Mémoires et compte-rendu des travaux de la société des ingénieurs civils
-
-
- SOCIÉTÉ
- 1>KS
- INGÉNIEURS CIVILS
- p.n.n. - vue 1/332
-
-
-
- IMPRIMERIE DE GU1KAUDET RT JOUAUSIT, 358, RCF. SAINT-HONORÉ.
- p.n.n. - vue 2/332
-
-
-
- MÉMOIRES
- COMPTE-RENDU IÏES TRAVAUX
- SOCIÉTÉ
- DES
- INGÉNIEURS CIVILS
- FONDÉE LE 4 MARS 1848
- ANNÉE 1850
- -------.*3=>^Q<5
- jparts
- RUE BUFFAULT, 26
- Page de titre n.n. - vue 3/332
-
-
-
- p.n.n. - vue 4/332
-
-
-
- MÉMOIRES
- ET
- COMPTE-RENDU DES TRAVAUX
- DE LA
- SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS CIVILS
- (Janvier, Février, Mars 1850.)
- N° 8.
- Au commencement de ce trimestre, la Société a chargé une commission spéciale d'étudier la question des caisses de secours. Cette commission, composée de MM. Alcan, Yvon, Nozo, Rhoné, Gouin et Gayrard, a reçu le programme suivant :
- Comparer les différents systèmes d’associations pour secours mutuels appliqués en France ou à l’étranger dans les établissements publics, dans les usines et entre ouvriers ;
- Rechercher l’influence exercée sur la situation financière des caisses de secours par les dispositions statutaires relatives aux limites d’âge d’admission, au chiffre des cotisations, à la quotité et à la durée des secours aux malades, aux infirmes et aux survivants des sociétaires décédés, par les frais d’inhumation, etc.
- Composer, d’après l’étude précédente, des statuts-modèles dont la base mathématique et les dispositions générales soient de nature à s’appliquer au plus grand nombre des cas d’agglomération d’ouvriers 5
- Déterminer jusqu’à quel point et dans quelles limites on pourrait établir des caisses de retraite, soit comme annexes des caisses de secours, soit comme caisses spéciales et indépendantes.
- La commission s’est mise immédiatement en mesure de commencer ses travaux, et a adressé en conséquence des demandes
- p.1 - vue 5/332
-
-
-
- 2 —
- de renseignement à un grand nombre d’établissements et de sociétés de secours mutuels. Quelques documents lui ont été fournis, et elle s’efforcait d’en réunir davantage lorsque la loi du 15 juin 18-50 sur les caisses de secours est venue limiter sa tâche à la rédaction d’un modèle de statut-*.
- La seconde question importante mise à l’ordre du jour pendant ce trimestre est celle des agents-voyers. La Société a chargé M. Gayrard de lui présenter un travail sur la nature et la limite actuelle des fonctions dt s agents voyers et sur l’utilité de l’extension qu’il serait à propos de leur donner dans l’intérêt départemental, en fournissant aux conseils généraux les moyens d’exercer une influence plus immédiate sur la direction des travaux à la charge des budgets départementaux. M. Gayrard a été invité à faire connaître dans son travail l’importance du service vicinal en France, tant sous le rapport du personnet que sous celui des fonds qui y sont consacrés.
- Le dépôt à l’Assemblée législative d’une proposition de MM. Charras et Latrade, ayant pour objet d’ouvrir le cadre des Ingénieurs de l’Etat aux conducteurs des Ponts et Chaussées remplissant certaines conditions d’aptitude, a remis à l’ordre du jour de la Société l’une des premières questions dont elle se soit occupée à l’origine de sa fondation.
- Le projet de MM. Charras et Latrade ne donnant pas, à beaucoup près, satisfaction aux idées émises sur cette matière par la Société des Ingénieurs civils, son bureau a été admis , sur sa demande, à présenter des observations à la Commission de l’Assemblée législative.
- Les mandataires de la Société ont fait ressortir l’insuffisance et par suite les inconvénients de la proposition. Envisageant la question de direction, de surveillance et d’exécution des travaux publics à son point de vue le plus général et le plus élevé, ils ont posé en principe que l’Etat ne devait se priver volontairement du concours d’aucune intelligence; qu’il devait être libre de choisir ses agents, sans distinction d’origine, parmi les plus capables et les plus expérimentés, qu’ils appartinssent ou
- p.2 - vue 6/332
-
-
-
- — 3
- «or aux cadres officiels. La proposition de MM. Charras et Lait rade ne satisfaisant pas à ces conditions nécessaires, ne tenant pas plus de compte que le système en vigueur du principe de la liberté du travail, et ne touchant que par un détail au mode actuel de recrutement des Ingénieurs de l’Etat, le bureau de la Société a dû combattre cette proposition, en expliquant qu'il était prêt à accepter , sauf toutes réserves pour Favenir, une réforme si modeste qu’elle fût, mais à la condition qu’elle serait réelle, et qu’elle aurait pour conséquence de renforcer le corps des Ponts et Chaussées en y introduisant les Ingénieurs les plus habiles et les plus distingués, sans acception d’origine, et non de l’affaiblir en le recrutant dans les rangs inférieurs du corps.
- Les observations du bureau ont été accueillies avec bienveillance par la Commission ; les principes exposés au nom de la liberté du travail et de l’intérêt de l’Etat ont paru être admis par elle ; mais la crainte de ne pas les voir également adoptés par l’Assemblée a retenu la Commission dans les lirniles tracées par la proposition dont elle était saisie.
- L’expérience a prouvé , en effet, combien les idées émises depuis trois ans par la Société ont fait peu de progrès dans le monde parlementaire. La loi votée à la fin de 1850 a consacré le principe d’exclusion contre lequel la Société des Ingénieurs civils a protesté sans cesse, en soutenant, comme elle le fait encore, que l’Etat doit avoir le droit de choisir son personnel partout, suivant les travaux qu’il a à faire et les garanties de capacité spéciale qui lui sont offertes.
- Les démarches faites auprès de M. le Ministre de l’agriculture et du commerce pour obtenir la reconnaissance de la Société des Ingénieurs civils comme société d’utilité publique ont été continuées, mais elles sont restées jusqu’ici sans résultat officiel. Le bureau de la Société, ne voulant rien négliger pour obtenir une décision aussi importante, s’est préoccupé des moyens de fournir au Gouvernement les garanties et les justifications exigées en pareille circonstance.
- p.3 - vue 7/332
-
-
-
- — 4
- À cet effet, une commission a été chargée de revoir les statuts et de les réduire à un petit nombre d’articles, qui ne seraient plus susceptibles de modification une fois la Société reconnue d’utilité publique 5 toutes les dispositions administratives et les détails d’organisation intérieure qui figuraient dans les anciens statuts, étant réunis sous tonne de règlement de manière à pouvoir toujours être modifiés lorsque l’expérience en fera reconnaître l’utilité.
- Une assemblée générale convoquée ad hoc par lettres spéciales pour le 15 février, a voté ces statuts définitifs.
- Les différences essentielles consistent : 1° dans le nom de notre Société, qui depuis lors s’appelle simplement Société des Ingénieurs civils; 2° dans le droit d’admission, qui de 10 francs a été porté à 25 francs; 3* dans le chiffre de la cotisation des membres de province, qui de 12 francs a été élevé à 24 francs, comme en 1848 ; 4° dans le délai d’un an au lieu de deux pour payer la cotisation ; 5° enfin dans le vote d’un fonds social de 10,000 francs souscrit par la Société.
- M. Emile Thomas a lu dans la séance du 15 février un extrait du mémoire remis par lui à M. le Ministre de la marine et des colonies pour rendre compte de la mission qui lui avait été donnée de comparer le travail des esclaves et celui des hommes libres dans les colonies françaises.
- M. Lorentz a donné lecture d'un mémoire qu’il a rédigé en collaboration avec M. Eugène Flachat sur les moyens à employer pour alimenter d’eau la ville de Madrid.
- Enfin, M. Polonceau a lu un mémoire sur la construction de nouvelles machines à marchandises qu’il a fait établir pour le service du chemin de fer de Paris à Orléans. Ce mémoire a donné lieu à une discussion longue et approfondie sur la construction des machines locomotives. Cette discussion a occupé une partie des séances de ce trimestre.
- U en sera rendu compte dans un de nos bulletins.
- Noas donnons ici les statuts adoptés dans la séance du Ie* février 1850.
- p.4 - vue 8/332
-
-
-
- — 5 —
- STATUTS
- Article 1er. — 11 est formé une Société ayant pour titre : Société des Ingénieurs civils.
- Art. 2. — Celte Société, fondée le 4 mars 1848 par les anciens élèves de l’École centrale des arts et manufactures, a pour but :
- 1° D’éclairer par la discussion et le travail en commun, les questions d’art relatives au génie civil ;
- 2° De concourir au développement des sciences appliquées aux grands travaux de l’industrie ;
- 3° De provoquer l’extension du système du concours scientifique pour l’admission aux fonctions publiques qui rentrent dans la profession d’ingénieur, telles que celles d’agents voyers, etc. ;
- 4° D’étendre, par le concours actif de ses membres, l’enseignement professionnel parmi les ouvriers et chefs d’industrie ou d’ateliers ;
- 5° De poursuivre par l’étude des questions d’économie industrielle, d’administration et d’utilité publique, l’application la plus étendue des forces et des richesses du pays ;
- 6° D’entretenir des relations suivies et un esprit de confraternité entre tous les membres delà Société;
- 7° De rechercher et faire connaître à ses membres les positions et emplois vacants auxquels ils pourraient aspirer ;
- 8° Enfin, d'assister temporairement, dans la limite de ses ressources, ceux de ses membres qui seraient dans la nécessité de réclamer ce concours.
- Art. 3. — Le siège de la Société des Ingénieurs civils est fixé à Paris, rue Buffault, n° 26.
- Art. 4. — Les membres de la Société, dont le nombre est illimité, se divisent en membres sociétaires et membres associés ; le nombre des membres associés ne devra jamais excéder le cinquième de celui des membres sociétaires.
- Art. 5. — Pour être admis à faire partie de la Société à
- p.5 - vue 9/332
-
-
-
- titre de membre sociétaire, il faut être Ingénieur, exercer actuellement ou avoir exercé la profession d’ingénieur.
- Toute personne s’occupant spécialement de l'étude des sciences qui se rapportent à l’art de l’Ingénieur, tout industriel peut être admis dans la Société à titre de membre associé.
- 2.es demandes d’admission sont faites dans la forme prescrite au règlement et soumises à l’approbation de la Société,
- Art. 6. — La Société prononce sur l’admission dans ses réunions ordinaires*, les suffrages sont exprimés au scrutin secret ; Je candidat doit en réunir les deux tiers 5 son admission est alors proclamée comme membre sociétaire ou comme membre associé.
- Art. 7. — Dans les six mois qui suivront son admission, tout membre doit adresser au secrétariat de la Société, soit un mémoire sur une question industrielle ou scientifique, soit une notice détaillée sur des travaux exécutés.
- Art. 8. — L’administration de la Société et l’organisation de ses travaux sont confiées à un bureau et à un comité électifs.
- Art. 9. — Le comité a pour mission spéciale d’organiser les t ravaux de la Société. Il étudie les questions qui lui sont déférées par les délibérations de l’assemblée 5 il examine, en outre, spontanément, toutes les questions qu’il juge utile de traiter, et, s'il y a lieu, en donne connaissance par un rapport qui est soumis à la discussion de la Société.
- Art. 10. — Le comité représente la Société et agit en son nom auprès des pouvoirs publics et des corps constitués, toutes les fois que cette action a été jugée utile par décision de la Société, prise en réunion ordinaire ou extraordinaire. Il donne suite aux décisions prises en assemblée.
- Art. 11. — En cas d’urgence, le comité convoqué par le président agit spontanément, sauf à rendre un compte motivé de ses actes d’urgence dans la plus prochaine réunion.
- Art. 12. —Un compte-rendu des travaux de la Société, des communications qui lui sont faites et de celles qu’elle juge à propos de faire sur des questions scientifiques et industrielles,
- p.6 - vue 10/332
-
-
-
- 7 —
- est rédigé par les soins du comité et publié périodiquement. Ce compte-rendu est adressé à chacun des sociétaires.
- Art. 13. — Le comité se compose de trente membres, dont dix membres du bureau.
- Art. 14. — Le bureau administre les affaires de la Société, exécute ses délibérations et la convoque en réunion extraordinaire ; il surveille l’emploi des fonds.
- Art. 15. — Le bureau se compose de dix membres, savoir :
- Un président.
- Quatre vice-présidents.
- Quatre secrétaires.
- Un trésorier.
- L’un des membres du bureau sera chargé des fonctions de censeur.
- Art. 16. —Les membres associés pourront avoir deux places dans le comité,
- Art. 17. — Les sociétaires se réunissent régulièrement deux fois par mois.
- Art. 18. — Les dernières réunions de juin et de décembre sont des assemblées générales dans lesquelles le trésorier soumet à l’approbation de la Société les comptes du semestre écoulé.
- Art. 19. — L’élection des membres du comité a lieu dans l’assemblée générale de décembre.
- Art. 20. — Le bureau en exercice préside à cette élection et fait le dépouillement du scrutin.
- Un scrutin spécial a lieu pour la nomination du président, qui ne peut, être élu qu’à la majorité absolue des membres présents. Dès que son nom est proclamé, on procède à l’élection des autres membres du bureau, par un seul scrutin de liste. Les nominations ont lieu à la majorité simple. Après la proclamation des membres du bureau, on procède de la même manière à un troisième et dernier scrutin pour 1a, nominationdes vi-ngt membres ducomité.
- Art. 21. — Les membres du comité et du bureau sont rééli-
- p.7 - vue 11/332
-
-
-
- — 8 —
- gibles, mais la présidence ne peut être confiée au même sociétaire pendant deux années consécutives.
- Art. 22.—Si un membre du comité se démet de ses fonctions ou est déclaré démissionnaire pendant le trimestre qui suit l’une des deux assemblées générales, il est pourvu à son remplacement dans la première réunion.
- Art. 23. — Le fonds social de la Société se compose :
- 1° Des droits d’admission et de la cotisation dont iï sera parlé ci-après ;
- 2° De la somme de dix mille francs souscrite par ses membres et de tous les autres apports qui, successivement, pourraient être faits à ladite Société , *
- 3° Des intérêts de ces sommes.
- Ce fonds social de dix mille francs est inaliénable ; les intérêts seuls seront applicables aux dépenses de la Société.
- Art. 24. — Pour subvenir aux dépenses de la Société, tout sociétaire versera entre les mains du trésorier :
- 1° A titre de droit d’admission, la somme de 25 fr. ;
- 2° A titre de cotisation annuelle, une somme de 24 fr.
- Art. 25. —• La cotisation annuelle sera payée intégralement dans l’année courante. 9
- Arr. 26. — Le comité, sur la proposition de deux de ses membres, peut décider, à la simple majorité, qu'il sera fait remise de tout ou partie de la cotisation de l’année courante, aux sociétaires qui en auront fait la demande motivée.
- Art. 27. — Sera considéré comme démissionnaire, tout membre qui aura laisser écouler Tannée sans acquitter sa cotisation.
- Art. 28. — La Société a toujours le droit d’expulser de son sein tout membre qui ne réunirait plus des conditions suffisantes de moralité.
- Art. 29. — Le règlement ne pourra être modifié qu’en assemblée générale, convoquée spécialement.
- p.8 - vue 12/332
-
-
-
- — 9 —
- Pendant ce trimestre, la Société a reçu :
- De M. Polonceau : 1° un mémoire sur la construction des machines locomotives -,
- 2° Une note sur les précautions à prendre sur les chemins de fer lors de la chute des neiges.
- De M. Lorentz, un extrait de l’enquête ouverte par le parlement anglais sur les résultats obtenus par les machines locomotives ;
- De M. Alcan, un exemplaire de son Essai sur l’industrie dos matières textiles ;
- De M. Salvetat, un mémoire contenant les recherches analytiques sur les rouges employés dans la peinture sur porcelaine ;
- De M Ghavès, un mémoire sur la théorie des voûtes usuelles ;
- De M. Alf. Pothier, un exemplaire de son mémoire sur l’influence de l’exploitation des mines sur la colonisation de l’Algérie.
- DeM. Etig. Flachat, un mémoire sur la distribution des eaux dans la ville de Madrid.
- Les membres nouvellement admis sont les suivants, savoir :
- Au mois de février :
- MM. Loisel, présenté par M. Gallon.
- Championnière, présenté par M. Gerder.
- Gauzenbach, présenté par M. Flachat, Eug.
- Au mois de mars :
- MM. Bebtot, présenté par M. Nozo.
- Lavallée, présenté par MM. Flachat (Eug.), Gouin et Rhoné.
- Toni Fontenay, idem. Flachat (Eug.), Deligny et Crétin.
- Goschler, idem. À’can, Faure et Limet.
- Boutmy, idem. Flachat, (Eug.), Petiet et Bourdon.
- De Joly, idem. Alcan, Faure et Limet.
- Martenot, idem. Bois (Victor), Flachat 1 (Eug.), et Mony.
- p.9 - vue 13/332
-
-
-
- 10
- LISTE GENERALE DBS- SOCIETAIRES AU Ier JANVIER 1850
- 22emB5rcfts «lu SSuroau.
- Président : M. Eugène Flachat #, rue du Havre, 3.
- Vice-Présidents : MM. Charles Callon, rue des Vosges, 18.
- Emile Vuigner *, rue de Paradis-Poissonnière, 44.
- C. Polonceau *, boulevart de l’Hôpital, 2. Stéphane Mony *, rue St-Lazare, 23. Secrétaires : MM. Victor Bois, place du Havre, l/i.
- Adolphe Bellier, rue St-Honoré, 83 Gustave Gayrard, rue St-jNicolas-d’Antin, 46. Léon Yvert, rue Bleue, 5.
- Trésorier : M. Priestley, rue Pavée-Saint-Antoine, 3.
- Hesabres «lu Comité.
- MM. Petiet (J.) place Lafayette, 22.
- Nozo (Alfred), place du Château-Rouge, 2, à Montmartre. Faure, rue de Grenelle-St-Germain, 22.
- Alcan (Michel), rue d’Ënghien, 28.
- Houel #, quai de Billy, 48.
- Calla *, rue Lafayette, 11.
- Edwards *, au chemin de fer de Strasbourg.
- Degousée, rue Chabrol, 37.
- Grouvelle, rue Racine, 24.
- Barrault (Alexis), rue de Clichy, 63.
- Séguin, (Paul), rue Louis-le-Grand, 3.
- Thomas (Léonce) *, rue des Beaux-Arts, 2.
- Yvon Villarceau, rue Cassini, 14.
- Deligny, à Asnières.
- Knab, rue de Seine, 72.
- Cavé #, faubourg St-Denis, 214.
- Gouin (Ernest) rue Neuve-des-Mathurins, 26.
- Laurens, rue des Beaux-Arts, 2.
- p.10 - vue 14/332
-
-
-
- — 11 —
- Sociétaires.
- Aboilard, boulevart Beaumarchais, 91.
- Albrizio, rue de la Cure, 4, à Montmartre.
- Alby, place Carline, 11, à Turin.
- Alquié, rue d’Enghien, 15.
- Armengaud, rue St-Sébastien, 45.
- Arson, à Vaux (Seine-et-Oise).
- Badarous, en Algérie.
- Bardon, quai d’Austerlitz, 75.
- Baumal (Henry), cité d’Orléans, 8.
- Bayvet, rue Mauconseil, 16.
- Beaumont (Victor), rue de Calais, 5.
- Belval, rue Pavée, 6.
- Bénard, rue des Enfants-Rouges, 11.
- Benoist du Portail, rue St-Jacques, 75.
- Bergeron, rue de Lille, 65.
- Bertiiolomey, rue de la Roquette, 90, à la Raffinerie. Beugnot, à Mulhouse, maison Kœchlin.
- Bevan de Massy, boulevart Montmartre, 3.
- Biver, à Biache-St-Waast, près Vitry (Pas-de-Calais). Blaciier, rue Chabrol, 63.
- Blanche, à Puteaux (Seine).
- Blard, mécanicien au ch. de fer de Tours à Nantes (Tours). Bonnefoi, place des Vosges, 20.
- Bonnet (Félix), rue de Sèvres, 8.
- Blot (Léon), rue Guénégaud, 15.
- Bordet, rue Geoffroy-St-Ililaire, 18.
- Borie, boulevart Poissonnière, 24.
- Boucart, faubourg Poissonnière, 98 et 100.
- Boudard, rue St-Denis, 313.
- Boudsot, en Egypte.
- Bougère, rue Buffault, 6.
- Bourcart, à Guebwiller (Haut-Rhin).
- Bourdon *, au Creusot.
- Bourgougnon, aux Batignolles, rue Notre-Dame, \. Bousson, à Roanne (Loire).
- Boutin, chez M. Mollerat, fabricant de produits chimiques, à Pouilly-sur-Saône (Côte-d’Or).
- p.11 - vue 15/332
-
-
-
- 12
- Bricogne, rue Ribouté, 1 bis,
- Bridel, rue Mazagran, 8.
- Bureau (Jules), rue Mayet, 18,
- Buschofp, boulevart Poissonnière, 12 Belanger, à Fresne-sur-Escaut ( Nord ).
- Caillé, au Creusot ( hôtel du Commerce ).
- Caillet, quai d’Austerlitz, 75.
- Cance, rue Fontaine-au-Roi, 43.
- Chabrier, rue de la Ferme-des-Mathurins, 54.
- Chaplin, rue Pavée-St-André, 3.
- Chappon, à Bar-le-Duc.
- Chauvel (Emile), à Navart près Evreux (Eure).
- Chavès, rue de l’Échiquier, 27.
- Charpentier, rue du Temple, 102.
- Chevalier (Emile), rue de la Victoire, 48.
- Chevalier (Martial), rueChauchat, 16.
- Chevandier, rue de la Victoire, 22.
- Chobrzynski, rue du Nord, 11.
- Clémandot, à Clichy-la-Garenne.
- Comte, boulevart de la Madeleine, 15.
- Cornet, rue Meslay, 12.
- Corot, pompe à feu de Chaillot, quai Billy.
- Courtépée, rue des Francs-Bourgeois, 7.
- Crétin, rue du Faubourg-St-Honoré, 153.
- Curtel, rue du Court-Debout, à Lille.
- Daguin, rue des Francs-Bourgeois, 10.
- Danré, à Stockholm (Suède), à Bollhusgrund.
- Darblay, à Corbeil.
- David, boulevart des Italiens, 24.
- Debas, rue Bréda, 26.
- Debauge, à Tours (Indre-et-Loire).
- Deffosse, à Tours, au chemin de fer.
- Degrand, rueRicher, 14.
- Dellisse, rue du Faubourg-Poissonnière, 98 et 100.
- Delom (Florentin), rue Montholon, 13.
- Deville, rue du Faubourg-St-Germain, 70.
- Desmazures, boulevart Beaumarchais, 22.
- D’hamelincourt, rue Neuve-Coquenard, 26 bis.
- Donnay, rue du Faubourg-St-Denis, 72.
- Dubied (Ed.), à Mulhouse.
- Dubois, à St-Gaulin, près Mons (Belgique).
- Dugourd, au ch. de Beaurepaire, à Vie, près Breuil (Allier).
- p.12 - vue 16/332
-
-
-
- 13
- Duméry, rue. des Petites-Écuries, 45.
- Duolmard, faubourg du Roule, 105.
- Durand, à la Chapelle-St-Denis.
- Durenne, rue des Amandiers-Popincourt, 11.
- Durocher, passage Saulnier, 4 bis.
- Dutïlleux, à Cologne , Apostelu-Kloster, 3 ; à Paris, rue Louis-le-Grand, 8.
- Duval (Edmond), aux forges de Pimpant-Pléchan (Il.-et-Vil.) Duval-Piron, rue St-Denis, 277.
- Eck, rue du Vert-Bois, 3.
- Erhard, rue St-Pierre-Montmartre, 7.
- Faure de Viulat, àCorbeil (Seine-et-Oise).
- Fèvre, rue Richer, 26.
- Flachat (Adolphe), rue d’Amsterdam, 54.
- Fontenay (de), boulevart Beaumarchais, 3.
- Forquenot, à Tours (Indre-et-Loire).
- Fournier (J.-B ), à Orléans (Loiret).
- Frère jean, rue de la Tour-d’ Auvergne, 21.
- Fresnaye, chez son père, à Illiers (Eure-et-Loir). Fleisciiman, au chemin de fer de Strasbourg.
- Galliciier, forges de Rigny, près Châteauneuf (Cher). Ganneron, rue de Chabrol, 14-Garnaud, rue de l’Abbaye, 14.
- Gastellier, rue des Filles-du-Calvaire, 18.
- Gentilhomme, quai de la Tournelle, 45.
- Gerder, rue St-Georges, 56.
- Geyler (Alfred), rue de Buffault, 13.
- Gollnisch, au chemin de fer du Nord.
- Gonssolin, à Alger.
- Gouvion, au chemin de fer de St-Germain, rue St-Lazare. Grandvoinnet, rue Contrescarpe-St-Mareel, 18.
- Granier, rue Montmartre, 64-
- Grenier (Achille), route de Paris, à Vincennes.
- Grun, à Guebwiller (Haut-Rhin).
- Guelle, rue des Fossés-St-Marcel, 39.
- Guénard de la Tour, aux forges de Saucourt, par Joinville (Haute-Marne).
- Guérard, rue du Haut-Pavé, à Epernay.
- p.13 - vue 17/332
-
-
-
- Guettjkr.
- Guibal, à l’école des mines, à Mons (Belgique)
- Guillaume, rue Deslices, 2U, à Angers.
- Guntz, rue de Chaillot, 63.
- Gardissal, boiilevart Saint-Martin,
- Germon, à Epernay, rue des Fusilliers.
- IIermary, àLambres (Pas-de-Calais).
- Holcroft, à Tours (Indre-et-Loire).
- Holm, en Angleterre.
- Hubert, rue de l’Oratoire-du-Roule, 32.
- Huet, rue deBuffault, 13.
- Humblet (Léon), à Metz (Moselle).
- Hervier, rue Ri cher, 60.
- Jullien, à Montataire (Oise).
- Koechlin, rue de Chabrol, 63.
- Krafft (Ed.), à Besançon (Doubs).
- Lacambre, à Bruxelles (Belgique).
- Lachèvre, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Laborie (de), quai de Béthune, 18.
- Labouverie, à Bouillon (Belgique).
- Lalo, rue Saint-André-des-Arts, 53.
- Laligant, à Montreuil-sur-Mer.
- Langlois (EcL), rue de Latour-d’Auvergne, 21.
- Landry, à Pithiviers.
- Lapersonne, rue de Paradis-Poissonnière, UU.
- Lasalle, boulevart National, à Marseille.
- La Salle, rue Saint-Georges, 58.
- Laurent (Victor), à Planchay-les-Mines, près et par Cham-pagny (Haute-Saône).
- Lebon (Eugène), rue Richelieu, 110.
- Leclere, avenue de la République, à Neuilly, 176.
- Leclerc (Achille), rue Richer, 60.
- Lecoeuvre, rue des Francs-Bourgeois, 25.
- Lecointe, rue Bleue, 6 (est à Vienne).
- Lefrançois, Pithiviers (Loiret).
- Lemaire, conducteur des ponts et chaussées, rue des Réservoirs, à Versailles.
- Lemaire-Teste, rue de Lancry, 35.
- p.14 - vue 18/332
-
-
-
- — 15
- Lemoinne, à Bar-le-Duc.
- Lepeudry, rue Montholcn, 28.
- Leroy, à Bar-le-Duc.
- Letrange, rue Saint-Hyacinthe-Saint-Michel, 29.
- Lisboa, rue Louis-le-Grand, 8.
- Lischsteinsten (Paul), à Montpellier (Hérault).
- Lorentz, cité Gaillard, 8.
- Loustau, rue de Valenciennes, 1.
- Love, rue du Bac, 81.
- Limet, rue d’Enghien, 28.
- Marais, à la Chapelle-Saint-Denis.
- Mariotte, à Orléans (Loiret).
- Mathias (Félix)*, chemin de fer du Nord, à Paris. Mathias (Ferdinand) à Lille (chemin de fer du Nord). Mathieu, rue Rougemont, 10.
- Marguet, à l’école industrielle de Lausanne (Suisse). Marsillon, à Bourges.
- Martin, à Besançon (Doubs).
- Martin (Charles), à Bourg (Ain).
- Maire, rue d’Enghien, 11.
- Mélin, rue Neuve-Coquenard, 11.
- Méresse, à Compïègne (Oise).
- Mesdach, rue Saint-Paul 28.
- Mesmet, rue des Enfants-Rouges, 10.
- Meyer, boulevart de la Madeleine, 17.
- Mignon, rue Laval, 15.
- Mirecki, rue Montholon, 9.
- Mitchell, rue du Cherche-Midi, 124.
- Montcarville (de), place des Vosges, 26.
- Moreau (Albert), rue de Lille, 21.
- Morin (Gustave), à la Croix-Rouge, banlieue de Marseille. Moureau, rue des Carrières, 25, à Gharenton.
- Nancy, à Strasbourg (Haut-Rhin).
- Naugeois.
- Nillis (Auguste), aux Batignolles, rue de la Paix, 10. Oriolle, à Saumur.
- Pecquet (Nemours), boulevart Poissonnière, 20. Pépin-Lehalleur *, rue de la Victoire, 14-
- p.15 - vue 19/332
-
-
-
- 16
- Petre, à Rive-de-Gier, chezM. Jackson; à Paris, rueNotre-Dame-de-Nazareth, 25.
- Picard, cité de l’Union, 2.
- De Planiïol, rue Chanaleilles, 3.
- Poinsot, au Conservatoire des Arts et Métiers.
- Pommier (Alphonse), à San-Francisco (Californie).
- Pot, Grande Rue Marengo, 20, à Marseille.
- Pothier, rue de l’Arcade, 1 4.
- Pottier (Ferdinand), rue des Beaux-Arts, 9.
- Poupe, rue de Flandres, 57, à La Villette.
- Poussin (le major), rue Richer, 43.
- Proal, rue du Pont-de-la-Réforme, 1.
- Pury (de), à Neufchâtel (Suisse).
- Perdonnet *, rue Neuve-des-Mathurins, 73.
- Quétil, cours des Petites-Écuries, 16.
- Raabe, à Rive-de-Gier (Loire).
- Redon, à Limoges.
- Regel (de), à Strasbourg (Bas-Rhin).
- Reiveiller, rue de Bussy, 9.
- Rérolle, rue Saint-André-des-Arts, 13.
- Rhoné, rue Saint-Lazare, 126.
- Ruoltz (de), rue de Verneuil, 53.
- Richard, à Épernay.
- Richard, rue du Pont, 40, à Seraing (Belgique).
- Riche, rue des Marais-Saint-Martin, 95.
- Rider.
- Rivier, professeur de physique, à Lauzanne (Suisse). Rossire, à Mazargues, près Marseille.
- Rudler, rue Jean-Goujon, 6.
- Rognon, rue Montmorency, 14.
- Salvetat, manufacture nationale de Sèvres.
- Salleron, à Sens (Yonne).
- Sautin, rue de Seine, 6.
- Satis, à Puteaux (Seine).
- Saulnier (Ernest), rue de l’Ouest, 96.
- Schmerber, à Mulhouse.
- Schoennée, rue des Vinaigriers, 17.
- •Scribe, en Californie.
- p.16 - vue 20/332
-
-
-
- — 17
- Servel, quai d’Austerlitz, 75.
- Slavecki, rue aux Ours, 33, à Rouen.
- Saulter, rue Ilauteville, 13.
- Sciama, rue I-Iauteville, 13.
- Thauvin, rue du Temple, 137.
- Thomas (Frédéric), chemin de Tours à Nantes. Thomas (Émile), faubourg Poissonnière, 98 et 100. Thomas (Pierre), faubourg Poissonnière, 98 et 100. Trélat (Émile), à Melun (Seine-et-Marne). Valério, à Vieille-Montagne, près Liège.
- Vallier, à Versailles, rue Nationale 75.
- Vautier, rue du Dragon, 3.
- Verdavaine, rue Saint-Paul, 21.
- Vigneaux, à Aiguillon, Lot-et-Garonne.
- Villain, rue Saint-Germain-des-Prés, 12.
- Vinghon, rue Lafitte, 3.
- Vollant, à Vitry-le-Français.
- Villaine (Achille de), à Roanne (Loire).
- Viron, au chemin de Tours à Nantes, à Tours. Volski, quai Maison-Rouge, à Nantes.
- Vincent, rue Pigale, 24.
- Weimberger, rue des Vieux-Augustins, 13.
- BP» <8*
- p.17 - vue 21/332
-
-
-
- p.18 - vue 22/332
-
-
-
- 19 —
- MÉMOIRE IV» XVII.
- Entretien «le la p«uc||© .twjwnlalire. ..«le®,..Çfeast«IîèEes «les MacSaisies %•«»<>
- Par M. Alfred NOZO,
- Ingénieur des Ateliers du Chemin de fer du Nord;
- CHAPITRE PREMIER.
- GSPOS1L
- L’entretien de là partie tubulaire des chaudières des machines locomotives donne lieu, dans les ateliers de chemins de fer, à un certain nombre d’opérations qui tirent leur principal intérêt du grand nombre de fois qu’elles se répètent dans le cours d’une année.
- " Au chemin de fer du Nord, que nous prenons pour exemple, sur 25,500 tubes environ que renferment les 199 locomotives de la Compagnie, les ateliers en ont réparé et remplacé 3,000 en 1848 et 4,000 en 1849; le nombre de 5,000 sera sans doute dépassé en 1850, et on atteindra peut-être le chiffre considérable de 6,000 dans les années suivantes, à moins que l’on ne découvre des procédés complètement efficaces contré les incrustations, de nouveaux perfectionnements dans le mode de fabrication des tubes et de nouveaux moyens de fixer ces tubes aux plaques tubulaires. .
- Quels que soient, aujourd’hui, les soins que l’on apporte dans la pose des tubes, il arrive qu’après un certain temps de service, des fuites se déclarent dans les assemblages avec les plaques tubulaires. Ces fuites se manifestent d’autant plus vite qu’on apporte moins de soins dans le travail de la pose, et se repro-
- p.19 - vue 23/332
-
-
-
- — 20 —
- (luisent, en général, d’autant plus souvent que les eaux d’alimentation sont plus chargées de sels calcaires.
- Les moyens employés pour remédier à ces fuites sont ou le matage des A-moles ou, ce qui vaut mieux, leur remplacement immédiat. De l’une ou de l’autre façon, il résulte un agrandissement dans le diamètre du tube et, par suite, des déchirements sur les bords, dont la conséquence plus ou moins éloignée est le remplacement du tube lui-même.
- En outre, l’usure des tubes à l’intérieur, beaucoup plus grandè près de la boite à feu que près de la boite à fumée, devient une nouvelle cause de leur remplacement.
- Lorsqu’on aura apporté tous les perfectionnements possibles dans les procédés de désincrustation des chaudières et aussi dans 1-e mode de fixation des tubes aux plaques tubulaires, l’usure des tubes à l’intérieur pourra sans doute devenir la seule cause deleur remplacement(1), car à l’extérieur, les tubes ne montrent aucune altération sensible.
- La loi que suit l’usure des tubes des machines locomotives, déduite des faits que nous avons pu recueillir, nous montre qu’après un parcours de 100,000 kilomètres, les tubes de 0m,002 d’épaisseur et 0m,049à 0m,050 de diamètre extérieur ont perdu entre 1/6° et l/8e de leur poids primitif, et que cette perte de poids est généralement deux fois plus grande près de la boite à feu que près de la boite à fumée.
- La conséquence la plus immédiate à tirer de là, c’est que des tubes de 0m,002 d’épaisseur qu’on mettra hors de service lorsqu’ils conserveront encore près d’un millimètre d’épaisseur (2), ne fourniront, en adoptant le chiffre de 1/6, qu’un parcours
- (1) Nous avons vu sur les chemins belges, b la station de Gand, nombre de tubes remplacés par suite de cette seule cause. L’on employait même à ee sujet, lers de l’entrée en réparation des machines, un petit appareil fort ingénieux pour apprécier l’épaisseur que présentaient encore les tubes : cet appareil ressemblait fort à une romaine portant à l’une des extrémités de son fléau un poids et b l’autre une espèce de poinçon qui, sous l’action du poids, passait à travers les parois des tubes dont l’épaisseur était réduite au-dessous de la limite fixée,
- (2) Jusqu’il ce que la fabrication des tubes ait reçu tous les perfectionnements
- p.20 - vue 24/332
-
-
-
- total approximatif de 300,000 kilomètres, à la condition toutefois de les démonter après un premier parcours de 150,000 kilomètres, pour les réparer comme nous le verrons plus loin, et de les changer bout pour bout en les remontant à nouveau sur les machines (1).
- En adoptant nos hypothèses, et en partant du chiffre de 3,500,000 kilomètres que parcourent approximativement, par an, les 199 machines de la Compagnie, supposées garnies chacune de 125 tubes, on trouve, en divisant 3,500,000 par 300,000 et multipliant le quotient par 125, que nous consom merons chaque année, par suite d’usure, à peu près 1,460 tubes, sans comprendre les mises au rebut pour cause de mauvaise qualité, malfaçon, ruptures dans le démontage ou accidents dans la réparation. En tenant compte de toutes ces circonstances, on ne doit pas porter le nombre des tubes à réapprovisionner au-dessous du chiffre de 1,600, représentant une dépense annuelle d’acquisition à porter au compte tubes, de 46,600 francs, ou en chiffres ronds 47,000 francs (2).
- Il doit être entendu que dans tout le cours de ce Mémoire, il ne sera question que de tubes en laiton, la Compagnie n’ayant employé les tubes en fer qu’à titre d’essai, presque aussitôt abandonné que tenté.
- Toutes les opérations auxquelles donne lieu l’entretien de la partie tubulaire des machines locomotives sont confiées à un atelier spécial qui a pris le nom d'Atelier des Tubes. Cet atelier,
- qu’on est en droit d’attendre, il ne nous paraît pas prudent d’adopter d’autres chiffres que ceux que nous choisissons.
- (1) Le parcours de 150,000 kilomètres parait correspondre assez exactement avec le remplacement des foyers.
- (2) Ce serait ici le cas de rechercher jusqu’à quel point l’épaisseur de 0m,002 est la plus convenable sous tous les rapports. Sans vouloir préjuger la question, nous n’hésitons pas h conseiller l’emploi des tubes de-0m,002, de préférence aux tabes de O1»,002 1/2 et quelquefois 0m,003 qu’on employait autrefois.
- Nous devons ajouter cependant que pour les chemins où les eaux d’alimentation sont pures, il peut être avantageux d’employer des tubes de plus forte épaisseur près de la boite à feu que près de la boîte à fumée.
- p.21 - vue 25/332
-
-
-
- — 22 —
- figure 1, ph 16, a été provisoirement établi dans l’une des deux grandes travées des forges, mais il en est complètement isolé par une cloison à claire-voie fermant à clef : il affecte la forme d’un rectangle ayant 25 mètres de longueur sur 6 mètres de largeur, et contient l’installation suivante :
- A. Scie circulaire ;
- B. Presse hydraulique à essayer les tubes 5
- C. Tour recevant alternativement les fraises, fig. 11-12, fig. 13-14 et fig. 15-I65
- D. Quatre établis de menuisier, garnis chacun d’un étau et ayant, comme annexe, un poteau à rouleau d, pour soutenir le tube 5
- E. Fourneau-chalumeau pour le soudage, ayant comme annexe un treuil horizontal e, pour le levage du tube;
- F. Chevalet pour le redressage des tubes ;
- II’. Deux auges à décaper, en bois de chêne, de la contenance de 1,500 litres, placées en dehors de l’atelier, sous un appentis fermé et vitré ;
- K. Fourneau de dessiccation des tubes décapés.
- L’atelier des tubes est organisé d’après le même principe que l’atelier des roues (voir, à cet effet, le mémoire que nous avons publié dans le numéro d’avril, mai et juin 1849). Il occupe aujourd’hui 12 chaudronniers et 5 apprentis, en tout 17 ouvriers, qui ont entrepris au marchandage par association, suivant spécification et série de prix (page 50), l’ensemble des travaux qui se rattachent à l’entretien de la partie tubulaire des machines-locomotives. La durée de l’entreprise a été fixée aune année.
- Les salaires gagnés par les ouvriers entrepreneurs depuis le commencement de leur entreprise sont consignés dans le tableau suivant, qui donne à la fois les taux de journées fixés par la Compagnie pour chacun d’eux, et la journée telle qu’elle est ressortie définitivement après la répartition des bénéfices réalisés sur l’entreprise pendant les neuf premiers mois de sa $urée.
- p.22 - vue 26/332
-
-
-
- — 23 —
- NOMBRE D’OUVRIERS payés au même prix. DÉSIGNATION DES SPÉCIALITÉS. SALA taxés par la Compagnie. IRES après répartition des bénéfices s’élevant a 49.5 p. 0/0.
- i Cher-ouvrier chaudronnier.... 4 fr 50 c. 5 fr. 38 c. î
- 2 Ouvriers chaudronniers 4 25 5 08 1
- 2 Idem 4 » 4 78 |
- 4 Idem 3 25 3 88 I
- 2 Idem 3 D 3 59 S
- 1 Idem 2 50 2 99
- J Apprenti chaudronnier i 50 1 79
- 4 Idem 1 » 1 20 — > 1
- p.23 - vue 27/332
-
-
-
- — 24
- CHAPITRE II.
- DESCRIPTION DES OPÉRATIONS.
- S Ier. — Illémontage des tubes.
- Le démontage des tubes comprend deux opérations distinctes : l’enlèvement des viroles et l’enlèvement des tubes.
- L’enlèvement des viroles se fait de plusieurs manières différentes.
- Quand la virole a conservé peu d’adhérence avec le tube, l’emploi du chasse-virole (1) suffit pour la détacher ; mais quand le contraire a lieu et que les nombreux coups de chasse-virole ébranleraient les assemblages voisins, il importe de recourir à d’autres moyens.
- Celui qui est le plus généralement pratiqué consiste à fendre au burin, sur toute sa longueur, la virole à enlever, de manière à supprimer complètement son adhérence et à lui permettre de sortir sans difficulté.
- Si cette seconde méthode olfre l’avantage de moins ébranler les viroles voisines, elle a les inconvénients d’être fort coûteuse, de toujours mettre la virole enlevée hors de service (2), de crever souvent le tube et de détruire quelquefois le parfait mandrinage des trous dans la plaque tubulaire, quand les ouvriers n’apportent pas tout le soin possible dans le travail.
- M. Dubiez, Ingénieur constructeur à Mulhouse, a récemment adressé à M. Flachat, président de notre Société, les dessins et descriptions d’un appareil fort ingénieux employé en Alle-
- (1) Nous appelons chasse-virole une tringle fendue à l’une de ses extrémités que l’on introduit dans les tubes et dont on écarte ensuite les deux parties au moyen d’un coin pour jes faire porter sur les bords de la virole.
- (2) Nous utilisons une certaine partie des viroles retirées en les repassant au feu et sur le tour, lorsqu’elles peuvent conserver deux millimètres at quart d'épaisseur après cette double opération.
- p.24 - vue 28/332
-
-
-
- — 25 —
- magne, pour l’enlèvement des viroles, par M. d’Erlach, Ingénieur du matériel du chemin de fer de Zurich à Baden.
- Cet appareil, que nous avons exécuté dans les ateliers de la Compagnie, fonctionne avec d’assez grands avantages pour que nous pensions devoir le décrire.
- 11 se compose de :
- A, plaque à tubes (voyez fig. 5-6) ;
- B, tube ;
- C, virole ;
- DD, boulon en deùx parties maintenues en place au moyen de l’ergot e venant prendre sa place en glissant le long de la rainure eë.
- La tête T, formée par la réunion des deux parties du boulon, présente la forme spéciale qu’indique le dessin. Les saillies elliptiques de cette tête sont convenablement déterminées pour s’appuyer sur les bords intérieurs de la virole à enlever.
- G, bague d’une hauteur telle que la virole puisse se dégager entièrement sans venir buter contre la rondelle H, sur laquelle se fait la pression de l’écrou I.
- Pour faire fonctionner l’appareil, on introduit, à travers la virole à enlever et à une distance convenable, la partie D’du boulon sur laquelle est fixé un fil de fer F passant à travers un petit trou coudé dans la partie D ; on introduit ensuite cette seconde partie D ; puis au moyen du fil de fer F, on ramène la partie D’jusqu’à ce que l’érgot e rentre dans son logement. Cela fait, il n’y a plus qu’à mettre successivement la bague C, la rondelle H et l’écrou 1, sur lequel vient agir une clef d’une longueur convenable. Pour éviter qu’un usage fréquent ne déforme trop promptement les arêtes qui saisissent la virole, nous avons trempé en paquet la tête T.
- Il est bien entendu qu’un même appareil ne peut s’appliquer qu’à un nombre restreint de diamètres de viroles.
- La méthode de M. d’Erlach, comme il est facile de s’en rendre compte, conserve parfaitement intacts les joints des viroles voisines.
- p.25 - vue 29/332
-
-
-
- — 26 —
- Une fois que les viroles sont retirées par l’un des trois moyens que nous venons d’indiquer, on procède à l’enlèvement des tubes.
- Lorsque, dans le matériel d’un chemin, il entre des machines à longues chaudières où l’on rencontre un diaphragme au milieu du corps cylindrique, il pourra arriver, dans le démontage des tubes, si les trous de ce diaphragme n’ont pas été percés avec un diamètre assez grand, que l’extrémité du côté de la boîte à feu ne passe à travers ces trous qu’avec les plus grandes difficultés. Cet inconvénient se présentera tout aussi bien pour les trous de la plaque tubulaire de la boîte à fumée, si l’on n’a pas adopté une relation convenable entre les diamètres de ces trous et celui des tubes.
- Voici la règle que nous suivons dans nos réparations avec l’emploi de tubes de 0m,050 de diamètre extérieur pour tout le matériel :
- Diamètre des trous rde la plaque tubulaire de la boite à
- feu. .......................................... 0m,048,5
- Diamètre des trous du diaphragme intermédiaire. O 055 Diamètre des trous de la plaque tubulaire de la boite à fumée.................................... 0 052(1)
- Avec ces dimensions relatives, applicables surtout aux chemins qui emploient pour l’alimentation de leurs machines des eaux calcaires, nous engageons les Ingénieurs qui étudient des projets de locomotives, à ne pas descendre au-dessous de l’entraxe de tubes de 63 millimètres dans les machines de 125 à 150 tubes, afin, d’une part, de conserver aux entre-deux des trous une épaisseur minima de0m,011 dans la plaque tubulaire enfer, et d'autre part, d’avoir un intervalle convenable entre les tubes, pour que, dans les mouvements tumultueux de l’ébullition,
- (1) Pour le réalésage sur place des trous de la boîte k fumée qui ne présentent pas le diamètre de 0"‘,052, nous employons avec succès la fraise k lame fig. 7-8. Le ressort k boudin est destiné k empêcher la lame de s’engager trop k la fois ; il est d’ailleurs soutenu par un tube intérieur qui s’oppose k sa déformation sous la pression.
- p.26 - vue 30/332
-
-
-
- — 27 —
- l’eau ne cesse jamais de les entourer complètement. Dans les machines à grande vitesse, système Crampton , qui portent 178 tubes de 0m,051 de diamètre extérieur, l'entr’axe des trous des plaques tubulaires est de 0m,066.
- Les cotes que nous venons d'indiquer comme devant être employées dans nos réparations amènent non-seulement une grande simplification dans les approvisionnements et dans les travaux, mais elles conduisent encore à une amélioration notable des conditions de la combustion et de la vaporisation.
- En effet, la plupart de nos tubes n’avaient dans le principe que 48 millimètres à 48mm,5 de diamètre extérieur, et 2 millimètres 1/2 d’épaisseur; ils étaient fixés au moyen de viroles de 4 millimètres et même de 5 millimètres d’épaisseur. Avec les tubes de 50 millimètres et la virole de 2 millimètres 1/2 d’épaisseur, nous obtenons une augmentation de près de 2m,125 pour la surface de chauffe , et 2 décimètres quarrés pour la section de passage de l’air chaud. Cette dernière condition s’améliorera certainement encore quand la virole de 2 millimètres aura remplacé celle de 2 millimètres 1/2, jusqu’à ce qu’enfin on parvienne à fixer les tubes sans viroles, avec toutes les garanties suffisantes.
- Revenons au démontage des tubes. Lorsque les difficultés dont nous avons parlé se présentent, on est obligé de festonner en forme de trèfle, avec un burin ad hoc, l’extrémité des tubes dans le foyer, de manière à en réduire convenablement le diamètre. Ce procédé oblige à une surveillance efficace pour éviter que des ouvriers négligents n’altèrent les surfaces des trous, qu’il importe à un si haut degré, comme nous le verrons plus loin, de conserver dans le plus parfait poli. Cette surveillance est d’ailleurs très-facile à exercer, puisque l’ouvrier laisse toujours derrière lui les preuves matérielles du défaut de soins qu’il aurait apporté dans le travail.
- Le trèflage terminé, avec un mandrin chasse-tube , on fait avancer les tubes à enlever de quelques centimètres dans la boite à fumée, de manière à pouvoir les saisir avec un cordage s’en-
- p.27 - vue 31/332
-
-
-
- — 28
- veloppant sur un rouleau assez long pour s’appuyer sur les deux côtés de la boîte à fumée. Ce rouleau présente, à ses extrémités, des mortaises recevant des leviers en fer manœuvrés par deux aides , et forme ainsi un véritable treuil ; il repose d'ailleurs sur des blocs de bois d’épaisseur variable, pour agir toujours dans la direction des tubes à enlever.
- La manœuvre du treuil ainsi formé est dirigée par un chef d’équipe qui, tout en réglant le travail, a le soin d’imprimer au tube en démontage des mouvements de droite, de gauche et de haut en bas, pour détacher à chaque instant les tartres qui pourraient s’opposer à la sortie.
- C’est ici le cas de dire quelques mots d’un moyen que nous avons quelquefois employé et qu’on retrouve encore en vigueur dans certains ateliers. Il consiste à attacher le tube à retirer, au moyen d’un long cordage, à un wagon que Ton charge parfois de matériaux pour en augmenter l’inertie propre, Le wagon est approché de la machine, puis lancé vigoureusement sur la voie jusqu’à ce que la corde, en se tendant subitement , fasse avancer le tube d’une certaine quantité. Il arrive cependant assez souvent qu’il est rompu ou enlevé d’un seul coup. Cette méthode, contre laquelle nous nous élevons , présente les inconvénients d’être lente, onéreuse et, par-dessus tout, d’ébranler sérieusement la chaudronnerie en compromettant la résistance des entre-deux des trous.
- $ 2. — Montage des tubes.
- Le montage des tubes est la partie la plus délicate des opérations confiées à l’atelier des tubes, et ne saurait être fait avec trop de soin et de précautions pour assurer aux assemblages la plus grande durée possible. Il importe au plus haut degré que les trous des plaques tubulaires soient parfaitement alésés et mandrinés de manière à présenter toujours des surfaces d’application parfaitement régulières et surtout parfaitement unies. Nous attachons encore une importance plus grande à la parfaite
- p.28 - vue 32/332
-
-
-
- — 29 —
- régularité des surfaees intérieures et extérieures des tubes à l’endroit de leur assemblage avec les plaques. Le moindre défaut dans ces surfaces donne des joints moins étanches, déforme les trous des plaques, et conduit inévitablement au remplacement prématuré et des tubes et des plaques tubulaires elles-mêmes (1).
- C’est encore dans le but d’arriver à cette parfaite régularité des surfaces des joints que les trous des plaques sont toujours mandrinés avant la pose des tubes, en prenant la précaution, lorsque ces plaques sont dégarnies de leurs tubes, de placer six mandrins dans les trous contigus à celui en mandrinage, afin d’éviter que les entre-deux ne cèdent sous la pression et ne rendent ovales les trous dégarnis. Ces mandrins sont successivement déplacés pour suivre l’opération du mandrinage.
- Tous nos mandrins, qui portent une tête à talon afin de n’être pas obligé de frapper dessus et dessous pour les retirer, sont coniques et présentent, ainsi que la virole, exactement la même conicité. L’inclinaison adoptée est celle d'un quarantième. L’égalité d inclinaison dans les mandrins et les viroles a surtout pour but d’obtenir la plus forte adhérence possible dans l’assemblage des tubes avec la plaque tubulaire; lacôui-cité, d’ailleurs, en même temps qu’elle concourt à l’efficacité du joint, rend le travail du mandrinage plus facile, et tend à assurer davantage aux tubes le rôle d’entretoises entre les deux plaques tubulaires.
- Après avoir pris toutes les précautions que nous venons d’énumérer, nous procédons à la mise en place provisoire des tubes, afin de déterminer, pour chacun d’eux, la longueur exaete qui lui convient, en partant de cette condition qu’il doit dépasser les plaques de 2 millimètres à chaque extrémité. Tous les tubes, coupés définitivement de longueur, sont recuits avec soin
- (l) Le remplacement d’une plaque tubulaire ne peut pas être évalué b moins de 1,800 à 1,000 fr., dans l’hypothèse, toutefois, qu’il coïncide avec une grande réparation de la machine, sans quoi il faudrait compter sur une dépense d'environ 2,400 b 2,800 fr.
- p.29 - vue 33/332
-
-
-
- — 30
- à leurs extrémités dans un petit four ad hoc, afin qu’il soit possible de retreindre, emboutir et mandriner ces extrémités sans aucun danger d’altération. Dans le recuisage, nous prenons le soin d’enduire d’un peu de suif ou de graisse les parties exposées au feu, afin d’égaliser la température, d’éviter les coups de feu et par suite les déchirures lors de la pose de la virole.
- Dans le tube définitivement monté en place et mandriné, on chasse les deux viroles choisies, de telle sorte qu’à la main elles pénètrent au plus d’un tiers de leur longueur. Elles sont ensuite chassées à fond au moyen d’un chasse-virole, en évitant de frapper directement sur la virole elle-même.
- S’il arrive que des trous de la plaque tubulaire de la boite à feu soient devenus d’un diamètre plus grand ou au moins égal à celui de la plaque de la boîte à fumée, et qu’en outre la forme de ces trous s’écarte de la forme circulaire, nous plaçons, entre le tube et la plaque,|une bague en cuivre rouge à laquelle on donne, par ajustement à la lime, la forme exacte du trou agrandi. Cette bague mise en place est ensuite mandrinée comme s’il s’agissait de la plaque elle-même, et le tube monté avec les précautions d’usage.
- Un grand nombre de trous ramenés aux dimensions normales par l’application de bagues, fonctionnent depuis près d’un an sans qu’ils aient donné lieu au moindre inconvénient.
- 11 est aisé de comprendre le double but qu’on se propose en rétrécissant ainsi les trous de la plaque tubulaire de la boite à feu. D’une part, on est dispensé de trop emboutir l’extrémité des tubes de ce côté, et, de l’autre, le démontage ultérieur s’opère sans difficulté.
- Les soins que nous prenons dans le montage des tubes sont à la fois le résultat d’observations recueillies directement suries machines et d’expériences faites sur l’adhérence des tubes dans différentes conditions de montage.
- Ces expériences sur l’adhérence des tubes offrent d’ailleurs assez d’intérêt pour que nous croyions devoir en donner un résumé.
- p.30 - vue 34/332
-
-
-
- — 31
- Nous avons monté avec tout le soin possible, dans deux plaques tubulaires, l’une en cuivre de 22 millimètres d’épaisseur, l’autre en fer de 15 millimètres, des tubes de50 millimètres de diamètre et 2 millimètres d’épaisseur, parfaitement cylindrés à l’intérieur et à l’extérieur. Nous avons, après mandrinage, fixé ces tubes avec des viroles de 30 millimètres de longueur, 2 millimètres 1/4 à 2 millimètres 1/2 d’épaisseur, tournées^sur une inclinaison d’un quarantième. Les viroles pénétraient à ia main jusqu’à un tiers au plus de leur longueur et étaient chassées au chasse-virole avec toutes les précautions voulues.
- Les assemblages ainsi obtenus ont été soumis à l’action d’une presse hydraulique agissant pour écarter les plaques tubulaires, absolument comme pourrait le faire l’action de la vapeur dans la chaudière.
- Nous avons constaté que pour faire marcher les assemblages il faut un effort d’au moins 4,500 kilogrammes, et qu’en général les assemblages résistent jusqu’à la rupture du tube, alors que la presse hydraulique marque de 5,300 à 6,000 kilog.
- Quand, au contraire, avec toutes les précautions indiquées, nous avons employé des viroles présentant un léger renflement de 1/4 à 1/2 millimètre vers l’entrée, l’adhérence n’est pas allée au-delà de 4,000 kilogrammes, et est descendue assez souvent jusqu’à 2,800 kilogrammes. Si la virole est cylindrique, cette adhérence reste comprise entre 4,200 et 3,500 kilogrammes (1).
- Un tube, des dimensions indiquées ci-dessus, posé et ffian-driné comme nous l’avons dit, mais non garni de viroles, glisse assez souvent dans les plaques sous l’effort de 1,300 kilogrammes, et ce n’est qu’accidentellement qu’il résiste jusqu’à 2,000 kilogrammes.
- Des tubes fixés alternativement : 1° avec des viroles en acier enroulées (viroles Lemaître); 2° avec des viroles en tôle embou-
- (1) Dans le plus grand nombre de cas, le glissement a commencé dans la plaque en cuivre. Il est probable qu’avec des plaques en cuivre de 25 millimètres, telles que nous les employons maintenant, le glissement aurait eu lieu indifféremment dans l’une ou l’autre des deux plaques.
- p.31 - vue 35/332
-
-
-
- — 32
- tie (viroles Hemerdinger) 5 3° avec des viroles de nos ateliers, en fer soudé et tourné, et soumis aux mêmes essais, n’ont indiqué aucune différence sensible dans la solidité des joints avec les plaques tubulaires.
- Dans toutes nos expériences, aucun des tubes n’était rabattu sur les plaques, et les viroles étaient sans rebord. Les chiffres que nous donnons sont plutôt comparatifs qu’absolus , attendu que nous avons généralement négligé les frottements des appareils. Nous nous proposons seulement d’établir la supériorité des assemblages coniques sur les anciens assemblages avec mandrinage conique et viroles cylindriques ou avec renflement vers l’entrée.
- s 3. — Réparation des Tubes.
- Tous les tubes à réparer sont remis en compte aux entrepreneurs et classés dans le parc dont il a été parlé dans le chapitre premier. La première opération qu’on leur fait subir est le décapage ; pour cela, on les plonge dans l’auge 1, contenant un mélange formé de vingt parties d’eau et d’unepartie d’acide chlorhydrique du commerce (1); on laisse macérer pendant 12 à 48 heures, selon le degré de concentration du bain, et l’on rince ensuite à grande eau dans l’auge I’ alimentée par un robinet branché sur les conduites d’eau des ateliers. Pour compléter le nettoyage et donner aux tubes décapés l’aspect de tubes neufs, on plonge pendant quelques secondes chaque tube rincé dans une petite auge contenant de l’acide non étendu ; l'on rince de nouveau en frottant avec un linge imprégné de sable ; le tube est alors aussi brillant que quand il sort de l’usine.
- Pour éviter toute cause d’oxidation, et aussi pour ne pas incommoder les ouvriers soudeurs par les vapeurs acides qui se dégagent pendant l’opération du soudage, nous pre-
- (1) Nous employons l’acide au prix de 9 fr. 50 c. les 100 kilogrammes, qui renferme environ 34.5 p. 0/0 d’acide anhydre.
- p.32 - vue 36/332
-
-
-
- — 33
- lions la précaution, avant de rentrer les tubes dans l’atelier, de les faire sécher complètement en les posant debout, pendant quelques instants, au-dessus du fourneau K chargé avec du menu coke. Nous avons tout récemment construit au-dessus de ce fourneau une enveloppe en tôle formant cheminée de la hauteur des tubes, avec une porte sur l’un des côtés, afin d’obtenir une dessiccation qui ne laisse rien à désirer et qui soit aussi économique que possible.
- Il est bien entendu que le bain de décapage est rechargé en acide à chaque opération, jusqu’à ce que les sédiments soient assez abondants pour exiger un nettoyage de la cuve. Ayant de vider, on a la précaution de jeter quelques pelletées de calcaire pour neutraliser les eaux-mères avant de les abandonner dans les égouts. Les tubes décapés et séchés sont rentrés dans l’atelier*, pour éviter tous les frais de transport, on les passe par l’une des fenêtres indiquées au plan d’ensemble.
- Le décapage à l’acide chlorhydrique est sans action nuisible sur les tubes : au. point de vue pratique, il n’y a pas lieu de s’en préoccuper (1).
- Ayant l’application du décapage à l’acide, les tubes étaient grattés à la main. Le grattage présentait l’inconvénient de ne nettoyer qu’imparfaitement l’extérieur et de ne rien enlever à l’intérieur. Le décapage à l’acide enlève moyennement un poids dé tartré compris entre 0k,150 et 0k, 170 par mètre courant de tubes de 0“,050 de diamètre : ces chiffres se divisent, à très-peu de chose près, par moitié entre l’intérieur et i’extérieur des tubes. Ainsi, dans ces conditions, le grattage laisserait à l’intérieur des tubes 50 p. 0/0 du poids total du tartre, en supposant qu’il enlevât complètement ce qui est à l’extérieur.
- Il est vrai de dire que le tartre intérieur n’est pas de même
- (1) ,20 tubes neufs pesant ensemble 221 kilogrammes n'ont indiqué aucune différence de poids après une immersion de 18 heures dans un bain fraîchement préparé. Le cuivre que l’on trouve dans les eaux-mères de décapage des vieux tubes provient de la dissolution des sels de cuivre adhérents à l’intérieur des tubes. *»
- p.33 - vue 37/332
-
-
-
- — 34 —
- nature que le tartre extérieur, mais il ne s’oppose pas moins à la transmission de la chaleur, et il cache surtout les défauts qui pourraient entraîner une mise au rebut ou exiger une réparation.
- Les tubes parfaitement décapés sont examinésavec soin. Ceux qui sont reconnus irréparables sont mis de côté; ceux qui sopt reconnus propres au service sont classés en deux catégories de réparations différentes :
- * 1° Réparation par suite de déchirement ou de maculage des extrémités ;
- 2° Réparation par suite de défauts ou de ruptures.
- Dans les deux cas, on commence par recéper les mauvais bouts la scie circulaire (1); puis chaque tube est redressé convenablement sur le poteau F. On fait également revenir au marteau et au mandrin toutes les bosses et les enfoncements.
- Nous avons adopté, pour le premier mode de réparation, une série de longueurs d’affranchissement, afin de ne pas trop multiplier les combinaisons du raboutissage (2) qui résulteraient des différences de diamètre et de longueur de recépage.
- Pour le second cas, on conçoit parfaitement que le raboutissage devra être fait., pour chaque tube, sur mesure, les défauts ou ruptures pouvant se déclarer à un point quelconque delà longueur.
- s Après le recépage, tous les tubes sont soumis à un premier essai de pression à 20 atmosphères, au moyen de la pressé1 2 3 hydraulique indiquée en B. Cet essai a surtout pour but de mettre à nu les défauts qu’un examen attentif n'aurait pas fait décou-vrir;’et qui pourraient entraîner la mise au rebut (3). ’
- (1) Il arrive cependant que l’on est quelquefois obligé de recéper les mauvais bouts de tubes avant le décapage ; c’est lorsque ces bouts sont tellement refermés par le tréflage que le tartre intérieur aurait trop de peine à sortir, où bien encore lorsque la virole reste adhérente au tube,
- (2) On appelle raboutissage l’opération qui consiste à souder un bout au ,(ube récépé^pour le ramener à sa longueur primitive.
- (3) Les tubes mis successivement au rebut sont examinés en fin de mois, et né
- sont écrasés, pour vieilles matières, qu’après un examen attentif auquel assiste l’Ingénieur des ateliers. "
- p.34 - vue 38/332
-
-
-
- Si le tube est trouvé bon à réparer, on commence par arron dir l’extrémité qu’il convient de rabowtîr, en la forçant sur un mandrin, puis on soumet cette extrémité ainsi mandrinée à Faction de la fraise, fig. 15-16, montée sur le tour C.
- Un support spécial à pivot, monté lui-même sur un levier articulé, fig. 10, permet de soutenir et guider le tube tout en le poussant sur la fraise et en lui imprimant de temps en temps un mouvement de recul pour dégager les copeaux provenant du travail. Un anneau terminant une corde fixée au plancher convient parfaitement pour soutenir l’extrémité libre du tube.
- L’inclinaison des fraises employées est de 1/8: elle donne en moyenne, pour nos tubes de 0ra,002 d’épaisseur, une longueur de pénétration de 0ra,016 des deux parties en contact. Les bouts de raboutissage, pris généralement dans les tubes à réparer, de 0m,050 de diamètre et conservant au moins un millimètre et demi d’épaisseur, sont préparés d’avance sur le même support, mais avec la fraise fig. 13-14, qui présente exactement la même incli-naison que celle fig. 15-16. Les mêmes précautions de mandrinage préalable sont prises pour les bouts dp*, raboutissage comme pour les tubes à raboutir. La collerette A, figure" 21 est obtenue au moyen de matrices spéciales.
- Les bouts de raboutissage sont classés méthodiquement dans t des étagères en attendant leur emploi.
- Avant le montage des deux parties à souder, il est indispensable de rafraîchir les coupes des fraises mécaniques am moyen de deux ou trois tours defraises à main (l), pour que la soudure prenne sans difficulté sur les parties en contact. Il est bon aussi de donner un léger coup de lime sur l’extrémité du tube un peu au-dessus de la pénétration pour permettre à la soudure d’adhérer extérieurement en augmentant la solidité de l’opération. fH
- Le sens de la croisure n’est pas indifférent ; il se déduit de ce
- (1) Ces fraises a main sont des fraises taillées au lieu de fraises li lamcsf1 elles sont construites avec autant de légèrefé^que possible et terminées par une béquille, pour en faciliter la manœuvre.
- p.35 - vue 39/332
-
-
-
- que nous avons dit en commençant sur l’inégalité de l’usure des tubes. Il importe, en effet, pour tirer le meilleur parti possible de ces tubes, de chercher à rétablir l’égalité d’usure en plaçant, du côté de la boîte à fumée , l’extrémité qui était, avant la réparation, du côté de la boîte à feu. Or, il faut conclure de là que, pour que les petites bavures que laissent quelquefois les bords de la croisure, aient le moins d’influence possible sur le tirage, il convient de faire pénétrer le tube dans le bout de raboutissage.
- Pour fixer le bout du raboutissage dans Sa position rigoureuse qui lui convient pour le soudage, on fait usage d’une tringle, fig. 9, que l’on passe dans le tube et qui maintient les deux parties en contact au moyen de deux rondelles échancrées, d’un écrou à manche et d’un ressort à boudin d’une élasticité convenable. Le ressort à boudin est indispensable pour que la dilatation du tube, pendant l’opération du soudage, n’ait pas pour effet ou de trop presser sur la croisure des deux parties, ou bien encore d’emboutir le tube dans le voisinage de la soudure quand l’emmanchement résiste.
- Nous avons toujours le soin'dc couvrir avec de la terre glaise la soudure longitudinale de construction du tube, au-dessus et au-dessous du raboutissage, pour éviter que cette soudure n’entre de nouveau en fusion pendant l’opération.
- Toutes ces précautions prises, on saisit le tube au moyen d’une tenaille à deux branches,19-20. à chacune des branches on attache une petite chaînette allant rejoindre une corde passant sur une poulie fixée au plancher. Cette corde elle-même s’enroule sur un treuil horizontal destiné à manœuvrer le tube et à l’amener dans la position indiquée par la fuj. 22.
- L’appareil à souder que nous employons//#. 2, 3 et 4, est un véritable chalumeau industriel prenant le vent dans les galeries du ventilateur des forges, où la pression varie entre 12 et 14 centimètres d’eau. Le combustible employé est le menu coke neuf.
- Pour présenter successivement à l’action de la flamme tout
- p.36 - vue 40/332
-
-
-
- — 37 —
- le pourtour de la soudure, on fait usage d’une tenaille à trois branches, fiy. 17-18, avec laquelle on imprime facilement au tube le mouvement de rotation qui convient. Les branches des tenailles sont garnies de corde, de manière à éviter que l’ouvrier se brûle les mains dans la manœuvre. C’est encore dans le but de mieux, régulariser la chaude, qu’on applique devant l’ouverture A’ un demi-cylindre en terre réfractaire dans lequel la flamme tourbillonne avant de s’élever.
- Quand les tubes sont soudés, il est indispensable d’ébarber la soudure. Cetébarbage, que nous avons fait pendant un certain temps à la lime, se fait aujourd’hui mécaniquement au moyen de la fraise ,ftg. 11-12.
- Nous avons trouvé dans l’emploi des fraises pour cette opération, une économie très-notable de temps et delimes. Le travail de la fraise est d’ailleurs incomparablement supérieur à celui de la lime.
- Avec l’emploi de la fraise, fig. 11-12, le tube est tenu par l'ouvrier perpendiculairement au tour et dans une position inclinée vers le sol. La forme de la fraise n’est pas indifférente 5 l’expérience nous a fait reconnaître que c’est la forme sphérique qu’il convient d’adopter.
- Pour servir de support au tube, et pour éviter qu’il soit entraîné par le mouvement de la fraise, l’ouvrier le pose sur la partie méplate d’un cylindre A, excentré par rapport à l’axe de la fraise et monté fou sur cet axe. Le tube peut glisser dans tous les sens sur ce support et présenter successivement à l’action de l’outil tous les points de la soudure à ébarber.
- Avant l’ébarbage, il est important de faire rentrer, au marteau, les parties du tube voisines de la soudure qui pourraient être atteintes par l’action de la fraise. Après l’ébarbage, les tubes sont redressés une deuxième fois , s’il est nécessaire, et de nouveau essayés à 20 atmosphères, avant l’expédition au magasin. !
- p.37 - vue 41/332
-
-
-
- — 38 —
- CHAPITRE III.
- MODE DE COMPTABILITÉ*
- Nous avons déjà eu occasion de faire voir dans notre mémoire sur l’entretien des roues, déjà cité, que la comptabilité d’un atelier organisé sur le principe du marchandage par association peut se simplifier considérablement. Nous retrouvons cette simplicité dans la comptabilité de l’atelier des tubes.
- En effet :
- Un rôle de journées ;
- Un attachement de travaux, modèle n° 1;
- Une main-courante d’entrée et de sortie des matières;
- Un carnet de mouvement des tubes, modèle n° 2, pour la tenue duquel l’unité adoptée est le mètre linéaire ;
- Un état de paie, modèle n° 5 de notre mémoire sur les roues,
- Composent l’ensemble des écritures spéciales de l’atelier des tubes.
- Le dépouillement de ces écritures se fait à la comptabilité centrale, sur trois comptes généraux :
- 1° Réparation des machines ;
- 2° Réparation des tubes à air chaud ;
- 3° Renouvellement des tubes.
- Dans le premier compte, on porte immédiatement au débit de chaque machine toute la main-d’œuvre pour montage et démontage des tubes et viroles ;
- Dans le second compte, on porte au débit de la réparation des tubes toutes les matières et main-d’œuvre, tel qu’il résulte de Rattachement et de la main-cour ante; et au crédit de cette réparation, le produit des amendes infligées aux entrepreneurs pour malfaçon, etc., ainsi que les matières qui pourraient être rendues au magasin, les vieux tubes exceptés.
- p.38 - vue 42/332
-
-
-
- — 39 —
- La balance est portée, en fin de semestre, au compte entretien des machines.
- Dans le troisième compte, on porte au débit toutes les acquisitions de tubes neufs ; au crédit, toutes les rentrées pour vente des vieux tubes, etc.
- p.39 - vue 43/332
-
-
-
- Modèle N
- CBEI1R DS FEE DD NORD.
- Division «lu Matériel.
- www
- ATELIERS.
- ATTACHEES EST de® Travaux de l’entreprise de® Tiabe®
- Pendant la quinzaine d i S5 .
- DÉSIGNATION
- NOMBRE
- YO ET VÉRIFIE 1
- le Contrôleur des Attachements,
- DATES. DES COMPTES DÉBITEURS. | DE TUî'ES raboutis. démontés y compris LA VIROLE.
- fr. c. fr. c.
- » Prix de l’unité 0 75 ü 55
- i Réparation des tubes v 40 n
- * Machine n° 54 9 9 1 5
- n Machine n° 201 U »
- 2 Réparation des tubes • 25 H
- V Machine n°20 » u 40
- ri Machine n° 201 0 a
- 65 165
- Totaux
- • 48 75 90 75
- • 48 75
- NOMBRE DE TUBES
- montés y compris
- LA VIROLE.
- fr. c. 0 55
- u
- »
- » 50
- R
- O
- » 75
- 125
- NOMBRE DE VIROLES posées, y compris le démontage de la mauvaise virole.
- fr. c.
- 0 25
- H
- »
- »
- il
- » 100
- 100
- 233 25
- TRAVAUX
- EN DEHORS DU MARCHÉ.
- >>
- v
- »
- »
- V
- H
- TOTAUX
- PAR LIGNES.
- fr. c. 30 00
- G8 75 27 50
- *8 75
- 47 00
- 25
- 233 25
- Le présent Attachement dressé et certifié par le Comptable soussigné.
- La Chapelle, le 185
- O
- p.40 - vue 44/332
-
-
-
- p.41 - vue 45/332
-
-
-
- Modèle N'
- — 42 —
- CHEMIN DE FER DD NORD.
- Division du Matériel.
- WWW
- ATELIERS.
- CABIET ©U
- Pendant le
- DATES.
- DÉBIT.
- DESIGNATION DES TUBES.
- Oct. 1"
- Oct. 7 7
- ii
- 21
- 29
- 31
- RESTE A L’INVENTAIRE
- savoir :
- 40 Tubes à réparer, etc 3® ,80 0“,050 152m,00
- 50 Idem 4 04 0 051 202 00
- 77 Idem 3 84 0 051 295 68
- 80 Idem 2 60 0 044 208 00
- 110 Bouts de tubes pour raboutissage 0 25 0 049 27 50
- 40 Idem 0 20 0 050 8 00
- 29 Idem 0 15 0 051 4 35
- TOTAL
- ENTRÉES DU MOIS.
- 45 Tubes à réparer, venant de l’économat.
- du montage......
- de l’économat...
- de l’économat ... . du dépôt de Paris . du dépôt de Paris .
- 79 Idem I dem
- 12) Idem Idem
- 40 Idem Idem
- 17 Idem Idem
- 10 Idem Idem
- 897™,53
- DIMENSIONS.
- DIAMETRE.
- TOTAL GENERAL.
- LONGUEUR.
- 0ro,050 3®,80 171 00
- 4 044 2 60 205 40
- 0 050 3 80 456 00
- 0 050 3 84 80 64
- 0 051 4 04 68 68
- 0 049 2 84 28 40
- PRODUIT
- EN MÈTRES
- linéaires.
- 891® ,53
- 1,907 65
- MOUVEMENT mm TTUSIES
- mois d 485
- DIMENSIONS:
- PRODUIT
- EN MÈTRES
- linéaires.
- DATES.
- DESIGNATION DES TUBES.
- QUANTITES.
- DIAMÈTRE.
- LONGUEUR.
- LIVRAISONS DU MOIS
- Oct. 5
- T'e^efivrés'iri"'S ' eS5°yéS ’ rCÇUS] & l’économat...............
- Idem Idem au dépôt de Paris
- Idem
- 0 050
- 38 40
- Idem
- Idem
- au montag. desmaehin.
- 0 050
- 3 84
- 84 48
- Idem
- Idem
- à l’économat
- 40 40
- à l’économat
- Idem
- 0 051
- 384 00
- Idem
- 0 050
- 372 48
- h l’économat
- Idem
- 0 050
- 202 00
- Idem
- ô l’économat
- 0 051
- TOTAL
- Tolér. pour pénétr. des bouts deraboutis. sur 292 tubes.
- 0 02
- Bouts livrés aux vieilles matières
- Inventaire reporté au mois suivant Déchet pour balance...............
- TOTAL GÉNÉRAL
- La présente Balance dressée et certifiée par le Comptable soussigné. J.a Chapelle, h 185
- Vr RT VÉRIPIB :
- Le CoMrôleur mu attachement*,
- p.dbl.42 - vue 46/332
-
-
-
- — 44 —
- La balance est portée, en fin de semestre, au compte Entretien des machines.
- Le montant des deux balances, compte Réparation et compte Renouvellement des tubes, est en dernier lieu réparti par machine, proportionnellement au nombre de kilomètres parcourus.
- On voit que nous ne faisons pas supporter de dépréciation aux tubes maintenus en service. Cette méthode, qui n’offre aucun inconvénient, présente au contraire l’avantage de simplifier notablement la tenue des écritures générales.
- p.44 - vue 47/332
-
-
-
- CHAPITRE IV.
- APPROVISIONNEMENTS.
- Nous avons dit, à propos du démontage des tubes, que la Compagnie avait adopté le diamètre extérieur de 50 millimètres pour les tubes de toutes ses machines. Cette mesure importante à laquelle il a été possible de satisfaire, en réalisant les trous des plaques tubulaires de la boîte à fumée d’un certain nombre de machines, présente les avantages incontestables suivants : augmentation de la surface de chauffe; meilleures conditions pour la combustion ; simplification dans les travaux de réparation et diminution notable des quantités en approvisionnement.
- Sous le régime de la multiplicité des diamètres (1) l’approvisionnement permanent des magasins s’établissait comme suit, en 1849 :
- 4,400 tubes, représentant un poids total de 46,000 kilogrammes............................. 117,300 fr. 00
- 30,000 viroles.............................. 10,400 00
- Ce qui porte les approvisionnements en tubes r
- et viroles à................................... 1271,700 00
- Par suite de la mesure adoptée, les approvisionnements s’abaisseront de moitié et représenteront une somme de 63,850 fr.
- Il en résultera un boni annuel sur les intérêts des capitaux on magasin, s’élevant en chiffres ronds à la somme.de 3,200 fr., dont l’annuité représente l’acquisition dune locomotive de 40,000 fr., après un temps un peu moindre que dix ans.
- Nous avons dit ailleurs que tous nos tubes étaient en laiton
- (1) Les diamètres étaient, autrefois, 43.5, 46, 48.5, 49 et 50,
- p.45 - vue 48/332
-
-
-
- — 46 —
- et de 2 millimètres d’épaisseur • leur composition s’établit à peu près comme suit, en chiffres ronds :
- 70 p. 0/0 do cuivre et 30 p. 0/0 de zinc.
- Pour arriver à cette composition on met environ dans les creusets :
- 67 p. 0/0 de cuivre et 33 p. 0/0 de zinc.
- Ces tubes sont formés de bandes soudées longitudinalement ; la soudure se fait par-l’intérieur, et la croisure des pinces, mesurée sur le biseau, n’a pas moins de 6 millimètres. C’est, comme on le voit, et en suivant la règle généralement admise, une croisure égale à trois fois l’épaisseur.
- Lors de l’entrée en magasin de tubes neufs livrés à la Compagnie par les fournisseurs, il est fait une vérification minutieuse de chacun d’eux, et tous doivent satisfaire aux conditions suivantes imposées aux fournisseurs :
- 1° Résister à une pression intérieure de 20 atmosphères à la presse hydraulique, sans qu’il se manifeste aucun suintement sur les soudures ;
- 2° Forme cylindrique parfaite à l’extérieur et à l’intérieur, et sans aucune apparence de soudure, aux extrémités sur une longueur de 6 à 8 centimètres ;
- 3° Diamètre rigoureux de 50 millimètres vérifié au moyeu d’une bague ;
- 4° Epaisseur régulière dé*2 millimètres, correspondant au poids approximatif de 3k,09 par mètre courant ;
- 5° Croisure des pinces de 6 millimètres au moins mesurée sur le biseau ;
- 6° Enfin, les tubes ne doivent pas être étirés à la bague, mais arrondis au laminoir. Le laminage offre les avantages de refouler et écrouir le métal, tandis que l’étirage, au moyen de bagues, énerve les tubes en les criquant.
- Les approvisionnements de viroles se font sur la longueur uniforme de 30 millimètres. Les diamètres extérieurs sont échelonnés de 1/2 millimètre en 1/2 millimètre. L’épaisseur est con~
- p.46 - vue 49/332
-
-
-
- — 47
- stante et égale à 2 millimètres 1/2 au plus. Toutes les viroles doivent être rigoureusement coniques à l’extérieur, sauf un léger arrondi sur 3 millimétrés* de longueur au maximum pour faciliter l’entrée et éviter de déchirer les tubes. A l’intérieur'et du côté de la base du cône nous avons quelquefois exigé un chanfrein à 45 degrés sur le tiers environ de l’épaisseur pour faciliter le passage de l’air chaud et éviter les contractions.
- Nos viroles sont tantôt tirées fie la maison Hemerdinger,^(viroles en tôle embouties et découpées) ; tantôt de la maison Lemaître ( viroles mécaniques assemblées en acier corroyé ) ; et enfin, de nos propres ateliers (viroles en fer soudées et. tournées).
- p.47 - vue 50/332
-
-
-
- — 48 —
- CHAPITRE V.
- PRIX DE REVIENT.
- $ 1». —Prix de revient,- dans les ateliers de la Compagnie, des viroles en fer, sondées et tournées de O™,04=6 de diamètre extérieur.
- Pour 100 Viroles.
- Matières .... Combustible. . .
- Main-d’oeuvre. .
- Frais généraux.
- Fer 30/4, 14 kil. à 0 f. 47....................
- Charbon de forge 15 kil. h 0 f. 029.............
- Marchandage, forges............8 fr. 4
- Marchandage, tour...............7 ) 8
- 50 p. 0/0 de la main-d'œuvre......... 7 50
- 6 fr. 58 0 44
- 22 50
- Total pour 100 viroles.
- , ., . , 29 f. 52 ...
- Le prix de revient d une viroie sera ou approximativement. .
- . 29 52
- 0 30
- S 2. — Prix de revient de la pose d’une virole.
- Main-o’oeuvre. . Démontage de l’ancienne virole et pose de
- la nouvelle . ...................... 0 fr. 25 t 0 fr. 38
- Frais généraux. 50 p. 0/0 de la main-d’œuvre............. o 13_)_____________
- Ce prix de revient se ressent naturellement de l’obligation, pour les entrepreneurs, de poser tel nombre de viroles qu’il se présente sur une machine, depuis une seule jusqu’à une garniture complète.
- S 3. — Prix de revient de la réparation d’an tube.
- i Acide chlorhydrique pour le décapage. . . . . 0f. 04)
- Bout de tube pour le raboutissage, 0k.59x25f.5. 1 50 V 1 fr. as
- Soudure forte et borax.......................o 04 J
- Combustible. . . Menu coke........................................... 0 01
- À reporter
- 1 59
- p.48 - vue 51/332
-
-
-
- — 49
- Main-d’oeuvre. . Report. . . Décapage, recépage, fraisage des bouts, 1 fr. 59
- Frais généraux. soudage et essai. o fr. 75 ( 50 p. 0/0 de la main-d’œuvre 0 38 ) 1 13
- Total 2 72
- A déduire. . . . Rognures provenant du recépage 0 k. 59 x 1 f. 55. . 0 91
- Reste, pour prix de revient de la répaiation d’un tube. 1 81
- § 4. — Prix de revient de la pose d’un tube»
- Main-d’oeuvre. . Frais généraux.
- Démontage du tube à remplacer. Montage du tube remplaçant . . 50 p. 0/0 de la main-d’œuvre.
- 0 fr. 551 0 55)
- 1 fr. 10 0 55
- 1 fr. 65
- 5 5. — Prix de revient du remplacement d’un tube , réparation comprise.
- Matières. . . . Combustible. . . Main-d’oeuvre. . Frais généraux.
- 2 viroles neuves (prix moyen d’acquisition). 0 f. 66 Dépréciation sur le tube remplacé. . Pour mémoire. Recuisage du tube aux deux bouts (coke et suif ). . . Démontage d’un tube et deux viroles. 0 f. 551 Montage id. 0 55 ) 1 r’ 10
- 50 p. 0/0 de la main-d’œuvre. ..... 0 55
- }
- 0 fr. 66 0 01
- 1 85
- Total..................... 2 32
- A ajouter. . . . Prix de revient de la réparation d'un tube............... 1 81
- Ensemble................... 4 13
- A déduire : Matière. 2 vieilles viroles, 0 k. 16 à 0 f.'08. ....... O 01
- Reste, peur prix de revient du remplacement d’un tube (réparation comprise)............... 4 fr. 12
- S 6. — Prix de revient, par kilomètre parcouru en 18419, de Peu-tretien de la partie tubulaire des machines locomotives.
- Matières .
- Tubes consommés en 1S49, 4,110k. b 2 f. 55. 10,480 fr. Viroles id. 30,000 k. b Of. 33. 9,900 fr.
- ]
- 20,380 f.
- Frais généraux de magasin. Intérêts b 5 0/0 des capitaux en magasin. 6,385
- »
- »
- A reporter. .... 26,765
- • 4
- p.49 - vue 52/332
-
-
-
- — 50
- Report. . . 26,705 f, «
- Réparation de tubes dans les ateliers. (Matière, main-d’œuvre et frais
- généraux). , .................................... 24,828 »
- Démontage et remontage de 4,000
- tubes, k 1 f. 10............. 4,400 f.
- Démontage et remontage de 22,000 viroles, k 0 f. 25. ..... . 5,500 f.
- Frais généraux de main-d’oeuvre. 50 p. 0/0 de la somme ci-
- dcssus ..............................
- A ajouter.. . . Pour frais de matage des viroles dans les dépôts . . . 1,557 »
- Total.................... 68,000 f. »
- Le parcours total des machines locomotives de la Compagnie, pendant l’année 1849, ayant été de 3,428,885 kilom., le prix de revient d’entretien
- de la partie tubulaire, par kilom,, sera donc de 3 k (1 2).............. 0 f,. 0199
- 9,900 f. »
- (<)
- 114,850 f. » 4,950 »]
- Main-d’œuvre.
- (1) O11 peut considérer cette somme comme au-dessous delà vérité, attendu que nous avons appliqué a la pose d’un tube sur la ligne, le prix de marchandage des ateliers de Paris, quoique dans les dépôts les travaux de pose de tubes s’exécutent k la journée. Il nous eût été, du reste, presqu’impossible d’appliquer ici la dépense effective. Néanmoins, l’on peut considérer le prix de 68,000 fr. comme représentant avec assez d'exactitude les dépenses de 1849.
- (2) D’après ce que nous avons dit en commençant, il est certain que cette dépense s’élèvera assez notablement. Quand le remplacement des tubes sera parvenu k son état normal, elle pourra atteindre le chiffre de 0 f. 03.
- p.50 - vue 53/332
-
-
-
- — 51 —
- CHAPITRE VI. ANNEXES.
- Marché pour Peutreprise de Pentretien de la partie tubulaire des chaudières des machines locomotives. '
- L’entreprise s’applique généralement à tous les travaux d’entretien de 1a, partie tubulaire des machines locomotives, et comprend toutes les manœuvres nécessaires pour amener les objets à pied-d’œuvre, les conduire dans les magasins, au dépôt et au montage des machines.
- Elle est confiée à la Société anonyme des tubes, et devra durer un an à dater du 1er janvier 1850.
- Les travaux que l’entreprise comprend peuvent être définis comme suit :
- 1° Démontage des tubes et viroles;
- 2° Montage des tubes et viroles ;
- 3° Remplacement des viroles ;
- 4° Réparation des tubes encore propres au service ;
- 5° Enfin, toutes les manœuvres dont il vient d’être parlé, et l’entretien des outils confiés à la Société.
- Les entrepreneurs sont responsables de leurs travaux jusqu’après le premier essai des machines auxquelles ils ont été appliqués. Tous les tubes ou viroles qui fuiraient, après ce premier essai, seront-remplacés ou réparés au compte de l’entreprise.
- Il pourra être ajouté aux opérations ci-dessus définies certains autres travaux à des prix consentis par la Société.
- Les prix concédés par Iè présent marché aux entrepreneurs, pour la durée de l’entreprise, ne pourront, dans tous les cas, s’appliquer qu’aux travaux qui seront bien et dûment reçus, et constatés par les attachements de la comptabilité.
- p.51 - vue 54/332
-
-
-
- — 52 —
- Les sommes allouées pour travaux exécutés et reçus, comme il vient d’être dit, serviront d’abord à acquitter les salaires de tous les sociétaires, tels qu’ils ressortiront des taux fixés par la Compagnie pour chacun d’eux. Ce qui restera disponible, après ce premier prélèvement, constituera le bénéfice de la Société et sera réparti, par les soins delà comptabilité, entre tous les Sociétaires, au prorata des salaires.
- Le nombre et la désignation des ouvriers faisant partie de la Société seront réglés, sur la proposition des contre-maîtres, en raison des besoins du service. Tout nouvel ouvrier entrant dans l’association ne participe aux bénéfices de l’entreprise qu’après la seconde paie qui suit son entrée.
- La Compagnie conserve, vis-à-vis de tous les membres de la Société, le droit de renvoi ou de remereîment pour faute d’emploi. Ce droit sera exercé par l’Ingénieur de l’atelier, sur la proposition du contre-maître. Le compte de l’ouvrier renvoyé sera réglé d’après le taux de journée fixé par la Compagnie, pour ses heures effectives de travail depuis la dernière paie jusqu’au jour de son renvoi. Il en sera de même à l’égard de tout ouvrier démissionnaire ou remercié pour faute d’emploi, lorsqu’il ne voudra ou ne pourra attendre jusqu’à la paie prochaine de ses co-associés. — Aucune réclamation en participation sur les paies suivantes à intervenir ne sera admise dans aucun cas.
- Les taux des journées pourront être révisés chaque mois, sur la proposition du contre - maître, de manière qu’ils représentent toujours, aussi exactement que possible, le travail et l’intelligence développés par chacun des membres de la Société.
- Dans le cas où la Compagnie apporterait des perfectionnements dans le système de travail adopté aujourd’hui, ou si elle venait à introduire l’emploi de nouveaux appareils pour la réparation des tubes, elle aurait le droit de faire cesser les anciens procédés, et dès-lors, les travaux destinés à les remplacer deviendraient l’objet d’un nouveau marché avec la Société actuelle ou toute autre Société.
- La série des prix reste fixée comme suit pour la durée de l’en-
- p.52 - vue 55/332
-
-
-
- — 53 —
- treprise, commençant, ainsi qu’il a été dit, au 1er janvier 1850 et finissant au Ie? janvier 1851.
- 1° Démontage des Tubes et des Viroles.
- Par chaque tube démonté, quel qu’en soit le nombre, il sera payé. ................................ ..........Of. 55.
- Le démontage des tubes comprend les opérations suivantes :
- 1° Enjèvement de la virole^
- 2° Enlèvement du tube^
- 3° Transport, au parc, des tubes à réparer.
- 2° Montage des Tubes et Viroles.
- Par chaque tube monté, quel qu’en soit le nombre, il sera payé. ...........................................Of. 55.
- Le montage des tubes comprend les opérations suivantes :
- 1° Transport des tubes du magasin au montage ;
- 2u Mandrinage des trous des plaques tubulaires 5
- 3° Présentation en place des tubes, recuisage et affleurage ;
- 4° Mandrinage des tubes -,
- 5« Pose des deux viroles.
- 3° Remplacement des Viroles.
- Par chaque virole rèmplacée, quel qu’en soit le nombre, il sera payé.................» . . ..................Of. 25.
- Le remplacement des viroles comprend :
- 1° L’enlèvement de la mauvaise virole 5
- 2° La pose de la virole neuve.
- 4° Réparation des Tubes.
- Par chaque tube réparé, essayé et reçu, quels que soient la longueur du raboutissage et le nombre des points de soudure à faire, il sera payé . ............................Of. 75.
- La réparation des tubes comprend les opérations suivantes :
- t° Décapage des tubes dans les cuves ;
- p.53 - vue 56/332
-
-
-
- 54 —
- 2° Recépage des mauvais bouts et essai à la presse ;
- 3° Fraisage de l’extrémité à raboutir •
- 4° Préparation des bouts de raboutissage ;
- 5° Soudage, redressage et ébarbage ;
- 6° Calibrage rigoureux, à l’intérieur et à l’extérieur des extrémités des tubes réparés -,
- 7° Toutes les manœuvres de rangement, pesage, etc.
- Nota. — Jusqu’à présent l’application des bagues en cuivre rouge, pour ramener les trous des plaques tubulaires du foyer aux dimensions normales, a été faite à la journée, par les monteurs chargés de la réparation des machines.
- Devis général de l’installation de l’atelier des tubes.
- 03 PS P a o 'a 9 ! » DÉSIGNATION DES OBJETS. POIDS ou QUANTITÉS. PRIX de l’unité. PRODUIT.
- . Tour & banc de bois et porte-outils, pour le frai- fr. c. fr. c.
- sage des tubes et bouts de raboutissage i 300 » 300 n
- 2 Fraise intérieure i 25 a 25 »
- 3 Id. extérieure i 35 i. 35 .i
- 4 Id. pour l’ébarbage des soudures i 30 n 30 «
- 5 Suspension en corde, avec anneau i 2 n 2 »
- 6 Scie mécanique, avec charriot et porte-tube.... i 450 .i 450 »
- 7 Lames de scie circulaire pour ladite. 2 11 25 22 50
- 8 Suspension en corde avec anneau 1 2 " 2 a
- » Presse hydraulique pour essayer les tubes 1 850 n 850 »
- 10 Bacs à décaper (1) 2 180 n • 360 »
- 11 Chevalet avec mandrin, pour redresser les tubes. 1 25- » 25 »
- 12 Rouleau pour sortir les tubes 1 20 » 20 »
- 13 Leviers pour ledit rouleau,—1—10 f 30 k. n 50 15 »
- 14 Cordages 10 2 » 20 »
- 15 Four à chalumeau pour souder 1 100 » 100 a
- 16 Tamisoirs 2k. 1 n 2 «
- 47 2 2 n
- 18 Caisse à coke—1 49 k. » 75 36 75
- 19 Appareils de montage de tubes à souder—2.... 8 2 50 20 »
- 20 Treuil, comprenant sa corde, sa double chaîne et
- sa tenaille 1 50 » 50 »
- 21 Echelle pour les transmissions de mouvement... 1 15 » 15 »
- A Reporter... 333 n
- (1) Ces bacs sont en chêne, enduits simplement à l’intérieur avec un mélange gras, composé de 1 partie de suif et 3 parties de résine.
- p.54 - vue 57/332
-
-
-
- 55
- W m a (à O *b O SE DÉSIGNATION DES OBJETS. POIDS ou QUANTITÉS. PRIX de l’unité. PRODUIT
- fr. c. fr. c.
- Déport 496 n
- 22 Jauges indiquant la longueur des tubes 4 5 » 20 »
- 23 Etablis de menuisier. 4 60 » 940 ii
- 24 Etaux d’ajusteurs—4 256 k. i 55 396 bO
- 25 Tréteaux à rouleau 4 8 » 32 »
- 26 Forges volantes 2 100 » 200 »
- 27 Caisse à outils 1 20 20 »
- 28 Fourneau pour sécher les tubes 4 200 » 200 fi
- 29 Garniture d’une caisse à outils (suivant le détail
- ci-après i 406 n 406 »
- Total 3,909 05
- Composition de la caisse à outils des ouvriers tablâtes.
- Une bigorne 7k 2 12 ;i
- Trois étampes 6 2 44 n
- Hn/ifre limes des ime an nnmiet 9 45 u en
- Onaf re id. id. .1 /9 rondes O fi* o on
- Un calibre pour tubes 5 •> y ou 5 H
- Vingt mandrins courts GO k. » 80 48 fi
- Cinq id longs, pour boîte à fumée C 70 » 80 56 fi
- Cinq chasse-tubes 15 » 80 42 ..
- Quatre chasse-viroles courts 42 » 80 9 60
- 1 Quatre id. longs, pour boite à fumée 56 » 80 44 80
- I Dît mnrtpnnv ft garnir - 3 » qn ..
- 1 Quatre masses h chasser les viroles 12 2 » 24 h
- B T)ir maillets en hnis 1 » fl u
- Tr^is hngnps h retreindrp. 10 n 30 «
- Deux fraises à main, pour rafraîchir les coupes des frai-
- spq mécaniques, au moment de souder 20 » 40 fi
- Douze langues de carpe pour sortir les tubes 1 25 45 fi
- Vingt burins. 10 k. 2 » 20 »
- Yingt becs-d’àne 10 2 » 20 »
- Total égal au montant de la garniture inscrite sous le N° 29 du devis
- qui précède 406 »
- p.55 - vue 58/332
-
-
-
- p.56 - vue 59/332
-
-
-
- 57
- MEMOIRE N" XVIII.
- Rapport sur un projet de dâslrilmtion d’eaii il Madrid (1),
- Par MM. Eugène FLÀCHAT et E. LORENTZ.
- Neuf compagnies industrielles puisent chaque jour dans la Tamise et dans la Léa deux cents millions de litres d’eau pour la consommation de Londres 5 un capital énorme a été consacré aux travaux de dérivation, acquisitions des terrains, établissement de machines, réservoirs, bassins de filtration, conduites et tuyaux.
- Et cependant la commission générale de salubrité (2) vient de se prononcer pour l’abandonnement complet des eaux de la Tamise et de la Léa ; elle propose de dériver à Londres les eaux de drainage des terrains d’alluvion qui avoisinent la métropole, et de lui fournir ainsi des eaux plus pures.
- Tant il est vrai que l’insalubrité de l’air, des habitations, des habitudes, les conditions diététiques, la plus grande délicatesse des tempéraments, la souillure des eaux de pluie, tout concourt, dans les grandes villes, à donner une importance sans rivale
- à la qualité des eaux qui y sont distribuées !
- *
- Madrid, appelée, pour subvenir aux besoins de ses habitants,
- (1) Ce projet émane de MM. les Ingénieurs Rafo et de Ribera, qui l’ont élaboré à la demande du gouvernement espagnol.
- Un rapport sur ce travail a été demandé à M. Flachat, par M. de Grimaldi, consul général d’Espagne; cet Ingénieur s’est associé M. Lorentz, dont la collaboration lui a permis d’entrer dans les développements que nécessitait l'étude d’une entreprise aussi importante.
- (2) Dans l’intervalle qui s’est écoulé entre la présentation de notre rapport (décembre 1849) et son impression, le gouvernement anglais a publié un travail remarquable de la commission de salubrité, sur l’alimentation de Londres. Cette publication, qui date de 1850, nous a fourni quelques renseignements et chiffres dont nous avons enrichi noire rapport.
- p.57 - vue 60/332
-
-
-
- — 58 —
- à faire un choix entre des eaux de diverses natures et entre les divers systèmes propres à les mener dans la cité, devra, selon nous, se préoccuper tout d’abord de la bonne qualité de l’eau, et de son abondance ensuite ; ces deux conditions dominent la question de dépense.
- Nous sommes donc tout naturellement conduits à présenter quelques considérations préliminaires et générales , nécessaires d’une part pour légitimer l’importance que nous assignons à ces deux éléments essentiels de toute distribution bien entendue, d’autre part pour déterminer les conditions auxquelles une eau peut être réputée de bonne qualité et abondante.
- CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES.
- Bonne qualité de l’eau.
- Nous démontrerons en premier lieu que l’eau destinée à l’alimentation d’une ville, doit être d’une seule et même qualité pour les diverses fonctions qu’elle est appelée à remplir, fonctions qui se résument ainsi :
- Boisson;
- Apprêt des aliments ;
- Ablutions ;
- Lavage du linge ;
- Bains ;
- Besoins des animaux ;
- Usages industriels, grands consommateurs, force motrice (1). Waterclosets et nettoyages intérieurs ;
- Irrigations des jardins , cours et façades des maisons ;
- Besoins particuliers...
- (1) Dans les villes où l’eau est distribuée k pression soit naturelle, soit artificielle, sa chute peut être très-utilement appliquée aux appareils qui ne demandent qu'une force de moins de trois chevaux (a ceux suitout qui ne fonctionnent que par intermittence), tels que presses hydrauliques et a imprimer, ventilateurs, appareils a moudre, tours, soufflets, grues h faroeaux, etc.
- p.58 - vue 61/332
-
-
-
- — 59 —
- (Fontaines jaillissantes;
- Arrosage et ébouage des rues, places et promenades ;
- Curage des égouts ;
- Extinction des incendies.
- Un simple coup d’œil sur les divers usages de l’eau attribuée aux besoins particuliers, fait voir que, sauf pour les nettoyages et irrigations, cette eau doit être de premier choix.
- Mais il est convenable, nécessaire même, que l’eau des nettoyages, tout aussi bien que celle des usages plus spécialement individuels, soit élevée jusque dans l’intérieur des maisons;—il n’est doncpoint possible d’établir de distinction entre ces deux natures d’eaux, sans admettre en même temps un double système, de distribution d,ans les maisons, de conduites souterraines et de réservoirs ou autres appareils ; en d’autres termes, sans se jeter dans des dépenses considérables et des inconvénients graves.
- Ces inconvénients ont paru assez notables aux commissaires chargés, il y a un petit nombre d’années, par le parlement Anglais, de faire une enquête sur les questions de salubrité des grandes villes, pour être signalés comme l’un des motifs qui militent contre l’existence simultanée de plusieurs compagnies de distribution d’eau.
- Quant au service des eaux d’édilité, auxquelles nous joindrons les eaux d’irrigations particulières, il est certain qu'il pourrait s’effectuer avec des qualités inférieures. Mais ici se présentent de nouveau, quoique moindres, les difficultés et les inconvénients des doubles distributions (1).
- (1) Il n’est point indifférent, d’ailleurs, même pour les ébouages et arrosages des rues, de faire usage d’eaux renfermant des matières animales ou végétales ; l’évaporation de pareilles eaux est nuisible à la santé publique.
- Voici du reste, sur les alimentations avec eaux de divirses natures, les conclusions des membres de la Commission de salubrité (Report on thesupply of water to the metropolis, 1850) :
- « :Les dépenses qu’occasionne une semblable séparation sont une objcc-
- Nécessité d’une qualité unique et d’une bonne qualité.
- p.59 - vue 62/332
-
-
-
- Traits
- caractéristiques
- d’une
- bonne qualité.
- Fraîcheur.
- — 60 —
- Ce qui achève de condamner de semblables séparations, c’est que l’eau d’édilité, c’est-à-dire l’eau des diverses fontaines, est en même temps l’eau du pauvre, c’est là que vont se pourvoir ceux qui ne peuvent payer; l’humanité aussi bien que la justice prescrivent de les alimenter avec de bonne eau.
- On ne saurait donc établir de catégories pour l’eau destinée aux divers usages d une ville , et nous devons admettre que, sauf force majeure, elle doit, tout entière, présenter les caractères qui la rendent propre aux besoins les plus directement individuels, tels que la boisson, l’apprêt des aliments, le blanchissage. Or il est facile de démontrer que pour remplir ces importantes fonctions, l’eau doit être fraîche, limpide, incolore, insapide , inodore, et surtout ne donner à l’évaporation qu’un faible résidu, dans la composition duquel les sels les plus nuisibles ne figurent qu’en proportion pour ainsi dire inappréciable.
- L’eau doit être fraîche en effet ; car tiède, elle affaiblit l’estomac et trouble la digestion. La fraîcheur est une qualité si essentielle, qu’elle permet de digérer une eau d’assez pauvre qualité, tandis que la tiédeur rend la meilleure eau nauséabonde et indigeste.
- Nous ne saurions trop insister sur ce point, intéressant pour tous pays, mais qui devient d’une suprême importance, d’une nécessité impérieuse dans les pays chauds. On sait qu’un des rôles essentiels de l’eau, c’est la réparation des pertes que le sang éprouve dans ses parties séreuses, pertes qui acquièrent une grande valeur dans une atmosphère sèche et chaude. A Madrid, les habitants font peu usage de boissons fermentées, alcooliques, et des préparations de toutes natures auxquelles s’adonnent les peuples des contrées plus septentrio-
- » tion grave. Si l’on peut se procurer suffisamment de bonne eau pour tous les » usages, la séparation ne présente aucun avantage, tandis qu’il y en a de » grands fi se servir exclusivement d’eau de bonne qualité. »
- p.60 - vue 63/332
-
-
-
- — 61 —
- nales(l); mais par contre, ils boivent fréquemment de grandes quantités d’eau pure. Dans ces conditions, les hommes deviennent exigeants pour la qualité de l’eau ; ils le deviennent par goût et par hygiène.
- Consultée en 1838 par le préfet du Rhône, au sujet de l’alimentation de Lyon, une commission d’hommes spéciaux et de savants a fixé à 15° centigrades la température que l’eau ne pouvait dépasser sans danger ou du moins sans de graves inconvénients ; mais pour être agréable à boire, surtout dans une ville comme Madrid, où les habitants sont accoutumés à trouver beaucoup de fraîcheur dans l’eau qu’ils consomment, elle ne saurait avoir plus de 10°.
- La fraîcheur de l’eau est d’ailleurs nécessaire à diverses préparations industrielles (2), utile à la condensation des machines à vapeur; enfin, dans les égouts, elle retarde, si elle ne prévient pas complètement, la décomposition des matières organiques.
- La fraîcheur de l’eau doit être naturelle, car il n’est guère possible de ramener à une basse température de l’eau échauffée par un long parcours ou un long séjour sous les rayons du soleil.
- En effet, l’on ne peut rafraîchir l’eau que de deux manières :
- 1° En la faisant séjourner dans des réservoirs souterrains; mais, pour de grandes quantités d’eau, il faudrait, soit des souterrains énormes où elle pût se reposer très-longtemps, soit des souterrains très-multipliés ; car l’eau en masse conserve sa tem-
- (1) Boire de l’eau est utile en tous climats et notamment chez les nations qui, comme les Anglais, vivent principalement de nourriture animale. Mais la mauvaise qualité de l’eau, si générale en Angleterre, éloigne les classes pauvres de cette boisson et contribue beaucoup à l’intempérance qui leur est reprochée.
- La réponse invariable faite par les individus des classes pauvres de certains districts de Londres, lors de l’enquête, fut >< qu’ils ne pouvaient boire d’eau, » qu’elle était trop sale et leur faisait mal. » (Voir le rapport, déjà cité, sur l’alimentation de Londres.)
- (2) A Londres, les brasseurs et d’autres grands consommateurs ne reculent devant aucune dépense et notamment le forage de puits artésiens, pour se procurer de l'eau a une température constante de 9 à 10 degrés centigrades. {Report on ihe supply of thewaterto the metropolis, 1830.)
- p.61 - vue 64/332
-
-
-
- Pureté.
- — 62 —
- péralure avec une rare énergie. Il y a donc là des difficultés pratiques et financières insurmontables ;
- 2° En lui faisant parcourir de longs trajets dans des conduits souterrains. Mais la difficulté d’un pareil moyen devient évidente en présence du fait suivant : à Lyon, dans un tuyau de fonte profondément souterrain et de petit diamètre, l’eau ne perdait que 2° 1/2 de sa température pendant un trajet de 1,400 mètres (1). Et cette expérience ne peut donner une idée, même approchée, de la difficulté que mettrait de l’eau, circulant en plus grand volume, à se dépbuiller de sa chaleur.
- A Toulouse, où l’eau de la Garonne s’infiltre souterrainement avec lenteur et dans un état de division extrême, à travers un banc d’alluvion, jusque dans des galeries placées à 4 mètres sous terre et à 40 mètres de la rivière, cette eau, disons-nous, atteint souvent, l’été, au sortir des galeries, une température de 17° centigrades, tant le rafraîchissement est difficile (2).
- Nous n’insisterons ni sur l’insapidité ni sur l’état incolore et inodorant de l’eau, trois qualités évidemment nécessaires aux divers usages ménagers et industriels; mais nous nous arrêterons davantage sur le caractère le plus essentiel de tous, la pureté chimique.
- Divers médecins pensent que l’eau entièrement dénuée de sels, l’eau distillée, est la plus saine de toutes (3). Il en est d’autres qui prétendent au contraire que la présence du carbonate de chaux dans l’eau est nécessaire soit à l’ossification chez les enfants, soit à la nutrition osseuse chez les adultes. Quoi qu’il
- (1) Expériences d’une commission scientifique constituée par le préfet du Rhône en_1838. (Voir Des Eaux potables, par Terme, 1843.)
- (2) Des Eaux potables, par Terme..
- (3) Sir George Staunton {A mbassade en Chine), nous apprend que les personnes de haut rang, dans cette contrée, ont un tel souci de la bonne qualité de l’eau, qu’elles ne la boivent que distillée.
- p.62 - vue 65/332
-
-
-
- — 63 —
- en soit de cette assertion, on peut dire que quelque minime que soit la proportion de ce sel dans l’eau, elle est encore plus que suffisante.
- Par contre, une forte proportion de carbonate ou de fout autre sel de chaux présente les plus graves et les plus nombreux inconvénients : elle nuit aux fonctions de l’estomac, produit des obstructions viscérales, diminue les sécrétions naturelles, développe la gravelle et les calculs pierreux, forme des dépôts et des incrustations dans les chaudières et les conduites, diminue le pouvoir dissolutif de l’eau, prolonge la durée de la cuisson des aliments (1), nuit à l’aspect et au goût des apprêts culinaires (2) et fait cailleboter le savon (3).
- Le carbonate de chaux est la substance qui, soit en France, soit en Angleterre , se rencontre le plus fréquemment en grandes quantités. Il a été reconnu que 0gr ,060 de cette substance par litre suffisent pour enlever à l’eau son attrait comme boisson 5 0gr,2501a rendent impropre au blanchissage et aux ablutions; cependant, jusque 0gr, 115 environ, on peut dire qu’une eau est admissible pour tous usages.
- On n’a point encore trouvé de moyen pratique de purger de leur carbonate, de grands volumes d’eau. Le procédé dudocteür
- (1) On a reconnu par expérience que s’il fallait 5 1/3 minutes pour faire bouillir de l’eau distillée, il en fallait 9 1/2 pour l’eau de la Tamise, qui contient OS1 2 3’-,229 de carbonate de chaux par litre. La cuisson des légumes dans cette dernière eau,.exige une durée de 1/4 en sus. Aussi les cuisiniers de Londres amendent-ils fréquemment l’eau dont ils se servent par l’adjonction de potasse ou de soude. (Voir le rapport sur l’alimentation de Londres, déjà cité.)
- (2) Le développement de l’arôme du thé en est singulièrement empêché; la commission de salubrité (Voir le rapport déjà cité) estime que par le fait de substituer à la Tamise et à la Léa des eaux de drainage ne contenant que de l/iO h 1/3 de la quantité de carbonate en dissolution dans les eaux de ces rivières, on économisera 1/3 de la quantité de.thé actuellement consommée.
- (3) A Londres la dépense en savon est estimée à 125 millions de francs par an, soit 1 fr. 25 par tête; or suivant les conclusions du rapport déjà cité, la substitution d’eaux plus douces a celles de la Tamise et de la Léa, épargnera une somme égale a ce que coûte aujourd’hui toute l’eau consommée à Londres.
- p.63 - vue 66/332
-
-
-
- Limpidité.
- — 64 —
- Clarck, qui consiste dans l’adjonction d’un lait de chaux (1), n’a point reçu la sanction de l’expérience ; il ne dispense point, d’ailleurs, d’une filtration ultérieure, il rend l’eau alcaline et il est relativement coûteux -, enfin la commission de salubrité anglaise n’a point hésité à lui préférer la dérivation d'eaux de drainage, naturellement pures, quelque coûteuse et radicale que soit une semblable résolution.
- Les sulfates de chaux présentent à un degré supérieur tous les inconvénients des carbonates 5 de plus, en contact avec les matières organiques de l’eau, ils produisent de l’hydrogène sulfuré qui la rend aussi malsaine que désagréable. Le chlorure de calcium est également plus nuisible que le carbonate.
- En l’absence de moyens pratiques de se débarrasser de ces substances, il convient de rechercher des eaux qui, autant que possible, n’aient encore coulé que sur des terrains de transition ou granitiques, et redouter particulièrement celles qui ont circulé un certain temps sur des formations tertiaires inférieures, lesquelles, composées de calcaire grossier, de gypse et d'argile plastique, abandonnent facilement à l’eau, soit des carbonates de magnésie, soit divers sulfates, soit des chlorures de calcium et de magnésium, matières qui, pour être d’une entière innocuité , doivent n’exister dans l’eau qu’en proportion à peine perceptible.
- Quant à l’air, dont la présence dans l’eau est considérée comme salubre par un grand nombre de savants, les eaux de rivières qui ont longtemps circulé à ciel ouvert n’en sont point seules détentrices ; les eaux de source ou celles des ruisseaux et rivières encore peu éloignées de leur origine, peuvent en être et en sont généralement très-suffisamment pourvues.
- Il nous reste à parler de la limpidité de l’eau, propriété essen-
- (1) Ayant déterminé la quantité de bicarbonate de chaux que renferme l’eau, le docteur Clarck y ajoute un lait de chaux contenant en dissolution autant de chaux qu’il y en a dans le bicarbonate. — Le bicarbonate sc transforme en protocarbonate, que l’eau ne dissout qu’en faible quantité et qui se précipite.
- p.64 - vue 67/332
-
-
-
- — 65 —
- tielle, nous l’avons dit, dans une contrée où l’on boit beaucoup d’eau pure, nécessaire, d’ailleurs, pour ieâ divers usagts de propreté et de l’industrie.
- Est-il possible de clarifier de grandes masses d'eau?
- Pour répondre à cetîe question, no"s al ons passer en r-'vue aussi rapidement que possible les principales tentatives faites dans ce but.
- Elles se résument en trois systènrs :
- 1° La clarification par b* repos-, 2° par fTtragc artificiel; 3° par infiltration, c’est-à-diie, filtrage naturel.
- Le repos est toujours insuffisant pour la clarification ; il n’aboutit qu’à l’élimis at on d< s particules les plus 1 ar tes et les plus grossier, s, à m ins de prolongn- le statL nm ment pendant un temps considérai) e. Or, à ciel ou\ert, le temps, même sous le climat du Nord, dé\e!oppe dans l’eau des végétatio s putrescibles, suivies de près par l'apparition d’animalcules infusoires; et l’on ne saurait d’autre part, sans se jiter dans d’énormes dépenses , construire les nombreux réservoirs recouverts et même soufiriuins qui seraient nécessaires pour que cetle interminable épuration pût se faire sans inconvénient.
- Parmi les procédés de filtrage artificiel, nous nous occuperons d’abord de celui de A1. Fouvielle; il est, à notre co naissance, appliqué sur une grande eclnlle à Vienne et à Paris.
- A Vienne on a établi 32 va^es clos, rempl s de sab e et de grés, pouvant, suivant les indications de M. drimau i deCaux, chargé de cet e installation, fournir chacun 60.000 litres en 241ieuies. L’eau est introduite dans ces appare Is sousune pression considérable qui active le filtrage et utilise bien toute la masse filtrante; cette pression permet en outre de faire arriver l’eau indifféremment soit par le dessus, soit parle dessous des appareils, ou simultanément dans les deux sens ; dans ce dernier cas il se produit un choc qui nettoie le sable. Mais cette
- 5
- Clarification par repos.
- Son insuffisance,
- Filtrage artificiel.
- p.65 - vue 68/332
-
-
-
- — 66 —
- pression est coûteuse.; à Vienne, elle oblige d’élever l’eau, par machine à.vapeur, à90 pieds, tandis que.les.bes.oins.de la dis tribution n’exigeraient qu’une élévation de 30 pieds ; cette surélévation est, en général, l’un des graves inconvénients du système.
- A Paris, le filtrage par le procédé Fonvielle coûte à la ville 17 centimes le mètre cube(l); il en coûterait encore 8 (2) si l’on supprimait l’emploi du charbon, emploi fort inutile d’ailleurs, car cette substance, dontle rôle.est de désinfecter, n’agit réellement qu’à la condition d’entrer clans la composition du filtre pour une proportion tellement considérable et d’être si fréquemment renouvelée, qu’elle rendrait le filtrage économiquement impossible.
- En,Angleterre, le procédé Fonvielle,est connu sous le nom de Maurras, mais il,n’a reçu que, peu d’applications.
- 11 ne nous parait donc point, quant à présent, propre à l’épuration de grandes masses d’eau; ajoutons que, s’il faut en juger par Paris, il produit un liquide plus ou moins louche, suivant l’état de..la;rivière.
- M> 1,'Ingénieur R. Thom, l’un des plus compétents en ces matières, chargé^d’alirpenter Greenoek, petite ville d’Ecosse de 25,000 âmes, a employé un procédé de filtrage artificiel qui n’est pas sans analogie avec le précédent.
- 11 a établi trois vastes bassins filtrants; l’eau, après s'être rendue successivement de l’un à l’autre en traversant dans chacun une couche de sable de lm,20 d’épaisseur, est recueillie dans un réservoir de distribution.
- Or, comme ces bassins sont alimentés parles eaux que fournit le drainage des collines très-élevées qui entourent là ville, il en résulte que l’on dispose d’une pression naturelle, assez
- (1) Statistique des eaux de la ville de Paris, \ 840, par M, Emniery, Inspecteur divisionnaire des Fonts èt Chaussées, et 'Directeur de ces eaux.
- - (2) Lettre écrite au Siècle, (juillet 1841) parle Directeur de la Compagnie Française qui exploite'a Parisle procédé Fonvielle. • : u, .
- p.66 - vue 69/332
-
-
-
- 67 —
- puissante pour y faire au besoin agir l’eau eti setts cont'râiré de sa marche ordinaire. Cette faculté .permet-de n^ttoyerlès masses filtrantes ; mais ce nettoyage n’est pas suffisant. etM. R. Thotn assure lui-même qu’au bout d'un certain temps,.assez éluigné il est \r..i, les filtres sont hors d’état de service. Si ce procédé réussit jusqu’à un certain point à Greenock, c'est, en résumé, que l’on y jouit d une pression gratuite tout-à-fait exceptionnelle, que les eaux y sont naturellement peu (roubles, enfin nu’il est employé aux besoins d’une ville peu considérable;
- En Angleterre, où le moyen d épuration le pus généralement usité est le repos, moyen insuffisant quand il est seul employé, mais jusqu’à un certain po nt admissible sous son climat froid et humide, on pratique quelquefois-un mode du filtrage artificiel, variable dans scs dEpo-itionsde détail, mais basé sur le principe que l’exemple qui suit va mettre en évidence (l) :
- La Compagnie de; Chelseà, l’une d s n- uf qui a'imentent Londres* possédait en 1842 quatre vastes bassins'communiquant entre eux; beau, dans les deux pruniers, su'dépouillait par le ropor de ses particules terreuses les plus grossières ; de là- elle était coudu te dans le troisième b ss n formé par ui e série de tuÿ ux en maçonnerie sèche, parallèles entre eux, revêtus d’une couche de sable concentrique et sépares l’un de l'a .tre par de» intervd es ou vallées comblées avec du sable.
- L’eau, introduite sur celle surface ondulée, se filtraitVf) traversant le sable, se rendait d ins les tuyaux pat1 les interstices de leur maçonnerie, et de là da- s la bâche d une machine à vapeur. « Quand l\au du troi-ieme ba sin, » dit M. 1 Ingéni ur Hubert qui a visite cet établissement en 1842 « est en ièrem* nti » écoulée, la masse de-sable reste- à découvert, ttudes oo\fiers » armés de rateaux enlèvent alors la cuuche superficielle sur la*
- (1) Arago, Rapport à 'l'Académie des scû-nen, 1S 3? ; notices dé M. Ma lot, Ingénieur en clief des Pénis et Chaussées (1880), et deM. Hubert, Ingénieur, U 842).
- p.67 - vue 70/332
-
-
-
- — 68
- » quelle les parties les plus grossières se sont arrêtées, et ils la » remplacent par du sable propre.
- » Mais il arrive un moment où ce moyen ne suffit plus-, il faut » enlever et laver toute la masse du sable, et l’on se sert alors » du quatrième bassin tenu en réserve. »
- Suivant le même Ingénieur, 1 installation des filtres de cette Compagnie a coûté un million et les frais d’entretien sont estimés à 30,0C0 fr. ; soit 80,000 fr. annuellement (1), pour intérêt du capital et entretien afférents à la filtration quotidienne de 15 000 m. c. ; enfin, ce mode de filtrage donne, non pas de l’eau filtrée, clarifiée, mais de l’eau plus ou moins louche suivant que la Tamise est plus ou moins limoneuse, ou les filtres plus ou moins nettoyés.
- A Glasgow, dans une disposition de filtrage semblable à celle que nou<* venons de décrire, on a tenté de nettoyer le sable par le procédé suivant : on mettait successivement la partie inférieure de chacune des vallées du bassin filtrant en communication avec une pompe qui en extrayait l\au-, il en résultait que l'eau des parties environnantes prenait la direction de la vallée sur laquelle on opérait, et cela dans un sens contraire à celui qu’elle avait suivi d’abord, et que le sable était a;nsi nettoyé; mais l’eau, chargée de dépôts, mettait en peu de temps la pompe hors de service (2) ; c’eût été dans tous les cas coûteux.
- L’écueil du filtrage artificiel, c’est de rendre obligatoire soit le renouvellement de (amasse filtrante, qui est dispendieux, soit son nettoyage, qui est également dispendieux; car pour net-
- (1) Nous lisons dans les documents de la grande enquête de 1841, que M, Simpson évaluait ainsi les dépenses du filtre de Chelsea, pour 1840, époque à laquelle on ne filtrait guère par jour que 11,000 ni. c.
- Frais d’établissement.......................... 205 000 fr.
- Frais annuels de l’élévation de l’eau sur le filtre................ 20,100 fr.
- Frais annuels de nettoyages et réparations.........................20,150
- Intérêt du capital . ..............................................14,750
- (2) Mémoire de M. l’Ingénieur Mallet, déjk cité.
- 55,000
- p.68 - vue 71/332
-
-
-
- 69 —
- toyer il faut vaincre des résistances considérables, la substance filtrante n’opérant qu’à la condition de présenter des vaisseaux pour ainsi dire capillaires. Aussi peut-on assurer que ce mode Son insufflsanc®-de filtrage n’a jamais réussi qu’avec des eaux déjà limpides jusqu’à un certain degré, telles qu’on les obtient, par exemple, du drainage des terrains d’alluvion, c’est-à-dire de la collection des eaux de p'uie qui glissent sur c°s terrains ou les traversent, eaux auxquelles on ajoute d’ailleurs le produit de quelques sources ou ruisseaux de bonne qualité (1).
- En 1834. le parlement anglais ayant fait une enquête sur la possibilité d’arriver à filtrer convenablement de grandes masses d’eau, l’avis d’ingénieurs des plus distingués (2) fut que les difficultés d’une filtration, portant sur huit à dix mille mètres cubes par vingt-quatre heures, étaient insurmontables, à moins d’énormes dépenses qui ruineraient infailliblement toutes les compagnies, si on les y obligeait.
- (1) On ostime (voir le rapport sur l'alimentation de Londres, drjh cité) que l'évaporation, la végétation et las sources absoibent environ de 40 a 50 centimètres de hauteur d'eau de pluie par an. On peut donc, au moyen du drainage* se servir, pour l’alimentation des villes, de la différence entre cette hauteur et celle qui est tombée réellement.
- L’alimentation par drainage, si l’on a soin de ne point laisser l’eau circuler sur des terrains de mauvaise nature, donne généralement des eaux assez pures, passablement limpides, < t. offre en outre l’avantage d assécher et d'améliorer les leriains dont elle t re sa substance.
- Mais outre que ce système ne dispense point d’une filtration subséq”ente, il nécessite enc-re l’emploi de vastes réservoirs capables, en piévision des irrégularités de la t>luie, de contenir la consommation de deux, trois et même qualie mois.
- En Angleterre et en Ecosse, toutefois, celte méthode prend tous les jours plus d extension et, nous l’avons dit, la commission de salubrité vient d’en proposer l’application à Londres; on drainerait 390 kilomètres carrés de terrain d’alluvion, dans un rayon de 42 ki oinètns environ; le prix de ce drainage (capable de fournir annuellement plus de 182 ni.liions de litres), en plus celui des ié>ervoirs et aqueducs de collection des eaux, celui des réservoirs régulateurs et distributeurs, celui des filtres, des conduites d’eau dans la ville, achat de terrains, etc., s’élèverait k 36 millions.
- (21 MM. James Mills, W, Anderson, Mills, Wickstead, W, Mylne, Jame6 Simpson et Morsland.
- p.69 - vue 72/332
-
-
-
- Infiltration.
- — 70 —
- Il nous reste à examiner le troisième système de clarification, celui où I on procède par l’infiltration.
- 11 consiste à recueillir l'eau d'une rivière dans une galerie ou tunnel en maçonnerie sèche, enfouie dans le sable, parai11 cmen-t à la rivière et à un niveau au-d-s-ou* de son étia^e ; cette galerie étant d’ailleurs assez distante delà rivière pour que, dans le tr«ij*‘jr, 1 ea i qui s’infiltre peu à peu à travers le banc d’alluvion qui sépare Je cours d'eau de la galerie; ait le temps de se dépouiller de son limon et de se rafraî h r.
- A Tou'ouse, où ce système est établi, on a été obligé, pour obtenir de l'eau en quantité suffisante, d’augmenter sucp^ssî-vemerit les dimensions et le nombre des tunnels. Le premier, qui avait un mètre de profondeur au-de-sous de l'étiage et une superficie d’environ 250 mètres, ne fournissant que 1,2.0 mètres d’eau, on porta St s dimensions à 108 mètres de longueur sur 8 mètres de largeur; mais il ne débita encore que 2.000 mètres, c’est-à-dire moitié seulement en sas, quoique sa superficie eût été ainsi quadruplée; on fut alors conduit à construire dt-iu autres tunnels, le dernier long de 250 mètres et placé à 40 ou 50 mètres de la rivière (1). A eux trois, ces puisards n’ont jamais guère fourni au delà de 250 pouces d’eau ; ajoutons que cette quantité va diminuant chaque année.
- S'il est vrai, enfin, que l'eau se limpidifi * de plus en plus, phénomène corrélatif avec celui de l'appauvrissement qui résulte de sa len'eur d’écoulement à travers la masse filtrante, d’un autre côté les crues de la Garonne recouvrent souvent une partie du terrain dans lequel s nt placés les tunnels, et troublent les eaux infiltrées; de plus, en été, lorsque les besoins sont les plus grands, les tunnels ne fournissent que peu d'eau par suite de Rabaissement du niveau de la rivière.
- A Glasgow, après avoir échoué dans une tentative de filtrage artificiel, > on ouvrit, d après les conseils du célèbre Watt, des
- (1) Des Eaux potables, par Terme.
- p.70 - vue 73/332
-
-
-
- — 71 —
- galeries d’infiltration. Voici ce que dit à leur égard M. l’Ingénieur R.-Thom.
- « On a obtenu une eau excellente pendant quelque temps ;
- » mais le produit a baissé par degrés et à un tel point que l’on » a été obligé d'y suppléer en tirant l’eau directement de la » Civ le.
- » Dernièrement, j’ai visité les travaux; j’ai conseillé d’étendre » les ga'eries suivant le système de Watt ; on l’a fait et lepro-» duit a augmenté proportionnellement; mais certainement il » baissera encore une fuis, et l’ondevra recourir alors à d’autres » moyens pour obtenir une quantité d’eaü suffisante. » i ;:
- En réalité, le système par infiltration est certainement supérieur aux deux autres, en ce qu’il d’ônne des eaux tissez limpides et passablement fraîches ; mais il n’èst pas toujours applicable; il faut pour cela que le cours d’eau offresur ses rives dévastés terrains d’alluvion convenablement situés, ne renfermant aucun principe capable d’a’térer l’èau et à l’abri des inondations. Encore toutes ces conditions si difficiles à réunir ne son insuffisance procurent-elles qu’un succès passager, car ce système ne diffère de celui du filtrage artificiel qu’en ce que* dans le premier^ on opère sur des masses filtrantes plus considérables; cependant tôt ou tard elles s’obstruent; on y supplée en prolongeant les galeries, maisce sont là des expédients auxquels il y a toujours un terme.
- On avait espéré, à tert, que cette méthode donnerait les mômes résubats que les sources naturelles; mais, ainsi que l’a observé M. Arago (1) : « Pour une source artificielle, la couche filtrante » aura toujours une étendue circonscrite, bornée; pour les eaux » d une source naturelle, au contraire, la clarification s’opère » quelquefois dans des bancs de sable qui occupent des provinces » entières et sur une eau à peine trouble.
- » L’engorgement des tuyaux capillaires filtrants sera très » rapide dans le premier cas, quoiqu’il soit lent et mseasible » dans le second. »,
- (i) Rapporté l’Académie des sciences, 1837.
- p.71 - vue 74/332
-
-
-
- Nécessité de l'abondance.
- — 72 —
- Nous pouvons le dire maintenant en toute assurance : dans l’état actuel de l’art, la clarification des eaux troubles est une utopie.
- C’est pour les grandes masses d’eau un problème pour le moins aussi difficile àiésoudre que celui de les rafraîchir ou d’en épurer la composition chimique.
- Nous avons démontré la nécessité de n’alimenter les villes qu’avec de l’eau de honn^ qualité nousa^ons déterminé les caractères que doit présenter cette eau, et prouvé l'impossibilité de rectifier celles qui n’en sont pas douées naturellement ; nous allons maintenant étudier l’alimentation des villes sous le rapport de l’abondance de l’eau.
- Abondance de l’eau.
- Ce n’est que grâce à une grande abondance d’eau qu’il est possible d'assainir les maisons et 1rs rues d’une ville, c'est-à-dire de combattre la bouc, la poussière, la chaleur, les incendies, et provoquer cette propreté du corps, des vêlements et du logij, qui exerce une si heureuse influence sur la santé et jusque sur le moral des hommes.
- Lrrs de l’enquête f.ite avec tant de solennité et de soins en 1844, sur la salubrité des villes anglaises, il y a eu unanimité pour déplorer les tristes conséquences d’une parcimonieuse distribution de l’eau, pour reconnaîtra qu’elle es» l’une des causes principales des maladies des classes pauvres et de leur effrayante mortalité; pour affirmer enfin, d’après de nombreux exemples, que leur malpropreté influe à la vérité d’une manière fâcheuse sur leur santé, leur respect de soi-méme et leur conduite, mais que cette malpropreté n’est imputable qu’à la difficulté de se procurer de l’eau, et non à ce qu’elles sont
- p.72 - vue 75/332
-
-
-
- — 73 —
- incapables d’apprécier les avantages de la propreté du corps et du ménage (1).
- L’abondance de l’eau est nécessaire dans les villes froides et boueuses du Nord; elle ne l’est pas moins dans les villes du Midi, vouées à des étés longs, sces et ardents; dans ces dernières, à moins d’irrigations fréquentes, la végétation devient impossible et la circulation dans les rues pénible; on y a d’ailleurs contracté l'habitude des eaux jaillissantes.
- La distribution d’un grand volume d’eau est un besoin général qui s’est traduit par les efforts constants de tous les peuples arrivés à un certain degré de civilisation ; les Romains n’ont recul*5 devant aucune dépense, aucune difiiculté, pour amener dans leurs villes des eaux abondantes et de bonne qualité, et si cette tendance a été étouffée par l’invasion des Barbares, elle s’est ranimée en Europe en môme temps que les arts, les sciences et l’industrie.
- Un grand nombre de villes en Europe et en Amérique ont exécuté récemment de vastes travaux pour l’alimentation des eaux, et un bien plus grand nombre encore en élaborent des projets; toutes enfin, les appellent de. leurs vœux. On peut dire sans crainte de se tromper, que le besoin d’eau qu'éprouve une ville est eu raison directe du degré de civilisation de ses habitants.
- Mais si l’abondance de l’eau est nécessaire dans l’intérieur des murs d une grande ville, elle trouve encore sa raison d'être dans futilité de vivifier, de féconder la banlieue de ces villes, la campagne dont elles sont entourées. Les habitants de ces grands centres de population éprouvent un besoin irrésistible de végétation, de vue étendue, de tranquillité et d’air pur;
- (') En Angleterre, suivant l’enquête, les maison* hab lées par les classes peu aisées offrent rarement des vacances lorsqu’elles reçoivent les conduites d’eau.
- p.73 - vue 76/332
-
-
-
- — 74 —
- c’est une réaction bien naturelle qui s’est de tout temps manifestée par l'établissement de nombreuses villas autotir des capitales5 mais à l’époque où nous vivons, l’aisance plus généralement répandue, et la multiplication des voies et moyens de communication, multiplient à leur tour, dans une proportion considérable, ces maisons de campagne à petits loyers, petits jardin?, où les familles vont passer la saison chaude, à portée des occupations qui peuvent les appeler à la ville (1). Toutes les capitales sont ou seront dans ces conditions; il faut doncscpréocciipersérieusementd’animer cesvillas, de verdir ers jardins, et pour cela, ii faut pouvoir disposer de grandes quantités d’eau. Avons-nous besoin d’ajouter que cette considération est surtout importante pour Madrid, dont la banlieue, dans certaines parties, offre l’aspect d’un désert, sol fécond cependant que l'eau u’anrait pas de peine à vivifier-, à enrichir, mais qui, aujourd’hui, fait de la capitale de l’Espagne au milieu de son territoire, une sorte d’oas:s de pierre ?
- Marseille (2), qui vient de chercher à vingt lieues les eaux delà Durance, a réservé pour l’irrigation de sa banlieue une part importante du produit de son canal de dérivation.
- II ne faut pas se le dissimuler, d’ailleurs, Madrid a tout intérêt à prolonger le rayon dans lequel il lui sera possible de trouver des acheteurs pour l’eau qu'elle s’apprête à dérivera grands frais. L’alimentation de la banlieue pourra devenir un complément uîile, nécessaire même au point de vue financier, car, nous le craignons, dans cette ville , comme dans beaucoup d’autres, la quantité d’eau vendue , concédée aux particuliers, restera proportionnellement faible, pendant une longue pé-
- (1) Ui.e -partie des maisons de la Cité de Londres est, pendant toute l’année, habitée le jour seulement; le-b négociants qui en ont fait des comptoirs, s’y rendent le matin et les quittent le soir, transportés par ces nombreux omnibus qui desservent la banlieue de la mé ropole.
- (2) Voir, pour ce qui concerne Marseille, les rapports faits au conseil municipal de celte ville par l’Ingénieur en chef et le maire. (1846.1
- p.74 - vue 77/332
-
-
-
- — 75 —
- riode encore. Cette considération demande quelques développements.
- L’eau des fontaines jaillissantes, des arrosages, des ébouages, des incendies et des curages d’égouts, en un mot l’eau d’édilitë, est partout et toujours à la charge de la communauté, et il n’en peut guère être autrement.
- Q lant aux besoins particuliers, il est pour y subvenir deux systèmes prédominants ; dans le premier, les communes ont érigé des fontaines banales où les habitants peuvent venir puiser gratuitement; dans le second, les communes ont abandonné les habitants à eux-mêmes et à l’initiative de l'intérêt privé.
- En Angleterre le deuxième système est généralement en vigueur; voyons ce qui en est résulté.
- Lors de l’enquête de 1841 (1) sur 'asalubrité publique, les commissaires ont constaté que sur 50 villes principales d’Angleterre visitées par eux, Lond es exceptée, vingt-six seulement étaient alimentées par des Compagnies; et l'on conçoit, en effet, que les ville-1 seules où se trouvent un grand nombre de consommateurs, puissent offrir un intérêt rémunérateur aux capitaux nécessaires pour de semblables entreprises, capitaux grossis d’ail-leursparde forts droits de concession et par les prix exorbi'ants qu’on leor fa;t payer pour les terrains. Encore si toutes les mai ons lecevaient i’eau, dans ces vilbs ainsi favorisées! mais il n’en c>t point'ain-î ; en moyenne c’est 1 maison sur 2 ou 3; à Birmingham, 8.000 maisons sur 40,281; à Newcastle, 1,350 sur 15,000, soit 1 sur 12; à Slnelds 1 sur 20; à Gales-head, 1 sur 29. Les Compagnies évitent les quartiers et les rues habités par les pauvres; et comment, en effet, pourraient-elles placer leurs conduites et tuyaux dans des quar-
- (i) Voir,pour ce qii concerne cette’enuuôte, les divers Reports ofthe com-Mlssinner's for inquiring into the s taie of large towns and poputous districts (18&5).
- Nécessité de distribuer de l'eau gratuite.
- p.75 - vue 78/332
-
-
-
- — 76 —
- tiers où elles ne sont point certaines d’une rémunération suffisante pour l’augmentation de capital que ces travaux, nécessitent?
- Pour les pauvres, elles établissent un certain nombre de fontaines, où elles vendent l’eau à raison de cinq centimes pour des quantités variables dans les limites de 30 à 60 litres environ, prix plus é'evé que celui des concessions qui, à la vérité, n’exigent pas de dépenses de perception au>si considérables ; quelquefois elles ne leur dél vrent l’eau qu’aux réservoirs mêmes ; enfin elles ne débitent le plus souvent l’eau que par intermittence. Or,si les concessionnaires munis de réservoirs ou citernes éprouvent eux-mêmes, par ce fait, de très-graves inconvénients, que dire des pauvres, qui sont obligés d’ètre à heure fixe à la fontaine, d’y attendre, d’y lutter souvent pour avoir leur tour et de remplir d’eau tous leurs ustensiles, pour être pourvus tant bien que mal jusqu’au prochain éc< u ement!
- Londres, avec ses neuf Compagnies de distribution d’eau, est, on le sait, généralement proposée pour modèlepar tous ceux qui se sont occupés de pn jets d’alimentation; il est certain que Londres est une des vides d’Europe où la proportion des mai sons abonnées est la plus considérable, ce qui tient non-seulement à ce qu’on n’y tiouve aucune eau gratuite, mais encore à ce que l’eau des puits et citernes y est tout particulièrement infectée par des infiltrations souterraines, et celle de pluie singulièrement salie par la fumée et la malpropreté des toits. Ces conditions sont éminemment favorables au développement du système exclusif de distribution vénale : aussi , les inconvénients de ce système, s’il en présente dans la métropole de l’Ansletcrre, y sont-ils plus significatifs qu’aillcm s ; — or, voici quelle est la situation des cl isses pauvres dans cette capitale.
- Un certain nombre de maisons (1), et ce sont des maisons
- (1) 17,456 maisons sur 288,000, soit 6 0/0, en moyenne, se trouvent dans ces pernicieuses conditions. Mais dans certains quartiers populeux, cette proportion s’élève k 18 0/0. (Voir le rapport déjà cité.)
- p.76 - vue 79/332
-
-
-
- 77
- occupe!1 2 3» par de pauvres gens, ne consomme pas une goutte de l’eau distribuée par les Compagnies; leurs habitants s’alimentent au moyen de puits et même de puisards, infectés par les transsudations des fusses et des égouts. Les classes pauvres, d’ailleurs, ne sont pas beaucoup mieux partagées quand elles habitent des maisons abonnées.
- Et, d'ubord, les eaux de la Tamise et de la Léa sont naturellement impures, et, pendant les crues, elles sont peuplées d’animalcules visibes; la plupart dts Compagnes ne filtrent pas l'eau et se contentent de la laisser reposer (1) ; l une d’elles la puise en un point où elle est souillée par les égouts. Toutes ces impuretés sont aggravées par l’intermittence du service, qui n’a lieu qu’une fois en vingt-quatre heures (2). Souvent forcés d’aller quérir leur eau à uae fontaine commune à tout un passage, à toute une ruelle, les habitants pauvres la recueillent dans des cruches, baquets, tonneaux, où elle séjourne exposée à l’air malsain des ciiambres d’habitation et se vicie. Si l’eau vient dir ctement jusqu’aux maisons , elle est entreposée dans des citernes souterraines, où elle se vicie également sous l’influence des inlilt;atious des fosses et des égouts, et où elle est souvent si souillée, que les habitants ne s’en servent que pour laver, mendiant ou volant le reste, ou bien Tachetant directement aux réservoirs des Compagnies (3).
- Enfin, Tune des eon?équences du régime intermittent, c’est un coulage, une perte d eau véritablement énorme, d'où résulte que les habitants de Londres sont loin de jouir, eu réalité, de la quantité d’eau qu’ou s’imagine communément leur être dis-
- (t) 7 sur 9 sont dans ce cas. (Voir le rapport déjà cité.)
- (2) Il y a peu de mois que Londres n’était encore alimentée que trois fois par semaine et deux heures chaque fois.
- (3) Voici dans quels termes les commissaires de salubrité (rapport déjà cité) parlent des nombreux échantillons d’eau trouble, souillée, et animée d’infusoires, qui f .rent présentés à leurs inspecteurs : « C’est dans ces conditions que l’eau « est généralement consommée par les pauvres.»
- p.77 - vue 80/332
-
-
-
- — 78 —
- tribuée et qu’ils souffrent d’une véritable insuffisance (1).
- Dans les vingt quatre villes que les Compagnies n’ont point entrepris d’alimenter, c’est pis-encore; Neuf seulement d'entre elles renferment des maisons qui reçoivent directement de l’eau-et une maison seulement, sur 4 ou 5 en moyenne, y jouit de cet avantage. Les quinze autres ne présentent rien de-semblable; parmi-elles, il en est plusieurs où il n’existe aucune circulation d’eau ; les habitants y ont recours directement à la rivière , aux puits, aux sources, aux eaux de pluie.
- Quand il y aides distributions, elles sont gérées soit par des administrations locales, qui n’ont pas asrnz de pouvoir entre les mains pour en faire une bonne répartition, suit par des particuliers, qui sont préoccupés a\aut tout de leur interet propre.
- Bristol, en y comprcnantClifton, renferme 130,000 habitants; surcenombre5,C00seulement reçoivent l’eau dans leurs maisons.
- Sauf quelques- rares exceptions, l’eau dans ces villes est insuffisante quand elle n’y est pas gaspillée; les pauvres en manquent; ils s’alimentent aux puits, aux pompes, aux réservoirs d'eau pluviales; directement aux sources et aux rivières au prix de longs trajets et de grandes fatigues. La quai,té de l’eau quais (Consomment est d’ailleurs généralement mauvaise. Souvent; ils ont recours à la charité des voisins ; d'rulres fois, ils l’achètent aux porteurs d’eau au paix moyen d'environ-cinq centimes pour quinze litres.
- Il existe cependant, dans certaines villes Anglaises* quelques fontaines où l’eau se débite gratuitement aux Irais dv, l’administration--locale, ou en veitu des largesses de quelques particuliers ; ma:s c’est un cas rare et exceptionnel.
- En France et dans quelques autres contrées, telles que l’Amérique du Nord, c’est le système opposé qui a prévalu : si les classc%aisées n’y ont pas pour l’eau les facilités, les commodités qu’elles rencontrent en Angleterre, en revanche, quand il y a
- ( i ) Moitié des 2U0 millions de litres délivrés paries réservoirsùes Compagnies, est ainsi gaspillée. (Voir le rapport déjà cité.)
- p.78 - vue 81/332
-
-
-
- — 79, —
- circulation d’eau, elle est généralement débitée gratuitement aux classes pauvres par des fontaines et des bornes-fontaines publiques. Il en est ainsi à Paris, où dix-sept cent quatre-vingt-quatre bornes-fontaines débitent chacune un litre par seconde pendant trois heures chaque jour, indépendamment de vingt-trois fontaines monumentales qui distribuent chaque jour 13,000 m. c.. A Marseille huit cents bornes, fontaines mettront gratuitement à la disposition du public plus de 13,000 mètres cubes par jour, soit 74 litres pour chaque habite nt ; à Vienne en Autriche, l'eau élevée du Danube est distrbuée gratuitement à 400 fontaines publiques -, à New-York,, où il y avait 600 bornes-fontaines gratuites en 1844, ce nombre a été augmenté depuis; à Philadelphie il y a môme générosité.
- On objecte à ce système qu’il est doublement onéreux pour la communauté; que si, d’une part, il met à,sa.charge l’alimentation des classes pauvres, d’autre part il est à craindre que l’attrait delà gratuité n’arrête le placement des,concessions.,
- Nous ne saurions, quant à nous, partager cette crainte : ce n’est pas en réalité la gratuité qui s oppose à l'achat de l'eau.,, c’est la mi-ère.
- Quand bien môme il n’y aurait dans une ville aucune distribution gratuite, le pauvre se restreindra, il mendiera l’eau, il la puisera dans les puits et aux pompes, quelque malsaine quelle soit d’ailleurs ; il prendra des habitudes de malpropreté et d’iniempérancc, mais il ne paiera, pas.
- Le propriétaire, pir négligence quelquefois, mais le plus souvent, effrayé parla dépense de premier établissement et le prix tiès-élcvé des abonnements, qui est nécessairement la conséquence d'un débit restreint (1), ne prendra point de concession.
- Dans les villes d’Angleterre où il n’y a pas d’eau gra-
- (1) Les Compagnies, en Angleterre, faille d’un nomb-e suffisant d’abonnés dans la même rue ou-le même quartier, ne font généralement que des bénéfices nuis ou presque nuis; pour s'efforcer de rétablir l’équilibre, elles font payer non pas ce que valent leurs services, mais ce qu’elles peuvent obtenir.y d’où des taxes ir,rationnelles et d’une, diversité incroyable.
- p.79 - vue 82/332
-
-
-
- 80 —
- tuite et où les distributions existent de longue date, une maison seulement sur une moyenne générale de 3 à 4 maisons, devient concessionnaire ; c'est que l’Angleterre est un pays de fortunes inégales; tandis que, malgré une véritable profusion d’eau gratuite, Philadelphie en 1844 avait déjà p!acé 25,816 concessions sur 40,000 muions; New-York, qui venait à peine de dériver le Croton , 6,000 sur 30,000. Ne pouvons-nous pas d’ailleurs citer Paris,où 5,000concessions ontété prises sur 29,526mais<ms(l), malgré leur cherté quand elles sont d’eau de Seine (le minimum de l’abonnement est de 100 francs annuels pour deux hectolitres et demi, par jour, d’eau le plus souvent trouble et chaude en été), et malgré leur usage plus borné quand elles sont servies avec les eaux notoirement inférieures de l’Ourcq (2).
- Et cependant nous ne nous dissimulons pas les inconvénients sérieux de l’eau gralui'e.
- Non-seulement ede induit les municipalités en de fortes dépenses, non-seulement son transport dans les ménages, confié généralement aux bras des femmes, exeice une influence fâcheuse sur leur santé, mais encore elle est chère: le temps et la peine sont de l’argent (3).
- (!) Le chiffre des concessions nous a été indiqué par M Mary; celui des maffon> est tire d’un rapport au ministre sur le pavage et macadamisage, par M. Darcy.
- (2) Le produit de l’eau vendue à Paris par la municipalité, est, suivant une lettre du protêt ue la Seine (voir Des Eaux potables, 4843), de plus de 900,000 f.; il se compose du produit des concessions d Vau de Seine dont nous avons indique le prix, de celui des concessions d’eau de i’Ourcq, qui coûtent 76 IV. par an pour 15 hectolitres quotidiens; eolin de ce ui de* fontaines marchandes où l’eau est vendue aux porteurs d’eau h raison de 0 f. 09 par hectout e.
- La société récemment former, à Paris, pour la construction de bains et lavoirs publics, se propose de creuser un puits artésien idonlle coût moyen serait à Paris de o,u00 francs, suivant M. Dcgouset*, tandis qu’a Londres le coût de semblables travaux s’est élevé a G, 7, 8 et 12,400 fr pour les brasseries de cette ville), dansions ses établissements, composés chacun de quatre-v<n*t-quatre places à laver et douze baignoires, et cela afin d’éviter la dépense de l’eau concédée par.la ville, qui s’élèverait annuellement à 3,000 fr.
- (3) Voici le résumé d’un calcul que nous trouvons dans le rapport déjà cité des commissaires de salubrité :
- Soit une famille vivant au 3° ou 4e étage et consommant journellement le vo-
- p.80 - vue 83/332
-
-
-
- — 81
- Des deux systèmes en vigueur, l’un en Angleterre, l’autre en France, ni l’un ni l’autre n’est satisfaisant.
- L’Angleterre toutefois vient de faire un pas vers la solution de cette difficulté.
- Les commissaires de l’enquête sur la salubrité des villes, faite par ordre du parlement Anglais, en 1844, ont été unanimes à proclamer la nécessité de mettre les classes pauvres en possession d’une suffisante quantité d’eau potable, ainsi que de bains et lavoirs publics. Pour réaliser ces vœux, ils ont émis l’avis que pleins pouvoirs fussent donnés aux administrations locales, de traiter directement avec des Compagnies on des entrepreneurs, chargés de pourvoir aux besoins de tous les habitants ainsi qu’à ceux d’édilité, et conséquemment de placer dans toutes les rues des conduites d’alimentation 5 ils ont en outre émis l’avis que les administrations locales taxassent, auproût des Compagnies, les propriétaires de toutes les maisons ainsi mises en position de se servir de l’eau de ces conduites.
- Ces mesures, quelque louables qu’elles soient, nous semblent appeler un complément (1) ; il est incontestable que, soit incu-
- lumepeu considérable de 230 litres; c’est, y compris le poids du seau, environ 2.000 kilog. a monter par semaine de la borne-fontaine a l’appartement; soit deux jours de travail. La femme chargée de ce labeur ne gagnerait-eile a travailler de son métier que 60 c. par jour, le transport de l’eau a coûté 1 fr. 25 c. par semaine.
- Or, l’élévation d’un pareil volume d’eau par machine à vapeur et à une hauteur de plus de 15 m. ne coûterait qu’un peu plus de 0 fr. 005 c.
- Bien plus, suivant son nouveau projet d’alimentation, la commission de salubrité se tait fort de drainer, conduire h Londres, filtrer et distribuer au 4e étage, 1,610 litres par semaine, le tout pour 0 fr. 105.
- (1) Depuis que ceci a été écrit, la commission générale de salubrité (voir son rapport sur l’alimentation de Londres, 1850) a été plus loin; elle a émis l'avis formel que, pour Londres, on exécutât d’oflice, et sous le contrôle direct du parlement, non-seulement les travaux publics d’alimentation et d’évacuation des eaux, mais les travaux et l’installation des appareils particuliers h chaque maison, le tout couvert par une taxe annuelle dont seraient grevés les propriétaires.
- Que les travaux qui ne peuvent être créés qu’on commun, tels que pavages, conduites publiques d’eau et de gaz, égouts,etc.,soient volontairement exécutés
- C
- p.81 - vue 84/332
-
-
-
- 82 —
- rie, soit crainte des embarras et dépenses d’un premier établissement, les propriétaires des habitations des classes pauvres ne feront pas tous et immédiatement exécuter les travaux nécessaires pour introduire dans leurs maisons l’eau qui passera devant leurs portes ; et cependant on ne peut laisser plus longtemps ces classes peu'aisées dans le dénûment dont elles souffrent.
- Nous pensons donc que, comme complément nécessaire, et jusqu’au moment où les mœurs en progrès, de meilleures bases au crédit, ou la formation de Compagnies qui se chargeraient, moyennant redevance annuelle, de l’établissement des travaux nécessaires, auront définitivement introduit l’eau dans toutes les maisons, les communes devront prélever sur l’eau réservée aux besoins d’édilité, une portion destinée à l’alimentation gratuite des pauvres; elles devront, disons-nous, établir des bornes-fontaines dont le débit ne soit pas intermittent, et qui soient assez rapprochées pour éviter à ceux à qui elles sont destinées, une perte trop considérable de temps et de peine.
- Mesure
- de l'abondance de l'eau.
- Examinons maintenant quelle est la mesure de l’abondance de Peau, soit pour les besoins des particuliers soit pour les besoins publics.
- Quelques Ingénieurs, chargés d’établir des distributions d’eau, ont considéré ce problème comme indéterminé; comparant entre elles les consommations des diver&es villes, les unes douées
- par la communauté et leurs frais répartis entre tous ses membres, rien de plus rationnel; mais imposer à des citoyens des travaux qui ont pour objet la satisfaction de leurs propres besoins individuels, mais les rendre, qu’on nous passe l’expression, heureux malgré eux, c’est là un empiètement sur la liberté humaine, sur la propriété, que rien ne saurait justiüer et dont les conséquences n’auraient point de bornes.
- Nous faisons des vœux pour que l’Angleterre ne se départisse point légère-1 ment de ce grand respect de la liberté individuelle qui a si vigoureusement trempé les hommes de ce pays ; nous souhaitons aussi que nos voisins ne substituent pas étourdiment à l’initiative individuelle qui a fait de la Grande-Bretagne le premier pays du monde, cette centralisation mal appliquée dont nous voyons, chez nous, de si tristes résultats.
- pl.82 - vue 85/332
-
-
-
- — 83 —
- de quantités ridiculement minimes, les autres d’une alimenta-lion fastueuse, s’appuyant en outre sur çe-que d’année en année les demandes des municipalités ont été croissant-, qu’à Lyon,' elles ont été en augmentant de 150 pouces à 1,500 pouces; /
- qu’à Paris, on a d’abord estimé que 10 litres étaient suffisants pour les besoins journaliers de chacun des habitants; que cette estimation a été grossie successivement jusqu’à 58 litres, ils en ont induit que le besoin d’eau est comme celui du luxe et de la richesse, qu’il croît avec la quantité possédée.
- C’est là une erreur : le bien-être, la richesse, le luxe, n’ont pas de limites, parce que leurs éléments constituants vont sans cesse croissant en nombre ; mais pour chacun d’eux pris isolément, il existe une limite supérieure, assez rapprochée lorsque cet élément est appelé à satisfaire à l’un des besoins essentiels de notre nature.
- Ainsi, quelque augmentation qu’éprouve sa fortune, un homme déjà riche ne consommera pas un grain de blé de plus.
- Considérons d’abord la consommation d’eau individuelle : il y a pour elle un minimum necessaire au soutien de l’existence. panicuiieis. Dans la marine, où le pain est fait à l’avance, où l’on ne lave le linge et ne nettoie à fond le navire qu’en relâche, la consommation de chaque homme est réglée à environ 3 litres par jour ; on peut donc estimer à environ 5 litres, la limite inférieure de la consommation d’eau. ' .
- Mais quelle est la limite supérieure ?
- Pour la déterminer, il ne faut chercher d’exemples qu’en Angleterre. Dans les autres contrées, il existe généralement des distributions d’eau gratuite ; il devient donc impossible de faire la séparation exacte des besoins publics et des besoins particuliers. En Angleterre, au contraire, l’eau gratuite est l’exception ; dans un assez grand nombre de villes, les Compagnies sont exclusivement chargées de la distribution; les besoins y ont été donc analysés, mesurés à loisir, avec une exactitude d’autant plus rigoureuse, qu’un grand nombre d’habitants riches
- pl.83 - vue 86/332
-
-
-
- — 84 —
- traitent pour des quantités illimitées d'eau livrées à tous les étages de leurs habilitions, et que dans ces conditions il n'est plus possible d’objecter que la consommation est restreinte par le prix ou la difficulté de l’obtenir.
- Or, M. R. Thom(l), l’un des hommes les plus compétents et les plus expérimentés en matière d’alimentation, évalue à environ 58 litres par tête et par jour, la quantité d’eau maximum que réclame une abondante et large distribution.
- Il appuie son opinion sur un fait péremptoire, c’est qu’à Greenocket Paisley, villes d’Ecosse où les tuyaux sont toujours en charge et où la consommation n’est soumise à aucune limite, il n’est usé cependant que 54 litres environ par personne, il ajoute qu’en général, il ne faut accepter qu’avec défiance les chiffres de consommation exagérée attribuée à certaines villes, qu’il est rare eu effet que, eu raison des mauvaises dispositions et des pertes de toute nature, les consommateurs reçoivent en réalité toute l’eau qu’on imagiue leur être servie (2).
- (1) Voir les rapports de la commission générale de salubrité, déjà cités.
- (2) En entrant dans le détail de la consommation des particuliers, il est facile de se convaincre que le chiffre de 54 litres est considérable.
- Nous donnerons pour exemple d’une semblable décomposition, les calculs présentés par M. Gravatt lors de l’enquête de 1844 :
- Pour une famille d’ouvriers aisés et très-propres, composée de la mère, du père, d’une fille nubile et de deux autres enfants, il estime ainsi la consom-
- mation hebdomadaire :
- Lavage des légumes............... 63 litres
- Thé et lavage d’ustensiles. ..... 64
- Cuisson des légumes et autres mets.. 64
- Propreté personnelle.............127
- l avage des planchers des deux chambres, une fois par semaine............... 45
- Blanchissage du linge et des vêtements. 227 Arrosage d’un jardinet.............. 45
- Total . . . . 635 soit par jour et par tête 18 litres Aux chiffres présentés par M. Gravatt, nous ajouterons s
- Pour Waterclosèt, environ. . . .................... 4
- Bains........................................ 3
- Usages industriels (à Londres, ils n’exigent en ce
- moment que 8 litres).............................. 15
- Total.............40 litres
- Bans ce dernier chiffre tout est compris sauf les quantités nécessaires aux
- pl.84 - vue 87/332
-
-
-
- — 85
- Cette question a d’ailleurs été débattue contradictoirement devant les commissaires de l’enquête Anglaise ; ils ont décidé en dernier ressort, que la quantité d’eau attribuable, par jour et par habitant, aux besoins particuliers, devait être, dans les villes où l’on dispose d’une eau abondante, de 54 litres (12 gallons) (1).
- Cette base, rationnellement déterminée, nous semble à de légères différences près, pouvoir être appliquée aux villes de tout -climat. Si, dans le Midi, la chaleur surexcite la consommation individuelle; dans le Nord, la fumée, la boue, créent des besoins de propreté qui n’ont pas une influence beaucoup moindre.
- Nous adopterons cependant le chiffre de 70 litres, quoiqu’il chiffre
- * 1 pe le consommation
- soit de beaucoup au-dessus des besoins les plus larges, mais particulière, il offre l’avantage de donner toute sécurité relativement à de grands développements industriels, à l’extension de l’usage des bains, et à l’imprévu.
- Passons maintenant à la détermination de la quantité d’eau nécessaire aux besoins d'édilité, quantité qui est essentielle- Mesu™.^gi^esoin* ment fonction du climat, de l’étendue superficielle des places, rues et promenades, du degré de déclivité des voies publiques, enfin, des mœurs et habitudes des populations ; toutes choses variables dans des limites étendues.
- besoins des animaux et à ceux d’irrigations des cours, jardins et façades de maisons, dépenses d’ailleurs exceptionnelles, irrégulières ou réparties sur plusieurs ménages; d’autre part, nous avons forcé tous les chiffres de l’exemple ci-dessus.
- (t) Plus récemment, la commission générale de salubrité, dans son rapport sur l’alimentation de Londres, estirqp que pour subvenir aux plus larges besoins des particuliers,, y compris l’eau des grands consommateurs et industriels, ainsi que celle que demandera l’abolition complète des fosses, il faudra,
- par tête et par jour, moins de. ... ..............................51 lit.
- A ce nombre, elle ajoute pour nouveaux, bains, nouvelles industries et éventualités..........................................il 80
- En tout...........~62 80
- p.85 - vue 88/332
-
-
-
- Un élément d’une certaine importance dans cette recherche, c’est la quantité d’eau nécessaire pour le curage des égouts ; volume subordonné, d’ailleurs, au rôle qu’on leur fait jouer.
- Dans plusieurs villes d’Angleterre , telles que Londres, les égouts servent généralement l°à l’assèchement, ou drainage du sol de la ville, l’eau dont il est imbu venant s’infiltrer naturellement à travers les parois des égouts ; 2° à l’écoulement des eaux de pluie et des boues demi-liquides qu’elles entraînent avec elles; 3° au charriage des résidus de toutes natures, provenant des cuisines, des latrines ou de toute autre origine, lesquels, mêlés aux eaux sales des maisons, sont déversés dans les égouts publics au moyen d’égouts spéciaux à chaque maison (1).
- A cette nomenclature il convient d’ajouter l’entraînement des boues. Aujourd’hui elles sont encore balayées, et chargées sur voitures; mais ce procédé a été condamné par la commission généralede salubrité, et ces immondices ne larderont sans doute pas à suivre la même voie que les autres.
- A Paris, et en général sur le continent, on amasse séparément ces diverses résidus et détritus, qui sont ensuite enlevés par voitures; mais cette méthode, pénible, coûteuse, encombrante, malpropre, multiple dans ses moyens, est, qu’on nous passe l’expression, si barbare, qu’elle ne peut plus avoir longue durée, et que l’exemple de l’Angleterre sera sans doute bientôt suivi par toutes les villes bien administrées.
- On peut dire que cette révolution sera partout le corollaire obligé d’une bonne distribution d’eau; car l’abondance de cette dernière détermine bientôt la création d’égouts particuliers qui, se rendant directement aux égouts publics, suppriment l’in-
- (1) Dans la Cité de Londres ( City of London sewers — report of Mrs Walker, Cnbilt and Brunei, 4S48), sur 16,000 maisons ou édifices qui la composent, 9,238, soit les 2/50S environ, sont munies d'égouts spéciaux; 6,762 en sont encore dépourvues. On voit par cet exemple que le nombre des fosses ne laisse pas que d’être encore considérable à Londres.
- p.86 - vue 89/332
-
-
-
- — 87 —
- convénient de la circulation de grands volumes d’eaux, sales dans les rues 5 de là à généraliser les attributions de ces égouts particuliers, il n’y a qu’un pas (1).
- A son tour, le charriage des matières fécales dans les égouts aura pour corollaire la suppression d’un autre usage également barbare, celui de déverser le produit des égouts dans les rivières.
- Cette dernière méthode présente, dès à présent, le double inconvénient de souiller les eaux de ces cours d’eau (2) et délaisser échapper, sans les utiliser, des matières fertilisantes d’une haute valeur (3). Mais l’adjonction des matières fécales rendra ces inconvénients plus palpables.
- A Londres, la commission générale de salubrité s’est pronon-
- (1) Un exemple de cette logique naturelle qui conduira infailliblement toutes les villes b recourir aux égouts pour l’enlèvement des immondices de toute origine, c’est Bruxelles.
- Quoique les règlements anciens et nouveaux aient fait défense expresse de construire des latrines dépourvues de fosses d’aisances closes, cependant aujourd’hui il n’existe plus de ces réceptacles dans cette ville, et l’usage de laisser échapper les manières fécales dans les égouts a pris une extension trop grande pour être réprimé. (Voir Y Essai sur la Construction des égouts, par M. Versluys, inspecteur de la voirie communale de Bruxelles.)
- (2) Cette pollution,qui, même en supposant que l’on puise, au-dessus de la décharge des égouts, toute l’eau dont on fait usage, n’est point indifférente en tous cas pour les villages ou villes placées en aval, vicie profondément la qualité des eaux, et cette altération se distingue facilement au microscope, souvent même au goût et à l’odorat.
- La chimie est presque toujours impuissante h faire de pareilles déterminations; cependant, h Paris, les analyses de MM. Boutron-Charlard et O.Henry, faites en 1844, par ordre du préfet de la Seine, signalent dans l’eau du pont d’Ivry et du pont Notre-Dame, des traces seulement de matières organiques, et h Chaillot des traces très-sensibles, outre une quantité très-supérieure de matières minéralisantes.
- A Londres, l’eau de la Lambeth Ce qui puise dans la Tamise vis-à-vis Hungerford Market, en un endroit qui n’est point à l’abri des pollutions des égouts, a été déclarée, par la commission générale de salubrité, impropre à tout usage et dangereuse pour la santé.
- (3) Les eaux sales des maisons, ainsi que les boues entraînées dans les égouts par les pluies, les balayages et les arrosages, renferment d’excellentes matières à engrais; dans le rapport, déjà cité, des commissaires de salubrité, nous lisons qu’il tombe annuellement sur le pavé de Londres plus de 200,000 tonnes de fumier de cheval.
- Utilisa?ion cïn produit d: s étpLU.
- p.87 - vue 90/332
-
-
-
- — 88
- cée pour un système qui consisterait à pomper le produit des égouts et le diriger sur chacune des rives jusqu’à un emplacement où l’on en convertirait une portion en engrais et lâcherait l’autre dans la rivière en un point où cela ne pourrait nuire (1).
- Des projets analogues ont été élaborés pour Paris et pour Bruxelles.
- Il faut le dire cependant, la méthode qui consiste à faire des égouts le réceptacle unique de tous les résidus d’une ville, impose l’obligation, lorsqu’on persiste à conserver le réseau existant, d’augmenter le volume des eaux d’édilité, à l'effet de combattre par des chasses périodiques et répétées, les obstructions qui s’y manifestent infailliblement.
- A Londres (2j où l’on a universalisé les fonctions des égouts, les dépôts et les infiltrations quien sont la conséquence ont pris
- t (1) On a objecté h ca système qu’il laissait encore aller en pure perte, dans la rivière, des matières précieuses pour engrais ; mais rien n’empêcherait, si l’on e.i trouvait l'emploi, d’utiliser, soit pour fumer, soit pour irriguer les terres, le produit tout entier des égout-. Nous lisons dans une lettre de M. Mac-Adam h M. Darcy, que, dès aujourd’hui, une forte proportion des boues relevée.» dans (es rues de Londres, se rend par bateaux, a une distance de 30 a 50 kilomètres de cette viile.
- On a encore objecté à ce système qu’il serait difficile pour les machines de suflire les jours d’orage; c’est la une difficulté à laquelle il est très possible de pourvoir ; mais, en la supposant pour un instant insoluble, rien n’empôche-rait do laisser directement écouler a la rivière les eaux en excédant ; ce serait un inconvénient si l’on veut, mais sans importance puisqu’il serait accidentel.
- (2) Sur les 321 égouts delà Cité de Londres (rapport de MM Walker, Cubitl et Brunei, déjà cité), 101 seulement sont exempts de dépôts; 216 sont sujets à des obstructions sérieuses par suite de l’accumulation et delà concrétion de matières de toute nature, parmi lesquelles il faut comprendre le sable et le gravier qui proviennent des rues macadamisées et dont les dépôts (qui s’élèvent jisqn’à 22 cent.) une fois tassés et mêlés k d’autres débris, ne se dispersent qu’avec une grande difficulté.
- Le rappoi t de la commission de salubrité estime a 168 mètres cubes les accumulations mensuelles des égouts.
- MM. Walker, Cubitl et Brunei pensent que si l’on veut combattre victorieusement les inconvénients que présentent les égouts de la cité, il faut : — un large afflux d’eau; — l’organisation de nombreuses chasses, consistant dans l'établissement deréservoirs(pouvant contenir dans certains cas 37 mètres cubes), où l’on accumule l’eau, pour, à un moment donné, ouvrir les écluses et balayer les égouts; consistant encore dans la fermeture des conduites elles-mêmes, au moyen d’un cer'ain nombre de vannes que l’on ouvre lorsqu’il s’est accumulé
- p.88 - vue 91/332
-
-
-
- — 89
- un caractère réellement inquiétant, et les dépenses de chasses et curages à la main, une extension toujours croissante.
- En présence d'aussi sérieux inconvénients, pour d’autres motifs encore quenous développerons plus loin, nous n’hésitons pas à conseiller la reconstruction de la plus grande partie sinon de la totalité des égouts; il est de toute nécessité que leurs dispo-
- par derrière une quantité d’eau suffisante; moyens, d’ailleurs, déjà appliqués îi Londres, mais dont ils demandent l’extension; — enlin, l’aide régulier et constant des b: as de l’homme. On voit que la conséquence de ce système, c’est le maintien des grandes sections, capables de permettre la circulation des hommes.
- Ces éminents Ingénieurs, évidemment effrayés de la dépense de reconstruction des égouts de Londres, se sont exclusivement préoccupés de combattre a tout prix les inconvénients les plus palpables du réseau actuel, tout en le conservant.
- Nous disons à tout prix, parce qu’en effet les moyens qu’ils proposent se résolvent en un entretien considérable. Les frais de chasse seuls ont été estimés parla commission de salubrité (voir le rapport déjà cité) à au moins 270 fr. par an et par kilomètre, et ce chiffre est de beaucoup dépassé dans certains districts; a quoi il faut ajouter, d’ailleurs, le curage a bras d’hommes, qui est l’élément principal de la dépense.
- A Paris, le curage des égouls qui est effectué par l’action combinée des rabots mus à bras d’homme et des chasses, coûte annuellement, pour un développement to1 al de 130 kilom. d’égouts, dont les attributions sont d’ailleurs fort bornées, une somme de 1,000 fr. par kilomètre qui se décompose ainsi pour 1849. (Voirie rapport de M. Darcy, inspecteur divisionnaire des Ponts et Chaus-
- sées, sur le pavage et le macadamisage) :
- Ouvriers égoutiers................................. 101,176f. 50 c.
- Eau versée aux bouches d’égouts pour assainissement, 837 50 Transport aux décharges publiques, des sables nés
- égouts que Ton relire avec des seaux........... 471 25
- Ouvriers blessés dans le service................... 620 10
- Outils, bottes, etc................................ 10,818 30
- Dragages h l’embouchure des égouts................. 8,588 »
- 122,511 65
- En présence de dépenses incessantes, considérables, appliquées non pas h prévenir lesdépôts et l’insalubrité qui en dérive, mais h les dissiper périodiquement, on se demande si la reconstruction ne serait pas de beaucoup préférable.
- M. Versluys [Essai sur tes égouts de Bruxelles) a proposé, et l’essai en a été fait dans cette ville, d’établir en contrebas du radier des égouts,des fosses ou citernes destinées a retenir les matières solides, que Ton vidangerait ensuite par la méthode atmosphérique ou tout autre. Ce moyen, coûteux, mal commode, ne remédie en rien au grave inconvénient d’un stationnement trop long des ma-lières malsaines; enfin, les matières organiques dissoutes dans l’eau, qui,rationnellement, devraient être utilisées comme engrais, sont complètement négligées pa" ce procédé et vont empoisonner la rivière.
- p.89 - vue 92/332
-
-
-
- Incendies.
- — 90 —
- sitions, formes, dimensions, matériaux et pentes, concourent à l’évacuation la plus rapide possible de toutes ces matières.
- Des essais faits en Angleterre avec le plus grand soin et sur une grande échelle, il paraît résulter d’autre part, qu’avec un système bien coordonné de conduites cylindriques, d’un petit diamètre, en poterie vernissée, bien emboitées l’une dans l’autre et bien étanches, il sera possible de maintenir les égouts constamment libres sans l’aide d’un afflux d’eau spécial, et sous la seule condition que la ville soit pourvue d’une bonne distribution en mode constant.
- Quoiqu’il y ait quelques réserves à faire à l’égard de ce mode de construction, auquel nous reviendrons d’ailleurs, nous pensons qu’en général, la part des eaux d’édilité applicable au curage des égouts ne saurait être considérable dans un système bien organisé.
- Quelque vicieux que soit celui des égouts de Londres et quelque considérables que soient leurs obstructions, on ne dépense actuellement pour les chasser que 2,237 mètres cubes d’eau quotidiennement, soit 1 lit. 16 par habitant et jour (1).
- Dans son projet d’alimentation et évacuation perfectionnées, la Commission générale de salubrité n’attribue aucune affectation d’eau spéciale au curage des égouts.
- Il est difficile de déterminer le volume d’eau applicablë aux
- (1) Pour Paris, il n’est pas possible de séparer les eaux servant k curer les égouts de celles qu’on emploie au lavage des ruisseaux et à la consommation des pauvres ; ces diverses eaux ontune origine commune, les bornes-fontaines, et celles qui ont lavé les ruisseaux, se rendent dans les égouts et y établissent , un courant fort utile pour les maintenir libres. Toutefois, l’eau versée pour . l’usage unique et spécial des égouts, coûtant annuellement 837 fr. 50 c. seulement, ne peut être évaluée à plus d’un litre par jour et par tête.
- Suivant le rapport, déjà cité, de M. Darcy, les bornes-fontaines débitent journellement 19,300 mètres cubes ou par habitant et par jour environ 19 litres.
- On estime d’ailleurs que pour obtenir un service satisfaisant, il faudrait porter de 1,784 h 2,737 le nombre des bornes-fontaines, et de GO litres à 107 litres leur débit par minute.
- p.90 - vue 93/332
-
-
-
- 91 —
- incendies -, il est probable que si toutes les rues d’une ville étaient traversées par des conduites d’eau à haute pression, sur lesquelles il fût possible de brancher des tuyaux flexibles, au premier signal du feu et avant qu’il n’eût pris de l’extension (1) la consommation afférente à ce service n’aurait qu’une faible importance.
- A Paris, il n’existe point d'affectation spéciale pour cet usage.
- A Londres, les incendies absorbent 628 mètres cubes en total, soit 0 lit. 33 par jour et par habitant; mais ce service laisse à désirer. Dans le nouveau projet d’alimentation de cette ville, la Commission générale de salubrité a estimé à 8 litres par jour et par habitant la part attribuable à ces sinistres ; il est vrai que dans ce chiffre elle a compris diverses éventualités.
- Les fontaines jaillissantes sont plutôt un luxe qu’un besoin ; elles contribuent plus à l’embellissement des places et promenades d’une ville qu’à l'hygiène des habitants ; et l’effet utile de l’eau répandue sous cette forme est beaucoup moindre que celui qu’on obtiendrait en la dépensant en arrosages.
- La môme observation peut s’appliquer à l’usage de faire couler l’eau dans les ruisseaux d’une ville.
- Aussi à Londres et dans la plupart des villes anglaises, n’use-t-on point l’eau sous ces deux formes, et dans son nouveau projet d’alimentation de la métropole Anglaise, la Commission
- (1) On a reconnu qu’avec une alimentation continue et a haute pression, il serait possible, a Londres, de lancer l’eau de I h 5 minutes après le signal du feu, c’est-à-dire en quatre fois moins de temps qu’il n’en faut aujourd’hui en moyenne aux pompes les mieux organisées pour arriver sur le lieu du sinistre et se mettre en état de fonctionner.
- Avec un bon système d’alimentation, les assurances pourraient être diminuées des 2/3.
- De plus, l’incendiarisme, qui n’a guère d’autre mobile que l’espoir de frauder les Compagnies d’assurance, serait complètement supprimé. (Voir le rapport sur l’alimentation de Londres, déjà cité.)
- Fontaines
- p.91 - vue 94/332
-
-
-
- — 92
- générale de salubrité n’a-t-elle point attribué un pouce d’eau à ces usages.
- En ce qui concerne l'écoulement de l’eau dans les ruisseaux, nous pensons qu’il n’y a point lieu, en effet, de l’établir ou de le maintenir dans les rues d une ville, et que l’effet qu’on en attend peut être obtenu plus complètement et àmoinsde frais, par l’irrigation des façades des maisons et l’arrosage des voies publiques plusieurs fois répétés dans le jour, suivant une méthode dont nous dirons quelques mots tout à l’heure.
- Si, à Paris, on fait circuler l’eau dans les ruisseaux, ce n’est point dans le but de rafraîchir l’air, mais de laver ces ruisseaux, d’entraîner la boue et les détritus de toute nature qui s’y accumulent et d’établir dans les égouts où ce'teeau va se rendre,un cour mt nécessaire pour les maintenir libres ; or, la circulation dans les ruisseaux deviendrait inutile si chaque maison, bien alimentée d’ailleurs, était pourvue d’un égout souterrain branché sur l’égout public, si les égouts publics étaient construits suivant un système rationnel, perfectionné et coordonné, si enfin l’on adoptait une bonne méthode d’arrosage et d’ébouage.
- Quant aux fontaines jaillissantes, nous croyons impossible de ne pas leur attribuer une part ; dans une ville méridionale surtout, la coutume, sinon le besoin, en rend l’établissement nécessaire ; mais il faut se garder d’en exagérer le nombre.
- A Paris, leur nombre est de 23 ; elles débitent 13,200 mètres cubes par jour. Dans le rapport de M. Darcy que nous avons déjà cité, nous lisons que. pour rendre complet le système de fontaines jaillissantes, il faudrait en augmenter un peu la quantité et porter le débit total à 18,000 mètres cubes, soit environ 18 litres par jour et par habitant.
- L’élément le plus important de la détermination du volume des eaux d’édilité, c’est l’arrosage et l’ébouage.
- L’arrosage, qui a pour but d’abattre la poussière des rues, et qui devrait toujours être suivi d’un ébouage, est encore gé-
- Ârrosage et ébouage.
- p.92 - vue 95/332
-
-
-
- — 93 —
- néralement opéré au moyen de la circulation d’appareils ou tonneaux, que l’on remplit d’eau aux réservoirs, aux fontaines ou aux poteaux d'arrosement.
- On consomme, soit à Londres, soit à Paris, de 1 lit. à 1 lit, 25 par chaque mètre carré de surface arrosée et pour chaque arrosage. On arrose deux fois par jour pendant sept mois del’an-nép, chaque fois que l’état de la température i’exige.
- A Londres, ce service absorbe 3,424 mètres cubes, soit I lit. 78 par jour et par habitant ; mais quoiqu’il soit bien fait, il est loin d’ètre étendu à toutes les rues (1).
- L’ébouage se fait à Paris au moyen de balais mus à bras d’homme ; à Londres cette méthode est également prédominante ; cependant, dans certains quartiers de cette ville, on se sert avec succès de la machine à balayer de Withworth, qui effectue simultanément le balayage et l’enlèvement des boues, tandis que dans le système du balayage à la main, on est forcé de les réunir en tas et de les charger ensuite sur des voitures.
- Les opérations d’arrosage et d’ébouage, telles qu’on les exécute habituellement, sont notoirement malpropres et insuffisantes ; il faut ajouter qu’elles coûtent fort cher.
- A Londres, on peut estimer la dépense d’arrosage à environ O fr. 228 par mètre superficiel (2) et celle d’ébouage à environ
- (1) Pour Paris qous manquons de renseignements suffisants pour évaluer la quantité d’eau absorbée par le service des arrosages ; dans le rapport de M. Darcy nous lisons que cette eau est payée par les entrepreneurs b raison de 22,150 fr. annuellement; mais il faudrait connaître les proportions relatives d’eaux de Seine et d’Ourcq employées k ce service, les premières étant payées 0 fr. 274 et les secondes 0 fr. 137 par hectolitre.
- (2) Ce chiffre se décompose ainsi qu’il suit, d’après les renseignements remis h M. Darcy par M. York, suryeyor de la paroisse de St-James, renseignements
- basés sur une moyenne de dix années :
- Eau................................................. 0.125 \
- ^ Chevaux, voitures, conducteurs..................... 0.093 [0.228
- " Réparation destuyaux de cuir, de3 coffres d airo âge. 0.010 )
- p.93 - vue 96/332
-
-
-
- — 94 —
- 0 fr. 500 (1). Pour les six millions de mètres superficiels de voie publique de cette ville (trottoirs non compris), l’arrosage et l’ébouage, s’ils se faisaient complètement, coûteraient donc: :
- Arrosage.............. 1,000,000 fr.
- Ebouage.. .>........ 3,000,000
- Total........ 4,000,000 fr.
- A Paris, l’arrosage coûte environ 0 fr. 18 par mètre superfi-
- ciel (2) ; quant à l’ébouage, il est, dans cette ville, à la charge des propriétaires ou locataires des maisons. M. Darcy, inspecteur divisionnaire des Ponts et Chaussées, dans son rapport sur le pavage et le macadamisage, estime que si ce travail se faisait municipalement ou par les soins d’une Compagnie avec laquelle traiteraient les propriétaires ou locataires, il coûterait par mè-
- tre carré :
- Balayage.................. 0 f. 38 c.
- Transport par voitures... O 11
- Total.......... Of. 49 c.
- D’où résulte que pour les 3,600,000 mètres superficiels des
- (i)Nous trouvons dans le rapport de la commission de salubrité de Londres que cette dépense s’est élevée aux chiffres suivants dans l’une des paroisses de Londres, pendant une année et pour une surface de 52,471 yards :
- Main-d’œuvre du balayage............................. 424livres.
- Transport des détritus et des immondices (4,800 charges a 2 shillings 2 pence la charge)...................... 560 »
- 984 livres.
- (2) L’arrosage ne se fait guère que sur les quais, boulevarts et places publiques. Pour les 860,000 m. q. (y compris 70,526 mètres au bois de Boulogne) arrosés, la dépense se décompose ainsi, suivant le rapport déjà cité de M. Darcy :
- Service fait par l’entrepreneur.............................. 104,833.00
- Surveillance................................................... 1,373.00
- Ventousiers............................................... 10,390.50
- Service en dehors du marché............................... 128.80
- Eau répandue................................................. 2,744,15
- Entretien du matériel..................................... 1,059.87
- Eau payée à'la ville.......................................... 22,149.59
- Arrosement du bois de Boulogne................................. 9,197.30
- Total
- 151,876.21
- p.94 - vue 97/332
-
-
-
- 95 —
- voies publiques de Paris (trottoirs non compris) l’aïjrosage et l’ébouage, s’ils étaient généralement opérés, coûteraient :
- Arrosage.................... 648,000 fr.
- Ebouage..................... 1,764,000
- Total......... . 2,500,000 fr.
- Les procédés actuels d’assainissement des rues, multiples dans leurs moyens, encombrants, insuffisants et chers, peuvent être remplacés avec grand avantage, et ils le seront tôt ou tard, par la méthode une et simple qui consiste à brancher sur les conduites d’eau, à certaines heures, des tuyaux flexibles, lesquels projetant l’eau sur les pavés avec une forte pression, les débarrassent de la poussière -et de la boue, qui sont entraînées dans les égouts.
- M. Darcy estime que l’arrosage et l’ébouage de la surface entière de Londres, au lieu de 4 millions qu’il faudrait dépenser pour appliquer le système actuel, coûterait par la méthode perfectionnée, 875,000 fr. avec de l’eau à haute pression(18m.) et 2,330,000 fr. avec de l’eau à pression moyenne (6 m.)
- La Commission générale de salubrité Anglaise, qui, après avoir expérimenté sur une grande échelle cette méthode perfectionnée, a proposé de l’appliquer à Londres dans le plus bref délai possible, estime la dépense d’eau totale qu’elle exigerait pour arrosage et ébouage, à 23 lit. 60 par jour et par habitant de Londres.
- Pour résumer ce qui concerne les eaux d’édilité, nous rappellerons qu’à Londres (1) il n’est distribué en ce moment, pour le lavage des rues, le curage des égouts au moyen de chasses, et pour l’extinction des incendies, qu’un peu plus de 3 litres par tête et par jour-, il est vrai que la vicieuse pratique du balayage des rues n’est point encore supprimée, et que la métropole est
- Chiffre
- la consommation d’édilité.
- (1) Voir le Rapport de la Commission générale de salubrité sur l’alimentation de la métropole, 1S50.
- p.95 - vue 98/332
-
-
-
- — 96 —
- mal pourvue contre les incendies; mais le nouveau projet d’alimentation de Londres, appuyé sur une enquête faite avec un suin et un zèle admirables, et basé sur l'emploi des méthodes les plus avancées en matière de salubrité publique, évalue ainsi qu’il suit le volume total nécessaire, par tête et par jour, pour satisfaire largement aux besoins publics :
- Arrosage et ébouagedes rues.............. 23 lit. 60 (1)
- Incendies et éventualités................ 8
- Total........ 33 litres.
- Soit 50 0/0 du volume attribué, par le meme projet, aux besoins des particuliers (2).
- Si donc, au lieu de moitié de la quantité dévolue à ces derniers, quantité que nous avons estimée à 70 litres, nous attribuons part égale aux besoins d’édilité, nous serons certains d’avoir pourvu, et bien au-delà du nécessaire, à l’écoulement des fontainesjaillissantes qui, nous l’avons vu, ne doit guère dépasser le chiffre de 20 litres par tête et par jour; nous serons également sûrs d’avoir réservé bien plus que ne nécessitera le curage d’un certain nombre d’égouts à grande dimension qu’il nous parait prudent de conserver jusqu’à plus ample expérience, curage qui, d’ailleurs, n’àbsorberait encore qu’une quantité d’eau peu importante, quand bien même on persisterait dans le système actuel des égouts.
- Nous attribuons en conséquence 70 litres aux besoins d’édilité (3); c’est un chiff e qui approche de ceux des projets de Lyon et de Ceite.
- Avant de résumer notre étude sur la mesure de l’abondance
- (1) Ce chiffre est relatif a Londres où il n’existe que six k sept habitants par maison. A Paris et à Madrid, il y a, par maison, 34 et 25 habitants.
- (2) Ce volume est estimé à G3 litres, y compris les besoins afférents h un développement éventuel des bains et des établissements industriels. (Voir le Rapport déjà cité de la Commission de salubrité. )
- (3) Dans ce chiffre n’est point et ne doit point être comprise l’eau distribuée gratuitement aux classes pauvres; cette dernière doit être prélevée sur les 70 litres par tête et par jour que nous avons attiibués aux besoins particuliers.
- p.96 - vue 99/332
-
-
-
- 97 —
- de l’eau, et d’en conclure le chiffre total de la consommation d’une ville, nous croyons utile de faire connaître quels ils sont dans les principales cités dont l’alimentation a été observée ; l’appréciation et la décomposition de ces chiffres serviront de contrôle à celui auquel nous nous sommes arrêtés, et mettront en garde contre le danger d’imiter leur élévation apparente ou exagérée.
- Nous avons, en conséquence, réuni dans le tableau suivant les villes qui reçoivent les plus fortes distributions d’eau, les cités favorisées ; les nombres qui y figurent comprennent à la fois l’eau des besoins particuliers et l’eau des besoins publics (1).
- NOMS DES VILLES. POPULATION NOMBRE de LITRES DISTRIBUÉS par jour et pur habitant. COURS D'EAU sur lesquels SONT SITUÉES LES VILLES.
- Rome ancienne.... 1,200,000 1,084 Tibre.
- Rome moderne.... 136,000 1,105 Tibre.
- Besançon y 30,000 530 Canal.
- New - York 312,000 568 »
- Marseille 185,000 470 tl
- Carcassonne 15,500 400 Aude et canal du Languedoc.
- Philadelphie 210,000 225 Schuylkill et Delaware.
- Dijon 25,496 180 Ouclie et torrent du Suzon.
- Richemond 20,000 180 James.
- Lyon 206,000 145 en projet Rhône, Saône et sources.
- Glasgow 395,000 113 Clyde et trois canaux.
- Gênes 90,000 110 Bisagno, Roclietta, Polievora.
- Cette 18,000 106 en projet »
- Londres 1,924,000 105 Tamise et New-River.
- Narbonne 10,500 85 Canal.
- Manchester 180,000 84 Deux canaux et deux petits cours d’eau.
- Toulouse 52,000 80 Garonne et canal.
- Munich 90,000 80 Isar et canaux.
- Genève 50,000 74 Lac Léman et Rhône.
- Paris 1,000,000 58 Seine, Ourcq, Bièvre. !
- (1) Ce tableau a été composé avec les chiffres que nous avons trouvés dans le consciencieux travail de M. Terme(Des Eaux potables, 1843); avec ceux que nous avons extraits des documents de la grande enquête de 1844 sur la salubrité des villes Anglaises, et du rapport de la commission de salubrité sur l’alimentation de Londres ; enfin, nous en devons quelques-uns à des renseignements directs.
- 7
- p.97 - vue 100/332
-
-
-
- — 98
- C’est pour avoir connu les chiffres de ce tableau, sans les avoir suffisamment appréciés et analysés, que la plupart des villes qui ont récemment projeté de nouvelles alimentations, se sont presque-s toutes arrêtées à des volumes exagérés.
- Et d’abord, ce tableau indique bien les volumes débités, mais
- nullement les volumes consommés.
- *
- Ainsi, à Londres, la quantité réellement consommée n’est pas moitié de la quantité délivrée par les réservoirs des Compagnies (1) ; il en est de même à Glasgow et dans la plupart des villes Anglaises (2), où le mode de distribution intermittente occasionne un gaspillage, un coulage énormes ; de là les chiffres élevés, mais sans réalité, de l’alimentation de quelques villes du Royaume-Uni; de là les plaintes générales qui s’y font entendre, quand il y aurait peut-être excédant si les quantités officielles étaient véritablement utilisées.
- Il faut également écarter Rome, ville fastueuse, dont le monde entier entretenait le luxe, et qui pouvait ne reculer devant aucune dépense pour compléter ses créations monumentales.
- Besançon en France, était dans certaines conditions spéciales dont l’existence donne la clef de la profusion de quelques autres villes. Besançon avait à la faible distance de 10 kilomètres de ses murs, une eau d’une rare abondance, qu’elle pouvait dériver avec la plus grande facilité. Dans de semblables circonstances, une cité hésite rarement à faire entrer dans ses murs des quantités d’eau supérieures à ses véritables besoins; elle se donne ainsi un superflu peu coûteux, propre à subvenir aux besoins à venir d’un accroissement de population; c’est également ce qui explique la large alimentation de Carcassonne.
- C’est dans une semblable prévision, favorisée d’ailleurs par l’abondant débit de cours d’eau plus ou moins voisins, que
- (1) Rapportée la Commission de salubrité sur l’alimentation de la métropole, 18£>0.
- (2) Voir l’enquête de 184 i sur la salubrité des villes.
- p.98 - vue 101/332
-
-
-
- 99 —
- New-York et Philadelphie aux Etats-Unis, Marseille (1) et Dijon en France, et tant d’autres villes, se sont décidées à verser dans leurs rues, des quantités d'eaux supérieures à leurs besoins actuels.
- De ces excès d’eau, rarement alliés à un bon et suffisant égoutage, il résulte généra1 ement une humidité et des infiltrations dangereuses pour la santé publique, et dont Rome, Lombes et New-York souffrent considérablement.
- Un excédant d’eau, serait-il bien et' complètement évacué, présente en tous cas l’inconvénient d’un excès de dépense en égouts, conduites et appareils d’alimentation 5 en outre, il produit un trop grand délayage des matières charriées dans ces égouts, d’où résulte, si l’on veut tirer partie de ces matières une augmentation de frais, soit, pour les éloigner de la ville, soit pour les convertir en engrais.
- Nous croyons donc qu’il faut se garder d’imiter la profusion pour ainsi dire naturelle d’un certain nombre de villes.
- (1) Nous ne pouvons nous dispenser de dire quelques mots delà ville de Marseille dont le projet d’alimentation, connu de MM. Rafo et de Ribera, a incontestablement influé sur le chiffre beaucoup trop élevé auquel ils se sont déterminés pour l’alimentation de Madrid.
- Marseille) qui avait la faculté de puiser pour ainsi dire b discrétion dans la Durance, a fait comme toutes les villes qui ont eu les mêmes facilités naturelles , elle a exagéré le chiffre de son alimentation, ainsi que le prouve la répartition suivante des eaux qu’elle compte introduire journellement dans ses
- murs pour chaque tète d’habitant :
- Usines et fabriques..................................191 litres.
- Fontaines et bornes-fontaines........................166 »
- Prévisions concernant les concessions particulières.. 113 >*
- Marseille attribue 191 litres aux besoins industriels ; et Londres, où le nombre des grands consommateurs et des usines est cependant si considérable, n’en consomme que 8. (Voir le rapport déjà cité de la commission de salubrité.) Ce simple rapprochement est suffisant.
- Marsedle suppose que chacun de ses habitants achètera 113 litres par jour, tout en se proposant de déverser de l’eau gratuite par 800 bornes-fontaines et 55 fontaines monumentales!—tandis que c’est a peine si l’on peut compter, pour -acheteurs, sur 1/4 des habitants d’une ville , même lorsqu’il ne s’y fait pas de distribution gratuite; tandis qu’il a été prouvé par la minutieuse enquête b laquelle a procédé le gouvernement Anglais, que 54 litres correspondent, a une •consommation tout—h—fait supérieure, y‘compris même les besoins induslriels!
- p.99 - vue 102/332
-
-
-
- 100 —
- Consommation totale d’une ville.
- Avantages que présentent les dérivations.
- Les cités Anglaises qui sont forcées d’employer des moyens mécaniques pour élever l’eau, ou obligées de recourir à des sources multiples pour compléter la quantité d’eau qui leur est nécessaire, semblent plus propres que les précédentes à nous guider dans la détermination qui nous occupe, cependant il y a, d’autre part, pour elles, présomption d’insuffisance; d’ailleurs elles peuvent se passer et se passent en effet d’eaux jaillissantes.
- La vérité est donc dans un terme moyen, mais plus rapproché cependant du volume distribué dans les villes Anglaises bien pourvues, volume auquel il suffirait peut-être d’ajouter un supplément afférent au service des fontaines monumentales.
- En résumé, nous pensons que la consommation totale et quotidienne d’une ville ne saurait dépasser ni même atteindre le chiffre de 150 litres, multiplié par le nombre des habitants.
- Nous avons démontré la nécessité d’alimenter les villes avec des eaux de bonne qualité et abondantes 5 nous avons en outre caractérisé les conditions auxquelles on reconnaît qu’une eau est abondante et pure. Nous avons ainsi fait ressortir un certain nombre de principes capables de nous guider dans la détermination du meilleur mode d’alimentation de Madrid et dans l’appréciation des moyens proposés à cet effet par MM. les Ingénieurs Juan Rafo et Juan deRibera.
- ALIMENTATION DE MADRID.
- Choix du cours d’eau.
- Il est pour amener l’eau dans l’enceinte d’une ville, trois systèmes principaux : 1° élévation directe par machines ; 2° dérivation combinée avec élévation par machines ; 3° dérivation amenant naturellement les eaux à la hauteur nécessaire.
- L’expérience a démontré d’une manière si décisive les nom-
- p.100 - vue 103/332
-
-
-
- — 101 —
- breux avantages que présentent les deux derniers systèmes, mais le troisième surtout, qu’un grand nombre de villes n’ont point hésité, lorsqu’elles avaient le choix, à se prononcer pour lui, bien que la dépense qu’il devait occasionner fût supérieure.
- En Amérique, Albany et Troy, situées sur l’Hudson, ont dédaigné cette rivière pour aller dériver les sources des hauteurs voisines. Philadelphie, assise sur deux rivières, use d’une eau qu’elle va chercher au loin (1).
- En Angleterre et en Ecosse, plusieurs villes offrent un pareil exemple. Edimbourg s’est prononcée pour les sources qui la dominent, se réservant de se servir des cours d’eau plus ou moins troubles qui l’avoisinent, quand elle ne pourrait plus faire autrement ; un grand nombi-e d’autres cités, quoique baignées par des rivières, ont recours à des eaux de drainage.
- Londres, malgré la Tamise qui la traverse, a conduit dans son enceinte, par une dérivation de seize lieues, les eaux de la rivière J^ea et de quelques sources abondautes; si cette dérivation, qui porte le nom de $ew-River, eût pu aborder Londres à une hauteur suffisante pour en alimenter tous les districts, et si ses eaux avaient eu une qualité supérieure à celle de la Tamise, il est certain que pas une machine à vapeur n’eût été établie dans cette capitale pour le service des eaux (2).
- A Hambourg, la rivière Alster a été dérivée récemment jusqu’au cœur de cette cité, à une hauteur d’environ 4m,30 au-dessus du niveau de l’Elbe (3).
- (1) Des Eaux potables, 1813, par M. Terme.
- (2) La commission générale de salubrité, nous l'avons dit, a récemment proposé de renoncer à la Tamise et h la Léa, et de dériver à Londres des eaux de drainage d’une distance de 42 kilomètres.
- Cet exemple, ainsi que celui des villes qui, soit en Europe, soit aux Etats-Unis, ont, en ces derniers temps, dérivé des eaux souventfort éloignées, malgré que leurs murs fussent baignés par des rivières, démontre surabondamment l’erreur de ceux qui prétendent que c’est k l’absence de machines k vapeur et, en général, de bons appareils élévatoires, qu’il faut attribuer la pratique des dérivations naturelles, si commune dans les anciennes villes et qui a été le système favori des Romains.
- (3) Rapport sur ies égouts de la cité de Londres, par MM. Wallcer, Cub'tt et Brunei, 1848.
- p.101 - vue 104/332
-
-
-
- En France, nous citerons parmi les villes alimentées par dérivation : Carcassonne, malgré l’Aude et le canal du Languedoc ; Besançon, malgré le Doubs; Grenoble, malgré l’Isère; Dijon, mal gré l’Ouche; Paris, qui a amené dans ses murs par une dérivation de dix-neuf lieues, 5,000 pouces de la rivière de l'Ourcq, dont elle ne consomme en ce moment que 2,200 pouces; Paris qui n’eût jamais songé, sans la qualité inférieure des eaux de l’Ourcq, a recourir à la Seine, où l’on puise chèrement environ 600 pouces d’eau.
- Les motifs déterminants sont nombreux : les rivières au point où elles baignent les grandes villes, ont en général circulé assez longtemps pour être chargées de sels, notamment de carbonates, et souillées des matières animales et végétales que les eaux de pluie empruntent aux terrains cultivés. Elles sont le plus souvent troubles pendant les hautes eaux et chaudes en été; or, nous avons fait voir surabondamment que la fraîcheur de l’eau est une qualité indispensable, et que sa filtration, aussi bien que son épuration chimique, sont économiquement impossibles.
- La pression naturelle qui est l’apanage du troisième système d’alimentation, permet, sans frais aucuns, de tenir les tuyaux de distribution constamment en charge, et d’élever l’eau jusque dans l’intérieur des habitations. Ajoutons que ces alimentations ont une durée, une existence pour ainsi dire perpétuelle, qu’elles ne peuvent êtrearrêtées ni par la guerre, ni par le délabrement des finances, ni par les accidents. Enfiu, s’il est vrai que ce système demande généralement l’émission d’un capital de fondation considérable, il ne faut pas oublier, d’autre part, que les machines exigent un entretien et un renouvellement considérables ; que les appareils de filtration, même les plus incomplets , nécessitent l’acquisition de vastes terrains, de vastes constructions, une main-d'œuvre et un entretien coûteux; enfin que, s’il s’agit de machines à vapeur, il y a lieu à une consommation de combustible incessante; le dé-.
- p.102 - vue 105/332
-
-
-
- v — 103 —
- veloppement de !a richesse, de l’industrie d’une nation, tend à abaisser, par des gradations successives, le taux de l’intérêt des capitaux, tandis qu’il n’y a nulle atténuation à espérer dans l’avenir, pour les frais de main-d’œuvre et d’entretien.
- Le Manzanares haigne les murs de Madrid; mais son volume et sa pente y sont trop faibles pour qu’on puisse en extraire une suffisante quantité d’eau au moyen d’appareils hydrauliques -, d’autre part le combustible est, dans cette ville, d’un prix for^ élevé; enfin, le Manzaüares est parfois presque à sec; — on ne peut donc hésiter, il faut recourir à une dérivation.
- Le choix entre les divers cours d’eau qui avoisinent Madrid, à savoir, le Guadarrama, le Manzanares, Jle Guadalix, le Lozoya et le Jarama, ne présente pas beaucoup plus de difficultés (1).
- Le Lozoya, parmi ces cinq rivières, est la plus pure, la plus fraîche, et ce sont là, nous l’avons vu, des considérations tout-à-fait déterminantes.
- La pureté du Lozoya emprunte une certitude incontestable au rapprochement suivant (2) :
- (1) Nous ne mentionnons même point, ici, l’alimentation par drainage, parce que c’est une méthode que les villes ne doivent employer qu’à défaut d’un bon cours d’eau dans leur voisinage. Cette méthode, à cause de l’irrégularité des pluies, entraîne d’ailleurs avec elle l’obligation de faire faire à l’eau de longs séjours dans de vastes réservoirs.
- (2) Voici, une fois pour toutes, le rapport qui existe entre les principales mesures ou monnaies françaises et espagnoles :
- Pied...................0m, 282 655.
- Pied cube..............0m5, 022 ht- 4257.
- Réal fontainier. . . . • 3m3, 380 ut-2816.
- Cuve...................0m3, 033lu- 8028.
- Lieue espagnole=20000 pieds=5,652 mètres.
- Le réal est compté 'a 0 fr. 26 c. 5 mil.
- t’S'oA’i’onw à nccorrliT ne fLozoya.
- Su pureté.
- p.103 - vue 106/332
-
-
-
- — 104
- Sur un litre.
- Uÿsida salin total. Carbonate de cbani(-t ).
- l Seine en amont. . . . 0.1G2 0.090
- Paris . . <Arcueil 0.466 0.110
- ( Canal de l’Ourcq. . . 0.415 0.111
- Bordeaux.—Garonne 0.152
- Montpellier 0.263 0.212
- byon* * 1 Rhône (hiver) .... 0,251 0.223
- 0.182 0.150
- Kingston. Hull 0.200
- Londres.— Tamise. ...... 0.229
- Edimbourg 0.072
- Glasgow 0.063
- Manchester. . 0.168
- Clifton 0.253
- Moyenne générale d’un très-grand nombre de villes Anglaises dont
- l’alimentation est réputée bonne. 0.114
- Sunderland. — Eau de sondage ré-
- putée excellente. . . . 0.100
- Lozoya ...... 0.024 0.0064
- Paris \ Seine lans, . . {Arcueil Air atmosphérique. 0.003
- 0.004
- Lozoya 0.020
- Ainsi les eaux du Lozoya ont un avantage énorme sur toutes les eaux que nous avons mises en parallèle, et cependant ces eaux, à l’exception de celles d’Arcueil, de POurcq et de la Tamise, passent pour être de bonne qualité, notamment celle de la Seine.
- soç débit. Une circonstance qui enlève toute hésitation à choisir le Lozoya, c’est son débit. Pas un des quatre autres cours d’eau les plus rapprochés de Madrid ne donne un volume d’eau suffisant, aux points où l’on devrait les dériver j le Lozoya n'est d’ailleurs point sujet, comme ses concurrents, à des baisses extraordinaires qui, dans certaines années, les mettent à peu de chose près à sec. A défaut du Lozoya, on serait donc obligé de recourir à deux cours d’eau à la fois, c’est-à-dire à deux dérivations $ nous n’avons pas besoin d’insister sur les inconvénients qui en résulteraient.
- (I) En Angleterre, c’est la quantité de carbonate de chaux en dissolution dans l’eau qui sert de mesure à sa crudité, h sa dureté (hardness). Un degré de crudité y équivaut k un grain par gallon (0 gr„. 014 par litre,)
- p.104 - vue 107/332
-
-
-
- 105
- Établissement de la «lérivation «in liozoya.
- La première question que soulève la construction de la dérivation du Lozoya, c’est la détermination de son point de départ. Ici encore point d’hésitation ; la pureté, la fraîcheur, la limpidité du Lozoya, sont des qualités qu’il faut lui conserver à tout prix; la dérivation devra donc avoir sa prise au-dessus du Ponton de laOliva. Jusque là, son parcours à travers des roches l’a garantie de toute influence étrangère ; plus loin, cette même eau, dans le canal de Cabarrus, après un parcours de 6,357 kilomètres seulement, donne à l’évaporation un résidu de 0gr-,037 par litre, au lieu de0gr-,024-, en faisant la prise plus bas, on se mettrait d’ailleurs dans la nécessité de filtrer l’eau dans la saison des pluies, et l’on sait si cela est financièrement praticable.
- La seconde question, c’est celle de la quantité d’eau que devra débiter la dérivation du Lozoya.
- Le volume tout entier du Lozoya à l’étiage est, au Ponton de la Oliva, de 60,370 mètres cubes en vingt-quatre heures, soit, par chaque habitant de Madrid, 300 litres par jour.
- Ce volume déversé dans la dérivation sera-t-il suffisant pour pourvoir à tous les besoins de Madrid? Nous n’hésitons pas à nous prononcer pour l’affirmative.
- ' MM. les Ingénieurs Rafo et de Ribera ont fixé à un chiffre plus élevé le débit minimum de la dérivation, à savoir 97,350 mètres cubes en vingt-quatre heures, soit, par chaque habitant de Madrid, 487 litres par jour.
- Nous pensons qu’ils ont été involontairement préoccupés par les alimentations fastueuses de quelques villes d’Europe ou des États-Unis ; New-Yorck et Marseille n’ont certainement point été sans influence sur le chiffre qu’ils ont adopté. Or, nous le répétons, lorsque le cours d’eau dérivé pour les besoins d’une
- l’oint de départ de la
- dérivation.
- Son débit minimum.
- p.105 - vue 108/332
-
-
-
- — 106 —
- ville, présente un volume considérable, et qu’il est possible d’y puiser, pour ainsi dire, sans compter, la mesure de l’eau que s’approprie cette ville ne peut point être prise pour celle de ses véritables besoins ; toujours, dans de telles circonstances, il y a prodigalité.
- Mais Madrid est mal favorisée de la nature sous le rapport de l’abondance des eaux5 elle n’a pas une rivière considérable à sa portée ; le volume total de tous les cours d’eau qui l’avoisinent ne présente encore qu’un chiffre médiocre. Cette ville ne peut point exiger une quantité d’eau qu’elle ne saurait acquérir qu’en sacrifiant la qualité ou en s’imposant d’énormes dépenses. II faut avoir conquis le monde entier et se plaire aux naumachies, pour jeter dans une alimentation d’eau tout-à-fait disproportionnée avec ses besoins, les énormes sommes que l’antique Rome a consacrées à ses aqueducs.
- C’est d’une analyse positive que l’on doit induire la quantité d’eau nécessaire à une ville 5 et l’on ne manque,’ pour y procéder, ni de faits, ni d’observations, ni de chiffres.
- En opérant ainsi, nous sommes arrivés, dans les considérations générales qui précèdent, à la limite supérieure de 150 litres par jour et par habitant, pour les besoins particuliers et publics d’une ville placée à une latitude méridionale.
- Mais augmentons encore ce chiffre, si l’on tient absolument à avoir du superflu ou si l’on veut pourvoir à un grand accroissement éventuel de population, et portons à 200 litres pas jour et par habitant les consommations réunies des particulierr et de l’édilité, de manière à dériver dans les rues de Madrid plus que de l’abondance ; — nous n’aurons encore absorbé que les deux tiers de ce que débite le Lozoya aux basses eaux, et nous pourrons disposer du tiers restant, pour les irrigations des terrains desséchés qui forment la banlieue de Madrid.
- Ainsi le débit journalier, naturel, du Lozoya, pendant l’étiage, est suffisant pour subvenir largement à tous les besoins de Madrid; le minimum du débit de la dérivation pourra donc ne
- p.106 - vue 109/332
-
-
-
- — 107 —
- point surpasser le volume que conserve la rivière aux basses eaux.
- Voici, pendant les cent jours de cette période, quelle pourra être la répartition des eaux de la dérivation :
- Besoins des particuliers.. I7,103m-1 * 3 par jour, soit 85 litres par habitant, id. d’édililé.........23,143
- Irrigations de la banlieue. 20,124
- Total. . . 60,370
- A celte quantité, il convient d’ajouter celle dont Madrid dispose couramment dès aujourd’hui, et qui, pour la consommation des particuliers seulement, s’élève à 1,521 mètres cubes par jour (1).
- Enfin, pendant 265 jours de l’année, la quantité d’eau dont on pourra disposer sera bien supérieure encore, et la dérivation pourra facilement livrer, au lieu de 60,370 mètres cubes, la quantité considérable de 108,000 mètres cubes par jour.
- On voit en résumé qu’il est possible d’obtenir à Madrid, avec une seule dérivation, sinon une profusion d’eau, au moins des quantités de liquide supérieures au cube distribué dans un grand nombre de villes qui passent pour richement alimentées.
- MM. les Ingénieurs Rafo et de Ribera ont indiqué le moyen acsCTéIen™rl de faire rendre à la dérivation non pas 60,370, mais 97,350 mètres cubes par jour. A cet effet, ils proposent d’établir dans le lit du Lozoya, en amont de la prise, de vastes réservoirs qui se remplissent pendant le printemps, à l’époque des hautes eaux, et se dégorgent pendant l’étiage, de façon à conserver d’une manière constante un débit moyen fort élevé.
- Mais un pareil expédient fait pis qu’imposer des sacrifices
- (1) Les porteurs d’eau tirent des fontaines publiques 36,000
- cuves =.........................................................1,210,901 lit.
- bcs particuliers............................................. 304,225
- 1,521,126
- p.107 - vue 110/332
-
-
-
- — 108 —
- d’argent, il sacrifie la bonne qualité de l’eau ; en un mot, il est inacceptable, et la question est assez importante pour que nous le démontrions avec quelques développements.
- L’eau qu’il s’agit de fournir aux habitans de Madrid doit être fraîche, doit être pure ; iî semble que le simple énoncé de ces conditions suffise à prouver l’impossibilité de laisser stationner pendant longtemps un amas de quatre millions et demi de mètres cubes, sous le ciel d’Espagne et pendant la saison chaude. Cependant, non contents de ce que nous avons développé à cet égard dans nos considérations générales, nous allons citer de nombreux exemples propres à rendre cette impossibilité plus palpable.
- A Toulouse où, comme nous l’avons expliqué, l’eau de la rivière est infiltrée dans de vastes puisards, au travers d’une couche d’alluvion , l’on ne songea pas dès l’abord à couvrir ces réservoirs; voici ce qui en résulta; nous laissons parler M. d’Au-buisson : « Les rayons du soleil y développaient une forte cha~ » leur, laquelle était encore augmentée par l’effet et la réverbé-» ration des bords et des digues. Par suite, la végétation y » acquit une vigueur extrême. Les divers moyens employés » pour la détruire furent sans effet; des reptiles s’y joignirent, » et ces plantes, ces animaux, en mourant et en se putréfiant dans » une eau tiède, la rendaient très-mauvaise. Il fallait se presser » de porter un remède au mal; encore un an, et il eût été into-» lérable. L’eau était très-bonne en entrant dans le réservoir et » viciée quand elle en sortait ; la forte chaleur et la lumière en » étaient la cause manifeste ; il fallait l’attaquer; on ne le pou-» vait qu’en couvrant le réservoir; j’en émis l’idée. »
- Cette idée fut en effet réalisée, et M. d’Aubuisson ajoute : « Depuis qu’il a été ainsi disposé, la qualité de ses eaux s’est » non-seulement rétablie, mais encore améliorée, la limpidité » et la saveur en sont parfaites. »
- On va voir maintenant comment l’eau stationnaire se coin-
- p.108 - vue 111/332
-
-
-
- — 109 —
- porte à Lyon, sous un ciel moins méridional cependant que celui de Toulouse.
- Une partie des fontaines de la ville était alimentée par un grand bassin placé au Jardin des Plantes, alimenté lui-même par le Rhône 5 l’eau n’y stationnait que sept jours et demi. Pourtant les habitants du quartier se plaignirent bientôt de la mauvaise qualité, du mauvais goût et de la mauvaise odeur de cette eau. M. le docteur Dupasquier, professeur de chimie à l’école de médecine, fut préposé à l'examen des faits (1); ses conclusions furent que cet état de choses provenait de ce que le bassin était découvert ; le limon de l’eau s’y déposait petit à petit. « A ce limon viennent se joindre encore, dit-il, la pous-» sière, les feuilles et les débris de toutes sortes qu’y apportent » les vents. Si l’on ajoute à cela que des poissons originaires » du Rhône y déposent leurs excrétions, que des myriades d’in-» sectes et d’infusoires sans nombre y laissent leurs dépouilles, » que des conferves et autres végétaux aquatiques en tapissent « les parois, et que ces débris s’y accumulent et s’y décomposent » avec ceux des autres matières organiques, on ne pourra moins » faire que d’assimiler ce bassin (quand il n’a pas été curé de-» puis quelque temps) à une sorte de marécage, et son eau à » une véritable eau marécageuse.
- » L’eau qui est fournie par une machine hydraulique à un » certain nombre de fontaines sans communications avec le » Jardin des Plantes, ne diffère en rien de l’eau prise dans le » courant du Rhône 5 elle n’est pas marécageuse et ne présente » d’autre saveur que celle produite par les matières terreuses » que l’eau du fleuve tient ordinairement en suspension. Celle » du bassin, au contraire, commé il est facile de s’en assurer » par une simple dégustation, est infecte, désagréable à boire, » marécageuse. C’est donc bien réellement dans le bassin que » celle-ci s’altère, prend une saveur repousssante et devient » insalubre.
- (1) Voir Des Eauxpolables, 1843, par M. Ternie.
- p.109 - vue 112/332
-
-
-
- — 110 —
- » J’ai dit insalubre, et je n’ai pas besoin de justifier cette » expression, car personne n’ignore que l’usage d'une eau sera-» blable à celle fourme en ce moment par plusieurs fontaines » du quartier du Jardin des Plantes, est dangereuse pour la » santé. La boisson des eaux qui sont ainsi infectées ne produit » pas, il est vrai, des maladies immédiates, mais elle amène » peu à peu un trouble des fonctions digestives, l’altération » lente du sang et de toute l’organisation, et finalement ces « affections dites putrides, ces fièvres graves que la médecine » peut combattre, mais qu’elle n’est que trop souvent impuis-» santé à guérir. »
- M. Terme, médecin et maire de Lyon, après avoir cité l’exemple qui précède, ajoute dans un opuscule publié sur l’alimentation de cette ville (1) : « Les phénomènes physiques dont le » bassin du Jardin des Plantes a été le siège et qui ont produit » l’infection de l’eau, doivent être attribués pour la plupart à » l’action de la chaleur atmosphérique s’exerçant avec une » grande force sur un liquide immobile.
- » L’expérience prouve jusqu’à la dernière évidence que le climat » de Lyon nous interdit l’emploi des grands bassins découverts.»
- Voici donc l’usage des bassins découverts condamné, même lorsqu’il ne s’agit que d’y laisser stationner l’eau sept ou huit jours, même lorsqu’ils sont placés sous au ciel aussi pluvieux que celui de Lyon.
- Pouren terminer avec cette ville, nous ajouterons queM. Terme, se basant sur la dépense du curage du bassin du Jardin des Plantes, n’estimait pas à moins de 60,000 francs la dépense annuelle de curage d’un bassin renfermant seulement 9,000 mètres cubes, et MM. Rafo et de Ribera ont projeté un bassin qui renferme à lui seul 4,500,000 mètres cubes l
- Ce n’est donc pas seulement le sacrifice de la bonne qualité de l’eau qu’entraînerait le système dont nous cherchons à démontrer les inconvénients !
- (l) Des Eaux^potables, 1843.
- p.110 - vue 113/332
-
-
-
- — 111
- Le climat du Nord, lui-même, s’oppose à ce que l’eau soit tenue au repos à ciel ouvert.
- A Manchester, où l’on a construit un vaste bassin de vingt-quatre hectares où se rendent les eaux de pluie et celles de diverses sources du voisinage, les habitants, et cela a été révélé par M. l’Ingénieur Mallet, se servent, pour la boisson et leblanchis-sage, des eaux de pluie qu’ils recueillent dans leurs demeures, ou d’eau de puits ; l’action du soleil sur le grand bassin en rend l’eau impotable, quoique ses rayons soient adoucis par les bru. mes du Nord.
- Dans l’enquête faite sur la salubrité des villes Anglaises, il a été constaté que, dans les réservoirs établis pour le dépôt des particules limoneuses de l’eau, la vie animaleulaire, signe certain de décomposition, était à peu près générale.
- Le stationnement que les eaux subissent presque partout, en Angleterre, avant d’être consommées, en altère assez la bonne qualité, pour que l’on attribue en partie à cette cause les habitudes d’intempérance d’une partie notable de la population, à laquelle l’usage de l’eau pure, comme boisson, est pour ainsi dire inconnu.
- Ainsi, en résumé, altération de lapureté, de la limpidité et de l’inodovance de l’eau, tel serait le premier résultat de l’établissement de bassins dans le lit du Lozoya ; il faut ajouter à ces inconvénients si graves, les dépenses du curage et de filtrage qui en seraient la conséquence forcée.
- Nous ne terminerons pas sur ce point sans ajouter que la profondeur d’un réservoir, quoiqu’elle offre l’avantage de main-tenir|plus fraîches les couches inférieures de l’eau, ne suffit pas à les préserver des inconvénients que nous avons signalés. Le développement des végétations et les altérations qu’occasionnent la chaleur de l’air et le soleil, se manifestent dans les parties supérieures et se propagent avec une grande rapidité dans la masse.
- Au reste, nous n’avons point épuisé tous les exemples capables de faire renoncer à cette disposition du projet-, nous
- p.111 - vue 114/332
-
-
-
- Nécessite rt’un nqueduc couvert,
- — 112 —
- allons prouver que l’eau, même lorsqu’elle est en mouvement, ne conserve que difficilement les divers caractères qui constituent sa bonne qualité, pour peu qu’on la fasse circuler à ciel ouvert sous un ciel ardent.
- Ce sera prouver, en même temps, que si le projet de l’établissement de réservoirs dans le lit du Lozoya doit être complètement rejeté, il en doit être de même de l’idée d’établir, à ciel ouvert, la conduite de dérivation.
- A ciel ouvert, l’eau subit l’influence de toutes les variations de la température : elle gèle en hiver, elle est chaude en été; l’évaporation est considérable, d’où résulte souvent un accroissement d’impureté chimique ; plus souvent encore cette évaporation favorise la création de dépôts qui, activés parles variations de température, ne tardent pas à obstruer le conduit; il s’y développe des végétations qui viennent diminuer la vitesse d’écoulement et obligent à forcer les dimensions de la section. L’eau est souillée par des impuretés de toute nature qui y tombent ; sa qualité en est altérée.
- Les réparations de la maçonnerie sont fréquentes et coûteuses. Les curages annuels interrompent le service pendant une période assez longue et troublent l’eau pour un temps assez long ; enfin, ee système exige une surveillance coûteuse.
- Voici les renseignements que donnait, il y a quelques années, sur l’aqueduc découvert de Gênes, M. le général du génie Chio-do (1) : « Un curage de l’aqueduc a lieu tous les ans dans le » mois de mai et dure ordinairement quinze jours pendant » lesquels la distribution des eaux est entièrement suspendue.
- » L’eau de l’aqueduc, en général coule à découvert, quoiqu’il » y en ait des portions couvertes en dalles et voûtées, et même » en galerie. Il y a longtemps qu’on parle de couvrir entière-» ment l’aqueduc, afin qu’il y ait moins d’évaporation et pour
- (1) Voir sa lettre au maire deLyon; Des Eaux potables, 1843, par M. Terme.
- p.112 - vue 115/332
-
-
-
- » avoir l’eau plus fraîche en été, sa température étant dans » cette saison beaucoup plus élevée que pendant l’hiver. On ne » sait quand ce projet se réalisera.
- » Il y a peu de maisons sans citernes. Elles sont alimentées » par l'aqueduc ; on les remplit ordinairement dans les mois d’hi-» ver pour avoir de l’eau fraîche en été quand celle de l’aqueduc » est chaude, au moins pour boire. »
- Ainsi, faute d’avoir un aqueduc couvert, les habitants de Gênes sont forcés de boire l’eau de citerne, et l’on sait combien cette eau est malsaine (1).
- Dijon, au contraire, ayant un aqueduc fermé, reçoit dans son enceinte des eaux toujours fraîches et qui conservent, l’hiver, une température de 11° de chaleur, alors même que le thermomètre descend à 15 et 16° centigrades au-dessous de 0.
- Un avantage précieux que présentent encore les aqueducs couverts et enterrés, c’est que la maçonnerie se solidifie peu à peu pour arriver à une sorte de compacité presque semblable à celle des poudingues naturels. Il en résulte pour ces galeries une sorte de perpétuité qui a permis de ressusciter avec la plus grande facilité certaines conduites romaines.
- A Tlemcen, ville d’Afrique, il existe un aqueduc souterrain tellement ancien qu’on ignore complètement d’où il tire les eaux qu’il conduit.
- II ne faut pas se le dissimuler, avec des réservoirs dans le lit du Lozoya et une conduite découverte, on n’amènerait à Madrid que des eaux chaudes et gâtées, et l’on n’en doutera pas, quand on saura que le Rhône, dont les eaux ont une vitesse considérable, prend fréquemment en été une température de
- (!) La mauvaise qualité des eaux de la Léa qui sont amenées à Londres par une dérivation de seize lieues, provient en partie de ce que cette dernière est à ciel ouvert.
- Il en est de môme, en Angleterre, pour divers autres canaux dont les eaux, pures à leur départ, arrivent fétides et impropres h la boisson. (Voir le rapport, déjà cité, sur l’alimentation de la métropole Anglaise.)
- 8
- p.113 - vue 116/332
-
-
-
- — IM
- 24° centigrades, quoiqu’à Lyon, le thermomètre ne s’élève pas à plus de 30 et 33°. centigrades.
- MM. les Ingénieurs Rafo et de Ribera connaissaient parfaitement tous les inconvénients des conduites découvertes. Iis ont persisté néanmoins, par raison d’économie, dans le choix d’une rigole à ciel ouvert.
- Nous ne croyons pas leur détermination suffisamment motivée. Que Mtrseilie, qui d’ailleurs n’est point une capitale, ait reculé devant l’établissement d’une conduite couverte, on le comprend aisément. La dérivation de la Durance débite aux basses eaux, non pas Qra3,700, ainsi qu’il en serait pour celle du Lozoya, mais l’énorme volume de 5,I,3,75 par seconde; il en résulte des dimensions considérables, et, couvert, ce canal, déjà grevé par des travaux d’art difficiles et importants, eût coûté des sommes énormes.
- Mais la conduite du Lozoya peut être réduite à une faible section. Il ne faut pas perdre de vue d’ailleurs qu’elîe est appelée à alimenter la capitale de l’Espagne, une ville habituée à consommer des eaux fraîche?., pures et limpides ; et que tout moyen qui n’assurerait point à l’eau dérivée ces Irai!s caractéristiques d’une bonne qualité, doit être rejeté comme n’atteignant nullement le but indiqué, comme ne résolvant en aucune façon le problème qui était proposé.
- Enfin, il ne s’agit pas de suivre les errements des Compagnies financières, exclusivement préoccupées, sous le vicieux régime des concessions temporaires, de réduire leur capital de fondation et auxquelles il importe peu que les travaux durent, beaucoup au-delà du terme de leur concession, — mais d’un travail aux charges duquel la communauté devra certainement contribuer; d’une œuvre en quelque-sorte éternelle. Pour des créations de cette nature, le capital premier perd en importance tout ce qu’en prennent les réparations , l’entretien, la surveillance, les curages, les filtrages, lorsque ces opérations doivent être incessamment répétées pendant un nombre d’années indéterminé.
- Ce sont ces éléments de dépense sans cesse renaissants qu’il
- p.114 - vue 117/332
-
-
-
- — 115 —
- faut réduire ou supprimer à l’avance, par uns bonne constitution de travaux, par des constructions faites sur une base large et rationnelle ; en se rappelant d'ailleurs que l’intérêt de ce capital de premier établissement ne peut que s’amoindrir avec le développement que le temps apporîe infailliblement à la richesse, an travail et à la circulation des produits.
- Il s’agit maintenant de déterminer approximativement les dépenses qu’occasionnerait la construction d’un aqueduc entièrement couvert, qui prendrait l’eau du Lozoya au-dessus du Ponton de la Oliva.
- Nous commencerons par décrire en termes généraux le tracé de la dérivation, sa pente, les dimensions de la conduite et son mode de construction.
- De la reconnaissance faite entre Madrid et le Ponton de la Oliva, il résulte qu’entre la cote du sol de la porte Santa Barbara et celle d’une roche placée au bord du Lozoya, contre le Ponton de la Oliva, à 3,n,45 environ au-dessus des eaux de la rivière, il y a une différence totale de 30ra,35, soit 0m,0003 par mètre pour la distance entière de 101,000 mètres. Mais on ne peut disposer de toute cette p. nte pour le canal, parce que, d’une part, il faut attribuer une certaine profondeur au réservoir où se rendront les eaux avant leur distribution dans la ville, et que, de l’autre, le sol de la porte Santa-Barbara est plus bas que le troisième étage des maisons situées aux points les plus élevés de la ville.
- Nous pensons qu’il est possible de diminuer les dimensions que MM. Rafo et de Ribera ont adoptées pour le réservoir , et conséquemment sa profondeur. C’est à tort que l’on y ferait sé-i .tourner l’eau; elle s’y échaufferait et s’y corromprait; il ne doit contenir que la consommation d’un jour environ.
- En réduisant à leur plus simple expression cette hauteur ét celle qui a été réservée pour tes pertes de charges provenant de
- Tracé
- de la dérivation et sa pente.
- p.115 - vue 118/332
-
-
-
- — 116 —
- la résistance de l’eau , il ne reste encore que 21m,86 de pente réellement disponible, soit 0m,0002 par mètre.
- Cette pente nécessiterait pour la conduite des dimensions trop considérables.
- MM. Rafo et de Ribera, pour surmonter cette difficulté, tout en laissant la prise au Ponton même delà Oliva, surélèvent cette prise à une hauteur considérable, ce qui les oblige à la construction d’un barrage de 32m,50 au-dessus du fond de la rivière.
- La raison la plus concluante qu’ils allèguent à l’appui du maintien de la prise au Ponton de la Oliva, c’est que c’est le seul point de la rivière où il leur soit possible d'établir un vaste réservoir capable de contenir les 4,500,000 mètres cubes qu’ils retiennent pour les débiter pendant l’étiage. Le barrage établi au petit pont leur sert donc à deux fins.
- Mais nous avons fait ressortir tous les inconvénients qui résultent de ce stationnement de l’eau dans une saison brûlante ; nous avons dit que cette eau n’arriverait que tiède à Madrid , tandis qu’elle devrait, en bonne hygiène, ne point dépasser une température de 10° centigrades ; nous ne saurions donc être arrêtés par les motifs qui retiennent MM. Rafo et de Ribera au Ponton delà Oliva: et nous croyons préférable,. nécessaire même, de porter la prise en amont de ce point.
- ' Le lit du Lozoya présente une pente de 0m,0053 par mètre; il suffirait donc de remonter la prise de 6,000 mètres environ pour gagner 32 mètres de hauteur et obtenir une pente moyenne de 0™,0005 par: mètre pour un parcours total de 107,000 mètres.
- A cette solution, il n’y a pas d’autre obstacle que quelques difficultés de terrain qui n’ont rien de très-sérieux.
- ’Si nous nous basons sur une pente moyenne de 0m,0005 "par '' mètre, et si nous donnons à la conduite une largeur intérieure de lm,50 ( fig. 1), l’eau s’élèverait à une hauteur de 0m,20 au-dessus du centre de cette conduite1 et prendrait une vitesse de 0m,80, pour le débit maximum, de’ lm3,250 par Seconde. Pendant l’étiage, l’eau resterait à 0m,20 au-dessous du’centre '
- p.116 - vue 119/332
-
-
-
- pl.n.n. - vue 120/332
-
-
-
- — 117 —
- de la conduite et n'aurait plus qu’une vitesse de 0ra,60 pour un débit d’environ 0m3,700 par seconde; — ces vitesses sont suffisantes.
- En temps d’étiage, lorsque la conduite débiterait le minimum de0m3,700, faire du profilde l’eau serait de lm%183, et le périmètre mouillé de 2m,755.
- La conduite serait en béton d’une épaisseur de 0m,50. Sa construction serait facile et peu coûteuse.
- La pierre ne manque point sur les lieux, et le cassage est une opération qu’on est habitué à faire en Espagne, pour la construction des routes.
- La fabrication de la chaux hydraulique nécessiterait seule des connaissances et une pratique spéciales.
- Ce mode de construction pourrait être susceptible d’une grande simplicité. Le béton, fabriqué par des machines mues à de bras d’hommes ou par des manèges à chevaux, serait versé dans une forme qui, à l’intérieur comme à l’extérieur, affecterait celle de la construction. Elle serait faite en planches et serait retirée trois ou quatre jours après la pose du béton, suivant son degré de durcissement.
- En remblai, la conduite devrait porter sur un massif de maçonnerie qui l’embrasserait jusqu’en son milieu ainsi que l’indique la figure 2. Cette figure prendrait des formes diverses suivant la hauteur du remblai.
- Soit en déblai, soit en remblai, la conduite devrait être recouverte de terre non végétale.
- Il est difficile, sinon impossible, avec le peu de renseignements que nous avons entre les mains, d’établir avec exactitude le coût d’une pareille conduite; MM. Rafo et de Ribera n’ont eux-mêmes estimé que très-approximativement la dépense des travaux qu’ils proposaient et dont la longueur n’est point même rigoureusement connue.
- Les chiffres que nous indiquerons relativement à la conduite couverte, ne peuvent donc être qu’un premier aperçu. Nous
- Mode
- construction.
- Prix
- construction.
- p.117 - vue 121/332
-
-
-
- — 118 —
- avons supposé que les prix, élémentaires ne seraien' point très-différents de ceux qu’un même travail coûterait en France , la fonte exceptée; il est probable, en effet, que si l’habileté des ouvriers est un peu moindre, la main-d’œuvre e>t moins coûteuse à Madrid qu’en France, d’où résulte une sorte de compensation.
- Cela posé, nous établirons ainsi qu’il suit le devis préliminaire
- de la conduite couverte :
- | Béton.........•. . , 660,459 >
- 11,800 m. en souterrains. . > 2,320,450
- (percement ..... 1,666,000 )
- 1,300 m. en aqueduc. . .( Hauteur moyenne . . l5m50) 2,000,000
- ( Béton.............. . 2,436,450 \
- 43,900 m. en déblai.....j l 4 192,450
- (Terrassements. . . . i,756,000j
- / Béton............. 2 268,850 \
- 40,700 m. en remblai . . J t 5,718,350
- ( Maçonnerie et terrass. 3,459,500)
- éBelon ....... 150,000 i
- 9,200 ni. en îoeher. . . . j j 402,000
- (ouverture.......... 252,000;
- 107 000 ni.
- Pour divers travaux d’art accessoires (1).......................... 500,000
- Barrage, prise d’eau, vannage, maison, etc. (2)...................... 600^,000
- Acquisition de terrains........... 176,800
- Indemnités diverses, direction des travaux, somme U valoir. . . . 1,500,000
- Total. . . . 17,416,050
- soit environ 165,000 fr. par kilomètre.
- (1) Dans l’hypothèse d’une conduite couverte, divers travaux, tels que passerelles et autres, qui figuraient à ce chapitre dans le devis de MM, Rafo et de Ribera, sont supprimés.
- (2) Nous estimons probablement ce chapitre il un chiffre encore trop élevé, car dans leur avant-projet MM. Rafo et de Ribera ont estimé a 260,000 fr. l’économie que l’on obtiendrait en réduisant de 5m,60 seulement l’élévation de la prisé au-dessus du niveau de l’eau. Or, avec la disposition que nous proposons, la réduction! doit être de beaucoup plus considérable.
- p.118 - vue 122/332
-
-
-
- — 119 —
- Nous n'avons pas compris dans ce devis le réservoir de Madtid qui doit figurer dans l’évaluation des dépenses de la distribution dont nous allons nous occuper.
- Dlstrllintion dans Madrid.
- Î1 tst une considération importante qui n’a point été présentée par MM.Rafo et deRiberaduns leur travail, à savoir l’intime connexion qui existe entre le système de distribution d’eau et celui des égouts d’une, ville.
- Ils ont fait ressortir la nécessité de ne point séparer les deux questions de dérivation et de distribution, et d’en faire une seule affaire, soit au point de vue de la construction, soit au point de vue financier.
- Cette solidarité est, en effet, indispensable ; mais elle doit s’étendre jusqu’aux égouts.
- Il est presque indispensable que les conduites d'eau principales soient placées dans ces derniers ; de celte manière la surveillance, l’entretien et les réparations sont faciles; les fuites d’eau, les ruptures ne sont plus un danger; elles peuvent être signalées, arrêtées, réparées, aisément et promptement. Enfin, c’est le seul moyen d’éviter d’incessantes fouilles et d’incessants remaniements du pavé (1).
- Mais comment coordonner les nécessités d’une nouvelle distribution, avec les dispositions d’anciens égouts qui ne l’avaient point prévue?
- (1) Avec l’emploi des tuyaux de poterie, les dépenses de fouille, terrassement, soutènement, entrent a elles seules pour moiiié dans la dépense totale. (Voir le rapport déjà cité de la commission de salubriié sur l’alimentation de Londres.)
- 11 convient d’ajouter que lorsqu’une portion dépavé tst dérangée, on ne parvient plus à lui rest tuer la fermetu et la solidité qu’il ava t ; on donne bien un ce tain bombement en prévision du tassement, mais es prévisions ne se réalisent jamais mathématiquement, d’où des inégalités de niveau et les détériorations qui en résultent.
- nécessité
- de la reconstruction des égoms.
- p.119 - vue 123/332
-
-
-
- — 120 —
- Leur pente, leur direction, leur profondeur sous le sol, rien n’est propre à une répartition raisonnée de l’eau.
- D’ailleurs, que l’on y place on non des conduites d’eau, lorsqu’on établit une nouvelle distribution, il n’est guère possible de compter sur des anciens égouts.
- Une alimentation plus parfaite augmentant considérablement le volume des écoulements de la ville, ces égouts deviennent insuffisants.
- C'est moins possible encore quand les égouts sont employés, (et nous pensons que tel sera tôt ou tard leur rôle) au charriage des boues, matières fécales et détritus de toutes natures.
- Comment trouver les conditions voulues de dimensions, inclinaisons, et même de forme et matériaux, dans un vieux système de conduites, où, quelques dispositions moins anciennes, mal entées sur des conduites d’un âge reculé (1), forment un tout dont il est si difficile de tirer bon parti, que ce n’est qu’à l’aide de chasses multipliées, d’une main-d’œuvre iucessante et d’une grande dépense d’eau, qu’il est possible de réduire les obstructions et les dépôts qui s’y accumulent.
- Au reste, il est si vrai qu’on ne doit pas compter sur les anciennes conduites, que, quoique la plupart des villes ne leur confient pas encore la vidange générale de leurs immondices, et ne jouissent, d’ailleurs, que de faibles alimentations, cependant il en est peu où les orages ne causent des dégâts considérables par suite du trop plein des égouts.
- (t) De 1707 a 1827, on n’a construit dans la cité de Londres que 16 kilom. d’égouts; on en a établi 39kilom. clans la seule période de 1827 (époqueà laquelle les waterc'osets étaient déjà d’un usage général)a 1847. Malgré ces conditions favorables, leurs dispositions sont assez vicieuses pour que MM. Walker, Cnbitt et Brunei attribuent la plus grande partie des inconvénients graves qu’ils présentent, au défaut de pente et débit convenables, et à celui d’un système d’ensemble préconçu et bien coordonné.
- Hambourg est peut-être la seule ville du continent où il y ait un système biea raisonné d’égouts. Elle le doit au grand, incendie qui l’a dévorée il y a peu d’années. Ce n’est egalemeut qu’a dater du grand incendie de 1666 que Londres a pu établir un système d’égouts jusqu’à un certain point coordonnés.
- Il serait, à désirer qu’une bonne administration sût réaliser d’avance ce qui n’a été jusqu’ici que la conséquence de semblables sinistres. /,>
- p.120 - vue 124/332
-
-
-
- — 121 —
- Les villes ont un grand intérêt à assurer de faciles écoulements à leurs eaux et aux matières qu’elles entraînent -, toujours la santé publique laisse à désirer là où l’eau s’écoule mal. C’est à l’absence de moyens suffisants d’écoulement des eaux publiques, qu’on attribue les fièvres qui ravagent Rome.
- New-York, depuis qu’elle a dérivé le Croton dans ses murs , souffre réellement de son abondance d’eau. Faute d’avoir établi un système connexe d’égouts, ses caves sont inondées, ses rez-de-chaussées humides.
- Lorsque le sol d’une cité est mal égoutté, il en résulte deux causes de maladies et de mal-être; l’une directe : c’est l’humidité et les émanations putrides qu'elle engendre ; l’autre, plus dangereuse encore : ce sont les infiltrations qui viennent vicier la qualité des eaux de puits, et les gaz fétides qui sont la conséquence des dépôts et des obstructions.
- Concluons qu’il faudra nécessairement reconstruire les égouts de Madrid, pour le plus grand nombre, sinon en totalité, et que cette reconstruction doit en général figurer en première ligne parmi les dépenses d’alimentation d’une ville. Marseille se voit obügée de subir une semblable nécessité (1).
- Examinons quelle serait approximativement, pour la ville de Madrid, la dépense d’une reconstruction d’égouts.
- Madrid a 200,000 habitants et 8,000 maisons. En comparant ces éléments à ceux de Paris, qui, pour un million d’habitants et 29,526 maisons, possède un réseau de 135,900 mètres d’égouts, on serait porté à en induire pour Madrid un développe-de36,000 mètres environ; on lui attribuerait la même longueur d’égouts, si on la comparait à la Cité de Londres qui, pour
- (l)Voiciropinionde la Commission générale de la salubrité (Rapport sur l’a-limentation de la métropole, 1850) sur cette question :
- « Il est démontré que les égouts publics, quand ils ne sont pas en connexion intime avec les égouts des maisons, et ceux-ci avec les appareils elles conduites d’alimentation, ne sont autre chose que de longues fosses d’aisance et de vastes cloaques. » ... . .• '
- Dépense
- In jeconstructios (les égouts.
- p.121 - vue 125/332
-
-
-
- 122 —
- une population de 125,000 habitants et 16,000 maisons, a construit une longueur d’égouts de 71,000 mètres ; enfin on serait disposé à n’attribuer à Madrid qu’un développement d’un peu plus de 20,000 mètres d’égouts si on comparait cette ville à Londres tout entier, qui, pour une population de 1,900,000 âmes logée dans 288,000 maisons, ne possède que 639,000 mètres d’égouts environ.
- Mais d’une part le sol de Madrid est naturellement mieux disposé, plus déclive que ceux de Paris eide laCité de Londres ; il faut compter d’ailleurs que lion pourra tirer parti de bon nombre des égouts existants. Pour ces causes nous nous baserons sur un développement à nouveau d’environ 15,000 à 16,000 mètres. Ce chiffre est à peu près celui adopté pour Marseille, dont la population est peu différente de celle de Madrid.
- A Paris, les égouts ont éié construits à raison de 85 à 90 fr. le mètre courant ; nous supposerons pour Madrid, le prix de 80 fr., soit donc pour la reconstruction des égouts de Madrid, 15,000 x 80 == fr. 1,200,000 (1).
- (i) Nous ne nous dissimulons pas que ce chiffre de 80 fr. est fuit élevé. 11
- est, en effet, afférent à des égouts en pierres meulières et de grandes dimensions, tels qu’on les exécute a Paris; nous le maintenons toutefois afin de nous tenir au-dessus de toutes les éventualités, y compris celle d’un renouvellement presque intégral dès égouts de Madrid.' m
- Les nombreuses experieneesdaites en Angleterre laissent a peu près hors de doute que l’on peut attendre d'excellents services des tuyaux de petit diamètre en poterie vernissée qui, ne'présentant point les ressauts et rugosités des briques du autres matériaux,, permettent, tout en favorisant l’écoulement, de réaliser une économie de i/3 a 1/?. Suivant ce système, le coût total d’une rénovation des égouts de Ldndrès (2S8,000 maisons à raison des(5 a 7 habitants par maison), ne coulerait que 18 millions de francs. (Voir Rapport de la Commission générale de salubrité sur i alimentation de la métropole. — 1860. )
- Ces poteries, qui offrent d’ailleurs cet avantage que les égouts qu’elles constituent, peuvent servir encore , même après avoir été remanies présentent une résistance remarquable et tout à fait rassurante.
- Nous lisons dans l’Essai sur les égouts de Bruxelles, (le M. Versluys, qu’un de ces tuyaux (0(i) * * * * n,,30 de diamètre, et 0m,0i d’epaisseur), placé à OVOde profondeur sous une traverse de chemin de fer dans la gare du Nord il Bruxelles , supporta pendant huit jours la circulation des machines locomotives avec ten-ders, sans présenter ta moindre altération, quoiqu’on eût poussé l’expérience jusqu’à faire staiionner une machine, pendant un quart d’heure, immédiatement au-dessus du tuyau.
- MM. Walker, Cubitt et Brunei ( Rapport sur les égouts de Londres), qui
- p.122 - vue 126/332
-
-
-
- — 123 —
- 11 s’agit maintenant d’estimer approximativement la dépense qu’occasionnerait la distribution elle-même.
- Le réservoir oubassin de distribution, que nous supposonsne devoir renfermer que la consommation d'un jour, et nous en avons donné le motif plus haut, coûtera environ. 1,200,000 f.
- Le développement des conduites est, jusqu’à un certain point, proportionnel au périmètre d’une ville, et conséquemment au nombre des habitants, à densiié égale.
- À reporter... 1,200,000 f.
- se sont prononcés pour le maintien, dans cette ville, des égouts h grande section, avec corollaire obligé de chaises et curages à bras d’hommes, conseillent les sections suivantes pour les conduites en briques — pour les conduites principales, t".525 sur 0m,915 ; — pour les conduites secondaires et courtes, o™,915 sur (T,G O — ; pour les conduites particulières des maisons, 0",<2S de diamètre. Ils conseillent en outre un fond plat comme rendant le nettoyage plus commode, s’usant plus egalement et étant plus favorable-à l’entraînement des matières solides.
- A Hambourg, les sections adoptées pour les conduites principales,sont de lni,830 sur lni,325, et, pour les conduites secondaires, de lm,370 sur O”,686.
- Dans le rapport de là Commission de salubrité'sur l’alimentation de Londres, nous lisons que, pour la reconstruction des égouts de cette ville, on propose d’appliquer les tuyaux de poteries aux grands égouts tout aussi bien qu’aux égouts secondaires ; ces tuyaux auraient depuis 0"‘, 102 pour les égouts des maisons, jusqu’à 0”',G10 pour les égouts principaux.
- Nous ne sommes pus éloignés de conseilla Implication de la.poterie aux égouts publics secondaires, à ceux qui ne reçoivent point la décharge d’autres égouts publics.
- Quant aux égouts principaux, nous croyons, jusqu’à plus ampleexpérience, qu’il est prudent de leur conserver de grandes sections.
- Ainsi construits, les égouts sont commodes à visiter et à réparer.;,faciles aussi à dégager s’il s’v manifeste quelques-unes de ces obstructions tenaces, formées d’un mélange de gravier et de quelques gros débris de matériaux -mêlés à des détritus de toute nature, obstruetionsdont il n’est pas suffisamment prouvé que les tuyaux de poteries soi. ni complètement exempts.
- Il est prudent aussi de faire la part des orages effrayants qui dépassentjtoùtes les prévisions.
- Les grands égouls présentent l’avantage d’y placer les conduites d’eau et môme de gaz, et de les visiter.
- Enfin, ils dispensent, par leur perméabilité relative, de l'adjonction de tuyaux perméables que l’on est forcé de faire aux poteries, afin de drainer les surfaces non bâties des villes.
- Dépense d'établissement des conduites de distribution.
- p.123 - vue 127/332
-
-
-
- 124 —
- Report...
- A Paris, ce développement est d’environ : 436,000 mèt. pmir 1,000,000 habitants.
- A Marseille (projet), 53,551 mèt. pour 185,000 habitants.
- A Toulouse, 15,960 mèt. pour 50,000 habitants.
- A Metz (projet), 15,700 mèt. pour 50,000 habitants.
- Le développement des conduites de Paris est, comme on voit, relativement considérable; ce qui est une conséquence des dispositions assez mal coordonnées de ses égouts. Le chiffre adopté pour Marseille semble devoir être plus rationnellement offert pour exemple à une ville qui établirait son système d’égouts à nouveau ; la proportion du développement des conduites au nombre des habitants, y est d’ailleurs à peu près semblable à celle qu’on remarque à Toulouse.
- Nous pensons devoir , par hypothèse, nous arrêter au chiffre de 50,000 mèt. pour la longueur totale des conduites principales et secondaires.
- Mais à quel prix estimerons-nous le mètre courant ?
- A Paris, chaque mètre de tuyaux a coûté 27 f. pour un débit minimum de 0m3,65 par seconde; à Marseille, 55 fr. pour lrn3,50 ; à Madrid, le débit minimum serait de 0m3,70.
- Le débit ayant une influence directe sur le diamètre des tuyaux, il en résulte que c’est le prix d’établissement de Paris qui serait le meilleur terme de comparaison. Mais la fonte est chère à Madrid ; il ne faut donc pas compter sur un prix moindre que 40 fr. le mètre ; 50,000 x 40 =
- A reporter....
- 1,200,000f
- 2,000,000 3,200,000 f.
- p.124 - vue 128/332
-
-
-
- 125
- Report..., 3,200,000 Ce prix comprend d’ailleurs les bornes-fontaines.
- Quant aux fontaines, nous les estimons à . . 500,000
- Total pour la distribution (1) . . . 3,700,000 f.
- En résumé, pour alimenter d’eau la ville de Madrid, il y au-
- rait suivant nous à faire les dépenses suivantes : diverses dépenses.
- Dérivation................................... 17,416,050 f.
- Egouts . . . . ................ . . * . 1,200,000
- Distribution . •................. 3,700,000
- Total.......... 22,316,050 f.
- Soit en nombre rond, vingt-deux millions cinq cent mille francs.
- Mesures financières.
- La somme totale à laquelle s’élèveraient les dépenses diverses nécessaires pour fournir d’eau la ville de Madrid, paraîtra certainement élevée, si l’on vient à considérer le cube auquel elle s’applique-, mais d’autre part, la quantité d’eau que peut fournir le Lozoya est fort considérable, relativement à celle dont jouit Madrid en ce moment, cette rivière étant, comme nous l’avons vu, capable de fournir bien au-delà du nécessaire, une eau aussi fraîche que limpide.
- '1
- Devant de pareils avantages, une ville, une capitale surtout, Exécution ne peut point reculer; Marseille moins peuplée que Madrid, municipalité, moins riche d’ailleurs et ne renfermant pas, comme Madrid, le siège du gouvernement dans ses murs, a entrepris avec ses propres ressources, une dérivation de vingt lieues (80,000 m.),
- (1) Il serait probablement possible de réduire ce chiffre par l’emploi de tuyaux en poteries, sinon pour les conduites principales, au moins pour les conduites secondaires; mais nous avons voulu nous tenir au-dessus deséventua-, lités.
- p.125 - vue 129/332
-
-
-
- — 126
- avec tous les frais d’égouttage et de distribution. 11 est vrai que Marseille souffrait d’une véritable pénurie d’eau, mais Madrid est loin d’ctre bien partagée à cet égard. Ajoutons que la dépense de Marseille peut être évaluée à 30 millions, et qu'il n’en coûterait que 23 au plus à Madrid.
- Nous pensons donc que la municipalité de Madrid peut et doit tout aussi bien que celles de Paris, Marseille, Toulouse et tant d’autres villes, entreprendre la dérivation et la distribution des eaux qui sont nécessaires au siège du gouvernement espagnol ;!ce sont là des œuvres essentiellement locales et municipales ; d'ailleurs elle pourrait le faire avec une facilité d’autant plus grande, qu’elle trouverait de grands consommateurs dans le gouvernement et dans lacouronne.qui, paraît-il, consentiraient à payer, en cinq ans, chacun une somme de 2,600,000 francs, soit en tout 5,200,000 francs, à la condition d'être mis en jouissance d’une quantité d’eau équivalente.
- Resterait donc, pour la part de la municipalité, à pourvoir à une dépense d’environ 17 millions.
- Si, comme il est probable, elle nepuuvait y subvenir avec ses ressources actuelles, elle pourrait procéder à un emprunt pour lequel le gouvernement lui viendrait sans doute en aide. Pour rémunérer et amortir ce capital, elle aurait d’abord le produit delà vente et de l’aliénation d’une certaine quantité d’eau; puis, pour le complément, elle devrait choisir entre deux systèmes, celui de la ville de Marseille pour citer un exemple, c’est-à-dire l’établissement de péages sur les marchandises et fournitures diverses destinées aux habitants de la ville ou en transit, et un autre système bien préférable à notre avis, récemment proposé au gouvernementi Anglais par les commissaires de l’enquête sur la salubrité des grandes villes ,i et qui consiste à frapper une taxe sur les propriétaires des maisons de la cité.
- Quant aux versements anticipés, effectués spontanément par un très-grand nombre de citoyens de la ville, désirant obtenir des concessiôhs d’eau, c’est un moyen dans lequel nous n’avons
- p.126 - vue 130/332
-
-
-
- — 127 —
- pas la même confiance que MM. Rafo et (1e Ribera; nous en donnerons le motif tout-à-1 heure.
- En somme, rien ne fait obstacle à ce que la municipalité se charge seule d’amener l’eau à Madrid et du l’administrer; cependant, nous pensons que la véritable solution n’est pas là; nous pensons qu'il y aurait avantage, et pour la municipalité et pour les citoyens eux-mêmes, à ce qu’on laissât, dans la réalisation de cette œuvre, une certaine part àl’initi tive individuelle, à l’intérêt privé. Nous croyons que rien ne saurait remplacer cet élément vivifiant qui est nécessaire pour activer l’achèvement des travaux et pour, ceux-ci terminés, surexciter le développement des abonnements, par des abaissements de tarif, par des commodités nouvelles, et en général par tous les moyens que l’activité et l’énergie prêtent au génie commercial.
- Notre avis est donc qu’il serait utile que la municipalité traitât avec une entreprise particulière qui se chargerait de la confection des travaux et du service des eaux; cette entreprise serait tenue de fournir à la ville, pour les besoins d’édilité, y compris ceux dts clauses pauvres, une quantité d’eau déterminée, versée sur des points désignés; elle serait tenue d’ailleurs d’établir dans la ville les égouts qui seraient jugés nécessaires, et de poser des conduites d’eau dans tontes les rues et ruelles. Pour la couvrir, la municipaliié établirait, à son profit, une taxe répartie sur tous les propriétaires des maisons. Resterait à ces derniers à traiter avec l’entreprise, pour la fourniture de l’eau, qui pourrait être réglée suivant des tarifs maxima (1).
- MM. Rafo et de Ribera pensent qu’il serait facile d’obtenir des propriétaires de Madrid une souscription annuelle de
- (1) Une Compagnie decette nature pourrait se charger, àla demande des propriétaires, del’élabHssement des conduites et appareilsparticuliers aux maisons, lj tout, moyennant.redevance annuelle. Il eh résu’teraiü’avantnge d’un système unique et bien coordonné.
- Concours d’une Compagnie industrielle.
- p.127 - vue 131/332
-
-
-
- Produit
- des concessions.
- — 128 —
- ï,040,000 fr. pendant cinq ans que dureraient les travaux, soit en tout 5,200,000 fr. qui diminueraient d'autant le capital de fondation de la Compagnie ; ils sont convaincus, de plus, que les abonnements prendraient rapidement une grande extension. S’il en était ainsi, la taxe frappée sur les propriétaires des maisons pourrait être rapidement supprimée , mais nous ne partageons pas leur confiance à cet égard.
- A Toulouse, aussi, les propriétaires avaient manifesté avant et pendant l’exécution des travaux d’alimentation d’eau, un vif empressement de dévenir concessionnaires ; mais lorsqu’ils virent une eau pure et fraîche , débitée gratuitement à peu de distance de leurs portes, ils renoncèrent pour la plupart aux abonnements et, longtemps après l’achèvement des travaux, la vente de l’eau ne couvrait pas encore les frais d’entretien et de personnel.
- Nous avons cité, d’ailleurs, dans nos considérations générales, l’exemple de la plupart des villes où il y a des distiibutions ; il en ressort que le nombre des maisons payantes est faible, même dans les villes où il n’existe pas d’eau distribuée gratuitement ; mais l’eau banale, lorsqu’elle est versée ù proximité et en abondance, exerce sur les propriétaires une irrésistible tentation de se dispenser des embarras et débours qu’entraînent les distrir butions à l’intérieur 5 et cette négligence est surtout à craindre dans une ville peu travailleuse, peu industrielle, où le temps n'a point grande valeur.
- Si nous insistons sur ce point, c’est qu’il nous a semblé que l’on se faisait à cet égard, à Madrid, une illusion qui pourrait avoir des conséquences funestes, si elle intervenait dans les arrangements financiers que nécessitera l’alimentation d’eau de cette capitale.
- Nous croyons que l’on ferait une erreur grave en estimant à plus du tiers de la population de Madrid, le nombre des habitants payants ; de longtemps cette proportion ne saurait être
- p.128 - vue 132/332
-
-
-
- — 129 —
- dépassée; on se tromperait plus gravement encore en comptant qu’ils achèteront chacun plus de 70 litres par jour.
- En partant de ces deux chiffres, que, pour notre part, nous regardons comme élevés, et admettant avec MM. Rafo et de Ri bera le prix de 0 fr . 20,5 mill. par mètre cube d’eau concédée par jour (1) soit 75 f, par an, nous serions disposés à évaluer le produit à attendre delà vente des eaux, de la manière suivante :
- Concessions aux maisons particulières, par jour , y compris
- es besoins industriels, 5,000 m. c. à 75........ 375,000
- Concessions pour irrigations ( 1/2 prix )
- 10,000 m.c. à 37,50 ................... 375,000
- Soit produit brut. . . . 750,000
- Déduisant les frais d’administration, d’entretien des conduites , etc., il resterait au maximum un produitnetde 600,000 fr., pour le capital d’environ 17,000,000 fr. auquel nous avons vu que se réduisait la part de la municipalité ; — l’établissement d’une taxe municipale est donc tout-à-fait obligatoire, pour les premiers temps au moins.
- (1) Les porteurs d’eau tirent des fontaines publiques de Madrid 1,216,901 litres par jour, pour lesquels il leur est payé annuellement 1,060,000francs, soit environ 2 fr. 40 c. le mètre cube.
- Le prix de 0 fr. 205, admis par MM, Rafo et de Ribera , porte la dépense annuelle de ebacun des 70,000 habitants que nous avons supposé s’abonner à
- raison de 70 litres par jour, h environ............................ 5 fr.
- À quoi il faut ajouter, pour intérêt annuel et entretien des appareils d’alimentation et évacuation, élément qui, dans le projet d’alimentation perfectionnée de Londres, figure pour 1 fr. 20 c. seulement, par tète, environ.............................................................. 3
- Total............... 8 fr.
- Chiffre évidemment élevé.
- A Londres, on paie, en ce moment, par tête, moyennement 7 fr. pour la fourniture d’eau seulement; mais le projet d’alimentation perfectionnée réduira de beaucoup ce chiffre.
- A Paris, les concessions d’eau de Seine font ressortir h l fr. chaque mètre cube délivré.
- 9
- p.129 - vue 133/332
-
-
-
- — 130 —
- MÉSilMtC.
- Nous nous résumons :
- Nous pensons avec MM. Rafo et de Ribera, que l’eau doit arriver à Madrid par une dérivation unique et en vertu de la seule force due à sa pente.
- Nous pensons avec eux, que c’est leLozoya qui doit prêter ses eaux pures et limpides à cette dérivation.
- Mais nous ne saurions approuver leur projet de former dans le lit du Lozoya un vaste réservoir de quatre millions et demi de mètres cubes, se remplissant au printemps et se dégorgeant pendant l’étiage, à seule fin d’augmenter le débit de la dérivation.
- Nous n’approuvons pas davantage leur projet de conduire les eaux à Madrid dans un canal découvert.
- Sous le ciel de l'Espagne, ce projet, s’il était réalisé, condamnerait Madrid à n’user que d’eaux chaudes et malsaines.
- La bonne qualité de l’eau doit avoir le pas sur son prix de revient. C’est pour jouir de plus d’eau que l’on projette un vaste bassin d’eau morte ; mais la bonne qualité de l’eau doit avoir le pas sur sa quantité.
- D’ailleurs, le régime naturel du Lozoya est suffisant et au-delà pour, en tout temps, subvenir aux besoins les plus larges de la population et de la ville de Madrid. MM. Rafo et de Ribera ont estimé trop haut (487 litres) la quantité d’eau nécessaire.
- En la portant à 300 litres par habitant, nous la répartissons de la manière suivante :
- Eau pour les besoins particuliers. . . . 17,000 m. c. et par habitant 85 lit.
- Besoins d’édilité............... 23,000 m. c. et par habitant 115 lit.
- Irrigation de la banlieue....... 20,000 m. c. et par habitant 10.0 lit.
- Total. . . . 60,000 m. c. et par habitant 300 lit.
- en outre de la consommation actuelle de Madrid.
- Quand Madrid aura pris une extension considérable, et sera
- p.130 - vue 134/332
-
-
-
- — 131
- devenue ville industrielle, si jamais chose pareille se réalise, ce débit minimum de 60,000 mètres cubes suffira encore à ses besoins les plus larges, c’est notre conviction; mais supposons qu’il n’en soit pas ainsi, alors, plutôt que de l’alimenter avec de mauvaise eau, il serait préférable, pendant les mois de sécheresse, d’y verser celle du Jarama, moyennant un canal de 5,650 mètres, et deux appareils hydrauliques; on a calculé qu’il serait possible d’en élever à la hauteur de la porte Santa - Barbara, une quantité de 36 lit. 96 par seconde, soit par jour pour chacun des habitants de la ville 16 litres environ ; la dépense première ne serait que de 1,560,000 fr. C’est là certes un complément notable. On ne puiserait cette eau que pendant les jours d’étiage, quand ce serait indispensable; et il convient d’ajouter qu’à cette époque, le Jarama donne probablement des eaux belles et limpides.
- Consultée par le conseil de la ville d’Edimbourg sur la question de savoir s’il convenait que cette ville tirât directement son eau d’un des petits cours d’eau qui la touchent, ou bien qu’elle dérivât l’eau de sources assez éloignées, mais d’une grande pureté, une réunion d’ingénieurs et de savants convoqués spécialement, décida à l’unanimité qu’il était convenable de recourir aux eaux les plus pures d’abord, sauf à avoir recours plus tard, si c’était nécessaire, aux petites rivières voisines.
- Nous pensons donc qu’il faut porter la prise de la dérivation du Lozoya à une certaine distance en amont du Ponton de la Oliva, et gagner ainsiune différence deniveau qui dispense d’élever à grands frais un barrage dont le résultat serait la formation d’une immense étang d’eau dormante, où le développement d’une végétation bientôt suivie de vie animalculaire, ajouterait à Réchauf fement de l’eau un élément à peu près irrémédiable d’impureté; nous pensons en outre qu’il faut que la dérivation soit tout entière composée d’un conduit en béton dont la construction serait d’ailleurs peu dispendieuse.
- Il convient de comprendre dans la dépense d’alimentation de Madrid les frais de reconstruction dés égouts, dont le système
- p.131 - vue 135/332
-
-
-
- — 132 —
- est trop complètement solidaire avec celui de la distribution pour en être scindé.
- La dépense totale du projet, tel que nous le recommanderions, s’élèverait à 22,500,000 fr. savoir :
- Rigole de distribution........................ . 17,600,000
- Egouts....................................... 1,200,000
- Distribution dans Madrid................... 3,700,000
- 22,500,000
- Le devis de MM. Rafo et de Ribera,selon les dispositions les plus rapprochées du nôtre, s’élèverait à 20 millions sans les égouts, que nous évaluons à 1,200,000 fr., soit à 21,200,000 en tenan compte de cette dépense. Mais cette analogie entre leurs chiffres et les nôtres n’est qu’apparente. Leur canal est revêtu et non couvert. 11 conduit 97,350 mètres cubes d’eau par 24 heures ; nous nous bornons à 60,370 mètres cubes.
- Nous sommes d’avis , en outre, que la municipalité prenne l’initiative de l’entreprise qui a fait l’objet de notre examen; c’est elle qui, pendant un grand nombre d’années peut-être, absorbera, tant pour les besoins d’édilité que pour ceux de la classe pauvre, la plus grande partie de l’eau.
- Mais nous regardons comme également essentiel que, dans l’intérêt de tous, elle confie à l’activité d’une Compagnie financière la construction des travaux et l’exploitation des eaux.
- Enfin nous pensons qu’elle devra venir en aide à cette Compagnie, en percevant à son profit une taxe sur les propriétaires des maisons. Il est vrai que MM. Rafo et de Ribera ont estimé à 2,675,000 fr. le revenu annuel qu’il y aurait lieu d’attendre de la vente de l’eau à Madrid, mais nous ne partageons par leurs espérances. Nous croyons être encore au-dessus des probabilités en estimant au tiers de la population le nombre des habitants qui, dans les premiers temps, achèteront soixante-dix litres par
- p.132 - vue 136/332
-
-
-
- — 133
- jour, y compris les besoins des grands consommateurs; or, en les taxant à raison de 0 fr. 205 par mètre cube et en ajoutant au produit qui en résulte, un produit égal pour les irrigations de la banlieue, on n'arriverait encore qu’à un revenu net annuel de 600,000 francs environ, pour le capital de 17 millions qui resterait à la charge de la municipalité, si l’on suppose que le gouvernement et la couronne contribuent ensemble pour une somme de 5,200,000 fr.
- p.133 - vue 137/332
-
-
-
- TABLE DES MATIERES
- Introduction............................................................
- CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES............................................
- Bonne qualité de l’eau...............................................
- Nécessité d’une qualité unique et d’une bonne qualité.............
- Traits caractéristiques d’une bonne qualité.......................
- Fraîcheur.......................................................
- Pureté..........................................................
- Limpidité.......................................................
- Clarification par repos.........................................
- Son insuffisance............. ..................................
- Filtrage artificiel.............................................
- Son insuffisance........................ .......................
- Infiltration................................. ..................
- Son insuffisance................................................
- Abondance de l'eau......................................................
- Nécessité de l’abondance.............................................
- Nécessité de distribuer de l’euu gratuité.........................
- Mesure de l’abondance de l’eau..............................
- Mesure des besoins particuliers...................................
- Chiffre de la consommation particulière...........................
- Mesure des besoins d'édilité. ..... ........................
- Curage des égouts et leur rôlo....... ............................
- Utilisation du produit des égouts.................................
- Incendies.........................................................
- Fontaines............................•............................
- Arrosage et ébouage............................ ..................
- Chiffre de la consommation d’édilité................ . . . .
- Consommation totale d’une ville...... ............................
- Alimentation de Madrid..................................................
- Choix du cours d’eau.................................................
- Avantages que présentent les dérivations..........................
- Préférence h accorder au Lozoya...................................
- Sa pureté.......................................................
- Son débit.......................................................
- Etablissement de la dérivation du Lozoya.............................
- Point de départ de la dérivation..................................
- Pages.
- 57
- 58
- 58
- 59
- 60 Id. 62
- 64
- 65 Id. Id.
- 69
- 70
- 71
- 72 Id. 75 82 83
- 85 Id.
- 86 87
- 90
- 91
- 92 95
- 100
- Id.
- Id.
- Id.
- 103 Id.
- 104
- 105 Id.
- p.134 - vue 138/332
-
-
-
- — 135 —
- Pages
- Son débit minimum.............................................. 105
- Inconvénients des réservoirs................................. 107
- Nécessité d’un aqueduc couvert.................................. 112
- Tracé de la dérivation et sa pente............................. 115
- Mode de construction.................................... 117
- Prix de la construction........................................... Id.
- Distribution dans Madrid............................................. 119
- Nécessité de la reconstruction des égouts. . . .............. Id,
- Dépense de la reconstruction des égouts........................... 121
- Dépense d’établissement des conduites de distribution............. 123
- Récapitulation des diverses dépenses............................. 125'
- Mesures financières.................................................. Id.
- Exécution par la municipalité..................................... Id.
- Concours d’une Compagnie industrielle......................... 127
- Produit des concessions.......................................... 12g
- RÉSUMÉ......................................................... 130
- ---r 'WF
- p.135 - vue 139/332
-
-
-
- p.136 - vue 140/332
-
-
-
- MEMOIRES
- ET
- COMPTE-RENDU DES TRAVAUX
- DE LA
- SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS CIVILS
- (Avril, lai, Juin 1850.)
- N° 9.
- Dans le second trimestre de 1850 , notre Société a eu à s’occuper d’une question d’enseignement à propos de la proposition faite par la Commission du budget, de supprimer une partie des fonds destinés aux. Écoles des arts et métiers. Cette fois, comme dans les occasions précédentes , la Société a exprimé l’opinion qu’il y avait lieu de répandre l’instruction professionnelle d’une manière plus libérale. Dans les circonstances présentes, l'Etat ne peut pas abandonner les Écoles d’arts et métiers, mais il doit encourager l’industrie privée à fonder de nouvelles écoles et donner de l’extension à celles qui existent, en cherchant à les faire diriger par l'industrie particulière. Nous avons pensé que notre Société, fondée par les élèves d’une école libre, était parfaitement placée pour plaider cette cause de l’enseignement professionnel. En conséquence, il a été décidé qu’une lettre, rédigée par les soins du bureau, serait envoyée ti la Commission du budget. Cette lettre, adressée au président de cette Commission, est ainsi conçue :
- « Monsieur,
- » La Commission du budget, d’accord avec M. le Ministre de » l’agriculture et du commerce, propose pour 1850 la suppres-
- p.137 - vue 141/332
-
-
-
- — 138 —
- » sion d’une des trois Écoles d’arts et métiers. Les réflexions » qui précèdent cette décision nous paraissent, à certains » égards, fondées. Nous croyons, avec la Commission , que » l’industrie privée est plus apte que le Gouvernement à former » de bonnes écoles professionnelles. L’École des arts et manu-» factures, dont la presque totalité des membres de notre So-» ciété est sortie , et qui a donné à l’industrie un nombre d’In-» génieurs très-considérable, nous paraît une démonstration » sans réplique que l’enseignement professionnel peut être » constitué avec succès par d’autres que par l’État. Or, du ') moment que cela est démontré possible , il est évidemment » très-désirable que cela devienne un fait général, et que les » Écoles d’arts et métiers sortent des mains de l’État pour en-» trer dans celles des particuliers.
- » Mais en attendant que ce vœu , qui paraît être celui de la » Commission et qui est bien formellement le nôtre, puisse se » réaliser, est-il prudent,, est-il utile, dans l’intérêt de l’indus-» trie, de supprimer l'une des Écoles d’arts et métiers? Cette » économie, de très-peu d’importance, faite sur l’enseignement » professionnel, ne pourra-t-elle pas être mal interprétée et at-» tribuée à ce que cet enseignement ne serait pas sympathi-» que à la Commission et à l’Assemblée législative ?
- » Nous appelons l’attention de la Commission sur ce dan-» ger, et si elle persiste à croire que l’une des Écoles peut être » supprimée, nous lui demandons de maintenir cependant le
- crédit entier dans les mains du Ministre, et de déclarer que » son intention est que les 14,000 fr. qui demeurent libres » soient donnés à titre d’encouragement aux particuliers qui » voudront reprendre au Gouvernement l’école supprimée, ou la » placer ailleurs. Le Gouvernement pourrait être invité aussi à » présenter pour 1851 et 1852 un plan au moyen duquel l’en-» seignement industriel passerait ainsi de ses mains dans les » mains d’associations particulières. Nous sommes convaincus » qu’avec une dépense moitié moindre que celle qu’il faut au-» d’hui, le Gouvernement aurait, en peu d’années, doté le pays
- p.138 - vue 142/332
-
-
-
- — 139
- » d’Écoles professionnelles beaucoup mieux conçues et mieux » dirigées que les Écoles actuelles, et qu’il en sortirait rapide-» ment beaucoup plus de sujets propres à la carrière industrielle.
- » En prenant cette mesure, l’Assemblée et le Gouvernement » donneraient la preuve sans réplique au pays que, si l’on veut » réformer l’enseignement professionnel, c’est pour l’agrandir » et non pour le restreindre. Nous soumettons donc avec con-» fiance notre pensée aux lumières de la Commission.
- » Recevez, Monsieur, etc. »
- Nous avons aussi repris l’étude que nous avions déjà commencée des machines locomotives. Notre attention s’est d’abord portée sur la stabilité des machines, sur leur puissance en raison de leur poids, etc. Nous avons compris, presque à l’origine de ces discussions, qu’il était indispensable de poser une série de questions qui devaient être successivement résolues et former un corps de documents mis à la disposition de tous les membres de la Société.
- Nous ferons, dans un prochain bulletin, le résumé complet de la discussion, et nous nous bornerons à donner ici la première partie de ce programme; elle a pour titre : Stabilité des machines, et contient douze questions.
- 1° Mouvement d’une machine sur la voie ;
- — de lacet : ses causes ;
- — de galop ; —
- — de roulis; —
- — des essieux et de la chaudière.
- 2° Influence de l’écartement des roues extrêmes sur ces mouvements, sur les courbes et sur les rails.
- 3° Influence de l’écartement des points d’appui sur les essieux.
- 4° Influence de la charge sur les différents essieux.
- 5° Influence du jeu dans les boîtes à graisse.
- 6° Influence de l’écartement des boudins des roues par rapport aux rails, et de l'inclinaison de la jante des roues.
- p.139 - vue 143/332
-
-
-
- — 140 —
- 7° Quelles sont les dimensions les plus convenables pour ces portées, les jeux à donner? Doit-on les calculer pour les courbes minima et maxima du chemin , ou adopter une cote indépendante?
- 8° Quel compte doit-on tenir de la longueur respective des lignes droites et des courbes?
- 9° Le nombre des essieux sur lesquels la machine est supportée a-t-il une influence directe sur la stabilité?
- 10° Quelle est l’influence de la rigidité des plaques de garde et du châssis?
- Doit-on rechercher cette rigidité et jusqu’à quel point ?
- /Vvec bâtis en fer et bâtis en bois?
- 11° Quelle est l’influence des bâtis intérieurs, extérieurs et doubles ?
- 12° Quelle est l’influence des cylindres intérieurs ou extérieurs ?
- Chacune de ces questions a été Foi jet d’une discussion approfondie. Les membres de la Société ont apporté le fruit de leur expérience, soit comme constructeurs de machines , soit comme ingénieurs de chemins de fer.
- En présence de l'accident si fatal arrivé au pont d’Angers , notre Société ne pouvait pas rester indifférente ; des renseignements ont été recueillis à ce sujet; une sorte d’enquête a été ouverte pour servir plus tard d’élément à un travail qui devra être confié à une commission.
- Cette commission sera appelée à dire son avis sur les causes de l’accident et sur les moyens à employer pour en éviter le retour.
- Dans l’assemblée générale du 24 juin , le trésorier a rendu compte de la situation financière de la Société.
- Cette situation peut être considérée comme favorable.
- Notre Comité a remis ensuite un rapport sur la situation de la Société au point de vue de son organisation et de ses travaux. Ce rapport constate que, du Ier au 15 juin 1850, la
- p.140 - vue 144/332
-
-
-
- — 141 —
- Société a admis 21 nouveaux membres ; 19 membres sociétaires et 2 membres associés. Le nombre des membres de la Société se trouve donc aujourd’hui composé de 298 Ingénieurs.
- Pendant ce trimestre, la Société a reçu :
- De M. Lefrançois, une note sur le moyen de décrire par point des cercles , des ellipses et des raccordements de deux droites par des arcs de cercle et d’ellipse 5
- De M. Nozo, une planche indiquant les divers systèmes de machines locomotives employées sur le chemin de fer du Nord.
- De M. Dubied , le croquis d’un appareil pour retirer les bagues qui servent a fixer les tubes des chaudières des machines locomotives 5
- De M. Bellier , une note sur les causes de la chute du pont d’Angers et sur les précautions à prendre pour éviter à l’avenir la chute d’autres ponts suspendus;
- De M. Faure, un exemplaire de son Guide du draineur;
- De M. Wolski, une notice sur les fourneaux fumivores.
- En outre, M. de Cabrol nous a, sur notre demande, envoyé le règlement de la caisse de secours des ouvriers de la Compagnie des houillères de l’Aveyron;
- Et M. Chagot, le règlement de la caisse de secours des ouvriers des mines de houille de Blanzy.
- Les membres nouvellement admis sont les suivants :
- Au mois d’avril :
- MM. Estoublon (comme membre associé), présenté par MM. A. Barrault, Deligny et Lorentz.
- Reynaud (Charles), présenté par MM. Alquié , Goll-nisch et L. Thomas.
- p.141 - vue 145/332
-
-
-
- — 142
- Au mois de mai :
- MM. Blonay, présentépar MM. Faure, Pottier et Bridel. Grosset, Id. E. Flachat, Mony et Crétin.
- Getting (membre associé), présenté par MM. E. Fla-chat, A. Barrault et Chabrier.
- Loyd, présenté par MM. E. Flachat, Gouin et Lavallée.
- Au mois de juin :
- MM. Vijillemw, présenté par MM. Gerder, A. Barrault et
- Championnière.
- Schlencker, Id. Loustau, Bellier et Alquié.
- Mayer, Id. E. Flachat, Deligny et Mathieu.
- De la Bochette, Id. L. Thomas, Priestley et Nozo.
- Lasseron, Id. Petiet, Faure et Loustau.
- p.142 - vue 146/332
-
-
-
- MÉMOIRE K» XIX.
- Application «lu calcul aux ressorts?
- Pau M. BLACHER.
- § 1. — Observations préliminaires.
- La théorie de la résistance des matériaux, basée sur des hypothèses, sinon exactes, du moins déduites de l’observation des phénomènes, se traduit en formules qui, pour les1 cas les plus simples et en même temps les plus utiles, rendent parfaitement compte de l’action des forces extérieures sur les matériaux employés dans les constructions. C’est ainsi qu’en dehors de toute grandeur absolue, elle établit, d’abord algébriquement, les relations existant entre la charge et la flexion d’une poutre, en fonction des dimensions de celle-ci, puis, à l’aide de coefficients numériques demandés à l’expérimentation, elle approprie les formules aux différents besoins de la pratique,
- Les coefficients , il faut bien le remarquer, présentent toute garantie, surtout si on les obtient à l’aide de constructions identiques avec celles que l’on veut reproduire, car ils sont déduits des équations mêmes dans lesquelles on les introduit, et doivent par conséquent y satisfaire.
- Ces observations sont parfaitement applicables aux ressorts, car l’expérience fournit toutes les données numériques nécessaires, et la théorie n’a plus alors qu’à constater les conséquences d’un changement de dimensions.
- Il y a dans les ressorts autre chose à considérer que les pressions auxquelles ils sont ou peuvent être soumis. Les uns, comme les ressorts de suspension., supportent des charges permanentes accompagnées de faibles oscillations; les autres, comme
- p.143 - vue 147/332
-
-
-
- 144 —
- les ressorts de choc, prennent des mouvements considérables sous l’action de masses dont ils sont destinés à amortir ou à modérer la vitessse. Les premiers donnent lieu à une équa! ion d’équilibre statique, les seconds à une équation de travail dynamique; mais, dans l’un comme dans l’autre cas, l’effet des ressorts dépend de leurs dimensions, du nombre de leurs éléments, de la flexion et de la résistance propre à la matière dont iis sont composés.
- § 2. — Courbure affectée par les lames d’un ressort.
- Soit une série de lames d’égale épaisseur et d’égale largeur, superposées (Jig. 1, pl. 17) de manière que l’une repose sur les extrémités de l’autre par l’intermédiaire de petits tasseaux. Appliquons à chaque extrémité de la lame supérieure une force TC normale à cette lame; ces deux forces TC agissant dans le môme sens, l’expérience apprend que les points d’application des forces descendent, et que la lame se courbe dans toute sa longueur. Mais les pressions TC se transmettent sans altération aux extrémités de chaque lame ; chacune de celles-ci éprouve donc un effet semblable, et l’abaissement total des poids TC est la somme des abaissements relatifs des extrémités de chaque lame par rapport à celle qui la précède dans l’ordre de superposition : il s’agit de trouver cet abaissement total.
- Les lames plient indépendamment les unes des autres, sous l’action des mêmes forces et dans les mômes conditions ; la loi qui régit la flexion de l’une d'elles est donc applicable à toutes. 11 en résulte que l’abaissement total des poids TC doit peu différer, en tous cas, de la flèche correspondant à la Courbure affectée par la lame supérieure.
- Chaque lame est soumise à quatre forces TC, égales, parallèles et de sens opposé (fig. 2); sous l’action de ces forces, elle affecte une courbure symétrique par rapport à l’axe A B, passant par son milieu et parallèle aux forces. Soient a et a' les abscisses des points d’appheation des deux forces situées d’un
- p.144 - vue 148/332
-
-
-
- même côté de cet axe, x <>' l’abscisse d’une tranche quelconque de la lame. En vertu de l’équilibre existant, le moment d’élasticité dans cette tranche est égal à la somme des deux moments des deux forces TC par rapport à cette même tranche. On a donc
- &x — (a-x) TC + (a'-x) TT = o ;
- Ex étant le moment d’élasticité et (a-x), (a'-x) les bras de levier des forces TC. De cette équation on tire :
- t„ = TZ(a-a') (1).
- d’où il résulte que, pour toute abscisse x <<(«-«'), le moment d’élasticité est constant : ce qui revient à dire que la tension est uniforme entre les points E et D, et par suite la courbure.
- Ainsi, de E en D, la lame est courbée suivant un arc de cercle; de E en F et de D en G, suivant un arc d’élastique (a).
- (a) Soit une verge rigide AB (fig. 3), entaillée aux points C et D, et sur laquelle sont montés deux petits leviers coudés E,F. Si dans les entailles C. !•>, on fait passer une lame élastique, et qu’au moyen de deux tirants K, K' réunis par un écrou à contre-filet, on fasse marcher les leviers pour courber la lame, toute la poïtion de celle- ci comprise entre les leviers formera un arc de cercle. On peut construire sur ce principe un instrument de dessin utile dans une foule de circonstances, puisqu’il donne des courbes dont le rayon varie depuis l'inQni jusqu’à une valeur assez petite, dépendant de la longueur et de l’épaisseur de la lame.
- Cet instrument est représen'éy?^. 4 :
- AA A est une lame d’acier parfaitement dresrée et d’cpaisseur bien uniforme : largeur, O"1.035 ; épaisseur, 0m.()0l5 ;
- B B Régie carrée en bois, taillée en biseau a ses extrémités pour permettre la flexion de la lame ;
- C, C Plaques en laiton de 2 à 3mm d’épaisseur, vissée5- à chaque (extrémité de la règle, sur la face supérieure avec laquelle elles affleurent. Ces plaques sont recourbées d’équerre sur une partie de leur longueur, pour retenir la lame d’acier contre les extrémités de la règle en bois. Deux autres plaques semblables, mais dépourvues de parties recourbées, sont assemblées symétriquement avec les premières sur la face inférieure de la règle; elles servent de coussinets aux tourillons des leviers coudés D, D ;
- D, D Leviers coudés agissant dans un plan normal à la lame d’acier et passant par l’axe de la règle ;
- E, E Tirants assemblés à charnière aux extrémités des bras postérieurs des leviers coudés et réunis par des pas de vis de sens contraire dans un écrou F ;
- F Ecrou à contre-filet, destiné à rapprocher ou à écarter les bras postérieurs
- p.145 - vue 149/332
-
-
-
- — 146 —
- Cette propriété est peut-être rendue plus évidente par la démonstration suivante: On a l’équation connue :
- dans laquelle E représente le coefficient d’élasticité, a la largeur, b l'épaisseur de la lame, et p le rayon de courbure de l’élément de courbe par rapport auquel est pris le moment £. En posant
- E a W 1 2
- A,
- on a :
- A
- P -Tl
- substituant à £ sa valeur prise dans l’équation (1), il vient
- A
- P —“7=-------
- K (a-a’)
- quantité constante ; donc le rayon de courbure est le même pour tous les points compris entre E et U, donc cette courbe est un cercle.
- De ce qui précède, il résulte que l désignant la saillie d’une lame sur l’autre, le moment d’élasticité est£ = TC l pour tous les éléments de la lame compris entre les points d’appui. Comme toutes les lames sont également chargées, il faut pour qu’elles présentent la même résistance que l soit le même pour toutes.
- Avec cette condition, toutes les lames affecteront la même courbure. En supposant que les extrémités affectent également la courbure circulaire, si l'on supprime les tasseaux qui les séparent, elles ne s’appliqueront pas les unes sur les autres, et ne se toucheront que par les extrémités.
- Dans la pratique, les choses ne se passent pas ainsi, parce que toutes les lames du ressort sont réunies par un boulon 5 mais
- des leviers coudés, suivant le flegré de courbure que l’on veut obtenir dans la lame d’acier.
- L’instrument construit d’après les données précédentes permet de tracer des courbes dont le rayon descend à 0n,.S0.
- Pour tracer des arcs de cercle d’un rayon donné, il suffit de déterminer sur le papier trois des points de la courbe et de régler l’instrument par tâton-nemenl.
- p.146 - vue 150/332
-
-
-
- — 147
- cette différence est négligeable, et l’on peut supposer dans les formules que les lames se joignent, et prendre pour l’abaissement total la flexion de la lame supérieure. Les conditions théoriques seraient néanmoins réalisables, à la condition de modifier la forme des extrémités des lames.
- § 3. — Relations entre les divers éléments entrant dans le calcul des ressorts.
- Nous avons considéré d’abord un ressort droit et se courbant sous la charge ; mais les raisonnements sont applicables à un ressort courbe que la charge redresse.
- Il s’agit maintenant d établir les relations existant entre les diverses dimensions d’un ressort, la charge qu’il supporte et la flexion correspondante.
- Soit (fig. 5) l’arc AB un demi-ressort ; on peut, sans erreur sensible, remplacer sa longueur par celle de sa corde A B = 7. On a, en vertu d’un théorème connu :
- X2 = 2 R F ;
- R étant le rayon du cercle et F la flèche du doub'e de l’arc sous-tendu par la corde X; de cette équation l’on tire:
- F =
- T¥ 5
- mais R est le rayon de courbure des lames ;
- E a W
- R =(
- 13 £
- (2)
- (1)
- £=1ZI
- substituant cette valeur de £ dans celle de o = R , et R dans X2 = 2 R F, il vient :
- F = ~a2 x « H 1 . E a 63
- nous savons de plus que l est le même pour toutes les lames; on a donc X — n l, d’où
- F = J-ftiL (3).
- n E a b:i v '
- Telle est la relation entre les divers élémen’s d’un ressort, la charge qu’il supporte et la flexion qu’il subit, Cette équation ,
- p.147 - vue 151/332
-
-
-
- 148
- hâtons-nous de le dire, est insuffisante, car elle admet pour TC une valeur indéfinie, et par conséquent pour F. Elle n’est donc vraie que pour un ressort capable de supporter la charge TC ; mais, cette hypothèse admise, elle donne lieu à des observations u tiles :
- 1° La flexion est proportionnelle au poids, c’est-à-dire qu’à chaque addition partielle et constante de charge, correspond une flexion partielle et constante dans toute l’étendue de la flexion ;
- 2° La flexion est en raison inverse du nombre de lames, c’est-à-dire que pour une charge double, il faut, toutes circonstances égales d’ailleurs, un nombre double de lames;
- 3° La flexion est proportionnelle au cube de la longueur ; cette loi est importante, en ce qu’elle fait voir qu’un faible allongement du ressort correspond à un accroissement de flexion considérable, dont il est parfois indispensable de tenir compte;
- 4° La flexion est en raison inverse du cube de l’épaisseur des lames.
- 11 est bien entendu,, nous le répétons, que l’équation (3) ne s’applique pas à un ressort ayant les proportions convenables pour supporter une charge donnée, mais à un ressort considéré d'une manière abstraite et toujours capable d’un excès de résistance.
- Nous avons supposé que les extrémités des lames affectaient la courbure circulaire, mais il n’en est pas ainsi. L'équation générale du moment d’élasticité
- fait voir que le rayon de courbure croît en raison inverse du bras de levier, et que, par conséquent, la courbure décroît du point d’appui à l’extrémité de la lame. Cet excès de résistance à i’extrémité des lames, nuit à la flexibilité du ressort. Le remède consiste à affaiblir graduellement les extrémités des lames, soit en les amincissant, soit en les rétrécissant. Ce dernier procédé, employé, d’ailleurs, depuis quelque temps, satisfait théoriquement.
- p.148 - vue 152/332
-
-
-
- — 149 —
- Reprenons l’équation
- TC (l-x)
- E a b*
- 12 p
- les abscisses ont leur origine au point d’appui ; si l’on transporte cette origine à l’extrémité de la lame, l’équation devient :
- TC X :
- E a 63
- üTT
- Soit æ la largeur variable de la lame, largeur croissant en progression arithmétique de s = o à z =a; on a :
- _ E 2 Jï
- TC x — ----------
- Mais l étant la limite de xet a celle de z, on a :
- ^ a
- d’où
- TC x
- E x - b3
- ----------ou TC =
- •12 p
- Edi’
- 12 l o
- résultat indiquant que le rayon de courbure est indépendant de l’abscisse x, et que par conséquent la courbe est un cercle. Or, la forme donnée à l’extrémité de la lame est une de celles du solide d’égale résistance -, cette forme satisfait donc complètement.
- L’équation (3), avons-nous dit, est insuffisante- il faut en effet obtenir une relation entre la flexion, les divers éléments du ressort, la charge qu’il supporte, et la résistance propre à la matière dont il est fait. Or, la théorie fournit l’équation
- TC l =
- R a b*
- dans laquelle R représente ce que l'on nomme coefficient de rupture ou de résistance.
- Remplaçons dans cette équation l par sa valeur — ? il vient, TC 1 = ~~ (4)
- Prenons dans celte équation la valeur de TC, et substituons-la dans l’équation (3), celle-ci devient :
- R X1
- F
- E b
- (5)
- p.149 - vue 153/332
-
-
-
- — 150 —
- L’équation (4) donne le maximum de charge que puisse supporter un ressort, et l’équation (5) détermine la flexion correspondante.
- Les coefficients R et E se déterminent par expérience. R varie beaucoup, suivant la qualité de l’acier (de 40à 80 lui. par millimètre carré); E ne s’éloigne guère de 20,000, le millimètre étant pris pour unité dans les calculs.
- En comparant les équations (3) et (5), on voit que F n’y est pas fonction des mêmes puissances de X et de b-, mais encore une fois, il faut bien remarquer qu’elles ont des significations toutes différentes. L’équation (3) est relative à l’état général d’un ressort toujours capable de résister-; l’équation (5) au contraire est relative à un état tout particulier du ressort; elle pose la limite de la flexion, et fait voir qu’à cette limite la flexion est proportionnelle au carré de la longueur et en raison inverse de l’épaisseur des lame*.
- Les équations (3), (4), (5), contiennent tous les éléments nécessaires aux calculs que l’on peut avoir le plus généralement à faire sur les ressorts (a).
- La longueur X, contenue dans les équations précédentes, est la demi-longueur du ressort, et le poids TU, la charge supportée par une de ses extrémités ; il nous paraît préférable, pour l’application, d’introduire la longueur totale L et la charge totale P, on a : 2 X = L et 2 TC = P. D’après cela les équations (3), (4) et (5) deviennent :
- F =
- 3 P L3 8 n E a b*
- (6), P L =
- 2 « U fl. b2
- R IJ
- 3
- F = m W-
- § 4. — Volume et poids d'un ressort.
- Après avoir déterminé les dimensions d’un ressort, il est bon d’en fixer approximativement le poids. Les lames, on le sait,
- (a) Ces trois formules que je viens (l’exposer et de développer m’ont été communiquées par mon ancien collègue et ami, M. Shintz, maintenant Ingénieur en Allemagne.
- p.150 - vue 154/332
-
-
-
- 151
- croissent en progression arithmétique. Soit donc n le nombre des lames : pour un demi-ressort, la somme des longueurs est
- (l+nl)n n(n + i)l'
- Pour un ressort entier on a donc :
- 71(11+1) T,
- a et b étant la largeur et l’épaisseur des Laines, le volume d’un ressort est donc
- n (11 +1) l a b — Y.
- Mais n l — \ ; on a donc pour le volume
- > = ------)---- (9)
- et pour le poids
- 0 = a»).
- § 5. — Travail dynamique d’un ressort.
- Les équations précédentes fournissent les conditions d’équilibre statique d’un ressort 5 nous allons chercher maintenant le travail dynamique employé à le bander. Pour embrasser le cas général, nous lui supposerons une bande permanenteMaintenant, soit 2? une force variable agissant sur le ressort, et / la flexion correspondante : le travail élémentaire produisant la flexion est p df et le travail total produit est
- ^P = J pdf+C.
- p est fonction de /, et lui est proportionnel (équation 3); soit donc p — À /, on a alors :
- ©,,=4 J Jdf+ C = ^f+C.
- Mais pour / =/’ on a ^p== 0 d’où
- <5 - Aç/w»)
- p — ^
- et par suite
- p.151 - vue 155/332
-
-
-
- — 152
- soit —= m, il vient
- Mais A = donc
- = JlL- (i-m*-) (il).
- Telle est l’expression générale du travail d;une force sur un ressort ; elle indique que ce travail est égal au produit de la pression définitive par la moitié de la flexion, multiplié par un coefficient dépendant du rapport de la bande permanente à la flexion correspondant à la force p.
- Si P est la pression maximum que puisse supporter le ressort et F la flexion correspondante, en substituant à P et F dans l’équation (11) leurs valeurs tirées des équations (7) et (8) il vient :
- X (!-») (12)
- formule donnant le travail du ressort en fonction de ses divers éléments.
- Si l’on compare les formules (9) et (12), on peut remarquer que le numérateur de (9) ne diffère du facteur n ab L contenu au numérateur de (12) qu’en ce que (n+ 1) y est remplacé par n. Or, lorsque n est grand, n diffère peu de (n+1); on peut donc dans ce cas, remplacer dans (12) nab L par 2 Y, et cette formule devient :
- = -Tg-X (‘ - « (13)
- sera un peu trop grand, mais en réalité les ressorts sont toujours plus forts que les ressorts calculés. Du reste, notre but en mettant cette formule sous cette forme, a été surtout de faire voir que le travail d’un ressort ne dépend que de la quantité d’acier qu’on y met, de quelque façon qu'on la distribue , sous la réserve, bien entendu, des observations qui ont été faites relativement aux extrémités des lames.
- p.152 - vue 156/332
-
-
-
- 153 —
- XX.
- Mote sur le forage dVaii jpuUs exécuté par il. Kind» àla hpulllèi'e ^Scbceneck-Stlring. près ForBracBi (Moselle) ;
- Par M. GOSCHLER.
- On sait qu’après les événements de 1814 et 1815, les houillères de Saarbruek ont été enclavées dans le grand-duché du Bas-Rhin. La France s’est vue ainsi privée d’une immense source de revenus; et ses provinces de l’Est sont, depuis ce temps, tributaires de la Prusse, seule en état de leur fournir le combustible minéral à un prix convenable. Aussi c’est avec un grand intérêt que la Lorraine, l’Alsace et la Champagne suivent toutes les tentatives qui auraient pour but de les affranchir de cette dépendance.
- D’après des recherches qui datent de quelques années et des observations géologiques plus récentes, on a la certitude que le bassin houiller de Saarbruek se prolonge en deçà des frontières françaises, sous le territoire de la petite ville de Forbach, et peut-être même plus loin encore. Une partie de ce prolongement fut concédée sous le nom de houillère de Schœneck, où les premiers concessionnaires dépensèrent des sommes considérables en travaux dont les résultats furent peu favorables au succès de l’entreprise.
- La rencontre de niveaux d’eau difficiles à traverser, et plus que cela encore, la position fâcheuse des recherches qui tombèrent au milieu de failles et de brouillages, firent renoncer à développer cette affaire. C est alors que MM. de Vendelle et de Gargan, propriétaires de nombreux établissements dans le département de la Mosede, achetèrent la concession et élevèrent sur son territoire même une grande usine à fer, dont la révolution de 1848 a subitement arrêté la mise à feu.
- 2
- p.153 - vue 157/332
-
-
-
- Pour éviter les errements dans lesquels étaient tombés les premiers concessionnaires, il fallait, avant tout, étudier la constitution du terrain, reconnaître l’allure des couches de houille, leur puissance, leur qualité. C’est ce qu’a fait d’abord hhabile sondeur, M. Kind, au moyen de trois trous de sonde dont la profondeur a varié entre 270 mètres et 325 mètres. Ces sondages, qui comprennent un espace de 900 mètres de longueur, ont démontré l’existence de couches de houille nombreuses de très-bonne qualité, d’une épaisseur variant depuis 0m,10 jusqu’à 2m,70, l’une d’elles atteignant même 4m,28 avec un intervalle de 0m,2Q. Toutes ces couches possèdent une stratification et un pendage réguliers. L’ingénieux procédé employé par M. Kind pour constater l’inclinaison des couches traversées par la sonde, est assez connu pour que nous n’ayons pas besoin de nou3 y arrêter ici (1).
- Nature du terrain. — Il a été ainsi reconnu que le terrain houiller proprement dit est composé (pi. 17, fig. 6) d’alternances de couches de houille et de bancs de schiste ou de grès, inclinés au sud de 33° en moyenne. Immédiatement au-dessus vient un banc horizontal de conglomérat quartzeux et d’argile schisteuse de 20 mètres d’épaisseur, puis une couche de grès houiller de 122 mètres, et enfin un banc de grès des Vosges de 77 mètres d’épaisseur arrivant jusqu’à la surface.
- On voit qu’avant de parvenir au terrain houiller, il faut traverser un terrain mort de 220 mètres d’épaisseur environ. L’expérience acquise par les travaux primitifs et par les sondages récents avait fait considérer, à tort ou à raison, le percement d’un puits comme très-difficile si Ton y appliquait les procédés ordinaires. Pour éviter l’emploi, soit de machines d’épuisement provisoires, soit de l’air comprimé et du cuvelage du Nord, M. Kind, considérant un puits d’exploitation comme un trou
- (1) Il a été décrit par M. Combes, Inspecteur général des mines, dans le tonne XIII, 4 e série des Annales des Mines.
- p.154 - vue 158/332
-
-
-
- — 155
- de sonde d’un grand diamètre, résolut de le percer et de le tu-ber suivant la méthode employée pour les sondages ordinaires, du moins jusqu’au terrain sec, c’est-à-dire à 120 mètres environ, en utilisant le trou de sonde de 0m,6Q de diamètre que l’on venait de forer.
- Dimensions du puits. — Les besoins de l’exploitation nécessitaient un puits de 3m,5Q de diamètre intérieur. Le tubage devait avoir 0m,25 d’épaisseur et laisser autour de lui un vide annulaire de Qm,25, destiné à être rempli avec du béton. C’est donc un trou de 4m,50 de diamètre qu’il fallait forer. Nous avons hâte de dire que ce résultat est obtenu aujourd’hui, et le sondage de Stiring est parvenu au delà de 100 mètres de profondeur.
- Description du forage. — L’atelier du sondage est composé d’une grande baraque en bois au centre de laquelle est l’ouverture du puits {fig. 7 et 8, pl. 17). Dans cet atelier couvert se trouve la machine à battre la sonde, 1a, machine à vapeur qui sert à retirer les équipages, et que l’on utilise, quand la sonde bat, pour mettre en mouvement des tours, des scies, instruments destinés à la confection des pièces du forage.
- Les fig. 7 et 8 font voir un évasement a a à la partie supérieure du puits. Cet évasement rectangulaire, fermé vers le bas par un plancher mobile, sert à donner aux ouvriers plus de facilité pour la manœuvre des outils. Aux deux coins opposés de ce plancher sont établis deux petits treuils portant les cordes qui servent à guider le trépan à sa descente ou à sa montée.
- Dans la fig. 8, on voit la projection de la bobine de la machine à vapeur C. Cette bobine porte un câble plat 11 qui passe sur une poulie à gorge d et descend jusque dans l’évasement a a pour enlever ou descendre les tiges ou les outils. En dessous de cette poulie se trouve un chariot k sur chemin de fer, auquel on suspend les tiges de la sonde quand on doit changer d’outil.
- p.155 - vue 159/332
-
-
-
- Le battage de la sonde se fait au moyen d’un levier mû par le piston d’un cylindre à vapeur analogue à celui employé dans les forges sous le nom de cylindre à marteau-pilon. 11 est. représenté en m, fig. 8. Le levier n qu’il met en mouvement porte un arc de cercle sur lequel s’appuie la chaîne qui soutient la sonde.
- Les tiges de sonde sont en bois de sapin de 0m,10 d’équarrissage; la jonction se fait au moyen de Y assemblage à vis pratiqué sur le fer dont les extrémités des tiges sont armées.
- Jusqu’à ces derniers temps, les tiges de sonde étaient complètement en fer. La rupture de l’une d’elles, occasionnée par l’absence de l’appareil à chute libre appliqué aux autres sondages par M. Kind, et la difficulté d’en retirer les fragments qui se perdaient dans un vide aussi grand (1), engagèrent le sondeur à renoncer aux tiges métalliques et à les remplacer par des tiges en bois. Cette matière, quand elle est bien choisie, ne rompt pas sans avoir donné quelque signe de faiblesse. En outre, sa légèreté dans l’eau rend les coups de trépan moins sensibles pour la tige, dont la durée est plus grande et l’emploi plus rassurant.
- Nous avons dit plus haut que le forage se faisait à la manière ordinaire. II a donc fallu approprier aux dimensions du trou à obtenir les instruments employés à ce genre de travail.
- La forme de trépan adoptée par M. Kind est représentée en élévation, par la fig. 9 et en plan par la fig. 10. La barre inférieure pp est garnie de dents espacées de telle sorte qu’en les considérant à partir du milieu o, le vide compris entre deux d'entre elles sur le côté o p\ corresponde au plein d’une dent sur le côtéojp. De cette manière, quand le trépan a fait une révolution entière autour de son axe, aucune partie de roche n’a échappé au battage.
- (1) Lors de cet accident, on parvint à retirer toute la tige, k l’exception d’une barre de 13 pieds de longueur que les crochets ne purent atteindre. On se décida à la briser sous le trépan, et les fragments en sont venus au jour avec les détritus de roche.
- p.156 - vue 160/332
-
-
-
- — 157 —
- Celle barre horizontale en fer est consolidée par des jambes de force, aussi en fer, qui vont s’attacher à la tige verticale. Celle-ci porte en croix deux autres barres horizontales q q’ et r r’ dont le but est de maintenir l’instrument dans la verticale et de régulariser en même temps les parois du puits.
- Battage. — La fig. 8 nous montre le trépan p ÿ suspendu à la tige t, t, que soulève le levier du cylindre à vapeur m. A chaque levée du trépan, deux hommes qui se tiennent sur le plancher b b font parcourir un petit arc de cercle aux extrémités d'un levier placé en croix sur la tige. Ils font ainsi décrire à ce levier, et par suite au trépan, une série de petits arcs de cercle successifs dont l’ensemble comprend la circonférence du puits tout entière.
- Quand on juge le battage au trépan suffisamment prolongé, on arrête cette opération et on procède à l’extraction des parties de roche détachées par les chocs successifs delà sonde.
- Extraction des détritus. — On commence par retirer l’équipage qui est dans le puits, ce qui se pratique très-rapidement, avec le secours de la petite machine à vapeur C,Jig. 8. Chaque portion de la tige est accrochée au chariot k, fig. 7, et se trouve ainsi à portée des ouvriers qui vont l’employer à l'opération suivante.
- Quand le trépan p p arrive au jour, il est suspendu à un chariot h porté sur un chemin de fer suspendu g g. En faisant avancer ce chariot, eu amène le trépan à côté du puits, pour être soumis à la visite des forgerons, qui remplacent les dents avariées. Celte réparation est très-facile, car les dents portent des queues logées dans l’épaisseur de la barre pp’, où elles sont retenues par des goujons rivés, passant dans une encoche de la queue de chaque dent.
- Pendant ce temps, on amène au-dessus du puits un tube en tôle y y (fig. 7 et 8) de 6 mètres de longueur et de 0m,60 de diamètre intérieur. Ce tube, qui est muni vers le bas d’un clapet w
- p.157 - vue 161/332
-
-
-
- — 158 —
- (fig. 11) mobile entre deux croisillons courbes, remplace ici la cuiller du sondage ordinaire. Il doit pénétrer dans le trou de sonde qui a précédé le forage du puits et recevoir par sa partie supérieure les détritus que lui amène le dragueur auquel il est suspendu (fig. 11).
- Durant le battage, ce dragueur x x {fig. 7 et 8) reste accroché à une potence u,u, sous le premier plancher mobile 6, b; il peut se loger contre la paroi du puits évasé, et laisser libre le passage nécessaire aux autres outils.
- Ce dragueur est représenté dans la fig. 11 au moment où il fonctionne au fond du trou de sonde. Il se compose essentiellement d’une coulisse A B vissée à la tige de sonde C. Cette coulisse est embrassée par deux tringles articulées DEF portant à leur extrémité inférieure une large palette dentelée G. En B pénètre une tige mobile taraudée vers le bas et qui porte le tube y y quand on soulève le dragueur. Cette tige se trouve serrée entre deux ressorts N, N dont la distance peut être diminuée ou augmentée à volonté.
- Examinons maintenant la manœuvre de cet appareil. Quand le tube y, y est vissé à la tige B du dragueur, et celui-ci suspendu dans le puits par sa tige C, le poids des pièces fait tomber les tringles D E F G le long de la tige verticale ; elles restent arrêtées sur les taquets en A ; mais quand le tube ?/, y a pénétré dans le premier trou de sonde O, et qu’il s’arrête, retenu par les croisillons en fer i i dont il est muni à sa partie supérieure, le poids de la sonde vient forcer la petite barre D D à descendre ; îes palettes G G s’écartent et atteignent les parois du puits. Quand on relève les tiges de sonde, celles-ci entraînent les palettes, qui amènent alors les détritus dans le tube y y. Le frottement de ces palettes sur le terrain désagrégé s’obtient au moyen des ressorts N, N.
- On voit ainsi que chaque course de la tige de sonde fait écarter et rapprocher les palettes. Si donc à chaque levée de l’équipage on fait tourner le dragueur comme on a fait tourner le trépan, c’est-à-dire d’une petite portion de circonférence,
- p.158 - vue 162/332
-
-
-
- — 159
- quand on aura répété cette manœuvre pendant un certain temps, toute la surface du fond du puits sera débarrassée des détritus, qui seront amenés dans le tube y, y. Ce travail se fait, comme le battage, au moyen du cylindre à vapeur.
- Quand le tube est rempli, ce qui arrive ordinairement au bout d’une demi-heure de manœuvre, on retire l’équipage. Le dragueur est attaché à sa potence u w, fig. 7, le tube suspendu à un chariot z qui l’amène au-dessus d’un wagon dans lequel les détritus s’écoulent quand on ouvre le clapet v.
- On rajuste alors le trépan à la tige, on descend la sonde, et le battage recommence.
- L’inspection des manœuvres de ces gigantesques appareils peut seule donner une idée exacte de la merveilleuse facilité avec laquelle s’exécutent ces diverses opérations. M. Kind assure que, quand il a complété son équipage de rechange, il peut forer ainsi de 8 à 10 mètres par mois, au prix moyen de 500 francs par mètre courant. C’est environ la moitié du prix que coûte l’établissement d’un puits cuvelé dans le Nord. Cinq ouvriers suffisent amplement pour le battage et toutes les autres manœuvres.
- 11 nous reste à décrire le mode de cuvelage qui va être employé pour achever le puits de Stiring. La couche de terrain imperméable se rencontrant un peu au-dessus de 110 mètres de profondeur, c’est à ce niveau que l’on arrêtera le forage. On descendra dans le puits un cylindre en fonte M (fig. 12), de 3m,50 de diamètre intérieur et de 2m,00 environ de hauteur, tourné à l’extérieur. Ce cylindre, dont le poids est de 10,000 kilog. environ, porte contre le rebord dont il est muni à sa partie inférieure, une couronne R en bois tendre, qui, s’appliquant sur le terrain du fond/ f, en prendra toutes les inégalités, et rendra étanche la jonction du cylindre et du terrain imperméable. Sur ce cylindre en fonte s’ajustera un premier cylindre en bois N, formé de douves verticales bien jointives, adaptées à un fort plancher horizontal P muni d’une soupape S, que l’on pourra manœuvrer delà surface jusqu’au fond du puits. CcS deux cy-
- p.159 - vue 163/332
-
-
-
- — 160 —
- lindres porteurs étant suspendus àl’oriticedu puits, le plancher horizontal viendra s’appuyer sur l’eau, soutiendra l’ensemble jusqu'à un certain point et soulagera les tiges de suspension formées de quatre grandes vis en fer. Sur le premier cylindre on ajustera un second rang de douves Q de 2m à2m,50 de longueur, relié au premier par des frettes en fer e e boulonnées aux extrémités des douves et noyées dans leur épaisseur. A mesure qu’un rang de douves sera placé, on laissera descendre l’appareil en ouvrant la soupape du plancher horizontal, et l’on continuera ainsi le cuvelage jusqu’à ce que le cylindre en fonte parvienne au solide : à ce moment, on coulera dans l’espace annulaire extérieur j j du mortier hydraulique, puis on descendra parla compression le cylindre en bois, qui refoulera le mortier contre le terrain et arrêtera toute venue d’eau 5 le vide extérieur sera ainsi comblé jusqu'au jour. On fermera la soupape et on épuisera l’intérieur du puits, rendu ainsi complètement étanche.
- Les limites de cette note nous empêchent d’entrer plus longuement dans les détails ingénieux que l’on rencontre dans ce beau travail j mais d’après ce que nous venons d’esquisser, on peut voir que M. Kind, en exécutant le percement du puits de Stiring, élève à un haut degré l’art du sondage, et rend ainsi à l’exploitation des mines un service signalé.
- p.160 - vue 164/332
-
-
-
- 161
- MÉMOIRE N» XXI.
- iSecliercïies analytiques sur les Ronges employés dans lâ peinture sur porcelaine %
- Par M. SALVËTAT,
- Chimiste de la Manufacture nationale de Porcelaiue de Sèvres.
- Les rouges pour peindre sur porcelaine ont dans la palette une grande importance ; c’est à l’aide de ces couleurs que les peintres de figure obtiennent leurs carnations ; c’est par le concours des rouges et des couleurs tirées de l’or que les fleuristes représentent les fleurs rouges et roses ; les paysagistes eux-mêmes en font un usage très-fréquent.
- On les prépare avec de l’oxyde de fer qu’on a soumis à une température variable, suivant le Ion qu’on veut obtenir. On sait que la nuance de l’oxyde de fer varie du rouge orangé au rouge violâtre fonc^, suivant la température à laquelle on l’a porté. On mêle l’oxyde du ton demandé avec trois fois son poids du fondant dit aux gris, composé de borax 1, sable 2, mine orange 6, et l’on broie sans fondre.
- Malgré la simplicité de ces dosages et la préparation facile de l’oxyde de fer à l’état de pureté, les rouges pour porcelaine sont encore rangés parmi les couleurs qu’il est très-difficile d’obtenir avec toutes les qualités désirables.
- Les premiers rouges de belle qualité furent faits par Dihl, qui les obtint avec un oxyde qu’il faisait, dit-on, venir de Prusse; Bourgeois, habile chimiste de Paris, en fit également d’une grande beauté ; mais les rouges qui ont acquis le plus de célébrité furent ceux que M. Pannetier préparait pour Mme Jacotot, et qui brillent de tout leur éclat dans les chefs-d’œuvre de cette
- p.161 - vue 165/332
-
-
-
- 162 —
- célèbre artiste. Les peintres les plus habiles s’accordent à reconnaître dans ces couleurs une vivacité de nuance, une transparence, une fusion que ne présentent pas les rouges' des autres chimistes.
- La série des rouges de M. Pannetier se compose de onze nuances, qui se dégradent de l’orangé au gris, dans l’ordre
- suivant :
- NOMENCLATURE DE SÈVRES:
- Orangé N° 55. Rouge orangé.
- Rouge n° 1 — 56. Rouge capucine.
- Rouge n® 2 — 58. Rouge sanguin.
- Rouge n° 3 — 62. Rouge de chair.
- Rouge n° 4 — 63. Rouge carminé.
- Rouge n° 5 — 64. Rouge laqueux.
- Violet de fer n° 6 — 66. Rouge violâtre pâle.
- Violet de fer n° 7 — 66 A. Rouge violâtre.
- Violet de fer n° 8 — 66 B. Rouge violâtre foncé.
- Violet de fer n° 9 — 66 C. Rouge violât. très-foncé.
- Gris de fer n° 10. — 66 D. Gris de fer.
- Ces nuances, depuis la première jusqu’à la dernière, forment une série de types dont on a pu approcher quelquefois, mais dont on est souvent resté fort éloigné, surtout dans la préparation des extrêmes 5 on n’a en effet jusqu’à ce jour rien fait qui approchât soit du rouge orangé, soit du gris de fer dont il est ici question.
- J’ai pensé qu’il y aurait quelque intérêt à connaître si l’oxyde de fer seul pouvait donner cette dégradation de nuance commençant au rouge orangé n° 55, et se terminant au gris de fer n° 66 D; et dans le cas où ces nuances ne pourraient être obtenues que par des mélanges, de quelle nature étaient ces mélanges, et dans quelles proportions il convenait de les opérer. Il m’a paru utile aussi, de constater s’il y avait identité complète entre le fondant employé par tousses chimistes, et celui dont M. Pannetier faisait usage ; les qualités de ce dernier
- p.162 - vue 166/332
-
-
-
- — 163 —
- ne sauraient être révoquées en doute devant le savant emploi qu’en fit Mme Jacotot pendant sa brillante carrière artistique. Enfin j’ai désiré savoir si les proportions relatives du fondant et du principe colorant étaient celles indiquées dans tous les traités de chimie.
- Ces diverses considérations m’ont engagé à faire l’analyse des rouges de M. Pannetier, et c’est le résultat de ce travail qui m’a permis d’améliorer d’une manière notable les rouges de la palette de Sèvres, en me renfermant du reste dans les données analytiques que je présente ici.
- I. Rouge orangé (Pannetier). — N° 55 Rouge orangé [Sèvres). — Orangé (Premier cercle chromatique) (Chevreul).
- Cette couleur correspond par sa nuance kl’orangé du premier cercle chromatique de M. Chevreul ; jela désignerai dorénavant par cette expression.
- Je ne connais aucun chimiste autre que M. Pannetier qui ait obtenu avec le fer une nuance se rapprochant autant de l’orangé normal ; toutes les tentatives que j’avais faites moi-même antérieurement à ces recherches, à l’aide de l’oxyde de fer pur, me donnaient constamment une couleur trop rouge, s’accordant toujours avec le rouge capucine, qui suit celui dont je m’occupe maintenant. L’analyse m’a démontré qu’il y avait de l’oxyde de zinc dans l’orangé de M. Pannetier 5 cette particularité explique du reste parfaitement bien le ton légèrement ocreux du rouge en question. Comparé à l’orangé du premier cercle chromatique de M. Chevreul, le rouge orangé de M. Pannetier est en effet faiblement rabattu, c’est-à-dire rompu par des traces de brun.
- Une attaque de la couleur par l’acide, hydrofluorique m’a fait découvrir dans cette composition de la silice, de l’acide borique, de la soude et de l’oxyde de plomb, constituant le fondant, et des oxydes de fer, de zinc, avec des traces d’alumine, comme formant le principe colorant.
- p.163 - vue 167/332
-
-
-
- 164 —
- L’analyse quantitative a été faite par le procédé suivant : une fusion préalable avec le carbonate de soude arendula substance entièrement soluble dans l’acide nitrique. La dissolution évaporée à siccité a donné un dépôt de silice, qu’on a jeté sur un filtre, lavé, calciné et pesé.
- Dans la dissolution filtrée on a fait passer un courant d'hydrogène sulfuré, qui a précipité une grande quantité de sulfure de plomb, mêlé de soufre, provenant de la réduction du persel de fer par l’acide hydrosulfurique. Le sulfure de plomb lavé à l’eau chargée d’hydrogène sulfuré a été traité par l’acide nitrique fumant, calciné, imbibé de nouveau d’acide sulfurique , d’acide nitrique fumant , légèrement rougi et pesé. La quantité de l’oxyde de plomb a été déduite du poids du sulfate de plomb ainsi trouvé.
- La liqueur, débarrassée du sulfure de plomb, a été neutralisée par l’ammoniaque, puis précipitée par l’hydrosulfate d’ammoniaque, avec lequel on l’a laissée en digestion pendant vingt-quatre heures pour ne pas entraîner d’acide borique. Le sulfure de fer et de zinc ainsi obtenu, lavé à. l’eau chargée d’hydrosulfate d’ammoniaque, a été jeté sur un filtre, puis traité à chaud par l’acide chlorhydrique de concentration moyenne. On a filtré, fait bouillir avec l’acide nitrique, pour peroxyder le fer, et précipité par un excès d’ammoniaque qui a formé un volumineux dépôt d’oxyde de fer et d’alumine. Ces deux oxydes ont été séparés l’un de l’autre par les procédés connus ; il n’y avait que des traces d’alumine.
- La dissolution ammoniacale a été neutralisée, puis précipitée par l’hydrosulfate d’ammoniaque 5 le sulfure de zinc, bien lavé, a été redissous et précipité par le carbonate de potasse; le dépôt, lavé, a été calciné, puis pesé.
- L’eau, débarrassée des sulfures de fer et de zinc, ne contenait ni chaux ni magnésie.
- On avait trop peu de matière pour doser directement l’alcali et l’acide borique; on les a dosés par dilï'érence, en con-
- p.164 - vue 168/332
-
-
-
- — 165
- sidérant la perte comme du borax. On verra par les analyses qui suivent qu’on était fondé dans cette supposition.
- On a trouvé dans cette couleur :
- Silice . . . . 17.48
- Oxyde de plomb . . . . 51.54
- Borax 13.08
- Oxvdo de fer . . • . 14.10
- Oxyde de zinc . . . . 3.80
- Alumine .... traces.
- 100.00
- En formant d’après ces données un oxyde composé d’oxydes de zinc et de fer dans les proportions indiquées, j’ai pu reproduire sans peine l’orangé de M. Pannetier, avec la nuance de jaune à laquelle il ne m’avait pas encore été permis d’arriver en me servant d’oxyde de fer pur.
- On mélange à cet effet des dissolutions opérées à froid dans l’acide hydrochlorique de 10 fer métallique et 5 zinc distillé. On précipite par le carbonate de soude, on lave et on attend pour faire sécher que l’oxygène de l’eau de lavage et l’exposition à l’air aient fait passer à l’état de peroxyde le dépôt verdâtre obtenu au moment de la précipitation. On fait sécher, et on expose l’oxyde à une température rouge sombre -, on le mêle enfin avec une partie d’oxvde au quatrième rouge orangé pour une partie de l’oxyde zincifère qui précède.
- Ce dernier oxyde composé est mêlé au fondant formé de : borax fondu 3/4, mine orange 3 , sable 1, dans la proportion de 475 parties de fondant pour 100 d’oxyde. Nous ne nous occuperons que plus loin de la comparaison de ce fondant avec le fondant aux gris ; mais je ferai remarquer ici que l’excès de fondant a pour but spéc:al de favoriser encore le développement de la nuance jaune propre au silicate de plomb et de fer, dont j’ai déjà signalé la formation dans une autre circonstance. (Bulletin de la Société des Ingénieurs civils, lre série, page 23.)
- p.165 - vue 169/332
-
-
-
- 168
- II. Rouge N" i (Pcinnetier). — N° SG. Rouge capucine [Sèvres.) —
- Quatrième rouge orangé (Premier cercle chromatique) (Chevreul).
- Ce rouge, qui contient pour l’œil moins de jaune que le précédent, qui par conséquent se rapproche davantage du rouge pur, correspond au quatrième rouge orangé du premier cercle chromatique de M. Chevreul. C’est sous ce nom que je proposerai de le désigner. On l’obtient assez facilement avec l’oxyde de fer pur. C’est, jusqu’à ce jour, le rouge le plus orangé qu’il soit possible d’obtenir au moyen de l’oxyde de fer anhydre et pur. Je dis anhydre et pur, car l’oxyde de fer hydraté dans lequel l’eau peut être remplacée par de l’oxyde de zinc, et probablement aussi par d’autres oxydes, sans que la teinte soit modifiée, même à une température rouge vif, forme une nuance plus jaune, mais rabattue, qu’on connaît sous le nom d’ocre ou brun-jaune.
- L’analyse a fait découvrir dans ce rouge les mêmes éléments que dans celui qui précède, à l’exception de l’oxyde de zinc, qui manque complètement; nous avons trouvé aussi quelques traces d’alumine.
- L’analyse quantitative a été dirigée en vue d’une détermination directe de la soude. Cette soude a été supposée contenue à l’état de borax; on a dû doser l’acide silicique par dilférence.
- La matière pulvérisée a été attaquée par l’acide hydrofluori-que. Les fluorures, évaporés à sec, ont été transformés en sulfates, et ceux-ci en sulfures, par une affusion d’hydrogène sulfuré sur le mélange légèrement acidifié. On a, comme précédemment, dosé le plomb à l’état de sulfate ; on a chassé l’excès d’hydrogène sulfuré, peroxydé le fer par un côurant de chlore , puis précipité par l’ammoniaque. L’oxyde de fer a été séparé de l’alumine comme nous l’avons déjà dit.
- La liqueur, dépouillée de plomb, d’alumine et d’oxyde de fer, a été évaporée à sec ; le résidu, fondu dans une atmosphère de carbonate ammoniacal, a été pesé. D’après le poids du sulfate
- p.166 - vue 170/332
-
-
-
- 167 —
- de soude, on a calculé la quantité de soude, ce qui a donné un poids correspondant de borax ; on n’avait découvert ni chaux, ni magnésie.
- On a ainsi trouvé :
- Silice........................... 16.co
- Oxyde de plomb...................... 50.39
- Borax............................... 12.51
- Oxyde de fer. ... ,................ 20.50
- Alumine............................ traces.
- 100.00
- L’oxyde de fer de la nuance indiquée se prépare en calcinant, à la température la plus basse possible, le sulfate de protoxyde de fer j il doit cependant conserver la nuance dont nous parlons à une température correspondante au feu d’ébauche (environ 800° du thermomètre centigrade). 11 n’y a aucun inconvénient à ne pas atteindre ce degré de chaleur j il est même préférable de rester un peu au-dessous. — L’important est que l’oxyde ait à peu près son ton à l’emploi. On lave l’oxyde à l’eau chaude, et on le fait sécher.
- III. Rouge N° 2. (Panneüer.) — N° 58. Rouge-sanguin [Sèvres.) — Troisième rouge orangé (Premier cercle chromatique.) (Chevreul).
- Le rouge-sanguin est plus franchement rouge, et contient pour l’œil encore moins de jaune que le rouge-capucine; il correspond au troisième rouge orangé du premier cercle chromatique deM. Chevreul. C’est avec cette couleur que j’ai pu faire le norme de ce premier cercle : nous l’appellerons donc troisième rouge orangé.
- On l’obtient avec l’oxyde de fer pur provenant de la décomposition par le feu du sulfate de protoxyde, et soumis à un degré de chaleur légèrement plus intense que lorsqu’il s’agit de préparer l’oxyde quatrième rouge orangé.
- L’analyse quantitative n’a décelé dans cette couleur la
- p.167 - vue 171/332
-
-
-
- présence d’aucun oxyde étranger à ceux qui entrent dans la composition du rouge n° 1.
- L’analyse quantitative a été faite sans autre modification à la marche suivie dans la décomposition du rouge orangé que celle nécessitée par l’absence de l’oxyde de zinc. C’est cette même méthode qui a été employée pour l’analyse des rouges n° 3, 4, 5 , 6, 7 et 8. Nous n’aurons donc pas à y revenir.
- Le borax a été, dans tous ces résultats, obtenu par différence -, il se trouve donc toujours augmenté de la perte éprouvée pendant la manipulation.
- Le rouge n° 2 a été trouvé composé de :
- Silice.............................. Kî.90
- Oxyde de plomb................... 40.51
- Borax............................. 13.39
- Oxyde de fer.................... 19.70
- Alumine.......................... 0.50.
- 100.00.
- !V. Rouge N° 5 (Pannetier). — N° 62. Rouge de chair (Sèvres).
- Deuxième rouge orangé (Premier cercle chromatique) (Ghevreul).
- Le rouge de chair porte une désignation qui indique assez bien son ton; il est plus rouge que le précédent, etc’est celui qui correspond au deuxième rouge orangé du premier cercle chromatique de M. Ghevreul ; ce sera pour nous le deuxième rouge orangé. 11 n’est pas sans intérêt de dire ici que c’est le rouge le plus pur auquel on soit parvenu sur porcelaine, et il faut îe dire à notre honte, mais à la louange des artistes qui, par de savantes combinaisons, par d’heureuses oppositions, ont su non-seulement s’en passer, mais encore faire croire qu’ils possédaient ces couleurs. Nous devons avouer que la palette du peintre de porcelaine manque des rouges, et que tous les tons non rabattus correspondant aux 1er rouge orangé, rouge orangé, 5e, 4e, 3e, 2e, Ier rouge, rouge, 5e, 4e, 3e violet rouge,
- p.168 - vue 172/332
-
-
-
- 169
- n’ont pu être faits jusqu’à ce jour en couleurs vitrifiables ; c’est une lacune qu’il est difficile dé combler aujourd’hui ; ruais c’est la seule : le cercle comprenant soixante-douze couleurs, je suis parvenu à faire les soixante autres par des moyens très-simples que je ferai bientôt connaître pour répandre l’usage de la table chromatique, qui doit rendre aux sciences et aux arts de si grands services.
- On a trouvé dans le rouge n° 3 de M. Pannetier :
- Silice............................. 16.60
- Oxyde de plomb. ................. . 49,18
- Borax............................... 14.22
- Oxyde de fer....................... 20.00
- Alumine.......................... traces.
- 100.00,
- V. Rouge N° 4 (Pannetier). — N° 65 Rouge carminé (Sèvres),
- La désignation de Sèvres pour ce rouge et pour ceux qui suivent rend compte d’une manière assez exacte des différences de nuances qui distinguent ces couleurs. Elles appartiennent aux cercles qui comprennent les couleurs rabattues» Nous ne les trouvons plus dans le premier cercle chromatique de M. Chevreul; nous nous bornons à en faire connaître la composition (1) :
- Silice............................. 16.30
- Oxyde de plomb..................... 50.02
- Borax. ................... . . 13,68
- Oxyde de fer..................... 20.00
- Alumine............................traces.
- 100.00.
- (1) Un mélange opéré k peu près par portions égales avec les rouges n° 2, 3 et 4 a été attaqué par l'acide hydrofluorique ; on y a trouvé :
- Oxyde de plomb. ........ 50.06
- Borax................... 12.12
- Oxyde de fer..... 20.50.
- 3
- p.169 - vue 173/332
-
-
-
- 170 —
- VI. Rouge n° 5 (Pannelier). — N° 64. Rouge laqueux {Sèvres).
- Silice............................ lG.-'iO
- Oxyde de plomb...................... 49.44
- Borax............................... 15.90
- Oxyde de fer....................... 18.20
- Alumine............................ traces
- 100.00
- y \). Violet de fer n° 6 [Pannelier).— Nn 66. Rouge violâtre pâle (Sèvres).
- Silice................... 10.85
- Oxyde de plomb. . ... 50.06
- Borax...................... 12.00
- Oxyde de fer. . . .. 19.83
- Alumine. ............ traces
- 100.00
- Cette couleur et celles qui suivent sont désignées clans le commerce sous le nom général de violets de fer.
- VIII. Violet de fer n° 7 (Pannetier). — N° 66 Ai Rouge violâtre {Sèvres).
- Silice........................... 16.39
- Oxyde de plomb................... 50.52
- Borax............................... 12. Ot
- Oxyde de fer...................... . 21.08
- Alumine. ........................ traces
- 100,00
- Tous ces oxydes sont obtenus en soumettant à une chaleur de plus en plus intense les oxydes provenant de la décomposition par le feu du sulfate de fer.
- IX. Violet de fer n° 8 (Pannetier), — N° 66 B. Rouge violâtre foncé [Sèvres).
- L’oxide de fer pur calciné au feu le plus vif ne peut donner un ton plus foncé que le violet n° 7, qu’on doit dès lors consi-
- p.170 - vue 174/332
-
-
-
- — l7i —
- dérer comme la limite de l’intensité à laquelle il est permis d’arriver avec l’oxyde de fer sans le secours d’aucun autre oxyde. Toutes les tentatives que j’ai faites pour obtenir un violet plus foncé ne m’ont amené à aucun résultat. J’ai dû rechercher si l’oxyde de fer contenu dans le violet n° 8 était exempt d’oxydes étrangers 3 j’ai pu sans peine y reconnaître la présence du manganèse.
- L’analyse a été faite par le procédé indiqué plus haut. On n’a pas cherché à séparer l’oxyde de fer de l’oxyde de manganèse 5 il nous suffisait de constater la présence de ce dernier
- oxyde 5 on a trouvé :
- Silice. . ............ 16.56
- Oxyde de plomb. ........ 50.09
- Borax. ............... . 15.36
- Oxyde de fer et de manganèse. . . . 17.99
- Alumine. ............ traces
- 100.00
- X, Violet de fer n° 9 (Pannetier). — N° 66 G. Rouge violâtre très-foncé
- (Sèvres).
- Le ton de cette couleur est si foncé, qu’il ne renferme plus pour l’œil qu’une légère nuance de bleu. Elle contient encore de l’oxyde de manganèse intimement combiné à l’oxyde de fer; il y est en plus grande quantité que dans le violet précédent, et c’est cet excès du premier oxyde qui communique à la couleur sa vigueur distinctive.
- L’analyse a été faite par le procédé déjà décrit 5 on a séparé les oxydes de fer et de manganèse à l’aide du succinàte d’ammoniaque, en prenant toutes les précautions connues; on a
- trouvé ï
- Silice. ............. 16.40
- Oxyde de plomb............ 50.60
- Borax.................... 12.14
- Oxyde de fer.............. 18.71
- Oxyde de manganèse......... 2.15
- Alumine. . .............. traces
- 100.00
- p.171 - vue 175/332
-
-
-
- — 172
- XI. Gris de fer n° 10 {Pannetier). — N° 66 D. Gris de fer [Sèvres).
- Cette couleur est très-recherchée, et comme sa nuance est assez franchement noire et assez intense, elle offre de-grandes ressources aux peintres de figures, qui s’en servent avec avantage pour rompre les tons des chairs, sans crainte de les voir noircir par le fait de la cuisson au delà de ce qu’ils ont voulu obtenir. Elle ne renferme pas d’oxyde de cobalt, mais une assez forte proportion d’oxyde de manganèse. L’analyse a été faite exactement par la méthode employée pour le n° 66 C ; elle a conduit aux résultats suivants :
- Silice......................... . 17.09
- Oxyde de plomb.................... 47.30
- Borax............................... 17.01
- Oxyde de fer et de manganèse. . . . 18.60
- Alumine............................ traces
- 100.00
- On prépare les oxydes qui servent à faire les couleurs marquées nos 66 B, 66 C et 66 D, en suivant la même méthode que celle que nous avons suivie pour faire les rouges précédents. L’addition du manganèse est une opération très-délicate. Je ferai connaître l’état sous lequel il convient le mieux de l’y faire entrer, dans une note spéciale où je traiterai de l’influence des modifications moléculaires sur les propriétés de plusieurs oxydes métalliques.
- Ou voit par les analyses qui précèdent, que les couleurs de fer de M. Pannetier se composent toutes, à peu de chose près^ des mêmes éléments, combinés dans les mêmes proportions, surtout si l’on réunit pour chaque couleur l’alumine et les oxydes de fer, de zinc et de manganèse. On aperçoit tout de suite que le principe fusible reste identique ; la matière colorante seule varie de couleur, et nous avons fait ressortir que cette variation dépend, soit de l’intensité de la chaleur que l’oxyde a subie,
- p.172 - vue 176/332
-
-
-
- — 173 —
- soit de la nature des éléments qui entrent dans sa composition, soit enfin des proportions dans lesquelles ces mêmes éléments se trouvent combinés.
- La moyenne de toutes les analyses que nous venons de rapporter conduit aux nombres qui suivent :
- Rapports. Rapports.
- Silice Oxyde de plomb 1 16.72) 3 49.93 | 80.47 4 fondant.
- Borax Oxydes réunis . 3/4 13.82 ) 19.53 19.53 1 oxyde.
- 100.00 100.00 5
- Le calcul, en partant des rapports que nous indiquons,
- donnerait : Rapports. Rapports.]
- Silice. Oxyde de plomb 1 16.85 1 . . 3 50.55 J 80.00 4 fondant.
- Borax . . Oxydes réunis . . 3/4 12.60 J 20.00 20.00 1 oxyde.
- 100.00 100.00 6
- Ces nombres s’accordent autant que possible. Le borax seid est en petit excès dans les données fournies par l’expérience ; mais on a pu remarquer que ces données sont affectées de la perte d’expérimentation. Dans deux dosages de borax par un procédé direct, on a trouvé 12.51 et 12.12, qui se rapprochent beaucoup plus du nombre théorique, et qu’il convient d’admettre comme étant plus rapprochés de la vérité.
- Maintenant que nous sommes fixés sur la composition des rouges que nous voulions examiner, nous pourrons les comparer avec ceux des autres chimistes. Nous avons commencé par faire connaître la manière dont ces derniers étaient préparés ; nous pourrons facilement établir les proportions de leurs principes constituants. Nous les trouvons composés de :
- p.173 - vue 177/332
-
-
-
- Rapports.
- Rapports.
- Silice. . .................. l 16.G7 i
- Oxyde de plomb.............. 3 50.00 / 75 .3
- Borax. ..................... 1/2 8.33 /
- Oxyde de fer................ » 25.00 25 1
- 100.00 100 4
- En rapprochant ces chiffres de ceux qui précèdent, on est forcé d’admettre que les quantités de plomb et de sable restant constantes, une quantité de l’oxyde dans les premiers est remplacée par son poids de borax-, on se rend immédiatement compte de l’influence de cette substitution sur la faculté fondante de la couleur.
- La différence qui existe entre les deux séries de couleurs peut être traduite d’une manière plus sensible encore.
- Dans les couleurs de M. Pannstier, le fondant se compose de sable 1, borax 3/4 et mine orange 3, composé plus fusible que celui dans lequel il n’entre que borax 1/2. Dans ces mêmes couleurs on trouve, pour 1 d’oxyde colorant, 4 de fondant ; tandis que dans les autres couleurs on trouve pour 1 d’oxyde colorant, seulement 3 de fondant : double modification qui augmente la fusibilité de la couleur.
- Je ne m’arrêterai pas plus longtemps sur cette cause de la supériorité des couleurs qui font l’objet de cette note. Sous le point dé vue du glacé, eette supériorité ressort trop évidemment de ce qui précède.
- J’aborde actuellement la question de l’éclat et de la vivacité de la nuance; j’ose croire qu’elle sera résolue d’une manière aussi simple par ce qui va suivre.
- J’ai déjà dit que la différence de nuance qu’acquérait l’oxyde de fer (et ici nous ne parlons que de l’oxyde de fer pur) dépendait de la température à laquelle on l’avait porté. J’ajouterai maintenant que toutes ces nuances ne se maintiennent pas à la même hauteur : plus la température est élevée, plus le ton est vigoureux. Je rappellerai aussi que toutes les couleurs que prend
- p.174 - vue 178/332
-
-
-
- 175
- l’oxyde varient de l’orange au violet, c’est-à-dire qu’elles peuvent se décomposer en jaune rouge et bleu, couleurs simples qui donnent du gris plus ou moins foncé, suivant le degré d’intensité des trois couleurs élémentaires. Plus la température appliquée est basse, plus il reste de jaune; plus elle est élevée, plus il s’ajoute de bleu.
- Il me paraît évident d’après cela que la couleur sera d’autant plus pure que l’oxyde qui la produit sera formé de molécules identiques, par la modification qu’elles auront reçue d’une même température. La nuance sera donc d’une pureté parfaite si toutes les molécules ont reçu la température nécessaire pour la développer, si aucune n’a reçu un coup de feu capable de la modifier, ou trop faible, qui laisserait trop de jaune, ou trop violent, qui augmenterait la dose de bleu.
- Le tour de main doit donc consister à ne composer la couleur que de particules d’oxyde ayant subi la même température. On parvient sans peine à atteindre ce but en n’opérant à la fois que sur de petites quantités et en agitant constamment la. masse. On arrête le feu quand la température a été maintenue un temps suffisant ; on essaie toutes les opérations successives, et l’on ne réunit que celles qui, au point de vue de la nuance, offrent un résultat identique, celles qui affectent la vue de, la même manière. Et c’est ici qu’un oeil bien exercé, bien sensible, est de première nécessité-, c’est ici que des études artistiques, même sérieuses, deviennent le complément indispensable delà science du chimiste. Aussi M. Pannetier, qui pendant longtemps et avec succès s’était occupé de peinture, devait-il faire parvenir cette fabrication à un degré de perfection inconnu jusqu’à lui.
- J’ai examiné avec attention le rôle de l’alumine, que quelques chimistes regardent comme avantageuse et même indispensable pour la préparation facile des rouges bien transparents ; j’ai pu facilement me convaincre, dans le cours de ce travail, que ce rôle était nul. Les rouges de M. Pannetier, à l’exception toutefois de l’orangé, dans un échantillon duquel j’en ai trouvé une quantité notable en remplacement de l’oxyde de zinc, ne
- p.175 - vue 179/332
-
-
-
- 176 -
- renferment que des traces d’alumine , et des oxydes que j’ai préparés de façon qu’ils continssent une certaine proportion de cet oxyde, ne m’ont présenté aucune supériorité marquée sur des rouges faits avec des oxydes qui n’en renfermaient pas.
- Pour ne conserver nul doute à cet égard, j’ai pris quatre échantillons d’oxyde appelés mars dans la peinture à l'huile, chez M. Colcomb-Bourgeois, qui les prépare fort bien, et je les les ai, avant de m’en servir, soumis à l’analyse.
- Ces échantillons renfermaient :
- K° 1. N° 2. N° 3. N° 4.
- ORANGÉ. ROUGE. LAQUEUX. VIOLET.
- Sable G. 80 7.04 2.80 9.00
- Oxyde de fer... 88.00 85.66 82.70 76.00
- Alumine....... 5.00 7.04 14.00 , 14.40
- Chaux N » 1) 0.50
- Perte 0.20 0.26 0.50 0.10
- 100.00 100.00 100.00 100.00
- Je les ai mélangés avec quatre parties du fondant de M. Pannetier, et j’ai fait cuire sur de la porcelaine de Sèvres les couleurs ainsi préparées. Le résultat ne fut pas différent de ce qu’il était avec des oxydes non alumineux, et cependant la proportion d’alumine était assez considérable, surtout dans les nos 3 et 4.
- Je ne prétends pas exclure toutes les qualités del’alumine; peut-être pour des mars destinés soit à la miniature, soit à la peinture à l’huile, a-Pelle l’avantage d’étendre ou d’aviver la couleur; mais je crois pouvoir affirmer qu’elle n’est d’aucune utilité dans la préparation des rouges applicables à la peinture sur porcelaine.
- p.176 - vue 180/332
-
-
-
- — 177 —
- CONCLUSIONS.
- En résumé, je pense avoir démontré :
- Que les rouges de M. Pannetier sont plus fusibles que ceux des autres chimistes, par la double raison qu’ils sont composés d’un fondant plus fusible que celui de ces derniers, et qu’ils renferment moins de principe colorant. J’ai donné la composition de ce fondant, et les proportions dans lesquelles il convient de le mêler à l’oxyde. Pour moi, devant l’épreuve répétée qui a été faite de ces couleurs, et leur réputation méritée, je n’hésite pas à adopter ces données ;
- Que l'oxyde de fer peut, suivant le degré de feu auquel on l’a soumis, varier du quatrième rouge orangé au rouge violâtre, sans pouvoir descendre jusqu’à l’orangé ou dépasser en vigueur une certaine limite 5 il faut, pour ces deux cas, avoir recours à des additions, dans des conditions déterminées, d’oxyde de zinc ou d’alumine pour obtenir l’orangé, et d’oxyde de manganèse, dans des proportions croissantes, pour avoir des violets de plus en plus foncés ;
- Que l’alumine paraît être, contrairement à l’opinion reçue , sans influence (au moins dans les circonstances dans lesquelles je me suis placé) sur la pureté et la vivacité de la nuance que prend l’oxyde de fer pur dans les conditions que nous venons de relater.
- J’espère avoir expliqué d’une manière satisfaisante les différences que présentent, sous le rapport de la beauté de la nuance, des oxydes de fer d’une égale pureté chimiqne. Je m’estimerais heureux d’avoir indiqué le moyen de les préparer dans les meilleures conditions.
- J’ai cherché à désigner celles de ces couleurs qui ne sont pas rabattues par des noms plus fixes, plus raisonnés, en les comparant aux normes de M. Chevreul; je crois que les désignations d’orangé, de quatrième, troisième, deuxième rouge orangé, devront être adoptées de préférence aux termes de rouge
- p.177 - vue 181/332
-
-
-
- 178
- orangé, rouge capucine, rouge de chair, qui sont vagues et indépendants les uns des autres. Nous ne sommes probable-ment pas éloignés du temps où la nomenclature, en quelque sorte mathématique, proposée par M. Chevreul, prévaudra non-seulement dans la science, mais même dans l’industrie, sur toutes les dénominations arbitraires en usage dans les laboratoires et dans les ateliers.
- p.178 - vue 182/332
-
-
-
- M«te sur nm Mmaa «le grille de nouvelle forme présenté pur SS. Arson»
- Par M. Léonce THOMAS.
- M. Arson a adressé à la Société une note, avec dessiu, relative à un nouveau barreau de grille, barreau qui présente l’avantage de ne pas se déformer.
- De nombreuses et persévérantes tentatives, souvent renouvelées, pour modifier les grilles des foyers, ont montré que l’ancienne forme des barreaux, forme si simple, était aussi celle qui donne les meilleurs résultats. Les grilles mobiles elles-mêmes semblent ne pas devoir résister à une plus longue expérience. Une pratique éclairée a seulement prouvé qu’il y avait avantage à faire les barreaux ordinaires beaucoup plus minces et à laisser moins d’intervalle entre eux : l’air alimentant la combustion se trouve mieux réparti dans la masse de combustible qui recouvre la grille, et d’un autre côté, lorsqu’on emploie de la houille menue, il en tombe une moindre quantité entre les barreaux ; mais les barreaux minces sont sujets à se déformer rapidement sous l’influence de la chaleur. Pour atténuer cet inconvénient, on a quelquefois relié ensemble, par un boulon transversal passant par le milieu, tous les barreaux d’une grille. Le moyen trouvé et employé par M. Arson, à la plàtrerie de Vaux, qu’il exploite avec M. Belanger, est bien plus facile à appliquer et paraît devoir remédier complètement à l’inconvénient signalé des barreaux minces : il consiste à fondre ensemble deux barreaux, de manière qu’ils ne forment qu’une seule pièce par suite de leur contact à leurs extrémités ainsi qu’en
- p.179 - vue 183/332
-
-
-
- — 180 —
- leur milieu. La simplicité de ce moyen en faille mérite (fig. 13, 14*et 15, pi. 17). Le vide entre les barreaux est de 8 millimétrés, pour une épaisseur de barreau de 12 millimètres. On pourrait réduire ce vide à 5 millimètres en conservant la même épaisseur de 12 millimètres. Nous avons établi plusieurs grilles à barreaux aussi rapprochés : elles se comportent assez bien depuis plusieurs années -, elles se comporteraient certainement mieux si les barreaux eussent été fondus deux par deux, suivant le mode dont M. Arson a eu l’heureuse idée.
- Il y aurait une amélioration à apporter à l’idée de M. Arson : elle consisterait à relier les deux barreaux fondus ensemble en leur milieu par une saillie latérale ayant la forme circulaire, et inférieure à la surface de la grille, au lieu de les relier par une saillie rectangulaire partant de la surface de la grille, saillie qui gêne alors un peu l’introduction du ringard entre les barreaux.
- p.180 - vue 184/332
-
-
-
- — 181 —
- Notice sur VÆssai sur Vinélustrie lies matières teætiSes, par M. MICIIKL AUAW,
- Par M. Victor BOIS.
- Ce livre a comblé un vide dans les bibliothèques industrielles $ Fauteur, en traitant un sujet qui n’avait jamais été examiné aussi complètement, et qui constitue cependant des industries d’une importance incontestable, a rendu un véritable service, et après avoir lu son livre, on reconnaît qu’en l’intitulant Essai, il a pris un titre trop modeste.
- L’utilité de ce travail est surtout évidente quand on songe au rôle important que jouent les matières textiles dans la richesse publique.
- Si l’on examine, en effet, la valeur des produits fabriqués avec ces matières premières, on trouve une proportion qui parle plus haut que les plus longues démonstrations ; on reconnaît que la production totale de la France en matières fabriquées ou sortant des manufactures est de 3,162,000,000 fr., et que les matières textiles entrent dans ce total pour un chiffre de 2,245,000,000 fr., soit plus des deux tiers de la totalité des produits manufacturés. Si l’on comprend dans le chiffre total de la production française les produits agricoles aussi bien que les produits manufacturés, on trouve un chiffre de 9,500,000,000 fr. dans lequel les matières textiles entrent pour une valeur de près d’un quart. En prenant les détails pour chaque nature de matière textile, et en décomposant le chiffre de 2,245,000,000,. on arrive aux résultats suivants :
- p.181 - vue 185/332
-
-
-
- NATUBE des MATIÈRES. roms en kilogr. des matières premières mises en fabrication. VALEUR en millions dé ' francs. VAJ.El'R en millions des produits après leur fabrication. PRIX de la fabrication KOM11RB d’ouvriers employés. SALAIRES en millions.
- Coton 60,000,000 108 750 (142 1,000,000 246
- Lin et clmnvre 110,000,000 125 525 400 350,000 122
- Laine 55,000,000 250 550 300 400,000 110
- Soie 3,000,000 150 300 210 260,000 103
- Cachemires et autres matières textiles... 2,000,000 20 60 40 50,000 20
- 230,000,000 653 2,245 1,592 2,060,000 601
- Si l’on compare la fabrication des matières textiles à quelques autres branches importantes de l’industrie en général, on trouve par exemple que :
- L’exploitation des mines produit 33,000,000 fr. et emploie 60,000 ouvriers ;
- L’industrie métallurgique produit: en fonte. 60,000,000 fr.
- enfer . . 81,000,000 fr.
- En tout.......... 141,000,000 fr.
- et occupe 23,000 ouvriers $
- Les industries chimiques réunies produisent22,000,000 fr., et occupent 4,000 ouvriers.
- Ainsi aucune industrie ne soutient la comparaison avec l’industrie des matières textiles, et l’on voit toute l’importance de celle dont nous parlons ici, tant en raison des capitaux considérables qui y sont engagés que par le nombre des ouvriers qui y sont employés et par le chiffre élevé des produits fabriqués.
- Si nous examinons, maintenant le chiffre des produits exportés, nous arrivons à des résultats encore plus éloquents pour démontrer combien les matières textilesjouent un rôle important dans la richesse de la France ; on sait en effet que le meilleur symptôme delà richesse d’un pays est la quantité de produits exportés, puisque les produits exportés représentent une main-d’œuvre faite par les nationaux et payée par les capitaux étran-
- p.182 - vue 186/332
-
-
-
- 183
- gers, et constitue ainsi une véritable augmentation de la richesse de la France par le travail seul de ses habitants.
- Les résultats des exportations sont les suivants :
- Tissus de coton. .................... . 128 millions
- Tissus de lin et de chanvre......... 25
- Tissus de laine........................ 104
- Tissus de soie. •..................... 141
- Fils de coton et de laine................ 8
- Fils de soie............................. 7
- Linge d’habillement.................... 16
- Total.............. 429 millions.
- Le chiffre total des exportations étant de 848 millions, on reconnaît que les matières textiles entrent pour plus de moitié dans ce chiffre.
- Comme on pourrait objecter que la plupart des matières premières avec lesquelles se fabriquent les tissus sont des produits étrangers et proviennent d’importations, nous répondrons par les chiffres suivants :
- On importe : le coton pour 108 millions, c’est-à-dire pour la quantité totale des produits mis en fabrication, puisque la
- France n’en produit pas ; 108 millions.
- Les fils de coton pour...... . 3
- Le lin et le chanvre.......... 6
- Les fils de lin et de chanvre ..... 35
- Les tissus de lin................. 20
- Les laines. .............. 50
- Les soies................... . 64
- Les tissus de soie ........... 6
- Donnant en tout . . . 292 millions.
- En sorte que la différence entre les exportations et les impor* tâtions est de 137 millions, qui sont gagnés annuellement à la France par l’industrie des matières textiles.
- p.183 - vue 187/332
-
-
-
- — 184 —
- D’ailleurs, il était à peine besoin d’entrer dans tous ces détails. N’est-il pas évident que la France a, dans cette branche d’industrie, une supériorité incontestable et incontestée. Les expositions ne sont-elles pas là pour l’attester? Si donc nous avons pensé nécessaire de rappeler ces chiffres , c’est pour vérifier un fait sur lequel tout le monde est d’accord, et pour faire comprendre à quel point cette industrie mérite une étude approfondie, et combien, en présence de tous les livres qui ont été écrits sur les autres sujets , il importait que cette matière fût traitée par un homme spécial qui s’est appuyé, dans son livre, de sa propre expérience et de celle des principaux fabricants.
- Les problèmes fondamentaux à résoudre dans l’industrie des étoffes consistent notamment dans une première transformation des matières premières en fils, et dans une seconde transformation par entrelacements des fils en tissus.
- On sait, d’un autre côté, que les substances filamenteuses ou matières premières se présentent dans des états différents; qu’il y a, par exemple, une différence tranchée entre le coton et la soie. Qu’on le remarque en effet : le premier, dans son état naturel, est composé de petits filaments courts, ayant besoin d’une juxtaposition progressive pour être transformés en fils; la seconde, au contraire, se présente sous forme de peloton de fils de soie liés par une gomme, ces fils formant ce qu’on nomme le cocon. La soie n’a donc besoin que d’une préparation très-simple pour mettre les fils en liberté, en former une sorte d’agglomération pour constituer les soies grèges.
- Ainsi, comme nous l’avons dit, les deux problèmes fondamentaux sont: d’une part, la transformation des matières premières en fils, ou filature ; et d’autre part, la transformation des fils en tissus, ou tissage.
- La solution de ces deux problèmes nécessite l’examen des différentes natures des matières textiles, parce qu’en raison de leurs différentes propriétés, chacune d’elie exige des préparations spéciales afin d’obtenir ces deux résultats principaux.
- C’est en examinant à un point de vue élevé ces problèmes
- p.184 - vue 188/332
-
-
-
- — 185
- dans tous leurs détails que l’auteur de VEssai a trouvé pour son livre une division à la fois claire et ingénieuse. Il a commencé pardonner des notions générales sur l’industrie du coton, sur l'industrie du lin et du chanvre, sur l’industrie des laines, sur l’industrie de la soie. Puis, décrivant les préparations du premier degré, l’auteur passe en revue successivement toutes les matières textiles. Il démontre ainsi que, pour le coton, les préparations du premier degré sont, après le choix et le mélange des différentes espèces, le louvetage, le battage,\%cardage, 1 edé-bourrage, l’aiguisage.
- Pour le lin et le chanvre, c’est le rouissage, le broyage, le battage, \v peignage, le cardage et la réunion des étoupes.
- Pour les laines, il distingue la laine cardée de la laine peignée. — Pour la laine cardée, lés préparations du premier degré sont: après le triage, le désuintage, le lavage, le séchage, le battage, le louvetage, le graissage et le cardage. Pour la laine peignée, la différence consiste seulement en ce que le cardage est remplacé par 1 q peignage.
- Pour la soie, les préparations du premier degré consistent principalement dans l’étude des magnaneries.
- Passant ensuite aux préparations du second degré, l’auteur décrit particulièrement les opérations à l’aide desquelles on transforme les matières premières en fils. Cette partie du livre constitue un véritable traité de la filature.
- Pour le coton, les différentes opérations par lesquelles il faut passer pour amener le fil à un état convenable pour le lissage, sont Yétirage, le doublage et le laminage, et l’auteur consacre une très grande place aux bancs à broches, qui jouent un si grand rôle dans l’industrie du coton.
- Pour le lin et le chanvre, ce sont encore les mêmes opérations ; mais les machines employées ne sont plus les mêmes, précisément parce que le chanvre ne se présente pas à l’état naturel avec les mêmes propriétés que le coton. C’est cette différence dans les propriétés qui nécessite une différence dans les machines.
- 4
- p.185 - vue 189/332
-
-
-
- — 186
- Les fils du coton sont courts et sans consistance; les fils de lin et de chanvre sont beaucoup plus longs. 11 faut, pour les premiers, qu’il s’opère une réunion plus intime, des fibres, par des glissements successifs et parallèles. Il faut développer ces fibres, et les condenser par des laminages répétés de manière à les amener d’abord graduellement sous la forme d’un ruban d’une ténuité extrême et d’une homogénéité parfaite. Ce n’est qu'après cette opération que la matière peut être facilement transformée en fils réguliers et solides. 11 faut pour les fils de lin et de chanvre, en raison de leurs propriétés initiales, des machines différentes pour arriver au mêmerésultat. La principale modification consiste dans un système de petits peignes ou gills, formés d’aiguilles fines en acier et établis entre les cylindres fournisseurs et étireurs, de^manière que le ruban les traverse pour se rendre des premiers aux derniers. L’étirage serait mal exécuté et sans régularité si ces petits peignes ne venaient soutenir et diriger les filaments pendant le travail. D’un autre côté, les fils de soie se présentent sous forme d’un peloton de fil collé au cocon par une gomme.
- Toutes ces différences sont signalées avec détails par M. Alcan-, il procède, pour ainsi dire, par l'analyse, et donne la solution des problèmes après les avoir posés et en avoir constaté les difficultés. La théorie générale des étirages dont nous avons donné une idée précédemment, est entièrement neuve et jette une vive lumière sur l’industrie des matières textiles.
- Pour la Laine, les préparations du second degré exigent l'emploi d’un certain nombre de machines variées qui, tout en étant destinées à atteindre le môme résultat que pour les autres matières textiles, c’est-à-dire la production du fil, présentent cependant une construction particulière. Elles ont toutes pour but des étirages et des doublages; mais la nature de la matière première donnant à celle-ci des tendances à feutrer, le redressement et l’allongement des filaments ne pourraient avoir lieu qu’iinparfiitement, si l’on ne possédait des machines détruisant ces propriétés feutrantes et qu’on a pour ce motif appelées
- p.186 - vue 190/332
-
-
-
- — 187 —•
- défeuti eurs. Le iortillonnage a le même but que le défeutrage, el ce n'est qu’après le défeutrage que l’on fait ce qu’on nomme Vétirage, et quand, au lieu de livrer les rubans aplatis dans des pots, la machine employée les roule et ies dispose sous forme de bobine, elle s’appelle bobinoir. En sorte qu’on distingue cinq sortes de machines pour les préparations du second degré de la laine: 1° les réuni sseuses , 2° les machines à tortülonner, 3° les défeutrears, 4° les étirages proprement dits, 5° les bobinoirs.
- Toutes ces machines sont décrites avec talent et avec une profonde connaissance de la matière dans l’ouvrage que nous examinons.
- Pour la Soie, il semble au premier abord que le tirage présente la plus grande simplicité-, mais il faut remarquer que l’on doit arriver à avoir un fil parfaitement homogène, ayant le même diamètre sur toute sa longueur; il doit présenter une égale résistance et une élasticité parfaite sur tous les points de son développement; sa surface doit, de plus, être nette, lisse, brillante, et autant que possible exempte de duvet. Pour obtenir ces résultats, les machines qui se nomment tours se composent d’une bassine à eau chaude (1) pour contenir les cocons à dévider ; d’une filière pour livrer passage à un certain nombre de brins réunis qui forment le fil grège ; d’un appareil croiseur pour tordre ou plutôt pour frotter le fil, de manière à l’arrondir, à en comprimer l’humidité et à fairebien adhérer les brins entre eux; d’un guide à translation alternative ou va-et-vient, ayant pour but de faire croiser le fil sur le dévidoir afin qu’il ne se colle pas en revenant sur lui-même; enfin d’un aspleon dévidoir disposé au moyen d'un mouvement circulaire continu pour recevoir la soie qui lui est amenée par le va-et-vient.
- ( l ) Nous disons « d’une bassinG à eau chaude,», parce que jusqu’à présent on a pensé qu’on ne pouvait pas en user autrement ; mais nous apprenons à l’instant que MM. Alcan et Limet sont parvenus à s’en passer et b agir avec l’eau froide, ce qui présente de grands avantages.
- p.187 - vue 191/332
-
-
-
- — 188 —
- C’est après avoir examiné les modes employés pour les préparations du premier et du second degré, que l’auteur du livre sur les matières textiles s’occupe du Filage.
- Par les préparations du premier et du second degré, on a amené les matières filamenteuses à l’état de rubans ou mèches arrondies, déjà d’une très-grande longueur et d’une ténuité remarquable, mais neprésentant pas encore cependant ni la finesse, ni la régularité, ni la ténuité que les fils parfaits doivent offrir ; c’est pour leur donner ces caractères qu’on leur fait subir la dernière transformation à laquelle l’auteur a réservé le nom de filage.
- On se fera une idée de la précision des moyens qu’il faut employer pour l’étirage et pour le filage, quand on saura qu’il faut arriver à donner aux fils d’une même matière des finesses différentes et déterminées à l’avance; que les machines doivent être réglées et coordonnées de façon à pouvoir, dans chaque cas particulier, livrer le fil dans des conditions prévues. Ainsi, par exemple, quand on livre la matière aux machines à l’état brut, elles doivent, après une série d’opérations, la rendre à l’état de fil parfait, c’est-à-dire présentant des sections égales sur tous les points de sa longueur ; et pour donner une idée de la délicatesse de l’opération, il suffit de dire que 500 grammes de matière première sont quelquefois appelés à fournir un fil de 200 kilomètres présentant dans toute sa longueur un diamètre parfaitement égal et régulier. Avant d’arriver au filage, il faut faire subir à ces matières des préparations du premier et du second degré : ce sont à peu près les mêmes opérations ; mais combien les procédés sont différents, combien les machines sont variées, pour obtenir ce résultat définitif : avoir un fil résistant et uniforme !
- On peut considérer le filage comme une préparation atteignant les limites extrêmes d’étirage et de torsion auxquelles on peut avantageusement soumettre les matières textiles. Mais s’il ne diffère pas des préparations par de nouveaux moyens employés, il en diffère sensiblement par la manière de les appli-
- p.188 - vue 192/332
-
-
-
- — 189
- quer. Après ces considérations générales, l'auteur examine les différents métiers a filer 5 il les range en deux classes principales :
- 1° Les Mull-Jenmj, dans lesquels le travail est alternatif ; 2° les métiers continus.
- Il passe en revue les différents métiers, signalant leurs avantages et leurs inconvénients-, il donne le résultat de ses études sur le moulinage de la soie, tant anglais que français, sur le numérotage ou titrage des fils; il traite de V apprêt des fils, du chinage, de la fabrication d'étoffes façonnées sans le secours du tissage, du foulage, ni de l’impression.
- Mais nous avons hâte d’arriver à la partie du livre de M. Alcan qui contient un véritable traité de la fabrication des étoffes, ou du tissage. Cette partie, de 300 pages, contient des considérations et des théories tellement neuves et en si grande abondance, qu’elle aurait pu à elle seule constituer un véritable traité ex-professo.
- L’auteur commence par poser des principes que nous ne pouvons mieux faire que de reproduire sans y rien changer.
- « Un tissu, dit-il, ou une étoffe de nature quelconque, est. » une surface flexible et élastique de dimension donnée, formée « par l’entrelacement régulier de fils soumis à une certaine ten-» sion et dont la superposition détermine l’épaisseur du tissu.
- » Le système des fils longitudinaux a reçu le nom de chaîne, « celui des transversaux est appelé trame.
- » Une seule course de trame égale à la largeur de la chaîne, » est désignée sous le nom de duite ; plusieurs duites de cou-» leurs différentes, superposées, ont reçu le nom d’une passée.
- » La résistance d’une étoffe à la traction est supérieure à celle » de la somme des fils qui la composent.
- 1» Elle peut être considérée comme proportionnelle à celle des » fils multipliés par le nombre de liaisons ou d’entrelacements » nécessaires à sa confection.
- » L’espace occupé par une étoffe peut être moindre, égal ou » supérieur à celui qu’auraient occupé tous les fils qui la con-
- p.189 - vue 193/332
-
-
-
- — 190 —
- » stituent, si on les avait rangés régulièrement les uns auprès » des autres sans les croiser. »
- Ces principes posés sont ensuite développés et expliqués sur des exemples et avec des figures du plus grand intérêt, etM. Alcan afait de cette industrieune véritable science, avec ses théorèmes, ses axiomes et ses problèmes.
- Vient ensuite la classification des étoffes, que l’auteur fait de la manière suivante, en la basant sur la propriété même des tissus :
- lr° classe. — Les tissus à corps plein, comprenant cinq genres, savoir: les tissus simples,les tissus doubles, les tissus des métiers à la tire ou faits au métier à la Jacquart, les tissus perfectionnés du genre précédent, composés d’un deuxième et quelquefois d’un troisième fil en travers, tels que les. châles; enfin les riches étoffes de velours, les tapis basses-lisses, etc.
- 2me classe. — Les tissus à jour et à fils mixtilignes, tels que les gazes, les balzonines, les tarlatanes, etc.
- 3rac classe. — Les tissus à mailles et à fils curvilignes, comprennant trois genres, savoir: les tricotés, les tulles et les dentelles, enfin les tulles brodés.
- Nous n’avous pas la prétention, on le comprendra, de passer en revue toutes ces fabrications, qui sont quelquefois très-complexes et qui exigent des machines d’une régularité et d'une perfection remarquables. Nous nous contenterons seulement de dire en quoi consistent les opérations du tissage.
- Les opérations à exécuter peuvent se diviser en opérations préliminaires et en opérations du tissage proprement dit.
- Les premières ont pour but la disposition convenable des fils et de toutes les parties du. métier, suivant le travail qu'on a en vue.
- Les secondes transforment les fils en tissus.
- Les opérations préliminaires, pour les étoffes unies, simples ou doubles, se réduisent aux suivantes :
- 1° Le bobinage, ou transport des fils sur des bobines;
- 2° L'ourdissage, ou formation delà chaîne;
- p.190 - vue 194/332
-
-
-
- — 191 —
- 3° Le pliage et montage de la chaîne sur le métier à tisser ;
- 4° Le parage, ou encollage de la chaîne, pour donner aux fils la résistance convenable pour le tissage :
- 5° La préparation de la trame, ou disposition sur des canettes ;
- fio Le remettage ;
- 7° Le montage du métier, ou son armure.
- Pour les étoffes façonnées il faut ajouter :
- 8° La mise en carte du dessin;
- 9° Le lissage, le perçage et l’assemblage des cartons •
- 10° Les divers empoutages;
- 11° L’appareillage du métier, comprenant le colletage et le pendage.
- Les principaux systèmes de métiers employés sont :
- Pour les basses-lisses :
- 1° Le métier ordinaire à marches, mû par l’ouvrier ,
- 2° Les métiers mécaniques ,
- 3° Les métiers à cylindre ,
- 4° Le métier à la Jacquart;
- Pour les hautes-lisses :
- 5° Le métier à hautes-lisses,
- 6U Le métier mixte, à basses ou à hautes-lisses, à volonté ;
- Pour les métiers à mailles :
- 7° Les métiers à tulle,
- 8° Les métiers à tricot.
- Nous ne pouvons dire qu’un mot de ces diverses opérations, pour la description desquelles nous renvoyons au livre de M. Alcan (page 457 et suivantes).
- 1° Quand les fils sortent de la filature, ils sont livrés sous forme d’écheveaux ou de fuseaux. 11 faut, pour les transformer en tissus, commencer par les dévider sur des bobinoirs, et c’est ce qui constitue la première opération du tissage.
- 2° Après le bobinage vient Yourdissage. Ourdir, c’est assembler parallèlement entre eux, à une égale longueur et sous la
- p.191 - vue 195/332
-
-
-
- 192 —
- même tension, un certain nombre de fils dont l’ensemble a reçu le nom de chaîne.
- 3° Pour plier une chaîne, on l’enlève de l’ourdissoir et on la dispose sur le cylindre ensouple du métier à tisser.
- 4° Les fils des chaînes étant soumis à des mouvements assez rapides et à des chocs brusques pendant le tissage, ont besoin de pouvoir glisser facilement dans les dents du peigne et dans les boucles des lisses, et de présenter une résistance suffisante Pour faciliter leur action et augmenter leur solidité , on enduit de colle ceux dont les surfaces ne sont pas assez unies et qui n’offrent pas assez de solidité ; c’est à cette réparation qu’on a donné le nom d'encollage ou de parage.
- 5° La préparation delà trame diffère peu de la préparation de la chaîne. ‘
- 6° De toutes les opérations préliminaires du tissage, les plus compliquées sont peut-être les remettayes et armures. La chaîne étant enroulée et disposée convenablement sur un cylindre en-souple du métier à tisser, il s’agit d’établir la communication entre tous les fils et les leviers qui doivent le faire mouvoir. Cette communication a lieu par l’entremise des lisses ou lames. L’opération qui consiste à faire passer les fils dans celles-ci et à leur faire occuper des places convenables pour pouvoir effectuer des croisements déterminés, se nomme remettage. La réunion des lisses nécessaires à produire un effet déterminé est désignée sous le nom de remise.
- 7° Après le remettage, il faut établir les communications entre les lisses et les leviers ou marches, qui doivent leur transmettre le mouvement. Les relations des lames avec les marches on t reçu le nom d'armures. Ce nom est également réservé aux entrelacements des fils qui en sont les conséquences. Armer un métier, c’est le disposer de manière à fonctionner. Les armures varient suivant les étoilés qu’il s’agit de confectionner.
- 8° La mise encarte, qui ne se fait que pour les étoffes d’un tissage compliqué, constitue les opérations suivantes. — On indique toutes les positions relatives des fils de la chaîne et de la
- p.192 - vue 196/332
-
-
-
- trame dans la figure que l’on veut tisser, en la dessinant sur un papier quadrillé, de telle sorte que les lignes verticales figurent les fils de la chaîne, et les horizontales ceux de la trame ; en coloriant ensuite le dessin avec les teintes qu’on lui destine, on jugera facilement à l’avance de l'effet qu’offrira l'étoffe fabriquée.
- 9° Après la mise en carte, il faut percer les cartons dans l’ordre exigé par la mise en carte : c’est ce qu’on nomme lisage et perçage des cartons. Après cela, on procède à leur assemblage.
- 10° Les divers empoutages ont pour but de réunir en faisceaux un certain nombre de fils, suivant un ordre régulier et déterminé, pour les faire mouvoir simultanément, et simplifier, par conséquent, le montage du métier.
- 11° Enfin, on procède, après toutes ccs opérations, à l'appareillage du métier, comprenant le colletage et le pendage, destinés à faire passer les collets ou cordes d’empoutages dans les trous d’une planche à collets, percée en quinconce, afin d’assurer le jeu régulier des fils dans leurs mouvements. Lors de leur soulèvement, ils sont guidés par les collets abandonnés à eux-mêmes 5 ils reviennent au moyen des plombs.
- Quant aux métiers mécaniques, il ne peut entrer dans notre cadre de donner la description de toutes leurs variétés. L’auteur a raison de dire à ce sujet : « Aucune spécialité industrielle ne » présente pne quantité plus considérable d’inventions ou, pour » être plus exact, d’inventeurs. Depuis que l’impulsion a été » donnée, chaque jour a vu apparaître un nouveau métier méca-» nique à tisser, tant en Angleterre qu’en France, et cependant » aucun n’a encore réalisé toutes les conditions que doit pré-» senter un métier mécanique parfait. »
- Ces conditions, d’après M. Alcan, sont les suivantes « La » chaîne doit être également tendue pendant toute la durée du » travail. La trame doit se dérouler uniformément et être con-» slamment serrée avec la même force. Le tissu doit toujours » recevoir le choc du battant au même point et avec la même » intensité j l’enroulement de l’étoffe fabriquée doit être uni-
- 5
- p.193 - vue 197/332
-
-
-
- o forme, de manière qu’on enroule une quantité égale dans » le même temps. Ces conditions doivent être réalisées sans fa-» liguer les fils.
- » Le métier doit pouvoir s’arrêter instantanément et de lui-» même quand les fils viennent à casser. Son montage doit être » prompt, facile, et les éléments de rechange qui le composent » exiger peu d’entretien.
- » Enfin, toutes les parties doivent êtie calculées de manière » à présenter un maximum de résistance avec un minimum de » matière. »
- C’est par des préceptes généraux de cette nature que l’auteur de Y Essai procède pour donner le résumé de toute une industrie, d’une manière nette et concise, et pour ouvrir la voie des perfectionnements. Souvent il résout lui-même les problèmes 5 toujours il les pose en indiquant la marche à suivre pour les résoudre. Plus que tout autre, il a poussé en avant cette industrie si importante des matières textiles ; il l’a étudiée dans ses plus grands détails. Son Essai est un résumé de ses études théoriques et pratiques ; il décrit cette vaste industrie sur le terrain de laquelle il convie les intelligences des mécaniciens, des constructeurs, des chimistes. On ne saurait trop le louer de la marche rationnelle qu’il a adoptée et qui lui appartient en toute propriété. Nul autre, avant lui, n’avait pris corps à corps ces matières diverses, destinées à faire des tissus ; nul autre n’avait comparé leurs propriétés si différentes et qui présentent cependan t tant de points de ressemblance.
- Ce que nous devons surtout signaler comme remarquable, c’est que chacune des opérations est précédée d’une théorie claire et précise, déduite par l’auteur, et presque toujours entièrement neuve. Nous citerons, entre autres, celle des étirages ; la théorie donnant la loi des productions, suivant la finesse des üls; la manière dont le tissage façonné est expliqué, et l’exemple tiré du portrait de Jacquart lui-même (page 581). Nous citerons encore la théorie du foulage, dont personne ne s’était occupé depuis Monge 5 une application de Vabaque pour la trans-
- p.194 - vue 198/332
-
-
-
- — 195 —
- formation du numérotage ancien des fils en numérotage métrique, etc.
- Le chapitre intitulé De l'établissement des manufactures, qui termine l’ouvrage, intéresse surtout à un très-haut.degré notre Société , et nous ne pouvons nous défendre d’en dire un mot. 11 contient en effet des aperçus applicables à d’autres industries. Suivant la méthode qu’on ne saurait trop louer, et qu’il a suivie dans tout le courant de son livre, l’auteur commence par poser les grands principes généraux de la manière suivante :
- « Généralités. — Le résultat qu’une usine quelconque doit » se proposer consiste toujours dans la création de produits » relativement parfaits, aux conditions les plus avantageuses.
- » Le problème, d’un énoncé si simple, est sans contredit un » de ceux dont la solution exige le plus de connaissances posi-» tives ; caries éléments à considérer sont nombreux, variables » et complexes ; ils consistent :
- » 1° Dans la facilité de l’approvisionnement des matières » premières ;
- » 2° Dans le choix, la perfectionne prix du moteur, des ma-» chines, des outils et de leur agencement convenable ;
- » 3° Dans la valeur de la main-d’œuvre $
- » 4° Dans le prix de l’argent, qui se compose des intérêts du capital mort et roulant, et de l’amortissement du premier ;
- » 5° Dans les diverses charges accessoires, telles que les im-» pôts généraux et locaux ;
- » 6° Enfin, dans la certitude d’un débouché facile des pro-» duits manufacturés. *
- » Il est évident que la somme représentant les cinq premiers » éléments doit être, autant que possible, un minimum, et .le » revenu provenant du débouché, un maximum. Pour se décider » sur le choix d’une industrie et d’une localité, pour l’établir, » il faudra donc toujours tâcher de se rendre un compte exact » de la valeur totale des cinq premières bases, pour les compa->) rer à celle qu’on peut espérer de la sixième. »
- Le même chapitre contient un tableau des forces motrices
- p.195 - vue 199/332
-
-
-
- — 196 —
- nécessaires aux machines employées dans les industries textiles.
- Tout ce qui précède donne une idée suffisante du livre, et on ne peut s’empêcher de s’étonner, après l’avoir lu, de l’impor-portance de cette industrie et du petit rôle comparatif qu’elle joue dans ce monde qu’on est convenu d’appeler le monde savant. On s’étonne que des chaires ne lui soient pas consacrées, quand un si grand nombre de départements de la France tirent toute leur richesse de cette industrie. Pourquoi le Conservatoire n’ouvre-t-il pas ses portes à':'cet enseignement? Nous savons qu’il a été réclamé plusieurs fois officiellement. 11 existe un musée qu’il faudrait compléter, et qui présente cet intérêt historique et industriel d’avoir été commencé par Vaucauson.
- On doit des remerciments sincères à l’auteur de Y Essai sur l'industrie des matières textiles, tant pour les résultats qu’il a enregistrés, que pour avoir, le premier, ouvert cette voie nouvelle des améliorations dans laquelle d’autres ne peuvent manquer de le suivre pour faire progresser une industrie dont la France doit être fière à si juste titre.
- PARIS. — I-ÎM'UIMKUIK CimilAMi !>K MA.P9I.KOM OH AIX KV U UK UKRUfillK, 21)
- p.196 - vue 200/332
-
-
-
- MEMOIRES
- RT
- COMPTE-RENDU DES TRAVAUX
- DE LA
- SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS CIVILS
- (Juillet, Août, Septembre 1850.)
- N° 10.
- Dans le courant du mois de juillet la Société a reçu le programme du concours institué par le gouvernement autrichien, pour la construction des locomotives destinées à franchir le S^mmering. Ce programme, exigeant qu’une machine exécutée fût présentée au concours et non pas seulement un projet, a malheureusement écarté les constructeurs français; on n’a donc pas ouvert de débats sur les questions qu’il soulève.
- Un officier russe, chargé par son gouvernement de recueillir des renseignements sur la construction et l’entretien des ponts suspendus en France, s’est adressé à la Société pour connaître l’avis de ses membres qui ont le plus d’expérience sur cette matière. Comme une commission composée de MM. Vuignier, Victor Bois, Paul Seguin, Gerder, Deligny, Fournier et Bridel, a été primitivement chargée de résumer les questions relatives à l’établissement des ponts suspendus, il sera donné communication à l’envoyé russe du résultat des discussions soulevées dans le sein de la Société à la suite du rapport de la Commission.
- La Société fait appel au concours de tous ses membres pour élucider le plus complètement possible cette question importante, sur laquelle il est d’aulaut plus nécessaire de fixer l’opi-
- 3,
- p.197 - vue 201/332
-
-
-
- nion publique que les ponts suspendus ont été, depuis la triste catastrophe d’Angers, l’objet d’attaques fort vives et certainement injustes par leur généralité.
- Les travaux de salubrité publique ont été l’objet des études de la Société. La question des égouts a été examinée dans les séances des 23 août et 6 septembre. Trois moyens différents ont été indiqués et discutés pour remplacer le mode actuel des vidanges dans la ville de Paris.
- On a d’abord présenté le système suivi à Londres, où chaque maison est munie d’un appareil hydraulique qui permet de rejeter dans un égout, se rendant directement dans la Tamise , toutes les matières solides et liquides provenant des habitations, ce qui prévient les émanations désagréables ou dangereuses. La section, la pente et la quantité d’eau affluant dans les égouts suffisent pour que le curage se fasse naturellement et sans secours manuel. En outre, les détritus de la ville, les boues des rues, même de celles qui sont macadamisées, sont également conduits à la Tamise par des canaux souterrains.
- On a fait observer qu’appliqué sans modifications à la ville de Paris, ce système aurait l’avantage d’assainir la cité et delà soustraire à la dure nécessité de voir circuler en plein jour 7 à 8,000 tonnes de matières infectes ; mais il entraînerait la privation pour l’agriculture des 40,000 mètres cubes de matières solides qu’elle retire des vidanges, en même temps qu’il rendrait complètement impropres à l’alimentation de la ville les eaux delà Seine, déjà fort impures.
- Pour remédier à cet inconvénient, on a proposé de faire déverser tous les égouts à construire perpendiculairement à la Seine dans deux canaux parallèles au fleuve, qui se rendraient dans de grands bassins de dépôt établis en aval de la ville. Ces bassins seraient divisés en compartiments, munis d’écluses et de filtres eu sable qui permettraient d’épurer les eaux et de les jeter ensuite dans la Seine après une clarification suffisante.
- Gn a ensuite exposé un système qui consisterait à demander à l’administration de la ville l’abandon du monopole qu’elle
- p.198 - vue 202/332
-
-
-
- — 199 —
- conserve sur l’enlèvement des détritus de la cité. En laissant à l’industrie privée la liberté de ce travail, on verrait bientôt les conditions des vidanges changer à la satisfaction générale. On devrait seulement imposer aux entreprises de vidange la condition de désinfecter les produits solides et liquides. Si l’industrie privée restait chargée de ce soin, les propriétaires parisiens trouveraient bientôt une source de revenus là,où dis rencontrent aujourd’hui un véritable impôt; en effet, tandis que l’on paie à Paris 9 à 10 fr. par mètre cube,pour la vidange d’une fosse , à Lille on retire O fr. 75 ,c. pour la même quantité.Il en est de même ,à Strasbourg et à Grenoble, où le produit d’une fosse d’aisance s’élève en moyenne^ 14.fr. environ.
- En tout cas, il serait indispensable de ne pas abandonner les parties liquides^ qui contiennent une très-notable proportion d'engrais. Il faudrait donc arriver à diminuer, autant que faire se peut, la quantité d’eau mélangée aux matières solides.
- Enfin, le troisième système proposé laisserait subsister en partie le mode actuel de vidange. 11 faudrait seulement que la désinfection se fit au moment de l’enlèvement des matières. Une poudre à base de fer, jetée dans les fosses et brassée avec les matières, produirait immédiatement la séparation des parties solides et des parties liquides. Les eaux vannes seraientalors enlevées sans inconvénients, et même, au besoin, déversées/im-médiatement,sur la voie publique.
- Comme on en, peut juger, l’attention, des Ingénieurs civils est appelée sur une question fort importante, dont l’étude et surtout la,solution doivent produire d’excellents résultats pour l’hygiène publique.
- Le concours du projet de pont suspendu sur le Rhin à Cologne a donné lieu, dans la. séance du 2 août, à une communication de la part de deux membres de la Société, qui ont adresse des projets au gouvernement prussien.
- Le programme adopté pour la construction de ce pont a forcé les.Ingénieurs ,à. proposer des systèmes d'une application très-dispendieuse. s
- p.199 - vue 203/332
-
-
-
- 200 —
- On a manifesté le regret que le programme, évidemment tracé par des considérations d’un ordre très-élevé, n’ait pas permis de proposer une construction fixe.
- 11 a été donné à la Société quelques détails sur l’essai tenté pendant le mois d’août par la Compagnie concessionnaire du télégraphe électrique entre la France et l’Angleterre. Le fil conducteur était composé d’un fil de cuivre rouge de 0ra,0015 de diamètre enveloppé de gutta-percha. L’ensemble avait 0m,008 de diamètre. Les deux extrémités étaient entourées de lames de plomb sur une longueur de 200 mètres. L’immersion de ce fil a très-bien réussi, et pendant une heure on a pu échanger des signaux entre l’Angleterre et le continent. Au bout de ce temps, les communications furent interrompues. Quand on voulut en connaître la cause, on trouva le fil conducteur brisé au point où cessait l’enveloppe de plomb. La Compagnie, avant de rétablir un nouveau fil de dimensions plus fortes que celles adoptées pour le premier essai, fait faire des expériences pour vérifier de nouveau i’imperméabilité de la gutta-percha sous de hautes pressions. Les résultats de ces expériences seront communiqués à la Société.
- La discussion sur les machines locomotives a continué pendant plusieurs séances. Jalouse de rendre cette étude aussi complète que possible, la Société a appelé à prendre part aux discussions, des Ingénieurs qui ne figurent pas parmi ses membres, mais dont les travaux et la réputation méritée rendaient Je* concours utile.
- Depuis plusieurs années, ie génie civil réclame instamment, en France, la liberté illimitée du roulage.
- Plusieurs des membres de la Société ont donc vu avec satisfaction l’administration paraître'vouloir entrer dans cette voie de progrès.
- L’article l£r du projet de loi présenté à l’Assemblée législative confirmait cette sage mesure. Malheureusement, les articles suivants, qui réglementent la forme, la hauteur du chargement, la largeur et la longueur du train, etc., etc., sont autant de
- p.200 - vue 204/332
-
-
-
- — 201
- restrictions qui, probablement, rendront illusoires ce que l’article 1er promettait d’améliorations possibles. 11 est fâcheux de voir l’administration s'immiscer dans les questions d’art qui touchent à cette matière, lorsque l'expérience des dernières années devrait lui apprendre que l’industrie privée est mieux à même de suivre la marche la meilleure dans l’intérêt de tous.
- Une réglementation sévère sur les transports avait été établie en Angleterre. Elle n’a pas tardé à tomber en désuétude, et dès lors il s’est fait un partage entre le transport des hommes, dont la vitesse a été sans cesse en croissant, et celui des marchandises, dont la vitesse, et par suite la dépense, ont diminué dans le même rapport.
- L’agriculture, le commerce et l’industrie en France attendent encore une amélioration depuis longtemps en vigueur en Angleterre.
- Pendant ce trimestre, la Société a reçu :
- De M. Yvon-Yillarceau, un mémoire sur les étoiles doubles, renfermant une méthode simple applicable à la résolution des équations du premier degré à plusieurs inconnues, quand le nombre des équations est plus grand que celui des inconnues (ce mémoire est inséré dans la Connaissance des temps pour 1852).
- De M. Yvert, la traduction du mémoire anglais sur la détérioration de la voie du London and North-Western Railway.
- De M. Goschler, les Éléments de géométrie descriptive de M. Babinet, et une Notice sur les mines de plomb de Bleiberg en Eifel (Prusse Rhénane ).
- De M. Gayrard, de nombreux documents de statistique industrielle et commerciale.
- De M. E. Flachat, le profil du détroit du Pas-de-Calais, et un échantillon du fil électrique qui a fonctionné ; deux dessins de la machine à vapeur YOcéan, construite aux usines du Creuzot, et une brochure sur la liberté illimitée du roulage demandée par le génie civil en 1834.
- p.201 - vue 205/332
-
-
-
- — 202
- De M. Mireeki, une note relative à l’emploi des traverses du système Pouillei,
- De M. C. Polonceau, le dessin d’un robinet graisseur à effet continu, et le dessin d’un charriot pour transporter les voitures de chemin de fer d’une voie sur une autre, sans plaque tournante.
- La Société a perdu l’un de ses membres, M. Vincent, mort à Rio-Janeiro.
- Les membres nouvellement admis sont:
- Au mois de juillet :
- M. Piquet, présente par MM. Priestley, Faure et Gallon-.
- Au mois d’août :
- MM. Andry, présenté par MM. A. Barault, Lemaire-Teste et Léon Blot -,
- Reytier, présenté par MM, E. Flachat, Stéphane Mony et Polonceau.
- p.202 - vue 206/332
-
-
-
- — 203
- MÉMOIRE N* MIL
- JEc&appesaaeBït ï'ariaMe à orifice annulaire ?
- Par M. à. LA SALLE.
- L’échappement variable à orifice annulaire que je propose d’appliquer aux machines locomotives est fondé sur ce principe, que le tirage produit par un jet de vapeur est dû au frottement de la colonne de vapeur sur l’air ambiant, lequel se trouve ainsi entraîné par une force proportionnelle à la résistance qu’il oppose. Ainsi, si nous supposons que la colonne d’air renfermée dans la cheminée soit composée de couches cylindriques et concentriques, la première de ces couches, qui se trouve immédiatement en contact de la vapeur, reçoit de celle-ci une' certaine impulsion qu’elle transmet elle-même en partie à la couche suivante , et ainsi de suite, jusqu’à ce que l’impulsion transmise soit trop faible pour vaincre les résistances qu’éprouve l’air à traverser le foyer et les tubes de la chaudière.
- L’air contenu dans la cheminée étant continuellement entraîné de bas en haut, et étant immédiatement remplacé autour de la tuyère par l’air qui se trouve au-dessous et qui vient du foyer , il en résulte un tirage artificiel très-énergique, qui, en raison de la multiplicité des jets de vapeur, prend une certaine régularité.
- II. est clair, du reste, que pour que cet effet se produise, il est indispensable que l’air se trouve enveloppé d’une cheminée ; car, s’il en était autrement, la pression exercée sur l’air par la colonne mouvante de vapeur tendrait plutôt à en éloigner les couches élastiques, et l’entraiaement serait réduit à des proportions excessivement restreintes.
- Le voisinage des parois fixes de la cheminée produit, au
- p.203 - vue 207/332
-
-
-
- 204 —
- contraire, une résistance à l’écarlement des couches et provoque une sorte delamiii3ge de l’air dont l’effet doit être plus ou moins lié au rapport existant entre les conditions de l’échappement et le diamètre de la cheminée.
- L’action qui produit le tirage a été expliquée de diverses manières. La vapeur, en se dégageant et s’épanouissant un peu au-dessus de l’orifice de la tuyère, chasserait devant elle l’air contenu dans la cheminée, en laissant derrière elle un vide que viendrait combler immédiatement l’air ou les gaz venant des tubes et du foyer.
- Ce mode d’action dans lequel la vapeur agirait, pour ainsi dire, comme un piston, peut avoir quelque influence dans les machines locomotives, à cause de l’intermittence du jet 5 mais il ne saurait être la cause unique de l’effet produit; car on obtient. un très-bon tirage par un jet continu, cas dans lequel la même explication n’est point applicable.
- S’il est naturel de penser qu’au commencement du dégagement, la vapeur, en se frayant un passage, déplace un volume d'air égal au sim propre, de même, il est rationnel de supposer qu’une fois le chemin frayé , eile doit continuer à se dégager sans délacer une nouvelle quantité d’air,
- Ainsi, on conçoit parfaitement que pendant toute la période de l’écoulement qui dure jusqu’au moment où le sommet de la colonne de vapeur atteint le sommet de la cheminée, elle déplace une quantité d’air égale en volume à son propre volume à ce moment donné ; mais à partir de ce moment et tant que dure l’écoulement, l’air déplacé est continuellement remplacé par la nouvelle vapeur qui s’écoule, et non par l’air provenant des couches inférieures.
- En pf u de mots, tant que dure l'écoulement de la colonne de vapeur, le chemin frayé d’abord est rempli par cette même colonne, et il 11e peut plus y avoir d’air entraîné que par le frottement de cette colonne sur l’air qui l’entoure.
- Toujours est-il qu’on a cru remarquer que le jet intermittent des locomotives produisait plus d’effet utile que le jet continu
- p.204 - vue 208/332
-
-
-
- 205 —
- employé dans d’autres circonstances. Il est donc possible que, dans le premier cas, les deux causes agissent ensemble et concourent à augmenter l’effet.
- Toutefois, nous devons le dire, nous ne pensons pas que le mode d'action décrit en dernier lieu ait une influence bien sensible sur le tirage; car pour une allure normale, c’est-à-dire lorsque la machine a atteint la vitesse constante à laquelle elle doit fonctionner, les jets se succèdent avec une telle rapidité que lorsqu’un nouveau jet se produit, le précédent n’est pas encore terminé, en sorte qu’il se trouve toujours de la vapeur prête à prendre la place de l’air déplacé.
- Si donc il y a réellement plus d’effet utile produit avec l'intermittence du jet, cela doit tenir à d’autres circonstances, telles, par exemple, que les variations de la détente de la vapeur dans la cheminée qui tendent à faire varier à chaque instant le volume de la colonne d'écoulement; ou bien encore à la plus ou moins grande propension de la vapeur à s’épanouir suivant sa tension durant toutes les phases de l’écoulement.
- Le principe que nous avons énoncé en premier lieu étant admis, voyons comment, avec une quantité déterminée de vapeur, nous pourrons faire varier l’intensité du tirage.
- Il est évident d’abord que, toutes choses égales d’ailleurs, plus la colonne de vapeur qui s’écoule présentera de surface frottante, plus il y aura d’air directement entraîné. Or, cette surface est exprimée par le périmètre de la section de l’orifice d’échappement multiplié par la longueur de la colonne de vapeur écoulée; il y a donc intérêt à augmenter l’une ou l’autre de ces deux quantités.
- Dans les machines locomotives, lorsqu’on veut produire plus de tirage, on serre l’échappement, c’est-à-dire qu’on diminue, l’orifice de sortie. Or il arrive que, vu la forme de l’échappement en usage, on ne peut diminuer la section sans en diminuer en même temps le périmètre; mais, en diminuant la section, on augmente la longueur de la colonne de vapeur, et cette augmentation ayant lieu dans un plus grand rapport que la ré-
- p.205 - vue 209/332
-
-
-
- — 206 —
- duclion du périmètre, il en résulte que la surface frottante est augmentée.
- En effet, supposons que l’échappement, grand ouvert, présente une section circulaire de 113 centimètres carrés ; le périmètre sera de 0m,377. Supposons maintenant que la section soit réduite de moitié, c’est-à-dire à 56 centimètres carrés ; le périmètre de cette nouvelle section sera de 0ra,266.Si donc, par exemple, le volume moyen de la vapeur à dépenser est de 70 décimètres cubes par seconde, nous aurons pour longueur de la colonne de vapeur produite 6m,28 pour l’échappement grand ouvert5 12m,56 pour l’échappement réduit de moitié, elles surfaces frottantes correspondantes seront:
- 0m,377 X 6,20 = 2inq,33. et 0m,266 X 12,40 = 3mq,30.
- D'où l’on voit que pour l’échappement serré, la surface frottante a augmenté de près de moitié.
- Si, au contraire, le périmètre était resté le même dans les deux cas, l’échappement serré aurait produit le double de surface frottante.
- Ainsi, nous voyons qu’avec un orifice à section circulaire, on peut, en le diminuant, augmenter la surface frottante; mais on perd d’un côté une partie de ce que l’on gagne de l’autre.
- Il est à remarquer, sous ce rapport, que l’échappement variable à clapets se trouve être dans de meilleures conditions qu’un échappement circulaire, par cette raison que la décroissance du périmètre y est moins sensible.
- Nous avons établi jusqu’ici que plus il y a de surface frottante, plus il doit y avoir d’air entraîné; mais de ce que la vapeur agit par frottement, il ne s’ensuit point que la quantité d’air entraînée doive être exactementproportionnelle à la quantité de surface frottante ; car les éléments principaux du travail de la vapeur sont la masse et la vitesse; mais il est probable que l’effet utile pourrait être augmenté, si l'on adoptait une disposition plus propre à favoriser l’action directe de la vapeur, et
- p.206 - vue 210/332
-
-
-
- comme dans les circonstances actuelles, une très-faible portion du travail de la vapeur est mise à profit pour le tirage, il est permis de supposer que les forces sont mal ou incomplètement appliquées.
- On remarquera, en outre, que d’après les principes admis dans l’écoulement des fluides, la résistance de l’air est proportionnelle au carré de la vitesse ; par conséquent, puisque la vapeur agit par frottement, la force d’entraînement sera elle-même proportionnelle au carré de la vitesse d’éduction de la vapeur. En augmentant donc la tension de la vapeur, on augmentera l’effet utile dans un rapport plus grand qu’en augmentant le périmètre.
- Examinons maintenant ce qui se passe dans les locomotives.
- Dans ces machines, la vapeur qui produit le tirage est la même qui a servi de force motrice ; il serait donc peu logique de lui conserver une tension plus grande que celle qui est rigoureusement nécessaire pour produire le tirage dont on a besoin. On doit, au contraire, chercher à diminuer cette tension par tous les moyens possibles ; car non-seulement son travail n’est point utilisé pour la marche , mais elle exerce encore une contre-pression qui augmente la perte.
- La contre-pression, abstraction faite des'résistances qui proviennent du refoulement momentané de la vapeur motrice introduite avant la fin de la course du piston, et de la compression de la vapeur détendue à partir du moment où le tiroir ferme l’orifice de dégagement jusqu’à celui où l’introduction se fait, se manifeste par trois résistances distinctes, pour ainsi dire indépendantes les unes des autres, ét qui toutes trois concourent à maintenir en tension la vapeur de dégagement.
- Ces résistances sont dues :
- 1° À ta tension que conserve la vapeur, après qu’elle a cessé d’agir sur le piston comme force motrice, laquelle, s’exerçant dans tous les sens, agit aussi bien sur le piston dans le sens contraire au mouvement'*que! dans la direction de l’orifice de dégagement ; ;
- p.207 - vue 211/332
-
-
-
- — 208 —
- 2° Au rétrécissement et à la forme des orifices de dégagement qui obligent le piston à pousser le fluide qui se trouve devant lui et à le faire sortir avec une vitesse relative, plus grande que la vitesse due à sa tension naturelle.
- Cette résistance, proportionnelle à la vitesse du piston et au rapport existant entre la section du cylindre et la section des orifices d’écoulement, augmente à mesure que les lumières se ferment, et, lorsqu’elles sont entièrement fermées, le piston continue à comprimer la vapeur qui n’a pu être évacuée.
- Sans doute, si l’on compare !es vitesses d'écoulement provoquées par la marche du piston avec les pressions correspondantes d’une vapeur sèche s’écoulant librement dans l’atmosphère, on pourrait conclure, comme on l’a fait, que l’action du piston n’engendre que des pressions insignifiantes ; mais si l’on admet que la vapeur entraîne avec elle une masse d’eau à l’état liquide évaluée à 1/3 ou 1/4, que par conséquent la densité du mélange augmente considérablement-, si l’on observe que l’écoulement delà vapeur sortant des cylindres a lieu non directement dans l’atmosphère, mais dans un tuyau d’échappement où il existe une pression plus élevée, régularisée par la multiplicité des jets; si, enfin, l’on envisage que la forme des orifices de dégagement est très-défavorable et donne lieu à des contractions très-fortes, on reconnaîtra que les vitesses d’écoulement provoquées par la marche du piston correspondent dans certains cas à des pressions très-élevées.
- 3° Enfin le travail du tirage crée une troisième résistance, en ce qu’obligeant à rétrécir plus ou moins l’orifice d’échappement, la vapeur ne peut se dissiper librement, et la durée de son écoulement des cylindres augmente; l’appareil tend alors, en raison de la simultanéité des dégagements, à maintenir dans le tuyau d’échappement une pression moyenne d’autant plus élevée que la multiplicité des jets des deux cylindres est plus grande.
- Ces trois résistances , qui constituent, comme nous l’avons dit, les éléments principaux de la contre-pression totale exercée
- p.208 - vue 212/332
-
-
-
- — 209 —
- derrière le piston, sont susceptibles de variations, selon les exigences du tirage.
- Lorsque le dégagement de la vapeur qui a servi à produire le mouvement commence, celle-ci doit nécessairement avoir la densité et la tension qu’elle avait immédiatement auparavant ; mais en vertu de cette tension elle s’écoule avec rapidité, et vient remplir le tuyau de dégagement qui la conduit vers l'orifice de lechappement. A ce moment, sa tension et sa densité sont diminuées d’une quantité correspondant à l’augmentation de volume.
- Ainsi, lorsqu’elle commence à agir sur l’air contenu dans la cheminée, sa tension et par suite sa vitesse, sont déjà moindres qu’au moment où elle commence à s’écouler des cylindres ; et comme au fur et à mesure qu’il s’en écoule par l’orifice de l’échappement, celle qui reste en arrière se détend, la pression diminue, jusqu’à ce que la vitesse correspon iante soit la môme que celle qui serait produite par le piston. A partir de cet instant, la pression de la vapeur non évacuée est entièrement soumise à l’action du piston.
- Or, on conçoit que si l’échappement est grand ouvert, la vapeur s’écoulant à plein tuyau, la décroissance progressive de la tension naturelle aura lieu dans un temps très-court, et la limite inférieure de tension sera atteinte avant que le piston ait eu le temps de franchir une partie notable de sa course : la résistance contre le piston sera en conséquence peu considérable, car il n’aura plus à chasser devant lui qu’un fluide déjà épuisé. Si, au contraire, on étrangle l’orifice d’échappement, la décroissance progressive de la tension se fera plus lentement, le piston aura franchi une plus grande fraction de sa course lorsque la tension aura atteint son minimum, son action accélératrice aura pu s’exercer sur un fluide plus dense, et la contre-pression sera d’autant plus nuisible que la décroissance progressive se fera plus lentement.
- Enfin, si l’on considère que les deux tuyaux de dégagement viennent déboucher au même orifice d’échappement, et que le
- p.209 - vue 213/332
-
-
-
- — 210
- dégagement de l’un des cylindres commence au moment où l'autre n’est qu’à moitié de sa course, on concevra que Ja décroissance progressive pourra être encore gênée et la contre-pression augmentée.
- Ceci explique pourquoi la pression observée dans la tuyère prend une certaine régularité, et n’accuse plus sensiblement de variations lorsque la machine marche à une certaine vitesse. Cela explique aussi pourquoi cette pression, qui est en quelque sorte factice, augmente avec la -vitesse de la machine, avec la diminution de l’orifice de l’échappement, et avec l'augmentation de pression de la vapeur motrice.
- On pourrait déduire des considérations qui précèdent :
- 1° Qu’il serait important d’établir l’échappement le plus près possible des cylindres, afin de profiter de la tension de la vapeur lorsqu’elle est le plus grand possible-et non après un parcours qui, en augmentant son volume, diminue sa densité, sa tension et sa vitesse:
- 2° Qu’ii pourrait être intéressant d’établir deux cheminées au lieu d’une, et de faire un échappement spécial pour chaque cylindre;
- 3° Qu’il pourrait être également intéressant de faire écouler la vapeur qui a servi de force motrice par un échappement fixe à orifice le plus grand possible, et d’établir au-dessus une tuyère additionnelle à section variable, qui prendrait la vapeur directement dans la chaudière à la plus haute pression possible, et à laquelle on donnerait la forme la plus convenable pour utiliser le mieux qu’on pourrait la force vive de la vapeur.
- ,Ce dernier.mode pourrait encore présenter, dans certains cas, l’avantage d’aspirer la vapeur des cylindres, et de hâter son dégagement.
- Quoi qu’il en soit, comme il est indispensable pour produire le tirage que la vapeur, conserve une certaine tension après-sou action dans les cylindres, il n’est pas possible d’éviter complètement la contre-pression ; mais si l’on*parvenait, ;en améliorant la disposition de l'appareil d’échappement, à faire rendre à la
- p.210 - vue 214/332
-
-
-
- — 211 —
- vapeur de dégagement un effet utile plus élevé, on pourrait sans doute, dans une certaine limite, faire un meilleur emploi de la vapeur motrice dans les cylindres.
- On a pu voir que l’augmentation de tirage qui résulte du rétrécissement de l'orifice de l’échappement ne peut être attribuée qu’à deux causes : à l'augmentation de la surface frottante produite par l’allongement de la colonne de vapeur, et à l’augmentation de pression provoquée par l’accélération de vitesse imprimée par le piston; cette dernière cause ayant d’ailleurs d’autant plus d’influence que, par suite de l'allongement de la durée de l’écoulement, le piston peut atteindre sa -période de plus grande vitesse au moment où la vapeur, plus ou moins chargée d’eau à l’état liquide, conserve assez de tension et de densité pour que les vitesses relatives correspondent à des pressions plus élevées.
- Si ces deux causes agissent ensemble pour pro luire un effet déterminé, il doit être possible de diminuer l’influence de l’une si. l’on parvient à augmenter l’autre, sans pour cela que le résultat varie, quant au tirage ; et’si, en combinant les effets, ou parvient à faire produire à la vapeur le travail nécessaire au tirage, dans le plus court délai possible afin qu’il puisse s’effectuer avant que le piston soit en vitesse, on pourra, en bâtant la décroissance progressive de la tension, diminuer la contre-pression dans les deux causes de résistance dues au piston et à l’échappement.
- Enfin, si cette substitution d’une influence à l’autre pouvait s’étendre suffisamment, on pourrait peut-être aussi arriver à utiliser davantage la pression de la vapeur motrice, aux dépens de la tension qu’on est aujourd’hui dans la nécessité de lui laisser pour la rendre capable de produire le tirage nécessaire à la production de l’énorme quantité de vapeur qu’on dépense.
- L’application de la détente fixe ou variable est d’un avantage incontestable pour les machines à vapeur en générai; on n’est point encore parvenu à la rendre aussi efficace dans lc-s locomo-
- p.211 - vue 215/332
-
-
-
- — 212 —
- tives. Il est évident que l’emploi d’un échappement qui aurait pour effet de produire le tirage convenable, avec de la vapeur, à une tension moins élevée, pourrait amener à utiliser davantage la détente : ce serait même là une condition essentielle pour tirer de l’appareil le meilleur parti.
- Ainsi, s’il est vrai que, la vapeur agissant par frottement, l’augmentation de la surface frottante augmente l’effet utile, il doit être avantageux d’augmenter le périmètre de la section de l’orifice d’échappement, sans toutefois augmenter cette section, et tout ce qu’on pourra gagner en surface frottante, sans rien changer aux autres conditions de l’écoulement, sera entièrement au profit du tirage , et permettra de soulager d’autant le piston des influences nuisibles causées par le rétrécissement de la section de l’échappement.
- L’appareil que je propose pour atteindre ce but est tout simplement (pl. XVIII, fig. de 1 à 5), un tuyau à section annulaire, formé de deux tubes concentriques, auquel viennent aboutir, en s’évasant et s’aplatissant successivement de manière à conserve sensiblement la même section, les deux tuyaux de dégagement. Ceux-ci viennent se raccorder à la partie inférieure du tuyau annulaire, dont chacun d’eux embrasse lamoidé de la section inférieure.
- L’air ouïes gaz arrivent autour de l’orifice annulaire en longeant les parois extérieures des deux tubes concentriques. L’appareil, ainsi disposé, présente assez d’analogie avec une lampe à mèche cylindrique, dont la flamme figurerait le jet de vapeur.
- La paroi extérieure du tuyau annulaire est renflée vers son milieu, de manière à présenter, vers le sommet, une pente conique, et dans l’intérieur du tuyau se trouve un régula*eur également conique et annulaire, qui, se mouvant verticalement le long du tube cylindrique intérieur, vient ré<récir à volonté l’orifice de l’échappement.
- Ce régulateur peut être facilement manoeuvré par un système de leviers placés en dessous de l’échappement ; il est, à cet effet,
- p.212 - vue 216/332
-
-
-
- ménagé au régulateur une entre-toise qui s’engage dans deux coulisses pratiquées à la paroi intérieure du tuyau annulaire, Le tableau suivant indique les sections d’échappement et les périmètres de ces sections, qui correspondent à diverses positions du régulateur. La première colonne indique la largeur de l’ouverture annulaire pour chaque position :
- CARGEDR. SECTION. PÉRIMÈTRE.
- 1 20 raillim. 122 11,1,20
- 2 18 — 110 1 ,18
- 3 1 4 — 90 1, 16
- 4 10 — 05 1 ,12
- 5 7 — i5 1 ,11
- C. 4 - 26 1 ,10
- Pour chacune de ces positions, il faut faire monter le régulateur de 1 centimètre.
- Pour toutes les sections correspondantes, l’échappement à clapets présenterait les périmètres suivants : .
- SECTIONS. PÉRIMÈTRES.
- 1 122 0"‘40
- 2 110 0,37
- 3 90 0,33
- 4 65 0,28
- 5 45 0,23
- 6 26 0,20
- On peut voir, en comparant ces tableaux, que pour la plus grande section d’ouverture, l’échappement à orilîce annulaire présente un périmètre trois fois plus grand que celui de l’échappement ordinaire ; que les périmètres décroissent rapidement dans l’échappement ordinaire, et restent sensiblement les
- 2
- p.213 - vue 217/332
-
-
-
- —1214 —
- mêmes dans l’échappement à orifice annulaire. En sorte que par exemple, pour la position du régulateur n° 4, qui réduit la section environ de moitié, les périmètres se trouvent être dans le rapport de 1 à 4.
- L’absence totale de données d’expériences ne nous a pas permis de déduire de faits certains les dimensions les plus favorables, et même la forme la plus convenable à donner à l’appareil; ce n’est donc qu’en tâtonnant qu’on pourrait arriver à l’établir dans les meilleures conditions.
- Les dimensions données dans le dessin ont été calculées par analogie sur un ancien échappement à clapets ; mais nous pensons que la plus grande section d’ouverture devrait être sensiblement plus grande que la section d’un tuyau de dégagement. afin que l’écoulement de la vapeur contenue dans un cylindre ne fût pas gêné par celui de l’autre cylindre.
- Enfin nous pensons que l’application de l’échappement à orifice annulaire à des machines existantes exigera certaines modifications à la cheminée.
- Le diamètre de celle-ci doit nécessairement correspondre à la limite d’impulsion’ transmise capable de vaincre la résistance qu’éprouve l’air à traverser le foyer et les tubes ; car s’il en était autrement, il arriverait de deux choses l’une, ou l’on ne profiterait pas de tout le travail de la vapeur, ou l’on créerait un courant en sens contraire le long de la paroi de la cheminée jusqu’à l’orifice de l’échappement, et l’air ainsi appelé de haut en bas viendrait se joindre à l’air appelé directement par le jet de vapeur, ce qui diminuerait l’effet utile.
- Or, puisque la colonne à section annulaire se rapproche davantage de la paroi, et que le tirage du tube intérieur devient pour ainsi dire indépendant de la cheminée, il s’ensuit qu’on doit pouvoir augmenter sans inconvénient, dans de certaines limites, le diamètre de la cheminée.
- Au reste, les plus grandes dimensions des cheminées dans les machines locomotives, nous paraissent être un indice de bonne condition j car quelle que soit cette dimension, la quantité d’air
- p.214 - vue 218/332
-
-
-
- — 215 —
- ou de gaz à évacuer dans des circonstances semblables est sensiblement la même: si la section d’écoulement est petite, le fluide doit prendre une grande vitesse, la résistance des parois augmente et le tirage exige un travail plus considérable.
- Depuis la rédaction de ce mémoire, M. Polonceau a bien voulu se prêter à faire l’application de l’échappement à orifice annulaire à une machine à marchandises du chemin de fer d’Orléans. L’appareil, disposécomme (pl. XVIII, ûg. 1 à 5),fonctionna pendant plusieurs mois et parut donner de bons résultats. On essaya plus tard de replacer l’ancien échappement ordinaire à clapets, afin d’établir une comparaison aussi exacte que possible entre les deux systèmes ; mais les préoccupations du service du chemin d’Orléans, qui s’organisait, sur de nouvelles bases, empêchèrent qu’on donnât immédiatement suite à ces essais , qui du reste vont être repris actuellement sur une machine à voyageurs.
- Une première application avait été tentée en 1845, au chemin de fer d’Alsace: l’appareil avait été construit en cuivre; il était composé de parties grossièrement façonnées, brasées ensemble sans avoir égard aux remous provoqués par les changements brusques de sections ; il fut constaté néanmoins que le tirage prenait une énergie extraordinaire; mais les contre-pressions causées par la mauvaise disposition des conduits d’écoulement forcèrent à l’abandonner. 11 fut constaté également, par un essai fait en petit sur une chaudière de machine fixe, que l’appel était beaucoup pins énergique par le tube intérieur qu’au-tour du tube extérieur: des matières lourdes, telles que des gros sous, des boulettes de minium, étaient entraînées et projetées à une certaine hauteur, lorsqu’on les présentait à la base du tube intérieur, tandis quelles étaient à peine soulevées lorsqu’on les dirigeait vers les parois de la cheminée.
- Voici, du reste , en quels termes M. Caillet, chef de? ateliers et de la traction du chemin d’Orléans, a rendu compte à la Société des essais qu’il a lui-même suivis et dirigés :
- p.215 - vue 219/332
-
-
-
- — 216 —
- » L’échappement variable à orifice annulaire de M. La Salle a été essayé au chemin d’Orléans en juin, juillet et août 1849 , sur la machine à marchandises n° 101, à six roues couplées.
- » Pendant le mois de mai qui a précédé l’application dunouvel appareil, la machine a consommé, avec l’échappement ordinaire à clapets et avec sa cheminée de Om,33 de diamètre intérieur, 9k,ll de coke par kilomètre, sur un parcours de 968 kilomètres. Pendant les mois de juin et juillet, durant lesquels la même machine a fonctionné avec l’échappement annulaire, le parcours a été de 3,146 kilomètres, et la consommation moyenne de 8k,48 par kilomètre; la cheminée, de Om,33, avait été remplacée par une cheminée de 0m,40.
- » Dans le courant du mois d’août, l’échappement ordinaire a été replacé en conservant la cheminée de 0m,40. La machine a fonctionné alternativement avec les doux échappements, et la consommation moyenne du mois entier est remontée à 9k,01, sur un parcours de 1,694 kilomètres.
- » Enfin, le mois suivant, elle s’est élevée à 9k,60par kilomètre, pour un parcours de 2,170 kilomètres effectué en totalité avec l’échappement ordinaire et la cheminée de 0,B140.
- » Les conditions de service et de charge remorquée ont été sensiblement les mêmes pendant toute la durée de la marche avec les deux systèmes d’échappement.
- » La différence de consommation à l’avantage de l’échappement annulaire, quoique très-apparente, n’est cependant pas suffisamment importante pour qu’on puisse l’attribuer uniquement au système de l’échappement ; il est certain que la consommation d’une machine varie souvent dans des limites plus larges, sans qu’aucun changement y soit opéré; mais il est un fait important à constater, c’est que pendant tout le temps que la machine a fonctionné avec l’appareil de M. La Salle, elle s’est constamment tenue au premier rang parmi celles de même type qui ont circulé dans le même temps et dans les mêmes circonstances.
- » La marché de la machineavec l’échappement annulaire a,
- p.216 - vue 220/332
-
-
-
- — 217 —
- en outre, donné lieu à une observation importante : la production de vapeur est plus abondante qu’avec l’échappement ordinaire pour la même section de sortie. La conséquence naturelle à tirer de ce fait serait un plus grand effet utile de la vapeur employée comme tirage. Au reste, l’appareil de M. La Salle avait, à peu de chose près, les mêmes proportions que l’appareil ordinaire 5 la machine a presque constamment fonctionné avec l’échappement grand ouvert, et tout porte à croire que si ce dernier eût pu fournir une section plus grande, on eût pu en tirer avantage pour diminuer la contre-pression.
- » L’entraînement des gaz dansla cheminée est beaucoup plus énergique à travers le tube intérieur qu’autour du tube extérieur; ce fait semble indiquer la nécessité d’augmenter la section de passage des 'gaz par le milieu de l’échappement, afin d’équilibrer les vitesses.
- )> Il est à regretter que l’expérience n’ait pu être continuée p! us longtemps, et surtout qu’elle n’ait pas été faite sur une machine à voyageurs, dont la marche et le service plus réguliers eussent permis une appréciation plus exacte. Les résultats obtenus dans cette première expérience sont de nature à encourager à faire de nouveaux essais ; ils font espérer que si du premier jet l’échappement annulaire s’est placé au premier rang, on arrivera, par une série d’expériences, en variant le diamètre de la cheminée, en variant aussi les proportions de l’appareil, à améliorer d’une manière notable les résultats. »
- M. Caillet termine en disant que, comme prix de revient et comme facilité de construction, l’appareil annulaire est plus avantageux que l’échappement à clapets ; il peut être appliqué avec facilité à la plupart des machines, et il se manœuvre très-commodément par un mécanisme simple et pratique.
- Les prix de revient comparatifs des deux systèmes d’échappement. peuvent être établis comme suit :
- p.217 - vue 221/332
-
-
-
- — 218 —
- Échappement ordinaire à double clapet.
- 58 kil. fonte, à fr. 41.50.................... 24f. 10 c.
- 13 kil. fer, àfr. 40.......................... 5 . 20
- Forge, ajustage et tour.................... 42.50
- Frais généraux, 75 0/0 sur fr. 42.50.......... 31 . 90
- Total........... fr. 103 . 70
- Échappement annulaire.
- 65 kil. fonte à fr. 41.50..................... 27 fr, » c.
- 10 kil. fer à fr. 40.......................... 4 . »
- Forge, ajustage et tour....................... 35. »
- Frais généraux, 75 0/0 sur 35 ................ 26 . 25
- Total...........Fr. 92.25
- Aux observations (le M. Caillet, nous nous bornerons à ajouter que le changement d’un seul organe, bien qu’il comportât un perfectionnement notable, ne saurait accuser des résultats bien tranchés tant qu’on ne touche pas aux autres parties d’une machine. Dans une locomotive , tous les organes ont entre eux une liaison étroite : un changement, apporté à l’un des plus importants doit nécessairement provoquer des modifications aux autres, pour que l’harmonie qui doit exister entre leurs différentes fonctions ne soit pas altérée ou détruite. Ce n’est d’ailleurs pas du premier coup, nous le répétons, qu’on peut espérer, surtout en l’absence de toute donnée expérimentale, atteindre le meilleur résultat ou le plus haut degré de perfectionnement que peut comporter l’application d’un principe nouveau.
- p.218 - vue 222/332
-
-
-
- 219
- MÉMOIRE N# XXIII.
- Notice sur l'exploitation jte8_ mines et des «usines «le Mcil)ei’g-en>MIfcl;
- Par M. GOSCHLER.
- Le phénomène le plus remarquable offert de nos jours par l’industrie métallurgique est, sans contredit, l'augmentation toujours croissante de la production des matières tant brutes que fabriquées. Ce grand développement s’est fait, en certaines localités, aux dépens des établissements dont les gîtes moins riches que leurs plus heureux concurrents n’ont pu longtemps supporter l’activité dévorante et hors de proportion avec leur valeur que les propriétaires voulaient leur imprimer. Il est résulté de cet état de choses des déplacements de centre de production tels, que pour quelques pays jadis seuls maîtres d'un marché très-étendu, les produits étrangers ont non-seulement arrêté leur débouché, mais encore empêché la vente de leur propre production sur les lieux mêmes de leur extraction.
- Aussi n’est-ce pas sans étonnement qu’en faisant le relevé du chiffre de production pendant l’année 1848 des mines du Bleiberg en Eifel, j’ai trouvé ce chiffre, à peu de choses près, le môme que celui donné par M. Héron de Villefosse pour l’année 1810, dans la Richesse minérale, tome Ier, page 413.
- La constance de cette production résulte du mode de gisement et de la nature même du minerai (alquifoux) éminemment propre à la couverte des poteries. Jusqu’à ces dernières années, le placement s’en faisait assez régulièrement, malgré la présence des plombs étrangers. Aussi, les méthodes d’extraction que nous allons exposer ne sont-elles pas à l’abri de tout reproche. Peut-être que la récente mise en valeur des mines du Cercle d’Aix-la-Chapelle forcera celles qui font l’objet de
- p.219 - vue 223/332
-
-
-
- — 220 —
- cette notice à modifier leurs méthodes, si elles veulent conserver la place qu’elles occupent depuis de longues années sur le marché rhénan.
- GISEMENT.
- La montagne connue sous le nom de Bleiberg-en-Eifel (1) s’étend sur une lieue et demie de longueur entre les villages de Commern et de Dottel, à 30 kilomètres à l’ouest de Bonn (Prusse rhénane). Ses flancs, couverts de haldes nombreuses et considérables, visibles de loin par leur couleur blanche, indiquent une grande et ancienne exploitation. A son pied s’étend la longue série de petites usines échelonnées sur le ruisseau le Bleibach , qui en fait mouvoir les roues hydrauliques.
- Cette montagne forme la crête d’une large couche de grès bigarré qui prend naissance près de Dottel, le long du ruisseau le Feybach, dont le cours va de l’ouest à l’est ; elle s’incline légèrement au nord et s’étend jusqu’au voisinage de la ville de Düren , conservant sa position relativement horizontale, ce qui la distingue du terrain immédiatement inférieur, sur lequel elle repose en stratification discordante et qui est composé des schistes de transition du système silurien. Les nombreux plissements de ces schistes annoncent que les grandes révolutions de la contrée ont eu lieu antérieurement au dépôt des grès bigarrés et des minerais de plomb, qui en sont ici une annexe.
- En étudiant les formes de ces plissements, on remarque que le versant sud est toujours beaucoup plus relevé que le versant nord, ce qui indiquerait que l’action soulevante a été plus énergique au sud qu’àl’opposé; et en effet, c’est dans la
- (1) Cette désignation est donnée pour la distinguer des mines du Bleyberg, en Belgique, où la galène se présente en un filon presque vertical, compris dans les schistes houillers.
- p.220 - vue 224/332
-
-
-
- — 221 —
- partie méridionale seule de l’Eifel que l’on trouve les roches volcaniques, entre autres les basaltes.
- La sortie des basaltes, dont les premiers se rencontrent au Michelsberg, montagne éloignée des mines qui nous occupent, de 4 kilomètres au sud, ne paraît pas avoir de relation bien directe avec les gisements métallifères de la contrée.
- Le terrain du Bleiberg, renfermant le sulfure de plomb ou galène, est formé d’une couche de grès à grains fins, blancs, quelquefois rougeâtres, qui repose en stratification discordante sur la grauwacke et se trouve recouvert par une couche de conglomérat nommée dans le pays wackendeckel.
- La couche métallifère est partagée en trois bancs sensiblement parallèles, séparés l’un de l’autre par un 2n,e et un 3me wackendeckel. Sa direction se tient entre l’heure 5 et 6, et son inclinaison entre 10 et 15° au nord. La puissance totale est très-variable; elle est comprise entre 3 et 11 lachters. Souvent la stratification n’est pas apparente, et, dans ce cas, le terrain est très-solide. En général, une fois entamée, la roche se laisse facilement briser.
- La galène se trouve répandue en schlichs réunis par de l’argile servant de ciment, avec des grains de quartz très-fins; elle forme ainsi des noyaux (knotten) de la grosseur d’une lentille, d’un pois et au delà.
- Ces knotten se trouvent répartis dans la couche sans régularité. Seulement, vers les fissures, ils se présentent réunis en filets, et en certains points plus riches où ces filets se sont rapprochés, ils prennent une apparence massive; c’est un cas très-rare.
- Les wackendeckel offrent en quelques endroits des druses incomplètes où l’on trouve la galène cristallisée en cubes dont les angles sont coupés par les faces de l’octaèdre.
- On rencontre encore çà et là dans la couche, mais rarement, des traces de malachite.
- La richesse du gîte est très-variable. Ainsi, dans le même siège d’exploitation, les knotten se ramassent, donnant au grès
- p.221 - vue 225/332
-
-
-
- — 222 —
- un aspect métallique d’un gris brillant;puis, à un lachter plus loin, ils se perdent dans la masse et n’offrent plus qu’une valeur insignifiante. Une seule remarque, qui s’applique d’une manière assez générale à tout le gisement, est celle qui constate une plus grande abondance et une meilleure qualité des knotten au voisinage du toit du gîte ; toutes les autres circonstances varient avec chaque point de l’exploitation. Solidité de la roche , richesse plus ou moins grande , grosseur et aspect des knotten, tout cela change continuellement avec le siège des travaux et en toutes directions.
- Tout en admettant ici, comme on l’a fait pour les kupfer-schiefer du pays de Mansfeld, que ce gîte métallifère est le résultat « d’émanations produites dans les eaux qui déposaient les éléments du grès » , on est tenté, malgré cela, de le comparer aux gîtes des environs de Stolberg , dont la formation paraît d’ailleurs être plus aneienne et résulter d’une autre cause.
- Sans vouloir entrer dans les détails de la constitution de ces derniers gisements, je ferai seulement remarquer que la situation relative des diverses espèces de ruinerai leur donne certains points de comparaison. Ainsi, dans ces différents gîtes, les localités soit schisteuses seulement, soit calcareuses à Diepen-linchen, Busbacherberg, Breinigerberg, Herrenberg (environs de Stolberg), et siliceuses au Bleiberg en Eifel, sont spécialement occupées par la galene. Mais si le gîte est au contact simultané du schiste et du calcaire (1), ou du grès et du calcaire (2), le minerai de plomb en présence de ces deux éléments opposés, passe à l’état de carbonate ou de phosphate. C’est ce qui se présente dans les filons transversaux de Diepenlinschen, dont le développement prend de grandes dimensions dans le schiste houiller, en comptant avec le calcaire et qui forment, pour l’observateur inattentif, une série d’amas en chapelet.
- J’ai pu faire une observation analogue pendant plusieurs an-
- (1) Concession biepenlischen et Busbacherberg.
- (2) Concession Callmutherberg.
- p.222 - vue 226/332
-
-
-
- — 223 —
- nées dans l’exploitation de la mine de calamine de Herrenberg, où une petite veine de plomb carbonaté de 0m,10 d’épaisseur moyenne, ne s’est montrée à peu près constante qu’à la limite Est du gîte, c’est-à-dire au contact des dolomies friables et des argiles noire et grise.
- Noos avons dit plus haut qu’au lileiberg, la ruche une fois entamée se laissait facilement abattre. Celte remarque ne s’applique pas à la partie comprise dans la concession Callmuther-berg, au voisinage du calcaire. Là le minerai consiste en carbonate de plomb , mais]la roche métallifère semble avoir subi une quasi-fusion. C’est tout le contraire dans les gîtes des environs de Stoîberg, où les parties carbonatées sont molles, friables et facilement attaquables au pic ordinaire. Dans la concession Callmutherbcrg, tout doit être abattu à la poudre.
- EXPLOITATION.
- Le système général de l’exploitation consiste à assécher d’abord le gîte par des galeries d’écoulement. L’une d’entre elles qui n'est pas encore achevée aura plus d’une demi-lieue de longueur. Les eaux une fois évacuées , on attaque par puits et galeries.
- Après avoir traversé le premier vackendeckel par un puits de 5 lachters de profondeur, en moyenne , on entre en galerie et l’on procède à l'attaque du gîte. L’exploitation se fait par piliers. Quand la masse minérale a été enlevée sur une surface de 4 à 6 lachters carrés , on remblaie l’excavation et on dépile en remontant. A chaque chantier de déblayage se trouvent 3, 4 ou 5 hommes, selon les circonstances, la solidité de la roche ou l’activité que l’on veut imprimer à l’exploitation.
- La main-d’œuvre est partagée entre deux classes d’ouvriers : les piqueurs Çhauer) et les préparateurs (beufler).
- Préparation du minerai dans la mine.
- La roche étant abattue en gros fragments par les piqueurs,
- p.223 - vue 227/332
-
-
-
- 224 —
- elle passe aux beutler, qui la brisent en petits morceaux au moyen d’un marteau de bois d’une forme hémisphérique. La face plane de cette demi-boule est garnie de clous de 1/4 de pouce d’épaisseur, qui font saillie sur le bois.
- Les knotfen ont une plus grande dureté que le grès : aussi résistent-ils mieux au choc du marteau que la gangue, qui, dans cette manipulation, tombe en sable stérile —On sépare ce dernier des trop gros morceaux au moyen de claies formées de baguettes de coudrier ou de fer. Le grès ainsi préparé, on retire les lmotten du sable stérile avec la corbeille du beutler.
- Cet outil a la forme d’une citrouille coupée suivant son grand axe et façonnée avec du ûl de laiton tressé. Les mailles ne donnent passage qu’au sable fin.
- Les knotten sont ensuite nettoyés dans une cuve à eau, alimentée par un puits ménagé dans chaque dépilage.
- Le sable stérile provenant de ces opérations reste autant que possible dans la mine, où il sert à faire les remblais.
- L’ensemble de ces diverses manipulations : abattage, cassage, nettoyage et extraction jusqu’au jour , est exécuté à forfait (im gedinge) et payé sur la quantité de minerai en knotten livré sur le produit de la mine.
- L’unité de convention est la charrette de 20 pieds cubes, dont le prix varie, suivant la dureté de la roche et sa richesse, entre 1 et 4 thalers. Le chiffre le plus ordinaire est 2 thalers.
- Avec cette organisation, la surveillance du steiger sur les mineurs est grandement simplifiée. Les fonctions de ce préposé se bornent à conserver un dépilage régulier et une préparation aussi parfaite que possible des knotten.
- Cette opération influe beaucoup sur les frais et les difficultés de la préparation mécanique du minerai à la surface ; on ne doit néanmoins pas perdre de vue que la première concentration des minerais ne doit être poussée que jusqu’au point où l’avantage de recevoir de l’extraction des knotten riches n’est pas compensé et au delà par le prix élevé auquel ils pourraient
- p.224 - vue 228/332
-
-
-
- — 225 —
- revenir avant de les livrer aux ateliers de préparation mécanique.
- L’expérience d’uoe longue pratique peut seule fixer assez approximativement le degré profitable de ce premier enrichissement.
- On apprécie, en général, la valeur des knotten à leur éclat et à leur couleur. On les distingue en noirs, moyens et blancs. Ces derniers, exploités dans la concession Callmutherberg, fournissent au commerce le minerai si recherché connu sous le nom de porcellan-erz , et composé uniquement de carbonate de plomb.
- Au sortir de l’exploitation, le minerai est transporté jusqu’aux usines par des charretiers à gages, par conséquent, sans prix fixé sur la quantité de knotten livrée aux bocards.
- *
- PRÉPARÂT!©!®
- La préparation des minerais au Bleiberg est très-simple et parfaitement appropriée à leur nature. Elle se compose des préparations suivantes : 1° le bocardage ; 2° le lavage des schlichs sur des tables dormantes d’une construction particu-1 ère-, 3° le lavage des schlamms sur de petites tables à balais.
- Bocard.
- Le bocard se compose d’une batterie de quatre flèches dont la levée est de 6 pouces, le poids de 125 à 140 livres, le nombre de coups, de 30 à 50 par minute. La quantité d’eau qui passe par l’auge du bocard est très-faible relativement à la rapidité de l'opération.
- Le devant de l’auge, par où sort le minérai réduit en poudre,-est formé d’une plaque de laiton percée de trous au nombre de 75 à 80 par pouce carré. Cette plaque descend jusqu’au fond de l’auge de la batterie.
- Le bocard n’a qu’une seule issue (pfanne), qui conduit au
- p.225 - vue 229/332
-
-
-
- — 226
- bassin de dépôt, où les parties riches des knotten se fixent et où on les recueille sons le nom de hütten-klein. Les parties argileuses sont entraînées par le courant d’eau et vont se rendre dans les bassins destinés à les recevoir.
- Quand l’eau arrive en quantité suffisante sur la roue motrice, on peut faire passer par un bocard tel que nous venons de le décrire, de 120 à 140 quintaux (centner) de knotten par 24 heures. Il suffit pour la manipulation de cette quantité de 2 laveurs et 4 aides de bocard (poch-junger.)
- Tables dormantes.
- Le lavage des sables riches (hütten-klein) se fait sur des tables de 4 1/2 pieds de long et 6 pieds.de large, inclinées de 8 à 9 pouces. La tête, derrière laquelle se tient l’ouvrier, a une hauteur de 1 pied 6 pouces, avec une inclinaison de 45° sur l’arrière.
- L’outil dont on se sert est un râble formé d’une plaque de fer de 19 pouces de long sur 5 pouces de hauteur, auquel est emmanchée perpendiculairement une longue perche de bois mince et assez rigide.
- Le hütten-klein que l’on a retiré des canaux de dépôt, faisant suite au bocard, est placé à la partie supérieure de la table à la portée, du laveur.
- L’eau, amenée par un canal en bois à la partie supérieure de cette tête, est répartie uniformément sur toute la largeur de la table, au moyen de petits cailloux mobiles qui ont l’air de têtes de gros clous plantés dans le bois. Le laveur, ayant à la main Je manche du râble, amène une petite portion du minerai mis en tas sur sa droite au coin supérieur delà table, et le répand sur toute la longueur de la tête; il cherche à le soumettre bien uniformément à la mince nappe d’eau descendant constamment du bord supérieur de la tête, résultat qu’il obtient en marchant d’une extrémité à l’autre de la tête et faisant dé-
- p.226 - vue 230/332
-
-
-
- 227 —
- crire au râble un arc de cercle dont le centre est la main droite qui tient la partie supérieure du manche.
- Cette manœuvre demande, pour être bien exécutée , une grande habitude, beaucoup de régularité dans le jet du menu le long du plan incliné, afin que la même quantité de minerai lancée rencontre toujours la même quantité d’eau affluente.
- Par cette manipulation, les grains de quartz se séparent des schlichs, qui s’arrêtent au haut de la table; mais ils ne sont pas encore purs ; il faut relever cinq fois ces schlichs au coin droit du plan incliné et recommencer cinq fois la même opération du lavage. Ce n’est qu’après un sixième lavage à la table que le schlich est regardé comme propre à la vente.
- Dans ces divers lavages, l’eau a entraîné avec les matières stériles des parties fines (schlamms) qui peuvent être très-productives.
- Lavage des Schalmms.
- Ces schlamms, recueillis dans les canaux disposés en dessous des tables, sont soumis au lavage sur de petites tables à balais (.schipp-graeben), et dégagés par là de l’argile qui les appauvrit. On les lave de nouveau sur des tables à râble analogues à celles destinées aux sables riches, mais qui sont inclinées de 4 pouces seulement au lieu de 9.
- Le sable siliceux venant du lavage des premiers schlichs entraîne avec lui du minerai de plomb que le bocardage n’a pu complètement séparer des grains de quartz : aussi doit-il être soumis à un enrichissement ultérieur qui se pratique dans le schlemmgraben ordinaire.
- Second bocard.
- Le minerai brut qui en provient est passé au bocard fin. Celui-ci diffère du premier en ce que la sortie des poussières se fait par une platine dont, les trous sont plus fins que dans le premier bocard, et qui repos?, sur un liteau de 4 pouces au
- p.227 - vue 231/332
-
-
-
- 228 —
- dessus du fond de l’auge. Il y a donc toujours sous les pilons une couche de menu qui reste soumis au broyage plus longtemps que dans le premier tocard.
- Les schlamms qui proviennent de ce dernier travail sont trop fins pour être lavés de nouveau et trop riches pour être rejetés. Le menu qu’ils donnent est soumis aux mêmes opérations que celui des knotten.
- Cette dernière manipulation, l’enrichissement des schlemm-erze, n’est pratiquée au Bleiberg que depuis une quarantaine d’années, et a donné dans le commencement d’énormes bénéfices aux propriétaires de rejets des anciennes exploitations.
- Cette remarquable amélioration serait portée plus loin encore, si l’on introduisait dans les mines du Bleiberg les spiss-kesten, dont les bons résultats sont aujourd’hui bien constatés.
- KEKJBEMEÏ3T ET PRODUCTION.
- Une longue expérience a démontré qu’une charrette de 20 quintaux de knotten riches donne 3 quintaux d’alquifoux, et qu’une charrette de20 quintaux de knotten pauvres donne 1 quintal 1/4. Ce dernier chiffre est le minimum de rendement du minerai soumis au bocardage.
- L’extraction annuelle de toutes les mines du Bleiberg s’élevant à 25,000 charrettes de knotten, qui donnent de 40 à 43,000 quintaux d’alquifoux, on voit que la moyenne de rendement est de 1,73 d’alquifoux par charrette. Quant au minerai impropre à la vente et qui en provient, il est transformé en plomb dans la localité.
- L’alquifoux livré au commerce contient 2 parties de sclilich pur et 1 partie d’argile. Le rendement à l’essai par la voie sèche est de 60 0/0 en plomb métallique.
- La reprise des sables quartzeux riches provenant d’une charrette de knotten travaillée une première fois, donne de 1 1/2 à 2 quintaux de schlemm-erze brut dont le rendement est très-variable.
- p.228 - vue 232/332
-
-
-
- — 229 —
- Le prix de revient du minerai bocardéet lavé ressort à 4 sil-bergrochen par quintal.
- PRIX DE REVIENT.
- En admettant un rendement moyen de 2 quintaux de schlich pour 20 quintaux de knotten (une charrette), on trouve pour 100 quintaux de schlich, les frais de main-d’œuvre suivants :
- Exploitation et extraction de 1,000 quintaux de knotten qui rendent 100 quintaux d’alquifoux . thaï. 50 »
- Transport, chargement de 1,000 quintaux de knotten à 6 pfemning par quintal.......... 16 20
- Préparation du schlich à 4sgr. par quintal . 13 10
- Total............ 79 30
- Soit par quintal de schlich, 24 sgr ou 3 fr.
- Le prix de vente de l’alquifoux se tenant toujours entre 4 et 5 thalers (15' fr. et 18 fr. 75) par quintal prussien, on voit que si l’on prend pour les matériaux , l’entretien, les intérêts, la redevance au gouvernement, etc., etc., une somme double de celle de la main-d’œuvre, ce qui est assez général dans la localité, il reste encore un bénéfice fort important.
- FONDERIE.
- J’ai dit plus haut que le sulfure de plomb, connu sous le nom d’alquifoux, était destiné à la couverte des poteries. La production des mines qui nous occupent consistant principalement en minerai de ce genre, l’extraction du plomb métallique n’est plus qu’un accessoire dans la localité. On emploie pour cette fabrication les minerais trop impurs qui ne sont pas propres à la vente à l’état d’alquifoux.
- Nous avons vu que les poudres provenant du schlemm-erze étaient à un état très-ténu. Comme elles ne subissent point de grillage, le courant d’air lancé par le ventilateur en ferait
- 3
- p.229 - vue 233/332
-
-
-
- 230 —
- perdre une notable portion, si on les employait ainsi directement.
- Ces minerais fins sont mélangés de 3 0/0 de chaux éteinte, moulés en briquettes et livrés ainsi à la fonderie. Le lit de fusion se fait avec du coke, qui provient des houillères d’Eschwei-les, distantes de 40 kilomètres environ, et des scories de fer. Le traitement s’opère dans de petits fourneaux à manche dont le vide intérieur a 22 pouces de profondeur dans le sens delà tuyère et 20 pouces de largeur. Construits en grauwacke, ils marchent pendant trois semaines, tu bout desquelles il suffit d’une réparation d’une demi-journée pour les remettre en marche. Le séchage et la mise en feu se font au moyen du charbon de bois.
- p.230 - vue 234/332
-
-
-
- — 231 —
- Mole saur l’emploi «le ln...to«.£be H’pulise «l’SJaadpevel82er@ ;
- Pau M. BRIDEL.
- [/usine d’Undreveillers, située dans le canton de Berne, en Suisse, près de la frontière de France, est remarquable tant pour la bonne qualité de ses produits que par les procédés ingénieux, de la fabrication et l’emploi de la tourbe, qui lui permettent de lutter avec les usines étrangères.
- Les tourbières qui alimentent les forges d’Undreveillers sont situées près de cette usine, sur un plateau du Jura. La tourbe qu’on en tire est brune, composée de filaments entrelacés, et contient fort peu de cendres. On l’extrait au louchet , sous forme de parallépipèdes d’environ 0m,10 sur 0m,10 et Gm,20 ; le séchage, qui s’opère sur place au moyen d’un simple séjour à l’air, lui fait perdre environ moitié de son volume.—On carbonise la tourbe en tas, comme le bois ; mais cette méthode donne un rendement si faible que l’on établit en ce moment des appareils à vapeur surchauffée par la chaleur perdue des hauts-fourneaux, dans le but de diminuer les déchets de carbonisation .
- Le liaut-fourneau d’Undreveillers est à air chaud, aux charbons de bois et de tourbe mélangés, et minerai en grain (hydroxyde pisolitique ). Les charges sont composées de la manière suivante :
- 6 hectolitres de charbon de bois, surtout de sapin,
- 6 d° de tourbe,
- 0mO,360 (soit 16 conches) de minerai.
- 0m°,031 (soit 2 conches) de castine.
- On fait de 19 à 20 charges par vingt-quatre heures.
- Le fourneau marche avec une seule tuyère, à la pression
- p.231 - vue 235/332
-
-
-
- 232 —
- de 0m,30 d’eau seulement. Le vent est chauffé par les gaz (lu fourneau, qui sont recueillis au moyen d’une trémie fermée à sa partie supérieure.
- La production est d’environ 125,000 kil. par mois. Un second fourneau, situé à quelques kilomètres d’Undreveillers et appartenant à cette usine, marche dans les mêmes conditions.
- Vaffinage de la fonte se fait au charbon de bois, dans cinq feux voûtés ordinaires, marchant tantôt avec une, tantôt avec deux tuyères. On traite àlafois90kil. de fonte et de rognures, et l’on obtient, en deux heures ou deux heures et demie 75 à 80 kil. de fer en massiaux, y compris le déchet de laminage. À Undreveillers on cinglait anciennement au marteau ; actuellement on n’emploie plus que le laminoir, sans que pour cela les produits soient devenus moins bons. Le cingleur présente cela de particulier, qu’il tourne à volonté dans un sens ou dans l’autre au moyen d’un embrayage : aussi ne faut-il que deux minutes pour transformer la loupe en une barre hexagonale de Qm,08 de diamètre extérieur. On coupe cette barre , à la cisaille , en un certain nombre de morceaux (généralement huit) que l’on passe immédiatement au dégrossisseur, sauf les deux extrémités qui sont imparfaitement soudées.
- Réchauffage. Autrefois on réchauffait dans les feux de forge ; on a abandonné ce procédé parce qu’il donnait trop de déchets. Après avoir pratiqué pendant quelque temps le réchauffage à la houille, on a fini par lui subsituer la tourbe transformée préalablement en gaz.
- La fig. 6 ( pl. XVIII ) représente le four à réchauffer qui a donné les meilleurs résultats.
- La tourbe est introduite, au moyen d’un appareil spécial que nous décrirons plus loin, dans une capacité e, en forme de trémie fermée par une plaque de fonte à sa partie supérieure. Deux tuyères //lancent de l’air chaud dans le bas de la trémie ; les produits de la combustion incomplète montent par le conduit courbe d'jusque près du pont de chauffe o, où ils sont complètement brûlés par une nouvelle injection d’air chaud qui
- p.232 - vue 236/332
-
-
-
- — 233 —
- se fait par le tube l, percé de trous. Au delà du pont de chauffe se trouve une sole i k *, puis une cavité pour les scories, un second pont de chauffe et une seconde sole m n sur laquelle on commence le réchauffage. Enfin, les produits de la combustion se rendent dans le calorifère p, où ils chauffent l’air qui alimente le four, et de là dans la cheminée.
- Afin de pouvoir charger le feu sans ouvrir aucune issue aux gaz, la tourbe est introduite dans un cylindre de fonte c (fig. 6, 8 et 9), sans fond, placé sur la plaque de fonte qui couvre le gazogène e. Après avoir rempli de tourbe ce cylindre, on le ferme au moyen d’un couvercle ; puis on l’amène au-dessus d’un trou percé dans cette plaque, en le faisant tourner autour de l’axe a'; et le combustible tombe dans la trémie. La bride inférieure ¥ ¥ ¥ du cylindre porte un appendice en forme d’oreille, disposé de manière à recouvrir l’orifice de la plaque quand le cylindre ne se trouve pas au-dessus*, à ce effet, la bride ¥ ¥ ¥ et la saillie b" ¥' b" de la plaque sont dressées.
- Les massiaux sont réchauffés pour être passés au laminoir marchand, petit mill ou à guides ; ou bien ils sont réunis en paquets et transformés en tôles. Le déchet du réchauffage est d’environ 12 0/0, la consommation de tourbe desséchée de 3m°,40 par tonne de fer ouvré, équivalant ainsi de 400 kil. à 500 kil. de bonne houille.
- Les armatures du four se composent, comme pour les fours à réchauffer ordinaires, de plaques de fonte, de montants à nervures et de tirants.
- On emploie également les déchets de tourbe et des autres combustibles, conjointement avec les gaz du haut-fourneau, pour réchauffer les tôles.
- Le gazogène, dans lequel les déchets de combustibles sont transformés en gaz, est fort simple : il se compose^. 8 et 9 ) de trois chambres e, e', e", communiquant entre elles par le bas de leurs cloisons communes.
- On introduit1 les menus combustibles dans la chambre ‘du milieu e au moyen d’un cylindre en fonte pareil à celui’'du four
- p.233 - vue 237/332
-
-
-
- — 234 -
- à réchauffer; ces menus s’amoncellent dans cette capacité et viennent obstruer les ouvertures o o, qui la font communiquer avec les chambres latérales. Celles-ci reçoivent, par les tuyères/' /', l’air destiné à alimenter la combustion, lequel se distribue uniformément en traversant le tas de menus ; les gaz sortent de la chambre e par le tuyau t et se rendent immédiatement au four à tôles. L’ouverture a, sert à enlever de temps en temps les résidus de la combustion. Afin que les gaz n’entraînent pas une trop grande quantité de cendres, le tuyau t monte l’abord presque verticalement, puis redescend de même (fig. 10); il présente ainsi un angle aigu qui arrête la majeure partie d ;s poussières. Le four à tôles est un grand reverbère à so’.e plate, portant des chenets ; sur l'un de ses longs côtés il est percé de deux portes de 1 mètre à lm,50 de large sur 0m,20 à 0m,25 de haut. Les gaz mélangés du haut-fourneau et du gazogène sont introduits dans le four sous forme de nappe mince, et brûlés par un courant d’air chaud sortant d’une buse aplatie.
- Voici maintenant quelques prix de revient de l’usine d’Un-dreveillers.
- Charbon de bois de sapin : 10 fr. 60 c. le m. cube,
- » » dur., il 70
- Tourbe sèche.......... 4
- Houille............... 60 b 70 la tonne.
- D’après cela, le réchauffage à la houille reviendrait par tonne de petit fer à 60 fr. X 0l.400 = 24 fr.
- Le même réchauffage à la tourbe, 4 fr. X 3mc,40 = 13fr. 60 c.
- Afin de pouvoir apprécier les conditions de fabrication dans lesquelles se trouve l’usine d’Undreveillers, nous croyons devoir ajouter les chiffres suivants, étrangers à la question des combustibles :
- La tonne de minerai coûte 11 fr. 60 c.
- L’usine consomme annuellement pour 40,000 à 50,000 fr. de minerai dans ses deux fourneaux ; elle produit 250 tonnes de fonte par mois, dont 150 sont affinées et donnent à peu près 100 tonnes de fer.
- rendus b l’usine.
- p.234 - vue 238/332
-
-
-
- — 235
- Les afüneurs sont payés à raison de 11 fr. les 100 kil., et produisent chacun environ 2 tonnes de fer par mois ; les manœuvres gagnent de 1 fr. 50 c. à 2 fr. par jour.
- Pris à l'usine, le fer marchand se vend 40 à 43 fr. les 100kil.; le fer rond et à guides, de 44 à 47 fr.; et le fer au martinet, 43 à 46 fr. Ces fers sont de qualité tout à fait supérieure. Les fon’.es brutes coûtent, prises à l’usine, 140 fr. la tonne.
- p.235 - vue 239/332
-
-
-
- 236
- Note sur remploi ale la tourbe dessécliée à l’air, pour le soujage^jïii fer extrait des minerais carbonatés $
- (Extrait des A nnales de la Société des Ingénieurs de Vienne.)
- Par M. GOSCHLER.
- L'emploi de la tourbe au puddlage de la fonte provenant de minerais carbonatés existe depuis longtemps en Carinthie 5 mais les opérations subséquentes, et notamment le soudage, effectuées avec ce combustible, ont été depuis peu appliquées avec succès à l’usine à fer de Buchscheid. Les produits de ce nouveau traitement surpassent, par leur homogénéité et leur ténacité, toutes les autres espèces de fer fabriquées au bois ou à la houille.
- Des essais faits sur des échantillons de gros et de petits calibres ont démontré que la compression n’avait pu s’opérer qu’au moyen d’une très*grande force et avec beaucoup de difficultés. Il en résulte que ce fer se prête de la manière la plus convenable à la fabrication des essieux de wagons de chemins de fer, et des pièces de machines qui ont à supporter de grands efforts. Les expériences l’ont complètement démontré.
- La tourbe employée dans l’usine de Buchscheid est extraite d’un grand bassin formé dans le schiste micacé, et qui se présente sur une épaisseur de 10 à 12 pieds.
- Sa couleur est celle du brun foncé; sa densité est telle, qu’un klafter cube (7rac,86 environ) équivaut à 10 scheffel à charbon de Carinthie (le scheffel vaut environ un demi-hectolitre). On l’extrait en briques de 10 pouces en carré de base sur une épaisseur de 3 pouces. Le séchage à l’air fait perdre à ces briques à peu près la moitié de leur volume primitif.
- p.236 - vue 240/332
-
-
-
- A l’analyse cette tourbe donne, desséchée à l’air:
- 47,7 de gaz....
- 35,2 de carbone 3,1 de cendres
- Le puddlage et le soudage à la tourbe ainsi desséchée se font dans des fours semblables à ceux où Ton emploie le lignite 5 seulement il faut prendre deux précautions indispensables pour obtenir de la tourbe le degré de chaleur convenable: d’abord la grille doit être abaissée de 3 pouces, en sorte que la profondeur depuis le pont doit être au moins de 26 pouces ; ensuite il faut augmenter la quantité de vent, pour brûler complètement Je gaz Celui-ci, en.quittant la grille, est conduit dans le four à gaz, où il est brûlé sous l’action du vent lancé par 7 ou 8 buses de 12 lignes de large.
- La direction du vent doit être telle, qu’elle vienne remonter la sole du four à 8 pouces du milieu de la porte de travail.
- Avec ces conditions, on obtient, dans les fours àpuddlerou à souder, une chaleur complètement suffisante.
- Dans un four à puddler simple, avec chambre à l’arrière pour chauffer la fonte, on fait passer en vingt-quatre heures 11 charges de 350 livres. Un double four à puddler peut recevoir 10 charges de 600 livres dans le même temps; on en retire les loupes avec 8 0/0 de déchet. Un four à puddler simple emploie 1 /2 scheftel de tourbe pour 1 centner de loupe; un double four, 1,00 scheffel de tourbe pour 1 centner de loupe.
- Les fours à souder et à puddler sont alimentés uniquement à la tourbe desséchée à l’air. Les premiers emploient 45 scheffels de tourbe en vingt-quatre heures et produisent 32 centners de fer dégrossi, avec un déchet de 27 0/0 sur les loupes. Ainsi 1 centner de fer dégrossi emploie au soudage 1,4 scheffel de tourbe; 1 centner de fer dégrossi emploie au puddlage 1,20 scheffel de tourbe ; ensemble 260 livres de tourbe, le scheffel pesant 100 livres.
- p.237 - vue 241/332
-
-
-
- — 238 —
- Procédé pour souder le fer et l'acier.
- Fondre dans un vase de terre du borax, et l/10e de sel ammoniac, et couler le mélange bien homogène sur une plaque de fer ; l'y laisser refroidir. On ajoute à cette masse vitreuse une quantité égale de chaux vive.
- Le tout bien pulvérisé, on en prend une petite quantité que l’on répand sur le morceau de fer ou d’acier porté à la chaleur rouge. La matière fond et coule comme de la cire à cacheter. On replace au feu les morceaux à souder ; mais ils n’ont plus besoin d’une chaleur aussi intense que dans la méthode de soudage ordinaire. Quand on les retire, on peut les frapper à volonté, et le joint est devenu invisible.
- p.238 - vue 242/332
-
-
-
- 239
- Mot© seir Sa «inanAU© al'ais* insufflé© flans les liants-jr@u.E'neanx j
- Par M. LATJRENS.
- Il n’existe pas, dans la pratique des forges, de données quelque peu précises et généralement adoptées, sur la quantité d’air, qu’il faut injecter par les tuyères d’un haut-fourneau. Il est assez souvent résulté de cet état de choses que l’on donnait aux souffleries des dimensions exagérées. Ainsi, lorsque commença dans les forges ce grand mouvement d’extension qui s’est prolongé jusqu’à ces dernières années, il était admis qu’il fallait 1,000 à 1,200 pieds cubes de vent par minute pour un haut-fourneau au charbon de bois. On conçoit que les frais de premier établissement des soufflages, installés sur de semblables bases, fussent considérables.
- Parvînt - on à déterminer d’une manière parfaitement rigoureuse le volume d’air nécessaire à l’alimentation d’un haut-fourneau, qu’il serait toujours indispensable de donner au soufflage de cet appareil un excès de puissance; mais ce n’est plus là qu’une limite facile h poser, quand on a un point de départ.
- Il est donc intéressant, ne serait-ce qu’au point de vue économique, de chercher une règle qui, pour déterminer les dimensions d’une soufflerie, se base sur là quantité d’air maximum qu’il est possible d’introduire par les tuyères des hauts-fourneaux.
- La règle dont nous nous servions, M. Thomas et moi, pour la construction des souffleries, reposait sur ce que nous admettions que la quantité d’air injectée par la tuyère d’un hautfourneau devait, au plus, atteindre celle qui était nécessaire à la conversion du carbone, chargé par le gueulard, en oxyde de
- p.239 - vue 243/332
-
-
-
- — 240
- carbone. Il résulte de cette donnée que le volume d’air, ramené à 0° et à la pression de 0m,76, qu’il faut insuffler par minute est de 4mc,4l au maximum, parchague kilog. de carbone solide, brûlé dans le même temps. Nous employons l’expression de carbone solide, parce que le charbon ordinaire contient, indépendamment des cendres et de l’eau hygrométrique, une certaine quantité de matières volatiles qu’une calcination prolongée peut seule expulser complètement. Ces matières volatiles, et le carbone qu’elles contiennent, doivent être défalquées dans le calcul, comme l’eau et les cendres, car elles abandonnent le charbon dans une partie du haut-fourneau où l’air ne peut agir sur elles.
- En prenant un charbon de bois, moyen, contenant 7 0/0 d’eau, 2 1/2 0/0 de cendres, et 14 0/0 de matières volatiles, nous trouvons que chaque kilog. de charbon chargé au gueulard ne représente plus que 0k,765 de carbone solide. Ce chiffre nous donne 3mc,374 d’air introduit par la tuyère par chaque kilo de charbon de la charge.
- Un coke moyen, renfermant 5 0/0 d’eau, 3 0/0 de matières volatiles, 12 0/0 de cendres, nous donnerait 0k,800 de carbone solide pour chaque kilog. de coke chargé au gueulard. Nous en concluons qu’il faut 3mc,528 d’air au maximum par chaque kilog. de coke de la charge.
- Nous devons faire observer que tout le carbone jeté dans un haut-fourneau n’est pas consumé, et que de sa quantité doivent être soustraites des pertes assez variables et bien difficiles, par conséquent, à estimer. Du charbon, en effet, se perd dans les laitiers 5 cette cause de perte varie avec le plus ou le moins de friabilité du combustible employé. Une faible partie du carbone est en outre absorbée par la carburation du fer.
- D’un autre côté, le cheminement du charbon sur toute la hauteur d’un haut-fourneau donne, lieu à la formation constante d’une certaine quantité de poussières » ténues, qui sont expulsées emmajeureipartie parle gueulard. Cette formation de poussières, que provoque da constitution même de l’appareil,
- p.240 - vue 244/332
-
-
-
- — 241 —
- est une circonstance digne de remarque, qui conduira à quelque conclusion utile. Certains faits, que nous aurons l’occasion d’exposer plus tard, nous donnent à penser que ces poussières si ténues jouent un rôle, indirect il est vrai, dans la carburation de la fonte.
- Ces diverses causes de perte de charbon, qui sont si difficiles à apprécier dans chaque circonstance, tendent à rendre la quantité d’air attribuée par l’analyse des gaz à la combustion du charbon, plus grande qu’elle ne l’est en réalité.
- En faisant l’application de la donnée que nous avons précédemment établie, à un haut-fourneau au charbon de bois, produisant 4,000 kilog. de fonte par jour, avec une consommation de 1,200 kilog. de charbon par tonne, on verrait que la soufflerie de ce haut-fourneau devrait lui fournir llmc,241 de vent par minute. La soufflerie d’un haut-fourneau au coke, produisant 20 tonnes de fonte par jour, avec une consommation de 1,400 kilog. de coke par tonne, devrait projeter par les tuyères 68mc,600 de vent par minute. On a supposé dans ces calculs que la marche des hauts-fourneaux était régulière, que le soufflage était constant, et que l’air était ramené à 0° et à 0m,76.
- Ces quantités de vent ne comprennent pas évidemment les pertes qui peuvent provenir du refoulement de l’air à la tuyère ; celles-ci varient avec le plus ou le moins de soin que l’on met à bien disposer la buse et la tuyère ; il est des circonstances où l’on a pu les évaluer à 1/4 du volume d’air projeté par la buse. Avec des tuyères fermées, il n’y a pas lieu cependant de se préoccuper beaucoup de cette cause de perte.
- La plupart du temps, en établissant ses calculs avec le chiffre de 4mc,60, on pourvoira à toutes les prévisions de cette nature. Il est clair que nous ne parlons pas ici des prévisions que pourraient faire naître les imperfections inhérentes à la machine employée, et le défaut d'entretien.
- La règle que nous venons d’exposer fut déduite de la théorie des hauts-fourneaux, qui assigne à l’oxyde de carbone un rôle essentiel et capital dans les réactions produites. Cette ingé*
- p.241 - vue 245/332
-
-
-
- — 242
- nieuse théorie est restée jusqu’à ce moment ce que son savant auteur, M. Leplay, l’avait faite dès sa mise au jour : les travaux analytiques publiés depuis quelques années ne lui ont encore apporté ni modification , ni complément sur la question de la carburation.
- Cette théorie, on se le rappelle, admet que l’air introduit par la tuyère est entièrement converti en oxyde de carbone après un très-court trajet au travers de la masse en ignition. Nous remarquerons en passant qu’elle conduit à admettre aussi que ce que l’on appelle le point de fusion doit se trouver très-rapproché de la tuyère.
- Comme on retrouve dans les gaz du gueulard l'azote de l’air insufflé à la tuyère, l’analyse de ces gaz devrait résoudre complètement la question dont nous venons d’examiner les éléments. Les analyses industrielles, celles que l’on fait dans un but d’application, ne présentent pas assez de précision pour donner lieu à des conclusions rigoureuses. Les autres analyses, malgré tout l’appareil scientifique dont on les a entourées, sont loin d’offrir le degré de certitude que l’on trouve dans la science ; les difficultés inhérentes au sujet sont grandes en effet.
- Quoique les analyses ne soient pas d’accord entre elles, leurs résultats, cependant, ne sont point en opposition avec la piopo-sition énoncée plus haut, touchant le volume d’air maximum nécessaire à l’alimentation des hauts-fourneaux.
- La règle que nous essayons de poser pour les hauts-fourneaux s’applique également aux feux d’afïinerie. Dans un remarquable travail sur les feux de forges, que les Annales des mines out publié en 1840, M. Thirria a émis cette opinion, que l’air projeté pir ies buses quittait le foyer de combustion de l’affinerie à l’état d’oxyde de carbone, et non à l’état d’acide carbonique.
- La plupart des auteurs qui ont écrit sur la métallurgie lais sent penser quela combustion,presque complète, du carbone est effectuée dans les hauts fourneaux par l’air insufflé à la tuyère, tandis qu’en réalité il ne peut y avoir au maximum, par cette
- p.242 - vue 246/332
-
-
-
- 243 —
- cause, que conversion du carbone en oxyde de carbone; le résultat final de l’action de l’air est donc, seulement, la demi-combustion du carbone.
- En 1849, M. Richard, ingénieur métallurgiste, alors résidant à Seraing (Belgique), fit à la Société une communication intéressante , dans laquelle on remarque le passage suivant, qui est relatif à la quantité d’air introduite par la tuyère des hauts-fourneaux :
- « Une question intéressante pour la théorie de la production delà fonte, dit cetingénieur, est sans doute celle de la quantité d’air lancée dans le haut-fourneau. Cette quantité est portée par quelques auteurs jusqu’à 8 mètres cubes par kilogramme de combustible consommé. Ces données reposent sans doute, sur des expériences faites à des hauts-fourneaux où il se perdait une très-grande quantité de vent par l’espace compris entre la tuyère et la buse. Ici, où cet espace est fermé par un cône creux et mobile, on ne trouve que 4 à 5 mètres cubes d’air par kilogramme de coke et par 1 s mêmes formules. Cette évaluation me semble encore trop élevée, à en juger d’après des analyses de gaz.
- » L’analyse suivante, que MM.Montefioreet Schmidt viennent de faire aux hauts-fourneaux d’Ougrée, dans nos environs, n'indique qu’environ 3.7 mètres cubes d’air par kilogramme de coke. Voici la composition de ces gaz, pris à 6 pieds au dessous du gueulard :
- II 0.45
- C IU 0.31
- Co 28.68
- CoJ 8.64
- Az 61.92
- 100.00
- » Le coke contenait environ 90 0/0 de carbone et le carbone contenu dans la cistine était environ de 8 0/0 de la quantité de carbone renfermée dans le coke.
- p.243 - vue 247/332
-
-
-
- — 244 —
- » Les différences que l’on observe entre les quantités d air calculées par l’analyse des gaz et celles calculées par les pressions manométriques doivent provenir en grande partie, lorsqu’il ne se perd pas beaucoup d’air près de la buse, de ce que dans les formules ordinairement employées, l’on ne tient pas compte de la contre-pression qui existe dans le creuset, et qui est nécessaire pour faire traverser aux gaz les matériaux qui remplissent toute la cuve. Mesurer directement cette contre-pression, tout en tenant fermé l’espace annulaire entre la buse et la tuyère, est toujours une opération assez longue et quelquefois difficile.
- « 11 serait donc utile d’avoir des formules plus exactes que celles employées jusqu’ici. »
- Nous devons, en terminant, faire observer que les faits cités par M. Richard viennent prêter appui à la règle que des considérations théoriques nous avaient conduits à adopter.
- p.244 - vue 248/332
-
-
-
- 245
- ®iap le® robinet®' adapté® ans locomotive®*— Emploi de cônes obiàràtenr^-Ciralssage continu des cylindres?
- Par M. C. POLONCEAB.
- Les machines locomotives nécessitent l'emploi d’un grand nombre de rotiaets qui, par leurs faibles dimensions, par la trépidation de la machine et la difficulté de leur entretien, sont presque continuellement en mauvais état et donnent lieu à des fuites, malgré des réparations fort coûteuses.
- Dans les machines construites par M. Polonceau en 1849 et 1850, pour la ligne d’Orléans, on a employé des robinets à cône formant soupape, qui ne présentent pas les inconvénients des anciens robinets, en les disposant pour les différents usages auxquels ils sont destinés.
- Les robinets qui ne doivent être ouverts qu’un instant sont les plus simples. Le corps du robinet est un tube droit, taraudé intérieurement sur une partie de sa longueur, présentant au-dessous du taraudage un rétrécissement qui forme un siège conique. La clef se termine par un cône et porte une partie taraudée qui s’engage dans celle correspondante du corps du robinet. En faisant tourner la clef, le cône fait obturateur en portant sur son siège. On donne issue à la vapeur ou au liquide par un orifice latéral, placé entre le rétrécissement conique et le taraudage.
- La vis deva'nt être assez lâche pour permettre au cône de se centrer sur son siège, il en résulte qu’elle permet des fuites lorsque le robinet doit rester longtemps ouvert ; mais malgré cet inconvénient, la disposition est très-convenable pour les robinets de vérification de la chaudière et pour ceux d’épreuve des pompes (ifig. 11 et 12.)
- 4
- p.245 - vue 249/332
-
-
-
- — 24(5 —
- D’autres robinets, tels que ceux du niveau d’eau, doivent rester constamment ouverts et ne fermer qu’en cas d’accident ou de vérification. Pour les rendre étanches, on a disposé deux cônes opposés par leur grande hase, de manière que , soit en tournant, soit en détournant la vis, il y ait fermeture antérieure ou postérieure. Dans ce cas, pour introduire les cônes, il faut ajouter au corps du robinet un écrou fileté à l’intérieur et à l'extérieur; cet écrou sert à guider et à faire marcher la tige, il porte à l’intérieur une portée conique pour recevoir le contre-cône {fig. 13 et 14.)
- Enfin, d’autres robinets doivent pouvoir s’ouvrir de quantités variables et rester ouverts pendant un certain temps; c’est ce qui a lieu pour les robinets réchauffeurs. On a alors adapté sur la partie lisse de la tige de ces robinets un presse-étoupe serré par l’écrou taraudé à l’intérieur, qui sert de guide à la tige de l’obturateur {fig. 15 et 16.)
- Ces différents robinets à cônes mis en essai sur quelques machines, et appliqués depuis d’une manière générale sur les cinq dernières machines construites pour le chemin d’Orléans, ont donné les résultats les plus satisfaisants; ils fonctionnent toujours parfaitement et sans fuites -, ils ont présenté, sur tous ceux en usage jusqu’alors, une très grande supériorité, tant sous le rapport du service que sous celui de l’entretien.
- L’emploi des robinets à cônes se généralisera sans doute et remplacera dans presque tous les cas celui des robinets à boisseaux ordinaires; il n’est guère d’usages auxquels ils ne puissent être employés avec le plus grand avantage, et l’expérience nous porte à engager à en faire un emploi général, non-seulement pour les locomotives, mais encore pour toute espèce de robineterie. Il a été aussi appliqué à des machines à vapeur ordinaires, à des conduites d’eau et à des grues hydrauliques, avec un égal succès.
- Il est probable que ce système permettra de construire les robinets avec des alliages peu coûteux et sans beaucoup de travail; car on voit les robinets construits sur ces mêmes prin-
- p.246 - vue 250/332
-
-
-
- 247 —
- cipes, pour les appareils à eau de Seltz, qui sont très-grossiers et très-économiques, résister à des pressions bien supérieures à celles des chaudières de locomotives. On fait en ce moment quelques essais dans ce sens.
- Robinets cle graissage pour les cylindres.
- Jusqu’ici, pour le graissage des cylindres, on s’était contenté d’introduire, avant le départ, une certaine quantité de matière grasse, au moyen d’un robinet ordinaire.
- Malgré la précaution de marcher avant le graissage pour échauffer le cylindre, ce dernier ne se trouvait jamais, au moment du départ, qu’à une température très-inférieure à celle de la vapeur introduite. Une notable quantité d’eau, résultant de *a condensation, était alors projetée au premier coup de piston, avec l’huile qui surnageait à sa surface, de telle sorte que le graissage était presque nul.
- Voulant obtenir un graissage continu, M. Polonceau avait essayé de placer sur le cylindre un réservoir fermé à l’air, dans lequel une mèche se trouvait placée entre deux tubes concentriques, de manière à ne pouvoir être ni aspirée ni rejetée dans les changements de pression. Le tube extérieur recevait l’huile, le tube intérieur était destiné à mettre en équilibre de pression le réservoir d’huile et le cylindre. Mais l'eau, se condensant, dans le réservoir d’huile, élevait promptement le niveau du liquide, et l'huile qui était à la surface, débordant dans le tube conduisant au cylindre , était entraînée en très-peu de temps.
- 11 a donc fallu renoncer à l’emploi de la mèche, et elle a été remplacée par une petite soupape placée au fond de la capacité fermée faisant godet à l’huile, soupape dont la levée est réglée à volonté au moyen d’une vis de pression. A chaque admission de vapeur, la pression dans le cylindre soulève la soupape et, ors de l’échappement, une goutte d’huile est introduite. La vapeur, en traversant l’huile et s’y condensant en partie, forme
- p.247 - vue 251/332
-
-
-
- — 248 —
- une émulsion qui fait durer le graissage plus longtemps que ne le comporterait la quantité d’huile introduite. Ces robinets graissent pendant 12 à 15 kilomètres au moins, avec une levée de soupape de 1/4 de kilogramme environ ( fig. 17 et 18.)
- Au lieu de placer ces robinets au milieu du plateau d’avant, des cylindres, comme on a l’habitude de le faire, ce qui a l’inconvénient de faire tomber l’huile au fond du cylindre, près de la lumière d’introduction et desortie, sur une partie que n’atteint pas le piston, ils ont été posés sur le dessus du cylindre, de manière que l’huile soit rencontrée par le piston.
- PARIS- — IMPRIMERIE CENTRALE UE NAPOLÉON OUAIS ET 1UÜ BERGÈRE, 20.
- p.248 - vue 252/332
-
-
-
- DE LA
- (Octobre, Novembre et Décembre 1850.)
- N° 11.
- Pendant ce trimestre on a terminé la discussion sur la construction des machines locomotives. La Commission chargée de résumer les questions relatives à l’établissement des ponts suspendus a fait un rapport qui a soulevé une discussion dont il sera rendu compte dans un prochain bulletin. Dans la séance du 6 décembre, il a été décidé que le projet de règlement rédigé par le bureau serait imprimé et distribué à tous les membres, qu’il serait mis en vigueur pendant trois mois à partir du 1er janvier 1851, et que pendant cet intervalle tout sociétaire pourrait déposer une proposition nouvelle ou des modifications. Après les trois mois écoulés, le Comité discuterait toutes les modifications proposées et renverrait au vote de la société toutes celles qu’il n’aurait pas adoptées. Dans la même réunion la société donnerait un vote d’ensemble pour arrêter définitivement le règlement. Dans la séance du 20 décembre il a été donné lecture du rapport du trésorier qui expose la situation financière de la société.
- Dans cette séance la société a procédé aux élections du bureau et du comité pour l’année suivante. Le résultat du scrutin a donné la composition suivante :
- Membres du Bureau.
- Président :
- M. Perdonnet rue Neuve-des-Mathurins, 73.
- 1
- p.249 - vue 253/332
-
-
-
- — 250
- Vice-présidents :
- MM. E. Flachat rue de Londres, 51.
- Charles Gallon , rue des Yosges, 18.
- C. Polonceao bouîevart de l’Hôpital, 4.
- Emile Yuignier rue du Faubourg-Saint-Denis, 146.
- Secrétaires :
- MM. Adolphe Bellier, rue Saint-Honoré, 83.
- Léon Yvert, rue Bleue, 5.
- Goschler , quai de l’Ecole, 26.
- E. Gerder , rue Richer, 10.
- Trésorier :
- M. Loüstau, rue Saint-Quentin, 23.
- BleMaïsre® 4aa Costaltféo
- MM. Faure, bouîevart Saint-Martin, 55.
- Nozo, place du Château-Rouge, 2, à Montmartre. Houel , quai de Billy, 48.
- J. Petiet rue Lafayette, 34.
- M. Alcan, rue d’Enghien , 28.
- P. Seguin, rue Louis-le-Grand, 3.
- Léonce Thomas rue des Beaux-Arts, 2.
- Degousée, rue Chabrol, 37.
- À. Salvetat, à Sèvres (Manufacture nationale).
- Yvon Villarceau, rue Cassini, 14.
- A. Barrault, rue de Clichy, 63.
- Deligny, à Asnières.
- Goüïn rue Neuve-des-Mathurins, 26.
- Cavé^, rue du Faubourg-Saint-Denis, 214.
- Yictor Bois, place du Havre, 14.
- Stéphane Mony $£,rue Saint-Lazare, 23. Pepin-Lehalleur rue de la Yictoire, 14» Bergeron , rue de Lille, 79.
- Knab, rue de Seine, 72.
- La Salle , rue Saint-Georges, 58.
- p.250 - vue 254/332
-
-
-
- — 251 —
- Pendant ce trimestre la société a reçu ;
- De M. Polonceau s 1° une note sur les robinets qu’il a récemment appliqués à ses machines locomotives.
- 2° Une note sur le moyen de réunir les machines locomotives avec leurs tenders à l’aide de raccords métalliques disposés en spirale.
- De M. Nozo, un mémoire sur l’entretien de la partie tubulaire des chaudières des machines locomotives.
- De M. Goschler, une note sur la pénétration des bois par des sels métalliques. (Extrait des Annales de la société des ingénieurs autrichiens.')
- De M. Yuigner : 1° une note relative au nouveau système de portes d’écluse adopté sur le canal Saint-Denis.
- 2° Une note sur un magasin d’entrepôt pour les céréales, construit sur le terre-plein (rive gauche), immédiatement en amont du bassin de La Villette.
- 3° Une note relative aux inondations souterraines qui se manifestent assez fréquemment dans les quartiers nord de Paris.
- De M. La Salle, une note sur un échappement variable à orifice annulaire pour les machines locomotives.
- De M. Guérard, la description d’un nouveau frein à vapeur. Les membres nouvellement admis sont les suivants :
- Au mois d’octobre.
- M. Cambier , présenté par MM. G. Gayrard, Lepeudry e6 Grenier.
- Au mois de novembre.
- M. Guihal, présenté par MM. Y. Bois, A» Nillis et Cornet. Au mois de décembre.
- MM. Morard, présenté par MM. Alquié, Ch. Donnay et L. Yvert.
- Hovinr, présenté par MM. A. Barrault, Lorentæ et La Salle.
- p.251 - vue 255/332
-
-
-
- — 252 —
- MEI0I8E S” XXIV.
- KenseigïaeitBeiats jpB*ati«|*fles smp la construction des fours à eémeufer, et considérations sur fie chauffage de ces fours au moyen des gaz des hauts-fourneaux ;
- Par M. A. PIQUET.
- Dans la cémentation du fer ou des aciers ferreux la construction du four est la chose capitale; la manipulation est presque nulle, et quelque habile qu’elle soit, elle ne peut en rien prévenir les manques de réussite provenant d’une mauvaise construction. Or celle-ci est généralement peu connue, et je ne crois pas qu’il existe un ouvrage qui en traite d’une manière complète.
- Le mémoire de M. Leplay, par exemple, qui est peut-être ce qu’il y a de plus complet sur cette matière, soit que cela n’entrât pas dans le but de l’auteur, soit que la difficulté de se procurer certains renseignements l’ait empêché d’entrer dans de grands développements à cet égard, se tait presque complètement sur ces détails.
- Appelé à construire un de ces appareils, j’ai eu occasion de les étudier et de constater les difficultés d’exécution qu’ils présentent. La principale, ou plutôt, la seule difficulté réelle, gît dans la construction des caisses. Dans la Loire, où j’ai principalement étudié cette construction, on est dans l’usage delà confier à des hommes spéciaux qui, par la pratique, sont arrivés à combiner d’une manière convenable l’appareillage des briques qui les forment.
- C’est dans la pensée que la connaissance de cet appareillage peut être de quelque utilité que je me suis décidé à rédiger les remarques que j’avais faites à ce sujet et à les communiquer ù la société des ingénieurs civils.
- p.252 - vue 256/332
-
-
-
- — 253 —
- Je lui présente donc ce travail comme un recueil d’observations destinées à combler en partie les lacunes qui existent dans ce qui a déjà été dit au sujet des fours à cémenter, et nullement comme un traité de construction de ce genre de four. Dans le même but, j’ai ajouté à ce travail quelques mots sur l’application des gaz des hauts-fournaux au chauffage des fours de cémentation.
- Pour procéder par ordre, je diviserai ce travail en trois parties s
- § 1. Construction de l’extérieur du four;
- § 2. Caisses, chemises réfractaires ;
- § 3. Utilisation des gaz des hauts-fourneaux au chauffage des fours à cémenter.
- § 1. - CONSTRUCTION DE L’EXTÉRIEUR DU FOUR.
- 1° FORMES EXTÉRIEURES GÉNÉRALES DES FOURS A CÉMENTER.
- Un four à cémenter se compose de la masse dans l’intérieur de laquelle se trouvent les caisses, et de la cheminée.
- Les fours sont ou ne sont pas enfossés ; la masse est généralement rectangulaire, presque carrée; la cheminée repose sur la masse; elle est, soit conique, soit pyramidale à huit pans, soit enfin pyramidale à quatre pans.
- Fours enfossés.
- Un four enfossô est un four dont la masse est enterrée jusqu’à environ 0m.10 au dessous des éprouvettes.
- Les fours enfossés sont généralement préférés comme occupant moins de place, exigeant une moindre masse, étant plus commodes pour le chargement et le déchargement, et enfin comme moins exposés au vent.
- Fours non enfossés.
- Les fours construits complètement au dessus du sol no sont donc établis que dans des cas exceptionnels, comme, par exemple, dans le cas de fondations difficiles et coûteuses, etc.
- p.253 - vue 257/332
-
-
-
- — 254 —
- Cheminées.
- La cheminée repose sur la masse , et un passage est laissé libre sur cette masse tout autour d ela cheminée. La cheminée se présente généralement sous la forme d’une pyramide à huit pans, terminée par une petite partie prismatique. On préfère cette forme comme plus gracieuse et moins coûteuse, parce qu’elle n’exige de briques à modèles que pour les angles, et qu’on peut même se dispenser d’en faire mouler, en taillant à la main le petit nombre de briques dont on a besoin pour cet usage.
- 2° DÉTAILS DE CONSTRUCTION DE ^ENVELOPPE EXTÉRIEURE.
- L’enveloppe extérieure se compose de la masse et de la cheminée, et généralement on la construit complètement avant de commencer les caisses.
- Nous allons examiner brièvement le mode de construction des différentes parties de l’enveloppe, et les soins qu’il importe d’apporter dans cette construction.
- Fondations.
- Elles doivent être telles qu’il n’y ait pas de tassements, ou que, dans le cas où l’on ne peut les éviter complètement, elles fassent qu’ils aient lieu d’une manière égale sur tous les points de la surface d’assiette du four, de manière à ne pouvoir produire aucune dislocation de l’enveloppe, et, par suite, des caisses.
- Ainsi, il est nécessaire de donner une résistance convenable et à. peu près uniforme au sol sur lequel on s’établit. On construit sur une fondation qui se compose généralement d’un grillage jointif en écoins de chêne placé sur le sol, et qui est couvert d'un béton gras de 0m.60 à 0m.70 d’épaisseur. (Planche 19, fig. 1.)
- p.254 - vue 258/332
-
-
-
- — 255 —-Cendrier.
- Le cendrier s’étend sur toute la longueur du four, ou est divisé en deux en son milieu par un massif de 1® d’épaisseur environ, qui donne plus de solidité à la masse, et diminue la longueur des barreaux de la grille.
- Le fond du cendrier a la forme d’une voûte renversée, dans le but aussi d’éviter les tassements, en faisant porter la charge sur toute la surface de fondation.
- Pour cette voûte on n’emploie pas de briques à modèles, on se contente des briques ordinaires, auxquelles on donne le gras avec du mortier.
- Des massifs.
- De chaque côté du cendrier est un massif. Ce massif varie d’épaisseur suivant que le four est ou n’est pas enfossô, suivant aussi, et cela va sans dire, qu’il est plus ou moins armé. Ces massifs ont pour but d’assurer une certaine solidité à l’appareil et d’empêcher de trop grandes déperditions de chaleur.
- Dans le cas de fours enfossés, les voûtes de travail de deux côtés, le sol des deux autres, consolident le four; de plus, il y a moins de déperdition de chaleur, puisque la masse est moins exposée à l’air. Il y a donc alors lieu de réduire l’épaisseur des massifs. On leur donne dans ce cas des dimensions telles que l’épaisseur de maçonnerie qui enveloppe les caisses soit de lm,15 environ.
- Des voûtes de travail.
- Les voûtes de travail se trouvent aux deux extrémités du four devant le foyer et dans une direction perpendiculaire à la direction du foyer.
- Elles sont très surbaissées, n’ont point de communications entre elles, et sont disposées en plan (fig. 2), en arc de cloître. Les piédroits de ces voûtes sont ss et rr. s se construit en
- p.255 - vue 259/332
-
-
-
- — 256 —
- même temps que la masse et se présente comme une portion de mur accolé contre elle. On a soin toutefois de ne pas construire en saillie sur la masse les parties de ces piédroits correspondant à la place que doivent occuper les armatures. Un escalier, situé à une extrémité de chaque voûte de travail, sert au service du foyer. Un trou placé au dessus du foyer sert à la ventilation, et un autre trou, placé à l’extrémité de la voûte de travail, sert à y jeter le combustible destiné au chauffage du four.
- Forme intérieure de la masse.
- L’intérieur porte les vides et retraites nécessaires à l’établissement des caisses et des chemises réfractaires dont doit être garni le four (fig. 1).
- Ouvertures.
- Outre le cendrier et le gueulard, les deux faces de la masse qui portent ces ouvertures en ont d’autres, savoir : deux pour nettoyer les carnaux du dessous des caisses ; deux pour les éprouvettes, une pour le chargement et le déchargement des caisses, et quatre pour les tirants et armatures.
- Dans l’intérêt de la conservation des fours, il est bon d’armer toutes les ouvertures avec de la fonte. Quant à leurs dimensions et leurs positions (fig. 3), elles sont à peu près invariables , quel que soit le four.
- Chemin sur la masse.
- Sur la masse autour de la cheminée, j’ai déjà indiqué qu’on avait soin de ménager un chemin. Ge chemin doit être recouvert d’un béton de 0m.10 environ, ayant une légère pente vers l’exterieur du four, de façon à éviter la stagnation des eaux pluviales sur la masse et les dégradations qui en seraient la conséquence.
- Cheminée.
- La cheminée repose sur la masse j on la fait généralement assez mince (0m.25 à 0m.30 d’épaisseur) j les formes diverses de cette cheminée ont été déjà décrites, ainsi que la condition
- p.256 - vue 260/332
-
-
-
- — 257
- d’établissement de sa base. Quant au talus qu’on lui donne, il se trouve déterminé naturellement par la section à la base, par la hauteur, qui est généralement de 7m a 7m.50, y compris la petite partie prismatique, qui a de lm à lm.80 de haut, et par la section du sommet, que l’on fait presque toujours telle que le diamètre qui lui serait inscrit soit de 0m.50 à 0m.60.
- Pour la construction des cheminées, on n’emploie généralement pas de briques à modèle; on se contente de briques ordinaires, et l’on obtient le talus au moyen du mortier avec lequel on donne aux briques le gras convenable pour que leur face extérieure soit dans le plan indiqué par la règle de talus.
- Pour une cheminée comme celle du four décrit dans ce mémoire, il faudrait environ 10,500 briques de 0m.25 sur 0m.12, et sur 0m.05; l’épaisseur des joints des briques est environ de 0m.01.
- La cheminée est percée de deux ouvertures suffisamment grandes pour le passage d’un homme (0m.60 sur 0m.70), et destinées à permettre la visite et la réparation de la voûte des caisses et de ses petites cheminées. La visite est au reste nécessaire de temps en temps, afin de voir, par la flamme qui s’échappe des petites cheminées, si elle circule régulièrement autour des caisses.
- Les deux ouvertures de la cheminée sont voûtées, et ces petites voûtes sont établies sur des cintres en fer feuillard dont les extrémités sont prises dans la grande cheminée. Les voûtes achevées, les cintres sont laissés en place, afin que, si un jeu venait à s’effectuer dans la grande cheminée, comme ce jeu a lieu généralement dans les faces où sont les portes, les voûtes de celles-ci ne vinssent pas à tomber et à entraîner la chute d’une partie de la cheminée.
- Armatures.
- On arme la masse du four ; soit en bois,
- soit en bois et fer, soit en fonte et fer.
- p.257 - vue 261/332
-
-
-
- 258 —
- Le bois a l’avantage suivant : c’est que, se contractant par la chaleur au lieu de se dilater, il permet moins de jeu au four que tout autre système d’armatures. Lorsque l’on arme en bois, on emploie du chêne vert, afin que l'effet produit par la chaleur du four soit une contraction qui resserre davantage les armatures contre la masse. (Les bois employés ont un assez fort équarrissage.)
- La combinaison du bois et du fer, le fer étant employé comme tirants placés à l’extérieur de la masse, présente le'même avantage ; de plus, il y a plus de légèreté dans l’armature, et, comme il n’y a pas d’assemblages de bois vert qui, par le séchage, éprouvent un jeu qui nuit à leur solidité, leur emploi paraît préférable.
- Enfin, vient l’armature en fonte et fer. Cette dernière offre une grande durée, et une rigidité suffisante, malgré l’allongement produit par la chaleur sur les tirants en fer qui maintiennent les plaques contre la masse : en effet, la longueur des tirants est au plus, même dans le cas de grands fours, de 6 mètres ; la température moyenne qu’ils atteignent ne dépasse guère 300° ; de sorte que (0,00i3 étant le coefficient d’allongement pour une élévation de température de 100°, d’après Du-long), dans le cas de pose à froid, l’allongement ne serait que de 0,023, ce qui ne présente aucun inconvénient.
- Au point de vue de l’économie, à première vue, l’armature la moins chère serait l’armature en bois et fer; après ce système viendrait celle en bois, puis enfin celle en fonte et fer.
- Cependant, quand l’emploi de la fonte est judicieux, quand, au lieu de faire comme dans le bassin de la Loire, on substitue aux armatures de fonte à l’état de lames plates des armatures munies de nervures convenablement raisonnées, comme celles que j’ai appliquées àAllevard, on peut réduire considérablement (1/2 environ) le poids de la matière employée, et la différence de prix dans la pluralité des cas peut se trouver assez faible alors pour que la plus longue durée des armatures en fonte et fer, et la valeur que conserve la matière première,
- p.258 - vue 262/332
-
-
-
- 259 —
- même après leur mise hors de service, permette, au triple point de vue de l’économie, de la solidité et de l’élégance, de leur donner la préférence.
- Dans la Loire, d’ailleurs, on paraît disposé à accorder la préférence à ce genre d’armatures, et, aujourd’hui, la presque-totalité des fours s’arment en fonte et fer (1).
- Du sol autour des fours enfossés.
- Quand des fours enfossés ne sont pas abrités (c’est ce qui a lieu le plus communément dans la Loire), il est bon, autant que possible, de rendre le terrain imperméable à l’humidité tout autour du four, afin d’éviter des déperditions de chaleur et des détériorations.
- A cet effet, j’engagerais d’abord à composer le terrain qui touche le four des deux côtés où, il n’y a pas de voûtes de travail de la manière suivante :
- 1° Une couche de cailloux et scories de 0m.6Q d’épaisseur le long du four ;
- 2° Une couche d’argile de même épaisseur;
- 3° Une couche de cailloux et scories de même épaisseur;
- Puis, à former autour du four une aire imperméable, au moyen d’un béton gras de 0m.15 d’épaisseur et de lm.80 de largeur environ, qui, du côté des voûtes de travail, repose directement sur ces voûtes et les rend imperméables à l’eau.
- Enfin, j’engage à protéger cette aire, dans les points de passage les plus fatigués, au moyen de plaques de fonte.
- Choix et emploi des matériaux.
- La masse peut se construire en matériaux quelconques,
- (1) Les armatures du four décrit dans ce mémoire, qui sont en fonte et fer, pèsent environ 3,400 k. Dans ce chiffre sont compris les poids des porte - barreaux et des gueulards. On n’aurait donc à y ajouter que le poids des barreaux des grilles, celui des armatures des ouvertures situées sur les voûtes de travail, et, enfin, celui des plaques posées sur le sol autour du four.
- p.259 - vue 263/332
-
-
-
- — 260
- pourvu qu’ils soient susceptibles de bonne liaison, et que Sa chaleur de 100 à 200° ne les décompose pas.
- Dans tous les cas, on exécute généralement en bonnes briques ordinaires : le cendrier, la partie de l’enveloppe extérieure qui se trouve en contact avec les matériaux réfractaires , la grande cheminée et les voûtes de travail.
- Dans le cas de construction de la masse en matériaux ordinaires, on fait les angles en pierre de taille plus ou moins finement taillée. Le plus souvent, la masse est en briques , ainsi que tout le reste de la construction. (Ces briques ont, dans la Loire, 0m.25, 0m.12 et 0m.07.)
- On emploie la chaux grasse pour les parties qui sont à l’abri, la chaux hydraulique pour celles qui sont exposées à la pluie.
- Les briques et les autres matériaux servant à la construction sont employés sans avoir été mouillés au préalable, afin d’avoir un séchage plus prompt, plus parfait, et pour avoir aussi, dans le cas de briques, un ouvrage plus propre, plus facile et pouvant se passer de rejointoyage.
- En effet, les briques non mouillées sont posées à gros joints; le mortier est employé moyennement clair; son eau, absorbée par la brique, l’empêche de salir cette dernière en lui donnant immédiatement prise, et on lisse de suite le joint à la truelle. Cette dernière propriété, d’une prise presque instantanée du mortier, est précieuse dans la construction de la cheminée et des voûtes, en permettant de donner rapidement et régulièrement le gras aux briques, seulement au moyen du mortier.
- On pourrait objecter à cette méthode que la construction perd ainsi de sa solidité. D’une manière absolue, cela est vrai ; mais si l’on observe qu’elle est faite pour résister uniquement à de9 efforts de dilatation et d’expansion de vapeur, on verra bien vite qu’on se trouve dans des conditions de solidité préférables à celles qu’assure l’emploi ordinaire des matériaux.
- Aussi, je ne crois pas inutile d'appeler l’attention sur ce
- p.260 - vue 264/332
-
-
-
- 261 —
- mode de construction, et je termine ce qui est relatif à la première partie de ce travail, à l’enveloppe extérieure, en recommandant de laisser dans les massifs de construction de nombreux carneaux de séchage, que l’on bouche lorsque la masse paraît suffisamment séchée.
- g 2. - CAISSES, CHEMISES RÉFRACTAIRES.
- But de l’appareil.
- Laissant de côté toute discussion de forme et de dimension, j’aborderai de suite la question d’appareil. Celui-ci doit avoir pour but :
- 1° De créer le plus d’obstacles qu’il est possible à la pénétration d’une manière appréciable du gaz dans les caisses j
- 2° De donner aux caisses une solidité et une solidarité des plus complètes, de manière à empêcher tout jeu, toute fissure, qui aurait encore pour résultat l’introduction des gaz dans leur intérieur, introduction qui amènerait un commencement de fusion des barres 'a cémenter, et leur agglomération par suite de ce commencement de fusion et de la combustion des couches de cément qui les séparent.
- Appareil. Conditions de réussite.
- L’appareil réunit, comme on peut le voir (fig. 12), les deux conditions requises. Il donne de très bons résultats lorsque l’exécution en est convenablement soignée, c’est-à-dire lorsque chaque brique est bien dressée, que les joints (faits avec un mélange réfractaire tamisé au tamis de soie n. 35, et employé à l’état de bouillie claire) présentent une épaisseur tellement faible, que, lorsqu’ils sont secs, et qu’on regarde en plan une assise de briques, on peut à peine les voir, et quand enfin le mélange réfractaire est composé de façon à résister à la température du four et à éprouver peu de retrait. Dans la Loire, il se compose de terre de Bollène et de sable de Yoreppe mélangés à peu près par moitié.
- p.261 - vue 265/332
-
-
-
- 262 —
- Ordre de construction.
- On commence par garnir le foyer et le dessous des caisses d’une enveloppe réfractaire ; puis on pose les briques cintrées au dessus du foyer, puis les briques longues formant les carneaux du fond des caisses, puis les plateaux, qui réclament surtout les plus grands soins dans leur pose. Cela fait, on pose un rang de briques déterminant les caisses et les carneaux verticaux qui les entourent, en se conformant 'a l’appareil w (fig. 12). On pose ensuite un second rang conforme à l’appareillage &/, puis un troisième semblable au premier, et ainsi de suite jusqu’à l’entier achèvement des caisses. (Dans la pose de ces diverses assises de briques, on commence toujours par les briques du milieu.)
- Les caisses terminées, on pose la voûte destinée à les recouvrir. Cette voûte est simple ou en arc de cloître, et dans les deux cas, la directrice est une anse de panier. On y ménage à où 6 cheminées, suivant la dimension du four.
- Ce que l’on est obligé de faire pour donner le modèle exact des briques et pour en faciliter la pose.
- Pour se reconnaître dans une semblable construction, il est de toute nécessité de tracer l’appareil en vraie grandeur, et de découper en carton , tôle ou zinc, les formes des briques destinées à servir au briquetier pour exécuter ses moules. Pour faciliter la pose des briques, chacune de celles qui composent une même assise porte un même numéro, et toute brique destinée à être placée dans une position exceptionnelle a une lettre distincte (1).
- (1) Le nombre de modèles différents, variables du reste, suivant l’appareil adopté, est, dans le cas particulier du four décrit, de 30 à 35 environ. 11 y a des appareils qui en exigent un nombre plus considérable, 60 par exemple. Néanmoins, on obtient de fort bons résultats sans une aussi grande complication d’appareil.
- p.262 - vue 266/332
-
-
-
- — 263 —
- De cette manière, avec un dessin de l'appareil, ou après l’avoir vu exécuter plusieurs fois, il est facile de mener à bonne fin l’établissement des caisses, malgré la multiplicité de briques de modèles différents qui entrent dans cette construction.
- Dimensions. Devis.
- Pour éviter de répéter ce qui a déjà été dit par d’autres, je renverrai, pour la recherche des dimensions , au savant mémoire de M. Leplay sur la fabrication de l’acier dans le York-shire, publié dans les Annales des mines, ÏVe série , tome III, et je ferai seulement remarquer que dans la Loire on s’écarte en deux points des usages suivis dans ce comté.
- 1° On donne, proportion gardée, une plus grande hauteur aux caisses, et cela pour utiliser plus complètement la chaleur.
- 2° On multiplie davantage les carneaux, et on les fait par conséquent plus petits ; ce qui a, je crois, outre le même avantage que celui précité, celui de donner une plus grande solidité aux caisses.
- Ainsi, prenant comme point de comparaison le four ici décrit, dont les caisses ont lm.80 de haut, 0m.67 de large et 2m de long, d’après M. Leplay, un four destiné à faire le même service , c’est-à-dire à cémenter environ 10, à 12,000 kil. par opération, aurait au maximum 0m.90 de haut, 0m.90 de large et 2m.80 de long ; le nombre des carneaux serait, malgré cette grande longueur, encore moins considérable que dans le four précité.
- Quant au devis, comme il est au pouvoir de tout le monde de le faire quant à ce qui concerne les matériaux, je me bornerai à donner les prix faits habituels des diverses parties de la construction tels qu’ils sont généralement adoptés dans la Loire, cela servant do base pour calculer la main-d’œuvre en quelque localité que ce soit.
- La masse se paie 3 fr. 50 c. le mètre cube, vides et pleins
- p.263 - vue 267/332
-
-
-
- compris, moins toutefois le vide des caisses (matériaux à pied d’œuvre).
- La cheminée, 1 fr. 50 c. le mètre carré de parement extérieur (matériaux à pied d’œuvre).
- Les caisses se font à la journée , à raison de 5 fr. par maçon, 2 fr. par manœuvre. (Deux maçons servis par un manœuvre, les matériaux étant à pied d’œuvre, mettent quinze à dix-huit jours pour les faire.)
- Le dessin d’appareil et les soins de l’entrepreneur se paient 200 fr. Les briques réfractaires se paient, comme les briques des hauts-fourneaux, à raison de tantales 100 kil. Dans la Loire, les 100 kil. de briques, frais de modèles compris, se paient 5 fr.
- La densité de ces briques est d’environ 2. 2.
- Pour compléter les données relatives à l’établissement du devis, je dirai que dans le four d’AUevard il y a environ :
- 490mc de déblai et de remblai,
- 88mc de maçonnerie ordinaire et de béton,
- 107mo de maçonnerie en briques ordinaires,
- 7n,c.90 id. en briques réfractaires,
- 3,400 kil. de fonte et de fer (ce chiffre comprenant les fontes des pièces désignées § 1, au titre Armature),et que le tout a coûté environ 5,970 fr.
- J’ajouterai enfin que cette dépense se trouve très forte, par suite de la distance des localités où l’on a été obligé d’aller chercher les matériaux, et du prix élevé de certains de ces matériaux pris aux environs d’AUevard. Ainsi, par exemple, la fonte a coûté 20 fr. les 100 kil.; les briques ordinaires, transport compris, sont revenues à 5 fr. le 100, etc., etc.
- Si l’on supposait que tous les matériaux fussent à proximité, la suppression d’une partie des transports amènerait déjà une réduction de dépense de 2,200 fr. environ.
- Et si l’on se trouvait dans les conditions où l’on se trouve dans presque toutes les parties du bassin de la Loire, on établirait certainement un four comme celui qui nous occupe à
- p.264 - vue 268/332
-
-
-
- — 265 —
- moins de 3,500 fr. Au reste, dans la Loire, on considère toujours la construction d’un four à cémenter de 18 à 20,000 kil. comme devant coûter environ 4,000 fr.
- g 3. — UTILISATION DES GAZ DES HAUTS-FOURNEAUX AU CHAUFFAGE DES FOURS A CÉMENTER.
- Lorsque la construction du four qui nous occupe me fut confiée, je songeai à le chauffer au moyen des gaz du hautfourneau (qui est un fourneau au bois, donnant 4 tonnes en 24 heures, et dans lequel on traite du fer carbonate spathique). Je fis alors quelques études qui se bornent à peu près à la solution des questions suivantes :
- I. La composition des gaz pris au gueulard d’un haut-fourneau n’est-elle pas telle, qu’elle indique la présence de substances dont la pénétration dans l’intérieur des caisses pourrait altérer les produits de la cémentation?
- IL A-t-on besoin d’un courant d’air forcé) ^°Ur °^ten'r une
- III. A-t-on besoin de chauffer l’air ( empera urecon-
- Jvenable?
- IV. Peut-on ou doit-on exclusivement chauffer au gaz?
- Y. Peut-on obtenir un chauffage aussi régulier qu’à la houille?
- VI. Quelles conditions doit remplir l’appareil de combustion?
- La solution de ces questions que je donne ici m’a conduit sans hésiter à employer les gaz. Nous les allons traiter successivement.
- I. Des recherches de M. Ebelmen, publiées dans les Annales de mines de 1844, sous le titre de Recherches sur la composition des gaz produits dans les opérations de la métallurgie et des gaz produits par divers combustibles, il résulte, et ceci a du reste été confirmé par d’autres chimistes, que le soufre existe en proportions presque inappréciables et probablement à l’état de sulfure de carbone dans les gaz des hauts-fourneaux pris aü gueulard, et que la majeure partie du soufre reste dans les
- 2
- p.265 - vue 269/332
-
-
-
- — 266
- produits fixes de l’opération, soit fonte, soit laitier. Dans les mi?es en feu seulement, les gaz sulfurés persistent: donc l’emploi des gaz d’un haut-fourneau quelconque ne présente dans ce cas, au point de vue de sa composition, aucun inconvénient.
- II et III. La température à obtenir, d’après différents auteurs, est celle de 1000° environ, correspondant au cerise-clair, ou mieux au point de fusion du cuivre. Sans pouvoir cependant l’affirmer, je ne crois pas que l’air froid non injecté par une machine soufflante produise une température suffisante ; de plus, la combustion des gaz, dans ces conditions, n’est pas complète, le mélange de l’air et des gaz n’est pas intime , de sorte que l’on n’utilise qu’une faible partie de ces gaz.
- Cependant M. Ferry, dans son cours à l’École centrale, paraît penser que l’air froid, même sans l’intervention d’une machine soufflante, suffit pour donner une température d’environ 1,200° (les gaz brûlés étant ceux d’un haut-fourneau). De sorte qu’en résumé, il paraît possible que l’air froid sous la pression atmosphérique suffise, et qu’il est à peu près certain que l’air comprimé (à 0™.03 de pression de mercure, par exemple) permet, et au-delà, d’obtenir la température nécessaire à la cémentation , sans avoir recours à l’air chaud. A l’appui de ces opinions, je citerai un fait : c’est que chez M. Héroy, à La Hutte et près Darney (Yosges),où l’on cémente avec la chaleur perdue des feux d’affinerie, et cela sans air chaud et sans courant d’air forcé , les résultats obtenus sont satisfaisants (la cémentation est opérée en huit jours).
- Gr la composition des gaz provenant d’un feu d’affinerie d’acier est bien différente de celle des gaz des hauts-fourneaux, et la puissance calorifique des premiers est bien supérieure à celle des seconds. Ce fait permet donc de douter que l’emploi de l’air froid sous la pression atmosphérique soit suffisant. Aussi, ayant à ma disposition le vent d’une machine soufflante, j’ai jugé à propos de disposer mes appareils pour courant d’air forcé. Quant à l’emploi de l’air chaud, il ne peut donc être en-
- p.266 - vue 270/332
-
-
-
- — 267
- vïsagè que sous le point de vue de l’économie. Aussi me bornerai-je à dire en passant que, si l’on voulait s’en servir, je crois qu’on chaufferait aisément l’air à 100 ou 150° en le faisant circuler dans un appareil conique convenablement disposé, placé dans la cheminée du four, au dessus de la voûte des caisses. L’air entrerait par le haut du cône et sortirait par sa partie inférieure.
- Dans l’hypothèse de l’emploi d’un courant d’air forcé, j’engagerai à disposer les conduites de vent de façon que, dans le cas où on le jugerait convenable, il fût facile de substituer l’air chaud à l’air froid. (L’emploi de l’air chaud est du reste avantageux, en ce qu’il détermine une plus parfaite combustion des gaz, et MM. Thomas et Laurens ont remarqué qu’il était nécessaire pour la combustion complète du gaz oxide de carbone.)
- IY. Quand on emploie les gaz comme combustible , il est utile d’avoir une grille dite de secours. Cette grille, de petite dimension, sert: *
- 1° A chasser, au moyen d’un feu à la houille, tout l’air qui se trouve dans le foyer et les carneaux, et à commencer ainsi le chauffage. Ce n’est donc que lorsque le four est déjà un peu chauffé et que l’air est complètement chassé de l’appareil qu’on fait usage du gaz.
- 2° Elle sert à enflammer, au commencement du chauffage, au fur et à mesure de leur introduction dans l’appareil, le mélange combustible d’air et de gaz qu’on y a fait pénétrer.
- 3° Enfin, elle tient lieu de soupape, en ménageant une issue au gaz dans le cas d’explosion.
- Outre cette petite grille, je considère comme important de disposer le chauffage au gaz de telle sorte que, le cas échéant, on ait à sa disposition , aisément et sans perte de temps notable,, une grille suffisante pour;faire marcher le four complètement à la houille. Il est utile de remarquer que l’emploi du courant d’air forcé nécessite la fermeture parfaite du cendrier lors de la marche, car sans cela la pression qui existe dans ce cas, à l’intérieur du four projetterait la flamme par toutes ces
- p.267 - vue 271/332
-
-
-
- — 268
- issues. On peut donc avoir des portes ad hoc fermant le cendrier, qu’on luterait lors de l’introduction des gaz et de l’air forcé dans le four.
- Y. L’appareil de combustion a employer doit réunir les conditions suivantes : être simple, peu coûteux, facile à démonter, opérer un mélange convenable de l’air et des gaz, et enfin être facile à régler.
- YI. Reste à examiner la question de régularité de chauffage. Or, celui-ci paraît devoir être tout au moins aussi régulier qu’à la houille. En effet, comparons les causes d’irrégularité qui se présentent dans les deux cas.
- 1° Dans le chauffage à la houille il y a : la fréquence des chargements, qui se renouvellent d’heure en heure au moins; les négligences de celui qui est préposé à l’entretien du foyer, et même les soins donnés au foyer, car ils nécessitent l’ouverture du gueulard et amènent ainsi un refroidissement par l’introduction d’une'quantité considérable d’air dans le foyer; il y a, enfin, comme dernière cause d’irrégularité , l’influence du vent et des courants d’air sur la marche du feu.
- 2° Dans le chauffage au gaz il y a : l’influence des chargements du haut-fourneau; mais elle est moins sensible que celle des chargements du four, car les conduits de gaz forment réservoir, et quand le fourneau marche à gueulard ouvert, cette influence est à peu près nulle (cela , du moins, quand on emploie la trémie telle que la font MM. Thomas et Laurens, et que, les gaz ayant été lavés au moyen de l’épurateur introduit dans l’industrie par ces Messieurs, les conduites ne se trouvent pas engorgées). Quant à la fréquence et à la durée des chargements , elle est à peu près la même dans les deux cas. Il y a aussi à considérer que les variations dans la marche du feu, par suite du chargement du haut-fourneau, ne se font sentir que pendant la durée de ce chargement, et non après , tandis que le chargement du foyer du four modifie le feu jusqu’à ce que les charbons noirs qu’on a jetés dans le foyer soient complètement allumés. Enfin l’influence des vents et des courants
- p.268 - vue 272/332
-
-
-
- — 269 —
- d’aîr est moins sensible, car leur action ne peut avoir lieu que par la petite grille de secours, et n’a même plus lieu du tout quand on marche à air forcé, et par conséquent avec toutes les ouvertures du foyer bouchées. Cette comparaison amène donc à conclure que le chauffage au gaz doit présenter une régularité au moins égale, sinon plus grande, que celui de la houille.
- Là se termine la revue des conditions indispensables à remplir. L’appareil que j’ai fait exécuter, d’après mes plans, pour le chauffage du four à cémenter d’Allevard, me paraît réunir ces diverses conditions. Il est établi pour l’emploi de l’air à courant forcé (0m.03 de pression).
- Je ferai observer que je ne rappelle pas les calculs que j’ai faits pour établir mon appareil, parce que je pense qu’il est au pouvoir de tout ingénieur de les faire; et, comme ces calculs reposent sur des données publiées dans un assez grand nombre d’ouvrages , qu’il est inutile de reproduire ici, je me bornerai à citer la consommation moyenne de houille par 100* d’acier produit, et le temps que dure le chauffage, ces nombres étant les points de départ de tous les calculs.
- La quantité de houille brûlée par 100* d’acier produit est environ de 75 à 80 kil. La période de chauffage a une durée qui oscille entre sept et dix jours, suivant le degré de cémentation qu’on veut obtenir.
- En dernier lieu , je crois bon de faire remarquer que le four à cémenter chauffé au gaz dont je donne ici la description n’a pas encore été mis en fonction , et que, par conséquent, l’expérience n’a pu encore sanctionner les prévisions que j’exprime dans ce mémoire, relativement à l’emploi du gaz pour le chauffage de ces fours.
- N. B. L’emploi des gaz au chauffage du four à cémenter n’amène aucune modification dans les carneaux des caisses; il nécessite seulement une cheminée plus haute, afin d’avoir un tirage assez actif pour qu’on ne soit pas forcé de donner de trop grandes sections aux orifices d’introduction du gaz dans le foyer.
- p.269 - vue 273/332
-
-
-
- Je termine enfin ce travail par quelques mots sur les moyens de régler le chauffage à la houille et le chauffage au gaz.
- DES MOYENS DE RÉGLER LE CHAUFFAGE A LA HOUILLE ET LE CHAUFFAGE AU GAZ.
- Dans le chauffage à la houille des fours à cémenter, on n’utilise pas la cheminée pour régler le feu : un ouvrier, attentif à la marche du feu , dégage la grille avec un ringard dans les endroits où elle s’engorge quand il veut avoir une température élevée, et la laisse s’engorger plus ou moins, suivant qu’il veut diminuer plus ou moins l’activité du feu.
- Cette méthode de régler le feu est générale dans le chauffage à la houille, et, en conséquence, la section de la cheminée à sa partie supérieure est toujours à peu près la même, quelle que soit la grandeur du four : en effet, la cheminée n’a, pour ainsi dire, dans ce cas, pour objet que d’assurer aux produits de la combustion un dégagement dans une direction déterminée.
- Je crois qu’il serait bon de déroger à cet usage en donnant à la cheminée une section variable et convenable à chaque cas particulier, et en munissant sa partie supérieure d’une registre qui, en permettant de modifier le tirage à volonté, donnerait aussi la faculté de faire varier les différentes phases du feu dans des limites plus étendues, et rendrait moins minutieuse la surveillance qu’exige la conduite du feu.
- Dans le chauffage au gaz, des valves à papillon permettent de régler l’écoulement des gaz et de l’air, et donnent un moyen commode de conduire le feü. On peut, d’ailleurs, comme dans le cas précédent, faciliter encore celte conduite au moyen d’une cheminée munie d’un registre.
- La qualité de houille employée est généralement une houille tenant le milieu entre le caillette et le menu ; on la choisit, au-
- p.270 - vue 274/332
-
-
-
- — 271 —
- tant que possible, exempte de sulfures, et, en général, de matières volatiles nuisibles à la qualité de l’acier.
- LÉGENDE.
- N. B< Les mêmes lettres indiquent les mêmes choses.
- Enveloppe extérieure.
- Fig. 1. Coupe du four suivant la ligne AB.
- c Cheminée: épaisseur, 0m.30; hauteur totale, 10m; hauteur de la partie prismatique, lm.50$ diamètre du cercle inscrit au périmètre extérieur de sa base, 4mj diamètre du cercle inscrit au périmètre intérieur de la partie prismatique, 0m.50. k! Porte de cheminée : largeur, 0m.60; hauteur, 1“.70. d Massif : épaisseur autour des caisses, lm.15. e Cendrier : hauteur depuis le bas jusqu’au dessus du porte-barreau, lm.40j diamètre de la voûte qui forme sa partie inférieure, 0m.75; largeur à sa partie supérieure, à la hauteur du porte-barreau, 0m.40.
- /Trous des éprouvettes : sur 0m.15.
- n Retraites pour l’établissement de la voûte des caisses et des cheminées : la plus grande est de 0m.25, l’autre de 0m.18.
- g Trous servant au nettoyage du dessous des caisses : 0m.10 sur 0m.25.
- o Retraite de 0m.20 pour la place de la chemise réfractaire du foyer.
- h Porte de chargement : 0m.70 sur 0m.70. i Plaque de fonte placée au dessus de la porte de chargement et supportant en cet endroit la cheminée‘. épaisseur, Qm.05 j largeur, 0m.35; longueur, lm. k Gueulard : l’ouverture du gueulard a 0m.36 sur Gm.36.
- I Béton : épaisseur, 0m.50.
- t Base du four assise sur le béton : épaisseur, 0m.S0. m Grillagé en écoins de chêne : épaisseur variable de 0ra,10 àO^O.
- p.271 - vue 275/332
-
-
-
- 272 —
- Fig. 2. Coupe du four suivant VV, XX. p Voûtes de travail ; 2m.20 de large ; piédroits, 2m.20 de haut 5 montée de 0ra.55.
- Massif de lm d’épaisseur, divisant le cendrier en deux. r Piédroits des voûtes de travail : épaisseur, 0m.40. s Autres piédroits accolés contre le four : épaisseur, 0™.30. y Projection de l’arc de cloître. u Murs soutenant le terrain î épaisseur, 0m.40. q Escalier de service.
- Fig. 3. Elévation antérieure du four (les voûtes de travail supprimées).
- z Armatures : épaisseur des parties plates, 0m.03; hauteur maximum des nervures, 0m.12 ; épaisseur maximum des nervures, 0m.03.
- a Gueulard de la grille de secours : forme trapézoïdale; petite base, 0m.40 ; grande base, 0m.50 ; hauteur, 0m.20. b Cailloux et scories : épaisseur, 0m.60. c1 Argile: épaisseur, 0m.60. d' Terrain ordinaire. er Béton : épaisseur, 0m.10 à 0m.15. f Balustrade autour de l’escalier : hauteur, lm,20.
- Fig. à. Plan du four.
- g1 Ouvertures au-dessus du foyer pour la ventilation : 0.5 0 de large ; 0m.25 de long ; elles sont armées en fonte épaisse de 0m.02.
- h1 Ouvertures servant à jeter le combustible dans les voûtes du travail : 0m.60 de diamètre ; elles sont armées en fonte épaisse de 0m.02 à 0m.25.
- Fig. 5. Coupe du four suivant la ligne MM. tf Maçonnerie voûtée diminuant la longueur du foyer de la grille de secours.
- V Tirants des armatures : diamètre, Qm.030 h Qm.035.
- p.272 - vue 276/332
-
-
-
- — 273 —
- Appareil de combustion des gaz.
- Fig 6. Plan de l'appareil à brûler le gaz (l’appareil étant en place).
- n' Appareil de combustion.
- pr Tuyère.
- of Caisse à air: elle a 0m.50 sur Qm.50; la caisse à gaz a même dimension.
- s' Tuyau d’amener d’air.
- t' Tuyau à deux coudes amenant les gaz de la caisse à gaz q dans l’appareil n'.
- Fig. 6 bis. Élévation de l'appareil à brûler le gaz (l’appareil étant placé).
- afar valves régulatrices.
- Fig. 7. Appareil de combustion des gaz. Coupe NN.
- L’air arrive dans la tuyère pr, de là entre dans la tuyère aplatie qui se trouve au milieu de l’appareil, et s’échappe dans le foyer par une ouverture de 0m.008 sur 0m.20. Les gaz arrivent par deux tuyaux bicoudés V, vont dans les compartiments de l’appareil qui sont placés de chaque côté de celui qui donne passage à l’air, et pénètrent dans le foyer par des sections égales et ayant 0m.065 sur 0m.20. Il est à remarquer que ces lames de gaz convergent de manière à se trouver rencontrées par la lame d’air sous les caisses, et à opérer en temps opportun un mélange convenable des gaz et de l’air. L’épaisseur de la fonte de l’appareil est de 0m.015.
- Fig. 8. Appareil vu par le bout w.
- Cette élévation montre les ouvertures qui donnent introduction au gaz et à l’air dans le foyer; elle fait voir aussi le moyen de relier l’appareil à gaz au gueulard du foyer, en les boulonnant l’un à l’autre par quatre boulons dont les trous sont indiqués sur cette élévation. (Il va sans dire que les joints sont lûtes convenablement avant la marche.)
- p.273 - vue 277/332
-
-
-
- — 274 —
- Fig. 9. Appareil m par le bout wf.
- Elle montre l’assemblage de là plaque qui sert à fermer l’appareil, plaque qui porte un trou de 0m.06 de diamètre pour l’introduction de l’air.
- Fig. 10. Valve à papillon servant de régulateur.
- v Boîtes à étoupes.
- zr Valves.
- Cette valve se place aux tuyaux d’amené de gaz et d’air un peu au dessus des caisses, afin d’être à la portée de l’homme chargé de la conduite du feu.
- Caisses.
- Fig. 11. Coupe des caisses suivant CD.
- Cette coupe montre les carneaux qui se trouvent sous le fond des caisses et les plateaux qui forment ce fond.
- La partie dé l'enveloppe extérieure sur laquelle repose le fond des caisses est recouverte de detnc assises de briques de O™. 06 d’épaisseur, sauf à l’endroit où passent les carneaux j, où il n’y à qu’une seule assise.
- Sur cette première chemise réfractaire on pose des briques an (de 0^.12 de large et Gra.20 de haut) et des briques du (de même hauteur et de 0m.09 de large, déterminant des carneaux h,r, irr, fc", (de 0m.10, 0m.12, 0m.13, 0m.06, de large). Ces carneaux correspondent avec le foyer, les premiers directement par des intervalles ménagés entre les briques cintrées g,r formant la voûte du foyer, les autres par des trous biais pratiqués par moitié dans les briques enf' posées sans intervalles et formant l’autre partie de la voûte du foyer. Les briques eu ont 0m.12 épaisseur, les briques fr ont 0m.18.
- On garnit latéralement les carneaux j d’une enveloppe réfractaire br en briques (de 0m.î0, 0m.06 et 0m.25).
- Ainsi se trouvent déterminés les carneaux placés sous le fond des caisses, qui se forme avec de grandes briques plates de 0m.10 d’épaisseur, que l’on appelle plateaux. On pose d’abord
- p.274 - vue 278/332
-
-
-
- 275 —
- une première assise, composée de neuf plateaux semblables au plateau br'brrbnbrr, puis une autre assise composée de sept plateaux semblables à mnm"mnwt,r t lé fond de la caisse est fait.
- Les plateaux placés, pour laisser aux carneaux du milieu qui les séparent leur grandeur primitive, on emploie des briques Vf, qui ont une hauteur de 0m.10, une largeur de 0m.08, et une longueur variable et égale à l’intervalle qui sépare deux carneaux consécutifs.
- Fig. 12. Coupe des caisses suivant R/S'.
- Ayant établi le fond des caisses et les carneaux qui servent h son chauffage, on procède à l’établissement des caisses elles-mêmes.
- On pose une première assise de briques de l’appareil w ayant 0m.08 d’épaisseur; ces briques ainsi appareillées, on le voit, déterminent les caisses et les carneaux verticaux qui les entourent. (Ces carneaux sont au nombre de 33.)
- Cela fait, on pose une deuxième assise de l’appareil «' qui conserve les mêmes carneaux (on combine l’emploi des briques de cet appareil de manière à alterner les joints, cette alternance doit surtout avoir lieu pour l’intérieur des caisses, et c’est d’ailleurs une des conditions à remplir dans le tracé de l’appareil); puis on pose une assise w, etc., ainsi de suite, en alternant toujours jusqu’à parfait achèvement des caisses ; on a soin seulement de ménager à la hauteur voulue les trous des éprouvettes.
- Fig. 13. Coupe des caisses suivant A'B', indiquant la position du foyer par rapport aux caisses.
- Fig. ïh. Coupe en long des plateaux, indiquant leur assemblage dans le fond des caisses.
- p.275 - vue 279/332
-
-
-
- 276
- MÉMOIRE W XXV.
- Construction des portes d’écluse au canal Salnt-Benis 9
- Par M. E. VüIGNER,
- Ingénieur en chef au chemin de fer de Paris à Strasbourg.
- Les portes d’écluse établies lors de la construction du canal Saint-Denis avaient vingt années d’existence en 1842, et, la plupart d’entre elles commençant à fléchir, il fallait songer au renouvellement des plus mauvaises, de celles qui présentaient le plus de détérioration et dont la rupture aurait pu déterminer les avaries les plus graves.
- L’expérience ayant prouvé que le système admis pour l’établissement de ces portes laissait à désirer sous divers rapports, il était nécessaire de modifier ce système ou d’en admettre un autre plus convenable dans l’espèce.
- Dans le système ancien (planche 19,fig. de 15 à 19), chaque vantail était composé d’un poteau tourillon, d’un poteau busqué et d’un certain nombre d’entretoises assemblées dans les poteaux de manière à former un châssis rectangulaire. Un bracon en bois formant l’éventail en écharpe de bas en haut servait à donner du roide à ce châssis j deux potelets intermédiaires aux entretoises inférieures déterminaient une ouverture de 70 centimètres de hauteur sur 60 centimètres de largeur pour l'emplacement d’une vanlelle, et des madriers de 0m.06 d’épaisseur, allant d’une entretoise à l’autre, complétaient le plein du châssis, qui était rendu imperméable par le calfatage de tous les joints.
- En outre des bourdonnières supérieures, des crapaudines inférieures et des garde-corps, les ferrures à chaque vantail étaient composées d’équerres simples ou doubles reliant les
- p.276 - vue 280/332
-
-
-
- — 277 —
- entretoises avec le poteau tourillon et le poteau busqué, et d’une écharpe dans le sens opposé au bracon en bois.
- Ne considérant que les portes d’aval, pour plus de clarté dans la description, nous ferons observer, quant aux dimensions des pièces de bois que nous venons d’indiquer, que l’épaisseur des entretoises intermédiaires était trop faible ; et en effet, la majeure partie de ces entretoises avaient été remplacées, bien que les autres parties des vantails où l’on opérait ce remplacement se trouvassent encore en bon état de service.
- Le système entrait aussi pour beaucoup, du reste, dans les causes de la détérioration de ces entretoises; car, si leur épaisseur était trop minime, les boulons qui les traversaient, les bracons et les potelets de crics qui les coupaient, les assemblages des poteaux de vantelle, et les entailles des bordages, venaient encore les affaiblir considérablement. Mais les inconvénients les plus graves inhérents à ce système de portes résultaient de la nécessité de faire des calfatages annuels pour conserver l’imperméabilité.
- Ces calfatages souvent répétés attaquaient les assemblages et finissaient par les détériorer au point d’annuler toute la rigidité que chaque châssis présentait lors de sa construction.
- Nous avions fait démonter déjà un certain nombre d’anciennes portes, et nous avions toujours remarqué que les poteaux tourillons, les poteaux busqués et les entretoises inférieures étaient assez bien conservés, mais que les entretoises intermédiaires, comme l’entretoise supérieure, étaient en complet état de vétusté, et que les détériorations les plus considérables existaient dans les tenons. Tous les assemblages étaient disjoints, et les pièces de bois n’étaient maintenues entre elles que par les ferrures. Il fallait obvier à ces inconvénients en établissant des portes neuves; et pour cela, des modifications notables étaient à apporter au système admis, si l’on ne parvenait pas à trouver un autre système plus convenable.
- On était dans cette situation, lorsque M. Accolas proposa à la compagnie concessionnaire du canal Saint-Denis d’établir
- p.277 - vue 281/332
-
-
-
- 278 —
- une porte d’aval dans un système dont il se disait l’inventeur et pour lequel il était breveté. La compagnie consenlit à cet essai aux risques et périls de M. Accolas, et ce dernier fit poser une porte d’aval à la cinquième écluse.
- Un vice essentiel dans la disposition des poteaux busqués, vice que nous avions signalé à l’avance, occasionna la rupture de cette porte. Nous nous abstiendrons de tout détail sur le système suivi pour sa construction et sur sa rupture, attendu que l’un et l’autre furent l’objet d’une note particulière qui a été insérée dans les annales des ponts et chaussées (année 1834).
- Pressé de rétablir instantanément une nouvelle porte d’aval, dont nous avions, du reste, fait préparer les bois à l’avance, nous apportâmes quelques modifications notables dans la construction de cette porte neuve.
- Les poteaux busqués, les poteaux tourillons, ainsi que les entretoises supérieures et inférieures, furent conservés dans leurs formes et leurs dimensions, avec toutes leurs ferrures ; mais les dimensions * et l’espacement des entretoises intermédiaires furent,complètement changés, de manière à les mettre dans les conditions voulues d’égale résistance. (Planche 19, fig. de 20 à,£40
- Les bracons en bois d’une seule pièce furent supprimés; ils furent remplacés par des bracons allant djune entretoise à l’autre, assemblés sur ces entretoises dans des sabots en fonte et reliés ensemble, par des plates-bandes, de manière à ne former ainsi qu’une seule et même pièce : des équerres en fonte m vinrent consolider les assemblages des poteaux tourillons et busqués avec les entretoises supérieure et inférieure ; et enfin, au lieu de placer les bordages d’une entretoise à l’autre, on employa des,madriers de toute la hauteur de la porte.
- Il y .avait déjà amélioration, car d’une part les entretoises intermédiaires n’étaient plus, coupées par les bracons comme dans le [premier système ; elles présentaient plus de résistance :que;les anciennes, qui n’avaient qu’une épaisseur uniforme, et
- p.278 - vue 282/332
-
-
-
- — 279 —
- elles se trouvaient dans les conditions d’égale résistance ; les assemblages principaux et les bordages d’une seule pièce dans la hauteur de la porte offraient une diminution considérable dans le nombre des joints, de sorte que les inconvénients du calfatage étaient notablement diminués.
- Ces modifications ne satisfaisaient pas encore la compagnie concessionnaire du canal Saint-Denis ; elle voulait arriver à supprimer le calfatage annuel, travail tout à la fois dispendieux et funeste pour la solidité des portes. Il y eut à examiner si l’un des deux systèmes suivis par M. Poirée pour l’établissement des portes d’écluses du canal de Bourgogne et pour le projet des portes de l’écluse de Marly sur la Seine-Inférieure pouvait être appliqué sur le canal Saint-Denis.
- Les dimensions des écluses de ce canal et l’activité des mouvements de la navigation firent penser qu’on ne pourrait y admettre le système suivi pour les portes d’écluses du canal de Bourgogne qu’en y apportant de notables modifications, et en rentrant alors dans le système suivi pour les portes des écluses de Marly. Mais la dépense devenait beaucoup trop considérable pour que la compagnie pût consentir à admettre ce système.
- Il y avait en effet vingt paires de portes à remplacer sur le canal Saint-Denis, et chaque paire de portes devant revenir en moyenne à 30,000 fr., la dépense se fût élevée à 600,000 fr.
- Il fallait chercher un système mixte, et voici celui qui fut définitivement admis pour le remplacement des anciennes portes d’écluses du canal Saint-Denis. (Fig. de 20 à 2â.)
- Le châssis en bois, composé pour chaque vantail de porte d’aval ou intermédiaire d’un poteau busqué , d’un poteau tourillon et de cinq entretoises, est conforme, quant aux dimensions et aux formes de ces diverses pièces, aux indications que nous avons déjà données ci-dessus sur les portes d’aval. Ce sont les mêmes équerres simples et doubles en fer forgé aux joints des entretoises avec les poteaux busqué et tourillon, et des équerres en fonte qui consolident les assemblages des entretoises supérieure et inférieure.
- p.279 - vue 283/332
-
-
-
- — 280 —
- L’écharpe en fer forgé est aussi conservée ; mais le braeon en bois est remplacé par trois portions de bracons en fonte reliées ensemble.
- Sur la face d’amont, les madriers en bois formant les bor-dages sont remplacés par des feuilles de tôle de 0m.00â5 d’épaisseur reliées par des rivets et fixées sur les entretoises et les poteaux avec des vis à bois. Un châssis en fer forgé forme l’encadrement des tôles et sert à les appuyer contre le bois, à leurs abouts horizontaux et verticaux ; des feuilles de papier gris trempées dans du brai et intercalées entre les surfaces de jonction des tôles et des bois assurent l’imperméabilité du système.
- Le châssis d’encadrement en fer forgé de 0m.009 est d’affleurement avec les parements visibles des poteaux busqués et tourillon et des entretoises supérieure et inférieure, de sorte que les tôles sojpt en arrière de ces parements visibles de la même quantité.
- Les poteaux de vantelle n’ayant d’autre effet que de soutenir leurs châssis sont assemblés à plat-joint avec les entretoises auxquelles ils correspondent, et n’altèrent ainsi aucunement leur force.
- La rainure dans laquelle manœuvraient les vantelles était formée dans l’ancien système par des pièces de fonte qui se logeaient de leur épaisseur dans le bois, ce qui était encore une cause de détérioration. Ces pièces en fonte ont été supprimées et remplacées par trois plaques de tôle superposées que de fortes vis à bois fixent sur les potelets et sur les trois entretoises inférieures, et qui sont disposées pour former les rainures.
- Il y avait encore un inconvénient â éviter, c’était d’empêcher la détérioration des entretoises supérieures sur lesquelles passent constamment les mariniers et les hommes chargés du service des écluses.
- On a obvié à cet inconvénient en changeant le système de garde-corps, et les disposant pour supporter un marche-pied de service qui met les entretoises supérieures à l’abri de tout contact.
- p.280 - vue 284/332
-
-
-
- — 281 —
- En résumé, ail moyen de ce système, les entretoises ne sont aucunement attaquées, les calfatages sont complètement supprimés , l’imperméabilité est plus assurée qu’avec l’emploi des bordages en bois, et la dépense n’est pas considérable, car chaque paire de portes ne revient en moyenne qu’à 6,000 fr. ; la dépense de remplacement ne doit donc aller qu’à 120,000 francs, au lieu de 600,000 fr.
- On avait eu la pensée de supprimer l’écharpe en fer et les bracons en fonte, attendu que la tôle remplit le même but; mais ils ont été conservés pour maintenir la rigidité de la porte dans le cas d’avarie faite à la tôle par le choc des bateaux sur la face d’amont, et pour diminuer les chances de ces chocs directs sur la face d’aval (1).
- (1) Les portes du nouveau système ont aujourd’hui plus de neuf années d’existence, et l’on n’a remarqué jusqu’ici aucune disjonction dans les assemblages ni aucune détérioration dans les diverses parties constitutives ; elles ont aussi conservé leur imperméabilité première. Le conseil général des ponts et chaussées a reconnu les avantages de ce système, car il l’a admis pour d’autres canaux du gouvernement, et notamment pour le canal de la Marne au Rhin.
- s
- p.281 - vue 285/332
-
-
-
- 282
- Note sur la détérioration gue swMt la voie d’un
- ejtaesaaisœ «le fer, et «les «aaoyeias à esraploycr pour
- y remédier.
- Extrait par M. L. YYERT d’un rapport fait en 1849 au comité de direction
- du London and North-Western Kaihvay par une commission formée de
- ses ingénieurs.
- Les directeurs des chemins de Londres à Birmingham , Manchester, Liverpool, etc., s'inquiétant 'a juste titre de la détérioration que subit le matériel des voies proprement dit, chargèrent en 1848 une commission présidée par le capitaine Marc Huish de rechercher :
- 1° Quelle détérioration la voie avait subie à cette époque et combien de temps elle pourrait encore durer ;
- 2° Quelle serait pendant les trois premières années la valeur des remplacements a faire ;
- 3° Quels moyens il faudrait préndré pour diminuer rïih^oit'-tance de ces remplacements y
- k° Quelle est la valeur de la détérioration actuelle, et comment y parer en mettant la voie en rapport soit avec’les conditions actuelles du trafic et de la vitesse, soit avec celles que l’on peut prévoir ;
- 5° Quelles améliorations l’on pourrait apporter dans les systèmes suivis pour l’entretien des voies ;
- 6° Enfin, quel changement l’on pourrait faire subir au gabarit et au poids des rails, aux coussinets et au système actuel des voies, de manière à en prolonger la durée et à diminuer la dépense à faire pour les rem placements.
- Le but que se proposaient les directeurs était de rechercher si pour faire face à la détérioration du matériel des voies il n’y avait pas lieu de se créer un fonds de réserve, de manière à répartir sur toute la durée de la concession les dépenses nécessitées par le remplacement de la voie à un moment donné.
- p.282 - vue 286/332
-
-
-
- — 283 —
- Nous avons mis de côté la question financière pour ne donner ici que les résultats des recherches de la Commission au point de vue de la destruction du matériel des voies et des moyens d’y remédier ou de i’atténuer le plus possible.
- Au commencement de l’année 1869, M. Marc Buish a déposé son rapport, dans lequel les six questions qui avaient été posées à la Commission sont successivement traitées. Il les fait précéder de considérations générales ainsi conçues :
- OBSERVATIONS GÉNÉRALES.
- Avant d’entrer dans les détails de ce rapport, nous appellerons l’attention du conseil sur l’énorme disproportion qui existe entre la force et la puissance de résistance des anciennes parties de notre voie avec la grandeur de l’effort que lui font supporter le trafic, qui va toujours en augmentant, l’accroissement continu de vitesse et de facilités demandé par le public, et cette malheureuse concurrence de vitesse qu’a engendrée la guerre des largeurs de voie en dépit des protestations réitérées des compagnies des chemins de fer à petite largeur de voie. Cette disproportion est devenue si énorme qu’à la première vue on peut croire, soit que les premiers calculs des ingénieurs n’étaient pas exacts, soit que les directeurs n’avaient pas bien réfléchi et n’avaient pas prévu les conséquences de l’emploi des lourdes machines, des marches à grande vitesse et de la multiplicité des trains, qui sont les seuls moyens que nous ayons de satisfaire l’impatience des voyageurs. Mais quand on étudie dans tous ses détails l’exploitation des grandes lignes de chemin de fer , il est évident que d’un côté aucun calcul abstrait ne pouvait embrasser les conditions d’une grande expérience de voies de communication, expérience toute nouvelle et inconnue dans tous ses détails, et que d’un autre côté les directeurs des chemins de fer ont été forcés de prendre des moyens extrêmes par suite de l’accroissement du trafic et des demandes inexo-
- p.283 - vue 287/332
-
-
-
- — 2S4
- râbles du Parlement et du public. On ne doit donc pas s’étonner qu’un ingénieur distingué ait long-temps insisté sur la grande économie qui résulte de l’emploi de rails considérés aujourd’hui comme très légers, et qu’un autre tout aussi éminent ait émis une théorie (basée sur l’état des rails après cinq années de service) d’après laquelle les rails d’une forme convenable peuvent durer plus de cent ans.
- C’est sous l'influence de toutes ces circonstances et des exigences du trafic et de la concurrence, que le rail primitif ondulé tel qu’il était sur l’ancienne ligne de Liverpool à Manchester et pesant 17k.35 par mètre courant a été porté à 30k.75, puis à 32k.23 , à35k.70, à 37M9 ; enfin nos derniers rails pèsent 40k.66 et même 42k.15 par mètre courant. Mais long-temps avant que l’on ait adopté ces augmentations de poids, le nombre et le poids des machines et des trains avaient de beaucoup dépassé une proportion convenable par rapport à la puissance de résistance de la voie, et même de celle du fer, à moins qu’il ne soit fabriqué avec le plus grand soin.
- Dans l’origine, les plus grandes machines (la Fusée, par exemple) pesaient avec le tender 7l.57 - aujourd’hui nous avons à Wolverton une machine qui pèse avec son tender 57289. Le nombre des trains allant de Liverpool à la station de Manchester en vingt-quatre heures était d’abord de 26 j actuellement il est de 90 j les poids remorqueurs et les poids remorqués sont aussi beaucoup plus considérables.
- Les tableaux suivants feront voir les progrès comparatifs de la puissance de la voie et de l’effort auquel elle est soumise par suite des charges et de la vitesse.
- p.284 - vue 288/332
-
-
-
- 285
- Liverpool à Manchester. Grande Jonction. Londres à Birmingham.
- Puissance de la voie. 1831 1848. 1837 1848. 1837. 1848.
- Poids des rails par mètre courant. . 17k.ÇS 29k.75 52k .23 32k.23 37k.19 57k.19
- Largeur des dés. 0m.91 deOm.91àlm.52 1 m.22 Im.22 lm.52 1m .22 et 0,u.91
- Poids du coussinet 6k. 57 9K97 9^.07 9k.07 11k .34 llk.54etl2k.70
- Cube des traverses )) 0mo.0848 0mc.0849
- Cube des dés 0mc.0849 0mc.0849 0rac.115 0mc.H5 0mc.115 Omc.113
- Effort.
- Nombre de trains montant ou des-
- Cendant de la principale station extrême en 24 heures. 26 90 14 58 19 44 t
- Poids moyen des machines 7.11 15.59 15.59 17.42 12.54 18.94
- Poids maximum des machines . . . 7.11 17.42 16.00 26.66 12.54 37.58
- Vitesse moyenne des trains de mar- K i ! o m. kilo 'i. kilom. kilotit. h i l o m. kilo m.
- chandises (par heure) Vitesse maximum des trains de mar- 16.09 31.58 27.36 32.38 25.75 52.19 51.41
- chandises (exceptée, par heure). . Vitesse moyenne des trains de voya- 19.31 48.19 52.19 48.19 33.80
- 48.19
- gcurs (par heure) Vitesse maximum des trains de 27.36 46.58 52.19 48.19 52.19
- 80.47 t
- voyageurs (par heure) 38.62 64.57 44,97 t 4.00 80.47 44.97
- f îic classe. .... 3.65 b 4.57 4.98 3.71 4.37
- Poids moyen des ) 9e rla„p voitures j J Udfaae 3.30 5.55 3.55 4.57 5.50 4.11
- y 3e classe 3.05 3.15 5.15 3.91 2.54 3 57
- Poids moyen des trains de voya- 58.91 77.19
- geurs, avec tender et machine. . 18.28 71.10 60.94 71.10
- Poids moyen des trains de marchandises , avec tender et machine . . 52.81 127.98 134.08 178.75 125.94 162.50 j
- De sorte que pour un accroissement moyen dans le nombre des trains , qui était le suivant :
- Augmentation pour Liverpool à Manchester. Grande Jonction. Londres à Birmingham.
- j Les trains montant et descendant de la station principale ...... i Le poids des machines Le poids des voitures j La vitesse moyenne Le poids moyen des trains 250 pour 100 114 — 50 — 88 — 550 — 170 pour 100 14 — 21 — 55 — 29 — 155 pour 100 33 — 18 — 34 — 50 —
- on a accru, jusqu’à ce jour, la puissance de résistance de la voie de la manière suivante :
- —- . Augmentation Liverpool à Manchester. Grande Jonction. Londres à Birmingham.
- 1 Du poids des rails • Du poids des dés . Du poids des coussinets De la base des traverses ou des dé.. - - . . 70 pour 100 0 — 35 — 0 — o pour îoo 0 — 0 — 0 — 0 pour 100 0 — 0 — 0 —
- p.285 - vue 289/332
-
-
-
- — 286 —
- Il est évident dès lors que, de même que l’ancienne locomotive faite pour un service qui a augmenté de toute manière a maintenant disparu ? la vieille voie doit être aussi considérée comme une expérience, comme un outil qui n’est plus en rapport avec les exigences du trafic et les nécessités de l’époque.
- Ces observations préliminaires une fois faites, nous allons examiner les questions qui ont été posées.
- lie QUESTIOM.
- Etat actuel de la voie.
- Nous donnons ci-contre un tableau dans lequel sont consignés les résultats de nos recherches sur l’état des diverses parties de la voie depuis 1837.
- Nous ferons remarquer qu’une certaine longueur de la voie (298k sur 7051) est nouvelle, puisqu’elle a été faite en rails lourds depuis le printemps de 1845 sur ces 29Sk, où l’on en a déjà remplacé 83k.
- Toutes nos investigations nous ont démontré que la durée de nos anciens rails légers , tout à fait insuffisants (employés sur les parties les plus parcourues de notre ligne principale), posés sur des supports trop écartés et avec de petits coussinets, sera en moyenne d’au moins quinze ans; nous pensons donc que l’introduction sur 298k d’un rail plus lourd et d’une meilleure forme, posé sur des appuis également espacés, et plus solidement établi, donnera à notre voie (la voie principale entrant pour 60 pour 100 et les embranchements pour 40, sur lesquels embranchements le trafic est moindre) une durée moyenne d’au moins vingt ans; et, comme l’ensemble de notre voie a aujourd’hui en moyenne environ sept ans et demi d’existence, si nous les déduisons de ces vingt aimées que nous lui donnons pour durée totale, nous trouvons qu’elle peut encore servir pendant au moins douze ans et demi.
- p.286 - vue 290/332
-
-
-
- W « « M
- 04 ••»£» : fcS .O •
- Liverpool à Manchester,
- O 51 >*
- S K
- Grande Jonction,
- Chester à Crewe,
- Bolton àKenyon,
- 05' 00 ijh 00 CO B
- /*s <*“> /“» -
- Trent Valley,
- Manchester à Birmingham,
- Embranchement de Maeclesfleld.
- Londres à Birmingham,
- ^ Coventry & | à Leamington
- _ Northampton à Péterhorougb
- o >*»
- Aylesbury,
- Bedford
- Dunstable,
- M >î~
- L^i
- cn
- p.287 - vue 291/332
-
-
-
- 288 —
- 2e QUESTION.
- Remplacements à faire en 1849, 1850 et 1851.
- Nous ferons remarquer que la véritable économie consiste à maintenir constamment la voie dans un bon état d’entretien, parce que l’action continuelle des trains non seulement la détériore plus rapidement quand elle est dans des conditions mauvaises ou même simplement passables, mais encore parce qu’elle augmente dans une grande proportion l’usure et la destruction du matériel roulant.
- Il est de la plus haute importance que les rails soient bien de niveau, que les coussinets soient bien solidement ajustés et que les traverses ou les dés soient bien fixés dans le sol et bien de niveau. Quand toutes ces conditions ne sont pas remplies (et l’on conçoit que plus le chemin a d’ancienneté plus il est difficile de les remplir), les rails se cassent souvent, les traverses sont très fatiguées et le ballast est chassé de dessous la base des dez ou des traverses. Il est dès lors évident que, dans cet état de choses, les entrepreneurs de l’entretien de la voie et la compagnie perdent tous les deux. Gomme preuve de ce résultat et du rapide accroissement d’usure qui se manifeste forcément dans les parties anciennes ou plus faibles de la voie, nous donnons le tableau suivant, qui indique le nombre de rails brisés par mois depuis juin 1848 sur la ligne principale dans la division du Southern :
- Rails brisés dans le mois de juin 1848 sur la division du Southern. . . 1
- Id. juillet Id. 2
- Id. août Id. 1
- Id. septembre Id. 2
- Id. f octobre Id. 4
- Id. novembre Id. 3
- Id. décembre Id. 1
- Id. janvier 1849 Id. 5
- ïd. février Id, 8 Total 27
- p.288 - vue 292/332
-
-
-
- — 289 —
- De plus, le nombre de rails transportés pour remplacer ceux qui étaient écrasés, courbés, laminés ou brisés sur la même ligne en 1848, s’est accru comme on le voit dans le tableau suivant :
- Dans les trois mois complétés le SI mars 1848, sur le Southern, division de la ligne de Londres à Birgmingham. . 130
- Dans les trois mois complétés au 30 juin. ..... 214
- •— — — 29 septembre. . . . 280
- — — — 31 décembre. . . . 450
- La consommation des coins sur ie district compris entre Rugby et Birmingham, où les rails sont bien conservés, a été en 1848, de 435 par kilomètre.
- La consommation sur le district compris entre King’s Langley et Wolverton , où la voie est en moins bon état, a été dans la même période de 1123 par kilomètre.
- Les mêmes résultats ont lieu pour tous les matériaux employés.
- 11 est donc évident (en ne perdant pas de vue que l’ancienne voie n’est pas en rapport avec les efforts qu’elle doit supporter aujourd’hui) que, si la compagnie faisait elle-même l’entretien, il y aurait une véritable économie pour elle à remplacer des matériaux qui ne sont pas complètement hors de service et dont l’entretien est encore possible. Il est donc certainement de son intérêt de remplacer la voie avant qu’elle n’ait entièrement perdu les conditions de la résistance. Un seul accident pourrait causer des pertes plus grandes que le bénéfice que l’on fait en retardant quelque temps le remplacement de la voie, et les 300 fr. ou les 500 fr. par kilomètre qu’on pourrait gagner par une ou deux années de retard s’ajouteraient bientôt à nos dépenses annuelles sous forme d’augmentation dans la réparation des machines, des voitures et des wagons.
- Nous proposons donc de faire les remplacements comme l’indique le tableau ci-dessous, en les exécutant à des époques convenablement choisies dans les années 1849, 1850 et 1851. Hâtons-nous de dire que, dans notre opinion, c’est le renouvel-
- p.289 - vue 293/332
-
-
-
- 290
- leinent ie plus grand que puisse exiger la voie d’après les circonstances actuelles de circulation et de vitesse , et nous avons le ferme espoir que les changements que nous vous proposons, et que les perfectionnements que nous conseillerons d’apporter dans l’entretien, diminueront beaucoup la nécessité même de la totalité de cette dépense.
- LIGNES NOMBRE DE en 1849 KILOMÈTRES A en 1850 REMPLACER en 1851
- kilom. kilom. kilom.
- Manchester à Liverpool. .... 8.05 4.83 16.09
- Grande-Jonction ........ 14.48 17.70 32.19
- Chester à Crewe . . pas pas pas
- Trente-Valley. » )> )) |
- Boîton à Renyon ........ 1.61 )) )) j
- Manchester à Birmingham . . . 0.40 » 8,05
- Embranchement de Maclesfield. pas » pas
- Londres à Birmingham. .... 22.53 22.53 22.53
- Coventry à Leamington. .... pas pas pas |
- Norlhampton à Peterborough . » )) » i
- Embranchement d’Aylesbury. . » » » j
- Embranchement de Bedford . . )) » » ï
- Embranchement de Dunstable. » )) U 1
- Nombre total de kilomètres. . . 1 47.07 45.06 78.86 j
- 3e QUESTION.
- Moyens de conserver la voie en bon étaU
- Les seuls moyens qu’on puisse employer pour prolonger la durée des parties plus faibles de la voie sont de diminuer la distance entre les supports quand les rails sont légers et les supports trop peu nombreux , de fortifier les joints au moyen d’un coussinet plus large posé sur une traverse plus forte et de réduire la vitesse ou de proscrire les machines trop lourdes.
- Nous recommandons d’augmenter le nombre des traverses
- p.290 - vue 294/332
-
-
-
- et de changer les coussinets comme il est dit dans le tableau ci-dessous, en laissant à la décision de M. Lock et à la responsabilité de l’entrepreneur le soin de remplacer ces parties de voie quand ils le jugeront convenable. Du reste, ces parties ne sont pas comprises dans le tableau précédent.
- LIGNES ! Kilomètres | à fortifier CE qu’on doit faire DÉPENSE
- k fr.
- | Chester à Crewe. . . . 32,99 Ajoutera traverses pour chaque rail de 4^.57 292,950.00
- 1 Liverpool à Manchester S,63 Id id id. 57,475.00
- Ces modifications ont pour but de prolonger de sept ans au moins la durée de la voie en la rendant plus résistante.
- On ne peut plus contester maintenant que l’effet produit sur les rails et sur les autres parties de la voie par l’augmentation de poids et de vitesse des machines et des trains ne soit très sensible ; l’unanimité de ceux qui sont chargés de l’entretien prouve que la détérioration de la voie a augmenté très rapidement depuis l’époque de l’emploi des machines lourdes -, il ne faut pas oublier non plus l’âge actuel de la voie, qui doit être pour beaucoup dans la diminution de sa puissance.
- Relativement a la détérioration plus ou moins grande causée aux rails par le poids et la vitesse, il y a des opinions différentes, mais tout le monde admet qu’elle est très considérable par suite du poids aussi bien que de la vitesse. Le public ne consentira jamais à une diminution de vitesse, et cependant ce serait le véritable moyen d’apporter de l’économie dans l’exploitation : car on ne peut douter un instant que l’excédant de dépense causé par la grande vitesse des express n’est nullement compensé par l’excédant do prix dont les places de ces trains sont grevées. Et cependant le public, profitant seul des avantages de cette vitesse de circulation, devrait bien supporter les
- p.291 - vue 295/332
-
-
-
- — 292 —
- charges, et ne pas les laisser tout entières au compte des com» pagnies.
- Nous pensons donc qu’il n’y a pas à compter sur une diminution dans la vitesse ni dans le nombre des trains, à moins que les directeurs ne veulent s’exposer aux plaintes du public. Le seul moyen pratique de diminuer la détérioration causée à la voie par la vitesse est de diminuer autant que possible le poids excessif qu’on lui fait supporter, et d’employer des machines plus légères pour les trains en quelque sorte de localité, et, sur les embranchements, de composer des trains avec des voitures plus petites, de forcer les voyageurs à changer de voitures aux embranchements, au lieu d’accrocher la voiture elle-même au train ; d’avoir moins de voitures, en les remplissant le mieux possible, et de diminuer, s’il est possible, le nombre des trains de voyageurs, de manière à avoir des machines toujours bien chargées.
- Pendant que nous nous occupons de ces détails, nous dirons que nous regardons comme de la plus haute importance de faire promptement un grand usage dü télégraphe électrique. Outre la sécurité qui en résulte pour le service de l'exploitation , dans le cas de la marche des machines-pilotes et des doubles trains partant des bifurcations des embranchements (les trains extraordinaires passant souvent 5 minutes seulement avant l’arrivée d’un train en retard, parce qu’on ne connaît pas la position du dernier), nous pensons qu’il est impossible de régulariser la distribution du matériel roulant sur les grandes lignes de chemin de fer, si l’on m’a pas le moyen de faire communiquer les stations entre elles, moyen que donne le télégraphe. Il y a lieu de regretter qu’un si grand nombre de kilomètres soit parcouru sur les différentes sections des lignes de la compagnie par le matériel roulant sans rapporter de bénéfice. On ne peut évidemment éviter cette perte qu’en partie ; mais elle serait bien moins forte si l’on faisait un grand usage du télégraphe : car on n’entraînerait pas avec soi des voitures vides en prévision des exigences des stations que l’on doit ira-
- p.292 - vue 296/332
-
-
-
- — 293 —-
- verser. Le télégraphe indiquerait exactement ce que Ton devrait faire à ce sujet.
- Nous donnons à l’appui de ce fait le tableau suivant, qui indique le nombre moyen de places de chacune des voitures de la compagnie et le nombre moyen de voyageurs qu’elles transportent :
- VOITURES Nombre moyen des places Nombre moyen des voyageurs
- Ire Classe 18 7
- 2° Classe. 25 13
- 30 Classe 32 21
- En diminuant le nombre des trains de voyageurs , nous donnerons plus de facilité pour la traction des lourds trains de marchandises qu’on est souvent obligé de remorquer, surtout dans la division du Southern, à des vitesses de 40 et même de 48 kilomètres à l’heure (quoiqu’elles ne doivent être que de 32 kilomètres), ce qui fatigue excessivement la voie. Ce transport des marchandises pouvant évidemment prendre plus d’extension que celui des voyageurs, et nos recettes du fait des marchandises allant en augmentant, il devient de plus en plus important de réduire la vitesse de ces trains, qui doivent être remorqués par des machines très puissantes et d’un grand poids.
- En marchant à des vitesses de 24 ou de 28 kilomètres à l'heure, les machines ont sur la voie un effet destructeur peu important, tandis que quand elles marchent à des vitesses doubles la détérioration de la voie est énorme.
- Quant aux lourdes machines, les ingénieurs de la voie et tout naturellement les entrepreneurs de l’entretien se sont souvent plaints amèrement du poids de certaines d’entres elles qui circulent sur les lignes de la Grande-Jonction et de Londres à Birmingham, et sur leurs embranchements, depuis les dix-huit derniers mois.
- Les machines dont on se plaint sont les suivantes :
- p.293 - vue 297/332
-
-
-
- — 294
- MACHINES Grande- Poids de la machine Jonction Poids du tender chargé Londres à ; Poids de la machine Birmingham Poids du tender chargé
- t. I. t. t.
- Cornwall. 26.66 11.17 » )>
- Vélocipède 22.85 9.14 » ))
- Courier. . 21.84 9.14 3) 3?
- N° 233 (Lrverpool). . . 3> 3) 35.54 21.73
- » 227 ( Id. ). . . )> » 32.04 17.06
- » 200 (Crampton S1) . 3> » 26.41 18.79
- » 32 (Manchester à Birmingham) » )i 25.70 16.81
- » 210 (Id.) J) 1) 25.70 16.81
- » 212 (Id.) 3) 3) . 25.70 16 81
- » 215 (Id.) 3) » 25.70 16.81
- » 217 (Id.) 3) 3) 25.70 16.81 !
- » 219 (Id.) » )) 25.70 16.81
- » 224 (Id.) )) 3) 25.70 16.81
- » 228 (Id.) » » 25.70 16 81
- » 229 (Id.) )> 3) 25.70 16.81
- » 232 (Id.) » » 25.70 16.81
- » 238 (Id.) 3> 3) 25.70 16.81
- » 240 (Id.) J» 3) 25.70 16.81
- » 242 (Id.) » 3) 25.70 16.81
- » 211 (Id.) » 3) 25 70 16.81
- » 213 (Id.) 3) 3) 25.70 16.81
- » 218 (Id.) 3> 3) 25.70 16.81
- ;> 214 (Id.) » » 25.70 16.81
- » 216 (Id.) 3> * 25.70 16.81
- » 220 (Id.) 3) 33 25.70 16.81
- » 223 (Id.) » 3) 25.70 16.81
- » 225 (Id.) )) 3) 25.70 16.81
- » 230 (Id.) 3) » 25.70 16.81
- » 231 (Id.) » » 25.70 16 81
- » 236 (Id.) 3) 3) 25.70 16.81
- » 241 (Id.) 3) 3) 25.70 16.81
- » 243 (Id.) 3) 3) 25.70 16.81
- » 12 (Id.) 3) » 25.70 16.81
- » 18 (Id.) 3) 3) 25.70 16.81
- » 67 (Id.) 3) 33 25.70 16.81
- 5) 75 (Id.) 3) 3) 25.70 16.81
- p.294 - vue 298/332
-
-
-
- — 295
- Au sujet de quelques unes de ces machines, les ingénieurs du matériel ont dit :
- 1° Que celles qui circulent sur la division du Northern, et quelques unes de celles qui marchent sur les divisions du Southern, ont été faites seulement pour résoudre certaines questions relatives à la voie étroite et pour opposer des résultats à ceux de la voie large -7
- 2° Que les autres ont été construites exprès pour le service qu’elles font, et qu’elles sont plus économiques pour remorquer les lourds trains de marchandises que des machines plus petites, qui nécessitent des trains plus nombreux.
- Cette dernière raison est importante, quand on considère isolément et d’une manière absolue la traction d’un train j mais il faut considérer tous les éléments de la dépense qui en est la conséquence pour apprécier l’exploitation d’un chemin de fer et pour éviter de faire dans un service une économie qui n’est qu’apparente, si elle augmente beaucoup la dépense dans un autre service. D’un autre côté, on ne peut nier que l’introduction de machines plus lourdes n’ait permis de donner au service une plus grande régularité.
- Quant aux expériences sur la vitesse, les discussions qui les ont motivées sont heureusement terminées et ne se renouvelleront plus, il faut l’espérer. Il n’y a donc plus de motifs qui empêchent de mettre de côté, au moins momentanément, les machines telles que le Cornwall, la machine de Crampton et le Liverpool, et de les y laisser jusqu’à ce que, par suite de l’adoption d’un système convenable de voie, il devienne économique de les employer, ce qui est loin d’avoir lieu actuellement.
- p.295 - vue 299/332
-
-
-
- — 296
- 4e QUESTIOM.
- Valeur de la détérioration actuelle.
- L’usure âo la voie est plus lente, plus égale que celle du matériel roulant, et, malgré l’entretien ordinaire, à la longue la voie cesse d’avoir la valeur de résistance voulue, quoique beau* coup des vieilles traverses, des vieux coussinets et des vieux rails puissent encore être employés dans les renouvellements et qu’une quantité importante de matériaux entièrement neufs soient introduits dans le cours ordinaire de l’entretien.
- « Cependant l’usure et la destruction des rails ont été con-» sidérées pendant long-temps comme si peu de chose, que la » question du renouvellement n’avait jamais préoccupé per-)> sonne. L’expérience a prouvé qu’avec les vitesses et les char-» ges actuelles des trains, la durée des rails ne peut aller au-» delà de vingt ans ou au plus de trente ans. Car il faut bien » remarquer qu’ils ne peuvent se réparer. Ils s’usent tous en-» semble autant les uns que les autres; la destruction de cha-» cun d’eux se fait en même temps et au même degré, ou à « peu près, les différences ne tenant qu’aux natures différen-» tes des fers : par conséquent ils seront tous usés à peu près à » la même époque. »
- L’entretien ordinaire ne fait que retarder les progrès de la destruction. Un bon état d’entretien, des soins continus et un travail qui va toujours en augmentant prolongeront la durée des voies, mais ne pourront pas les perpétuer. Au fur et à mesure que les voies prennent de l’âge, on voit croître rapidement l’importance des renouvellements. Aussi nous avons compris dans le tableau suivant la valeur des matériaux neufs employés sur la ligne de Londres à Birmingham pendant les années 1846 , 1847 et 1848.
- p.296 - vue 300/332
-
-
-
- — 297 —
- Années. Rails. Coussinets Traverses. Chevilles et coins. Transport de matériaux et de ballast. Total.
- fr. fr. fr. fr. fr. fr.
- 1846 6,300 6,925 45 975 30,250 27,400 116,850
- 1847 15,823 8,250 50,925 42.200 23,925 141,125
- 1848 16,675 2,725 83,550 46,125 38,125 187,200
- Total. 38,800 (A) 17,900 180,450 118,575 89,450 445.175
- La valeur des mêmes matériaux neufs employés dans la voie sur la section de Manchester à Birmingham, où la ligne est plus nouvelle que celle de Londres à Birmingham, a été :
- Années. Rails. Coussinets Traverses. Chevilles et coins. Ballast. Total.
- 1846
- On n’a pas de données pour ces deux années.
- fr. fr. fr. fr. fr.
- 1848 6.925 5,875 1,650 125 » 14.575
- Sur la section de la Grande-Jonction, les entrepreneurs de l’entretien sont chargés du remplacement de tous les matériaux , même des rails et des coussinets, des réparations et du renouvellement pour tous les travaux sur la ligne et dans les stations, excepté pour les bâtiments, les chemins d’accès et les quais de chargement ; ils doivent aussi remplacer telles parties de la ligne qu’il peut être nécessaire de renouveler pendant la durée de leur contrat. On paie par kilomètre une
- (A) Ce prix ne représente pas des rails tous neufs, mais eelui des meil-Jeurs rails choisis parmi ceux qui ont été enlevés de la voie lors de poses nouvelles complètes, et dont on a estimé la valeur réelle.
- 4
- p.297 - vue 301/332
-
-
-
- 298 —
- somme.annuelle de 2,563 fr. 70 c. sur la ligne de la Grande-Jonction et sur celle de Chester, et de 4.039 fr. 78 c. sur la ligne de Liverpool à Manchester. La compagnie a aussi, sur cette section, compris dans son marché le remplacement de tout ce qui se détériore, même des rails et des coussinets.Tous les semestres, elle a payé à l’entrepreneur, en sus de la somme allouée pour l’entretien ordinaire, une somme supplémentaire pour parer a la destruction définitive des traverses, des coins, des chevilles, du ballast et des autres matériaux et ouvrages.
- En estimant le chiffre de ce supplément à 699 fr. 20 c. par kilomètre et par an sur la ligne de la Grande-Jonction et sur celle de Chester, et à 1,553 fr. 75 c, sur la ligne de Liverpool à Manchester, nous aurons par an, pour faire face à la détérioration , une somme totale de 197,000 fr.
- Les faits cités ci-dessus expliquent pourquoi l’entretien de la voie coûte ordinairement à la compagnie du London andNorth Western railway, enmoyenne, environ 3,107 fr. 52 c. par kilomètre et par an, pour un développement de ligne de 705 kilomètres, tandis que, dans les comptes de quelques autres compagnies, les mêmes travaux présentent une moyenne de 1,398 fr. 38 c. à 1,866 fr. 51 c. par kilomètre.
- Cette différence apparente tient à des revirements de sommes nécessités par la différence des méthodes suivies dans la comptabilité.
- Nous regrettons, sans en être étonnés , qu’aucun mode régulier pour observer et consigner les progrès de la détérioration n’ait été généralement adopté sur les chemins de fer anglais. On a rassemblé ça et là quelques statistiques isolées • mais il n’y a aucune règle fixe pour calculer la valeur de la destruction qui devrait entrer dans les frais d’exploitation , et personne n’a jusqu’à présent de formule pour fixer exactement ce qui doit tous les ans être mis en réserve pour faire face à la détérioration.
- M. Belpaire, dans son Traité des dépenses d'exploitation des
- p.298 - vue 302/332
-
-
-
- 299 —
- chemins de fer belges, estime que la durée moyenne d’un rail, quand le trafic annuel moyen nécessite 3,000 trains, composés chacun d’une machine avec son tende-r et de 11 voitures ou wagons, avec une charge moyenne de 20 tonnes, est de 120 ans, et il en conclut que la cent-vingtième partie de la valeur des rails doit être mise de côté tous les ans pour faire face à la détérioration annuelle. Calculant pour une longue période , d’après une expérience de huit à neuf ans, et d’après une moyenne résultant d’un mode particulier d’exploitation, il en conclut que la détérioration annuelle pour un mvriamètre de voie est la suivante :
- Rails. ....... 122 fr. 65 c.
- Coussinets........ 206 40
- Chevilles et coins. . 60 90
- Total. . . 389 fr. 95 c. parmyriamè-
- tre et par an, ou 39 fr. par kilomètre et par an.
- Quant aux traverses, M. Belpaire dit que, sur la ligne de Bruxelles à Malines, où elles ont été placées en 1834 et 1835, elles étaient presque entièrement renouvelées en 1842. Il ajoute néanmoins que ce n’est pas le cas ordinaire j qu’une grande quantité des autres traversés, et surtout celles qui sont en chêne et préparées, sur d’autres lignes, sont placées depuis plus long-temps, et auront probablement une durée de vingt-quatre ans.
- La durée moyenne des traverses sur les chemins de fer belges (en y comprenant celles de la ligne de Malines) serait, d’après lui, de douze ans au moins.
- Les chemins de fer belges sont, du reste, exploités tout autrement que les nôtres, et ces calculs ne peuvent nous servir que pour ce qui a trait à la durée des traverses.
- Faute de faits réunis avec soin, nous sommes forcés de supposer que la durée des matériaux de la voie sera la même, en faisant la part de l’accroissement de poids, d’assiette et de puis-
- p.299 - vue 303/332
-
-
-
- — 300 —
- sanee de résistance , que celle de ces matériaux qui ont été retirés des parties anciennes de nos propres lignes.
- Nos anciens rails et coussinets , qui étaient légers sur les lignes principales, ont duré en moyenne quinze ans. Le plus grand nombre de nos dés en pierre sont aussi bons que le premier jour. Nos traverses non préparées ont duré environ dix ans , et nos traverses imprégnées de créosote (celles, par exemple, qui depuis neuf ans sont sur la ligne de Manchester à Birmingham) sont, dans la plupart des cas, aussi saines que le jour où elles ont été mises en place. Quoique beaucoup de nos anciens rails aient déjà disparu, il en reste encore un certain nombre de kilomètres qui sont condamnés, et que nous devons enlever, parce qu’ils sont trop faibles pour l’effort qu’on leur fait supporter; environ un sur neuf de ceux qui ont été enlevés sur les parties les plus mauvaises de la ligne, entre Londres et Boxmor, ont été de nouveau employés dans des renouvellements partiels. Cette coïncidence d’usure et de faiblesse de nos rails ne se présentera plus, il faut l’espérer. Nos rails et nos coussinets nouveau modèle , sans modifications de gabarit, mais avec une augmentation de poids de 30 pour 100, peuvent très bien durer au moins vingt ans dans notre système actuel, en supposant, en vingt-quatre heures, sur la ligne principale , une moyenne de 50 trains, et sur les embranchements, une de 18 trains.
- D’après cela, on peut chercher à se rendre compte de l’importance de la détérioration annuelle d’une voie.
- Les traverses se détruiront également sur la ligne principale et sur les embranchements; et nous pensons qu’en les préparant convenablement, on pourra leur donner une durée moyenne de vingt ans au moins. Nous ferons donc deux estimations de la valeur de la détérioration de la voie, l’une basée sur une existence de vingt ans, et l’autre basée sur une existence de douze ans.
- Le prix brut d’un kilomètre de voie posé en rails de é0l.66, avec de forts coussinets et des traverses bien imprégnées de
- p.300 - vue 304/332
-
-
-
- 301 —
- créosote (voir l’estimation A), est de 36,502 fr. ; il faut ajouter à cela les deux tiers du prix des traverses pour pouvoir les renouveler, soit 10,633 fr., ce qui fait en tout un prix de 47,135 fr. pour une période de vingt ans.
- Le prix brut d’un kilomètre sur les embranchements posé en rails de 35L70, avec des traverses imprégnées de créosote (voir l’estimation B), est de 31,749 fr., auquel il faut ajouter les
- ESTIMATION A.
- Pour 1 kilomètre.
- fr. c. fr. c.
- 1621.756 de rails rendus à Birmingham, à 160 » la tonne....... . 26,040 96
- 57 .406 de coussinets id. à 113 84 id.............. 6,535 10
- 220M62 transportées sur la voie, à 6 15 id.............. 1,354 »
- 365 traverses de joint....... 12 50 la pièce. 4,567 50
- 1821 id. intermédiaires .... 6 25 id. 11,381 25
- Total. . . . 15.948 75 15 948 75
- Pose, y compris les chevillettes et les coins, 6 fr. 83 le mètre courant. . 6,830 »
- Total. . . . 56,708 81
- A déduire pour vieux rails . . . 162‘.756 à 110 77 la tonne 18,028 48
- Id. pour vieux coussinets 57 .406 à 6154 id. 3,532 77
- Total. . . . 220f. 162 21,561 25
- Dont il faut retrancher le coltinage, à 6 fr. 15 c. la tonne . 1.354 »
- Reste à déduire. . . . 20,207 25 20,207 25
- Prix d’un kilomètre de voie posé. . . . 36,501 56
- ESTIMATION B.
- Pour 1 kilomètre.
- fr. c.
- fr.
- 1431.200 de rails rendus à Birmingham, , à 160 n la tonne . . . 22,912 »
- 37 .850 de coussinets id. à 113 84 id . 4,308 84
- 18ll.050 transportées sur la voie, à 6 15 id . 1,113 36
- 2186 traverses à 6 25 la pièce . 13,662 50
- Pose, y compris les chevillettes et
- les coins à 6 83 le mètre courant. . . 6,830 ï>
- Total . . . 48,826 70
- fr.
- fr.
- A déduire pour vieux rails . . . 1431.200 à 110 77 la tonne 15 862 26 id. pour vieux coussinets. 37 .850 à 61 54 id. 2,329 29
- Total. . . . 1811.050 18,191 55
- Dont il faut retrancher le coltinage, à 6 fr 15 c.. la tonne . . 1,113 36
- Reste à déduire. . . . 17,078 19 17,078 19 Reste .... 31,748 51
- p.301 - vue 305/332
-
-
-
- — 302
- deux tiers du prix des traverses pour leur renouvellement, soit 9,108 Ir., ce qui fait en tout un prix de 00,857 fr. pour une période de vingt ans.
- De ces deux sommes il faudrait déduire la valeur des nouveaux matériaux remplacés annuellement par le fait des réparations ordinaires, soit 888 fr. par kilomètre et par an5 mais nous n’avons pas fait de déductions pour ce fait, et nous avons compté tous les matériaux enlevés au prix de vieux matériaux.
- Passons maintenant à la ligne de la Grande-Jonction, sur laquelle toute détérioration, excepté celle des rails et des coussinets , est à la charge de l’entrepreneur. Dans ce cas, le prix brut de renouvellement d’un kilomètre de voie en rails de Zi2v.15 par mètre courant, posés sur de forts coussinets (voir l’estimation G), pour une période de vingt ans, est de 12,685 fr.
- Le prix brut du renouvellement, ou l’équivalent de la destruction ou de la détérioration une fois trouvé , on peut chercher à établir un fonds de réserve, qui s’accumulerait, pendant que la voie se détruit, et qui serait alors réellement en rapport avec la valeur du renouvellement. En considérant cette réserve comme une garantie que la prudence dit d’accumuler pour faire face à un danger qui se prépare pour la fin d’une période de
- ESTIMATION C.
- Pour 1 kilomètre.
- fr. c. fr. r.
- 168' 434 de rails rendus à Wolverhampton, à 160 )> la tonne.......... 26,948 80
- 57.406 de coussinets id. à 113 84 id................ 6,535 10
- 225'.840 transportées à une distance moyenne de 48^.279, à 3 f. 8 c. la t. 695 59
- Total. ... 34 179 49
- fr. fr.
- A déduire pour vieux rails . . . 1681.434, à 110 77 la tonne 18,657 43 Id. id. coussinets 57.406, à 61 54 id. 3,532 77
- Total. . . . 225'.840 22,190 20
- Dont il faut retrancher le transport, à 3 fr. 8 c. la tonne. , . 695 59
- Reste à déduire. . . . 21,494 61 21,494 61
- Reste .... 12,684 88
- p.302 - vue 306/332
-
-
-
- — 303
- vingt ans, et non pas comme un fonds pour le paiement d’une dette annuelle ou semestrielle , nous sommes convaincus que nous suivons un bon principe commercial; c’est l’oubli de ce principe qui a été cause que les estimations précédentes des conditions de détérioration sont si fortes. En établissant cette réserve, il ne faut pas oublier la différence qu’il y a entre un fonds d’amortissement et un fonds qui se grossit et s’accroît pour ensuite être employé au renouvellement de la voie. Ainsi , supposons que la durée des rails soit de vingt ans et celle des traverses de douze à vingt ans , la question à résoudre dans ce cas est celle-ci :
- Quelle somme placée à intérêts composés produira la valeur primitive ou moyenne au bout de la période d’existence de la voie (a) ?
- Pour produire une somme de 25,000 fr. au bout de vingt ans, il suffit d’ajouter tous les ans une somme de 796 fr. 90 c. placée à intérêts composés à k 1/2 pour 100 , ou une somme de 763 fr. 39 c., en supposant qu’on ajoute les deux tiers de la somme annuelle au 1er janvier et l’autre tiers au 1er juillet, tandis qu’en agissant d’après l’autre principe , la somme an-
- (a) Note du traducteur.
- Pour résoudre cette question, on emploie la formule :
- dans laquelle S est la somme cherchée,
- a la somme qu’il faut mettre tous les ans de côté au lrr janvier; m le nombre d’années sur lequel on opère ; t ce que rapporte 1 fr. au bout d’un an.
- Si l’on suppose qu’on pièce deux tiers de la somme au lPi janvier et un tiers au 1er juillet, et qtie ce dernier tiers soit placé à intérêt simple pendant les six derniers mois de la première et dé ta dernière année, comme cela se fait ordinairement, la formule à employer sera :
- p.303 - vue 307/332
-
-
-
- — 304 —
- nuelle qu’on doit mettre en réserve serait de 25,000 fr. divisés en vingt ans , soit 1,250 fr., auxquels il faut encore ajouter les arrérages de l’intérêt.
- Ainsi, en formant constamment un fonds qui s’accroît, on peut économiser près de deux cinquièmes du prix de renouvellement, non pas à cause des sommes prélevées annuellement ou semestriellement, mais bien a cause d’un intérêt convenable de ces sommes, qui s’augmente toujours. Ce système, qui sert de base aux calculs des opérations de toutes les sociétés d'assurance sur la vie, diminuera pour les actionnaires la somme qui devra solder le renouvellement de la voie.
- En supposant que les traverses dureront douze ans, et appliquant le calcul que nous venons d’indiquer, on trouvera que la réserve annuelle (divisée en deux paiements semestriels, l’un des deux tiers de la somme, et l’autre de un tiers) se divisera comme il suit :
- Par Total
- DIVISIONS. Double voie. kilomètre et par an. par an. REMARQUES.
- DIVISION DU SUD. k. fr. c. fr. c.
- Ligne principale 181.05 1,439 65 260,648 63 En supposant qu’on f enleve tous les
- Embranchements DIVISION DU NORD. Ligne principale et embranchement dont l’entretien est à 126.31 1,295 » 163,610 30 dés. |
- l’entreprise 223.70 587 08 86,589 80 1
- BoltonàKenyon. . 15.70 387 08 6,077 16
- Trent Valley MANCHESTER A BIRMINGHAM. 79.66 - 387 08 30,834 79 En supposant qu’on entretienne comme sur les autres lignes de la
- Ligne principale - 49.90 1,439 65 71,838 54 Grande-Jonction.
- Embranchement de Maclesfield. 14.50 1,295 5) 18,777 50
- Total I 690.85 924 04 638,376 72 ...
- Si l’on suppose que les traverses préparées comme on l’a
- p.304 - vue 308/332
-
-
-
- — 305 -
- proposé dureront vingt ans (et nous adoptons sans hésiter cette supposition), la somme annuelle à mettre de côté, en faisant le paiement tous les six mois comme ci-dessus, se réduira comme on le voit dans le tableau ci-dessous :
- DIVISIONS. Double voie. Par kilomètre et par an. Total par an. J
- DIVISION DU SUD. k fr. c. fr. c.
- Ligne principale 181.05 1,114 75 201,825 49
- Embranchements 126.34 970 04 122,554 85
- DIVISION DU NORD.
- » Ligne principale 223.70 387 08 86,589 80
- Embranchements 15.70 387 08 6,077 16
- Trent Valley 79.66 387 08 30,834 79
- MANCHESTER A BIRMINGHAM.
- Ligne principale 49.90 1,114 75 55,626 03
- Embranchements 14.50 970 04 14,065 58
- Total 690.05 749 18 517,573 70
- Si l’on garde les 65k.18 de dés en pierres sur la division du sud, on aura sur le total précédent une réduction d’environ 31,200 fr. par an. Cette somme servirait de compensation à la détérioration des voies de garage qui sont fatiguées, et ferait face aux éventualités.
- DÉTÉRIORATION ACTUELLE DE LA VOIE.
- Comme nous l’avons déjà dit, la voie , telle qu’elle est aujourd’hui, peut encore durer en moyenne environ douze ans et demi.
- La première manière de se rendre compte de la détérioration actuelle est le prix total brut auquel nous pourrions faire
- p.305 - vue 309/332
-
-
-
- 3 OC)
- à nouveau une voie entièrement pareille à celle que nous avons maintenant, d’après les traités qui sont en cours d’exécution, et au moyen d'une somme payée tous les six mois pour égaler ce que nous dépensons aujourd’hui annuellement.
- Nous donnons le calcul suivant de la somme nécessaire pour avoir une voie également bonne partout, en supposant que tous les renouvellements soient à la charge de la compagnie.
- (a) 184k.27 posés sur dés (poids moyen général du rail, environ 33*. 23 par mètre courant), à 16,777 fr. 38 c.......... 3,091,568 fr.
- 507k.74 posés sur traverses (poids moyen général du rail, environ 37k.71 par mètre courant), à 33,399 fr. U\ c. . 16,958,216
- Total................ 20,0Zs9,78d fr.
- En supposant donc que la durée moyenne totale de la voie , si elle était neuve , fût de vingt ans , comme il a été établi plus haut, la valeur de l’usure qu’elle aurait déjà subie en moyenne pendant les sept premières années serait de 7,51S,670 fr.
- Cependant, comme les marchés d’entretien sur les lignes de la Grande-Jonction comprennent le renouvellement de tout ce qui entre dans la voie, même des rails et des coussinets, et que par conséquent la dépense totale brute pour la compagnie, avec de pareils marchés, pour le renouvellement d’un kilomètre de double voie (en rails de 52k.15), est seulement de 12,68û fr. 88 c., ainsi que nous l’avons vu plus haut, nous devons déduire du chiffre ci-dessus......... 7,518,670 fr.
- une somme de 3,062,130 fr. pour 2èlk.é0 compris dans ce marché ; nous devons aussi déduire une somme de 656,250 fr. qui a été mise
- de côté pendant les trois derniers semestres--------------
- A reporter 7,518,670 fr.
- (a) Les dés sont considérés comme faisant partie du bien-fonds.
- p.306 - vue 310/332
-
-
-
- 307
- Report 7,518,670 fr.
- pour le renouvellement des rails, soit une
- somme de................................. 3,718,380
- Ce qui donne une somme de....... 3,800,290 fr.
- qui représente la somme dépensée pour faire face à la détérioration avant et depuis l’ouverture des lignes de la compagnie.
- 5e QUESTIOM.
- Perfectionnements pratiques à apporter au système d'entretien ordinaire.
- Nous allons examiner maintenant quels perfectionnements pratiques il est possible d’introduire dans notre système d’entretien.
- Sur la division delà Grande-Jonction, la compagnie a passé un marché avec M. AUcard pour l’entretien et le renouvellement de la voie et des travaux d’art pour 2,563 fr. 21 c. par kilomètre pour la ligne de Liverpool à Manchester. Ce traité finit le 18 novembre 1852. Dans ce système, la dépense annuelle pour l’entretien a été la suivante :
- Dépense j
- 1 2 3 4 S de Dépense J
- Entretien de la voie Dépenses Réparations •<5 S l’entretien de totale | par I
- $ et des extraordi- naires des bâtiments la voie par kilomètre |
- < travaux d art concernant des stations et TOTAUX c <v kilomètre en i
- tous des appareils Ja en se servants
- £ les des halles s se servant de la S
- en régie à O de la colonne 4
- l’entreprise matériaux marchandises colonne 1
- fr. c. fr. c. fr, c. fr. c. fr. e. kil. fr. c. fr. c.
- te 00 617,500 »» )) 1,659 06 25,032 19 042,161 25 167.00 3,698 »» 5,845 »»
- 1844 617,500 »» )) 6,295 10 56,782 50 660,577 60 167.00 5,698 >»> 5,956 »»
- 1845 502,560 51 519,271 04 ) .i:» 58,546 98 860,178 55 237.40 5,503 »» 5,625 »»
- 1846 654,068 75 205,515 44 Ht! 120,804 58 978,186 77 237 40 3,616 »» 4,120 )»>
- 1847 654,068 75 147,285 »» 82,251 98 885,605 75 266.00 5,013 »» 5,322 »»
- 1848 654,068 75 149,725 75 1 O 66,925 10 870,719 58 266.00 3,022 »» 3,273 »»
- p.307 - vue 311/332
-
-
-
- 308
- Sur la division de Londres à Birmingham, il y a un marché pour l’extraction du ballast, sa traction, son chargement et son déchargement. C’est M. Madigan qui est l’entrepreneur. La Compagnie fournit le matériel roulant, ce qui vaut environ 825,000 fr., et se charge des ateliers et des hangars. M. Madigan lui paie l’intérêt de la valeur du matériel et une certaine somme pour le reste.
- L’entrepreneur reçoit les prix suivants :
- Pour la traction, par wagon et par kilom. 0 fr. 21 c.
- Pour chargement et déchargement, y compris la fouille du ballast, par wagon. 3 12
- Pour gravier passé à la claie, par wagon. 6 25
- Pour l’usage d’une locomotive avec 12 wagons, y compris le salaire des mécaniciens et toutes les dépenses de traction, par jour. 112 50
- Il paie l’intérêt à 5 p. 100 du matériel roulant, soit 41,250 f., et une somme annuellede 5,250 fr. pourlocation des bâtiments.
- Ensuite M. Cardus a un marché pour l’entretien de la ligne de Londres à Birmingham, ainsi que des embranchements d’Ay-lesburv, de Bedford et de Leamington , qui comprend la main-d’œuvre, le ballastage, le relèvement des éboulements, etc., aux prix suivants :
- Par kilomètre et par an.
- De Londres h Wolverton. 2563 f. 21 c.
- De Wolverton à Birmingham. 1925 45
- Embranch. d’Aylesbury (une seule voie). 1087 03
- Embranch. de Bedford. 2112 57
- Embranch. de Leamington (une seule voie). 966 »
- M. Brown a pris l’entretien de l’embranchement de Peter-
- borough au prix de 1274 fr. 35 c. par kil. et par an.
- Les réparations des tunnels, des ponts, des halles de marchandises, ainsi que de toutes les plaques tournantes et de tous les autres appareils des stations, ne sont pas comprises dans ce marché. Les réparations des bâtiments pour les voyageurs dans les stations sont faites suivant un autre système.
- p.308 - vue 312/332
-
-
-
- 309
- D'après ce système, ia dépense d’entretien a été la suivante :
- Années 1 Entretien de la voie et des travaux d’art seulement sur la ligne du Wesl-London 2 Dégradation des tunnels et agrandisse- ment des travaux d’art 3 Remplace- ment 4 Réparations des bâtiments des stations et des appareils des halles à marchandises 5 TOTAUX Nombre'de kilomètres Dépense par kilomètre en se servant de la colonne 1 Dépense par kilomètre en se servant ] de la | colonne 5 1
- fr. c. fr. c. fr. c. fr. c. fr. c. kil. fr. c. fr. c. |
- 1843 1,073,717 92 30,000 »» » 56,810 63 1,162,528 55 187.12 5,749 »» 6,215 »» |
- •1844 1,101,867 39 73,000 i»> » 50,855 51 1,207,702 70 187.12 5,889 »» 6,434 »»
- 1843 1,093,209 17 73,000 >'» » 69,576 93 1,259,786 15 187.12 5,853 »» 6,626 »»
- 1846 998,367 08 73,000 >»> )> 115,655 51 1,189,202 59 193.50 5,109 »» 6,146 »»
- 1847 939,400 »» O O c 50 r- 125,000 »» 150,274 58 1,289,674 58 270.40 5,474 »» 0,770 »»
- 1848 — 923,530 75 50,000 »» 250,000 m> 135,295 44 1,560,644 17 296.11 5,! 25 »» 4,595 m>
- Sur la section de Manchester à Birmingham, la Compagnie a fait elle-même l’entretien de la voie et des stations depuis 18l\h. La dépense a été la suivante :
- Années. 1 Entretien de la voie et des travaux d’art. )épréciation. to emplacement w 4 Réparation des bâtiments des stations et des appareils des halles a marchandises. 5 Totaux. Nombre de kilomètres Dépense par kilomètre. en se servant de la colonne i. Dépense par kilomètre. en | sc servant; de la colonne 5.
- l—l «
- fr. c. fr. c. fr. c. lcilom. fr. c. fr. c.
- 1844 62,555 » » )> 7,241 04 69,796 04 50 1,231 » 1,596 »
- 1845 58,523 15 )) )) 8,278 44 00,801 57 50 1,170 » 1,336 »
- 1816 60,521 14 )) )> 24,705 83 85,026 97 50 1,206 » 1,701 »
- 1847 90,401 56 )) )) 17,746 56 108,148 12 64.37 1,404 » 1,680 »
- 1848 83,955 10 )> » 26,122 81 110,077 91 64.37 1,504 » 1,710 »
- Sur la section de Manchester à Birmingham (6hu*37 de longueur), l’entretien do la voie et des stations est dirigé par
- p.309 - vue 313/332
-
-
-
- — 310 —
- M. Woodhouse; il est aidé par un surveillant à 2,000 fr. par an. La dépense totale annuelle pour ce service est de 5,250 fr.
- Sur la division Sud (qui a maintenant 299k-33 de double voie) l’entretien est confié à M. Dockray, comme ingénieur résident. Ï1 est aidé par 9 surveillants, 2 commis pour prendre les attachements, 2 garde-magasins, 3 commis pour les écritures et 1 dessinateur. La dépense annuelle de ce service est de 36,681 fr., y compris les voyages, les fournitures de bureau et les menues dépenses.
- M. Savill est chargé de l’entretien des bâtiments des stations pour les voyageurs. La dépense de ce service est de 3,000 i'r. par an.
- Sur la division de la Grande-Jonction. M. Norris est chargé de l’entretien de la voie, des travaux d’art et des stations. Il est aide par un ingénieur assistant, un surveillant, un commis et un dessinateur. Gomme M. Norris et ses principaux employés sont aussi chargés de diriger l’exploitation, il est difficile de dire exactement quelle partie de la dépense de ce personnel doit être affectée au service de la voie; on peut la porter à 16,250 fr. par an.
- Il n’y a pas de doute que les dépenses de personnel et de bureau des divisions sont presque aussi économiques que possible dans les conditions actuelles de chacune de ces divisions.
- S’il semble que le personnel soit proportionnellement plus nombreux dans la division du Sud que dans les autres , cela tient en partie aux travaux plus nombreux, et au trafic, qui est plus considérable sur cette division, et en partie au nombre d’entrepreneurs qu’il faut surveiller, et de plus il faut y joindre l’établissement de quelques constructions nouvelles dont il est chargé, tandis que dans les autres divisions de la ligne, ce service est fait par un autre personnel.
- Nous avons vu que tous les systèmes d’entretien qui sont maintenant en usage en Angleterre sont employés sur les lignes du London and North Western railway.
- Ainsi l'entretien est fait en régie sur la section de Manches-
- p.310 - vue 314/332
-
-
-
- — 311 —
- 1er à Birmingham ; sur la section de la Grande-Jonction, il est combiné avec le renouvellement sur une grande échelle 5 sur la division du Sud, il est divisé en plusieurs services : 1° le ballastage et la traction ; 2° le relevage à l’entreprise ; 3° l’entretien des tunnels, des murs de soutènement, des halles de marchandises et des appareils de ces halles ; 4° l’entretien des bâtiments des stations affectés aux voyageurs.
- Il est de notoriété publique que tous les entrepreneurs ont fait et font encore des bénéfices sur leurs marchés d’entretien ; il faut reconnaître aussi que toutes les fois qu’il y a un entrepreneur le personnel est double (à moins que le renouvellement de la voie n’entre dans le marché d’entretien, parce qu’alors l’entrepreneur est aussi intéressé que la Compagnie à la conservation des matériaux qui se détériorent le plus dans la voie). Personne ne dira qu’une Compagnie, en règle générale et pendant une longue période de temps, paie ou peut payer moins à l'entrepreneur des travaux d’art pour lesquels il y a peu de détérioration que le prix le plus bas que puissent coûter de pareils travaux, plus un bénéfice raisonnable pour l’entrepreneur.
- Nous avons mis à l’épreuve le personnel des surveillants : ils sont très expérimentés et ils peuvent maintenant très bien diriger l’entretien de la voie. Tl résulte de là et d’une expérience qui a été faite plus en grand que la dépense d’entretien de toutes les parties de la ligne a peu à peu diminué depuis 1843, quoique alors la ligne fût plus neuve et le trafic moins fort. Nous ne serons plus exposés maintenant à faire des marchés pour l’entretien et le renouvellement à des prix élevés, tant qu’il ne sera pas nécessaire de faire-des renouvellements en grand.
- Il semble donc résulter d’une expérience des divers systèmes qu’il faudrait ou faire en régie l’entretien sur toute la ligne et profiter de ce que donnerait la suppression du personnel double de l’entrepreneur, de ses bénéfices h lui et de l’intérêt de la somme mise de côté pour payer aux entrepreneurs les travaux qui ne sont pas faits immédiatement dans chaque
- p.311 - vue 315/332
-
-
-
- 312 —
- semestre, ©u bien donner à l’entreprise l’entretien tout entier et le renouvellement de la voie, l’entretien des travaux d’art et des stations à un ou plusieurs entrepreneurs, pour des périodes d’au moins quinze ou vingt ans. Si l’on adopte le premier moyen, et que l’entretien soit fait avec beaucoup de soin, d’intelligence et d’économie de la part des agents de la Compagnie, comme on en trouve actuellement chez les entrepreneurs, nous ne voyons pas pourquoi, sur la dépense totale actuelle, on ne pourrait pas économiser plusieurs centaines de mille francs par an. D’un autre côté, si les marchés d’entretien sont faits à long terme, les entrepreneurs se contenteront d’un bénéfice annuel moins considérable. Toutefois cette question ne peut être résolue avant l’expiration de nos marchés actuels, qui doivent durer encore deux ou trois ans.
- 6e QUESTION.
- Perfectionnements dans la construction de la voie.
- Nos observations précédentes font voir pourquoi il est si important de donner à la voie partout la même puissance de résistance et de la disposer de manière qu’elle supporte partout le même efl'ortj c’est ce but qu’il faut atteindre en perfectionnant le mode de sa construction.
- Nous envisageons cette partie de la question seulement sous le rapport de l’économie relative des divers systèmes de construction. Ce qu’il nous faut, ce n’est pas une voie qui résiste le plus long-temps possible, mais c’est une voie dont le prix d’établissement et l’usure exigent le moins de dépense possible par an pour l’entretien ; il faut que son renouvellement et l’intérêt des sommes engagées soient en raison des services qu’on lui demande, car il ne faut pas que le désir d’avoir une. voie qui dure long-temps conduise à proposer un système de voie qui, pouvant prolonger la durée de son existence de 20 pour 100, accroîtrait la dépense première de 50 pour 100, ce
- p.312 - vue 316/332
-
-
-
- 313 —
- qui augmenterait proportionnellement ce qu’il faudrait payer tous les ans pour l’intérêt et la détérioration.
- Pour les traverses, nous sommes unanimes pour vous recommander avec la plus vive instance de les imprégner à l’avenir de créosote, ou de les préparer par tout autre moyen aussi efficace, elles et les autres bois qui devront être placés dans la terre. De cette manière on peut employer des bois qui ne sont pas de première qualité. Cette préparation coûte de 11 fr. Oû c. à \h fr. 73 c. par mètre cube. La compagnie a déjà une cuve sur la ligne du West London, sur les banquettes du canal de Paddington, dans laquelle on peut, quand elle est bien en train, préparer 2,500 traverses par semaine ; il y en a une autre à Runcorn, où l’on en peut préparer 5,000 par semaine. Il y a aussi des pompes et un autre appareil à Long-siglit que l’on peut mettre en service, si c’est nécessaire. 11 faudra que les directeurs voient s’il ne serait pas convenable, dans le cas où l’on adopterait ce moyen, d’établir des cuves près des stations de Waterloo ou de Wapping a Liverpool, puisqu’on pourrait y acheter les bois à de bonnes conditions, et qu’on pourrait les préparer avant de les transporter sur un point quelconque de la division nord de la ligne.
- La qualité du fer maintenant employé pour les chemins de fer demande la plus sérieuse attention. Les directeurs , pensant que les rails et les coussinets employés doivent, pour être solides et économiques, être du meilleur fer possible, ont pendant long-temps pris leurs fournitures entières dans les usines du Staffordshire, à l’exclusion de celles du pays de Galles et des autres pays, qui ont à plusieurs fois offert de fournir les matériaux voulus à des prix plus modérés que ceux que les fournisseurs de la Compagnie dans les Midland Counties. Malgré cette précaution, il y a tout lieu de craindre que la qualité du fer fourni ait été successivement moins bonne, et que, à moins que les mauvaises pièces n’aient été mises au rebut, quelques parties des voie neuves s’usent plus promptement qu’elles ne devraient. Parmi des rails récemment livrés par une usine du
- 5
- p.313 - vue 317/332
-
-
-
- Staiïbrdshire, on en a trouvé qui, avec l’apparence d’une bonne nature et d’une bonne fabrication, étaient laminés à une grande profondeur après trois mois de pose seulement, tandis que d’autres, fournis dans le même district (quoique ce ne soit pas par la même usine) n’avaient pas, après douze ans de service, la moindre trace de laminage. Nous recommandons instamment de ne pas laisser livrer à l’avenir des rails sans une garantie de deux ans et de faire placer la marque ou le nom du fabricant sur chaque rail fourni. Nous conseillons aussi do reprendre l’habitude, malheureusement tombée en désuétude,, d’essayer la résistance des rails avant leur sortie de l’usine, en leur faisant subir l’effort que le meilleur fer doit supporter, car, outre le soin que le fabricant est alors obligé de prendre, c’est réellement le seul moyen de connaître exactement la qualité et la ténacité du fer livré.
- Quant aux modifications à apporter dans le système de construction de la voie, dans le gabarit, le poids du rail et des coussinets, M. Stephenson et M. Locke ont envoyé au conseil, les rapports suivants pour l’éclairer»
- 39 mars 1849, Great George-street, n° 24',, Mark Hcish, esquîre.
- a Mou cher Monsieur, quand M. Dockray m’a soumis son » rapport au sujet de la voie, après son voyage en Irlande, j ’ai » pensé comme lui qu’il était convenable de faire une cxpé-» rience avec un rail américain lourd, en même temps qu’on » employait un système mixte de longrines et de traverses.
- m Jusqu’à ce que le résultat de cette expérience soit connu » et qu’un ensemblerdes faits recueillis nous permette de com-» parer ce système avec celui qu’on emploie aujourd’hui,, ». c’est-à-dire des rails de ÙO k. 66 par mètre, posés sur tra-» verses ordinaires, je ne pense pas que nous puissions nous-» prononcer sur les avantages, respectifs des deux systèmes » avec asse£.de certitude.-
- p.314 - vue 318/332
-
-
-
- » Sans contredit, le système actuel est vicieux aux joints, à
- ce point, que les extrémités des rails* qui sont placées dans les « coussinets de joint, se déforment, et déversent une partie » notable de l’effort sur le coin en bois, qui, parla flexibilité de » la matière, est dans l’impossibilité de résister: il s’ensuit » qu’aux extrémités des rails, les bords intérieurs s’écartent « plus ou moins de la ligne continue, et cela en raison de la t» déformation que ces extrémités peuvent avoir éprouvée. »
- )> Dans les conversations que j’ai eues avec les défenseurs du » système des longrines avec rails américains, j’ai vu que tous » cherchent le moyen d’éviter l’imperfection qui se manifeste » aussi dans les joints.
- )> D’après ce que j’ai vu moi-même, je croîs qu’en réalité » il y a très peu, pour ne pas dire du tout, de différence entre » les deux systèmes, soit pour le prix de premier établisse-» ment, soit pour l’entretien.
- » L’opinion que pour de très grandes vitesses les longrines *> Sont préférables a, je Se sais, gagné tu terrain parmi beau-•» coup d’ingénieurs , et j'avoue que je suis porté à me ranger *> à cet avis ; cependant, je suis sùr que cette opinion tient à •)) ce que les défauts du système du rail à champignons avec » traverses ordinaires se présentent constamment à moi, tan-» dis que ceux du système des longrines ne me sont connus » qu’indirectement.
- » Je me rappelle qu’il n'y a pas long-temps, en causant a » ce sujet avec M. Brunei, nous exprimions chacun notre opi-» nion, et quoique la différence entre les deux systèmes ne » soit pas très visible relativement aux joints, M. Brunei » pensait que le rail à champignon était meilleur, et moi de » mon côté je disais que le rail américain sur longrîne était » préférable.
- » Cette circonstance me fait penser que, même pour ce dé-» faut, commun aux deux systèmes, il n’y a pas une très » grande différence.
- ?•> Ainsi, avant que des considérations nouvelles, comme je
- p.315 - vue 319/332
-
-
-
- — 316
- » l’espère, sortent des expériences de M. Dockray, je ne puis » pas dire s’il y a un système de construction meilleur que » celui que nous employons maintenant avec notre rail de » âOl 66. )>
- a Je suis, mon cher Monsieur,
- » Votre tout dévoué,
- Signé : Robert Stpiienson. )>
- Mars 1849, Londres, Adam-street, Àdelphi, n° lî.
- Marge Hüish, esquire.
- « Mon cher Monsieur, par votre lettre du 17 courant, pour » éclairer le conseil, vous me demandez de vous donner mon jj opinion sur le gabarit et le poids des rails et le système de » construction qu’il faudrait employer sur la ligne du London » and North Western railway, en supposant que la vitesse et » le poids actuel des machines et des trains restent les mêmes » dans l’avenir.
- j) Tous ceux qui s’occupent des voies de chemin de fer se » sont fortement préoccupés de constater les défauts inhérents » à chacun des systèmes de construction. Ces défauts ont été » mis en évidence principalement par l’accroissement de la jj vitesse et du poids des machines et des trains.
- » Pour le moment je ne vous donnerai que le résultat de « ma propre expérience, qui peut être exprimé en peu de » mots comme il suit :
- jj Le système qui consiste à maintenir les rails avec des » coussinets, des coins et des chevillettes, soit sur des traver-R ses, soit sur des dés, et qui est suivi sur les lignes à petite a largeur de voie, quoique bon pour des vitesses modérées, n ne convient pas pour les machines lourdes et les trains » rapides qui circulent aujourd’hui. On remarque que les » joints se déversent, que les coins ne maintiennent pas soli-» dement les rails dans les coussinets, et que les coussinets ne
- p.316 - vue 320/332
-
-
-
- » sont pas solidement fixés sur les traverses par des clievîl-a lettes.
- » Pour remédier à ces défauts ou à quelques uns d’entre » eux, je crois qu’il faut arriver a se débarrasser de quelques » unes^de ces pièces. Le rail américain, qui supprime le coin » et le coussinet, donne, pour éviter ces inconvénients, une n plus grande facilité que toute autre forme de rail que je » connaisse.
- » Je pense qu’il n’est pas nécessaire de discuter la question » des poids, quoique quelques personnes croient qu’il 11e faut » pas dépasser 37k par mètre courant ; mais, comme mon opi-n nion est que le moyen d’attache et de pose du rail est beau-j) coup plus important que son grand poids, qui peut varier » selon la valeur commerciale du fer et la fantaisie des indi-» vidus, je trouve bons les gabarits qui m’ont été envoyés, n l’un d’un rail de 39k.69, qui vient d’être adopté par la coin-» pagnio du London and South-Western railway, et l’autre » d’un rail de ft£ik.65, maintenant employé sur la section nord » de voire ligne.
- w Avec ces rails on peut employer des traverses ou des lon-» grinesj mais dans l’état actuel de nos connaissances je se-» rais d’avis d’employer des longrines comme essai. Dans les )) deux cas, en boulonnant les extrémités des rails, soit sur » une plaque, soit sur le coussinet même, en un mot eu j) fixant plus solidement le rail qu’on ne le fait actuellement » au moyen d’un coussinet et d’un coin, je crois qu’on aura )> des joints meilleurs et qui se maintiendront mieux.
- » Pour fixer les points intermédiaires du rail, je pense que » des vis à bois les maintiendraient mieux que des chevillettes a ne le font, non seulement parce que la vis est meilleure » qu’une simple cbevillette, mais aussi parce que, ne subis-» sant pas l’influence des secousses du coussinet et du coin, î) elle serait beaucoup moins dérangée.
- w Tant que le coin est bon et le coussinet bien solide, l’ac-» tion sur la chevilletie est peu de chose ; mais quand il se fait
- p.317 - vue 321/332
-
-
-
- h du jeu, les effets destructeurs du. mouvement prennent beau-» coup d’importance, et c’est ce qui m’amène surtout à désirer » la suppression des pièces intermédiaires entre le rail et la » traverse.
- » Je ne vois pas d’inconvénient à ce que des rails améri-» cains soient placés sur traverses ; mais, comme je l’ai déjà 3) dit, je préférerais des longrines demi-rondes, et c’est ce » mode de pose avec l’un des deux rails indiqués plus haut i> que je vous recommanderais d’adopter pour les motifs que î) je vous ai donnés.
- î> Il est très important que vous ne fassiez un pareil chan-» gement que peu a peu et comme essai. Il serait bon , d’a-« bord, d’examiner quelle longueur vous poseriez à la fois, n quels points de la ligne vous choisiriez pour cela, et com-» ment vous vous procureriez les matériaux, surtout les bôis » préparés.
- » Quant à présent, je ne vous donnerai pas plus de détails, » je crois vous en avoir dit assez pour vous faire connaître » mon opinion j je serais heureux de vous envoyer plus de dé-» tails ou de vous entretenir à ce sujet, si vous trouviez que » cela fût nécessaire.
- » Je suis, mon cher Monsieur,
- » votre tout dévoué,
- Signé : Joseph LOCKE. »
- Gomme nous avons trouvé que ces rapports ne s’appliquaient pas spécialement à l’opération plus urgente du renouvellement, la lettre suivante a été adressée à M. Stephenson et h M. Locke.
- "Euston station, 2 avril 1849.
- « Mon cher Monsieur, votre rapport, ainsi que celui de » M. Locke, sur les perfectionnements à apporter à la con-s» struction de notre voie, s’occupe plus du meilleur système » de voie à essayer que du gabarit du rail et du coussinet et
- p.318 - vue 322/332
-
-
-
- — 319 —
- » delà traverse qui sont généralement employés. J’ai l’hon-» neur de vous dire que les directeurs ont décidé pour 18Hi9 le » renouvellement d’environ 6UX de voie sur différents points » des lignes de London and North-Western railway ; ils vou-» draient que vous et M. Locke, d’accord avec les ingénieurs » de la compagnie, vous leur indiquiez ce qu’il faut faire rela-» livement à ce grand renouvellement, qui est urgent, et en » attendant le résultat des expériences qui se font en ce mo-» ment. Les directeurs désireraient savoir quel poids et quelle » forme de rail et de coussinet, quelle forme et quelles dimen-» sîons pour les traverses, vous seriez d’accord de lui recom-» mander actuellement pour placer sur les grandes longueurs » de voie qu’ils doivent remplacer Immédiatement. J’espère » donc qu’une opinion résumée par cette espèce de conseil » pourra m’être remise avant notre réunion de la semaine » prochaine, car c’est ce jour-là que les directeurs décideront » sur quelles bases se fera le renouvellement de cette année, » aussi bien pour l’entretien que pour les expériences sur une » certaine longueur.
- » Je vous envoie, pour vous éclairer, une copie du rapport » de M. Locke (et à lui je lui en envoie une du vôtre), pour » que vous connaissiez bien les opinions de chacun de vous et » que vous puissiez vous entendre relativement à votre réu-» nion.
- » Je suis, mon cher Monsieur,
- » votre tout dévoué,
- Signé : Maux HU1SH. »
- À M. Robert Stephenson, Esquire, directeur principal.
- A la suite de cette lettre, il y a eu une conférence entre M. Stephenson, M. Locke et nos ingénieurs résidents. La question du gabarit, du rail et du mode de renouvellement a été discutée à fond , et l’on a décidé enfin qu’on vous recommanderait de poser la vole dans les deux systèmes pour l’cxpéri-
- p.319 - vue 323/332
-
-
-
- —^ 320 —
- menter, et, en même temps, qu’un rail à double champignon avec l’ancien modèle de é2k.17 par mèlro courant posé sur traverses devait être adopté sur toutes les divisions de la ligne.
- Yoici le rapport sur cette partie de la question :
- Londres, 21 avril 1849.
- « Mon cher Monsieur, nous avons reçu votre lettre du'2 » courant parlaquellevous nousdemandez un rapport commun » relativement au poids et à la forme du rail et du coussinet, à )> la forme et aux dimensions des traverses, que nous recoin-
- manderons aux directeurs d’adopter sur les grandes lon-» gueurs de voie qu’ils vont renouveler.
- » Comme nous l’avons déjà dit, notre intention était d’avoir » une conférence avec les ingénieurs résidents avant de preri-» dre une décision, et dans un court délai de vous la faire con-» naître. Après avoir conféré avec MM. Doekray, Norris et » Woodhouse, nous venons aujourd’hui vous faire connaître » notre opinion.
- » Sans entrer dans des détails très minutieux, nous dirons , » quoique notre opinion relativement au vice du système d’at-» tache des rails sur les coussinets et sur les traverses ne soit » pas changée, que cependant l’avantage de pouvoir retour-» ner le rail (circonstance que présente seul le rail à double » champignon, si généralement employé sur les lignes du » London and North-Western railway) est d’une importance » telle, qu’elle nous a conduits à adopter cette forme. Néan-» moins, nous désirons qu’en même temps 3 kilomètres de » rails américains qui sont maintenant à l’extrémité sud delà » ligne, et les 11 kilomètres que vous avez commandés dans le » district Nord, soient posés dans la partie du chemin qui sera » jugée la plus convenable, une partie sur traverses et une au-» tre sur longrin-es. On pourra donc bientôt constater quelle » est la forme de rail et le système de pose qui offrent le plus » d’avantages.
- » A l’exception de ces longueurs (IZj kilomètres), nous re~
- p.320 - vue 324/332
-
-
-
- — 321 —
- » commandons au conseil de continuer à employer le rail à » double champignon symétrique, pesant A2M7 par mètre » courant, d’avoir des traverses de joint d’uïi cinquième plus » fortes que les traverses intermédiaires et de les préparer par » le procédé Bethell.
- » Nous sommes vos tout dévoués,
- » Robert STEPHENSON,
- » Joseph LOCKE. »
- A M. Mark. Hüish, Esquire, Euston station.
- Quant aux travaux d’art, nous avons constaté qu’ils sont en général en très bon état. Il n’y en a pas qui soient faits avec des matériaux qui se détruisent promptement, comme de grands viaducs en charpente. Les tunnels et les ponts sont en parfait état, et nous ne pouvons pas dire quelle limite on pourrait assigner à leur existence.
- p.321 - vue 325/332
-
-
-
- p.322 - vue 326/332
-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES
- Page
- Compte-rendu des travaux de la Société des Ingénieurs civils.
- (N°8.— Janvier, février, mars, 1850.) ....... 1
- Statuts de la Société.................................... 5
- Liste générale des membres de la Société................. 10
- Mémoire n° 17. — Entretien de la partie tubulaire des chaudières des machines locomotives, par M. Alfred Nozo, ingénieur des ateliers du chemin de fer du Nord.............. 19
- Mémoire n° 18. —< Rapport sur un projet de distribution d’eau à,Madrid, par MM. Eug. Flachat et E. Lorentz. . . 57
- Compte-rendu des travaux de la Société des Ingénieurs civils.
- (N° 9. — Avril, mai, juin, 1850.)..................... 137
- Mémoire n° 19. — Application du calcul aux ressorts, par
- M- Blacher................................................143
- Mémoire n° 20. — Note sur le forage d’un puits exécuté par M. Kind à la houillère de Schœneck-Stiring, près Forbach
- (Moselle), par M. Goschler................................153
- Mémoire n° 21. — Recherches analytiques sur les rouges employés dans la peinture sur porcelaine, par M. Salvetat,
- chimiste à la manufacture nationale de Sèvres.........164
- Note sur un barreau de grille de nouvelle forme présenté par
- M. Arson (par M. Léonce Thomas).........................179
- Notice sur le traité des matières textiles par M. Alcan (par
- M. Victor Bois). . ........................ 181
- Compte-rendu des travaux de la Société des Ingénieurs civils.
- (N° 10. — Juillet, août, septembre, 1850.)............ 197
- Mémoire n° 22. — Echappement variable à orifice annulaire, par M. La Salle............................................203
- p.323 - vue 327/332
-
-
-
- Pages
- — 3 24 —
- Mémoire n° 23. — Notice sur l’exploitation des mines et des
- usines de Bleiberg-en-Eifel, par M. Goschler............219
- Note sur l’emploi de la tourbe à l’usine d’Undreveiller, par
- M. Bridel................ ..............................231
- Note sur l’emploi de la tourbe desséchée à l’air pour le soudage du fer extrait des minerais carbonatés, par M. Goschler. . 236
- Note sur la quantité d’air insufflée dans les hauts-fourneaux,
- par M. Laurens........................................... 239
- Note sur les robinets ’ adaptés aux locomotives, emploi de cônes obturateurs ; graissage continu des cylindres, par
- M. G. Polonceau. ..........................................245
- Compte-rendu des travaux de la Société des Ingénieurs civils.
- (N° 11. — Octobre,novembre, décembre, 1850.) . . . 249
- Mémoire n° 24. — Renseignements pratiques sur la construction des fours à cémenter, et considérations sur le chauffage de ces fours au moyen des gaz. des hauts-fourneaux, par
- M. Piquet. .............................................. 252
- Mémoire n° 25. — Construction des portes d’écluses au canal Saint-Denis, par M. E. Vuigner ^ingénieur en chef au
- chemin de fer de Paris à Strasbourg..............• . 276
- Note sur la détérioration que subit la voie d’un chemin de fer et des moyens à employer pour y remédier. (Extrait par M. Yvert d’un rapport fait en 1849 au comité de direction du London and North-Western railway par une commission composée de ses ingénieurs.)........................ 282
- p.324 - vue 328/332
-
-
-
- Série-.
- CHEMINS DE FER _ matériel
- PL 16.
- Chalumeau pioar le stuidgi/e des fries
- Fur*. 2. Coupe suivant A B
- Fu.v\ 3, i'oupe suivant e/)
- Fiji*. î. Pla/i ip enCral dr Pahdie/' des frie.
- Appareil à en lever les virales de Al. d lirhcl. Fiji*. 3. Vue- debout. Fio*. 6. Coupe longitudinale-.
- mmÊmmmmm
- Fi <.r. 4- Plan .
- Fraise- pour F alésas/e des pilai/aes friait l/es. x Fi(j. y. Coupe longiàulinale. Fur. 8. Coupe transversale.
- Tringle servant d/îeer lis bout de raboulissag/e. Fio*. (). taupe et élévation loiu/ituilinales.
- Fi o>. io. Support pour bppraisgge îles fuies.
- 'Z \ L'ÜJiL®.
- JL
- JF
- ¥
- b
- Pince-pour la manœuvre des frlœ Fio*. iy. Elévation
- Pince pour le levap/e des fries Fuv. it). dévalions.
- Fio;. 22. Pue Pense ml le d'un tube en soudage.
- Fraise- pour Pébarbage des snudures.
- Fiq\n. Pue debout.
- Fio*. 12. Flévation longifreltnade.
- Fiç\ ai. Coupe dien frie-préparé pour le- soudage .
- r f f d-f-
- Ecfietfd' (te liFù/.l. (te o, ooi> poi/r mètre
- Fctictlo- de lasFù/.22. de o, est pour mè/re.
- jSO Mètres ^J Mètror
- ' CJ
- ! * 1
- F:tz|
- Si Ls
- Fraise pour les bouts de raboutissage. Fio*. i3-i!fc.
- Fiii*. i5-l6. Fraise pour les tubes.
- CP
- t--------J
- — ,m ji
- p
- tl„----4-
- Fc/tef/o-dtv Fit/. s, 3. /, et m de o,oi> pour mètre .
- iv jjv Sa ^.o bo âo ^ro ^ Sa ^go .7.
- Echtdie- deir Fie/. 4 4'/, tfr.-U, I2f.i3.pt, d> a d> des 0,2$pour //dire
- , 10 30 Ho
- I------:-------------------I--------------r----------rl-------------------------i-----’---
- Ee/icft; des Ftp. i/.id.iç et 20 de- o, 20 pour mètres.
- I__ jo p * pio />
- ^2 Mètres p fentrjiiètros po lèntzjjiètres
- Société des Ingénieurs civils .
- jL em aire- sculp,
- pl.16 - vue 329/332
-
-
-
- PL 17.
- lereSéri&.
- ARTS DIVR'RS.
- io'. 4 Instrument propre à tracer des arcs de cercle.
- l;io\ \\. Vue de coté
- Disposition générale de appareils du jorae/e .
- bobinede la Machin e j a vapeur.
- barreau de
- b Hv. 14 •
- barreau de
- ?. / Plan
- io\ c) .Trépan f Elévation)
- i l O’. || ) ,
- Coupe a i’..
- Echelle de o".’ sâ pour impour la Ftp S
- Fio*. î o. Trépan. 'Plan /
- Echelle de/ on.1020 pour 100 "Ppour la Fiq. 0
- Fio’.Ci. Coupe idéale' du terrain hou Hier de la coiicessiim de-'J'chœn eck
- Echelle de o 002 pour l'Epour le,e Ftp. p et S
- ; Créa' Houilter
- Echelle- de. o 'Pot .pour / P1 pour leu’ Ftç. <). 10, // et ta
- ûmalomérat quart'reux cl arq/letnr
- Terrain Ho ailler
- <f0 délit des f/iij iideimv do tir
- pl.17 - vue 330/332
-
-
-
- / MM i/vve
- UIKMINS l)K
- ( MKTAi.UMU’,
- IM. 18.
- ur. 4.
- i'IO’ . 1 .
- ’ab/e à o/'if/be annzz/zzir
- Cozzpe, r. z/.
- /tobinet /,ecba/z//èz//
- /lob/no/ //rnbr.r<’///• deo'tiroir
- Coupe, y. b.
- --------/,
- Fio\ 18 .
- Robinet p/nzo\ee/ir deo- ci/li/uïr
- Ficv. 16.
- Robinet de vidange
- V i o;. i j .
- Robinet indicateur du ziiveau d'eau
- F io\ 14.
- Robinet du J/anozziètr
- éprouvé z/eo' po/npei zlimentaiz'eo’
- in’. 8 .
- Fio\ G ,
- Four à réohzzu/fe/u Foupe A,/i,
- Fio\ 10 .
- Tupazz de oond/zito pou/' /e<r z/zz-g. zizz tia%opene
- ^ ^ ^ " Fier. 9. ^ J ^ ^
- R/an de /apa/die o’tipérzei/re dzz /b/Kopène
- /iobiziet dzzbz/o' de, ziioeazz z/'eazz
- ’io’. 7 _ Coupe C, /)
- Rebelle den Riz/, i.e dp. ù'.u.zx, zti, jk jdjù\ i~ e/.iS. zùi
- A'p Z'enZùnh/r&r.
- Rrkeüe dee' Rie/. S eZ 1), de o "iot/ pMèlee
- J'zooiété z/en f/içe/deurn civ/L
- pl.18 - vue 331/332
-
-
-
- „ cr& n /
- J. t > e/'ce/.
- METALLURGIE. ïuayaux publics
- Pi. 19.
- // _...((•//{(•///(•/'.
- £/cisaf/S/l. f fât/fas
- St//>f>r///tL’C!Sj j i
- À’/éaaJla/r. l'in- 6bls
- Par /sa/: /r /nui w
- Fio\ a.
- 7/mrcd/war //i eû//iC/s/7ûn ////^/// /
- foa/sr sa/aan7- ,/l'Æ
- fur /sa/’ Zr Zau/ w'
- !'V. j).
- fdZise-- si/sa/s/Z/s/i. servant s.Zc- /fs/ula/eur. F.i<y. :io.
- V
- fl a’ , i ' f- 1 c
- U ! i
- JZa/e, Fio-, G.
- O
- f|G@
- /
- //se- su rua//J
- /Van. Fis 4.
- J':
- | C ba/se a a/a an P(\û. F LO1. II.
- Cûns/7j/eZzon. des Caisses.
- saraa/s./ /SS.' Fui. 12.
- faune s ara an â JS3'. Fio1- l3 . /
- Portes (Técluse du ('anal S
- ci vis.
- &7éua/S.an. nue d au a P. I' 10'. .1.0.
- ûj/c/e// ne,y. faa/se- S /). 1:1o\ i.q.
- Za a/se- eu /an.// a/a /sZa/eaaui:. Fio*. I.|..
- Il
- il
- i
- if;
- CÂ-
- IL
- .ZFZr/a/.Z/a/s ?/uc //aman/. 1-10’. iy,
- ZZ/caaZsam ?s/sr da.ua/. J110'. 20.
- >r J 71'. r'iO'. 24.
- .///eisaàcsn. a ne //ans.anZ. .Fio1. 22.
- .JJ
- '''À
- 1
- L
- ill
- -----
- J-
- ïU
- d.
- A
- s-- B
- C__
- rse - ss/cna/iâ J/’ F. .riç>\ 21.
- ______jj
- J/c/aï/Ze //& F" aj /sa///’ moire- /saur /es J/à/, s/ç aâ J a/.
- ./a .ÆSfaa
- Jaar/e des i/u/cniea.rs c/sscZs.
- Jemafae ,rc,/i/s.
- pl.19 - vue 332/332
-
-