon marché et d’un montage facile, sont gaspilleuses du bois : en outre, la rigidité des scies diminue rapi-
- Fig. 35. — Scie circulaire double.
- Fig. 36. — Grande scie à ruban américaine.
- dement avec leur diamètre, ainsi limité à lm,80 environ, ce qui limite à 0m, 60 environ la largeur insuffisante de leur coupe. On y remédia par (fig. 35) l’addition d’une seconde
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- scie au-dessus de la première, mais toujours avec des pertes en sciure supérieures
- Fig. 87. — Scie recoupeuse à ruban américaine.
- Fig. 38. — Scie à bandes multiple américaine.
- parfois de 15 à *20 p. 100 à celles des scies à lames ou à bandes, perte due principa-
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- NOTES SUR LES SCIES A BOIS.
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- lement au fouettement des scies non soutenues latéralement. Actuellement, la scie à bande ou à ruban tend à dominer de plus en plus.
- Les scies à ruban, inventées en 1808 par Newberry, ont été réellement rendues pratiques par Périn. Les premières donnaient une coupe très fine, mais lente, bonne pour le débitage des bois précieux ou soignés. En 1870, l’auteur en construisit une pour débiter des planches de 14m,50 de long sur 150 millimètres de large ; puis, peu à peu, l’on arrive aux machines modernes (fig. 36), par l’agrandissement des dents, auxquelles on donne la voie par leur forme même et non pas en les recourbant, l’alignement ajustable des poulies du ruban, avec la poulie du haut rendue très légère pour en réduire l’inertie qui détend la scie à son entrée dans le bois, l’amélioration de la qualité et de la trempe du ruban, qui doit supporter une grande fatigue, se courber
- Fig. 39. — Scie verticale multiple avec avance par crémaillère et friction.
- à 180° jusqu’à 1 000 fois par minute, sous des tensions de 3 à 4 kilogrammes pai millimètre carré, et en changeant constamment de température. La vitesse du ruban atteint 30 mètres par seconde et son débit celui des scies circulaires. On les emploie aussi pour (fig. 37) le recoupage ou dédoublement des planches débitées en forêt : ce dédoublement a lieu après le saisonnage des planches. Avec les bois tendres, la scie s’engorge facilement, il faut la faire à larges dents, avec attaque par une courbe et non par un angle aigu en avance ou sous la dent. Pour les planches de 0ra,25 à 0m,35 de large, il est avantageux de les écarter en arrière de la scie afin de dégager la coupe de sa sciure, disposition qui exige un puissant guidage à l’avant.
- On emploie aussi, aux États-Unis, pour le débitage des planches en magasin, les scies à cadre multiples (fig. 38) mais moins qu’en Europe, à cause de leur prix élevé. En Europe, ces machines sont (fig. 39) plus soignées, plus robustes, disposées de manière à pouvoir débiter avec économie des bois irréguliers. On y soigne aussi davantage la taille ou l’affûtage des scies par des machines à meuler spéciales. Les scies multiples équilibrées, donnant 350 à 400 coups par minutes sont très rapides.
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- H 32
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- On change facilement l’écartement de leurs scies et on peut (flg. 40) les dédoubler de façon à leur faire débiter deux madriers à la fois.
- [Fig. 41. — Scie circulaire Compouncl réversible. Deux scies, l’une pour les grosses coupes, l’autre pour les coupes fines, et substituables l’une à l’autre par bascule de leur châssis.
- En Europe, on emploie beaucoup plus largement qu’aux États-Unis la scie circulaire pour les travaux courants de l’atelier (fig. 41), où l’on débite des bois simplement
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- TREUIL DE HUNT ET KING.
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- équarris à toutes dimensions, tandis qu’en Amérique on les achète en général tout débités aux dimensions courantes ; d’après M. Richards, le système européen serait bien préférable comme économie du bois et pour la qualité des produits.
- treuil de Hunt et King.
- Ce treuil, construit par la maison C. W. Hunt, de New-York, dont nous avons eu souvent à signaler les appareils de levage et de manutention, est remarquable par la facilité avec laquelle il permet d’effectuer les opérations de levée, roulage, descente et vidange de la benne G (fig. 42).
- L’arbre G du treuil porte (fig. 43) trois tambours D, E et F, manœuvrant les câbles
- Fig. 42. — Treuil Hunt et Kinh. Ensemble de l’installation.
- 6, 7 et 8, qui commandent l’ouverture et la fermeture des mâchoires 3 de la benne, sa levée ou sa descente, et sa translation sur le rail A. Les tambours D et F sont fous sur leur arbre G; E est calé sur cet arbre, et D et E sont terminés par des dentures en prise avec les pignons coniques 20, fous sur les rayons d’une couronne H, de sorte que D tourne en sens contraire de E quand on immobilise H par le serrage de son frein 21 ; enfin E est commandé, d’un moteur quelconque, par son pignon 16.
- Quand D et E tournent seuls, ils ferment par 6 ou bien ouvrent par 7 les mâchoires 3 ; quand ils marchent ensemble, H étant libre et D entraîné par le serrage de l’embrayage 18 au moyen du levier I, les câbles 6 et 7, agissant simultanément, soulèvent la benne, le câble 8 s’enroulant en même temps autour du tambour F, embrayé par K-22 de manière à rester rigide. Si l’on fait marcher D moins vite que E, l’on soulève la benne obliquement, puis, en maintenant F immobile, on fait rouler B sur A dans un sens ou dans l’autre, suivant le sens de la rotation que l’on imprime à E, tout en maintenant H immobile.
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- On voit qu’il suffit de manœuvrer les embrayages 18 et 22 par les leviers I et K, et
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- Fig. 43. — Treuil Hunt et King. Détail.
- les freins 19, 21, 23 par 28, 29 et 30 pour opérer facilement toutes les manœuvres de la benne, et ce avec un train différentiel accessible et des plus simples.
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- LIVRES ET OUVRAGES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE
- EN JUILLET 1899
- Distribution de l’Énergie électrique en Allemagne, par MM. Bos et Lafîargue. I11-80, 570 p., 203 fig. Paris, Masson.
- De la Bibliothèque de la Revue générale des Sciences : Hygiène coloniale, par M. G. Treille. In-8°, 269 p. Paris, Carré et Naud.
- Report of the Seventh Meeting of the Australasian Association for the Advan->cement of Science (1898). Iu-8°, 1160 p. Publié par l’Association à Sydney.
- Nova Scotia Association of'Science, Proceedings, \ol. IX, part. IV (1897-98). In-8°, publié par l’Association, à Halifax.
- L’Agriculture et les Cours d’Eau, par M. lionna. In-8°, 53 p. Paris, Librairie agricole, 26, rue Jacob.
- Cardes et Cardage de la Laine peignée et cardée, par M. J. Renel. In-18, 153 p. Paris^ Béranger.
- La Machine locomotive, par M. E. Sauvage. 3e édition. In-8°, 375 p., 324 fig. Paris, Béranger.
- Le Volta, Électricité etlndustries annexes. In-8°, 2746 p. Paris, Société fermière des annuaires.
- Anvers et la Belgique maritime, par M. E. Deiss. In-18, 324 p., 100 fig. Paris, Bernard
- Les Médicaments chimiques,'par M. Léon Prunier, 2 vol. in-8°, 800 p. Paris, Masson.
- Considérations générales sur le Filetage. Tableau servant à déterminer le train d’engrenages pour réaliser les pas, par l’Association générale des élèves de Maistrance. In-8°, 112, p. Paris, Bernard.
- La Pisciculture devant les Pouvoirs publics en 1899, par M. J. Kunstler. Brochure in-8°, Bordeaux, imprimerie Gounouilhou.
- Mémoires delà Société académique des Sciences et Arts de Saint-Quentin. Années 4893-4898. In-8°, 560 p. Imprimerie Poette, Saint-Quentin.
- La Liquéfaction des gaz. Méthodes nouvelles. Applications, par M. J. Cauro. In-8°, 80 p. Paris, Gauthier-Villars.
- Nos Chemins de fer et leur réforme radicale, par M. H. Peindrié. In-8°, 248 p. Paris, A. Ghio.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA BIRLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Juin au 15 Juillet 1899
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES
- DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac. . . . Annales de la Construction.
- Acp. . . . Annales de Chimie et de Physique.
- AM. . . . Annales des Mines.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique. APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. Bam.. . . Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- BMA . . . Bull, du ministère de l’Agriculture. CN. . . . Chimical News (London).
- Cs........Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- Cli. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- DoL. . . . Bulletin of the Department of La-bor, des États-Unis.
- Dp. . . . Dingler’s Polytechnisches Journal.
- E.........Engineering.
- E’........The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE........Eclairage électrique.
- EU. . . . L’Électricien.
- Ef..... Économiste français.
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Es........Engineers and Shipbuilders in
- Scotland (Proceedings).
- Fi ... . Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc........Génie civil.
- Gm. . . . Revue du Génie militaire.
- IC........Ingénieurs civils de France (Bull.).
- le........Industrie électrique.
- Im . . . . Industrie minérale de St-Étienne. IME. . . . Institution of Mechanical Engineers (Proceedings).
- loB. . . . Institution of Brewing (Journal). La . . . .La Locomotion automobile.
- Ln........La Nature.
- Ms........Moniteur scientifique.
- MC. . . . Revue générale des matières colorantes.
- N.. . . . Nature (anglais).
- Pc........Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Pm. . . . Portefeuille économ. des machines.
- Rcp . . . Revue générale de chimie pure et appliquée.
- Rgc. . . . Revue générale des chemins de fer.
- Rgds.. . . Revue générale des sciences.
- Ri ... . Revue industrielle.
- RM. . . . Revue de mécanique.
- Rmc.. . . Revue maritime et coloniale.
- Rs........Revue scientifique.
- Rso. . . . Réforme sociale.
- RSL. . . . Royal Society London (Procee-dingsj.
- Rt........Revue technique.
- Ru........Revue universelle des mines et de
- la métallurgie.
- SA........Society of Arts (Journal of the).
- ScP. . . . SociétéchimiquedeParis(BulL).
- Sie.......Société internationale des Électri-
- ciens (Bulletin).
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUILLET 1899.
- U 37
- AGRICULTURE
- Agriculture au Tonkin (Walet). SNA. Mai, 397.
- — à la Société d’Encouragement pour l’In-
- dustrie nationale (Grandeau). Ap.
- 29 Juin, 920.
- Barattes centrifuges nouvelles. Ap. 29 Juin, 926.
- Bétail. Amélioration des races bovines par sélection.
- — Race Ferrandaise. Ap. 13 Juin, 850.
- — — Vendéenne. Ag. 17 Juin, 933.
- — — de Durham. Ap. 13 Juillet, 53.
- — Concours de Maidstone et races anglaises.
- Ag. 8 Juillet, 51.
- — Amélioration des troupeaux (de Clercq.)
- SNA. Mai, 349; Ap. 29 Juin, 923.
- — (Assurance contre la mortalité du). Ef.
- 15 Juillet, 89.
- Beurre. Causes de Iarancidité (Arnthor). Rgcls.
- 30 Juin, 467.
- B/A(Avenir de la production du) dans le monde. Ef. 8 Juillet, 44.
- Céréales (Ensemencement des). Ag. 17 Juin, 935.
- Chiens de berger. Concours d’Amiens. Ag. 8 Juillet, 63.
- Cidre (Industrie du) en France (Rocques). Rgcls. 15, 30 Juin, 427, 471.
- — (Lavage des fruits à). Ag. 13 Juillet, 95.
- — et la fièvre typhoïde (Bodin), Ag.il Juin,
- 943.
- Cultures expérimentales du Parc-des-Princes (Grandeau). Ap. 13 Juin, 848. Défrichement à bras (Ringelmann). Ap. 15 Juin, 852.
- Ecrémeuses Melott, Pond. E. 30 Juin, 835. Engrais (Adjudication d’) et les syndicats agricoles (Grandeau). Ap. 22 Juin, 885.
- — Sucre comme fixateur d’azote (Golding).
- Cs. 30 Juin, 565.
- — — Expériences du Parc-des-Princes.
- Ap. 13 Juillet, 41.
- Fourrages. Ensilage au domaine de Faillades. Ap. 6 Juillet, 10.
- Haute-Vienne. Monographie agricole (Reclus). BMA. Juin, 313.
- Houblon. Laveurs Drake. E'. 23 Juin, 620. Mer-
- Bommes de terre (Semis des). Ag. 24 Juin, 971. — Traitement contre le Phytoptora infes-tans. Ag. 15 Juillet, 93.
- Rouille des résineux. Ag. 15 Juillet, 107. Rouissage du lin. Procédé Doumer et de — Swarte. BMA. Juin, 292.
- Sanves (Destruction des) (Schribaux). Ap.
- 13 Juillet, 43.
- Sarrasin. Culture en Russie. SNA. Mai, 313. Semences. Rapport annuel de la station d’essais (Schribaux). BMA. Juin, 238. Shorthorns en France et en Angleterre. Ap. 22 Juin, 888.
- Vignes. Effets des arrosages tardifs (Müntz et Alby). BNA. Juin, 223.
- — Black-Root. Rapport de M.Prunet. BMA.
- Juin, 265.
- — Expériences de la Station œnologique du Gard (Kasperet Barba). BMA. Juin, 297.
- — Moûts de vendange. Refroidisseur Munlz et Rousseau. Ags. 15 Juillet, 102.
- — Vinification des vins blancs. Ap. 6 Juillet, 12.
- CHEMINS DE FER
- Attelages automatiques américains. E'. 1, 14 Juillet, 1, 27.
- Chemins de fer chinois. E. 16 Juin, 781.
- — d’Asie. Rgc. Juillet, 27.
- — Algérie et Tunisie, 1896. Rgc. Juillet,
- 22.
- — d’intérêt local et tramways. Ef. 8 Juil-
- let, 41.
- — Métropolitain de Paris. Ac. Juin, 90.
- — Électriques. Central London. E'. 16 Juin, 589. Paris-Versailles. EE. 1er Juillet, 519.
- — — Dynamo pour locomotive de 35 ton-
- nes. E. 30 Juin, 842.
- Éclairage électrique des trains, Stone. E1.
- 14 Juillet, 46.
- Gare de Tours. Gc. 24 Juin, 117.
- — de Boston-Sud. Technology Quarterly,
- Mars, 23.
- — de l’Est à Paris. Rt. 10 Juillet, 290.
- — de Lucerne. Ln. 15 Juillet, 104. Locomotives américaines. E1. 16, 30 Juin,
- 602, 653, 654 ; 7 Juillet, 13.
- — pour le Midland Ry. E. 7 Juillet, il;
- EM. Juillet, 543.
- ryiveather. E. 23 Juin, 821.
- Labours de défrichement (Ringelmann). Ap.
- 24, 29 Juin, 891, 927; 6 Juillet, 14.
- Tome IV. — 98° année. 3° série. — Juillet 181
- 74
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-
-
- H38
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JUILLET 1899.
- Locomotives. Express du London and South Western. JS. 19 Juin, 772.
- — — du Chicago Burlington. RM. Juin,
- 647.
- — — du Palatinat. Rgc. Juillet, 42.
- — Compound Webb, 4 cylindres. E'-16 Juin, 691; 14 Juillet, 41. Player-RM. Juin, 646.
- — — à marchandises du Furness Ry. E.
- 7 Juillet, 5.
- — diamètre des roues motrices. E’. 16 Juin,
- 597.
- — Distribution Corliss dans les locomotives (Dubbel). VDI. 17 Juin, 720.
- — Diverses. Dp. 24 Juin, 189.
- — Réchauffeurs Copeland. RM. Juin, 649. Matériel roulant. Attelages automatiques.
- E'. 23 Juin, 616.
- — Boggydes voitures du Ghalham Dover. E'.
- 30 Juin, 654.
- Signaux Westinghouse électro-pneumatiques. E. 19 Juin, 773.
- — débrouillard. Divers. (Boult.) E. 30 Juin,
- 863.
- Voie. Lève-rails Cito et Funclc. E. 30 Juin, 859.
- — Joint pour rail de 50 kilogr. du Cana-
- dian Pacific. Rgc. Juillet, 33.
- Voiture à pétrole du Pennsylvania. Rr. RM. Juin, 648.
- — du métropolitain de Londres. Rgc. Juil-
- let, 44.
- — à couloir du Grand-Central. E. 14 Juil-
- let, 45.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles (Industrie des). E. 19 Juin, 779, 782; Ef. 15 Juillet, 87.
- — freins. Ri. 17, 24 Juin, 235, 243.
- — graissage. Id. 1er Juillet, 253, 262.
- — Étude didactique d’une voiture pour routes (Forestier). Gc. 17, 24 Juin, 105, 121 ; Ier, 7, 15 Juillet, 139, 153, 171.
- — (Équation du mouvement des) (Blondel).
- CR. 12 Juin, 1441 (Pétot) ; CR. 26 Juin, 1556; EF.. 8 Juillet, 17.
- — Changement de vitesse Lebrun. Pm.
- Juin, 90.
- — Exposition de Richmond. E. 23 Juin,
- 822.
- Automobiles des Tuileries. La. 22 Juin, 389 le. 25 Juin, 265; Lu. 13 Juillet, 412.
- — à vapeur. Wagon Charlesworth. E!.
- 23 Juin, 618.
- — — British Motor C°. RM. Juin, 639.
- — électriques, 2° concours de fiacres de
- 1899. Gc. 24 Juin, 124; à l’exposition des Tuileries. La. 29 Juin, 406; Juillet, 83; EE, 8 Juillet, 15 ; E1. 14 Juillet, 43; le. 10 Juillet, 287.
- — — autocab. La. 13 Juillet, 440.
- — à pétrole Daimler. E'. 23 Juin, 627.
- — — Rhéda. RM. Juin, 651.
- — — de Diederich, La. 22 Juin, 409.
- — — Heinle et Wegelin. RM. Juin, 650.
- — — Lamandière et Labre. La. 6 Juil-
- let, 425.
- — — Sexûn. La. 13 Juillet, 447. Locomotive routière Marschall. RM. Juin, 652-Tramways (Progrès des). Ef. 15 Juillet, 81.
- — Électriques. Consommation de puissance
- (Leblanc). EE. S Juillet, I.
- — — du Puy. Pm. Juin, 94.
- — — dans les grandes villes d’Europe
- (Jacquin). EE. 24 Juin, 441.
- — — Truck Siemens et Halske. EE.
- 24 Juin, 458.
- — — Contact Linka. EU. 23 Juin, 387.
- — — Feeders de retour (Raffay). EE.
- lev Juillet, 489.
- — — Louvre-Vincennes à accumulateurs
- (Monmerqué). Rgc. Juillet, 3. Vélocipédie. Pédaliers Jérôme. RM. Juin, 652.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acétylène et ses industries. Rcp. 15 Juin, 275
- — Analyse. Ms. Juillet, 508.
- — Épuration par les solutions acides (Id.
- 510).
- — Gazogènes Létang, Serpolet. Ln. 8 Juil-
- let, 92.
- — Hydrates (Berthelot). Acp. Juillet, 297 ;
- avec gaz inertes et carbures, fabrication. Dp. 15 Juillet, 25.
- — Aptitude explosive (Berthelot et Vieille)
- Acp. Juillet, 303.
- — Présence de l’ammoniaque dans l’acé-
- tylène brut. Ms. Juillet, 511.
- — Acicle nitrique. Sur un homologue infé-
- rieur de T) (Durand). CR. 19 Juin, 1525.
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-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JUILLET 1899.
- 1139
- Acoustique. Théorie des instruments de musique à embouchure (Larroque). CR. 10 Juillet, 95.
- Alcool. Applications à l’éclairage, au chauffage et à la force motrice (Barbier). Barri. Juin, 649 (Denayrouse). Rs. 24 Juin, 769.
- — furfurique (André). ScP. 20 Mai, 583.
- — Alcools et eau-de-vie (Barbet). IC. Mai,
- 717.
- — Synthèse (Berthelot). Acp. Juillet, 324. Allumettes. Fabrication à la Diamond C°. E'. 7, 14 Juillet, 8, 36.
- Amidon. Hydrolyse parles acides. Technology Quarterly. Mars, 51.
- Argon et ses combinaisons. Nouvelles recherches, Berthelot. CR. 30 Juillet, 71. Arseniures de barium, strontium et lithium (Lebeau). CR. 3 Juillet, 47.
- Association des composés ammoniacaux en présence de l’eau (Jarry). Acp. Juillet, 327.
- Beurre de cacao (Le) (Lewkowitsch). Cs. 30 Juin, 556.
- Bibliographie décimale chimique. CN. 7 Juillet, 1. Brasserie. Divers. Cs. 30 Juin, 598.
- Celhdoses diverses. Cs. 30 Juin, 578.
- Chaux et Ciments. Divers. Cs. 30 Juin, 584* — Usine de Martin Earle. E'. 30 Juin, 644. — Applications du ciment de Portland dans les constructions. (Le Ciment, Juin, 84).
- — Constitution des ciments hydrauliques (Rebuffat). Le Ciment, Juin, 88. Céramique (Histoire de la). SA. 7 Juillet, 689.
- — Feldspaths et kaolins de Pennsylvanie
- (Hopknis). Fi. Juillet, 1.
- Couches de passage et rayon d’activité moléculaire (Vincent). Rgds. 15 Juin, 418. Cryoscopie (Mesure de) (Raoult). ScP. 5 Juillet, 610.
- — Cryohydrates (Emploi des) (Ponsot).
- CR. 10 Juillet, 98.
- Cuivre réduit à basse température (Le) (Colson). CR. 1er Juin, 1458.
- Eaux industrielles (Essais des) (Vignon et Meunier). Ms. Juillet, 487.
- Egales. Antiseptiques généraux (Gautrelet). CR. 10 Juillet, 113.
- Égouts. Traitement bactériologique des boues (Woodhead). E. 16 Juin, 765, 795.
- Égouts.Purification bactériologique des eaux (Rideal). SA. 7, 14 Juillet, 683, 695. Essences et parfums. Divers. Cs. 30 Juin, 603.
- — Le Lemonal (Barbier). ScP.5 Juillet,635. Gaz d’éclairage. Divers. Cs. 30 Juin, 568.
- — Recouvrement des sous-produits pendant la purification (Foulis). E. 23 Juin, 807.
- — Appareils mécaniques dans les mines (Carpenter). E. 23 Juin, 810, 832.
- — (Dosage de l’oxygène dans le) (Lubber-
- ger). Ms. Juillet, 505.
- — Titrage de l’ammoniaque dans les eaux d’épuration. Id. 506; dépôts de naphtaline dans les conduites, ld. 507.
- — Gaz à l’eau, composition et analyse industrielle (Earnshaw). Ms. Juillet, 496.
- — (éclairage par le), ld. 503.
- — Becs incandescents. Cs. 30 Juin, 571.
- (Allumage des)' Ri., 15 Juillet, 274.
- — Laveur de crasses de foyers Cabrier. Ri. 8 Jidllet, 261.
- Graisses. Divers. Cs. 30 Juin, 590.
- — Indice de réfraction dans les huiles et graisses (Procter). Ms. Juillet, 515.
- — Points de fusion, nouvelle méthode de détermination (Lesueur et Crossley). Ici. 527.
- Huiles essentielles et chimie des terpènes (Ger-ber). Ms. Juillet, 477.
- — de coton oxydée. Analyses dés huiles
- oxydées (Fahrion). Ms. Juillet, 522. Hyponitrites. Préparation et propriétés. (Divers). Ms. Juillet, 533.
- Iode. Action sur les alcalis (Péchard) CR. 12 Juin, 1453.
- — dans l’eau douce et l’eau de mer (Gau-
- tier). ScP. 20 Juin, 566.
- Laboratoire. Divers. Cs. 30 Juin, 608.
- — dosage volumétrique du zinc. (Pouget).
- CR. 3 Juillet, 45 ; de l’aniline par le brome (Denigès). Apc. 15 Juillet, 63. — — acidimétrique des alcaloïdes Fa-
- lières. Cr. 10 Juillet, 110.
- Métaux rares. Essai permettant de les reconnaître dans les eaux minérales (Gar-rigou). CR. 20 Juin, 587.
- Optique. Spectre. Perturbations magnétiques (Preston). N. 23 Juin, 175.
- — Phacomètre à oscillations (Devé). CR.
- 26 Juin, 1561.
- p.1139 - vue 1144/1864
-
-
-
- H 40
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUILLET 1899.
- Optique. Prismes Luxfer. Ln. 24 Juin, 52.
- — Sidérostat de 1900 (Gautier). JC. Mai, 737.
- — Spectroscope de laboratoire à dispersion et à échelle réglable (de Gra-mont). CR. 26 Juin, 1564.
- — Énei’gies lumineuses et chimiques (Relations entre les) (Berthelot). Ad\ Juillet, 320.
- — Rayons X. Réfraction magnétique (Schuster). EC. 1Juillet, 517.
- Oxyde de sodium et fonction chimique de l’eau comparée à celle de l’hydrogène (Forgrand) CR. 29 Juin, 1519.
- — demétauxrares (Wyrouboff et Verneuil).
- CR. 26 Juin, 1573.
- Pétrole. En Russie. USR. Juin, 209.
- — Point éclair et danger d’incendies (Thomson). Cs. 30 Juin, 560.
- Phénol. Synthèse par l’acétylène (Berthelot). Acp. Juillet, 289.
- — Analyse commerciale (Schriver). Cs. 29 Juin, 553.
- Pression osmotique des solutions très étendues de chlorure de sodium (Pousot). CR. 12 Juin, 1447.
- Polonium et Rodiurn (Curie). Rcp. 15 Juin, 265.
- Purine et ses dérivés (Fischer). Ms. Juillet, 465. Réactions (Vitesse des) (Bradbury). Fi. Juillet, 65.
- — métathétiques entre certains sels en dis-
- solution dans l’ammoniaque liquide (Franklin et Kraussj. CN. 23 Juin, 293. Résines et vernis divers. Cs. 30 Juin, 592. Saponification (Théorie de la) (Lewkowitch). Ms. Juillet, 525.
- Sodium. Chaleur d’oxydation (Forcand). CR. 12 Juin, 1449.
- Sucrerie. État actuel (Decross). Rcp. 15 Juin, 271; Divers. Cs. 30 Juin, 594. Sulfoantimonites métalliques (Pouget). CR. 10 Juillet, 103.
- Sulfophosphures métalliques. (Ferrand). Acp). Juillet, 388.
- Solutions des chlorures alcalins. Température de maximum de densité (de Coppet). CR. 26 Juin, 1559.
- Teinture. Divers. Cs. 30 Juin, 573, 580.
- — Nouveaux colorants (Grassmann). Ms.
- Juillet, 493; RMC. 1er Juillet, 248.
- — Colorants substantifs (progrès des)
- (Grassmann). Id. 491.
- Teinture. Applications du sulfocyanure d’étain en impression. MC. 1er Juillet, 237.
- — Rongents colorés sur bleu nitrosé et noir d’anyline (Weiss). MC. 1er Juillet, 243; Mercerisage en Allemagne, ld., 267.
- Tellure. (Préparation du) (Lenher). Eam. 24 Juin, 743.
- Urane. Composés divers (Aloy). SaP. 5 Juillet, 613.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Accidents. Loi sur les. Corrections à faire. Ef.
- 17 Juin, 813; Rso. 1CT Juillet, 61. Allemagne. Est-elle surpeuplée? Ef. 1er Juillet, 43.
- Amérique. Expansion dans le Pacifique et le canal du Nicaragua. Ef. 1er Juillet, 83. Annuité successorale et richesse en France. Ef.
- 24 Juin, 851, 14 Juillet, 83.
- A rdoisièresd’Angers (Conditions de la vie aux). Rso. 1er Juillet, 66.
- Association (Droit d’). Ef. 17 Juin, 821.
- — d’ouvriers peintres. Rso. 1er Juillet, 72. — Argentine (Colon agricole en) (Wiener).
- RM A, Juin, 366.
- Chemins de fer français. Exercice 1898. Ef. 24 Juin, 854.
- — (Nationalisation des). Ef. 1er Juillet, 7. Chevaliers du travail (Les). Musée social. Juin. Compagnie royale du Niger. Ef. 15 Juillet, 84. Démocratie (La) (deKerallain).Rso. 16 Juin,902. Exposition de 1900. Palais des Mines. Gc.
- I01' Juillet, 133.
- Fonctionnaires en France et à l’Étranger. Ef.
- 8 Juillet, 10.
- Madagascar. Conditions de la colonisation. Ef. 17 Juin, 876.
- Office central des œuvres de bienfaisance. Ef. 24 Juin, 860.
- Patrimoines ruraux. Petits. (Loi en faveur des). Rso. 16 Juin, 922.
- Primes. (Système des) dans les ateliers. E. 14 Juillet, 49.
- Société des ouvriers ferblantiers. Rso. lcl‘ Juillet, 76.
- Trades-Unions américaines (Bienfait des).
- (Bemis) DoL. mai 361.
- Trusts en Angleterre. E. 23 Juin, 817
- — du fer-blanc. E. 30 Juin, 853.
- p.1140 - vue 1145/1864
-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Barrages en maçonnerie. (Résistance des) (Barbet) APC. 1899. N° 5.
- Ciment armé. Théorie et applications nouvelles (de la Noë). APC. 1899. N° 4. Fondations sous l’eau (Histoire des). Ac. Juillet, 110.
- Magasins de transit au canal de Manchester. £.19 Juin, 773.
- Murs de soutènement. Poussée des terres (Hi-sely). APC. 1899. N° 7.
- Planchers incombustibles. E' 16 Juin, 606. Ponts de l’Atbara. E. 19, 30 Juin, 769, 836; 15 Juillet, 165.
- — Alexandre III (Résal et Alby). APC.
- 1899. N° 10; Gc. 8 Juillet, 149.
- — Viaduc du Viaur. Construction (Théry). APC. 1899, 56.
- — Montage des, en Amérique (Bernhardt).
- VDI. 8 Juillet, 802, 834.
- — Rivière d’Oudan (Mazoyer). APC. 1899. N° 8.
- — l’Épine (Biette). APC. 1899. N° 9.
- Reprise de bâtiments en sous-œuvre. Gc. 8 Juillet, li)D.
- Rouleau compresseur Heisler. RM. Juin, 653.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs. Concours de l’Automobile-Club.Efé. 24 Juin, 385.
- — Everard. Elé. 8 Juillet, 25.
- Bobines d’induction Davis. ££. 1er Juillet, 499.
- — Différence de potentiel aux bornes (Oberbeck). EE. Juillet, 72. Commutateurs pour piles Olyne. LN. 8 Juillet> 96.
- Courants alternatifs. Étude graphique Hanappe-Ru. Juin, 243.
- Distributions par courants alternatifs Stein-metz, Lamme; continus Blisse (Guil-bert). EE. 17 Juin, 401.
- — Systèmes divers (Comparaison des). EE.
- 1er Juillet, 521.
- Dynamos continues. Théorie de la commutation, d’apr-ès Fischer-Hennen (Guillaume). EE. 15 Juillet, 41.
- — Enduits à cage d’écureuil, répaitition
- du courant (Roesber). EE. 15 Jidllet, 60.
- --- JUILLET 1899. H41
- Éclairage. Vente au maximum (Wright). £'. 30 Juin, 639.
- — Arc. Étude de la répartition lumineuse (Laporte). EE. 17 Juin, 436. Sie. Juin, 288.
- — Incandescence. Lampe Desajar. EE. 1er Juillet, 497.
- Électricité domestique. Exposition de Bruxelles (Boistel). EE. 24 Juin, 454.
- — Effluve (Photographie des) (Andreoli). Elé. 1er Juillet, 1.
- Électro-chimie. Divers. Cs. 30 Juin, 589.
- — Chlorates. Usine de Chedde. Lam. 10 Juin, 677.
- — Chlore, brome, iode. Séparation électro-chimique (Speketer). CN. 7 Juillet, 6.
- — Désargentation des plombs argentifères (Tommasi). Elé. 17 Juin, 377.
- — Fabrication du carbure de calcium par courants triphasés. Elé, 8 Juillet, 22. — Électro-déposition du palladium (Cowper Coles). Eam. 1er Juillet, 5.
- — Blanchiment électrolytique (Kellner). EE, 15 Jinllet, 80
- Hystérésis du fer. Effet de la température. Elé. 17 Juin, 375.
- — magnétique. Recherches expérimen-
- tales (Nieihammer). EE. 1er Juillet, 507.
- Interrupteur Wehnelt. EE. 8 Juillet, 22.
- Isolant Ambroine et ses applications. EE. 24 Juin, 448.
- Magnétisme (Le). Euing EE. 1er Juillet, 501.
- — Influence sur les décharges électriques
- (Mastricchi). EE. 1er Juillet, 513.
- — Influence sur la conductibilité du chlo-
- rure de fer (Milani). EE. 1er Juillet, 510.
- — Influence de Faimentation transversale sur Faimentation longitudinale (Pit-cher). EE. 1er Juillet, 503.
- — Relations entre Faimentation et les ac-
- tions mécaniques (Nagoka et Honda). EE. 1er Juillet, 504.
- Mesures. Potentiomètre Chauvin etArnoux. Elé. 25 Juin, 275.
- — Pont de Thomson, mesure des résis-
- tances. Elé. 8 Juillet, 16.
- — Mesures électriques (Rowland et Penni-
- man). American Journal of Science. Juillet, 35.
- i
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-
- 1142
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUILLET 1899.
- Ondulations électriques. Vitesse dans l’air (Macléan). American Journal of Science. Juillet, 1.
- Piles bloc Germain. EE. 17 Juin, 422.
- — — Harrison. Fi. Juillet, 55.
- — — étalon mercure, zinc el mercure,
- cadmium. EE. 24 Juin, 466.
- — Centenaire de la pile. EE. 24 Juin, 468. Redresseur cathodique Villars pour courants
- industriels. En. 15 Juillet), 97. Télégraphie et Téléphone dans le monde entier. Statistique. Elé. 8 Juillet, 23. -— sans fll (Broca). Rgds. 15 Juillet, 507.
- — Les eohéreurs (Bosc). RsL. 14 Juillet, 166. Transformateurs. Fuites magnétiques (Russe!). EE. 17 Juin, 424.
- — Redresseur M. Leblanc. Applications (Sarliaux). EE. 17 Jum, 434; le. Juin, 263.
- — de courants continus à très grandes vi-
- tesses. EE. 8 Juillet, 32.
- HYDRAULIQUE
- Accumulateur Rovland. RM. Juin, 653. Distributeur Easton Bjornstrad. RM. Juin, 654. Eaux. Distribution. Débit par tête (Watson). E. 16 Juin, 764, 795.
- — de Bergish. Gladbach. VDI. 17 Juin, 713.
- — de Dresde. VDI. Ie1’ Juillet, 769. Pompes électriques Eikemeyer. EE. 1er Juillet, 485.
- — directe (Fumeaux et Home). RM. Juin,
- 654.
- — à incendie (Hudson). RM. Juin, 655.
- — automobile (Porteu et Gambier). RM.
- Juin, 656.
- — à main (Wells). Id. 636.
- — hydraulique (Weatherhead). RM. Juin,
- 655.
- — rotative (Lehman). Ri. 1er Juillet, 253. Pulsomètre (Holden). E1. 23 Juin, 631. Turbines du Niagara. Gc. 17 Juin, 101.
- — Théorie nouvelle (Herrmann). Dp. 17,
- 24 Juin, 165, 178.
- MARINE, NAVIGATION
- Barrages de garde (Barberot). Ac. Juin, 82. Bassins à flots de Troon. E1. 14 Juiltet, 34. Cargo-boats (Les) (De Russell). E. 16 Juin, 763, 793.
- Chantiers de construction Vulcan. E. 7 Juillet, 1.
- Digues (Effet des vagues sur les) (Schield). E. 16 Juin, 761, 789.
- Gouvernail (Williamson). RM. Juin, 665. Machines marines. Appareils auxiliaires (Joubert). Bam. Jidn, 543.
- — du contre-torpilleur Akebono. E. JO Juin,
- 447.
- Marines de guerre anglaise.Rmc. Mai, 395, 414. Cuirassé Canopus. EJ. 14 Juillet. 35.
- — allemande. Rmc. Mai, 417, cuirassé Wil-
- helm der Grosse. E'. 8 Juillet, 17; FJ. 7 Juillet, 3.
- — américaine le Maine, cuirassé. Rmc.
- Mai, 409. Bateau-atelier Vidcan. EM. Juillet, 569.
- — japonaise, cuirassé Hatsebuc. E' 30 Juin,
- 648.
- Naufrages et accidents en 1895. Rmc. Mai, 301. '
- — Milwaukee (Réparation du). EL 30 Juin,
- 646.
- Basse-bateaux (Tentschert Crischck). ZOI. 301. 7 Juillet, 422.
- Pêcheries de Vénétie (N-ourse). Rs. 8 Juillet. 33. Port de Calcutta. IA. 16 Juin, 628.
- Sous-marin électrique Tesla. EE. 1er Juillet, 481.
- Voies navigables de Russie. E. 14 Juillet, 33.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Air comprimé. Compresseur à 2 degrés (Walker). E. 14 Juillet, 48.
- — Applications (Saunders). Fi. Juillet, 43. Changement de vitesse Foureau. Ri. 8 Juillet, 264.
- Chaudières (Résistance des). E. 30 Juin, 851.
- — (Rendement des). EM. Juillet, 622; E.
- 14 Juillet, 38.
- — (Désincrustants). Emploi de l’aluminale
- de soude. CN. 30 Juin, 303.
- — Brûleur à pétrole Thurman. RM. Juin,
- 646.
- — Fumivorité (Laj(Donkin). E'. 30 Juin, 637.
- — Grilles Kudliez, Proctor, Hadgkuson.
- RM. Juin, 645.
- — Niveau d’eau Serveau. Bam. Juin, 644.
- Walker. E. 7 Juillet, 25.
- p.1142 - vue 1147/1864
-
-
-
- LITTERATURE DES PÉRIODIQUES
- JUILLET 1899.
- 1143
- Chaudières. Porte de foyer automatique Ros-sell. E'. 14 Juillet, 48; Knakstedt, Royce, Grouwelle-Arquenbourg. RM. Juin, 64b.
- — Purgeurs Barthel. Ri. 17 Juin, 23b.
- — — Geipel. E. 7 Juillet, 2b.
- — Réchauffeur Mac Phail. E. 16 Juin, 60b.
- — Antiprimeurs (Les). E. 14 Juillet, 38.
- — Explosions (Henning). E. 14 Juillet, 39. Dragues pour sables (Lyster). £.16 Juin, 761,
- 789.
- — pour or. E. 14 Juillet, 34.
- Embrayages Breslauer, Hershmann. RM. Juin,
- 669.
- Encliquetage Cresson. RM. Juin, 669. Exhausteur Hoffmann. RM. Juin, 667.
- Froid. Machine à ammoniaque Block. RM. Juin, 636.
- Graisseur Hamelle. RM. Juin, 667.
- Indicateur Lippincot. RM. Juin, 667.
- Levage. Les grues et leurs moteurs (Pitt). E. 23 Juin, 801, 829.
- — Derrick Hurst. RM. Juin, 657.
- — Treuil Hunt. Ici. 658.
- — Grue Bodh pour lingots. Ri. 24 Juin, 245.
- — Ascenseurs Herdmann. RM. Juin, 634.
- électriques Mower. Hundle. EE. 1b Juillet, 58, 59.
- — Cabestan Elliot. RM. Juin, 657.
- — Élévateur pneumatique Haviland. RM.
- Juin, 639.
- — Pont roulant électrique de 2b tonnes
- Uellner. Di. 15 Juillet, 829.
- Machines à écrire (Les) (Lux). Dp. 8-15 Juillet, 7 à 19.
- Machines-outils (Les). (Greenwood). E.
- 23 Juin, 801, 827.
- — à air comprimé. SuE. Ier Juillet, 610.
- — Ateliers anglais et américains. EM.
- Juillet, 594.
- -- de Reineker. Dp. 17, 24, Juin, 169, 182.
- — Chuck Ecaubert. RM. Juin, 661.
- — à façonner les arbres Brightmann. Ri.
- 24 Juin, 241.
- — pour tubes sans soudure Hall, Hesse,
- Larson, Davies, Copewel, Potter (Vinsonneau). Rm. Juin, 602.
- — Frappeur à air comprimé Shaw. RM.
- Juin, 659.
- — Meule pour cardes Penney. RM. Juin, 629.
- — Meule Eberhardt. Id. 661.
- — Meule Rivett. Id. 662.
- Machines-outils. Poinçonneuse-cisaille Ca-meron. E. 30 Juin, 850.
- — Raboteuse Martin et Mason. RM. Juin, 660.
- — Riveuse mécanique (La) (Napier). E.
- 23 Juin, 806, 831.
- — Riveuse Firlding. RM. Juin, 660.
- — Fraiseuse double Cünliffe et Croom. £'.
- 24 Juillet, 33.
- — Tour-revolver Brockie. RM. Juin, 629. — Worsley. Id. 659.
- — Herbert et Hermer. Id. 664.
- — Tour à vis Davenport. Id. 662.
- — — de précision Rogers. Ici. 663.
- — — à fileter Perle et Buttermilch. Id.
- 664.
- — à bois. Mortaiseuses à chaîne. E. 14
- Juillet, 44.
- Moteurs à vapeur. Théorie mathématique (Nadal). RM. Juin, 565.
- — Boulte et Larbodine verticale com-pound. Ln. 24 Juin, 61.
- — Condensation sur les parois Freytag. Dp. 17 Juin, 161. (Boutlin). VDI. 1er, 8 Juillet, 774, 807.
- — Condenseurs (Les). (Haslam). E. 23 Juin, 802, 829.
- — Distribution Ferranti. RM. Juin, 668.
- — Diagrammes d’inertie. VDI. 8 Juillet, 813.
- — (Équilibrage des) (Macalpine). E. Juil-
- let, 54.
- — (Régulateurs directs des) (Kœrner).
- 101. Juin, 413.
- — à air chaud. Tangye et Johnston. RM.
- Juin, 674.
- — à gaz Hildebrand, New (à course va-
- riable) New-Era. Sims. RM. Juin, 670.
- — (Évolution des). EM., Juillet, 656.
- — Piston de Deutz, Ailettes Aster. Régulateurs Schneble, Secor. RM- Juin, 67 i.
- — de gazogènes (Lencauchez). IC. Mai,
- 776,835, 851.
- — Allumeur électrique Reclus. La. 29 Juin, 416.
- — à pétrole depuis 10 ans (Dopp). VDI.
- 2iJuin, 750.
- — Hirsch Chauvin et Arnoux Kitchers. RM. Juin, 672.
- — Hautier Barrow. La. 6 Juillet, 430.
- — Gardner. E. 14 Juillet, 57.
- 1 — Carburateur Brauer. RM. Juin, 674.
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-
-
-
- H 44
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUILLET 1899.
- Résistance des matériaux. Déformations permanentes (Faurie). RM. Juin, 616.
- — Effet des efforts répétés (Sonderiker).
- Technology Quarlerly. Mars, 5.
- — Peintures pour le fer. E'. IL Juillet, 29. Valves Corry, Cracy et Bolker. RM. Juin, 667. Ventilateurs helicoïdes Lapouche. Gc. 17 Juin,
- 109.
- MÉTALLURGIE
- Cuivre et siliciure de cuivre. Eam. 17 Juin, 710. Fer et acier. Prix de fabrication aux États-Unis, Kircholf. E. 7 Juillet, 27.
- — Acier. Influence de la température de
- coulée (Hadfield). E. 23 Juin, 803, 830.
- — Bessemer au vent chaud (Wiborg). E.
- 14 Jidllct, 58.
- — Forges Deutcher Kaiser à Bruckhausen.
- SuE. 13 Juin, 366.
- — Haut fourneau. Emploi des gaz (Dis-
- dier). E. 30. Juin, 863; SuE. 13 Juillet, 664.
- — — des fours à coke. SuE. lor Juillet,
- 614.
- — — (Tuyères de). SuE. 1er Juillet, 607.
- — Four à air chaud Stevenson et Evans.
- SuE. 13 Juin, 572.
- — Laminoir-Table Freeman. EE. 1er Juil-
- let, 488.
- — — (Machines de). SuE. 13 Juillet, 661.
- — — Emploi de l’électricité. E'. 14 Juil-
- let, 43.
- — — Vickers pour plaques de blindages-
- Pm. Juillet, 98.
- — Industrie sidérurgique russe (Trasen-
- ter). Ru. Juin, 273.
- Fours à coke (sous-produits) (Coppée). E. 23 Juin, 802, 829.
- Métaux. Structure cristalline (Ewing et Ro-sentrain). RsL. 14 Juillet, 172.
- Or. Cyanuration des sûmes. Cs. 30 Juin, 562.
- Saint-Etienne. Industries métallurgiques de la région (Babu). AM. Avril, 357.
- Zinc. Extraction Sébiliot au four à cuve. Pm Juillet, 105.
- MINES
- Cuivre d’Australie. E. 7 Juillet, 18.
- — de Californie. Eam. 1er Juillet, 5.
- — Traitement des minerais à Butte. Eam,
- 1er Juillet, 8.
- Diamant (Roches du) au Sud-Afrique (Bon-neyj. CN. 7, 14, Juillet, 3, 13. Électricité, vapeur et air comprimé dans les mines (Garforth). E. 23 Mai, 805. 830.
- Fer-blanc. Fabrication moderne (Pasquier). Ru. Juin, 231.
- Grisou (Lutte contre le) (Glangeand). Rgds. 13 Juin, 442.
- Houillères (Les). (Martin). E. 16 Juin, 762, 791.
- Mines de la Laponie suédoise. EM. Jidllet, 632. Onix. Dépôts du Kentucky. Eam. 17 Juin, 707. Or. Triage à sec aux placers australiens (Rickard). Eam. 8 Juillet, 37.
- — Pratique moderne des mines (Ham-
- mond de Irvine). E. 16 Juin, 763, 791,792.
- — (Dragage pour) (Longridge). E. 30 Juin,
- 840, 14 Jidllet, 33.
- — Mine profonde Rose, Johannisberg. E'.
- 16 Juin, 593.
- — Production du monde. EM. Juillet, 562. Transmission par cordes dans les mines. E'.
- 16 Jidn, 99.
- Transports des minerais (Forman). E. 23 Juin, 827.
- Ventilation mécanique. E'. 16 Juin, 399. Phosphates du Tennessee. Eam. 10 Juin, 680.
- Le Gérant : Gustave Uichard.
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-
-
-
- 98e ANNÉE.
- Cinquième Série, Tome IV.
- AOUT 1899.
- BULLETIN
- DE
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS
- Rapport fait par M. E. Huet, au nom du Comité des Constructions et Beaux-Arts sur les Lux fer Prisms, présentés par M. A. Good.
- Messieurs,
- Dans votre séance du 13 janvier 1899, M. Arthur Good vous a fait une communication, dont vous avez certainement conservé le souvenir, sur des appareils destinés à éclairer les parties sombres des habitations à l’aide de
- la lumière diffuse du ciel dont les rayons sont reçus puis dirigés par ces appareils vers les parties mal éclairées d’une chambre, d’une pièce, d’une salle d’école, d’un atelier, d’un sous-sol, etc.
- Tome IV. — 98e année. S® série. — Août 1899. "5
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-
-
-
- 1146
- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS.
- AOUT 1899.
- Ces appareils, désignés par l’inventeur sous le nom de Luxfer Prisms, consistent (fig. 1 et 2) en carreaux de vitrage d’une épaisseur de 9 à 13 millimètres, dont la surface extérieure est lisse et dont la surface intérieure striée présente une série de prismes rectangulaires.
- Ils peuvent être placés aux fenêtres d’une pièce dont le fond est plus ou moins sombre, pour recueillir les rayons de la lumière diffuse qui viennent inutilement frapper le parquet de cette pièce, où ils sont absorbés en presque
- totalité et pour les diriger, en les réfractant, vers les parties de la pièce que l’on veut éclairer ; ou bien, ils peuvent être disposés horizontalement, ou sous un angle convenable, pour éclairer (fig. 3) des sous-sols à l’aide de prismes spéciaux (fig. 4) et de châssis à charnières garnis de Luxfer Prisms et renvoyant les rayons lumineux, par une double réfraction, au fond de ces sous-sols, dans la direction voulue.
- Ce système d’éclairage a été installé à l’exposition de Chicago dans un tunnel de 63 mètres de longueur et, à celle de Londres, dans un tunnel de 33 mètres.
- D’origine étrangère, il parait avoir reçu de nombreuses applications, notamment en Amérique, et y avoir donné lieu à la création d’une industrie déjà importante.
- Une Société s’est créée à Paris, sous le nom de Société du Luxfer Prisms, pour la fabrication et pour l’exploitation en France, en Belgique et en Hollande, de ce procédé d’éclairage.
- Tambour
- Fig. 3. — Boutique et sous-sol éclairés par des Luxfer Prisms.
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-
-
-
- LUXFER PRISMS.
- H 47
- La communication faite à votre Société par M. Albert Good a été renvoyée pour examen et avis à votre Comité des Constructions et des Beaux-Arts, qui nous a chargé de visiter quelques-unes des installations déjà faites à Paris par cette société, notamment à son siège social, quai deValmy, 201, où est également installée sa fabrication, et de lui rendre compte des avantages qu’elles peuvent présenter, afin de le mettre à même de formuler un avis sur ce mode d’utilisation de la lumière naturelle diffuse.
- L’installation faite au siège social de la société comprend un sous-sol, prolongé par un tunnel de 12 mètres de longueur, au fond duquel s’ouvre une galerie de 5 mètres de profondeur, figurant un branchement d’égout, et plusieurs pièces assez profondes prenant jour sur une cour étroite.
- L’une de ces pièces, de 3 mètres de largeur sur 3 mètres de hauteur, est fort mal éclairée dans les conditions ordinaires, par la fenêtre qui donne sur cette cour étroite, en raison de la profondeur de 12 mètres qu’elle présente, et l’on constate facilement qu’elle s’éclaire très notablement vers le fond lorsqu’on rabat sur la fenêtre un panneau de Luxfer Prisms. Mais les résultats obtenus dans le sous-sol par l’emploi des prismes spéciaux pour dallage (fig. 4), combinés avec les châssis à charnières garnis de Luxfer Prisms, sont beaucoup plus frappants :
- Le tunnel est très obscur; la galerie d’égout qui le prolonge l’est complètement. Or, si l’on place les châssis à charnières dans une position telle qu’ils renvoient vers le fond de la galerie la lumière diffuse qu’ils reçoivent du dallage prismatique, ce fond s’éclaire ; on y distingue très nettement une statuette placée à l’extrémité et dont on ne pouvait pas soupçonner l’existence.
- Nous avons, autant que possible, précisé cette différence en prenant sur place, avec l’aide de notre collègne M. Pector, Secrétaire général de la Société de photographie, qui avait bien voulu nous accompagner dans cette visite, deux clichés photographiques posés pendant le même temps, l’un sans que la lumière diffuse fût projetée vers le fond de la galerie, l’autre lorsque cette lumière y était projetée au moyen des châssis à charnières de Luxfer Prisms. Sur le premier, on ne voit absolument rien ; sur le second, la statuette se détache très visiblement.
- Mais les résultats de l’emploi des Luxfer Prisms se traduisent d’une manière plus précise encore dans certaines des installations faites à Paris, par la société, et que nous avons visitées.
- A la Banque de l’Afrique du Sud, rue Boudreau, n° 3, deux pièces très
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- 1148
- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS.
- AOUT 1899.
- profondes, situées au 2e étage, et dont les fenêtres donnent sur une cour fort étroite et très mal éclairée, ont été transformées au point de vue de leur éclairage, nous ont dit l’économe et l’ingénieur de cette banque, par l’application aux fenêtres de panneaux de Luxfer Prisms de 2m,10 de hauteur sur 0m,60 de largeur. Ces messieurs attendaient d’ailleurs impatiemment une marquise, que la société devait leur livrer, pour éclairer le fond d’un bureau où la lumière artificielle est en permanence du matin au soir.
- Rue de Londres, n° 23, à la Compagnie d’assurances La Prévoyance, deux pièces très obscures, donnant sur un ancien jardin transformé en cour couverte, sont éclairées très convenablement, grâce à deux marquises garnies de Luxfer Prisms d’un mètre carré de surface environ, qui y renvoient la lumière diffusée par le vitrage de la cour couverte.
- Chez M. Weill et Cic, rue de la Victoire, n° 28, un bureau très profond, situé au rez-de-chaussée et donnant sur la rue, est éclairé par deux marquises placées dans la rue, au-dessus du trottoir; cette installation, nous a dit M. Weill, lui économise une dépense notable d’éclairage électrique, à la grande satisfaction d’ailleurs du personnel de ce bureau, que fatiguait beaucoup l’emploi presque permanent de la lumière artificielle.
- Mais ce que nous avons vu de plus intéressant et de plus précis, concernant ce système d’éclairage, est l’atelier de MM. Barthe et fils, imprimeurs, rue Lepeletier, n° 51.
- Cet atelier était fort obscur en raison de sa situation, au rez-de-chaussée sur la rue, et de sa profondeur. On a mis sur les vitres de la devanture, à la partie supérieure, et de chaque côté de la porte, une surface de Luxfer Prisms d’un mètre carré et demi environ, et sur l’imposte, au-dessus de la porte, une surface d’un demi-mètre carré, soit en totalité une surface de 3mq,50.
- Or, le résultat obtenu est indiscutable et précis. M. Barthe nous l’a fait toucher du doigt en nous mettant entre les mains son livret de la Compagnie du gaz. M. Barthe a fait installer ces châssis de Luxfer Prisms dans le courant du mois de décembre dernier. Depuis cette époque, c’est-à-dire depuis le Ie1' janvier de l’année courante jusqu’au 30 avril (notre visite est du mois de mai), on relève sur son livret une consommation de gaz de 750 mètres cubes, tandis que cette consommation s’était élevée à plus de 1300 mètres cubes pendant les quatre premiers mois correspondants de l’année 1898. Ce serait une économie de près de 50 p. 100 dans sa consommation. Toutefois, M. Barthe juge qu’une atténuation doit être apportée à cette appréciation; le travail de son atelier a été exceptionnel dans le courant
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- LUXFER PRTSMS.
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- du mois de janvier 1898 ; il s’est prolongé souvent très tard dans la soirée et, pour éviter tout mécompte et toute illusion, il est d’avis qu’il convient de comparer simplement sa consommation de gaz pendant le mois d’avril de chacune de ces deux années : or, en avril 1898, elle a été de 175 mètres cubes et elle est tombée à 106 mètres cubes en avril 1899; ce n’est plus qu’une diminution de 40 p. 100 environ, qui permettra néanmoins à M. Barthe de couvrir en peu d’années les frais, relativement importants, de l’installation de ces châssis de Luxfer Prisms.
- Ces châssis sont en effet, coûteux : la société ne les vend pas à moins de 100 francs le mètre carré, et ce prix s’élève à 150 francs pour les dallages épais.
- Les châssis ordinaires sont composés de carreaux de verre de 10 centimètres de côté et de 9 à 13 millimètres d’épaisseur. Lisses sur une de leurs faces et striéssur l’autre (fig. 1), ainsi que nous l’avons dit, ils sont assemblés pour former des panneaux de la dimension voulue au moyen d’une enchâs-sure galvanoplastique qui donne à ces panneaux une rigidité remarquable, malgré leur poids qui varie de 20 à 30 kilogrammes par mètre carré.
- Cette enchâssure se fait en plaçant entre les carreaux un ruban de cuivre rouge de moins d’un millimètre d’épaisseur, que l’on fixe à ses points d’intersection par une soudure à l’étain très légère, et qui permet simplement du transporter le panneau ainsi obtenu dans un bain galvanoplastique. Dans ce bain, où il reste de trente-six à quarante-huit heures, le métal se dépose de chaque côté du panneau sur les parties saillantes du ruban de cuivre, en formant un léger bourrelet qui sertit les carreaux avec précision et qui donne à l’ensemble une rigidité que l’on ne saurait obtenir avec une monture de plomb. Le plomb, avec ses lourdes bandes, aurait d’ailleurs l’inconvénient d’arrêter une quantité notable de la lumière que laisse passer l’enchâssure galvanoplastique, dont l’extrême légèreté assure néanmoins l’étanchéicilé absolue des joints à l’air et à l’eau, malgré les plus grands écarts de température. On a même constaté en Amérique que, dans les incendies, les panneaux de Luxfer Prisms se craquellent, mais ne se rompent pas complètement et arrêtent, tout au moins au début, les progrès du feu.
- Les dallages en Luxfer Prisms sont (fig. 4, 5 et 6) constitués d’une manière différente; ils se composent de dalles prismatiques de deux sortes, montées sur châssis en fonte de solidité suffisante ; la forme de ces dalles détermine la réfraction des rayons de lumière diffuse reçus sur la surface horizontale supérieure, tant par le corps du prisme proprement dit que par
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- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS.
- AOUT 1899.
- les découpures prismatiques qu’il présente sur les côtés. Du reste, ainsi que
- nous l’avons indiqué déjà (fig. 3), ces dallages prismatiques doivent ê tre combinés avec des châssis de Luxfer Prisms ordinaires pour éclairer les sous-sols dans toute leur profondeur.
- En résumé, cette industrie, qui a pour but et pour résultat d’utiliser pour l’éclairage la lumière diffuse naturelle perdue, nous paraît très digne d’attention.
- Dans les pièces d’un immeuble quelconque : ateliers, bureaux, salles d’école, etc., où la lumière naturelle ne parvient que difficilement, elle apporte une grande amélioration à l’éclairage, au point de vue de l'hygiène et au point de vue de
- Fig. 4. — Dalle à prisme pour l’éclairage des sous-sols.
- Fig. 5. — Pavage en multi-prisme.
- la dépense: au point de vue de l’hygiène, en réduisant l’emploi des lumières artificielles, au grand avantage de la salubrité et de la fatigue des yeux; au point de vue de la dépense, en utilisant une source de lumière gratuite par des procédés qui permettent de la distribuer de la façon la plus rationnelle, notamment dans les locaux industriels, au grand avantage de la qualité et de la quantité du travail produit.
- Cette industrie, encore tout nouvellement importée en France, où elle est très peu développée, nous a paru loin de répondre aux besoins qu’elle a fait naître et aux commandes qu’elle a
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- LUXFER PRISMS.
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- provoquées. Si d’ailleurs, elle est d’importation américaine, le directeur seul de la Société du Luxfer Prisms est Américain, petit-fils toutefois d’un Français, ancien directeur de la Manufacture nationale de Sèvres, et tout son personnel, nous a-t-on assuré, est français.
- Dans ces conditions, votre Comité des Constructions et des Beaux-Arts a jugé que cette industrie méritait les encouragements de votre Société; il vous propose de remercier M. A. Good de son intéressante communication et d’insérer le présent rapport au Bulletin.
- Siyné : Huet, rapporteur. Lu et approuvé en séance, le 21 juillet 1899.
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- ARTS CHIMIQUES
- Rapport présenté par M. Ach. Livache, au nom du Comité des Arts chimiques, sur Y emploi de ï appareil rotatoire à dessécher dans le vide, de MM. Donard et Boulet, pour la dessiccation du sang.
- En 1897, MM. Donard et Boulet ont présenté à la Société d’Encourage-ment un travail ayant pour objet le traitement économique des sous-produits de la distillation des matières amylacées; sur le rapport de M. de Luynes, ce travail fut, en 1898, récompensé d’une médaille d’or.
- Parmi les appareils indiqués pour ce traitement, se trouvait un appareil rotatoire à dessécher les matières solides dans le vide, et M. de Luynes, après en avoir étudié le fonctionnement, ajoutait : « L’hygiène des établissements insalubres trouvera, dans cet appareil, un auxiliaire pratique et économique pour la dessiccation des matières qui dégagent des odeurs malsaines pendant cette opération. » Cette prévision se trouve complètement justifiée. En effet, MM. Donard et Boulet soumettent à la Société d’Encouragement l’application qu’ils ont faite de cet appareil à une industrie éminemment incommode par suite des odeurs infectes qu’elle produit : l’industrie de la dessiccation du sang.
- L’Union de la Boucherie en gros de Paris a établi, à Aubervilliers, une importante usine dans laquelle elle traite les résidus des abattoirs; elle y reçoit, en particulier, chaque jour, plus de 35000 litres de sang frais, que l’on soumet à la dessiccation pour en obtenir un produit pulvérulent non susceptible de s’altérer et constituant un engrais de premier ordre. En vue d’obtenir ce produit, le sang frais est d’abord coagulé par addition d’une petite quantité de sulfate de peroxyde de fer, et desséché, après égouttage.
- Jusqu’à présent, cette dessiccation s’effectuait tantôt dans des tourailles ou des fours à étages que traversent les gaz chauds provenant d’un foyer, tantôt dans des étuves ou des séchoirs chauffés à l’air chaud, tantôt enfin, sur des plaques de fonte chauffées plus ou moins également; mais, quel que soit le procédé employé, il se dégage toujours des buées très odorantes par suite de la dessiccation même et des gaz infects dus à la décomposition partielle de la matière soumise à un chauffage irrégulier.
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- APPAREIL ROTATOIRE A DESSÉCHER DANS LE VIDE.
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- A la vérité, on cherche à éviter l’inconvénient qui résulte, pour le voisinage, de ces buées et de ces gaz, en condensant les premières et en dénaturant par le feu les seconds; mais, outre que les dispositions nécessaires pour arriver à un résultat satisfaisant exigent une surveillance continuelle, l’industriel ne les applique qu’à contre-cœur, puisqu’elles grèvent les produits obtenus de frais accessoires sensibles, sans donner un avantage bien marqué au point de vue de la qualité.
- C’est en vue de supprimer tout dégagement de produits odorants et d’éviter ces procédés coûteux de condensation et de dénaturation que les directeurs de l’Union de la Boucherie en gros de Paris, MM. Riffaut et Roui -lier, ont monté l’appareil de MM. Donard et Boulet.
- Cet appareil a déjà été décrit dans le Bulletin de la Société d’Encourage-ment (1897, page 161) et, par suite, il suffira de rappeler brièvement sa disposition. C’est un cylindre, mesurant 2m,60 de diamètre sur 2lll,85 de longueur, soit un volume total de 15 mètres cubes, animé d’un mouvement de rotation autour de son axe disposé horizontalement, avec une vitesse de 2 tours et demi par minute. La surface de chauffe est constituée à l’intérieur par un faisceau tubulaire, disposé parallèlement à l’axe du cylindre et serti sur une chambre à vapeur verticale. On voit donc que la matière à dessécher, introduite dans ce cylindre, circule au contact de ces tubes et leur emprunte les calories nécessaires à la vaporisation, les surfaces en contact étant constamment renouvelées. Les vapeurs émises sont enlevées directement par une pompe à vide et sont condensées au moyen d’une injection d’eau froide.
- Le sang que l’on soumet à ce traitement est, dès son arrivée à l’usine, additionné de 3 p. 100 environ de sulfate de peroxyde de fer marquant 51°B., ce qui produit la coagulation et empêche, en même temps, la putréfaction de ce sang qui, à l’état naturel, ne se conserverait pas plus de douze heures. On peut alors, après avoir rendu le contact du sang et du coagulant aussi intime que possible par un passage dans un malaxeur ordinaire, disposer la masse coagulée dans des compartiments à claire-voie ayant 3 mètres par chaque dimension. La matière, abandonnée dans ces compartiments pendant trois à quatre semaines, ne se putréfie pas, ne dégage aucune odeur et laisse exsuder un liquide clair correspondant àl5 à 18 p. 100 d’eau, sur les 78 p. 100 que contient le sang.
- C’est ce sang, ainsi débarrassé d’une certaine quantité d’eau et formant un coagulum solide, que l’on envoie dans l’appareil rotatoire à dessécher
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- dans le vide de MM. Donard et Boulet, soit directement, soit après une granulation au moyen d’appareils spéciaux employés en distillerie pour la division de la drèche. Ce dernier mode de faire donne une dessiccation plus régulière et plus rapide, les caillots de sang coagulé étant granulés en
- Atelier de dessiccation du sang dans le vide, par le séchoir Donard et Boulet. Usine du syndicat de la boucherie en gros de Paris, à Aubervilliers.
- fragments de petites dimensions qui demandent à peu près le même temps pour être complètement secs; de plus, ils subissent, dans le cylindre, par suite de la rotation, un véritable pralinage en frottant les uns contre les autres, et sortent pour la majeure partie à l’état sphérique, tandis que, dans le cas de morceaux irréguliers et plus gros, la partie extérieure, à mesure qu’elle se dessèche, se détache à l’état de poussière dont les portions les plus fines sont entraînées par suite de l’aspiration. Ajoutons que, dans l’atelier que nous avons visité, on préfère cependant supprimer cette granulation
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- dont les avantages sont réels, mais sont compensés par l’usure assez rapide des couteaux, due à la présence fréquente de corps durs étrangers.
- Quelle que soit la marche suivie, le sang coagulé, granulé ou non, est monté au moyen d’une chaîne à godets dans une trémie disposée au-dessus de l’appareil, et y est introduit par une trappe, par charges de 5 mètres cubes, correspondant à 3600 kilog. environ de sang coagulé à 62 p. 100 d’eau et représentant par suite 4000 à 4500 kilog. de sang frais. En 6 heures, charge et vidange comprises, l’appareil de MM. Donard et Boulet peut amener cette masse à l’état parfaitement sec, ne contenant plus, que 15 p. 100 d’eau, et titrant de 12 à 13 p. 100 d’azote. IJ ne reste plus qu’à pulvériser ces produits, opération qui s’exécute dans un broyeur à meule verticale, complètement renfermé dans une caisse en bois, de manière à éviter toute production de poussière à l’extérieur.
- Les résultats obtenus dans l’usine d’Aubervilliers sont parfaits, et les directeurs ont décidé de monter un second appareil, ce qui permettra de supprimer un four à étages dans lequel on traite encore l’excédent de sang qui ne peut passer par l’unique appareil rotatoire actuellement installé.
- Cette marche simultanée des deux procédés de dessiccation permet de bien juger les progrès réalisés par l’emploi de l’appareil de MM. Donard et Boulet.
- Dans le cas de la dessiccation par les gaz chauds circulant dans un four à étages, il se dégage, directement envoyés dans la grande cheminée de l’usine, des buées odorantes et des gaz infects provenant de la décomposition partielle du produit, car il est impossible de maintenir une température parfaitement régulière; de plus, le sang des abattoirs contient toujours une notable quantité de poils très tins qui, enlevés par le courant des gaz chauds, vont se déposer dans les carneaux sous forme d’une masse feutrée, particulièrement susceptible de s’enflammer, d’où un danger d’incendie.
- Avec l’appareil de MM. Donard et Boulet, au contraire, il n’y a pas de dégagement de buées, puisqu’elles sont condensées à la sortie même de l’appareil et cela très facilement, car leur départ se fait à une température de 43° à 50° au maximum, correspondant au vide de 45 millimètres de mercure environ, produit par la pompe à vide ; de plus, quand la matière a atteint une dessiccation complète, elle n’est soumise qu’à une température maximum de 120° C., aux points de contact avec le faisceau tubulaire central, ce qui évite toute décomposition, et, par suite, toute production de gaz odorants.
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- En résumé, cette application montre que l’appareil de MM. Donard et Boulet, grâce à sa marche facile et régulière, est susceptible de rendre des services très sérieux au point de vue particulier de la dessiccation des matières insalubres, qui, avec les procédés actuels, répandent des odeurs infectes trop connues de la population parisienne. Dans ces conditions, votre Comité des Arts chimiques a l’honneur de vous proposer de remercier MM. Donard et Boulet d’avoir demandé à la Société d’examiner le fonctionnement de leur appareil, et vous prie d’ordonner l’insertion au Bul-letin du présent rapport relatant les résultats remarquables obtenus pour la dessiccation du sang.
- Signé : A. Livache, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance, le 31 juillet 1899.
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- Influence de la température sur les propriétés résistantes des métaux, en particulier du fer, par M. A. Ledebur, -professeur de métallurgie à TAcadémie des mines de Freiberg. Traduction par M. S. Jordan, Membre du Conseil, professeur de métallurgie à l'Ecole Centrale des Arts et Manufactures.
- avant-propos du traducteur
- Le traducteur a pensé que le mémoire deM. Ledebur, peu connu en France, présenterait un intérêt sérieux pour les ingénieurs et constructeurs de notre pays : bien que datant déjà de juin 1896, ce mémoire contient un exposé complet de l’importante question qu’il traite, en résumant les travaux auxquels elle a donné lieu dans divers pays.
- Le traducteur s’est attaché à reproduire aussi littéralement que possible le texte même du savant professeur de Freiberg sans chercher à le résumer ou à le compléter. Il croit utile d’expliquer que pour la traduction des termes usités dans les essais de résistance en Allemagne, notamment à l’Institut de Charlot-tenbourg, il a adopté les termes correspondants employés par la Commission française des méthodes d’essai des matériaux de construction, bien qu’ils soient peut-être moins expressifs. Ainsi :
- Proportionalitàts-Grenze est traduit par limite d’élasticité prop>ortionnelle.
- Streck Grenze — — limite d’élasticité apparente.
- Hôchst-belastung — — effort maximum.
- Spannang beim Bruch — — effort final à la rupture.
- Querschnitts-verminderung — — striction.
- Le traducteur a été encouragé à la publication du mémoire du professeur Ledebur par le désir aussi de voir quelqu’un de nos habiles expérimentateurs français entreprendre des essais analogues, qui puissent confirmer, modifier ou compléter les données qui y sont réunies.
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- INTRODUCTION
- On sait depuis longtemps que les propriétés résistantes des métaux subissent des changements avec la température ; on le savait déjà bien avant que la résistance des matériaux fût devenue une science. Lorsqu’on voyait un forgeron façonner comme de la cire, sous son marteau, le fer incandescent, il n’était besoin que d’une médiocre puissance de réflexion, pour en conclure que la ténacité de ce fer rouge devait être bien inférieure à celle du fer non chauffé.
- Une preuve directe de ce fait apparaissait dans les incendies, où l’on constatait la flexion ou la rupture complète de pièces de fer, qui, à la température ordinaire, présentaient une résistance plus que suffisante. I)e même, lorsque, dans les grands froids d’un hiver, on voyait se rompre sous l’action de chocs brusques, des pièces de fer qui, pendant l’été et dans des hivers moins rigoureux, s’étaient montrées parfaitement résistantes, on était tout au moins obligé de supposer que le froid augmente la fragilité du fer, c’est-à-dire diminue sa faculté de résistance aux chocs.
- Lorsqu’on eut commencé à exprimer par des chiffres la ténacité des divers métaux et des divers matériaux de construction, on vit apparaître bientôt les premiers essais pour élucider la question de l’influence de la température sur les propriétés résistantes des métaux.
- Les moyens employés par les premiers expérimentateurs étaient pour la plupart d’une nature tellement primitive que les résultats obtenus n’étaient pas toujours suffisamment sûrs.
- Puis les procédés et les'appareils pour les essais de résistance se sont de plus en plus perfectionnés ; actuellement l’art d’essayer les propriétés mécaniques des corps et la science de la résistance des matériaux se sont développés côte à côte, dépendant absolument l’un de l’autre.' Aussi cette influence de la température sur les propriétés résistantes, a été, depuis les dix dernières années, plus d’une fois étudiée à nouveau, avec des moyens plus dignes de confiance que ceux employés auparavant.
- Les mémoires qui rapportent ces essais sont disséminés dans de nombreuses publications et, jusqu’à présent, ce n’est pas sans peine que l’on a pu avoir une idée des résultats obtenus et des moyens d’expérimentation employés. Aussi, j’ai accepté volontiers la tâche qui m’a été offerte de rédiger un résumé des essais qui ont été faits jusqu’à ce jour, résumé qui puisse en même temps être utile à ceux qui emploient les métaux et préparer la voie pour dé nouvelles expériences. Je me suis efforcé de réunir tout ce qu’il y a d’important dans les publications antérieures, en laissant, de côté les communications sans intérêt réel.
- Parmi tous les métaux que l’homme emploie pour son industrie et dont les propriétés résistantes doivent surtout être prises en considération pour son emploi, le fer occupe la première place. Aussi les propriétés mécaniques de ce métal ont été, avec raison, beaucoup plus fréquemment expérimentées que celles de tous les autres. Les communications sur l’influence de la température sur les propriétés résistantes de tout autre métal que le fer sont encore relativement peu nombreuses. C’est pour cette raison que, dans les pages qui suivent, je serai forcément assez bref, pour ce qui concerne ces autres métaux.
- Parmi les deux formes principales du fer, la fonte et le fer malléable, la première n’a été, jusqu’à présent, qu’exceptionnellement l’objet d’expériences à diverses températures, et celles-ci n’ont été ordinairement dirigées que dans une seule direction
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- tendant à déterminer la résistance de la fonte dans des conditions toutes particulières, par exemple dans les incendies. Les observations pour l’emploi de ces deux formes du fer nous permettent de conclure que les propriétés mécaniques de la fonte changent beaucoup moins que celles du fer malléable avec les variations de température; elle ne manifeste de ramollissement que très peu avant de fondre. Cette circonstance et l’importance diminuée que la fonte présente dans les constructions actuelles suffisent pour expliquer la négligence apparente dont elle a été l’objet.
- Les expériences faites jusqu’ici ont eu pour but la constatation des propriétés du fer, soit aux températures plus hautes, soit aux températures plus basses que celle ordinaire. J’ai par suite, dans mon travail, conservé la même division, car il n’eût pas été possible de la modifier sans inconvénient pour la clarté du sujet.
- Si, en se plaçant à un point de vue purement scientifique, on voulait essayer de tracer un tableau renfermant les chiffres des propriétés résistantes à toutes les températures, en commençant par les plus basses expérimentées jusqu’à présent, pour arriver aux plus hautes, on serait hors d’état de se former une idée juste, parce que différentes sortes de fers, dont chacune a ses propriétés particulières, ont été employées pour les différentes expériences.
- CHAPITRE PREMIER
- PROPRIÉTÉS RÉSISTANTES DU FER MALLÉARLE AUX TEMPÉRATURES ÉLEVÉES
- I. Anciennes expériences. — Les plus anciennes expériences à moi connues, entreprises pour comparer la résistance du fer à la température ordinaire et à la chaleur rouge, sont celles de Tremery et Poirier Saint-Brice (1), en 1828. Elles furent motivées par l’extension rapide que prenait alors l’emploi des chaudières à vapeur et par l’observation fréquemment faite que la chaudière éclatait, dès qu’elle rougissait en quelque endroit. On constata que la résistance à la traction du meilleur fer étiré au marteau, atteignait 45 kilogrammes par'millimètre carré pour descendre à7k®,80, seulement, si le fer était porté au rouge.
- Les essais faits après 1830, aux États-Unis, sur l’initiative de l’Institut Franklin (2), eurent aussi pour motifs l’emploi du fer pour l’établissement des chaudières à vapeur et les dangers d’explosion pouvant provenir de changements dans les propriétés résistantes. On constata d’abord, au commencement du chauffage du fer, une augmentation de résistance jusqu’à la température de 150° ou un peu plus, puis une diminution rapide jusqu’à ce qu’au rouge la résistance ne fut plus que 1/6 de celle à la température ordinaire.
- Wertheim (3) en 1848 fit des expériences sur divers métaux à des températures croissant jusqu’à 200°. Je reviendrai plus loin sur les résultats obtenus avec d’autres métaux que le fer : pour celui-ci, Wertheim constata par millimètre carré une résistance à la traction
- De 15° à V0°. à 100°. à 200°.
- Pour le fer doux............ 48kü,88 à 50kil,25 51kil,10 46kil,90
- Pour l’acier................ 40kil,00 à 53kil,90 59kîI,10 50kil,90
- (1) Annales des Mines, 2e série, vol. 3, p. 513.
- (2) Report of the Committee of the Franklin Instilute on the explosion of steam-boïlers, Philadelphia, 1837; aussi Dingler’s Polyt. Journal, vol. 71, p. 257.
- (3) Annales de Poggendorf. Supplément, 2° vol., p. 57.
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- La ténacité des deux espèces de fer était donc à 100° plus grande qu’à la température ordinaire et diminuait quand la température s’élevait à 200°.
- Tout au contraire Baudrimont (1), qui essaya en 1850 des fils fins de différents métaux, trouva pour du fil de fer de 0mm, 175 de diamètre :
- A 0° une résistance de 205kü,4 par mm2.
- A 100° — 191kil,7 —
- A 200° — 210kil,2 —
- Des expériences plus étendues furent faites par Fairbairn (2) dans le cours de l’année 1850. Il employa, pour une série d’essais, des tôles à chaudières dans lesquelles on découpa des barrettes plates de 51 millimètres de largeur au point de rupture, les unes prises dans le sens du laminage, les autres en travers, et pour une autre série d’essais, du fera rivets dont on fit des barrettes rondes tournées à 12,7 et 14,3 millimètres de diamètre. Le chauffage se faisait au moyen d’un bain d’huile extérieurement chauffé dans lequel les barrettes était fixées verticalement, tandis que l’effort de traction était exercé à leur extrémité supérieure au moyen d’nn levier chargé; lorsqu’on voulait arriver à la température rouge, on enlevait le bain d’huile, de sorte que les barrettes recevaient directement l’action du foyer (3). Les chiffres suivants fournissent les moyennes d’un grand nombre d’essais faits par Fairbairn. Les mesures anglaises du rapport de Fairbairn ont été traduites en mesures métriques et les degrés Fahrenheit ramenés en degrés centigrades.
- TOLES A CHAUDIÈRE
- TEMPÉRATURE EN LONG. EN TRAVERS.
- en degrés Effort Allongement Effort Allongement Effort Allongement
- centigrades. de sur de sur de sur
- rupture 76 millimètres rupture 76 millimètres rupture 76 millimètres
- kilogr. par cm2. on millimètres. kilogr. par cm2. en millimètres. kilogr. par cm2. en millimètres.
- — 34 )) „ 44,26 20,3
- — 18 34,30 3,5 » » »> »>
- + 16 35,15 5,1 29,31 3,3 43,97 17,8
- + 45 28,95 4,3 30,91 2,5 49,56 14,2
- + 100 31,30 4,5 31,97 2,6 55,48 15,2
- + 127 » » » » 57.84 17,0
- + 132 30,81 3,3 >» » » »
- + 155 » » » )) 58,82 15,7
- + 170 34,97 2,5 29,45 3,7 »> ))
- + 200 32,25 4,6 .. » » »
- + 220 » >» » »> 58,75 17,7
- rouge. )) 23,98 3,7 24,50 14,0
- (1) Annales de Chimie et de Physique, 3e série, vol. 30, p. 304.
- (2) Report of the British Association for the advancement of science, 1856, p. 405; aussi W. F. Fairbairn: Useful information for engineers, second sériés, London, 1860, p. 06.
- (3) Le rapport susvisé contient une description complète avec dessins des appareils employés, que l’auteur ne peut reproduire ici.
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- L’examen de ce tableau ne permet de tirer aucune conclusion en ce qui concerne les tôles à chaudières : la ténacité et l’allongement augmentent et diminuent irrégulièrement aux diverses températures, et on ne peut guère se tromper en l’attribuant au manque d’homogénéité du métal employé. En ce qui concerne le fer à rivets, la résistance s’accroît manifestement, quand la température monte au-dessus de la température ordinaire et elle atteint sa valeur la plus élevée entre 155° et 220°. Les allongements observés présentent aussi ici de trop faibles différences pour permettre des conclusions précises.
- En 1870 G. Pisati et G. Saporita-Ricca effectuèrent un grand nombre d’essais de résistance avec des fils recuits qu’ils chauffaient jusqu’à 800° dans un bain d’huile. Les résultats de leurs essais ne se trouvent que par fragments dans la littérature allemande (1); en général lorsque la température s’élevait au-dessus du degré ordinaire, apparaissait d’abord une diminution de résistance, mais depuis 200° et jusqu’à 300° une augmentation, de telle sorte qu’entre ces deux limites la résistance serait plus considérable que vers 15° ou 20°.
- Je ne puis passer ici sous silence les essais entrepris par Knut Styffe, directeur de l’Institut technologique de Stockholm, avec la collaboration de plusieurs savants, dans le double but, d’une part, d’obtenir sur les propriétés résistantes du fer à la température ordinaire des données plus sûres et plus précises que celles alors existantes, et d’autre part, de déterminer l’influence sur ces propriétés résistantes de variations de température comprises entre les limites de — 40° et 215° (2). Ces essais présentent par suite un intérêt tout particulier, d’autant plus qu’ils portèrent sur des fers de diverses provenances et de compositions très variées, depuis le fer le plus doux jusqu’à l’acier à 1,78 pour 100 de carbone. Les barrettes soumises aux essais étaient placées dans un récipient où elles pouvaient, soit être refroidies par un mélange réfrigérant, soit être chauffées par un bain de paraffine surfondue. Il serait sans utilité de donner ici par extraits des résultats d’expériences qui n’ont de valeur que par leur ensemble; il suffira de reproduire les conclusions que Styffe lui-même en a tirées :
- 1° La résistance à la traction du fer et de l’acier n’est pas diminuée par le froid et elle reste, même aux températures les plus basses survenues en Suède, au moins aussi grande qu’à la température ordinaire.
- 2° Aux températures comprises entre 100° et 200° la résistance de l’acier est presque la même qu’à la température ordinaire, tandis que celle du fer doux est plus grande.
- 3° La ductilité (faculté d’allongement) du fer et de l’acier n’est pas, par les plus grands froids, moindre qu’à la température ordinaire, mais elle diminue vers -t- 130° et jusqu’à + 130°. Cette diminution est plus considérable pour le fer que pour l’acier.
- 4° La limite d’élasticité est par les grands froids plus élevée, et vers -+- 140° plus basse qu’à la température ordinaire.
- 5° Le module»ou coefficient d’élasticité s’accroît avec l’abaissement et diminue avec l’augmentation de la température; cependant la variation ne dépasse jamais 0,05 p. 100 pour chaque 0,9 degré centigrade.
- IL Essais de Kollmann. — A la suite de l’institution d’un prix par la Société (allemande) pour l’encouragement de l’industrie, de nombreuses expériences furent faites
- (1) Annales de Poggendorf. Supplément, 2° vol., p. 57.
- (2) Les propriétés résistantes du fer et de l’acier, par Knut Styffe. Traduction anglaise, par G. Sandberg. — Traduction allemande d’après celle de Sandberg, par C. M. de Weber. Weimar,-1870.
- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Août 1899. 76
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- en 1877 et 1878 aux usines de la Gutehoffnung, près Oberhausen, sur rinüucncede réchauffement sur les propriétés résistantes du fer, par M. le docteur J. Kollmann (1). Elles sont les premières dans lesquelles la résistance du fer ait été déterminée à des températures s’accroissant graduellement jusqu’au commencement de la chaleur blanche. On employa pour les essais de résistance deux appareils différents : l’un, plus petit, actionné par pression hydraulique ; l’autre n’employant que des poids pour former les charges. Avec le premier appareil, on employait des barrettes d’essais qui avaient une section, soit ronde de 13 millimètres de diamètre, soit carrée de 13 millimètres de côté; avec le second les barrettes avaient une section de 40x10 millimètres.
- Par suite, comme pour les mêmes sortes de fer, les essais furent effectués pour partie avec la plus grande et pour partie avec la plus petite section, les tableaux d’essais de Kollmann ne sont pas par eux-mêmes propres à donner une idée tout à fait sûre de l’influence de la température. Comme on sait, les chiffres des résistances — charge de rupture, allongement, contraction, etc. — varient avec la grosseur des sections expérimentées (2), surtout lorsque les barrettes d’essais ne sont pas découpées dans des échantillons de mêmes dimensions, mais, comme c’était ici le cas, les unes dans des fers ronds laminés au petit train, les autres dans des larges plats provenant du train universel.
- Le chauffage préalable des barrettes se faisait au moyen d’un feu de coke où les plus petites étaient chauffées sur toute leur longueur et les plus grandes seulement au milieu de leur longueur. Il est au moins vraisemblable que ces différents modes de chauffage ont amené des variations dans les résultats des expériences.
- Pour la détermination des températures on se servait d’un calorimètre — décrit dans le Dingler's Polytechniches Journal, vol. 225 — dans lequel on apportait une seconde barrette semblable à celle devant être essayée et chauffée en même temps à la même température, pour en conclure, par les moyens connus, l’élévation de température du métal d’après celle de l’eau du calorimètre et la chaleur spécifique du fer. Cette méthode n’est pas sans objections, comme le rapport lui-même le reconnaît; car plus les températures calculées sont élevées, et plus elles s’écartent de la vérité (1).
- On employa pour les essais, soit du fer soudé à nerf tenant 0,10 p. 100 de carbone et 0,34 p. 100 de phosphore, soit du fer soudé à fin grain tenant 0,12 p. 100 carbone et 0,20 p. 100 phosphore, soit du métal Bessemer tenant 0,23 p. 100 carbone, 0,30 p. 100 silicium, 0,09 p. 100 phosphore et 0,86 p. 100 manganèse.
- Des tableaux de Kollmann, j’ai extrait seulement les résultats obtenus avec des barrettes d’essai de sections approximativement d’égales grosseurs.
- En outre de ces essais sur la résistance à la traction, il en a aussi été fait qui avaient pour but d’élucider la manière dont le fer se comporte à la compression sous l’influence des températures élevées. On employait ici pour les essais un laminoir dont le cylindre supérieur fut, pour un partie des essais, soumis à la pression d’un levier chargé de poids et, pour un autre partie, soumis à la pression de deux ressorts de tension connue, et on mesurait les changements de section de la pièce laminée sous une pression
- (1) Verhandlungen des Vereines zur Befôrderung des Gewerbfleissès, 1880fp. 82.
- (2) Stahl und Eisen, 1892, p. 942.
- (3) Ainsi les températures du commencement de la fusion pour les natures de fer expérimentées sont indiquées (pages 106, 109 et 112 du mémoire considéré), être 2 2.10°, 2100° et 2 000°, tandis que, d’après les mesures de températures faites au moyen du pyromètre Le Chatelier, le fer pur fond déjà vers 1500° environ, le métal Bessemer de la composition indiquée vers 1450° (Voir Stahl und Eisen; 1891, page 637 et Comptes rendus, vol. 140, p. 471).
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- LA TEMPÉRATURE ET LES PROPRIÉTÉS RÉSISTANTES DES MÉTAUX. 1163
- . Fer à fin grain.
- SECTION de la BARRETTE. mm2. TEMPÉRATURE » C. EFFORT de RUPTURE. kilogr. par mm-. STRICTION p. 100. ALLONGEMENT p. 100.
- 400,0 20 40,0 23,8 20,0
- 400,0 75 40,3 21,2 22,0
- 400,0 125 40,1 24,3 23,5
- 398,2 190 39,8 18,7 20,0
- 384,2 240 39,5 25,2 26,0
- 400,0 310 38,5 26,3 30,0
- 393,2 360 36,5 18,7 20,0
- 400,0 410 33,0 36,0 52,0
- 400,0 460 25,5 49,5 58,5
- 404,0 490 19,5 58,7 55,4
- 396,0 500 17,6 52,0
- 379,0 540 14,2. 31,2 31,0
- 401,6 590 12,2 60,5 41,5
- 412,3 640 11,4 62,3 41,2
- 409,5 670 10,5 48,1 46,0
- 400,0 700 9,2 52,2 45,0
- 395,0 750 8,0 58,3 50,3
- 420,3 800 6,9 63,3 59,4
- 413,8 850 5,8 73,8 72,0
- 404,3 900 4,7 83,2 20,2
- 387,5 920 4,0 82,6 16,8
- 378,4 940 3,7 86,0 11,3
- 373,1 1 020 2,6 89,6 9,1
- 413,0 1 040 2,3 92,4 7,0
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- 1164 MÉTALLURGIE. --- AOUT 1899.
- Fer soudé, à nerf.
- 1 SECTION EFFORT
- de la TEMPÉRATURE de STRICTION ALLONGEMENT
- BARRETTE. » C. RUPTURE. p. 100. p. 100.
- mm2. kilogr. par mm-.
- 132,73 20 37,67 20,40 19,0
- » 84 37,54 19,00 21,0
- .. 190 35,77 26,00 27,3
- .. 310 33,53 31,00 33,0
- » 370 29,91 43,10 38,1
- » 443 22,90 44,30 48,0
- »» 310 11,07 54,69 37,0
- « 530 9,72 52,07 44,0
- » 340 9,04 37,25 18,0
- 555 7,90 62,13 31,0
- » 370 7,33 54,69 20,0
- ». 383 7,00 62,13 31,0
- .. 590 6,89 78,90 25,0
- .. 610 7,03 45,20 23,0
- .. 630 6,95 48,10 19,1
- ». 680 6,33 31,70 12,0
- ». 730 3,65 52,10 33,0
- ». 750 4,52 66,70 8,0
- ». 760 4,52 71,00 53,0
- .. 770 4,14 71,00 23,5
- » 780 3,09 73,00 13,0
- .. 820 3,20 75,00 20,0
- .. 850 3,01 78,90 13,0
- » 880 2,41 78,70 8,0
- .. 915 2,00 ' 78,70 7,5
- ». 960 1,81 81,40 6,8
- 1080 1,20 90,53 5,0
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- LA TEMPÉRATURE ET LES PROPRIÉTÉS RÉSISTANTES DES MÉTAUX. 1165
- déterminée et à une température également connue. Mais il faut remarquer qu’ainsi l’action de compression ne s’effectuait que pendant un temps limité; d’autre part dans le laminage, il y a d’autres efforts en jeu que celui de compression, en particulier un effort de traction dans le sens du laminage déterminé par le frottement des surfaces des cylindres. Ainsi je passerai sous silence les résultats de ces essais qui, s’ils ne sont pas sans valeur pour la discussion du travail du laminage, n’ont guère de signification en ce qui concerne la connaissance de l’influence de la température sur les propriétés résistantes du fer.
- Métal Bessemer.
- SECTION do la BARRETTE. TEMPÉRATURE. EFFORT de RUPTURE. STRICTION. ALLONGEMENT.
- Millim. carrés. Degrés c. Kilogr. par mm2. P. 100. P. 100.
- 132,73 20 60,3 18,30 13,0
- »> 70 57,8 23,20 f 14,0
- » 120 59,0 27,30 19,2
- » 180 58,9 29,10 22,0
- » 230 57,8 31,20 24,2
- )) 310 54,3 45,20 38,7
- » 530 18,8 71,00 29,0
- » 600 15,07 91,70 38,5
- » 620 14,31 94,70 37,5
- » 630 13,07 93,75 23,5
- » 640 14.65 95,52 42,8
- » 710 10,92 94,68 46,5
- » 760 9,05 95,03 45,2
- 780 8,82 94,68 47,1
- . » 830 • 7,24 96,60 41,2
- )) - 850 6,50 97,10 37,4
- » ... 870 6,0 96,6Ô 33,1
- » 900 5,42 97,-40 27,3
- » 1 050 3,62 97,60 13,0
- (> 1 080 3,31 97,40 11,0
- En examinant les séries de chiffres qui indiquent la résistance à la traction pour les trois sortes de fer, on voit qu’elles concordent pour montrer, à mesure que la température s’élève, une diminution progressive de la résistance, d’abord assez faible pour qu’on puisse attribuer les différences à des accidents inévitables, puis de 300° environ jusqu’à 600° très rapide, puis de nouveau lentement graduelle. Si on trace les diagrammes de résistance, on obtient les figures ci-après (flg. 1) :
- Contrairement aux résultats de Kollinann, presque tous les expérimentateurs précédents (Wertheim, Fairbairn, Styffe, etc.) avaient, comme on l’a vu plus haut, constaté une augmentation de la résistance entre 100° et 230° ou 300°; de même Baudrimont, dont les essais avec des fils ont été résumés ci-dessus, avait remarqué vers 200° une résistance plus grande qu’à 0°; la môme constatation a été faite dans des essais plus
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- 1166
- MÉTALLURGIE.
- AOUT 1899.
- récents dont il sera question plus bas. Il n’y a, par suite, pas à douter que, dans la détermination des chiffres de Kollmann, un certain rôle doit être attribué à des erreurs d’observation tenant, soit aux causes déjà expliquées plus haut, soit aussi à des causes inconnues. Iln’ en reste pas moins pour Kollmann le mérite incontestable d’avoir été le; premier à instituer des essais sur des pièces plus grandes et à des températures
- Métal Bt
- Fig. 1.
- beaucoup plus hautes qu’antérieurement et de les avoir effectués avec tout le soin que lui permettaient les appareils simples qu’il avait à sa disposition.
- III. Essais de James Howard. — Ces essais furent effectués dans l’arsenal de Water-town (États-Unis) et eurent pour but la détermination des changements apportés par des élévations croissantes de température, au coefficient de dilatation, au module d’élasticité, à la résistance à la traction et à la limite d’élasticité (1). On y employa, soit de l’acier fondu à diverses teneurs de carbone, soit du fer soudé et aussi une fonte remarquable par sa grande ténacité.
- En ce qui concerne le coefficient de dilatation moyen et jusqu’à 119° centigrades, on trouva pour chaque degré centigrade :
- Pour le 1er soudé. . .......................................................... 0,00001211
- Pour l’acier fondu doux, teneur en moyenne 0,09 à 0,51 p. 100 G................ 0,00001194
- — — 0,57 à 0,97 — .......... 0,00001133
- Pour la fonte.................................................................. 0,00001067
- c’est-à-dire une valeur moyenne d’autant plus faible que la teneur en carbone est plus élevée.
- En trempant au rouge l’acier fondu, on fit croître un peu les coefficients de dilatation; par le recuit des pièces trempées, on ramena ces coefficients à leurs valeurs primitives.
- On rechercha ensuite les modifications du module d’élasticité pour des barres d’acier fondu de 0,09 à 0,97 p. 100 de carbone, pour le fer soudé et pour la fonte, à des températures croissant jusqu’à 260°. Le chauffage se fit dans un bain d’huile. Par l’augmentation de température, le module d’élasticité diminua, et cela de 1,7 à 10,5 kilogrammes par centimètre carré pour chaque degré centigrade. La diminution était plus forte pour l’acier doux et le fer soudé que pour l’acier dur et la fonte. En chauffant deux barres d’acier fondu à de plus hautes températures dans un bain d’air, en se servant des
- - (1) Voir Iron Age, 1890, p. 585.
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- LA TEMPÉRATURE ET LES PROPRIÉTÉS RÉSISTANTES DES MÉTAUX. 1167
- dilatations observées pour le calcul de la température (1), on trouva pour le module d’élasticité en kilogramme par centimètre carré les valeurs suivantes :
- Températuro du laboratoire : 735° C
- Acier fondu à 0,26 p. 100° C. et 1,22 p. 100 Mn. . . . 20 300 11 900
- — 1,07 — 0,07 — .... 28400 »
- Des observations faites entre ces limites de température montrèrent que les changements du module d’élasticité n’étaient pas proportionnels à l’accroissement des températures, mais étaient plus rapides aux températures élevées qu’aux températures plus basses.
- Pour l’étude de la résistance à la traction (effort de rupture), on employa des barrettes rondes de 20 millimètres de diamètre et 127 millimètres de longueur, qui étaient chauffées par des becs de gaz à l’intérieur d’un récipient en tôle de fer. Les becs étaient placés à l’intérieur du récipient; la température, dans les essais, était aussi — malheureusement — calculée d’après la dilatation mesurée. La température la
- Fig. 2.
- plus basse essayée fut 18° centigrades; le diagramme figure 2 montre les variations de la résistance à la traction dans les aciers fondus plus ou moins carbonés. On y constate qu’au début des accroissements de température, la charge de rupture décroît; sa valeur la plus faible étant entre 95° et 150° centigrades, puis sa valeur remonte et, entre 250° et 340°, elle est considérablement plus grande qu’à la température ordinaire. A partir de ce point la résistance [décroît de nouveau et plus rapidement pour les aciers les plus carbonés chez lesquels elle avait précédemment atteint plus vite sa valeur la plus élevée, que pour les aciers moins carbonés. Les chiffres de résistance des diverses sortes de fer se rapprochent de plus en plus à mesure que la température croît, de telle sorte que vers 850° le plus grand écart, qui était au début de 63 kilogrammes par millimètre carré, s’est réduit à 7 kilogrammes (2).
- 700» C. 9 920
- (1) Il est à peine besoin de rappeler ici que le coefficient de dilatation varie toujours avec la température et par suite que cette manière de déterminer la température est très peu exacte. Les chiffres obtenus ne peuvent donc servir que pour des conclusions tout à fait générales.
- (2) La grande différence à la température ordinaire est vraisemblablement due, non seulement à la composition chimique, mais aussi à la circonstance que, à ce qu’il paraît, les barrettes n’avaient
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- MÉTALLURGIE.
- AOUT 1899.
- Les essais sur le fer sondé, représentés par le diagramme figure 3, ont fourni des résultats analogues. La courbe supérieure provient de l’essai d’un fer qui avait été soumis pendant sept années, dans une’construction, à un effort de traction de 29,7 kilogrammes par centimètre carré et qui s’était montré rouverin. La charge de rupture, par suite de la surcharge éprouvée, atteignit déjà à la température du laboratoire 43 kilogrammes par millimètre carré et s’éleva à 300° centigrades jusqu’à 49 kilogrammes.
- Fig. 3.
- Les deux autres courbes montrent les résultats du fer soudé ordinaire. Sa résistance atteignit à la température du laboratoire 33 kilogrammes et à 311° centigrades 41 kilogrammes par millimètre carré (1). Il faut aussi remarquer dans ces courbes qu’aucune des éprouvettes de fer soudé n’a témoigné de la diminution initiale de résistance constatée avec l’acier fondu.
- La limite d'élasticité ne put être déterminée avec exactitude aux températures élevées. Voici comme exemple les chiffres proportionnels fournis par de l’acier fondu à 0,09 p. 100 de carbone :
- Température............................. 21° 170° 255° 500° C.
- Limite d’élasticité..................... 100 88 76 49 p. 100
- La striction (diminution de section) fut, pour les aciers fondus doux et demi-durs, un peu moindre entre 200° et 300° qu’à la température ordinaire; l’acier fondu plus dür ne fournit jusqu’à 260° que des strictions à peu près égales; au delà elles augmentèrent. Pour les trois sortes les plus carbonées (C = 0,81, 0,89 et 0,97 p. 100), les strictions entre 600° et 650° furent cependant moindres qu’à des températures moins élevées. Aux températures les plus hautes expérimentées, les diverses barrettes s’étirèrent presque en pointes avant que la rupture commençât. Pour les barrettes à grandes strictions qui furent essayées à hautes températures, on put établir que la rupture ne se faisait pas brusquement, mais commençait au milieu de la section et se propageait de là jusqu’à la périphérie. En effectuant un essai vers 800° environ, lorsque la striction eut atteint 94 p. 100 et que la périphérie eut cédé, on constata dans l’intérieur de la portion contractée un espace creux.
- L'allongement qui augmente avec l’accroissement des efforts jusqu’à celui de rupture, a été trouvé être le plus considérable à la température ordinaire. La fig. 4
- pas été recuites avant l’essai. L’acier dur suint au laminage des modifications plus considérables de ses propriétés que l’acier doux.
- (1) Il faut ici rappeler que, d’après les essais de Bauschinger, les augmentations de résistance amenées par une surcharge disparaissent par un recuit à une température d’au moins 450°. (Mémoires du laboratoire mécanico-technique de Munich, livraison 13, p. 26.)
- \
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- LA TEMPÉRATURE ET LES PROPRIÉTÉS RÉSISTANTES DES MÉTAUX. 1169
- montre les courbes obtenues pour un acier fondu à 0,31 p. 100 de carbone et 0,57 p. 100 de manganèse essayé à diverses températures.
- Quelques barres se comportèrent de façon spéciale entre 100° et 200° : d’abord l’allongement restait presque constant sous un effort croissant, pour s’accroître ensuite brusquement, beaucoup si l’effort continuait à croître. La courbe prend alors une forme en zigzag, comme la ligne pointillée dans la figure (1).
- La durée de l'essai exerce une influence sur les résultats, en ce sens que la charge de rupture s’accroît notablement aux hautes températures, lorsque la durée de l’essai diminue. Une barre en acier fondu à 0,81 p. 100 de carbone qui, avec la durée
- Allongements.
- Fig. 4.
- habituelle de l’essai (5 à 10 minutes), avait fourni à 820° une résistance à la traction de 23k&, 5, ne se rompit que sous une charge de 44ks, 3, avec une durée de l’essai réduite à 2 secondes.
- Les expériences de Howard ont le mérite de permettre une comparaison générale des propriétés de l’acier fondu à diverses teneurs et du fer soudé. Néanmoins, ainsi qu’il a été déjà expliqué, comme les déterminations de températures ne méritent pas toute confiance, les chiffres des résultats de ses essais ne peuvent pas non plus en eux-mêmes être admis comme tout à fait certains.
- IV. Essais du laboratoire royal mécanico-technique de Charlottenbourg. — Les
- recherches sur une grande échelle les plus dignes de confiance, au sujet de l’influence de la chaleur sur les propriétés résistantes du fer, ont été faites de 1887 à 1890 au
- (1) Le Chatelier a fait la même observation. (Voir Comptes rendus, vol. 109, p. 58.)
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- 1170
- MÉTALLURGIE.
- AOUT 1899
- D’APlîliS LES OBSERVATIONS AU MIROIR.
- l’essa rades. A LA TKMUÉRATUKK 1)U LAIÎOKATOIKK. A I. A T K M 1 V. R A T II lt K DK L’RSSM.
- K .SP fi c 5 H V U “ô H U Allongement par tonne en p. 100. AS Mod nie d’élasticité en kilogramme par millimètre carré. E Allongement Module d’élasticité en kilogramme par millimètre carré. E Effort, (le traction en kilogrammes par millimètre carré. Allonge®^ en centièmes.
- < O C3 ^ fi O en p. 100. AS Limite d’élasticité proportionnelle Op Limito d’élasticité apparente. (7 s Limite d’élasticité proportionnelle Cip Limite d’élasticité aPParente.
- — 20 0,0147 21 200 0,0146 21 200 12,3 24,7 0,058 Métal be 0,102
- + 20 0,0151 20 700 0,0151 20 700 16,5 22,0 0,079 0,107
- + 100 0,0150 20 300 0,0151 19 900 14,6 20,0 0,073 0,102
- + 200 0,0152 20 500 0,0158 19 500 18,1 19,9 0,093 0,101
- + 300 0,0150 20 700 0,0165 18 800 10,3 15,6 0,055 0,095
- + 400 0,0154 20 500 0,0171 17 900 6,5 11,3 0,036 0,071
- + 500 0,0147 21100 0,0205 15 100 (-L2) » (0,042) »
- + 600_ 0,0146 21 000 0,0239 13 400 (2,0) 3,2’ (0,015) 0,032
- — 20 0,0152 20 900 0,0151 21 000 15,8 26,8 0,075 Métai de 0,138
- + 20 0,0151 21 000 0.0151 21 000 17,1 26,0 0,082 0,115
- + 100 0,0153 20 700 0,0154 20 700 16,7 24,6 0,081 0,110
- + 200 0,0152 20 700 0,0161 19 500 18,9 22,9 0,096 0,102
- + 300 0,0151 21 000 0,0166 19 300 12,7 „ 0,066 ”
- + 400 0,0149 21100 0,0172 18 300 11,1 14,3 0,061 0,071
- + 500 0,0151 20 900 0,0208 15 200 » » *>
- + 600 0,0149 21 100 0,0263 12 000 „ » » “
- — 20 0,0150 20 800 0,0149 21 000 17,7 28,5 0,074
- + 20 0,0155 20 400 0,0155 20 400 25,8 28,6 0,124
- + 100 0,0152 20 900 0,0155 20 400 21,9 26,1 0,107
- + 200 0,0151 20 900 0,0158 19 900 17,6 25,5 0,089
- + 300 0,0150 21 200 0,0165 19 100 16,8 21,3 0,088
- + 400 0,0149 21 000 * 0,0171 .18 300 » 15,7 "
- + 500 0,0119 21 100 0,0202 15 100 » 12.0
- + 600 0,0150 21 000 0,0219 11 400 » ”
- Met Al 111 0,133 0.124 0,122 0,134 o.iû®
- 0,099
- LA TEMPÉRATURE ET LES PROPRIÉTÉS RÉSISTANTES DES MÉTAUX.
- 1171
- D'APRÈS LES COURBES.
- A LA TEMl'KKATURE 1)K l’KSNAI
- Effort
- par millinU'tro carré.
- Limite
- d'élasticité
- Maximum.
- Final
- à
- la rupture.
- Allongement.
- en
- centièmes.
- sous
- effort
- maximum.
- Ou
- à la
- rupture.
- 6z
- A P R K S LA RU PT U R E.
- Allongement
- centièmes sur
- 50 millimètres de
- chaque côté.
- 100 millimètres de
- chaque côté. o 1 ou
- STRICTION.
- DlRETÉ I
- 24.6
- 22.6
- 20,4
- 19.7 16,2
- 13.2
- 10.7
- 5.7
- Dt'HETÉ II
- 26.9
- 24.1
- 23.7
- 23.3
- 20.9
- 16.2
- 13.1 7,2
- H'retf, III
- 28.1
- 26.9 26,0
- 24.5
- 22,0
- 17.5 . 14,8
- 9,6
- 41,2 32,0 21,0 30,7 38,0 31,9
- 38,4 28,9 21,5 28,4 37,2 30,4
- 39,1 30,0 12,8 16,9 21,0 14,1
- 50,3 43,5 12,9 16,4 19.6 15,8
- 47,4 45,3 14,2 19,6 23,0 20,0
- 34,1 22,4 10,6 29,4 50,5 35,0
- 19,3 7,5 8,6 42,9 65,6 50,3
- 10,6 1,3 17,0 1 59,8 97,3 76,7
- 46,7 39,5 20,8 25,2 31,7 26,8
- 43,7 36,0 22,4 28,3 34,6 28,9
- 43,9 37,4 10,2 14,9 22,9 15,6
- 54,8 50,4 11,3 14,8 18,5 14,8
- 52,9 50,5 15,3 18,8 24,8 22,6
- 43,2 33,0 14,6 25,2 36,7 29,5
- 22,6 9,8 6,5 34,1 58,8 44,9
- 10,9 I 0,8 4,6 58,3 96,6 67,3
- 50,1 38,6 20,2 25,7 33,8 26,9
- 47,0 34,5 20,6 28,5 36,7 28,6
- 46,7 36.9 13,7 16,9 25,5 18,6
- 57,0 52,2 10,8 13,6 16,0 12,9
- 44,7 42,6 5,0 8,4 » 5,1
- 43,2 36,2 13,7 28,3 39,1 30,9
- 26,6 13,0 9,9 37,6 57.4 44,8
- 13,4 2,2 6,2 40,6 80,3 56,9
- 53.8 58,6
- 50.9
- 41.5
- 22.9
- 57.5
- 79.6 90,5
- 48,7
- 48.7
- 43.7 33,2
- 27.6
- 50.6 79,5 96,0
- 57.5
- 61.5
- 55.4
- 36.3 8,5
- 44.5 74,1
- 89.3
- p.1170 - vue 1175/1864
-
-
-
- 1172
- MÉTALLURGIE.
- AOUT 1899.
- laboratoire royal d’essais de Charlottenbourg sur l’initiative de la Société des sidérurgistes allemands — Deutscher Eisenhütlenleute — et de la Société pour l’encouragement de l’industrie — zur Befôrderung des Gewerbfleisses (1). Le directeur de ce laboratoire, le professeur Martens, dit à ce propos dans son rapport :
- « Les anciennes recherches dans cette direction ne sont pas concordantes et « n’avaient pas été suffisamment approfondies. Il en est ainsi tout particulièrement « pour l’acier et le fer dans l’échelle des températures inférieures à 600° environ. Les « recherches plus récentes et étendues du Dr Kollmann, dont les résultats ont été « publiés dans un mémoire primé par la Société d’Encouragement, permettent bien « en somme de reconnaître la loi de la diminution de résistance à des températures « croissantes et concordent assez bien en général avec les travaux plus anciens « effectués en Suède, en Angleterre et en Amérique ; mais, d’une part, la conduite « des expériences a été assez sommaire, et elles ne fournissent aucun renseignement « sur les modifications que des températures, croissant jusque vers 400°, font subir « au module d’élasticité, à la limite d’élasticité proportionnelle, et à. la limite d’élasti-« cité apparente; d’autre part, il est désirable pour le constructeur de connaître exac-à tement les changements dans les propriétés résistantes que produisent, dans les « métaux qu’il emploie, les échauffements qui surviennent pendant le fonctionne-« ment... Malgré les diverses expériences qui ont été faites, il nous manque toujours « encore une connaissance plus exacte des circonstances qui exercent une in-
- Fig. 5
- « fluence importante sur les propriétés résistantes des métaux et qui caractérisent « ceux-ci... »
- Le métal employé pour les essais a été de l’acier fondu doux, provenant en partie des usines de Hoerde et en partie de celles de l’Union de Dortmund (2). Des essais préalables opérés sur des échantillons à l’état marchand ont donné des résistances de 41,0 à 52ks,8 par millimètre carré; avant les essais proprement dits, on a aussi fait subir à ces mêmes échantillons, dans un fourneau à moufle, un chauffage de plusieurs heures à des températures de 800° à 900° en les laissant ensuite refroidir lentement : leurs résistances sont descendues alors et n’ont plus été que 38,4 à 47ks, 0 par millimètre carré (3).
- Les barrettes d’essais avaient la forme indiquée par la figure o. Pour le chauffage pendant l’essai, on se servit d’un vase chauffé extérieurement par un fourneau à gaz et que l’on remplissait de paraffine, d’un alliage étain-plomb ou de plomb pur (4) :
- (1) Mémoires clu Laboratoire royal d’essais techniques de Berlin. Année 1890, p. 159.
- (2) D’après le mémoire du professeur Rudeloff, dans la Zeitschrift, 1891, p. 444, les éprouvettes n’étaient point de l’acier Thomas ; elles étaient donc par suite de l’acier Martin. On ne paraît pas avoir déterminé leur composition chimique. Il est à regretter qu’on n’.ait pas aussi expérimenté sur du fer soudé, d’autant plus que, d’après beaucoup de recherches antérieures, le fer soudé ne se comporte pas toujours, aux températures élevées, comme le métal fondu.
- (3) Voir pour la disposition du four et la conduite du recuit les Mémoires sus-indiqués, 1890, page 163.
- (4) Quoiqu’on sût déjà que le fer n’absorbe pas de plomb, on s’en était encore assuré par un essai spécial.
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- il était suspendu sur la partie conique de la barrette (1); on employa une disposition semblable pour refroidir la barrette au-dessous de la température ordinaire, au moyen d’un mélange réfrigérant de sel marin et de glace. Pour la mesure des températures jusqu’à 400°, on employa un thermomètre à mesure de Geissler, rempli d’azote ; au-dessus de 400° le pyromètre à air. Pour la mesure des résistances, on employa les appareils les plus perfectionnés du laboratoire royal ; on trouvera dans les mémoires du laboratoire royal le détail des essais qui ont été exécutés avec le plus grand soin.
- Le tableau ci-joint indique les valeurs moyennes des résultats d’essais obtenus.
- -20*20 lOO 200 3ÔO •fOO 500 GOO^C
- -SC %
- 'OO 300 ‘tOO 500 600°V
- Fig. 6. — Résultats principaux pour les degrés de dureté I-III.
- Les efforts a sont rapportés à la section primitive. Les allongements S50 et 8100 sont mesurés sur 50 et 100 millimètres de chaque côté du point de rupture vers les deux extrémités; ils s’appliquent ainsi à 100 et 200 millimètres de longueur. Les chiffres entre parenthèses sont incertains : au-dessus de 500° la proportionnalité semble disparaître.
- La fig. 6 montre par des courbes les modifications observées des propriétés résistantes.
- Les traits pleins sont relatifs au fer fondu I, les traits interrompus (—-) au fer
- fondu II, les traits ponctués (.) au fer fondu III.
- Le professeur Martens s’exprime à leur sujet comme il suit :
- « Si l’on s’occupe maintenant de celles des propriétés résistantes auxquelles, dans « la pratique, on attribue le plus d’importance, on a en premier lieu à considérer « l’effort à la limite d’élasticité apparente, l’effort sous la charge maximum ou de « rupture, l’effort final d’arrachement, ainsi que les allongements correspondants. Les « courbes de la fig. 6 permettent de reconnaître à première vue que les efforts et az « diminuent notablement depuis 20° jusque vers 50°, pour s’accroître ensuite forte-
- (1) Voir dans les Mémoires sus-visés la disposition de l’appareil.
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- « ment, et atteindre entre 200° et 250° leurs valeurs les plus élevées (1). Cette valeur « maximum est, pour les trois degrés de dureté, très notablement plus grande que « celle correspondant à +20°, c’est-à-dire :
- Ch (7z
- Pour le métal de dureté 1................. de 34 p. 100 02 p. 100
- — II................. de 27 — 45 —
- — III................. de 25 — 50 —
- « On voit sur le diagramme que les courbes relatives à <sz ont des allures tout à fait « identiques. Si l’on compare les courbes pour <jb et sz l’une avec l’autre, on voit que « leurs ordonnées minima et maxima correspondent à peu près à la même température, « qu’elles se rapprochent l’une de l’autre jusque vers 300° et qu’à partir de ce point « elles s’écartent de nouveau... Les séries de courbes pour l’effort à la limite d’élas-« ticité apparente présentent pour les trois natures de métal à peu près le môme « caractère. Elles s’abaissent presque proportionnellement au degré de température, « et le métal qui, à l’état froid, a la plus haute limite d’élasticité apparente, conserve
- 600°•20°
- 200° ÔOO°'tOÛ°ÔOOa
- Fig. 7.
- « aussi à haute température la limite la plus élevée. Quant aux allongements à la « charge maximum et au moment de la rupture, ils se comportent de même pour les « deux sortes I et II, tandis que la sorte III présente particulièrement vers 200° et « 300° une allure différente...
- « On rend tout spécialement faciles à reconnaître les modifications des propriétés « résistantes en rapprochant et superposant les diagrammes des essais aux différentes « températures, ainsi que cela a été fait dans la figure 7 pour le métal II...
- « Si l’on considère d’abord les phénomènes à la limite d’élasticité apparente « (marquée S), on voit que l’étendue pendant laquelle la courbe, en faisant quelques « crochets, se dirige parallèlement à l’axe des abscisses, est moindre à mesure que la « température augmente et à partir de 400° disparaît complètement. Depuis 400° et « au delà, le métal tend graduellement à s’écouler, de telle sorte que la limite d’élas-« ticité apparente est même difficile à reconnaître avec certitude sur la courbe.
- « L’allure de cette courbe présente, à mesure que la température croît, des chan-« gements constamment progressifs, tellement que la limite de charge (effort de « rupture) B se rapproche toujours plus de l’origine de la courbe, jusqu’à ce qu’enfln « à partir de 500° la portion principale de la courbe se trouve au delà de la charge de « rupture. Quoique, à cause de la grande ductilité, le métal possède toujours encore
- (1) aB est la charge maximum ou résistance à la rupture, <rz l’effort final au moment même de la rupture.
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- « une capacité de travail notable, qui est représentée par l’aire de la figure, ce travail « n’en est pas moins inutilisable pour la construction, puisque la partie qui s’étend « jusqu’à la charge de rupture est finalement extraordinairement petite, alors que pour « le métal froid ou chauffé nu-dessous de 300°, cette partie est de beaucoup la plus « grande. Le fer chauffé prend déjà visiblement, à partir de 400°, le caractère des « métaux mous, comme le zinc par exemple, dont la faculté de résistance aux charges « s’épuise de même peu après que la limite d’élasticité apparente est dépassée. »
- Le professeur Rudeloff, dans des essais ultérieurs au laboratoire royal d’essais techniques, est arrivé à des résultats semblables, en opérant sur un échantillon de fer soudé et un autre d’acier Martin à des températures allant jusqu’à 400° (1). La résistance à la traction s’est accrue depuis la température du laboratoire jusqu’à 250° environ, pour tomber ensuite brusquement ; les allongements ont indiqué à peu près exactement les mêmes modifications que dans les essais précédents.
- Y. Essais sur la fragilité au bleu du~fer malléable. — Il y a une vingtaine d’années que l’attention a été appelée sur une propriété du fer qui n’avait pas jusqu’alors été remarquée : sa tendance, à une température un peu inférieure au rouge, à être plus cassant qu’aux températures voisines en dessus ou en dessous (2). On a désigné ce phénomène sous le nom de fragilité du fer au bleu, parce qu’il se produit à la température à laquelle le fer, en se refroidissant au-dessous du rouge, prend la couleur bleue du recuit, si on enlève la couche d’oxyde de la surface en la grattant avec un morceau de bois ou de fer. En travaillant le fer à cette température, soit au marteau, soit à la presse ou au laminoir, on court le risque de faire naître une crique qui, d’abord inaperçue, pourra amener plus tard une rupture.
- Les recherches sur la résistance, exposées ci-dessus, expliquent en partie cette fragilité. Les éprouvettes présentent à la rupture, à une certaine température élevée, une striction singulièrement moindre avec un allongement moindre aussi, quoique avec une résistance à la traction ordinairement plus élevée. En se reportant aux tableaux de Kollmann, on voit que le fer soudé à nerf présente seulement un allongement réduit vers la température (calculée) de 540° (3), que le fer soudé à fin grain présente un allongement et une striction moindres à 360°, que le métal Bessemer présente vers 530° un allongement moindre, mais d’ailleurs avec une striction sensiblement plus forte. Howard a constaté, pour la plupart de ses échantillons de fer, aussi une diminution de la striction à des températures qui, d’après son calcul, sont comprises entre 200° et 650° C, mais qui se chevauchent pour ces éprouvettes de compositions diverses. Les barrettes essayées à Gharlottenbourg se sont accordées pour présenter vers 300° une diminution de section sensiblement moindre et un allongement moindre aussi qu’à la température ordinaire. Le fer ne supporte plus des changements de forme aussi grands : il est devenu plus cassant.
- De même Huston, dont les expériences sur la résistance à la traction avaient pour but spécial de comparer les propriétés résistantes du fer malléable à 300° et 500° avec celles à la température ordinaire, a reconnu que la résistance à 300° étant de 5,6 à 21,0 p. 100 plus grande, la striction était plus faible de 10,8 à 39,6 p. 100 qu’à la température ordinaire (4).
- (1) Mémoires du Laboratoire royal, etc., 1893, p. 316.
- (2) M. Yalton semble être le premier qui ait appelé l’attention sur ce fait.
- (3) Il a été déjà expliqué que la température réelle est notablement moins élevée.
- (4) Voir la Zeitschrift, 1886, p. 138.
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- Le phénomène de la fragilité au bleu est encore mis en évidence, mieux que par les épreuves à la traction, lorsqu’on essaie le fer à la flexion ou qu’on le soumet à l’action des chocs. Wallrand, qui a fait des épreuves de flexion avec diverses natures de fer et d’acier(1), a constaté que des barres qui, à froid’, se laissaient plier de 180° et marteler ensuite à plat, se brisaient sous un angle de 90° ou même moins, quand on les traitait ainsi à une température de 325° G. C’est le fer au bois de Suède qui se montre le moins sensible à la chaleur bleue.
- Des essais semblables, ayant aussi pour but de comparer le fer soudé et l’acier, ont été faits en 1886 par E. Grosse à l’atelier central de la Direction des Chemins de fer royaux de Cologne (2). On se servit de tôles, fabriquées les unes en acier Martin, les autres en fer soudé, dans lesquelles on découpa des barrettes d’égales dimensions (le rapport indique une section de 400 X 50 millimètres). A la température ordinaire les barrettes d’acier fondu se laissèrent plier de 180° et martèlera plat sans montrer de criques; au bleu les barrettes cassèrent lorsqu’on les 'plia, sur une cheville de 40 mil-
- _____ lente
- 20 60 100 1*0 180 220 260 300 3*0 380 *20 *60 500 -5*0 580 6Z0°C
- Fig. 8.
- limètres de diamètre, sous des angles de 50°, 120° et 140°. Le fer soudé essayé de même se comporta déjà à la température ordinaire moins bien que l’acier fondu et montra de même au bleu une diminution de sa flexibilité. L’acier fondu se laissa étirer à froid sous la panne d’un marteau-pilon sans montrer de criques, mais au bleu il se forma des criques sur les angles; une barre forgée au bleu se brisa ensuite, lorsqu’on voulut la dresser à froid, avec une cassure à gros grains (3). Le fer soudé se comporta d’une façon moins tranchée dans les mêmes épreuves, parce qu’à l’étirage à froid il présentait déjà des criques sur les angles.
- Pour se rendre compte des causes de la fragilité au bleu, il est encore utile de considérer les expériences que M. A. Le Chateliero, effectuées pour rechercher la manière d’être du fer et de l’acier à diverses températures et aussi pour étudier spécialement l’influence que la durée de l’essai exerce sur ses résultats (4). Plus cette durée est
- (1) Zeitschrift, 1886, p. 138.
- (2) Glaser’s Annalen, vol. 20, p. 21.
- (3) La cassure à gros grains laisserait volontiers conclure que le fer avait été trop chauffé dans la chaude qui précédait.
- (4) André Le Chatelier, Rapport sur l’influence de la température sur les propriétés mécaniques des
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- courte et plus l’influence d’une surcharge se rapproche de l’effet d’un choc; on sait depuis longtemps que les métaux, et principalement le fer, peuvent présenter, même à la température ordinaire, un degré de résistance très variable, suivant qu’on les éprouve par l’action d’une surcharge tranquille ou par des chocs.
- Les barrettes, essayées dans une position horizontale, étaient chauffées par des gaz (1) enflammés dans un four spécialement construit et qui permettait le chauffage même pendant l’essai : les températures furent mesurées au moyen du pyromèlre connu de M. H. Le Chatelier.
- La figure 8 indique les charges de rupture obtenues par l’essai lent et par l’essai rapide.
- Entre 100° et 250° les essais les plus rapides fournissent la moindre résistance à la rupture, mais les allongements les plus considérables (2) : au delà de 300° le contraire arrive. Le métal devient cassant quand l’allongement et la striction deviennent moindres. Mais la température à laquelle la fragilité atteint son maximum est de nouveau dépendante de la rapidité de l’effort imposé. Avec une charge lente, elle se tient vers 300° â 350° ; avec une action très brusque — chocs — elle peut se trouver beaucoup plus élevée et atteindre même 500°. Par conséquent pour le forgeage sous le marteau, le métal doit être au moins à 600° ; il est probable que, pour le travail à la presse, une température moindre ne serait pas encore dangereuse.
- Voilà pour les expériences de M. Le Chatelier. Il est à désirer que des expériences ultérieures soient effectuées sur la variation de l’influence que la rapidité de l’essai exerce à différentes températures (3).
- CHAPITRE II
- PROPRIÉTÉS RÉSISTANTES DE LA FONTE A HAUTE TÉMPÉRATURE ET RÉSISTANCE DES PILIERS
- EN FER EXPOSÉS AU FEU
- Je ne connais qu’une seule série d’expériences dans lesquelles des barrettes de fonte aient été essayées à des températures croissantes. Elles sont dues à Howard et ont été sommairement indiquées ; la figure 2 donne aussi la courbe des modifications
- métaux. (Les Méthodes d’essai des matériaux de construction. Publication du Ministère des Travaux 'publics, t. II, Paris, 1892.) — Voir aussi Comptes Rendus, vol. 109 (1889), p. 58.
- (1) Voir la publication ci-dessus pour la disposition du four.
- (2) Malheureusement les valeurs mêmes des allongements et des contractions ne sont pas indiquées; pour les essais lents, le rapport
- Si Section de rupture S Section primitive
- a les valeurs suivantes :
- à 15» 75» 190» 280» 350» 410» 470» 800»
- 0,349 0,392 0,434 0,473 0,559 0,435 0,316 0,017
- On voit que l’observation de Le Chatelier sur la diminution de la résistance par l’accélération de l’essai, entre 100° et 250°, est en contradiction avec les résultats antérieurs de Howard, d’après lesquels vers 150° l’essai le plus brusque fournissait le chiffre de résistance le plus élevé.
- (3) Note du traducteur. Il est intéressant de rapprocher ce phénomène bien constaté de la fragilité au bleu, des résultats obtenus par Sir W. ltoberts-Auslen, dans son Etude sur le fer électrolytique. (Voir Bulletin de mars 1899, p. 461.)
- Tome IV. — 98e année. 5e série. —
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- que l’effort de rupture de la fonte éprouve à des températures croissantes. Howard ajoute à ce sujet : « La courbe indique jusqu’à386°C. une faible augmentation de résis-« tance. Après cela, la fonte paraît subir une diminution graduelle de résistance, « cependant assez faible pour que finalement aux plus hautes températures sa résis-« tance soit encore comme celle de l’acier doux. Avant la rupture se produisent de « nombreuses criques (1). »
- On a plus fréquemment tiré enseignement d’observations faites dans certains incendies, alors que des voûtes ou des planchers étaient supportés par des colonnes en fonte ou des piliers en fer malléable, en constatant comment ces supports s’étaient comportés dans le feu et sous les influences qui se produisent en pareil cas (chauffage unilatéral, aspersion d’eau froide, etc.).
- Les premières expériences dans cette direction furent faites sur une grande échelle parle professeur Bauschinger. On chauffa au moyen d’un feu de bois des colonnes en fonte de section circulaire et des colonnes en fer forgé de diverses sortes, et on les essaya à la compression au moyen de l’appareil Werder. Les températures étaient évaluées au moyen d’alliages fusibles dont les diverses températures de fusion n’avaient pas été déterminées par expérience, mais, paraît-il, parle calcul et par suite étaient chaque fois chiffrées trop haut. Mais comme, dans ces essais, il s’agissait plutôt d’arriver à des conclusions générales que de déterminer l’influence de degrés de température particuliers, cette circonstance n’a qu’une faible importance. Bauschinger s’exprime comme suit au sujet de la première série de ses expériences (2) :
- « Je conclus des douze expériences que les colonnes en] fer forgé, même avec le « meilleur entretoisement et la meilleure fixation de leurs extrémités, se courbent « vers le feu irrésistiblement sous leur charge, les unes un peu avant 600°, mais « toutes au plus faible rouge naissant, et que ce mouvement est encore aidé et accé-« léré par l’arrosage du côté opposé, même alors que les extrémités seulement des « colonnes sont atteintes par le jet d’eau. Il ne survient pas de rupture proprement « dite, ni même de criques, mais la résistance à la compression de la colonne, qui « fléchit et se courbe de plus en plus, tombe bien au-dessous de celle qu’à l’état froid « on lui aurait attribuée avec sécurité ; les constructions qu’elle supporte doivent « s’écrouler. Dans les mêmes circonstances, les colonnes de fonte se courbent aussi, « toutefois du côté opposé au feu, mais la courbure ne dépasse cependant pas une « certaine limite, même lorsque la colonne a rougi sur toute sa hauteur, et qu’on « dirige le jet d’eau vers le milieu de la hauteur : la colonne ne cesse pas de suppor-« ter la charge qu’on lui a imposée, même alors que, par suite de l’arrosage, il s’est « produit des fentes, souvent très notables. Pendant le refroidissement, même pen-« dant l’arrosage, elle se redresse complètement... »
- Quelques critiques, soulevées contre l’exactitude absolue des conclusions ci-dessus, amenèrent Bauschinger à effectuer une deuxième série d’expériences, dont il résume comme suit les résultats :
- « Des expériences faites sur des colonnes en fer, il résulte que, quand elles sont « de bonne construction comme figure 9, elles résistent aussi assez bien au feu et à « l’arrosage, quoique moins bien que les colonnes en fonte, mais que des colonnes « construites comme figure 10 sont inévitablement courbées, soit déjà par le feu seul, « soit plus sûrement encore par l’aspersion. Une condition essentielle est que les élé-
- (1) Zeitschrift, 1891, p. 390.
- (2) Mémoires du Laboratoire mécanico-lechnique de Munich. Fascicules 12 (1885) et 15 (1887).
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- « ments constituants de ces colonnes soient assemblés par rivets, et que ceux-ci, « écartés les uns des autres de la petite distance convenable, forment des rangées « ininterrompues sur toute la hauteur de la colonne. La section en coffre est du reste « préférable à la section en croix. »
- De même que la Société pour l’Encouragement de l’industrie avait provoqué les expériences de Kollmann relatées plus haut, la même Société a aussi le mérite d’avoir provoqué, par l’institution d’un prix, des expériences sur la résistance au feu des piliers en fer. Une série d’essais sur une large échelle effectués par M. Môller et R. Luhmann (l) est venue fournir un complément intéressant aux travaux de Baus-chinger.
- Partant de l’hypothèse, en tout point fondée, que les colonnes, dans les constructions, ne sont pas toujours chargées exactement suivant leur axe, Moeller et Lühmann ont conduit leurs essais de manière que la résultante des efforts de compression passât toujours à 10 millimètres en dehors de l’axe de la colonne. Pour se rendre compte de la protection que certains enduits pouvaient fournir aux colonnes, ils ont soumis aux essais, non seulement des colonnes ordinaires, mais aussi des colonnes recouvertes, les unes d’une couche de ciment de 60 millimètres, les autres d’une doublure en bois de sapin enfermée dans une enveloppe en tôle, d’autres enfin bourrées de ciment à l’intérieur. Les colonnes placées horizontalement étaient chauffées par un feu de coke et les températures mesurées au moyen des mêmes alliages que Baus-chinger. Les efforts étaient exercés au moyen d’une presse hydraulique munie d’un manomètre et la flexion était mesurée au moyen d’une romaine sensible. Voici les conclusions les plus importantes fournies par ces.essais :
- « Des piliers en fonte de bonne nature portés au rouge peuvent, dans une certaine « mesure, être aspergés d’eau sans présenter de fentes ou de criques (2). La ruine des « piliers en fonte ou en fer, dans le feu, provient toujours des courbures qu’ils « prennent. Le temps nécessaire pour les porter au rouge est un peu moindre pour le « fer que pour la fonte. Avec une bonne qualité de métal on peut établir des piliers « aussi sûrs en fonte qu’en fer. Comme, par crainte des défauts intrinsèques du métal,
- « plus fréquents avec la fonte, on emploie pour celle-ci un coefficient de sécurité plus « grand que pour le fer, il en résulte que tous les piliers en fonte, qui ne présentent « pas les défauts qu’on avait prévus, conservent plus de résistance. En enveloppant « les piliers, on peut retarder de plusieurs heures l’action nuisible du feu (3). »
- L’incendie d’un grenier survenu à Hambourg en 1891 donna au Sénat de cette ville l’idée d’instituer une commission qui devait reprendre la question à nouveau et examiner l’utilité d’enveloppes pour les piliers en fer comme protection en cas d’in-
- (1) Transactions de la Société pour l’encouragement de l’industrie, 1887, p. 573.
- (2) Ce serait commettre une grosse erreur que de conclure que les colonnes en fonte, en général, ne se fissurent pas par l’aspersion. Les expériences de Bauschinger ont prouvé le contraire pour le plus grand nombre des colonnes essayées par lui. Des colonnes fabriquées avec des fontes riches en phosphore ou spécialement pauvres en silicium, se fissurent relativement aisément ; des colonnes coulées horizontalement plus aisément que celles coulées debout.
- (3) Un mémoire de A. Martens, Sur la résistance au feu du fer et des constructions en fer (Stahl und Eisen, 1888, page 76), contient quelques remarques sur les expériences ci-dessus et des détails sur les observations faites pendant l’incendie à Berlin d’une halle sur colonnes en fonte.
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- cendie. La description des expériences effectuées par celte commission, qui les limita aux piliers en fer (soudé ou fondu) enveloppés ou non, et les résultats obtenus sont relate's dans une publication spéciale (1); on peut en résumer comme suit les points essentiels :
- Les piliers essayés avaient la forme de la figure 11 ; on en établit seulement deux de la forme de la figure 12, en fer soudé, pour les remplir intérieurement de béton.
- Pour fournir aux piliers le même entretoisement que leur donnent dans une halle les poutres qui reposent sur eux, on y boulonna deux plates-formes distantes de 3m,50 l’une de l’autre. Dans le plus grand nombre des expériences, les piliers furent chargés excentriquement. Le chauffage était pratiqué au moyen d’un fourneau à gaz d’éclairage construit spécialement, qui entourait les piliers en leur milieu entre les deux plates-formes, et qui pouvait s’ouvrir en deux moitiés pour permettre d’installer et d’écarter au besoin les pilastres. Les mesures de température furent prises au moyen d’un pyromètre électrique de Hartmann et Braun, de Francfort-sur-le-Mein, et ensuite au moyen de cônes céramiques et d’alliages fusibles. Les efforts de compression étaient effectués sur les colonnes placées verticalement, au moyen d’une presse hydraulique à manomètre; les courbures latérales étaient mesurées au moyen de repères et de cathétomètres.
- Quelques expériences préliminaires sur l’enveloppement des piliers avec diverses espèces de béton ont montré qu’un mélange de scories de fourneaux (2) avec du ciment (6 parties de scories broyées à la grosseur de lentilles avec 1 partie de ciment) se distinguait par sa résistance au feu et on employa par suite ce mélange pour les essais ultérieurs. Plus tard il fut constaté, après neuf mois d’exposition des piliers en plein air, que ce mode d’enveloppement n’était pas parvenu à empêcher la formation superficielle de la rouille, mais qu’au contraire elle avait été plutôt hâtée par l’action des acides provenant des composés sulfurés contenus dans les scories. Un béton de ciment et sable protégea très bien le fer de la rouille tant qu’il resta en contact intime avec lui, mais après six heures de chauffage ce béton perdait toute adhérence.
- Il résulta finalement des diverses expériences :
- 1° Que le remplissage intérieur en béton ne procure en pratique aucun avantage sensible en ce qui concerne la sécurité au feu de piliers en fer forgé (3) ;
- 2° Qu’une enveloppe en matière convenable accroît, dans une mesure très digne d’attention, la sécurité au feu des parties en fer d’une construction.
- Parmi les diverses matières pour enveloppes essayées, tant au point de vue de leur
- Fig. 11. Fig. 12.
- (1) Essais comparatifs sur la sécurité au feu de piliers de halles. Rapport, de commission préparé par ordre du Sénat de Hambourg. Hambourg, 1895. (Voir aussi Zeitschrift, 1896, p. 159.)
- (2) Le rapport ne dit pas de quelles sortes de scories il s’agit : très probablement de mâchefer recueilli sous les grilles des fours de l’usine à gaz.
- (3) Le commencement de l’inflexion se produisit au bout de 10 à 1.3 minutes avec les piliers remplis, c’est-à-dire après un retard d’environ 1/3 du temps nécessaire pour l’inflexion des piliers non remplis.
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- conductibilité pour la chaleur, qu’à celui de leur bonne résistance à l’arrosement, la plus effective a été une disposition (1) composée de liège-pierre (Korkstein) breveté, de xyolithe, de bois et de tôle; en deuxième rang venait l’enduit Monierde 40 millimètres d’épaisseur; les placages en plâtre ou en xyolithe se comportent moins bien.
- CHAPITRE III
- PROPRIÉTÉS RÉSISTANTES DU FER MALLÉABLE AUX BASSES TEMPÉRATURES
- I. Expériences diverses anciennes et nouvelles (de Sandberg, Bernardon, Le Chate-lier et autres). — En ce qui concerne l’influence de températures comprises entre 0° et—40° C. environ (températures qui s’obtiennent sans difficultés au moyen des mélanges réfrigérants ordinaires), elle a été déjà plus d’une fois étudiée en même temps que celle des températures élevées dans des expériences qui ont été citées précédemment (Essais de Fairbairn, Styffe, Howard). Dans les expériences du laboratoire de Charlottenbourg, dont il a été aussi rendu compte, les essais ont été poussés jusqu’à — 20° G.
- Toutes ces expériences concordent assez bien pour montrer que la résistance à la traction du fer malléable augmente, sous des efforts graduellement croissants, à mesure que la température s’abaisse au-dessous de 0°, sans que cet accroissement de résistance arrive à son terme dans les limites de températures indiquées. Les résultats sont moins d’accord en ce qui concerne l’influence du froid sur la ductilité du métal. Dans les expériences de Charlottenbourg, deux des espèces de fer soumises à la basse température ont présenté un allongement moindre et la troisième (dureté I) un allongement plus grand qu’à -h 20°, quoique la contraction de la dernière sorte fût moindre dans le froid qu’à la température du laboratoire (voir les tableaux reproduits plus haut). Styffe remarque à propos du résultat de ses essais : « En général, il « a été constaté que la faculté d’allongement n’est pas moindre à basse température « qu’à la température ordinaire. » — Au contraire, ce savant a remarqué que la limite d’élasticité et le module d’élasticité du fer et de l’acier croissent lorsque la température descend ; dans des expériences sur la résistance à la flexion, le fer a aussi présenté à basse température une limite d’élasticité placée plus haut qu’à la température ordinaire (2).
- La contradiction qui paraît exister entre les conclusions de Styffe et la remarque souvent faite dans la pratique que les pièces de fer en mouvement ou soumises à des vibrations (comme par exemple les bandages de roues de chemins de fer) présentaient en hiver par les grands froids un beaucoup plus grand nombre de ruptures, engagea Sandberg, le traducteur en anglais du livre de Styffe, à effectuer quelques essais au choc à basse température qui serviraient de complément aux expériences de Styffe (3). On coupa par le milieu de leurs longueurs des rails de chemin de fer, et on essaya les premières moitiés à 4- 29° C. par un jour chaud d’été, et les autres
- (1) Voir le Rapport indiqué ci-dessus pour les détails relatifs à cette disposition.
- (2) Knut Styffe, Les propriétés résistantes du fer et de l’acier, p. 109, 122, 1340.
- (3) Voir la traduction allemande du livre de Styffe, p. 133.
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- moitiés en hiver par un froid de —12° C. L’épreuve se fit au moyen d’un mouton de 450 kilogr. qui tombait au milieu du rail placé librement dans la position horizontale. Les rails présentèrent régulièrement une plus grande résistance par le chaud que par le froid; en prenant une moyenne entre les hauteurs oblenues avec les différents rails (anglais, français et belges), on peut dire que la hauteur de chute nécessaire pour la rupture a été llm,9 en temps chaud et 3m,4 seulement par le froid. Les rails cassés en temps chaud présentaient une flexion de plus de 100 millimètres; ceux cassés en temps froid, de moins de 25 millimètres.
- Les rails éprouvés étaient du reste tous en fer soudé.
- Des essais au choc analogues ont été effectués par J. Webster (1), J. Ramsay et Andrews (2). Le premier, qui a essayé aussi la fonte, a rapporté que celle-ci avait perdu à— 15° C., 21 p. 100 de sa résistance au choc, tandis qu’avec le fer malléable la perte n’était que 1 à 3 p. 100. Ramsay a trouvé que pour rompre les mêmes barres de fer qui, à-b 17°, exigeaient pour la rupture 21 coups en moyenne, il suffisait de 1,5 coups en moyenne, quand la température était descendue à — 18° G.
- En 1890, le capitaine Bernardon a effectué à la Fonderie de canons de Bourges une série d’essais qui avaient principalement pour but de rechercher la manière d’être de l’acier à panons par les grands froids (3). On a employé des barrettes, les unes en acier à l’état naturel, les autres en acier qui, suivant la méthode française bien connue, avait d’abord été trempé, puis chauffé de nouveau au rouge sombre et refroidi.
- Pour le refroidissement on se servit d’un mélange réfrigérant composé d’acide carbonique en neige et d’un peu d’éther; le thermomètre indiquait dans ce mélange de — 65° à— 70° G. ; il est probable que la température des barrettes d’essai était un peu plus élevée. On les essaya à la traction et au choc. Les premières expériences donnèrent les résultats suivants :
- Limite. Ténacité. Allongement
- d'élasticité p. 100 sur
- kilogr. kilogr. 100 millimètres.
- Acier non trempé, à + 15° G 28,33 53,85 22,34
- Acier non trempé, dans le mélange réfrigérant. 31,47 55,81 19,89
- Acier trempé et recuit, à + 15° C 48,10 73,74 12,55
- Acier trempé et recuit, dans le mélange réfrigérant. 53,57 80,47 10,98
- Pour les essais au choc, on employa des barres carrées de 130 millimètres de longueur et 20 millimètres de côté, reposant sur des couteaux distants de 100 millimètres et un mouton de 18 kilogrammes avec une hauteur de chute de lm,20 pour l’acier à l’état naturel et de 1111,50 pour l’acier trempé. Pour chaque série d’essais avec le même métal et la même température, on employa environ 20 barres.
- 1° Acier à l’état naturel, à.................................... +15°
- Nombre de barres qui ont résisté chacune à 18 coups............. 13
- Nombre moyen des coups supportés par toutes les barres. _ . . 14,6
- Flèche au 5” coup............................................... 13,1 millim
- (Parmi les barres essayées à — 60°, il n’y en a eu d’ailleurs que 8 qui aient résisté au 5° coup.)
- (1) Proceedings of the Institution of Civil Engineers, vol. LX, 1880, 2e partie.
- (2) Engineering News, 1887, p. 398 et 1888, p. 112 et 130.
- (3) C. Bernardon, Expériences sur les propriétés de l’acier aux très basses températures. Revue d’artillerie, Septembre 1890. — Aussi mémoire déjà cité de A. Le Ghatelier, Sur l’influence de la température sur les propriétés mécaniques des métaux.
- — 60°
- 0
- 5,9
- 9,7 millim.
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- 2® Acier trempé et revenu, à. . . ................................ +15°
- Nombre de barres qui ont résisté chacune à 18 coups............... 18
- Nombre moyen des coups supportés par toutes les barres............ 17
- Flèche au 15° coup................................................ 26,8 millim.
- — 60°
- 9
- 12,57
- 22,0 millim.
- Pour reconnaître l’influence de la durée de l’essai à basse température, A. Le Chatelicr (1) a fait quelques expériences avec des fils d’acier fondu extra-doux dont la figure 13 montre les résultats.
- Les courbes L4 et L2 montrent les efforts à la limite d’élasticité apparente, Rj R2 et R3 les efforts de rupture, Lt et R4 étant relatifs aux essais de traction très lente, L2 et R2 aux essais de traction rapide (durée l'jusqu’à la rupture) et R3 à un essai de traction très rapide (durée 2 à 3"). Le Chatelier observe à ce sujet :
- « A l’inspection de ces courbes, on reconnaît qu’à la traction très lente la température n’a pas d’influence sensible; l’écart entre la limite d’écoulement et la charge de rupture reste à peu près constant et ces deux quantités croissent lentement quand la température s’abaisse.
- « Dans les essais de traction d’une durée de 1', il en est autrement; la charge de rupture varie suivant la même loi qu’à la traction lente; mais la limite d’écoulement s’élève très rapidement à partir de h- 10°, et à — 60° elle devient égale à la charge de rupture; dans cet essai à — 60°, fait assez lentement pour qu’il n’y ait pas de vibrations susceptibles de donner lieu à la « localisation de l’allongement, le manomètre est monté rapidement jusqu’à la charge « de 38 kilogrammes où il s’est maintenu jusqu’à la rupture, qui s’est produite avec « un allongement de 40 p. 100.
- « A la traction très rapide, d’une durée de î" à 3", la charge de rupture varie comme « à la traction lente jusque vers — 30°, puis elle croît très rapidement jusqu’à s’élever « à 46 kilogrammes à — 65°, alors qu’à cette température la traction lente ne donnait « que 37 kilogrammes...
- « Enfin si l’on produit la rupture rapidement à la main, en moins d’une seconde, « la localisation de l’allongement en certains points, qui commence à se produire vers « + 15°, s’accentue très vite à mesure que la température s’abaisse, et à — 60° l’allon-« gement mesuré sur ISO millimètres, tombe à moins de 1 p. 100; il n’y a d’allon-« gement qu’en un point où se produit la striction, le reste du fil conserve son diamètre « initial.
- « L’influence de la température consiste donc en ceci : pour une vitesse d’effort « donnée, la limite d’écoulement se rapproche de la charge de rupture à mesure que « la température s’abaisse;... le çaême phénomène se présente à la température ordi-« naire restant constante, quand on augmente la vitesse d’action des efforts...
- Fig. 13.
- (1) Voir le Mémoire A. Le Chatelier plusieurs fois déjà visé.
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- « Aux températures de 4- 70° à 4- 80°, la limite d’écoulement est au contraire peu « influencée par la vitesse de traction; au-dessus de 4- 80°, elle devient même incer-« taine... à cette température le métal cesse d’être fragile. »
- II. Expériences de Steiner. — En 1891 et 1892, le professeur Steiner de Prague, membre d’une commission d’épreuve pour l’emploi de l’acier doux dans la construction des ponts, a fait une série d’expériences avec des barrettes, les unes à la température ordinaire, les autres à des températures décroissant jusqu’à — 70° G., sur la résistance à la traction et à la flexion (1). Récemment (à l’occasion du Congrès pour l’unification des méthodes d’essai des matériaux de construction, le 10 septembre 1895), le professeur Steiner a rapporté comme suit les résultats de ses expériences (2).
- « Les essais à la traction furent faits de deux manières différentes :
- « Dans la première méthode, la barrette d’essai de forme ordinaire était placée « avant son agrafage dans une poche en velours qui était fortement serrée par des « ficelles anx points d’agrafage de la barrette : une fois celle-ci mise en place dans « les agrafes, on introduisait par une tubulure placée au milieu de la poche, de
- « l’acide carbonique liquide qui se transformai « partiellement en neige. Le thermomètre (à sul-« fure de carbone) était placé dans une deùxième « tubulure en forme de sac. La bouteille à acide « carbonique liquide était, pour les expériences « pendant l’été, rafraîchie avec de la glace, en « hiver elle servait telle quelle. L’essai de rupture « par traction pour la même barre ne fut en-« trepris, pour les expériences devant être dé-« cisives, que lorsque l’éprouvette avait séjourné « pendant une demi-heure dans la poche à froid où de temps en temps on insufflait « de l’acide carbonique liquide. Les essais furent opérés, tant avec la machine de Mohr « et Federhaff, qu’avec le nouvel appareil de R. Fernau.
- « Les essais avec l’appareil Mohr et Federhaff fournirent, pour toutes les sortes de « fer fondu et pour quelques sortes de fer soudé, la courbe représentée fig. 14 où les « ordonnées indiquent les efforts de traction, et les abscisses les allongements corres-« pondants; en S se trouve un arrêt ou une petite chute delà romaine; dans le tableau « suivant, ce point est désigné comme limite d’élasticité apparente (3). Les éprouvettes « d’un même métal provenaient du même lingot. Les barrettes étaient cylindriques de « 17 à 18 millimètres de diamètre. Le tableau ci-après indique les résultats les plus « importants :
- « On voit que, lorsque la température s’abaisse, la résistance à la traction croît, et « l’allongement diminue. Le métal devient plus raide. L’acier Thomas et l’acier Martin <( se comportent sous ce rapport à peu près de même. Le fer soudé de Bohême se « montre moins sensible.
- « La température s’élevait un peu pendant la durée de l’essai de rupture qui était « de 20' environ. Dans l’essai 13 par exemple, la température qui était — 71° au com-« mencement, était —- 67° à la fin. Dans une des expériences, où l’acide carbonique
- (1) Wochenschrift des æsterreichischen Inç/enieur-und Architekten Vereines, 1891, p. 290 ; et Zeitschrift de la même Société, 1891, p. 63, 1892, p. 172. — Aussi Zeitschrift, 1892, p. 427.
- (2) Schweizerische Bauzeitung, 1895, p. 139.
- (3) Steiner le dénomme origine de l’écoulement.
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- « avait manqué, on ne put atteindre qu’un refroidissement de — 30° environ, ce qui « est sensible sur le tableau. Le refroidissement s’est montré dépendant de la tempé-« rature extérieure. Les essais en hiver permirent un abaissement de température plus « grand que les essais en été. Il a été évident que le pouvoir conducteur du velours « et de l’entourage jouait un rôle. La conductibilité, l’influence de la durée du refroi-« dissement, etc., sont du reste cause que les chiffres de température ne peuvent être « considérés que comme des approximations.
- NATURE DU_ MÉTAL. EXPli NUMÉROS. RIENCES. ^TEMPÉRATURE degrés C. EFFO LA LIMITE d’élasticité apparente kilogr. p. mm2. RT A la limite de rupture kilogr. p. mm2. ALLONGEMENT sur 200 millim. p. 100. STRICTION p. 100.
- Fer soudé 1 + 18°5 27,1 41,3 18,5 48,9
- — 2 — 50 32,8 42,4 15,0 51,0
- Acier Martin 3 + 25 24,8 40,1 30,5 62,3
- — 4 + 25 26,7 41,2 30,5 64,0
- Moyenne. , . . )) 25,8 40,7 30,5 63,2
- Acier Martin 5 — 23 (?) 26,4 40,7 26,0 61,2
- — 6 — 40 (?) 27,2 42,2 )) 62,6
- — 7 — 40 31,8 43,7 17,0 60,0
- Acier Thomas 8 + 25 26,2 38,1 30,5 69,4
- — 9 + 25 (?) 25,4 37,9 27,0 69,1
- Moyenne. . . . )) 25,8 38,0 28,8 69,3
- Acier Thomas 10 — 50 (1) 27,3 40,1 20,0 67,6
- — 11 — 50 32,8 40,9 17,0 67,7
- Acier Thomas à l’alu- 12 + 6 30,0 43,4 26,0 66,5
- minium 13 — 60 36,5 46,6 22,0 64,7
- (1) Cassure excentrée.
- « Des essais au refroidissement ont aussi été effectués suivant une deuxième « méthode. Ici la barrette cylindrique de fer était enveloppée d’un cylindre en verre, « ouvert en haut et fermé en bas par un bouchon do liège trempé dans la colle de pois-« son. Extérieurement on ajouta encore une couche de colle de poisson, mêlée avec « un peu de chlorure de chrome, pour obtenir un lutage élastique. Dans le cylindre on « plaçait le thermomètre contre la barrette et on remplissait d’éther, dont la tempé-« rature était abaissée à — 60° par la dissolution d’acide carbonique solide. Pendant « l’essai, on ajoutait avec une cuillère de l’acide carbonique solide, qui se dissout faci-« lement, et abaissait de nouveau rapidement la température. Ce dernier essai fournit « un résultat intéressant : la cassure se produisit toujours à l’endroit où se trouvait « le niveau du liquide et par suite le plus grand écart de température Le mélange
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- « d’éther et d’acide carbonique solide permet d’ailleurs d’obtenir d’une façon très « commode des liquides qui se prêtent spécialement bien au refroidissement des bar-« rettes, à toutes les températures désirées depuis 0° jusqu’à — 80° environ.
- « Dans l’été de 1891, on entreprit des essais de flexion qui se continuèrent à Kladno « en décembre 1891 (1). Ces essais montrèrent que le fer fondu et bien des sortes v\ de fers soudés, une fois entamés, devenaient cassants presque comme du verre; « à l’état intact, ils fournissaient des résultats essentiellement plus favorables. Des « barres de fer carrées entamées se conduisirent d’une façon tout particulièrement « fâcheuse.
- « Ces essais au refroidissement montrèrent encore que l’influence de l’abaissement « de température était d’autant plus fâcheuse que le métal avait subi moins de travail « de laminage. Un fil d’acier fondu doux, à l’état intact, refroidi à — 70°, put, sans « difficulté, être plié de 180° et, même avec une surface entamée, put supporter des « angles de flexion relativement plus grands que des échantillons ayant subi moins « de laminage. Des barres carrées entamées se brisèrent au premier choc, alors qu’à « l’état intact et à la température ordinaire elles pouvaient être courbées à 180°.
- « En 1893, j’ai (prof. Steiner) eu l’occasion de rompre trois barres d’acier dur. A « + 21° centigrades l’effort de rupture atteignit 1 040 atm., la flèche de flexion de la «barre rompue 23 millimètres; les deux autres refroidies à— 50°, atteignirent l’une « et l’autre un effort de rupture de 1 160 atm, mais la flèche ne fut plus que de 3 mil-« limètres. Encore ici se trouvait démontré qu’à basse température l’acier était plus « résistant, mais était devenu notablement plus cassant (2)... Dans ces derniers essais, «je pus constater que l’acide carbonique solide, enveloppé de matières mauvaises « conductrices de la chaleur, pouvait se maintenir pendant des heures. Il est, par suite, « préférable de produire soi-même la neige d’acide carbonique et de l’employer direc-« tement chaque fois pour refroidir l’éprouvette dans une poche. »
- III. Essais au choc et à la flexion de Koepcke, Hartig et Mehrtens. — Steiner crut devoir conclure de ses essais de 1891, ci-dessus relatés, que l’acier fondu doux par les grands froids se comportait moins bien que le fer soudé, c’est-à-dire devenait plus facilement cassant que celui-ci. Lorsque l’acier fondu doux eut trouvé des applications assez étendues dans la construction des ponts et autres ouvrages de cette nature, la question prit assez d’importance pour provoquer de nouvelles expériences destinées surtout à renseigner sur l’accroissement de fragilité de l’acier fondu doux par le refroidissement.
- Une série de ces expériences fut effectuée à Dresde par Koepcke et Hartig qui se bornèrent à des essais au choc (3). On employa d’abord des barres plates de 50x10 millimètres de section et 500 millimètres de longueur, en acier Martin basique à 0,15 p. 100 de carbone, et d’autres semblables en fer soudé à 0,12 p. 100 de carbone. Pour l’essai, on se servit de l’appareil à mouton de la Haute Ecole technique de Dresde. Le refroidissement s’obtint avec un mélange d’acide carbonique et d’éther dans un sac à froid, qui permit de descendre jusqu’à — 100°. Dans chaque barrette se trouvait, au voisinage d’une des extrémités, un petit creux qu’on remplissait de mercure; la manipulation des barrettes dans l’appareil à choc ne se continuait que tant que le mercure res-
- (1) Voir, Zeitschr., 1892, p. 430, les dessins des barres courbées.
- (2) Voir Technische Bliitler. Année XXVI, liv. 1.
- (3) Civil ingénieur, 1892, p. 109 ou par extraits, Stahl und Eisen, 1892, p. 599.
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- tait complètement dur. La température des barrettes refroidies se maintint par suite entre les limites de — 40° et — 80°; celle des barres non refroidies, entre + 15° et H- 20° centigrades.
- Sur le milieu des barres placées de champ horizontalement, avec une longueur libre de 345 millimètres, on donna des coups successifs avec un mouton de 68kg,85, tombant de 900 millimètres de haut; les flexions furent les suivantes :
- POUR LE FER SOUDÉ POUR L’ACIER FONDU
- NON REFROIDI. REFROIDI. NON REFROIDI. REFROIDI.
- Millimètres. Millimètres. Millimètres. Millimètres.
- Après le 1er coup. . . . 14,0 10,0 15,5 9,5
- — 2e — . . . . 27,5 20,0 31,0 19,5
- — 3e — ... . 41,0 30,5 45,0 30,0
- En moyenne pour un coup. 13,7 10,2 15,0 10,0
- Le fer soudé non refroidi se montra donc plus rigide que l’acier fondu non refroidi, mais, après refroidissement au-dessous de — 40°, le dernier est devenu un peu plus rigide que le premier.
- En renouvelant ces essais avec une disposition un peu différente (1), la hauteur de chute du mouton étant réduite à 800 millimètres, on obtint les flexions suivantes :
- POUR LE FER SOUDÉ POUR L’ACIER FONDU
- NON REFROIDI. REFROIDI. NON REFROIDI, REFROIDI.
- Millimètres. Millimètres. Millimètres. Millimètres.
- Après le 1er coup. . . . 11,5 8,0 12,5 8,7
- — 2e — . . . . 23,0 16,5 25,0 16,5
- — 3e — ... . 33,0 22,0 35,5 24,0
- — 4° — . . . . 42,5 29,0 46,0 32,5
- — 5e — . . . . )) 36,0 » 40,0
- — 6e — . . . . )) » » 46,0
- En moyenne pour un coup. 10,6 7,2 11,5 7,7
- Le fer soudé se montra donc, aussi bien refroidi que non refroidi, un peu plus rigide que l’acier. Mais celui-ci, refroidi, ne présenta, après le sixième coup, pas la moindre dégradation, tandis que le fer soudé présentait déjà au cinquième coup de petites criques sur la face convexe.
- Pour se rendre compte de l’influenced’une teneur en carbone plus élevée, on soumit ensuite aux essais au choc deux barres d’acier Bessemer acide à 0,363 et 0,735 p. 100 de carbone. Ces barres avaient une section de 50mm x 10mm et une longueur de 500 millimètres; la partie libre avait encore 365 millimètres de longueur. Chaque
- (1) On trouvera dans le Civil ingénieur des détails plus complets sur ces dispositions.
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- barre reçut, placée de champ, successivement trois coups d’un mouton de 68kg,85 et ensuite trois autres coups d’un mouton de 108ks,7, la hauteur de chute étant chaque fois de 800 millimètres. Les flèches obtenues pour chaque coup furent les suivantes :
- ACIER DOUX (0,303 p. 100° C.) ACIER DUR (0,735 p. 100° C.l
- Non rofroidi. Refroidi. Non rofroidi. Refroidi.
- Millimètres. Millimètres. Millimètres. Millimètres.
- ( après le lor coup. 8,0 6,3 4,2 3,9
- Mouton de 68kil,85 — 2» — 7,0 5,0 3,7 2,3
- ( — 3« — 5,4 3,2 2,4 1,9
- ( — 4e — 10,6 10,6 5,5 6,4
- 1 O CO "Lï O 1 1 8,2 . 8,5 4,4 6,1
- ( - fi“ - CC CO 6,6 4,2 0,3 (rupture)
- L’acier doux même à l’état refroidi supporta le sixième coup sans rupture.
- Les flèches totales, subsistant après les six coups, présentèrent ici aux deux états (refroidi et non refroidi) de moins grandes différences que pour l’acier Martin doux, précédemment essayé, elles furent :
- Pour l’acier doux, non refroidi. . . 47,5 millim. refroidi. . . 40,2 millim.
- — dur — ... 24,4 — — . . . 20,9 —
- Presque à la même époque que les essais ci-dessus, Mehrtens (1) entreprit des expériences sur de l’acier Thomas doux destiné à la construction de ponts. Les éprouvettes présentaient à la température ordinaire une résistance moyenne à la traction de 40kg,6, avec un allongement de 28,7 p. 100; les barres, plates, avaient 55 à 60 millimètres de largeur, et 9 à 12 millimètres d’épaisseur. La remarque faite par Steiner
- Fig. 15. Fig. 16. Fig. 17.
- que les barres entamées sont particulièrement disposées à se rompre aisément, conduisit à entailler sur 1 millim. quelques-unes de ces barres sur la ligne de flexion et, comme la figure 15 le montre, aies replier sous le marteau-pilon, de sorte que le diamètre a fût égal à deux ou trois fois l’épaisseur d de la barre. A la température ordinaire, aucune des barres ne se rompît.
- Le refroidissement fut opéré de deux manières différentes. Dans le premier cas, on -employa un mélange réfrigérant de trois parties de chlorure de calcium avec deux par-
- (1) Slahl und Eisen, 1892, pages 196J(et 220.
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- ties de neige placé dans une caisse en bois entourée de neige, et on obtint ainsi une température de — 38° à— 39° C. Les barres d’essai qui, comme dans les essais de Koepcke et Hartig, étaient munies d’un creux foré pour recevoir du mercure, restaient trente minutes dans le mélange. On constata que la température de la barre dans l’air, au sortir du mélange, s’élevait de 1° à 2° par chaque demi-minute ; comme l’excès de flexion ne durait pas plus de trois quarts à deux minutes, l’élévation de température n’avait pas d’importance. Au contraire, le travail de la flexion lui-même engendrait une certaine chaleur; on constata par des mesures que la température de la barre, après courbure, était encore de — 18° à — 21°.
- Vingt-cinq barres d’essai, dont quatre étaient percées de trous de 15 millimètres de diamètre dans la ligne de flexion, furent, à chacune des températures, pliées sous le marteau-pilon de façon à prendre la forme fig. 15, où le diamètre a avait de une à une fois et demie l’épaisseur de la barre, sans qu’il en résultât de rupture.
- Dans le second cas, le refroidissement fut opéré comme dans les essais de Steiner, au moyen d’un sac en velours avec de l’acide carbonique et de l’éther. Les mesures de température donnèrent — 62° à — 76°; à la fin de la flexion, le mercure se trouva encore solide dans 96 p. 100 des barres, et la température, par suite, inférieure à — 40°.
- Sept échantillons non entamés se laissèrent courber sans rupture jusqu’à la forme de la figure 15 avec a = une à une fois et demie d.
- Deux échantillons entaillés rompirent l’un avec une flexion de 70°, l’autre de 80°, fig. 16.
- Deux échantillons qui étaient percés dans la ligne de flexion de trous de 15 millimètres se conduisirent différemment; l’un se laissa plier jusqu’à ce que a — d, l’autre se rompit vers 70°.
- Vingt-quatre échantillons, dont onze étaient entaillés et un percé, furent ensuite repliés comme dans la fig. 17. Ils supportèrent la flexion jusqu’à ce que a = 3 à 3 1/2 d sans se rompre.
- Enfin, on effectua encore quelques essais pour reconnaître si un refroidissement plus prolongé pouvait avoir quelque influence. Les éprouvettes furent dans ce but laissées quatre à cinq heures dans le sac à froid (température — 66° à — 73°), et ensuite essayées comme ci-dessus. Elles se comportèrent comme les précédentes (fig. 17), sans rupture, alors que a = 3 à 3 1/2 d.
- Mehrtens conclut des résultats de ces expériences qu’aucune objection contre l’emploi de bon acier fondu doux dans la construction des ponts ne lui paraît pouvoir se rencontrer dans la manière dont ce métal se comporte à basse température.
- IV. Expériences du laboratoire royal d'essais mécanico-techniques à Charlottenbourg. — Des expériences plus étendues que celles rapportées jusqu’à présent ont été entreprises par le professeur Rudeloff, à Charlottenbourg, à l’instigation de l’Arsenal impérial de Wilhelmshafen (1). On institua des essais à la traction, à la flexion et à la compression. Les matières soumises à l’essai furent :
- .. 1° Fer doux à rivets (fer soudé) ;
- 2° Acier fondu Martin doux laminé, pour construction de navires;
- 3° Acier fondu Thomas doux laminé;
- 4° Fer laminé de construction (fer soudé);
- 5° Acier à ressorts, sans indication de procédé de fabrication;
- (1) Mitteilungen der Kônigl. technischen Versuchaustalten, 1895, p. 197.
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-
-
-
- 1190
- MÉTALLURGIE.
- AOUT 1899.
- 6° Acier au creuset, en barres rondes ;
- 7° Fer soudé forgé.
- Le refroidissement fut effectué partie dans un mélange de glace et de sel, partie dans l’acide carbonique solide. Dans le premier cas, on employa, pour les essais à la traction, un récipient en zinc entourant la barrette d’essai, ouvert en haut, muni d’un tuyau purgeur pour l’eau liquéfiée, et contenant le mélange réfrigérant. Pour l’emploi de l’acide carbonique, on se servit d’une enveloppe ou sachet en deux épaisseurs de de velours, tiré sur la barrette, et solidement attaché par des ficelles derrière l’écrou d’agrafage. A la partie supérieure, le sachet était relié à l’orifice de vidange de la bouteille à acide carbonique par une courte manche en cuir au moyen de laquelle l’acide carbonique lui arrivait. L’acide carbonique solide qui s’y formait était réparti également sur la barrette par des massages répétés du sachet. La température mesurée
- 125 uct
- 120 115 110 105 100 -1 2^ Explication des signes o o Fer a nvets ï ^ » xFer de construction > ,. „ , 1 soudes A a *er martela } 0 Âder Martin \ x xAcier Thomas 1 Aciers o -oAcier à ressorts j fondus aAcier au creuset )
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- SD =7 5 -50 -25 î0 5 -50 -25 îO +25 “C.
- Température de leprouvettependant l'essai
- Fig. 18.
- avec un thermomètre à alcool atteignit — 80° C. Après une pause de trente minutes environ pour le refroidissement, l’essai était mené à ternie en cinq à sept minutes. Quand on employait le refroidissement à la glace et au sel, on consacrait les mêmes temps que ci-dessus au refroidissement et à l’essai lui-même. Les éprouvettes destinées aux essais de compression et de flexion étaient aussi maintenues trente minutes de temps pour le refroidissement, et ensuite sorties du récipient à froid pour effectuer l’essai.
- Le tableau ci-après donne les moyennes des résultats (chacune de trois essais) obtenus dans les essais à la traction.
- On remarque dans ce tableau que :
- 1° L’effort à la limite apparente d’élasticité, aussi bien que celui à la limite de rupture sont augmentés par le refroidissement de l’éprouvette au-dessous de 0° ;
- 2° La surélévation de la limite apparente d’élasticité est dans la plupart des cas relativement plus faible à — 20° C. qu’à — 80° G., tandis que l’effort de rupture est relativement plus influencé par le refroidissement à — 20° que par celui à — 80°.
- 3° L’allongement à la rupture décroît en général quand la température baisse ; il n’y a d’exception que pour le fer martelé. Entre + 18° et — 20°, l’influence, par rapport à l’abaissement de température, est la plupart du temps moindre qu’entre 20° et 80°.
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-
-
-
- NATURE
- du
- métal.
- Fer doux à rivets (fer soudé). . . .
- Acier Martin extradoux laminé,pour construction de navires............
- Acier Thomas extradoux laminé,pour construction de navires............
- Fer soudé de construction, laminé.
- Acier à ressorts . .
- Acier au creuset. .
- Fer soudé forgé (martelé) ....
- TEMPERATURE
- de
- l’essai.
- degrés. + 18 — 20 — 80
- + 18 — 20 — 80
- + 18 — 20 -80
- + 18 — 20 — 80 + 18 — 20 — 80 + 18 — 20 — 80 + 18 —20 — 80
- CHIFFRES OBSERVÉS.
- EFFORTS DE TRACTION
- en kil. par mm. cube à la
- Limite
- apparente
- d’élasticité.
- 28.7
- 29.2 30,4
- 24,0
- 24.7
- 29.7
- 28.7
- 30.4 32,0
- 30.9
- 31.6
- 31.9
- 38.7
- 40.2
- 44.4
- 45.6
- 45.7
- 48.7
- 27.3 27,6 32,1
- Limite
- de
- rupture.
- 39.7
- 41.7
- 42.7
- 40.4 43,6
- 45.2
- 43.4
- 45.5
- 46.2
- 40.2
- 41.6
- 43.2
- 77.2
- 84.2 84,4
- 79.3
- 81.6
- 84.1
- 37.1 37,9
- 40.3
- allongements à la rupture
- en centièmes mesurés sur
- 30 mm. de
- chaque côté de la rupture.
- 30,2
- 29,0
- 26,6
- 39,5
- 38,0
- 35.3 33,8 (31,9)
- (23.8)
- 23.5
- 17.7
- 15.7
- 12.8 20,1 20,0
- 17.6
- 26.3 26,1
- (27.8)
- 90 mm.
- 27.7 26,2
- 23.8
- 32.8 33,3 (23,4)
- 30.2 29,5 (26,2)
- 21.3
- 21.7 20,2 16,0 14,0
- 10.9 17,1
- 16.8
- 13.9
- 21.3
- 21.9
- 23.3
- RAPPORTS.
- cts/ctb
- 0,72
- 0,70
- 0,71
- 0,59
- 0,57
- 0,66
- 0,66
- 0,67
- 0,69
- 0,77
- 0,76
- 0,74
- 0,50
- 0,48
- 0,53
- 0,58
- 0,56
- 0,58
- 0,74
- 0,73
- 0,80
- EFFORTS DE TRACTION
- en kil. par mm. carré à la
- Limite
- apparente
- d’élasticité.
- 100,0
- 101.7
- 105.9
- 100,0
- 102.9
- 123.8
- 100,0
- 105.9
- 111.5
- 100,0
- 102,3
- 103.2
- 100,0
- 103.9
- 114.7
- 100,0
- 100.2
- 106.8 100,0 101,1
- 117.6
- Limite
- de
- rupture.
- 100,0
- 105,0
- 107.5
- 100,0
- 107.9
- 111.9
- 100,0
- 104.8
- 106.5
- 100,0
- 103.5
- 107.5
- 100,0
- 109.1 109,3 100,0
- 102.9
- 106.1 100,0 102,2
- 108.6
- ALLONGEMENTS
- à la rupture
- en centièmes mesurés sur
- 30 mm. de
- chaque côté de la rupture.
- 100,0
- 96,0
- 88,1
- 100,0
- 96,2
- 100,0
- 95,8
- (90,4)
- 100,0
- (98,7)
- 100,0
- 88,7
- (72,3)
- 100,0
- 99.5
- 87.6
- 100,0
- 99,2
- (105,7)
- 90 mm.
- 100,0
- 94.6 85,9'
- 100,0
- 98.5 (70,3)
- 100,0
- 97.7
- (86,8)
- 100,0
- 101,9
- 94.8
- 100,0
- 87.5
- 68,1
- 100,0
- 98.2
- 81.3 100,0 102,8 109,4
- LA TEMPÉRATURE ET LES PROPRIÉTÉS RÉSISTANTES DES MÉTAUX. 1191
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-
- H 92
- MÉTALLURGIE.
- AOUT 1899.
- Les courbes dessinées sur les figures 18 et 19 permettent de se rendre compte, plus clairement qu’avec les chiffres, des modifications apportées dans les propriétés résistantes par les changements de température. L’effort de rupture est pour l’acier Martin extra-doux considérablement plus augmenté par l’abaissement de température que pour l’acier Thomas extra-doux ; pour le fer martelé, plus aussi que pour les autres sortes de fer soudé. Pour l’acier à ressorts, l’effort de rupture est le même à — 20° qu’à — 80°. Quant à l’influence de la composition chimique sur ces résultats, il n’est pas possible malheureusement ici de l’apprécier.
- Il faut aussi remarquer les modifications que subit la courbe de l’allongement par le
- refroidissement pour un même métal. Quand on essaie du fer doux ordinaire à la température du laboratoire, la courbe présente, lorsqu’on arrive à la limite apparente d'élasticité, un repli qui montre qu’à ce moment il se produit un certain écoulement du métal sous une charge restant constante (voir plus haut fig. 14); plus le fer est dur, c’est-à-dire riche en carbone, plus le repli est court, et celui-ci disparaît finalement tout à fait quand on atteint une certaine teneur en carbone; il diminue encore et disparaît finalement aussi tout à fait quand la température de la barrette s’élève (1). Rudeloff a trouvé au contraire que, pour l’acier dur, essayé à basse température, ce repli, qui n’est pas sensible dans l’essai à la température ordinaire, devient sensible, en d’autres termes, que l’acier dur, quand on dépasse la limite apparente d’élasticité, s’écoule aussi dans une certaine mesure, et que, pour toutes les sortes d’acier et de fer essayées, la longueur du repli — c’est-à-dire la mesure de l’écoulement — est d’autant plus grande que la température est plus abaissée.
- Pour les essais à la compression, on a employé des cylindres dont la hauteur était égale au diamètre et variait, suivant la résistance du métal employé, de 8 à 20 millimètres. Ils subissaient normalement 10 coups dont la valeur pour les métaux 1 à 4 et 7 (dont la résistance à la traction est moindre que 50 kilogrammes) était égale à 5 kilo-grammètres par centimètre cube, et pour les métaux 5 et 6 (à résistance plus grande que 50 kilogrammes) à 20 kilogrammètres par centimètrecube. Au moyen des données détaillées d’observation (qu’on peut trouver dans le rapport sus-indiqué), on a tracé, en prenant comme abscisses le travail du choc et comme ordonnées la diminution de hauteur correspondante, des courbes dont on a extrait les diminutions de hauteur indiquées dans le tableau suivant pour des travaux de choc de 10, 20, 30 et 40 kilo-grammèlres par centimètre cube.
- De ce tableau ressort que, pour les métaux essayés, la forme se modifie d autant moins sous le travail du choc que la température est plus basse. La diminution de
- (1) Expériences de Charpy, Stahl und Eisen, 1895, p. 459.
- Tcmp. do l’éprouvette pendant l’essai.
- Fig. 19.
- p.1192 - vue 1196/1864
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-
- Tome IV. — 98° année. 5e série. — Août 1 SOU.
- Influence du refroidissement sur la diminution de hauteur des éprouvettes soumises à la compression
- pour des travaux de choc constants.
- MÉTAL. H Pi bJ H ^ -r! æ J t-l < <5 H H DIMINUTION DE HAUTEUR POUR UN TRAVAIL DE CHOC, en kilogrammètres par centimètre cube, de RAPPORT ENTRE LA DIMINUTION DE HAUTEUR A BASSE TEMPÉRATURE ET CELLE A LA TEMPÉRATURE ORDINAIRE comptée pour 100, pour un travail de choc, en kilogrammètres par centimètre cube, de
- 10 20 30 40 10 20 30 40 MOYENNE.
- degrés
- + 18 13,2 21,5 28,1 33,2 100 100 100 100 100
- 1 Fer doux à rivets (Fer soudé). . . — 20 12,4 20,4 26,2 31,0 94 95 93 93 94
- — 80 9,3 16,6 22,0 27,0 72 77 78 81 77
- + 18 12.8 21,5 28,3 33,3 100 100 100 100 100
- 2 Acier Martin (extra-doux laminé). — 20 12,8 21,5 27,0 32,0 100 100 95 96 98
- — 80 10,0 17,0 22,5 26,7 78 79 79 80 79
- + 18 13,5 21,4 27,5 32,4 100 100 100 100 100
- 3 Acier Thomas (extra-doux laminé). — 20 12,0 20,0 25,8 30,7 89 94 94 95 93
- — 80 10,5 17,9 23,1 27,8 78 84 84 86 83
- + 18 15,3 24,2 32,3 » 100 100 100 100 100
- 4 Fer soudé laminé (de construc-' — 20 13,0 21,4 27,5 » 85 88 85 ,> (86)
- tion).
- — 80 12,2 21,0 27,6 )) 80 87 85 » (84)
- + 18 7,8 14,7 20,2 25,0 100 100 100 100 100
- 3 Acier à ressorts — 20 7,0 13,5 18,8 23,5 . 90 92 93 94 92
- — 80 6,1 12,0 17,2 22,0 78 82 85 88 83
- + 18 8,3 15,5 21,5 26,5 100 100 100 100 100
- fi Acier au creuset — 20 8,3 15,5 21,0 26,0 100 100 98 98 99
- 1 — 80 6,0 12,0 17,8 23,3 72 77 83 88 80
- + 18 13,8 22,8 29,7 35,1 100 100 100 100 100
- 7 Fer soudé forgé (fer martelé). . .. — 20 13,5 21, G 27,8 >» 98 95 94 » (96)
- 1 — 80 12,2 10,5 24,5 28,9 88 86 83 82 85
- LA TEMPÉRATURE ET LES PROPRIÉTÉS RÉSISTANTES DES MÉTAUX. H 93
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- 1194
- MÉTALLURGIE.
- AOUT 1899.
- compressibilité atteignit à — 20° jusqu’à 8 p. 100 et à — 80° jusqu’à 23 pour 100 de la compressibilité obtenue à la température du laboratoire. Le métal le moins influencé par le refroidissement a été le fer martelé, et les métaux les plus influencés l’acier Martin extra-doux et le fer à rivets.
- Pour les essais à la flexion les barres éprouvettes avaient 150 millimètres de longueur totale avec 130 millimètres de longueur entre couteaux. La flexion était opérée par l’action d’une vis de pression. Lorsque les barres se trouvaient courbées au milieu sous un angle de 90° environ, la flexion était complétée par pression sur les extrémités des deux branches.
- Toutes les éprouvettes, à l’exception de l’acier à ressorts, se sont laissé courber sans rupture jusqu’à 180° aussi bien à la température du laboratoire qu’à — 20°. L’acier à ressorts rompit à la température ordinaire sous une flexion de 91° en moyenne, à — 2(L sous une flexion de 84° en moyenne. A — 80°, les éprouvettes 1, 2, 3 et 4 supportèrent la flexion à 180°; l’acier à ressorts rompit sous un angle de 69°, l’acier au creuset sous un angle de 158°, le fer martelé sous un angle de 119° en moyenne. Si l’on
- g
- adopte, comme mesure de la flexibilité, l’expression Bg = 50 - ou S représente
- P
- l’épaisseur de la barre et p le demi-diamètre de courbure, on voit que le refroidissement à — 80° a eu sa plus grande influence sur l’acier au creuset et l’acier à ressorts, puis viennent les deux sortes d’acier extra-doux; les trois sortes de fer soudé sont celles qui ont le mieux résisté.
- CHAPITRE IV
- MÉTAUX DIVERS
- I. Généralités. — Les expériences qui ont été faites relativement à l’influence de la température sur les propriétés résistantes des métaux autres que le fer, n’ont considéré, presque sans exception, que les températures supérieures à 0°. D’abord on ne se préoccupa que de connaître la ténacité elle-même, dont à cette époque on croyait seulement avoir besoin; plus tard on commença à attacher plus d’importance aux propriétés élastiques. Dans ce qui va suivre, on examinera successivement les propriétés des métaux les plus importants; mais il peut être utile préliminairement de mentionner les résultats de quelques anciennes expériences faites par Baudrimont (1) et Wer-theimfô) sur des fils de différents métaux essayés à des températures croissantes. Les chiffres indiquent des kilogrammes par millimètre carré.
- Baudrimont. Wertheim.
- Degrés. Degrés. Degrés. Degrés. Degrés. Degrés
- 0 100 200 15 à 20 100 200
- Or . . . . 18,40 15,22 12,88 10,08 à 11,1 12,60 12,06
- Argent . . . . 28,32 23,26 18,58 16,02 à 16,5 14,00 16,00
- Cuivre . . . . 25,10 21,87 18,21 30,54 à 31,68 22,10 »
- Étain )) » 1,70 à 3,62 0,85 »
- Plomb . . . . )) » )) 1,80 à 2,04 0,54 »
- Cadmium .... » )) » 4,81 2,60 »
- Platine . . . . 22,62 19,28 17,27 23,50 à 27,7 22,60 19,70
- Palladium . . . . 36,48 32,48 27,08 » )) ))
- Zinc . . . . ») » 14,40 12,20 7,27
- (1) Annales de Chimie et de Phys., 3e série, vol. XXX (1830), p. 304.
- (2) Poggendorfs Annalen, Supplément, vol. Il, 1848, p; 57.
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-
-
-
- LA TEMPÉRATURE ET LES PROPRIÉTÉS RÉSISTANTES DES MÉTAUX. 1195
- Presque tous les métaux présentent donc d’après ces chiffres une diminution de ténacité lorsque la température croît; seuls, d’après Wertheim, l’or présenterait à 100° une plus grande ténacité qu’à 15° et l’argent à 200° une plus grande ténacité qu’à 100°.
- II. Cuivre. — Parmi tous les métaux, le cuivre est celui qui, après le fer et pour des causes analogues, a été l’objet du plus grand nombre d’expériences à haute température.
- Déjà vers 1830, une commission instituée par le Franklin Instilute (1) avait fait des expériences de cette nature. Vers 1880 en Angleterre, Univin, Parker, Kirkaldy et Sinclair effectuèrent des essais de résistance plus ou moins étendus sur le cuivre, à la température ordinaire et à des températures croissantes (jusqu’à 200°); ces expériences avaient été provoquées en partie par l’éclatement d’un tuyau de vapeur en cuivre à bord d’un paquebot-poste anglais (2). Les résultats concordèrent tous, en indiquant que, comme Baudrimont et Wertheim l’avaient déjà dit, la résistance décroissait toujours quand la température croissait.
- Les expériences faites par Rudeloff en 1892 au laboratoire d’essais techniques de Charlottenbourg (3) ont fourni les chiffres moyens suivants :
- Efforts a la Après rupture
- Allongement sur
- Limite d’élasticité Limite —
- Température. , de 30 mm 90 mm Striction.
- proportionnelle. apparente. rupture. de chaque coté. de chaque côté.
- Kgr. p. mm1 2 3 4. Kgr. p. mm2. Kgr. p mm2. P. 100. P. 100. P. 100.
- 16» 6 (3,4) 26,9 29,1 17,9 14,9 54,6
- 96° 4,2 (25,S) 27,6 11,8 8,2 56,4
- 218° 7,2 • 21,7 24,3 10,9 7,8 52,4
- 297° )) 15,0 20,8 lojO 10,7 43,3
- 393° » 14,3 14,3 8,5 6,7 9,8
- On voit aussi ici une diminution constante de résistance avec l’élévation de la température. La ductilité se comporte irrégulièrement; quant à la striction elle s’amoindrit singulièrement quand la température dépasse 300°. Martens remarque, à propos de ces résultats d’expériences, qu’on avait affaire ici à un cuivre très travaillé et par suite écroui (4).
- Pour apprendre à connaître l’influence d’éléments étrangers au cuivre, et particulièrement de l’arsenic, sur ses propriétés à diverses températures, le professeur Roberts-Austen expérimenta, d’une part du cuivre électrolytique martelé et laminé, d’autre part, du même cuivre dans lequel on avait à dessein introduit de l’arsenic en diverses proportions (5). Parmi les différentes séries de résultats, on peut citer les iRusuvts :
- (1) Thurston, Materials of Engineering, 1884. p. 477 ou Zeitschrift, 1889, p. 121.
- (2 Rudeloff a rapporté ces essais dans la Zeitschrift, 1889, p. 113 ; s’y reporter.
- (3) Mitteilungen der Kônigl. technischen Versuchsanstalten, 1893, p. 292.
- (4) Mitteilungen, 1894, p. 117.
- (3) Engineering, 1893, 1, p. 629.
- p.1195 - vue 1199/1864
-
-
-
- MÉTALLURGIE.
- AOUT 1899.
- 1196
- Cuivre pur.
- R U I> T U R K
- Température. Iiffort. Allongement. Striction
- Degrés. Kgr. p. mm2. P. 100. P. 100.
- 11 21,2 37 39
- 15 20,8 27 57
- 100 21,6 30 14
- 102 20,0 30 41
- 151 21,1 23 32
- 218 20,4 25 52
- 249 19,1 37 42
- 325 17,8 21 46
- 370 14,8 20 45
- 401 14,7 15 30
- 470 15,1 » . 6
- Cuivre avéc 0,5 p. ÎOO arsenic.
- 18 23,4 37 55
- 100 (21,6) (30) >»
- 170 (20,5) (35) 52
- 170 22,4 30 62
- 258 21,0 23 57
- 340 18,9 .> >»
- 446 14,0 13 16
- La résistance s’abaisse ici nettement quand la température dépasse 200° ; l’allongement présente une allure irrégulière jusque vers 250° pour diminuer ensuite rapidement; la striction est considérablement moindre lorsqu’on atteint 400°.
- De tous les essais précédemment cités, on peut conclure :
- La résistance du cuivre diminue graduellement avec l’augmentation de la température et n’atteint plus vers 300° que les 70 ou 80 centièmes de ce qu’elle est à la température ordinaire ; la faculté d’allongement (ductilité) décroît notablement au delà de 300° et vers 400° est devenue très faible. La malléabilité du cuivre à la chaleur rouge laisse toutefois croire qu’avec une plus grande élévation de la température, la ductilité croît de nouveau, par suite le cuivre entre 300° et 400° se conduirait à peu près comme le fer (fragilité au bleu). Jusqu’à présent les expériences sur ce point font défaut.
- III. Bronzes et laitons. — VAmirauté anglaise a provoqué en 1877 (1) une série d’expériences avec des alliages du cuivre ayant les compositions suivantes :
- Bronzes. Métal
- ----------------Mu - im-------------- Bronze de
- Nos 1 2 3 4 5 phosphoreux. Muntz.
- Cuivre.................... 83 85 87,75 91 92,5 92,5 62
- Étain................ 2 5 9,75 7 5,0 7,0 »
- Zinc...................... 15 10 2,50 2 2,5 » 38
- Phosphore................. >» » » » » 0,5 »
- (1) Engineering, 1877, II, p. 273. — Les compositions indiquées sont probablement celles des lits de fusion et non celles des métaux coulés.
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- LA TEMPÉRATURE ET LES PROPRIÉTÉS RÉSISTANTES DES MÉTAUX. H 97
- Les éprouvettes furent chauffées jusqu’à 260° au moyen d’un bain d’huile. Les alliages fondus au creuset furent essayés à l’état coulé. Tous présentèrent une diminution de résistance progressive avec l’augmentation de la température, en général d’abord lente, puis ensuite rapide. Les barrettes des bronzes n° 1 à 4 n’avaient plus à 260° qu’environ la moitié de la résistance à la température du laboratoire; le bronze n° 5 à 150° avait déjà perdu la moitié de sa résistance. Le bronze phosphoreux et le métal de Muntz ont été relativement moins éprouvés : à 260° centigrades, le bronze phosphoreux avait encore les deux tiers de sa résistance primitive, et pour le métal de Muntz le rapport était encore plus favorable. L’allongement diminuait fortement pour la plupart des alliages, quand la température dépassait 150°. Du reste les chiffres qui sont détaillés dans le rapport ne produisent pas l’impression d’être absolument dignes de confiance, de sorte que leur reproduction ici peut être évitée.
- W.-C. Unwin (1) a publié en 1889 quelques résultats d’essais sur la résistance du cuivre laminé, du laiton et du métal Delta à diverses températures. Les chiffres suivants en sont extraits.
- Résistance à la traction en kilogr. par cm2.
- Température ordinaire. Cuivre. Laiton. Métal Delta.
- 28,0 39,0 48,6
- 98° 27,0 )> »
- 125° »> 35,0 »
- 127° » » 44,3
- 149° 25,9 )) ))
- 205° » 33,0 41,2
- 210° 24,8 » »
- 260° 20,0 28,5 37,2
- 297° » )) 30,2
- 315 22,4 24,9 »
- 338“ 21,5 22,8 »
- 343“ » » 25.0
- Tous les échantillons perdaient donc de la résistance, avec l’accroissement de la température.
- Le Génie civil, 1891, page 59, a publié une série d’expériences faites par M. A. Le Chatelier sur les bronzes d’étain et d’aluminium, ainsi que sur le laiton à des températures supérieures à 100°. N’ayant pu me procurer le mémoire original, je dois me borner à la reproduction des conclusions que Le Chatelier rappelle dans une autre publication (1).
- Le bronze d’étain a fourni des résultats très discordants. Quelquefois il a montré une diminution très rapide de résistance et de ductilité à partir de 200° environ ; d’autres fois, notamment pour le bronze phosphoreux, les propriétés se sont maintenues encore assez bien vers 250°.
- Le laiton, de 250° à 300°, a diminué très sensiblement de résistance et de ductilité. A 250°, au contraire, la résistance n’était que de 15 p. 100 moindre qu’à la température ordinaire. Le laiton se comportait relativement mieux, quand on y avait ajouté 1 p. 100 d’aluminium.
- (1) Revue universelle des Mines, 1890, tome II, p. 314 ou Engineering, 1889, t. IL
- (2) Rapport sur l’influence de la température... à la Commission des méthodes d’essais
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- MÉTALLURGIE.
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- Les bronzes d’aluminium indiquèrent à partir de 80° une forte diminution de résistance et de ductilité. Un bronze à 9 p. 100 d’aluminium a fourni les résultats suivants :
- à 15° 117“ 180'
- Résistance à ta traction, kgr. 40 32 17
- Allongement p. 100 40 27 10
- Rudeloff a fait des expériences sur les propriétés du métal Delta (1 ), dont les résultats sont figurés par des courbes, figure 20 pour le métal laminé et figure 21 pour le
- métal coulé. Dans ces figures on a indiqué par E le module d’élasticité, aP l’effort à la limite d’élasticité proportionnelle; s®l’effort à la limite apparente d’élasticité; aB l’effort à la rupture; §30 l’allongement p. 100 sur 30 millimètres (de chaque côté de la rupture); §s0 l’allongement p. 100 sur 90 millimètres ; q la striction ou diminution de section
- p. 100.
- D’après ces courbes, la résistance diminue à mesure de l’accroissement de la température, d’abord lentement, ensuite plus vite. L’allongement à la rupture augmente d’abord rapidement avec la température et diminue ensuite de nouveau pour le métal laminé entre 200° et 300°, pour recommencer ensuite à croître, tandis que pour le métal coulé la diminution d’allongement ne survient qu’à partir de 300° et est rapide; la striction se comporte de même dans ce dernier cas.
- Rudeloff a fait aussi des expériences détaillées sur les propriétés des bronzes de manganèse avec diverses teneurs en manganèse (2). Il pourra suffire ici de renvoyer, pour le détail des résultats, au rapport original et de dire seulement que, parmi
- les bronzes de manganèse dont la teneur en manganèse varie de 4 à 15 p. 100, le bronze à 5 ou 6 p. 100 de manganèse a indiqué à toutes les températures la plus grande résistance à la traction et aussi vers 200° à 300° le plus grand allongement. La résistance se maintient presque sans changement pour tous les bronzes jusque vers 200° et baisse ensuite rapidement si la température continue à s’élever. L'allongement a diminué aussi généralement un peu au commencement, quand la température montait, pour croître entre 200° et 300° et diminuer ensuite rapidement.
- IV. Zinc.— Mcirtens (i)a fait à Charlottenbourg des essais sur des feuilles de zinc à diverses températures jusqu’à 200°. Les modifications de la résistance et de la ductilité sont indiquées par les courbes de la figure 22.
- (1) Mitteilungen der Konigl. techn. Versuchsanstalten, 1893, p. 310.
- (2) Mitteilungen, etc., 1893 et 1 2 3893.
- (3) Mitteilungen, etc., 1889; Erganzungsheft 4.
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- LA TEMPÉRATURE ET LES PROPRIÉTÉS RÉSISTANTES DES MÉTAUX. 99
- Un coup d’œil sur ces courbes confirme le fait déjà connu que le zinc se travaille
- Fig. 21.
- â
- a
- O
- O
- O
- Oî
- O
- O
- O
- oo
- O
- O
- O
- H
- 0
- O
- P.
- r/1
- 0
- O
- ”3
- >
- 175 2009C
- 100 125
- Fig. 22.
- le plus facilement entre 100° et 150°, et qu’il devient rapidement cassant si la température dépasse 150°.
- CHAPITRE Y
- CONCLUSIONS
- Les recherches rapportées ci-dessus nous permettent de reconnaître les influences de la température sur les propriétés résistantes des métaux, dans leurs traits principaux, avec assez de certitude.
- Le fer malléable possède aux plus basses températures jusqu’à présent expérimentées (— 80°) une résistance relativement grande contre les efforts graduels ; cette résistance diminue, quand la température s’élève, jusqu’à ce que celle-ci atteigne 60° à 100° (1), pour s’accroître ensuite au delà assez vite, tellement que la résistance à la traction est entre 200° et 300° de 7 à 10 kilogrammes par mm2 plus grande qu’à la température ordinaire et de 3 à 5 kilogrammes par mm2 plus grande qu’à — 80°. A partir de 300° si la température s’élève toujours, la résistance diminue de plus en plus jusqu’à ce qu’on arrive finalement au ramollissement. Mais aux températures mêmes où le métal possède la plus grande résistance aux efforts graduels, les changements de forme, passagers ou permanents, qui sont produits par un effort déterminé, sont relativement plus petits ; le métal est cassant et particulièrement sensible à l’action des chocs. Avec un métal doux, l’action du choc se traduit partiellement par un changement de forme ; avec un métal raide, la rupture se produit. Aux températures entre
- (1) En ce qui concerne le fer soudé, d’après les mémoires de Howard et de Rudeloff, la limite de température paraît se trouver déjà vers 0° ou peu au-dessus.
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- MÉTALLURGIE.
- AOUT 1899.
- 200° et 300° et encore un peu au-dessus, outre la résistance au choc, la flexibilité du fer malléable est aussi sensiblement diminuée ; aux températures au-dessous de 0°, c’est surtout la première — la résistance au choc — qui subit un affaiblissement, sans que la flexibilité soit sensiblement diminuée. Ce n’est que lorsque la pièce éprouvée présente déjà une lésion, que l’influence du refroidissement sur la flexibilité devient certainement appréciable.
- Le fer soudé et le fer fondu se comportent de façons assez concordantes ; les différences qu’ils présentent proviennent, soit de la composition chimique du métal, soit de la durée de l’épreuve. Ces différences se rapportent aussi bien à la grandeur de l’influence qui est exercée par les variations de la température, qu’à la hauteur de la température à laquelle se produit un renversement de l’influence, — augmentation de la résistance après une diminution antérieure ou inversement. On manque encore de données suffisantes sur le sujet, et les expérimentateurs de l’avenir auront à élucider ces questions.
- Quant à la fonte de fer, on peut conclure des expériences peu nombreuses qui ont eu lieu, qu’à des températures très basses, elle augmente aussi de fragilité, mais que d’ailleurs, quand on la chauffe, sa résistance change moins que pour le fer malléable, jusqu’à ce qu’elle commence à rougir; alors sa résistance à la traction diminue plus ou moins vite.
- Pour tous les autres métaux, leur allure diffère essentiellement de celle du fer, en ce que leur résistance diminue sans interruption quand la température croît à partir de 0°. Les données manquent d’ailleurs sur ce qui se passe aux températures basses, et aussi aux températures supérieures à 400°, surtout pour le cuivre et ses alliages. La ductilité est, pour certains métaux, augmentée, et pour d’autres diminuée par réchauffement. Pour plusieurs d’entre eux, métaux ou alliages, il existe des températures déterminées, souvent comprises entre des limites rapprochées, auxquelles ils sont particulièrement ductiles, et d’autres auxquelles ils se distinguent par leur fragilité. On sait que le métal de cloches, si cassant à la température ordinaire, devient malléable au rouge naissant pour redevenir cassant à plus haute température : les expériences citées plus haut ont scientifiquement confirmé qu’il en est de même pour le zinc. Quant à l’influence des températures supérieures à 400° sur les propriétés résistantes du cuivre et de ses alliages, aussi bien en général qu’en ce qui concerne spécialement la ductilité, il est à désirer qu’on entreprenne des expériences ultérieures. On ne sait aussi presque rien jusqu’à présent de cette influence des températures sur le nickel pur et ses alliages, malgré l’importance que ces connaissances présentent pour l’industrie de l’avenir.
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- SUR LES VARIATIONS TEMPORAIRES ET RÉSIDUELLES DES ACIERS AU NICKEL RÉVERSIBLES.
- Note de M. Gh.-Ed. Guillaume (1).
- La facilité qui résulterait, pour un grand nombre de mesures, de l’emploi d’alliages très peu dilatables, et, d’autre part, le danger qu’il y aurait à se servir d’étalons éprouvant avec le temps des variations sensibles, m’ont conduit à étudier en détail les changements temporaires où permanents des aciers au nickel.
- Je rappellerai d’abord (2) qu’une barre d’un alliage présentant l’anomalie négative de dilatation, étant amenée de la température de la forge à une température inférieure, 100° par exemple, augmente graduellement de longueur, à température constante, et finit par se fixer à des dimensions invariables. Si l’on abaisse encore la température, elle recommence à s’allonger, jusqu’à ce qu’elle ait atteint un nouvel état stationnaire. Les changements inverses se produisent au chauffement, et l’on peut dire que la barre tend, à toute température, vers un état définitif, auquel elle arrive par un allongement ou une contraction, suivant que la température est atteinte en descendant ou en montant. Toutefois, l’état défi nitif, à une température déterminée, n’est toujours le même que si les changements de la température procèdent par étapes suffisamment rapprochées. Ainsi, une barre amenée directement de la température de la forge à celle du laboratoire n’arrive jamais à l’état où l’amène une série de recuits complets échelonnés, par exemple, de 20 en 20 degrés depuis 100°.
- La vitesse initiale de transformation est d’autant plus grande que la température est plus élevée et l’écart entre l’état actuel et celui vers lequel on tend plus considérable. Elle est beaucoup plus forte à température ascëndante qu’à température descendante. Ainsi, à la température de 100°, la vitesse d’allongement d’une règle de lm forgée est de 4 g par heure; après une exposition prolongée aux températures ordinaires, sa vitesse de contraction est de 0[>.,8 à Op.,9 par minute. A 15°, l’allongement est de Ojj.,07 à 0g,08 par jour après le forgeage, et de 0jj.,03 par jour après un recuit à 40°.
- Ces variations, très lentes aux températures basses, permettent d’étudier les changements, à toute température, sans erreur appréciable, en amenant toujours la règle à étudier à 15° par exemple, et en la comparant, à cette température, à une longueur étalon. Cette comparaison pouvant toujours être faite en moins d’une heure, on déterminera, par ce procédé, l’état de la règle à la température qu’elle vient de quitter.
- Je me suis attaché particulièrement à déterminer les changements d’une barre ayant subi la série rationnelle des recuits entre 100e et 40°. Les résultats de ces mesures, qui embrassent une période de plus de deux ans, sont représentés dans le diagramme figure 1. On voit que, dans la première année, la barre s’est allongée de 6 par mètre environ, tandis que dans la seconde année, la variation a été réduite à 1 jx,S. Si la variation est exponentielle, la longueur de la barre, à une température déterminée, doit être maintenant fixée à 0 p.,5 près. Cependant les points obtenus par l’observation ne se rangent pas tous sur la courbe ; ils s’en écartent systématiquement à certaines époques, et l’on voit que les écarts sont corrélatifs des variations de la température ambiante représentées par la courbe pointillée. Ces variations, conformes aux lois générales précédemment énoncées; atteignent 1;a,5 environ pour les variations extrêmes annuelles de la température.
- Pour étudier de près ces variations, j’ai soumis une règle, primitivement recuite complètement jusqu’à 40° et abandonnée ensuite pendant une année aux variations de la température ambiante, à une série de chauffes progressives jusqu’à 100°. A chaque température, la règle était ramenée fréquemment à 15°, et la chauffe était poursuivie jusqu’à ce que plusieurs mesures successives con-
- (1) Comptes rend, de l’Acad. des Sc., 17 juillet 1899 p. 155, Bien entendu, je ne parle pas des gaz modifiés par les rayons X, les rayons uraniques, etc.
- (2) Comptes rend. Acad. d. Sc.,, t. CXX1V, p. 754, 1897.
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- MÉTALLURGIE.
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- duisissent au même résultat. Le diagramme (fig. 2) montre les variations successives de la règle et la courbe représentant la fonction
- y = — 0,00325,10-602
- qui les résume sensiblement. Le calcul direct d’une fonction à deux termes avait donné un premier terme positif très petit et d’ailleurs tout à fait incertain. Le signe de ce terme paraissant très improbable d’après l’allure du phénomène, il a paru préférable de l’annuler et de recalculer le second de manière à satisfaire le mieux possible aux observations.
- La dernière formule donne les différences qui existent entre les longueurs d’une barre passant avec une vitesse très grande ou avec une vitesse très faible à une série de températures comprises
- Fig. 2.
- entre 0° et 100°. Les formules de dilatation trouvées par des variations de la température qui, au point de vue de ce phénomène, peuvent être considérées comme très rapides, doivent être corrigées de la quantité y donnée ci-dessus, si les variations de la température sont très lentes. Ainsi, un étalon
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- VARIATIONS TEMPORAIRES ET RÉSIDUELLES DES ACIERS AU NICKEL. 1203
- géodésique employé à la température ambiante en chaque saison, une tige de pendule, etc., se dilateront suivant la formule corrigée, et c’est par cette formule que l’on devra calculer les compensations.
- Les barres étirées se comportent d’une façon particulière. Le premier recuit à 100° les allonge pendant quelques heures et les raccourcit ensuite. A toute température inférieure, elles ne subissent plus que des variations identiques à celles des barres forgées, même si la contraction à 100° avait à peine commencé. Une barre étirée, conservée d’abord pendant longtemps à la température du laboratoire, puis amenée à 100°, se raccourcit pendant un temps qui peut dépasser une demi-heure, puis s’allonge pendant quelques heures et^se raccourcit enfin pendant plus de cent heures. On peut ainsi observer successivement, dans la même barre, trois variations distinctes, d’amplitudes et de durées différentes, dont les deux premières sont semblables à celles que l’on constate dans les barres forgées, mais dont la troisième est propre auxibarres étirées.
- Cette dernière variation a été observée aussi dans des barres de nickel pur et dans des aciers au nickel qui ne subissent les autres variations que d’une façon inappréciable. La propriété caractéristique de cette variation est d’être annulée à toute température par un recuit à une température supérieure, tandis qu’il n’en est pas de même des changements propres aux aciers au nickel de la catégorie peu dilatable. Ces deux ordres de variation ont donc une origine distincte.
- sur les (changements d’état du fer et de l’acier. Note de M. H. Le Chatelier (1).
- La découverte par Gorre et Barrett de la récalescence de l’acier, la découverte par M. Os-mond des deux transformations du fer ont été le point de départ d’un nombre considérable de travaux. Mais bien des obscurités subsistent encore; l’emploi systématique d’échauffe-ments ou de refroidissements très rapides a eu pour effet d’exagérer l’importance des retards aux transformations. Il est lurt difficile alors de distinguer ce qui appartient, soit au phénomène réversible lui-même, soit aux résistances passives antagonistes.
- Je me suis proposé d’étudier ces transformations au moyen de mesures de dilatation faites à température sinon tout à fait stationnaire, au moins ne variant que très lentement.
- 1" Point de récalescence de l’acier. — Cette transformation, la mieux connue des trois, correspond à un point eutectique tout à fait semblable au point de solidification minimum des mélanges de glace et de sel ; il se forme, par refroidissement, des lamelles alternantes de cémentite et de ferrite, c’est-à-dire du carbure Fe3C et du fer pur, aux dépens d’une solution solide de ces deux corps (martensite). On pouvait penser qu’il se produirait à ce point un simple changement de volume, comme dans la fusion ou la dissolution de tous les corps et que, de part et d’autre de ce point, la dilatation suivrait une loi régulière. Il n’en est rien; il se produit successivement deux changements de dimensions, de sens inverse, qui se compen-•sent à peu près exactement dans l’acier normal à 0,9 p. 100 de carbone.
- Le tableau suivant donne, à température montante, les dilatations d’un semblable acier, exprimées en millimètres et rapportées à une longueur de 100 millimètres. La ligne intitulée différence exprime la différence entre la dilatation observée et le prolongement des dilatations correspondant aux températures inférieures au point de transformation.
- Première expérience.
- Température . . . O O CO 760° 775° 800° 830° 860° 950°
- Dilatation .... . . 0,82 1,05 8,96 1,00 1,12 1,20 1,34
- Différence „ - - 0,11 — 0,11 0,06 » »
- Seconde expérience.
- Température . . . . . 315° 500° 690° 775° O O GO 850° 900°
- Dilatation .... . . 0,35 0,63 0,93 1,06 0,98 1,14 1,25
- Différence . . » » )) » — 0,12 — 0,04 — 0,01
- (1) Comptes rendus, 31 juillet 1899, p. 299.
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- MÉTALLURGIE.
- AOUT 1899.
- Le changement total maximum atteint donc0mm,115, nombre double de celui qui aété trouvé par M. Svedelius (1). Dans les expériences de ce savant, l’échaulFement très rapide ne durait en tout que deux minutes; dans les miennes, il a duré plusieurs heures. La coïncidence de la courbe de dilatation au-dessus du point de transformation avec le prolongement de la courbe intérieure résulte de la succession immédiate de deux changements égaux et de sens contraire. Un semblable fait est aujourd’hui sans aucune analogie connue.
- 2° Transformation magnétique du fer. — Cette transformation, d’après les observations de M. Curie et de M. Osmond sur le magnétisme du fer, ne serait pas brusque, comme cela a lieu dans tous les phénomènes similaires. En réalité, les expériences faites ne sont pas décisives et cela pour deux motifs : on n’a pas réussi à séparer le phénomène réversible des retards à la transformation; d’autre part, le magnétisme doit, comme la chaleur, le travail mécanique, être une des conditions déterminantes des transformations, et alors la continuité ou la discontinuité dans la transformation dépendra des circonstances de l’expérience. C’est ainsi, qu’à pression constante, un liquide présente un point d’ébullition défini, tandis qu’il n’en présente pas à volume constant.
- Les tentatives que j’ai faites pour étudier le changement de dimensions correspondant à cette transformation ont échoué ; ce changement doit, par suite, être très faible, inférieur à 0mm,l sur 100 millimètres, ce qui correspond à la limite de précision de mes observations.
- Des recherches semblables faites sur le nickel m’ont montré que la transformation correspondant à la perte des propriétés magnétiques se fait certainement d’une façon continue, dans un intervalle notable de température, de 330° à 380°.
- On est donc en droit d’admettre par raison d’analogie que, dans le fer comme dans le nickel, la transformation en question se fait d’une façon progressive, même en dehors de tout champ magnétique. C'est là un fait très important, car il constitue un exemple unique parmi toutes les transformations connues des corps définis.
- Solides. — Il n’y a que les liquides et les vapeurs qui présentent de semblables phénomènes : telle la transformation du soufre fondu, celle des vapeurs de peroxyde d’azote. La transformation dimorphique dans l’état cristallisé est toujours discontinue, la continuité dans les transformations semble être la caractéristique de l’état amorphe.
- Transformation supérieure du fer.— Cette transformation très nette dans le cas du fer électrolytique présente des anomalies inexplicables qui ont fait parfois attribuer son existence à la présence de l’hydrogène ou du soufre. J’ai retrouvé dans mes expériences des anomalies semblables. La température de cette transformation et le changement de dimensions qui l’accompagne varient sans raisons actuellement définissables. Les mesures ont porté sur un échantillon de fer fondu renfermant 0,05 de carbone.
- Nature Température Changement
- de de la de
- l’atmosphère. transformation. longueur.
- Première expérience.
- mm.
- Air 0,25 de 840 à 930
- Hydrogène pur . . . 0,20 de 900 à 970
- Deuxième expérience.
- Hydrogène ordinaire. 0,26 de 840 à 860
- — — 0,25 de 900 à 1000
- Air ........ 0,20 de 950 à 1025
- Hydrogène ordinaire 0,14 de 925 à 975
- (1) Phil. Mag., t. XGVI, août 1898.
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- SUR LA DILATATION DU FER ET DES ACIERS. 1205
- La variabilité de cette transformation en fait donc un phénomène au moins aussi anormal que les deux transformations précédentes.
- La conclusion de ces recherches est que, si l’application des lois du polymorphisme et de la dissolution à l’étude des propriétés du fer a été souvent un guide précieux, il ne faut pas oublier cependant que ce métal présente des particularités remarquables, qui rendent impossible une assimilation complète de ses propriétés à celles des autres corps. 11 faudra encore de longues recherches avant de pouvoir énoncera son endroit des conclusions définitives.
- II ne serait pas impossible que quelques-unes de ces particularités s’expliquent par l'existence d’une double fusibilité, semblable à celle qui a été découverte dans le sélénium par Lehmann et Tammam. Ce corps n’est stable à l’état cristallisé qu’au-dessus de 60° et au-dessous de 214°. En dehors de ces deux limites extrêmes de température, c’est la variété amorphe (vitreuse, liquide) qui est la seule stable.
- SUR LA DILATATION DU FER ET DES ACIERS AUX TEMPÉRATURES ÉLEVÉES.
- Note de M. H. Le Chatelier (l)t.
- La dilatation de l’acier aux températures élevées n’a été étudiée jusqu’ici d’une façon un peu précise que par le professeur Svedelius (2), de l’Université d’Upsal ; mais, dans les expériences de ce savant, les variations de température ont été tellement rapides qu’il peut subsister quelques doutes sur l’exactitude des nombres obtenus. J’ai repris l’étude de cette question avec la collaboration daM. Chantepie, aide préparateur de chimie à l’École des mines. Nous nous sommes servis du procédé de mesure employé parM. Coupeau(3) dans ses recherches sur la dilatation des pâtes céramiques. Un miroir en silice fondue s’incline plus ou moins, suivant la différence de dilatation,entre un support en porcelaine de Sèvres et le corps étudié ; il réfléchit un rayon lumineux, dont on mesure le déplacement angulaire.
- Dans la dilatation des fers et aciers, il faut distinguer trois périodes : la première correspond aux températures plus basses que celle du début des transformations moléculaires; la dernières, aux températures supérieures à la fin de ces transformations ; entre les deux, la période de ces transformations elles-mêmes.
- Dilatation aux basses températures. — Le fer que j’ai employé est un métal fondu de composition :
- C. Mn. Si.
- 0,037 0,13 0,03
- Le tableau suivant est relevé sur la courbe moyenne déduite d’un grand nombre d’expériences. Les dilatations sont exprimées en prenant lô 1/100 de la longueur initiale de la tige, c’est-à-dire le millimètre pour une tige de 100 millimètres. La dernière ligne du tableau donne le coefficient vrai de dilatation pour chaque intervalle de température de 100°.
- Température.......... 0° 100° 200° 300u 400" 300° 600° 700° 800°
- Dilatation................. 0,11 0,23 0,36 0,30 0,63 0,81 0,973 1,123
- -^- x 10°............ 11 12 13 14 13 16 16,5 15
- dt
- Les expériences faites avec des aciers proprement dits, c’est-à-dire un métal plus riche en
- (1) Comptes rendus, 7 août 1899, p. 331.
- (2) Pldl. Mag., t. XLVI, août 1898.
- (3) Bulletin de la Société (l’Encouragement,octobre 1898.
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- MÉTALLURGIE.
- AOUT 1899.
- carbone, donnent des nombres sensiblement identiques. Voici d’abord la composition des
- aciers étudiés :
- C................ 0,205 0,49 0,84 1,21 0,80 0,75
- Mn............... 0,15 0,24 0,24 0,24 0,15 0,15
- Si............... 0,08 0,05 0,14 0,14 0,06 0,06
- On a rapproché, dans le tableau des dilatations, les résultats relatifs au fer déjà donnés plus haut :
- Température......... 0° 100" 200" 300" 400" 500“ 600" 700"
- Fer doux............ » 0,11 0,23 0,36 0,50 0,65 0,81 0,975
- Aciers 1,2, 3, 5, 6. . .» 0,11 0,22 0,35 0,495 0,64 0,81 0,975
- Acier 4............. » 0,105 0,22 0,35 0,50 0,64 0,80 0,96
- Les différences entre les dilatations de ces divers métaux ne dépassent pas 0mm,0t, ce qui correspond à la limite de précision des expériences. On peut donc admettre que les fers et les aciers ont des coefficients de dilatation sensiblement identiques, voisins de 0,000011 à la température ordinaire et croissant régulièrement jusque vers 758°, où le coefficient vrai est de 0,000 017. Le coefficient moyen, entre 0° et 750°, est alors égal à 0,000 014.
- Cette identité approchée des coefficients de dilatation s’explique très bien par ce que l’on sait de la constitution des aciers. Ils sont constitués par une masse prépondérante de fer pur, au milieu de laquelle sont distribués une petite quantité de cristaux du carbure Fe3C. Les quatre cinquièmes du fer au moins subsistent à l’état non combiné ; il est donc assez naturel que les aciers conservent, à très peu de chose près, la dilatation du métal pur.
- Dilatation aux températures élevées. — Au-dessus des températures de transformation moléculaire, la dilatation des différents aciers varie, au contraire, très rapidement avec leur teneur en carbone, comme le montre le tableau suivant :
- Teneur en carbone...................... 0,05 0,2 0,8 1,2
- X 106 ............................. 15 17 22 29
- clt
- Ce résultat est encore parfaitement conforme aux notions que nous possédons sur la constitution des aciers. Au-dessus de la transformation moléculaire, le carbure de fer et le fer constituent ensemble une véritable solution solide ; dans les cas semblables, comme je l’ai montré antérieurement (1), la dilatation n’a aucune relation nécessaire avec celle des constituants ; elle peut leur être très supérieure.
- Période de transformation. — Il m’a été impossible de réaliser les transformations moléculaires dans des conditions rigoureusement réversibles ; sur ce point, mes expériences ne sont pas plus satisfaisantes que celles du professeur Svedelius. Je n’en donne les résultats qu’à titre provisoire, me réservant de revenir ultérieurement sur cette question.
- Teneur en carbone 0,05 0,20 0,5 0,8 1,21
- Température moyenne de la transformation. 840“ 768" 728“ 730“ 725"
- Grandeur de la contraction 0mm,26 0mm,23 0mm,21 0mm,08 0 mm, 1 0
- La contraction est exprimée en fractions de millimètre et rapportée à une longueur de 100 millimètres.
- Ces contractions sont très irrégulières d’une expérience à l’autre, et souvent suivies de dilatations qui les compensent partiellement. Un grand nombre de ces anomalies s’expliqueraient en admettant que ce changement est la résultante de deux phénomènes qui peuvent être plus ou moins en retard l’un sur l’autre : la transformation moléculaire du fer, qui est accompagnée d’une contraction de 0,26, et la dissolution du carbure de fer dans ce métal transforme, qui serait accompagnée d’une dilatation dont la grandeur serait aussi de 0,26, pour une teneur en carbone voisine de 0,9.
- (1) Comptes rendus, 12 juin 1899. Bulletin, p. 900.
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- CÉRAMIQUE
- sur les terres cuites noires. Note de M. H. Le Chatelier (1).
- On a fabriqué, en tous temps et en tous lieux, des poteries noires dont la coloration est due à une imprégnation de carbone. Cette fabrication est aujourd’hui assez développée en Allemagne pour les produits industriels et en Danemark pour la céramique d’art. Les objets sont cuits dans des atmosphères confinées, chargées de vapeurs goudronneuses ; la pâte se colore en noir, en même temps qu’il se forme à la surface une couche mince et adhérente de graphite. Cette croûte superficielle, avantageuse pour les produits industriels dont elle augmente l’imperméabilité, est au contraire très nuisible dans la fabrication des objets artistiques, son enlèvement indispensable entraînant une main-d’œuvre très coûteuse.
- Je me suis proposé d’étudier le mécanisme par lequel se fait cette imprégnation de carbone et de chercher s’il ne serait pas possible d’éviter la formation de la couche de graphite. D’après mes essais, le dépôt du carbone à l’intérieur de la pâte est intimement lié à la présence du fer ; en son absence, il se produit à peine une coloration grise, presque tout le carbone reste dans la croûte extérieure. L’oxyde de fer jouit, en effet, de la propriété bien connue de faciliter la dissociation de l’oxyde de carbone et des carbures d’hydrogène, en abaissant la température à laquelle commence le dépôt du carbone ou des carbures condensés.
- Les résultats les plus satisfaisants ont été obtenus avec l’acétylène agissant sur des terres renfermant environ 2 p. 100 d’oxyde de fer, par exemple sur des terres à grès ferrugineuses comme celle de Rambervillers, ou sur des argiles plus pures additionnées d’une quantité convenable de colcothar et mieux encore de glauconie. L’action de l’acétylène doit être prolongée pendant un quart d’heure, à une température rigoureusement déterminée, entre 450 et 480°. Plus bas, la décomposition est trop lente; plus haut, le dépôt de charbon ne se fait plus seulement à l’intérieur des pâtes, il produit encore à l’extérieur des croûtes mamelonnées. Les objets, après cette imprégnation, sont soumis à la cuisson définitive dans des creusets remplis de poussier de charbon de bois ou de coke. Avec les terres à grès et une cuisson à 1 200°, la dureté est comparable à celle de la porcelaine.
- (1) Comptes rendus, 14 août 1899, p. 386.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- les machines a vapeur rapides, d’après M. J.-H. Dates (l).
- L’une des difficultés de ces machines est d’éviter les chocs aux articulations de la bielle. Dans les machines à simple effet, cette difficulté est moindre parce que la
- Fig. 1 et 2. — Machine rapide verticale Baies.
- pression de la vapeur agit toujours dans le même sens, mais il faut, pour que la pression totale sur les bielles ne soit pas intervertie parles forces d’inertie aux fonds de
- 1) Insfilulion of Civil Ent/rneers, London. 10 janvier 1809.
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- LES MACHINES A VAPEUR RAPIDES.
- 1209
- courses, employer des compressions exagérées et difficiles à maintenir avec des détentes variables. M. Willans a bien tourné cette difficulté par l’emploi de cylindres à air; mais la nécessité d’employer deux séries de cylindres, ce qui augmente le prix et les frottements des machines à simple effet, a ramené l’attention sur les machines rapides à double effet. Or, au moindre jeu, ces machines cognent. A 300 tours par minute, une machine à course de 200 millimètres commence à cogner avec un jeu 1
- de gQ(j de Pouce (0mm,05) dans les portées; cette machine aurait un arbre d’au moins
- 90 millimètres de diamètre, avec 40 millimètres de bronze aux paliers, de sorte qu’il suffirait d’une augmentation de température de 10° pour déterminer un jeu de plus de 0mul,05, et que l’on est, avec une machine rapide à double effet et à coussinets
- Fig. 3. — Palier Baies.
- fixes, constamment dans l’alternative de cogner ou de chauffer par un serrage trop lâche ou trop accentué de ces paliers. De là, l’utilité de coussinets pouvant s’ajuster automatiquement aux différentes températures, ce qui a permis à M. Dales de construire des machines de 30 p. 100 plus rapides que celles à coussinets fixes.
- Ges machines sont verticales, à régulateur direct, du type fig. 1. Le coussinet supérieur des portées de l’arbre de couche est (fig. 3) pressé par un piston hydraulique appuyé par un ressort juste à la pression nécessaire pour vaincre le frottement des garnitures; quand la pression de l’arbre agit sur ce coussinet supérieur, elle est supportée non par le ressort mais par l’huile qui remplit le cylindre au-dessus du
- 1
- piston et qui lui arrive par une soupape de retenue à bille dont la levée n a que
- de pouce et qui se ferme instantanément à chaque tour de l’arbre, laissant la chambre à huile toujours pleine pour recevoir la poussée de l’arbre sans jeu, à toutes les températures prévues par le réglage du volume de cette chambre au moyen de son bouchon fileté. On peut ainsi marcher facilement à 600 tours.
- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Août 1899.
- 79
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- AOUT 1899.
- La figure 4 montre l’application de ce système aux têtes de la bielle motrice, avec deux pistons, un seul ressort et un seul réservoir à huile chargée par un lourd piston qui suit le liquide, en répare automatiquement les fuites, et en empêche l’émulsion par les mouvements de la bielle. Il en est de même (fig. 7) pour la tige tubulaire de l’excentrique.
- Tous les coussinets ne portent que sur un arc de 90° avec (fig. 3) larges congés
- latéraux pour le dégagement de l’huile, sans pattes de graissage, sous des pressions de 30 atmosphères environ, et à des vitesses de glissement de 2 mètres à 2m, 50 par seconde. Les coussinets sont en bronze garni de métal blanc coulé sur la surface du coussinet embrassant l’arc de 90°, filetée puis étamée pour bien retenir ce métal. Quand le
- 12
- coussinet s’échauffe, le métal blanc se dilate ^ de fois plus que le bronze, et l’arbre
- porte sur ce métal; quand le coussinet se refroidit, il porte sur les filets du bronze : les filets mi-creux servent dans chaque cas de pattes de graissage. Ces coussinets durent très longtemps.
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- LES MACHINES A VAPEUR RAPIDES.
- 1211
- Le régulateur, du type direct radial, est très simple : ses masses sont constituées (flg. 9) par les capuchons de leurs ressorts, guidés chacun par deux tiges du volant disposées en diagonale et portant chacune deux crémaillères, dont une seule en prise avec un pignon solidaire du moyeu de l’excentrique, qu’elles entraînent dans leur rotation, et dont elles font varier le calage. Les deux autres crémaillères ne servent qu’à
- Fig. 9 à 12. — Régulateur Dates.
- équilibrer les premières et aussi à renverser, si l’on veut, la marche du moteur : il suffit* pour cela, de retourner le pignon de manière à le mettre en prise avec ces crémail-lières. Ce régulateur est très sensible. Avec une machine de 200 de course passant de pleine charge à charge nulle, la vitesse n’augmente que de 480 à 485 tours par minute. Son frottement est négligeable : ses forces d’inertie sont environ trois fois plus puissantes que celles du tiroir de détente et de son attirail ; le jeu des dentures n’a pas
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- AOUT 1899.
- d’influence parce qu’elles agissent toujours dans le môme sens : les battements sont presque nuis entre 300 et 600 tours. A cette vitesse, un régulateur de lm.05, amasses centrifuges de 27 kilogrammes, exerce sur ses ressorts une pression moyenne de 4 360 kilogrammes, variant de 900 à 1800 kilogrammes.
- Le tiroir principal, massif, équilibré, avec orifices d’admission et d’e'chappement 4 4
- égaux au ^ et au ^ de la surface du piston, est sans recouvrement, avec faibles
- compressions. Course de la machine 150 m/m, vitesse 600 tours, chute de pression aux tiroirs 0kg,2 à 0kg,35 pour une pression de 5kg,6. Rendement organique 95 p. 100. Pas de vibrations ni de choc, malgré la très faible compression. Pour empêcher les ruptures du cylindre par coup d’eau, la glace du tiroir, coulée séparément, est appuyée snr le cylindre par la pression de la vapeur et par un ressort qui lui laissent, dans la boîte à vapeur, le jeu suffisant pour pouvoir céder à un coup d’eau. Toutes les pièces en tension peuvent résister à 10 fois leur charge normale. Le volant est en une tôle d’acier pressé.
- expériences sur la duree des chaudières/a tubes d’eau, d’après M. ïarrow (4).
- Ces essais -ont porté sur les résistances comparatives des tubes en acier doux et en acier au nickel à l’action des acides et des graisses des eaux, à la surchauffe par les gaz du foyer et à la vapeur surchauffée.
- Fig. 9. — Essais à la vapeur surchauffée des tubes d’acier au nickel (N) de 612 grammes et d’acier doux (O) (P) et (R), chauffés au rouge vif. Les ordonnées donnent les poids en grammes et les abscisses les durées de l’essai en heures.
- Les résultats des essais de corrosion sont donnés dans le tableau I, par immersion des tubes A, B, E et F dans une même dissolution d’acide chlorhydrique diluée. Après 533 heures, les tubes d’acier doux avaient perdu 53 p. 100 environ de leur poids et ceux d’acier au nickel 2,6 et 3,77 seulement, c’est-à-dire qu’ils se corrodent 16,5 fois moins vite, en moyenne.
- (1) Mémoire lu à l'Institution of Naval Architects.
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- Acier au nickel. . — doux. . . . — au nickel. . — doux. . . . NATURE et désignation des tubes.
- K o O o
- OC OC <x & CO OO Oî Poids primitif en grammes.
- G© OC CO <© oo co b£> POIDS EN GRAMMES. Chauffés au rouge sombre pendant 30 minutes et refroidis lentement.
- oo co CO O Î5 C W O Chauffés au rouge vif et refroidis dans l’eau.
- oo oo oo O ^ a o o Oxyde enlevé.
- ^ -1 w ^ -J tO ® ^ Chauffés au jaune paille pendant une heure, et refroidis lentement.
- >-ï* ^1 tv -J Oi to o o Tubes aplatis pour en enlever l’oxyde.
- 159 91 153 89 Chauffés au jaune paille pendant une heure, refroidis à l’air. Oxyde enlevé.
- 151 68 142 58 Chauffés une heure au jaune paille, refroidis à l’air. Oxyde enlevé.
- 1-^ ül CO ^ ^ ^ «O Oî Üî Chauffés au jaune paille pendant une heure et refroidis à l’air.
- £•* CO ^ oz 05 O Üî Oxyde enlevé.
- 4s* **«. t-s-CO C5 CTS —J Perte totale en grammes.
- Essais au feu de tubes en acier au nickel et en acier doux.
- Tableau 2.
- Poids primitif en grammes.
- Perte de poids totale au bout de 533 heures.
- a
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- P
- P
- EXPÉRIENCES SUR LA DURÉE DES CHAUDIÈRES A TUBES d’eAU. 1213
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- m 4
- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- Les résultats de l’essai au feu sont résumes au tableau II, qui donne les pertes par oxydation des tubes C, D, G, H, chauffés simultanément deux par deux dans un meme
- four; on voit, qu’en moyenne, le tube d’acier doux se brûla 2,9 fois plus vite que le tube en acier au nickel.
- L’essai à la vapeur surchauffée s’est fait sur deux tubes N et O, au nickel et en acier
- |ï!o~ O Qjo O O O O Q ePo O oT
- doux, chauffés dans un four en briques (fig. 11) et traversés par de la vapeur à 7 kilogrammes assez lentement pour en assurer la surchauffe prononcée. Les résultats de ces essais sont représentés par le diagramme (fig. 9); après 10 heures, le tube O creva ayant perdu 85^r,2 sur 613, puis on le remplaça par un autre tube sans nickel P, qui se
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- EXPÉRIENCES SUR LA DURÉE DES CHAUDIÈRES A TUBES d’eAU. 1215
- rompit après 8 heures de surchauffe,de sorte qu’il fallut le remplacer par un troisième tube R. Le tube au nickel ne se rompit au contraire qu’après 21 heures, avec une perte de 22sr,6, ayant duré 2/3 de fois plus que les tubes sans nickel. Dans ces premiers essais, les tubes étaient chauffés au rouge vif, des essais exécutés de même au rouge sombre, sur des tubes de 1 mètre de long, ont donné (üg. 10) des résultats analogues, les tubes
- Fig. 12. — Dilatation des tubes d’acier au nickel et contraction des tubes en acier doux chauffés 21 fois de suite pendant 2 heures au rouge sombre et traversés par de la vapeur à 4k,2. Les ordonnées représentent en dilatations et contractions en 64 om de pouces, à partir de la Base line, et les abscisses la durée des essais en heures.
- sans nickel cédant au bout de 30 heures environ, et celui au nickel après 83 heures seulement.
- On sait qu’une tôle ou qu’un tube en acier doux chauffé puis refroidi éprouve une diminution de longueur permanente, dont il faut tenir compte dans la construction des chaudières. L’inverse a lieu pour l’acier au nickel. Les tubes en acier doux et au
- 300
- Fig. 13. — Dilatabilité comparée des tubes en acier au nickel et en acier doux chauffés au rouge sombre. Les ordonnées donnent les dilatations de ces tubes portés au rouge sombre en 330 secondes.
- nickel, de 1 mètre de long, chauffés au rouge 21 fois pendant 2 heures et traversés par de la vapeur à 4 kilogrammes ont éprouvé (fig. 12) celui en acier un raccourcissement définitif de 25 millimètres et celui en acier au nickel un allongement de 8 millimètres, faits qu’il ne faut pas oublier quand on emploie dans une même chaudière ces deux aciers. En outre (fig. 13) les tubes en acier au nickel se dilatent par la chaleur 4
- g- fois plus que ceux en acier sans nickel, ce qui introduit un nouveau danger dans l’emploi simultané de ces deux aciers.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- AOUT 1899.
- L’acier au nickel est très suffisamment ductile et cette ductilité n’est pas (fig. 14)
- Fig. 14. — Tubes en acier au nickel martelés à froid après 24 trempes dans l’eau froide
- au rouge sombre.
- affectée par des changements brusques de température, il est plus tenace, plus dur à emboutir que l’acier doux et sa plus grande durée compense son prix plus élevé.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA RIRLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Juillet au 15 Août 1899
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac. . . . Annales de la Construction.
- Acp. . . . Annales de Chimie et de Physique.
- AM. . , . Annales des Mines.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique. APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. Bam.. . . Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- BMA . . . Bull, du ministère de l’Agriculture. CN. . . . Chimical News (London).
- Cs........Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- Cli. ... Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- DoL, . . . Bulletin of the Department of La-bor, des États-Unis.
- Dp. . . . Dingler’s Polytechnisches Journal.
- E..........................Engineering.
- E’........................The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE................Eclairage électrique.
- EU. . . . L’Électricien.
- Ef.. . . . Économiste français.
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Es........Engineers and Shipbuilders in
- Scotland (Proceedings).
- Fi ... . Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc........Génie civil.
- Gm. . . . Revue du Génie militaire.
- IC.Ingénieurs civils de France (Bull.).
- &.........Industrie électrique.
- . . . . Industrie minérale de St-Étienne. IME. . . . Institution of Mechanical Engineers (Proceedings).
- . . . Institution of Brewing (Journal). ^ .... La Locomotion automobile.
- Ln........La Nature.
- ......Moniteur scientifique.
- MC. .
- N..
- Pc..
- Pm.
- Rcp
- Rgc. Rqds. Ri . RM. Rmc. Rs. . Rso. RSL.
- Rt..
- Ru..
- SA..
- ScP.
- Sie..
- SiM.
- SiN.
- SL..
- SNA.
- SuE.
- USR.
- VDI.
- ZOi.
- Revue générale des matières colorantes.
- Nature (anglais).
- Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Portefeuille économ. des machines.
- Revue générale de chimie pure et appliquée.
- Revue générale des chemins de fer.
- Revue générale des sciences.
- Revue industrielle.
- Revue de mécanique.
- Revue maritime et coloniale.
- Revue scientifique.
- Réforme sociale.
- Royal Society London (Procee-dingsj.
- Revue technique.
- Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- Society of Arts (Journal of the).
- Société chimique de Paris (Bull.).
- Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- Socie'té industrielle du Nord de la France (Bulletin).
- Bull, de statistique et de législation.
- Société nationale d’agriculture de France (Bulletin).
- Stahl und Eisen.
- Consular Reports to the United States Government.
- Zeitschrift des Yereines Deutscher Ingenieure.
- Zeitschrift des Oesterreichischen Ingenieure und Architekten-Ve-reins.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AOUT 1899.
- AGRICULTURE
- Battage des céréales. Ag. 5 Août, 220.
- Blé d’Alsace. Culture aux Parc-aux-Princes. Ap. 3 Août, 138.
- — Carie du froment. Sulfatage des semences. Ag. 12 Août, 259.
- Bétail. Fièvre aptheuse. Ag. 22 Juillet, 133. — Origines du Durliam. Ap. 3 Août, 162. — Shorthorns en France et en Angleterre. Ap. 27 Juillet, 122; 12 Août, 193. Betteraves à sucre (Expériences sur les). Ag. 3 Août, 216; 12 Août, 272.
- — (Greffage des). Ag. 12 Août, 261.
- Cartes agronomiques (Progrès des) (Carnot).
- Ag. 22 Juillet, 129; SNA. Juin, 466. Chevaux au Concours de la Société Royale et d’Amiens (Lavalard). Ap. 3 Août, 172. Charrues défonceuses Vallerand. Ap. 27 Juillet, 131 ; 3 Août, 169. Bonnet. Id. 12 Août, 204.
- Cidre (Lavage des fruits à). Ag. 22 Juillet, 141 ; 12 Août, 249.
- Engrais. Efficacité des cultures d’automne comme engrais verts (Dehérain) CR. il Juillet, 139. Ap. 27 Juillet, 120.
- — et amendements (Vilcoq). Ln. 29 Juil-
- let, 129.
- — Expériences du Parc-des-Princes. Ap-
- 27 Juillet, 118. sur les phosphates des Pyrénées. Ag. 5 Août, 215.
- Ensilage au domaine des Faillades. Ap. 20 Juillet, 84.
- (Eiifs. (Conservation des). Ap. 20 Juillet, 95. Seigles. Expériences au Parc-des-Princes. Ap. 10 Août, 192.
- Semoirs en lignes (Les) (Ringelmann). RM. Juillet, 61.
- Sulla. Rendement dans les Abruzzes (Ronna). Ap. 3 Août 165.
- Vigne. Arrosages tardifs (Muntz). Ap. 20 Juillet, 83.
- — Fermentation dans les cuves vinaires
- (Vidal). Rs. 12 Août, 206.
- CHEMINS DE FER
- Attelages automatiques américains. E' 21, 28 Juillet, 55, 60, 91; 4 Août, 105, 124, 133, 148.
- Chemins de fer de Nilgili. EJ. 21 Juillet, 62.
- — d’Uganda. E. Il Août, 161.
- — Français en 1898. Ef. 22 Juillet, 119; Rgc. Août, 93.
- — Transsaharien (Duponchel). Rs. 3 Août, 161.
- — du Mont Blanc (Vallot). Rgds. 30 Juil-
- let, 548.
- — à très faible écartement. Rt. 25 Juillet,
- 330.
- — à air comprimé. Ri. 5 Août, 302.
- — électriques du P.-L.-M. Oc. 22 Juillet,
- 181.
- — — Saint-Gervais-les-Bains, Chamo-
- nix. Ln. 29 Juillet, 135.
- — — plate-forme de l’Exposition. VDI.
- 29 Juillet, 885.
- Éclairage des trains à l’acétylène. Dp. 12 Août, 83.
- — par une dynamo actionnée parles essieux
- (Auverl). Rgc. Août, 57.
- Freins continus (Les). (Seguela). RM. Juillet, 55.
- Locomotives (Frottements des). RM. Juillet, 180.
- — (Poids des). E!. 21 Août, 146.
- — anglaises et américaines (Rous-Martin).
- EM. Août, 790.
- • — Express 6 couplées du North Eastern. E. 21 Juillet, 56.
- — (Essais des matériaux pour) en Angle-
- terre. Rgc. Août, 116.
- — Consolidation de l’Atchison-Topeka.
- RM. Juillet, 98.
- — Compound. Mise en marche Mellin. RM.
- Juillet, 100.
- — Pertes par fumées et flammèches. Ri. Juillet, 297.
- — Corrosion des chaudières (Desgeans).
- Rgc. Août 70.
- — Grille Piron. Oc. 22 Juillet 193.
- — (Appareil pour l’arrosage des roues de).
- Rgc. Août, 126.
- — Échappement multiple Swiney. RM.
- Juillet, 101.
- — à voie étroite six couplées Tasmanie.
- E’. 4 août 123.
- Trains express anglais et français (Rous-Mar-lin). E1. 38 Juillet. 81.
- Voies. Vérification du tracé. Méthodes graphiques (Desdouits). AM. Mai, 465.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AOUT
- 1899.
- 1219
- Voiture à corridor du Great-Central. E.
- 4 Août, 146; Rgc. Août, 129.
- Wagon de 100 000 livres Conda. RM. Juillet,
- 101.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles. Exposition des Tuileries. FJ. 21 Juillet, 81 ; Ri. 22 Juillet, 284 ; Ri. 29 Juillet, 297; E. 4 Août, 131.
- — Concours des poids [lourds (De Chasse-loup -Laubat). Gc. 29 Juillet, 197. 12 Aoiît 237.
- — de Liverpool. E. 4 Août, 148; E'.
- 4 Aowf, 115.
- — Étude d’une voiture (Forestier). Gc. 22 Juillet, 184.
- — Transmission Roe-Knight. RM. Juillet, 103.
- — Changement de marche. Ln. 22 Juillet, 123. — de vitesse Buchet. La. 10 Août, 506.
- — Virage des automobiles à essieux brisés. Rt. 10 Août, 346.
- — Bandages en caoutchouc (Les). La. 3 Août, 494.
- — Électriques. Prix du fiacre-jour à Paris. EE. 29 Juillet, .157.
- — — Fourgon des pompiers de Paris. le.
- 10 Août, 343.
- — au 'pétrole Henriod. La. 20 Juillet, 456.
- — — avec accumulateurs Pieper. le•
- 25 Juillet, 316.
- — — Auto-mitrailleuse Simms. RM. Juil.
- let, 103.
- — — Motovelo Pernoo. La. 3 Août, 492.
- Renault. La. 10 Août, 508.
- — Pneumatique Sims. La. 10 Août, 513. Tramways à gaz de Londres. E'. 28 Juillet, 85.
- — Électriques à contacts, le. 10 Août, 338.
- — — Diato. Pm. Août, 121.
- — — attaches de fil aérien Bostock et
- Cheetham. EE. 29 Juillet, 132. Vélocipèdes Akatène Le Métais. RM. Juillet, 103.
- — Divers. Dp. 12 Août, 87. Gc. 12 Aoû
- 252.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acétylène. État actuel de l’industrie. Rcp. 15 Juillet, 3251.
- Acétylène. Congrès de Budapesth. Dp. 5 Août, 74. E’. Tl Août. 141.
- Acides cétonique et lévulique (Synthèse des) (Biaise). ScP. 20 Juillet, 641, 647.
- — azotique, action sur les métaux. Cs.;
- 31 Juillet, 689.
- Acétate chronique (Recoura). CR. 17 Juillet, 158, 208.
- Aloïnes (Les) (Leger). ScP. 20 Juillet. 668. Alcool. Emploi pour l’éclairage. SNA. Juin, 442, 448.
- Azote. Combinaison avec l’oxygène (Berthe-lot). CR. 17 Juillet, 137.
- Brasseries. Divers. Cs. 31 Juillet, 697.
- Brandy espagnol (Composition des). Cs. 31 Juillet, 699.
- Beurres et margarines. (Cryoscopie des) (Poucet). ScP. 5 Aoiit, 738.
- Bore et aluminium, propriétés réductrices (Du boin et Gauthier). CR. 24 Juillet, 217. Carbures - alcalins. (Fabrication des) (Bor-chers). Cs. 31 Juillet, 669.
- — d’hydrogène halogénés, nouvelle pré-
- paration (Mouneyrat). RcP. 15 Juillet, 305.
- Céramique. Couleurs sans couvertes pour faïences. Ms. Août, 546.
- Cellulose. Progrès de l’industrie (Weber). Ms. Août, 501. Cross et Bevan. MC. 1er Août, 269.
- — Chimiquement modifiée (Forenczi). Id. 604.
- — Viscoïde. Id. 602..
- Chaux et Ciments. Divers. Cs. 1er Juillet, 685.
- — Fours tournants à ciments. Valeur économique (Tetmayer). Le Ciment. Juillet, 108.
- Chaleurs spécifiques des gaz et l’équivalent mécanique de la calorie (Leduc). Acp. Août, 484.
- Cyanures doubles (Berthelot). Acp. Août, 451, 456.
- — Cyanosulfures. Id. 470.
- Dissolutions colloïdales (Cristallisations des).
- (Krafft). Cs. Juillet, 692.
- Eaux. Stérilisation par l’ozone (Blondin). EE 29 Juillet, 127.
- Égouts. Purification bactériale (Rideal). SA. Juillet, 707.,
- Essences et parfums. Divers. Cs. 31. Juillet, 703. Explosifs. Divers. Cs. 31 Juillet, 705.
- p.1219 - vue 1223/1864
-
-
-
- 1220
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AOUT 1899.
- Glycérophosphates. Fabrication industrielle (Guèdras). Ms. Août, 577.
- Gaz d’éclairage. Dosage de l’oxygène (Lub-berger). CN. 4 Août, 56.
- — Allumage automatique (Killing). Cs.
- 31 Juillet, 670.
- Gazogènes. Divers. Cs. 31 Juillet, 649.
- Gluten coagulé et matières azotées des farines (Balland). CR. 31 Juillet, 312.
- Huiles. Extraction par dissolvant (Gingembre). Ri. 5 Août, 301.
- Iridium. Purification (Leidié). CR. 24 Juillet, 214.
- Laboratoire. Influence de l’acide chlorhydrique sur le titrage par le thiosulfate de soude pour le dosage de l’acide sélénieux (Norton). CN. 21 Juillet, 27.
- — Analyse des roches, dosage du potas-
- sium et du sodium (Ronjean). ScP. 20 Juillet, 691.
- — Dosage volumétrique du carbone. CN.
- 4 Août, 52.
- — — de l’acide borique par l’iode (Jones)*
- American Journalof Science. Août, i 27. Magnésium. Action sur les dissolutions salines (Lemorie). CR. 31 Juillet, 291. Optique. Théorie ondulatoire, son influence sur la physique moderne (Cornu). N. 27 Juillet, 292; Rgds. 30 Juillet, 541.
- — Spectre phosphorescent. (Recherches
- photographiques sur le) (Crookes). N. 3 Août, 317.
- — Polarisation rotatoire dans les milieux
- soumis à la torsion. American Journal of Science, Août. 89.
- Parfums. Violette artificielle (Cahen). RcP. 15 Juillet, 317.
- — Ruthénium et potassium, azotite double
- (Brizard). CR. 24 Juillet, 216.
- Purine et ses dérivés (Fischer). Ms. Août, 532. Résines et vernis. Siccatifs pour carrosserie (État de l’industrie des (Thomas). Rcp. 15 Juillet, 310.
- Sulfure de carbone. Combinaisons avec l’hydrogène et l’azote (Berthelot). CR. 17 Juillet, 133.
- Sucrerie. État actuel (Decron). Rcp. 15 Juillet, 321.
- — — En Allemagne. USR. Juillet, 471. Sulfures métalliques (Les) (Mourlot). Acp. Août,
- 575.
- Tannerie. Micro-organismes. Cs. 31 Juillet 694.
- Thermochimie. Chaleur de formation et de combustion des composés azotés et autres (Berthelot et André). Acp. Août, 433.
- Teinturerie. Pigment bleu du corail (Liver-sidge). CN. 21, 28 Juillet, 29, 41.
- — Divers. MC. 1er Août, 278, 282, 291; Cs.
- 31 Juillet, 675.
- Tellure. Dosage de l’acide tellurique en présence de sels haloïdes (Peters). American Journal of Science. Août, 122. Verres. Fusibilité. Ms. Août, 541.
- — Composition. Id. 549.
- Victorium. Nouvel élément associé de l’ytrium (Crookes). N. 3 Août, 317 ; CN- 4 Août, 49.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Angleterre. Concurrence des États-Unis. E'. 21 Juillet, 67.
- — (Conditions de travail en). USR. Juillet,
- 503.
- Australie (Conditions commerciales en). USR. Juillet, 401.
- Brevets et marques de fabrique au Japon. USR. Juillet, 416-428.
- — Loi allemande. Rt. 10 Août, 350.
- Classes ouvrières et émigration aux colonies.
- Rso. 16 Juillet, 186.
- Clubs et associations de femmes (Henrotin). DoL. Juillet, (501.
- Crédit agricole'jnutuel (Sociétés de). Musée Social. Juillet.
- Conseils de conciliation et échelle mobile des salaires pendant ces dernières années. Ef. 5 Août, 200.
- Convention commerciale franco-américaine. Ef. 5 Août, 197.
- France. Budget de 1900. Marche ascendante des dépenses. Ef. 29 Juillet, 159.
- — Fonctionnarisme. Ef. 29 Juillet, 166.
- — Succession et natalité. Ef. 5 Août. 199.
- — Commerce extérieur pendant le pre-
- mier semestre 1899. SL. Juillet, 57.
- — Grèves en 1898. Rs. 5 Août, 177.
- — (Biens communaux en). Ef. 12 Août,
- 240.
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-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- AOUT 1899.
- Grèves. Législation allemande. Ef. 12 Août,
- 235.
- Madagascar. Mise en valeur (Dehérain). Rgds. 30 Juillet, 554.
- Métaux. Production et prix dans les dernières années. Cuivre et plomb. Ef. 29 Juillet, 163.
- — Aluminium et nickel. Id. 5 Août, 22. Mouvement ouvrier en Amérique. Ef. 29 Juillet,
- 160.
- Ouvriers en France. Situation au xixe siècle (Souchon). Musée Social. Août. Vagabondage et l’initiative parlementaire. Rso. 16 Juillet, 208.
- Vieillesse. Moyens d’assistance. Ef. 12 Août,
- 236.
- Vladivostok (Commerce de). USR. Juillet, 438.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Rarrage d’Assouan. E'. 11 Août, 140.
- Ciment armé. Le Ciment. Juillet, 97, 104.
- — Supports horizontaux Peck. Ac. Août, 126.
- Constructions incombustibles. Dp. 5 Août, 71. Grandes maisons américaines (Bréhal). VDI. 29 Juillet, 899.
- Ponts. Alexandre III. E. 21 Juillet, 72.
- — sur l’Indus. E. 28 Juillet. 111.
- — suspendu du Niagara. ZOl. 4 'Août, 477.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs pour automobiles (Reynal). EE. 22, 29 Juillet-, 94,124, Elé. 22 Juillet, 49.
- — Isolement des batteries, sa mesure-Elé. 5 Août, 88.
- Chauffage électrique Le Roy. Ri. 22 Juillet, 285. Courants alternatifs (Transmission et distribution par) (Leblanc). EE. 5, 12 Août> 171, 205.
- Dynamos continus. Théorie de la commuta-tion (Fischer-Hinnen). EE. 22 Juillet, 90.
- — Alternateurs Ferranti. Rendement. EE. 5 Août, 182.
- — Commutateurs et balais. E. 28 Juillet,
- 102.
- Dynamos. Pertes par frottements (Dettmar). EE. 29 Juillet, 133.
- Éclairage. Lampes portatives et groupes électrogènes pour l’éclairage des usines (Pomey). EE. 5 Août, 178.
- — Arc (Sifflement de T) (Ayrton). N.
- 27 Juillet, 302.
- — Incandescence. Lampe aux nitrates. EE.
- 5 Août, 181.
- Électrochimie. Électro-déposition de l’étain (Andréoli). Elé. 22 Juillet, 55.
- — — du laiton (Baker). CN. 28 Juillet,
- 37.
- — Électrolyseurs Corbin pour blanchiment de la pâte de bois. EE. 5 Août, 195.
- Gadoues. Broyage et trituration à l’usine de Saint-Denis. Ri. 12 Août, 314. Interrupteur Barton avec fil fusible. EE. 29 Juillet, 133.
- — Verity et Steele. Elé, 29 Juillet, 65.
- — Thomson Houston pour réseaux à trois fils. EE. 12 Août, 218.
- Magnétisme. Notions pratiques (Schmidt). EE. 29 Juillet, 141.
- — Courbe d’aimantation normale. EE. 29 Juillet 147.
- Mesures. [Théorie de l’amortissement dans les galvanomètres (Lemke). EE. 29 Juillet, 155.
- — Compteur de quantité Blondlot. le.
- 25 Juillet, 319; EE. 12 Août, 201.
- — Pont de Thomson. Mesure des résistances. Elé. 5 Août, 85.
- — Détermination directe d’un kilom.
- absolu. EE. 5-12 Août, 161, 212.
- — Galvanomètre enregistreur Callendar. Elé. 12 Août, 97.
- Pile étalon au cadmium. EE. 22 Juillet ; 98.105' Stations centrales. En Allemagne. le, 25 Juillet, 322.
- — Plymouth. E. 11 Juillet, 63.
- — Hartford. E. 11 Juillet, 69.
- — Mesures de sécurité pour les grandes installations. EE. 29 Juillet, 122. Tannage électrique. le. 10 Août, 544. Télégraphie. Signaux du siphon recorder. Elé. 29 Juillet, 66; 12 Aoiît, 100.
- — Sans fil. État actuel. Elé. 29 Juillet, 72.
- Téléphonie Duplex dans les lignes suburbaines allemandes. EE. 12 Août, 219.
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-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AOUT 1899.
- Transformateurs à courants alternatifs (Pertes des). EE. 22 Juillet, 119. Unités (Simplification des) (Blondel). le. 2o Juillet, 313.
- HYDRAULIQUE
- Ascenseur pour canaux de Heirichenburg. VDI. 12 Août. 941.
- Bélier Gelly. RM. Juillet, 105.
- Chutes d’eau. Utilisation en Italie. EM. Août, 778.
- Dragage du Rhin. E'. 11 Août, 147.
- Filtre Grandjean. Ln. 5 Août, 158.
- Pompes (Études du fonctionnement des) par l’indicateur (Colmant). Ru. Juillet, 17.
- — de Cornouailles. E1. 28 Juillet, 93.
- — des eaux de Cleveland. RM. Juillet, 105.
- — directe Voit. Ri 12 Août, 313.
- Robinet Trevent et Proctor. RM. Juillet, 105. Roue Pelton. Régulateur Barr. RM. Juillet, 104.
- MARINE, NAVIGATION
- Bassin d’essai pour modèles de Washington. E 4 Août, 137; E' 4-11 Août, 109, 138. Butées des hélices (Frottement des) (Kodolilsh)» E. 28 Juillet, 123.
- Cales de radoub (Support des navires dans les) (Elgar). E. 28 Juillet, 125.
- Chantiers de navires Yulcan. E. 11 Aoiît, 163. Docks de Keyham (Eliot). E. 28 Juillet, 127,
- — de Limehouse. E'. 28 Juillet, 95. Lancement d'un cuirassé (Champness). E. 27
- Juillet, 107.
- Lignes de courant. Expériences de Hele Shaw.
- E. 28 Juillet, 120; 4 Aôût, 132. Machines marines. Triple expansion des croiseurs Cheerful et Mermaid. E'. 21 Juillet, 59.
- Marine allemande. Ses progrès (Haack). EM. Août, 729.
- Marines de guerre. Les croiseurs cuirassés E'. 28 Juillet, 94.
- — Vitesse des cuirassés. E'. 11 Août, 145. — Construction des navires de guerre. E.
- 4 Août, 147.
- — Anglaise, cuirassé Vengence. E.21 Juillet, 88.
- — — Croiseur Blake. E1 28 Juillet, 89.
- Marine de guerre. Croiseurs d’Elswicks (Watt). E' 28 Juillet, 99; E. 4 Août,
- 156.
- — Américaine. Vaisseau, atelier Vulcan. Rt. 10 Août, 352.
- — Guerre hispano-américaine. E. 21 Juil-
- let, 65.
- Navires à 3 hélices. E. 4 Aoul, 150; JE'. 4 Aon!, 125. Navigation intérieure (Moyens mécaniques de). (Galliot). RM. Juillet, 5.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Balances automatiques Richards, Johnson, Overbeck. EE. 21 Juillet, 87. Calendrier perpétuel mécanique Jagot. Ln. 5 Août, 156.
- Chaudières à tubes d’eau « Parole ». E. 21 Juillet, 73.
- — — Lyall. Ri. 29 Juillet 295.
- — — Du Temple, Almy. RM. Juillet, 92.
- — — des nouveaux croiseurs (Marschall).
- E'. 21 Juillet, 71; E. 11 Août, 185.
- — — Babcox Wilcox. E'. 11 Août 151.
- — — (Expériences sur la résistance des)
- (Yarrow). £'. 21 Juillet, 70.
- — — dans la marine anglaise. E. 28 Juil-
- let, 113; E' 28 Juillet, 93.
- — Foyer Reynolds. RM. Juillet, 92. au
- pétrole Korting. RM. Juillet, 94.
- — Cheminées (Calcul des) (Lang). VDI.
- 29 Juillet, 894; 5 Août, 919.
- — Manomètre Bristol. RM. Jinllet, 94.
- — Purgeur Fell. E'. 28 Juillet, 94.
- — Vent forcé Foley. E. 21 Juillet, 89. ‘
- — Injecteurs Kneas. RM. Juillet, 95.
- — Surchauffeurs Schmidt, Cruze. RM. Juil-
- let, 96.
- — Tuyauterie Nagle. E. 21 Juillet, 68. Changement de vitesse Borzini. RM. Juillet, 111. Changement de marche Tullis. RM. Juillet, 111. Compresseur Allis de 1500 chevaux. RM. Juillet, 140.
- — Gordon, Alliot et Paton. Id. 111. Dameur Cramp. RM. Juillet, 111. Ensacheusc-peseuse automatique Simon. Ri-
- 5 Août, 305.
- Graisseur. Détroit pour compounds. RM. Juillet, 114.
- Gyroscope (Théorie du) (Greenhill). N. 3-10 Août. 321, 346.
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-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ---- AOUT 1899.
- 1223
- Indicateur Desjuzeur Tavel. Ri. 29 Juillet, 293. Levage. Élévateur de Manchester. Ri. 22 Juillet, 281.
- ____ Décliargeur Roche. RM. Juillet, 107.
- — Grues Andrews, Babcock et Seaver. RM.
- Juillet, 107.
- __ — Swan pour chantiers de navires. E'.
- 4 Août, 123.
- — Palans Lockerbie et Salmon. RM. Juillet,
- — Treuils Haut-Fourneaux. RM. Juillet,
- 108.
- Machines à écrire {Les) (Lux). Dl. 22 Juillet, 40. Machines-outils actionnées par l’électricité. Ateliers de l’Algemeine. Rt. 23 Juillet, 219. 10 Août, 353.
- — En Amérique et en Adgleterre (Orcutt).
- EM. Aoiit, 743.
- — Chanfreineuse Addy. E'. 28 Juillet, 112.
- — Etau Jones. RM. Juillet, 109.
- — Poinçonneuse Fielding. Ri. 29 Juillet, 294.
- — Perceuse Grelius. RM. Juillet, 109.
- — Pour chaudières Hulse. E'. 11 Août,
- 137.
- — Riveuses pneumatiques (Babcock). E.
- 21 Juillet, 89.
- — Tours pour arbres Dean, Smith. E'.
- 21 Juillet, 74.
- — — perceur pour foyers de chaudières
- Hulse. E1. 28 Juillet, 91.
- — — Clyne, Von Pitter. RM. Juillet, 84}
- 91.
- — Fraiseuse pour pignons Parks. RM.
- Juillet, 88.
- — — Fraise de la Géométrie Drill C°.
- RM. Juillet, 109.
- Moteurs à vapeur. Influence des parois (Banblin). VDI. 22 Juillet, 867.
- — État de la vapeur à la fin de l’émission
- (Duchesne). RM. Juillet, 42.
- — Machine rapide Boult et Larbodière.
- Elé. 5 Août, 81.
- — Distributions Gordon. RM. Juillet, 114.
- Watertown, Sprado Hay. Id., 115.
- — Régulateurs (Les) (Isaachsen). VDI.
- 5 Août, 913. Brotherhood. RM. Juillet, 116.
- — Stuffing box Jenkimon. RM. Juillet, 112,
- — Tiroir équilibré Andrews et Martin. E.
- 11 Août, 171.
- — à, gaz Fritscher et Houdry, Burger,
- Durr Lloyd. RM. Juillet, 116.
- Moteurs à gaz. Allumage Lanchester. RM.
- ' Juillet, 117.
- — — de haut fourneau (Savage). Ru.
- Juillet, 1.
- — à pétrole Koch, Thornton et Lea. RM.
- Juillet, 120.
- — Avenir des (Luckfield). EM. Août, 818. Régulateurs de pression Craig, Millers. RM. Juillet, 112.
- Résistance des matériaux. Essais (Jame-son). Pm.Août, 118.
- Roulements sur billes. (Dureté des) (Bach). VDI. 22 Juillet, 857.
- Transporteurs pneumatiques Batcheller.
- RM. Juillet, 76.
- Transmission hëlicodaile Barr. RM. Juillet, 112* Tuyauterie. Assemblage pour tuyaux de plomb et de caoutchouc Lange et Joanne. Ri. 22 Juillet, 288.
- MÉTALLURGIE
- Fer et acier. Limite inférieure du point critique A2 (Osmond). Métallographie, Juillet, 169.
- — Composition et structure de l’acier.
- J. von Jonstorf. Id., 222.
- — Soufflage chaud au convertisseur (Wi-borg). Ms. Août, 581.
- — Machines de laminoir américaines. E. 11 Août, 171.
- — Hauts fourneaux. Utilisation des gaz (Disdier). Ms. Août, 583. Savage. Ru. Juillet, 1.
- — Fabrication industrielle du ferrosilicium
- (Chalmot). Ms. Août, 588.
- — Fontes manganésées. (Industrie des) en Russie. RM. Juillet, 69.
- — Démouleuse Evans. RM. Juillet, 113.
- — Transporteurs pour coulées Hawron. Er. 4 Août, 111. Pour scories américains. SuE. 1er Août, 721.
- — Industrie sidérurgique en Russie (Tra-senter). Ru. Juillet, 33.
- — Métallographie des fers et aciers (Hyn). SuE. 1er Août, 709.
- Grillage refroidisseur Rothwell. Eam, 29 Juillet. 127.
- Or. Essai des minerais destinés à la cyanuration. Ms. Août, 593. Tellureux. Id., 595.
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-
-
-
- 1224
- AOUT 1899.
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. -----
- Or. Broyage à sec au Rand. Ms. Août, 594.
- — Coagulation des sûmes. Ici., 594.
- — Précipitation électrolytique. Id., 595.
- — Z inc au haut fourneau. Cs. 31 Juillet,
- 688.
- MINES
- Cftar&on. Trieur à cylindres. Eam. 13 Juillet, 69. École des Mmes de Camborne. E'. kAoûl, 114.
- États-Unis. Production minérale et métallurgique en 1898. Eam. 29 Juillet, 122. Or et diamant à Minas Geraes. USIL Juillet, 535.
- — Évaluation et essais des dépôts de pla-
- cers, Eam. 29 Juillet, 130.
- — Lavage des sables en Australie. Rt.
- 10 Août, 343.
- Perforatrices à diamant. Eam. 15 Juillet, 67.
- — Bornet. RM. Juillet, 113.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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-
-
-
- 98e ANNÉE.
- Cinquième Série, Tome IV;
- SEPTEMBRE 1899.
- BULLETIN
- DE
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- COMMERCE
- L’EXPOSITION DES PÊCHES MARITIMES A BERGEN, par M. J. Pérard (1).
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
- Bergen, la seconde ville de la Norvège, compte environ 70 000 habitants. Les coquettes villas de ses quartiers neufs s’étagent en amphithéâtre sur de hautes collines, tandis que, bâties sur pilotis sur le bord même du fjord, les maisons de bois du Tyskerbrygger ont conservé l’aspect sombre et enfumé qu’elles présentaient au temps de la Hanse. Dans cette partie de la cité, c’est toujours le même amoncellement de produits de pèche les plus variés : morue salée ou séchée, huile de foie, harengs en barils, etc., que débarquent les jœgt aux grandes voiles carrées d’aspect si pittoresque et que viennent reprendre presque aussitôt de lourds chalands pour les transporter jusqu’aux vapeurs dont l’avant-port est sillonné (Hg. 1). Bergen est en effet le vaste entrepôt où s’entassent tous ces produits de la mer avant d’être exportés vers les contrées les plus lointaines (2); et son importance est d’autant plus grande que sur la côte ouest de la Norvège l’industrie de la pêche présente un grand développement.
- Cette importance toute particulière de la pêche en Norvège tient à l’abondance vraiment extraordinaire des bancs de morues et de harengs qui viennent à diverses époques de l’année longer les côtes, mais aussi à la nature de toute cette région elle-même. Si nous jetons un coup d’œil sur la carte (fig. 2), nous sommes tout de suite frappé par l’aspect tourmenté, déchiqueté, émietté, en quelque sorte, de toute cette côte ouest : la mer pénètre par de profonds bras, par ces échancrures que l’on appelle les fjords jusqu’à des centaines de kilomètres à
- (1) Conférence faite le 27 janvier 1899.
- (2) Bergen exporte en moyenne 12 000000 kilogrammes de produits de pêche sur 31 000 000. Soit environ 39 p. 100.
- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Septembre 1899.
- 80
- p.1225 - vue 1229/1864
-
-
-
- 1226
- COMMERCE.
- SEPTEMBRE 1899.
- i'iiitfiiciir (!<-- Iitiv-, iamli- <|n an loin ut- h* l.irui*. lt* <-* • s : 11 n < -111 o>! (iiuluii-r |,
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- l’exposition DES PÊCHES MARITIMES A BERGEN.
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- Suède etlaNorvègesuitdepuisHammerfestjusqu’àTrondhjem,àpeudechoseprès, la ligne de partage des eaux, ne laissant ainsi à la Norvège qu’une étroite bande
- Fig. 1 bis. — Bergen..' Le Tyskerbrygger.
- littorale en grande partie impropre à toute culture, et dont les habitants ont pour unique ressource l’exploitation des mers. De Trondhjem à Christiania, elle s’in-
- Fig 3. — Stalheim et le Nœrôdal.
- fléchit vers l’Est, et abandonne, à la Norvège, sur ce versant, un certain nombre de belles et fertiles vallées dont les plus connues sont celles de TOsterdal, du
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- J.liesscv.Del*!
- Fig. 2. — Carie de la Péninsule Scandinave.
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- l’exposition des pêches maritimes a behgen.
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- Gubransdal du Valders el du Thelamerken. Mais l’autre versant continue à présenter le même aspect montagneux ; et c’est dans cette région que se trouvent les points culminants du pays, le Galdhopig, le Romsdalhorn, les alpes du Sondmore, et les montagnes du Jotunheim, avec le plus grand glacier de l'Europe entière, le Jostedalbræ dont un des émissaires descend près de Mundal jusqu'au niveau même de la mer.
- Les fjords y sont nombreux et profonds, le Moldefjord avec celui de
- Fig 4. — Route dans le Hardanger (Eidfjord).
- Romsdal; le Geirangerfjord dans lequel se précipite directement la célèbre cascade des Sept-Sœurs (Syvsostre) ; le Nordfjord avec le lac de Loen, qui semble le prolonger et vers lequel descendent plusieurs émissaires du Jostedalbræ; le Sognefjord, avec, comme affluents, le pittoresque Fjerlandfjord où se trouve Mundal, et le Nœrofjord, un des plus sauvages et des plus étroits, continué par un couloir taillé à pic dans la montagne (fîg. 3), le Nœrodal, qui aboutit aux deux belles cascades de Stalheim. Mais cette région, des plus pittoresques, est, par cela même, assez difficilement praticable aux moyens de locomotion. Les chemins de fer y sont impossibles à établir, et les routes nouvelles, aux pentes régulières,
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- fort peu nombreuses, n’ont pu y être tracées qu’après la mise en œuvre de véritables travaux d’art (fig. 4). Les anciennes voies de communication sont plutôt dignes du nom de sentiers et, dans bien des cas, à peine praticables aux légers véhicules du pays, la karrjol et le stolkjœre (fig. 5). Aussi, tout le mouvement
- commercial, tous les transports se font par eau, soit sur les jœgt pour les marchandises encombrantes, produits de pêche ou de culture, soit encore au moyen de nombreux petits vapeurs qui sillonnent les fjords en tous sens et vont porter
- Fig. 6. — Bergen. Vue d’ensemble du port du commerce.
- la poste jusqu’aux localités établies sur leurs bords les plus reculés. Ces lignes régulières de steamers viennent en grande partie aboutir à Bergen, ou bien à Aalesund, Molde, Christiansund, qui à leur tour sont reliées à Bergen par des services journaliers.
- On voit par cet exposé rapide l’importance toute particulière de Bergen, où
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- Fig. 8.
- Le Skjœgedalfos (Ilardanger)
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- viennent aboutir d’un autre .côté les lignes de steamers qui font le service entre l'Angleterre, l’Allemagne, la Hollande et la Norvège. Aussi Bergen, en même temps qu’un vaste centre commercial, se trouve être, en quelque sorte, le rendez-vous des touristes, des excursionnistes, qui viennent parcourir la région si pittoresque des fjords (fig. 6).
- Au sud de Bergen se trouve d’ailleurs tout un district des plus curieux, celui de Hardanger. Là encore nous retrouvons, dans une des branches du Hardan-
- Fig. 7. — Le Sorfjord et la ville d’Odde (Hardangor).
- gerfjord qui s’appelle le Sorfjord, un long glacier de sommet, le Folgefond, dont les émissaires comme le Buarbrie descendent en longues cascades de glace vers la vallée. Au fond du Sorfjord est bâtie la coquette ville d’Odde, rendez-vous de nombreux Anglais qui se livrent à leur sport favori, la pêche du saumon, dans les torrents et les lacs si nombreux dans cette région.
- Les cascades s’y trouvent en grand nombre et fort belles. Les plus célèbres sont le Yôringfos, qui se précipite de 150 mètres de haut dans un cirque des plus sauvages, et le Skjœgedalfos, dont la hauteur atteint presque 300 mètres.
- Ainsi placé à cheval entre les deux régions les plus visitées de la Norvège,
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- centre de commerce des produits de la mer, Bergen devait, pour ces raisons toutes spéciales, être choisi de préférence à Christiania comme siège d’une exposition, et cela d’autant mieux que l’exposition projetée devait être nationale pour l’agriculture, l’industrie et les arts, mais internationale pour la pêche.
- Bergen, d’ailleurs, avait déjà été en 1865 le siège d’une exposition interna-
- tionale de pêche, et celle-ci avait fort bien réussi. Rien ne fut négligé pour qu’en 1898 on obtînt d’aussi brillants résultats. Le gouvernement norvégien, frappé de l’importance que pouvait présenter pour le pays une telle entreprise, l’encouragea de tous ses efforts, le roi Oscar II, en lui accordant son haut patronage; le storthing (Chambre des Députés), en lui votant les crédits nécessaires.
- Les nations étrangères sollicitées de prendre part à ce concours international
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- adhérèrent en grande partie à cette proposition et se disposèrent, soit par l’entremise de leur gouvernement, soit par l’intermédiaire de comités d’initiative privée, à organiser des sections où figureraient les produits de leur industrie nationale. Pour faciliter à tous les pays une importante participation à l’exposition, le comité d’organisation élabora un programme des plus vastes, comprenant non seulement les produits de la mer dans leur ensemble avec les préparations auxquelles ils donnent lieu, les engins de capture et les bateaux de pêche, mais
- Fig. 10. — Vue du pavillon de la pêche à l’Exposition de Bergen.
- encore les matières diverses employées dans la conservation de ces produits, (glace, sel, huile, acide borique, etc.) ainsi que les établissements ou machines nécessaires à leur fabrication (chambres froides, saureries, fabriques de conserves, machine à glace, machine à fabriquer les boîtes de conserves, etc.), la toile à voile, les chaînes en fer, cordages, et, d’une manière générale, tous les accessoires de l’armement. Deux Sections, l’une comprenant les différentes recherches scientifiques faites sur la faune et la flore des eaux douces et salées, sur la pisciculture et la reproduction des espèces comestibles, l’autre l’économie sociale appliquée aux industries maritimes, complétaient cette monographie.
- Pendant que l’on arrêtait les dispositions de ce vaste programme, on se
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- préoccupait d’aménager les divers bâtiments que devaient comprendre l’Exposition. C’est dans les jardins du Nygaarspark, qui occupe sur une des collines de la ville une superficie de 150 000 mètres carrés, que furent construits les pavillons affectés à l’exposition des beaux-arts ou à celle de certaines villes de la Norvège, tandis que sur un vaste terre-plein, conquis aux dépens mêmes du fjord, s’élevaient le palais de la guerre, la galerie des machines, le pavillon de la pêche en Norvège, et enfin le bâtiment principal de l’exposition, formé de trois ailes réunies par un dôme flanqué de tours. Cette construction en bois, aux dimensions imposantes (1), abritait les expositions diverses de l’industrie nationale et aussi, dans une de ses ailes, les sections étrangères de l’exposition internationale de pêche.
- En pénétrant dans ce bâtiment, on était frappé tout d’abord de la légèreté et de la hardiesse de construction du dôme central, aux fermes élancées formées de treillis en bois. Le côté pittoresque des différentes sections étrangères attirait ensuite le regard, chaque pays ayant gardé dans l’organisation de son exposition un cachet national tout particulier. Aussi, malgré leur caractère technique, les galeries de la pêche furent-elles visitées par de nombreux tou-ristesi
- La première section, la plus rapprochée du Dôme Central, était la section française, qui occupait une superficie de 600 mètres carrés; puis venait la Tuni-nisie, l’exposition suédoise et la section danoise, qui occupait le fond du bâtiment. Sur l’autre côté, faisant face à la France, la section russe, avec une enclave pour la Finlande, la petite exposition du Japon et enfin celle des Etats-Unis. L’Angleterre, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie n’étaient représentées à Bergen que par quelques expositions particulières que l’on avait disposées dans un bâtiment annexe, à côlé du pavillon consacré à la Norvège.
- Nous allons parcourir ces différentes sections en indiquant d’une manière rapide quels étaient les côtés particulièrement intéressants que chacune d’elles présentait, et nous ferons précéder cet examen, dans chaque cas particulier, par quelques considérations générales.
- Les engins et les bateaux de pêche usités dans chaque pays, sur la préparation et le commerce des produits de pêche, sur les recherches scientifiques économiques qui ont été effectuées dans ces différentes contrées.
- C’est par la Norvège que nous commencerons cette étude, l’exposition norvégienne étant, comme bien l’on pense, de beaucoup la plus importante.
- (1) Chaque aile mesurait 100 mètres de long sur 60 mètres de large.
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- SECTION NORVÉGIENNE
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR L’INDUSTRIE DE LA PÊCHE EN NORVÈGE
- La description des côtes norvégiennes que j’ai donnée au commencement de cette communication nous a montré quelle importance devaient présenter pour les Norvégiens les débouchés maritimes. L’industrie de la pêche doit donc, en raison même de la nature du sol, occuper un des premiers rangs dans l’économie générale du pays; surtout si l’on remarque combien son nombreux les bancs épais de poissons voyageurs, morue, hareng, maquereau, qui viennent à diverses époques de l’année longer les côtes de la Norvège. Aussi en consultant les statistiques officielles on constate qu’environ 200 000 personnes, soit le dixième de la population totale du pays vivent de cette industrie (1).
- La valeur des produits prise sur les lieux mêmes de la pêche s’élève en moyenne à 24 000 000 kroner (35 600 000 francs) (2), qui se répartissent ainsi (moyenne de dix années) :
- Pêche d’été
- Morue .... 56 p. 100.
- Harengs ... 26 —
- Merlan. . . )
- • > 12 —
- Fletau, etc.. . j
- Saumon . Maquereau Homard. . Huîtres . .
- 3
- 1
- 1,8
- 0,2
- Ces produits donnent lieu à un commerce d’exportation des plus importants dont la valeur moyenne est de 44 000 000 kroners, soit le tiers du commerce total de la Norvège (3).
- (1) Nombre des pêcheurs, 140 000; personnes employées dans l’industrie de la pêche, 60000.
- (2) La krone vaut environ 1 fr. 40.
- (3) Morue 69 p. 100; harengs 26 p. 100; autres poissons 5 p. 100.
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- PÊCHE DE LA MORUE
- C’est, comme nous venons de le voir, de beaucoup la plus importante, celle dont les produits donnent lieu au commerce le plus actif et Je plus étendu. La morue (Gadus morrhua) se trouve, en tout temps, sur les côtes de la Norvège, et toute l’année un certain nombre de pêcheurs sont occupés à sa capture, mais les grandes pêches que les Norvégiens désignent d’ailleurs d’un nom particulier : skreifiskerierne, se pratiquent de janvier à avril, depuis le Cap Stadt jusqu’à la frontière russe, avec, comme centres principaux, les bancs des îles Lofoten, ceux du Finmark et du Romsdal.
- Pêche de la morue aux Lofoten. — La pêche aux îles Lofoten est celle qui occupe le plus grand nombre de pêcheurs et de bateaux; c’est dans cette région que les captures sont les plus nombreuses et ont le plus de valeur (2)-La morue y vient en bancs très denses pour frayer sur le plateau sous-marin qui s’étend dans toute cetLe région à une profondeur de 200 à 300 mètres.
- La densité de ces bancs est si grande que les engins les plus simples, comme la ligne à main, même sans boette, peuvent être employés avec succès par les pêcheurs. Dans ce cas l’appât est généralement remplacé par un grossier miroir imitant la forme d’un poisson et placé au-dessus de l’hameçon; les mouvements de va-et-vient que le pêcheur imprime à la ligne font scintiller ce miroir, et cela suffit pour que la morue se jette gloutonnement sur l’hameçon. — L’emploi de celte ligne est des plus fatigants et exige, pour être assez rémunérateur, la présence continue du pêcheur sur les bancs; aussi aux Lofoten l’a-t-on à peu près abandonné (3), mais dans le Finmark et le Romsdal la majorité des pêcheurs
- (1) Chaque aile mesurant 100 mètres de long sur 60 mètres de large.
- (2) La moyenne des renseignements recueillis depuis 1886 jusqu'à cette année permet d’établir ainsi l’imporlance relative des différentes pêches à la morue :
- Nombre de pêcheurs. Nombre de bateaux. Nombre de captures. Valeur.
- Lofoten......... 46 p. 100 47 p. 100 55 p. 100 58 p. 100
- Finmark......... 31 — 35 — 29 — 22 —
- Romsdal .... 23 — 18 — 16 — 20 —
- Tableau indiquant la proportion des pêcheurs se servant des différents engins.
- (il) Lignes à main
- Districts. Filets. Lignes de fond. Lignes à main. Autres engins. et lignes de fond.
- Sud-Bergen . » » 77 p. 100 » 23 p. 100
- Romsdal. . . 32 p. 100 19 p. 100 23 — 20 p. 100 6
- Lofoten. ... 43 — 47 — 6 — 3 1
- Finmark. . . » 15 — 35 — 13 37
- Tableau indiquant pour les Lofoten la proportion du nombre des pécheurs se servant des différents engins ainsi que la proportion du nombre des captures effectuées avec ces divers engins.
- Filets. Lignes do fond. Lignes à main.
- 1871-1880 Pêcheurs. . 50 p. 100 40 p. 100 10 p. 100
- Captures. . 49 — 45 — 6 —
- 1880-1880 Pêcheurs. . 35 — 56 — 9 —
- Captures. . 31 — 65 — 4 —
- 1891 Pêcheurs. . 45 — 47 — 8 —
- Captures. . 47 _ 48 — 5 —
- 1897 Pêcheurs. . 29 — 63 — 8 —
- Captures. . 29 — 69 — 2 —
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- continuent à s’en servir, et il est employé à la presque exclusion de tout autre dans le district de Bergen-Sud. Enfin dans certains districts, en Finmark tout particulièrement, un assez grand nombre de pêcheurs emploient à la fois des lignes de fond, qu’ils tendent soir et matin, et des lignes à main, dont ils se servent dans l’intervalle.
- Chaque pièce de ligne de fond a environ 25 mètres de long et porte 120 hameçons fixés sur des avançons de 0m,40 à 0m,50 de long. Ces lignes sont appâtées avec des morceaux de harengs frais ou salés, avec de la rogue, ou encore avec une espèce de moule qui se trouve en assez grande quantité sur toutes les côtes (1); une fois boettées elles sont lovées dans des bacs par un procédé analogue à celui qui est usité chez nous(2). Chaque bac contient 24pièces, et chaque bateau porte généralement 6 bacs. Chacune de ces lignes est munie d’un certain nombre de flotteurs de verre et porte des cailloux comme lest, de manière à pouvoir être immergée à la profondeur où se trouve le banc. D’après les recherches du professeur Sars, la morue affectionnerait de préférence les eaux dont la température serait d’environ 5° C., aussi aujourd’hui un certain nombre de pêcheurs se servent-ils du thermomètre à renversement pour chercher les couches les plus favorables pour tendre leurs engins.
- Les filets ont généralement 36 à 40 mètres de long sur 3 à 4 mètres de profondeur (mailles de 0m,07 à 0m,08 de côté). Ils sont munis à la partie supérieure de ballons de verre entourés de cordages, et lestés à la partie inférieure à l’aide de pierres. Chaque bateau possède généralement 10 filets.
- Enfin on fait aussi usage de seines, qui servent à enfermer une partie du banc de morues. Il faut 30 à 40 hommes et 6 à 8 bateaux pour la manœuvre de cet engin.
- Les bateaux qui se livrent à cette pêche (Nordlandbaad, Lofotenbaad) sont de très faible tonnage, les plus grands, ceux qui sont employés pour les filets, jaugent à peine 10 tonneaux; ils sont découverts, et n’olfrent généralement aucun abri pour les hommes qui les montent, quelques-uns cependant sont munis à l’arrière d’une étroite cabine (fig.12) ; leurs formes sont fines et élancées,ils fendent la lame et s’élèvent sur les vagues avec la plus grande facilité, leur grande voile
- (1) L’appât constitue pour les pêcheurs une dépense encore assez considérable, on peut l’évaluer, pour l’ensemble de la pêche des Lofoten, à environ 480 000 francs. Le tableau donne les prix moyens des diverses sortes de boettes en 1897.
- Kronei'.
- Hareng frais....... 6,20 l’hectolitre.
- — salé................ 6,40 —
- Coquillages salés . . . 46,10 —
- Rogue................... 5,00 —
- Capelan.................16,20 —
- Foie salé.............. 37,00 —
- (2) Voir Ls Pèches maritimes et VEmciyne nenl professionnel des marins, par J. Pérard, in Bulletin de la Société d’Encouragement, novembre 1897.
- Il a été consommé en 1892 :
- 6 000 hectolitres harengs frais. 10 000 — — salé.
- 1 000 — coquillages.
- 4 000 — eapelans.
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- carrée leur permet d’atteindre par vent arrière une vitesse que leur envieraient les plus fins voiliers. Mais ils manquent de stabilité, naviguent péniblement au plus près et chavirent encore assez facilement. Leur équipage est composé de 5 à 8 hommes. Les pécheurs qui se rendent aux Lofoten effectuent sur ces embarcations des traversées qui, pour certains, peuvent atteindre 500 kilomètres, et cela au moment de l’année où les jours sont les plus courts, —le soleil à cette latitude se montrant à peine une heure ou deux au-dessus de l’horizon, — où les tempêtes sont les plus fréquentes et les plus dangereuses.
- Cette pêche donne lieu, dans la province du Nordland, à une activité consi-
- Fig. 12. — Vue du port d’Hammerfest, montrant au premier plan les différentes formes de Lofotenbaad.
- dérable : dès le mois d’octobre, on procède à l’armement des navires, et pendant que les marins réparent leurs barques, ajustent leurs agrès et confectionnent leurs engins, les femmes amassent les provisions et les effets de rechange dont les pêcheurs doivent être abondamment pourvus pendant les trois mois que va durer leur pénible labeur. Ces armements sont terminés dans la première quinzaine de décembre, et alors, au premier vent favorable, de chaque localité se détache une petite flottille, qui se dirige, tant que cela est possible, en suivant les canaux de l’archipel côtier vers le rendez-vous commun : les Lofoten.
- Malgré les dangers auxquels elles sont exposées, malgré la traversée en mer libre dans le Vestfjord, elles arrivent généralement à bon port (1), et viennent
- (1) La mortalité moyenne aux Lofoten, accidents et maladies, ne dépasse pas 0,1 p. 100.
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- mouiller dans une des stations de pêche qui sont au nombre d’une douzaine pour l’archipel tout entier (1) ; ces stations, qui en temps ordinaire sont de misérables bourgades, présentent à ce moment la plus grande animation, les pêcheurs s’entassent dans les constructions qui y sont établies, ou bien se construisent eux-mêmes des cabanes (Rorboder), quelquefois encore ils se logent à bord de
- Fig. 13. — Les Lofoten. Un fjord pendant la pêche d’hiver.
- bateaux-auberges (Logifartojer) qui viennent mouiller pendant la saison dans un certain nombre de ces stations (2).
- L’Etat organise la surveillance de la pêche, dans la partie des Lofoten appelée Opsyndistrikt; chaque station possède un chef de station, qui a pour fonction de juger les différends qui s’élèvent entre les pêcheurs. — Grâce à l’honnêteté proverbiale des Norvégiens, ceux-ci sont en général peu nombreux. — Il a aussi pour mission de donner chaque jour le signal à partir duquel il est permis aux
- (1) Skraaren, Svolvœr, Vaagene, Hopen, Henningsvœr, Stamsund, Ure, Balstad, Nufsfjord, Sund, Reine, Sorvaagen.
- (2) En 1897, 4,682 pêcheurs ont trouvé un logement dans 263 hôtels (logihuse) et 33 384 dans 2 689 cabanes (rorboder). Le nombre des bateaux-auberges tend à diminuer, il a été de 80 en 1892; en 1897 il est descendu à 40.
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- pêcheurs de lever les filets ou les lignes de fond, la pêche aux lignes à main étant seule autorisée à toute heure de jour et de nuit. Les autres tendent leurs engins dans la soirée et les lèvent le lendemain après le signal du chef. Le reste de la journée, à part le temps nécessaire pour le voyage aller et retour jusqu’aux bancs de pêche (Fiskevœr) qui sont en général peu éloignés de la côte, — 10 à 12 kilomètres au plus,— est employé par eux à la préparation des produits de la pêche.
- Généralement, le pêcheur procède seulement à Y habillage du poisson, la morue est ouverte et vidée, la tête coupée est mise de côté, ainsi que la langue, Je foie, la rogue et la vessie natatoire, produits qui subiront une préparation ultérieure. Ainsi habillé, le poisson lui-même est suivant sa qualité préparé en klippfiskoxx en stock-/G/t.Les prix des produits sont variables suivant l’abondance de la pêche et suivant la qualité du poisson. La morue prise au filet est celle qui se vend le plus cher, car c’est la plus grasse, puis vient la morue prise aux lignes de fond, enfin le poisson capturé àla ligne àmain est côté au plus bas prix (1).
- (t)TCn 1897, les prix moyens ont été les suivants : morue prise au filet
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- Klippftsk. — Ce sont généralement lesmornes de plus belle qualité à qui on fait
- Fig. 15. —Les Lofoten. — Henningsvœr.
- —
- Fig. IG. — Les Ratfsund (Lofoten).
- subir celle préparation ;àccteffetellessontfenduesdans toute leur longueur,depuis
- 17 kroner le 100, en moyenne, aux lignes de fond iokf,70,aux lignes à main 14kr,30. Les divers renseignements statistiques que nous donnons sont empruntés aux ouvrages suivants : Slatistik aarbag fur Kongeriget Norge, Kristiania. — Tabeller Vedkommendc Norges Fiskerier. Kristiania.— Lofotfiskeriet i 1897, C. Knap, Kristiania, 1897.
- Tome IV. — 98e année, 5e série. — Septembre 1899.
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- l’anus jusqu’aux ouïes, l’arête dorsale est enlevée, sauf une petite portion près de la queue, puis elles sont placées à plat, par couches, et salées largement. 11 faut environ 4lll,5 de sel pour 1 000 morues. Le sel choisi doit être des plus blancs pour que le produit garde une belle apparence; ce sont les sels de Trapani et d’Ibiza qui ont maintenant la préférence, mais ceux des salins du Midi et de Tunisie commencent à être justement appréciés par les Norvégiens.
- Le tableau ci-après donne l’analyse des différents échantillons de sel figurant à l’exposition de Bergen. Cette analyse a été faite par M. llenrik Bull, directeur de la station d’essai de Bergen.
- lASOI.lDUS. CHLOKl'RE do SODIUM. UILOIUIRE do MAGNÉSIUM. SULFATE do MAGNÉSIUM . SULFATE do CHAUX. EAU. SOMME.
- Saline royale de
- Lüneburg. . . 0,028 97,67 0,07 — 0,421 1,82 99,94
- Habeet Neuschafer
- à Magdebourg . 0,028 98,07 — 0, 082 0,77 0,93 99, 98
- Salines d’ibiza. . 0,02 99, 03 — 0,16 0, 33 0,48 100,02
- Salines du Croisic. 0,243 93,38 0, 273 — 0,096 3,38 99, 97
- Salines du Midi . 0, 022 97, 28 0,111 — 0, 803 1,68 99,82
- Salines de Sainte-
- Lucie 0,006 98,43 0,06 — 0,734 0,30 99, 73
- Salines de la Sou-
- kra 0,08 96,76 0,12 “ 1,07 2,00 100, 03
- Cette opération du salage se fait quelquefois à terre sur les rochers dénudés des stations cle pêche, mais elle est plus généralement pratiquée dans la cale des bateaux de transport frétés par les négociants. Ces navires, généralement des jœgt (fig. 17), aux formes si originales, transportent le produit jusqu’aux lieux de séchage, situés plus au sud au fond des fjords où la température est plus douce. Aussitôt débarquée, la morue est lavée pour la débarrasser de l’excédent de sel, puis on l’étend pendant la journée sur les rochers (1). Le soir venu, elle est rassemblée en couche que l’on surcharge de pierres, pour presser la morue et lui faire prendre une forme bien plate, et que l’on recouvre d’un toit en bois, pour la soustraire aux intempéries. La préparation de ce produit demande un grand soin, il faut, dès que les rayons du soleil deviennent trop ardents, que la pluie ou la neige se mettent à tomber, ramasser à la hâte le Idippfisk et le mettre en tas.
- (1) fi’où son nom, hleppc en norvégien signiiianl rochers.
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- Les temps brumeux ou pluvieux étant assez fréquents en Norvège, cette opération doit être souvent renouvelée, il s’ensuit des frais de main-d’œuvre importants; aussi a-t-on songé à sécher la morue par des procédés artificiels; on a suspendu le klippfisk dans de vastes bâtiments convenablement exposés et dont les côtés munis de persiennes permettaient de faire varier l’intensité du courant d’air qui les traversait. D’autres fois on a essayé de mettre en œuvre
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- 4; - V wpr
- Fig. n. — Jœgt d’après une photographie de D. Murenne. S0Ilt US*tés en Amérique et
- en France (fig. 18).
- La préparation du Klippfisk exige des semaines d’exposition à l’air (2 kilogrammes de poisson habillé fournissent environ 1 kilogramme de klippfisk). Lorsque l’on juge la préparation achevée, ce produit est repris par les caboteurs et porté dans les magasins des négociants de Bergen, de Christiansund, d’Aale-sund, ou des autres centres d’exportation; là il sera soigneusement vérifié, classé par qualité et par catégorie, et recevra môme, si cela est nécessaire, un
- (1) Des procédés de séchaye artificiels sont employés en France à Bordeaux, nous avons pu nous rendre compte par nous-même qu’ils donnaient d’excellents résultats. — Voir à ce sujet la communication de M. Bellet dans les Comptes Rendus des Séances du Congrès international des Pêches maritimes de Dievpe. Paris, Challamel, 1899.
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- second séchage avant d’être exporté; c’est l’Espagne qui constitue le principal débouché pour ce produit (1) (lig. 18 bis).
- Fig. 18. — Echafaudages usités à Bordeaux pour le séchage de la morue.
- Fig. 18 — Séchage du klipplisk sur le Tyskerbrygger h Bergen.
- Stockft.sk.— Les morues de moins bonne qualité sont préparées en stockfisk
- (1) Voir le tableau d'exportation des produits de pêche, p. 1209 et l’élude des produits de pèche exposés dans la Section norvégienne, p. 1270. Voir aussi au sujet des diverses catégories
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- ou rundfisk. Cette préparation est des plus simples. Après avoir habillé- les poissons, on les attache deux à deux, par la queue, et on les suspend sur des
- Fig. 19. — Stockfisk (Bergen).
- échafaudages en bois appelés hjeller (fig. 19 bis), situés à proximité des stations. La morue reste ainsi plusieurs mois exposée à l’action de l’air et des intempé-
- Fig. 19 bis. — Iljeller à stoekllsk.
- ries (le rundfisk ne peut être enlevé des hjeller avant le 12 juin); un homme est chargé de veiller sur ces hjeller et touche environ 3 kroner par équipage
- de klippfisk, le rapport adressé par l’auteur au Ministre du Commerce. — Société d’Enseigne-ment professionnel et technique des pêches maritimes, Paris, 1899.
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- pour la saison entière. Cette préparation achevée, la morue est dure comme du bois, d’où son nom morue en bâtons, et se conserve très bien. Le rundtisk est à son tour emporté par les caboteurs vers les villes du Sud, où il est alors pressé, et mis en ballots pour être exporté vers les contrées les plus lointaines (1) (fig. 20).
- Huile de foie de morue. — Le foie est mis dans des tonneaux, où on le laisse séjourner pendant des mois en laissant l’huile s’exprimer d’elle-même. L’huile ainsi obtenue s’appelle l’huile crue (Raa) (2); elle est décantée à basse température et donne elle-même divers produits, l’huile médicinale pâle (Blank medi-
- Fig. 20. — Pressage du stockfisk. (D’après une photographie du Dr Kalt.)
- cm Iran), l’huile ambrée [brunblank), l’huile brune (brun Iran). On obtient enfin, par la cuisson des résidus, une autre huile noire qui a des applications dans la tannerie. Depuis un assez grand nombre d’années on se sert de chaudières à double fond, chauffées par la vapeur, pour extraire l’huile des foies frais; on prépare ainsi, après filtration à basse température, une huile incolore (Damp-meclicintran), exempte des produits de putréfaction, presque sans goût et sans odeur, dont le prix de vente augmente tous les ans.
- (1) Suivant la manière dont le poisson a été ouvert, le stockfisk porte différents noms : rundfisk, littling, rôdskjer. Il porte également différentes dénominations suivant sa taille et sa qualité. Voir à ce sujet le rapport mentionné précédemment.
- (2) La quantité de foies nécessaire pour faire 1 hectolitre d’huile crue est très variable, suivant les années, suivant l’époque de la pêche et l’état de la morue. Il faut environ 500 morues pour faire 1 hectolitre de foies et 2hl,5 de foies pour faire I hectolitre d’huile.
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- Valeur des diverses qualités d’huile de foie de morue.
- 1892 1893 1894 1895 1896
- Dampmedicintran (huile à la va- Kr. Kr. Kr. Kr. Kr. (filtrée à froid, 140
- vapeur) le tonneau, 47 40 60 115 non filtrée, 125
- Raatran (huile crue) — 33 32 43 110 110
- Tran blank — 31 30 33 80 75
- Iran brunblank . 30 28 31 50 62
- Tran brun 26 24,50 25 34 30
- Rogue. — Une partie des œufs de la morue sert d’appât, mais la plus grande quantité est mise en saumure dans des barils; ces œufs ainsi préparés constituent ce que appelle la rogue (rogn). Suivant la quantité de sel employée, suivant que les barils sont étanches pour laisser la rogue baigner dans la saumure, ou au contraire percés de trous pour laisser écouler cette saumure, ce produit présente différentes catégories et qualités. Enfin l’état de la morue
- Fig. 21. — Une usine à guano. (D’après une photographie de la mission de Laponie communiquée par M. Retterer.)
- capturée et la saison à laquelle la pêche a été effectuée ont une assez grande influence sur son prix. La presque totalité est expédiée à Bergen, où les négociants, après lui avoir fait subir un triage et un nouvel embarillage, l’exportent principalement en France. Elle est employée par nos pêcheurs bretons comme appât dans la pêche à la sardine. Le prix par tonneau est assez variable : la première qualité se vend de 25 à 40 kroner, la deuxième qualité de 15 à 30 kroner.
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- Valeur de la pêche aux Lofoten.
- ANNÉES MILLIONS D E P O I S S 0 N S 1000 Il Ii C T O LIT R E S V A L E U H EN MILLIONS or: KRONER N O M B R E
- NOMBRE DE CAPTURES KliIPPFISK STOCK FISK TÈTES RO GUE HUILE HUILE MÉDICINALE dp: PÉCHEURS DE BATEAUX
- 1881-1883. . . . 23,7 20,2 3,5 17,3 28,4 16,5 3,23 5,80
- 1886-1890. . . . 27,5 23,5 4,0 13,5 29,5 25,0 13,10 6,21 » »
- 1891 21,0 18,9 2,1 16,8 19,6 14,1 18,20 6,68 29 847 7 383
- 1892 16,0 12,8 3,5 12,2 17,4 14,3 8,10 4,30 30 378 7 281
- 1893 27,0 23,2 3,8 17,7 31,1 19,5 18,60 6,00 30 092 7 148
- 1894 ....... 28,0 24,5 4,0 20,0 24,4 7,3 12,30 7,00 26 683 6 186
- 1893 38,0 31,4 7,2 18,9 42,0 3,8 12,30 6,90 27 415 6 292
- 1896 18,0 15,3 2,7 11,2 16,0 1 2 8,35 5,15 32 492 7 693
- 1897 25,0 19,1 6,7 13,5 27,1 3,8 18,26 5,26 31 312 7 325 1
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- Guano. — Los têtes de morues sont achetées par les fabriques d’engrais qui se trouvent en assez grand nombre aux Lofoten. Les principales sont celles de Lerosen, de Brcttesnœs et de Lyngvœr.
- Pour fabriquer l’engrais connu sous le nom de guano de poisson, on se borne, la plupart du temps, à faire sécher les tètes de morues à la manière du stockfisk, puis on les broie à l’aide d’un broyeur Carter, et on passe à la bluterie. On obtient ainsi une poudre fine, contenant 10 à 11 p. 100 d’azote, 4 p. 100
- Fig. 22. — Têtes de morues à l’entrée d’une usine à guano.
- d’acide phosphorique, 72 p. 100 de matières organiques et 17 p. 100 d’humidité. La fabrique de Lerosen produit environ 20 000 quintaux de guano par an ; celle de Brettesnœs, en 1891, a fabriqué 16500 sacs de 50 kilogrammes, avec 8 000 000 de têtes de morues. Le guano se vendant à raison de 12 kroner les 100 kilogrammes. Les têtes de morues s’achètent 0,18 le 100. L’on voit que cette industrie est très rémunératrice, aussi est-elle fort prospère, et le nombre des usines augmente chaque année.
- Vessie natatoire. — La vessie natatoire est soigneusement séchée, généralement dans de vastes hangars. Ainsi préparée, elle est vendue soit comme
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- clarifiant (analogue au noir animal), ou bien encore elle est achetée par les fabriques de colle de poisson.
- Pour terminer cet exposé de la pêche aux Lofoten, nous donnons dans un tableau les résultats de la pêche des Lofoten depuis l’année 1881 jusqu’en 1898.
- Ce tableau permet de rechercher le gain moyen des pêcheurs; nous trouvons :
- ANNÉES N 0 M B R E DE MORTJES CAPTURÉES par chaque pêcheur. 1 VALEUR en kroner
- 1881-1890 856 203
- 1891. , 691 220
- 1894 1 017 250
- 1896 558 160
- 1897. 824 168
- Le gain moyen d’une campagne de pêche est donc de 210 kroner, soit 294 francs pour environ trois mois. Si l’on songe que les pêcheurs ont à se
- Fi»-. 23. — Lapons. — Iljeller à Stockfisk.
- nourrir et à pourvoir aux frais de leur armement, l’on voit que cette somme est bien faible.
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- PÈCHE DE LA MORUE DANS LE FINMARK
- Elle est encore moindre dans la province du Finmark, où cependant une grande quantité de Finnois, de Russes et de Lapons n’hésitent pas à se rendre après avoir effectué un long voyage dans la saison la plus dure, à travers les Fjeld couverts de neige pour venir gagner pendant quelques mois le pain de l’année entière; cette pêche a lieu de février à juin, c’est d’abord le (rodtfiskeri, qui a lieu au moment du frai; puis la Loddefiskeri ou pêche au capelan (Osmerus articus) dont la morue, est très friande (fig. 21). Cette pêche présente plus de dangers que la pêche aux Lofoten, surtout dans le Finmark oriental, où il n’y a plus d’archipel côtier pour protéger les barques contre les fureurs de l’océan Glacial. Elle est aussi plus aléatoire, vu la grande étendue de côtes (1). Les captures représentent une moindre valeur.
- Pêche de Finmark
- ANNÉES NOMBKE de PÊCHEURS NOMBRE de BATEAUX NOMBRE DU 1000 MORUKS capturées VA F.EUR en 1 000 KRONER
- 1886-1890 (moyenne) . 14 893 2 495 8 029 2 071
- 1891 ........ . 15410 2 600 8 508 2 081
- 1892 15 014 2 565 17 739 2 890
- 1893 15 09 s 2 350 10 832 1 978
- 1894 14 405 2 470 5 491 1 989
- 1895 14 499 2 469 5 434 1 515
- Les produits de la pêche sont préparés en klippfisk ou en rundfisk, une partie est simplement salée sans être séchée et porte le nom de russefisk (fig. 23). Les négociants russes étant les principaux acheteurs de ce produit, souvent même ils effectuent eux-mêmes cette préparation à bord de leurs caboteurs, et achètent alors le poisson simplement habillé.
- PÈCHE DE LA MORUE DANS LE ROMSDAL
- Dans leRomsdal,lapêcheest généralementpratiquéeparles paysans, qui dans cette saison ne peuvent s’occuper à la culture de la terre ; mais les négociants des villes (Aalesund, Haugesund, etc.) arment aussi un certain nombre de bateaux. La pêche est ici moins aléatoire que celle du Finmark, mais le prix moyen des
- (1). Les bancs (Fiskœver) principaux sont Bredvig, Iugo, Cycesnœr, Hjelmeso, Sonnings-vaag et Kjeldvig.
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- captures est encore inférieur à celui payé aux Lofoten. La morue est également préparée en sotckfisk ou en klipplisk.
- Pêche de Romsdal.
- A N N É E S N 0 M B R E de I'ÈCHEURS N O M H H K de RATEAUX N O M B R E 1)K 1 00ü MORUES capturées VALEUR en 1000 KRONER
- 1880-1890 (moyenne) . 10 893 2 595 8 030 2 072
- 1891 15014 2 000 0 152 2 081
- 1892 15 098 2 505 9 858 2 890
- 1893 14 045 2 350 0 091 1 978
- 1894 14 499 2 470 8 837 1 989
- 1895 13 785 2 409 7 250 1 515
- PÈCHES D’ÉTÉ
- Indépendamment de lagrande pêche (skreifisker terne), la capture de la morue se pratique pendant toute l’année le long des côtes. Cette industrie, quoique ne présentant pas, à beaucoup près, l’importance de la pêche d’hiver, occupe encore un assez grand nombre de pêcheurs. Cette morue, que les Norvégiens appellent torsk, se prend aux lignes à main ou aux lignes de fond. Le produit est vendu à l’état frais sur le marché des principales villes ou encore suspendu et séché sur des hjeller; si la morue est fendue jusqu’à la queue avant d’être suspendue, l’on a le rodksjr, si au contraire on lui laisse sa forme en faisant seulement une incision pour enlever les intestins, elle porte le nom de tiltling.
- Enfin on capture aussi pendant toute l’année diverses autres espèces de gades, le sey ou charbonnier (Gadus virens) qui se pêche à l’aide de lignes à main ou de lignes llottantes. Le jeune sey porte le nom de mort et se vend à l’état frais; de deux à trois ans c’est le sey pâle, qui est un aliment fort estimé; enfin à partir de quatre ans, c’est le sey gris, qui se rencontre en bancs épais en même temps que les harengs. lise pêche dans le Finmark oriental, le Nordland, le Romsdal et les fjords de Bergen. — Le sey est toujours préparé en rôdskjr; celui du sud, appelé sey de paysan, est le plus estimé.
- La lingue (Gadus molva) se pêche l’été, dans les environs d’Aalesund, au large des côtes, avec des lignes de fond; le tonnage des bateaux qui se livrent à cette pêche est beaucoup plus considérable que celui des Lofotenbaad; ce sont même à l’heure actuelle des dundees analogues à ceux de nos pêcheurs (fig. 22), ou même de petits vapeurs, qui sont employés (1). La mise à l’eau des lignes ne se
- (I) En août 1898, il y avait à Aalesund vingt-cinq vapeurs ainsi armés.
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- fait pas depuis le vapeur lui-même, mais avec des embarcations appelées doris, en tout semblables à celles qui sont en usage aux Etats-Unis. De distance en distance, sur les pièces de cordes en usage pour cette pêche, sont montés des hameçons plus gros qui servent à capturer le flétan (Hippoglossus vulgaris, N. Ilelle flynder ou Kveite), dont Ja ville d’Aalelsund fait une très active exportation. C’est l’Angleterre qui en est le principal débouché, le flétan est vidé et expédié à l’état frais soigneusement emballé dans des caisses avec de la glace. La lingue est généralement préparée en klippfisk.
- Fig, 24. — Bateau de pêche (Duudee) d’Àalesund.
- On capture également le brosme (G. brosmius) et l’aiglefin (G. æglefmus) (N. Hyse), qui sont de même préparés en klippfisk.
- Dans les environs des villes et notamment à Bergen, le poisson est amené à l’état vivant sur le marché, chaque pêcheur le plaçant aussitôt capturé dans des petites viviers flottants de forme très originale, qu’ils remorquent à l’arrière de leur embarcation. Ce marché aux poissons de Bergen (Fisketorvet) est établi en plein vent, sur une des voies les plus fréquentées de la ville, au bord même du fjord (fig. 25). De longues tables posées sur des tréteaux servent d’étalage aux poissons. Indépendamment de ce marché à terre, les pêcheurs établissent dans leur embarcation l’étalage de leur pêche, et vendent eux-mêmes le poisson vivant contenu dans leur vivier (fig. 27).
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- Les barques de pêche usitées au sud du cap Stadt jusqu’à Stavanger n’ont plus la forme des Lofotenbaad, elles sont plus larges sur l’eau et aussi plus
- Fig. 26. — Marché aux poissons de Bergen. — Un Flétan. (D’après une photographie du Dr liait.)
- Fig. 27. — Bergen. — Fiskctorvet. (D’après une photographie du D1 Kalt.)
- stables, leur voilure se compose d’une petite voile latine et d’un foc; elles tiennent d’ailleurs merveilleusement la mer et sont peut-être moins difficiles à conduire que les barques du Nordland (fig. 28).
- Ce commerce du poisson vivant ou frais atteint encore une assez grande
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- valeur; pour Christiania par exemple, il a été envoyé, en 1892, pour 629 388 kro-
- Fig. 28. — Barque de pêche du Hardanger (environs de Bergen).
- ner de poisson frais ou vivant, dont 417 841 provenaient du district lui-même et 211467 de la Suède et du Danemark.
- PÈCHE DU HARENG
- La pêche du hareng présente, après celle de la morue, la plus grande importance. Ce poisson apparaît, d’une manière très variable d’ailleurs, à diverses époques de l’année, et sa capture donne lieu à la vaarsildfiskeri ou pêche de hareng printanier, à la feldsildfiskeri ou pêche du hareng gras, et à la storsild-fiskeri ou pêche du gros hareng.
- Pêche du hareng printanier. — La pêche du hareng printanier se pratique dans les premiers jours de l’année et dure jusque vers la fin de février. Le résultat de cette pêche est des plus variables; le hareng apparaît assez régulièrement pendant un certain laps de temps, puis disparaît presque complètement pendant une nouvelle période. Ainsi en 1784, au moment où sa capture était l’objet d’une industrie très importante, le hareng printanier cessa de fréquenter les côtes de la Norvège; il y revint vers 1808, pour disparaître'à nouveau en
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- 4874. De 1874 à 4886, les pêcheurs continuent bien à pêcher le hareng printanier, niais ils sont obligés d'aller an large, et la pêche n’est pas très rémunératrice; à partir de 4886, la situation s’améliore et la pêche reprend une très grande activité (1).
- Ces migrations du hareng ont fait l’objet des recherches des naturalistes norvégiens, et Je professeur Sars en particulier a publié plusieurs mémoires intéressants sur ce sujet. Sur les côtes de Suède et notamment dans le Bohuslan,la pêche du hareng a donné lieu aux mêmes alternatives d’abondance et de disette, et, chose remarquable, le commencement des périodes d’apparition en Norvège coïncide avec la disparition du hareng sur les côtes de la Suède.
- Cette pêche du hareng printanier est presque tout entière localisée au sud du cap Stadt. Les engins employés sont soit le filet dérivant, soit la seine. Les filets dérivan's analogues à ceux de nos pêcheurs sont lestés à la partie supérieure par des flottes de liège (les boules de verre employées aux Lofoten ayant été presque entièrement abandonnées par les pêcheurs du sud et de la Norvège) et portent sur leur ralingue inférieure des pierres qui y sont attachées de distance en distance. Leur longueur est de 20 à 25 mètres, leur hauteur de 4 mètres environ (mailles de 0m,02 à 0m,03); on les met à l’eau par mise de quatre. Les navires qui se livrent à cette pêche sont généralement pontés, leur équipage est de 4 à 5 hommes et ils portent en général 20 à 25 filets. La moyenne des captures est d’environ 2 hectolitres par filet. Les pêcheurs se groupent généralement de manière à pouvoir fréter un bateau-auberge qui les accompagne sur les lieux de pêche, et où ils trouvent à la fois un abri et un magasin pour leurs objets de rechange.
- La pêche à la seine exige un armement assez considérable, d’abord une grande seine de 200 à 300 mètres de long et de 30 à 40 mètres de profondeur, appelée rabalieuse (slaengnot), une moyenne seine de 150 à 200 mèlres de long appelée le fermoir (laasenot), enfin une dernière seine de 70 mètres sur 20 mètres appelée l’enleveuse (orkastenot). Chaque seine exige pour sa manœuvre un bateau spécial. L’armement comprend en outre un navire de 50 à 60 tonneaux servant de bateau-auberge et de magasin et un certain nombre d’embarcations, de cordages et d’engins spéciaux comme la sonde, formée d’un mince morceau de fer-blanc attaché au bout d’une corde, et la lunette d’eau, sorte de lunette sans verre qui, enfoncée dans l’eau, permet de distinguer les objets à une profondeur assez grande. L’équipage est de 25 à 30 hommes; la valeur de l’armement, de 12 000 francs environ.
- Dès que le banc de harengs est signalé, — on reconnaît d’ailleurs sa présence à la grande quantité d’oiseaux de mer qui Raccompagne, — le chef de
- (1; Voir à ce sujet te Rapport de M. Amédée Berth^ule au Ministre de,la marine, et les remarquables travaux du PT Sars. Voir aussi celte communication.
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- 1257
- pèche ou Notebas moule dans une des embarcations et, muni de la sonde et de la lunette d’eau, détermine la position du banc de harengs et la direction suivant laquelle il se meut; il fait alors déployer le st.aengenot el le laasenot de manière à enfermer le banc entier dans l’enceinte formée par les filets. L’orkastenot sert ensuite en quelque sorte d’épuisette pour enlever le poisson ainsi enfermé.
- Cette pêche à la seine est assez aléatoire. Le succès dépend de l’habileté du chef de pêche et aussi des difficultés que peuvent apporter les courants, toujours violents, et l’état de la mer. Quand le hareng poursuivi par le Sey s’engage dans un fjord, on peut ainsi faire de magnifiques captures (1).
- Fig. 29. — Caboteur du sud de la Norvège.
- Enfin une certaine quantité de harengs est capturée le long des côtes, avec des seines, et des filets fixes.
- En 1897, la pêche du hareng printanier a occupé environ 18 000 pêcheurs. La valeur des produits s’est élevée à 4 374 000 kroner.
- Pêche du hareng d'été. — Cette pêche se pratique de Bergen au Finmark méridional de juillet à novembre, avec les mêmes engins et à peu de chose près de la même manière que celle du hareng printanier; elle est aussi très irrégulière et très aléatoire pour les pêcheurs. Le poisson apparaissant chaque année sur des points différents des côtes. Dans les environs d’Aalesund, un certain nombre de
- (1) En 1892, dans le district de Stavanger, il a été capturé :
- 50 600 hectolitres de hareng avec les filets.
- 52 800 — — avec les seines.
- 6 000 — — avec divers engins.
- 114 000
- Tome IV. — 98e année. 5° série. — Septembre 1899.
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- dundees pratiquent la pêche au large à l’aide do filets dérivants; en 1898 cette pêche a été assez avantageuse et a rapporté environ 350 kronor par pêcheur. — Une grande partie do cette pêche est destinée à l’exportation en glace à l’état frais. En 1897, la pêche du hareng d’été a occupé environ 28 352 pêcheurs. Son produit a ôté de 884,664 hectolitres qui représentent une valeur de 3 191 630 kr.
- Pêche du hareng d’été.
- ENGINS USITÉS. NOMBRE de PÊCHEURS. NOMBRE de BATEAUX. QUANTITÉ des CAPTURES. VALEUR TOTALE. PRIX M O Y Iî N par hectolit. OBSERVATIONS.
- Filet dérivant . . . Seine 16 507 11795 6 572 851 hectolitres. 1-16 246 738 418 kroner. 3191 630 kronor. 3,61 Le chiffre 854 se rapporte aux associations (Notlag).
- Préparation des produits. — La plus grande partie du hareng capturé est salée (1) par les négociants qui envoient des caboteurs sur les lieux de pêche pour recueillir le poisson. A la salerie le poisson est égorgé et vidé, puis on le
- Fig. 30. — Préparation du hareng salé (Ilaugesund).
- met par couches dans des tonneaux en le salant largement (1/4 d’hectolitre de sel par hectolitre de harengs; un tonneau contient environ 480 harengs). Cette opération est généralement faite par des femmes (fig. 30). Le tonneau une fois rempli est mis de côté pendant plusieurs jours pour laisser le hareng s’affaisser,
- (l) Sur les 1 14 000 hectolitres capturés en 1892 dans le district de Stavanger, 90 000 ont été salés. 12 000 fumés ou prépares en conserve, 12 000 consommés à l’état frais (conservés dans la glace, légèrement salés, ou saupoudrés d’acide borique).
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- puis le baril est repris par des ouvriers spéciaux (dixelmand) qui ajoutent une couche ou deux de harengs, exercent à l’aide d’un levier une légère pression sur le couvercle, et finalement assujettissent celui-ci en cerclant le baril. Le hareng ainsi préparé est surtout exporté en Suède, en Allemagne et en Russie.
- Au point de vue commercial, le hareng salé, soit d’été, soit de printemps, est classé en plusieurs catégories suivant sa qualité et sa taille, suivant qu’il a été capturé au filet dérivant ou à la seine. Ces indications sont portées sur les barils au moyen de signes conventionnels (1).
- Dans le sud-ouest de la Norvège, à Haugesund en particulier, on fume le hareng dans des chambres dont la construction est en tout semblable à celles qui sont usitées chez nous. Cette industrie, très importante en 1893, semble aujourd’hui en décroissance. ' -
- Hareng saur.
- 1886-90 1893 1894 1895 1896 1897
- Nombre de kilogrammes de harengs saurs Valeur en kroner 1506144 296 200 1 944 323 311100 2197 693 263 700 1 108138 199500 656 964 138 030 854 706] 179 500
- C’est l’Allemagne qui offre le principal débouché pour ce produit. L’exportation du hareng frais, en glace, augmente au contraire chaque année.
- Hareng frais. -
- 1894 1895 1896 1897
- Nombre de kilogrammes de harengs frais Valeur en.kroner 9 942 870 497 100 10 578 550 846 300 15 277 390 1 222 200 16 779 080 1 216 500
- PÊCHE DU SPRAT
- Le Brisling (Clupea spratus) est capturé du printemps à la fin de l’automne, dans les districts du Sud de la Norvège, à l’aide de seines à mailles très fines. C’est en octobre que cette pêche est la plus active, dans les environs de Stavanger
- (1) Voir sur ce sujet, J. Pérard. Rapport à M. le Ministre du Commerce sur la préparation des prodidts de la pêche en Norvège. Bulletin de la Société d’Enseignement professionnel et technique des pêches maritimes, 1899.
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- principalement. Le sprat est mis en saumure aussitôt capturé, il est transporté de cette manière dans les factoreries de la côte, ou il est légèrement fumé, puis mis en tonneaux avec divers condiments. Il reste ainsi plusieurs mois, puis il est repris, soigneusement trié par catégorie et mis dans des petits tonnelets pour l’exportation. — Ce produit est connu dans le commerce sous le nom d’Anchois de Norvège.
- Depuis quelques années, on prépare également du sprat mariné à l’huile, en boîtes de conserve. Ce produit, fumé ou non au préalable, est vendu sous le nom de Sardines à l’huile. L’Allemagne constitue son principal écoulement.
- PÈCHE DU MAQUEREAU
- C’est encore dans les districts du Sud et pendant l’été que se pratique la pêche du maquereau (Scomber scomber) (N. Makrel) : deux engins sont employés pour sa capture, la ligne traînée par le bateau sous voile, et le filet dérivant.
- La pêche à la ligne (dorgfisket) est pratiquée au large des côtes en août et septembre par des bateaux pontés de 1S à 70 tonneaux montés par une dizaine d’homme d’équipage, ils mettent à l’eau une dizaine de lignes portant chacune 2 hameçons.
- Ces hameçons sont appâtés avec des tranches de peau de maquereau. La vitesse des navires doit être suffisante pour imprimer un mouvement de rotation à la ligne, et faire scintiller l’appât qui ressemble alors à s’y méprendre aux petits poissons dont le maquereau fait sa nourriture. Cette manière de procéder est tout à fait analogue à celle qu’emploient nos pêcheurs. Les résultats de cette pêche sont généralement satisfaisants (1).
- Le filet dérivant, en chanvre ou coton, a généralement 60 mètres de long, 3lll,50 de profondeur (maille de 0,n,04) et il est mis à l’eau par chaîne de 30 à 50 filets formant aussi une barrière de 2,400 mètres. Les bateaux qui se livrent à cette pêche sont en général des bateaux pontés, ils quittent le port le soir, dérivent pendant la nuit et rentrent le matin. La pêche se fait surtout dans les environs du cap Lindesnecs, et la meilleure époque est la mi-juin. Enfin un certain nombre de filets fixes (Saçtgarn), des seines (Rgkkenot) et des filets de barrage (Kaslenot) sont employés sur les côtes.
- Le maquereau ainsi capturé est salé en baril, ou exporté en glace à l’état frais ; une assez grande partie est consommée dans le pays.
- (1) La pèche du maquereau à la ligne, dans la mer du Nord, a occupé, en 1897, 235 navires jaugeant 8 360 tonneaux montés par 1 311 hommes d'équipage. Il a été préparé 7196 tonneaux de maquereau flaqué et 2 388 de maquereau simplement salé (sans avoir été ouverts, rund-saltet) représentant ensemble 730 217 kg. Le prix moyen de vente a été de 0kr,548 par kg. (0,60 pour le flaqué, 0,40 pour le ruudsaltot), ce qui donne une valeur totale de 400 000 kr.
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- Cette pêche côtière occupe environ 3 000 pêcheurs et 823 bateaux; en 1897, en a pris environ 1 524 000 maquereaux représentant une valeur de 247 000 kr, (346000 fr.) (1).
- PÊCHE DU SAUMON
- Cette pêche a lieu d’avril en septembre dans les fjords et à l’entrée des rivières.
- Dans les fjords, un des engins les plus anciennement en usage est le Siddenot.
- Fig. 31. — Filet à saumon (Siddenot).
- Il est constitué par une sorte de poche que l’on peut fermer à volonté au moyen de cordes; un certain nombre d’autres filets étant disposés autour de cette poche de manière à y guider le saumon. Le pêcheur surveille le fjord du
- (1) En 1897, le nombre des pêcheurs se servant de filets dérivants a été de 1 912; celui des bateaux se livrant à cette pêche de 567. Le nombre des maquereaux ainsi capturés a été de 1 310 000, d’une valeur moyenne de 16 kr. le 100. Il a été exporté 253 240 kg. de maquereaux frais d’une valeur de 50 600 kr.
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- haut d’un obser/toire très élevé tenant en main les cordes qui commandent la manœuvre do lingin, dès qu’il aperçoit un saumon engagé dans la poche, il ferme la coulisse et le poisson se trouve enfermé. Cet engin était fort répandu autrefois, et l’on peut voir dans les fjords voisins de Bergen et dans le Sognefjord un grand nombre de ces observatoires, pittoresquement plantés sur les rochers. Mais il est aujourd’hui à peu près abandonné, les pêcheurs préfèrent se servir d’un engin, avec lequel la capture du poisson n’exige ni manœuvre, ni surveillance, et qui est par cela même peut-être beaucoup plus meurtrier. C’est le Kilenot; constitué par un grand filet vertical d’une hauteur de 10 à 20 mètres, maintenu flottant à sa partie supérieure par des barillets, et lesté à la partie inférieure par des pierres.
- Ce filet vertical délimite 2 parties différentes, une sorte de labyrinthe d’où le poisson qui y est enfermé ne peut s’échapper, et un grand bras destiné à conduire le saumon vers ce labyrinthe. Ces filets sont aujourd’hui en nombre considérable, 6000 à 7 000, et la destruction qu’ils opèrent était devenue si intensive que l’on a dû réglementer leur emploi.
- Le saumon qui a échappé aux embûches dressées sur sa route dans les fjords se trouve aux prises, dès sa montée dans les rivières, à deux ennemis différents : le pécheur à la ligne sportsman et le paysan propriétaire de la rivière (1).
- Le premier, malgré toute son adresse, est de beaucoup le moins dangereux, c’est généralement un étranger, de nationalité anglaise le plus souvent, qui a loué le bras de la rivière ou plutôt du torrent (toutes les rivières de la Norvège présentent ce caractère sur tout leur parcours), pour y exercer le sport bien connu de la pêche à la mouche artificielle.
- Malgré cette location le paysan se réserve le droit de pêcher pour son propre compte, et ce droit il l’exerce d’une façon intensive, à l’aide d’un engin très meurtrier appelé caisse à saumon (laxhista) ; cet engin est formé par une sorte de cage en barreaux de bois d’une construction des plus rustiques, dans laquelle le saumon une fois entré ne pourra plus sortir. — Cet engin se place dans les endroits de la rivière où le courant est particulièrement rapide, et pour augmenter son effet meurtrier, on dispose longitudinalement, dans le sens du courant, 2 bras en forme de V confectionnés avec des fascines et venant aboutir à la cage à saumon. — La loi sur la pêche a aussi réglementé l’emploi de cet engin et interdit de barrer ainsi plus d’un tiers de la rivière.
- Le saumon est généralement consommé frais, mais une partie de la pêche est fumée et constitue sous cette forme (laxroget) un aliment très apprécié en Norvège.
- (1) Voir, à ce sujet, le Rapport de M. A. Berthfale, loc. cit.
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- PÊCHE D’EAU DOUCE
- A côté de la poche du saumon dans les rivières, nous devons citer la pêche de la truite saumonée {Salmo fario), celle de la truite (Salmo traita) et de nombreuses autres espèces, corregones, brochets, perche, brème, etc. L’ensemble de cette pêche dans les lacs et les rivières représente environ 4 000 000 kr.
- PÈCHE DU HOMARD
- Cette pêche s’exerce surtout dans la région au sud de Bergen. En 1897, on a capturé environ 591 000 homards d’une valeur de 451 000 kronoL’ (631,000 francs); la plus grande partie du produit de cette pêche est expédiée à l’état vivant en Danemark (300,000), l’Allemagne (100 000) et l’Angleterre (65 500) constituent les autres débouchés.
- Ce crustacé se capturait autrefois d’une manière très primitive, avec des pinces en bois, longues do 3 à 4 mètres qui servaient à le saisir sur les hauts fonds. Aujourd’hui on emploie de préférence des casiers ou tines analogues à ceux des pêcheurs bretons. — Chaque pêcheur possède généralement une quarantaine de ces engins, il les appâte avec toutes sortes de poissons, le hareng et le maquereau exceptés, les homards capturés à l’aide de ce dernier appât ne vivant que peu de temps après la sortie de la tine.
- Aussitôt après l’avoir retiré du casier, on attache les pinces du homard et on le place dans des viviers en attendant le passage des bateaux collecteurs, armés parles négociants des villes qui parcourent les fjords à jours fixes. Celte pêche du homard se pratique du 45 juillet au 15 octobre.
- HUÎTRES
- La culture et l’élevage de l’huître ne font pas en Norvège l’objet d’une industrie importante; cependant, dans les fjords au sud de Bergen, se sont dernièrement installés plusieurs établissements ostréicoles, qui paraissent donner d’assez bons résultats. En 4897, la valeur des huîtres vendues a été de 8 272 kr. dont 3172172 kr. pour la région avoisinant Bergen.
- ARMEMENTS POUR LA PÈCHE DANS L’OCÉAN GLACIAL, ET CHASSE A LA BALEINE
- Chaque année dans les districts de Tromsœ et du Finmark se font d’importantes expéditions, dans l’océan Glacial, vers le Groenland, le Spitzberg et 1 île Jan Mayen. Ces expéditions ont pour but la pêche de différentes espèces de squales et aussi la capture du morse (Trichechus rosmarus), (N. Hvalros), du
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- béluga (Delphinapterus béluga) (N. Ilvidtisk), du boitlcnosc, du kobber et aussi de l’ours et du renne.
- L’importance de ces armements a augmenté dans ces dernières années ainsi en 1892, ces expéditions ont occupé 81 navires jaugeant ensemble 2 972 tonneaux et montés par 797 hommes d’équipage. Le produit de la campagne a été de 332178 kroner.
- En 1897, l’ensemble de ces expéditions dans les mers arctiques a été effectué par 201 navires dont 28 à vapeur jaugeant ensemble 12 594 tonneaux et montés par 2 532 hommes d’équipage. Le produit de cette campagne a été de 1 653 570 kroner (1).
- (1) En 1892, clans le district de Tromsœ, 32 navires jaugeant 1 633 tonneaux et montés par 462 hommes d’équipage ont été armés pour une expédition dans l’océan Arctique. Les produits de cette campagne ont été les suivants :
- Kri oner. K roncr.
- 48 morses à 33 1 680
- 4 959 kobber à 16. ..... . 79 334
- 15155 kobber à 5 775
- 3 béluga a 50 150
- 17 bottlenose à 200 3 400
- 120 ours à 80 9 600
- 216 rennes a 10 9 160
- Total. . 172 099
- Dans le Finmark, àHammerfest et Yardœ, il a été armé 12 barques, montées par 36 hommes d’équipage et 10 navires jaugeant 177 tonneaux montés par 43 hommes d’équipage pour la capture des squales et en particulier de la Leiche (Scymnus glacialis), (N. tlaakjœrring), dont le foie a une grande valeur. Le produit de la pêche s’est élevé à 2 123 hectolitres de foie représentant une valeur de 22 938 kr. La chasse du morse, etc., à Hammerfest, a occupé 24 navires jaugeant 963 tonneaux montés par 236 hommes d’équipage et à Tromsœ, 3 navires jaugeant 97 tonneauxet montés par 18hommes. Le total des caplures s’est élevé à 667 morses, 10 179 kobber, 5 béluga, 60 ours, 12 rennes, 1 baleine, 147 kilog. de duvet d’eider,
- Représentant une valeur de : pour Hammerfest......... 129 721 kroner.
- — Vardô.................. 8 000 —
- Soit au total........... 137 121 kroner.
- En résumé, en 1892, 81 navires d’une jauge totale de 2 972 tonneaux montés par 797 hommes d’équipage. Le produit de cette campagne a été de 332178 kr.
- En 1897, les armements sont plus importants :
- La pêche à la leiche (Scymnus glacialis) occupe 60 navires jaugeant 208 tonneaux montés par 236 hommes d'équipage. Les captures ont produit 9 168 hl. de foie d’une valeur de 83 731 kr. 37 navires de Tromsœ, 22 d’Hammerfest et 4 de Vardo jaugeant ensemble 568 tonneaux et montés par 614 hommes d’équipage ont capturé 429 morses, 34 978 kobber, 5 303 phoques à capuchon, 38 béluga, 1 narhval, 18 nebhwal, 455 ours, 435 rennes, 870 kg. de duvet d’eider et 168 hectolitres de foies de squales. Le total de ces captures représenle une valeur de 368849 kr. La chasse aux phoques à l’ile Jan Mayen, en Islande, au Groenland et dans l’Océan glacial a
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- Nous ne décrirons pas les procédés usités pour effectuer ces diverses captures, un certain nombre étant analogues à ceux dont on fait usage pour la chasse à la baleine et dont nous allons dire quelques mots maintenant.
- CHASSE A LA BALEINE
- La chasse à la haleineîsM l’objet d’une industrie importante, depuis fort longtemps pratiquée par les Norvégiens. Mais les procédés de capture se sont profondément modifiés. Autrefois des embarcations (baleinières) montées par de hardis rameurs s’approchaient avec précaution du cétacé. Arrivé à bonne distance, le patron placé sur l’avant de la barque frappait la baleine de son harpon — sorte de lance terminée par une pointe barbelée et reliée par une corde à la baleinière. —
- L’animal atteint plongeait et s’enfuyait en entraînant avec lui l’embarcation dans une course mouvementée et des plus périlleuses. Après des heures d’une telle poursuite, le cétacé épuisé se laissait approcher d’assez près pour que le maître harpon-neur pût l’achever d’un coup de lance.
- Cette chasse avait pour objet la baleine franche qui flotte après sa mort, mais ces baleines sont de beaucoup les plus rares, et la chasse à la baleine aurait subi une crise redoutable, si un Norvégien, Swed Fôyn de Tôsberg, n’eût trouvé un procédé permettant de s’emparer des baleinoptères, cétacés qui coulent à pic lorsqu’ils ont été tués et dont la capture pour cette raison n’était pas possible au moyen des embarcations.
- Il eut l’idée d’employer un harpon spécial, lancé par un canon placé sur le navire même. Ce harpon imaginé par Fôyn se compose d’une sorte de lance munie de deux bras latéraux qui, à l’état de repos, sont couchés le long de la tige, mais qui, une fois la baleine atteinte, viennent, sous l’action de ressorts puissants, occuper une position perpendiculaire à celle de la lance faisant avec celle-ci une sorte de croix et rendant par cela même tout retour en arrière impossible (fig. 32). Souvent même, la pointe de la lance est formée par un obus qui éclate à l’intérieur de l’animal, et dont les ravages viennent s’ajouter à
- occupé 13 bateaux à vapeur jaugeant 3 132 tonneaux montés par 619 hommes d’équipage. Ils ont capturé 38 583 phoques qui ont produit 13 475 tonneaux de graisse, 203 nebhwal qui ont donné 2 078 tonneaux de graisse et 11 ours blancs, formant au total une valeur de 649000 kroner.
- La capture des nebhwal a occupé 63 navires dont 13 à vapeur jaugeant 6 066 tonneaux montés par 1 014 hommes d’équipage. Le nombre des prises a été de 2 141 qui ont fourni 21 500 tonneaux de graisse représentant une valeur de 550 000 kr.
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- ceux produits par le harpon lui-même. Dans les deux cas, un anneau est fixé sur la tige et à cet anneau est attachée une corde de grandes dimensions lovée à l’intérieur du navire. Enfin, les baleiniers sont maintenant des petits vapeurs jaugeant 60 tonneaux environ.
- Le navire s’approche aussi près que possible de la baleine, une vingtaine de mètres environ, le capon fait feu et, si la baleine n’est pas tuée sur le coup, elle entraîne avec elle le navire auquel elle se trouve reliée par le eâble. Après une lutte plus ou moins longue, la baleine est achevée d’un coup de lance, et halée le long du bord du vapeur, qui conduit sa prise jusqu’aux factoreries de la côte, où elle est échouée sur la grève.
- La baleine est alors dépecée, le lard est débité en morceaux qui sont enlevés
- Fig. 33. — Balcinoptèrcs. (D’après une photographie de M. Durenne.)
- à l’aide d’un treuil et portés dans des chaudières à double fond chauffées par une circulation de vapeur où s’effectue la fusion.
- L’huile ainsi produite est raffinée, généralement par décantation à basse température et séparée de la stéarine. — Un de ces cétacés de taille moyenne fournit environ 17 hectolitres d’huile brute qui est vendue 40 kr. l’hectolitre et 150 à 200 kr. de fanons; la valeur d’une baleine est donc en moyenne de 2 500 à 3 000 kr. — Le nombre des captures d’un baleinier, quoique très variable suivant les années, peut s'évaluer grossièrement à 40 prises environ par an. Le rapport d’un baleinier serait donc de 100 000 kr.
- Il existe actuellement en Norvège une trentaine de ces baleiniers à vapeur (1).
- (1) En J 892 il a été capturé 1 083 baleines par des vapeurs du Finmark et 84 par trois vapeurs du district de Tromsœ, représentant au total une valeur de 1 253 000 kr. En 1897 la pêche à la baleine dans les districts de Finmark et de Tromsœ a occupé 25 bateaux à vapeur jaugeant 644 tonneaux et montés par 513 hommes d’équipage dont 25 maîtres canonniers,
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- ENCOURAGEMENTS DONNÉS A l/lNDUSTRIE DES PÊCHES
- Ce coup d’œil d’ensemble montre toute l’importance que présente l’industrie de la pêche pour les Norvégiens. Aussi les sociétés privées se sont-elles créées en grand nombre pour aider au développement ou au perfectionnement de cette industrie, et l’Etat lui-même encourage par d’importantes allocations les institutions créées dans le même but.
- La plus importante de ces sociétés est la « Selskabet for de Norske faskeriers
- Fig. 35. — Usine pour la préparation de l’huile de baleine.
- (D’après une photographie de M. Durenne.)
- fremme », qui a créé à Bergen un musée de pêche des plus intéressants, et qui entretient dans cette même ville une école pratique appelée « station d'essai », destinée à former des contremaîtres ou des directeurs pour les saleries, les fumeries et les fabriques de conserves, mais qui sert aussi de laboratoire pratique pourmettre àl’étude les procédés de traitement susceptibles d’augmenterla valeur des produits de pêche. Elle a fait dans cette dernière voie de véritables découvertes qui ont fort contribué, entre autres choses, au développement pris dans
- 1310 baleines ont été capturées, représentant une valeur de 1 450 600 kr. De 1892 à 1897 le nombre des baleines capturées parles baleiniers du Finmark ont été les suivants :
- 1892 .................................. 1 081 baleines d’une valeur totale de 1 168 000
- 1893 .................................. 1 250 — ' — 1 466 000
- 1894 .................................. 879 — — 799 000
- 1895 .............................., . 652 — — 664 900
- 1896 .................................. 1 100 — — 1036 000
- 1897 . . .......................... 1 080 — — 1321 000
- En Islande 23 vapeurs affrétés par des Norvégiens et jaugeant 734 tonneaux montés par 438 hommes d’équipage dont 23 maîtres canonniers ont capturé 621 baleines. Enfin aux îles Ferœ un vapeur norvégien de 24 tonneaux monté par 18 hommes d’équipage a capturé 57 baleines. Le nombre total des baleines capturées en 1897 s’est donc élevé à 1 900.
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- ces dernières années par l’industrie de la fabrication des conserves, dont l’exportation a triplé en six ans, de 1890 à 1896; elle est passée de 350 000 kr. à 1 070 000 kr. ; à Bodô, dans le Finmark, il existe une école du même genre qui rend aussi de grands services.
- L’État possède également un certain nombre de stations biologiques et d’établissements scientifiques dont les travaux sont des plus précieux. La station biologique de Bergen, dont le directeur est le docteur Brunchorst, celle de Drôbak, près de Christiania, ont fait sur les migrations des harengs, sur la faune pélagique des fjords et sur la piscifacture marine des recherches fort intéressantes. L’établissement de piscifacture marine d’Arendal a fait, sous la direction du capitaine Dannevig, des repeuplements de morue qui ont donné des résultats très marqués.
- Pour terminer cet exposé de la pêche en Norvège, nous donnons ci-après (page 1270) un tableau de l’exportation des produits de pêche entre la Norvège et les nations voisines. Le second tableau (page 1269) indique comment le montant de ces exportations se répartit entre les différents ports du pays.
- ÉTUDE PARTICULIÈRE DES OBJETS EXPOSÉS
- Cet exposé de la pêche en Norvège indique suffisamment quels sont les produits qui doivent figurer dans le premier groupe : klippfisk et stockfisk de différentes formes, harengs saurs, salés ou anchois, huile de foie de morue, rogue, huiles industrielles diverses, de morue, de hareng, de baleine ou de phoque, saumon en glace ou fumé, anchois, conserves hermétiques. Comme préparations spéciales, signalons la morue sans arête « bacalao sine spinas », destinée à l’exportation espagnole, les fiskpudding et fiskboler, la gelée de poisson, destinés à servir d’entremets ou de condiments, et qui constituent une heureuse manière d’utiliser la pêche fraîche de certaines espèces de prix peu élevé, comme le cabillaud par exemple. Enfin, l’exposition montrait que l’industrie des conserves en Norvège est parvenue à un haut degré de perfection, et cependant se développe chaque jour davantage. Nous avons déjà mentionné l’augmentation constante des exportations relatives à cette industrie; les statistiques donnenf à ce sujet un enseignement tout à fait frappant.
- Exportation des conserves.
- kilos. Kroncr.
- 1886-1890 .... 262982 230 900
- 1891 .... 392624 392 600
- 1892. . . 530 400
- 1893 . . . . 531911 531 900
- 1894 .... 573847 . 545 200
- 1895 .... 846448 761 800
- 1896 . . . . 1070519 963 500
- 1897 . . . . 1213039 1091700
- p.1268 - vue 1274/1864
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- p.n.n. - vue 1275/1864
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- Tableau de l’exportation par port d’embarquement. — 1897
- PORTS Fredriksbald Fredrikstadt Kri Jliania Kristiansund Stavanger Bergen Aalesund Christiansund Trondhjem TOTAL
- Kroner Kroner Kroner Kroner Kroner Kroner Kroner Kroner Kroner Kroner
- Poisson frais . . . 200 11 500 280 200 160 600 248 500 539 500 289 600 64 300 510 600
- Poisson séché. . . )) )J 19 100 1 300 1 500 4.048 000 3 300 26 800 473 900
- Klippfisk )) 700 1 500 400 600 3 394 700 2 462 900 7 036 200 43 000
- Hareng salé . . . 4 900 125 700 290 900 O O 865 900 6 752 300 940 800 1 177 300 2 273 800 30 784 300
- Homard 23 100 )> 100 159 600 77 100 23 200 8 700 » »
- Rogue » » 100 » 600 1 126 700 80 400 104 400 »
- Guano )) )) )) » 500 43 000 118 000 213 500 6 800
- Huile de poisson . )) 19 000 676 009 34 600 100 2 003 400 509 100 134 900 49 500
- Totaux en kroner 28 200 163 200 1 267 900 661 600 1 204 800 17 930 800 4 412 800 1 757 400 3 357 600 30 784 300
- Pour 100. .... ’ 0,10 5,20 4,00 2,00 4,20 56,00 13,00 5,50 10,00 »
- l’exposition des PÊCHES MARITIMES A BERGEN. 1269
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- 1270
- COMMERCE.
- SEPTEMBRE 1899.
- Tableau de l’exportation des prod
- PRODUITS FRANCK SUEDE DANEMARK ISLANDE FINLANDE RUSSIE ALLEMAGNE hollande
- kg. kg. kg- kg. kg. kg. kg. kg.
- Saumon frais 140 » 48 920 )> » )) 190 330 32 200
- Maquereau frais . . . . )) )) 85 020 » » )) 16 040 »
- Hareng frais )) 509 140 457 520 )) )) » 1 172 410 39 080
- AuLres poissons frais (Flétan, etc.) . 720 378 360 12 740 „ » 410 196 800 30 170
- Homard 1 » 131 202 319 246 )> » » 116 496 460
- Huîtres » » » » )) )) » ))
- Poisson séché Rodskjœr. » 346 280 26 570 )> )) 266 010 173 570 519 070
- — Torsei . . » 580 210 10 000 » 103 750 494 140 246 290 13 950
- — Rundfîsk. 4 020 4 360 5 530 )) )) )) 2 912 340 3 037 010
- — Divers . . » 1 432 290 )) )) 4 770 )) 2 250 200
- Klippfïsk » 2610 5 690 600 )) » 8 858 730 8 420
- Hareng d’hiver salé 2 . . )) 77 719 3 143 777 9 609 44 135 69 451 369
- •— d’été salé 2 . . . 2 410 484 96 306 » 5 540 82 505 442 055 23 591
- — demi-salé 3 . . . )) )) » » » )) » ))
- Brisling salé 3 )) 7 391 4 954 » 711 3 429 8 400 1 781
- Autres harengs salés3. . 10 22 881 1 649 )> )) 4 418 6 032 446
- Divers poissons salés3 (en tonneaux) î) 4 056 28 » » 2 279 39 2 789
- Divers poissons sales (en vrac) » » » » » 13 275 580 » »
- Conserves . 2 808 142 192 56 302 230 560 696 149 047 297 421
- Anchois préparés3 . . . 90 25 300 589 )) » 1 4 698 4 315
- Hareng saur » 120 365 » )) )> 10 551 8 176
- Saumon fumé )) )) )) » )) )) » ))
- Damp Medicintran (huile de foie de morue préparée à la vapeur) . . 73 372 660 )) )) 64 10 173 5 163
- Medecintran (huile médicinale de foie de morue)3 366 63 237 » )) 77 2 210 5 987
- Huile de poisson (pour l’industrie)3 915 603 893 )) » )) 30 903 27 252
- Huile de haleine ou de phoque 3 3 897 5 362 1 028 )) )) » 19 425 2 245
- Rogue 50 155 263 » )> )) » » 302
- Farine de poisson. . . . )) 8 112 » )) » » 440 95
- Guano de poisson. . . . 1 665 700 200 1 063 250 )) )) » 5 506 600 ))
- Colle de poisson .... 2 250 207 414 o 900 150 )) 8 58 889 2 loo 2 700
- Baleine 116 590 )) » » » )) 32 290
- Valeur totale en kroner. 1 545 649 8 590 548 O O 5 300 173 500 3 354 900 13 613 400 3 690 2bo
- Pour 100. . . 2,5 15,5 2,1 )) 0,3 6,0 25,0 6,5
- belgiqCi
- kg.
- 1 9(
- »
- 39 oOO
- 171 400 30 9 (
- »
- 64
- 68b
- »
- 1 001 10
- 20 517
- 114
- l’exposition DES PÊCHES MARITIMES A BERGEN.
- 1271
- de V***
- pendant l’année 1897.
- DIVERS PRIX DE VALEUR p. 100 OBSERVATIONS
- PORTUGAL ESPAGNE ITALIE ETATS-UNIS TOTAL l’unité
- ANGLSTERKE PAYS TOTALE
- kg. 708 780 152180 4861 430 kg. kg. ' kg. kg. kg. kg. Kroner Kroner
- )). )) )) » )) )) » )> )) )> )> » » » )) 982 270 253 240 16 779 080 1,40 0,20 7,25 5 1 375 200' 50 600, 1 216 500) 5,8 1. Pièces. 2. Prix la pièce. 3. En hectolitres. 4. Par hectolitre.
- 819170 51 441 )) )) )> 960 )) 1 509 230 0,30 452 800] 5. Par 100 kilos.
- )) )> » » )> (C 518 880 0,75 2 389 200/ 0,8
- )) )) )) » » (C 325 0 ,20 2 îooi
- 124 630 )) )) 83 250 18 250 » 1 557 630 0,43 669 800]
- 86 570 1558980 » )) 6 250 25 000 » 1 556 160 0,22 344 6001 12,3
- )) 75 250 4 321 470 » 455 580 12 545 970 0,41 5 143 8001 Autriche . . 45 510 — . . 13 620
- 1 510 » )) » 40 13 640 1 455 050 0,27 392 9001
- 5 708 510 2 491 950 28 875 080 1 964120 » 2 600 47 927 310 0,27 12 940 400 24,10
- 338 )> )) » )) )> 198 601 6,30 * 1 251 200
- 22 902 » » » 173 )) 1 083 623 15,00 4 16 254 300
- » )> )) » » )) 1 406 13,00 4 18 300* 33,70
- 714 )) » » » » 27 380 7,50 4 205 40o(
- 1131 )) )) » 491 )) 36 634 10,00 4 366 300
- ' 1879 )) )) » » 2 887 15 643 26,00 4 406 700 3,5
- )) )) )) » )) » 13 275 580 11.00 3 1 460 300
- 560002 )) 130 » 1 380 670 1 213 039 0,90 1 091 700 2,2
- 2 226 » 2 » 2 4) 37 233< 60,00 441,000 0,9
- 11,00
- 814 977 )) » )) » )) 854 706 6,21 179,500 0,4
- )> )) <) » )) )) 616 2,00 1 200 ))
- 14831 )) 165 1 189 1 007 116 33 830 49,50 4 1 674 600 4,0 Autriche. . . . 116
- 318 )) 1 43 782 33 10 129 47,50 4 481 100 Autriche. ... 33
- 9 273 » 255 708 899 323 73 152 i 37,00 4 23,00 . 2 165 400 3,8 Autriche. . . . 323
- 40141 )) 17 )) » 231 72 458 33,00 4 1 702 800 3,2 Autriche. . . . 231
- » 9 422 » » » 60 142 22,00 4 1 323 100 2,5
- 1 665 700 60 969 69 980 )) » » )) )) 8 647 2,00 17 300 ))
- )) 18 900 )) 1) » 8 988 650 9,50 3 853 900 1,7
- )) )) )) 6 485 » 344 220 0,60 206 500 0,5
- » )) )> » » 211 560 1,10 232 700 0, o
- 7 068 600
- 672 800 8 053 700 2 423 800 220 385 1820963 )> )) 53 309 000 100
- 14,5
- CO
- 15,0 4,5 4,0 3,0 » )) 100 >ï
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- COMMERCE.
- SEPTEMBRE 1899.
- Les conserves les plus usuelles sont les conserves de saumon et de flétan, au naturel, fumés ou marinés dans l’huile; les sprats fumés et marinés dans l’huile, les filets d’anchois, les fiskeboler, le caviar de morue. Le centre principal de cette industrie est la ville de Stavanger, où sont établies plus de vingt fabriques ; Moss, Christiania et Bodo possèdent aussi un certain nombre de ces établissements.
- Si cette industrie s’est développée d’une manière si intensive, on le doit en grande partie à l’enseignement de la station d’essai de Bergen ; nous avons déjà expliqué quel était le but de cet établissement, nous allons donner quelques détails sur son fonctionnement, détails qui nous ont été fournis par M. Henrik Bull, directeur de cette station.
- L’enseignement y est gratuit, mais les élèves sont nommés par l’Etat, avec l’agrément du directeur ; il y a deux cours par an, l’un essentiellement pratique, qui a lieu pendant le mois d’octobre, et l’autre en partie théorique et pratique; on enseigne dans ce dernier la chimie générale (6 heures par semaine); la physique appliquée (2 heures par semaine); l’histoire naturelle des poissons (1 heures par semaine); la statistique et la législation de la pêche en Norvège (1 heure par semaine); l’étude des différents engins de pêche (1 heure par semaine). Le cours pratique comprend l’étude et l’application des divers moyens de préservation du poisson (réfrigération, séchage, salage, fumage, marinage, usage des antiseptiques, conserves par le procédé Appert), et aussi l’étude et l’application des procédés divers de préparation et d’utilisation des sous-produits (huile, colle, gélatine, guano, etc.). Enfin, un certain nombre de leçons suivies d’exercices pratiques et de visites au musée sont faites sur les divers modes de transport du poisson (vivant, en glace ou préparé), sur l’emballage et l’empaquetage des produits de pêche; ajoutons aussi que les élèves sont exercés d’une manière continue à la fabrication des diverses boîtes de conserves soudées, ou fermées par un autre procédé.
- L’établissement sert en outre de laboratoire de recherches à l’usage des particuliers ; son directeur, M. Bull, a produit un certain nombre de travaux remarquables sur le raffinage de l’huile de poisson et de baleine, la proportion entre la densité des harengs et leur teneur en graisse, le séchage de la morue, etc., etc. A l’Exposition, les élèves travaillaient sous les yeux des visiteurs, et l’on pouvait apprécier à sa juste valeur la perfection de leur fabrication.
- A Bodô, existe, sous la direction de M. Fr. Backer, une école analogue qui rend dans la région des Lofoten de très grands services.
- Pour terminer cette énumération des produits de pêche les plus remarquables, mentionnons enfin la farine et le saucisson de poisson; ce dernier d’un goût exquis et d’une conservation assurée, semble contenir dans sa composition non seulement du poisson, mais aussi des crustacés et des mollusques.
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- l’exposition DES PÊCHES MARITIMES A BERGEN.
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- Les cordages, la toile à voile, les filets, les engins de pêche, ne méritent aucune mention particulière, la plus grande partie de ces produits sont d’origine étrangère. Les bateaux de pêche dont nous avons indiqué les divers types sont d’une construction en général parfaite et d’un prix fort modique.
- Les cabestans à lignes de fond de la maison Wingaard et ceux de la maison Holsen nous ont paru particulièrement remarquables; ils pourraient être employés avec succès par nos cordiers. La figure 37 représente un de ces engins.
- Parmi les appareils servant à la fabrication des produits, nous devons indiquer, comme fort bien établis, des chaudières à double fond pour la préparation de l’huile de foie de morue et un four revolver pour le séchage du guano.
- Les appareils et les caisses pour le transport du poisson ne présentent rien de bien nouveau, mais les tonneaux destinés à servir d’enveloppe aux divers produits de pêches sont, sous un prix des plus modi-qués, d’une construction irréprochable(l).
- Nous avons déjà décrit, dans lâchasse à la baleine, les divers modèles de harpons en usage ; ils figuraient dans la Section norvégienne exposés par les maisons Jôrnsen et Henriksen de Tônsberg, avec, à côté, les différents modèles de canons et de fusils servant à les lancer. Ces deux expositions étaient particulièrement remarquables.
- Nous ne revenons pas ici sur les travaux scientiques faits à la station biologique
- de Bergen par son directeur le Dr Brunchorst, par les D1 2' Nordgaard, Appelhof, ni sur les appareils de piscifacture marine inventés par le capitaine Dannevig, et utilisés à la station de Flôdevig (2) ; nous indiquerons seulement les résultats très sérieux que cet établissement de Flôdevig aurait produits à peu de frais, d’après les rapports officiels publiés à ce sujet.
- Les dépenses totales d’installation se sont élevées à 208 000 francs et les frais d’exploitation s’élèvent chaque année à 13 300 francs, pour une production annuelle de 412 millions d’alevins (270 alevins par centime).
- Quant aux résultats, ils ont pu être assez facilement constatés dans le fjord
- Fig. 37.
- (1) Ces barils sont faits avec des bois de plusieurs essences, en bouleau plus spécialement, le prix des barils de harengs est d’environ 1 fr. 50.
- (2) Voir Marcel Baudouin, la Piscifacture marine (Comptes rendus du Congrès des pêches des Sables d'Olonne). Paris, Institut bibliographique, 1897.
- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Septembre 1899.
- 83
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- COMMERCE.
- SEPTEMBRE 1899.
- de Kristiania. En 1892, date à laquelle a commencé la mise à l’eau des alevins provenant de la station, le nombre des morues pêchées dans ce fjord était de 44 013. A partir de ce moment la pêche ne cessa de s’améliorer, comme le montre le tableau suivant :
- A N N É K S 1892 1893 1894 1895 1896 1897 1898
- Nombre de morues pêchées . 44 013 30 322 63 212 65 753 70 414 70 848 73 727
- i Nombre de millions d’alevins mis dans le fjord 10 20 0 12 14 15 15
- Augmentation 6 309 14 819 541 4 661 484 2 829
- Pour terminer, nous devons signaler l’exposition tout à fait remarquable d’engins et de bateaux de sauvetage exposés par le Norsk Sdskab til Skibbrudnes Redning.
- Cette société tient constamment armés un certain nombre de bateaux pontés
- qui viennent croiser en mer, à tour de rôle, dans certains parages où leur présence rend les plus grands services. Ces bateaux jaugent 20 tonneaux environ, sont (fig. 38) entièrement pontés, et possèdent à l’avant et à l’arrière des caissons à air qui les rendent insubmersibles. Leurs membrures, fortes et solides, ne les empêchent pas d’être d excellents voiliers, mais leur permettent de rester en mer même par les plus fortes tempêtes.
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- l’exposition DES PÊCHES MARITIMES A BERGEN.
- 1275
- SECTION SUÉDOISE
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR L’iNDUSTRIE DE LA PÈCHE EN SUÈDE (1)
- Le royaume de Suède associé, au point de vue politique, avec celui de Norvège, s’étend, comme nous l’avons vu, sur le versant sud-ouest du vaste plateau Scandinave, dont il occupe la majeure partie (58 p. 100). — Malgré le grand développement des côtes qu’ilprésente (2 500 kilomètres) et lasurface considérable qu’occupent les grands lacs intérieurs (36 281 kilomètres carrés, soit 8,2 p. 100 de la surface totale du pays), la pêche ne présente pas, à beaucoup près, une aussi grande importance qu’en Norvège; néanmoins elle occupe environ 50 000 personnes sur une population totale de 5 000 000 d’habitants, et son produit annuel peut être évalué à 7 000 000 kronor (9 800 000 francs).
- Hareng frais et salé......................
- Pêche en haute mer (morue, üéîan, etc.). . Morue (pêche côtière). . . . . . . .
- Maquereau.................................
- Poissons plats. ...................... .
- Divers (raies, orphie, lançon, etc.). ., . . .
- Sprat.................................. .
- 0 ( pêche côtière 400 000. . . . . .
- Saum0n I eau douce 800 000.................
- Anguille............................. .
- Crustacés ................................
- Huîtres...................................
- Pêche d’eau douce et des lacs.............
- Kronor.
- 4000 000 540 000 300000 219 000 93 000 50000 34 000
- i 200 000
- 198000 195 000 9000 . 600 000
- Total............ 7303000
- PÈCHE DU HARENG
- La pêche la plus importante est celle du hareng, c’est elle qui donne lieu dans le pays à l’activité la plus grande; ce poisson est capturé tout le long dès côtes de Suède, depuis la province de Bohus jusque dans la partie la plus au nord du golfe de Bothnie (2). Le hareng de la Baltique, où les eaux ont un degré de saumure moindre, est de beaucoup plus petit que ceux qui sont capturés par-
- (1) Ces renseignements sur les pêches de la Suède sont en majeure partie empruntés au catalogue spécial de la Section suédoise à l’Exposition, publié par Je Dr Lundberg, inspecteur général des pêches et commissaire général de Ja Section suédoise à l’Exposition de Bergen.
- (2) Voir la carte de la Suède page 1228.
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- COMMERCE.
- SEPTEMBRE 1899.
- tout ailleurs; dans la province de Kalmar ce petit hareng porte le nom de « strômming ».
- Il faut aussi faire une distinction entre le hareng que l’on poche en tout temps le long des côtes et celui qui, vivant en haute mer, ne s’approche des côtes qu’à une époque déterminée. C’est celte dernière variété qui a présenté, sur les côtes de la province de Bohus comme en Norvège, de véritables périodes d’apparition en masse, suivies de quasi-disparition.
- Ainsi le hareng visitait en bancs épais ces parages depuis la moitié du siècle dernier jusqu’en 1808, où il disparut tout coup ; en 1877, après un intervalle de soixante-dix ans, il faisait une brusque réapparition en quantités innombrables, et depuis il est resté fidèle à ces régions. Des recherches scientifiques ont été faites par la Svenska Hydrografisca Kommission, sous la direction de MM. 0. Pettersen et G. Ekman; il semble en résulter que ces périodes d’apparition et de disparition du hareng tiendraient à des différences dans les conditions hydrographiques du Skagerak.et des parties voisines de la mer du Nord; malheureusement on ne possède aucune donnée océanographique antérieure à l’année 1877 concernant ces parages. Toutefois il y a évidemment une étroite analogie entre ces périodes et les absences du hareng printanier sur certaines parties des côtes norvégiennes, où le degré de salure de l’eau est d’une nature toute particulière (1).
- Le hareng se capture à deux époques principales de l’année, au printemps de février à mai, au moment du frai, et en automne, d’octobre à décembre. Ces derniers sont de catégories différentes : le hareng qui a frayé, il est alors très maigre et impropre au salage; le hareng « plein », avec ses œufs ou sa laitance mais non entièrement arrivé à maturité, et enfin le hareng gras, avec des organes de reproduction non entièrement développés.
- Quant aux procédés de capture, ils sont analogues à ceux que l’on emploie en Norvège.
- Sur les côtes de la province de Bohus on se sert beaucoup de seines ( Vadar), qui servent à fermer les fjords où les bancs de harengs sont engagés. On emploie aussi d’ailleurs des filets fixes et des filets dérivants. Ces derniers sont surtout en usage dans l’est de la province de Bohus, pour la pêche d’automne. Cette pêche aux filets dérivants a subi depuis quelques années un développement assez considérable par suite de la création du chemin de fer de Halland, qui a facilité l’exportation du hareng vers l’Allemagne, où il est fumé et sauré.
- Les résultats en sont d’ailleurs assez variables.
- En 1895 : 146 bateaux montéspar 813hommes et mettant en œuvre4 358 filets
- (1) Voir à ce sujet : Grunddragen of Skageracks och Kattcgats hydrografi, par O. Pettersen et G. Eckman. Stockholm, 1891. — Skageracks Tillstünd undu den nuvarande sillfiskeperioden, par G.-T. Clcve, G. Eckam, I. Hjort et O. Pettersen, Gôteborg, 1897.
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- l’exposition des pêches maritimes a beugen.
- 1277
- ont pris 10 millions de harengs, qu’ils ont vendus 142055 kronor, tandis qu’en 1896, 176 bateaux montés par 964 pêcheurs avec 5 410 filets n’ont pris que 6 millions de harengs; mais le prix plus élevé auquel on a vendu ce poisson a porté la valeur de cette prise à 144110 kronor.
- La pêche d’hiver, dans ce district, a suivi aussi des variations sensibles qui ont souvent été compensées par le prix élevé qu’a atteint le hareng. Le tableau suivant indique les résultats de la pêche d’hiver depuis 1873 jusqu’en 1897. Elle montre le développement qui a suivi immédiatement le commencement de la « période de hareng », qui s’est ouverte en 1873. Le second tableau résume l’importance de la pêche totale du hareng dans le district de 1891 à 1895.
- Pêche du hareng dans le district de Bohus.
- ANNÉES HECTOLIT. VALEUR EN KRONOR (1) ANNÉES HECTOLIT. VALEUR EN KRONOR
- 1873-1874 21 231 )> 1885-1886 623 854 658 510
- 1874-1875 4 667 31 810 1886-1887 831 342 725 144
- 1875-1876 137 33 5201 1887-1888 1 269 231 659 051
- 1876-1877 9 977 71 000 1888-1889 1 397 657 952 468
- 1877-1878 301 500 618 400 1889-1890 1 764148 1 255 121
- 1878-1879 39 303 108 194 1890-1891 1 291 006 2 059 226
- 1879-1880 37 689 149 745 1891-1892 1 632 146 2 249 022
- 1880-1881 67 431 307 738 1892-1893 1 514 734 1 163 878
- 1881-1882 356 066 439 033 1893-1894 2 182 841 1 637 844
- 1882-1883 233 010 800 0002 1894-1895 1 815 442 2 014 177
- 1883-1884 95 687 317 822 1895-1896 2 372 051 2 192 915
- 1884-1885 245 903 295 127 1896-1897 353 160 1 118 262
- (1) La krona vaut 1 fr. 40 en moyenne.
- PÊCHE DU HARENG 1891 1892 1893 1894 1895
- Seine 230 266 288 300 331
- Nombre d’hommes 2 486 2 586 2 624 2 714 2 976
- Filets fixes 11 705 11 530 11 768 12 114 14 274
- Nombre d’hommes ..... 3 447 3 212 3 283 3 263 3 747
- Filets dérivants 3 127 3 205 2 995 3 481 4 358
- Nombre d’hommes . 671 643 600 862 813
- Pêche totale en hectolitres . . 1 645 913 1 528 421 2 197 544 1 843 046 2 398 396
- Valeur de la pêche en. kronor . 2 345 735 1 201 408 1 711 467 2 152 927 2 334 970
- Le poisson pêché est vendu soit à l’état frais, soit salé; enfin une assez grande quantité, qui ne pourrait pas être employée pour les salaisons, est vendue
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- COMMERCE. — SEPTEMBRE 1899.
- aux manufactures de guano. Le poisson frais est expédié par chemin de fer sur la côte de Gœteborg à Uddevalla, et sert en majeure partie à la consommation de la population locale. En 1895-1896, 10 741 848 kilogrammes de hareng frais ont été ainsi transportés, environ 3 ou 4 millions étaient destinés à l'exportation spécialement vers la Russie et l'Angleterre.
- Le tableau suivant montre quelle a été pendant les années 1891-1895 l’importance des salaisons de harengs dans le district de Bohus.
- 1891. . . .................418 014 bai'ils.
- 1892 .................. 344 546 —
- 1893 ................ 374741 —
- 1894 .................. 358 099 —
- 1895 ................ 360112 —
- Enfin les manufactures de guano et d’huile se sont aussi très rapidement développées; en 1891 il n’en existait que trois, en 1895, vingt-deux étaient construites, leurs bâtiments représentant une somme de 2 à 3 millions de kro-nor. La production journalière de ces factoreries s’est élevée jusqu’à 164 tonnes de guano; pendant l’année 1895-96 les fabriques ontemployé 853 958 hectolitres de harengs pour produire 14 169 tonnes de guano et 12 299 barils d’huile.
- Enfin la pêche du hareng a aussi contribué au développement des fabriques de barils : pendant l’année 1895-96 il a été employé 230 000 barils.
- La 'pêche dam le Kattegat et le Sand s’exerce au moyen des mêmes engins. Le hareng qui est capturé dans ces eaux est généralement de meilleure qualité que celui du Skagerak, il est consommé en partie dans la localité, en partie à Copenhague ou en Allemagne.
- Dam la Baltique, sur la côte Est de Skâne et de Blekkinge, les navires vont en pleine mer, pêcher autour des îles de Bornholm et de Christianso et même vers les côtes allemandes. Les petites embarcations non pontées (Blc-kingseka) dont se servaient autrefois les pêcheurs disparaissent de plus en plus et sont remplacées par des bateaux pontés de tonnage plus fort.
- Autour de Vile de Golland la pêche est encore effectuée par de petits canots à deux mâts; de 7 à 8 mètres de long montés par trois hommes.
- Au printemps la pêche du stromming est effectuée dans les baies et le long des îles de l’archipel côtier de Stockholm au moyen de seines, et en hiver on la pratique en certains endroits en traînant des filets sous la glace. Dans toute cette région, les pêcheurs procèdent eux-mêmes au salage du hareng, mais depuis l’extension des moyens de communication et le développement des voies ferrées, le stromming est vendu frais, il est en effet meilleur dans cet état que le hareng ordinaire; à l’état salé c’est le contraire.
- Dans le Nord, une préparation spéciale porte te nom de « Sur-Stromming » ;
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- l’exposition DES PÊCHES MARITIMES A BERGEN.
- on l’obtient en faisant subir au stromming salé une fermentation d’assez longue durée. Ce hareng ainsi préparé a une odeur repoussante mais il est très estimé dans le pays ; on commence même à conserver cette préparation dans des flacons hermétiquement bouchés et dans des caisses de bois et on l’envoie ainsi à l’intérieur du pays, surtout dans les districts du Gefleborget du Weslernorrland.
- Les résultats de la pêche dans ces différentes régions sont variables suivant les années. Le tableau suivant donne les chiffres afférents à l’année 1895.
- Pêche du hareng.
- QUANTITÉ VALEUR DE LA PÈCHE
- Hectolitres. Kronor.
- District de Bohus. . . . 2 398390 2 334 970
- Kattegat . . . . 27 000 100 000
- Sund . . . » 111227
- Skane et Blekkinge . . . . . . )) 367 000
- Gotland . . . 12 000 180 000
- Archipel de Stockholm . » 300 000
- Gefleborg. . . . . » 200 000
- Westernorrland . . . . . . . . .. . . 35 500 262 806
- Total 3 856 003
- PÊCHE DE LA MORUE
- Les différentes espèces de gades qui sont capturées dans les eaux suédoises sont la morue (Gâchis morrhua) en suédois torsk, l’aiglefin (G. aeglefinus) (S-Kolja), le merlan (G. merlangus)^jqg
- fS hvîflîno^ la lin^m(> (rnnnh)n\ \>
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- (S. hvitling), la lingue (G. molva)$
- (S. lânga), le charbonnier (G. vi- * rens) (S. Sej) et le merlus (G. mer-luccins) (S. kummel).
- La pêche de ces espèces est pratiquée en haute mer : dans tout le Kattegat et la mer du Nord, en face des côtes norvégiennes et près des îles Shetland et quelquefois même jusqu’en Islande par des pêcheurs du district de Bohus.
- Les bateaux dont ils se servent sont d’un type tout spécial appelé bankskuttor. Ils sont gréés en dundees et ont l’avant et l’arrière fortement relevés. Ces navires commencent d’ailleurs à être remplacés par des dundees analogues à ceux qu’emploient nos pêcheurs. Ils sont entièrement armés par
- Fig. 39. — « Bankskuttor ». (D’après une photographie du Dr Lundberg.)
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- COMMERCE.
- SEPTEMBRE 1899.
- l’équipage, et le produit de'la pêche est divisé par parties égales entre les hommes, qui les montent, sauf une certaine partie qui est destinée à amortir le prix du navire et à constituer une réserve. Un des matelots est inscrit sur le rôle comme capitaine, mais en réalité chaque homme prend à son tour le commandement pendant tout le temps qu’il se tient à la barre. Chaque matelot possède ses propres engins de pêche qui consistent en lignes de fond (backor). Celles-ci sont appâtées avec des morceaux de hareng ou de maquereau et mises à la mer à l’aide de petites embarcations (Hvâssing).
- La pêche de la morue en haute mer a lieu de mars à septembre. — Les pêcheurs qui se rendent aux Shetland rapportent leurs poissons en Suède, où il subit diverses préparations; une partie est salée en klippfisk, une autre partie est séchée imparfaitement et empaquetée dans des caisses, ce dernier produit porte le nom de morue salée. Enfin les lingues de très grandes dimensions sont préparées en slockfisk et portent le nom de spilanga. Une certaine quantité de flétan (Hippoglosas vulgaris) est capturée en même temps que les différentes espèces de gades dont nous avons parlé. Le tableau suivant indique le développement de cette pêche pendant ces dernières années.
- Pêche de la morue en haute mer.
- ANNÉES 1891 1892 1893 1894 1895 1896
- Nombre de bateaux. . . . 167 180 201 164 202 218
- Tonnage 3 425 3 715 4 257 3 844 4 157 4 423
- Équipage 1 389 1 470 1 598 1 340 1 596 1 716
- Valeur en krunor 538 758 448 244 474 147 422 048 509 175 495 834
- Les pêcheurs de Skâne pêchent la morue au moyen de filets dans le Kattegat et vendent le produit de leur pêche à Copenhague et dans les autres villes du Sund. Le produit de cette pêche peut être évalué à 30 000 kronor environ.
- Enfin tout le long des côtes les pêcheurs capturent les différentes espèces de gades à l’aide de lignes à main de lignes de fond ou de filets.
- Les résultats de ces différentes pêches ont été les suivants, en 1893 :
- Kilog. Valeur en kronor.
- Province de Malmo . . . 644 823 127 052
- — de Blekinge . . . 896 000 88 580
- — de Baltique ))
- de Kalmar sud.... . . . 62 600 15 650
- — de Gotland . . . 373 200 29 856
- Total 261138
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- l’exposition DES PÊCHES MARITIMES A BERGEN.
- m\
- PÊCHE DU MAQUEREAU
- Dans le district de Bolius cotte pêche présente une grande importance, elle n’est d’ailleurs pratiquée que par les pêcheurs de cette région en tant qu’in-dustrie séparée. Ces pêcheurs vont dans la mer du Nord jeter leurs engins qui sont soit des filets dérivants ou des lignes traînées comme nous l’avons déjà expliqué pour la pêche en Norvège. Les bateaux en usage sont de petits bateaux pontés de quatre à huit hommes d’équipage.
- Le produit de cette pêche est généralement vendu à l’état frais, soit dans le pays à Grafvarna, Smôgen et Gôteborg, ou bien exporté en Norvège, en Angleterre, en Danemark et en Allemagne, dans des caisses remplies de glace. Une petite quantité est salée pour la consommation du pays.
- En 1894, 563 bateaux se sont livrés à cette pêche et ont capturé 3155 247 maquereaux représentant une valeur de 476904 kronor ; en 1895, 516 bateaux ont capturé 926101 maquereaux dont la valeur était de 219322 kronor.
- PÊCHE DES POISSONS PLATS
- Les différentes familles des pleuronectes qui sont capturés sur les côtes de la Suède sont la ^Yv& \Pleuronectes platessa) (en suédois Rôdspàttan), dont la capture présente de beaucoup l’importance la plus grande; le flet (P. flesus) (S. vanliga flundran), qui est consommé par les pêcheurs eux-mêmes; —les petits flets de la mer Baltique sont surtout célèbres par leur goût très délicat; — le turbot (Bothus maximus) (S. Pigghvar), qui est peu recherché quoique assez commun; la sole (Soleci vulgaris) (S. Tungan), qui est au contraire fort estimée, ainsi que le flétan (Hippoglosus vulgaris) (S. Hâlleflundran),qui est pêché par les pêcheurs de haute mer dans le golfe de Bohus; la barbue (Bothus rhombus) (S. Slatthvar); la limande (P. limandaj(S. Sandflundran), sont moins estimés et présentent un intérêt moins grand.
- C’est dans le Kattegat que se trouvent les meilleurs fonds pour cette pêche qui s’effectue au moyen de bateaux appelés kvasse, gréés en cotres et jaugent de 5 à 10 tonneaux, non compris le vivier, dans lequel le poisson une fois pris est transporté vivant dans les villes du Sund et principalement à Copenhague. Ces barques coûtent environ 3500 à 4 500 kronor et sont montées par 5 ou 6 hommes d’équipage. Les pêcheurs commencent à se servir de plus en plus de filets traînants [snurrevaad), dont l’usage est d’ailleurs interdit le long des côtes du Bohus. La valeur totale de la pêche des poissons plats a été en 1895 de 84522 kronor, en 1896 de 104506 kronor, en 1897 de 99996 kronor.
- Dans la Baltique cette pêche présente moins d’importance ; elle se pratique
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- COMMERCE.
- SEPTEMBRE 1890.
- avec des filets ou des lignes de fond et près des côtes exclusivement. Elle a donné les résultats suivants :
- Iiilog. Kron or.
- Blekinge ... 61300 47 920
- (iotlland . . . 17 320 8 760
- Kalrnar . . . 13172 r. 209
- PÊCHE f)U SPRATT
- Le spratt [Chipea spratlus) (S. hvassbuk ou skarpsill) est péché à l’aide de seines dans le district de Bohus principalement en automne, parfois meme en hiver. Il est préparé en rouge avec des épices et vendu sous le nom d’anchois ; le commerce de ce produit, qui est exporté dans l’Europe entière, paraît cependant en décroissance depuis quelques années, comme semblerait le démontrer le tableau suivant :
- ANNÉES 1891 1892 1893 1894 1895 1896
- Hectolitres Valeur en kronor 7 218 89 283 3 463 37 063 3 281 44 766 3 280 44 973 l 643 34 230 1 927 39 280
- PÈCHES DIVERSES. --- CRUSTACÉS ET MOLLUSQUES
- La pèche de différentes autres espèces comme l’orphie, le lançon et les raies forme l’objet d’une petite industrie. Les raies, en particulier, commencent à être exportées à l’état frais ou bien après avoir été séchées ; l’ensemble de ces diverses pêches atteint environ 50 000 kronor.
- Le homard est capturé à l’aide de casiers (humertinor) tout le long des côtes, mais plus spécialement dans le district de Bohus et d’IIalland où sa pêche forme l’objet d’une industrie importante. — La pêche du homard est l’objet d’une réglementation spéciale, la capture et la vente de ce crustacé sont interdites du 15 juin au 15 septembre.
- En 1895 il a été capturé dans le district de Bohus 313 580 homards qui ont été vendus 176 381 kronor et dans le district de ITalland 32 800 qui ont été vendus 19 300 kronor.
- Enfin la vente des huîtres ne présente qu’une importance minime, en 1895 elle s’est élevée à 8 870 kronor.
- PÈCHE DE L’ANGUILLE
- A cause du caractère tout particulier des côtes suédoises, où l’extrême découpure des rives et le grand nombre d’îles forment un archipel côtier assez
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- l’exposition DES PÊCHES MARITIMES A BERGEN.
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- étendu, la ligne de démarcation entre les eaux douces et salées n’est pas nettement tranchée, aussi dans ces archipels côtiers trouvons-nous côte à côte le poisson de mer et le poisson d’eau douce, et surtout en grande quantité les espèces migratrices, l’anguille [Anguilla vulgaris) (S. Âl) et le saumon (Salmo, Salar) (S. Lax).
- Dans la pêche de l'anguille il faut distinguer de celle qui est faite pendant toute l’année au moyen de lignes de fond, celle de l’anguille migratrice qui au commencement de l’automne descend vers le Kattegat et est capturée avec des sortes de verveux (homma), de formes diverses, et de constructions différentes suivant le fond sur lequel ils doivent être posés (fig. 40). La majeure partie des anguilles ainsi capturées est achetée par des négociants allemands, qui les
- Fig. 40. — Filet fixe à anguilles (alhomma) (province de Skane et district de Blekinge).
- transportent vivantes, à bord de vapeurs spécialement aménagés à cet nffet, dans les ports de l’Allemagne et particulièrement à Stettin.
- Cette pêche très importante s’est élevée en 1895 :
- Kilo-
- Malm ôhus.........
- . _ Kristianstad.....
- Blekinge..........
- Kalmar............
- Districts du Nord. . .
- Une assez grande quantité d’anguilles est aussi capturée dans les rivières, comme nous le verrons plus loin.
- PÊCHE DU SAUMON
- Cette pêche se pratique surtout dans les environs de l’embouchure des rivières et souvent jusqu’à une assez grande distance de celles-ci. Les engins employés sont surtout des filets fixes, de formes très diverses : d’abord le simple filet de barrage appelé mockor, qui est disposé perpendiculairement à la côte
- Kronor.
- 114 588 89 873
- 96 705 90 000
- 118360 101 795
- 118183 106 365
- 9 , 9
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- COMMERCE.
- SEPTEMBRE 1899.
- (employé dans la province du Norrland), puis les laxasàtt, d’une construction un peu plus compliquée (province de llalland), et enfin le kilenotar, tout à fait analogue au kilnot de la Norvège et qui a du reste été importé de ce pays. — On emploie aussi à la fin de l’automne et au commencement du printemps des lignes flottantes, des filets dérivants (Skâne, Blekinge, Gotland). Cette dernière pêche est pratiquée au moyen de bateaux pontés, qui s’aventurent en haute mer presque jusqu’aux côtes allemandes; et les pêcheurs n’hésitent pas, vu le haut prix des captures, à braver les dangers de la saison pendant laquelle s’effectue cette pêche.
- Les districts de Blekinge et de Christianstadt sont ceux où la pêche du saumon présente la plus grande importance.
- Pêche du saumon sur les côtes et en haute mer.
- ANNÉES 1883 1893 1894 1895 1896
- Bohus | kilogr. . . » )> » y> »
- kronor . . 3 480 3 425 2 228 7 248 8 285
- Halland j kilogr. . . 43 000 43 400 27 400 40 400 41 400
- kronor . 65 000 53 000 48 000 58 000 60 000
- Malmôhus. . . . j kilogr. . . 7 135 3 450 4 606 7 630 ))
- kronor . . 9 832 4 420 6 265 9 788 9 597
- Kristianstad . . . kronor . . 140 000 75 316 70 188 119 642 84 412
- Blekinge. . . kronor . . 175 320 113 400 126 600 156 700 137 600
- Gotland j kilogr. . . 26 650 21 000 15 350 23 025 48 500
- kronor . . 42 975 31 500 10 361 15 350 72 250
- Westernorrland . j kilogr. . . 30 315 29 345 20 170 14 860 22 935
- kronor . . 29 535 28 815 20 015 14 895 22 440
- La pèche du saumon dans les rivières et les lacs présente une plus grande importance que la pêche côtière, cela lient à l’étendue très considérable des surfaces lacustres, car les rivières sont généralement torrentueuses et souvent la moitié de leur cours est impropre à la montée du saumon, dans bien des cas elles sont même obstruées plus avant par des constructions industrielles. Le saumon de la Baltique (Salmo salar) (S. Blanklaxen), qui remonte dans les rivières, surtout dans celles du Nord, pèse en moyenne 8 à 9 kilogrammes, et peut atteindre même 16 kilogrammes. L’époque de sa montée varie d’avril à juillet, suivant la situation de la rivière, mais c’est généralement en juin que la pêche est dans toute son intensité. En août et septembre arrive la truite saumonée [Salmo trutta) (S. Laxoring). —Enfin dans les grands lacs le Wenern, le Wettern, etc., se trouvent certaines variétés de saumon, qui ne descendent
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- l’exposition DES PÊCHES MARITIMES A BERGEN.
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- jamais jusqu’à la mer, mais qui remontent dans les rivières pour frayer, vers le mois d’octobre. — Les engins qui servent à capturer le saumon dans les rivières et les lacs peuvent se diviser en constructions fixes, seines, filets ou parcs. Les constructions fixes et les parcs présentent un intérêt particulier.
- Dans les rivières, aux endroits où le saumon est susceptible d’être capturé,
- Fig. 41.— « Laxtinor. » Construction servant pourra capture du saumon.'
- de vastes constructions ont été construites de temps immémorial. Un type particulier, Tin-byggnader ou Laxtinor (fig. 41), est constitué par un entourage de pièces de bois et d’enrochements contenant à l’intérieur une nasse en cuivre servant à la capture du poisson. Un autre type très répandu, Laxminan (fig. 42), forme un véritable bâtiment occupant une grande partie de la rivière ; au milieu se trouve une vaste chambre dans laquelle l’eau de la rivière pénètre par deux canaux A et B, munis d’une vanne et d’une grille qui peuvent se lever et s’abaisser à volonté indépendamment l’une de l’autre; cette eau s’échappe par les canaux C, D qui eux aussi peuvent être fermés par une grille glissant dans des rainures pratiquées dans la maçonnerie.
- En temps de pêche, ces dernières grilles sont
- ouvertes, le saumon en remontant le cours de Flg- 42- — " Laxminan.» Construction ... servant à la capture du saumon.
- la rivière s engage dans ces canaux et pénètre
- dans la chambre, d’où les grilles supérieures l’empêchent de sortir. Lorsque l’on veut s’emparer du poisson qui se trouve dans cet engin,* il suffit de fermer les grilles inférieures G et D, et la vanne d’entrée, l’eau ne pénètre plus dans la chambre centrale et le saumon peut être enlevé à l’aide d’épuisettes ou de petites seines.
- Enfin d’énormes constructions en pilotis, Laxpata, sorte de parcs ou de bor-digues, sont employées dans les rivières du Nord et en Finlande. Elles ont jus-
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- qu’à 250 mètres carrés et des bras de 50 mètres environ. Le nombre de captures par 24 heures d’un de ces appareils atteint plusieurs centaines de poissons et s’élève parfois jusqu’à 1000. Ces divers engins servent également à la capture de l’anguille.
- La plus grande partie du saumon pêché est expédiée en glace en Allemagne et en Angleterre, mais ce poisson subit aussi diverses préparations.
- Le saumon salé se trouve principalement dans les provinces du Nord, où ce produit est fort recherché. On y pratique la salaison dans des chambres froides (à 0°) aussitôt la sortie de l’eau du saumon.
- Le saumon fumé est aussi très estimé, surtout celui de la province de Hal-land, qui porte sur les marchés le nom de Halmstadtlax. Une préparation toute spéciale porte le nom de Graf-lax. Le poisson est d’abord salé en chambre froide, puis légèrement pressé dans cette même chambre froide pendant un ou deux jours; le Graf-lax ainsi préparé est consommé avec diverses sauces ou condiments. Ce produit est très apprécié et mangé communément dans toute la Suède du Nord et la Suède Centrale.
- L’importance de la pêche du saumon dans les rivières et les lacs n’a jamais été établie bien exactement. Néanmoins elle peut être évaluée à 800000 kilos d’une valeur de 800000 kr., la valeur moyenne du kilo de saumon étant d’environ 1 kr.
- PÊCHES DE DIVERSES ESPÈCES d’eAU DOUCE
- Dans l'archipel côtier, on trouve, comme nous l'avons expliqué, un certain nombre d’espèces d’eau douce dont les principales sont le brochet (Esox lucius (S. Gàdda), la perche (Perça fluviatilis) (S. Abhorre), et le gardon (Leuciscus rutilas) (S.Mort). La pêche de ces diverses espèces prend dans le district de Blekinge une certaine importance : elle s’est élevée en 4897 à 40000 kr. — Sur les côtes sud du Kalmarlân l’on a capturé environ 200000 kilogrammes de poissons d’eau douce d’une valeur de 56 000 kr. Enfin dans l’ouest de la province de Norrland, la valeur nhoyenne de la pêche s’élève à 10000 kr. environ.
- De l’archipel côtier de Stockholm jusqu’au Nord, diverses autres espèces d’eau douce et en particulier plusieurs cyprinidés sont l’objet de capture importante. Enfin la grande épinoche (Gasterosteus aculeatus) (S. Storspigg) est pêchée en grande quantité au moyen de seines et sert à faire de l’huile et de l’engrais.
- Dans les rivières et les lacs, à côté du saumon nous devons citer en première ligne la truite (Salmo fario), différentes espèces de corregones, en particulier le lavart (C. Lavaretus) (S. Sik), dont on fait des captures importantes. La perche, le brochet, l’éperlan, la brème et la lamproie font aussi l’objet d’une pêche très active.
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- l’exposition DES PÊCHES MARITIMES A BERGEN.
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- La capture de l’écrevisse (Astacus fluviatilis) présente un intérêt tout spécial, la Suède commençant à exporter en Allemagne une assez grande quantité d’écrevisses vivantes.
- Pour terminer cet exposé nous devons encore mentionner la chasse des différentes espèces de phoques qui se pratique sur la glace pendant l’hiver, dans le Nord de la Baltique et du golfe de Bothnie; mais dont l’importance, assez faible d’ailleurs, va en décroissant de jour en jour.
- COMMERCE DU POISSON. — IMPORTATION ET EXPORTATION DES PRODUITS DE PÊCHE
- Comme nous l’avons déjà mentionné dans cette étude, la consommation du poisson frais et même du poisson vivant augmente chaque jour davantage; l’extension du réseau de chemin de fer a pour beaucoup contribué à accentuer ce mouvement, car l’Etat, à qui appartient le réseau des voies ferrées, accorde d’assez grandes facilités pour le transport de cette denrée.
- Des tarifs spéciaux très réduits sont appliqués pour le transport par wagons complets, et les express de jour enlèvent la marée sans majoration dans les prix perçus. Aussi une grande quantité de poissons de mer emballés en glace est-elle expédiée de Frederickshavn et de la côte danoise où se trouvent, comme nous l’avons vu, les pêcheries les plus importantes, jusqu’à Stockholm. Cette ville est, d’ailleurs, approvisionnée de poissons vivants, qu’apportent à son marché des cutters munis de viviers faisant l’office de chasseurs. Us diffèrent assez sensiblement des types généralement employés, leur vivier, au lieu d’être placé au centre, étant construit à l’arrière du bateau. Ce vivier occupe environ le tiers de la longueur totale, et est séparé du reste de la cale par une forte cloison étanche. Le bateau est, d’ailleurs, entièrement ponté et muni d’un bordé qui s’arrête vers le milieu. Quand le vivier doit être rempli de poissons, l’arrière est lesté de grosses pierres, l’eau pénètre par un certain nombre de petits trous qui sont percés, à cet effet, dans cette partie de la coque. Ces navires sont gréés en cotres et sont de très fins marcheurs.
- L'exportation des 'produits de pêche atteint environ 40 000 000 kilogrammes* d’une valeur totale de 8 000 000 de kronor. Parmi ces produits, le hareng frais représente 80 000 000 kilogrammes et 3 200 000 kronor. Les autres espèces de poissons frais représentent 2 000 000 kilogrammes et 1800 000 kronor. — Ces chiffres montrent toute l’importance qu’atteint le commerce du poisson frais (77 p. 100). — Enfin le poisson salé ou séché représente 28000 000 kilogrammes et 3 000 000 kronor.
- Le hareng frais est, comme nous l’avons indiqué, exporté non seulement en Allemagne pour y être fumé dans les usines du littoral, mais encore en Angleterre et en Russie. Le saumon frais est expédié de même en Allemagne et
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- Mil h ons
- IMPORTATION DES PRODUITS DE PECHE
- à lexception des conserves, du caviar, homard, écrevisses, huîtres
- Années 1872 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82i 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 1896
- Millions Kilog
- 140
- Années 1872 73 74 '75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 83 90 91 92 93 94 95 1896
- Fig. 43.
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- l’exposition DES PÊCHES MARITIMES A BERGEN.
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- en Angleterre. Les anguilles et un certain nombre d’espèces d’eau douce sont envoyées vivantes en Allemagne.
- Parmi les exportations de poissons préparés nous devons citer celle de l’anchois qui, depuis 1842 où elle atteignait 5 000 kilogrammes, s’est élevée en 1879 à 132 500 kilogrammes et arrive aujourd’hui à 80 000 kilogrammes en moyenne. La fabrication de cette préparation a donné lieu à la création d’une trentaine de sociétés différentes.
- L’importation des produits de pêche en Suède (non compris les conserves, les homards, les écrevisses, les huîtres) atteint environ 40 000 000 de kilogrammes. C’est le hareng salé qui présente à cet égard le plus d’importance. Son importation atteint environ 30 000 000 kilogrammes(75 p. 100). La morue noire séchée appelée grassidor représente 25000000 kilogrammes, d’une valeur de
- 780000 kronor. Elle est préparée généralement en lutfisk (stockfisk préparé à
- plat).
- Quant aux autres produits non mentionnés dans le chiffre de la statistique, nous trouvons les anchois (véritables) et les sardines à l’huile qui représentent 62 000 kilogrammes d’une valeur de 120 000 kronor. Les huîtres 100 000 kilogrammes, les homards 5 300 kilogrammes et les écrevisses 25 000 kilogrammes. Ces deux derniers produils donnent lieu, d’ailleurs, à des exportations équivalentes. L’importation du caviar atteint 13 000 kilogrammes d’une valeur de
- 64 000 kronor et à une exportation de 6 000 kilogrammes d’une valeur de
- 31 000 kronor. Ces divers renseignements sont représentés graphiquement sur le diagramme, fig. 43 (1).
- PISCICULTURE. --- RECHERCHES SCIENTIFIQUES. ------ ENCOURAGEMENTS
- A L’INDUSTRIE DES PÊCHES
- C’est un de nos compatriotes qui a trouvé les procédés de ponte artificielle et de fécondation artificielle tels qu’on les pratique aujourd’hui. Mais dès 1761, le maire de la ville de Linkôping, G. Frederik Lund, avait déjà donné, dans le Bulletin de la Société royale suédoise, une note sur la plantation du poisson dans les lacs, et décrit l’emploi d’une caisse à frayer en usage encore aujourd’hui dans certaines parties du pays. Cette caisse avait les côtés perforés et contenait à l’intérieur une couche de fascines sur lesquelles on venait déposer les œufs, et ensuite la laitance, — ces procédés s’appliquaient à la perche (Perça fluviatilis) ; — mais ce n’est qu’en 1864 que le mouvement actuel prit naissance. La Suède
- (1) Nous rappelons que ce tableau et la majeure partie des renseignements que nous donnons sont empruntés au catalogue spécial de la Section suédoise, publié par le Dr Lundberg, Sweden spécial Catalogue of international Fisheries exhibition of Bergen, 4898. Stockholm, 1898.
- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Septembre 1899. 84
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- COMMERCE.
- SEPTEMBRE 1899.
- possède aujourd’hui 40 établissements, destinés non seulement à faire du repeuplement, mais aussi en quelque sorte à servir d’école de pisciculture, les personnes intéressées peuvent y suivre des cours et faire des expériences pratiques.
- Grâce à ces encouragements un établissement industriel très important pour la culture de la carpe (Cyprins carpio) a été fondé en 1879 près de Gustafsborg, à proximité d’une station de chemin de fer. Il possède 400 hectares d’étangs ainsi répartis :
- 4 étangs à frayer............... 1,97 hectares.
- 2o — de culture............ 114,30 —
- 8 — pour les carpes de 2 ans. . 148,10 —
- 4 — pour les carpes de 3 ans.. 187,60 —
- Cet établissement produit annuellement environ 20000 à 25 000 kilog. de poisson d’une valeur de 20 000 kronor dont la majeure partie est exportée à Hambourg. A côté de la culture de la carpe on y pratique aussi celle de l’anguille, de la perche, de la tanche, etc.
- Un autre établissement industriel, celui d’Engelsberg, s’occupe surtout do la truite arc-en-ciel et est arrivé à des résultats remarquables.
- A côté de cet enseignement de la pisciculture, certains établissements de l’Etat ont comme annexe une station de recherches scientifiques; ces stations ont fait des études très intéressantes sur la faune et la flore des lacs; et on a dressé à cet égard des cartes fort curieuses qui figuraient à l’exposition de Bergen.
- La pêche maritime reçoit aussi de l’Etat des encouragements importants : depuis l’année 1876, 50 000 kr.de subvention annuelle sont inscrits au budget pour contribuer à la construction de ports de pêche sur les côtes directement exposées à la mer. Après approbation des travaux par les ingénieurs, l’Etat supporte les deux tiers de la dépense, l’autre tiers est payé par les pêcheurs, soit en argent, soit en main-d’œuvre. Grâce à celte mesure, l’emploi des bateaux pontés a pu se développer. D’ailleurs, pour faciliter encore les efforts que les pêcheurs ont faits dans ce but, une subvention de 100000 kr. a été accordée à la Société d'Encouragement à l’industrie de la pêche, qui prête des fonds aux pêcheurs, pour l’achat de barques ou d’engins de pêche, par l’intermédiaire des sociétés régionales et des écoles d’agriculture. — Ces prêts sont consentis pour huit ans au plus et comportent un intérêt de 3 p. 100 l’an.
- Comme en Norvège, le réseau télégraphique est très étendu, et cela surtout dans le Bohüslan, où il rend de grands services pour renseigner sur la présence des bancs de poissons. L’Etat entretient, à Londres et à Berlin, des agents spéciaux, chargés de recueillir tous les renseignements qui peuvent intéresser les pêcheurs. Enfin les nombreuses sociétés locales d’agriculture qui sont sub-
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- l’exposition DES PÊCHES MARITIMES A BERGEN.
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- ventionnées par l’État possèdent un personnel d’agents d’informations, des professeurs, et accordent des prix et des récompenses aux meilleurs travaux de ce genre qui leur sont présentés par les pécheurs.
- ÉTUDE PARTICULIÈRE DES OBJETS EXPOSÉS
- Tous les procédés et engins que nous venons de décrire, les modèles de bateaux et de filets dont nous avons parlé étaient représentés à Bergen par une magnifique collection exposée par l’Etat et provenant de ses musées.
- Les divers produits de pêche que nous avons indiqués figuraient également en assez grand nombre.
- Les conserves de poisson sont fort bien préparées, celles d’anchois dominent, mais on trouve aussi à l’exposition le hareng et le maquereau à l’huile, et les préparations spéciales de Surstromming dont nous avons parlé. Les huiles de poisson sont représentées par de l’huile de spralt, et un produit spécialement raffiné pour la lubrification des machines, appelé huile d’orsine; ce produit nous a paru assez remarquable, son prix est peu élevé (0 fr. 45 par kilog.).
- Engins de pèche. — Gomme complément de la collection de modèles exposés par l’État, nous trouvons une très grande quantité de filets de toutes sortes, de casiers à homards et de pièges à anguilles, généralement fabriqués par les pêcheurs. Tous ces engins, à part le côté instructif, ne présentent aucun intérêt particulier.
- Bateaux dépêché et leur équipement. — Nous trouvons ici encore la fort belle collection du musée de Stockholm, puis quelques modèles de canots, bien construits, mais inférieurs aux types norvégiens. Les vêtements imperméables nous ont paru de bonne qualité et surtout d’un prix fort modique. A citer aussi dans le même ordre d’idées un produit appelé collantolje, destiné à imperméabiliser le cuir et qui donne d’excellents résultats.
- Machines, instruments, appareils. — Un appareil servant à rouler les tonneaux nous a paru très pratique, il se compose d’une tige prolongée par une fourche munie de pinces qui, de chaque côté, saisissent le tonneau par le fond; un homme peut rouler plusieurs tonneaux sans grande difficulté.
- Collections scientifiques, économie sociale, commerce, statistique. — Nous trouvons dans ce groupe d’assez belles collections de poissons, des cartes océanographiques, l’exposé des travaux des stations biologiques, et de la commission hydrographique suédoise, ainsi qu’une assez belle bibliothèque d’ouvrages concernant la pêche. A mentionner d’une manière particulière un appareil destiné à prendre des échantillons d’eau à des profondeurs déterminées en enregistrant en même temps la température de la couche sur laquelle on opère.
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- COMMERCE.
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- SECTION DANOISE
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR l’iNDUSTRIE DE LA PÊCHE EN DANEMARK
- L’industrie des pêches atteint en Danemark 6 700 000 kroner (9400000 fran es). C’est la pêche du poisson frais (plie et autres poissons plats) qui présente ici le plus d’importance comme le montre le tableau suivant :
- Plie Autres poissons plats. . . . . . . 176 260 i 31,6 p. 100.
- Morue . . . 1264 836 18,4 —
- Hareng . . . 753 961 11,1 —
- Maquereau . . . 36 834 0,5 -
- Anguille . . . 1 734 022 27,2 —
- Saumon . . . 202 320 3,0 —
- Crustacés . . . 188774 2,8
- Huîtres . . . 11190 0,2 —
- Poissons d’eau douce. . . . 5,2 -
- Totaux.............. 6 717 386 100,00
- La pêche des poissons plats s’effectue surtout dans la mer du Nord, le Kattégat et le Skager-Rack, sur les côtes Est et Ouest du Jutland. Les bateaux qui sont employés à cette pêche sont soit des cutters, soit des cotres (kvasser) analogues à ceux des pêcheurs suédois.
- Ces bateaux pêchent à Yotter trawl ou au snurvaad, filet traînant qui s’en rapproche beaucoup; sur la côte ouest, dans le district d’Esbjerg, les cutters sont munis de treuils à vapeur ou à pétrole pour le levage de leurs engins; leur tonnage, chaque année, tend à devenir plus élevé. Ils possèdent en général un vivier dans lequel ils transportent vivant le produit de leur pêche. En 1897, deux navires à vapeur pratiquaient de même la pêche aux filets traînants dans la mer du Nord (1).
- La pêche de la morue est faite à la ligne et au filet; la pêche du hareng est faite aux filets dérivants, aux filets fixes et à la seine, d’une manière'analogue à celles que nous avons décrites pour les autres pays. Enfin, le long des côtes ou dans les fjords se trouvent établis un certain nombre de filets disposés à poste fixe, parcs, verveux, etc. Ces divers engins ne diffèrent pas sensiblement de ceux qui sont, employés sur nos côtes, à Dieppe, notamment.
- Années. Nombre total Avec Sans Avec treuil à vapeur J au ~c Jauge
- des bateaux. vivier. vivier. ou à pétrole. totale. moyenne.
- 1894 . . . . . 18 4 14 1 228 12,7
- 1895 . . . . . 24 17 7 5 354 14,7
- 1896 . . . . . 30 26 4 19 476 15,9
- 1897 . . . . . 34 32 2 32 827 24,3
- (i)
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- l’exposition DES PÊCHES MARITIMES A BERGEN.
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- En dehors des cutters qui pratiquent la pêche en haute mer, les Danois utilisent pour les diverses pêches côtières des barques hautes, généralement munies de viviers et aussi un certain nombre d’embarcations de faible tonnage, dont les types sont analogues à ceux que nous avons déjà décrits à propos de la Sec-tion suédoise.
- Tableau montrant l’importance de la grande pêche en Danemark.
- NOMBRE BARQUES VALEUR PRODUIT
- de VAPEURS CUTTERS NON TIONS des de
- PÊCHEURS PONTÉES BATEAUX LA PÊCHE
- Grande pêche sur la côte *
- ouest 1 212 2 10 56 149 285 565 584 206
- Grande pêche, Skaggerack. 594 )) 1 7 28 14 760 193 204
- Grande pêche Kattégat. . . 1 255 )) 106 218 )) )> 1 576 874
- La pêche de l’anguille fait l’objet d’une industrie importante. Les anguilles sont capturées soit au moyen de constructions spécialement aménagées le long des côtes et composées d’une série de barrières en redans, terminées par des nasses, et disposées perpendiculairement à la rive (aalogaard), soit encore à l’aide de filets de fond spéciaux (driwaad et haandwaad), et enfin à l’aide de nasses et de lignes de fond. La presque totalité de cette pêche estpratiquée sur la côte Est du Jutland, et plus spécialement autour des diverses îles du Sud du pays dans le Limfjord, où elle représente la moitié environ du produit total. Dans ce dernier endroit, la pêche de l’anguille s’effectue surtout à l’aide d’un filet de fond spécial (aalevaad), formé d’une grande poche et de deux bras; le bord supérieur de la poche est muni de flotteurs et la ralingue inférieure lestée de plomb, on traîne ce filet à la manière des filets-bœufs de nos pêcheurs de la Méditerranée.
- L’anguille est soit conservée dans des viviers, et transportée vivante sur les marchés dans des caisses spéciales, soit fumée, et constitue sous cette forme un aliment d’un goût très fin.
- ÉTUDE PARTICULIÈRE DES OBJETS EXPOSÉS
- Produits de pêche. — De nombreux échantillons des divers produits de pêche se trouvaient exposés à Bergen : du klippfisk et du rundfisk de l’Islande et des îles Ferœ, du saumon glacé et fumé, de l’anguille fumée et des conserves hermétiques. Ces produits nous ont paru fort beaux,, l’anguille fumée méritait une mention toute particulière.
- Engins de pèche. — Bateaux de pêche et leur équipement. — Comme en Suède, une fort belle collection d’engins et de bateaux de pêche, exposée par la
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- COMMERCE.
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- Dan.sk fiskeri foretning, permettait d’étudier sur place la technique de l’industrie des pêches du Danemark. Le Groenland avait son exposition particulière, très intéressante et très complète, nous montrant les harpons, les barques et les hameçons ainsi que les pirogues usités par les Esquimaux dans leurs différentes pêches (tig. 44), leurs traîneaux à la construction si légère et si solide, leur costume en peau de phoque, etc. A côté figuraient différentes espèces de peaux préparées, du duvet d’eider, et les produits de la chasse ou de la pèche dans cette contrée.
- Au point de vue industriel, citons encore un treuil à pétrole pour haler les filets, une caisse pour le transport des anguilles vivantes, un pain spécial pour l’approvisionnement des navires, produit d’une conservation assurée sans que
- Fig. 44.
- cette qualité nuise à son bon goût, une machine à glace au gaz ammoniac, plus encombrante et moins pratique, à notre avis, que la machine Douane (1). Dans la Section de sauvetage, nous avons particulièrement remarqué un appareil servant à décrocher automatiquement les embarcations de leur portemanteau lorsqu’elles sont mises à la mer.
- Collections scientifiques, etc. —Enfin, la Section scientifique, fort complète, comprenait de nombreux ouvrages sur la pêche, enparticulier ceux de MM. Drech-sel et Feddersen, des collections intéressantes de poissons, et quelques types d’appareils de pisciculture : un'd’entre eux, assez curieux,concernait le brochet.
- SECTION AMÉRICAINE
- L’exposition des Etats-Unis pouvait être divisée en deux parties bien différentes : l’exposition officielle, celle de Y United State fish Commission, qui formait dans son ensemble un musée de pêcho des plus beaux et des plus
- (1) Voir, à la section française, cette communication, page 1323.
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- l’exposition DES PÊCHES MARITIMES A BERGEN.
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- instructifs, et l’exposition industrielle, beaucoup moins importante, mais nous offrant un certain nombre d’objets ou de produits d’une réelle valeur. Visiter en détail cette section nous entraînerait bien en dehors des limites de cette communication, d’ailleurs il suffit de parcourir les publications de Y United state fish Commission pour pouvoir apprécier à sa juste valeur l’importance de l’industrie de la pêche aux Etats-Unis et les diverses formes sous lesquelles elle se manifeste.
- En 1897, 197 293 pêcheurs ont été employés à la pêche, montant 6 453 navires jaugeant 178 637 tonneaux et représentant une valeur de 14 711244 dollars environ, et 75 722 barques d’une valeur de 4 323 635 dollars environ.
- Le produit de la pêche s’est élevé à 1 596413 068 livres représentant une valeur de 47 180 847 dollars. Le tableau de la page 1296 montre comment se répartit ce produit global entre les principales pêches et suivant les différentes provinces. L’industrie principale est Y ostréiculture, comprenant la pêche et la préparation des huîtres. Ces mollusques sont vendus comme chez nous avec leur coquille ou bien encore ouvertes et empaquetées dans la glace, et enfin conservées en boîte soit au naturel, soit marinées dans diverses préparations. — Le centre principal de cette industrie est la baie de la Chesapeake dans le Maryland, où des vapeurs sont employés au dragage des huîtres.
- Les engins en usage pour la capture des diverses espèces de poissons sont à peu de chose près ceux que nous avons déjà décrits : filets fixes ou dérivants, tramails, lignes de fond ou à main. etc. Mais nous devons mentionner plus spécialement les moulinets à saumon, tout à fait analogues à ceux qui sont employés en France, dans la Garonne et le gave de Pau, et la « Purse seine » ow. filet-bourse, en usage pour les pêches du hareng, du maquereau et surtout du menhaden ('Clupea menhaden). Ce filet qui atteint de très grandes dimensions est formé d’une nappe de 400 mètres de long sur 30 mètres de haut environ au milieu, et de 6 mètres seulement aux extrémités. La partie supérieure du filet est munie de flotteurs, la partie inférieure est lestée de petits morceaux de plomb et munie d’anneaux dans lesquels passe une corde,formant ainsi en quelque sorte le lacet qui sert à fermer la bourse. On entoure avec cet engin le banc de menhaden, puis cette opération faite, on haie sur la corde passant par les anneaux, après l’avoir préalablement tendue par l’immersion d’un poids très lourd, on ferme le lacet de la bourse, et le poisson se trouve capturé dans le filet. On l’enlèvera ensuite de l’enceinte où il se trouve ainsi enfermé à l’aide de filets, ou même, dans certains cas, d’engins spéciaux mus à la vapeur et manœuvrés par les steamers qui se livrent à cette pêche.
- Les lignes à main pour la morue et le flétan sont assez curieuses : à la partie basse, la masse de plomb qui les termine est munie d’une tige de cuivre courbée en forme d’arc, à laquelle sont fixée les amorces; cette disposition particulière
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- Statistique des principales pêches des États-Unis, d’après les documents de 1’ “ United States Fish Commission
- ÉTATS MOI LIVRES ^UE DOLLARS HARI LIVRES SNGr DOLLARS MAQUE LIVRES REAU DOLLARS SAU LIVRES MON DOLLARS POISSOI LIVRES ST FRAIS DOLLARS H OA LIVRES [ARD DOLLARS Hur LIVRES rRES DOLLARS
- États du Pacifique (y compris l’Alaska).
- Alaska. 2219835 55 562 18700000 32 000 ,, » 42231500 1219973 )) n
- \Yashington 539000 21560 617112 6817 » » 21684211 551546 3140759 63 469 „ „ 1 154468 147 995
- Oregon » » » )> » » 25536701 781000 2763779 39 028 » » 11431 3 062
- Californie 2 274 565 56 864 4486 887 55796 350399 14159 4 862408 179031 14190804 369631 » » 1250 515 698 257
- Total 5 033 400 133986 23 803 999 94 613 350399 14159 94314820 2 731550 20 095 342 472128 )) » 2 416 414 849314
- Nouvelle-Angleterre.
- Maine. 7 786525 152036 44853220 153314 2296096 102643 152740 34118 17 989998 244286 10300 880 683082
- New Hampshire 488750 8261 220 000 2 450 87 275 5 340 » )> 1090 300 13 881 90 300 5 493
- Massachusetts 69912247 1 356514 20698194 198 002 11641378 595 894 139 68 68 092 741 1400499 2 089 502 157330 338604 70 946
- Rhode Island 365 416 11098 700 30 188475 15736 » » 9 625 934 224174 774100 53762 1525749 261275
- Connecticut 1 529 863 50 018 )) » 65 800 4 817 280 222 3388126 160853 1614 530 101358 14 911218 1432479
- Total États de la côte centrale de l’Atlantique. 80082 801 1 577927 )) 353796 14 279024 724430 153159 34408 100 187 099 2 043693 14 869312 1 001025 16775571 1764700
- New York 2277458 89921 65772114 » )) ,, » „ 21 603 849 833 305 165093 15 655 18 277434 2 748 509
- New Jersev ....... 676859 20691 » * 22 907 2 747 » » 31455 260 1 363 991 143905 10 861 18 204 291 1766648
- Pennsylvania » » » » » » » » 5 397 848 182181 „ » 926 660 101850
- Delaware » » » » » » » » 4 679 711 163036 5600 285 1227 324 73 863
- Maryland » » » » » » » » 32 745 537 760425 „ „ 69615406 5295 866
- Virginia ” ” » » ’> » » » 31 102 404 801625 » » 43134602 2 524 348
- Total États de la côte sud de l’Atlantique. 2954317 110612 » « 22 907 2717 » » 126 984 609 4104563 314598 26801 loi 385 717 12 511084
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- États du golfe du Mexique.
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- Alabama » )> )) )) » )) » » 1404778 46119 » 3367490 107812
- Mississipi » » » » » » » „ 1825 395 64 368 » » 5 645 346 166 672
- Louisiana » » » » u » » » 6 965 582 139449 » 5 891 095 299896
- Texas ” » » » » » » » 3718000 164200 » » 3 085600 127 990
- Total >> » » » » -> >• » 38 240 434 920174 » » 29 587 098 796 062
- Grands lacs » » » » » » » » 96619671 2270618 » » » »
- Total général. . . 88 070 518 1822 525 89576113 448409 14 652330 741336 94 467 979 2765 958 427 081 940 11190587 15183 910 1027 826 198 836 12J. 16150579j
- 1296 COMMERCE. -- SEPTEMBRE 1899.
- p.1296 - vue 1302/1864
-
-
-
- l’exposition DES PÊCHES MARITIMES A BERGEN.
- 1297
- augmente la sensibilité de cet engin. Les Indiens d’Alaska emploient pour diverses pêcbes des hameçons en bois, tandis que les sportsmen fort nombreux aux États-Unis possèdent tout un matériel des plus perfectionnés, cannes, moulinets, mouches artificielles pour la pêche du saumon, de la truite et du poisson bleu (Pomatomiis saltatrix). Les lignes de fond sont analogues à celles que nous avons décrites, nous n’en parlons que pour mentionner un engin assez ingénieux destiné à retrouver ces lignes quand pour une raison quelconque elles ont été séparées des flotteurs et sont restées au fond de l’eau : c’est une chaîne d’assez grande longueur munie de distance en distance de pointes dirigées obliquement, et destinées à accrocher les lignes lorsqu’elles les rencontrent. Il suffit de traîner ce grappin dans les parages où la ligne a été immergée et de le relever de temps à autre.
- Une fort belle collection nous montrait les divers modèles de barques ou de navires usités dans les différentes pêches depuis les Eaiak des Esquimaux, et les troncs d’arbres creusés des habitants de l’Alaska jusqu’aux schooners et aux vapeurs de pêche des côtes de la Nouvelle-Angleterre. Parmi les modèles particulièrement remarquables, citons le schooner Grampns construit pour YUnited State fish Commission sur les plans du capitaine A. W. Collins, commissaire général de la section américaine à Bergen, les doris, embarcations à fond plat dont font également usage nos pêcheurs de morue à Terre-Neuve, et un certain nombre de barques de pêche présentant exactement les mêmes formes que les yachts de plaisance destinés à la course, l’avant fin et pointu, et une longue dérive fixe en métal mince terminé par un bloc de fonte très pesant évidé en forme de poisson. Les Américains ont reconnu tout l’avantage que procure la vitesse, aux bateaux de pêche, et ont adopté ces formes et ces dispositions particulières, qui font de ces navires de très fins marcheurs.
- La chasse à la haleine et aux autres cétacés occupait aussi une large place à l’exposition; on y retrouvait les divers obus-harpons, les lances à l’acide prussique et les engins perfectionnés dont nous avons donné déjà la description à côté des engins primitifs employés par les Indiens et les Esquimaux. De même, des modèles des vapeurs baleiniers avec leur équipement complet y figuraient auprès des embarcations encore en usage sur certains points.
- La partie consacrée à la pisciculture formait peut-être le côté le plus intéressant de cette remarquable exposition. On y trouvait tout d’abord des dessins ou des modèles des stations, au nombre de 2b, établies aux États-Unis pour la culture artificielle de certaines espèces d’eau douce (salmonidés, corregones, percoïdes, etc.), ou d’eau salée (morues, maquereau, homard) et, à côté, les appareils en usage dans ces stations ; incubateurs divers, bacs d’alevinage, compteurs d’œufs, etc., et même le wagon spécial servant à transporter les œufs, les alevins, et aussi les reproducteurs d’une partie à l’autre du pays. La section
- p.1297 - vue 1303/1864
-
-
-
- 1298
- COMMERCE.
- SEPTEMBRE 1899.
- l’exposition des pèches maritimes a bercen
- 1299
- DIVERS
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- PRODUITS. K lï A N CK AI Ali NE [HOLLANDE TERRE PAYS CANADA iiaïti
- d’europe
- Poisson frais, saumon excepté . . . 859 458
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- Poisson séché ou lumé j hareng. . » » » „ » 2 946 3 133453
- ( autre. . . " » « •» -> 84 999
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- ( divers .... » 12 » 18 » 390 25 367
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- ( antres » 1391 117 3 025 729 3 287 980
- Antres poissons :2) 3 421 158433 1 041 6 282 'dm 3 287 909
- Mollusques 1 lu'îtrcs 406 1 782 6 452 802 ;>8 20 445 988 11141 117 4 8 9 42 173481 17145 303 140
- Huile de poisson (3) . 17 392 » » 72 66 4 5 500 541 130
- — de baleine 31030 2 274 i> 109632 » \ o37 250
- Spermaceti (3; 7 235 157 331 1 558 121434 15 893 1 092
- Baleines. . 55 423 72161 20 82 4 3 002 1 157 108
- Perles 2; 141)80 5 56 4 ‘ 51028 25 1130 „
- Eponges i2; 9 40 » 299 i -17 ;ï 468 1 045 250
- Valeur totale 198968 438 333 58 845 1374606 18176 269726 652723
- P. 100 \,1 10,3 !, 4 32,3 0,4 0.4 15,3
- Exportation
- CUBA ET PORTo-RICO
- 234188 1276292 50i 886 967837
- 124103 309 fô1
- 2,6
- 7,3
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- 1894,
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- 640
- 1 159007 195038 43
- 145
- 827 610 385 475 67774 6770 14158 30147 1003 2638 62
- 653
- 211214
- colonies AUTRES PAYS DIVERS QUANTITÉ
- anglaises CHINE JAPON IIONKONG D’ASIK ET AERIQUE. TOTALE VALEUR i>. 100 OBSERVATIONS
- d’aus- tralie D’OCÉANIE ETC.
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- 63 480 14 510 80 750 20 600 186 535 21765 1 4 398 14 733 648 5 118 025 704652 123882 16,5 2,9 (2) Valeur eu dollars. (3) Gallons.
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- „ » 14 ;j 224 43 082 1,0
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- 13333 .) »> 5 22 685 942 » 58 659 1,3
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- 1 707 810 4 305 8 870 85 520 324319 75 834 10727010 1 026 215 24,0
- 4 854 205 267 249 4 728 20149 » 113402 3,3
- 5764 a » 900 a 558 » 204833 4,5
- 10163 1073 » » •5 206 651 )) 688653 10,0
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- 15019 a » 8117 533 » 188 852 107 077 2,5
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- 235086 3 06 4 1230 175743 122 332 3 4 476 > 4 258 300 »
- 5,6 0,1 0,05 4,1 g 2,9 0,8 » 100
- Importations des États-Unis en 1894.
- PRODUITS. FRANCE ALLE- MAGNE ITALIE HOLLANDE SUÈDE ET NORVÈGE ANGLE- TERRE PORTUGAL ESPAGNE divers PAYS DETKOn
- Saumon frais ou glacé ,j »
- Autres poissons frais ou glacés (L . » » 2 a 280 » » 11 -ni
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- Autres poissons (1) 15 791 1 4 89 4 8 220 751 4 4 485 38719 4 146
- Homard en conserve »> 140 „ j. » a » n
- Homard frais, écrevisses, tortues (1). 144 » a jj 51 » » * H S’
- (Sounds !) » 173 a 219 414 55 896 » ” P-11
- Huile de poisson et de baleine (3). . » 24113 » » 196 202 14 559 » * 163 8*'
- 1 48 612 29 767 11 394 3 284 » 320 399 » * pi:;!1'
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- P. 100 15 1,55 0,45 7.30 9.1(1 16,70 0,70
- CANADA
- DIVERS PAYS DE L'AMÉRIQUE I)ü
- 1013901 402285 8153139 2877 448 16997 39 419
- nord
- 371992 826 4 400 154 1000 6 336
- 767
- 168203
- 897722
- 87646
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- 30
- 405 407 1466 16792 720 3 977 2191 68790 14209 175777
- CHINE J \PON DIVERS PAYS OCÉANIE DIVERS PAYS ASIE QUANTITÉ: TOTALE VALEUR p. 100 OBSERVATIONS
- 2 285 893 159065 2,3 (T; Valeur en dollars.
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- 1300
- COMMERCE.
- SEPTEMBRE 1899.
- scientifique comprenait en outre un grand nombre d’ouvrages et de documents fort intéressants, parmi lesquels nous devons tout particulièrement signaler ceux provenant des diverses expéditions du schooner Grampus, sur plusieurs points des côtes : dans la baie de la Chesapeake, et aux îles Pribilof, en particulier.
- JJ exposition industrielle des produits de pêche, quoique assez exiguë, était très remarquable. Gomme méritant une mention spéciale nous devons indiquer le Bonless Codfish ou morue sans arêtes, très bien présentée soit en caisse, soit en boîtes de conserves, le flétan fumé (halibut); l’anguille fumée ou marinée, l’esturgeon fumé, le caviar, ces deux dernières préparations étant renfermées dans des boîtes à fermeture hermétique mais sans soudures.
- Une société particulière, la Preservaline Company exposait également diverses conserves, en particulier des crevettes, préparées à l’aide d’un produit spécial, à base d’acide borique probablement. Celte composition, qui d’ailleurs maintient les objets dans un état parfait de conservation, ne serait pas sans inconvénient, paraît-il, au point de vue alimentaire.
- Plusieurs fabricants de colle, d’huile, de guano avaient envoyé des produits de bonne qualité. Enfin, une collection tout à fait hors ligne d’objets manufacturés en peau de crocodile ou requin, loups, raies, etc. complétait cette remarquable exposition.
- Comme pour les autres nations étrangères, nous donnons ci-après un tableau représentant la valeur de l’importation et de l’exportation des produits de pêche aux États-Unis, ils ont rapporta l’année 1894 et sont extraits du bulletin de 1896 de Y United State fish Commission (1). Ce tableau nous montre que les importations dans ce pays ont dépassé les exportations de la somme de 2 630 101 dollars (soit 13 600 000 fr.) Les principaux pays importateurs sont le Canada (34 p. 100), l’Angleterre (16,70 p. 100), la France (15 p. 100), la Suède et Norvège (9,10 p. 100),la Hollande (7,30 p. 100); les principaux produits importés sont le hareng et le maquereau mariné (14 p. 100 et 16,50 p. 100 la sardine). Le hareng vient surtout de Hollande, de Suède et d’Angleterre, le maquereau d’Angleterre et du Canada (14,5 p. 100), les sardines sont en général de provenance française. Les exportations sont surtout dirigées vers l’Angleterre (32,3 p. 100), Haïti (15,3 p. 100), l’Allemagne (10,3 p. 100) et consistent en conserves de saumon (24 p. 100) (Angleterre), morue salée (16,5 p. 100) principalement (l’Amérique du Nord), huîtres (16 p. 100) (l’Angleterre).
- (1) A Revicw of thc foreign fishcry-trade of the United States by Charles H. Stewenson. U. S. Commission fish and fîsheries. Report of the Commissioner, part XX. Washington Government Printing Office, 1896.
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- l’exposition DES PÊCHES MARITIMES A BERGEN. 1301
- SECTION JAPONAISE
- La section Japonaise comprenait, de même, une exposition officielle des collections et des modèles provenant des musées de l’Etat et une exposition très intéressante de produits industriels; quoique ne possédant qu’un emplacement assez restreint, cette petite section très originalement décorée et fort bien installée était des plus curieuses à visiter.
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR l’iNDUSTRIE DE LA PÊCHE AU JAPON
- L’industrie de la pêche au Japon est des plus importantes, elle occupe 2 000 000 de personnes et la valeur des produits peut atteindre environ 100 000 000 de francs. D’après le Dr Kishinouye, commissaire général de la section Japonaise, et membre du bureau impérial des pêches de Tokyo, ces produits
- seraient ainsi répartis : Kilog. Valeur en francs.
- Sardine 204000 000 25 000000
- Bonites . . 34 000 000 Il 000000
- Tai 17 700 000 9 000 000
- Thon et pelomides 29 800 000 8 500000
- Maquereau '. 25 300 000 5 000 000
- Poissons plats 14 000 000 2 000000
- Ayu 2210 000 1 500 000
- Saumon . 2140 000 1200000
- Morue 5 600000 600000
- Hareng 74 500 000 500 000
- Espèces diverses » 3 600 000
- Mollusques )) 2 600 000
- Crustacés )) 5 000000
- Holoturie. » 500000
- Baleines, dauphins, phoques, etc.. . » 1000000
- Total )) 77 000 000
- A ces chiffres, il faut ajouter la pêche dans le Hokkaido dont l’importance est d’environ 28 000 000 de francs :
- Francs.
- Hareng .... 18300000
- Saumon .... 3400000
- Sardine .... 700000
- Morue .... 500000
- Mollusques .... 1 400000
- Holoturie .... 200000
- Algues .... 2100000
- Divers .... 400000
- Total............. 28 000 000
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- COMMERCE.
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- PÈCHE DE LA SARDINE
- La sardine (Glupea melanosticta, iwashi), est Je poisson dont la capture présente le plus d’importance. Elle arrive sur les côtes du Japon en bancs énormes et sa pêche se pratique tout le long des côtes avec les engins les plus divers : seines, filets dérivants, filets à poches, filets-bourses, filets fixes et même avec des lignes dans certains districts. — Les sardines sont séchées ou transformées en engrais après en avoir extrait l’huile (1). L’industrie des conserves de sardines à l’huile ou fumées prend chaque jour un plus grand développement.
- PÊCHE DE LA BONITE
- Les poissons compris sous ce nom renferment un certain nombre d’espèces de scombroïdes dont le principal est au Japon le Thymuspelamys (J. Katsuwo), et YAuxis tapienosoma (J. Soda-gatsuwa). — La ligne volante est l’engin principal qui sert à la capture des bonites, car ce poisson se trouve dans des fonds rocheux ou les filets sont d’un usage peu avantageux ; la boette est souvent remplacée par un poisson artificiel imitant la sardine. Dans ce dernier cas, on jette de la sardine hachée à la mer, pour troubler l’eau de manière à masquer la vue de l’hameçon.
- Les neuf dixièmes du produit de la pêche sont préparés en salaisons, le reste est mariné à l’huile ou encore fumé. La bonite fumée est même un plat national. Pour effectuer cette préparation, on fend le poisson longitudinalement le long de l’arête dorsale, et en travers par le milieu, on enlève les intestins, la queue, la tête, les arêtes et les nageoires; on fait ensuite bouillir le poisson ainsi habillé, on le soumet ensuite à une légère fumigation et à un séchage à l’air; on racle ensuite les morceaux de bonites et on leur fait subir une seconde fumigation. On prépare également de la farine de bonite qui sert à faire une excellente soupe. Cette farine se prépare en râpant le poisson séché.
- PÈCHE DU TAl
- Le Tai (Pagrus), comporte quatre espèces différentes : P. tumifrons (J. Ha-naore dai), P. cardinalis (J. hasuko dai), P. major, P. mber.
- C’est un poisson de fond, que l’on capture à l’aide de palangres, de lignes à main et de filets de diverses sortes, des seines principalement. Les hameçons employés dans les lignes de fond sont en cuivre, et dans certaines localités ne possèdent pas d’ardillon de manière à moins détériorer le poisson.
- (1) Exportation : 1 2o0 000 kilogrammes.
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- l’exposition DES PÊCHES MARITIMES A BERGEN.
- 1303
- Le tai est consommé frais, salé, séché, ou en conserve. — Le tai salé est très estimé; la production annuelle de ce produit dépasse 10 000 caisses, dont le prix atteint 25 francs les 50 kilogrammes environ. — Le tai est aussi mélang'é avec certaines espèces d’algues, quelques condiments, des œufs et de la farine, de manière à faire une sorte de poudding. La farine de tai est très estimée.
- PÈCHE DU MAQUEREAU
- Sur les plages peu profondes, on capture le maquereau (Scomber Colias) (J. Sœba), avec des seines, après l’avoir attiré la nuit avec des torches. — En haute mer, on emploie des palangres flottant entre deux eaux; celles-ci ont jusqu’à 1 000 mètres de long. Une ligne à main (bishi) assez curieuse se compose d’une cordelette d’environ 100 mètres terminée par une pièce en cuivre en forme de boucle à laquelle est fixé un plomb qui sert de lest et un garde-manger renfermant la boette; les hameçons sont fixés par l’intermédiaire d’avançons en crin de Florence aux deux autres extrémités de la boucle.
- Un filet tout spécial est aussi en usage, il est de forme carrée et présente une poche en son milieu. On le maintient étendu au-dessous de l’eau au moyen de cordes portées par deux embarcations, puis, à l’aide de torches, on attire le maquereau sur l’emplacement qu’il occupe. Quand le banc s’y trouve rassemblé, les bateaux rament l’un vers l’autre en rentrant à bord le filet, le maquereau se trouve ainsi enfermé dans la poche.
- Le maquereau est préparé de diverses manières : on en fait des conserves, on le sale ou on le sèche. Le maquereau salé est envoyé sur le marché dans des barils de différentes dimensions, contenant de 10 à 20 poissons et pesant de 5 à 10 kilogrammes; ces barils valent de 1 à 2 yen (5 à 10 francs).
- PÈCHE DU THON
- Deux espèces de thon sont capturées au Japon. Le Thymus sibi et le T. albacora. On pêche le thon surtout avec des palangres. Ces cordes ont jusqu’à 500 mètres de long et portent des avançons de 1m,50 auxquels sont fixés les hameçons, deux bateaux montés par 8 à 9 hommes emportent 12 baquets de cordes. Lorsque ces lignes sont mises à l’eau elles sont lestées de distance en distance par des pierres et maintenues flottantes par des morceaux de bambou portant un drapeau, cette disposition permet de reconnaître le moment où le thon vient mordre à l’hameçon. Dans les environs de Tokyo, on fait aussi usage de filets dérivants.
- On emploie aussi sur la côte des parcs très ingénieusement combinés; ils sont formés d’une enceinte en forme de coupe et d’un bras conducteur qui s’avance
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- perpendiculairement à la côte sur une longueur de 400 mètres environ. Deux veilleurs sont placés sur la grève dans un poste élevé. Lorsque le poisson a pénétré dans la coupe en suivant la barrière, ils l’enferment à l’intérieur du parc en fermant l’entrée de la coupe.
- Le thon est généralement mangé à l’état frais. Il est aussi fumé, salé ou séché, comme nous l’avons indiqué pour la bonite ou encore préparé en conserves à l’huile suivant les méthodes européennes.
- PÊCHE DE LA MORUE
- Deux espèces de morue sont capturées sur les côtes du Japon, le Gadus brandti (J. Tara) et le G. chalcogramus (J. Suketo dara).
- La pêche de la morue est surtout pratiquée en janvier et en février lorsque le poisson vient près de terre pour frayer. — Les engins employés sont la ligne à main et les palangres, et aussi le filet de fond. A Hokkaido on emploie pour la pêche de la morue exclusivement le chalut. — La morue est mangée fraîche, ou encore préparée en klippfisk ou en stockfisk. La production annuelle de ces produits préparés est d’environ 400 000 kilogrammes représentant une valeur de 25 francs environ les 50 kilogrammes.
- PÊCHE DES POISSONS PLATS
- Les eaux japonaises sont assez riches en poissons plats de différentes espèces, que l’on capture comme chez nous aux lignes ou aux filets traînés; un de ces derniers engins ressemble tout à fait au guangui, à la voile, employé par nos pêcheurs dans la Méditerranée; ce filet n’est traîné que par un seul bateau et la poche est maintenue ouverte au moyen d’une perche.
- Les poissons plats sont généralement mangés à l’état frais, cependant une certaine quantité d’entre eux sont pressés pour en extraire l’huile et séchés ensuite.
- PÊCHE DU SAUMON
- La pêche du saumon est surtout pratiquée dans la partie nord du Japon et dans l’île d'Hokkaido; on emploie, pour sa capture, des filets fixes, et des parcs de différentes formes, sur lesquels il serait trop long de s’étendre ici.
- Le saumon est vendu à l’état frais, salé, fumé ou conservé en boîtes (1). Le saumon salé est la préparation la plus usuellement employée.
- (1) Cette dernière industrie est des plus importantes : à l’heure actuelle, le saumon ainsi préparé est exporté en France.
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- PÊCHE DE L’AYU
- L’ayu (Plecoglossus allivelis) est très estimé parmi les poissons d’eaux douces; on le pêche à la ligne volante : à la mouche artificielle, ou à l’aide d’appâts naturels. Une méthode très originale de capturer ce poisson est celle dite des cormorans. Un certain nombre de ces oiseaux, environ 12 par homme, sont attachés par des cordes à un bateau, et sont employés à pêcher le poisson; lorsque les cormorans ont cinq à six poissons dans leur gosier, on les amène dans le bateau en tirant sur la corde qui les retient et on leur fait rendre leur proie en leur pressant sur la gorge.
- L’ayu est un mets fort estimé à l’état frais, mais on le conserve aussi bouilli et séché au four, ou mariné dans le saké (le saké est un suc que l’on produit au Japon par la fermentation du riz). Le poisson, dans ce dernier cas, est conservé en entier avec sa rogue ou sa laitance. Cette préparation est très estimée. Un seul poisson ainsi préparé vaut environ 3 francs.
- PÊCHE DU HARENG
- Le hareng (Clujiea harengus) (J. Nishin) est capturé dans toutes les parties du Japon vers le commencement de l’été, mais les côtes ouest d’Ilokkaïdo sont surtout les plus poissonneuses. On le pêche avec des filets fixes ou dérivants, et aussi dans des parcs.
- Le hareng est salé en baril, ou bien encore fumé par les méthodes allemandes. Le prix d’un baril contenant 100 harengs ainsi préparés est d’environ 10 francs. A Hokkaïdo le hareng est vidé et séché sur des échafaudages, la tête et les arêtes qui ont été enlevées sont vendues comme engrais.
- Enfin une très grande quantité (surtout à Hokkaïdo) sert à faire de l’huile et donne comme résidu un engrais estimé. Le prix de celui-ci est encore assez élevé, environ 20 francs les 100 kilogrammes. La production d’huile est d’environ 9 millions de kilogrammes par an. Cette huile est très recherchée et exportée en grande quantité.
- MOLLUSQUES ET CRUSTACÉS, HOLOTHURIES
- Divers mollusques cultivés au Japon sont mangés à l’état cru ou conservés en boîte (Avicula martensii; Cardium japonicum); d’autres sont capturés pour leur nacre ou les perles qu’ils renferment.
- Un certain nombre de crustacés, dont le plus important est le Palinùrus japo-mens, sont capturés à l’aide de casiers, de dragues, ou de pièges de diverses formes. Le Palimtrus japoniens est bouilli et mis en boîte comme nos homards. Un grand nombre de petits crustacés sont conservés dans du vinaigre.
- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Septembre 1899. 85
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- COMMERCE.
- SEPTEMBRE 4899.
- Enfin, plusieurs espaces d’iioloturies, en particulier le 1repan, sont l’objet de préparations particulières, destinées surtout à l’exportation en Chine.
- UTILISATION DES ALGUES
- Les Japonais tirent un grand parti des différentes sortes d’algues, qui poussent sur les fonds côtiers dans certaines parties du pays. L’amanori (Por-pZnjra vidgaris) pousse près des embouchures dos rivières et est cultivée sur une grande échelle dans la baie de Tokio. La récolte de cette algue se fait en automne, à l’aide de branches de bambou qui servent à l’arracher des fonds où elle pousse. Cette algue est séchée au soleil enlrc deux feuilles de papier, et constitue, ainsi préparée, un produit (asakusa-nori) très estimé. Cette algue sert aussi comme condiment dans diverses préparations culinaires ou bien encore est consommée à l’état naturel, après une légère cuisson.
- Le Tengusa (Geledium corneum) vit sur les fonds rocheux, à une profondeur de 3 à 40 mètres. On ne la trouve jamais dans les baies qui ne sont pas en communication très ouverte avec l’océan. On la récolte en été, et on fait avec elle une gelée dont on se sert soit comme assaisonnement, soit comme matière première dans la préparation de la colle. On s’en sert aussi pour purifier le saké (sorte de vin préparé par la fermentation du riz). L’exportation de cette gelée a largement augmenté dans ces dernières années ; elle atteint environ 3 millions de francs.
- Les funori (Glœnopeltis coliformis et G. intricata) sont employés par les fabriques de colle.
- CHASSE A LA BALEINE. ---- CAPTURE DES TORTUES
- La chasse à la baleine et à divers cétacés (Balœna japonica; Megaptera boops; Balœnoptcra artica) fait l’objet d’une industrie active, dont les procédés sont analogues à ceux que nous avons déjà décrits. — Dans certains districts la capture du dauphin (Delphinus longirostris) est pratiquée au moyen de seines par une manœuvre tout à fait analogue à celle que nous avons décrite pour la pèche du hareng en Norvège. — L’huile do baleine, le spermaceti, la cire ou l’huile des divers autres cétacés, sont les produits fournis par cette industrie.
- La capture de la tortue occupe un grand nombre de personnes dans toutes les parties du pays; la chair de cet animal étant hautement appréciée pour son goût et sa saveur toute spéciale. Certaines espèces, en particulier le Tryomx j aponie ns, font même l’objet d’une culture importante, et il existe un certain nombre de véritables fermes pour l’élevage des tortues en certains points du Japon.
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- La chair de la tortue est généralement consommée à l’état frais, mais elle est aussi conservée en boîtes destinées principalement à l’exportation.
- ÉTUDE PARTICULIÈRE DES OBJETS EXPOSÉS
- Les collections très complètes exposées par l’Etat permettaient de se rendre compte du fonctionnement des divers engins de pêche que nous avons décrits et nous montraient des types fort curieux des embarcations et des navires en usage au Japon. L’exposition des produits industriels comprenait des conserves de saumon, d’huîtres et de tortues, de l’huile de sardine, de hareng, de morue, de la colle et de la gelée d’algue; tous ces produits fort bien préparés et vendus à un prix généralement bas. Les filets de soie et de coton nous ont paru tout à fait remarquables, et également d’un prix peu élevé. Nous devons signaler enfin une collection de mouches artificielles pour la pêche à la ligne tout à fait hors de pair.
- La section scientifique comprenait d’intéressantes collections, et un certain nombre d’ouvrages et de publications, soit en japonais, soit en anglais.
- SECTION RUSSE
- L’État avait exposé à Bergen de très belles collections d’engins de pêche et toute une série de documents très intéressants. Les cosaques de l’Oural et diverses sociétés particulières avaient de même envoyé des modèles fort curieux. L’ensemble de ces objets permettait de se rendre compte de la manière dont s’exercent les différentes pêches en Russie.
- Ces documents et les renseignements qui m’ont été fournis par M. le Dr 0., de Grimm, commissaire général de la section russe à l’exposition de Bergen, M. Bo-rodine, commissaire général des pêcheries de l’Oural, MM. de Kuhne et Hulsen, commissaires adjoints, m’ont beaucoup facilité le compte rendu de la section russe que je donne ici.
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR l’iNDIISTRIE DE LA PÊCHE EN RUSSIE
- La pêche est en Russie une industrie des plus importantes. Son produit annuel, d’après M. I. D. Kusnetzow (2), atteint environ 1 112 202 000 kilogrammes,
- (1) lOOmillions de francs par an.
- (2) Fiseherei und Thiererbeutung in den gewàssern Russlands. Saint-Pétersbourg, 1898.
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- COMMERCE.
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- représentant une valeur d’environ 900 millions de francs, ainsi répartis entre les principales pêches :
- Kilo-?.
- Esturgeons..................................... 84 398 000
- Salmonidés..................................... 48 864 000
- Cyprinides et percoïdes..................... 769 860 000
- Clupéides : Lacs............................ 136040000
- — Mer...................................... 24 370 000
- Divers poissons de mer......................... 40 980 000
- — d’eau douce................. 63 320000
- 1 112 202 000
- PÈCHE DES DIFFÉRENTES ESPÈCES
- Les 'percoïdes et les cyprinides donnent lieu à la pêche la plus importante. La perche (Perça fluviatilis) est capturée dans toute les rivières de la Russie et aussi dans les eaux saumâtres de la mer Caspienne, de la mer d’Azoff et de la Baltique. La gremille (Acerina cernua), se trouve aussi dans presque toutes les rivières, à l’exception toutefois de celles qui viennent se jeter dans le sud de la mer Caspienne. Ces deux poissons sont capturés à l’état de frai avec des filets de filoselle séchés; — ils constituent une préparation toute spéciale que l’on appelle Soosh.
- Le sandre (Lacioperca Sandra) (R. Soodak), quoique vivant dans toutes les rivières, est capturé surtout dans le bassin de la mer Caspienne, ce poisson est l’objet d’un commerce important et les œufs servent à préparer un caviar spécial qui, avec celui de la brème et du gardon de la Caspienne, est connu sous le nom de tchastikovi caviar (littéralement caviar des poissons à écailles).
- La carpe (Cyprinus carpio), le gardon (Leusiscus rutilas), qui, séché, constitue un mets national très estimé, dont la demande et le prix augmentent tous les ans. Le taron de la mer Noire (Leusiscus Kecketii), la brème bleue (Abramis ballerus)1 la brème (Abramis brama. Lesch.) sont les principaux cyprinides capturés, on les consomme à l’état frais ou surtout à l’état, de salaison.
- Les salmonidés sont représentés par le saumon (Salmo salar) et le saumon de la Caspienne [S. Caspius. Kessl.), l’éperlan (Osmerus eperlanus), le saumon blanc (Coregonus Leucichthys), qui se trouve dans la Volga et l’Oural et dont la valeur est la plus grande et enfin par un grand nombre de différentes variétés de coregones (R. Sig.) [Coregonus albula, C. Nilssoni, C. lavaretus, C. maræna, C. muscun,o\e.). Ce dernier [C. muscun) ou coregone de Sibérie, est principalement envoyé sur le marché de Saint-Pétersbourg où il est très estimé.
- Les espèces d'esturgeons sont nombreuses en Russie : d’abord le sterlet [Acipenser ruthenus), qui se trouve dans presque toutes les rivières tributaires de
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- la mer Noire et de la mer Caspienne, et aussi dans les rivières de Sibérie, tributaires de l’océan Glacial arctique, en particulier dans l’Irtish; puis l’esturgeon de l’est [A. Guidenstàdtiï) qui se trouve dans les mêmes endroits que le sterlet, mais plus près de l’embouchure des rivières, et qui s’aventure plus loin en mer. — Cette espèce offre des individus de 2m,70 pesant jusqu’à 260 kilogrammes, mais la moyenne de la taille est lm,80 et le poids de 30 kilogrammes. — L’esturgeon de l’ouest (^4. sturio), qui se trouve surtout dans la mer Baltique, le sevruga [A. stellatus), dont les individus pèsent environ 15 à 20 kilogrammes, le gros esturgeon (A. huso) ou béluga, — certains individus de cette espèce qui ont été capturés en 1869 pesaient 2 760 livres (1). La moyenne de leur poids est en général de 150 à 200 kilogrammes. — L’esturgeon se vend frais, ou conservé de diverses manières, et ses œufs servent, comme nous le verrons, à préparer diverses sortes de caviar.
- Les principaux clupéides sont l’alose de la mer Caspienne (Alosa caspica) qui, à l’état de salaison, constitue un commerce très important (environ 140 millions de kilogrammes par an), et le hareng (Clupea harengus), qui est capturé dans la mer Baltique et la mer Blanche : le hareng de la Baltique est particulièrement petit et connu sous le nom de salaka.
- Citons encore le silure (Silurus glanis), capturé dans le bassin de la mer Noire et de la Caspienne, et dont les individus peuvent peser jusqu’à 160 kilogrammes, leur moyenne étant de 30 à 50 kilogrammes, et la lamproie (Petromy-son fluviatilis) capturée dans la mer Noire et la mer du Nord avec une autre espèce qui se trouve dans la mer Caspienne (P. Wagneri); la première est généralement marinée, la seconde sert en grande partie à faire de l’huile.
- ENGTNS EN USAGE
- Les engins usités dans la capture de ces différentes sortes de poissons sont des plus nombreux ; ils étaient représentés à Bergen par une fort belle collection de modèles et de gravures ; on peut dire que toutes les formes possibles s’y retrouvent, depuis les plus simples jusqu’aux plus compliquées. Les lignes à main, sauf certaines exceptions, ne sont guère employées que pour la pêche de sport; on se sert cependant de lignes appelées podlednik pour la pêche sous la glace dans la Volga. Les Cosaques de l’Oural emploient aussi des crochets en forme d’hameçon montés sur des perches de différentes tailles; ils leur impriment un mouvement de va-et-vient de telle sorte que les poissons sont piqués par une partie quelconque du corps et ainsi capturés.
- Cette pêche se pratique pendant l’hiver dans la partie supérieure du cours
- (1) Dr O. Grimm, Fishing and hunting in Russian Waters. Saint-Pétersbourg, 1883.
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- de la rivière, elle est appelée ùagrenie, du nom de l’engin que nous venons de 'décrire. C’est à Uralsk que se réunit Vannée des pécheurs (1) sous le commandement du général des Cosaques ou alatnan; au jour indiqué cette troupe se rend sur les bords de la rivière à l’endroit indiqué par l’ataman, et à un coup de canon tiré sur son ordre, la pèche commence. Les pécheurs, chaudement vêtus, de vêtements imperméables, portant de grandes bottes et des gants spéciaux, sont
- Fig. i."i. — Pèche d'hiver des Cosaques de l'Oural (gravure extraite du livre de M. llorodiue : The Vrai Cossacks and theïr fisheries).
- pourvus de deux crochets d’inégales dimensions montés sur un manche, qui leur permettent de capturer le poisson lorsqu’il se tient tout à fait au fond ou lorsqu’il se rapproche de la surface. Les pêcheurs se répartissent (fig. 45) par groupes de 6 à 20 hommes pour pouvoir se réunir lorsqu’un poisson est capturé, afin de le hisser jusqu’à la surface. Environ 10 000 hommes participent à cette pêche dont le produit allèrent à chaque pêcheur est des plus variables.
- Pendant l’automne, les Cosaques de l’Oural se livrent à la pêche dans la partie
- (1) The lirai Cosxacks and their fisheries, by Borodine.
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- basse de la rivière. C’est vers le 17 septembre que l’ataman rassemble l’armée de pêche sur les bords de l’Oural, les Cosaques arrivent à son appel, portant leurs petits bateaux à deux places appelés boudara sur une voiture traînée par des dromadaires. Le matin du jour où doit commencer la pêche, la rivière présente un coup d’œil des plus curieux; sur les berges sont alignés les bateaux au nombre d’environ 3 000, et derrière eux se trouve toute l’armée des pêcheurs attendant le coup de canon qui donnera le signal de l’ouverture de la pêche. Celui-ci donné, ils mettent à l’eau leurs embarcations et font force de rames vers les points qui leur semblent plus particulièrement favorables. Les engins qu’ils emploient sont surtout de petites seines qui leur servent à capturer principalement l’esturgeon, la carpe, le silure. Ils cheminent ainsi en descendant la rivière, faisant 20 à 24 milles par jour. Le produit de cette pêche d’automne s’élève à environ de 29 000 000 à 31000 000 de kilogrammes, dont 100 000 kilogrammes d’esturgeon, produisant 10 000 kilogrammes de caviar. Suivant cette armée de pêcheurs, se trouve également une autre armée de négociants acheteurs de poissons ou vendeurs de provisions, accompagnés d’innombrables voitures.
- Ces quelques indications données, revenons à notre étude d’ensemble sur les engins de pêche, en mentionnant comme dernière application de l’hameçon une ligne particulière servant à capturer le saumon blanc sous la glace. Cette ligne est portée par une canne pouvant tourner autour d’un axe situé sur son extrémité libre, et muni à ce bout d’un contrepoids; un trou d’un mètre environ est fait dans la glace pour disposer cet engin et l’hameçon est mis à l’eau à cet endroit. Lorsqu’un poisson vient tirer sur l’hameçon, le contrepoids relève la ligne, entraînant le poisson qui se trouve enlevé et précipité sur la glace.
- Nous passons sous silence les harpons et les fourchettes employés comme chez nous à diverses captures, et nous arrivons aux filets.
- Les filets sont les engins le plus communément employés, ils sont de formes les plus diverses: filets à main, en forme d’épervier ou d’épuisette, ou de lanet; filets fixes verticaux disposés le long des rives, killenot des Norvégiens pour capturer le saumon de la Baltique, filets de fond, que l’on retire lorsqu’un banc de poissons vient à passer au-dessus d’eux, filets dérivants, et enfin les filets traînés de toutes espèces, seines grandes et petites, et des engins tout spéciaux formés de deux ailes et d’une poche analogue aux filets-bœufs employés dans la Méditerranée.
- PRÉPARATION DES PRODUITS
- La plus grande partie des produits de pêche est consommée dans le pays, soit à l’état frais, soit sous diverses préparations. Le poisson vivant qui arrive au
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- COMMERCE.
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- marché des grandes villes est transporté par de grandes barques munies de viviers, ou même simplement par de grands chalands dont une partie de la coque est construite à claire-voie. Sur les grands lleuves, sur la Volga en particulier, les espèces les plus estimées, comme la carpe, le sandre, sont aussi transportées à l’état vivant jusqu’aux factoreries où se fera leur préparation ultérieure.
- Une industrie qui prend tous les jours une extension plus grande est celle du poisson gelé. L’hiver, dans la partie nord et est de la Russie, le climat est suffisamment rigoureux pour effectuer cette opération sans le secours d’aucun procédé industriel, et le poisson, ainsi glacé et emballé d’une manière spéciale, est transporté jusqu’aux principaux centres de consommation. Dans le sud de la Russie, le poisson est emballé avec de la glace, où refroidi dans des chambres réfrigérantes et transporté ainsi dans des wagons spéciaux — encore en petit nombre cependant — sur les lignes de chemin de fer.
- L’été, le transport du poisson frais, même emballé dans de la glace, est rendu assez difficile par la température élevée qui règne dans certaines parties de la Russie, et pour le conserver on emploie différents procédés : le séchage à l'air ou dans des fours spéciaux, le séchage après une salaison préalable ( Wjalennaja Byba) sont les procédés généralement employés. Les petites espèces sont conservées sans être vidées; les plus grandes, au contraire, sont habillées et même coupées en morceaux, de différentes formes ou dimensions, suivant les marchés auxquels ces produits sont destinés.
- La conservation par salaison seule est aussi très usitée, soit que le poisson marine dans la saumure, soit qu’au contraire il soit disposé dans des tonneaux percés pour laisser écouler celle-ci. Dans les grandes villes on fume également certaines espèces dans des fours spéciaux.
- Le marinage en saumure épicée ou dans divers autres condiments, comme le vinaigre, est surtout usité pour la lamproie.
- L’industrie des conserves se développe de plus en plus, et dans la section russe les préparations qui y figuraient ont obtenu les plus hautes récompenses, nous avons pu nous assurer par nous-mêmes d’ailleurs de leur excellent goût et de leur parfaite préparation. Ajoutons tout de suite que diverses écoles existent en Russie, notamment en Sibérie, pour enseigner la fabrication des conserves.
- Nous ne nous arrêterons pas à décrire diverses préparations toutes spéciales consommées par les habitants de certains districts et dont certaines, plus ou moins fermentées, rappellent le hareng surstroming des Suédois; cependant nous mentionnerons un pâté de saumon tout spécial fait sans farine, avec, comme seuls ingrédients, la laitance et la rogue de ce poisson.
- La préparation des sous-produits est fort avancée en Russie ; citons, au nombre des principales, la fabrication d.es Balyhi, des différents caviars, de la Wjcisiga, de la colle de poisson (rybij klei), de l’huile et de l’engrais de poisson.
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- Les balyki sont faits avec Jes parties grasses et charnues de la chair des esturgeons ou de certaines espèces de saumon, on les met à macérer pendant deux semaines dans une saumure additionnée de salpêtre et do différents autres condiments et épices, puis, après les avoir rincés, on les suspend sur des tréteaux élevés recouverts d’une toiture, pendant environ un mois. Suivant leur origine, ces balyki portent différents noms : tjeschki, pupki, etc. Les balyki du saumon blanc sont encore fumés après leur séchage, on les appelle prowessny balik.
- Le caviar est la préparation la plus connue; pour l’obtenir, on fait passer les rognes sur un tamis pour séparer les œufs. Le produit ainsi recueilli s’appelle le caviar frais. C’est le plus estimé, le plus cher et le moins facile à conserver, on l’emballe dans de petites caisses en fer-blanc après l’avoir saupoudré de sel lin (0ks,500 à 0k»,700 de sel par 16 kilogrammes de caviar). Ces caisses sont ensuite entourées de glace et enfermées dans des caisses plus grandes, c’est ainsi qu’il est expédié jusqu’aux centres de consommation. Le caviar de Varsovie s’obtient en salant plus fortement le caviar frais (1 à 2ks,5 par 16 kilogrammes de caviar) et en le recouvrant une fois mis en caisse d’une couche de sel fondu, cette préparation se conserve bien mieux que la précédente et supporte de longs transports; on l’expédie jusqu’à Vienne et à Varsovie. Enfin le caviar pressé se prépare en projetant le caviar frais dans une saumure chaude où il est cuit pendant quelques instants ; la masse refroidie est passée au crible, puis le produit est enfermé dans de petits sacs et passé à la presse.
- Le caviar rouge, ou caviar des saumons et des corregones, est conservé par simple salaison, il est généralement consommé sur les lieux de production. Celui des carpes et du sandre, conservé d’une façon analogue, est exporté d’As-trakan dans toute l’Europe orientale.
- Le Wjasiga est préparé avec la partie cartilagineuse de l’esturgon, on l’obtient en faisant sécher cette partie après l’avoir pressée, on l’emballe ensuite, après l’avoir humectée pour la rendre plus friable, en ballots de 400 kg. environ, qui sont expédiés partout en Russie, cet aliment étant très estimé.
- Nous ne parlons que pour mémoire de la colle de poisson dont la fabrication ne présente rien de bien particulier. L’huile se fabrique avec les déchets et les poissons pourris, on fait bouillir ceux-ci et on les passe à la presse; on obtient ainsi une huile brute et un tourteau qui, concassé et séché, fournit l’engrais de poisson.
- La plus grande partie de tous ces produits est, comme nous l’avons dit, consommée dans le pays même; la Russie reçoit en outre de l’étranger une quantité assez grande de poisson salé ou séché. En 1895, la Russie a exporté : 213 391 puds (1) de poisson frais (3480613 kg.), représentant une valeur de 1 080 124
- (1) Le pud vaut 16 kg. 38.
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- COMMERCE.
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- roubles, en Allemagne (67,7 p. 100), en Autriche (23 p. 100) et en Roumanie (9,83 p. 100), 2 791 pnds de caviar représentant une valeur de 1 080 124 roubles, en Allemagne principalement (46 p. 100) et enfin 613 280 pnds de salaisons valant 1 823 798 roubles, principalement en Roumanie.
- Les importations sont constituées, comme nous Lavons dit, par du poisson salé ou séché; ces salaisons proviennent de l’Angleterre (47,4 p. 100), de la Suède et de la Norvège (37,6 p. 100); de l’Allemagne (12,3 p. 100) et de divers pays
- (2,3 p. 100).
- Le tableau suivant donne, d’après M. Kuznetzow, à qui ces renseignements sont empruntés, la valeur et l’importance de l’exportation des produits de pêche en 1893 :
- Exportation.
- Pnds. Roubles.
- Caviar rouge . . . 172 263 323 301
- Autre caviar . . . 23 791 1 442 008
- Poisson frais . . . 213 391 1 080 124
- — mariné . . . 290 2 638
- Hareng salé ou fumé . . . 6 733 23 631
- Autres poissons — . . . 613 280 1 823 798
- Total ... 1 031 730 4 899 720
- Huile de foie . . . 19 873 39 786
- — de poisson ... 4 927 36 924
- Colle d’esturgeon ... 3 303 339 341
- — d’autres poissons .... . . . 3 037 111 689
- Total................. 33 162 327 740
- Importation.
- Puds. Roubles.
- Poisson frais (turbot, soles, grondins). 1 683 5 871
- Autre poisson frais 276 606 876 141
- Poisson mariné à l'huile et caviar. . . 104 331 1 432 430
- Poisson salé ou fumé Hareng, morue, et aul res poissons salés 302 410 717 070
- ou séchés 7 021 410 9 780 238
- Total 8 703 937 13 497 841
- Huîtres, crustacés 6 343 144165
- Colle, gélatine . • 6 760 175 843
- Arêtes de poisson 3 038 124 468
- Éponges 2 725 38 723
- Huile, etc 21 813 92 829
- Total 40 899 596 028
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- CHASSE AUX ANIMAUX MARINS
- La chasse aux animaux marins, la loutre de mer, l’ours blanc, le phoque, Ja baleine, le morse, etc., est en Russie la source d’importants revenus. Nous 11e faisons que mentionner ici cette partie annexe de l’industrie des pêches, renvoyant aux ouvrages de MM. O. de Grimm ou Kuznetzow dont nous avons déjà parlé, qui contiennent sur cette question des renseignements intéressants.
- ÉTUDE PARTICULIÈRE DES OBJETS EXPOSÉS
- A l’exposition de Rergen, un certain nombre des produits spéciaux que nous avons décrits étaient représentés, en particulier le caviar frais ou pressé. Les conserves des nombreuses marques exposées nous ont paru de toute première qualité. Il est certain, d’ailleurs, qu’avec l’abondance des eaux russes en poisson de toute espèce, cette industrie va se développer chaque jour davantage et pourra bientôt concurrencer très sérieusement, sur les divers marchés, les produits analogues des autres pays.
- Les salaisons étaient en petit nombre, mais celles qui figuraient dans la Section étaient tout à fait remarquables par leur préparation et leur bon goût.
- L’exposition des frères Ssposwhnikow d’Astrakan mérite à cet égard une mention toute spéciale. Elle formait une encyclopédie fort instructive, nous permettant d’assister aux diverses opérations que subit le poisson depuis sa capture jusqu’à son expédition sur les divers marchés. Aussitôt les engins relevés, le poisson est placé dans des viviers flottants formés par des barques à claire-voie, il est ainsi conduit jusqu’à la salerie située sur le bord même du fleuve. Là il est débarqué et habillé aussitôt sa mise à terre. Cette opération achevée, le poisson est descendu dans les sous-sols de l’usine, où existent un grand nombre de chambres refroidies à l’aide de caissons à glace. C’est dans ces chambres que s’effectue la salaison, le poisson y séjourne 4 à 5 jours, puis il est repris et mis en baril en couches serrées et bien régulières, on le dispose à plat ou plus généralement sur le dos. Les accessoires de cette industrie sont assez curieux : ainsi l’habillage est effectué par deux ouvriers vêtus d’un costume entièrement en cuir, ils sont à cheval sur un banc spécialement aménagé à cet effet, reçoivent le poisson, le préparent et le disposent dans une brouette à fond mobile qui le transporte aussitôt aux chambres froides; celles-ci étant en sous-sol, l’ouvrier qui conduit la brouette n’a qu’à faire basculer le fond de son appareil pour faire descendre le chargement. De cette manière les procédés de manutention étant fort bien réglés et très simplifiés, l’usine arrive à préparer 25 000 pièces par jour (carpes, brèmes, harengs, etc.).
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- COMMERCE.
- SEPTEMBRE 1899.
- Mentionnons, dans les autres classes de la Section, une fort belle exposition de cordages, et diverses expositions d’engins de sauvetage très intéressantes. Parmi ces derniers, nous avons tout particulièrement remarqué un petit canot à voile entièrement en liège, recouvert d’une forte toile peinte. Cette embarcation vogue très bien, et est tout à fait insubmersible; on peut la jeter du pont du navire sans aucune manœuvre; aussitôt à la mer, elle se redresse d’elle-même. Nous devons également une mention pour le matériel, engins, tentes-abris, canots, etc., exposé par la Société impériale de sauvetage. Ces deux expositions ont obtenu la plus haute récompense.
- La section scientifique était fort remarquable; elle comprenait de très belles collections, des cartes, des dessins, des livres exposés par B. de Depp, Borodine, 0. de Grimm, Weschniakoff, etc., les publications de la Société impériale russe de pêche et de pisciculture, de la Société impériale d’acclimatation, et enfin les modèles des stations de pisciculture de Nikolsk, de Ivowaltschukow et de Kirsch.
- SECTION FINLANDAISE
- La Finlande formait à l’exposition de Bergen une section séparée, comprenant des collections d’engins et de bateaux de pêche envoyés par le musée national d’Helsingfors et la Société de pêche de Finlande; des dessins et des publications techniques présentant un grand intérêt, et enfin des cartes très remarquables exposées par la station piscicole d’Evois.
- Quoique petite, cette section, fort bien présentée par le commissaire finlandais, M. 0. Sandmann, mérite une mention toute particulière.
- L’industrie des pêches en Finlande est très importante, et se développe chaque année. Le tableau suivant donne les quantités des produits de pêche importés et exportés par ce pays dans ces dernières années :
- EXPORTATION IMPORTATION
- en kilogrammes.
- Produits de pêche sous différentes préparations......................
- Conserves et caviar.
- Écrevisses vivantes
- 1893. . . . . 5 596 003 6 996 493
- 1894. . . . , . 6 328 071 4 739 493
- 1895. . . . . 7 048 018 4 690 088 (1
- 1893 . . 9 530 71 495
- 1894.. . 9 423 72 612
- 1895. . . 14 000 71 461
- 1893. . . . . 296 341 )>
- 1894. . . . . 343 793 »
- 1895. . . . . 445 088 »
- (t) Dans ce chiffre le poisson fumé ou salé rentre pour 3 500 877 kilogrammes.
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- l’exposition DES PÈCHES MARITIMES A BERGEN.
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- EXPORTATION IMPORTATION
- en kilog ranimes.
- 1893. . . . . » 9 518
- Homards, mollusques et divers. . 1894. . . . » 17 219
- 1895. . . . » 17 868
- Poisson préparé de diverses ma- 1893. . . . 2 040 000 1 417 008
- nières 1894. . . . 2 207 000 1 119 000
- 1895. . . . . 2 543 000 (1) 1 318 000 (2)
- ( 1893. . . . 135 000 190 000
- Conserves, caviar, crustacés, etc. 1894. . . . 153 000 258 000
- 1895. . . . 203 000 (3) 259 000 (4)
- SECTION FRANÇAISE
- La représentation de la France à l’exposition de Bergen présentait un grand intérêt. Il importait que nos pêcheurs, nos armateurs et nos industriels fussent engagés à se rendre à Bergen pour aller y étudier dans les galeries des différentes sections les procédés en usage dans les pays étrangers pour la capture, la préparation ou la conservation des produits de la mer. En second lieu, il importait aussi au plus haut degré que, dans cette exposition toute spéciale, la France fît connaître les produits de son industrie, et non pas seulement les produits de pêche, la Norvège étant à ce point de vue particulier le pays producteur par excellence, mais surtout les produits manufacturés servant à l’armement des bateaux de pêche : câbles, cordages, toile à voile, filets, instruments nautiques, et les matières premières: sel, huile d’olive, liège, lin, chanvre, etc., employées dans la préparation du poisson ou la fabrication des engins de capture. (Voir p. 1318 le tableau de l’importation en Norvège des divers produits se rapportant directement ou indirectement à l’industrie des pêches.)
- Comme nous l’avons montré dans cette communication, le pêcheur norvégien est dans la plupart des cas l’armateur de son navire, et presque toujours les engins de pêche sont sa propriété; il était donc intéressant de lui permettre de se rendre compte par lui-même de la qualité de la fabrication française et du prix de vente de nos objets manufacturés, comparaison tout à l’éloge de nos nationaux. Enfin dans un autre ordre d’idées il était aussi fort intéressant de montrer que la France mérite bien le titre de « nation généreuse » que lui donnent
- (1) Dont 1 948 000 pour la Russie.
- (2) Dont 138 000 pour la Russie.
- (3) Dont 123 000 pour la Russie.
- (4) Dont 259 000 pour la Russie.
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- Nature des produits importés en Norvège et se rapportant directement ou indirectement
- à, l’industrie des pêches.
- (D’après le bulletin de la Société l’Enseignement professionnel et (echniipie des pêches maritimes.)
- PAYS QUI IMPORTENT dp: S PRODUITS EN NORVÈGE À 'S. y r “ /. 7 Y. K y 1 S ~ < £ Y. c r A A o 5 •a -f. y; i: H y S ~ O T % ^ y — 5 k y o o y. A. E y, C y Ü g y Y H '= A: y * r* A. y A. A. - o A. ~ X A. y ~
- lui. kil. kil. liect. kil. kil. kil. kil. kil. kil. kil. kil. kii. kil. lui. lui.
- Suède. . 281 ISO .30 430 2 179 3 731 3 370 48 930 208 3 44 4 900 7 300 )) 277 74 )) 237
- Danemark .... 6 -17o W0 1 811 191 1 193 29 180 137 190 »» >» 16 4 780 1 323 300 336 )> 1 820
- Allemagne. . 3 4 190 1 129 684 02 ICI 66 320 ! 286 330 10 279 417 234 227 830 13 624 2 700 2 128 »» 7 1 812
- Hollande 12 830 304 1 G 40 680 904 430 »» »» » 2 410 1 123 »» 6 V 6 9
- Belgique » 42 3 )) 1 1 630 407 640 »» » >» 6 340 6 342 )) 100 ». » 106
- AnuleLeri o 11 9 800 341 371 123 463 67 270 2 871 820 13 644 4 233 18 214 39 270 31 936 100 179 120 11 8 860
- Franck. ..... » 11 162 )> 3 144 42 070 417 720 »» » 4 680 4 229 100 1 046 .» 1 25
- Portugal > ) )) 96 980 )) ». » » )) 232 360 2 320 »> )) )) )) »
- Espagne »> »> »' 190 017 1 770 120 » ». ». 30 330 400 »» »» » .» )> ,
- Italie »» 3 V, 738 000 14 100 » »» » >, 19 730 700 » )) „ », »
- Autriche »» » », » )) » )) » » >» »» 24 )) », 12
- l’uissie ...... ! 3 1 7 ! 0 » 80 640 20 80 »» .» 23 »» »» » » »» » 1
- Étal s-Unis .... 0 000 IGG ’> » 60 118 740 )) )) 4 » » > » » » F
- Totaux. . . G 70! 2o() 03 423 3 709 1 239 334 276 870 6 213 710 24 121 2 873 18 367 023 310 60 3 1 1 3 200 4 126 193 26 11 886
- Part de la France
- p. 100 O 17 O 0,2 15 6 O O O 0,7 6 3 25 O O 0,2
- dans ces importât. 1 (
- 1318 COMMERCE. -- SEPTEMBRE 189!).
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- l’exposition DES PÊCHES MARITIMES A BERGEN.
- 1319
- par ironie de malveillants voisins, et que dans notre pays les institutions propres à améliorer le sort des marins pêcheurs existent en grand nombre et sont florissantes.
- Sur la demande de M. le Ministre du Commerce, la Société /’Enseignement professionnel et technique des pêches maritimes prit l’initiative de la formation d’un Comité d’organisation chargé d’étudier les détails techniques de la préparation de cette exposition et de la représentation française à Bergen. Grâce au patronage de divers ministères et aux encouragements de toute nature recueillis par ce Comité (1), la France put occuper à Bergen le rang qu’elle méritait d’avoir; elle est arrivée la première sur la liste des récompenses, ayant obtenu pour ses nationaux le plus grand nombre de médailles et les plus hauts diplômes (2).
- Tableau indiquant la nature des récompenses obtenues à l’Exposition de Bergen
- par les diflérentes nations.
- S NORVÈGE SUÈDE DANEMARK FRANCE TUNISIE RUSSIE FINLANDE ÉTATS-UNIS JAPON DIVERS PAYS
- Diplômes d’honneur 7 2 1 10 2 10 1 5 1 4
- Diplômes hors cl. (Takke dipl.). . 4 7 2 44 2 11 2 16 )) 2
- Médailles d’or 31 14 16 26 2 9 2 15 10 6
- Médailles d’argent 56 23 17 23 )) 14 » 11 10 2
- Médailles de bronze 27 16 16 4 » 5 1 7 » 1
- Mentions honorables 20 42 13 5 » » 1 1 » ))
- Totaux. ..... 145 104 65 112 6 49 6 55 21 15
- Nous ne rentrerons pas dans l’examen détaillé de notre section, renvoyant aux rapports qui ont été publiés à ce sujet (3). Nous nous bornerons, comme nous l’avons fait pour les sections étrangères, à indiquer rapidement quelles sont les expositions qui ont plus particulièrement attiré l’attention.
- (1) Nous devons mentionner comme élément du succès de la participation française à Bergen l’appui de notre consul général à Christiania, M. Mimaut, et le concours si dévoué de M. A. W. Grève, notre consul de France à Bergen.
- (2) Le règlement de l’Exposition ne prévoyait pas de grand prix parmi les récompenses à décerner; c’est le diplôme d’honneur qui en a tenu lieu et n’a été décerné qu’aux maisons connues du monde entier pour la perfection de leur fabrication ou la qualité de leurs produits.
- (3) Rapport de M. de Bezaure, vice-consul de France à Christiania. Moniteur officiel du commerce, n° 810, p. 26. — Rapport adressé à M. le Ministre du Commerce par M. Pérard, commissaire général de la Section française. — Supplément au Bulletin de la Société VEnseignement 'professionnel et technique des pêches maritimes, n° 1 bis, 1899.
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- COMMERCE.
- SEPTEMBRE 1899.
- ÉTUDE PARTICULIÈRE DES OBJETS EXPOSÉS DANS LA SECTION
- Produits de ‘pêcha. — Dans la classe des produits de pèche, nos saleurs et nos mareyeurs n’étaient pas représentés à Bergen; il est vrai qu’ils n’y avaient pas grand intérêt. En revanche nos principales maisons de conserves de poissons y avaient exposé et ont obtenu les plus hautes récompenses. Grâce au concours de M. Sépé, l’ostréiculture occupait une place fort intéressante, l’industrie arca-chonnaise, en particulier, y était fort bien représentée : de nombreux échantillons de produits, et une collection de photographies, de cartes, de dessins et d’instruments, permettaient de se rendre un compte exact des procédés employés
- Fig. 46. — Détail d’uae caisse ostréophile (élévation).
- pour la culture du naissain et la récolte des huîtres dans le bassin d’Arcachon.
- Dans la Méditerranée, une exploitation ostréicole a été fondée à la Seyne par M. de Jouette, qui, par d’ingénieuses dispositions, a su vaincre les difficultés provenant de l’absence de marées dans cette région. Les figures 46 et 47 représentent le porc flottant de Balaguier (près la Seyne), et les divers aménagements de détail des caisses ostréophiles employées par M. de Jouette (1).
- Notre exposition de produits de prêche était complétée par de fort belles collections d’éponges, de coquilles nacrières, et d’échantillons de corail envoyés par diverses maisons algériennes.
- Bateaux de pêche et leur équipement. — Un certain nombre de modèles de bateaux de pêche et d’engins de capture exposés par les écoles de pêche ou par
- (1) Voir, au sujet de ce parc, Vostréiculture dans la Méditerranée, par M. de Jouette. La Seyne, 1898.
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- L EXPOSITION DES PÈCHES MARITIMES A BERGEN. 1321
- des armateurs, figuraient dans cette classe, mais cette collection était loin
- Parc flottant de M. de Jouette (vue d’ensemble).
- Fig. 47. — Détail d’une caisse ostréophile (plan).
- d’atteindre l’importance et de présenter le même intérêt que les encyclopédies
- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Septembre 1899. 86
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- COMMERCE. — SEPTEMBRE 1899.
- du môme genre qui étaient exposées dans les sections étrangères; cela se comprend d’ailleurs, puisqu’il n’existe pas dans notre pays des musées de pêche subventionnés parle gouvernement, comme ceux des Etats-Unis, de Suède, de Norvège, du Danemark, du Japon, de Russie, etc. En revanche, les expositions industrielles d’objets manufacturés, cordages, toile à voile, chaînes, engins de pêche, étaient nombreuses et fort belles.
- Un industriel de Saint-Just-en-Chaussée (Oise), M. Bonamy, exposait une
- Fig. 48. — Machine à fabriquer les filets, système Bonamy.
- machine fort curieuse, destinée à fabriquer les filets. Cet appareil (fig. 48) permet de réaliser mécaniquement des trames aussi solides que celles fabriquées à la main, le nœud de maillage qu’il confectionne étant celui qu’emploient les pêcheurs et qui est connu sous le nom de nœud sous le petit doigt. La nappe de filet est faite dans ces machines dans le sens même où le filet sera employé c’est-à-dire dans la longueur: les mailles n’ont donc pas la tendance à s’ouvrir. Enfin, par suite des dispositions mécaniques de l’appareil lui-même, les mailles sont tout à fait régulières et présentent exactement les mêmes dimensions. Ces filets ont été très appréciés par les pêcheurs norvégiens, et ont été l’objet de commandes importantes.
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- l’exposition DES PÊCHES MARITIMES A BERGEN.
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- Comme accessoire de la fabrication des filets se trouvent les flottes dont ils sont munis : nous avons vu que, dans le sud de la Norvège, les pêcheurs emploient maintenant des flottes de liège beaucoup plus maniables que les flottes de verre usitées aux Lofoten; ce mouvement serait peut-être encore plus accentué si le prix auquel le liège est vendu aux Norvégiens baissait d’une manière appréciable; si l’on se rapporte au tableau statistique de la page 1261, on voit que la France ne participe pas d’une manière aussi active que sa production l’indiquerait dans les importations de ce produit en Norvège.
- Le gouvernement général de l’Algérie ayant compris l’importance que pouvait présenter l'exposition de Bergen pour ouvrir un débouché aux produits de notre colonie, avait prescrit au service forestier, d’envoyer à Bergen une collection d’échantillons de liège accompagnés des prix de vente de ce produit. Cette collection fort belle a reçu une des plus hautes récompenses et a, comme on l’espérait, été l’origine de transactions commerciales.
- Les instruments nautiques (boussoles, sextants, lochs, etc.) forment, maintenant que les pêcheurs français pratiquent la pêche en haute mer (1), un accessoire presque indispensable de l’armement des bateaux de pêche, aussi de nombreuses maisons exposaient-elles dans cette classe ; nous mentionnerons tout particulièrement un petit octant construit par M. Hurlimann, d’une construction robuste et soignée et d’un prix relativement peu élevé. Cet appareil est spécialement construit à l’usage des patrons pêcheurs.
- Procédés de conservation [sel, huile, acide borique, etc.). — Le sel et l’huile d’olive ont été l’objet d’examens très sérieux de la part du jury des récompenses, des analyses ont été faites à la station d’essai de Bergen, et furent complétées, pour le sel, par des expériences pratiques d’emploi avec les produits de pêche. Les sels français, ceux des salins du Midi en particulier, furent jugés de première qualité et tout aussi convenables aux diverses salaisons que les sels de Trapani ou d’Ibiza employés à l’heure actuelle par les négociants norvégiens (2).
- Un autre moyen de conservation des denrées alimentaires est le froid. Nous avons déjà expliqué, dans le courant de cette communication, tous les avantages des procédés frigoriliques et nous avons indiqué en 1897 (3) les expériences qui ont été faites pour l’emploi de chambres réfrigérantes à bord des bateaux de pêche. M. Douane, le constructeur des chambres froides de Bizerte, dont nous avons également parlé, exposait une machine automotrice destinée aux chalutiers à vapeur. Cette machine simple et robuste supprime une grande partie des inconvénients que nous avions signalés dans des appareils analogues; elle a obtenu à Bergen le diplôme d’honneur.
- (1) Voir le Bulletin de novembre 1897.
- (2) Voir Bulletin.
- (3) Voir le Bulletin de novembre 1897.
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- Section scientifique. — La section scientifique était une des plus belles; de hautes personnalités y avaient participé en envoyant à Bergen des ouvrages remarquables, des cartes, des illustrations et des documents très intéressants.
- La Société VEnseignement professionnel et technique des pêches maritimes, la Société dAcclimatation, la Société centrale dAquiculture et de Pèche et diverses autres sociétés savantes, certains laboratoires maritimes de l’État, avaient envoyé des comptes rendus de leurs travaux ou des collections provenant de leurs musées.
- Des appareils de recherches fort curieux y figuraient également. Citons, entre autres, l’appareil Buchet pour l’étude du plankton (1), le sondeur Émile Bclloc (2), les radiateurs de M. Chabot pour la radiographie des poissons, le thermomètre à renversement du même constructeur, instrument robuste et pratique destiné à rendre de grands services. Un certain nombre d’appareils de pisciculture, entre autres les incubateurs de M. de Marcillac, le bac d’alevinage de M. Raveret Wattel ont de même été fort remarqués.
- Enfin au centre môme de la section, dominant une exposition d engins de sauvetage des plus complètes, s’élevait un phare de première grandeur, exposé par MM. Barbier et Bénard. Cet appareil est éclairé à l’huile minérale et construit de façon à pouvoir être abandonné sans gardien pendant plusieurs jours. Les constructeurs avaient en vue en effet les roches arides des côtes de la Norvège où il n’est pas facile d’aborder par tous les temps. Ce phare a obtenu un diplôme d’honneur et a été acquis par le gouvernement norvégien à l’issue de l’exposition.
- SECTION TUNISIENNE
- Enclavée dans la Section française, mais possédant son organisation particulière, la Section tunisienne, avec ses écharpes aux couleurs vives et éclatantes, ses poteries et ses meubles orientaux, formait un ensemble fort curieux, une sorte de musée très intéressant de l’industrie nationale de la régence.
- En ce qui concerne la pêche, la direction de l’agriculture et du commerce avait envoyé des modèles de barques, la paranzelle sicilienne, la saccolève grecque, la loude indigène et le kamakis grec, et une collection assez complète des principaux poissons que l’on capture dans les eaux tunisiennes.
- La pêche des sardines [Clupea sardma), de l’anchois (Cluptea encrasicholus)
- (1) Voir, au sujet de l’appareil Buchet, le compte rendu des séances du Congrès international des pêches maritimes des Sahles-d’Olonne. Paris, 1897.
- (2) Voir, au sujet du sondeur Émile Belloc, le bulletin de la Société centrale d’Aquicullure
- et de Pêche. *
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- l’exposition DES PÊCHES MARITIMES A BERGEN.
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- et des attaches [Alosa finta) (1) donne lieu à une industrie importante localisée entre les villes de Tabarca, Sousse, et Méhédia. Ces poissons sont capturés avec des tramails et des filets dérivants de 150 mètres de longueur sur 17 à 19 mètres de hauteur. Le produit de la pêche est salé et expédié en Italie et en Sicile.
- .BIZERTE
- Moteur
- CrombalÀ
- lOÏTSSE
- Monastir
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- Tebessw t
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- ++++++*oImierxa ... Chott el j*. S
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- SeJokhai
- ,GABES
- CARTE DE_LA TUNISIE
- Chemin de fer en exploitation.—
- ____i°_____ en construction......
- /rende route carrossable..........
- Fig. 49.
- En 1896, 229 barques (dont 38 françaises), montées par 1 548 hommes (dont 256 français), ont pêché 615 964 kilogrammes de sardines valant 184 125 francs ; 42 000 kilogrammes d’anchois valant 35 280 francs et 29 500 kilogrammes
- (1) La Tunisie à VExposition de Bergen; — Régence de Tunis (protectorat français); Direction de l’agriculture et du commerce. Tunis, 1898.
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- d’allaches valant 29 500 francs soit au total, 258 905 francs. Le produit total de cette pêche pour la Ré gence peut atteindre 350 000 à 400 000 francs.
- Les allaches sont surtout capturées à Méhédia, et livrées à des saleurs autrichiens, qui les encaquent dans des petits barils de 50 kilogrammes.
- Le thon est capturé dans des thonaires, sorte de madragues formant un labyrinthe compliqué qui aboutit à une chambre dont le fond en filet peut être levé par le pêcheur et que l’on appelle la chambre de la mort. Le thon, dès sa sortie de l’eau, est habillé et vidé : de la rogue ou de la laitance on fait des boutargues, sorte de caviar très estimé, les vidures servent à faire de l’huile de poisson; le poisson lui-même est simplement salé, ou bien frit dans l’huile et mis en conserves. Le thon salé est vendu 50 francs les 100 kilos. Le thon à l’huile 150 à 170 francs les 100 kilos. La boutargue se vend 500 francs le quintal, et l’huile 60 francs les 100 kilos. La plus importante des pêcheries de thon est celle de Sidi Daoud, mais il en existe deux autres à Ras-Djebel et à Monastri, le produit de ces thonaires peut être évalué à environ 100000 francs (1).
- La 'pèche du poissoiv frais est de beaucoup la plus importante, elle se pratique à l’aide de filets fixes (parcs, madragues, etc.), dans les lacs salés de Bizerte, de Tunis, et en divers points de la côte, mais aussi à l’aide de tramails ou de filets-bœufs, principalement dans le golfe de Tunis. Les poissons ainsi capturés sont le merlan (Gadus merlucius), le rouget (Mullus barbatus), le mulet (Mugil Chilo et Mugil Saliens), le surmulet (Mulus Sur mu le tas), le loup (Labrax lupus), le chien de mer (Squalius Saxalabis), l’anguille (Anguilla vul-garis), la daurade (Sparus aurata) et la sole (Solca vulgciris).
- Les statistiques générales sur cette pêche font défaut; néanmoins, d’après M. Servonnet et Ponzevera, elle peut être estimée à 500 000 kilos pour le lac de Bizerte, à 561000 kilos pour le golfe de Tunis, représentant une valeur de 800 000 francs environ, et à 30000 francs environ pour la pêche dans les îles de Kerkennah. Enfin les crustacés sont pêchés autour de l’îlot de la Galite près de Tabarca; le produit de cette pêche spéciale peut être évalué à 30 000 kilos environ, les produits sont dirigés soit sur Bône, soit sur l’Italie.
- La pêche du corail (2) se pratique sur les côtes à l’île de la Galite et dans le golfe de Bizerte, à l’aide d’un engin appelé Croix de Saint-André, formé de deux pièces de bois assemblées en croix, à l’extrémité desquelles sont attachés des fauberts; un poids très lourd est fixé au centre pour assurer l’immersion; on descend cet appareil à l’aide d’un cabestan placé sur le bateau, sur des fonds de 25 à 80 brasses, et on lui imprime un mouvement de va-et-vient. Une autre manière de pêcher le corail est celle dit à la gratte, qui est d’ailleurs défendue.
- (1) Voyez Servonnet, les Pêches maritimes. La Tunisie; Paris, Berger-Levrault; et aussi Ponzevera, les Pêches maritimes.
- (2) La Tunisie à l’exposition de Bergen.
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- l’exposition DES PÊCHES MARITIMES A BERGEN.
- La pêèhe du corail était, il y a un certain nombre d’années, exercée par 800 bateaux, aujourd’hui elle n’en occupe guère que 50 à 60, tous italiens.
- La pêche des éponges et des poidpes (1) se pratique sur toute la côte Sud, depuis le Ras-Kradidja jusqu’à la frontière tripolitaine ; en 1896, 1089 navires jaugeant 2 371 tonneaux, montés par 3201 hommes d’une part et 169 pêcheurs à pied, ont récolté 83000 kilos d’éponges lavées valant 992000 francs, et 17900 kilos d’éponges brutes valant 128000 francs. Cette industrie est monopolisée par des étrangers, Grecs, Maltais, Italiens, qui viennent tous les ans dans le golfe de Gabès, pratiquer cette pêche. Les engins employés sont le trident, servant à harponner les éponges (pour mieux apercevoir les fonds sous-marins les pêcheurs se servent dans ce cas d’une lunette d’eau appelée miroir) ou la goagava, sorte de drague que traînent sur les fonds les saccolèves des pêcheurs grecs. Cette pêche est également pratiquée par des plongeurs et des scaphandriers.
- La pêche des poidpes est pratiquée au trident, et aussi à l’aide de jarres ou gargoulettes, que l’on dispose le long des côtes et dans lesquelles cet animal vient se prendre en y introduisant ses tentacules ; les poulpes sont séchés au soleil après avoir été fortement battus pour attendrir leur chair. Cette pêche atteint 200 000 kilogrammes environ et représente environ 100000 francs.
- ÉTUDE PARTICULIÈRE DES OBJETS EXPOSÉS DANS LA SECTION
- Un certain nombre de produits de pêche, sardines et anchois salés, corail, éponges, poulpe séché, étaient exposés par la direction de l’Agriculture; à côté figurait une collection d’échantillons d’huile de. poisson envoyée par les fabricants tunisiens. Les produits accessoires de l’industrie des pêches étaient représentés par une fort belle collection d’échantillons d’huile d’olive, de sel marin, d’alfa et de liège. Le sel des salines, de la Soukra, a été reconnu fort pur et de première qualité pour les salaisons; grâce à son prix de vente il pourra bientôt faire concurrence aux sels de Trapani et d’Ibiza dont il a, d’ailleurs, toute la blancheur.
- Quelques livres très intéressants sur la Tunisie et les pêches complétaient cette petite mais très coquette section.
- EXPOSITIONS PARTICULIÈRES DE DIFFÉRENTS PAYS
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- Angleterre, -h- Nous avons déjà montré en 1897 (1) combien le mouvement de développement de la pêche à vapeur est accusé en Angleterre, ce mou-
- (1) Voir le Bulletin de novembre 1897.
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- vement s’accentue de jour en jour davantage, et le nombre des Steam Traivlers va sans cesse en augmentant (il a atteint 980 en 1898). En même temps que le nombre des bateaux de pêche à vapeur va sans cesse en croissant, leurs formes s’améliorent, les chantiers anglais, instruits par l’expérience, créent des types spéciaux répondant de mieux en mieux aux exigences du service assez dur qu’ils doivent rendre. Un constructeur de North Shields exposait, à Bergen, les modèles des principaux types qu’il a créés pour les différentes pêches que ces navires doivent pratiquer, la pêche côtière (27m,30 de long), la pêche dans la mer du Nord (30 mètres de long), la pêche en Islande (33m,50 de long). Ces navires sont presque tous destinés à pêcher avec le filet otler trawl (fig. 51). —
- Fig. 30. — Un « Steam Trawler ».
- Ce filet est d’une manœuvre plus facile que le chalut à perche ; il peut par suite présenter des dimensions plus considérables, et donner un rendement plus élevé que ce dernier; c’est ce qui explique pourquoi son emploi est si généralement répandu en Angleterre. Une compagnie puissante, la Great sali, coal, and tanning C°, de Grimsby, fournit aux pêcheurs et aux armateurs tous les objets d’armement des bateaux de pêche : les filets (otler trawl et autres), les treuils servant au halage des engins, le charbon, le sel, la glace, les cordages, les chaînes, les ancres, etc., et aussi les instruments nautiques et les vêtements des marins. Son exposition était particulièrement intéressante. Signalons enfin, parmi les produits remarquables, une composition pour la peinture des carènes, destinée à éviter sur celles-ci la fixation des algues et des coquillages.
- Allemagne. — L’industrie des pêches en Allemagne est parvenue à un haut degré de perfection, et il est regrettable que ce pays n’ait pas participé officiellement à l’exposition ; il aurait été intéressant de voir figurer ses produits à côté
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- de ceux des Norvégiens et des Américains. Sa flotte de pêche à vapeur augmente
- Fig. 51. — Pêche à vapeur avec le filet « Otter Trawl ».
- tous les ans comme celle des Anglais (1), et ses pêcheurs utilisent tous les sous-
- (1) En 1895, l’Allemagne possédaiP86 vapeurs de pêche; en 1898, ce nombre s’est élevé
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- produits de la pêche dont ils fabriquent de l’huile et du guano. Malgré cette activité, le produit de l’industrie de la pêche maritime ne dépasse guère 12 000 000 de francs, et l’Allemagne, comme nous l’avons déjà indiqué, offre pour les pays voisins (Norvège, Suède, Danemark et Russie) un marché très sérieux d’importation.
- A Bergen, une seule exposition allemande mérite une mention spéciale. C’est celle d’un fabricant de boîtes de conserves (1) dont les machines particulièrement pratiques ont d’ailleurs été adoptées par la station d’essai de Bergen. La fermeture des boîtes s’obtient sans soudures par un sertissage sur un enduit spécial. La fabrication serait, paraît-il, beaucoup plus économique et plus rapide que par les procédés ordinaires.
- CONCLUSION
- Dans ce coup d’œil d’ensemble, dans cet examen à la fois trop long et trop rapide, dans cette énumération peut-être fastidieuse, et cependant la plupart du temps incomplète, de lignes et de filets, de'procédés de capture ou de préparation des produits de pêche, j’ai cherché à donner une idée exacte de l’état actuel de l’industrie dans chaque pays; j’ai voulu montrer aussi quelles sont les tendances nouvelles, quel peut être, à mon avis, l’avenir réservé à chaque marché; les statistiques que j’ai données dans chaque cas particulier peuvent indiquer à nos compatriotes de quels côtés doivent porter leurs efforts, pour faire concurrence aux produits étrangers. Pour la Norvège en particulier, la brillante victoire remportée par nos nationaux leur a permis de renouer des liens commerciaux, d’accentuer un courant d’affaires qui, pour des raisons diverses, s’écartait de nos produits au profit d’industries étrangères en aucune façon supérieures aux nôtres. Mais, pour que les avantages conquis restent définitifs, il faut, comme l’a signalé M. de Bezaure, vice-consul de France à Christiania, dans un remarquable rapport adressé à M. le ministre des Affaires étrangères, que nos industriels et nos commerçants veuillent bien se plier aux coutumes du pays, et venir se rendre compte par eux-mêmes, autant que possible, des intérêts qu’il y a lieu de satisfaire.
- J’espère aussi, en continuant la tâche entreprise les années précédentes, avoir montré quelle importance présente pour les intérêts français le développement de l’industrie des pêches maritimes, et avoir intéressé un grand nombre de nos
- à 130, ainsi répartis : Altona, 7, Brême, 19, Bremerhaven, 39, Beestemunde, 33, Hambourg, 11, divers ports, 21.
- (1) Fr. Ewers and C° à Lubeck.
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- collègues à l’étude des questions de pêche. L’exposé que je vous faisais l’année dernière a déjà porté ses fruits et a déterminé plusieurs capitalistes encore hésitants à entreprendre la création de sociétés de pêche à vapeur. Devant l’apparition de ces nouveaux concurrents, le petit pêcheur s’est ému et a demandé par l’entremise de ses représentants au parlement une réglementation sévère, sinon tout à fait restrictive des engins puissants employés à bord des vapeurs, de pêche. Sagement, la Chambre a écarté ces propositions : les grands chalutiers n’opérant qu’en dehors de la zone territoriale de trois milles, toute réglementation aurait été une entrave bien inutile au développement de notre industrie.
- Mais les doléances des pêcheurs, quoique exagérées et en tout cas injustes dans leur application, n’en sont pas moins à considérer à un autre point de vue; aussi est-ce œuvre généreuse et patriotique que de chercher à améliorer leur sort. Nous avons montré,d’année dernière, ce que la Société /’Enseignement professionnel et technique des pèches maritimes avait fait dans ce but; nous avons exposé également quels services rendaient les écoles créées à son instigation et avec son concours. Pour agir d’une manière plus efficace, il faut non seulement instruire les pêcheurs, mais encore perfectionner l’outillage de nos chalutiers à voile, les munir de haleurs mécaniques ou peut-être même de propulseurs auxiliaires; il faut enfin chercher à développer les débouchés offerts aux produits de la. pêche en favorisant leur transport rapide et à bon marché vers l’intérieur du pays, en perfectionnant et en répandant l’emploi des procédés de conservation de toutes sortes, qui permettent de tirer un meilleur parti des produits de la mer.
- L’examen des diverses sections étrangères nous a montré quel prix on attache à l’étranger à l’enseignement de la préparation des produits de la pêche. Nous trouvons en Norvège les stations d’essai de Bergen et de Badô, qui rendent de grands services ; en Bussie, dans diverses localités, on a établi des écoles pratiques du même genre; enfin, en Belgique', l’abbé Pype, justement frappé de l’importance de cet enseignement, vient de l’introduire dans son école d’Ostende.
- En France, sur l’instigation de la Chambre de commerce de Boulogne, il a été créé dans cette ville une station agricole destinée à faire toutes les recherches susceptibles d’intéresser l’industrie de la pêche; cet enseignement rentre évidemment dans ses attributions; et, grâce à M. Canu, directeur de cet établissement, des cours pratiques ont été faits aux pêcheurs; à Marseille, M. Bourret a installé dans son école de pêche un enseignement analogue et a obtenu des résultats fort satisfaisants; il est à désirer que d’autres stations soient créées en certaines parties de nos côtes, où elles pourraient rendre les plus grands services; en Bretagne notamment, certaines préparations bien simples
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- appliquée^ à la sardine, le marinage en saumure épicée (1) par exemple, permettraient peut-être de pallier les crises qui reviennent trop souvent.
- Dans le même ordre d’idées, il est aussi du rôle de l’Etat de faciliter le transport rapide et à bon marché, du poisson. C’est aussi en augmentant les débouchés des produits de la pêche que l’on arrivera à donner satisfaction aux doléances des pêcheurs, sans entraver pour cela notre industrie nationale.
- Nous avons dit que la participation française à l’exposition de Bergen avait un double but : faire connaître et apprécier nos produits, ensuite apprendre quels sont les perfectionnements à apporter chez nous à l’industrie de la pêche ; le premier a été brillamment atteint, puissent les enseignements recueillis là-bas porter aussi leurs fruits.
- J. Pérard.
- (1) Voir J.Pérard, Rapport à M. le ministre du Commerce sur sa mission en Norvège.
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- AGRICULTURE
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1900
- NOTICE HISTORIQUE ET STATISTIQUE SUR LA CLASSE 37. - MATÉRIEL ET PROCÉDÉS DES
- industries agricoles, par MM. A. Ronna, président, et L. Lindet, rapporteur de la Classe ; membres du Conseil.
- PREMIÈRE PARTIE
- EXPOSITION CENTENNALE
- HISTORIQUE
- La France a eu une très large part, pendant ce siècle, dans les progrès des industries agricoles que réunit la classe 37.
- La classification adoptée pour l’Exposition a écarté, pour les placer dans d’autres groupes que celui de l’Agriculture, celles de ces industries qui, en raison de leur importance, quoique traitant les matières agricoles de grande consommation, se sont peu à peu éloignées de la ferme, à savoir : la sucrerie et la raffinerie, la meunerie et la minoterie, la brasserie, la vinaigrerie, la fabrication de la chicorée, la conservation des légumes et des fruits (groupe X, Aliments et Boissons, classe 55), la préparation des matières textiles, soies et laines, (groupe XIII, Fils, Tissus et Vêtements); la fabrication des engrais commerciaux, etc.
- Laplupart de ces industries, obéissant aux mêmes lois économiques, sous la pression de la concurrence, ont recherché les capitaux qui faisaient défaut à l’agriculture, afin de concentrer le travail, d’améliorer l’outillage, d’étendre leurs opérations en s’alimentant commercialement, de suivre de plus près les indications de la science ; et, finalement, d’abaisser leurs prix de revient.
- Il en-résulte que, contrairement à ce qui se passe dans beaucoup d’autres pays : en Allemagne, en Bohême, en Hongrie, en Belgique, etc., où les distilleries, les brasseries, les sucreries, les moulins, les huileries, etc., font partie intégrante du domaine rural, on ne rencontre aujourd’hui, en France, qu’un nombre relativement petit de fabrications annexes de la ferme, en dehors de
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- AGRICULTURE.
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- celles qui ont pour objet le lait et ses dérivés, la fécule de pommes de terre, les eaux-de-vie de vins, de fruits et de betteraves les fruits oléagineux, etc.
- C’est à une date plutôt récente, qu’à l’instar de ce qui se pratiquait depuis longtemps dans le Jura, pour les fruitières; dans le Calvados, pour les huiles de colza; dans les Cliarentes, pour les eaux-de-vie, l’association entre propriétaires et cultivateurs a pris de l’extension et imprimé à certaines fabrications l’allure de la grande industrie.
- Dès l’aube du xix° siècle, les savants français attachent leurs noms aux plus remarquables recherches sur la composition, les réactions et les procédés de traitement des matières premières qu’utilise l’industrie agricole.
- A la suite des chimistes du siècle précédent, formés à l’école de Rouelle : Marquer., Cadet, Proust; de l’immortel Lavoisier et de Fourcroy, qui éclairent les premiers pas de la science moderne, Vauquelin étudie le lait, la fécule et l’alcool; Berthollet, l’huile et le rouissage des matières textiles; Parmentier et Dcyeux, le lait et ses produits; Parmentier seul, la pomme de terre et la fécule; Chaptal, les huiles et les vins; de Saussure, l’alcool et l’arnidon.
- A celle pléiade d’initiateurs, dont la célébrité est européenne, succède celle des savants qui font la gloire de notre époque, et de leurs élèves.
- Chevreul, Thénard, Pelouze, Péligot, Lassaigne, Doyère, Millon, Donné, etc., s’occupent spécialement des corps gras, du lait, du beurre, de la présure et des fromages; Cloëz et Braconnol, des huiles ; Payen, Persoz, Dubrunfaut, Baspail, Melsens, Aimé Girard, des grains, de la pomme de terre, de la betterave, de l’amidon, de la fécule ; Gay-Lussac, Payen, Dubrunfaut, de l’alcool, etc., et pour couronner l’ensemble de leurs précieuses découverts, Dumas, Boussingault et Pasteur formulent les principes d’après lesquels l’économie rurale est appelée à bénéficier dans la plus large mesure des secrets révélés par les laboratoires de chimie et de physiologie. C’est à Pasteur, notamment, que sont ducs les admirables lois de la fermentation, qui règlent les transformations des matières de l’industrie agricole; vins, fécule, beurre, etc.
- A leur tour, interviennent les manufacturiers et les techniciens, soit pour employer de nouveaux procédés, soit pour réformer l’outillage et les appareils primitifs. Leur nombre est grand et la mécanique spéciale s’est enrichie d’inventions souvent très fructueuses, dans le cours du siècle, pour arriver à améliorer la qualité et le coût des produits.
- LAITERIE, .BEURRERIE, Il U IMAGERIE
- La science microbiologique et la mécanique ont, depuis une vingtaine d’années, modifié la pratique, si habile qu’elle fût, qui présidait à la récolte du lait, à sa conservation, à la fabrication du beurre et du fromage.
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- Les nouveaux faits acquis à la science par les travaux des Pasteur, des Du-claux, etc., quant à la nature des éléments contenus dans le lait, de leurs variations et de leurs transformations, ont déterminé l’emploi du froid dans la laiterie, la pasteurisation du lait, la fabrication du lait condensé, l’ensemencement des crèmes et des fromages.
- D’autre part, l’industrie mécanique a changé radicalement l’ancien outillage de la laiterie. La présence deschauffoirs à lait et des refroidissoirs, la substitution de la baratte rotative à la serône, ou baratte à piston, l’adoption des écré-meuses centrifuges, des barattes continues, sont de création récente.
- Les barattes ont subi de nombreux changements, soit qu’on les ait construites à tonneau mobile, avec ou sans contre-batteurs, ou à tronc de cône et à tonneau fixe, avec batteur mobile, et qu’on leur ait imprimé un mouvement alternatif ,ou continu.
- L’idée de barattes métalliques à compartiment d’eau, pour obtenir la température convenable, offrant les avantages d’un nettoyage facile et rapide et de l’herméticité, est due à Valcourt.
- A de Mastaing revient la priorité de l’application de la force centrifuge au décantage continu, qui a conduit à la construction des écrémeuses françaises, mues à bras ou à vapeur, des systèmes Laval et Mélotte, etc., dans lesquelles le lait est épuisé de la presque totalité du beurre qu’il renferme.
- Les délaiteuses ou essoreuses Baquet, les émulseurs de Laval, les malaxeurs de Chapellier, de Simon et fils, et l’adaptation des meilleurs types d’appareils créés à l’étranger, après perfectionnement par Hignette, par Pilter, etc., ont permis de compléter avantageusement l’installation des beurreries industrielles coopératives, ou annexes des grandes métairies.
- Quant aux fromageries, c’est surtout selon la nature des produits fabriqués que le matériel a progressé, grâce aux cuves à vapeur, aux chaudières*mobiles, simples ou doubles, à foyer fixe (types de Chalon, à Nantua, de Lardet, à Bourg, de Drouillard, etc.), aux diviseurs et moulins à caillé, et aux presses à levier de modèles différents (Laurioz, Deroy, Bouchayer et Viallet, etc.).
- Les établissements modèles, les stations d’essais et les écoles spéciales, que subventionnent les départements et l’État, ont pour but, depuis quelques années, de vulgariser les meilleures méthodes et les appareils éprouvés, suivant les régions.
- L’agriculture laitière en France, par l’amélioration des races, des pâturages et des prairies, par l’utilisation des résidus, la vente du lait à distance, la confection des beurres de choix et des fromages les plus variés, joue un rôle chaque jour plus important dans l’économie nationale.
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- DISTILLERIE
- Argant, au siècle précédent, avait réalisé la première amélioration de l’alambic, celle du chauffe-vin. En 1801, Edouard Adam, conçoit et exécute le premier appareil, avec foyer unique, dans lequel l’alambic émet les vapeurs alcooliques à travers une série de vases qui concentrent les esprits aux degrés de force et de pureté voulus. La distillerie d’Adam à Montpellier suscite bientôt des concurrences, comme celles de Jean Berard, dans le Gard (1805), de Solimani, etc. Mais aucun des alambics, y compris ceux de Duportal, d’Alègre, de Chaussenot, ne peuvent encore fonctionner d’une manière continue. Cellier-Blumenthal (1813) obtient le premier leur transformation, en faisant servir les liquides sans intermittence à la condensation. Toute la chaleur de la vapeur d’eau est utilisée puor la vaporisation de l’alcool, sans exiger presque de surveillance, et l’opération ne comporte plus qu’une dépense de combustible équivalant au dixième de celle imposée par les anciens alambics.
- De l’appareil Cellier-Blumenthal, notablement amélioré par De Rosne (1819), dérivent tous les perfectionnements apportés parla suite, suivant qu’il s’agit de traiter les vins, les cidres, les bières, les flegmes des jus sucrés ou des matières pâteuses.
- La disposition des colonnes à plateaux que l’on retrouve dans les appareils Laugier, Cail, Egrot, Savalle, etc., a surtout facilité l’installation d’appareils transportables, à dimensions réduites, pour le service des brûleries etdesbouil-leries.
- Si, pour la distillation des jus dont on recherche les odeurs essentielles, tels que ceux du vin, de la canne, des merises, etc., l’alambic simple est resté le meilleur appareil ; pour celle des matières dont les flegmes ont mauvais fgoût (mélasse#, betteraves, seigles, pommes de terre, etc.), on a dû s’ingénier à construire des rectificateurs dont le rôle consiste à multiplier et à ménager habilement les condensations en graduant le refroidissement des vapeurs.
- Indépendamment des appareils eux-mêmes, l’alcoolisation de la betterave, de la pomme de terre et des grains a donné naissance à des procédés variés dont l’intérêt pour l’agriculture est manifeste.
- Dubrunfaut, après avoir fondé à Valenciennes (1837) la grande industrie de la distillation des mélasses indigènes, en reprenant le macérateur Dombasle et le lessivage méthodique, ou par déplacement, de Beaujeu, songea le premier à appliquer la méthode d’extraction par l’eau du jus des betteraves débitées en prismes, et à le soumettre à la distillation dans l’appareil Cellier-Blumenthal, avec rectificateur De Rosne.
- Plus tard, Champonnois, Leplay et Kessler (1853-60) ont tour à tour imaginé des procédés d’extraction du jus de betteraves appropriés à la distillerie
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- dans la ferme, qui se différencient par des points importants, quant au mode d’extraciion à chaud ou à froid, ou à l’absence de jus, et au mode de fermentation, appliqué tantôt aux jus mis en liberté d’une manière continue ou intermittente, tantôt aux cossettes mêmes.
- Les appareils ordinaires de distillation, qui servent dans la méthode Cham-ponnois, sont remplacés par des appareils à trois colonnes avec diaphragmes, dans la méthode Leplay, et par l’évaporateur à effet multiple de l'invention de Kessler, dans sa méthode.
- Quoi qu’il en soit des mérites respectifs des trois systèmes, celui de Champonnois, qui valut à son auteur la grande médaille d’honneur de l’Exposition universelle de 1855, ne tarda pas à se répandre en France. De nombreuses distilleries agricoles, absorbant plusieurs millions de kilogrammes de betteraves, ont pu témoigner de l’efficacité d’un procédé qui s’adapte aux exigences économiques de la petite culture, et, par l’utilisation de la vinasse même pour la macération, reconstitue la betterave comme matière alimentaire à l’usage du bétail.
- La fabrication de l’alcool de betteraves, de mélasses et de pommes de terre, sera appelée à prendre tout son essor le jour où l’industrie le réclamera comme matière d’éclairage, de chauffage, ou comme agent de force motrice.
- FÉCULERIE
- L’extension du procédé Emile Martin (1840), qui supprime la fermentation du grain des céréales, en laissant le gluten intact, a eu pour conséquence de métamorphoser l’installation mécanique des féculeries de pommes de terre.
- Outre que le lavage à la main a été remplacé par le lévigateur mécanique, comme pour le nettoyage de betteraves, la râpe à main a fait place à la râpe centrifuge (types Champonnois, Huck, etc.). Au tamisage à bras ont été substitués successivement les tamis cylindriques de Saint-Étienne, avec intermittence; les tamis continus et inclinés de Lainé, perfectionnés par Dailly, par Saint-Etienne père et fils; les tamis Vernier à tronçons cylindriques en toile métallique; les appareils Moret, à double cylindre rotatif, avec tambour fixe, du même type que ceux de Stoltz.
- Les essoreuses à grande vitesse ont été employées avec succès pour obtenir des fécules d’une grande pureté.
- D’autre part, les étuves méthodiques Chaussenot, Lacambre et Persac, ont mis sur la voie d’améliorations quant à l’économie de main-d’œuvre, à 1 augmentation de rendement et à la qualité, par rapport à la dessiccation à l’air libre des fécules vertes.
- Aussi bien à Champonnois qu’à Joly et Camus de Compiègne (1867), la fécu-Tome IV. — 98° année. 5e série. — Septembre 1899. 87
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- lerie agricole est redevable d’installations d’une grande simplicité, qui laissent au cultivateur un double profit sur le produit et sur les pulpes d’une plus grande valeur pour l’engraissement.
- HUILERIE
- Les procédés de l’huilerie sont restés ce qu’ils étaient du temps où le célèbre agronome, abbé Rozier, au siècle dernier, publiait « ses vues économiques sur les moulins et pressoirs à l’huile d’olives (1757) ».
- L’industrie même, en tant qu’elle est pratiquée chez les propriétaires, n’a réalisé d’autres progrès, d’ailleurs peu sensibles, que dans le matériel de broyage des graines, colzas, olives, noix, etc., les chauffeurs et le pressage.
- Les procédés sont restés ce qu’ils étaient jadis.
- Dans l’extraction en grand des huiles de graines indigènes : colza, navette, œillette, cameline, lin et chènevis, et de graines étrangères, arachides, sésame, coton, etc., la mécanique a contribué surtout à l’abaissement des prix de revient.
- Les appareils à nettoyer Jes graines, les cylindres aplatisseurs et les chauf-foirs, de même que les moulins (modèle Falguière), les presses hydrauliques avec accumulateurs, introduites par Hallette, d’Arras, Gazalis, Salleron, Farcot, etc.; les filtres et les batteuses pour épuration, etc., ont facilité le développement d’une fabrication industrielle, qui, au Nord comme au Midi, livre des tourteaux dont l’agriculture tire le plus grand profit.
- Les presses à levier (types Chollet-Champion, ou Samain) sont venues surtout en aide aux petites fermes, pour les huiles de table et de ressence. Ailleurs, les olives et les noix sont portées au moulin de la localité, mieux outillé, avec moteur le plus souvent hydraulique, par les propriétaires ou les fermiers qui retirent l’huile vierge correspondante, fabriquée pour leur compte.
- MARGARINE
- Une industrie toute nouvelle, celle de l’oléo-margarine, ou du beurre artificiel, s’est développée il y a peu d’années, pour remplacer les beurres de lait de vache dans certains arts professionnels de l’alimentation.
- C’est à un savant français, Mège-Mouriez, qui avait déjà expérimenté en 185G un procédé de mouture et de panification dont l’application offre un grand intérêt pour la consommation, qu’est due la méthode d’extraction de l’oléo-margarine des suifs de bœuf en branches, et de la fabrication de la margarine du commerce, à l’aide d’un mélange aromatisant de lait, de crème ou de beurre naturel.
- Quoique le produit parfaitement salubre, vendu comme succédané du beurre
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- pour l'alimentation populaire, ait servi à frauder les beurres de vache, et fait encourir aux fraudeurs des pénalités sévères, l’agriculture trouve son avantage dans le nouveau débouché offert aux .suifs, pour la vente de ses bestiaux.
- PRÉPARATION DES MATIÈRES TEXTILES
- Prozet d'Orléans (1786), de Perthuis (1788), et Berthollet (1804) s’étaient spécialement intéressés à la question de l’amélioration du rouissage du. lin et du chanvre, dont les dangers pour la salubrité publique étaient encore plus graves alors qu’aujourd’hui.
- Déjà, Marcandier, en 1757, avait proposé un procédé pour donner à la filasse et à l’étoupe, par le rouissage, une division et une souplesse qui permît de les filer comme du coton, ou en mélange avec le coton. Bralle, curé de la Somme, s’efforça, de son côté, de perfectionner le mode de préparation du chanvre à l’aide d’un rouissage de quelques heures de durée (1790).
- Aucun de ces procédés, ni ceux qui furent étudiés ultérieurement, n’ont eu raison de la pratique imparfaite, routinière, mais très délicate, qui consiste, dans certains départements, de l’Ouest, du Centre et du Midi, à rorer ou sereiner les plantes en ondins sur les prés, et dans d’autres du Nord, à les rouir par l’immersion dans l’eau courante, ou stagnante, jusqu’à ce que la chènevotte se détache de la filasse.
- En 1850, Payen fut envoyé en mission en Irlande pour examiner un mode de rouissage importé d’Amérique (système Schenck), perfectionné par des ingénieurs français, Bernard et Koch. La fermentation s’achevait à l’aide de la circulation d’un serpentin à vapeur, dans des cuves elliptiques à faux fond, au bout de trois jours environ, et le séchage s’opérait à l’air libre.
- Le procédé Schenck fat exploité en France dans l’établissement de Marcq (Nord), mais sans se propager, pas plus que les innovations suggérées comme traitement chimique, au moyen de ferments, de la chaux délayée, de lessives caustiques ou carbonatées, de bains acidulés par l’acide sulfurique (méthode Rouchon, 1842), qui n’ont pas été accueillies dans la pratique rurale.
- Les autres opérations du triage, du macquage ou maillage des tiges rorées ou rouies, du teillage et de l’espadage des fibres soumises à la broie, du sérançage ou peignage des étoupes, ont été l’objet d’un grand nombre d’inventions mécaniques : cylindres cannelés de Christian (1819), appareils Girard, Bundry, Decoster, Chapelle et Montgolfier, Bourdon-Quesnay, etc., afin de dispenser du rouissage par écrasement, ou de donner à la filasse des façons plus rapides et plus économiques.
- Malgré tout cet outillage, l’ouvrier qui fait usage de la broyé, de l’espadon et du séran, conserve l’avantage sur la meilleure machine à mouvement uni-
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- forme et continu pour maintenir à la filasse l’aspect et l’éclat qui la font rechercher sur le marché.
- Les lins Me l’arrondissement de Lille, triés, rouis en ballons dans les eaux courantes de la Lys, séchés en cahoulcs, écangués et raclés à bras, selon les procédés décrits par Mareau (1859) et par Jean Dalle, se montrent toujours supérieurs à ceux obtenus ailleurs, en France, par les autres modes de rouissage et les traitements, quels qu’ils soient, de l’industrie.
- Pour d’autres matières textiles que le lin et le chanvre, telles que la ramie, les décortiqueuses sont appelées à rendre de très appréciables services à nos colonies.
- ÉTABLISSEMENTS ET APPAREILS D’AVICULTURE
- Depuis le mémoire de Réaumur, « sur l’art de faire éclore et d’élever en toute saison les oiseaux domestiques (1749) », les procédés proposés dans ce but, s’appliquant à l’éclosion de quelques douzaines d’œufs, n’ont eu d’abord qu’un succès de pure curiosité.
- Copinau fut le premier à construire un couvoir sous forme d’un petit bâtiment circulaire entouré de couvertures de laine, chauffé par une colonne d’eau, à la température de 28 à 30 degrés, ventilé par des fenêtres à la partie supérieure et dans l’intérieur duquel 8 000 œufs pouvaient être rangés; mais ce couvoir ne trouva ni preneur, ni imitateur.
- Dubois et Bonnemain imaginèrent d’autres procédés dans le but de transformer l’incubation artificielle en industrie régulière, comparable à celle exercée en Egypte, où les fabriques, grâce aux fours dits marnais, livrent jusqu’à 150 000 poulets par an.
- D’Arcet eut l’ingénieuse idée, qu’il appliqua à Vichy et à Chaudes-Aigues 1826-27), de profiter de la chaleur des eaux thermales pour faire éclore artificiellement les poulets et les pigeons.
- Les couvoirs portatifs (Bir, Sorel, Cantelo, etc.) n’avaient en vue que l’éclosion d’un nombre restreint d’œufs. C’est seulement du jour où les constructeurs (Vallée, Deschamp, Carbonnier, Odile Martin, Voitellier, de Mantes, Roullier-Arnoult, de Gambais, etc.) livrèrent des appareils de fabrication courante : couveuses et mères artificielles, avec tout le matériel annexe de sécheuses, de pous-sinières, de panneaux, de trémies, etc., et où les gaveuses à compression, avec épinettes tournantes, servirent à l’engraissement des volailles, que l’industrie de l’élevage fut fondée, industrie toute française dont les résultats sont attestés par les chiffres statistiques de la consommation et de l’exportation toujours croissante des œufs et des volailles.
- A. Ronna.
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- DEUXIÈME PARTIE
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- LAITERIE, BEURRERIE, FROMAGERIE
- Les industries du lait n’ont pas seulement, dans ces vingt dernières années, adopté un matériel de fabrication plus perfectionné, mais elles se sont aussi profondément modifiées dans leur organisation, et le mode de leur approvisionnement; dans un grand nombre de localités, les industries du lait tendent à se centraliser; on voit aujourd’hui de grandes laiteries récolter le lait des pâtures environnantes et l’expédier dans les centres de consommation, dans les grandes villes; des condenseries, des beurreries, des fromageries industrielles, souvent établissements coopératifs, s’installer dans les pays de grande production laitière.
- Tous les départements français concourent à fournir l’immense quantité de 80 millions d’hectolitres de lait que la consommation réclame chaque année; cette quantité, deux fois plus grande que celle qui représente la production du vin en France, suffirait, d’après Hervé Mangon, à alimenter une rivière qui aurait 1 m. de large sur 33 centimètres de profondeur et qui coulerait avec une vitesse de 1 mètre à la seconde. Les grands centres de production sont les départements du Nord et du Pas-de-Calais, le Calvados, la Seine-Inférieure, la Manche, l’Ille-et-Vilaine, les Côtes-du-Nord, le Puy-de-Dôme, etc.
- On peut estimer que le prix moyen de l’hectolitre est de 15 francs.
- L’outillage des laiteries proprement dites est des plus simples; des vases pour récolter le lait et pour le faire crémer, des passoires, des réfrigérants. Si la laiterie doit expédier au loin, elle possède des pasteurisateurs, des appareils à vapeur pour stériliser les bidons d’expédition, etc. Quelquefois la laiterie stérilise le lait, il lui faut alors des appareils autoclaves.
- La beurrerie doit, en dehors des appareils ordinaires de la laiterie, être pourvue d’écrémeuses centrifuges, de barattes, de délaiteuses, de malaxeurs, etc.
- Les condenseries de lait comportent des chaudières pour chauffer le lait et le sucrer, des appareils à évaporer dans le vide, des refroidissoirs, des appareils pour confectionner, remplir et souder les boîtes.
- L’outillage de la fromagerie enfin varie avec la nature du fromage que l’on se propose de fabriquer : le brie, le camembert, les fromages à pâte molle emploient des moules, des paillons, etc. L’outillage devient plus complexe quand il est destiné aux fromages à pâte pressée, port-de-salut, hollande, etc., et plus complexe encore quand il s’agit de fromages à pâte cuite : le fabricant est
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- obligé de faire usage de presses, de chaudières, où l’on réchauffe et où l’on cuit le caillé à 55°.
- La réputation que possèdent à l’étranger nos beurres et nos fromages montre que nous n’avons rien à envier à l’étranger. Certains beurres, comme ceux d’Isigny, certains fromages, comme ceux de Roquefort, de Brie, de Camembert, etc., y jouissent d’une réputation méritée. Nos fromagers sont parvenus à imiter certains fromages étrangers comme le hollande, le gruyère, etc.
- La France importe annuellement environ 20 millions de kilos de lait concentré, 19216000 kilos en 1897; mais cette quantité, qui nous vient surtout de Suisse, passe pour la majeure partie, en transit, se dirige sur l’Angleterre et les colonies et nous n’en conservons que 360 000 kilos (1897). Notre production indigène n’exporte que 508000 kilos (1897). La France importe 6 à 7 millions de kilos de beurre, 6841 000 kilos en 1897, dont elle consomme la presque totalité et en exporte 30 millions de kilos, 31 518000 kilos, venant de notre production indigène (1897). Elle importe 20 millions de kilos de fromages, 22028 000 kilos en 1897, dont elle ne consomme que 7 347 000 kilos et en exporte 8 millions de kilos, dont 7673 000 kilos en 1897, venant de notre production indigène.
- DISTILLERIE AGRICOLE
- La distillerie agricole présente avec la distillerie industrielle tant de points communs qu’il est difficile d’en donner une définition exclusive. Il faut admettre cependant qu’un cultivateur qui ne distille que les produits de son sol, pour ne donner ses pulpes qu’à ses animaux, est un distillateur agricole, de même qu’un industriel qui achète ses matières premières et vend ses pulpes est un distillateur industriel; mais entre ces deux fabricants d’alcool, il y a celui qui complète sa récolte en achetant des betteraves par exemple à son voisin; il y a l’usinier qui est quelquefois, pour une partie de sa fabrication, son propre cultivateur.
- Dans la catégorie des distillateurs agricoles, nous devons certainement compter les vignerons qui distillent leurs vins, leurs marcs; les cultivateurs qui distillent leurs cidres, leurs fruits, etc. En général, modestement installés, munis d’alambics simples, peu compliqués, mais s’appliquant bien au travail spécial pour lequel ils ont été construits, ces cultivateurs produisent d’excellentes eaux-de-vie.
- La fabrication des eaux-de-vie de vin, si prospère au temps où la vigne n’était pas atteinte par le philloxera, ne s’élève pas à 100 000 hectolitres par année (83719 hectolitres en 1897, et 45975 hectolitres en 1898).
- La fabrication des eaux-de-vie de cidre, de fruits, de marcs, etc., dépasse légèrement ce chiffre (105 800 en 1897, et 69340 en 1898).
- Les distilleries de betteraves sont en général exclusivement agricoles, aux termes de la définition donnée plus haut.
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- Les betteraves sont lavées, découpées, mises à macérer avec des vinasses, soit dans des cuves en bois, soit dans les appareils en fonte d’une batterie de diffusion. Les jus, refroidis, sont mis en fermentation et distillés. La pulpe épuisée est livrée au bétail. La distillerie de betteraves produit annuellement 800 000 à 900 000 hectolitres d’alcool, 798 484 hectolitres en 1897 et 897 542 hectolitres en 1898; mais il est difficile de préciser ce qui, sur ce chiffre, revient à la distillerie agricole.
- Les distilleries de topinambours, dont le nombre, d’ailleurs, est fort restreint, sont également des distilleries agricoles. Le procédé d’extraction est sensiblement le même que celui dont il vient d’être question.
- Les distilleries de pommes de terre, malgré les beaux travaux d’Aimé Girard, n'ont pris en France qu’un développement très réduit.
- Les distilleries de grains et les distilleries de mélasses sont en général des établissements industriels, et comme telles elles doivent être décrites dans le catalogue de la classe spéciale (Cl. 50).
- L’importation des alcools, qui paient un droit d’entrée de 70 francs par hectolitre, n’atteint pas 150000 hectolitres (133 980 hectolitres en 1897), l’exportation de nos eaux-de-vie, vraies ou d’imitation, est plus considérable, 273 472 hectolitres (comptés en alcool pur), en 1897.
- FÉCULERIE
- La féculerie est également une industrie de création relativement récente ; elle est exercée en France dans trois centres agricoles : dans les Vosges, où les procédés employés sont en général rudimentaires, mais où les eaux très pures permettent d’obtenir de beaux produits ; dans les environs de Paris, et spécialement dans l’Oise, et enfin en Saône-et-Loire, où se trouvent de puissantes usines.
- On estime que laproduction de la fécule représente 65 000 à 70 000 quintaux. La moitié environ de cette quantité sert à fabriquer des sirops de glucose pour la pâtisserie, la confection des liqueurs, la confiserie, etc., et des glucoses massés pour les besoins de la brasserie; l’autre moilié fournit des poudres de toilette, des apprêts pour étoffes, des colles pour papier, etc.
- La féculerie, malgré les lois qui la protègent, est concurrencée par l’ami-donnerie de maïs et de riz.
- La fabrication comporte un outillage mécanique des plus simples. Les pommes de terre sont lavées et épierrées, puis râpées dans des râpes rotatives ; le produit de ce râpage, la pulpe, est malaxé en présence d’un jet d’eau à la surface de tamis rotatifs ; l’eau féculente est recueillie, et le dépôt de fécule brute est purifié en profitant de la différence de densité qui existe entre la fécule, les
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- grains de sable et les débris cellulosiques connus sous le nom de gras. La fécule est égouttée, soit dans des bacs à secousses nommés hocheuses, soit dans des turbines, puis elle est séchée. Quant à la drêche, elle est pressée et séchée au sommet d’une touraille.
- La fécule de pommes de terre étrangère et l’amidon qui sont frappés d’un droit de douane de 12 francs, n’entrent en France qu’en quantité peu importante, 11 950 quintaux en 1897 (commerce spécial); nous n’exportons que peu, 14100 quintaux en 1897 (commerce spécial).
- HUILERIE
- L’industrie de l’huilerie a eu à soutïrir dans ces dernières années. Elle a vu et elle voit encore chaque jour le débouché principal de ses produits lui échapper; on préfère en effet à l’huile le gaz, le pétrole, l’acétylène et l’électricité. Mais d’autres usages : la consommation de table et de cuisine, la parfumerie, le graissage, les conserves, la fabrication des savons, l’ensimage des laines, la préparation de la peinture, etc., permettent à l’industrie de conserver une partie tout au moins de son activité.
- La production des olives représente 925 000 quintaux. Les départements du Midi, le Yar, les Bouches-du-Rhône, la Corse, le Gard, etc., sont les seuls qui puissent cultiver l’olivier.
- L’Algérie en fournit 390 000 quintaux. •
- La plus grande partie des olives produites est destinée à l’huilerie.
- La E’rance produit des graines de colza (Calvados, Seine-Inférieure), des graines de lin (Nord, Creuse, etc.), d’œillette (Somme, Pas-de-Calais, etc.), de navette (Ain, Jura, etc.), de chanvre (Finistère, Morbihan, etc.), de cameline, de moutarde, de chènevis, dans un grand nombre de départements. Mais cette production devient de plus en plus restreinte, et ne s’élève pas même aujourd’hui à 100 000 tonnes. Cela tient à ce que les graines étrangères ne sont pas, à leur entrée en France, frappées d’un droit de douane et qu’elles viennent faire concurrence à nos graines indigènes. Les Indes anglaises et françaises, les pays des côtes d’Afrique, le Sénégal, l’Egypte, la Turquie, etc., nous expédient annuellement environ 600 000 tonnes de graines d’arachides, de lin, de sésame, de colon, de colza, de navette, de pavots, de coco, etc.
- L’extraction de l’huile d’olive se fait souvent à la ferme, au moyen d’un outillage quelquefois rudimentaire. Cet outillage tend à se perfectionner, mais les moulins, les presses à vis destinées à l’huilerie d’olive restent toujours des instruments de petite fabrication.
- 11 n’en est pas do même de l’extraclion de l’huile de graines, qui se fait d’ordinaire dans des usines importantes et au moyen de presses hydrauliques. Les
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- graines sont concassées, puis broyées, et enfin pressurées dans des sacs de toile enfermés dans des étreindelles. C’est au moyen de deux pressions successives que l’on parvient à extraire la presque-totalité de l’huile.
- Pour assurer un meilleur rendement, on réchauffe la graine, quelquefois avant la première, toujours avant la seconde pression.
- Les faînes des hêtres, les noix (Périgord, Allier, etc.), les amandes traitées par les propriétaires dans des usines qui chôment pendant six ou huit mois de l’année, ne fournissent de l’huile qu’à la consommation locale.
- Le matériel des huileries agricoles d’olives est en général insuffisant pour permettre l’extraction de la plus grande partie de l’huile contenue dans le fruit; le résidu du pressurage, le grignon, est quelquefois vendu à des industriels qui l’épuisent au moyen du sulfure de carbone. Les résidus du pressurage des graines oléagineuses, les tourteaux, sont livrés pour l’alimentation du bétail ou l’engraissement des terres.
- MARGARINE
- La fabrication de la margarine, qui conduit à un produit sain, souvent délicat, et d’un prix avantageux, est de date récente. Une loi nouvelle a voulu, par des dispositions spéciales, arrêter le développement de cette industrie, qui s’exerce non pas au détriment de l’agriculture, mais au détriment des producteurs de beurre.
- Les graisses de bœuf qui doivent servir à la fabrication de la margarine sont prises à l’abattoir dans le plus grand état de fraîcheur, déchiquetées, fondues à la vapeur, et abandonnées à la cristallisation dans une pièce chauffée à 35°. On sépare à la presse la partie la plus fusible, l’oléo, de la partie la moins fusible, le suif pressé, et l’oléo, baratté ensuite avec de la crème, est refroidi brusquement dans de l’eau glacée, pétri et mis en motte.
- La margarine représente un article important d’exportation ; 5 millions de kilos sont exportés annuellement de France, 5598000 kilos en 1897 ; l’importation de la margarine est insignifiante.
- ROUISSAGE DES PLANTES TEXTILES
- L’extraction des fibres textiles qui forment le liber du lin et du chanvre se fait en général dans des conditions rudimentaires.
- L’usage des machines à rouleaux, capables de briser les fibres ligneuses, et de les séparer des fibres libériennes mises en liberté par le rouissage dans l’eau, est encore très peu répandu.
- La culture du lin et du chanvre est loin de se développer, malgré la prime
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- qui lui est acccordée par la loi du 13 janvier 1892. Concurrencées par les fibres étrangères, nos fibres françaises ont grand’peine à trouver place sur le marché.
- La statistique agricole nous montre que la quantité de fibres extraites des cultures françaises représente à peine 20 millions de kilos pour le lin, et un peu plus de 20 millions de kilos pour le chanvre, 18700000 kilos et 23330000 kilos en 1897. L’importation représente environ 80 millions de kilos pour le lin et 25 millions de kilos pour le chanvre (79231000 kilos et 21256000 en 1897).
- AVICULTURE
- Les deux systèmes de couveuses présentés par MM. Rouillier-Arnoult et Voitellier, qui. parurent à l’Exposition de 1876, furent les premiers à ,réunir les éléments de succès pour l’avenir de l’aviculture.
- A l'Exposition universelle de 1878, l’industrie créée par ces deux maisons était déjà prospère. Il ne s’agissait plus d’essais d’incubation et d’élevage, mais de la production intensive de la volaille dont les deux établissements concurrents de Gambais et de Mantes donnaient l’exemple.
- Aussitôt après l’Exposition universelle de 1878, les appareils se montrent nombreux. L’élevage des volailles se transforme en France; la production des poulets précoces, grâce aux incubations hivernales, augmente dans des proportions notables. Il se fonde une industrie nouvelle, celle des accouveurs, se chargeant uniquement de faire éclore les poussins en les livrant par quantité aux agriculteurs qui les élèvent.
- En 1889, on compte 8 exposants de couveuses, mais aucune modification importante n’est apportée aux anciens systèmes.
- C’est seulement ensuite qu’apparurent les couveuses à thermo-siphon, et enfin les couveuses à air chaud.
- L. Lindet, Rapporteur.
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- MÉTALLURGIE
- fragilité développée dans l’acier doux par le recuit, par J.-E. Stead (1).
- Dans certaines conditions difficiles à définir, des feuilles minces d’acier doux tenan-de 0,05 à 0,12 de carbone, et destinées à la fabrication du fer-blanc, deviennent extrêmement fragiles à la suite du recuit final, qui dure 48 heures. Les ruptures se produit sent dans deux directions rectangulaires inclinées de 45° sur le sens du laminage. Le grain de ces feuilles est devenu très grossier, comme le montre la photographie ci-contre (fig. 1) qui donne en grandeur naturelle l’aspect d’une feuille semblable éclairée en lumière oblique après polissage et attaque. Cette fragilité disparaît en général et le grain redevient fin après chauffage rapide à 900° et refroidissement à l’air.
- A l’occasion de cette étude l’auteur développe quelques considérations générales intéressantes sur le mécanisme de la rupture des métaux.
- Les grains juxtaposés qui, par leur réunion, constituent une masse métallique homogène, sont formés chacun d’un seul cristal; l’orientation de la matière, telle qu’elle se manifeste par les clivages et les figures de corrosion, est la même sur tous les points d’un même grain; elle est généralement différente d’un grain à un autre; mais, accidentellement, des grains voisins peuvent présenter la même orientation. Les lignes de séparation des grains ne sont pas des contours géométriques de cristaux, elles ont des formes irrégulières quelconques. Des cristaux voisins se développant simultanément se limitent dans chaque direction à leur point de rencontre, et la réunion de ces points constitue les contours de chacun de ces grains.
- Si la masse métallique est hétérogène, est formée d’éléments différents, ce qui est le cas des alliages proprement dits, les différents cristaux ne se développeront pas simultanément, et les premiers formés, restant isolés les uns des autres, pourront présenter des contours géométriques.
- Dans les métaux homogènes, on observe quelquefois des contours cristallins, par exemple ceux du cube dans le fer, mais cela est tout à fait exceptionnel,
- La rupture des métaux peut suivre les joints des grains, ou, au contraire, traverser les grains. Les facettes de la cassure sont, dans le premier cas, des éléments des surfaces de séparation des différents grains et, dans le second, du plan de clivage intérieur des mêmes grains. La rupture se fera de l’une ou l’autre façon suivant la direction qui présentera la moindre résistance.
- Il est facile de distinguer ces deux modes de rupture. On polit et attaque un disque pas trop épais d’un métal, et on le casse en l’appuyant sur un bloc de métal creux, la face attaquée en bas, et en le frappant sur la face supérieure. L’examen microscopique montre alors très nettement le chemin suivi par la cassure.
- (1) Iron and Steel Inst., n° 54, p. 137, 1898, t. II.
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- MÉTALLURGIE.
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- Faiblesse inter granulaire. — La rupture intergranulaire se produit très nettement, dans les alliages do cuivre avec un peu de bismuth. La rupture suit les joints des grains de cuivre le long desquels le bismuth s’est accumulé. Dans les aciers tenant plus de i p, 100 dç carbone, la rupture se fait dans les enveloppes des grains, qui sont
- constituées par la cémentite. Souvent aussi, dans les moulages en acier, les grains sont enveloppés d’une pellicule de scorie qui constitue également une région plus faible. Enfin la même rupture intergranulaire peut se produire en l’absence de toute matière interposée dans les joinls des grains ; ce serait le cas de certains aciers phosphoreux recuits. Il y aurait là, entre les grains, un défaut d’adhérence, que l’on ne saurait rattacher à aucune cause précise.
- Faiblesse de clivage. — La rupture en travers des grains suivant des plans de clivage se reconnaît au parallélisme des facettes de rupture dans l’étendue d’un môme grain. Dans ce cas, en éclairant la cassure avec un point lumineux que l’on déplace pendant que l’œil reste immobile, on voit certaines régions s’éclairer et s’éteindre simultanément surune étendue notable, bien que toute cette région ne soit pas constituée par un plan unique. En général, un môme cristal possède plusieurs plans de clivage. Le fer semble en présenter trois à angle droit, ce qui est le caractère du système cubique. La cassure, dans un grain, se présentera alors en forme de marche d’escalier suivant alternativement l’un ou l’autre des plans de clivage. On peut plus facilement mettre en évidence l’existence de ces plans de clivage par une attaque un peu profonde d’une surface polie du métal. Dans le fer pur, quand la surface polie est parallèle à l’un des plans de clivage, ou mieux quand on a isolé par rupture sans polissage une face de clivage, l’acide azotique creuse le métal en produisant des vides qui ont la forme de carrés parfaits, comme le montre la photographie ci-contre (fig. 2).
- Dans l'attaque profonde d’une surface polie inclinée sur les plans de clivage, on met en évidence une série de petites surfaces planes parallèles entre elles et imbriquées comme les tuiles d’un toit. On peut résumer ces différents faits au moyen de la figure 3 schématique ci-contre.
- Fig. 1. — Surface d’un acier recuit après attaque. Grandeur naturelle.
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- fragilité développée dans l’acier doux par le recuit. 1349
- Les lignes fines tracées à angle droit indiquent la direction du plan de clivage ; la ligne noire médiane, la cassure qui traverse chaque grain A B G D parallèlement à un plan de clivage; les carrés noirs, le résultat de l’attaque sur un pian de clivage sup-
- Fig. 2.
- posé perpendiculaire à la çassure ; la ligne horizontale supérieure, une surface polie attaquée à l’acide de façon à faire ressortir les éléments du plan de clivage. Les flèches inclinées indiquent la direction suivant laquelle doit tomber un rayon lumineux pour être réfléchi verticalement et arriver ainsi dans l’œil d’un observateur qui examine normalement la surface.
- La fragilité de clivage dépend d’abord de la grosseur du grain ; une fente amorcée
- Fig. 3.
- dans un cristal clivable se propage, comme on le sait, avec une très grande facilité dans tout le cristal. Mais le premier développement de la fente, c’est-à-dire le passage de la fente d’un grain cristallisé au voisin est beaucoup plus difficile. Par conséquent, moins la fente rencontrera de surfaces de séparation, autrement dit plus les grains seront gros, plus le métal sera fragile. C’est là la raison de la corrélation habituelle entre la
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- grosseur du grain et la fragilité. Mais, d’autre part, la facile transmission des fentes d’un grain à l’autre dépend de l’orientation relative de leurs plans de clivage. La fente se propagera entre deux grains parallèles à peu près comme dans un grain unique; elle se propagera au contraire très difficilement si les plans de clivage font de grands angles entre eux. Cette orientation ou cette non-orientation des grains voisins est indépendante de la grosseur des grains ; cela explique comment un métal à grain fin peut parfois être plus fragile qu’un métal à gros grain. Le croquis schématique ci-des-
- Fig. 1 et 5.
- sous représente (fig. 4) un métal à petits grains orientés parallèlement qui pourra être plus fragile que le métal (fig. 5) à gros grains non orientés.
- Cette orientation parallèle des grains voisins se produit surtout dans les métaux très purs, et explique la fragilité qu’ils prennent parfois par le recuit. C’est précisément le cas des feuilles de tôles d’acier doux dont la fragilité exceptionnelle a motivé cette étude. Sous l’action d’un choc en un point donné, il se développe de longues cassures à angle droit, inclinées de 45° sur la direction du laminage. La constance de cette direction indique le parallélisme des grains. En même temps, l’attaque aux acides montre que le grain est devenu très gros. On a donc, réunies là, les deux conditions les plus favorables à la rupture par clivage.
- H. L. C.
- de l’action des métalloïdes sur la fonte, par M. G. R. Johnson (1).
- La discussion d’un grand nombre d’analyses de fontes fabriquées à l’usine d'Em-breville (Tennessee) a permis à l’auteur de composer des séries dont les différents cimes ne diffèrent que par la proportion d’un seul des constituants de la fonte. En
- (1) Iron and Steel Inst., t. L1V, p. 200, 1898, 11.
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- DE L’ACTION DES MÉTALLOÏDES SUR LA FONTE.
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- rapprochant ces résultats des essais mécaniques de rupture, il a été possible d’étudie l’influence, sur la qualité du métal, de chacun des éléments pris isolément.
- Influence du carbone.
- Éléments invariables. ... Si = 1,25 p. 100 Ph = 0,17 S = 0,065 Ténacité
- Graphite. C combiné. C total. Kilogr. par lmm*.
- 3,72 0,15 3,87 12,5
- 3,45 0,39 3,84 15,8
- 3,34 0,56 3,90 22
- 2,95 0,93 3,88 ' 24,8
- La ténacité croît régulièrement avec Influence du phosphore. la proportion du carbone combiné.
- Éléments invariables. . . . Si = 1 p, Phosphore. 0,15 0,30 0,55 .100 S = 0,075 Ténacité Kilogr. 18 22 14,5 Graphite = 3 G =
- D’après les chiffres, qui sont extraits d’un tableau plus complet, le maximum de ténacité correspondrait donc à une certaine teneur moyenne en phosphore comprise entre 0,25 et 0,30. Ce métalloïde, comme on le sait, a en outre l’avantage d’augmenter la fluidité du métal fondu et de faciliter les moulages. La teneur en phosphore à choisir dépendra des usages auxquels la fonte est destinée. Pour les tuyaux ordinaires, la teneur de 1 à 1,25 est convenable; mais si l’on veut une grande résistance, il faudra descendre à 0,5; pour les roues de wagons, la teneur de 0,2 à 0,4, et on descendra au-dessous de 0,2 pour la fonte malléable.
- Influence du silicium.
- Éléments invariables. . . S = 0,07 p. 100 Ph — 0,18 Graphite = 3
- Ténacité
- Silicium. Kilogr.
- 0,31 24
- 0,74 18,5
- 1,76 17
- 2,03 14,5
- La ténacité augmente quand la teneur en silicium diminue, mais il faut noter que la teneur en carbone combiné est la même dans tous ces échantillons, résultat qui n’a pu être obtenu que par un traitement calorifique convenable, différent pour chaque échantillon. Si le traitement calorifique avait été le même, la proportion de carbone combiné aurait été en décroissant avec l’augmentation de la teneur en silicium, ce qui aurait exagéré, dans le même sens, les variations de ténacité.
- Influence du soufre.
- Éléments invariables. . . Si = 1,2 p. 100 Ph = 0,20 Graphite =3 C = 0,86
- Ténacité
- Soufre. Kilogr.
- 0,05 18 t
- 0,17 26
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- *352
- MÉTALLURGIE.
- SEPTEMBRE 1899.
- La ténacité semblerait donc augmenter avec la teneur en soufre; mais, au fait, la teneur en carbone combiné n’était pas tout à fait la même, l’échantillon le plus riche en soufre renferme ainsi 10 p. 100 de carbone combiné en plus du précédent. En général la dureté des fontes croît très rapidement avec leur teneur en soufre, en raison du rôle de ce métalloïde pour maintenir le carbone en combinaison.
- Des essais analogues ont été faits sur les fontes pour comparer leur rupture par flexion et leur rupture au choc. L’augmentation du silicium au delà de 1 p. 100 augmente notablement la fragilité au choc; les fontes à 3 p. 100 de silicium sont [autrement fragiles. Le phosphore au delà de 0,2 produit un effet semblable; à 0,5 la fragilité est très grande.
- Le moulage en coquilles des mêmes fontes donne une profondeur de trempe qui varie surtout avec la teneur en silicium. Des barreaux de 25 centimètres d'épaisseur sont complètement trempés quand la teneur en Si est inférieure à 0,5 ; ils ne le sont plus du tout quand la teneur est supérieure à 1,5.
- Au cours de ces recherches, des expériences ont été faites pour déterminer les changements de composition qu’éprouve la fonte pendant son passage au cubilot. Le silicium et le phosphore ne changent pas d’une façon appréciable, le soufre seul augmente un peu; le coke employé renfermait 0,5 p. 100 de soufre.
- Au cours de la discussion qui suivit cette communication, M. Ainsworth signala le fait important : que les moulages en fonte prennent souvent une quantité importante de soufre aux matériaux qui servent à constituer les moules. En outre, la teneur en soufre décroît très rapidement depuis la surface en contact avec le moule jusqu’au centre de la pièce moulée, comme le montrent les chiffres ci-dessous, se rapportant à trois échantillons différents.
- N° 1.................. 0,098 0,057 0,045 0,040
- — 2................. 0,153 0,079 0,063 0,058
- — 3................. 0,248 0,113 0,067 0,040
- H. L. G.
- sur la diffusion des sulfures a travers l’acier, par M. E. D. Campbell (1).
- L’auteur avait précédemment annoncé que les sulfures peuvent traverser l’acier chauffé à une température suffisamment élevée sans qu’il reste dans le métal une quantité appréciable de ces sulfures. L’exactitude du fait ayant été contestée par M. Stead, l’auteur de la présente communication a cru devoir répéter ses expériences sous la forme suivante. Dans une pièce d’acier de 25 millimètres d’épaisseur, on perce un trou de 11 millimètres de diamètre et 30 millimètres de profondeur; dans ce trou, on a placé un mélange intime de 5 grammes d’oxysulfure de fer FeO, FeS et 3 grammes de sous-sulfure de cuivre Gu23, puis le trou a été fermé par un bouchon en acier doux de 12 millimètres de hauteur entré à frottement dur. La masse de métal fut enveloppée d’amiante et le tout chauffé pendant 1 heure à 1 200°. Au bout de ce temps, les sulfures ont complètement disparu du trou central. La majeure partie du cuivre se retrouve
- (1) Iron and Steel Inst., t. LIV, p. 256, 1898, IL
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- DIFFUSION DES SULFURES A TRAVERS L ACIER.
- 1353
- dans l’amiante et la croûte d’oxyde qui enveloppe le morceau d’acier. Sur 100 parties de cuivre introduit dans le trou, 90 au moins étaient passées au dehors.
- Barre......................... 5,25
- Amiante...................... 86,78
- Croûte d’oxydes............... 3,81
- Pertes........................ 4,13
- 100,00
- Au-dessous de 1100°, la diffusion est très lente; elle n’est pas complète quand l’atmosphère extérieure enveloppant le métal est réductrice.
- H. L. G.
- MiCROciiiMiE de la cémextation. par M. J. O. Arnold (1).
- Les barreaux cémentés ont été préparés aux forges de Ponds, à Sheffield, par les soins de M. U. Randall, chef de l’atelier de cémentation. Le métal employé était un fer de Suède de composition :
- C — 0,050
- Si = 0,037
- Mn = 0,108
- S = 0,006
- Ph = 0,120
- As — 0,007
- Cu = traces
- Fe = 99,672
- 100,000
- Les barres avaient une épaisseur de Le chauffage durait de 8 à 11 jours,
- suivant la dureté d’acier désirée, et le refroidissement 14 jours. La cémentation se produit aussi bien pendant le début du refoidissemeut que pendant le chauffage.
- Les aciers cémentés sont classés en 7 numéros, d’après l’aspect de leur cassure. Le n° 1 n’est pas fabriqué et n’a pas été étudié ; le n° 7 n’est obtenu que difficilement par plusieurs cémentations successives.
- Les teneurs moyennes en carbone correspondant à chaque numéro sont les suivantes :
- Nos. .... 1 2 3 4 5 6 7
- C............ 0,3 0,45 1,13 1,33 1,60 1,80 2,0
- Les teneurs en carbone varient, de la surface au centre du barreau, comme le montrent les trois exemples suivants :
- Profondeur en millimètres, 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,3 4,1 4,6 5 5,6 6,1
- Acier n° 2, C moyen = 0,45 0,93 0,95 0,76 0,63 0,59 0,39 0,37 0,31 0,18 0,15 0,10 0,10
- — 3, — 1,13 1,40 1,26 1,15 1,10 0,98 0,88
- — 4, — 1,33 1,5 1,45 1,27 l‘29 1,29 1,15
- (1) Iron and Steel Institute, t. LIV, p, 184, 1898 et The Metallographist, t. II, p. 56, 1889. Tome IV. — 98e année. 5e série. — Septembre 1899. ' 88
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- MÉTALLURGIE.
- SEPTEMBRE 1899.
- L’étude microscopique des sections polies et attaquées, comme la simple nuance des cassures, montre que les barres cémentées sont souvent constituées par des zones nettement différentes.
- Fig. 6. — Barre non attaquée. Carbone 0,9 p. 100. Fig. 7. —Barre non attaquée. Couche entre le centre Grossissement, 125. et l’extérieur de la barre. Carbone 0,5 p. 100. Gros-
- sissement, 125.
- Fig. 8. — Barre non attaquée. Centre de la barre. Fig. 9. — Acier à 1,6 p. 100 C attaqué. Structure Carbone 0,1 p. 100. Grossissement, 125. uniforme. Grossissement, 32 1/2.
- Les nos 2 et 3 comportent trois zones ; mais, dans les deux cas, la nature des trois zones n’est pas la même.
- Dans le n° 2, les zones sont les suivantes :
- Zone extérieure : perlite uniforme ;
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- MIC RO CHIMIE DE LA CÉMENTATION.
- 1355
- Zone moyenne : noyaux de perlite dans le ferrite ;
- Zone intérieure : ferrite.
- Les trois dessins ci-dessous représentent (fig. 6, 7 et 8) ces trois zones avec un grossissement de 125 diamètres.
- La coupe de la partie centrale (fig. 8) montre un fragment de scorie interposé dans le métal.
- Fig 10. — Acier attaqué 1,8 p. 100 C. Grossissement, 32 1/2. Structure uniforme.
- Fig. 11. — Acier poli à 1,7 p. 100 C. Grossissement, 32 1/2. Ségrégation de cémentite en larges masses.
- Dans l’acier cémenté n° 3, les zones sont :
- Zone extérieure : paquets de cémentite isolés;
- Zone moyenne : perlite entourée de cloisons de cémentite;
- Zone intérieure : perlite uniforme.
- L’acier n° i ne présente que deux zones, et ces deux zones ne diffèrent que par leur mode de groupement de la cémentite.
- Les aciers n° 5, 6 et 7 sont uniformes dans toute la section, ils sont représentés par les trois dessins ci-dessous (fig. 9, 10 et 11).
- En terminant M. Arnold signale que, d’après des expériences encore incomplètes de M. Andrew William, la cémentation ne commencerait qu’à 750°, et que l’apparition de la cémentite n’aurait lieu qu’au-dessus de 950°. IL L. C.
- diffusion dans le fer, par J.-O. Arnold et A.-M. William (1).
- Les auteurs se sont proposé d’étudier les conditions de diffusion dans le fer du carbone et des autres éléments qui l’accompagnent.
- Les expériences ont été faites de la façon suivante. Un cylindre de fer ou d’acier de 75 millimètres de longueur et 17 millimètres de diamètre était percé suivant son axe d’un trou de 8mm,5 de diamètre. Après avoir chauffé cette pièce à 150°, on y introduisait à
- (1) Iron and Steel Inst., t. LY, p. 83 (1899-1).
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- METALLURGIE.
- SEPTEMBRE 1899.
- frottement un cylindre de diamètre égal à celui du trou fait avec un métal renfermant une notable proportion de l’élément dont on voulait étudier la diffusion. Les pièces ainsi préparées étaient chauffées dans le vide; après refroidissement, on les plaçait sur le tour et on les débitait par couches concentriques de 1 millimètre, pour soumettre séparément chacune d’elles à l’analyse chimique.
- Dans une première série d’expériences, on a chauffé pendant 10 heures à 1 000° des cylindres dont l’enveloppe était faite avec un métal très pur renfermant 0,05 p. 100 de carbone et des âmes renfermant respectivement 1,78, 0,89 et 0,38 de carbone. Les
- Discances fronv CenT* of Corn
- Fig. 12.
- courbes ci-dessous donnent (flg. 12) après le chauffage, la répartition du carbone depuis le centre jusqu’à la surface des pièces.
- Dans une seconde série d’expériences, l’enveloppe fut faite au contraire avec un métal à teneur en carbone variable, l’âme étant uniformément faite avec le métal à 1,78 p. 100 de carbone; et la température fut variée. Le chauffage eut encore lieu dans le vide, mais ne fut prolongé que 6 heures.
- Dans le tableau ci-dessous, qui résume ces expériences, la dernière colonne donne l’augmentation de la teneur en carbone dans la zone de 1 millimètre d’épaisseur,, immédiatement en contact avec l’âme.
- Teneur en carbone Augmentation de la
- veloppe. Ame. Température. teneur en carbone.
- 0,05 1,78 636“ 0,0
- — — 739 0,0
- — — 785 0,11
- — — 835 0,40
- 0,59 — 730 0,17
- — — 850 0,28
- 0,89 — 740 0,0
- — — 850 0,0
- — — 960 0,31
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- DIFFUSION DANS LE FER.
- 1357
- Ces expériences montrent deux faits intéressants : en premier lieu que, dans le fer pur, la diffusion ne commence qu’au-dessus de 740°, c’est-à-dire après la transformation allotropique Ar2 qui correspondu la perte des propriétés magnétiques. En second lieu dans l’acier à 0,89 la diffusion ne se produit qu’au-dessus de 850°. De ce double fait l’auteur tire des conséquences très discutables relatives aux théories de la constitution de l’acier.
- Au cours de ces recherches, des expériences ont été faites immédiatement sur la trempe d’un acier à 0,2 de carbone. L’examen micrographique a montré un changement de structure très accentué entre la trempe à 801 et 773°, températures entre lesquelles se produit la transformation Arâ. Le grain est devenu beaucoup plus grossier, et les lignes de séparation des grains sont apparues.
- Diffusion des éléments autres que le carbone. — Les expériences furent faites dans les mêmes conditions que pour le carbone. L’enveloppe en fer très pur présentait la composition suivante :
- Carbone.................... 0,03
- Soufre..................... 0,02
- Phosphore................. 0,015
- Manganèse.................. 0,05
- Silicium.................. 0,027
- Aluminium............... 0,02
- Arsenic................. 0,02
- Fer (dif.)............... 99,798
- L’âme renfermait de 1 à 2 p. 100 de l’élément dont on voulait étudier la diffusion. Le tableau suivant résume les résultats obtenus ; la dernière colonne donne l’augmentation de l’élément étudié dans la zone de 1 millimètre d’épaisseur en contact immédiate avec l’âme.
- Élément Teneur Augmentation
- diffusé. dans l'âme. dans l’enveloppe.
- Carbone 1,78 0,50
- Soufre 0,97 0,18
- Phosphore 1,36 0,095 '
- Nickel. ....... 1,31 0,11
- Manganèse 1,29 0,00
- Silicium 1,94 ))
- Chrome 1,10 »
- Aluminium 1,85 »
- Tungstène. .... . 1,41 ,, •
- Arsenic. . 1,57 » *
- Cuivre 1,81 »
- Les quatre premierscorps seuls ont présenté une diffusion appréciable et, parmi eux, le carbone seul s’est diffusé à une distance un peu notable; le soufre vient ensuite. Le phosphore n’avait pas dépassé une zone de 0min,25 d’épaisseur et le nickel de 0mm,l.Pour ces deux derniers corps, la zone en question était nettement tranchée et séparée du reste du métal, ce qui est contraire aux caractères usuels de la diffusion. Il n’y a, en somme, que le soufre et le carbone qui donnent lieu à une diffusion certaine et bien caractérisée.
- Au cours de ces recherches, les auteurs ont vérifié un fait curieux et même tout
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- MÉTALLURGIE.
- SEPTEMBRE 1899.
- à fait inexplicable annoncé par Campbell : la diffusion du sulfure et surtout de l’oxysulfure de fer, à la température de 1 200°, à travers le fer qui laisse le sulfure de fer fondu s’écouler au dehors sans retenir une quantité notable de soufre. Les auteurs supposent que, par suite de la fermeture étanche de la capacité ou le sulfure a été placé, les gaz qui peuvent se dégager produisent des pressions énormes, capables de faire passer le sulfure à travers le métal, comme l’eau à travers une éponge.
- QUELQUES FAITS RELATIFS A LA FONTE, par J.-E. Stead (1).
- A l’occasion d’une communication de M. B. S. Summers, de Chicago, M. J. E. Stead a précisé quelques points de la fabrication de la fonte qui méritent d’être signalés.
- Phosphore. — La présence de quantités de phosphore variant de 0,04 à 1,5 p, 100 n’a aucune influence sur la quantité de carbone qui reste combinée, pourvu que la quantité de silicium en présence soit toujours la même.
- Le phosphore reste dans les parties du métal qui se solidifient les dernières. En comprimant fortement une masse de fonte en train de se solidifier, on a fait exsuder un métal beaucoup plus riche en phosphore.
- Métal Initial. Métal exsudé
- Fer . . . 93,36 90,12
- Carbone combiné. . . . . . . 0,53 1,75
- Graphite . . . 2,43 »
- Manganèse . . . 0,33 0,29
- Silicium . . . 1,63 0,79
- Soufre . . . 0,12 0,06
- Phosphore . . . 1,53 6,84
- Titane . . . 8,24 0,13
- 100,00 100,00
- Graphite lamellaire et graphite de revenu. —On sait que deux fontes de même composition chimique et renfermant les mêmes proportions de graphite et de carbone combiné peuvent cependant présenter des propriétés mécaniques très différentes. Ces différences sont en relation avec la nature du graphite. Le graphite lamellaire, qui se sépare du métal fondu par refroidissement lent, occasionne de grandes solutions de continuité qui diminuent beaucoup plus la ténacité du métal que ne le fait le graphite impalpable ou graphite par revenu de Ledebur. On obtient des fontes semblables en coulant en coquille de façon à avoir une fonte blanche, puis recuisant quelque temps au rouge, de façon à dissocier dans le métal solide le carbone de fer en graphite de fer. C’est précisément l’un des phénomènes qui intervient dans la fabrication de la fonte malléable. Ces fontes à graphite impalpable sont beaucoup plus résistantes, tout en étant aussi douces à la lime.
- H. L. C.
- (1) Iron and Steel Inst., t. LV, p. 183 (1899, 1).
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- ARTS CHIMIQUES
- SUR LA vitesse de détonation de l’acétïlène, par MM. Berthelot et Le Chatelier (1).
- Nous avons étudié la vitesse de propagation de la détonation de l’acétylène pur sous différentes pressions et dans des conditions diverses : cette étude est intéressante, à la fois au point de vue de la théorie, de la propagande des réactions physico-chimiques dans les gaz, et au point de vue des règles de l’emploi de ce gaz pour l’éclairage. Les expériences ont été exécutées au printemps 1898. Indiquons d’abord les procédés expérimentaux.
- L’acétylène était contenu dans des tubes de verre horizontaux, longs de 1 mètre, d’un diamètre intérieur compris entre 2 et 6 millimètres, et d’une épaisseur comparable à ce diamètre. L’une des extrémités est close, l’autre rodée et ajustée à l’aide d’un joint en caoutchouc comprimé avec une pièce de fer, permettant l’introduction du gaz au sein du tube vidé à l’avance par un jeu de trompe. Le gaz était introduit sous diverses pressions, qui ont varié de 5 à 36 kilogrammes (ou atmosphères) : le gaz contenait, d’après analyse, 98 p. 100 d’acétylène.
- L’allumage se faisait électriquement dans la pièce de fer, à l’aide d’une amorce de fulminate ou de poudre chloratée (sulfure d’antimoine et graphite), pesant en général de 1 à 4 centigrammes. Les amorces plus fortes doivent être évitées parce qu’elles sont susceptibles de donner lieu à des mouvements ondulatoires violents, attribuables à l’action impulsive de l’amorce et non à la détonation même, mouvements dont la vitesse est souvent beaucoup plus considérable que celle de la propagation de la détonation véritable.
- Dans un certain nombre] d’expériences, afin d’éliminer l’influence de la période initiale de propagation, on a fait précéder le tube de verre d’un tube de fer long de lm,50 à l’entrée duquel on déterminait l’allumage.
- L’enregistrement des phénomènes avait lieu par la méthode photographique, qui permet d’en suivre exactement toutes les phases, du moins tant que les gaz enflammés demeurent lumineux.
- Vis-à-vis du tube de verre horizontal, à une distance de 8 mètres environ, était disposé un appareil photographique. La plaque et sa lentille étaient fixées sur un cadre vertical à coulisses, le long duquel elle tombait, à l’instant même de l’allumage électrique de l’amorce. La vitesse de chute était de 8m,30 par seconde, enregistrée sur la plaque même. L’image de la flamme qui parcourt le tube s’enregistre ainsi sur la plaque, sous la forme d’une ligne plus ou moins courbe. L’inclinaison de la tangente (empirique) à cette courbe, en un point donné, permet de calculer la vitesse de propagation de l’explosion en ce point. Dans le cas d’une vitesse uniforme, on obtient une ligne droite, plus ou moins inclinée sur l’axe horizontal. Les clichés ont été agrandis, dans la proportion de 1 à 3, de telle sorte que l’échelle des temps était de 23 millimètres pour un millième de seconde.
- Ce procédé enregistre non seulement la propagation de la flamme, mais aussi certains mouvements ondulatoires de retour, à partir de l’extrémité opposée à celle où a lieu l’inflammation : du moins toutes les fois que le tube n’est pas brisé, et jusqu’à l’instant où les gaz refroidis cessent d’être lumineux.
- (1) Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 28 août 1899, p. 421.
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- 1360
- ARTS CHIMIQUES.
- SEPTEMBRE 1899.
- Dans tous les cas où le tube est brisé au cours de l’explosion, sa fracture, ou plutôt sa pulvérisation, explosive se propage en sens inverse et revient à l’origine du tube de verre,le phénomène étant enregistré fidèlement ainsi que sa vitesse relative.
- A ce moment, d’ailleurs, le carbone préalablement mis à nu dans le tube brûle au contact de l’air, en donnant lieu à des colonnes incandescentes qui partent du tube éclaté.
- La combustion de ce carbone est beaucoup plus lumineuse que la détonation de l’acétylène, celle-ci fournissant bien moins de lumière que la combustion d’un mélange gazeux qui ne dégage pas plus de chaleur : ce qui s’explique, si l’on observe que le carbone précipité, lors de la détonation de l’acétylène, arrête la lumière provenant des couches centrales. La couche refroidie au contact des parois du tube concourt seule à la lumière aperçue du dehors.
- Comme contre-épreuve, nous avons cru utile d’exécuter d’abord quelques essais avec des mélanges d’acétylène et d’oxygène, afin de vérifier les caractères de l’image produite par l’onde explosive. Cette onde, comme on le sait, ne s’établit régulièrement qu’à partir d’une certaine distance de l’origine de l’inflammation. Au delà, on doit obtenir et l’on obtient en ffet, comme nous l’avons vérifié, une droite régulière, c’est-à-dire une vitesse de propagation uniforme.
- Ce point une fois bien vérifié, nous avons étudié la détonation de l’acétylène pur sous différentes pressions. Dans tous les cas, nous avons observé une vitesse croissant au fur et à mesure de la propagation de la flamme. La rupture du tube survient en général avant que l’on ait obtenu une période de vitesse tout à fait uniforme. Toutefois, la progression des vitesses suit des marches bien différentes, même avec un gaz également comprimé et un mode d’inflammation en apparence semblable; cette diversité paraît dépendre de ce qui se passe au voisinage de la région initiale d’inflammation, c’est-à-dire de la mise en train de la détonation. Elle est comprise entre deux limites que nous allons décrire.
- Dans le plus grand nombre des cas, la courbe prend presque aussitôt une marche asymptotique ou, plus exactement, sa tangente, au bout d’un trajet fort court, diffère peu de la valeur qu’elle a acquise vers la fin du trajet; en somme, celui-ci tend à être presque rectiligne. Ce sont évidemment les meilleures déterminations. Seulement, au point final, au moment de la rupture des tubes, la valeur de la tangente devient parfois beaucoup plus forte. Mais la valeur obtenue à ce moment ne peut plus être regardée comme régulière.
- En effet, la vitesse du gaz comprimé qui s’échappe alors, sous la pression atmosphérique, du tube brisé, s’ajoute dans une certaine mesure à celle de la propagation de la flamme enregistrée; en même temps, la combustion immédiate de ce gaz au contact de l’air développe une lumière plus éclatante, qui masque en partie la fin du premier phénomène.
- Citons par exemple l’expérience (N) :
- Diamètre intérieur du tube, 3 millimètres; épaisseur, 3mm,5; pression initiale de l’acétylène dans ce tube, 24 kilogrammes; détonation provoquée par une amorce de poudre chloratée pesant 0®r,04. La vitesse de la lumière de détonation a varié assez rapidement pendant le premier cinquième du parcours. Au delà, entre ce point et le voisinage de la rupture, la vitesse a présenté une valeur moyenne de 1 450 mètres par seconde. Mais dans les derniers centimètres qui précèdent immédiatement la rupture, la tangente à la courbe enregistrée semblait répondre à 2160 mètres, la flamme extérieure résultant de l’échappement du gaz au lieu d’éclatement masquant en partie la lumière intérieure; il est clair que cette dernière valeur est incertaine.
- Dans des cas assez multiples, les variations ont été beaucoup plus prononcées pendant tout le cours de la détonation. Ainsi dans l’èxpérience (II), exécutée dans un tube de diamètre intérieur égal à 4 millimètres, rempli d’acétylène sous une pression de 15 kilogrammes, la courbe s’élève d’abord presque verticalement, puis un peu inclinée, de telle sorte qu’entre les longueurs 0m,10 et 0m,40 la vitesse moyenne est seulement de 64 mètres; elle croît rapidement. Entre 0m,80 et 1 mètre, la vitesse moyenne atteint 1 320 mètres. Le tube a éclaté seulement après qu’il avait été entièrement parcouru par la flamme. Son éclatement s’est propagé en arrière avec une vitesse à peu près uniforme de i 200 mètres par seconde.
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- VITESSE DE DÉTONATION DE L’ACÉTYLÈNE.
- 1361
- Citons encore l’expérience suivante, exécutée avec un tube de diamètre égal à 4 millimètres, rempli d’acétylène sous une pression initiale de 21 kilogrammes. Pendant les trois premiers quarts du trajet, la vitesse moyenne estimée 0,25 de l’origine, était 182 mètres. A0m,50, elle a atteint 1693 mètres. Mais le tube a éclaté vers ce point. La détonation ne s’est pas propagée en avant dans le tube au delà de l’éclatement ; tandis que l’explosion du tube s’est propagée en arrière avec une vitesse de 1500 mètres par seconde.
- [/expérience suivante (C) a donné une variation plus lente (20ks).
- Mètres.
- De 0m,10 à 0m,20................................ 587
- — 0m,20 à 0m,50.............................. 1 021
- — 0m,50 à 0m,65............................. 1518
- Au delà, l’image de la flamme est en partie masquée par l’éclatement du tube.
- Voici la liste des expériences réalisées. On donnera seulement la valeur de ia vitesse à peu près régulière de détonation dans la dernière région, à quelque distance du point de rupture :
- Pression
- initiale. Vitesse. Observations.
- Kilog. Mètres.
- (L) . . . 5 1 050 La variation de la courbe est lente.
- (P) . . 10 1 010 Courbe presque rectiligne.
- (M) . . 10 1 100 Tracé à peu près régulier, presque rectiligne. L’allumage a
- eu lieu à l’extrémité d’un tube de fer de lm,50, précédant le tube de verre ; le tube de fer a crevé à son raccord avec le verre.
- (I) . . 10 1080
- (K) . . 10 1 030 Tracé peu régulier, sans variation trop rapide. Rupture à
- 0m,50 de l’origine.
- (U). . . . . . . 10 1 190 Tracé sensiblement rectiligne. Tube de fer de 1m,50.
- (G). . . . . . . 12 1280 Tracé irrégulier, sans variation trop rapide.
- (H). . . . . . . 14 1210 Tracé à peu près rectiligne. Tube de fer de lm,50.
- (II). . . . . . . 15 1 320 Variation de la courbe extrêmement rapide.
- (A5). . . . . . . 17 1 230
- (T). . . . . . . 18 1210
- (C). . . . . . . 20 1 500 Tracé presque rectiligne.
- (O) . . . 21 1400 Tracé à peu près régulier.
- (A) . . . 21 1 265 Variation de la courbe extrêmement rapide. Éclatement à
- 0m,50.
- (1) . . . 21 1 693? Même observation. Même éclatement.
- (N). . . . , . . . 24 1 450 Tracé régulier et asymptotique.
- (E). . . . . . . 24 1260 Variation de la courbe extrêmement rapide. Éclatement à
- 0m,50.
- Vers . . . . . . 30 1 600 env.
- Nous avons reproduit tous les résultats observés avec exactitude. Mais il semble que l’on doive en écarter ceux où la variation de la courbe a été très rapide et s’est prolongée jusque vers la fin; quoique, à ce moment, les écarts avec des courbes plus régulières ne soient pas extrêmement grands. En raison de ces variations et de la brièveté de l’espace parcouru, ce genre d’expériences ne comporte pas la même précision que les mesures faites sur la vitesse de l’onde explosive dans les mélanges de gaz combuslibles et d’oxygène, par d’autres méthodes et dans des tubes quatre-vingts fois aussi longs.
- Quoi qu’il en soit, d’après le tableau précédent, la propagation de la détonation de l’acétylène s’effectue avec une vitesse qui croît avec la pression, soit de 1 000 à 1 600 mètres par seconde, lorsque la pression passe de 5 kilogrammes à 30 kilogrammes.
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- La propagation de la détonation s’est toujours effectuée avec une vitesse croissante, sans être encore réduite cependant à cette uniformité observée dans les systèmes gazeux formés de corps combustibles et d’oxygène.
- Sans doute, la longueur des tubes était trop petite pour assurer une pareille uniformité. Mais il y a aussi d’autres différences essentielles.
- C’est ici le lieu d’insister sur les caractères fondamentaux de l’onde explosive, lesquels la distinguent de l’onde sonore et plus généralement des ondes provoquées au sein d’un fluide par une impulsion originelle unique et non renouvelée. La vitesse de ces dernières ondes est fonction de l’énergie de l’impulsion première : l’onde qui se propage possède une force vive limitée, définie par cette vitesse et la masse de la matière en mouvement comprise dans la longueur d’une onde. Cette force vive initiale de la masse fluide ne peut aller qu’en diminuant, par suite de la communication du mouvement aux corps environnants. Elle est, en général, trop petite pour élever par compression la température du fluide vibrant jusqu’au degré où il deviendrait lumineux.
- L’onde explosive répond à des phénomènes tout différents. L’impulsion originelle détermine dans le fluide qui la subit une transformation chimique, développant une force vive incomparablement plus grande et qui croît continuellement à mesure que l’onde se propage, car le nombre des molécules qui en sont animées simultanément va sans cesse en augmentant. Une portion de la force vive emmagasinée par la matière comprise dans une longueur d’onde est employée à reproduire, sur la tranche de matière suivante, les conditions mécaniques et, spécialement, la compression qui provoquent la transformation chimique de cette tranche. Une autre portion de la force vive se manifeste sous forme de chaleur qui rend lumineux les gaz résultant de la transformation. Par suite, l’énergie totale, évaluée à la fois sous forme de mouvements mécaniques et de chaleur, croît continuellement à mesure que l’onde se propage, et cela proportionnellement à la masse chimiquement transformée. Celle-ci conserve son éclat lumineux jusqu’au moment où la chaleur qu’elle renferme a été en partie dissipée, en se répartissant dans les corps environnants, par conductibilité, rayonnement, convection; dans le cas d’explosion, on doit ajouter : par détente subite des gaz comprimés.
- En ce qui touche la détonation de l’acétylène comparée à celle des mélanges combustibles, il convient d’expliquer comment les conditions de répartition de la chaleur entre les produits, ainsi que les conditions de propagation de l’onde elle-même ne sont pas exactement comparables avec celles d’un mélange gazeux fournissant uniquement des produits gazeux. Eu effet, au sein d’un mélange gazeux homogène, l’onde explosive se produit dans un système dont toutes les molécules tendent à être animées d’une même force vive, incessamment régénérée par le fait même de la transformation chimique. Les réactions de compression et de dilatation, tant au point de vue calorifique qu’au point de vue dynamique, s’effectuent sur tous les corps mis en présence suivant les mêmes procédés, en raison de l’état gazeux qui leur est commun. Or, il en est autrement de la détonation de l’acétylène, car elle produit un mélange de deux éléments dont l’état physique est dissemblable : l’un gazeux, l’hydrogène, qui obéit aux lois thermodynamiques des fluides élastiques; l’autre solide, le carbone, presque incompressible et fonctionnant à peu près à la façon d’un gaz supposé réduit à son covolume : par conséquent, le carbone est incapable d’emmagasiner la force vive comme le ferait un gaz dans son état de fluide élastique.
- Ce n’est pas tout : un semblable système, de constitution essentiellement hétérogène, ne saurait conserver son homogénéité; les communications de chaleur et de force vive s’y font suivant de tout autres lois que dans un système entièrement gazeux.
- En raison de ces circonstances, l’onde explosive de l’acétylène ne saurait présenter exactement les mêmes caractères que celle d’un mélange d’hydrogène et d’oxygène ou de tout autre mélange gazeux combustible. On trouve à cet égard une indication remarquable dans le caractère éminemment brisant de l’explosion de l’acétylène, aucun tube de verre n’y ayant résisté au delà d’un mètre et, le plus ordinairement,]d’un demi-mètre de longueur, lors de nos expériences. Au delà, ils ont été constamment pulvérisés; tandis que nous avons pu faire détoner
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- SOLIDIFICATION DE l’hYDROGÈNE.
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- les mélanges d’oxygène et d’acétylène, pris à diverses pressions, sous les mêmes longueurs, les tubes de verre ayant d’ordinaire résisté. Il en était de même pour le mélange tonnant d’hydrogène et d’oxygène sous une longueur de 43 mètres, dans les expériences de MM. Ber-thelot et Vieille.
- Celte différence s’explique si l’on remarque que les combustions d’hydrogène et de gaz hydro-carbonés mêlés d’oxygène produisent de l’eau et de l’acide carbonique, en partie dissociés au moment et à la température de l’explosion, et complétant progressivement leur combinaison et les phénomènes thermodynamiques dont elle est accompagnée, pendant les premiers instants du refroidissement, ce qui tempère la violence du choc initial; tandis que la détonation de l’acétylène le résout brusquement et du premier coup en carbone et hydrogène libres.
- En définitive, on voit, par ces développements, que la propagation de l’explosion dans un gaz composé endothermique, tel que l’acétylène, réduit par là en ses éléments, peut avoir lieu avec une vitesse de 1 000 à 1 600 mètres par seconde, en vertu des mêmes transformations thermodynamiques et chimiques qui provoquent la production de l’onde explosive : elle présente des caractères du plus haut intérêt pour les théories générales de la mécanique chimique.
- sur la solidification de l’hydrogène. Note de M. James Dewar (1).
- Aussitôt que nous eûmes produit l’hydrogène liquide par 200 centimètres cubes ou 300 centimètres cubes, à la fin de l’année 1898, nous avons essayé de le solidifier par ébullition sous pression réduite. Dès cette époque, pour rendre plus lent réchauffement extérieur, nous avons disposé notre appareil (fig. 1) de la façon suivante ; De l’hydrogène liquide fut placé dans une petite éprouvette à double paroi, qui était entourée elle-même d’un bain d’hydrogène liquide renfermé dans une de nos grandes éprouvettes à double paroi et à vide de Crookes. Cette éprouvette était fermée et mise en communication, par un tube recourbé, avec une pompe qui permettait de faire le vide très rapidement. De cette façon, l’évaporation se faisait principalement dans l’espace annulaire, et la surface extérieure du plus petit tube était maintenue à la même température que celle de l’hydrogène liquide de l’espace annulaire. Nous étions ainsi bien préservé de tout échauffement extérieur et, grâce à cette disposition, l’hydrogène liquide fut évaporé sous 10 millimètres environ de pression, mais aucune solidification ne se produisit. Reconnaissant que des expériences de ce genre exigeaient de grandes quantités de liquide, d’autres questions furent abordées et nous abandonnâmes momentanément nos expériences sur la solidification de l’hydrogène. Dès le début de cette année, nous avons déterminé les constantes d’un grand nombre de thermomètres à résistance électrique et, avec ceux-ci, l’abaissement progressif des températures réalisées par l’ébullition rapide de l’hydrogène liquéfié.
- Dans le courant de ces expériences, on nota que, presque toujours, il y avait un petit suintement d’air, qui devenait apparent par le fait qu’il se congelait sous forme de neige dans l’intérieur du récipient, au point où il rencontrait la vapeur froide de l’hydrogène qui sortait. Lorsque des fils conducteurs couverts de soie doivent passer à travers des bouchons en caoutchouc, il est, en effet, très difficile, à ces températures extrêmement basses, d’empêcher des suintements, car les bouchons deviennent durs comme de la pierre et les ciments craquent et se fendillent dans tous les sens.
- L’effet de ce léger suintement d’air sur l’hydrogène liquide, lorsque la pression fut réduite au-dessous de 60 millimètres, fut très très remarquable, car il se solidifia soudain en une masse mousseuse ressemblant à de l’écume gelée. Ma première impression fut que ce corps était une éponge d’air solide contenant de l’hydrogène liquide, de même , que l’air ordinaire
- (1) Comptes Rendus de l’Académie des Sciences, 4 septembre 1899, p. 451.
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- peut être, dans certaines conditions, un magma d’azote solide contenant de l’oxygène liquide. Cependant, le fait que cette écume blanche s’évaporait complètement à cette basse pression, sans laisser aucune quantité appréciable d’air solide, m’amena à conclure que le corps pouvait bien être de l’hydrogène solide. Cette hypothèse fut confirmée par l’observation de ce fait que, si l’on augmente la pression et, par conséquent, la température de l’hydrogène, le solide fond lorsque la pression atteint environ Ko millimètres. L’échec de la première expérience doit être attribué au surrefroidisscment du liquide, qui est évité dans ce cas grâce à son contact avec les fils métalliques et à des traces d’air solide. Pour trancher définitivement la question, nous fîmes l’expérience suivante :
- Un ballon C, d’environ un litre de capacité (fig. 2), portant soudés sur son col un manomètre à mercure D et un long tube de verre recourbé, fut rempli d’hydrogène pur et sec, puis scellé à la lampe.
- La portion inférieure AB du long tube fut calibrée. Elle fut entourée d’hydrogène liquide,
- placé dans un récipient où l’on avait fait le vide et disposé pour l’épuisement. Dès que la pression fut abaissée notablement au-dessus de la pression atmosphérique, de l’hydrogène liquide parfaitement clair commença à se réunir dans le tube AB; celui-ci put être observé s’accumulant jusqu’au moment où l’hydrogène liquide, entourant l’extérieur du tube, se transforma soudain, sous une pression de 30 à 40 millimètres, en une masse blanche ressemblant à de l’écume solide, et remplissant presque tout l’espace annulaire. Comme il n’était pas possible d’observer l’état de l’hydrogène dans l’intérieur du tube AB, recouvert d’une grande quantité de ce solide, l’appareil tout entier fut renversé, sens dessus dessous, afin de voir si un liquide quelconque coulerait le long de AB dans le ballon C. On n’observa aucun liquide le long du tube, de sorte que l’hydrogène devait être considéré comme solidifié.
- En plaçant une forte lumière sur le côté de l’éprouvette où l’on avait fait le vide, en face de l’œil, et en maintenant l'épuisement à environ 2o millimètres, Je solide devint graduellement moins opaque, et l’on vit que la matière, dans AB, était une glace transparente à la partie inférieure, mais que la surface avait un aspect mousseux. Ce fait nous empêcha de déterminer la densitéà l’état solide, mais on avait pu prendre ladensité fluide maximum. K1 le fut trouvée être de 0,080, le liquide à son point d’ébullition ayant la densité de 0,07.
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- VARIATIONS DE VOLUME DES MORTIERS DE CIMENT DE PORTLAND. 1365
- L’hydrogène solide fond lorsque la pression de la vapeur saturée atteint 5b millimètres. Afin de déterminer la température de fusion, deux thermomètres à hydrogène à un volume constant furent employés. Ils contenaient de l’hydrogène à 0°, l’un sous une pression de 269mtn,8 et l’autre sous une pression de 127 millimètres. La température moyenne de ®e solide fut trouvée être 16° absolus, sous une pression de 35 millimètres. Toutes les tentatives faites pour obtenir un thermomètre de résistance électrique exact pour des observations à température aussi basse n’ont abouti qu’à des échecs (1).
- Pour le moment, le point d’ébullition, qui est 21° absolus à 760 millimètres tandis qu’il est de 16° absolus à 35 millimètres, permet d’en faire dériver la formule approchée donnant la tension de vapeur saturée de l’hydrogène liquide au-dessous de la pression atmosphérique
- log p = 6,7341 ------p-,
- formule dans laquelle T représente la température absolue, et où la pressiou est exprimée en millimètres. Cette formule donne pour 55 millimètres une température de J6°,7 absolus. Le point de fusion de l’hydrogène doit être, par conséquent, voisin de 16° à 17° absolus.
- La limite pratique de température que nous pouvons produire par l’évaporation de l’hydrogène solide est de 14° à 15° absolus.
- La détermination exacte des points d’ébullition de l’hydrogène liquide sous pressions réduites fera l’objet de nouvelles recherches.
- En passant, on peut noter que la température critique de l’hydrogène étant 30° à 33° absolus, le point de fusion est représenté par un nombre qui est moitié environ de celui qui correspond à sa température critique. Une observation semblable peut être faite pour le point de fusion et la température critique de l’azote. L’apparence écumeuse du solide,lorsqu’il est produit dans un récipient vide ordinaire, est due à la faible densité du liquide et au fait qu’une ébullition rapide a lieu dans la masse entière du liquide.
- Ces expériences sur la solidification de l’hydrogène nous semblent détruire l’hypothèse que l’hydrogène puisse être un métal; on doit; à l’avenir, le classer par-mi les éléments non métalliques.
- VARIATIONS DE VOLUME DES MORTIERS DE CIMENT DE PORTLAND, RÉSULTANT DE LA PRISE
- et de l’état hygrométrique. Note de M. Considéra (2).
- De 1886 à 1889, les variations de volume des mortiers ont été l’objet d’expériences précises, faites à l’École des Ponts et Chaussées et prolongées pendant trois ans. D’autre part, dans leur traité qui vient de paraître en Allemagne, MM. F.-W. Busing etc. Schuman ont fait connaître les résultats des recherches de MM. Meier et Schuman à ce sujet. Mais on n’a pas, à ma connaissance, étudié les effets que produisent ces variations de volume dans les maçonneries armées, où elles sont contrariées par des pièces métalliques et où elles développent des forces intérieures.
- Pour étudier cette question, à laquelle les progrès des constructions en maçonnerie armée donnent de l’intérêt, j’ai fait simultanément, avec les mêmes mortiers, des prismes armés et des prismes non armés, dont les variations de longueur ont été observées au moyen de vis micrométriques donnant le centième de millimètre. Les uns ont été conservés dans l’eau douce, les autres ont été laissés à l’air.
- (1) Maintenant qu’il est définitivement prouvé que l’hélium est plus volatil que l’hydrogène, ce corps, après avoir passé à travers un tube de verre en spirale plongé dans de l’hydrogène liquide pour séparer tous les autres gaz, pourra être comparé avec le thermomètre à hydrogène.
- (2) Comptes Rendus de l’Académie des Sciences, 18 septembre 1899.
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- Prismes conservés clans l’eau. — On a fabriqué et immergé quatre prismes ayant une section de 60 x 25 millimètres et une longueur de 600 millimètres. Deux de ces prismes étaient en pâte dé ciment pur; les deux autres, en mortier dosé à 600 kilogrammes de ciment par mètre cube de sable siliceux. Un prisme de chaque nature était armé, suivant son axe, d'un fer rond de 10mm,20 de diamètre; l’autre n’était pas armé.
- Ces prismes se sont allongés suivant une loi très régulière, avec une vitesse qui diminuait chaque jour. Le tableau ci-après donne, dans les quatre premières lignes, les allongements exprimés en centièmes de millimètre par mètre de longueur.
- Numéros Nature Milieu Allongements (en chill'res gras) ou raccourcissements observés
- dos de où le prisme pendant 03 jours,
- expériences. la pâte. Armature, était place._________________________—---------------------------------------
- Nombre de jours après abrication 1 2 3 4 5 6 7 14 21 28 33 42 49 56 63
- I néant ; 7 15 21 27 32 37 41 59 69 73 75 77 78 78 79
- 66 .... ( 62. . . . I ciment pur \ armé 1 J f au •— [ 17,2 I \ 2 3 4 5 6 8 9 13 16 18 20 21 22 22 22
- ! néant i eau j 3 10 13 15 17 18 19 20 22 24 26 27 27 27 28
- 67. . . . ( mortier ' armé
- (H. . . . ( à 6.0 0ks j 1 f au ' . 17,2 ! 2 2 2 3 3 3 4 4 4 4 5 5 5 5 6
- / néant 1 60 58 57 58 60 04 70 95 110 118 123 128 130 131 132
- 65. ... j fil. ... ( ciment pur \ armé I au ~ j \ Ib'2 1 \ G 9 12 14 16 17 20 22 23 24 25 25 25 25 25
- 1 néant i air ) 22 21 20 21 22 26 29 38 42 44 4o 47 47 49 50
- 68. ... ( mortier 1 armé 1
- 63. . . . | à 600k» i aufb 1 4 6 7 8 9 9 9 9 10 10 10 10 10 10 10
- Ces observations, qui seront poursuivies, n’ont encore duré que sept semaines; mais, en les complétant au moyen de celles qui ont été faites à l’École des ponts et chaussées et en Allemagne, on peut dire que, en moyenne, l’allongement du mortier de ciment pur non armé, conservé dans l’eau douce, atteint 0mm,5 en moins d’un mois, 1 millimètre en moins d’un an, et paraît tendre vers la valeur de lmm,5 à 2 millimètres, qu’il atteint au bout de deux ou trois ans. Les dilatations des mortiers dosés à 600 kilogrammes paraissent être environ trois fois moindres que celles du ciment pur.
- Au sujet des prismes armés, on peut observer que leurs armatures étaient de véritables dynamomètres, dont les allongements donnaient la mesure des forces qui tendaient à les allonger.
- Ainsi, pour le prisme 62, âgé de soixante-trois jours, l’allongement moyen de l’armature étant de 0mm,22 par mètre et le coefficient d’élasticité du métal étant de 2 x 109, la tension moyenne de l’armature était de 4ks,4 par millimètre carré, c’est-à-dire de 361 kilogrammes, pour la section totale de l’armature qui était de 82 millimètres carrés. Cet effort de 361 kilogrammes, nécessaire pour imposer à l’armature l’allongement observé, ne pouvait être produit que par la poussée du ciment adhérent au métal qui tendait à se dilater. Le ciment produisait donc forcémentune pousséetotale de 361 kilogrammes et comme sa section était égale à 14em,2 sa pression par centimètre carré était, en moyenne, de
- 361
- 14,2
- 25ks,4.
- Ce calcul, étant basé sur la valeur moyenne de l’allongement de l’armature, c’est-à-dire sur le quotient de son allongement total par sa longueur, ne peut donner que les valeurs moyennes de la tension de l’armature et de la pression du mortier. 11 est donc évident que l’allongement et les efforts, qui forcément sont nuis aux extrémités du prisme, atteignaient vers son milieu des valeurs bien supé-
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- rieures encore aux moyennes calculées ci-dessus. Des considérations trop longues pour trouver place ici conduisent à penser que les maxima dépassaient les moyennes d’au moins 25 p. 100 et atteignaient 5kg,5 pour la tension du fer et 32 kilogrammes pour la pression du ciment.
- En rapprochant les chiffres des deux premières lignes du tableau, on voit que, au bout de soixante-trois jours, les allongements ont été de 0mm,79 pour le prisme non armé et 0mm,22 pour le prisme armé. L’armature a donc réduit de 0mm,79 —0,22 = 0,57 la dilatation du ciment; en d’autres termes, elle a imposé au ciment un raccourcissement de 0mm,57.
- La pression du ciment pur qui correspond, en général, à un tel raccourcissement étant voisine de 100 kilogrammes, on doit rechercher pourquoi, dans le cas actuel, la pression n’a atteint que la-valeur de 25kff,4, en moyenne, et probablement de 32 kilogrammes au milieu du prisme. On le comprendra en remarquant que ce n’est point sur du ciment arrivé à sa résistance finale que l’armature a agi, mais sur du ciment d’abord très mou, qui a durci peu à peu. Au début de la prise, il avait d’abord une limite d’élasticité très basse et, comme la dilatation qu’il tendait à prendre dépassait le raccourcissement élastique dont il était capable, la résistance de l’armature lui imposait, à chaque phase de la prise, des raccourcissements permanents qui se cumulaient.
- La déformation des sections planes contribue aussi à expliquer cette anomalie.
- 11 y a lieu de rechercher comment se comporterait le prisme armé n° 62 dans l’état où il était après soixante-trois jours de prise, s’il faisait partie d’une construction soumise à des elforts de traction.
- On a vu que, lorsque ce prisme n’était soumis à aucune force extérieure, le ciment y subissait une pression intérieure voisine de 32 kilogrammes par centimètre carré. Pour que le ciment, dont le coefficient
- 32
- d’élasticité était 2 x 109, fût délivré de cet effort intérieur, il faudrait qu’il pût s’allonger de -,
- z x
- soit de 0mm,16 par mètre et, par suite, que le fer, qui en est solidaire, prît un supplément de tension de 0,16 x 20 x 109, soit de 3k»,2 par millimètre carré. La tension totale du fer atteindrait donc le chiffre élevé de 5,5 + 3,2 = 8ks,7 par millimètre carré, au moment où le ciment, rendu à l’état parfait d’équilibre, ne supporterait ni tension, ni pression. Le prisme 62 armé d’un fer de 82 millimètres de section peut donc supporter une traction totale de 8ks,7 x 82mm = 713k&avant que le ciment commence à subir la moindre tension.
- On voit, par cet exemple, que les armatures métalliques prennent, dans les maçonneries immergées, une part des tensions beaucoup plus grande qu’on ne le supposait, faute de tenir compte de la dilatation du ciment. On trouverait sans doute des différences plus grandes encore si, au lieu de ciment âgé de 63 jours, on considérait du ciment de deux ou trois ans, dont l’allongement serait presque deux fois plus fort.
- Un calcul identique, fait pour le prisme armé 64, qui, au lieu du ciment pur, était formé de mortier dosé à 600 kilogrammes, fait reconnaître, qu’au bout de soixante-trois jours de prise, l’armature en fer supportait une tension moyenne de lks,2 par millimètre carré et de 98 kilogrammes pour la section totale de 82 millimètres carrés, et que le mortier subissait une pression moyenne de 7 kilogrammes par centimètre carré et, sans doute, une pression maximum de 9 kilogrammes au milieu du prisme.
- Les expériences dont il vient d’être rendu compte sont les seules dans lesquelles les allongements aient été mesurés chaque jour; mais j’ai en outre observé, à des intervalles plus éloignés, des prismes ayant une section carrée de 46 millimètres de côté et armés de quatre fils
- de 4mm,4 de diamètre. Le rapport des sections du métal et du mortier y était de tandis
- À
- qu’il était de ---- dans la série précédente. Comme on devait s’y attendre, l’allongement des
- 11
- armatures a augmenté quand leur section relative diminuait. Dans le prisme 54, formé de mortier dosé à 600 kilogrammes, il a été de 0mm,12 tandis qu’il n’était que de 0mm,06 dans le prisme n° 64 de la première série.
- m
- Il semblerait que la dilatation, qui met les armatures en tension préalable, ne peut avoir
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- que des avantages et qu'elle donne au ciment pur la supériorité sur les mortiers plus ou moins riches, pour les maçonneries armées et immergées, parce que sa dilatation est bien plusgrande que celle des bétons ou mortiers. En fait, d’importantes réserves à celte déduction sont commandées par les expériences qui viennent d’être faites, sur ma demande, au laboratoire de l’École des ponts et chaussées, et dont je me propose de rendre compte dans une prochaine communication.
- Prismes conservés à l’air. — Au lieu de se dilater comme dans l’eau, les ciments et mortiers se contractent dans l’air, mais en suivant une loi moins régulière.
- Pendant les six à dix premières heures, ceux que j’ai faits au moyen de ciment supportant après douze heures l’aiguille de Yicat ont éprouvé des raccourcissements considérables, atteignant 0mm,60 ; puis le retrait s’est arrêté pendant trois jours et a même été remplacé par une très légère dilatation, puis il a repris avec une vitesse décroissante et beaucoup moindre que pendant les premières heures de la prise. La durée de l’arrêt de la contraction a coïncidé avec la période pendant laquelle le prisme se desséchait et la température du mortier, maintenue d’abord inférieure à celle de l’air ambiant, par 'évaporation de l’eau, s’en rapprochait peu à peu. La dilatation due aux variations de température a pu jouer un rôle prédominant et masquer la contraction produite par la prise du ciment.
- En somme, si l’on complète les résultats de mes essais au moyen des expériences de longue durée exécutées à l’École des ponts et chaussées et par MM. Meir et Schuman, on peut dire que le ciment pur et non armé qu’on conserve dans l’air subit, en quelques heures, une contraction voisine de 0mm,5 par mètre, que cette contraction atteint 1 mètre en quinze jours à un mois, et, qu’en deux ou trois ans, elle arrive au maximum de lmm,5 à 2 mètres (1).
- Les chiffres relatifs au prisme n° 61 prouvent que les ciments armés se contractent suivant une loi continue et régulière et qu’ils diffèrent, par suite, à cet égard, des ciments armés. On l’expliquera plus loin.
- Pour calculer la pression que subit l’armature d’un prisme conservé à l’air dont on a mesuré le raccourcissement et en déduire les valeurs des efforts qui se développent dans le métal et le mortier, on fait un calcul identique à celui qui a été indiqué ci-dessus en détail pour le prisme 62 conservé dans l’eau. On trouve les chiffres suivants :
- Dans le prisme armé en ciment pur n" 61, l’armature supportait une pression moyenne de 5 kilogrammes par millimètre carré et le ciment une tension moyenne de 28ks,7 par centimètre carré. Au milieu de la longueur du prisme, les maxima devaient être voisins de 6ky.25 pour la pression du fer et de 36 kilogrammes pour la tension du ciment.
- Dans le prisme n° 63 de mortier à 600 kilogrammes, l'armature supportait une pression moyenne de 2 kilogrammes par millimètre carré et le ciment une tension moyenne de 11 kilogrammes par centimètre carré.
- De ces chiffres et d’autres, obtenus au moyen de prismes constitués comme le n° 54 cité plus haut, il semble résulter que la tension intérieure développée dans un prisme de mortier par l’action d’armatures métalliques de section suffisante, est, à chaque phase de la prise, voisine de la résistance à la rupture par traction que possède, au même âge, un mortier identique essayé sans armatures. Cela explique que le raccourcissement des prismes armés augmente régulièrement, comme on l’a vu plus haut.
- Ce fait pouvait être prévu, car la diminution que la solidarité avec l’armature impose au retrait que le ciment ou mortier tend à prendre est, dès le début de la prise, très supérieure à l’allongement élastique dont il est capable. Le ciment ou mortier armé qu’on conserve à l’air est donc, pendant toute la durée de sa prise, étiré au delà de sa limite d’élasticité et il doit, par suite, avoir une tension égale à sa résistance maximum au même âge, puisque cette résis-
- (1) Ces résultats ont été, en ce qui concerne les vingt premiers jours de prise, confirmés par quatre autres expériences dont il est inutile de rendre compte et où j’ai mesuré les allongements au moyen de miroirs tournants.
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- VARIATIONS DE VOLUME DES MORTIERS DE CIMENT DE PORTLAND. 1369
- tance reste sensiblement constante au delà de la limite d’élasticité, comme je l’ai démontré dans la communication faite le 12 décembre 1898 à l’Académie.
- On remarquera que la contraction du fer et, par suite, la tension du ciment qui l’a produite n’ont progressé notablement que pendant vingt-huit jours. L’arrêt de la progression a coïncidé avec l’apparition de fissures transversales dans le prisme formé de mortier de ciment pur.
- On doit rapprocher de ce fait les fissures observées souvent dans les massifs en mortier de ciment pur exposés à l’air sec, que des armatures intérieures ou des liaisons extérieures empêchent de prendre librement leur retrait. Il y a là un défaut grave qui, si l’on ne réussissait pas à le corriger, ferait écarter l’emploi hors de l’eau du ciment pur et des mortiers très riches, dans tous les cas oti le retrait n’est pas absolument libre, et il semble que cette condition n’est presque jamais réalisée, car le retrait de toute maçonnerie est gêné par l’invariabilité du sol de fondation ou des assises inférieures qui se sont déjà contractées.
- A l’œil, on ne voit pas de fissures dans les mortiers renfermant, au plus, 600 kilogrammes de ciment par mètre cube de sable, qui sont conservés à l’air sec, mais je ne saurais encore dire s’il ne se produit pas de fissures capillaires.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- les chaudières des 'nouveaux croiseurs, d’après M. T. F. Marshall (1).
- Les chaudières actuellement employées pour les croiseurs sont en majorité de chaudières à tubes d’eau.
- VAndromède (fig. 1 et 2) a 30 chaudières Belleville avec économiseurs, disposées en
- Fig. 1 à 8. —Installation des chaudières des croiseurs Andromède, Hermès, Don Carlos et Hai-Chi.
- quatre groupes, dans autant de compartiments étanches, avec une cheminée pour chaque groupe, et pouvant marcher en chambre fermée au vent forcé. Chaque groupe est pourvu d’un compresseur pouvant injecter de l’air comprimé sur les grilles ou dans les chambres de combustion sous les économiseurs.
- U Hermès (fig. 3 et 4) a 18 chaudières Belleville avec économiseurs disposées en 3 groupes de 6, dans autant de compartiments étanches, chaque groupe a sa cheminée.
- (1) Mémoire lu à VInslilu/ion of Naval Architecls en juillet 1899 (jEngineering, 11 août 1899).
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- CHAUDIÈRES DES NOUVEAUX CROISEURS.
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- Le Don Carlos 1 (fig. 5 et 6) a 12 chaudières express Yarrow, en deux compartiments étanches, avec deux cheminées. C’est la plus grande installation de chaudières à petits tubes qui ait encore été essayée à la mer, et ce avec un grand succès. Vent forcé en chambre fermée par quatre ventilateurs. Outre l’air admis à l’avant du foyer par les portes automatiques, d’autres portes, automatiques aussi, en admettent sur les côtés et à l’arrière.
- Le Haï-Tien et le Haï-Chi (fig. 7 et 8) ont 4 chaudières cylindriques doubles et , 4 simples, en trois compartiments étanches, avec deux cheminées desservant chacune
- c^o
- Fig. 9 et 10. — Chaudières de Y Andromède.
- 2 chaudières doubles et 2 simples. Vent forcé avec 4 ventilateurs par compartiment.
- Détails de construction. — Les tubes des chaudières Belleville de Y Andromède sont (fig. 10) en acier étiré de 115 millimètres de diamètre extérieur —70mm pour les économiseurs — galvanisés extérieurement; les tubes des chaudières de l’Hermès ont (fig. 11) 100 et 70 millimètres.
- Les chaudières Yarrow du Don Carlos ont (fig. 13) les trous du dôme et des collecteurs percés d’abord au calibre, puis on monte ce dôme et les collecteurs sur un châssis triangulaire et l’on y mandrine les tubes, rendus facilement accessibles par des regards. Les tubes, en acier étiré, ont 35 millimètres de diamètre et 3mm,3 d’épaisseur dans les deux rangées près du feu, 29 millimètres et 2mm,5, pour les autres Tous les tubes sont droits, sauf les deux rangées près du feu, légèrement courbées pour mieux se prêter à leurs dilatations plus considérables. La circulation descendante se fait par de gros tubes extérieurs et par quelques tubes du fond, protégés du feu par un déflecteur. Les rangées de tubes près du feu présentent plusieurs vides ou redans,
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- augmentant le volume de la chambre de combustion et permettant aux flammes de mieux atteindre les autres rangées. Il n’y a pas de tubes-tirants, inutiles, plutôt nuisibles en raison de leur rigidité. Les tubes sont simplement mandrinés et rabattus dans leurs tôles.
- Les chaudières cylindriques sont (fig. 16 et 17) du type normal, avec chambre de combustion séparée pour chaque foyer, les tubes en acier soudé à recouvrement, et de 63 millimètres, sont protégés au foyer par des viroles type amirauté.
- Alimentation. — Les Belleville deVAndromède sont alimentées automatiquement par deux réservoirs de 13 mètres cubes de capacité totale, largement suffisants pour parer aux variations considérables de la vaporisation. Sur le Don Carlos, l’eau d’alimentation est pompée par les pompes à air, dans deux réservoirs de 3 500 litres, d’ou elle des-
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- Chaudières de Y Hermès.
- cend par les filtres aux pompes alimentaires, du type double avec régulateur automatique Yarrow très simple. Les chaudières cylindriques du Haï-Chi sont alimentées de même par de l’eau refoulée de la pompe à air dans un réservoir de 4 000 litres — d’où l’eau descend aux pompes alimentaires avec réglage à la main.
- D’après le tableau p. 1373 l’encombrement de ces différentes chaudières est, par cheval, à peu près le même en marche au tirage naturel. Au vent forcé, et pour de courtes périodes, les chaudières Yarrow et cylindriques l’emportent de beaucoup. D'autre part, la surface de chauffe par mètre carré d’encombrement horizontal est la même pour les chaudières cylindriques et Belleville, et moindre, ainsi que, probablement, plus économique au vent forcé, tandis que les chaudières cylindriques l’emportent au tirage libre. Par mètre carré d’encombrement horizontal, la surface de grille est notablement plus grande dans les Belleville, et ce avec des grilles moins longues, plus faciles à conduire.
- La proximité des tubes de la grille oblige à marcher avec un feu mince et uniforme,
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- CHAUDIÈRES DES NOUVEAUX CROISEURS.
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- conduite difficile, rendue plus aisée par la chambre de combustion des économiseurs Belleville, et, dans les chaudières Yarrow, par l’éloignement relatif des tubes et de la grandeur de la chambre de combustion.
- Quant au poids par cheval, les chaudières à tubes d’eau, les Yarrow en tête, sont les plus légères en marche non forcée. En marche forcée, la supériorité des Yarrow est considérable et la Belleville ne l’emporte guère sur les types cylindriques. Les Yarrow peuvent, à poids égal, vaporiser 14 p. 100 de plus que les Belleville pour longtemps, 78 p. 100 de plus pour de courtes marches, et 50 et 65 p. 100 de plus que les types cylindriques. Ces poids comprennent les accessoires très lourds et nombreux dans le cas des Belleville.
- Les chaudières Yarrow peuvent supporter facilement une pression de vent forcé de
- Fig. 13, 14 et 13. — Chaudièpes du Don Carlos.
- 50 millimètres, mais avec une grande fatigue du personnel. Les chaudières cylindriques ne résisteraient pas plus de quatre heures au vent forcé maximum ; les tubes avec viroles s’encrassent, et, sans viroles, ils fuient. Avec des grilles de longueur modérée : lm,80, on peut forcer longtemps jusqu’à 180 chevaux par mètre carré de grille, mais ces chaudières cylindriques sont alors trop lourdes. En outre, il leur faut des heures pour la mise en pression, qui se fait en une demi-heure avec les types à tubes d’eau.
- Les chaudières cylindriques se dérangent moins, souffrent moins de la salure, leur alimentation est plus facile. Les nombreux joints et détails des Belleville, bien que très bien construits, exigent une surveillance incessante; l’alimentation est délicate. Les Yarrow sont plus simples, les tubes, galvanisés à l’intérieur, et à l’extérieur doivent être nettoyés par des jets d’air comprimé, préférables aux jets de vapeur, qui laissent de l’humidité. Une salure, même légère, occasionne, dans les chaudières à tubes d’eau, un primage considérable.
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- Les éléments des chaudières Belleville se remplacent très facilement et l’on peut même enlever les chaudières d’une seule pièce au travers des écoutilles, mais il faut, pour examiner l’intérieur de ces chaudières, défaire un grand nombre de joints. Le remplacement des tubes Yarrow se fait aussi avec facilité, bien qu’il faille en sortir plusieurs pour un seul défectueux au milieu du faisceau : il est vrai que l’on peut en cas de presse, se contenter de tamponner ce tube. L’inspection intérieure de ces tubes est relativement facile, mais il n’en est pas de même de leur examen extérieur, et il est prudent d’en enlever un de temps en temps comme témoin de l’état probable des autres. Les grandes réparations aux chaudières cylindriques, comme le remplacement d’un foyer, sont longues et coûteuses et, pour les sortir du navire, il faut y faire d’importantes coupures.
- On atteint aujourd’hui couramment, avec les chaudières à tubes d’eau, des pres-
- Fig. 16 et 17. — Chaudières du Hai-Chi.
- sions de 20 atmosphères, qui permettent de marcher avec des machines plus petites, très économiques en allure faible : avec les chaudières cylindriques, il ne faut guère dépasser 12 atmosphères.
- En résumé : les Belleville conviennent très bien pour les longues marches à grandes vitesses; elles sont très économiques en pleine marche, relativement légères, faciles à nettoyer et à réparer; d’une mise en feu rapide, elles se prêtent facilement aux grandes variations de marche, mais elles ne sont pas facilement forcées : leurs détails nombreux et compliqués sont sujets à de fréquents dérangements.
- Les chaudières Yarrow sans réchauffeurs sont moins économiques en longue marche active et continue, mais on peut les pousser aux extrêmes limites pour un coup de collier. Très légères, simples, faciles à enlever et à nettoyer, peu sujettes aux dérangements, leur vaporisation est très élastique et leur mise en feu très rapide.
- Les chaudières cylindriques, un peu moins économiques que les Yarrow pendant les longues marches en pleine puissance, le sont beaucoup plus aux faibles puissances. On peut les pousser modérément sans danger.'Simples, d’un entretien facile,
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- SCIE A RUBAN FITZGERALD.
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- leur mise en pression est lente et leur vaporisation peu élastique se prête difficilement aux brusques variations de puissance.
- Nom des croiseurs. . Andromède Hermès Bon Carlos I Hai Chi Æolus Pallas
- Type et nombre des chaudières 30, Beleville 18, Belleville 12, Yarrow 8 Cylindr. 5 Cylindr. 4 Cylindr.
- dont dont doubles
- 4 doubles 3 doubles
- Timbre 21k 21 21 11 11 11
- Puissance indiquée i au tirage naturel. 16 500 10 000 8 000 12 000 7 000 5 000
- au vent forcé. . » » 12 500 17 000 9 000 7 500
- Surface de chauffe totale 3716-2 2 230 2 973 2 550 1 490 1022
- Surface de chauffe par au tirage naturel. 0-2,23 0,22 0,37 0,21 0,20 0,205
- cheval indiqué au vent forcé. . » )) 0-2,24 0,15 0,17 0,14
- Surface de grille totale 134-2 70 55 87,4 52 38
- Longueur des barreaux 1“,90 1,90 2,20 2,15 2,13 2,20
- Puissance indiquée par au tirage naturel. 125 140 145 138 135 134
- mètre carré de grille i aii vent forcé . . » )) 230 194 172 200
- Encombrement total en mètres carrés, . . 456 288 230 324 205 • 177
- Puissance par mèt. car. au tirage naturel.. 36 35 3o j o 37 33,5 28
- d’encombrement ! au vent forcé. . . )) )) • 55 54 43 42,5
- Chauffe par mètre carré d’encombrement. 8-2,15 7,77 13,1 7,94 7,16 5,82
- Surface de grille. . . 0-2,292 0,242 0,24 0,276 0,251 0,214
- Surface de grille avec des barreaux de lm,90. 0-2,292 0,242 0,207 0,242 0,22 0,185
- Poids des chaudières et cheminées, en
- tonnes 559 342 217 447 270 174
- — Eau dans les chaudières — Pompes, tuyauteries, eau d’alimen- 43 30 30 197 103 82
- tation .... 168 100 82 97 55 41
- Total 770 472 329 741 428 297
- Total p ar cheval indiqué [ au tirage naturel. / au vent forcé . . 47k,2 » 47,6 41,8 27 62,6 44 71,2 48,1 60.3 40.4
- Puissance par tonne du 1 au tirage naturel. 21,4 21,19 24,5 16,2 16,4 16,8
- poids total I au vent forcé . . » )) 38 22,9 21,1 25,2
- scie a ruban Fitzgerald.
- Comme suite aux renseignements sur les scies à bois américaines publiés au Bulletin de juillet, p. 1127, nous donnons la description de la machine toute récente de M. Fitzgerald, contruite par la maison Allis, de Milwaukee,et dont la principale caractéristique est la faculté de pouvoir, au moyen du cylindre hydraulique 49 (fig. 26), soulever et maintenir la scie et ses deux poulies à la hauteur voulue suivant l’épaisseur de la pièce à'scier et, de manière à rapprocher le plus possible le bois de la poulie supérieure.
- Ce levage s’opère le long de trois colonnes-guides 6, 7 et 8 (fig. 24) montées dans un châssis 5, 9, 10, 12, solidement fixé aux poulies 3 et 4. Le châssis 14 des poulies est en deux pièces 15 et 16 reliées en leur milieu par une forte vis droite et gauche 42, et pourvues chacune de quatre colliers 17, entourant les guides 6 et 7, avec une course limitée par les butoirs 13 de 12. La pièce 15 supporte les deux patins articulés 19 de l’arbre 20 par des pistons 18, soulevés par les tiges ajustables 22, poussées par les deux bras du levier 23, à contrepoids 24, réglant ainsi la tension de la lame. La pièce 16 porte un bras 25, à tige réglable 26, le reliant au support du palier 39, enfilé sur le guide 8, et réglable sur ce support par la vis 32, que l’on commande,
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- Fig. 18 à 22. —
- Scie Fitzgerald. Vue par bout. Détail des poulies
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- Vie Fitzgerald. Plan. Détail du palier 29.
- à 25.
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- SCIE A RUBAN FITZGERALD.
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- par 33, 34, 35, de la manette 36, fixée parle serrage 38. Le second coussinet 30 de l’arbre 31 est articulé en 39 sur un piston emmanché dans le support 16 et réglable par lavis 40. Ces différents réglages permettent d’ajuster les axes des poulies à l’inclinaison
- Fig. 26. — Scie Fitzgerald. Élévation.
- voulue avec une grande précision, et la vis 42 rend faciles le réglage de la tension initiale et l’enlevage des scies.
- Le guide de la scie est en^deux pièces : l’une fixe 45 et l’autre 46, pivotée sur 47 et ajustable. Le bois à scier est porté par un chariot 45 et la scie est à double denture, permettant de couper à l’aller et au retour du chariot. A cet effet, la jante des poulies est entaillée sur ses bords 54(fig. 26), avec un remplissage 55, que l’on enlève quand la largeur de la scie, primitivement plus grande que celle [des poulies, diminue par l’affûtage-. Une trémie 56 empêche la sciure de tomber sur la poulie inférieure.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- machines a mouler Wainford et Uehling et Muller.
- Ces machines ont, comme le savent nos lecteurs, pour objet d’économiser la main-d’œuvre dans les halles de fonderie des hauts fourneaux, tout en produisant des gueuses de fonte exemptes de silice, ce qui n’a'pas lieu avec les fontes coulées dans le sable. Elles doivent être simples, robustes et la fonte doit, autant que possible, pendant son refroidissement, ne subir ni secousses ni refroidissement brusque pouvant en modifier défavorablement la structure.
- L’installation de M. Wainford, représentée par les figures 27 à 32, est étudiée pour une production de 60 tonnes par jour. La poche b, de 15 tonnes, roule sur une
- dXliŒnzu'XiÜrti ri nrr
- Fig. 27 à 32. — Machine à mouler Wainford.
- voie inclinée a, avec, de chaque côté, une pochette c, reliée à b par hh', et roulant sur des voies horizontales le long de deux rangées de moules dd. La poche b est remorquée de bas en haut sur la voie a, en s’inclinant de plus en plus sur c et se déversant dans les moules, qui, après refroidissement, sont basculés par la manette ff', et ainsi déversés dans les wagons d2 d2. Ces moules d' sont ondulés, avec double fond rempli de matière non conductrice empêchant un refroidissement trop brusque de la fonte, détachables et faciles à remplacer : leur capacité est d’environ 400 kilog. de fonte, que l’on peut décharger après un refroidissement de 10 minutes environ.
- La machine a 28 mètres de long sur 11 mètres de large : elle est desservie par un moteur de 5 chevaux, un homme à la poche b, deux à la décharge et au garnissage des moules, un gamin pour le moteur.
- L’appareil de MM. Uehling et Muller se compose d’un double cours de moules DD (fig. 33) recevant la fonte du haut fourneau A par la poche B et la gouttière C. Les moules en fonte E, montés sur chaînes t, à poulies p (fig. 30), et à galets s, se recou-
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- MACHINES A MOULER.;
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- vrent en ee' de manière à empêcher la fonte de couler entre eux : on les enlève faci-
- Fig. 33 à 35. — Machine à mouler Uehling et Muller. Ensemble. Élévation. Plan et coupe par M2 M.
- lement en dévissant les boulons e (fig. 46). La fonte est refroidie d’abord par une aspersion d’eau fournie par un tuyau K (fig. 39) et tombant sur les tuiles I de la :
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- SEPTEMBRE 1899.
- roue HII;, entraînée par l’une des chaînes t, de sorte que ce refroidissement super
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- Fig. 36 à 38. — Machine Uehling et Muller. Détail de la chaîne.
- Fig. 39-42. — Machine Uehling et Mullev. Détail de l'arroseur 1 et des injecteurs P. ficiel agit sur la fonte sans risque de briser le moule; puis les moules passent sous
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- CASSE-FONTES BROWN.
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- une rampe de jets d’eau LL', et déversent leur fonte au conveyeur M, qui l’amène en M2 aux wagons après leur avoir fait traverser le baquet plein d’eau M'.
- Au retour, les moules passent au-dessus du baquet N (tîg. 44) rempli d’une disso-
- lution d’eau de chaux, agitée par les palettes N' et projetée sur les moules par les éjecteursà air comprimé 0,0',P (tîg. 43) qui en renouvellent ainsi le garnissage, retenu parleur nervure P.(l)
- CASSE-FONTES Jh'OWïl.
- Cet appareil a pdtir objet de casser les gueuses de fonte coulées dans la halle de fonderie sous la forme de peignes S P (fig. 47 et 48). Ces peignes suspendus aux crochets H h (fig. 51) de la barre M des trolleys CC, à corde de levage K, sont amenés, entre les mâchoires de la briseuse A, dont les pistons hydrauliques BB' brisent d’un coup deux dents du peigne en V en les pressant sur l’appui fixe D et sur l’appui D', articulé de manière à pouvoir se prêter aux inégalités des fontes. %
- Les supports a des crochets H sont poussés vers A par les ressorts Y, de manière à maintenir les crochets II toujours en prise avec S malgré ses inégalités.
- (1) Voir aussi les brevets américains 632, 631 de 1899, et le Bulletin de novembre 1897, p. 1527.
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- Fig. 47. — Casse-fontes Brown.
- P O
- (S 27
- Fig. 45-50. — Casse-fontes Brown. Coupe verticale xx (fig. 47) et détail d’un crochet.
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- PALIER DE SÛRETÉ POUR LAMINOIR
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- Fig. 52. — Palier et laminoir Kuhleuoincl et Eisengart. Coupe longitudinale.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- SEPTEMBRE 1899.
- paliers de sûreté pour laminoirs Kuhlewind et Eisengarl.
- Les paliers 3,3 (fig. 32) des cylindres 2 ont leur levée normale réglée par la butée des tiges 26 des pistons 15 sur les vis de réglage 28, et ces pistons 25 reposent sur de l’huile dont la pression est réglée par la manette 11 de la vis 6, à plateau 8. Ce plateau comprime sur le châssis fixe 4 les ressorts 10, et leur pression est transmise par 11 aux montants 13, pivotés sur 11 et 14, et appuyés sur les clapets de retenue 17-18
- Fig. 53. — Palier de laminoir Kuhlewincl et Eisengarl. Coupe transversale.
- (fig. 55), à diaphragmes 19 (fig. 54). Chacun des pistons 15 est surmonté d’un contre-piston 23 (fig. 54) fixé sur sa tige 24 par 22, avec anneau 29 appuyé par des ressorts sur le diaphragme 21.
- Quand la pression exercée par le cylindre 2 sur ses paliers 3 dépasse celle prévue par le réglage, les soupapes 18 s’ouvrent, laissant l’huile passer du dessous au dessus des pistons 15 par 16 les billes 36 (fig. 56), 18 et 20 (fig. 54), l’huile ainsi déplacée trouvant sa place entre 15 et 23 par la levée de l’anneau 29. Quand cet excès de pression cesse, le ressort 35, repoussant 3, fait repasser l’huile du dessus au dessous de 15 par 30 et le clapet de retour 32, en ramenant ainsi 3 et 5 à leurs positions normales.
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- MOTEUR A GAZ WESTINGHOUSE.
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- Fig. 54. — Palier de laminoir Kuhlewind et Eisengart. Détail du piston 23. — Fig 55. — Détail
- de la soupape 18 (fîg. 54).
- moteur a gaz Westinghouse
- On sait quel développement a pris, dans ces derniers années, l’industrie des moteurs à gaz de grandes puissances : 1 000 chevaux, par exemple, pour l’emploi des gaz de hauts fourneaux(1). LesAméricains, qui étaient restés un peu en retard dans cette voie, viennent de s’y engager résolument avec, à leur tête, la Compagnie Westinghouse, qui a déjà construit des moteurs de 650 chevaux à trois cylindres et est en train d’en construire de 1 500.
- Ces machines, du type Otto à quatre temps, sont verticales, à deux ou trois cylindres, avec distribution par soupapes et allumage électrique. L’échappement s’opère en O (fig. 56) par la soupape E, que commande le renvoi AG, avec came A tournant deux fois moins vite que le moteur : la tige de cette soupape, rappelée par un ressort, repose par un grain en acier trempé sur l’extrémité du levier G. Un second arbre B, tournant également deux fois moins vite que le moteur, commande l’admission du gaz et de l’air par le levier C et la soupape J, qui reçoit du conduit N ce mélange dosé par la soupape M, commune aux deux ou trois cylindres du moteur, et soumise au régulateur (fig. 57). Cette soupape est à deux sièges, l’un pour le gaz, l’autre pour l’air, à sections réglées indépendamment par deux manettes graduées, celle du haut (fig. 57) pour le gaz, celle du bas pour l’air, et le régulateur agit en diminuant graduellement le volume du mélange admis sans en changer le dosage initial. On obtient ainsi un réglage assez précis pour l’accouplement direct des moteurs aux dynamos des éclairages électriques.
- L’allumage électrique par pile et bobine d’induction est commandé aussi de l’arbrê B par une seconde came et la tige D, actionnant une rupture de contact très robuste (fig. 58) avec rappel par ressort S, et à deux touches, dont l’une de rechange immédiat en cas d’accident à l’autre.
- (T) Bulletin de mai 1899, p, 803.
- Tome 1Y. — 98° année. 5e série. — Septembre 1899,
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- 138G NOTES DE MÉCANIQUE. ----- SEPTEMBRE 1899.
- La mise en train s’opère par de l’air comprimé à 12 atmosphères dans un réservoir alimenté par un compresseur à main ou commandé par une courroie. A 1 extrémité de
- Fig. 56. — Moteur à gaz Westinghouse, Coupe verticale.
- l’arbre B (fig. 56) se trouve une vis, qu’il suffit de tourner pour fermer la soupape d’admission de l’un des cylindres, et, par la manœuvre d’une manette appropriée, on met en même temps enjeu une came spéciale de mise en train, qui ouvre l’échappement de ce même cylindre à chaque montée du piston ; enfin, une deuxième came de
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- MOTEUR A GAZ WESTINGHOUSE.
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- mise en train (fig. 59) admet à chaque tour, dès que l’on ouvre le robinet de mise en train, de l’air comprimé au haut de ce cylindre, qui fonctionne alors comme celui d’une
- Fig. 57. — Moteur à gaz Westinghouse. Détail du régulateur.
- machine à air comprimé, les deux autres cylindres entraînés ainsi marchant au gaz. La mise en train se fait automatiquement en trois ou quatre tours et sans danger.
- Les bielles en acier doux forgé (fig. 60) sont graissées au bas par leur passage dans
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- «WHI
- Fig. 58. — Moteur à gaz Westinghouse. Détail de l’allumage.
- le bain d’huile du socle, et l’on peut régler les coussinets des crosses, en bronze phosphoreux, en amenant (fig. 56) les trous percés dans le piston en face du regard à bouchon à vis percé dans le cylindre. L’arbre (fig. 61) est à manivelles à 120°, avec contrepoids en fonte rapportés et paliers réglables de l’extérieur, analogues à ceux des machines à vapeur Westinghouse (1).
- (1) Bulletin de février 1899, p. 332.
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- 1388
- NOTES DE MÉCANIQUE.
- SEPTEMBRE 1899.
- L’une des particularités des moteurs à gaz aux États-Unis est l’emploi du gaz naturel, très riche, d’une puissance calorifique d’environ 9 000 calories par mètre cube; ces machines en consomment environ 300 litres par cheval-heure effectif. La dépense en gaz d’éclairage à 6 000 calories est d’environ 430 litres, et celle de la gazoline d’environ 1/2 litre. On peut aussi employer avec ces machines des gaz pauvres à 1 100 calories.
- On n’hésite pas, aux États-Unis, à employer les moteurs à gaz pour les installations les plus consi-
- WIIIÊëêiëêêèèIÊIÈIÈË
- WÊÊIÈÊÊÈÈIÊÊÊÊÊÊM
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- Fig. 59. — Machine Westinghouse. Mise en train.
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- p.
- Fig. 61,— Moteur Westinghouse. Arbre de couche.
- dérables. Nous citerons, entre autres, dans un hôtel delà Floride, pour l’éclairage électrique, 2 moteurs de 30 chevaux, 3 de 65 et 5 do 85, en tout 750 chevaux, et la fabrique de ciment Portland d’Iola, avec 12 moteurs d’une puissance totale de 3 000 chevaux.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE DE'LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Août au 15 Septembre 1899
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . '. . Journal de l’Agriculture.
- Ac. . . . Annales de la Construction.
- Acp. . .. . Annales de Chimie et de Physique.
- AM. . . . Annales des Mines.
- AMa . . . American Machinist.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique.
- APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées.
- Bam.. . . Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- BMA. . . Bull, du ministère de l’Agriculture.
- CN. . . . Chimical News (London).
- Cs.. . . . Journal of the Society of Chemical Industry (London).
- CR. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- DoL. . . . Bulletin of the Department of La-bor, des États-Unis.
- Dp. . . . Dingler’s Polytechnisches Journal.
- E. . . . . Engineering.
- E’.. . . . The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE.. . . . Eclairage électrique.
- EU. . . . L’Électricien.
- Ef-. . . . Économiste français.
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Es.. . , . Engineers and Shipbuilders in Scotland (Proceedings).
- Fi . . . Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc.. . . . Génie civil.
- Gm. . . . Revue du Génie militaire.
- IC.)r . . Ingénieurs civils de France (Bull.).
- le. .. . . Industrie électrique.
- Im . . . . Industrie minérale de St-Étienne.
- IME. . . . Institution of Mechanical Engineers (Proceedings).
- IoB. . . . Institution of Brewing (Journal).
- La . . . . La Locomotion automobile.
- Ln. . . . La Nature.
- Ms..... Moniteur scientifique.
- MC. . . . Revue générale des matières colorantes.
- N.. ... Nature (anglais).
- Pc.. . . . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Pm. . . . Portefeuille économ. des machines.
- Rcp . . . Revue générale de chimie pure et appliquée.
- Rgc. . . . Revue générale des chemins de fer.
- Rgds.. . . Revue générale des sciences.
- Ri ... . Revue industrielle.
- RM. . . . Revue de mécanique.
- Rmc.. . . Revue maritime et coloniale.
- Rs.....Revue scientifique.
- Rso. . . . Réforme sociale.
- RSL. . . . Royal Society London (Procee-dingsj.
- Rt.. . . . Revue technique.
- Ru.....Revue universelle des mines et de
- la métallurgie.
- SA.. . . . Society of Arts (Journal of the).
- ScP. . . . Société chimique de Paris (Bull.).
- Sie..... Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- SiM. . . . Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- SiN. . • • Société industrielle du Nord de la France (Bulletin).
- SL.........Bull, de statistique et de légis-
- lation.
- SNA.. . . Société nationale d’agriculture de France (Bulletin).
- SuE. . . . Stahl und Eisen.
- TJSR. . Consular Reports to the United States Government.
- VD1. . . '. Zeitschrift des Vereines Deutscher Ingenieure.
- ZOi. . . Zeitschrift des Oesterreichischen Ingenieure und Architekten-Ve-reins.
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- 1390
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- SEPTEMBRE 1899.
- AGRICULTURE
- Avoine. Culture et rendement en 1899. Ap. 17 Août, 229.
- Asperge. Culture en Meurthe-et-Moselle. Ap. 31 Août, 299.
- Betteraves à sucre. (Expériences sur les) (Desprez). Ag. 26 Aoiît, 338; 2 Sept., 382. Beurre. Production |)et consommation. Ef. 19 Août, 276.
- — Théorie du barattage. Ap. 19 Août, 244.
- — (Analyse des) (Godd). CN. 8 Sept., 113. Blé. Battage et dépiquage. Ap. 25 Août, 282.
- — Récolte à Capelle. Id. 23 Août, 383 ;
- 7 Sept., 341.
- Cartes agronomiques. (Progrès des) (Carnot). Ag. 2 Sept., 375.
- Charrues défonceuses Bonnet. Ap. 17 Août, 242.
- — Morton. Id. 31 Août, 309.
- Cidre. (Lavage des fruits à). Ag. 19 Août, 298. Cuscute des luzernes. Ag. 19 Août, 301 ; Ap. 25 Août 271. Destruction par le sulfate de cuivre. Ap. 7 Sept., 335. Écobuage (L’) (Hitier). Ap. 25 Août, 280. Engrais. Phosphates du Gard. Ap. 7 Sept., 339.
- Lait et crème. Action du froid (Lezé). Ap. 24 Août, 267. Industrie en Danemark. Ap. 7 Sept., 349.
- Lentille. Culture dans le Yelay. Ap. 17 Août, 233.
- Mais-fourrage. Culture au Parc des Princes. Ap. 7 Sept., 333.
- Mouton Shropshire nouveau. Ag. 26 Août, 338.
- — Southdowns berrichons. Ap. 31 Août,
- 302.
- Œufs. Commerce à Paris. Ap. 17 Août, 239. Orge. Culture au Parc des Princes. Ap. 24 Août, 265.
- Poirier (Teigne du). Ag. 9 Sept., 419.
- Sauves (Distribution des). Ag. 2, 9 Sept., 371, 413.
- Semoir hongrois. Ag. 2 Sept., 383.
- CHEMINS DE FER
- Attelages automatiques américains. E1. 26 Août, 185; 1er Sept., 207.
- Chemins de fer de l’Euphrate. E'. 18 Août, 169.
- — Transsaharien (P. L.-Beaulieu). Rso. 16 Août, 301.
- — Mantchourein. E. 1er Sept., 273. i
- Chemins de fer.Great-Central. E.8 Sept., 295. — Sierra-Leone. E'. 9 Sept., 240.
- — électrique. Dusseldorf-Krefeld. EE. 9
- Sept., 396. De la Jungfrau. E. 8 Sept., 293. De Portrush. E'. 8 Sept., 248. Freins à air comprimé Pareil. Duval. RM. Août, 209, 210.
- Locomotives. Consolidation du Pennsylvania. RM. Août, 207.
- — Express du Great Northern of lreland. E'. 8 Sept., 242.
- — Articulée Heisler. RM. Août, 208.
- — Montage au chemin de fer de l’Est. E. 1« Sept., 278.
- — Chaudière Thuille. RM. Août, 208.
- — Foyer Murphy. RM. Août, 207.
- — Tiroir-piston du Chicago-Burlington. RM. Août, 209.
- Résistance de l’air (Joly). Bam. Août, 918. Traverses. Injection au chlorure de zinc en Amérique. Dp. 2 Sept., 134.
- Tunnels. (Ventilation des) (Godfernaux). Gc.
- 26 Août, 280; 2, 9 Sept., 297, 314. Voiture à couloir du Great Central. E. 25 Août, 231.
- Wagon à charbon de 15 tonnes pour l’État belge. Rt. 25 Août, 373.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles. (Les) (Boramé et Julien). Bam. Août, 909.
- — Exposition des Tuileries. Rgds. 30 Août,
- 613,
- — Avant-frein Kuhlstein-Vollmer. La. 24
- Août, 536.
- — Concours des poids lourds à Liverpool.
- E'. 1er Sept., 214.
- — Direction à deux pivots (Bourlet). Gc.
- 2, 9 Sept., 294, 311. Davis. E. 8 Sept., 306.
- — électriques Waverly. AMa. 3 Août, 707.
- — — Exposition des Tuileries. IC. Juin,
- 946.Vedovelli et Priestley. La. 17 Août, 527. Combinateur Jeanteaud et Rech-newsky. EE. 2 Sept., 338.
- — à vapeur. Omnibus Scott. Ri. 19 Août
- 321. Chaudière. Ri. 26 Août, 335; 2,9 Sept., 345, 353. Crough AMa. 17, Août, 763. Durdeon. AMa. 24 Août, 781.
- — à alcool. Ri. 19 Août, 323.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- SEPTEMBRE 1899.
- 1391
- Automobiles à pétrole. Divers. Dp. 19 Août, 104. Underberg. La. 17 Août, 524.
- ___ — Ganello-Durkopp. La. 7 Sept., 571.
- ___— Société bourguignonne. La. 31 Août,
- 556. Trotter. Id. 560. Compagnie des _ — voiturettes. RM. Août, 211.
- — — Mise en train Prétot. RM Août, 212-Locomotive routière. Huber. RM. Août, 212. Tramways.
- — Électriques. Lewiston-Brunswick (Westinghouse). E. 18 Août, 197. A contacts : Westinghouse. Gc. 19 Août, 266. Diatto. Ln. 9 Sept,, 228.
- — De Marseille. Rt. 25 Août, 361.
- — — (Consommation d’énergie des). Ri.
- 9 Sept., 357.
- — Locomoteurs Jefïray pour mines. Ri. 19 Août, 325.
- Vélocipèdes. Construction des Sharp. IA. 18. 21 Août, 755; 1, 8 Sept., 779, 791.
- — Divers. Dp. 26 Août, 121; 2, 9 Sept., 139, 155.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acétylène. Divers. Cs. 31 Août, 742.
- — Purification par les dissolutions salines acides (Frantz). CN. 8 Sept., 114. — Dérivés métalliques (Berthelot et Delé-pine). CR. 14 Août, 361.
- — Inconvénients (Vertecs). CN. 25 Août,85. — Vitesse de détonation (Le Chatelier). CR. 28 Août, 423.
- — (scarlata).Ms. Sept., 634.
- Amazine (L’)dAnalyse (Hempel etKahl). CN. 25 Août, 85.
- Acides sulfurique anhydre. Fabrication. Ms. Sept., 649. Sulfurique et azotique. Action sur l’acide hypoazotique (Lunge et Weitbaur).Ms. Sept., 655.
- — Acétique et eau. Congélation des mé-
- langes (Dahms). Acp. Sept., 140.
- — Nitrique fumant. Action sur quelques
- composés cycliques obtenus par synthèse (Krause). CN. 8 Sept., 115. Arsèniure de calcium. (Libeau) ScP. 5 Sept., 769.
- Argon et azote. Réaction sur les radicaux mercuriels. (Berthelot). CR. 14 Août, 378. Azotate d’argent ammoniacal. (Berthelot et Delépine). CR. 7 Août, 326.
- Briques. Coloration par l’acide chlorhydrique. (Gary). Cs. 31 Août, 761.
- Chaux et Ciments. Tunnel séchoir Rappold. Le Ciment. Août, 122.
- — Industrie du ciment Portland dans le monde. Le Ciment. Août, 231.
- — Constitution des ciments hydrauliques.
- (Rebuffet). Cs. 31 Août, 761.
- — Solubilité de la chaux dans l’eau et les liquides sucrés (Weisherg). ScP. 5 Sept., 773.
- — Écharuffement d’un massif de béton pendant sa prise. Gc. 2 Sept., 300. Céramique d’industrie et la faïencerie en France. État actuel (Granger). Rgds. 15 Août, 587. Extraction et préparation du kaolin. Eam. 26 Août, 245. Davium. Élément nouveau (Mallet) CN. 18 Août, 80.
- Distillerie. Indicateur-régulateur de densité Tourneur. Ri. 19 Août, 323. Brasserie. Rapport entre la température initiale des brassins et celle de la fermentation (Brown et Morris). IoB. Mai, 338. Influence des nitrates (Briant). IoB. Mai, 372. Nutrition des levures (Stern). IoB. Mai, 399. Les levures pures Murphy. IoB. Mai, 432.
- — Divers: brevets. IoB. Mai, 459, 486. Ms. Sept., 571; Cs. 31 Août, 777. Caoutchouc. (Explosions dans les usines à) . E. 1er Sept., 272.
- Cellulose. (La) (Cross elBevan). Mc. Sept.. 324. Cèruse. Procédé Matthews. Ms. Sept., 669.
- — Procédés américains. Ru. Août, 173. Cryoscopie. (Mesures de) (Poinsot),ScP. 5 Sept., 764.
- Eau demer. Variation des composés iodés avecla profondeur (Gautier).SeP. 5 Sept., 758. Égouts. Destructeur Goddard. E. 17 Août, 215. Émaillage des métaux. Procédé Dormoy. Cs. 31 Août, 761.
- Essences et parfums. Divers. Cs. 31 Août, 782. Huile de sésame. Cs. 31 Août, 790. Explosifs. Divers. Cs. 31 Août, 745.
- — Poudres brisantes et sans fumée à la
- guerre. Rmc. Juillet, A3!.
- — Chlorate de potasse. Cs. 31 Août, 786. Gaz combustibles divers. Production et emploi (Lencauchez). IC. Juin, 1026.
- Gaz d’éclairage. Becs incandescents. Cs. 31 Août, 746.
- Graisses et beurres. (Chimie des). Cs. 31 Août, 780. Oléomargarine. Cs. 31 Août,180.
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- 1392
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- SEPTEMBRE 1899.
- Hydrogène. Solidification. CN. 18 Août, 73.
- Laboratoire. Appareil pour l’essai des combustibles Chapman. Gc. 19 Août, 268.
- — Recherche et dosage du phosphore libre dans les huiles et les corps gras (Louise). CR. 14 Août, 394.
- — Dosage du fer en acide ferrique par le thiosulfate de soude. (Norton). CN. 25 Août, 89.
- — Préparation des extraits dans le vide. (Masson) .Pc. Sept., 200.
- — Appareils divers. Cs. Août, 736.
- — Séparation du fer du chrome, du zir-cone et du béryl par l’acide chlorhydrique gazeux (Havens et Way). American Journal of Science, Sept., 217.
- — Séparation de l’alumine et formation du Corindon (Pratt). ld., 227.
- Nitrite de soude. Fabrication (Darbois). Ms. Sept., 668.
- Optique. Analyse spectrale. Séries de spectres Norman Lockeyr. N. 17, 24 Août, 368, 392.
- — Prismes Luxfer (Grandjean). Ru. Août, 105.
- — Rotation magnéto-optique. Sa représentation par un système gyrosta-tique (Gray). N. 17, 24 Août, 379, 404.
- — Photomètre Whitman (O. Rood). American Journal of Science. Sept., 194.
- Pétroles. Divers. Cs. 31 Août, 748.
- Phosphore double de béryl, zinc et cadmium (Austin). American Journal of Science. Sept., 206.
- Sel ammoniac cristallisé. Production avec le procédé de la soude à l’ammoniaque. (Adler). Ms. Sept., 666.
- Série périodique. Classification des nouveaux éléments de l’atmosphère (Howe). CN. 18 Août, 74.
- Sucrerie. Divers. Cs. 31 Août, 774.
- Tannerie. Au Quibracho. C.s.31 Août, 773. Don-gola. (Fabrication du) kl. 773. Essais des liquides tannants. Cs. 31 Août,, 773.
- Teinture. Divers. Cs. 31 Août, 750, 757.
- — Rlanc au Tungstate de barium. SiM. Mai, 210, 212.
- Progrès en 1898 (Suais). Ms. Sept., 635.
- — Rrevets divers. MC. Sept., 339.
- — Nouvelles couleurs. MC. 1 Sept., 318.
- — Gomme vierge végétale. Application à l’impression. MC. Sept., 317.
- Teinture. Emploi des membranes colloïdales. (Kraft). Cs. 31 Août, 757.
- — Indigo. Emploi de la poussière de zinc. (Benz et Rung). Cs. 31 Août, 757.
- Thermomètre à gaz à haute température (Hol-born et Day). American Journal of Sciences, Sept., 165.
- Verres. (Constitution des) Zulkowski. Cs. 31 Aoilt, 760.
- Vermouth. Préparation en Europe. USR.Aout, 599.
- Victorium (Le) (Crookes). RSL. 29 Juillet, 237.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Alcool. Production en France et en Allemagne. SL. Août, 144, 182.
- Allemagne. L’ouvrier allemand (Blondel). Musée social. Sept.
- Assurances ouvrières et la tuberculose en Allemagne (Romme). Rgc. 15, 30 Aoiit, 573, 619.
- — contre le chômage (Vanlaer). RSo. 16 Août, 372.
- Bénéfices (Loi des). (Smith). E'. 8 Sept., 231.
- Brevets. Nouveau Patent Office de Londres. E' 18 Août, 14.
- Coopération. (Un demi-siècle de) en Allemagne, Ef. 9 Sept., 367.
- Cordonnerie. Allemagne, France. USR. Aoiît, 657.
- France. Administration des colonies. Économies à réaliser. Ef. 19, 26 Aoilt, 296 301. (Petite industrie en), ld., 273. (Marché du travail en).E. lerSepf.,271.
- Marseille et les produits coloniaux (Jumelle). Rgds. 15 Aoilt, 580.
- Réglementation du travail. Loi de 1892 en laveur des femmes et des enfants. Ef. 2 Sept., 337.
- Sucre. Production et consommation en Allemagne. SL. Août, 184.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Ciment. Applications dans les constructions, Le Ciment, Août, 120.
- Déplacement d'un arc en acier de 300 tonnes. Gc. 19 Août, 269.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES
- SEPTEMBRE 1899.
- \ 393
- Exposition de 1900. Palaisdes Champs-Elysées. | Gc. 2, 9 Sept., 289, 305.
- Eer-bêton (Constructions en). Le Ciment, Août, 117.
- Métal déployé (Le). SuE. 1er Sept., 826.
- Ponts d’Atbara. E. 17 Août, 207. Alexandre III. VD1. 2 Sept., 1053. de Branstone. Grand Central. E'. I01' Sept., 211. (Remplacement d’un) à Ceylan. E'.
- 1er Sept., 220.
- — Fonçage des piles en rivière par l’eau
- sous pression. Gc. 2 Sept. 299.
- Prismes Luxfer (Grandjean). Ru. Août, 105. Tunnels (Ventilation des). Gc. 19 Août, 263.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs. Mesure de l’isolement. EE.
- 19 Août, 272. avec survolteurs. Ic. 25 Août, 968. du Souza. EE. 2 Sept., 336.
- — emploi pour la propulsion des navires.
- EE. 2 Sept., 354. Concours de l’Au-tomobile-Club. Clé. 9 Sept. 161.
- Câbles. Nouvel isolant. EE. 26 Août, 317. Distribution par courants alternatifs (Leblanc). EE. 19, 26 Août, 253, 292; Sie. Juillet, 316.
- Dynamos. Mouvements pendulaires dans les machines couplées en parallèle (GuiD laume). EE. 26 Août, 282.
- — continues. Johnson et Lundell, Joannes,
- Westinghouse, Canlano,Wood, Roose. ling, Burke. EE. 9 Sept., 321.
- — porte-balais divers. EE. 26 Août, 222.
- — Alternateurs. Couplage en parallèle,
- (Guilbert). EE. 2 Sept. 321.
- — Combinateur Edwards et Bewor pour mo-
- teurs à accumulateurs. EE. 9 Sept. 380.
- Éclairage. Arc. Répartition lumineuse. Appareil pour son étude (Laporte). EE.
- 26 Août, 302. Lampes alternatives en Amérique. E'. 8 Sept. 253. Électrochimie. Divers. Cs. 31 Août, 77p.
- — Conductivité et dissociation de quelques
- électrolytes. (Foster). EE. 26 Août, 306.
- — Vitesse des ions dans les dissolutions
- faibles (Kohlrauth). Influence de la température. (Campetti Luzana). EE. 26 Août, 309, 313.
- Électrochimie. Progrès en 1898. Eam. 12, 26 Août, 191, 247.
- — Ozone éleclrolytique. (Andreoly). Elê. 2 Sept. 145. .
- — Dissolution d’une anode en fer dans une
- solution de sodium et d’acide acétique (Arth). ScP. 5 Sept.. 766.
- — Réduction électrique des dérivés ni-trés (Pierron). Id. 780.
- — Électrodes à gouttes (Palmaer et Meyer). EE. 9 Sept., 390.
- Fusibles. Munslow et Soury. EE. 2 Sept. 338. « Equalizatore » ou diviseurs de tension. Théorie (Montel). EE. 26 Août, 298. Isolement des câbles à air sec. Variation avec la température. EE. 19 Août, 267. Génération de l’électricité par oxydation du charbon (Reed, Case). EE. 2 Sept., 344, 347.
- Interrupteur Wehnelt. EE, 9 Sept., 398. Magnétisme. Propriétés magnétiques du fer aux basses températures (Claude). CR. 21 Août, 409.
- Mesures.Pont de Thomson. E/rL19 Août, 116. — Détermination d’un kilohm absolu (Guil-let). EE, 26 Août, 288; 2, 9 Sept., 328, 376.
- — Oscillographes, progrès récents (Brunet). le. 25 Août, 361.
- Ondes électriques. Passage d’un conducteur à un autre (Gutton). Acp. Sept., 5.
- — L Propagation dans l’air et les fils (Gutton). Sie. Juillet, 311.
- Rhéostats Clémençon. EE. 2 Sept., 342.
- — (Les) Elé'. 9 Sept., 165.
- Stations centrales. Gare Anvers-Est. EE. 19 Août, 261.
- Tableaux (Construction des). AMa. 31 Août, 809.
- Télégraphie rapide Pollak et Virag. EE.
- 26 Août, 297. Sous-marine, câbles Willoughby-Smith. EE. 9 Sept., 360. Saris fils. Cohéreurs de divers métaux (Bose). EE. 26 Août, 314. Signaux du siphon recorder. Elé, 26 Ao ût, 133 ; 9 Sept., 168.
- Téléphonie. Bureau central de Charleroi. Elé, 26 Août, 129.
- HYDRAULIQUE
- Distributions d’eau. Londres. EL 25 Août, 183. Moteur Donges et Petersh. RM. Août, 212.
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- 1394
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- SEPTEMBRE 1899.
- Mouvement d’un liquide parfait (Hele Sliaw). IV. 7 Sept., 446.
- Obturation automatique de conduites d’eau.
- Van Mulden. Gc. 9 Sept., 317. Pompes directes de Laval. RM. Août, 212.
- — (Nouvelles) de distribution d’eau (Dub-
- bel). VD1. 9 Sept., 1093.
- Rouets (Les). (Ringelmann). Ap. 7 Sept., 345. Torrents de la Suisse. E'. 18, 25 Août, 159, 188.
- MARINE, NAVIGATION
- Arbres d'hélices (Fabrication des). (Morison). E. 1 Sept., 264.
- Bossoir Schneeman. RM. Août, 222.
- Canal del’Ems. SuE. 1cr Sept., 805. Cargo-boats. (Grands) pour l’Atlantique (Ilun-ter). E. 19 Août, 200.
- Chantiers de construction Vulcan. E. 8 Sept., 285.
- Digue du Delaware. E. 25 Août, 229.
- Docks de Limehouse. Pompes du bassin à Ilot. E1. 1 Sept., 217.
- Grèves (Protection des). E. 17 Août, 208. Gouvernail perfectionné. ZOl. 1er Sept., 521. Etalage électrique Lamb et Korttgen. EE. 9 Sept., 384.
- Machines marines des sloops Proserpine et Psyché. E.18 Août, 203. Du cuirassé Abdel-Kader. RM- Août, 221. Du croiseur Zeuta. E’. 25 Août, 197.
- — (Vibrations des) (Berling). VDL 19, 26
- Août, 981, 1017.
- — Accident du Bullfinch. Rupture d’une bielle. E. 25 Août, 237; E'. 25 Août, 196; 1er, 9 Sept., 222,234.
- — Embarquement du charbon à la mer.
- Rmc. Juillet, 147.
- — Appareils auxiliaires (Joubert). Eam.
- Août, 831. Électriques dans la marine américaine. E1. 8 Sept., 233.
- Marine de guerre japonaise. Rmc. Juillet, 110,177-183. Chinoise., Id. 183. Américaine. Destroyers. Rmc. Juillet, 127. Française, cuirassé Henri IV. E1. 9 Sept., 237. Croiseur Gazelle. Id. 168. Allemande, canonnières. Rmc. Juillet, 135. Autrichienne. Rmc. Jinllet, 168, Hollandaise, croiseur Friesland. Rmc. Juillet, 137. Italienne. Rmc. Juillet, 169. Anglaise. Rmc. Juillet, 163-167.
- Marine de guerre. Blindages Krupp. Rmc. Juillet. 158.
- - Lances-torpilles Canet. E. 8 Sept., 288. — Défense des côtes. Rmc. Juillet, 104.
- -- Torpilleurs à propulsion électrique. EU. 19 Août, 113.
- Navires à voile. Stabilité à l’état léger. Rt.
- 25 Août, 365. (Disparition des) en Angleterre. Ef. 9 Sept., 365.
- Paquebots. VOcéanie. E. 1er Sept., 472. Propulsion des navires. Théorie mécanique (Mansell). E1. 18 Août, 158.
- Russie (Voies navigables de) (Moberly). E. 1er Sept., 257.
- Sonde Cooper et Wigzell. En. 9 Sept., 236.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Air comprimé. Applications (Saunder). Fi. Août, 121.
- — Compresseur, Davey Paxman. E'. 18 Août, 164. Otis. AMa. 31 Août, 812. Berg et Wenig. Brotherhood. Dean, Booth, RM. Août, 224. Hydraulique Dunn. Eam. 2 Sept. 281.
- — Transmission pneumatique de l’énergie
- (Bramwell). E'. 18 Août, 177.
- — liquide. (Puissance motrice de). AMa-
- 3, 10 Aoiît, 716, 735.
- Chaînes. (Calcul des) (Edler). ZOI. 18 Août, 500.. Changement de vitesse. Binnse. RM. Août, 226. Chaudières. Association alsacienne des propriétaires d’appareils à vapeur. Rapport annuel. SiM. Mai, 155.
- — à tubes d’eau. Phillips. E. 25 Août, 253.
- Doneley, Watkinson, Faber, Laffarge, Tliom, Lagrafel et Dalbert. RM. Août, 203.
- — Dégraisseur Hinchliffe. RM. Août, 206.
- — Alimentateur Forster. RM. Août, 206.
- — Clapet d’arrêt. Hutchison. E. 1er Sept.
- 279.
- — Niveau d’eau Klinger. Gc. 26 Août, 284.
- — — Elliot. RM. Août, 205.
- — Manomètre Shaffer- Budenberg. RM.
- Août, 605.
- — Foyers à charbon pulvérisé. Freitag. VDI. 19 Août, 988.
- — — à tirage artificiel. RM. Août, 607.
- — — Régulateur de tirage. Walter. Ri.
- 26 Août, 333.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- SEPTEMBRE 1899.
- 1395
- Chaudières. Réchauffeurs d’alimentation par la vapeur vive. Rmc. Juillet, 149.
- ___ — Watkinson. RM. Août, 206.
- ___ Surchauffe. Economie de la (Haie). EM,
- Sept. 903.
- — Tubes Rouart. Gc. 19 Août, 268.
- — — Noël. E'. 8 Sept. 254.
- Drague à godets pour Vladwostock. Gc. 19 Août, 257.
- Embrayage. Bail et Corbett. RM. Août, 226. Froid. Application à la conservation des viandes (G. Richard). RM. Août, 158.
- — Machine à ammoniac Sharpneck. RM.
- Août, 227.
- — Machines diverses. Dp. 9 Sept. 150. Graisseur Nugent. RM. Août, 225.
- Levage. Grue de fonderie. E1. 18 Août, 160.
- — de chantier Cramp. E. 8 Sept. 291.
- — — électriques diverses. Dp. 19, 26
- Août, 97, 113; 2 Sept., 129.
- — Gonveyeur à coke Little. E'.i8 Août, 177.
- — Déchargeur de charbons. Wrighton. RM.
- Août, 213.
- — Ascenseurs électriques. Sprague, Her-mans eUWichello. EE. 19 Août,'241.
- — — hydraulique de la tour Eiflel. Ic.
- Juin, 977. •
- — Pont roulant électrique Shaw. EE. 19 Août, 250.
- — Treuil auxiliaire pour mines Rix. AMa. 3 Août, 717. Risk. RM. Août, 214. Machines-outils. Alésoir. AMa. 3 Août, 711. — Chanfreineuse électrique Niles.AMa. 10 Août, 729.
- — Comparateurs Rogers. AMa. 3 Août,
- 714.
- — Cisaille. Arthus. RM. Août, 215.
- — Diviseur Rogers. AMa. 3 Août, 713.
- — Dresseuse Norton. RM. Août, 215.
- — Fraiseuses. Beau. ZOI. 8 Sept. 529. Pour engrenages. Norris.1 AMa. 3 Août,
- 715. Pour poutres. Hill. E'. 1er Sept., 217. Aléseuse Blears, RM. Août, 215.
- — Perceuses électrique Willey. AMa. 10 Août, 738.
- — — multiple Foote. AMa. 24 Août, 791.
- — — pour chaudière Beyer-Peacock,
- AMa. 31 Août, 807.
- — Porte-outil de sûreté Holding. E'. 18 Août, 163.
- — Poinçonneuse portative Rowland-Priest. Ri. 26 Août, 336.
- Machines-outils. Tours Mandrain. Brown AMa. 10 Août,1ii. A pédale Ashbury. E. leISept. 279.Acommandeélectrique antidote. E'. 1er Sept. 254. Revolver Lavigne. RM. Août, 187. Von Pitler. Id.. 218. A charioter Striegler. RM. Août, 191. A fileter Norton. RM.
- • Août, 218. Hampson. Id., 219. Pour arbres Brightmann. RM. Août, 199. Pour canons Beyer-Peacock. AMa-31 Août, 808.
- — Affûteuses Schmaltz, Walhestrom. RM.
- Août, 215.
- — Limeur-aléseur Baxter. RM. Août, 217,
- — Mandrineuse Palmiter. RM. Août, 217.
- — Riveuse Shepard. RM. Août, 220.
- — Polisseuse pour billes Schulze. RM.
- Août, 280.
- Moteurs à vapeur. Rendement thermique des. E'. 18 Août, 157; 1eT Sept. 209.
- — Compound vertical double effet Boulte
- et Larbodière. EE. 9 Sept., 360. Simple effet. Belleville. Rc. 9 Sept., 354.
- — Distribution Voit. RM. Août, 229.
- — — électriques. AMa. 31 Août, 821.
- — Révélateur de Donkin (Anspach). RM.
- Août, 155.
- — Turbines Parsons (histoire des) (Par-
- sons). E. 18, 26 Août, 191, 221 ; 1er Sept. 255.
- — Bielle et manivelle. (Théorie) (Fenero).
- AMa. 17 Août, 762.
- — Turbine de Laval. Dp. 9 Sept. 145.
- — à gaz pauvres etc. (Lencauchez). JC.
- Juin, 1026. de hauts fourneaux (Du-treux). Gc. 26 Août, 277. Des fours à coke (Ihering). SuE. 1er Sept. 816, Mietz et Weiss. 277. Ri. 2 Sept. 341. Pinkney,Crossley, Thomson et Monté. RM. Août, 230.
- — à pétrole. Monarch pour navires. AMa.
- 3 Août, 705. Diesel. Gc. 19 Août, 258 ; RM. Août, 234. Rayet et Doré Fro-lich, Smilh, Blake. RM. Août, 232. Planimètres (Théorie des), (Sand). VDI. Z Sept., 1064.
- Reducing Valve. Cash. RM. Août, 226. Résistance des matériaux. Eprouvettes de fontes. E. 25 Août, 251.
- — Machines à essayer (Charpy).BM. Août,
- 121.
- — Torsiomètre Bruce. RM. Août, 228.
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- 4 396
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- SEPTEMBRE 1899.
- MÉTALLURGIE
- Alliages binaires (Analyse des). CN. 8 Sept., 113.
- Argent. Production dans le monde. Eam. 19 Août, 212.
- Bronzes (Nature des). Dp. 19 Août, 99.
- Çuivre. Production en 1898. Eam. 12 Août, 182.
- — Métallurgie du (Schnabel). VDI. 9 Sept.,
- 112.
- Fer et acier dans l’Inde (Mahon).E. 19 Aoû),
- 201, 211.
- — Micrométallurgie des aciers (Redsale).
- E. 19 Août, 211; (Heyn). SuE. 15 Aoiît, 768; (Sauveur). E&1. Sept. 977.
- — Théorie de la dissolution des aciers.
- (Standsüeld). E. 19 Août, 212. Diffusion des éléments dans le fer (Arnold et Williams). E. 25 Août, 248 ; 8 Sept., 309.
- — Traitement thermique etjnécanique de l’acier (Sauveur). E. 18 Août, 213.
- — Détermination du carbone dans le fer et l’acier sans appareil à combustion (Dougherty). CN. 8 Sept., 121.
- — Emploi des minerais pulvérulents obte-
- nus par concentration (Bauerman). E'. 18 Août, 171.
- — Hauts Fourneaux. Machines soufflantes nouvelles. Riedler. SuE. 13 Août, 751.
- — — Chargeur Kennedy. SuE. 15 Août,
- 771. Four à vent chaud. Davis Colby. SuE. 15 Août, 774. Égaliseur Giers. E'. 25 Août, 201. Laine de laitier sans soufre (Fabrication). Eam. 26 Août, 249.
- — Machine à couler Wainford. E1. 18 Août,
- 162; E. 25 Août, 245.
- — Fonte malléable (Histoire aux États-
- Unis). (Davis). Fi. Août, 134.
- — Laminoirs à tubes ondulés Booker, pour
- essieux Lees. RM. Août, 228.
- Fer-blanc (Fabrication moderne) (Pasquier). Ru. Août, 139.
- Or. Essais (Witter). Cs. 31 Août, 788.
- — Séparation du platine et de l’iridium. (Yannis et Lemann). Cs. 31 Août,188.
- MINES
- Chmc (Exploitation des mines en). Ru. Août-, 195.
- Cuivre en Californie.1 Eam. 26 Août, 247.
- Diamant. Roches de l’Afrique duSud(Bonney). RSL. 27 Juillet, 223.
- Dynamitières (Établissement des). Expériences de Blanzy. AM. Juin, 523.
- Épuisement. Machine Kaselowsky (C. François). Ru. Août, 152.
- Électricité. Locomoteurs Jeffrey. Ri. 19 Août, 325.
- — Aux mines de Cripple Creek.Em. Sept., 953.
- Fer. Formations dePotsdam — Virginie. Eam.
- 5 Août, 157. Ivertch et Taman (Russie), Mecknas et Nefras (Tunisie) (Bayard et Prost). AM. 505, 533.
- —- Mine manganésifère de Ras et Maden (Algérie) (Dietz). Ru. Août, 165.
- — Besoins et sources d’approvisionnement de l’Angleterre (Remy). Ru, Août, 181.
- Feux. Extinction par l’acide carbonique. Eam. 9 Aoiit, 155.
- Houillères. Laveur Burnett. Eam. 5 Août, 159.
- Mica dans l’Inde. Eam. 26 Août, 247.
- Or. (Dragage pour) (Longridge). E. 18 Août, 192.
- — Production du monde. Eam. 2 Sept., 272.
- — Mines de Buffalo Ilump. Eam. 19 Août, 215. De la French Rand C°. Gc. 26 Août, 273.
- Plomb et zinc. Mines du Missouri et du Kansas (Holibaugh). Ru. Août, 181.
- — (Cubilot pour minerais de) à Playa Blanca. Eam. 2 Sept., 279.
- Trieurs magnétiques. (Mac Neil). E'. 8 Sept., 279.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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- 98e ANNÉE.
- Cinquième Série, Tome IV.
- OCTOBRE 1899
- BULLETIN
- DE
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport présenté par M. C. Rozé, au nom du Comité des Arts mécaniques, sur le « Répartiteur angulaire » de M. Guillerminet.
- Lorsqu’un objet passe brusquement d’un lieu à un autre de façon que l’œil puisse percevoir les positions extrêmes, mais seulement celles-ci, l’observateur, par une illusion invincible, conçoit la continuité du mouvement et a la sensation d’un déplacement progressif, rapide, de la position initiale à celle finale. Le déplacement ainsi attribué à 1 objet n’a aucune relation nécessaire avec le mouvement réel; il est généralement le plus simple, celui qui se présente comme intuitivement compatible avec le phénomène apparent ; la sensation de mouvement continu peut même se présenter comme conséquence d’apparitions soudaines, successives, de représentations figurées distinctes d’un même objet en différents lieux de l’espace, pourvu que les images se succèdent de manière que l’ensemble puisse être spontanément conçu comme formé d’éléments isolés d’une même trajectoire.
- C’est ainsi que, à l’occasion d’une solennité musicale, notre collègue, M. Carpentier, a réalisé un système de transmission à distance du mouvement du bâton d’un chef d’orchestre sur lequel devaient se régler des groupes d’exécutants placés dans des localités sans communication visuelle immédiate. Sur un tableau noir, et dans deux rainures représentant les positions limites du bâton, étaient insérées deux réglettes Tome IV. — 98e année. 5e série. — Octobre i 899. 91
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- 1398
- ARTS MÉCANIQUES. --- OCTOBRE 1899.
- à deux faces, l’une noire, l’autre blanche, se substituant l’une à l’autre, alternativement et inversement, par rotation de la réglette autour de sa direction, de manière que l’observateur ne voie jamais qu’une seule des images, mais tantôt l’une et tantôt l’autre, en suite de la transmission électrique du mouvement rythmique du chef d’orchestre. Bien qu’il s’agît de deux images distinctes sans aucun lien de continuité, l’impression était, fatalement, celle qui aurait résulté du mouvement même du bâton battant la mesure (1).
- L’invention que M. Guillerminet soumet au jugement de la Société, et dont il se propose de poursuivre les applications industrielles et commerciales, ressortit à cette faculté d’adaptation delà perception. Celle des applications dont il sera spécialement question ici se rapporte à la subdivision du temps en des intervalles plus ou moins petits.
- Par exemple, dans le cas d’une montre ordinaire, dont le système régulateur bat le cinquième de seconde, M. Guillerminet place sur la roue d’échappement un disque léger portant sur fond obscur six traits brillants issus du centre de façon à figurer autant d’aiguilles identiques. Dans le cadran, et sur fond obscur de même teinte, sont pratiquées cinq ouvertures radiales. Les traits et les ouvertures forment deux systèmes de divisions équidistantes placées de manière qu’à chaque période d’arrêt de la roue, c’est-à-dire à chaque période de repos, l’une des images brillantes apparaisse par une des ouvertures, les autres traits brillants étant masqués et placés relativement aux ouvertures comme les divisions d’un vernier au sixième portant sur la circonférence entière; à chaque repos de la roue d’échappement correspondra une apparition de l’un des trails à l’une des ouvertures.
- Ces apparitions se succédant de proche en proche au nombre de cinq par seconde, et pour la période d’un tour, donneront la sensation erronée, et cependant invincible, d’une aiguille unique parcourant le petit cadran en cinq battements séparés par un intervalle d’un cinquième de seconde.
- Dans le cas de six ouvertures et de cinq traits brillants, à un déplacement réel d’un cinquième de tour, dans un sens donné, de la roue portant les traits, correspond un mouvement apparent d’une révolution complète accomplie dans le sens contraire, en six battements répondant chacun à un cinquième de seconde.
- (1) Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 22 novembre 188(k
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- RÉPARTITEUR ANGULAIRE.
- 1399
- Ainsi se trouve réalisée une subdivision de la seconde, par une aiguille analogue à celle dénommée foudroyante, mais ici purement fictive, et cela sans aucune modification du mécanisme, sans qu’aucune charge spéciale lui soit imposée, donc sans risque de trouble quelconque dans les fonctions. Cette disposition originale et ingénieuse est d’ailleurs susceptible de variétés aussi curieuses en elles-mêmes qu’intéressantes en vue de l’appropriation du système aux exigences les plus diverses.
- Le Comité des Arts mécaniques a l’honneur de vous proposer de remercier M. Guillerminet de sa communication, de l’encourager à poursuivre les applications de son ingénieuse invention, et de décider l’insertion dans le Bulletin du présent rapport, de l’annexe descriptive qui l’accompagne et des dessins figurant les principaux modes de réalisation actuels.
- Signé : C. Rozé, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance, le 1% mai 1899.
- ANNEXE
- répartiteur angueaire de M. Guillerminet.
- Lo principe fondamental de l’invention de M. Guillerminet peut être exactement défini par la désignation de vernier à guichets.
- Pour l’exposition il convient de considérer d’abord une règle présentant des ouvertures ou guichets équidistants et une seconde règle portant des traits ou images de même forme que les guichets dont l’équidistance soit moindre que la partie pleine comprise entre deux guichets. La première règle est superposée à
- Fig. 1.
- la seconde, de manière que l’un des traits ou images apparaisse exactement par l’un des guichets.
- Par un déplacement de l’une des règles égal à la différence entre l’intervalle
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- 1400
- ARTS MÉCANIQUES.
- OCTOBRE 1899.
- de deux guichets et celui de deux traits, l’apparition passe d’un guichet au voisin, dans un sens ou dans l’autre selon le sens du déplacement relatif des deux règles suivant leur direction. Le déplacement étant assez rapide, la sensation est pour l’observateur celle du passage d’un trait ou image unique du premier guichet au second : ainsi le déplacement réel de la règle inférieure supposée seule mobile, apparaît amplifié dans le rapport de la différence des équidistances à l’intervalle de deux guichets. Si le déplacement réel était appliqué (à la règle supérieure, l’amplification serait mesurée par le rapport de la différence des équidistances à l’intervalle de deux traits.
- L’équidistance des traits pourrait au contraire être plus grande que l’inter-
- valle des bords extérieurs de deux guichets. Dans l’un et l’autre cas le mouvement apparent est de même sens que le déplacement réel si celui-ci est appliqué à l’échelle de moindre équidistance et de sens opposé dans le cas contraire ; d’ailleurs le sens du mouvement apparent changeant avec celui du déplacement relatif des règles, on peut, pour simplifier, considérer l’échelle des guichets comme immobile, et le mouvement apparent est ainsi de même sens que le déplacement réel ou de sens contraire, selon que l’équidistance des traits ou images est moindre ou plus grande que celle des guichets.
- Parune suite de déplacements successifs demême sens etd’inlermittenceappro-priée, l’image passera, également dans un sens constant, de guichet en guichet.
- Tel est le principe de l’invention dont M. Guillerminet poursuit et se réserve les applications scientifiques ou industrielles.
- Il est à peine nécessaire d’observer que la qualification de vernier à guichets donnée ici comme caractéristique de l’invention n’implique en aucune manière qu’elle soit une conséquence plus ou moins directe de celle du vernier dont, d’ailleurs, le rôle est incompatible avec l’emploi des guichets imaginé par M. Guillerminet. Les inventions sont le fruit de l’ingéniosité appliquée à la satisfaction de besoins plus ou moins immédiats; elles naissent en toute indépendance d’une synthèse à édifier a posteriori en vue de diminuer l’effort d’assimilation ou d’établir une classification rationnelle.
- En réalité l’invention de M. Guillerminet se rapporte au mouvement circulaire ou de rotation : deux disques concentriques sont superposés; l’un est fixe,
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- RÉPARTITEUR ANGULAIRE.
- 1401
- l’autre animé de déplacements angulaires régulièrement intermittents ; par la combinaison de guichets pratiqués dans le disque antérieur et d’images figurées sur le disque postérieur, il obtient un mouvement apparent d’amplitude amplifiée et d’une intermittence égale ou moindre, à période simple ou composée.
- Les applicationsactuellementréaliséesressortissentàlasubdivision du temps, et il reste à exposer ici sommairement quelques-unes d’entre elles.
- I. — Le disque postérieur est la roue d’échappement, d’une montre ordinaire dont les bras jouant le rôle de traits brillants, sont au nombre de six ; les déplacements, au nombre de trente par tour de la roue, ont pour période un cinquième de seconde. Le disque antérieur fixé au cadran est percé de cinq guichets équidistants.
- Le mouvement apparent, de même sens que celui de la roue, est à période d’un cinquième de seconde et d’amplitude égale à un cinquième de tour.
- IL — Dans les mêmes conditions, si le nombre des bras est de cinq et le nombre des guichets de six, le mouvement apparent est de sens contraire à celui de la roue, de même période et d’amplitude égale à un sixième de tour; ainsi l’aiguille apparente fait une révolution en six cinquièmes de seconde.
- Si la montre est disposée pour 21 600 vibrations du système régulateur, au lieu de 18 000 par heure, la période est d’un sixième de seconde et l’aiguille apparente fait une révolution en une seconde.
- III. — Le nombre des bras et celui des guichets étant de cinq, mais les premiers, c’est-à-dire les traits brillants, étant de largeur telle qu’ils apparaissent par les guichets durant trois vibrations consécutives, leurs apparitions et leurs disparitions sont simultanées. Pour 21 600 vibrations chacune d’elles dure une demi-seconde. Pour 18 000 vibrations les bras et les guichets sont au nombre de six; les apparitions durent deux cinquièmes et les disparitions trois cin-
- * " . Fig. 5.
- quièmes de seconde. La division du temps est ainsi figurée
- non plus par le mouvement d’une aiguille réelle ou fictive, mais par l'illumination intermittente de l’ensemble des guichets, et le rythme dépend du nombre de vibrations.
- IY. —Le disque postérieur solidaire de la roue d’échappement porte un sec teur brillant de 60° d’ouverture ; le disque antérieur est à six guichets. L’apparition est permanente au même guichet durant une seconde et passe successive-
- Fig. 4.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- OCTOBRE 1890.
- ment d’un guichet au suivant dans le sens du déplacement de la roue. La période est d’une seconde et l’amplitude d’un sixième de tour.
- Si le disque postérieur porte tout à la fois cinq traits d’une couleur et l’un des intervalles de deux d’entre eux teinté d’une autre couleur, les premiers don-
- Fig. 6.
- Fig. 7.
- neront la sensation d’une aiguille battant le cinquième de seconde, comme dans la première partie de II, et le second celle d’une autre aiguille avançant d’un sixième de tour à chaque seconde, en sens contraire de la première, de sorte
- Fig. 8.
- que les rencontres apparentes auront lieu toutes les secondes. Le mouvement réel d’un tour en six secondes, mais à période d’un cinquième, peut encore être rendu perceptible simultanément avec les deux précédents.
- V. — Application à un chronographe d'après M. Guillerminel. — Le disque
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- RÉPARTITEUR ANGULAIRE.
- 1403
- postérieur D, portant neuf traits brillants, engrène avec la roue de chrono-graphe R par un pignon dont le diamètre est à celui de la roue dans le rapport 3 : 20 ; le disque antérieur porte dix guichets.
- Ainsi, à côté de l’aiguille principale concentrique se trouve une aiguille fictive parcourant les dix divisions de son cadran en une seconde et rendant nettement perceptibles les lectures au dixième de seconde, à l’instant initial, pendant le mouvement et au moment de l’arrêt.
- Trois actions successives sur la poussette P produisent trois effets distincts : par la première r cesse d’engrener avec R, tandis que l’extrémité du levrier A s’engage dans l’une des 90 dents du contour du disque postérieur, de sorte que l’aiguille du chronographe et l’aiguille fictive battant le dixième de seconde s’arrêtent simultanément; par la deuxième action le levier A se relève, et en même temps celui R, agissant sur la came en cœur produit la remise à zéro de l’aiguille du chronographe et du disque postérieur, c’est-à-dire de l’aiguille fictive au dixième de seconde; par la troisième action le levier R reprend sa position initiale et la roue r vient de nouveau actionner celle R et produire le mouvement des deux aiguilles.
- Telles sont les principales applications déjà réalisées par M. Guillerminet en vue de la subdivision du temps. L’effet produit par chacune d’elles est à la fois saisissant et d’une séduction irrésistible ; il fait pressentir des applications intéressantes à un tout autre point de vue, l’objet pouvant être de produire des transformations apparentes successives, considérées en elles-mêmes ou pour leur concomitance avec certains phénomènes, mais indépendamment de l’appréciation des intervalles de temps.
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- ARTS MÉCANIQUES
- LES MACHINES MARINES, par M. L.-E. Bertin (1).
- Le service de la mer imprime à tout ce qui y est destiné un cachet spécial, dont la machine à vapeur marine porte l’empreinte profonde. Beaucoup de considérations, secondaires à terre, prennent, sur l’eau, une importance capitale : le poids, tout d’abord, puisque le principe d’Archimède donne seul le droit de flotter. L’espace a aussi une valeur spéciale, car le mètre carré de la projection horizontale d’un cuirassé ne coûte pas moins de 150 000 francs, et, à ce prix-là, tous les services du bord se le disputent. Il va de soi que le grossier bâti en fonte de la machine fixe doit devenir une charpente savante, à la fois délicate et robuste, quand il faut, en ménageant les poids, prendre toutes ses attaches sur une coque essentiellement vibrante, et faire reposer parfois, sur un bordé de carène de 5 millimètres d’épaisseur, un moteur de 5 000 chevaux. Enfin, par-dessus tout, la dépense de combustible doit être parcimonieusement ménagée, en raison de la difficulté de se réapprovisionner en cours de route ; c’est au point de vue de l’économie, surtout, que les machines marines ont atteint une supériorité remarquable.
- Légèreté, solidité, économie de charbon, telles sont les trois qualités sur lesquelles j’aurai surtout à appeler l’attention. Je laisserai de côté la partie pittoresque du sujet; il suffira de dire, à cet égard, que les machines marines sont d’une puissance énorme, et qu’elles atteignent aujourd’hui 30000 chevaux, aussi couramment qu’elles en atteignaient 3 000, il y a quarante ans, et 300 il y a soixante ans. Les cylindres à vapeur approchent du diamètre de 3 mètres, et toutes les autres dimensions suivent, dans la proportion exigée.
- Les machines marines sont, pour répondre à une vieille classification, dos machines à haute pression et à condensation. Une pression de 15 à 20 kilogrammes aux chaudières, une contre-pression de 0ks,10 au condenseur, sont actuellement les conditions ordinaires. Il est plus facile d’élever la pression que d’abaisser la contre-pression; ce sont les deux moyens principaux d’améliorer les conditions économiques.
- (1) Conférence du 24 mars 1899.
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- Toutes les machines marines sont à détente multiple; on peut dire aujourd’hui à détente triple, avec quelques exemples de détente quadruple. La détente totale atteint couramment un rapport de 10 et de 12, dans la marche à toute puissance, et parfois le double dans la marche à allure réduite.
- Comme disposition générale, les machines marines sont verticales, avec les cylindres au-dessus de l’arbre; ce sont, en un mot, des machines à pilon. Le
- Fig. 1. — Machines de la Touraine.
- choix de cette disposition n’est pas absolument justifié par raison démonstrative, et ne doit pas être érigé en règle absolue. On trouve quelques exemples de machines horizontales sur des bâtiments de guerre encore récents, où des considérations d’ordre militaire ont conduit à les adopter; ces machines ne sont ni moins légères, ni moins solides, ni moins économiques que les machines verticales. Les machines verticales présentent quelques légers avantages de fonc-tionement, surtout sous le rapport de l’usure; elles se voient sur toutes leurs faces, et s’inspectent commodément en tous leurs points; elles présentent sur-
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- tout une supériorité marquée au point de vue de l’encombrement en projection horizontale. Ce dernier motif est tout à fait prépondérant pour les paquebots, où les espaces situés au-dessus de la machine sont en partie inutilisables, et où l’on 11e trouve aucun inconvénient à développer les appareils dans le sens de la hauteur. La figure 1 représente, en coupe transversale, l’installation des ma-
- Fig. 2. — Disposition des cylindres de la Champagne.
- Fig. 3. — Disposition des cylindres de la Gascogne.
- chines dans la cale de la Touraine, avec les puits d’aérage et de circulation qui s’élèvent au-dessus, jusqu’au pont supérieur du bâtiment.
- Nous ne décrirons que les machines verticales.
- Nous parlerons seulement des machines à hélice ; l’emploi des roues est depuis longtemps limité à des services très spéciaux, et il tend à se restreindre de
- plus en plus.
- Dans les limites ainsi établies, les machines marines, en raison des conditions analogues auxquelles toutes sont soumises, se ressemblent nécessairement beaucoup. Il y a cependant encore des différences assez saillantes, entre les appareils de la marine militaire et ceux de la marine de commerce, et, pour une classe de navires, des différences encore très appréciables, surtout dans la charpente générale des bâtis.
- Une disposition tout à fait particulière aux machines verticales des paquebots et cargos, qui a joui, sur ces bâtiments, d’une vogue prolongée, est le montage des cylindres en tandem.
- L’avantage au point de vue de l’encombrement horizontal est évident. La possibilité de multiplier le nombre des cylindres, sans allonger l’appareil, permet de réaliser la détente multiple par des combinaisons variées, dont les plus répandues sont représentées schématiquement sur les figures 2, 3, 4, tandis
- Fig. 4. — Cylindres de la Campania.
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- qu’une vue générale est donnée, figure 5, pour les deux grands Cunard Lucania et Camprmin.
- Fig. 5. — Machines de la Campania.
- La hauteur limitée dont on dispose sous les ponts protecteurs n’a jamais per nais de monter les cylindres en tandem sur les navires de guerre. L’étude plus
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- approfondie de la trépidation de la coque et des moyens de la diminuer a conduit, d’ailleurs, dans ces dernières années, à multiplier de préférence le nombre des manivelles et à bien égaliser leur charge sur les grands paquebots à passagers; par suite, le montage en tandem a été abandonné sur ces bâtiments, et il n’est plus guère conservé que sur les cargos, pour des allures moins rapides et des fatigues à craindre beaucoup moindres.
- Une seconde différence importante porte sur l’appareil de condensation. Les pompes peuvent être actionnées par la machine principale à l’aide de balanciers, comme on le voit figure 5; dans ce cas les condenseurs viennent de fonte avec
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- les supports de cylindre et font partie des bâtis de la machine. On peut aussi faire conduire les pompes par des moteurs indépendants; dans ce cas, les condenseurs sont séparés de la machine et construits en chaudronnerie. La première disposition est moins coûteuse, comme installation première, et même comme frais de fonctionnement. La seconde a des avantages importants, au point de vue de la manœuvre.
- Tous les navires de guerre reçoivent, depuis longtemps, des condenseurs indépendants de la machine, quelquefois même établis en dehors de la chambre des machines. Les paquebots à passagers tendent aujourd’hui à suivre la même disposition.
- Enfin des différences assez sérieuses, modifiant l’aspect extérieur des
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- machines, se rencontrent dans la charpente générale formée par les bâtis, qui présente, pour les machines marines, une importance inconnue sur les machines fixes.
- La charpente d’une machine marine se compose de la plaque de fondation
- Fig 7. — Cargo-boat Amiral-Courbet. Triple expansion, 2 hélices, 2 200 chevaux.
- reliée à la coque, et portant les paliers, et des supports de cylindres ou bâtis proprement dits.
- La plaque de fondation reçoit, en dehors des effets de la pesanteur, la totalité des forces transmises aux paliers par les manivelles, comprenant :
- 1° La pression de la vapeur sur les pistons, qui est contre-balancée parla pression sur les fonds et couvercles de cylindres transmise à la plaque par les bâtis,
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- de telle sorte que la machine travaille sur elle-même, sous l'action de la vapeur, et fait tourner l’hélice sans fatigue pour la coque;
- 2° Les forces d’inertie exercées par toulesles pièces mobiles sur leurs appuis, dans leur mouvement alternatif, qui, elles, n’étant contre-balancées par rien, sont intégralement transmises par la plaque de fondation à la coque, et qui produisent ainsi les trépidations du navire; ces forces d’inertie ne modifient pas beaucoup, d’ailleurs, le travail moteur pendant une révolution complèto.
- Les supports de cylindres, ou piliers, ont à supporter :
- 1° Le poids constant des cylindres et de leurs accessoires ainsi qu’une partie du poids des pièces mobiles, quand le navire est incliné;
- Fig. 8. — Marine impériale russe. Croiseur Svellana. Triple expansion, 2 hélices, 10 000 chevaux.
- 2° Les forces d’inertie s’ajoutant aux poids ou se combinant avec eux dans des directions différentes, qui sont dues à tous les mouvements de roulis, de tangage, de translation quelconque du navire;
- 3° La pression de la vapeur sur les fonds et couvercles de cylindres contrebalancée sur la plaque, comme nous venons de dire, par la pression motrice sur les pistons;
- 4° La pression du pied de bielle sur la glissière, qui n’est contre-balancée que par la résistance de l’hélice à la rotation, et qui, pour produire le couple nécessaire à l’équilibre, imprime au navire tout entier une très légère inclinaison.
- La disposition delà plaque de fondation ne varie guère. La plaque, composée principalement d’un quadrillage robuste de longrines et de traverses, est divisée en plusieurs blocs, pour la facilité de la fabrication. Les joints boulonnés tombent par le travers de l’axe des cylindres ou du milieu des paliers. Il vaut mieux
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- les avoir vis-à-vis des paliers, au point d’application même des forces principales et près des nervures transversales qui les consolident. La plaque de fondation était autrefois en fonte de fer. L’acier moulé est préféré aujourd’hui, de même que pour les bâtis; on emploie même quelquefois des plaques de fondation en acier, avec les bâtis en fonte.
- Les bâtis ou piliers des machines verticales se composaient originairement de deux supports placés dans l’a'xo de chaque cylindre. Chaque support recevait
- Fig. 9. — Machine du Lion.
- une glissière à la partie supérieure, et s’ouvrait dans le bas, au-dessous de la glissière, en forme d’Y renversé (fig. 6), d’où le nom de support en Y. Sur l’un des côtés, le condenseur, venu de fonte avec les bâtis, en modifiait souvent la forme; le support en Y ne se rencontrait alors que du côté de la mise en train.
- Les deux glissières distinctes, l’une pour la marche en avant, l’autre pour la marche en arrière, sont généralement abandonnées. Un support unique du cylindre porte, d’un bord, les deux glissières; sur l’autre bord, on remplace le bâti unique par deux piliers légers, soit fondus, soit forgés; le cylindre est ainsi
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- supporté sur un véritable trépied. L’accès à la bielle est facilité par la division du support de cylindre en deux parties.
- La recherche de la légèreté a conduit quelquefois à l’abandon complet des supports fondus, que l’on remplace par des colonnes rondes en acier forgé réunies par des traverses et des croix de Saint-André. Cette disposition hardie, inaugurée à Glascow par Alexander Kirk sur le Nelson, a surtout été en usage
- Fig. 10. — Machine des torpilleurs 188-191.
- sur les torpilleurs; elle donne à toute la machine un aspect singulièrement grêle (fîg. 11 et 12), mais elle n’a jamais témoigné d’une insuffisance de résistance.
- Les progrès dans le moulage de l’acier permettent aujourd’hui, sans aucun accroissement de poids, d’abandonner complètement les colonnes de fer ou d’acier forgées et ajustées, et de revenir aux pièces d’acier moulé, moins coûteuses, mieux disposées pour recevoir' la glissière, donnant de meilleures attaches sur les cylindres et sur la plaque de fondation. Les métallurgistes français sont particulièrement habiles à livrer des pièces d’acier très minces et très saines, en même temps que douées de bonnes propriétés élastiques; c’est à eux que nous sommes en partie redevables d’avoir vu cesser, depuis plusieurs années,
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- une certaine infériorité sous le rapport de la légèreté, dont nos appareils ont été affligés longtemps, comparativement aux machines anglaises.
- La figure 13 représente les bâtis en acier moulé du Jurien-de-la-Gravière dessinés à Indret. Je reviendrai plus loin sur la disposition générale de ces bâtis, qui est due à M. Terré; je ferai remarquer, dès à présent, les bossages qu’ils portent dans le haut. Ces bossages servent à utiliser la facilité d’attache des pièces en acier moulé pour constituer, à l’aide des bâtis, une charpente complète
- Fig. 11. — Machine du contre-torpilleur anglais Circe.
- de la machine, rendant toutes les parties solidaires, sans aucun inconvénient du côté de la dilatation.
- Les deux figures 14 et 15 représentent : la première la disposition de bâtis adoptée au Havre par M. Sigaudy, la seconde celle adoptée à Saint-Denis par M. Boulogne, qui comportent aussi certaines liaisons générales dans la charpente.
- Enfin les figures i5 et 16, qui représentent les machines du Forban et du Cyclone, montrent la disposition de bâtis adoptée parM. Normand sur les merveilleux petits navires de 31 nœuds de vitesse, dont la machine, de 4 000 che-Tome IV. — 98e année. 5e série. — Octobre 1899. 92
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- vaux de puissance, pèse de 16 à 17 kilogrammes par cheval, chaudières, eau, rechanges et accessoires compris. La coque qui porte ainsi un moteur de 4000 chevaux pèse elle-même 40 tonnes à peine. Rien n’a été négligé pour assurer partout la parfaite solidité des attaches.
- Les bâtis que nous venons de voir assurent la solidité de la machine dans le sens transversal. Pour donner la tenue longitudinale et la résistance contre les secousses du tangage, il faut marier ensemble tous les bâtis transversaux.
- Fig. 12. — Machine (lu Circe.
- Les bâtis se trouvent très bien réunis au pied par la plaque de fondation. Pour les jonctionner à la tête, on s’est longtemps servi des cylindres eux-mêmes et des boîtes à tiroir, que l’on boulonnait ensemble, et dont on faisait un massif unique, comme on voit sur la figure 18.
- Cette disposition présente des inconvénients graves, à cause de la dilatation des cylindres, qui déplace la position de leurs axes pendant la marche. Les bielles, tenues au pied sur les têtes de tiges de piston, tenues à la tête sur les manivelles de l’arbre qui n’ont pas changé de position, se présentent obliquement sur leurs portées. En même temps, les glissières s’inclinent vers le dehors,
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- par suite de Faugmentation de diamètre des cylindres, et cessent d'être paral-
- !
- Fig. 13. — Machine du Jurien-cle-la-Gravière.
- Fig. 14. — Machine du croiseur Rio-de-la-Plcita. Triple expansion, 7 100 chevaux.
- lèles à la ligne droite décrite par les patins. Tout le montage de la machine se trouve ainsi bouleversé.
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- Un calcul très simple montre que l’allongement total du bloc des cylindres atteint ISmillim. surune grande machine. Cet allongement ne se répartit généralement pas en deux moitiés, en partant du milieu et marchant vers les extrémités. Le cylindre ou les cylindres à basse pression, de beaucoup les plus pesants, réunis à l’arrière, y forment un bloc immobile, de telle sorte que toute la déformation s’accumule vers le cylindre d’admission placé à l’avant. Les monteurs mettent leur art à prévoir l’effet des dilatations; mais,en présence de semblables
- Fig. 15. — Machine du cuirassé Masséna.
- déformations, toute leur habileté professionnelle se trouve en défaut, et la marche des machines reste alors défectueuse. Les incidents survenus au cours des essais de plusieurs grandes machines de la flotte anglaise n’avaient pas d’autre cause, L’habile ingénieur qui dirige le service des machines à l’Amirauté n’a pas tardé à couper court à cette source d’avaries, en donnant aux machines actuellement en construction des cylindres indépendants les uns des autres, comme on le voit, figure 19, pour le Goliath.
- Sur la machine du Goliath, les cylindres sont réunis par des tirants boulonnés sur des brides dans le plan diamétral transversal de chacun d’eux.
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- Chaque cylindre se dilate ainsi librement sans aucun déplacement longitudinal de son axe. Les figures 13 et 14 ci-dessus montrent qu’une disposition du même genre est adoptée depuis longtemps dans nos principaux établissements industriels; on rencontre du reste la même indépendance des cylindres sur beaucoup de machines de paquebots construites en Angleterre.
- La réunion de deux cylindres seulement, qui suffit pour assurer la solidité longitudinale, n’a pas d’inconvénient sérieux au point de vue de la dilatation. Cette disposition est représentée, figure 20, pour une machine système Yarrow-
- Fig. IG. — Machine de M. Normand. Fig. 17. — Machine de M. Normand.
- (Forban et Cyclone.) (Forban et Cyclone.)
- charpente doit être très robuste. Le système Yarrow-Schlick-Tweedy se rapporte à une répartition longitudinale des cylindres, et à un calage des manivelles destinés à combattre les trépidations.
- La disposition adoptée de préférence dans la marine française, et toujours suivie à Indret, consiste à réunir la totalité des bâtis par un entablement complet, composé de longrines et de traverses, qui ne subit en marche aucune déformation (fig. 21). Tous les cylindres reposent isolément sur cet entablement; ils sont fixés par un clavetage en croix, avec un boulonnage dans des trous ovalisés ; ils se dilatent librement en tous sens, sans déplacer ni leurs axes ni la tête de leurs glissières. La solution est complète; tout le canevas géométrique des pièces mobiles reste indéformable à chaud, ce qui simplifie singulièrement le montage à froid. Les premières machines construites dans ce système ont eu des essais excellents.
- Puisque je me suis laissé allé à dire quelque bien de nos constructions, je
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- dois nommer de nouveau l’ingénieur qui a la principale part dans la conduite de notre bureau de dessin de machines, et à qui l’adoption de cette disposition originale et rationnelle des bâtis est surtout due. L’estime de ses compatriotes étant la meilleure récompense à laquelle puisse prétendre un ingénieur de la marine qui s’acquitte à son honneur d’une tâche difficile, je signale ici M. Terré à la Société d’Encouragement.
- Fig. 18. — Machine du Cholon.
- La disposition des machines d’indret, représentée figure 21, paraît joindre à l’avantage d’annuler l’effet de la dilatation, celui de donner aux machines une charpente très rigide, et d’affaihlir ainsi les trépidations de la coque.
- Pour compléter la description de la partie fixe de la machine, il ne reste qu’à parler des cylindres et des boîtes à tiroir, ce qui conduit à décrire en même temps les pistons et les tiroirs.
- La figure 12 nous a montré la coupe d’un cylindre muni, selon l’usage de la marine, d’une enveloppe de vapeur destinée à réduire les pertes par refroidissement du condenseur. L’utilité de ce réchauffage est contestée et contestable,
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- parce que le bénéfice qu’il procure est faible, et les pertes auxquelles il expose importantes, en cas de fuites de vapeur par les joints intérieurs. Si les enveloppes de vapeur venaient à être supprimées, les chemises en fonte dure rapportées à l’intérieur des cylindres auraient toujours leur raison d’être au point de vue des frottements; elles seraient indispensables* dans les cylindres à haute pression en acier moulé, et toujours très utiles sur les cylindres à basse pression de très grande dimension, qu’il est très difficile d’avoir en font e parfaitement saine.
- Fig. 19. — Machine du Goliath (1).
- Les boîtes à tiroir sont pour la plupart cylindriques, et portent des chemises rapportées dans les parties frottantes. Elles doivent être faciles à ouvrir, et les tiroirs faciles à démonter, parce que l’économie de vapeur dépend, par-dessus tout, de l’étanchéité parfaite des tiroirs. Cette observation s’étendrait aux cylindres, si le démontage des pistons pouvait jamais devenir une opération facile. Les facilités de visite sont d’une importance capitale d’ailleurs pour tous les organes des machines marines, à cause de la durée de certaines campagnes, et de la brièveté des repos, dont disposent parfois les mécaniciens.
- (1) Revue de mécanique, mars 1899, p. 324. ...
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- Dans les parties fixes, figure aussi le tuyautage de vapeur, qui est exposé à des accidents redoutables. Actuellement, le gros tuyautage est toujours en tôle d’acier, le cuivre supportant mal les températures supérieures à 200°.
- Les organes mobiles diffèrent moins que la charpente des éléments correspondants des machines fixes.
- Fig. 20. — Machine Yarrow-Schlick-Tweedy.
- Pour un motif de légèreté, les pistons à vapeur sont formés d’un simple diaphragme en acier moulé, de forme conique. Les garnitures se composent habituellement de deux bagues élastiques, souvent séparées par un anneau non coupé, comme on le voit figure 23. La parfaite étanchéité des bagues est naturellement indispensable, mais il importe, dans les machines marines, de réduire beaucoup les frottements intérieurs, parce qu’il faut introduire extrêmement
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- peu d’huile dans les cylindres et les tiroirs. L’huile, en eiïet, est très pernicieuse dans l’eau d’alimentation. La pression sur les bagues paraît pouvoir descendre sans inconvénient à 0k,3 par centimètre carré.
- Bien que les pistons ne soient pas toujours parfaits, comme étanchéité, ils font rarement parler d’eux. On ne peut pas en dire autant de leurs tiges.
- Les tiges sont généralement uniques. Deux tiges ne soutiennent guèremieux
- Coape par l'axe du moyen cjlindri
- Coupepari axe
- Axe | de J arbre _
- Coupe suivant EF
- T
- B
- Fig. 21. — Entablement de la machine du Dupetit-Thouars.
- le piston qu’une seule; il en faudrait trois. Les contre-tiges offrent peu d’utilité, sur les machines verticales, et peuvent avoir des inconvénients.
- Le malheur des tiges de piston est d’être trop guidées. La paroi du cylindre et la surface de la glissière s’usent inégalement, et le presse-étoupes n’a pas de raison de s’user d’un côté plus que de l’autre. Après quelque temps de service, les trois points guidés sur la tige sont donc exposés à ne plus se trouver en ligne droite ; or une simple déviation d’un millimètre au culot du presse-étoupes suffit pour charger le métal, par flexion, à 15 kilogrammes par millimètre carré. Les tiges se rompent donc quelquefois; elles sont plus exposées encore à se courber par échauffemenL parce que leur équilibre de température est instable, le premier effet de réchauffement suivant une génératrice étant de produire une
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- courbure qui augmente le frottement sur la partie échauffée. On laisse les
- tiges pleines, parce que l’équilibre de température s’établit mal dans les tiges creuses.
- Le patin porte deux surfaces frottantes, une pour la marche avant, une pour la marche arrière, parallèles l’une à l’au-
- Fig. 22. — Tiroir cylindrique du Cassard.
- Fi". 23. — Piston du Galilée.
- Fig. 2 k — Palier de glissière.
- tre,et embrassant la glissière, comme le montre la figure 24.
- Les bielles sont peu exposées aux accidents. On peut les faire creuses, en ayant soin de laisser plein l’emmanchement de la fourche qui les termine ^u côté du pied, La grande question, pour les
- Fig. 25. — Bielle du Cassard.
- bielles, est dans les chocs, qu’il n’est pas toujours possible d’éviter, même avec un montage parfait et des jeux aussi réduits que possible, quand la régulation
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- des tiroirs conduit à un passage trop brusque de la pression, en fin de course, d’une face du piston à l’autre.
- Les arbres, qui sont creux dans les machines soignées, sont toujours ajustés et montés avec une très grande précision. On vise au centième de millimètre, mais l’usure vient bientôt déranger la belle ordonnance du départ. La charge du métal résultant des flexions, quand l’arbre est dénivelé, peut doubler facilement la charge par torsion. Les ruptures d’arbre sont un accident assez fréquent
- Fig. 26. — Arbre à vilbrequins creux.
- surtout dans le vilebrequin et l’arbre porte-hélice; l’exemple resté le plus célèbre, à cause de la gravité du dommage, est celui du City-of-Paris en 1891 ; la machine, en s’emballant après la rupture de l’arbre, s’est brisée complètement, crevant la coque du navire et la cloison qui isolait la seconde machine.
- On a prétendu, à une certaine époque,«que les arbres subissaient en travaillant une altération moléculaire amenant la rupture après un certain nombre do
- Fig. 27. — Coussinet en gaiao. Fig. 28. — Presse-étoupes.
- centaine de millions de tours. Il est assez vraisemblable que cette durée dangereuse représente simplement le temps probable, au cours duquel, dans les conditions ordinaires de surveillance, il doit se rencontrer quelque dénivellation fatale à l’arbre. Les pièces de machines sont trop faiblement chargées, dans les conditions de leur montage parfait, pour que la modification de leurs qualités élastiques, à supposer qu’un telle modification se produise, puisse devenir dangereuse pour leur solidité.
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- Les lignes d’arbres présentent une série d’accessoires tout à fait particuliers aux machines marines, qui méritent, à ce litre, d’étre au moins énumérés. Ce sont, en partant de l’arrière :
- x >-1:
- Fig. 30. — Frein et désembrayeur.
- Les supports d’hélice, et tous les paliers qui ont l’eau de mer pour matière lubrifiante. L’arbre y est doublé d’un manchon en bronze, et frotte sur des coussinets en gaïac (figure 27) ;
- Le presse-étoupes, à l’entrée de l’arbre dans le navire, figure 28;
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- Le palier do butée qui reçoit la poussée de l’hélice. Ce palier est souvent à anneaux mobiles en forme de fers à cheval (figure 29) ;
- Les tourteaux, ou les manchons de jonction entre les bouts d’arbre, qui sont des pièces fatiguant peu sur les navires en fer, dont la coque ne prend pas d’arc sensible à la mer ;
- Le désembrayeur, qui est indispensable pour permettre de marcher avec une partie des machines et des hélices seulement, en laissant tourner librement, par l’effet de la marche, les hélices non utilisées ;
- Le frein, indispensable pour immobiliser l’arbre d'hélice en vue du réembrayage. L’ensemble du frein et du désembrayeur est représenté figure 30.
- Fig. 31. — Vireur.
- Le vireur, figure 31, est également nécessaire pour le réembrayage de l’hélice, mais il sert à faire tourner la machine à froid dans beaucoup d’autres circonstances, par exemple pour vérifier le montage de la bielle ou la régulation des tiroirs, pour changer les portages pendant les périodes d’immobilisation du navire, etc. Le vireur est toujours à roue striée conduite par une vis tangente. Une petite machine à vapeur spéciale actionne la vis tangente.
- Nous dirons plus loin quelques mots du fonctionnement de l’hélice.
- Tous les organes mobiles que nous venons de décrire sont maintenant en acier, quelquefois en acier trempé ; l’acier au nickel commence à s’introduire. En général on exige, de ces matériaux, une résistance à la rupture d’au moins 45 kilogrammes et une résistance à la limite d’élasticité d’au moins 20 kilo-
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- grammes. Pour les hélices, qui sont en alliage de cuivre de la classe dos bronzes ou des laitons, on se contente d’une résistance à la rupture de 40 kilogrammes et à la limite d’élasticité de 15 kilogrammes.
- La charge des matériaux, calculée suivant des règles approximatives en ce qui concerne l’évaluation de l’effort total exercé sur les pièces, est, en rûoyenne, inscrite sur le tableau suivant.
- BATIMENTS BATIMENTS
- do de TORPILLEURS.
- COMMERCE. GUERRE.
- k-ilogr. kilogr. kilogr.
- n • „ ( Compreesion. . . Tiges de piston. . < r„ \ ( iraclion 1,25 2,50 1,90 2,70 2,60 4,30
- Bielles j ( Boulons. . . 1.25 2.25 2,50 4,00 4,20 »
- Manivelles 2,80 4,20 5,20
- Arbres à vilebrequins 3,50 4,00 6,20
- Arbres intermédiaires 4,00 4,60 ))
- Arbres porte-hélices 3,50 4,00 ))
- Le coefficient de sécurité des pièces, indiqué par ces chiffres, peut paraître élevé, pour des appareils dont la légèreté est si nécessaire. Il semble plus rassurant encore, si on le compare à la fatigue des matériaux de la coque elle-même, qui, dans les mouvements de tangage, sont certainement soumis parfois à des charges de 10 kilogrammes et au-dessus. Mais les machines sont sujettes à des accroissements anormaux de la charge prévue, à la suite des moindres déformations, dont les tôles de la coque ne subissent pas l’équivalent. En somme, les ruptures de pièces de machines sont encore trop fréquentes pour que l’on puisse songer à des réductions d’échantillons. Il ne faut jamais perdre de vue que la rupture d’un arbre peut entraîner le naufrage immédiat du navire.
- La véritable garantie de la solidité de la machine est moins dans le calcul du coefficient de sécurité que dans la réussite des essais de recette, pendant lesquels il est indispensable de pousser la puissance à outrance, et de dépasser franchement la fatigue à craindre en cours de service. Après les essais, vient en général une période de garantie, pendant laquelle le constructeur serait responsable des avaries qui pourraient survenir; cette période est trop courte pour que les usures produisant des fatigues dangereuses se produisent. En réalité, la responsabilité du constructeur cesse après les essais de recette, et celle du personnel naviguant commence.
- Le poids des machines est un des éléments principaux du tableau de char-
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- gement qui porte en marine le nom d’exposant de charge. Les avantages de la légèreté de l’appareil moteur, chaudières et machines, sont tels, que le poids de la cargaison de commerce, serait doublé, si le poids du moteur par cheval était réduit à celui des bâtiments de guerre. Un cuirassé de 12 000 tonnes porte, en cuirasse, en artillerie, le double du chargement d’un paquebot de 20 000 tonnes, et la cause principale de cette différence dans le port utile des deux bâtiments est la différence de légèreté des machines et des chaudières. En s’en tenant aux bâtiments de guerre seulement, on peut calculer que les cuirassés actuels de 18 nœuds de vitesse retomberaient à 13 nœuds, si le moteur reprenait le poids de 250 kilogrammes par cheval d’il y a trente ans ; les croiseurs de 23 nœuds descendraient à 17 nœuds; quant aux torpilleurs de 30 nœuds, ils redeviendraient les honnêtes petits avisos de 12 nœuds de vitesse, dont les constructeurs étaient très fiers, vers l’année 1840.
- Lorsque l’on considère, comme ici, la machine seulement et non les chaudières, on trouve que le poids par cheval doit varier suivant une proportion mathématique en diminuant avec la puissance de la machine. En effet, si l’on considère des machines, entièrement semblables de tout point et marchant à la même pression, on trouve que la charge des matériaux est la même, en admettant, de plus, que, dans ces machines, la vitesse des pistons représentée par le produit G N de la course et du nombre de tours reste constante, quels que soient C et N, ainsi qu’il est de règle; or la puissance développée croît comme le carré des dimensions seulement, tandis que le poids croît comme le cube. Le poids par cheval croît donû proportionnellement à la puissance elle-même. Il est évident d’ailleurs que la similitude exacte ne peut exister que pour les organes principaux, et pas toujours pour leurs épaisseurs. Une très petite machine est forcémentassez lourde ; la loi de l’augmentationdu poids parcheval commence seulement à s’appliquer au-dessus d’une certaine puissance qui correspond au maximum de légèreté. Cette dernière puissance, dans les conditions actuelles, se trouverait aux environs de 2 000 chevaux, si l’on suit la série des machines de torpilleurs construites par M. Normand. Le minimum de poids est réalisé, en effet, sur les machines doubles du Cyclone, qui développent ensemble 4 000 chevaux, quipèsent o kilos par cheval pour lamachineseulement sans ses accessoireset 8ks,4 pour lamachine complète, hélices, condenseurs, tuyautage et accessoires compris.
- Quand on sort d’une série de machines construites dans un même chantier et pour une même destination, la loi de l’augmentation du poids par cheval proportionnellement à la puissance disparaît à peu près complètement. On trouve simplement que le poids des machines par cheval varie beaucoup, selon la destination des navires et les habitudes des constructeurs. On en jugera par le tableau suivant, qui donne les poids de vingt-quatre machines : douze de bâtiments de guerre, et douze de bâtiments de commerce. Ces poids s’appliquent aux ma-
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- \m
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- chines complètes avec leurs hélices, leurs rechanges, l’eau des condenseurs et du tuyautage, et même les échelles et parquets.
- BATIMENTS DE GUERRE BATIMENTS DE COMMERCE.
- NOMS des bâtiments. PUISSANCE. en chevaux. POIDS par cheval. NOMS des bâtiments. PUISSANCE. en chevaux. POIDS par cheval.
- Carnot 1G 3 i-3 Kg. 40,560 Touraine 12 066 Kg. 87,934
- Charles-Martel . . . 14997 41,220 Navarre 6612 93,950
- Tir innus 13 950 47,440 Paraguay 2 460 98,206
- Dupuy de-Lôme. . . 13-180 37,100 Amiral-Aube . . . 2 100 114,786
- Cassai il 10 041 34,090 Amiral-Courbet . . 2 000 111,066
- Bugeaud 9913 39,121 Santa-Fé 1 880 83,645
- Du Chayla 9 571 36,100 Cyrnos 1 877 72,127
- Jean-Bart 7 776 51,350 Corsica 1 670 120,238
- Galilée 7 048 32,580 Canarias 1 470 131,155
- Cassini 5 612 l',900 Lion 1 200 111,141
- Forban 3 975 8,410 Bério 1 040 36,897
- Chevalier 2 901 9,960 Porteur à hélice . . 520 50,811
- Moyenne. . . . 32,990 Moyenne. . . 92,663
- On pourrait penser que les paquebots à voyageurs, de construction soignée, armés par un personnel de choix, ont des machines plus légères que les simples cargos. Il n’en est rien; la seule différence tranchée se trouve entre les bâtiments de guerre et les bâtiments de commerce.
- La grande endurance dont les machines des paquebots font preuve dans leurs traversées a été souvent invoquée comme monlrant la supériorité des machines lourdes sur les appareils légers. En réalité, les principales différences de poids entre les machines de la marine et celles du commerce portent sur les parties fixes, qui ne donnent jamais de signe de fatigue. Les organes mobiles, sur les bâtiments de guerre, sont matériellement en état de supporter des marches prolongées, dans les conditions de conduite et d’entretien qui se rencontrent sur les paquebots. Si la marine construisait encore des transports, elle n’aurait pas plus besoin qu’autrefois de leur donner des machines plus lourdes qu’aux cuirassés et croiseurs contemporains.
- Ce qui précède ne s’applique pas aux torpilleurs, dont les machines pèsent 8 à 10 kilogrammes par cheval au lieu de 30 à 40 kilogrammes, et qui sont réellement incapables de supporter une marche prolongée à grande allure. Les machines de torpilleurs fonctionnent partout à des charges par millimètre carré sur les matériaux, et à des charges par centimètre carré sur les surfaces frottantes, qui sont tangentes aux limites dangereuses. Les machines de torpil-
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- leurs ont montré ce qu’il est possible d’oser, mais non ce qu’il convient d’oser.
- A puissance égale, les machines des petits navires sont plus légères que celles des grands, parce que l’hélice a un diamètre moindre et permet de tourner à un nombre de tours plus élevé. Par suite, la fatigue des pièces, sur un torpilleur, bien que grande, est très au-dessous de ce qu’indiquerait la comparaison des poids, par cheval, de la machine du torpilleur et de celle d’un grand navire.
- Les machines de la marine militaire, celles des torpilleurs non comprises, ont présenté longtemps, avons-nous dit, une certaine infériorité, sous le rapport de la légèreté, par rapport aux machines de l’Amirauté anglaise. Les chiffres seraient difficiles à préciser, parce que l’on sait rarement ce qui figure, dans le poids d’une machine étrangère, comme eau des condenseurs, outillage et rechanges, parquets et échelles, etc.; mais le fait en lui-même était certain; nous n’avions pas, vers 1879, de machines aussi légères que celles de Y bis et du Mercury, par exemple. Cette infériorité a tout à fait cessé aujourd’hui. En constatant le progrès important accompli de ce côté, ce n’est que justice d’en reporter en partie l’honneur à nos métallurgistes, comme nous l’avons fait plus haut, en raison de la perfection atteinte par plusieurs usines françaises dans la fabrication des pièces en acier moulé.
- La question de l’encombrement, surtout de l’encombrement horizontal, est, pour les navires, à peine moins importante que celle du poids. Nous avons dit, en commençant, ce que coûte, à bord, le mètre carré de superficie. L’encombrement total ne changeant pas, quand la puissance augmente par suite d’une élévation de la pression ou d’une accélération de l’allure, il n’est possible de comparer l’encombrement par cheval, qu’entre machines marchant toutes à la même pression et à la même vitesse de piston.
- Le tableau suivant a été dressé, en relevant la superficie des chambres de machines, sur des bâtiments de construction récente, et dans des conditions com-
- PUISSANCE de la MACHINE. ENCOMBREMENT HORIZONTAL.
- TOTAL. PAR 100 CHEVAUX.
- chevaux. m2 m2
- 2 000 40 20
- 4 000 65 16
- 6 000 82 14
- 8 000 94 12
- 10 000 102 10
- 12 000 108 9
- 14 000 112 8
- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Octobre 1899.
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- parables. Il donne l’encombrement total des machines par cheval, ligne d’arbres non comprise, en fonction de la puissance développée aux essais.
- La puissance de 14 000 chevaux n’a pas été dépassée, pour une machine unique.
- La rapidité avec laquelle l’encombrement par cheval augmente quand la puissance diminue, rend désavantageuse, au point de vue de l’espace nécessaire, la division de l’appareil en plusieurs machines distinctes, qui tend de plus en plus à se répandre. Cette division est imposée, depuis l’abandon de la voilure, par des motifs de sécurité, qui priment de beaucoup les désavantages de l’encombrement.
- Sous le rapport du poids, la division des appareils est, comme nous avons vu, théoriquement avantageuse.
- 3. — FONCTIONNEMENT MÉCANIQUE
- Les machines marines ont donné lieu, en ce qui concerne le fonctionnement mécanique, à diverses études, dont on ne trouverait pas l’équivalent pour les machines fixes. Ce fonctionnement est, en effet, soumis à des nécessités toutes particulières, principalement sur les deux points suivants :
- 1° Effets du frottement, usure des pièces;
- 2° Réactions sur les points d’appui extérieurs, dues aux forces d’inertie.
- Le frottement est une source de perte de travail. Il est aussi une cause d’usure, et il peut devenir ainsi une cause d’avaries. Il se combat par le graissage.
- Pour le graissage extérieur, les appareils employés et les matières lubrifiantes sont à peu près les mêmes, pour les machines marines et les machines fixes; il suffira d’indiquer ici un petit nombre de particularités.
- Le graissage automatiquede tous les organes par un réservoir d’huile central, dont l'adoption est de plus en plus étendue, exige l’établissement de tout un petit tuyautage dont la longueur se compte quelquefois en kilomètres; mais il offre de grands avantages, au point de vue de la facilité de conduite et de surveillance, surtout pour les machines multiples.
- En second lieu, la vitesse de rotation des manivelles dépasse quelquefois la limite au delà de laquelle l’huile cesse d’être prise par le lécheur sur le pinceau. On dispose alors un appareil de graissage centrifuge, tel que celui représenté sur la ligure 32. L’huile versée dans un réservoir en forme de demi-tore, qui entoure la base de la manivelle, est appelée à l’intérieur du tourillon creux, et de là aux coussinets de la tête de bielle, par la force centrifuge elle-même.
- Le graissage intérieur des machines marines se fait avec la plus extrême parcimonie, parce qu’il faut retirer toute l’huile introduite dans les cylindres et les boîtes à tiroir, avant qu’elle soit amenée aux chaudières par l’eau d’alimen-
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- tation. Cette extraction de l’huile, qui se fait principalement à l’aide de filtres, est une opération délicate, autant qu’indispensable. C’est afin de diminuer le graissage, que l’on réduit le plus possible la tension des bagues de pistons. Les
- Fig. 32. — Graissage centrifuge.
- machines verticales et les tiroirs cylindriques présentent de sérieux avantages, au point de vue de la diminution du graissage.
- Les lois du frottement ont été étudiées, précisément en vue de la construction des machines marines, par Joessel, qui a résumé le résultat de ses expériences dans la formule :
- <t> = 0,04 P0-6 S°é Y0’06.
- Dans cette formule :
- P est la pression totale,
- S est la surface frottante,
- V est la vitesse,
- (t> est la résistance tangentielle au frottement.
- Cette formule suppose les pièces indéformables, et la pression P répartie uniformément sur la surface S.
- Le travail résistant est
- Tv = 4»V== 0,04 P0*6 S0’4 Y1»06.
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- Cette formule diffère de celle trouvée autrefois par Coulomb, en ce que e frottement augmente légèrement avec la vitesse Y, et que le coefficient de frottement f, au lieu d’être constant, varie avec la charge par centimètre carré, suivant la loi.
- f= 0,04
- S\0A
- L’application de la formule de Joessel conduit à estimer à 0,06 ou 0,08 la fraction du travail total indiqué F qui est consommée par les frottements de la machine. Cette fraction se répartit de la manière suivante :
- 20 p. 100 du travail résistant, ou. . 0,014 F bielles et glissières.
- 20 p. 100 — — . . 0,014 cylindres et tiroirs cylindriques.
- 60 p. 100 — — . . 0,042 ligne d’arbres.
- Total.......... 0,070 F
- Ces chiffres se rapportent à la marche à toute vitesse.
- Quand la machine développe une fraction seulement de sa puissance, le rendement mécanique diminue. La figure 33 représente la loi approximative qui lie la diminution du rendement u à la diminution de puissance F, suivant les hypothèses les plus généralement admises.
- Dans la détermination des surfaces frottantes, on s’applique à rendre constant, non pas le travail résistant par centimètre carré,
- p\°,6 p
- g J Vb°6 = gVx0,04
- 4S'
- p
- 0 4
- yo,o6
- mais seulement la quantité
- que l’on nomme coefficient d’usure, et à laquelle l’usure .des pièces paraît être à peu près proportionnelle.
- Le coefficient d’usure à adopter varie d’une pièce à l’autre, et, pour les mêmes pièces, d’une classe de navires à l’autre. Relativement faible sur les paquebots et les cargos, qui marchent de pair sous ce rapport comme sous celui des coefficients de sécurité, il est deux fois plus élevé sur les navires de guerre, et quatre fois plus élevé sur les torpilleurs.
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- Ses valeurs moyennes sont indiquées par le tableau suivant :
- GLISSIÈRES. BIELLES. PALIERS du VILEBREQUIN. BUTÉE.
- Paquebots et cargos 11 22 17 3, 5 '
- Cuirassés et croiseurs 20 60 30 10
- Torpilleurs 40 70 40 18
- La limite acceptable pour le coefficient d’usure recule, à mesure que la perfection de l’exécution des machines augmente. 11 y a quarante ans, le faux-rond d’un tourillon se mesurait quelquefois au compas, tandis qu’on prétend aujourd’hui au centième de millimètre dans la précision de l’ajustage. En même temps, la vitesse moyenne des pistons a pu passer de lm,80 à 7 mètres, à valeur égale de la pression par centimètre carré, et le coefficient d’usure a, par suite, quadruplé, sans que les échauffements soient devenus plus fréquents.
- L’étude de la perte totale de travail due à l’ensemble des résistances passives, pour laquelle nous avons donné, figure 33, le choix entre plusieurs courbes hypothétiques, ne peut être faite que par expérience. L’instrument usuel, pour la mesure du rendement mécanique, le frein de Prony, n’a jamais été appliqué aux machines marines, à cause de leur très grande puissance. Il nous faudrait, pour mesurer le travail moteur transmis à l’hélice, un dynamomètre de rotation, simple, exact, applicable à tous les appareils dont la recherche doit intéresser les inventeurs. Les dynamomètres à ressorts ont été parfois appliqués, et, en ce moment même, un modèle proposé à Rochefort est prêt à être construit. Un procédé d’une application beaucoup plus générale est également à l’étude; il consiste dans la simple mesure de la torsion de l’arbre.
- Les forces d’inertie développées dans le mouvement des pièces mobiles jouent, dans le fonctionnement des machines marines, un rôle très important, d’une part en raison de l’absence de volant sur l’arbre, d’autre part en raison de la légèreté de la coque du navire et de son aptitude à vibrer. Il y a d’autant plus d’intérêt à s’appesantir un peu sur ce sujet, qu’il est peu connu, et quelquefois mal compris.
- Le train de pièces mobiles correspondant à chaque cylindre donne lieu à deux sortes de forces d’inertie.
- La manivelle et la tête de bielle produisent des forces d’inertie centrifuges, d’intensité à peu près constante et de direction variable.
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- Le piston, la tige, le pied de bielle, etc., produisent des forces de translation, d’intensité très variable et de direction constante.
- Aux deux extrémités de la course, ces deux genres de force ont même direction; elles ont aussi même intensité par kilogramme de matière, lorsqu’on ne tient pas compte de l’obliquité de la bielle. Les calculs numériques, dans ces conditions, sont très simples. Attribuons aux pistons la vitesse moyenne assez usuelle de 5 mètres par seconde ; la force d’inertie par kilogramme, proportionnelle au nombre de tours, est de 10 kilogrammes à 120 tours et de 20 kilo-
- Fig. 33. — Courbes des rendements.
- grammes à 240 tours, allures atteintes fréquemment; elle est de 30 kilogrammes à 360 tours, vitesse assez ordinaire sur les torpilleurs, et, comme la vitesse moyenne des pistons est en même temps de 7 mètres au lieu de 5 mètres, la force d’inertie, sur les torpilleurs, est de 42 kilogrammes au lieu de 30.
- Lorsqu’on tient compte de l’obliquité des bielles, le calcul est un peu plus compliqué; mais la correction est importante.Les forces d’inertie de translation, en haut de course et en bas de course, au lieu d être égales, sont dans le rapport de 5 à 3. La valeur maximum de 42 kilogrammes est ainsi remplacée par 52k,5 en haut de course et 31k,5 en bas de course.
- L’intensité des forces ainsi calculées explique facilement la grandeur de leurs effets, dont on no trouve l’équivalent pour aucun autre genre de machines à
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- vapeur, pas meme dans l’action des locomotives sur les rails de chemins de fer.
- L’action des forces d’inertie se manifeste de deux manières entièrement distinctes :
- 1° Sur le moment moteur à chaque instant, et, par suite, sur la régularité'de la rotation.
- 2° Sur la pression totale exercée parla machine sur la coque, qui donne nais-sance aux trépidations.
- L’action sur le moment moteur à chaque instant, la plus anciennement étudiée, est une action bienfaisante, car elle tend à diminuer l’effort total exercé sur la manivelle pendant l’introduction de vapeur et à l’augmenter à la fin de la détente. On le voit sur la figure 34, où la courbe ka représente le moment de rotation dû à la pression de la vapeur, la courbe IR le moment dû à la force d’inertie et la courbe Ma' le moment résultant.
- Il va de soi que l’effet sur le couple de rotation est uniquement dû aux forces d’inertie de translation, le moment de la force centrifuge étant constamment nul.
- Il doit être également admis que l’effet des forces d’inertie de translation sur le moment de rotation est uniquement un changement dans la répartition suivant les positions de la manivelle, qui augmente la régularité de ce moment, mais ne change en rien sa valeur moyenne, ni son travail total pendant un tour complet. Le travail dépensé, pendant la première moitié de la course, à imprimer leur vitesse aux pièces mobiles, est intégralement restitué pendant la seconde moitié. Les pertes de travail dues aux forces d’inertie ne se rencontrent pas dans le fonctionnement intérieur de la machine, qui est au contraire amélioré ; elles résident uniquement dans les vibrations de la coque, dont nous parlerons plus loin.
- La courbe des moments de rotation, pour une machine tout entière, s’obtient en superposant les unes aux autres les courbes, particulières à chaque cylindre, analogues à celles de la figure 34. On rencontre, à obtenir la régularité du moment total, des difficultés qui sont surtout dues à la grande différence des moments moteurs des différents cylindres ; les moments moteurs donnés par un des cylindres à basse pression, par exemple, quand il en existe deux, n’équilibrent nullement les moments du cylindre d’admission. Le principal moyen de régulariser le couple est dans l’adoption d’un calage convenable des manivelles les unes par rapport aux autres. Une étude soignée de ce calage, facilitée par l’existence des forces d’inertie dont il tient compte, permet d’arriver facilement à un rapport du moment maximum au moment moyen, à un coefficient d’irrégularité, ne dépassant pas la valeur 1,20.
- Dans le fonctionnement intérieur, l’effet des forces d’inertie de translation se fait aussi sentir sur le choc dans les deux articulations de la bielle à bout de course, dont il atténue la vivacité, plutôt qu’il ne l’augmente.
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- 1 division pour 10 tonneaux-mètres
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- L’effet le plus important, et celui-ci entièrement nuisible, des forces d’inertie consiste dans les vibrations ou trépidations de la coque du navire, à laquelle ces forces sont intégralement transmises par la plaque de fondation. Cet effet a été l’objet d’une étude de plus en plus minutieuse, à mesure que les machines sont devenues plus puissantes, et les coques plus légères et plus vibrantes.
- Un ensemble quelconque de forces, agissant sur une coque, peut se ramener à trois composantes rectangulaires et trois couples situés dans les plans des composantes. Les forces d’inertie n’ont pas de composante suivant l’axe de
- ;o. lès iàtf iss 2
- S 3110 V3'-5. 3(10?
- 0 225 2-0 ZSyZ’O 285 3(10 3
- 10 75 90 105 120 135'
- 5 30 4
- Fig. 34. — Courbe développée des moments de rotation.
- l’arbre ; la coque est donc soumise à deux forces et trois couples de flexion seulement. Mais, de plus, dans les machines verticales, on regarde comme méritant d’être seuls pris en considération :
- 1° La composante verticale, qui produit la trépidation proprement dite, correspondant sur les locomotives au mouvement appelé avance ;
- 2° Le couple situé dans le plan diamétral du navire, en vertu duquel Ja coque tend à participer au mouvement de tangage de la machine. L’équivalent du tangage, sur les locomotives, est le mouvement de lacet.
- La nature du mouvement de vibration produit par celte force et ce couple dépend des propriétés de la coque, et comporte deux, trois ou quatre nœuds de vibration (fig. 35). Il est clair que la machine, placée sur un ventre possible,
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- tend à produire le ventre, par l’effet de la composante de trépidation ; placée sur un nœud possible, elle tend à produire ce nœud, par l’effet du couple de tangage.
- L’amplitude des vibrations dépend à un très haut degré, comme dans tous les faits du même genre, de leur synchronisme plus ou moins complet avec le retour périodique de leur cause, c’est-à-dire avec les révolutions de la machine.
- Les vibrations se succèdent par séries d’amplitude croissante puis décroissante, plus ou moins prolongées selon le degré de synchronisme. Un des plus anciens exemples de relevé un peu précis a été trouvé sur les courbes de roulis
- t)c-* 1 (2 •WOC/U^J )
- A
- OU 2 (5 -wŒ/i)
- 3LS 5 (4 )
- Fig. 33. — Nœuds et ventres des machines.
- Antivibrateur Yarrow.
- Fig. ,36.
- enregistrées par le petit pendule de l'oscillographe doublée à bord du Milan; il est représenté fig. 37.
- Si le synchronisme était parfait, les vibrations, après avoir atteint leur amplitude maximum, la conserveraient indéfiniment. Cette amplitude maximum serait celle pour laquelle le travail moteur de la force d’inertie sur la coque serait exactement contre-balancé :
- 1° Par le travail résistant de la coque dû à l’effet très pernicieux d’usure lente et de désagrégation des joints ;
- 2° Par le travail résistant de l’eau, à laquelle le bordé transmet ses propres vibrations. Il est probable que ce travail est la cause véritable et efficace de la limite imposée aux amplitudes de vibration.
- Les plus grandes amplitudes, relevées par les vibrographes ou pallographes en service, ont été de 11 millimètres sur un torpilleur, et de 40 millimètres sur un grand croiseur. Il est à remarquer que l’on éprouve, à bord, la sensation de vibrations bien plus étendues qu’elles ne sont en réalité, et que l’homme est,
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- sinon un vibrographe exact, du moins un vibroscope sensible. Il n’est pas de reproche plus vif adressé par les passagers à un paquebot, que celui des grandes trépidations.
- La cause des vibrations étant établie, le remède a été recherché de divers côtés, en France d’abord par M. Normand, en Angleterre par M. Yarrow, en Allemagne par M. Otto Schlick, sans parler de beaucoup d’études particulières,
- Fig. 31. — Courbes des vibrations du Milan.
- telles que celles deM. Pinczon à l’occasion de la mise en chantier de la Lorraine, celle dont les machines du Kaiser-Wilhelm-der-Grosse ont été l’objet, etc.
- Toutes les forces d’inertie coopèrent aux vibrations. Les forces centrifuges peuvent être annulées en donnant des contrepoids aux manivelles. M. Yarrow
- A b c
- Fig. 38. — Calages de manivelles.
- a été plus loin et s’est proposé d’annuler même les forces de translation, à l’aide de son appareil antivibratoire (fig. 36), qui consiste dans deux contrepoids mis en mouvement par des excentriques aux deux extrémités de la machine. La course verticale des contrepoids dans leur coulisse, leur poids, l’angle de calage des deux excentriques, peuvent être déterminés de manière à rendre nuis la plus grande force de trépidation et le plus grand moment de tangage de l’excentrique. Ce remède est radical, et peut servir ailleurs que dans la marine ; mais il n’est guère applicable qu’aux petites machines.
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- On se contente généralement des moyens de combattre les vibrations que fournissent l’équilibrage des pièces mobiles, le choix des angles de calage, la distribution des cylindres dans le sens longitudinal. L’étude, en ce qui concerne les calages, doit être menée de front avec celle de l’uniformité du couple de rotation, mais elle n’a d’intérêt que pour les machines à plus de trois manivelles.
- Fig. 39. — Courbes des moments de rotation du Shamrock.
- Les machines à trois manivelles et à détente double ou triple ont été pendant longtemps les plus usitées de toutes, et c’est par elles que les études ont commencé.
- Il a été établi tout d’abord que la régularité du couple de rotation, sur les machines à trois manivelles exige le calage des trois manivelles à 120° l’une de l’autre. Sur le Shamrock, par exemple, la comparaison des trois calages A, B, G (fig. 38) est donnée (fig. 39) par des courbes représentant le moment de rotation
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- dans chaque position de l’arbre en coordonnées polaires. Le résultat est nettement favorable au calage à 120°, bien que la puissance développée soit beaucoup plus grande dans le cylindre d’admission que dans chacun des deux cylindres à basse pression.
- Le calage à 120° ainsi admis, les moyens d'annuler les trépidations ont été donnés par M. Normand, pour les machines des torpilleurs; ce sont les suivants :
- 1° Egaliser le poids des trois trains mobiles, en lestant principalement le piston dans le cylindre d’admission. Cette mesure, d’ailleurs favorable à la régularité de la rotation, suffit pour annuler sensiblement la résultante de trépidation.
- 2° Anéantir l’effet du couple de tangage, que l’égalisation des poids laisse subsister intégralement, en faisant agir le couple dans le sens de la hauteur du navire au lieu du sens de la longueur. Il suffit, pour cela, de relier convenable ment les hauts de la machine avec un pont voisin par des tirants longitudinaux. Dans le sens de la hauteur, la coque est inflexible.
- La solution de M. Normand, qui donne d’excellents résultats sur les torpilleurs, est, avec des détails d’exécution différents, susceptible d’une application générale. Elle comporte l’addition de contrepoids aux manivelles.
- Les machines à quatre manivelles se prêtent à des solutions variées, en raison des diverses combinaisons permettant d’annuler le couple de tangage par une répartition convenable des manivelles dans le sens longitudinal, la résultante de trépidation ayant été annulée par l’effet du calage.
- Dans les figures 40 et suivantes, les numéros des manivelles représentent leur rang compté à partir de l’avant; HP, MP, BP, signifient cylindre haute pression, moyenne pression, basse pression.
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- Le calage et la répartition représentés fig. 40 sont recommandés par MM. Yar-row, Schlick, Tweedy, qui ont fait de la question des trépidations une étude très soignée.
- La figure 41 est relative au grand paquebot Kaiser-Wilhelm-der-Grosse. Les résultats indiqués par un calcul approximatif, ne tenant pas compte de l’obliquité des bielles, sont très favorables; ils indiquent :
- Maximum de la résultante de trépidation.................. 0l,4
- Maximum du couple de tangage.............................0tm,2o.
- Les résultats observés sont également favorables, car le paquebot allemand
- d’Assas A. Étude B. Cassant C.
- Fig.41.— Calage du Kaiser- Wilhelm. Fig. 42. — Calage du d’Assas.
- paraît avoir réalisé un progrès sérieux sur la Lucania et la Campania, sous le rapport des trépidations.
- d’Assas comparatif Cassard,
- A B C
- L’effet des trois calages représentés fig. 42 a été calculé à Indret, à l’occasion de la construction de la machine du (TAssas. Les résultats obtenus ont été les suivants :
- A B c
- Résultante de translation 1 de bas en haut. . . . . . 6 VI2 6*,63 15*,23
- maximum. ( de haut en bas. . . . . . 4*,00 4*, 42 24*, 51
- Moyenne des deux maximum . . . . . . 5*,06 5*,55 j9*,87
- Couple de tangage 1 sens positif . . 113tm,7 74*m,3 51*m,5
- maximum. ( sens négatif. ....... . . 67,81 38,5 36,3
- Moyenne des deux maximum . . 90tm,7o 56tm,4 43*m,9
- La disposition A a été adoptée sur le d’Assas, à cause de la régularité du couple de rotation à laquelle elle conduit, et qui ne figure pas sur le tableau. Elle n’a donné lieu à aucune plainte, sous le rapport des trépidatious.
- Sur le Terrible anglais, la disposition A a donné lieu à des trépidations jugées excessives. A cette occasion, on soumit à la fois au calcul et à l’expérience les quatre calages représentés fig. 43.
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- Dans les calculs, les résultats sont rapportés à ceux du calage A pris pour unité. Les résultats d’expérience sont donnés en valeur absolue; les essais se faisaient dans un bassin, en faisant tourner les machines, après avoir enlevé les hélices.
- AB C
- Maximum de la résultante (calculé)............... 1 2,48 12,60
- Maximum du couple (calculé)...................... 1 0.64 0,35
- Maximum de l’amplitude ( une machine en marche.. . 39mm,4 20mm,3 »
- de vibration (observé). ( deux machines en marche.. » 43,2 »
- D
- 12,50
- 0,18
- 2m ni tj
- ))
- A la suite de ces essais la disposition B, jugée supérieure, fut provisoirement adoptée et soumise à une expérience en mer, de 60 heures de marche à 94 tours
- et 15 500 chevaux. Les trépidations furent violentes. De plus, il y avait difficulté à manœuvrer la machine.
- La disposition G fut alors adoptée, le tronçonnement du vilebrequin sur les machines anglaises permettant ces transformations. Les essais furent repris, et faits sur la plus large échelle,
- 108 tours et 25 000 chevaux 98 tours et 18 000 chevaux
- et à d’autres puissances encore.
- L’ensemble des résultats fut jugé très satisfaisant; les vibrations avaient disparu.
- Ces essais du Terrible montrent combien la question des expériences de navire est comprise d’une manière différente en Angleterre et en France.
- En Angleterre, où les essais habituels sont relativement sommaires et prennent à peine une semaine, on n’hésite pas, à l’occasion, à brûler quelques mille tonnes de charbon pour donner la solution d’un problème.
- Nos essais de machine, toujours répétés sur le même programme, ne donnent que des constatations prévues à l’avance au sujet de l’exécution matérielle des appareils. Il faudrait remonter à plus de trente ans en arrière, pour trouver
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- quelques expériences exécutées en vue de résoudre un problème douteux pour les constructeurs, qui sont supposés doués de l'omniscience.
- Toutes les questions les plus importantes relatives au fonctionnement des machines, frottement, usure, forces d’inertie, trépidations, etc., se ramènent en fin de compte à la détermination du nombre de tours qu’il est possible de leur donner, ou, plus exactement, à celle du maximum de vitesse moyenne des pistons.
- L’adoption d’un nombre de tours élevé est du plus haut intérêt pour les machines marines, puisqu’il importe, par-dessus tout, d’économiser le poids et l’espace, et que, de tous les facteurs du travail, le nombre de tours est le seul qui ne pèse ni n’encombre.
- La limite du nombre de tours ayant été fixée par les exigences du fonctionnement, on est obligé très souvent, surtout sur les grands navires, de se tenir au-dessous de ce nombre de tours limité, pour assurer à l’hélice le rendement mécanique indispensable à la vitesse du navire.
- L’hélice, en effet, n’*est pas seulement un organe de la machine, dont elle forme la pièce finale; elle est aussi une partie du navire lui-même. Ses dimensions doivent être appropriées à celles de la carène, comme aux données de la machine. Elle forme une sorte de lien ou d’intermédiaire transmettant à chacun des deux éléments, moteur et coque, les conditions qui sont imposées par l’autre C’est là ce que nous nous bornerons à établir ici, sans entrer dans des détails sur le fonctionnement des hélices, qui sortiraient du cadre restreint de cette note.
- L’hélice est soumise à deux conditions :
- 1° Faire développer à la machine la puissance prévue. Cette condition détermine la résistance de l’hélice à la rotation.
- 2° Imprimer au navire, pour la puissance de la machine déterminée, la vitesse qui est également prévue. Cette condition impose un minimum de rendement mécanique.
- Les éléments principaux, que l’on peut faire varier pour remplir ces deux conditions, sont le pas H et le diamètre D, le nombre de tours N étant supposé donné. Nous pouvons laisser de côté la fraction de pas, le nombre d’ailes, les détails de forme des ailes, pour les explications simples que nous avons en vue de donner.
- On sait très bien déterminer, à l’aide d’une formule empirique due à M. Moll, les valeurs du pas et du diamètre qui donnent le travail résistant voulu, pour un nombre de tours cherché. On a même, d’après cette formule, une infinité de solutions, comportant un diamètre D d’autant plus grand, que le pas H est plus faible; mais il ne reste plus qu’une seule variable, H ou D, dont on puisse disposer.
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- D’un autre côté, la recherche d’un rendement impose, non pas une seule condition, mais bien deux, savoir :
- 1° Un minimum de valeur de D, qui varie selon les dimensions du navire considéré ;
- 2° Un minimum du rapport de H à D, qui parait être à peu près le même quel que soit le navire auquel l’hélice est destinée.
- Deux conditions, pour un seul élément à déterminer, conduisent à une impossibilité. Il faut donc considérer le nombre de tours lui-même N, comme un second élément dont on doit disposer, et qui peut se trouver commandé par les dimensions de la carène.
- Un exemple rendra cet exposé plus clair.
- Le Forban a deux machines, dont chacune développe en moyenne 2 000 chevaux, avec une hélice présentant les éléments :
- Diamètre D.........1,80
- Pas H..............3,08
- 3,08
- Le nombre de tours est de 365. La vitesse du bâtiment est de 31n,02 ou 15m,96 par seconde. L’avance par tour A est 2n,62. Le recul est :
- 0
- Ce recul correspond à une vitesse apparente de 2ni,80 imprimée par l’hélice à l’eau sur laquelle elle s’appuie.
- Toutes ces conditions paraissent entièrement satisfaisantes.
- Supposons les mêmes machines avec les mêmes hélices appliquées sur un navire beaucoup plus grand, ayant par exemple une section transversale de la carène, ou surface de maître-couple, égale à huit fois celle du Forban. La machine tournera encore approximativement à 365 tours, un peu moins en réalité; sa puissance développée restera voisine de 2 000 chevaux, mais la vitesse du navire sera très réduite; elle serait de 15n,51 ou 7m,98 par seconde, si le rendement de l’hélice restait le même, ainsi que le coefficient de résistance de la carène Y; l’avance par tour serait ainsi : lm,51.
- Or une hélice de 3m, 08 de pas, tournant à 365 tours sur un navire filant 7n,98 aurait un recul apparent :
- La vitesse imprimée à l’eau par un semblable recul apparent d’hélice produirait des ruptures du cylindre d’eau sur lequel s’appuie l’hélice, des cavitations, selon l’expression anglaise. Le rendement de l’hélice serait alors très
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- faible ; le travail de la poussée descendrait peut-être à 1 000 chevaux ou même moins, et la vitesse du navire tomberait à 13 nœuds au lieu des 13 nœuds prévus.
- Pour réduire le recul à 0/149, comme sur le Forban, il faudrait, sur le grand navire, réduire le p^s a 1,33. Alors pour que l’hélice absorbe un travail moteur de 2 000 chevaux à 365 tours, il faudrait, d’après la formule empirique de Moll, augmenter son diamètre suivant la proportion
- Dj _ IP D't — IF ’
- qui donne
- D'=3m,21.
- Avec un semblable diamètre, pour un pas de lm,53 seulement, l’angle d’attaque de l’eau par l’hélice serait tout à fait insuffisant. Le travail se dépenserait en frottement au lieu de se dépenser en poussée. La valeur excessive de la vitesse circonférentielle,
- 2irRN
- —77:— = 61 métrés 60
- suffisait pour le faire prévoir. Le rendement de l’hélice à pas trop faible serait peut-être encore plus mauvais que celui de l’hélice de diamètre insuffisant, et la vitesse du navire au moins aussi faible que dans le premier cas.
- La conclusion est que, sur un bâtiment dont la section de maître-couple serait de 38 mètres carrés et la puissance de chacune des deux machines de 2 000 chevaux, il 11’est pas possible de mettre des machines qui tournent à 365 tours, et qui soient, par suite, aussi légères que celles du Forban.
- La détermination des éléments des hélices se fait, en pratique, d’après les principales règles qui suivent :
- Les éléments principaux, H, D, N, en y joignant la fraction f, ou somme des largeurs moyennes d’ailes, et le nombre d’ailes n doivent satisfaire à la formule empirique du travail résistant F de M. Moll,
- F=E(Bf D=H3f k'XN3;
- la constante E est choisie entre les deux limites
- E = 0,000000 9, E = 0,00000 18
- d’après la comparaison avec une hélice analogue ; F est le travail indiqué sur les pistons.
- Cette formule suffit pour déterminer l’hélice, lorsqu’on peut donner à N la Tome IV. — 98e année. 5e série. — Octobre 1899. 94
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- plus grande valeur permise par les nécessités du fonctionnement de la machine, car on connaît à peu près le rapport de H à D, et, d’un autre côté, / et n ont si peu d’influence qu’on peut les choisir presque arbitrairement.
- Lorsque l’application de la formule de Moll, dans ces conditions, conduit à une valeur trop faible de D, comme dans l’exemple cité plus haut, H et D doivent être déterminés par la considération du rendement; N se déduit alors de H et de D, tous les éléments de l’hélice étant fixés.
- Les deux considérations principales sur le rendement portent sur la valeur de D et sur celle de H ou, ce qui revient au même, le rapport de H à D.
- Le diamètre D doit assurer une valeur suffisante au rapport
- que l’on nomme résistance relative de l’hélice ou plutôt des hélices; la somme S s’applique à la totalité des hélices du navire.
- La résistance relative O doit être d’autant plus grande que la vitesse du bâtiment est plus élevée. On peut estimer son minimum à 0,25 pour les vitesses voisines de 15 nœuds, à 0,50 pour les vitesses de 22 nœuds et à 1, pour les vitesses de 30 nœuds.
- D’un autre côté, il faut vérifier, quand tous les éléments sont calculés, que la vitesse circonférentielle ne dépasse pas 40 mètres,
- < 40.
- Le rapport de H à D doit être assez élevé pour que l’angle d’attaque moyen de l’eau ne soit pas inférieur à 3° environ, ce qui exige un rapport supérieur à l’unité.
- L’angle d’attaque varie aux différents points du rayon, comme on peut le voir sur la figure 44, dans laquelle XX est l’axe de l’arbre, OH le pas de l’hélice, OA l’avance par tour, et HK la circonférence extérieure développée.
- Sur cette figure, les lignes telles que OK représentent les spires d’hélice aux différents points du rayo.n, et les lignes telles que O J les trajectoires par rapport à l’eau. Les angles tels que JOK représentent, par suite, les angles d’attaque apparents, dont la valeur serait nulle sur l’axe même de l’arbre, s’il était possible d’avoir un moyeu de rayon égal à zéro, et redeviendrait nulle à la circonférence, si le rayon des hélices pouvait être infini.
- La manière dont l’angle d’attaque varie prouve qu’il passe par un maximum. Ce maximum se rencontre toujours, en pratique, en un point des ailes, telles qu’on les construit, généralement un peu au delà du tiers du rayon compté à
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- partir de l’axe. Déplus, la variation étant faible dans les environs dn maximum, l’angle d’attaque varie beaucoup moins, du moyeu à la circonférence, que Ton ne
- lit
- /////
- 1 jJJ
- ! ! !
- n ///
- mm/
- serait tenté de le supposer. La figure 45 donne six courbes de valeurs de l’angle d’attaque en fonction du rapport du pas au diamètre, pour six valeurs différentes du recul apparent p. Les ordonnées bordées d’un filet représentent le rapport de
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- II à D sur le moyeu et à la circonférence. On voit qu’enire ces ordonnées, qui limitent la portion utile de la figure, les changements de valeur de a sont peu importants.
- 10? —
- - -as-g
- 2-------
- — Courbes des valeurs de l’angle d’attaque des hélices en fonction du rapport du pas au diamètre.
- La figure45 explique très bien les bonnes qualités habituelles de l’hélice; son rendement comme propulseur dépendant surtout de l’angle a, il peut être bon pour toute la surface des ailes.
- L’aptitude de l’hélice à avoir un bon rendement mécanique général, malgré la grande variation apparente des conditions de son fonctionnement apparaît
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- encore mieux sur la figure 46. Les courbes de celte figure ont été tracées en prenant pour abscisse l’angle d’orientation p de la trajectoire en chaque point de l’aile, par rapport à un plan perpendiculaire à l’axe, et pour ordonnées les rendements mécaniques u eux-mêmes donnés par le rapport de la composante suivant l’axe de la pression totale sur l’aile à la composante perpendiculaire à l’axe, qui représente la résistance à la rotation. On voit que le rendement varie très peu, du moyeu à la circonférence.
- CtruÿCea yozianXaXUws 0 b* -Cv , -jxvi zsx\^x>zA à f i
- Fig- 46. — Courbes de rendement des hélices.
- Les trois courbes de la figure 46 correspondent à trois hypothèses différentes sur la valeur du rendement mécanique u, en faisant
- dans la formule
- Courbes.
- A. B.
- = 0,08 0,10
- __ 1 — g cotg. p
- — g + cotg. P
- X cotg. p.
- c.
- 0,12
- Quand les éléments principaux d'une hélice, pas et diamètre, ont été déterminés, on a, pour choisir la fraction de pas et le nombre d’ailes, l’exemple des hélices qui ont donné les meilleurs rendements, dans des conditions analogues. En général, la fraction de pas, très forte à la racine des ailes, reste à peu près constante jusqu’au milieu du rayon; elle diminue ensuite jusqu’à la circonférence, ce qui conduit à des contours d’ailes analogues à celui représenté fig. 47. On a trouvé parfois avantage à accroître la fraction de pas d’une hélice, en diminuant son diamètre.
- Les machines marines présentent aussi une disposition tout à fait particulière dans l’emploi, exclusif aujourd’hui, de la condensation par surface, qui a
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- été inaugurée depuis longtemps dans la marine et qui a fini par supplanter totalement l’ancienne condensation par mélange de Watt. Le condenseur remplit à bord des navires un double objet : augmenter la puissance de la machine, comme
- Fig. 47. — Hélice avec fraction de pas plus faible à l'extrémité qu’au moyen.
- dans les appareils fixes et, de plus, fournir constamment l’eau douce nécessaire à l’alimentation des chaudières.
- L’usage des condenseurs par surface a mis en lumière la différence extraordinaire de transmissibilité de la chaleur à travers la paroi de leurs tubes et à
- Fig. 48. — Condenseur.
- travers celle des tubes de chaudières; le rapport entre les deux transmissibilités est de 300 à 1 environ, ce qui tient à ce que les tubes des condenseurs ont leurs deux faces mouillées par l’eau, tandis que, dans les chaudières, on a des gaz d’un côté et, de l’autre, un mélange d’eau et de bulles de vapeur. De là, la très grande
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- différence entre les dimensions des condenseurs et celles des chaudières, qui a rendu facile et pratique l’adoption du condenseur à surface.
- Le condenseur forme dans l’ensemble de l’appareil moteur un organe aussi distinct de la machine proprement dite, que la chaudière elle-même. La disposition est très simple, et ne mérite pas une description détaillée. L’eau froide passe en général à l’intérieur des tubes, et elle y fait des circuits déterminés par quelques cloisons établies dans les coquilles. Une parfaite étanchéité est indispensable, pour éviter les moindres rentrées d’eau de mer, qui seraient fatales à la conservation des chaudières à haute pression.
- A
- Fig. 49. — Pompe-turbine de circulation.
- Le bon fonctionnement du condenseur repose entièrement sur la marche des pompes, qui exigent des soins de construction minutieux.
- Il y a trois appareils de pompage distincts :
- 1° La pompe de circulation qui est presque toujours une turbine (fig. 49) et qui est la plus simple des trois ;
- 2° La pompe à air (fig. 50) qui est destinée à extraire l’eau de condensation et à entretenir le vide en pompant l’air qui est en partie amené par l’eau d’alimentation, en partie introduit par les rentrées d’air accidentelles ;
- 3° La pompe alimentaire, qui peut être regardée comme un accessoire des chaudières, autant, pour le moins, qu’un organe de la machine. La fig. 51 représente la pompe alimentaire Belleville qui est particulièrement appropriée aux chaudières Belleville. Il est fait un grand usage, dans la marine, des pompes construites par M. Thirion, dans ses ateliers de la rue de Vaugirard.
- Des appareils particuliers sont installés pour purger d’huile l’eau d’alimen-
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- talion, et, très souvent, pour la réchauffer jusqu’à la température de 100° environ avant de l’envoyer à la chaudière.
- Après l’étude du fonctionnement mécanique des machines marines, nous avons à considérer leur marche économique, c’est-à-dire leur dépense de vapeur
- ou, selon le langage moderne, leur fonctionnement thermique. Ce sujet
- J j~.......I
- 1 1
- Fig. 50. — Pompe à air.
- Fig. 51. — Pompe alimentaire.
- mérite d’être traité avec quelque détail, parce que les machines marines tiennent certainement le premier rang, parmi les machines à vapeur, au point de vue de la bonne utilisation de la chaleur.
- Il est indispensable, pour juger du degré de perfection d’une machine, de se reporter au principe de Carnot, d’après lequel la limite de l’utilisation ther-
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- mique réalisable U, ou rapport de la chaleur transformable en travail à la chaleur totale en circulation dans une machine est
- Ta et Tc sont les deux températures entre lesquelles s’accomplit l’évolution comptées au-dessus du zéro absolu — 273°. Il est aussi impossible à un moteur thermique de dépasser cette utilisation qu’il l’est à un moteur hydraulique disposant d’un poids d’eau P de rendre un travail T, tel que l’on ait
- PH„ ^ H„’
- Ha et H0 étant l’altitude des deux biefs.
- Il est bon de rappeler aussi que la valeur précédente de U n’est nullement influencée par le choix du corps qui sert de véhicule à la chaleur pour la production du travail.
- Pour des machines réalisant le cycle de Carnot, la limite d’utilisation U aurait passé de 0,16 à 0,32 quand la température Ta aurait passé de celle de la vapeur d’admission à 1 kilogramme à celle de la vapeur à 15 kilogrammes de pression absolue, la température T0 au condenseur n’ayant pas varié. Ces nombres ne représentent pas le progrès dans les conditions de marche depuis l’origine des machines marines, parce que la machine à vapeur, même supposée parfaite, ne réalise pas le cycle de Carnot.
- Les utilisations qui doivent être calculées pour les machines marines sont les deux suivantes :
- 1° Utilisation thermique U, ou fraction de la chaleur totale transformée en travail de la machine à vapeur parfaite, c’est-à-dire de la machine théorique qui donnerait la détente adiabatique complète de la vapeur entre les deux températures Ta et Tc, et qui ne présenterait de pertes d’aucun genre.
- 2° Utilisation spécifique Us des machines réelles, c’est-à-dire rapport du travail indiqué qu’elles produisent au travail de la machine parfaite dépensant la même quantité de chaleur entre les deux mêmes limites de température.
- Ces deux utilisations sont, au point de vue pratique, d’importance toute différente.
- L’utilisation thermique U^ qui est, comme l’utilisation absolue U, une simple fonction algébrique de Ta et de Tc pouvant se calculer mathématiquement, ne peut pas s’élever beaucoup. Elle varie encore plus lentement que U, en fonction de Ta lorsque cette température s’élève. Ainsi le changement de température aux chaudières, qui y ferait monter la pression absolue de 16 kilogrammes à 32 kilogrammes, élèverait l’utilisation U? de 0,30 à 0,32 seulement.
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- L’utilisation spécifique Us, dont les progrès n’ont d’autre limite que celle de l’habileté des constructeurs, varie au contraire dans des limites très étendues. Les machines marines qui étaient jugées excellentes, il y a quarante ans, avaient une utilisatiou spécifique de 0,20 environ. On atteint quelquefois 0,70 aujourd’hui; la fraction 0,30, qu’il reste à gagner, est encore assez belle pour encourager les recherches des inventeurs.
- Insistons ici sur le caractère commun à toutes les utilisations, d’être indépendantes de la nature du corps chauffé et refroidi, afin de détruire les illusions de ceux qui poursuivent des recherches sur les machines à éther, à ammoniaque, etc. L’utilisation spécilique Us, dépend bien un peu, à la rigueur, des
- Fig. 52. — Diagramme théorique.
- propriétés physiques de la vapeur choisie, puisque celles-ci influent sur les fuites, sur les refroidissements, etc. Mais l’utilisation thermique Ut, qu’il est si difficile de faire monter au-dessus de 0,30 ou 0,32, pour les machines à vapeur, et que visent seule les recherches des inventeurs, est aussi indépendante que l’utilisation absolue elle-même de la nature de la vapeur choisie. La loi de proportionnalité entre la chaleur de vaporisation et la chaleur spécifique des vapeurs, en tenant compte du changement de la pression en fonction de la température, explique, au point de vue de la physique élémentaire, l’équivalence des vapeurs établie par la thermodynamique.
- Revenons maintenant aux machines qui, sans viser à des progrès paraissant aussi irréalisables que le mouvement perpétuel, cherchent simplement à se rapprocher le plus possible des conditions de la machine à vapeur parfaite. Considérons donc la machine parfaite, et voyons comment y travaille la vapeur.
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- Le travail de la vapeur se représente habituellement par le diagramme p, v, des volumes et des pressions, ou diagramme de Watt. Les volumes successifs de la vapeur sont les abscisses et les pressions successives sont les ordonnées.
- La machine parfaite fonctionnant à détente complète, son diagramme p, v a la forme représentée figure 52 ; d’un côté détente jusqu’à la pression au condenseur, de l’autre simple droite verticale, le cylindre n’ayant pas d’espace mort. Le
- Ordonnée
- mojenne
- Ordonnée moyenne Zk0&9
- Ordonnée moyenne O^OZO
- _____'______Licme atmosphérique__________i_
- Vide au condenseur
- Vije parfait
- Fig. 53. — Diagramme du Du Chayla.
- diagramme s’applique au poids d’eau total vaporisé par la chaudière, puisqu’il n’y a ni espaces morts, ni condensations intérieures ou fuites quelconques.
- La figure 52 ne fournit aucune indication sur le rendement thermique U, puisque la quantité de chaleur n’y est pas représentée. Mais si le diagramme est tracé pour la quantité de vapeur que les chaudières émettent pendant la durée d’un coup de piston simple, cette ligure donne exactement l’utilisation spécifique par sa comparaison avec les diagrammes d’indicateurs.
- Les deux figures 53 et 54 montrent les diagrammes d’indicateurs des machines
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- du Du Chayla et du Descartes placés dans l’intérieur du diagramme de la machine parfaite; la courbe théorique de détente est celle de la détente adiabatique. Il est facile de comparer sur ces figures les surfaces des diagrammes de Watt et ceux de la machine parfaite ; le rapport de ces surfaces est l’utilisation spécifique.
- Les machines du Du Chayia et du Descartes sont à détente triple ; ce sont leurs diagrammes totalisés qui sont portés sur les figures 53 et 54. On remarquera sur ces figures les pertes de travail particulières dues à l’emploi de la détente multiple. Les unes, rectangulaires, séparent les uns des autres les diagrammes particuliers des différents cylindres; ces perles sont dues aux étranglements de vapeur à l’admission et à l’évacuation. Les autres, triangulaires, situées à droite
- \0rdcnnèè\
- Ordonnée moyenne
- Fig. 54. — Diagramme du Descartes.
- des diagrammes particuliers, sont dues à la détente incomplète. L'ensemble de ces pertes est important; observé très nettement dès l’origine des machines compound, il a fait révoquer quelque temps en doute l’avantage de la détente multiple pour les machines marines.
- Quand on veut étudier Lutilisation thermique en même temps que l’utilisation spécifique, et surtout analyser à fond cette dernière dans les parties des diagrammes correspondant aux basses températures, on a recours au diagramme entropique ou diagramme des T<t>, que l’on substitue au diagramme dynamique, ou diagramme des p v.
- Le diagramme entropique a pour propriété principale de représenter par son aire la quantité de chaleur transformée en travail, ce qui, au facteur 425 près, est l’aire du diagramme dynamique. Il n’y a donc, pour les surfaces, qu’un simple changement d’échelle. La différence entre les deux diagrammes est dans
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- le choix des ordonnées, qui sur le diagramme entropique sont les températures, et non les pressions, correspondant à chaque état de la vapeur. Les températures inscrites sont, en principe, les températures absolues T; en pratique, le zéro absolu est tout à fait en dehors des figures tracées.
- Le diagramme entropique se trouvant entièrement défini par son aire et ses ordonnées, les abscisses <i) se déduisent des aires et des ordonnées. Un accroissement de surface dq étant égal à l’accroissement d’abscisse cfà multiplié par l’ordonnée T, nous avons
- q est la quantité de^ chaleur contenue dans la vapeur à chacun des états consi-
- des TP
- Y
- Fig. 55. — Diagramme entropique ~de Boulvin.
- dérés, qui augmente ou diminue selon qufil y a absorption ou production de travail.
- La fonction $ de la quantité de chaleur q et de la température absolue T, ainsi prise pour abscisses, a reçu le nom d'entropie. La propriété de n’être définie que par sa différentielle nuit à l’entropie; elle ne permet pas d’en avoir une conception simple, telle que celle du volume, de la pression et de la température de la vapeur. Par bonheur, l’abscisse est ce dont on se préoccupe le moins dans le diagramme entropique, dont on ne considère guère que la surface.
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- Le diagramme entropique a surtout été appliqué jusqu’ici à l’étude de la machine monocylindrique, bien qu’on puisse en trouver quelques applications aux machines compound faites par des ingénieurs anglais. Il est très employé en Belgique. M. Boulvin, de Gand, ancien élève de notre école du Génie maritime est, en particulier, l’auteur d’un tracé géométrique très simple pour passer du diagramme dynamique au diagramme entropique et réciproquement. Sous la
- zéro absolu
- Fig. 56. — Diagramme entropique d’une machine parfaite.
- forme où l’épure de M. Boulvin est représentée figure 55; on y rencontre quatre diagrammes distincts, savoir :
- 1° Le diagramme p, v, ou diagramme dynamique, dans le premier quadrant;
- 2° Le diagramme T, p, dans le second quadrant;
- 3° Le diagramme T, 4>, ou diagramme entropique dans le troisième quadrant ;
- 4° Le diagramme <&, Y, dans le quatrième quadrant;
- Pour passer du premier diagramme au troisième, on procède à l’aide de deux courbes connues, la courbe de saturation Ts, ps, dans le deuxième quadrant, et la courbe de réchauffage du liquide T, 4»!, dans le troisième. D’un point M pris dans le diagramme/?, v, on passe au point correspondant de la courbe Ts, ps puis, de là, à la courbe T, 4^. On rabat ensuite le point de la courbe T, 4q, en k, sur l’axe 04». Le point du quatrième quadrant est à l’intersection de la projetante verticale de M avec une parallèle menée en R à la tangente à la courbe de saturation Ts pa. Ayant la position du point dans le quatrième quadrant, on trouve immédiatement sa position dans le troisième, c’est-à-dire le point cherché du diagramme T, 4».
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- On peut aussi procéder par un simple calcul; c’est la méthode suivie par M. Lelong, qui a introduit à Indret l’usage du diagramme entropique.
- La figure 56 représente le diagramme entropique de la machine parfaite. A droite, la courbe de détente adiabatique est une droite verticale DN, puisque la
- • Am -vi-wvLm A' e^wtlx>-|'vW
- Fig, 57. —Diagramme entropique du Du Chayla. — Fig. 58. — Diagramme entropique du Descartes.
- quantité de chaleur est constante le long de cette courbe. A gauche, est la courbe de réchauffage de l’eau AA'. Le diagramme est complété par deux droites horizontales AD, A'N, représentant l’admission et l’évacuation à température constante.
- En ajoutant à l’aire du diagramme entropique ADNA', celle du rectangle A'Nda’ située au-dessous de lui jusqu’à la ligne du zéro absolu, on a la quantité de chaleur totale dépensée, dont la portion ADNA' est seule transformée
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- en travail. Le rapport de l’aire ADNA' à l’aire ADNA' = A'Nda' est l’utilisation thermique.
- Les deux figures 57 et 58 représentent les diagrammes entropiques totalisés des machines du Du Chayla et du Descartes placés dans le diagramme dé la machine parfaite qui dépenserait toute la vapeur des chaudières de ces deux bâtiments. Le rapport des aires des diagrammes des machines aux aires des dia-
- Fig. 59. — Comparaison des diagrammes entropiques et dynamiques.
- grammes de la machine parfaite est le rendement spécifique, le même qui est donné sous un autre aspect par les deux figures 53 et 54.
- Comme le diagramme entropique et le diagramme dynamique se déduisent l’un de l’autre, ni l’un ni l’autre des deux ne peut rien renfermer qui ne se trouve dans l’autre. Par suite, quand on n’est pas familiarisé par une certaine pratique avec la lecture de ces figures, on peut se demander quel grand intérêt il y a, au fond, à substituer le diagramme entropique au diagramme dynamique.
- La réponse à cette question est donnée en partie parla figure 59, sur laquelle on a séparé les deux diagrammes en parties qui se correspondent les unes aux autres. La différence dans la manière dont les ordonnées varient dans le haut et le bas de chaque diagramme, pour les mêmes états de la vapeur, est frappante. L’échelle des ordonnées, beaucoup plus grande sur le diagramme entropique que sur le diagramme dynamique, pour toute la région des basses pressions et des
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- basses températures, permettra de mieux étudier qu’on ne l’a fait jusqu’ici les pertes de travail pendant la période d’évacuation.
- Il est probable que le principal résultat pratique à attendre de l’emploi du nouveau diagramme portera donc surtout sur le rendement pendant l’évacuation; mais il y aura d’autres avantages, dus à la différence même des formes et à la simplicité de la courbe de détente rectiligne. Une simple inclinaison de la droite de détente adiabatique, par exemple, fait savoir que le titre de la vapeur varie, et dans quel sens. Or il faudrait avoir singulièrement pratiqué l’analyse des
- Fig. 60. — Diagramme des pertes de travail.
- diagrammes et leur passage d’une forme à l’autre, pour arriver à distinguer les changements de titre de vapeur sur la courbe de détente p v.
- Quoi qu’il en soit des services futurs à attendre du diagramme T^le perfectionnement passé des machines marines a été obtenu avec le diagramme p v, et il nous faut revenir à ce diagramme pour exposer ce perfectionnement et analyser les moyens employés et les résultats réalisés.
- La supériorité économique de la machine marine est due à l’adoption et à l’extension de la détente multiple, double d’abord, puis triple et quadruple, alors qu’à terre, pour les machines fixes et autres, la détente double, introduite par Woolf, avait été vite abandonnée.
- Les avan tages principaux de la détente multiple sont la diminution de l’espace mort à l’admission et la diminution de la condensation intérieure dans les cylindres.
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- Les espaces morts jouent un rôle important dans le fonctionnement des machines à tiroir. Leur volume est de 10 à 20 p. 100, soit 15 p. 100 en moyenne, du volume utile du cylindre. La vapeur de l’espace mort est très mal utilisée. Elle perd tout le travail de la période d’admission, puisqu’on entrant elle ne pousse pas le piston; elle fait même perdre quelque chose sur le travail pendant la détente, puisque, en occupant une portion du volume du cylindre, elle
- k—lio-
- Fig. 61. — Diagramme totalisé.
- rend la détente plus incomplète. Ces deux pertes de travail sont indiquées par des hachures sur la figure 60; la seconde est généralement négligeable en présence de la première.
- Sur la figure 60, le diagramme p v, est divisé de manière à permettre de suivre le travail distinct des différentes couches de vapeur introduites successivement. On y voit très bien la perte du travail due à l’espace mort. On voit aussi comment cette perte peut être atténuée par la compression, à l’aide de laquelle on remplit d’avance tout ou partie de l’espace mort, avant l’ouverture à l’admission.
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- Considérons maintenant le diagramme totalisé d’une machine à détente multiple tracé comme il a été dit plus haut, avec une même échelle pour les volumes de tous les cylindres, espaces morts compris. Si le volume du cylindre BP est 11 fois plus grand que celui du cylindre HP, l’espace mort, à l’admission dans la machine, est 11 fois plus faible que si l’on admettait directement dans le cylindre BP. De plus, la succession des espaces morts des différents cylindres
- Fig. 62. — Diagramme avec vapeur admise directement au cylindre de basse pression.
- forme comme une courbe naturelle de compression, de l’unique vapeur de l’espace mort du cylindre BP.
- Si nous traçons, sur la figure 62, le diagramme p v, représentant le travail que l’on obtiendrait avec la même dépense de vapeur en introduisant directement dans le cylindre BP, avec un espace mort de 11 p. 100 seulement, on voit que la perte est énorme. Cette perte contient la totalité du travail du cylindre HP et plus de la moitié de celui du premier cylindre MP, en somme environ la moitié du travail total.
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- Sur les machines fixes, l’emploi des distributions de vapeur à soupapes permet de réduire l’espace mort à peu de chose, presque au vide laissé entre le piston et les fonds de cylindre ; mais cette distribution n’est applicable ni aux machines très manœuvrantes, ni aux machines très rapides. L’emploi de la compression reste donc le seul remède contre les pertes dues à l’espace mort sur les machines marines.
- Si, avec l’admission directe, on voulait réduire l’espace mort dans la même proportion, sur un cylindre admettant directement, qu’elle l'est dans la machine à détente multiple de la figure 61, il faudrait remplir environ les sept huitièmes de volume de ce cylindre unique ; de vapeur absolument inerte, alternativement détendue et comprimée sans faire de travail. Le volume du cylindre unique atteindrait ainsi le volume, absolument inacceptable, de huit fois environ le volume du cylindre BP de la machine à détente multiple.
- Ainsi, sous ce rapport, l’emploi de la détente multiple permet de diminuer beaucoup le volume total des cylindres d’une machine, bien loin de l’augmenter comme on est tenté de le croire. 11 a ainsi rendu pratique la réalisation des longues détentes sur les machines marines.
- Le second avantage de la détente multiple consiste dans la diminution des condensations intérieures.
- Le phénomène des condensations intérieures, étudié en 1850 par Reech, qui lui donna le nom très significatif de refroidissement au condenseur, s’accomplit de la manière suivante :
- 1° Condensation partielle, pendant l’admission sur les parois du cylindre beaucoup plus froides que la vapeur introduite.
- 2° Réévaporation graduée et partielle pendant la détente, la paroi du cylindre humide ne devant pas dépasser 1a. température maximum qui correspond, à chaque instant, à la pression de la vapeur saturée.
- 3° Réévaporation violente au début de l’évacuation au condenseur, la pression subissant en général une chute brusque, par suite de la détente incomplète.
- La paroi continue à s’assécher, ou à peu près, pendant l’évacuation, en se refroidissant tout à fait comme si elle était en contact direct, par conductibilité avec le condenseur.
- 4° Commencement de condensation pendant la compression. La compression, en humectant ainsi d’avance la paroi froide, favorise la condensation pendant l’admission qui suit.
- Le résultat du refroidissement au condenseur est de faire traverser le cylindre par une certaine quantité de vapeur qui ne produit aucun travail. L’importance de la perte croît, avec la chute de température entre l’admission et l’évacuation, plus vite que proportionnellement à cette chute. En répartissant également la
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- chute de température totale entre trois ou quatre cylindres, on divise donc, par plus de trois ou de quatre, la perte qui se reproduit d’ailleurs, à peu près uniformément d’un cylindre à l’autre, toujours sur la même quantité de vapeur.
- L’importance des pertes par refroidissement au condenseur, dans une machine supposée étanche, s’évalue en comparant le poids de vapeur sensible dans les cylindres, indiqué par les diagrammes, avec le poids d’eau total que la chaudière vaporise.
- Vers 1860, époque de mes premiers souvenirs de service, la perte de vapeur était de 10 kilog., c’est-à-dire de moitié, sur une dépense totale de 20 kilog. fournis par la chaudière, dont 10 kilog. seulement apparaissaient dans les cylindres. Cette perte a été constamment en diminuant et n’est plus guère aujourd’hui que de 1 kilog. sur les machines modérément économiques, qui consomment 6 kilog. de vapeur par cheval; elle doit être inférieure à 1 kilog. sur certaines machines très économiques, mais les mesures précises font défaut, pour évaluer les fractions de kilogramme.
- Dans l’ensemble, par la réduction des effets des espaces nuisibles et du refroidissement au condenseur, et d’autres améliorations de détail, y compris une amélioration légère du rendement des chaudières, les machines marines ont réalisé de très grands progrès sous le rapport de la consommation de charbon par cheval. Les anciennes machines du Napoléon avaient consommé environ 2 kil. de charbon par cheval; aussi la consommation de lks,7 observée sur YAlgésiras parut-elle si merveilleuse que l’on crut avoir atteint une limite naturelle, imposée par une loi physique à tous les moteurs mécaniques ou animés. On descendit à lk®,3, avec les premières machines à détente double de Dupuy de Lomé, en 1862, puis à 1 kilog. et à 0ke,8 par une simple élévation de pression avec augmentation de détente. L’emploi de la détente triple a conduit à 0k°,7 et à 0ks,6. On descend aujourd’hui à 0ks,4 sur les très bonnes machines de torpilleurs à l’allure économique; quelques machines de cargos à détente quadruple approchent du même résultat.
- La grande diminution du poids total du moteur d’une part, qui a atteint le rapport de 4 à 1 et parfois de 15 à 1 quand il s’agit des torpilleurs, et la grande réduction du poids de charbon brûlé par cheval, d’autre part, qui a atteint le rapport de 3 à 1 et même de 4 àl, sont toutle secret des progrès de la navigation à vapeur depuis quarante ans, soit comme vitesse, soit comme distance franchissable.
- Le progrès se poursuivra sans doute, mais beaucoup plus lentement. Quand l’utilisation thermique est de 0,3 et l’utilisation spécifique de 0,7, donnant comme utilisation absolue
- 0,3 X 0,7 = 0,21,
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- il n’est plus possible de quadrupler ou de quintupler l’utilisation comme on l’a fait dans le passé; aucune révolution dans les machines thermiques ne le permettrait. Les avantages attachés à l’augmentation de la pression et à l’allongement de la détente deviennent faibles, pour les machines à pistons, comme on le peut voir sur la figure 52, et comme l’examen du diagramme entropique le montre plus clairement encore. Quand toutes les machines marines ne dépenseront plus que 0k£,4 de charbon, ou 3ks,5 environ de vapeur par cheval, un temps d’arrêt est même à prévoir. D’ici là, le progrès doit être surtout cherché dans les améliorations de détail portant sur l’utilisation spécifique, et, en particulier, dans la diminution des pertes par étranglement à l’évacuation au condenseur, qui sont beaucoup trop fortes.
- Sous le rapport de l’allégement, les progrès des machines sont surtout subordonnés à ceux de la métallurgie, à ceux de la fabrication, comme ajustage et montage, enfin à une connaissance plus parfaite du fonctionnement des hélices, qui permettrait d’accepter des rotations plus rapides.
- Si cet exposé rapide des solutions apportées à toute une série de problèmes ardus laisse l’impression qu’un long et patient travail a été accompli et se poursuit sans trêve, le but principal de ma communication a été atteint.
- Les ingénieurs, qui ont été attaqués injustement, ne ménagent pas leurs peines; ils méritent cependant un reproche, au point de vue de la marche continue des travaux, celui de quitter trop souvent la Marine, au moment où leur expérience acquise rendrait leur présence plus nécessaire. Le service des machines est, de tous, le plus exposé à se trouver désorganisé temporairement. D’aucuns jugent que, pour rester avec nous, il faut joindre le vœu d’hmilité à celui de pauvreté, et l’état monastique n’est pas à l’ordre du jour. Mais nous avons aussi des fidèles qui ont su résister à toutes les tentations, et qui méritent les éloges d’une Société d'Encouragement.
- On ne peut pas, du moins, nous accuser de gaspiller le budget en frais généraux. Le service d’étude des machines, aux mains d’un ingénieur unique, au ministère, coûte en tout 17 600 francs par an, solde des dessinateurs comprise. L’Amirauté anglaise a, pour le travail correspondant, 244500 francs inscrits au budget de 1898-99. J’espère que l’on voudra bien ne nous attribuer que pour 17 600 francs de responsabilité; mais il ne serait pas évidemment équitable de réduire dans la même proportion le mérite de ceux qui travaillent à si bon compte.
- Je me hâte de dire qu’une grande partie des études se fait à l’usine d’Indret, le seul établissement où les officiers du Génie maritime apprennent à fond et pratiquent le métier de constructeurs de machines. Mais j’ajoute aussi que cette usine indispensable ne coûte rien à la Marine, en ce sens que sa production en machines paie exactement pour son budget, d’après le cours des marchés; elle
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- est organisée d’ailleurs assez industriellement et limite assez bien les frais généraux, pour que les établissements privés puissent l’accepter comme rivale, et se contenter de travailler au même prix.
- C’est assez parler de nous, d’autant plus que notre tâche est singulièrement facilitée par le concours que nous trouvons au dehors. La réussite constante de nos machines est due, pour une grande part, aux industriels à qui la construction en est confiée. Parmi toutes les machines livrées, on en citerait difficilement qui aient eu peine à subir les essais que la Marine aime à multiplier; les seules avaries, en cours de recette, portent sur des appareils auxiliaires ou des mécanismes accessoires; plus tard, les responsabilités ne peuvent plus être établies. Je vous ai dit un mot déjà de nos métallurgistes, qui ont à l’étranger peu de rivaux et pas de supérieurs pour la qualité de leurs produits. Quelques indications générales sur l’état de l’industrie française des machines marines sont indispensables pour terminer; l’heure avancée oblige à les abréger.
- Cinq grands ateliers, en dehors de celui d’Indret, sont consacrés à l’usinage des machines marines. Celui du Creusot est dirigé par M. Toussaint. La Compagnie des Forges et Chantiers de la Méditerranée a un atelier à Marseille, dirigé par M. Madamet, dont les ouvrages sont connus de la Société d’Encouragemeut, et un atelier au Havre, dirigé parM. Sigaudy; M. Widmann, directeur général de la Compagnie, est lui-même un spécialiste en machines marines. La Compagnie des Chantiers et Ateliers de la Loire a son atelier de Saint-Denis, dirigé par M. Boulogne, qui nous ramène ici à l’industrie parisienne; elle a, de plus, à Nantes, un atelier dirigé par M. Ferré.
- Les grandes compagnies de navigation, les Messageries maritimes avec M. Risbec à la Ciotat, les Transatlantiques, avec MM. Macquin à Saint-Nazaire et M. Daymard à Paris, la Compagnie Fraissinet à Marseille avec M. d’Allest, sont outillées pour se suffire à elles-mêmes et pour prêter au besoin leur concours à l’Etat.
- L’atelier de M. Normand au Havre mérite un rang à part, avec une mention toute spéciale pour la perfection des machines do ses excellents torpilleurs.
- Je . commets sans doute bien des oublis, parmi des établissements dignes d’être cités, comme celui de MM. Labrosse" et Fouché. Cette revue rapide aura du moins suffi pour vous rappeler quelques noms d’ingénieurs universellement réputés et pour vous montrer que l’industrie des machines marines occupe, en France, des milliers d’ouvriers de la classe la plus élevée comme intelligence et comme habileté manuelle.
- Ce qui fait le plus défaut, ce sont les commandes abondantes, continues, régulières, assurant le travail des ouvriers, enhardissant les industriels, permettant d’améliorer et de renouveler sans cesse un outillage très coûteux. La hausse de la main-d’œuvre, dont on ne peut que se féliciter au point de vue social,
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- exige, pour la lutte contre la concurrence étrangère, le recours à un outillage qui diminue le nombre de bras, et ramène au même prix de revient final. Certaines usines américaines pour la construction des locomotives sont, à cet égard, des modèles à étudier. Mais ce n’est pas le prix de revient des machines qui place nos constructeurs dans des conditions difficiles vis-à-vis des concurrents : d’Angleterre et d’Allemagne, le prix des coques elles-mêmes aurait, comme on sait, besoin de descendre quelque peu, pour amener l’afflux de commandes à souhaiter.
- Pour le moment, nous pouvons du moins nous recommander de la perfection de nos produits, en tâchant de la faire reconnaître et apprécier. Cette perfection est réelle et peut s’expliquer par la grande part faite chez nous à la marine de guerre; elle peut, quelle que soit d’ailleurs sa cause, couvrir des différences de prix même considérables. Le poids total prend tant d’importance en marine, la légèreté a tant de prix, que 100 tonnes gagnées sur le poids d’une machine ajoutent plus de 500 000 francs à la valeur commerciale du navire qui la porte.
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- ANALYSÉ DE DIFFÉRENTES HUILES DE POISSON, DE CÉTACÉ, ETC.,
- par W. Fahrion (1).
- Les huiles végétales et animales sont fréquemment additionnées d’huiles de poisson, et on ne parvient à reconnaître ces mélanges qu’en déterminant les 'constantes des échantillons examinés. M. W. Fahrion a donné ces constantes pour un certain nombre d’huiles de poisson, de cétacé, etc., et les résultats obtenus seront d’une grande utilité pour les chimistes ayant à rechercher ces huiles.
- La méthode d’analyse employée par W. M. Fahrion est la suivante : 2 à 3 grammes de l’huile sont saponifiés avec de la potasse alcoolique; l’alcool est évaporé et le savon dissous dans l’eau chaude. La solution froide est décomposée dans un entonnoir à robinet avec de l’acide chlorhydrique dilué, bien agitée avec 30 ou 40 centimètres cubes d’essence de pétrole complètement volatile à 75°G. et laissée en repos pendant une nuit. On sépare la couche inférieure, puis on recueille la solution dans l’essence de pétrole ; on lave les oxacides gras avec une nouvelle quantité d’essence de pétrole, et les solutions réunies sont évaporées au bain-marie. On obtient ainsi le total A des acides gras et de la matière invaporifiable; on les dissout dans l’alcool et on neutralise avec une solution aqueuse de potasse demi-normale, le nombre de milligrammes exigé par 1 gramme de la substance donnant l’indice de saponification interne. Cette dissolution neutre est agitée avec de l’essence de pétrole et, par évaporation, on a la matière insa-ponifiable B. Les acides gras sont donnés par la différence A—B, et leur poids moléculaire est calculé d’après la quantité d’alcali employée pour le titrage. Les oxacides gras, restés dans l’entonnoir à robinet, sont dissous dans de l’alcool chaud, la solution évaporée à sec, le résidu pesé, puis incinéré, et, les cendres étant déduites, la différence C fut comptée comme oxacides, ou, comme l’a proposé Lewkowitsch, comme acides, gras oxydés. La somme des acides gras, de la matière insaponifiable et des oxacides A X C, donne le nombre de Hehner.
- (1) Chem. Zeit., 1899, 23 [16], 161-163, et The Journal of the Society of Chemical Industry, 1899, p. 406.
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- Les résultats obtenus sont contenus dans le tableau suivant :
- HUILES. COULEUR. INDICE d’iode. INDICE d’acide. INDICE de saponification INTERNE. NOM B R E DE HENNER. ACIDES GRAS OXYDÉS. MATIÈRE INSAPONIFIABLE. ACIDES GRAS. POIDS HOLÉCUUIRK des ACIDES GRAS.
- Degrés. Degrés. Degrés. P. 400. P. 100. P.100. P. 100.
- Huile de foie de morue médici-
- nale Jaune clair.. . . 166,2 1,8 181,9 96,49 0,23 0,78 95,48 294,1
- Huile de foie de morue jaune
- pâle Jaune — . . . 162,4 23,5 180,0 96,52 0,61 1,30 94,61 294,4
- Huile de foie de morue brune
- (1896' Brune 140,6 30,9 174,2 95,46 1,29 1,50 92,67 298,2
- Huile de foie de morue brune
- (1897) — 159,8 130,9 174,2 97,05 1,49 1,91 93,65 301,0
- Huile de sardine Jaune 191,7 19,2 185,2 95,60 0,61 0,48 94,51 285,7
- — — Rouge 167,9 21,7 177,2 96,55 1,35 1,01 94,19 297,7
- — — Jaune rougeâtre. 160,9 4,6 179,5 97,08 0,94 0,63 75,51 299,5
- — d’épinoche Jaune 162,0 21,6 181,5 95,78 0,62 1,73 93,43 287,6
- — de hareng — brun (trouble). 123,5 44,6 178,5 95,64 1,59 0,99 93,06 291,9
- — de poisson du Japon. . — clair. . . . 164,0 10,8 185,8 95,52 1,16 0,52 93,84 282,8
- — — — . . — brun. . . . 157,6 34,2 189,1 96,58 0,75 0,67 95,16 281,7
- — — — . . — clair. . . . 135,7 12,3 181,4 97,04 0,41 0,82 95,81 295,7
- — — - — . . — rougeâtre.. 108,5 34,5 180,0 96,82 0,62 0,86 95,34 296,6
- — — — . . Jaune 100,1 28,2 183,8 96,51 0,49 0,79 95,23 290,2
- — de requin — clair. . . . 138,6 8,2 175,1 97,26 0,18 1,68 95,40 305,1
- — de thon Brune foncée . . 155,9 34,6 177,0 95,79 3,11 1,00 91,68 290,0
- — d’Islande Rouge 160,8 46,4 181,0 95,84 0,63 1,68 93,53 289,4
- — de Terre-Neuve Jaune clair. . . . 149,0 1,4 195,9 96,83 0,29 0,29 96,25 285,3
- — de phoque — rougeâtre.. 146,2 43,1 184,4 95,96 0,75 0,79 94,42 286,7
- — de baleine — — 116,2 49,5 184,9 96,70 0,57 0,69 95,44 289,4
- — — — clair. . . . 106,1 4,2 177,3 95,19 1,44 0,70 93,05 293,9
- — rougeâtre.. 105,8 51,4 176,7 96,49 0,39 1,77 94,33 298,9
- (A. L.)
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- machine d’extraction de Tamarak.
- Cette remarquable machine, construite pour la Compagnie des mines de cuivre de Tamarak, au Lac Supérieur, a été établie par les ateliers Nordberg, à Chicago, pour monter d’une profondeur de 1 800 mètres, et à la vitesse de 2 mètres par seconde, des charges de 19 tonnes, dont 10 pour les 1 800 mètres de câble en acier de 38 milli-
- Fig. 1. — Machine d’extraction de Tamarak. Vue de côté.
- mètres de diamètre, 1^9 pour la cage, ll,8 pour les deux wagonnets, et 5l,3 pour le minerai.
- 'La machine est (fig. 1 et 2) à quatre cylindres enveloppés, de 860 xlm,52, disposés par paires, inclinés à 45° et attaquant l’arbre du tambour par deux manivelles décalées de 135°. Les portées de l’arbre ont 610X lm,07 et les boutons de manivelles 300 X 380. Poids total de la machine 544 tonnes.
- (1) American Machinist, 7 et 21 septembre 1899.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- OCTOBRE 1809.
- Le tambour tronconique (fîg. 4) de 7m,62 de diamètre en b et de 4m,77 en d (fig. 5),
- longueur 7m,46, pèse, avec son arbre, 136 tonnes. Ce tambour repose aux extrémités sur deux gros tourteaux B (fîg. 7), reliés par des boulons A, qui les empêchent de se
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- MACHINE D’EXTRACTION DE TAMARAK.
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- pencher comme en xxx (fig. 6), et ses armatures diagonales empêchent l’arbre de se fausser comme en d (fig. 7) de sorte que ce tambour renforce l’arbre au lieu de l’affaiblir. Quand le câble descendant est (fig. 5) en dl au bas de sa course, le câble mon-
- Fig. 4. — Machine de Tamarak. Détail du tambour
- Fig. 5. — Machine de Tamarak Profil du tambour.
- Fig. 6 et 7. — Machine de Tamarak Armature du tambour.
- tant, au haut de course, est enroulé sur a b, de sorle que ces câbles sont à peu près équilibrés.
- L’arbre A commande les excentriques J J (fig. 8) de la distribution Gorliss par les renvois (B G D E F) (B; C'D' E' F') G et le train H Ht H2 H3, monté sur un parallélo-
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- OCTOBRE 1899.
- gramme M. M, L, N, K. N. L. (fig. 9) qu’il suffit de faire pivoter de l’angle a pour décaler H2 et H3 par rapport à H de l’angle nécessaire à la mise en marche arrière ou avant. Ce décalage s’opère par un cylindre à vapeur O (fig. 8) avec servo-moteur hydraulique.
- Chaque cylindre porte une prise de vapeur composée chacune (fig 10) de trois sou-
- Engine
- Fig. 8. — Machine de Tamarak. Schéma du changement de marche.
- papes à double siège superposées et s’ouvrant successivement. Le diamètre de la plus grande de ces soupapes est de 210 millimètres, et leur multiplicité en assure l’étanchéité. Ces quatre prises de vapeur Dt (fig. 11) sont commandées, du levier b (fig. 2), par
- — x—-
- •*—x-,-
- -f<r-V
- Fig. 9. — Machine de Tamarak. Principe du changement de marche.
- un arbre A (fig. 11) avec contrepoids B, fermant les prises de vapeur, et cylindre à vapeur C, à’ cataracte à huile ci. Quand C soulève B, il entraîne F jusqu’à ce que H rencontre le piston I, puis F, pivotant sur G et secondé par le ressort E, soulève D et ouvre Dt ; mais si la résistance de D est trop grande, le ressort J, qui soutient I, cède, jusqu’à ce que les pressions soient sensiblement égales au-dessus et au-dessous de D. Pendant la fermeture, si la soupape résiste, G vient buter sur le taquet K, dont il est
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- MACHINE D’EXTRACTION DE TAMARAK.
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- séparé par un jeu de un millimètre environ, de sorte que B agit sur D avec toute sa force : en outre, le levier des prises de vapeur est relié au mécanisme de la distribution de manière à les ouvrir d’autant plus que la détente est plus prolongée. A cet effet, un même levier A F commande par B E G D (fig. 12) les prises de vapeur puis la détente et le changement de marche par H, en tournant G, ce que permet le joint sphérique E.
- Fig. 10. — Machine de Tamcirak. Détail d’une prise de vapeur. La figure de gauche indique les positions du levier correspondant à l’ouverture successive des trois soupapes : Lower, Middle et Pilot, de chaque prise de vapeur et à la fermeture de cette prise.
- Le tambour a, de chaque côté, un frein à mâchoires en bois et fonte A Al (fig. 13) retenues par les bielles B B,, et serrées par le renvoi E (FCD) (FtC, D), quand le cylindre à vapeur H, commandé par le levier a (fig. 2) laisse descendre le poids G; une bielle J, de même longueur que B, assure le parallélisme du serrage des mâchoires, dont les courses sont limitées par les butées K Kj K2 et K3. Ce frein empêche la machine de tourner sans vapeur, et supprime ainsi une cause d’accidents.
- L’arbre G (fig. 8) commande, de l’arbre d, (fig. 14) chacun par le pignon hélicoïdal indiqué en pointillé (fig. 15) et par l’arbre A, deux indicateurs de la position des cages,
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- OCTOBRE 1899.
- à quadrants de 3 mètres avec deux aiguilles, l’une B (fig. 15) faisait un tour par course complète des cages et l’autre t, actionnée rapidement par le train c. d. e. f. g. h. quand
- Platform
- Fig. 11 et 12. — Machine de Tamarak. Schéma de la prise de vapeur et Commande de la prise de vapeur et du renversement.
- Machine du Tamarak. Schéma du frein.
- Fig. 13.
- le taquet K dupignon hélicoïdal vient repousser le bras c, fou sur A. Ceci a lieu quand les cages se trouvent à 30 mètres environ des fonds de courses, et la corde l, dont le
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- _ MACHINE D EXTRACTION DE TAMARAK.
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- Fig. 14. — Machine de Tamarak. Détail de la plate-forme du mécanisme Throttle Cyl. Cylindre de prise de vapeur Brake and Reversing Cyl. Cylindre de frein et de changement de marche. Minca-ture Brive. Indicateur de la marche des cages Worm Whell. Pignon hélicoïdal.
- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Octobre 1899.
- 96
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- OCTOBRE 1899.
- contrepoids H (fig. 16) rappelle par j l’aiguille t, actionne un arrêta de sûreté qui empêche l’envolement aux molettes. A cet effet, le taquet r (fig. 16), indicateur de la première cage, vient heurter le déclic p, et lui fait lâcher le levier O, de sorte que le triangle M, suspendu en NNt et repoussé par le ressort K, vient de 1. 2. 4 en 6. 2. 5, fermant par FGD la prise de vapeur, serrant le frein par E, et faisant passer le levier de changement de marche de a? à xt. Quand le taquet indicateur de la seconde cage déclenche p, M prend la position 1. 7. 3, fermant de même D, serrant le frein, et rame-
- (O
- Fig. Io et 16. — Machine de Tamarak. Schéma d’un indicateur et de l’arrêt de sûreté.
- nant B. de xi à x. Enfin, pour éviter les faux départs des déclics très sensibles p et p, sous l’influence, par exemple, des trépidations, chacun d’eux porte un contre-cliquet s, qui immobilise p tant qu’il n’est pas lui-même déclenché au moment voulu par la came t de A.
- A 51 tours par minute, avec une pression moyenne effective de 2k,8, la puissance indiquée est de 2 250 chevaux, et celle effective sur le câble d’environ 2 200. On peut facilement faire varier la vitesse de 54 à un tour par minute.
- LES CHAUDIÈRES A TUBES D’EAU POUR LA MARINE, d’après M. J. T. Milton (1).
- Les chaudières ont toujours été installées plus largement dans la marine marchande que sur les navires de guerre, où les questions de poids et d’encombrement
- (1) Institution of doit Engineers, 7 mars 1899.
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- CHAUDIÈRES A TUBES d’eAU POUR LA MARINE.
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- dominent, et où l’on marche presque toujours à pleine puissance, de sorte que les machines et les chaudières y sont mieux employées aux points de vue de leur entretien et de l’économie du combustible que dans les circonstances si variables de la marine militaire. Là, on marche rarement à pleine puissance, et il faut, au point de vue de l’économie de combustible, s’efforcer de la réaliser surtout aux faibles puissances:
- On dépassera sans doute les pressions actuelles de 15 atmosphères, mais sans réaliser une économie comparable à celle obtenue par le passage des basses pressions anciennes à celles d’aujourd’hui, et ce, en supposant que les chaudières à très hautes pressions restent aussi économiques et faciles à conduire. Cette facilité de conduite à la mer est des plus importantes, et pas mal de types ont démenti en service courant les résultats obtenus à terre aux essais avec des chauffeurs bien dressés. Les chaudières doivent toutes résister facilement à leur pression normale, marcher économiquement, même avec de légères incrustations, ne pas souffrir des dilatations inégales de leurs différentes parties, pouvoir se visiter et se nettoyer facilement, dégager leur vapeur largement et sans primage. Il faut aussi tenir compte, plus ou moins suivant leur destination, de la rapidité de la rnise en feu et de la puissance de vaporisation par tonne ou par mètre d’encombrement.
- L’économie exige au foyer une combustion complète sans grand excès d’air et une surface de chauffe capable d’absorber presque toute la chaleur des gaz, ne leur laissant que la température indispensable au tirage. Pour réaliser une combustion complète, principalement après les chargements de combustibles frais, il faut que le foyer soit assez chaud et suffisamment alimenté d’air bien diffusé au-dessus de la grille pour brûler les gaz hydrocarburés et l’oxyde de carbone qui s’en dégage. En outre, pour réduire au minimum l’excès d’air nécessaire à une bonne combustion, il faut que l’épaisseur du charbon sur la grille soit uniforme et la meilleure pour l’allure du feu et la nature du combustible. Il faut aussi que le mélange des gaz avec l’air se fasse avant qu’ils ne soient trop refroidis pour brûler, ce qui explique qu’un excès d’air est parfois aussi nuisible qu’une insuffisance. Les gaz doivent être dirigés de façon à lécher uniformément toute l’étendue des surfaces de chauffe et à se brasser par des chicanes, déflecteurs, etc. Avec les chaudières à retour de flammes, la vitesse moyenne
- des gaz dans les tubes atteint souvent 8 mètres par seconde ; il leur faut — de se-
- 4
- conde pour traverser un tube de 2 mètres, et ils ne séjournent guère plus d’une seconde dans l’ensemble de la chaudière : il en est à peu près de même pour les Belleville; et ces durées sont bien moindres au vent forcé.
- La circulation joue un rôle très important dans les chaudières à tubes d’eau. Si, dans le dispositif fig. 1, on chauffe tous les tubes sauf a, l’eau descendra dans a et montera dans b, c, d, e, à peu près proportionnellement à la différence H-/«, représentative de celle des densités de l’eau en a et du mélange d’eau et de vapeur en b, c, d, Cette densité dépend, comme l’a montré M. Yarrow, du sens du courant dans chaque tube. Si, par exemple, il est descendant en b, la densité ira en diminuant du haut en bas du tube, où il se produira le plus de vapeur, et la densité moyenne de la colonne b sera à peu près celle en son milieu : il en sera de même pour le tube c, à circulation montante avec pleine admission d’eau dans le bas; mais, en d, qui reçoit au bas de l’eau et de la vapeur, la densité sera moindre et la circulation plus rapide. Si d recevait au bas un mélange d’eau et de vapeur de densité égale à celle de ce mélange au bas de b, la circulation y serait ascendante, même sans le chauffer; c’est ce qui explique
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- OCTOBRE 1899.
- l’augmentation parfois constatée de la circulation par le chauffage des tubes descendants. Néanmoins, ces tubes descendants, extérieurs à la chaudière et froids, sont des plus utiles avec les fortes vaporisations. En général, d’autre part, la circulation est la plus intense quand les tubes débouchent au niveau même de l’eau dans le réservoir supérieur ; elle diminue, et s’annule même, quand on les fait déboucher trop au-dessus. Des expériences ont été exécutées par Thornycroft avec deux petites chaudières identiques (fig. 2 et 3) sauf en ce que les petits tubes débouchent dans l’une au-dessus, et, dans l’autre, au-dessous de l’eau du dôme. Dans la première chaudière, toute l’eau devait redescendre par les gros tubes, et la pression, dans ses collecteurs, du bas, fut toujours deux ou trois fois plus faible que dans l’autre chaudière, et cette chute de pression augmentait considérablement quand on bouchait les gros tubes. M. Billetop fit ensuite des essais sur une chaudière Blechynden du type normal (fig. 4) à grille de 3m2,43 et à chauffe de 225m2, avec tubes de 23 millimètres, et en outre, en dehors de l’enveloppe, huit
- Fig. 1.
- Fig. 2 et 3. — Chaudières expérimentales Thornycroft.
- tubes de 32 et deux gros tubes descendants extérieurs de 127 millimètres, pouvant être fermés à volonté. On exécuta les essais avec alimentation par le dôme, par les collecteurs du bas, et sans alimentation pendant 3 ou 4 minutes. L’eau alimentée par le dôme arrive aux tubes descendants et aux collecteurs presque bouillante, de sorte que la vapeur se produit dès le bas des petits tubes, ce qui n'a pas lieu quand on alimente par les collecteurs, où la pression baisse moins. On a représenté ces chutes de pression sur le diagramme fig. 5; la différence entre les courbes n° 2 et n° 4 est due entièrement aux gros tubes descendants extérieurs.
- Dans toutes ces expériences, les tubes de verre D (fig. 4) ont indiqué un courant descendant pour les tubes extérieurs débouchant au-dessous du niveau de l’eau, et les verres C un courant, aussi toujours descendant, quand on supprimait les gros tubes extérieurs. Avec ces derniers tubes, il se produisait parfois en G des interversions; si l’on supprimait ces tubes et si l’on forçait un peu la chaudière avec alimentation par le haut et l’eau à son niveau habituel, on n’avait bientôt plus en B que de la vapeur, avec accumulation de vapeur dans le collecteur du bas. Cette expérience montre le danger de la suppression des gros tubes au point de vue de la surchauffe des tubes ;
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- cette surchauffe par absence d’eau momentanée dans les collecteurs peut aussi se produire avec les gros tubes, mais alors seulement par un forçage exagéré, principalement si l’on alimente par le bas, alimentation qui présente en outre, du moins avec ce type de chaudières Blechynden, l’avantage de diminuer le primage.
- 'mmmmmiiminmnirinimininnTwl
- Fig. 4. — Chaudière Blechynden.
- Les chaudières cylindriques à retour de flammes ont (fig. 6 et 7), dans la marine militaire, une grille et une chauffe relativement plus étendues que dans la marine marchande, où l’on emploie rarement le vent forcé, tandis qu’on l’emploie toujours sur
- Fig. 5. — Essais de M. Billetop. Les ordonnées représentent les chutes de pression aux collecteurs en pouces (25 m/m) d’eau, et les abscisses les vaporisations par pied carré de chauffe et par heure en livres. (Une livre par pied carré — 4k,88 par ni2.)
- les navires de guerre en pleine marche. La grille se termine par un autel ou pont, et l’on injecte souvent de l’air à l’avant au-dessus de la grille, principalement avec les houilles grasses. Il est facile d’obtenir avec ces chaudières, et en marche ordinaire, une combustion excellente. Les gaz de l’avant doivent parcourir toute la grille à angle droit de ceux qui viennent de l’arrière, ce qui en assure le brassage, qui s’achève par leur passage au-dessus du pont et dans la chambre de combustion. Leur combustion doit
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- Fig. 6. — Chaudière cylindrique, type écossais, pour la marine de guerre. Coupes BB et AA; demi-élévation et demi-coupe AA.
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- Fig- 7. — Chaudière cylindrique, type écossais, pour la marine marchande. Demi-coupe AA. Élévation. Coupe B B.
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- être complète avant leur entrée dans les tubes, où ils sont vite refroidis. Le plan d’eau est large et s’abaisse lentement, ce qui rend l’alimentation plus sûre, et le grand volume d’eau rend leur marche plus stable, moins sensible aux irrégularités du feu.
- Les chaudières à tubes d'eau peuvent se diviser en deux classes, suivant le diamètre de leurs tubes.
- Parmi les chaudières à gros tubes, celles les plus employées par l’amirauté anglaise sont les Belleville avec économiseur (fîg. 8) dont la construction est bien connue de
- Fig. 8. — Chaudière Belleville.
- nos lecteurs (1). Au-dessus des portes du foyer, se trouve un petit tube par lequel on injecte, sous une pression de 0\7, de l’air qui brûle et brasse les gaz du foyer. L’alimentation se fait par le haut, au travers de l’économiseur, et, en raison de la disposition des éléments en spirale, le tube supérieur de chaque section doit amener au dôme le mélange d’eau et de vapeur de tous les autres. Le dôme et la prise de vapeur sont pourvus de dispositifs spéciaux pour le séchage,de la vapeur; mais le meilleur moyen de l’obtenir est de marcher à une pression notablement plus élevée que celle de l’admission aux machines, maintenue invariable par un réducteur régulateur de pression. Les joints des collecteurs d’alimentation sont à cônes; avec viroles des tubes d’une conicité un peu moindre que celle des trous des boîtes et interposition d’une mince fourrure en cuivre, ce qui leur permet un petit jeu latéral sans fuite. La chambre
- (1) Bulletin de septembre 1899, p. 1370.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- de combustion complémentaire sous l’économiseur ne paraît guère utile qu’en marche forcée, car il faut que les gaz y arrivent assez chauds pour brûler. Dans ces chaudières, la conduite du feu est toujours assez difficile, et il est préférable de les disposer avec
- A &
- Fig. 9. — Chaudière Lagrafel d’Allest. Coupes B B et AA.
- Fig. 10» — Chaudière Niclausse.
- les tubes dans l’axe du navire pour éviter la formation de poches de vapeur par le
- roulis.
- Les chaudières Lagrafel et Dallest sont installées par paires avec une chambre de combustion commune (fig. 9). Les tubes, de 70 millimètres, sont écartés de 100 millimètres d’axe en axe et les rangées du bas sont du type Serve, à ailettes ; ils sont simplement mandrinés dans leurs tôles sans filetages ni tirants. La circulation se fait de
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- l’arrière à l’avant. Les rangées supérieure et inférieure des tubes sont pourvues de tuiles et les autres de déflecteurs obligeant les gaz à les parcourir horizontalement en sens contraire, ce qui donnerait, avec la chambre de combustion commune, une conduite du feu plus facile et plus économique.
- Les chaudières Niclausse (fig. 10), largement employées en France (1), sontactuel-
- Fig. 11. — Élément de chaudière Niclausse.
- lement construites en Angleterre par Willam et Robinson de Rugby et parHumphyrs-Tennantde Londres. Les têtes des tubes sont actuellement en acier fondu, avec diaphragmes rapportés, puis les trous des tubes percés au travers des boîtes et des dia-
- Fig. 12. — Chaudière Babcock-Willcox. Coupes B B et A A.
- phragmes. Les lanternes des tubes sont en acier d’une seule pièce avec les tubes, et sans soudure (2), et les tubes sont groupés par paires, en rangées parallèles inclinées de 6°. La combustion est, comme dans les Belleville, favorisée par l’emploi de jets d’air au-dessus du foyer. On peut accéder par l’avant à toute la chaudière, de sorte qu’on peut
- (1) Bulletin de février 1899, p. 169.
- (2) Revue de me'tatique, mars 1899, p. 294.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. — OCTOBRE 1899.
- les placer sans inconvénient dos à dos, mais dans l’axe du navire, pour que le roulis ne change pas l’inclinaison des tubes. Chaque tube peut se dilater indépendamment, mais il est difficile de vider complètement la chaudière.
- Les chaudières Babcock Willcox (1) sont fréquemment employées dans la marine marchande anglaise. Leurs éléments sont constitués (fig. 12) par des boîtes en acier ondulé recevant les tubes mandrinés et disposés en quinconces : ces boîtes débouchent à l’arrière dans le collecteur et dans l’eau du dôme et, à l’avant, dans de gros tubes aboutissant au dôme, les uns au-dessus, les autres au-dessous du niveau de l’eau. Le dôme est relié au collecteur par deux gros tubes de circulation descendante. Les boîtes sont percées, pour permettre le madrinage et la visite des tubes, de trous fermés par des bouchons à vis protégés par une capsule en acier (fig. 13 et 13a) et retenus par la pression même de la vapeur. L’alimentation arrive au bas par un épurateur, dont le haut communique avec la vapeur du dôme et dont la partie inférieure,
- Fig. 13 fl.
- Fig. 13.
- divisée par des cloisons, est reliée au collecteur par deux tubes descendants de ses extrémités. L’eau tombe du haut de l’épurateur au travers de sa vapeur, y dépose la majorité de ses impuretés et s’y dépouille de son air. Le foyer est enveloppé de briques et les gaz sont convenablement dirigés sur les tubes et brassés par des déflecteurs qui rendent inutile l’emploi des réehauffeurs disposés autrefois sur ces chaudières. Leurs éléments se prêtent facilement à la construction de chaudières de toutes largeurs, ce qui permet, dans les installations importantes, de remplacer de nombreux appareils par quelques grandes chaudières et d’en simplifier l’ensemble et la conduite pour l’alimentation notamment.
- Les chaudières Yarrow sont (fig. 14) à petits tubes droits mandrinés, puis évasés (fig. 14 et 14a), presque toujours sans tubes descendants extérieurs. Les grandes chaudières ont trois portes de foyers, avec grille divisée en deux parties par un troisième bouilleur relié au dôme par des tubes verticaux.
- Les tubes de la chaudière Fleeming Fergusson (fig. 15) sont recourbés, de 63 millimètres de diamètre, et faciles à remplacer : à l’arrière, se trouvent deux gros tubes des-
- (1) Bulletin d'avril 1891, p. 160.
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- cendants. La chaudière représentée parla figure 15 fonctionne avec succès depuis 1894 sur Y Aberdeen, du gouvernement canadien.
- La~chaudière Reed (fig. 16) est fréquemment employée sur les contre-torpilleurs
- Fig. 15. — Chaudière Fleming Fergusson. Coupes AA, B B, C C.
- anglais. Les tubes très tourmentés sont fixés par un joint fileté à rotule sphérique, leur laissant une certaine liberté et en permettant le remplacement (1). Les gaz du foyer montent directement aux tubes avec une chambre de combustion réduite, ce qui rend la conduite du feu plus difficile.
- (1) Revue de mécanique, avril 1897, p. 368.
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- Les tubes également courbés des chaudières Normand (fig. 17) sont mandrinés et débouchent presque tous dans beau du dôme relié aux bouilleurs par quatre gros tubes descendants. Les tubes extérieurs sur toute la longueur de la chaudière, et
- Fig. 16. — Chaudière Reed. Coupes A A et B B.
- U H
- Fig, 17. — Chaudière Normand. Coupes CC, B B, AA.
- ceux des deux rangées au-dessus du foyer sur la moitié de cette longueur sont très rapprochés de manière à constituer des murailles d’eau dirigeant les gaz du foyer dans les sortes de cheminées ainsi formées entre elles. La chaudière Normand-Segaudy est constituée par deux chaudiôies Normand disposées dos à dos, avec le dôme et les bouilleurs communs, et des foyers indépendants avec les boites à fumée entre les deux groupes de tubes ou aux extrémités.
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- Les chaudières Thornycroft sont de deux types : celles du type Speedy (fig. 18) avec une seule grille et tubes très tourmentés débouchant au-dessus de l’eau du dôme, mandrinés, dont les extérieurs font muraille d’eau, ainsi que ceux du foyer, excepté au bas, qui constituent'ainsi la chambre de combustion. Le type Daring (fig. 19) est à
- Fig. 18. —Chaudière Thornycroft, type Speedy. Coupes AA et B B.
- Fig. 19. — Chaudière Thornycroft, type Daring.
- deux grilles, avec bouilleur central plus gros que les deux autres, et relié au dôme par deux espèces de tubes : les médians-verticaux, presque droits et plus gros, servant de tubes descendants et de parois de la boîte à fumée. Les tubes près du foyer forment muraille, excepté au bas, par où une partie des gaz du foyer pénètrent entre eux et les tubes droits, de sorte que le haut des tubes est moins bien chauffé que le bas. Les
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- OCTOBRE 1899.
- petits bouilleurs sont reliés au gros par des tubes extérieurs horizontaux tous les tubes, sauf les médians, sont à circulation ascendante.
- La chaudière Blechynden (fig. 4), analogue aux Yarrow, a la tôle supérieure du dômé
- iNiiimniilimiMiu
- Fig. 20. — Chaudière Munford. Coupes B B et AA.
- Fig. 21. — Chaudière Haylhorn. Coupes B B et A A.
- percée de deux rangées de trous avec bouchons par où l’on peut retirer les tubes légèrement courbés : on peut ainsi retirer par chaque trou 150 à 200 tubes sans déranger les autres. Les tubes extérieurs recourbés forment muraille d’eau.
- La chaudière Munford (fig. 20) a ses deux bouilleurs reliés au dôme par des tubes recourbés groupés en éléments ou sections à chambres séparées, avec couvercle,
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- CHAUDIÈRES A TUBES D EAU POUR LA MARINE,
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- facile à démonter pour la visite des tubes. Les gaz du foyer passent directement entre les tubes.
- Les tubes de la chaudière Haythorn, courbés comme l’indique la figure 21, sont groupés en éléments formés chacun de 14 tubes montés sur deux collecteurs, l’un horizontal, l’autre vertical; tous les collecteurs horizontaux sont reliés au tube d’alimentation et les verticaux aboutissent séparément au dôme. Les tubes sont reliés aux collecteurs par des viroles’àpas différentiels (fig. 22). La majorité des tubes a 50 millimètres de diamètre ; mais, dans chaque élément, il y en a six de 80 millimètres, réduits à 50 millimètres aux extrémités pour l’assemblage avec les collecteurs, et formant murailles pour diriger les gaz suivant les flèches. Dane cette chaudière, la conduite du feu est assez délicate.
- Dans toutes les chaudières à tubes d’eau, le faible volume de cette eau rend l’ali-
- Fig. 22. — Serrage des tubes Haythorn.
- mentation difficile : il la faut continue et régulière : on y est arrivé, notamment avec les Belleville,les Thornycroft et les Blechynden,par l’emploi d’appareils automatiques à flotteurs plus ou moins chargés de manière à pouvoir faire varier le niveau normal avec l’intensité de la vaporisation.
- Pour que la chaudière puisse durer, il faut que la circulation soit assez vive et sûre pour éviter les coups de feu : il faut employer de l’eau douce et pure, sans graisse des machines. L’acier se corrode en général plus facilement que le fer. Les tubes des chaudières à tubes d’eau doivent être sans soudure, galvanisés extérieurement : épais-
- paraît promptement et provoque parfois une accumulation dangereuse d’hydrogène, dans les chaudières. La durée des tubes dépendant de leur épaisseur, on peut remplacer le zingage par une surépaisseur équivalente, et comme, dans les coudes, l’épaisseur diminue sur la partie externe, il faut tenir compte de ce fait avec les tubes fortement courbés et les faire plus épais que les droits. En outre, les tubes droits sont plus faciles à visiter et à inspecter à l’intérieur, de sorte que l’on peut être averti de leurs avaries.
- Aucune de ces chaudières à tubes d’eau ne présente d’ailleurs des avantages suffisants pour les faire préférer aux chaudières cylindriques dans la marine marchande-
- G. R.
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- PROCÈS-VERBAUX
- Séance du %1 juillet 1899.
- Présidence de M. Linder, vice-président.
- Correspondance. — M. Collignon, secrétaire, dépouille la correspondance.
- Sont déposés les plis cachetés suivants : de MM. A. Cor et sur une transmission de mouvement pour instruments de mesure ; G. Rosset, sur un nouveau dépolarisant pour piles ; L. Georgeot, sous le titre Pli n° 1 ; Secrétan et Vinson-neau, sur un appareil à miroirs pour la vérification des faisceaux tubulaires des chaudières multitubulaires.
- M. Izard, 66, rue Jaine, Marseille, demande le concours de la Société pour un moteur à vapeur. (Arts mécaniques.)
- M. Guimet demande que la Société se fasse représenter dans la Commission d’organisation du Musée rétrospectif de chimie. (Arts chimiques.)
- M. Endrigkeith, 50, rue Petit, demande une annuité de brevet pour un nouvel emploi des fourrures. (Arts économiques.)
- Correspondance imprimée. — M. Collignon présente au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages mentionnés à la page 1135 du Bulletin de juillet.
- Rapports des comités. — M. Daubrée, au nom de la Commission des fonds et M. Simon, au nom des censeurs, lisent leurs rapports sur l’exercice 1898.
- M. Huet, au nom du Comité des Constructions et Beaux-Arts, lit son rapport sur les prismes Lux fer.
- M. Livache, au nom du Comité des Arts chimiques, lit son rapport sur le dessiccateur Bonnard et Boulet.
- Ces rapports sont approuvés pour être insérés au Bulletin.
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- LIVRES ET OUVRAGES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE
- EN AOUT, SEPTEMBRE ET OCTOBRE 1899
- Du Ministère du Commerce. Description des machines et procédés (Brevets d'invention). Vol. 92, lre et 2e parties. Brevets de 1894. Chemins de fer et tramways. Marine. Navigation. Machines à vapeur et diverses. Chaudières. Machines-outils. Appareils de levage. Machines à coudre. Machines pour la chaussure. 2 vol. Imprimerie Nationale.
- Institution of Naval Architects, London, Transactions. Vol. 41, in-8°, 388 p., 69 pl.
- The Minerai Industry, année 1898, édité par M. R. P. Rothwell. In-8°, 926 p. New-York. Scientific Publishing C°.
- Le Tissage mécanique. Aide-mémoire, par MM. Schlumberger et Dupont (2e éd.). In-18, 228 p., 73 fig. Paris, Béranger.
- La Filature du coton. Aide-mémoire, par M. Dupont (2e éd.). In-18, 204 p. Paris, Béranger.
- De la Direction générale des Douanes. Tableau général du commerce et de la navigation pour 1898. Ier vol. Commerce de la France avec ses colonies et les puissances étrangères, In-4°, 792 p. Imprimerie Nationale.
- Royal Society of New South Wales. Proceedings, année 1898. vol. XXXII, in-8°, 268-cxxxi p. Publiés par la Société. 5, Elizabeth Street, Sydney.
- La Télégraphie sans fils, parM. A. Broca. In-18, 200 p. De la collection des Actualités scientifiques. Paris, Gauthier-Villars.
- Du Ministère des Travaux publics. Recueil des Lois, Ordonnances, Décrets concernant les services du Ministère des Travaux publics. lre série, vol. VI, années 1848-1851. In-8°, 700 p. Paris, imprimerie Jousset.
- Société havraise d’études diverses. Recueil des publications, 1898. In-8°, 690 p. et 1er trimestre 1899. Le Havre, imprimerie Micaux.
- Distribution d’eau, par M. Daviès. In-8°, S66 p., 379 fig. Paris, Dunod.
- Machines à, vapeur et machines thermiques diverses, par M. J. Dejust. In-8°, 600 p., 406 fig. Paris, Dunod.
- Notes et formules de l’ingénieur de Cl. de Laharpe, par Ch. Milandre. In-8°, 1 478 p., 739 fig. Paris, Bernard.
- Tome IV. — 98e année. 5e série. —
- Octobre 1899.
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- OUVRAGES REÇUS.
- OCTOBRE 1899.
- Enquête sur les conditions de l’habitation en France, par A. de Foville. In-8°, 225 p., fig. Paris, E. Leroux.
- Machines marines, par L.-E. Bertin. In-8°. 725 p., 398 fig. Paris, E. Bernard.
- Analyses électrolytiques, par Ad. Minet. In-8° (Encyclopédie Leaatc. 176 p., 11 fig. Paris, Gauthier-Villars.
- Traité pratique de la voirie urbaine, par M. Eug. Guillaume. Tn-8°, 5e édition revue par M. G. Baur , 479 p. Paris, P. Dupont.
- Le Café, parM. H. Lecomte. In-8°. 342 p., 59 fig. Paris, G. Carré.
- Record (the) of the Royal Society of London. In-8°, 224 p. 1494 et 1495. London, Harrison.
- Cours de Physique de J. Jamin, 2e supplément, par M. Bouty. 213 p., 41 fig., 2 pl, Paris, Gauthier-Villars.
- Les Associations professionnelles ouvrières. Ministère du Commerce et de l’Industrie. Office du Travail. In-8°, 906 p. Paris, Imprimerie Nationale.
- Les Sources bibliographiques des Sciences chimiques, par J. Garçon. Iu-8°, 27 p. Paris, Société bibliographique.
- Rapport sur le service des champs d’expérience et de démonstration, par
- L. Magnien, 7 p. Dijon, imprimerie Sirodot-Carré.
- Comment on défend son bétail, 'par M. G. Fabius de Champville. In-8°, 31 p. Paris, Société scientifique d’édition.
- Congrès international pour l’examen des meilleures conditions d’hygiène et de production dans les manufactures textiles, 2e vol., in-8°, 137 p., Rouen, imprimerie L. Wolf.
- L’Industrie des Ciments dans le Boulonnais, par M. R. Féret. In-8°, 42 p. Boulogne-sur-Mer, Société typographique A. Baret..
- Effets et conséquences du régime protectionniste, par H. Pendoie. Iu-8°, 100 p. Paris, imprimerie Hugonis.
- Les Compagnies de commerce et de colonisation, par M. Émile Garuault. In-8°, 8p. Paris, imprimerie Levé.
- Deuxième excursion électrique en Suisse, par les élèves de l’École supérieure d’Électricité. In-8°, 38 p. Paris, Gauthier-Villars.
- La Liquéfaction des gaz, par M. J. Canro. In-8°, 83 p., 40 fig. Paris, Gauthier-Villars.
- De M. G. Heuzé, membre du Conseil. La petite culture agricole, lègumifère et fruitière. Le porc (5e éd.). Les plantes industrielles, 3 vol. (3e éd.). Les pâturages, prairies naturelles et herbages (3e éd.). Les plantes alimentaires des pays chauds et des colonies (2e éd.). Les plantes céréales, 2 vol. (2e éd.). Les plantes industrielles, 4 vol. (3e éd.). Simples notions sur l’agriculture. Les plantes légumières (2e éd.). Les plantes fourragères, 2 vol. (4e éd.). La pratique de l’agriculture (2 vol.).
- Du Ministère des Travaux publics. Statistique des chemins de fer français au 31 dé^ cembre 1897. France, intérêt local. Algérie et Tunisie. In-4°, 471 p. Imprimerie Nationale.
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- OUVRAGES REÇUS.
- OCTOBRE 1899.
- 1495
- De l'Encyclopédie Léauté. La Liquéfaction des gaz et ses applications, par M. J. Lefèvre, et Analyse chimique qualitative, par M. Pozzi Escot. Paris, Gauthier-Villars.
- De l’utilité publique des transmissions électriques d’énergie, par M. A. Blondel. In-8°, 128 p. Paris, Dunod.
- Précis des cultures intensives à grands rendements, par M. Tibulle Collot. In-8°, 59 p., chez l’auteur, 1, rue Ambroise-Thomas, Paris.
- Dictionnaire des arts graphiques, par MM. Desormes et Basile. 2 vol. in-18, 400 p. Paris, 17, rue Denfert-Rochereau.
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- LITTERATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Septembre au 15 Octobre 1899
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES
- DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac. ... Annales de la Construction.
- Acp.. . . Annales de Chimie et de Physique. AM. . . Annales des Mines.
- AMa . . . American Machinist.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique. APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. Bam.. . . Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- BMA. . . Bull, du ministère de l’Agriculture. CN. . . . Chimical News (London).
- Cs........Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- Cil. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- DoL. . . . Bulletin of the Department of La-bor, des États-Unis.
- Dp. . . Dingler’s Polytechnisches Journal.
- E.........Engineering.
- E’........The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE........Eclairage électrique.
- Elé. . . . L’Électricien.
- Ef.. . . . Économiste français.
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Es........Engineers and Shipbuilders in
- Scotland (Proceedings).
- Fi ... . Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc........Génie civil.
- Gm. . . . Revue du Génie militaire.
- JC........Ingénieurs civils de France (Bull.).
- le........Industrie électrique.
- Im . . . . Industrie minérale de St-Étienne. IME. . . . Institution of Mechanical Engineers (Proceedings).
- loB. . . . Institution of Brewing (Journal). La .... La Locomotion automobile.
- Ln........La Nature.
- Ms.. . MC. .
- N.. . Pc.. .
- Pm. . Rcp .
- Rgc. . Rgds.. Ri . . RM. . Rmc.. Iis. . . Rso. . RSL. .
- Rt.. . Ru.. .
- SA.. .
- ScP. . Sie. .
- SiM. .
- SiN. .
- SL.. .
- SNA..
- SuE. . USR.
- VD1. .
- ZOl. .
- . Moniteur scientifique.
- . Revue générale des matières colorantes.
- . Nature (anglais).
- . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- . Portefeuilleéconom. desmachines.
- . Revue générale de chimie pure et appliquée.
- . Revue générale des chemins de fer.
- . Revue générale des sciences.
- . Revue industrielle.
- . Revue de mécanique.
- . Revue maritime et coloniale.
- . Bevue scientifique.
- . Réforme sociale.
- . Royal Society London (Procee-dingsj.
- . Revue technique.
- . Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- . Society of Arts (Journal of the).
- . Société chimique de Paris ( Bull.).
- . Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- . BulleLin de la Société industrielle de Mulhouse.
- . Socie'té industrielle du Nord de la France (Bulletin).
- . Bull, de statistique et de législation.
- . Société nationale d’agriculture de France (Bulletin).
- . Stahl und Eisen.
- . Consular Reports to the United States Government.
- . Zeitschrift des Yereines Deutscher Ingenieure.
- . Zeitschrift des Oesterreichischen Ingenieure und Architekten-Ve-reins.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- OCTOBRE 1899.
- 1497
- AGRICULTURE
- Betteraves à sucre dans l’Aisne. Ag. 14 Oct., 617.
- — (Expériences sur lesj. Ag. 16, 27,
- 30 Sept., 461, 509, 551; 7 Oct., 589.
- — En Italie. Ap. 21 Sept., 416.
- — (Arracheur décoleteur de). Ap. 12 Oct.,
- 523.
- — (Greffage des) (Sagnier). SNA. Juillet,
- 520.
- Blés. Semis tardifs et résistance au froid. Ap. 5 Oct., 480.
- Céréales(Piétin des) en Sologne. Ag.i&Sept., 462.
- — dépiquage et égrenages. Ap. 12 Oct.,
- 523.
- Charrues défonceuses à câbles (Ringelmann).
- Ap. 14, 28 Sept., 376, 447.
- Champs d’expériences (Outillage des) (Gran-deau). Ap. 12 Oct., 416.
- Chiendent et liseron. Destruction (Heuzé). Ap. 14 Sept., 372.
- Cultures dérobées d’automne (Dehérain). In. 16 Sept., 246.
- Cuscute en Amérique, destruction par le fer. Ap. 21 Sept., 318, 423.
- Électro-culture. État actuel. Elé. 16, 23 Sept., 179, 200.
- Engrais. Divers. Cs. 30 Sept., Ml.
- — Ferme de Schniftenberg. Culture et
- fumures en 1883-1888. Ap. 21 Sept., 405.
- — Phosphates du Gard. Ap. 5 Oct., 496. Forêts. Incendies dans les Landes. Ap. 28 Sept.,
- 445.
- — Transplantation des gros arbres. RO
- 5 Oct., 489.
- Lait (Écrémage du), A5. 16 Sept., 461.
- — Richesse en matières grasses. Ag.
- 30 Sept., 529.
- — Laiteries coopératives en Belgique. Ap.
- 5 Oct., 482.
- — — au Luxembourg. Ag. 14 Oct., 626, -- Chambres de fromageries (Lezé). Ap.
- 12 Oct., 518.
- Lin. Égrenage et teillage. Ap. 28 Sept., 443.
- Mais-fourrage au Parc aux Princes. Ap. 14 Sept., 371.
- Mer de Harlem. Dessèchement. Ap. 14 Sept., 373.
- Presses à fourrages, essais de Lizy-sur-Ourcq. Ap. 21 Sept., 420.
- "Vigne. Les Argols. SA. 15 Sept., 803.
- — Cuvages des vins rouges. Ap. 21 Sept.,
- 424.
- — Dosage rapide de la vendange (Carnot). SNA. Juillet, 505.
- — Reconstitution des vignobles en Champagne. Ag. 23 Sept., 495.
- — Cellier du domaine de Giraud. Ag. 7 Oct., 577.
- — (Ferments oxydanls de la) (Cornu). Pc.
- 15 Oct., 342.
- CHEMINS DE FER
- Attelages Hill. E. 22 Sept., 371.
- — Timmis. RM. Sept., 324.
- Bogie pneumatique Schumacher. RM. Sept., 325.
- Chemins de fer d’intérêt local et tramways. Réglementation. Rgc. Sept., 152.
- — Américains et Anglais. E1. 15 Sept., 273.
- — État français. Exercice 1898. Rgc.
- Sept., 196.
- — Anglais. E. 22 Sept., 364.
- — delTndoustan(Auerbach).Rg'ds. 15 Oct.,
- 730.
- — Français, titres des six grandes Com-
- pagnies. Rgc. Sept., 202.
- — Alaslcain. E'. 6 Oct., 345.
- — Métropolitain de Paris. Ac. Sept., 130.
- — Économiques en Belgique. E'. 22 Sept.,
- 293.
- — Laqueuille, Mont-Dore. Rt. 10 Sept.,
- 399.
- — Suisses à dix années d’intervalle. Ef.
- 16 Sept., 405.
- — Électrique Laon-Gare. Elé. 7 Oct., 233 ;
- Rgc., Oct., 227.
- Éclairage électrique des trains (Auvert, Pres-ton). EE. 23 Sept., 459, 460.
- Gares de Tours et de Saint-Pierre-des-Corps. Rgc. Sept., 137.
- — de Boston, voies et embranchements.
- Rgc. Sept., 210.
- — de Wawerley-Edimbourg. E. 6 Oct.,
- 423.
- Locomotives à voyageurs à six roues couplées du Buffalo-Rochester.E. 15 Sept.,
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- 1498
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- OCTOBRE 1899.
- 325; du North-Eastern. E'. 22 Sept., 291.
- Locomotives. Express du Great Central. E 29 Sept., 405.
- — américaines. E'. Sept., 260, 313.
- — équilibrée (Robert). RM. Sept., 323.
- — Alimentation en marche. Gc. 16 Sept., 326.
- — (Peinture des). E'. 6 Oct., 340
- — Chaudière à foyer ondulé Vanderbilt.
- E. 15 Sept., 34*2; RM. Sept., 323.
- — Emploi de l’acier au nickel. Rgc. Oct., 275.
- — Tiroir Mellin. RM. Sept., 322.
- Signaux électriques, Fein. Ri. 7 Oct., 393.
- — Block, système électrique Krisik. Dp. 7 Oct., 8.
- Tunnels (Ventilation ^es). Gc. 16 Sept., 338. Trucks transbordeurs. Emploi sur voies de 0m,80 (Claise). APc. n° 23.
- Voie. Résistance des tirefonds, appareil de mesure Collet. Rgc. Sept., 213.
- — Traverses en Quebracho Colorado (Cou-
- rau). Ic. Août, 210.
- Voitures légères et lourdes. Rgc. Oct., 277.
- — à couloir du P.-L.-M. Id. 282.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles (Les). E' 6 Oct., 353.
- — Concours des poids lourds de 1898 et
- 2e concours des fiacres en 1899 (Forestier) IC. Août, 157.
- — Direction par essieu brisé. La. 21,
- 28 Sept., 498, 616; 5,12 Oct., 633, 647.
- — Changement de vitesse Bollée. RM.
- Sept., 325.
- — au pétrole (Marmonier). La. 14 Sept.,
- 583. Vallée. Id., 588.
- — — Sims. La. 28 Sept., 619.
- — — Raonval. La. 5 Oct., 636.
- — Carburateurs. RL 14 Oct., 405.
- — à vapeur. Ri. 16, 23, 30 Sept., 364, 373,
- 382; 5 Oct., 393. Thornycroft. E. 22 Sept., 357.
- — Électriques. Poids d’accumulateurs à
- emporter (Rosset). le. 10 Sept., 386.
- — Voitures des pompiers de Paris. La.
- 14Sept., 581 ; EE. 23 Sept., 456.
- — Pieper. La. 21 Sept., 604.
- — Moteurs pour automobiles. le, 10 Oct.,
- 440.
- Automobiles. Concours des accumulateurs de l’Automobile-Club. Elé. 14 Oct., 249.
- — Moto-vélos (Les). Ln. 16 Sept., 243.
- — — Ducommun. RM. Sept., 325, 327. Locomotive routière (Moris). RM. Sept., 326. Tramways électriques alternatifs continus
- (Dieny). EE. 16 Sept., 413.
- — — Rouen-Bonsecours. Elé. 23 Sept.,
- 193.
- — — à New-York, prix comparatifs. Elé.
- 14 Oct., 258.
- — - (Moteurs pour). E'. 15 Sept., 274.
- — — Calcul des résistances de démar-
- rage et de freinage (Erens). Bam. Sept. 238.
- — — frein à air comprimé Standard, le.
- 25 Sept., 410.
- —à air comprimé Popp. Rt. 10 Sept., 385. Vélocipèdes. Divers. Dv. 16. 23 Sept., 170, 185.
- — Akatène Delane. RM. Sept., 327.
- — Roulement Larchevêque. RM. Sept., 328.
- — (Théorie des) (Frank). Dp. 14 Oct., 27.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acétylène. Divers. Cs. 30 Sept., 821.
- — Exposition de Buda-Pesth. Dp. 7 Oct., 5. Acide sulfurique. Préparation des solutions titrées (Marshall). Ms. Oct., 702.
- — Anhydre. Procédés de la fabrique de Bade. Cs. 30 Sept., 831.
- Alcool dénaturé. Régénération par le chlorure de chaux. Cs. 30 Sept., 850.
- Asphaltes. Production par matières animales et végétales (Day). Fi. Sept., 205. Azote (Stéréochimie de 1’) (Le Bel). CR. 9 Oct. 548.
- Caoutchouc. Action de la chaleur. E., 18 Oct., 463.
- Chaux et ciments. Divers. Cs, 30 Sept., 833, Chromâtes dë plomb. Fabrication (Goebel). Cs. 30 Sept., 843.
- Camphre (Constitution du) et de l’acide cam-phorique (Blanc). Acp. Oct., 181. Carbure de calcium. Prix de revient. EE. 29 Sept., 508.
- Cellulose (La). Cross et Bevan. Mc. Oct., 359. Chimie (Revue annuelle de). (Étard). Rgds. 30 Sept., 705
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- OCTOBRE 1899.
- 1499
- Colophane (Analyse de). Ms. Oct., 755.
- Cendres pyriteuses (état actuel de l’industrie des). (Geschwind). Rgds. 30 Sept., 689. Distillerie. Distillateurs fractionnels nouveaux (Young). Cs. 30 Sept., 859.
- Eaux. Épuration rapide (Malméjac). Pc. 15 Oct., 341.
- Égouts. Purification aux États-Unis. Reading. (Decry). Fi. Sept., 227.
- — de Paris. Rt. 25 Sept., 412.
- — de Sutton. E'. 13 Oct., 278.
- — Purification bactériologique. E. 13 Cet., 463.
- Essences et parfums. Divers. Cs. 30 Sept., 854. Esprit-de-vin. Distillation continue (liges). Cs. 30 Sept., 848.
- Éther acétique. Fabrication par le charbon de de bois (Chandelon). Cs. 30 Sept., 823. Émulsions et cristaux (Lezé). Rgds. 15 Oct., 741. Explosifs. Cordite (Anderson). Cs. 30 Sept., — Poudres sans fumée et fulmicoton. Stabilité (Hoitsema). Cs. 30 Sept. 857.
- — Oxyliquit. Rt. 10 Oct., 442.
- Fermentation symbiotique (Marshall, Armstrong). CN. 13 Oct., 173-175.
- Gaz et vapeur. Écoulement (Wyrauch). VDI.
- 12-30 Sept., 1162, 1194.
- Gaz d’éclairage. Gazogène Naef et Garton. Cs. 30 Sept., 719.
- — Manutention mécanique du coke dans les usines. Gc. 14 Oct., 385.
- Huiles essentielles et terpines (Gerber). Ms. Oct., 717.
- Hydrogène. Point de fusion. CN.29lSept., 159.
- — Divers. Cs. 30 Sept., 859-865. Laboratoire. Emploi de l’oxygène comprimé dans l’analyse organique élémentaire. Ms. Oct., 744.
- — Titrage des persulfates. Id., 746.
- — Modification de la méthode Pierce pour le dosage de l’arsenic dans les minerais. ld., 748.
- — Dosage du sulfure de carbone. Id., 753.
- — Séparation des sulfures métalliques
- par l’acide chlorhydrique gazeux. Id., 754.
- — Dosage volumétrique du phosphore
- dans les phosphates (Littmann). CN. 13 Oct., 179.
- Margarine. Sa production. Ef. 23 Sept., 438. Nitrate de soude. Fabrication (Darbon). CN. 22 Sept. 45.
- Ozoniseurs Otto. Ln. 14 Oct., 810.
- — Divers. Cs. 30 Sept., 832.
- Verre. Façonnage mécanique des gobelets. Fondu. Ri. 23 Sept., 374.
- — et porcelaine en Bohême. SA. 29 Sept.,
- 837.
- Optique. Télémètre Weldon. Rt. 10 Sept., 405. — Spectroscope à dispersion réglable de Gramont. Ln. 23 Sept., 247.
- Papier. Divers. Cs. 30 Sept., 853.
- — japonais et chinois. SA. 29 Sept., 835.
- — (Influence de la température sur la ré-
- sistance du). Cs. 30 Sept., 853.
- Pétroles et Céruses. Règlements de la douane allemande. Cs. 30 Sept., 866. Photographie (Revue de). Ms. Oct., 701.
- Poids atomiques (Tilden). CN. 22 Sept., 143. Régulateur de température Dorian. Pm. Sept., 135.
- Résines et vernis. Cs. 30 Sept., 754.
- Sucrerie. Divers Ms. Oct. 730. Cs. 30 Sept., 847.
- — Procédé Verley. ld., 740.
- Tannage. Divers. Cs. 30 Sept., 845.
- — Électrique. EE. 16 Sept., 439.
- — Fabrication du cuir (Procter). SA. 29 Sept., Cs. 13 Oct., 827, 839, 851.
- — Cuirs satin et émaillés. Cs. 30 Sept., 345.
- — (Industrie du) en Allemagne. Id., 858. Teinturerie. Condensation du tannin avec la
- phénylhydrozine (Pellira). Mc. Oct., 349 — Préparation en tannin des fonds en couleurs directes (Mueller). Id., 350. — Nouvelles couleurs. Mc. Oct., 358.
- — Divers. Id., 355, 375; Ms. Oct., 711; Cs. 30 Sept., 824, 829.
- — Composition de laques à couleurs basiques et acides. Mc. Oct., 375.
- — Essais de l’indigo (Rawson). Mc. Oct., 375.
- — Bleus divers. Cs. 30'Sept., 827.
- — (Revue de la) (Raverdin). Ms. Oct., 705.
- — Noirs pour chapeaux. Cs. 30 Sept., 829. Terres ytriques (Les) (Urbain). Rgds. 15 Sept.,
- 667.
- Transformation (Points fixes de) (Le Chatelier). CR. 25 Sept., 497.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Accidents (Loi française sur les). E. 29 Sept., 399; Gc. 30 Sept., 367.
- p.1499 - vue 1504/1864
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-
-
- 1500
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- OCTOBRE 1899.
- Agriculture. Questions agraires (Blondel). Rso. Ier Oct. 520.
- Allemagne (Exportation de l’).Ef. 23 Sept.,435. Afrique du Sud, situation et avenir. Ef. 14 Oct., 537, 729.
- Amérique. La concurrence américaine (Ste-vens). E. 22 Sept., 347, 370. (Kean). Id., 6 Oct., 413; 13 Oct., 445. Associations professionnelles ouvrières (ouvriers de l’alimentation). Ef. 14Oct.. 54i. Caisses régionales de crédit agricole mutuel.
- (Maurin). Musée Social, Oct. 34.
- Chili (Le). Ef. 16 Sept., 413.
- Colonies. Principes d’hygiène coloniale. Ef. 16 Sept., 403.
- Coopération et mutualité (Cheysson). Musée Social. Oct. 477.
- Enseignement secondaire (Enquête sur 1’). Ef. 16, 23 Sept., 411, 442.
- — Professionnel féminin en Belgique. (Du Caju). Rso. 1er Oct., 510.
- France. Budget de 1900. Ef. 23 Sept.. 433.
- — Dette publique et avenir des finances.
- Ef. 7 Oct., 505.
- — Alcoolisme depuis 1881. Id. 436.
- — Avenir de la famille française (des Rotours). Rso. 1er Oct., 469.
- Grèves au ive siècle. Ef. 16 Sept.,^01.
- — du Creusot. E. 13 Oct., 461; Ef. 14 Oct.
- 539.
- Horlogerie. Exportation de la montre suisse. Ln. 30 Sept., 283.
- Industries dangereuses (Les). E. 15 Sept., 33. Institutions professionnelles et industrielles (H.
- Spencer). Rso. 1er Oct., 530.
- Pétrole.Commerce en Allemagne. Ef. 16 Sept., 408.
- Propriété industrielle. Modification à apporter à la législation française (Pouillet). IC. Juillet, 49.
- Salaires (Variations en 1898). E'. 22 Sept., 291. Sociétés vigneronnes de la Touraine (Dubois). Rso, 1er Oct., 484.
- Statistique. Institut international de Christiania. Ef. 7 Oct., 511.
- Warrantage des produits agricoles. Loi de juillet 1898. Musée Social. Oct., 495.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Architecture. Rôle de l’ingénieur (Benonville). IC. Août, 151.
- Bois incombustible. E. 23 Sept., 349.
- Ciment armé Hennebique (Thullie). ZOl. 15 Sept., 539.
- — Port du quai de Billy. Gc. 30 Sept., 365.
- — Murs de soutènement. Le Ciment. Sept., 131.
- — Accidents aux ouvrages en ciment armé. Rt. 25 Sept., 430.
- — (Construction en). Gm. Sept., 193. Colonnes fléchissantes (Head). E'. 22Sept., 287. Collecteur des égouts de Paris. Rt. 25 Sept., 412;
- 10 Oct., 446.
- Ecole de garçons de Saint-Maurice. Ac. Sept., 131.
- Exposition de 1900. Revue des travaux. Gc. 23 Sept., 337.
- Fer et ciment. (Supports armés en) (H. Pecq). Ac. Sept., 137.
- — Malrai. Le Ciment. Sept., 129.
- Métal déployé (P. Chalon). IC. Juillet, 21.
- Murs de soutènement des terres en cas de surcharges (Pichault). IC. Août, 210.
- Ponts de l’Oued Endja. APC. N° 21.
- — Fatigues réelles et calculées dans un
- pont à grandes mailles (Mesnager). APC.N0 26.
- — de l’Yonne à Sens, fondations d’une
- pile."APC. N° 27.
- — de Saint-John-River. Montage. E'. 15
- Sept., 276.
- — de la Tyne. Id. 280.
- — du chemin de fer de Cornouailles. E.
- 29 Sept., 407.
- ÉLECTRICITÉ
- Aimants. Répartition du flux. le. 25 Sept., 414.
- Condensateur de grande capacité (Tobler). EE. 7 Oct., 33.
- Courants biphasés, transformation réciproque en triphasés. Elé. 14 Oct., 453. Dèclectiques. Polarisation réelle (Pellat). Acp. Oct., 150.
- Décharges électriques. Puissance explosive (Mac Kay et Howe. American Journal of Science. Oct., 239.
- Distribution et transmission par courants alternatifs (Leblanc). EE. 16, 23, 30 Sept., 404, 447,498 ;Sie. Août, 349.
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- OCTOBRE 1899.
- \ 501
- Dynamos continues diverses (Guilberl). EE. 30 Sept., 490.
- — Démarrage et régulation. Id. 47.
- — Porle-balais Siemens. EE. 23 Sept.,
- 458.
- — Régulateur de potentiel Tirrill. EE. 30
- Sept., 506.
- — Indicateur du synchronisme des alter-
- nateurs parallèles Muller. EE. 16 Sept., 425.
- Éclairage. Arc (Charges des vapeurs de 1’). (Chênevais). EE. 16 Sept., 402.
- — — Lampes Bergmann, Thomson-Hous-
- ton, Lewis, Johnson et Wanderlich, Sandy, Brown, Yassia, Stralsund, Mersh, Olivier, Pomeroy, Tscieret, Cie de l’industrie électrique, Arter-William. EE. 7 Oct., 16.
- — Incandescence en Amérique et transfor-
- mateurs. E'. 13 Oct. 365. Électrochimie. Divers. Cs. 30 Sept., 837-843. — Travaux de la Société allemande d’électrochimie, EE. 14 Oct. 511.
- — Zinc. Eté. 16 Sept., 183. EE. 23 Sept., 480.
- — Polarisation des diélectriques. EE. 23 Sept., 465-470.
- — État actuel de l’industrie (Borchers). Cs. 30 Sept., 837.
- — Alliages or-argent (Dietrel). Cs. 30 Sept., 841.
- — Mercure. Id., 842.
- — Chrome. Attitude électro-chimique. EE. 7 Oct., 25.
- — Électrolytes amphotères. EE. 7 Oct. 28. — Électro-galvanisation des tubes de chaudières. E’. 13 Oct., 379.
- — Sélénisation des bois par l’électricité, Eté. 14 Oct., 255.
- — Nouveaux matériaux pour résistances. EE. 14 Oct. 58.
- Interrupteur à liquides Wehnelt et Caldwell. EE. 14 Oct., 42.
- Mesures. Dénomination des unités CGS (Hospitalier). le. 10 Sept. 383.
- — De la force électromotrice instantanée d’un alternatéur. Elé. 17 Sept., 197. — Simplification des unités (Blondel). EE. 7 Oct., 5
- Piles primaire Harrison. Elé 16 Sept. 177.
- — thermo-électriques. EE. 23 Sept., 472,
- 475.
- Piles. Théories nouvelles (Le Blanc). Rgds. 15 Oct., 725.
- Prise de courant universelle Clémançon. le. 10 Sept., 389.
- Rhéostat de démarrage. Elé. 30 Sept. 209. Stations centrales hydrauliques aux États-Unis (Washington). Fi. Sept., 161.
- — de Padermo. VDI. 16 Sept., 1182.
- — Nuremberg. Gc. 30 Sept., 353.
- — (Dispositif de réglage des) (Alton). EE.
- 16 Sept., 428.
- — Building de Park Row. E. 22 Sept., 352. — Snoqualmie Falls. E. 6 Oct., 421.
- — Coblentz. le. 10 Oct., 436.
- — Prix de l’électricité à Paris. Ri. 30 Sept., 387.
- Télégraphie. Pollak et Virag. Elé. 16 Sept., 184.
- — sans fil Guarini. Elé. 30 Sept., 212.
- — sous-marine, localisation des défauts
- dans les câbles (Jona). EE. 7 Oct., 36. . Transformateurs moteurs pour charger les accumulateurs d’automobiles.- le. 10 Sept., 392.
- — tournants (Parshall et Hobart). E. 29
- Sept., 389; 13 Oct., 450.
- HYDRAULIQUE
- Ascenseur pour canaux d’Henrichburg. Gc. 7 Oct., 369.
- Moteur Lacoin. RM. Sept., 328.
- Pompes à incendie automobiles Mherry-weather. E. 15 Sept., 323.
- — sur bateaux. RM. Sept., 286.
- — à matelas d’air autochargé Ferris. AMa.
- 21 Sept. 889.
- — directes Worthington. RM. Sept., 305. — Émulseurs (Masse). RM. Sept. 293.
- — Régulateur Deane. RM Sept., 328. Robinet à double alimentation Muller et Roger.
- Ln. 16 Sept., 256.
- Turbines Mills. RM. Sept., 329.
- — Francis Wieland. Dp. 7. 14 Oct., 1018.
- — de Rheinfelden. VDI. 7 Oct., 1217.
- Valve Bundley. E. 15 Sept., 281.
- MARINE, NAVIGATION
- Barrage mobile Thomas. E1. 22 Sept., 306.
- Barre du Rio Grande del Sul. Création d’une passe navigable (Yauthier). APc, n° 25.
- p.1501 - vue 1506/1864
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- 1502
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. — OCTOBRE 1899.
- Canal latéral de la Loire. Transformation (Maroyes). APC, n° 24..
- — de Dudley. Écroulement des berges. Er.
- 22 Sept., 294.
- — entre le Nord et Paris (de Bovet). Ic.
- Août, 187.
- — Traction mécanique sur les canaux. E'. 29 Sept., 316.
- Constructions navales (Progrès et avenir des) (White). E. 15 Sept., 340.
- — Chantiers Vulcan. E. 22 Sept., 353.
- — Progrès en Allemagne (Haack). EM. Oct., 11.
- — Étude par modèles, installation de l’arsenal de Washington. Gc. 23 Sept. 345. — Sur la Tamise. E. 29 Sept., 314.
- — En France et à l’étranger (Devoir). Rmc. Août, 241.
- Électricité. Emploi à bord (Siemens). E’. 22 Sept., 305.
- — Propulsion par accumulateurs. Ri. 14 Oct., 404.
- Machines marines. Appareils auxiliaires électriques (Joubert). Ram,. Sept., 943; à vapeur (Robison). EM. Oct., 93.
- — Cabestans de 1 ’Oceanic. E. 6 Oct., 436.
- — (Équilibrage des) (Berling). VDI. 7 Oct.,
- 1221, 14 Oct., 1260.
- Marine de guerre. Moyens d’action extérieurs d’un bâtiment de guerre (Vincent). Rmc. Août, 280.
- — Anglaise. Rmc. Août, 395. Cuirassés
- London. E'. 29 Sept., 317. Diadem. Rmc. Août, 325.
- — Italienne. Croiseur Garibaldi. E. 15
- Sept., 327. Rmc. Août, 406, 388.
- — Allemande. Rmc. Août, 400.
- — Japonaise. Croiseur Idznmo. E’. 22 Sept.,
- 304.
- — Américaine. Rmc. Août, 363, 371, 374,
- 404.
- — Tube lance-torpille immergé. Gc. 23
- Sept., 352.
- — Sous-marin Argonaut. E1. 6 Oct. 344.
- — — Électrique Trotter. Elé. 7 Oct. 243.
- Marine marchande (La). (Fleury). IC. Juillet, 69.
- Paquebots à roues anciens. E1. 13 Oct., 370.
- — du Pas-de-Calais rapides (Parsons). E.
- 22 Sept., 373.
- — Meridian pourra mer Caspienne. E1. 22
- Sept., 302.
- Paquebots. Oceanic. E. 15 Sept., 267.
- — Ivernia. E. 22 Sept., 368. E1. 22 Sept., 294.
- — Mabd Grâce. Id., 268.
- — Pilotes : bateaux à vapeur. Lu. 7 Oct., 289.
- Port de Douvres. E. 22 Sept., 349.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Aérostation. Puissance de levée des hélices (Walker). E. 6 Oct., 439.
- Air comprimé. Applications (Saunders). Fi. Sept., 196.
- — Compresseur. Fraser et Chalmers. E'. 29 Sept., 320.
- Broyeur Crease, à billes. E'. 15 Sept., 281. Changement de vitesse. Evans. RM. Sept., 333. Chaudières. Calculs de résistance (Siniga-glia). RM. Sept., 237.
- — à tubes d’eau Niclausse (Robinson). E'.
- 22 Sept., 307.
- -- — Dundon Blessinger, Janson, Stetti— nius Keene. Du Temple. Igert. Philips. RM. Sept., 317. Martin. E'. 29 Sept., 332.
- — — Étude de la circulation (Brillié).
- Gc. 23, 30 Sept., 342, 357. 7 et 14 Oct., 378, 384. Rendement. E. 6 Oct., 431.
- — Émulseur Dubiau. EE. 23 Sept., 441.
- — Foyers à vent forcé (les) (Schenkel). VDI. 14 Oct., 1253 ; au pétrole Shurer. Ri. 16 Sept., 366. Vetillard et Scher-ling. RM. Sept., 319; à sciure de bois Sapherd et Stephenson. RM. Sept., 319. Fumivore. Id., 318.
- — Chargeurs Heyl et Patterson. Id. 320.
- — Grilles mécaniques Leach. Ri. 30 Sept., 381. Kudliez. Ri. 7 Oct., 339.
- — Séparateur d’huile Baker. E'. 29 Sept.,
- 329.
- — Clapet d’arrêt Foster. Ri. 5 Oct., 395.
- — Cheminée d’usine (Réparation d’une).
- (Kopp). Ram. Sept., 1031.
- — Injecteurs Young, Shaffer-Budemberg. RM. Sept., 321.
- — Réchauffeur Cockburn. RM. Sept., 320. Dragues. Stone, Fruhling. RM. Sept., 330. Dynamomètres. Divers. Dp. 23, 30 Sept., 180,
- 196.
- Engrenages octoïdes. AMa. 7 Sept., 841.
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-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- OCTOBRE 1899.
- 1503
- Excavateur Lowrie. RM. Sept., 331.
- Force motrice. Eau, gaz et vapeur. Comparai.
- son (Kershaw). E'. 29 Sept., 322. Froid. Machines frigorifiques diverses. Dp.
- 16, 23, 30 Sept., 161, 177, 193. Graisseurs Lewes. RM. Sept., 334.
- — Hamelle. Rt. 10 Oct., 451.
- Levage. Grue hydraulique. E'. 15 Sept., 265.
- — — à air comprimé Shipley. RM.
- Sept., 331.
- — Pont de chantier Ransonne. E. 29 Sept., 392; de fonderie Morgan. RM. Sept., 307.
- — Transports de défilais (Prix des) (Ca-naud). Bam. Oct., 1019.
- — Derriks. Kearns, Groves.ftM. Sept., 332. — Manutention des minerais aux États-Unis (Buhle). VD114 Oct., 1245. Machines-outils commandées par les moteurs polyphasés. Rt. 25 Sept., 423, 10 Oct., 433; électriques (Bell). EM. Oct., 609.
- — Affûteuse Holterhof. Ri. 16 Sept., 361.
- — Ateliers Lœwe à Berlin. E. 29 Sept., 381,6-13 Oct., 414, 450 : VDI. 30 Sept., 1188; de Grafenstaden (chaixdronne-rie). VDI. 7 Oct., 1209. Organisation des ateliers. EM. Oct., 59.
- — à forger les perforatrices Palmer. E'.
- 22 Sept., 306. (Lewis).
- — Raboteuse Niles. AMa. 22 Sept., 886; porte-outil Bolsinger. RM. Sept., 339.
- — Fraiseuse double. Garvin. A Ma. 14 Sept., 865. Echols. RM. Sept., 312.
- — Meules Graner. Rt. 10 Sept. 388.
- — Tour à plaque Lanson. E. 29 Sept., 393. — Marteaux Rosenthal, Foglesong. RM. Sept., 339.
- — Perceuseè électrique d’Oertikon. VDI. 22 Sept., 1166; multiples Fraser. E. 15 Sept. 326. Radiale Langbein. Polygonale Fletch. RM. Sept., 337.
- — Porte-outil multiple Norris. AMa. 14 Sept., 857. Tarauds Echols. RM. Sept., 311. Taraudeuses White, Ran-dles. RM. Sept., 344.
- — Poinçonnage (travail absorbé par le). AMa. 21 Sept., 886.
- — Tours Ghuck Taylor. E. 15 Sept., 539. Austin. RM. Sept., 340. Automatique Couch. id., 344.
- Machines-outils. Tours Tangye. AMa. 14 Sept., 866.
- — — électrique Beyer - Peacock. E'.
- 22 Sept., 303. Vertical Moreton. Rm. Sept., 343.
- — — à vis Grohman. RM. Sept., 340
- — — à revolver Hartness. RM. Sept., 341.
- Vertical Wolseley. E'. 6 Oct. 348.
- — — avanceur Couch. RM. Sept., 342.
- — à clouer les boîtes Ductor. E. 15 Sept.,
- 327.
- — Mortaiseuse à chaînes pour bois Higgins.
- Rm. Sept., 345.
- Moteurs à vapeur. Machines américaines (Regenbogen). VDI. 23 Sept., 1149.
- — Défauts des (Longridge). E. 29 Sept.,
- 397.
- — Rendement thermique. E'. 6 Oct., 339,
- 356.
- — Triple expansion Coulthard. E'. 29 Sept.,
- 329.
- — Domestique. Davy. Pm. Sept., 130.
- — Distribution Seymour. Rm. Sept., 351.
- — Condenseur,théorie(Weiss). VDI.2dSept.,
- 1155. Thornycroft. RM. Sept., 349.
- — Garnitures Siemens et Halske. RM.
- Sept., 351.
- — Régulateurs (Les) (Lecornu). RM. Sept.,
- 263. Skinner. Yan der Voer. RM. Sept., 351. Divers. Dp. 14 Oct., 21.
- — Stuffing. — Box Bagnoli. RM. Sept., 351.
- — Volant Crossley. RM. Sept., 351.
- — à gaz de haut fourneau. Ri. 30 Sept.,
- 391.
- — — Rambaud, Bogard, Capel, Diedrich.
- RM. Sept., 353.
- — à pétrole. Lepape. La. 21 Sept., 207.
- Sintz. AMa. Sept., 862. Tomlinson. Baines Schweizer. RM. Sept., 355.
- — — Essaisd’Édimbourg. E'. 13Oct., 381. Paliers à galets Brown. AMa. 21 Sept., 888. Passe-courroies Cash. RM. Sept., 333. Résistance des matériaux. Structure cristalline des métaux Ewing E. 13 Oct.
- 474.
- — Sélénisation des bois par l’électricité
- (Nodon-Bretonneau). Elé. 7-14 Oct., 237, 255. Ln. 7 Oct., 296.
- Ressorts à boudin (Calcul des). AMa. 22 Sept., 892.
- Roulements à billes (Gagarine). Gc. 7 Oct., 380, 14 Oct., 391.
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-
- 1804
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- OCTOBRE 1899.
- Similitude en mécanique Barr. £.13 Oct., 475. Tuyauterie. Joint de dilatation Billing. RM. Sept., 337.
- Vis. Pas de la. British Association. E'. 22 Sept., 300, 305.
- — à bois (résistance des). (Mac Phail et
- Irwing). E. 6 Oct., 441.
- MÉTALLURGIE
- Alliages (les). SuE. 15 Oct., 967.
- Argent. Pertes du cubilot. Eam. 9,16,23 Sept., 307, 340, 367.
- Coke. Four Bauer. Eam. 9 Sept., 310. Installations pour tous produits (Terhaerst). Ru. Sept., 301.
- Cuivre. Séparation des impuretés au cubilot. Cs. 30 Sept., 833, 836.
- Fer-blanc. Fabrication moderne. Ru. Sept., 201. Fer et acier. Déchargeur de lingots. Evans. E'. 13 Oct., 367.
- — Laminoirs. Machines réversibles (Eh-
- rardt). SuE. 15 Sept., 859. Emploi de l’électricité dans les forges (Lasche). SuE. 1er Oct. 905.
- — Fontes. Essais de rupture, leur impor-
- tance en fonderie (Miller). E. 26 Sept., 375.
- — Fonte malléable. Histoire aux États-
- Unis (Davis). Fi. Sept., 181.
- — Procédé Martin direct (Sattmann). SuE.
- 15 Oct., 956.
- Fer et acier.Haut fourneau.Égaliseurde vent chaud Gyers. Eam. 16 Sept., 337.
- Or. Dosage iodométrique (Gooch et Morley). American Journal of Science. Oct., 261.
- MINES
- Chine. Mines du Szechuan. TJSR. Sept., 67. Electricité. Locomotives minières américaines. E'. 22 Sept., 304.
- Fer. Besoins et sources d’approvisionnements de l’Angleterre. Ru. Sept., 264. Haveuse Koethe et Atkinson. RM. Sept., 349. Houillères du Michigan. Eam. 16 Sept., 335. Laurium (Mines du) dans l’antiquité (de Launay). AM. Juillet, 1.
- Lampe Sussmann. Ru. Sept., 237.
- Machines d’extraction Nordberg. AMa. 7-21 Sept., 829, 833, 881.
- — Compound Tandem Fraser et Chalmers.
- E'. 29 Sept., 321.
- Perforatrice Officer. RM. Sept., 345.
- Sondages. Détermination des déviations. Eam. 16 Sept., 341.
- Or au Transvaal à 3 600 m. de profondeur. Eam. 16 Sept., 333, 337.
- — Placers de Twin Springs. Idaho. Eam.
- 20 Sept., 395.
- Trieurs électromagnétiques (McNeil).E. 13Oct., 470.
- Tungstène au cap Breton. Eam. 23 Sept., 370.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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-
-
- 98e ANNÉE.
- Cinquième Série, Tome IV.
- NOVEMBRE 1899.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport présenté par M. G. Rozé au nom du Comité des Arts mécaniques, sur un nouveau robinet intermittent de M. A. Bine.
- Le robinet présenté à la Société par M. Bine, constructeur, est disposé en vue de parer à l’éventualité d’un écoulement continu et indéfini résultant du calage d’un organe extérieur.
- Sous l’action de la main, l’écoulement a lieu à la manière ordinaire, mais, cette action étant supposée prolongée, l’écoulement s’arrête de lui-même, après un débit limité à un volume réglé par un mécanisme intérieur. Chaque action nouvelle permet d’obtenir un nouveau volume égal au premier. Ainsi le débit reste à la disposition du consommateur et peut être prolongé aussi longtemps qu’on veut, mais coupé par de courtes intermittences résultant de la nécessité de suspendre l’action pour la reproduire aussitôt: l’écoulement ne peut devenir indéfini par aucune action sur un organe extérieur.
- L’inventeur a installé depuis douze années un nombre considérable de robinets à débit intermittent; celui, présenté actuellement à la Société se -distingue par divers perfectionnements propres à assurer les fonctions et à rendre le volume limite réglable à volonté lors de la mise en place ou d’une retouche quelconque.
- Le nouveau robinet (fig. 1 et 2) a à peu près la forme et les dimensions ordinaires ; il est à levier articulé extérieurement vers le haut. Le tube vertical d’écoulement est fermé par un clapet dont le siège est au-dessous du raccord à angle droit avec le tube prolongeant la conduite, et la fermeture est assurée par un ressort spécial intérieur. Tout le mécanisme est dans une chambre cylindrique située directement au-dessus du tube vertical. La tige Tome IV. — 98e année. 5e série. — Novembre 1899. 98
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- du clapet se prolonge jusque dans la chambre; elle porte un piston à cuir embouti obturant la chambre pour la pression de bas en haut exercée par l’eau de la conduite, et, au-dessus, une tête cylindrique qui, à l’état normal, est emboîtée exactement par un piston libre, maintenu par un second ressort, d’ailleurs solidaire du levier extérieur. L’action sur celui-ci détermine l’entraînement par succion de la tête du clapet et le dégagement du siège
- Fig. 1. — Fonctionnement du robinet.
- En appuyant sur le levier L, le piston P se soulève on comprimant le ressort R et aspire l’obturateur O; à ce moment, l’eau qui est accumulée dans la chambre C fait disjoindre le cuir embouti et s’échappe. Une fois cette eau évacuée, un autre effet se produit, la pression de l'eau qui arrive par le conduit A agit sous le cuir embouti et le fait joindre contre la paroi do la chambre C; l’obturateur se trouve maintenu et l’écoulement a lieu. Aussitôt cette fonction produite, il s'en produit une autre, indépendante do toute action extérieure; l'eau qui passe par le petit conduit a et par le passage laissé libre à la pointe de la vis V a une pression supérieure à celle qui agit sous l'obturateur O par suite de la perte de charge due à l’écoulement de cette dernière, et cette eau, passant par le petit conduit a, vient s’accumuler dans la chamhrc C, agit sur l’obturateur O et le fait descendre jusqu’à ce qu’il vienne fermer l’orifice du passage de l’eau. La descent#do l'obturateur est plus ou moins rapide selon que la quantité d’eau passant par le petit conduit a est plus ou moins forte: on peut donc obtenir un débit de 3. 1, 5, 10 litres, etc., suivant le réglage do la vis Y, réglage fait une fois pour toutes. Le ressort antagoniste r aide l’obturateur dans sa descente et sert à donner (une fois la vis réglée) un débit égal sous toutes pressions.
- orifice. Pendant le mouvement, l’eau située au-dessus du piston passe autour du cuir embouti qui, le parcours achevé, se trouve appliqué contre les parois de la chambre par la pression de l’eau de la conduite : l’écoulement continue, le piston ne pouvant descendre sans produire le vide dans la partie supérieure de la chambre. Mais celle-ci est en communication avec le tuyau d’arrivée par un conduit latéral étroit et même étranglé par une vis de réglage; l’eau arrive ainsi peu à peu et permet la descente du piston et du clapet; l’écoulement se trouve interrompu après un débit qui dépend du degré
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- d’étranglement du conduit latéral, et la descente progressive du clapet évite tout coup de bélier.
- Un tel mécanisme et de telles fonctions sembleraient pouvoir être soumis à de multiples causes de dérangement : l’inventeur constructeur, s’appuyant sur une expérience déjà longue, affirme qu’il n’en est rien et déclare
- Au lieu de maintenir le levier avec la main pour avoir de l’eau, il faut l’abandonner. Le robinet s’ouvre alors de lui-même et débite suivant le réglage fait une fois pour toutes. En appuyant sur le levier L, le piston P descend et va chercher l’obturateur O. Tant que l’on maintient une pression sur le levier, il n’y a pas d'eau»; il faut, pour en déterminer l’ouverture, abandonner le levier L; le ressort R remonte le piston P qui aspire l’obturateur O, et l’écoulement a lieu. Ce modèle est fait spécialement pour les endroits où l’on a besoin d’avoir les mains libres pendant l’écoulement ; par exemple ; pour lavabos de casernes, lycées, hôpitaux, etc.
- prendre la charge de l’entretien indéfini à des conditions moins onéreuses que celles afférentes aux robinets ordinaires.
- Le comitédes Arts mécaniques, prenant acte de ces déclarations, apprécie qu’il y a lieu de féliciter M. Bine du succès des persévérantes recherches qui l’ont conduit à un appareil à la fois simple, peu dispendieux et des plus ingénieux; il propose de remercier M. Bine de son intéressante communication et de décider l’insertion, dans le Bulletin, du présent rapport, avec les figures descriptives y annexées.
- Signé : C. Rozé, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance le 10 novembre /899.
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- PERFECTIONNEMENTS AU MÉTIER NORTHROP, par M. E. SimOIl,
- membre du Conseil.
- La description insérée dans le Bulletin de juin 1897, nous dispense de reprendre l’étude complète du métier Northrop (désigné quelquefois aussi sous le nom de Draper, qui est celui des constructeurs américains). Nous nous bornerons aujourd’hui à.indiquer divers perfectionnemenls, dont l’adoption a contribué à étendre le domaine du nouveau métier et, pour cette analyse, nous suivrons moins l’ordre chronologique des brevets que la succession méthodique des mouvements.
- On n’a pas oublié que, dès l’origine, l’inventeur avait reconnu la nécessité d’effectuer le changement de trame avant que la canette ne fût complètement vide et, dans ce but, avait imaginé un appareil de contrôle relié au chargeur ou pousseur. M. Northrop s’est également préoccupé de l’adjonction, à l’appareil alimentaire, d’une sorte de sécateur automatique destiné à couper le fil attaché au harrillet, lorsque la canette correspondante est transférée dans la navette.
- Les dispositifs dont il va être parlé tout d’abord se rapportent précisément au sonde-canette et au coupe-fü.
- La figure 1 est une vue partielle en plan du métier coupé par le milieu, la figure 2, une élévation partielle (côté droit) de l’appareil montré dans la ligure 1 ; la figure 3 est, au contraire, une élévation partielle prise du côté gauche ; la figure 4 laisse voir en perspective, à échelle agrandie, les diverses pièces du sonde-canette; la figure 5 est un détail de ce mécanisme. La figure 6 représente, à plus grande échelle, un tube de canette avec les premiers tours du fil de trame ; la figure 7 est une section verticale du métier suivant la ligne xx[ào, la figure i, en regardant vers la droite, le battant en avant. La figure 8 donne l’élévation amplifiée du coupe-fil vu latéralement et enfin la figure 9, une vue de face du même appareil partiellement brisé.
- Sonde-canette (Detector). — En se reportant à la figure 1, on voit que le barillet alimentaire F, monté d’un côté du métier, est prêt à fournir une nouvelle canette à la navette arrivant dans la boîte B; ce changement a lieu après que, sur l’autre bord, le mécanisme sondeur est venu au contact de la même navette dans les circonstances qui vont être indiquées :
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- Autour du pivot vertical a (fig. 1 et 4) fixé en dedans de la poitrinière et en regard de la boîte à navette, tourne la douille a3 du bras é du sondeur; sur ce bras une saillie a? est percée en son milieu pour permettre le passage de la tige 3, qui traverse les oreilles a2 a- du support a1 (fixé à la plaque ordinaire N de l’embrayage) et qui soutient le ressort s\ le dernier butté, d’un bout, contre l’oreille extérieure «2, de l’autre contre la pièce a1 dont l’oreille intérieure a2 limite le déplacement latéral, maintient le bras a4 dans la position des figures 1 et 4.
- L’extrémité du bras a4 opposée au tourillon a se termine par une partie élargie, ou tête a5 apte à supporter un autre bras a9, oscillant autour du pivot a6; ce second bras passe librement entre les arrêts 2 3 fixés au premier. De plus,
- JF
- d’un côté du pivot a6, le bras s’avance sous la forme d’une touche allongée ax, parallèle à la poitrinière et ajustée de façon à passer à travers l’ouverture 4 de la boîte à navette B1 (fig. 1), lorsque le battant vient frapper le tissu. Si la navette est bien logée dans sa boîte, la touche pénètre également à travers une fente 5 pratiquée latéralement à la navette et vient sonder la canette b. Les mêmes effets se reproduisent à chaque coup de battant, jusqu’au moment où le débit de la trame a amené la canette au point préalablement déterminé pour en effectuer le changement ; aussi longtemps que la provision de fil est suffisante, la pression exercée sur la touche ax par la canette fait osciller le bras a9 vers la gauche, c’est-à-dire contre l’arrêt extérieur 2.
- Du côté opposé à la touche ax, le bras a9 porte deux pièces ai0 faiblement écartées et assemblées par une visa tête «12; dans cette pince s’engage une tige métallique a13, qui participe nécessairement aux mouvements du sondeur, et pénètre dans l’ouverture 6 de la boîte à navette. Mais comme la touche ax est beaucoup plus saillante que la tige, la première vient au contact de la canette
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- avant que la seconde ne porte contre la navette. Cependant au tur et à mesure que le diamètre de la canette diminue, la touche pénètre plus avant et au moment où la limite voulue est atteinte, la tige métallique a19 s’est engagée suffisamment dans l’ouverture 6 pour butter contre la navette même; l’obstacle ainsi rencontré détermine l’oscillation à droite du bras a9 et l’intervention de la pièce æ13 (fig. 4).
- En se reportant à cette figure, on remarque au-dessous du contact av% un bras a20, solidaire du support a1 et terminé par la douille an du tourillon a22; à l’extrémité supérieure de ce tourillon, au-dessus de la douille, une lame métallique an, montée presque à angle droit avec a15, porte extérieurement le petit
- Fig. 3.
- bras au. En position normale, le ressort s1 maintient l’écartement des pièces an et a29, mais dès que le bras a9 est dévié à droite, a15 butte contre a29 et fait céder le ressort s1 lorsque le battant achève sa course en avant.
- Par l’intermédiaire de la tringle c2, le petit bras a2'* fait alors glisser vers la droite une sorte de verrou-came c qui repose sur la partie 9 du support S. Sur l’arbre oscillant d\ près du même support 8, se voit la douille du doigt d2 normalement appuyé contre la poitrinière; vers le centre de la douille pivote, en d3, le bras courbe d*, qui se prolonge en dessous de la poitrinière et se termine par un loquet d9 (fig. 3 et 5). Ajoutons que le rebord d7 du chien d6 (monté à l’extré mité supérieure du levier empêche la came c de sauter, tandis que le bossage 10 l’applique contre la poitrinière.
- Lorsque la came c se déplace de gauche à droite comme il vient d’être dit, elle repousse le chien d6, fait osciller le levier courbe d4 autour de d9 et relever le loquet d9, qui rencontre alors la pièce 12 du casse-trame ordinaire C. Le
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- mouvement en avant du marteau C détermine nécessairement le recul du bras et, de manière à dégager le chien d2, à permettre à l’arbre d1 de tourner dans le sens de la flèche 13 (fig. 4) et de déterminer le changement de navette.
- La disposition adoptée a donc pour résultat de n’imposer à l’organe sondeur qu’un effort minimum destiné à produire le glissement de la came c\ l’appareil casse-trame reste exclusivement chargé de la commande positive de l’arbre oscillant.
- D’un autre côté, ce n’est plus le contact d’une matière élastique, comme les couches de fil de la canette, qui détermine cet effort minimum, c’est la rencontre d’une paroi rigide, la buttée d’une tige métallique contre la navette, de façon à assurer le fonctionnement de l’ensemble, à éviter les ratés.
- Forme de la canette. — Cette forme n’est pas indifférente. L’inventeur donne
- Fig. 4*
- a préférence à celle représentée dans la figure 6, avec le renflement ô20 obtenu au début de l’en vidage.
- Cette bosse donne le moyen de délimiter exactement l’effet du sondeur, de ne laisser agir cet organe qu’au moment où les spires du fil formant le renflement commencent à se dévider, par conséquent de réduire le déchet autant que possible. Toutefois ladite bosse contient assez de trame pour fournir au moins la longueur d’une duite lorsque le sondeur provoque un changement de canette et que la navette doit retourner dans la boîte située du côté opposé, à portée du barillet alimentaire.
- Sonde-navette. — Pour que le changement de canette s’effectue dans de bonnes conditions, il faut que la navette soit bien logée dans sa boîte. Les figures 2 et 7 montrent le dispositif qui empêche toute évolution du barillet au cas où la navette n’est pas arrivée à fin de course. Sur l’arbre oscillant dx est fixé le bras d% terminé en forme de crochet; à ce crochet se trouve suspendu un ressort s2 qui, attaché au bâti du métier, tend à faire tourner l’arbre d'- en sens
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- inverse de la flèche 13. Une touche 15 à même le crochet ds appuie sur la touche opposée 16 du bras ou levier g, que porte une douille gx (fig. 1) passée sur l’arbre dl.
- Notons que sur cette douille est fixé aussi le bras g1, ordinairement au repos et destiné, comme il sera expliqué plus loin, à actionner l’appareil coupe-fil.
- Le levier g (fig. 7) est relié par la tringle articulée g2 au bras h1 du manchon h, monté sur la tringle f; un second bras h2 formant mouvement de sonnette avec le premier, est solidarisé, par l’intermédiaire de la tige articulée e, avec le bras kl
- d’une douille k (fîg. 1) montée sur la tringle kx\ le bras courbe k% forme le sonde-navette proprement dit. Un troisième bras h% maintient le chien n abaissé aussi longtemps que la marche du métier est normale.
- Si, au moment du changement de canette, la navette, comme figure 7, n’est pas en bonne place, le sondeur'À’2 butte contre ladite navette et empêche le mouvement ascensionnel du bras g. Alors quand bien même l’arbre oscillant dl évolue pour vaincre l’antagonisme du ressort s2 et relever le crochet ds, le brasÿ ne pouvant être soulevé, les choses restent eu l’état; Je bras g1 du coupe-fil demeure également inactif.
- Coupe-fil. — A l’arrière du battant est fixé un cadre O formant console en dessous et prolongé en dessus par une plaque verticale o, où sont ménagées des
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- fentes parallèles o1 (fig. 9). A travers ces évidements pivotent, autour des goupilles o3 des lames coupantes o2, contrecoudées en o4 (fig. 8). Les couteaux o2 restent abaissés dans la position o66 de la figure 7 pendant le va-et-vient du battant et la jetée de la trame. Une tringle oh relie les extrémités postérieures de ces couteaux avec le bras o6 du manchon o60 claveté sur un arbre court o1 (fig. 9). L’arbre o7 tourne librement dans la douille O1 du support O; un manchon o enveloppe le bout du même arbre et s’y trouve fixé par un ressort s attaché d’autre part, à la douille O1; ce ressort maintient le bras o6 dans la position de la figure 8, c’est-à-dire les couteaux abaissés et inactifs.
- Dans une seconde douille O2 du support O passe l’arbre t1, parallèle au premier et relativement long; son coussinet extérieur O10 (fig. 9) est fixé au bat-
- Fig. 9.
- tant. Le ressort s° (même figure) attaché, d’un bout, à la douille O2, du bout opposé, au manchon t2, enveloppe la partie de l’arbre f adjacente à la douille et règle le mouvement oscillant dudit arbre. De l’autre côté de la douille O2 et toujours sur l’arbre tl se trouvent le manchon f fixé par les vis 18 et le manchon wx fixé par les vis 19. Le chien w venu de fonte sur le dernier se trouve en regard du levier courbe g1 déjà mentionné. La rencontre de ces deux pièces a pour résultat de faire décrire à l’arbre t1 un arc de cercle en sens inverse de l’action du ressort s5, action limitée, d’autre part, par l’arrêt t'* (du manchon f) venant butter contre le support O (fig. 8). —Le bras t du même manchon porte latéralement un prisonnier f, sur lequel est montée excentriquement à l’arbre tY la douille t1 (fig. 9); cette douille porte deux oreilles £8, t9 ; la première s’appuie contre une saillie £10 du bras f, par l’effet du ressort s6 monté à l’intérieur du manchon £12; la seconde (/9) butte contre la saillie o9 du manchon o60 (fig. 8) lorsque le bras t oscille vers l’arrière du battant en même temps que le levier g1 vient en prise avec le chien
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- L’oscillation du bras f° étant ainsi produite, l’oreille f, en appuyant contre la saillie o9, fait s’abaisser le bras o6 et, par suite, se relever les lames o2, qui coupent le fil jeté entre ces lames et la pièce o. La buttée if10 empêche le mouvement rotatif de la douille f pendant l’oscillation du bras o6, jusqu’au moment où l’oreille t ayant pu glisser sur o9, l’échappement des deux pièces permet au
- Fig. 10.
- Fig. 11.
- Fig. Il bis.
- bras o6 de se relever sous l’action du ressort s4 et de ramener les couteaux o2 dans le plan horizontal, comme figure 8.
- En effet, dès le recul du battant, le chien wxse dégage du levier^1, le ressort s5 ramène le bras f à la position normale, tandis que le ressort s6 détermine l’échappement entre f et o9.
- La figure 9 montre que l’arbre t1 se prolonge vers l’intérieur du métier au delà du manchon t2 et que le chien wx est monté sur une douille indépendante des autres pièces de l’appareil coupe-fil. Le but de cette disposition est de pouvoir faire varier la situation dudit appareil suivant la largeur du tissu, pour couper les fils au ras de la lisière. Les vis 18 permettent précisément de fixer le mécanisme en tout point convenable de l’arbre P.
- Pousseur de la canette. — Le levier, qui sert à pousser la canette neuve dans la navette, a été modifié, comme le montre la figure 11 bis, à l’endroit où ledit levier appuie sur la pointe de la bobine. Un coussin en forme de V renversé, garni
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- de caoutchouc, ou d’autre matière élastique convenable, est fixé à l’extrémité du pousseurpar une platine métallique. Le profil et l’élasticité de la garniture assurent la prise de la pointe, empêchent toute déviation de la canette. Les figures 11 et 12 montrent, en outre, comment la même pièce, engagée dans la navette sous un angle déterminé, peut y pénétrer et en sortir librement.
- Extincteur de la canette vide. — Il arrivait parfois que la canette vide ne tombait pas directement dans le récipient à ce destiné, qu’elle restait engagée en dessous de la boite à navette et nuisait au fonctionnement du métier. On
- trouvera dans les figures 10 à 16 les détails de] l’appareil étudié pour parer à ces inconvénients.
- Au-dessous du battant et de la boîte à navette se voit (fig. 10, 11 et 12) un bras fixe g qui, en g1, porte l’axe de l’extracteur H, représenté à plus grande échelle dans les figures 14.et 15. Sur l’axe gi s’enroule un fort ressort hélicoïdal s3, fixé au bras g et tendant à relever l’extracteur H dans la position des figures 10 et 11 , pour placer la pince h h1 (formée de deux lames élastiques) sous la navette exactement.
- Dans le bras H est ménagée une coulisse longitudinale A2, apte à recevoir la saillie latérale i d’une équerre en fonte représentée à part figure 16. Le bras supérieur f2 de cette équerre constitue l’extracteur proprement dit. Sur le champ de
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- la branche *4 et vers le haut le métal est creusé en forme de chien r et évidé, vers le bas, suivant un profil cintré constituant une came i6 ; sur le champ opposé existe, à la partie inférieure, un talon i\ L’extracteur se place sur le côté interne du bras g (voir fig. 10) et le chien sur la face interne de H, la came i6 tournée vers l’arrière du métier.
- Reportons-nous maintenant à la figure 12, où le battant vient en avant, tandis que l’appareil alimentaire se trouve actionné de la manière connue pour pousser une nouvelle canette dans la navette et chasser l’ancienne entre les lames h h1 de l’extracteur. Cette canette refoule le bras i2, de l’équerre et, conséquemment, amène le chien ? et la came i6 sur le chemin du butloir Hx.
- Fig. 14.
- Lorsque le battant recule, ledit buttoir retient la pièce et la fait osciller autour de l’axe g' (v. fig. 12). Le battant continuant sa marche en arrière, le buttoir accroche l’épaulement r et fait avancer la branche i2 qui pousse la canette bu ; lorsque le centre de cette canette a dépassé la pince qui l’enserre, celle-ci, en vertu de l’élasticité des lames, tend à se refermer et aide ainsi à l’expulsion de la canette dans le récipient dessiné en traits ponctués (fig. 10 et 11).
- L’opération achevée, l’extracteur reprend sa position ‘normale dès que le battant revenu en avant dégage le chien ? et permet au ressort s3 de relever l’équerre.
- L’épaulement i1 a pour effet de limiter la course de l’extracteur.
- De ce qui précède résulte une confirmation nouvelle des tendances de l’industrie américaine vers la transformation absolument automatique des engins de production en même temps qu’une démonstration de la simplicité des moyens mis en œuvre pour résoudre les opérations mécaniques les plus délicates.
- Afin de préciser le rôle du métier Northrop, nous extrairons les passages
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- PERFECTIONNEMENTS AU MÉTIER NORTHROP.
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- suivants d’une lettre publiée dans le Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, et écrite par M. Lacey, de la « Montreal Cotton Company », qui, sur 5 000 métiers à tisser, occupe environ 1 200 métiers Northrop :
- « Le métier Northrop est, à mon avis, un succès, mais seulement dans les pays où les ouvriers ne s’opposent pas à conduire plus de métiers que lorsqu’ils travaillent à des métiers ordinaires.
- « Où l’on désire des tissus fins et parfaits, le métier Northrop ne peut absolument pas être recommandé, parce que dans les localités où ces tissus sont fabriqués, les ouvriers tisseurs expérimentés ne manquent pas.
- « Les établissements faisant les genres ordinaires emploient généralement une classe inférieure de tisseurs et, dans ce cas, le métier automatique produira un travail égal ou supérieur, le métier s’arrêtant quand un fil de chaîne casse.
- « Ce métier, tissant de la trame n°s 3 à 16 mille mètres est un grand producteur ; nous avons chez nous, par exemple, de ces métiers tissant des toiles de 150 centimètres de largeur, employant des trames-déchets de coton nos 5 et 8, et ces métiers produisent autant de yards par jour sur uns^/métier que six métiers anglais genre ordinaire, et en employant des tisseurs ordinaires dans les deux cas.
- « Mon expérience est que, pour certains articles ou genres, seize métiers peuvent être conduits aussi facilement que six métiers ordinaires.
- « Dans deux genres d’articles, nos tisseurs, avec l’aide d’un jeune garçon, conduisent seize métiers Northrop aussi aisément qu’auparavant quatre ou six métiers anglais ordinaires tissant le même article, et produisent plus et en meilleure qualité. Les pièces défectueuses, pour défauts produits par des fils de chaîne cassés, n’ont jamais été moins nombreuses. Le métier s’arrête pour 95 p. 100 des bouts de fils de chaîne cassés. »
- D’après cette correspondance, le métier Northrop semble surtout réservé aux articles unis de grande consommation. A côté de lui vient de surgir un autre métier automatique, également d’invention américaine et destiné surtout au tissage des trames de couleur. Le métier Seaton, auquel nous faisons allusion, provoque, comme le premierà son apparition, le doute et les objections ; le mystère dont sont entourés les premiers essais, contribue encore à entretenir le scepticisme. Nous comptons, dans une prochaine note, signaler les particularités caractéristiques de ce nouveau métier.
- Edouard Simon.
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- PHYSIQUE
- les rayons X et la photographie, par M. P. Villard, docteur ès sciences (1).
- En 1839, sir John Herschell avait observé que les rayons les moins réfran-gibles du spectre peuvent détruire l’effet produit par les rayons chimiques sur une préparation photographique. M. Claudet a, quelques années plus tard, confirmé cette assertion (2) : il résulte, en effet, des expériences de ce physicien, qu’une plaque daguerrienne impressionnée par les rayons chimiques peut être ramenée à son état initial par une exposition suffisante à la lumière jaune ou rouge ; la surface sensible ainsi régénérée peut servir à nouveau et recevoir une image aussi bien que si elle n’avait subi aucune insolation.
- Cette action destructive exercée par les radiations les moins réfrangibles du spectre visible est en apparence contradictoire avec la propriété continuatrice, très marquée, que M. Ed. Becquerel a reconnue à ces mêmes rayons ; il est probable que nous sommes là en présence de deux effets distincts d’une cause unique ou de deux phases d’un même phénomène encore mal connu. A ce point de vue, il n’est peut-être pas sans intérêt de rapprocher les actions chimiques et les effets phosphorogéniques de la lumière. Dans l’un et l’autre cas, c’est presque toujours aux rayons bleus, violets, et ultra-violets qu’est dévolu le rôle de rayons excitateurs : les radiations qui impressionnent les sels d’argent ou provoquent la combinaison du chlore avec l’hydrogène sont aussi celles qui rendent phosphorescent le sulfure de zinc ou le verre d’urane : au contraire, les rayons jaunes, rouges ou infra-rouges font cesser la fluorescence comme ils détruisent l’impression photographique dans les expériences de M. Claudet. Toutefois, et ceci vient à l’appui de ce que je disais il y a un instant, un accroissement d’éclatprécède l’extinction du corps phosphorescent ; il semble que celle-ci ne soit que le terme final auquel conduirait l’action de la lumière jaune ou rouge, par suite d’une sorte d’effet continuateur comparable à celui dont il est question dans les recherches de M. Ed. Becquerel.
- Les expériences que je viens de rappeler établissent nettement l’existence d’une sorte d’antagonisme entre les actions exercées par deux groupes de rayons de longueurs d’onde moyennes suffisamment différentes. L’intérêt que présente
- (1) Conférence faite le 10 février 1899 devant la Société d’Encouragement.
- (2) Annales de Chimie et de Physique, 3e série, t. XXII (1848).
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- LES RAYONS X ET LA PHOTOGRAPHIE.
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- l’étude de ces phénomènes n’est pas discutable : rien ne saurait être plus propre à nous faire mieux connaître le mécanisme des actions photographiques et phos-phorogéniques. La découverte de M. Rontgen, en mettant à la disposition des physiciens des radiations nouvelles, profondément différenciées de celles que nous connaissions, vient ouvrir une voie nouvelle aux recherches entreprises dans cet ordre d’idée et étendre singulièrement le champ des investigations.
- Une expérience très simple montre le parti qu’on peut tirer à ce point de vue des radiations récemment découvertes. Un écran au platinocyanure de baryum exposé quelques minutes à l’action de rayons X intenses se modifie d’une manière durable : il brunit visiblement et semble comme roussi ; en même temps, ainsi que l’a observé M. Mac Intire, son pouvoir fluorescent s’affaiblit notablement. En présence de ce phénomène nouveau, j’ai cherché immédiatement si la lumière ne produirait pas un effet soit du même genre, soit au contraire inverse. L’expérience a démontré que l’écran modifié par les rayons X reste indéfiniment tel dans l’obscurité, mais qu’il est régénéré complètement par une exposition suffisante à la lumière ordinaire, et cette double transformation peut être reproduite autant de fois que l’on veut.
- Dans cette expérience, la lumière exerce sur le platinocyanure de baryum une action nettement destructive de l’impression produite par les rayons X ; le phénomène de l’antagonisme des deux radiations est tout à fait manifeste et se présente dans toute sa pureté ; mais, au point de vue pratique, il est évidemment plus intéressant d’étudier ce qui se passe avec les préparations photographiques; c’est ce dont il va être maintenant question.
- Voici une plaque sensible au gélatino-bromure d’argent enveloppée de papier noir : je la soumets pendant une vingtaine de secondes aux rayons X, puis, déchirant un coin de l’enveloppe de papier, j’expose une partie de la plaque à la lumière d’un bec Auer pendant une minute. Je développe ensuite par les procédés ordinaires et à l’abri d’une lumière trop vive : au bout de quelques instants, il est facile de constater que la région ayant subi les actions successives des rayons X et de la lumière reste blanche, tandis que le reste de la plaque est déjà complètement noir. Ici encore, les rayons lumineux ont détruit l’impression produite par les rayons X, et, bien que la sensibilité primitive n’ait pas été rétablie, l’antagonisme dont je parlais tout à l’heure est encore manifeste.
- Le cliché que je fais projeter maintenant représente (fig. 1) le résultat d’une expérience analogue, mais plus détaillée : la moitié supérieure de la plaque a été seule soumise aux rayons X. Au moyen d’un écran mobile, on a ensuite découvert les trois quarts de la surface sensible en présence d’un bec Auer, par bandes Successives, en commençant par la droite. A chaque bande, correspond un temps de pose qui, de gauche à droite, varie de 0 à 60 secondes. Sur la moitié inférieure du cliché, la lumière seule a agi en produisant l’effet ordinaire, c’est-à-dire
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- une impression dont l’intensité croît d’abord rapidement avec le temps de pose, puis diminue jusqu’au gris. Sur la moitié supérieure, au contraire, on observe simplement une destruction progressive de l’impression primitive, et cette destruction va jusqu’à donner du blanc pur ( l). Le phénomène n’est pas également net avec toutes les émulsions, mais le sens général en est toujours le même.
- L’expérience peut être faite sous une forme un peu différente : sur trois plaques semblables (fig. 2, 3, 4) des objets opaques ont été radiographiés à la manière ordinaire ; avant développement, les moitiés supérieures des plaques
- Fig. 1.
- ont été exposées à la lumière respectivement pendant 1, 5 et 50 secondes. Il est visible, surtout par comparaison avec la moitié inférieure, que, de la figure 2 à la figure 4, le fond va s’éclaircissant jusqu’au blanc. Mais, sous les objets radiographiés, le gélatino-bromure, n’ayant pas subi l’influence des rayons X, s’est comporté comme à l’ordinaire et a noirci de plus en plus par l’effet de l’insolation. Il en est résulté que le négatif primitif est devenu finalement un positif. La progression se voit mieux encore dans l’épreuve suivante (fig. 5) : une plaque sensible, enveloppée d’un papier noir sur lequel on avait disposé six lames de plomb égales, a été exposée aux rayons X. On a découvert ensuite la surface sensible devant un bec Auer, en procédant par
- (t) En raison des difficultés que présentait la reproduction par la photogravure, il n’a pas été possible de conserver intacts les blancs, et l’épreuve est beaucoup plus grise que le cliché.
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- rectangles successifs, et laissant intact le dernier sixième de la plaque pour servir de témoin. On a ainsi une série d’images correspondant à des temps de pose
- Fig. 2. Fig. 3. Fig. 4.
- variant de 0 à 60 secondes et représentant les stades successifs de la transformation du négatif (blanc sur fond noir) en positif. Il est visible, qu’à aucun
- Fig. 5.
- moment, la lumière n’a produit un effet continuateur appréciable; 1 action destructive seule s’est manifestée.
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- Une première question se pose immédiatement : celle de savoir quelles sont les radiations lumineuses actives dans ces expériences. Pour résoudre cette question, il suffit de recevoir un spectre continu sur une plaque préalablement rôntgenisée. À titre de comparaison, voici d’abord deux épreuves négatives ordinaires de spectres obtenues : la première (fig. 6) avec une plaque semblable
- Fig. 6.
- à celle dont je me suis servi pour les rayons X, la seconde (fig. 7) avec une plaque orthochromatique. Dans ces épreuves et les suivantes, l’échelle divisée occupe une place invariable par rapport aux couleurs et sert ainsi de repère ; son extrémité gauche est située au commencement de l’infra-rouge, l’autre est au milieu du bleu. La figure 8 représente le résultat obtenu avec une plaque dont la moitié supérieure avait été rôntgenisée. La durée de pose a été, à dessein,
- Fig. 7.
- très exagérée. Sur la moitié inférieure de l’épreuve, le spectre fortement solarisé se détache en gris seulement sur un fond très voilé; mais, malgré l’excès de pose, sa longueur est à peu près la même que sur la figure 6. Sur la région rôntgenisée, au contraire, le spectre se détache en blanc et s’étend jusqu’à l’extrême rouge.
- Toutes les radiations lumineuses possèdent donc la propriété de détruire l’impression produite par les rayons X. Il convient cependant de remarquer qu’il y a un maximum d’activité pour les rayons chimiques ordinaires, de la raie F à la raie G, ceux-là précisément qui ont donné l’épreuve de la figure 6. D’autre part, il y a un maximum d’action, peu sensible il est vrai, dans le vert. On peut
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- dire cependant que l’émulsion est devenue réellement panchromatique, et l’emploi d’un verre jaune suffirait pour obtenir un spectre sensiblement uniforme.
- Fig. 8.
- Avec certaines émulsions, on peut atteindre la longueur d’onde 950, qui correspond franchement à l’infra-rouge. C’est ainsi qu’ont été obtenus les spectres
- Fig. 9.
- des figures 9 et 10, dont le second représente le spectre|d’absorption d’un sel de didyme. On voit parles résultats, qu’avec l’aide] des rayons X, il est dès
- Fig. 10.
- maintenant possible de photographier des objets n’émettant que des radiations invisibles infra-rouges, par exemple des corps chauffés à une température inférieure au rouge. On peut également obtenir une image ou une silhouette d’un objet au travers d’un écran complètement opaque pour la lumière pro-
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- prement dite ; c’est en effet ce qui est réalisé dans l’épreuve suivante (fig. 11') :
- Fig. II.
- la partie supérieure de la plaque sensible a été préalablement rôntgenisée ; cette plaque ayant été ensuite enveloppée de trois feuilles de papier noir épais, une roue dentée en métal a été posée sur le papier à cheval sur la ligne de démarcation de la région impressionnée. Le tout a été exposé pendant deux heures à 0m,S0 d’un bec Auer.
- Au développement, on a obtenu l’épreuve (fig. 11) : sur la partie
- supérieure de la plaque, la silhouette de la roue dentée se détache en noir
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- sur le fond éclairci par les radiations qui ont traversé le papier. Les rayons chimiques ont d’ailleurs été complètement arrêtés, car il n’y a pas trace d’image sur partie inférieure de la plaque. L’emploi du spectroscope a permis de vérifier que les rayons capables d’agir ainsi au travers du papier noir appartiennent à l’infra-rouge.
- Il résulte de tout ce qui précède que l’impression produite par les rayons X sur le gélatino-bromure d’argent peut être effacée par l’action de la lumière. Si l’on tient compte du développement, une plaque sensible rontgenisée constitue l’équivalent d’un tableau noir sur lequel la lumière marque sa trace en blanc. Une telle plaque peut donc être utilisée pour faire de la photographie ordinaire, et donnera alors des images positives directes, puisque les blancs de l’épreuve correspondront aux clairs du modèle. Ce résultats’ob-tiendra non plus accidentellement, mais dans des conditions parfaitement définies et, par suite, avec les mêmes chances de succès que pour un négatif ordinaire. L’exposition aux rayons X ne constitue qu’une préparation préalable, toujours identique, de la surface sensible, et peut être faite plusieurs jours, et même un mois à l’avance. C’est ainsi que j’ai obtenu le paysage projeté en ce moment sur l’écran (fig. 12)etle portrait suivant (fig. 13). Ce dernier, bien qu’exempt de retouches, est meilleur que si j’avais employé
- Fig. H
- la méthode ordinaire, etcela tient évidemment à l’orthochromatisme de la plaque. L’épreuve serait même tout à fait conforme à l’image visuelle si j’avais mis un verre jaune devant l’objectif. Le seul défaut de cette méthode est de n être pas rapide, et le temps de pose doit être porté à 20 ou 30 secondes en plein air. Il ne faut pas oublier cependant que ces essais n’en sont qu’à leurs débuts.
- Malgré ce défaut de sensibilité, le procédé dont il s’agit peut dès maintenant rendre quelques services. Il permet de reproduire aisément un positif sur verre sans passer par le contre-type négatif. La durée de pose n’est plus un inconvénient et on a, au contraire, l’avantage de pouvoir développer dans un laboratoire éclairé par une lumière jaune assez forte, ou même par une bougie. Il convient seulement de se mettre à l'abri des rayons infra-rouges pendant l’opération de
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- la pose. Ces rayons traversent en effet sans difficulté les noirs du cliché à reproduire (1).
- Le contre-type positif ainsi obtenu par application] est symétrique du cliché primitif. Le résultat est donc le même que si on avait décollé et retourné la gélatine de celui-ci ; l’opération, nécessaire dans certains cas, du retournement est ainsi supprimée. La même remarque est applicable aux olichés faits directement à la chambre noire, par exemple au paysage de la figure 12.
- Fig. 14.
- L’emploi combiné de la lumière et des rayons X conduit encore à une autre application.il suffit en effet de se reporter aux figures 2,3,4 et 5 pour se convaincre qu’une radiographie ordinaire peut aisément être transformée en épreuve positive en l’exposant à la lumière avant le développement. L’expérience va être d’ailleurs faite devant vous : sur une plaque sensible enveloppée de papier noir, je dispose (fig. 14) des objets quelconques et je soumets le tout à l’action des
- (I) Cet inconvénient n’existe pas quand on photographie par exemple un paysage ou un monument; les ombres sont alors les parties les moins éclairées du modèle et, par suite, celles qui envoient le moins de rayons infra-rouges ou autres à l’objectif.
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- rayons X pendant 15 secondes, durée qui est tout à fait normale. Je retire ensuite la plaque de son enveloppe, et je l’expose pendant une minute à la lumière d’un becAuer. La transformation, déjà visible sans le secours du révélateur, est faite maintenant : là où les rayons X ont agi sans avoir d’obstacle à traverser, la lumière a détruit leur action, et le fond de l’épreuve sera par suite blanc. Sous les objets opaques aux rayons X, les rayons lumineux se sont comportés comme à l’ordinaire et donneront du noir au développement, ou du gris s’il y a surexposition : l’effet sera intermédiaire pour les demi-teintes.
- Le développement peut évidemment s’effectuer en pleine lumière, ce qui permet de suivre aisément l’opération qui va être faite dans cette salle même. Le révélateur que j’ai choisi pour cela est l’oxalate ferrreux, dont l’action est assez rapide. Quelques instants suffisent pour constater que l’image vient telle que je l’avais annoncé, et, dans un instant, je pourrai vous montrer par projection qu’elle n’est pas voilée. Si les temps de pose sont bien choisis, il est tout à fait indifférent que le développement se fasse en pleine lumière ou dans l’obscurité.
- Pendant que le fixage s’effectue, je puis mettre sous vos yeux une épreuve analogue, sur laquelle on peut vérifier que les demi-teintes sont parfaitement respectées.
- Il est évidemment impossible de prévoir dès maintenant tout le parti que la photographie pourra tirer des radiations nouvelles, mais il ne me paraît nullement douteux que l’étude des phénomènes d’inversion ne conduise àyles applications d’une réelle importance.
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- les plaques de blindaues, par M. L. Bâclé, ingénieur civil des mines (1)
- CHAPITRE PREMIER
- INTÉRÊT SCIENTIFIQUE DE LA FABRICATION DES CUIRASSEMENTS
- Envisagée au point de vue militaire, la question des cuirassements prend un intérêt tout particulier, en ce qu’elle se rattache à l’histoire la.plus lointaine de l’humanité; elle apparaît en effet comme la conséquence forcée de cet antagonisme éternel de l’attaque et de la défense, qui est aussi vieux que le monde.
- Dans cette lutte incessante, la défense revêt aujourd’hui un caractère nouveau par l’emploi des produits sidérurgiques; car c’est à la métallurgie, en effet, qu’elle envient à demander ses moyens de protection, comme l’attaque le faisait depuis longtemps pour ses engins offensifs.
- Pendant que l’artilleur s’efforce d’obtenir un canon plus léger, tout en étant plus puissant, un projectile de plus en plus dur, susceptible de supporter sans rupture une énergie de choc continuellement croissante, l’officier du génie et l’ingénieur des constructions navales recourent de leur côté à l’emploi des cuirasses métalliques, et s’attachent à leur donner en même temps toute la résistance dont elles sont susceptibles, tant par l’augmentation de l’épaisseur poussée jusqu’aux limites extrêmes, que par une meilleure répartition du métal, l'étude plus savante des formes, et surtout l’emploi de nuances d’acier de plus en plus dures.
- C’est ainsi précisément que l’histoire actuelle de la métallurgie vient se rattacher maintenant de façon étroite à l’histoire militaire, dont elle constitue un chapitre contemporain, dont elle est l’étape présente.
- Nous n’avons pas à étudier ici les cuirassements au point de vue militaire, mais uniquement à celui de la fabrication industrielle, et, à cet égard, il convient de remarquer tout d’abord que cette question prend aujourd’hui en métallurgie un intérêt beaucoup plus général que celui qui, au premier abord, paraît s’attacher à l’obtention d’un produit particulier d’importance relative très restreinte, si on la mesure seulement d’après le tonnage qu’elle représente.
- (1) Conférence du 28 avril 1899.
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- LES PLAQUES DE BLINDAGES.
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- Nos usines françaises ne préparent guère, en effet, dans leurs années les plus chargées, qu’un tonnage annuel de 12 à 15 000 tonnes environ de cuirassements, et si on songe que la production annuelle d’acier forgé atteint chez nous un million de tonnes environ, on pourrait conclure de ce premier rapprochement que cette fabrication limitée ne touche en réalité que certains spécialistes.
- Une pareille appréciation serait loin d’être exacte, car elle ne tiendrait nul compte de la qualité de ces produits, laquelle vient modifier complètement les termes de cette comparaison.
- Observons en effet que les blindages pour cuirassements doivent répondre à des exigences particulières, pour lesquelles on demande au métal de réunir à la fois toutes les qualités dont il est susceptible : le produit obtenu doit être résistant et tenace, de façon à pouvoir supporter sans être traversé les chocs les plus énergiques; il doit être en outre exempt de fragilité pour éviter les ruptures, assez malléable pour pouvoir s’adapter aux formes irrégulières et compliquées qu’il est destiné à revêtir, et en même temps cependant, il doit présenter une dureté superficielle complète'et absolue, de façon à pouvoir déterminer si possible la rupture du projectile d'attaque avant que celui-ci ait pu seulement l’entamer.
- Ce n’est pas tout encore, car ces produits, qui doivent être à la fois malléables et résistants, durs et tenaces, exempts de fragilité, qui doivent en un mot présenter une série de qualités contradictoires, toutes également nécessaires, doivent en outre posséder une autre qualité non moins essentielle d’homogénéité, sans laquelle toutes les autres se trouveraient compromises, et cette qualité est d’autant plus difficile à réaliser qu’il s’agit de lourdes masses dont les poids individuels dépassent de beaucoup ceux que peut traiter la métallurgie courante.
- Nous rencontrons fréquemment en effet des pièces finies pesant 25 000, 30 000 kilogrammes et au-dessus, dont la préparation a exigé parfois des lingots individuels allant jusqu’à 100 000 ou même 120 000 kilogrammes.
- La manutention et l’élaboration de ces lourdes masses exigent évidemment un outillage tout spécial, en même temps que la conduite même du travail de forge demande aussi des précautionstoutes particulières.
- 11 faut en effet assurer toujours l’équilibre de température des masses traitées, prévenir en un mot la formation de ces tensions intérieures susceptibles de provoquer ensuite la rupture spontanée du produit fini.
- Cette énumération sommaire permet déjà d’apprécier toutes les difficultés inhérentes au travail de préparation des plaques de cuirassement, et on voit im-diatement s’affirmer ces deux conditions primordiales qui s’imposent dans ces fabrications spéciales : disposer d’abord d’un outillage assez puissant, savoir en outre produire et élaborer les métaux de choix, les alliages de composition appropriée qui seuls sont susceptibles de répondre aux conditions imposées.
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- C’est ainsi, d’une part, pour ce qui concerne l’outillage, que nos grandes usines se sont constituées par une sorte de transformation continue, chaque jour apportant un engin nouveau plus puissant que celui de la veille parmi ces appareils énormes qui sont devenus les auxiliaires indispensables de nos forgerons modernes.
- Le four où s’opère la fusion de ces gros lingots, les moules qui les reçoivent, le laminoir qui les étire, le pilon ou la presse qui les façonnent ou les ébauchent, les grues qui les manutentionnent, les bacs qui servent à les tremper, les fours qui les recuisent, et, plus tard, dans l’atelier de finissage, les machines à raboter, à tourner, à découper, à cisailler, qui donnent à la pièce ébauchée sa forme définitive, tous ces outils en un mot, jusqu’aux véhicules qui vont servir au transport, ont dû s’agrandir et se renforcer continuellement pour pouvoir aborder utilement ces lourdes masses auxquelles la métallurgie d’il y a trente ans n’aurait jamais pu songer; et on voit par là que cette fabrication des produits militaires a été le point de départ de ces transformations des appareils, et la raison d’être de ces installations si puissantes qu’on rencontre aujourd’hui dans nos grandes usines.
- En dehors du développement ainsi donné à l’outillage, les forges productrices ont dû se livrer à des recherches incessantes pour obtenir des métaux de plus en plus résistants, et c’est ainsi qu’elles se sont trouvées amenées à aborder l’étude savante du métal, à scruter sa composition intime, à déterminer les causes diverses qui peuvent en modifier les propriétés, à discuter scientifiquement, en un mot, le travail d’élaboration dans toutes ses phases, de manière à fournir ainsi l’explication de ces incidents de fabrication, de ces tours de main restés inexpliqués jusque-là qui faisaient le désespoir ou l’orgueil du forgeron.
- Nos forges sont devenues de véritables laboratoires où on examine minutieusement l’influence si caractéristique, et parfois prédominante pourtant, des éléments étrangers entrant dans la composition de l’acier, malgré leur proportion souvent infinitésimale.
- C’est dans les usines du Creusot, par exemple, que s’est élaborée cette belle théorie cellulaire due à MM. Osmond et Werth qui a suscité, on peut le dire, la plupart des découvertes auxquelles nous assistons maintenant.
- Nous n’avons pas à insister ici sur ces études nouvelles dont un grand nombre ont été effectuées sous les auspices de notre Société et ont fait l’objet de savantes communications qui enrichissent nos bulletins. Mentionnons seulement tous ces travaux auxquels se rattache d’abord le nom de M. Osmond, puis ceux de MM. Le Chatelier, Charpy, Werth, Guillemin, etc., comme l’étude de la recalescence et des points critiques de l’acier, celle de l’influence de la trempe, la création de la raétallographie microscopique, l’étude des alliages divers du bronze, de l’acier au chrome et au nickel, etc.
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- Toutes ces recherches ont été provoquées le plus souvent en dehors de celles qui sont dues à l’initiative de notre Société, par les besoins des fabrications militaires.
- Ajoutons qu’elles ont amené en outre des progrès sensibles dans toutes les branches de la métallurgie, et on peut dire par suite que ces dépenses militaires, poursuivies à grandsTrais d’études minutieuses et avec un outillage exceptionnel, n’ont pas été infécondes puisqu’elles ont amélioré en même temps la qualité des produits purement commerciaux, et dès lors, tous les consommateurs tributaires de la métallurgie comme les chemins de fer, ou même le public tout entier, en ont ressenti indirectement la bienfaisante influence.
- Les cuirassements métalliques ont rencontré spécialement leur application dans les blindages servant au revêtement des navires de guerre, et c’est à eux surtout que nous devrons nous attacher, car l’emploi qui en a été fait aux fortifications de terre conserve un caractère exceptionnel et n’a pas, à beaucoup près, la même importance.
- Le présent travail sera donc consacré surtout aux blindages de navires, car ce sont les besoins des constructions navales qui ont provoqué la plupart des progrès et des transformations que nous aurons à constater dans la fabrication; toutefois, comme les propriétés requises de ces blindages sont loin d’être identiques à celles des cuirassements de forteresse pour ouvrages fixes ou mobiles, nous consacrerons à ceux-ci un chapitre spécial dans lequel no.us signalerons ces différences et nous montrerons en même temps, d’après les résultats des diverses épreuves dont ils ont été l’objet, quelles sont les qualités.à rechercher sur les métaux soumis à cette application.
- En ce qui concerne les blindages de navires auxquels nous nous attachons plus spécialement, nous donnerons d’abord aux chapitres II et III une sorte de résumé historique exposant le développement continuel apporté aux cuirassements, lequel a entraîné par là même l’accroissement incessant de l’outillage industriel appliqué à cette fabrication en même temps que la création des types nouveaux de métaux de qualités toujours mieux appropriées.
- Dans le chapitre IV, nous étudierons les principales formules de perforation dont l’emploi nous permettra de faire la comparaison autorisée des résultats des divers essais de tir, lors même que les conditions d’exécution de ces essais ne seront pas identiques.
- Nous examinerons ensuite au chapitre V les principales conditions d’épreuve appliquées par les diverses marines pour la réception des blindages, en observant que le rapprochement de ces conditions fournit un élément capital pour l’appréciation comparative des résultats obtenus dans les essais pratiqués tant en France qu’à l’étranger, de même que pour celle de la oualité des produits employés dans chaque pays.
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- Dans les trois chapitres suivants, VI, VII et VIII, nous rappellerons les résultats des principaux tirs comparatifs exécutés sur les différents types de blindages, depuis qu’on a reconnu la nécessité de remplacer le fer laminé par des métaux nouveaux plus résistants.
- Dans les deux chapitres IX et X qui termineront la partie consacrée aux blindages de navires, nous étudions d’abord plus spécialement les essais d’aciers durs pour masques d’affût qui sont éprouvés sans appui à l’arrière à la différence des autres cuirassements, puis nous examinons enfin certains tirs exécutés avec les obus coiffés que nous ne pouvions pas écarter de cette étude. Ces tirs ont modifié, en effet, en ce qui concerne les blindages cémentés, les appréciations résultant des tirs antérieurement mentionnés dans lesquels les obus ordinaires non coiffés étaient les seuls employés.
- Le chapitre XI est consacré, comme nous le disions plus haut, aux cuirassements métalliques appliqués dans les forteresses de terre et nous y rappelons les principaux essais pratiqués sur ce type d’ouvrages.
- Dans Je chapitre XII, qui forme la conclusion de cette étude, nous montrons toute l’importance des progrès qu’a réalisés et des transformations qu’a subies depuis ces trente dernières années la fabrication des blindages, en faisant ressortir l’accroissement de protection apporté par les métaux actuels rapprochés de l’ancien fer laminé.
- CHAPITRE II
- APERÇU HISTORIQUE DE INAPPLICATION DES CUIRASSEMENTS MÉTALLIQUES
- SUR LES NAVIRES
- L’application des cuirassements métalliques pour le revêtement des navires de guerre ne remonte guère qu’à un demi-siècle environ, et si, pendant cette période relativement courte, l’industrie de la fabrication des blindages s’est déjà constitué une histoire caractérisée par les transformations complètes qu’elle a subies à plusieurs reprises, le cuirassement n’en conserve pas moins son caractère d’invention moderne indirectement provoquée par les progrès récents du matériel d’artillerie.
- Ce n’est pas que l’idée elle-même soit absolument nouvelle et qu’on ne puisse trouver dans l’histoire antique quelques exemples de l’application d’un revêtement métallique sur des navires de guerre. Ce revêtement présentait en effet l’avantage indirect de préserver la paroi en bois du navire contre l’action des projectiles incendiaires, et d’autre part il contribuait à en augmenter la résistance mécanique contre les divers engins de destruction qu’on employait alors
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- pour l’attaque. On comprend donc immédiatement que les anciens aient eu l’idée de recourir aux tôles de revêtement dès qu’ils ont su les fabriquer avec des dimensions un peu importantes. Strabon raconte par exemple, en parlant de la troisième guerre punique, que les Carthaginois faisaient usage de vaisseaux cuirassés dont il évalue le nombre à 300. Plus tard, au xne siècle, des navigateurs belliqueux, comme les Normands, arrivaient également à blinder certaines parties de leurs navires, et cet exemple fut imité ensuite par les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem qui armaient des caraques blindées pour le siège de Tunis et aussi par les Vénitiens à l’époque d’André Doria, au xvi° siècle.
- On pourrait même citer, dit M. Weyl, les batteries flottantes du chevalier d’Arçon construites en 1780 pour servir au siège de Gibraltar, et dont les borda ges étaient renforcés au moyen de barres de fer afin d’arrêter les projectiles ronds et pleins, les seuls en usage à cette époque.
- Il faut observer toutefois que ces premières applications étaient restées en quelque sorte à l’état de simples curiosités exceptionnelles, et on n’aurait jamais songé à revêtir les navires de ces lourds cuirassements qui leur enlèvent une partie de leurs qualités nautiques si les progrès effectués par l’artillerie dans la première moitié de ce siècle n’étaient venus en montrer la nécessité.
- L’invention de l’obus explosif, due au général Paixhans, eut une influence décisive à ce point de vue, car ces projectiles, dont l’éclatement se produisait seulement à l’instant du choc, apportaient sur le navire attaqué un engin d’incendie et de destruction singulièrement efficace. Les navires allaient donc se trouver placés, comme le prévoyait déjà Paixhans dès 1822, dans la nécessité de se barder de fer pour résister à cet effet destructeur. Cette prédiction n’aurait pu guère se réaliser toutefois avec la marine à voiles, dont la puissance d’action était trop limitée pour qu’elle pût admettre un revêtement métallique un peu lourd, mais l’expansion que prenait en même temps l’application de la vapeur, donna au contraire le moyen de réaliser l’application des cuirassements qui autrement n’aurait jamais pu pénétrer dans la pratique, et celle-ci, à son tour, par un enchaînement des plus curieux, vint exercer son influence sur les principes de construction et d’aménagement des navires de guerre et même sur la tactique navale qu’elle transforma complètement.
- On peut observer à cet égard que l’histoire des constructions navales au cours de ces cinquante dernières années est intimement liée à celle de l’application des blindages, laquelle dépend elle-même des progrès industriels réalisés dans cette fabrication, et de leur côté, ces progrès étaient inspirés, le plus souvent, comme nous le disions en commençant, par la nécessité de répondre à ceux que l’artillerie d’attaque réalisait d’autre part.
- Il nous est impossible de donner ici un résumé même rapide de l’histoire des constructions navales au cours de cette période; nous mentionnerons seule-
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- ment et nous représentons 4igure 1 les types caractéristiques des principaux navires qu’elle a vu construire, de façon à faire ressortir l’importance continuellement croissante donnée au cuirassement dont ils étaient munis.
- Lorsque l’éminent ingénieur Dupuy de Lôme arrêtait les plans du vaisseau à hélices le Napoléon, l’un des plus beaux spécimens de l’art naval que l’on connaisse, il s’était déjà préoccupé de le protéger contre les ravages des obus explosifs qui ne se bornaient plus seulement à faire brèche dans les parois comme les anciens boulets ronds, mais qui pouvaient en même temps venir éclater dans les batteries pour y semer la mort ou l’incendie. Toutefois cette idée qu’il émettait déjà en 1845 ne put être réalisée que vingt ans après, en 1854, sous l’empire des nécessités militaires résultant de la guerre de Crimée.
- Ap rès quelques expériences préliminaires effectuées au polygone de Vin-cennes, la Marine décida, sur l’intervention personnelle de l’empereur Napoléon III, la construction de cinq batteries flottantes munies d’un cuirassement métallique de 11 centimètres d’épaisseur, la Dévastation, la Tonnante, la Lave, la Foudroyante, et le Congrève. Les trois premières batteries effectuèrent, à la date du 17 octobre 1855, le bombardement de Kinburn avec un succès qui fut très remarqué tant en France qu’à l’étranger.
- En présence de ce résultat, la Marine décida la construction d’une véritable frégate munie également d’un revêtement métallique suffisant pour la rendre invulnérable sans lui enlever cependant ses qualités nautiques.
- La Gloire fut mise en chantiers en 1858 dans le port de Toulon : elle avait 76m,80 de longueur et déplaçait 5 618 tonneaux.
- Son armement comprenait d’abord 36 canons rayés de 16 centimètres, mais plus tard, on y substitua 6 canons de 24 centimètres et 4 canons de 19 centimètres. La cuirasse dont elle était revêtue avait 0m,10 d’épaisseur. Cette frégate qui ouvre ainsi la série des navires cuirassés était construite en bois, de sorte qu’elle n’eut qu’une durée relativement courte, comme ce fut le cas d’ailleurs pour un grand nombre de navires construits par la suite dans les mêmes conditions.
- Peu de temps après, on mit en chantier la Couronne, d’un type peu différent de la Gloire, et qui fut la première frégate en fer munie de blindages métalliques. Sa cuirasse avait 0m,10 d’épaisseur à la ceinture et 0n,,08 à la flottaison.
- Après ce souvenir accordé aux vétérans des navires cuirassés, nous ne poursuivrons pas cette énumération qui comprendrait du reste toute la flotte de guerre construite depuis cette date; nous dirons seulement que l’exemple ainsi donné par la France fut suivi immédiatement par les marines étrangères et spécialement par l’Angleterre qui s’attacha même à nous devancer dans cette voie.
- En ce qui concerne les blindages, l’impulsion se trouvait donc définitivement acquise, et les rivalités nationales, en même temps que les progrès incessants
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- réalisés d’autre part par le matériel d’artillerie, amenèrent à augmenter graduellement l’épaisseur et les dimensions des plaques employées.
- La Flandre, dont les dessins furent arrêtés en 1861, a déjà une cuirasse de 0m,15 à la flottaison et de Om,ll à la partie immergée, et cette épaisseur fut con-
- ---Décantation
- —,Amiral-l)upené,
- — Amiral-Damlin.
- — Hocha.
- — Indomptable.
- t’ig* L — Schémas des principaux types de navires cuirassés construits en France de 1858 à 1886.
- servée sur les vaisseaux contemporains de la même série ainsi que sur le Magenta et le Solférino.
- En 1865, on réalisa encore une nouvelle augmentation; les blindages des navires du groupe Océan reçurent une épaisseur de 0m,200 à la flottaison, et descendirent à une profondeur de 2 mètres au-dessous du niveau de l'eau.
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- Nous mentionnerons ensuite le Richelieu pour lequel l’épaisseur du cuirassement fut portée à 0m,22, puis le Redoutable qui atteignit 0m,35.
- Le pont de ce navire fut revêtu également d’un blindage en fer de 0m,06 protégeant ainsi la machinerie et toutes les œuvres vives.
- Avec la Dévastation et le Courbet construits en 1872, on adopla l’épaisseur de 0m,38, et enfin, avec YAmiral-Duperré construit en 1881, qui fut l’un des derniers navires munis d’une cuirasse de ceinture en fer puddlé, on atteignit le chiffre maximum de 0m,55 qui n’a jamais été dépassé depuis.
- On reconnut en effet qu’il était impossible d’aller au delà sans donner à la ceinture un poids exagéré, et on estima donc, avec juste raison, qu’il fallait s’attacher de préférence à augmenter la dureté du métal pour prévenir la pénétration des projectiles offensifs et en amener la rupture. On renonça donc désormais à l’emploi du fer pour les cuirassements exposés au tir direct; aussi les 4 derniers navires dont les schémas sont représentés figure 1, et qui furent construits de 1882 à 1889, Y Amiral-Baudin, le Hoche, le Furieux et Y Indomptable ont-ils leurs cuirasses de ceinture exécutées en métal mixte ou en acier.
- DÉVELOPPEMENT ET TRANSFORMATION DE L’OUTILLAGE DE FABRICATION DES BLINDAGES
- L’accroissement continuel qu’a subi [l’épaisseur du cuirassement a obligé l’industrie à créer des outils toujours plus puissants pour assurer l’élaboration de ces plaques. On a reconnu en effet, comme nous le dirons plus loin, que la superposition de deux plaques minces assemblées, suivant l’expression habituelle en sandwich, était loin de donfier une résistance aussi forte qu’une plaque d’épaisseur double, de sorte que, à poids égal, une plaque unique assure une protection bien supérieure à celle que donne l’assemblage de plusieurs plaques minces, et il y avait donc un avantage indiscutable à augmenter l’épaisseur et les dimensions des plaques employées.
- Une pareille constatation mettait les usines dans l’obligation de modifier leur outillage, et c’est ainsi que nous voyons la puissance et les dimensions des outils aller toujours en augmentant avec celles de's pièces qu’ils devaient préparer : en 1860, le pilon de 25 tonnes installé par MM. Marrel frères, dans leur usine do Rive-de-Gier, était encore le plus puissant de tous; mais depuis lors, on est arrivé à créer des pilons de 50, puis de 90 et 100 tonnes comme le grand pilon du Creusot représenté figure 2, et celui-ci s’est trouvé dépassé à son tour par celui de MM. Marrel qui atteint aussi le poids de 100 tonnes, mais avec une hauteur de chute supérieure, portée à six mètres.
- Ce pilon dont nous représentons diverses vues sur les figures 3 à 6, n’a pas moins de 18 mètres de hauteur, et il dépasse, comme l’indiquent les figures 4 et 5, la
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- hauteur de la toiture de la grande halle de l’usine au’il a fallu rehausser pour le recevoir.
- La chabotte, exécutée en blocs de fonte ajustés et assemblés, représente un poids de 760,000 kilogrammes. Les jambages du pilon ont 10m, 800 de hauteur, ils sont entretoisés par de fortes plaques couvre-joints et’reliés au sommet par
- Fig. 2, — Vue du pilon de 100 tonnes avec les grues de manœuvres de 100 et 160 tonnes qui le desservent, aux usines du Creusot.
- un entablement en fer sur lequel est placée la boîte à vapeur que surmonte le cylindre; celui-ci a 2 mètres de diamètre.
- Ce pilon est desservi d’un côté par deux grues à col de cygne dont l’une atteint une force de 180 tonnes et constitue le plus puissant appareil de levage construit jusqu’à ce jour. Du côté opposé, le service du pilon est assuré par un pont roulant à vapeur de 120 tonnes se déplaçant sur une ligne de poutrelles espacées de 15m,400.
- On rencontre aussi actuellement dans les forges des presses hydrauliques Tome IV. — 98e année. 5e série. — Novembre 1899. 100
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- de grande puissance atteignant 2 000 à 4 000 tonnes et au-dessus, qui viennent lutter désormais avec les grands pilons. Ces presses ont servi d’abord au gaba-riage des blindages; car, en se combinant avec l’emploi des matrices, elles permettent de réaliser plus facilement les formes désirées que par l’emploi du pilon. La presse est venue ensuite s’adjoindre au pilon pour le forgeage, et même elle a réussi, dans certains cas, à supplanter cet outil qui semblait cependant l’engin nécessaire et imposé pour ce travail.
- Nous représentons figure 7 la vue d’une partie de l’atelier de forgeage de
- MM. Cammell et Cie de Sheffield, montrant la grande presse à forger, et figure 8, celle de la presse Davy de 4 000 tonnes des Aciéries de Saint-Chamond.
- Le pilon qui était en quelque sorte l’ouvrier
- géant dominant tous les autres engins de sa
- haute stature et de sa lourde masse, était en
- même temps la vie de l’usine qu’il animait de
- ses chocs retentissants; il a dû alors céder la
- place à la presse qui est l’outil silencieux et
- passif en apparence, mais dont l’effort caché
- n’est pas moins efficace.
- On a reconnu en effet que l’action exercée
- avec la presse se transmettait au centre même
- de la masse traitée et donnait ainsi un forgeage
- plus intime, peut-être même plus homogène
- que celui du pilon ; elle surpasse en outre cet
- engin au point de vue de la rapidité du travail.
- Avec le pilon, au contraire, on obtient une
- Fig. 3. — Diagramme du grand pilon action limitée seulement aux couches super-
- de îoo tonnes des usines de MM. Mar- ficielles qu’elle a pour effet de durcir. C’est là rel frères, aux Étaings, près Rive-de- . . .
- Gier du reste un résultat qui présente aussi dans
- certains cas de réels avantages, et malgré le développement que la presse tend à prendre, le pilon conserve encore sa place marquée dans nos grandes forges et il n’est pas à prévoir que celles-ci se dépouillent de sitôt de l’engin qui les a caractérisées jusqu’à présent.
- A côté de la presse et du pilon, nous devons citer aussi les grands laminoirs à blindages qui exigent actuellement des machines motrices de 1 000 chevaux de force et plus.
- L’usine de MM. Marrel possède aussi un laminoir représenté figure 9 dont les cylindres n’ont pas moins de 3ra,300 de longueur et lm,05 de diamètre. Celu de f usine de Montluçon-Saint-Jacques, dont l’une des cages a figuré à l’Expo-
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- ni iHr
- —)-
- Marteau-pilon des usines Marrel frères, aux Étaings, près de Rive-de-Gier. Diagramme
- Fig. 4 et 5.
- donnant la vue extérieure du grand pilon de 100 tonnes. Vue extérieure du grand pilon montrant en même temps les grues de manœuvre.
- Fig. 6. — Vue extérieure du grand pilon de 100 tonnes de MM. Marrel frères.
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- sition de 1889, possède des cylindres de même longueur et de 1 mètre de diamètre, il atteint une levée de 2 mètres (fig. 10).
- Ce laminoir présente en outre une disposition des plus ingénieuses pour assurer le parallélisme des rallonges, malgré les variations d’écartement des cylindres déterminées par les changements d’épaisseur des plaques à laminer.
- La cage principale porte à cet effet deux pignons satellites S, S' (fig. lia 16^
- Fig. 7. — Vue d’une partie de l’atelier de forgeage de MM. Cammell et Gie, à Sheffield.
- qui assurent la transmission du mouvement entre les pignons P, P' des deux cylindres C G', quelle que soit la position du cylindre mobile.
- Après les outils de forgeage, nous mentionnerons les engins de manœuvre, comme les grues et les ponts roulants, dont la puissance est allée aussi continuellement en augmentant, et on rencontre aujourd’hui en effet de nombreux exemples d’appareils permettant de soulever ou de transporter des masses individuelles de poids atteignant souvent 100 000 ou même 150 000 kilogrammes.
- Nous avons du reste signalé précédemment la grue de 180 000 kilogrammes du pilon de 100 tonnes de MM. Marrel.
- Les plus nouveaux parmi ces engins sont généralement actionnés par des
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- moteurs électriques, et nous voyons là encore que l’électricité, qui tend désormais à prendre possession des ateliers de finissage pour la commande des machines-outils de toute nature, a su en meme temps s’assurer une place des plus importantes dans ces ateliers de forgeage pour lesquels son emploi paraissait moins indiqué au premier abord.
- Nous représentons figure 17 la vue de l’atelier de tournage des canons de MM. Marrell frères, figure 18, le pont électrique de 150 tonnes qui dessert la fosse de coulée aux aciéries du Creusot, et figure 19, le pont électrique de 60 tonnes qui dessert l’atelier de montage des tourelles aux aciéries de Saint-Chamond.
- 'r.L
- En même temps que la puissance de l’outillage s’est accrue, la perfection du travail est allée aussi en augmentant; sous leurs formes solides et robustes les outils actuels peuvent arriver cependant à exécuter des travaux très délicats exigeant une grande précision.
- C’est ainsi que le laminoir permet aujourd’hui d’obtenir des blindages de section pentagonale ayant une épaisseur constante dans la partie dépassant la flottaison pour aller ensuite en diminuant graduellement à mesure de l’approfondissement sous l’eau.
- La presse est l’outil de précision par excellence du gabariage, elle permet d’obtenir avec ses matrices ces formes si compliquées impossibles à définir géométriquement qui sont nécessaires pour assurer le parfait appui du blindage sur la paroi qui doit le recevoir.
- Aujourd’hui en effet, dans la plupart des cas, cet appui est formé par un pla_ telage ou revêtement en tôles d’acier rigide et indéformable dont le blindage doit épouser exactement les formes, tandis que dans les modes de construction antérieurs, on interposait une couche intermédiaire en bois qu’il était facile de façonner pour assurer l’adaptation exacte. U en résulte que le finissage des blindages est soumis actuellement à des exigences beaucoup plus impérieuses, lesquelles ont réagi sur la construction des outils employés à ce travail, et on peut dire que ceux-ci sont devenus dans une certaine mesure des machines de précision en même temps que s’accroissait leur puissance. La construction de
- Fig.
- - Vue de la presse Davy de 4 000 tonnes des usines de Saint-Chamond.
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- ces appareils, si délicats sous leurs formes robustes, fait époque en quelque sorte dans l’histoire des machines-outils.
- Fig. 9. — Vue du grand laminoir des usines de MM. Marrel frères, servant à la préparation des grosses plaques de blindage.
- Fig. 10. — Vue du grand train de blindages de l’usine Saint-Jacques^à Montluçon.
- Les observations qui précèdent s’appliquent surtout au finissage des blindages en métal dur tels qu’on les prépare actuellement, et elles sont d’autant plus
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- frappantes qu’il s’agit d’un travail plus précis exécuté en même temps sur des pièces plus dures que l’outil ne peut plus entamer, comme c’est le cas actuellement pour le métal cémenté.
- Fig. 11.
- Fig. 12.
- Fig. 13.
- £ ] Position
- superieure|
- O Q
- 3 fco=iir
- Position inférieure
- AHong» horizontale
- Fig. 13,
- Fig. 16.
- Fig. 11 à 16. — Schémas montrant la disposition des cages avec pignons satellites du grand laminoir de l’usine Saint-Jacques, permettant de laminer toutes épaisseurs sans obliquité notable des rallonges.
- Fig. 17. — Vue de l’atelier de tournage des éléments de canons de MM. Marrel frères.
- Il faut observer en effet que les plaques cémentées ne peuvent plus être retouchées à l’outil après qu’elles sont trempées, et il faut nécessairement recourir
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- à la meule pour les ajuster et faire disparaître toutes les-irrégularités superficielles qu’elles peuvent présenter.
- Si on a besoin de pratiquer une saignée, de détacher un morceau ou de percer des trous du côté de la surface durcie, il faut recourir à des procédés particu-
- Fig. 20. — Vue de l’appareil Lemp appliqué au perçage d’un trou par recuit électrique
- sur une plaque cémentée.
- liers permettant d’effectuer le recuit local qui est indispensable pour permettre le travail de l’outil.
- Parmi ces procédés, l’un des plus généralement employés est fondé sur l’emploi d’un courant électrique transmis avec une intensité suffisante pour échauffer jusqu’au rouge le métal de la plaque sur le point à travailler.
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- Fig. 19. — Vue du pont roulant électrique de 60 tonnes qui dessert l’atelier de montage des tourelles à Saint-Chamond.
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- Nous reproduisons du reste dans la figure 20 une vue de la disposition d’un appareil de ce genre, type Lemp, installé sur une plaque cémentée pour le perçage des trous sur la surface durcie. Le courant est fourni par une machine dynamo spéciale munie d’un transformateur et il est amené sur le pointé recuire par les touches qu’on voit sur la figure.
- Cet appareil a permis d’écarter l’une des grosses difficultés pratiques qui s’opposent à l’emploi du métal cémenté, et il est aujourd’hui d’un usage général dans un grand nombre de chantiers de constructions.
- L’application de cette méthode de recuit constitue ainsi, comme on voit, un nouvel exemple particulièrement frappant de l’importance du rôle que prend aujourd’hui l’électricité dans les ateliers de finissage des blindages.
- CHAPITRE III
- APPLICATIONS SUCCESSIVES DES DIVERS TYPES DE MÉTAUX A LA PRÉPARATION DES BLINDAGES
- Préparation des blindages en fer. — Le fer ordinaire est resté, jusqu’en 1878 à 1880, le seul métal employé à la préparation des blindages ; et c’est seulement lorsqu’on a reconnu l’impossibilité d’augmenter encore l’épaisseur des cuirassements sans imposer au navire une surcharge excessive, qu’on s’est décidé à faire l’élude de métaux plus résistants.
- La fabrication des blindages en fer s’opérait en principe dans les conditions habituelles pour toutes les pièces en fer soudé, c’est-à dire qu’on obtenait d’abord des barres plates qui étaient ensuite découpées et assemblées en paquets, puis soudées à chaud au marteau-pilon.
- La préparation des blindages doit être entourée toutefois de soins tout particuliers pour assurer l’homogénéité des lourdes masses ainsi obtenues, et leur donner en même temps une ténacité exceptionnelle permettant de supporter les épreuves de tir. C’est ainsi que le métal employé est obtenu avec des fontes au bois de première qualité qui sont restées longtemps les seules appliquées à ce travail. De plus, après le forgeage, les plaques subissent des opérations spéciales de trempe et de recuit effectuées dans des conditions de température bien déterminées que l’expérience a montrées être indispensables pour assurer la malléabilité.
- Les plaques sorties planes du laminoir sont ensuite cintrées ou gabariées pour être amenées à la forme particulière résultant de la position qu’elles doivent occuper sur le navire.
- Cette opération est exécutée généralement à chaud soit au marteau-pilon,
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- soit à la presse, quelquefois même on opère à froid sur les plaques minces. Les premières plaques fabriquées en France étaient soudées au marteau-
- Fig. 21. — Vue d’une partie de la face avant.]
- Fig. 22. — Vue des deux impacts sur la face arrière de la plaque.
- Fig. 21 et 22. — Plaque de blindage en fer de MM. Marrel frères destinée à la tourelle bâbord du Duguesclin.
- pilon, mais on arriva bientôt, vers 1866, à l’emploi du laminoir dont l’action plus rapide permet en outre d’obtenir une homogénéité de qualité que le pilon n’assure jamais de façon aussi complète.
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- Essai des plaques en fer. — Les blindages en fer employés par la Marine française ont été soumis dans certains cas à des tirs de perforation pour déterminer leur résistance, et le lecteur en trouvera un exemple dans les figures 21 et 22, lesquelles représentent la plaque d’essai des tourelles du Redoutable livrée par MM. Marrel frères, et montrent en même temps l’aspect général des plaques de bonne qualité après ce tir.
- Ainsi qu’on le voit d’après ces figures, les projectiles étaient arrêtés et restaient engagés dans l’empreinte provoquée sur la plaque. Comme ils étaient
- Fig. 23. — Vue du carré d’attaque sur la face avant d’une plaque en fer de 0m,50 d’épaisseur
- livrée par MM. Marrel frères.
- eux-mêmes d’excellente qualité, ils ne se brisaient pas, mais ils ne provoquaient pas non plus sur la plaque la formation de fissures graves.
- En dehors de la résistance, la qualité principale qu’on recherche dans le fer puddlé est une grande malléabilité combinée avec une absence complète de fragilité.
- Depuis 1880, le fer puddlé n’est plus appliqué au revêtement des ceintures de navires, mais jusque vers 1891, il est resté employé exclusivement au cuirassement des ponts, car c’est là une application pour laquelle il est absolument indispensable d’éviter la production des fentes, puisque les venues d’eau qui en seraient la conséquence pourraient compromettre la sécurité. Le danger n’est pas le même pour les blindages de ceinture, car les flancs du navire sont tou-
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- jours munis de cloisons étanches, et c’est ce qui a permis d’employer dans ce cas un métal plus fragile.
- Cette propriété spéciale de malléabilité du fer est vérifiée par une épreuve de tir exécutée en France dans des conditions particulièrement rigoureuses.
- On tire dans une région déterminée de la plaque cinq coups presque tangents avec une vitesse représentant environ les deux tiers de la perforation.
- Les projectiles ne traversent pas, mais ils pénètrent assez profondément pour provoquer un emboutissage très marqué dans tout le carré d’attaque. La face
- Fig. 24. — Vue de Barrière du carré d’attaque de la plaque représentée figure 23.
- avant est fortement repoussée, quelquefois fissurée, la face arrière est gonflée et présente des bombements marqués derrière chaque impact.
- Si on observe en outre des déchirures circulaires et étoilées, on estime alors que le métal n’a pas la malléabilité suffisante, la trempe et le recuit n’ont pas été exécutés dans des conditions convenables, et en conséquence l’usine fournisseur doit procéder à un remaniement général, ou remplacer le lot incriminé.
- On voit dès lors toute l’importance des soins qu’exige cette fabrication pour donner le produit désiré, tenace et malléable exempt de toute tendance à la formation des fissures. Nous reproduisons, figures 23 et 24,1a vue sur la face avant et sur la face arrière du carré d’attaque d’une plaque en fer de 50 centimètres d’épaisseur livrée par MM. Marrel et ainsi éprouvée.
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- En réalité, le tir auquel les blindages de pont sont appelés à résister dans la pratique, s’écarte sensiblement de ce mode d’épreuve, c’est un tir oblique dans lequel les projectiles arrivent en rasant pour ainsi dire sous une incidence presque tangente, ils provoquent ainsi sur la plaque la formation de sillons allongés, et celle-ci doit pouvoir supporter cet emboutissage sans tissure. Comme il
- Fig. 25. — Vue de la face avant d’une plaque en fer de l’usine de Montluçon essayée en tir oblique.
- serait difficile toutefois de reproduire cette action en y apportant toute la précision nécessaire dans une épreuve de recette, on a conservé le tir normal, comme il vient d’être indiqué, mais en ayant soin de rapprocher suffisamment les coups pour pouvoir provoquer un emboutissage local très marqué, et l’expérience des essais a montré en fait que les plaques qui donnaient des résultats satisfaisants
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- dans cette épreuve, supportaient également le tir oblique dans de bonnes conditions.
- Il est intéressant de signaler à cette occasion un fait curieux qui témoigne bien de la supériorité que présentent les plaques en fer par rapport aux tôles ordinaires, grâce à ce traitement particulier de trempe et de recuit qu’elles ont subi et qui caractérise les blindages.
- En examinant la face avant de la plaque représentée fig. 25 qui est une plaque en fer de 38 millimètres d’épaisseur fixée sur deux tôles d’acier de 10 millimètres formant platelage et attaquée avec le canon de 65 millimètres, on voit
- Fig. 27. — Vue du carré d’attaque sur la face avant d’une plaque en métal extra-doux de l’usine de Montluçon, essayée en 1887.
- qu’elle a subi 4 tirs obliques sous des incidences croissantes allant de 20 à 27°; les deux premiers n’ont produit pour ainsi dire aucune fente, celui de 25°, 5 en a donné quelques-unes fort légères, celui de 27° a seul débouché le sillon en permettant le passage du projectile par un trou très net sans autres déchirures.
- Si on considère maintenant la face arrière fig. 26, qui donne l’aspect du platelage de revêtement, on reconnaîtra que les dégâts dont elle est affectée sont bien plus prononcés ; les fentes importantes apparaissent déjà sous le sillon résultant du tir à 25°; avec celui de 27° la déchirure est complète et fort grave, et cependant le platelage n’a pas été refoulé directement par les projectiles, mais les avaries ont été aggravées par son manque de malléabilité.
- Emploi du métal extra-doux. — Depuis quelques années, le fer puddlé n’est plus même employé à cette fabrication des blindages de pont qui était la seule pour laquelle son usage eût survécu.
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- Les forges en sont venues en effet à le remplacer là encore par le métal fondu, mais en employant la nuance extra-douce.
- La préparation du mêlai extra-doux, c’est-à-dire d’acier aussi exempt de carbone que possible, a été réalisée pour la première fois par l’usine de Montluçon qui en a fait figurer à l’Exposition de 1889 des spécimens alors entièrement nouveaux et particulièrement intéressants. Il faut considérer en effet que cette fabrication présentait de très grosses difficultés, car l’acier est un métal naturellement très fragile, et il est arrivé à plusieurs reprises, lors des premières
- Fig. 28. — Vue de la face arrière du carré d’attaque de la plaque en métal extra-doux
- représentée figure 27.
- expériences de tir effectuées, que le carré d’attaque était complètement défoncé au lieu de présenter l’emboutissage régulier et sans fente qu’il fallait réaliser.
- L’usine de Montluçon y est parvenue cependant à la suite de longues recherches par une étude minutieuse de tous les détails du traitement, ainsi que des opérations de trempe et de recuit, et c’est ainsi qu’elle a pu préparer un métal d’une homogénéité absolue, parfaitement exempt de fentes, qui possédait d’autre part une résistance un peu supérieure à celle du fer.
- En fait, lorsque le métal extra-doux ne donne pas des résultats excellents, il est presque toujours mauvais, et il justifie certainement, mieux encore que les autres nuances d’acier, cette réflexion humoristique qu’on a pu faire au début des essais entrepris pour l’application de l’acier à la fabrication des blindages. Ce métal peut être excellent, mais dans les mêmes conditions, que les bonnes
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- poires, il faut, se relever la nuit, pour les manger, voulant dire que le sifccès était compromis dès qu’on n’avait pas su atteindre une nuance exacte essentiel-
- Fig. 29. — Vue de la face avant d’une plaque en métal extra-doux de l’usine de Montluçon
- essayée en tir oblique.
- lement fugitive et presque insaisissable dans la composition du métal et dans tous les détails de la fabrication.
- Quoi qu’il en soit, les plaques en métal extra-doux présentées à l’Exposition
- Fig. 30. — Vue du platelage d’arrière de la plaque en métal extra-doux représentée ligure 29.
- de 1889 ont constitué une véritable révélation, et les spécimens reproduits figures 27 et 28 montrent en effet que les empreintes obtenues sur la face avant dans le tir d’épreuve présentaient une régularité parfaite, sans aucune fissure, comme si elles avaient été obtenues par l’action lente d’un outil. A l’arrière, les
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- bombements conservent la même régularité sans la moindre trace de fente, et l’aspect est certainement beaucoup plus satisfaisant que celui des anciennes plaques en fer puddlé, avec lesquelles on n’évitait jamais les fentes de façon aussi complète.
- Onalàen un motl’homogénéité absolue résultant du procédé de préparation de métal par voie de fusion, homogénéité qu’il est évidemment impossible d’atteindre au même degré avec le fer puddlé, puisque ce métal est obtenu par voie de soudure en agissant sur des barres toujours un peu hétérogènes. Comme ce métal
- extra-doux possède en outre une résistance un peu supérieure à celle du fer, il en résulte que les pénétrations résultant du tir sont moindres, ce qui contribue encore à améliorer l’aspect de la plaque.
- Au point de vue du tir oblique, les résultats obtenus étaient également fort satisfaisants, ainsi qu’on peut le reconnaître d’après l’examen des plaques présentées à l’Exposition de 1889.
- On y vit en effet (fîg. 29 et 30) une plaque en métal extra-doux essayée dans les mêmes conditions que la plaque en fer examinée précédemment, elle a supporté le tir de 6 projectiles qui ont tracé autant de sillons sur la face avant, et elle a été traversée seulement sous l’incidence de 37°,5, supérieure de 10° par con-Tome IV. — 98e année. 5° série. — Novembre 189 101
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- séquent à celle qui avait suffi pour déterminer la perforation de la plaque en fer.
- A l’arrière, les dégâts sont moindres sur les tôles d’appui, bien que ce plate-lage exécuté en tôles de qualité ordinaire n’ait certainement pas la même malléabilité que le blindage; mais celui-ci étant plus résistant a pu le soulager indirectement.
- Cette fabrication du métal extra-doux qui a été réalisée pour la première
- Fig. 32. — Vue de la face amère de la plaque représentée figure 31.
- fois à Montluçon n’est pas restée la spécialité exclusive de cette usine, et actuellement toutes les forges productrices de blindages préparent ce métal dans des conditions très satisfaisantes, ainsi qu’on en pourra juger d’après les spécimens reproduits figures 31 à 34, comprenant notamment une plaque d’épreuve de 70 millimètres d’épaisseur et une plaque de recette du pont du Suffren livrées toutes deux par MM. Marrel frères; on reconnaît immédiatement que les empreintes sur la face avant et les bossages sur la face arrière présentent aussi une régularité parfaite sans aucune fente.
- Citons encore que le Musée de la Marine au Louvre a reçu récemment un
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- fragment d’une plaque du Creusot de 50 millimètres d’épaisseur qui est également fort remarquable, car elle a supporté 9 coups absolument tangents et il ne paraît pas douteux qu’elle aurait pu en supporter davantage.
- Emploi de l'acier et du métal mixte en remplacement du fer. — Le fer est resté jusqu’en 1878 le seul métal employé au cuirassement des navires pour les ceintures et les tourelles aussi bien que pour les ponts, mais les progrès réalisés dans la préparation du matériel d’artillerie permettant d’obtenir des vitesses de plus en plus fortes capables d’entraîner la perforation des plus gros blindages
- Fig> 33. — Vue de la face avant du carré d’attaque de la plaque du pont du Su/fren présentée par MM. Marrel frères, et essayée le 20 mars 1899.
- ont fait sentir la nécessité de substituer au fer, dans la préparation des cuirassements autres que le pont un métal plus dur présentant plus de résistance à la perforation.
- L’emploi de l’acier, qui du reste tend à se substituer au fer dans la plupart des applications, était donc tout indiqué; mais la préparation du métal fondu en grandes masses, telles que l’exigent les plaques de blindages, présente déjà des difficultés considérables au point de vue mécanique, et elle conserve en outre dans la fabrication même un caractère aléatoire qu’on est arrivé à atténuer seulement à la longue avec des formules mieux étudiées ; on comprend donc immédiatement que les premiers essais entrepris dans cette voie par les usines
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- françaises, de 1877 à 1880, pour obtenir des blindage préparés exclusivement en acier martelé, laminé ou coulé, n’aient pas donné toujours des résultats favorables. Les produits obtenus présentaient en effet de grandes irrégularités, voire même des tendances à la rupture spontanée comme divers exemples l’ont prouvé, et enfin on réussissait difficilement à atteindre la nuance d’acier la plus convenable.
- Bref, l’emploi de l’acier permettait bien d’augmenter la résistance à la perforation, mais on ne savait pas éviter les fractures, et il arrivait le plus
- Fig. 34. — Vue de la face arrière du carré d’attaque de la plaque représentée figure 33.
- souvent que, dans l’essai de tir, les plaques se fendaient sous le choc et tombaient en morceaux.
- Il faut observer cependant 'que l’usine du Creusot, qui a pris l’initiative de cette fabrication de l’acier et en a poursuivi la mise au point avec une constance et une énergie des plus méritoires, avait pu réussir déjà à atténuer grandement ces défauts comme l’avaient montré les plaques si remarquables qu’elle avait envoyées dans divers essais internationaux, notamment aux épreuves comparatives effectuées en 1876 et en 1884 à la Spezzia en Italie.
- On se rendra bien compte de ce fait en examinant les figures 77 à 83 sur lesquelles nous reviendrons plus loin, qui reproduisent les vues photographiques
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- de trois plaques de provenances différentes éprouvées à la Spezzia en 1884.
- Deux de ces plaques étaient en métal mixte, l’une livrée par l’usine Cammell, la seconde par l’usine Brown, et la troisième en acier du Greusot.
- Nous n’insisterons pas ici sur ce tir dont nous donnons plus loin le compte rendu détaillé à côté de celui des épreuves comparatives les plus intéressantes effectuées sur ces divers métaux, nous dirons seulement ici que la plaque en acier y témoigna d’une supériorité marquée sur ses deux rivales.
- Après le tir du premier coup dans lequel les trois plaques éprouvées furent traversées, elle présenta seulement en effet quelques fentes et resta seule en état de supporter les quatre coups prévus au programme. Par contre, les plaques mixtes subirent des avaries fort graves, car la couverte d’acier se détacha en partie en laissant à nu le sommier en fer. Il fut impossible de prolonger le tir contre ces plaques au delà du deuxième coup ; la plaque Cammell se trouvait en effet complètement brisée; et la plaque Brown était pour ainsi dire absolument détruite, puisque le massif d’appui apparaissait déchiré et mis à nu.
- Le succès incontestable de la plaque du Creusot dans l’essai de la Spezzia détermina la Marine italienne à adopter désormais l’acier de façon exclusive dans la fabrication des cuirassements dont elle avait besoin.
- Il faut observer toutefois que ce métal dont la préparation est fort délicate comme nous le disions tout à l’heure, ne remporta pas toujours des succès aussi marqués, et certains essais comparatifs se terminèrent à l’avantage du métal mixte, sans qu’on ait pu constater toutefois en sa faveur la même supériorité de résistance que l’acier avait montrée à la Spezzia.
- Nous citerons comme exemple les tirs effectués à Ochta en Russie de 1882 à 1884 (fîg. 84 à 90), et spécialement ceux de 1890 (fig. 91 à 96), lesquels ont porté également sur deux plaques mixtes Cammell et Brown présentées en concurrence avec une plaque du Greusot et une plaque en acier de l’usine Yickers.
- Ces plaques avaient toutes 0m,254 d’épaisseur, elles furent attaquées avec le canon de 0,152 lançant cinq projectiles en acier Holtzer, dans des conditions que nous indiquerons aussi en détail au chapitre spécial consacré à ces essais comparatifs.
- La plaque Brown donna encore dans cet essai les résultats les moins satisfaisants, car elle se laissa traverser par les trois derniers coups, et elle présenta même quelques fentes à l’arrière.
- Les plaques en acier arrêtèrent les cinq projectiles, celle de Yickers donna seulement une pénétration plus forte, mais par contre celle du Creusot, un peu plus résistante, était fortement fendue.
- La plaque Cammell se montra cette fois nettement supérieure, car elle arrêta
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- les cinq projectiles sans présenter aucune fente, et elle supporta même le tir de trois autres coups comme l’indiquent les figures 93 à 96.
- Quoi qu’il en soit de ces vicissitudes inévitables dans les résultats des tirs comparatifs effectués à un moment où on ne connaissait pas encore aussi complètement qu’aujourd’hui cette fabrication, en 1882 la plupart des usines étaient restées encore particulièrement frappées des difficultés inhérentes au travail de l’acier, et elles avaient donc cherché la solution dans une voie autre que celle
- Fig. 35.
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- Fig. 37.
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- Fig. 38.
- Fig. 35 à 38. — Vue avant Fessai et après chacun des trois coups d’essai d’une plaque en acier livrée par Fusine du Creusot pour le Go ta et essayée en octobre 1888.
- du Creusot en adoptant le type de métal connu sous le nom de mixte ou cornpoimd.
- Tout en conservant les sommiers en fer pour donner de la consistance au blindage et prévenir la propagation des fentes dans toute l’épaisseur, elles s’attachèrent à les munir sur la surface avant d’un revêtement d’acier dur qui augmenterait ainsi la résistance à la perforation de l’ensemble, et déterminerait en même temps la rupture des projectiles offensifs.
- Le métal ainsi constitué fut fabriqué pour la première fois dans des conditions bien pratiques en Angleterre aux usines de Sheffield, suivant deux procédés légèrement différents.
- Ces procédés comportent tous deux à l’origine de la fabrication l’emploi du
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- sommier en fer puddlé dont il vient d’être parlé, mais ils se distinguent ensuite par la disposition de la couverte en acier.
- Dans l’un d’entre eux qui est dû à M. Wilson, directeur des usines Cammell,
- Fig. 39. — Vue après^l’essai d’une partie de la face avant de la plaque en métal mivte livrée par MM. Marrel frères pour la ceinture de Y Indomptable.
- cette couverte est obtenue en coulant directement le métal liquide sur le sommier en fer porté au rouge tandis que dans le second qui fut imaginé par M. Ellis,
- Fig. 40. — Vue d’une partie de la face arrière de la plaque mixte représentée figure 39.
- directeur des usines Brown, la couverte est constituée de deux métaux différents, comprenant une partie superficielle en acier laminé très dur, et une partie médiane réunissant cette couverte au sommier par la coulée directe du métal liquide. Dans les deux cas, la masse ainsi obtenue est passée au laminoir et
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- énergiquement corroyée pour assurer la soudure intime de la partie coulée avec le sommier ou la couverte superficielle.
- Le procédé Wilson fut adopté en France par les trois usines de Saint-Cha-
- Fig. 41 — Vue de la face avant après le tir du premier coup, de la plaque en métal mixte livrée par MM. Marre! frères pour la ceinture du Bouvines, et essayée en 1891.
- Fig. 42. — Plaque de ceinture du Bouvines. Vue après le second coup.
- mond, Rive-de-Gier et Montluçon, tandis que l’usine du Creusot poursuivait seule la fabrication de l’acier. La Marine française décida donc d’appliquer indifféremment les deux métaux qui devaient répondre dans ses cahiers des charges à des conditions de recette presque identiques.
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- Les figures reproduites sous les nos 35 à 46 sont des photographies donnant l’aspect après le tir de diverses plaques en acier ou en métal mixte d’excellente qualité, et elles permettent ainsi d’apprécier les résultats qu’on pouvait attendre de ces deux métaux.
- La première est une plaque d’acier de 243mm,8 d’épaisseur livrée par le Creusot pour.la corvette suédoise Gota, fig. 35 à 38.
- Elle a été attaquée avec le canon de 0m,15 lançant trois projectiles en fonte dure de 45 kilomètres à la vilesse moyenne de 560 mètres.
- Fig. 43. — Plaque de ceinture du Bouvines après le troisième coup.
- Cette plaque arrêta les trois projectiles qui se brisèrent en laissant leurs ogives dans l’empreinte, mais celles-ci tombèrent aux coups suivants.
- La plaque ne présente, comme on voit, qu’une fente légère, mais traversant.
- Les photographies suivantes fig. 39 à 46 représentent diverses plaques de recette en métal mixte livrées par MM. Marrel frères; elles sont essayées au tir de trois coups disposés en triangle lorsque les dimensions le permettent, ou autrement, placés en ligne droite, lorsqu’il s’agit de plaques étroites formant une demi-virure de la ceinture. Ces plaques ont arrêté les projectiles qui se sont complètement pulvérisés en quelque sorte, la plupart d’entre elles ne présentent même aucune avarie sur la face avant, ni sur la face arrière.
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- On aperçoit dès lors les traits qui distinguent la plaque mixte de la plaque en acier de bonne qualité; la première brise en effet plus complètement le projectile, et ne présente pour ainsi dire qu’une empreinte insignifiante ; mais, par contre, si la fabrication est imparfaite, les dessoudures apparaissent immédiatement, ainsi que nous en avons vu des exemples précédemment.
- Il ne faut pas oublier du reste que, à ce point de vue, la résistance individuelle des projectiles exerçait une influence prédominante sur les résultats des essais,
- Fig. 44. — Vue après le premier coup. Plaque en métal mixte livrée par MM. Marrel frères,
- pour les tourelles du Bouvines.
- et si, en France, les projectiles en fonte dure de l’usine de Montluçon dont la Marine faisait usage, pouvaient encore supporter certains tirs sans se briser, il n’en était pas de même des projectiles anglais type Palliser, lesquels se brisaient toujours dans le tir contre les plaques mixtes.
- Les divers essais anglais dans lesquels les plaques mixtes restaient indemnes après avoir brisé les projectiles, conduisaient donc à conclure que ces plaques présentaient une résistance exceptionnelle, mais cette appréciation s’est trouvée ensuite démentie lors des tirs effectués avec les projectiles en acier, comme nous le verrons plus loin.
- Au point de vue de la résistance comparative des deux métaux, l’acier était
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- un peu supérieur au métal mixte. Sa vitesse de perforation dépassait de 2o p. 100 celle du fer, tandis que le métal mixte tirait surtout son efficacité de sa dureté superficielle et ne devait pas donner plus de 20 p. 100 d’excédent sur le fer.
- Quoi qu’il en soit de cette comparaison, on voit que l’emploi des blindages en acier ou en métal mixte substitués aux anciens blindages en fer réalisait déjà une augmentation de protection très appréciable. Par contre, ces métaux étaient loin de posséder la malléabilité parfaite des blindages en fer qui pouvaient sup-
- porter plusieurs coups rapprochés sans aucune fissure, et il arrivait le plus souvent en effet que les plaques en métal dur soumises à l’essai de tir se partageaient en plusieurs morceaux sous l’influence des fentes qui les traversaient de part en part, et quelques-uns de ces morceaux pouvaient même se détacher du massif en le laissant à nu.
- Aciers spéciaux. — Le métal mixte et l’acier forgé ou laminé restèrent jusqu’en 1889 les seuls métaux employés dans la préparation des cuirassements, mais les progrès réalisés à cette date sous l’influence des études scientifiques dont nous avons parlé plus haut amenèrent les forges à aborder peu à peu la
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- préparation des alliages spéciaux dont elles avaient pu déterminer les propriétés particulières dans les recherches de laboratoires.
- On reconnut d’abord qu’il était trop difficile d’accroître la résistance de l’acier en agissant simplement sur la proportion du carbone combiné, car on augmentait la fragilité plus rapidement que la dureté.
- On en vint donc à recourir à l’addition de certains corps étrangers dans le bain d’acier et on s’attacha d’abord à l’emploi du chrome qui donna, croyons-nous, le premier alliage employé dans cette fabrication.
- Fig, 46. — Vue après le troisième coup.
- Fig, 44-46. — Essai d’une plaque mixte livrée par MM. Marrel frères pour la tourelle du Bouvines.
- En faisant varier les proportions respectives de carbone et du chrome ainsi ajouté, l’usine de Montluçon arriva à préparer divers types de métaux plus ou moins résistants, et en particulier, elle présenta à l’Exposition de 1889 une série fort intéressante de plaques rapportées à deux catégories différentes ayant chacune leurs applications distinctes : d’abord le métal doux comprenant la variété extra-douce qui a remplacé effectivement le fer puddlé, puis la deuxième catégorie comprenant le métal demi-dur dont la vitesse de perforation dépasse de 30 p. 100 celle du fer, et le métal dur qui peut atteindre 35 à 40 p. 100.
- La nuance douce se prête au travail de forge et peut supporter le gabariage-beaucoup plus facilement que le métal dur, elle est en même temps moins fragile.
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- Les figures 47 à 50 donnent des exemples de métal doux et demi-dur d’après les diverses plaques exposées par cette usine en 1889.
- Nous représentons également fig. 51 à 54 les vues de deux plaques analogues préparées en 1893 par MM. Marrel frères, l’une en métal demi-dur, et
- Fig. 47. — Vue de la face avant Fig. 48. —Vue de la face arrière après le tir. . après le tir.
- Fig, 47-48. — Plaque en métal doux livrée par l’usine de Montluçon pour les cuirassés grecs.
- l’autre en métal dur, et on voit qu’elles ont pu supporter également des tirs très rapprochés et même un coup en tir oblique sans présenter aucune fente.
- Ces plaques étaient toujours préparées sur de faibles épaisseurs, ce qui permettait d’en assurer plus facilement l’homogénéité, mais lorsque l’on voulut
- Fig. 49. —Vue de la face avant. Fig. 50. —Vue de la face arrière.
- Fig. 49-50. — Plaque en métal demi-dur livrée par l’usine de Montluçon pour les cuirassés grecs.
- aborder les pièces lourdes, on reconnut toute la difficulté de maintenir continuellement ces grosses masses dans un état d’homogénéité complet à travers toutes les élaborations du travail de forge et de prévenir en un mot la formation de ces tensions intérieures qui peuvent ensuite provoquer la rupture spontanée des pièces.
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- Pour remédier à cet inconvénient grave, l’usine de Montluçon avait imaginé de recourir à la trempe dans le plomb fondu en considérant que les bains métalliques, parleur grande conductibilité, présentaient ainsi l’avantage d’assurer la parfaite homogénéité de température de la masse traitée.
- L’idée était ingénieuse et donna d’abord quelques résultats intéressants; l’usine put présenter en effet à l’Exposition de 1889 une plaque ainsi traitée qui avait supporté l’épreuve réglementaire comportant le tir de trois projectiles en
- fonte dure animés d’une vitesse égale à la perforation du fer, et cela dans des
- conditions très remarquables. Elle brisa en effet les trois projectiles et ne pré-
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- Fig. 51. — Vue de la face avant. Fig. 52. — Vue de la face arrière.
- Fig. 51-52. — Plaque en métal demi-doux de 72 millimètres livrés par MM. Marrel frères et essayée avec le canon de 65 millimètres.
- senta aucune fente ni sur la face avant ni sur la face arrière (fig. 55 et 56).
- Ce succès resta toutefois san's lendemain, car les progrès qui furent réalisés d’autre part dans la préparation des alliages spéciaux permirent de s’affranchir de l’obligation de recourir à l’emploi de la trempe dans les bains métalliques.
- On observera peut-être que ce procédé, semblable du reste en cela à plusieurs de ceux que nous mentionnerons ici, ne présente guère qu’un intérêt historique, mais il a paru intéressant toutefois de le mentionner pour donner une idée des recherches et des essais que l’industrie est obligée de poursuivre dans toutes les directions avant d’obtenir un résultat un peu satisfaisant. Ajoutons du reste que, même après l’obtention de ce résultat, la durée du procédé qui l’a fourni peut fort bien rester éphémère, si un autre intervient qui le dépasse à son tour. C’est l’image de la lutte incessante à laquelle l’industrie est condamnée, mais ces efforts combinés ne restent pas stériles, quel que soit leur sort immédiat, car ils contribuent pour leur part au progrès nouveau qui les fait ensuite oublier ou délaisser.
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- En 1890, apparut l’emploi d’un alliage qui exerça dans la métallurgie des cuirassements une influence importante laquelle va tous les jours en s’augmentant : nous voulons parler de l’acier au nickel.
- L’usine du Creusot présenta en effet à cette date pour les tirs comparatifs
- Fig. 53. — Vue de la face avant. * Fig. 54. — Vue de la face arrière
- Fig. 53-54. — Essai en tir normal et en tir oblique d’une plaque d’acier en métal demi-dur de 40 millimètres d’épaisseur, préparée^par MM. Marrel frères.
- effectués aux Etats-Unis au polygone d’Annapolis une plaque en acier nickel qui fut éprouvée en concurrence avec une plaque en acier ordinaire venant également du Creusot et une plaque mixte livrée par l’usine Cammell de Sheffield.
- Dans cette épreuve qui constitua en quelque sorte le point de départ du développement ultérieur des aciers spéciaux, la plaque en acier nickel remporta une.victoire incontestée (voir plus loin, fig. 113 à 121). Elle arrêta en effet sans
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- manifester aucune fente le tir de cinq projectiles qui traversèrent et brisèrent complètement la plaque mixte.
- Quant à la plaque en acier ordinaire, elle arrêta bien les cinq projectiles comme la plaque de nickel acier, mais elle présenta deux grandes fentes traversant.
- Cette épreuve décisive mit fin en quelque sorte à l’emploi du métal mixte
- Fig. 55. — Vue de la face avant.
- Fig. 56. — Vue de la face arrière.
- Fig. 55-56. — Essai d’une plaque en acier trempé au plomb livrée par l’usine de Montluçon,
- éprouvée en 1889.
- qui avait donné des résultats si nettement insuffisants. Il faut’observer toutefois qu’il s’agissait là d’une plaque de fabrication anglaise dont la préparation n’était certainement pas entourée des mêmes soins et de Ja même surveillance qu’on aurait pratiqués en France, et il est fort probable qu’une plaque mixte de fabrication française aurait donné des résultats à peu près égaux à ceux de la
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- plaque en acier ordinaire, puisqu’en France les deux métaux supportaient les mêmes essais de recette.
- La plaque anglaise avait succombé par suite de l’insuffisance de la soudure, la couverte en acier s’étant détachée du sommier en fer, et c’était là un défaut contre lequel les forges françaises's’efforçaient depuis longtemps de se prémunir, comme on l’a vu par les résultats des essais précédemment rappelés.
- En Angleterre au contraire, il n’avait rien été fait dans ce sens, car il n’était guère pratiqué d’essais de tir sur des plaques provenant d’un lot déjà fabriqué, et d’autre part, ceux-ci étaient beaucoup moins rigoureux que les essais français.
- Quoi qu’il en soit, l’essai d’Annapolis montra d’une façon frappante le grand intérêt qui s’attachait aux alliages de nickel, et, devant ces résultats, le gouvernement des Etats-Unis décida immédiatement d’imposer désormais l’emploi du nickel pour tous les blindages dont il aurait besoin; sur sa demande, le Congrès vota un crédit d’un million de dollars pour acquérir un approvisionnement suffisant de minerais de ce métal.
- L’exemple du Creusot fut suivi rapidement par les usines françaises qui adoptèrent bientôt l’emploi des alliages de nickel.
- Seules les usines anglaises continuèrent l’usage de l’acier ordinaire, et elles ne se décidèrent que longtemps après, vers 1895, à recourir aux additions de nickel.
- Depuis que l’attention s’est trouvée ainsi attirée sur les alliages d’acier nickel, les usines françaises ont entrepris des études suivies sur ces nouveaux produits, elles sont arrivées à en dégager les propriétés si curieuses qui constituent aujourd’hui un chapitre des plus intéressants de nos connaissances métallurgiques. Nous ne pouvons pas insister ici sur ce sujet qui apporte un nouvel exemple des découvertes scientifiques provoquées par les besoins des fabrications militaires, mais nous rappellerons seulement que ces études ont permis de reconnaître que les propriétés de ces alliages se trouvent grandement modifiées suivant la teneur en nickel, et cela dans des conditions qu’il aurait été impossible de prévoir auparavant. On sait, par exemple que certains alliages possèdent le coefficient de dilatation le plus faible de toifls les métaux, et se trouvent particulièrement bien indiqués par exemple pour remplacer le platine dans la préparation des étalons internationauxf des mesures métriques.
- D’autres alliages possèdent des propriétés magnétiques toutes particulières qui peuvent trouver leur application dans la construction des machines électriques.
- Dans la fabrication des produits militaires, nos usines françaises sont arrivées actuellement à employer des alliages tenant jusqu’à 25 p. 100 de nickel, et ces Tome IV. — 98e année. 5e série. — Novembre 1899, J.02
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- combinaisons absolument inconnues il y a quelques années sont devenues aujourd’hui l’objet d’une fabrication courante.
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- Si toutefois le nickel présente l’avantage de diminuer la fragilité en prévenant la formation des fentes, il ne modifie guère la résistance à la perforation; il convenait donc de chercher à développer cette propriété, et nos usines françaises y ont réussi par l’emploi du chrome qu’elles ont su combiner ' avec celui du nickel.
- Elles sont arrivées ainsi à constituer un acier spécial dont l’idée première est due à l’usine de Saint-Chamond, et dont l’apparition en 1892 constitua un progrès capital dans la métallurgie des blindages.
- Ce métal possède en effet une résistance sensiblement supérieure à celle de l’acier ordinaire, au point que la vitesse de perforation se trouve accrue d’environ 12 p. 100,
- . . et cependant les plaques ainsi trai-
- ....C - tées présentent une absence de fragilité tout à fait remarquable et peuvent supporter pour ainsi dire des coups presque tangents sans manifester aucune fente.
- L’usine de Saint-Chamond qui a réussi la première celte fabrication fort délicate, en présentait à l’exposition de Lyon, en 1894, des spécimens fort intéressants, dont nous dont lions ici un exemple fig. o7, et depuis lors, les autres usines françaises ont préparé ce métal dans des conditions satisfaisantes.
- Cette fabrication présente des difficultés de détail fort graves, tant à la coulée que dans le forgeage des lingots : d’un côté, en effet, pendant la coulée, l’équilibre de température est fort difficile à maintenir dans toute la masse, dans les régions du bain qui sont éloignées du jet de métal liquide il se forme des noyaux qui se refroidissent plus rapidement et se séparent du reste du lingot en constituant ainsi des amorces de rupture. D’un autre côté, au cours du forgeage, la surface des lingots se recouvre de craquelures et d’oxydes, qu’il faut nécessairement enlever pour prévenir des fentes ultérieures. Quoi qu’il en soit, le résultat
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- Fig. 57. — Vue après le tir de la face avant d'une plaque en acier_ spécial de Saint-Chamond essayée en Russie en 1802.
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- lo71
- Fia. 38. — Vue de la face avant.
- obtenu était tellement intéressant que nos usines n’ont pas hésité à s’attacher à cette fabrication, malgré les difficultés dont elle était entourée, et celle-ci est resté pour ainsi dire spéciale à l’industrie française.
- Dans la préparation des plaques minces, on a pu augmenter la proportion de chrome et accroître ainsi la dureté du métal sans aggraver trop les difficultés de fabrication, on est arrivé à leur donner une vitesse de perforation supérieure parfois de plus de 20 p. 100 à celle de l’acier ordinaire, et on a constitué dès lors sous le nom d’acier durci un métal particulièremont intéressant en ce que, malgré sa grande résistance, il reste exempt de fragilité, comme on peut le voir d’après les Tigures reproduites. Les fig. 58 et 59 représentent une plaque de 15 millimètres essayée à outrance au tir du fusil. Nous donnons plus loin (Y. chap. ix, fig. 183 et 184) les vues d’une des plaques qui ont été soumises aux essais de tir comparatifs effectués à Se-vran en janvier 1892, elles montrent que cette plaque a été pour ainsi dire criblée de coups, puisqu’elle a subi le tir de 12 projectiles ptesque tangents, et cela sans présenter aucune fente.
- Ce métal durci possède donc bienles qualités recherchées dans les cuirassements, et c’est ce
- qui explique qu’il ait été adopté immédiatement pour la préparation des masques servant à la protection des affûts de canons.
- Aciers cémentés. — Pour les plaques épaisses, il serait impossible d’appliquer
- Fig. 39. — Vue de la face arrière.
- Fig. 38-59. — Plaque en métal dur de 13 millimètres d’épaisseur livrée par l’usine de Montluçon et essayée au tir du fusil mod. 1874.
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- un métal d’aussi forte dureté sans gêner grandement le travail de gabariage, car les plaques qu’on essaye de cintrer se déforment continuellement en raison de leur grande élasticité; mais, tout en employant des métaux plus doux, on est arrivé récemment à leur communiquer par la cémentation une dureté superficielle aussi complète que possible. L'emploi des surfaces durcies présente en effet l’avantage d’augmenter grandement les chances de rupture du projectile d’attaque qui est exposé en effet à se briser lorsqu’il vient se heurter contre une surface plus dure que la sienne.
- Il faut d’ailleurs observer que les projectiles actuellement employés par l’artillerie présentent eux-mêmes une résistance et une dureté infiniment supérieures à celles des projectiles en fonte ou en acier moulé employés antérieurement. Ces projectiles sont préparés en effet avec un acier au creuset tenant une forte proportion de carbone, ils sont soumis ensuite à un forgeage puissant, puis à une trempe énergique, étudiée de façon à donner à l’ogive toute la dureté dont elle est susceptible, mais en laissant cependant au corps de l’obus une ténacité suffisante pour prévenir la rupture.
- Dans cette situation, il devenait indispensable d’augmenter la résistance et la dureté des cuirassements pour les mettre en mesure d’arrêter et de briser les nouveaux projectiles, et les forges productrices essayèrent à cet effet divers procédés basés généralement sur l’emploi de la cémentation.
- En fait, aucun des modes de traitement ainsi essayés n’apporta en fabrication courante des résultats complètement satisfaisants avant l’apparition de celui de M. Harvey, et on ne pourrait guère citer que le procédé de M. Tresidder appliqué par l’usine Brown qui donna lieu à quelques épreuves intéressantes mentionnées plus loin parmi les divers essais comparatifs. Il arrivait en effet que la cémentation, pratiquée le plus souvent à une température trop faible, restait toujours insuffisante; ou autrement, lorsqu’on avait réussi à durcir le métal, on déterminait infailliblement la rupture lorsqu’on voulait le traiter par les procédés habituels. La cémentation paraissait donc abandonnée lorsqu’elle fut reprise par M. Harvey qui réussit à la mener à bonne fin dans les usines américaines de Bethléem et de Carnegie, et à en tirer un procédé bien pratique.
- C’est ce procédé qui est appliqué aujourd’hui par toutes les forges productrices de blindages, lesquelles ont dû en faire l’acquisition, et il convient à ce point de vue d’en donner une description un peu détaillée.
- Il consiste en une sorte de cémentation progressive par l’effet de laquelle la plaque se trouve amenée à une teneur en carbone régulièrement décroissante depuis la face avant jusqu’à l’intérieur de la masse, et ce résultat est obtenu, soit par cémentation solide, soit par cémentation gazeuse.
- On opère dans les deux cas sur des plaques dont le métal tient 0,10 à 0,35 de carbone.
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- Nous représentons dans la fig. 60, la coupe transversale du four de cémentation par le charbon qui constitua le premier procédé appliqué. Ainsi qu’on le voit sur la figure, la plaque est posée à plat sur un lit de sable ou d’argile desséchée dans une sorte de boîte en briques réfractaires installée sur la sole du four à réchauffer.
- La couche de sable enveloppe latéralement la plaque, mais elle n’affleure pas tout à fait jusqu’à la surface supérieure qui émerge ainsi au-dessus.
- La plaque est recouverte de matières carburées, charbon de cémentation qu’on tasse soigneusement dans la boîte.
- Fig. 60, — Coupe transversale du four de cémentation Harvey.
- On étand ensuite un lit de sable, et on pose au-dessus une couche de briques réfractaires qui forme de couvercle de la boîte, vient comprimer le lit de charbon, et gêner l’accès de l’air.
- Pour une plaque de 10"1 /2 (0m,265) d’épaisseur, on donne 8" (0m,20) au lit de charbon de cémentation et 2" (0m,05) à la couche de sable qui le recouvre.
- Dans le procédé par cémentation gazeuse qui a été appliqué pour la première fois par l’usine Krupp, le charbon solide est remplacé par des gaz carburé s qu’on fait agir également au contact de la surface à durcir, et qui, en se décomposant, déposent des particules de carbone qui viennent aussi pénétrer graduellement dans le métal.
- Comme disposition pratique, le four de cémentation est muni généralement
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- d’une voûte mobile qu’on enlève pour faciliter la mise en place de la plaque à traiter, celle-ci est amenée en glissant sur des rails posés sur le sol, et qui disparaissent dans la couche de sable inférieure.
- Pour assurer la cémentation, le four est amené à une température de chauffage correspondant à peu près à celle de la fusion de la fonte, et cette température est maintenue d’autant plus longtemps qu’on désire obtenir une carburation plus profonde et plus prononcée.
- Pour une plaque de 10 "1/2 traitée par cémentation solide, on pousse généralement la carburation jusqu’à une profondeur de 3" et on maintient Ja température de chauffage pendant une durée de cent vingt heures environ, qui, à l’origine, était considérée comme suffisante par les usines américaines en raison de la nature des aciers qu’elles employaient. Il faut compter en outre quarante-huit heures pour réchauffement préalable du four.
- Dans ces conditions une plaque tenant 0,35 p. 100 de carbone absorbe environ 10 p. 100 de carbone dans sa partie superficielle, et la teneur va graduellement en décroissant vers l’intérieur jusqu’à la profondeur de 3" environ où on ne trouve plus de carbone absorbé.
- Après avoir donné un chauffage suffisant, on laisse tomber le feu, on enlève la voûte du four, et on dégage la plaque pour laisser refroidir graduellement à l’air.
- Toutefois, afin d’éviter une action trop brusque, on n'enlève le charbon de cémentation qui la recouvre que lorsque la plaque est revenue au rouge sombre.
- Celle-ci est alors complètement dégagée, elle est ensuite réchauffée une première fois pour rectifier le gabariage en faisant disparaître les déformations résultant de l’opération de la cémentation.
- La plaque ainsi redressée est remise au four et chauffée avec toutes les précautions nécessaires pour éviter de nouvelles déformations, elle est ensuite soumise à une trempe spéciale par aspersion d’eau froide sur la face carburée.
- La surface ainsi traitée prend alors une dureté qui la rend inattaquable à l’outil, de sorte qu’il est impossible d’en modifier la forme ou de la Travailler après la trempe.
- Il y a là, ainsi que nous l’avons remarqué plus haut, une grosse difficulté de préparation pour les plaques cémentées, puisqu’il faut prévoir d’avance les déformations résultant de la trempe afin de se tenir dans les limites de tolérance, fort étroites qu’imposent aujourd’hui les nécessités de la construction. De même, pour le finissage, on est obligé de recourir à la meule qui seule peut attaquer la surface durcie, mais c’est un travail fort long, délicat et dispendieux. Si l’on est obligé de modifier les formes, il faut détruire l’effet de la trempe par un recuit opéré à température suffisante, et procéder plus tard à une nouvelle trempe.
- Si l’on a besoin de percer des trous, ou de pratiquer une saignée dans la par-
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- tio cémentée; il faut recourir au recuit local opéré sous l’action du courant électrique, comme nous l’avons dit plus haut.
- On entrevoit dès lors toute l’importance des outillages nouveaux qu’a exigés la fabrication Harvey, pour l’installation des fours de cémentation, des grues de manœuvre, des appareils de trempe, et de recuit, des machines-outils pour le façonnage, etc. Ces créations nouvelles ont présenté d’autant plus d’importance dans nos usiues françaises que les aciers spéciaux employés par elles se prêtaient moins bien à la cémentation.
- Elles ont reconnu en effet que la durée de cette opération était beaucoup plus considérable que pour les aciers au carbone primitivement employés en Amérique, et elles ont dû par suite augmenter le nombre des fours employés.
- On est arrivé du reste à modifier l’installation de ces fours de façon à permettre le traitement simultané de deux plaques pour atténuer cet inconvénient.
- Le procédé de cémentation gazeuse agit d’ailleurs plus rapidement que celui du charbon solide, mais il paraît d’autre part assez difficile à régler, et il n’est pas employé en France en dehors de l’usine du Creusot.
- Les figures 122 à 127 donnent l’aspect, après le tir, d’une des premières plaques Harvey qui furent essayées en Amérique.
- Cette plaque, de 0m,267 d’épaisseur, supporta le tir de six projectiles en acier de 0m,152 pesant 45ks,36, animés d’une vitesse de 629 mètres représentant la perforation de l’acier ordinaire, et elle réussit à les arrêter tous en se brisant.
- Ce résultat, que vinrent confirmer les essais comparatifs effectués à Indian Ilcad les 31 octobre et 24 novembre 1891, amenèrent la Marine américaine à adopter désormais les blindages cémentés, et les usines d'Europe se décidèrent de leur côté à faire l’acquisition du procédé Harvey.
- Les premiers essais effectués en France portèrent sur trois plaques d’étude présentées par M. Vickers au cours de l’année 1893, en avril, juillet et décembre.
- Nous reproduisons plus loin les vues de ces plaques après le tir. (Y. fig. 158 4 162.)
- Les usines françaises présentèrent de leur côté des plaques d’étude de 16 et 25 centimètres d’épaisseur qui furent essayées en décembre 1893 et avril 1894.
- Quelques-unes de ces plaques purent arrêter, ainsi que nous le dirons, des projectiles tirés avec une vitesse dépassant de 74 p. 100 celle de la perforation du fer, soit d’environ 38 p. 100 celle de l’acier ordinaire; d’autres au contraire furent traversées par des projectiles animés de vitesses donnant un rapport un peu inférieur.
- On peut considérer toutefois que l’emploi du métal cémenté augmentait déjà la vitesse de perforation d’environ 30 p. 100 par rapport à l’acier ordinaire.
- La plupart de ces plaques déterminèrent la rupture des projectiles d’attaque ; mais le plus souvent elles se brisèrent elles-mêmes, témoignant ainsi que ce
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- métal résistant présentait en même temps une grande fragilité. Ce fut le cas en particulier pour la plaque cintrée de MM. Yickers qui fut complètement démolie par le tir. De nombreux progrès ont pu être réalisés toutefois dans cette fabrication depuis ces premiers essais, tant au point de vue de l’augmentation de la résistance qu’à celui de la diminution de la fragilité.
- L’usine de Montluçon fit essayer en 1895, au polygone d’Ochta en Russie, une plaque d’étude de 254 millimètres d’épaisseur qui donna de fort beaux résultats : elle supporta 3 coups des projectiles de 15 centimètres, qu’elle arrêta en les brisant sans présenter aucune fente, et cependant la vitesse du tir du troisième coup représentait un excédent de 37 p. 100 sur la perforation de l’acier ordinaire. Elle arrêta ensuite en le brisant un projectile de 24 centimètres tiré avec un excédent de vitesse de 47 p. 100, elle se fendit elle-même suivant deux lignes transversales, mais elle ne fut pas traversée, malgré l’énergie exceptionnelle de ce dernier tir. (Voirfig. 176 à 179 )
- Les usines étrangères, de leur côté, reconnurent l’intérêt qui s’attachait à l’emploi du nickel, et depuis deux à trois années les forges de Sheffield en font régulièrement usage. L’usine américaine de Carnegie est arrivée d’autre part à soumettre ses plaques à un forgeage après cémentation, car cette opération présente l'avantage, estime-t-elle, de prévenir la cristallisation partielle que le chauffage préalable aurait pu provoquer à l’intérieur de la masse.
- En Allemagne, l’usine Krupp a constitué un procédé spécial de traitement qui a pour effet principal de prévenir la formation des fentes. Ce procédé, tenu encore secret, paraît comporter, en dehors de la cémentation, un traitement méthodique du métal consistant en une série de deux trempes et recuits effectués à des températures rigoureusement déterminées, et variables d’ailleurs suivant la nature de l’acier employé.
- Le procédé Krupp communique aux plaques ainsi traitées une grande ténacité, et, quand il est appliqué dans des conditions satisfaisantes, il paraît prévenir complètement la formation des fentes. N
- En France, nos usines ont réussi également à améliorer grandement l’application du procédé habituel de cémentation, et elles ont montré que, lorsqu’il est entouré de toutes les précautions nécessaires pour assurer l’homogénéité des masses traitées et prévenir toute tension intérieure, il est, possible dans ces conditions, d’obtenir des résultats comparables à ceux du procédé Krupp au point de vue de l’absence des fentes, et nous en mentionnerons plus loin divers exemples. Nous donnons en particulier (fig. 61) la vue après le tir d’une partie de la face avant de la plaque d’essai des tourelles cémentées du Saint-Louis livrée par MM. Marcel frères, qui a supporté deux coups rapprochés sans présenter aucune fente.
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- CHAPITRE IV
- EXAMEN COMPARATIF DES FORMULES DE PERFORATION
- Là mise en application des cuirassements métalliques posait immédiatement la question d’établir des règles de calcul permettant d’apprécier de façon précise la protection qu’on en pouvait attendre d’après leurs dimensions; il devenait indispensable en un mot de pouvoir toujours déterminer dans chaque cas particulier l’importance du choc qu’une plaque d’épaisseur donnée était susceptible d’arrêter sans être traversée. Les ingénieurs des constructions navales, de même que les artilleurs, se sont donc trouvés amenés à faire l’étude des relations nécessaires entre les conditions d’attaque et celles de défense, et à les représenter dans des formules spéciales dites de perforation.
- Ces formules ont été établies d’abord pour le fer puddlé qui était, à l’origine, ainsi que nous l’avons indiqué plus haut, le seul métal employé à la préparation des cuirassements; elles font intervenir d’une part les conditions d’attaque représentées par les données servant à déterminer le projectile, le poids et le calibre ainsi que la vitesse du tir, et d’autre part les conditions de défense représentées surtout par l’épaisseur du cuirassement.
- Elles établissent entre ces diverses données une relation numérique permettant de calculer l’un de ces éléments lorsque les autres sont connus, de déterminer en particulier l’épaisseur à donner au blindage qui doit arrêter un projectile connu tiré avec une vitesse fixée à l’avance, ou au contraire de calculer la vitesse dont ce projectile devra être animé pour traverser un blindage d’épaisseur connue.
- Au point de vue de l’appréciation des blindages, l’emploi de ces formules permet en même temps d’effectuer la comparaison des résultats obtenus lorsque les conditions du tir ne sont pas identiques, par suite d’une différence d’épaisseur des plaques ou de calibre des projectiles. Il suffit en effet de déterminer dans chaque cas particulier la vitesse de perforation correspondante, et de rapprocher celle-ci de la vitesse de tir effective pour obtenir immédiatement un rapport qui mesure en quelque sorte la rigueur de l’essai. C’est d’après cette méthode qu’ont été calculés tous les chiffres ayant servi de base aux divers rapprochements comparatifs effectués dans le présent mémoire.
- Si toutefois l’emploi des formules de perforation s’impose nécessairement dans les calculs de résistance des cuirassements, il ne faut pas oublier que les résultats donnés par ces formules ne présentent jamais un caractère absolu et ne fournissent en réalité qu’une indication plus ou moins approchée.
- Les actions moléculaires qui entrent en jeu dans les phénomènes de choc
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- sont particulièrement complexes, et, malgré les nombreux travaux effectués à cet effet par de savants mathématiciens, il est encore impossible de les représenter de façon exacte dans une formule purement théorique.
- Il faut observer en effet que les actions mises en jeu dans les tirs de perforation différent complètement de celles qu’étudie le plus souvent la résistance des matériaux : ces actions s’exercent en effet d’une façon absolument instantanée, et en s’accompagnant d’efforts énormes qui provoquent un développement de chaleur considérable, suffisant même dans certains cas pour amener le ramollissement ou la fusion de métal.
- On se fera une idée de la rapidité du phénomène en songeant que les vitesses de tir dépassent le plus souvent 500 mètres à la seconde, et que les projectiles peuvent parfois conserver leur vitesse sans réduction importante pendant la traversée des plaques. On a pu en effet, dans certains cas, mesurer la vitesse restante après la traversée de la muraille et constater qu’elle était peu inférieure à la vitesse avant le choc. M- le Directeur des constructions navales, L. de Maupeou, cite par exemple le cas d’un projectile de 65 millimètres arrivant avec une vitesse de 650 mètres pour traverser une plaque de 47mn\8, et conservant au sortir du massif une vitesse restante de 470 mètres. Si on le suppose animé de la vitesse moyenne de 560 mètres pendant la traversée, on reconnaît immédiatement que la durée du phénomène atteint seulement 85 cent millièmes de seconde.
- Si on cherche ensuite à calculer les efforts développés, en partant de la durée ainsi déterminée, et qu’on écrive par exemple l’égalité de la diminution de la quantité de mouvement et de la somme des impulsions élémentaires, on reconnaît aussitôt que ces efforts sont très considérables, et dans le cas cité, on arrive à un chiffre de 260 kilogrammes par millimètre carré, bien supérieur par conséquent à la résistance habituelle de l’acier.
- En dehors de la difficulté tenant à la durée si courte du phénomène et à la grandeur excessive des efforts en jeu, il faut considérer en outre que la perforation s’exerce aussi dans des conditions particulières toutes spéciales : le projectile qui traverse une plaque agit le plus souvent en refoulant latéralement une partie importante du métal déplacé à travers les parois de l’empreinte, et la débouchure qui se produit à l’arrière peut être réduite à quelques morceaux peu importants. On se trouve donc en présence d’un travail très complexe qu’il est impossible d’assimiler à aucun des phénomènes produits par une action plus lente, même si ceux-ci présentent au premier abord certaines analogies avec la perforation, comme ce serait le cas pour le poinçonnage par exemple.
- En fait, les diverses formules théoriques qui ont été proposées pour représenter la perforation se rattachent à deux conceptions distinctes; dans la première, on admet que le projectile agit sur la plaque en la cisaillant sur tout le pourtour de l’impact, et le travail dépensé est alors rapporté à l’unité de Ion-
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- gueur de la circonférence; dans l’autre au contraire, on admet que le projectile agit en refoulant le métal de la plaque sur toute sa section, et le travail dépensé est alors rapporté à l’unité de section, mais aucune de ces deux hypothèses n’est complètement exacte, ce qui montre bien l'insuffisance des formules purement théoriques.
- Nous rappellerons aussi à cette occasion un fait d’observation courante dans les épreuves sur plaques en fer et qui apporte ainsi une preuve bien manifeste de l'impossibilité de représenter par une formule les actions si complexes qui prennent naissance dans les phénomènes de choc.
- On a remarqué en effet que les plaques en fer soumises au tir présentent dans la région de l’impact non seulement réchauffement marqué qui résulte naturellement de la transformation de L’énergie balistique, mais aussi une action magnétique très accentuée ; les parois du trou acquièrent en un mot la puissance attractive de l’aimant et deviennent capables de retenir de légers morceaux de fer doux.
- Il y a là certainement un phénomène des plus complexes qu’aucune théorie n’a pu expliquer jusqu’à présent. Signalons d’autre part que la température ambiante paraît exercer une certaine influence sur la résistance des blindages, surtout lorsqu’elle devient trop faible, ce qui tient à ce que le fer devient cassan t sous l’action de froids un peu vifs ; aussi, pour les essais de plaques, les cahiers des charges de la marine française portent-ils que la plaque sera chauffée jusqu’à 17° si la température est inférieure à ce chiffre. De même elle peut être refroidie artificiellement si la température dépasse 25°.
- En ce qui concerne l’état électrique ou magnétique de la plaque, on n’a jamais observé qu’il ait aucune influence sur la résistance à la perforation.
- Quoi qu’il en soit, pour le calcul de cette résistance, on est réduit à employer des formules empiriques dont les coefficients sont déterminés par tâtonnement de façon à donner des résultats se rapprochant aussi bien que possible de ceux de l’expérience.
- Ces coefficients englobent ainsi dans une expression unique l’action résultante des divers éléments qui ne trouvent pas leur expression distincte dans les formules de perforation, comme par exemple l’influence de la forme du projectile, des dimensions et du mode d’attache des plaques, des natures de métaux en présence, tant pour le projectile que pour la plaque.
- Dans certains cas toutefois, on s’est efforcé de donner à ces formules un caractère plus général en rattachant les résultats du tir à ceux des essais mécaniques auxquelles les plaques peuvent être soumises d’autre part pour déterminer la qualité du métal employé.
- De pareilles formules présenteraient un intérêt considérable et apporteraient à la fabrication un guide fort précieux si elles pouvaient être établies avec exac-
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- titude, car elles permettraient en quelque sorte de prévoir à l’avance les résultats d’un tir d’épreuve d’après ceux que donneraient de simples essais mécaniques, comme la traction ou la flexion par choc, effectués sur des éprouvettes détachées.
- Ce serait là certainement un résultat de grande importance, et de nombreuses tentatives ont été faites pour l’atteindre; nous reproduisons du reste plus bas deux formules particulières établies spécialement à cet effet, l’une pour le fer, l’autre pour l’acier.
- Il faut observer toutefois que les résultats donnés par les formules basées sur les essais mécaniques ne peuvent apporter qn’une simple indication approchée, et ne sont jamais assez précis pour permettre de renoncer aux essais de tir.
- L’essai à la traction auquel on se réfère habituellement est toujours fort lent et diffère par suite essentiellement du tir de perforation. Il arrive même que le métal éprouve au cours de l’essai desmodifications importantes qu’il serait évidemment impossible de rencontrer dans la perforation. Lorsque la période élastique est dépassée, et à mesure qu’on approche de la rupture par traction, le grain de l’éprouvette et ses propriétés mécaniques diffèrent de plus en plus de ce qu’elles étaient au début de l’essai. D’autre part, l’épreuve de traction comprend deux périodes distinctes, déformations élastiques et déformations permanentes, qu’on englobe le plus souvent dans une indication unique des résultats obtenus après rupture, et cependant les propriétés que chacune de ces deux périodes met en évidence sont loin d’exercer la même influence sur la résistance à la perforation.
- L’essai de rupture par choc sous la chute d’un mouton donnerait certainement des indications beaucoup plus intéressantes, bien qu’il soit encore loin cependant de présenter toute l’instantanéité et la violence d’action caractéristiques du tir. Malheureusement, les données qu’on en a tirées jusqu’à présent ne sont pas susceptibles de s’introduire dans les formules, ce qui explique qu’il n’ait encore rien été tenté dans ce sens. Il faudrait modifier au préalable l’essai de choc de façon à pouvoir s’en servir pour déterminer exactement le travail absorbé par la rupture d’une éprouvette, et le représenter par un chiffre bien précis comme on le fait pour la traction. Nous pensons qu’on y réussirait en mesurant l’énergie disponible sur le mouton avant et après le choc, de manière à pouvoir en conclure par différence l’énergie absorbée dans le travail de rupture d’une éprouvette de section déterminée, et à calculer par suite l’effort de résistance au choc par unité de section. On aurait ainsi un élément précis qu’on pourrait introduire dans les formules théoriques ou expérimentales et au moyen duquel on arriverait sans doute à serrer de plus près la réalité. Les expériences effectuées par M. Frémont sur cette méthode de détermination par différence de la résistance à la rupture par choc, permettent de
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- penser qu'elle pourra donner en pratique des résultats fort intéressants, et on voit, dès lors, qu’elle pourra servir en même temps à modifier utilement les formules de perforation.
- 11 résulte de là que, dans l’état actuel de cette question, l’emploi de ces méthodes de prévision n’a pas encore pu se généraliser, et on s’en tient presque toujours aux formules purement empiriques établies avec la seule préoccupation de représenter le mieux possible les résultats des expériences.
- Quoi qu’il en soit, la plupart des éléments qui interviennent dans ces formules dépendent avanttout des conditions balistiques de l’essai, et on comprend immédiatement que ces formules ne revêtent pas une forme unique, mais elles varient au contraire avec la nature du métal et même avec le type d’artillerie employé.
- L’apparition d’un métal nouveau, comme par exemple celle de l’acier succédant au fer, appelle nécessairement l’emploi d’une formule nouvelle différant des précédentes non pas seulement par certains coefficients numériques mais aussi dans son allure générale.
- Parmi les formules applicables à la perforation du fer, l’une de celles qui jouissent de la plus grande autorité est la formule connue sous le nom de la commission de Gavre. Elle a été étudiée au point de vue théorique par M. Hélie, lors des premières applications que la Marine a faites des cuirassements métalliques; les coefficients d’abord proposés par lui ont été par la suite légèrement modifiés à plusieurs reprises, de façon à tenir compte de l'influence des changements apportés dans le matériel d’artillerie afin d’obtenir des résultats plus conformes à ceux de l’expérience.
- M. Hélie, étudiant d’abord le cas du tir normal, admettait que, dans son parcours à travers la plaque, le projectile éprouve à chaque instant une résistance proportionnelle à son diamètre et à l’épaisseur de métal restant à traverser, et cette hypothèse le conduisait à la formule suivante :
- p Y2 = K2 d s*
- formule dans laquelle;
- p, poids du projectile est exprimé en kilogrammes;
- Y, vitesse du projectile, en mètres;
- d, diamètre du projectile, en décimètres;
- s, épaisseur de la plaque, en décimètres.
- K et x sont deux paramètres à déterminer par l’expérience, lesquels dépendent de la forme de la partie avant et de la qualité du projectile employé, ainsi que de celle de la plaque.
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- En fait, l’exposant x diffère peu du nombre 2, et à l’origine, M. Hélie avait même admis ce chiffre qui s’appuyait sur des considérations théoriques; toutefois l’expérience l’a amené à le modifier, ainsi qu’on le verra plus loin.
- Le savant auteur ajoute en outre que la formule ne peut conserver un caractère d’approximation suffisante qu’autant que la vitesse Y reste comprise entre certaines limites. On observe en effet, dit-il, que les parties de la plaque directement atteintes ne sont pas les seules dont la résistance intervient pour modifier le mouvement du projectile.
- Autour de l’impact, il se produit une altération dont l’étendue est d’autant plus grande que le mouvement est moins rapide.
- Le dernier phénomène signalé ainsi par M. Hélie, pour les plaques en fer, s’observe d’une façon plus frappante encore sur les plaques en acier un peu dur, l’impact proprement dit est presque toujours entouré en effet d’une sorte d’auréole nettement délimitée, dont le diamètre représente environ le double de celui de l’impact, certains auteurs estiment toutefois que ce diamètre dépend également de l’épaisseur de la plaque.
- Cette surface, qui apparaît complètement débarrassée de la couche d’oxyde superficielle, semble ainsi définir l’étendue de la région affectée par le passage du projectile, laquelle s’étend donc bien au delà de l’impact.
- Quoi qu’il en soit, M. Hélie avait pu déterminer en 1864 le coefficient K en utilisant les expériences effectuées antérieurement à cette date sur des plaques d’épaisseur variant de 10 à 20 centimètres, et il avait admis alors le nombre 1562, de sorte que la vitesse de perforation de ces plaques s’exprimait de la manière
- suivante : /
- V = 1 562 -\P
- M. Hélie observe toutefois que celte formule appliquée aux plaques d’épaisseur supérieure à 20 centimètres donnait pour Y des valeurs trop élevées, ce qui l’amena à diminuer l’exposant de £ et plus tard à modifier le coefficient numérique; finalement il adopta la relation suivante qui resta ensuite en usage pour les essais de plaques en fer ;
- y — 1 600 (IJ'0
- Ordinairement la cuirasse s’appuie sur un matelas en chêne, et il convenait donc de déterminer d’autre part la vitesse de’perforation de ce matelas ; M. Hélie employa à cet effet la formule suivante :
- Vb = 95 E
- dans laquelle E, épaisseur du massif, est exprimée en décimètres.
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- Il montra en outre que la vitesse de perforation totale VT de la muraille hétérogène, ainsi constituée par la plaque en fer appuyée sur le massif en bois, pourrait se déterminer en admettant que la force vive correspondante soit égale à la somme des forces vives nécessaires pour la perforation de chacun des deux éléments distinctifs de la muraille, de sorte que l’on peut écrire la relation :
- Vt2 == V2 + Vb3,
- Et par suite :
- Vt2 = - [ l 6002 s1 * + 95â Ë31.
- p J
- Cette relation doit être considérée d’ailleurs comme tout à fait générale, et s’appliquant toujours par suite dans le cas d’une muraille hétérogène, comme celle qui serait formée par exemple par la superposition de plusieurs plaques indépendantes. On déterminera donc les vitesses de perforation V,, Vs, Y3, V4 de chacune de ces différentes plaques, et on en déduira la vitesse totale YT par la relation :
- Vt2 — y 2 y 2 _|_ y 3 ^]_ y4^
- 11 faut observer toutefois que le résultat obtenu d'après cette méthode est toujours un peu faible, car celle-ci ne tient pas compte de la résistance propre des liaisons qui rattachent toujours entre eux les divers éléments de la muraille; la correction à faire présente du reste peu d’importance dans le cas de la plaque appuyée sur massif en bois, qui est le plus général, car la vitesse correspondante au massif est elle-même relativement faible, de sorte que la formule résultante conserve son exactitude.
- Il n’en serait pas tout à fait de même dans le cas de plusieurs plaques super-posées, et l’expérience montre en effet que la correction à faire peut alors devenir assez considérable.
- Si l’on considère par exemple deux plaques superposées d’égale épaisseur et qu’on compare la résistance de cet ensemble à celle d’une plaque unique d’épaisseur double, on déduit immédiatement de la relation précédente que l’énergie de choc nécessaire pour obtenir la perforation des deux plaques superposées, atteint seulement les trois quarts de celle qu’exigerait la plaque unique. Ce résultat à donc été contrôlé dans une expérience spéciale effectuée à Gavre.
- On a opéré à cet effet sur une plaque de 44 centimètres essayée comparativement avec deux plaques superposées de 22 centimètres, et attaquant les deux massifs avec le projectile de 32 centimètres, et on en a déduit le rapport des énergies du choc correspondant à la perforation de chacun des deux massifs. Le chiffre ainsi obtenu par l’expérience pratique s’est élevé à 0,86 et a donc dépassé sensiblement celui de 0,75 qui se déduisait des formules théoriques précédentes.
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- On en conclut immédiatement que le système des deux plaques indépendantes de 22 centimètres trouve son équivalence dans une plaque unique d’épaisseur égale à 39 centimètres.
- Ge fait montre sans doute, ainsi que le remarque M. Hélie, que les liaisons contribuent effectivement à augmenter la résistance dans le cas des plaques distinctes ; mais il n’en est pas moins vrai que la résistance obtenue est loin d’atteindre celle qu’offrirait une plaque unique.
- Cette considération a donc amené la Marine à augmenter toujours l’épaisseur des cuirassements et les forges productrices à développer la puissance de leur outillage, ainsi que nous le remarquons plus haut.
- Les considérations précédentes sur les murailles hétérogènes trouvent leur application lorsqu’il s’agit d’apprécier la résistance propre d’une plaque de front, soutenue par un massif d’appui relativement faible; la plaque supporte alors, en effet, la presque totalité de l’énergie de choc, et sa résistance particulière à la perforation peut se calculer exactement d’après la formule indiquée. Il n’en serait plus de même toutefois si le massif d’appui, constituant avec la plaque considérée un ensemble rigide et indéformable, présentait déjà par lui-même une résistance considérable, égale ou même supérieure à celle de la plaque. Celle-ci en se soli" darisantavec le massif d’appui acquiert, dès lors, une résistance bien supérieure à celle qu’elle présenterait à l’état isolé, et elle pourra même supporter sans pénétration bien appréciable un choc qui aurait suffi autrement pour la traverser si elle était essayée sans appui.
- On voit par là combien il importe de se préoccuper du massif d’appui dans l’appréciation de la résistance de la plaque, et d’une façon générale, on peut dire qu’elle résistera d’autant mieux qu’elle aura un appui plus solide et indéformable. Cette observation prend un grand intérêt pour la discussion comparative d’essais effectués par certains pays étrangers qui emploient des massifs de grande résistance comportant plusieurs couches alternées de fer et de bois; il n’en serait pas de même en France, où les massifs employés, constitués d’abord exclusivement en bois, et aujourd’hui par de simples tôles de platelage, présentent toujours une résistance assez faible. On peut même estimer que pour l’essai des plaques en métal cémenté, cette résistance est près de devenir insuffisante, car les massifs actuels'sont loin d’être indéformables et présentent une flexibilité appréciable.
- Au point de vue de la comparaison des massifs en fer et en bois, on peut admettre qu’on aurait un appui comparable en les constituant à poids égal dans les deux cas ; et comme les anciens massifs en bois de Gavre avaient généralement 0m,84 d’épaisseur, on voit que l’application de cette règle conduirait à employer une épaisseur de fer de 70 millimètres environ, tandis qu’on se contente
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- généralement de 25 à 30 millimètres, bien que les vitesses de tir, et par suite les énergies balistiques développées, soient allées continuellement en augmentant avec la résistance des plaques éprouvées. Il est vrai que, si cette condition était remplie, le massif en fer prendrait une supériorité réelle sur le massif en bois, car il serait absolument indéformable et éviterait la flexibilité inhérente au bois ; mais on voit trop bien combien les installations actuelles des massifs d’appui formés de platelages en fer sont loin de réaliser cette condition.
- Pour en revenir à l’examen des formules de préparation, nous rappellerons que la formule citée plus haut est établie pour la seule perforation en tir normal, et c’est là du reste le cas habituel dans les tirs d’épreuve pour la recette des plaques, de sorte que nous n’aurons pas à nous préoccuper du tir oblique ; cependant, comme ce dernier tir est celui qui se rencontrerait le plus fréquemment dans les tirs d’attaque, il peut être intéressant de mentionner que la formule reste encore applicable même dans ce cas, tant que l’angle i d’écart avec la normale ne dépasse pas 25°, à condition toutefois de considérer la vitesse calculée comme représentant seulement la composante de la vitesse effective dirigée suivant la normale, ce qui revient en un mot à remplacer dans la formule l’expression Y par Y cos i.
- La formule de M. Hélie était appuyée, comme on vient de le voir, sur de nombreuses épreuves de tir qui en avaient fourni la vérification expérimentale; aussi jouit-elle en France et même à l’étranger d’une autorité toute particulière sous le nom de formule de Gavre; et cette autorité s’explique facilement d’ailleurs par les conditions particulières de soin, de précision et de haute impartialité dont la Commission de Gavre a toujours entouré ses travaux.
- En fait, la formule de Gavre s’applique surtout aux plaques d’épaisseur moyenne, plutôt qu’à celles de faible épaisseur sur lesquelles la Commission n’avait pas eu l’occasion de faire des expériences avant 1872, et M. Hélie déclare lui-même que les vitesses qui s’en déduisaient dans ce cas devaient être probablement trop élevées.
- Les épreuves de tir auxquelles il fut procédé plus tard, de 1878 à 1888, montrèrent en effet que, pour les plaques minces en particulier, les écarts devenaient trop considérables, et le capitaine, aujourd’hui colonel Jacob de Marre, s’efforçait de les corriger en proposant la formule suivante qui s’écarte légèrement de celle de M. Hélie :
- n 04 ~ ’
- v = l 280 ----£0,65.
- p °-°
- La différence porte surtout, comme on voit, sur la valeur de l’exposant du calibre, et elle s’explique immédiatement, dit le capitaine Jacob de Marre, par Tome IV. — 98e année. 5e série. — Novembre 1899. 103
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- ce fait que les lirs effectués avec les canons de petit calibre, comme le 47 millimètres à tir rapide et le 10 centimètres, ont montré très nettement que la force vive nécessaire pour assurer la perforation décroissait beaucoup plus rapidement que la première puissance du calibre, ce qui d’ailleurs était admis également à l’étranger.
- Le colonel Jacob de Marre proposait en outre pour la perforation des matelas en bois Informulé suivante qui différait légèrement aussi de la formule de Gavre rappelée plus haut :
- a °-'J
- Vm = 260 —- E u,li.
- p l)"‘
- Pour terminer d’abord ce qui concerne le fer, nous rappellerons que ces formules, ayant été étudiées surtout avec le matériel français, ne s’appliquent évidemment pas aussi bien au matériel étranger, et par suite, il n’est pas étonnant de rencontrer l’usage de formules un peu différentes dans certains pays, comme l’Angleterre et l’Allemagne, où la fabrication des plaques en fer a été abordée à peu près à la même date qu’en France.
- M. Hélie avait déduit par exemple la formule suivante d’expériences effectuées en Angleterre contre des plaques en fer forgé isolées :
- p = 1 440- £,/a.
- a
- Il faut observer à ce sujet que les épaisseurs des plaques et les calibres des projectiles employés n’avaient pas dépassé 15 centimètres, et qu’en outre l’avant des projectiles était hémisphérique au lieu d’être ogival.
- On ne possédait enfin aucun renseignement sur la qualité relative des plaques et des projectiles anglais, de sorte qu’il ne conviendrait pas de faire un rapprochement trop précis avec nos formules françaises.
- Parmi les formules anglaises, nous pouvons citer les deux suivantes dues à M. W.-H. Noble, qui sont restées longtemps d’un usage habituel.
- Elles sont exprimées toutes deux en unités métriques, kilogrammes et décimètres. Dans le cas des projectiles allongés à tête hémisphérique :
- p V2
- ---=-J 612 266 s2
- a
- et dans les cas des projectiles allongés à tête ogivale :
- pV2
- J----= 1 451 021 e2,
- a
- d’où, en réduisant :
- V = 1 205
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- Alin de permettre d’effectuer dans la mesure où il est convenable de le faire la comparaison entre les résultats donnés par cette formule et celle de Jacob de Marre, nous donnons dans la figure 62 les courbes calculées pour le matériel
- // /
- / / //
- de 7 tonnes _ Med 4
- Ifo6, o
- Courbes d'après la formule Anglaise
- _________. „ , française (Cap* Jacob)
- ________ , , , française (Givre)
- Fig. 62. — Courbes des vitesses de perforation des plaques en fer calculées pour certains calibres, d’après la formule anglaise et les formules de Gavre et du colonel Jacob de Marre.
- anglais en indiquant les vitesses de perforation des divers types de canons de côte et de bord.
- Les courbes en traits noirs sont établies d’après la formule anglaise qui pré-cède, celles en traits pointillés d’après la formule Jacob de Marre, et enfin, pour quatre calibres particuliers, nous donnons les vitesses calculées d’après la formule de Gavre.
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- La formule suivante (exprimée en mesures anglaises) a été proposée par Fairbairn en 1860, et elle est souvent employée concurremment avec celle de Noble :
- W V2 1 1
- l1 —----------- ----- —.
- 2 g X 2 210 tz D K
- t est l’épaisseur, exprimée en pouces, de la plaque en fer non appuyée; W est le poids du projectile, exprimé en lbs;
- Y, la vitesse en pieds à la seconde;
- D, le diamètre en pouces;
- K est un coefficient numérique variable avec ia vitesse.
- Exprimée en mesures métriques, la formule devient la suivante :
- d’où
- î2 ______ p V2 0,254 ^ 1
- (0,254)2 ~~ 5T (0,304)'- X X .
- 2 jx 2 240
- __ (0,254)" p V2 1
- ~ 2 g X 2 240 X 0,453 XÏ(0,304)2 V~aT X'
- Le coefficient numérique K est pris égal à 1,20, lorsque la vitesse est faible, voisine par exemple de 650 pieds; il va graduellement en diminuant, conformément au tableau suivant, lorsque la vitesse augmente, et il se réduit à 0,90 lorsque la vitesse atteint elle-même 2 050 à 2 300 pieds.
- 650 à 670 pieds. lv = 1,20 1 010 à 1 045 pieds K = 1,04
- 670 a 690 — — 1,19 1 043 à 1 085 — -- 1,03
- 690 a 710 — — 1,18 1 085 a 1 125 — — 1,02
- 710 à 730 - — 1,17 1 125 a 1 175 — — 1,01
- 730 à 750 — — 1,16 1 175 a 1 225 — — 1,00
- 730 a 770 — — 1,15 1 223 a 1 275 — — 0,99
- 770 à 790 — — 1,14 1 275 à 1 325 — — 0,98
- 790 à 810 — — 1,13 1 325 à 1 375 — — 0,97
- 810 à 835 — — 1,12 1 375 a 1 450 — 0,96
- 833 à 860 - — 1,11 1 450 a 1 550 - — 0,93
- 860 a 885 — — 1,10 1 530 a 1 650 — — 0,94
- 885 à 910 — — 1,09 1 630 à 1 750 — — 0,93
- 910 à 935 - — 1,08 1 750 à 1 850 — — 0,92
- 933 a 960 — — 1,07 1 850 à 2 030 — —- 0,91
- 960 à 983 — — 1,06 2 050 à 2 300 — — 0,90
- 983 à 1010 — — 1,03
- Nous r eproduisons du reste figure 63 un diagi anime comparatif des courbes
- de perforation des plaques en fer attaquées avec le canon anglais de 6"; ces courbes sont établies en partant des diverses formules les plus usuelles, Gavre,
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- Jacob de Marre, Fairbairn, Krupp et Tresidder, elles permettent ainsi d’apprécier les écarts de ces diverses formules pour le calibre de 6”.
- La formule Fairbairn donne des résultats qui s’écartent peu de ceux des formules françaises, elle se rapproche plus spécialement de celle de Gavre lorsqu’il s’agit de projectiles lourds tirés à faible vitesse, et de celle de Jacob de Marre pour les projectiles tirés à grande vitesse.
- Ce fait résulte des deux exemples suivants cités par le capitaine Tresidder : Un projectile de 28 centimètres pesant 254 kilogrammes tiré à la vitesse de 388 mètres peut traverser d’après la formule de Gavre une épaisseur de fer
- 2000 2100 2200 2i00 2400 JSOO 2600 2?00 2600 2600 3000
- Fig. 63. — Diagramme comparatif établi pour déterminer la perforation des plaques en fer avec le canon anglais de 6”, d’après diverses formules de perforation.
- de 13"027, et d’après celle de Fairbairn 13"486. D’autre part, un projectile de 6", pesant 100 lbs, tiré à la vitesse de 610 mètres, peut traverser d’après la formule de Jacob de Marre une épaisseur de fer de 137/25, et d’après celle de Fairbairn 12"71.
- Le capitaine Tresidder, attaché aux usines Brown, a publié en 1892 des tables de perforation établies d’après la formule Fairbairn pour le cas du projectile de 6" qui est le plus usité dans les tirs d’épreuve effectués en Angleterre. Une table spéciale permet d’ailleurs de passer au cas des autres projectiles employés en Angleterre.
- Il faut observer toutefois que cette formule n’a pas acquis la même autorité que les formules françaises, car elle est basée surtout sur des expériences effectuées avec le projectile de 6" ; d’autre part, elle a été établie à un point de
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- vue un peu trop théorique en assimilant la perforation à un simple phénomène de poinçonnage, ce qui est loin d’être bien exact ainsi que nous l’avons remarqué plus haut.
- Partant de la formule de Fairbairn, un ingénieur français, M. Rubin, avait essayé de la modifier en y introduisant la notion de la résistance propre du métal déduite de l’essai à la traction, de façon à rattacher, comme nous le disions plus haut, les résultats du tir à ceux des essais mécaniques, et dans un mémoire manuscrit déposé en 1879 à la Société des Ingénieurs civils, il est arrivé, en s’appuyant d’autre part sur certaines notions théoriques développées par le capitaine English, à la formule suivante pour le cas de la perforation complète :
- tt a R s2 2 g = PV2K,
- formule dans laquelle, en dehors des quantités déjà connues a, E, P et Y :
- R désigne la résistance à la rupture du métal dans l’essai par traction;
- K est un coefficient numérique déterminé par l’expérience.
- D’après M. Rubin, la valeur de K varierait légèrement avec l’épaisseur des plaques considérées, elle serait égale à 2,1 pour les épaisseurs de 300 millimètres et au-dessous, et à 2,2 pour les épaisseurs supérieures.
- Si, dans cette formule, on remplace K, t: et g par leur valeur numérique, et qu’on donne à R la valeur de 40k proposée par M. Rubin pour le cas du fer, op. obtient, pour la valeur de e, l’expression approximative suivante :
- a
- Parmi les formules usitées à l’étranger nous mentionnerons encore les suivantes :
- Commissions de Muggiano et de la Spezzia :
- = 0,03498 s1'808
- 2 g ti a
- (Formule donnée par le lieutenant Rettolo.)
- Elle est considérée comme applicable à la perforation des plaques isolées d’épaisseur comprise entre 30 et 55 centimètres.
- W. R. King :
- —^— = 1872, 153 s (log. 1 + 0,3937 s).
- 2 g tu a
- Adts :
- Armstrong
- p Y2 2 g a2
- (1,43156 e2 + 85,136 e).
- PV2 2 g tc a
- 93,51
- formules dans lesquelles e et a sont exprimés en centimètres.
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- :»9i
- Formule anglaise de Woolwich, donnée par le capitaine Brown :
- P Y2
- 2g
- TV a K 51
- P est exprimé en livres, V en pieds, a et e en pouces.
- K est un coefficient qui varie suivant les cas de 2,53 à 3,14.
- Nous y joindrons deux autres formules présentées en France, l’une par M. Bienaimé ;
- et l’autre par M. Martin de Brettes (.Mémoires de l'Académie des Sciences, 27 octobre 1884) :
- P ^ = * 2 g a2 A
- 73 s +
- 2]_±\ a )'
- D’autre part, l’usine Krupp a présenté une formule qui, après diverses modifications, a revêtu la forme suivante, et dont l’emploi était assez général en Allemagne :
- P Y2 TT
- —-----= — 1 000 s,/3 as/3.
- 2 g A
- D’une façon générale, les formules de perforation étudiées pour le fer sont peu appliquées maintenant, car les épreuves actuelles portent exclusivement sur des plaques d’acier plus ou moins dur, il n’y a donc plus le même intérêt à rapprocher les résultats obtenus de ceux des plaques enfer, aussi s’attache-t-on de préférence aux formules donnant la perforation de l’acier.
- La formule actuellement la plus employée sans contredit est due au colonel Jacob de Marre, qui la proposa dans le travail publié par lui en 1886, en même temps que la formule de perforation du fer dout nous avons parlé plus haut.
- Dans ce mémoire, le savant officier, s’attachant spécialement aux plaques fabriquées par l’usine du Creusot, montrait que leur vitesse de perforation pourrait se déterminer d’après la formule suivante :
- a0-75
- V = 1 530 ----— £0,7.
- p 0,:>
- Cette formule, qui était appuyée sur de nombreuses expériences de tir, est une de celles qui donnent les résultats les plus satisfaisants pour les plaques en acier ordinaire de toutes épaisseurs, elle a pu servir en même temps à
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- définir la résistance des divers types de plaques en acier spécial par un simple changement du coefficient numérique servant à calculer la vitesse de perforation.
- Cette résistance se trouve immédiatement donnée en effet par le rapport du nouveau coefficient au nombre 1 530 correspondant à l’acier ordinaire, et c’est du reste la méthode que nous avons adoptée dans le présent travail.
- Nous reproduisons dans les figures 64 et 63 deux diagrammes donnant les
- Fig. 64. — Vitesses variant de 0 à 425 mètres, formule Jacob de Marre.
- deux courbes de perforation de l’acier ordinaire calculées d’après cette formule pour les divers types de canon en usage dans la marine française.
- Cette formule est appliquée actuellement dans les cahiers des charges de la Marine française pour toutes les fournitures de plaques en acier, et elle est même adoptée également à l’étranger, soit par exemple par les Marines russe et américaine. En Angleterre, M. Douglas Vickers, l’éminent maître de forges de Sheffield, montrant ainsi l’autorité qu’il y attache, en fait usage de son côté dans tous ses calculs de perforation, et il est même allé jusqu’à la matérialiser par la construction d’une règle à calcul qui lui permet de déterminer
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- immédiatement par le simple déplacement d’un réglette la vitesse de perforation d’une plaque éprouvée dans des conditions données.
- Un premier type de règle est établi par lui avec les mesures anglaises, les
- Fig. 65. — Vitesses variant de 450 à 800 mètres.
- Fig. 64-65. — Diagrammes des vitesses de perforation des plaques en acier ordinaire établis d’après la formule Jacob de Marre.
- dimensions et poids de projectiles en usage dans la Marine anglaise, et un second avec les mesures métriques et les poids des projectiles français.
- Bien que la formule Jacob de Marre soit devenue aujourd’hui, comme nous le disions, d’un usage général, les mathématiciens et les expérimentateurs ont continué toutefois leurs recherches dans le but d’obtenir soit des formules théoriques mieux justifiées, soit des formules empiriques plus conformes aux résultats de l’expérience.
- En 1895,M. le colonel aujourd’hui général Moissonprésentait,comme conclusion d’un travail des plus intéressants sur la perforation, la formule théorique suivante :
- v = i4’U/!N/t ae-î-,*.
- formule dans laquelle ;
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- g est un coefficient numérique généralement un peu supérieur à l’unité et variable avec la nature des métaux considérés ;
- H est le coefficient d’élasticité par unité de surface (mètre carré) ;
- A est le poids spécifique de l’unité de volume (mètre cube) ;
- A est l’allongement proportionnel obtenu dans l’essai à la traction ;
- E, la charge limite d’élasticité ;
- a est le diamètre du projectile exprimé en centimètres; j est l’épaisseur de la plaque en centimètres; p est le poids du projectile en kilos.
- Cette formule peut se mettre sous la forme suivante :
- V
- dans laquelle le facteur
- =: 15,15
- 4-ae)'» r
- A / \ p
- C-2
- H
- AE
- dépend exclusivement des propriétés mécaniques de la plaque, et le facteur suivant (—résume les conditions dcT tir.
- vP
- Cette formule a été établie de façon théorique en faisant intervenir la considération de la vitesse de propagation du choc dans la masse de la plaque pour déterminer à chaque instant l’étendue de la zone variable affectée par le tir. Cette vitesse, qui est celle de propagation des pressions et déformations élastiques, est probablement égale à la vitesse de transmission du son dans le méta^ et elle est certainement bien supérieure à la vitesse même du projectile, car on estime qu’elle peut atteindre 5 000 mètres environ.
- Elle est calculée en partant du coefficient d’élasticité H pour lequel on admet habituellement avec l’acier la valeur 21 000 ; mais on voit immédiatement combien il serait intéressant de pouvoir déterminer si cette valeur n’est pas modifiée suivant la nature de l’acier considéré, et si, avec le même acier, elle ne dépend pas de l’état moléculaire du métal, suivant qu’il est trempé, recuit, etc.
- Quoi qu’il en soit des rectifications qu’elle pourra comporter dans l’avenir, la formule répond déjà, comme on voit, en partie au moins au désir que nous formulions plus haut, car elle permet de calculer à l’avance les résultats probables de l’essai de tir d’après ceux de l’essai à la traction, puisqu’elle fait intervenir la limite élastique et l’allongement proportionnel.
- Si l’on considère par exemple les plaques en acier en admettant H = 21 000, A = 7,8, on arrive à la relation :
- V|= 61 (AE)1/3 (As*Y/:‘.
- \P J
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- Cette formule fort intéressante donne des résultats assez exacts en pratique pour les plaques de faible épaisseur, ainsi qu’on le reconnaîtra en consultant le tableau comparatif dans lequel M. le général Moisson a réuni, en les rapprochant des essais de traction correspondants, les résultats des expériences de tir qui lui ont servi à l’établir.
- Il ne paraît pas douteux qu’elle se rapprocherait encore mieux de la réalité s’il était possible d’y faire figurer la résistance à la rupture par choc à côté de la limite d’élasticité à la traction, ainsi que nous le proposons plus haut.
- La formule a été étudiée d’abord pour les plaques minces, mais M. le général Moisson a reconnu qu’elle serait également applicable aux plaques épaisses, et même aussi aux plaques cémentées attaquées avec les projectiles coiffés. Il convient alors évidemment d’introduire dans la formule les éléments caractéristiques du métal employé, sans tenir compte de l’influence de la couche cémentée qui peut être négligée en effet lorsqu’elle se laisse traverser sans provoquer la rupture du projectile.
- La formule proposée par M. le colonel Moisson peut s’exprimer sous la forme
- générale suivante
- V= R
- Va
- dans laquelle R peut être considéré comme un coefficient numérique variable suivant la nature des plaques, et on peut se proposer dans ces conditions de déterminer ce coefficient sans faire intervenir les essais de traction de façon à constituer au moins une formule empirique donnant des résultats aussi conformes que possible à ceux de l’expérience.
- M. le lieutenant Simon s’est attaché à cette étude pour le cas particulier des plaques en acier doux ordinaire, et il a reconnu que, pour obtenir des résultats complètement satisfaisants, il convenait de faire varier en même
- temps les exposants des deux expressions s et
- Il propose donc d’adopter les deux formules suivantes : l’une :
- a \ 0.4 0 1
- y
- Y = 102
- serait valable dans le cas des tirs effectués avec les canons du calibre de 100 millimètres ou au-dessus, et l’autre :
- V = 92,5
- a \ 0.4 o.i
- Z
- P
- s’appliquerait seulement pour les calibres inférieurs à celui de 100 millimètres. (a et £ sont exprimés en centimètres.)
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- On voit, que dans cette formule l’exposant de £ est resté le même que dans
- celle de Jacob de Marre, mais l’expression a été remplacée par
- P
- En terminant ce qui concerne les formules de perforation, nous citerons celle qui a été proposée en Amérique par M. Weaver. Cette formule a été reprise et modifiée en France par M. le commandant Vallier, qui en a fait l’objet d’une communication à l’Académie des Sciences le 21 janvier 1895; elle paraît présenter un intérêt tout particulier pour les plaques cémentées, en ce qu’elle permet de déterminer les limites de vitesse entre lesquelles le projectile peut agir contre ces plaques sans se briser.
- M. Weaver avait remarqué que l’empreinte produite sur une plaque est toujours entourée, ainsi que d’ailleurs nous l’avons indiqué plus haut, d’une auréole décapée qui paraît délimiter la région de la plaque affectée par le choc du projectile. M. Weaver en conclut que le travail dépensé est proportionnel au volume cylindrique ayant cette auréole pour base, et l’épaisseur de la plaque pour hauteur; il estime d’ailleurs que le rayon de cette auréole représente le triple de celui du projectile.
- Partant de cette donnée, il avait établi la formule
- pV2 = KR2 s.
- Si la formule de M. Weaver peut être exacte dans son allure générale, il faut observer toutefois que le rapport qu’il admet pour la détermination du diamètre de l’auréole n’est pas complètement vérifié par l’expérience. U ne paraît pas exact en effet que ce diamètre soit toujours égal à trois fois celui du projectile, car il dépend également de l’épaisseur de la plaque; peut-être même serait-il plus exact de le considérer comme égal au calibre augmenté de l’épaisseur. Nous rappellerons à ce sujet les expériences effectuées à Sevran en 1892, dans lesquelles l’auréole a toujours été exactement mesurée. On opérait sur des plaques de 72 millimètres d’épaisseur attaquées avec le canon de 65 millimètres, et on observa constamment que le diamètre de l’auréole restait toujours compris entre 420 et 125 millimètres; il était donc sensiblement inférieur au triple du calibre.
- Quoi qu’il en soit, la formule de M. Weaver a été modifiée par le commandant Vallier, qui l’établit à son tour de la manière suivante :
- E0 = 2 a- Z 100,0012 (S-a)^
- dans laquelle s et a sont exprimés en millimètres.
- Cette formule suppose d’ailleurs la plaque saine et intacte, c’est-à-dire exempte de fentes dans un rayon de deux calibres et demi autour du point d’impact.
- Elle peut être appliquée dans les mêmes conditions que les formules déjà
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- Les plaques dè blindages.
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- mentionnées, en remplaçant simplement E0 par/; V2, seulement le commandant \7allier a tenu à faire entrer en ligne de compte la quantité d’énergie dépensée dans le travail interne du projectile, lorsque celui-ci est déformé ou brisé. Cette considération n’intervenait pas en effet dans les formules précédentes, car celles-ci admettent implicitement que l’énergie balistique (représentée par l’expression p "V2) est absorbée intégralement par la plaque, et le projectile est supposé rester entier, exempt de déformation, et ne conservant plus aucune vitesse.
- Si donc on veut effectuer cette distinction et mettre en évidence la quantité d’énergie Er/ absorbée par le projectile à côté de celle E0 correspondant à la perforation de la plaque, on pourra écrire :
- p V« = E = E" = E0 ( l + LÔ = E„ |1.
- en observant que l’énergie balistique développée E se répartit nécessairement entre la plaque et le projectile.
- Si le projectile reste entier et non déformé, E" est nul, et l’énergie balistique se confond avec E0. Si le projectile présente une ténacité moindre, E" prend une certaine valeur, puisqu’une partie de l’énergie de choc est employée à l’aplatir ou le briser. Le coefficient [x caractérise dès lors la qualité du projectile, il est égal à 1 dans le cas limite des projectiles durs et résistants, et prend une valeui inférieure dans les autres cas.
- De même, avec le projectile type, une plaque plus ou moins résistante exigera un travail E' plus énergique, et l’on aura :
- E' = E0 T,
- T étant une caractéristique de la plaque, et celle-ci sera considérée comme égale à l’unité pour l’acier ordinaire du Creusot.
- La formule générale prendra donc la forme suivante :
- T
- E = — E0.
- P-
- T
- On voit immédiatement que, tant que le rapport - diffère peu de l’unité
- [*•
- l’énergie balistique se confond à peu près avec l’énergie de perforation, mais il n’en est plus de même lorsque ce rapport tend à s’élever, comme c’est le cas en particulier pour les plaques cémentées.
- La caractéristique T prend alors en effet une valeur de beaucoup supérieure à l’unité, et d’autre part [x s’abaisse au contraire au dessous, car il arrive le plus fréquemment que les projectiles même très résistants sont brisés par suite de la dureté excessive de la couche superficielle. Comme la couche cémentée présente une épaisseur à peu près constante, quelle que soit celle de la plaque,
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- METALLURGIE.
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- l’action relative qu’elle exerce pour provoquer la rupture du projectile tend à s’atténuer à mesure que l’épaisseur de la plaque va en augmentant, de sorte que l’expression T peut se représenter par la relation suivante qui, d’après M. Weaver, définit la résistance des plaques cémentées :
- T = 1,885 — 0,0014 2.
- Si on appelle par exemple Y' la vitesse de perforation de la plaque en acier ordinaire, la vitesse Y correspondant à la perforation de la plaque cémentée s’en déduirait par la relation :
- Y2 = (1.885 — 0.0014 z) V/2.
- En fait, l’action brisante ne semble se produire que si la pointe du projectile n’a pas le temps d’atteindre la région non cémentée, ce qui éteindrait en quelque sorte les vibrations destructives. Effectivement, lorsqu’on soustrait par l’action d’une coiffe en métal doux la pointe du projectile à l’action de la couche durcie jusqu’à son arrivée au contact de la partie en métal plus doux, la fragmentation est atténuée ou même évitée.
- Ainsi, la vitesse de tir qu’il faut adopter pour obtenir la perforation de la plaque cémentée doit être envisagée à divers points de vue ; et, tout en satisfaisant à la relation indiquée, elle doit en outre fournir une quantité de mouvement assez forte pour que la pointe du projectile ait traversé la couche cémentée avant d’être brisée par celle-ci; d’après M. le commandant Vallier, cette dernière condition doit se traduire d’une façon au moins provisoire par la relation expérimentale :
- p Y
- Or
- 1,S,
- dans laquelle a est exprimé en millimètres.
- L’expérience montre en effet que, si l’on attaque la plaque avec une vitesse relativement faible, le projectile est repoussé intact ou brisé en gros fragments; si la vitesse est augmentée, le projectile donne de petits fragments, si elle croît encore notablement, le projectile donne de nouveau des fragments plus importants, l’ogive reste intacte, par contre, la plaque s’échauffe considérablement. Enfin, si la vitesse s’accroît encore, le projectile traverse.
- Ainsi, d’après le commandant Yallier, la cémentation présente peu d’avantage dans les tirs pratiqués aux vitesses extrêmes, faibles ou fortes, elle a surtout l’intérêt d’amener le bris du projectile dans le tir aux vitesses intermédiaires.
- Nous signalerons enfin, en ce qui concerne la résistance des plaques cémen-
- ts* S
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- LES PLAQUES DE BLINDAGES.
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- tées, une étude particulièrement détaillée publiée par le lieutenant Ackermann, dans les Proceedhnjs of the United States Institute (année 1895). '
- Le savant officier discute méthodiquement, dans une analyse des plus minutieuses, les divers éléments de cette résistance, et il aboutit à des conclusions fort originales, très différentes des idées généralement admises ; il y a donc à ce point de vue un certain intérêt à résumer les principales d’entre elles.
- Le lieutenant Ackermann observe d’abord que dans le cas général la perforation ne peut se ramener à une simple action de poinçonnage.
- Ce phénomène s’observe seulement en effet sur les plaques minces constituées en métal dur sur toute leur épaisseur, et attaquées en outre avec des projectiles d’excellente qualité complètement indéformables.
- En dehors de ce cas exceptionnel, le projectile d’attaque agit en provoquant dans l’intérieur de la masse la formation d’une sorte de cône de séparation qui va en s’évasant de la face avant à la lace arrière suivant des génératrices inclinées a 45°. La base avant de ce cône peut être considérée comme correspondant à l’auréole décapée autour de l’impact, elle est délimitée souvent par des fentes circulaires inclinées qui s’arrêtent à la partie cémentée ou se continuent quelquefois jusqu’à la face arrière.
- La débouchure tend ainsi à prendre une forme conique et non cylindrique, et le lieutenant Ackermann estime que la raison de ce fait doit être cherchée dans la forme conique delà partie avant du projectile qui agit par suite sur la plaque comme un véritable coin. M. Ackermaun voit une confirmation de cette théorie dans ce fait que les projectiles cassés dans l’attaque présentent le plus souvent eux aussi une section de rupture inclinée à 45° sur leur axe et passant par le centre de l’arrondi de la chambre intérieure.
- Partant de là, l’auteur en conclut que le projectile ogival fait sentir son action sur une région de la plaque beaucoup plus étendue, et rencontre dès lors une résistance beaucoup plus forte que si cette action se localisait sur le cylindre correspondant à l’impact. Il en résulterait que les projectiles à tête plate présenteraient plus d’efficacité au point de vue de la perforation que les projectiles ogivaux actuels, et c’est là une conséquence qu’il serait intéressant de vérifier par des expériences.
- En ce qui concerne l’influence des coiffes sur les projectiles, l’auteur estime qu’elle consiste principalement à localiser la pression exercée dans le choc, de façon que le projectile ait le temps de traverser la couche cémentée et d’atteindre la partie non durcie avant que l’effort de résistance se soit manifesté dans la région environnante. On voit que dans ces conditions la coiffe agit en partie comme le ferait le projectile à tête plate supposé suffisamment résistant et indéformable.
- D’après cette théorie, l'utilité principale de la couche cémentée au point de
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- MÉTALLURGIE.
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- vue de la plaque consiste en ce qu’elle transmet immédiatement dans toute son étendue Faction locale qu’elle subit dans le choc, et qu’elle intéresse ainsi toute la masse de la plaque à la résistance.
- Si la rigidité de la plaque est suffisante pour que l’arrêt du projectile soit instantané, celui-ci doit absorber dès lors toute la résistance ainsi développée, et si cette résistance dépasse l’effort que sa constitution lui permet de supporter, la rupture se produit nécessairement. On voit par là qu’il est inexact de dire que la plaque arrête le projectile parce qu’elle le brise, car c’est prendre l’effet pour la cause; la rupture résulte au contraire de ce que le projectile a pu être arrêté instantanément.
- On peut se demander toutefois à quoi sert la dureté donnée à la plaque, si elle n’a pas pour effet de briser la pointe du projectile.
- M. Ackermann répond que cette dureté a surtout pour avantage de rendre la plaque bien rigide, de manière que l’action développée intéresse immédiatement la masse entière sur toute son épaisseur, et le projectile rencontre dès lors d’autant plus de difficulté pour refouler le métal qui s’oppose à son avancement.
- En partant de ce point de vue, on pourrait chercher à constituer la plaque exclusivement en métal dur, ce qui lui assurerait sans doute une rigidité parfaite. Ce procédé serait excellent si la plaque n’était pas exposée à subir des flexions inévitables pour lesquelles elle a besoin d’une certaine malléabilité, ce qui oblige donc à conserver un métal plus doux sur une partie au moins de l’épaisseur. Ces flexions, et surtout les vibrations qui en résultent, sont du reste beaucoup plus marquées sur les plaques cémentées que sur les autres types de métaux; il en résulte dès lors que les boulons d’attache fatiguent davantage, et c’est la raison qui oblige à en augmenter le nombre et la section sur les navires munis de cuirassements en métal durci.
- Quoi qu’il en soit, le lieutenant Ackermann estime qu’il peut y avoir intérêt à ménager en quelque sorte une série de craquelures sur la surface extérieure des plaques avant la cémentation, de sorte que l’action durcissante puisse s’exercer ainsi plus profondément à l’intérieur de la masse le long de ces craquelures ou saignées préalables.
- C’est là un procédé qui au premier abord paraît bien surprenant, car c’est pour ainsi dire provoquer autant de lignes d’affaiblissement qui deviendront des amorces de fentes et des lignes de rupture; cependant, l’expérience semble indiquer que cette crainte n’est pas fondée, car les plaques ainsi traitées ne se fendent pas suivant ces craquelures.
- Le lieutenant Ackermann estime d’ailleurs que la direction des fentes est déterminée exclusivement par des actions intérieures, comme les tensions préalables et les vibrations résultant du choc, et non pas d’après l’emplacement des points faibles.
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- LES PLAQUES DE BLINDAGES.
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- Nous n’insisterons pas davantage sur les théories du lieutenant Ackermann, il nous suffit de montrer combien elles diffèrent des idées généralement admises,, et nos lecteurs verront par là combien cette question de la perforation, appliquée surtout aux métaux actuels, est difficile et complexe. Il n’est donc pas étonnant que les mathématiciens n’aient pu réussir à en donner encore une solution satisfaisante.
- (A suivre.)
- Tome IV. — 89* année, 5* série. — Novembre 1899.
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- ARTS CHIMIQUES
- FABRICATION DE L’ACIDE CARBONIQUE LIQUIDE A OLD FORD (1)
- L’acide carbonique liquide est, comme on le sait, destiné principalement aux machines frigorifiques : sa fabrication a pris une importance considérable dans ces dernières années : l’installation que nous allons décrire est l’une des plus importantes.
- Fig. 1 et 2. — Fabrication de l’acide carbonique liquide à Old Ford.
- L’acide carbonique impur produit par la combustion du coke dans les foyers de deux chaudières passe aux scrubbers, où il est absorbé par une dissolution dépotasse, laquelle est renvoyée aux chaudières pour être régénérée par le dégagement de son
- (1) Engineering, 20 octobre 1899, p. 505.
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- FABRICATION DE L’ACIDE CARBONIQUE LIQUIDE A OLD FORD.
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- acide carbonique et repassée aux scrubbers. L’acide carbonique ainsi dégagé est liquéfié par des pompes ou compresseurs. Tel est le cycle fondamental de l’opération.
- Avant de passer aux scrubbers le gaz des foyers AA (fig. 1) est aspiré en C au travers d’un laveur B, rempli de fragments de marbre sur lesquels s’écoule constamment de l’eau de D, chauffée par un serpentin que l’acide carbonique dégagé des chaudières traverse avant d’arriver au gazomètre K, d’où il est aspiré par les pompes ; cette eau absorbe l’acide sulfureux produit par la combustion du soufre du coke. De B, le gaz passe au travers d’un second laveur analogue J, mais à l’eau froide, puis aux absor-beurs E, à lits de coke arrosés par une dissolution de potasse en F, où elle est pompée du réservoir G. Ce réservoir est divisé en deux compartiments : le plus grand reçoit la dissolution régénérée des chaudières et le petit celle des absorbeurs E, qui revient aux chaudières en traversant un échangeur de températures H, où elle absorbe la chaleur de la dissolution régénérée qui va de D en E.
- Les chaudières, du type de Cornouailles, ont 2mx 8m,45 de long : elles sont reliées en série, ce qui assure une décomposition complète du bicarbonate de potasse. Elles fonctionnent sous une pression effective de 0k®,35, mais peuvent supporter une pression de 3ks,5, solidité qui les garantit contre les fuites aux rivures par l’action décapante de la dissolution. Les joints des brides sont faits non pas au minium, qui serait détruit, mais avec de la woodite ou fibre de bois.
- Les compresseurs sont du type Hall, verticaux, à trois temps, avec cylindres à enveloppes d’eau. Le premier cylindre, à double effet, comprime à lks,4 l’acide carbonique, qui passe, de là, sous cette pression, au travers d’un épurateur à chlorure de calcium qui lui enlève son humidité, puis au second cylindre, à simple effet, où la pression monte à 9 kilogrammes. Du second cylindre, le gaz passe dans un serpentin refroidi par^une circulation d’eau, puis au troisième cylindre, également à simple effet, où la pression s’élève à 70 kilogrammes environ, suivant la température ambiante.
- Les pressions de liquéfaction de l’acide carbouique aux différentes températures usuelles sont les suivantes :
- à — 23° pressions 17,11 atmosphères
- à — 13 — 23,13 —
- à — 3 — 30,84 —
- à + 5 — 40,46 —
- à + 13 — 52,16 —
- à + 23 — 66,02 —
- Le point critique est à -+- 32°, mais on a observé les pressions suivantes dans des bouteilles remplies aux 3/4 d’acide carbonique liquide à -+- 15°.
- Températures + 35° pressions 82,17 atmosphères
- -f- 43° — 100,47 —
- On voit qu’il peut se développer, dans ces bouteilles, des pressions très considérables; aussi prend-on, pour celles destinées aux pays chauds, la précaution de ne les remplir qu’aux 2/3. Voici d’ailleurs, d’après M.Unwin, comment la pression augmente avec la température et le remplissage.
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- ARTS CHIMIQUES.
- NOVEMBRE 1899.
- REMPLISSAGE ESTIMÉ d’APRÈS LE POIDS D’ACIDE CARBONIQUE LIQUIDE SUPPOSÉ AVOIR LA DENSITÉ DE l’eAU
- 7 3 2 5 1
- y T 3 T 2
- Températures. Pressions en atmosphères.
- 32» 200 104 83 80 77
- 38 » 127 101 94 86
- 43 » 153 118 109 96
- 49 » 180 136 124 107
- 53 » 211 153 140 117
- 60 » » 170 156 128
- 65 » )) 190 172 139
- Le poids spécifique de l’acide carbonique liquide varie de 0,947 à 0°, à 0,8266 à + 20° et 0,9951 à — 10°.
- Les bouteilles en acier doux, de 171U,23, sont, pour les climats tempérés, remplies de 12ks,7 d’acide carbonique. Ces bouteilles sont essayées en les plongeant dans un cylindre plein d’eau, avec tube manométrique à eau, puis en donnant la pression dans les bouteilles. Leur dilatation est indiquée par la montée de la colonne manométrique et leur déformation permanente par la hauteur dont cette colonne s’écarte de sa hauteur primitive après l’enlèvement de la pression.
- On peut, à Old Ford, liquéfier 5 tonnes d’acide carbonique par jour.
- G. R.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- presse a coton continue Swenson.
- Les presses à coton de beaucoup les plus répandues encore, aujourd’hui, sont des appareils dérivés de la presse hydraulique ordinaire, avec des dispositifs spéciaux pour le cerclage ou frettage des balles comprimées. Depuis quelques années, l’on emploie, aux États-Unis surtout, des presses continues, dont le principe consiste à rouler continuellement et par nappes le coton autour d’une tige, en même temps que l’on comprime ce coton. On obtient ainsi des balles cylindriques (fig. 1) de 0m,60 environ
- Fig. 1. — Balles de coton roulé à la presse continue.
- de diamètre sur tm,20 de long, qui présentent, sur les balles formées par la compression en masse du coton, l’avantage de ne renfermer que peu ou presque pas d’air comprimé tendant à les rompre et à provoquer des incendies; en outre, leur tare ne dépasse pas 0,75 p. 100 du poids total, au lieu de 5 p. 100 avec les balles d’autrefois.
- Parmi les machines à fabriquer en balles roulées, l’une des plus répandues est celle de Swenson, construite par l’American Cotton C°, de New-York : on en saisira facilement le principe par l’examen de la fig. 2, qui représente une machine Swenson de 1897. Les flocons de coton sont soufflés par un courant d’air du conduit marqué Lint Flue sur un tambour B, creux, entouré de toiles métalliques au travers des-
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- quelles on aspire les poussières du coton au conduit marqué Dust Flue. Ce tambour fait 160 tours par minute, de manière à ne pas laisser s’accumuler sur lui le coton, qu’il projette sur les courroies CC, qui l’entraînent en un ruban, lequel, consolidé par son passage entre les cylindres D et J, se forme en une balle cylindrique par son passage entre les cylindres D et E, sous une pression réglée par les pistons
- Fig. 2.
- Presse Swenson de 1897.
- hydrauliques H. Les cylindres D et E sont, deux par deux, enroulés d’une courroie ou toile sans fin F, à tendeurs G, passant sous la balle, dont elle provoque la formation, et qu’elle rejette une fois formée. Un volet basculant M sépare la nappe de coton de la balle finie, celle de droite sur la figure 2, et la dirige entre les cylindres E et D de gauche, de sorte que la presse fonctionne d’une façon continue. La pression des pistons H est réglée par les matelas d’air K, à demi remplis de l’eau de H, sous une
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- PRESSE A COTON SWENSON.
- 1607
- pression de 0k,7 au commencement de l’opération, et qui augmente à mesure que la balle se forme jusqu’à 14 kilos par centimètre carré. Le bâton N, autour duquel se forme la balle, est graissé et enveloppé d’une gaine de carton dur dont on le détache par un coup de maillet après le finissage de la balle.
- P2r~i
- Fig. 3. — Presse Swenson de 1899, Vue par bout.
- Une de ces machines, exigeant une dizaine de chevaux, fait une balle en cinq ou six minutes.
- Nous allons maintenant décrire avec quelque détail la nouvelle machine de Swenson, qui diffère de celle de 1897 par quelques perfectionnements.
- On reconnaît en figure 4 les principaux éléments de la machine précédente. Le coton, amené par 14 au séparateur 13, dépose une partie de ses poussières dans les
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- 1608 NOTES DE MÉCANIQUE. NOVEMBRE 1899.
- poches 16, et passe, dirigé par le clapet 11 et les chutes 10, entre les cylindres conso-
- Fig. 4 et 5, — Presse Swenson de 1899. Coupe verticale et plan, lideurs 36 et 4, puis entre les presseurs 4 et 5, avec toiles 17, tendues en 18, et passées
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- PRESSE A COTON SWENSON.
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- sous les bâtons 20 des balles. Ces bâtons sont portés par des paliers 21 (fîg. 6) que l’on dégage par les manettes 23 pour retirer les bâtons puis les balles; ces paliers portent aussi les plaques 24 (flg. 5) pour l’arasement des extrémités des balles. Les paliers 23 (fig. 6) des cylindres mobiles 5, guidés en 22 et appuyés par les pistons 26 des presses hydrauliques 27, sont conjugués deux à deux par des pignons 29, calés sur un arbre 28, et en prise avec des crémaillères fixes 30, ce qui assure le parallélisme constant des cylindres 4 et 5 de chaque presse malgré les inégalités des pressions sur les différents points de la balle. D’autre part, l’axe du bâton 20 est un peu au-dessous de celui des cylindres 4 et 5 de manière que la poussée des toiles 17 soit supportée
- Fig. 6. — Presse Swenson de 1899. Élévation à droite.
- tout entière par ces cylindres. L’eau sous pression arrive aux cylindres 36 par les tuyaux 31 des régulateurs à air comprimé 33 (fig. 3 et 4) à soupapes 34,manœuvréespar un tube de Bourdon 35, en communication avec l’eau de 33, et qui, en ouvrant sur le réservoir de charge 89 (fig. 3), empêche la pression de dépasser la limite prévue. A l’origine de la formation de la balle, la pression sur le bâton 20 doit être très faible, donnée presque tout entière par la courroie 17, puis augmenter peu à peu jusqu’à la moitié de la formation, et rester ensuite constante jusqu’à la fin, ce que fait le robinet autorégulateur 34. La pression des cylindres 36 est (fig. 6) réglée par des ressorts 37 ; ils empêchent tout glissement des courroies 17, dont l’arc d'enroulement sur les cylindres 5 augmente d’ailleurs à mesure qu’ils s’écartent des cylindres 4.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- NOVEMBRE 1899.
- L’arbre moteur 68 (fig. 4 et 5), à poulies 69 et 70, commande chaque presse par une poulie 66, embrayable par l’embrayage à friction 65 et le levier 67 (fig. 3) avec l’arbre 61, qui, par 63, 64, commande l’arbre 43 (fig. 7) à pignon 44, embrayable sur 43, par 45, 46, 49 (fig. 3 et 7) et qui entraîne alors par le pignon 40 l’arbre 39 du cylindre 4. L’arbre 39 porte en outre une roue de chaîne 55 (fig. 4 et 6), embrayable par 58, 60, et dont la chaîne 57 commande par 56 l’arbre 52 (fig. 7) à pignon 51, en prise avec celui 42 du cylindre 5, à l’arbre 41 duquel 52 est relié par les bielles 54,qui maintiennent leur
- Fig. 7. — Presse Swenson de 1899. Élévation à gauche.
- équidistance malgré le va-et-vient de 41 avec son patin 25. L’arbre 68 commande aussi (fig. 3) par 73, 75, 76 le tambour 13 et les courroies de la trémie.
- Chaque presse porte en outre un dévidoir 81 (fig. 4), à frein serré par un contrepoids 86, et portant une toile 80,que l’on amène à la fin de l’opération sous la balle, qu’elle enroule mécaniquement. Pour enlever la balle, après avoir coupé cette toile, on débraye par 49 le pignon de manière à arrêter le cylindre 4, et la rotation du cylindre 5, tendant la toile 17, rejette la balle d’entre ses cylindres, puis on fait repartir le cylindre 4 et l’on arrête 5, en débrayant 55, ce qui ramène le tablier 17 dans sa position primitive, prêt à reprendre une nouvelle balle.
- G. R.
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- TOUR A FILETER LATHAM.
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- TOUR A FILETER Ldtham.
- Ce petit tour se distingue principalement par la disposition prise pour que, à chaque reprise, l’outil x (fig. 11 à 13) du chariot reprenne le filet bien exactement par son point d’attaque primitif.
- Fig. 8 et 9. — Machines de la Luisenstrasse. Ensemble de l’installation.
- L’arbre 15, qui porte la vis mère E, facilement échangeable, est commandée, du cône B2 par le train variable, 10,'12, 13, 14, et le peigne F, que l’on met en prise au moment voulu avec E, est porté par un bras c, calé sur un arbre H, qui porte
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- NOVEMBRE 1899,
- Fig. 10. — Tour Latham. Vue par bout de gauche (fig. 12)
- Fig. 11. — Tour Latham. Vue par bout de droite (fig. 12).
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- TOUR A FILETER LATHAM.
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- aussi le chariot D, et peut soitglisser dans ses portées a a par l’action de E, soit piloter par le levier d. Un cliquet K, (flg. 10), de longueur égale au moins à la course maxima du chariot et pivoté sur les pointes 17, porte une manivelle g' sur laquelle est pivoté en 20 le levier coudé K1, à deux bras 22 et 23. Dans la position représentée en fig. 10, avec son extrémité 25 appuyée par le ressort 27 sur la came i de 14, K maintient par le doigt J de c le peigne F écarté de la vis E. Il faudra, pour
- d a.
- A
- . J
- Fig. 12 et 13. — Tour Latham. Élévation et plan.
- ramener F sur E, que les taquets 25 et 24 reposent à la fois sur i et sur la came h. de 10, ce qui aura pour effet de repousser le ressort 27 et de déclencher ainsi J de K.
- Si donc on commence le filetage avec le peigne F au zéro, c’est-à-dire avec le taquet 31 (fig. 13) de H buté sur a et le levier K posé sur i et h, on ne pourra repartir ou reprendre le filet qu’avec ces pièces 31 h, i, et E, dans la même position, ainsi, par conséquent, que l’outil x par rapport au filet qu’il travaille.
- Le porte-outil peut (fig. 11) se fixer par m2 m3 en un point quelconque de la coulisse n2 de la glissière D, réglable par la vis micrométrique O, et le bras b b.A de D, pivoté sur H, porte par la butée réglable ô4 sur le gabarit 112, qui permet de varier la profondeur du filet suivant son profil.
- G. R.
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- 1614 NOTES DE MÉCANIQUE. ----- NOVEMBRE 1899.
- machines a vapeur de la station électrique de Luisenstrasse à Berlin (1).
- L’usine électrique de Luisenstrasse aura (fig. 8 et 9) trois machines de 3 000 chevaux, dont deux, déjà montées, à quatre cylindres, verticales, à triple expansion, actionnant
- Fig. 14 à 17. — Machines de la Luisenstrasse. Vue par bout. Élévation-plans.
- chacune deux dynamos calées à droite et à gauche sur le prolongement de4l’arbre coudé.
- (1) Zeitschrift des Vereines Ingenieures, 4 novembre 1899.
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- MACHINES A VAPEUR DE LA STATION ÉLECTRIQUE DE LUISENSTRASSE. 1615
- Les deux cylindres supérieurs correspondent (fig. 14 à 19) à la haute et à la moyenne pression, et les deux cylindres inférieurs à la basse pression. Chacune de ces machines peut développer :
- Avec des admissions au petit cylindre de. 0,11 0,18 0,25 0,35 0,50
- Une puissance en chevaux de....... 1 740 2 270 2 800 3 330 3 860
- à une vitesse de 85 tours par minute et avec une pression d’admission de 12 atmosphères.
- Le bâti comprend une plaque de fondation en deux parties symétriques, bou-
- I Q. Ul
- Fig. 18 et 19. — Machines de la Luisenstrasse. Coupes verticales orthogonales.
- lonnées entre elles, portant chacune deux paliers, et formant, sous la manivelle correspondante une cuvette qui recueille l’huile en excès. A l’arrière, deux montants en fonte supportent chacun un groupe de cylindres et les glissières. A l’avant, deux colonnes en acier pénètrent dans des embases de lm,50 de haut venues de fonte avec la plaque de fondation, et dans des oreilles de 1 mètre de haut à la base des cylindres à basse pression. Trois colonnes en acier par groupe de cylindres supportent les cylindres supérieurs, dont deux sont fixées sur les côtés du montant qui porte le cylindre inférieur et une dans la même oreille que la colonne inférieure; tous les efforts sont ainsi transmis directement des cylindres à la plaque de fondation et la position des cylindres supérieurs n’est pas influencée par la dilatation des cylindres inférieurs. Une traverse de fonte réunit à l’avant les deux cylindres inférieurs en prenant son point d’attache dans le plan médian du
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- cylindre. Elle sert également de guide pour assurer la position de la colonne avant, qui porte le cylindre supérieur. L’entretoisement est complété par des tiges fixées : deux au milieu des colonnes principales, une au niveau du bas des cylindres, deux entre le milieu de chacune de ces colonnes et le montant d’en face, deux autres enfin en dessous des cylindres supérieurs et dans leur plan médian. L’ensemble ainsi constitué est indéformable par les dilatations des cylindres.
- Les prolongements de l’arbre reposent en outre sur des paliers que l’on peut régler par des vis dans trois directions, et à coussinets sphériques, ce qui permet aux parties de l’arbre de s’aligner naturellement.
- Les cylindres ont lm,30 de course et 865, lm,250, lm,550 et lm,550 de diamètre. La vapeur, en sortant de chaque cylindre, passe dans son enveloppe, sauf pour le petit cylindre, qui n’en a pas à cause de l’emploi de vapeur surchauffée.
- Pour enlever les fonds des cylindres, il faut commencer par séparer les communications de vapeur correspondantes. On peut enlever le fond supérieur d’un cylindre à basse pression sans enlever le cylindre supérieur correspondant, mais il faut démonter la tige de piston intermédiaire. On peut d’ailleurs se dispenser de cette manœuvre quand il s’agit de visiter les segments qui sont fixés non sur le piston, mais sur une bague tournée démontable ; il suffît de placer des cales entre le piston et le fond du cylindre, puis de faire agir la vapeur, pour soulever ce dernier de 50 centimètres.
- La crosse du piston a la forme d’une fourche et son tourillon est fixé à l’extrémité de la bielle de manière à former avec elle un T. Cette disposition permet de retirer facilement les coussinets à droite et à gauche. De plus, les patins de guidage sont très près de l’axe de la tige de manière à éviter les efforts de torsion dus à leur frottement sur les glissières.
- L’arbre, à deux manivelles à 180°, est en deux parties semblables réunies par un manchon d’accouplement. Chacune de ses parties porte un volant dont la surface intérieure est couverte par une tôle pour empêcher les projections d’huile sur la dynamo qui est à côté.
- La distribution est faite par des soupapes équilibrées à quatre sièges coniques très étroits et placés directement sur les fonds des cylindres, de manière à réduire les espaces morts au minimum. Elles sont commandées par des excentriques calés sur un arbre de distribution qui tourne dans un bain d’huile formé par le banc de distribution. L’admission au cylindre à haute pression, qui est seule variable et dépendante du régulateur, est faite par un déclic Sulzer. L’arbre de distribution est commandé, de l’arbre coudé,par un arbre vertical avec engrenages hélicoïdaux. Toutes les manœuvres se commandent d’une plate-forme à la hauteur de l’arbre de distribution. C’est là que se tient le mécanicien, mieux placé pour surveiller toute la machine que s’il était sur le sol.
- Le régulateur est calé au bas de l’arbre intermédiaire dont il vient d’être question. Il est chargé par un contrepoids placé au niveau du plancher principal et constitué par un réservoir d’eau relié par un tube en caoutchouc à des robinets de vidange et de remplissage qui permettent au mécanicien d’agir facilement sur la vitesse sans déranger le fonctionnement du régulateur.
- Le graissage est effectué par une circulation d’huile qui est reprise dans les cuvettes formées par la plaque de fondation et filtrée.
- C. L. C.
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- NETTOYAGE MÉCANIQUE DES CONDUITES d’ÉAU A TORQUAY.
- NETTOYAGE MÉCANIQUE DES CONDUITES D’EAU A TORQUAY d’après Ingram. (1)
- La distribution d’eau de Torquay est alimentée par deux canalisations en fonte dont l’une, posée en 1858, a 250 millimètres de diamètre pendant 13 kilomètres et 230 millimètres pendant 15 kilomètres. Ces canalisations se recouvrent assez vite d’oxydations
- Fig. 20.
- Fig. 21 et 22. — Racleur et dépierreur Appold.
- relativement tendres (fig. 20) que l’on a trouvé moyen d’enlever par des racleurs automatiques poussés par la charge même de l’eau.
- Le premier de ces appareils, proposé par M. Appold en 1873, se compose (fig. 21)
- (1) Institution of Mechanical Engineers (London), 1873 et octobre 1899.
- Tome IY. — 98° année. 5e série. — Novembre 1899
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- de deux grattoirs d’acier A A, couvrant a peu près chacun 1/8 de la circonférence, et suivis de quatre grattoirs intercalaires de façon que l’ensemble des six grattoirs recouvrent toute la circonférence. Le racleur était poussé parla pression de l’eau sur le piston B, à garniture élastique à peu près étanche, l’eau qui le traversait emportant les matières raclées au fur et à mesure. Le racleur franchit sans arrêt la conduite, sur une longueur de 1 600 mètres ; sa position était indiquée à chaque instant par le bruit du grattage, qui permettait d’en suivre lq course pas à pas, bien que la conduite fût à 0m,90 sous terre.
- Quand on voulut traverser la conduite sur toute la longueur, on fut arrêté par la
- Fig. 23 et 24. — Racleur Fronde de 230 millimètres.
- présence de pierres tombées pendant sa pose, et l’on construisit, pour les enlever, l’outil représenté par la figure 22, avec une coupe en fonte c, biseautée, de 20 millimètres moins grosse que la conduite. Les deux pistons D D sont assez écartés pour que celui d’avant ait complètement franchi l’ouverture d’un branchement quelconque de la conduite avant que le piston d’arrière n’y arrive. Chacun d’eux se compose d’un disque de cuir supporté à l’avant par une plaque et renforcé à l’arrière (fig. 24) par des semelles rivées. Les cuirs s’usent rapidement et, pour éviter le rivetage perpétuel des semelles, on ajoute, en avant du premier cuir, un second, d’un diamètre de 25 millimètres plus grand que celui de la conduite.
- Dans les nouveaux racieurs, le piston d’avant est protégé par une coupe E(fig. 23), relié aux grattoirs par une sorte de joint universel F. Ces gratteurs, imaginés par M.Froude, ont leurs six couteaux J montéssur desbras G, tirés par des ressorts H H, qui les pressent avec une force d’une trentaine de kilos, suffisante pour le grattage. Les bras G sont pivotés sur des barres K, articulées à l’avant, et repoussées par les ressorts L sur les butées I,qui en limitent l’écartement. Ges racieurs ont parfaitement fonctionné,
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- NETTOYAGE MÉCANIQUE DES CONDUITES D’EAU A TORQUAY
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- parcourant toute la longueur de la canalisation de 250 millimètres, soit 13 kilomètres en cinq heures; il suffit, pour cela, d’une poussée de 180 kilos environ ou de 0ks,35, par centimètre carré.
- Fig. 25 et 26. — Racleur Froude de 230 millimètres. Vue par bout et coupe transversale.
- Fig. 27 et 28. — Racleur Froude de 200 millimètres.
- Pour les canalisations plus petites de la ville : 180 ou 200 millimètres, on emploie le racleur plus simple représenté par la figure 27, avec trois bras P N appuyés par les seuls ressorts M : ils peuvent passer dans des coudes à 90° de 9 mètres de rayon et constitués par une série de tubes droits de lm,20 de long.
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- Les racleurs s’appliquent difficilement au-dessous de 130 millimètres de diamètre : ceux de 250 millimètres coûtent 500 francs et ceux de 150 millimètres 280 francs.
- A Torquay, on fait un grattage tous les ans, ce qui augmente le débit de 28 p. 100. On emploie, pour suivre la marche du racleur,20 à 30 hommes, nombre nécessité par la vitesse très irrégulière du racleur et pour ouvrir la conduite aussitôt son arrêt. On peut d’ailleurs souvent débloquer le racleur par un coup de bélier en supprimant puis rendant l’eau brusquement à la conduite.
- L’oxydation des conduites est rapide. Au bout d’un an, les nodules ont de 1 millimètre et demi à 3 millimètres de haut et ramènent le débit d’un tuyau de 250 millimètres à celui d’un tuyau de 230 en raison des tourbillons qu’ils provoquent dans l’eau et de l’augmentation de 11 p. 100 environ qu’ils apportent à la surface de frottement des parois. La conduite perd ainsi environ 21 tonnes de fer par an. Les raclures renferment 49 p. 100 de fer. L’acide carbonique de l’eau forme du carbonate de fer, qui sous l’influence de son oxygène, se décompose en oxyde de fer et acide carbonique régénéré. Le fer s’oxyde 1,30 fois et l’acier 1,33 fois plus vite que la fonte.
- G. R.
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- PROCÈS-VERBAUX
- Séance du 27 octobre 1899.
- Présidence de M. A. Carnot, président.
- Correspondance. — M. Collignon, secrétaire, dépouille la correspondance.
- Il fait part du décès de M. J.-h. Simon, ancien constructeur-mécanicien à Cherbourg et membre de la Société.
- M. Besrumeaux, 47, rue du Louvre, présente à l’examen de la Société ses filtres pour Vépuration des eaux. (Arts économiques.)
- M. F. Bertrand, 37, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, présente des observations sur la loi française actuelle des brevets et demande une allocation de 400 francs pour une de ses nombreuses inventions.
- M. Delbecque, fabricant d'enduits et peintures pour navires à Dunkerque, soumet ses produits à l’appréciation de la Société. (Arts chimiques.)
- M. M. Marmonnier, ingénieur, 17, rue du Château, à Lyon, présente un moteur à gaz à admission et détentes variables. (Arts mécaniques.)
- M. Lefer, membre de la Société, propose la fondation d’un concours pour l’étude d’appareils de protection des trains. (Arts mécaniques.)
- M. Xavier Maître, 15, rue Dupin, Paris, demande l’aide de la Société pour un brevet de mécanique. (Arts mécaniques.)
- M. Billat, 10, rue Grange-aux-Belles, demande une annuité de brevet pour une raclette en caoutchouc pour voirie. (Constructions et Beaux-Arts.)
- M. P. Dupont, directeur d’usines à Celles-sur-Plaine, soumet à l’appréciation de la Société deux ouvrages sur la filature et le tissage du coton. (Arts mécaniques.)
- M. Maillochon, 20, rue de Staël, demande une annuité de brevet pour un appareil d’exposition. (Arts mécaniques.)
- Plis cachetés. Sont déposés les plis cachetés suivants :
- 1° Pari/. C. Bosset, 33, rué Gay-Lussac, sur un « dépolarisant de piles».
- 2° Par M. A. Hélouis, à Colombes, sur un «procédé de fabrication de l'acide sulfurique fumant ».
- 3° Par M. J. Garçon, 40 bis, rue Fabert, en son nom et en celui de MM. Vve Gaydet et fils, de Roubaix, un pli sans désignation de son contenu.
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- 1622 PROCÈS-VERBAUX. ----- NOVEMBRE 1899.
- M. Bertier, 116, rue des Moines, Paris, demande une annuité de brevet pour un appareil contrôleur de caisse. (Arts mécaniques.)
- M. C. Dorian, 113, boulevard de Belleville, présente ses appareils de réglage et de mesure de températures. (Arts économiques.)
- M. A. Gravier, 27, rue des Petits-Hôtels, Paris, présente om nouveau système de propulsion. (Arts mécaniques.)
- Correspondance imprimée.— M. Collignon présente au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages mentionnés à la page 1493 du Bulletin. d’octobre, et parmi lesquels il signale tout particulièrement une vingtaine de volumes sur l’agriculture offerts par leur auteur M. Heuzé, membre du Conseil.
- Communications. — M. Secrétan fait une communication sur un appareil de M. Vinsonneau pour Vexamen optique des tubes de chaudière.
- M. Puech présente son filtre dégrossisseur pour grandes masses d'eau, adopté par la Ville de Paris.
- M. le Président remercie MM. Secrétan et Puech de leurs intéressantes communications, qui seront renvoyées aux Comités des Arts mécaniques et économiques.
- Séance du 10 novembre 1899.
- Présidence de M. Carnot, président.
- Correspondance. — M. L. Collignon, secrétaire, dépouille la correspondance.
- M. Morel, à Nozière (Ardèche), présente deux Mémoires : le Guide du Sériciculteur et Monographie de la commune de Devesset. (Comité d’Agriculture.)
- M. Coret dépose un pli cacheté relatif à un chalumeau pour lampes à acétylène.
- M. Georgeot, ingénieur aux forges’de Montataire, présente deux plis cachetés, l’un, le n° 22 B, pour être déposé aux Archives, l’autre, 33 G, pour être ouvert en séance et envoyé au Comité compétent. Ce pli, ayant été ouvert, est reconnu renfermer un mémoire 'pour le prix de 1 000 francs du Comité des Arts chimiques relatif à YUtilisation des résidus de fabriques.
- Nominations de membres de la Société. —= Sont nommés membres de la Société :
- M. J, Moinet, manufacturier à la Boissière, présenté par M. Diligeon.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- NOVEMBRE 1899.
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- M. Bellens, ingénieur à Paris, présenté par M. Fontaine.
- M. Demany (Emile), architecte à Liège, présenté par M. Goetchen.
- M. Barthélemy, fabricant de papier de couleur à Paris, présenté par MM. Li-vache et Lindet.
- Rapports des comités. — M. Bozé présente, au nom du Comité des Arts mécaniques, un rapport sur le robinet intermittent de M. Bine.
- Communications. — Sont présentées les communications suivantes de :
- M. Bellens, sur Yémulseur Dubiau, pour chaudières;
- M. Chalou, sur la pompe pour frein à air comprimé de la Compagnie de Fives-Lille ;
- M. Contour, sur un ballon dirigeable.
- M. le Président remercie MM. Bellens, Chalou et Contour de leurs intéres-s antes communications, qui seront renvoyées au Comité des Arts mécaniques.
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- CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS COURS PUBLICS ET GRATUITS DE SCIENCES APPLIQUÉES AUX ARTS
- ANNÉE 1899-1900
- Géométrie appliquée aux arts. — Les Lundis et Jeudis, à neuf heures du soir. M. A. Laus-sedat, professeur. M. P. Haag, professeur suppléant. Le cours ouvrira le Lundi 6 novembre.
- Cinématique. — Classification des mécanismes. — Étude géométrique des organes qui servent à la transformation des mouvements : Engrenages, cames, excentriques, articulations, échappements, encliquetages. — Compteurs. — Instruments enregistreurs.
- Géométrie descriptive. — Les Lundis et Jeudis, à sept heures trois quarts du soir. M. E. Rouché, professeur. Le cours ouvrira le Lundi 6 novembre.
- Les principes fondamentaux de l’art du trait : ligne droite et plan, surfaces usuelles.
- Application à la charpente et à la coupe des pierres.
- Mécanique appliquée aux arts. — Les Lundis et Jeudis, à sept heures trois quarts du soir. M. J. Hirsch, professeur. Le cours ouvrira le Lundi 6 novembre.
- Vélocipèdes. — Théorie, 'construction.
- Application des machines à ta navigation. — Traction sur les rivières, sur les canaux; navigation maritime.
- Constructions civiles. — Les Lundis et Jeudis, à neuf heures du soir. M. J. Pillet, professeur. Le cours ouvrira le Lundi 6 novembre.
- Les matériaux de construction. — I. Propriétés constructives : Persistance de constitution. — Permanence de figure. — Résistances mécaniques. — Capacité stabilitaire. — Capacité d’isolement. — Capacité formelle. — Capacité économique.
- IL Classification des matériaux : Matériaux morphogènes. — Pierres, marbres, etc. — Matériaux reliants. — Matériaux à résistances symétriques. — Métaux, bois, etc. — Matériaux à constitution permanente. — Matériaux transparents.
- Physique appliquée aux arts. — Les Lundis et Jeudis à neuf heures du soir. M. J. Violle, professeur. Le cours ouvrira le Lundi 6 novembre.
- Physique moléculaire. — Propriétés fondamentales et utilisation des gaz, des liquides et des solides.
- Chaleur. — Sources de chaleur et de froid. — Mesure des températures. — Chauffage et ventilation.
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- CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS. ---------------------- NOVEMBRE 1899. 1625
- Électricité industrielle. — Les Mercredis et Samedis, à sept heures trois quarts du soir. M. Marcel Deprez, professeur. Le cours ouvrira le Samedi 4 novembre.
- Étude des lois de l’induction servant de base à la théorie et au calcul des machines dynamoélectriques à courant continu ou à courant alternatif.— Théorie des machines dynamo-électriques. Description des types employés dans l’industrie. — Calcul des dimensions d’une machine devant satisfaire à des conditions données. — Des moteurs électriques. — Transmission électrique de la force et ses applications. — Calcul de l’établissement d’une transmission de force. — Machines à courant alternatif, leur théorie, leurs applications. Accessoires des machines dynamo-électriques. Appareils de mesure, conducteurs, canalisations. — Eclairage électrique.
- •Chimie générale dans ses rapports avec l’industrie. — Les Mercredis et Samedis, à neuf heures du soir. M. E. Jungfleisch, professeur. Le cours ouvrira le Mercredi 8 novembre.
- Généralités. — Notions préliminaires; corps simples et corps composés; classification des corps simples; métalloïdes et métaux; lois des actions chimiques; nomenclature.
- Métalloïdes. — Histoire particulière des principaux métalloïdes et de leurs combinaisons non métalliques les plus utilisées : production, propriétés, réactions, notions analytiques, applications à l’industrie.
- Chimie industrielle. — Les Mardis et Vendredis, à neuf heures du soir. M. E. Fleurent, professeur. Le cours ouvrira le Vendredi 3 Novembre.
- Industries basées sur l’utilisation des 'produits végétaux (suite et fin). — Industrie sucrière. — Statistique et aperçu économique. — Procédés modernes d’extraction du sucre de betteraves et du sucres de cannes. — Sucraterie et raffinerie. — Dextrine et glucose.
- II. Industries de fermentation (suite et fin). — Cidre et poiré. — Alcools dits d’industrie. Production et consommation. Distillation et rectification. — Alcools dits naturels. — Eaux-de-vie diverses. — Composition comparée des divers alcools.
- III. Tartre et acide tartrique. — Vinaigre.
- IV. Caoutchouc et gutta-percha.
- métallurgie et travail des métaux. — Les Mardis et Vendredis, à sept heures trois quarts du soir. M. U. Lf, Verrier, professeur. Le cours ouvrira le Vendredi 3 novembre.
- Étude des procédés métallurgiques. — Procédés de traitement des minerais par voie sèche et par voie humide : Grillage, réductions, etc. — Application de l’électricité à la métallurgie.— Procédés de travail des métaux à chaud et à froid : Laminage, martelage, emboutissage, etc.
- Chimie appliquée aux industries de la teinture, de la céramique et de la verrerie. — Les Lundis, et Jeudis, à sept heures trois quarts du soir. M. V. de Luynes, professeur. Le cours ouvrira le Lundi 6 novembre.
- Verrerie. — État vitreux des corps. — Le verre. — Étude des silicates qui entrent dans la préparation des mélanges vitrifiables. — Fours de verrerie. — Travail des verres ; soufflage, moulage coulage. — Vers colorés. — Emaux. — Mosaïque. — Vitraux.
- __ Céramique. — Matières premières employées dans la fabrication des poteries : Argiles, roches, sables. — Préparation des pâtes céramiques. — Terres cuites, faïences, grès, porcelaines. — Façonnage. — Fours. — Cuisson, décoration des poteries.
- Chimie agricole et analyse chimique. — Les Mercredis et Samedis, à sept heures trois quarts du soir. M. Th. Schlœsing, professeur; M. Th. Schlœsing fils, professeur suppléant. Le cours ouvrira le Samedi 4 novembre.
- I. Développement des plantes. — Germination. Origine et assimilation du carbone, de l’oxygène,
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- de l’hydrogène ; respiration. Origine et assimilation de l’azote ; fixation de l’azote libre. — Nutrition minérale.
- Engrais. — Fumier. Engrais phosphatés, azotés, potassiques. Engrais divers ; eaux d’égout. — Amendements. — Notions sur les assolements.
- II. Analyse appliquée à des produits agricoles.
- Agriculture. — Les Mardis et Vendredis, à neuf heures du soir/M. L. Grandeau, professeur. Le cours ouvrira le Mardi 7 novembre.
- Conditions fondamentales de la production agricole. — Sols, labours, semailles, etc. — Fumures : production du fumier de ferme. — Engrais complémentaires. —Engrais verts. — Champ d’expériences annexé à la ferme. — Cultures expérimentales du Parc des Princes (1892-1899).
- Filature et tissage. — Les Mardis et Vendredis, à sept heures trois quarts du soir. M. J. Imbs, professeur. Le cours ouvrira le Mardi 7 novembre.
- Métiers à filer, continus à ailettes, continus à anneaux, mull-Jènny et self acting. — Retordage et apprêts des fils en droite fibre. — Préparation et filage pour fils en libre fibre.
- Tissus en général et entrelacements types. — Tissus proprement dits en armures grain et en armures composées.
- Économie politique et législation industrielle. — Les Mardis et Vendredis, à sept heures troi& quarts du soir. M. E. Levasseur, professeur. Le cours ouvrira le Vendredi 3 novembre.
- La consommation des richesses. — Essai d’inventaire de la richesse de la France et de quelques autres pays.
- Consommation personnelle et consommation reproductive. — L’épargne et le placement des épargnes. — Les sociétés coopératives de consommation et de construction. — Le luxe. — La faillite. — L’assurance. — Les dépenses de l’État et des communes. — La question de la population.
- Économie industrielle et statistique. — Les Mardis et Vendredis, à neuf heures du soir. M. André Liesse, professeur. Le cours ouvrira le Vendredi 4 novembre.
- La production industrielle et ses éléments. — Les éléments. — Les agents naturels : description analytique. — Inégalité de répartition. Influence des milieux sur les groupements humains. Centres industriels. — L’homme. — Son action sur la nature. Travail musculaire et travail mental. Loi du moindre effort. Les inventions. Les machines.
- Le mouvement industriel moderne. — La concentration des industries et des capitaux. Ses conséquences. Petite et moyenne industrie. Natures diverses des entreprises; leurs différents types : entreprises industrielles, commerciales, agricoles. — Leur création, leur direction.
- Le mouvement industriel en différents pays et particulièrement en Allemagne. — Statistiques.
- Art appliqué aux Métiers. — Les Mercredis et Samedis, à neuf heures du soir. M. L. Magne, pro -fesseur. Le cours ouvrira le Samedi 4 novembre.
- Principes généraux de composition artistique. Leur application au TRAVAIL DES MÉTAUX. — Métaux usuels (suite). Le plomb. Procédés de travail. Plomb repoussé. Décoration des combles. Plomb fondu. Décoration des bassins. — Le cuivre, l’étain, le bronze. Exemples tirés des ouvrages anciens : Statuaire et objets usuels. — Cuivre repoussé et bronze fondu. — Gravure, ciselure, damasquinage. — Applications à l’orfèvrerie ; à l’éclairage, à l’horlogerie, au mobilier, etc. — Métaux précieux. L’or et l’argent : Orfèvrerie, bijouterie, joaillerie.
- TRAVAIL DU BOIS. — Charpente : Empilage et assemblage. Combles, planchers, escaliers, etc* Menuiserie : Lambris, plafonds,portes, etc. — Ebénisterie : Meubles en bois d’assemblage ou plaqué. Combinaisons décoratives du bois avec d’autres matériaux.
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- Droit commercial. — Les Mercredis à neuf heures du soir. M. E. Alglave, chargé de cours. Le cours ouvrira le Mercredi 8 novembre.
- Les actes de commerce et les commerçants. — Comment se font les transactions commerciales. — Comparaison avec les contrats civils. — Évolution du Droit. — Les bourses de commerce et les bourses de valeurs mobilières. — Les opérations de bourse.
- Économie sociale. — Les Samedis, à neuf heures du soir. M. P. Beauregard, chargé de cours. Le cours ouvrira le Samedi 4 novembre.
- Le salaire et sesmodalités.—Majoration des salaires. — Participation aux bénéfices.— Instruction, moralité. — Hygiène. — Les habitations ouvrières. — Les associations coopératives.
- Le Directeur du Conservatoire national des Arts et Métiers,
- A. Laüssedat.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Minerai Industry. — L’industrie minérale : Statistique, Commerce et Technologie aux États-Unis et dans les autres pays en 1898. Édité par M. R. P. Rothwell (1).
- Cette remarquable publication, bien connue de nos lecteurs (2) et à laquelle la Société d’Encouragemeut a accordé une médaille d’or en 1898 (3) en est à son septième volume, qui renferme, comme les autres, une foule de documents intéressants : nous nous proposons d’en signaler un des plus importants.
- La production de Y aluminium a atteint en 1898, aux États-Unis, le chiffre énorme de 2 360 tonnes, au prix de 3 fr. 18 le kilogramme, 35 p. 100 moins cher que le cuivre : on évalue celle de l’Europe à 2 000 tonnes, et cette fabrication rapporte, paraît-il, de gros bénéfices. On en a employé 580 tonnes pour les conducteurs électriques : 450 tonnes pour remplacer les feuilles de zinc — presque aussi chères — et d’autres métanx. L’aluminium américain s’exporte beaucoup en Europe; c’est ainsi, qu’en janvier 1899, la Réduction C°, de Pittsburg, a reçu de Belgique une commande de 700 tonnes de feuilles d’aluminium. On emploie aussi l’aluminium pour remplacer les pierres lithographiques, en feuilles polies à la pierre ponce, séchées, lavées à l’acide et séchées de nouveau, elles sont très légères, 100 fois moins encombrantes que les pierres, incassables, et 3 fois moins chères, mais elles exigent une encre spéciale. On fait avec de la poudre d’aluminium une bonne peinture inoxydables pour la fonte, le fer.
- La fabrication du carburundum se développe, la compagnie du Niagara en a produit 725 tonnes en 1898, au prix moyen de 1 fr. 10 le kilogramme. On a beaucoup amélioré la fabrication des meules en ajoutant, comme liant, à la porcelaine, du fer qui, à la température de fusion, se combine à la porcelaine et attaque superficiellement le carburundum en formant avec lui une masse vitrifiée très résistante et coupante : on l’emploie aussi dans la métallurgie pour remplacer le ferro-silicium (110 tonnes en 1898), et sous la forme amorphe — premier produit des fours — pour la fabrication de briques très réfractaires, non attaquées par le fer.
- L’industrie des Ciments est extrêmement prospère aux États-Unis, dont la production s’est élevée, en 1898, à 650 000 tonnes de Portland, au prix de 22 francs la tonne, et à 1 100 000 tonnes de ciment naturel, au prix de 15 francs la tonne, et cette production est loin de suffire aux États-Unis. L’usine de l’Atlas, dans le district de Lehygh, produisait, en 1898, 726 tonnes de Portland par jour ; partout les usines s’agrandis-
- (1) 1 vol. in-8°, 980 p. New-York Scientific Publishing C°.
- (2) Bulletins d’octobre 1895, p. 1140 et de septembre 1896, p. 1280.
- (3) Bulletin de juillet 1898, p. 824.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- sent; on évalue à 1 400 000 tonnes la production probable en 1900. L’emploi des fours tournants (1) est très répandu aux États-Unis; ils permettent de fabriquer le ciment aussi bon marché qu’en Allemagne, dont la production est encore double de celle de l’Amérique.
- La fabrication toute spéciale des briques de pavage (2) est l’objet d’un intéressant mémoire de M. Foster Baine (p. 135). L’usine de Des Moines en produit 30 millions par an, mais il est, en général, préférable de fabriquer en même temps des briques ordinaires ou de bâtiment.
- La production du charbon s'est élevée, en 1898, à 200 millions de tonnes, dont 48 000 000 d’anthracite, et celle du coke à 14 400 000. L’emploi des machines : ha-veuses, etc., se répand beaucoup, mais en gaspillant parfois jusqu’au 25 p. 100 du combustible, gaspillage que l’on éviterait en adaptant mieux les machines aux allures du gîte, comme l’explique M. Gresleg dans un intéressant mémoire où il décrit les principales méthodes d’exploitation usitées aux États-Unis.
- Les États-Unis ont produit, en 1898, 224 000 tonnes de cuivre au lieu de 239 000 en 1897, au prix delfr.32 le kilogramme pour le cuivre du lac Supérieur. La production du cuivre électrolytique a atteint 140000 tonnes : presque tout le cuivre du Montana est ainsi fabriqué ou raffiné. Une seule des mines du lac Supérieur, la Tamarak (3) a extrait, en 1898, 671 000 tonnes de minerai au prix de 1 fr. 15 la tonne : prix de l’extraction et de l’usinage, 10 francs par tonne ; rendement, 14 000 tonnes de cuivre ; recettes totales, 12 millions; dépenses, 9 300 000 francs. Parmi les nouveaux procédés de traitement des mattes, on peut citer ceux de MM. Reise, Colquhound et Garriston, à l'essai aux États-Unis, et le convertisseur David, qui permettrait de traiter 1 000 kilogrammes de matte à 35 p. 100 de cuivre au prix de 21 fr. 70, en fournissant très rapidement un cuivre plus pur.
- Le chapitre consacré au cuivre se termine par un intéressant article de M. Kellner sur le raffinage du cuivre et son électrolyse par le procédé Hayden, très employé aux États-Unis, notamment à la Baltimore Smelting C°, qui produit par an environ 30 000 tonnes de cuivre par ce procédé. Le raffinage au réverbère a été grandement perfectionné par M. Peirce, de Baltimore, dont les grands fours mécaniques produisent jusqu’à 60 tonnes par vingt-quatre heures : on en construit actuellement de 120 tonnes, complétés par l’emploi des appareils de coulée mécanique de Walker, qui permettent de couler en lingots, barres, etc., un charge de 75 tonnes en quatre heures, et dont on trouvera la description complète aux pages 252-258.
- Le chapitre consacré à l’or et à l’argent renferme de très intéressants travaux de MM. Engalls sur les progrès de leur métallurgie; Richards sur les progrès de la préparation mécanique des minerais d’or ; Hoffmann, sur l’hydro-métallurgie de l’argent : c’est l’un des chapitres les plus intéressants et les plus actuels du livre.
- Parmi les progrès récents de la métallurgie du fer et de Y acier, M. Howe cite et décrit l’utilisation des gaz de hauts fourneaux par les moteurs à gaz (4), les procédés de coulée mécanique Uehling et autres (5), les convertisseurs Tropenas, les fours oscil-
- (1) Bulletins de janvier et juiu 1899, p. 122 et 887.
- (2) Bulletin d’octobre 1896, p. 1358.
- (3) Bulletin d’octobre 1899, p. 1388.
- (4) Bulletin de mai 1899, p. 797.
- (5) Bulletins de juin 1898, p. 747 et septembre 1899, p. 1378.
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- lants Campbell et Willmann (1), le procédé Bertrand Thiel et les travaux des métal-lographistes, pour la plupart décrits ou signalés dans notre Bulletin.
- Nous citerons encore, parmi les mémoires les plus intéressants, ceux de MM. Hof-mann, sur la métallurgie du plomb ; Frache, sur la cuisson de la chaux ; Gilcrisl, sur la fabrication des phosphates acides de chaux ; Symington sur la métallurgie du mercure en Californie ; Falding, sur la fabrication de l’acide sulfurique ; Engalls, sur le zinc et le cadmium; Richards, sur les progrès de la préparation mécanique en 1898 ; Sauveur, sur ceux de la métallographie.
- Les Machines marines. — Cours de machines à vapeur professé à l'École du Génie
- ynaritime par L.-E. Bertin, Directeur des constructions navales. (In-8°, 725 p.) Paris,
- Bernard.
- Les lecteurs de notre Bulletin ont eu la bonne fortune de voir M. Bertin leur exposer lui-même ses idées sur la machine marine (2), qui sont celles à la fois d’un savant et d’un praticien; je n’aurai donc guère qu’à leur présenter ce bel ouvrage, qui en est le développement.
- Dans un premier chapitre, M. Bertin rappelle les Principes généraux du fonctionnement des machines. On y remarquera une exposition très claire des propriétés du diagramme entropique, dont M. Bertin recommande justement l’application. Le chapitre II, Mesure du travail, étude de ses facteurs, renferme un grand nombre de tableaux des données principales des machines à simple, double, triple et quadruple expansion, très utiles pour l’établissement pratique et rapide des avant-projets, dont les deux principaux éléments sont la pression moyenne p, en kil. par centimètre carré, et le volume v de vapeur par cheval en mètres cubes, liés par la relation v p = 0,0075. Pour les machines de paquebots, qui marchent presque toujours à pleine puissance, on prend p très petit, avec des détentes allant jusqu’à 16 et, par conséquent, v très grand ; c’est ce qui explique la lourdeur de ces machines comparées à celles de la marine de guerre, qui ne marchent que rarement à pleine force, et dont l’allure la plus économique correspond en général aux 0,4 de la puissance maxima. La vitesse moyenne des pistons atteint aujourd’hui jusqu’à 6 mètres par seconde ; c’est le prin-
- CN
- cipal réducteur de l’encombrement ; elle est donnée par la formule v = — , dans
- laquelle G est la course en mètres et N le nombre de tours par minute, ce dernier souvent imposé par l’hélice. La course G est plus courte sur les navires de guerre, mais sans jamais être inférieure aux 0,3 du diamètre du grand cylindre. L’étude des Pertes de travail et des Moyens d’y remédier fait l’objet du chapitre III. En ce qui concerne notamment le sujet controversé de la compression, M. Bertin fait remarquer qu’elle cesse d’être économique bien avant d’atteindre la valeur pour laquelle la dépense de vapeur remplissant l’espace mort est annulée, à cause de l’augmentation corrélative de la contre-pression à l’échappement, du moins dans les machines marines à distributions par tiroirs. On retrouve fréquemment, dans les courbes de compression des machines marines, les paliers signalés par M. Lefer (Bulletin de janvier 1897).
- (1) Bulletin d’avril 1898, p. 505.
- (2) Bulletin d’octobre 1899, p. 1404.
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- L’étude des pertes de vapeur dans les cylindres est très clairement exposée. Certaines causes de pertes, comme le rayonnement extérieur, bien que faibles numériquement, exercent une grande influence en abaissant le titre de la vapeur. La plus importante de ces causes est le refroidissement au condenseur, signalé par Reech en 1850, puis étudié par Hirn; on la diminue en abaissant le plus possible la différence entre la température de la vapeur à l’entrée et à la sortie du cylindre d’évacuation, ce que l’on obtient en multipliant les cylindres de détente ; d’autre part, cette perte serait, toutes choses égales, inversement proportionnelle à N, ce qui explique en partie l’économie des machines rapides. En ce qui concerne l’emploi des chemises de vapeur, leur complication ne paraît pas justifiée par les expériences récentes, qui ne leur attribuent aucune économie de vapeur, au contraire, tandis que leur suppression permettrait souvent d’augmenter la détente d’une façon notable. D’après M. Bertin, il n’y a pas grand intérêt à dépasser de beaucoup les hautes pressions actuelles; un passage de 20 kilogrammes à 40 n’améliorerait que de 4 p. 100 le rendement total de la machine, et il en conclut que la détente quadruple ne sera probablement pas dépassée dans les machines à cylindres. D’autre part, il y a plus à gagner en améliorant l’utilisation-spécifîque du moteur que son utilisation théorique; plus à gagner, par exemple, en diminuant les pertes dues à l’étranglement de la vapeur à l’échappement, et qui atteignent 0kg,3, que la contre-pression au condenseur, qui s’abaisse souvent à 0kg,l.
- Le chapitre IV traite de l'Étude géométrique de la distribution de vapeur. Cette étude se fait presque toujours, en marine, par l’épure sinusoïdale de Moll et Montely ou par l’épure circulaire de Reech. M. Bertin en fait l’application aux distributions les plus usitées, à un ou deux excentriques, à coulisses, radiales, etc., avec une discussion approfondie de leurs approximations.
- Les Appareils de manœuvre : renversement, arrêt, mise en train, ont, en machines marines, une importance exceptionnelle, car il faut, pour la sûreté du navire, qu’ils soient absolument à la main du mécanicien. Sur les navires de guerre, ils doivent être en outre extrêmement rapides. On sait que l’on y trouve de nombreuses et très ingénieuses applications du servo-moteur. La description de ces appareils fait l’objet du chapitre V, qui termine la première partie de l’ouvrage.
- La seconde partie, qui traite du Fonctionnement mécanique des machines, débute par le chapitre VI, consacré à l’étude du Couple de rotation des machines, des Trépidations de la coque et des Forces d’inertie : cette étude est traitée très complètement à l’aide de formules et de diagrammes très simples, empruntés en partie aux beaux travaux de M. Marbet sur les centres instantanés d’accélération. Quant à la régularisation du moment moteur par les angles du calage, elle ne peut guère se résoudre complètement que par l’expérience guidée, bien entendu, parle calcul, car, dans les machines marines, le moment moteur n’est pas donné par l’accélération angulaire, les variations des résistances, notamment celle de l’eau, varient avec la vitesse, dissimulant l’effet du moment moteur sur les changements de vitesse angulaire. Incidemment, M. Bertin fait remarquer que l’étude de l’accélération angulaire pourrait amener à la construction d’un appareil de stoppage automatique donnant l’arrêt instantané sous l’action d’une forte amélioration angulaire et assurant la sécurité, par exemple, en cas de rupture d’un arbre d’hélice. Quant aux vibrations des coques, leur étude théorique est des plus intéressantes et déjà fort avancée mais, pour la résoudre dans les cas complexes des grandes machines à quatre manivelles, il faut encore avoir recours aux
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- expériences exécutées à la mer même, comme celles désormais classiques du Terrible {Bulletin de septembre 1899, p. 1441) et M. Bertin fait très justement remarquer que l’on aurait tout intérêt, en France, à consacrer à des expériences de ce genre une petite partie des prix des « interminables essais de recette, tous répétés uniformément sur des machines semblables, dont le but unique est d’établir des responsabilités toujours un peu fictives ».
- Le graissage des machines marines n’a de particulier que la dimension de ses appareils et l’obligation de fonctionner presque indéfiniment sans arrêt. Pour le graissage extérieur, l’emploi des appareils automatiques et centrifuges est tout indiqué; pour le graissage intérieur, on préfère souvent, aux appareils à déplacement par condensation, ceux à pistons, tels que les dispositifs de MM. Dorval et Barre (Bulletin de janvier 1898, p. 27). L'arrosage des pièces frottantes ne doit pas se faire au hasard ni brutalement, en risquant d’en provoquer la trempe ou des déformations permanentes; M. Bertin donne à ce sujet des indications précises très intéressantes. Dans la détermination des surfaces frottantes, il faut, pour en fixer l’étendue S, tenir compte non seulement de leur charge ou pression totale P ou par centimètre carré it, mais aussi
- py
- de leur vitesse relative Y, et ce d’après la formule S — -^-ou ^ = Qi dans laquelle
- Q désigne le coefficient d’usure. Or, d’après les valeurs de ce coefficient, relevées sur un très grand nombre de machines, il varie entre des limites extrêmement écartées, de sorte qu’il ne donne pas la mesure exacte de la sécurité ou de la résistance pratique au frottement. Ce fait s’explique en remarquant que sa diminution par un accroissement de S ne diminue le travail résistant de S par centimètre carré que dans le rapport S06. Le travail résistant cp, opposé par le frottement, est donné avec une approximation suffisante par la formule de Joessel cp = 0,04 P06 S04 V006 qui indique, pour V, une influence très faible. D’après cette formule et quelques données d’expérience, on pourrait évaluer, en désignant par F la puissance indiquée en pleine marche, à 0,026 F l’ensemble des frottements qui dépendant directement de la pression de la vapeur sur les pistons et à 0,06 F le travail résistant total; le travail résistant ajouté par les vibrations de la coque peut, dans certains cas, s’élever à 4 et 5 p. 100 de F : 1 000 chevaux pour une machine de 20 000. Quant au rendement organique total des machines marines en pleine marche et aux différentes allures, on ne pourra le connaître qu’après l’invention d’un dynamomètre véritablement exact et pratique dans des conditions aussi difficiles.
- Le chapitre VIII traite des Hélices. Je ne puis mieux faire, pour donner une idée de ce chapitre, que de renvoyer à la partie de la conférence même de M. Bertin où il a résumé ses idées sur ce sujet si difficile et si important.
- L’étude des Condenseurs fait l’objet, du chapitre IX; c’est un appareil qu’il faut éta-bliravecle plusgrand soin,carie travail d’une machinepeutfacilementvarier de 10p. 100 suivant le degré du vide dans le condenseur. Ce degré ne dépend, avec les condenseurs à surfaces, d’un emploi inévitable en marine comme régénérateurs d’eau douce, que de la température intérieure du condenseur, qui peut facilement s’abaisserà 50° avec une pression de 0k,12. Leur surface se calcule généralement au taux de 0m2,t0 au moins par cheval, ou de 0m2,015 par kilogram. de vapeur et par heure, ce qui donne, pour le coefficient de transmission de la chaleur, la valeur K = 33, trois cents fois plus élevé que celui du foyer aux chaudières. On y fait circuler l’eau au taux dé 50 litres par kilogram. de vapeur à condenser, ou de 0m3,333 par heure et par mètre carré de sur-
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- face réfrigérante — 300 à 400 litres par cheval heure, avec une vitesse telle que l’eau s’y renouvelle environ 1 000 fois par heure et ne séjourne au condenseur que pendant environ 3'6. L’eau circule presque toujours à l’intérieur des tubes, ce qui rend le nettoyage plus facile. Le débit de la pompe à air doit être d’au moins 1 litre d’eau et 30 litres d’air très raréfié par kilogram. de vapeur condensée. Cette pompe et celle de circulation sont, du moins sur machines de guerre, presque toujours actionnées par un ou plusieurs moteurs indépendants, ce qui permet d’en régler l’allure sur celle de la machine et d’employer, pour la circulation, les pompes centrifuges, récemment étudiées avec le plus grand soin par M. Rateau.
- Le chapitre X est consacré au calcul de la Résistance des pièces de machines marines, dont l’une des plus spéciales est le bâti, soumis, du fait des mouvements du navire, à des efforts tout particuliers, bien supérieurs à leur charge statique. Les cylindres commencent à se fabriquer en acier coulé, mais on préfère en général, pour leurs chemises intérieures, la fonte. Le danger de rupture, pour ces pièces et pour les fonds de cylindres, réside principalement dans les efforts moléculaires développés par les retraits de fonderie et les inégalités de dilatation plus ou moins contrariées, et qui échappent au calcul. Les tiges de piston, qui ne travaillent jamais à plus de 3 kilogrammes de charge statique, subissent au contraire, au moindre désaxement, des efforts très dangereux. Les bielles, souvent creuses, doivent avoir leur trou de forage arrêté avant la fourche pour ne pas l’affaiblir : un accident récent à bord du Bufflinch a montré toute l’importance de cette précaution. Le calcul de l’arbre à vilebrequins est un des plus difficiles en raison de sa forme, de la multiplicité de ses appuis et des efforts de flexion et de torsion très variables qu’il subit périodiquement. Les moindres défauts de fabrication y prennent bientôt des développements dangereux, et le seul moyen d’avoir des pièces parfaitement et sûrement saines est, pour les gros arbres, de faire le vilebrequin d’assemblage, en forgeant séparément chaque bras et la soie elle-même. L’ajustage exige un soin extrême; les paliers doivent, si possible, s’aléser tous ensemble avec une barre unique; presque tous les accidents souvent très graves des lignes d’arbre proviennent du désaxement des paliers. De là, la nécessité de vérifier souvent, et avec le plus grand soin, les lignes d’axe des machines marines, et aussi celle de prendre, pour le montage à bord, des précautions minutieuses, que l’on trouvera décrites dans le chapitre XI, consacré à la description des principaux Organes des machines marines et de la charpente qui les supporte.
- Le chapitre XII, qui termine l’ouvrage, est intitulé : Dispositions générales des machines, Encombrement et;poids; on y trouvera développées les principales considérations résumées dans la conférence même de M. Bertin, ce qui nous dispense d’insister de nouveau sur l’intérêt tout particulier qu’elles présentent pour tous les mécaniciens.
- La Liquéfaction des Gaz et ses Applications, par M. LEFÈVRE, professeur à l’École des Sciences et à l’Ecole de Médecine de Nantes. — Petit in-8. (Encyclopédie scientifique des Aide-Mémoire. Paris, Gauthier-Villars.)
- Les importantes recherches effectuées dans ces derniers temps sur la Liquéfaction des Gaz ont donné à celte question une nouvelle actualité. On obtient aujourd’hui à l’état de liquides statiques les gaz même les plus incoercibles, comme l’hydrogène et l’hélium : la question est donc complètement résolue au point de vue scientifique.
- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Novembre 1899. IGG
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- De nouvelles machines, moins compliquées et moins coûteuses que les appareils employés dans les laboratoires, permettent actuellement de liquéfier les gaz appelés autrefois permanents, et en particulier l’air atmosphérique, dans des conditions beaucoup plus favorables aux applications industrielles. Les basses températures tqu’on pourra désormais atteindre facilement ouvriront aussi un champ entièrement nouveau aux recherches scientifiques.
- Des chapitres spéciaux contiennent la description des propriétés des gaz liquéfiés, l’étude du point critique et celle des principales applications industrielles. Une partie théorique, très courte, résume les principes de Physique et de Thermodynamique invoqués dans le cours de l’ouvrage.
- Analyse chimique qualitative, par M. POZZI-ESGOT. — Petit in-8. (Encyclopédie scientifique
- des Aide-Mémoire.)
- Les recherches, même les plus simples, d’analyse chimique sont délicates, et la première condition qu’il importe de remplir, pour se mettre à l’abri de l’erreur, est d’effectuer les diverses opérations successives dans un ordre rigoureux, en suivant une marche bien déterminée. L’auteur s’est donc ^proposé d’indiquer des marches systématiques, permettant d’arriver au résultat sans erreurs et d’une façon sure. C’est dans ce but qu’il a emprunté à M. M.-Ad. Carnot sa nouvelle méthode de recherche qualitative des métaux.
- Le premier chapitre est consacré aux procédés de recherche par la voie sèche; il fait connaître les nombreuses ressources de l’emploi du chalumeau et de la lampe à gaz, et donne une série d’essais systématiques pour caractériser les substances diverses. L’auteur rappelle cependant que, si les méthodes de voie sèche ont l’avantage d’une grande simplicité, elles ne sont satisfaisantes cependant qu’avec un très petit nombre d’éléments, et qu’elles doivent toujours, dans des recherches quelque peu précises, céder la place aux essais de voie humide, susceptibles de donner des indications beaucoup plus complètes et plus exactes, j
- Après avoir exposé les méthodes de voie sèche, l’auteur passe à l’étude succincte des réactifs et s’occupe ensuite des principaux caractères analytiques des métaux et métalloïdes. La recherche des métaux par voie humide dans un mélange de sels ou du métal d’un seul sel fait l’objet du chapitre V; la recherche des métalloïdes est traitée dans le chapitre VI. Le volume se termine par des notions générales sur l’analyse qualitative des eaux.
- Machines à vapeur et machines thermiques diverses, par J. DEJUST, ingénieur des Arts et Manufactures, répétiteur à l’École centrale, professeur à la fédération des mécaniciens et chauffeurs. — 1 vol. in-16, 600 pages, 407 figures. — Paris, Dunod.
- Cet ouvrage expose, avec la théorie strictement indispensable, les connaissances pratiques nécessaires à l’établissement, à l’acquisition, à la surveillance et à l’entretien des appareils à vapeur.
- Outre les machines à vapeur et leurs accessoires, dont le calcul théorique est appuyé de nombreux exemples numériques, l’auteur a consacré un chapitre spécial aux moteurs à gaz et aux diverses machines thermiques. La question des épures et diagrammes a été traitée avec une simplicité qui la rend accessible à tous. Enfin, par une description méthodique, un classement heureux et de nombreuses figures, on peut se rendre compte des améliorations qui ont été apportées aux appareils à vapeur.
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- Calcul et construction des transmissions, par M. le Dr KARL KELLER, professeur du cours de construction de machines à l’École supérieure technique de Karlsruhe. Traduit en français sur la troisième édition allemande, par H. SOUDÉ et DESMAREST, ingénieurs civils. — In-8°, 450 figures. — Paris, Béranger.
- Cet ouvrage n’expose pas seulement les règles de la construction et les bases du dessin, mais il donne aussi tout un développement mathématique des principes fondamentaux et expose les résultats des travaux qui ont paru dans ces derniers temps dans le domaine de la mécanique théorique et pratique. La partie pratique du livre s’appuie, pour la détermination des dimensions, sur les résultats connus de la résistance des matériaux, en donnant des exemples tirés de constructions bien exécutées.
- K L’expérience, dit M. Karl Keller, que j’ai acquise dans la construction des machines, par « un enseignement direct et personnel, me prouve que le bénéfice le plus appréciable et le « plus désirable à retirer de l’étude n’est pas seulement d’avoir des dessins tout prêts, copiés « avec plus ou moins de peine, qu’il ne reste plus qu’à agrandir ou à diminuer géométrique-« ment, mais surtout de pouvoir construire des éléments de machines spéciaux, créés de « toutes pièces.
- « Comme c’est pour moi un principe, dans mon enseignement de la construction, d’éviter « autant que possible les modèles réglementaires, je me suis efforcé d’éviter les recettes de « construction; quand j’en ai présenté, j’ai indiqué le calcul basé sur la résistance des ma-« tériaux au moyen duquel on pouvait trouver tout au moins les limites qu’il ne fallait pas « dépasser. »
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- LIVRES ET OUVRAGES REÇUS A LA RIRLIOTHÈQUE
- EN NOVEMBRE 1899
- École professionnelle de la Chambre syndicale du Papier. Compte rendu de l’Assemblée générale du 4 A mai 4899. In-8°, 159 p. Paris, Chaix.
- Une installation de voie aérienne pour le transport du charbon. Représentation graphique d’une usine à gaz en développement sur le plan vertical et Tableau de comparaison entre les éclairages usuels, par M. Ad. Bouvier. Brochure extraite du Compte rendu du 26e Congrès de la Société technique de l’Industrie du gaz en France. Paris, Mouillot.
- Bulletin de l’Institut Égyptien. 3e série, n° 9. Le Caire, Imprimerie Nationale.
- Bulletin de la Société Vaudoise des Sciences naturelles. N° 132, juin 1899.
- Société française de Physique. Année 1899, Compte rendu des Séances, 2e fascicule.
- L’Armagnac, ses Terrains, son Vignoble, ses Eaux-de-vie et ses Landes. lre partie, par M. F. Berthault. Brochure in-8°.
- Société des Arts de Genève. 82e séance générale.
- Modifications à apporter à la Législation française sur la Propriété industrielle, par M. Bouillet. Extrait du Bulletin de la Société des Ingénieurs civils clc France.
- Les Phénomènes de Zeeman, par M. A. Cotton. In-8°, 100 p.. de la Bibliothèque Scientia. Paris, Carré et Naud.
- Philosophical Transactions of the Royal Society of London, vol. 191, série B (Biologie) et vol. 192, série A (Mathématiques et Physique).
- Traité de la fabrication des liqueurs et de la distillation des alcools, par
- M. P. Duplais; 7e édition refondue, par MM. Arpin et Portier, 2 vol. in-8°, 600 p. Paris, Gau-thier-Villars.
- Du Ministère des travaux publics. Ports maritimes de France, vol. 7. Marseille et de Frioul à Menton. In-4°, 1075 p. Imprimerie nationale.
- De la Direction générale des douanes. Tableau général du commerce et de la navigation,année 1898. In-4°, 450 p. Imprimerie nationale.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA RIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Octobre au 15 Novembre 1899
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture. ! Ms.. .
- Ac. . . . Annales de la Construction. I MC. .
- ACP.. . . Annales de Chimie et de Physique. ;
- AM. . , . Annales des Mines. j N.. .
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- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique. j Prn. .
- APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. ; Rcp . Bam. . . . Bulletin technologique des anciens ;
- élèves des écoles des arts et j Rgc. . métiers. j Rgds..
- BMA . . . Bull, du ministère de l’Agriculture. Ri . . CN. . . . Chimical News (London). i RM. .
- Cs........Journal of the Society of Chemical I Rmc..
- Industry (London). Rs. . .
- CR. . . . Comptes rendus de l’Académie des Rso. .
- Sciences. j RSL. .
- DoL. . . . Bulletin of the Department of La- j
- bor, des États-Unis. Rt.. .
- Dp. Dingler’s Polytechnisches Journal. Ru.. .
- E.........Engineering.
- E’........The Engineer. SA.. .
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal. ; ScP. .
- EE........Eclairage électrique. Sie.. .
- EU. . . . L’Électricien.
- Ef.. . . . Économiste français. SiM. .
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Es........Engineers and Shipbuilders in SiN. .
- Scotland (Proceedings).
- Fi ... . Journal of the Franklin Institute SL.. . (Philadelphie).
- Gc........Génie civil. SNA..
- Gm. . . . Revue du Génie militaire.
- IC........Ingénieurs civils de France (Bull.). SuE. .
- le........Industrie électrique. ^ USR. .
- Im . . . . Industrie minérale de St-Étienne.
- IME. . . . Institution of Mechanical Engi- VDl. . neers (Proceedings).
- loB. . . . Institution of Brewing (Journal). ZOl. . La . . . .La Locomotion automobile.
- Ln........La Nature.
- . Moniteur scientifique.
- . Revue générale des matières colorantes .
- . Nature (anglais).
- . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- . Portefeuille économ. des machines.
- . Revue générale de chimie pure et appliquée.
- . Revue générale des chemins de fer.
- . Revue générale des sciences.
- . Revue industrielle.
- . Revue de mécanique.
- . Revue maritime et coloniale.
- . Bevue scientifique.
- . Réforme sociale.
- . Royal Society London (Proceedings;.
- . Revue technique.
- . Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- . Society of Arts (Journal of the).
- . Société chimique de Paris (Bull.).
- . Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- . Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- . Société industrielle du Nord de la France (Bulletin).
- . Bull, de statistique et de législation.
- . Société nationale d’agriculture de Fi’ance (Bulletin).
- . Stahl und Eisen.
- . Consular Reports to the United States Government.
- . Zeitschrift des Vereines Deutscher Ingenieure.
- . Zeitschrift des Oesterreichischen Ingenieure und Architekten-Ve-reins.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- NOVEMBRE 1899.
- AGRICULTURE
- Ajonc (Culture de 1’). Ap. 9 Nov., 661.
- Bétail. Élevage dans la République Argentine (Sala) BMA. Août, 529.
- — Vache bretonne. Ag. 28 Oct., 617.
- — Emploi des marcs de pomme de terre pour la nourriture du bétail. Ag. 4 Nov., 729.
- Betteraves. Arrachage mécanique. Ag. 21 Oct., 657.
- — à sucre (Expériences sur les). Ag. 21, 24 Oct., 671, 710. Ap. 26 Oct., 585. Blé. Prix de revient par culture intensive au domaine de Plaud'Chermignac. Ap. 4 Nov., 623.
- Climatologie. Rapport de la station de Juvisy (Flammarion). BMA. Août, 472. Cacao. Culture en Equateur. TJSR. Oct, 250. Caoutchouc au Guatemala. Cs. 31 Oct., 926.
- Eaux de mer. Effets des inondations sur les terres (Dymond et Hughes). CN. 20 Oct., 191.
- Entomologie agricole Travaux du Laboratoire régional. Ag. 21 Oct., 653.
- Engrais potassiques (Expériences sur les) dans l’Aube. Agr.ll Nov., 777.
- — Essais de culture à Grignon. Ag. 11 Nov., 769.
- Haricots. La Graisse, maladie bactérienne. Ap.
- 2 Nov., 640.
- Irrigations de la Campine belge. Ap. 19 Oct., 558.
- Lait. Industrie en Danemark (St-Chamans) BMA. Août 472.
- — Laiterie coopérative de Borsbecke. Ag. 11 Nov., 789.
- Machines agricoles. Exposition de Francfort, VDI. 21, 28, Oct., 1290 1320; 11 Nov. 1397.
- — Charrues en Asie. Gc. 11 Nov., 26.
- — Semoirs en ligne et champs d’expériences (Grandeau). Ap. 19 Oct., 549.
- — sous-soleuses (Les) (Ringelmann). Ap.
- 26 Oct., 587 ; 4 Nov., 630.
- — Appareil à aiguiser les faux. Ag. 4
- 4 Nov., 741.
- Osier (Maladie cyptogamique de 1’). Ap. 2 Nov., 625.
- Pommes de terre et céréales. Récoltes au champ d’expériences. Rendement |
- (Grandeau) Ap. 9 Nov. 657. Exigences minérales (Grandeau) Ap. 26 Oct., 386; 9 Nov. 622.
- Tabac. Culture et industrie (Leheup). Rgds. 30 Oct. 772.
- Vigne. Reconstitution du vignoble sancerrois. Ag. 19 Oct., 565.
- CHEMINS DE FER
- Bandages (Appareil Souchon pour relever les profils de). Bam. Oct., 1149.
- Chemins de fer de Paris (pour l’Exposition de 1900. IC. Sept., 338; Orléans, quai d’Orsay. Gc. 22 Oct., 49; du Nord. (Rous Marten). E'. 10 Nov., 423.
- — Great. Central. E, 3 Nov., 555.
- — impérial chinois. E. 20 Oct., 500.
- — de Nouvelle-Zélande. E. 27 Oct., 532. Stations de Wawerley. Edimbourg. E. 20 Oct.,
- 491.
- Locomotives. (Foyer de). E1. 27 Oct., 426.
- — (Fatigue des pièces de) (Jennings). E.
- 10 Nov., 612.
- — Express du Vandalia. Rr.E. 3 Nov, 573;
- du Midi français. E. 10 Nov., 592.
- — Compound américaines. Rgc. Nov., 341 ;
- Henderson. RM. Oct., 433.
- — Consolidation de l’Illinois central. RM. Oct., 435.
- — Mogul du New-York central, RM. Oct., 436.
- — Effets des hautes pressions. Gc. 11 Nov., 24.
- Tampon Ramsdem. E. 10 Nov. 607.
- Tunnels. Ventilation du Saint-Gothard. Rgc. Nov. 214.
- Voie. (Aiguilles.) Manœuvre Perdrizel. Rgc. Nov., 336.
- — (Rails durs et doux, usure des). (Post)
- Rgc. Nov., 318.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles Divers, Dp, 21 Oct., 33.
- — Direction par essieu brisé. La. 19, 26
- Oct., 670 682, 2 Nov. 696, 714; par guides Phelps. La. 26 Oct., 683.
- —• Exposition de Berlin. Dp. 28 Oct., 60,
- 4 Nov ., 73, 88.
- — Concours des poids lourds. La. 19 Oct.,
- 668.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- NOVEMBRE 1899.
- 1639
- Automobiles à pétrole. Moteurs. Ri. 28 Oct., 4 23 ; 4 Nov., 435; Mors, Delcroix RM. Oct., 437-438.
- — Concours de moteurs du journal la Locomotion automobile. La. 2 JSov., 693,709. — Carburateurs Gobron et Brillié. RC 21 Oct., 413. Mise en train Loutzky. RM. Oct., 435.
- — à vapeur Stanley. La. 2 Nov., 698.
- — électrique Hurtu. La. 11 Nov., 716. Tramways. Exploitation en France, Gc.
- 4, 11 Nov., 621. à vapeur Serpollet Cie des Omnibus. Rgc. Nov., 295.
- — électriques de Pittsburg. Ë. 20 Oct.,
- 483; Marseille. le. 10 Nov., 484. Shef-field E'. 27 Oct., 416; EE. 4 Nov.. 186.
- — à contacts Bede. EE. il Nov., 202.
- — Récupération dans les tramways à
- accumulateurs (Bunet). le. 28 Oct., 464.
- — frein à air comprimé de la Standard
- Air Bra Re C° Élé 4 Nov., 496.
- — à câbles d’Edimbourg. E'. 20 Oct., 396. Rails durs et doux. (Usine des) (Post). RgcNov.
- 518.
- Vélocipédie. Pédalier (Mécanique du) (Frank), Dp. 21 Oct., 40.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acétylène. Exposition de Buda-Pesth.Dp. 21, 28 Oct., 43, 57.
- — Action sur l’oxyde de cuivre (Gooch etBaldwin). American Journal of Science, Nov., 354.
- — Gazogène de la Société S. James. E. 27 Oct., 549.
- — Divers. Cs. 31 Oct., 906.
- — Purification par le chlorure de chaux. E'. 3 Nov., 437.
- Air liquide comme réactif (Dewar).CN. 20, 27 Oct., 187, 196. 3 Nov., 212.
- Acides azotique. Procédé Valentiner. Ms. Nov., 837.
- — sulfurique. Concentration dans des ap-
- pareils en fer (Hartmann). Us. Nov., 841.
- — Tours de concentration Boeing. Cs. 31.
- Oct., 903.
- Ammoniaque liquide. Propriétés. Ms. Nov., 842. — Brasserie. Divers. Cs. 31 Oct., 932.
- Blanchiment par vaporisage et au sulfite de chaux(Kœchlin),StJl. Août, 268, 269. — Appareil Honegger. Cs. 11 Nov., 913. Bore. Poids atomique (Gautier). CR. 16 Oct. ,595. ACP. Nov., 352.
- Calcium et ses composés (Moissant). ACP. Nov., 289, 343.
- — Hydrure et azoture de (préparation). (Moissan) ScP 4 Nov., 876, 881. Carbure de calcium analyse, préparation (Moissan). ScP. 5 Nov., 876, 881.
- Chanvre et Lin employés dans la marine, étude chimique (Durand). Rmc.Oct., 522. Chaux et ciments. Effet de l’eau salée sur le ciment (Cooper). Fi. Oct., 291. Divers, Cs. 31 Oct. 918.
- :— (Essais de) et de béton (Schuslier).ZOI. 27 Oct., 602.
- Caoutchouc Analyse du (Henriques) Cs. 31 Oct. 950.
- Céramique. Divers. Cs. 31 Oct., 916.
- Cellulose (La) Bumkert et Wolffenstein, Cs. 31 Oct., 940.
- Chimie et les arts (la) (Wiley) Fi, Nov., 327.
- — Changements prochains dans le développement de l’industrie chimique et en particulier de celle des alcalis (Lunge). Cs. 31 Oct., 892.
- — Évolution pendant les 20 dernières années (Ladenburg). CN. 10Nov., 227. Cyanures, fabrication, procédé Raschen. MS. Nov., 827.
- Diamines (Recherches sur les) (Berthelot). CR. 6 Nov., 987, 694.
- Eau ozonisée (Andréoli). Elé. 4 Nov., 302. Ébullition (Point d’) des mélanges liquides (Haywood). Cs. 31 Oct. 943.
- Égouts. Purification a Reading (Deery). Fi. Oct., 279; à Crosness. E1. 20 Oct., 389; Hampton. Id., 404.
- Essences et parfums. Jasmin, Citral. Ms. Nov., 787, 798.
- Divers. Cs. 31 Oct., 942.
- Évaporateur Ortmann. E. 27 Oct., 542. Explosifs. Fulmi-coton (Lunge et Weintraub. MS. Nov., 508.
- Stabilité des (Hoitsema). Id., 826.
- — Essais officiel des poudres sans fumée
- aux États-Unis. Ms. Nov., 826.
- — Dynamite et dynamite gélatine. Ana-
- lyse (Smith). MS. Nov., 824.
- Gaz. Mélanges gazeux (Sacerdote. Fi. Oct., 303.
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-
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-
- 1640
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- NOVEMRRE 1899.
- Gaz d’éclairage (Carburation du) (Marshall). E.
- 19 Nov., 609.
- Gaz à l’eau. Delwick Fleischer. Dp. 4 Nov., 65.
- Humphrey. VDI. 11 Nov., 1405. Glycogène (Préparation du)(Gautier).CR. 6 Nov., 701.
- Iode. Action sur les alcalis (Pechard). ScP. 5 Nov., 892.
- Iridium. Purification. (Leidie).CN. 10 Nov.,223. Magnésium. Préparation, action sur les dissolutions salines (Tomasi). ScP. 6 Nov., 285.
- Molybdène. (Bioxyde de) (Guichard). CR. 6 Nov., 722.
- Optique Mise au point d’un collimateur (Lipmann). CR. 16 Oct., 569.
- — Théorie de l’arc-en-ciel. E. 10 Nov.,
- 588.
- Ozone par décomposition de l’eau au moyen du fluor (Moissan). CR. 16 Oct., 570. Oxydes métalliques. Réduction par l’aluminium (Kuppelweiser). Cs. 31 Oct., 919. Papier de bois. Divers. Cs. 31 Oct., 940.
- Pétrole. Raffinage Adranewich. Ri. 28 Oct., 421.
- Phases (Loi des) (Le Chatelier). Rgds. 30 Oct., 759.
- Photo-cristallisation (La). (Wiechmann). CN. 10 Nov., 216, 225.
- Photographie. Emploi de l’iodure mercurique comme renforçateur (Lumière et Se-gewetz). Ms. Nov., 782.
- Poudres de bronzes. Causes des explosions dans leur fabrication (Stockmeier). CN. 10 Nov., 223.
- Radium. Spectre du) (Demarçay). CR. 6 Nov., 716.
- Résines et Vernis. Divers. Cs. 31 Oct., 925. Sodium. Chaleur d’oxydation (Forerand). ScP. S Nov., 891.
- Soude à l’ammoniaque, progrès en Allemagne (Schreib). Ms. Nov., 833.
- Sucrerie. Chauffage des jus (Melicharj. Cs. 31 Oct., 930.
- — Caramel, préparation à vide (Dux). Id.,
- 931.
- Tannage. Fabrication du cuir (Procter). SA.
- 20 Oct., 863.
- — Au chrome en Allemagne. Cs. 31 Oct.,
- 927.
- — Emploi du formaldéhyde (Eitner). Id.,
- 928.
- Tannage. Divers. Cs. 31 Oct., 907, 911. Teinture. Brésiline (Constitution de la) (Kos-tanecki et Feurstein). SiM. Août, 262. — Mercerisage (le) (Romer). MC. 1er Nov., 381. Procédé Bemberg. Id., 386.
- — Industrie des matières colorantes en Suisse en 1898. MC. 1er Nov., 388.
- — Indigo artificiel. MC. 1er Nov., 389. — Rouge brillant au chromo, application. Schwartz. SiM. Août, 259.
- Rouge turc Ivoetzlin. Id., 267.
- — Nouvelles couleurs. MC. 1er Nov., 390. — Nouveau mordant de chromo Gallois. SiM. Août, 255, 257.
- — Progrès dans l’étude des phénomènes de la teinture (Wahl). Ms. Nov., 773. Tungstène. Chaleur d’oxydation (Delépine et Hallopeau). CR. 16 Oct., 600.
- Verre. Fabrication aux États-Unis. Eam. 14 Oct., 454.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Accidents du travail. Situation actuelle. Rso. 16 Oct., 593.
- — Rapport de la Commission britannique (Société d’Encouragement de Berlin). Oct., 261.
- Amérique. Concurrence américaine (Thomson). E. 20 Oct., 479.(Barnes).27 Oct., 515 (O. Sinitt). Id., 4 Nov., 549(Head). Id., 10 Nov., 583.
- — Statistique des villes. DOL. Sept., 625. Afrique du Sud. Développement commercial. CJSR. Oct., 317.
- Alcoolisme (Lutte contre F). Ef. 4 Nov., 648. Associations professionnelles : ouvriers agricoles. Ef. 21 Oct., 571.
- — Ouvrières et patronales. Rso. 1er Nov., 629.
- Banques (Les). (Dibildos). Rso. 1er Nov., 664. Caisses d’épargne et leur fonction. Ef. 20 Oct., 609; 11 Nov., 677.
- Chine (Travaux d’ingénieur en). JE. 3 Nov., 500. Égypte. Commerce extérieur enl898. SL. Oct., 413.
- États-Unis. Concentration des chemins de fer. Ef. 28 Oct., 612.
- France. Affaiblissement des classes moyennes (F. Brentano). Rso. 16 Oct., 549.
- Grèves du Creusot. E. 10 Nov., 600.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- NOVEMBRE 1899.
- 1641
- Inde (Administrationcivile de 1’). SA. 27 Oet., 875.
- Japon. Commerce extérieur de 1888 à 1897. SL. Oct., 415.
- Morale sociale (La) (H. Clément). Rso. 16 Oct., 584.
- Paris. Industries et professions. Ef. 21 Oct., 575.
- Statistique graphique (La) (Haupt). Fi. Nov., 584.
- Syndicats professionnels. Responsabilité civile. Ef. 11 Nov., 681.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Barrages-réservoirs en remblai rocheux avec âme métallique (Dumas). Gc., 21 Oct., 461.
- Béton armé. Applications. Le Ciment. Oct., 154.
- Ciment armé. Théorie et applications (de la Noe). Le Ciment. Oct., 145.
- — Magasins à phosphates de Sfax. Le Ciment. Oct., 150.
- Cintre collapsible Roberts. E. 10 Nov., 594.
- Exposition de 1900. Palais des mines et de la métallurgie. E. 3 Nov., 551.
- Pierre artificielle. Olschewkj. Ln. 21 Oct., 331.
- Ponts. North Bridge, Wawerly Station, Edin-bourg. E. 20 Oct., 491.
- — du fleuve Orange. Ln. 20 Oct., 321.
- Viaduc deBrackey. E. 3 Nov., 556.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs. Concours de T ACF. La. 19 Oct., 667.
- — Pour tramways Pescitto. EE. 28 Oct., 137.
- — Batterie de 10 000 volts à la Reichan-
- stad. El. 28 Oct., 157.
- Cancdisations aériennes ci haute tension dans Paris et sa banlieue (Walckenaer). Elé. 21 Oct., 268.
- Capacité. Influence sur l’isolement des fils à courants alternatifs (Leblanc). EE. 21 Oct. ; EE. 4 Nov., 172.
- Coupe-circuit. Dressler. EE. 21 Oct., 101. Divers. AMa. 26 Oct., 1010.
- Distribution et production de l’énergie électrique (Raworth). E. 3 Nov., 578, en Belgique. Elé. 11 Nov., 99
- Dynamos. Théorie empirique (Blondel). le-10 Nov., 481.
- — Alternateurs-moteurs divers (Guilbert). EE. 11 Nov., 207.
- (Oscillations des) (Blondel). Ici., 215. — Prédétermination desmouvementspen-dulaires des alternateurs associés en parallèle (Boucherot). le. 25 Oct., 457; EE. 28 Oct., 121.
- — Réaction d’induit des alternateurs (Blondel). CR. 16 Oct., 586.
- — Résistance des balais au contact et échauffement des collecteurs (Arnold). Elé. 21 Oct., 265.
- Éclairage. Incandescence. Photométrie des lampes (Rowland). Fi. Nov., 376. Électro-chimie. ElectroJyse des dissolutions de chlorure de zinc (Fœster et Gunter). CN. 3 Nov., 209.
- — Sénilisation électrique des bois. Elé, 4, 11 Nov., 304, 315.
- Essais électriques. Réglementation allemande. EE. 21 Oct., 96, 113.
- Interrupteurs liquides Wehnelt et Caldwell.
- EE. 28 Oct., 127, 4 Nov., 180.
- Jonction de sûreté pour câbles aéi’iens. EE. 21 Oct., 102.
- Mesure des faibles résistances, appareil Nal-der. Elé. 28 Oct., 281.
- — Compteurs pour courants alternatifs. le. 28 Oct., 463.
- — Divers (Armagnat). EE. 4 Nov., 161 ;
- Vulcain. le. 10 Nov., 487.
- — Erreurs des wattmètres électro-dynamiques (Blondel). EE. 28 Oct., 141. Piles. Force électro-motrice des couples voltaïques par la méthode des constantes thermiques. Elé. 28 Oct., 285. Régulateur de tension. Chapmann. EE. 21 Oct., 103.
- Stations centrales de Penig. VDI. 28 Oct., 1813, de Paderno. le. 28 Oct., 459 ;
- De Cologne, ld., 467 ; Coblenz. EE.
- 4 Nov., 185; Kootenay. E'. 3 Nov., 452; Rheinfelden. E. 10 Nov., 584 ; Alle-ghany County. Id.,585.
- — En Allemagne. Elé. 4 Nov., 306.
- Tableaux de service. AMa. 12 Oct., 960 Tannage au sulfate de chrome. Ru. Oct.. 23. Télégraphie.Pollaket Virag. Ln.ll Nov., 380.
- — Imprimant. Régulateur Siemens et
- Halske. EE. 11 Nov., 222.
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- 42
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- NOVEMBRE 1899.
- Téléphonie. Postes automatiques allemands. EE. 21 Oct., 104.
- — Sytème téléphonique pour lignes com-
- munes. West. EE. 11 Nov., 223. Transformateur Strasser pour courants continus à haute tension. EE. 21 Oct., 207. Rotatifs (Parshall et Hobart). E. 27 Oct., 517.
- — Construction en Amérique E' 20 Oct•
- 287.
- HYDRAULIQUE
- Bélier à double effet. Gc. 21 Oct., 412.
- Compteur Venturi. E’. 27 Oct., 430.
- Distribution d’eau de Philadelphie. Rapport de la commission. Fi, Nov., 390.
- Incrustations dans les tuyaux des eaux de Tor-quay (Ingram) E. 4 Nov., 575.
- Moteur différentiel Stumpf. RM. Oct., 439.
- Nil. (Utilisation du). E\ 3 Nov., 439.
- Pompes Ludwig directes. RM. Oct., 440; à à membrane Brandebury. Ri, 4 Nov., 434.
- — centrifuge Prescot. RM. Oct., 441.
- Presse hydraulique Euston. RM. Oct., 442.
- Turbines deBellegarde. Dp. 28 Oct., 50.
- MARINE, NAVIGATION
- Allemagne. Développement des constructions navales (Browne). EM. Nov., 169.
- Canaux de l’Oise et de l’Aisne. Usine hydraulique d’alimentation de Bourg et Comin. Pm. Oct., 146.
- — de la Russie (Moberly). E. 3 Nov., 550.
- — du Canada. E1. 3 Nov., 437.
- Électricité pour machines auxiliaires des navires de guerre (Robinson). EM. Nov., 209.
- Hélices. Navires à 3 hélices. E. 10 Nov. 610.
- Machines marines du Mâru. E'. 27 Oct., 421.
- — Essais de machines pour marine de
- guerre (Dunson et Oran). RM. Oct., 415.
- Marine de guerre anglaise (Artillerie de). Rmc. Sept., 465.
- — Manœuvres. Id. 1899. Id. 546.
- — Soupapes Hughes. RM. Oct. 432.
- — Canonnière Dwarf. Rmc. Oct., 620.
- Marine de guerre. Hermes, croiseur. Id. 614.
- — Blindages. Essais de la marine russe.
- E'. 19 Oct., 396.
- — Croiseurs auxiliaires, estafettes à voi-
- lure (Molfino). Rmc. Oct., 571.
- — américaine. Cuirassés Texas et Kearsage.
- Rmc. Oct., 621.
- — japonaise. Cuirassé Shikshma. E.20 Oct.,
- 501.
- — Sous-marin américain Argonaut. Gc. 4
- Nov., 10.
- — Utilisation des vapeurs du commerce
- en temps de guerre. Rmc. Oct., 610.
- Paquebots à roue anciens. E1. 19, 27 Oct., 394,422; 3 Nov. 444.
- — White-Star, Medic. E1. 19 Oct., 402 ;
- Marru. Id., 407.
- Ports. Appontement de Pauillac. Gc. 4,11 Nov., 1, 17.
- Portes de cloisons étanches Cowles. RM. Oct., 420.
- Télégouvernail Brown. RM. Oct., 418.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Arrêt Merritt. RM. Oct., 457.
- Câbles de transmission en papier. E. 3 Nov., 443.
- Chaudières à tubes d’eau. Circulation (Brillié). Gc. 21 Oct., 405.
- — — Mac Kelvey, Reck, Durr, Morin.
- Forbes. RM. Oct., 426.
- — Foyers à charbon pulvérisé (Freitag).
- Ri. 28 Oct., 423. Idéal. RM. Oct., 430.
- — — à pétrole divers. Eam. 21, 28, Oct.,
- 488, 517 ; Billow. RM. Oct., 430.
- — Grille mécanique Crèvecœur. RM. Oct.,
- 432.
- — Alimentateurs Weiss. RM. Oct., 429 ;
- Belleville. Id. 429.
- — Injecteurs, essais, pour locomotives
- (Desgeans). RM. Oct., 366.
- — Réchauffeur détartreur Grandemange.,
- Gc. 4 Nov., 11.
- — Purgeurs Forster, Nasmith. RM, Oct.,
- 432.
- — Ecumeur Mac-Intosh, RM. Oct., 429.
- — Unification des essais (Donkin). RM.
- Oct., 413.
- — Compteur Munro. E. 10 No.v., 607.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- NOVEMBRE 1899.
- 1643
- Chronomètres. Enregistrement microphonique de leur marche (Berget). CR, 6 Nov., 712.
- Embrayage Ducommun. RM. Oct., 459. Engrenages. Calcul des trains. AMa. 12 Oct., 967.
- Imprimerie. Application de l’électricité à l’ac? tionnement des presses. (Tapley.) Fi. Oct., 259.
- Levage. Grues (Construction des). AMa. 5 Oct., 943.
- — Conveyeur Hunt et King. RM. Oct., 444.
- — Pont roulant électrique de 35 tonnes.
- Gc. 21 Oct., 408.
- — Retenue Roger et Claremont. RM. Oct.,
- 443.
- — Tenaille pour pierres de taille. Gc. 28
- Oct., 428.
- — Transporteurs américains divers.
- (Buhle). VDI. 4, 11 Nov., 1354, 1385. Goodfellow. RM. Oct., 444. Machines à écrire Elliot et Hatch pour livres. E. 10 Nov., 592.
- Machines-outils américaines et anglaises. E'. 27 Oct., 414; 4 Nov., 439.
- — Ateliers Lewe à Berlin. AMa. 5, 12,
- 19 Oct., 931, 956, 982 ; E. 27 Oct., 523.
- — — Esche'r. — Wyss. E. 3 Nov., 559.
- — Ateliers à production maxima (Lewis).
- EM. Nov., 201.
- — Alésages sphériques. AMa. 12 Oct., 969.
- — Alésoirs Barrett. Ri. 28 Oct. 425.
- — Machines à vis (Évolution des) Ro-
- land). EM. Nov., 177. Herbert. E 10 Nov., 595.
- — Cloutière Dixon. RM. Oct., 445.
- — Étampeuses Leavitt. RM. Oct., 420.
- — — Lunwall et Klute. RM. Oct. 451.
- — — Corscaden, Tedell. Id., 45,2.
- — Fraiseuse dresseuse Norton. AMa.
- 19 Oct., 992.
- — Frappeurs Peek, Pickles. RM. Oct.,446.
- — à finir les écrous. Derrick et Easby.
- RM. Oct., 447.
- — pour wagons Miley. E'. 20 Oct., 406.
- — Porte-outil Copley. RM. Oct., 448; mul-
- tiple Noms. RM. Oct., 450.
- — Presse étampeuse Willis. AMa. 5 Oct.,
- 940.
- — Riveuse Caskey. RM. Oct., 454.
- — Raboteuses électrique Buckton. E'.
- 20 Oct., 391.
- Machines outils pour selles de locomotives Newton. AMa. 26 Oct., 1008.
- — — diverses. Dp. 11 Nov., 85.
- — Scie à froid Lucas. RM. Oct., 454.
- — Tours-double Hulse. E. 27 Oct., 527.
- — — Santon. Tangye. RM. Oct., 448.
- — — Leblond. AMa. 2 Nov., 1040.
- — Toupie Philbrech. RM. Oct., 455.
- Machines à, vapeur. Théorie (Anspach). RM. Oct., 357.
- — Unification des essais (Donkin). RM. Oct., 413.
- — Machine Bail, à graissage automatique. Ri. 4 Nov., 433.
- — verticales (Bâtis des). (Straube). VDI.
- 21 Oct., 1285.
- — — de 500 chevaux pour la station cen-
- trale de Stockholm. VDI. 28 Oct., 1324.
- — — de 3 000 chevaux Sulzer pour la
- station centrale de Berlin. VDI. 4 Nov., 1349.
- — Régulateurs divers (Freytag). Dp. 21 Oct., 28.
- — Arrêt da Rozir. RM. Oct., 462.
- — Cylindre auxiliaire Joy. RM. Oct., 462. — Distribution Àlfree. RM. Oct., 462.
- — Moteur domestique Davey, de 2 chevaux. Pm. Oct., 152.
- — Tiroir Howfolt. RM. Oct., 461.
- — Turbines. E. 10 Nov., 601.
- — Stuffing-box Harhan. AMa. 2 Nov., 1044.
- — à gaz. Perkins. RM. Oct., 463.
- '— Lagoutte, Morse et Hobart, Wegelin.
- RM. Oct., 464.
- — — Piston de la Gasmotoren Fabrik
- Deutz. RM. Oct., 465.
- — — à gaz pauvres de l’Erîé. Rr. Id.,
- 466.
- — — Mise en train. Edmonson Dawson.
- Id., 466.
- — à pétrole (Les). E'. 19 Oct., 399.
- — — Secor. AMa. 5 Oct., 937.
- — — pour navires. AMa. 19 Oct., 989.
- — — Sintz. RM. Oct., 466.
- Moulin à vent. Travail annuel d’un. Ap. 9 Nov., 677.
- Paliers à billes Brown. RM. Oct., 459.
- Pesage. Bascules diverses. Dp. 28 Oct., 547; 4 Nov., 70.
- Similitude en mécanique. (A. Barr.) E. 19, 17 Oet., 512, 545.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- NOVEMBRE 1899.
- MÉTALLURGIE
- Alliages. Platine, zinc, cadmium. (Hodgkinson et Waring). CN. 20 Oct., 185.
- Bronze (Fonderie de). AMa. 26 Oct., 1016. Cuivre. Progrès de la métallurgie (Schnabel). Pm. Oct. 156.
- — réduit à basse température (Colson).
- ScP. 5 Nov., 801.
- Fer et acier. Acier Martin direct. Oc. 28 Oct., 423.
- — Four de 50 tonnes de Barrow. SuE. 1er Nov., 1016.
- — Aciérie de Saarbruck. SuE. 1er Nov., 1003.
- — Dosage volumétrique du nickel dans l’acier au nickel (Sargent). Eam. 28 Oct., 513.
- — Wagonnets de scories, dispositif pour
- décrassage. Gc. 21 Oct., 411.
- — Fonte. Erreur des essais de rupture
- (West). E. 27 Oct., 543.
- — Coulée d’un cylindre en sable sec. AMa. 26 Oct., 1005.
- Industrie métallurgique en 1898. Ef. 11 Nov., 679.
- Or. Traitement des sûmes (Ehrmann). Cs. 31 Oct. 921.
- — précipitation par la poussière de zinc
- (Pacard). Id., 922.
- Platine. Séparation de l’or (Priwosnik). Cs. 31 Nov., 922.
- MINES
- Appareils respiratoires. Remplissage d’oxygène. Gc. 21 Oct., 409.
- Argent. Silver King Mine, Utah. Eam. 4 Nov. 545.
- Bocardà vapeur Wood. Eam. 21 Oct., 491.
- Cap (Industrie minière du) en 1898. Ru. Oct.,
- 88.
- Corindon. Gîtes de l’Ontario. Eam. 21 Oct.,487. Diamants (Production des). Ef. 11 Nov., 683. Électricité. Emploi à Cripple-Creek. Eam. 28 Oct., 521.
- Fer. Gîtes de Kürunavara et Luossavaara (Suède). Ru. Oct., 29.
- Fonçage avec épuisement Brown. Eam. iNov., 551.
- Grisou. Accidents. Statistique de 1892-1897 (Classer). AM. Août, 137.
- Houillères. Mines de Bruay. Installation d’un siège d’exploitation (Sohm). Bam. Oct., 1039.
- — Examen des houilles aux rayons Rônt-gen. SuE. 1 Nov., 1017.
- Machines d’extraction. Équilibrage. AMa. 12 Oct., 966.
- Minage et préparation au Colorado (Tonge). EM. Nov., 265.
- Or. Gisements de la Névada. Eam. 21 Oct., 487.
- Perforatrices Gleeson.Sergeant. RM. Oct., 460.
- — (Vitesse des). Eam. 4 Nov., 548.
- Roulage à l’air comprimé dans une mine de
- fer. Eam. 28 Oct., 517.
- Sondage. Appareil Vogt. E'. 3 Nov., 443.
- — Approfondissement d’un puits dans le
- terrain houiller et établissement simultané d’un revêtement monolithe (Julien). Ru. Oct., 1.
- Trieurs électro-magnétiques (Mac Neil). E. 20 Oct., 508.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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- 98e ANNÉE.
- Cinquième Série, Tome IV.
- DÉCEMBRE 1899.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. Édouard Simon, au nom du Comité des Arts mécaniques, sur le procédé de lisage automatique breveté s. g. d. g., par MM. David frères, rue des Tables-Claudiennes, 32, à Lyon.
- Messieurs,
- Avec la méthode actuelle, le dessinateur pour étoffes façonnées commence par faire une esquisse représentant, en grandeur réelle, les motifs que devra reproduire le tissage.
- Une fois adoptée par le fabricant, l’esquisse est agrandie par le dessinateur sur la mise en carte, où les entrelacements de la chaîne et de la trame, — les points de liage — sont figurés par autant de cases pointées sur un papier spécialement quadrillé. Les entrelacements ainsi notés appartiennent à un certain nombre A armures simples ou composées, c’est-à-dire a des séries régulières de liages, que le dessinateur indique au liseur par des couleurs conventionnelles.
- Le rôle du liseur consiste à traduire tout d’abord la mise en carte en une sorte de contexture grossière : le semple de lisage est un cadre qui porte une véritable chaîne formée de ficelles verticales, entre lesquelles l’ouvrier liseur passe, en guise de trames, d’autres ficelles transversales dites em-barbes, dans l’ordre même où se succèdent sur la mise en carte les rangées horizontales de points de liage. C’est seulement après l’achèvement de cette préparation longue et minutieuse, que le semple est remis au tireur, qui
- l’accroche au ptiquage.
- Tome IV. — 98e année. oe série. — Décembre 1899.
- 107
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- ARTS MÉCANIQUES. --- DÉCEMBRE 1899.
- Nous avons eu l’occasion d’indiquer le principe des machines à percer les cartons Jacquard, des piquages et repiquages, en décrivant les perfectionnements apportés à cet outillage par l’un de nos lauréats, M. Yerdol (1).
- Rappelons toutefois que chaque embarbe doit être tirée isolément pour mettre en position les poinçons destinés à la perforation d’un carton.
- L’invention de MM. David frères a pour objet de remplacer la confection de la mise en carte habituelle et le lisage ordinaire par un procédé plus expéditif : l’esquisse, agrandie sur papier transparent, est subdivisée en zones correspondant aux parties armurées telles que les a indiquées le dessinateur; le papier transparent est ensuite appliqué sur une surface conductrice de l’électricité, soit une feuille mince d’étain, et les contours des zones délimités par des découpures. On conçoit la possibilité d’utiliser le courant électrique pour faire communiquer chacun de ces îlots conducteurs avec des électro-aimants qui peuvent agir sur les crochets des poinçons d’un piquage. Ces électro-aimants interviennent toutes les fois que le circuit se trouve fermé par un commutateur muni de touches en nombre égal à celui des armures nécessaires, et mises en relations avec un cylindre Jacquard métallique. Ce cylindre reçoit une chaîne de cartons-modèles, groupés par armures suivant la nature du tissu à produire, et dans l’ordre où se succèdent les touches du commutateur : satin de 8, taffetas, gros de Tours, etc.
- Si, par exemple, la zone électrisée doit être piquée en satin de 8, la touche du commutateur (faisant fonction de tireur) ferme le circuit sur les 8 cartons-modèles de cette armure, successivement amenés sur le cylindre dont il vient d’être parlé. Le courant s’établit en tous les points où les cartons-modèles sont perforés, et les crochets du piquage, actionnés en conséquence, réagissent sur les poinçons pour percer les cartons neufs qui leur sont présentés automatiquement.
- Sans entrer dans les détails de la machine qu’il nous a été donné de voir fonctionner chez MM. David frères et dont les inventeurs se proposent d’exposer en 1900 un type perfectionné, il nous paraît nécessaire de fixer, à l’aide d’un schéma (fig. 1) et d’une légende explicative, le principe de l’invention.
- D’après ce qui a été dit plus haut, le procédé de MM. David frères n’oblige pas, comme dans la méthode ordinaire, à faire lire la mise en carte sur le semple, puis à faire passer les cartons sur le piquage autant de fois que l’esquisse comporte de couleurs ou d’armures; le procédé permet, au
- (1) Voir Bulletin de janvier 1898.
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- PROCÉDÉ DE LISAGE AUTOMATIQUE.
- 1647
- contraire, de piquer les diverses couleurs afférentes à une même rangée
- TTT
- / /i/j/4.
- a, feuille d’étain divisée en zones correspondant aux diverses armures de l’étoffe; b, chariot portant la feuille a et se déplaçant horizontalement à l’aide de la vis c, actionnée par une roue à rochet r; d, peigne à dents métalliques, monté à charnière en e, pour supprimer tout contact entre la feuille électrisée a et les pointes des dents, au cours des déplacements du chariot b; f, commutateur, muni des touches 1, 2, 3, 4, correspondant à 4 armures distinctes, et reliées par autant de conducteurs aux zones des mêmes armures ; g, appareil sélecteur à aiguilles, comportant autant de ces tiges verticales que le piquage comporte de poinçons, et fonctionnant par l’intermédiaire du cylindre Jacquard prismatique h et de la chaîne de cartons-modèles k, partiellement figurée. Dans la figure, le plot 2 du commutateur correspondant au satin de S, ferme le circuit et, simultanément, les cartons-modèles 2, 2, percés en satin de 8, se présentent à l’appareil sélecteur ; i. électro-aimants agissant sur les pendules j, lorsque le courant traverse les aiguilles du sélecteur g; l, griffe soulevant les butoirs m par l’intermédiaire des pendules y, lorsque ceux-ci sont attirés par les électro-aimants ; n, grille repoussant les butoirs non soulevés (comme dans les mécaniques Verdol) ; o, aiguilles delà Jacquard refoulées par les butoirs m; p, crochets actionnant les poinçons du piquage; a. source d’électricité (batterie d’accumulateurs).
- horizontale de points de liage avant de passer à la rangée suivante. A plus
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- ARTS MÉCANIQUES. — DÉCEMBRE 1899.
- forte raison, toutes les parties de l’esquisse armurées de même peuvent-elles être solidarisées, c’est-à-dire reliées par autant de fils qu’il existe de zones identiques, à un seul conducteur principal. Enfin le procédé s’applique aussi bien aux armures composées qu’aux armures élémentaires, à des effets fondus ou dégradés, obtenus par juxtaposition ou par superposition d’armures de même base, dérivées les unes des autres.
- Dans un rapport récent demandé par la Chambre de commerce de Lyon, un spécialiste des plus compétents, M. Loir, professeur de tissage à l’Ecole de commerce de la même ville, tout en constatant la perfectibilité de la machine soumise à son examen, déclare que les moyens brevetés par MM. David frères, sont dès à présent utilisables dans la fabrication des étoffes énumérées ci-après :
- 1° Tous les genres plaqués, une ou deux chaînes, 1, 2, 3, 4 trames tels que linge de table, damas meuble, brocatelle, lampas;
- 2° Tous les genres teints en pièces, foulards, ombrelles;
- 3° Les damas noirs, damas couleurs, 2 lats;
- 4° Les damas brochés, 1,2,3 lats ;
- 3e Les gazes damassées ou armurées ;
- 6° Les velours 1 corps, 2 et 3 corps.
- Comme on le voit, le champ est vaste et, tout en nous associant aux prudentes réserves de l’honorable rapporteur lyonnais au sujet des imperfections de la première machine expérimentée, nous croyons aussi que l’œuvre de MM. David frères est de nature à déterminer une importante évolution économique dans l’industrie du tissage façonné. Cette invention, qui a déjà coûté de lourds sacrifices à ses auteurs, méritait donc d’être signalée à la « Société d’Encouragement pour l’industrie nationale ». Nous vous proposons, Messieurs, de remercier MM. David frères de leur intéressante communication et de voter l’insertion au Bulletin du présent rapport avec la figure qui l’accompagne.
- Signé : Edouard Simon, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance le 8 décembre 1899.
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- Rapport présenté par M. Édouard Simon, au nom du Comité clés Arts J mécaniques, sur VAide-Mémoire pratique de la Filature dû (Coton^ par M. P. Dupont et sur VAide-Mémoire pratique de tissage mécanique et en particulier du Tissage du Coton, par MM. Victor Schlumberger et Paul Dupont (1).
- Messieurs,
- M. Paul Dupont, directeur d’usines à Celles-sur-Plaine (Vosges), a soumis à l’examen de la Société d’Encouragement la seconde édition des ouvrages spéciaux à la filature et au tissage du coton qu’il a récemment publiés, le dernier en collaboration avec M. Victor Schlumberger, manufacturier et lauréat de la Grande Médaille d’honneur de la Société industrielle de Mulhouse.
- Dans la préface de Y Aide-Mémoire de la Filature du Coton, M.PaulDupont indique que son but est de « mettre à la disposition de toutes les personnes s’occupant de l’industrie si intéressante et si développée aujourd’hui de la filature du coton, un recueil de renseignements et de formules essentiellement pratiques ».
- Tel est, en effet, ce vade-mecum d’un format commode. Toutefois l’ouvrage présente cette particularité/qu’il ne saurait initier un nouveau venu ni faire saisir au débutant la raison d’être des opérations successives, de la diversité des assortiments, comme les traités méthodiques d’Alcan, que — soit dit en passant, — M. Dupont traite un peu dédaigneusement de volumineux et de savants. Le cadre limité de l’auteur ne lui permettait évidemment pas d’aborder ce côté technologique, philosophique si l’on veut, qui n’en est pas moins indispensable à l’éducation industrielle.
- U Aide-Mémoire s’adresse donc à un personnel déjà familiarisé avec la spécialité dont s’agit, il le suppose à pied d’œuvre, en présence des différentes machines de la filature et lui rappelle utilement les règles simples qui doivent être appliquées au calcul des étirages, des torsions, etc. L’auteur connaît bien les machines dont il parle et indique, chemin faisant, la nature et l’importance de leur réglage pour éviter des déchets anormaux.
- La première édition datant de 1881 ne pouvait signaler lapeigneuse pour cotons courts et le banc d!affinage de notre collègue, M. Imbs, qui sont, au contraire, mentionnés dans la nouvelle édition.
- Des prix de revient terminent Y Aide-Mémoire et permettent de chiffrer les résultats de l’accroissement constant de la vitesse des broches et du
- (1) A Paris, Librairie polytechnique, Béranger, 15, rue des Saints-Pères.
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- ARTS MÉCANIQUES. ---- DÉCEMBRE 1899.
- nombre de ces broches par métier; de l’adoption du mode de filage soit au continu, soit sur renvideur; de l’introduction de l’éclairage électrique qui, à côté d’avantages incontestables, occasionne une dépense supplémentaire de force motrice nullement négligeable.
- L’Aide-Mémoire pratique du tissage mécanique et en particulier du Tissage du Coton est conçu sur le même plan que le précédent. « Notre ouvrage — disent les auteurs eux-mêmes — s’adresse à un lecteur supposé placé dans un établissement industriel, à portée des machines, à même d’en étudier le détail et le fonctionnement ; nous n’avons donc pas donné de dessins ou de descriptions proprement dites ; nous n’avons traité que des calculs qui se rapportent aux différentes machines et des modifications qu’y peut apporter le réglage. »
- Cette donnée une fois admise, et le lecteur devant être suffisamment au courant de l’industrie cotonnière pour en connaître les moyens de production, Y Aide-Mémoire de MM. Victor Schlumberger et Paul Dupont devient un commentaire instructif des opérations courantes de la fabrication.
- L’introduction reproduit le résumé des principes de mécanique sur les commandes par poulies et par engrenages, publié en tête de Y Aide-Mémoire de la Filature du Coton. Les deux manuels étant destinés à des catégorie distinctes de spécialistes, il était utile de rappeler la méthode qui sert à calculer les vitesses des organes mécaniques et les rendements des métiers.
- Dans la première partie consacrée aux notions théoriques sur le tissage et principalement aux armures fondamentales des cotonnades, une assertion trop absolue a sans doute trahi la pensée des auteurs : « A part les tulles et certains tissus du genre dentelles, — lit-on à la page 23, — tous les autres (tissus) en général, résultent de l’entrelacement de deux séries de fils. » En écrivant ces lignes, les auteurs ont évidemment oublié la grande famille des tissus à mailles curvilignes, les étoffes tricotées, caractérisées précisément par le rebouclement d’un fil unique sur lui-même.
- Les opération préparatoires telles que le bobinage et Y ourdissage, le parage et Y encollage, ne sont pas moins intéressantes que le tissage proprement dit. De la bonne préparation des fils dépendent la régularité du tissu et l’économie de la fabrication. Ainsi s’explique l’importance donnée à cette seconde partie où, indépendamment des calculs relatifs à la production de chaque machine et des prix de façon des diverses manutentions, le lecteur trouve de multiples recettes de parements et d’encollages, d’utiles indications sur les précautions à prendre en cours de travail.
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- AIDE-MÉMOIRE PRATIQUE DE LA FILATURE DE COTON.
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- La section consacrée au tissage contient des renseignements non moins utiles sur les vitesses actuelles des métiers à tisser les plus employés, des considérations pratiques sur l’influence du mode de travail à pas ouvert ou à pas fermé, sur le tracé des excentriques destinés à la commande des lames. Les soins à apporter à la confection des lisières tiennent aussi une large place dans cette étude des détails de la fabrication.
- Les amendes et les primes, très vivement discutées aujourd’hui, trouvent en MM. Schlumberger et Dupont d’énergiques défenseurs. Les auteurs de Y Aide-Mémoire considèrent qu’il n’est pas de moyen plus efficace pour intéresser tout le personnel à une production à la fois élevée et irréprochable ; cependant, afin d’éviter toute interprétation erronée et bien que l’amende ne représente jamais le total du préjudice causé, ils conseillent de verser le produit des amendes à une caisse de secours ou de maladie. L'humidification et la ventilation qui, dans les ateliers de tissage comme dans les salles de filature, jouent un rôle fort important, sont simplement visées. Le problème est, d’ailleurs, complexe et difficile à traiter sommairement.
- Le chapitre consacré au titrage des fils, à la conversion des numéros anglais en numéros français, montre, une fois de plus, l’intérêt de toutes les spécialités textiles à l’adoption d’un numérotage uniforme basé sur le système décimal, sur le mètre et sur le gramme.
- Il n’est point de sécurité commerciale sans prix de revient bien établis. L’Aide-Mémoire y insiste et, après avoir précisé les éléments de cette comptabilité, donne plusieurs exemples applicables aux tissus courants.
- Enfin l’avenir qui semble réservé à l’électricité, autant pour la mise en mouvement que pour l’éclairage des métiers, a déterminé les auteurs à terminer leur manuel par quelques définitions et par de courtes indications sur le transport à distance delà force motrice au moyen des courants électriques.
- En résumé, Y Aide-Mémoire de Tissage, comme Y Aide-Mémoire de Filature, laisse au lecteur l’impression que chacun de nous a pu éprouver lorsque, visitant un établissement industriel, il a eu la bonne fortune d’être guidé par un praticien obligeant et expérimenté. Les deux ouvrages méritent donc d’être recommandés, et en vous demandant de voter axa Bulletin l’insertion du présent rapport, le Comité des Arts mécaniques vous propose, Messieurs, de remercier M. Paul Dupont de son intéressant envoi.
- Signé : Édouard Simon, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance, le 8 décembre 1899.
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- MÉTALLURGIE
- les plaques de blindages, par M. L. Bâclé, ingénieur civil des mines (1)
- CHAPITRE Y
- EXAMEN COMPARATIF DES CONDITIONS DE RECETTE APPLIQUÉES AUX DIVERS TYPES DE
- BLINDAGES POUR NAVIRES
- Les fournitures de plaques de cuirassements sont généralement soumises, tant en France qu’à l’étranger, à des prescriptions de recette comportant des essais de tir effectués dans des conditions déterminées à l’avance, lesquelles varient évidemment suivant les pays considérés et dépendent en même temps delà nature du métal éprouvé.
- Cette méthode de recette par les épreuves de tir ne laisse pas toutefois que de présenter des inconvénients assez sérieux; elle oblige en effet à sacrifier sans profit la plaque ainsi éprouvée ; les résultats qu’elle apporte dépendent en grande partie de la nature, elle-même variable et peut-être irrégulière, des projectiles employés, et n’ont pas toujours une valeur indiscutable; en outre, ils ne se prêtent pas aussi bien aux rapprochements comparatifs que si l’on opérait par une action graduée, enfin celte épreuve ne fournit évidemment aucune donnée précise sur la résistance qu’on peut attendre des autres plaques du même lot, car celle-ci dépend exclusivement en effet de l’homogénéité générale de ce lot qu’un essai individuel ne permet pas d’apprécier.
- A tous ces points de vue, il y aurait donc intérêt à pouvoir remplacer l’épreuve de tir par des essais mécaniques, comportant par exemple la traction, le pliage gradué, la flexion par choc, etc. ; car on aurait ainsi la possibilité de multiplier ces épreuves sans grandes dépenses. On a dû reconnaître toutefois que ces essais mécaniques étaient absolument insuffisants pour permettre d’apprécier à l’avance la résistance au tir, on n’a pas réussi, en un mot, ainsi que nous le disions dans le chapitre précédent, à rattacher entre eux, par une relation un peu sûre, les résultats de ces deux méthodes d’épreuve, et il faut nécessairement recourir au canon pour apprécier les qualités balistiques et en particulier la vitesse de perforation ou la fragilité des plaques d’épreuve. Les essais mécaniques n’interviennent plus dès lors qu’à titre de renseignement pour permettre de contrôler l’homogénéité du lot en répétant ces épreuves sur toutes les plaques dont il est composé.
- (1) Bulletin de la Société d’Encouragement, novembre 1899.
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- LES PLAQUES DE BLINDAGES.
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- L’emploi du tir constitue donc la seule méthode précise et incontestée pour l’appréciation des qualités des cuirassements, et il est intéressant dès lors d’examiner comparativement les conditions dans lesquelles s’effectuent les épreuves de recette habituelles dans les différents pays.
- La qualité principale que doivent posséder les blindages, c’est la résistance à la perforation, combinée autant que possible avec l’absence de fragilité, et c’est cette propriété de résistance qu’on s’attache surtout à vérifier dans l’épreuve de tir. On estime en effet dans le cas général qu’il y a peu de chances en pratique pour qu’un navire cuirassé reçoive successivement deux coups venant tomber au même point ou à peu de distance l’un de l’autre sur une même plaque, et la formation de fentes autour d’un premier point d’attaque n’entraîne donc pas un danger très grave, bien qu’elle ait l’inconvénient de diminuer la résistance en cette région.
- Le cas n’est évidemment pas le même pour les plaques de pont dont les déchirures peuvent provoquer dans le navire des venues d’eau désastreuses, et cette observation se retrouve dans un autre ordre d’applications, pour les plaques de cuirassement des tourelles terrestres qui sont exposées de leur côté à recevoir des coups nombreux venant tomber dans une région très limitée. Les conditions de recette applicables à ces dernières plaques devront donc se proposer surtout de vérifier la malléabilité du métal employé, et elles différeront par suite de celles qui conviennent pour les plaques servant au cuirassement des flancs ou des tourelles de navires. Nous n’insisterons pas ici sur cette épreuve de malléabilité, car nous avons indiqué plus haut la méthode appliquée en France pour les plaques de pont, laquelle du reste a été généralement imitée à l’étranger. Cette méthode a été adoptée aussi pour la plupart des essais pratiqués sur les plaques de tourelles terrestres, comme nous le dirons plus loin. Nous nous attacherons donc exclusivement aux épreuves de perforation en comparant les méthodes adoptées dans les principales marines, et nous montrerons d’abord qu’elles sont loin d’être partout identiques, de sorte qu’il ne suffirait pas par conséquent de faire le rapprochement de l’aspect des plaques après le tir pour avoir une idée exacte de leur résistance respective.
- Nous examinerons tout d’abord les conditions dans lesquelles s’effectue le choix de la plaque d’épreuve et l’installation de celle-ci sur le massif d’appui afin de montrer qu’on rencontre déjà des divergences fondamentales, si l’on rapproche les prescriptions en usage en France et en Angleterre par exemple.
- L’épreuve anglaise porte toujours en effet sur une plaque de dimensions constantes, fabriquée spécialement en vue de l’essai, et en dehors du lot dont elle doit assurer la réception, elle sert simplement de témoin montrant que l’usine qui l’a préparée est en état d’obtenir un métal remplissant certaines conditions.
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- MÉTALLURGIE. --- DÉCEMBRE 1899.
- En France, au contraire, l’épreuve est toujours effectuée sur une plaque choisie dans un lot déjà entièrement achevé, c’est donc bien une plaque de fabrication courante, et comme le contrôle a suivi le travail de préparation du lot dans tous ses détails, on peut même estimer qu’elle est de qualité inférieure à la moyenne du lot où elle est prélevée.
- Cette méthode met immédiatement la plaque française dans un état certain d’infériorité au point de vue de l’essai; mais il paraît indispensable cependant d’y recourir si l’on veut obtenir une garantie formelle de la bonne exécution de toutes es plaques du lot, et la plupart des marines étrangères n’ont pas manqué de l’adopter à l’exemple de la France, comme c’est le cas par exemple pour la Russie et les Etats-Unis.
- Ajoutons encore que l’installation de la plaque anglaise est également plus avantageuse au point de vue de la résistance; d’une part en effet, le massif d’appui présente une résistance très considérable, car il est formé de plusieurs couches de tôles de fer alternant avec le bois, ef il possède une épaisseur totale supérieure à un mètre; il soulage donc grandement la plaque éprouvée et tend ainsi à empêcher la perforation ainsi que nous l’avons remarqué plus haut, en parlant des massifs de grande résistance. En outre, en raison de sa forme plane, la plaque est déjà mieux rattachée au massif d’appui, mais d’autre part elle est solidement frettée sur toute l’épaisseur et sur tout Je contour par quatre pièces en fer formant encadrement, elle est de plus maintenue par des boulons taraudés à l’arrière.
- En France le massif d’appui est loin de présenter la même importance qu’en Angleterre; il était formé primitivement de simples madriers en bois formant une couche ayant généralement 0,84 d’épaisseur sans interposition de tôles de fer; actuellement il est réduit le plus souvent à deux tôles de pUtelage de 10 à 15 millimètres d’épaisseur, et n’a plus du reste qu’une résistance notablement inférieure à celle des anciens massifs en bois. En ce qui concerne la plaque, elle est bien maintenue, ainsi qu’en Angleterre, par des boulons taraudés, mais comme elle présente toujours une" forme cintrée, elle est moins bien rattachée au massif de soutien; en outre, elle est simplement contrebutée à droite et à gauche par deux plaques voisines de forme plane qui ne peuvent donc pas lui assurer un appui aussi parfait.
- Quant aux conditions mêmes de l’épreuve, elles dépendent nécessairement de la nature du métal employé, et nous devrons les examiner séparément pour ce qui concerne les divers types de métaux, métal mixte ou acier ordinaire, aciers spéciaux et métal cémenté. Il n’y a pas lieu d’insister sur le fer puddlé, car ce métal présentait une résistance à la perforation à peu près constante, et les épreuves dont il était l’objet ont eu surtout pour but, en France tout au moins, de vérifier sa malléabilité ainsi que nous l’indiquions plus haut.
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- LES PLAQUES DE BLINDAGES.
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- Plaques en métal mixte et en acier ordinaire. — L’épreuve anglaise portait habituellement sur une plaque de dimensions normales, toujours constantes par conséquent, atteignant 2m,37 de long sur lm,33 de large et 0m,279 d’épaisseur. Cette plaque, installée dans les conditions déjà indiquées, était essayée enfin au tir d’un projectile de calibre inférieur à son épaisseur, soit de 0m,238 de diamètre, pesant 116 kilos, lancé à la vitesse de 408 mètres, ce qui correspond à une énergie de choc au point d’impact de 982 000 kilogrammètres ; tandis que, en France, dans les mêmes conditions, la vitesse de tir se déterminait en prenant la vitesse de perforation d’une plaque en fer d’égale épaisseur, augmentée de celle du massif d’appui; elle aurait été ainsi portée à 489 mètres et donnerait une énergie de 1 415 000 kilogrammètres. La vitesse des projectiles employés dans l’épreuve anglaise atteignait donc seulement les 83 centièmes de celle qui serait adoptée en France pour les mêmes plaques, et l’énergie de choc était ainsi limitée à 70 p. 100 environ. Ajoutons que les projectiles employés en Angleterre étaient fabriqués en fonte Palliser et présentaient une grande fragilité, de sorte qu’ils se brisaient souvent sans produire sur la plaque aucun effet bien appréciable.
- Il y a là, comme on voit, des causes graves expliquant suffisamment la différence des résultats observés entre les deux pays ; les plaques anglaises restaient souvent en effet presque indemnes après l’épreuve, tandis que les plaques françaises présentaient de nombreuses fissures traversant, quelquefois même des dessoudures ou des morceaux détachés.
- Le moment arriva pourtant où il fallut bien reconnaître que les plaques anglaises n’étaient invulnérables qu’en apparence; l’apparition des projectiles en acier forgé que les usines françaises, suivant la voie tracée par M. Holtzer, arrivaient seules à produire, montra que ces blindages se laissaient traverser avec une facilité inquiétante.
- Nous pouvons rappeler d’ailleurs que, déjà en 1884, un tir d’étude pratiqué à Gavre sur une plaque mixte Brown avait donné une preuve manifeste de cette facilité de pénétration.
- Un obus de 34 centimètres en acier Holtzer tiré contre une plaque Brown de 40 centimètres d’épaisseur avait pu la traverser sans difficulté avec son massif d’appui, à la vitesse de 480 mètres qui serait celle de la perforation d’une plaque d’acier ordinaire non appuyée.
- Cet obus conservait encore une grande partie de son énergie, il a pu même parcourir 150 mètres derrière la muraille, il était resté entier et ne présentait que des fentes légères.
- L’amirauté anglaise comprit donc la nécessité de modifier ces épreuves, et elle organisa en 1888, à Portsmouth,des expériences comparatives dont les conditions furent conservées depuis pour être appliquées aux tirs de recette ultérieurs.
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- Les plaques essayées ont toujours les dimensions suivantes : (8' X 6'x 10'T/2) soit 2m,44 sur lm,83 sur 0m.36 d’épaisseur. Elles sont fixées sur un solide massif en chêne et fortement encadrées.
- Le tir a lieu avec le canon de 6" (0m,152), d’un calibre par conséquent sensiblement inférieur à l’épaisseur de la plaque; ce canon lance 5 projectiles de 100 lbs (45ke,36) à la vitesse de 1976’, soit 602 mètres par seconde.
- L’épreuve comporte le tir de 5 coups tirés aux 4 sommets et au centre d’un rectangle dont les côtés sont tracés à une distance de 2 pieds (0,609) des cans correspondants de la plaque et présentent par conséquent une longueur de lm,22 sur une largeur de 0m,61.
- Trois de ces projectiles sont en acier Holtzer, et les deux autres en fonte Palliser.
- L’expérience montra du reste que les projectiles Palliser se brisent dans le choc sans produire sur la plaque aucune impression bien sensible, tandis que les projectiles Holtzer donnent une pénétration profonde et quelquefois même traversent la plaque.
- Du reste la vitesse de 602 mètres peut être considérée comme inférieure de 5 p. 100 à la perforation de l’acier ordinaire.
- Dans certains cas, l’épreuve est effectuée sur la plaque de 6" (0m, 152) qui est également considérée comme une plaque type, et pour cette épaisseur, la vitesse de tir est généralement fixée au chiffre de 450 mètres qui dépasse d’environ 2 p. 100 la perforation de l’acier ordinaire.
- En France au contraire, pour l’épreuve de recette des aciers spéciaux on emploie des projectiles en acier forgé de calibre égal à l’épaisseur de la plaque; on tire les deux premiers avec une vitesse dépassant en général de 7 p. 100 celle de l’acier ordinaire.
- Les cahiers des charges prévoient en outre le tir de deux coups supplémentaires pour l’obtentiou d’une prime, et celui-ci est effectué alors avec une vitesse correspondant au coefficient de 1,20 au lieu de 1,07. L’expérience montre du reste que ces plaques en acier spécial sont tout à fait exemptes de fragilité, car les quatre coups ainsi tirés sont toujours dirigés en des points très rapprochés, et cependant cette épreuve ne détermine presque jamais l’apparition d’aucune fente sur la plaque.
- La Marine américaine a appliqué de son côté, pour la réception des blindages en acier nickel destinés au revêtement des cuirassés Indiana, Massachusetts, etc., des conditions de recette analogues basées également sur l’emploi des formules de Gavre et de Jacob de Marre.
- Un premier coup est tiré à la vitesse de perforation de la plaque en ferd’égale épaisseur et du massif d’appui calculé d’après la formule de Gavre ; ce coup est dirigé sur un point distant d’au moins trois calibres et demi des cans voisins, il
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- ne doit provoquer sur la plaque aucune fente traversant qui parte de l’impact pour aller rejoindre l’un des cans.
- Un second coup est tiré ensuite à une vitesse plus forte se rapprochant de la perforation de l’acier ordinaire.
- Ce coup est dirigé contre un point situé à une distance d’au moins trois calibres et demi du premier impact et des cans voisins, et la seule condition alors imposée est de ne pas provoquer la perforation, quelles que soient les fentes obtenues ; aucun fragment de la plaque ni du projectile ne doit traverser en effet de façon complète la plaque ni le massif d’appui.
- La vitesse de tir est celle même de la perforation des plaques en acier et du massif d’appui, calculée d’après la formule Jacob de Marre pour les plaques d’épaisseur inférieure à 13".
- Au-dessus de ce chiffre, la vitesse calculée est celle de perforation de la plaque en fer déduite de la formule de Gavre avec une majoration d’épaisseur variable suivant l’épaisseur même de la plaque. Pour l’épaisseur de 13", cette majoration est de 31 p. 100 ; pour 14", elle est de 28 p. 100 ; pour 15", elle est de 25 p. 100 ; pour 16'' et au-dessus, de 20 p. 100.
- Plaques en métal durci. — Le métal durci est appliqué surtout à la préparation des plaques de faible épaisseur, dont l’usage est à peu près exclusif en France pour la fabrication des masques d’abri pour affûts de canons.
- Ces plaques sont généralement soumises à une épreuve de recette comportant le tir de cinq projectiles d’acier forgé de calibre à peu près égal à l’épaisseur, Ja plaque étant essayée isolée sans appui à l’arrière.
- La vitesse de tir est déterminée de façon à dépasser la perforation de l’acier ordinaire d’environ 25 p. 100 pour les plaques les plus minces ayant 0m,03 environ d’épaisseur, mais cet excédent va graduellement en diminuant jusqu’à 15 p. 100, à mesure que l’épaisseur va elle-même en augmentant pour se rapprocher de 10 centimètres.
- Les points d’attaque sont toujours concentrés dans une région peu étendue, de manière à permettre de vérifier si la plaque présente quelques tendances à la formation des fentes, mais il est très rare du reste que, malgré le rapprochement des impacts, on observe jamais aucune fissure au cours de cette épreuve.
- Métal cémenté. — Les conditions de recette actuellement usitées en France pour les plaques cémentées comportent un tir d’épreuve effectué à une vitesse dépassant de 30 p. 100 celle de perforation de l’acier ordinaire, et pour le tir de prime, l’excédent est porté à 45 p. 100.
- Quant à la Marine américaine, elle a repris, pour les cuirassés Indiana, etc., les conditions de recette indiquées plus haut pour les plaques en acier nickel, seulement les vitesses sont augmentées dans les conditions suivantes pour tenir compte de l’accroissement de résistance dû à la cémentation :
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- La vitesse du premier coup, déterminée en partant de la formule de Gavre pour la perforation du fer est calculée en majorant de 10 p. 100 l’épaisseur de la plaque éprouvée; et celle du second coup, déterminée comme nous l’avons indiqué, est calculée en admettant une nouvelle majoration d’épaisseur de lo p.100.
- Dans le rapport que le colonel O’ Neill, chef du bureau de l’artillerie, présentait en 1898 au Sénat des Etats-Unis sur cette question, cet officier a tenu à déclarer que les blindages actuellement fabriqués dans les usines américaines pourraient supporter la comparaison avec ceux de tous les autres pays, et il attribue ce fait aux garanties particulières dont on entoure la fabrication, les plaques d’essai étant toujours choisies, dit-il, suivant l’usage habituel en France, après l’achèvement des lots dont elles font partie, et n’étant donc pas préparées intentionnellement en vue de l’épreuve.
- En ce qui concerne enfin les conditions de recette imposées, le colonel O’ Neill ajoute que, par suite des progrès de la fabrication, elles vont êtremodfiés en se rapprochant davantage du système adopté en France, de façon à encourager les usines à obtenir des plaques de plus en plus résistantes.
- La Marine anglaise, de son côté, étudie actuellement l’adoption de nouvelles conditions de recette applicables au métal cémenté, et dans un travail publié récemment par le capitaine Ordnie Brown, dans les Proceedings of the Royal Artillery Institution {nos d’octobre à décembre 1898), le savant officier, qui s’est consacré en Angleterre à l’étude de ces questions, cite comme exemple l’essai de la plaque type de 0,152 qui est opéré aujourd’hui dans des conditions beaucoup plus rigoureuses que précédemment. La vitesse de tir qui était restée limitée à 450 mètres a été portée en effet au chiffre de 597 mètres, ce qui correspond au coefficient d’environ 1,40 par comparaison avec la perforation de l’acier ordinaire.
- La Marine russe a adopté de son côté des conditions de recette spécialement applicables au métal cémenté, seulement elle les a établies en se préocupant plutôt de vérifier l’absence de fragilité que d’obtenir une grande résistance à la perforation, et elle a même imposé à cet effet l’emploi du procédé de fabrication Krupp. Pour les plaques destinées aux cuirassés actuellement en cours de construction comme le Tsaréwitch, etc., elle prescrit le tir de trois projectiles en acier forgé de calibre à peu près égal à l’épaisseur de la plaque, et elle demande que celle-ci supporte l’épreuve sans être traversée ni présenter en dehors des impacts aucune fente traversant.
- La vitesse de tir est calculée au moyen de la formule suivante, exprimée en mesures russes :
- a0''1''
- V — 103-1193 -____ z0,7
- p O.oO
- dans laquelle :
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- Y est la vitesse en pieds par seconde; a est le calibre des projectile en pouces ; p est le poids en livres russes; e est l’épaisseur de la plaque en pouces.
- Traduite en mesures métriques, cette formule devient :
- a °-'73
- V = 1 869 —-— s0,7,
- p O.o
- où on retrouve la formule habituelle de Jacob de Marre, dans laquelle le coefficient 1 530 a été remplacé par 1 869. On voit que la vitesse de tir est déterminée en admettant le rapport de 1,22 par comparaison avec la perforation de l’acier ordinaire, rapport sensiblement inférieur par conséquent à celui que peuvent donner les plaques cémentées actuelles.
- De son côté, la Marine suédoise impose des conditions analogues appliquées toutefois sur une plaque plane fabriquée à part, elle prévoit en effet le tir de trois obus de rupture aux trois sommets d’un triangle équilatéral de côté égal à trois calibres et demi, et elle demande aussi que la plaque ne soit pas traversée ni ne présente aucune fente traversant. Le calibre du projectile ni la vitesse de tir ne sont généralement pas fixés à l’avance : mais il est indiqué seulement que la force vive du choc doit atteindre une valeur déterminée par unité de circonférence du projectile, et cette condition permet de calculer immédiatement la vitesse dès que le calibre est connu, et on prend généralement celui-ci peu différent de l’épaisseur de la plaque. Les conditions ainsi déterminées varient évidemment avec la nature des aciers considérés, mais pour le métal cémenté elles sont généralement un peu plus rigoureuses que les conditions russes.
- En terminant cet examen des conditions de recette actuellement en usage, nous ajouterons que, sur la proposition de M. le directeur de Maupeou, la Marine française a mis à l’étude l’application d’une nouvelle méthode fort ingénieuse qui paraît appelée à donner des résultats particulièrement intéressants si elle est sanctionnée par l’expérience de la pratique.
- Cette méthode consisterait à tirer contre la plaque un coup unique en se plaçant dans des conditions qui permettraient de déduire immédiatement des résultats du tir la vitesse de perforation de celle-ci. Le tir serait effectué à cet effet à une vitesse assez forte pour que le projectile traverse sûrement la plaque éprouvée. On mesurerait la vitesse de ce projectile avant et après la traversée, et on en déduirait par différence l’énergie du choc absorbée par la perforation. La vitesse de perforation ainsi calculée délinirait par là même la résistance de la plaque, et par suite la valeur à lui attribuer dans les marchés.
- Pour éviter toute contestation sur la part qui reviendrait au massif d’appui
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- dans la résistance totale de la muraille, on supprimerait tout appui derrière la région de la plaque contre laquelle se ferait le tir. Le massif soutenant la plaque, tôles de platelage ou muraille en bois, serait, en un mot, percé à l’avance en ce point d’un trou largement suffisant pour que le projectile ne soit pas exposé à en rencontrer les parois. On se trouverait donc bien placé dans le cas d’un tir contre plaque isolée, et il n’y aurait pas à tenu- compte du travail de perforation du massif d’appui.
- Comme la vitesse de tir serait assez élevée, on peut admettre que le projectile traverserait en débouchant un trou très net,sans produire aucune fente; de sorte que tout le travail absorbé correspondrait bien à la perforation. Dans cette situation, on peut espérer que la plaque, ainsi percée d’un simple trou, conserverait toute sa résistance dans la partie non attaquée, et elle resterait sans doute susceptible d’être encore utilisée après qu’on aurait bouché le trou.
- Une pareille méthode suppose évidemment que le projectile n’éprouverait aucune déformation dans la traversée de la plaque, car autrement il absorberait pour son compte une part de l’énergie dépensée qu’il serait impossible d’apprécier, et le tir ne fournirait plus les données cherchées.
- Une pareille condition peut se réaliser facilement avec les plaques en acier ordinaire ou même en métal spécial, si on emploie des projectiles de rupture en acier forgé au creuset d’excellente qualité; mais avec les plaques cémentées, elle exige nécessairement l’emploi de projectiles coiffés, car ceux qui n’ont pas de coiffe se brisent le plus souvent contre la surface durcie.
- Il serait nécessaire d’autre part de bien vérifier d’abord que le travail absorbé par la perforation reste toujours indépendant de la vitesse initiale de tir, de s’assurer en un mot qu’on peut faire varier celle-ci dans des limites assez étendues, sans avoir à craindre de fausser les conclusions à en tirer, au point de vue de la résistance de la plaque.
- En ce qui concerne enfin les plaques cémentées, l’emploi nécessaire des projectiles coiffés peut soulever une difficulté spéciale, car on peut se demander si les conditions de résistance de la plaque restent bien les mêmes dans les deux cas, suivant qu’on emploie des projectiles coiffés ou non.
- Il peut sembler en effet qu’il convient d’augmenter l’épaisseur et la dureté de la couche cémentée, si l’attaque doit avoir lieu avec des projectiles non coiffés, puisque cette couche a surtout pour effet de les briser, mais comme elle est impuissante à provoquer la rupture des projectiles munis de coiffe, il doit être préférable dans ce cas de ne pas exagérer l’épaisseur de la couche cémentée et de lui laisser au contraire une certaine élasticité.
- La question soulève, comme on voit, une série d’observations diverses qui devront recevoir leur solution avant que cette nouvelle et ingénieuse méthode puisse pénétrer dans la pratique des essais de recette.
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- CHAPITRE VI
- EXAMEN RÉSUMÉ DES PRINCIPAUX ESSAIS COMPARATIFS EFFECTUÉS SUR LES DIVERS TYPES DE BLINDAGES
- Essais antérieurs à l'application de la cémentation (1891). —Nous avons résumé plus haut l’histoire de la fabrication des cuirassements en montrant comment, dans son désir d'augmenter toujours la résistance de ces produits, l’industrie en était arrivée graduellement à remplacer l’ancien fer puddlé, d’abord par le métal mixte et par l’acier ordinaire, puis par les aciers spéciaux et enfin par le métal cémenté, et avons indiqué ensuite les modifications qu’a entraînées l’emploi de ces nouveaux métaux dans les conditions de recette et les épreuves de tir.
- Nous avons mentionné à cette occasion quelques-uns des principaux essais comparatifs qui servent pour ainsi dire de points de repère dans cette histoire de la fabrication des blindages, car ce sont les résultats donnés par eux qui l’ont orientée dans les voies nouvelles qu’elle a parcourues tour à tour.
- L’importance de ces changements fait toutefois qu’il convient d’y insister davantage et d’étudier de plus près les essais qui les ont provoqués, aussi avons-nous cru nécessaire d’examiner ici les plus remarquables d’entre eux, en rappelant les conditions précises dans lesquelles ils ont été effectués et rapprochant les résultats obtenus.
- Nous indiquerons, à cet effet, toutes les données numériques que nous avons pu recueillir concernant ces différents tirs, et, pour faciliter la comparaison des résultats d’épreuves effectuées dans des conditions souvent fort différentes, nous réunissons toutes ces données dans des tableaux établis à cet effet.
- A côté de l’indication de la vitesse de tir, nous faisons figurer d’abord celle de la vitesse de perforation de la plaque en fer attaquée dans les memes conditions. Le rapprochement de ces deux vitesses permet d’apprécier immédiatement la rigueur de l’essai ainsi déterminé, et nous indiquons du reste le rapport qui s’en déduit dans une colonne particulière.
- Nous avons calculé en outre la vitesse de perforation de l’acier ordinaire, et nous indiquons par suite le rapport de la vitesse de tir avec la vitesse ainsi déterminée, de façon à mesurer aussi la rigueur de l’essai par comparaison avec l’acier. Cette méthode, que nous avons proposée dans nos premières publications sur les blindages, est adoptée aujourd’hui par presque tous les spécialistes qui s’occupent de cette question, de sorte que l’indication de ce rapport est toujours comprise maintenant de façon immédiate, tant en France qu’à l’étranger.
- Tome IV. — 89e année, 5® série. — Décembre 1899. 108
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- Le calcul de la vitesse de perforation a été fait en tenant compte du massif d’appui lorsque nous avions les indications nécessaires pour le faire, si toutefois du reste la muraille complète a été traversée dans le cas considéré.
- Il faut observer en effet qu’une partie de l’énergie balistique du projectile d’attaque a été absorbée dans ce cas par la perforation du massif d’appui, et il convient de tenir compte de ce fait dans le calcul du rapport qui doit caractériser la résistance de la plaque étudiée.
- Il faut ajouter du reste que la considération du massif d’appui ne présente plus aujourd’hui la même importance que dans les épreuves effectuées sur les anciennes plaques en fer, car il arrivait alors que le massif intervenait pour une part appréciable dans la résistance totale, tandis qu’aujourd’hui cette part proportionnelle va toujours en diminuant, par suite de l’augmentation considérable de résistance des plaques actuelles en acier dur. Il faut ajouter, d’autre part, que l’épaisseur des massifs a elle-même été sensiblement diminuée. On tient en effet aujourd’hui à disposer les murailles d’appui d’une façon aussi identique que possible aux bordés actuels des navires, et on se trouve amené dès lors à diminuer de plus en plus l’épaisseur de la partie en bois qui s’annule même tout à fait lorsqu’il s’agit de blindages de cofferdams ou de tourelles; l’appui se trouve constitué simplement par deux tôles de platelages de 8 à 15 millimètres d’épaisseur; on peut même estimer, comme nous le disions plus haut, que dans certains cas, ces appuis deviennent un peu faibles, en raison de l’importance des vitesses de tir qu’on atteint actuellement.
- Les formules employées pour le calcul des vitesses de perforation, inscrites dans ces tableaux, sont celles du colonel Jacob de Marre, pour le fer et l’acier, formules dont l’usage s’est généralisé en France et à l’étranger, ainsi que nous l’avons indiqué plus haut.
- En dehors de la vitesse de perforation de la plaque en fer ou en acier d’épaisseur égale à celle de la plaque considérée, nous avons fait ressortir un autre élément qui présente aussi une grande importance pour l’appréciation des résultats, nous voulons parler du rapport du calibre du projectile employé à l’épaisseur de la plaque.
- On conçoit en effet que les dégâts produits sur les plaques, l’apparition des fentes, la séparation des’morceaux détachés, dépendent en grande partie du rapport des masses en présence, de la plaque et du projectile ; ces dégâts, en un mot, s’aggravent d’autant plus que la masse du projectile est elle-même plus considérable, il importe donc de tenir compte de cette considération, et nous indiquons à cet effet dans une colonne spéciale le rapport du calibre à l’épaisseur. Dans les essais effectués en France, ce rapport reste toujours voisin de l’unité, tandis qu’à l’étranger, surtout en Angleterre, dans les essais types, on emploie souvent le calibre unique de 6” même pour l’essai des plaques de 11”, et
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- cette différence explique déjà en partie la faible importance des dégâts que présentent souvent après l’essai les plaques types anglaises.
- Il est évident d’antre part que la nature même du projectile doit entrer en ligne de compte dans l’appréciation des résultats obtenus; nous donnons donc ce renseignement en disant si le projectile employé est en fonte dure ou en acier coulé ou forgé, et nous indiquons en outre les résultats produits sur ce projectile qui peut être complètement brisé en miettes, cassé en morceaux plus ou moins gros, ou rester entier avec ou même sans déformations. On voit immédiatement que les seules épreuves qui apportent un renseignement précis et incontestable sur la résistance à la perforation des plaques considérées sont celles où le projectile reste entier, surtout s’il n’est pas déformé, car autrement une partie de l’énergie de choc se trouve occupée à provoquer la rupture ou la déformation du projectile.
- C’est du reste un fait qui peut s’observer dans l’épreuve des plaques cémentées. On voit en effet qu’elles arrêtent des projectiles en acier forgé tirés parfois avec des vitesses dépassant de 45 p. 100 par exemple la perforation de l’acier ordinaire, et on en conclut dès lors que leur vitesse de perforation donne un rapport supérieur à ce chiffre. Il faut observer toutefois que cette conclusion n’est exacte qu’en partie, car ce résultat tient souvent à ce que le projectile s’est brisé ou cassé dans le tir, de sorte que la plaque n’a eu à supporter qu’une partie seulement de l’énergie de choc. Lorsqu’on opère en effet avec des projectiles coiffés qui, à la faveur du revêtement dont leur pointe est munie, réussissent à traverser la plaque sans se briser, on observe immédiatement que le rapport mesurant la vitesse de perforation s’abaisse dans ce cas à une valeur bien inférieure à celle qu’on avait trouvée antérieurement.
- Cet exemple mon Ire d’une manière frappante qu’il est indispensable de tenir bien compte do la façon dont le projectile s’est comporté dans le tir.
- On peut observer sans doute que la rupture du projectile fournit le meilleur témoignage de la qualité de la plaque, cependant il ne faut pas oublier que c’est là un résultat qui dépend autant de la qualité du projectile que de celle de la plaque, et il est à peu près impossible de définir cette qualité avec exactitude. S’il est incontestable que les projectiles en fonte Palliser employés en Angleterre étaient beaucoup plus fragiles que ceux de l’usine de Montluçon qu’appliquait la Marine française à la même date, si ceux-ci à leur tour l’étaient encore plus que les projectiles en acier coulé qui leur ont succédé, et si ces derniers, enfin, ont dû céder la place aux projectiles actuels en acier forgé qui possèdent à la fois la dureté de la fonte et la ténacité de l’acier, il faut considérer toutefois que cette dénomination d’acier forgé, même avec la provenance de l’usine Hollzjr restée longtemps la plus réputée pour cette fabrication, n’apporte pas encore une garantie absolue de qualité, car la date de fabrication présente aussi son
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- importance à ce point de vue : les premiers projectiles forgés qui étaient préparés il y a quinze années environ, pour l’attaque de l’acier ordinaire, étaient fort loin en effet de présenter les mêmes qualités de résistance et de dureté que les projectiles actuels destinés à l’attaque du métal cémenté.
- Nous n’insisterons pas davantage sur ces observations qui avaient simple, ment pour but de montrer combien cette question est complexe, et difficile à envisager à la fois dans tous les éléments divers qu’elle comporte. Tout ce que nous devons en conclure, c’est que les seuls essais ayant un caractère absolument probant au point de vue de l’appréciation de la résistance des plaques sont ceux dans lesquels" les projectiles d’attaque ont pu rester entiers sans déformation.
- Essais comparatifs des plaques en fer et en acier. — Nous nous attacherons en premier lieu aux essais comparatifs qui ont amené la substitution graduelle de l’acier forgé au fer puddlé, et nous mentionnerons d’abord ceux qui ont été effectués en 1876 et 1877 au polygone de Muggiano, en Italie.
- Les plaques soumises à l’épreuve étaient au nombre de trois, deux en fer, livrées Tune par MM. Marrel, et l’autre par l’usine Cammell, et une troisième en acier, présentée par le Creusot.
- Elles avaient toutes trois 3m,50 de long sur lm,40 de large etOm, 56 d’épaisseur; elles étaient fixées dans les mêmes conditions sur un massif d’appui en bois de 0m, 50 d’épaisseur.
- On tira successivement contre chacune d’elles trois projectiles en fonte de calibres différents, l’un de 0,254 flO”), le second de 0,279 (11”) et le troisième de 0,43, pesant 907 kilos, lancé au moyen du canon de 100 tonnes.
- Les deux premiers projectiles furent arrêtés parles trois plaques; quant au troisième, il traversa au contraire les deux plaques en fer sans provoquer aucune fente grave, mais il fut arrêté par la plaque d’acier qu’il brisa complètement.
- Ce résultat montrait nettement les avantages et les inconvénients des métaux en présence : l’acier est plus résistant, mais, même à l’état forgé, il était alors beaucoup plus fragile que le fer, et l’effort des usines productrices d’acier devait s’attacher surtout à atténuer cette fragilité.
- Une autre expérience effectuée à Muggiano en 1879 sur l’acier coulé de Terrenoire montra qne ce métal présentait une fragilité excessive et que sa résistance n’était pas toujours supérieure à celle du fer. On éprouva en effet deux plaques de 0m,60 d’épaisseur qui furent attaquées avec le canon de 100 tonnes lançant des projectiles du poids 920 kilos, à la vitesse de 522 mètres. On tira contre la première plaque un projectile en fonte qui se brisa sans traverser, mais la seconde fut perforée au contraire dans les mêmes conditions de tir par un projectile d’acier coulé qui resta entier.
- Ces résultats furent confirmés par les expériences comparatives effectuées en
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- mai 1880 au polygone de Gavre et qui portèrent sur les divers types de métaux alors proposés pour la préparation des cuirassements ; elles comprirent en effet les six plaques suivantes : une en fer présentée par MM. Marrel ; deux en acier forgé, Tune en métal doux et l’autre en métal dur, présentées par le Creusot; deux plaques en acier coulé présentées par l’usine de Terrenoire, et une plaque
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- Fig. 66. — Plaque mixte Cammell Fig. 67. — Creusot métal extra-doux.
- en métal mixte préparée suivant le procédé dû à M. Wilson et présentée par l’usine Cammell.
- Ces plaques avaient toutes 1m,83 de hauteur sur 2 mètres de largeur, et elles présentaient une épaisseur décroissante allant de 0m,50 au can supérieur à 0m,40 au can inférieur, elles furent attaquées avec les boulets de 32 centimètres pesant 345 kilogrammes ; ces boulets étaient en fonte pour le tir des premiers coups dirigés contre chacune des plaques, mais on employa ensuite les projectiles d’acier coulé ou forgé lorsque l’état de la plaque permit de prolonger le tir.
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- La vitesse de tir fut fixée d’abord au chiffre de 450 mètres correspondant à la perforation d’une plaque enfer de 470 millimètres.
- La plaque en fer de MM. Marrel arrêta cependant le projectile au premier coup, en présentant toutefois une pénétration de 0m,625, sensiblement supérieure à son épaisseur, mais elle fut traversée au second coup, et complètement fendue.
- La plaque en acier doux du Creusot donna des résultats peu différents de celle de MM. Marrel, elle arrêta le premier projectile en présentant toutefois
- Fig. 70. — Vue de la face avant, avant le tir.
- premier coup.
- Fig. 70-71. — Vues d'une plaque mixte essayée à Portsmouth le 13 mars 1882.
- une pénétration de 0'",510 peu supérieure à son épaisseur, et elle fut traversée au second coup, en présentant également des fentes accentuées.
- La plaque en métal dur donna des résultats meilleurs, car la pénétration au premier coup atteignit seulement 0m,379, et le second coup fut arrêté dans la muraille, mais la plaque présenta aussi de grosses avaries avec un morceau détaché.
- Quant aux deux plaques en acier coulé de Terrenoire, elles arrêtèrent toutes deux le premier coup, mais en présentant de nombreuses fentes, de sorte que, au tir du deuxième coup, elles furent traversées et complètement brisées.
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- La plaque mixte Cammell arrêta trois projectiles dont deux en fonte dure et un en acier, lancés au tir normal, et les pénétrations ne dépassèrent pas 0m,20 à 0m,22. La plaque se brisa, mais elle put supporter le tir d’un quatrième coup qui vint l’attaquer obliquement sans traverser et provoqua seulement la dessoudure de la couverte superficielle dans la région attaquée.
- Nous reproduisons dans les figures 66 à 69 les vues après le tir des quatre
- Fig. 72. — Vue de la face avant, après Fig. 73. — Vue de la face avant, après
- te deuxième coup. le troisième coup.
- Fig. 72-73. — Vues d'une plaque mixte essayée à Potsmouth le 13 mars 1882.
- principales plaques essayées à Gavre en 1880, la plaque en fer de MM. Marre! les deux plaques eu acier du Creusot, et la plaque mixte Cammell.
- On voit immédiatement que ces expériences comparatives consacraient de façon incontestable le succès de la plaque mixte Cammell et de l’acier dur du Creusot, et ce sont elles qui décidèrent la Marine française à adopter désormais l’usage simultané de ces deux métaux.
- L’acier forgé continua à être fabriqué par le Creusot, et le métal mixte fut préparé par les trois usines de Saint-Chamond, Rive-de-Gier et Montluçon qui avaient acheté à cet effet le brevet Cammell.
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- En Angleterre, le métal mixte livré par les usines Brown ou Gamme-H fut adopté à partir de 1880 de façon exclusive; et en fait, les plaques ainsi préparées assuraient toujours la rupture des projectiles d’attaque en fonte dure Palli-ser employés par la Marine anglaise. On trouvera un exemple frappant des résultats obtenus dans ces essais en examinant dans les figures 70 à 75 les vues avant et après le tir de chacun des 3 coups, d’une plaqué en métal mixte Cam-
- Fig. 7 i. — Vue de la face arriére, après Fig. 73. — Vue du massif d’appui
- le troisième coup. après le tir.
- Fig. 74-73. — Vues d'une plaque mixte essayée à Portsmouth le 13 mars 1882.
- mel essayée à Portsmouth le 13 mars 1882; on verra qu’elle a brisé les 3 projectiles sans présenter aucune fente.
- Quant à l’acier coulé, son extrême fragilité montra qu’il n’était pas approprié à la préparation des cuirassements, et cette application fut immédiatement abandonnée. Elle fut reprise seulement huit anuées après et encore plutôt à titre d’essai, ainsi que nous le dirons plus loin, pour l’application aux cuirassements des tourelles de terre, lorsqu’on eut réussi à atténuer la fragilité constitutionnelle de ce métal grâce aux progrès réalisés d’autre part dans la fabrication.
- Le métal mixte et l’acier restèrent employés simultanément en France pen-
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- dantune dizaine d’années environ, ainsi que nous l’avons rappelé précédemment. Durant cette période, ces métaux furent soumis à des essais identiques et donnèrent des résultats qui restèrent toujours parfaitement comparables, avec les mêmes alternances de notes excellentes, simplement passables ou même quelquefois insuffisantes.
- Si le Greusot obtenait en décembre 1881 la mention excellente avec la plaque du Terrible qui était considérée par la Commission de recette comme supérieure à tout ce qui avait été essayé antérieurement, nous pouvons observer que cette mention qui du reste, tout en restant exceptionnelle, n’est pas tout à fait unique dans les épreuves des plaques en acier, a été obtenue aussi à plusieurs reprises et même plus fréquemment pour les plaques mixtes; nous avons reproduit du reste, dans les figures 39 à 46, plusieurs vues de plaques livrées par MM. Marre! frères, qui ont été reçues également avec cette mention la plus haute de toutes, soit, par exemple, la plaque d’essai de la ceinture de Y Indomptable essayée en 1884, de la ceinture du Bouvines essayée en mars 1891, de la tourelle du Bouvines essayée en juin 1893. On peut dire, en un mot, que le métal mixte fabriqué par les usines françaises resta toujours en mesure de supporter la comparaison avec l’acier; nous verrons au contraire plus loin qu’il n’en fut pas toujours de même dans les essais internationaux auxquels figurèrent les plaques anglaises.
- Essais comparatifs effectués en tir oblique au polygone d’Amager, mars 1883. — Ges expériences comparatives présentent un intérêt tout particulier, car elles sont presque les seules qui aient été effectuées en tir oblique.
- On tira en effet sous une incidence presque rasante, de manière à se rapprocher des conditions d’attaque des ponts de navires et des cuirasses métalliques des forteresses de terre.
- La cible formait une partie d’un véritable pont de navire présentant à la partie inférieure trois rangées de chacune deux plaques de 100 millimètres d’épaisseur, inclinées de 24°, puis trois autres rangées de chacune trois plaques de 50 millimètres d’épaisseur, inclinées de 7° sur l’horizon. La disposition générale de ces plaques de 50 millimètres est représentée sur la fig. 76.
- Les plaques épaisses reposaient sur un matelas en bois, et les plaques minces étaient fixées directement sur une tôle figurant le bordé du navire.
- Les plaques éprouvées étaient de trois provenances différentes ; une première série en acier de l’usine du Creusot, et les deux séries suivantes en fer, venant l’une de l’usine Cammell et l’autre de MM. Marrel frères.
- Les plaques de même provenance étaient réunies dans une même rangée transversale comprenant deux plaques de 100 millimètres et trois de 50 millimètres. La première rangée à gauche était constituée par les plaques du Creusot,
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- celle du milieu par les plaques en fer Cammell, et celle de droite par les plaques de MM. Marrel.
- Le programme des épreuves comportait une première série de tirs avec le canon Krupp de 15 centimètres lançant des projectiles d’acier de 51 kilogrammes à la vitesse de 520 mètres, puis üne seconde série avec le canon Armstrong de 9" (229 millimètres)Jançant des projectiles en fonte de 112 kilogrammes àla vitesse de 421 mètres.
- Les projectiles d’acier étaient des obus creux établis suivant deux tracés dif-
- ï lys?
- \2èc/nv
- \Nm
- Fer Marrel.
- Acier du Creusot.
- Fer Cammell.
- Fig. 76. — Essais en tir oblique à Amager les 19 et 20 mars 1883. Vue des plaques de 50 millimètres après le tir.
- férents, l’un avec ogive en pointe, l’autre avec ogive tronconique. Ce dernier présentait ainsi à l’avant la forme d’un ménisque concave avec bord tranchant qui agissait à la façon d’un burin pour roder le métal des plaques attaquées sous le tir rasant; nous aurons du reste plus loin l’occasion de signaler à nouveau l’emploi de ce type de projectiles en parlant des épreuves effectuées contre les plaques de cuirassement pour ouvrages do forteresse.
- Les projectiles du canon Armstrong étaient également de deux types, l’un formant simple boulet en fonte dure, et l’autre un obus ordinaire à fusée percutante chargé intérieurement.
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- On tira au total 40 coups de canon sur les quinze plaques, et, dans l’impossibilité de donner ici la relation détaillée de ces divers essais, nous devrons nous borner à l’indication des résultats généraux.
- Les projectiles ont ricoché en produisant sur les plaques des sillons plus ou moins profonds, comme l’indique la figure qui représente la vue des neuf plaques minces.
- D’une manière générale, on peut dire que les plaques en acier présentèrent moins de pénétration, mais plus de fragilité; certaines d’entre elles arrivèrent même à se détacher graduellement par fragments, et la tôle de platelage constituant bordé arrière souffrit beaucoup.
- Les deux plaques en fer présentèrent au contraire fort peu de criques, et elles restèrent entières après le tir.
- Toutefois l’une des plaques en fer de 10 centimètres fut traversée par un projectile et un morceau fut même détaché ultérieurement (coup n° 39).
- Ces résultats expliquent immédiatement, comme on voit, que la Marine française ait continué à employer le fer à l’exclusion de l’acier forgé pour la construction des ponts cuirassés.
- L’acier ne put intervenir en effet pour cette application qu’à partir de 1889, ainsique nous l’avons indiqué plus haut, lorsque les essais effectués par l’usine de Montluçon sur le métal extra-doux eurent prouvé qu’il était possible de donner à ce métal une malléabilité et une absence de fragilité au moins égales à celles que le fer puddlé avait seul possédées jusque-là.
- Les résultats des essais d’Amager, montrant toute la difficulté d’éviter la production des fentes dans l’emploi de l’acier ordinaire, ont été confirmés du reste, ainsi qu’on le verra plus loin, par les expériences comparatives effectuées d’autre part sur les divers types de métaux pour blindages en vue de l’application aux tourelles terrestres.
- Dans ce cas également, on a reconnu que l’acier ordinaire avait l’inconvénient de se fendre plus rapidement que le fer sous l’action d’un tir répété comportant un grand nombre de coups dirigés sur une région peu étendue, même lorsque les vitesses de tir restaient sensiblement inférieures à la perforation. Le métal mixte donna lieu du reste à la même observation, car la répétition multipliée d’un grand nombre de coups de faible intensité suffit aussi à provoquer la formation des fentes sur la couche en acier et même à détacher celle-ci par décollement du sommier en fer.
- Essais comparatifs de ïacier et du métal mixte.
- Essai de Copenhague en 1884. — Nous rappellerons d’abord les épreuves comparatives effectuées à Copenhague en 1884 sur quatre plaques en acier et en métal mixte de diverses provenances, mais nous n’y insisterons pas, car elles
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- ne donnèrent pas de résultats réellement décisifs, les plaques éprouvées n’ayant présenté entre elles que des différences de nuances.
- Ces plaques de forme cintrée avaient toutes 2 mètres de long' sur lm,50 de haut et 0m,228 d’épaisseur; elles étaient de forme cintrée comme les plaques de tourelles ; elles étaient fabriquées, au nombre de trois, en métal mixte et provenaient des deux usines anglaises de Sheffîeld et de l’usine française de Rive-de-Gier appartenant à MM. Marrel frères. La quatrième était en acier et présentée par l’usine du Creusot. Elles reçurent d’abord chacune un premier coup du canon de 15 centimètres tirant un projectile d’acier de 45 kilogrammes à la vitesse de 531 mètres, dépassant d’environ 23 p. 100 la perforation du fer, et elles l’arrêtèrent en ne présentant que des fentes relativement faibles. Un second coup fut tiré contre chaque plaque avec le canon de 25 centimètres, lançant un projectile d’acier du poids de 182 kilogrammes à la vitesse de 430 mètres, dépassant les perforations du fer de près de 35 p. 100; mais elles furent toutes traversées, comme il était à prévoir.
- Essai de la Spezzia en 188*2. — Nous citerons ensuite le tir comparatif effectué à la Spezzia en 1882 et qui mit en présence deux plaques mixtes livrées l’une par Cammell, l’autre par Brown, et une plaque d’acier du Creusot. Toutes trois présentaient les mêmes dimensions, soit 3m,30 de longueur sur 2m,62 de largeur et 0m,48 d’épaisseur.
- Elles furent attaquées avec les projectiles en fonte de 0,43 pesant 896 kilogrammes tirés d’abord à la vitesse de 375 mètres, donnant une énergie suffisante pour assurer la perforation d’une plaque en fer d’égale épaisseur.
- Aucune des trois plaques ne fut traversée au premier coup, mais les deux plaques mixtes furent complètement fendues, tandis que la plaque en acier resta entière. Le second coup fut tiré à la vitesse de 475 mètres correspondant, d’après les formules actuelles, à la perforation d’une plaque d’acier d’égale épaisseur-Les deux plaques mixtes furent complètement brisées dans ce tir, et si le massif ne fut pas complètement traversé, elles présentèrent de fortes dessoudures avec des morceaux détachés.
- La plaque d’acier donna une pénétration de 0m,47 presque égale à l’épaisseur, elle présenta également de nombreuses fentes, mais les morceaux restèrent toutefois fixés sur le massif, et elle put supporter encore le tir de deux projectiles de même calibre en acier coulé.
- Essai de la Spezzia en 1884. — Un second essai effectué à la Spezzia en 1884 sur des plaques de même provenance se termina également à l’avantage tle l’acier.
- On y retrouva encore la plaque du Creusot, en concurrence avec les deux plaques mixtes Brown et Cammell; ces trois plaques avaient les épaisseurs suivantes : Brown 483 millimètres, Cammell 480 millimètres, et Schneider 478 mil-
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- limètres. D’après le programme, elles devaient être attaquées : 1° au centre, avec le canon de 100 tonnes de 43 centimètres lançant un projectile Krupp en acier forgé pesant 833 kilogrammes à la vitesse de 370 mètres, et 2° à chacun des angles par un coup du canon de 23 centimètres lançant un projectile Krupp en acier forgé du poids de 180 kilogrammes à la vitesse de 700 mètres.
- Fig. 77. — Vue des trois plaques essayées après le tir du premier coup.
- Toutes les plaques furent traversées au premier coup, ce qui était prévu à l’avance, car l’énergie du choc était suffisante pour assurer la perforation d’une épaisseur d’acier de 0m,38, mais les effets produits furent très différents; la plaque en acier était légèrement fendue et ne présentait que des avaries rela-
- Fig. 78-79. — Vues de la plaque en acier après le tir du deuxième et du troisième coup.
- tivement faibles, elle restait même seule en état de supporter les quatre coups prévus au programme, tandis que les plaques mixtes étaient déjà brisées et présentaient même des dessoudures étendues.
- En fait, après le tir du deuxième coup du canon de 23 centimètres, la plaque Brown était complètement anéantie, laissant son massif à découvert pendant que les fragments détachés jonchaient le sol de leurs débris. La plaque Cammell restait encore en partie seulement attachée au massif, mais elle était hors d’état de
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- supporter un nouveau tir, et elle présentait alors des avaries beaucoup plus marquées que la plaque en acier après le quatrième coup.
- Nous représentons les vues de ces plaques après le tir de chacun des 3 coups dans les figures 77 à 83.
- Les essais de la Spezzia constituèrent, comme on voit, pour l’acier un succès
- Fig. 80-81. — Vues de la plaque Brown après le tir du deuxième et du troisième coup.
- Fig. 82-83. — Vues de la plaque Cammell après le tir du deuxième et du troisième coup.
- incontestable dans sa lutte contre le métal mixte, et ils décidèrent la Marine italienne à renoncer définitivement à l’emploi de ce dernier métal pour adopter l’acier d’une façon exclusive. Les usines de Terni s’installèrent alors pour la fabrication des plaques en acier d’après les procédés du Creusot.
- Essais pratiqués à Ochla. —- Si toutefois à la Spezzia l’acier remporta une victoire incontestée, il n’en fut pas de même, ainsi que nous l’avons signalé
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- plus haut (V. page 1557), dans les essais effectués à la même date à Ochta, en Russie.
- Une première série d’expériences commença le 24 novembre 1882, et fut
- Fig- S4- Fig. 83.
- reprise après interruption en mars 1883. Elle porta sur deux plaques seulement dont l’une en acier livrée par le Creusot, et l’autre en métal mixte fabriquée [par l’usine Cammell. Ces plaques mesuraient toutes deux 2m,44 de long sur 2m,35 de large et 0m,305 d’épaisseur. Elles furent attaquées avec le canon Aboukoff de 280 millimètres lançant des projectiles en fonte trempée de l’usine de Perm pesant 251 kilogrammes.Chacune d’elles devait recevoir quatre coups : le premier tiré à la vitesse de 459 mètres correspondant à la perforation d'une plaque en fer de 40 centimètres d’épaisseur, et les trois autres à celle de 356 mètres représentant seulement la perforation de la plaque en fer d’égale épaisseur.
- Au premier coup tiré contre la plaque d’acier, le projectile se brisa en donnant une pénétration de 0m,38, mais la plaque elle-même se partagea en cinq morceaux qui restèrent sur le massif maintenus seulement par les boulons. La
- Fig. 86.
- Fig. 84-86. — Vues de la plaque en acier après le tir de chacun des trois coups.
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- plaque d’acier put encore arrêter le second coup tiré à la vitesse de 355 mètres,
- Fig. 87.
- Fis
- Fig. 89. Fig. 90.
- Fig. 87-90. — Vues de la plaque Cammell après le tir de chacun des quatre coups. Fig. 84-90. — Essais d’Ochta en 1882.
- mais elle fut perforée au troisième coup; les fragments s’étant complètement détachés du massif.
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- La plaque mixte donna au contraire des résultats plus satisfaisants, car elle supporta le tir du premier coup, et même les trois coups suivants sans présenter aucune fente traversant, elle resta entière sans aucune avarie sur la face arrière. Les quatre projectiles se brisèrent en ne donnant que des pénétrations très-faibles. Celle du premier coup atteignit 0m,12 seulement. Nous représentons les vues de ces deux plaques après le tir dans les figures 84 à 90.
- Cette première série d’expérience donna, comme on voit, des résultats nettement favorables au métal mixte, et ces résultats furent confirmés d’ailleurs dans une nouvelle série d’essais comparatifs repris le 11 novembre 1890. Ces expé-
- Fig. 91. — Vue de la plaque mixte Brown après le tir des cinq coups. Face arrière.
- Fig. 91-92. — Essais comparatifs d’Ochta en 1890.
- riences portèrent celle fois sur quatre plaques dont deux en acier : l’une forgée au pilon présentée par l’usine du Creusot, l’autre forgée à la presse présentée par MM. Vickers et Cio, les deux dernières en métal mixte présentées respectivement par les usines Brown et Cammell. Ces plaques, de forme carrée, avaient toutes 2in,4o de côté et 0,25£ d’épaisseur. Elles devaient, d’après le programme, subir le tir de 5 projectiles en acier forgé de 152 millimètres pesant 40ka,55. Les deux premiers coups devaient être tirés à la vitesse de 604 mètres correspondant cà la perforation d’une plaque en fer de 30 centimètres d’épaisseur, et les trois derniers à celle de 634 mètres correspondant à la perforation d’une plaque de 32 centimètres.
- Les résultats obtenus sont résumés dans le tableau comparatif qui termine
- Tome IV. — 98e année, ii1' série. — Décembre 1899. 109
- Fig. 92. — Vue de la plaque en acier de Vickers après le tir des cinq coups. Face arrière.
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- cet article, nous les indiquerons ici seulement de façon sommaire ; nous représentons du reste les vues de ces plaques dans les ligures 91 à 96.
- Fig. 93. — Vue de la plaque mixte Cammeli après le tir de cinq coups. Face avant.
- Fig. 94. — Vue de la plaque en acier du Creusot après le tir de cinq coups. Face avant.
- Fig. 93. — Vue de la plaque en acier du Creusot après le tir de cinq coups. Face arrière.
- Fig. 96. — Vue de la plaque Cammeli de Kol-pino après le tir de huit coups. Face avant.
- Fig. 91-96. — Essais comparatifs d’Ochta en 1890.
- La plaque en acier forgé
- au pilon arrêta les cinq projectiles, mais en pré-
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- sentant des pénétrations généralement égales à l’épaisseur, avec de nombreuses fentes traversant. La plaque forgée à la presse par MM. Yickers arrêta également les cinq projectiles, mais en donnant des pénétrations supérieures à l’épaisseur; elle présenta en outre dans un des angles une fracture qui détacha un morceau.
- La plaque Brown donna les résultats les moins'satisfaisants ; elle fut traversée en effet par les trois derniers projectiles et présenta en outre quelques fentes à l’arrière.
- Le métal mixte prit au contraire une certaine revanche avec la plaque Cam-mell qui donna encore dans cetle nouvelle série d’expériences d’excellents résultats.
- Elle arrêta les cinq projectiles d’acier sans présenter aucune fente nouvelle, comme l’indique la figure, et elle put même supporter le tir d'un sixième projectile chargé de pyroxyline.
- 11 faut ajouter toutefois qu’une seconde plaque type Cammell livrée par l’usine de Kolpino qui fut soumise peu après aux mêmes essais, présenta, au contraire, plusieurs fentes dans le tir et fut traversée au cinquième coup.
- Essais pratiqués à Cummersdorf, en Allemagne, 1889 et 1890. — A titre de comparaison nous citerons maintenant les tirs effectués en Allemagne en 1889 et 1890, au champ de tir de Cummersdorf, sur deux plaques en métal compound livrées par l’usine de Dillingen, et nous les représentons dans les figures 97 à 100.
- La première plaque fut éprouvée le 20 décembre 1889, la seconde le 9 avril 1890. Elles avaient toutes deux les mêmes dimensions : soit 3 mètres de longueur sur 2n,,10 de largeur et 0m,24 d’épaisseur. Elles furent attaquées avec les projectiles en fonte de 21 centimètres pesant 98 kilogrammes lancés à la vitesse de 44o mètres. Elles brisèrent toutes deux les 3 projectiles dont les ogives restèrent soudées dans l’empreinte et ne présentèrent aucune fente. Ces résultats sont certainement intéressants, mais on ne saurait nier qu’ils dépendent surtout de la qualité desjprojectiles ; nous en verrons du reste un exemple frappant en étudiant les essais comparatifs effectués en Angleterre à partir de 1888, essais dans lesquels figurent simultanément les projectiles en fonte et ceux en acier forgé.
- Essais pratiqués au Helder en 1889. — La plaque Brown qui s’était montrée nettement inférieure aux plaques mixtes d’autres provenances dans les essais d’Ochta donna, au contraire, des résultats particulièrement satisfaisants dans les tirs comparatifs effectués^en 1889 au Helder en Hollande.
- Ces expériences portèrent exclusivement sur des plaques mixtes présentées par les quatres usines de Saint-Chamond, Rive-de-Gier, Brown et Cammell.
- Les plaques, de forme plane, avaient toutes les mêmes dimensions, soit 2nl,7o de long sur 1111,83 de large et 0,228 d’épaisseur.
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- Elles furent attaquées avec le canon de 28 centimètres tirant 3 projectiles d’acier Krupp pesant 2o2ks',2 lancés à la vitesse de 409 mètres qui représente un excédent de 20 p. 100 sur la perforation du fer.
- Fig. 97-93. — Essai pratiqué à Cummersdorf le 20 décembre 1889 sur une plaque mixte de Dillingen.
- Face avant, face arrière.
- Toutes les plaques éprouvées furent traversées, seule la plaque Brown réussit à arrêter deux projectiles et elle fut traversée seulement par le troisième.
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- Expériences comparatives effectuées à Portsmouth en 1888. — Ces essais portèrent sur des plaques de 11 types différents, préparées en métal mixte ou en acier d’après des méthodes diverses; mais eu réalité, le nombre des plaques éprouvées fut plus considérable, car certaines usines, comme celles de MM.Viekers et Brown, en présentèrent plusieurs du même type.
- Les plaques essayées avaient toutes les mêmes dimensions, soit (8' X ti'x 10'1/2) 2m,4i sur lm,S3, et 0m,2Go d’épaisseur. Elles étaient fixées sur un solide massif en chêne et solidement encadrées, conformément à l’usage anglais.
- Le tir avait lieu dans des conditions qui depuis lors ont toujours été observées
- Fig. 99-100. — Essai pratiqué à Cummersdorf le 9 avril 1890 sur une plaque mixte de Dillingen.
- Face avant, face arrière.
- jusqu’à présent pour les essais de recette, ainsi que nous l’avons indiqué plus haut, en^parlant des épreuves usitées en Angleterre pour les plaques en acier spécial.
- On employa à cet effet le canon de 6" lançant des projectiles de 100 Ibs (iom,36) avec une charge de poudre de 48 Ibs (21ks,78) donnant une vitesse initiale de 1,976 pieds (602 mèt.) par seconde, le canon étant placé à une distance de la plaque de 60 pieds (18m,30). L’épreuve comportait le tir de o coups exécuté dans l’ordre suivant : les deux premiers étaient tirés avec des projectiles Holtzer, les deux suivants, nos 3 et 4, avec les obus en fonte Palliser, et le n° 5 avec des projectiles Holtzer. Ces coups étaient répartis aux quatre sommets et au centre d’un rectangle dont les côtés sont tracés à une distance de 2 pieds (0,609) des cans correspondants de la plaque, et présentent par conséquent une longueur
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- de lm,22 sur une largeur deOm,61. Les figures 101 et 103 montrent la répartition des coups.
- Ainsi qu’on le verra, elle est telle que les trois impacts des projectiles en acier dessinent sur le rectangle une sorte de diagonale qui va en descendant de gauche à droite.
- Les détails complets de ces essais n’ont jamais été publiés, croyons-nous, mais il est possible toutefois d’en résumer les conclusions.
- La plaque mixte de Cammell, représentée fig. 101 et 102, paraît avoir donné les résultats les plus satisfaisants. Elle arrêta les 3 projectiles d’acier qui laissèrent leurs ogives dans l’impact; ces obus étaient cassés, et des morceaux se détachèrent à l’arrière de l’un d’eux. Quant aux projectiles en fonte dure, ils furent complètement brisés en miettes. Les pénétrations ne paraissent pas avoir été exactement mesurées, mais elles ne dépassaient pas 0m,12 avec les projectiles d’acier, tandis que ceux en fonte dure n’ont donné que 0m,05.
- Un résultat presque identique fut obtenu avec une plaque d’acier présentée par le même fournisseur, ainsi qu’on le verra par l’examen des figures 103 et 104 ; toutefois, les pénétrations furent plus considérables, elles atteignirent 0m,33, 0m,40, 0m,58, et aucun projectile d’acier ne fut brisé.
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- La maison Brown présentait de son côté une plaque mixte et une plaque d’acier de sa fabrication, mais les résultats furent bien moins favorables, car toutes deux furent traversées par les projectiles d’acier, qui s’arrêtèrent dans la muraille en bois. Quant à ceux en fonte dure, ils ne firent que des dégâts insignifiants, comme c’était à prévoir. Cependant, dans un essai ultérieur repris en juillet 1889, une nouvelle plaque mixte Brown détermina la rupture du premier projectile d’acier, et elle arrêta les deux autres, avec des pénétrations considérables toutefois.
- Fig. 103. — Face avant. Fig. 101. — Face arrière.
- Fig. 103 et 104. — Essai pratiqué à Portsmouth le 19 mai 1888 sur une plaque en acier Cammell.
- En outre de ces plaques, nous n’avons à signaler que celles en acier de MM. Yickers qui purent arrêter les projectiles d’acier. Ceux-ci rebondirent devant la muraille, cassés en gros morceaux, en produisant des pénétrations qui atteignirent au maximum l’épaisseur de la plaque.
- Les résultats si remarquables qu’avait donnés la plaque Cammell à Portsmouth n’eurent pas le lendemain qu’on pouvait en espérer, car, dans la plupart des essais ultérieurs pratiqués en Angleterre, les blindages de cette usine se laissèrent traverser par les projectiles en acier forgé. Dans l’essai de la plaque du Hoocl et du Royal Sovereign pratiqué en mai 1890, les deux premiers projec-
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- tiles furent bien arrêtés dans la plaque; l’un était simplement fendu, l’autre se cassa, l’ogive restant dans l’empreinte, fig. 105 à 110. Quant au troisième projectile, il traversa la plaque et vint s’arrêter dans le massif à une grande profondeur.
- Un nouvel essai, pratiqué le 5 septembre 1890 sur une plaque destinée au navire espagnol Infanta Maria Terasa, donna des résultats encore moins favorables, car deux projectiles traversèrent la plaque et vinrent pénétrer dans le massif en bois à une profondeur de 0m,50 environ; la plaque présenta en même temps de nombreuses criques.
- On voit, par ce rapide résumé, que jusqu’en 1889 les plaques en métal com-pound de Brown ou de Cammell n’avaient pu arrêter les projectiles d’acier forgé que dans des conditions exceptionnelles pour ainsi dire; aussi comprend-on immédiatement tout l’intérêt qui s’est attaché alors à divers essais exécutés en Angleterre en 1891 et dans lesquels des plaques Brown en métal compound, traitées d’après un procédé spécial dû au capitaine Tresidder, réussirent à arrêter en les brisant des projectiles d’acier. Nous avons cru intéressant de donner quelques détails au sujet de ces essais, car le procédé Tresidder, qui fut dépassé toutefois presque immédiatement par le procédé Harvey, constitue néanmoins la première tentative couronnée de succès pour l’application du durcissement superficiel sur les plaques en acier.
- Quatre essais furent pratiqués à Shœburyness et un cinquième à Portsmouth au cours de l’année 1891. Les essais de Shœburyness qui doivent être considérés comme des tirs d’étude ont porté sur des morceaux de plaques attaquées, tous, sauf le dernier, d’un coup unique tiré avec des boulets en acier Hadfield. A Portsmouth, au contraire, nous trouvons l’essai réglementaire des cinq coups dont trois sont tirés avec les projectiles d’acier Iloltzer, et là aussi ces derniers se sont brisés.
- Pour les premiers essais de Shœburyness, on avait découpé dans une plaque compound, dont la couverte étaitmême préparée en acier au nickel, trois morceaux de forme carrée ayant chacun lm,22 de côté et 0m,228 d’épaisseur. L’un de ces morceaux fut essayé à titre de témoin, sans avoir subi aucune préparation spéciale, et on constata qu’il était traversé sans difficulté par le projectile en acier de 6 pouces (0m, 152) pesant 180 lbs (45k'=,75), tiré à la vitesse de 558 mètres, dépassant de 1,25 seulement la perforation d’une plaque en fer d’égale épaisseur.
- Un second morceau, qui avait subi une trempe à l’huile, ne présenta pas une résistance beaucoup supérieure, et fut traversé également.
- Le morceau restant fut traité d’après le procédé de durcissement étudié par Tresidder, et il fut essayé en mars 1891, avec un projectile d’acier Hadfield tiré à
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- LES PLAQUES DE BLINDAGES.
- 1685
- Fi/?. 105.
- Fig. 106.
- -, \ Ô
- Fig. 109.
- Fig. 105-109. — Vue de la face avant de la plaque après chacun des cinq coups. — Fig. 110. — Vue
- de la face arrière après le tir
- Fig. 105-110. — Plaque mixte Cammell pour l’essai du Hood et du Royal Sovereign.
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- MÉTALLURGIE.
- DÉCEMBRE 1899.
- la vitesse de 558 mètres. Dans cette épreuve, le projectile se brisa en morceaux excessivement petits, donnant même autour de l’impact cette auréole caractéristique des projectiles en fonte dure émiettés; quant à la plaque, elle présenta des avaries assez peu prononcées avec des criques fines sur la face avant.
- L’essai comparatif fut repris en mai 1891 sur deux autres morceaux de mêmes dimensions, l’un trempé à l’huile, l’autre soumis au procédé spécial seulement; la vitesse fut portée à 569 mètres, mais les résultats furent identiques. Le projectile se brisa dans l’attaque du morceau préparé et détermina sur la plaque des avaries moins prononcées. Un second coup tiré contre l’angle de la plaque détacha toutefois le morceau.
- En juin 1891 un nouvel essai fut pratiqué contre un morceau de 0m,265 d’épais-
- Fig. 111 et 112. — Essai d’une plaque mixte Brown traitée par le procédé Tresidder.
- Face avant, face arrière.
- seur, considéré comme étant de qualité douteuse, et la vitesse du tir fut portée à 599 mètres correspondant au rapport de 1,22 avec la perforation du fer. Le projectile fut encore brisé; la plaque se criqua avec des déchirures à l’arrière.
- Dans un dernier essai, le 23 juillet 1891, on tira les trois coups en diagonale avec les projectiles d’acier, à la vitesse de 594 mètres. Ceux-ci se brisèrent encore, mais le troisième pénétra cependant jusqu’au massif en bois et laissa son ogive dans l’empreinte. Deux projectiles Paliiser furent tirés également sans produire d’effet sensible. Nous reproduisons fig. 111 et 112 les vues de la face avant et de la face arrière de cette plaque. Mentionnons à ce sujet que, d’après le compte rendu du journal Engineer, la plaque s’était déformée sous l’application du procédé de durcissement; elle présentait une flèche de 28 millimètres environ, et on dut couler du béton à l’arrière, dans l’espace vide, pour rétablir la solidarité de liaison entre la plaque et son massif.
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- Quoi qu’il en soit, la série d’épreuves répétées à Shœburyness montrait déjà bien la possibilité d’assurer la rupture des projectiles d’acier eux-mêmes avec un revêtement suffisamment dur. L’essai ultérieur pratiqué à Portsmouth, en fin 1891, dans les conditions ordinaires de recette, avec des obus de provenance Holtzer, confirma d’ailleurs ce résultat malgré la résistance particulière de ces obus.
- Au premier coup, tiré à la vitesse de 602 mètres contre l’angle inférieur droit, le boulet d’acier se brisa en miettes, comme l’aurait fait un boulet Palliser, en donnant seulement une empreinte insignifiante.
- Au second coup, tiré contre l’angle supérieur gauche, le projectile se brisa encore, en donnant, il est vrai, des morceaux un peu plus gros. Quelques écailles enlevées sur la plaque marquèrent l’emplacement de l’empreinte qui était entourée de diverses criques rayonnantes.
- Les deux coups suivants furent tirés avec des boulets Palliser et ne produisirent non plus que des dégâts insignifiants.
- Le cinquième coup fut tiré au centre avec un projectile Holtzer qui se brisa, encore, comme l’avait fait le n° 2. La plaque présenta sept nouvelles criques généralement peu importantes. Quelques-unes des fentes traversaient cependant toute l’épaisseur, mais la plaque restait encore entière.
- Malgré l’intérêt de ces premiers résultats, le procédé Tresidder ne reçut pas d’autre application, car il fut rapidement distancé par le procédé Harvey qui comportait un durcissement de la face d’attaque beaucoup plus marqué, obtenu â l’aide de la cémentation effectuée à la température de fusion de la fonte combinée avec l’action d’une trempe superficielle très énergique. Nous en avons du reste donné la description plus haut, pages 1573.
- Essais comparatifs effectués, en septembre 1890, au champ de tir cïAnnapohs sur les plaques en métal mixte et en acier spécial. — Les épreuves d’Annapolis portèrent sur trois plaques de fabrications différentes dont deux livrées par le Creusot, l’une en acier ordinaire et l’autre en acier nickel, et une troisième plaque en métal mixte présentée par l’usine Cammell.
- Ces plaques avaient 2m,438 de long sur lm,888 de large; leurs épaisseurs étaient un peu différentes, la plaque mixte avait en effet 272mm,28 d’épaisseur moyenne, tandis que celle en acier ordinaire présentait seulement 268mm,47 et 1a, plaque en nickel acier se réduisait à 264mm,66, ayant près de 8 millimètres de moins que la plaque mixte.
- Le programme comportait d’abord le tir de quatre projectiles en acier forgé de 152 millimètres de diamètre pesant 45kf?,360 et dirigés contre les 4 sommets d’un rectangle d’attaque identique à celui des épreuves anglaises, puis le tir d’un cinquième coup dirigé sur le centre du rectangle, et pour lequel on adopta le calibre de 20 centimètres. On employa dans ce dernier tir les projectiles
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- AC1I-K
- ACIER
- i se Coup de canon. 1 ' . .
- Coup sur la plaque acier ’ Vue d'arrière de la plaque ac:cr après le tir.
- Piojecule de <p k11. i Jo " ' •
- / < ' A ,
- LÉGENDE
- -. -...... , PLAQUE acier
- Nombre des boulons. . ................. 12
- Diamètre des boulons..............s............ 59“““ 9
- Aire totale de la section transversale des boulons. 3 7e2 27
- Section des boulons par tonne de plaque. . . . }2‘'98
- Dpaisseur moyenne de la plaque. . ... 268‘"“'47
- Poids de la plaque................ ..... 9.411^*528
- l , 2 , J Cl ./ coups
- Canon raye de 1 >"4, se chargeant par la culasse
- Projectile Holc/ei de. . . , Charge de poudic. . . . : Angle d élévation . » * .
- Vitesse au choc par seconde . I:’ii-'rqic au ch.OL ......
- > • 4 V' joo
- ....... -O1"1 t)8)
- ... . , . 2J >0
- . ...... 6 J 2"‘ 46
- lulogrammétrés. 1 3; j .222
- Canon raye rie 20jJ“,l2,sc du
- Projectile Firth de............
- Charge de poudic. .
- Angle d'élévation
- Vitesse au choc par seconde
- lincrgie au choc..............
- .C.sp
- géant par la culasse
- Kilogramniétres
- 9>kl‘ 150 ;Sk" 505 ou 00
- e>rs8
- 2.293.716
- Vue d'arrière en perspective de la plaque acier après ie ur
- Fig. 113 à 115,
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- COMPOlftiD
- COMÊÔUNf)
- i ?>s Cuup de canon ^ Coup sur la plaque Compound Projectile de q5 kil 13p
- Vue d'arrière de la plaque Compound après le lir.
- COMPOUND
- LÉGENDE
- PUQUE COMPOUND
- Nombre des boulons............................... 8 .
- Diamètre des boulons............................. 8i"""o
- Aire totale de la section transversale des boulons. 414"86 Section des boulons par tonne de.plaque. . . . 43“ 5 S
- Épaisseur moyenne de la plaque................... 272..........'28
- Poids de la plaque............................ 9 509“''376
- l", 2", j" cl 4' coups,
- Canon rayé de t)2m"'4, se chargeant par la culasse
- Projectile Holtzer de. . . ..................
- Charge de poudre..................................
- Angle d’élévation.................................
- Vitesse au choc par seconde.......................
- Énergie au choc............. . Kilogrammétres
- s* coup.
- Canon rayé de 203""” 2, se chargeant par la culasse
- Projectile Finit de............................... 95130
- Charge de poudre..........................: . . . ? S1*" >05
- Angle d'élévation................................. a‘ 00
- Vitesse au choc par seconde....................... 563" 88
- Énergie au choc................Kilogrammétres a.293.716
- ioo 20"" 138) y 50
- 632-46 *
- 1.373.222
- Fig. 116 à 118.
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- NICKEL-ACIER
- NICKEL- ACIER
- Projectile de 95 kil. 130. i aprèr !c tir.
- y r-:
- f NICKEL -ACIER
- h. Vos (t'arriére en perspective dç |a plaque Nickcl-actot
- B^rcsJî.lir.
- LÉGENDE
- PLAQUE NICKEI.-ACIER
- Nombre des boulons..............................• 12
- Diamètre des boulons............................ 59"':"9
- Aire totale de la section transversale des boulons. 3 39“ 20 Section des boulons par tonne de plaque. . . . 33“ 17
- Épaisseur moyenne de la plaque.................. 264""" 66
- Poids de la plaque. :........................... ^ 36y*"1 >87
- C", 2*, et 4" coups,
- Canon rayé de i)2"‘"q, se chargeant par la culasse
- Projectile Holtzcr de. , . .......................
- Charge de poudre..................................
- Angle d’élévation.............................
- Vitesse au choc par seconde.......................
- Énergie au choc. ...... Kilogrammètres
- 4)kU 300 20k l I)8j 2“ jO
- 632"46 ^ 1.375 22'a
- coup.
- Canon raté de 20;" "2, se chargeant par la culasse. Projectile Eirth de
- Chuxgc de poudre..................................
- Angle d’élévation . ...........
- Vitesse au choc nai; seconde ...... . ...........
- pncrgie au choc. • . . . Kiiogramufétrcs.
- 9)k:i 150 3?k" 305 e“ oq 563m8?
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- Fi o’. 119 à 121.
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- en acier forgé de Firlh pesant 95ks,25. La vitesse de tir des quatre premiers coups fut fixée à 632 mètres, représentant le rapport de 1,26 par comparaison avec la vitesse de perforation du fer : celle du cinquième coup fut fixée à 563m,08, correspondant au rapport de 1,32. Nous représentons fig. 113 à 121 les vues de ces 3 plaques après le tir.
- Les deux plaques en acier arrêtèrent le tir des quatre premiers coups sans présenter aucune fente. La plaque en acier ordinaire renvoya en les brisant trois des projectiles tirés, un seul resta engagé dans l’impact, celle en acier nickel en renvoya deux seulement, les deux autres restèrent engagés. Quant à la plaque mixte, elle fut perforée par les quatre projectiles; trois d’entre eux restèrent dans le massif et le quatrième traversa complètement la muraille; en outre la couverte d’acier se détacha sur une partie importante de la surface de la plaque.
- Le cinquième coup confirma le succès des plaques en acier; elles arrêtèrent toutes deux en effet le projectile, tandis que la plaque compound et son massif furent traversées. La plaque en acier ordinaire se montra toutefois nettement inférieure à celle en acier nickel, car elle fut partagée en quatre morceaux par des fentes diagonales réunissant les impacts, tandis que celle-ci ne présenta aucune fente.
- A cette occasion, il nous a paru intéressant de mentionner une expérience effectuée en France, en juillet 1891, sur deux plaques en acier nickel quelque temps après l’épreuve d’Annapolis. Cette expérience portait sur deux plaques de mêmes dimensions fabriquées dans des conditions aussi identiques que possible, seulement l’une fut essayée d'après la méthode française par le tir de trois coups avec des projectiles de calibre égal à l’épaisseur, et l’autre par la méthode américaine dans les mêmes conditions qu’à Annapolis par le tir de cinq coups du projectile de 16 centimètres : elle mettait donc en présence ces deux méthodes d’épreuve, et les résultats comparatifs ainsi obtenus présentaient à ce point de vue une importance toute particulière.
- La plaque soumise à l’essai américain avait 2m,018 de long sur 2,520 de large et 0,265 d’épaisseur. Elle fut attaquée avec le canon de 16 centimètres, tirant cinq projectiles en acier forgé à la vitesse de 658 mètres, représentant un rapport de 1,26 par comparaison avec la perforation du fer : elle arrêta les cinq projectiles, et elle resta entière, ne présentant que des fentes légères. Les pénétrations varièrent de 283 à 428 millimètres.
- La plaque soumise à l’essai français avait 2m,518 de long sur 2,520 de large et 0,250 d’épaisseur. Elle fut attaquée avec le canon de 24 centimètres tirant trois projectiles en fonte dure à la vitesse de 409 mètres, donnant seulement le rapport de 1,10 par comparaison avec la perforation du fer. La plaque brisa les trois projectiles, mais elle présenta de grandes fentes transversales rejoignant les
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- trois impacts et allant jusqu’au can gauche et au can supérieur; la pénétration indiquée pour un coup seulement atteignit 0,156.
- Cette plaque fut reçue avec la seconde mention « supérieure ».
- Ces deux tirs nous paraissent montrer avec évidence que les essais pratiqués en France en 1891 étaient en réalité beaucoup plus rigoureux que la simple considération de la perforation ne semblerait l’indiquer au premier abord, puisqu’une plaque qui a supporté l’épreuve américaine d’une manière exceptionnelle n’obtient ici qu’une mention, fort élevée sans doute, mais déjà obtenue et dépassée dans d'autres essais. Cette considération témoigne donc de la qualité des produits obtenus dans nos diverses usines, elle explique la haute valeur qui s’attache aux mentions de bonne qualité de la commission de Gavre, valeur qui est appréciée, du reste, non seulement en France, mais encore à l’étranger, où tout le monde rend un hommage mérité aux précautions minutieuses et précises dont elle s’entoure, et à la haute impartialité dont elle fait preuve.
- CHAPITRE VII
- ESSAIS EFFECTUÉS SUR DIVERS TYPES DE BLINDAGES ET PRINCIPALEMENT SUR LE MÉTAL CÉMENTÉ, DE 1891 A 1895
- Le procédé de cémentation Harvey, qui est actuellement d’un usage général pour la préparation des blindages d’une certaine épaisseur, fut éprouvé pour la première fois en Amérique dans un èssai de tir effectué le 14 février 1891, au champ de tir d’Annapolis. La plaque ainsi traitée, qui fut présentée par l’usine Carnegie, avait les mêmes dimensions que celles du premier tir comparatif d’Annapolis dont nous avons parlé plus haut, et elle fut essayée dans les mêmes conditions qu’elles. Elle donna des résultats particulièrement remarquables, car elle supporta le tir de six projectiles en acier de 6" (0,152), tirés à la vitesse de 629 mètres, et elle les arrêta tous en les brisant. Trois de ces obus avaient été livrés par M. Holtzer et les trois autres par M. Carpenter. Les pénétrations ne dépassaient pas 0m,10; la plaque s’est cassée, mais les morceaux sont restés adhérents sur le massif. Les figures 122 à 127 donnent la vue de cette plaque après le tir de chacun des six coups.
- En mai 1891, on pratiqua un tir comparatif sur cinq plaques en acier de nuances différentes, traitées ou non par la cémentation, de 0ai,076 d’épaisseur, qu’on attaqua avec le canon Hotchkiss lançant des projectiles de 2kg,72 à la vitesse de 550 mètres, et les résultats ainsi obtenus témoignèrent encore de la supériorité du mode de traitement.
- La plaque en acier au nickel, traitée) d’après le procédé Harvey, donna les
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- résultats les plus satisfaisants; elle supporta en effet le tir de vingt et un coups en brisant tous les projectiles, et elle ne présenta qu’une seule crique, tandis
- Fig. 122-127. — Essai pratiqué à Annapolis le 14 février 1891 sur une plaque en acier traitée par le procédé Hawey. Vue de la face avant après chacun des six coups tirés.
- qu’une plaque en acier ordinaire était mise hors de service au dixième coup.
- La Marine américaine reprit ensuite ces expériences au champ de tir d’Indian Head et effectua en fin 1891 un essai comparatif dont le retentissement fut particulièrement marqué, car il décida par là même de l’extension que prit dès lors le procédé Harvey.
- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Décembre 1899.
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- Essais cle tir d'Indian Head. — Les essais de tir pratiqués à Indian Head furent effectués en deux séances distinctes, l’une le 31 octobre, et l’autre le 14 novembre 1891.
- L’essai du 31 octobre comprenait :
- 1° Une plaque au nickel fortement carburée de Bethlehem;
- 2° Une plaque au nickel peu carburée de Carnegie ;
- 3° Une plaque d’acier peu carburé de Bethlehem traitée d’après le procédé Harvey.
- L’essai du 14 novembre comprenait :
- 4° Une plaque au nickel fortement carburée de Carnegie, cette plaque était trempée à l’huile et recuite ;
- 5° Une plaque au nickel peu carburée de Carnegie, traitée d’après le procédé Harvey;
- 6° Une plaque au nickel fortement carburée de Bethlehem, traitée d’après le procédé Harvey.
- En résumé, toutes ces plaques, sauf une, étaient en acier au nickel, et trois étaient traitées d’après le procédé Harvey.
- Les deux usines étaient représentées chacune par trois plaques.
- Nous reproduisons ici les renseignements que nous avons pu réunir sur l’analyse du métal de cinq de ces plaques, portant les nos 1, 2, 4, 5, 6 :
- La plaque n° 1, dite fortement carburée, tenait 0,38 de carbone;
- La plaque n° 2 tenait 0,22 de carbone, 0,025 de phosphore, 0,08 de manganèse et 3,09 de nickel ;
- La plaque n° 4 tenait 0,45 de carbone, 0,01 de phosphore, 0,65 de manganèse et 3,06 de nickel.
- On observera à cet égard que cette composition résulte de la moyenne de douze analyses pratiquées sur les tournures du métal des trous de boulons d’attache, toutefois on signala dans les teneurs observées des écarts assez considérables.
- Les résultats obtenus auraient varié en effet de 0,36 à 0,49 pour le carbone, de 0,008 à 0,015 pour le phosphore, de 0,61 à 0,70 pour le manganèse, et de 2,95 à 3,15 pour le nickel.
- La plaque n° 5 tenait 0,24 p. 100 de carbone et 3 p. 100 de nickel. La plaque n° 6 tenait respectivement 0,35 et 3 p. 100.
- Les épreuves des six plaques ont eu lieu dans des conditions analogues à celles d’Annapolis.
- Les plaques essayées étaient fixées sur un massif en bois de 0m,91 d’épaisseur, maintenues par douze boulons et consolidées sur les côtés.
- Les projectiles employés, du calibre de 6", provenaient de l’usine Hoitzer; ils avaient 17” (0,43 de longueur) et pesaient 100 Ibs (45k^',36). Ils étaient tirés à la
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- vitesse de 2 075 pieds (632 mètres). Les projectiles de 8" tirés le 14 novembre comprenaient deux projectiles renforcés de 24" 1/2 (0,62) de longueur, provenant de l’usine Carpenter. Ceux-ci pesaient 250 lbs (113k=,40), et furent tirés à la vitesse de 1 700 pieds (518 mètres). Ces projectiles furent employés contre les plaques 4 et 5.
- Contre la plaque n° 6, on tira un projectile de Firminy de 20" (0,507 de lon-
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- Fig. 130.
- Fig. 128.
- Fig. 131. Fig. 132. Fig. 133.
- Fig. 128. — Vue de la plaque n° 1. — Fig. 129. — Vue de la plaque n° 2. — Fig.. 130. — Vue de la plaque n° 3. — Fig. 131. — Vue de la plaque n° 4. — Fig. 132. — Vue de la plaque ne 5. — Fig. 133. — Vue de la plaque n° 6.
- Fig. 128 à 133. — Essais comparatifs pratiqués à Indian Head le 31 octobre et le 14 novembre 1891. Vues après le tir de chacune des six plaques essayées.
- gueur). Celui-ci était du type ordinaire pesant 210 lbs (95k",25) avec une longueur de 20" (0,507) ; il fut tiré à la vitesse de 1 750 pieds (533 mètres).
- En l’absence d’indications précises, nous pensons que les projectiles de 8" tirés le 31 octobre appartenaient aussi à ce même type.
- Nous résumons,, dans le tableau général, les résultats observés dans ces deux essais. Nous reproduisons, dans les figures 128 à 130 d’après le Neiv-York Herald, les vues des plaques 1,2, 3, et dans les figures 130 à 133, celles des plaques 4, 5, 6, d’après XEngineering News.
- On peut présenter à ce sujet les observations suivantes :
- Les deux plaques en acier au nickel fortement carburées (nos 1 et 4) ont pré-
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- senté, sous l’action du projectile de 8", des fentes marquées, témoignant que le métal était trop dur.
- La plaque n° 3 en acier au nickel peu carburé, traitée d’après le procédé Harvey, se montra au contraire trop douce, car les projectiles de 6" restèrent engagés dans la plaque, et celui de 8" pénétra dans la muraille en bois. La plaque de Carnegie, préparée dans les mêmes conditions, portant le n° 5, donna des pénétrations plus faibles, et présenta moins de criques.
- La plaque n° 2, qui n’était pas traitée d’après le procédé Harvey, présenta une pénétration moyenne très considérable, le projectile de 8" y détermina des fentes graves.
- La plaque fortement carburée de Bethlehem, traitée d’après le procédé Harvey, donna les pénétrations moyennes les plus faibles; mais elle devait manquer toutefois d’homogénéité, car les pénétrations observées sur les deux impacts de gauche, atteignant 0,30, ont été de beaucoup supérieures à celle de droite, limitées à 0,12. Ce résultat doit s’expliquer probablement par les conditions
- défectueuses d’application du procédé. La plaque n° 1 présenta également des
- « .
- pénétrations plus faibles sur les impacts de droite. Dans l’essai du 31 octobre, la plaque Harvey ne donna certainement pas tous les résultats qu’on en attendait, celui du 14 novembre fut beaucoup plus remarquable, car la plaque Harvey de Bethlehem brisa quatre des cinq projectiles tirés, et cela sans présenter des pénétrations ou des fractures trop accentuées.
- La commission américaine estima que cette plaque n° 6 avait donné les résultats les meilleurs, et elle la classa la première à l’unanimité.
- Les résultats des essais d’Indian Head attestaient, comme on voit, la supériorité de l’acier nickel cémenté; aussi la Marine américaine décida-t-elle immédiatement de poursuivre les expériences dans des conditions se rapprochant mieux de la pratique ; elle les fit porter à cet effet sur des plaques gabariées de forte épaisseur.
- Nous avons indiqué d’ailleurs que les conditions de recette usitées en Amérique comportent, à l’imitation des cahiers des charges français, des tirs effectués sur des plaques déjà amenées à leur forme définitive pour l’emploi et non pas seulement sur des plaques de forme plane.
- Deux expériences de tir furent pratiquées en juillet 1892 sur des plaques de 265 millimètres attaquées avec des projectiles de 203 millimètres; l’une à Indian Head, le 23 juillet, et l’autre à Bethlehem, le 30 juillet; nous n’en indiquerons pas ici tous les détails, pour ne pas tomber dans une répétition trop aride pour les lecteurs; nous les avons résumés, d’ailleurs, dans le tableau d’ensemble qui peut servir à comparer les résultats obtenus dans les divers essais considérés.
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- LES PLAQUES DE BLINDAGES.
- 1 fi 9 7
- Disons seulement que, dans ces deux tirs, la vitesse fut portée à 518 mètres, dépassant ainsi de 33 p. 100 la vitesse de perforation d’une plaque en fer d'égale épaisseur. On tira contre chacune des plaques cinq projectiles d’acier, généralement de provenance Holtzer, qui tous furent brisés. La plaque essayée à Beth-lehem résista également bien dans toute son étendue, en ne donnant que des pénétrations insignifiantes, et ne présenta aucune crique.
- La plaque d'Indian Head présenta au contraire d’assez fortes irrégularités, les pénétrations des deux coups tirés sur le côté gauche et au centre de la plaque restèrent très faibles, voisines de 0m,03, mais celles des deux coups tirés sur le côté droit dépassèrent 0m,33. Ce résultat doit être attribué à une irrégularité de durcissement due à l’action inégale de la trempe, et il décida du reste l’usine de Bethlehem à modifier l’installation de trempe employée jusque-là.
- Il faut remarquer, en effet, que, dans la première installation, la plaque portée au rouge était posée verticalement sur un de ses cans longitudinaux pour recevoir l’aspersion d’eau froide destinée à produire la trempe ; et il arrivait nécessairement que l’eau, ainsi projetée sur le haut de la face à durcir, s’échauffait rapidement en coulant le long de la plaque, et les parties basses, mises en contact avec l’eau réchauffée, se trouvaient ainsi soustraites à l’action complète de la trempe, ce qui pouvait donc expliquer la différence de dureté observée entre les deux régions.
- On a pu remédier à cette difficulté en posant la plaque couchée horizontalement, la face carburée en dessous, et la plaçant immédiatement au-dessus des nombreux petits jets d’eau refroidie qui doivent la tremper. L’eau s’écoule immédiatement après avoir produit sou effet utile, sans avoir d’autre contact avec la plaque.
- La question du gabariage présente, comme nous l’avons indiqué, une importance particulière avec les plaques cémentées, car le travail de forge qui donne au cuirassement sa forme courbée peut avoir en même temps pour conséquence de réduire la résistance à la pénétration, et il importe donc de s’assurer quelle est la mesure de cette réduction.
- D’autre part,Ja trempe qui est toujours nécessairement consécutive au gabariage a pour effet de déformer les plaques, et on peut se demander aussi si ces déformations ne vont pas dépasser des limites acceptables en pratique.
- Un premier essai avait été pratiqué à Indian Head, le 22 mai 1892, sur une plaque gabariée de 0,355 d’épaisseur non cémentée, destinée à former le cuirassement de la tourelle de XIndiana.
- Cette plaque fut attaquée par trois projectiles d’acier de 0m,254 pesant 226k,8 tirés avec une vitesse de 424 mètres, dépassant seulement de 7 p. 100 la vitesse de perforation du fer. Deux projectiles furent brisés, mais les pénétrations atteignirent 0m,33 à 0m,35, et présentèrent donc une profondeur importante malgré la réduction do vitesse.
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- L’essai fut repris quelque temps plus tard sur une plaque gabariée de 0m,282 destinée à la tourelle du Monterey, qui fut attaquée par des projectiles de 0,203 : elle les arrêta dans des conditions analogues sans présenter aucune fente.
- On opéra ensuite sur des plaques cémentées gabariées et on effectua deux essais, qui donnèrent des résultats plus remarquables, car les plaques éprouvées témoignèrent d’une résistance comparable à celle des plaques simplement planes.
- Une plaque cintrée de 2m,14 x 2"’,74 x 0,353 fut attaquée avec le canon de 0m,254 tirant quatre projectiles d’acier forgé pesant 226k,8, à des vitesses graduellement croissantes de 448 mètres, 558m,50, 595 mètres et 629 mètres.
- La vitesse de perforation d’une plaque en fer d’égale épaisseur serait de 390 mètres ; on voit que la vitesse de tir atteignit successivement, par comparaison, avec celle-ci, des rapports de 1,15, 1,43, 1,53 et 1,60; on n’obtint pas cependant la perforation proprement dite. Les quatre projectiles furent brisés, la plaque présenta d’assez nombreuses fentes aux deux derniers coups, mais ne ne fut jamais traversée.
- Toutefois, dans l’essai ultérieur, pratiqué sur une plaque cintrée de 0m,304 d’épaisseur avec trois projectiles d’acier de 0m,203 pesant 113k,4, on obtint 0m,280 de pénétration à la vitesse de 480 mètres, 0,305 à celle de 559 mètres, et on détermina la perforation à la vitesse de 611 mètres correspondant au rapport de 1,45 par comparaison avec la vitesse de perforation du fer, et 1,12 avec l’acier ordinaire.
- Les diverses expériences que nous venons de mentionner constituaient généralement des tirs d’étude, tandis que celles qui furent effectuées à partir de 1893, lorsque la fabrication fut mise en train dans les deux usines de Bethlehem et de Carnegie, devinrent de véritables épreuves de recette effectuées sur des plaques prélevées dans les lots déjà fabriqués; il est donc intéressant à ce titre de les mentionner spécialement.
- Une plaque gabariée du cuirassé le Mairie présentée par l’usine de Bethlehem, essayée au cours du dernier trimestre 1893, est citée comme ayant donné des résultats particulièrement remarquables.
- Cette plaque, dont l’épaisseur atteignait 12” (0,304), reçut d’abord quatre coups tirés avec le canon de 0m,203, les trois premiers en tir normal et le dernier en tir oblique sous l’incidence de 20°. On tira ensuite deux coups avec le canon de 0m,279, le premier sous l’incidence de 35° et le second en tir normal. Les vitesses de tir indiquées au tableau varièrent de 510 à 671 mètres pour le canon de 0t,203, et elles atteignirent 602 et 511 mètres pour les deux coups tirés avec le eanon de 0ra,279. La plaque brisa tous les projectiles en présentant des pénétrations variant de 0,12 à 0,30, elle supporta les quatre premiers coups sans présenter
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- aucune fente, mais elle fut brisée aux deux derniers coups. C’est là, certainement, un résultat des plus remarquables; mais il faut observer que le calibre du projectile était sensiblement inférieur à l’épaisseur de la plaque.
- Parmi les essais pratiqués sur les plaques Carnegie, nous citerons également quatre tirs effectués à Indian Head en 1894, les 10 mars, 2 avril, 10 avril et 10 mai.
- L’essai du 10 mars porta sur une plaque de 0m,265 d’épaisseur, attaquée avec deux boulets en acier de 0m,203, l’un provenant de l’usine Carpenter, et l’autre de Iloltzer, tirés, le premier à la vitesse 560 mètres, et le second à celle de 609 ; tous deux furent brisés, mais la plaque se fendit complètement au second coup.
- Les essais du mois d’avril donnèrent des résultats plus remarquables. La plaque d’essai de YIndiana avait 6m,700 x 1,600 x 0,152; elle fut attaquée avec le canon de 0,152 tirant les deux premiers coups avec les vitesses de recette de 448 et 516 mètres; soit avec des rapports de 1,30 et 1,49 par comparaison avec la perforation du fer.
- La plaque arrêta ces deux projectiles et elle supporta ensuite deux autres coups tirés, l’un à la vitesse de 609 mètres, et l’autre à celle de 640 mètres, soit avec des rapports de 1,76 et de 1,80.
- Les résultats détaillés du tir n’ont pas été publiés, mais on indique, toutefois, que la plaque aurait obtenu la prime si celle-ci avait été prévue dans la rédaction du marché, comme c’est actuellement le cas dans les cahiers des charges américains les plus récents.
- L’essai du 10 avril a porté sur une plaque ayant seulement 76 millimètres d’épaisseur, elle a été attaquée avec deux projectiles de 0,105 ayant par conséquent un calibre supérieur à l’épaisseur, tirés, l’un à la vitesse de 367, et l'aulre à celle de 413 mètres, soit à 1,37 et 1,55 de la perforation du fer, et elle a pu les briser sans présenter elle-même aucune avarie.
- Un troisième projectile, tiré à la vitesse de 548 mètres, aurait été aussi complètement brisé.
- La plaque essayée le 10 mai avait 0,152 d’épaisseur : elle fut attaquée par trois projectiles en acier Carpenter, de calibre égal à son épaisseur; le premier fut dirigé en tir normal et les deux autres en tir oblique sous l’incidence de 13°, mais elle les brisa tous les trois, en ne présentant que des pénétrations très faibles. Cette plaque, qui était sans doute fortement cémentée, avait été rebutée en usine comme présentant certaines fentes superficielles; mais le tir montra que ce défaut était sans gravité, car ces fentes ne s’aggravèrent que d’une façon insignifiante.
- Nous citons au tableau général deux plaques d’essai de Bethlehem, essayées en 1894, ayant donné des résultats satisfaisants. Nous n’insisterons pas sur ces essais qui sont analogues à ceux des plaques Carnegie précédemment citées, mais
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- nous mentionnerons seulement une plaque de Bethlehem essayée le 19 mai 1894 qui fui traversée. Cette plaque, dont l’épaisseur atteignait 0,457, fut attaquée avec le canon de 0,305 lançant deux projectiles en acier pesant 385 kilogrammes. Au premier coup tiré à la vitesse faible de 445 mètres, la plaque se brisa suivant trois grandes fentes radiales, dont l’une gagnait le can latéral voisin, et les deux autres les cans inférieur et supérieur; quant au projectile, il rebondit légèrement déformé.
- Au second coup, tiré à la vitesse forte de 580 mètres, la plaque fut traversée, et le projectile pénétra de 200 millimètres dans le massif en bois. Comme l’épaisseur de ce massif est de 0,914, la perforation complète de la muraille ne fut pas atteinte, à l’extrême limite, il est vrai.
- Nous terminerons ici ce qui concerne les essais effectués en Amérique au moment des débuts du procédé Harvey afin de pouvoir donner quelques détails sur les essais pratiqués à la même époque dans les autres pays, mais nous reviendrons plus loin sur les essais américains en mentionnant quelques expériences récentes, ce qui permettra d’apprécier l’importance du progrès que cette fabrication a pu réaliser au cours de ces dernières années.
- Essais effectués en Angleterre jusqu’en 1897. — Le procédé Harvey fut appliqué en Europe pour la première fois dans les usines de Don River appartenant à MM. Vickers, les éminents industriels de Sheffield, qui prirent ainsi l’initiative de la plupart des progrès réalisés ces dernières années en Angleterre dans la fabrication des blindages, comme l’adoption de l’emploi de l’acier nickel, et tout récemment celle du procédé Krupp.
- MM. Vickers présentèrent dès 1892 une plaque non cémentée en acier tenant 2 p. 100 de nickel, qui donna des résultats intéressants; ils firent essayer ensuite en Angleterre diverses plaques vers la fin de l’année 1892 et au commencement de 1893; et nous résumons les résultats de quelques-uns de ces essais dans le tableau comparatif consacré aux essais anglais.
- Les premiers essais sur plaques cémentées ont été effectués dans les conditions habituelles déjà exposées précédemment : la plaque éprouvée, de forme plane, a 2ni,438 sur 1,828 et 0,265 d’épaisseur; elle est attaquée par le tir de cinq projectiles de 0,152, comprenant trois obus Holtzer et deux boulets en fonte dure Palliser. La vitesse de tir est de 602 mètres, représentant un rapport de 1,22 par comparaison avec la vitesse do perforation du fer. Comme exemple des résultats obtenus en Angleterre, avec les plaques Harvey, nous citerons le tir pratiqué le 1er novembre 1892 à bord du Nettle, qui est un des plus remarquables.
- Les cinq projectiles employés se brisèrent en miettes sans qu’on pût observer une différence appréciable dans l’aspect des dégâts obtenus, selon la nature du métal, acier ou fonte dure ; la pointe des projectiles resta engagée dans l’em-
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- preinte, en se soudant en quelque sorte avec le métal de la plaque. Celle-ci ne présenta aucune crique.
- Les pénétrations ne purent être mesurées exactement; il se produisit à l’arrière quelques bombements ne dépassant pas, en général, 5 à 6 millimètres, témoignant ainsi que la plaque avait conservé une certaine élasticité, malgré sa grande dureté superficielle.
- Cet essai établissait nettement la possibilité, dans ces conditions de tir, de briser les projectiles d’acier aussi complètement que ceux en fonte dure, sans que la plaque attaquée présentât la moindre crique.
- C’était là un point des plus intéressants, car les autres procédés de durcissement essayés dans des conditions analogues n’avaient pas permis d’éviter les criques. Cet essai montra dès lors d’une manière évidente l’importance des effets qu’on pouvait attendre du procédé Harvey ; il produisit donc une profonde émotion dans le monde industriel, et c’est lui qui détermina la formation d’un syndicat anglais pour l’acquisition du brevet.
- Le résultat acquis dépassait certainement ce qui avait été obtenu antérieurement ; mais il ne faut pas oublier toutefois qu’il était subordonné à des conditions de tir déterminées, à l’emploi de projectiles de diamètre sensiblement inférieur à l’épaisseur de la plaque, et on devait toujours se demander ce que deviendrait l’attaque avec les gros projectiles.
- Cette question fut seulement élucidée, comme nous le dirons plus loin, par les essais qui furent pratiqués en France un peu plus, tard dans les conditions d’épreuve usitées chez nous. Quoi qu’il en soit, certains essais furent effectués en Angleterre, sur des plaques relativement minces toutefois, en employant des projectiles de calibre égal à l’épaisseur de la plaque, et nous citerons en particulier l’épreuve suivante : le 28 février 1893, fut essayée à Portsmouth une plaque Vickers-Harvey ayant les longueur et largeur ordinaires 2,44 sur 1,83, avec] une épaisseur atteignant seulement 0,153, et elle fut attaquée avec cinq projectiles de même calibre, pesant 45ks,36, dont trois en acier et deux en fonte dure.
- La vitesse fut portée à 520 mètres, représentant un rapport de 1,50 par comparaison avec la perforation du fer et de 1,24 avec l’acier ordinaire, et on obtint en quelque sorte la perforation complète. Ce résultat est inférieur à ceux qui viennent d’être cités plus haut, et il doit, sans doute, être attribué en partie à un défaut de la plaque essayée, mais il faut l’expliquer aussi par l’importance relative du calibre du projectile employé.
- En dehors des tirs effectués sur les plaques Vickers en acier cémenté, nous avons résumé, dans les tableaux qui terminent cette étude, les résultats de diverses épreuves pratiquées en Angleterre sur des plaques Cammell et Brown.
- Ces renseignements sont empruntés à un intéressant mémoire présenté, en
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- avril 1894, par M. Ellis, devant l’Institution des Naval Architects, à Londres; ils se rapportent à des plaques préparées, soit en acier ordinaire, soit en acier au nickel, dont quelques-unes seulement ont été cémentées, mais comme cette dernière indication n’est pas toujours donnée dans le mémoire de M. Ellis, nous n’avons pu la faire figurer ici.
- On verra, d’après ce tableau, que ces épreuves ont été effectuées parfois dans des conditions plus rigoureuses que les essais habituels : dans l’attaque des plaques de 0,152 avec le canon de 0,152, on a pu faire varier la vitesse depuis 1,33 jusqu’à 1,72 de la perforation du fer, et pour les plaques de 0,265 on a même été jusqu’à employer à Shœburyness le canon de 0,233 tirant à des vitesses variant de 1,62 à 1,78 ; mais les avaries provoquées ont été considérables, car presque toutes ces plaques ont été traversées ou fendues.
- Deux d’entre elles étaient gabariées, ce qui rapprochait donc ces essais des conditions adoptées en France. Comme ces essais ont été effectués en fin 1893 et en 1894, il est probable qu’il s’agissait de plaques cémentées; mais ces exemples témoignent, du reste, de la difficulté d’arrêter les gros projectiles lorsque l’action de la surface durcie par la cémentation est insuffisante pour déterminer la rupture du projectile lors du premier instant du choc.
- Essais effectués en Autriche de 1891 à 1896. — En ce qui concerne l’Autriche, nous reproduisons dans le tableau spécial les résultats des essais pratiqués au champ de tir de Pola, au cours des années 1893, 1894 et 1896.
- Les essais de 1896 sont les seuls, sans doute, qui présentent une importance réelle au point de vue de l’appréciation des méthodes actuelles de fabrication, d’autant plus qu’on y voit figurer deux plaques essayées comparativement, l’une en acier nickel non cémenté et l’autre en métal harveyé, qui auraient donné des résistances à la perforation sensiblement égales.
- Nous avons cru intéressant, toutefois, de rappeler auparavant les essais antérieurs, de manière à donner ainsi un tableau d’ensemble de ces essais.
- Nous rappellerons tout d’abord, sans y insister, les premiers essais comparatifs dus à la Marine autrichienne, afin de donner une idée complète de la succession de ces épreuves.
- Ces essais furent effectués en 1890 ; ils portèrent sur des plaques de 50 millimètres d’épaisseur, présentées par les usines Krupp, Dillingen et Witkowitz.
- Les deux premières usines envoyèrent chacune deux plaques, l’une en métal compound et l’autre en acier; Witkowitz en présenta quatre, dont une en métal compound et trois en acier de différentes nuances de dureté.
- Ces plaques avaient 2 mètres de long sur lm,20 de large et 50 millimètres d’épaisseur; elles étaient fixées sur un massif en bois. On tira contre chacune d’elles quatre projectiles de 9 centimètres dont les deux premiers étaient des obus en fonte pesant 6kg,36, et les deux derniers, des obus en acier pesant 6k*,88.
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- Les vitesses furent fixées aux chiffres suivants : 328 mètres pour le premier coup, 439 pour le second, et 343 pour les deux derniers.
- Si on calcule la vitesse de perforation de la plaque en acier ordinaire isolée de même épaisseur, attaquée avec des obus de rupture, on trouve 345 mètres dans le tir avec le projectile pesant 6k",36, et 332 mètres dans le tir avec le projectile pesant 6k«,88.
- Si l’on en déduit le rapport correspondant pour les deux tirs effectués avec les obus en acier, on trouve 1,03. Il faut observer du reste que la faible épaisseur des plaques éprouvées ne permettait pas de tirer de ces tirs une conclusion bien précise.
- En juillet 1891, on reprit de nouvelles expériences sur une épaisseur un peu supérieure, mais qui était encore trop faible en réalité. On employa en effet des plaques de 10 centimètres d’épaisseur fixées sur un massif en bois de 50 centimètres; elles subirent chacune les chocs de trois projectiles de 15 centimètres, pesant 39 kilos et tirés à la vitesse de 313 mètres.
- En calculant la vitesse de perforation de l’acier ordinaire, on trouve le chiffre de 332 mètres, ce qui donne, pour la vitesse de tir, un rapport de 0,93 seulement.
- Les épreuves portèrent sur six plaques, dont une en acier tenant 7, 8 p. 100 de nickel, présentée par l’usine Krupp, une seconde en acier de MM. Vickers, et quatre autres en acier de différentes nuances de dureté présentées par Witkowitz.
- D’après le compte rendu publié par cette usine, l’une des plaques de Witkowitz donna des résultats comparables à ceux de la plaque en acier nickel de Krupp.
- En 1893, à la suite de l’invention du procédé Harvey, la Marine autrichienne se décida à reprendre ces expériences en opérant sur une épaisseur plus forte se rapprochant mieux de celles qu’on rencontre en pratique, et elle adopta à cet effet le chiffre de 270 millimètres. Les plaques éprouvées présentaient une longueur de 2m,400 sur une largeur de lm,830.
- Elles subirent chacune le tir de cinq coups tirés, au nombre de quatre dans les angles de la plaque avec les boulets de 15 centimètres pesant 51 kilogrammes, et le cinquième exactement au centre avec le boulet de 24 centimètres pesant 215 kilogrammes.
- Les épreuves portèrent sur six plaques présentées, au nombre de deux, l’une en acier nickel, et l’autre cémentée suivant le procédé Harvey, par M. Vickers, une troisième en acier nickel harveyé par l’usine Krupp, et trois autres en acier nickel non cémenté parles usines de Dillingen, Cammell et Witkowitz.
- Une seconde plaque en métal cémenté, présentée par l’usine Cammell, fut essayée en février 1894, ce qui porta à sept le nombre des plaques éprouvées.
- La vitesse du tir fut fixée à 603m,50 pour le canon de 15 centimètres, et
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- chaque plaque supporta donc le choc de quatre projectiles tirés à cette vitesse; seule la plaque Dillingen, qui fut la première essayée, reçut un premier coup tiré à la vitesse de 638 mètres, mais on reconnut que ce tir fatiguait trop la pièce et on décida d’adopter pour les trois suivants la vitesse uniforme de 603ra,50.
- Quant aux obus de 24 centimètres, ils furent tirés à la vitesse de 432 mètres.
- En calculant la vitesse de perforation de la plaque isolée en acier ordinaire, éprouvée soit avec le canon de 15 centimètres, soit avec celui de 24 centimètres, on trouve un chiffre de 581 mètres dans le premier cas, et 403 mètres dans le second, ce qui donne un rapport de 1,03 pour le tir avec l’obus de 15 centimètres et de 1,07 dans le tir avec l’obus de 24 centimètres.
- On remarquera immédiatement que ces chiffres sont relativement peu élevés, et le tir était d’ailleurs d’autant moins rigoureux que le calibre des projectiles employés était de beaucoup inférieur à l’épaisseur des plaques. Le rapport du calibre à l’épaisseur atteignait, en effet, 0,52 seulement pour l’obus^de 15 centimètres, et 0,88 pour celui de 24 centimètres.
- Les résultats observés sur chaque plaque sont résumés au tableau et nous n’y insisterons pas ici ; nous rappellerons seulement que quatre plaques furent traversées par un au moins des projectiles tirés : ce sont les plaques Dillingen, acier nickel Vickers, acier nickel Cammell et même la plaque en acier nickel cémenté de Krupp. Les trois autres arrêtèrent bien les projectiles; mais, en ce qui coucerne les pénétrations, celles qui purent être mesurées atteignirent des valeurs fort élevées, supérieures souvent à l’épaisseur des plaques. La plaque en acier harveyée de Vickers donna, en effet, une pénétration de 430 millimètres dans un des tirs effectués avec l’obus de 15 centimèlres, et 320 millimètres avec celui de 24 centimètres.
- La plaque en acier nickel de Witkowitz donna seulement 340 millimètres avec l’un des projectiles de 15 centimètres, et 80 millimètres avec celui de 24 centimètres. Elle resta entière après le tir et ne présenta même que des fentes purement superficielles.
- La plaque harveyée de Cammell essayée en février 1894 donna avec les projectiles de 15 centimètres des pénétrations qui ne purent être mesurées; mais elle alla jusqu’à 304 millimètres avec celui de 24 centimètres; en outre, elle se trouva complètement fendue au dernier coup et partagée en deux morceaux.
- Le dernier essai comparatif fut effectué en septembre 1896, et donna des résultats beaucoup plus remarquables.
- Ce tir porta sur deux plaques provenant de l’usine de Witkowitz, mais préparées dans des conditions différentes, l’une en acier harveyé, et l’autre en acier nickel homogène non harveyé.
- Ces plaques présentaient toutes deux 220 millimètres d’épaisseur; la pre-
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- mière avait une longueur de lm,850 sur une largeur de lm,475, et la plaque non harveyée, qui était de forme carrée, avait lm,720 de côté.
- Ces plaques étaient fixées sur un massif en bois de 0m,500 d’épaisseur renforcé à l’arrière par deux tôles d’acier de 12 millimètres.
- Elles furent essayées avec le canon Krupp de 15 centimètres tirant des obus en acier Streiteben pesant 45kg,5 qui, d’après le compte rendu, sont indiqués comme ayant été reconnus très durs et d’excellente qualité.
- Fig. 134.
- Fig. 136.
- Fig. 137.
- Fig. 134-136. — Plaque harveyée. Face avant et face arrière.
- Fig. 137-139. — Plaque en acier nickel non harveyée. Face avant et face arrière. Fig. 134-139. — Essais comparatifs pratiqués à Pola (Autriche) le 16 septembre 1896 sur deux plaques de l’usine de Witkowitz.
- La plaque harveyée reçut trois coups, et la seconde en reçut quatre; il arriva, en effet, que le troisième coup tiré contre celle-ci tomba, par accident, dans le voisinage du coup n° 2, soit à une distance de 0n,,290 au lieu de la distance habituellement observée de quatre calibres (0,600), ce qui provoqua la formation d’une fente légère rejoignant les deux impacts : on décida donc d’annuler ce coup, et on le remplaça par un quatrième tiré à la même vitesse. Nous représentons les vues de ces deux plaques après le tir dans les figures 134 à 138.
- Le premier coup* dirigé contre la plaque cémentée fut tiré à la vitesse de 602 mètres donnant un rapport de 1,16 avec la perforation de l’acier ordinaire;
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- il produisit une empreinte de 0,092 seulement de profondeur. Le projectile se brisa en petits morceaux, et ce'résullat se retrouva à tous les coups suivants, non seulement dans le tir contre la plaque cémentée, mais même aussi contre la plaque en acier nickel homogène; ce qui témoigne, comme on voit, que, malgré l’absence de cémentation, cette plaque devait présenter une grande dureté, puisqu’elle a pu déterminer la rupture de tous les projectiles qui Font attaquée.
- Sous l’effet de ce premier choc, la plaque cémentée ne présenta aucune fente à l’avant, mais seulement une crique à l’arrière. La couche cémentée se détacha toutefois à l’avant sur une région circulaire dont le diamètre atteignait 270 millimètres environ. Au deuxième coup, tiré à la vitesse de 639 mètres représentant un rapport de 1,20, la plaque présenta une empreinte de 100 millimètres de profondeur, la couche cémentée se détacha dans des conditions analogues; mais la plaque ne présenta aucune fente, ni à l’avant, ni à l’arrière.
- Le troisième coup fut tiré à la vitesse de 673 mètres représentant un rapport de 1,26; la profondeur de l’empreinte atteignit 32 millimètres seulement; les résultats produits sur la plaque furent les mêmes qu’aux coups précédents.
- Dans le tir effectué contre la plaque en acier nickel non harveyé, le premier oup fut tiré à la vitesse de 608 mètres donnant un rapport de 1,17, la profondeur de l’empreinte atteignit 125 millimètres, mais ta plaque ne présenta aucune fente, ni sur la face avant, ni sur la face arrière.
- Il en fut de même sous l’action du coup n° 2 tiré à la vitesse de 639 mètres, donnant le rapport de 1,20, la profondeur de l’empreinte atteignit alors 135 millimètres.
- Au coup n° 3, la vitesse fut portée au chiffre de 677 mètres correspondant au rapport de 1.27. La pénétration atteignit seulement 110 millimètres. Ce coup tomba trop près de l’impact n° 2, ainsi que nous venons de le dire, ce qui provoqua la formation d’une fente fine rejoignant les impacts 2 et 3.
- Le quatrième coup, tiré à la même vitesse, donna une empreinte de 135 millimètres de profondeur; la fente précédente rejoignit l’impact n° i et parut traverser en certains points toute l’épaisseur, mais néanmoins, la plaque resta entière.
- Ces expériences sont certainement très frappantes, surtout en ee qui concerne la plaque non cémentée, et elles expliquent que l’usine de Witkowitz ait pu les mettre en parallèle avec les résultats les plus remarquables obtenus jusque-là sur les plaques cémentées.
- Arrêter, en effet, en les brisant, des projectiles tirés avec une vitesse dépassant de plus d’un quart la perforation de l’acier ordinaire et ne donner en même temps qu’une pénétration relativement faible, de beaucoup inférieure à l’épaisseur de la plaque, c’est là certainement un résultat qui peut soutenir le rapprochement avec tous ceux que nous avons relatés déjà.
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- Malheureusement, la comparaison ne peut pas être tout à fait complète, car il subsiste toujours un élément d’incertitude tenant à la qualité des projectiles
- Fig, 140. — Vue de la plaque harveyée Vickers Fig. 141. — Vue après le tir du sixième coup,
- après le tir il11 ipiiilrième emip.
- Fig. 142. — Dans le bas de la figure, empreinte du Fig. 143. — Vue de la plaque en acier spécial de quatrième coup et, dans le haut, pénétration du Saint-Chamond après le tir du sixième coup, sixième coup sur la plaque Vickers.
- Essais comparatifs effectués à Ochta en 1802.
- qui se sont tous brisés, et il faut observer, d’autre part, que le rapport du calibre à l’épaisseur était assez faible, atteignant 0,68 seulement.
- Nous ajouterons, en outre, que, en l’absence de tirs comparatifs effectués sur les projectiles, il est impossible de porter un jugement autorisé sur les qualités
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- respectives de ceux qui sont employés dans les différents pays; seulement, il nous sera permis d’admettre que les projectiles de fabrication française peuvent
- Fig. 144. — Vue de la plaque Cammell en métal doux après le tir du sixième coup.
- Fig. 145.— Coupes des plaques Cammell et de Saint-Chamond montrant la pénétration du projectile.
- Fig. 140-145. — Essais comparatifs effectués à Ochta en 1892.
- supporter la comparaison à ce point de vue, car c’est en France que cette fabrication a, pour ainsi dire, été cré.ée, et la plupart des procédés de fabrication
- adoptés à l’étranger sont imités des procédés français.
- En outre, la forme la plus ramassée des projectiles en usage chez nous diminue, dans une mesure très appréciable, les chances de rupture qu’ils peuvent présenter dans les tirs d’attaque des plaques, et elle les rend ainsi plus dangereux pour celles-ci.
- Essais effectués en Russie et en Hollande en novembre 1892 et en août 1893. — Deux essais eom-
- Fig. 146. — Vue de la plaque cémentée Viekers après le tir de cinq coups Face arrière delà muraille.
- Essais du Texel en 1893.
- paratifs pratiqués, l’un en Russie, à Ochta, en novembre 1892, et l’autre en Hollande, au Texel, en août 1893, montrèrent la plaque Harvey en concurrence avec des plaques de diverses provenances, et avec quelques-uns des meilleurs spéci-
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- mens d’acier non durci de fabrication française, il est donc intéressant d’en faire l’examen. Nous représentons dans les figures 140 à 143 les vues après le tir de trois des plaques essayées à Ochta, provenant des usines Vickers, Saint-
- et face arrière de la muraille.
- Chamond et Cammell, et dans les figures 146 à 137 les vues des plaques essayées au Texel.
- La plaque Harvey essayée à Ochta, de forme carrée, était présentée par l’usine Yickers, elle avait 2m,43 de côté et 0m,234 d’épaisseur.
- Elle arrêta d’abord quatre coups tirés avec des boulets en acier de provenance
- Fig. 149-150. — Vues de la plaque de Saint-Chamond. Face avant et face arrière.
- Holtzer, de calibre relativement faible, 0,152, pesant 40^,56, tirés à la vitesse de 661 mètres représentant un rapport de 1,30 par comparaison avec la perforation du fer. La plaque brisa ces quatre premiers projectiles en ne donnant que des pénétrations insignifiantes, et elle ne présenta aucune crique (fig. 140).
- Ce résultat ne put être obtenu avec aucune des autres plaques soumises à l’essai comparatif. La plaque en métal durci de Brown brisa bien les projectiles, Tome IV. — 98e année. o° série. — Décembre 1899. • 111
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- mais elle fut elle-même brisée dès le premier coup, et elle se détacha graduellement du massif aux coups suivants. La plaque Cammell, en acier de nuance dure, se brisa également; la plaque de nuance douce de même provenance supporta
- Fig. 151-152. — Vues de la plaque cémentée Krupp. Face avant de la plaque et face arrière de la muraille.
- les cinq coups sans présenter aucune crique; une fente légère se déclara toutefois au sixième coup. Les pénétrations furent assez importantes et varièrent de 0m,30 à 0m,54 (fig. 144).
- La plaque en acier spécial de Saint-Chamond, qui se montra supérieure aux
- précédentes, arrêta six projectiles sans présenter aucune fente, et donna des pénétrations d’une régularité parfaite, variant seulement de 0m,28 à 0m,30 (fig. 143). Cette même plaque subit ultérieurement le tir de cinq autres coups analogues sans manifester aucune fente. Elle est représentée fig. 57 après le tir de ces onze coups.
- On poursuivit ensuite le tir en employant des obus de 0,228 pesant 184 kilo-
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- grammes, et on détermina, cette fois, des dégâts plus importants sur la plaque Vickers-Harvey.
- Le premier obus, tiré à la vitesse de 504 mètres, fut encore brisé, mais il
- Fig. 155-156. —Vues de la plaque Brown. Face avant de la plaque, face arrière de la muraille. Fig. 146-157. — Essais comparatifs effectués au Texel en 1893.
- produisit sur la plaque de nombreuses fentes transversales, sans détacher toutefois aucun morceau du massif. Le second obus, tiré à la vitesse de 575 mètres, fut également brisé, mais il traversa la plaque en détachant les morceaux du
- massif d’appui, et il vint s’arrêter au contact de la tôle de revêtement, à l’arrière de la muraille (fig. 140 et 142).
- Pour apprécier la rigueur de ces derniers tirs, on peut remarquer que la vitesse de perforation d’une plaque en fer de même épaisseur atteindrait 320 mètres dans les conditions de l’épreuve, et on voit donc que le rapport des vitesses atteignait 1,57 dans le premier coup, sans qu’on ait obtenu la perforation à proprement parler. L’influence du gros projectile a
- Fig, 157. — Vue de lu plaque eeuieiilee Vickcr-après le tir de sept coups. Face avant.
- eu surtout pour effet de briser la plaque.
- L’essai hollandais, pratiqué au polygone du Texel en août 1893, donna des résultats analogues à ceux de l’essai d’Ochta : la plaque Vickers-Harvey y apparut encore avec ses qualités de dureté et de résistance exceptionnelles, non exemptes de fragilité. Quant à la plaque en acier spécial de Saint-Chamond, qui
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- se retrouvait en concurrence avec elle, elle témoigna d’une homogénéité parfaite, ainsi que d’une résistance à la perforation, inférieure sans doute à celle de la plaque Harvey, mais néanmoins fort remarquable.
- Les plaques essayées, de 0m,15 d’épaisseur, furent attaquées avec le canon de 0m,12, lançant cinq projectiles d’acier pesant 26 kilogrammes. On adopta pour le tir des vitesses graduellement croissantes, atteignant successivement 440, 480, 500, 540 et 573 mètres, correspondant à des rapports de 1,17 à 1,53 par comparaison avec la perforation du fer, ce qui permit de graduer, en quelque sorte, la résistance à la perforation des diverses plaques essayées. Les plaques Krupp et Cammell furent traversées après le second coup ; la plaque Brown, après le quatrième; la plaque du Creusot, traitée d’après un procédé de durcissement qui donna, dans ce cas, des résultats un peu irréguliers, fut traversée au troisième et au quatrième coup, mais elle put arrêter le cinquième. La plaque Yickers-Harvey arrêta les cinq projectiles, mais présenta, sur la face avant, une fente légère au cinquième coup. Elle put supporter encore toutefois, sans être traversée, deux autres coups tirés l’un à la vitesse de 440 mètres et l’autre à celle de 480. Les projectiles se brisèrent, mais les fentes de la plaque s’aggravèrent.
- La plaque en acier spécial non durci, de Saint-Chamond, présenta des pénétrations régulièrement croissantes correspondant à peu près à la perforation au quatrième coup, mais elle n’eut aucune fente, et elle témoigna, comme dans l’essai russe, d’une parfaite régularité.
- Essais effectués en France en 1893.
- Les expériences de 1892, effectuées tant en Amérique qu’en Angleterre, établissaient nettement, ainsi que nous venons de l’indiquer, l’importance des résultats apportés par l’application du procédé Harvey dans la fabrication des plaques américaines ou anglaises.
- Les plaques ainsi traitéesacquièrent une résistance à la perforation supérieure à celle du métal ordinaire, mais elles présentent en outre une grande fragilité, laquelle se manifeste surtout dans l’attaque avec les projectiles de gros calibres.
- Par contre, les aciers spéciaux, de provenance française, ne possédaient pas une résistance aussi élevée, mais ils avaient en même temps moins de fragilité, comme on a pu le voir, d’après les résultats des essais effectués en Hollande ou en Russie sur les plaques de Saint-Chamond.
- Quoi qu’il en soit, malgré les progrès qu’ils avaient réalisés dans cette fabrication savante de l’acier spécial, nos maîtres de forges m’ont pas pensé qu’il leur fût permis de s’arrêter et d’ignorer le progrès que la cémentation Harvey réalisait dans une voie nouvelle.
- Imitant l’exemple des usines anglaises, quatre de nos principales forges productrices de blindages, Saint-Chamond, Rive-de-Gier, Châtillon et Saint-Étienne,
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- auxquelles se joignit plus lard le Creusot, firent l’acquisition du brevet Harvey en vue d’appliquer le procédé sur les aciers spéciaux qu’elles fabriquaient, de manière à obtenir ainsi un métal plus résistant, tout en conservant la même absence de fragilité.
- Il importait d’abord de bien se rendre compte des résultats que pourrait donner le métal Harvey, essayé avec les projectiles de gros calibre qui sont d’usage habituel en France, et on fit porter l’épreuve à cet effet sur deux plaques ainsi préparées qui furent livrées à la Marine française par MM. Yickers. L’une de ces plaques, de forme plane, ayant 0m,268 d’épaisseur, fut 'essayée avec le canon de 24 centimètres, en avril 1893, et l’autre de forme cintrée, comme les plaques de tourelles, ayant 0m,368 d’épaisseur, fut essayée en juillet 1893 avec le canon de 340 millimètres. La plaque plane supporta le tir de trois obus en acier de 24 centimètres, pesant 144 kilogrammes. Le premier fut tiré à la vitesse de 580 mètres, dépassant de 18 p. 100 la perforation de l’acier ordinaire. L’obus se brisa en gros morceaux, qui tombèrent devant la muraille, etl’ogive fut complètement aplatie en forme de champignon. La plaque présenta une pénétration de 168 millimètres avec de nombreuses fissures. Un second coup fut tiré à la vitesse de 700 mètres correspondant au coefficient 1,42. L’obus traversa complètement la plaque et le massif, en produisant un trou très net, et il alla tomber à 1 350 mètres derrière la muraille, après plusieurs ricochets; il fut retrouvé entier et sans fente, avec l’ogive fortement refoulée et écaillée, la muraille était assez endommagée.
- C’était, croyons-nous, la première fois qu’on obtenait la perforation d’une plaque Harvey avec un projectile resté entier; ce résultat présente donc un intérêt tout particulier.
- Ce second coup avait nettement partagé la plaque en plusieurs morceaux disjoints ; on essaya, toutefois,de continuer la détermination delà perforation en dirigeant le tir sur le fragment le plus important. Un troisième coup fut tiré à la vitesse de 660 mètres, correspondant au coefficient 1,35; le projectile traversa encore, et alla tomber à 65 mètres derrière la muraille; il fut retrouvé entier, mais avec l’ogive plus fortement refoulée que celle du précédent.
- Le morceau visé fut complètement détaché de la muraille, et il ne resta plus de la plaque que des fragments disjoints. Nous représentons dans les figures 158 et 157 les vues de cette plaque après le deuxième et le troisième coup.
- On reprit le tir contre deux de ces fragments, en employant deux projectiles de 16 centimètres en acier qui furent tirés à la vitesse de 880 mètres, donnant ainsi pour ce calibre le coefficient 1,37. Ces projectiles purent bien traverser les fragments visés, mais ils s’arrêtèrent dans le massif d’appui en bois.
- La seconde plaque éprouvée, comme nous l’avons dit, en juillet 1893, était de forme cintrée comme les plaques de tourelles, elle avait 2m,250 sur 2m,250 et
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- 0m,368 d’épaisseur; elle fut attaquée avec le canon de 34 centimètres, tirant deux obus en acier du poids de 420 kilogrammes.
- Le premier coup fut tiré à la vitesse de 625 mètres dépassant de 34 p. 100 la
- Fig. 158. — Vue après le deuxième coup.
- vitesse de perforation de l’acier ordinaire ; le projectile traversa complètement la plaque et le massif d’appui, et fut retrouvé, à 30 mètres environ derrière la muraille, brisé en plusieurs morceaux.
- La plaque elle-même était fortement endommagée, et séparée en deux
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- parties par une grande fente verticale de 55 centimètres d’ouverture; cette fente se retrouvait jusque dans le massif d’appui.
- Le second coup fut tiré à la vitesse de 539 mètres, correspondant au coefficient 1,15. Malgré cette réduction de vitesse, le projectile traversa encore la plaque et le massif, et alla tomber entier à 220 mètres derrière la muraille. Les
- Fig. 159. — Vue après le troisième coup.
- Fig. 158-159. — Vues de la plaque plane cémentée Vickers essayée à Gavre, le 22 avril 1893.
- dégâts furent très considérables et dépassèrent de beaucoup ceux que déterminent les tirs habituels. La plaque fut complètement brisée; le massif d’appui, démoli et brisé, fut renversé en grande partie sur le sol. Nous représentons dans les figures 100 et 161 les vues de cette plaque après le premier et le deuxième coup.
- En résumé, grâce à l’emploi des projectiles de gros calibres, les premiers tirs français mirent en évidence la grande fragilité des plaques éprouvées; ils
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- montrèrent, en outre, l’intérêt de corriger ce défaut en employant des aciers moins cassants.
- Devant ces résultats, nos usines françaises se sont attachées à réaliser un progrès nouveau dans cette voie, en combinant, comme nous l’avons dit plus haut, l’emploi de la cémentation avec celui des aciers spéciaux qu’elles fabriquaient déjà si,régulièrement.
- La Direction de l’artillerie de marine, de son côté, par une initiative des plus
- Fig. 161. — Vue du massif après le deuxième coup.
- Fig. 160-161. -- Plaque cémentée et cintrée livrée par MM. Vickers et essayée à Gavre le 21 juillet 1893.
- intéressantes, tint à organiser elle-même des tirs comparatifs et elle y fit figurer, à côté des produits étrangers, des plaques demandées à toutes les usines productrices de blindages, de manière à bien mettre en évidence l’importance des progrès que l’industrie pouvait réaliser par l’emploi de la cémentation.
- Ces essais, commencés au mois de décembre 1893, se terminèrent en avril 1894, après avoir donné des résultats montrant que l’industrie française pouvait supporter la comparaison avec avantage.
- Nous en rapprochons ici les résultats dans un examen d’ensemble, de manière à les faire figurer dans un tableau comparatif à côté de ceux des essais étrangers.
- Les plaques éprouvées à Gavre par les soins de l’artillerie, étaient au nombre de six, dont cinq ayant 16 centimètres d’épaisseur, et cinq ayant 25 cen-
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- Fig. 160. — Plaque cémentée et cintrée Yiekers. Vue après le premier coup.
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- timètres. Les premières étaient livrées par M. Yickers et par les usines françaises de Saint-Chamond, Creusot, Châtillon-Commentry et Saint-Étienne ; les plaques de 25 centimètres étaient livrées par les mêmes usines, sauf celle de Saint-Étienne, qui n’intervenait pas pour cette épaisseur et était remplacée par MM. Marre! frères.
- L’essai des quatre plaques de 16 et de 25 centimètres fournies par Yickers et Saint-Chamond fut effectué endécembre 1893,etcelui des six autres en avril 1894.
- L’épreuve fut pratiquée en tirant d’abord un même coup dans des conditions identiques sur les plaques de même épaisseur et employant toujours des projectiles en acier forgé. Pour celles de 16 centimètres, ou adopta le canon de 14 centimètres, tirant à la vitesse de 705 mètres; pour celles de 25 centimètres, le canon de 24 centimètres tirant à la vitesse de 650 mètres. Quelques plaques reçurent cependant un second coup lorsqu’on estima qu’il convenait de le tirer pour apprécier plus exactement la vitesse de perforation.
- Au point de vue de leurs dimensions, les plaques avaient uniformément la longueur de 2m,300, avec une largeur de 0m,800 pour l’épaisseur de 0m,16 et lm,250 pour celle de 25 centimètres; d’autre part, elles étaient solidement appuyées sur un massif en bois de 84 centimètres d’épaisseur, et complètement encadrées sur les quatre côtés.
- Ainsi qu’on le verra sur le tableau récapitulatif, la vitesse de 705 mètres pour les plaques de 16 centimètres correspond à un rapport de 1,74 par comparaison avec la vitesse de perforation d’une plaque en fer de même épaisseur (massif non déduit) et celle de 650 mètres pour les plaques de 25 centimètres, correspond à un rapport égal évalué dans les mêmes conditions.
- Plaques de 16 centimètres. Plaque Yickers. —Dans l’attaque avec le canon de 14 centimètres, le projectile traversa complètement la plaque en se brisant, mais les morceaux restèrent engagés dans le massif en bois, qui ne fut traversé par aucun; la pénétration fut évaluée à 280 millimètres. La plaque présenta une série de fentes rayonnantes traversant généralement toute l’épaisseur, et une partie de la couche superficielle d’acier cémenté se détacha autour de l’empreinte.
- La même plaque fut soumise ensuite à l’attaque d’un boulet de 16 centimètres tiré à la vitesse de 658 mètres contre l’extrémité opposée dans la région non affectée par les fentes.
- Le projectile traversa la plaque et le massif d’appui en se brisant; quelques morceaux furent retrouvés dans les accores, et un autre à une distance de 300 mètres derrière la muraille.
- La plaque présenta une série de fentes rayonnantes importantes, et des fragments de la couverte en acier se détachèrent comme dans le premier tir. Nous reproduisons (fig. 162) la vue de cette plaque après le tir des deux coups.
- Plaque de Saint-Chamond. — Le projectile de 14 centimètres traversa com-
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- plètement la muraille, en se brisant; quelques morceaux furent retrouvés dans
- les accores. La plaque ne présenta aucune fente.
- Le projectile de 16 centimètres, tiré, comme sur la plaque Vickers,àla vitesse de 658 mètres, traversa aussi en se brisant; quelques morceaux tombèrentdans les accores, mais la plus grande partie durent aller à une certaine distance; la plaque ne présenta aucune fente appréciable.
- Plaque de Chàtillon-Commtn-iry. — Le projectile de 14 centimètres resta engagé dans la plaque, le corps très gonflé et fortement refoulé sur lui-méme, formant ainsi une sorte de bourrelet strié de fentes longitudinales. La pénétration qui put être mesurée au coup suivant, lorsque le projectile fut tombé de l’empreinte, atteignait seulement 14 centimètres. La plaque ne présenta aucune fente.
- Un second coup fut tiré contre la même plaque, à côté de l’impact du boulet de 14 centimètres, avec un boulet de 16 centimètres à la vitesse de 669 mètres ; le projectile traversa la muraille en se brisant, et quelques morceaux furent retrouvés à 200 mètres environ derrière le massif. La plaque ne présenta également que des fentes légères avec quelques décollements.
- Plaque de Saint-Étienne. — Le projectile de 14 centimètres resta engagé dans la plaque avec le culot enfoncé de 0m,190; et, autant qu’on putl’ap-
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- précier, la pénétration totale atteignit 0m,553. La plaque présenta quelques fentes très légères.
- Plaque du Creusot. — Le projectile de 14 centimètres traversa la plaque en se brisant, mais les morceaux restèrent engagés dans le massif en bois, qui ne fut traversé par aucun. La plaque ne présenta que deux fentes verticales très fines.
- Plaques de 25 centimètres. Plaque Vickers. — Le boulet de 24 centimètres,
- Fig. 163. — Plaque de 25 centimètres cémentée de Saint-Chamond essayée à Gavre le 20 décembre 1893. Vue après le deuxième coup.
- tiré à la vitesse de 650 mètres, traversa complètement la muraille en se brisant, quelques morceaux furent retrouvés dans les accores. La plaque présenta quatre grandes fentes transversales rejoignant les quatre cans, notamment une grande fente longitudinale qui la partageait en deux parties sur toute la longueur.
- Plaque de Saint-Chamond. — Deux projectiles de 24 centimètres tirés, l’un à la vitesse de 650 mètres, l’autre à celle de 606 mètres, traversèrent la muraille en se brisant, mais sans déterminer aucune fente sur la plaque, (Voir fig. 163.)
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- Plaque du Creusot. — Le projectile de 24 centimètres, tiré à la vitesse de 650 mètres, traversa complètement la muraille en se brisant; quelques morceaux furent retrouvés dans les accores. La plaque présenta trois fentes rayonnant autour de l’empreinte.
- Plaque de Châtillon-Commentry. — Le projectile se brisa sans traverser ; quelques morceaux rebondirent même à l’avant.
- La pénétration atteignait 300 millimètres jusqu’à la partie arrière du frag-
- Fig. 164. — Plaque cémentée de 25 centimètres ]de Châtillon-Commentry essayée à Gavre le 18 avril 1894. Vue après le deuxième eoup.
- ment d’ogive enfoncé dans le massif. La plaque présenta quatre grandes fentes rayonnantes qui allaient rejoindre les cans voisins. Un second coup fut tiré le 5 juin 1894 à la vitesse de685 mètres; le projectile traversa en se brisant. (Voir figure 164 l’aspect de la plaque après ces deux coups.)
- Plaque de MM. Marrel. — Le projectile resta engagé dans la plaque, un peu incliné sur celle-ci. Il était entier, de sorte que la plaque eut à supporter ainsi l’énergie complète du choc, ce qui donne un intérêt tout particulier au résultat ainsi obtenu, lequel peut être considéré ainsi comme étant Tun des plus remarquables.
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- Le culot était en saillie de 11 millimètres sur la face avant. La plaque présenta trois fentes rayonnantes assez importantês qui rejoignaient les cans voisins. Un second coup fut tiré le 5 juin J 894 à la vitesse de 685 mètres représentant un rapport de 1,46 avec la perforation de l’acier ordinaire ; le projectile traversa la muraille brisé. Nous représentons figure 145 la vue de la plaque après le second coup.
- Essais effectués en Allemagne de 1891 à 1897. — Les usines allemandes firent essayer, de 1891 à 1894, diverses plaques en acier nickel préparées dans des
- Fig. 165. — Plaque cémentée de 25 centimètres de MM. Marrel frères essayée à Gavre le 18 avril 1892. Vue après le deuxième coup.
- conditions analogues à celles qui furent adoptées en France à la suite des essais d’Annapolis, et nous indiquons dans le tableau comparatif les résultats de quelques essais ainsi effectués, de façon à montrer l’état de la fabrication allemande à cette époque.
- On remarquera du reste que les conditions de ces essais n’étaient généralement pas très rigoureuses, les projectiles employés étaient toujours en effet de calibres sensiblement inférieurs à l’épaisseur des plaques éprouvées, et d’autre part, les vitesses de tir ne comportaient pas un coefficient bien élevé puisqu’elles atteignaient le rapport de 1,30 seulement par comparaison avec la perforation du fer, ou d’environ 1,07 avec l’acier.
- Le procédé de préparation des blindages par cémentation fut adopté en Allemagne par l’usine Krupp dès que les premiers essais effectués en Europe en
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- eurent établis la supériorité ; seulement cette usine apporta diverses modifications à la méthode de cémentation indiquée par M. Harvey.
- Elle fit breveter en effet un procédé de cémentation par la voie gazeuse remplaçant le charbon solide, procédé très analogue d’ailleurs à celui qui a été adopté d’autre part par le Creusot. Le fluide employé est le gaz d’éclairage, qui tient naturellement en suspension des particules de carbone très fines d’où il tire son pouvoir éclairant, et c’est en abandonnant ces particules à la surface des plaques ainsi traitées qu’il provoque la cémentation.
- Les inventeurs du procédé considèrent que le durcissement est obtenu plus rapidement et à plus basse température que par l’emploi du charbon solide, et ils ajoutent même que la couche cémentée prend ainsi plus de profondeur, les produits gazeux pouvant s’insinuer sans doute plus facilement à travers les pores du métal; on peut craindre toutefois [que l’action du gaz 11e soit moins régulière que celle du charbon.
- Hans l’installation du Creusot, on opère sur deux plaques à la fois, en les disposant parallèlement dans le four et opposant les faces à cémenter. L’espace resté vide aux extrémités est obturé par un matelas continu d’asbeste, corps imperméable aux gaz, et on constitue ainsi une chambre close, dans l’intérieur de laquelle viennent déboucher les tuyaux amenant les produits gazeux; la chaleur dégagée par la combustion porte la surface des plaques au rouge vif.
- Quoi qu’il en soit, en dehors de la cémentation par la voie gazeuse, l’usine Krupp appliqua bientôt certains procédés complémentaires, non encore divulgués aujourd’hui, grâce auxquels elle arrive à diminuer grandement la fragilité des plaques ainsi traitées. On verra en effet d’après les résultats des tirs d’épreuve que la plupart des plaques Krupp ont pu supporter dans les essais un nombre de coups assez élevé sans présenter souvent de fentes graves ni donner lieu à des projections de fragments importants.
- Le métal employé par l’usine Krupp, dans cette fabrication, est l’acier au nickel, qui est du reste maintenant, comme on sait, d’un usage général dans les diverses usines productrices de blindages.
- Le travail d'élaboration de ce métal provoque dans les lingots la formation de soufflures, qui restent apparentes sur la surface de la plaque finie et lui donnent un aspect peu satisfaisant. Une note publiée à ce sujet, dans la revue allemande Stahl undEïsen déclare que ce défaut, qui, du reste, n’a pas d’influence fâcheuse sur les résultats du tir, était particulièrement marqué sur les plaques Krupp figurant à l’Exposition de Chicago; mais, depuis lors, l’usine serait parvenue à l'éviter complètement par un procédé spécial.
- Dans l’opinion des Américains, ce défaut tient principalement à la présence, dans le métal, d’oxydes qui attaquent le carbone au cours de la cémentation pour dégager des produits gazeux, et la précaution principale à observer pour
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- l’éviter doit consister dans le choix rigoureux des fontes à employer pour la préparation de l’acier.
- Il convient également de décaper les-surfaces à cémenter, pour détacher les oxydes, mais c’est là une opération qui présente une difficulté toute particulière avec les aciers au nickel dont les oxydes présentent une grande adhérence, et on emploie souvent, à cet effet, avec plus ou moins de succès le jet de sable.
- Nos usines françaises se sont préoccupées de leur côté de cette question de formation des oxydes et surtout des criques qui constituent l’une des grosses difficultés du travail des aciers spéciaux, et elles sont arrivées à y remédier par l’application au moment de la coulée des gros lingots de procédés spéciaux ayant pour but de maintenir une égalité de température aussi complète que possible dans toute l’étendue de la section de la masse en fusion, et d’éviter ainsi la formation de ces tensions intérieures génératrices des criques qui résultent le plus souvent de la solidification irrégulière des diverses régions du lingot.
- Les procédés adoptés, agissent généralement sur le jet du métal liquide qui est déplacé méthodiquement au cours de la coulée de façon à venir balayer successivement tous les points de la section, ou autrement le jet unique est remplacé par des jets multiples qui, tout en restant immobiles, sont disséminés cependant dans toute l’étendue de la section et contribuent ainsi à maintenir l’uniformité de température de la masse. Ces divers procédés ont été appliqués dans les usines de MM. Marrel frères et de Montluçon qui ont pris chacune un brevet spécial.
- On a reconnu, d’autre part, en Amérique que l’incorporation trop rapide du carbone dans l’opération delà cémentation altérait la finesse du grain el déterminait des rugosités superficielles. Cette observation, qui tendrait à mettre en question l’avantage de la cémentation par voie gazeuse, amena certaines usines à interposer entre la surface à traiter et la couche de cémentation, composée de charbon de bois et de charbon animal mélangés, un lit de 10 à lo millimètres de charbon aiiimal, cette matière étant considérée comme agissant d’une manière un peu moins rapide.
- En fait, l’épaisseur de la couche cémentée sur les plaques américaines ne dépasse guère 12 à 20 millimètres, tandis que les plaques cémentées Krupp atteignent 20 à 30 millimètres.
- Nous avons déjà, d’autre part, signalé précédemment diverses tentatives ayant pour but de constituer sur les plaques à cémenter, d’après les indications du lieutenant Ackermann, un réseau de stries superficielles, dans le but de faciliter la pénétration du carbone dans le métal, surtout pour les plaques de forte épaisseur.
- Nous mentionnerons plus loin, à ce point de vue, divers essais américains dont les résultats ont montré que ces fentes préexistantes ne paraissent pas
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- s’aggraver par l’effet du tir; on remarquera d’ailleurs, en examinant les tirs des plaques Krupp, que cette opinion se trouve encore justifiée par les résultats de l’épreuve de la plaque n° 413 II de 146 millimètres d’épaisseur, essayée en décembre 1895. Cette plaque présentait avant l’essai vingt-six fentes superficielles, résultant de la fabrication; elle a pu cependant supporter cinq coups sans aggravation sensible de ces fentes.
- Nous relatons du reste, d’après la note détaillée du Stahl und Eisen, les épreuves comparatives effectuées en 1895 au polygone deMeppen dans lesquelles ont figuré pour la première fois des plaques préparées d’après lè nouveau procédé de cémentation Krupp. Les plaques éprouvées étaient au nombre de six, dont cinq en acier cémenté comprenant trois plaques de 300 millimètres d’épaisseur et les deux autres de 146 millimètres. La sixième était une plaque en acier nickel qui n’avait pas subi la cémentation.
- Une première plaque de 300 millimètres d’épaisseur non mentionnée au tableau récapitulatif, fut essayée le 16 mars 1895 avec le canon de 305 millimètres; elle arrêta, dit la note citée, un coup tiré avec une énergie de choc de 6 078 tonnes-mètres.
- Le poids du projectile n’est pas indiqué, mais on peut supposer qu’il s’agissait sans doute de l’obus pesant 324ks,5 tiré à la vitesse de 600 mètres environ pour donner l’énergie mentionnée. Dans ces conditions, ce tir donnerait des coefficients de tir particulièrement élevés, soit 1,78 par rapport à la perforation du fer, et 1,40 par rapport à celle de l’acier. Malgré la rigueur de l’épreuve, la pénétration n’a pas dépassé 60 millimètres, ce qui doit tenir probablement à ce que le projectile employé s’est complètement brisé.
- Les deux autres plaques de 300 millimètres, essayées le 14 et le 16 mars 1895, donnent lieu à une observation analogue.
- La première (n° 432 Y) a été éprouvée avec les projectiles de 28 centimètres et de 21 centimètres; elle a supporté un coup de 28 centimètres tiré avec un excédent de 9 p. 100 par rapport à la vitesse de perforation de l’acier ordinaire, puis deux coups du canon de 21 centimètres tirés sous l’incidence de 87° avec des excès de vitesse de 26 et 30 p. 100; elle a réussi à briser les projectiles qui laissèrent seulement leurs ogives soudées dans l’empreinte.
- Elle ne fut donc pas traversée, et elle n’a même présenté au dernier coup que deux fentes fines avec des exfoliations assez étendues, mais purement superficielles, autour des impacts. (Voir figures 166 et 167.)
- La pénétration atteignait 134 millimètres au premier coup.
- La seconde plaque (n° 432 U), de même épaisseur, supporta trois coups de 305 millimètres tirés sous une incidence un peu oblique (81°) avec des excédents de vitesse un peu plus élevés, allant de 26 à 43 p. 100 de la perforation de l’acier; elle brisa également les trois projectiles qui laissèrent seulement leurs
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- ogives soudées dans l’impact. Les pénétrations mesurées atteignirent 90 et 180 millimètres. La plaque ne présenta que des exfoliations superficielles avec
- Fig. 166-167. — Plaque n° 432 Y en acier nickel cémenté. Face avant et face arrière.
- des fentes légères. Voir figures 168 et 169. Il est intéressant de signaler que, pour ces deux plaques, on observa sur la face arrière des bombements assez marqués, de hauteur variant de 3 à 7 centimètres, ce qui témoigne bien de l’élasticité du métal, malgré la grande résistance superficielle de ces. plaques.
- Tome IY. — 98e année. 5° série. — Décembre 1899. 112
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- Ajoutons que la plaque (n° 432 U) présentait avant l’essai sur la face avant une fente longitudinale étroite, et, à l’arrière, deux défournis formant sillons de 20 millimètres de largeur et de 700 millimètres de longueur. Ces défauts ne
- Fig. 168-169. — Plaque n° 432 U en acier nickel cémenté. Face avant et face arrière.
- Fig. 166-169. — Essais pratiqués à Meppen le 16 mars 1825 sur les plaques cémentées Krupp.
- paraissent avoir exercé, pour ainsi dire, aucune influence sur les résultats de l’essai.
- Au troisième coup seulement, la fente qui passait par l’impact s’agrandit légèrement.
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- A côté de ces essais pratiqués sur des plaques de forte épaisseur, la note du Stahl und Eisen mentionne deux plaques minces ayant toutes deux 146 millimètres d’épaisseur, qui ont été essayées avec les canons de 1S et 21 centimètres. Elles ont supporté chacune le tir de cinq coups tirés avec des vitesses dépassant la perforation de l’acier de 10 à 38 p. 100. La première plaque (n° 425 B) arrêta bien le projectile tiré avec l’excès de vitesse de 37 p. 100, mais l’obus employé dans ce cas était un projectile de 15 centimètres qui se brisa en donnant une pénétration voisine de 40 millimètres ; elle fut traversée, au contraire, dans le tir pratiqué avec l’excédent de vitesse de 25,8 p. 100 par un obus de 21 centimètres qui se brisa en ne donnant que de gros morceaux; l’ogive fut retrouvée dans le massif en bois, tandis que le corps cylindrique rebondit devant la plaque.
- La seconde (n° 413 II), qui présentait de nombreuses fentes superficielles préexistantes, donna des résultats plus remarquables, car elle réussit à arrêter le projectile de 21 centimètres tiré avec un excédent de 24 p. 100, l’obus restant seulement engagé dans la plaque. Elle fut traversée par le cinquième coup tiré avec l’obus de 15 centimètres animé d’une excédent de vitesse de 47 p. 100. Les fentes préexistantes ne s’aggravèrent pas au cours de l’essai.
- Il est très remarquable que, malgré cette grande résistance témoignant d’une dureté très accentuée, ces deux plaques n’aient présenté, pour ainsi dire aucune fente, mais seulement des exfoliations superficielles résultant de la désagrégation de la couche cémentée dans le voisinage des impacts. Ces exfoliations étaient,d’ailleurs, fort peu importantes sur la plaque 413 II; mais il n’en était pas tout à fait de même pour la plaque 425 B, sur laquelle un morceau se détacha en réunissant les deux impacts nos 4 et 5.
- Mentionnons enfin l’essai de la plaque en acier nickel non cémenté de 155 millimètres, éprouvée les 14, 15 juillet et 15 décembre 1895 : elle supporta dix coups tirés, au nombre de cinq avec le canon de 120 millimètres, quatre avec celui de 150 millimètres, et un avec celui de 170 millimètres.
- Les quatre premiers obus de 120 millimètres furent tirés avec des vitesses variant depuis la perforation stricte de l’acier jusqu’à l’excédent de 18 p. 100; ils se brisèrent sans traverser. Un cinquième, tiré avec un excédent de 31 p. 100, perfora complètement la muraille; déjà un obus de 170 millimètres tiré avant celui-ci, avec un excédent de 13 p. 100 seulement, avait pu traverser aussi, ce qui montre bien l’influence des calibres relativement gros pour faciliter la perforation.
- Le tir des projectiles d’un diamètre intermédiaire (150 millimètres) confirma du reste cette appréciation : trois d’entre eux restèrent engagés dans la plaque tant que l’excédent de vitesse ne dépassa pas 12 p. 100, mais la perforation stricte fut atteinte avec l’excédent de 17 p. 100, donnant ainsi un chiffre intermédiaire
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- égalemententre les résultats observés pour les calibres de 12 et de 18 centimètres.
- Fig. 110. — Vue après le tir du sixième coup.
- Fig. 171. — Vue après le tir de dix coups.
- Fig. 170-171. — Essais pratiqués à Meppen les 14, 15 juillet et 15 décembre 1895 sur une plaque Krupp en acier nickel non cémentée de 155 millimètres.
- Là encore, cette plaque, qui, du reste, n’avait pas subi la cémentation, témoigna d’une malléabilité remarquable, puisqu’elle put supporter ainsi dix
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- coups dont quelques-uns sur des impacts presque tangents, sans présenter, pour ainsi dire, aucune fente. Nous représentons dans les figures 170 et 171 les vues de cette plaque après le tir du sixième et du dixième coup.
- Trois autres plaques, provenant de l’usine Krupp et portant les nos 475, 476 A et 476 B furent essayées en octobre 1895, et elles donnèrent aussi des résultats fort remarquables, car elles supportèrent chacune un nombre de coups considérable dont quelques-uns même déterminèrent la perforation sans qu’elles aient présenté cependant de fentes graves.
- La plaque n° 475, de 100 millimètres d’épaisseur, supporta le choc de treize projectiles, dont un du calibre de 88 millimètres, six de 105 millimètres, un de 120 millimètres, et cinq de 150 millimètres, lesquels se sont tous brisés, ce qui a facilité, du reste, la résistance de la plaque, mais cinq d’entre eux cependant ont pu traverser.
- La plaque a pu résister sans être complètement brisée; il s’est détaché seulement quelques morceaux peu importants.
- Dans le tir avec les boulets de 105 millimètres, la plaque n’a pas été traversée à la vitesse donnant le rapport de 1,56 pour la plaque isolée, chiffre qui correspondait d’ailleurs à 1,35 environ pour les plaques appuyées; toutefois, la pénétration atteignait dans ce cas 81 millimètres, et était donc voisine de l’épaisseur. Un autre projectile tiré avec le rapport de 1,58 a d’ailleurs traversé, bien que la plaque fût alors appuyée sur un sommier en fer dont l’épaisseur n’est pas indiquée.
- Le boulet de 150 millimètres a traversé à une vitesse donnant le rapport de 1,33 pour la plaque isolée, et 1,24 pour la plaque appuyée.
- Cependant, un autre projectile de même calibre, tiré avec le rapport de 1,70, n’a pas traversé, mais la plaque était appuyée dans ce cas sur le sommier en fer que nous venons de mentionner, et il faut tenir compte d’autre part de la qualité^, intrinsèque des projectiles, laquelle influe grandement sur les résultats, comme on le voit par ces exemples d’une façon manifeste.
- La plaque n° 476 A, en acier nickel cémenté, avait 80 millimètres d’épaisseur; elle a supporté de son côté neuf coups, dont deux tirés avec le projectile de 88 millimètres, six avec celui de 105 millimètres, et un avec celui de 150 millimètres.
- Avec le petit calibre, les vitesses de tir ont atteint les coefficients 1,00 et 1,34 par rapport à la vitesse de perforation de la plaque en acier ordinaire isolée, et cependant la plaque n’a pas été traversée. Avec le calibre de 105 millimètres, les rapports correspondant aux différentes vitesses de tir ont varié de 1,26 à 1,80 par comparaison avec l’acier ordinaire isolé; la perforation a été dépassée avec le chiffre de 1,66, et elle n’a pas été atteinte avec celui de 1,51. Avec le calibre de 150 millimètres, la perforation a été atteinte au seul coup tiré avec le rapport
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- de 1 ,,44, correspondant même à 1,49, si l’on tient compte du massif d’appui dans le calcul de la vitesse de perforation.
- Quant à la plaque n° 476 B, de 80 millimètres d’épaisseur également, elle a supporté quatre coups tirés, trois avec le projectile de 88 millimètres, et un avec celui de 105 millimètres. Elle a arrêté les trois boulets du petit calibre tirés à vitesses variant de 1 à 1,35, et elle peut être considérée en quelque sorte comme ayant été traversée avec le boulet de 105 millimètres, le morceau atteint s’étant détaché, la vitesse de tir donnait alors un rapport de 1,23 par comparaison avec la plaque isolée en acier.
- Une quatrième plaque, essayée le 28 août 1896, avait 368 millimètres d’épaisseur; elle a été attaquée avec le canon de 305 millimètres, et elle a arrêté trois projectiles tirés avec une vitesse donnant le coefficient de 1,34.
- Gomme la pénétration mesurée au troisième coup atteignait à peu près le double de l’épaisseur de la plaque, on voit que le massif d’appui est intervenu pour une part appréciable dans la résistance totale.
- CHAPITRE VIII
- ESSAIS RÉCEMMENT EFFECTUÉS DEPUIS 1895 SUR LES PLAQUES CÉMENTÉES.
- ESSAIS AMÉRICAINS
- Nous citerons d’abord un essai pratiqué à Indian Head le 4 septembre 1895 dont les résultats sont résumés au tableau général. Cet essai porta sur une plaque en acier nickel de Carnegie, primitivement destinée à Y Orégon; elle avait été préparée d’abord à l’épaisseur de 457 millimètres, mais refusée ensuite pour ^criques.
- Comme certaines expériences ont paru montrer, ainsi que nous le disions plus haut, que le plus souvent les criques purement superficielles ne s’aggravent pas dans l’essai, l’usine décida de continuer à la forger pour en réduire l’épaisseur, afin de l’affecter au cuirassement de Ylowa. Cette plaque fut donc laminée à l’épaisseur de 380 millimètres; elle subit alors la cémentation, et fut laminée de nouveau pour être amenée à l’épaisseur définitive de 355 millimètres. En fait, elle présentait une section pentagonale comportant l’épaisseur uniforme de 355 millimètres sur une partie seulement de la hauteur totale fixée elle-même à 2m,28. A une distance de 1m,06 du can supérieur, l’épaisseur allait eu décroissant, pour atteindre 0,180 au can inférieur; mais le tir fut pratiqué dans la région présentant l’épaisseur uniforme de 355 millimètres.
- Cette plaque, fixée sur un massif en bois présentant dans la partie supérieure l’épaisseur de 126 millimètres, et dans le bas celle de 304 millimètres,
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- subit d’abord le tir de deux projectiles en acier Carpenter de 254 .millimètres, animés l’un d’une vitesse inférieure de 8 p. 100, l’autre d’une vitesse supérieure de 13 p. 100 à la perforation de l’acier ordinaire, et elle les brisa tous deux sans présenter aucune crique.
- La pénétration atteignit cependant 279 millimètres après le second coup.
- Un troisième coup, tiré avec un projectile de 305 millimètres, animé d’un excédent de vitesse de 23 p. 100, brisa complètement la plaque, mais sans la traverser complètement; la pénétration atteignit 431 millimètres.
- Un quatrième coup fut tiré avec un projectile du calibre de 330 millimètres, encore inférieur du reste à l’épaisseur, contre l’un des morceaux de la plaque brisée, et avec un excès de vitesse de 43 p. 100; il détermina la perforation complète, comme il fallait s’y attendre.
- Nous pourrions citer encore l’essai pratiqué contre une plaque d’étude fabriquée d’après le procédé préconisé par le lieutenant Ackermann, et dont nous avons parlé précédemment.
- Les renseignements publiés sur ce sujet sont un peu vagues, de sorte que cet essai ne peut pas être discuté avec toute la précision nécessaire.
- Il semblerait toutefois que l’épreuve aurait porté sur une plaque de 178 millimètres d’épaisseur, laquelle aurait subi le choc de quatre projectiles en acier Carpenter de 152 millimètres. Les deux premiers ont été tirés à la vitesse de 565 mètres, correspondant à un excès de 21 p. 100 par rapport à la perforation de la plaque isolée en acier ordinaire, et les deux autres à la vitese de 640 mètres, correspondant au coefficient 1,37.
- Malgré la rigueur de ces tirs, la plaque aurait arrêté les quatre projectiles sans présenter aucune fente, ce qui tient sans doute à ce que les projectiles auront été complètement brisés.
- Les revues spéciales signalèrent d’autre part un essai effectué en 1896 à In-dian Head sur une plaque destinée aux tourelles du croiseur cuirassé Brooklin.
- Cette plaque aurait donné des résultats insuffisants, en raison de sa grande fragilité; attaquée par un obus en acier Wheeler Sterling, de 152 millimètres, à une vitesse de 520 mètres, représentant seulement la perforation de l’acier ordinaire, elle aurait été brisée en trois morceaux, et un second coup tiré contre les fragments aurait donné des résultats analogues.
- Nous n’étudierons pas ici en détail les divers essais de plaques américaines mentionnés au tableau général, nous en citerons seulement quelques-unes particulièrement intéressantes.
- La plaque du Kcarsage, livrée par Carnegie et éprouvée en 1896, avait 338 millimètres d’épaisseur, elle a été essayée cintrée.
- Elle a supporté le choc de deux projectiles de 254 millimètres, tirés l’un à
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- la vitesse de 400 mètres, correspondant au rapport de 0,83 avec l’acier isolé, et l’autre à celle de 530 mètres, correspondant au rapport de 1,11 ; elle a brisé les deux projectiles sans présenter aucune fente; quelques écailles superficielles seulement se sont détachées. (Voir figure 172.)
- La seconde plaque, de 254 millimètres d’épaisseur, fut essayée avec le canon de 203 millimètres, elle supporta cinq coups sans présenter aucune fente.
- Deux projectiles tirés à la vitesse de 640 mètres, correspondant au rapport de 1,25 avec la perforatiou de l’acier isolé, se brisèrent en donnant une pénétra-
- Fig. 172. — Plaque cémentée livrée par l’usine Carnegie pour le Kearsage, essayée le 17 novembre 1896.
- tion de 178 millimètres; les trois autres, tirés avec des vitesses correspondant aux rapports de 1,44 et au-dessus, traversèrent la muraille ; ce qui montre nettement que le rapport correspondant à la perforation stricte de la plaque était déjà bien inférieur à ce chiffre, puisqu’il faudrait défalquer le terme correspondant à la résistance du massif d’appui.
- Nous ajouterons une plaque essayée à Indian Head, le 13 mai 1896, pour la Russie. Nous n'avons pas rappelé en détail dans le tableau les tirs qu’elle a subis, car l’épaisseur exacte aux divers impacts n’était pas indiquée, ce qui ne nous a pas permis de calculer les vitesses de perforation correspondantes des plaques en fer et en acier de même épaisseur.
- Cette plaque était en acier dur laminé d’après le procédé Corey; elle avait
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- 4m,87 de long sur 1m,83 de large, avec une épaisseur décroissante allant de 203 millimètres à 101 millimètres.
- Elle subit le choc de neuf projectiles, qu’elle arrêta sans présenter aucune crique; six projectiles du calibre de 152 millimètres furent tirés à des vitesses de 562 à 564 mètres, et trois autres, du calibre de 101 millimètres, furent tirés à des vitesses de 600 mètres environ. Les neuf projectiles furent complètement brisés.
- Le tableau suivant résume ces conditions d’essai.
- Calibr. Vitesse. Pénétration.
- Numéro du coup. Millimètres. Mètres. Millimètres.
- 1 152 374 127
- 2 » 536 128
- 3 » 574 127
- 4 » 562 152
- 5 » 568 152
- 6 101 606 50
- 7 »' 596 50
- 8 » 597 50
- 9 152 654 178
- Nous citerons ensuite divers essais effectués de 1895 à 1898 sur les plaques Carnegie. Celles-ci, qui étaient préparées d’après le procédé Harvey, ont généralement arrêté en les brisant des projectiles animés de vitesses correspondant à des coefficients de 1,05 à 1,40.
- Le plus souvent elles étaient au moins fendues, bien que les projectiles employés aient présenté un calibre sensiblement inférieur à l’épaisseur.
- Cependant la plaque de 304 millimètres, éprouvée le 29 mai 1897 avec un projectile de calibre égal, a supporté sans aucune fente le tir de deux coups; l’un, donnant le rapport de 1,41, a traversé la plaque, tout en s’arrêtant dans le massif en bois; l’autre a été arrêté avec le rapport 1,35.
- Toutes ces plaques étaient reforgées après cémentation suivant un procédé de fabrication généralement adopté aujourd’hui par cette usine. 11 arrive en effet, comme le signale M. le capitaine G. Ordnie Brower, dans une étude publiée par les Proceedings of the Royal Artillery Institution, qu’un chauffage trop prolongé provoque sur les plaques d’une certaine épaisseur une cristallisation partielle à l’intérieur de la masse; on remédie donc à cet inconvénient par un second forgeage effectué après la cémentation.
- Plus récemment, les deux grandes usines américaines de Bethlehem et Carnegie se sont décidées à faire l’application du procédé Krupp et nous faisons figurer au tableau trois essais de plaques d’étude de ce type préparées dans ces deux usines et qui ont donné des résultats remarquables.
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- Une plaque Carnegie de 152 millimètres d’épaisseur, essayée en juillet 1898, et attaquée avec les projectiles de même calibre, a supporté le tir de quatre projectiles, dont un coiffé, sans présenter aucune fente. Elle a été traversée par un projectile non coiffé, animé d’une vitesse donnant le coefficient de 1,71, dont l’ogive s’est arrêtée simplement dans le massif en bois.
- Le projectile coiffé, animé d’une vitesse donnant seulement le cofficient 1,49, a traversé franchement, mais cassé en deux.
- Nous voyons ensuite une plaque de 304 millimètres d’épaisseur, attaquée avec le projectile de calibre égal tiré à la vitesse de 615 mètres, donnant le coefficient 1,57, qui a été traversée nettement, bien que le projectile ne fût pas coiffé.
- Une plaque de Bethlehem de 158 millimètres d’épaisseur, essayée au champ de tir de cette usine à Redington avec le canon de 203 millimètres, a supporté d’après les renseignements publiés par cette usine six coups, dont plusieurs très rapprochés, sans présenter aucune fente. Elle a arrêté le projectile tiré à la vitesse donnant le coefficient 1,56, . mais elle a été traversée aux vitesses plus fortes donnant les coefficients 1,64 et 1,65.
- Essais effectués dans les autres pays. — Nous reproduisons dans le tableau général les résultats des essais de différentes plaques éprouvées en Angleterre depuis 1895, plaques fabriquées spécialement d’après le procédé Krupp.
- MM. Yickers présentaient déjà en mars 1897 deux plaques Krupp dont l’une, de 152 millimètres, arrêta cinq projectiles de 152 millimètres tirés à des vitesses d’environ 598 mètres, donnant le coefficient 1,42, sans présenter aucune fente. Nous en reproduisons la vue, figure 173.
- La seconde plaque, de 297 millimètres d’épaisseur, fut attaquée avec le canon de 304 et reçut trois coups dont l’un s’arrêta dans le massif en bois.
- On voit, d’après le tableau, que l’usine Brown fit essayer de son côté deux plaques dans les mêmes conditions; l’une de 152 millimètres, éprouvée en juin 1897, était simplement cémentée et donna des résultats analogues à ceux de la plaque Yickers; l’autre, de 297 millimètres, éprouvée en juillet 1898, était traitée d’après le procédé Krupp; elle brisa les trois projectiles employés, mais elle présenta deux fentes dont l’une superficielle.
- Cammell fit essayer aussi de son côté, le 29 septembre 1898, une plaque Krupp de 0,297 d’épaisseur, qui donna également des résultats comparables à ceux-ci.
- Cette plaque fut attaquée avec le canon de 0,304 lançant trois projectiles en acier du poids de 326 kilogrammes à des vitesses variant de 562 à 568 mètres et qui représentent un rapport maximum de 1,35 par comparaison avec la perforation de l’acier ordinaire. Elle brisa les trois projectiles en présentant seulement des éclats détachés sur une certaine profondeur, mais avec quelques
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- fentes légères toutefois. Nous reproduisons, fig. 174 et 175, les vues de cette plaque après le premier et le troisième coup.
- En relatant ces divers essais, dans l’étude publiée par les Proceeclings of the Royal artillery Institution et que nous avons citée plus haut, M. le capitaine Brown fait ressortir les progrès successifs qui ont été réalisés dans la fabrica-
- Fig. 173. — Plaque cémentée Viekers en acier nickel, essayée à Portsmouth le 19 mars 1897.
- tion des usines de Sheffield. U rappelle que l’emploi du nickel, qui était alors usité en France depuis longtemps, a été adopté en Angleterre seulement à la fin de l’année 1896, bien que M. Viekers eût déjà effectué en 1892 un premier essai de plaque tenant 2 p. 100 de nickel. Cet exemple fut suivi en 1896 par les deux autres grandes usines de Sheffield.
- Observons toutefois que M. Gammell considère encore aujourd’hui, d’après le capitaine Brown, que les plaques harveyêes tenant du nickel peuvent donner des
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- résultats comparables à ceux des plaques Krupp. Le capitaine Brown ajoute que la mise en application de ce procédé est fort dispendieuse et très délicate, qu’elle exige une expérience toute particulière et un tour de main qui n’est pas toujours facile à réaliser en fabrication courante; aussi, ajoute-t-il, n’a-t-on guère vu jusqu’à présent, en ce qui concerne les fortes épaisseurs, que des plaques d’étude préparées d’après ce procédé.
- Quoi qu’il en soit, même en dehors de l’application du procédé Krupp, les progrès réalisés dans la fabrication étaient assez marqués pour que la Marine anglaise ait été amenée à modifier ses conditions d’essai, et le capitaine Brown cite comme exemple la plaque type de 182 millimètres pour laquelle la vitesse d’essai ne dépassait pas autrefois 450 mètres. Cette vitesse a été portée, en effet, au chiffre de 597 mètres, qui correspond au coefficient de 1,40.
- La Marine anglaise décida, en outre, de soumettre aux essais de tir quelques plaques d’épaisseur supérieure à 152 millimètres, comme celles de 297 millimètres mentionnées au tableau.
- Essais russes et divers. — Parmi les essais russes, nous citerons celui de la plaque d’étude en acier cémenté provenant de l’usine de Montluçon qui a été éprouvée à Ochta le 21 septembre 1895. Cette plaque d’une épaisseur de 254 millimètres fut attaquée d’abord à la vitesse de 790 mètres, avec deux projectiles en acier de 152 millimètres, et elle les brisa snas présenter aucune fente.
- La vitesse réalisée représentait un excès de 23 p. 100 par comparaison avec la perforation de la plaque isolée en acier ordinaire.
- Dans un troisième coup tiré avec un excès de vitesse de 37 p. 100, l’obus resta engagé; la plaque présenta seulement deux fentes légères. On tira ensuite un quatrième coup avec le projectile de 228 millimètres, de calibre voisin, par conséquent, de l’épaisseur, en lui donnant un excès de vitesse de 42 p. 100 par rapport à l’acier, et, malgré la violence du choc, l’obus fut encore arrêté et brisé ; la plaque présenta, de son côté, deux grandes fentes en X, traversant l’épaisseur. Nous représentons dans les figures 177 à 179, les vues de cette plaque après le tir de chacun des 4 coups.
- Parmi les plaques françaises, nous citerons une plaque de recette du Charlemagne, des usines de Rive-de-Gier, appartenant à MM. Marrel frères, éprouvée en septembre 1896, laquelle donna des résultats remarquables mesurant, en quelque sorte, la résistance qu’on peut attendre en fabrication courante des plaques cémentées de très bonne qualité.
- Cette plaque, dont l’épaisseur variait de 305 millimètres à 150 millimètres, fut essayée avec les projectiles de 274 millimètres dans une région présentant une épaisseur égale au calibre; elle reçut le choc de trois projectiles tirés avec des vitesses correspondant aux rapports de 1,20, 1,28 et 1,50 par comparaison avec la plaque d’acier isolée.
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- Fig. 17.7. — Vue après le deuxième coup.
- Fig. 174-177. — Plaque Cammell cémentée d'après le procédé Krupp. essayée à Shœburync
- le 29 septembre 1898.
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- Les deux premiers projectiles se brisèrent, en provoquant seulement la formation de deux fentes résultant de l’existence d’une tapure antérieure, et le
- Fig. 178. Fig. 179.
- Fig. 176-179. — Plaque en acier spécial cémenté de l’usine de Montluçon, essayée à Oohta le 21 septembre 1893. Vue après le tir de chacun des quatre coups.
- dernier seul traversa sans produire du reste sur la plaque aucune fente nouvelle.
- Citons également la plaque de tourelle du Saint-Louis livrée également par
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- MM. Marrel, essayée le 24 septembre 1897, qui donna aussi des résultats fort remarquables puisqu’elle arrêta deux premiers coups tirés avec les coefficients 1,20 et 1,27, et elle fut traversée seulement par un troisième, non mentionné au tableau général, et correspondant au coefficient 1,50. Nous avons reproduit (fig. 61) la vue d’une partie de cette plaque après le tir des deux premiers coups.
- Nous rappellerons aussi la plaque d’étude en acier spécial de 250 millimètres, présentée par l’usine de Montluçon, laquelle fut essayée ’d’abord avec le canon de 240 millimètres; elle supporta sans présenter aucune fente quatre coups dont l’un provoqua la perforation avec une vitesse de tir représentant 1,56 de la perforation de l’acier ordinaire. On tira ensuite quatre autres coups dont deux avec le canon de 164 millimètres, et deux avec celui de 194 millimètres en atteignant des vitesses supérieures à 800 mètres, et on ne détermina cependant sur la plaque aucune fente, bien que certains des impacts fussent particulièrement rapprochés.
- Comme exemple d’épreuves effectuées en Russie sur des plaques allemandes, nous faisons figurer au tableau général deux plaques Krupp de 367 millimètres d’épaisseur essayées, l’une en 1896, et l’autre en 1897. Elles ont été attaquées toutes deux par le tir de trois coups; la première a été traversée par le projectile de 304 millimètres à une vitesse de tir donnant simplement le coefficient 1,35. La seconde a arrêté en le brisant un projectile de 254 millimètres animé d’une vitesse donnant le coefficient 1,40.
- On remarquera d’autre part, dans ce tableau, la plaque de Terni et celle de l’usine de Dillingen qui auraient donné toutes deux des résultats dépassant ceux que nous venons de mentionner, lesquels peuvent être considérés cependant comme étant déjà supérieurs à la moyenne.
- Nous avons simplement reproduit, au sujet de ces plaques, les renseignements fournis dans les revues étrangères, sans connaître, d’autre part, le procédé de cémentation qui leur a été appliqué. S’il ne s’est produit aucune erreur dans l’indication des conditions de l’épreuve, ces résultats seraient certainement exceptionnels puisque la plaque de Terni aurait arrêté un projectile animé d’une vitesse dépassant de 54 p. 100, et celle de Dillingen de 74 p. 100, les vitesses respectives de perforation de plaques en acier ordinaire de même épaisseur. Il faut observer, d’autre part, que les projectiles employés se sont brisés dans le tir, ce qui peut donc contribuer à expliquer, dans une certaine mesure, des résultats aussi frappants.
- D’une manière générale, la plupart des plaques livrées à la Marine par les ûsines françaises donnent des résultats analogues à ceux que nous venons de
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- Fig. ISO. — Plaque cémentée livrée par MM. Marrel frères pour les tourelles du Henri, IV. Essayée à Gavre le 16 décembre 1 SUS.
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- rappeler; nous citerons spécialement toutefois l’épreuve de recette pratiquée à Gavre en octobre 1898 sur la plaque de tourelle du Henri IV. Cette plaque, cémentée d’après le procédé Harvey, et prélevée sur un lot préparé dans les usines de MM. Marrel frères, peut être considérée, par conséquent, comme représentant bien la fabrication de ces usines et non pas seulement comme constituant un type d’étude; elle offre donc un intérêt tout particulier à ce point de vue.
- Ainsi qu’on le verra d’après le tableau, elle a pu arrêter, sans présenter aucune fente, trois projectiles de calibre égal à son épaisseur, tirés en des points très rapprochés. Elle a témoigné d’une vitesse de perforation correspondant à un coefficient supérieur à 1,49 puisque le dernier projectile tiré à la vitesse la plus élevée donnant ce coefficient est resté engagé dans la plaque sans traverser, avec le culot en saillie de 0m,08 sur la face avant. On remarquera, en outre, que les deux derniers projectiles sont restés entiers, ce qui montre bien que le résultat obtenu dépend seulement de la résistance de la plaque et ne peut pas être attribué à un défaut de qualité des projectiles, comme dans les cas où ceux-ci sont complètement brisés. Nous reproduisons fig. 180, la vue de cette plaque après le tir du troisième coup.
- Ce dernier essai, rapproché des diverses épreuves de plaques Harvey mentionnées au tableau, et des résultats obtenus dans un grand nombre d’essais effectués à Gavre, nous paraît bien établir que les plaques cémentées, préparées d’après la méthode Harvey, arrivent aujourd’hui à présenter des vitesses de perforation dépassant souvent de 40 à 50 p. 100 celle de l’acier ordinaire, et au moins égales, par conséquent, à celles des plaques préparées d’après le procédé Ivrupp.
- Elles sont généralement plus fragiles que celles-ci; mais on voit cependant que, dans certains cas, lorsqu’elles sont préparées dans des conditions satisfaisantes, elles peuvent arriver à présenter, elles aussi, une absence de fragilité complète, de sorte que, même à ce point de vue, qui n’a certainement pas la même importance que celui de la résistance, la différence entre les deux procédés est loin d’être aussi marquée qu’on pourrait le croire au premier abord.
- Nous citerons enfin en terminant trois essais pratiqués sur des plaques en acier spécial cémenté de l’usine du Creusot dont les résultats furent particulièrement remarquables, car elles brisèrent toutes trois les projectiles d’attaque qui étaient préparés cependant par l’usine Holtzer en acier forgé de nouvelle fabrication.
- Les deux premières étaient destinées à la marine suédoise, elles avaient l’une 156 millimètres et l’autre 157 millimètres d’épaisseur, elles furent essayées au polygone du Creusot, la première le 23 juin 1897, et la seconde le 9 avril 1898; elle subirent toutes deux le choc de quatre projectiles en acier forgé qu’elles
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- arrêtèrent en les brisant ; elles ne présentèrent aucune avarie, mais quelques écailles se détachèrent seulement sur la couche cémentée.
- Les vitesses de tir varièrent de 583 à 599 mètres dans le tir du 23 juin, et de 572 à 616 mètres dans celui du 9 avril 1898. Comme la vitesse de perforation de Tacier ordinaire atteint seulement 425 mètres, on voit donc que les vitesses maximum représentaient par comparaison avec l’acier un rapport de 1,41 dans
- Fig. 181. — Plaque Schneider en métal spécial cémenté essayée le 9 avril 1998.
- le premier tir et de 1,45 dans le second. Nous représentons, fig. 181, la vue de la plaque essayée le 9 avril 1898.
- La troisième plaque était une plaque d’étude de 250 millimètres d’épaisseur essayée à Gavre les 20 et 23 mai 1898. Elle a arrêté d’abord un projectile d’acier forgé de 240 millimètres animé d’une vitesse de 643 mètres correspondant au coffîcient de 1,37 ; ce projectile s’est brisé en laissant l’ogive dans l’empreinte.
- On tira ensuite deux coups de 19 centimètres presque tangents, le premier lancé à la vitesse de 785 mètres correspondant au coefficient 1,41 se brisa également en laissant son ogive dans l’empreinte, le second, tiré à une vitesse plus forte atteignant 815 mètres et correspondant au coefficient 1,46 rebondit complètement brisé. Malgré le rapprochement de ces trois coups, la plaque n’a pré-
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- senté dans cette région que des fissures insignifiantes avec de simples éclats superficiels détachés. Nous en représentons la vue figure 182.
- Il peut être intéressant d’ajouter à un autre point de vue que, en dehors de
- Fig. 182. — Plaque Schneider en métal spécial cémenté essayée à Gavre les 20 et 23 mai 1893.
- la cémentation, nos usines françaises sont arrivées également à réaliser des progrès importants dans la préparation de l’acier spécial non durci, et bien que le coefficient généralement adopté, pour définir la résistance de ce métal, soit de 12 p. 100 seulement, elles ont pu réaliser dans certains cas, un peu exceptionnels sans doute, des vitesses de'perforation dépassant de plus de 20 p. 100 celles de l’acier ordinaire.
- Tome IV. —98e année. 5° série. — Décembre 1899. 11 il
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- Nous citerons comme exemple une plaque livrée par MM. Marrel frères et destinée aux tourelles fixes de la Jeanne-cïArc, qui fut essayée à Gavre, le 6 janvier 1899.
- Cette plaque, dont l’épaisseur était de 60 millimètres, était appuyée pour l’essai sur deux tôles d’acier de 10 millimètres, elle fut attaquée avec le canon de 65 millimètres et elle arrêta sans présenter aucune fente deux projectiles en acier forgé de 65 millimètres tirés, l’un à la vitesse de 442 mètres et l’autre à celle de 488 mètres.
- Le premier rebondit entier, et le second resta engagé dans la plaque sans traverser.
- Comme la vitesse de perforation de la plaque en acier ordinaire non appuyée atteint seulement 387 mètres, on voit que le tir du second coup correspondrait à un coefficient de 1,26 si on négligeait les deux tôles d’appui.
- Ce chiffre serait certainement supérieur à la vérité, car ces tôles entrent pour une part très appréciable dans la résistance du massif, mais, même si l’on retranche celle-ci, on arrive encore pour la perforation à un coefficient supérieur à 1,20, lequel dépasse encore par conséquent de beaucoup le coefficient habituel de l’acier spécial non durci.
- CHAPITRE IX
- ESSAIS EFFECTUÉS EN FRANCE SUR LES ACIERS DURS POUR MASQUES D’AFFUT
- Essais effectués en France sur les aciers spéciaux de nuances dures.
- Nous avons indiqué plus haut que l’emploi de l’acier spécial tenant à la fois du chrome et du nickel, plus résistant et moins fragile que l’acier ordinaire, a été imaginé en France par l’usine de Saint-Chamond et rapidement adopté ensuite par les autres usines productrices de blindages.
- Dès son apparition en 1890, ce métal produisit une vive sensation, car il donnait des résultats particulièrement remarquables dans les divers tirs d’étude et de recette dont il fut l’objet en France.
- Nous ne pouvons rappeler ici ces divers tirs, mais nous mentionnons quelques-uns des principaux d’entre eux pour montrer l’importance des résultats acquis.
- L’usine de Saint-Chamond fit essayer par exemple en janvier et avril 1891 une plaque d’étude de 40 millimètres d’épaisseur qui présenta une vitesse de perforation dépassant de 45 p. 100 celle du fer, et de 25 p. 100 celle de l’acier ordinaire.
- Elle fit essayer d’autre part une plaque de 25 centimètres qui arrêta sans pré-
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- senler aucune fente le tir de six projectiles en acier de 155 millimètres, animés de vitesses variant de 622 à 675 mètres et dépassant toujours la perforation de l’acier ordinaire.
- Ces résultats furent confirmés dans l’essai de recette d’une plaque en acier spécial de Saint-Chamond destinée à la ceinture du Bouvines. Celle-ci arrêta en effet sans être traversée les trois coups du tir de recette et deux coups supplémentaires tirés avec des projectiles d’acier forgé animés de vitesses dépassant de près de 5 p. 100 la perforation de l’acier.
- Nous avons mentionné enfin, et représenté fig. 57, la plaque de Saint-Chamond qui figura à l’Exposition de Lyon en 1893, et qui avait été essayée en Russie en 1892.
- Ces résultats si remarquables furent obtenus également, comme nous le disions, par les autres usines, et dès 1891, l’usine Saint-Jacques à Montluçon et MM. Marrel frères faisaient essayer de leur côté, ainsi que nous l’avons signalé précédemment, des plaques minces en acier spécial qui présentèrent une résisr-tance à la perforation au moins égale à celle de la plaque de 40 millimètres de Saint-Chamond.
- La plaque de 40 millimètres de MM. Marrel dont nous avons reproduit la vue (fig. 53 et 54) a pu supporter en effet le tir de dix projectiles de 100 millimètres sans présenter aucune fente.
- Cinq coups ont été tirés à la vitesse de 158 mètres, contre des impacts presque tangents, et n’ont donné que des pénétrations de 40 à 50 centimètres, déduction faite de la flexion de la plaque.
- Le tir a été poursuivi ensuite à des vitesses croissantes jusqu’à déterminer la perforation, et on a obtenu dans chaque cas des bombements d’une régularité absolue ; les trous d’empreinte sont découpés avec la plus grande netteté sans la moindre crique.
- Un coup en tir oblique, sous l’incidence de 12°, a déterminé la formation d’un sillon de 24 centimètres de longueur sans aucune fente.
- Ces résultats montraient bien, comme on voit, que les plaques de faible épaisseur en acier spécial chargé de chrome peuvent atteindre des vitesses de perforation dépassant de 20 à 30 p. 100 celle de l’acier ordinaire, sans présenter cependant la moindre fragilité.
- Ces métaux à grande résistance ont trouvé immédiatement leur application dans la préparation des blindages destinés à protéger les parties hautes des navires, contre l’attaque des canons de petit calibre à tir rapide. On sait en effet que c’est la protection de ces œuvres mortes qui caractérise les types actuels des navires cuirassés, et on voit ainsi que les progrès effectués par la métallurgie ont donné à nos ingénieurs les moyens de réaliser cette protection dans les conditions les plus avantageuses. L’artillerie de son côté a estimé immédiatement
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- que ces aciers à forte teneur en chrome seraient particulièrement bien appropriés à la préparation des masques d’affûts pour la protection des canons et des servants, et dès que la préparation du métal dur put être considérée comme bien réalisée en pratique, elle institua des expériences comparatives qui donnèrent des résultats particulièrement remarquables et formèrent le point de départ de cette application restée spéciale à la Marine française.
- Ces expériences effectuées au champ de tir de Sevran, en janvier 1892, portèrent sur des plaques de 72 millimètres présentées au nombre de six, par les différentes usines françaises productrices de blindages : le Creusot, Saint-Cha-mond, Rive-de-Gier, Montluçon, Saint-Etienne et Holtzer.
- Les plaques éprouvées constituaient de simples morceaux carrés de 1 mètre de côté et de 72 millimètres d’épaisseur. Pour l’essai, elles étaient fixées par des crampons sur des cadres verticaux formés de l’assemblage de pièces de bois de 20 centimètres environ de côté, elles s’appuyaient simplement sur celles-ci par tout leur contour, qui leur formait une sorte de bordure de 9 à 10 centimètres de largeur. Dans ces conditions, toute la partie intérieure de la plaque se trouvait complètement dépourvue d’appui à l’arrière, comme c’est d’ailleurs le cas dans l’installation à bord pour les masques eux-mêmes, et l’essai, portant sur cette région, se trouvait ainsi effectué dans les conditions de la pratique. Il faut observer à cet égard que l’installation généralement adoptée pour l’essai des plaques-de blindages est différente de celle-ci, car les plaques éprouvées sont appuyées, dans toute leur étendue, sur un massif en bois, de grande résistance. Ôn s’attache bien sans doute dans les expériences de Gavre à déterminer la vitesse de perforation de la plaque supposée privée de son appui; mais en fait, surtout avec les plaques minces, le massif contribue à la résistance effective dans une proportion que les formules ne peuvent pas déterminer exactement, et dans ces conditions, il subsiste donc une incertitude inévitable sur la détermination exacte de la perforation de la plaque isolée. L’essai pratiqué à Sevran présente, par suite, un intérêt spécial à ce point de vue, puisqu’il s’agit d’un tir-effectif permettant d’apprécier par comparaison la réduction de résistance que subit la plaque par suite de la suppression du massif d’appui.
- Le tir fut effectué avec le canon de 65 millimètres à tir rapide, lançant des projectiles en acier forgé, pesant 4 kilogrammes, à la vitesse de 555 mètres. On tira d’abord, contre chacune des six plaques essayées, cinq coups, en les répar-tissant aux quatre sommets et au centre d’un carré de 23 centimètres de côté; les plaques essayées purent supporter ce premier tir sans être traversées et elles brisèrent toutes les projectiles d’acier. Quatre d’entre elles ne présentèrent même aucune fente sérieuse, et on décida par suite de les soumettre à un tir à outrance. Chacune de celles-ci eut à subir le choc de quatre nouveaux projectiles en acier, tirés à là même vitesse de 355 mètres, sur des points d’impact
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- situés à peu près dans la ligne du milieu et à 8 centimètres en dehors de chacun des côtés du carré d’attaque initial. On obtint ainsi pour les neuf impacts la répartition indiquée sur les figures 183 et 184; celle-ci comporte, comme on le voit, huit coups rangés comme sur une circonférence autour de l’impact central. Les quatre plaques subirent cette nouvelle épreuve dans les mêmes conditions que que la première; les projectiles d’acier furent à peu près tous brisés et il ne se déclara aucune fente, malgré le rapprochement des impacts.
- Cette expérience montra, en quelque sorte, qu’on aurait pu prolonger le tir indéfiniment et cribler les plaques de projectiles tirés dans les mêmes conditions, sans déterminer d’autres avaries. Les pénétrations observées varièrent naturellement suivant le degré de dureté des plaques, mais elles restèrent à peu
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- UK.
- Fig. 183 et 184. — Masque en acier spécial de Saint-Chamond essayé le 28 janvier 1892.
- Face avant et face arrière.
- près constantes pour chacune. Les pénétrations les plus faibles furent celles du la plaque de Saint-Etienne qui donna en moyenne 59]millimètres, mais on peut considérer que cette plaque atteignait la dureté la plus forte qu’il était désirable d’obtenir, car elle présenta sur la face avant quelques légères criques sans grande importance d’ailleurs, et quelques déchirures sur les bombements à l’arrière. La plaque de Saint-Chamond, dont nous reproduisons la vue après le tir de 12 coups dans les figures 183 et 184, donna environ 63mm,8 de pénétration; elle eut de son côté quelques écailles soulevées à l’arrière, mais elle ne présenta du reste aucune fente.
- En tenant compte d’une légère différence d’épaisseur, elle témoigne d’autre part dans l’essai ultérieur comportant le tir de 3 autres corps pour la détermination de la vitesse de perforation d’une résistance peu inférieure à celle de Saint-Étienne. La plaque du Creusot, l’une des plus régulières d’aspect, présenta une pénétration moyenne de62mm,9 sans manifester aucune avarie; celle de MM.Mar-
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- rel frères, qui était en métal plus doux, donna une pénétration plus forte atteignant 71 millimètres; mais, par contre, elle se montra particulièrement remarquable par l'absence de tout défaut et présenta une régularité d’aspect, une constance dans les résultats témoignant d’une grande homogénéité de fabrication.
- Après ces épreuves, on chercha à déterminer la vitesse de perforation des différentes plaques et on continua le tir contre chacune d’elles à des vitesses croissantes jusqu’à ce qu’elle fût traversée. Cette épreuve fut pratiquée en choisissant les points d’impact dans le voisinage des quatre angles de la région restée libre à l’intérieur du cadre d’appui ; elle ne détermina non plus aucune fente nouvelle. Les résultats obtenus montrèrent que les vitesses de perforation des plaques considérées, supposées ramenées à l’épaisseur uniforme de 72 millimètres, variaient de 478 à 513 mètres, les plaques les plus douces donnant naturellement les vitesses les plus faibles. Ces chiffres, rapprochés de la vitesse de perforation de la plaque en fer isolée telle qu’on peut la déduire d’après les formules des essais pratiqués à Gavre sur plaques appuyées, correspondent à des rapports allant de 1,29 à 1,37.
- Il n’y a pas lieu de déduire de ces essais un classement des plaques éprouvées, car l’ordre adopté se trouverait modifié dans une certaine niesure suivant l’importance qu’on voudrait attacher à la régularité d’aspect, à l’homogénéité de la fabrication à côté de la résistance à la perforation proprement dite.
- On observera du reste que ces plaques ne différaient entre elles que par des questions de nuances faciles à modifier, et, en fait, les différentes forges sont arrivées très rapidement à réaliser dans leurs fournitures courantes les meilleurs résultats obtenus à Sevran.
- En ce qui concerne l’étude de la perforation proprement dite, il convient d’observer que, si les plaques éprouvées à Sevran n’ont pas donné toute la résistance à la perforation qu’on pouvait en attendre, ce fait doit être attribué surtout aux conditions particulières d’installation. Les plaques de 40 millimètres en métal spécial éprouvées à Gavre avaient donné, en effet, un rapport supérieur à 1,48 par comparaison avec la vitesse de perforation de la plaque en fer isolée : à Sevran, au contraire, en opérant sur des plaques de 72 millimètres d'épaisseur privées de tout appui, on n’obtient au contraire que 1,37. La vitesse maximum est en effet de 512 mètres lorsque la perforation de la plaque en fer serait de 373 mètres.
- Cette réduction doit être attribuée surtout à l’absence du massif d’appui dans les tirs de Sevran, elle met bien en évidence l’influence inévitable que prend le massif dans la résistance de la plaque, surtout si elle est de faible épaisseur, et elle justifie ainsi les observations que nous avons présentées plus haut à ce sujet en étudiant les formules de perforation.
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- Il y a donc là un fait dont les formules ne peuvent pas tenir compté, et qui ne peut être apprécié exactement que par l’épreuve de tir elle-même. Les vitesses de perforation déduites d’un tir effectué avec l’intervention d’un massif d’appui se trouvent certainement diminuées sur des plaques isolées. Il est fort probable d’ailleurs que les coefficients relatifs conservent cependant leur valeur pendant que les vitesses absolues sont modifiées; et, de même que la plaque en acier spécial essayée isolée à Sevran n’a pas donné la vitesse de 540 mètres qu’on était en droit d’attendre d’après les épreuves de Gavre, il peut arriver également que la plaque en fer ne donnerait pas non plus dans ces conditions 373 mètres, comme l’indiqueraient les formules de perforation, mais un chiffre sensiblement inférieur qui pourrait se ramener à 355 mètres au lieu de 373 mètres.
- Les différentes usines françaises sont arrivées actuellement à fabriquer ces masques d’affût dans des conditions parfaitement régulières et satisfaisantes,' elles obtiennent en effet des tôles durcies complètement exemptes de fragilité qui présëntent cependant-par rapport a l’acier ordinaire un excédent de résistance très marqué, puisqu’elles possèdent une vitesse de perforation dépassant, dans certains cas, Fig. 185. — Masque de 30 millimètres
- celle de l’acier de plus de 25 p. 100. livré Par Marrel frères> essayé au
- 1 r . tir de recette le 24 mars et au tir
- Gommé spécimen de cette fabrication nous qe prime ie 31 mars 1896.
- représentons dans la figure 185 une tôle de
- 30 millimètres présentée, par MM. Marrel frères, qui a supporté avec succès le tir d’épreuve pour l’obtention de la prime dans les essais effectués à Sevran le 24 et le 31 mars 1896. Gette plaque a subi le tir de dix projectiles en acier de 47 millimètres répartis dans une région d’attaque très limitée, et elle les a tous arrêtés sans présenter aucune fente. Un onzième projectile qui était venu frapper exactement sur l’un des impacts précédents a bien traversé, mais ce coup exceptionnel a été annulé.
- Les cinq derniers coups ont été tirés à la vitesse de 380 mètres représentant un rapport de 1,29 par comparaison avec la perforation de l’acier ordinaire; on voit ainsi que le métal durci appliqué à la préparation des tôles minces peut acquérir une résistance à la perforation comparable à celle du métal cémenté.
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- CHAPITRE X
- ATTAQUE DES PLAQUES CÉMENTÉES PAR LES PROJECTILES COIFFÉS
- L’efficacité des plaques cémentées tient surtout, ainsi que nous l’avons remarqué plus haut, à l’action de la couche superficielle, car celle-ci détermine par sa dureté excessive la rupture du projectile d’attaque avant qu’il ait pu atteindre la partie en acier ordinaire, moins dure et résistante. Il y a donc lieu de penser que, si l’on pouvait prévenir cette rupture pendant les premiers instants du choc et garantir en un mot le projectile pendant la traversée de la couche cémentée, on augmenterait grandement l’efficacité du tir et on assurerait dès lors la perforation de la plaque à des vitesses bien inférieures à celles qui sont nécessaires avec les obus ordinaires.
- Il faut ajouter du reste une observation curieuse qui paraît se vérifier d’une façon générale : dès que le projectile a réussi à se frayer un trou à travers la partie durcie, dès qu’il a pu pénétrer dans la plaque à une profondeur atteignant à peu près la hauteur de l’ogive, il est rare que la rupture se produise, et, si elle se déclare, la fragmentation n’est jamais bien considérable. Il semble en un mot que la réaction même des parois du trou tend à consolider le projectile une fois inséré dans la plaque et prévient ainsi la rupture; on ne peut plus obtenir celle-ci, si elle n’a pas été provoquée au premier instant du choc.
- On peut même citer à cet égard une expérience exécutée à Shœburyness. relatée dans YEngineer du 13 novembre 1891 et qui paraît tout à fait probante un premier tir effectué contre une plaque compound à surface extérieure constituée en métal dur avait brisé complètement le projectile d’attaque, et on obtint cependant la perforation de cette même plaque dans un second tir effectué avec un projectile identique, lorsqu’on eut disposé une plaque mince en fer devant la plaque mixte ainsi attaquée. L’obstacle à traverser se trouvait incontestablement aggravé, et cependant on réalisa la perforation qui apparaissait impossible auparavant.
- Nous n’entreprendrons pas de donner ici l’explication de ce fait curieux, car il faudrait discuter en même temps le mode d’action de la couche cémentée, et c’est là un sujet sur lequel les spécialistes sont fort loin d’être d’accord, ainsi que nous avons eu déjà l’occasion de le remarquer en citant les travaux du lieutenant Ackermann. Quoi qu’il en soit, on peut concevoir que, si la présence d’un revêtement mince en fer placé devant une plaque dure facilite la perforation de celle-ci, il doit y avoir avantage à constituer ce revêtement de façon indirecte en recouvrant le projectile d’une coiffe appropriée. Cette coiffe
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- s’écrasera au contact de la couche durcie, et elle pourra avoir ainsi pour effet de prévenir là rupture de l’obus en augmentant la durée du choc. Cette disposition qui paraît surprenante au premier abord s’explique immédiatement si l’on tient compte des résultats du tir de Shœburyness, dont nous venons de parler, et elle avait du reste été essayée en Angleterre au moment de l’apparition du métal eompound, mais elle n’avait donné alors aucun résultat satisfaisant et elle était donc abandonnée.
- L’amiral russe Makaroff la reprit en 1894 pour l’attaque des plaques cémentées, et il l’appliqua dans des conditions nouvelles longtemps maintenues secrètes et encore aujourd’hui imparfaitement connues.
- Le gouvernement russe lit exécuter en juin et juillet 1894, avec les projectiles de ce type, des expériences comparatives dont les résultats furent particulièrement remarqués et eurent un retentissement énorme. Nous croyons donc intéressant de donner quelques détails à ce sujet.
- Ces épreuves portèrent sur des obus de 6” (0, 152), et elles mirent en présence deux types distincts, l’un du tracé ordinaire des obus de perforation en acier forgé, préparés par l’usine de Putiloff, et l’autre, du tracé spécial Makaroff appliqué à des obus de môme provenance, munis seulement d’une coiffe dont la disposition et le tracé ne furent pas divulgués. Ces deux types d’obus étaient préparés suivant un procédé de trempe particulière qui n’avait pas encore été éprouvé antérieurement, et on essaya, à titre comparatif, trois autres obus préparés suivant l’ancien mode de trempe. En ce qui concerne la coiffe des obus Makaroff, elle recouvrait la pointe de l’ogive, d’après l’estimation de M. le capitaine Tresidder, sur une longueur d’environ 113 millimètres; elle était fixée d’ailleurs sur l’obus par simple aimantation, ce qui explique le nom d’obus magnétiques sous lequel ces projectiles furent immédiatement désignés. Le poids de ces obus attèignait 41ks, 1 à 41k§',4, en excédent de lk° 6, environ sur le poids dès obus ordinaires, limité à 39ks,8. '! '
- Pour les épreuves de tir, on employa trois plaques cémentées, ayant 2ra,40 de côté. Deux d’éntre elles, de forme plane, avaient 0m,152 d’épaisseur; elles étaient fournies, l’une par l’usine Cammell et l’autre par l’usine Brown. La troisième, de forme cintrée, avait O111,254, elle venait également de l’usine Brown. Les deux plaques de 0,152 furent fixées sur un massif d’appui tournant constitué par des madriers en bois de pin de 0m,30 d’épaisseur avec revêtement de tôles de fer.
- La plaque de 0ni,254 fut placée de son côté sur un massif d’appui immobile constitué également de madriers en bois avec revêtement en tôles de fer.
- Les plaques étaient fixées par douze boulons.
- Les vitesses de tir sont indiquées au tableau ci-dessous. D’après le commandant Yallier, elles varièrent pour les plaques de 0m,152, de 550 à 570 mètres avec
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- des incidences allant depuis la normale jusqu’à l’inclinaison de 25°. Pour les plaques cintrées de 0m,254, les vitesses de tir varièrent de 663 à 727 mètres, avec des incidences allant depuis la normale jusqu’à 9° seulement.
- Généralement, les vitesses furent mesurées directement, mais quelquefois on se contenta de les apprécier d’après la charge de poudre employée.
- Ainsi qu’on le voit par l’examen du tableau, les deux plaques de 0, 152 peuvent être considérées comme étant bien comparables, puisque les premiers coups tirés contre chacune d'elles ont produit des effets identiques. On remarquera ensuite la supériorité frappante des projectiles à coiffe qui ont pu traverser les plaques attaquées dans les conditions où les projectiles ordinaires rebondissaient en se brisant.
- La plaque Brown a été traversée, en effet, en tir normal et sous les incidences de 15, et même 20°. La plaque Cammell a été traversée en tir normal et sous l’incidence de 15°; mais avec celles de 20 et 25°, les projectiles à coiffe n’ont pas produit un effet sensiblement supérieur à celui des projectiles ordinaires; les résultats obtenus sont équivalents dans les deux cas.
- Dans l’attaque de la plaque cintrée, tous les projectiles sans coiffe ont été brisés, tandis que, sur les trois obus coiffés, deux sont restés intacts, et le seul qui n’ait pas traversé a donné une pénétration particulièrement forte. On peut conclure de ces essais que, dans l’attaque des plaques d’épaisseur égale au calibre jusqu’à l’incidence de 20°, et dans celle des plaques atteignant 1,67 fois le calibre jusqu’à l’incidence de 10°, l’obus coiffé s’est montré nettement supérieur à l’obus ordinaire.
- Cette supériorité disparaîtrait d’ailleurs avec une incidence plus forte, car la coiffe perd alors toute efficacité.
- Ce résultat, fort étrange au premier abord, est encore assez difficile à expliquer en théorie, comme nous venons de le dire; cependant, on peut estimer que la rupture du projectile ordinaire dans l’altaque des blindages cémentés résulte surtout de ce que l’action ainsi produite dans le choc est à peu près instantanée; la présence de la coiffe a pour effet, au contraire, de lui donner une durée appréciable, permettant ainsi à la pointe de l’ogive d’atteindre une zone moins dure pendant l’écrasement du métal doux, et éteignant, sans doute en même temps les vibrations susceptibles de provoquer la rupture.
- Si l’on examine, d’autre part, les essais d’Ochta au point de vue de la résistance des plaques éprouvées, on peut^essayer d’en déduire le rapport de la résistance à la perforation par comparaison avec le métal ordinaire, dans l’attaque des projectiles coiffés, et on trouvera ainsi que ce rapport est sensiblement inférieur à ceux qu’on admet habituellement dans le cas des projectiles de type ordinaire.
- On voit, en effet, que pour l’épaisseur de 152 millimètres, la vitesse de per-
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- foration d’une plaque en acier isolée attaquée en tir normal est de 437 mètres; or la perforation des plaques cémentées a été atteinte à la vitesse de 560 mètres avec les projectiles coiffés, c’est-à-dire avec un coefficient atteignant 1,28.
- La plaque de 254 millimètres donne lieu à une observation analogue : la vitesse de perforation en tir normal delà plaque en acier isolée est de 633 mètres; or la perforation a été atteinte à la vitesse de 727 mètres sous l’incidence de 9° donnant une composante normale de 718 mètres. Le coefficient correspondant à cette vitesse s’abaisse donc à 1,13.
- Ces chiffres peuvent paraître déjà un peu faibles, cependant, il ne faut pas oublier qu’ils sont encore trop élevés en réalité, car il faudrait tenir compte, dans les deux cas, des massifs d’appui que nous n’avons pu faire intervenir dans le calcul de la vitesse de perforation de la muraille totale, n’en connaissant pas exactement la composition ; Jes rapports ainsi obtenus subiraient, dès lors, une réduction appréciable.
- On peut estimer, toutefois, que les plaques éprouvées à Ochta n’étaient peut-être pas d’excellente qualité et manquaient un peu de dureté, ce qui peut expliquer, dans une certaine mesure, la faiblesse des résultats obtenus, car les épreuves pratiquées ultérieurement en Amérique sur les projectiles à coiffe ont donné des rapports plus élevés.
- Il est arrivé, du reste, que, dans certaines épreuves, les projectiles de type ordinaire ont pu traverser les plaques Harvey, mais ils étaient animés alors d’une vitesse beaucoup plus considérable, dépassant souvent de 35 p. 100 celle de l’acier ordinaire ; cette vitesse satisfaisait alors à la relation proposée par le commandant Vallier et rappelée plus haut :
- et il est facile de voir qu’il n’en était pas de même dans les tirs d’Ochta, car en calculant ce rapport pour la vitesse de 718 mètres, on n’obtient encore dit M. le commandant Vallier, que 1,25, ce qui expliquerait donc l’impuissance de ces projectiles à traverser, sans se briser, la surface dure de la plaque attaquée.
- Cette condition ne s’impose plus évidemment avec la coiffe, et le cas est le même pour toute autre disposition permettant d’éviter la rupture du projectile à l’instant du choc.
- Les expériences d’Ochta ont eu, ainsi que nous l’avons indiqué plus haut, le plus grand retentissement, et dès qu’elles eurent été signalées, les diverses nations maritimes cherchèrent à pénétrer le mystère qui les entourait encore et voulurent effectuer de leur côté des épreuves comparatives avec des obus coiffés de disposition plus ou moins analogue à celle des obus Makaroff.
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- En F rance, en particulier, on essaya des projectiles à coiffe des types de Holtzer et de Saint-Chamond, dans lesquels la coiffe, posée à chaud, était serrée par refroidissement ou par sertissage, et recouvrait l’ogive sur une partie plus ou moins considérable de sa hauteur.
- Dans cet essai, on s’attacha particulièrement, avec grande raison, à déterminer les limites d’incidence au delà desquelles la coiffe perdait son utilité. On tira un obus de 24 centimètres sous l’incidence de 15° contre une première plaque d’acier cémenté de 25 centimètres, et deux obus de 16 centimètres, sous l’incidence de 25°, contre une seconde plaque de 25 centimètres.
- Le premier tir fut effectué à une vitesse correspondant au coefficient 1,20; l’obus rebondit en se brisant. Dans les tirs pratiqués avec les deux obus dé 16 centimètres, le premier obus rebondit également en se brisant, tandis que le second put traverser, cassé en deux morceaux, la plaque affaiblie déjà par le premier tir.
- Toutefois, dans un tir ultérieur pratiqué avec un obus à coiffe Holtzer, la plaque a pu être traversée, l’obus restant entier.
- Ces résultats montrent nettement, comme on voit, qu’il est difficile décompter sur les obus à coiffe dans des tirs effectués sous une incidence un peu forte, et si l’on songe que ces tirs obliques de perforation sont appelés à constituer le cas général dans la pratique, on reconnaîtra que l’application de la coiffe, qui présente d’autre part de nombreux.inconvénients au point de vue de la justesse du tir, perd ainsi, en même temps, une grande partie de son intérêt.
- En Amérique, on a effectué égalèment, au cours de l’automne 1894, plusieurs expériences sur les obus coiffés, et nous rappellerons en particulier le tir pratiqué avec des obus de 0,152 contre une plaque d’épaisseur égale au calibre. Cette plaque, qui cependant avait été rebutée comme présentant certaines criques, donna, au contraire, à l’essai, des résultats très remarquables et se montra de beaucoup supérieure aux plaques éprouvées à Ochta. On avait tiré d’abord en mai 1894, à la vitesse de 548 mètres, deux coups avec les projectiles ordinaires, qui s’étaient écrasés en donnant seulement des pénétrations de 0m,06 et 0m,08 sans produire aucune crique sur la plaque d’épreuve. L’essai fut repris le 2 octobre suivant : on porta la vitesse à 609 mètres dans les deux coups nos 3 et 4 tirés avec des projectiles ordinaires; mais ceux-ci se brisèrent encore sans traverser, en donnant des pénétrations de 0m,10 et 0ni,tl. Deux autres coups furent tirés ensuite aux vitesses de 548 et 579 mètres avec des projectiles de tracé spécial, mais sans coiffe, pesant toujours 45ks,35 comme les premiers, et les résultats obtenus restèrent analogues aux précédents.
- Un premier projectile coiffé pesant 48k°,97 fut tiré alors à la vitesse de 609 mètres, mais il présenta une forte déviation et vint frapper la plaque à 0m,300 environ du point visé, ce qui portait l’incidence à 6° au lieu de J’incL
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- dence normale cherchée. Cet obus se brisa du reste aussi sans traverser, l’ogive restant dans l’empreinte. ;
- Le projectile suivant, tiré le huitième contre la plaque, était de tracé spécial, mais dépourvu de coiffe ; il fut lancé à la vitesse de 640 mètres, considérée comme représentant la perforation de la plaque Harvey, et il put effectivement traverser. On tira enfin deux projectiles coiffés pesant 47k§,15, aux vitesses de 579 et 518 mètres, et tous deux traversèrent, mais il faut considérer que la plaque se trouvait alors fort affaiblie par ces tirs successifs.
- Quoi qu’il en soit, pour permettre d’apprécier les résultats obtenus avec les projectiles coiffés, nous reproduisons dans le tableau suivant, d’après YEngineer, les résultats de certains tirs effectués tant en Angleterre qu’aux États-Unis avec des projectiles coiffés ayant traversé, et nous y joignons d’autre part un tableau donnant le relevé des principaux tirs effectués avec des projectiles non coiffés qui ont cependant réussi à traverser. Nous indiquons en même temps le rapport des vitesses de tir à la perforation de l’acier ordinaire, ainsi que le rapport du calibre à l’épaisseur de la plaque de façon à réunir tous les éléments de l’appréciation comparative de ces divers tirs.
- L’examen du tableau consacré aux projectiles coiffés montre que la perforation a pu être atteinte dans ces tirs, lorsque le coefficient déterminant la vitesse de tir était supérieur ou même égal à 1,35, et comme on trouve d’autre part dans le second tableau certains exemples de projectiles non coiffés ayant réalisé la perforation avec des vitesses de tir donnant un coefficient moindre, on pourrait en conclure au premier abord que l’application de la coiffe ne présente pas d’utilité efficace.
- Il faut observer immédiatement que cette conclusion serait loin d’être exacte) car elle ne tient pas compte de ce fait que les exemples relatés de projectiles non coiffés ayant réalisé la perforation constituent en réalité de simples exceptions, choisies parmi un grand nombre de cas contraires, puisque le plus souvent ces projectiles se sont brisés sans traverser. Ajoutons en outre que les cas où fa perforation a été obtenue avec des vitesses correspondant à de faibles coefficients ont toujours été observés sur des plaques déjà affaiblies par des tirs antérieurs, et il ne serait donc pas légitime de les faire entrer complètement en ligne de compte. Les tirs effectués au contraire avec les projectiles coiffés sont encore très peu nombreux, et presque tous ces projectiles ont réussi à traverser en tir normal lorsque la vitesse était suffisante. La coiffe n’a certainement pas pour effet de réaliser la perforation dans le cas où un projectile ordinaire qui ne se briserait pas serait impuissant à traverser par manque de vitesse, et par conséquent on ne peut pas dire que la plaque présente une résistance à la perforation différente dans l’attaque avec les deux types de projectiles, seulement il reste vrai que le projectile non coiffé a les plus grandes chances de se briser, ce qui le
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- met alors dans l’impossibilité de traverser, tandis que le projectile coiffé peut y réussir, puisque le plus généralement il ne se brise pas.
- Un se trouve donc conduit à augmenter la vitesse pour mieux assurer la perforation dans le cas du projectile non coiffé, tandis qu’il n’y a pas nécessité de le faire avec les autres, et c’est ce qui explique que les déterminations de résistance à la perforation effectuées avec les projectiles coiffés conduisent généralement à adopter des coefficients moindres. On peut admettre, par exemple, qu’une plaque qui arrêterait un projectile non coiffé tiré avec une vitesse donnant le coefficient de 1,45 peut être traversée avec un projectile coiffé, même lorsque ce coefficient s’abaisse à 1,35.
- Si nous revenons toutefois aux essais de projectiles coiffés effectués en Amérique, nous devrons mentionner que ces tirs ont révélé certains incidents montrant que l’emploi de ce type de projectile n’était pas toujours sans danger.
- On visita en effet le canon après le tir d’un premier obus coiffé, qui avait donné une déviation très accentuée, et on constata que l’âme présentait de fortes dégradations situées à une distance de la bouche de 2ra,850 environ. On supposa donc que la coiffe avait été arrachée dans le parcours de l’âme du canon, ce qui avait amené le coincement du projectile et provoqué par suite l’irrégularité constatée dans le tir. Cependant la coiffe, qui était maintenue par aimantation, comme dans les projectiles russes, était fixée en même temps à la base par trois vis équidistantes pénétrant dans l’obus.
- Un pareil accident, dont il est inutile de faire ressortir la gravité, est certainement, comme le remarque M. le commandant Yallier, de nature à faire hésiter sur l’adoption des obus à coiffe. Il faut reconnaître toutefois que ce fait n’a pas encore été observé dans les tirs effectués en Russie, ni surtout en France avec les dispositions adoptées chez nos constructeurs par serrage dû au refroidissement; mais, quoi qu’il en soit, il y a là une question de sécurité qui doit être prise en sérieuse considération en dehors du reste des difficultés de toute nature que l’usage des coiffes entraîne dans le tir.
- Il faut remarquer, en effet, que l’addition de la coiffe a pour effet de bouleverser complètement les tables de tir, de modifier la stabilité de l’obus dans sa trajectoire et, par suite, d’altérer grandement la précision du tir; et M. le capitaine américain Sampson déclarait, de son côté, que l’emploi de ces obus n’est guère pratique.
- Si l’on considère d’autre part qu’ils perdent toute leur efficacité dans le tir oblique sous forte incidence, qui sera le seul employé dans l’attaque des navires cuirassés, on reconnaîtra que les plaques cémentées n’ont pas trop à s’émouvoir de l’entrée en lice de ce nouvel adversaire, et on en conclura que la lutte sans fin du projectile et de la cuirasse n’est pas encore près de s’arrêter par l’écrasement définitif de l’un des deux adversaires en présence.
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- Essais pratiqués en Russie, en juin 1894, avec des projectiles coiffés et non coiffés de 0,152 tirés contre 3 plaques carrées de 2m,40 de côté en acier Harvey.
- DES COUPS PROJECTILES PLAQUE
- TYPE POIDS VITESSE INCIDENCE ÉPAISSEUR PROVENANCE PÉNÉTRATION ej l A l DU r KUJ EU HLE Etat de la plaque
- kil.
- 1 Cl 39,8 568 Normale 0,152 Brown. Le grain de la plaque est beau et assez fin, la partie cémentée se distingue à peine. 0,23 Brisé, l’ogive reste engagée; on retrouve 30 éclats pesant 7 kil. 2 fentes légères traversant.
- 2 C 41,20 560 )) » J> Traverse Entier. Traversée, fente légère, trou rég.
- 3 C 41,20 562 15° )) )) Traverse Non retrouvé, Traversée, trou régulier.
- 4 a 39,8 562 15° » 11 0,175 Rebondit brisé, l’ogive reste engagée. 2 fentes transversales.
- 5 c 41,4 559 20° » » Traverse Entier. Les fentes s’aggravent,trou régul
- 6 C 41,4 560 25° » ” Brisé, on retrouve 48 éclats pesant 13 kil. Nombreuses fentes.
- 1 a 40 562 N orinale D Cammell. Le grain gros et brillant a l’aspect du métal brûlé. 0,20 On retr. 60 éclats pesant 11 kil. 4 fentes, dont une traverse.
- 2 C 41,2 557 » » ” Traverse Cassé en 2 morceaux. Los fentes s’aggravent, trou régulier, impact bien lisse.
- 3 c 41,1 570 25° )) 0,08 Rebondit brisé, on retrouve 184 éclats pesant 13 kil. 4 fentes, dont 2 traversent.
- 4 3 a c 39,5 41,4 550 550 25° 25“ » 0,06 0,08 Rebondit brisé. 2 fentes nouvelles.
- 6 C 40,1 550 20“ » » 0,08 Rebondit brisé, on retrouve 50 éclats pesant 14 kil. 3 fentes, dont 2 traversent.
- 7 c 40,4 550 15“ » » Traverse Brisé.
- 1 c 40,1 714 9“ 0,254 Brown. Plaque cintrée. Traverse Brisé, on retrouve 6 éclats pesant 13 kil. Traversée, aucune fente, l’intérieur de l’impact est bien lisse.
- 2 a 39,8 727 9“ » ” Non mesuré Brisé, l'ogive reste dans l'empr.. on retr. 11 more, pesant 8 kil. Aucune fente, trou irrégulier avec de nombreux éclats.
- 3 c 40,4 663 N orinale ” 0,38 Entier, reste engagé, le culot est en saillie de 2 centimètres. Aucune fente sur la face avant, mais fente do 125 millimètres à l’arrière.
- 4 a 39,8 669 » )) « 0,10 Brisé, l’ogive reste dans l’empreinte. Aucune fonte, gonflement de 25 millimètres k l’arrière.
- 3 d 40,4 727 9“ » » Traverse Cassé en 2 morceaux. Trav., aucune fente, trou régul.
- 6 b 39,8 727 9“ >J 0,29 Brisé, l’ogive reste dans l’empreinte, on retrouve 8 morceaux pesant 3 kg. 100. Aucune fente, bourrelet circulaire de 37 centimètres.
- 7 b 40 727 N ormale ” ” 0,23 On retrouve 17 morceaux pesant 10 kil. Aucune fente, bourrelet circulaire de 40 centimètres.
- a) Nouvelle trempe sans coiffe. — (b) Ancienne trempe sans coiffe. — (c) Nouvelle trempe et adaptation magnétique. — (d) Ancienne trempe et adaptation magnétique,
- iii -"SJ' -.V-v-i'K V
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- Tableau résumant les résultats de divers essais de tir contre plaques cémentées pratiqués avec des projectiles non coiffés.
- LIEU DATE NATURE SEUR 'LAQUE PROJECTILES VITESSE DE RAPPORT DE LA VITESSE RAPPORT DU EFFET S PRODUITS
- DE l’essai DE LA PLAQUE cn •M « PROVENANCE CALIBRE POIDS VITESSE PERFORATION DE L ’ ACIER ORDINAIRE DE TIR A LA PERFORATION DE L’ACIER CALIBRE A l’épaisseur SUR I. E PROJECTILE
- Ochta ... . . nov. 1892. . Yickers-Harvej. 0, 254 Acier forgé. 0,228 184 575 403 1,42 0,90 Traverse, brisé.
- Gavre avril 1893. . Id. 0,268 » 0,24 144 700 490 1,42 0,90 Traverse, entier.
- )) » » )> » )) )) 660 490 1,34 0,90 Id.
- )) » » )> )) 0,16 45 880 641 1,37 0,60 Id.
- Gavre juillet 1893. » 0,368 » 0,34 420 625 465 1,34 0,92 Id.
- » )) )> )) )) )) )) 539 465 1,16 0,92 Id.
- » déc. 1893. . )> 0,25 » 0, 24 144 606 468 1,29 0,98 Traverse, brisé.
- Portsmouth. . août 1893. . Harvey. 0,152 Hadfield. 0,132 45,36 598 417 1,43 1,00 Traverse, cassé.
- Gavre déc. 1893, . Sainl-Chainond Harvey. 0,160 Acier forgé. 0,14 30 705 495 1,42 0,87 Traverse, brisé. V
- )) » )> 0,160 )) 0,16 45 658 465 1,41 1 Id.
- Gavre avril 1894. Châtillon. 0,16 )) 0,16 45 670 460 1,45 1 Id.
- États-Unis. . . 12 juil. 1894. TypeHarv. 0,431 Wheelci'-Sterling. 0,304 385,55 566 499 1,13 0,70 Trav.entier,peudéformé.
- Shœburyness.. 18 oct. 1894. Harvey. 0,132 Labor. royal. 0,152 45,36 598 417 1,43 1,00 Reste engagé entier, la pointe traverse.
- États-Unis. . . 4 fév. 1895. Harvey. 0,355 Wliecler-Sterling. 0,304 385,55 566 437 1,29 0.81 Traverse, ogive cassée.
- Meppen. . . . 16 mars 1895. Krupp. 0,146 Acier forgé. 0,15 51 616 419 1,44 1 Traverse, brisé.
- États-Unis. . . 15 juinl895. Harvey. 0,139 iYheeler-Sterling. 0, 101 14, 97 609 497 1,22 0,80 Traverse, entier.
- )) 7 sept. 1895. Harvey. 0,355 Id. 0,304 385,55 548 437 1,25 0,80 Traverse, cassé.
- Russie . . . . nov. 1896. . Krupp. 0,254 ? 0,203 87,30 868 535 1,62 0,80 Traverse en conservant encore une vitesse de 200 mètres.
- Indian Head. . nov. 1896 . Carnegie-Harvey. 0,254 Acier forgé. 0,203 95,25 742 512 1,44 0,80 Traverse, brisé.
- )) — juillet 1898. Carnegie-Knipp. 0,152 » 0,152 47,16 615 403 1,49 1,00 Traverse, entier.
- » sept. 1898. . Id. 0,304 » 0,304 385,53 615 391 1,57 1,00 Traverse, cassé.
- )> 3 nov.1898. Betlilehem. 0,13* )) 0,203 114,3 556 335 1,65 1,28 Id.
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- Tome IYr. — 98° année. 5e série. — Décembre 1899.
- Tableau résumant les résultats de divers essais de tir contre plaques cémentées
- pratiqués avec des projectiles coiffés.
- LIEU DATE NATURE ISEUR l'LAQUE PROJECTILES VITESSE D E PERFORATION DK L'ACIER ORDINAIRE RAPPORT DK LA VITESSE RAPPORT DU CALIBRE A l’épaisseur E F F E T S PRODUITS
- L ’ E S S A 1 LA PLAQUE ÉPAIS DE LA PROVENANCE CALIBRE POIDS VITESSE A LA PERFORATION DE L’ACIER SUR L E P R 0.1 E C T 1 L E
- Sliodiuryness.. oetob. 1894. Harvey . 0,152 Laboratoire royal. 0,152 45, 36 566 417 1,35 1,00 Traverse, cassé. ^
- Id. Id. !d. Id. Id. » )> 575 417 1,37 1,00 *
- E lais-Uni s. . . 30 avt. 1896. Harvey . 0, 178 Johnson . . 0,152 45, 36 -? 407 )) 0,89 Traverse, peu déforme.
- Id. 20 sept. 1896. Harvey . 0,254 Id. 0,152 47,70 763 407 1,80 0,60 Traverse, culot cassé.
- Shœlruryness.. août 1897. Harvey . 0, i 52 HadOeld . . 0,152 45, 36 591 417 1,40 1,00 Traverse, cassé.
- Id. )) » )> » » » 597 417 1,42 1,00 Traverse, cassé.
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- MÉTALLURGIE. --- DÉCEMBRE 1899.
- CHAPITRE XI >
- CUIRASSEMENTS DESTINÉS AUX OUVRAGES MÉTALLIQUES POUR FORTERESSES
- Nous avons dit en commençant que l’application des cuirassements métalliques était loin de présenter pour les ouvrages de forteresses la même importance que dans les constructions navales, et qu’elle devait être considérée, en quelque sorte, comme ayant dans ce cas un caractère exceptionnel.
- Nous nous sommes donc attaché jusqu’à présent dans cette étude aux blindages des navires, mais nous croyons intéressant toutefois de dire quelques mots de l’emploi du métal dans l’installation des forteresses de terre, tant pour le revêtement des ouvrages fixes comme les divers parapets ou les casemates, que pour celui des tourelles mobiles.
- Ce sera là pour nous, du reste, l’occasion d’examiner la question des blindages à un point de vue un peu différent de celui où nous nous sommes placé jusqu’à présent, car les propriétés requises du métal pour l’application aux ouvrages de terre sont loin de se confondre avec celles qu’on recherche dans les cuirassements de navires.
- Il faut observer en effet que les cuirasses employées dans les forteresses doivent avant tout résister à un tir continu pouvant comporter un grand nombre de coups venant toujours frapper dans la même région. Chacun de ces coups individuels ne présente sans doute qu’une énergie relativement faible, et serait tout à fait insuffisant à lui seul pour déterminer la perforation; cependant la multiplicité de ces coups ne laisse pas que d’être fort dangereuse, car elle suffit le plus souvent, avec certaines natures de métaux, pour amener une désagrégation nettement marquée, et ce n’est généralement pas le métal le plus résistant à la perforation qui supporte le mieux cette épreuve.
- On voit immédiatement que l’étude des cuirassements pour forteresses appelle nécessairement des expériences appropriées et dirigées dans un esprit différent des épreuves de tir effectuées pour les constructions navales, telles que nous les avons signalées précédemment.
- Nous allons donc rappeler sommairement quelques-unes des diverses études comparatives ainsi effectuées sur les divers métaux proposés, et nous en indiquerons les résultats, au point de vue métallurgique, sans entrer d’ailleurs dans la discussion de la valeur respective des types d’ouvrages éprouvés qui ne saurait trouver place dans ce travail.
- La première application des tourelles métalliques dans l’installation des forteresses de terre a été réalisée en 1863 sur le réduit du fort n° 3 de la citadelle
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- d’Anvers. Cette application est due au savant officier belge, le général Brial-mont, qui a attaché son nom à toutes les études entreprises depuis lors pour la transformation des fortifications par l’emploi des cuirassements métalliques.
- La coupole d’Anvers avait été établie d’après les indications du capitaine Coles, de la Marine anglaise : elle était de forme tronconique, et revêtue d’un cuirassement en fer laminé.
- Cinq ans plus tard, en 1868, le général construisait une seconde tourelle également en fer laminé, mais d’un type perfectionné, qui fut installée au fort Saint-Philippe, et destinée à battre une des passes de l’Escaut en aval d’Anvers.
- L’exemple donné par le général Brialmont fut suivi par diverses autres puissances, comme la Hollande, l’Italie, l’Autriche, qui construisirent également quelques tourelles de types analogues pour la défense de certains points particulièrement importants.
- Jusqu’en 1873, ces tourelles furent toujours exécutées en fer laminé, qui était alors Je seul métal employé par la Marine, sans qu’on se soit préoccupé autrement d’ailleurs d’en déterminer les avantages ou les inconvénients, et il ne semble pas en effet qu’aucune expérience spéciale ait alors été effectuée à ce point de vue.
- En dehors des tourelles, on avait cherché également, même avant 1870, à employer les cuirasses métalliques dans le revêtement des casemates fixes, et le commandant Schumann, du Génie prussien, avait proposé en effet, dès 1866, un type de batterie blindée munie d’un revêtement métallique à la partie antérieure.
- Quoi qu’il en soit, la question de l’emploi des cuirassements dans les fortifications prit une importance particulière après les événements de 1870, et les divers Etats d’Europe, spécialement la France et l’Allemagne, n’hésitèrent pas à entreprendre des expériences méthodiques et prolongées pour déterminer les types d’ouvrages les plus convenables et les types de métaux les mieux appropriés à cette application.
- Le ministère de la Guerre français institua à cet effet en 1874 une Commis-sion qui opéra au champ de tir de Gavre en s’appuyant d’abord sur les résultats des tirs effectués depuis 1835, en vue de l’attaque des blindages de navires.
- Dans une première série d’expériences allant de 1874 à 1876, cette commission s’attacha surtout à l’étude des cuirassements fixes à disposer comme blindages entête des casemates, et elle opéra exclusivement sur le fer laminé; elle constata que ce métal pouvait fournir un revêtement efficace, à la condition de ne pas fixer directement la plaque métallique sur la maçonnerie de fourrage, car l’action des chocs successifs, résultant du tir, amènerait autrement la désagrégation rapide de celle-ci. Il était donc nécessaire d’interposer un matelas élastique convenable, et, après diverses expériences, la Commission arrêta son choix
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- sur le sable pur, siliceux, damé à sec et tassé, qui présente les avantages suivants : grande résistance au choc des projectiles et à leur pénétration, économie et incorruptibilité.
- En ce qui concerne enfin l’épaisseur à donner au métal, la Commission constata que, dans le cas du tir par des coups superposés, il est impossible de déterminer cet élément d’après les formules de perforation habituelles rappelées plus haut, mais l’épaisseur nécessaire doit être au contraire notablement augmentée.
- Comme le trou d’embrasure constitue forcément un point faible sur lequel l’assaillant s’efforcera toujours de concentrer ses coups, il convient de se préoccuper grandement dans le choix du métal pour cuirassement delà résistance qu’il peut offrir en ce point. Quel que soit du reste le type de métal adopté, il est bon de protéger ce trou par un obturateur métallique à manœuvre rapide.
- A la suite de cette première série d’expériences, et en attendant les conclusions définitives de la commission, on adopta à titre provisoire un modèle de casemate en fer, proposé par M. le capitaine du génie Mougin, qui était destiné à résister seulement au tir de campagne, et on plaça quelques-uns de ces ouvrages dans divers forts de la haute Moselle.
- Expériences effectuées sur la fonte dure. — Le fer laminé restait ainsi le seul métal employé à la préparation des cuirassements, mais cette application exclusive se trouva bientôt remise en question par l’apparition d’un métal nouveau, la fonte dure, qui présentait des avantages particulièrement marqués dans la préparation des ouvrages pour forteresses de terre.
- Ce métal, dont l’application aux cuirassements avait été proposée vers 1873 par la maison Gruson, de Magdebourg, venait de donner en effet des résultats très intéressants dans les tirs elfectués en Allemagne, et la Commission française dut l’étudier à son tour dans une seconde série d’expériences, allant de 1875 à 1878, ainsi que nous le dirons plus loin.
- La fonte dure constitue, comme on sait, une sorte de fonte aciéreuse obtenue au four Siemens dans les mêmes conditions que l’acier, mais en tenant la réaction décarburante volontairement incomplète, de façon que la teneur en carbone du métal ainsi obtenue dépasse généralement 3 p. 100. Elle est coulée dans un moule métallique de grande épaisseur dont le contact provoque au moment de la coulée du métal liquide le refroidissement brusque de la couche superficielle, et lui communique ainsi une dureté exceptionnelle.
- La fonte simplement coulée en coquille était déjà appliquée industriellement vers 1860; elle fut d’abord employée, en effet, à divers usages pour lesquels sa grande dureté présentait un intérêt tout particulier, comme la fabrication des roues, des marteaux, enclumes, etc.
- Elle fut appliquée également à la préparation de projectiles, à qui elle com-
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- mimique ainsi une grande dureté, bien supérieure à celle des obus en fonte ordinaire, et les premiers boulets en fonte dure furent employés avec succès par l’artillerie allemande au cours de la guerre danoise de 1863. Le tir d’une batterie de côtes munie de ces projectiles eut en effet pour résultat d’empêcher l’intervention dans la lutte d’une frégate danoise, cependant cuirassée, qui dut se tenir à l’écart pour ne pas être coulée.
- L’usine de Magdebourg, qui s’était consacrée à cette fabrication, parvint à appliquer ce métal vers 1873 à la préparation de pièces plus importantes que les projectiles, et elle fabriqua de véritables plaques de cuirassement.
- La fonte dure présente en effet des avantages marqués pour cette application : étant obtenue directement par voie de fusion, elle peut s’adapter sans difficulté à tous les tracés qu’on veut lui donner, recevoir par conséquent les formes courbes les plus avantageuses pour la résistance ; en raison de sa grande dureté, elle délermine facilement la rupture des projectiles d’attaque en fonte ou même en acier coulé dont l’artillerie faisait usage à cette date; elle peut donc supporter un tir prolongé sans être traversée, ni présenter même de fentes graves.
- A égalité d’épaisseur, elle possède sans doute moins de résistance que le fer laminé contre un choc de grande énergie, mais il faut considérer qu’elle peut être préparée en masses aussi épaisses qu’on peut le désirer, et cependant cette augmentation de poids peut être acceptée sans trop d’inconvénients, puisqu’il s’agit généralement de cuirassements fixes. Du reste, le procédé de fabrication permet d’obtenir ces lourdes pièces dans des conditions de prix particulièrement avantageuses.
- Ces considérations décidèrent l’administration allemande à faire l’application de ce métal dans la construction des forteresses de terre, et, pour apprécier exactement la résistance qu’on en pourrait attendre dans la pratique, elle effectua diverses expériences de tir qui se prolongèrent depuis 1873 jusqu’en 1875.
- Ces expériences portèrent sur des ouvrages identiques à ceux qu’on se proposait de construire, et non pas seulement sur des plaques d’essai, comme c’était le cas dans les épreuves de recette des blindages dont nous avons parlé précédemment; elles amenèrent donc à discuter toutes les questions soulevées dans l’installation de pareils ouvrages, comme celles des meilleurs tracés à donner au profil extérieur pour les protéger contre le tir direct, les dispositions d’affût tendant à diminuer l’ouverture des embrasures qui forment toujours les points dangereux, etc., ou encore, en ce qui concerne l’installation des avant-cuirasses protégeant les infrastructures, les dispositions de toute nature à adopter pour les rattacher aux ouvrages en terre, en maçonnerie ou en béton, etc. Il y a là, en un mot, une série de questions complexes dont l’examen exigeait, comme on voit, des recherches multiples et variées, mais ici nous devons en retenir seulement ce qui concerne l’étude de la résistance du métal.
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- Les expériences effectuées en 1873 et 1876 par l'administration allemande en vue de la construction d’un fort de côte prévu à Langlanjensand portèrent sur une coupole d'épreuve comportant dix voussoirs en fonte dure dont l’assemblage constituait une sorte de demi-sphère de 4 mètres environ de diamètre.
- Ces dix voussoirs comprenaient une couronne circulaire formée de cinq voussoirs de 0m,50 environ d'épaisseur, dont trois servant de piliers d’appui, et deux voussoirs d’embrasure, avec cinq autres voussoirs de couverture.
- Cette toiture était recouverte on outre d’un matelas en terre ayant lm,50 d’épaisseur environ.
- On tira d’abord deux coups du canon de 28 centimètres contre l’un des voussoirs d’embrasure dans le voisinage des trous, et on put constater que l’effet produit sur la plaque était presque insensible; les projectiles avaient ricoché en effet en se brisant, grâce à la forme courbe du voussoir qui n’avait pas permis la pénétration. La plaque ne présentait que des piqûres superficielles produites par les éclats d’obus, avec deux petites criques très fines partant du trou d’embrasure. Devant ce résultat qui dépassait les espérances, on tira contre la même plaque un troisième coup qui aggrava seulement d’une façon légère les fentes préexistantes.
- Le tir fut repris ensuite en juillet 1874, et on lança contre la même plaque dix-neuf projectiles répartis sur toute l’étendue de celle-ci sans provoquer de dégâts considérables; on n’obtint en effet sur la surface extérieure que des exfoliations insignifiantes, des esquilles détachées, etc. ; les fentes préalables devinrent visibles sur la face intérieure, mais sans présenter à l’extérieur aucun changement appréciable. Nous reproduisons du reste la vue de ce voussoir figure 186.
- On effectua ensuite une épreuve analogue contre l’un des voussoirs formant pilier, et on obtint des résultats également satisfaisants.
- Les voussoirs de toiture furent attaqués en tir plongeant, leur disposition ne permettant pas l’attaque en tir direct, et ils résistèrent également dans des conditions fort remarquables.
- Ces résultats montraient bien que la fonte dure pouvait supporter sans avaries graves le tir des projectiles en fonte, et ils décidèrent donc l’administration allemande à adopter désormais ce métal pour la construction des casemates et coupoles qu’elle avait en prévision.
- La France ne tarda pas à se préoccuper de la question, et comme les usines françaises, spécialement celle de Montluç-on, Saint-Jacques, venaient de réaliser des progrès intéressants dans la préparation de la fonte dure, que celle-ci appliquait déjà avec succès à la fabrication des projectiles, la commission constituée à Gavre pour Fétude des cuirassements de forteresses fit porter sur ce métal la seconde série des expériences qu’elle effectua de 1876 à 1878, comme nous l’avons dit plus haut.
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- Ces expériences confirmèrent les résultats déjà obtenus en Allemagne, en montrant que la fonte dure était en mesure d’assurer la rupture des projectiles d’attaque employés à cette date pour la guerre de siège, lesquels étaient fabriqués, ainsi que nous l’avons indiqué, en fonte dure ou en acier simplement coulé; elle évitait ainsi les avaries résultant de la pénétration de ces projectiles dans le fer laminé.
- Dans cette situation, la Commission estima donc que 1a. fonte dure était particulièrement bien appropriée à la préparation de ces cuirassements. Il faut ajouter, d’autre part, que, en 1876, le fer laminé était encore fabriqué seulement
- Fig. 186. — Vue après le tir d’épreuve d’un voussoir en fonte dure de Gruson essayé en juillet 1874.
- en plaques d’épaisseur très limitée, dont l’assemblage par simple juxtaposition ne pouvait pas donner une résistance suffisante contre le tir, tandis qu’avec la fonte dure il suffisait d’augmenter simplement l’épaisseur dans les points faibles.
- Indépendamment de la question de nature du métal, la Commission fut amenée aussi à étudier le remplacement de la maçonnerie par une matière plus homogène et plus résistante, et elle adopta à cet effet le béton de ciment, qui peut supporter l’action d’un tir répété sans se désagréger comme la maçonnerie.
- A la suite de ces expériences et conformément aux conclusions de la Commission, le ministère de la Guerre qui, en 1878, venait d’achever la construction des nouvelles forteresses de la frontière de l’Est, décida d’adopter la fonte dure pour l’exécution des ouvrages métalliques dont ces forts devaient être munis.
- Ces ouvrages se rattachaient à deux types distincts, coupoles mobiles et
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- casemates, présentant toutefois la même disposition générale au point de vue de l’installation des cuirassements, car ils étaient constitués tous deux par des voûtes sphériques formées de voussoirs assemblés par simple juxtaposition. Les tourelles mobiles comportaient en outre une partie fixe formant ceinture exté-térieure, dénommée avant-cuirasse, complètement noyée dans le sol.
- Cette avant-cuirasse a pour but de délimiter les parois du trou dans lequel est installée la tourelle mobile, et comme elle descend à une certaine profondeur, 1 mètre environ à l’intérieur du sol, elle assure en même temps une protection contre les coups plongeants dirigés de façon à atteindre la substructure de la tourelle. Au point de vue de la construction, elle est constituée également de voussoirs sphériques assemblés par juxtaposition, dont l’épaisseur est maximum dans la partie haute la plus exposée au tir. Celle-ci atteint alors 0m,45, et va ensuite en diminuant de façon continue à mesure de l’approfondissement dans le sol.
- La fonte dure fut employée exclusivement pour la préparation de ces cuirassements; elle se prêtait du reste particulièrement bien à ce travail, ainsi que nous l’avons remarqué plus haut, puisqu’elle permettait d’obtenir directement toutes les formes qu’on pouvait désirer.
- Les cuirassements ainsi préparés furent soumis à des épreuves de recette par le tir qui ont été reprises plus tard pour l’essai des autres natures de métaux, et il est d’autant plus intéressant de les mentionner ici qu’elles apportent un élément important pour l’appréciation des propriétés de la fonte dure.
- Les voussoirs sphériques dont nous venons de parler représentaient des masses individuelles fort considérables, de poids dépassant souvent 20 000 kilogrammes, et il n’était guère possible |d’en sacrifier quelques-uns pour l’essai sans entrer dans des dépenses excessives. On estima donc qu’il était préférable de préparer en même temps que chaque pièce et dans les mêmes conditions de coulée que celle-ci, une plaque d'essai spéciale amenée toujours aux mêmes dimensions, ce qui permettait par suite d’obtenir entre les diverses coulées des résultats bien comparatifs.
- La plaque type ainsi choisie était de forme plane, elle avait 2 mètres de hauteur sur 1 mètre de large et 0m,200 d’épaisseur; elle était essayée, non appuyée, mais posée seulement sur un cadre en bois disposé comme l’indiquent les figures 187 et 188, lequel laissait en porte à faux toute la surface intérieure. La plaque ainsi disposée était attaquée avec le canon de 95 millimètres lançant des boulets ogivo-cylindriques en acier coulé, lestés à 1 lk,400, tirés à la vitesse de 395 millimètres. Le tir était dirigé contre quatre points d’impact disposés comme l’indiquent les figures 189 à 194, de façon à former les sommets d’un losange de 0m,19 de côté dont la diagonale verticale avait également 0,19, il était poursuivi jusqu’à l’apparition de fentes traversant déterminant le bris de la plaque. La vitesse de tir adoptée était sans doute relativement faible, puisque,
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- d’après la formule de Gavre, elle représentait seulement la perforation d’une plaque en fer de 9 centimètres d’épaisseur environ, mais le rapprochement des coups ne laissait pas que d’être dangereux au point de vue de la formation des fentes, et il est très remarquable que les plaques en fonte dure aient pu supporter un nombre de coups relativement considérable sans se briser. L’expérience montra en effet que, dans la plupart des essais ainsi effectués, la rupture ne se produisait généralement qu’au dixième coup ainsi qu'on le reconnaîtra en exa-
- Fig. 188.
- Axe- du- boulcn supérieur
- Boulon de jiocaUot
- Axe- dw boulon supérieur
- Fig. 187. — Vue longitudinale de face. — Fig. 188. — Coupe transversale.
- Fig. 187-188. — Installation au Bouchet pour l’essai des plaques en fonte dure.
- minant la série des plaques représentées figure 189 à 194, tandis que le cahier des charges imposait seulement le tir de cinq coups.
- Essais comparatifs effectués sur les divers types de métaux, fer, acier, et métal mixte. Nous venons de voir que la fonte dure pouvait supporter dans des conditions très remarquables le tir des projectiles en fonte dure ou en acier coulé employés en 1878; mais plus tard, il fallut bien reconnaître que les résultats ainsi obtenus se trouvaient grandement modifiés lorsqu’on aborda l’emploi des projectiles d’acier forgé.
- Dès 1881, on constatait en effet dans des expériences effectuées parles soins de l’industrie privée, d’abord au Creusot, puis à Saint-Chamond, et au champ de tir du Bouchet, que ces projectiles déterminaient dans la fonte dure la formation
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- de crevasses très dangereuses. Les premiers coups provoquaient des fissures dans la couche superficielle; mais, sous les coups suivants, celles-ci se prolongeaient bientôt à travers la masse entière qui ne tardait pas à se fendre en gros blocs, de sorte que finalement un coup heureux pouvait déterminer dans la cuirasse un véritable éboulement. Ces observations établissaient nettement que la fonte dure ne donnait plus qu’une protection insuffisante et qu’il fallait la
- Fig. 192.
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- Fig. 190.
- Fig. 193.
- Fig. 189 à 194. — Vue après le tir de six plaques de recette en fonte dure ayant subi le tir de neuf ou dix coups avant d’être brisées.
- remplacer par un autre métal mieux approprié en profitant d’ailleurs des progrès réalisés dans la fabrication.
- En dehors de cette conclusion relative à la fonte dure, les expériences effectuées de 1881 à 1885 ont donné lieu d’autre part à diverses observations qu’il est intéressant de mentionner, car elles doivent entrer en ligne de compte dans l’appréciation des propriétés respectives des divers types de métaux.
- Nous avons déjà fait ressortir la supériorité que présentent les formes fuyantes par rapport aux surfaces planes ou simplement cylindriques. Cette supériorité
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- résulte évidemment de ce que ces dernières peuvent être attaquées en tir normal avec des projectiles dont toute l’énergie de choc est absorbée dans le travail de pénétration, tandis que dans le tir oblique, la composante normale de la vitesse intervient seule pour effectuer ce travail.
- Quel que soit d’ailleurs le mode de tir employé, normal ou oblique, on peut réussir toujours, si l’on dispose de projectiles convenables, à provoquer la destruction rapide d’une plaque de cuirasse, en effectuant un tir méthodique portant sur une même région de la plaque. On peut ainsi employer, soit le tir par superposition, en dirigeant toujours les projectiles sur le même point de la plaque, soit le tir par groupement en attaquant des points répartis convenablement autour d’un point moyen de façon à délimiter une région bien déterminée.
- Le premier procédé est le plus efficace dans le tir contre les plaques en fer, tandis que le second convient au contraire beaucoup mieux dans le cas de là fonte dure.
- La forme des projectiles doit être déterminée également d’après la nature de la plaque attaquée, et c’est là un point que les expériences effectuées en France en 1887 et 1888 ont mis plus tard en pleine lumière.
- Dans le tir contre la fonte dure, les projectiles à tête ogivale sont moins efficaces que ceux de forme purement cylindrique. Cette observation est déjà vraie dans le tir normal, et elle se vérifie d’une façon beaucoup plus frappante encore dans le tir oblique. Il ne faut pas oublier d’ailleurs que ces projectiles doivent être préparés en acier dur de grande ténacité, capables de supporter le choc sans se briser.
- Dans le tir contre le fer laminé, la nature du métal des projectiles d’attaque n’exerce aucune influence sur l’effet produit tant que le projectile ne se brise pas, car cet effet dépend exclusivement de la forme du projectile et de la vitesse de tir, et il est assez facile d’obtenir des projectiles qui restent entiers dans l’attaque contre le fer.
- Quant à la forme du projectile, elle est loin d’être indifférente; le type ordinaire à ogive est préférable dans l’attaque en tir normal contre le fer; on obtient en effet une pénétration très grande, car toute l’énergie du choc se trouve concentrée sur une surface moindre.
- Dans le tir oblique, il y a avantage au contraire à employer des types de projectiles se rapprochant du boulet cylindrique, lequel agit en traçant sur la plaque un véritable sillon, tandis que le projectile à pointe ogivale ricoche le plus souvent sans produire les mêmes dégâts. Le type le plus convenable à cet égard paraît être celui à ogive tronquée vers la mi-hauteur, dont la surface avant est même tenue légèrement concave, de façon qu’elle ait son pourtour en forme de biseau et agisse ainsi à la manière d’un outil qui rabote le métal. La partie de la tète du projectile ainsi enlevée est remplacée avant le tir
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- par une fausse ogive en métal fragile comme le zinc, qui s’écrase au moment du choc et laisse agir la partie en acier dur formant rabot.
- En ce qui concerne la nature du métal le plus convenable pour les cuirassements, les diverses observations que nous venons de résumer montraient bien qu’il fallait renoncer à l’emploi de la fonte dure, tout au moins pour les parties les plus exposées de ces ouvrages, et, pour celles-ci, s’efforcer de trouver un type exempt de fragilité, parmi les métaux que l’industrie prépare actuellement.
- C’est ainsi que les différentes usines qui s’occupaient de ces genres de travaux se trouvèrent amenées à proposer les types de métaux les plus variés pour cette application, fer laminé, acier forgé, métal mixte, acier coulé et trempé, acier doux laminé.
- • Divers essais comparatifs furent effectués, dont les principaux furent ceux de Bucarest en 1885-1886, et du camp de Châlons en 1887-1888, et nous en résumerons brièvement les résultats qui, aujourd’hui encore, peuvent être considérés comme conservant tout leur intérêt,
- Essais de Bucarest, 1885-1886. — Les essais de Bucarest mirent en présence deux types d’ouvrages différents, destinés à recevoir chacun deux canons de 15 centimètres; l’un était exécuté par l’usine de Saint-Chamond sous la direction du commandant Mougin, ancien chef du service des cuirassements, l’autre par l’usine Gruson sous la direction du major Schumann. Ces essais eurent un grand retentissement dans la presse, et furent ardemment discutés; nous n’avons pas à les rappeler ici en détail, et nous n’en retiendrons que les résultats permettant d’apprécier les qualités respectives des métaux éprouvés.
- L’ouvrage présenté par Saint-Chamond était de forme cylindrique, c’était donc une tourelle comportant une paroi verticale en fer de section circulaire, ayant 1,20 de hauteur et 4,80 de diamètre intérieur. La muraille cylindrique était constituée par trois plaques cintrées en fer laminé de 0m,45 d’épaisseur assemblées à rainure et languette, dont l’une percée de trous d’embrasures distants d’un mètre.
- Le plafond de forme plate se composait de deux plaques également en fer ayant 0m,18 d’épaisseur, aussi assemblées à rainure et languette.
- Elles étaient maintenues par des vis placées de l’extérieur dans une feuillure circulaire pratiquée sur le can supérieur de la muraille cylindrique.
- Pour compléter ce qui concerne les cuirassements, nous ajouterons que la tourelle de Saint-Chamond était munie d’une avant-cuirasse en fonte dure, analogue à celle des tourelles appliquées en France.
- Cette avant-cuirasse de forme circulaire, constituée par quatre segments ayant de 0m,30 à 0m,44 d’épaisseur, à profil fuyant, descendait d’un mètre en
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- dessous de la plongée en béton de ciment dans laquelle elle était noyée. Celle-ci était précédée elle-même d’un parapet en sable.
- La saillie delà tourelle mobile au-dessous de l’avant-cuirasse, déterminant le relief apparent de la tourelle, était d’un mètre environ.
- L’ouvrage de l’usine Gruson présentait au contraire la forme extérieure d’un champignon sphéroïdal à qui nous réserverons spécialement le nom de coupole; c’était une sorte de parapluie constitué par la réunion de sept plaques de 0m,20 d’épaisseur, savoir : une plaque du milieu, de contour hexagonal, et six plaques de pourtour en forme de voussoirs sphériques. La plaque du milieu, celle des embrasures, et les deux plaques contiguës étaient exécutées en fer laminé, et les trois autres en métal compound. Ces plaques étaient réunies entre elles par des goujons en queue d’aronde, et munies intérieurement d’un double platelage formé de deux tôles, ayant chacune 20 millimètres d’épaisseur, destinées à soutenir les morceaux de métal qui viendraient à se détacher sous l’action du tir et à les empêcher de tomber à l’intérieur.
- Ces platelages étaient assemblés par des boulons, mais comme l’expérience des tirs ultérieurs a montré que les têtes elles-mêmes des boulons se trouvaient cisaillées sous Faction du tir, on a reconnu dès lors qu’il était désirable de supprimer les têtes à l’avance et de ne conserver que des vis d’attache sans aucune partie saillante.
- La coupole était munie d’ailleurs d’une avant-cuirasse en fonte dure analogue à celle de la tourelle.
- Ainsi établie, elle donnait sur l’horizon un profil de calotte sphérique, dont l’angle à la base ne dépassait pas 30°, et la hauteur maximum au-dessus de la plongée en béton de ciment atteignait 0™,35 seulement; elle se trouvait donc par là même beaucoup moins exposée que la tourelle cylindrique.
- Les expériences du tir en brèche ont confirmé du reste la supériorité de la coupole à ce point de vue, car elles montrèrent que la proportion des atteintes par rapport aux coups tirés était beaucoup plus faible pour celle-ci.
- Il fallut, en effet, 139 projectiles pour donner 63 atteintes contre la coupole, tandis qu’il suffit d’en tirer seulement 94 contre la tourelle pour obtenir le même nombre d’atteintes.
- Quant à la résistance proprement dite des cuirasses, les expériences montrèrent qu’elle pouvait être considérée comme sensiblement égale sur les deux ouvrages.
- Le tir fut effectué dans les deux cas avec des projectiles en acier trempé de forme ogivale, sans qu’on ait essayé les boulets de profils spéciaux dont nous parlons plus haut.
- Le tir en brèche fut d’abord dirigé contre les voussoirs opposés aux embrasures (métal mixte pour la coupole, fer laminé pour la tourelle) en employant
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- une batterie de trois pièces, soit deux canons Ivrupp et un canon de Bange de 15 centimètres tirant à une distance de 1,000 mètres. La mise en brèche fut considérée comme effective pour les deux ouvrages, au bout d’un même nombre d’atteintes, soit 63 dans chaque cas, ce qui au premier aspect paraîtrait bien témoigner de l’égalité de résistance des deux plaques éprouvées, comme nous le disions plus haut.
- Il faut signaler toutefois que les emplacements des deux brèches étaient loin d’être aussi favorables dans les deux cas; le voussoir de la coupole fut défoncé en effet dans son milieu, c’est-à-dire dans une partie bien résistante, tandis que la muraille de la tourelle fut attaquée en sa partie supérieure dans une région de faible épaisseur. Ajoutons enfin que les empreintes des coups étaient beaucoup plus resserrées sur la tourelle, et celle-ci reçut en effet 37 coups par mètre carré contre 30 seulement qui vinrent frapper la coupole sur la même superficie.
- L’observation faite plus haut sur le type des projectiles employés tend également à atténuer l’impression favorable au métal mixte : ces projectiles étaient tous en effet du type ogivo-cylindrique qui donne les résultats les plus efficaces dans le tir normal contre les plaques en fer, mais qui est peu approprié au tir oblique contre les plaques dures ; il y a donc lieu de penser dans cette situation que, si l’on avait pu employer les types les plus convenables pour ce tir, la résistance du métal mixte se serait trouvée sensiblement diminuée, et aurait été par suite notablement inférieure à celle du fer.
- Si nous examinons maintenant plus en détail le mode d’action des projectiles dans l’attaque des deux métaux, nous verrons que le fer se laissait généralement pénétrer sans se fendre sous l’action d’un projectile isolé. La pénétration dans ce cas n’a jamais dépassé 23 centimètres. Le groupement de plusieurs projectiles en un seul point dans une région de faible résistance, comme le voisinage d’un joint près du can supérieur, provoqua ensuite la séparation d’un morceau de 25 centimètres d’épaisseur qui se détacha en laissant à découvert le bord de la plaque de toiture. Dans un des derniers tirs effectués sur un autre point de la même région, on obtint par le groupement des projectiles une pénétration de 0m,40, et la plaque fut complètement fendue, de sorte que la brèche fut considérée comme effective. Sur le voussoir en métal mixte de la coupole les effets produits furent différents, car, dans le début du tir, les projectiles se brisèrent en ne donnant que de faibles empreintes, mais ils produisirent cependant de nombreuses fissures limitées d’abord à la couche en acier qui bientôt se détacha par dessoudure sur une étendue superficielle d’un mètre carré environ, en laissant à nu le sommier en fer ;*celui-ci fut à son tour entamé et fortement fissuré sur une profondeur atteignant 8 centimètres en certains points, de sorte que, dans ces conditions, la brèche put être considérée comme atteinte.
- Il est intéressant de mentionner à cet égard que le métal du voussoir put
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- être attaqué facilement à la lime pour en enlever certaines bavures, ce qui témoignait donc d’une insuffisance de dureté de l’acier.
- Après les tirs effectués contre les parois latérales, on essaya également de déterminer la résistance des toitures des deux ouvrages contre le tir vertical, et on tira à cet effet 164 projectiles avec deux mortiers Krupp de 21 centimètres disposés à une distance de 2 500 mètres, mais, en raison de la difficulté de régler le tir, cette expérience ne donna aucune indication au point de vue étudié, car on réussit seulement à grouper les projectiles dans un espace restreint, représentant à peu près la superficie habituelle d’un fort, mais aucun d’eux ne put atteindre les ouvrages métalliques eux-mêmes.
- On étudia enfin la résistance des avant-cuirasses qui furent d’abord mises à nu par un tir préalable dirigé contre le béton. Elles furent attaquées avec des projectiles de rupture de 15 centimètres, tirés à une distance de 51 mètres avec la vitesse restante qu’ils auraient eue après un parcours de 1 000 mètres.
- L’avant-cuirasse de Saint-Chamond lut atteinte en des points très rapprochés par 10 projectiles qui produisirent seulement quelques fissures superficielles, celle de Gruson dont le profil moins fuyant n’était pas aussi favorable à la résistance fut au contraire brisée au bout de 6 coups seulement.
- Essais effectués en France au camp cle Châlons en 1887-1888. — L’essai de Bucarest donna ainsi, comme on voit, des renseignements intéressants, mais qui n’étaient pas encore absolument complets au point de vue de l’appréciation de la résistance des divers types de métaux. Il était désirable que l’épreuve pût être reprise en portant sur tous les métaux que l’industrie pouvait alors préparer et en employant enfin les formes de 'projectiles les mieux appropriées à l’attaque de chacun d’eux.
- Enfin, on n’avait pas pu expérimenter à Bucarest l’action des nouveaux projectiles à grande capacité chargés de poudres brisantes analogues à la dynamite qui commençaient à s’introduire dans les armements, et il était important de vérifier si les cuirassements pouvaient supporter sans avaries excessives le choc de ces projectiles dont l’effet destructeur était particulièrement inquiétant.
- Ces diverses considérations décidèrent le ministère de la Guerre français à entreprendre de nouvelles expériences comparatives qui furent effectuées en 1887 et 1888 au camp de Châlons sur les ouvrages eux-mêmes, et au champ de tir du Bouchet sur les plaques types représentant les spécimens de chaque nature de métal éprouvé.
- Les ouvrages essayés au camp de Châlons comprenaient une coupole en fer laminé présentée par l’usine de Saint-Chamond, et une tourelle à éclipse avec cuirassement vertical en métal mixte présentée par la Société de construction de Fives-Lille et les Forges de Châtillon-Commentry. Ces deux ouvrages étaient armés chacun de 2 canons de 155 long.
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- MÉTALLURGIE. :— DÉCEMBRE 1899.
- On essaya en outre la résistance au tir de deux calottes exécutées d’après un même type pour petite coupole armée de canons de 155 court, et préparées par l’usine de Montluçon, l’une en acier doux laminé, l’autre en acier coulé, trempé au plomb.
- Nous n’avons pas à exposer ici la description de ces ouvrages et nous nous bornerons donc à rappeler les points principaux concernant les cuirassements.
- La coupole de Saint-Chamond reproduisait d’une façon générale toutes les dispositions intérieures du type de tourelle présenté par cette usine à Bucarest, seulement elle en différait par la forme du cuirassement mobile ainsi que par le diamètre de l’ouvrage.
- L’usine avait renoncé en effet à cette forme de tourelle dont les expériences de Bucarest venaient de montrer les graves inconvénients, et elle avait adopté le type en coupole. Le cuirassement mobile présentait donc la forme d’une calotte sphérique très surbaissée, ayant 6m,50 de diamètre à la base, soit lm,50 de plus qu’à Bucarest, et 1 mètre de hauteur. Il était constitué par l’assemblage de 3 plaques en fer laminé de 0m,24 d’épaisseur dont les joints étaient situés dans des plans verticaux parallèles au plan de tir des canons. Les plaques étaient rattachées entre elles par des agrafes en queue d’aronde, destinées à prévenir l’ouverture des joints; elles étaient munies intérieurement d’un double platelage en tôle pour prévenir la chute des éclats, ainsi qu’il a été indiqué plus haut.
- L’ouvrage présenté par les Compagnies de Fives-Lille et de Châtillon-Commentry était disposé, au contraire, de façon à pouvoir s’assurer une protection aussi complète que possible en se dérobant aux coups de l’ennemi.
- C’était une tourelle, constituant un ensemble animé dans le sens vertical d’un mouvement alternatif permettant de la maintenir éclipsée contre la vue et l’action des coups, tant qu’elle n’a pas à tirer, et de la faire émerger de son massif protecteur seulement au moment précis de tirer, et pendant le temps strictement nécessaire. Cette idée ingénieuse de l’éclipse avait été proposée par M. le colonel Bussière/alors chef du service des cuirassements, et elle avait été résolue au moyen de dispositions mécaniques particulièrement remarquables, dans l’ouvrage essayé au camp de Châlons. On reconnut là, en effet, pour la première fois, la possibilité d’éclipser pratiquement ces ouvrages défensifs malgré leur poids énorme, atteignant souvent 200 tonnes, et dès lors, cette disposition a été reprise par d’autres constructeurs. Ceux-ci ont présenté en effet de leur côté divers types de coupoles à éclipse dont quelques-uns susceptibles même d’être actionnés à bras d’hommes sans moteur mécanique spécial.
- En raison de cette propriété de l’éclipse, on avait estimé que la tourelle pouvait conserver sans inconvénient 1a, forme complètement cylindrique, et l’ouvrage fut donc muni d’une cuirasse verticale recouverte d’une toiture plate conservant ainsi le profil extérieur de la tourelle de Bucarest. La muraille verticale en
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- LES PLAQUES DE BLINDAGES.
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- métal mixte de 4o centimètres d’épaisseur et de 1 m,20 de hauteur était constituée par trois secteurs cylindriques, assemblés à rainure et languette, suivant des génératrices verticales, l’un d’eux portant les deux trous d’embrasure des canons. La toiture en fer laminé de 24 centimètres d’épaisseur se composait d’un disque formé de deux plaques qui reposaient dans un encastrement ménagé sur le pourtour intérieur du cuirassement vertical. Ces plaques étaient assujetties par de fortes vis disposées obliquement pour ne pas affaiblir la tranche supérieure de la muraille verticale.
- Le diamètre extérieur du cuirassement mobile étaient d'environ 5m,10.
- La partie fixe du cuirassement était constituée par une margelle ou avant-cuirasse métallique, exécutée en partie en fonte dure, et en partie en acier coulé.
- CeLte avant-cuirasse était noyée dans un massif en béton et descendait aune profondeur d’un mètre. Elle se prolongeait même en contre-bas par un jupon en plaques de blindages cintrées destinées à protéger sur une plus grande profondeur les substructures de l’ouvrage.
- Nous ne pouvons donner ici aucune indication précise sur les essais effectués pour déterminer la résistance de ces divers ouvrages ou de leurs cuirassements, car le compte rendu officiel n’en a jamais été publié, nous nous bornerons donc à résumer l’impression générale qui s’en dégage. Les tirs en brèche ont été effectués, comme nous l’avons indiqué, avec des projectiles en acier forgé de formes spéciales, soit complètement cylindriques, soit à ogive tronquée, étudiés de façon à attaquer plus efficacement les métaux durs en tir oblique. Ces expériences ont montré nettement que la fonte dure se brisait rapidement sous le tir de ces projectiles et on a conclu qu’il ne convenait pas de la conserver, même dans les avant-cuirasses. Il est préférable de la remplacer pour cette application par l’acier coulé qui s’est comporté du reste dans ces tirs, d’une façon particulièrement remarquable, peut-être même par l’acier laminé qui pourrait être adopté avantageusement pour les secteurs les plus exposés au tir. On a reconnu en outre qu’en présence des bons résultats donnés par le béton, le jupon protecteur, qui avait été adopté pour prolonger l’avant-cuirasse de la tourelle à éclipse, pouvait être supprimé sans inconvénient.
- D’autre part, en ce qui concerne les parties mobiles, les expériences ont montré une fois de plus les inconvénients de la forme cylindrique; on a pu réussir assez facilement en effet à démolir le bord supérieur de la tourelle cylindrique qui constituait le point faible de ce type d’ouvrage, comme on l’avait déjà reconnu à'Bucarest.
- L’augmentation de l’épaisseur de la muraille et l’accroissement de résistance dû au métal mixte n’ont pas réussi à empêcher la formation de la brèche, et il paraît donc indispensable de renoncer désormais à la forme cylindrique, même dans le cas des ouvrages à éclipse.
- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Décembre 1899.
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- MÉTALLURGIE. --- DÉCEMBRE 1899.
- D’une façon générale, au point de vue de l’appréciation comparative des diverses natures de métaux éprouvés, il faut observer que, même dans le tir avec les projectiles en acier forgé sans explosif, les métaux forgés de nuance dure, acier ou compound, n’onT pas donné tous les résultats qu’on en espérait, et se sont montrés même parfois inférieurs au métal de bonne qualité simplement coulé, comme l’acier trempé au plomb.
- Ge fait curieux s’est trouvé du reste confirmé de façon bien manifeste, lors des expériences comparatives qui ont été effectuées au Bouchet, en juin 1888, dans des conditions complètement identiques sur des plaques de diverses natures.
- On a repris à cet effet le dispositif déjà adopté pour les anciennes plaques
- Fig. 195. Fig. 196. Fig.197.
- Fig. 195-196. — Plaques en acier coulé et trempé de l’usine de Montluçon. — Fig. 197. — Plaque
- en acier forgé du Creusot.
- Fig. 195-197. —'Essais comparatifs effectués au Bouchet en juin 1888.
- en fonte dure, dont nous avons parlé plus haut ; on a éprouvé des plaques d’étude ayant les dimensions de celles-ci : 2m x lm X 0, 20, et on les a attaquées en tir normal avec des boulets de 95 millimètres, en dirigeant les quatre premiers coups contre les sommets du losange déjà décrit.
- Les deux coups suivants étaient tirés à l’intérieur de la région d’impact sur la diagonale horizontale. On a employé d’autre part des boulets en acier forgé au lieu du métal simplement coulé qui avait servi pour la fonte dure, et on augmenta en outre la vitesse de tir qui fut portée à 450 mètres.
- Les figures 195 à 497 montrent l’aspect de la région ainsi attaquée pour trois des plaques essayées après le tir du sixième coup : l’une est en métal forgé, les deux autres en acier coulé ; on voit immédiatement que celle en acier forgé présente des dégâts beaucoup plus considérables ; elle se trouve, en effet, complètement brisée, tandis que les deux autres n’ont pour ainsi dire aucune crique.
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- LES PLAQUES DE BLINDAGES.
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- Ajoutons enfin que les expériences effectuées avec- les obus à mélinite ont donné des résultats analogues ; on a reconnu en effet que, sous faction des matières explosives, la plupart des types de métaux éprouvés subissaient des avaries graves, mais celles-ci ont même paru plus marquées sur l’acier forgé que sur le métal coulé convenablement traité.
- Le fer laminé est le métal qui paraît avoir le mieux résisté à cette épreuve spéciale, et il a même donné à cet égard des résultats plus satisfaisants que le type laminé extra-doux qui fa supplanté cependant, dans la préparation des blindages de navires.
- Cette dernière observation qui, au premier abord, paraît si contraire aux prévisions, présente donc, au point de vue métallurgique, un intérêt tout particulier, en ce qu’elle montre la grande complexité du problème à résoudre pour donner aux blindages toute la résistance désirable contre les engins d’attaque si variés qu’emploie aujourd’hui l’artillerie. Le métal extra-doux qui est à la fois plus homogène, plus malléable et résistant que le fer, qui supporte dans des conditions beaucoup plus satisfaisantes l’attaque en tir oblique comme celle en tir normal, paraissait posséder sur celui-ci une supériorité bien certaine à tous les points de vue, et cependant l’expérience a montré que, devant ces chocs de grande énergie et d’action si soudaine, tels que les donne la mélinite, le fer retrouvait au contraire un certain avantage qu’il doit sans doute à sa contexture fibreuse. Celle-ci, en effet, doit agir en intéressant toute la masse à la résistance d’une façon absolument instantanée, qu’on n’obtient pas avec les métaux préparés par voie de fusion. On voit dès lors tout l’intérêt qu’il y aurait à pouvoir concilier en quelque sorte les qualités des deux types de métaux en obtenant un produit possédant à la fois l’homogénéité et la résistance du métal fondu, en même temps que la nature fibreuse du fer laminé.
- Il y a là un problème intéressant pour la métallurgie, et il y a lieu de penser qu’on en trouverait la solution dans l’emploi de certains alliages au nickel.
- Les résultats des tirs du camp de Chàlons déterminèrent le général Brial-mont à adopter encore le fer laminé pour les cuirasses mobiles des ouvrages que la Belgique installa en 1890 dans les forteresses de Namur et de Liège; mais en France le ministère de la guerre n’eut pas à faire son choix à cet égard, car il décida de ne pas installer de nouveaux ouvrages métalliques dans les forteresses.
- Depuis lors il n’a été pratiqué, croyons-nous, aucune expérience comparative analogue à celles du camp de Chàlons, de sorte qu’il est impossible de préjuger actuellement les résultats que pourraient donner dans le cuirassement des ouvrages de forteresses les types nouveaux de métaux récemment créés comme les aciers spéciaux à teneur plus ou moins forte en chrome et nickel ou même les aciers cémentés. Sans doute ce dernier métal se prête difficilement au gaba-
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- MÉTALLURGIE. --- DÉCEMBRE 1899.
- riage, et l’application en serait peu indiquée à ce point de vue aux ouvrages de forteresse, cependant cet essai ne laisserait pas que de présenter un vif intérêt, car il permettrait d’apprécier si Ja couche durcie peut supporter sans désagrégation un tir prolongé pratiqué à faible vitesse; l’épreuve qui serait effectuée avec les matières explosives pourrait en outre apporter certaines indications sur le mode d’action de la couche cémentée dans la résistance du cuirassement, elle montrerait en effet si cette couche agit surtout en assurant immédiatement la solidarité intime de toute la masse, ainsi que le suppose la théorie du lieutenant Ackermann que nous avons posée plus haut. Il y a lieu de penser dès lors que le métal cémenté devait supporter l’épreuve des obus à mélinite sans avaries excessives. La question reste ainsi ouverte en attendant de nouvelles expériences, mais il est permis d’espérer, comme on voit, que les progrès réalisés par la métallurgie dans la préparation des blindages de navires auront également leur répercussion féconde dans celle des cuirassements de forteresse.
- CHAPITRE XII
- CONCLUSION
- APPRÉCIATION DES PROGRÈS RÉALISÉS DANS LA FABRICATION DES BLINDAGES
- Dans l’examen rapide que nous venons de faire, nous avons passé en revue les étapes successives qu’a traversées depuis ces vingt dernières années la fabrication des blindages. Dans cette course incessante vers le progrès, nous avons vu comment l’industrie s’est trouvée amenée à modifier continuellement ses méthodes de fabrication, à transformer son outillage au prix de sacrifices de toute nature pour se mettre toujours en mesure d’obtenir des résultats nouveaux, supérieurs à ceux de la veille, et qui eux-mêmes devaient être le plus souvent dépassés par ceux du lendemain. C’est ainsique la fabrication du fer a fait place d’abord à celle du métal mixte et de l’acier ordinaire, puis à celle des aciers spéciaux de nuance extra-douce, ou plus ou moins dure, puis encore à celle de l’acier au nickel qui a ouvert une voie nouvelle à la métallurgie, plus tard à celle de l’acier au chrome nickel et enfin à celle du métal cémenté à laquelle nous assistons maintenant.
- Il est certainement impossible de prévoir quel sera le métal de demain ; mais au point de vue où nous en sommes arrivés, il est intéressant de jeter un regard en arrière et de mesurer le chemin parcouru en rapprochant nos plaques cémentées actuelles des anciennes plaques en fer d’il y a vingt ans..., vingt ans seulement, et cette durée relativement courte a suffi cependant pour amener dans la
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- LÉS PLAQUÉS DE BLINDAGES.
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- fabrication plusieurs transformations successives, grâce auxquelles l’industrie est parvenue à augmenter dans une mesure importante la protection assurée aux navires cuirassés sans entraîner cependant aucun accroissement du poids, ce qui constitue en effet la considération capitale en matière de constructions navales.
- Si nous considérons par exemple une plaque de 200 millimètres attaquée avec le canon de 194, nous voyons qu’en fer puddlé, elle aurait une vitesse de perforation de 385 mètres, laquelle s’élèverait à 471 mètres s’il s’agissait d’acier ordinaire. Pour obtenir une pareille vitesse, il faudrait donner à la plaque en fer une épaisseur de 280 millimètres, ce qui représenterait déjà une majoration d’épaisseur de 40 p. 100.
- Si cette plaque était préparée en acier spécial au chrome nickel, sa vitesse de perforation se trouverait portée à 528 mètres et correspondrait par suite à celle d’une plaque en fer de 330 millimètres d’épaisseur dépassant donc la sienne de 65 p. 100. Si en outre ce métal était cémenté, sa vitesse de perforation s’élèverait à 612 mètres avec un coefficient de 1,30 seulement, elle remplacerait alors une plaque enfer de 416 millimètres d’épaisseur, ayant par conséquent 2,08 fois son épaisseur propre.
- Ce chiffre de 30 p. 100 a été dépassé du reste dans la plupart des essais les plus récents, et on voit par suite que l’économie d’épaisseur actuellement réalisée sur les anciennes plaques en fer dépasse sensiblement la moitié.
- A un autre point de vue, si nous voulons comparer les énergies de choc en partant de ce fait que la vitesse de perforation des plaques cémentées, supposées définies parle coefficient del ,45, s’élève à 683 mètres et dépasse ainsi de 80 p. 100 celle des plaques en fer, nous reconnaîtrons que les plaques actuelles peuvent supporter un choc d’une énergie supérieure au triple et se rapprochant du quadruple de celle qui aurait été susceptible d’entraîner la perforation des anciennes plaques en fer de même épaisseur.
- Ce simple rapprochement donne immédiatement la mesure de l’intérêt que présentent pour les constructions navales les progrès ainsi réalisés par la métallurgie; il y a donc là certainement un résultat de haute importance qui justifie dès lors les dépenses que s’impose le pays pour sa Marine, en même temps que les nombreuses études scientifiques et techniques dont il est la conséquence.
- Ces recherches, purement scientifiques en apparence, présentent ainsi un intérêt pratique des plus considérables, et après avoir transformé la fabrication des produits purement militaires, elles sont appelées certainement à exercer, comme nous le disions, leur influence bienfaisante sur l’industrie entière en améliorant en même temps la qualité des produits qu’elle destine aux applications les plus diverses.
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- MÉTALLURGIE
- DÉCEMBRE 1899.
- TABLEAU RÉSUMANT LES RÉSULTATS
- NATURE PROVENANCE ET DIMENSIONS DE LA PLAO UE DAT E I)E L’ESSAI LIEU I)E L’ESSAI NOMBRE DE coi; ps NATURE PROJE CALIBRE :tiles POIDS VITESSE y r.% * x « < y > < S t
- miii. ko. mèt.
- Essais comparatifs sur le fer
- Fer Marrel 1880 Gavrc. 1 Foute. 320 3 45 150 440
- 1,83 X 2,00 X 0,50/0,10 [ » 320 3 \ 3 430 410
- Plaque d’étude. Acier doux Creuset. », „ L » 320 343 450 410
- 1.83 X 2.00 x 0,50/0.40 l „ 320 3 4 3 450 140
- Acier dur Creusot » », 1 „ 320 3 \ 3 450 440
- 1,83 X 2,00 x 0,50/0,40 1 ' 320 3 4 3 450 410
- Acier coulé „ l u 320 3 15 450 440
- 1.83 x 2,00 X 0,50/0,40 1 » 320 3 4 3 430
- Mixte Cammell »> »> 1 „ 320 3 4 3 150 140
- 1,83 X 2,00 X 0,50/0,10 l >» 320 343 450 440
- l Acier coulé. 320 343 450 410
- Acier Creusot 1882 Spezzia. 1 Foute. 130 896 373 375
- 3,30 X 2,62 X 0,48 1 »> 130 896 473 375
- On put tirer encore 2 projectile
- Mixte Brown » », l », 130 896 373 375
- 3,30 X 2,62 X 0,48 1 130 896 175 „
- Mixte Cammell », „ 1 „ 130 896 373 „
- 3,30 X 2,63 X 0,48 1 130 896 473 ”
- Essais de
- Acier Creusot 1881 Spezzia. 1 Acier Kiiipp. 130 835 570 ofit»
- Epaisseur 0,478 4 » 250 180 700 509
- Mixte Brown » >» i Acier. 430 83.") 570 360
- Epaisseur 0,183 > »> 250 180 700 509
- Mixte Cammell »» >» i Acier Kriipp. 430 835 570 366
- Épaisseur 0,480 i 250 180 700 509
- Essais
- Acier Creusot 1882 Ochta. i Fonte. 280 251 439 360
- 2,41 X 2.35 X 0,305 1883 i ,, 280 251 356 360
- i ,» 280 251 356 360
- Mixte Cammell », » i „ 280 251 459 360
- 2,41 X 2.35 X 0,305 4 „ 280 251 330 360
- Mixte Brown No verni). 1890 Ochta. ’> Acier forgé. 152 10,51 601 504
- 2,43 X 2,45 X 0,251 3 „ 152 40,51 63o 30 \
- Acier Vickers „ „ 2 Acier Lriçé. 152 10,51 601 301
- 2,45 X 2,15 X 0,251 3 „ 152 40,51 635 30 i
- Acier Creusot », » 2 Acier l'orïé. 152 40.51 601 501
- 2,15 X 2,45 x 0,254 ;ï „ 152 40.51 635 404
- Mixte Cammell Ale Ivolpino' .... > 2 Acier foqé. 152 10,51 592 .j 01
- 2,15 X 2.15 X 0.251 :î » 152 10,54 635 501
- LES PLAQUES DE BLINDAGES
- 1779
- pgg DIVERS essais mentionnés
- O A 5 £ g £ ^ ^ S ~ 5 £ 2 j: < X g | g j * jH 1 fi g > z < y, -a S r-l cA ri 2» £ < ~ ? > s fe ^ —< ,, « - : - * â ? r = ^ Ê - H f* y 5 5 ? 3 g —( < < 0. ~- — - c PÉNÉTRATION EFFETS SUR LE PROJECTILE EFFETS SCR LA PLAQUE
- pacier et le me :tal mix te.
- 1,00 565 0.80 1.10 0,625 Entier. »>
- 1,00 565 0.80 1.40 Traversée. » Fendue.
- 1,00 563 0,80 1,40 0,510 »>
- 1,00 563 0,80 1,40 Traversée. » Fendue.
- 1,00 365 0,80 1,40 0,379 Cassé». »
- 1,00 505 0,80 1,40 Reste » Morceau détaché.
- dans la muraille.
- 1.00 565 0,80 1,40 Arrêtée. ’» Nombreuses fentes.
- 1,00 363 0,80 1,10 Traversée. » Brisée.
- 1,00 565 0,80 1,40 0,20 Cassé. Entière.
- 1,00 565 0,80 1,10 0,20 >» »
- 1,00 565 0,80 1,10 0,22 » Quelques fentes.
- 1,00 465 0,80 0.89 Non traversée. » Entière.
- 1,26 465 1,02 0,89 0,17 » Fendue.
- en acier e oulé.
- 1,00 463 0,80 0,89 Non mesuré. Cassé. Complètement fendue.
- 1,26 465 1,02 0,89 Traversée. » Brisée.
- 1,00 463 0,80 0,89 Non mesuré. » Complètement fendue.
- 1,26 463 1,02 0,89 Traversée. Brisée.
- la Spezzia.
- 1,55 473 1,20 0,89 „ »» Avaries faibles.
- 1,37 657 1,06 0,52 Projectile arrêté. » LesAcoups suivants gravem. fendue.
- 1,35 473 1,20 0,89 Traversée. » Complètement brisée au 2e coup de
- 1,37 657 1,06 0,52 » » 25 centimètres.
- 1,55 473 1,20 0,80 »» » Mêmes résultats.
- 1,37 657 1,06 0,52
- d’Ochta.
- 1,28 454 1.01 0,91 0,38 Brisé. Fendue en 5 morceaux.
- 1,00 454 0,79 0,91 Projectile arrêté. >» »
- - 1,00 454 0.79 0,91 Traverse. » Brisée.
- 1.28 454 1.01 0,91 0.12 Brisé. Entière.
- 1,00 45 i 0,79 0.91 Très faible. » La plaque n'a aucune len Je traversant.
- 1,19 62 0 0,97 0,00 0,33 à 0,38 2 projeel. restent engagés, les 3 der- La plaque a 5 criques et une grande
- 1,26 620 1,02 0,60 » niers proj. traversent la muraille. tente.
- 1,19 020 0,97 0,60 0,20 2 projectiles rebondissent, 1 rebon- La plaque a quelques fentes.
- 1,26 620 1.02 0,00 0,32 dit, et 2 restent engagés.
- 1.19 620 0,97 0,60 0,23 Les 5 projectiles rebondissent, 2 La plaque a de grosses fentes.
- 1.26 620 1,02 0,00 0.18 à 0,28 sont brisés.
- 1,18 620 0,93 0,00 0.30 1 projectiles sont arrêtés, le 5e tra- La plaque est eriquée.
- 1,26 620 1.02 0,60 0.30 à 0,40 verse la muraille.
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- 1780
- MÉTALLURGIE. --- DÉCEMBRE 1899-
- NATURE PROVENANCE ET DIMENSIONS D A T K LIEU NOMBRE DE PROJECTILES 3 5 x 5
- DE LA PLAQUE DE L’ESSAI DE i/ESSAI COUPS NATURE CALIBRE POIDS VITESSE fH 3 > ~
- 5
- mill. kii. met.
- Essais allemands
- 399 399 340
- 429
- 490
- 490
- 490
- 490
- 490
- 490
- 490
- 490
- 490
- 490
- 490
- 490
- Mixte Dillingen Décemb. 1889 Cummersdorf. O Foule dure. 210 98 442
- 3,00 X 2,10 X 0,24.
- Mixte Dillingen Avril 1890 Cumrnersdorf. 3 Ponte. 210 98 445
- 3,00 X 2,10 X 0,24
- Mixte Brown Novemb. 1889 Ilelder. O Acier. 280 232 409
- 2.73 X 1,83 X 0,228
- Essais
- Essais anglais avant 1888 BordduAeifZe. 3 Fonte. 228 116 408
- Épaisseur 0,279
- Mixte Cammell Novemb. 1888 » 3 Acier. 152 45,36 602
- 2,44 X 1,83 X 0,263 2 Fonte. 152 45,36 602
- Acier Cammell 19 mai 1888 ». 3 Acier. 152 45,36 602
- 2,44 X 1,83 X 0,263 2 FoulePalliser 132 43,36 602
- Mixte Brown .. »» 3 Acier. 152 45,36 602
- 2,44 X 1,83 X 0,263 2 FunlePalliser 152 43,36 602
- Mixte Brown Juillet 1889 >» 3 Acier. 152 45,36 602
- 2,44 X 1,83 X 0,263 .2 FonlePalliser 152 45,36 602
- Acier Vickers Septemb. 1888 »» 3 Acier. 152 45,36 602
- 2,44 X 1,83 X 0.263 et février 1889 2 FontePalliscr 152 45,36 602
- Mixte Cammel Mai 1890 »» 3 Acier. 152 45,36 602
- 2,44 X 1,83 X 0,265 2 FontePalliser 152 45,36 602
- Hood et Royal Sovereign
- Mixte Cammell Septemb. 1890 » 3 Acier. 152 45,36 602
- 2,44 X 1,83 X 0,263 2 FoulePalliser 152 45,36 602
- Infanta Maria Teresa
- Mixte Brown, tir comparatif. . . . Mars 1891 Shœburyness. 1 Acier 132 45,36 558
- 1,22 X 1,22 X 0,228 Hadfield,'
- Procédé Tresidder » »> 1 Acier 152 43.36 538
- 1,22 X 1,22 X 0,228 IJadfield,
- Id. Mai 1891 » 1 »> 152 43,36 569
- Épaisseur 0,263 Juin 1891 » 1 » 152 45,36 599
- Id. Juillet 1891 » 3 » 152 45,36 594
- 2 Fonte. 132 45,36 594
- kl. Fin 1891 Portsmouth. 3 Ac. Holtzer. 152 45,36 602
- 2,44 X 1,83 X 0,263 2 Palliser. 152 43,36 602
- Essais d
- Acier Creusot Septemb. 1890 Annapolis. 4 Acier 452 45,36 632
- 2,438 X 1,828 X 0,268 i forgé. 203 95,25 564
- Acier nickel Septemb. 1890 Annapolis. 4 Acier 132 45,36 632
- 2,438 X 1,828 X 0,267 i forgé. 203 93,25 564
- Mixte Cammell » » 4 Acier 152 43,36 632
- 2,438 X 1,828 X 0,267 i forgé. 203 93,23 564
- Acier au nickel du Creusot Juillet 1891 Cavre. 3 Acier 164 43.00 658
- 2,518 X 2,520 X 0,265 forgé.
- 490
- 490
- 4M
- 490
- 490
- 490
- 490
- 490
- 493
- 424
- 493
- 424
- 493
- 424
- 52 i
- LES PLAQUÉS DE BLINDAGES
- 1/81
- 1 VITESSE DE PERFORATION DE LA PLAQUE EN ACIER H £ V £ « O s S O | £:§S'" ^ Q i-l *4 RAPPORT DU CALIBRE a l'épaisseur PÉNÉTRATION EFFETS SUR le projectile
- EFFETS
- SUR
- LA PLAQUE
- et hollandais.
- 1,10 496 0,89 0,86 Ogives soudées dans Brisés.
- l’empreinte.
- 1,10 496 0,89 0,86 0,124 Brisés.
- 1,20 428 0,93 1,00 Fortes pénétrations. 2 brisés, le 3e traverse.
- de 1888 â 1891.
- 0,95 550 0,78 0,82 Faible. Brisés.
- 1,22 616 0,98 0,38 0,12 Cassés, ogive dans l’impact.
- b 22 616 0,98 0,58 0,05 Brisés.
- 1,22 616 0,98 0,58 Acier 0,58 à 0,33 Los projectiles en acier sont arrêtés.
- 1,22 616 0,98 0,58
- 1,22 616 0,98 0,38 Supérieures à l’épais- Les projectiles on acier s'arrêtent
- 1,22 616 0,98 0,58 seur. dans la muraille en bois.
- 1,22 616 0,98 0,58 0,25 à 0,30 1 projectile d’acier brisé, 2 arretés.
- ; 1,22 616 0,98 0,58
- î 1,22 616 0,98 0,58 0,33 Les projectiles d’acier rebondissent
- : 1,22 616 0,98 0,58 cassés.
- 1,22 616 0,98 0,38 » 2 projectiles arrêtés dont 1 cassé, le 3e pénètre dans le massif en bois.
- ! 1,22 616 0,98 0,38
- 1,22 1,22 616 616 0,98 0,98 0,38 0,38 Supérieures à l’épaisseur. 2 projectiles d’acier traversent et pénètrent dans le massif en bois.
- ; 1,25 334 1,01 0,66 Faibles. L’obus reste entier.
- i 1,25 534 1,01 0,66 » L’obus est brisé.
- 1,28 554 1,03 0,66 »» »
- 1,22 616 0,97 0,57 » 2 projectiles se brisent, le 3e atteint le massif.
- 1,21 616 0,96 0,37 »
- 1 Ml 616 0,96 0,57 Très faibles. Brisés.
- 1 1,22 616 0,98 0,58 Très faible. Les 3 projectiles d'acier sont brisés.
- 1 1,22 616 0,98 0,58 » Brisés.
- 'polis en 1890.
- 1,26 622 1,01 0,38 0,30 à 0,33 Les projectiles rebondissent.
- 1,32 530 1,07 0,76 0,38 Le projectile rebondit cassé.
- 1,26 622 1,01 0,58 Pénétrations 3 projectiles sont cassés, les ogives
- 1,32 530 622 1,07 0,76 plus fortes. restent dans l’empreinte.
- 1,26 1,01 0,38 Traversée. 3 projectiles traversent la plaque,
- 1,32 530 1,07 0,76 Id. 2 traversent la muraille.
- 1,26 654 1,01 0,60 0,309, 0,393, 0,283 0,428, 0,344 1 projectile est cassé, tous restent dans l’empreinte.
- Aucune fente. Aucune fente.
- Des morceaux de la couverte sont détachés.
- Dégâts pou sensibles.
- La plaquc'présente quelques criques 'égères.
- La plaque présente quelques criques légères.
- La plaque est traversée.
- La plaque a quelques criques.
- La plaque a quelques criques.
- La plaque est traversée.
- La plaque est traversée et a de nombreuses criques.
- La plaque est traversée.
- La plaque a quelques criques.
- Id.
- Id.
- La plaque est fendue.
- Id.
- La plaque a quelques criques.
- Id.
- La plaque présente 2 grandes fentes en X.
- La plaque n’a que des criques fines.
- Des morceaux de la plaque sont détachés. La dessoudure est presque complète.
- La plaque a quelques fentes fines.
- p.1780 - vue 1789/1864
-
-
-
- 1782
- MÉTALLURGIE. --- DÉCEMBRE 1899.
- NATURE PROVENANCE ET DIMENSIONS DE LA PLAQUE DATE DE L'ESSAI LIEU DE L’ESSAI NOMBRE DE COUPS PROJECTILES
- NATURE CALIBRE l POIDS
- Acier au nickel du Creusot 2,518 X 2,520 X 0,265 » » 3 Fonte dure Ch. Comment. mill. 240 kil. 144
- mèt.
- 409
- 3(2
- Essais américains
- Acier forgé, procédé Harvey.......
- 2,438 X 1,828 X 0,267 Acier carburé au nickel Bethlehem.
- 2,438 X 1,828 X 0,267 N° 1
- Acier peu carburé au nickel Carnegie
- 2,438 X 1,828 X 0,266 2
- Acier peu carburé Bethlehem Harvey.
- 2,438 X 1,828 X 0,266 S° 3
- Acier carburé nickel Carnegie. . . .
- 2,438 X 1,828 X 0,266 N° 4
- Acier peu carburé Carnegie Harvey.
- 2,438 X 1,828 X 0,266 N° 5
- Acier carburé Bethlehem Harvey. .
- 2,438 X 1,828 X 0,266 N° 6
- Bethlehem.........................
- 2,438 X 1,828 X 0,265
- Bethlehem........................
- 2,438 X 1,828 X 0,265
- Bethlehem........................
- 3,05 X 1,828 X 0,355 Plaque gabariée pour Vlndiana, non cémentée.
- Bethlehem........................
- 2,74 X 2,14 X 0,355
- Bethlehem.................. . .
- 3,95 X 1,83 X 0,304
- Bethlehem, plaque du Maine. . 2,74 X 2,14 X 0,304
- Tir oblique sous l’incidence de 20° — — 35°.
- Tir normal
- Carnegie, plaque du Monaclnock, non
- cémentée........................
- 5,90 X 1,58 X 0,292
- 14 février 1891 Annapolis. 6 Acier 152 45,36 629 49b
- forgé.
- 31 octob. 1891 lndian Head. 4 Ac. Holtzer. 152 45,36 632 49b
- i Ac. Firminj. 203 95,25 533 422
- 4 Ac. Hollzer. 152 45,36 632 49b
- 1 Ac. Firminy. 203 95,25 533 422
- » 4 Ac. Hollzer. 152 45,36 632 493
- i Ac. Fivmiiiy. 203 95,25 533 422
- 14 nov.1891 4 Ac. Hollzer. 152 45,36 632 495
- i Carpeuter. 203 113,400 518 422
- y, 4 Ac. Hollzer. 152 45.36 632 49b
- 1 Carpenler. 203 113,40 518 389
- t) () 4 Ac. Hollzer. 152 45,36 632 493
- i Ac. Firminy. 203 95,25 533 422
- 23 juillet 1892 lndian Head. i Acier. 203 113,400 518 392
- i )) 203 113,400 518 392
- i 203 113,400 518 392
- i » 203 113,400 518 392
- i »> 203 113,400 518 392
- 30 juillet 1892 Bethlehem. 5 » 203 113,400 518 392
- 22 mai 1892 lndian Head. i „ 254 226,80 424 390
- i » 254 226,80 424 390
- i » 254 226,80 424 390
- Juin 1892 i » 254 226,80 448 390
- i )) 254 226,80 558 390
- i )> 254 226,80 598 390
- i » 254 226,80 629 390
- Id. » i Acier. 203 113,400 480 421
- i » 203 113,400 559 421
- i )) 203 113,400 611 421
- Octobre 1893 » i Ac. Hollzer. 203 113,400 510 4’21
- i Carpenler. 203 113,400 610 421
- i » 203 113,400 671 421
- i >, 203 113,400 671 421
- i » 279 226,80 602 421
- i Carpenler. 279 226,80 511 378
- 10 février 1894 Id. i Acier. 203 113,400 467 410
- i )> 203 113,400 554. 41U
- LES PLAQUES DE BLINDAGÈS
- 1783
- i
- i - 3 rî 3 % * « « 7 h g o a \t * § Z , a a P -j 4—J Ü* r.. H % fl g ? 5 £ y. % ? « o î s c 6 «g s 2 § | 'i < X- < PÉNÉTRATION EFFETS SUR LE PROJECTILE EFFETS SUR LÀ PLAQUE
- 1,10 482 0,85 1,00 0,156 Projectiles brisés en gros fragments- La plaque présente deux grandes
- (non indiquée prles 2 aut.) fentes à angle droit.
- effectués de 1890 à 1895.
- 1,24 622 1,01 0,58 0,10 Les 6 projectiles sont brisés. La plaque est cassée.
- 1,26 622 1,01 0,58 Moyenne 0,31 2 rebondissent, 2 cassés. Quelques petites criques radiales.
- 1j3o 530 1,00 0,76 0,39 Rebondit entier. 3 fentes.
- 1,26 622 1,01 0,58 Moyenne 0,52 3 restent engagés, I rebondit cassé. Aucune fente.
- 1,35 530 1,00 0,76 0,52 Reste engagé. 1 crique.
- 1,26 622 1,01 0,58 Moyenne 0,20 Restent engagés. 3 criques légères.
- 1,25 530 1,00 0,76 1,06 Id. Fente traversant.
- 1,26 622 1,01 0,58 Moyenne 0,20 Rebondissent, 3 brisés, 1 fendu. 2 criques légères.
- 1,25 520 1,00 0,16 1,06 Rebondit, fendu. 2 grandes tentes.
- 1,26 622 1,01 0,58 Moyenne 0,38 3 restent engagés, 1 rebondit. Aucune fente.
- 1,33 520 1,00 0,76 0,40 Rebondit, brisé. 2 fentes légères.
- 1,16 622 1,01 0,58 Moyenne 0,22 Cassés, 2 rebond., 2 restent engagés. Aucune fente.
- 1,25 530 1,00 0,76 0,32 Rebondit entier. 1 grande fente.
- : 1,33 482 1,07 0,76 0,03 Brisé. Quelques écailles détachées.
- 1,33 482 1,07 0,76 0,03 Brisé. Id.
- 1,33 482 1,07 0,76 0,33 Rebondit déformé Criques radiales, 1 fente.
- • 1,33 482 1,07 0,76 0,33 )> Criques radiales.
- 1,33 482 1,07 0,76 0,03 Brisé. Id.
- < 1,33 482 1,07 0,76 0,03 Brisés. Aucune crique.
- ! 1,07 495 0,86 0,71 0,355 Brisé. >,
- 1 1,07 495 0,86 0,71 0.34 » »
- 1,07 495 0,86 0,71 0,33 Déformé. Aucune crique.
- 1,15 495 0,90 0,71 0,050 Brisé. Aucune fente.
- 1,43 495 1,12 0,71 0,133 Brisé. 2 fentes.
- 1,53 493 1,20 0,71 0,133 Brisé. 3 grosses fentes.
- 1,60 495 1,27 0,71 0,250 Brisé. Plaque brisée.
- 1,13 5 45 0,88 0,66 0,280 » »
- 1,32 545 1,02 0,66 0,303 » »
- 1,45 545 1.12 0,66 Traversé. » .. »
- 1,23 545 0,93 0,66 Très faible. Brisé. Aucune fente.
- 1,45 5 45 1,11 0,66 0,12 Id. Id.
- 1,59 545 1,23 0,66 0,13 Id. Id.
- 1,59 545 1,23 0,66 0,152 Id. Id.
- 1,59 545 1,23 0,66 0,304 Id. Grande fente transversale.
- 1,35 480 1,06 0,90 0,228 Id. Quelques fentes dans le fond du
- trou.
- 1,13 , 517 0,90 0,69 0,320 Rebondit brisé. Fentes.
- 1,35 317 0,90 0,69 0,900 S'arrête dans la muraille en bois. Traversée.
- j
- p.1782 - vue 1790/1864
-
-
-
- 1784
- MÉTALLURGIE. --- DÉCEMBRE 1899.
- NATURE NOMBRE PROJECTILES
- PROVENANCE ET DIMENSIONS DATE LIEU DE
- DE DE L’ESSAI DE L’ESSAI
- LA PLAQUE COUPS NATURE CALIBRE POIDS VITESSE
- mill. kii. met.
- Carnegie Mars 1894 lndian Head. l Acier Sterling. 203 113,400 609
- Plaque nickel acier cémentée. . . . D incidence 30“ l Acier ' Cui'pcoter. 203 113,400 609
- Épaisseur 0,305 » » 1 Id. 254 226,800 601
- Carnegie 10 mars 1894 lndian Head. 1 Cacpentev. 203 113,400 560
- 2,438 X 1,850 X 0,205 1 Ae. Hollzer- 203 113,400 609
- Carnegie, plaque de YIndiana et Mas- 2 avril 1894 Id. 1 Acier. 132 45,36 448
- sachusets 1 )) 152 43,36 516
- 6,70 X 1,60 X 0,152 1 » 152 45,36 609
- 1 » 152 43,36 640
- Plaque du Brooklyn 10 avril 1894 ld. 1 Acier. 105 15,85 367
- 1,00 x 2,60 X 0,076 1 » 105 15.85 413
- 1 » 105 15,83 348
- Carnegie 10 mai 1894 ld. 1 Carpenlei'. 132 45,36 548
- 6,60 X 1,60 X 0,152
- Tir sous l’incidence de 13° ... . 1 Id. 132 43,36 548
- — — 12“ ... . 1 Id. 152 45,36 609
- Carnegie 12 juillet 1894 lndian Head. 1 Id. 30 4 385 430
- 6,60 X 1,60 X 0,432 1 ld. 304 385 565
- Bethlehem 11 février 1894 Id. 1 Ac. HoUiev. 253 226,8 448
- 2,743 X 2,133 X 0,355 1 » 253 226,8 566
- 1 » 253 226,8 597
- 1 » 253 226,8 626
- Bethlehem Juillet 1894 » 1 Carptnler. 304 385 430
- 3,690 X 2,547 X 0,431 1 )) 304 385 565
- Bethlehem Mai 1894 ld. 1 » 304 385 443
- Épaisseur X 0,457 “ 1 304 385 580
- Vickers, métal cémenté 1er nov. 1892 Bord du Nettle. 3 Acier 152 45,36 602
- 2,44 X 1,83 X 0,265 2 fonte. 152 45,36 602
- Vickers, métal cémenté 28 février 1893 Portsmouth. O Acier 152 45,36 520
- 2,44 X 1,83 X 0,152 9 fonte. 132 45,36 520
- Vickers, acier nickel 18 janvier 1893 » i Ac. Hollzer. 152 45,36 459
- 2,438 X 1,828 X 0,152 i ,» 152 45,36 333
- i » 132 45,36 398
- î » 152 45,36 533
- J. Brown, acier nickel » » i „ 152 45,36 459
- 2,438 X 1,828 X 0,152 î » 152 43,36 333
- i » 152 43,36 598
- Cammell, acier nickel, plaque cé- 12 mai 1893 » i » 152 45,36 597
- mentée i y, 152 45,36 597
- 2,438 X 1,828 X 0,265 i Fo. Palliscr. 152 44,45 597
- i » 152 44,45 597
- î Ac. Hollzer. 152 45,36 597
- 31 août 1893 Shœburyness î » 233 172,36 550
- i » 233 172,36 595
- Vickers, acier 30 juin 1893 Nettle. î Ac. Hollzer. 152 45,36 439
- 2,438 X 1,828 X 0.152 i » 152 43,36 333
- 422
- 39U 390 343 343 3 io 345 266 266 266 345
- 345
- 345
- 388
- 388
- 389 389 389 389 388 388 403 403
- Essais
- 490
- 490
- 345
- 345
- 345
- 345
- 345
- 345
- 345
- 345 490 490 500 500 490
- 346 346
- 345
- 343
- LES PLAQUES DE BLINDAGES
- 1785
- iLh ïf £ C ? 7 y ** S S g s è ^ Z K ^ C ~ H | ^ r M " g > < RAPPORT DE LA VITESSE DE TIR A LA PERFORATION DE L'ACIER RAPPORT DU CALIBRE A L’ÉPAISSEUR PÉNÉTRATION EFFETS SUR LE PROJECTILE EFFETS SUR LA PLAQUE
- 1,44 545 l,ll 0,66 0,102 Boulet à tête ronde brisé. Aucune fente.
- ,, » ». 0,115 Brisé. Id.
- 0,186 Id. Id.
- 1 4-3 482 1,16 0,76 0,08 Brisé. L'ogive reste soudée d. l’cmpr1'. Aucune fente.
- 482 1.26 0,76 0,132 Id. La plaque prés, une fente transvers.
- 1 30 417 1,07 1,00 0,031 Projectile arrêté. Brisé. La plaque n'a aucune fente.
- 1,49 417 1,23 1,00 0,089 Id. ”
- 1.76 417 1,46 1,00 0,152 Id.
- L80 417 1,53 1,00 Traversée. Brisé, arrêté dans le massif. La plaque n’a aucune fente.
- 1,37 315 0,84 1,30 Très faible. Brisés. Id.
- 1,55 313 0,84 1,30 Id. Id. Id.
- 1,85 315 0,84 1,30 Non indiquée. »
- 1 58 4-17 1,31 1,00 0,08 Brisé, l’ogive reste soudée. Quelques écailles superficielles se
- détachent sur la plaque.
- 1 58 417 1,31 1,00 0,06 Id. Les fentes préexistantes s’aggra-
- vent légèrement.
- 1,58 417 1,31 1,00 0.04 Id. ld.
- 1,10 499 0,86 0,70 0,342 Rebondit entier. Quelques fentes.
- 1,43 499 1,13 0,70 Traversée. Entier. Plaque brisée.
- 1,15 495 0,90 0,71 0,05 Brisé, l’ogive reste dans le trou. Aucune fente.
- 1,45 495 1,14 0.71 0,153 Id. 2 fentes.
- 1,53 493 1,20 0.71 0,153 Id. Fentes traversant.
- 1,60 495 1,26 0,71 0,250 Id. Plaque cassée.
- 1,10 499 0,86 0,70 0,203 Brisé. Aucune fente.
- 1,43 499 1,13 0,70 0,280 Id. Fente légère.
- 1,10 518 0,86 0,68 » Rebondit déformé. 3 grandes fentes.
- 1,44 518 1,12 0,68 Traversée. Reste engagé dans le massif en bois. Id.
- anglais.
- 1,22 614 0,98 0,57 Non mesurée. Tous brisés. Aucune fente.
- 1.22 614 0,98 0,57 » »
- 1,50 417 1,24 1,00 Perforation. Cassés.
- 1,50 417 1,24 1,00 (C Brisés.
- 1,33 417 1,10 1,00 0,161 Cassé. Aucune fente.
- 1,60 417 1,32 1,00 0,291 Cassé, l’ogive reste dans l’impact. Quelques fentes.
- 1,72 417 1,43 1,00 0,342 Id. Id.
- 1,60 417 1,32 1,00 0,159 Id. Id.
- 1,33 417 1,10 1,00 Faible Id. Aucune fente.
- 1,60 417 1,32 1,00 0,279 Id. 1 fente.
- 1,72 417 1.43 1,00 Plaque traversée. Cassé, l'ogive reste dans le massif. Traversée.
- 1,21 614 0,97 0,56 Faible. Brisé. Aucune crique.
- 1,21 614 0,97 0,56 » Id. Id.
- 1,19 614 0,97 0,56 »> Id. Id.
- 1,19 614 0,97 0,56 » Id. Id.
- 1,21 614 0,97 0,5# »> Id. Id.
- 1,62 433 1,27 0,91 0,203 Id. Fontes traversant.
- 1,70 433 1,37 0,91 Pl.traver.. l’ogive pénè- Id. Id.
- tre de 0,45 d. le massif.
- 1,33 417 1.10 1,00 Non mesuré. Cassé, l’ogive reste dans le trou. La plaque présente une fente.
- 1,60 417 1,32 1,00 Id. Id. Quelques fentes.
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-
-
-
- 1786
- MÉTALLURGIE
- DÉCEMBRE 1899.
- LES PLAQUES DE BLINDAGES
- 1787
- NATURE PROVENANCE ET DIMENSIONS DE LA PLAQUE DATE DE L’ESSAI LIEU DE L’ESSAI NOMBRE DE corps PROJECTILES y ^ S 1 * 1 C X ? ^ Es ~ L1 a ë s VITESSE 1 DE PERFORATION DE LA PLAQUE EN ACIER RAPPORT DE LA VITESSE DE TIR A LA PERFORATION DE L’ACIER RAPPORT DU CALIBRE a l’épaisseur PÉNÉTRATION EFFETS SUR LE PROJECTILE
- NATURE CALIBRE POIDS VITESSE
- mill. kil. met. _
- i Ac. Hollicr. 152 45,36 598 345 417 1,43 1,00 Id. Id.
- i ,, 152 43,36 • m3 345 ! i,i* 417 1,32 1,00 0,279 Id.
- Vickers, acier nickel 13 août 1893 Net fie. i 152 45,36 459 345 1 1>6U 417 1,10 1,00 Non mesurée. Cassé, l’ogive reste dans le massif.
- 2,438 X 1,828 X 0,152 i » 152 43,36 553 1,00 ! 1 Art 417 1,32 1,00 Plaque traversée. Id.
- i » 152 45,36 553 343 ] 60 417 1,32 1,00 Id. Id.
- i » 152 45,36 598 345 l 79 417 1,43 1,00 Muraille traversée. Entier.
- J. Brown, acier nickel 10 octob. 1893 Shœburyness. i » 233 172,36 620 346 \,U l 78 433 1,43 0,91 Plaque traversée. Brisé
- 2,438 X 1,828 X 0,263
- )) i Acier. 233 172,36 550 346 ! i ^ 433 1,27 0,91 Plaque traversée. Brisé.
- J. Brown, plaque gabariée 26 octob. 1893 »> i » 233 172,36 620 346 ! 1,18 433 1,43 0,91 Plaque traversée. Brisé.
- 2,438 X 1,828 X 0,265 [Suite).
- Cammell, plaque gabariée 9 nov. 1893 » i » » » 620 346 ! 1,78 433 1,43 0,91 U,253 Brisé.
- 2,438 X 1,828 X 0,265
- Cammell, acier sans nickel, plaque 8 nov. 1893 Net fie. i » 152 45.36 459 345 ) 33 417 1,10 1,00 Faible Cassé.
- cémentée i » 152 45,36 553 345 1,60 417 1,32 1,00 0,076 Cassé, l’ogive reste dans le trou.
- 2,438 X 1,828 X 0,152 i » » >> 598 345 : 1,72 417 1,43 1,00 0,090 Id.
- Brown, acier 7 février 1894 „ i ,, » » 459 345 1,33 417 1,10 1,00 0,042 Cassé.
- 2,438 X 1,828 X 0,152 i » ,) » 353 345 1.60 417 1,32 1,00 0,177 Id.
- i „ » » 598 343 1 7;> 417 1,43 1,00 Plaque traversée. Cassé, quelques morceaux dans le
- massif.
- i 553 345 . 1,60 417 1,32 1,00 0,152 Cassé.
- EFFETS
- SUR
- LA PLAQUE
- Id.
- Quelques morceaux sont détachés. »
- La plaque est traversée sans crique.
- Id.
- Id.
- La plaque est traversée, elle a 5 fentes radiales.
- La plaque est traversée.
- La plaque est traversée, elle a 5 fentes radiales.
- La plaque présente 4 fentes traversant.
- 2 criques fines.
- 3 fentes.
- Plaque cassée, un morceau pénètre dans le massif.
- Quelques criques fines.
- Id.
- Les fentes s'aggravent, quelques criques.
- Essais pratiqués ^ Pola (Autriche).
- Acier nickel Diliingen...............
- Plaque de 2,13 X 1,83 X 0,27 Les plaques essayées en 1893 sont appuyées sur un matelas en bois de 0,51 d’épaisseur.
- Acier nickel Yickers..........
- Plaque de 2,43 X 1,83 X 0,27
- Acier nickel cémenté Krupp . . . . Plaque de 2,43 X 1,83 x 0,27
- Acier harveyé Yickers........
- Plaque de 2,43 X 1,83 X 0,27
- Acier nickel Witkowitz......
- Plaque de 2,43 x 1,83 x 0,27
- N ovembre Pola 1 Slrcildien. 152 51 638 465 1,35 581 1,08 0,32 L’ogive est en saillie de Reste engagé dans la plaque.
- 1893 (Autriche). 0“15 sur la face arrière.
- 1 Krupp. 152 51 603,5 463 i 1,29 581 1,03 0,52 Traversée Cassé.
- 1 Slreiteben. 152 51 603,5 463 : 1,29 581 1,03 0,52 220 Brisé.
- 1 Krupp. 152 51 603,5 463 1 1,29 581 1,03 0,52 180 Cassé, la pointe reste engagée.
- 1 Krupp. 240 215 432 321 1 1,34 403 1,07 0,88 Traversée Entier, quelques fentes Anes.
- Id. Id. 1 Streileben. 152 51 603,5 463 i J.29 581 1,03 0,52 230 Reste engagé, cassé.
- 1 Krupp. 152 51 603,5 463 1.29 581 1.03 0,52 319 Reste engagé entier.
- 1 Slreiteben. 152 51 603,5 463 1,29 381 1,03 0,52 Traversée presque com- Id.
- 463 plètement. 431 Entier.
- 1 Krupp. 152 51 603,3 ' 1,29 581 1,03 0,52 Traversée.
- 1 Slreiteben. 240 215 432 321 1,34 403 1.07 0,88 279 Brisé, l’ogive reste engagée.
- Id. Id. 1 Slreiteben. 152 51 603,5 463 1,29 581 1,03 0,52 70 Brisé, l’ogive reste engagée.
- 1 Krupp. 152 51 603,5 463 1,29 581 1,03 0,52 » Id.
- 1 Streiteben. 152 51 603,3 463 1,29 581 1,03 0,52 300 Rebondit entier.
- 1 Krupp. 152 51 603,5 465 1,29 581 1,03 0,52 320 Id.
- 1 Krupp. 240 215 432 321 465 1,34 403 1,07 0,88 Traversée Cassé en 2 morceaux.
- Id. Id. 1 Slreiteben. 152 51 603,5 1,29 581 1,03 O Ce • IC 350 Brisé, l’ogive reste engagée.
- 1 Krupp. 152 31 603,5 465 1,29 581 1,03 0,52 320 Reste engagé.
- 1 Streiteben. li>2 51 603,5 465 1,29 581 1,03 0,52 430 Id.
- 1 Krupp. 51 603,5 465 1,29 581 1,03 0,52 . 280 Id.
- 1 Streiteben. 240 215 432 321 1,34 403 1,07 0,88 320 Brisé, la pointe reste engagée.
- Td. Id. 1 Streiteben. 152 31 603,5 463 1,29 581 1,03 0,52 100 Brisé.
- 1 Krupp. 152 51 603.5 465 1,29 381 1,03 0.52 340 Rebondit entier.
- La plaque n’a pas de fente.
- Id.
- Id.
- Id.
- La plaque présente 2 fentes légères.
- La plaque présente, sur la face arrière, 4 petites tentes.
- Id.
- Id.
- Trou nettement débouché, 6 fentes à l’arrière.
- 3 fentes radiales.
- La plaque présente des écailles détachées.
- La plaque présente plusieurs fentes traversant.
- Id.
- La plaque est séparée en 5 morceaux
- La plaque présente quelques fentes superficielles.
- Id.
- Id.
- La plaque présente plusieurs fentes nouvelles.
- 3 grandes fentes radiales.
- La plaque n’a aucune fente.
- La plaque présente 4 fentes superficielles sur la face arrière.
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-
-
-
- 1788
- MÉTALLURGIE
- DECEMBRE 1899
- NATURE PROVENANCE ET DIMENSIONS DE LA PLAQUE DATE DE L’ESSAI LIEU DE L’ESSAI NOMBRE DE COUPS NATURE P.ROJE CALIBRE 3TILES POIDS vitesse
- mill. kil. mèt.
- l Streiteben. 152 51 603,5
- 1 Krupp. 152 51 603,5
- 1 Streiteben. 240 215 432
- Acier nickel Cammell Id. Id. 1 Streiteben. 152 51 603,5
- Plaque de 2,13 X 1,83 X 0,27
- 1 Krupp. 132 51 603,5
- 1 Streiteben. 152 51 603,5
- 1 Krupp. 152 51 603,5
- 1 Streiteben. 240 213 432
- Acier harveyé Cammell Févrie, 1894 Pola 1 Streiteben. 152 51 603,5
- Plaque de 2,13 x 1,83 x 0.27 (Autriche). 1 Krupp. 132 51 603,5
- 1 Streiteben. 132 51 603,5
- 1 Krupp. 152 51 603,5
- ( l Streiteben. 24? 215 432
- Acier harveyé Witkowitz Septembre Id. 1 132 45,36 602
- Plaque de 1,85 x 1,475 x 0,22 1896
- Id. Id. 1 » 152 45,7 639
- Id. Id. 1 » 152 45,5 673
- Acier nickel non cémenté Witko- Id. Id. i » 152 45,5 608
- witz 1 » 132 45,7 639
- Plaque de 1,72 x 1,72 x 0,22 1 » 152 45,5 677
- 1 J> 152 45,5 677
- 463
- 463
- 321
- 465
- 463
- 465
- 463
- 321
- 463
- 465
- 463
- 465
- 321
- 429
- 429
- 429
- 428
- 429 429
- Essais russes etholl
- Vickers. plaque cémentée. . 2,43 X 2,45 X 0,254.
- Vickers, acier nickel, plaque cémentée...............................
- 2,00 X 1,500 X 0,15
- Cammell, acier nickel . . . 2,00 X 1,500 X 0,15
- J. Brown, acier nickel . . . 2,00 X 1,500 X 0,15
- Novembre Ochta. 4 Ac. Holtzer. 132 40,56 661
- 1892 1 Id. 228 184 504
- 1 Id. 228 184 575
- 23 août 1893 Texel. 1 Ac. Krupp. 120 26 440
- 1 120 26 480
- 1 » 120 26 500
- 1 » 120 26 540
- 1 » 120 26 573
- 1 ». 120 26
- 1 », 120 26
- » » 1 » 120 26
- 1 »» 120 26
- 1 ,» 120 26
- 1 », 120 26 440
- 1 ,» 120 26 440
- » „ 1 „ 120 26 440
- 1 » 120 26 480
- 1 » 120 26 300
- 1 » 120 26 540
- 1 ,» 120 26 573
- „ „ 1 », 120 26 440
- 1 » 120 26 480
- 120 26
- 1 >» 120 26' 500
- 1 »» 120 26 540
- 1 » 120 26 573
- 504
- 320
- 320
- 374
- 374
- 374
- 374
- 374
- 374
- 374
- 374
- 374
- 374
- 374
- 374
- 374
- 374
- 374
- 374
- 374
- 374
- 374
- 374
- 374
- 374
- Creusot
- LES PLAQUES DE BLINDAGES
- 1789
- Z 1 M* f , a h p 4 4 5 » ri VITESSE DE PERFORATION DE LA PLAQUE EN ACIER RAPPORT DE LA VITESSE DE TIR A LA PERFORATION DE L'ACIER RAPPORT DU CALIBRE a l’épaisseur PÉNÉTRATION EFFETS SUR LE PROJECTILE EFFETS SUR LA PLAQUE
- 1,29 581 1,03 0,52 110 Brisé, la pointe reste engagée. Id.
- 1 29 581 1,03 0,52 Non mesurée Id. Id.
- 1,34 403 1,07 0,88 80 Id. Id.
- 1,29 581 1,03 0,52 500 Resté engagé entier. La plaque présente plusieurs fentes
- superficielles.
- 1,29 581 1,03 0,52 Traversée Non retrouvé. Id.
- S 1,29 581 1,03 0,52 239 Brisé, la pointe reste engagée. Id.
- I 1,29 581 1,03 0,52 430 Id. Id.
- ; 1,34 403 1,07 0,88 300 Id. La plaque est séparée en 3 morceaux
- 1,29 581 1,03 0,52 Non mesurée Brisé, la pointe reste engagée. La plaque n'a aucune fente.
- 1,29 581 1,03 0,52 » Id. Id.
- 1,29 581 1,03 0,52 » Id. Id.
- 1,29 581 1,03 0,52 » Id. Id.
- 1,34 403 1,07 0,88 304 Id. La plaque présente une large fente
- et 2 autres plus fines ; elle est
- partagée en 2 morceaux.
- 1,40 333 1,16 0,68 92 Brisé en'petits morceaux. La plaque présente une fente à
- l’arrière.
- 1,47 532 1,20 0,68 100 Id. La couche cémentée est détachée
- autour de l’impact.
- 1,57 533 1,26 0,68 52 Id. Id.
- 1,41 533 1,17 0,68 125 Brisé en petits morceaux. La plaque n’a aucune fente.
- 1,47 532 1,20 0,68 135 Id. Id.
- 1,58 533 1,27 0,68 110 Id. La plaque présente 3 fentes légères.
- 1,58 533 1 27 0,68 135 Id. L’une des fentes précédentes s’al-
- longe et traverse l’épaisseur.
- pratiqués en 1892 et 1893.
- . 1,30 635 1,04 0,60 Très faible. Tous brisés. Aucune fente.
- 1,57 403 1,25 0,90 » Brisé. Fentes graves.
- •: 1,80 403 1,42 0,90 Perforation. Brisé. Traversée, brisée.
- 1,17 465 0,94 0,80 0,174 Rebondit entier. Aucune fente.
- 1,28 465 1,03 0,80 0,205 Id. Id.
- 1,33 465 1,07 0,80 0,060 Brisé, l’ogive reste dans l’empreinte. Id.
- 1,44 465 1,16 0,80 0,050 Id. Quelques fentes.
- • 1,53 465 1,23 0,80 »> Id. Fortes fentes, traversant la plaque.
- U7 465 0,94 0,80 0,168 Id. Id.
- 1,17 465 0,94 0,80 0,182 Id. Id.
- 1,17 465 0,94 0,80 0,174 Rebondit entier. Aucune fente.
- 1,28 465 1,03 0,80 0,294 Cassé, l’ogive reste dans le trou. Id.
- 1,33 463 1,07 0,80 Muraille traversée. Entier et fendu. Id.
- 1,44 465 1,16 0,80 ’ Id. Id. Id.
- 1,53 465 1,23 0,80 Id. Non retrouvé. Id.
- 1,17 465 0,94 0,80 0,177 Rebondit entier. Aucune fente.
- 1,28 465 1,03 0,80 0,062 Cassé, l’ogive reste dans le trou. Id.
- 1,33 465 1,07 0,80 0,406 Engagé dans le massif. Id.‘
- 1,44 463 1,16 0,80 0,160 Cassé, l’ogive reste dans le trou. Id.
- 1,53 465 1,23 0,80 Muraille traversée. Non retrouvé. '*
- 1.17 463 0,94 0,80 0,185 »> »
- 1,28 463 1,03 0,80 Non mesurée. Obus cassé : la tête reste dans le »
- trou.
- 1,33 465 1,07 0,80 Traversée. Muraille traversée.
- 1,44 465 1,16 0,80 » Id.
- 1,33 465 1,23 0,80 Non mesurée. Obus brisé. »
- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Décembre i 899, 116
- p.1788 - vue 1793/1864
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- 1790
- MÉTALLURGIE
- DÉCEMBRE 1899.
- NATURE PROVENANCE ET DIMENSIONS DE LA PLAQUE DATE DE._ L'ESSAI LIEU DE L’ESSAI NOMBRE Î>E COUPS NATURE PROJEt ^CALIBRE 3TILES POIDS VITESSE
- mill. kii. mèt.
- Krupp )) Texel. 1 Ac. Krupp. 120 26 440
- 1 » 120 26 480
- 1 )) 120 26 500
- 1 )) 120 26 540
- 1 » 120 26 573
- Saint-Chamond » )) 1 )) 120 26 440
- 1 » 120 26 480
- 1 » 120 26 500
- 1 )) 120 26 540
- 1 )) 120 26 573
- Vickers métal cémenté. Avril 1893 Gavre. 1 Acier. 240 144 580
- 2,435 X 1,823 X 0,268 1 » 240 144 700
- 1 » 240 144 660
- 1 » 164 45 880
- Vickers Juillet 1893 »> 1 » 340 420 625
- 2,250 X 2,250 X 0,368 1 » 340 420 539
- Châtillon-Commentry Octobre 1893 Montluçon. 1 » 164 45 614
- 2,230 X 2,250 X 0,170 1 » 164 45 634
- 1 » 164 45 653
- Vickers, plaque d’étude Décembre 1893 Gavre. 1 Acier 138 30 706
- 2,300 X 0,800 X 0,160 St-Etieiine.
- 1 Ac. Holtzer. 164 45 658
- Saint-Chamond Décembre 1893 Gavre. 1 Acier 138 30 705
- 2,300 X 0,800 X 0,160 St—Etienne.
- 1 )) 164 45 658
- Châtillon Avril 1894 „ 1 H 138 706
- 2,300 X 0,800 X 0,160
- 1 Acier 164 45 670
- Holtzer.
- Saint-Étienne » »• 1 Acier 138 30 706
- 2,300 X 0,800 X 0,160 St-Elienne.
- Creusot » * 1 Id. 138 30 706
- 2,300 X 0,800 X 0,160
- Vickers Décembre 1893 )) 1 Acier . 240 144 650
- 2,300 X 1,250 X 0,250 St-Chamond.
- Saint-Chamond )) » 1 )) 240 144 606
- 2,300 X 1,250 X 0,250 1 »
- Châtillon Avril 1894 )) 1 Acier 240 144 650
- 2,300 X 1,230 X 0,250 St-Chamond. 240 144 650
- 1 » 240 144 685
- MM. Marrel » » 1 Id. 240 144 650
- 2,300 X 1,250 X 0,250 1
- Creusot 1 Id. 240 144 685
- ; 2.300 X 1,550 X 0,250 1 Id. 240 144 650
- 374
- 374
- 374
- 374
- 374
- 374
- 374
- 374
- 374
- 374
- Essais
- 390
- 390
- 390 52b 364 364
- 391 391 391
- 404
- 376
- 404
- 376
- 404
- 376
- 404
- 404
- 372
- 372
- 372
- 372
- 372
- 372
- 372
- 372
- LES PLAQUES DE BLINDAGES
- 1791
- 0 u 1 5 $ £ £ P 2 O K * H U ^ î( > < 0 P. O la ^ £ p ^ <1 VITESSE 1 DE PERFORATION DE LA PLAQUE EN ACIER RAPPORT DE LA VITESSE DE TIR A LA PERFORATION DE L’ACIER RAPPORT DU CALIBRE a l’épaisseur PÉNÉTRATION EFFETS SUR LE PROJECTILE EFFETS SUR LA PLAQUE
- 117 465 0,94 0,80 0,177 Obus brisé. Muraille traversée.
- 1,28 465 1,03 0,80 0,203 „ Id.
- L33 465 1, 7 0,80 Traversée. „ »
- 1,44 465 1,16 0,80 Id. )) »
- 1,53 465 ,23 0,80 Id. „ )>
- 1,17 465 ,94 0,80 163 )) »
- 1,28 465 1,03 0.80 190 » »
- 1,33 465 1,07 0,80 » » Muraille presque traversée.
- 1,44 465 1,16 0,80 )) » Muraille traversée.
- 1,53 465 1,23 0,80 ” » Id. — Aucune fente à la fin du tir.
- français.
- 1,48 490 1,18 0,90 0,168 Brisé. Fentes graves.
- 1,79 490 1,42 0,90 Perforation. Entier. Muraille traversée.
- 1,69 490 1,35 0,90 Perforation. Entier. Muraille traversée.
- 1,67 641 1,37 0,60 Perforation. Entier. Plaque traversée.
- 1,71 465 1,34 0,92 Perforation. Brisé. Muraille traversée.
- 1,48 465 1,15 0,92 Perforation. Entier. Id.
- 1,57 480 1,27 0,94 Reste Mans l'empreinte. Brisé. Plaque fendue.
- 1,62 480 1,32 0,94 0,079 Brisé. »
- 1,67 480 1,36 0,94 Reste dans l’empreinte.
- Brisé. Cassée, non traversée.
- .1,74 495 1,44 0,87 Perforation. Le projectile reste dans le massif La plaque est traversée et forte-
- en bois, il est brisé et quelques ment fendue.
- fragments rebondissent en avant.
- 1,74 460 1,43 • 1,00 Traversé. Brisé. Quelques morceaux vont à La muraille est traversée.
- 300 mètres.
- 1,74 493 1,42 0,87 Traversé. Le projectile traverse la muraille. La plaque n’a qu’une fente insigni-
- Brisé. fiante.
- 1,74 460 1,43 1,00 Traversé. Le projectile traverse en se brisant, La plaque n’a qu’une fente insigni-
- les morceaux restent dans les ac- fiante.
- cores.
- 1,74 495 1,44 0,87 0,140 Le projectile reste engagé dans la La plaque n’a aucune fente.
- plaque avec le culot en saillie de
- Omll.
- 1,78 460 1,45 1,00 Traversé. Le projectile traverse la muraille, La plaque n’a pas de fente grave.
- brisé.
- 1,74 495 1,44 oo o 0,190 Le projectile est brisé; l’ogive seule La plaque est légèrement fendue.
- Jusqu’au culot du pro- pénètre dans le bois.
- jectile.
- 1,74 495 1,44 0,87 0,400 Le projectile s’arrête dans le mate- La plaque a deux fentes.
- Jusqu’au culot du pro- las en bois.
- jectile.
- 1,74 468 1,38 0,96 Le projectile traverse la muraille. La plaque est fendue dans toute sa
- Brisé. longueur.
- 1,62 468 1,29 0,96 Traversé. Les projectiles traversent la mu- La plaque n’a aucune fente après
- raille. 2 coups.
- 1,74 468 1,38 0,96 » Brisés. >,
- 1,74 468 1,38 0,96 0,300 Le projectile se brise, l’ogive a pénétré dans le bois. La plaque présente 3 fentes rayonnantes.
- Jusqu à la face arrière du
- 1,84 fragm. enfoncé d.lemassif
- 468 1,46 0,96 Perforation. Brisé. Id.
- 1,74 468 1,38 0,96 Saillie du culot sur la Le projectile reste engagé dans la La plaque a 3 fentes.
- face avant. plaque. Le culot est en saillie.
- 0,011
- 1,84 468 1,46 0,96 Perforation. Brisé. Id.
- 1,]I4 468 1,38 0,96 Traversée. Leproject. traverse la muraille, brisé. La plaque a quelques fentes.
- p.1790 - vue 1794/1864
-
-
-
- 1792
- MÉTALLURGIE. --- DÉCEMBRE 1899.
- NATURE PROJECTILES £ -n C K
- PROVENANCE ET DIMENSIONS DATE LIEU NOMBRE K « < Z
- DE LA PLAQUE DE L’ESSAI DE L’ESSAI COUPS
- NATURE CALIBRE POIDS VITESSE ^ ^ 1 Q -
- mill. kii. mèt. Essais
- Krupp, compound 8 mai 1891 Meppen. 4 Fonle dure. 280 234 407 370
- 3,600 X 2,400 X 0,300
- ; Krupp, compound 3,600 X 2,330 X 0,400 14 mai 1892 1 1 Acier Foüie dure. 304 324 455 403
- : Krupp, acier nickel 25 novembre » 1 Acier. 280 232,5 465 377
- 3,310 X 2,580 X 0,300 1892 1 » 280 232,5 473 371
- 1 )) 280 232,5 473 371
- 1 » 280 232,5 473 371
- 1 Foule dure. 280 229 473 373
- ; Krupp, acier nickel 3,660 X 2,450 X 0,400 10 septembre 1892 4 1 Acier Fonle dure. 305 325 473 373
- Krupp, acier nickel cémenté .... 13 mars 1893 )) 1 Acier 152 51 574 485
- 2,440 X 1,830 X 0,265 1 »> 152 51 609 485
- 1 » 152 51 558 485
- 1 )) 210 95 526 431
- 1 » 210 139,5 556 356
- Vickers, acier nickel 26 avril 1893 )> 1 )) 280 234 470 374
- 2,438 X 1,828 X 0,304 1 » 152 50,8 662 501
- Plaque de forme plane en acier nie- 15-16 mars » 1 Acier 280 230,6 552,5 413
- kel Krupp cémenté. N° 432 Y. . . 1893 1
- Épaisseur : 0,300 » 210 138,4 662,6 431
- Massif en chêne de 1 m. 2 tôles Angle d'incidence : 87°.
- d’acier de 20 mm. 1 » » » 662,6 »
- Id. — N° 432 U. — Épaisseur : 0,300. Id. » 1 » 305 324,5 534,6 335
- Même massif. La plaque présente 1 Angle d’incidence : 81°.
- sur la face avant une fente longitu- » )) » 575,7 335
- dinale et deux défournis à l’arrière. 1 » )) » 607,5 335
- 3,00 X 1,91 Épaisseur : 0,300
- Essais effectués en Allemagne
- Plaque de forme plane en acier nie- 15-17 décemb. Meppen. 1 Acier. 150 51 475 360
- kel Krupp cémenté. N° 425 B. . . Matelas en chêne de 60 cm. et 1894 Angle d’incidence : 87° pour les obus de 0.150.
- 1 » » » 576 360
- 2 tôles de 20 mm.
- 2,73 X 1,50 X 0,146 1 )) » 528 360
- 1 » 210 95 437 341
- 1 )) )) » 501 341
- Plaque de forme plane en acier nie- Id. » 1 }> 0,150 51 360
- kel Krupp cémenté. N° 413 II. . . Angle l’incidenc e : 87°
- La plaque présente sur la face pour les obus de 0.150.
- antérieure 26 fissures superficielles produites à la trempe. 1 » » ” 1 576 360
- 2,73 X 1,50 x 0,146 ~
- LES PLAQUES DE BLINDAGES.
- A « 55 O i_i « q a D Pi PS a o S S d, 2 3
- . O U î g îUîî o S s o a u ., s PORT VITESSE TIR RFORATI ’acier PÉNÉTRATION EFFETS SUR
- * * 2 a P H È a s P ^ o* A ^ S S ^ 77 3 a cm s < . 3 < »7a LE PROJECTILE
- üS 5 J > < ' § R DE A LA * %
- '
- allemands.
- 1,10 470 0,86 0,90 0,380 Brisés.
- L’obus eu acier rebondit entier
- 1,12 518 0,87 0,75 0,590 ceux eu fonte dure brisés.
- 1,25 470 0,98 0,90 0,485 Rebondit entier.
- 1,27 470 1,00 0,90 0,500 Id.
- 1,27 470 1,00 0,90 0,505 Id.
- 1,27 470 1,00 0,90 0,490 Id.
- 1,25 470 1,00 0,90 0,370 Brisé.
- 1,25 470 1,00 0,75 0,500 Brisés.
- 1,18 614 0,93 0,55 0,067 Cassé.
- 1,25 614 0,99 0,55 )) Id.
- 1,15 614 0,90 0,55 0,310 Id.
- 1,22 540 0,97 0,79 0,367 Id.
- 1,56 665 0,83 0,79 » Id.
- 1,26 474 0,99 0,90 » Brisé, l’ogive reste dans le trou.
- 1,32 620 1,06 0,50 » Id.
- 1,33 504 1,09 0,93 0,134 Brisé.
- 1,53 524 1,26 0,70 » Brisé.
- 1,58 » 1,30 )) » »
- 1,58 423 1,26 1,00 0,090 Brisé, ogive engagée.
- 1,72 423 1,36 1,00 0,180 Id.
- 1,81 423 1,43 » Id.
- en 1895-96 sur les plaques Krupp.
- 1,31 419 1,13 1,00 0,024 Brisé.
- 1,60 )) 1,37 )) 0,040 Brisé, l’ogive reste engagée.
- 1,46 )> 1,26 » 0,100 Id.
- 1,28 398 1,10 1,40 0,035 Id.
- 1,46 398 1,258 1,40 0,035 Cassé, l’ogive traverse, le corps cy
- lindrique rebondit.
- 1,31 419 1,13 1,00 0,022 Brisé.
- 1,60 419 1,37 1,00 0,022 Id. .
- 1793
- EFFETS
- SUR
- LA PLAQUE
- Quelques fentes légères.
- 1 fente.
- Aucune fente.
- Id.
- Id.
- Id.
- Id.
- Aucune fente.
- Id.
- Id.
- Id.
- Id.
- Id.
- Plaque fortement fendue.
- Tir sur un petit fragment.
- Fortes écailles détach. sur la plaque ; à l’arrière bombement de 35 mm. Id.
- Écailles détachées, 2 fentes.
- Fortes exfoliations détachées. Bombement arrière de 25 mm.
- Id. — Bombement arrière de 60 mm. Id. — 2 fentes, bombement arrière de 75 mm.
- La fente préexistante s'est approfondie.
- Aucune fente.
- La plaque n’a aucune fente, quelques écailles se détachent.
- Id.
- La plaque présente à l’arrière un bombement de 50 mm. avec fentes concentriques.
- Quelques écailles se détachent.
- Plusieurs fentes légères. Bombement à l’arrière de 25 mm. avec fentes.
- Quelques morceaux se détachent, la plaque n’a aucune fente grave.
- La plaque n’a aucune fente due au tir, l’empreinte présente 5 gerçures superficielles.
- Id.
- A l’arrière, bombement de 45 mm. Les fentes préexistantes ne s’ouvrent pas ; mais un fragment se détache.
- p.1792 - vue 1795/1864
-
-
-
- <794
- MÉTALLURGIE
- DÉCEMBRE 1899.
- NATURE PROVENANCE ET DIMENSIONS DE LA PLAQUE DATE DE L’ESSAI LIEU DE L'ESSAI NOMBRE DE COUPS PROJECTILES * 4 O M > " « -:
- NATURE CALIBRE POIDS VITESSE
- mill. kil. met.
- » » » l Acier. 210 95 476 341
- l » ” )) 493 ))
- l )) 150 51 616 360
- Plaque de forme plane en acier me- 14-15 juillet Meppen. l Acier. 120 26 500 422
- kel Krupp non cémenté 1895 l » )) » 515
- Matelas en chêne de 60 cm. 1 » » » 577
- 2,60 X 1,81 X 0,155 1 )) )) » 594,6
- l » 170 77 429 321
- l » 120 26 654,8 422
- 15 décembre » l » 150 51 407,8 338
- 1895 1 » )> » 462 »
- 1 )) » » 477,4 »
- l » » )) 498,8 »
- Plaque de forme plane en acier nie- 16-19 octobre » l )) 88 7 528,4 450
- kel Krupp. Plaque n° 473 cémentée. 1895
- 2,50 X 1,50 X 0,100
- Sommier en chêne de 30 cm. d’é- l » 105 16 393,1 332
- paisseur s’appuyant sur un sommier
- en fer forgé renforcé par 2 plaques
- de 20 mm., 8 boulons de fixation de 1 „ 105 16 484,8 332
- 55 mm. enfoncés de 50 mm. (boulons
- en acier au nickel).
- 1 103 16 620,1 332
- Plaque de forme plane en acier au 16-19 octobre Meppen. l » 130 40 406,5 274
- nickel Krupp. Plaque n° 475 cé- 1895
- mentée.
- 2,50 X 1,50 x 0,100
- (Suite.)
- Sommier en chêne de 60 cm., 4 bou- ,, » 1 „ 120 26 500,7 288
- Ions de fixation
- Sommier en chêne de 60 cm., 4 bou- )) 1 » 150 51 409 app. 28
- Ions de fixation isol. 24
- Sommier en fer forgé dans sommier Octobre 1895 Meppen. 1 Acier. 105 16 608,6 332
- de chêne
- l 150 45,5 624,4 257
- 1 W 150 45,5 523,6 257
- LES PLAQUES DE BLINDAGES
- 1795
- 1.39 1,45
- 1,73
- 1,18
- 1,22
- 1,36
- 1,41
- 1,30
- 1,55
- 1,14
- 1,29
- 1,33
- 1.40 1,17
- 1,18
- 1,45
- 1,86
- 1,45
- 1,73
- 1,42
- 1,67
- 1,83
- 2,49
- 2,03
- Y-* & © 2 » H g OC g ^ £ hï ia ” S 02 « g O g g O 3 ^ a D cd 53 S ÎT S M O H » PÉNÉTRATION EFFETS EFFETS
- Pu (=• H a < À < < SUR SUR
- rj BS S a eu s h j ÇU ü-s
- 5 g p ^ j « - g <! LE PROJECTILE LA PLAQUE
- > « 3 © Ph g 3 ^ %
- 398 1,19 1,40 0,100 Brisé, ogive engagée. Écailles détachées de la plaque.
- „ 1,24 » » Reste engagé, cassé. Écailles détachées de la plaque.
- Déchirures à l’arrière.
- 419 1,47 1,00 » Traverse la plaque cassé, fragments La plaque n’a aucune fente nouvelle.
- dans le massif.
- 500 1,00 0,80 0,177 Entier. Aucune fente.
- )) 1,03 )) 0,184 Id. Id.
- » 1,15 » 0.245 Brisé. Id.
- » 1,18 » 0,240 Id. Id.
- 380 1,13 1,10 )> Traverse entier. Id.
- 500 1,31 0,80 » Id. Id.
- 424 0,96 1,00 0,170 Reste engagé. Id.
- » 1,09 » 0,275 Id. Id.
- )) 1,12 )) 0,242 Id. Id.
- » 1,17 )) » Traverse, reste dans le matelas. Id.
- 525 1,00 0,88 15 Projectile brisé. Écaille de 80 mm. de diamètre et 7 mm. de profondeur, détachée
- au point d’impact. Pas de bombement à l’arrière.
- 397 1,00 1,05 5 Id. Écaille de 100 mm. de diamètre et
- 5 mm. de profondeur avec une fissure fine entourant le point d’impact. Pasde bombementàl’arrière.
- 397 1,22 1,05 9 Id. Exfoliation de 100 mm. de diamètre au point d’impact. Bombement à
- l’arrière sans fente de 125 mm. de diamètre et 5 mm. de hauteur.
- 397 1,56 1,05 81 Id. Pas de fissure. Exfoliation détachée
- de 70 mm. de diamètre et de
- 20 mm. de profondeur au point d’impact. Bombement à l’arrière
- de 45 mm. de hauteur et de 300 mm. de diamètre avec fines
- fissures rayonnantes.
- 328 1,23 1,50 20 Projectile brisé. Impact de 20 mm. de profondeur et de 150 mm. de diamètre. Exfolia-
- tion détachée depuis le bord du trou V jusqu’au trou IV. Bombement à l’arrière de 200 mm. de diamètre et 18 mm. de hauteur sans fissure. Tous les boulons intacts.
- 344 1,45 1,20 Id. Impact de 180 mm. de diamètre si-
- (?) tué près du coup II, les 2 exfoliations Il et VI se confondent. Une fente entre les impacts III et IV. Bombement à l'arrière de 300 mm. de diamètre et 35 mm.
- 328 1,24 1,50 Traversé. Id. de hauteur avec légère fente verticale. Plaque traversée. Diamètre du trou de pénétration 155 X 156 mm.
- 290 1,33 Le morceau de plaque pesant 19 kil. a été enfoncé dans le madrier du massif.
- 397 1,53 1,05 75 Id. Bombement de 00 mm. autour du trou de sortie. Point d’impact exfolié circulaire-
- ment sur 75 mm. de profondeur et 180 mm. de diamètre. Bombe-
- ment à l’arrière de 250 mm. de diamètre et 35 mm. de hauteur avec fissures horizontales.
- 307 2,09 1,70 1.50 Traversé. Id. Plaque traversée.
- 307 1.50 20 Id. Trou de pénétration de 20 mm. de profondeur seulement. Forte dé-
- formation de la plaque.
- p.1794 - vue 1796/1864
-
-
-
- 1796
- MÉTALLURGIE.
- DÉCEMBRE 1899.
- N A T U R K NOMBRE PROJECTILES Z O K
- DATE LIEU ^ ^ *
- PROVENANCE ET DIMENSIONS DE ’/l « < Jç
- DE DE L’ESSAI DE L’ESSAI cq g ^ s h « 2 3
- LA PLAQUE COUPS NATURE CALIBRE POIDS VITE SSE H y fi ü
- 5 £
- mill. kii. mèt. -
- 1 » 150 45,5 574,2 257
- 1 » 105 16 669,9 332
- 1 » 105 16 630,1 332
- Plaque de forme plane en acier au Octobre 1895 Meppen. 1 88 7 453,7 380
- nickel Krupp Plaque n° 476 A cémentée. 1 » 88 7 606,8 380
- 1,21 X 1,70 x 80 mm.
- Sommier en chêne de 30 cm. d’é-
- paisseur s’appuyant sur un sommier en fer forgé renforcé par 2 plaques de 20 mm., 4 boulons de fixation de 53 mm. en acier au nickel. 1 » 105 16 430,4 : 287
- 1 105 16 464,1 287
- Plaque de forme plane en acier au „ 1 Acier. 150 40 406,5 app. 303
- nickel Krupp. Plaque n° 476 A cémentée. isol. 237
- 1,21 x 1,70 x 0,080
- {Suite.)
- Pas de sommier en chêne » )) 1 » 105 16 516,3 287
- Pas de sommier en chêne Octobre 1895 Meppen. 1 Acier. 105 16 616,4 287
- Pas de sommier en chêne » » 1 » 105 16 565,8 287
- Pas de sommier en chêne » » 1 » 105 16 541,1 287
- Plaque de forme plane en acier au 16-19 octobre Meppen. 1 Acier. 88 7 452,2 380
- nickel Krupp 1895 380
- Plaque 476 B cémentée. Sommier en chêne de 30 cm. s’ap- 1 » 88 7 585
- puyant sur un sommier en fer forgé par 2 plaques de 20 mm., 4 boulons en acier au nickel de 55 mm. 1 88 7 608,7 380
- 1,14 X 1,50 X 80 mm.
- LES PLAQUES DE BLINDAGES
- 1797
- x « r-, O
- O % 5 îa PS g O S ta h s OC g ^ H « H 5 H pi g S r. P5 ^ H 53 Pi CS H O £ « PÉNÉTRATION EFFETS EFFETS
- i, w © a i ^ H SUR SUR
- ^ © * fl îr p$ £ s g " p 0. £ Vî LE PROJECTILE LA PLAQUE
- * 4 S * < ^ <
- 2,23 -2,00 307 1,85 1,50 Traversé. Id. Plaque traversée.
- 397 1,70 1,50 Traversé. Id. Plaque traversée. Trou de pénétra-
- tion 110 mm. X 120 inm. Le mor-
- ceau de plaque et l’ogive de l’obus soudés ensemble se sont en-
- foncés dans le massif. Bombement
- de 60 mm. dans les plaques de tôle arrière du massif. Écailles
- détachées au trou de pénétration.
- 1,89 397 1,58 1,50 Traversé. Id. Plaque traversée. Le point d’impact
- situé eutre 2 fentes localisées. Trou de pénétration de 110 mm.
- X 150 mm. Un morceau de plaque de 7 kil. enfoncé dans le
- massif. Un des boulons de fixation a ses filets de vis arrachés.
- 1,19 449 1,00 1,1 5 Id. Aucune fente. Diamètre du trou d’impact 80 mm., profondeur 5 mm. Pas de bombement à l’arrière.
- 449 1,34 1,1 (?) Id. Diamètre du trou d’impact 120 mm.
- 1,59 L’ogive du projectile soudée au point d’impact. Bombement à
- l’arrière sans fissure de 150 mm. de diamètre et 13 mm. de hauteur.
- 1,49 339 1,26 1,19 (?) Id. Diamètre du trou d’impact 120 mm., écaille de 40 mm. au bord. Bom-
- bernent à l’arrière de 225 mm. de diamètre et 30 mm. de hauteur avec forte fissure rayonnante.
- 1,68 339 1,36 1,19 35 Id. Diamètre du trou d’impact 140 mm., exfoliation sur le bord. Bombe-
- ment de 250 mm. de diamètre à l’arrière sans fissure.
- 1,34 339 1,19 1,44 1,70 Traversé. Projectile brisé. Cible traversée de part en part, trou de pénétration de 180 mm. de
- 1,70 diamètre, écaillé de 10 mm. de largeur et de 5 mm. de profondeur sur le bord. Trou de sortie
- en plusieurs morceaux à l’arrière (120 mm. de diamètre et de 80 mm.
- de profondeur).
- 1,79 339 1,51 1,19 10 Id. Trou d’impact de 100 mm. de diamètre avec fente circulaire. Bom-
- bernent sans fissure à l’arrière de 125 mm. de diamètre et 5 mm. de hauteur.
- 2,13 339 1,80 1,19 Traversé. Id. Plaque traversée à 150 mm. du can inférieur. Trou de 350 mm. X
- 200 mm.
- 1,95 339 1,66 1,19 Traversé. Id. Plaque traversée. Trou de 130 mm. X 110 mm., morceau de plaque
- 1,87 339 1,59 1,19 80 Id. détachée de II kil. Trou d’impact de 150 mm. X 180 mm.
- Bombement à l’arrière de 300 mm. de diamètre et 100 mm. de hauteur.
- 1,18 449 1,00 1,10 2 Id. Trou d'impact de 40 mm. de dia-
- mètre, arrière intact.
- 1,54 449 1,30 1,10 10 Id. Trou d’impact de 150 mm. de diamètre avec l’écaille détachée sur
- le bord. Bombement sans fissure à l’arrière de 125 mm. de diamètre et 5 mm. de hauteur.
- 1,60 449 1,35 1,10 18 Id. Trou d’impact de 160 mm. de diamètre ; forte exfoliation et écaille détachée à la partie superficielle au point d’impact. Bombement
- sans fissure à l’arrière, diamètre 200 nam., hauteur 13 mm.
- p.1796 - vue 1797/1864
-
-
-
- 1798
- MÉTALLURGIE.
- 1799
- -- DÉCEMBRE 1899.
- LES PLAQUES DE BLINDAGES.
- NATURE
- PROVENANCE ET DIMENSIONS DE
- LA PLAQUE
- Rrupp...........'....................
- Plaque posée sur matelas en bois aux 2 tôles à l’arrière. La plaque avait quelques criques superficielles. 3,50 X 2,50 X 0,368
- DATE LIEU NOMBRE DE PROJECTILES W t- s « < - CO S < * T © y s - fi* g g Y « O g HP o xn < , < œë PORT VITESSE TIR tFORATION ACIER H... g « s 1 og| H j < PÉNÉTRATION EFFETS SUR EFFETS SUR
- DE L’ESSAI DE L’ESSAI COUPS NATURE CALIBRE POIDS VITESSE S fi [- S S P Jl-î S O b * f^ H | fl 3 E* * a î H <i s g J û5 S < w ^ fi fi < fLj O <î o"fi LE~PROJECTILE LA PLAQUE
- mill. kil. mèt. —-
- 1 105 16 419,6 aPP- 364 isol. 28- 1,15 1,46 app. 406 isol. 339 1,04 1,23 1,19 1,19 Morceau de plaque arraché. Id. Morceau de 80 mm. de diamètre détaché de la plaque ; le bord du trou fortement exfolié. Diamètre du trou d’impact 60 mm., profondeur 10 mm. Le morceau détaché de la plaque et la pointe de l’ogive de l’obus se trouvaient loin derrière la plaque. Tous les boulons intacts. Pas de débris de projectile dans le sommier.
- 28 août 1896 Meppen. 1 l 1 Acier. )) 305 305 305 324,6 324,65 325,75 658 657,5 656 383 382 381 1,71 1,71 1,71 489 488 487 1,34 1,34 1,34 0,83 0,83 0,83 Non mesurée. Non mesurée. 0,700 Brisé, l’ogive reste engagée dans l’impact. Id. Le projectile reste engagé dans la plaque. La plaque n’a aucune fente. Id. La plaque présente de nombreuses écailles superficielles détachées autour de l’impact, un morceau est enlevé.
- Essais effectués aux États- Cuis depuis 1895.
- Acier nickel Carnegie cémenté . . . Plaque d’abord refusée, puis laminée après cémentation. Massif en bois de 126 mm. en haut et de 304 mm. en bas. Épaisseur : 0,355 4 septembre 1895 Indian Head.
- Essai d’un fragment d° la plaque. . Épaisseur 0,355 17 septembre 1895 ”
- Carnegie, plaque reforgée cémentée. Épaisseur : 0,152 Été 1895 Indian Head.
- Plaque reforgée cémentée. Tourelle Iowa. Épaisseur : 0,355 »
- Carnegie, plaque acier nickel cémentée reforgée 2,438 X 2,438 X 0,254 1895 Ochta.
- Carnegie, tourelle de Ylowa Épaisseur : 0,203 10 janvier 1896 Indian Head.
- Carnegie, tourelle de Ylowa, plaque reforgée 12 février 1896 Td.
- 5,84 X 1,422 X 0,177 Juin 1896 Id.
- Carnegie, tourelle de Ylowa Massif d’appui en bois de 0,914. 3,65 X 3,32 X 0,305 27 février 1896 Id.
- Carnegie, plaque cintrée du Kearsage en acier nickel cémenté Épaisseur : 0,338. Massif d’appui en bois de 0,304, avec 2 tôles de 0,016. Carnegie, plaque cémentée Épaisseur : 0,254 17 novembre 1896 Id.
- Carnegie, plaque reforgée cémentée destinée à la Russie Épaisseur : 0,127 24 mars 1896 Id.
- 1 Acier. 254 226,8 451 393 11,14 498
- 1 )) 254 226,8 565 293 1,43 498
- 1 305 385,55 548 346 11,58 438
- 1 )) 330 570 548 302 i 1 ? 1,81 383
- 1 Acier. 152 45,35 640 345 .1,85 418
- 1 )) 254 226 452 390 1,16 497
- 1 )) 254 226 566 390 *1,45 497
- 1 )) 305 385,55 548 343 .1,59 437
- 1 )> 152 39,91 790 509 H,57 638
- 1 )) 152 39,91 871 509 'l,70 638
- 1 )) 228 182,5 573 323 : 1,76 403
- 1 » 152 45,35 514 435 1,18 511
- 1 » 152 45,35 562 435 1,29 511
- 1 )) 152 45,35 493 390 .1,26 466
- 1 )) 152 45,35 552 390 1,41 466
- 1 )) ' 152 45,35 640 390 1,64 466
- 1 » 305 324,6 430 338 d,26 j 391
- 1 ». 305 324,6 533 338 11,57 391
- 1 305 324,6 528 338 1,56 391
- 1 )) 254 225,9 400 378 ’ 1,05 479
- 1 » 254 226,80 530 378 î 1,40 479
- 1 )) 203 95,25 640 409 (1,56 512
- 1 ), 203 95,25 640 409 1,56 512
- 1 » 203 95,25 853 409 1,08 512
- 1 )) 203 95,25 823 409 409 i,00 512
- 1 ,, 203 95,25 742 1,79 ;i,79 512
- 1 )) 100 11,3 (?) 506 à 537 445 (?) 537 (?)
- 0.92 0,71 0,09 Brisé.
- 1,13 0,71 0,279 Id.
- 1,23 0,86 0,431 Cassé.
- 1,43 0,93 Traverse. Entier.
- 1,53 1,00 Non mesurée. Brisé, ogive soudée.
- 0,90 0,71 Id. Brisé.
- 1,13 0,71 Id. Id.
- 1,25 0,85 Traversé. Brisé, l’ogive traverse.
- 1,23 0,60 0,210 Brisé.
- 1,36 0,60 0,255 Id.
- 1,42 0,89 0,300 Id.
- 1,00 0,70 0,01 Le projectile est brisé.
- 1,10 0,70 0,05 Id.
- 1,05 0,85 0,05 Brisé, la pointe reste soudée.
- 1,18 0,85 0'07 Id.
- 1,41 0,85 0,10 Id.
- 1,10 1,00 0,35 Le projectile rebondit cassé en deux.
- 1,36 1,00 » Le projectile se brise, l’ogive reste soudée dans l’impact.
- 1,35 1,00 0,438 Id.
- 0,83 0,75 0,10 Le projectile se brise, l’ogive reste
- soudée dans l’impact.
- 1,11 0,75 0,18 Le projectile se brise en menus fragments, une partie de l’ogive reste soudée.
- 1,25 0,80 0,178 Le projectile est brisé.
- 1,25 0,80 0,178 Id.
- 1,66 0,80 0,178 Le projectile traverse.
- 1,61 0,80 0,178 Id.
- 1,44 0,80 0,178 Id.
- 1,41 0,85 0,05 Brisé.
- Aucune fente.
- Id.
- Partagée en plusieurs morceaux.
- Plaque traversée.
- La plaque n’a aucune fente.
- La plaque n’a aucune crique.
- Id.
- Cassée.
- La plaque a quelques fentes.
- »
- La plaque est brisée.
- La plaque est fendue en 4 morceaux. Le morceau attaqué est brisé.
- La plaque présente 2 grandes fentes. Aucune fente nouvelle.
- Les fentes s’aggravent.
- Il se détache seulement quelques écailles.
- U se détache quelques écailles, une fente réunit les 2 impacts.
- La fente s’aggrave.
- La plaque n’a aucune crique, un morceau superficiel est détaché. La plaque n’a aucune crique.
- La plaque n’a aucune fente Id.
- Id.
- Id.
- Id.
- La plaque présente seulement une fente qui détache un morceau dans un angle.
- p.1798 - vue 1798/1864
-
-
-
- 1800
- MÉTALLURGIE, --- DÉCEMBRE 1899,
- LES PLAQUÉS DE BLINDAGES.
- NATURE PROVENANCE ET DIMENSIONS DE LA PLAQUE DATE DE L’ESSAI LIEU DE L’ESSAI NOMBRE DE COUPS NATURE PROJE CALIBRE CTILES POIDS VITESSE 'J y >
- mill. kil. met.
- Carnegie 1896 Id. 1 » 152 45,35 515
- Épaisseur : 0,203 1 » 152 45,35 573
- Carnegie, acier nickel cémenté. . . 1896 Id. 1 » 304 385,55 430
- Épaisseur : 0,381 1 » 304 385,55 537
- 1 „ 304 385,55 527
- Carnegie, plaque cintrée cémentée et 29 mai 1897 Id. 1 » 304 385,55 532
- reforgée. Épaisseur : 0,304.
- 1 » 304 385,55 531
- Carnegie, plaque cémentée Krupp . Juillet 1898 Id. 1 » 152 45,35 615
- . 2,74 X 1,72 X 0,152 1 » 152 45,35 681
- Matelas d’appui en chêne de 0,304 1 » 152 45,35 716
- et 2 tôles de 16
- 1 Coiffé. 152 47,16 604
- Carnegie, plaque cémentée Krupp. . 22 septembre Id. 1 )) 304 385,55 613
- Épaisseur : 0,304 1898 Id. La plaque avait déjà arrêté plusieurs projeeti
- Bethlehem, plaque cémentée Krupp. 8 octobre 1898 Redington. 1 » 0,203 113,6 463
- 2,73 X 1,88 2 novem. 1898 Id. 1 » 0,203 114,3 495
- Massif d’appui en chêne de 0,304 Id. Id. 1 » 0,203 114,3 527
- et tôle d’acier de 0,035 3 novem. 1898 Id. 1 « 0,203 114,3 556
- Épaisseur : 0,158 Id. Id. 1 » 0,203 114,3 523
- 4 novem. 1898 Id. 1 ” 0,203 114 554
- 413 413 3 in 357
- 357
- 309
- 309
- 345
- 345
- 345
- 333
- 309 îles d 275 274 274 274
- 274
- 275
- ri ^ lUn *F B w g § H g 3 g ! a e. RAPPORT DE LA VITESSE DE TIR A LA PERFORATION DE L’ACIER RAPPORT DU CALIBRE a l’épaisseur
- i 94 511 1,00 0,70
- j 37 311 1,12 0,70
- uo 437 0,94 0,80
- 1,30 437 1,17 0,80
- 1 47 457 1,15 0,80
- 1,77 391 1,41 1,00
- 1 61 391 1,35 1,00
- 1,78 418 1,49 1,00
- 1,97 418 1,62 1,00
- 2,07 418 1,71 1,00
- 1,81 403 1,49 1,00
- 1,96 391 1,57 1,00
- de 0m,30 tirés à la vitesse d’environ
- 1,69 336 1,37 1,27
- 1,80 335 1,47 1,27
- 1,91 335 1,56 1,27
- 2,00 335 1,65 1,27
- 1,90 335 1,55 1,27
- 2,00 333 1,64 1,27
- PENETRATION
- Non mesurée.
- Id.
- 0,336
- Non mesurée.
- Id.
- Trou débouché.
- Non mesurée.
- 0.05
- 0,012
- I/ogive reste dans le massif en bois. Traversé.
- Traversé.
- 60 mètres.
- 0,019
- 0,06
- 0,16
- Traversé.
- 0,125
- Traversé.
- EFFETS
- SCR
- LE PROJECTILE
- Arrêté brisé.
- Id.
- Rebondit cassé en deux.
- Brisé, l’ogive dans l’empreinte.
- Brisé.
- La pointe du projectile atteint le massif en bois.
- Le projectile se brise.
- Brisé.
- Id.
- Id.
- Le projectile traverse franchement le massif.
- Cassé.
- Brisé, ogive engagée.
- Id.
- Id.
- Cassé.
- Brisé.
- Cassé, engagé dans le massif.
- Essais effectués en Angleterre, en „ „
- Russie et en France de
- 1896 à 1898.
- Brown, plaque cémentée Juillet 1896 Portsmouth 5 Acier. 152 45,35 597
- 2,438 X 1,829 X 0,152
- Cammeli, plaque cémentée 22 septembre Id. 5 » 152 45,35 597
- 2,438 X 1,829 X 0,152 1896
- Vickers 19 mars 1897 Id. 6 Acier. 152 45,35 597
- 2,438 X 1,829 X 0,152
- Vickers, plaque cémentée Krupp te- Mars 1897 Shœburyness. 5 » 152 45,35 598
- nant 4 p. 100 de nickel,
- Épaisseur : 0,152 ’
- Vickers, plaque cémentée Krupp. . Mars 1897 Id. 3 )) 304 324 566
- Massif d’appui en bois de 0,609
- Épaisseur : 0,297 598
- Brown, plaque cémentée Juin 1897 Id. 5 » 152 45,35
- Épaisseur : 0,152
- Brown, plaque cémentée Krupp. . . 21 juillet 1898 Id. 3 » 304 323,8 564
- 5,18 X 3,04 X 0,297
- Cammeli, plaque cémentée Krupp . 29 septembre Id. 1 .» 304 326 562
- Épaisseur : 0,297 1898 1 » 304 326 568
- 1 » 304 326 565
- Acier nickel cémenté Montlucon . . 21 septembre Ochta. 1 » 152 39,5 790
- Épaisseur : 0,254 1895 1 » 132 39,5 790
- 1 )) 132 39,5 876
- 1 » 228 182,6 577
- MM. Marrel frères, de Rive-de-Gier, 18 septembre Gavre. 1 274 182,6 525
- épaisseur 395. Ceinture du Charlemagne. La plaque est appuyée sur un massif en bois de 0,200 1896 1 » 274 182,6 559
- 345 1,00
- 1,72 418 1,40 ”
- 343 1,72 418 1,40 1,00 Non mesurée.
- 343 1,72 418 1,42 1,00 Moyenne : 0,037
- 345 1,72 418 1,42 1,00 Non mesurée.
- 332 1,70 419 1,35 1,02 »
- 345 ‘ 1,72 418 1,42 1,00 0
- 332 : 1,69 419 1,34 1,02 Non mesurée.
- 331 .
- 331 1,69 418 1,33 1,02 0,09
- 331 1,71 418 1,35 1,02 Non mesurée.
- 510 1,70 418 1,34 1,02 Id.
- 510 ; 1,58 639 1,23 0,60 0,04
- 510 1,58 639 1,23 0,60 »
- 323 L71 639 1,37 0,60 Non mesurée.
- 1,78 404 1,42 0,90 »
- 349 ,
- 349 : 1,50 438 1,20 1,10 »
- 1,60 438 1,28 1,10 »
- Brisés, l'ogive reste dans l’empreinte, 2 atteignirent le massif.
- Brisés, l’ogive reste dans l’empreinte.
- Les projectiles se brisent, l'ogive reste engagée.
- Les projectiles sont arrêtés cassés.
- Un projectile traverse et s'arrête dans le massif en bois.
- Brisés.
- Brisé.
- Id.
- Id.
- Brisé.
- Id.
- Cassé, reste engagé.
- Id.
- Le projectile sc brise, l’ogive reste engagée dans l’empreinte.
- Id.
- 1801
- EFFETS
- SUR
- LA I’LAQCE
- La plaque est fendue.
- Id.
- La plaque n’a aucune fente.
- La plaque présente une grande l'ente.
- Cassée.
- La plaque n’a aucune fente.
- Id.
- La plaque n'a aucune fente.
- Id.
- Id.
- Id.
- Aucune fente.
- Id.
- Id.
- Id.
- Id.
- Id.
- La plaque présente une fente.
- Un des trous est débouché à l’arrière.
- La plaque présente une fente au premier coup.
- La plaque n’a aucune fente.
- La plaque supporte 3 coups sans présenter aucune tante importante.
- Résultats analogues à ceux de la plaque Vickers.
- La plaque n’a qu’une fente à l’arrière du 2e impact, fente superficielle à l’avant.
- Une fente
- Une seconde fente.
- Aucune fente.
- Id.
- La plaque a 2 fentes courtes.
- La plaque présente 2 grandes fentes en croix.
- La plaque n’a qu’une fente superficielle.
- La plaque présente une fente verticale en dehors de la tente due à la crique préexistante.
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- 1802
- MÉTALLURGIE
- DÉCEMBRE 1899.
- LES PLAQUES DE BLINDAGES.
- 1803
- NATURE PROVENANCE ET DIMENSIONS DE LA PLAQUE DATE DE L’ESSAI LIEU DE L’ESSAI NOMBRE DE COUPS PROJECTILES 'r ^ s ® « -s s % g s o f S H 4*2 5 \i | A & $ r S S O W •C m % 3 g ta ,, £ g S cr* g fi ^ fi O* ^ ta ^ fi fi y, O 55 H -J v> J1 < g ^ W ûj K S 0 H S O O N > ^ H «! a * fi J < RAPPORT DU CALIBRE a l’épaisseur
- NATURE CALIBRE POIDS VITESSE
- rtiill. kii. mèt. —
- avec 2 tôles de Q,012. La plaque 18 septembre Gavre. l » 274 182,6 675 1 70 450 1,50 1,10
- présentait une crique préexistante. 1896 39b
- 4,418 X 2,036 X 0,150
- MM. Marrel frères, de Rive-de-Gier, 24 septembre » 1 » 274 216 600 420 j 1.43 500 1,20 0,86
- tourelle Saint-Louis 1897 1 >J 320 34.3 ât)4 331 1,60 445 1,27
- 2,026 X 2,603 X 0,320
- Châtillon-Commentry, plaque d’é- 10 juillet 1896 » l 240 345 620 372 1,66 467 1,32 1,00
- tude 2,25 X 1,25 X 0,250 1 >' 240 343 650 372 1,74 467 1,34 1,00
- 17 août 1896 )) 1 » 240 345 689 372 1,79 467 1,47 1,00
- l )) 240 343 730 379 3 1,95 467 1,56 1,00
- La plaque supporte ensuite le tir de 2 boulets de i 164 mm. et de 2 boulets de 194 mm.
- sans présenter aucune fente.
- Krupp, plaque cémentée de diminu- 28 août 1896 Ochta. 1 » 0,304 323,7 657 379 S 1,73 485 1,35 0,83
- tion j
- 4,50 X 2,48 X 0,367 1 » 0,304 525,7 657 379 : 1,73 485 1,35 0,83
- Massif d’appui en bois avec tôle 1 » 0,301 326 636 379 : 1,73 484 1,35 0,83
- d’acier. La plaque présentait plu-
- sieurs fentes.
- Krupp, acier nickel durci 11 mai 1897 Id. 1 » 0,254 220 625 404 l 1,54 510 1,21 0,69
- 0,367 (?) i
- 3,0o X 2,2o X 1 » ,254 220 346 348 ) 1,57 439 1,24 0,85
- 1 » ,25 4 220 724 440 ' 1,79 516 1,40 0,69
- Creusot, acier nickel cémenté. Lot 1897 Creusot. 1 Acier. 150 50,98 623 à 632 381 • 1,65 472 1,33 0,75
- destiné à la Suède
- 2,90 X 2,25 X 0,200
- Terni, acier nickel durci 1897 Italie. 1 » 150 50,98 596 316 1,88 386 1,54 1,00
- 2,40 X 1,60 X 0,15 1 u 150 50,98 620 316 1,96 386 1,60 1,00
- 1 » 150 50,98 630 316 2,05 386 1,68 1,00
- Dillingen 8 mai 1897 Ochta. 1 » 203 85 664 310 2,14 379 1,74 1,33
- 2,100 X 2,905 X 0.152
- Massif d’appui en bois de 0,304 1 )) 203 85 663 310 2,14 379 1,74 1,33
- 1 )) 203 85 658 310 2,13 379 1,73 1,33
- MM. Marrel,plaque cémentée, tourelle Décembre 1898 Gavre. 1 )) 194 73 583 384 1,52 476 1,22 1,00
- Henri IV, plaque cintrée 1 » 194 73 653 384 1,70 476 1,37 1,00
- 3,100 X 2,00 X 0,203
- 1 » 194 75 710 384 1,90 476 1,49 1,00
- Acier du Creusot 23 juin 1897 Creusot. 1 „ 150 45 580 347 1,66 423 1,37 1,00
- Épaisseur . 0,156 1 » 150 45 599 o4Ï 1,71 423 1,41 1,00
- Acier du Creusot 9 août 1898 » 1 )) 150 45 572 347 1,64 423 1,35 1,00
- Épaisseur : 0,157 1 )) 150 45 583 347 j 1,67 423 1,37 1,00
- 1 » 150 43 592 o41 ; 1,69 423 1,39 1,00
- 1 )> 150 45 616 347 1,76 423 1,45 1,00
- Acier du Creusot 20 mai 1898 Id. 1 )) 240 144 643 372 1,72 467 1,37 0,96
- Épaisseur : 0,250 23 mai 1898 1 »> 194 75 785 440 1,77 552 1,41 ))
- 1 )) 194 75 812 440 1,84 552 1,46 »
- Acier spécial de MM. Marrel, tourelle 9 janvier 1899 Gavre. 1 )> 65 4 442 3ol 1,33 387 1,14 1,01
- Jeanne-cl Arc 1 » 65 4 448 331 1,49 387 1,26 1,01
- Épaisseur : 60 mm.
- PÉNÉTRATION EFFETS SUR LE PROJECTILE EFFETS SUR LA PLAQUE
- Le projectile traverse. [1 ne se produit aucune fente nouvelle.
- Non mesurée. Brisé. Aucune fente.
- Id. Id. Id.
- 0,150 Le projecti e se brise, l’ogive reste engagé dans l’impact. La plaque n’a aucune fente.
- 0,180 Le projectile se brise, l’ogive reste engagée dans l’impact. Id.
- Tr » Id.
- Cassé. La plaque a seulement quelques criques superficielles et une fente dans l’impact n° 2.
- Non mesurée. Le projectile se brise, l’ogive reste dans l’impact. La plaque n’a aucune fente.
- Id. Id. Id.
- Traversé. Le projectile s’arrête dans le massif en bois. Id.
- Id. Id. Écailles superficielles détachées.
- Deux criques fines.
- Id. Id. Les fentes s’aggravent.
- Id. Id. Id.
- 0,131 Brisés. La plaque présente plusieurs fentes.
- Ogive engagée. Brisé. La plaque n’a aucune fente.
- Id. Id. Id.
- Traversé. Entier. Id.
- 0,178 Brisé. La plaque n’a aucune fente, quelques écailles superficielles sont détachées.
- 0,140 Id. La plaque présente une fente transversale.
- Ogive engagée. Id. La fente s’agrandit.
- 0,131 Brisé, l’ogive reste engagée. La plaque n’a aucune fente.
- 0,131 Le projectile reste engagé entier, le culot en saillie de 13 centimètres. Id.
- 0,131 Le projetile reste engagé entier, le Le trou est débouché sur les tôles
- culot en saillie de 8 centimètres. d’appui.
- » Id. Id.
- » Id. Id.
- » Id. Id.
- » Id. Id.
- » Id. Id.
- » Id. Id.
- Arrêté. Brisé. Aucune fente.
- Id. Id. Id.
- Id. Id. Id.
- 0,103 Rebondit entier. Aucune fente.
- Non mesurée. Reste engagé. Id.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- FOYER AU PÉTROLE À, ”mode (1).
- On sait (2) que l'un des principaux obstacles à l’adoption des foyers à pétrole pour les chaudières marines est la nécessité, souvent admise comme inéluctable, de consacrer à la pulvérisation et à l’entraînement du jet de pétrole environ 3 p. 100 de la vapeur produite par la chaudière, et^qu’il faut ensuite remplacer par de l'eau douce. Dans le système M. Kermode (3) la vapeur est remplacée par de l’air comprimé qui dépense, rien que de charbon, moitié moins.
- Cet air est refoulé par une pompe — Blowing Engine (fig. 3), — dans un tuyau de 100 millimètres de diamètre, sur lequel est branché, à chaque foyer, un tuyau de 65, courbé en U au-dessus de la fausse grille, et débouchant (üg. 5) dans la boîte des pulvérisateurs, où il arrive ainsi fortement réchauffé. Le pétrole d’un réservoir supérieur arrive aux pulvérisateurs par un tuyau de 30 millimètres et par la bride supérieure de gauche (lîg. 6), d’où il passe, par une soupape réglable, au tube intérieur à spirale directrice qui lui imprime, ainsi qu’à l’air comprimé admis à ce même tube parla dérivation inférieure de gauche, un mouvement tourbillonnaire qui le mélange à cet air; puis, au sortir de ce tube, ce mélange est saisi par la nappe conique d’air fournie par l’enveloppe du tube, nappe dont le débit est réglé indépendamment, ainsi que celui même de l’air du tube, par pignons et crémaillères.
- On a essayé à la Walsend Slipway and Engineering C°, de Newcastle, ce système sur une chaudière cylindrique de 3m,80 de diamètre sur 3m,30 de long, tubulaire, à retour de flammes, avec deux foyers ondulés de lm,10 de diamètre, et deux cent dix tubes de 55 millimètres X 2“’,44 : chauffe 130 mètres carrés aux tubes, 12 mètres carrés aux foyers, 12 mètres carrés aux chambres de combustion, 7 mètres carrés aux plaques tubulaires et totale 161 mètres carrés. Grille de lm2,86 par foyer. Le pétrole de Bornéo brut, densité 0,965, avait une puissance de vaporisation théorique de 16kg,4 par kilogramme de pétrole. Avec une pression d’air de 0ks,20 aux pulvérisateurs et une pression de pétrole de 0kg,30, une combustion de 90 kilogrammes de pétrole par mètre carré de grille et par heure, on a vaporisé 23 kilogrammes par mètre carré de chauffe et 12kg,9 d’eau ramenée à 100° par kilogramme de pétrole; température des gaz à la cheminée 343°. L’allumage se fait au moyen d’une torche introduite par un regard de la porte du foyer sans aucun danger d’explosion.
- (1) Engineering, 17 novembre 1899.
- (2) Bulletin (le juin 1893, p. 423.
- (3) Voir Revue de mécanique, mai 1899, p. 933.
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- FOYER AU PÉTROLE KERMODE.
- 1805
- Pour passer du pétrole au charbon, il suffit d’enlever les brûleurs, et dans ce cas
- r
- Foyer au pétrole Kermode. Ensemble et détail des injeeteurs
- . 2 par (fig. 8) 117
- on remplace la fausse grille en briques réfractaires de l’appareil lig Tome] IV. — 98e année. oe série. — Décembre 1899.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- DÉCEMBRE 1899.
- une grille à barreaux de fonte chargée de briquettes d’amiante, sur lesquelles vien-
- Fig. 8 à 11. — Foyer au pétrole Kermocle avec réchauffeur et sols d’amiante.
- (Bumer'), brûleur; (Fuel Pipe), tuyau de pétrole; (Air from Pump), air de la pompe; (OU Vaporiser), vaporisateur de pétrole; Pipe hcating Air sapplied to Burner), tuyau chauffant l’air fourni au hrûleur.
- nent se briser les jets de pétrole; en outre, dans ce dernier dispositif, le pétrole traverse, avant d’arriver aux pulvérisateurs, un tube réchauffeur plongé dans le foyer.
- PILOTEUSES ROULANTES POUR CHEMINS DE FER (1)
- Nous avons déjà parlé de quelques procédés expéditifs employés aux États-Unis, pour la pose des voies ferrées (2) ; la batteuse roulante ou machine à enfoncer les pilotis représentée par les figures 1 à 5, et employée avec succès sur le Chicago-Milwaukee Rr, en est un nouvel et curieux exemple.
- La machine est montée sur une plate-forme de 13m,50x 3 mètres de large, pivotée sur une plaque tournante de 2m,70 de diamètre, pourvue de galets, et portée elle-même par un wagon plat de 13m,50x3 mètres, à deux bogies écartés de 7m,70, avec roues de 840 millimètres. La plate-forme de la machine peut ainsi avancer de 5m,40 sur celle du wagon, comme on le voit en figure 3, en roulant sur six cours de galets (fig. 2), au nombre de 48 ; quand elle est tournée comme en figure 4 à angle droit, sa volée est de 6m,80 à partir de l’axe de la voie qui la porte, et son centre de gravité ne sort jamais de la plaque tournante. Enfin la batteuse peut, comme en figure 5, s'incliner pour battre des pieux obliques.
- (1) Engineering News, 16 novembre 1899 et Engineering, 24 novembre 1899.
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- PILOTEUSES ROULANTES POUR CHEMINS DE FER.
- 1807
- Fig. 1. — PHoteuse du Chicago Milwauk.ee.
- Détail de la plate-forme,
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- DÉCEMBRE 1899.
- Pour le transport, on rabat la batteuse, comme en figure 6, en la faisant rouler sur les deux secteurs de 2m,50 de rayon qui constituent les flasques de son [support : il faut, pour cela, retirer l’une des chevilles des deux flèches (Tie fig. 1) qui ordinairement la maintiennent droite et qui, alors, peuvent se replier, mais la cheville qui reste et qui constitue l’articulation médiane de chacune de ces flèches, fait qu’elles ne sont jamais rompues et retiennent la batteuse à l’avant quand on la redresse. Quant à la masse du pilon, elle est commandée par une sonnette à tiraude ordinaire, actionnée
- par un treuil à vapeur; la hauteur du batteur est de iù2 mètres; il s’incline en pivotant autour d’un axe à la hauteur de 4m,80.
- La rotation de la plate-forme s’opère par des pignons en prise avec les crémaillères circulaires extrêmes de 4m,80 de rayon, puis par un pignon engrenant avec la denture de la plaque centrale quand la plate-forme est, par exemple, dans la position ligure 4.
- Dans la machine représentée par la figure 7, construite pour le Gulf Colorado and Santa Fa Rr par les Industrial Works à Bay City, Michigan, la plaque tournante est en avant; la batteuse peut s’avancer à 4in,80 du chariot et sa plate-forme ne porte ni le moteur ni sa chaudière, elle ne porte que le treuil à main pour lever et rabattre la
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- PILOTEUSES ROULANTES POUR CHEMINS DE FER.
- 1809
- batteuse et dresser les pilotis sous le mouton. Cette machine est locomotrice et peut circuler à la vitesse de 8 kilomètres à l’heure : elle pèse 38 tonnes, et sa plus grande hauteur, quand la batteuse est rabattue, est de 4m,40. Le mouton est actionné par une sonnette à treuil ou directement par la vapeur amenée par un tuyau de caoutchouc.
- La machine représentée par la figure 8 a 17111,3o de long sur 3 mètres de large; elle est montée sur une plate-forme à deux bogies de 9 mètres de long, et tourne sur un cercle de 3 mètres de diamètre, dont le centre est à 10 mètres de l’axe du bat-
- ?
- s-'
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- ix
- Fig. 4. —_Piloteuse retournée à 90e de sa voie. ^ig- Piloteuse
- avec batteur incliné.
- teur, et sur deux arcs de 4 mètres et 4m,35 de rayon, dont le premier dépasse de chaque côté la plate-forme au moyen de raccords supportés par des encorbellements que l’on rabat lorsque l’on emmène la machine.
- Le batteur a 10m,85 de haut, peut se rabattre comme l’indique le tracé pointillé pour le transport, pendant lequel la machine est calée sur son truck au moyen de quatre vérins; elle est ensuite consolidée pendant le battage par des vis qui la relient à la plate-forme du truck. Pendant le transport, chacune des extrémités de la plateforme de la machine est portée par un^truck spécial, dont l’un porte aussi la provision de charbon et d’eau. Le mouton pèse 1 100 kilogrammes et est manœuvré par un treuil Lidgerwood.
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- 1810 NOTES DE MÉCANIQUE, ---- DÉCEMBRE 4899.
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- PILOTEUSES ROULANTES POUR CHEMINS DE FER.
- 18H
- La levée du batteur s’opère, dans le type (fig. 9), en tendant la corde de levage enroulée sur l’essieu pendant qu’on tire la machine en arrière, ou à droite de la
- Fig. 8. — Piloteuse du Missouri Pacific.
- figure 10, l’essieu servant ainsi de treuil.L’emploi de cette batteuse sur le Saint-Louis and Omaba Rr a donné les résultats moyens suivants, pendant un travail de quarante-
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- DÉCEMBRE 1899.
- six jours, et un battage de 1 267 pieux de 6m,20 à une profondeur moyenne de 4m,20 : durée du battage par pieu,quinze minutes;prix d’un pieu mis en place 26 francs.
- GRUE ÉLECTRIQUE TOURNANTE DE 150 TONNES (l)k
- Cette grue, construite parles Ateliers de Constructions de Benrath, est placée près de la cale sèche du port de Bremerhaven. Ses organes principaux sont (fig. 1 et 2) le
- Fig. 1. — Grue de Bremerhaven en montage.
- bâti fixe et la colonne tournante, qui est supportée en bas par la maçonnerie des fondations et en haut par le bâti fixe. Ce bâti est formé de quatre arcs-boutants inclinés et reliés entre eux au moyen de traverses et de croisillons. Les sabots sur lesquels reposent les arcs-boutants sont en acier fondu et fixés sur la maçonnerie chacun au moyen de deux boulons d’ancrage de 7 mètres de long et 120 de diamètre.
- (1) Zeitschrift (les Vereines Deutscher Ingenieure, 2 déc. 1899.
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- GRUE ÉLECTRIQUE TOURNANTE DE 130 TONNES.
- 1813
- En haut, le bâti se termine par un anneau en fers plats et profilés qui sert de chemin de roulement aux galets de la colonne de la grue, construite en treillis et composée du fût vertical et de la volée horizontale à deux bras. Sur l’un de ces bras se meut le pont roulant, l’autre porte le contrepoids calculé de façon que, lorsque la charge et la volée atteignent le maximum, le moment résultant soit égal à celui qui agit en sens contraire lorsque le pont roulant ne porte aucune charge et que la volée est minimum. Le poids de la colonne de la grue, le contrepoids et la charge produisent une com-
- Fig. 2. — Grue de Bremerhaven. Ensemble et coupes horizontales.
- posante verticale transmise par la colonne aux galets au moyen d’une articulation et une composante horizontale dont le moment varie en direction et en grandeur avec la position et la grandeur de la charge et qui est transmis aux galets latéraux supérieurs et à la crapaudine inférieure de la colonne de la grue.
- Le roulement supérieur est à quatre galets en acier, de 1 mètre de diamètre, et dont les arbres reposent chacun sur deux traverses reliant les arcs-boutants du fût de la colonne. On a donné au chemin de roulement le diamètre le plus petit possible. La pression transmise sur chaque paire de rouleaux est de 98 tonnes dans le plan de la charge et de 16 tonnes dans le plan perpendiculaire à celui de la charge.
- La hauteur totale de la grue est de 36 mètres au-dessus de l’arête supérieure du quai, la volée totale est de 2^ mètres, la volée utile, entre l’arête extérieure du mur du quai et l’axe du crochet varie de 0 à 13m,o. La construction métallique a été établie de façon que la fatigue des pièces ne dépasse pas 10 kilogrammes par millimètre
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- DÉCEMBRE 1899.
- carré avec la charge maxima de 150 tonnes et une pression du vent de 100 kilogr. par mètre carré, etc. Erî outre, la stabilité de la grue est encore suffisante sous une pression du vent de 250 kilogrammes par mètre perpendiculairement à la direction de la volée. La charge d’épreuve était de 200 tonnes. Les tôles et les fers profilés sont en acier basique Siemens-Martin, dont la résistance à la traction est d’au moins 42 kilogrammes par centimètre carré et l’allongement de 20 à 25 p. 100 sur 200 millimètres.
- Sur la crapaudine s’exercent : 1° une pression verticale qui, en charge, atteint environ 530 tonnes; 2° une pression horizontale de 86 tonnes. Ainsi que nous l’avons déjà dit, la première est reçue par un palier à galets dont le chemin de roulement G
- Fig. 3. — Grue de Bremerhaven. Détailjdu pivoie n:nt.
- (fig. 3) a un diamètre moyen de 2m,2. Ces galets coniques, au nombre de 35, sont en acier durci; leur diamètre moyen est de 175 millimètres, leur longueur de 250 millimètres. Pour diminuer autant que possible leur frottement, ils sont noyés dans l’huile. La poussée horizontale est reçue par le palier A. La plaque C repose par l’intermédiaire d’une tôle en cuivre de 0mm,5 d’épaisseur sur une grille en fer. Pour compenser les déformations élastiques de la colonne de la grue dans le plan de la charge et pour transmettre la pression verticale toujours au centre du roulements cette colonne repose par une articulation sur le plateau B, venu de fonte avec l’axe creux de A.
- La rotation de la colonne est commandée d’un dynamoteur en série de 26 chevaux, et qui fait 550 tours à la minute, par un train de vis sans fin et de pignons à réduction de 1 : 4 000, de sorte que la volée de la grue fait 0,137 tours par minute et un tour complet en 7min,2. La vitesse de rotation correspondante du crochet est, pour une volée de 22 mètres, de 9m,9 par minute, avec la charge maxima. La pression sur les dents du plateau B est alors, au démarrage, de 24 000 kilogrammes environ, en tenant compte des résistances dues au frottement, de la pression du vent, ainsi que des efforts d’accélération.
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- GRUE ÉLECTRIQUE TOURNANTE DE 150 TONNES.
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- Le pont roulant et le mécanisme de levée de la charge sont représentés par les figures 4 à 6. La charge de rupture du câble, en fils d’acier de 60 millimètres de diamètre, est de 150 tonnes. Le palan est à sept poulies, correspondant aux huit brins de câble.
- Le treuil est à deux tambours, autour desquels le câble s’enroule six fois ; la ten-
- P
- folo
- Fig. 4 et 5. — Gnie de Bremerhaven. Détail du chariot.
- sion dans le bout pendant du câble est de 7 kilogrammes par millimètre carré. Le câble pendant, supporté par des galets, est dirigé suivant l’axe delà grue et s’enroule autour d’un palan à douze poulies, auquel on a suspendu un poids guidé sur deux fers en T. La tension produite par le brin pendant est de 500 kilogrammes.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- DÉCEMBRE 4899.
- On peut se rendre compte, par l’inspection des figures, de la disposition générale du pont roulant. A gauche, se trouve le dispositif de levage, avec les moteurs M4 et M.„ et, à droite, le mécanisme du roulement avec le moteur M3. Les moteurs, ainsi qu’une grande partie des transmissions, ont été placés sur la plate-forme du pont roulant pour les rendre plus accessibles. Les tensions du câble sont transmises par les paliers
- Fig. 6. — Grue de Bremerhaven. Coupe verticale (fig. 4;.
- des tambours aux tabliers S, reliés par les traverses W. Les parties en porte à faux sont reçues chacune par une poutre transversale Q, dont l’arête supérieure est au même niveau que celle des tabliers S, et la plate-forme rigide ainsi constituée roule sur quatre paires de galets, dont chacune est logée dans un cadre spécial. Afin de charger chaque paire de galets d’un cadre toujours d’une façon uniforme, le bâti supérieur du plan roulant est supporté par chaque cadre de galets au moyen de deux articulations.
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- LAMINOIR KENNEDY
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- Les moteurs et M2, qui actionnent la levée de la charge, ont chacun une puissance de 17chx,5 à 450 tours par minute. Ils sont accouplés en quantité et actionnent un arbre commun par un embrayage élastique dont les plateaux sont utilisés comme un frein électromagnétique réglé par le courant des induits. De l’arbre de transmission principal, le mouvement est transmis au premier arbre de commande, ensuite au deuxième, et de là, par l’intermédiaire de deux paires de roues dentées, au troisième arbre de commande, qui est placé entre les deux tambours.
- Il est très important de donner à ces grandes grues une certaine élasticité, pour lesquelles charges maxima ne se présentent que rarement-. Pour cette raison, le rapport de transmission entre les deux premiers arbres de commande est très variable. Sur les deux arbres, on a placé quatre pai res d’engrenages avec des rapports de transmission de l : 6 ; 1 : 3 ; 3 : 4 et 3 : 2, ce qui permet de soulever des charges qui ne sont que le neuvième de la charge maximum en utilisant toute l’énergie des moteurs. Pour faire engrener les différentes roues, le mécanicien est obligé de monter sur le pont roulant. En agissant sur les volants à la main H (fig. 4), il commande les arbres de changement de vitesse T, dont le déplacement est transmis aux engrenages rainurés parle premier arbre de commande. Pour empêcher l’engrènement simultané de deux roues, on a solidarisé deux par deux les roues placées l’une à côté de l’autre, de sorte [qu’qlles sont déplacées en même temps.
- Les vitesses de levée sont respectivement de 0m,68, l,n,38, 3m,08 et 6m,29 pour des charges de 150, 75, 37 et 18 tonnes.
- Outre le frein électromagnétique, il existe encore un frein mécanique, tous deux automatiques. Le premier sert en cas d’accident ou bien lorsque le courant est interrompu. Le deuxième agit lorsque le frein électromagnétique rate et aussi dans le cas où l’on abaisse la charge.
- Le pont roulant est mis en mouvement par le moteur M3, de 26 chevaux à 550 tours par minute. Ce pont repose sur quatre paires de galets, dont les deux du côté droit sont seuls commandés par le moteur et des engrenages; le rapport de vitesse est de 1 : 175 environ, de sorte qu’ils font 3,14 tours par minute, et que, leur diamètre étant de 800 millimètres, la vitesse de déplacement du pont roulant est de 7m,9.
- Le voltage de régime des électromoteurs est de 110 volts. Ceux-ci ressemblent beaucoup aux moteurs pour tramways, et ils sont enfermés dans une caisse en fer fondu. Le courant est fourni par une station centrale d’éclairage électrique du « Kai-serdock ». Le câble qui amène le courant traverse le bâti inférieur de la grue; près de l’articulation de la volée, il est recueilli par des bagues frottantes et arrive à la cabine du mécanicien sur l’mi des bouts de la volée, d’où l’on peut voir tout le champ d’action de la grue.
- Le poids total de la grue est de 375 tonnes; le pont roulant et le palan pèsent 50 tonnes environ. La grue a été mise en service le 24 octobre dernier.
- laminoir Kennedy.
- Dans ce laminoir, la distance du cylindre mobile 3 (fig. 1, 2 et 3) au cylindre fixe 3' se règle avec précision et rapidité par une manœuvre hydraulique très simple.
- En temps normal, les vis 40, à pas suffisamment allongés pour tourner d’elles-mêmes dans leurs écrous 14, sont fixées par le frottement, sur leurs têtes 15, des
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- DÉCEMBRE 1899.
- paliers 16-4 de 3, soulevés par les tiges 20 des pistons différentiels 19, qui reçoivent constamment l’eau en dessous. Pour soulever 3, on admet l’eau sous pression d’abord au-dessus des pistons 19, ce qui desserre les vis 10, puis au-dessous du piston 19, qui,
- Fig. 1, 2 et 3. — Laminoir Kennedy. — Coupe verticale, coupe IIII et détail de l’écrou 29.
- par sa tige 17 et le croisillon 8, à plaques de rotation 11 et 12, sur billes 13, soulève les vis 10; ces vis conjuguées par les engrenages 17, 18, 17, tournent d’accord dans leurs écrous fixes 14, et laissent ainsi les paliers 4-4 monter en les suivant sous la poussée du mécanisme équilibreur 5. La levée faite, on arrête l’arrivée de l’eau sous pression en 6 et on la supprime d’au-dessus des pistons 19, qui recalent les vis 10 par 20-21.
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- INDICATEUR DES PRESSIONS MOYENNES RIPPER.
- 1819
- Pour descendre le cylindre 3, on opère de même, mais en admettant l’eau sous pression sur le piston 6.
- Ces manœuvres sont commandées par le levier 25, qui actionne directement le distributeur 26 du cylindre 6, et qui commande celui 24 des cylindres 19 par 27 et la caisse 28, d’une disposition telle que l’eau sous pression soit admise sur 19, pour décaler les vis, avant de l’être en 6, pour lever ou baisser le croisillon 8. Cette admission se fait par les tuyaux télescopiques 23.
- Chacune des vis 10 porte un écrou 29, roulant sur billes 20, et serré, par les ressorts 31-32, dans le sens de la levée des vis assez pour les appliquer constamment sur leurs écrous 14 et éviter ainsi toute espèce de jeu malgré leur usure.
- INDICATEUR DES PRESSIONS MOYENNES Ripper (1).
- L’organe caractéristique de cet indicateur est un robinet A (fig. 1 à 5), relié d’une part au haut et au bas du cylindre du moteur (fig. 6 et 7), et d’autre part, à deux manomètres, puis oscillé par un excentrique de manière que la différence des pressions entre ces deux manomètres donne, à chaque course, la pression moyenne effective
- Fig. 1 à o. — Indicateur Ripper, détail du robinet.
- sur la face supérieure (fig. 4), puis sur la face inférieure (fig. o), du piston, pourvu que l’on prenne la précaution d’étrangler la vapeur avant son arrivée aux manomètres (2).
- Pour les longues courses, afin d’éviter les pertes de pression dans les tuyauteries, on emploie (fig. 8 et 9) deux robinets A et B (fig. 13 à 15 et 18) reliés entre eux par les tuyaux EF, aboutissant respectivement aux manomètres G et H. Chacun de ces robinets porte deux lumières, l’une pour la vapeur d’admission (Steam, fig. 15), l’autre pour celle de l’échappement (Exhaust). Quand les robinets A et B marchent
- (1) Institution of Mechcinical Engineers, décembre 1899.
- (2) Voir aussi le dispositif de Jarret (Sauvage. La Machine à vapeur, vol. 1. p. 98).
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- dans le sens des flèches (fig. 13), A admet par E la vapeur d’admission du haut du cylindre moteur au manomètre d’admission G, et B ouvre l’échappement du bas du cylindre à H par F : quand, à fond de course descendante du piston moteur, A et B tour-
- Fig. 6 et 7. — Indicateur Ripper à un robinet unique (fig. 1).
- Fig. 8;'et 9. — Indicateur Ripper à deux robinets.
- neront en sens contraire des flèches, B admettra par E la vapeur d’admission du bas du cylindre à C, pendant que A admettra celle d’échappement à H par F.
- Pour les graudes vitesses, on emploie un robinet, non pas oscillant, mais tournant (tig. 10 à 13), creux, avec deux lumières ouvertes respectivement à l’admission puis à l’échappement pendant un demi-tour.
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- INDICATEUR DES PRESSIONS MOYENNES R1PPER.
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- Si l’on commande le tambour d’un indicateur B (fig. 16), par l’arbre du moteur il tracera un diagramme (pd) (fig. 22) donnant la pression/? aux différents instants G de la course, tandis que l’indicateur ordinaire A les donne aux différentes longueurs ou
- Fig. 10 à 13. — Indicateur Ripper à robinet tournant.
- volumes v de la course; et si on installait B à la place des manomètres G et H (fig. 21), il tracerait les diagrammes continus des pressions-temps à l’admission (fig. 23) et à
- Fig. 16. — Montage des indicateurs A diagrammes ipb) et {pv).
- l’échappement (fig. 24), dont il serait facile de prendre les ordonnées moyennes, indiquées en pointillés.
- Pour passer du diagramme (/>6) (iig. 23) ainsi tracé, à celui (b) des pv, on décrit sur la base AB de A une demi-circonférence AD, que l’on divise en arcs égaux A 1;. 1 '2/... puis on élève en (b) sur la longueur AB de la course, divisée en autant de Tome IV. — 98e année. 5e série. — Décembre 1899. 118
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- DÉCEMBRE i899.
- parties égales et aux points 1, 2, 3..., des perpendiculaires égales aux ordonnées de A
- Fig. 17 à 20. — Indicateur Ripper pour longues courses.
- Fig. 21
- itfbrward, Strok»if - Bach Strohe -»
- -U——_A
- î | nVwtTi/ Bœch/ » -ZVe^g* trg_J
- Fig. 22 à 24. — Diagrammes (pô) consécutifs : 1° d’admission
- d’échappement, 2° d’admission seuls, 3° d’échappement seuls.
- Fig. 25.
- en l',2,3'... Les tracés (fig. 26-37) représentent, en traits [pointillés . les diagrammes pO et en traits pleins les] diagrammes pv correspondants, dans l’hypothèse
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- INDICATEUR DES PRESSIONS MOYENNES RIPPER. 1823
- d’une détente hyperbolique avec
- écarts suivants : Écarts
- Admissions. (parties ombrées)
- P. 100. P. 100.
- 0,2 — 2,9
- 0,3 — 1,4
- 0,4 — 3,5
- 0,5 - 3,9
- 0,6 — 3,4
- 0,7 — 2,6
- 0,8 — 2,1
- 0,9 — 1,1
- espace nuisible de 7 p. 100, ce qui conduit aux
- Moyenne. . . — 1,88 p. 100 entre les aires \o0 et pv.
- Ces variations sont représentées, sur le diagramme fîg. 34, par les ordonnées de la courbe AB au-dessus et au-dessous de la droite 100.
- Le diagramme fig. 38, d’une machine rapide, où la courbe de détente se rapproche d’une droite, indique que les écarts changent de sens vers son milieu et tendent à se compenser. Dans les diagrammes de contre-pression ou d’échappement (fig. 39-42), l’écart augmente avec la compression.
- Les diagrammes fig. 45 ont été relevés avec une grande détente, le coulisseau presque au point mort. L’écart est (fig. 46 et 47) de même sens pour les diagrammes du haut et du bas du cylindre, et, en moyenne, de — 1,86.
- Les écarts moyens entre les diagrammes pv des fig. 46, 47 et 48 et ceux (pô) corres-
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- pondants (fig. 49), sont donnés, pour différentes détentes, par le graphique fîg. 50, qui montre que l’ordonnée moyenne de(/>0) est toujours inférieur, à partir d’une admission coupée aux 0,2 de la course, à celle des (pv) : écart moyen — 3 p. 100, tandis que celle
- cent
- Fig. 34.
- Fig: \$.ForwarJ fressure.
- F‘g" Pressure
- 3-
- Fig. 43 à 49.
- des (p0) de contre-pression (Bach) est toujours plus élevée : écart moyen + 5,5 p. 100. Ces diagrammes (fig. 46-48) ont été relevés sur le petit cylindre d’une compound marchant à 100 tours par minute à pleine, moyenne et faible charge; on lisait en même temps les pressions moyennes sur les manomètres G et H (fig. 9\ dont l’écart avec •
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- INDICATEUR DES PRESSIONS MOYENNES RIPPER.
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- celles des indicateurs fut en moyenne de — 3,1 p. 100 pour l’admission et de — 1,4 p. 100 pour l’échappement : au total — 1,7 p. 100, de sorte qu’il suffit de repor-
- cent
- Fig. 50.
- Fig. 51. — Indicateur différentiel Rippe?\
- Fig. 52. —' Montage du manomètre.
- ter (fig. 20) ces différer, ces sur une deuxième graduation des manomètres pour y lire les véritables pressions moyennes. D’après M. Ripper, l’étranglement de la vapeur,
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- nécessaire pour stabiliser l’aiguille des manomètres, et qui se fait par deux robinets : l’un F (fîg. 52), près du manomètre, et l’autre E, près des robinets A et B, ne fausserait aucunement les indications des manomètres, qui donneraient la pression moyenne aussi exactement que les meilleurs indicateurs. La présence des deux robinets E et F empêche le siphon du manomètre de se vider de son eau par l’effet des variations de pression, qui y provoquent, dès que l’on ouvre en grand le robinet E, une agitation avec ébullition considérable, facile à constater dans le tube en verre A. En outre, quand la machine marche à condensation, il faut employer un manomètre sans air dans son tube.
- M. Ripper a aussi essayé un indicateur différentiel (fig. 51). Composé de deux pistons C et E recevant, de A, la pression d’admissfon par B et celle d’échappement par D, avec ressort antagoniste F et dash-pot à huile G; mais cet appareil n’était pas assez sensible.
- ESSAI d’un MOTEUR A GAZ WESTINGHOUSE DE 125 CHEVAUX (1).
- Ce moteur est du type général décrit à la page 1385 de notre Bulletin de septembre 1899, à trois cylindres de 330 X 355 de course, avec chambres de compression d’un volume égal à 21 p. 100 de la cylindrée. Il commande par courroie une dynamo, et marche avec du gaz naturel de la composition suivante :
- P. 100.
- Acide carbonique et hydrogène sulfuré................ 1,80
- Oxygène.............................................. 0,70
- Hydrocarbures........................................ 0,50
- Oxyde [de carbone.................................... 0,55
- Hydrogène............................................ 0,60
- Méthane..............................................92,05
- Azote................................................ 3,80
- L’analyse thermique du fonctionnement du moteur est donnée par le tableau ci-dessous, en tant p. 100 de la chaleur du gaz.
- Heures des essais. Convertie en travail. Absorbée par l’eau de refroidissement. Emportée par l’échappement.
- 1 17,8 25,1 30,9 Pendant la première et la deuxième
- 2 16,3 21 62,8 heure, on marchait avec un mélange
- 3 20,7 30,2 48,8 £ trop riche : que l’on remplaça en- 11
- 4 20,2 36,9 42,7 suite par un mélange de 1 de gaz
- 5 16 50,3 43,9 pour 12 d’air.
- La température des gaz d’échappement se mesurait au calorimètre. On plongeait dans ces gaz, à leur sortie du cylindre, une bille de cuivre, q.ue l’on retirait au bout d’une heure, pour la plonger dans l’eau d’un calorimètre : on a trouvé ainsi, pour cette température, 650° et 565°, suivant que le moteur indiquait 104 ou 55 chevaux.
- (1) Engineering Record, 9 déc. 1899.
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- ESSAI d’üN MOTEUR A GAZ WESTINGHOUSE.
- 1827
- Les résultats moyens d’un grand nombre d’essais, exécutés pendant cinq heures, à des puissances variant de 109 à 40 chevaux indiqués, ont été les suivants :
- Tours par minute.................271
- Puissance indiquée moyenne....... 89
- Puissance au frein............... 73,3
- Rendement organique............... 79,74 p. 100.
- Gaz par cheval-heure indiqué..... 0m3,400 (Ramenés à la pression atmosphérique
- — — effectif............ 0m3,500 de 760 et à 17°).
- Rendement thermique.............. 14,61 p. 100
- 1 1
- Rapport des volumes de gaz et d’air : variable de — à —
- 11 12
- Chaque essai duraitdix minutes jonprenait trois diagrammes: au commencement, au milieu et à la fin. La dépense de gaz minima a été 0m3,340 par cheval indiqué et 0m3,420
- 0 20 40 "CO 80 00 100
- Puissance en chevaux.
- Fig. 1.
- par cheval effectif, pour une puissance de 92 chevaux. Le diagramme ci-contre donne la variation de cette dépense avec la puissance indiquée, la puissance effective et la puissance électrique ; il montre, qu’entre certaines limites, cette dépense varie à peu près en raison inverse de la puissance indiquée.
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- \ 828 NOTES DE MÉCANIQUE.--------DÉCEMBRE 1899.
- L’auteur des essais, M. Robertson, fait remarquer que le graissage exagéré des manivelles tournant dans leur bain d’huile peut amener dans le tuyau d’échappement, du pétrole, qui s’enflamme et provoque des explosions pendant l’aspiration. Les soupapes d’échappement souffrent de la chaleur : il ne faut pas hésiter à les renforcer.
- Le gaz naturel est vendu au prix de 0do1, 07 les 1 000 pieds cubes, à peu près 0 fr. l2 le mètre cube.
- ravitailleur Miller.
- Cet appareil a (fig. t) pour objet de permettre à un charbonnier B par exemple de ravitailler en marche un cuirassé A. A cet effet, les deux navires sont reliés par une amarre C et par un câbleway 1, constitué par une corde partant du treuil lanceur E et revenant au treuil tendeur F. par le trajet E. 2 a 4, b 6, 7, F. en passant
- r-A1
- -o-
- Fig. 2.
- Fig. 4.
- sur les poulies 2, 4, G, 7, des mâts 3, 5 et 8. La charge est portée par un chariot roulant sur a et tiré par le brin b au moyen d’une attache par frottement qui cède en cas d’une résistance excessive provenant par exemple du choc du chariot sur 1 une des poulies 4 ou 6. Comme les treuils E et F marchent en opposition, E doit être plus puissant que F, exercer par exemple une traction de 2 000 kil. et F 1 500 ; en outre, la corde doit marcher, pour rester ainsi toujours tendue, à une vitesse supérieure à
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- RAVITAILLEUR MILLER. 1829
- celle prévue pour le rapprochement possible des deux navires B et A par les vagues etc., par exemple : si cette vitesse de rapprochement atteignait 5 mètres, comme il y a entre A et B deux brins a et b, le mou du câble s’augmenterait de 10 mètres par seconde*
- et E devrait l’enrouler à la vitesse de 15 mètres au moins. Si les navires s’éloignent, dans la limite permise par l’amarre C, c’est le treuil F qui cède, en maintenant encore le câble toujours tendu. Une fois la charge déposée sur A, on renverse la marche du
- Fig. 6.
- 1 et 8.
- treuil E, ce qui laisse mollir le câble et permet à F de ramener vivement la benne vide. Toutes les opérations : aller de la benne pleine, arrêt pour la décharger, retour à vide, arrêt pour le remplissage sont, en somme, contrôlées par le treuil E, en antagonisme avec le treuil tendeur F, dont le travail de résistance augmente automatiquement, dès le départ de la charge, de celle nécessaire pour vaincre son frottement et celui du câble entre F et la charge, et passe ainsi, par exemple, de 1 000 à 1 500 kil.
- Dans le type fig. 2, le treuil tendeur F est remplacé par une ancre F, dont la résis-
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- DÉCEMBRE 4 899.
- tance augmente aussi dès le départ de la charge, qui, en tirant sur son câble, augmente sa vitesse dans l’eau. En flg. 3, le câble passe par 9 et 10 au treuil d’ancre il, qui tourne moitié moins vite que E. En fig. 4, le service est commandé de A par un seul treuil E, avec câble unique et ancre F'.
- Fig. 9.
- En fig. 5, les treuils E et F sont de même puissance, et chacun des brins a et b porte une benne : l’une pleine D', l’autre vide D.
- Dans la variante fig. 6, le treuil E se borne à soulever par 12 et 13 la benne et son
- câble 14-15, tendu par le treuil F, et sur lequel la benne descend en A par son poids. Aussitôt déchargé, on renverse E, ce qui permet à F de ramener 15 dans la position pointillée, par laquelle la benne vide redescend en B. La montée de la benne pleine se fait(fig. 7 et 8) par un déclic 16, enclenché en 18, et qui la lâche automatiquement dès que 14 arrive en 13.
- En fig. 9, le treuil H est à deux tambours h' et h'', actionnant respectivement les
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- RAVITA1LLEUR MILLER.
- 1831
- brins e' et e2 de E, et pouvant agir à volonté, l’un comme tracteur, l’autre comme ten-
- Fig. 11. — Ravitailleur Miller, plan du treuil H (fig. 9 et 10).
- Fig. 12 et 13. — Ravitailleur Miller, détail du chariot D (fig. 9).
- deur suivant le sens du mouvement de la charge I. A cet effet, les cylindres moteurs h,t (fig. 10 et il) commandent les tambours h2 et h' par le train h5 A7 dont les arbres hs
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- DÉCEMBRE 1899.
- qui tournent toujours dans le même sens et à la même vitesse, peuvent être embrayés à friction avec leurs tambours li et /*,, par h" hÿ hl0 et par hu hiS; le ressort 20 appuie sur l’anneau de friction h13, la pièce hu A17 hl0 rainurée sur A8 et la tension du ressort 20, réglée par le levier 19, détermine la tension du brin e2.
- Les figures 12 et 13 représentent le détail du chariot D (fig. 9) à roues d6 dn en_ traînées par le brin e2, sur lequel on serre par dB les mâchoires d'dt. La maille i dusac I est prise par le crochet Z du chariot, pivoté en U, et maintenu dans sa position de prise par la butée lr Quand le sac arrive au bout de sa course, Z2 rencontre le heurtoir#' du
- Fig. 14 et 15.
- palan g (fig. 9), qui la fait basculer malgré son ressort h3 dans la position (fig. 13) où Z lâche le sac qui tombe en cale sur la toile# ; puis, le sac lâché, le contrepoids Z ramène Zg dans sa position de prise, où il reste maintenu par l'enclenchement Z6 Z,t Z7, à ressort Z„. Le sac plein est amené à Z parle treuil k2 k! et la benne roulant sur le câble k.
- L’ancre se compose (fig. 14 et 13) d’un cône 20 relié au câble 1 par un ressort 31, qui, en cédant, ferme plus ou moins, par 25-22, l’ancre auxiliaire en toile 21, et diminue ainsi sa résistance à mesure que celle de 20 augmente par diverses causes, de manière à maintenir la résistance totale de l’appareil à peu près invariable.
- Des essais exécutés récemment aux États-Unis avec l’appareil fig. 1 ont montré que l’on pouvait ainsi facilement ravitailler en marche un cuirassé à la distance de 90 mètres environ. Une benne de 500 kilos met environ 20 secondes pour aller du charbonnier au cuirassé : vitesse du câble d’acier, 5 mètres par seconde, diamètre 20 millimètres.
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- PROCÈS-VERBAUX
- Séance du 24 novembre 1899.
- Présidence de M. A. Carnot, président.
- M. Demany remercie le Conseil de sa nomination comme membre de la Société.
- M. E. Bert, secrétaire de Y Association française pour la protection de la propriété industrielle, demande le concours de la Société d’Encouragement pour l’obtention de réformes dans la publication des brevets en France. (Bureau.)
- M. Brieusse, 126, rue du Bac, demande une annuité de brevet pour un fer à repasser. (Arts économiques.)
- M. G. Mercier, 63 bis, rue de la Victoire, présente un broyeur pour ciments de M. Schmidt. (Arts chimiques.)
- MM. Vinsonneau, Marchai et Tassilly, déposent un pli cacheté intitulé: Préparation des pâtes à papier dit Colonial.
- Correspondance imprimée. — M. Collignon présente, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages mentionnés à la page 1636 du Bidletin de novembre.
- Nominations de membres de la Société. — M. Vésier, président du Conseil d’Administration de la Société des Métaux de Paris, présenté par M. Demenge, est nommé membre delà Société.
- Conférence. — M. Hirsch fait une conférence sur les Voitures automobiles.
- M. le Président, s’associant aux applaudissements de l’auditoire, remercie vivement M. Hirsch de sa remarquable conférence, qui sera reproduite au Bulletin.
- Séance du 5 décembre 1899.
- Présidence de M. A. Carnot, président.
- M. A. Bonin, 48, rue Saint-Sauveur, Paris, demande une annuité de brevet pour un réveil. (Arts économiques.)
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- PROCÈS-VERBAUX. --- DÉCEMBRE 1899.
- M. Gras, 68, rue d’Allier, à Moulins, présente un frein pour chemins de fer. (Arts mécaniques.)
- M. Renaud présente à la Société les premiers numéros du journal le Mois scientifique et industriel. [Bulletin.)
- M. A. Trillat, 3, rue Franklin, présente un mémoire pour concourir aux prix pour une publication utile à l’industrie chimique.
- M. Priston, 13, rue Rambuteau, présente un appareil pour assurer le tirage des cheminées. (Arts économiques.)
- M. Vesier remercie le Conseil de sa nomination comme membre de la Société d’Encouragement et s’inscrit comme membre à vie.
- Correspondance imprimée. — M. Collignon présente au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages mentionnés à la page 4835 du présent Bulletin.
- Nominations de membres de la Société. — Sont nommés membres de la Société :
- MM. Vieillard, Charles, ingénieur des arts et manufactures à Paris, présenté par M. Buquet;
- Cormier, Paul, ingénieur civil à Meaux, présenté par MM. Bénard et Lindet.
- Rapports des comités. — M. Simon présente, au nom du Comité des Arts mécaniques, deux rapports, qui sont approuvés :
- 4° Sur le procédé de lisage automatigue de MM. David frères;
- 2° Sur les ouvrages suivants: Aide-mémoire pratique de la filature du coton, par M. P. Dupont, et Aide-mémoire pratique de tissage mécanique, par MM. P. Dupont et Y. Schlumberger.
- Communications. — Sont présentées les communications suivantes de MM.
- Brigalant sur le Fibroleum;
- Le capitaine Leneveu, sur un graisseur, un embrayeur et un niveau de montage ;
- Solignac, sur sa chaudière à tubes d'eau.
- M. le Président remercie MM. Rrigalant, Leneveu et Solignac de leurs intéressantes communications, qui sont renvoyées aux Comités des Arts chimiques et mécaniques.
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- LIVRES ET OUVRAGES REÇUS A LA BIRLIOTHÈQUE
- EN DÉCEMBRE 1899
- Sulla unificacione delle Viti d’Unione, par A. Galassini. In-4°, 40 p., 4 pl. Extrait du
- Bulletin de la Société des ingénieurs et architectes de Turin.
- De l’Encyclopédie beauté, Persoz. Essais des matières textiles, Jaubert. Matières colorantes artificielles, Rocques. Le cidre et Pozzi Escot. Analyse microchimique et spectroscopique. In-4. Paris, Gautbier-Yillars.
- Sanatoriums populaires pour tuberculeux, par MM. Demany et Jorissène et Construction des Maisons ouvrières, par M. Demany. In-8°. 30 et 90 p. et planches. Imprimerie Vaillant Carmanne, à Liège.
- Notice sur les instruments de précision appliqués à l’oenologie construits par
- M. J. Dujardin. In-8°, 207 p. chez l’auteur. Paris, 24, rue Pavée.
- De la Petite Encyclopédie pratique de chimie industrielle de M. Biilon. Matières animales et Engrais. In-18, 160 p. Paris, Bernard.
- De l’Union agricole calédonienne. Exposition locale de 1899. ln-8°, 83 p. Nouméa, imprimerie calédonienne.
- Du Ministère du Commerce. Rapports sur l’application, pendant l’année 1898, des lois réglementant le travail. In-8°, 706 p. Imprimerie Nationale.
- De l’Institution of Civil Engineers, London. Proceedings, vol. CXXXVIII. Principaux mémoires : Hadfield, les Alliages de fer et de nickel. Dobson, Travaux du port de Buenos-Ayres Ewing, le Magnétisme. Osmond, les Alliages de fer et de nickel.
- Annuaire de l’Imprimerie pour 1900. In-4°, 300 p. Paris, chez l’auteur, M. Muller, 36, rue de Seine.
- De la Bibliothèque du conducteur de travaux publics. Tramways et automobiles, par MM. Aucamus et Galine, et Voies de communication. Rôle économique et social, par M. E. Campredon. In-8®, 550 p. Paris, Dunod.
- Manuel du serrurier-constructeur, par M. L. Grivaud. In-8°, 598, p. 250 fîg. Pans Béranger.
- Annuaire du Bureau des longitudes pour l’an 1900. In-18°, 629 p. Paris, Gauthier-Villars.
- Les Huiles essentielles et leurs principaux constituants, par M. Gharabot. Dupon et Pillet. In-8°, 1000 p. Paris, Béranger.
- Société des secours des Amis des sciences, compte rendu de l’exercice 1899. In-8° 225 p. Paris, Gauthier-Villars.
- De la Smithsonian Institution Index to the Littérature of Thallium. In-8°, 30 p.
- Bulletin of the Geological Institution of Upsala (1898). In-8°, 130 p. Édité à Upsa par M. Sjogren.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA RIRLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Novembre au 15 Décembre 1899
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac. . . . Annales de la Construction.
- ACP.. . . Annales de Chimie et de Physique. AM. . , . Annales des Mines.
- AMa . . . American Machinist.
- Ap. . . . Journal d’Agri culture pratique. APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. Bam. : . . Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- BMA . . . Bull, du ministère de l’Agriculture. CN. . . . Chimical News (London).
- Cs........Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- Cil. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- DoL. . . . Bulletin of the Department of La-bor, des États-Unis.
- Dp. . . . Dingler’s Polytechnisches Journal.
- E.........Engineering.
- E’........The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal. EE.. . . . Eclairage électrique.
- Elé. . . . L’Électricien.
- Ef.. . . . Économiste français.
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Es........Engineers and Shipbuilders in
- Scotland (Proceedings).
- Fi ... . Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc........Génie civil.
- Gm. . . . Revue du Génie militaire.
- IC........Ingénieurs civils de France (Bull.).
- le........Industrie électrique.
- Im . . . . Industrie minérale de St-Étienne. IME. . . . Institution of Mechanical Engineers (Proceedings).
- loB. . . . Institution of Brewing (Journal). La . . . .La Locomotion automobile.
- Ln........La Nature.
- i Ms.. . ' MC. .
- I • Pc.. .
- Pm. . i Rcp .
- i
- Rgc. . Rgds.. Ri . . RM. . Rmc.. Rs. . . Rso. . RSL. .
- Rt.. . Ru.. .
- SA.. .
- ScP. . Sie.. .
- SiM. .
- SiN. .
- SL.. .
- SNA..
- SuE. . U SR. .
- VD1. .
- ZOl. .
- . Moniteur scientifique.
- . Revue générale des matières colorantes.
- . Nature (anglais).
- . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- . Portefeuille économ. des machines.
- . Revue générale de chimie pure et appliquée.
- . Revue générale des chemins de fer.
- . Revue générale des sciences.
- . Revue industrielle.
- . Revue de mécanique.
- . Revue maritime et coloniale.
- . Revue scientifique.
- . Réforme sociale.
- . Royal Society London (Procee-dingsj.
- . Revue technique.
- . Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- . Society of Arts (Journal of the).
- . Société chimique de Paris (Bull.).
- . Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- . Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- . Société industrielle du Nord de la France (Bulletin).
- . Bull, de statistique et de législation.
- . Société nationale d’agriculture de France (Bulletin). v
- . Stahl und Eisen.
- . Consular Reports to the United States Government.
- . Zeitschrift des Vereines Deutscher Ingenieure.
- . Zeitschrift des Oesterreichischen Ingenieure und Architekten-Ve-reins.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- DÉCEMBRE 1899.
- 1837
- AGRICULTURE
- Alcool dénaturé en France et en Allemagne. Ag. 2 Déc., 899.
- Associations agricoles en Hongrie. Ag. 18 Nov., 800.
- Asperge (Culture de V) (Heuzé). Ap. 7 Déc., 814. Bétail. Élevage dans la région pyrénéenne. Ag. 18-24 Nov., 811, 869.
- — Fièvre aphteuse dans l’Ariège. Ag. 18 Nov., 818.
- — Tuberculine aux États-Unis et en Angleterre. Ap. 23 Nov., 744.
- — (Baisse du), moyen d’y remédier. Ef. 2
- Déc., 788.
- — Shorthorns en France et en Angleterre. Ap. 7 Déc., 810.
- — Race bovine fribourgeoise. Id., 814. Betterave à sucre (Expériences sur la) (Desprez). Ap. 7 Déc., 818; Ag. 9 Déc., 947. Blé. Battage dans les petites installations. Ap. 16 Nov.. 788.
- — Dépiquage, battage et égrenage. Ap. Nov., 739.
- — Statistique de la récolte de 1898 (Gran-deau). Ap. 30 Nov., 767.
- — Blé rouge d’Alsace. Ag. 2 Déc., 892. Caoutchouc (Arbres à) au Brésil (Poisson). Annales télégraphiques, Mai, 205. Champignon muqueux dont le parasitisme intéresse l’agriculture. SiVA. Août, 547. Engrais. Progrès de la chimie agricole. N. 30 Nov., 116.
- — Dans les prairies. Ag. 9 Déc., 941. Forêts. Pineraies en Sologne. Ag. 18 Nov.,
- — nationales anglaises (Hertchins). JA. 21
- Nov., 22.
- — Réserves à laisser dans un taillis com-
- posé, et âge auquel il convient de les exploiter (Mouillefert). Ap. 30 Nov., 776.
- Foidlleuses (Les) (Ringelmann). Ap. 16-30 iVou., 705, 779. 7-14 Déc., 807, 849. Fourrages (Compression des) (Bénard, Ringelmann). SNA. Août, 555.
- Graines. Résistance aux températures élevées (Jodin). CR. 27 Nov., 893.
- Grêle. Congrès des associations de tir contre la grêle à Casan (Ronna). Ap. 30
- Lait. Détermination de l’eau ajoutée (Wood-man). Technology Quarterly. Juin, 165. — Installation des laiteries modernes. Ag. 25 Nov., 861.
- Maïs des Landes. Culture au Parc des Princes (Grandeau). Ap. 16 Nov., 694.
- — Culture en Chalose. Ap. 14 Déc., 839. Métayage dans le Sud-Ouest. SNA. Août, 572. Pressoirs à main roulants. Ag. 18 Nov., 818. Production agricole de la France en i898. Seigle, orge, maïs, millet, sarrasin. Ap-23 Nov., 730; 14 Déc., 837. BMA. Oct., 546.
- Production laticifère du bassin de l'Ogouè (Bouys-son). Rgds. 15 Nov., 828.
- Statistique des récoltes pour 1898. BMA. Oct., 546.
- Transports agricoles sur chemins de fer Bénard). JxYA. Août, 570.
- Vigne. Désinfection antiphylloxérique. Ap. 30 Nov., 770.
- — Analyse des raisins et des vins de la récolte de 1899 (Gajon). BMA. Nov., 884. — Vins salés du littoral de la Méditerranée (Kayser et Semichon). BMA. Nov., 976.'
- CHEMINS DE FER
- Attelages Brokelbank. E. 17 Nov., 641.
- — automatiques aux États-Unis. Rgc. Déc.,
- 392.
- Chemins de fer du Great-Central. E. 17-25 Nov., 621, 656.
- — du Great Northern. Nouvel embranche-
- ment et gare de marchandises à Leeds. E’. 24 Nov., 513; 1er Dec., 542.
- — du Lancashire and Derbyshire. E. 15
- Déc., 747.
- — de Colombie. Technology Quarterly,
- Juin, 123.
- — anglais et américains. E. 1er Déc., 535.
- — du Gothard. Nouveau matériel (Lancre-
- non). Rgc. Déc., 359.
- — Électriques italiens. Essais de traction
- (Godferneaux). Rgc. Déc., 378.
- Freins continus (Les) Seguèlaz. Rn. Nov., 490. Heurtoir hydraulique. Rt. 13 Nov., 489.
- Nov., 781; Ag. 2 Déc., 902. Haute-Garonne. Monographie agricole (Carré). BMA. Nov., 894.
- Locomotives Compound à marchandises de l’État Belge. Rt. 10 Nov., 489.
- — Consolidation du Delaware Lakanawa.
- Tome IV. — 98e année. 5e série. — Décembre 1899.
- 119
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- 1838
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- DÉGEMRRE 1899.
- RM. Nov., 553 ; de l’Illinois central. E. 15. Déc.,756.
- Locomotives, américaines très puissantes. RM. Nov., 254.
- — pour le Barry and Port Talbot. Ry. E'.
- 8 Déc., 574.
- — (Fumivorité des). E'. 24 Nov., 521:
- — Réchauffeur d’alimentation. Forney.
- RM. Nov., 555.
- — Cheminée pour locomotive à bois. RM.
- Nov., 556.
- Tampons Westinghouse. RM. Nov. 557,
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles. Concours du journal La locomotion automobile. La. 16-23-30- Nov., 725, 741, 758; 14 Déc., 789.
- — à l’Exposition de Berlin. Dp. 18-25 Nov.,
- 106, 121 ; 2 Nov., 133; 9 Déc., 145.
- — sur roules. EE. 16 Déc., 420.
- — aux colonies. Ici., 424.
- — Direction par essieu brisé. La. 16-23 Nov., 735, 749, 7 Déc., 783.
- — Changement de vitesse (Linley). RM.
- Nov., 500.
- — à pétrole. (Les). Ri. 18 Nov., 458. La Mi-
- nerve. 16 Nov., 733. G. Richard. Rt. 25 Nov., 511. La charentaise. La. 30 Nov., 763.
- — — Société des voiturettes automobiles.
- La. 4 Déc., 796.
- — — Les moteurs. Ri. 25 Nov., 461 ; 2-9
- Déc., 474, 481.
- — — Carburateur (Sangster). RM. Nov.,
- 560. (Abeille). La. 14 Déc., 793.
- — à vapeur Stanley. Ln. 18 Nov., 387.
- — — Wagon Simpson et Rodman. RM.
- Nov., 559.
- — à air comprimé Molas. La. 7 Déc., 778. Locomotives routières .dans l’Afrique du Sud.
- E'. 8 Déc., 567; pour la guerre. E'. 24 Nov., 524.
- Tramways à câble, à troley et à chevaux. Prix comparatifs à New-York. EE. 18 Nov., 265.
- — (Exploitation des) en France. Gc. 18
- Nov., 38.
- — De Paris, à Asnières-Bastille. EE. 9 Déc., 375.
- — Prix de revient de l’énergie aux stations de tramways (Conant). Rgc. Déc., 395.
- Tramways électriques. Résistance des joint des rails. EE. 18 Nov., 276.
- — — (Trucs pour). Elé. 2 Déc., 363.
- — — et la stabilité des constructions. E.
- 8 Déc., 729.
- — — Appareillage des canalisations
- aériennes. Elé 16 Déc, 396.
- — — Combinateur Thompson-Houston.
- EE. 16 Déc., 431.
- — à vapeur Latham. RM. Nov., 560. Vélocipèdes. Exposition du Slanley-Club.
- E. 24 Nov., 1er Dec., 667, 699; E'. 24 Nov., 525.
- — Adapiation du vélo au coureur (Cromp-ton). N. 23 Nov., 87.
- — Akatène Mathewson. RM. Nov., 561.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acétylène. Divers. Cs. 30 Nov., 1003.
- — et l’hygiène. Rs. 16 Nov., 666,
- — à l’exposition de Cannstad. Dp. 18, 25.
- Nov., 97, 113; 2, 9 Déc., 131,167.
- — Action sur métaux ammoniums (Mois-san). ScP. 20 Nov., 91 \.
- Acides carbonique. Petits récipients d’acide liquide pour boissons gazeuzes (Walck-man). Pc. 15 Nov., 452.
- — fluorhydrique. Action sur le verre
- (Moissan). CR. 20 Nov., 799.
- — phosphorique. Éthérification par la
- glycérine (Imbert et Belugon). ScP 20 Nov., 935.
- — sulfurique. Fabrication nouvelle. Ri. 9
- Déc., 487.
- — chlorhydrique. Action sur l’argent et
- réaction inverse (Jouniaux). CR. 27 Nov., 882.
- — lactique (Berthelot et Delépine). CR.
- 4 Déc., 920.
- Alcools. Production et consommation des alcools d’industrie (Lindet). Rgcls. 15 Nov., 818.
- — Emploi industriel. Ag. 24 Nov., 858. Arséniures de strontium, barium, lithium. Préparation au four électrique (Lebeau). ScP. 20 Nov., 931.
- Azote. Composés asymétriques obtenus par synthèse et pourvus du pouvoir rotatoire (Pope et Peachey). CR., 13 Nov., 767.
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. — DÉCEMBRE 1899.
- 1839
- Arsenic. Recherche et dosage des petites quantités dans les organes (Gautier). CR. 4 Déc., 936.
- Brasserie. Divers. Cs. 30 Nov., 1039. Caoutchouc. Le Velvril, nouveau caoutchouc artificiel (Reid). Cs. 30 Nov,. 773.
- — (Vulcanisation du). Cs. 30 Nov., 1034. Calcium (Propriété du) (Moissan). ScP. 20 Nov.,
- 897.
- Camphre. Formule de constitution (Bouveault). ScP. o Déc., 1013.
- Carbure de calcium (Couleur du) (Moissan). ScP. 20 Nov., 921.
- Cellidose modifiée chimiquement (Ferneezi). CN. 17 Nov., 237.
- — tirée du maïs. dp. 7 Déc., 817.
- — (Progrès de l’industrie de la) (Weber).
- CN. 24 or., 247.
- Cérium. Estimation volumétrique (Browning).
- American journal of Science. Déc.,451. Chaux anhydre. Chaleur de formation (Moissan). ScP. 20 Nov., 928.
- Chaux et Ciments. Action de l’acide sulfhy-drique sur* le Portland. Le Ciment. Nov., 173.
- — Industrie du Portland aux États-Unis. Le Ciment. Nov., 326.
- — Cyanure de mercure). Dosage (Vincent).
- Pc. 15 Déc., 537.
- — Divers. Cs. 30 Nov., 6021.
- Déplacement réciproque des métaux (Colson). CR. 20 Nov., 825.
- Eaux, Détermination rapide des matières suspendues. Technology Quarterly. Juin, 145.
- — Stérilisation Bergé. Ri. 9 Déc., 488. Égouts. Four destructeur de Torquay. Rt. 10 Nov., 486.
- — de Manchester. E'. 24 Nov., 511 ; E.
- 1er Déc., 695.
- Ethers phosphoriques (Recherches sur les) (J. Cavalier). AcP. Décr., 449.
- Évolution inorganique (Lois de 1’) (Norman Lockyer). N. 7 Déc., 132.
- Explosifs. Divers. Cs. 30 Nov., 1052, 1065.
- — Chlorate de potasse. CN. 8 Déc,, 270.
- — — (Explosion du) (Berthelot). CR.
- 4 Déc., 926.
- Eusion (Détermination des points de). CN.
- 8 Déc., 270.
- Gaz (Écoulement des) et des vapeurs (Wey-rauch). Rt. 10 Nov., 494.
- Gaz. (Diffusion des) sans paroi poreuse. Propagation du son dans les mélanges (Brillouin). ACP. Déc., 433.
- — d’éclairage. Divers. Cs. 30 Nov., 1002. Huiles essentielles et chimie des terpènes. Travaux récents (Gerber). Ms. Déc., 853.
- — de maïs. Cs. 30 Nov., 1030. Laboratoires. Divers. Cs. 30 Nov., 1053.
- — Analyse des aciers. Bibliographie (Brearly) CN. il, 24 Nov., 233, 245; 1er, 8 Déc., 257, 271.
- — Détermination de l’antimoine dans les minerais (Brown). Cs. 30 Nov., 1052. — Appareil à doser l’acide carbonique dans les eaux minérales (Held). ScP. 20 Nov., 983.
- — Aluminium (Détermination directe de 1’) en présence du fer, calcium, manganèse, et magnésium (Hers et Campbell). Cs. 30 Nov., 1053.
- — Titrage de l’iodure de potassium (Vincent). Pc. lop Déc., 481.
- — Magnésium. Dosage volumétrique. [Cs. 30 Nov., 1054.
- — Séparation et détermination de l’antimoine et de l’arsenic dans les minerais (Becket Fisher). CV. 1er Déc.,239. — Limite) d’exactitude des analyses techniques (Gronmann). Cs. 30 Nov., 977. Lupuline (Analyse de la). Cs. Nov., 987. Optique. Propagation des vibrations lumineuses à travers la matière (Sagnac), CR. 13 Nov., 756.
- — Phénomènes optiques d’entraînement de l’éther par la matière (Sagnac). CR. 20 Nov., 818.
- • — Réseaux (Recherches sur les) (Quesne-ville). Ms. Déc., 916.
- — Rayons X (Action chimique des) (Vil-lard). ÇR. 27 Nov., 882.
- Papier Divers. Cs. 30 Nov., 1047.
- — .Machine à faire Ja pâte de bois et le
- carton. Gc. 2 Déc., 70.
- — Laboratoire d’usine à papier (Cross).
- Cs. 30 Nov., 993.
- — glacé dur (Irvine). Cs. 30 Nov., 997. Photo-cristallisation. CN. 17 Nov., 236. Phosphate monocalcique. Préparation (Prunier
- et Jouve). Pc. 15 Déc., 529.
- Phosphures de strontium et de baryum cristallisés. Préparation (Jaboin). CR. 13 Nov., 762.
- p.1839 - vue 1836/1864
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-
-
- 1840
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- DÉCEMBRE 1899.
- Phosphure de calcium. Préparation (Moissan). ScP. 20 Nov., 923.
- Radium (Phosphorence du) (Becquerel). CR. 4 Déc., 918.
- Résines et vernis. Divers. Cs. 30 Nov., 1052. Savons (Doucissage de l’eau par les) (Richardson et Joffe). Cs. 30 Nov., 998.
- Soie artificielle (Cash). SA. 7 Déc., 61. Sucrerie. Divers. Cs. 30 Nov., 1037, 1058.
- — Procédé Claassen pour la cuite en grain des jus sucrés et des sirops. Ms. Déc., 911.
- — Cristallisation en mouvement (Gerlys). Ms. liée., 913.
- — Machinerie des sucreries. E. 8 Déc. 719. Symétrie des corps cristallisés (Origine de la) et du polymorphisme (Wallerand). CR. 13. Nov., 775.
- Sulfo et sélénio-antimonites (Pouget). ACP. Déc., 508.
- Tannage. Divers. Cs. 30 Nov., 1034.
- — Analyse des tanins (Paessler). Cs. 30 Nov., 1057.
- Teinture. Vert de Paris. Variation et analyse (Stillmann). CN. 24 Nov., 250. 1er Déc.. 261.
- — Matières colorantes sulfurées (Jack). MC. 1er Déc., 413.
- — Merceiûsage (Le) (Springer). MC. 1er Déc., 423.
- — Indigo artificiel : une industrie menacée (Schrottky). RM. Déc., 424.
- — Divers et brevets. RM. 1er Déc., 429 446; Cs. 30 Nov., 1009, 1011, 1015. Vanille. (Détermination de l’extrait véritable de) (Hess). Cs. 30 Nov., 1055.
- Verres phosphatés (Inwald). Ce. 30 Nov'.,
- 1020.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Algérie. Décentralisation de ses finances. Ef. 18, 25 Nov., 713, 745.
- Assurances contre les maladies et les accidents. Loi suisse. Ef. 25 Nov., 754.
- -- En Autriche. Ef. 2 Déc., 783.
- Bonneterie et tricot. Industrie en Europe. USR. Nov., 349.
- Chine (Débouchés en) pour les ingénieurs-mécaniciens, E. 1er Déc., 705.
- Enfance (Législation de 1’) (Clément). Rso
- 16 Déc., 914.
- États-Unis. Commerce avec l’Europe dans l’extrême Orient. Ef. 18 Nov., 717.
- — (Mouvement social aux). Rso. 16 Nov.,
- 779.
- — Concurrence américaine (Metcalf). E.
- 17 Nov., 617, 638. (Hunt), 24 Nov., 647. (Smith), 1er Déc., 677. (Bail), 8 Déc., 713. (Max Farlane), 15 Déc., 743.
- — (Questions des nationalités aux) (Tar-
- divet). Rso. 1er Déc., 807.
- France. Industries et professions du Nord et de l’Est. Ef. 9 Déc., 829.
- — Population (Mouvement de la) en 1898.
- Id., 826; Rso. 16 Déc., 886.
- — Mise en valeur de notre domaine colonial (Vignon). Rs. 16 Déc,, 769. Habitations ouvrières à Lille. Rso. 1er Déc. 845.
- Législation ouvrière en France (Vanlaer). Rso. 1er Déc., 789.
- — des pays étrangers. DoL. Nov., 768. Libertés locales en Prusse* (Blondel). Rso. 16
- Nov., 776.
- Londres. Mouvement des rues (Barry). SA. 17 Nov., 6.
- Métaux nouveaux. Pays producteurs .Ef. 9 Déc., 824.
- Petite propriété. Loi belge pour sa protection (Wiart). Rso. 16 Déc., 869.
- Or et argent. (Production de 1’). Rs. 2 Déc., 718.'
- Socialisme en Allemagne. Rso. 16 Déc., 925. Tunisie (Peuplement de la) et le paysan français (SaUrin). Rso. 10 Nov., 745.
- Tm$t (Force et faiblesse des) (Brooks). EM. Déc., 351 ; E'. 13 Déc., 588.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Ciment armé. Emploi pour les murs de garde des barrages. Ac. Nov., 170.
- — Théorie et applications nouvelles (de la
- Noë). Le Ciment. Nov., 165.
- — Calcul des poutres en fer et ciment
- (Chaudy). IC. Oct., 487.
- — Emploi dans les murs de garde des
- barrages. Ac. Déc., 190.
- -- Pont sur le Gers. Le Ciment. Nov., 161.
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-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ------ DÉCEMBRE 1899.
- 1841
- Digues en tèrre. Construction par la méthode anglaise. Ge. 2 Déc., 71.
- Macadam (Machine à repiquer le) (Hosack). Ln. 2 Déc., 1.
- Pavage en bois à fibres obliques. Ac. Déc., 178.
- Ponts (Étude des). E. 17 Nov., 633.
- — (Rétablissement temporaire des). E. 24
- Nov., 649; 15 Déc., 745.
- — Arc à 4 points (U). E'. 1er Déc., 536.
- — Pont-Route de Nogent-sur-Marne. Gc.
- 9 Déc., 81.
- — Joints flexibles pour assemblage des treillis à attache rigide. Rt. 10 Déc., 546.
- Viaduc de Rugby. E. 17 Nov., 377.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateur au plomb. Théorie (Elbs). EE. 18 Nov., 256.
- — Barbier. Elé. 25 Nov., 346.
- — Concours de l’Automobile-Club. Elé. 16 Déc., 398.
- Commutateur Hewlet. EE. 9 Déc., 367.
- Conduits métalliques Greenfleld pour fils électriques. EE. 25 Nov., 303* Coupe-circuits. A Ma. 9, 30 Nov., 1061, 1125. Dynamos. Influence de l’auto-induction sur l’utilisation des matériaux dans les alternateurs (Leblanc). EE. 25 Nov., 281.
- — Alternateurs à inducteurs tournants compensés. Elé. 9 Déc., 377.
- — (Construction des sur les développantes
- de cercle) (Girault). le. 25 Nov., 510. — Fixation des pas partiels d’un enrou-. lement d’induit (Edme et Olsen). EE. 25 Nov., 221; 9 Déc., 369.
- — Accouplement des alternateurs en parallèle ou en série (Leblanc). EE. 25 Nov., 328.
- — Dynamos continues Atkinson, Mackie, Deri, Connevel, Burke, Arrol et Murray, Joël (Guilbert). EE. 25 Nov., 332. — Contrôleurs Davis. Englewood. EE. 9 Déc., 361.
- — di et triphasées (F. Hinnen). EE.
- 25 Nov., 341.
- — production de courants polyphasés par
- dynamos monophasées. Rt. 10 Déc., 542.
- Dynamos. Alternomoteurs Atkinson, Hyland, Duddell, Hassler, Deri (Guilbert). EE. 16 Déc., 401.
- Éclairage-Arc lampes récentes (Gosselin), EE. 16 Déc., 437.
- — Incandescence. Douilles à revêtements
- isolants. EE. 18 Nov., 269.
- — — Lampes Nerst. EE. 16 Déc., 439. Électro-chimie. Divers. Cs. 30 Nov., 1027.
- — Galvanisation Cowper-Cowles. Ri. 9 Déc ,
- 483.
- — (Travaux de la Société allemande d’).
- EE. 18 Nov., 356.
- — (État actuel de 1’) (Guillet). Gc. 25 Nov.,
- 52; 2 Déc., 2; 9 Déc., 67. ,85.
- — Sels complexes (Abegg). EE. 18 Nov., 261.
- — Electrodes en charbon. Ms. Déc., 910.
- — Décomposition électrolytique des solutions! aqueuses (Glaser). Ms. Déc. 868. — Oxygène et hydrogène; électrolyseur, Schopp. EE. 16 Déc., 432.
- — Préparation Alectrolytique de l’acide perchlorique et de ses sels (Forster). Ms. Déc., 801.
- — Clorates, bromates, iodates alcalins (Muller). Id., 907.
- — Électrolyse des chlorures alcalins (Winteler). Ms. Déc., 883.
- Étuves Passburg pour la dessiccation des armatures de câbles et de bobines. EE. 25 Nov., 303.
- Incendies (Rôle de l’électricité dans les). Elé. 2 Déc., 361.
- Interrupteurs à liquide Wehnelt et Caldwell.
- EE. 18 Nov., 250; Annales télégraphiques. Mai, 250.
- — à courants alternatifs Kohl pour bobines
- d’induction. Id. 25 Nov., 295.
- — Ellison. EE. 9 Déc., 387.
- Magnétisme. Détermination de la composante horizontale du magnétisme terrestre (Chrec). RS.L. 20 Nov., 375.
- Manchons pour connexions en aluminium. EE. 18 Nov., 268.
- Mesures. Perméamètres Santarelli. EE. 18 Nov., 270.
- — Compteur volt-mètre O. Kecnan. EE. 18 Nov., 273; le. 25 Nov., 505.
- — — pour courants alternatifs. Batault.
- EE. 25 Nov., 290.
- — — Compteurs Bastian, Edison-Cox,
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. — DÉCEMBRE 1899.
- Soàmes et Crawley, Raphaël, Long et Schattner (Armagnat). EE. 25 Nov., 295. O. Keenan. Sie. Nov. ,391. Divers. EE. 16 Déc.,412. Mesures. Variation de la résistance du platine avec la température (Ra-veau). Sie. Nov., 410.
- Mise en marche Ellison. EE. 9 Mars, 388. Polarisation des Diélectriques (Pellat). AcP., Déc., 571.
- Résistance électrique du Sélénium. Influence des rayons X (Perreau). CR. 4 Déc., 956.
- Soudure électrique (Goldsmith). EE. 18 Nov., 258.
- Stations centrales de Mechaniaville. Ce. 18 Nov., 21.
- Télégraphie hertzienne, transmission des ondes à travers les liquides. EE. 25 Nov., 317.
- — Installation des bureaux télégraphiques en Suède (Longvist). Annales télégraphiques, Mai, 225.
- •— Grappins Roüillard pour le dragage des câbles, Annales télégraphiques. Mai, 191.
- Téléphonie. Conducteurs en aluminium (Massin). Annales télégraphiques. Mai, 200.
- — Compteurs pour communications. Hae-bler et Knoblock. EE. 25 Nov., 339. Transformateurs tournants (Parshall et Hobart). E. 17 Nov., 620; 8 Déc., 721. — alternatifs, prédétermination et régulation (Kennely). EE. 16 Déc., 434. Transports d’énergie à haute tension (Guye). EE. 18 Nov., 241.
- HYDRAULIQUE
- Appareil Sante-Pini pour la mesure des vitesses des courants, loi. 17 Nov., 633. Compteur de la Compagnie générale. Ri.
- 2 Déc., 473.
- Conduite d’eau de La Praz. (Laponche).I/n. XIII. 793.
- Intensificateur dépréssion de la Leeds Hydraulic C°. E. 1er Déc., 703.
- Pertes de l’Avreet de ses affluents (Brard). le., Oct., 397.
- Pompes à incendie automobiles Cambier. E.
- 25 Nov., 658,
- "Pompes à air comprimé. E' 1er Déc., 554.
- — directes Poore RM., Nov., 561. Petsche Dean. Id., 562.
- Prise dfeau du lac Michigan pour'l’alimentation de Chicago. Ce. 25 Nov., 56. Pulsomètres (Les) (Masse). RM. Nov., 523.
- — à air comprimé Michell. RM. Nov., 546. Transmission hydraulique avec réservoirs auxiliaires. AMa. 9 Nov., 1057.
- Turbines. Régulateur de débit. Ce. 18 Nov., 44. Roues Pelton, à Columbus. Eam. 11 Nov., 581.
- MARINE, NAVIGATION
- Allemagne (Navigation maritime et ses progrès en). Ef. 25 Nov., 757. Appontement de Pauillac. Gc. 18 Nov., 33.
- Bois. Ennemis des bois à la mer. Rt. 25 Nov., 517.
- Canal de l’Oise à l’Aisne. Usine d’alimentation de Bourg et Comin. Pm. Nov., 170; Déc., 186.
- Constructions navales. Formes de carène les plus favorables aux grandes vitesses (Pomnier). Rmc. Oct., 5.
- Électricité sur les navires de guerre. E'. ker Déc., 548.
- Hélices. Théorie de la cavitation. E. 17 Nov., 639.
- Lancement du Kaiser Karl des Grosse. SuE. 15 Nov., 1044.
- Machines marines, auxiliaires sur les na-; vires de guerre. E'. 24 Nov., 522.
- :— du cuirassé Océan. E’. 1er Déc., 539.
- — du croiseur Noord Brabant. E1. 8 Déc.,
- 563.
- Marine de guerre. Les navires de guerre récents (Brassey). Rs. 18 Nov., 645 ; (Melville). E. 1er Déc. 707.
- — allemande. Rmc. Oct., 210. japonaise. Rmc. Oct., 212.
- — russe. Rmc. Oct., 221.
- — anglaise. Transports de troupes. E. 17
- Nov., 625. Cuirassés récents. E'. 15 Déc., 585.
- — — Cuirassé Cressy. E'. 8 Déc., 564.
- Canopus. Rmc. Oct., 206. Organisation du personnel. Rmc. Oct., 111.
- — américaine. Rmc. Oct. 217. Croiseurs
- Chattanooga. E’. 24 Nov. 518.
- — — Charleston. Id., 528.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. — DÉCEMRRE 1899.
- \ 843
- Marine française et italienne dans la Méditerranée. Rmc. Oct., 183.
- — Blindages Schneider. E'. l''1' Déc., 344.
- — — Krupp. SuE. 11 Déc., 1102.
- - — Vickers pour le Japon. E'. 8 Déc.,
- 575.
- Paquebots Ortona. E. 24 Nov., 669.
- — Oceanic. Gc. 25 Nov., 49.
- Phares (Construction des) en Angleterre et à l’étranger. (Purves). Es. Nov., 19.
- Port Otaru (Japon). E. 15 Déc., 767.
- Sous-marins (Les) (Noolhat). Rt. 10 Déc., 557.
- Stabilité d’un navire portant un chargement liquide (Duhern). CR. 27 Nov., 879-
- Voies fluviales en Russie. (Moberly). E. 17 Nov., 619.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Air comprimé. Compresseurs avec refroidis-seurs intermédiaires. AMa. 9 Nov., 1059. Charter et Hobart Atkinson. RM. Nov., 575.
- Bascule automatique. Avery. E. 8 Déc., 725. Broyeurs Johnson. RM. Nov., 576.
- — Cornet. Eam. 2 Déc., 671.
- Changements de marche Torbensen. RM. Nov.,
- 576. Newmann. E'. lor Déc. 532.
- — de vitesse Jansen. RM. Nov., 577. Chaudières (Rendement des) (Haie etRussel).
- RM. Nov., 533.
- — Prix de la vapeur (Holliday). E. 8 Déc., 739.
- — à tubes d’eau marines (Sanguin). Bam.
- Nov., 1155 (Melville). E. 8 Déc., 715. — Accidents (Ravin et Janet.) EE. 16 Déc., 427.
- — — (Circulation dans les) (Bellens). RM.
- Nov., 484.
- — Tubulaires Peck. RM. Nov., 550.
- — Foyers à pétrole Kermode. B. 17 Nov., 629.
- — — à ordures ménagères (Lauriol).
- EE. 16 Dec. 427.
- — — Babcox Wilcox (à gaz). RM. Nov.,
- 551.
- — Grilles. (Koester). RM. Nov., 551.
- — — Wagner. Id., 553.
- — Niveau d’eau Graber. RM. Nov., 551.
- < — Pompe alimentaire (Hall). 1er Déc., 690. — Manomètre Nicla. RM. Nov., 551.
- Chaudières. Réchauffeur épurateur Gran-demange. Ri. 9 Déc., 485.
- Détenteurs Wilkinson. RM. Nov., 576.
- Drague. Bâtes pour le Volga. E. 1er, 15 Déc., 691, 735.
- Embrayage Swasey et Allen. RM. Nov. 575. Engrenages (Tracé et usure des) (Lasphé). VDI.
- 18 Nov., 2, 11 Déc., 1417, 1487, 1528. Froid. Machine frigorifique Holden. Ln. 25 Nov., 4141.
- Imprimerie. La Linotype. AMa. 30 Nov., 1136. Indicateur de vitesse Rasp. EE. 9 Déc., 367. Levage. Ascenseur de Saint-Germain-en-Laye. Rt. 25 Nov., 505. Griffin. RM. Nov., 564.
- — Conveyeur Case. RM. Nov., 565.
- — Grue électriques de 150 tonnes pour le port de Brême. VDI. 2 Déc., 1482.
- — — de Hambourg. Gc. 2 Déc., 65.
- — Élévateur hydraulique Berry .RM. Nov., 565.
- — Frein Taylord. RM. Nov. 563.
- — Chariot transbordeur électrique de la Compagnie d’Orléans. Rgc. Déc., 372.
- — Cableway Miller pour chargement à la mer. E. 7 Déc., 751.
- — Pont roulant électrique de 35 tonnes. EE. 9 Déc., 389.
- — Transporteurs et Convèyeurs (Little). EM. Déc., 410.
- Machines-outils. Travail des(Pregel). Dp. 25 Nov. 117.
- — anglaises et américaines. E'. 1er, 8, 15
- Déc., 537, 539, 580, 593.
- — à la Nationale Show. E. 1er Déc., 677.
- — Affûteuse Gisholt. E'. 24 Nov., 517.
- — Ateliers à production maxima (Lewis). EM. Déc., 361. de l’Atlas à Stockholm. AMa. 30 Nov., 1130.
- — Bill es. Laminoir Christiensen. Rectifica-teur Despeyroi et Phalenpin. Tour Hirth. RM. Nov., 566.
- — Etau limeur Springfield. AMa. 23 Nov., 1103.
- — Fraiseuses Webster et Bernett. Ri. 18 Nov., 453.
- — — Garvin. E. 24 Nov. 517.
- — — Raboteuse des ateliers de Kharkhoff.
- E. 1er Déc., 694.
- — Mouton Berthol de 120kilog. Pm. Déc., 178.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- DÉCEMBRE 1899.
- Machines-outils. Outillage portatif à adhérence par le vide. Gc. 9 Déc, 88.
- — Perceuses multiple Hill. E. 17 Nov., 625. Babcox Wilcox. RM. Nov., 568.
- —• — radiale Richards. Pm. Déc., 185.
- — — Travail des forets. AMa. 23 Nov.,
- 1101.
- — Poinçonneuse multiple Sellers. AMa. 9 Nov., 1053.
- — Presse pour tubes de foyers Bookers. RM. Nov., 569.
- — Raboteuses diverses. Dp. 18 Nov., 102.
- — — Newton. RM. Nov., 571.
- — Tours à vis Wolseley, E. 24 Nov., 651.
- — — pour hexagones Pearson. RM. Nov.,
- 571.
- — — d’horlogerie. AMa. 23 Nov., 1106.
- — — à revolver (Les). Roland. EM. Déc.,
- 369. Swasey. RM. Nov., 542. Grant. AMa. 30 Nov., 1129.
- — — Alésoir Tangye. RM. Nov., 544.
- — — à fileter Leblond. RM. Nov., 572.
- — Tubes (Fabrication des) et vérification.
- (Vinsonneau). RM. Nov., 498. Moteurs à, vapeur (Théorie des) (Anspach). RM. Nov., 469. (Doerfel). VDI. 9 Déc., 1517.
- — — Emploi des abaques logarithmiques
- pour l’étude des) (Oestenicher). VDI. 18 Nov.. 1428.
- — Influence de la pression barométrique
- sur les diagrammes (Kliment). Dp. 2 Déc., 129.
- Prix comparatif de l’énergie par la vapeur et par l’électricité. E. 15 Déc., 764.
- — à grande vitesse (Boulte et Larbodiere).
- Pm. Nov., 162.
- — — Rositer. RM. Nov. 581.
- — pour tramways électriques, essais. RM*
- Nov., 581.
- — — de l’Elevated Ry de Boston. RM.
- Nov., 583, Déc., 764.
- — Vertical Saundermann. VDI. 9 Déc.f
- 1525.
- — Condenseurs aériens Zschocke. Ri. 25
- Nov., 463.
- — Distributions Hornsby, Sankey. RM.
- Nov. 583.
- — Régulateurs Robinson. E. 1er Déc., 707.
- — — Hornsby, Davidson, Sankey, Ménier.
- RM. Nov. 585,
- Moteurs à, gaz. Dallenbach, Henriod, Hoerl, Creese,'Bickerton etBradley, Crossley, Heckford. RM. Nov., 587.
- — — à gaz de haut fourneau (Donkin).
- E1. 24 Nov., 509; 8, 15 Déc., 561,589.
- — à pétrole. Diesel. Technology Quarterly.
- Juin, 97.
- — — Pour les mines. Eam. 2 Déc., 667.
- — — Hay et Bullock, Walrath, Secor,
- Ergens et Braun. RM. Nov., 589.
- — — Griffin pour navires. E. 24 Nov ,
- 670 ; E’. P‘r Déc., 541.
- — — Carburateurs Casgrain, Longue-
- mare. RM. Nov., 592.
- Passe-courroies Mathewson, RM. Nov., 575. Régulateurs de pression Hoghesang. RM. Nov., 577.
- — Régulateur Mond et Wilderman. RM.
- Nov., 578.
- Résistance des minéraux. Calcul des tôles rectangulaires reposant sur deux ou quatre côtés avec charge uniformément répartie (Kœchlin). Gc. 25 Nov., 57.
- Servo-moteur électrique Russel. Ed. 9 Déc., 366.
- MÉTALLURGIE
- Alliages métalliques et monétaires (Riche et Charpy). Cp. 1er Dec., 514.
- — Corrosion par Peau de mer. Cs. 30 Nov., 1025.
- Aluminium. Importance d’un refroidissement rapide et contrôle des pièces coulées. AMa. 9 Nov. 1063.
- Argent. Plomb, Etain, Nickel. Revue de leur métallurgie (Schnaebel).Pm. Déc., 190. Cuivre. Traitement des mattes au Bessemer (Douglas). Cs. 30 Nov., 1024.
- Fer et acier. Classification d’après lames minces. SuE. 15 Nov., 1061.
- — dissolution du carbone dans le fer
- (Seigle). Im. XIII, 839.
- — détermination du soufre dans le fer
- fondu. SuE. 15 Nov., 1064.
- — Machines soufflantes rapides. SuE. 15
- Nov., 1053. Hemphill Walker. RM. Nov., 579.
- — — du laminoir de Saint-Chamond.
- SuE. 1er Déc., 1107.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- DÉCEMBRE 1899.
- 1845
- Métaux dans l’antiquité ^Ditte). R s. 25 Nov. 675.
- Nickel, Cadmium, Zinc, Argent (Schnaebel). VDI. 18 Nov., 1425.
- Or. Essai des Tellurures (Lodge) Technology Quarterly. Juin, 171.
- — Recouvrement par le permanganate de potasse. Eam. 11 Nov., 572.
- — Emploi des extracteurs dans la cyanuration. Eam.' 18 ATou.,’6il.
- Plombs argentifères (traitement des). Eam. 2 Déc., 667.
- Zinc (Oxyde de) aux températures élevées (Schuppaus). Cs. 30 Nov., 987.
- MINES
- Cuivre. Dépôts de Vancouver (Brewer). E. 17 Nov., 643,
- Électricité dans les mines. SuE. 15 Nov., 1066.
- — Transmission diphasée des mines de
- Scheba, Transvaal. Pm. Déc., 180. Galerie souterraine des mines de Gardanne à la mer (Domage). AM. Sept.., 307. Houilles. Bassin houillerdelaLoire(Pasquet). Im. XIII, 605.
- — au Sud de Liévin (Simon). Id., 777.
- — lignites du Sarladan (Delas). Im. XIII,
- 717.
- Or. Placer pauvre en Montana. Eam. 10 Nov., 575.
- Perforatrice Binnie. RM. Nov., 580.
- Plomb (Liquide provenant des fours à). Eam. 11 Nov., 576.
- Sel de roche en Louisiane. Eam. 10 Nov., 575 Sondage Fauck. RM. Nov., 579.
- Trieurs électro-magnétiques (Mac Neel). Ri. 18 Nov., 455.
- — Baviloxv. E'. 1er Déc., 550.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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- LISTE DES NOUVEAUX MEMBRES
- ADMIS EN 1899
- A FAIRE PARTIE DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’iNDUSTRIE NATIONALE
- MM.
- Barthélemy, fabricant de papiers de couleur, o, rue du Jardinet.
- Bellens, ingénieur, 111, bould Magenta.
- Biard (Eugène), ingénieur principal du Matériel à la Cie de l’Est, 14, rue Mon-sieur-le-Prince.
- Bibliothèque de l’École d’application du Génie Maritime, 140, boulevard Montparnasse.
- Bontemps, ingénieur civil, 11, rue de Lille.
- Bornèque-Japy, président de la Chambre de Commerce de Belfort, à Beaucourt.
- Brillouin, maître de conférences à l’École normale supérieure.
- Cardozo (Henri) père, ingénieur des arts et manufactures, 1, rue Legendre.
- Cardozo (Henri Alex.) ingénieur des arts et manufactures.
- Chadeffaud (Marcel), directeur des forges de Geugnon (Saône-et-Loire).
- Chevrier (Jules), ingénieur, à Chalon-sur-Saône.
- Cormier (Paul), ingénieur civil, à Meaux, (Seine-et-Marne).
- Coumes (Léon), manufacturier, à Bayon (Meurthe-et-Moselle).
- MM.
- Demany (Émile), architecte, à Liège (Belgique).
- Drouet, 107, boulevard Malesherbes.
- Farcot fils (E.-F.), ingénieur-constructeur, 189, rue Lafayette.
- Gallois, 17, rue Dussourd, à Asnières (Seine).
- Gautier (P.), membre du Bureau des Longitudes, 56, boulevard Arago.
- Geisenheimer (Georges), docteur ès sciences, 84, rue de Crimée.
- Georgeot, ingénieur chimiste, aux forges de Montataire (Oise).
- Grandjean, ingénieur, 108, boulevard Arago.
- Harant (Louis), président de la Chambre syndicale de la céramique et verrerie, 6, rue Halévy.
- Lalance (Auguste), 195, boulevard Malesherbes.
- Leleux (Henri), 1, rue Rouget-de-l’Isle, à Issy-les-Moulineaux (Seine).
- Lévy (Raphaël-Georges), 80, boulevard de Courcelles.
- Moinet (J.), manufacturier, à La Boissière (Oise).
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- 1848 LISTE DES NOUVEAUX MEMBRES ADMIS.
- DÉCEMBRE 1899.
- Pages (Mme la baronne de), 6, boulevard Émile-Augier.
- MM.
- Peugeot (Robert), ingénieur de la maison Les fils de Peugeot frères à Yalentigney (Doubs).
- Picot (Léon), ingénieur, à Audincourt (Doubs).
- Thiry (Joseph), ingénieur, à Forest-lez-Bruxelles (Belgique).
- Tixier, ingénieur civil des mines, 52, rue Caumartin.
- MM.
- Vallot (Henri), ingénieur des arts et manufactures, 2, place des Perchamps.
- Vautier (Théodore), professeur à laFaculté des sciences, à Lyon.
- Vésier, président du Conseil d'administration de la Cie française des métaux, 90, boulevard Malesherbes.
- Viellard (Charles), ingénieur des arts et manufactures, 90, rue de Miromes-nil.
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- TABLE ALPHABÉTIQUE
- DES
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS
- DANS LA QUATRE-VINGT-DIX-HUITIÈME ANNÉE DU BULLETIN (Cinquième série. — Tome IV)
- (La lettre (P), à la suite d'un article, indique qu’il ne s’agit que d’une présentation.)
- A
- Abraham. Épuration des eaux par l’ozone (P.), 627.
- Allen. Tuyaux en bois, 319.
- Angenault. Lampe à incandescence (méd. d’argent), 966.
- Armand. Odographe, 503.
- Arnold. Microchimie de la cémentation, 1353, et William. Diffusion dans le fer, 1355.
- Aspinall-Hepburn. Régulateur, 620.
- B
- Babcox Wilcox. Chaudières, 1484.
- Bachelier. Utilisation de la Ramie (P.), 155.
- Bâclé. Plaques de blindages, 1505, 1652.
- Baker. Essieu à billes, 793.
- Bapst et Hamet. Vulcanisation du caoutchouc (méd. d’or), 965.
- Barbet. Rapport sur les travaux de MM. l’abbé Le Dantec et Canovetti, 946. Rapport sur l’appareil Chardonnet, pour soulever les voitures, 397.
- Barbier. Éclairage et chauffage à l’alcool (P.), 628.
- Bastie. Métier brodeur (méd. d’or), 965.
- Beale. Fraises pour engrenages, 495.
- Bèghin. Règle à calcul (P.), 627.
- Belleville. Chaudières. 1371, 1483.
- Bellens. Ëmulseur Dubiau (P.), 1623.
- Bérier. Ouvrier (méd. br.), 975.
- Berlier. Contrôleur de caisse (P.), 1622.
- Berry. Fabrication des écrous, 788.
- Berthelot et Vieille. Aptitude explosive de l’acétylène mélangé à des gaz inertes, 599, et Le Chatelier, vitesse de détonation de l’acétylène, 1359.
- Berthier. Influence des corps dissous sur le pouvoir calorifique des corps dissolvants (P.), 345.
- Bertin. Les machines marines, 1404, 1630.
- Blechynden. Chaudières, 1481.
- Blot, Guyenet et de Mocomble. Plate-forme de l’Exposition (méd. d’or), 965.
- Billat. Raclette en caoutchouc (P.), 1621.
- Billetop. Essais de chaudières, 1481.
- Bine. Robinet intermittent. Rapport de M. Rozé, 1505.
- Bodin. Fabrication du cidre (méd. d’or), 965.
- Bohain. Ouvrier (méd. br.), 975.
- Bomriol. Chaussures (P.), 627.
- Bonin. Réveil (P.), 1834.
- Bonnet. Moulin à marée, 25.
- Bordier. Générateur d’acétylène. Rapport de M. ViOlle, 518.
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- 1850
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS.
- DÉCEMBRE 1899.
- Boucand. Avertisseur d’incendies (P.), 626.
- Boudouard. Décomposition de l’oxyde de carbone en présence des oxydes métalliques, 597 et 890, et par l’acide carbonique en présence du charbon, 598, 891. (Prix de 500 francs), 936, 954.
- Boulvin. Diagramme entropique, 1456. Cours de mécanique appliquée, 660.
- Bourdon (E.). Rapport sur l’embrayage Roman, 1881 ; sur les élévateurs Farcot, 513.
- Bourson. Palier hydrodynamométrique (P.), 155.
- Boutet. Laveur épierreur. Rapport de M. Lindet, 526 (Médaille de vermeil'), 965.
- Brigalant. Fibroleum (P.), 1834.
- Brillié. Torpilles et torpilleurs, 632.
- Brillouin. Lois des variations d’amplitude du balancier des chronomètres, 689.
- Brown. Mortaiseuse, 785. Casse-fonte, 1381.
- Brull. Rapport sur la chaudière Niclausse, 169. Sur le déverseur de vapeur Muller et Roger, 184.
- Brunet, Blaciion, Bonneton (prix Meynot), 936, 957.
- Brutschke. Labourage électrique, 47, 72, 73, 75, 77.
- Burnouf et Palleau. Palier à billes (P.), 917.
- Bussière (Colonel). Labourage électrique, 63, 72.
- c
- Cacheux. Enseignement des pêches maritimes (P.), 626.
- Campbell. Diffusion des sulfures à travers l’acier, 1352.
- Canovetti. Prix d’aéronautique, 935. Travaux sur la résistance de l’air, 946,1037.
- Carnot (A.). Discours à la séance générale des prix, 930, et Goutal. État chimique des éléments dans les produits sidérurgiques, 135.
- Chabaud. Radiographie photographique; 157, 482 (méd. d’or), 965.
- Chalon. Pompe à air comprimé pour pressoirs continus, 1623.
- Chambas. Ouvrier (méd. br.), 975.
- Crambost. Essoreuse domestique (P.), 345.
- Chardonnet. Appareil pour soulever les voitures de tramways. Rapport de M. Barbet, 397.
- Ciiarlet. Ouvrier (méd. br.), 975.
- Charpy. Influence de la température sur les propriétés des alliages métalliques, 191.
- Chauvin et Arnoux. Appareils de mesures électriques (méd. d’or), 965. Rapport de M. Violle, 817,
- Claude. Explosivité de l’acétylène aux basses températures, 314.
- Collignon. Ouvrier (méd. br.), 975.
- Collignon. Secrétaire. Rapport sur le prix Fourcade,944,sur la médaille Dumas, 971.
- Considère. Mortiers et bétons armés, 137. Variation du volume des mortiers de ciment, 1365.
- Contour. Ballon dirigeable, 1623.
- Convers. Clef à billes, 796.
- Cord. Étude géologique et agricole des terrains de la Lozère, 222, 528, 714.
- Coret. Inclinomètre (P.), 805. Chalumeau pour lampes à acétylène (P.), 1622.
- Cothias. Moulages, 898.
- Couhin. Association dés inventeurs et artistes industriels, 765.
- Courty. Carte du Congo (P.), 805.
- Cowper-Coles. Galvanisation, 390.
- D
- Dagremont. Traité d’électricité. Rapport de M. Violle,520(MédailLed’argent),965.
- Dales. Machines à vapeur, 1208.
- Dalibon. Méchoir (P.), 917.
- Daubrée. Rapport sur l’exercice 1898,980.
- Davanne. Chromographoscope Ducos du Hauron, 368.
- David. Lisage automatique. Rapport de M. Simon, 1645.
- Deck. Presse à fabriquer les barres et les tubes par refoulement, 148.
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- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS.
- DÉCEMBRE 1899
- 1851
- Declerc. Delplace, Dubuisson. Ouvriers (méd. br.), 976.
- Deiss. A travers l’Angleterre. Rapport de M. Roy, 967 (Médaille d’argent), 968.
- Dejust. Moteurs thermiques, 1634.
- Delàitre. Système d’accrochage (P.), 502.
- Delanau. Système de charpente (P.), 344.
- Delaurier. Moteur universel (P.), 627.
- Delebecque. Peintures pour navires (P.), 1621.
- De Luynes. Rapport sur l’ouvrage de M. Larchevêque. Fabrication de la porcelaine dure, 321.
- De Saint-Léon. Notice nécrologique de M. de Salverte, 697.
- De Salverte. Notice nécrologique, 677.
- Desmarets. Imprimerie des sourds-muets (méd. d’argent), 966.
- Desrumaux. Filtres (P.), 1621.
- Devé. Vérificateurs optiques des lignes et surfaces des machines, 1057.
- Dewar. Solidification de l’hydrogène,1363.
- Ditte. Propriétés de l’aluminium, 116, 606.
- Dolberg. Labourage électrique, 55, 73, 74.
- Donard et Boulet. Appareil à dessécher dans le vide, 1152.
- Dorian. [Réglage et mesure des températures (P.), 1622.
- Dorne. Prix Fourcade, 933, 944.
- Doubian. Papier de dentelle (P.), 503.
- Drolet. Distribution, 910.
- Ducos du Hauron. Chromographoscope. Rapport de M. ;Davanne, 368, 371 (Rappel de médaille d’or), 965.
- Ducretet. Télégraphie sans fils (P.), 627. Radio-conducteur Branly (P.), 917.
- Dupont et Schlumberger. Ouvrages sur la filature du coton et le tissage. Rapport de M. Simon, 1649.
- Dumas. Points de transformation magnétique des aciers au nickel, 1112.
- Dumont (L.). Nommé membre de la Commission des fonds, 344.
- Duplaix. Abaques des efforts tranchants, 661.
- Dussaud. Phonographe (P.), 806.
- E
- Effront. Les Azymes, 807.
- Enjorlas. Ouvrière (méd. br.), 976.
- Escher. Unification des filetages, 444.
- Eskenroth. Arrêt, 911.
- Ewing et Rosenhain. Expériences de micrométallurgie, 893.
- F
- Fahrion. Analyse des huiles de poisson, 1469.
- Farcot fils. Élévateurs pneumatiques. Rapport de M. Bourdon, 513 (Médaille de vermeil), 964, 965.
- Fauquenberge. Ouvrière (méd. br.), 976.
- Féret. Température de cuisson des ciments, 120.
- Field. Tube de chaudière, 181.
- Fitzgerald. Scie à ruban, 1375.
- Fleming-Fergusson. Chaudière, 1487.
- Fleurent. Médaille Dumas, 937.
- Forster. Labourage électrique, 69. „
- Fournier. Chronomètres, 695.
- Frank. Tramways, 918.
- Frémont etHuiLLiER. Travail des machines-outils,572(Prix de 2 000 francs), 935, 950.
- Fromholt. Scie diamantée (méd. d’or) 965.
- Furne. Ouvrage sur le Boulonnais (méd. de vermeil), 964, 965.
- G
- Gages. Traité de métallurgie du fer et de l’acier. Rapport de M. Jordan, 523 (Médaille d’or), 965.
- Gaillard. Imprimerie des sourds-muets (méd. d’argent), 966.
- Garçon et Vve Gaydet. Pli cacheté, 1621.
- Garnault. Histoire du commerce Roche-lais (P.), 918.
- Gautier, Block-Système (P.), 156.
- Georgeot. Plis cachetés, 1622.
- Germain. Téléphone haut parleur (P.), 628.
- Géry, Guénaux. Prix d’agriculture, 936,963.
- Girarbon. Bicyclette (P.), 805.
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- 1852
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS. — DÉCEMBRE 1899.
- Giron. Four à ciment, 123.
- Good. Prismes Luxfer pour éclairer les habitations, 157, Rapport de M. Huet, 1145.
- Goutal et Carnot. États des éléments dans les produits sidérurgiques, 133.
- Graissot. Tissus Mossoul. Rapport de M. L. Simon, 12.
- Gras. Frein (P.), 1834.
- Gravier. Système de propulsion (P.), 1622.
- Gréhant. Produits de la combustion du gaz d’éclairage, 297 (Prix Melsens), 934, 944.
- Grenet. Résistance mécanique du verre, 838.
- Gruet. Tramways électriques (P.), 627.
- Gruvel, Guyot. Ouvriers (méd. br.), 976.
- Guichard. Greffeuse pour vigne (P.), 344.
- Guillaume. Variations temporaires et résiduelles des aciers au nickel non réversibles, 1201.
- Guillerminet. Répartiteur angulaire. Rapport de M. RozÉ, 1397.
- Guy. Générateur d’acétylène. Rapport de M. Violle, 519.
- H
- Haythorn. Chaudière, 1490.
- Haldane. Rôle de l’oxyde de carbone dans les explosions de grisou, 310.
- Haller. Industrie des essences et parfums, 849, 996.
- Hampson. Appareil à liquéfier l’air par le froid, 617.
- Hanutte, Hodicq. Ouvriers (méd. br.), 977.
- Harris. Harpon à fours, 92.
- Heatfield et Rawson. Galvanisation, 389.
- Hélouis. Acide sulfurique fumant (P.), 1623.
- — et Delarue. Vanadium (P.), 627.
- Herschkowitsch. Constitution des alliages métalliques, 133.
- Hervais. Manomètre à spirale (P.), 917.
- Heuzé. Rapport sur le prixMEYNOT, 957.
- Hoadly-Knight.Tramways à air comprimé, 1115.
- Hinstin. Appareils fumivores domestiques-Rapport de M. Rouart, 374 (Médaille de vermeil), 955.
- Huet. Notice nécrologique de M. Schlem-mer, 357. Rapport sur les Luxfer Prismes, 1145.
- Huillier et Frémont. Travail des machines-outils, 573 (Prix de 2 000 francs), 935, 950.
- Hunt. Transbordeurs à charbon, 140.
- Hunt etKiNG. Treuil, 1133.
- HuRRYet’SEAMAN, Fours à ciment, 125, 887.
- Hyatt. Roulements sur galets, 794.
- I
- Ingram. Nettoyage mécanique des conduites d’eau, 1617.
- Isambert. Ouvriers (méd. br.), 977.
- J
- Jacob (Martial). Chasse-clous (P.), 627.
- Jacoupy. Moteurs à gaz de hauts fourneaux, 797.
- Jacqmond et Jung. Ouvriers (méd. br.), 977, 978.
- Jadot. Fabrication du paillon (P.), 627.
- Johnson. Action des métalloïdes sur la fonte, 1350.
- Jordan. Rapport surle traité de métallurgie du fer et de l’acier du capitaine Gages, 522.
- — Traduction du mémoire de Ledebur sur l’influence de la température sur la résistance des métaux, 1157.
- Joulie. Grande médaille d’Agriculture, 933, 940.
- Jungfleish. Rapport sur les travaux de M. Mouneyrat, 955.
- K
- Kahn. Manipulation des charbons à la mine de Calumet and Hecla, 140
- Kaiser. Levures sélectionnées (P.), 156.
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- 1853
- noms des Auteurs mentionnés. — décembre 1899.
- Karitschoff et Kouindjy. Conservation des bois par les déchets dn pétrole, 881.
- Kazkander. Injecteur, 493.
- Keller. Calcul des transmissions, 1635.
- Kennedy. Laminoir, 1817.
- Kermode. Foyer à pétrole, 1804.
- Koppel. Locomotive électrique, 81. Voie 82, tandem pour ligne à trolley, 85.
- Korting. Gazogène pour moteurs, 27.
- — Moteur à gaz pour dynamo, 28.
- KREUTZBERGER.Unification des filetages, 445.
- Kuhlewind et Eisengart. Paliers de sûreté
- pour laminoirs, 1384.
- L
- La Cour. Expériences sur les moulins à vent, 17.
- Lagrafel et d’Allest. Chaudières, 1485.
- Lalance. Nommé membre du Conseil, 804.
- Larchevêque. Fabrication de la porcelaine dure. Rapport de M. de Luynes, 522 (Médaille de vermeil), 965.
- Larivière.Nommé membre duConseil,804.
- Latham. Tour à fileter, 1511.
- Laumalié, Leclerc. Ouvriers (méd. br.), 977, 978.
- Laurent.Résistance des bouches àfeu, 660.
- Lavigne. Tour-revolver, 908.
- Lavollée. Rapport sur l’École d’horlogerie de Paris, 680.
- Le Chatelter (H.). Notes de métallurgie, 1347.
- — Essai rapide des fumées des foyers industriels, 113.
- — Structure du fer et de l’acier d’après Stead, 127. Changements d’état, 1203.
- — Constitution des alliages métalliques, 133.
- — Désagrégation des matières hydrauliques, 480.
- — Dilatation des alliages, 900 ; du fer et des aciers aux températures élevées, 1205.
- — Rapport sur les travaux de M. Bou-douart, 954.
- — Sur les terres cuites noires, 1207.
- •— et Berthelot. Vitesse de dilatation de
- l’acétylène, 1359.
- Tome IV. — 98e année. 5
- LeChatelier(C.). Cémentation, par M.Man-NESSMAN,473.
- — Machines de la station électrique de la Louisenstrasse, 1914.
- Lecornu. Régularisation du mouvement dans les machines, 664.
- Le Dantec (Abbé). Prix d’aréostatique, 954. Travaux sur les coefficients de la résistance de l’air, 949, 1024.
- Ledebur. Influence de la température sur la résistant des métaux, 1157.
- Lefer. Rôle de l’enveloppe de vapeur, 399.
- Lefèvre. Appareils mécaniques (P.), 804.
- Lefèvre. Liquéfaction des gaz et ses applications, 1633.
- Leland et Ferris. Machines à meuler les pignons, 119.
- Leneveu. Niveau.^ Embrayeur et graisseur (P.), 1834.
- Leyy (Raphaël-Georges). Nommé membre du Conseil, 804.
- Lezé. Appareil de carbonatation Hignette (P.), 503.
- Lindet. Rapport sui le laveur-épierreur Boutel, 527 et Ronna. Notice sur la classe 37 à l’Exposition de 1900,1333.
- Livacue. Galvanisationàfroid, de M.L. Qci-vy, 377.
- — Analyse des huiles de poisson, 1469.
- — Appareil à dessécher dans le vide, Donart et Boulet, 1152.
- Louden. Transporteur pour foin, 619.
- — Harpon à foins, 92.
- M
- Mackenstein. Chromographoscope Ducos du Hauron, 368.
- Mannessman. Cémentation, 473.
- Mardiconi. Moteur hydraulique (P.), 503.
- Marmonier. Moteur à gaz (P.), 1621.
- Marschall. Chaudières des nouveaux croiseurs, 1370.
- — Courroies pégamoïd (P.), 155.
- Miller. Métier, 566.
- Miller. Lanterne à acétylène (P.), 629.
- 120
- série. — Décembre 1899.
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- 1854
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS. ----- DÉCEMBRE 1899.
- Miller. Ravitailleur, 1829.
- Milton. Chaudières à tubes d’eau, 1478.
- Minot. Propriétés de l’aluminium, 782.
- Muller et Roger. Déverseur de vapeur. Rapport de M. Brull, 184.
- Munford. Chaudière, 1490.
- Moissan. Applications de l’aluminium, 610.
- Mond. Extraction du nickel, 774.
- Monnoyer. Article de quincaillerie (P.),805.
- Moreau (G.). Torsion permanente et récalescence de l’acier, 317.
- Morel. Guide du sériciculteur : monographie de la commune de Déverset, 1622.
- Mossberg. Roulement sur galets, 795.
- Mouneyrat. Hydrocarbures bromurés (prix de 500 francs), 936, 955.
- N
- Navarro. Four à ciment, 122, 124.
- Niclausse. Chaudières à tubes d’eau. Rapport de M. Brull, 169 (Médaille d’or), 965.
- Nicloux. Dosage de l’oxyde de carbone, 302.
- Nievenglowski. Application de la photographie aux arts industriels, 664.
- Normand. Chaudière, 1488.
- — Equilibrage des machines marines, 1440.
- O
- Ollive. Pile (P.), 503. Bobine d’induction (P.), 626.
- Olsen. Perceuse à air comprimé, 906.
- Osmond. Alliages de fer et de nickel, 315.
- — Effet des basses températures sur les aciers, 902.
- — Aciers à aimants, 903.
- Ostergren et Burger.Liquéfaction de l’air, 912.
- P
- Pérard. Exposition des pêches à Bergen, 345, 1225.
- Peters. Unification des filetages, 437.
- Petit. Ouvrier (méd. br.), 978.
- Philippe. Roulement sur billes, 793.
- Pillet. Nommé membre du Conseil, 804.
- Pollock; Notice nécrologique, 931.
- Polongeau. Rapport sur les travaux de MM. Frémont et Huilier, 950.
- Porter. Treuil à foins, 91.
- Post. Traverses métalliques (P.), 627.
- Pouillet. Association française pour la protection des marques de fabrique (P.), 627.
- Poyet. Protecteur de toupie (P.), 503.
- Pozzi-Escot. Analyse chimique qualitative, 1634.
- Prat (F.). Ëlectroculture, 15, 112. Treuil électrique pour charrue, 46.
- Priston. Tirage des cheminées (P.), 1834.
- Prévost. Ouvrier (méd. br.), 978.
- Provan. Crochet à foins, 94.
- Puech. Filtres dégrossisseurs (P.), 1622.
- Q
- Quincy. Bicyclette (P.), 918.
- Quivy. Galvanisation à froid. Rapport de M. Livache, 377. Mémoire de M. Quivy, 380 (Médaille de vermeil), 965.
- R
- Raffard. Notice nécrologique, 930.
- Ransome. Four à ciments, 122.
- Rayer. Prix d’agriculture, 936, 962.
- Raymond. PrixMEYNOT, 960.
- Reed. Chaudière, 1489.
- Reid. Machine à meuler les bagues, 152.
- Renard. L’aéronautique, 502.
- Renaud (Paul). Électrotechnie agricole en Allemagne, 15. Le mois scientifique et industriel (P.), 1834.
- — (Michel). Coupe des habits (P.), 916.
- Revin. Machine à jambes (P.), 917.
- Richards. Essai rapide des alliages : plomb, étain, antimoine, 889.Scresà bois, 1128.
- Richard (G.). Notes de mécanique, 140, 319, 614, 785, 906, 1115, 1208, 1370, 1471,1605,1804. — Littérature des périodiques, 159,348, 504, 666,810,922,1136, 1217, 1389, 1496, 1637, 1836. '
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- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS.
- DÉCEMBRE 1899.
- 1855
- Richard. Fours à ciments, 121. Hurry et Seaman, 886.
- — Extraction du Nickel.Procédé Mond,774.
- — Manipulation des charbons à la mine de Calumet and Hecla, 140.
- — Fabrication des barres et tubes par refoulement, procédé Dick, 148.
- — Machines Reid à meulerles bagues, 152.
- — Manomètre enregistreur Wolfe, 154.
- — Tuyaux en bois américains, 519.
- — Cinquième Rapport du Comité des Alliages des Mechanical Engineers, 458.
- — Compteur Yenturi, 490.
- — Fabrication des montres à la Waltham, 497.
- — Expériences de micrométallurgie d’après EwiNGel Rosenhein, 893.
- — Moulages Cothias, 898.
- — Tour-revolver Lavigne, 908.
- — Machines à meulerles pignons Leland et Ferris, 1119.
- — Expériences de Yarrow sur la durée des chaudières à tubes d’eau, 1212.
- — Chaudières des nouveaux croiseurs. 1370.
- — Chaudières à tubes d’eau dans la marine, 1478.
- — Liquéfaction de l’acide carbonique à Old Ford, 1602.
- — Minerai industryde M. Rotiiwell, 1628.
- — Indicateur de pression moyenne.Ripper, 1819. Piloteuses mobiles pour chemins de fer, 1806.
- Riche, Gazogène, 29.
- Rieter. Régulateurs pour turbines, 18. Frein, 20.
- Ripper. Indicateur de pression moyenne.
- Risler. Rapport sur les titres de M. Joulie à la Grande Médaille d’Agriculture, 940. Sur les prix d’agriculture, 962.
- Roberts-Austen. Extraction du nickel, procédé Mond, 774. Études sur les alliages à chaud, 191. Cinquième Rapport du Comité des Mechanical Engineers, 458.
- Robillard, Rousse. Ouvriers (méd. br.), 62, 978.
- | Rodanet. École d’horlogerie de Paris, 680.
- Roman. Embrayage. Rapport de M. Bourdon, 188. Médaille de bronze, 966.
- Ronna ei Lindet. Notice historique et statistique sur la Classe 37 à l’Exposition de 1900.
- Rosset. Automobiles (P.), 626. Pli cacheté sur un dépolarisant de piles, 1621.
- Rothwell. Minerai Industry, 1628.
- Rouart. Rapport sur les Foyers fumi-vores Hinstin, 374.
- Roy. Rapport sur l’ouvrage de M. Deiss : A travers VAngleterre, 967.
- Rozé. Rapport sur le répartiteur angulaire Guillerminet, 1397. Sur le robinet à débit intermittent de M. Bine, 1505.
- s
- Saint-André (De). Avertisseur (P.), 804.
- Salverte (De). Notice nécrologique, 932, par M. Dufresne de Saint-Léon.
- Sauvage. Unification des filetages. Congrès de Zurich, 420, 440.
- Schabaver. Pompes centrifuges (P.), 155.
- Sciilemmer, membre du Comité de Construction. Notice nécrologique, par M. Huet, 358 .
- Schuckert. Transporteur électrique pour bois, 91.
- — Dynamo triphasée, 100.
- — Locomobile électrique, 102.
- — Presse à fourrages, 103.
- — Tondeuse électrique, 104.
- — Éclairage à arc portatif, 109.
- Scuuppiser. Boîte à billes, 792.
- Schweizer. Boulangeries rurales (P.), 918.
- Secrétan et Vinsonneau. Examen optique
- des tubes (P.), 1622.
- Sengelin. Ouvrier (méd. br.), 979.
- Seyrig. Statique graphique des systèmes articulés, 664.
- Siemens. Labourage électrique, 58, 75, 77.
- Simon i'E.). Rapportsur les tissus mélangés soie et laine de M. Graissot, 15. Le lisage automatique David, 1645. Les ouvrages de MM. Dupont et Schlumberger, 1649
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- 1856
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS. —• DÉCEMBRE d890.
- Simon. Description du métier Millar, 566.
- — Rapport sur l’exercice 1898, 995.
- — Métier Northrop perfectionné, 1509. Simonet. Canots de sauvetage (P.), 916. Slick. Chargeurs de hauts fourneaux, 622. Soifrane. Moulin à vent, 17.
- Solignac. Chaudière — et Criquebeuf. Lampes à incandescence(Méd.d’argent), 966.
- Stead. Structure du fer et de l’acier, 127.
- — Fragilité développée dans l’acier doux par le recuit, 1347.
- — Faits relatifs à la fonte, 1358.
- Stokes. Four à ciment, 124.
- Swenson. Presse à coton continue, 1605.
- T
- Testud de Beauregard. Secours, 804. Thomas. Viscoïde (P.), 628.
- — Ouvrier (méd. br.), 979.
- Thornycroft. Chaudières à tubes d’eau,
- 1480,1489.
- Thunderbolt. Régulateur pourturbines, 22. Trillat. Concurrent au prix de chimie. Truchot. Les terres rares, 665.
- U
- Uehling et Muller. Machines à mouler, 1378.
- v '
- Vanabelle et Voisin. Ouvriers (méd. br.), 979.
- Veilgaard et Mac Donald. Scie pour forges, 614.
- Venturi. Compteur, 490.
- Vielle etBERTHELOT. Explosivité de l’acétylène en présence des gaz neutres, 599. Vignon et Meunier. Analyse de l’eau pour l’épuration chimique, 478.
- Villard. Les rayons X et la photographie, 1518.
- Vinsonneau et Secrétan. Appareil pour l’examen optique des tubes (P.), 155.
- Violle. Rapport sur le générateur d’acétylène Guy-Bordier, 518.
- — Sur le Traité d'Électricité de M. Dagre-mont, 520.
- — Sur les titres de M. Gréhant au prix Melsens, 544.
- — Sur les instruments de mesures électriques de MM. Chauvin et Arnoux, 817.
- w
- Walker. Harpon à foins, 92.
- Waltham (Fabrication des montres à la), 497.
- Wannford. Machines à mouler, 1378.
- Warner. Four à ciment, 123.
- Waroquier, Witz. Ouvriers (méd. br.), 979.
- Weeks. Harpon à foins, 93. '
- Westinghouse. Machines à vapeur, 329 ; à gaz, 1385, 1826.
- Witt. Galvanisation, 388.
- Wolfe. Manomètre enregistreur, 154.
- Y
- Yarrow. Chaudières, 1373.
- — Durée des chaudières à tubes d’eau, 1212.
- — Équilibrage des machines, 1438.
- z
- Zackarewicz. Prix d’agriculture, 936, 963.
- Ziffer. Traction mécanique des tramways, 623.
- Zimmermann. Toueur pour charrues électriques, 47, 73, 75, 77.
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- TABLE ALPHABÉTIQUE ET ANALYTIQUE
- DES MATIÈRES
- CONTENUES DANS LA QUATRE-VINGT-DIX-HUITIÈME ANNÉE DU BULLETIN (Cinquième série. — Tome IV.)
- —t--------:
- A
- AGRICULTURE
- Étude géologique et agricole des terrains du département de la Lozère.
- (A. Cord), 222. Aperçu géographique, 223. Utilité de la géologie dans l’étude agricole de la Lozère, 225. Classification des régions naturelles de la Lozère suivant la nomenclature géologique, 227. Terrains primitifs de la Lozère, 230. Gneiss, 231. Micaschistes archéens et schistes précambriens, 235. Agriculture, 244. Prairies et pâturages, 245. Céréales, 247. Amélioration des terres schisteuses, 250. Chaulage, 251. Reboisement, 253. Populations et propriétés agricoles dans le pays des Cévennes, 254. Terrains cristallins d'origine éruptive; pays de la montagne. Géologie, 259. Terrains granitiques, 262. Agriculture, 269. Forêts, 269. Pâturages, 271. Landes, 277. Prairies, 281. Cultures, 285. Économie rurale, 291. Amélioration des terres granitiques, 291. Population agricole delà montagne, 295. Terrains sédi-mentaires de la période secondaire, 528. Terrains triasiques, 528. Formations jurassiques, 530. Série basique, 532. Lias proprement dits, 552. Pays des vallons, 553. Régime des eaux, 563. Formations Jurassiques moyennes et supé-
- rieures, 714. Caractères généraux, 715. Les Causses, 729. Formations sédimen-taires éruptives de la période tertiaire, 752. Éruptions basaltiques du pliocène et du pleistocène, 753. Terrains sédi-mentaires de la période pleistocène,759.
- L’Éleetrotechnie agricole en Allemagne. Son avenir en France et dans nos colonies, par M. Paul Renaud, 15. Production de l’énergie électrique, 16. Coût de l’énergie électrique, 31. Transport de l’énergie électrique, 40. Utilisation de l’énergie électrique, 42. Frais du labourage électrique, 74. Mise en grange, 90. Appareils complémentaires, 105. Conclusions, 109,
- Labourage électrique, 43. Prix de revient, 71, 108.
- — à simple traction, 44.
- — à toueur, 44; Zimmermann, 47.
- — à treuil; Brutschke; 47; Union, 54; Dolberg-Sciiuckert, 55 ; Korting, 57 ; Prat, 15, 46,112; Siemens et Halske, 38, 64 ; colonelBussiÈRE, 62; DoubleForster, 68; amarres Pratt, 66.
- — Batteuses électriques, 100, 102.
- — Concasseur électrique, 103.
- — Hache-paille électrique, 105.
- — Presse à fourrage électrique, 103.
- — Tondeuse. Schuckert, 105.
- Matériel et procédés des industries
- agricoles. Notice historique et statistique de la classe 37 à. ïExposition de 4 900, par MM. Ronna et Lindet, 1333.
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- 1858
- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈBES. --- DÉCEMBRE 1899.
- Agriculture. Prix Meynot. Rapport de M. Heuzé, 957.
- — Pr ix d'Agriculture. Rapport de M. Ris-ler, 962.
- Grande médaille d’agriculture, décernée à M. Joulie, 940.
- Acétylène. Gazogène Guy-Rordier. Rapport de M. Violle, 518.
- — Explosivité aux basses températures (Claude), 312 ; mélange à des gaz inertes (Berthelot et Yielle), 599.
- — Vitesse de détonation, Berthelot et Le Chatelier, 1359.
- Acide carbonique. Décomposition par le charbon (Boudouard), 598, 891.
- — liquide. Fabrication àOld Ford, 1602. Aérostatique. Étude des coefficients de
- résistance de l’air. Travaux de MM. l’abbé Le Dantec, 1024, et Canovetti, 1038. Rapport de M. Barbet, 496.
- Air (Liquéfaction de V). Hampson, 617;
- (Ostergreen et Burger), 913. Aluminium, propriétés, par MM. Ditte, 116, 606 ; Moissan, 610 ; Minet, 782. Association des artistes industriels (L’) (Claude Couhin), 764. Automobiles. Unification des chaînes, 342.
- — et tramways. Appareil Chardonnet pour soulever les voitures. Rapport de M. Barbet, 397.
- B
- BIBLIOGRAPHIE
- Livres reçus à la bibliothèque, 158, 347, 303,° 666, 808, 918, 1135, 1492, 1631,1835.
- — Les enzymes, par M. Effront, 807.
- — Traité d’électricité de M. Dagremont. Rapport de M. Violle, 520 (Médaille d’argent).
- — Traité de métallurgie du capitaine
- Gages. Rapport de M. Jordan, 528 (Encouragement de 1 500 francs).
- — Fabrication de la porcelaine dure par M. Larchevêque. Rapport de M. de Luy-nes, 521 (Encouragement de 500 francs).
- — Cours de mécanique appliquée de M. Boulvin, 8e fascicule (G. R.), 660.
- — Abaque des efforts tranchants des moments fléchissants, par M. Dufleix, 661.
- — Torpilles et torpilleurs, par M.Brilliè, 662.
- — Une excursion technique en Suisse,663.
- — Résistance des bouches à feu, par M. Laurent, 663.
- — Statique graphique des systèmes articulés, par M. Seyrig, 664.
- — Application de la photographie aux arts industriels, par M. Nievenglowsky, 664.
- — Les terres rares, par M. Trucuot, 665.
- — A travers l’Angleterre industrielle, par M. Deiss (Médaille d’or). Rapport de M. Roy, 967.
- — Minerai Industry, par M. R. P. Roth-well, 1628 (G. R.).
- — Les machines marines, par M. L. E. Bertin, 1630 (G. R.).
- — Liquéfaction des gaz et ses applications, par M. Lefèvre, 1633.
- — Analyse chimique qualitative, par M. Pozzi Escot, 1634.
- — Calcul et construction des transmissions, par le Dr Keller, 1635.
- — Aide-mémoire de la filature du coton et du tissage mécanique, par MM. Dupont et Schlumberger. Rapport de M. Simon, 1648.
- Billes et galets. Roulements, 792 ; Schup-piser, pour boîtes de tramways, 792; Baker, pour essieu, 793; Philippe, pour vélo, 793; Hyatt, 794; Mossberg, 705.
- Bois. Conservation par des antiseptiques dérivés du pétrole (Karistsciioff), 881.
- Brevets français, insuffisance de leur publication (C. Couiiin), 768.
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- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES.
- DÉCEMBRE 1899.
- 1859
- c
- Garbures d’hydrogène chlorés et bro-murés. Synthèse par M. Mouneyrat. Prix de 500 francs Rapport de M. Jung-fleish, 955.
- Céramique. Sur les terres cuites noires (H. Le Ciiatelier), 1207.
- Chaînes d’automobiles. Unifications. Propositions du Touring-Club, 342.
- Chaudières des nouveaux croiseurs (Marschall), 1370.
- — A tubes d'eau Niclausse, 1484. (Rapport de M. Brull, 169, Médaille d’or). Belleville, 1371, 1483; Yarrow, 1343; Blrchynden, 1481 ;Babcox-Wilcox, 1485; Field, 181; Smith, 183; Fleming Fer-GUSON, 1487. Lagrafel et d’Alest, 1484; (Durée des)expériences de Yarrow, 1212, 1486. Dans la marine (Milton), 1478; Normand, 1488; Reed, 1488; Tiiorny-croft, 1480, 1489; Munford, 1490; Hay-thorn, 1491. Foyer à pétrole Kermode, 1804.
- — Injecteurs Kaczander, 493.
- Chromographoscope Ducos du Hauron.
- Rapport de M. Davanne, 368.
- Chronomètres. Lois des variations ou de l'amplitude des balanciers (Brillouin), 688; théorie des variations, 692; appareils d’observation, 696; résultats, 702; conclusion, 712.
- Ciments. Température de cuisson des ciments Portland (Feret), 120.
- — Variation de volume des mortiers de ciment Portland (Considère), 1365.
- — Désagrégation des mortie)‘s hydrauliques (H. Le Ciiatelier), 480.
- — Fours tournants pour la cuisson des ciments (G. R.), 121 ; Bansome Na-varro, 122, 124; Warner, Giron, 123; Stores, 124; Hurry et Seaman, 125, 887; Américains, 125.
- — Ciment armé. Influence des armatures métalliques sur les propriétés des mortiers et bétons (Considère), 137.
- Clefs. Projet d’uniücation des ouvertu-
- res des clefs pour écrous, 429. A billes. Converse, 795.
- Compteur Venturi, 490.
- Congrès international de Mécanique appliquée en 1900, 905.
- Conseil d’administration de la Société d’Encouragement pour l’année 1899, 3, 157.
- Conservatoire des Arts et Métiers,
- cours de 1899-1900, 1624. Gonveyeurs Link Belt pour le dépôt de l’Érié R., 790.
- D
- Dessiccation dans le vide. Appareil Donard et Boulet. Rapport de M. Liva-che, 1152.
- Déverseur de vapeur Muller et Roger. Rapport de M. Brull, 184. (Médaille d’argent.)
- E
- ELECTRICITE
- Electrotechnie agricole en Allemagne, par M. P. Renaud, 15. (Voir agriculture.)
- — Transporteur électrique pour l'agriculture,82. Voie Koppel, 83; Schuckert, 91. Treuils à foins, 91; de ferme, 111.
- — Transformateur Siemens portatif pour l'agriculture, 58.
- Lampes à incandescence de faible puissance (Prix des). Rapport de M. Fontaine, 969.
- Position des points de transformation magnétique des aciers au nickel (Dumas),
- 1112.
- Aciers à aimants {Osmond), 903.'
- Appareils de mesure Chauvin et Arnoux. Rapport de M. Violle (Médaille d’or), 817.
- École d’horlogerie de Paris. Rapport de M. Lavollée, 680 (Médaille d’or).
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- 1860 TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. — DÉCEMBRE 1899.
- Élévateurs pneumatiques Farcot. Rapport par M. Bourdon, 513 (Médaille d’or).
- Embrayage Roman. Rapport de M. Bourdon, 1288. (Médaille de bronze.)
- Épuration chimique des eaux. Analyse préparatoire (Léo Vignon et Meunier), 478.
- Essences et parfums (Industrie des). (Haller), 849,-877. Essais, 850; saponification, 851; anis, 855; aspic, 856; badiane, 857 ; bergamote, 861; cade, 863; caparrapi, 865; cèdre, 867; citron, 869; citronnelle, 870; eucalyptus, 876; genièvre, gayac, géranium, 879; lemon-grass, 997 ; linaloe, liquidambar, Lo-phantus anisatus, 1003; mélisse, marjolaine, 1004; menthe, 1005; néroli, 1008; orange, petit-grain, 1010; Portugal, 1011; raifort, roses, 1012, Sabine, 1015 ; sassafras, 1016 ; santal, 1018 ; thé, thym, 1020; Wintergreen, 1021.
- État financier de la Société. Rapport de M. Daubrée, 980, et Simon, 995. Bilan, 994.
- F
- Filetages [Unification des). Etablissement du système international. Compte rendu du Congrès de Zurich, parM. E. Sauvage, p. 420. Tableau comparatif des différents filetages, 430. Règles du système international, 452. Rapports de MM. Peters, 437; Sauvage, 440; Escher, 444. Bibliographie, 435.
- Foyers fumivores domestiques. Hins-tin. Rapport de M. Rouart, 374 (Médaille de vermeil).
- Froid. Liquéfaction de l'air. Appareil Hampson, 617. Ostergreen et Burger, 913.
- Fumées, Essai rapide, parM. H. Le Cha-telier, 113.
- G
- Galvanisation à froid ou zingage électro-chimique, par M. Quivy (Mé-
- daille de vermeil). Rapport de M. Li-vache, 377. Mémoire de M. Quivy, 380. Qualité du zinc électrolytique, 382. Bains, 383. Préparation des pièces, 386. Composition des bains, 387. Procédés Heathfield et Ranson, 389. Cooper-Cowles et Walker, 390; Witt, 388. Description d’une installation, 393 Conduite de l’opération, 395. Prix de revient, 396.
- Gaz d’éclairage. Recherches sur les produits de la combustion (Gréhant) , 297 ; „ Dosage de l’acide carbonique, 290; de l’oxyde de carbone, 301. Bec papillon, 305. Réchaud à gaz, 307. Conditions du dégagement d’oxyde de carbone, 309. Coups de grisou, 310. Bec Auer, 311. Grue électrique de 150 tonnes de Bremerhaven, 1812.
- H
- HYDRAULIQUE
- Moulins à, marée de Pont-l’Abbé 23. Ploumanach, 28.
- Nettoyage mécanique des conduites d’eau à Torquay (Ingram), 1617. Tuyaux enbois américains (G. R.), 319.
- Canalisation d’Ogden, 325.
- Compteur Venturi (G. R.), 490.
- Forces hydrauliques employées en France, 23.
- Turbines. Frein Rieter, 18, 20. RégulateursRieter, 19. Tbunderbolt, 22.
- Horlogerie. Répartiteur angulaire Guil-lerminet. Rapport de M. Rozé, 1404. Huiles de poissons. Analyse des (Fah-rion), 1464.
- Hydrogène. Solidification (Dewar), 1363.
- L
- Laveur épierreur Boutet. Rapport de M. Lindet, 528 (Médaille de vermeil).
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- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈBES. ---- DÉCEMBRE 1899.
- 1861
- Levage. Grues à foin électriques, 92.
- — Treuil de ferme électrique, 111.
- — Treuil Hunt et King, 1133.
- — Transporteurs Hunt, 140, 147. Pour foins Louden, 619.
- — Manipulation des charbons à la mine de Calumet and Hecla, d’après J. Kahn, 140; au dépôt de l'Erié Br., 790.
- — élévateur Farcot. Rapport de M. Bourdon, 513 (Médaille de vermeil).
- Lisage automatique. David. Rapport de M. Simon, 1645.
- Littérature des périodiques reçus à, la bibliothèque (G. R.), 159, 920, 1136, 1217, 1389, 1496, 1637, 1836.
- Luxfer Prisms pour l’éclairage des habitations. Rapport de M. Huet, 1145.
- M
- Machines à bois. Mortaiseuse à chaîne et tarière. Brown, 785.
- — Scies (Notes sur les) (Richards). 1128. Machines outils (G. R.). Fabrication d'un
- vilebrequin aux États-Unis, 339.
- — des écrous, Berry, 788.
- — Tînmes Beale à finir les engrenages, 495.
- — Meulage des bagues Reid, 152. des pignons. Machine Lalande et Ferris, 119. Travail des meules, 595.
- — Presse à étamper, Fox, 496,
- — Perceuse à air comprimé Olsen, 906.
- — Scies pour forges Veilgard et Mac Donald, 614; à ruban Fitzgerald, 1375.
- — Tours à revolver Lavigne, 908; d'horlogerie Latham, 1612.
- Travail des machines-outils, par
- MM. Huillier et Frémont, 573. Dynamomètre, 574. Toc dynamométrique, 580. Tours, 576. Raboteuses, 589. Meules, 595 (Prix de 2000 francs). Rapport de M. Polonceau, 950.
- Manomètre enregistreur Wolfe, 154. Métier Northrop. Perfectionnements au-(Simon), 1508.
- Micrométallurgie. Effets des déformations, Ewing et Rosenham(G. R.), 892.
- Montres. Fabrication àla Waltham (G.R.), 497.
- Moulages Cothias, 898.
- Tubes. Fabrication par refoulement, procédé Dick (G. R.), 148.
- Médailles décernées en 1899,964. Dumas, 971; commémoratives, 972; d’agriculture : Grande Médaille décernée à M, Joulie, 940; de contremaîtres et ouvriers, 973.
- Notes de mécanique (G. R.), 140, 319, 614, 785, 906, 1115, 1208, 1370, 1471, 1605, 1804.
- MÉTALLURGIE
- Alliages (Travaux de la Commission des).
- Étude sur l’influence de la température sur les propriétés des alliages métalliques (Charpy), 191. Appareils d’essai, 193. Essais au choc, 195. Alliages de cuivre et de zinc, 197 ; de cuivre et d’étain, 209 ; de cuivre et d’aluminium, 211; de cuivre et de nickel, 212. Aciers ordinaires et au nickel, 213. Conclusions, 218.
- — Alliages métalliques (Constitution des) (Herschkowisch), 133. Dilatation (Le
- 4 Chatelier), 900; de fer et de nickel (Osmond), 313; courbe de refroidissement, 316. Plomb, étain, antimoine, essai rapide (Richards), 889. Cinquième Rapport du Comité des Alliages des Me-chanical Engineers de Londres (G. R.), 458. Le fer carburé considéré comme une dissolution, 459. Propriétés mécaniques du fer carburé en fonction de ses courbes de solubilité et de ses points de solidification, 464.
- Blindages (Les plaques de), L. Bâclé, 1528,1652.Intérêt scientifique de la fabrication des cuirassements, 1538. Aperçu historique, 1532; développement et transformation de l’outillage de fabrication des blindages, 1536. Applications successives des divers types de métaux à la préparation des blindages, 1545. Examen comparatif des formules
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- 1862
- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. ---- DÉCEMBRE 1899.
- de pénétration, 1577. Examen des conditions de recette, 1655. Essais comparatifs, 1661. Essais exercés sur différents types de blindages et principalement sur le métal cémenté de 1891 à 1893. Essais effectués en France sur les aciers durs pour masques d’affût, 1742. Attaque des plaques cémentées par les projectiles coiffés, 1748. Cuirassements destinés aux ouvrages métalliques pour forteresses, 1758. Conclusion, 1776.
- Fers et acier. Dilatations aux hautes températures (H. Le Chatelier), 1205. Structure moléculaire, d’après M. Stead (Le Chatelier),127.Formation des grains par solidification du métal fondu, 127; dans le fer et l’acier forgés, 128. Acier brûlé, 130. Structure cristalline, 132, 317. Influence de la température^Charpy) 213 (Ledebur-Jordan), 1157. Courbes de refroidissement de l'acicr au nickel (Osmond), 313 (Robert Austen), 464. Changements d'état (H. Le Chatelier), 1203. Récalescence et torsion permanente (Moreau), 317.
- — Aciers au nickel (Influence de la température sur les) (Charpy), 213. Effet des basses températures (Osmond), 902* Courbes de refroidissement (Osmond), 313 (Robert Austen), 464. Structure moléculaire d’après Stead, 127. Étudiés comme dissolutions, 458. Propriétés mécaniques en fonction des courbes de solubilité. 464.
- — Acier à aimants {Osmond), 903. Position des points de transformation magnétique (Dumas), 1112.
- — Etat chimique des éléments contenus dans les produits sidérurgiques. Carbures doubles de fer et d’autres métaux (Carnot et Goutal), 133.
- — Influence de la température sur la résistance des métaux (Ledebur et Jordan), 1137.
- Cémentation (La). Par M. Mannessmann, 473. Microchimie (De la)(Arnold), 1353.
- — Etude micrographique des rails d’acier,
- 472. Variations résiduelles des aciers réversibles (Guillaume), 1201.
- — Point de récalescence et torsion permanente (Moreau), 317.
- — Fragilité développée dans l’acier doux par le recuit (Stead), 1347.
- — Diffusion des sulfures à travers l’acier (Campbell), 1352. Diffusion dans le fer (Arnold et William, 1355.
- — Microchimie de la cémentation (Arnold), 1353.
- Fonte (Quelques faits relatifs à la) (Stead), 1354.
- — (Action des métalloïdes sur la) (Johnson), 1350.
- — Casse-fonte Brown, 1381.
- — Hauts foui'neaux. Chargeur Slick, 621.
- — Machines à mouler Uehling et Muller, (G. R.) 1378.
- Fabrication des barres cl tubes par refoulement. Procédé Dick, 148.
- Laminoirs. Kenneby, . Paliers de sûreté Kuhlewind et Eisingard, 1384.
- Nickel. Extraction, procédé Mond, (G. R. )774.
- Scie pour forges (Veelsaard et Mac Donald), 614.
- Mines. Machine d’extraction de ÏAkARAK, 1471.
- Moteurs à gaz (Westinghouse), 1385. Essai, 1826.
- — Gazogène Korting, 27.
- — A gaz de hauts fourneaux (Jacoupy), 796, à gaz pauvre, 27.
- Moteurs à vapeur. De la station électrique de Luisenstrasse, 1614. Westinghouse, 329. Dates, 1208.
- — Arrêt. Eskinrotii, 914.
- — Distribution Drolet, 913.
- — Indicateur de pression moyenne Ripper.
- — Etude du rôle de l'enveloppe, par M. Lefer, 399.
- Machines marines (les). Bertin, 1404; Bâtis, 1410. Cylindres, 1421. Arbres, 1423. Poids, 1427. Fonctionnement mécanique, 1430. Coefficient d’usure, 1432. Vibrations, 1436. Calage des manivelles, 1440. Hélices, 1445. Condenseurs, 1450.
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- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. ---- DÉCEMBRE 1899.
- 1863
- Diagrammes, 1453; diagramme entro-pique, 4456. Rendement, 1465.
- — Régulateurs Asp.inall Hepburn, 620.
- Moulins à, vent. Expériences de MM. La
- Cour, 17 ; Soifrane, 17.
- N
- Nickel. Extraction. Procédé Mond, 774.
- Notices nécrologiques de MM. Schlem-mer, membre du Comité des Constructions et Beaux-Arts, par M. Huet, 357.
- — de Salvertè, membre du Comité des Constructions et Beaux-Arts, par M. Dufresne de Saint-Léon, 677,
- o
- Oxyde de carbone, décomposition en présence des oxydes métalliques (Bou-douard), 597, 890. (Prix de 500 fr.) Rapport de M. Le Chatelier, 954.
- P
- Piloteuses roulantes pour chemins de fer, 1806.
- Pêches maritimes. Exposition de Bergen (Pérard), 1225.
- Photographie et les rayons X (La) (Villard), 1518.
- Presse à coton Swenson, 1605.
- Prismes Luxfer pour l’éclairage des habitations. Rapport de M. Huet, 1145.
- Prix. Programme pour 1899, 629. Séance générale, 931.
- R
- Radiographie stéréoscopique (Cha-baud), 482.
- Ravitailleurs Miller, 1827.
- Régulateurs Aspinall Hepburn, 620.
- Répartiteur angulaire Guillerminet. Rapport de M. Rozé, 1404.
- Résistance des métaux. Influence de la température (Ledebur, Jordan), 1157.
- Roulements sur billes et galets, 792.
- Robinet intermittent (Bine). Rapport de M. Rozé, 1505.
- s
- Séances publiques. Comptes rendus des 23 décembre 1898, 155. — 14 janvier 1899,156. — 27 janvier, 344. — 10 février, 345. — 24 février, 502. — 10 mars, 503. — 28 avril, 805. — 12 mai, 805. — 26 mai, 9 et 21 juin, 917, 930. — 2 juillet, 1492. — 27 octobre, 1620. — 10 et 24 novembre, 1021. — 8 décembre, 1033.
- T
- Tramways mécaniques (Ziffer), 623.
- — à air comprimé de New-York, 1115. Observation de M. Franco, 918.
- Traverses de chemins de fer. Injection par des antiseptiques provenant des déchets alcalins de pétrole (Karistscraff), 881.
- Treuil Hunt et King, 1133.
- TEXTILES
- — Tissus mélangés soie et cotons dits Mos-soul, de M. Graissot. Rapport de M. E. SiMON, 12.
- — Métiers Millar (Simon), 566. — Northrop perfectionné (Simon), 1508.
- — Presse à coton (Swenson), 1605.
- v
- Vérificateurs optiques des lignes et surfaces des machines, et procédés de rectification, par M. Ch. Devé, 1051.
- Verre [Résistance mécanique du) (Gresset), 838.
- p.1863 - vue 1860/1864
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- p.1864 - vue 1861/1864
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- TABLE DES PLANCHES ET DES DESSINS
- PLANCHES
- Recherches sur les alliages métalliques. — 1 planche...................... 210
- Étude géologique des terrains de la Lozère. — (7 planches) 254, 282, 289, 545,
- 547, 549 550
- Variations d’amplitude du balancier des chronomètres. — 1 planche......... 701
- Exposition des pêches maritimes à Bergen.— 3 planches......... 1230, 1252 1268
- Les plaques de blindages.......................... 1544, 1576, 1735, 1739 1786
- DESSINS
- Ëlectrotechnie agricole en Allemagne. — 80 figures........................ 15
- Essais rapide des fumées dans les foyers industriels. — 3 figures......... 113
- Fours tournants américains pour la cuisson des ciments. — 10 figures. ... 121
- Structure du fer et de l’acier. — 7 figures............................... 127
- Manipulation des charbons à la mine de Calumet and Hecla. — 14 figures. . . 140
- Presse à barres et tubes Dick. — 34 figures............................... 148
- Machines Reid à meuler les bagues. — 3 figures............................ 152
- Manomètre enregistreur Wolfe.— 3 figures.................................. 154
- Chaudière Niclausse. — 13 figures......................................... 169
- Déverseur de vapeur Muller et Roger. — 2 figures.......................... 184
- Embrayage Roman. — 2 figures.............................................. 188
- Influences de la température sur les propriétés des alliages. — 15 figures. . . 193
- Étude géologique et agricole des terrains de la Lozère.— 50 figures,p. 222,528 et 714
- Recherches sur les produits de combustion du gaz d’éclairage. — 7 figures. . 297
- Alliages de fer et de nickel. — 1 figure. . . ........... 316
- Tuyaux en bois américains. — 15 figures..................................................... 319
- Machine cornpound à simple effet Westinghouse. — 25 figures............... 329
- Fabrication mécanique des vilebrequins à Plantsville. — 17 figures........ 339
- Unification des chaînes d’automobiles. — 4 figures........................ 342
- Chromographôscope Ducos du Hauron. — 4 figures. 371
- p.1865 - vue 1862/1864
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- 1866 TABLE DES PLANCHES ET DES DESSINS. -------------- DÉCEMBRE 1899.
- Porte fumivore Hinstin. — 1 figure. ....................................... 375
- Zingage électrochimique. — 7 figures....................................... 383
- Appareil de soulèvement des voitures de tramways.— 1 figure. ....... 396
- 'Rôle de l’enveloppe de vapeur. — 4 figures................................ 399
- Unification des filetages. — 5 figures. ..............................r . . . 427
- Rapport du comité des alliages des Mechanical Engineers. —44 figures. . . . 458
- Recherches sur la cémentation. — 20 figures......................... 473
- Radiographie stéréoscopique. — 5 figures................................... 482
- Compteur Yenturi. — 5 figures.............................................. 490
- Injecteur Kazkander. — 4 figures............................................. 494
- Fraise à finir les engrenages Beale. — 5 figures........................... 495
- Presse à étamper Fox. — 3 figures.......................................... 496
- Fabrication des montres à la Waltham. — 10 figures.............. 497
- Élévateurs pneumatiques Farcot. — 3 figures. ........................ 513
- Laveur-épierreur Boutet. — 3 figures....................................... 527
- Métier Millar. — 17 figures.................................................. 560
- Travail des machines-outils. — 18 figures.................................. 573
- Scie pour forges Veelgaard et Mac Donald. — 13 figures..................... 614
- Liquéfacteur de gaz Hampson. — 6 figures................................... 618
- Transporteur pour foins Louden. —2 figures................................. 619
- Régulateur Aspinall et Hepburn. — 8 figures................................ 620
- Chargeur de haut fourneau Slick. — 1 figure................................ 613
- Variation d’amplitude du balancier des chronomètres. — 16 figures.......... 689
- Extraction du nickel, procédé Mond. — 6 figures............................ 774
- Impuretés de l’aluminium.— 3 figures. .................................... 784
- Mortaiseuse à chaîne et tarrière Brown. — 10 figures....................... 783
- Fabrication des écrous Berry. — 4 figures.................................. 788
- Manutention de charbon au dépôt de l’Érié Ry. — 6 figures.................. 790
- Roulements sur billes et galets. — 22 figures........................., . 792
- Appareils de mesures électriques Chauvin et Arnoux. — 16 figures........... 819
- Résistance mécanique du verre. — 1 figure.................................. 839
- Industrie des huiles essentielles et de parfums. — 4 figures............... 849
- Fours tournant pour ciments Henry et Seaman. — 6 figures................... 887
- Expériences de micro-métallurgie. — 9 figures................................. 893
- Moulages Cothias. —3 figures.................................................. 898
- Dilatation des alliages. — 2 figures....................................... 901
- Perceuse à air comprimé Olsen. — 13 figures................................ 906
- Tour à revolver Lavigne. — 6 figures....................................... 909
- Distribution Drolet. — 3 figures........................................... 910
- Arrêt de machine à vapeur Eskenroth. — 6 figures............................. 911
- Liquéfaction de l’air Ostergren et Binger. — 7 figures........................ 912
- Recherches de MM. l’abbé Le Dantec et Canovetti sur la résistance de l’air. —
- 9 figures. . .............................................................1024
- p.1866 - vue 1863/1864
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- TABLE DES PLANCHES ET DES DESSINS. -------- DÉCEMBRE 1899. 18 67
- Vérificateurs optiques Devè des lignes et surfaces des machines. — 38 figures. 1057
- Tramways à air comprimé de New-York. — 8 figures......................... . 1115
- Machine à tailler les pignons Leland et Ferris. — 32 figures................1119
- Note sur les scies à bois. —9 figures. :....................................1128
- Treuil Hunt et King. — 2 figures........................................... . 1133
- Les Luxfer Prisms. — 6 figures........................-.....................1145
- Dessiccateur Donard et Boulet. — 1 figure................................... 1154
- Influence de la température sur la résistance des métaux. — 22 figures. ... 1157
- Variations temporaires et résiduelles des aciers au nickel. — 2 figures. . . . 1202
- Machine à vapeur rapide Dales. — 12 figures.................................1208
- Expériences sur la durée des chaudières à tubes d’eau. — 8 figures..........1212
- Exposition des pêches maritimes à Bergen. — 52 figures......................1225
- Fragilité développée dans l’acier parle recuit. —5 figures.............. . 1347
- Microchimie de la cémentation. — 6 figures..................................1353
- Diffusion dans le fer. — 3 figures..........................................1355
- Liquéfaction de l’hydrogène. — 2 figures....................................1304
- Chaudières des nouveaux croiseurs.— 17 figures..............................1370
- Scie à ruban Fitzgérald. — 5 figures........................................ 1375
- Machines à mouler Wainford Uehling et Muller. — 20 figures..................1378
- Casse-fontes Brown. — 5 figures............................................. 1381
- Palier de laminoir Kuhlewird et Eisengard. — 3 figures...................... 1384
- Moteur à gaz Weslinghouse. — 6 figures...................................... 1385
- Répartiteur angulaire Guillerminet. — 8 figures............................. 1389
- Les machines marines. — 62 figures..........................................1404
- Machine d’extraction de Tamarak. — 16 figures...............................1471
- Chaudières à tubes d’eau pour la marine. — 22 figures....................... 1478
- Robinet intermittent Bine. — 2 figures......................................1506
- Perfectionnement au métier Northrop. — 16 figures...................... 1508
- Les rayons X et la photographie. — 14 figures...............................1519
- Les plaques de blindages. —197 figures.................................. . 1652
- Fabrication de l’acide carbonique liquide à OldFord. — 8 figures............ 1603
- Presse à coton continue Swenson. — 7 figures................................1605
- Tour à fileter Latham. — 4 figures..........................................1612
- Machines à vapeur de la Luisenstrasse. — 8 figures..........................1614
- Nettoyage mécanique des conduites d’eau à Torquay. — 9 figures.............. 1617
- Foyer au pétrole Kermode. — 7 figures . . ..................................1805
- Piloteuses mobiles pour chemins de fer. — 9 fig.............................1806
- Grue de 150 tonnes du port de Brême. — 6 fig................................1812
- Laminoir Kennedy. — 1 fig...................................................1817
- Indicateur de pressions moyennes Ripper. — 52 fig...........................1819
- Essai d’un moteur à gaz Westinghouse de 125 chevaux. — 1 fig................1826
- Ravitailleur Miller. — 14 fig...............................................1828
- Paris. — Typ. Chamerot et Renouard, 19, rue des Saints-Pères. — 38688.
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